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M masse l'écarbouillanl, sc*br. Gigantom. ch. v, dans I.EH011X, Dict. comique. || S'écnrbouiller, v. ré/l. Être écarbouillé. Il s'écarbouilla en tombant. Il Beaucoup «le personnes prononcent escarboiiiller.

HIST. xvi* s. Ez ungsescarbouilloit la cervelle,

ez autres roinpoit bras et jambes, babel. Garg. i, 27. Ny plus ny moins que font ceux qui sont picquez «le l'escorpion ; le plus souverain remède qu'ils ont, c'est <le le tuer ou l'escarbouiller et l'appliquer sur la morsure et playe qu'il a faite, bhant. Dames gai- t. I, p. 97, dans laciibne.

— ÈTYM. Champen. écrahouiller ; Bruxelles, scrahduilles, le résidu du charbon non entièrement consumé. La forme du mot montre que c'est exoarbtmculare, réduire en charbon, et, de là, mettre en pièces (vov. escarboucle).

t ÉCARDO'NNEUn(é-kar-do-neur), *. i». Un des noms vulgaires du chardonneret.

ÉCARLATK (é-kar-la-f) , t. f. || 1" Teinture rouge fort vive. {| P.carlate de Venise, écarlate faite avec l'alun, la crime de tartre et le kermès. || Écarlate des Gobelins, la même que l'écarlate de Veni.se. llRcarlate de Hollande, celle que l'on obtient en traitant la cochenille par la crème de tartre et le chlorure d'étain; la découverte n'en remonte qu'à l'année <630; elle se fit en Hollande; o'estavec cette écarlate qu'on teignait le drap pour les compagnies rouges du roi. Une belle écarlate. Les exportations de ce sol se réduisaient, pour l'Europe, à une herbe connue sous le nom d'orseille, et qui est employée dans les teintures en écarlate, haynal, Hist. phil. XI, (8. Il Yeux bordés d'écarlate, yeux rouges sur le bord. La vieille leur parla en ces termes : Je n'ai pas eu toujours les yeux éraiUés et bordés d'écarlate, volt. Candide, n. || 2° Drap fin d'un rouge éclatant. Un manteau d'écarlate. Y TOit-ondes savants.... Endosser l'écarlate et se fourrer d'hermine? boil. Sol. viii. Ces fenêtres étaient parées en dehors de pots de fleurs et de tapis d'écarlate, STAËL, Cortn. II, t. Gens vêtus d'or et d'écarlate. Pendant un mois chacun vous flatte, bé- RANG. Vteui hab. ]\ 3° Écarlate s'est dit aussi d'une coque adhérente au quercus conifera, formée par un insecte dit kermès, et servant à la teinture en écarlate. Giaine d'écarlate. Le coccui ou coccum fournissait aux anciens la belle couleur et la belle teinture que nous nommons écarlate, qui le disputait en quelque sorte à la pourpre pour la beauté et l'éclat, BOLL. Hist. anc. OEuvres, t. x, p. 668, dans pouoKNS. Il 4° Àdj. De couleur d'écarlate. Des rubans écarlales.

— HIST. XII' s. Donc devint li sainz hom plus vermeilz quant ço vit. Que nen est escarlate. Th. le mart. (3». || xiii* s. Et li firent faire reube [robe] d'escarlate fourée de vair, Chr de Itains, <6». Une chape.... D'escrelale si est fourée, Amad. et Yd. mt. 6987. Une tente toute faite de bone escarlate fine, JOINV. 2H. Ouiconques vent escarlates à Paris, ens halesou en son hostel, Liv. des met. 337. ||xiv's. Mais la douce, courtoise et franche Vestu ot une cote blanche D'une escarlate riche et belle Qui fu, cecroi, faite àBruselle, machaut, p. 46. ||iv' s. Et fut ce jour le roi de Portingal vestu de blanche escarlatte aune vermeille croix de Saint Georges, FBOiss. II, m, 4(. Il XVI* s. Elle vous avoit puis après Mancherons d'escarlate verte, Kobbe de pers large et ouverte, mabot, i, 20i. Vieille qui as joue et narine Bordées de crasse et de farine.... Et les yeux d'escarlate vive, du bellay, vu, 60, recto. Quand vos péchez seroyent rouges comme l'escarlate, si seront-ils blancs comme la neige, langue, 31. Tormentllle , graine d'escarlate et de genevre, paré , XXIV , a7 . Il y a des pommes qui rendent le cidre clairet comme vin françois : entre lesquelles celle appellée en Cotentin escarlate le fait rouge, o. de serres, 247. Tout ainsi que, pour juger du lustre de l'escarlatte , on nous ordonne de passer les yeux pardessus, en la parcourant à diverses veues, soubdaiues reprinses et réitérées, mont, ii, loo.

— ÊTYM. Provenç. escarlal. escarlata; espagn. et porlug. escarlate; ital. scarlallo ; allem. Scharlach; angl. scarlet; gaél. scariaid. On a indiqué comme origine l'arabe ou persan escarlat, serkelat; mais ces mots sont modernes et paraissent venir, l'un du français ou de l'espagnol, l'autre de l'anglais. Cela éciirté, reste le latin galaticus, de Calalia, la Galatie, province d'Asie où, dans l'antiquité, on recueillait beaucoup de kermès; gcUalicut rubor a signifié en eR'et écarlate. Cette conjecture est très-plausible; elle serait tout à fait sûre si l'on trouvait quelque forme intermédiaire entre galaticus et escarlate. Au xv* siècle écarlate paraît signi- Cer étoffe en général.

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t ÊCARLATIN (é-kar-la-tin), s. m. Terme de commerce. Sorte d'étoffe de laine rouge.

— ÊTYM. Écarlate.

ÉCARLATINE (é-kar-la-ti-n'), adj. f. Voy.gCAR-

LATiNR. ÉC'irlatine n'est plus usité.

t ËCARNKR (é-kar-né), i). a. Briser, détacher les carnes, les angles "xlérieurs d'un objet.

— Rtym. É poi.rei... préfixe, et came, coin. ÉCAROUILLi; ÉE (é-kar-ki-Ué, liée. Il mouillées,

et non é-kar-ki-yé, yée), part, passé. Ouvert d'une manièreridicui). Des yeuxécarquillés. || Êcartéd'une manière ridicule. Les jambes écarquillées. Kt par qui nous voyons ces messieurs les galants Marcher écarquillés ainsi que des volants, mol. Éc.det mar. i, t.

ÊCARQDILI.EMENT (é-kar-ki-lle-man , Il mouillées, et non é-kar-ki-ye-man), t. m. Action d'écarquiller.

— HIST. XVI» S. Les escarquillements et les secousses, MONT, m, 330.

— ÊTYM. Érarquiller.

ËCARQUILLER (é-kar-ki-llé, 21 mouillées, et non é-kar-ki-yé), v. a. || 1* Ouvrir d'une manière ridicule. Êcarquiller les yeux. M'as-tu de tes gros yeui assez considéré? Comme il les écarquille et parait effaré! «OL.Amph. m, 2. Les spectateurs, dans une nuit profonde, Écarquillaient leurs yeux et ne pouvaient rien voir, florian, fables, Lanterne magique. Il Écarter d'une manière ridicule. Êcarquiller les jambes. Ses deux jambes écarquillant, scarr. Virg. (rot), u. Il 2° S'écarquiUer, v. réfi. Ses yeux, ses jambes s'écarquillent.

— HIST. xvi* s. Riclet, qui connoissoit son maistre, prit sa chemise entre les dents, escarquille les ongles, et tournant les yeux en la teste avec un grand bruit... .D'AUB.Fœn. m, 24.Lesmiiladesontle3 narilles escarquiUées et la face horrible à voir, paré, VI, a. Ses yeuli sont si très esquarquillez de force de lioyre, qu'il les a aussi rouges qu'ung furon [furet], palsgh. p. 457. Escarquille toy, et je chasserai ces brebis entre tes jambes, ID. p. 738.

