‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 120 sur 388 · H. DU BELLAY · texte numérisé non relu

H. DU BELLAY

— ÉTYM. Provenç. efficaci; catal. e/îcos; espagn. ejicai; ital. efficace; du latin efficacem, de efficere, effectuer (voy. effet).

2. EFFICACE (è-fi-ka-s'), t. f. Efficacité. Si mes commandements ont trop peu d'efficace. Ma rage pour le moins me fera faire place, corn. Médée, V, 3. Sa grâce [de Dieu] Ne descend pas toujours avec même efficace, id. Polyeucte, i , (. On n'ignore pas qu'une louange en grec est d'une merveilleuse efficace à la tête d'un livre , mol. Préf. des Préc. ridic. Il est trop heureux d'être fou pour éprouver l'efficace et la douceur des remèdes que vous avez si judicieusement ordonnés, ID. Pourc. i, lt. Taisons-nous ; c'en est assez, et tremblons sous les terribles jugements de Dieu qui, pour punir notre orgueil, a permis que de si grossiers emportements eussent une telle efficace de séduction et d'erreur, BOss. For. I, S 33. û Dieu, donnez efficace à votre parole I id. Pridic. S. C'est justement en quoi je crois devoir admirer davantage l'efficace et la vertu du sacrifice religieux, bouhd. Pensées, t. Il, p. 424. La grâce qu'on appelle congrue trouve dans sa congruité une véritable efficace, fén. t. m, p. 253. Préparez par de longs exemples l'efficace à vos discours, mass. Car. Pdques. Parmi les eaux qui ont le plus d'efficace, on peut compter celles d'Egra en Bohême, TissoT, Cens de lettres, § 85.

— REM. Efficace a vieilli, excepté dans le langage théologique. On dit aujourd'hui efficacité.

— HIST. xiv s. Choses petites et de pou de efficace, BERCHEURE, f" 28, rccto. || XVI* Parlans de la vertu, propriété, efficace et nature de tout ce que leur estoyt servy à table, bab. Garg. l, 23. La lecture des histoires est celle qui a plus d'efficace pour ensemble plaire et profiter, amyot, Préf. i, 28.

— ÉTYM. Provenç. et ital. efficacia; espagn. c/icacia; du latin efficacia (voy. efficace i).

EFFICACEMENT (è-fi-ka-se-man) , adv. D'une manière efficace. U a travaillé efficacement à la paix; il a efficacement travaillé à la paix.

— HIST. XVI* s. Auxquelles passions la raison et la loy venans à toucher avec une touche discrette et salutaire, remet promptement et efficacement le jeune homme en la droitte voye, amyot. De la vertu morale, 29.

— ÉTYM. Efficace, et le suffixe ment.

EFFICACITÉ (è-fi-ka-si-té), s.f Qualité de ce qui

est efficace. L'efficacité d'un remède. L'efficacité de la grâce. S'employer avec efficacité' à une recherche.

— REM. Il y a des prédicateurs et des écrivains qui usent de ce mot; il n'est point français; il faut dire efficace, dit Bouhours sous Louis XIV. D'Aisy, le Génie de la langue française, 2 vol. in-(2, t68B, rejette aussi efficacité. Maintenant ce mot est pleinement reçu, et efficace a vieilli.

— ÉTYM. Efficace.

EFF

EFFICIENT, ENTE (è-fl-si-an, an-t"), adj. Turm» de philosophie scolastique. Cause efficiente, causa qui produit effectivement son effet, une chose. Le soleil est la cause efficiente de la chaleur. Aristota admettait comme Platon les causes finales et efficientes ; ces causes efficientes sont les âmes sensitives et végétatives, bufp. Animaux. Syst. sur la génér.

— HIST. XIV* s. Dieu est cause finale et efficiente de toutes choses, oresme, Eth. 29.

— ÉTYM. Provenç. escient; espagn. eficiente; ital. efficiente; du latin c/'/îciefW, Aa efficere, effectuer (voy. effet).

t EFFIGIAL, ALE (è-fl-ji-al, a-1*), ad}. Qui a rapport à l'effigie.

EFFIGIE (è-fi-jie), s. f. \\ 1* Représentation en relief ou en peinture de la figure d'une personne. Monnaie frappée à l'effigie d'un prince. Et là [dans le Mercure galant] s'impriment tous les morts, Avec leurs généalogies, Leurs éloges, leurs effigies. Leurs dignités et leurs trésors, chaulieu, Ép. d'ilamilton. Aux cris religieux d'un parterre idolâtre. En face de vous-même, au milieu du théâtre. Jamais en effigie, assis sur un autel. Vous a-t-on couronné d'un laurier solennel? Gilbert, Apologie. Jésus-Christ s'unit à la chair par son effigie humaine, CHATEAna. Génie, l, i, 7. ||Fig. Ce que nous cachons de nous-mêmes, est ce que nous sommes réellement ; ce que nous en découvrons est ce que nous voudrions être ; nous étalons une conscience qui n'est que la fausse effigie de la nôtre, MASS. Carême, Confess. || î* Figure grossière qu'on faisait d'une personne et qu'on attachait à une potence, lorsque cette personne était condamnée à mort par contumace. Exécuter un criminel en effigie, attacher k l'instrument du supplice l'effigie et un écriteau portant la sentence de condamnation. Larochepot était fils de Mme du Fargis persécutée et mise en effigie par le ministre [Richelieu], RETZ, I, 20. Vous avez fait pendre en effigie votre père Jarrige, PAsc. Prov. i«. Les rebelles déposèrent leur roi [Henri IV de Transtamare] en effigie, VOLT. Jfœuri, ICI. Ils ressemblent aux honnêtes gens qui pendent les autres en effigie : ils ne s'embarrassent pas que le portrait soit ressemblant, m. Lett. Leclerc, lo fév. I76B.

— SYN. EFFIGIE, IMAGE, PORTRAIT. L'image est

ce qu'il y a de plus général ; elle se fait de toute façon et de tout objet : l'image d'un homme, d'un arbre, d'une montagne. Effigie ne se dit que des personnes; elle est ou en relief , ou en figure, ou en peinture. Le portrait est toujours en dessin ou en peinture.

— HIST. XVI* s. Leur effigie [de Sérapis et d'Isis] représentée le doigt sur la bouche, mont, ii, 25(.

— ÉTYM Lat effigies, de effingere, représenter, de ex, etfingere, former (voy. feindre).

EFFIGIE, ÉE (è-fi-ji-é, ée), part, passé. Effigie pendant qu'il s'enfuyait.

EFFIGIER (è-fi-jié), j'effigiais, nous effigiions, vouseffigiiez; que j'effigie, que nous effigiions, que vous effigiiez, v. a. Exécuter en effigie. Girardin et Ferrant furent obligés de s'absenter et à la fin furent condamnés, effigies, et perdirent leurs emplois, ST-SIM. 435, 49.

— HIST. XVI* s. Lors les parents et amis reprenoient le corps, et luy faisoient faire un estuy de bois moulé et effigie d'homme, dedans lequel ils Is posoient, paré, Mumie, 4.

— ÉTYM. Lat. effigiare, de effigies, effigie; provenç. efigiar; ital. effigiare.

t EFFILAGE (è-fi-la-j'), s. f. Action d'effiler, résultat de cette action.

— ÉTYM. Effiler.

1. EFFILÉ, ÉE (è-fi-lé, lée), part, possède effiler l.|ll* Dont le fil est défait. De la toile effilée. Il 2° Autrefois, linge effilé, ou, substantivement, effilé, linge bordé de frange de fil qui se portait dans le deuil. Être en effilé, c'était porter de ce linge. Il faut être vêtu comme l'est votre frère. Il porte le grand deuil, son linge est effilé, regnard, Ménechm. H . || S. m. Synonyme de frange.

2. EFFILÉ, ÉE (è-fi-lé, lée), part, passé de effiler 2. Aminci , atténué. Ils soutenaient qu'il avait la taille trop effilée, hahilt. Gramm. H. Il Cheval effilé, cheval qui a l'encolure fine et déliée. Il Chien effilé, chien qui s'est trop emporté dansla course, ou qui a couru trop jeune.

4. EFFILER (è-9-lé), «. o. || 1° Défaire un tissu fil à fil. Effiler une toile. Parfiler.... c'est effiler une étoffe, la détisser fil à fil, volt. Dial. I3. Je hasarde quelques conjectures au risque de faire rire celui qui effile la charpie à l'Hfitel-Dieu, dider.

EFF

UU. tur la chirurg. || »° Effiler les cheveux, les dégarnir en les coupant en rointe. || 8» S'effiler, v. réft. Se défaire en fils. Cetie toile s'est effilée. I| Flotter comme un effilé, comme une frange. .Sa chevelure qui s'épanche. Au gré du vent prend son essor, Glisse en ondes jusqu'à sa hanche, Et là s'effilô en franges d'or, lamabt. Uarm. ii, <o.

— ÊTYM. Ef pour et.... préfixe, et fil de lin ou de chanvre; provenç. etfilar; ital. ifilare.

t ». EFFILEK (ê-fi-lé), ». o. Terme de chasse. Énerver, fatiguer. Effiler les chiens.

llIST. xvi* s. Donne moy les faveurs de l'alli-

que oraison. Ou clos ma voix de tenehreux silence, Effile mon cerveau de suhtile raison. Ou le sommeil sur ma paresse élance, Poésies de loys le caron, f»70, dans LACUBNE. Un jour qu'elle estoit au sermon, elle ouyt le prescheurqui s'effiloil [se fatiguait à] d'alléguer l'escriture, Moyen de parvenir, p.<0',

dans LACUBNE.

— ÉTYM. Es.... préfixe, et fil, dans le sens de tranchant; comme on ne donne le fil qu'en limant, diminuant, effiler a pris le sens d'user, fatiguer.

tEKFILOCUE (è-fi-lo-ch') ou EFFILOQUE (è-fllo-k'), I. f. Terme de passementerie. Soie légère de rebut. Il Bouts de soie qui se trouvent aux lisières d'une étoffe. || S. f. plur. Efliloques, nom qu'on donne à toutes les soies non torses, dites aussi soies folles.

— ÊTYM. Voy. EFFILOODER.

f EFFILOCIlfiE (è-fi-lo-chée), s. f. Ce qui, provenant de chiffons ou de pailles, a été soumis à l'action d'instruments pour être converti en pâle de papier.

