DUI
— ÊTYM. Espagn. dueria, duègne, proprement dame, du latin dnmina (voy. daue).
). Dl/'KL (du-M'), f. m. || 1* Combat singulier, c'est-à dire combat entre deux hommes. Klle lime en ce duel son peu d'expérience, corn. Cid, v, 4. Il est temps ou jamais que je vous satisfasse Et qu'un duel enfin entre mon frère et moi.... kOTHOu, Arttig. I, t. Et ta seule lieauté causa notre duel, m. Ilere. mour. i, t. Le vainqueur oITrit le duel au nouveau roi, BOSS. Ilist. m, 4. || 2* Duel judiciaire, combat singulier ordonné autrefois par la justice et admis comme preuve juridique dans lesquesliuns douteuses. Le iliiel a décidé de l'innocence des hommes, des accusations fausses ou véritables, la bhut. XIII. Louis le Jeune, en II88, avait ordonné que, pour une dette qui n'excéderait pas cinq suis, le duel ne pourrait avoir lieu, saint-foix, £jv. 7'ari«, (i-.'urrei, t. iv, p. 78, dans pougens. Philippe le Del défendit le duel en matière civile; et l'on put plaider sans être obligé de se battre, lu. ib. t. m, p. 16. Il 3" Coiiibal singulier entre deux personnes privées et pour des oITi'iises privées. Uucl au pistolet, à l'épée. Duel au premier sang, duel qui doit s'arrêter à la première blessure, même légère, d'un des combattanis. Montrez-moi qu'il suit permis de se battre en duel, PASC. l'rnv. 7. Un duel met les gens en mauvaise posture, El noire roi n'est pas un monarque en peinture, mol. t'âch. t, i". Combien de gens s'allaient autrefois baitre en duel, en déjilurant et en cnridamnanl cille misérable coutume et se blâmant euxmèmesde la suivre! Nicole, i'iv. mor. t*'trailé, cil. XI. i;cs saintes ordonnances contre le duel que Votre Majesté vient de renouveler, bouhdaL. l'urif. de la Vierge, Uyit. t. il, p. l»^. Me direz-vous qu'un duel témoigne qu'un a du cœur, et que ci la suflit pour eiïacer la honte ou le reproche de tous les auties vices? j. I. rouss. Ilél. 1, 67.
— MIST. xvi's. Ces hommes survi vans à leur honte eussent presché le malheur du duel, d'aub. Fœn. i, ». Par la mesme erreur qui a fait donner ce nom [estoc] aux duels (sorte d'épéel, tn. Ilist. ii, 481. Ce grand duel et ce poignard, tu. Fœn. i, 4. Mon duel, la massacroire, ID. ib. m, *•
— ETYM. Lat. duellum.
a. DUEL (du-èl), t. m. || !• Troisième nombre dans la langue Krecque et dansquelquesautres, le sanscrit par exemple, qui désigne deux objets. || 2* Adj. Qui exprime le duel. Le buron a un duel comme le grec, et deux premières personnes plurielles et duelles, chateaub. Amer. «ta. ||11 faut remarquer que cet emploi esl inusité.
— ETYM. Lat. dualis, de duo, deux.
DUELLISTE (du-è-li-st') , s. m. || !• Celui qui se
bat en duel. Il fut condamné comme duelliste. Le ministre de la justice ose prendre sur lui de tempérer la sévérilé de la loi contre les duellistes, diuer. Ess. ». Claude. || 2" Celui qui se bat souvent eu duel. Un duelliste de profession. Un duelliste exercé.
ËTYH. Duel I. On trouve dans le zvi* siècle
duelliant et duellion,
f DUETTINO (du-è-tti-no), ». m. Composition musicale k deux parties obligées, ordinairement très-courte. ||.<lu plur. Des dueltinos.
— ETYM. liai, dueilino. diminutif de duetio, qui est lui-même un diminutif de duo.
f DUt'iO.SO (du-gon), ». m. Genre de mammifères de l'ordre des cétacés, qu'on trouve dans les mers de la Malaisie, du nord do l'Australie et dans la mer Uouge.
DUIIIG (dui-rO, verbe vieilli et familier et dont la conjugaison est tombée en désuétude excepté aux temps et personnes suivantes: présent de l'indicatif, il duil, ils dui.sent; imparfait, ilduisail; futur, il iluira; conditionnel, il duirait. || 1* V. n. Convenir à quelqu'un, être de sa convenance. Genre de mort qui ne duit pas X gens peu curieux de goûter le
trépas, LA FONT. Fabl. ix, (8 Choisissez des
tons un peu moins hauts; Horace en a de tous; voyez ceux qui vousduisent, m. Clymèiie, Comédie. Tout duit aux gens heureux, ID. Rém. Du reste, coupez, taillez, tranchez, rognez, et ne laissez de tout cela que ce qui vous duira, dideb. Salon de 1787, C»;ufrf», t. XIV, p. t.i7, dans pougkns. || Impersonnellement. S'il vous duit, nous pourrons donner au public un joli volume, p. L. coiR. Leit. i, 384. Il 2* V. a. Terme de fauconnerie. Dresser un oiseau de proie.