— ÉTVM. Le Berry dit quarquille, un lobe, une cuisse de noix, de quartier, prononcé quarquié. Est-ce là l'origine A'é-quarquiller? ou bien, comme on a prononcé aussi écarliller, êcarquiller doit-il être considéré comme le même que écarliller, qui se rapprocherait sans peine de écartelerf

4 . ÉCART (é-kar ; le t ne se lie jamais; un é-kar habile; au pluriel, l'xneselie pas: des é-kar habiles; cependant quelques-uns la lient : des é-kar-z habiles), s. m. Il 1* Terme de jeu. Les cartes dont le joueur se défait. Faire son écart. Regardez l'écart. Je ne sais si souvent vous jouez au piquet ; Mais au moins faites-vous des écarts admirables, hol. Vttour. IV, 8. Il %• i l'écart, loe. adv. En un lieu détourné, écarté. Nous pouvons à l'écart, sur ces rives du Phase, Parler en sûreté du feu qui vous embrase, COBN. Tois. d'ur, ii, <. Il va mourir à l'écart sur la montagne, mass. Av. Divinité de J. C. || Â part. Je vous demande que nous nous tirions à l'écart, mol. Sicil. (3. 11 se tenait à l'écart, n'osait lever les yeux sur elle, hamilt. Gramm. 8. Elle prit à l'écart Mentor pour le faire parler, fén. Tél. vu. Il Sejeteràl'écart, faire des digressions, s'écarter du sujet. Il se jette à l'écart à tout moment, sÉv. 476. Il Mettre à l'écart, mettre en réserve. Il met à l'écart une partie de son revenu pour les besoins imprévus. Il Mettre à l'écart, faire abstraction, ne pas tenir compte. J'ai trop mis à l'écart le nom d'impératrice, CORN. Puleh. IV, 2. Il Mettre, laisser quelqu'un à l'écart, ne pas le faire participer à un avantage, à une affaire, etc. El celle qu'à l'écart laissera cet arrêt, mol. Mélic. i, 4. || Mettre à l'écart, se dit aussi de choses (ju'on n'emploie pas. À l'égard de la collection des actes publics d'Angleterre par Thomas Rymer, il n'y a qu'à la parcourir pour être convaincu qu'il a mis b.^aucoup de pièces à l'écart, sr-roix, Ust. Paris, (JEuvres, t. v, p. «. i! 3* Action de s'écarter de sa direction, de se jeter de côté. Son cheval a eu peur, il a fait un écart. Il Terme de danse. Mouvement du pied pour se jeter de côté. Faire un écart. || 4' Terme de vétérinaire. Entorse de l'articulation des membres antérieurs du cheval, accompagnée de claudication, et devant son nom à ce qu'on croyait autrefois que la cause qui produisait cette lésion écartait le membre du thorax. L'écart très-léger s'appelle faux écart, et celui qui e^t porté au plus haut degré, entr'ouverture. || 5* Terme de critique littéraire. Espèce de vide entre deux idées qui n'ont point de liaison intermédiaire ou de transition, et que l'on approuve néanmoins dans la poésie lyrique quand il ne nuit [33 à la c".irli^. Los écarts ne' doivent se trouver

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que dans les sujets qui peuvent admettre des passions vives, parce qu'ils sont l'effet d'une &me troublée, batteux. De la poésie lyrique, cb. it/. Il 6' Digression excessive, développement étranger au sujet que l'on traite. Les écarts d'un avocat. Il 7* Toute action par laquelle on s'écarta de U raison, de la morale, de la bienséance, etc. Vous êtes si fertile en pareils contre-temps. Que vos écarts d'esprit n'étonnent plus les gens, mol. l'Étour. I, 6. Faut-il l'aban'lonner à lui-même, au moment qu'il fait les plus grands écarts? i.i. bodss. Ém. IV. Adieu donc, quittez-vous; cette privation Expiera ses écarts et sa rébellion . lemebc. Frédég. et Brun, iv, 2. Il [l'Empereur] s'attacha à leur persuader l'utilité, la justice et U nécessité de cette guerre [la guerre de Russie]; mais l'un d'eux surtout rinterrom[iait avec impatience; car, dès qu'une discussion était établie, Napoléon en souffrait Us écarts, séoor, Uitt. de Nap. u, 2. Il 8* Localité

écartée il soit incessamment dressé des états de

tous les hameaux et écarts, des villes, bourgs et paroisses de leurs départements, Déclarai, du Roi, 4 mai 1688. Les remaniements des circonscription! postales ont atteint près de dix mille communes rurales, sans compter les écarts et hameaux qui en dépendent, Dictionn. des postes aux lettres. Avertissement, (845. Il 9* Terme de marine. Jonction tle deux pièces de bois ou de deux bordages entaillés. Il Jonction de laizes de toile, qui se rejoignent dans leur longueur, soit bout à bout, soit lorsqu'il il y a lieu à remplacer de la toile. 1| 10* Terme de paveur. Fragments de grès propres à revêtir les fournils, etc. Il Terme de charpente. La longueur dont les bois se croisent dans les entures et les assemblages.

— HIST. XV* s. Et cil qui voit sa femme aller En lieu de gibier à l'escart, A-t-il cause de grumeler? coquillart, dans le Dict. denocHEZ. || xvi's. Uemplissoit les villes et places fortes qqi estoient k l'escart , d'armes , d'argent et de bons combatans. AMYOT, P. £m. t». Loing de ses gens se retirant i part, S'en va plorer chaudement à l'esquart, ID. Comment il faut lire les poët. 33. Craignant que le chagrin dans lequel il estoit neluy fist faire quelque escart, Kém. de Dug. ch. 32. Ils sont allez la placer sur un rochier à l'escart, emmy des ronces, mont.

I, (76. X l'escart lui estant venu encore un roy, il fit son reste, d'aob. Fœn. iv, 4 0. X la veue de quoi trois autres compagnies qui dévoient armer la queue du Prince, prirent l'escart, ID. ib. m, 27». Ni d'un pré l'oisiveté. Ni l'escart [solitude] d'un rivage. Ne nous met à sauveté De l'amoureux servage, tver, p. 676.

— ÉTYM. Voy. écarter; ital. searto, écart aux cartes.

t 2. ÉCART (é-kar; le ( ne se lie pas), s. m. Terme de blason. Quart d'un écu partagé en quatre parties. Les armes principales de la maison se mettent au t" et au 4' écart, c'està-dire à ceux de la partie supérieure de l'écu; on place aux deux autres les armes des alliances et de la ligne maternelle. Inventa tous ces noms de cimier et d'écart, boil. Sat. v.

— ETYM. É pour et.... préfixe, et quart (voy.

fÉCARTABLE (é-kar-ta-bl'), adj. Qui peut ou qui doit être écarté. Avoir un jeu écartable. Cette carte est-elle écartable? || Terme de fauconnerie. Faucon écartable, faucon qui a la coutume de monter en essor quand le chaud le presse.

I. ÉCARTÉ. ÉE (é-kar-tô, tée), part, passé. Il !• Mis à l'écart. Les cartes écartées, liien écarté. Il 2* Séparé, éloigné. Les doigts écartés. Horace les voyant l'un et l'autre écartés, corn. Hor. iv, î. Cependant trouvez bon qu'en ces extrémités Je tiche à rassembler nos Parthes écartés, ID. Rodog. m, 2. Préparez-vous, madame, à voir de tous cités Voler vers vous les coeurs par Thésée écartés, rac PMd.

II , t. Et quoiqu'après sa mort l'un de l'autra écartés. Nous avons su toujours nous aimer et nou.'^ taire, id. Baj. i, 4. Il rencontra vers les plaines de Setmaar l'armée persane qui allait combattre l'armée indienne; il s'adressa d'abord à un soldat qu'il trouva écarté, volt. Babouc. || Terme d'entomologie. Pattes écartées, pattes éloignées les unes des autres à leur base. || 8* Isolé, retiré. Une maison écartée. Parmi la foule d'un grand peuple fort actif et plus soigneux de ses propres affaires que curieux de celles d'autrui, j'ai pu vivre aussi solitaire et retiré que dans les déserts les plus écartés, Dssc. Méth. ui, 7. Mais bientôt elle a pris des chemins écartés, rac. Brit. V, 8. Elle-même a choisi cet endroit écarté, ID. BaJ. I, 4. Regagnez l'Hellespont et ces bords écanéà Où vos aïnii errants ja'lis furent jol'^s. id.

