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ment de tes ordres sur nous, cobk. Hemfretment ou Bot.Le (loui écoulement de votre âme dans sa bonté. Bosa. Lfll. Corn. 123. Si notre âme n'était secourue parcelle activité infatigable qui répare les écoulements perpétuels de notre esprit, nous ne durerions Su'un insianl, vauvek. Nouv. max. 42. || 3- Terme e médecine. Sortie d'une humeur fournie par un organe malade ou non. Dans la morve, il y a écoulement par le ner. L'écoulement des menstrues, il Absolument et en dehors de la médecine, se dit d'un diminutif de blennorrhagie. |{ 4* Terme de commerce. L'écoulement des produits, de» marchandises, la vente successive de ces produits, de ces marchandises. Il 6* 11 se dit aussi de la fonle qui passe, d'un corps de troupes qui traverse quelque passage étroit. Il y avait, à l'issue du pont, sur l'autre rive, lin marais où beaucoup de chevaux et de voilures s'étaient enfoncés, ce qui embarrassait encorp et retardait l'écoulement, séour, Wtt(. de Nap. xi, «. ECOUI.EU (S') (é-kou-lé) , «. r^/l. || f Couler hors, en parlant d'un liquide ou d'un fluide. L'eau s'écoule. Le gaz s'écoule dans les conduits, [.aissez à ce torrent le temps de s'écouler, hac. Bérén. m, «. || Par extension. De quelque superbe distinction que se flattent les hommes, ils ont tous une même origine, et cette origine est petite; leurs années se poussent successivement comme des flots; ils ne cessent de s'écouler, boss. Duch. d'Orl. \\ Fig. S'évanouir, se perdre. C'est une chose horrible de sentir s'écouler tout ce qu'on possède, pasc. Pensées, part, u, (7. Ce qui lui est le plus cher s'écoule k tout moment, ID. Cour, des P. Le bonheur des méchants comme un torrent s'écoule, rac. Àth. Il, 7. Tu vis dans ces plaisirs si chers à ton jeune 4ge De tes nobles aïeux s'écouler l'héritage, ancelot, Fiesque, i, 4. || a° Se passer, en parlant du temps. Le temps qui s'écoule depuis Moïse jusqu'à Jésus-Christ, Boss. Ilist. i, 4. X quoi vos jours, vos années se sont-elles écoulées? UASS. Car. Motifs de conv. Nos soirées s'écoulaient sans ennui chez la reine ou c!iez madame la Dauphine, ii"* de genus, Urne de Uaintenon, t. Ii, p. 42,
dans poooENS Les lieux où jadis s'écoula mon
enfance, u. i. cntn. Charles IX, i, t. Voisin des champs où mon enfance S'écoula sous un chaume obscur, BÉRANG. RetouT. La source de mes jours comme eux [des ruisseaux] s'est écoulée. Elle a passé sans bruit, sans nom et sans retour, lamart. if^d. I, 6. Il 3* Cheminer à la suite les uns des autres, et s'en aller, en parlant d'une foule. De moment en moment votre garde s'écoule, corn. Ai'com. v, 6. Les Barbares, les voyant venir, s'écoulèrent des deux côtés des montagnes, d'ablancourt, Arrien, liv. I, dansRicHELET. La foule Avec un bruit confus par les portes s'écoule, boil. Lutrin, i. Enfin, avant minuit, cet amas de troupes s'écoula vers Ostrowno; au tumulte le plus effroyable succéda le plus profond silence, sëgur, Ilist. de Sap. iv, 7. A pas lents, l'ceil baissé, les amis s'écoulèrent, lamart. Socr. 34t . Il Familièrement. S'en aller sans rien dire, s'esquiver. Je dis à M. de Beauvillier que je ne me sentais pas capable de vivre heureux avec une aulre qu'avec sa fille, et, sans attendre de réponse, je m'écoulai, STSiM. <6, t74. ||4' Terme de navigation fluviale. Faire écouler le flot, faire descendre jusqu'au port les bois jetés i bûche perdue sur une ri- Tière ou sur un ruisseau. || B* Terme de commerce. Se vendre successivement. Cette marchandise s'écoule par une foule de débouchés. || V. a. Dans le même sens, débiter, vendre. Écouler des marchandises, des denrées. || 6' Terme de tanneur. Faire égoutter. Ecouler le cuir.
— REM. Avec les verbes voir, laisser, sentir, etc. et surtout faire, on peut supprimer le pronom personnel de s'écouler. Je laissai écouler l'eau. Voir écouler sa vie loin de vous, sÉv. 286,
— HIST. XIII* s. Feme est plus escoulant que n'est darseten Loire, ChastieitUusart, ms. dans lacurne. Il xv s. Celui qui à Passelion se combaltoit fut tellement escoulé de son sang, qu'il ne se peut plus tenir à cheval. Perceforest, t. v, f° 26. || xvi* s. Beaucoup de temps s'escoula, qui donna moyen & ses adversaires de s'avantager sur lui, lanoue, 58I. Qu'il se souvienne qu'il est périlleux de heurter contre la fureur françoise, laquelle pourtant s'escoulera soudain, m. 887. Afin que les fidèles ne se laissassent escouler aux resveries des payens, calv. Inslit. 400. Comme le corps s'escoule par faute de manger, ID. «6. U4U. Elle perdit la raison, et, ne pouvant passer au long d'un banc, s'escoula au long d'une table et s'enfuit, haro, iïout. xv. Alors toutes les belles raisons et remonstrances de Themistocles s'escoulerent hors de la mémoire des Grecs, ahyot, Thém. 12. Par quoi le bruit s'en escoula aussitost
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hors de Rome, comme incertainement U y estolt entré, ID. Paul Sm. H. Soudain qu'il leur advient quelque changement de fortune, ils fies flatteurs] s'escoulent et se tirent arrière, id. Comment dise. le fiait, de Vami, 4. Je ne souhaitte point me pouvoir transformer, Comme feit Jupiter, en pluye jaunissante. Pour escouler en vous d'une trace glissante Cest ardeur qui me fait en cendres consommer, du BELLAY, V, 38, recto. Begardaiit escouler le sang de sa playe, mont, i, 328, Du cerveau l'ame s'escoule par le reste du corps, m. ii, 295. On voit escouler, des pères aux enfants, non seulement les marques du "jorps.... ID. li, 296. Cette infinie marée d'homme, ^ui s'escoula en Italie sous Brennus, ID. m, 98. J'ay, sans oITensc itt poids ou passifve ou actifve, escoulé tanlost une longue vie, ID. xv, <«7.
— ÊTVM. É pour es.... préfixe, et couler. t t. ÊCOUPE (é-kou-p'), t.f. Terme rural. Sorte
de large pelle de fer.
— ETVM. Le même que icope ou escope.
+ a. ÊCOUPE (é-kou-p') , t. (. Terme de marine.
Balai pour nettoyer un bateau.
— f.TYM. Le même que l'ancien français eteoubt, escouhle, qui signifie balai (voy. écouvette).
f ECOUUGfiE (é-kour-jée), ». f. Fouet qui est fait de plusieurs courroie» de cuir. || Coup de ce fouet. Il ajoute qu'il a eu cinq fois trente-neuf coups de fouet, ce qui fait en tout cent quatre-vingt-quinze écourgée» sur les fesses, volt. Amabed, 9* lettre.
— F.TYM. Le même '[ue escourgée.
ÊCOURGKON (é-kour-jon), s. m. Voy. BsconROEON. ÉCOURTÊ, ÊE (é-kour-té, tée), port, passé.
Il l' Rendu trop court. Une robe écourtée. || 2° À qui on a retranché quelque partie apparente et allongée du corps, comme le» oreilles, la queue ou une partie de la queue. Cheval écourté. || Substantivement. X ces mots il se fil une telle huée. Que le pauvre écourté ne put être entendu, la font. Fabl. v, 6. Il 8* Trop abrégé. Un récit écourté.
ÉCOURTEU (é-kour-té) , v. a. || 1* Couper trop court. Ëcourter un manteau. || i' Couper la queue, les oreille», en parlant des animaux. Ëcourter un cheval, un chien. || 3' Fig. Abréger trop, en parlant d'un ouvrage d'esprit. L'auteur a écourté cette scène de sa comédie. || Il se dit aussi d'autre chose que les ouvrages d'esprit. Nous avons écourté noire voyage. Il 4' S'écourter, v. rifl. Être trop abrégé. Une scène si importante n'aurait pas dû s'écourter.
— IIIST. xii* s. La couele e l'estamine out dessuz cel [sous cela] li ber. Mais de pans e de manches les out fait escurler; Car ne voleit al siècle sa vie demustrer. Th. le mari. <58. Mais le jur de Noël, quant il out sermoné. De saint iglise aveit Robert del Broc sevré [séparé]. Qui, l'autre jur devant, li out fait tel vilté, Qu'il li out sun sumier [cheval] de la coue [queue] escurté, tb. t3l.
— ÊTYM. Wallon, chorier; provenç. eicorlor; ital. scortarr; du latin excurlare, de ex, et curtus, court. X côté d'escourter, il y avait dans l'ancienne langue escoureier, escnurcer, verbe très-usité; calai. escursar; espagn. Mcorjar, qui, au fond étant le même que ieourter, représente pourtant une forme un peu différente : bas-lat. ex-curtiare.
I ÉCOUSSAGE (é-kou-sa-j'), s. m. Nom de taches de la faïence, qui sont produite» par la fumée ou les doigts sales des ouvriers.
-)■ fiCOCSSE (é-kou-s'), ». f. Voy. ÉCODCHE.
ÉCOUTANT, ANTE (é-kou-tan,Un-t'), ad;. Il !• Qui écoule. Il Par plaisanterie. Avocats écoutants, ceux qui n'ont point de pratique, qui ne plaident point et ne fréquentent le barreau que pour écouter. \\i'S. m. Celui qui écoute, dans le langage familier et badin N'avons-nous point ici quelque écoulant?
MOL. retour. III, e. Il ne faut jamais dire aux gens : Écoutez un Ikmi mot, oyez une merveille; Savezvous si les écoutants En feront une estime à la vôtre pareille? la font. Fabl. xi, 9. Ils disputent a\ec hardiesse et confiance.... et celte gaieté de visage leur donne souvent l'avantage dans l'opinion des écoutant», pasc. Pensées, t. i, p. 255, éd. Lahure. I Au plur. Le» auditeurs. Il faut entendre l'opinion des écoutants. J'ai vu dans le palais une robe mal mise Gagner gros; les gens l'avaient prise Pour maître tel, qui traînait après soi Force écoulants.... LA FONT. Fabl. VII, (6. || Terme d'histoire ecclésiastique. Pénitent admis aux instructions, mais obligé de se retirer dans la nef pendant les prière».
— HIST. XIII* s. Si est mesliers [besoin] que il soit soufrans et bien escoutans de ce qui est dit contre lui, beauh. v, (.
I. ÉCOUTE (é-kou-f), ». f. U 1* Lieu propre » écouter ce qui se dit. Il y avait des écoutes dans les couvents, dans les collèges. || Fig. Être aux écou-
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tes, être attentif k ce qui se dit. Harlay aux écoute* tremblait à chaque ordinaire de Bretagne, st-sim. 42, 240. Il 8* Terme d'art militaire. Puits de mine ou galerie d'où l'on peut entendre si le mineur ennemi travaille et chemine. || S* S. f. plur. Terme de chasse. Oreille» du sanglier. || 4* id;'. Sœur écoute, religieu»e envoyée au parloir pour accompagner celle qu'on demande et ouïr ce qu'on lui dit.
— HIST. XV* s. El les convenoit envoyer aucunes escoutes demie lieue loin de la ville, froiss. i, l, 3t. U fit le guet et se mict aux escoutes pour savoir ce qu'il queroit, louis xi , Nouv. Lxxxv. Le portier vint lors aux escoutes, et demanda quels gens c'esloient qui demanduient l'entrée, Perceforest, t. m, f* (49. [Ils] saillirent au jardin, puis fermèrent l'huys après eulx, affin que personne ne les suyvist, et ilz s'arreslerent en une escoute, Lancelot du lae, t. II, dans LACL'RNE. Il XVI* ». Jamais mon esprit, estant tous jours en transe aux escoutes de ladvenir pour le regard du bien public, n'a jette ceste crainte arrière de soy, amtot, Paul £m. S8. Ceux là sur le soir, s'avançans avec leurs vedettes jusque» où »e posoient les escoutes des ennemis, s'abouchèrent avec eux, d'adb. Ilist. ni, »44. Quatre sages chevalier» ou escuyers sont nommez escoutes, pour rapporter et dire ce que les combaians à outrance diront et feront, la COLOBB. Th. d'honn. t. u, p. 81, dans LACURNE.
— ÊTYM. Voy. écouter; provenç. escout, s. m.; catal. escolta; espagn. escucha; porlug. escuta; ital. ascolta. L'ancien français avait, comme le provençal, escnut, s. m.
2. ÉCOUTE (é-kou-f), ». f. Terme de marine. Cordage attaché au coin inférieur d'une voile pour servir à la déployer et à l'étendre. || Avoir le vent entre deux écoutes, être »ous l'allure du vent arrière. Il Être sous l'écoute d'un bâtiment, être près de lui sou» le vent. || Coup d'écoute, action de forcer sa voilure par une brise fraîche, soit pour essayer la solidité de la mâture, soit dans une chasse ou pour toute autre cause urgente. || Fausse écoute, cordage qui se place momentanément, pour renforcer les écoutes, pendant un coup de vent.
— HIST. xvr s il contemple mas. Maintenant
le timon, il rhabille les coûtes. Les carreaux et les ais et le» table» dissoutes, bonsard, »(».
— ÊTYM. Génev. escôte, corde qui sert il diriger la voile; espagn. et portug. escota; ital. »eo(la;du germanique: suédois, skot; allem. Schole; danois, ■tkiôd : angl. shett; holland. tchoot; de l'ancien haut- Mem.scôi, lambeau ; anglo-sai. t«o(; goth. tkauls.
ÉCOUTÉ, ÉE (é-kou-té, tée), part, passé. \\ i' X qui on prêle l'oreille. Écouté d'une nombreuse a»- »emblée. ||2* Fig. Pour qui on a déférence, attention. Un homme fort écouté. Du monarque luimême U est fort écoulé, benj. const. Walstein, i, 4. ||X quoi on cède, on se rend. N'importe, si ta flamme en est mieux écoutée, corn. Théodore, iv, s. Une loi de rigueur Contre vous après tout seraitelle écoutée? VOLT. Tancr. ii, 1. 1| 8* Terme de manège. Des mouvements écoutés, mouvements faits avec beaucoup de précision. Il Pas écouté, un pas d'école, un pas raccourci, qui écoute les talons, c'est-à-dire qui ne se jette ni sur l'un ni sur l'autre.
