‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 119 sur 388 · I. uile de lin, dblaborob, Émaux, p · texte numérisé non relu

I. uile de lin, dblaborob, Émaux, p

— HIST. XIII* s. La mer s'en va et vient et tousjours jeté escume, La fble et la sage. \\ xvi' s Du charbon ou de l'escume de maresctial, pour en bannir toute nuisible hamidité, o. de serres, 434. L'escume de la soie est la première matière que vomissent les vers, de laquelle ils jettent les fondemens de leur eiliflce, ID. «8». Un menu sable, ressemblant à celle escume sèche que l'on voit sur la grève de la mer quand elle s'est retirée, àmyot, Eumènes, 34. Protogenes ayant parfaict l'image d'un chien las et recreu, à son contentement en toutes les aultres parties, mais ne pouvant représenter à son gré l'escume et la bave hont. i, 254,

— ÊTYM. Wallon, home; namur. éhime, chume; provenç. espagn. et portug. escuma; ital. schiuma; du germanique: anc. h. allem.tctlm/scandin. stcdm; allem. Schaum; ce mot se trouve aussi dans le celtique : gaël. igûm. Le c A'icume écarte le latin spuma.

ÉCUME, ÉE (é-ku-mé, mée), pari, passé. || !• Dont on a ôté l'écume. Le pot-au-feu bien écume. |{ 2" Fig. Ramassé ç& et là. II n'est pas un bandit écume dans nos villes. Pas un forçat.... Qui veuille mordre en France au pain des tra<iisons, v. hugo, Crép. <o.

ÎCtIMÉNICITÉ, ÉCUMÉNIQUE, ÉCUMÉNIQUE- MENT, voy. œcuménicité, etc.

fiCCMER (é-ku-mé). || 1° F. n. Se couvrir d'écume; jeter de l'écume. La mer écume. Cette bière écume. Le chien haletait et écumait. Cerbère l'a versé, jadis ce monstre esclave Fit écumer sur lui sa venimeuse bave, HOTBOU, Hercule mour. iv, <. Le quadrupède écume, et son œil étincelle, la font. Fabl.

II, ». On réprime, on ménage, on dompte son caprice; Il marche en écumant, mais il nous rend service, volt. Sophon. v, l.I|Fig. Ëcumerde rage, de colère, être au dernier degré d'exaspération. Des officiers m'ont dit les [les paysans suédois] avoir vus écumer de colère, volt. Charles XII, 6. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ 2" V. a. ôter l'écume qui se forme sur un liquide an ébuUition. Écumer la soupe. Ëcumer des confitures. || Populairement et fig. Écumer les marmites, vivre en parasite. Il Kig. Ëcumer le pot de quelqu'un, faire pour lui les affaires de la maison. Je laisserai écumer mon pot à qui voudra, sÉv. 386. Mon pot est étrange à écumer les dimanches [j'ai beaucoup de monde ce jour-là ], ID. 431. jj Terme de fauconnerie. Écumer la remise, se dit de l'oiseau qui passe ">ur le gibier sans l'apercevoir et sans s'arrêter. Il 3° Fig. Débarrasser. J'écumais votre chambre des fâcheux dont je la voyais remplie, sÉv. 34. || 4° Fig. Prendre l'écume d'une chose, c'est-à-dire une idée vague, une notion peu précise. J'écumai quelque chose de ces détails [sur Mme des Ursins], mais, pour leur précision, je ne l'ai bien sue que depuis, st-sim. «47, )44. Mme de Lillebonne et ses deux filles s'aperçurent les premières de la confiance que Choin avait acquise, et devinrent ses meilleures amies; M. de Luxembourg, qui avait le nez bon, l'écupja, id. 34, il. || Ëcumer, prendre çà et là. Ëcumer des nouvelles. La chambre regorge d'intrus; Peins-nous l'un de ces bas ventrus. Aux dîners qu'il écume, bérudo. l'Enrhumé. \\ 5" Ëcumer les mers, écumer lescAtes, y exercer la piraterie. Les corsaires ne cessaient d'écumer toutes les côtes et de faire mille ravages, vaugel. Q. C. vjil, 8. 11 se mit en tête d'écumer les mers pour son compte, lesage, Diable boit. ch. 4 6. || Par extension. Tu m'as bien l'air d'écumer les grands Chemins, Don Quichotte, part, u, dans lerouz, Dict. comique.

— mST. m* s. Et or m'estuet la cuisine garder. Et le feu fere, et la cbar escumer, Bat. d'Aleschans, V. 356< . Il xui* s. Bel mel cuit e escume, Ms. St-Jean. Renart vit qu'il ne pot durer, Ne por foïr ne jior aler; La boche li veit cscumant, Hen. ii, 337. Car je fais ces pots escumer Et la porée crasse et blanche, Dtnier et Brebis, dans jubinal, t. ii, p. aee. Il JV 8. Maistre Jehan Compaing et un aultra lioaa-

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cli, eseumans latin [pédants], Chron. scandai, de Louis XI, p. 77, dans lacdrne. || xti* s. Mais si nous avions aussi bien lieu de parler, j'estime que leur ardeur, dont ils escument si asprement contre nous, seroit un peu refroidie, calv. Instit. Dédie. Ce sont amorces pour escumer l'argent des iKJurses, id. ib. 967. Le dit sieur recteur suoit, tempestoit, escumoit et frappoit du pied, Sol. Jfi!/i. p. »«. Nos maistres passent ces raisons en escumant [légèrement], «ONT. I, <)8. Escumans toute la mer Mediterrane, avec petits vaisseaux légers de coursaires, amyot, V. Mm. 9. 11 nettoya ces mers de tous ces larrons, qui paravant y souloient escumer, ID. Pomp. 4|. Celle qui t'a enfanté c'est la mer, Et les rochers qui la font escumer, lu. Comment discerner le (lait, de l'ami, 46. Givri, servant de capitaine à plusieurs capitaines, escuma la teste des premiers, et puis, poussé dedans par la charge qui se fit à bon escient, se demesie entre les jambes des chevaux, d'aub. llist. m, 262. Mais ceux-là ne soustindrent la charge qu'en escumant [résistèrent mal], id. t6. m, 36). Quand le duc d'Albe passa vers Flandres, tout le bruit commun estoit qu'en faisant semblant d'escumer Genève, que tout à plat il l'alloit assiéger, brant. Cap. {t. t IV, p. <90, dans lacubne. Sans trop escumer le latin [afl'ecter la science], Œuvres de r. de collerte, p. 83, dans lacurne.

— ÉTYM. Écume; wallon, houmer; namur. chumer; provenç. et portug. escumar; ital. schiumare.

f ÉCUMERESSE (é-ku-me-rè-s') , s. f. Écumoire de raffineur de sucre.

— ÉTYM. Écumer.

■f ÉCCMETTE (é-ku-mS-f) , ». f. Ëcumoire de fabricant de papier.

— ÉTYM. Ecumer.

ÉCUMEUR (é-ku-meur) , ». m.|| !• Celui qui écume. Il Fig. Un écumeur de marmites ou de table, un parasite. Tu t'imagines bien qu'un jour qu'il donnait à dîner à l'ambassadeur de France et à plusieurs autres seigneurs, il ne vit pas sans peine arriver deux écumeurs de table, lesage, Guxm. d'Àlfar.

III, 40. Il 2* Un écumeur de mer, un corsaire ou pirate. Il Absolument. Les méchants voient le soleil comme les bons, et les mers ne font point meilleur mine à la barque d'un marchand qu'à la frégate d'un écumeur, malh. le Traité des bienf. de Sénèque,

IV, 26. Il Fig. Se dit aussi des corsaires littéraires, des plagiaires.

— HIST. XV' s. Et n'attendoient ces dessus dits escumeurs de mer autre chose que les nouvelles leur vinssent que la guerre fut ouverte [gens de mer de toutes nations gigés par Philippe contre les Anglais], PBOiss. I, I, 78. Et avoient en leur armée vaisseaux qu'on dit balleniers, qu'escumeurs de mer par coutume ont volontiers, id. ii, ni, 4(2.||xvi*s. Les pirates et escumeurs de mer, amyot, Lucull. «.

— ÉTYM. Écumer.

ÉCUMEUX, ECSE (é-ku-meû, meû-z'), adj. Qui est couvert d'écume, qui jette beaucoup d'écume. Une bouche écumeuse. Votre ennemi superbe, en cet instant fameux, Du Rhin près de Tbolusfend les flots écumeux, boil. Épit. iv.

— ÉTYM. Écume.

ÉCUMOIRE (é-ku-moi-r'), s. f. jj l'Ustensile de cuisine en forme de cuiller ronde, mince, et percée de beaucoup de trous, servant à écumer la marmite. Il II a la figure comme une écumoire, il est extrêmement marqué de petite vérole. || 2* Terme de marine. Plaque de métal percée de trous pour égaliser et polir le fil de caret lorsqu'il a été filé. Il 8° Terme de fondeur. Sorte de cuiller pour Ôter la crasse des métaux fondus.

— REJI. On a dit écumoir au masculin : Les écumoirs servant à confitures et dont les manches sont de viroUe, seront marqués et contremarques au corps; le manche sera marqué du poinçon du maître, nèglement. 30 déo. (679.

— ÉTYM. Écttmer; wallon, houmerèse.

f ÉCURAGE (é-ku-ra-j'), ». m. Action d'écurer, de nettoyer; résultat de cette action. || Terme de métallurgie. Nettoyage de la tôle destinée à la fabrication du fer-blanc.

— ÉTYM. Écttrer.

ËCURÉ, ÉE (é-ku-ré, rée), part, passé. Un puits écuré. Il faut que le linge soit blanc, la vaisselle bien écurée, les salles où l'on mange balayées régulièrement tous les jours après le repas, rollin, Traité des Et. liv. vi, »• part. ch. i, art. (.

t ÉCUREAU (é-ku-rO) , ». m. Ouvrier qui écure les cardes, les chardons dans une manufacture de draps.

— ÊTYM. Éeurer.

f fiCURËK (é-ku-rée), *, f. Garniture d'une ser-

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rure de tûretâ, brasée et mise sur la tour pour fitrt dressée.

t ÉCUREMENT (é-ku-re-man) , ». m. Terme niraL Raie qui, traversant un champ ensemencé, facilita l'écoulement des eaux.

— ÊTYM. Éeurer.

ÉCURER (é-ku-ré), v. a. Débarrasser de toute ordure. Ëcurer un puits. Il roule les yeux en mangeant; la table est pour lui un râtelier; il écure ses dents et il continue à manger, la brut. xi. Hais est-il bien possible que ma sœur soit en Turquie? disait-il. — Rien n'est si possible, reprit Cacambo, puisqu'elle écure la vaisselle chez un prince de Transylvanie, volt. Candide, 27. || Enlever la bourre dont les chardons se sont remplis en parant les draps. Il Proverbe. Il faut aller à Pâques éeurer son chaudron, c'est-à-dire nettoyer sa conscience, aller à confesse.

— SYN. ËCDRER, CDRBR. Cesdeux mots ne diffèrent que par le préfixe é, es; à la vérité, on a dit que éeurer c'était nettoyer avec du »»'^lon, du charbon ou autre chose semblable; mai» comme l'Académie dit éeurer un puits et la liruyire éeurer ses dents, cette distinction ne peut sub.'ster; la seule nuance serait que éeurer signifierait curer complètement.

— HIST. xin* s. K'amouii netie et escure Le cuer k'ele a bien saisi. Poésies mu. du Vatican, dans LACURNE. Devant la mie nuit li tems un peu s'e»cure, Berte, xlii. Les simples gens asseOrées, De toutes cures escurée*. Fors de mener jolivetés Par loiaus amiabletés, m Rose, 8480. || iiv's. Que aucuns ne puisse ou doie soubz icelle peine escurerau foulon aucun drap à sain [graisse], du canqe, e»curare. || zv* s. Dont je puis bien conclure sans pechier, Par les signes que l'euvangile escure. Que le monde veut sa fin adressier, bost. desch. Poésies mss. dans lacurne.

— ÊTYM., 'Wallon, hurer; Berry, le temps Récure, s'éclaircit; prov. et espagn. escurar; lombard sgurà; du latin ex-curare, ex et curare, soigner (voy. cuber), d'après Diez qui écarte l'étymologie germanique : suédois, (Icura; boUand. schuren; allem. seheuem;&ng\. toscour, nettoyer, mots qu'il regarde comme étant d'origine romane. Le celtique a aussi le mot : gaël. sgur; irl. sguraim, nettoyer; mais il est probable que là aussi l'origine est romane. L'ancien français avait en outre l'adjectif escure, sans souci, qui vient du latin ex, sans, et cura, souci.

t ÉCURETTE (é-ku-rè-f) , t. f. Sorte de grattoir de luthier. || Instrument pour nettoyer les chardons.

— HIST. XIII s. Rasoers, forces [ciseaux] et guignoeres, escuretes [cure-oreilles] et furgoeres , Fabliaux mss. de Saint-Germain , dans lacijIINI.

— ÉTYM. ÉCURER.

ÉCUREUIL (é-ku-reull, Ji mouillées, et non é-kureuye), ». m. \\ 1* Petit quadrupède de la famille des rongeurs, vivant sur les arbres. L'écureuil est un joli petit animal qui n'est qu'à demi sauvage et qui, par sa gentillesse, par sa docilité, par l'innocence de ses mœurs, mériterait d'être épargné, bufpon, ^eureuii. || Figurément. C'est un écureuil, il est vif comme écureuil, se dit d'un jeune homme vif et qui tient à peine en place. Je suis flexible comme une aiguilla et vif comme un lézard, et travaillant toujours comme un écureuil, volt. Lett. d'Argenlal, 22 oct.)75«. || 2» Ecureuil jappant, nom vulgaire du cynomy» lociai (rongeurs). || Ecureuil volant, nom vulgaire collectif des genres p(eromys et »c«urop(ère (rongeurs). L'écureuil volant, qui a de grands rapports avec l'écureuil commun, se rapproche beaucoup moins de l'oiseau par l'action de voler que la chauve-souris, bonnet, Contempl. nat. 3« part. ch. 28. || 8* Nom de plusieurs poissons et d'un papillon de nuit.

— HIST. xm' s. Atant es-vos Rosselvenu, L'escurel au peliçon roi, Hen. 23333. Vair, escuriauf; lièvres, counins, chevrel.... doivent, les ixv piaus, obole de tonlicu, Liv. des met. 324. Me garantist e( cors et teste, Forrè d'agniaus, cist miens buriaus, Comme pers forré d'escuriaus, la Rose, 9<<<. Soyés es euvres natureus Plus vistesque unsescureus, «S. t9892. ||xvi< s. Là je voi l'escuneu, qui, faisant jà du sage. Sans contempler le ciel, le temps futur présage, dubaktas, dans ménage.

