‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 105 sur 388 · DUP · texte numérisé non relu

DUP

pur amour du bien public comme une duperie ou comme une jactance, uabmontkl, Mém. xn. X ce risque fatal, je vis, je me confie; El dût ce noble Instinct, sublime duperie. Sacrifier en vain l'existence à la mort. J'aime à jouer ainsi mon âme avec lewrl, LAMART. Ilnrm. iv, 11. || i' Êlat de dupe. Pour voir jiis<proù va la duperie des hommes avec nous, MARIVAUX, Uarianne, l" part.

— KTVM. Duper.

DCPKUR (ilii-peur), t. •>». Celui qui dupe. Un dupeiir diip6. || Tig. Un dupeur d'oreilles, lecteur qui est assez, habile pour faire trouver bons, quand il les récite, des vers, un morceau, médiocres par la pensée ou par l'expression. On a dit que Delille était un grand dupeur d'oreilles à cause de son talentpour réciter ses vers.

— ÊTYM. Duper. " -' DUPLICATA (du-pli-ka-ta), (. m. Double d'un

acte, d'une quittance, d'une dépêche. Expédier un acte en on par duplicata. Que les chambres du parlement s';issRmlilassent pour, en leur présence, y être fait ouverture du testament, et les duplicata du dit testament être envoyés à tous les parlements du royaume, st-si.m. 304, 52. On dépêcha un second courrier avec un duplicata, volt. Russie, ii, I. Il fit quatre duplicata de celte lettre , id. Taureau, i. '1 Paf eitension et dans le sl\le hadin, représenta tion, image. Jiiloui de donner à ma belle I.e duplicata de mes traits, je demande quel est l'Apelle Le plus connu pour ses portraits, oSsauoiers, l'Atelier du peintre, chanson.

— RE.M. On ne voit pas pourquoi l'Académie, mettant un t dans des opéras, n'écrit pas aussi des duplicatas. des triplicatai.

— ETYM. Pliir. neutre de duplicatus, participe pa.ssir de duplicare, doubler (voy. DOUbLER).

t DUPLICATKUR (dupli-ka-teur), t. m. Terme de physique. Instrument propre à réunir des quantités d'électricité trop faibles pour être appréciables à l'électrométre le plus sensible,

— ETYM. Voy. duplication.

t DUPLICATIF, IVE (du-pli-ka-tif, ti-T'), adj. Terme didactique. Qui double, qui opère la duplication.

— ETYM. Lat. duplicare, doubler (voy. doubler) ; provenç. dupiicodu.

t DUPLICATILE (du-pIi-ka-ti-P), adj. Terme didactique. Qui est susceptible de se ployer en travers.

— ETYM. Lat. duplicare, doubler (voy. doubler). DDPLICATIO."» (du-pli ka-sion), t. (. \\ !• Terme

de géométrie. Action de doubler une quantité. || Duplication du cube, problème qui consiste à construire un cube double d'un cube donné eu volume et à faire celte construction sans employer d'autres instruments que la régie et le compas. Le problème des deux moyennes proportionnelles pour parvenir & la duplication du cube, qui n'a jamais pu être résolu géoniélric|uemeiil que par M. Descartes , rolt.lN, //ù(. anc. t. XIII, liv. xxvii, ch. < , p. (32, dans POUGENS. Il 1° Terme de musique. Dans le plainchant, sorte de périélèse qui se fait en doublant la pénultième note, lorsque cette note est du degré immédiatement inTérieur à la dernière. || 8» Terme de botanique. Mode de multiplication particulier à quelques genres de végétaux microscopiques.

— HlST. XVI* s. Geste fraction d'air fait double son, dont la duplication est appellée ecbo, pare,

— ÊTYM. Provenç. duplicatio; espagn. dupji'cacion; ital. duplicaiione; du latin dupiicalioncm, de dupdcnrc, doubler (voy. doubler).

t bUPLlCATO-DKNTKLÊ, ÉE (du-pli-ka-to-dante-lé, lée), adj. Terme de Iwianique. Dont les dentelures sont elles-mêmes dentelées.

— ETYM. Lat. dupliailus. doublé, et dentelé.

t DUPLICATUUE (du-pli-ka-tu-r'j, t. f. Terme didactique. Elat d'une chose plate et mince qui est repliée sur elle-même. La duplicature du péritoine. La peau du polype peut n'être pas simjile, elle peut être composée de deux membranes principales dont la du|ilicature fournil un nouvel estomac, Bo.NNET, Consid. corps organ. Otiuvres, t. vi, p. 68, dans poLCENS.

— HIST. ivi* s. Les veines et artères, estant entrées au crâne s'uiserent en la duplicature de la Ciure-mere, faite à la division du cerebelle et du cerveau, pare, m, s.

— ETYM. lat. duplicare, doubler (voy. doubler). t DUPLICIDKNTÊ. ÉK (du-pb-si-ilan-té, lée), odj.

Terme de butaiiique. Oui a des dpnls doubles. |{ S. m. Terme de zoologie. Les duplicidenlésou doubles dents, famille de mammifères rongeurs, diteiprésent lamilla des léporios.

DUR

— ÊTYM. Lat. duplex, double, et dent/!. PUPMCITE (du-pli-si-lé), ». f. || l'Etat de ce qui

est double. Certains verres donnent une duplicité d'images du même objet. H s'y rencontre [dans celte piécel une diipliciié de lieu particulier, corn. Ex. lie Cinna. || %' Terme d'anatomie pathologique. Duplicité par inclusion, synonyme d'inclusion monstrueuse, c'est-à-dire du la monsiruojité oii un corps vivant en renferme un autre. || 8' Fig. Caractère d'une âme qui est double, qui présente une apparence trompeuse et contraire à ce qui est au font; mauvaise foi. PuLsque votre probiibilité rend les bons sentiments de quelques-uns de vos auteurs inutiles à l'Eglise et utiles seulement à votre politique, ils ne servent qu'à nous montrer la duplicité de votre cœur, pasc. Prov. <3. Sa société [de M. de Turenne] communiquait une horreur pour la friponnerie et pour la duplicité, qui mettait tous ses amis au-dessus des autres hommes, sÉv. Lett.