— ÊTYM. Effiloche.

t EFFILOCHER ( è-fi-lo-ché ) , V. a. Synonyme d'effiloquer. || Opérer l'effilochée. Après que les chiffons ont été cachés dans les piles à effilocher.... Dict. des arts et m. Amsterd. <767, Papetier.

— ÊTYM. Effiloche.

+ EFFILOCHEtR, EUSE (é-fi-lo-cheur, cheû-z'), ou EFFILOQUEUR, EUSE (è-fi-lo-keur, keû-z'), *. m. et f. Ouvrier, ouvrière qui effiloche les chiffons destinés à faire le papier. || Âdj. Cylindre effilocheur, ou, substantivement, l'effilocheur, outil pour effilocher. Les cylindres effilocheurs ne sont pas aussi près de la platine que les affineurs, Dict. des arts et m. 4msterd. <767, Papetier.

EFFILOODlî, ÉE (è-fi-lo-ké, kée), part, passé.

EFFILOQUER (6-fi-lo-ké), f. a. Effiler une étoffe quelconque, et, particulièrement, une étoffe de soie pour en faire de l'ouate. || S'effiloquer, v. réfl. S'en aller en filoches.

— ÉTYM. Ef pour es.... préfixe, et filoche.

t EFFILOQIIES (é-fi-lo-k'), t. f. plur. Voy. effiloche.

f EFFILOQUECU (è-fi-lo-keur) , s. m. Voy. effilocheur.

t EFFILURE (é-fi-lu-r'), *. f. Fil qui provient d'un tissu effilé. ■

— ÉTYM. Effiler.

•t-EFFIOLER (è-fi-o-lé), e. o. Terme d'agriculture. Enlever une partie de la verdure du blé, lorsque avant l'hiver elle pousse trop fort. || Exprimer l'eau qui se trouve du côté de la chair dans la peau qu'emploie le parcheminier.

EJTLANtJUÈ, ÉE (è-flan-ké, kée), part, passi. Amaigri, en parlant du cheval, par la fatigue ou la mauvaise nourriture. Malheureux, laisse en paix ton cheval vieillissant, De peur que tout à coup, efflanqué, sans haleine. Il ne laisse en tombant son maître sur l'arène, boil. Ép. x. || Par extension. •S'était un grand garçon fort efflanqué, fort fluet, }. }. Rouss. Conf. I. Il Se dit aussi du cheval dont les flancs sont creux et très-retroussés. |{ Par extension. La princesse de Babylone, après son accident [chute, dans un bal, d'un oreiller qu'elle avait mis sous ses jupes pour arranger sa taille; elle était enceinte], était efflanquée du cAté droit et toute biscornue de l'autre, hamilt. Gramm. io. \\ Rage efflanquée, mal qui attaque les vieux chiens de chasse, et dans lequel leurs flancs se resserrent et leur battent de faiblesse et d'épuisement. {| Fig. Sans vigueur et sans nerf. Style efflanqué. Prose efflanquée. Mais dans ce style efflanqué , sans vigueur, j'aime encor mieux l'insipide langueur, j. b. rouss. Ép. li, s, Brumoy.

EFFLANQUER (è-flan-ké), V. o. Rendre les flancs creux, amaigrir et affaiblir par un excès de fatigue ou la privation de nourriture. Efflanqucr un cheval. Il Terme d'horlogerie. Donner, avec une lime, la forme convenable aux ailes d'un pignon.

— HIST. XV* s. Rage efflanchée, qui rend les chiens cousuz parmi les flani, comme s'ilr n'avoient men-

EFF

gié, OA8T0N PHÉBUS, Chosse, tru. p. >7, dans la-

CURNE

— ÊTYM. Ef pour es.... préfixe, et flanc.

t EFFLEURAGE ( è-flou-ra-j' ) , ». m. Terme de tanneur. Action d'effleurer.

— ÊTYM. Effleurer.

EFFLEURÉ, ÉE (è-fleu-ré, rée), part, poiti. Il !• Entamé légèrement. La peau effleurée par la pointe de l'épée. || 2" Kig. Étudié, traité superflciellement. Matière à peine effleurée.

f KFFLEUllEMF.NT (è-fleu-re-man), s. m. Action d'effleurer; résultat de cette action. Effleurement de la peau par une balle. Tout effleurement des sens est un plaisir, et toute secousse forte, tout ébranlement violent est une douleur, buff. Nature des anim.

— lllsT. XVI* s. Efflorement [action d'Ater les fleurs], MONET, Dict.

— ÊTYM. Effleurer.

EFFLEURER (è-fleu-ré), V. a. \\ l' Terme d'horticulture, ôter les fleurs. Effleurer les rosiers. Il 2° N'entamer, ne toucher que la fleur, le duvet, la superficie. Le coup d'épée lui a effleuré la poitrine. Ne faire qu'effleurer la terre en labourant. La barque effleurait le rivage. Le dieu qui fait aimer prit son temps; il tira Deux traits de son carquois; de l'un il entama Le soldat jusqu'au vif; l'autre effleura la dame, LA FONT. Ifatr. La fortune en cela ne vous a pas môme effleuré la peau, costar, Lett. (49, dans RiCHELET. 11 savait que la chaleur entre bien plus avant que la lumière ; celle-ci ne fait qu'effleurer et dorer légèrement la surface, BOSS.Pan^j. Saint Franc, de Sales, i" point. Vers elle [Vénus] doucement il [Jupiter] incline la tête. Sur sa bouche de rose effleure un doux baiser, dpxille. En. i. Elle dit : le nectar coule en l'honneur des dieux; Didon au même instant de ses lèvres l'effleure, id. ib. Si quelque souffle harmonieux. Effleurant au hasard la harpe détendue , En tire seulement une note perdue, LAMART. Harm. m, 4. || Kig. Jamais blessant leurs vers, il n'effleura leurs mœurs, boil. Épit. X. Et j'ai mis votre choix à tel prix que je n'ai pas osé en blesser, pas même en effleurer la liberté,

LA BBUY. Disc, d i'jicod Apprenez, je vous prie.

Que mortel quel qu'il fût, ne me dit, de ma vie. Un mot douteux qui pût effleurer mon honneur, REGNABD, loueur, II, *. || 3* Ne faire que toucher une question. 11 n'a encore qu'effleuré une si grande matière, Boss. Variât. 6. Ces secrets que les prophètes n'avaient qu'effleurés, id. Hist. ii, 6. Quelques grands mathématiciens , et principalement MM. Pascal et Huyghens, ont déjà proposé ou résolu des problèmes sur cette matière [le calcul des probabilités] ; mai» ils n'ont fait que l'effleurer, et M. Bernoulli l'embrassait dans une plus grande étendue et l'approfondissait beaucoup davantage, fonten. Bernoulli. || 4° Terme de tanneur. Effleurer une peau, c'est, après l'avoir planée et lavée à la rivière, en enlever la fleur ou superficie du cuir du côté oii était Je poil ou la laine. || Terme de menuisier. Dresser le parement des planches qui sont jointes ensemble. On dit aussi affleurer. || B" S'effleurer, V. réfl. Être effleuré. De pareils sujets ne s'effleurent pas ; on les traite à fond.

— HIST. xvi" s. Effleurer [ôter les fleurs] , monet, Dict. De cent membres et visages qu'a chasque chose, j'en prends un tantost à leicher seulement, lantost à efflorer, et parfois à pincer jusqu'à l'os, MONT, i, 37«.

— ÊTYM. EfpouT es.... préfixe, et fleur. EFFLEURl, IE(è-fleu-ri, rie), part, passé. Un

sel effleuri.

EFFLEURIR (S') (è-lleu-rir). || 1* T. réfl. Terme de minéralogie. Tomber en efflorescence. Ce minéral s'effleurit. || 8" V. n. Beaucoup de pierres effleurissent à l'air.

— ÊTYM. Ef pour es.... préfixe, et fleurir.

t EFFLEUROIR (è-fleu-roir), s. m. Peau d'agneau avec laquelle le parcheminier essuie le blanc qu'il a répandu sur le parchemin.

— ÊTYM. Effleurer.

t EFFLEURURE (è-fleu-ru-r') , s. f. Terme de tanneur. Hognure provenant de l'eTlleurage d'une peau.

— ÉTYM. Effleurer.

EFFLORESCENCE (èf-flo- rè-8san - s'), *. f Il 1" Terme do botanique. L'acte par lequel la floraison commence; le premier moment où elle a lieu. Il Poussière fine et céracée qui se trouve sur certains fruits. || S* Terme de chimie. Conversion d'une substance sobde en une matière pulvérulente par son exposition à l'air libre, ainsi dite parce que celte poussière sur la substance a l'apparence de ces fleurs qui u forment en groupe comme celles

EFF

du chou-fleur. Tous les sables des plaines à l'est de la Nevade sont imprégnés d'alcalis, certains cours d'eau en sont saturés, et plusieurs lacs en tiennent une proportion telle que leurs bords sont couverts d'efflorescences salines, laur. Compta rendxu, Acad. des se. t. lui, p. 1099. || Couche saline produite sur les murs salpêtres. || Oxyde métallique qui se présente à la surface de quelques mines de cobalt , de manganèse ou autres. || 8* Terme de médecine. Toute espèce d'exanthème peu élevé au-dessus du niveau de la peau.

— HIST. xvi' g duquel [épiderme] la substance

est de l'eicrement ou efflorescence reseichée du vray cuir, fktii, i, t.

— ÉTYM. Efflorescenl.

EFFLORESCENT, ENTE (èf-flo-rê-ssan , ssan-t'), adj. Il 1* Terme de botanique. Oui est en voie de floraison. Plantes efflorescentes. || 8* Terme de cliimie. Qui tombe en efflorescence. Sels efflorescents, sels qui à l'air perdent tout ou partie de leur eau de cristallisation, deviennent opaques et tombent quelquefois en poussière. || Qui est revêtu d'une couche saline, comme les murs salpêtres. ||Oui est couvert d'un oxyde métallique, comme quelque* mines de cobalt ou de manganèse.

— ÊTYM. Lat. efflorescens , de effloretcere , de tx, et florescere , fleurir, de flot, fleur (voy. fleub).

EFFLUENCE (èf-flu-an-s'), ». f. Ce qui flue hors, coule hors, s'exhale d'une manière invisible. Des effluences de marais. Effluences électriques.

— ÉTYM. Effluent.

