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ÉCLISSE

t ÊCLINGUBE (é-klin-gu-r*), t.f. Terme de msT rine. Synonyme de râblure.

ÉCLIPSE (é-kli-ps') , f . ^. Il 1" Terme d'astronomie, riisparition apparente d'un astre, résultantde l'interposition d'un autre corps céleste entre cet astre et l'observateur. Eclipse partielle. Eclipse totale. Eclipse annulaire. Eclipse du soleil ou solaire, obscurcissement du soleil par l'interposition de la lune. Éclipse de lune, obscurcissement de la lune par l'interposition de la terre. Eclipse apparente, celle dans laquelle l'astre éclipsé n'est pas privé de lumière; éclipse vraie, celle dans laquelle au contraire le corps éclipsé est complètement privé de lumière. Les éclipses des satellites de Jupiter. L'éclipse arriva précisément à l'heure marquée, ce qui le fit regarder comme un homme divin, rol- UN, //l'st. anc. t. XIII, liv. xxvi, ch. », art. 4, p. 63, dans PQUGENS. || Vent de l'éclipsé, courant atmosphérique provoqué, dans une éclipse de soleil et dans un temps calme, par le passage du cône d'ombre de la lune, qui refroidit sensiblement la partie de l'air obscurcie. || i' Fig. Obscurcissement de ce qui a un éclat intellectuel ou moral. Souvenez-vous de ce temps de désordre et de trouble, où l'esprit ténébreux de discorde confondait le droit avec la passion, le devoir avec l'intérêt, la bonne cause avec la mauvaise; où les astres les plus brillants souffrirent presque tous quelque éclipse.... FLÉCHIES, Turerme. La vertu la plus pure et la plus brillante a ses taches et ses éclipses, mass. Carême, liéd. Il 3* Familièrement. Faire une éclipse, s'absenter , disparaître tout à coup. Au cas qu'il l'interrogeât sur 'a petite éclipse qu'il venait de faire, ST-ÉvBEMONn, dans leroui, Dict. comique.

— HIST. xin* s. Li éclipses est 11 defaute du solel et de la lune, Comput, f» 44. For ce n'est preus l'amor de li, N'onc à prodomme n'abeli, Nil n'est drois qu'elliabelisse, Quant por si poichiet [tombe] en esclipse, la Rose, 6372. || xiv' s. La terre est entre le soleil et la lune; donc est esclipse de lune, ORESME, Elh. V. Il XV* s. Coquart qui as l'esclipse en l'entendement, G. chastel. Exposition sur vérité

mal prise D'or sera et d'argent grantesclipces,

FUST. DESCB. Poisics mss. dans lacubne. Et pour ce que de tous biens est esclipce, ib. 11 lui conta l'eclipse [absence] de poisson qui estoit en la ville, LOUIS XI, Nouv. xcix. Il XVI" s. Ceste année, seront tant d'ecclipses du soleil et de la lune.... bab. Pantagr. Pronostication, ch. n.

— ÊTYM. Provenç. eclipsis, esdipses, elipse; espagn. éclipse; ital. eclisse; de lx),£njiiç, de ixXttiTEiv, faire défaut, de i%, et Xelnsiv, quitter.

ÉCLIPSÉ, ÉE (é-klipsé , psée) , port, passé. Il !• Obscurci par l'interposition d'un corps céleste, la soleil éclipsé par la lune. La lune éclipsée par la terre. Et par tout l'univers sa lumière [du soleil] éclipsée, TRISTAN, Ifariane, v, 2. 112° Fig. En parlant des choses, qui a subi une sorte d'éclipsé, d'obscurcissement. Des murs de Constantin la splendeur éclipsée, VOLT. Fanât, n, 6. Tu connais, cher ami, mes grandeurs éclipsées, ID. Scythes, i, s. Que dis-je? sa raison souvent est éclipsée, nucis, Ilaml. I, t. H S" Oui n'existe plus, qui a disparu. liais sitôt que d'un trait de ses fatales mains La parque l'eut rayé [Molière] du nombre des huniains , On reconnut le prix de sa muse éclipsée, boil. jip.vn. Ces jours si beaux et si tôt éclipsés, malrl. narcisse, i. Elles prêtent leur forme à toutes mes pensées; Je les vois, je les vois; elles me disent : viens. Puis autour d'un tombeau dansent entrelacées. Puis s'en vont lentement, par degrés éclipsées, V. HUGO, Orient, xxxni, 2. || «» En parlantdes personnes, rejeté dans une situation inférieure. Eclipsé par un rival plus heureux.

t ÉCLIPSEMENT (é-kli-pse-man), t. m. L'action d'éclipser.

— HIST. m* (. L'eelipsement nouveau des dix jours du pape [suppression de dix jours lors de la réforme grégorienne de l'année], mont, iv, <66.

— ÊTYM. tclimer.

ÉCLIPSER (é-kli-psé), c. a. || f Intercepter la lumière d'un astre. La lune éclipse le soleil. La terre éclipse la lune. || 2° Obscurcir, faire disparaître. La nuit n'a pas encore éclipsé la lumière, M. I. CHÉNIER, Tib. m, 4. Il Fig. X la faveur de ces éminences, on éclipse une des trois vertus théologales, Boss. JVour. myst. io. || S* Surpasser, effacer. Corneille éclipsa tous ses prédécesseurs. Leurs traits sont peu réguliers; mais, si elles ne sont pas belles, elles ont de la physionomie qui supplée à la beauté et l'éclipsé quelquefois, i. j. rocss. Bel. U, 24. Toutes le* sciences sont sujettes à ces révolutions: la gloire de l'auteur d'une découverte éclipse celle des gavants qui l'ont préparée et ne leur laisse de droits qu'à la reconnaissance publique, comdorcet, Duhamel. Il [Walter Raleigh] avait une passion extrême pour tout ce qui avait de l'éclat, une réputation qui éclipsait les plus grands noms.... «athal, llist. phil. xin, «.|| 4* S'éclipser, v.rifl. Disparaître derrière un corps. Le soleil s'éclipse derrière la lune. Il Avec ellipse du pronom se. Va accident pareil Devrait faire d'horreur' éclipser le soleil, mair. Solim. v, 4<. Il 6° Disparaître à la dérobée. Que fait-il? il s'éclipse, il part, la font. Pet. chien. Quoi I le seigneur Ésope en croit donc être quitte. Pour m'avoir en passant daigné rendre visite; Et son ïèle se borne à me voir une fois, Après s'être éclipsé pendant cinq ou six mois, boursault, Ésope à la cour, I, 4. Il s'aperçut bien h la surprise qu'on fit paraître, que l'on n'ignorait pas pourquoi il s'était éclipsé, LESAGE, Diab. boit. 20, Stanislas [Leczinsky] s'était éclipsé de son armée, volt. Charles JII, 7. i la veille, morbleu, d'avoir ^in régiment. Planter là l'univers, s'éclipser brusquement. Quitter Londre et la cour pour sa maudite terre! gresset, Sidnei, l, t. || Il se dit aussi des choses qui disparaissent. Je croyais mettre la main sur ce livre; mais il s'est éclipsé. L'argent s'éclipse vite au jeu. Il 6° Etre effacé , perdre de sa puissance, de son crédit. Tel brille au second rang qui s'éclipse au premier, VOLT. Ilcnr. I.

— HIST. xiii* s. C'est l'amor qui vient de fortune, Qui s'esclipse comme la lune, Que la terre obnuble et enumbre, la Rose, 4800. || xv* s. De vivre toute policie.... lors estoit toute esclipcie, S'Aristote n'y eust ouvré, Qui a, par son sens, recouvré Le peuple de vivre ft raison, eust. besch. Poés. mss. dans LACUBNE. Lune et soleil seront souvent esclipst, ib. Il XVI* s. Il s'en alla la queue entre les jambes, et s'esclipsa, paré, m, p. «94. Il advint que le soleil éclipsa soudainement, et le jour faillit, amyot, Péricl. 67.

— ÊTYM. ÉeUpse; provenç. eelipsar, eclipdar; espagn. eelipsar; ital. ecclissare.

ÉCLIPTIQUE (é-kli-pti-k'), s. Ail** Terme d'astronomie ancienne. Orbite que le soleil parait décrire annuellement autour de la terre. Ce qui prouve quo l'orbite solaire est plane: on la nomme écliptique, prancœub, Uranographie , 4" partie. {| Par extension, le même cercle étendu jusqu'à la sphère des fixes et devenant ainsi un grand cercle fixe de la sphère. On donne aussi ce nom [d'écliptique] au grand cercle fixe suivant lequel ce plan prolongé va couper la sphère céleste, m. ib. || 2° Chez las modernes, orbite de la terre décrite en un an autour du soleil. D'après cela le «entre de la terre décrit autour du soleil immobile dans l'espace une courbe plane et fermée.... son axe est emporté dans le vide et demeure parallèle dans toutes ses positions, formant avec le plan de son orbite qui est l'écliptique un angle constant de ««• S8', prancœur, Uranographie, i" partie. 11 avait une pensée plus singulière et plus sujette à contestation sur l'obliquité de l'écliptique par rapport à l'équateur; tous les astronomes la posent constante, et il la croyait décroissante, mais seulement d'une minute en cent ans, de sorte que, dans un temps très-long qui se détermine aisément, l'écliptique viendrait à se mettre dans le plan de l'équateur, et les deux pôles verraient ensemble le soleil pendant quelques années, fonten. Louville, Le point où l'écliptique de la terre coupe l'équateur, volt. Newton, m, to. C'est à l'inclinaison de l'écliptique sur l'équateur qu'est due la différence des saisons, laplace, Expot. i, 2. Il Axe de l'écliptique, droite perpendiculaire au plan de l'écliptique et passant par le centre. || Pôles de l'écliptique, extrémités de l'axe de l'écliptique sur la sphère céleste. || 3* Adj. Qui a rapport aux éclipses. Conjonction écliptique. Doigts écliptiques, les douze parties en lesquelles on divise le diamètre apparent d'un astre éclipsé. Limitas écliptiques, valeurs extrêmes où peuvent seulement avoir lieu les éclipses.

— £TYM. "ExJ.ciiiTixi; (voy. éclipse), parce que

c'est dans ce cercle qu'ont lieu toutes les éclipses du soleil ou de la lune; provenç. teliptie; espagn. ecliplico.

ÉCLISSE (é-kll-s"), ». f. Il !• Éclat allongé de bois. Les bourreaux enfoncent dans les plaies de l'ami de Chactas des éclis'es de pin enflammées, chateaub. Natch. n, n. Le boulet plein pénètre plus avant [dans la cuirasse de fer d'un vaisseau] , mais 11 enlève une espèce de bouchon de fer, tandis que l'obus éclate et projette de toutes parts un nombre épouvantable de morceaux de métal et d'éclisses, FONVIELLE, Presse scientifique, 4««3, t. i, p. 462. Il 2* Nom qu'on donne au bois de fente et aux petits ais qui servent à faire des ouvrages légers. Il Osier tendre et plané pour border le moule du pau'îr ,, jois plat et mince dont on fait les côtes d'uu luin, les parois d'un violon. || Petit ais de bois qui soutient les plis d'un soufflet. || 8* Terme de chirurgie. Nom donné aux soutiens de bois, ou d'autre matière, qui s'appliquent sur les fractures. Il Terme de vétérinaire. Petites attelles qu'on applique sous le pied du cheval pour maintenir le pansement de plaies de la sole et de la fourchette. Il 4* Rond d'osier sur lequel on fait égoutter le lait caillé et le fromage. || Second rang de tronçons d» bois disposés dans un fourneau pour faire du char^ bon. Il 5* S. f. pi. Terme de pêche. Ancien instru ment de pêche.

— HIST. XI* s. Envers le ciel envolent les escîcles, Ch. de Roi. LV. Il XII* s. Bastuns de rosel [roseau] pesceed [brisé] qui, si l'um se apuied, tost falsed e despiesced; e entrent les esclices en la charn e percent la main, Roit, 408. || xiii* s. 0 lui ert [avec lui était] li rois de Galice , Qui fait de mainte lance esct\c9, Partonopex de Blois, m». f*<6), dans la- CURNE. Il XVI* s. Avant que mettre le caillé dans les esclisses ou cagerottes, o. de seures, 287. Sus, troupeau, deslogeons, j'ay d'esclisse et d'osier, Achevant ma chanson, achevé mon panier, rons. 732.

— ÉTYM. Picard, éclèche, morceau de bois menu; eclisses, brins de bois; norm. écliche, éclat de bois. Le même quecZtKe (voy. ce mot).

ÉCLISSÉ, ÉE (é-kli-sê, sée), port, passé. Une fracture éclissée.

t. ÉCLISSER (é-kli-sé), v. o. Terme de chirurgie Mettre des eclisses le long d'un membre fracturé.

— HIST. xu* s. Ses tronçons brise, si lui est escliciez, Ronc. p. «5. ||xvi* s Et, te baisant, mener les bœufs en pasturage, Esclisser des paniers, et faire du fromage, rons. 793. Cages d'ozier et de ronces escarrées et pertuisées avec une brochette rougieaufeu, et esdissées de petits barreaux, F. bel- LEAU, Berger. 1. 1, p. 74, dans lacurne, au mot coeasse.

— ÉTYM. Éelisse.

t 2. ÉCLISSER (é-kli-sé) , v. a. Terme de fauconnerie. On éclisse les oiseaux de proie en leur jetant quelques gouttes d'eau avec le doigt.

— HIST. xvi* s. Quand tu le mettras coucher [l'oiseau], lui eclisse un peu d'eau au visage, afin qu'il frotte ses yeux aux jointes de ses ailes, fodillodx, Fauconn. f «2, dans lacurne.

— ÉTYM. Voy. glissoire.

t ÉCLISSETTE (é-kli-sè-t") , t. f. Petite éclisse.