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Esth. m, «. Dans un endroit écarté de llle, fi!n. Tél. VI. Il <• Mis à l'écart, non choisi. Candidat écarté. 2. ÉCAKTÉ (é-kar-té), s. m. Jeu de cartes qui, analogue à la triomphe, se joue à deux, et dans lequel on écarte. Une partie d'écarté. S! tu n'as que dix ans à vivre, il faut les passer gaiement; je te défie Ji l'écarté, scwbe, Maurice, nouvelle, % viii.

— F.TYM. Écarté k.

lîCAnTELfi, ÊE (é-kar-te-lé, lée), part, passé. Il !• Déchiré en quatre quartiers. Ecartelé par ordre de la justice. || î" Terme de blason. Écu ecartelé, écu partagé en quatre par une ligne horizontale et une perpendiculaire. Ecartelé d'azur et d'argent.

ÉCARTÈLEMENT (é-kar-tè-le-man), s. m. \\ l" Action d'écarleler. L'écartèlement était un supplice atroce. || 2° Terme de blason. Partage des armoiries en quatre parties.

— f.TYM. Écarleler.

ÉCARTELER (é-kar-te-lé. La syllabe te prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'écartèle , j'écartèlerai) , v. a. || 1° Mettre en quatre quartiers, faire tirer par quatre chevaux un condamné. A quafre-vingt-quatre ans, il [CarvajalJ fut ecartelé, sans montrer aucun remords du passé, sans montrer aucune inquiétude sur l'avenir, ray- N.*L, Ifist. phil. vu, 8. Il 2° Concasser, en parlant des grains de blé. La farine vient si grossière qu'elle est encore en masse avec le son; le blé n'est qu'écartelé, Dict. des arts et met. Amsterd. 1767, Ueutiier. Il 3° Terme de blason. Partager l'écu en quatre. Ecarteler un écusson. Ce serait ici le lieu d'expliquer mon nom et mes armes, et comment, avec un nom que je ne porte point, et la moitié des armes que j'écartèle, c'était [de la part de Louvroyj prétendre en effet être de ma maison, st-sim. <94, 94. Vous verrez ces gens-là [les parvenus] armorier leurs équipages, écarteler leurs écussons, p. L. couH. ii, 308. Il Absolument. Il écartèle de telles et telles armes.

— HIST. xii* s. En la fin son liiaume escartele Au chevalier mes sire Yvains , Chevalier au Lyon, v. 860. Bernier feri [il frappa Dernier] sor son escut devant. En deux moitiés li esquartele et fent, Raoul de C. 272. || xiir s. Et après il fit cerquier le [la] teste du mort, et trouva le test esquartele en tele manière que ce ne peust estre fet d'espée, beaum. LXii, 16. Par le gré du roy il esquartela ses armes, qui sont vermeilles, aus autres de France, pourceque 11 rbys l'avoit fait chevalier, joinv. 269. || xv* s. Si vous voulez faire une chose.... c'est que vous v'euilliez encharger les armes de France et equarteler d'Angleterre, et vous appeler roi de France, FROiss. I, I, 9B. Tant avoit fait d'armes, que son heaulme luy cheoit escartele sur ses espaules, Perce forest, t. v, ^ 88.

— ÉTYM. Wallon, qudfeJer; provenç. esquartelar; portug. esquartelar, esquartajar ; ital. squartare; du laiin ex, et quartellus, diminutif de quartus, quart. Écarteler, c'est proprement partager en quatre. On remarquera l'exactitude de l'italien qui, écrivantïcarlare, écarter, de carta, carte, écrit squor- (are, de quartus, quart.

ÉCARTELURE ( é-kar-te-lu-r*), s. f. Terme de blason. Division de l'écu en quatre parties. Pour les armes, ils [les Chabots] ont toujours conservé leurs chabots en écartelure, st-sim. (66, 202.

— HIST. xv s. Faulx homme, plain de venin, digne de mort et d'esquartelure, G. chastel. Exp. sur la vér. mal prise.

— ÉTYM. Écarteler.

ËCARTEMENT(é-kar-te-man),î.m. Action d'écarter, de séparer; état de ce qui est écarté. L'écartement des doigis. |1 Disjonction de ce qui devrait être joint. L'écartement des ais de cette porte laisse entrer un vent coulis. || Terme de monnaie. État du bouton de métal qui, dans l'essai de la coupelle, s'écarte et se fend, parce qu'il n'a pas eu assez de chaleur.

— ÉTYM. Écarter.

ÉCARTER (é-kar-té) , v. a. \\ l" Terme de jeu. Mettre à part, rejeter des cartes dont on ne veut pas se servir. Notre homme écarte et ses as et .ses rois, LA FONT. Coupe. J'en avais écarté la dame avec le roi, MOL. Fâcheux, u, 2. || Absolument. Bien écarter. Mal écarter. Les joueurs n'ont pas mai , écarté, et la rentrée a fait gagner la partie, volt. Lett. Prusse, 60. || 2° Par extension, séparer. Ecarter les jambes, les bras. U écarta tout doucement le feuillage et aperçut la jeune fille. Écarter un rideau. D'un souffle l'aquilon écarte les nuages, BAC. Esth. m, 3. N*** arrive avec grand bruit, il écarte le monde, se fait faire place.... la brut, viu. Il 3" Éloigner. On l'écarta du lit de sa mère mourante. On écarta tous les témoins. La fureur des

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eaux Presque aux yeux de l'Épire écarta nos vaisseaux, RAC. Andr. 1, (. Et ma jeunesse même écarte loin de moi Tous ceux qui dans le cœur me réservent leur foi, m. Brit. i, ♦. Mais ce lien du sang qui nous joignait tons deux. Écartait Claudius d'un lit incestueux, ID. ift. iv, 2. Ici tout vous retient, et moi tout m'en écarte, id. Mithr. m, 1. Laissezmoi de l'autel écarter une mSre, m. Iphig. 1, 5. Sa douleur profonde M'ordonne toutefois d'écarter tout le monde, id. Phèd. 1, 2. Malgré ce même exil qui va les écarter, id. t(). iv, 8. Les sénateurs et les prêtres allèrent se jeter à ses pieds pour le conjurer d'avoir pitié de la ville et d'obtenir une capitulation de Sylla; il les écarta à coups de traits, et les chassa de sa présence, bollin, Hist. anc. Œuvres, t. X, p. <47, dans pougens. Écartons-les [les ennemis] de nos frontières; qu'ils soient obligés par la terreur de nos armes de nous demander la paix, vERTOT, liév. rom. v, p. 36. f:uryclts, écoutez : écartez la victime, volt. Uérope, m, ♦. || Fig;. J'écarte de vos jours un péril manifeste, rac. Baj. Il, I. Ces lois qui de la terre écartant les misftres.... VOLT. Zaire, i, 4. La nouvelle York [New-York] fut administrée par les lieutenants du prince avec assez d'adresse pour écarter de leur personne l'indignation des colons, baynal, Hist. phil. xvii, 26. Elle pouvait écarter la réflexion, et non se soustraire à la souffrance, genlis, Mlle de Clermont, p. <7I, dans POUGENS. || Écarter quelqu'un, le mettre à l'écart, l'éloigner des postes qu'il pourrait occuper. || 4° Faire faire un écart, un détour, détourner. Écarter quelqu'un de la bonne voie. || 5° Anciennement, divertir, s'approprier, en parlant d'argent U avoit connaissance de certains arrêts