ÉCOUTER (é-kou-lé), V. a. \\ 1* Prêter l'oreille pour entendre, prêter son attention à ce qu'on vous dit. Écoutez-moi allenlivcment. Ecouter la leçon du maître. On l'embrasse à plusieurs reprises, on croit l'aimer, on lui parle à l'oreille dans le cabinet.... on a soi-même plus de deux oreilles poor l'écouler, L* BRUT. m. Pourquoi voyons-nous tant de gens qui, nés avec de l'esprit, ne savent cependant ni causer ni écouter les autres? c'est qu'on les a mis de trop bonne heure dans le monde, u" de cenlis, Adile et Théod. t. u, lett. 33, p. 27«, dans poboehs. Il a* Absolument. Je suis venu ici pour écouter. Écoute cependant et tiens mieux ta parole, corn. Cinna, V, 4. Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter. Pour dormir et pour écouter D'où vient le vent, il laisse la tortue.... la font. Fabl. VI, *o. Il [Théophile] écoute, il veille sur tout ce qui peut servir de pâture & son esprit d'intrigue, de médiation ou de manège, la bruyère, ix. Il serait bien à souhaiter pour vous que vous puissiez être souvent en si bonne compagnie, et vous en pourriez retirer un grand avantage, pourvu qu'avec un homme tel que M. Despréaui vous eussiez plus de soin d'écouler que de parler, rac. Lett. à son fils, iv. Vois quel est Mahomet; nous sommes seuls; écoute : Je suis ambitieux, tout homme l'est sans doute, volt. Ifohomet, II, 6. Je ne l'entendais plu» et j'écoulais encore, DUCis, Othello, I, «. Tu parle», mon cœur écoute; Je soupire, tu m'entends; Ton œil compte
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grouUe à goutte Les larmes que je répands, lamart. Harm. i, 8. || Terme de théâtre. Cet acteur sait écouter, se dit d'un acteur qui est bien en scène quand l'interlocuteur lui parle. {| Écoute I écoutez I Apostrophe pour appeler quelqu'un ou pour fixer l'attention. {| Écouter aux portes, commettre des indiscrétions de curiosité, et aussi se tenir au courant des choses secrètes. Vous avez raison , il ne faut pas qu'on nous surprenne écoutant aux portes, PICARD, CoUatér. iv, 7. || N'écouter que d'une oreille, faire peu d'attention, ne faire aucun cas de ce qu'on dit. || Sonnez comme il écoute, se ditàune personne qui veut faire écouter un bruit qui n'existe pas réellement. Ce semble une contre-petterie plaisante pour : écoutez, comme il sonne. || Par plaisanterie. Un écoute s'il pleut, un moulin auquel l'eau manque souvent , ou qui ne va que par écluses; et fig. un homme faible que la moindre chose arrête; une promesse illusoire. || 8° Par extension. Écouter, donner audience, entendre une réclamation, une demande, une observation. Notre sage magistrat écoutait également le riche et le pauvre, Boss. le Tellier. Je suis bien bon, dit-il, d'écouter ces genslà, LA FONT. Fabl. I, 2. Écoutez tout le monde, assidu consultant; Un fat quelquefois ouvre uu avis important, boil. Xrlp.iv. Tout va vous obéir, si le vainqueur m'écoute, rac. Alex, m, 3. |{ Écouter quelqu'un en confession, recevoir sa confession. Il Écouter un amant, ne pas repousser ses hommages. Et je n'obtiendrai point, seigneur, qu'elle m'écoute. Jusqu'à ce qu'elle ait vu votre hymen hors de doute, CORN. Ferthar. n, 3. Sur cette trahison [d'un mari] on la plaint, elle écoute; Et cet on quelquefois qui se fait écouter. Trouve un heureux moment dont il sait profiter, hadteroche, Appar. tromp. il, «. Eh bien, madame, hé bien, écoutez donc Oreste,RAC. Andr. ii, t. Hélas 1 pour mon malheur je l'ai trop écouté [Pyrrhus], id. ib. ii, <. J'adore depuis six mois une femme charmante; j'en suis écouté, elle seule peut faire le bonheur de ma vie, Lesage, Diable boit. ch. v. || Accueillir, ne pas repousser. Mais écouteriez-vous les conseils d'une femme? COHN. Cinna, iv, 3. Le choix est glorieux et vaut bien qu'on l'écoute, mol. Tart. il, 4. Pour écouter jamais une offre si honteuse, rac. Alex, i, 4. 11 est vrai, si le ciel eût écouté mes vœux.... id. Baj. m, 4. Et si l'on veut, madame, écouter vos discours. Ma main de Claude même aura tranché les jours, ID. Brit. v, 6. Les lois n'écoutent pas l'amitié paternelle, volt. Tancr. li, 2. || 4» Se laisser aller à un sentiment ou à une passion. Sabine, écoutez moins la douleur qui vous pousse, corn. Hor. v, 3. C'eût été démentir mon nom rt ma naissance. Et ne point écouter le sang de mes parents, Qui ne crie en mon cœur que la mort des tyrans , id. Uéracl. ni, 2. Ahl si vous écoutez cet injuste courroux, id. Sert, rv, 2. J'écoutais avec plaisir mille chimères ridicules qui vous peignaient innocent à mon cœur, MOL. le Festin de P. i, 3. J'écoute comme vous ce que l'honneur m'inspire, rac. Alex, i, 2. Pylade, je suis las d'écouter la raison, id. Andr. m, ). J'écoute trop peut-être une imprudente audace, id. Baj. 11. 5. Je n'écoutai que ma passion, fén. Tél. i. Mais n'écoutai-je point un espoir trop flatteur? volt. Brut, lu, 4. Et si je n'écoutais que ta honte et ma gloire, id. Zaïre, m, 4. Permettez-moi, César, d'écouter l'espérance, h. j. chén. Tibère, iv, 2. Il Écouter trop son mal, s'en affecter trop vivement, se trop ménager. || 6" Terme de manège. Écouter son cheval, être attentif à ne point le déranger de ses airs quand il manie bien. |j On dit qu'un pas écoute les talons, quand il ne se jette ni sur l'un ni sur l'autre talon. || 6* S'écouter, v. réfl. Prêter attention aux pensées qui surgissent dans l'esprit. En ce moment, aucune nécessité de position, aucun sentiment d'amour-propre ne pouvait forcer Napoléon à combattre ses propres raisonnements et l'empêcher de s'écouter lui-même, séguh, Hist. de Nap.u, 4. || N'écoutez que vous-même, ne consultez que vos propres inspirations. || S'écouter parler, et, absolument, s'écouter, se dit de quelqu'un qui parie lentement et qui affecte de bien dire. Vous êtes bien maîtresse de mettre de la pédanterie dans vos phrases, de vous écouter en parlant, M'"' DE GENLis, Adèle et Théod. t. m, lett. 23, p. <79, dans pouGENS. {| Se laisser aller à l'intérêt pour soi-même. Je me prie, en pleurant, d'oser rompre ma chaîne; Le fer libérateur qui percerait mon sein, Déjà frappe mes yeux et frémit sous ma main; Et puis mon cœur s'écoute et s'ouvre à la faiblesse : Mes parepts, mes amis, l'avenir, ma jeunesse.... A. CHÉN. Élég. xxxvi. Il S'écouter, ménager les forces, sa santé. 11 s'écoute trop. Il ne laut pas
s'écouter. On se fait violence, on ne s'écoute point, on croit qu'à force de prendre sur soi, à la fin on accoutumera le corps à obéir et à nous suivre, MASS. Confér. tur le jubilé. Il [ Maisons] est surpris d'un léger dévoiement dans ce temps de crise où il n'avait pas le temps de s'écouter, st-sim. 40t , 238. J'étais persuadé que toute production naturelle, agréable au goût, ne peut être nuisible au corps ; cependant je m'écoutai un peu tout le reste de la journée, rouss. Protn. 7.
— HIST. x* s. Elle n'out eskoltet les mais conseillers, Eulalie. H xi* s. Messe et matines a li reis esculté, Ch. de Rnl. xi. ||xii' s. Sire compeing [compagnon] , plait-il vous [vous plalt-il] escouter? Ronc. p. 47. Li emperere s'estut [s'arrêta], si escota, i&. p. 96. Si vous daignez ma prière escouter. Coud, XIII. Dune l'a fait l'apostoiles en sun estant lever , E comanda à lire les leis e esculter. Th. le mart. 67. Parole, sire, kar tis serfs [ton serviteur] esculte. Rois, zn. E home félon de Israël vindrent là, li rois ne les vot [voulut] escotier, Machabées, i, io. Il ziii* s. Plaise à la bautece de ta maesté escouter m ' oroison. Psautier, f" 104. Encores est leens sans doute Déduit orendroit, qui escoute X chanter gais rossignolés, la Rose, y. 6<2. En une lande il s'aresta, Por sa muete [meute] k'il escouta, Lai de tiélion. Il zv* s. [Il doit] le poure oïr, le plaintif escouter , EUST. DESCH. Des vertus nécessaires au prince. Et sembloit bien qu'ils escoutasseni qui seroit le plus fort ou le roy ou les seigneurs, comm. I, 2. Il xvi* s. Il me faut ici adjurer les lecteurs non pas d'escouter à mes gloses, mais de donner quelque lieu à la parole de Dieu, calv. Instit. ut. Frère Jean, escoute icy, je ne suys point ingrat, et ne le fuz, ne seray, rab. Pant. iv, 8. Quelque bon desseing qu'ayt un juge, s'il ne s'escoute de prez [se surveille].... mont, ii, 323. J'escoute à mes resveries, parce que j'ay à les enrooUer, id. m, 76.
— ÊTYM. Bourguign. acou(ai;Berry et picard, acouter; wall. hoûter; namur. choU(er;rouohi, ascouter; provenç. escotar, escoutar; catal. escollar; espagn. escuchar; portug. escutar; ital. ascoltare; du latin auscultare. Caper, grammairien latin, remarque qu'il ne faut point prononcer ascultare, ce qui prouve que cette prononciation était populaire. C'est celle que les langues romanes entretenue; quelques-unes ont changé Vas initial en es, par une mépri.se trèsnaturelle, tant de mots commençant par es. Les étymologistes croient que aus-cultare est composé de aus, ancienne forme, oreille, et cultare ou clutare, fréquentatif de cluere, entendre : percevoir par l'oreille.
ÉCOUTEUR, EUSE (é-kou-teur, teû-z'), ». m. et f. Il 1° Celui qui écoute, qui prête l'oreille à ce qu'on lui dit, à ce qui est dit. Je connais peu d'écouteurs aussi intelligents. Les bons écouteurs font les bons parleurs, méré. Œuvres posth. 1. 1, p. 23. Il a° Celui, celle qui écoute par indiscrétion. C'est un écouteur aux portes. Vous me savez assez maligne pour persifler les écouteurs, j. j. rouss. Ilél. V, (0. Il 3" Adj. Cheval écouteur. On dit plus ordinairement cheval écouteux.
— ÉTYM. Provenç. escoutador; espagn. escuchctdor; portug. escutador; ital. ascoltatore ; du latin auscultatorem, d'auscuUare, écouter.
ÉCOUTEUX (é-kou-teù), adj. m. Terme de manège. Cheval écouteux, cheval distrait parles objets qui le frappent, et aussi cheval qui ne part pas de la main franchement et ne fournit pas tout ce qu'un lui demande.
— ÉTYM. Ancienne prononciation d'écouteur. ÉCOUTILLE (é-kûu-ti-11' , Il mouillées, et non
é-kou-ti-ye), ». f. Ouverture, petite ou grande, généralement de forme quadrangulaire, faite au pont d'un navire pour établir une communication entre deux étages et pour faciliter le chargement et le déchargement du navire, ial. L'écoutille d'avant, d'arrière. Fermer les écoutilles.
— HIST. XVI* s. Pantagruel, tenant ung Heliodore grec eu main, sus un strapontin [hamac] on [au] bout des escoutilles sommeilloyt, rab. Pant. iv, 63. Tost après un caporal du chasteauvint faire sa visite, ouvrit les escoutilles [du bateau], d'aub. Hist. m, 3(6.
— ÉTYM. Espagn. escotilla; portug. escolillia; angl. scuttle, qu'on dit tiré du français. Origine inconnue, Escoutille a signifié le panneau qui recouvre l'ouverture : Escoutilles sont grands panneaux par lesquels on ouvre les ponts et tiUac pour descendre ou tirer de grands fardeaux d'un vaisseau, le p. FOURNIER, dans jal. En raison de ce seus, on a proposé un dérivé de *cu(um, écu; mais le mot parait récent, et, dans un mot récent, icutum ne peut donner écoulille. Au lieu décela, il est permis
de conjecturer une dérivation de écoute < , Véeoutille, qui fait communiquer deux étages, ayant été comparée à une écoute, lieu propre à écouler.
•j- ÉCOUTILLON (é-kou-ti-llon, H mouillées), s. m. Terme de marine. Petite ouverture pratiquée dans le panneau d'une écoutille, ou contre les roàts, dans les ponts supérieurs, pour recevoir le pied d'un m&t de hune, etc.
— ÉTYM. Écoutille.
fÉCOUTOIR (é-kou-toir), ». m. Cornet dont les personnes qui ont l'oreille dure se servent pour mieux entendre. Déjà, pour secourir son oreille un peu dure, Orgon vers lui tourna soa écoutoir, de- LILLE, Conv. 1, 370.
— ÉTYM. Écouter.
i ÉCOUVETTE (é-kou-vè-t*), ». f. Petit balai qui sert au maréchal à ramasser le charbon dans le foyer etàrhumecte>-d'eau. || Longue brosse àmanche.qui sert à "••'-p'eteur pour asperger d'eau les plaques employées à chauffer les étoffes pendant le pressage.
— HIST. XV' 8. Non est, le deust on vif brusler Comme un chevaucheur d'escouvetes, villon, dans LAcnsNE. ||xvi* s. Ratissoires et escouvettes [balais de bouleau] , desquelz nosditz salpestriers seront tenuz se meubler et fournir, Ordonn. <3 fév. (543,
— ÉTYM. Diminutif de l'ancien français escoub», balai ; provenç. escoba; du latin scôpa, balai ; génev. écovet, écové; ital. scopetta.
ÉCOUVIILON (é-kou-vi-llon , «mouillées, et non é-kou-vi-yon), ». m. || 1* Linge attaché à un long bâton , avec lequel les boulangers nettoient leur four. Une table de pierre qu'elle couvrit d'une nappe qui avait tout l'air d'un écouvillon de four, LESAOE, Guiman d'Alf. i, 4. || a^Terme d'artillerie. Instrument de bois, ordinairement couvert d'une peau de mouton ayant la laine en dehors, dont les canonniers se servent pour nettoyer l'âme du canon lorsqu'il a tiré.
— HIST. XIII' s. Com li escoveillon à un fomier, Roman d^Audigier, m», dans lacurne. || xiv s. Comme l'exposant feust alez par esbatement avec plusieurs autres venir une assemblée d'enfens qui faisoient certains gieus appeliez les escouvilions, qui se font chascun le dimenche des brandons après vespres, du cange, brando. Escouvillon de four, iD. torsorium. || xV s. Sec et noir comme escouvillon, VILLON, Petit testam.
— ÉTYM. "Wallon, hotleion; ramur. chouton; diminutif d'eicoube, balai, à l'aide d'un double suffixe ill-on, le premier diminutif, le second augmentatif (VOV. ÉCOUVETTE).
ÉCOUVILLONNÉ, ÉE (é-kou-vi-llo-né, née, Il mouillées) , part, passé. Pièce écouvillonnée.
ÉCOUVILLONNER (é-kou-vi-lloné. Il mouillées, et non é-kou-vi-yo-né), v. a. Nettoyer avec l'écouvillon. Il Terme de métallurgie. Mouiller légèrement le charbon.
— ÉTYM. Écouvillon.
f ECPHONÈME (èk-fo-nê-m'), ». m. Terme didactique. Elévation soudaine de la voix par des interjections et des expressions imparfaites, qui sont l'effet de quelque surprise ou de quelque passion violente.
— ÉTYM. 'ExçiivTinoi, de i* exprimant élévation, etç(i)v^, voix.
t ECPHRACTIQUE (èk-fra-kti-k') , adj. Terme de médecine. Synonyme d'apéritif.
— ÉTYM. 'E<çpaxTtxèç, de ix, hors, et çpâffaeiv, boucher, c'est-à-dire déboucher.
t ECPIESME (èk-pi-è sm'), s. m. Terme de chirurgie. Sorte de fracture du crâne dans laquelle les esquilles, enfoncées en dedans, compriment les membranes du cerveau.
— ÉTYM 'Exnie(r(Ji.a, de ix, hors, et niéCeiv, comprimer.
t ÉCRAI (é-krè), ». m. Terme rural. Milieu delà raie faite par la charrue.
— ÊTYM. Serait-ce une fausse orthographe pour ecrest, à^écréter ?
f ÉCRAINIER (é-krè-nié), ». m. Ancien nom des layetiers. Les maîtres de la communauté des layetiers de Paris se qualifient maîtres layetiers écrainiers de la ville et faubourgs de Paris, Dict. des arts et met. Amsterd. (767, layetier.
— ÉTYM. Écran.