EFFLCENT, ENTE (èf-flu-an, an-f), adj. Terme de ['hysique. Fluant hors. Matière effluente. L'abbé Noilet expliquait les phénomènes électriques au moyen de deux matières, l'une affluente, l'autre effluente.

— HIST. XV» s. Perfecte bonté effluant [produisant] tous biens, CHR. DEPiSAN, CharletV, m, «7.

— ÊTYM. Lat. effluens, de effluere, couler hors; de ex, et fluere, couler (voy. flux).

t EFFLUVE (èf-flu-v') ». m. || !• Terme de médecine. Nom de substances organiques altérées, tenues en suspension dans l'air, principalement aux endroits marécageux, et donnant particulièrement lieu à des fièvres intermittentes, rémittentes et continues. Il 8° Effluves magnétiques, nom donné aux influences exercées par les magnétiseurs sur les magnétisés , et attribuées à un prétendu fluide magnétique. || Fig. et dans le style néologique. Les effluves de la passion. Effluves énervants, délicieux.

— REM. On fait souvent ce motréminin; c'est une faute; il est masculin.

— ÊTYM. Lat. effluvium, de ex, et fluere, couler (voy. flux); ital. effluvio. Ce mot a été introduit dans la science par Lancisi, médecin italien.

t EFFLUXION (èf-flu-ksion), ». /■. Terme de médecine. Expulsion du produit de la conception dans les premiers jours de la grossesse.

— HIST. XVI* s. Quand l'hemorrhagie et soudaine effluxion du sang survient aux ulcères, paré, xi, 4. Il y a différence entre avortement et effluxion : effluxion c'est quand les semences, premièrement conglutinées ensemble par quelques jours, soudainement s'escoulent, id. xviii, 37.

— ÉTYM. Lat. effluxionem, de effluere, couler hors, de ex, et fluere, couler (voy. flux).

EFFONDRÉ, ÉE (è-fon-dré, drée), part. pos»^. Remué profondément. Un terrain effondré. j| Defoncé. Un tonneau effondré.

EFFONDREMENT (é-fon - dre-man) , ». m.

Il !• Terme d'agriculture. Action d'effondrer, de fouiller la terre. Il 2* Action d'effondrer, de s'effondrer, de s'écrouler. Dans cet effondrement des roches siluriennes, elles sesont renversées sur elles-mêmes^ ployées et refoulées du côté où elles éprouvaient le moins de résistance, harcou, Acad. des tciences. Comptes rendus, t. lui, p. 916.

— ÊTY.M. Effondrer.

EFFONDRER (è-fon-dré), r. o. || 1* Terme d'agriculture. Remuer la terre à une certaine profondeur en y mêlant des engrais. || 8* Briser en enfonçant. Effondrer une futaille, un coffre, une armoire. Dans ces contrées, les neiges séjournent longtemps sur les terres; elles filtrent au travers de leurs parties les moins solides, qu'elles pénètrent profondément, qu'elles délavent et effondrent, séolb, llist. de Kapol. v, 4. || Accabler par la surcharge. Effondrer un plancher. || 8' Effondrer une volaille, la vider. Il 4° Tirer à la rame, outre mesure, une étoffe de laine, un drap. || B* S'effondrer, v. réfl. Manquer par le fond , s'écrouler. La voôte de la paroisse de Saint-Barthélémy s'est effondrée il y a deux jours,

EFF

•ACHAUMONT, Uém. stcrcls , t. xxxiv, p. SGI, dans

POUGENS

— IIIST. XII' S. Del gros du poing li a tele donnée, X pou [à peu de chose près] la gorge ne lui a effondrée, nat. d'Alescham, v. «830. E fist abatre le vergier où l'um li soleil sacrefier, e fist esfundrer la cave û l'um le enuroit [honorait], Bois, 302. Il xm* s. Nus barillier ne doit faire fust elTondré nuef [faire neuf un fût elîondré], Liv: des met. 103. 11 avoit bien huit cent personos en la nef qui louz feussent sailli es galies pour leur cors garentir,. et ainsi les eussent effondrées, joiNV. 283. || xiV s. Se un lièvre est pris et que l'en le vueille garder, effondrez le et lui estez les entrailles, Ménagier, ii, 6. Il XV* s. Il avoit deux cents compagnons à tout [avec] boyaux et grands pics de fer et autres instrumens pour effondrer le mur, froiss. i, i, 237. C'est le clou de mon doigt qui est effondré [crevé] ; je suis demi gari, louis xf, JVouii. xcv. || xvi' s. Faictes mouvoir sur ces fleuves marins, Barques et nefs, galleires, brigandins, Pour effondrer les escumeurs coursaires, J. marot, v, 66. !1 y avoit gens qui eussent en charge d'effondrer aux caves tous les vaisseaux à vin, PARÉ, III, p. 707. Il arrosa de vin la victime immolée. Effondra le taureau, entrailles et jambons De sel bien saupoudrez jetta sur les charbons, BONS. 842. Un gros effondvé [un gros mangeur], ouDiN, Curios. fr.

— ÊTYM. E/'pour es.... préfixe, et fond; provenç. esfondrar, esfondar, efundar. Vr dans esfondrer est épenthétique, comme le montre le provençal qui a la forme régulière esfondar.

t EFFONDREUR (è-fon-dreur) , s. m. Terme d'agriculture. Celui qui effondre.

— ÉTYM. Effondrer.

EFFONDRILLES (è-fon-dri-U', Il mouillées et non è-fon-dri-ye) , s. f. plur. Parties grossières qui restent au fond d'un vase après une ébuUition. Ce bouillon est plein d'effondrilles.

— ÉTYM. f /".... pour es ou plutôt pour en <,et/bn(i avec une r parasite comme dans effondrer. Norm. fondrilles.

EFFORCER (S') (è-for-sé), ti. réfl. || 1° Faire un effort de toutes ses forces. Efforcez-vous. Ne vous efforcez pas, vous vous blesserez. Ne vous efforcez pas à parler, à courir. Il s'efforçait de soulever le fardeau. Quand un autre à l'instant s'efforcant de passer, boil. Sat. vi. || Absolument. Faire effort sur soi-même. Feignez, efforcez-vous, songez qu'il est mon père, bac. Mithr. iv, 2. Courage, efforcezvous, reprenez vos esprits; Qu'avez-vous ? bour- SAHLT, Ésope à la cour, ii, < . 1| 2° Employer toute son énergie, tous ses moyens à quelque chose. Il s'efforça de parler. S'étant efforcé d'obtenir un emploi. Tous se sont efforcés de la pouvoir sauver, mair. Mort d'Asdrub.v, 4. Ah! l'on s'efforce en vain de me fermer la bouche, bac. Brit. m, 3. || S'efforcer à, même sens. Et qu'un Romain s'efforce à tacher le renom D'un guerrier à qui tous doivent un si beau nom, COEN. Ilor. v, 3. L'une et l'autre de moi s'efforce à l'obtenir, m. Théod. v, 6. Et ce l&che attentat n'est qu'un trait de l'envie. Qui s'efforce à noircirime si belle vie, m. Nicom. m, 8. On s'empresse à vous voir, on s'efforce à vous plaire, ID. Agés, m, 4. Et ne devrais-je point m'efforcer à vous faire connaître la différence des cœurs qui s'attachent à vous? BAEON, VHommeà bonnes fortunes, i, 3. Laissez-moi m'efforcer, cruel, à vous haïr, volt. Indiscr. 43.

— REM. Des grammairiens ont voulu distinguer s'efforcer à eis'efforcerde suivis d'un infinitif; mais ni l'usage ni la grammaire n'appuient cette distinction.

— SYN. s'efforcer, TicHEB. Celui qui tâche n'emploie pas nécessairement toutes ses forces. Celui qui s'efforce emploie tout ce qu'il a de forces.

— HlST. XII* s. Tant s'esforça que il fu en estant [Il se mit debout], Ronc. p. 4 00. Li rois de France ne l'en esforza mie [ne l'y força pas], ib. p. 448. Mais esforchier fait folie [folie fait qu'on s'efforce], Couci, m. Dux Miles se redresse, si se cuide efforcier, Apuiant à l'espée, se tint vers un moustier, Sax. XI. E se peneient mult des espriz encercler [chercher], S'il peûssent trover nule rien n'espier, Dunt la cause le rei peQssent esforcier [rendre plus forte], Th. le mart. 69. E Samuel crut e esforcha, e Deus fud ove [avec] lei, e nule de ses paroles en vain nechiiï [tomba]. Bots, <3. ||xiii' s. Por l'amor la pucelle [il] s'esvertue et esforce. Les escus froisse et fent com s'il fussent d'escorce, audefb. le bast. dans Romancero, p. 49. Pur quel morez à essient? Efforce tei; ne vaut nient, Lai del désiré. Li rossignos lores s'efforce De chanter et de faire noise, la Rose, 74. Quiconques est pris en cas de crieme et atains du cas si comme de murdre ou de traison,

EFF

d'omicide ou de feme efforcier, il doit estro traînés et pendus, beaum. xxx, 2. Un soz-diacre se maria, le evesque le efforça [força] forjurer sa feme, Liv. de just. <93. Il XIV* s. Et après il se efforçoient de monstrer que.... obesme, Èlh. 298. Aucuns se sont efforcés à priver et corrompre vos ordonances, du cange, audaciter. W x\' s. Quand ceux de la ville virent le pouvoir de la dame si grand et si efforcé, et presque toute l'Angleterre estoit de leur accord , FROISS. 1,1, 4 9. Ainsi doit estre vraysomblable que Dieu est quasi efforcé et contrainct ou semons de monstrer plusieurs signes, ou de nous batre de plusieurs verges, comm. y, 18. Ceulx qui s'efforceroient à rompre la porte, ID. m, iO. \\ xvi* s. La vertu propre en cestui cas, c'est force, Qui dueil abat et les tourmens efforce [leur 6te la force], MAROT, i,382. Les moins tendues et plus naturelles allures de nostre ame senties plus belles; les meilleures occupations, les moins efforcées, mont, m, 277. Les duvriers s'efforçoient à l'envy les uns des autres, à surmonter la grandeur de leurs ouvrages par l'excellence de l'artifice, amyot, Pffrïc. 26. Hz s'efforçoient de priver leur capitaine des honneurs deuz à sa victoire, ID. Paul Mm. 62. Luy seul, de loing, estant assis à son aise, sans s'efforcer aucunement, en tirant tout bellement avec la main le bout d'un engin, la feit approcher de soy, m. Marc. 22.