ECLOPPÉ, ÉE (é-klo-pé, pée), adj. Terme familier. Dont la marche est pénible, en raison de quelque mal aux jambes. || Terme de blason, Écu écloppé, écu taillé et tranché inégalement.

t ÉCLOPPER (é-klo-pé), V. a. Rendre boiteux. Il S'éclopper,t). r^/l. Devenir écloppé. L'un s'écloppe, l'autre s'enivre et se fend la tête ; qu'on est à plamdre de ne pouvoir s'en passer l dider. Est-il bonf est-il méchant?!, 9.

— REM. 1. L'Académie écrit, avec un seul p, clopin, dopant et clopiner; et elle en met deux à écloppé; c'est manquer à l'analogie. || 2. L'Académie a écloppé, adjectif, et n'a pas éclopper, verbe, qui est de tout temps dans la langue.

— HIST. XIII* s. Il n'i a borgne n'esclopé , Ren, 4604. Se vos Pinte vengier peinez Et sa seror dame Copée, Que Renart a si esclopée, ib. 4007«.

— ÉTYM. Es.... préfixe, et l'ancien adjectif clop (voy. clopin-clopant).

ËCLORE (é-klo-r') , v. n. défectueux qui n'a que les temps suivants: j'éclos, tu éclos, il éclôt, nous éclosons, vous éclosez, ils éclosent; j'écicsais; j'éclôrai; j'éclôrais; que j'éclose; éclos, éclose. L'Académie met un accent circonflexe sur le futur et le conditionnel et n'en met pas sur je clorai , je clorais; c'est pécher contre l'analogie. || 1* Sortir de l'œuf, naître. Les serins éclosent. Elle bâtit un nid, pond, couve, fait éclore A la hâte; le tout alla du mieux qu'il put. là font. Fabl. iv, 12. On connaît

ÊCL

les four» des Égyptiens, dans lesquels ils font éclore à la fois das centaines ou même des milliers de poulets ; M. de Réaumur était parvenu à simplifier beaucoup cette pratique si ancienne des £Ky|>tiens, et k la mettre & la portée des gens de la campagne, bomtni, Contempl. nat. ÛEutirex, t. vili, p. 3a6, noie 4. Il On le dit aussi des œufs d'où sortent les petits. Les œufs sont éclos ce matin. || Kig. Vingt ans au plus, bonhomme, attends encore; L'oeuf éclûra sous un rayon des cieux, béràno. Comité. || S* S'ouvrir, en parlant des graines, des fleur». Une fleur qui commence & éclore, fék. Tél. m. Ces végétaui puissants qu'en Perse on voit éclore, volt. Sémir. IV, 2. Les coquelicots et les bluels éclosent dans de» oppositions ravissantes, bkhb. db st-p. Étud. v. Il 3° Commencer à paraître. Le jour est p.«» ''niore. O, si de mon désir l'effet pouvait éclore, Ouo sous de douces lois nous pourrions nous aimer I rotrou, Sl-Gen. m, 6. Ma vie à peine a commencé d'éclore; Je tomberai comme une fleur Qui n'a vu qu'une aurore, HAC. Eslh. 1, 6. Le triste regret de voir éclore une vie qui a été aussitôt éteinte, mass. Averl. Délai. Quoiijue celle intrigue eût été menée depuis un fort longtemps, elle le fut cependant avec tant de secret ju.squ'au temps même où elle devait éclore, qu'on n'en sut rien pendant la vie de Lysandre, BOLLIN, Ilist. anc. Cliuvres, t. iv, p. 35», dans pouGENs. On sent.... Qu'une forme périt, afin qu'une autre éclose, lamart. Joc. Ii, «4. jj Faire éclore, produire. Faire éclore des projets. Dès que l'impression fait éclore un poSte, Â est esclave né de celui qui l'achète, boil. Sot. ix. Chaque insUnt fait éclore une nouvelle horreur, volt. Orph. i, 6.

— BEM. Éclore se conjugue avec le verbe itre: les œufs sont éclos.

— HIST. XVI* s. L'oeuf duquel esclorerâ l'aspic mortel qui.... TVFR, p. 640. Dès le mois de septembre, les vents et les pluyes commencent h s'esclore d'estrange façon, cabl. in, 20. On n'attendoit pas le jour esclore pour venir aux atlelliers, id. v, 4. Le primat de Lyon n« dort ny jour ny nuict, pour esclorre un escrit qui fera poser les armes à tout le monde, Sat. Uén. p. 199. Les pigeons pâtés esclorront des œufs de poule commune , si on les leur suppose au lieu des leurs, o. de serbes, ï57. La gouvernante attendra avec patience que les œufs soient esclos.... elle secourra les premiers poussins escloans qui souventesfois ne peuvent sortir de la coque, ID. 35». Au commpncement de inai les oysons esclouent, id. 374. Deux serpents s'y glissèrent, et feirent des œufs dedans et les esclouirent, amyot, les Gracques, 24. Son sein vous esclouit, gardez de l'off'enser [Dieu], bons, 276. Fust-ce en hyver, les roses s'esclou'ront, id. 744. Trous esclous [ouverts], bàb. Garg. i, 4 3.

— ÉTYM. Wallon, More; provenç. esclaure, esclure; espagn. et porlug. excluir; ital. escludere. Les formes excluir, escludere viennent du latin vccltidere, de ex, hors de, et claudere, fermer (voy. vlorz) ; les formes en o ou en au viennent d'une forme non latine exelaudere, ou, si l'on veut, directement du préfixe es et de clore ou claure. Eclore, c'est, étymologiquement, fermer hors.

ÉCLOS, OSE (é-klô, klô-z"), part, passé de éclore. Il !• Sorti de l'œuf. Des poussins à peine éclos. 1| 2" Qui est né, qui se montre. Vois que sur ce beau sein les lis à peine éclos.... rotrou, Hercule m. i, 5. [J'ai vu] tomber sous les coups d'un trépaS glorieux Ces fruits & peine éclos déjà mûrs pour les cieux, id. St-Gen. II, 7. N'est-ce pas toi, voyant le monde à peine éclos Qui.... Fis croire au premier homme.... BOIL. Sol. III. Nos jardins ont encor des roses; Où régnent les amusements. Il est toujours des fleurs écloses. Et les plaisirs font le printemps, gresset, ou P. Bougeant. Mes yeux cherchent en vain leurs fleurs fraîches écloses, c. delaviqni, ifore. choisit

par FEL'GftRE, p. J37.

- ÉCLOSION (é-kia-zion; en vers, de quatre syllabes), ». f. Action d'éclore, de sortir de l'œuf. L'éclosion des petits. Pouvait-on, en bouchant par différents moyens l'ouverture des cellules , retarder plus ou moins la sortie ou l'éclosloa des petits pipas, sans intéresser leur vie? bonnet, Observ. pipa ou crapaud de Surinam, Œuvres, t. xi, p. 226, dans poi'GENS. |{ Epanouissement des fleurs.

— ÉTYM. Éclns.

ÊCLUSB (é-klu-z'), ». f. || !• Construction en maçonnerie faite pour retenir &u besoin, dans sa partie appelée la chambre de l'écluse, l'eau nécessaire pour faire montsr ou descendre d'un bief à un autre le bateau qui parcourt un canal, legoabant. Le» bajoyers d'une écluse. Les portes d'une écluse. Ouvrir, fermer, lever, baisser l'écluse, c'est par abréviation

ECO

pour ouvrir, fermer la porte, lever, baisser la vanne de l'écluse. Il Ecluse de chasse, construction (jarticulière destinée à retenir toute l'eau nécessaire pour chasser par son courant la vase et le sable qui sans cela obstrueraient un port, une gare, etc. leooahamt. Il Ecluse de fuite, écluse destinée à vider le tropplein douné par une écluse de chasse. || Ecluse simple, celle qui ne peut soutenir les eaux qu'i un seul niveau à la fois. Ecluse double, celle qui peut les retenir & deux hauteurs. Ecluse carrée, celle qui n'a qu'un seul vantail. || Fig. En ouvrant les écluses du cœur, elle fait que le sang circule plus vite, desc, Pcus. 446. Mais avant qu'il Uchit les écluses des cieux, boil. Sat. xii. |{ S* Terme de pèche. Parc de pierre pour retenir du poisson amené par la marée.

— HIST. ziii* s. Et si tost comme Sarrasin sorent que li rois ot passé le flun [fleuve], si firent clore les escluses et firent tenir le flun, Chron.de ttaitis, 207, Il XVI' s. L'eau s'assemble au dessus du moulin dans un grand réceptacle, par d'aucuns appelle escluse, qui, après estre rempli, verse l'eau par le dessus, estant fermée la bonde d'embas, laquelle on ouvre quand il est question de faire moudre la moulin, 0. de serres, 760. Il y a de petites rivières qui 50nt retenues par eicluses, p. choque, dans lkroux de linct, Bibl. des Chartes, *• série, t. ii, p. 4 76.

— ETYM. Bas-lat. exclusa, qui se trouve dans les plus anciens textes, la Loi des Visigoths, Grégoire de Tours et Fonunat : exclusa aqua, eau exclue (dont le nom a passé à la construction qui l'exclut, la retient), de excludere, de ex, hors de, et claudere, fermer (voy. clore) ; allem. Schleusse.

+ ÉCLITSEAU (é-klu-z6), ». m. Voy. Eclcsettb.

ÉCLUSÊE (é-klu-zée), t. f. || !• La quantité d'eau que doit recevoir la chambre d'une écluse pour y faire entrer un bateau qui descend, ou pour en faire sortir celui qui remonte le canal, legoarant. Il 2* Terme de commerce. La quantité de bois flotté qui passe pendant la durée de l'ouverture d'une écluse. Pour une éclusée des dits bois de 20 à 12 voies, est dû à plusieurs officiers 42 livres, 45 sols, 40 deniers, Déelar. du 22 od. 474», Tarif. Il 3* Masse d'eau accumulée de distance en distance, dans des rivières dont l'eau n'est pas assez abondante pour porter en tout temps les bateaux et les trains de bois, par des barrages qu'on ouvre k jour et à heure fixes. Lâcher l'éclusée. Vendredi il y aura éclusée. 11 y a des rivières qui ne sont navigables que par éclusée».

— ÊTYM. Écluse.

■f ÉCLIISER (é-klu-zé), v. a. Faire passer un bateau par une écluse. || Garnir, munir d'écluses. Fermer au moyen d'une écluse.

— ÊTYM.' Incluse.

+ ÉCLUSE1TE (é-kln-zè-t"). t. f. Nom d'un champignon réputé malfaisant (l'a^jaric élevé), dit aussi écluseau et coulemelle.

ÉCLCSIER, lËRE (é-klu-zié, riê-r'), ». m. et f. Celui, celle qui gouverne une écluse et qui en perçoit le péage. || Àdj. Porte éclusière, porte d'une écluse.

— ÉTYM. Écluser.

t ÉCLYSE (èk-li-r'), ». f. Terme de musique ancienne. Accident qui faisait baisser une note de trois quarts de ton.

— ÉTYM. Tx>.uaic, de ix, et \iaii, action de délier.

t ÉCSIÈLE (èk-mè-1'), adj. Terme de musique ancienne. Qui ne se prête pas à la mélodie, en parlant des sons de la parole.

— ÉTYM. "Ex, hors, et (a>o«, chant, f ËCOBAN (é-ko-ban), ». m. Terme de marine.

Ancien synonyme d'écubier.

t ÊCOBUAGE (é-ko-bu-a-j'), ». m. Terme d'agriculture. Opération qui consiste à enlever la couclie superficielle du terrain et à brûler sur place les matières organiques qu'elle renferme.

— ÊT'YM. Ecobuer.

f ECOBUE (é-ko-bu«), ». f. Terme d'agriculture.

Nom donné, en Anjou, à l'instrument qui sert à écobuer et qui est une sorte de pelle de fer légèrement courbée, plus large au tranchant qu'à la douille ; un manche de bois y est adapté sous un angle de 46 degrés environ. || S. f. plur. Petites broussailles et racines enlevées aux terres défrichées.

t ÉCOBUER (é-ko-bu-é), «. o. Terme d'agriculture. Pratiquer l'écobusge.

— HIST. XVI* s. Ils doivent le droit de champart et de terrage, quand ils cgobuent, à la cinquième gerbe, iVouti. coust. gêner, t. iv, p. 4io.

— ETYM. Origine inconnue. On trouve dans l'ancien français etcobatre, dont U sens est indéterminé : Sur les rivages et les pors Par où li ewage s'embatent. Qui tant souvent vous escobatent, Mainteuex bien vostre franchise, ilomon de Brut, f* is,

ECO

dans LACDEHE. Écobuer se rattache-t-il à eseouoe, balais; ba*-laL escobare, balayer? Faut-il voir, dans la première partie du mot, etcot, bâton, comme dans écoperchef Dans le nom normand d'une plante: l'herbe à l'écopissa (herbe qui fait saliver sans doute et queje ne connais pas, le bericher, Add. à l'essai sur la flore popul. de Kormandie, p. 3), tscopisse vient de l'ancien verbe eseopir, cracher,

t ÉCOCHELAGE (é-ko-che-la-j'), ». m. Terme d'agriculture. Action d'écocheler.

t ÉCOCHELER (é-ko-cbe-lé. L'I se double quand la syllabe qui suit est muette: j'écochelle), 0. o. Terme d'agriculture. Ramasser avecdeux râteaux les tiges céréales que la faux a étendues en les coupant.

t ÉOSURE, ËB (é-keu-ré, rée), port, passé. Oui a perdu le cœur, à qui le cœur manque, dégoûté. Je suis écœuré.

t ËCOKDRER (é-keu-ré), e. a. Faire perdre la cœur, dégoûter. Cette odeur m'écœure. |i Kig. Un pareil langage m'écœure. |{ S'écœurer, v. réfl. Qu'avait-il besoin d'entrer là pour s'écœurerT {| Mot populaire et très- usité.