ÉCRAN (é-kran) , s. m. |j 1' Sorte de meuble dont on se sert pour se garantir de l'action directe du feu. Il Sorte d'éventail qu'on tient à la main pour le même objet. || Par extension. L'iris est un écran (jui ne laisse arriver à la rétine les rayons lumineux que par l'ouverture pupillaire. || Fig. Il se mit devant moi pour me servir d'écran. || 2° Plaque suspendue devant le foyer d'une forge. || Cercle de bois couvert d'une toile dont les verriers s'entourent la
ÉCR
tfiffi. Il Toile Hanche tendue «ur un ehftusis dont le» dessinateurs et les (frayurs »e servent pour amortir l'éclat du jour. || Tîrme de physique. Tal>leaii blanc sur lequel on fait tomber l'image d'un objet.
IIIST. xiv s. Escren [contre le feu], dd canoë,
antypira. ||xti' ». Vins se jetta au devant de lui, si bifn qu'il n'eut que quelques rifflades au col, à la main gauche et à la cuisse, mais son escran Vins en eut par ta hanche qu'on crust avoir esté guéri pnr enchantemens, d'adb. ]Hst. ii, 63.
f.TYM. Angl. fcrccn, d'origine douteuse, comme
le root français. Diez le tire de l'allemand schragen, chose dressée, comme flan de fladen. D'autres le tirent de l'ancien haut allemand «eronno, banc.
t ÊCItANCHER (é-kran-ché) , v. a. Effacer les faux plis d'une étoffe.
■f ECRASAGE (é-kra-zï-j') , ». m. Action d'écraser.
— ÉTTM. Écraser.
t ÉCRASANT, ANTE (é-kra-Mn, rat).«0, adj. Oui écrase. || Par extension. En termes de guerre, forces écrasantes, forces de beaucoup supérieures. Il Fig. Oui étourdit, qui humilie. Le ridicule est d'un poids écrasant chez la nation qui aime le plus à rire en Europe, p. L. coor. ii, 368.
ÉCRASÉ, EE (é-kra-zé, zée), part, passé. Il 1* Brisé par une forte compression, par un choc violent. Un colimaçon écrasé par le pied du promeneur. Les toits écrasés par les bombes. L'un écrasé subitement Sous le débris d'un bâtiment A fini ses jours et ses vices, corn. Imitât, i, S3. [[Terme de chemin de fer. Rail écrasé, rail dont le champignon est décollé sur une partie plus ou moins étendue. Il 2° Fig. Le peuple est écrasé sous le poids des impûls. Oui, mais bientôt lui-même entre eux deux écrasé. Leur ferait à se joindre un chemin trop aisé, CORN. Attila, iv, 4. Auteur des maux de tous, il est à tous en butle. Et fuit le monde entier écrasé sous sa chute, lo. Pomp. i, 1. 1| Mis dans l'infériorité, dans l'ombre. Pour me voir écrasé de son orgueil jaloux, volt. Sém. m, b. Ce jeune homme se voit écrasé par mon fils d'une si terrible manière, qu'il est à craindre que l'amour-propre ne le conduise promptement à la jalousie, m"« de oenus, Théâtre d'éduc. le Voyageur, l, 4. || 8* Très-aplati. Comble écrasé. Nez écrasé. Les temples sont tous obscurs, écrasés et surchargés d'ornements du plus mauvais goût, ratnal, Hist. phil. ix, îo. Ce sont toujours des dômes plus ou moins écrasés, plus ou moins multipliés, chateaub. Itin. »7. || Une personne écrasée, une personne dontla taille est courte et ramassée. C'était [Mlle Choin] une grosse fille écrasée, bonne, laide, camarde, avec de l'esprit, ST-siM. 24, i». Il En botanique, synonyme de déprimé. Il Coquille écrasée, coquille dont la spire, en sens vertical, est peu rapide en comparaison de la spire en sens opposé.
t ÉCRASEMENT (é-kra-ze-man) , t. m. Action d'écraser; état de ce qui est écrasé au propre. L'écrasement d'un charbon emporte la raison hors des gonds, PASC. Pensées, Jmag. t. ||Fig. L'écrasement de l'amour-propre. || Terme de chirurgie. Écrasement linéaire, procédé opératoire qui, au lieu de couper par un instrument tranchant les parties à retrancher, les coupe par l'écrasement et la constriction; ce qui produitdes section» promptes sans effusion de sang et diminue l'étendue des surfaces traumatiques.
— HIST. rvi* s. Escrasement, oumn.
— ÊTYM. Écraser.
ÉCRASER (é-kra-zé), t>. a. || !• Briser par une forte compression , par un choc violent. Écraser le raisin. Écraser un insecte. Vous ne craignez pas Que du fond de l'abîme entr'ouvert sous ses pas II ne sorte h l'instant des feux qui vous embrasent, Ou qu'en tombant sur lui ces murs ne vous écrasent? HAC. Athal. III, B. Amilcar les ayant enveloppés de toutes parts et ayant fait avancer contre eux les éléphant», ils furent tous écrasés ou égorgés au nombre de plus de quarante mille, rollin, Ilisl. anc. (]Euvres,i.\, p. 359, dans pougens. Le 28 octobre )74fl, S dix heures et demie du soir, tous les édifices, grands et petits, s'écroulèrent en trois minutes; sous ces décombres furent écrasées treize cent» personnes, raynal, Hist. phil. vn, ai. C'est un ceuf de serpent qui, s'il était couvé. Serait aussi méchant que tous ceux de sa race; II le faut, dans sa coque, écraser sans pitié, volt. Jules César (trad. de Shakspeare), il, 4. J'écraserais dans l'œuf ton aigle impérial, v. Huoo, Hem. ii, 3. || Terme de manufacture. Trop frapper une étoffe. [[ Fig. et par nyperbole, dan» le style badin. Du Parnasse, insecte ri si bis. Je cesse un stérile combat; Tu rampes
ÉCR
tellement à plat Oue t'écraser est impossible, leoouvi, Épigr. contre Fabien Pillet. || 2* Défigurer par une forte compression. Telle est de ces rocher» la bizarre structure; On doute, en les voyant, si la fi ère nature A de l'art, à son tour, contrefait le» travaux. Ou si sa main jalouse écrase et défigure L'ouvrage merveilleux des plus hardis ciseaux, MASson, llelv. V. Il 8' Anéantir, réduire k rien. [Il] Te présente une main qui pourrait t'écraser, VOLT. Fanât, i, 4. Un peuple qu'Annibal écrasa sous ses pieds, m. Snphon. m, 2. Un livre esl-il mauvais, rien ne peut l'excuser; Kst-il bon, tous le» roi» ne peuvent l'écraser, m. Ép. too. Annibal tombe des sommets glacés des Alpes sur l'Italie; écrase la première armée consulaire sur les bords du Tésin.... chateacb. Itinéraire, vu. Depuis, comme il arrive toujours, l'infortime ayant écrasé ces guerriers, des reproches s'élev^rent, srour, Jlist. de tfap.ym, 8. [[Fig. Le sentiment du bonheur écrase l'homme, j. j. Rocss. Ém. v. ||i' Fatiguer, accabler, importuner. Être écrasé de travail. Être écrasé de visites. Écraser un peuple d'impôts. Il B° Jeter dans l'infériorité, dan» l'ombre. Il est écrasé par son rival. En Perse il n'est point de sujets. Ce ne sont qu'esclaves abjects Qu'écrasent d'un coup d'osil les têtes souveraines, corn. Agésilas, n, t. Il Surpasser, vaincre. Écraser quelqu'un dans une discu.ssion. || 6* S'écraser, r. réfl. Se tuer par l'écrasement. Le monstre, furieux de se voir entendu. Du roc se lance en bas et s'écrase lui-même, CORN. Œdipe, I, 4. Il Être écrasé. Les fraises s'écrasent facilement.- 1| Terme d'escrime. S'aplatir, c'est-à-dire pousser, après le coup tiré, le genou droit en avant, laisser tomber le corps et lever le pied gauche. |[ Fig. S'écrouler par une sorte d'écrasement. Ainsi les g' andes expéditions s'écrasent sous leur propre poids; les bornes humaines avaient été dépassées [dans l'expédition de Moscou]; le génie àe Napoléon, en voulant s'élever au-dessus du temps, du climat et des distances, s'était comme perdu dans l'espace, ségur, Jlist. de Nap. ix, (4.
— HIST. XVI' s. Deux mois après un cheval qui rua. De coups de pied l'un de mes gens tua. Lui escrageant d'une playe cruelle Bien loin du test la gluante cervelle, rons. 94b. Je sçais qu'il s'est trouvé des simples païsans s'estre laissez griller la plante des pieds, ecrazer le bout des doigts, à tout le chien d'une pistole, mont, m, <62.
— ETYM. Génev. et Berry, acraser ; de l'ancien Scandinave krassa, broyer; suédois, krasa; angl. erash et erush.
t ÉCRASEDR (é-kra-zeur) , s. m. Celui qui écrase. Il Terme de chirurgie. Écraseur linéaire, l'instrument avec lequel on pratique l'écrasement linéaire.
— HIST. XVI* s. Escraseur, oddin.
— ÉTYM. Écraser.
fÉCRECELLE (é-kre-sè-l') , s. f. Un de» nom» locaux de la crécerelle.
— ÊTYM. VOy. CRÉCERELLE.
t ECRELET (é-kre-lè), î. m. Sorte de pain d'épices usité dans la Suisse française. LaFanchon me servit des gaufres, des écrelels, j. j. rooss. Hél. rv, io.
t ÊCRÉMAGE (é-kré-ma-j'), s. m. || 1° Première opération pour faire le beurre, qui consiste à enlever la crème qui monte sur le lait, de 24 à 72 heures après la traite, selon les saisons. ||a' Action d'écrémer le verre fondu.
— f.TYM. Écrémer.
ÉCRÉMÉ, ÊE (é-kré-mé, mée), part, passé. Du lait écrémé. || Fig. Une bibliothèque écrémée.
ÉCRÉMER (é-kré-mé. La syllabe cré prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'écréme, excepté au futur et au conditionnel où l'accent reste aigu, sans raison : j'écrémerai, j'écrémerais), V. a. Il 1* ôter la crème. Écrémer du lait. [1 i'Fig. Enlever d'un tout ce qu'il y a de meilleur Ecrémer une bibliothèque, la cargaison d'un navire. Les voyageurs de commerce disent : Il a passé deux jours avant moi , il a écrémé la place, ilenaenlevé ce qu'il y avait de mieux. Avec de l'exactitude & éviter tout détail, à ne point écrémer les conseils et k être jaloux de les maintenir dans leurs fonctions, il se trouvera que la matière des audiences sera bien rétrécie, st-sim. »99, 2*3. || $• Retirer les ordure» de la surface du verre fondu.
— HIST. XVI* s. Fromage frais et escremé, par8,
— lïTYM. É pour et.... préfixe, et crème; picard, écramer.
t ÉCRÉMIËRE (é-kré-miê-r") , ». f. Espèce de moule d'eau douce dont la coquille est employée à écrémer le lait.
— fiTYM. Écrémer.
fiCR
t r.CRÉMOIRE (é-k ré-mol rr*), ». f. Insfroment pour ramasser le» matières broyée» par l'artificier, ou pour le» prendre dan» les licites. || Ustensile du verrier pour débarrasser le verre fondu de ae* scorie»
— ét™. Écrémer.
j ÉCRÉNAGE (é-kré-na-j*) , ». m. Façon donnée par le fondeur il certaines lettre» longue».
— ÈTYM. Écréner.
tÉCIlÉNER (é-kréné. La «yllabe eri prend an accent grave quand la syllabe qui »uit est muette : j'écrène; excepté au futur et au conditionnel : j'écrénerai) , v. a. Terme de fondeur de caractère». Dégager le haut ou le ba» d'une lettre d'un peu de matière qui la fait porter k faux. |{ S'écréner, v.ré/l. Être écréné. Il n'y a que les lettres longue» qui s'écrènent pour placer dessous les quadratiii», c'est-à-dire les espaces qui séparent les mots.
— f.TY»I. É pour es.... préfixe, et crun. fÉCRÉNECR (é-kré-neur), ». m. Ouvrier qui
pratique l'écrénage.
— ÊTYM. Écréner.
t ÉCnÉNOiR (é-kré-noir) , ». m. Outil d'acier tranchant servant à écréner.
ÉCRËTÉ, ÉE (é-krêrté, tée), part, passé. La muraille était écrétée. On vit une terre toute piétinée [un champ de bataille], nue, dévastée, tous le» arbres coupés à quelques pieds du sol, et plus loin des mamelons écrêtés, sftcun, Ilint. de Nap. ix, t7.
+ ÉCRÊTlvMF.NT (é-krê-te-man),».m. || l'Tcrme militaire. Action d'écrèler un parapet. || 2* Terme rural. Action de gratter, au printemps, les côté» des trous creusés avant l'hiver pour y planter des arbre».
ÉCRËTER (é-krè-té), r. a. || 1* ôter la crête. Êcrêter un coq. || 2* Terme de guerre. Battre à coup» decanon un mur, un épaulement, par le haut, pour chasser ceux qui sont derrière. [| 8* Terme de ponts et chaussées. Êcrêter une route , une côte , l'abaisser. || 4° Terme rurr.l. Parer, au printemps, les côtés d'un trou fait en hiver. || Couper les sommités du blé de Turquie.
— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et crête. ÉCREVISSE (é-kre-vi-s"), ». f. || 1* Animal de la
famille des crustacés, qui vit dans l'eau. Écrevisse de mer, de rivière. Le physicien prétendait même être obligé au prince d'une ol>servation singulière.... l'électeur lui apprit la reproduction merveilleuse des jambes d'écrevisse, fonten. llartsoeker. I.e» pattes de l'écrevisse ont cinq articulation»; si on compte du bout de la pince, c'est à la quatrième que la patte se casse le plus fréquemment et qu'elle se reproduit le plus facilement, bonnet, Considér. corps org. t. vi, p. 33, dans pougens. |[ Buisson d'écrevisse», plat d'écrevisse» entassées avec de la verdure. Il Aller comme les écrevisse», reculer au lieu d'avancer; locution qui vient d'une fau.«se observation, les écrevisses marchant aussi bien en avant qu'en arrière. Les sages quelquefois, ainsi que l'écrevisse. Marchent à reculons, tournent le dos au port, la pont. Fabl. xii, to. Mère écrevisse un jour à sa fille disoit : Comme tu vas, bon Dieu! ne peux-tu marcher droit? m. i6. || 2* Être rouge comme une écrevisse, très-rouge comme l'est une écrevisse cuite. |[ Yeux d'écrevis.se, nom impropre donné à deux concrétions pierreuses renfermées dans l'estomac de l'écrevisse fiuviatile, quand elle est sur le point de muer, c'est-à-dire vers la fin du printemps, époque à laquelle elle se dépouille de son test calcaire, leooahant. Les yeux d'écrevisse, dits aussi pierres d'écrevisse, étaient autrefois employés en médecine; ils sont .sans vertu. |[ 3° Terme d'astronomie. Nom qui est quelquefois donné au signe du zodiaque dit Cancer. [| 4" Grande tenaille servant à traîner vers l'enclume les morceaux de fer rouge. |[ 6* Pierre à chaux qui a pris une couleur rouge pendant la calcination. || 6* Ancien terme militaire. Cuirasse formée d'écaillés. || 7" Sorte de ver» grec ou latin qui, lu à rebours, présente un sens; c'est ce qu'on appelle plus souvent vers rétrograde, vers récurrent.
— HIST. xni" s. Cesinne [signe] que l'enclaimme crevice, Jhst. occid. des croisades, t. I, p. bs4. Il XV* ». Le dit Tarrai»e estoit armé, souhz .son ve»tement, d'une armure nommée escrevis»e, nn canop, cancer. [Je] vi reculer et tenir le» sentiers D'escrevisse qui en allant recule, eust. db.sch. Poésies mss. dans LACURNR. Crevices que on cuit en vin, ID. Notable enseignement. [| rvi* s. Des escrevisses vif», 0. DRSFRRES, 7S«. Le» hommes guerrier» premièrement se couvrirent de cuir, puis de pièces de fer clouées l'une sur l'autre, appellées c'crevis-ses, FAccH.de» Oriç.Vn. n, p. n.dansLACORNB. BeauU
ÉGR
escarpins deschicquetez à barbe d'escrevisse, rabel.
t. II, p. <23, dans LACUBNE.