— ÉTYM. Kerry, écurieux; wallon, spirou; Ardennes, skiron, écuran; provenç. eseurol; espagn. et portug. esquilo; \X3l.scojallolo; bas-lat. tquiriolus, scuriolus; du latin tcturu», du grec axioupo;, de CTxià, ombre, et oùpà, queue ; l'animal qui se fait de l'ombre avec sa queue. Le wallon »pirou a son correspondant dans le bas-lat e»p«rtotu<; ce qui montre que te »c latin peut se changer en sp.

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ÉCCRECK, EUSE (é-ku-reur, reû-z'), ». m. etf. Celui, celle qui écure de la vaisselle, etc. || Ouvrier qui écure les chardons dan» une manufacture de draps.

— ÊTYM. Écurer.

ECCRIE (é-ku-rie), (. f. || !• Habitation réservée aux solipèdes et particulièrement au cheval. On m'éleva jusqu'à quatorze ans dans un palais auquel tous les chlteauxde vos barons allemands n'auraient pas servi d'écurie, volt. Candide, <<. || Fermer l'écurie quand les chevaux sont dehors, prendre des précautions quand le mal est arrivé. || C'est un cheval à l'écurie, se dit d'une chose qui nécessite des frais sans être utile. || Les écuries d'Augias, voy. étables. Il Entrer comme dans une écurie, entrer dans un lieu grossièrement et sans observer aucune politesse. Il Elevé dans une écurie, il sent l'écurie, c'est un valet d'écurie, se dit d'un homme grossier dans ses propos. Il On dit d'une chambre sale: c'est une écurie, une vraie écurie. Il couche dans une écurie. || 2» Train, équipage d'un prince. La grande, la petite écurie. Il 3° Terme de marine. Bâtiment pour transporter les chevaux.

— HiST. XV* s. Escuyer d'escuyrie du duo de Bourgogne, Boucie. hist. i, 30. Un chevaucheur d'escuyrie dudit duo, comm. m, «.Guillaume estoit en son scure ou granje, où il batoit du blé, nu CANGE, seura. Escuirie de beau gouvernement, eust. DESCH. Poésies mss. dans lacurne. || ivi* s. Eschanson, escuyer d'escuirie, chambellan.... mont, u, 169.

— ÉTYM. Provenç. escura, escuria; bas-lat. scura, seuria. La forme scure, le bas-latin scura, scuria, montrent que le mot vient du germanique : anc. haut allem. ikdra.sfcjura, étable; holland.îchuur et allem. Scheuer, grange ; radical sanscrit, sku, couvrir. Maison doit penser que escuyer a influé pour donner la forme en rie. L'italien scuderia se rattache à écuyer. Le fait est que la Fontaine semble avoir dit écurie pour charge d'écuyer : Je le suis donc [malheureux, à propos de poursuites qu'il subissait pour avoir pris indûment la quahté d'écuyer] grâces à l'écurie. Et ne suis pas seul de ma confrérie. Œuvres, édit. Walckenaer, t. vi, p. 79.

t ÉCURIEU (é-ku-rieu), f. m. Terme de blason. Ecureuil.

— ÊTYM. Voy. ÉCDREOIL, à l'historique.

ÉCCSSON (é-ku-son), s. m. || 1° Ëcu d'armoiries.

L'écusson de France. L'outrage qu'on fait à l'écus-

son de la princesse de Tarente, sÉv. 4î) que

l'un des Capets.... Ait de trois fleurs de lis doté leur écusson, boil. Sat. v. L'un sur son écusson porte un casque sans grille, Dont le père autrefois a porté la mandrille, boursaut, Ésope, m, *. || Plus particulièrement, petit écu qui en charge un plus grand. || 2° Ancien terme de chirurgie. Sachet piqué, taillé en écusson, dans lequel on renferme des poudres cordiales et que l'on applique sur la région du cœur et de l'estomac. || 8" Terme d'horticulture. Morceau d'écorce taillé plus ou moins en écusson, et portant un œil ou bouton qu'on détache au moment de la sève pour l'insérer entre le bois et l'écorce d'un autre pied. Greffer en écusson. || 4° Terme de zoologie. Lame cornée du pied d'un oiseau. Il Plaque calcaire dans la peau de certains poissons. Il Pièce triangulaire sur le dos de la plupart des insectes à élytres. Il Ëcusson ou gravure, surface de forme variable ayant sa base sur les mamelles de la vache, s'élevant plus ou moins haut dans la région périnéale, distincte par la direction particulière des poils et signalée comme pouvant faire apprécier les facultés lactifères des vaches. || B" Terme d'architecture. Tablette ou cartouche représentant des pièces héraldiques, des inscriptions, des figures, etc. Il Terme de serrurerie. Nom de petites plaques de fer qu'on met sur les serrures pour le passage de la clef, et de toutes sortes de platines qui servent à l'ornement. || 6"" Terme de marine. Partie inférieure de l'arcasse d'un grand bâtiment. Sorte d'ornement.

— HIST. XIV" s. Ou quel osteau [portail latéral] seront faiz les quatre esvangelistres en quatre rons qui seront ou dict osteau, avec huit escuçons qui seront en huit autres rons, Bible des Ch. 5» série, t. m, p. 237. Ilxvi* s. Us ne voudroyent pas aussi aider à la ruine de la France, laquelle ils sçavent estre pour le dedans de la chrestienté un bon contrepoids, et pour le dehors un très ferme escusson, LANGUE, 380. Appliquer emplastres, linimens, cataplasmes, epi thèmes, fomentations, escussons et autres remèdes, pabS, i, Préf. Un brayer duquel l'escusson doit avoir trois éminences, id. vi, <5. L'enter à escusson, appelle aussi emplastration, morceau et bouton, o. de serbes, 686. Tel oeillet choisi comme dessus sera enlevé avec un morceau d'escorce, taillée à la figure d'un simple et commun

escusson à armoiries (dont aussi ceste façon d'enter porte le nom), lo. «67. L'escusson de trois fleurs de lis est celui que les sergents du roi doivent porter pour estre connus et obéis en l'exercice de leurs estais et charges, selon l'ordonnance du roi Charles ix de l'an <580, laurière, Gloss. du droit fr.

— ÉTYM. Diminutif de écu, que l'on représentera par le latin fictif scutionem. L'ancienne langue avait aussi un autre diminutif, escussel : Calée peinte dedans mer et dehors, à escussiaus de ses armes, JOINV. 2)5. Anglais, ictitc/icon.

+ ÉCUSSONNABLE (é-ku-so-na-bl') , adj. Terme d'horticulture. Qui peut être écussonné.

— HIST. xvi* s. Autres plantes que arbres escussonnables, o. de serres, 670.

— ÉTYM. Écussonner.

ÉCUSSONNÉ, ÉE (é-ku-so-né, née), part, passé. Il 1» Greffé en écusson. Un poirier écussonné. Il 2* Terme d'histoire naturelle. Qui est muni d'un écusson, ou dont l'écusson offre quelque particularité remarquable.

ÉCUSSONNER (é-ku-so-né) , V. O. Terme d'horticulture. Greffer en écusson.

HIST. xvi* s. Ainsi escussonne-on les jeunes

arbres au tronc, et les vieux es branches, o. de

— ÉTYM. Écusson.

ÉCUSSONNOIR (é-ku-so-noir) , s. m. Petit couteau pour écussonner.

— ÉTYM. Écussonner.

ÉCUYER (é-kui-ié; l'rne se lie jamais ; au pluriel, Vs se lie : des é-kui-ié-z habiles), s. m. \\ 1° Anciennement, gentilhomme qui portait l'écu d'un chevalier. Trois simples écuyers , sans bien et sans secours, VOLT. Tancr. i, i. Le service de l'écuyer consistait, en paix, à trancher à table, à servir lui-même les viandes, à donner à laver aux convives, chateaub. Génie, iv, v, *. || 2" Écuyer tranchant, officier qui coupe les viandes à la table des princes. || G.-and écuyer tranchant, officier de table, servant le roi aux grandes cérémonies. || 8" Titre des simples gentilshommes et des anoblis. Un tel, écuyer. On vous contesterait après cela [être pendu] le titre d'écuyer, MOL. if. de Pourc. lu, 2. || 4» L'intendant des écuries d'un prince. || Le grand écuyer, officier présidant à tout ce qui concerne les écuries et les chevaux d'un monarque; sous l'ancienne monarchie on l'appelait tout court : M. le Grand. L'empereur voulut l'apaiser, mais, ne pouvant s'en faire écouter, il se retira, Caulaincourt le poursuivant toujours de ses reproches.... Le lendemain. Napoléon ne put ramener à lui son grand écuyer que par des ordres formels et réitérés, SÉGUR, Hist. deNap.iv, 5. jj Le premier écuyer de la grande écurie, celui qui commande en l'absence du grand écuyer. Il a sous lui les écuyers de quartier. || Le premier écuyer de la petite écurie, celui qui a soin des chevaux dont le prince se sert ordinairement. On le nommait aussi écuyer cavalcadour. || Ecuyer de main, celui qui donne la main au prince, à une princesse pour monter en voiture, et aussi celui qui donne la main à une personne de qualité et qui a le soin de l'accompagner dans toutes les visites qu'elle fait. Comment donc, madame, un écuyer? êtes-vous femme à écuyer? dancourt, Chev. à lamode, iv, 4. || B» Celui qui enseigne, dans un établissement spécial, la théorie et la pratique de l'équitation, qui dresse les chevaux, etc. || Celui qui monte bien à cheval. Cet homme est bon écuyer. {| Celui qui fait divers exercices sur le cheval dans un théâtre. Une troupe d'écuyers. || 6' Écuyer de bouche, de cuisine, le maître d'hôtel d'une grande maison. || Écuyer de bouche, officier qui range les plats sur la table de l'office avant de les servir au prince. || Écuyer de cuisine, un des premiers officiers de la cuisine de quelque grand. || 7° Terme de construction. Rampe d'un escalier. || 8" Terme de chasse. Jeune cerf qui en suit un vieux. || S» Terme de vigneron. Faux bourgeon qui croit au pied d'un cep de vigne. 11 n'y a que l'écuyer qui a donné cette année. || Proverbe. Qui aime Martin aime son chien; qui aime le chevalier aime l'écuyer.

— HIST. XI* s. Ne n'i adeist [que n'y arrive] esquier ne garçon, Ch. de Uol. clxxiv. ||xii* s. Uns escuers vint pognant la ferrée [la route ferrée, pavée], Ronc. p. <46. Cel jor firent François d'Anseys chevalier. Car encores servoit al rôle d'escuyer, Sax. IV. Li arcevesques out iluec Sun esquier. Th. le mart. 47. || xni* s. Uns escuiers qui avoit une demisele espousée, beaum. xxjn, 5. || xiv s. Trois escuyers qui portent les escus. Et en lor poins les trois espiés molus, Devant eux mènent les auferans [chevaux] crenus, G. cuuht, dansnn cange, armi-

geri. Thomas Damport, escuierde chambre du duo do Bedford, du CANOË, «jcueriis. Deux escuiers de cuisin» et deux aides avec eulx, pour le dressouer de cuisine, Ménayier, u, 4. ||xv*s. Sera tenus le dit fournier de prendre cascun samedi le blé des moeutures pour faire le blanc pain du couvent.... et pour faire pain d'escuier on lui délivrera blé des greniers, DU CANGE, panis. Le bon escuier fait le bon chevalier, lekoux de linct, Prov. t. ii, p. 77.

— ÉTYM. Bourguig. écué; proïenç. eseudier, escuder, escuier; es|)agn. escudero; portug. escudeiro; ital. fcudiere;du bas-lat. scutarius, descutum, écu; angl. tquire, esquire. Barbazan faisait venir l'écuyer portant l'écu, de scutifer; l'écuyer pour V écurie, de equus; et l'écuyer tranchant, de escarius, de esea. Les formes communes aux langues romanes montrent que ce mot ne peut venir que de scutarius, lequel a pris ensuite dans le service de la maison féodale diverses acceptions.

ÉCUYËRE (é-kui-iê-r'), t. f. || 1* Femme qui monte à cheval. || Femme qui fait des exercices équestres dans un spectacle public. || 2* X l'écuyère, loc. adv. En façon d'écuyer. Bottes à l'écuyère, grandes bottes qui servent pour monter à cheval.

— ÉTYM. Écuyer.

f ECZÉMA (èk-zé-ma), s. m. Terme de médecine. Affection cutanée caractérisée par de petites vésicules très-rapprochées les unes des autres.

— ÉTYM. 'Ex!;E|xa, éhullition, de âx, et ïtîv, bouillir. t ECZÉMATEUX, EUSE (èk-zé-ma-teû, teû-z'),

adj. Qui a rapport à l'eczéma. Éruptions eczémateuses.

— ÉTYM. Eciéma.

EDDA (è-dda) , t. f. Célèbre recueil de la mythologie des peuples germaniques du Nord, dont chaque chapitre est un petit poëme qui roule sur les prédictions, la magie et les géants.

— ÉTYM. Edda signifie la bisaïeule , dénomination qui a été donnée, non sans grâce, à un recueil vénéré de vieilles traditions.

ÉDEN (é-dèn') , s. m. Nom que l'Écriture donne au paradis terrestre, c'est-à-dire au lieu de délices dont Dieu fît la demeure du premier homme dans l'état d'innocence. Ces fleuves, ces vergers, éden aimé des deux. Et des premiers humains berceau délicieux, A. chénier, Élég. <4. Le phénomène de la richesse eût été inconnu dans l'Éden : mais aussi l'homme de l'Éden exempt de travail et de peines.. . n'est point ce pionnier intrépide, ce martyr de la science et de la civilisation /jui arrose de ses sueurs et parfois de son sang la voie douloureuse du progrès, cournot, Principes de la théorie des richesses, n° 4. Il Par extension, lieu de délices et de bonheur tranquille. Outrel'Edende l'inspiration et du mythe, dont l'image religieuse plane sur le berceau de l'humanité, il y a l'Éden des millénaires et des utopistes de toute sorte, présenté comme le terme vers lequel tend l'humanité dans son laborieux pèlerinage, Éden d'où le travail ne peut être exclu.... lu. ib. n° 5.

— ÊTYM. Hébreu, eden, jardin.

t ÉDÉNIEN, NIENNE (é-dé-niin, niè-n'), ad]. Terme didactique. Qui appartient à l'éden.

— ÉTYM. Éden.