28 août I67S.

— inST. xm* s. Tous jors i troverés sophime, Oui la conse'iuence envenime. Se vous avéssotilité D'entendre la duplicité, la lUise, 12317. || xv s. Ne fumée de haine, ne lâche quelconque de mensonge oudu|dicilé, GERSON,//are;ijue au roi Charles VI, p. 15. Il XVI' s. Toutefois qu'il y ait encore quelque dupi cité [double nature] et mesiange en lame mesme, et quelque diversité de nature eldrlTereiice entre la partie raisonnable et t'irraisonnable, ahyot, De la vertu morale, 3.

— ETYM. Lat. duplicitas, de dupifx (voy. double). DUPLIQUE (du-pli-k'),». f. || 1" Terme de prali(|ue

ancienne. Réponse à une réplique. Les dupliques furent abolies par l'ordonnance de 1667. {| Dans le langage général, toute espèce de réponse à une réplique. On n'a omis que ce que ce premier écrit omet, qui est un fatras de répliques et de dupliques départ et d'autre, st-sim. 398, II8.||2' Adj. Ancien terme de musique. Consonnance duplique, consonnance exprimée par un rapport double du rapport qui exprime une autre consonnance.

— ÊTYM. Voy. DUPLIQUER.

DUPLIQUER (du-pli-ké), V. n. Terme de pratique ancienne. Fournir des dupliques. Mme du Maine ne se rebuta point, et se mil à répliquer, à dupliquer, et à faire les derniers efforts pour l'emporter, ST-

SJM. 378, 4IK.

— HIST. xv* s. Si duplica; Le douloureux qui l'ouit replies, Et son propos de tous points applica, al. ciiAKTiEH, le Débat des deux fortunes. S'ensuit la seconde lettre du roy Henry, duplicant à la seconde lettre du duc d'Orléans, uonstrel. 1. 1, f" H, dans LACt'RNE.

— ETYM. Lat. duplicare, doubler.

DUPONDIUS (du-pon-di-us'), ». m. Terme d'antiquité romaine. Monnaie valant deux as.

— ÊTYM. Lat. dupoiidiu», de duo, deux, et pondus, poids (voy. poids).

t DUPPION (du-ppi-on), t. m. Terme de commerce. Voy. DOUPION.

DUQUEL (du-kèl), adj. eonjonctif m. »fnj. composé de du et de iju^i. Voy. lequel.

DUR, DURE (dur, du-r'), adj. \\ 1' Difficile à pénétrer, à entamer, opposé à tendre, à mou. Le fer est un métal très-dur. Du pain dur. Un lit dur. Du bois dur à fendre. Une pierre dure à casser. Pauvre ignorant! et que prètends-tu faire? Tu te prends à plus dur que toi, la font. Fabl. v, (8. || Un œuf dur, œuf cuit jusqu'à ce que le blanc et le jaune soient pris, congelés. || Terme d'anatomie. Parties dures, organes ou tissus qui présentent beaucoup de consistance, comme les os, les dents, les cartilages, par opposition à d'autres parties qui oITrent peu de résistance et qu'on appelle molles. |{ 2* Qui oppose de la résistance. Ce fusil, ce pistolet est dur à la détente. || Fig. et familièrement. Être dur à la délente, à la desserre, c'est-à-dire ne pas donner facilement de l'argent, être avare. Le seigneur Harpagon est le mortel de tous les mortels le plus dur et le plus serré; il n'est point de service qui pousse sa reconnaissance jusqu'à lui faire ouvrir les mains, MOL. l'Arare, ii, 6. || Dur à digérer, dedigestion difficile. Il Fig. et familièrement. Cela est dur à digérer, ou cela est de dure digestion, c'est-à-dire peu supportable, difficile à croire, ou très ennuyeux (en parlant de livres). || Dur à cuire, de cuisson difficile. Il Fig. et familièrement. Dur à cuire, c'est-à-dire difficile à manier, à faire marcher, à plier aux usages, en parlant surtout des gens qui ont pris leur pli. On remploie même substantivement. C'est un dur à cuire. Au piur. Des durs à cuire, qui se prononce comme le singulier, sans faire sentir 1'». I II Cette marchandise est dure à la vente, elle se vend