— ÉTYM. Géiiev. écrivùie ; picard , écriviche ; wallon, grèvèse; namur. gravase ; rouchi, graliche; du gerinauique : auc. liaul-allem. schrepit; allem. Krebs.
ÉCRIKK (S') (é-kri-é), v.réjl. || 1° Jeter subitement un grand cri, une exclamation. Â cette vue, il s'écria et s'enfuit. J'ai changé de couleur, je me suis écriée, cohn. A'i'com. i, 5. Il s'écrie, et sa suite De peur d'un pareil sort prend aussitôt la fuite, lu. ib. V, 8. L'ennemi nous découvre, il s'écrie, il menace, UAiH. Mon d'Asdrubal, v, 4. Seigneur, je m'écrie vers vous du fond des abîmes. Psaumes, dans RICHELET. L'enfer s'émeut au bruit de Neptune en furie; Plutou sort de son trône, il pâlit, il s'écrie, BOiL. Traité du subi. vu. M. de Noyon reuconira M. de Pans; il s'écrie; M. de Paris va à lui, et croit qu'il va mettre pied à terre, st-sim. 24, 24. Il 2° Prononcer des paroles en criant. Il s'écria que c'était une injustice. Ah! s'est-il écrié, César, tout est perdu, iiuTB. St Gen ii, 8. Le tombeau du juste doit toujours faire s'écrier avec saint Paul : Ô mort.... CUATEAUB. Génie, m, i, B. || S'écrier à quelqu'un, dire en criant quelque chose à quelqu'un. Le plus vieux au garçon s'écria tant qu'il put, LA FONT. Fabl. m, ^. Fuyons, s'écriait^il à la iiêle, autrement.... FiiN. Fable du vieillard et de l'une, t. XXI, p. 307. Il 3° Pousser un cri d'admiration. Nous ferons notre devoir do nous écrier comme il faut sur tout ce qu'on dira, mol. Fréc. tu. Il a fait des traits d'éloquence si à propos que tout le mujnle s'en est écrié, sÉv. (38.
— KKM. Le pronom rélléchi est ici construit avec un verbe neutre , comme dans s'en aller et autres (voy. SE pour celte construction).
— UIST. XI' s. Devant Marsile cil s'escriet mont haut, Ch. de Roi. lxix. Frauceis [il] escrie, Olivier [ilj apela, ib. lxxxvi. i icust mot sunt François escriet, ib. ex. || xii* s. Et si escrie : or à eux, chevalier, Ronc. p. 67. De toutes parz fu Montjoie escriée, ib. p. 06. E quant il s'en parti da la cambre le rei, Justises [juoticiersl e baruus, tels que nunier ne dei, L'escriereut eu haut à hu e à desrei : Li traîtres s'en vait.... Th. le luart. 48. ||xui' s. Et lilanchelleurs s'escrie : haro, trai , trail Berte, Lxxxix. Quant il les vit, il les escria et leur dit que il mourroient, joiNV. 209. i|xv" s. Ils forirent clievaux des espérons tons d'un randon et se plantèrent eni'ost du duc en escriant : Fauquemout, Fauqùemont [le nom de leur chef], fhoiss. i, i, 3. Quand ces seigneurs de France virent la i)roie approcher, et leur bon seneschal chas.ser, chascun siie escria son cri, et fit sa bannière haster et passer avant, ID. I, I, 254. Et si n'esloient les gens en aucune doute, car on ne les avoit point avisés ni escriés de nulle guerre, va. i, i, <uo. J'en sui bien tenuz de priier, Et ses largheces escrier [publier], m. Poés. mss. dans lacurne. || xvi's. L'occasion est-elle juste de escrier son nom et sa puissance [de Dieu] ? uunï. 1, 3U6. Nous nous oserions du miracle de l'invention de uoslre artillerie, id. iv, (C.
— ÉTYM. ^pour es.... prélixe, et crier; proveuç. esijridar; ital. sgridare.
t ÉCKIKll (é-kri, kri-é), v. a. Nettoyer le fil da fer en le frottant avec un linge chargé de grès.
— EïYM. Ce semble une autre forme à'écriser ou plutôt égriser (voy. écuisée et égkiser).
t ÉCUlECtt é-kri-eur) , s. m. Ouvrier qui écrie le ùl de fer.
-- ÉTYM. Écrier 2.
ÉCRILLE (é-cri-U", ii mouillées, et non é-kri-ye), I. f. Sorte de claie ou de clôture de barres de bois dont on se sert pour empêcher que le poisson ne sorte des étangs par les décharges.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et crille pour grille.
ÉCMN (é-krin) , ». m. || 1° Petit coffret pour serrer les pierreries, les bijoux. || Fig. C'est le plus beau joyau de son écrm, c'est ce qu'U possède de plus précieux. Il 2° Les joyaux que .renferme 1 ecrin. Un riche, un bel écrin.
— HIST. xu' s. E li ordené [prêtres] recourent l'arche, e l'escrin ù esteit li presenz, les anels.... Rois, 22. Il xiii* s. Je trovai jà en un escrin Un livre.... Ben. 28. Et por ce qu'acoustuméemênt on ns révèle pas volentiers ce c'en met en huces ne en escrins, à estranges gens, beaum. xxxix, 79. Et furent ses os gardés en un escrin et enfouis à Saint Denis en France, jomv. 303. || xiv* s. Par dedens mon hostel sont bien mille florin; Maintenant vous donrai les clés de mon escrin, Beaud. de Seb. VU, m. ||xv« s. Et ces brigands brisaient maison:,
ËCR
coffres et escrins, et prenoient quant qu'ils trovoicnt, puis s'en alloient leur chemin chargés de
pillage, KKOISS. I, 1, 324.
— ÉTYM. Wallon , skrinay , layette ; provenç. escrin; ital. scrigtio; du latin scrinium.
ËLiUIHË (é-kri-r'), j'écris, nous écrivons; j'écrivais; j'écrivis; j'écrirai; j'écrirais; écris, écrivons; que j'écrive; que j'écrivisse; écrivant, écrit, V. a. Il i* Exprimer avec des lettres tes sons de la parole et le sens du discours. J'ai écrit quelques mots sur ce papier. Écrire ses sentiments. Écrire ses idées. Écrire un calcul. Il [Dieu] écrit de sa propre main, sur deux tables qu'il donne à Moïse au haut du mont Sinaï, le fondement de celle loi. c'està-dire le décalogue ou les dix commandements, qui contiennent les premiers principes du culte de Dieu et de la société humaine, Boss. Hist. i, 4. Je crois qu'on fit des vers longtemps avant de les savoir écrire; mais, l'alphabet une fois connu, sans doute on écrivit autre chose que des vers, p. L. cour. Préface d'Hérodvte.\\ On dit dans un sens analogue, en parlant de la musique, écrire un morceau, un air. Il De même, en parlant d'arithmétique ou d'algèbre, écrire une addition, une opération, une intégrale. || Écrire une page, remplir une page de lettres et de mots. Cet enfant a écrit ses deux pages. I] Absolument. Savoir lire et écrire. Je voudrais, disiez-vous, ne savoir pas écrire, rac. Brit. iv, 3. Il tira ensuite de sa pocha une petite lame d'ivoire, écrivit sur cette lame avec une aiguille d'or, attacha la tablette d'ivoire à l'arc... volt. Babylone, t. || Voilà une bonne voix pour écrire, et une bonne main pour chanter, se dit de qualités qui ne conviennent aucunement à la chose dont il s'agit. Il i' Inscrire ....ô mon Dieu!.... vous l'aviez écrit sur le livre éternel, uass. Or. fun. Louis XIV. Il Fig. Dieu a écrit sa loi dans nos consciences. Il 3° Orthographier. Comment écrivez-vous votre nom? Comment écrivez-vous tel mot? ||4* Adresser et envoyer une lettre à quelqu'un. Je vous ai écrit deux lettres, vous ne m'avez pas répondu. || Écrire un volume, c'est-à-dire écrire une très-longue lettre. Je me croirai la plus aimée, la mieux traitée, la plus tendrement ménagée, quand vous prendrez sur moi et que vous ôlerez du nombre de vos fatigues le volume que vous m'écrivez, sÉv. 395. || Informer par lettre ou par correspondance. Je lui ai écrit la mort de son père. || Absolument. Il m'écrivit qu'il fallait se hàler. Je vous écrirai, et je vous donnerai mon adresse. J'écrivis en Argos pour hâter ce voyage, RAC. Iphig. I, <. Il Ces ■deux personnes s'écrivent, elles ont entre elles un commerce de lettres. Il Ecrire de bonne encre, de la bonne encre à quelqu'un, lui faire des remontrances sévères, lui intimer sérieusement un ordre. || 5° Rédiger, composer un ouvrage. Écrire un traité, une histoire. Il a écrit ses mémoires. Un saint abbé dont la doctrine et la vie sunt un ornement de notre siècle, ravi d'une conversion aussi admirable et aussi parfaite que celle de notre princesse, lui ordonna de l'écrire pour l'édification de l'Église, BOSS. Anne de Goni. Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse; Le style le moins noble a pourtant sa noblesse, Boa. Art p. i. Il Absolument. Écrire en prose, en vers. Cet auteur a beaucoup écrit. Ceux qui ont écrit sur cette matière. 11 faut qu'un galant homme ait toujours grand empire Sur les démangeaisons qui nous prennent d'écrire, mol. Uis. i, 2. Il se tue à rimer; que n'écrit-il en prose? boil. Sat. ix. Écrive qui voudra; chacun à ce métier Peut perdre impunément de l'encre et du papier, lo. ib. ix. Avant donc que d'écrire, apprenez à penser, lo. Art p. i. Mais dans l'art dangereux de rimer ou d'écrire, 11 n'est point da degré du médiocre au pire, lu. ib. iv. La plupart, comme ceux qui depuis ont écrit sur cette journée, ignoraient les souffrances physiques d'un chef qui.... ségur, Hist. de Nap. iv, 6. || On dit aussi : écrire d'une chose. Prétendre en écrivant de quelque art échapper à la critique, la bruy. Disc, sur ThéopliT. Il II se dit du genre de style. Cet homme parle bien, mais ne sait pas écrire. Donnonslui donc [à Calvin], puisqu'il lèvent tant, celle gloire d'avoir aussi bien écrit qu'homme de son siècle; mettons-le même, si l'on veut, au-dessus de Luther.... boss. Variations, 9. Qui ne sait .se borner ne sut jamais écrire, boil. Art p. i. il faut exprimer le vrai pour écrire natureliement, fortement, délicatement, la bruy. i. Un esprit médiocre croit écrire divinement, un bon esprit croit écrire raisonnablement, iD.tb. Tout auteur qu'on est obligé de lire deux fois pour l'entendre écrit mal, st-foix, Ess. Paris, t. iv, p. 221, dans pougens. [La Motte- IIou î.,r.]] prouva que dans l'art d'écrire on peut
ÊCR
encore itre quelque chose au second rang, volt. Louis II V, 32. Il Écrire au courant de la plume, écrire rapidenient, sans mettre beaucoup de réflexion. Il Avancer, exposer, enseigner. Arislote a écrit que les animaux.... || 11 se dit aussi des compositions musicales. Écrire un opéra. Ce musicien a beaucoup écrit. Il 6" Terme de pratique. Exposer ses moyens dans un mémoire, dans une requête. Ils furent appointés à écrire et produire, jj X mal exploiter bien écrire, se dit de celui qui, ayant fait des fautes et manqué aux formalités, y remédie par des écriture» arrangées. || Rédiger un procès-verbal, un interrogatoire, une déposition. Tiens, voilà ton paiement
— Un suufflell écrivons, hac. Plaid, u, 4 Vous
riez? Écrivez qu'elle a ri, id. t6. 11, 8. || S'engager par écrit. Il ne suffit pas de promesses, il faut écrire. Quiconque écrit s'engage, th. corn. l'Amour à la mode, i, 2. || 7° Marquer, indiquer. Son sang sur la poussière écrivait mon devoir, corn. Cid, u, 9. IIS» S'écrire, v. réfl. Être écrit. Tout ce qui se dit ne s'écrit pas. Tout ce qui est bon à écrire, c'est une maxime do Vaugelas, est bon à dire ; mais tout ce qui peut se dire ne se doit pas écrire, d'olivet. Rem. surRacine, § 94. || Être orthographié. Ce mot ne s'écrit pas ainsi. || 9° S'écrire chez quelqu'un, inscrire son nom chez quelqu'un à qui l'on fait visite. Il Se faire écrire chez quehju'un, à la porte da quelqu'un, faire mettre son nom sur un papier chez le portier. Je n'avais pas changé [de conduite froide avec Villeroy] depuis, hors de me faire écrire aux occasions chez le maréchal, ce qui ne s'omet qu'en brouillerie ouverte, st-sim. 392, 59. On sait quand il faut se faire écrire, c'est-à-dire faire une visite qu'on ne fait pas, j. j. houss. Héloise, 11, 7.
— REM. Racine a dit écrire en Argos, c'esl-à-dira dans le pays d'Argos; c'est une licence poétique, ou, si l'on veut. Racine a pris Argos dans le sens de pays d'Argos. Mais, dans la règle, en ou datis ne peut se dire qu'avec un pays : j'ai écrit dans ce pays-là; mais j'ai écrit à Londres, à Berlin.
— HIST. XI' s. Il est escrit en la geste francor,
Ch. de Roi. ex. || xii' s Faites faire erraument
[aussitôt] Vos Chartres et vos briés [brefs] à clerz bien esorivanz, Sax. xxi. Demain iront partout no brief qui sont escrit, ib. xxiv. Davit li reis, qui ont en sei saint esperit. Quant il out Salomun sun fil à rei escrit.... Th. le mart. 27. Solunc [selon] ses paroles [il] escrit [écrivit] par lot son règne, e establi princes qui ço feissent faire par force, Machab. i, 4. \\ xin' s. Car bien estoit letrée et bien savoit esorire, Berte, xiv. Et des nombres [il] devoit escripre, la Rose, 6720. Lesquiex enseignemens le roy escript [écrivit] de sa sainte main, joinv. 300. ||xiv' s. Comme l'en doit former ou e.scripre les livres, oresme, Elh. 67. Li dras [étoffe] qui fu escris de painture dorée, Beaud. de Seb. 11, 964. ||xv' s. Ces deux [Philippe d'Artevelle etPiitredu Bois] se nommoienl eî escrisoient souverains capitaines de tous, froiss. u, 11, 460. Et escripst [écrivit] le pape au roi Charles, que il renvoyast sa sœur Isabelle en Angleterre, m. i, i. H. [Le duc d'Anjou] escripsit devers messire Jean d'Armignao que à ce besoin il ne luivoulsist faillir, ID. II, II, i. Le duc d'Anjou qui se faisoit escrire roy de Cécile et de Hierusalem, id. liv. 11, p. 160, dans LACURNE. Il XVI' s. Xercès escrivit un cartel au mont Athos, mont, i, 22. Escrit il en vers ou en prose? ID. 1, 142. Calon, qui luy assistoit à sa brigue, s'advisa que les tables où s'escrivoient les voix estoient toutes esorittes d'une main, m. Cat. d'Uliq. 62. Il est fort difficile d'escrire bien en nostre langue, si elle n'est enrichie autrement qu'elle n'est pour la présent, de mots et de diverses manières de parier; ceux qui escrivent journellement en elle savent bien à quoi s'en tenir; car c'est une extrême gène de se servir tousjours d'un mot, hons. ')89.
— ÉTYM. 'Wallon, skrlre; provenç. escriure; espagn. cicn'hir ; portug. escrever ; ital. scrivere; du latin scribcre, le même que le grec fpâçeiv (dont le thème est Ypaë) , par la prosthèsa d'une s. Comparez graver; le goth. graban, creuser; allem. graben. Le sens du radical grab ou scrib est creuser.
f ËCKISÉE (é-kri-zée), s.f. Corruption d'égrisée.