ÉDENTÉ,ÉE(é-dan-té, tée), part, possrf. || l'Qui

a perdu ses dents. Une vieille édentée. Un peigne édenté, un peigne qui a des dents de moins. Il 2° Terme de zoologie. Qui a l'appareil dentaire plus ou moins incomplet. || 5. m. pi. Les édentés, huitième ou dernier ordre des mammifères, à dents toutes similaires ou nulles, à corps couvert de plaques cornées disposées en bandes circulaires annulaires (dasypodes ou tatous), ou couvert de poils (fourmiliers) , ou couverts d'écailles imbriquées (pangolins). || Qui n'a pas de mandibules proprement dites, et, substantivement, nom d'une section de la classe des crustacés.

ÉDENTER (é-dan-té), v. o. || 1* Faire perdre les dents. La vieillesse nous édente tour à tour. || Arracher les dents, genre de torture. || 2° Par extension, user, rompre les dents d'une scie, d'un peigne, etc. Il 3° S'édenter, v. re'/î. Perdre les dents. Un peigne qui s'édente.

— HIST. xm* s une espée à un grès [il] l'a

toute esdentée. Fabliaux mss. n° 7996, p. 66, dans lacurne. Il XV* s. Je suis tout sain, etay fièvre quartaine; Tout esdenté, mon frein me fault rongier, CH. d'orl. Bal. 109. Il XVI* s. Pour edenter le souci qui me mord, rons. 3 i . 0 vieille edentée , du bellay, VII, 52, verso. Si, pour en préoccuper moy mesme l'accusation et la desoouverte [de mes défauts], il luy semble [à mon détracteur] que je lui esdente sa morsure.... mont, iv, )13,

ÉDI

— ÉTYM. É pour M.... préflie, et dent; provenç.

eidentat, édenté; ital. sdentato.

i ÉDICTAL, ALE (6-diklal, kta-l'), adj. Terme d'ancienne jurisprudence. Qui a rapport aux édiu, aux ordonnances.

— ÉTYM. Édit.

f ÉDICTER (é-di-kté), V. a. Publier par édit. peines édictées parla loi.

— HiST. XIV*». Que il soit édité et publié que aucuns marchans.... du canor, edituere. {| xvi* s. S'il estoit requis pour le bien ou utilité de quelque ville et communauté d'edicter, statuer, mettre sus et introduire quelques loix ou coustumes nouvelles, Nouveau cotist. gi'nér. t. ii, p. 81.

— ÊTYM. Édit. On trouve aussi indicter: Peines indictéps, CARix)ix, vi, <.

ÉDIl'IANT, ANTE (édi-fl-sn, an-t'), adj. Qui édifie, qui porte à la vertu, à la piété. Des lectures édifiantes. || Lettres édifiantes, lettres écrites par des missionnaires et publiées par les jésuites. || Par plaisanterie et antiphrase. C'était quelque chose d'édifiant que de la voir à table, hamilt. Gramm. <o.

ÉDIFICATEUR (é-di-fi ka-teur), t. m. Celui qui édifie, qui fait construire un édifice. Ce que vous dites de bâtir autour de Balzac [nom de lieuj, m'a semblé fort bon et serait en vérité bien k propos; mais nous autres beaux esprits, nous ne sommes pas grands édificateurs, voit. Lett. 4 26. Les beaux esprits auraient suivi leurs exemples [de financiers bâtissant], si ce n'était qu'ils ne sont pas grands édificateurs, comme dit Voiture, la font. Lelt. à sa femme, 5 sept. (663.

— HIST. xiV s. Les autres ars et sciences enseignent ung homme estre bon edifieur et bon painire, ORESHE, Proi. Il XVI' s. Un architecte et edificateur

doit.... PAHÉ, XXV, 20.

— ÊTYM. Lat. œdificator, de «diUcare, édifier. Plus anciennement on disait edifieur.

ÉDIFICATION (é-di-fi-ka-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. || 1* Action de bâtir quelque grand édifice. L'édification du Temple fut réservée h Salumon. Il 2" Fig. Sentiments de vertu et de piété qu'on inspire par de bons exemples ou de sages discours. Cette manière d'écrire ne laisse pas toujours beaucoup d'édification aux pieux lecteurs, Boss. Héfut. La merveilleuse édification qu'ils nous laissent, ID. Latt. 7. Je recevrai bonne édification de votre vertu , m. Perf. rel. Vous devez cette édification à l'Église, Mass. Car. Parole Et que vos vertus [des grands] ont des suites plus étendues pour l'utilité de l'Église et pour l'édification des fidèles, ID. Petit car. Vices. || 8° Il se dit souvent, ironiquement ou non , dans le sens de instruction. J'ai dit tout ce que je savais de lui, pour l'édification de ses électeurs. Pour votre édification, vous saurez....

— HIST. XIII' s. Por l'ame de moi miex valoir, Ai mis mon cors en nonchaloir, Por plus d'edificacion, Vieng en une religion [je vins en une maison religieuse] , RUTEB. II, 4 27. Il xiv 3. Et tel bien en médecine ce est santé, en chevalerie vittoire, en édification la maison estre faite, oresme, Eth. vu. Magnificence est en grandeur de despens faiz en choses très honorables.... et en opérations ou édifications pour les temples, id. ib. 4<*. ||xv' s. À ma dame [je] faiz supplication. Que lui plaise moy tant faire d'amours, Qu'en sa nouvelle édification Soye logiez.... EDST. DEsc. Poésies mss. t* m, dans LK- CURNE. Il xvi' S. C'est qu'en lisant l'Escriture nous cerchioiis continuellement et méditions ce qui appartient à l'édification, calv. Instit. <04. Grandes noises s'en esmeuvent, et peu d'édification en vient, iD. ib. 626. Aussi lui feirent-ils beaucpup de destourbier et d'empescbement en l'édification du palais qu'il feit bastir, amyot, Caton, 38.

— ÊTYM. Provenç. edificatio; espagn. edificacion; ital. edificaiione ; du latin xdificalionem , de œdificare, édifier.

ÉDIFICE (é-di-fi-s'), s. m. || 1' Grand bâtiment, palais, temple. Un superbe édifice. Des édifices sacrés. Ni l'édifice n'est plus solide que le fondement, ni l'accident ai taché à l'être glus réel que l'être même, BOSs. Duch. d'Orl. Comme une colonne dont la masse solide paraît le plus ferme appui d'un temple ruineux, lorsque ce grand édifice qu'elle soutenait fond sur elle sans l'abattre.... ID. Heine d'Ang'et. Comme si, dans le fond de ce vaste édifice, Dieu cachait un vengeur armé pour son supplice, bac. Athal. 1, 4. Ces édifices [de Moscou], ces palais et jusqu'aux boutiques, étaient tous couverts d'un fer poli et coloré, SÉGUH, Uist. de Napol. vui, 4. || 2" Par extension, il se dit de toutes les choses faites, arrangées, combinées avec art. Et qu'une main savante, avec tant d'artifice, Bâtit de ses cheveux le galant éili-

ËDI

flce, BOlL. Sat. X. || 8* Fig. Ce qui résulte d'un ensemble de combinaisons. L'édifice de la société féodale. Lui seul.... De la religion soutient tout l'édifice, RAC. Esth. Prol. Se bâtir un édifice périssable de grandeur sur la terre, mass. Car. Temples. Après avoir commencé l'édifice, vous n'avez jamais pu l'achever, id. ib. Pdques. C'est vous qui par mes mains fondiez sur la justice De notre liberté l'éternel édifice, VOLT. Brut, v, 4. De souvenir en souvenir J'ai reconstruit mon édifice : Je vais conter, pour en finir, Ce qu'on me dit de ma nourrice, bëhano. Nourrice.

—SYN. ÉDIFICE, BÂTIMENT, MONUMENT. Leb&timent, c'est tout ce qu'on bâtit; une cabane est un pitit b&timent; une caserne en peut être un grand. L'édifice suppose plus d'art, plus de grandeur, d'élévation , des matériaux plus solides. Un marché public qui n'a presque pas de hauteur, n'est qu'un grand bâtiment; l'église des Invalides est un édifice. Le monument est ce qui sert à instruire la postérité, ce qui reste comme une marque de la grandeur des peuples ou des hommes :1a porte Saint-Denis, l'arc de l'Étoile, sont des monuments; et, par extension, on donne ce nom aux beaux édifices et aux tombeaux.

— HIST. xiii' s. S'il s'enfuioit, li edefises de se [sa] maison seroit abattus, tailliar, llecueil, p. 61 4 . Qui veut prisier edefices, si comme mesons ou pressoirs, ou molins, il doit regarder le liu où li édifices est, beauu. XXVII, 48. Il xiv s. Mais li ducs, qui voloit user [agir] âsonadvis, VoltdeResnes veoir trestous les edefis, Guescl. mx,k. \\ xv s. Ce petit grenier estoit d'ancien édifice [construction], tout deplanché, tout delatté, et pertuisé et rompu en plusieurs lieux, louis xi, A'out!. xxxiv. L'en ne peut faire bon édifice sur mauvais fondement, leroux DE lincy, Proo. t. II, p. 337. Il xvi* 8. La réparation et entretcnement des édifices publiques et sacrez, AMYOT, Coton, 38. [Les améliorations qu'on fait SUT un fonds tenu à bail congéable] sont appellées édifices et superf cies et plus communément droits convenanciers ou droits reparatoires , Nouveau coust. génër. t. iv, p. 4M.

— ÉTYM. Provenç. edifici; espagn. edificio; ital. edifizio; du latin xdificium (voy. édifier).

ÉDIFIÉ, ÉE (é di-fi-é, ée), part, passé. || 1° Construit. Le temple d'Éphèse édifié par les Grecs d'Asie. Il 2' Fig. Satisfait. Je suis édifié, je sais ce que je désirais savoir. Oui, je sors de chez vous fort mal édifiée, MOL. Tari, i, 4. || 8° Touché par le bon exemple. Nous sommes fort édifiés de sa dévotion, sÉv. 338. Toute la cour est édifiée de sa tranquillité et de sa joie, boss. Lelt. 23. Je suis si édifié de la piété qu'on y ressent à chaque mot, iD. ib. 4 24. Si la communauté n'est pas édifiée de vos veilles, id. ib. Corn. 4 4.

ÉDIFIER (é-di-fi-é), j'édifiais, nous édifiions, vous édifiiez; que j'édifie, que nous édifiions, que vous édifiiez, V, a. || 1' Construire un édifice. Salomon édifia le temple de Jérusalem, || 2* Fig. Créer un ensemble de choses. Détruire d'une main ce que vous édifierez de l'autre, mass. Car. Jeûne. Grand Dieu I les hommes pourront-ils détruire ce que vous avez édifié? id. Paraphr. ps. xvi, v, 9. Tout système s'écroule à mesure qu'on l'édifie, s'il ne porte sur la base inébranlable des faits et do l'expérience, HELvÉTius, dans legoarant. Il 8' Porter à la vertu, à la piété parle bon exemple, par les sages discours. Cette union [des chiens et des chats] si douce et presque fraternelle Edifiait tous les voisins, LA FONT. Fabl. xil, 8. Pour édifier notre piété par le souvenir de ses vertus, mass. Or. fun. Yillars. Quand on agit suivant une charité générale, on est généralement aimé, et on édifie tout le monde, fên. l xviii, p. 462. Il Absolument. On édifie par le bon exemple. Il 4° Instruire. Je veux vous édifier là-dessus. Il 6' S'édifier, v. réfl. Être construit. Tandis que la temple s'édifiait. || Fig. Recevoir des impressions édifiantes. Édifions-nous de ce qui fait le scandale des autres, volt. Phil. n, 465. || Se donner réciproquement des impressions édifiantes. Édifions-nous les uns les autres.

— HIST. XII' s. Pur ço sui acuragiez [encouragé] de édifier un temple al oes [au gré de] nostre seigniir, si cume il le anunciad à mun père David, Rois, 242. Tu es pieres, e sur ceste piere ferai M'eglise, e ma meisun i édifierai. Et les portes d'enfer par li dépècerai. Th. le mari. 7». Ijxiir 8. Qui edefie sor héritage qu'il tiegne par cause de bone foi et porce qu'il creoit avoir droit en l'eritage.... li coust des edefices li doivent estr* rendu, bkaum. XX, 3. Vous conterai-je que je vi et oj de ses saintes paroles et de ses bons enseignemens, pour ce qu'il

ÉDI

soient trouvez l'on après l'autre pour edefier ceulz qui les orront, jomv. 4»7. De son tens furent edeflées plusieurs abbaies, id. 293. Certes prélat Me] ne voi nul hui. Qui les prudomes edefit, Wtxt. d( Ste Leoc. ms. (• i», dans lacurnb. ||xy s. Le saint siège que St Pierre et St Paul avoient édifié et augmenté, FROiss. II, II, 20. Sur tous les llkui plaitani et agréables Que l'en pourroit en ce monde trouver, Edifiez de manoirs convenables, kust. descuahps, le Boit de Vincennet. || xvi'i Comme si cependant ils n'edifioyent point les consciences de leurs prochains en mal, calv. Imtit. 667. Ils édifièrent un temple à Minerve, amtot, Arist. 49. Harpalus vint bien & bout d'y édifier [faire croître] toutes les autres plantes de la Grèce, excepté le lierre seulement, que la terre ne voulut jamais endurer, id. Alex. 66. Le jeune homme a besoing d'estre bien guidé en la lecture des poètes, à fin que la poésie ne l'envoyé point mal édifié, mais plutost prep.iré et rendu ami et familier à l'estude de philosophie, ID. Comment il faut lire les poètes, 67. 11 n'y avoit point la sixiesme partie des arbres qui se sont maintenant édifiez auprès des villages, d'aub. Uist. i, 140. Qui se marie ou édifie, sa propre bourse il purifie, LEROUX DE lincy, Prov. t. Il, p. 405.

— ETYM. Berry, adjier, affier, alfier, bâtir, planter, nourrir; provenç. edificar , edifiar; espagn. cdificar: ilab xdificare; du latin sedificare, de aides, bâtiment, et du suffixe ficarc, faire. yCdi/icare, dans le sens moral, se trouve dans la latinité ecclésiastique et est une métaphore pour édifier, construire les bonnes mœurs, la vertu, la doctrine.

ÉDILE (é-di-l'), s. m. ||1' Nom de magistrats qui avaient à Rome l'inspection des édifices et des jeux, et le soin de l'approvisionnement de la ville, et qui étaient au nombre de quatre, deux plébéiens et deux patriciens (ceux-ci avaient la chaise curule). Sans lui rien mettre au cœur qu'une crainte servile Qui tremble il voir un aigle et respecte un édile, corn. Nicom. I, 4. Les deux chaises d'ivoire ont reçu les édiles, V. BUGO, Odes, iv, 44. || 2* Dans le style d'apparat, les édiles, les magistrats municipaux d'une grande ville.