— IIIST. XI* s. Il duist sa barbe, afaila son guemon [moustache] , Ch. de Uni. xv. |{ xii* s. Bien août [il sut] esprevier dulreetostourefaIcoo,«ACBi Aou, v. 3N]|. Il XIII* I. Si orrez lenlendrez] vraie ysloire, dont li ver sont bien duil, BcrU, xxxvi. bt q'.;.<int 11 oel |lw yeux] tunt en déduit, 11 suot ai apritat aiduit,
DUL
Que seus [seuls] ne sevent avoir joie, Ains vuelent que li cuers s'esjoie, El fonl les maus assoagier, la Ilote, 2748. ]|xiv* s. En la manière que l'en duit et cliaslie un asne ou un autre beste de labeur, OHESME, Fth. 3a8.||xv*8. Celuy qui toulduict, et maistre estolt de mener telles danses, et qui peu les craiguoit, Uouciq. iii, a. || xvi* Considérant la justice et bonté du Père céleste, en ce qu'il le chastie, il te duira par cela k patience, calv. /n»lt(. 648. Gargantua doutant de quelle faczon mieuli duiroyenllei chausses on dictorateur.... RAB. Carj 1,20. Les Lacedemoniens , nation sur toutes duicte i combattre de pied ferme, hont. i, 48. Après sept ans ils le duisoient [l'enfant] k monter k cheval et aller k lâchasse, id. i, 160. C'estoit la principale science et vertu k quoy il vouloit duire celte nation, lo. ii, 348. L'exemple de Cyrus ne duira pas mal en c« lieu, iD. IV, 10. Dame Venus esl ores mon déduit, El de Uacchus le breuvage me duit. Les dons aussi des muses, anyot, Solon, es. Toute chose est de tel prix qu'elle esl aimée ou qu'elle duit, aéni», llécréationt, t. Il, p. 260. De tel seigneur mesgnée diiyte [proverbe qui revientk: tel maître, tel valet], Ilozier hitlor. i, 3.
— ËTYU. Picard, duire, dresser, et aussi convenir, plaire; wallon, dilre, être expédient; environs de Paris, dn< bien diit't, ine bien dressé; provenç. duire, durre, conduire, instruire; du laiin ducere,. •onduire. La série des sens esl conduire, guider, instruire, façonner, et de là, au neutre, convenir, être expédient. Cun-duire, de conducere, U-duire, de teducere, prouvent sural>ondamment que dutrt vient du latin ducere. que l'on rapproche du germanique : gothique, liufia; ancien haut allem. liuha, tirer, mots dont le radical est tuh.
t DUlS (dui), ». m. Lit créé k l'aide de digues parallèles entre lesquelles les eaux qui divaguaient sur une surface se trouvent réunies pour les besoini de la navigation.
— ETYM. Lat. duefu», conduit (voy. doit).
t 1. DUIT, DUITE (dui, dui-t'), adj. Façonné, dressé. Il n'est pas duit k cela, Acad. édit. de <8«8. Duit au travail, duit k combattre, scabroh, Yirg. trav. dans leboux, Dict. comique. || Vieux.
— Etym. Part, passé de duire.
t a. DUIT (dul), ». m. Terme de pêclie. Chaussée formée de pieux et de cailloux en travers d'une rivière ou d'un petit bras de mer pour arrêter le poisson lors du jusant.
— ËTYM. I^obablement le latin duetu» (voy. doit).
f DDITE (dui-t'), ». f. Fil que la navette conduit depuis une lisière jusqu'à l'autre, dans l'ourdissage d'une étoffe quelconque. || Terme de rubanier. La portion de la chaîne qui lève ou baisse k chaque mouvement de marche. || Fausse duite, défaut de fabrication dans les étoffes, provenant d'un jet de la trame qui ne passe pas régulièrement dans les fils de la chaîne, k cause d'un défaut d'égalité dans les fils des lisses.
— ETYM. Le participe dutt, de dutr«, dans le sens de conduire.
f DUITTE (dui-f), ». f. Terme de marine. Nom donné k de très-petits torons provenant de fils de caret très-menus, servant k faire de U ligne d'amarrage et du petit filin.
— ETYM Le même que dut'fe.
t DULCAMAHINE (dul-ka-ma-ri-n'), ». ^. Terme de chimie. Substance qui se trouve dans la douceamére.
— ETYM. Lat. dulcamara, douce-amère.
t DULCIITANT, ANTE (dul-si-fi-an, an-t'), adj. Oui adoucit. Quelque petit clyslère dulciûanl, hol. iléd. m. lui, II, 7.
DULCIFICATIOV (dul-si-fi-ka-sion), t.f. Action de dulcifier; résultat de cette action.
— ETYM. Dulcifier.
DULCIFIÉ, ÉE (dul-si-fi-é, ée), part, patsi. Il 1* Rendu doux. || lerme d'ancienne chimie. Esprit de nitre dulcifié, esprit de sel dulcifié, nom donné k des mélanges d'acide nitrique et d'alcool, d'acide chlorhydriqiie et d'alcool, dits maintenant, le premier acide azotique alcoolisé, et le second acide chlorhydrique alcoolisé. || 2* Fig. Radouci. Voilà tout mon courroux Déjk dulcifié; qu'en di»-luT fomponsnousT mol. Dép. am. iv, 4.
DULCIFIER (dulsi-fi-é),jedulcifiais, nous dulcifiions; que je dulcifié, que nous dulcifiions, v. a. Terme de pharmacie. Rendre doux, tempérer l'àcreté, l'acidité, la force d'un hquide en le mêlant avec un autre liquide plus doux. On dulcifié les aci des minéraux au moyen de l'alcool. || Fig. et dans la style plaisant. Que voulez-vous donc taire avec ces