— HIST. xn* s. Escœurer [dégoûter] , oudi;<.

— ETYM. £».... préfixe, et coeur; Berry, écaurder, acceurir. Anciennement escuerer avait le scni propre de percer le cœur.

ËCOFRAI (é-ko-trè) ou ËCOFROI (é-ko-froi), ». m. Sorte de grotM table sur laquelle les artisans en cuir taillent leur ouvrage.

— ETYM. Bas-lat. tscofferius, marchand de cuir; vieux franc, escoffraie, boutique où l'on vend du cuir; de l'allemand Schuh, soulier: angl. shoe; goth. skoh. On avait aussi escoerie, objets en cuir: XIII* s. Chascuns fardeaulx d'escoerie ou de freperie doit deux deniers, du cange, escoeria.

ÉCOINÇON ou ÉCOINSO.N (é-koin-son), ». m. Travail de menuiserie, meuble appliqué à l'angle d'une chambre. Une armoire en écoinçon. {| Pierre qui fait l'encoignure de l'embrasure d'une porte ou d'une croisée.

— HIST. zvi's. Escoinçon, Nouveau coust. gtner. t. u, p. 1437.

— ÉTYM. St.... préfixe, et coin; formé de eotn, comme arçon de are, par la suffixe augmentatif on.

t ÉCOLAGE (é-ko-la-j'), ». m. || 1* Etat de celi; qui est à l'école; enseignement d'école. || 1* Fraid'école, droit que paye chaque écolier. Lescooseil-municipaux déterminent le prix d'écolage dan» les écoles communales.

— HIST. xvr s. U envoya quérir Aristote, en lui payant un très honorable salaire pour l'e-scholage (le son fils, AMT0T, Alex. 40. On peut continuera tout temps l'estude, non pas l'esclioUige, mont, m, 4 24. Le bureau de l'aiimosne est journellement chargé de celles personnes qu'il convient assister pour leur vivre, apprentissage de me.itier ou cscolage, ou bien pour les secourir en leurs maladies. Coutum. gén&. 1. 1, p. 4448.

— ETYM. École.

ËCOLATRE (é-ko-là-tr'], ». m. Ecclésiastique dans

les cathédrales, dont la principale fonction est d'enseigner aux jeunes gens qui se destinent au service de l'Eglise, les humanités et les devoirs de la profession qu'ils veulent embrasser. || Chanoine qui avait une prébende l'obligeant d'enseigner gratuitement la philosophie et les lettres humaines à ses coo frères et aux pauvres écoliers du royaume.

— HIST. XVI* s. Il n'y avoit egli&e cathédrale en laquelle n'y eust prébende affectée pour le salaire de celui qui enseigneroit les lettres ordiiiaires, et une autre pour celui qui vacqueroit à l'enseignement de la théologie; le premier esioit appelé escolastre, le second théologal, pasqdier, Jlecherches, liv. IX, p. 767, dans lacurne.

— ÊTYM. Bas-lat. tcholaster, de tchola, écol*. t ÉCOLÂTRIE (é-ko-là-trie), ». f. Charge, «m*

ploi d'écolàtre.

— ETYM. Écoldtrt.

fiCOLE (é-ko-l) , ». f. Il 1* Eublissement où l'on

enseigne les éléments des lettres, des sciences, des arts. Ouvrir une école. Maître d'école. Ecole de dessin. Ecole primaire Les loups de son temps n'allaient point à l'école, bScnibr, Sat. m. || Ecoles chrétiennes, âooles instituées an commencement du XVII* siàoie par Lasalle pour les enfants pauvres. Il Ecoles charitables, institut pour enseigner aux enfants à lire, à écrire et à connaître, aimer et servir Dieu; il fut fondé en 4086 par un minime d'Amiens, le P. Barri. || Tenir école, enseigner. Le noble poursuivit : Moi je sais le blason; j'en veux tenir école, lafont. foW. x, 46. || Il en tiendrait école, c'est-à-dire il sait tris- bien cela. || Renvoyer quelqu'un à l'école, lui faire stntir son iguoiauc*.

ECO

H Faire l'école buissonnière, manquer la classe en rarlant (Tun écolier, et, figurément, manquer à des exercices, à des fonctions (voy. buissonnieb). || Prendre le chemin de l'école, prendre le chemin le plus long. Il Dire les nouvelles de l'école, découvrir le jsecret d'une compagnie, d'une coterie, dire ce qu'il (faudrait taire. || %' Établissement d'un ordre plus 'élevé ou d'un ordre plus spécial. Entrer à l'École ,'polytechnique, à l'Ecole normale. Réformer le corps 'des sciences ou l'ordre établi dans les écoles pour les enseigner, desc. tféth. u, 2. Il me semblait n'avoir fait autre profit, en tâchant de m'instruire, sinon que j'avais découvert de plus en plus mon ignorance; et j'étais en l'une des plus célèbres écoles de l'Europe, où je pensais qu'il devait y avoir de savants hommes, s'il y en avait en aucun endroit de la terre, m. 16. i, 6. Il y en eut [des prisonniers suédois transportés en Sibérie] qui enseignèrent les langues, les mathématiques; ils y établirent même des écoles publiques qui, avecle temps, devinrent si utiles et si connues, qu'on y envoyait des enfants de Moscou, volt. Charles XII, *. Il Ecole centrale, nom des écoles publiques créées dans chaque département par la Convention en < 795. Il École centrale des travaux publics, nom primitif de l'École polytechnique, en 17»B. || Aujourd'hui, École centrale des arts et manufactures, établissement où l'on forme des ingénieurs civils. || École polytechnique, école où l'on donne une instruction générale dans les sciences mathématiques, physiques et chimiques à des jeunes gens pour les préparer à différents services publics, civils et militaires. Il École normale, établissement où l'on forme les jeunes gens pour le professorat dans les lycées. Il École de St-Cyr, établissement où l'on forme des officiers pour l'infanterie et la cavalerie. || Écoles d'application, nom donné en général aux écoles spéciales dans lesquelles ne sont admis que les sujets qui ont terminé leurs études générales. École d'application du corps d'état-major, école destinée à former des officiers pour le service de l'étatmajor. École d'application du génie maritime, école destinée à former des ingénieurs pour la construction des vaisseaux et les travaux de la marina. École d'application d'artillerie et du génie, école de Metz qui ne reçoit que des jeunes gens sortant de l'École polytechnique et qui forme des officiers pour l'artillerie et le génie. || École des arts et métiers, établissement où l'on enseigne les arts mécaniques. Il École des beaux-arts, école où l'on enseigne la peinture, la sculpture et l'arohiteoture. Il En parlant du vaisseau sur lequel est établie l'école de marine, on dit le vaisseau-école. Il est professeur sur le vaisseau-école. || $• Le local où l'école est établie. || 4* Par extension, tous les élèves d'une école. Toute l'école est à la promenade. || Les écoles, les élèves des écoles de droit, de médecine, polytechnique, normale, etc. ||6° Terme militaire. Ecole de peloton, école de bataillon, les exercices de peloton, de bataillon. || 6* Fig. Se dit de ce qui forme ou éclaire par l'expérience. Trois sceptres conquis Font voir à quelle école il en a tant appris, COBN. Nicom. m, 2. Et ses illustres soins ouvraient à ses sujets L'école de la guerre au milieu de la paix, id. Attila, n, t. Tous les ingrats iront en foule à votre école, Puisqu'on y devient quitte en payant de parole, id. Théodore, I, 2. C'est une école que votre conversation, et j'y Tiens tous les jours attraper quelque chose, mol. Comt. d'Escarb. a. Oh I le bel argument digne de leur école 1 boil. Ép. m. La cour fut pour lui une école de sagesse et de vertu, bouhoubs, Aubusson, liv. I, dans bichelet. Les plaisirs publics sont devenus des écoles de lubricité, MASS. Carême, Élus. Il n'est pas étonnant que Carthage, partie de la première école du monde pour le commerce, je veux dire de Tyr, y ait un succès si prompt et si constant, BOLLiN, Hist.ane. Œuvres, t. 1, p. 2H,dans pouGENS. Dans l'école du crime et dans l'art des tyrans, VOLT. Jf. de Ces. m, 7. Je me console de mon ignorance par la pensée que cette terre sur laquelle nous rampons n'est que l'école destinée à nous fournir les premiers rudiments de la science, bonnet, Lett. iiv. Œuvres, t. xii, p. 426, dans podoens. X l'école des mœurs et de la pauvreté. J'ai senti le bienfait de mon adversité, Ducis, Abufar, i, 6. De nos jours, sprès la commotion terrible de la France, une intelligence politique nous a été donnée par cette rude école des événements, yillbh. Litt. franc. XVH!" siècle, 2« part. 4« leç. || L'école du monde, l'expérience et les manières que donne le monde, U société. Sainville a grand besoin de l'école du monde, lachauss&e, Gouv. i, >. || Familièrement.

ECO

Être à l'école de, vivre au milieu de gens sur lesquels on se règle. On juge bien qu'étant à telle école [chez des religieuses]. Point ne manquait du don de la parole L'oiseau disert.... gbesset, Vert-Vert, a. \\ Etre à bonne école, être sous la direction d'une personne habile. U faut qu'on vous ait mise à quelque bonne école, mol. j^e. des f. y, 4. Il On dit par opposition, être à mauvaise

école Ma foi, tant pis pour vous; Je ne m'y

connais pas, ou bien, sur ma parole. Vous êtes là, m'amie, en très-mauvaise école, regnahd, Uénechm. n, 3. Il II s'est dit pour maître oumaitresse. Que j'apprenne, si vieux, d'une si jeune école, rotrod, Aniigone, iv, « |1 7° Manière, ton d'écolier; manières gauches, pédantes. Il sent l'école. Ce visage et ce port n'ont point l'air de l'école, corn. Ment, l, 4.Momus a pris pour adjoints Des rimeurs d'école, BÉRANO. Gaudr. \\ 8" Enseignement de la théologie et de la philosophie v.uivant la méthode et les principes des écoles du moyen âge. Saint Thomas d'Aquin est appelé l'ange de l'école. J'userai, s'il vous plaît, librement des mots de l'école, desc. Méth. iv, 4. Philippe Auguste aima les lettres, accueillit et protégea les savants; les écoles de Paris devinrent célèbres; on y accourut des provinces et des pays étrangers, st-foix, Ess. Paris, Œuvres, t. ni, p. 46. Il II se dit aussi dans un sens plus général de l'enseignement oral ou même écrit. Le langage de l'école. Écoute donc, mon fils, écoute mes paroles; Elles passent de loin cet orgueilleux savoir. Que la philosophie étale en ses écoles, corn. Imit. m, S. Il Combats d'école, lutte entre docteurs sur des points de doctrine. H « laissé tonner dans leurs chaires frivoles Les chefs impérieux de ces combats d'écoles, lemierrb, Bamevelt, i, a. || 9* Secte ou doctrine de quelque philosophe ou docteur célèbre. L'école de Platon, d'Aristote. L'école d'Hippocrate. U sortit de l'école de Pythagore d'illustres disciples qui firent un honneur infini à leur mattre, rollin, Hist. anc Œuvres, t. m, p. 47», dans pouoens. Il 10" Caractère commun ides œuvres d'art, de littérature ou de science. L'école classique. L'école romantique. L'école de Port-Royal. L'école de Voltaire. Il Ecole flamande, école d'Italie, école française, etc. suite de peintres célèbres qui ont travaillé dans le goût de ces pays, et dont la plupart étaient Flamands, Italiens, Français, etc. || Faire école, se dit d'un homme de lettres, d'un artiste dont le genre ou la manière ont des imitateurs. Il En termes de musique. Il y a de l'école dans ce chœur. C'est un morceau d'école. || 11° École historique, manière d'écrire l'histoire où l'on cherche surtout à déduire les causes et l'enchaînement des événements, la suite des institutions et l'état des mœurs, par opposition k école descriptive, laquelle s'occupe surtout de raconter. En Angleterre, l'école historique éprouvait le besoin de donner à toutes choses, non pas la régularité formaliste du dixseptième siècle, mais une sorte de justesse philosophique, villemain. Lit», franc, iviu* siècle, 2» part. *' leç. || École historique, opinion qui veut faire prévaloir dans la politique les données de l'histoire. École historique, se dit souvent par opposition k école rationaliste ou école philosophique. Il 12' Terme de manège. Ce chevala de l'école, il a été dressé au manège. || Basse école, les exercices par lesquels les élèves apprennent à monter à cheval. || Haute école, les exercices de la voltige. Il Cheval hors d'école, cheval qui a oublié son exercice. Il Pas d'école, allure employée pour modérer l'ardeur d'un jeune cheval. || 13* Terme de trictrac. Faire une école, oublier de marquer les points que l'on gagne, ou en marquer mal à propos. Il jouait tout de travers, écoles sur écoles, Dieu sait, hauilt. Gramm. m. One école maudite Me coûte en un moment douze trous tout de suite, begnard, le Joueur, I, 4. Il Mettre à l'école, marquer l'école, marquer pour soi les points que l'adversaire a oublié de manquer ou a marqués de trop. On ne compte pas, on ne marque pas l'école de l'école, c'est-à-dire que, si l'adversaire a oublié de marquer une école, on ne peut pas compter cette école. || Fig. Il a fait une école, il a fait une faute de conduite. En l'accusant aussi, moi, j'ai fait une école, picard, Sfédioare et rampant, m, 9. || Par exclamation. Quelle école! c'est-à-dire, quelle sottise 1 1| Proverbe. On est savant quand on revient de l'école, c'est-à-dire celui qui vient de recevoir une information, un renseignement, ne commet plus la faute qu'il commettait auparavant.