1. ÉCRIT, ITE (é-kri, kri-t') , par», passé d'écrire. Il 1° Exprimé par des lettres. Discours écrit. Convention écrite. Les temps de la loi écrite commencent; elle fut donnée à Moïse 430 ans après la vocation d'Abraham, boss. Hist. i, 4. Alison dit ces mots avec tant de chaleur. Que je crus qu'elle était en vertus accomplie; Mais ses péchés éciils tombèrent par malheur; Klle n'y prit pas garde, lafont. Bal^ lade sur les livret d'anwur, || Langue écrite, langue littéraire et grammaticale, par opposition i langua
ÊCR
parlée. || Ce qui est écrit est écrit, on no peut rien clianger à ce qui est écrit. || Cela était écrit au ciel, la ProTidence a^ait résolu qu'il en serait ainsi, ou absolument, cela est écrit, était écrit, cela doit, devait arriver. Il est écrit que je ne gagnerai pas. Il 2* Sur quoi on a écrit. Une feuille écrite des deux cAtés. Papier écrit, opposé k papier blanc. || Il faut remarquer que, bien qu'on dise papier écrit, feuille écrite, parchemin écrit, cependant on ne dit pas en ce sens écrire un parchemin, une feuille, un papier. || S'Orthographie. Pâques autrefois éoritavec une t: Pasques. || 4* Peint, tracé, manifeste. L'entui est écrit sur son visage, stv. t98. Mon malheur n'est-il pas écrit sur son visage? bac. Baj. iv, 4. Dans ses- yeux insolents je vois ma perte écrite, ID. Phèd. m, s. Il 6* Composé, rédigé. L'histoire écrite par Tacite. || 6* Bien écrit, mal écrit, rédigé en bon, en mauvais style. Je ne sais si la peinture de la sécheresse dans le treizième chant [de la Jérusalem] n'est pas le morceau du poème le mieux écrit, CHATEAUB. flt'n. III, ti. Il Absolument. Cela n'est pas écrit, se dit d'une composition, d'une pièce, d'un livre dont le style est sans correction ni élégance. Il 7* Terme d'histoire naturelle. Qui offre des taches ayant de la ressemblance avec des caractères d'écriture. Le cône écrit, sorte de coquille.
i. ÉCRIT (é-kri ; le ( ne se lie pas ; au pluriel, 1'* se lie: des é-kri-z élégants), s. m. || 1' Papier ou parchemin sur lequel une chose est consignée avec des lettres. Passez-moi cet écrit. Tiens, perfide, regarde et démens cet écrit, bac. Baj. v, 4. Ces archives des lois, ce vaste amas d'écrits, volt. Orphel. II, 6. Il Un mot d'écrit, une lettre très-courte, un écrit très-court. Que dites-vous du tour et de ce mot d'écrit? mol. Éc. de$ f. m, 1. 1| En écrit, par écrit, sur le papier, par opposition à de vive voix. Vous pouviez vous passer de mes embrassements , Ma faire par écrit de tels remercîments, cobn. Nie. U, a. Ils commencèrent à publier leurs prophéties par écrit, Boss. Hist.i, t. Jusque-là Dieu n'avait rien donné par écrit, id. ib. u, 3. L'ordre que je lui avais donné par écrit de tuer Philoclès, fén. Tél. Hii. Il En procédure, instruction par écrit, affaire instruite par écrit. Procès par écrit, instruction, affaire, procès où tout est fait par écrit. Preuve par écrit, par opposition à preuve testimoniale. || Mettre en écrit, par écrit, consigner par écrit, coucher par écrit, écrire une chose pour s'en souvenir, ou exposer une chose dans un écrit, dans un mémoire. Une autre fois je mettrai mes raisonnements par écrit pour disputer avec vous, uoL. Festin, i, 2. Je n'ai point de repos qu'il ne soit en écrit, boil. Sal. vil. Tu te souviens qu'au village on t'a dit. Que ton maître est gagé pour coucher par écrit Les faits d'un roi plus grand en sagesse, en vaillance, Que Charlemagne aidé des douze pairs de France, id. Éptt. XI. Il 2" Acte, convention écrite. Ils ont fait un écrit. Signer un écrit. || 8" Ouvrage littéraire ou scientifique. Mais je lui disais, moi, qu'un froid écrit assomme, HOL. Kit. i, 2. J'ai vu un écrit que vous avez publié, PASC. Prov. il. Les écrits qu'ils faisaient étaient entre les mains de tout le peuple, BOSS. Uist.u, *. Tes écrits, il est vrai, sans art et languissants. Semblent être formés en dépit du bon sens, BoiL. Sat. u. U n'est valet d'auteur ni copiste à Paris Qui, la balance en main, ne pèseles écrits, ID. Sat. IX. Et ses écrits tout seuls doivent parler pour lui, ID. t6. Mais nous autres faiseurs de livres et d'écrits, Sur les bords du Permesse aux louanges nourris, ID. Éptt. vi. Si.... Tu t'allais engager à polir un écrit, id. ib. xi. Surtout qu'en vos écrits la langue révérée Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée, id. Art p. i. Tel écrit récité se soutint jh l'oreille. Qui, dans l'impression au grand jour su montrant, Ne soutient pas des yeux le regard pénétrant, id. ib. iv. || En général, écrit se dit des ouvrages en prose. Il peut bien désigner collectivement des poèmes, mais il n'a pas ce sens par luimême. Les Grecs faisaient la même distinction que nousi ils appelaient ov7YP<>''|iaTa les ouvrages en prose, par opposition aux icoi^iiaTa, les puémes. Il 4* Autrefois leçons qu'on écrivait sous un professour de thijologie ou de philosophie qui dictait. J'ai encore tous mes écrits de philosophie. On dit aujourd'hui cahiers.
— HIST. XII* s. Et les escritz que je ai aportez, Donc. p. ii. Pris i furent si livre [ses livres] et trestuil si escrit, Tli. U mart. (63. || xiii' s. Si com à
St Denis en escript [je] le trovai, Bertt, LVU Li
livres anciens.... Où sa mort trovons en escript, Si cum Suetonius l'escript, la Rote, «484. Et tout cil qui s'i acordent doivent estre mis en escrit comme kcordans, beaom. •<. Nus [nul] n'est tenu à baiUier
ECR
en escrit i averse partie le dit de set tesmoins, id. xxxii, 67. Quant mon non fu mis en escrit, si me mena l'amirant dedans le pavillon, là où les barons estoient, ;oinv. 242. || xv* s. Car par escript vous a pieu me donner L'ng doux confort, CH. d'obl. Bal. Il XVI* s. Ayant rédigé par escrit en deux livres tout' ce qu'il avoit fait en cesle charge, il n'en put sauver ny l'un ny l'autre, amyot, Cat.d'Ul. 61. Autant de fuis que l'on transcrit. Autant corrige on son escrit, LEHOUX DE LINCY, PTOV. t. Il, p. (28.
— ÊTYM. Écrit 1 ; wallon, tkryeg; provenç. etcrit; espagn. etcrito; ital. tcrilto.
ÊCRITEAU (é-kri-tô), t. m. Sorte d'affiche, collée sur du bois ou sur le mur, faisant connaître une chose au public. Mettre un écriteau. Jadis on exposait les condamnés avec des écriteaux. Un écriteau marquait que la maison était à vendre, fén. Diogène. Les peuples ont leur lendemain : Pour rendre leur route douteuse, Suffit-il qu'une main honteuse Change l'écriteau du chemin? v. Huoo, Crép. I. Il Mettre écriteau, annoncer par un écriteau que quelque chose est à vendre ou à louer. || Fig. Mettre un écriteau à une femme, l'afficher par ses propos ou ses démarches comme sa maîtresse.
— SYN. ÉCBiTEAU , iNscaipTioN. L'écriteau n'est qu'un morceau de papier ou de carton sur lequel on écrit quelque chose en grosses lettres pour donner avis au public. L'inscription se grave sur la pierre, sur le marbre, sur des colonnes, sur un mausolée, sur une médaille ou sur quelque autre monument public pour conserver la mémoire d'une chose ou d'une personne, Encyclop. v, »67. Ajoutons que l'inscription est fixe, et l'écriteau mobile.
— HIST. XIV* 8. L'autre escriptel où son nom sera mis, Modut, nu. f° 226, dans lacubne. || xvi' s. Il tomba du ciel plusieurs petits escriteaux, en l'un desquels y avoit escrit de mot à mot : Mars secoue ses armes, auyot, Fab. *.
— ÊTYM. Diminutif de écrit 2 ; picard, écritieu. ÉCRITOIRE (é-kri-toi-r'), t.f.\\i' l'etit meuble
portatif où l'on met tout ce qu'il faut pour écrire. Écritoire de poche, de bureau. Il a un grand registre sous son bras, une écritoire pendue à sa ceinture et une guitare sur le dos, lesage. Diable boiteux, ch. <7. Il Nobles d'écritoire, nom que la noblesse d'épée donnait par mépris & la noblesse de robe. Il Greffier de l'écritoire, voy. cbepheb. || 2* Petit vase où l'on met de l'encre, et que l'on nomme plus souvent encrier. Il est ami de Fagon, il me conta qu'il ne vivait que par l'éloignement des écritoires [en n'écrivant plus], sÉv. 396. Rappelez-vous que ce jour-là Un beau page tint l'écritoire, bêraho. Conir. de mar. || Fig. k pleine écritoire, en écrivant, exposant amplement. Tel fut notre début en Italie, dont toute la faute fut imputée à Catinat, en quoi Vaudemont, en pinçant seulement la matière, et Tessé à pleine écritoire ne s'épargnèrent pas, ST-siH. 98, 2t. Il 8° Autrefois, nom de cellules qui étaient au rez-de-chaussée de plusieurs monastères et dans lesquelles on copiait les manuscrits.
— REM. Le genre d'écritoire, entre l'étymologie {tcriptorium) et la finale féminine, avarié; il est masculin dans Rabelais et dans plusieurs provinces.
— SYN. ÉCiUTOiaB, ENCRiEE. L'encrier, à proprement parler, n'est qu'une partie de l'écritoire, comme la poudrière ou le porte-plumes.
— HIST. m* s. Li frères l'endemain al saint humme en ala, E en sun escritorie, là ù il le trova, l'ur la pitié de Deu tant li dist e preia.... Th. le mart. 96. Il IV* s. Or me convient, Entroes que [pendant que] j'ai sens et mémoire, Encre et papier et escriptoire, Caoivet et penne taillée , fboiss. Buisson de jonece. \\ xvi* s. Et portoit oiidinairement ung gros escriptoire, pesant plus de 7000 quintaulx, eab. Garg. I, (4. Les Genevoys, quand, ou matin, avoir dedans leurs escriptôyres et cabinets propensé et résolu de qui et de quelz, celluy jour, ilz pourront tirer denares, ilz sortent en place, id. Pant. iv, Nouv. prol.
— ÊTYM. Wallon , tkriftôr, tkrittOr; provenç. escri'plori; espagn. «cn'ptorio; ital. tcrittoio; du latin scriptnrium . de scrihcre, écrire. Escritorie est une ancienne forme étymologique d'«ïcri(oir«, et ne donnait pas, à la prononciation, une syllabe de plus.
ÉCRITURE (é-kri-tu-r'), t. f. || l*Ce qui est écrit. Toutes ces écritures ont passé sous vos yeux. Voyez votre écriture; Vous n'appellerez pas de votre signature. Eue. Plaid, m, 4. || Terme d'administration. Comptes, correspondances, rapports. Multiplier les écritures. Commis aux écritures. || Tenir les écritures, se dit dans la banque et le commerce, de l'employé qui est charge des comptes et corre»-
ÉCR
poodances. || Terme de palais. Écrits qu'on fait pour un procès. Fournir des écritures. Qu'on cherchât une fin aux écritures, la bbot. xiv. || Ecritures de banque, les billets que les banquiers ou négociants se donnent réciproquement pour opérer des irans ferts. Il Terme de marine. Papiers, registres, passeports. Il 2* L'art d'écrire; reproduction de la parole par des lettres. L'écriture est la peinture de la voix: plus elle est ressemblante, meilleure elle est, volt. Dict. phil. orthographe. Quand l'écriture fut trouvée, plusieurs blâmaient cette invention, non encore justifiée aux yeux de bien des gens; on la disait propre à Ater l'exercice de la mémoire et à rendre l'esprit paresseux, p. L. cou». Prifaa à Hérodote. Il Écriture idéographique, celle qui représente directement les idées, par exemple chez nous les signes de ponctuation. Écriture phonétique, celle qui représente les sons de la parole. Écriture syllabique, celle qui ne décompose pas les syllabes en voyelles et consonnes. Écriture alphabétique, celle qui représente les sons de la voix avec les lettres d'un alphabet. Écriture hiéroglyphique, écriture des Égyptiens qui représentait en général non des sons, mais des mots. Écriture démoiiijue, écriture cursive des Égyptiens dérivée des hiéroglyphes. Il 8* Art, manière de former les lettres. Avoir una belle écriture. Une écriture illisible. Oui, si je ne savais quelle est ton écriture, mair. Sophon. l, t. 0.n avait parfaitement imité son écriture, pEn. Tél. xm. Mon écriture n'est pas mauvaise, repartit Henriette, et, si vous le permettez, je serai votre maîtresse, M"* DE GEtais, Veillées du chdt. 1. 1, p. 6), dans ponOENS. Il Forme particulière des caractères. L'écriture gothique. L'écriture cursive. L'écriture anglaise. Il 4* Action d'écrire. Je vis l'autre jour du Chesn* chez M. de Coulanges, qui a gardé plus de quinze jours sa chambre pour des dégoûts et des plénitudes; il me parla de votre santé, et me dit encore pis que pendre de cette chienne d'écriture, siv. 396. Il B" L'Écriture sainte, ou, absolument, l'Écriture, les Écritures, c'est-à-dire l'Ancien et le Nouveau Testament (en cette acception. Écriture prend un E majuscule). Nous lisons dans lÉcriture sainte. Ces explications licencieuses font trouver tout ce qu'on veut dans l'Écriture, Boss. Tor. II, § 23. [Suivant cette doctrine] Ce n'est pas le sentiment qu'on a des choses qui doit être éprouvé par l'Écriture; mais l'Écriture elle-même n'est connue ni sentie que par le sentiment qu'on a des choses avant que de connaître les saints livres, et la religion est formée sans eux, id. ib. xv, <{ < '6. Ne vous étonnez pas, chrétiens, si je ne fais plus, faible orateur, que de répéter les paroles de la princesse palatine; c'est que j'y ressens la manne cachée et le goût des Écritures divines, que ses peines et ses sentiments lui faisaient entendre, id. Anne de Gonz. Nous mourons tous, disait cette femme dont l'Écriture a loué la prudence au second livre des Rois, et nous allons sans cesse au tombeau, ainsi que des eatix qui se perdent sans retour, id. Uuch. d'Orl. Le matin elle fleurissait; avec quelles grâces, vous le savez; le soir nous la vîmes séchée; et ces fortes expressions par lesquelles l'Écriture sainte exagère l'inconstance des choses humaines, devaient être pour celte princesse si précises et si littérales, u> ib. Quand on étudie avec quelque soin les Écritures, on reconnaît que c'est toujours la force des pensées et la grandeur des sentiments qui en font la beauté, BOLUN, ïyat«! des Et. rr, ». || Fig. Accorder ou concilier les Écritures, accorder, concilier des passages qui sont en désaccord, sauver des contradictions. Il 6* Nom de plusieurs coquilles. Ëciiture arabique ou écriture chinoise, la Vénus littérée. Écriture hébraïque, le cône hébreu. Écriture grecque, la Vénus fortifiée. || Proverbe. Il est bien âne de nature qui ne peut lire son écriture.