DUR

diffîcil-menl. || Eaux dures, celles qui, chargi«t de sel.i calcaires, ne sont pai propres à cuire les légumes. Il Vin dur, vin qui t beaucoup d'àpreté. 118' F,n parlant de certaines facultés qui ne s'exercent qu'avec peine. Etre dur d'oreille, avoir l'oreiU* dure, n'entendre que les sons qui ont de la force. Il Avoir la têiedure, ne pas comprendre facilement. On dit dans le même sens avoir l'intelligence dure. Il Terme de manège. Cheval dur, cheval qui n'a point de sensibilité ni à l'éperon ni au fouet. Réactions dures, fortes secousses, communiquées au corps à chaque poser des membres pendant les allures de certains chevaux. || Fig. Hais il est des esprits durs, indisci|dinables. Dont on no peut venir à bout, CORN. /mil. II, 3. Il 4* Qui est désagréa ble à l'oreille. Une voix dure. Un style dur. Des vers durs. Une modulation dure à l'oreille. Maudit soit l'auteur dur dont t'àpre et rude verve.... BOll.. Vers en style de Chapelain. Il y a une extrême inégalité entre les ouvrages d'Ausone; son style est dur; mais la dureté est le moindre vice de ses poésies, ROLLIN, Ilist. anc. t. xii, liv. xxv, ch. f, art. 2, S 3, p. (47, dans POUGENS. || Terme de musique. Se dit des intervalles ou des accords qui blessent l'oreille par leur dis.sonance. B dur se disait autrefois du si, qu'on désignait alors par B, et qui était beaucoup plus difficile à entonner que le(t bémol (voy. bécarre). ||Oui, dans les arts du dessin ou de la calligraphie, est marqué trop fortement, a des contours roides ou heurtés. Un dessin dur. Les traits de celle écriture sont durs. || Un crayon dur, un pinceau dur, un crayon, un pinceau qui tracent des traits durs. || Dans la peinture. Dont la dessin est dur ou dans lequel les lumiî^res et les ombres contra.slent durement. Un tableau dur. Des tons durs. L'effet de ce, tableau est dur. || Il se dit aussi en ce sens, de celui qui peint. C'est un peintre dur. Il B* Pénible, affligeant, difficile à supporter. Une réprimande bien dure. Les soldats mènent une vie fort dure. Dans celte dure extrémité, trouvez bon qu'elle vous conjure de l'aimer, pa- TBD, Harangue à la reine de Suède, dans biche- LET. Mais en ce dur combat de colère et de flamme Il déchire mon cœur sans partager mon 4me, CORN. Cid, m, ï. 11 est plus dur d'appréhender la mort que de la soufiTrir, la broy. xi. Mais il m'est désormais trop dur de reculer, rag. Baj. iv, 7. Quelque dure que soit la loi qu'on vous impose... in. Athal. v, 2. Je n'avais pas songé à désirer pour moi cette place; mais il m'était dur de la voir remplie par un autre, J. J. Ronss. Conf.y. Vous n'en faites que trop la dure expérience, Ducis, Lear, m, 6. Le malheur est moins dur à supporter qu'à craindre, ID. Oscar, i, 2. A moi-même il me dit les choses les plusdures, boissy, Deh. tromp.i, 1. 1| 6' Rigoureux par le froid. Un climat dur. Un hiver dur. Un temps dur. || Fig. Les temps sont durs, c'est-à-dire on a bien de la peine à vivre par le temps qui court. Il y aura toujours des gens riches qui diront que le temps est dur, volt. Lett. Damilaville, 28 fé\.". 1788. Eh bien I voisin, comment va le commerce?— Fort mal, le temps est dur, champeciit, tarch. dt Smyme, se. to. ||7' Qui est sans bonté, sans humanité. Cet homme est dur et sec. 11 est fort dur pou/ ses domestiques. Il a le cœur plus dur, étant fils d'un lyran. corn. Iléract. v, 2. Leurs cœurs devieuneut plus durs que la pierre et que le bronze, bouroal. Uyst. Passion de J. C. L l, p. 286. U cour est comme un édifice bUti do marbre, je veux di. i qu'elle est composée d'hommes fort durs, mais fuit polis, LA BROY. viii. || Daus le même sens, en parlant des dehors, des manières, des discours, etc. Un regard dur. Des manières dures. Il lui refusa en termes durs. Une réponse dure et désobligeante. Jamais homme ne fut plus compatissant avec une physionomie plus dure, volt. Jenni, 8. Ses trait» durs et pensifs ont un calme odieux, lemerc. Pridég. et Bruneh. m, 2. ||8' Qui supporte U faiigue, la peine. Un homme dur au travail, à la peine. Cette espèce d'opulence permettait aux colons d'avoir un assez grand nombre de chevaux qui n'éuienl par beaux, mais durs à la fatigue et propres à faire sur la neige des courses prodigieuses, raïnal, Uisl. phil. xvi, 43. Il Avoir la vie dure, ré-sisler aux causes de mort. Avoir la vie dure comme un chat. Il a la vie bien dure, sf.v. 292. || Reudre à quelqu'un la vie dure, lui faire bien du mal, lui donner bien de U peine. || 9' Dur, adt'. Diflicilement. Entendre dur. || Fig. et familièrement. U croit dur comme fer tout ce qu'on lui dit, il e.sl trèscrédule. Il 10" S. m. Terme d'art. Le dur est le contraire du moelleux. || 11' Dure, ». f. La terre nue. J'ai bu chaud, mangé froid et couché sur la dure,

DUR

DUR

DUR

RÉGNIER, Sat. II. De peur.... Que son lit ne défonce , il dort dessus la dure, id. ib. xiv. Il faut souffrir la faim et coucher sur la dure, boil. Sa», vin. Il Proserbe. Quand l'un veut du mou, l'autre TBUt du dur, se dit de deux personnes qui ne s'accordent pas.

— HIST. XI' s. Ki dune li vit son grant dol [deuil] démener.... Mull fust il dur, ki n'estoût [qui ne dût] plurer, St Alexis, utxxvi. Dur sont li cop, et li chaples [combat] est grefs , Ch. de Iloland , Kxv. Il XII' s. Il lace l'eume [haumej, qui si fu dur lenprez, ttonc. p. 36. I.a bataille est moût merveilleuse et dure, ib. p. OJ. Frère Olivier, com dure destinée! «!>. p. (76. Tant par vous truis [je vous trouve] touz temps sauvage et dure, Couci, xi. S'onques nus [nul] homs por dure départie [départ] Ot [eut] cuer dolent, je l'aurai par raison, tb. xxiv. Il xiii* s. Tybers, ce di.st Morans, dur cuer as corne pierre, Berte, xx. De peine et de travail [elle] dort si ferm et si dur, «6. xu. Seneschal, vous savés que je vous ai moult amé, et ma gent me dient que il vous treuvent dur; comment est-ceT joinv. 257. Il iiv* s. Et ceulz qui ont fait moult de maulz très prans et très durs, oresme, Elh. 267. Quant vous ïouldrez, prenez bataille; Nous avons la peau assez dure, Et de fouir [fuir] si n'avonscure, ttt). du6on/ehan, (309. Il XV" s. Si s'accorda Ile duc de Bretagne], mais ce fut à dur, à ce que ses gens en avoient fait, FROiss. II, II, 82. Si ne vous chaille, si les Anglois tiennent maintenant les champs et s'ils empruntent un petit de pays à nous; sachez que c'est à grand dur (dommage] pour eux, id. ii, m, 44. Lui fit prier qu'il se voulust déporter et retraire, et qu'il estoit trop dur conseillé contre lui, quand il ardoit l'héritage de son fils le comte de Blois, id. i, i, 88. IJl eut mainte parole retournée et mainte mise en avant, car dur sembloit et contraire aux cardinaux de défaire ce que fait en avoient, id. ni, iv, 67. Et combattirent et assaillirent si dur Albrecht et sa route qu'ils furent desconfis, id. i. i, 413. Les Escots sont durs et hardis et fort travaillans en armes et en guerre, id. i, i, 3i. Combien que Arfaran fut moult aagé, si estoit il dur et robuste, rerceforest, t. vi, f° 12. L'atteignit sur le dur du hcaulme, et luy trancha le chapeau d'acier, ib. >. I, t° 28. Il ivi' S. Coucher sur la dure, mont, i, 57». Quand il commencea à apprendre les lettres, il se trouva dur d'entendement, et tardif à comprendre, AMïOT, Cat. d'Ut. 2. Il avoit l'puye un peu dure, iD.rt. 80. Chevaucher un cheval allant

dur, PARÉ, VI, 44.