— HlST. XI* s. Puis ad esoole 11 bons pedre [père] le mist. Saint Alexis, vu. ||xm' s. Bêle, rous nous entraimions. Quant à l'ascole aprenions, Romane.

fico

p. 62. [Sainte Elisabeth] Ëscole fu de bonnes mors [mœursi] ; Examples fu de penitanoe, Et droiz mireors [miroir] d'ignorance, ruteb. ii, 4B7. Escole? porriez tenir. Et riches homes devenir, Ren. 2H37 Moult sui, flst-ele, abonne escole, Quantdemon ami oi [j'entends] parole, la Rose, i*U. Car Platon disoit en s'escole Que donnée nous fu parole Por enscignier et por aprendre, tft. 7)»t. Si n'avoit aillors grans escoles De roictiaua [roitelets] et torteroles. De chardonneraus, d'arondeles, ib. «Bt. Li roisrespont : Por Tostre amor Ferai aprendre Blancheûor. Es-les-vous andeus [les voilà tous deux] à escole, FI. et Bl. 215. Il xiv* s. Bien pert [paraît] à son parler qu'il fut à bonne escoula, Girart de Ross. v. 4 39t. Il XV* s. Philippe [d'Artovelle] retint bien de son escole et de sa doctrine [de Piètre du Bois]; car il n'ot mie esté longuement dans l'office de gouverner Gand, quand il en fit tuer et décoller devant lui douze, FROiss. u, II, < 2t. Il xvi's. Je ne sache point meilleure eschole que le voyager, mont, iv, io4.

— ÉTYM. Wallon, sieoll, tu*a(J;provenç. «coio; espagn. escuela; ital. scuola; du latin schola, du grec ffxo^^i temps de loisir, de repos, et, parsuite, temps donné aux travaux d'esprit. C'est par ellipse qu'on a dit école au trictrac pour exprimer la faute : l'expression pleine était envoyer à l'école, parce que, les coups étant très-variés à ce jeu, il faut avoir une très-grande habitude pour ne rien oublier. On a dit ensuite école pour l'oubli qui faisait renvoyer à l'école, puis faire une école, compter une école, l'école U l'école, etc. de là le mot a passé dans le langage général.

ÉCOLIER, 1ÈRE (é-ko-lié, liê-r'), s. m. et ^. || 1* Celui ou celle qui va à l'école, qui est dans un établissement d'instruction. Le mattre et les écoliers. C'est une de ses bonnes écoliéres. Je hais les pièces d'éloquence Hors de leur place et qui n'ont point de fin; Et ne sais bête au monde pire Que l'écolier, si ce n'est le pédant, la font. Fabl. ix, 6. Jeune et charmante Deshoulières, Naguère entre les écoliéres. Et maintenant, depuis le prix. Maîtresse entre les beaux esprits , benseradb , dans Poésies de Deshoulières, t. a, p. 2t7. || Tour, malice d'écolier, espièglerie. || Faute d'écolier, faute grossière. Ce général a fait une faute d'écolier. || Prendre le chemin des écoliers, le chemin le plus long, s'amuser en route. || Fig. Je ne te réponds pas qu'au retour, moins timide. Digne écolière enfin d'Angélique et d'Armide, Elle n'aille à l'instant, pleine de ces doux sons, Avec quelque Médor pratiquer ces leçons, boil. Sat. x. Son grand bonheur [de Newton] a été non-seulement d'être né dans un pays libre, mais dans un temps où, les impertinences scolastiques étant bannies, la raison seule était cultivée; le monde ne pouvait être que son écolier, et non son ennemi, volt. Dict. phil. Newton. Il J* Par extension, personne peu experte dans son art. Ce n'est qu'un écolier. Il est encore écolier. Un poSme excellent où tout marche et se suit.... Jamais d'un écolier ne fut l'apprentissage, BOIL. Art p. m. Il 8* Nom qu'on donnait aux étudiants qui fréquentaient les universités du moyen âge. Il Le titre d'écolier se portait dans le monde. Seigneur écolier, je viens d'apprendre que vous êtes le seigneur Gil Blas de Santillane, lesage. Cil Bios. Wi'Adj. Terme de commerce. Papier écolier, sorte de papier qui sert aux écoliers. || Proverbe. Les écoliers ont passé par là, se dit dans certaines parties de la Normandie, quand un grand vent a fait des dégâts, par allusion aux dégâts que font les écoliers non surveillés.

— REM. Autrefois écolier se disait de tous ceux qui recevaient l'enseignement, soit élémentaire, soit supérieur : les écoliers de l'université. Aujourd'hui il ne se dit plus que des élèves des lycées ou collèges et des écoles élémentaires. Pour les autres on dit étudiants ou élèves : les élèves ou étudiants en droit, en médecine; les élèves de l'École polytechnique, de l'École normale, etc.

— HlST. xu* s. Escoler [habile] fu en la loi paenie [religion païenne], Jîonc. p. 25. || xiv* s. Certes avarice a moiût d'escoliers, Ménagier, i, s. || xv* s. Pire ne trouverez que escouliers, leroux de lincï, Prov. t. Il, p. 128. Le maistre apprent en apprenant son escolier, Perceforest, t. u, f* 30. De bon maistre se part voulentiers bon escolier, et le bon fruict de bonne ente, ib. t. i, ^ ttt. ||xvi* ». Cela sent son escolier latin [c'est-à-dire c'est un homme grossier], FADCH. Lang. et poés. fr. p. SB, dans lacubnk. Belistres que le commun peuple de ce pays là appelle escolliers errans. Nuits de Straparole, t. il, p. .194. X l'escoliere [par ignorance], oudin.

— tTYM. Wallon, <tco!i; provenç. et espagn. e>

ECO

eolar; c«Ul. etcold; iul. tcolaro; du latin scholani, de tciwla , école.

t ÉCOLLAGE (é-ko-la-j'), ». m. Terme de tonnerie. Synonyme d'écharnement des peaux.

t fiCOLLETÉ, ÉK (é-ko-le-lé, tée), adj. Terme d'orfèvrerie. Se dit des ouvrages échancrés, arrondis et étrécis qui ne sont pas à paus.

t ÊCOLLKTEH (éko-le-té. Le ( se double quand la syllabe qui suit est muette : j'écollettc), v. a. Elargir au marteau une pièce dont le baul a la lorme et le profil d'un vase.

— ETYM. Voy. ÉCOLLETTK.

t ÊCOLLKTrE (é-ko-16-t'), t. f. Terme d'orfèvre. Diminution dans la circonférence.

— ETYM. Ë pour et.... préfixe, et collet. ÊCONUDIUK (ékon-dui-r'), v. a. Se conjugue

comme conduire. || 1* Éloigner avec plus ou mojns de ménagement quelqu'un de chez soi, d'une société. On réconduisit de cette société dans laquelle il s'était glissé. Ne manque pas d'éconduire tous ceux qui se présenteront, picard, Provinc. à Paris, iv, «. Il 2° Par extension, se défaire par quelque adresse d'une personne qui nous demande quelque chose. Ëconduire un lion rarement se pratique, la font. Fabl. IV, «a. Le roi [Philippe V] l'eu éconduisit [M. de Savoie, du souper] par des excuses, sous prétexte que ses officiers n'étaient pas arrivés, stsiu. t07, 4 40. En plaisantant ainsi, vous croyez m'éconduire, du phêny, Uariage fait et rompu, tu, î. Impudents, toujours pleinsd'un espoir téméraire, Qu'on éconduil toujours sans pouvoir s'en défaire, LA guaUsséb, Préjug. à la moiu , iv, *. || Proverbe. Vous ne serez pas battu et éconduit tout à la fois, te dit pour encourager quelqu'un à faire une demande.

— HiST. XV* 8. Nul de ceste faulte ne se peust esconduire [excuser], Perce forest, t. iv, f» tSB. Le dit evesque considérant que bonnement il ne se povoit esconduire n'excuser, qu'il ne feit assistance et ayde à ceux de son pays, monstrel. t. u, f° 60, dans LACUBNE. Il XVI' 8. L'empercur luy fist option de choisir ce que plus en Rome luy plairoyt, avecques promesse jura de non l'esconduyre , quoique il demandast, rab. Pant. m, 4». Allons-y ensemble, je vous supplye ne me esconduire, je vous seray ung Achates, id. ib. m, 47. De ceulx les prières n'ont jamais esté esconduictes qui ont médiocrité requiz, ID. ib. IV, JVou». pTol. U avoit esté assez houteusemeut esconduit de sa requesle, amiot, TMs. 46.

— ÉTYM. Si on lit l'historique, on verra que ëconduire n'a nulle part le sens de conduire hors, et qu'il signiâe toujours s'excuser, refuser. On remarquera aussi que l'historique ci-dessus ne le donne qu'à partir du xV siècle; si ce verbe existe antérieurement, il est extrêmement rare; mais en place se trouve, dans l'usuge le plus général et le plus fréquent, «icondire qui signifie refuser et qui a étymologiquement ce sens, venant de cx-condicere , sa défaire par des paroles. Escondire existe aussi dans le provençal qui n'a pas éconduire, raison de plus pour croire qu'^condutre est une altération d'ewondt're, altération produite par une fausse assimilalioii de sens et de forme. Mais, une fois l'assimdation faite, éconduire a pris le sens de conduire hors, qui lui appartient légitimement, tandis que Celui de te défaire par des excuses, qui lui a été attribué, ne lui appartient pas «t appartient k l'autre verbe, à escondire. Si la langue n'avait pas commis cette fautive confusion, elle aurait gardé escondire pour se défaire par des paroles, el créé éconduire pour écarter, éloigner. C'est une règle beaucoup plus étendue qu'on ne le croirait, que des mots se confondent ainsi avec d'autres, et que nous nous efforçons d'y trouver ou d'y créer des analogies qui permettent de rapporter le mot & la racine apparente, bien qu'il y soit tout à fait étranger à l'origine.

t ÉCONDUISEUR (é-kon-dui-zeur), t. m. Celui qui a l'habitude d'éconduire, de refuser. Voysin était un homme à peine visilile et f<iché d'être vu, refrogné, éconduiseur, qui coupait la parole, ST-sud.

— ÉTYM. ^conduire.

ÉCONDUiT, UITE (é-kon-dui, dui-ljl, part, passé le éconduire. || 1' Éloigné, écarté. Econduit d'un •lalon où il était devenu suspect. || 2" Uout un s'est défait par quelque excuse. Sa voyant écouduit et nii/'|ué, il ne garde plus de mesura, le comte dk Uussi, dans hicuklkt. Pourquoi vous regardez-vous comme éconduit [eu disgrâce]? siiv. 4H. Ëcoiiduit, il insiste; repoussé, d tient bon; qu'on le chasse, il revient; qu'on le batte, il ge couche à terre, I'. L. cOLH. Simple ditcouTë,

ECO

t ÉCONDUITE (é-kon-dui-f), t. f. Action d'éconduire, de refuser. Une éconduiie polie, maiasiche aux premières femmes qui voudraient tenter cette familiarité (tirer il part le duc d'Orléans], empêchera sûrement qu'aucune s'y hasarde, st-sim. 3»», 43.

— HIST. XVI' s. Escoiiduite, pasquik», Lettres,

t. II, p. 348, dans LACUHNE.

— ÊTYM. Éconduit. Ksconduite ne doit pas remonter plus haut que esconduire. Dochez cite cette phrase da Kroissart : II convient que de vous je sois aimé, nulle esconduite ne m'en pourruit ester. La citation est inexacte; le texte porte: Car nul escondit ne m'en pourroit ester, l, l, 466, ce qui rentre dans l'ancien verbe escondire.

ÉCONOMAT (é-ko-no-ma; le I ne salie pas), (.m. Il 1* Charge, office d'économe. L'économat d'un collège. Il bureaux da l'économe. Commis d'économat. Il 2* Administration des revenus d'un bénéfice consistorial pendant la vacance. L'économat de mes abbayes étant censé tenu de bi plus grande rigueur des lois, je croyais être obligé an conscience d'eu prendre l'administration, hetz, i, 7. Pour être économe de quelque bénéfice, il faut avoir des lettres d'économat du roi, fevret. De Vabus, i, 8, dans RiCHELET. Louis XIV Confia à Pelisson le revenu du tiers des économats, volt. Louis XI K, 36. || Bureau établi pour l'administration des bénéficea vacauts qui étaient à la nomination du roi.

— ËTYH. Économe, et la terminaison at, qui indiqua l'état, la profession.

4. ÉCONOME (é-ko-no-m'), s. m. || 1' Celui qui est chargé de la dépense d'une maison, de l'administration du matériel dans une grande maison. L'économades invalides. L'économed'un lycée,d'un collège, d'un hôpital. Il Kig. Le ciel nous envoya, dans ces temps corrompus, Lesagaetdoux pasteur des breliis de Kréjus [la cardinal Fleuri], Économe sensé, renfermé dans lui-même. Et qui n'affecta rien que la pouvoir suprême, volt. Ép. xcv. || S. m. et f. Religieux ou religieuse qui a soin de la dépense da la maison. Le père économe. La mère économe. On regarde les revenus de l'Église comme des biens à soi; je vous prouverai que vous n'en êtes que les économes, mass. Confér. Revenus ecclés. || 2' Celui qui était autrefois nommé par le roi pour administrer les revenus d'un évèché, d'une abbaye, etc. pendant la vacance. || 3' Économe séquestra, celui entra les mains de qui on mettait des biens en séquestra.

— HlST. xiv s. Etcuidon ou dison que teulx [tels] sont bons yconomas et bons politiques, ohesme, Eth. 4 76. Yconome, celui qui ordene et dispense les choses appartenans à un hostel ou à une maison, iD. Thèse de meunikr. |{ xvi' s. N'y plus ny moins que l'on voit un bel arbre que le vent ébranle, et t'a à demy penché; vient quelque bon œconome ou hortolan, qui le vient appuyer, et dure quelque temps et produit du fruit, bkant. Cap. franc, t. i,

p. 68, dans LACURNE.