— HIST. XIV 8. Et me semble que édile estoient ceulx qui avoient la cure des édifices et voies publiques, BERCHEUHE, 1* 2.

— ÉTYM. Lat. scdilis, de asdes, bâtiment. ÉDILITË (é-di-li-té) , (. f. || 1° Magistrature des

édiles; exercice de cette charge. Briguer l'édilité. Sous son édilité. || 8° Dans le langage d'apparat, le: magistratures municipales modernes. L édilité de la ville de Paris. {| Par extension. Les décisions et actes de l'autorité municipale.

— ÉTYM. Lat. xdilitas, de xdilis, édile. ÉDIT (é-di; le (ne se lie pas dans la conversation;

au pluriel, l'i se lie: des é-di-z injustes), s. m. Il 1° Chez les anciens Romains. Règlements faits par certains magistrats pour être observés durant le temps de leur magistrature. || Édit perpétuel ou édit du préteur, compilation de tous les édits rendus par les préteurs et par les édiles curules, faite d'apr&s les ordres de l'empereur Adrien. || Sous les empereurs, constitutions des princes, lois nouvelles faites de leur propre mouvement, et différant des rescrils et des décrets en ce qu'elles décidaient les cas qui n'avaient pas été prévus, ou abolissaient, ou changeaient les lois anciennes. Galérius...., deux ans devant qu'il eût obligé Dioclétien à quitter l'empire, le contraignit à faire ce sanglant édit qui ordonnait de persécuter les chrétiens plus violemment que jamais, BOSS. Hist. I, 40. Justine publia, sous le nom de son fils, des édits en faveur de l'arianisme, id. t'b. I, 44. Il 2" En Franco, dans l'ancien régime. Constitution faite par le prince pour créer quelque établis.sement, organiser quelque grande affaire, notifier quelque prohibition. Les édits et déclarations du roi se vérifiaient dans les compagnies souveraines. Les édits se scellaient en cire verte pour marquer par cette couleur qu'ils étaient perpétuels de leur nature, Tritoux. Porter, faire, renouveler, enregistrer un édiu On m'a dit Que contre les clin-quants le roi fait un édit, bégnier, Sat. Tlil. J'ai voulu l'acheter, l'édit, expressément, Afin que d'Isabelle il soit lu hautement, mol. Éc. des mar. il, 9. Il Édit de Nantes, loi promulguée par Henri IV, le 4 5 avril 4 698, en faveur des protestants à qui il accordait le libre exercice de leur religion, et l'admission aux charges et dignités de l'État. L'édit de Nantes fut révoqué par Louis XIV. jj Chambre do l'édit, se disait, dans les anciens parlements, d'une chambre instituée par l'édit de Nantes pour connaître des afi'aires des protestants. || 8* Ordonnance faite par la souverain. Sa»er-vous la rigueur desuo

ÉDU

ÉDU

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premier édit? rotrou, Antig. m, 3. Et le roi trop crédule a signé cet édit, bac. Esth. i, 3.

— HIST. XV' s. Sire chevalier, je vous en feray un edit [proposition] : joustons ensemble deux lances, à celle fin que, se vous m'accablez de l'ung des coups, je m'en iray en prison par devers la pucelle, Perceforest, t. i, f° < 6). {| xvi* s. Entre tous les gens d'armes françois avoit un edict [convention] que si une pièce d'artillerie ou un homme seul par inconvénient estoil arresté, que chascun s'arrestoit jusques à ce que tout feust à point, J. d'auton, Annales de Louis XII, p. **, dans iacurne.

— ÊTYM. Lat. edictum, part, passif neutre de edicere, prononcer, de e, etdicere, dire.

t ÉDITÉ, ÉE (é-di-té, tée), part, passé. Livré au public. Un livre édité à grands frais. || Terme de palais. Cité dans les arrêts ou jugements, en parlant des lois ou ordonnances.

t ÉDITER (é-di-té), 1). a. Publier, en parlant d'un livre. Éditer : ce mot, que j'ai trouvé dans la Revue des écrits de Linné par le C. Millin, me paraît clair, expressif, et manque à notre langue, bois- SONADE, Mémoire du concours de )797. || Il se dit aussi de la musique et même des gravures, ries lithographies, des estampes et de tout ce qui peut se reproduire par l'impression. Quel libraire a édité les Galeries de Versailles? Un tel édite de la musique. Il S'éditer, v. réft. Être publié. Les livres qui s'éditent chaque année. || Publier son propre livre. Si je ne trouve point d'éditeur, je m'éditerai moi-même.

— ÉTYM. Voy. ÉDITEUR.

ÉDITEUR (é-di-teur), s. m. jj l" Celui qui publie l'ouvrage d'un autre. M. B. Jullien, éditeur des Paradoxes de Lamolte. Il Particulièrement, librairequi publie un livre à son compte; et, adjectivement, libraire-éditeur. M. Hachette est l'éditeur de ce dictionnaire. Il II se dit aussi de celui qui imprime de la musique. Il Tout homme qui publie un livre à son compte. Il est à lui-même son éditeur, c'est-à-dire il publie à ses frais ses ouvrages. ||i* Editeur responsable, celui sous la responsabilité de qui parait un journal. || Fig. et familièrement, celui qui a la responsabilité de quelque chose, surtout en parlant du mari. Il est l'éditeur responsable des sottises qui se font chez lui. || 3° Marchand d'estampes.

— ÉTYM. Lat. editor, de edere, faire sortir, mettre dehors; de e, et dere pour dure, donner.

ÉDITION (é-di-sion; envers, de quatre syllabes) , t, f. Impression et publication d'un ouvrage. La première, la seconde édition. Ce livre a eu cinq éditions. L'édition d'un ouvrage se désigne quelquefols par la date, quelquefois par le nom du libraire, presque toujours, surtout quand c'est une édition très-estimée, par le nom de l'éditeur qui y a donné ses soins : Plutarque édition de Reiskè ; Lucrèce édition de Lemaire. || Édition princeps, la première édition d'un ancien auteur. || Publication d'un ouvrage manuscrit avant la découverte de l'imprimerie. Il Par plaisanterie. Vous avez-dono été marié bien jeune?— J'en suis à ma cinquième édition, PALAPRAT, Ballet extrav. àdjas LEROUX, Dict. comique. Il Kig. Le monde est un ouvrage qui a eu plusieurs éditions [par allusion aux révolutions géologiques].

— HIST. xiv's. Avient aucune fois que les meneurs [moindres] successeurs ameilourissent les éditions très excellons de leur greignors [plus grands] prédécesseurs, H. de MONDEVILLË, f" 4.

— ÊTYM. Provenç. editio; espagn. edicion; ital. ediîione ; du latin edilionem, édition (voy. éditeur).

t ÉDOLIE (é-do-Iie), s. m. Terme de zoologie. Nom moderne du genre drongo, qui a pour type l'édolie cristé, dit roi des corbeaux, et plus particulièrement drongo.

t ÉDOSSER (é-dô-sé), V. a. Terme rural. Enlever la superficie du sol, avec les racines qui s'y trouvent, pour les transporter ailleurs. || Terme de tanneur. Exprimer l'eau qui se trouve du côté de la chair, dans la peau qu'emploie le parcheminier.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et dos.

I ËDOSSOYER (é-dô-so-ié) , v. a. Terme de tanneur. Synonyme de édosser.

ÉDREDON(é-dre-don), s. m. || 1° Petites plumes à tige grêle, à barbules longues et fines, appelées aussi duvet, fournies par des oiseaux palmipèdes et surtout par l'eider, anas molUssima, qui vit principalement en Islande. On en fait des couvre-pieds. Il a° Un édredon, un couvre-pieds fait d'édredon. Mettez cet édredon sur votre lit.

— ÉTYM. Picard et génev. aigledon ; du suédois eider, espèce d'oie du Nord, et dun, petite plume, duvet.

tÉDHCABILITÉ (é-du-ka-bi-li-té), t. f. Néologisme. Aptitude à être iiutruit, dressé. L'éducabitô des animauZi

— ÉTYM. EducaUe.

t ÉDCCABLE (é-du-ka-bl") , adj. Néologisme. Qui est apte à recevoir l'éducation, k être dressé.

— ÉTYM. Voy. ÉDDCATION.

t ÉDUCATEUR, TRICE (é-du-ka-teur, tri-»'), adj. Qui concerne l'éducation; qui donne l'éducation. Il Substantivement. Soient mis es mains d'éducateurs qui les nourrissent et instruisent en la dite religion, hohan, Mém. t. ii, p. 74, dans lacurne. Il Fig. Les nations qui se font gloire de marcher à la télé de la civilisation ne devraient pas reculer devant les dépenses nécessaires pour déterminer scientifiquement des questions dont la solution est jusqu'à présent exposée au hasard, éducateur dont les leçons sont si ruineuses, barral. Presse scientifique, tset, t. m, p. 30(.

— ÉTYM. Lat. educalor, de educare, éduquer.

ÉDUCATION (édu-ka-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Il 1° Action d'élever, de former un enfant, un jeune homme ; ensemble des habiletés intellectuelles ou manuelles qui s'acquièrent, et ensemble des qualités morales qui se développent. C'est ainsi qu'on l'accoutumait dans son enfance à craindre Dieu et à l'aimer; et l'on peut dire d'elle ce que l'Écriture a dit d'une autre reine, qu'elle ne changea pas son éducation, fléch. Ùarie-Thér. Ni la bonne éducation ne fait les grands caractères, ni la mauvaise ne les détruit, fonten. Ctar Pierre. L'éducation qu'il faisait donner aux enfants, fén. Tél. v. Jeunes hommes qui n'avaient eu aucune éducation, m. ib. XVI. Rien n'est plus négligé que l'éducation des filles; la coutume et le caprice des mères y décident souvent de tout ; on suppose qu'on doit donner à ce sexe peu d'instruction; l'éducation des garçons passe pour une des principales affaires par rapport au bien public , et , quoiqu'on n'y fasse guère moins de fautes que dans celle des filles, du moins on est persuadé qu'il faut beaucoup de lumières pour y réussir, pén. Édue. des filles, t. L'éducation est une maîtresse douce et insinuante, ennemie de la violence et de la contrainte, qui aime à n'agir que par voie de persuasion, qui s'applique à faire goûter ses instructions en parlant toujours raison et vérité, rollin, Traité des Et. liv. vi, art. 4. Mme de Maintenon avait un goût et un talent particulier pour l'éducation de la jeunesse, m°" de CAYLUs, Souvenirs, p. <9*, dans pougens. Dans cette cour indigente et vagabonde, la nécessité, qui fait mille biens malgré qu'on en ait , leur tenait lieu d'éducation, et l'on ne voyait que de l'émulation parmi eux sur la gloire , sur la politesse et sur la vertu, hamilton, Gramm. 6. L'éducation perfectionne l'instinct comme elle perfectionne la raison, bonnet, Causes prem. 5" partie, ch. 6. Leur donner la vie [à des fils] , «st un présent cruel. Sans l'éducation, sans ce bien plus réel, M.i. CHÉN. Cracq. i, 6. Quand on a reçu une mauvaise éducation, on garde, en grandissant et même en vieillissant, tous les défauts de l'enfance, m'"' dk GENLis, Veillées du château, t. i, p. 21, dans POUGENS. Je ne confondrai plus les éducations qui ne sont que brillantes avec les bonnes éducations, c'est-à-dire avec celles qui rendent bon et vertueux, iD. ib. p. 442. Il Par extension. Donner de l'éducation à son esprit, marivaux, dans desfontaines. Il Maison d'éducation, maison où l'on prend des enfants pour les instruire. || Éducation jirofessionnelle, éducation qui a pour but d'enseigner un art, un métier, une profession. || Première éducation, soins et enseignements qui se donnent dans la première enfance. [Louis XIV] Recommandant votre enfance [du jeune roi Louis XV] à la tendpe et respectable dépositaire [Mme de Ventadour] de votre première éducation , laquelle , en formant vos premières inclinations et, pour ainsi dire, vos premières paroles, fut sur le point de recueillir vos derniers soupirs, mass. Pet. car. Ex. des grands. La première éducation est celle qui importe le plus, et cette première éducation appartient incontestablement aux femmes.... parlez donc toujours aux femmes, pa- préférence, dans vos traités d'édjjcation, I. J. Rouss. Ém. i. Note au commencement. Il 2° En parlant des animaux domestiques, l'ensemble des moyens auxquels on ai recours pour les rendre de bonne heure dociles à la volonté de l'homme et pour développer en eux les facultés de l'instinct et celles du corps, de manière qu'ils soient le plus utiles qu'il est possible. || Soin que l'on prend pour produire et entretenir certains animaux, certaines plantes. L'éducation des abeilles, des vers à soie. L'éducation de cette plante est difficile. Les indigènes [de Madagascar] , qui font de deux à quatre éducaiioGS par année, surveillent l'accouplement

des papillons, la ponte et l'éclosion des jeunes chenilles [vers à soie] qu'aussitôt la naissance ils transportent.... BLANCHARD, Àcad. des se. Comptes rendus, t. Lvi, p. 621. Il 3" La connaissance et la pratique des usages du monde. Ce jeune homme est sans éducation. Elle paraît avoir de l'éducation, dancourt. Urne Artus, m, 7.

— REM. Éducation est un mot récent; autrefois on disait nourriture.

— SYN. éducation, instrdction. L'instruction est relative à l'esprit et s'entend des connaissances que l'on acquiert et par lesquelles on devient habile et savant. L'éducation est relative à la fois au cœur et à l'esprit, et s'entend et des connaissances que l'on fait acquérir et des directions morales que l'on donne aux sentiments.

— ÉTYM. Lat. educationem, de educare, éduquer. t ÉDUCTE (é-du-kf), s. m. Terme de physiologie.

Synonyme inusité de blastéme ou d'exsudat.

— ÉTYM. Lat. eductus, produit, de e, et ductus, conduit.

ÉDULCORATION (é-dul-ko-ra-sion), s. f. Terme de pharmacie. Addition d'une certaine quantité de sucre, de miel ou de sirop à une substance pour en adoucir ou masquer la saveur, ou pour rendre agréable une substance insipide.

ÉDULCORÉ, ÉE (é-dul-ko-ré, rée) , part, passé. Un julep édulcoré.

ÉDULCORER (é-dul-ko-ré), B. o. Terme defharmacie. Opérer l'édulcoration. || Verser de l'eau sur des substances en poudre pour les dépouiller des principes acides qu'elles contiennent. || S'édulcorer, t). réfl. Être édulcoré. Cela s'édulcore avec du miel.

— ÊTYM. E, et le bas-lat. duicorore, rendre doux, du latin dulcis, doux.

i ÉDUQUER (é-du-ké), V. a. Néologisme. Former par l'éducation. Bien éduqué. Mal éduqué.