qui condamnaient à mort les comptables qui écartaient les deniers du roi, l'Art de plumer la poule sans crier, x« avanture,p. H2,H3,dans fbanc. Michel, argot.jl 6° Ecarter le plomb, se dit d'un fusil qui n'est pas juste, qui ne lance pas son plomb bien serré. || Absolument. Ce fusil écarte. || Populairement. Écarter la dragée, cracher, en parlant, au visage de ceux avec qui on est. Ensuite une vieille carogne, nui écartait la dragée, prit la parole. Bec. de pièces com. dans leboux, Dict. eomiqwe. ||7° S'écarter, v. réfl. Être mis dans l'écart. Les as s'écartent quelquefois. || Présenter un écartement. Ses doigts s'écartèrent, et la pomme tomba. La foule s'écarte pour lui laisser passage. || S'éloigner. S'écarter du bon chemin. La poussière qu'on jette sur une pirouette pendant qu'elle tourne s'en écarte aussitôt, dksc. Vonde, xi. Et plus de votre cœur il [Dieu] paraît s'écarter. Plus par vos actions songez à l'arrêter, boil. Épit. xii. Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi; Je m'écarte, je vais détrôner le sofi;On m'élit roi, mon peuple m'aime, la font. FaU. vu , i 0. Selon qu'il vous menace ou bien qu'il vous caresse, La cour autour de vous ou s'écarte ou s'empresse, bac. Brit. iv, (. Mais ne t'écarle point, prends un guide fid5le, lo. Iphig. I, <. Loin de l'aspect des rois qu'il s'écarte, qu'il fuie, ID. Esth. m, >. Ceux qui veillaient sur vous se sont tous écartés, volt. Sopli. 11, t. La chèvre aime à s'écarter dans les soliiudes, à grimper sur les lieux escarpés.... buff. Chèvre. || Écartez-vous, éloignez-vous. Ne vous écartez pas, ne vous éloignez pas. Ne vous écartez pas, vous n'aurez pas la peine de revenir de loin; et vous aussi, Nanette; j'ai à vous parler à toutes deux, dancourt, Prix de l'arquebuse, se. 2. J'entends du bruit, la fête vient à nous; écartez-vous un moment et revenez, la- MOTTE, Minutolo, se. 4*. Qu'aucun d'eux ne s'é; carte, volt. Orphel. 11, 7. || Fig. Il s'écarta des enseignements qu'il avait reçus. Je suivrai la raison dont vous vous écartez, du byeb, Scérole,v, i. Les examinateurs s'étant voulu écarter un peu de cette méthode, pasc. Prov. 3. Jamais de la nature il ne faut s'écarter, boil. Art p. iii. On n'y arrive [à la raison] que par un chemin, et on s'en écarte par mille, LA bruy. xi.

— HIST. xvr s. Mener vie solitaire es lieux escartez'Se la compagnie des hommes, amyot, JVum. 6, Les sergents faisans escarter la presse meirent la main sur luy pour l'emmener, id. Publ. 11. Les Thoscans s'effroyerent tellement, que la pluspart se desroba du camp et s'escarla çà et là, id. ib. I6. Des façons escartées [en dehors de l'usage] et particulières, MONT. I, 120. La baleine le suit sans cesse ; et si de fortune elle l'escarte [le perd], elle va errant çà et là, ID. II, 494. Les mers, les isles escartées [lointaines], id. u, 282. J'ai plus de soing de la santé quand elle me rit, que quand je l'ay escartée, id. IV, 67. S'il est trouvé que quelqu'un ait escarté ou caché les siennes [armes] , il sera pendu et

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estrangle, carl. viil, ti. Assemblez ils [les loups] vont assaillir quelques haras de chevaux, et, s'ils peuvent, les font esquarter, afin de se saisir de quelqu'un des pouUains pour l'estrangler et manger, FOuiLLODX, Véner. tu, dans lacurne.

— ÉTYM. Génev. t'escarter; ital. scartare, faire un écart aux cartes; angl. dis-card, écarter aux cartes; de es.... préfixe, et carte. C'est de Vécart aux cartes que tous les sens li'écarter sont provenus. Il y a d(l avoir grande tendance à confondre escorter et esquarter (dont on a du moins esquarteler); aussi trouve-t-on l'orthographe esquarter.

t ÉCARTECR (é-kar-teur), 1. m. Dans les combats de taureaux, celui qui provoque l'animal. L'Acarteur reçut un coup de corne dans la poitrine.

ÉCARTILLEMENT, t. m. ÉCARTILLEH, V. a.

Voy. écarquillement, écarquillbr.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et le bas-latin quartillare, mettre par quartiers; le même que écarteler.

t ÊCARVER (é-kar-vé), v. a. Terme de marine. Joindre ensemble deux pièces de bois ou deux bordages entaillés.

— ÉTYM. Probablement le préfixe^..., et earvelle, sorte de clou.

f ÉCATIR (é-ka-tir), v. a. Donner aux draps un apprêt, un lustre.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et calir.

t ÊCATISSAGE (é-ka-li-sa-j'), ». m. Action d'écatir les draps.

— ÉTYM. Écatir.

fÉCATlSSEUR (é-ka-ti-seur), ». m. Ouvrier chargé de l'écatissage.

— ÉTYM. Écatir.

t ÉCATOIR (é-ka-toir), ». m. Ciselet dont le fourbisseur se sert pour sertir les pièces séparées d'une garde d'épée et les faire tenir dans la monture.

t ÊCAUDE (é-kô-d'), ». f. Nom donné en Normandie à de petits bateaux très-étroits servant à parcourir les fossés, les petits cours d'eau. Les habitants payaient des redevances pour le droit d'avoir écaude ou bateau, afin de pêcher ou d'aller couper quelques joncs sur ces marais, robin, Mém, sur lei marais de Clérille (Calvados), 4 781, p. 22,

t ÉCAUDÉ, ÉE (é-kô-dé, dée), adj. Terme de zoologie. Oui n'a pas de queue, qui a perdu la queue, qui a une queue très-courte. || S. m. plur. Les écaudés, reptiles batraciens.

— ÉTYM. Lat. e, sans, et cauda, queue.

t ÉCAVESSADK (é-ka-vè-sa-d'), ». f. Terme de manège. Action de secouer le cavesson, pour rendra» un cheval docile. Mot vieilli.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et eaveçon

t ECRASE (è-kba-z") , ». {. Terme de rhétorique Synonyme de digression.

— ÉTYM. 'Exêasi;, sortie, de ix, hors, et pa£. veiv, aller.

t ECBOLIOCE (b-kbo-li-k'), adj. Terme de médecine. Qui détermine l'expulsion, i'avortement.

— ÉTYM. 'i.t.èo'kh, expulsion, de ix, hors, et pâXXeiv, jeter.

t ECCATHARTIQUE (è-kka-tar-ti-k') , adj. Terme de médecine. Synonyme de calhartique.

— ÉTYM. 'Ex, hors, et calhartique.

ECCE HOMO (è-ksé-o-mo) , ». m. || 1* Tableau, statue représentant Jésus-Christ couronné d'épines. Il 2° Fig. Homme pâle et maigre. C'est un véritable ecce homo.

— ÉTYM. Lat. ecce, voici, et homo, l'homme; ce sont les mots prononcés par Pilate en présentant Jésus-Christ au peuple.

t ECCÉITfi (é-ksé-i-té) , ». f. Terme de scolastique. Ce qui indique la qualité d'être présent, comme si cette qualité pouvait exister sans l'objet. De là ces entités, cesquiddilés, ces eccéités et toutes les barbaries de l'école, volt. Dialogues, xxiv, 2.

— ÉTYM. Lat. ecce, voilà.

ECCHYMOSE (è-kki-mô-z'), ». f. Terme de chirurgie. Tache livide, noirâtre ou jaunâtre, formée par le sang eitravasé dans le tissu lamineux souscutané.

— HIST. XVI* s. Par contusion se fait souventes fois une ecchymose, c'est à dire effusion de sant; sous le cuir musculeui, avec coagulation dudit sang, sansplayes, paré, viii, 5.