— ÉTYM. Provenc. esforsar , esforiar; espagn. esforxar; ital. sfonare; bas-lat. ex-fortiare, àeex, et forlis (voy. fort).

EFFORT (è-for ; le « ne se lie pas : un è-for inattendu; au plur. l'ï ne se lie pas : des è-for inattendus; cependant quelques-uns la lient : desè-for-z inattendus), s. m. Il 1" Contraction musculaire qui a pour objet, soit de résister à une puissance, soit de vaincre une résistance. Faire effort pour soulever un fardeau. Sur l'ais qui le soutient auprès d'un Avicenne, Deux des plus forts mortels l'ébranleraient à peine; Le chanoine pourtant l'enlève sans effort, boil. Lutrin, v. || Les efforts de l'accouchement, les efforts que fait la femme pour aider à la contraction de la matrice. || 2° Action de force physique. On te croirait toujours abattu sans effort, corn. Cid, ii, 2. Et quand son assassin tombe sous notre effort, m. Cinna, i, t. Tourne ailleurs les efforts de tes bras triomphants, id. Hor, i, 4. Le ciel mène à Lesbos l'impitoyable Achille; Tout cède, tout ressent ses funestes efforts, rac. Iphig. ii, i. Hélas 1 je me consume en impuissants efforts, id. ib. v, 4. Il faut faire tous ses efforts pour repousser la mort, FÉN. Tél. VI. Il 3° Fig. Action énergique des forces morales. Faire tous ses efforts pour arriver à ses fins. Effort de mémoire, d'esprit, de vertu. Faire ses efforts pour mériter une récompense. C'est une œuvre oil nature a fait tous ses efforts, malh. v, <2. L'effort fait plus que le mérite, Régnier, Contre un amoureux. Mais plus l'effort est grand, plus la gloire en est grande, corn. Polyeucte, iv, 5. Mais Grimoald puni vous coûterait des larmes; X cet objet sanglant l'effort de la pitié Reprendrait tous les droits d'une vieille amitié, id. Penh, n, 1. Je verrai par l'effort de votre obéissance Où doit aller celui de ma reconnaissance, id. t7>. Tu vis comme il y fit des efforts superflus, id. Rodog. ii, 2. J'ai fait pour le fléchir un inutile effort, id. Iléracl. ii, 2. Depuis cinquante ans que le Cid tient sa place sur nos théâtres, l'histoire ni l'effort de l'imagination n'y ont rien fait voir qui en ait effacé l'éclat, id. Ex. du Cid. Cette tragédie a encore plus d'effort d'invention que celle de Rodogune, id. Ex. d' Iléracl. La plupart des hommes, pour arriver à leurs fins, sont plus capables d'un grand effort que d'une longue persévérance, la bruy. xi. Tous les premiers forfaits coûtent quelques efforts, BAC. Théb.ui, 6. Votre âme... croit qu'en moi la haine est un effort d'amour, id. Andr. il, 2. Tu sais par quels efforts il tenta sa vertu, id. Mithr.i, <. Au premier bruit de ce funeste accident, toutes les villes de Judée furent émues, des ruisseaux de larmes coulèrent des yeux de tous leurs habitants; ils furent quelque temps saisis, muets, immobiles; un effort de douleur rompant enfin ce long et morne silence, d'une voix entrecoupée de sanglots, ils s'écrièrent.... fléch. Turenne. Quoi donc? un cœur si fier, si plein de fermeté. Par l'effort de l'amour peut être surmonté I quin. Astrale, ii, 3. Télémaque fit ses derniers efforts pour les en empêcher, fén. Tél. xx. Ce n'est point par effort qu'on aime; L'amour est jaloux de ses droits. Tout reconnaît sa loi suprême. Lui seul ne connaît point de lois, j. B. Booss. Cant. vu, Circé. Quel effort douloureux s'est-il donc imposé? c. delavigne. Paria, ii, 2.L-S soldats y attachaient encore plus de prix [à la propreté de leur uniforme]

EFF

à cause de la difficulté, pour étonner, et parce que l'homme s'enorgueillit de tout ce qui est effort, ségur, Hisl. de Nap. viii, H. || Faire effort sur soimême, se déterminer à une chose malgré une vive répugnance. Pour moi, pour toi, pour lui, fais-toi ce peu d'effort, corn. Iléracl. v, 3. Je ne vous blâme point d'avoir eu mes faiblesses; Mais faites même effort sur ces lâches tendresses, id. Attila, m, 4. Quels efforts à moi-même il a fallu me faire I ii>.Polyeuc.\,3. Faites-vous un effort pour lui servir d'appui, id. ib. iv, 6. Fais-tcfi quelque effort, mol. Am. maqnif. 3* interm. Past. 2. Malgré tous les efforts que je pourrais me faire, bac. Mithr. n, 4 . Faisons cet effort sur notre douleur, boss. Louis de Bourbon. || Familièrement. Il a fait un effort, il a consenti à donner une forte dot pour marier sa fille. Mais, Frosine, as-tu entretenu la mère touchant le bien qu'elle peut donner à sa fille 7 lui astu dit qu'il fallait qu'elle s'aidât un peu, qu'elle fit quelque effort? mol. VAv. ii, 6. || En général, faire un effort, se résigneràquelque chose qui coûte, qui répugne. || Faire l'effort de, prendre la peine de. Elle a fait l'effort de venir voir ce joli appartement,sÉv. 392. Il Ironiquement. Il a fait l'effort de me rendre ma visite. |j Coup d'effort , coup d'audace , entreprise hardie. Mes vaisseaux à la rade, assez proches du port. N'ont que trop de soldats pour faire un coup d'effort, corn. Médée, ii, B. Sans moi ton insolence allait être punie; X ma seule prière on ne t'a que bannie; C'est rendre la pareille à tes grands coups d'effort : Tu m'as sauvé la vie, et j'empêche ta mort, id. ib. m, 3. || Un heureux effort de la plume, production à laquelle on consacre avec succès toutes ses forces et tout son talent. Si je souhaite quelque durée pour cet heureux effort de ma plume, ce n'est point pour apprendre mon nom à la postérité, mais seulement pour laisser des marques éternelles de ce que je vous dois, corn, le Cid à Mme de Combalet. || Il se dit aussi, en ce sens des autres beaux-arts. Le renard en louant l'effort de la sculpture, la font. Fabl. iv, 44. || En mauvaise part. C'est un effort de démence dans un gouvernement d'avilir la plus grande partie de la nation, volt. Mœurs, 98. ||4° Il se dit aussi des choses qui exercent une action comparée à un effort

musculaire. L'effort de l'eau rompit la digue Mon

front, au Caucase pareil,.... Brave l'effort de la tempête, la font. Fabl. i, 22. Et des vains ornements l'effort ambitieux, id. ib. v, 4. {j L'effort de la guerre, ce que la guerre a de plus puissant et de plus effectif. Vous trouverez étrange que ces gens que vous tenez si .sages et qui ont particulièrement cet avantage sur nous de bien garder ce qu'ils ont gagné, aient laissé reprendre une place sur laquelle on pouvait juger que tomberait tout l'effort de cette guerre, voit. Lelt. 74. || 5" Dans le langage didactique, toute action en vue d'un résultat. || 6° Effet. Soit que son or pour lui fit un si prompt effort, corn. Théodore, iv, 4. Le fer no produit point de si puissants efforts, bac. Brit. v, 5. Il 7° Il se dit des actions armées ;des peuples ou des partis entre eux. Les Gaulois font un dernier effort pour leur liberté, boss. Hist. 1, s. L'effort qu'il venait de faire pour atteindre Moscou avait usé tousses moyens de guerre, ségur, ffi'sf. de Nap. VIII, 7. Il 8° Dans le langage vulgaire, nomdonnéàune douleur vive survenue dans un muscle à l'occasion d'une violente contraction de ses fibres. || Tiraillement douloureux éprouvé dans la région lombaire en soulevant un fardeau trop pesant, jj Hernie. Il s'est donné un effort.

— HiST. XI* s. N'assemblereit Charles si granz esforz [troupes] , Ch. de Roi. XLiv. Dist Oliviers : Paien ont grant esforz, ib. Lxxxi. Son cheval [il] broche, laisse courre à esforz, ib. xci. ||xn* s. De ses beaus ieuz [elle] me vint sans desfiance [sans défi] Ferir au cuer, que n'i et autre esfort, Couci, xvi. Li plusieur ont d'amors chanté Par esfort et desloiaument ; Mais de ce [ma dame] m'en doit savoir gré Qu'onques [je] n'en chantai faintement, ib. p. 420. Joram li reis de Israël od tut sun esforz out assegied Ramoth Galaath sur Asael le rei de Syrie, Rois, 376. ||xiii* 3. Et cil vienent à grant esfort, Qui le poisson vendre menoient. Tien. 3960. Il XIV* s. Premièrement il convient de partir soy et traire loing et résister â plus grant effort au vice qui est plus contraire à la vertu que l'en quert, oresme, Eth. 54. Car il [un roi] estoit de si grant iestrQ [être]. Et si redoutés et si fors. Et si grans estoit ses esforz [son armée], J. decondet, p. 449.||xv*s. Après cette ordonnance, le roi Philippe, qui fortement desiroit à trouver les Anglois et eux combattre, se partit d'Amiens k tout [avec] son effort, et ch»;

EFF

EFF

EFP

vaucha v«rs Airaines, froiss. i, i, 278. £Ua veut faire «on effort De tout son povoir de m'aldler, Et pour ce luiplaist m'envoyer Cette nef plaine de plaisance, en. D'ORL. Bail. 2H. Tout homme armé doit estre, par effort, Crueulx avant, piteux après victoire, EUST. BESCH. Poésies mst. f* (09, dans lacurne. Le roy avoit mis tout son effort en son avant garde, où pouvait avoir trois cens cinquante hommes d'armes et trois mille Suisses, qui estoit l'espérance de l'ost, couu. VIII, 6. Il XVI* s. Faisant quelque effort en saultant, uont. i, 03. Les efforts de nostre conception sont loin^ au dessoubs de leur mérite, ID. I, 365. Tout l'effort de ces hommes d'armes consiste en leur lance, amyot, LucuH. m. Foible suis pour te conquester Un cbaateau de si grand effort, MABOT, II, 240. Fo.'tsez profonds et murs de grans efforts N'environnoient encor villes ne forts,

iD. IV, (8 Et se tenir coy sans rien entreprendre,

ny faire effort [violence] àaucun des habitans, Sat. Uén. p. (34.