— ÊTYM. Provenç. dur; espagn. et ital. dura; du latin durus.

+ DURABILITÉ (du-ra-bi-li-té) , s. f. Terme didactique. Qualité de ce qui est durable. La durabilité d'une chose.

— ÊTYM. Provenç. durabletat; ital. durabilità, du latin durabilitatem , de durabilis, durable. On trouve durablelé en d'anciens teilcs.

DURABLE (du-ra-bl'), adj. Capable de durer longtemps. Des monuments durables. Non, non, elle a bien fait de m'êlre favorable, Voyant mon feu si grand et ma foi si durable, malh. v, ♦. Bon précieux, inestimable présent, si seulement la possession en avait été plus durable, boss. Duch. d'Orl. Si quelijUe chose pouvait élever les hommes au-dejsus de leur infirmité naturelle, si l'origine qui noiis est commune souffrait quelque distinction solide et durable entre ceux que Dieu a formés de la même terre.... id. ib. Ou que d'un beau trépas la mémoire durable.... sac. Phèd. m, b. ô réveil plein d'horleurl ô songe peu durable! id. Athal. ii, 9. Que lie courtes joies, que de chagrins durables! hass. Or. /un. l'rofess. rel. Serm. 3. Si les calamités pu- Miques sont si durables.... id. Confér. Excell. du tacerd. Les penchants durables et comme ineffaçables du vice, id. ib. Vocal, à l'état ecclésiast. 4. .le léguerai la France à ma race durable, lemerc. Fridég. et Bruneh. m, B.

— HIST. xi- s. Briés [bref] est cis secles, plus durable atendeiz, St Alexis, ex. || xv s. Ce qui est fondé sur vertu est très durable, et en vient bien et

[joye, Bouciq. i, ch. 7.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. durable; portug. duroieJ; ital. durabile; du latin durabilis, de durare, durer.

+ DURABLEMENT (du-ra-ble-man), adv. D'une manière durable. Les ennemis, plus soigneux de s'avancer solidement et commodément que de se hâter de pénétrer, avaient préféré les grands sièges pour se porter plus sûrement et plus durablement en avant, st-siu. 24b, 43. Nous comprenions dans les éléments de la propriété tout ce que l'intelligence

et la prévoyance humaine parviennent & créer et à s'approprier durablement pour la conservation de l'homme, iiollien, Uém. d'un ministre du trésor,

— ÉTYM. Durable, et le suffixe ment; ItaL durobilmente.

DURACINE (du-ra-si-n'), ». f. Pêche dont la chair a une certaine dureté.

— HIST. xvi* s. Les auberges de jaune doré, duracines, aians la chair ferme, sont fort prisées,

— ÊTYM. Lat. duracinus.

t DCRAMEN (du-ra-raèn'), s. m. Terme de botanique. Nom donné au bois parfait ou bois proprement dit.

— ÊTYM. Lat. duramen, bois dur de la vigne, de durare, durer.

t mJRANDAL(du-ran-dal), ï.f. Nom del'épéede Roland, et, par extension, toute épéc de chevalier. Le chevalier jurait par sa durandal et son aquilain, sa fidèle épèe et son coursier rapide, ciiateaub. Génie, iv, v, 4.

— HIST. xii' s. Je ferrai [frapperai] tant de durandart m'espée, Garin, dans du canoë, durissimus. [Il] Tint Durandars, dont li brans fu lettrés, lloman de Roncevaux, ib. \\ xiii* s. Si tenoit encores Durendal l'espée, si vaut autant à dire comme donne grand cop ou fier durement Sarrazins, nu cange, ib. Durandal ot [eut] à non li brans [épèe], C'est à dire durs cos [coups] donans, ph. mouskes, Chron. v. 8002, 1. 1, p. 3(7. Il XVI' s. Vien, Attropos, et me couppe la teste De Durandal ou Joyeuse ou Clarence, Ou de Courtain ou Flamberge qu'est preste; Ainsi auray de mes maulx alegeance. Chasse et départ d'amour, p. 242, dans LACURNE.

— ÊTYM. Origine inconnue; tout au plus peut-on conjecturer que ce mot renferme le radical dur, durer, et signifie l'épée solide, résistante, durable. En tout cas ce mot est très-ancien; car on lit durindarda au portail de la cathédrale de Vérone, laquelle est du IX' ou X' siècle; ce qui exclut une oririgine arabe, bien qu'on lise dans les Quatre fils Aymon, v. 851, éd. de Bekker, Durendal comme nom d'un émir. L'étymologie de Ph. Mouskes vient directement de la Chronique du faux Turpin, de vita Caroli magni et Rolandi, ch. xxiii, p. 66, de l'édition Ciampi, Florence, 4 822 : Duranda interpretantur durum ictum cum ea dans; quae frangi nulle modo poterat; prius deficiat braohium quam spala.