— ÉTYM. 'Exxij[jiw!îi«, de ix, hors, et xutiic, humeur (voy. CHÏME.)

t ECCHYMOSE, ÊE (è-kki-mô-zé, zée), part. passe. Un œil ecchymoiîé.

t ECCHYMOSER (è-kki-mô-zé) , v. a. Terme de médecine. Produire une ecchymose. Des tissus peuvent être ecchymoses par des coups. || S'ecchymoser, ti. réfl. Être aflecté d'ecchymose. Le membre trop serré s'ecchymosa.

ÉCH

EPF

— ÉTYM. Ecchymose.

t ECCIIYMOTIOOE (è-kki-mo-ti-k'), adj. Terme de médecine. Qui est de la nature de l'ecchymose.

— Etym. 'Ex/utiwTixèc, de ix/OiAtoot;, ecchymose. t ECCLÉSIARQOE (è-klé-zi-ar-k'), t. m. Espice

de sacristain dnns l'ancienne église grecque.

— ETYM. 'ExxXriota, église, et ifxtti, commander.

ECCLÉSIASTE (è-klé-zi-a-sf), s. m. Nom de l'un des livres sapientiaux de l'Ancien Testament, attribué k Salomon. || L'auteur de celivre. L'Ecclésiaste , après avoir commencé son divin ouvrage par les paroles que j'ai récitées, après en avoir rempli toutes les pages du mépris des choses humaines, veut enfin montrer k l'homme quelque chose de plus solide, et conclut tout son discours en lui disant : Crains Dieu et garde ses commandementa, boss. I)uch. cTOrl. ||Au sens propre, prédicateur. Dans une lettre qu'il écrivait aux évëques, qu'on appelait, disait-il, Faussement ainsi, il [Luther] prit le titre d'ecclésiaste ou de prédicateur de VitembcrK, que personne ne lui avait donné, boss. Yar. i, § 27.

— ETYM. *Exx).r)aio<rri)«, de ixxXjidio, assemblée (voy. ecLise): mot à mot, le prédicateur.

ECCLÉSIASTIQUE (è-klé-zi-a-sti-k') , adj. \\ i' Oui appartient à l'église, au clergé. L'ordre ecclésiastique, biens ecclésiastiques. Auteur ecclésiastique. Il Écoles ecclésiastiques, écoles destinées k former des sujets pour le sacerdoce. {| Lettres ecclésiastiques, s'est dit, au moyen ige, des lettres onciales. |{ Cet adjectif se met après le substantif: les personnes ecclésiastiques, les censures ecclésiastiques. || 2° S. m. Celui qui est attaché à l'Ëglise, prêtre. Un respectable ecclésiastique. || 3° Un des livres sapientiaui de l'Ancien Testament, comiiosé par Jésus, fils d« Sirach, et regardé comme apocryphe par les prolestants.

— HlST. XVI* s. Les pairs ecclésiastiques, nonobstant leur profession, estoient tenus d'assister nos roys en leurs guerres, non seulement de leurs amis et serviteurs, mais de leur personne aussi, mont, i, S22.

— ËTYH. Lat. ecclesiasticut , de ecclesia (voy. église). Dans les anciens textes on ne trouve que ecclesial (leis eclesiaus, TU. le mart. '6) et eclesiaste (personnes eclesi.isles, Ass. de Jérus, i, 30),

ECCLÉSIASTIOUEMKNT (èklé-zi-a-sti-ke-man), adv. Kn ecclésiastique. Vivre ecclésiastiqiiement.

— ÉTYM. Ecclésiastique, et le suffixe menl.

i ECCOPÉ (è-kko-pé), t. f. Terme de chirurgie. Division faite à une partie quelconque par un instrument tranchant qui a agi dans une direction oblique à la surface, sans occasionner une perte de substance.

— ÉTYM. "ExxoTti^, de ix, et xovtxeiv, couper. ECCOPROTIQUE (è-kko-pro-ti-k'), adj. Terme de

médecine. Qui purge doucement, Uxatif. || S. m. Les eccoprotiques.

— ÉTYM. '£xxo7ipitfTixô<, de ix, hors, etxânpo;, ordure, excrément.

ECCRINOLOGIE (è-kkri-no-lo-jie) , (. f. Terme de médecine. Partie de la médecine qui traite des excrétions. Il Très-peu usité.

— ÉTYM. "Exxpîvêiv, sécréter, et X6yo«, discours (voy. logique) ; ixxptveiv, de ix, hors, et xpivEiv, séparer (voy. crise).

t ECUÈ-MIQUE (è-kdé-mi-k'), adj. Terme de médecine. Maladie ecdémique, maladiequi tient à des causes étrangères aux localités et qui n'attaque pas les masses, par opposition k endémique et épidémique. Aujourd'hui , dans l'Occident, la lèpre, quand elle s'y voit, est ecdémique.

— ÉTYM. *Ex, hors, et 6^|io;, peuple.

t ÊCEPPER (é-s6-pé) , «. a. Arracher le cep.

— HlST. xvi's. Il jura Dieu et la digne puissance, que de leurs vignes il n'i demourroit cep, branche, ne racine qui ne fut coppée ou esceppée, tant que jamais ne porteroit substance, hehahd, Jlist. de B. du Guescl. p. 468, dans lacubnb,

— ETY.M. Es.... préfixe, et cep.

ÉCERVELÉ, ÊE(é-sèr-ve-lé, lée). 1| 1» Adj. Qui est

sans cervelle, sans prudence. C'est une tête écerveléo. Il i' S. m. et f. Des écervelés. Amour, dit la sœur de Psyché, me voilà venue; notre étourdie de cadette m'a assurée que tu voulais m'épouser.... je me doulais bien que tu la répudierais pour l'amuur de moi; car c'est uns écervelée, la font. Psyché, II, p. ta. Qui? cet écervelé [Alexandre] qui mit l'Asie en cendre? boil. Sul.viii. Je ne l'ai jamais vu, mais on m'en a parlé Comme d'un petit fat e( d'un écervelé, regnabo, Disir. l, 4.

— HlST. xui* s. Et une piere des engiens à ceous |ceui]dedens li chel [tomba] sour la tieste, et fu tous (sderrslèt, et fu portés au tref [k la tente] le roi,

Chr. de Rains, 47«. || xv't. Lui-mesme se frappa d'un pot d'estain plusieurs coups en la teste, tant qu'il s'escervela et en mourut, uonstr. i, U2.

— ÉTYM. É pour e».... préfixe, et cervelle. Escerveler veut dire au propre faire sortir la cervelle hors de la tète brisée.

fiCUAEAUD (é-cha-fA; le d ne se lie pas: un écha-fô élevé; au pluriel, 1'» se lie: des é-cha-fô-z élevés), s. m. || 1° Assemblage de pièces de bois formant un plancher élevé sur lequel travaillent les ouvriers en bâtiment. || F'ig. Si chaque jour ajoute à l'immensité des sciences, chaque jour les rend plus faciles, les méthodes se multiplient avec les découvertes, l'échafaud s'élève avec l'édifice, tur- GOT, a* Disc, en Sorbonne. Les pièces justificatives sont l'échafaud avec lequel on bMit, mais l'échafaud ne doit plus paraître quand on a construit l'édifice, volt. LeH. Schomalof, M nov. I78l. || 2° Estrade de laquelle on voit un cortège, une cérémonie. Si l'on attend une entrée, il a sa place sur un échafaud, I A BRUT. vu. Les échafauds étaient déjà dressés tout autour, et déjà les personnes les plus curieuses commençaient à s'y placer, i esagk, Viable boiteux, ch. vili. || Par extension et plaisanterie, l'estrade sur laquelle jouent les comédiens. Je conclus donc, et je conclus bien qu'il faut faire imprimer sa drogue [une pièce]; ensuite les comédiens donnent notre orviétan sur leur échafaud, s'ils le veulent ou s'ils peuvent, volt. Lett. Chabanon, 23 déc. <76«. Il 8» Plancher élevé pour l'exposition ou l'exécution des criminels. C'est une nature perverse, il finira sur l'échafaud. Je demande sa mort.... Non pas au lit d'honneur, mais sur un échafaud, CORN. Cid, lY, ». Adieu, sur l'échafaud portez le cœur d'un prince, hothou, Vencesl. v, 4. Le crime fait la honte et non pas l'échafaud, th. corn. Essex, IV, 6. Dans trois jours nous verrons le phénix des guerriers Laisser sur l'échafaud sa tète et ses lauriers, iioiL. Sat. xi. Ces discijiles ont abandonné Jésus-Christ pendant sa vie.... et ils le confesseront sur les échafauds après sa mort, mass. ilyst. Résurrect. Au pied de l'échafaud j'essaie encor ma lyre, a. chénier, 27t. J'ai cru voir dans un songe horrible Un échafaud dressé pour moi, BÉHANO. U. Stuart. (j 4° Terme de marine. Grand treillis de bois sur lequel un fait sécher la morue à Terre-Neuve. Beaucoup de marins disent chafaud.