— ËTVM. Lat. ceconomtu, du grec olxovô|io«, de oTxo;, maison (otxoc est la même que la latin t'ùut, d'oii Diciiius, voy. voisin), et da vopo;, administration. On remarquera que Oresme écrit yconome, ce qui est la prononciation de la syllabe grecque oi.

2. ÉCONOME (é-ko-uo-m"), adj. Qui sait éiiargner la dépense. Un homme, une femme économe. || t^g. Être économe de louanges, de paroles, louer peu, parler peu. || Substantivement. La plus riche des hommes, c'est réconume, le plus pauvre c'e^it l'avare, cHAiiFORT, dans le Uiel. de porrgviN.

— REM. 11 se mat toujours après le suhstautif: un ministre écoiioma.

— ETYM. Économe 4.

ÉCONOMIE (é-ko- no-mie), s. f. || 1* Bon ordre dans la conduite et l'administration de tout étabhssement qui s'alimente par la production et la consommation. L'économie est le jugement appliqué aux consommations, i, a sat. Traité, I844, p. 46&. L'économie ne veut rien consommer en vain; l'avarice ne veut rien consommer du toul,iu.tb. || Economie domestique ou privée, administration d'un ménage privé, d'une maison. C'est une erreur dans l'économie domestique, ainsi que dans la civile, que.... j. j. Rouss. Ùél.iv, 40. L'économie privée nous enseigne à régler convenablement les consommations de la famille,!. B. SAY,rrai<^. 4844 , p. 463. Il Économie rurale , l'ensemble des réglas et dea moyens qui font obtenir de la terre la plus grande somme de produits, aux moindres frais, at pendant un temps indéterminé, aiiisique les principes qui doivent guider dans l'emploi de ces produits. || Économie politique, science qui traite da la production, de la distribution et de la consommation des ri-

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ehessM. Traité d'économie politique. Il a quitté U théologie pour l'histoire, comme vous pour l'éconoiiiie [lohtique, volt. Lett. Mvrellet, 44 juillet (7a'j. L'économie politique regarde les intérêts de quelque nation que ce soit, ou de la société en général, I. B. 8AT, Cours, 4 840, t. U, p. 6IU. L'éconouiie politique n'est pas autre chose que l'économie de la société , ID. ib. 1. 1 , p. 4 . Il L'économie politique parait avoir désigné anciennement U pobtique théorique, ca qui a rapport à la constitution intérieure et eitérieura des État», Traité d'économie politique, par A. DB iiONT-CHi.ESTifcN, Roueu, 4646. || Êconomia publique ou nationale, observationi et régies qui concernent les intérêt» d'une nation considérée en particulier. || Économie sociale, l'ensemble de» conditions morales at matérielles des sociétés. Se dit aussi pour économie politique. || Économie industrielle, l'ensemble de» moyen» et des règle» de U production industrielle. L'économie industrielle, qui n'est que l'application de l'économie politique aux choses qui tiennent à l'industrie, ). B. say, Cour», 4 840, t I, p. 34 II Économie cbariuble, élude des règles pratiques de la chamé el de l'organisation des insliliitions de bienfaisance. || Sf Kig. Bon emploi d'une chose quelconque. Ce n'est pas assez d'avoir de grandes qualités; il faut en avoir l'économie, LA rochep. Réjltx. 46». || 3' Épargne dans la dépense. On met dans les finance» un vieux prodigue qui, an sa jeunesse, a fait cession de bien», mais qui parle admirablement de l'écoi.umie, BALz. ilri*(. ou de la cour, Oise. 2. Je Is trouva original sur l'économie, sêv. 347. Une grosse chère, une petite économie, hamilt. Gramm. a. Comme la perte au jeu allait à des sommes assez fortes, elle déplut à l'économie de U. Coibart, qui en parla au roi, même avec quelque soupçon, fonten. Vanqeau. J'appellerais volontiers l'économie la saconde providence du genre humain, uirabeau, Coir lectinn, t. v, p. 410. Les biens qu'acquiert une utiia industrie. Ou ceux que la vertu doit à l'économie, H. J. CHÉN. Gracques, II, 3. Mais vivre en tout d economie. Moins prodiguer et mieux jouir.... Mes amis, ce n'est pas vieillir, bébamo. Vieillesse. Il Économie de bouts de cliandelle, voy. chandelle. Il Construira , exécuter des travaux par économie, construire sans l'intervention d'un entrepreneur, an traitant directement avec les ouvriers et les fournisseurs. {| Le résultat de lépargna, l'argent mis da côté. Faire des économies, j 4* Arrangement réciproque at concourant de» parties d un ensemble, soit matériel, soit intellectueL U n'est pas juste que tout un corps soutire et que son économie soit troublée pour mettre quebju'un de ses membres plus à son aise que les autres, vau- BAN, Dime, p. 4 07. L'économie d'une pièce da théâtre, rac. l)éd. de Britann. Rien ne vous est caché de l'économie des corps, la bru y. xiv. Tout est disposé dans l'univers avec une économie digne de l'auteur de la nature, mass. Carême, Prvsp. Ce qu'on admire dans Démosthène, c'est le plan. U suite, l'économie du discours, rollin. Traité des Et. liv. IV, cil. 4. Je ne connais d'erreurs capitales en physique que celles qui nous donnent une fausse économie da la nature, volt. If fin. sur un ouv. d4 phys. La division da l'Église universelle en diverses sections ou diocèses est une écouou.ic d'ordre el de police ecclésiastique, Mirabeau, Collection, t. iv, p. 342. Il L'économie présente, le monda tel qu'il est constitué. L'âne est placé dans l'économie pr.'îscnte bien au-dessus de l'araiguéo, et il conseivcra il.ii.s un autre état la prééminence qu'il a sur elle, bo,\- NET, Palingenés. 44' part. ch. 3. || L'ancienne économie, s'est dit quelquefois pour l'ancienne loi, l'ancien testament. Il y avait eu sous l'ancienne économie des miracles ou des signes d'une très- grande publicité, iD. ib. t»' part. ch. 7.||S* Ensemble de» parties qui constituent l'iiomma ou les animaux ; l'ensemble des luis qui régissent l'organisation des animaux et des végétaux. Le moindre vaisseau qui se rompt ou qui se bouche, interrompant le cours du s.'ing et des humeurs, ruine l'économie de tout le corps, NICOLE, Ess. de mor. 4" traité, ch. 4. L'étude profonde, que M. Duhamel avait faite de l'économie végétale, lui avait montré entre les plantes et les animaux une foule d'aualogies frappantes, CONDORCET, Duhamel.

— HlST. XIV' s. 'iconomie est art de gouverner ung hostel et les appartenances pour acquérir richesses, ORESME, Eth. 44. Il XV' s. Semences ne se manient mie. L'homme n'en sçait cecuuomie. Traité d'alchim. 832. || xvr s. Kerauiez, qui sentoit poiser sur ses espaules l'importunilé de l'aconumie, ainiii qu'elle (aict k moy, mont, i, 347.

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— ÊTYM. Lat. œconomia, du grec olxovojiîa (yoy. Iconohe).

ÉCONOMIptTE (é-ko-no-mi-k'), adj. || 1* Qui concerne l'administration, le ménage d'une maison, d'une exploitation. || Écrivain économique s'est dit autrefois pour économiste, seul usité aujourd'hui. Il 2° Oui réduit les frais, la dépense. Cheminée économique. Procédé économique. || Oui coûte peu de frais. Chauffage économique. || 3* S. f. L'économique, ce qui concerne le gouvernement d'une famille, d'un État. C'est une règle d'économique aussi bien que de politique. Peu usité. || L'Économique, titre d'un traité de Xénophon Bur l'administration des biens privés.

— HiST. XIV s. Et tel juste qui est du mari à sa feme est dit juste yconomique, ohesme, Elh. <B5. Il ivi's. En la police œconomique, mon père avoit cet ordre que je sçais louer, mais nullement ensuy-

Vre.... MONT. I, 2B7.

— ÊTYM. Lat. oeconomicw, du greo otxovo|iix6;

(vOy. ÉCONOME).

ÊCONO.MIQUEMENT (é-ko-DO-mi-ke-man), adv.

111° Avec économie, à peu de frais. Vivre économiquement. Mes études et surtout une longue pratique des navires à vapeur m'ont amené à trouver le moyen d'exécuter beaucoup d'autres manœuvres utiles, de naviguer économiquement suivant les circonstances.... PARIS, Comptes rendu*, Acad. des se. t. ui, p. 341. 112° Selon les principes de l'économie politique. Traiter économiquement une question.

— ÉTYM. économique, et le suffixe ment. ÉCONOMISÉ, ÉE (é-ko-no-mi-zé, zée), part.

passé. Il 1° Administré avec économie. 11 avait dressé le catalogue d'une biblioth^que générale bien entendue, économisée et complète, pour qui n'eût voulu eue bien savoir, ponten. Des Billetles.\\i' Épargné, mis de côté. De l'argent économisé. || Fig. Quelques heures économisées K grand'peine.

ÉCONOMISER (é-ko-no-mi-zé), v. o. ||1* Administrer avec économie. Ce régisseur a bien économisé la propriété qui lui était confiée. On économise son temps, son crédit, sa santé, aussi bien que ses richesses, I. B. sat, Coûts, 4840, t. ii, p. 237. Il 2* Faire des épargnes sur la dépense, sur la consommation. Economiser le bois, la chandelle. || Absolument. Oui économise s'enrichit. || 3° Fig. Economiser son temps, ses forces. Venez apprendre de moi à économiser les ressources de notre âme et les bienfaits de la nature, grafpignt, Lett. péruv. 38.

— SYN. ÉcoNOMisKR , ÉPARGNER. Bien quo ces deux mots proviennent d'une origine toute différente, ils ont un sens dans lequel on ne discerne qu'à peine quelque nuance précise. Économiser, épargner, faire des économies, faire des épargnes, c'est toujours faire que la recette l'emporte sur la dépense et que cet excès soit mis de côté, en réserve. La petite différence qu'on peut apercevoir entre ces deux mots, c'est que épargner s'applique plus particulièrement aux petites sommes recueillies une à une, et économiser à leur ensemble.; de là l'idée de petitesse pour les épargnes, tandis que les économies s'entendent aussi de fortes sommes.

— ÉTYM. économie.

ÉCONOMISTE (é-ko-no-mi-sf), ». m. Celui qui «'occupe spécialement d'économie politique. || Les économistes, les écrivains qui, au xvui* siècle, s'occupèrent les premiers des questions de richesse sociale, et formèrent une espèce de secte ou de coterie. Je n'ai point lu l'ouvrage de M. Kecker; s'il blSme les économistes d'avoir dit du mal de Colbert, il me paraît qu'il a grande raison, volt. Lett. de la Barpe, 2 sept. <773.

— ÊTYM. Économie, et la finale iste.

ÉCOPE (é-ko-p'), s. f. Il 1° Terme de marine. Sorte de pelle de bois étroite, creusa, et munie d'un manche, qui sert à vider l'eau entrée dans une embarcation. || 2* Grande cuillère employée pour enlever de dessus le dépôt un liquide clarifié dont la surface trop peu élevée au-dessus du sol ne permet pas de se servir du siphon, et lorsque le vase contenant ne peut être perforé pour y adapter une cannelle, legoahant. || 3° Sorte de petite soucoupe très-évasée, peu profonde, ordinaiiement en bois, avec laquelle les fermières écrément le lait, legoa- BANT. Il 4* Terme de jardinage. UsteusUe en bois dont on se sert pour arroser.

— REM. L'Académie renvoie à escope. Écope, malgré ce renvoi, qui paraît présenter escope comme plus usité, est, sur la Seine et parmi les gens de métier, la seule prononciation qui soit en usage.

— ÊT'YM. Voy. KSCOPS.

jÉCOPERCUE (é-ko-pèr-ch'),*. f. Machine qui sert à élever des pierres, des fardeaux, et qui fait

DIGT. DB LA UkMQUI tUUUÇAISS.

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partie d'une grue, d'un engin, ou s'y ajoute. || Pièce debout avec une poulie en tête. || S. f. plur. Terme de maçon. Grandes perches pour échafauder.

— HIST. xiv* s. Laies et escorberges, du cange, escoparius. || xv s. Escoperche, ». ib.

— ETYM. Ane. franc, escot, bâton, morceau de bois (voy. écot 2), et perche, comme estamperche (voy. DU GANGE, elarehartea) de estant, et perche.

t ÉCOQUER (é-ko-ké), V. a. Terme de chasse. Détruire ou prendre les coqs surabondants, nuisibles aux couvées, parmi les faisans, les perdrix, etc. On dit aussi écoqueter.

— ÊTYM. Ê pour ei.... préfixe, et coq.

f ÉCOQUETER (é-ko-ke-té) , V. a. Voy. écooijeb. t ÉCORÇAGE (é-kor-sa-j'), s. m. Action d'écorcer.

— HIST. iiv* s. Escorchage [prestation pour le droit de prendre des écorces] , no cahge, escorciare.

— ÊTYM. Écorcer.