— ÉTYM. Voy. EFFoncER; provenç. esfori; calai. esfors; espagn. ra/'Mcrîo; port, esforço; ital. s/brîo.

EFFRACTION (6-fra-ksion ; en vers, de quatre syllabes),!.^. Fracture des clôtures d'un lieu habile, soit en vue de vol, soit pour toute autre cause. Le vul avec effraction est réputé crime. Ce maréchal lui montre des maisons couvertes de fer; elles sont toutes fermées, encore intactes et sans la moindre effraction; cependant une fumée noire en sort déjà, SÉGOH, Hisl. de A'ap. viii, 6.

— ÉTYM. Lat. effractionem , de effractum, supin de effringcre, briser (voy. kragile).

EFFRAIE (è-frè), t. ^. Nom vulgaire de la chouette effraie, oiseau nocturne, du genre des rapaces {strix aluco), dite dame en quelques lieux de la France.

— ETYM. Probablement d'effrayer, à cause que cet oiseau est superstitieusement regardé comme de mauvais augure.

EFFRAYANT, ANTE (è-frè-ian, ian-t'), adj. Qui effraye ou est capable d'effrayer. Une pensée effrayante. D'effrayantes clartés. Mille oiseaux effrayants , mille corbeaux funèbres. De ces murs désertés habitent les ténèbres, boil. Lutr. m. Les cloches dans les airs, de leurs voix argentines, Appelaient à grand bruit les chantres à matines. Quand leur chef, agité d'un sommeil effrayant, Encor tout en sueur, se réveille en criant, iD.ib. IV. Quelque songe effrayant cette nuit l'a frappé, RAC. Esth. II, 4. Quels regards effrayants vous me lancez, hélas I volt. Zaïre, iv, *. ||I1 se dit quelquefois, par exagération, d'une personne qui intimide. Elle l'a considérée sans frayeur, parcequ'elle l'a trouvée infiniment moins effrayante qu'elle ne l'avait imaginé, w de oenlis, Adèle et Théod. t. H, lett. )2, p. <50, dans fouoens.

— SYN. EFFRAYANT, EFFROYABLE. Ces deUX motS

ont même origine, puisque e/prat/er et f//"royer sont deux formes d'un même mot ; il n'y a donc de différence que dans la finale ; effrayant est le participe présent d'effrayer ; effroyable est l'adjectif verbal d'effroyer. La nuance est que effrayant est strictement limité à la crainte, tandis que à effroyable se joint l'idée accessoire d'horrible.

EFFRAYÉ, ÉE (è-frè-ié, iée), part, passé. Il i' Qui est en proie à l'effroi. Effrayé par le bruit du tonnerre. Je suis effrayée comme la vie passe, sÉv. 440. X quel point je suis heureuse I je suis effrayée de mon bonheur. M"' be genlis, Adèle et Théod. t. m, lett. 64, p. 373, dans pougens. || Substantivement. Tantôt en le voyant j'ai fait de l'effrayée, CORN. Nicom. 1, 5. Il Qui indiqua l'effroi. De mon front effrayé je craignais la pâleur, rac. Brit. m, 7. ||2»Termedeblason. Se ditd'uncheval, lorsqu'il est représenté dans une situation rampante.

EFFRAYER (è-frè-ié. La prononciation a changé ; autrefois, d'après Chifflet, p. (07, elle était è-fra-ié), j'effraye, tu effrayes, il effraye ou il effraie, nous effrayons, vous effrayez, ils effrayent ou effraient; j'effrayais, nous effrayions, vous effrayiez ; j'effrayai; j'effrayerai ou effraierai ou effratrai; j'effrayerais ou effraierais ou effratrais; effraye, effrayons; que j'effraye, que nous effrayions, que vouscffrayiez, qu'ils effrayent; que j'effrayasse; effrayant; effrayé, v. a. Il 1* Causer de la frayeur. Effrayer un enfant. Des bruits sinistres effrayaient la population. Il veut les rappeler [ses chevaux], et sa voix les effraie, rac. Phéd. y, «. Quel jour mêlé d'horreur vient effrayer mon »meT id. Esth. m, ♦. || ï' S'effrayer, c. réfl. Concevoir de la frayeur. Il s'effraya à la vue du péril. Qui se considérera de la sorte s'effrayera de soi-même, et, se considérant soutenu, dans la masse que la nature lui a donnée, entre ciss deux abîmes

d* l'infini et du néant, il tremblera dans la vue de ces merveilles, pasc. Pensées, t. i, p. 147, édit. Lahure. Et voit-on, comme lui, les ours ni les panthères S'effrayer sottement de leurs propres chimèresT boil. Sat. viii. La sultane à ce bruit feignant de s'effrayer, rac. Baj. i, t. F.nfin d'un chaste amour pourquoi vous effrayer? lo. Phéd. i, (.

— H1ST. XI* 8. Li reis Marsiles en fut moult esfraed, C/i. d« flol. xxxn. || xn* s. Aine par menace ne fui [je ne fus] trop esfreez, Bone. p. <4. Et fin» amis à tort achaisoné [inculpé] Est moult souvent de legier [aisément] effraé. Coud, xiv. Mais cle a cuer félon qui trop m'effraie, ib. p. (25. || xni* ». Si se commencierent à effreer et à desconfire, villeh. cxLiii. Quant Berte entend Symon, durement s'en esfroye, Berte, cvi. Le roy fut forment effraé [courroucé], et li dit que moult estoit hardi quant.... joinv. 288. Il xiv's. Très bien, ce dit Bertran, qui de riens ne s'effrée.... Griescl. v. < 38) 9. || xv* s. L'ost qui fut tout effrayé se commença à émouvoir, froiss. i, I, )S8. Le capitaine ouvrit une feneslre sur les fossés et saillit hors tout effreé [surprise du château de Berwich par les Ecossais], id. il, ii, '3. || xvi* s. Elle fut si très effrayée de peur, qu'elle demeura comme une statue sans sonner mot, marg. Houv. XXXI, Ilfist jetterde grands cris à ses gens et sonner les trompettes pour effroyer les ennemis, amyot, Cam. 42. La lance effraye de loin quand on la voit branler avecques sa longue banderole, lanoue, 309.

— ÉTYM. E^pourcs.... préfixe, et le radical qui est dans frayeur (voy.ce mot) ; picard, effrayer, effrenter; provenç. esfrayar , esfredar, esfreidar. On remarquera, dans l'historique, esfraier ou esfrecr et eîfroier; le premier est la prononciation de la Normandie et de la partie ouest du centre; l'autre est la prononciation de la Picardie et de l'autre partie du centre; gardant effrayer, la langue littéraire aurait dû prendre effrai; mais, par le hasard de» mélanges, elle agardée/Z'roi, effroyable, qui se rapportent à effroyer.

EFFRÉNÉ, ÉE (è-fré-né, née), adj. \\ 1* Terme de blason. Se dit d'un cheval qui n'a ni bride ni selle, et qui se nomme autrement gai. || 2* Fig. Qui est sans frein moral, sans retenue. Une licence, une passion effrénée. Désirs effrénés. Comment, il vient d'avoir l'audace De me fermer la porte au nez. Et de joindre encor la menace X mille propos effrénés! MOL. Amph. m, 4. Que devait-il arriver, sinon ce qu'on a vu, c'est-à-dire une licence effrénée dans toutes les matières delà religion? boss. Fartât. 4t>. On vit avec horreur une muse effrénée Dormir chez un greffier la grasse matinée, boil. Ép. v. Doit-on donner le nom de courage et de valeur à une hardiesse aveugle, téméraire, impétueuse, qui ne connaît point de règle et qui n'a pour guide qu'une ardeur insensée de fausse gloire et un désir effréné de se distinguer à quelque prix que ce soit? roll. llist. anc. Œuvres, t. jn, p. 62(, dan» pol'gens. Vous voyez sans pitié ma douleur effrénée, tolt. Ali. IV, <.

— HIST. xiv* s. Tant comme sa ribauderie sera plus non punie, de tant sera elle plus effrénée, bp.rcheure, ^ 07, recto. \\ xvi*s. Tous les ruisseaux l'entrée de leurs sources Laschent à plein, et d'un cours effréné Tout à l'entour des grans mers ont tourné, MAROT, IV, 27. Les elephanssont si effréné» de leur nature qu'ils ne peuvent endurer bride quelconque, paré, Jfonstret, opp. S. Hz redoubtoient son audace effrénée et son insolence de contemner ainsi les lois et coustumes de son pals, amyot, AU. 27. Dont procéda l'effrénée licence et la nonchalance de toute honesteté, id. Nicias, U. La despense qu'ils sont contraints de faire et supporter à nourrir les ditz pauvres et malades, pour l'effrénée multitude et habondance d'iceuli qui y afflue chacun jour, lett. pat. )*' oct. <544.

— ÉTYM. Lat. effrenatus, de ex, etfrenum, frein. Ou trouve aussi effrener pour enfrener, mettre le frein.

t EFFRÈNEMENT (è-frè-ne-man), s. m. Néologisme. État d'une âme effrénée; déchaînement des passions.

— ÉTYM. Voy. EFFRÉNÉ.

t EFFRÉNÉMENT ( è-fré-né-man ) , adv. D'une

manière effrénée.

— HiST. XVI* s. Il court effrenément où le vin l'appelle. Nuits de Straparole, t. n, p. 336. Sans justice le peuple effrenément vivroit, rons. 874.

— ÉTYM. Effréné, et le suffixe ment.

EFFRITÉ (è-fri-té, tée), pari, passé. Terre effritée, terre devenue stérile, non pour toute culture, mais pour les végétaux ayant les mêmes besoins que oeiu qui ont produit l'effritement.

+ EFFRITEMENT (è-fri-te-man), ». m. Épuisement d'une terre par le retour de certaines culture».

— ÉTYM. Effriter.

EFFRITER (è-fri-té), v. a. Terme d'agriculture. Produire dans une terre l'effritement. || S'effriter, ». réfl. La terre s'effrite, si l'on n'y met pas d'engrais. Il On dit aussi effruiter, qui, comme on voit à l'historique, est la forme originelle.