— HlST. xm* s. Genius, sans plus terme mètre, S'est lors, por miex [mieux] lire la letre, Selon les faiz devant contés, Sor un grant eschafaut montés, la Rose, 10794. Je aloie en la chapelle le roy, et trouvai le roy qui esloit monté en l'eschafaut au reliques, et fesoit aporler la vraie croiz aval, joinv. 29». Ou chafaut que l'on ot establi, id. 3U3. || xv«s. Et avoit, sur l'un des lez des lices, faits grands escliarfaulx, pour les seigneurs voir la bataille des deux champions, froiss. u, m, 40. Tous les jeunes et nouveaux chevaliers [seoientj dessous [le roij sur bas eschafauds couverts de draps d'or, id. u, u, 74. Il XVI* s. Umonlaà un echafaut du cinquième estage pour voir travailler ses ouvriers, d'aub. Vie, cxlvi. A combien de sortes d'esprits doit satisfaire celui qui expose son talent sur un eschalTaut si élevé, où il a pour spectateurs l'univers, autant de juges que de lecteurs, id. Uist. préf. 3. [Elisabeth] fut menée de la prison au palais et de l'eschafTaut au throsne, lo. Ilist. i, 48. Les poètes tragiques, du chafaultoù ils jouoient leurs tragédies, espandirent plusieurs paroles injurieuses contre luy, AMVor, Thésée, <8. Qui feit monter Néron sur l'échafaud avec une masque sur le visage et des brodequins aux jambes, no furent-ce pas les louanges des flatteurs? ID. Comment discerner, etc. 24. Quand je voy ung François escripre en grec ou en latin, il me semble que je voy ung masson vestu des habits de philosophe ou de roy qui veult reciter une farce sur les chaufaux de la bazoche, thoby, Champfltury, dansjAUBEBT, Gloss. .^

— ËTYH. Saintong. chafaud; Berry, chdfaud, chaufaud; en certaines parties de la Bourgogne, diafaud, grenier à foin; provenç. cadafaU; anc. c.itaL cadafal; espagn. cadalso; portug. cadafalso; ital. caiafalco; bas-lat. scafaldus, scadafaltum; angl. scajfot. La série des formes conduit à un radical fait ou (ald, conjoint à un préfixe qui , bien que très-alléré, laisse voir coda ou cala; c'est donc le même que catafalque.

ÉCHAFAUDAGE (é-cha-fâ-da-j'), (. m. || l'Action d'établir les échafauds nécessaires k un travail de batimenL || L'asi>emblage de ces échafauds. Un échafaudage en planches, eu bois de charpente. IIS" Kig. Préparatifs, préparation. Tout cet échafaudage fut en pure perte. || Haisounemenls cap-

tieux, vain étalage. Un échafaudage de maximes pompeuses. Lisez, dans nos grands romans, les conversations amoureuses ; c'est un échafaudage de sentiments hors de nature, la harpe, Cours de liltér. t. VII, p. («4, dans polgens.

— ETYM. Échafauder. On trouve echafaudis dans Monsirelet, i, 4e.

ËCilAPAUUÊ, ËE (é-cha-fd-dé, dée), part, patsé. Une doctrine mal échafaudée. '

ËCIIAFAUDER (é-cha-fô-dé). || !• V. n. Faire un échafaudage pour travailler à un bfttiment, à une décoration. Ils ont été longtemps k échafauder. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir: les maçons ont échafaudé. || 2* V. a. Kig. Préparer une œuvre. J'oubliais de vous dire que le paresseux Linant échafaudé son Sabinus, volt. Lett. en vers et en pro«, 28. Il 3* Terme d'ancienne législation. Faire monter, par sentence du juge, un criminel sur un échafaud et l'y exposer. || 4* S'écbafauder, t). rifl. Préparer l'échafaudage sur lequel on veut s'élever, l'estrade sur laquelle on veut par.itlre. Les maçons s'échafaudèrent à la bâte. Ces charlatans furent longs à s'échafauder. || E* Kig. S'élever, s'aider, se créer des appuis. Il faut achever de suite ceux [les échelons] dontVaudemonts'écbafauda, pourvoir le tcut d'une même vue, st-siu. <78, I30. Albergoti savait s'échafauder et aller de l'un à l'autre, ii>. 4b6, <68. Il Être échafaudé, être soutenu comme par un échafaud. Savoir si le développement des organes pulmonaires correspond au développement de la région thoracique; base sur laquelle s'échafaudent toutes les conséquences physiologiques, Comptes rendiu, Acad. des se. t. ui, p. 6u«.

— HlST. ziu* s. La charretée de cloies [claies] à eschaufauder doit un denier de tonlieu, Liv. des met. 32.1. Il XV* s. Dieu sait comment j'eschaflauldoie. Et à la fois j'entrelardoie Kn parlant de sa drapperie, Patelin, 42(. {| xvi* s. Sur quoj les cardinaux françois et l'ambassadeur du roy ne faillirent de chalfauder et basiir des remonslrances k un chacun à part, H. du bell. I8I. Celui qui est trouvé avoir fait un faux témoignage, suborné des témoins, ou avoir fait un faux serment, sera puni par estre eschafaudé et marqué à l'une des joues avec une clef brûlante, Nouveau coustum. génér. t. i, p. 606. Ils n'avoient pas seulement l'art d'escbaflaulder, n'y sçachants aultro finesse que de haulser autant de terre contre leur bastiment, comme il s'esleve, pour l'oster aprez, mont, iy, 2».

— ÉTYM. Échafaud ; Berry , chdfauder, chaufauder ; saintong. chafauder.

ËCHALAS (é-chalâ ; l'i se lie : un é-cha-li-z aigu), (. m. Il 1* B&ton de longueur variable auquel on attache un cep de vigne. Botte d'échalas. Les rois boiront. Tous en rond; Les lauriers serviront U'échalas à nos vignes, b£rano. Grande orgie. \\ Kig. C'est ua vraiéchalas, se dit de quelqu'un qui e.st maigre et mince. [La Chaise, capitaine de la Porte] C'était un grand écbalas, prodigieux en hauteur, et-sim. 60, 86. Il Se tenir droit comme un échalas, afiecter de se tenir fort droit, {i On dit dans le même sens : il a avalé un échalas. {| 2* Bâton de frêne propre à faire une raquette. || 3* Se dit des tringles pour treillage.

— HlST. un* s. Escbalaz, bren [son], fuerre, tuile, ne doivent point de chaucie, Liv. des mit. 278. Lance [il] portoit bêle à mesure, Qui fu fête d'un escalas. Fabliaux mss. n* 7<i<6, t. ii, f* 482, dans LACURNE. Il XIV* s. Pour ce que en icelles vignes faiUoit mettre et employer lors enviion dix javelles d'eschalas, du cange, eschalacius.\\xy' s. Six jarbes d'escalas ou escharsons, lo. tti. Eschalassons ou basions à ploieretsousienir vigne, iD.tb. ||xvi*s. On les [les vignes; supporte avec paisseaui, eschallats, charniers, diversement nommés selon les endroits,

— ÉTYM. Berry, charasson, charisson, charnier; picard, écarals; piémont. tcaras; bas-lat. eschara, scarattu, scaritio; du bas-latin carralium, écbalas (avec prothèse de es), du grec x*P*Ei I"*"-

ËCUALASSÉ, ËE (é-cha-la-sé, sée), part, patsé. Muni d'échalas. Vignes écbalassées.