— REM. Ce verbe , qui est directement dérivé du latin, qui est correct et qui répondàWucotion, n'obtient point, malgré tout cela, droitde bourgeoisie, et il continue, sans juste raison il est vrai, à exciter la répugnance dont témoignent les textes suivants: La langue s'embellit tous les jours : on commence à éduquer les enfants au lieu de les élever, volt. Lett. Linguet, t6 mars (769 ; M. de la Brosse ne dit pa^ si le nègre les avait éduqués, buff. des Orangoutangs; Si je citais une phrase comme celle-ci : Qui profitera d'un bon coup? les honnêtes gens? laissez donc, ils sont si bêtesl Vous la croiriez de quelque valet, et des moins éduqués, p. L. courier, ii, t7.

— ÉTYM. Educare, dee, et ducere, conduire (voy. duire), conduire hors, élever. liien que dû soit bref dans cdûcoreetlongdansedûccre, ducere, cela n'empêche pas la dérivation , comme le prouve dux, dûeis.

ÉFAUFILÉ, ÉE (é-fô-fl-lé, lée), part, passé. Du linge éfaufilé.

ÉFAUFILER (é-fô-fi-lé) , e. a. Défaire une trame, en tirant le fil par le bout d'un ouvrage ourdi, soit pour juger de la qualité, soit pour en faire de la peluche ou de la charpie. || S'éfaufiler, v. réfl. Ce linge s'èfaufile aisément.

— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et faufiler. EFFAÇABLE (è-fa-sa-bl'), adj. Qu'on peut effacer.

— HIST. XV* s. Prens à ceste heure ton ploy [pli] non effassable, jebah lehaire, Pallas parlant à Paris.

EFFACÉ, ÉE (ê-fa-sé, sée), part. passé. \\ 1° Qu'on a fait disparaître par le frottement ou enbiffant. Une écriture effacée. On tableau efl'acé. || Médaille effacée, médaille dont l'empreinte a disparu. || Par extension. Couleur efl'acée, couleur qui a perdu de sa vivacité. Je serais bien fâché de voir cette grande voûte ornée de moins d'étoiles, et de ne voir celles qui me resteraient que plus petites et d'une couleur plus effacée, fonten. Mondes, 4* soir. \\ 2° Fig L'image de sa grandeur n'était pas encore effacée de leurs cœurs, vaugel. Q. C. liv. m, dans eichelet. Je vois de votre cœur Octavie effacée, bac. Brit. iv, 2. Je vous rappelle un songe effacé de votre âme, id. ttithr. i, 2. Elle [l'âme de J. C] y voit les plus monstrueuses superstitions établies parmi les hommes, la connaissance de son Père effacée, mass. Car. Passion. Vous ne serez jamais effacée de son souvenir, ID. Or. fun. Madame. Quand cette crainte sera effacée dans les sujets comme dans le prince, où sera la fidélité et l'obéissance? rollin, Hist. anc. Œuvres, t. II, p. 476, dans POUGENS. En vain Milton, dont vous suivez les traces, Peint l'âge d'or comme un songe effacé, volt. Poésies mêlées, cxLvi. || 3° Oublié. Vous rappellerez-vous des traits presque effacés? LA CHAUSSÉE, Uélanide, v, se. dern. || Pardonné. Ahl quand vous m'auriez trahie, vous m'aimez toujours, tout est effacé, M"* DG GENLIS, Th. d'édile.

EPF

Ennem. gfn. », 8. || 4* Éclipsé. Effacé par ses rivaux. Les exploits de son père effacés par les siens, BAC. Andr. ii, *. Toutes le» boni.es mines de la cour en furent effacées, HAMiLT. Gramm. *t.\\h° Oui n'a pas conservé suffisamment sa propre empreinte. Un caractère effacé. || U se dit aussi, en un sens analogue, des mots, des expressions. Quand un mérite semblable [la justesse] cessa d'appartenir h la langue latine, quand les mots effacés et comme usés par le long usage y perdirent leur sens propre, villemain, Dict. de l'Aead. Préface, p. xxii. ||8' Présentant le moins de surface possible, en parlant du corps ou de parties du corps. Il n'était pas assez effacé, et le coup l'atteignit dans le ventre. Ce soldat a les épaules bien effacées,

+ EFFACEMENT (è-fa-se-man), t. m. || !• Action d'effacer; résultat de cette action. L'effacement de l'écriture. |{ â" Fig. Ou'est-ce que le jeûne, sinon l'effacement de nos offenses? bouhours, Nouv. rem. Il 3' Perle de l'empreinte propre. L'effacement des caractères.

— HisT. XVI* s. Si je laisse au temps seul et à l'oubliance des choses passées à faire l'effacement de leur sang, M. du bellay, 603.

— Etym. Effacer.

EFFACER (è-fa-sé. Le e prend une cédille devant a ou o; nous effaçons; j'effaçais), «. o. || 1* Faire disparaître une face, une figure ou des couleurs par le frottement, ou en biffant, en raturant. Kffacer les chiffres, les figures qui sont au tableau. Il faut effacer ces mots-là. Effacer un nom d'une liste, un article d'un compte. Puisque la loi ne veut pas qu'on fasse mourir ceux qui sont du nombre des trois mille, autrement que par l'avis du sénat, j'efface Théramène de ce nombre et le condamne à mort en vertu de mon autorité et de celle de mes collègues, HOLLiN, Hisl. anc. Œuvret, t. iv, p. U6, dans pouGïNS. Ce peu de sang que ta inain va verser. Quelques soins d'un moment vont bientêt l'effacer, ducis, Macbeth, m, ». \\ Absolument. Il efface et corrige sans cesse. Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage; Polissez-le sans cesse et le repolissez ; Ajoutez quelquefois et souvent effacez, boil. Art p. 1. 1| i' Par extension, faire disparaître. Le temps avait effacé plusieurs monuments que les poStes ont célébrés, vaugel. Q. C. liv. m, dans RicHELET. Et que le jour paraisse, ou que la nuit l'efface. Je n'ai point de clarté que celle que sa grâce Inspire en mon esprit, hacah, Ps. liv. Jour, qui fais la couleur, et toi, nuit, qui l'effaces. Exaltez sa grandeur, cobn. Trad. du cont. des troit enfants. La beauté passe. Le temps l'efface; L'âge de glace Vient à sa place, mol. Mal. imag. Intermède a. ....Quelle étrange pâleur De son teint tout à coup efface la couleur? hac. Eslh. u, 7. Je me souviendrai toute ma vie d'avoir vu.... cet air superbe et menaçant que la mort même n'avait pu effacer, FâN. Tél. II. Il 8° Fig. Faire oublier. Je t'ai fait un» offense et j'ai dû m'y porter. Pour effacer ma honte et pour te mériter, corn. Cid, m, 4. Et c'est le dire assez qu'ordonner qu'on efface Un grand crime impuni par le sang de sa race, id. Œdipe, m, B. Quand j'aurai de ses maux effacé l'infamie, m. Sertor. IV, 2. Et le triste succès de tout ce qu'il m'adresse M'efface son offense et lui rend ma tendresse, HOL. D. Gare, v, 2. La paysanne que je viens de quitter répare ce malheur, et je lui ai trouvé des charmes qui effacent de mon esprit tout le chagrin que.... ID. le Fest. de Pierre, il, 2. La reconnaissance de l'obligation n'efface pas en moi le ressentiment de l'injure, ID. ib. m, 6. Non il n'est rien qui puisse effacer de mon cœur les tendres témoignages.... ID. Sicil. 43. La gloire d'un si beau nom ne fut effacée ni par la molleiise de Lucius Vérus, frère de Marc-Aur&le et son collègue dans l'empire, ni par les brutalités de Commode son fils et son successeur, Boss. Hist. i, <0. Dis-lui.... Que ses ressentiments doivent être effacés, rac. Andr. iv, l. Dû la haine des rois avec le lait sucée. Par crainte ou par amour ne peut être effacée, lo. Bérén. iv, 4. Entre Sénèque et vous disputez-vous la gloire X qui m'effacera plus tôt de sa mémoire, ID. Brit. I, 2. Ses caresses n'ont point effacé cette injure, ID. Baj. I, 4. Cet illustre assassm entouré de victimes En descendant du trOne efface tous ses crimes, volt. IforJ de Ces. m, 4. Vos généreuses mains s'empressent d'effacer Les larmes que le ciel me condamne à verser, id. Fanât. I, 2. Tous vos respects ne pourront effacer Les téméraires vœux qui m'osaient offenser, ID. Sémir. II, 2. Il Absolument. Vous me parlez de Mme d'Heudicourt, et vous voulez un raccommodement en forme; il n'y en a point; le temps efface; on la revoit.... sév. 30«. |4* Eclipser, l'em-

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porteT d'une façon quelconque. Où le fameux Horace Vieu\ d'effacer l'éclat des hértis de sa race, du rykh, Sofvole, II, 3. Léonce est effacé par le fils de Maurice, corn. Iléracl. m, 2. C'est une belle chose que de se laisser effacer dans un lieu où l'on a affaira, SRV. 478. Notre cardinal vous aurait un peu effacée, ID. 4 90. Les Médcs étaient effacés par la grandeur des rois de Babylone, aoss. Bist. i, 7. Dont la blancheur effaçait celle de la neige, fân. Tél. i. U a effacé la gloire de tous les conquérants, m. ib. v. Sa beauté effaçait celle de Calypso, ID. ib. vu. Tout ce qui vous efface blesse votre orgueil, «ass. Car. Confess. Vous ne pouvez souffrir ceux qui vous effacent, iD. ib. Salut. Deux hommes effacèrent par leurs vertus tous les autres citoyens, montesq. ttom.

I ( . Dans l'art des vers c'est toi qui fus mon maître; Je t'effaçai sans te rendre jaloux, bérang. Bonsoir. Achille était poétique. Mais morbleu nous l'effaçons, ID. Uirmid. \\ 5" Terme d'escrime et militaire. Effacer le corps, une épaule, se tenir bien de cAté, de manière à présenter le moins de surface à l'adversaire , ou à rentrer dans l'alignement du rang.

II 8* S'effacer, v.réfl. Être effacé, enlevé jiar frottement ou autrement. Ce crayon s'efface facilement. IlS'ôter l'un à l'autre l'apparence, l'existence. Ils s'effaçaient l'un l'autre [il s'agit de spectres dans un songe] ; et chaque illusion Redoublait mon effroi par sa confusion, corn. Hor. i, s. || Fig. Mais hélas! ce portrait qu'elle s'était tracé Perd beaucoup de son luslre et s'est bien effacé, kotrou, Vencesl. i, 4. Mais tous les préjugés s'effacent à ta voix, VOLT. Alt. I, 4. Vos premiers sentiments doivent tous s'effacer, id. Fanal, y, 2. || Etre mis de c8té, négligé. Par le salut public devant qui tout s'efface, volt. Zulime, ii, 4. || Être oublié. S'effacer de la mémoire. || 7* Disparaître. De leur plus haut rang la pompe la plus vaine S'efface au seul aspect de la grandeur romaine, cohn. Sertor. ii, 2. Fuyons, l'ombre s'efface et l'aube va paraître, c. DELAVioNE, Vêpres sic. Il, 7. Et la moitié du ciel pâlissait, et la brise Défaillait dans la voile, immobile et sans voix. Et les ombres couraient, et sous leur teinte grise Tout sur le ciel et l'eau s'effaçait il la fois, LAMART. Harm. ii, 2. || 8* S'éclipser soimême. Il s'effaçait pour faire briller son ami. || Perdre son empreinte propre. Les caractères s'effacèrent. Il 9" Terme d'escrime. Se présenter bien de côté, en offrant la moindre surface. || Terme militaire. Rentrer dans l'alignement. || Terme de marine. Un vaisseau s'sfface quand, étant embossé, il présente le flanc à un bâtiment, à un fort, etc.

— SYN. EFFACER, RATER, RATURER, BIFFER. Effacer

est le plusgénéral des quatre, vu qu'on efface detoutes sortes de façons. On efface un mot soit en le rayant, soit en le grattant, soit même en le lavant. On raye un mot en passant une raie dessus. Raturer, bien qu'il exprime un acte semblable à rayer, dit quelque chose de plus; la rature efface plus complètement que la raie. On biffe un mot en le rayant aussi; mais, quand il s'agit d'une pièce entière, d'un arrêt, etc. on dit qu'on les biffe, ce qui est les croiser avec une raie d'encre.

— HIST. m* s. Seient fait li fll [les fils] de lui en péril ; en une generaciun seit esfaced li nums de lui , Liber psalm. p. 469. ||iiii*s. Que qui l'orra veuille jus mettre De soi le mal, si que bien fasse. Que par bien olr maint esfasse De son cors le mauvais usage. Dit de paresse. Roïne dehonaire. Les ieux du cuer m'esclaire, Etrobscurtém'esface,iiuTEB. Théophile. Certes je grat hors et effas [efface] De mon cuer l'amor de mes gens, l'Escoujîe. Effacié soient du livre de vie. Psautier, f» si. || xiv s. X po [peu] que le nom des Volques ne fut ileuc effacé et perdu, BERCHEUBE, f* 53. Duquel la barbe longue et les cheveux avoient effacé la beauté de son viaire, ID. f* 86, i-erio. Mais iceulx [péchés] soient à moy pardonnés et effaciés par ton benoit enfant, Ménagier, I, 4. Supposé que la renommée soit à tort, si ne peut jamais icelle renommée estre effaciée, ib. I, 4. ||xv*«. Sains, très sains appeller se font; Mais dont ceste saincteté vient? Quant à présent ne me souvient; Je ne voy miracle qu'ilz 'acent, Ne maladie qu'ilz effacent, eust. desch. Poésies mss. (' 628, dans LACURNB. ||ivi* s. Si tost qu'il se fut jette aux affaires de la chose publique, il effacea incontinent tous les autres orateurs et entremetteurs du gouvernement, amyot. Aie. 4 9. Antimachus fut si despit et si marry qu'il effacea ce qu'il en avoil escript, ID. Lysand. 34. La divination n'a que des moyens obscurs et tous effacez instrumens pour cognoistre ce qui doibt advenir, id. Sylla, 48. .... Ou pour sçavoir si du temps la longueur Ne m'avoit point effacé de son cœur, bons. 77«. On

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trouve, en peu deucrei, doigts gros et tendans à couleur de bleu eOacé, fodilloux, Fauconn. f° gk, dans LACURNE. Protogenes, despité contre sa besongne, print son esponge, et, comme elle estoit abruvée de diverses peinctures, la jecta contre, pour tout effacer, mont, i, 264.

— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et face: proprement, Oter la face; bourguig. efaicé; provenç. esfauar.

tEFFACEDR, EDSE (è-fa-seur, «eû-z'), t. m. et f. Celui, celle qui efface.

— HIST. ivi' s. Effaceur, monet, Dict.

— ÊTYM. Effacer.

EFFAÇDRE (è-fa-su-r'), s. f. Ce qui est effacé. Cette page est pleine d'effaçures. Cela est bien hardi, madame, d'effacer trois lignes tout de suite, en écrivant aune marquise ; mais vous savez mieux que personne combien il importe que cela soit permis et de quelle utilité est dans la société humaine la liberté des effaçures, voit. Lett. 4 08.

— HIST. XIII* Sanz rayure ou sanz effaceure, de quoi soupeçon puisse nestre, Tancr. li Ordinaires, f* «7.

— ÉTYM. Effacer.

t EPFANAGE (è-fa-na-j' ), t. m. Terme d'agriculture. Action d'effaner.

— ÈTYM. Eiïaner.

EFFANÉ, ÉE (è-fa-né, née), part, passé. Des pommes de terre effanées.

EFFAIVER (é-fa-né), v.a. Terme d'agriculture. Couper les fanes ou feuilles de certaines plantes. Effaner les blés.

— ETYM. E/'pourM.... préfixe, et faner.

+ EFFAtîEUR , EUSE (è-fa-neur. neû-z'), t. m. et f. Terme d'agriculture. Celui , celle qui effane les plantes.

— ETYM. Effaner.

t EFFANURES (è-fa-nu-r^, s. f. pi. Terme d'agriculture. Ce qui provient des blés et des plantes qu'on a effanées.

— ETYM. Effaner.

t EFFARADB (è-fa-ra-d') , t. f. État d'une personne effarée. Au milieu de l'effarade des maîtres du

logis, CHATEAOB. Mém. t.XX, p. 317.

— ÊTYM. Effarer.

EFFARÉ, ÉE (è-fa-ré, rée), part, passé. Oui est dans un grand trouble moral visible sur le visage. Comme il les écarquille [les yeux] et paraît effaré! MOL. Amph. III, 2. Son amante effarée Demeure le teint pâle.... boil. Lutr. ii. Une longue file de cinq à six cents voitures embarrassait tous ses mouvements ; sept mille traîneurs effarés et hurlant de terreur et de désespoir se ruaient dans ses faibles lignes, secuR , Hist. de Nap. xi, 7. || Il sedit aussi de la figure sur laquelle se peint l'effarement. Ce que je ne comprends pas, c'est que l'envie de rire ne vous ait pas pris en voyant nos mines effarées, m" de GENLis, Th. d'éduc. l'Amant anonyme, m, S. || Substantivement. Il s'en est allé comme un effaré , u" DE OENLis, Th. d'éduc. la Cur. v, 3. || Terme de blason. Licorne effarée, licorne représentée droite, comme sont les animaux dits rampants. Cheval effaré, cheval levé sur ses pieds.

— SYN. EPPARÈ, EFFAROiiCHé. Celui qui est effarouché éprouve crainte ou défiance. Celui qui est effaré éprouve un trouble moral quelconque peint sur son visage, soit surprise, soit indignation, soit crainte. Effarouché se dit des hommes et des animaux. Effaré ne se dit que des hommes.

t EFFAREMENT (é-fa-re-man), ». m. Etat de celui qui est effaré. Il faisait volte-face pour maintenir l'ennemi, quand tout à coup les hauteurs auxquelles il voulait appuyer sa gauche se couvrirent d'une foule de fuyards; dans leur effarement, ces malheureux se précipitaient et roulaient jusqu'à lui sur la neige glacée qu'ils teignaient de leur sang, seouR, Hist. de Nap. ix, 4».

— ÊTYM. Effarer.

EFFARER (é-fa-ré), v. a. || l'Frapperde quelque trouble moral qui se peint sur la phyisionomie. Il 2" S'effarer, tj. réfl. Devenir effaré. On chercha les lois, on ne les trouva plus; l'on s'effara, l'on cria, l'on se les demanda, retz, ii, 404.

— HIST. iiv* s. Li rois touz effarés respont et toux pleins d'ire, Girart de Boss. v. si76.

— ÊTYM. Provenç. «/eror, effrayer, effaroucher; du latin «//"«Tare; de f.... préfixe, et ^eriu, farouche.

t EFFAROUCHANT, ANTE (è-fa-rou-chan, chanf), adj. Oui effarouche; qui donne de l'ombrage. Une proposition effarouchante.

EFFAROUCHÉ, ÊE (è fa-rou-ché, chée), part. passé.W 1* Effrayé, en parlant des animaux. Va animal effarouché. || Terme de blason. Chat ellarou-

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ché, chat représenté droit sur ses pattes de derrière; se dit aussi du chat en action rampante. Il Substantivement. Là les pauvres effarouchés Pensent s'être bien retranchés, perkadlt, Chasse, dans RicHELET. Il 2° Mis en crainte, en défiance. Effarouché par une telle proposition. Je vous croyais effarouchés ;.our plus de huit jours, dancourt, }IouL Jav. se. "S. Les paysans effarouchés avaient fui; beaucoup de vivres étaient gaspillés, ségur, Hist. de Nap. vnr, 8.

t EFFAROUCHEMENT (5-fa-rou-che-man) , s. m. Action de s'effaroucher; état de celui qui est effarouché. Le pore Tellier se répandit en discours de la difficulté de la chose, sur un premier effarouchement qui.... ST-SIM. 350, (07.

— ÉTYM. Effaroucher.

EFFAROUCHER (è-fa-rou-ché) ,v.a.\\l' Effrayer, faire fuir, en parlant des animaux. Effaroucher du Ribier. Les cris effrayants de l'armée ennemie, joints à une grêle de traits et de pierres lancées de divers côtés par les archers et les frondeurs, les troublaient [les éléphants], les effarouchaient, les mettaient en fureur, et souvent les obligeaient de se tourner contre leui j propres troupes, rollin, llist. anc. t. XI, 1" part. p. 389, danspouoENs. || 2° Mettre en crainte et en défiance. Il faut, si vous m'en croyez, n'effaroucher personne, mol. Avare, v, t. Phelippeaux acheva d'effaroucher son père par tous les détails qu'il lui rapporta, st-sim. 20) , < 86. C'était la funeste régence de Brunehault qui avait surtout effarouché la nation, montesq. Espr. xxxi, l. Trop d'éclat l'effarouche; il voit d'un œil sévère Dans le bien qu'on lui fait le mal qu'on peut lui faire, volt. Brutus, II, 2. Il Absolument. Un homme de talent, s'il est austère, il effarouche, la bruy. xii. || Fig. Effaroucher les pigeons, éloigner d'une maison les personnes qui y apportent profit. || 3° Fig. Rendre quelqu'un moins traitable, le choquer. Et ceux que vos rigueurs ne font qu'effaroucher, corn. Ct'nno, iv, 4. Et je n'ai plus un cœur que le crime effarouche, RAG. Théb. III, 6. Ils [les épicuriens] n'ont reconnu des dieux que par bienséance, pour ne pas effaroucher la canaille d'Athènes, volt. Dial. xxix, 4. Un front cicatrisé par la guerre et le temps Effarouchait en vain mon cœur et met beaux ans, id. Soph. I, 3. Elle ne fut ni surprise de sa conquête ni effarouchée d'une prompte déclaration. M*' de genlis, Mme de ilainlenon, t. n, p. 3, dans pou- OENS. Il 4° S'effaroucher, v. réfl. Être effarouché. Ce cheval s'est effarouché. || Fig. Mon cœur s'en effarouche, et j'en frémis d'horreur, cokn. Hor. n," 3. Vous lui cachez, madame, un secret qui le touche; Je crains qu'en l'apprenant son cœur ne s'effarouche, ID. Nicotn. 1, 5. Ne t'effarouche pas d'un feu dont je fais gloire, id. Suréna, i, 1. C'est un étrange fait qu'avec tant de lumières Vous vous effarouchiez toujours sur ces matières, mol. Éc. des f. IV, 8. Les hypocrites n'ont point entendu raillerie; ils se sont effarouchés d'abord et ont trouvé étrange que j'eusse la hardiesse de jouer leurs grimaces, ID. Tart. Préface. Je sais que vos attraits, encor dans leur printemps, Pourraient s'effaroucher de l'hiver de mes ans, volt. Mer. i, 3. Le lecteur se scandalise et s'effarouche de tout, i. j. Honss. Êm. IV. Il II se dit aussi des sentiments. Que ton ambition ne s'effarouche pas, corn. Perthar. m, 4. Je connais sa vertu prompte à s'effaroucher, r\c. Bajaz, i, 4.

— HIST. xvi* s. S'effaroucher de voir un homme mort, MONT, i, 80. Cette sotte humeur de s'effaroucher des formes contraires aux nôtres, id. iv, 123. Sans raison quelconque, comme bestes effarouchées, ilz s'alloienteulx mêmes enferrer, amyot, P. Mmil. 33. Au lieu qu'il avoit trouvé l'isle toute effarouchée, sauvage et haïe par les naturels habitans mesme, id. Timol. 46. Ce bœuf s'effaroucha lors contre le bouvier qui le menoit, id. Dion, 4 9. S'effaroucher ou s'offenser des paroles, est preuve de grande foiblesse ou d'estre touché de la maladie, CHARRON, Sagesse, i, 23.

— ÉTYM. Epoures.... préfixe, et farouche ; Berry , effourâcher.

t EFFARVATTE (è-far-va-f), s. f. Petite rousseroUe, espèce du genre fauvette.

t EFFAUCHETTIÎR (è-fô-chè-té) , v. a. Terme d'agriculture. Ramasser les avoines avec un râteau appelé fauchet.

— ÉTYM. Fauchet.

t EFFAUTAGE (è-fô-ta-j'),s. m. Merrain de rebut.

EFFECTIF, IVE (è-fè-ktif, kti-v'), odj. || 1° Terme de théologie. Qui produit des effets. L'amour effectif, celui qui fait pratiquer la loi, par opposition à l'amour affectif qui ne produit que des sentiments. Il l" Qui existe effectivement, réellement. Une ar-

mCT. DE LA LANGUE FRANÇAISE,

mée de trente mille hommes effectifs. Les plus grands rois ont eu rarement trois cent mille combattants effectifs, volt. Mœurs, Juifs. \\3° Réel, positif. C'est ce glorieux titre, à présent effectif. Que je viens ennoblir par celui de captif, corn. M. de Pomp. IV, s. Jusqu'à ce qu'on nous craigne et que le temps arrive De remettre en ses mains la puissance effective, id. Perthar. ni, *. Ne semblet-il pas que Dieu n'ait mis cette merveilleuse idée de vertu dansl'espritd'un philosophe [Socrate] que pour rendre cette idée effective dans la personne de son fils ? Boss. llist. 11, e. Cherchez, imaginez parmi les hommes les différences les plus remarquables ; vous n'en trouverez point de mieux marquée ni qui vous paraisse plus effective que celle qui relève le victorieux au-dessus des vaincus qu'il voit étendus à ses pieds, ID. Duch. d'Orl. Ils lui représentèrent que, pour un secours aussi présent et aussi effectif que l'argent et la fiotte, il ne lui en coûterait qu'un vain consentement, vertot, Réiol. rom. xi, 137. || Un homme effectif, homme qui ne promet rien qu'il ne donne. Effectif dans ses résolutions, fidèle dans ses promesses, flécii. M. de Mont. Maréchal [le chirurgien du roi], qui était effectif, et la probité, et la vérité, et la vertu même, était d'ailleurs grossier, st-sim. 326, 7. Il Dans le même sens. Sa parole est effective. || 4° S. m. Nombre réel des soldats d'une armée, d'une troupe, par opposition à celui qu'assignent les règlements ou à celui qu'on annonce publiquement. L'effectif n'était que de tant. Il Terme de comptabilité militaire. Relevé des contrôles annuels.

— HIST. xvr s. Moyennant que ce qu'il met en avant ait en soy quelque propriété effective envers le sujet à quoy on le veut appliquer, langue, ^9^.

— ÉTYM. Provenç. effectiu; espagn. efectivo; ital. effetlivo ; du latin effectivus, deeffectus, effet.

+ EFFECTION (è-ïè-ksion) , s. f. Terme de géo«métrie. Construction géométrique des problèmes et des équations. Il publia trois traités qui ont pour titres : le premier.... le troisième, la construction ou effection des équations, fonten. Lahire. || Peu usité.

•— ÉTYM. Lat. effectionem (voy. effet).

EFFECTIVEMENT ( è - fè - kti - ve - man ) , adv. Il !• Avec effet. Agir effectivement. || 2° Réellement, en réalité. Effectivement il est arrivé; il est arrivé effectivement; il est effectivement arrivé. Que dirat-on de ceux qui se portent à des choses effectivement mauvaises, parce qu'ils les croient effectivement bonnes? pasc. Prov. 4. Ce qui effectivement est vrai, fonten. les Mondes, i" soir.

— REM. Des auteurs de synonymes ont essayé de distinguer effectivement et en effet. Mais effectivement signifiant avec effet, et en effet signifiant dans l'effet, la nuance échappe tout à fait dans l'usage.

— HKST. XVI* s. Il prédit à son maistre que ce dessein ne reussiroit pas.... effectivement tout ce projet ne réussit rien qui vaille, d'aub. Yie, xo. Il brigua luy mesme effectivement [de fait] en sa faveur, amyot, Pomp. 3t.

— ÉTYM. Effective, et le suffixe menf.

t EFFECTRICE (è-fè-ktri-s') , adj. f. Terme didactique. Cause effectrice, cause qui produit un effet. On dit plus souvent cause efficiente.

— ÉTYM. Lat. effectrix, celle qui fait (voy. effet). EFFECTUÉ, ÉË (è-fè-ktu-é, ktu-ée), part, passé.

Mis à effet. Des desseins longtemps médités et finalement effectués.

EFFECTUER (è-fè-ktu-é), v. a. || 1° Mettre à effet. Effectuer ses promesses. On effectua le passage du neuve. L'armée effectuait lentement sa retraite. Ce que le fer ne peut la douleur l'effectue , mair. Sophon. m, 2. Tant que tu te défends d'y rien contribuer [aux mauvaises pensées], Tu leur défends aussi de rien effectuer, corn. Imit. ni, 6. || Absolument. Ce n'est pas tout de promettre, il faut effectuer. Il 2° Terme de mathématique. Faire un calcul qui n'est qu'indiqué. Effectuer une opération. {| 3° S'effectuer, V. réfl. Être effectué, être accompli. Ses projets s'effectuent. Je sais bien que la représentation raccourcit la durée de l'action, et qu'elle fait voir en deux heures, sans sortir de la règle, ce qui souvent a besoin d'un jour entier pour s'effectuer, CORN. Ex. de Mélite. Pendant ce temps, le passage du Borysthène s'effectua sur plusieurs points , SÉGUR. Hist. de Nap. vi, 7.