— REM. On trouve dans le» écrivain» moderne» s'effriter pour »'en aller en poussière : Des bas-relief» qui s'effritent. Rien ne parait justifier ce sens.

— HIST. xill* 8. Il [le vent du midi] effruite la terre, et nuist as flor». Psautier, f* »4. || xv* s. Effrultier, eust. desch. Poésies mss. f* ï»2, dansLA- CDRNE. Il XVI* s. Effruicter, cotgrave. Effriter [amaigrir une terre], m.

— ÉTYM. Ef pour et.... préfixe, et fruit, ôl«r U fruit rendre incapable de fruit; provenç. «^rujiMr, rendre stérile.

EFFROI (è-froi), ». m. || 1* Grande frayeur. Porter, inspirer l'effroi. Je me retire donc encor pile d'effroi ; .Mais le jour est venu quand je rentre chez moi, BOiL. Sat. vi. H est vrai, je n'ai pu concevoir sans effroi Que Bajazet pût vivre et n'être plus à moi, RAC. Baj. ii, 5. Et je ne dois la vie en ce commun effroi Qu'au bruit de mon trépas que je laisse après moi, id. Mithr. Il, 3. Seigneur, je viens à vous pleine d'un juste effroi , m. Phéd. iv, 4. Ce . Juif, comblé d'honneurs, me cause quelque effroi, ID. Eslh. III, ). Quel trouble vous agite et quel effroi vous glace? id. Athal. ii, 6. Mai» d'où vient que mon cœur frémit d'un saint effroi? Est-ce l'esprit divin qui s'empare de moi? id. ib. m, 7. Ma fille, me dit-elle, avec un cri d'effroi, ducis, Othel. II, t. Il Terme de chasse. On dit que le cerf part d'effroi, lorsque quelqu'un ou quelque chose qui l'effraye le fait partir. || J* Fig. Cause d'effroi. Ce conquérant a été l'effroi et la terreur de la terre entière. Au Dieu persécuteur, effroi du genre humain, VOLT. Fanal, i, ♦.

— HIST. XII* s. Dune sunt venu k lui ; tuit erent [étaient] en esfrei. Th. le mart. 42. || xui* s. Si me puist Diex aidier, j'en sui en grant esfroy, Berte, cxvi. ||xv*s. Adonc commença l'effroi grant et fort à lever en la ville, froiss. u, ii, 42. Le bon serviteur, sans faire effroi ne bruit, vint heurter à la porte, LODis XI, JVouu. xxvii. Il xvi* s. Les Guodivaulx, qui estoyent en embuscade, sortirent tous en grand effroy sur Pantagruel, rab. Pant. iv, 4i. Ce qui est en partie cause de l'effroy que souvent prenent plusieurs gens de guerre, est leur ignorance, lanooe, 3 18. Toute la chrestienté entra en grand effroy, m. 414. Le duc de Nevers prit Beaurain par composition, Agimont d'emblée, et d'effroi Chasteau-Tierri, d'al'B. Hist. I, 20. Ils quittent leurs tranchées et d'effroi en effroi se mettent en fuite, ID. ib. n, 68. Vous engagez vostre valeur et vostre fortune à celle de vostre cheval ; son effroy ou sa fougue vous rendant ou téméraire ou lasche , mort, i , 3« t . Que l'on n'eust à sonner nulle cloche, sinon celle de l'effroi, PASQUIER, Lettres, t. i, p. 4, dans lacdrnb.

— ÉTYM. Esfroyer (voy. effrayer); Berry, tffray, effré; provenç. esfrei.

EFFRONTE, ÉE, (è-fron-té tée), adj. \\ 1* Qui a du front, de l'impudence, qui ne rougit de rien. Une femme effrontée. J'approuve bien la modestie; Je hais les amants effrontés, bégnier , Contre un amoureux. Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord, plut par sa nouveauté, BOtt. Art p. I. On n'est point effronté par choix, mais par complexion, la brut. vin. Un diable, cornard effronté. Vilains, ici guette vos belles, bébano. Contrat, Il Effronté comme un page de cour, ou, simplement, comme un page, très-effronté. || On dit encore : effronté comme un moineau. || i* Il se dit aussi des choses. Ce n'est pas que je croie en ces temps effrontés.... r4ohier, Sat. u. Et d'un zèle effronté couvrant son attentat, corh. Cinna, iv, 3. Voyez quelle assurance en cet œil effronté I RO- THOU, Antig. iv, 3. Ces douces Ménades.... Se font des mois entiers, sur un lit effronté, Traiter d'une visible et parfaite santé, boil. Sat. i. J'abandonne ce traître à toute ta colère ; Etouffe dans son sang ses désirs effrontés, rac. Phèd. iv, 2. Et mille autres encore, effrontés ornements. Serpentent sur son sein, pendent à ses oreilles; Les arts pour l'embellir ont uni leurs merveilles, cilb. .'ï F///* iià;;«. Luxe effronté, M. J. chénieh , Gracques . i, 2. Il 8" Substantivement. Un effronté. Une effrontée. Quoi Chrispe rira donc avec cette effrontée Du plaisir qu'elle a pris à m'avoir irritée? tristah, Jf. d« Chritpe, iv, 7. Qu'une jeune effrontée, une insolente esclare Vienne en ce lieu donner des frères i

EFF

EGA

EGA

mes fils, ROTBOU, H ercult mourant, u, 2. Hét la Ixjnne effrontée I mol. Sgan. 6. || Sectaire du XVI* siècle qui niait la personnalité du Saint-Esprit. Il S. {. Effrontée, sorte d'ancienne coiffure de femme.

— HIST. xm* s. Qu'est-ce diable? es-tu effrontés! Quex gens nous as-tu ci contés? Jo Base, <H25. Il xiv s. En courages acoustumez à guerre et esfrontez par chevalerie, bebchf.uhe, f° (3. || xvi* s. Il disoit qu'il estoit bien effronté d'aller encore vestu de pourpre comme un roy, amyot, Pt/rrhui, 69.

— ÊTYM. Ef pour et.... préfixe, et front, c'està-dire sans front, impudent; provenç. esfrontat; ilal. s/rontaW. L'ancienne langue avait le verbe esfponter, qui signifiait casser le front, la tête, et fig. décontenancer.

EFFRONTÉMENT (è-fron-té-man) , adv. Avec effronterie. Il a effrontément soutenu ce mensonge; il a soutenu effrontément ce mensonge.

— fflST. XII* s. Effronteiment et sottement apparilliez por parler, isnels [prompt] por enseignier, et tardis [tardif, lent) por oïr, st.-uern. 663. ||xvi* s. Et sur le reffus qu'en réitéra sa majosté, le diot duc de Montpensier s'advança fort effrontément de proférer de telles paroles.... carloix, ix, 47.

— ÊTYM. ElJronté, et le suffixe ment.

EFFRONTERIE ( è-fron-te-rie ) , s. f. Acte d'effronté. Le traître, dites-vous, appelle mon voyage Du nom d'effronterie et de libertinage, mair. Solim. u, ♦. 11 faut payer d'effronterie, hauteroche, Crispin méd. n, 6. D'Aquin avait l'effronterie de vouloir faire son fils archevêque al dispelto [au mépris] de tous les abbés de la première qualité, et-

SIH. u, 466.

— ÉTYM. Effronté.

EFFROYABLE (è-fro-ia-bl*; plusieurs prononcent è-froi-ia-bl') , adj. || 1° Oui inspire un effroi mêlé d'horreur. Un spectacle effroyable. Une mort effroyable. Seigneur, le récit même en parait effroyable, CORN. Cinna, iv, 1. Mais que, dans cette effroyable confusion de toutes choses, il est beau de considérer ce que la grande Henriette a entrepris pour le salut de ce royaume, Boss. Reine d'Ânglet. Un Hérode, un Tibère effroyable à nommer, boii,. Sat. xi. Quels coups accompagnés de regards effroyables, rac. Milhr. V, *. Je le vois comme un monstre effroyable à mes yeux, id. Phèd. m, 3. Un effroyable cri, sorti du fond des flots, id. ib. v, 6. Et ce jour effroyable [le massacre des Juifs] arrive dans dix jours, ID. Esth. I, 3. Ce songe et ce rapport, tout me semble effroyable, ID. Àthal. u, 5. || 2° Par extension, qui est d'une laideur repoussante. Figure effroyable. Il 3° Excessif, incroyable. Il y avait un monde effroyable à cette assemblée. Dépense effroyable.

— REM. Malherbe a employé effroyable dans le sens de effrayant, redoutable: Je le connais. Destin, vous avez arrêté Qu'aux deux fils de mon roi se partage la terre; Et qu'après le trépas ce miracle de guerre Soit encore effroyable en sa postérité, MALH. u, 7.

— HIST. XV* s. Alors, si estes embusché [caché]. Voirez quelle chose effroyable Fait feu commun dit vegetable, Tr. d'alch. <28. ||xvi's. Un si effrayable incendiaire, carloix, vi, 28. J'eus à souffrir cette condition, que la veue de ma maison m'estoit effroyable, MONT. IV, 206. Rendre les urines espesses, noires et effroyables , ou les avoir arrestées par quelque pierre espineuse et hérissée, id. iv, 27).

— ÉTYM. Effrayer, une des formes anciennes iVef- /Vat/pr (voy. effrayer). La finale able a ici un sens actif.

EFFROYABLEMENT (è-fro-ia-ble-man ; plusieurs prononcent è-froi-ia-ble-man), adv. D'une manière effroyable, excessive. Elle est effroyablement laide. Il mange effroyablement. 11 a effroyablement dépensé depuis quelque temps. || Par plaisanterie. Mascarille: Vous ne me dites rien de mes plumes, comment les trouvez-vous? — Cathos : Effroyablement belles, MOL. Préc. rid. to.

— HIST. XVI* s. 11 leur aura ouy repuler très heureux les riches hommes, et redouter effroyablement la mort avec horreur, ou le travail, amyot. Comment il faut lire les poét. 66. Redoubtant Hannibal trop plus effroyablement qu'il ne devoit, id. Fab. 63.

— ÉTYM. Effroyable, et le suffixe ment. tEFFRUITER (è-frui-té), v. a. \\ 1* Voy. effriter.

Il i° Ôler le fruit. Effruiler un arbre, un verger.