DURANT (du-ran), prép. || 1* Dans la durée de, pendant l'intervalle de. Jugez durant ce temps ce que vous pourrez faire, corn. Pomp. n, 4. Durant les brouilleries de la Grèce, Épaminondas, Thébain, se signala par son équité et par sa modération autant que par ses victoires, boss. Hist. i, 8. Annibal victorieux durant seize ans est vainement rappelé et ne peut défendre sa patrie, id. ib. I, 8. Les Sarrasins reçurent de grands coups durant l'empire de Léon, ID. ib.i, 44. Si jamais l'on peut dire que la voie du chrétien est étroite, c'est durant les persécutions, ID. Beine d'Anglet. Madame, ou je me trompe ou durant vos adieux Quelques pleurs répandus ont obscurci vos yeux, rac. Brit. v, s. Ainsi, ce roi qui seul a, durant quarante ans, Lassé tout ce que Rome a de chefs importants, id. ililhr.

1, 4. Hélas! dur.int ces jours de joie et de festins.... ID. Esth. I, 4. Des flammes vengeresses vont punir durant l'éternité l'erreur fugitive d'un songe agréable, MASS. Car. Riche. \\ i' Durant peut, par inversion, se mettre après son régime. Elle aura cette fortune sa vie durant. On vous parle une heure durant, et vous ne répondez point à ce qu'on vous dit, MOL. Har. fore. se. 6. Ses lettres sont toujours, deux mois durant, l'ornement de toutes les poches, sÉv. 404. On voit cinquante ans durant qu'on n'exerce contre eux aucune rigueur, boss. Var. 4l. ||3° Durant que, conjonct. Dans le temps que.... Durant que l'oreille il me flatte, Régnier, Sat. vin. Je vous dirai que, durant qu'il dormait, je me suis dérobée d'auprès de lui, mol. G. Dand. m, 4 2. Durant que le peuple errait, boss. Ilist. il, 3. Ainsi, durant que Stentor lisait, ils étaient proprement à la comédie, FONTEN. Jugement de Ptuton. \\ Durant peut être séparé de que par quelques mots d'incise. Durant près de vingt ans que ce professeur a enseigné la grammaire.

— REM. 1. Des grammairiens ont condamné durant que comme vieilli; il est trop autorisé par de bons écrivains et trop logique pour qu'on le rejette. Il 2. Marg. Buffet recommande de ne pas dire: 11 vous a attendu quatre heures durant, mais: Il vous a attendu quatre heures, Observ. p. 4 4 4, (668. Cette

remarque n'est pas valable ; les exemples rapportés la mettent à néant.

— SYN. DURANT, pendant. Durant, participe du verbe durer pris pour préposition, g^rde sa signification primitive; mais pendant n'implique point cette signification. Ainsi l'on dira: durant la campagne, les ennemis se sont tenus enfermés dans leurs places; et c'est pendant cette campagne que s'est livrée la bataille dont vous parlez.

— HIST. xiii* s. Le mariage durant, li chevaliers aceta un fief et en fist bornage au conte, beaum. XII, 40. Il XV' s. Ce temps durant, oi le roi de France et son conseil plusieurs consaulx, pnoiss. ii, ii, 200. Il XVI' s. Lîi commença l'assaut et très cruelle alarme; Durant, les pionniers besoingnent fort et ferme, 1. MAHOT, p. 4 4 0, dans LACURNE. Durant que reguolt Martius, amtot, Numa , 46. Durant le chemin, MONT. I, 74.

— ÊTYM. Durant, participe de durer, pris adverbialement ou préposiiivement; provenç, duran, durant; espagn. et ital. durante.

t DURANTISTE ( du-raii-ti-sf) , j. m. Partisan de Durante ou de la mélodie, opposé aux partisans de Léo ou de l'harmonie.

— ETY.M. Durante . compositeur italien qui vivait dans la première moitié du xviii' siècle.

t DUR-BEC (dur-bèk), s. m. || 1* Nom d'un genre d'oiseaux insectivores. Le dur-bec éuucléateur, dit vulgairement dur -bec, dur-bec rouge, ou gros pivoine ou gros-bec du Canada, le strobiliphage énucléaleur. \\ 2" Un des noms donnés à la chenille de Vattelabe Bacchus (coléoptères), dite aussi hurebec et chenille de la vigne. \\Au plur. Des durs-becs.

DURCI, lE (dur-si, <i») part, passé de durcir. Rendu dur. Des bâtons Inf^js an leu.

DURCIR fdur-sir). || 1* i. n Rendre dur. Le soleil avait durci 11 terre. || Fig. Endurcir, fortifier contre la mollesse. On les durcissait aux travaux, boss. ii, Sent. 4. Il 2° r. n. Devenir dur. L'argile durcit au feu. Il Faire durcir un œuf, le cuire jusqu'à ce qu'il soit dur. Il 3' Se durcir, v. réfl. Devenir dur. La pierre se durcit à l'air.

— HIST. xvi* s. Pour se durcir au mal et au travail, MONT, n, 49. Ils estoient si durcis à la peine que.... ID. II, 96.

— ÊTYM. Dur.

DURCISSEMENT (dur-si -se- man ), J. m. Acte de se durcir; état de ce qui est durci. Le durcissement des œufs dans l'eau bouillante.

— ÉTYM. Durcir.

t DURCISSEUR (dur-si-seur), adj. m. Qui durcit. On aperçoit dans cette série [une série de substances] deux corps de la série précédente; les autres sont également aigres et durcisseurs, chancouï- TOis, Acad.des se. Comptes rendus , t. lvi, p. 254.

f DURDO (dur-do) , s. m. Terme de pêche. Poisson du genre scienne qu'on appelle aussi corbeau.