ÉCORCE (é-kor-s'), ». f. \\ 1* Enveloppe de la tige des plantes ligneuses. L'écorce du chêne. |l Écorce du Pérou, le quinquina. Du temps de la Fontaine on disait l'écorce du kin: Ce dieu, dis-je, touché de l'humaine misère, Produisit un remède au plus graad de nos maux; C'est l'écorce du kin, seconde panacée; Loin des peuples connus Apollon l'a placée, LA FONT. Quinquina, 1. 1| Dans le langage précis de la botanique, enveloppe extérieure du tronc et des branches des plantes dicotylédones, composée de quatre parties distinctes : l'épiderme, le liéga, la couche herbacée et le liber. || 2° Par extension, enveloppe de certains f.-uits. Ecorce d'orange, de grenade. Il Familièrement. Quand on a pressé l'orange, on jette l'écorce, c'est-à-dire on néglige celui dont on n'a plus besoin. || 3° L'écorce du globe, les couches de terrain qui forment la croûte solide et la superficie du globe terrestre. || 4* Fig. La superficie des choses, l'apparence. L« vulgaire s'arrête à l'écorce et aux apparences, patru, Plaidoyer 7, dans RICHELET. Le peuple qui voit tout seulement par lé corce, coRN. Uor. v, 2. Ceux qui parlent avec tant de facihté ne s'attachent d'ordinaire qu'à l'écorce des choses, st-évreuond, dans richelet. Nous ne connaissons que la surface et l'écorce de la plupart des choses, nicole, Ess. de mor. t" traité, ch. 8. Il plaît, il charme, il touche, à n'en voir que l'écorce ; Au fond, l'esprit et lui sont peut-être en divorce, BouasAULT, Esope,!,». Ici [chez les grands] se cache une sève m^igne et corrompue sous l'écorce de la politesse, LA BRUY. IX. Nous pensions voir à fond les vérités que Dieu nous a révélées, et nous n'en touchions que l'écorce grossière, fén. t. xviii, p. 7. Vous regarderez cette régularité apparente qui vous rassurait, cette écorce de vertu comme un linge souillé, Mass. Conf. Retraite. Le pécheur ne voit de tout ce qui est autour de lui que la surface et l'écorce, ID. Panég. St Ben. L'abbé de Polignac était amusant en récit, possédait l'écorce de tous les arts, st-sim. i 63, 238. j'ai vu mille peines cruelles Sous un vain masque de bonheur. Mille petitesses réelles Sous une écorce de grandeur, gressït, Chartreuse. Croyez-vous qu'en ne me donnant pas plus de peine que je n'en prends, je pourrai un jour avoir du moins l'apparence de quelques talents.... l'écorce? c'est tout ce que je voudrais, H" ue genlis, TMdire d'éduc. l'Enf. gdt^, i, 3. Il est bien naturel que, dans le sein du monde où l'on a le plus de désir et d'intérêt de se faire valoir, toutes les écorces soient séduisantes et tous les moyens de plaire et d'intéresser mieux calculés qu'ailleurs , id. Illle de la Fayette, p. <4 5, dans pougens. {| 5° Terme d'architecture. La partie latérale des volutes du chapiteau ionique. || 6* Écorce de citron, belle espèce de cône, sorte de coquille. || Proverbes. Il ne faut pas juger de l'arbre par l'écorce, il ne faut pas juger d'après les apparences. || Juger du bois par l'écorce, juger du dedans par le dehors. On juge du bois par l'écorce Et du dedans par le dehors; Considérez de près nos corps. Et jugez quels nous devons être, scah- RON, Virg. trav. liv. vu. {| 11 ne faut point mettre le doigt entre l'arbre et l'écorce, et, plus souvent, avec inversion, entre l'arbre et l'écorce il ne faut pas mettre le doigt, c'est-à-dire il n'est jamais prudent d'intervenir dans les querelles de famille. Molière a plaisamment interverti le proverbe : Apprenez que Cicéron dit qu'entre l'arbre et le doigt il ne faut pas mettre l'écorce, Uéd. m. lui, i, 4.

— HIST. iiii* s. Les escus [il] froisse et fent, com s'il fussent d'escorce, adcefr. li iast. Romancero, p. 4 9. Biaus DOiaux gist soz foible escorce, lbroux de LiNCY, Pro». t. i,p. 67. Car cc que l'en a pour noiant [rien]. Tant le va l'en plus viltoiant. L'en nel prise pas une escorce, la Rose, <390». || xiv* s. Souffert avoint trop de meschance, (tardant le royaume de

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France D'oppression, de tort, de force; Des vis [de visages] sembloint k une escorsse, Liv. du bon Jehan, 2708. Il XV* s. Dessoubz sure escorche gist le doux miel, et la souffrance est bonne quant en la fin elle tourne en joye, l'rrceforest, t. m, I* 3». || xvi's. L'espérance, qui est toujours compagne du malheur, lui tint escorce [le trompa, l'abusa], l'assurant que s'amie portoit bien la part de cet ennui, yver, p. 640. On ne doit mettre le doigt entre l'escorce et le bois, a. est. De la précell. du lang. fr. p. <94. ....Tout l'imparfait de mon escorce humaine, rons. 89. Leur» bastiments [des peuplades du nouveau monde] sont fort longs, et capables de deux ou trois cents âmes, estoffez d'escorces de grands arbres, mont, I, 237.

— ÉTYM. Picard, écorche; wallon, hoite; ano. wallon, xhorche, xhoise; namur. choiche; provenç. escorsa; catal. escorxa; ital. scoria; du latin corlicem, écorce, avec la prosthèse de 1'» ou e» déterminée par excortic/ire , écorcher.

ÉCOKCÉ, ÉE (é-kor-sé, sée), part, passé. Un chêne écorce.

t ÉCORCEMENT (é-kor-se-man), ». m. Action d'écorcer; résultat de celte action. Le chêne qui éi;it le moins en sève dans le temps de l'écorcement, buff. Exp. sur les tégét. 2° mém.

— HIST. xvi° s. Escorcement, oudin.

— ÈTCM. Écorce.

ÉCORCER (é-kor-sé. Le c prend une cédille devant o et o: écorçant, écorçons), v. a. Dépouiller de l'écorce. Ecorcer des aunes, des peupliers. Tantôt lisant, tantôt écorçant quelque tige. Suivant d'un œil distrait l'insecte qui voltige, lahaht. Joc. iv, 37. Il Par extension. Écorcer le riz, le débarrasser de son enveloppe. || S'écorcer, o. réfl. Se dépouillei de son écorce. Un arbre qui s'écorce.

— HIST. XVI* s. Décoction de figues seiches, lentilles escorcées [excortiquées].... paré, rxii, 2. On ne peut arracher les feuilles à poignées que souvent les branches n'en soient escorcées et quelquefois esclatées, 0. de serres, 466.

— ÊTYM. Écorce; provenç. escorsar; ital. jcorxare. Escorcer vient d'escorce, et escoreher vient du latin excorlicare; mais ces deux mots sont si voisins par l'étymologie que l'ancien usage les a quelquefois confondus: xiv s. Escorchez les amandes, et les broyez, Uinagier, l, i; xvi* s. Il n'est qu'ung fol qui veult vendre ses chesnes pour en faire du fuaiUe [combustible] avant qu'il les escorche, palsgrave,

t ÉCORCUANT, ANTE (é-kor-chan, chan-t'), adj. Qui écorche. Ce sens propre est inusité. || Fig. Qui fait mal à la gorge ou à l'oreille par la dureté de la prononciation ou du son. Croyez-vous que la hauteur, un héros, tout le camp ennemi, et mille autres heurtements semblables ne soient pas plus écorchants qu'une simple rencontre de voyelles que nos règles interdisent? u'aleiib. Lett. à Voltaire, 28 mars (770.

ÊCORCIIÉ, ÉE (é-kor-ché. chée), part, passé. Il 1* Dont la peau a été enlevée. Un cheval écorché. Il Terme de blason. Animaux écorchés, animaux peints tout entiers de gueules, c'est-à-dire de couleur rouge. Il 2° Rançonné, à qui on fait payer trop cher. Il n'y a point de gtte, point d'hôtellerie où l'on soit mieux traité et moins écorché qu'on l'est à Magallon, lesage, Guim. d'Alfar. ii, 8. || 3° S. m. Terme de dessin. Figure d'étude laissant voir les muscles à nu. Dessiner d'après l'écorchi. || 4° Nom vulgaire et commercial du cône strié, coquillage.

ÉCORCUE-CUL (À) (é-kor-che-ku; \'l ne se prononce jamais), loc. adv. et très-familière. En glissant, en se traînant sur le derrière. Ces enfants jouent à écorche-cul. || Fig. et bassement. X contrecœur. Il n'a rendu ce service qu'à écorche-cul.

— HIST. ivi' s. Au bout de cela le médecin mit le nez à terre, le pied passé dans un estrier, et si fit encore quelque chemin traîné à l'escorcbe-cul, d'adb. Fœn. m, 7. La froideur de Baron acheva l'entreprise; car on l'y trainoit à l'escorche-cul , et pourtant il cerchoit toutes les difficultés et longueurs qu'il pouvoit inventer, id. Hist. a, «.

— ÊTYM. Écorcher, et cul.

ÉCORCUÉE (é-kor-chée), ». f. Nom vulgaire du coquillage que les zoologistes appellent conu^ geograp)ncus.

t ÉCORCHELER (é-kor-che-lé) , v. a. Terme rural. Mettre en tas les javelles d'avoine.

t ÊCORCHEMENT (é-kor-che-man) , ». m. Action d'écorcher. L'écorchemeot des castors se fait en cou» mun après la chasse, cbatéàcb. Amer. 434.

— HIST. xvi* s. Escorchement, oudin.

— ÊTYM. Écorcher.

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ËCORCIIEU (é-kor-ché) , v. a. || »• Dépouiller un

animal de m poau. Ëcorcher uu cheval. Je veux être Écorché vif si.... la font. Gag. Il le livra aui exécuteurs, et leur commanda de l'écorcher tout vif, de le coucher ensuite tout du travers sur trois croit, et d'étendre sa poau à part sur les pieux dressés tout auprès, hollim, llitt. atic. OLutres, t. iv, p. un, aaus pouuENS. Il Bassement et fig. Écorcber le renard, vomir. || Ëculcher l'anguille par la queue, commencer par oi^ l'on devrait Qnir, par ce qu'il y t de plus diflicile. || Il crie comme si on l'écorchait, ou avant qu'on ne l'écorche, se dit d'un homme qui se plaint sans grand sujet. || 2* Enlever une partie do la peau. Vous m'avez écorché la jambe. Je me suis écorché le bras. || Par eiteusioQ. Les charrettes en passant ont écorché cet arbre. Les essieux des roues écorchent en passant les murailles. || Terme militaire. Ëcorcher une fortification, l'endommager extérieurement. || Pig. Ëcorcher une matière, en parler superficiellement ou inexactement. M. de Noailles, qui ëcorcbait la superficie de tout, n'avait jamais pu rien approfondir en aucun genre, st-siu. 333, lus. Je iti fais ici qu'écorcher la matière que j'aurai lieu ailleurs d'étuudre davantage, lo. (>ud, 4(I3. || 3* Faire mal au pUais, à la gorge. Ce vin vous icorche le palais, la gorge. Il Par extension. Ce mot [Hershalaim, Jérusalem] écorchait le gosier d'un Athénien, volt. Uceurs, Déluge. || Ëcorcher l'oreille, les oreilles, mal prononcer les mots, ou, en musique, produire des sons discordants. Piaton:Ahl elle m'écorche les oreilles, uoiL. lUrosde roman. || Par extension, faire de la peine, déplaire. Le beau sexe était sauvage; Il ne l'est plus maintenant; Et des louanges pareilles De nos dames d'à présent N'écorchent point les oreilles, la font. Cand. il i* Familièrement. Ëcorcher les auteurs, les •uteiidre imparfaitement, les expliquer à grand' peine. || Ëcorcher une langue, la parler d'une manière incorrecte. Toutes deux [ces dames] écorchent l'italien, p. L. cour. Lett. i, av. || Ëcorcher un mot, le nom de quel:]u'un, le mal prononcer. Il 5* Exiger au-dessus du prix des fournitures, des vacations, etc. 11 faut être raisonnable et ne pas écorcher les gons. On est écorché dans celte hôtellerie. Il ne faut pas écorcher les malades, UOL. ifal. I, i. Avec sept hommes nous nous chargeons de tondre et d'écorcher les Français pour votre compte, p. L. coub. i, 228. || 6" ferme de fondeur en bron/.e. Ëcorcher la figure, diminuer la grosseur de la figure de terre qui sert de noyau. Il 7* S'étorcher, v. réft. Se faire une écorchure. S'éeorcher en se grattant. || Fig. Il ne s'écoi cbe pas, se dit de quelqu'un qui parle trop avantageusement de soi-même. || Subir une perte suiierficielie de substance. La couverture d'un livre relié en veau s'écorcbe facilcment.jl Proverbes. Beau parlern'écorche point la langue, c'est-à-dire il ne coûte pas plus de parler civilement que d'une façon arroganle. || Autant fait, autant vaut celui qui tient que celui qui écorché, c'est-à-dire le receleur est aussi punissable que le voleur, ou, en général, le complice autant que l'auteur principal. || Il ressembla aux anguilles de Melun (voy. anguille), ii crie avant qu'on l'écorche, c'est-à-dire il se plaint avant de sentir le maL Votre cœur crie avant qu'on ne l'écorche, mol. Préc. <o. Il 11 faut tondre ses brebis et non pas les écorcher, c'est-à-dire il ne faut exiger des sujets, des contribuables que ce qu'ils peuvent donner. Il II n'y a rien de plus difficile à écorcher que la queue, c'est-à-dire la fin d'une affaire est souvent le plus diflicile. La queue en sera difficile à écorcher. — HIST. XII' s. Chartain, Borgoignon e Franceis Virent qu'orent [ce qu'eurent] fait 11 Daneis, Cum lur lices [retranchements] sunt esforcées De cors [cuirs] des bestes escorchées, bsnoît, ii, socs. Autres! fait il faute e force, Qui tient le pié cum qui escorce, id. 7372. Faites le traîtor trestout vif eschorcer, Rone. p. 2uo. ^Ils nous voulaient] Escorchier et livrer à lor ours en chaaine, Sax. zxx. ....Xquel martire Sera cist chevaliers rendus? lert- !1 escorchiez ou pendus, Noiez ou ars en feu d'espinesT la Charrette, 4«o. || xw* s. Qu'un los [loup] scit escurchiez tuz vis; Si seit li sanz e la pel mis Sur vostre pis [poitrine] dusqu'à demein; Lors vus lentirez trestut sein, harib, fabl. b». De si grant force governa. Que totes les mains a'escorcha Au governatl que il tenoit, lien. 22970. L'en ne puet ester de sa pel Le leu, tant qu'il soit escorchiés, Jà tant n'iert batu ne torchiés, la Hose, I22UI . Et pur ce qu'il ureiit or chier. Firent-ils la terre escorchiur, tb. 96U6. Et si dist on un proverbe, que cil qui à une fois escorche, deus ne trois ne tout, bkauh. xlv, S7. [Chevalj Qu'onqueii non laissast acorchier, &u-