— ÉTYM. E/'pour es.... préfixe, et fruit.

f EFFUMER (é-fu-mé) , v. a. Terme de peintre. :'!teindre une partie de quelque peinture, qui paraît trop ardente. Effumer une peinture.

— ÊTYM. £^ pour es.... préfixe, et fumer. Dans le tyi' siècle s'ejfumer avait un sens métaphorique, se

répandre en : Ainsy verroit on eslever et avoir lieu la franchise de parler à un chaqu'un ; plusieurs s'effumeroient en paroles libres, uontbourch. Gag. bat.

f° 38, dans LACUHNE.

EFFUSION (èf-fu-zion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1* Action de répandre le contenu d'un vase. Trois fois du vin fumeux L'effusion légère alluma les saints feux, segrais, Géorg. iv. S'il la voit [la réforme, le protestantisme] dans l'effusion de la seconde fiole [les fioles de l'Apocalypse] , l'autre interprète la voit seulement à l'effusion de la septième, BOSS. Var. xm, § *♦. Nous sacrifierons à la reine du ciel et nous lui ferons des effusions, id. Polit. VII, VI, 6. Djeux que j'appelle à cette effusion [d'une coupe]. Venez favoriser notre réunion, RAC. Brit. v, 6. Il Terme de médecine. Écoulement d'un liquide qui sort de ses vaisseaux ou réservoirs et qui s'épanche dans une cavité ou dans les tissus. Il Terme d'astronomie. Effusion du Verseau, portion de la constellation du Verseau, qui est représentée sur les cartes célestes par l'eau qui sort de l'urne. Il a* Par extension. U y eut dans ce combat une grande effusion de sang. En attendant le coucher du soleil.... afin de considérer à mon aise cette riche effusion de couleurs, balz. le Prince, avantprop. Il 8* Action de répandre hors. L'Église tient que le Père produitcontinuellementle Fils, et maintient l'éternité de son essence par une effusion de sa substance, qui est sans interruption aussi bien que sans fin, pasc. Lelt. à Kme Perier, 6 nov. 1648. Il 4° Fig. Effusion du cœur, ou, simplement, effusion, épanchement d'un coeur affectueux et sincère. Parler avec effusion, parler avec abandon. L'effusion d'un bon cœur. C'est ici une effusion de mon cœur plutôt qu'un ouvrage et une méditation de mon esprit, fléch. If. de Ifonlauster. Notre cœur s'échapperait malgré nous-mêmes en de saintes effusions, MASS. Car. Prière i. Avec qui vous n'aurez jamais ces effusions de cœur, id. ib. || Effusion de tendresse, tendresse manifestée par les paroles, les gestes, les actions. Us leur offraient les effusions sincères de la charité, i». Car. Cui(c. Œil invisible du Père céleste , vous fûtes le seul témoin des secrètes effusions de sa charité, id. Or. fun, Villars. Il 6° Terme d'alchimie. Purification de la pierre philosophale.

— HIST. XIV* s. Les lèvres d'icele [plaie] doivent estre frétées 0 [avec] une aguille ou 0 chose semblable ducques [jusque] à effusion de sanc, h. de mondeville, f" 42. Et ot iUecques plus grant effusion de sanc que il n'avoit eu en la bataille, ber- CHEUHE, f° 38, verso. Il ,xvi* s. L'exploit sera faict à moindre effusion de sang que sera possible, rab. Garg. i, 29. De jeunes garsons portoient de beaux vases d'or et d'argent, pour faire les aspergemens et effusions qui se font es sacrifices, amyot, P. Mm. 66.

— ÉTYM. Lat. effusionem, du supin effusum, de effundere, de ex, hors de, et fundere, verser (voy.

FONDRK).

t ÉFLAGELLÉ, ÊE (é-fla-jèl-lé , lée), adj. Terme de botanique. Qui n'a pas de coulants.

— ÉTYM. Lat. e, siiis,el flagellum, fouet, coulant. ËFOURCEAU (é-four-s6), s. m. Nom d'une voiture

à deux roues qui sert à conduire de pesants fardeaux, tels que des troncs d'arbres, de grosses poutres, etc.

— ÉTYM. Ce mot parait formé du latin furca, fourche : chariot i. fourche, comp. fourgon.

t ÉGAGRE (é-ga-gr') , s. f. Terme de zoologie. Chèvre sauvage.

— ÉTYM. AÎYoïYpoî, de ai$, oIyos, chèvre, et àypia, sauvage.

i ÉGAGROPILE (é-ga-gro-pi-l'), s. m. Concrétion qu'on trouve quelquefois dans les voies digestives des chèvres ou des autres animaux ruminants.

— ÉTYM. Égagre, et nî).o;, boule de laine.

t ÊGAGROPILI FORME (é-ga-gro-pi-li-for-m'), adj. Qui a la forme de l'égagropile. Calcul égagropiliforme.

— ÉTY.M. Égagropile, et forme.

•f ÉGAIL (é-gall, W mouillées) , i. m. Terme de chasse. Voy. aiguail.

ÉGAL, ALE (é-gal, ga-l"), adj. || 1* Pareil en quantité, en valeur. Cent francs en or et cent francs en billets sont des sommes égales. Deux lignes égales entre elles. Le mètre est égal à la quarantemillionième partie de la circonférence de la terre. Pense qu'il est si grand, qu'il n'aurait point d'offrande. S'il n'en recevait point que d'égales à lui, MALH. i, 4. Que m'offrirait de pis la fortune ennemie, X moi qui tiens le trône égal à l'infamie, corn. U. de Pomp. III, 2. Peut-on voir un orgueil à votre orgueil égal? id. Nicom. v, 7. Du nom de dicta-

teur, du nom de général. Qu'importe si des deux le pouvoir est égal ? id. Sertor. m , 2. Hélas I seigneur! quel trouble au mien peut être égal? rac. Phèd. I, 2. Il n'y a point, dit Tite Live, d'esprits plus susceptibles de jalousie que ceux qui n'ont point un mérite égal à leur naissance et à leur rang, roll. Hist. anc. Œuvres, t. i, p. 497, dans pou- GENS. Les hommes, qui tous savent le fort et le faible les uns des autres, connaissent ceux qui leur sont égaux, sentent la supériorité que quelques-uns ont sur eux et celle qu'ils ont sur quelques autres, LA BHUY. XI. Quand trente mille hommes combattent en bataille rangée contre des troupes égales en nombre, volt. Candide, 4. || Absolument. Ceci peut s'appliquer à la grandeur royale ; Elle reçoit et donne , et la chose est égale; Tout travaille pour elle, et réciproquement Tout tire d'elle l'aliment, la font. Fabl. m, 2. U n'est bien sous le ciel qui vous parût égal,iD.t6. VIII, (3. Rien ne met à l'abri de cet ordre fatal. Ni le rang, ni le sexe, et le crime est égal, RAC. Esth. 1, 3. Depuis qu'à Pharaon ce peuple est échappé. Une égale terreur ne l'avait point frappé, ID. Athal. m, 7. Suivre d'un pas égal mes fortunes diverses, id. Be'rén. I, 4. Allons ; d'un pas égal que ne puis-je vous suivre? volt. Uérope, v, 6. Ce combat comme à nous peut leur être fatal. Égaux senties périls, le courage est égal, c. delà vigne. Vêpres sicil. II, 6. Il Toutes choses égales, ou tout étant égal d'ailleurs, c'est-à-dire en supposant qu'il n'y ait aucune différence entre les choses dont il s'agit. Toutes choses égales, une raison née avec quelque élévation aimerait encore mieux se tromper, en se faisant honneur, qu'en se déclarant pour un parti si ignominieux à son être, mass. Car. Avenir. [\ La partie est égale, la partie n'est pas égale, se dit de deux joueurs, de deux combattants qui sont ou- ne sont pas de même force. Comme la partie n'est pas égale, il faut user de stratagème et éluder adroitement le malheur qui me cherche, mol. Festin de P. 11,10. IITenirlah lance égale, c'est-à-dire être d'une stricte justice, d'une exacte impartialité, à l'égard d'hommes ou d'opinions qui sonten conflit. || Faire tout égal, traiter tout le monde de môme, ne favoriser personne. |{ En termes de géométrie,égal,quand il se dit de ce qui est figuré , ne s'applique pas seulement à la valeur, mais aux angles et aux dimensions, de telle sorte qu'on puisse concevoir l'exacte superposition des figures. Un parallélogramme est partagé par sa diagonale en .deux triangles égaux; deux cercles décrits du même rayon sont égaux; entendez que si on les applique l'un sur l'autre, ils coïncideront exactement. Quand il n'est pas question de la figure, ou quand la figure est tellement différente qu'on ne peut songer à la superposition, égal reprend son sens ordinaire, il ne signifie plus que la parité dans la quantité. Tous les parallélogrammes de même base et de même hauteur sont équivalents, c'est-à dire égaux en surface. Des volumes égaux. La sphère est égale aux deux tiers du cylindre circonscrit. || Terme de botanique. Aigrette égale , aigrette composée de soies ayant à peu près la même longueur. Polygamie égale, ordre comprenant les syngénèses dont toutes les fleurs sont hermaphrodites. || Terme de musique grecque. Système égal, système d'Aristoxène qui divisait chaque tétracorde en trente parties égales. || 2° Qui jouit des mêmes droits. Tous les hommes sont égaux. Autrefois les habitants du pays n'étaient pas égaux devant la loi. Les mortels sont égaux, ce n'est pas la naissance. C'est la seule vertu qui fait la différence, volt. Mahomet, I, 4. Et vous semblez d'un sang fait pour donner des lois i l'Arabe insolent qui marche égal aux rois, ïo. Fanât. 1, 2. || 3° Qui est toujours le même, qui ne varie point. Un mouvement égal. Un style égal. Du reste, en quoi répond au sort divers Ce train toujours égal dont marche l'univers? la FONT. Fabl. u, <3. Un style trop égal et toujours uniforme En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme, boil. Art p. i. D'un soin toujours égal sa faveur l'environne, bac. Alex, i, ï. Ca Dieu.... Juge tous les mortels avec d'égales lois, id. Esth. m, 4. Il En médecine, on dit que le pouls est égal , que la respiration est égale , lorsque les mouvements qui les constituent sont semblables pour la force et la durée. {| 4° Qui est d'un caractère doux et sans hauts ni bas. Vous étiez né doux, égal, accessible, mass. Car. Prodigue. Modeste, bonne, égale, toujours obligeante, naturelle et réservée, M"* de genlis, Veill. du chdt. 1. 1, p. 442, dans pouGENS. ||Se dit aussi de l'humeur, du caractère. La supérieure n'avait jamais vu de religieuse d'une humeur aussi égale, chateaub. René, 2)6. Il 6* Égal à soi-même, qui ue se dément