DURÉE (du-rèe), s. f. || 1' Absolument. La continuation indéfinie. L'espace et la durée. Pour suivre dans cette ouverture que l'Écriture nous donne, que chacun contemple cette durée infinie qui le précède et qui le suit, et qu'y voyant sa vie renfermée, il regarde ce qu'elle en occupe, Nicole, Ess. demor. t" traité, ch. m. || 2° Espace de temps que dure quelque chose. La durée d'un règne. Vous avez résolu de nous voir demeurer En une obscurité d'éternelle durée, malh. iv, 3. Que tout ce qui m'a plu doit être de durée, corn. D. Sanch. m, i. Votre félicité sera mal assurée Dessus un fondement de si peu de durée, id. Perthar. m, 2. Nos termes sont pareils par leur courte durée, la font. Fabl. xi, 8. Mais hélas I tout ce qu'elle aimait devait être de peu de durée, boss. Anne de Gom. J'en ai trop prolongé la coupable durée [de ma vie], rac. Phèd. i, ». Même tu leur promis de ta bouche sacrée Une postérité d'éternelle durée, id. Eslh. i, 4. En ce temple où tu fais ta demeure sacrée, Et qui doit du soleil égaler la durée, id. Athal. m, 7. Par la suite des temps et par la durée des siècles, mass. Car. Confess. Cette grande puissance temporelle des papes en Italie ne fut pas de durée, volt. Mœurs, 49. || De durée, lac. adv. signifiant qui résiste k l'usure, à la fatigue. Une étoffe de durée. Tout homme qui s'essouflle dans le travail fait plus que sa force ne lui permet, et par conséquent n'est pas bon ouvrier, c'est-à-dire ouvrier de durée, la. qointinïe, Jardins, I, 4.

— SYN. TEMPS, durée. La durée ne présente d'autre idée que celle d'une persistance. Le temps y ajoute l'idée du nombre; c'est une persistance ou une durée évaluée; et de là vient que, quand on passe à l'éternité qui est infinie, on supprime bien l'idée du temps, mais on ne peut pas supprimer

DUR

celle de la durée. En d'autre» terme», les chose» auraient une durée, quand môme nous ne saurions Ja rapporter à aucune unité; mais le temps proprement (lit n'y serait pas, puisqu'il serait impossible de Domlirer cette durée.

— HisT. XII* s. L'ame s'en part, n'i put avoir durée, Jionc. p. M7. Car joie a courte durée, Qui avient par tel folor, Couct, 1. 1| xiii* s. [Elle] Ne peûst vers tel peine avoir nule durée [résister à une telle peine], Herle, XLVi. Nulz n'est seùrs d'avoir longue durée; Se vous moriez ains que fussiez amez, .Sans juie avoir, auriez vo vie usée, cunklier, dans Uibl. des Charles, 4« série, t. v, p. 38. Ge et toutes autres créatures avomes corte durée, Psautier, f' (20. Si a danz Nobles li Lions Novelemenl la pes [paix] jurée, Se Dieu plaist, qui aura durée, Ken, 4750. Il XI' s. Et ne purent oncques les Escots avoir victoire ni durée contre lui [Edouard 1"], fboiss. l, l, ï. Il xvr s. Un ouvrage de longue durée, amïot, Péric. 2». Ainsi l'amour tardiie est de longue durée, BONS. 239. Tout terme qui finit n'a pas longue durée, id. 676.

— ÊTYM. Provenç. durada; ital. durata; d'un part, passif latin durata, de durare (voy. dureb).

tnURKLIN (du-re-lin), ». m. Chiite à laryes feuilles, dit aussi chêne-rouvre ou roure.

DUKEMENT (du-re-man), adv. \\ 1* D'une manière dure. Être couché durement. || 2° D'une manière qui fait sur l'oreille l'elTet d'un corps dur pour le toucher. Quand on aura dit qu'il versifie durement, tout sera dit, d'olivet, Hisl. Acad. t. il, p. 168, dans pouGENS. Il Dans un sens analogue, en peinture et en sculpture. Muscles durement exprimés. Il 3° Fig. D'une mnnii're qui agit sur le» sentiments, sur le moral, comme un corps dur. Répondre durement. On condainm; durement cette coutume des Lacédémoniens comme pouvant porter les jeunes gens à peu respecter en J'autres occasions le bien d'aulrui, rollin, Traité des El. liv. v, 3" part. ch. 2, ■| 4* Avec anslérilé. Le religieux vivait très-durement, ciiATEAiB. dans le Dict. de besciiehellb.

— HIST. XI" s. N'i a celoi qui durement ne plort, Ch, de Roi. cxxxv. {j xu* s. Par Mahomet, ferez [frappez] i durement, llonc. p. t2». [Elle] ot un anel où durement .se fie, ib. p. (62. Lors vous truis

i trouve] je cruel si durement, Couct, x. Quant ot ouït] li reis Henns, [que] l'arcevesques s'en fui. Durement s'en marri, e si conseillier tuit, Th. le mari. 63. E vit une dame ki se baignoit en un solier del altre part; si fud durement belle, flou, (54. Il xm' s. Dont ce fu moult grant damage, quar moult estoient preudome et vaillant durement, viL- LEH. XXI. Quant il uirent que li marchis venolt, si alerent encontre li, el l'eunorerent moult durement, ID. XXVII. Moult i ut de ceus qui mauvaisement le tindrent, dont il furent moult durement blasmé, ID. XXII. Il XV' s. El en abattirent ce jour, si comme on dit, plus de soixante [ennemis]; car ils estoient grands et forts chevaliers durement, froiss. i, i, 31. Si en virent nullui [les Escots avaient décampé pendant lanuii), dont ils [les Anglais] furent muult durement esbahis, id. i, i, 4». {| xvi* s. 11 trailloit ses subjects durement et violentement , amtot, Pyrrh. 8.

— ÉTYM. Dure, et le suffixe mf.nl; provenç. duranien, diirameni; espapn. et ilal. duramenle. Dans tout le moyen âge, durement signifia souvent f;eaiicoup, très, fort ; il a gardé ce sens dans le langage populaire de quelques provinces : nous avons durement marché. De même on y dit avec l'adjeclif : nous avons fait un dur feu, un bon feu; c'est une dure terre, une terre bonne et productive,

DCIIE-MÈKE (dure-mê-r'), t. f. Terme d'anatomie. Lu plus extérieure et la plus forie des trois membrane» qui enveloppent l'encéphale et la moelle épinière.

— HI.ST. XIV* s. Et la dure-mere est ainsi dite, car ele envolepe durement le cervel, h. dk mondetille, ^ 15. Il xvi's. Iceluy nerf est couvert de deux membranes dudit cerveau, à sçavoir dure et piemere, par^, i, io.