TEB. 274. Asne*, chevaus et muls [ils] faisoient escorchier; Si manjuent la char eu l'aué et el rostier, C/i. d'ÀiU. vu, 268. X l'escorcher gardez la pel, LKHOuz DB UNCY, Prov. t. 1, p. tlb. U prince « cunte, et li baruu Ne vuut querant si gloire uun, Povres eschoichcnt e deluleut [foulent, oppriment], Edouard l« conf. y. »74i.. || xiv* s. Nepren de tes gens que tes renies, Soit eu blez, en cens ou en ventes; Car sa tu les vues [veux] escorchier, Miex te vaurroit astre uu porchier, macuaut, p. 4 2U. Estuiz de cuir escurchiez aux armes de France, f;i^ vent, des livret de Charles V, art. 262, dans la- CUHNE. Il xvi* s. Tu escurches le latin ; par St Jan, je te feray escorcher le regnard, car je t'escorcheray tout vif, BAB. Pant. Il, 6. J'estime que si on vouloit escorcher le peuple, qu'ils y consentiroyent moyennant qu'ils eussent un petit lopin de la peau, la- ROUE, 240. On leur bailloit leur orge toute mondée et escorchée, à fin qu'ilz la cuisissent mieulx et la digérassent plutost, amyot, Huménes, 32. X l'escorcher la queue est pire, leu. de linct, Prov. t. i, p. 476. Nul ne peut faire latrines et retraiU>, cloacques, fours, puits et esgouts d'eau sur sou héritage contre l'héritage d'autrui, sinon que la muraiUe moyenne demeure entière et saus eslre escorchée, A'oiiu. coiiitum. gêner, t. ii, p. toù7. Ue«lous-y les l'einmes : qui n'a oui parler à Paris de celle qui se fait escorcher, pour seulement eu aciiuerir le teint plus frais d'une nouvelle peau? mont, i, 30».

— ÉTYM. Berry, acorclier; wallon, hoirsl; iiamur. choirdii; provenç. escorgar, escortcgar; calai, escorxar; espagn. et portug. escorchar ; ital. scorticare; du tas-latin excorlicare, de ex, et cortex, écorce. On a voulu la tirer do excoriare; mais le ch de plusieurs des langues romauas mèue nécessairement à excorlicare.

ÊCOUCIIERIE (é-kor-che-rie) , *. f. \\ 1* Voirie où l'on écorché les bêles. || 2" Fig. Auberge où l'on fait payer plus cher qu'il ne faut. C'est une vraie écorcherie. {| Demande excessive. L'indemnité annuelle de cinquante mille francs, demandée par la ferme générale, serait une écorcheria dont il n'y a point d'exemple, volt. Lett. ilmede St-Julien, 4u oct. 177b.

— UIST. XV* s. Se fusse des hoirs Hue Capel [Capot], Qui fut eitraict de boucherie. On ne meust parmy ce drapel Falot boyre à ceile escorcherie, VILLON, Bail, sur rappel. || ivi* s. Mais Françoys endurcis X la tuerie Les assomoient comme eu escorcherie, l. makot, v, 433. Trois cents [Huguenots] furent liez deux à deux et menez à l'escorcherie [à la mort], d'au», hist. i, no. £s poissonneries, escorcheries, cemetieres.... p^bë, xxiv, 3.

— ÉTYM. Écorclieur.

ÉCOUCUëCU (é-kor-cheur), ». m. || i* Celui qui écorché les bêtes mortes. |{ 2* Terme d'injure. Celui qui rançouna sas clients. La malheureux cultiraleur .... qui se voit encore enlever le dixième de sa récolte par son curé, ne le regarde plus comme son pasteur, mais comme son écorcheur, qui lui arrache le peu de peau qui lui reste, volt. l'Homme aux 40 écus, Impôts payés à l'étranger. || 3» S. m. plur. Les écorcheurs, brigands qui décolèrent au xiv* siècle une partie de la France. || 4° Nom de plusieurs espèces de pies-grièches qui attaquent les petits oiseaux.

— liisT. xui* s. Le hansart, l'escorcheor [couteau à écorcher], Partonop. v. Bt28. Ce sont les mestiers frans de la vile de Paris qui ne doivent point

de guet auroy: chasubliers lesescorcheursde la

ville de Paris, Liv. des met. 426. || xv* s. Lesquels on nommoit au commun langage les escorcheurs; et la cause pourquoy ils avoienl ce nom, si estoit pour tant que toutes gens qui estoient rencontrés d'eux, estoient devestuZ'da leurs babillemens tout au net jusqi ss à la chemise; et pour ce, quand iceulx retournoient ainsi nuds et devesluz eu leurs lieux, on leur disoit qu'ils a\oient esté entre les mainsdes escorcheurs, uonstkelet, dans ou cange, escorchera. || xvi* s. On a veu, pour escorcher des bœufs et autres bestes mortes de peste, l'escorcheur mourir subilement, paré, xxiv, 3. Bon escorcheur choie la peau, liroux ub uncy, Prov, L i, p. 474.

— ETYM. Écorcher.

ËCUKCUUIIE (é-kor-chu-r*), t. f. Plaie légère de la peau ou des membranes muqueuses produite par un frottement violent. Elle s'est fait une écorchure aux yeux, séy. 2U2., En très-bonne santé j'arriverais ici. Si je n'étais porleur d'im* large écorchure, RS- GNAHD, Distr. II, 4.

— HlST. xiii's. U il i a escorcheûre, U plaie i est par aventure, Jfi. St-Jean. || xiv* s. Escorcheures de trop grande confiication, a. db moni)EVili.b, f* 7t.

— £TYM. Écorcher.

t ËCORCIEB (é-kor-sié), t. m. Tenu* de tannsrie. Le magasin où sont mises les écorces du chêne.

— ETYM. Écorce.

i ËCOttK (é-ko-rO, *. f. Terme de marine. Synonyme d'accura qui est plus usité.

— ETYM.Norm.ifeore, poutre ou pierrequisouliuut quelquechose; du haut allem.<corro,cAU: escarpée*, auglo-^ax. score; angL tluire, rivage , accoie , étal.

t ËCOUEll (é-ko-réj, v. a. Terme de marine. Soifc leuir au moyen d'écores.

— ÊTYM. Écore; norm. ^eor<r, soutenir au moyen de quehjue appui.

t ËCOUEUR (é-ko-reur), s. m. Terme de pèche. Homme chargé par l'équipage de tenir compta du poisson livré aux marchands.

t ËCOB.NK (é-kor-u'), s. f. Action J écorner, d« diminuer, atteinte, dommage. Cette première écorne [diminution des prérogatives des maréchaux] lei mortifia fort, et le maréchal de Vdicruy surtout, ST-siH. 468, 7u. Chaque écorne le réveillait et l» rendait plus atleutir, lo. 446, 2I8.

— HlST. ivi* s. Que les ennemis, estans plus forts, nous feroient recevoir une escorne, LA.soi,B, fito, C'aust esté une uscoruo notable pour eux [de fuir] , puisque leur alarme ue pruvenoit que de deux piestres et deux ivrognes, d'auu. Vie, ix. Ceux <|ui récoltent escorue dans leur mariage bunl appeliez coruards. Contes de cuoliëucd, f* t«i, dans LACth.NK.

— ÊTYM. Voy. ÉCOhNER.

ÉCOUNÉ, ËË (è-kor-ué, née), part, passi. || 1* Qui a perdu une corne ou ses cornes. L'o bœuf ècoiué. Il 2* Dont un angle est cassé. Làvre écorné. |j Dés écornés, dés émoussés par le frottement. || 3* Fig. Fortune écornée, fortune ijui a subi desdimmut:.ons.

t ÉCOILSEilESï (é-kor-iie-uian), i. m. Action d'écorner; élatda ce qui est écorné.

— IMST. XVI* s. Escoruemeut, oulim,

— ÊTYM. Écorner. r

ËCOUNEU (é-korné), o. <t. || 1* Rompre une corne à un animaL Écorner un taureau. {[ Par exagération. H fait un vent à écorner les boeufs, le veut est trèsviolent. Il 2° Par exlensiou, casser uu angle, une partie à un objet. Ccorner uuu table, une pierre, un bastion. Lorsqu'un polype s'est cuilé à uue roche, on ne peut l'eu arracUer sans écorner la ruciie même, FÉN. t, XXI, p. 344. Qui peut se résoudre a p:;socr un rocher saus l'écorner? 1. 1. Bouss. Éiiu v. || Ccorucr un livre, casser un des coius de la couverture. Il 3° Fig. Ëcorner son bien, eu vendre, eu dissiper une parlie. Écorner son revenu, dépenser uue partie du capital. || 4* Terme militaire. Ëcorner un convoi, en surprendre une des extrémités. La duc d'Hanovre essaya d'embarrasser Villars dans sou retour, pour tâcher à l'écorner et à lui faire reudr» gorge, sT-siM. 4 83, 4119. |{ 5* Dans le sens d'écornitler. De tous ceux que son crédit avait fait rétablir dans une partie de leurs biens, il avait écorné quelques petites choses, uauilt. Gramm. ». Ht* S'ecorner, v. rifl. Perdra une corne ou ses cuiues. La vache s'est écornée eu se battaut dans la prairie. Il Fig. Sou bien s'écorne tous les jouis, le capital en diminue.

— lllST. xif s. Et nos fuions comme uuef escorné. Bat. d'Aleschans, v. «63». jj xjil* s. Amors m'a si escorné mon afaire Qu'amer [aimer]nel'os.... tiui>aut.

Chansons, dans lacubne. |I xv* s D'appeller seb

voisins, Ses oncles, parenU et cousins, Pour sa povre femme escorner [prise en adultère], Et afnu qu'ilz soient plus enclins De consentir la séparer, COUUILLART, p. 64, dans LACLBHK. Il xvi* s. Triboullet fut ung fol, de 1» teste escorué, Aussi saiga à trente ans que le jour qu'il fut né, ;. marot, v, 466. Un jour je trouvai Panurge quelque peu escorikâ [confus] et taciturne, bab. t. u, p. 4ti6, dans la- CURNE. Le baron, luy ayant escorné une partie ae sa troupe, importuna tclleinent le reste qu'il y demeura quantité do bagage, d'aub. lliit. m, 244. Le» chèvres escoruées de nature ne sout Uint sujetes à avorter que les cornues, o. le sebrks, 329. Ce grand personnage, se voiant ainsi escorné [moque] par son client, PASQUIER, liechercUes, p. 74», dausLACUBNK. Vous avez planté votre fauuisie sur certain moncead [d'argent], il n'est plus à vostre service, vous n'oseriez l'escorner, moki. i, »<«.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et corne; Berry, écorner, écrotter, étêter uu arbre; proveuç. e*.oinor; ital. scomare.

ÉCOUMFLÉ, ÉE (é-kor-ni-fié, Oée), port. pané. De.s dîners écornillés.

ÉCORNIFLER ( é-kor-ni-fié ),». o. Prendre, sa faiie donner çà et là de l'aarent, un dinar, etc. 11 va écornifler un dîner oii il jwul.

— lilST. xvi*». Je m'en Vois escoruilûaut, par cj

Eco

par Ih, des livres les sentences qui me plaisent,

— ÊTYM. Dérivation irrégulière et plaisante dVconicr: picani, écomifJer, écorner. On trouve aussi, au XVI' si"cle, escnrnichfr el escnmiscr.

ÊCOnNlFLERIE (é-kor-ni-fle-rie ), s. f. Action d'écoriiitler. Il ne vit que (i'écorniflerie.

— mST. XVI' s. Reservant, par ceste efirontée escornirneurie, les deux tiers de son revenu , carloix, IX, a.

— ÉTYJI. Éeomifleur.

fiCORNIFLEUR, EUSE (é-kor-ni-Heur, fleft-z'), ». m. et f. Il 1* Celui, celle qui écornide. Comme ils [les rats] pouvaient gagner leur habitation, L'écornifleur [le renard] étant à demi-quart de lieue, i,K FONT. Fabl. X, *. Aussitôt que l'on eut servi. Tout aussitôt nous fut ravi Par ces franches écornineuses [les harpies], scabbon, Virg. trav. liv. m. Nous sommes dans ces lieux à l'abri des visites, Des sots écornifleurs et des froids parasites, regnard, Démocr. i, 3. || 2° Par extension, celui qui s'empare de quelque chose qui n'est pas à lui. Je vous envoie six exemplaires de la deuxième édition du Commentaire [sur les délits et les peines]; je ne risque que cette demi-douzaine, crainte des écornifleurs, volt. Lett. Christin, 25 févr. -1767. || Les écornifleurs du Parnasse, les plagiaires. Tous les petits écornifleurs du Parnasse, volt. Lett. Damilaville, 24 sept. )706.

— msT. xvi* s. Escomifleur poursuivant de repeue franche, amtot, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYSI. Écornifler.

fiCORNCRE (é-kor-nu-r'), s. f. Colat emporté de l'angle d'une pierre, d'un meuble, jj Brèche occasionnée par l'enlèvement de l'angle d'une pierre, d'un marbre, etc.