— HIST. xil* s. De ce dist la Scriture des dampneiz; guai à ceaz [malheur à ceux] ki ont perdue U soffrance. Job. p. 448. || xm* s. Hauvaisement lor souvient de l'Escriture, qui dist par le [la] bouce
David la roi.... Chr. de Rains, p. 1 Se mots I
trovez jà mis. Qui semblent mordans ou chenins Encontre les meurs femenins. Que ne m'en veilliez pas blasmer, Ne m'escriture diffamer, la Rose, <64a6. Et quant aucuns veut avoir letres en la ma niere dessus dite, ce doit estre à son cousl de l'escripture et du seel [sceau], beaum. xxxix, «o. Il XIV* s. Et ainsi les Romains avoient les escriptures des Grecs et ceste science comme de Aristote, Platon et des autres, obesmb, Prol. Plustost sa posl [pflt] dampner qu'uns autres le porroit. Car il scet l'escripture, et toute la concboit [conçoit], £aud. de Seb. vii, 8«o. || xvi* g. Les trois doigts par
ÉCR
ÉCR
ÈCR
escnpture quantz biens quantz maux ont faict, le-
BOOX DE LINGY, ProV. t. II, p. 334.
— ÊTYM. Provenç. escriptura; espagn. escritura; ital. scritiura; du latin tcriplura, de scribere, écrire.
t ÉCRITURER (é-kri-tu-ré), V. n. Terme de méder. Faire des copies, des écritures.
— ÊTYM. Écriture.
t ÉCRITURIER (é-kri-tu-rié), *. m. Celui qui écriture.
t ÉCRIVAILLER (é-kri-vâ-Ilé,ii mouillées). || 1» Y. n. Mot familier et méprisant. Écrire avec négligence des choses sans valeur. || 8° V. a. Écrivailler de mauvais romans.
— HIST. xvi's. Escrivailler, oudin.
— ÊTYM. Forme péjorative dérivée d'écrire. tÉCRIVAILLERIE (é-kri-ïâ-lle-rie, U mouillées),
». f. Démangeaison d'écrire, d'écrivailler.
— HIST. XVI* s. L'escrivaillerie semble estre quelque symptôme d'un siècle débordé, mont, iv, 66.
— ÉTYM. Écrivailler.
ÉCRIVAILLEUR (é-kri-vâ-Ileur, Il mouillées, et non é-kri-vâ-yeur), s. m. Mauvais auteur qui écrit beaucoup. La foule des écrivailleurs.
— HIST. XVI' s. Jean Bodin est un bon aucteur de notre temps, et accompaigné de beaucoup plus de jugement que la tourbe des escrivailleurs de son siècle, mont, m, 449.
— ËTYM. Écrivailler.
ÉCRIVAIN (é-kri-vin; au pluriel, Vs se lie.: des é-kri-vin-z habiles), s. m. || 1° Celui qui écrit pour d'autres. Ecrivain public. Prenez vos plumes sacrées, vous qui composez les annales de l'Église, agiles instruments d'un prompt écrivain et d'une main diligente, hatez-vous de mettre Louis avec les Constantin et les Théodose , boss. le Tellier. || Expert écrivain, maître d'écriture assermenté près d'un tribunal. || Terme de marine. Anciennement, agent comptable chargé de tenir les registres en ordre, de veiller aux consommations et de les porter sur les livres. L'écrivain ne pourra quitter le vaisseau, que le voyage entrepris n'ait été achevé, à peine de perte de ses gages.... Ordonnance, août (681. Il Aujourd'hui, titre donné à un employé non entretenu qui remplit quelques-unes des fonctions attribuées au commis de la marine, jal. L'écrivain a qualité pour recevoir les testaments faits sur mer. || Écrivain apostolique, secrétaire de la chancellerie du pape. Il 2° Homme qui compose des livres. Si quelqu'un s'étonne qu'après tant d'écrivains je mette la main à la plume, il cessera de s'étonner s'il vient à lire cet ouvrage, d'ablancourt, Arrien, liv. I, ch. 1. Travaille pour la gloire, et qu'un sordide gain Ne soit jamais l'objet d'un illustre écrivain, BOiL. Art p. IV. Oui dit froid écrivain dit détestable auteur, id. ib. Que de tant d'écrivains de l'école d'Ignace Étant, comme je suis, ami si déclaré, ID. Ep. X. Soyez plutôt maçon, si c'est votre talent, Ouvrier estimé dans un art nécessaire. Qu'écrivain du commun et poète vulgaire , iD. Art p. iv. Éprise des beaux-arts, recherchant le génie Des écrivains fameux que vante l'Ausonie, legouvé, ÉpiA. et Néron, i, i. Des écrivains judicieux et instruits ont à différentes époques écrit l'histoire de votre pays, P. L. codh. Lettre à M. Delegorgue. Le Pamphlet des pamphlets montra le talent de Courier arrivé à cette période de puissance où l'écrivain n'imite plus personne et prétend servir d'exemple à son tour, carrel. Œuvres, t. v, p. m. X mesure que P. Louis Courier produit, on peut remarquer son allure plus dégagée, plus libre, sa manière se séparant de plus en plus de celle des écrivains auxquels on a pu d'abord le comparer, ID. t6. t. v, p. 2) a. Les cieux pour les mortels sont un livre entr'ouvert; Chaque siècle avec peine en déchiffre une page, Et dit: ici finit ce magnifique ouvrage; Mais sans cesse le doigt du céleste écrivain Tourne un feuillet de plus de ce livre divin, lamart. Harm.ii, 4. Il U se dit aussi des femmes. Mme de Staël est un très-bon écrivain. || Absolument. C'est un écrivain, c'est un homme habile dans l'art d'écrire. || i° Espèce de perche, poisson. || Insecte nuisible, nommé aussi coupe-bourgeon.
— SYN. ÉCRIVAIN, AUTEUR. Auteur est plus général qu'écrivain; il se dit de toute composition littéraire ou scientifique, en prose ou en vers: un poète en composant une tragédie, et un mathématicien en composant un traité de géométrie sont des auteurs. Mais écrivain ne se dit que de ceux qui ont écrit en prose des ouvrages de belles-lettres ou d'histoire; ou du moins, si on le dit des autres, c'est qu'alors on a la pensée fixée sur leur style: Descartes est un auteur de livres de philosophie et de
SICT. DS LA LANQUS FRANÇAIS!
mathématiques, mais c'est aussi un écrivain. Racine est un grand écrivain, par la même raison, parce que son style est excellent, car eu égard à la forme du langage employé on dira toujours que c'est un grand poète.
— HIST. m* s. La meie langue, chalemeals [calame] d'escrivang, ignelment [vite] escrivant, Liber psalm. p. 5». E Achidan e Bachidem assemblèrent assez escrivains por requerre lor droit et lor raison, Machabées, i, «. E Siba maistres escriveins, e Sadoce Abiathar pruveires [prêtres] , flots, p. 200. Il XIII* s. Aprentif jugleor et escrivain marri, Berte, I. Et s'il y avoit à amender par le vice de l'escrivain, il seroit esgardé et amendé par les auditeurs, BEAUM. XL, 38. Il XVI* S. Les autres nations, qui pour la bonté des escrivans nous surpassent èsdites choses, et ne seroient à comparer à nous, si escrivans ne nous eussent failly, M. du bellat, Prolog. Escripvain de la nave [commis dans un navire] , la SALADE, ^3^, dans lacurne. Il y debvroit avoir quelque coerction des lois contre les escrivains ineptes et inutiles, comme il y a contre les vagabonds et fainéants, mont, iv, 6B.
— ÉTYM. Wallon, skryen; provenç. escriban; catal. escribâ; espagn. escribano; porlug. escrivâo; ital. scrivano; bas-lat. scribanus, dérivé du latin scriba, scribe.
t ÉCRIVANT, ANTE (é-kri-van, van-t'), adj. Qui écrit. La secte écrivante, cabalante, intrigante. Le plus ambulant de vos amis, le plus écrivain et le moins écrivant, se jette aux pieds de l'autel de l'amitié et avoue d'un cœur contrit sa misérable paresse, VOLT. Lett. Cideville, (9 janv. 4 742.
ÉCRIVASSIER (é-kri-va-sié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'îselie: des é-kri-va-sié-z ignorants) , s. m. Terme de mépris. Mauvais auteur qui écrit beaucoup. Ahl qu'on s'étonne encore, m'écriai -je, si tant d'écrivassiers assomment impunément de leurs productions glacées un public assez indulgent pour les applaudir même alors qu'il b&ille, qilb. le Carnav. des aut.
— ÉTYM. Dérivation péjorative d'écrivant.
t ÉCRIVE (é-kri-v'), s. f. Arbre d'écrou de la presse à apprêter les draps.
— ÉTYM. Écrou *
tÉCRIVEUR. EUSE (é-kri-veur, veâ-z'),î. m. et/'. Terme familier. Celui , celle qui écrit beaucoup de lettres, qui aime à en écrire. Je ne suis pas écriveuse, m"* de villerot. Lettres choisies, (76), p. 280, dans lacurne. Il On trouve aussi écriveui, mais c'est une mauvaise orthographe pour éeriveur, qui aux xvii* et xviii* siècles se prononçait écriveux. Vous avez de l'obligation à Langlade ; ce n'est point un écriveux; mais il paraît votre ami en toute occasion, sÉv. Lett. <3 mai <672.
— ÉTYM. Écrivant.
t ÊCROTAGE (é-kro-ta-j') , s. m. Action d'écroter; la terre même qui provient de l'écrotage.
t ÉCROTER (é-kro-té) , t). a. Enlever la première terre d'un ouvroir de saline.
— ÉTYM. Probablement é.... pour es.... préfixe, et crotte ou plutôt croûte.
t. ÉCROn (é-krou), s. m. Pièce de bois, de métal ou de toute autre matière solide, percée d'un trou ordinairement cylindrique, à l'intérieur duquel règne en hélice une saillie adhérente nommée filet, et qui reçoit une vis dont le filet aussi en hélice remplit exactement les cannelures formées par le filet de l'écrou, legoarant. Écrous mobiles. Êorous fixes.
— HIST. XV* s. La cloche qui point ne se muet [meut], Com les contrepois et les roes. Qui tous dis vont par leurs escroes, En tournant jusqu'à certaine heure, eust. desch. Poésies mss. dans lacubne. Il xvi* s. Par le moyen de la clef la vis tourne dans une escroue, paré, xiv, 7.
— ÉTYM. Wallon, skrdu); ital. serofola; du germanique: angl. screw; allem. Schraube; holland. schrsef; suédois, skruf; danois, skrue. Diez tire écrou du latin scrobis, fossette; mais les formes, particulièrement le wallon skrdv, s'y prêtent moins bien qu'à la dérivation germanique. On remarquera que, anciennement, on disait escroue, du féminin.
2. ÉCROU (é-krou), s. m. Article du registre des emprisonnements, portant le nom du prisonnier, la cause de l'arrestation. Dresser, lever un écrou.
— HIST. XIV* s. Plusieurs biens comme blez, vins et autres choses pris de plusieurs bonnes gens, auxquels, pour ce que paiez n'estoient, eussent esté faites et baiUées plusieurs cedules ou escroes de ce qui deu leur estoit, du cange, escroa. Iceluy bailli avoit juré grand serment que le dit procès seroit sceUé et l'avoit reprins en sa main rentourteillié, et la lie d'une escroe de parchemin en plaçant et met-
tant de la cire sur la dite escroe pour icelui procès sceller, m. ib. || iv* s. Et estoient les lettres d'un dat Datées en forme d'escroue, coquillaht. Enquête.
— ÊTYM. Bas-lat. scroa, tcrua, un mémoire, une cédule; escroa, cèdule, bandelette de parchemin. Origine inconnue. Le sens paraît être ce qu'on déchire, lambeau: Mètre escroe de tele [c'est-à-dire mettre morceau de toile en doublure], Liv. des met. 370; En fuiant li ont fait les ronces mainte escroe, Berte, xxxiu. De là le sens de lambeau de papier, de registre, d'écrou. L'anglais a dans le même sens scroll; et comme cette langue n'en fournit pas l'étymologie, on peut conjecturer que c'est une altération de l'ancien français escroele qui signifie uno lanière dans ces vers: Ele ne pot tenir as mains Escroele, drapel ne pieche [pièce].... Fabliaux mss. n° 7989, f» 239, dans lacurne. Escroue a subi la môme transformation que écrou i : de féminin il est devenu masculin.
ÉCROUÉ, ÉE (ékrou-é, ée), part, passe. Inscrit sur le registre d'une prison. Écroué à la prison.
tÉCROUELLB (é-krou-è-l') , 1. f. Nom vulgaire de la crevette des ruisseaux.
ÉCUOUELLES (é-krou-è-l'), t. f. plur. Maladie caractérisée par la tuméfaction des glandes du cou et par une détérioration générale de lu constitution; c'est la même chose que scrofules. Avoir lesécrouelles. Mme de Soubise avait eu beaucoup d'enfants dont quelques-uns étaient morts des écroueUes, STsiM. 2(8, 188. Quarante misérables dévorés de pauvreté etd'écrouelles, volt. Lett. d'Argental, 20 sept. 1771. Je n'ai trouvé, en arrivant, que des terres incultes, de la pauvreté et des écrouelles, id. Lett. Chardon, 30 déc. 1766. || Les rois de France passaient pour tenir du ciel le don de guérir, par l'attouchement, les écrouelles. Le titre de roi de France, dont ses successeurs [d'Edouard III , d'Angleterre] ont continué de se décorer, uniquement, disait le satirique comte de Rochester, pour se conserver le pri< vilége de guérir des écrouelles, saint-foix. Est. Paris, t. y, p. 84, dans pougens. Le roi dit: je n'ai qualité Que pour guérir les écrouelles, béraho. Contr. de mar.
— HIST. xm* s. En col nuées [nouées] glandres ont [elle eut] , K'hom escrouele numer sout [a coutume de nommer], Edouard le conf. v. 2008 Se
les escroelles ou li maus saint Eloy Y faisoient leur niz, comme en leur franc aloy.... i. de ueung, Test. I2B8. Il IV* s. Le supphant avoit une seur que l'en disoit estre malade des escroelles, eu cange, scroellx. \\ xvi* s. Les scrophules dites coustumierement escrouelles, paré, v, 4 4.
— ÉTYM. Bas-lat. scrofeltai, dérivé de scrofulx (voy. scrofules).
■fÉCROUELLÉ, ÉE (é-krou-è-lé, lée), adj. Qui est atteint des écrouelles.
— ÉTYM. Écrouelles.
t ÉCROUELLET (é-krou-è-lè) , t. m. Terme de vétérinaire. Tumeur qui survient à la région cervicale chez le bœuf.
I ÉCROCELLECX, EUSE (é-krou-è-leû , leû-z'), adj. Qui a rapport aux écrouelles. || Qui est atteint des écrouelles, et, substantivement, un écrouelleux. Les écrouelleuses.
— HIST. XVI* s. Ce meschant humeur altère et pourrit les os et rend les pauvres escrouelleux fébriles, paré, v, 49.
— ÉTYM. Écrouelles.
ÊCROUER (è-krou-é), v. a. Inscrire un acte d'arrestation sur le registre des écrous; emprisonner. On l'a écroué tel jour. Criant au geôlier de fermer la porto, attendu, disait-il, que j'étais un voleur et qu'il voulait m'écrouer, lesage, Guzm. d'Alf. iv, 9. Il se loue fort du procédé de ces messieurs; on ne saurait être écroué avec plus de civilité, interrogé plus sagement, ni élargi plus promptement qu'il n'a été, p. l. cour. CoWectt'on d'articles, i" nov. 4823.
— HIST. XVI* s. Nous voilà dedans, on nous prend et fusmes encrouez, d'aub. Fœn. 11, 4.
— ÉTYM. Écrou 2.
ÉCROUES (é-kroue), t. f. plur. Autrefois états ou rôles de la dépense de bouche de la maison du roi.
— ÉTYM. Écrou 2.
ECROUI, lE (é-krou-i, le), part, passé. Du fer écroui.
ÉCROUIR (é krou-ir), v. a. Terme de métallurgie. Rendre un métal plus dense et lui donner du ressort, en le battant à froid ou en le faisant passer à travers les trous successifs de la filière. || S'écrouir, V. réfl. Être écroui. Ces fers se sont écrouis facilement.
— ÉTYM. Origine douteuse. Ce serait écrou 4 , si la filière avait été d'abord le moyen de l'écrouissage.
ECS
fËCROUISSAGE (é-krou-i-sa-j'), ». m. Action d'écrouir. L'écrouissage des métaux eQ augmoiito la duQsité. Un bon écrouissage.