— f.TYM. Membrane dite dure, parce qu'elle est d'un tissu très-résislant, et mère, parce qu'elle protège les centre» nerveux.

t DUIIE PEAU (du-repô), s. f. Variété de raisin. \\Au plur. Des dures-peaux.

DURER (du-ré), V. n. || !• Être dur contre les cause» de destruction, continuer d'être, persi»ter à être. Les pyramides d'Egypte, si anciennes, durent encore. Il Fig. Quand on saura mon crime et que ta flamme dure, coRn. Ct'd, m, i. Dure & jamais le mal, s'il ; faut ce remédel id. Ilor. I, 3. Dure, dure à jamais l'esclavage de Bomel ID. Cinna, lu,

DUR

s. Tant qu'il verra durer ces restes du parti, n>. Pomp. Il, 4. Ni que des sentiments que j'aime à voirdurer.... id. Ni(Om. iv, 3. Vdus ne voyez donc pas qu'elle a peine à durer [ma haineJT ID. Sertor. m, 4. Et n'eût tout mon bonheur que deux jours à durer, ID. ib. v, 6. la mémoire de Sem a toujours duré dans le peuple hébreu, boss. Ilist. i, 3. || Durer à quelqu'un, en parlant d'un sentiment, d'une idée, persister en lui. ':"«st le dernier reméile;et s'il y faut venir. Et que de ces malheurs cette pitié vous dure, cor.n. Cid, m, 2. Si l'envie que vous avez de me connaître vous dure encore, venez, scARRON, Uom, corn. 2* part. ch. l». Ahl méritez, mon fils, que cet amour vous dure, rotrou, Yencesl. I, 4. Il Faire durer, prolonger. On fera durer cette privation au>si longtemps qu'on voudra, bû.$s. Pass. Il 2' Ne pas s'user, no pas dépérir facilement. Ce drap dure beaucoup. Meubles faits de manière à durer longtemps, kên. Tél. xii. || Il est bien neuf, il durera longtemps, se dit d'un niais qui n'a pas TU le monde. || 3" 11 se dit du temps qui se prolonge. Marcelle en ma faveur agit trop lentement. Et laisse trop durer cet ennuyeux moment, corn. Tliéod. iv, 4, Et nos jour» criminel» ne pourront plus durer Qu'autant qu'A sa clémence il plaira l'endurer, id. Ilor. y, i. Mes amis, l'hiver dure, et ma plus douce étude Est de vous raconter les faits de» temps passés, VOLT. Gerirude. Puisse ce sentiment que je vous inspire aujourd'hui durer autant que ma vie, dit Corinne, ou du moins puisse ma vie ne pas durer plus que lui! stael, Corinne, v, 3. || 4» Sembler long. Ce n'est qu'avec ceux que j'aime que les heures ne me durent pas, balz. Ut. iii, lett. <o. Ce sont les seuls charmes.... qui sont capables d'évoquer la paix et de la faire voir encore à la terre après une si longue absence et qui lui dure si fort, id. Disc. à la régente. Un moment loin de vous me durait une année, rac. Théb. il, 4. J'eus l'honneur de voir Mme de Maintmon, avec qui je fus une bonne partie d'une aprîs-dlnée, el elle me témoigna même que ce temps-là ne lui avait pas duré, id. Lett. à Boileau, 6. Je sais que ce délai lui dure autant qu'à moi, J. J. HOnss. Hél. iv, 8. || Impersonnellement. 11 me dure que vous soyez de retour. || 5° En parlant des personnes, continuera vivre. Il s'est fait admirer tant qu'ont duré ses frères, corn. Ilor. m, 6. Son fils ne dura gutre, Bns3. ]list. i, 7. li Fig. Se conserver dans ses dignités, dans son crédit, dan» »a fortune, etc. Il est aisé de durer, quand on s'accommode aux conjonctures, mass Vérité de la religion. |{ t' Supporter, rester, vivre avec. Et je ne puis Durer plus longuement à la peine où je suis, Régnier, Élég. ii. Quelle sécheresse de conversation! on n'y dure point, on n'y tient pas, mol. Préc. 6. Pensez-vous que je puisse durer à ses turlupinades perpétuelles? id. Critique, 4. Il a tant bu que je ne pense point qu'on puisse durer contre lui, id. G. Dand. m, n. Ne pouvant plus durer en tel tourment, la font. Ttich. La petite vérole le prit avec une telle corruption qu'on ne pouvait durer dans la chambre, sEv. 428. Il aimait Veret [un château], quand il n'était pas obligé d'y demeurer; il ne peut plus y durer, parce qu'il n'ose en scrrtir, id. 343. Elle était assise, elle ne peut durer au lit, id. Letl. 20 avril 4 672. Aurait-on pu durer huit jours chez vous a\ec un cœur droit et sincère? fénel. Dial. des murts rjiod. (5.|| Ne pouvoir dureravec quelqu'un, ne pouvoir plus vivre avec lui. Il faudrait une plus grande pénétration et une plus grande patience que la mienne pour pou voir vous entendre et pour pouvoir durer avec vous, BARON, Homme à b. fort, i, 4. Comme en revenant à nous, nous n'y trouvons que nous-mêmes, c'està-dire un cœur vide de vrais plaisirs, nous ne pouvons durer avec nous-mêmes, mass. Uyst. Pentecôte. Un si aimable homme et une femme si merveilleuse ne duraient pas aisément ensemble, sisiM. 66, 401. Augicourt se contenta de dire qu'il l'avait bien servi [M. de Louvois], mais qu'il n'y avait plus moyen de durer avec lui, id. 4 34, 237'. Il Familièrement. Ne pouvoir durer en place, être agité, tourmenté. Cette personne ne saunil durer en place, sÉv. 607. || Ne pouvoir durer en sa peau, être agité, tourmenté par queli|uc désir. Tant se la mil le drôle en la cervelle, Que dans sa peau peu ni point ne durait, la font. Coc. || Ne pouvoir durer de froid, de chaud, au froid, au chaud, en être extrêmement incommodé. {| Proverbe. Il faut faire vie qui dure, se dit quand on parle de ménage et qu'on veut empêcher la dissipation de la fortune, de la .santé, de» forces. Afin de faire vie qui dure, sÈv. 606. Il On dit, dans le même sens, faire feu qui dure. Buvez, mangez, dormez, et faisons feu