— ÉTYM. Écorner.

t ËCOSSAIN (é-ko-sin), adj. m. Terme rural de quelques contrées. Grain écossain, grain de froment auquel la balle reste attachée lors du battage.

— ÊTYM. Ecosse.

fÉCOSSALS, AISE (é-ko-sê, sê-z'), ». m. et f. \\ 1" Nom du peuple qui habite la partie septentrionale de l'île de la Grande-Bretagne. || S. m. L'écossais, le dialecte parlé dans les basses terres en Ecosse et qui est très-voisin de l'anglais. || 2" Adj. Terme de commerce. Étoffes écossaises, étoffes à carreaux et à lignes croisées carrément de diverses couleurs. Il Écossais se prend substantivement pour désigner une certaine disposition de couleurs dans les étoffes. Un bel écossais. L'écossais est à la mode.

ÊTYM. Ainsi dit, parce que ces étoffes ressemblent au tartan des montagnards écossais.

+ ÉCOSSAISE (é-ko-sê-z'), ». f. Terme de métallurgie. Instrument de fer pour fourgonner.

t ÉCOSSAS (é-ko-sâ), s. m. Terme de sculpture. Sorte de feuille convexe formant palmette.

— ÉTYJI. Ecosse.

t ECOSSE (é-ko-s') , s. f. Enveloppe des lèves, des pois, etc. Mot encore usité et qui se trouve dans le Dict. de l'Académie de <7)8 et dans richelet.

— HIST. xvi* s. Les noisilles ou avelaines seront prinsos en rame ou en escosse, pour confire ; l'on les cuillira devant qu'elles aient grené, encore fort tendres, avec leur coque ou escosse, o. de serres, 860.

— ÉTYM. Le même que cosse, avec s ou es épenthétique.

ECOSSE, ÉE (é-ko-sé, sée), part, passé. Des pois écossés.

ÊCOSSER (é-ko-sé) , V. a. Tirer de la cosse. Éeosser des fèves. || S'écosser, v. réfl. Sortir de la cosse. Ces pois s'écossent facilement.

— HIST. XII' s. Des fèves [ils] ont plus d'un mui escosse. Bot. d^Aleschans, v. 6549. || xiv s. Les fèves doivent estre mengées lejour qu'elles sont esoossées , Ménagier, ii, 2.

— ÉTYM. E pour es.... préfixe, et cosse. ÉCOSSECR, ECSE (é-ko-seur, se<i-z'), ». m. etf.

Celui, celte qui écosse des pois, des fèves.

— ÉTYM. Ecosscr.

fÉCOSSONEUX (é-ko-so-neû), ». m. Un des

noms vulgaires du bouvreuil.

— ÊTYM. Ancienne prononciation dVcossoneur, l'oiseau qui écnssnne les fruits, les légumes; écossoner venant à'écosson, dérivé d'Ecosse et ayant même sens.

<. ÉCOT(é-ko; letne se lie pas; au pluriel , l's se lie: lesé-ko-z et....; écots rime avec repos, travaux, chaux, eaux, etc.), s. m. || i» Quote-part à payer par chaque convive dans un repas pris à frais communs. Un gros écot. Que j'en paye l'écot, rempli jusqu'à la gorge, RÉGNIER, Sat. v. Jouent-ils gros jeu? Ce n'est que pour leur écot , hamilt. Gramm. 3. || Fig. Il paye bien son écot, se dit d'un homme agréable, à table.

ECO

en société, ce qui fait qu'on lui donne volontiers k dîner. Or est passé ce temps où d'un bon mot, Stance ou dixain, on payait son écot, deshouuères, Rondeau, t. 1, p. (9. Il II se dit aussi de tout ce qui cause un plaisir. Un tel nous a apporté de bonnes nouvelles, il a bien payé son écot. Quand elles virent que je ne mangeais plus, elles firent rouler l'entretien sur la musique, et toutes ensemble me prièrent de payer mon écot de quelque air nouveau d'Italie, LF.SAGE, Guim.d'Alfar.vi, <.\\i' Une compagnie de gens qui mangent ensemble dans une auberge, dans un cabaret. Il y a deux écots dans ce jardin. Laissons-les ensemble, et allons parcourir un peu tous les écots de la nouvelle guinguette, DANCOURT, Impromptu m Surent, se. <5. Le père et moi mangeons des gflusaux, mais Emile est de l'écot des femmes, J. ;. Bouss. Ém. v. Heureux l'écot où la commère Apportait sa pinte et son verre ! biîrang. Mme Grég. \\ Fig. Parlez à votre écot, se dit à une personne se mêlant de parler à des gens

qui ne lui adressent pas la parole Taisez-vous,

vous; parlez à votre écot; Je vous défends, tout net, d'oser dire un seul mot, mol. Tart. iv, 3. Locution que l'on explique en remarquant que : Parlez à votre écot, signifie parlez à votre compagnie, et non à nous. Il Être de tous écots, se mêler de toutes choses. Il n'arrive rien dans le monde Qu'il ne faille qu'elle en réponde [la Fortune] ; Nous la faisons de tous écots, la pont. Fdbl. v, u. \\ 3' La totalité de la dépense que l'on fait pour un repas. Un seul a payé l'écot pour tous. Un écot de vingt francs. || Proverbe. Il a beau se taire de l'écot, qui rien n'en paye, c'est-ft-dire un homme ne doit pas parler d'une chose qui ne lui coûte rien.

HIST. xiii' s. Canepins a esté fustés [battu] pour

conter esquos [sorte de vol où l'on fait payer un autre pour soi] et pour mellées [batteries] et pour sairemens trespassés, or canoe, computare. Lors fu li las [le pauvre diable] à mal repos; De la sale, s'en ist le trot. Il a bien payé son escot, iien. I90O4. Cil à périlleux escot vait. Qui croit famé qui lecunchie. Poésies mss. duVatican, dans lacurne. Â escot [à frais communs] vivoient andoi [tous deux] Li frère.... Fabliaux mss. dans lacubne. || xiv' s. Je croi, se j'en buvoie [du vin] et se vous me teniez. Que mes escos seroit souffisamment paiez, Guescl. 3076. Les quelz compaignons dinerent en une taverne, et ainsi qu'ils abutoient leur escot.... DUCANGE, abbocatio. || xV ». Et disoit Jean Lyon : Tenez-vous tout aises, buvez et mangez, et ne vous effrayez de choses que vous despendiez : tel payera temprement vostre escot qui ne vous donroit pas maintenant un diner, froiss. ii, n, 62. Quant je te daigne tenirneapcler à son escot, du cange, avillare. Il faut que vous payez l'escot. Ou vous laisserez le surcot, villon, la Repue franche des galans sans souci. Il XVI' s. Mais parlons ung peu par escot, docteur subtil, RAB. Pant.y, <5.Le pourceau de Pyrrho est ici de nostre escot [avis, parti], kont. i, 302. Qui à la table dort doibt payer l'escot, génin. Récréât, t. Il, p. 2*8. (jonter d'escot pour quelqu'un [payer pour lui] , brant. Cap. fr. t. i, p. 24 , dans lacurne.

— ÉTYM. Wallon, stco; provenç. escot; espagn. et portug. escole; ital. scotto; bas-lat. scotum; du germanique: anc. frison, scot; allem. Sc/ioss ;angl. scot, shot; le celtique a aussi le mot : anc. gaéliq. sgot; tous mots qui ont la signification d'impôt, contribution.

2. ÉCOT (é-ko), s. m. || 1° Terme d'eaux «^t forêts. Nom donné aux grosses branches et aux troncs qui n'ont pas été bien dépouillés de leurs menues branches, assez près de l'écorce, de sorte qu'il y reste des bouts excédants. Quelques petits écots recueillis le long des chemins.... sismondi, l'Irlande en (834, Ribl. univ. de Génère, mai 1836. || Souche qui éclate quand on coupe l'arbre. || Terme de blason. Représentation d'un tronc d'arbre garni de quelques branches rompues; tronc ou branche d'arbre dont les menues branches ont été coupées. || 2° Petit bloc d'ardoise qui reste adhérent aux foncées.

— HIST. XVI' s. Je lui estai lors de la patte un grand escot qu'il y avoit, mont, ii, 183.

— ÊTYM. Espagn. escoto; du germanique: anc. h. allem. seuï; allem. Schoss; angl. shoot; suédois, skate; allem. schiessen, pousser des rejetons.

t ÉCÔTAGE (é-kÔ-ta-j') , s. m. Technologie. Action d'enlever les côtes du tabac. || Opération par laquelle le tréfileur enlève au fil de fer les côtes qui y sont restées.

— ÉTYM. Éciter.

t ÉCOTARD (é-ko-tar), ». m. Ternve de marine. Pièce de bois qu'on met en saillie sur les côtéa d'un

ECO

raisseau pour empêcher que les haubans ne portent contre le bordago.

— ÉTYM. Êcnt 2.

t ÉCOTÉ , ÉE (é-ko-té , tée) , adj. Terme ùe blason. Se dit des troncs et des branches dont les menuet branches ont été coupées.

— ÊTYîM. Écot 2.

t ÉCOter (é-kô-té), V. a. Enlever la côte des feuilles de tabac. || Travailler le fil de fer de manière àenlerer les côtes. || S'écôter, «. réft. Ces feuilles s'écôtent aisément.

— ÉTYM. É: pour es.... préfixe, et efite.

t ÉcOteur (é-kô-teur), ». m. Ouvrier qui travaille à l'écôtage du fer. || Celui qui écôte le tabac.

— ÉTYM. Écôter.

t ÉCOUAILLES (é-kouâ-ir. Il mouillées), ». f.pl. Terme rural. Laine que l'on coupe sous la cuisse et la queue des moutons et qui est de basse qualité.

— ÉTYM. É pour e», et queue, écrit autreFois coue (voy. coaillk).

t ÉCOUANE ou ÉCOUENNE (ékoua-n'), ». f Il !• Terme de monnaie. Sorte de lime propre aux ajusteurs, servant à réduire les espèces d'or et d'argent au poids ordonné. || i' Terme de tabletier. Après cela, il dégrossit les copeaux avecl'écouenne, qui est un instrument de fer d'un pouce et demi de largeur et d'environ sept pouces de longueur; il a par-dessous des dents d'acier qui y sont ajoutées et rivées. Cet instrument fait l'office d'une espèce de grosse r&pe. Quand ce copeau a été dégrossi, on achève de le parer par le moyen de l'écouennette, qui n'est autre chose qu'une écouenne plus petite, /)tc«. des orts c» m^(. Amsterd. 1767. Tabletier.

ÉTYM. On peut conjecturer é.... préfixe, et

couenne, ce qu'on enlève ainsi étant comparé i une couenne.

\ fiCOUANER (é-koua-nè), v. a. Terme de monnaie. Réduire les espèces d'or et d'argent au poids ordonné.

— ÉTYM. Écouane.

+ ÉCOUANETTK (é-koua-nè-f) , ». /. Petite écouane (voy. écouane).

f ÉCOUCHE(é-kou-ch'), ». f. Outil pour préparer le lin et le chanvre.

f fiCOCCHER (é-kou-ché), v. a. Préparer le lin et le chanvre avec l'écoucbe.

t ÉCOUENNE ( é-koua-n') , ». f. Voy. écodane.

t ÉCOCER (é-kou-é), e. a. Couper la queue. Écouer un chien.

ÉTYM. t pour et...: préfixe, et queue (voy.

queue).

t ÉCOUET(é-kou-è), ». m. Terme de mer. Nom d'un cordage qui va en diminuant par un bout.

ÉTYM. É pour es.... préfixe, et queue.

f ÉCOUFLE (é-kou-fl'), s. m. Sorte de milan, Dict. de l'Acad. de 1762. || Nom du cerf-volant dans quelques provinces.

— HIST. xv S. Ceste roys [filet] est bonne pour prendre oyseaulx qui menguent charognes, comme eggles, corbeaux, esoouflles, Kodus, m», f 17»,

— ÉTYM. Origine inconnue. Diez propose une conjecture : comme on a nommé des coups de dés d'après des oiseaux de proie (par exemple terieruolo, coupde dés, dérivé Aeterxuolo, tiercelet), pourquoi n'aurait-on pas nommé un oiseau de proie d'après un coup de dés? En allemand, Schupfer (de schupfen, jeter) a signifié un coup de dés, et est littéralement escofre, escoufre, eseoufle. D'un autre côté, le basbreton a skoul, milan; mais la finale ne serait pas expliquée. (Voir aux additions.)

ÉCOULÉ, ÉE (é-kou-lé, lée), part, passé. || 1» Qui a passé, cheminé comme une eau courante. L'inondation enfin écoulée, on visita les lieux. |{ Fig. Vous voilà, vains honneurs, qui m'enflez le courage. Écoulés en un jour comme l'eau d'un orage, rotrou, Bélisaire, v, *. || 2' Passé, en parlant du temps. Les années écoulées. Douze ans sont écoulés depuis le jour fatal. Qu'un libraire, imprimant les essais de ma plume. Donna pour mon malheur un trop heureux volume, boil. Épit. vi. Les six mois écoulés, la reine voulut partir, M"' de genlis. Veillées du chdt. t. m, p. 420, dans pougens. || 3' Vendu successivement. Des marchandises écoulées avantageusement.

ÉCOULEMENT (é-kou-le-man) , ». m. I| !• Mouvement des liquides qui suivent leur pente, des lluides qui ne sont plus contenus. L'écoulement des eaux. Il Terme d'hydraulique. Sortie, par un orifice, d'un liquide hors du vase qui le contient. || 2' Fig. Ce choix de serviteurs fidèles, intrépides. Qui soulagent tes soins, mais sur qui tu présides. Et dont tout le pouvoir qui fait tant de jaloux N'est qu'un écoule»

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