ËCilALASSEMENT (é-cha-la-se-maii), t. m. Action d'échalasser la vigne.

— ETYM. Échalasser.

ËCHALASSEU (é-cha-la-sé) , v. a. Garnir la vigne d'échalas.

— HlST. XVI* S. La notoire différence qu'il y a entre les vignes echalassées à celles qui sont porté>:s par les arbres, o. iiE sebbbs, 4 66.

— ÉTYM. l-xhalas.

ËCIIALIEK (é-cha-lié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l't se lie : des ë-cha-lii-z élevés), s. m.

ÉCH

Il 1* Petite échelle placés contre une haie et servant à passer par-dessus. || ï" Clôture faite de branches d'arbre, pour fermer aux bestiaux l'entrée d'un champ.

— HIST. XIV» s L'une part du pont fondi Par

ne sai quele mescheance, Eu tel sens que li rois de France Vint à l'yauve sans eschaliers, o. guiart, ms. ^ 60, dans lacubne. || xvf s. Il se chausse, il s'habille, et fut aussitost presl qu'un chien auroit sauté un eschalier, desper. dans \eDict. deDOCHEZ.

— ÊTYM. Le même que escalier.

t ÉCUALIS (écha-li), J. m. Terme rural. Passage au-dessus d'une haie sèche.

— ÊTYM. Voy. ÉCHALIER.

ÉCHALOTE (é-cha-lo-f), s. f. \\ 1* Plante potagère, de la famille des asphodélées, du genre ail, cultivée pour ses bulbes employées comme assaisonnement dans l'économie domestique {allium ascalonicum, t.), et pour ses feuilles qu'on mange de diverses façons. Une sauce aux échalotes. j| Échalote d'Espagne, und^snoms vulgaires del'aiftumscorodoproîon, (lit aussi rocambole. || 2° Nom donné quelquefois à la languette de certains instruments de musique.

— HIST. xiii* s. Services sans eOr ne vaut une escalone, Àlixandre, p. 4(3. Tuit cil qui sont dehors Paris, et vendent à Paris auz, oingnons, poiraus, civos, naveaus ou eschaloingnes, doivent chascun quatre deniers por la porée le roy, Liv. des met. 334. Il xvi* s. C'est des feuilles qu'on tire la principale commodité des eschalotes, les mangeans crues en salades, et cuites en plusieurs viaudes où elles sient très bien, dont elles portent aussi le nom d'appétits, o. de serres, 5)5.

— ÉTYM. Lat. ascalonia, de Àscalo, ville de Phénicie, d'où on apporta cette plante. Eschalote est une altération de escalone, forme ancienne du mot.

+ ÉCHAMPEAU (é-chan-pô), i. m. Terme de pêche. Extrémité où l'on attache l'hameçon aux lignes qui servent à la pêche de la morue.

t ÊCHAMPELÉ, ÉE (é-chan-pe-lé, lée), adj. Terme rural. Qui n'a pas formé de boutons avant les chaleurs, en parlant de la vigne.

— ÉTYM. Origine inconnue. En Bourgogne, on dit que les vignes sont champelées, quand elles gèlent l'hiver avant la végétation.

fiCHAMPIR (é-chan-pir) , v. a. Terme de peinture. Imiter le relief, faire sortir du champ du tableau, par des teintes appropriées.

— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et champ. PXHANCRÉ, ÉE(é-chan-kré, krée), part, passé.

Un corsage bien échancré, corsage dont le tour du cou est coupé comme il faut. Des manches échancrées. La chasuble n'était point échancrée à l'endroit des épaules comme à présent, fén. t. xxt, p. 407. Il Qui offre une entaille naturelle ressemblant à une écbancrure. Feuilles échancrées. Pétales échaucrés.

ÉCHANCRER (é-chan-kré), v. a. Tailler, évider de l'étoffe, du cuir ou du bois en forme de croissant. Il Par extension. Le temps, qui toujours marche, avait pendant deux nuits Échancré, selon l'ordinaire, De l'astre au front d'argent la face circulaire, LA FONT. Fabl.xi, 8. || S'échancrer, v. réf.. Être échancré. Le rivage s'échaucrait su cet endroit.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et chancre .-entamer comme fait un chancre. On trouve chancrer dans Ronsard, 948 : La robe estoit de pourpre meonine. Perse en couleur, chancrée à la poitrine.

ÉCIIANCRURE (é-chan-kru-r') , s. f. Coupure en forme de croissant, de demi-cercle. || Une échancrure de manche, ce qu'on enlève à la manche, en haut du côté qui se trouve monté au devant du corsage, pour que la manche ne fasse pas de plis. || Terme (le géologie. Empiétement en forme d'arc de la mer sur les côtes. Il paraît par les échancrures de toutes les terres que l'Océan baigne, que les deux hémisphères ont perdu plus de 2000 lieues de terrain, VOLT. Uœurs, cliangemenis. \\ 11 se dit aussi d'une trouée k travers les montagnes. || Terme de botanique et d'anatomie. Entaille naturelle occupant le sommet ou la base d'une feuille ou de toute autre surface plane, et n'atteignant jamais la moitié de son étendue.

— HIST. XVI' s. L'eschancreure où passe la talon,

PABÉ, XIII, 27.

— ÉTYM. Échancrer.

■t ÉCllANDOLE (é-chan-do-l') , s. f. Petit ais de merrain dont on couvre les maisons en certains Ueux.

— HIST. XVI' s. Eschandole, nicot.

— ÉTY.M. Bas-lat. scandola, scandula, de scindula, ais, de scindere, fendre.

ECU

ËCHANGE (é-chan-j'), s. m. || !• Changement d'une personne, d'une chose contre une autre. Le roi Henri IV fit un échange de la Bresse contre le marquisat de Saluées. Vous en fîtes l'échange, et, prenant Martian, Vous laissâtes pour fils ce prince à ce tyran, corn. lUracl. 11, t. Mais quitter l'un pour l'autre est un échange heureux, id. Tois. d'or, IV, \. Parce que pour échange on veut avoir mon cœur, ID. Théod. i, <. Vous feriez un échange et non pas une perte, rotrou, Vencesl. 11, 1. Mentor conseilla 'à Idoménée de faire avec les Pcucètes, peuple voisin, un échange de toutes les choses superflues qu'on ne voulait pas souffrir dans Salente , avec ces troupeaux qui manquaient aux Salentins, FÉN. Tél. XIII. Il L'échange des prisonniers, opération, entre deux puissances belligérantes, qui consiste à rendre les prisonniers qu'on a faits pour ceux que l'ennemi a faits. Cartel d'échange. Il envoie à Décie en proposer l'échange [de Sévère prisonnier], CORN. Poly. I, 4. Il Terme de jurisprudence. Contrat par lequel les parties se transmettent respectivement une chose autre qu'une somme d'argent. Il 2° Terme d'économie pohtiqug. Changement réciproque de choses entre deux personnes qui y consentent librement toutes deux. L'échange des services. L'échange des produits. L'échange est une transaction amiable dans laquelle les d(;ux contractants gagnent toujours tous deux, de thacy. Traité de la volonté et de ses effets, ch. i. La société est purement et uniquement une série continuelle d'échanges, id. ib. || Commerce d'échange, commerce qui se fait sans argent et par le seul échange des marchandises. Aux échanges l'homme s'exerce; Mais l'impôt barre le chemin, bérang. Conireb. Le commerce ne donne qu'en proportion de ce qu'il reçoit; il n'est au fond qu'un échange de valeur pour valeur, haynal, Hist. phil. xix, lo. La monnaie ne sert dans les échanges que comme instrument, J. B. SAY, Cours, 1840, t. 1, p. 338. Lorsqu'on vend son blé ou son vin, ce n'est pas pour consommer l'argent qu'on en tire; c'est pour l'employer à l'achat des objets dont on aura besoin ; dans la réalité, on échange ce qu'on vend contre ce que l'on achète.... les conséquences de la théorie des échanges se résolvent en des trocs que l'on fait des produits entre eux.... id. ib. t. i, p. 339. L'œuvre du génie n'est pas un fonds, mais un produit, ce qui est tout différent; la communication n'est pas une récolte, c'est le fait mSme de l'échange, ce que les jurisconsultes appellent tradition, les gens de commerce livraison, proudhon, Z,es majorait littéraires, part, i, § 7. || Libre échange, théorie qui soutient que les communications commerciales entre les peuples doivent être affranchies des prohibitions et des impôts élevés; pratique de cette théorie. || 3° Communication, envoi réciproque. Un échange de courriers. Échange de pouvoirs qui se fait entre plénipotentiaires. 11 y eut là-dessus un échange de notes diplomatiques. L'échange des ratifications de ce traité est fait. Et je ne songe point que tu me répondras; Pour être proposés, ces illustres échanges Veulent être sign.es d'un nom que je n'ai pîis, A. de musset, l'oésies nouv. LM. à Lamartine. \\ Fig. Un échange de bons offices, d'injures. || 4° En échange de, au lieu de, à la place de. Il m'a donné son cœur en échange du mien, SC4RR0N, /)(m Jap/ie(, IV, (. Ahl prenez en échange une vie agitée. Que loin du sol natal l'orage a transplantée, delav. Paria, i, <. || 6" Anciennement, échanges, droits de lods et ventes des biens échangés contre des rentes, ou d'héritages contre héritages, suivant les déclarations des 20 mars <673 et février 4 674. || Droits seigneuriaux et féodaux faisant partie des petits domaines. || 6° Action de faire dis|iaraître le grain du papier. || Terme d'horlogerie. Roue ou pignon d'échange, roue ou pignon qui sert à changer la direction d'un mouvement.