— HIST. XVI' s. C'est la seule humilité et soubmission qui peult effectuer un homme de bien , mont. II, 208. Lesquels, se faschans d'avoir si peu effectué au séjour qu'ils avoyent fait devant Paris, délibérèrent de donner une camisade aux faux-bourgs, langue, 588. Et n'y eut que le quatrième poinct, de moindre importance que les autres, qui s'effec-

tua, iD. 612 qui me fait vous prier de croire

mon conseil et de l'effectuer, carloix, m, 6. L'artillerie a bien plus d'action et effectue d'avantage contre une muraille qu'elle ne fait contre un gabion rempli de terre, paré, ix, 12.

— ÉTYM. Lat. effectus, effet.

t EFFÉLURE (è-fé-lu-r') , s. f. Rognure de peau blanche qui sert à faire delà colle.

— ÉTYM. Sans doute es.... préfixe, et fêlure; du moins on trouve effellé, rompu ; xiii* s. Brisie fu et effellée, Hist. de Ste Leoc. ms. f 32, dans lacurne.

t EFFEMELLER (è-ffe-mé-lé) , t>. o. Retrancher dans une forêt le bois mort ou mauvais. Pour les hommes il faudrait faire comme les bûcherons font tous les ans dans les grandes forêts; ils y entrent pour les visiter, pour reconnaître le mort bois ou le bois vert, et effemeller la forêt, retranchant tout ce (jui est superflu ou dommageable, pour retenir seulement les bons arbres ou leo jeunes baliveaux d'espérance, garasse, dans bayle, Dict. au mot Déjotarus, note F. || Inusité' aujourd'hui.

— ÉTYM. Peut-être femelle : ôter ce qui rend le bois femelle, c'est-à-dire moins fort.

t EFFÉMINATION (è-fémi-na-sion) , s. f. Action d'efféminer; état de celui qui est efféminé.

— HIST. xvi* s. Effemination, cotgrave.

— ÉTYM. Efféminer.

EFFÉMINÉ, ÉE (è-fé-mi-né, née), pari, passé. Il 1° Rendu par les habitudes semblable à une femme. Va, cœur efféminé, va, lâche, sors d'ici, rotr. Antig. iv, 6. Des cœurs efféminés dont l'oisive mollesse Ne connaît d'intérêts que ceux de leur tendresse, volt. Sophon. i, 2. || Substantivement. Un efféminé. C'est le propre de l'efféminé de se lever tard, de passer une partie du jour à sa toilette, de se voir au miroir, de se parfumer, de se mettre des mouches, de recevoir des billets et d'y faire réponse, LA BRUY. i. Il 2° En parlant des choses. Pour la musique, on sait que les anciens croyaient que rien n'était plus pernicieux à une république bien policée que d'y laisser introduire une mélodie efféminée, FÉN. Èduc. des filles, ch. 12. Quel est le citoyen parmi nous qui se priverait, comme Julien, Antonin et Marc-Aurèle, de toutes les délicatesses de notre vie molle et efféminée....? volt. Di'ct.p/it'Z. Philosophes, i. Essayant sur le luth des chants efféminés, c. delavigne, Vêpres sic. ii, 2,

t EFFÉMINÉMENT ( è-ffé-mi-né-man ) , adv. D'une manière efféminée.

EFFÉMINER (è-fé-mi-né), v. a. Rendre par les habitudes une homme faible comme une femme. Tout ce qui efféminé les hommes, j. j. voess. Pologne, 3. il 11 se dit aussi des choses. Efféminer les mœurs. Il prétend que tout autre amour ne peut qu'affadir et efféminer Melpomène, la harpe, Cours de littér. t. vu, p. 4 90. IlS'efféminer, v. réfl. Devenir efféminé.

— SYN. EFFÉMINER, AMOLLIR, ÉNERVER. Amollir,

c'est rendre mou; énerver, c'est ôter le nerf. Les délices de Capoue amollirent, énervèrent les Carthaginois d'Annibal, mais ne les efféminèrent pas, efféminer signifiant toujours que l'on prend non précisément des habitudes molles ou énervées, mais des habitudes féminines; ce qui suppose en même temps quelque chose de recherché et d'approchant de la femme.

— inST. XII' s. Trop te laisses tost abaissier, Femenins e effeminez. Qui nen es mais crienz [craint] ne dotez, BENOIT, II, 75(7. Or si quident [ils pensent] qu'aion perdue La grant valor qu'avum eue ; Quident effeminez seiom, Senz pris e senz defension, ID. II, 8684. Il IV' s. Et s'afemina avec ces Cypriennes , femmes du subtil art, qui l'endormirent, G. CHASTEL, Chr. des ducs de Bourg, m, 18. Il xvi° s. Trop hanter lesfemmeseffemine la personne, PALSOR. p. 631. Non les hermaphrodits, monstres efféminés, d'aub. Tragiques, liv. ii, Princes.

— ÉTYM. Provenç. efeminar, enfeminar; anc, espagn. efeminar; ital. effeminare; du latin effeminare, de fi, etfemina, femme.

EFFENDI (è-fan-di), s. m. Titre d'honneur et ds dignité en Turquie. Seigneur, maître. || Le reiseffendi, le ministre des affaires étrangères.

— ÉTYM. Turc, efandi, maître, seigneur, corrompu du grec o-jôévr/iî (il se prononce afthendis, th anglais), qui agit de sa propre autorité, seigneur (voy. authentique).

t EFFÉRENT , ENTE (è-ffé-ran , ran-t') , ad; .Terme de physiologie. Qui emporte. Vaisseaux efférents. vaisseaux qui emportent les fluides sécrètes norsdes glandes. Nerfs efférents, nerfs qui portent les actions du centre à la périphérie.

— ÉTYM. Lat. efferens, de efferre, porter hors, de e, et ferre, porter.

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EFFERVESCENCE (è-fêr-vè-«san-s') , »/.([ 1° Terme didactique. Bouillonnement déterminé par le dégagement d'un gaz quelconque de l'intérieur d'un liquide. Les alcalis font effervescence avec les acides. Être, entrer en effervescence. l,es fermentations ou effervescences chimiques, dont le mouvement est si violent qu'on les pourrait quelquefois comparer à des tempêtes, sont des effets de cette puissante attraction qui n'agit entre les petits corps qu'à de petites distances, ponten. Newton. Les effervescences, le développement des gaz, l'électricité, la chaleur et les combinaisons produites par le mélange de plusieurs sui)stances contenues dans un vaisseau fermé, n'en altèrent le poids ni pendant ni après le mélange, la place, Expos, iv, (6. || 2° Ancien terme de médecine. État d'échauffement, de bouillonnement comparé àreffei've.scence chimique. L'effervescence du sang. Toute cette colère était enfantine et lui faisait dire des choses que le marquis ne dirait pas.... cela s'appelle donc (comment ditesvous , ma fille?) des effervescences d'humeurs; voilà un mot dont je n'avais Jamais entendu parler; mais il est de votre père Descartes ; je l'honore à cause de vous, sÉv. 670. {{ 3° Fig. Sorte de bouillonnement de l'âme. L'effervescence des passions. Jeunes gens que la première effervescence de l'âge des plaisirs avait entraînés dans les excès de la débauche, BAYNAL, Hisl. phil. XIV, 3. Il Émotion des esprits, favorable ou défavorable. L'effervescence populaire. Le mécontentement universel que vous traitez d'effervescence a quelques sujets ou motifs trop connus pour ne pas lever tous vos doutes, hiraheau. Collection, t. i, f» 39. Quanta cette jeunesse d'élite qui, dans ces temps de gloire, remplissait nos camps, son effervescence était naturelle, ségur, Iliit. de Nap. m, 3.

— ÉTYM. Effervescent.

EFFERVESCENT, ENTE (è-fêr-vè-ssan , ssan-t'), adj. Il 1° Terme de chimie. Qui est en effervescence ou susceptible d'entrer en effervescence. || Boisson effervescente, boisson préparée avec du bicarbonate de soude et du jus de citron ou de l'acide tartrique. Il î" Fig. Prêt à s'emporter comme par un bouillonnement. Une tête effervescente. Une âme effervescente. La foule effervescente.

— ÉTYM. Lat. effervescens , de effervescere , s'échauffer; de ex, et ^errere, être chaud (voy.FEBVEua).

EFFET (è-fè; le t ne se lie pas, du moins dans la conversation, ailleurs on le lie quelquefois; au pluriel, 1'» se lie : des è-fè-z incroyables) , *. m. || 1" Ce qui est fait par un agent quelconque. Point d'effet sans cause. J'ai tâché de trouver en général les principes ou premières causes de tout ce qui est ou qui peut être dans le monde.... j'ai examiné quels étaient les premiers et plus ordinaires effets qu'on pouvait déduire de ces causes, desc. hélh. vi, 3. Cette préférence [pour Rodogune] est peut-être en moi un effet de ces inclinations aveugles qu'ont beaucoup de pères pour quelques-uns de leurs enfants plus que pour les autres, corn. Ex. de Rodog. La foi que j'ai reçue aspire à son effet, m. Polyeucte.u , 6. Vous voyez un effet des leçons d'Annil)al , id. Nicom. Il, 3. Seigneur, voilà l'effet de ma reconnaissance, ID. Sert, v, 4. Les connaissances que nous acquérons de cette façon [par l'étude] , aussi bien que leur continuation, ne sont qu'un effet de mémoire, pasc. Lett. à Urne Périer, 5 nov. *(HH. Cette grâce n'a nul effet sans grâce efficace, id. Proi;. 2. Les mauvais effets que causa cette doctrine, id. Prov. ti. Elle commença à sentir les effets de sa dissipation, sÉv. M 8. La nature agit en cela comme sûre de son effet, Boss. Conn. v, i. Sa mort sera l'effet de l'amour d'Hermione, bac. Àndr.y, t. Un ordre qui d'abord a pu vous alarmer. Mais qui n'est que l'effet d'une sage conduite, ID. Brit. t, 2. Seigneur, tous ces regrets De votre piété sont de justes effets, id. Bér. 11, 4. J'impute à son amour l'effet de son caprice, ID. Bajax. III, 7. L'histoire nous apprend que les lois pénales n'ont jamais eu d'effet que comme destruction, MONT. Esp. XXV, <a. Les effets sont pareils quand la cause est la même, Ducis, Uamlet, ii, 6. L'homme aujourd'hui sème la cause. Demain Dieu fait mûrir l'effet, v. hugo, Crip. i. Puis le cœur s'aperçoit qu'il est devenu vieux, Et l'effet qui s'en va nous découvre les causes, A. de hu.^set. Poésies nouv. Sonnet d U. Y. 11. || Avoir son effet, produire le résultat attendu. Et bientdt mes desseins auront un plein effet, corn. Ilérael. u, a. L'empereur Maurice reconnut cette supposition [d'un enfant pour un autre], et l'empêcha d'avoir son effet, ID. Ex. d^Héracl. Ses menaces eurent bientôt leur effet, Eoss. Hist. i, 7. Ces remontrances avaient leur effet, ID. ib. m, 8. Ces épreuves peuvent

avoir leurs eifets , id. Nouv. myst. tl.\\ Faire effet, faire son effet, opérer. Ces beautés étaient de mise en ce temps-là et ne le seraient plus en celuici ; toutes les doux ont fait effet en ma favejr, corn. Ex. du Cid. ô ma fille, est-ce là le prix de mes bienfaits T — Ceux de mon père en vous firent mêmes effets, id. Cinna , v, 2. Quand il est besoin que cette vérité fasse son plein effet, id. Ex. Slléraclius. De ces deux desseins il n'y en a qu'un qui fasse effet, lautre se détruisant de soi-même, id. Ex. de la Suiv. On n'avait jamais vu jusque-là que la comédie fit rire sans personnages ridicules, tels que les valets bouffuns, les parasites, les capitans, les docteurs, etc. ; celle-ci faisait son effet par l'humeur enjouée des gens d'une condition au-dessus de ceux qu'on voit dans les comédies de Plauteet deTérence, ID. Ex. de Uél. J'avais cru d'abord que votre stratagème avait fait son effet, mol. la Princ. iv, 2. Renaud n'était si neuf qu'il ne vit bien Que l'oraiïon de monsieur Saint-Julien Ferait effet, et qu'il aurait bon gîte, la font. Orais. Les remèdes ne font point d'effet, SÉV. l'is. Le billet qu'on lui avait fait rendre faisait son effet, hahilt. Gramm. 7. Plutarque nous a conservé ce bon mot que Lamprias disait de luimême : que la chaleur du vin faisait sur son esprit le même effet que le feu produit sur l'encens, dont il fait évaporer ce qu'il y a de plus fin et de plus exquis, bollin, Hist. anc. liv. xxv, ch. 2, art. <, §a. Il 8° Acte, par opposition à simple parole. Tu.... As adoré l'honneur d'effet et de parole, bégnier, Soi. VI. Pour les volontaires qui, par curiosité ou désir d'apprendre, s'offriraient peut-être de lui aider, outre qu'ils ont pour l'ordinaire plus de promesses que d'effet, desc. Méth. vi, 7. C'est un jour choisi par deux souverains pour l'effet d'un traité de paix entre leurs couronnes ennemies, corn. Rod. Préface. Autant que tu l'as pu, les effets l'ont suivie [l'inclination], id. Cinna, v, *. Les effets de César valent bien ses paroles [de Pompée], id. Pomp. i,

1. Les bravades enfin sont des discours frivoles, Et qui songe aux effets néglige les paroles, id. ib. II, 4. Les effets répondront : prince, pensez à vous, ID. Nicom. m, s. il me faut des effets et non pas des promesses, id. Suréia, n, i. Mais mon crime est entier et le sien imparfait. Le sien n'est qu'en désirs et le mien en effet, id. Œdipe, iv, 6. Et tous trois, signalés par d'illustres effets. Savent servir en guerre et commander en paix, botrou, Bélis. XI, 7. D'un frivole discours passez donc à l'effet, id. Antig. iv, i. Il faut faire et non pas dire, et les effets décident mieux que les paroles, UOL. Fest. de Pierre, ii, «. Ce n'était là que des paroles, mais on en vint aux effets, boss. Âvert. 6. Dans les champs phrygiens les effets feront foi , Qui la chérit le plus [la Grèce], ou d'Uly.sse ou de moi, bac. Ij'hig.i,