— RTYM. Écrouir, par icrouitsanU
ÉCROCISSEMENT (é-krou-i-se-man) , ». m. Action d'écrouir; augmenlation de dureté et de densité qui en résulte. On augmente l'élasticité de certains métaux par l'écrouissement.
— ETYM. ÉcTouir, par Arouiîjont.
ÉCltOCLË, ÊE (é-krou-lé, lée), pari, passé. Un
mur écroulé. Parmi ces colonnes étaient de grands édifices, les uns entiers, les autres dcmi-écroulijs,
voi.NEY, Ituinet, 1. 1| Fig. Un empire écroulé Je
voulais, menant au but la foule, Avec le siècle qui s'écroule, Confronter la siècle écroulé, v. hugo, Odes, m, 8.
ÊCUOULEMENT ( é-krou-le-man ) , ». m. Chute d'un mur, d'un édifice, d'une montagne, etc. Ils l'aperçoivent [Rostopscliine] au milieu des flammes qu'il attise, sourire à lécroulement de cette su|ierbe demeure, séglh, Ilist. de Napol. vm, 9. {| Fig. L'écroulement de la fortune d'un ministre. Mes compagnons, vous le rappelez-vous ce champ funeste où s'arrêta la conquête du monde, où vingt ans de victoires vinrent échuuer, où commença le grand écroulement de notre fortune? ID. ib. a, 4.
— ÉTVM. Écrouler.
ÉCROULER (S') (é-krou-lé), t. r^/l. || f Crouler complètement. Ces temples renommés, ces palais magnifi(|ues Dans les feux dévorants s'écroulent sans retour, LEGOuvÉ, Épich. et Néron, l, <. || 2" Fig. Sa fortune s'est écroulée. Renversés par le temps, les empires s'écroulent, h. j. chënjer, Œdipe à Coi. Il, t. Peuple, empire, guerriers, tout s'écroule avec lui, viennet, Clovis, m, <o.
— REM. Avec le verbe faire et avec laisser, on peut admettre l'ellipse du pronom personnel ; Les pluies ont fait écrouler le mur. Mais il ne faudrait pas imiter cette phrase de Massillon : Elle a pensé périr et écrouler sous le poids de sa propre gloire, Or. fun. de Louis IIV.
— HIST. XVI» s. Là estoit ung sycomore anticque : elle l'escroula par troys foys et sus huict feuilles qui en tombarent.... rab. Pant. lu, il. Cecyjadiz nous prefigurolt la pylhie, quand, avant respondre, escroulloyt son laurier domesticque, id. ib. ni, ♦O.
— ETYM. É puurei....prélixe, et crouler; lierry, égroler, t'égroler. Le sens d'écrouler est secouer, agiter.
t ftCROCXAGE (é-krouta-j'), ». m. Action d"écroûler une friche, une terre inculte.
ÉCROOtë, ÉE (ékrou-té, tée), part, passé. Du pain écroùté.
t ÉCROCtement (é-kroute-man), ». m. Action d'écroùter; résultat de cette action.
— HIST. xvi* s. Escroustement, ooui».
— ETYM. Écrouler.
ÊCROCter (é-krou-té), v. a. || l« ôter la croûte. Êcroilter le pain. || i' Terme rural. Labourer superficiellement un ancien guéret, en détacher la superficie en tranches plates.
— HIST. xvi* s. Escrouster, oudin.
— BTYM. É pour es.... préfixe, et eroflfe. ÊCRO, CE (é-kru, krue), adj. \\l°Q\ii n'a point
été soumis k l'eau. Soie écrue. Des brodequins de cuir écru. Fil écru, fil qui n'a point été lavé. Toile ccrue, toile qui n'a point été blanchie. Le cultivateur est payé avec de l'argent qui revient toujours à la compagnie et avec quelques toiles bleues ou écrues, tirées du Coromandel, «aynal, Hist. phil. II, 8. Il Fer écru, celui qui, ayant été brûlé ou mal corroyé, se trouve mêlé de crasse. || 2'' S. m. Qualité de ce qui est écru. De la soie dans son écru. Il Étoffe écrue. Des écrus de la Chine.
— lllST. iiii' s. Et qui voudra faire œvre de fil escru, si face raie de fil teint. Lit. des met. 8». Il ont acordé au dit mestier que l'en ne doit estre tenuz à respondre d'uevre fors tant come ele est escrue tant seulement, ib. 392. || xv's. Une très haute galle toute couverte de draps escrus de Normandie, lesquels draps on avoit fait venir de plusieurs'lleux, raoïss. III, IV, <.
— ETYM. Cru, adjectif, avec e» épenthétique donnant seulement plus de force au mot: qui n'est pas sorti de l'état de crudité, de non préparation.
t ÉCRUES (é-krue), ». f. plur. Terme d'agriculture. Bois qui ont crû spontanément sur des terres labourables.
— HIST. XVI» s. Escnie, Cotwium. génér. t. i,
p. »tS, dans LACURNE.
— ETYM. Es.... préfixe, et crû, part, passé de croître.
tECSARCOHB (èk-sar-ko-m'}, ». m. Terme
ECU
de chirurgie. Excroissance charnue. || Peu usité.
— ÉTYM. 'Exuâpxroiia , de ix, et <jdpx<i>|j.a , sarcome (voy. sarcome).
t ECTASE (?k-ta-z'), ». f. Terme de prosodie grecque. Allongement d'une syllabe brève.
— ÉTYM. 'ExtaiTi?, extension, de ix, et tiatc, tension, «(vtiv. tendre (voy. tendre, verbe).
t ECTASIE (èk-la-zie), ». f. Terme de médecine. Nom générique des maladies caractérisées par un état de dilatation.
— ETYM. Voy. ECTASE.
t ECTIlCSE (èk-tè-z'), ». f. Nom d'une fameuse confession de foi, publiée en <39, par l'empereur Héraclius, pour ne reconnaître qu'une volonté dans Jésus-Christ. Il proposa son ecthèse ou exposition, lioss. Hist. I, 4 1.
— ETYM. 'ExOsiTi;, de ix, et tian, thèse, proposition (voy. THÈSE).
t ECT1IÉ.SIEN (èk-té-ziin), $. m. Sectateur de
l'ectlièse d'Héraclius.
— ÉTYM. F.cthèse.
t ECTULIPSE (èk-tli-ps'), ». f. Terme de prosodie latine. Élision d'une syllabe finale terminée par une m ; mu/fum ille, ou par une s: bonu vir pour bonus vir.
— ETYM. 'Ex8Xn]/i;, suppression, de ix, et 9).i- (j/iç, écrasement.
t ECTIIY.VIA (èk-ti-ma), ». m. Terme de médecine. Phlegmasie cutanée qui attaque les follicules sébacés et qui est caractérisée par des pustuJes larges, arrondies, ordinairement discrètes, k base dure et enflammée, auxquelles succède une croûte plus ou moins épaisse.
— ETYM. 'E/eup.«, de ix, eteOtiv, faire éruption. + ECTILLOTIQCE (èk-tillo-ti-k'), adj. Terme de
médecine. Synonyme de dépilatoire.
— ETYM. 'Ex, ettlUciv, arracher.
t ECTOPAGE (èk-to-pa-j'), ad;. Terme de tératologie. Les monstres eclopages, et, substantivement, les ectopages, monstres composés de deux individus qui ont un ombilic commun, et qui sont réunis latéralement sur toute l'étendue du thorax.
— ETYM. "E/.To;, en dehors, etitaYel;, fixé.
t ECTOPHl.ÉODE (è-kto-llé-o-d'), adj. Terme de botanique. Lichens ectophléodes, lichens qui croissent à la surface des plantes.
— ETYM. 'Ext4;, en dehors, etçXoiAv, écorce.
■f ECTOPIE (è-kto-pie), s. f. Terme de médecine. Synonyme de luxation, de déplacement
— ETYM. 'Ex. hors, et tûho;, lieu.
t ECTOPOGONE (è-kto-po-go-n'), adj. Terme de botanique. Mousses eclopogones, mousses chez lesquelles le bord de l'urne est garni de barbes extérieures.
— ETYM. "ExTèc, en dehors, etitto'Y'bv, barbe.
I ECTOZOAIRE (è-kto-zo-fi-r'), ». m. Terme de médecine. Nom donné aux insectes parasites qui vivent à la surface extérieure du corps de l'homme ou des autres espèces animales ; c'est l'opposé d'entozcaire. L'acare de la gale est un ectozoaire.
— ÉTYM. 'Extè;, en dehors, et Cûov, animal.
t ECTBOMÈLE (è-ktro-mè-1') , ». m. Terme de tératologie. Genre *de monstres privés de membres, soit thoraciques, soit abdominaux.
— ÉTYM. 'ExTpMti), je fais avorter (voy, ecthotique), et (isXoi;, membre.
ECTROPION (èk-tro-pi-on), t. m. Terme de chirurgie. Renversement de la paupière inférieure ou supérieure en dehors, ce qui les empêche de recouvrir l'oeil.
— HIST. xvt" s. Ectropion, œil eraillé, quand la paupière inférieure, par cicatrice ou autre occasion, se renverse et ne peut couvrir son blanc , paré, iv , 6.
— ÉTYM. *ExTp6itiov, de ix, etTpéirtiv, tourner (voy. trope), parce que la paupière se tourne, se renverse.
I ECTROTIQUE (èk-tro-ti-k') , adj. Terme de médecine. Synonyme d'aborlif. Il Méthode ectrotique, emploi de la cautérisation pour faire avorter les pustules varioliques, le zona et l'érysipèle. || Substantivement. Les ectrotiques, les aborlifs.
— ETYM. 'ExTpwTixè;, de ix, et xpûeiv, blesser,
d'où TptJliO, TpoiJ(ia (voy. TBAUMATIQUE).
f ECTYLOTIQUE (èkti-lo-ti-k'), adj. Terme de chirurgie. Propre à consumer les callosités.
— ETYM. *Ex, et TvXoc, callosité.
ECTVPE (èk-ti-p'), ». f. Terme d'antiquaire. Copie, empreinte d'une médaille, d'un cachet.
— ÉTYM. "ExTUKOd de ix, en dehors, et tvxo;, type.
ÉCC (é-ku), f. m. ||1* Bouclier que portaient les chevaliers. L'écu était fait ordinairement en bois couvert de cuir et garni d'un bord en métal, quel-
ECU
quefois seulement en cuir bouilli. Combattre avec la lance etl'écu. || Terme d'astronomie. Êcu de Jean Sobieski, petite constellation australe. ||t* Figure de l'écu représentant les armoiries. L'écu est le champ qui renferme les pièces des armoiries. Écu écartelé. L'écu de France. Elle (la poule d'eau] se promène dans les fossés du chiteau; elle aime k se percher sur les armoiries sculptées dans le mur; quand ellf se tient immobile, on la prendrait pour un oiseau en blason, tombé de l'écu d'un ancien chevalier, ciiATEAUB. Génie du chr. i, v, 7. || 8* Honnaie d'argent, ainsi dite parce que sur une des faces elle portait, comme un écu de blason, trois fleurs de lis. ECU de trois livres. Ëcu de six livres. || Petit écu, ancienne pièce d'argent valant trois francs. Cela vous coûtera un petit écu. || En termes de compte. Mille écus, trois mille francs. Le financier.... Lui dit: je vous veux mettre aujourd'hui sur le trône; Prenez ces cent écus; gardez-les avec soin, Pour vous en .servir au besoin, la font. Fabl. viu, a. Soixante mille écus d'argent sec et liquide Ont mis notre fortune en un vol bien rapide, beonaio, Ménechmes, IV, s. Loin de les rendre à ton Crésus, Va boire avec ses cent écus, bërano. Éloge de larieh. Il Ecu-sol, la plus ancienne monnaie d'or appelée écu. Il Ecu d'or au soleil, monnaie frappée sous Louis XI et Charles VIII, avec un soleil au-dessus de la couronne. || Ëcu blanc, pièce d'argent valant trois francs. || Ecu quart, ancienne monnaie de compte, valant et sous. || Quart d'écu, ancienne monnaie d'argent, qui valait d'abord quinze ou vingt sous, et qui, plus tard, en a souvent valu davantage. Il N'avoir plus ni écu ni targe, être sans le sou, se disait par un jeu de mot entre écu, bouclier, et écu, monnaie. \\i' De nos jours, pièce de monnaie frappée à l'effigie du prince et valant cinq francs. Un écu de cinq francs. || 6* Absolument et au pluriel, argent, richesse. 11 a des écus. Mettre écu sur écu, thésauriser. || Il est le père aux écus, il a des écus moisis, se dit familièrement d'un homme avare et riche. || Il remue les écus à la pelle, il est très-riche. || N'avoir pas vaillant un quart d'écu , n'avoir pas un écu vaillant, être pauvre. || Être au bout de ses écus, être sans ressources. || Voici le reste de notre écu, de nos écus, se dit, en plaisantant, d'une personne qui arrive dans uns compagnie, et le plus souvent avec l'idée que cette venue est gênante, déplaisante. Voici le reste de notre écu, dit l'hôtesse; si nous n'avions pas d'autre pratique que celle-là, notre louage serait mal payé, scarron, Rom. corn. ch. ». Mme Jourdain apercevant Dorimène et Dorante : Ah! ah! voici justement le reste de notre écu, je ne vois que chagrins de tous côtés, MOL. Bourg, gent. v, *.\\6' Terme d'entomologie. Pièce du dos des insectes. || 7* Écu de mer, congé que la douane délivre dans certains ports du nord de l'Europe au capitaine d'un bâtiment de commerce qui a déchargé sa cargaison. || 8» Terme de commerce. Papier de petite dimension. Écu double. Il Proverbes. Vieux amis, vieux écus, c'est-à-dire les vieux amis sont comme la vieille monnaie, les meilleurs. || Cela ne lui fait non plus de peur qu'un écu à un avocat, se dit d'une offre , d'une proposition qu'on suppose devoir être bien accueillie. Un médecin n'a non plus de pitié d'un homme qu'un avocat d'un écu, iiAtTEROCnE, Crispin méd. m, t. Il Écu changé, écu mangé, c'est-à-dire une pièce d'argent, dès qu'elle est changée, est bientôt dépensée. — HIST. XI* s. Tans cops [il] a pris sur son escut bucler, Ch. de Rot. ixiix. || xifs. A son col [il] pcnt un escu bauvesin [de Beauvais], Honc. p. 50. Plus biaux princes de lui [que lui] ne put porter escu, Sax. xxviii. Mult fu espiritaus [spirituelle] de sa part la mellée. Quant fist de sa corune escu contre l'espée; Aine [jamais] ne lur volt [voulut] guencbir pur colp ne pur colée, Th.lemart. (63. sire, te? veies sunt nettes, e tes paroles sunt cume esmeréa. par fu [feu], et tu es escuz à tus ces ki espeirent en tei, flot», p. ï08. || xiir s. Contre vent [elle] fait escu d'arbrissiaus, moût y luite [lutte]. Série, xxivil. Qui l'cscu portoit d'or, à un lion d'azur, ib. xu. Et i ot mainte lance brisie sur escu, ib. cxxxvu. Or n'a l'escu ne la maaille. Mes Renart n'IsengriL n'ea chaille. Ren. 7927. Or a la dame ainsi vescu, Que de sa vie a fet escu Por s'ame desfendre et covrir. Et por saint paradis ovrir Envers li après son décès, RUTSB. II, t8&. Ses arriebans est venu». Esmez [estimé] à deux cent mil escus [chevaliers] , Parlonop. m», dans laccrse. Quant nous les veismes venir, nous fichâmes les pointes de nos escus au sablon, joinv. ais. Le roy sailli en la mer, dont il fu en yaue jusques aus e-itseles; et ala l'escu au col, et le heaume en la teste, et le glaive en la main,
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Jusque» à sa gent qui estoient sur la rive de la mer, ID. 2(6. Il XV s. Douze cents chevaliers d'un escu [qui n'avaient point d'autres chevaliers à leurs ordres], FROiss. I, I, 295. Se consuirent des glaives si roidement en my leurs escus, qu'ils volèrent en pièces, ID. n, n, i3. J'ai veu partout honourermon escu. Et en tous lieux doubter ma seigneurie, eust. DESCH. Compl. de la France. Honneur est ses droiz escus, ID. Poésies mss. Ms, dans lacubne. Les chevaliers tous desarmez jouoient aux escuz les uns aux autres, pour eslre plus droitz et pour aucun tour nouvel aprendre, Perceforest, t. v, f «. Je me trouvay du costé gauche, où estoient les gentilshommes des vingt escus, et les autres de la maison du roy, et les pensionnaires, comm. viii, «. ||xvi's. Donqiies estant tousjours plus à priser l'esou que le lésion, 0. DE SERRES, 72. Le soc qu'on emploiera à ce défrichement n'aura qu'une aureille, appellée en France l'escu; afin que par icelle seule les gazons ou mottes se puissent renverser toutes d'un costé, ID. 73. Escus du palais [jetons], oudin.