DUR

qui dure, hac. Plaid, t, 4. || Durer se conjugue ares l'auxiliaire avoir,

— lilST. XI* s. Oui durerai k trestout ton edags [âge], Ch. de Roi. xx. [Il] Kiertdel'espieu, tant com hansie [lance] lui duret, ib. en. Ice^te honte durreit [durerait] à lor vivant, ib. cxtvii. || xii* s. Ne poit durer que {il ne peut tarder que].... /lonc. p. 4. (II] Servira vous, tant com pora durer [tant qu'il vivra], ib. p. 32. Jà après vous [je] ne doi un jor durer, «6. p. 09. Tresqu'à la porte est lachacedurée, ib. p. 148. Se il duras! [vécûtjeteûst longue vie, i6. p. 465. Tant com durrontli siècle, en sera reparlance, ib. p. 497. Comment me puet li cuers au cors durer Qu'il nes'en partT Couci, xxii. Dont la guerredura tante maints saison, Saz. m. Il tenoit un espié dont la hante ert entire; Ne peut nuls homs durer sur pieds, cui il en fire [frappe], ib. x. || xiii* s. Et dura-il bien ci» fron» [de bataille] troi» arbalestrées, villeh. t.xxvii. Onc< ques, ce croi, mais une crature N'ot tant de malpof aimer loiaument; Si en morrai, se longuement ma dure, Ei'ST. le peintre dans Couci. Et Iroverent si grant mortalité de Sarasins que à peine pooient il durer pour la pueiir, Chron. de Bains, p. 40i. Chascuns des pan» [du mur] cent toLses dure. Si est autant Ions comme lés, la Rose, 3826. Comment vit bons et comment dure En tele poine, n'en tel ardure? l'fc. 3699. Babiloine, si com je pens. Dure vingt bues de tos sens, Fl.et Bl. 4787. Haltalent miievent entr« home et feme, qui sunt ensanlle par mariage, il que Une poent [peuvent] durer ne mjnoir ensaoUe, BEAUM. Lvii, 4. Il xiv* s. Et par ses fausses euvrcs qu'il a volu ouvrer, S'a fait après la mort tellement regretter Qu'on disoit : c'est dommages qu'il ivoit tant duré, Guescl. 46487. || xv s. Disoient les fois [de Gand] : Si Audenarde estoit d'acier, si ne pourroit elle durer contre nous, quand nous toudrions, froiss. ii, ii, 63. Vousy prendrez terre [en Normandie) à votre volonté; ne jà nul ne vous viendra au devant qui rien vous dure; car ce sont gens en Normandie qui oncques ne furent armé», ID. I, t. -64. Jeu qui trop dure ne vault rien, cii. d'orl. llondeau. Le vaillant père dont cy-de^sus avons parlé ne dura au fils que deux ans après sa naissance, Rouciq. I, ch. 2. Qui dure vaint [celui qui lient le plus longtemps» l'avantage], le Jnuienetl, ms. p. 5iis, dans laclbsï. || xvi» », Ils estoient forcez et astieinctz y demeurer perpétuellement leur vie ilurante, rab. Garg. i, 62. Considérant les difficultés ausquelles il avoit duré desjà si longtemps pour se sauver, mont, i, i38. Cette amitié ayant si peu à durer et ayant si tard commencé, id. i, 243. Il leur ottroya la paix, soubz condition que, l'espaça de neuf ans durans.... ahtct. Thés. <8. Dedans le temps que dura l'authorité d'un seul gouverneur, ID. Péric. 26. La montée qui duroit environ un quart de lieue n'estoit pas fort roule ny couppée, id. Lucuil. 63.... Une joye, un plaisir, que les plus grands Césars Ne sentirent jamais : mais courte elle me dure, RONS. 238.

— ÊTYM. Provenç. et esp. durar; ilal. durare; du latin durare, durer, durcir, de durus, dur.

I. DL'RET, ETFE (ilu-rè, rè-f), adj. Un peu dur. Ce mouton est duret. La chaise mal faite et durette, SCARRON , Tirg. trav. vi.

— IllST. xiii* s. Car clés «anlent [semblent] bien duretés. Lai d'ignaurès. || xvs. Son corps est gent, drois et Ions, Sain, hault assis, petit, rons, Et bleu dures, fhoiss. Poésies ms.'!. p. 233, dans lacuenb.

— ÈTVM. Diminutif de dur.

\ i. DURET (duré), s. m. Variété de pomme. Il Espèce il'érable des Alpes.

DLHETÉ (du-re-té), J. f. || 1* Propriété qu'ont les corps solides de résister à ce qui tend à en entamer la substance. La dureté du fer. || Défaut de mollesse, de la qualité tendre. La dureté de ce morceau de bœuf. La dureté d'un lit. || 2* Terme de pathologie. Tumeur dure. Le palper fit .sentir une dureié dans le ventre. || Dureté de ventre, c-instipation. Il 3* Défaut de sensibilité de l'oreille. Cet homms a une grande dureté d'oreille. {| 4* Défaut de sensibilité, d'humanité. Grande dureté de cœur. La dureté pour les pauvres. Un peu de dureté sied bien aux grandes îmes, corn. Suréna, t, ». Quoi! dan» la dureté ces cœurs d'acier s'obstinent I id. //or. m. 2. Mais si la dureté de votre aversion Nomme encor notre amour une rél>ellion, id. Rodog. iv, 3. Ils habitaient un bourg plein de gens dont le cœur Joignait aux duretés un sentiment moqueur, la font. Phil. el Baiicis. Tant il a de dureté pour les pauvres, PASC. Prov. 42. Quelle dureté est semblable k la nôtre, si un accident si étrange [la mort de la duchesse], qui devrait ..eus pénéirer jus. 'au fond de l'âme, ne fait — ,;b nous étourdir pour qtiet.,ues

DUR

DtJV

Page 1