— REM. Échange a été fait quelquefois féminin au commencement du xvii* siècle. Autrement il aurait pensé faire une échange, et non pas un plaisir, MALii. le Traité des bienf. de Sénèque, 11, 3i.

— HIST. XI' s. Deus I se jel pert, ji n'en aurai escange, Ch. de Roi. lxv. ||xiu' s. Si li requist qu'il li donast, en eschange de celé terre, le royaume de Salenique, villeh. cxu. Convenence d'escange doit estre tele que cascune partie doit garantir à toz jors ce qu'il baille, beaum. xxxiv, <o. \\ xvi' s. Il accorda que l'on eschangeroit les prisonniers en rendant homme pour homme.... quand l'eschange eut esté ainsi fait.... amyot, Fab. (8. Le contre eschange qu'ilz fisrent entre eulx fut tel : Csesar abandonna

Ciceron, m. Cic. 58 Que la France enyvrée Soit

grosse d'un beau printemps, D'un printemps qui

lousjours dure. Et qui surmonte l'injure Et les eschanges des temps, r. belleau, Berger. f° 8, dans

LACUR.NE.

— ÉTYM. É pour et.... préfixe, et change; ital. scambio.

ÉCHANGÉ, ÉE (é-chan -je, jée), part, passé. Il 1* Donné, remis pour quelqu'un ou quelque chose. Des prisonniers échangés. Une terre échangée pour une maison. || Fig. De bons offices échangés entre eux. Il 2° Transmis par communication réciproque. Des pouvoirs échangés par des ambassadeurs. Les ratifications échangées. Quelques mots échanges rapidement.

t ÉCHANGEABILITÊ ( é-chan -ja-bi-li-té), t. f. Qualité de ce qui est susceptible d'échange.

— ÉTYM. Échangeable.

ÉCHANGEABLE (é-chan-ja-bl'), adj. Qui peut être échangé. Un prisonnier de guerre échangeable contre un autre. || Qui est suscejitihle d'entrer dans le commerce d'échange. Produits échangeables. Valeurs échangeables.

— ÉTYM. Échanger.

i. ÉCHANGER (é-chan-jé. Le gi prend un e, quand il est suivi d'un a ou d'un 0 ; nous échangeons; j'échangeais), t). o. Il 1° Donner et recevoir par échange. Échanger une chose pour une autre. Us échangent le sacrifice pour de l'argent, pasc. Prov. 6. Sans simonie, on put contre un bien temporel Hardiment échanger un bien spirituel, boil. Sat. xii. L'on peut sans effort Échanger la tiare avec un diadème, gui- BAro, ilachab. 11, 6. Mansfeld eût échangé sans un destin fatal Le casque du guerrier contre un bandeau royal, benj. constant, Walst. iv, 6. Oh ! qu'ils sont loin ces jours si regrettés! J'échangerais ce qu'il me reste à vivre Contre un des mois qu'ici Dieu m'a comptés, bérang. le Grenier. \\ Échanger des prisonniers, rendre les prisonniers qu'on a contre ceux qu'a l'ennemi. || 2" Se communiquer, se remettre réciproquement. Échanger des pouvoirs. Échanger des notes, des ratifications. 1| Fig. Échanger des compliments, des injures, des coups de poing. Ils échangèrent à voix basse des deoii-mots avec leurs collègues. Échanger un sourire. Enfants, ett rêve on dit qu'avec les anges Vous échangez, la nuit, les plus doux mots, bérang. Tombeaux de juillet. Il Ces vaisseaux ont échangé quelques coups de canon,ils se sontlancéquelques boulets. Il 3° Soumettra le papier aux manipulations de l'échange. || Terme de draperie. Placer au milieu du carton les phs du drap qui étaient sur la tranche. || 4° F. n. Faire échange. Dans ces temps où l'Asie échangeait d'armes et de mœurs avec l'Europe, chateaub. Génie, IV, II, 8. Le pâtre plaçait ailleurs d'autres témoins de cette pastorale astronomie; il échangeait d'annales avec la firmament; et, de même qu'il avait écrit les fastes des étoiles parmi ses troupeaux, il écrivait les fastes de ses troupeaux parmi les étoiles, ID. ib. I, IV, 3. Il Cet emploi ne se trouve que dans Chateaubriand, et n'est peut-être pas fort sur. Il B° S'échanger, v. réfl. Être donné par échange. Ces marchandises s'échangent facilement. || Être donné par communication réciproque. Les ratifications s'échangèrent bientôt. || Fig. Des regards menaçants, des gestes de défi s'échangeaient entre eux.

-^ SYN. ÉCHANGER, TROQUER. L'échange Se fait de toute espèce de marchandises et de toutes les façons. Au contraire le troc a un sens restreint et se fait proprement de choses de service, de meubles, d'effets, de bijoux, etc. et surtout de la main à la main; le commerce avec les sauvages se fait par troc.

— HIST. XIII' s. Si comme se je vendoie ou donnoie ou escangoie ou enconvenençoie aucune coze à plusieurs personnes, beaum. vi, <7. || xvi' s. Il accorda que l'on eschangeroit les prisonniers en rendant homme pour homme, amyot, Fab. *9. Cyrus lui demanda s'il le vouldroit eschanger à un royau nie, MONT. I, 2<7. Ses rentes et domaines se sont e.-changez en pasquages bien maigres, id. 1, 232. S'ils eussent peu eschanger leur sagesse avec la santé, id.

— ÉTYM. Échange; proveiiç. etcambiar, esconjar; ital. scambiare.

f 2. ÉCHANGER (é-chan-jé), v. a. Laver le linge à l'eau pour lui enlever tout ce qu'il est possible de dissoudre sans le secours des alcalis.

— ÉTYM. Échanger est un barbarisme, mais trèsusuel parmi les blanchisseuses et né de l'assimilation de essanger (voy. ce mot), qui est le seul correct.

f ÉCHANGEUR (é-chan-jeur), s. m. Celui qui fait des échanges. Comme la valeur de tous les objets d'échange n'a d'autre mesure que le besoin et la mesure des échangours, il est évident que, dans l'Inde, nos marchandises valent très-peu [pour

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