2. Quand Dieu par plus d'effets montra-t-il son pouvoir? id. Âthal. 1, i. Je t'ai secourue autant que j'ai pu par mes paroles et d'effet, pén. Solon. Prodigues des serments, avares des effets [les amliitieux], VOLT. ÏVtum». iv, 4. || Homme d'effet, homme qui exécute ce qu'il dit. [Il] était homme d'effet, la font. Cal. || 3° Réalisation, exécution. S'il se trouve quelques-uns des gouvernements ou principaux officiers qui soient reconnus adhérant à ces messieurs, il les faut changer, sans leur donner temps de mettre leur mauvaise volonté en effet, BICHELIEU, Lett. d U. Hemery, dans godefroy, Lex. de Corneille. J'ai mis, grâces aux dieux, ma promesse en effet, cobn. la Fcutie, m, 7. Avec tous vos lauriers craignez encor le foudre. — Je l'attendrai sans peur. — Mais non pas sans effet, id. Cid, u. 1. Pour avancer l'effet de ce discours fatal, id. Polyeucle, i, 3. Que les dieux t'ont promis l'empire de la terre, Et que tu n'en peux voir l'effet que par la guerre, m. Hor. i, <. Et l'on ne reconnaît de semblables forfaits Que quand la main s'apprête à venir aux effets, lo. Cinna, m, 2. J'ai prononcé l'arrêt, il faut que l'effet suive , m. Héracl. l , 3. Il ne tiendra qu'au roi qu'aux effets je ne passe,iD. Nicom. I, S. Et nous verrons alors l'effet de ces menaces, ID. ib. II, 3. Et, mettant en effet tes injustes desseins, Achève de te perdre en servant les Romains, haïr. Jf. SAsdrub. ii,3. J'ai franchi sans trembler les plus sanglants hasards. Et rendu sans effet les

menaces de Mars, botrou, Bélis. iv, 2 Damon

sous ce feint personnage Pourrait voir si Caliste en viendrait à l'effet, la font. Coupe. Sans reculer plus loin l'effet de ma parole, bac. Kilhr. m, «. A ses prédictions si l'effet est contraire, Pensezvous que Calchas continue à se taire? ID. Iphig.i, 3. Si l'effet eût suivi ma pensée, id. ib. Ii, 7. Je crains qu'un prompt effet n'ait suivi la menace, id. Phèd. IV, 4. Ils recevront l'effet de ces magnifiques pro-

messes, MASS. Car. F. eonf. || Accomplissement, ô de mon songe affreux trop véritable effet, corn. Polyeuete, m, s. |{ Méré, (MCutres poslh. t. i , p. <fl2, ne voulait pas qu'on dit effet pour accomplissement : L'effet de votre prédiction. ||V Terme de jurisprudence. Conséquence, application. La loi n'a point d'effet rétroactif. Code Nap. art. 2. L'arrêt sortira son plein et entier effet. || Effets civils, les droits civils. Pour empêcher toute communication avec les lépreux, on les rendait incapables des effets civils, MO.^iTESO. Esp. XIV, a. Il 6° L'effet d'une machine, sa force, la puissance qu'elle transmet. Il 6* Impression morale. Mais tout ce beau langage est de si peu d'effet, Que.... malr. vi, 26. La tête de Pompée a produit des effets Dont ils n'ont pu sujet d'être fort satisfaits, cokn. Pomp. m, 4. Si vous voulez réfléchir sur la narration de Curiace dans V Horace, vous trouverez qu'elle fait tout un autre effet, id. Ex. de Rodog. Ses paroles n'ont I" ' aucun effet sur vous, mol. Fest. de Pierre, iv, iO. Mes vérités ont fait en vous leur effet ordinaire, sév. <6. Il avait sur cet art [la musique] une idée assez juste; c'est qu'il ne produisait ses grands effets que dans les assemblées nombreuse^, dider. Claude et Néron. Il Faire un bon, un mauvais effet, produire une impression favorable, défavorable. Cette chute fait un effet d'autant plus mauvais que.... corn. Ex. d'Ilor. Cela fait un mauvais effet d'abord, s£v. 4H. 11 n'y a pas une parole qui ne fasse un bon effet, m. 481. Le livre de M. de Cambrai fait le plus mauvais effet du monde pour son auteur, boss. Quiél. 94. || Faire effet, produire une impression. Elle fit effet en entrant dans le salon. Cet homme cherche toujours à faire effet. Tu veux que pour toi je compose Un long roman qui fasse effet, bérang. Romans. || On dit dans le même sens, faire de l'effet. || X effet, destiné à produire de l'effet. Un morceau à effet. || Faire un bel effet, un vilain effet, avoir une bonne apparence, une vilaine apparence. Les manches du chevalier font un bel effet à table, sév. 77. Votre balustrade doit faire un très-bel effet, n>. 443. Une dent qui lui fait un étrange effet au devant de la bouche, iD. 321. II?" Terme de littérature, de peinture et d'art en général. Résultat d'une combinaison qui frappe les yeux, captive l'esprit, touche le cœur. C'est à lui [Appien] que je me suis attaché pour la narration que j'ai mise au premier acte et pour l'effet du cinquième, corn. Ex. de Rodog \\ Terme de peinture. Effet de lumière, disposition de la lumière qui frappe par une combinaison heureuse et inattendue. Je distingue dans ce tableau l'effet pathétique d'avec l'effet pittoresque , st-foix , Ess. Paris , Œuvres, t. m, p. *»», dans pougens. ||Ce tableau est à l'effet, il est à l'endroit où il est le mieux. Mettre un tableau à l'effet. || 8" Terme de billard. Effet de queue, ou, absolument, effet, mouvement particulier produit dans la bille par une certaine manière delà frapper avec la queue. Faire de l'effet Faire un carambolage par effet. U était de première force au billard, et avait inventé un bleu pour les effets, ALPH. KARR, kî Gu^pei, juillet (840. Il On dit aussi : Il ne fallait faire qu'un demi effet. || Effet, le procédé, c'est-à-dire la petite rondelle qui est au bout de la queue. || 9°Terme de manège. Mouvement de la main qui sert à conduire un cheval; il y en a quatre : pousser en avant, tirer en arrière, à droite ou à gauche. || 10* Terme de commerce. Billet à ordre, lettre de change. Souscrire, endosser, escompter un effet. Hé bien, madame, je n'ai point d'effets, mais j'en emprunterai; je passerai demain chez vous et je tâcherai de faire votre affaire, dancodrt, les Agioteurs, ii, 13. Les effets royaux étaient dans l'avilissement, baynal, Hist. phil. IV, <7. Il Effet au porteur, effet payable à la requête du porteur. Les effets au porteur n'ont d'autre propriétaire que celui qui lésa, et sont censés n'en avoir jamais eu d'autre ; la loi ne voit qu'un titre de créance et un porteur de ce titre, montesqoiou, Rapport du 27 août <790, p. 4. || Les effets publics, les rentes et les autres titres cotés à la bourse. Il 11* Au plur. Objeu, vêtements à l'usage d'une personne. La servante qui prend les effets de son maître, boss. Jf^dit. 4. Saint Vincent m'emplit une valise de beaux effets qui me furent volés huit jours après, p. L. COURIEB, Lett. i, «43. || 12' Terme de jurisprudence. Effets mobiliers, et, absolument, effets, les biens. Abandonner .ses effets à ses créanciers. Cette manière de billets a été mise en vogue par les gens d'affaires pendant la dernière guerr» pour mettre leurs effets à couvert des recherches qu'on pourrait faire contre eux , vaubaK, Dtme, p. 88. Il 13' En effet, loc. adv. Dans la réalité, dans l'acte. En apparence, il rend témoignaga

EFF

au grand mérite, et en effet il donne du soupçon de la grande réputation, balz. Quatrième dise, sur la cour. Ceui qui désirent en général le bien des hommes, c'est-à-dire tous ceux qui sont en effet vertueux, et non point par faux-semblant ni seulement par opinion, desc. Kith. vi, 3. Et qui me fait régner en effet est mon maître, cobn. Nicom. ii, t. 11 feignit de m'aimer, je l'aimais en effet, th. COBN. Ariane, iv, s. Sous prétexte de rendre conformes les mœurs de ses sujets, et en effet pour assouvir son avaricwen pillant toute la Judée, Boss. Hisl.n, 6. Reine longtemps de nom, mais en effet captive, «AC. Mith. i, ». Peuple lâche en effet et né pour l'esclavage, Hardi contre Dieu seul.... id. Àthal. m, 7. Il Assurément, véritablement. Ah 1 madame, en effet L'oracle est accompli, le ciel est satisfait, rao. Théb.iu, ». Ils croiront en effet mériter qu'on les craigne, id. Brit. iv, 4. Je n'aspire en effet qu'à l'honneur de vous suivre, id. Iphig. j, a. Voilà donc en effet le soin qui vous dévore, VOLT. Àdél. I, 2. Car en effet il n'y a que deux états dans la vie ; le céliliat et le mariage, cha- TEAUB. Génie, l, i, ». \\ En effet se met aussi trtssouvent en tête d'une phrase, pour annoncer qu'on va donner une preuve de ce qu'on vient de dire, i; 14' X l'effet de, toc. prépos. Dans l'intention de, pour. Il voyage à l'effet de s'instruire. Il S cet effet, pour cet effet, loc. adv. En vue, pour l'exécution de. Il Xquel effet? à quelle intention? pourquoi? Il Proverbes. Les effets sont les mâles, et les paroles sont les femelles. || Plus de paroles que d'effet, se dit de quelcju'un qui promet plus qu'il ne tient.

— HIST. XIV* s. Se aucuns princes et leurs congeillierB eussent aperceu et advisé aucunes choses qui y sont contenues, et il les eussent mises à effect, leurs dominations en eussent plus duré, OBESME , Prol. Ne facent aucun effet [acte] de change dansla dite ville, Ordcnn. des rois de Fr. t. v, p. «24. Il XV' S. Et [les seigneurs] mirent plusieurs devises et preschemens avant, desquelles nulles Devinrent à l'effet, fboiss. i, i, 3(9. Lui promettant Bidonnant par effect, comm. i, to. Toutes entreprinses se doivent bien penser et bien débattre avant que les mettre en effect, id. h, 42. ||xvi' s. Amadour, ayant fait son effet de retirer ces deux corps, pensa si peu de luy qu'il se trouva environné d'un grand nombre de Maures, mars. Nouv. ï. Ce qui me convie à un effect [action] si éloigné de ma nature, MONT. I, »6. L'effect [résultat] en découvrit la fourbe , id. i, i oo. En venant il fit tout plein de beaux effets, car il j prit force places que tenoient les huguenots, dont Mascon en fut une, bhant. Cap. fr. t. m, p. 260, dans lacuhne. Balde n'avoit pas pris effect [intérêt] au malheur qui estoit arrivé pour la perte du navire , Merlin Cocaie , t. Il, p. 45 ,

— Etym. Provenç. effeit; catal. efecte; espagn. ejecto; portug. effeito; ital. effetlo; du latin eff ictus, de effectum, supin de efficere, effectuer, de ex, et facere, faire.

t EFFEUILLAGE (è-feu-lla-j' , U mouillées), s. m. Synonyme d'effeuillaison. || Action de couper les feuilles sans ôler le pétiole, pour faire mûrir le fruit et laisser le soleil lui donner le coloris.

— ÉTYM. Effeuiller.

EFFEUILLAISON (è-feu-llê-zon. Il mouillées, et non è-feu-yê-zon), j. f. Action d'effeuiller. L'effeuillaison de la vigne.

— SYN. EFFEUILLAISON, DÉFOLIATION. Effeuillaison est l'arrachement, défoliation est la chute naturelle des feuilles.

— ÉTYM. Effeuiller.

EFFEUILLÉ, ÉE (è-feu-Ué, liée, H mouillées), port, passé. Dépouillé de feuilles ou de pétales. Une rose effeuillée.

t EFFEUILLEMENT(è-feu-lle-man,iJ mouillées), s. m. État des arbres dépouillés de leur feuillage ou qui s'en dépouillent.

— HIST. XVI* s. Effeuillement, «onet, Dict.

— ÉTYM. Effeuiller.

EFFEUILLER (è-feu-Ué, Il mouillées , et non è-feu-yé), v. a. || i' Oter, arracher les feuilles, les pétales. Effeuiller un cep de vigne. L'aimable fée apparaît à mes yeux. Ses doigts distraits effeuillent une rose, bérang. Tailleur. Si vous n'avez jamais vu.... La valse.... Effeuiller en courant les femmes et les Oeurs, v. hugo, F. d'aut. 23. || J» S'effeuiller, V. réfl. Perdre ses feuilles, ses pétales. Roses d'automne, effeuillez- vous pour elle, Tous les amours ne sont pas envolés.... bérang. Encore des amours.

— HIST. xiv* s. En ce temps ne convient point couper le percil, mais effeuiller, Ménagier, ii, 2. Il xvt* s. ....Une branche avec sa verdure, pour en

EFF

donner les marques d'honneur aux triomphans, l'autre effeuillée pour les chastimens, d'aub. Hist. II, 488. L'effeuiller porte grand dommage à tous les

arbres, o. de serbes, 488 Et jamais la froidure,

Oui effeuille les bois n'effeuille ta verdure, rons. Élég. «.

— ÉTYM. Provenç. esfolhar, esfoillar, esfuelhar; portug. esfolhar; ital. sfogliare; de es.... préfixe, et du latin folium, feuille.

t EFFEUILLEUR , EUSK (è-feu-Ueur, lleû-z'. Il mouillées), ». m. et f. Terme d'agriculture. Celui, celle qui effeuille les arbres.

— HIST. xiv's. EffeuiUeur, cueilleur de feuilles, DU CANOË, frondare.

— ÉTYM. Effeuiller.

t EFFEUILLURE (è-feu-llu-r'. Il mouillées), s.f. Terme d'agriculture. Produit de l'effeuillaison des arbres.

— ÉTYM. Effeuiller.

i. EFFICACE (è-fi-ka-s'), adj. Qui produit son effet. Un remède efficace. Il employa des moyens efficaces. || Terme de théologie. La grâce efficace, celle qui a toujours son effet. Que la grâce n'est pas donnée à tous les hommes; que tous les justes ont le pouvoir d'accomplir les commandements de Dieu; qu'ils ont néanmoins besoin, pour les accomplir et même pour prier, d'une grâce efficace qui détermine leur volonté; que cette grâce efficace n'est pas toujours donnée à tous les justes et qu'elle dépend de la pure miséricorde de Dieu, pasc. Proiî. i.

— HIST. xiV s. La crainte des diex seroit souverain et très efficace remède, bercheure, f" I». Il xv' s. La nature des palmiers et figuiers fait semence de vertu si efficaix que.... Des prouffits champestres, u, i. ||xvi' s. Ce fut le point de trouver langage assez exquis et efficax à le reconforter,

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