-- ÉTYM. Provenç. escut; espagn. et portug. escudo; ital. scudo; du latin scutum, du grec «ixOto;, peau et bouclier; radical sanscrit sfcu, couvrir.
tfiCUAGE (é-ku-a-j'), ». m. Terme de féodalité. Service auquel un écuyer était tenu envers le fief dominant, jl Droit que l'on payait pour s'exempter du service militaire. || Terme de blason. Droit de porter l'écu.
— HIST. XIV* s. Et tiel tenant qui tient sa terre par escuage, tient par service de chevalier, du cange, tcutagium.
— ÉTYM. ECU.
tÉCDANTEtJR (é-ku-an-teur) , t. f. Terme de charronnage. Espèce de cône creux que présente le dehors d'une roue de voiture; inclinaison des rais sur le moyeu.
ÉCUBIER (é-ku-bié), ». m. Terme de marine. Trou horizontal et rond, percé & l'avant du navire, à droite ou à gauche de Tétrave, pour le passage du câble attaché à une ancre, jal.
— ÉTYM. Equibien, le père bené François, Essays des merveilles de la nature, <62), dans jal; estubier, en 4643, dans jal; escouvan (dont escauhan est une transcription grossière), qui a fait escubier, jal; escouve, Commentarios d'Alboquerque, en 4 557, dans jal. Origine inconnue.
ÉCUEIL (é-keuU, Il mouillées, et non é-keuye), ». m. Il 1° Rocher et, par extension, banc de sable, de roches, de coquillage, de corail, qui, élevé à la surface ou près de la surface des eaux, présente aux navires qui passent le danger de s'y échouer ou même d'y périr, jal. Donner sur un écueil. Ce port est fermé par des écueils. Relever un écueil, prendre note de sa situation. Le cœur ingrat de ce héros Braverait l'effort de mes larmes Comme un superbe écueil brave celui des flots, tristan, If. de Chrispe, ii, l. Sûr que tous les siens seront ralliés par sa victoire, par l'appât de ce riche butin, par l'étonnant spectacle de Moscou prisonnière, et par lui surtout, dont la gloire, du haut de ce grand débris, attirait encore comme un fanal sur un écueil, SÉGUR, Hist. de Napol. viii, 9. || 2» Fig. Il se dit de tout ce qui est dangereux pour la vertu, l'honneur, la fortune, etc. Combien à cet écueil se sont déjà brisés? CORN. Cinna, l, 2. Et voir leur fier amas de puissance et de gloire, Brisé contre l'éoueil d'une seule victoire, id. Sertor. Ii, t. La haine et la flatterie sont des écueils où la vérité fait naufrage, la ROCHEFOUCAULD , Mém. dans kichelet. Voilà des écueils à ma constance, et ces écueils se rencontrent souvent, sév. 4 9. Cet écueil qu'on trouve sur la fin de sa vie, id. 236. Ce tombeau fatal, écueil des grandeurs humaines, fléch. le Tellier. Des écueils
de la cour ils sauvent sa vertu, boil. Sot. v Va
pâlir sur la Bible, Va marquer les écueils de cette mer terrible, iD.Sat.viii.La fausse gloire est l'écueil de la vanité, la bruy. xi. Tes yeux, sur ma conduite fticessamment ouverts, M'ont sauvé jusqu'ici de mille écueils couverts, bac. Brit. i, 4. Rhodes, des Ottomans ce redoutable écueil, id. Baj. ii, 4. La foi qui parait l'écueil de la raison, mass. Car. Vér. de la relig. Tout deviendra tentation ou écueil à votre faiblesse, id. tb. Foc. Ainsi t^ue saint Augustin, saint Jérôme trouva son écueil dans les voluptés du monde, chateaub. Génie, m, iv, 2.
— HiST. xiv s. Nature apprend au doigt à l'œil, X se tirer de cest esoueil. Traité dalch. »90.
— ÉTYM. Provenç. escuelh, eicuct/H; anc. catal. escoll; espagn. escoUo; portug. escolho; ital. scoglio; du latin scopulus. Il y a dans l'ancien français un autre escueil, qui signifie action de rassembler, accueil, élan, et qui vient dex-colligere.
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•BcrEttE (é-kuê-l'; kuè est diphthongue et ne fait qu'une syllabe), ». f. || 1* Vase creux contenant la portion ordinaire d'une seule personne. Ëcuelle de bois, de terre, d'argent. Il faut, perdant le jour, esprit, sens et vigueur, Mourir comme Enguerrand ou comme Jacques Cœur, Et descendre là-bas où, sans choix de personnes, Les écuelles de bois s'égalent aux couronnes, Régnier, Sat. ivi. Diogène n'avait pour tout meuble qu'un bâton, une besace et une écuelle; encore, ayant aperçu un jeune enfant qui buvait dans le creux de sa main : il m'apprend, dit-il, que je conserve encore du superflu, et il cassa son écuelle, rollin, IHst. ane liv. xxvi, 4" part. ch. n, art. 6. Mon cher maître, répondit Cacambo, Cunégonde lave les écuelles sur le bord de la Propontide, chez un prince qui a très-peu d'écuelles, VOLT. Cand. 27. || Prendre l'écuelle aux dents, se mettre à manger. Au fond d'un antre sauvage Un satyre et ses enfants Allaient manger leur potage Et prendre l'écuelle aux dents, la font. Fabl. v, 7. Il Ils se raccommoderont à l'écuelle comme des gueux , c'est-à-dire en mangeant ensemble. Il Verser son écuelle, faire mal ses afl'aires. || Manger à la même écuelle, manger ensemble; et, fig. avoir des affiiires, des projets communs. || Il a plu dans son écuelle, il lui est venu beaucoup de bien. Il Rogner l'écuelle à quelqu'un, lui retrancher de sa subsistance, de son revenu. || Cela est propre comme une écuelle à chat, se dit de quelque chose de sale. D'antres, vu que le chat est un animal qui lèche les plats comme si on les lavait, attribuent à cette locution un sens opposé et la disent de quelque chose de propre, de net. Il Mettre tout par écuelles, ne rien épargner pour faire grand'chère à quelqu'un. Et notre pédant commença incontinent de mettre tout par écuelles, chargeant la table d'une honnête collation, Francion, liv. IV, p. 4 54. Il On dit dans un sens analogue: tout va par écuelles. Comment! vous vous plaignez que tout va par écuelle? leghand, Hoi de Cocagne, i, 3. || Anciennement. Archer de l'écuelle, archer chargé d'arrêter les mendiants [les mendiants portaient écuelle]. || Au moyen âge, dans les dîners, même les plus grands, la part de chaque convive se servait dans des écuelles. || 2" Le contenu d'une écuelle. J'ai vu mille pauvres recevoir mille écuelles de soupe à la porte de Marmoutiers, p. l. COUR. I, 4 83. Il S" Écuelle d'eau, plante ombellifère qui croit dans les marécages {hydrocotyle vulgaris) , dite aussi herbe aux Patagons. || 4" Terme de marine. Plaque de fer creuse sur laquelle s'appuie et tourne le pivot du cabestan d'un navire. On dit aussi chaudron ou saucier. || B* Terme de zoologie. Disque que les deux nageoires ventrales forment en se réunissant, chez certains poissons. || Proverbes. Il n'y a dans cette maison ni pot au feu, ni écuelles lavées, c'est une maison où tout manque pour la cuisine. || J'aime mieux mon écuelle vida que rien dedans, c'est-à-dire j'aime mieux n'avoir rien que d'avoir quelque chose en apparence et rien en réalité. Il Qui s'attend à l'écuelle d'autrui a souvent mal dîné , c'est-à-dire celui qui fait trop de fonds sur autrui est souvent déçu.
— HIST. XII* s. Hom d'Aroaise ne vaut une cinele; Trop par sont bon por vuidier escuele, Raoul de C. 48. Il xiii* s. Â tart manjue qui à autrui escuele s'atent, leroux db linct, Prov. t. 11, 495. Et doit, por grâce deservir. Devant le compaignon servir. Oui doit mengier en s'escuele, la Rose, •'3605. Et si [la femme de Rutebeufj n'est pas gente ne bêle, Cinquante anz a en s'escuele. S'est maigre et sèche, RUTEB. 6. Il XIV* s. Lesquelx jouèrent ensemble toute nuit à croix et à pille, et entre deux escuelles, et à autres jeux, du cangb, escuallium. \\ xv s. Avant que je fisse ce marché, il ne me demeureroit plat d'argent ni escuelle à vendre ou à engager, fhoiss. m, IV, 25. 11 y eut jusqnes à huyt cent chevaliers seans à table, et si n'y eut celuy qui n'eust une dame ou une pucelle à son costé ou à son escuelle, Perceforest, t. I, f° 24. Ainsi aura chascun une mienne niepce à son escuelle, tb. f" 4 25. Vint Lizane sa damoiselle qui apportoit l'escuelle du premier mets, tb. f" 94. Lors vindrent les servans et servirent du dernier mets, qui estoit de chevrots de presse confitz en espices, et c'estoit le souverain mets que on servist adonc, et en avoit à chascune escuelle le quartier d'ung, tb. f° 4 30. En grant escuelle peut l'en faire mauvaise part, leroux de lincy, Prov. 1. 11 , p. 4 96. Qui est loing de son escuelle est près de son domaige, ib. p. 394. || xvi* s. Bassins, plats, plats-escueles, assietes, escueles-à-oreille, salières, cueillers.... 0. db serres, 884.
— ÉTYM. Wallon, /.ieie; namur. ttcuoje, chuclf;
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provenç. esmdella; espagn. ejcudiJia; portug. e»cudela; ital. scodella; du latin scuiella, diminutif de scuta, écuelle. Dans l'ancienne versification, cufl, dans escuele, faisait deux syllabes.
ÉCUELLÊE (é-kuè-lée), ». f. Ce que contient une écuelle. Une écuellée de soupe.
— HIST. XIII* 8. Tandis que il aloient de leur hostel à l'ostel du soudanc, frère Yves vit une femme vieille qui traver.soit parmi la rue, et portoit une escuellée pleine de feu, jomv. SB». || xiv* s. Et lors metz tremper en une bêle escuelée d'eau clere l'aesle d'une poulette, Modus, fLixz, verto,
— ÉTYM. Écuelle.
t ÉCCISSAGE (é-kui-sa-j'), ». m. Action d'écuisser un arbre.
ÉCCISSÊ, ÉE (é-kui-sé, sée), part, patte. Chêne écuissé.
ÉCUISSER (é-kui-sé), v. a. Faire éclater la tronc d'un arbre en l'abattant. L'ordonnance veut qu'on abatte les arbres à coups de cognée, à fleur de terre, sans les écuisser ni les éclater, richelet.
— HIST. xiii* s. Laidement [il] t'a ton chapel trait; Par poi qu'il ne t'a escuissié [coupé les cuisses],
fier». 4 0434.
— ÉTYM. É pour e».... préfixe, et cuisse. ÉCULÉ, ÉB (é-ku-lé, lée), part, passé. Soulier»
éculés.
ÉCULER (é-ku-lé), v. a. || 1* Marcher sur le lalon de ses chaussures; le rabattre en marchant. || 2" Former la cire en petits pains. On refond cette cire pour la troisième et dernière fois: cette opération se nomme éculer; elle consiste à mouler la cire en petits pains, Dict. des arts et met. Anisterd. 1767, ctrier. \\ 3* S'éculer, v. réfl. Se déformer du côté du talon. Des souliers trop courts s'éculent.
— HIST. XVI* s. Esculer [rompre le cul], nicot. Esculer une aiguille, id.
— ETYM. É pour e».... préfixe, et eul; bourguig. écueillai, équelai.
t ÉCULON (é-ku-lon) , ». m. Vase pour emplir les planches où se font les pains de cire.
— ÉTYM. Éculer.
t ÉCUMAGE (é-ku-ma-j'), ». m. Action d'écumer.
ÉCUMANT, ANTE (é-ku-man, man-t'), adj. Qui écume, qui jette de l'écume. La mer battue par le» vents et écumante. Un homme écumant de colère. L'onde était écumante sous les coups de rames, fén. Tél. II. Là bornant son discouis, encor tout écumante. Elle souflle aux guerriers l'esprit qui la tourmente, boil. Lutrin, v. Et ce peuple au mépris des traités solennels Par des chiens écumants chassé jusqu'aux autels, benj. const. Walstein, iv, B. Sur un sable mobile ou des flots écumants, c. delav. Paria, iv, 7.
ÉCUME (é-ku-m'), ». f. Il 1* Sorte de mousse blanchâtre qui se forme à la surface des liquides agités, chauffés, ou en fermentation. L'écume de la mer. L'écume du pot au feu. Le vent avec fureur dans le» voiles frémit, La mer blanchit d'écume, et l'air au loin gémit, boil. Longin, viii. La rive au loin gémit blanchissante d'écume, rac. Iphig. v, ». || Écume de mer, un composé de plantes marines et de polypiers que les vagues jettent sur le rivage, et dont on se sert pour engraisser les terres. |{ 2' Bave de certains animaux. Chevaux couverts d'écume. Ils [les coursiers] rougissent le mors d'une sanglante écume, RAC. Phcd. V, 6. Il Écume de terre ou écume pnutanière, dite aussi crachat de coucou, crachat de grenouille, écume dont s'enveloppe la larve d'un insecte hémiptère {l'aphrophore écumeute). On adonné le nom d'écumes printanières à ces amas de matière mousseuse qu'on voit au printemps sur les herbes des prairies; le peuple, qui en ignore la vraie nature, les prend pour des crachats de différents animaux; Poupartest le premier qui nous en ait donné l'histoire,bonnet, Contf-mpi.nat.xn* part. ch. 43. Il II se dit quelquefois de la sueur qui s'amasse sur le corps du cheval. Ce cheval était couvert d'écume , Dict. de VAcad. Il 3° Fig. Partie la plus vile d'une foule. C'est l'écume de la société. Elle [une colonie] n'était point engendrée de cette écume de l'Europe, que la France avait comme vomie dans le nouveau monde au temps du Système, raynal, Hist. phil. xvi, 8. || 4° Scorie des métaux en fusion. || Terme d'architecture. Nom du mâchefer dans les ouvrages de rocailles. || Terme de minéralogie. Écume de terre, substance calcaire, blanc jaunâtre ou verdâtre des montagnes de Thuringe et de Misnie. || Écume de fer, fer écailleux, fer oligiste. Il Écume de manganèse, variété de manganèse terreux. || Écume de mer, nom impropre d'une variété blanche et légère de magnésite, dont on fait les pipes dites d'écume de mer. Werner donne aussi à la magnésite le nom de Meer Schaum, écume de
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mer: es qui parall ilettre & néant l'opinion de ceux qui disent que pipe ificume de mer est une corruption pour pipe de Cummer, nom du prétendu inventeur de ces sortes de pipes. Ëcume de mer, sorte de faïence ou de terre de pipe produite artificiellement de la manière suivante : on extrait de certaines carrières de la Crimée cette terre de pipe qu'on étend, qu'on agite et qu'on lave pendant plusieurs jours dans de grands bassins remplis d'eau; on la Droie et on la passe ensuite avec soin pour la purger de toutes matières étrangères, puis on la pétrit, et on en forme de petites masses qu'on fait bouillir ^ans du lait et ensuite dans de la cire nièlée à de