fir.A

en rien. Virgile a fait «on héros, modéré, pieut, et par conséquent égalàlui-même, fên. t. xxiv,p. 26. Il Absolument. Ce serait bien, seigneur, de tout point me confondre; Et je serais moins roi qu'un objet do pitié Si le bandeau royal m'était votre amitié; Mais je m'alarme trop et Home est plus égale, COBN. Nicnm. iv, 6. || Égal, ainsi employé absolument, a vieilli. || 6° Qui e.st objet d'indifférence. Tout lui est égal. Toute demeure lui fut égale, toute la terre lui fut un exil, fléch. Panég. I, 3B2. Tout lui est égal, pourvu qvi'il accable ses ennemis, fén. Tdl. XI. Il y avait déjà longtemps que toutes les saisons étaient devenues égales pour les soldats de Charles et pour ceux du czar, volt. Charles XII, 4. Une indiflérence suprême, Voilà mon principe et ma loi; Tout lieu, tout destin, tout système Par là devient égal pour moi, oressp.t. Chartreuse. Tous les hommes, tous les pays, tous les livres lui étaient égaux, VAUVEN. Ergaste. Ton fils est mort, disait un guerrier à une mère, et la mère répondait en pleurant: c'est égal, ciiateaub. Natch. ii, 62. || Familièrement. C'est égal , c'est-à-direquoi qu'il en soit. C'est égal, il paye cher son avantage. || Oui éprouve de l'indifférence (emploi qui a vieilli). Egale à tous les deux jusquesà la victoire. Je prendrai partaux maux sans en prendre à la gloire, corn. Hor. i, K Et je n'ose penser que d'un œil bien égal Polyeucle en ces lieux puisse voir son rival, id. Polyeucte, m, <. Et le prends-tu pour homme à voir d'un œil égal Et l'amour de son frère, et la mort d'Annibal? m. JVi'com. II, *. II?" Uni, qui est de niveau, qui n'est pas raboteux. Un chemin égal. || 8 Substantivement. Celui , celle qui est égale aux autres. Heureux (i'avoir vaincu pour vivre son égal, corn. Pomp. m, 6. Ne nous associons qu'avecque nos égaux, la TONT. Fabl. v, 2. Jeceignis la tiare et marchai son égal, BAC Àlhal. m, 3. Lucile aime mieux user sa vie et se faire supporter de quelques grands que de Tivre familièrement avec ses égaux, la bruï. ix. Accoutumons des rois la fierté despotique X traiter en égale avec la république, volt. Brut, i, t. Des égaux! dès longtemps Mahomet n'en a plus, ID. Fanât, n, b. || Qui n'a pas d'égal, sans égal, c'est-à-dire qui ne peut être égalé. Et moi par un malheur qui n'eut jamais d'égal, corn. Cinna, ni, 4. Mais ce serait pour vous un bonheur sans égal, lo. lient. I, ). Tel porte jusqu'aux cieux leur vertu sans égale, ID. Hor. m, 2. Une tendresse qui ne saurait avoir d'égale, sÊv. H. De ses faits je tiens registre. C'est un homme sans égal, bérano. Sénat. 119° D'égal, loc. adv. Sur le pied de l'égaillé. Je ne dois qu'à moi seul toute ma renommée, Et pense toutefois n'avoir point de rival À qui je fasse tort en le traitant d'égal, corn. Exc. à Ariste. 11 [Abraham] traitait d'égal avec les rois, Boss. Ilist. ii, 2. Elle [son âme] va d'égal avec les grandes âmes, la BBUY. XI. Il 10° X l'égal de, loc. prépos. Comme, de même que, autant que. La seule vérité donne aux afflictions Des consolations Durables à l'égal de la sainte parole, coRN./mt(. m, 48. Des frères ne sont rien à l'égal d'un époux, id. //or. m, *. Rome se fera craindre à l'égal du tonnerre, id. ib. iii,6.X l'égal de mes jours je la [ma haine] ferai durer, id. Pomp. V, 4. Allons donner votre ordre àdes pompes funèbres, X l'égal de son nom illustres et célèbres, id. Serlor.v, 8. Un homme que je hais à l'égal de la mort, mol. Ecole des maris, ii , 4 1 . X l'égal des Persans je veux qu'on les honore , tikc. Esth. iii,7.||X l'égal de, avec un infinilir. Et lo trépas en soi n'a rien de rigoureux X l'égal de vous rendre un rival plus heureux, CORN. Perth. ii, 1. 1| Absolument. Je suis craint à l'égal sur la terre et sur l'onde, corn. Illusion comique, m, 4t. C'est ce qui attire si puissamment sur nous les affections de la sainte Vierge qu'il n'y a point de mère qui puisse aller à l'égal, boss. 2' serm. Compass. de la sainte Vierge, 2. Quant à moi qui méprise presque à l'égal les injures et les dénonciationsindividuelles.... Mirabeau, Collection, t. IV , p. 305. Il X son égal , en comparaison de. Ah I si vous commissiez, mes frères, ce que vous perdez en perdant la grâce sanctifiante; si vous saviez que la perle de l'univers n'est rien à son égal . mass. llyst. Uésurr. || Proverbe. Cela est égal comme deux oeufs, se dit de deux choses absolument conformes. — HIST. xi* s. E il metrad (le bétail en lilige] en uele [égale] main, d'ici laque il seitderained [jugé], -Loit de Guill. ib. Si home muert sans devise [testament], si départent li enfant l'erité entre sei par uwel [égal] , ib. 36. || xii* s. Esgal Icis, csgal peine, csgal mal vos atent, Hou, v. 2030. Là seront li denier hvré par igal pois, Soi. xxxiii. Tel qui fist personel del verbe impersonel , Singuler et plurel avait (ut par igal, Th. le mart. 66. || xiii* »,

EGA

Li jors estoit blaus et aeris, et 11 plains tant ingaus que il n'i avoit mal pas ne chose qui destorberlespeust, H. de valenc. vi. Et es livres et el cheval Partirai-ge tôt par igal Et mot k mot et foil à foil, JJen. 2H98. Certaine coze est que les mesures ne sont pas en la comté de Clermont ygaus, ains se diversefient en plusors viles, beaoh. xxvi, 3. Il xiv s. Et ce que nous appelions ici egual, c'est le moien entre superhundance ou excès d'une part et deffaut d'autre part, oreshe, Eth. 44. || xv a. Et ceuli qui sont de povoir ou de nombre equal , et qui tous de bon cœur requièrent à l'ayde de Dieu l'ung contre l'aultre, Jeh. de Sainlré, ch. 48. || xvi* s. Il [le Fils] estoit égal à Dieu, avant que s'anéantir sous la forme de serviteur; or comment cette equalité pourroit-elle convenir, sinon qu'il fust le Dieu du quel le nom est souverain? calv. Instit. 94. En l'amitié, c'est une chaleur tempérée et égale, mont, i, 20». Des enfants ont commandé des grands estats, à l'egual des plus suffisants princes, id. iv, 62. Sylla lui faisoit des honneurs, qu'il porloit bien peu souvent aux plus vieux et à ceulx qui estoient égaux à luy, AMYOT, Crassus, 40.

— ÉTYM. "Wallon, ewal; anc. wallon, fnu>e:7; norm. ignau, qui est sans façon, c'est-à-dire égal pour tout le monde; provenç. egual, engoi; catal. egual; espagn. et portug. igual; ital. eguale; du \&- \\n X(iualis,AéTVik à' œquus, uni, juste. (/u?ei, uel est la plus ancienne forme, laquelle correspond à la forme italienne uguale. On trouve aussi, dans l'ancien français, ive, qui vient de xquus.

t ÉGALABLE (é-ga-la-bl'),adj. Qu'on peut égaler.

— HIST. xvt* s. Egalable, OUDIN, Dict.

. — ETYM. Égaler.

t ÉGALADE (é-ga-la-d'), «. f. Variété de la châtaigne ordinaire.

t ÉGAL-X-TOUS, (é-ga-Ia-tous'), ». m. Terme de marine. Nom du pavillon de signaux, qui n'a pas de numéro par lui-même, mais qui prend toujours, quand il est bissé en signal, le numéro de celui qui est au-dcs.su s de lui.

4 . ÉGALÉ, ÉE (é-ga-lé, lée),'par(. passé. \\ i" Rendu égal. La grandeur de Napoléon égalée à celle des César et des Alexandre. || 8° Atteint. Les anciens égalés par les modernes. || 3° Terme d'astronomie. Corrigé par des équations. Anomalie égalée.

t 2. ÉGALÉ, ÉE (é-ga-lé, lée),adj. Terme de fauconnerie. Oiseau égalé, oiseau qui porte sur le dos des mouchetures blanches appelées égalures.

4. ÉGALEMENT (é-ga-le-man), s. m. Terme de droit. Distribution préalable faite avant partage entre des enfants héritiers de leur père ou de leur mère qui avait doimé un avancement d'hoirie à l'un d'entre eux.

— lllST. XVI* s. Si, en faisant le partage du fief, les tenanciers avoient fait également de rentes sans appeler le seigneur, Coustum. gêner, t. ii, p. cou.

— ÉTYM. /?goier; provenç. également, engalement; catal. igualament; espagn. igualamiento.

2. ÉGALEMENT (é-ga-leman), adv. D'une manière égale, semblablement. Il les a traités également. Il les a également punis. L'infamie est pareille et suit également Le guerrier sans courage el le perfide amant, corn. Cid, in, «. Cette peur me touchait, mon frère, également, id. Hodog. i, 6. Nos esprits étaient donc également distraits, id.

Sertor. iv, 3 La main des Parques blêmes De

vos jours et des miens se joue également, la font. Fabl. XI, 8. Ceux qui nous rafissent les biens par la violence ou par l'injustice, nous marquent assez leur haine pour nous ; mais ils ne nous prouvent pas également qu'ils aient perdu à notre égard toute sorte d'estime, la bruy. xi. Les vainqueurs, les vaincus, tous ces faibles humains, Sont tous également l'ouvrage de tes mains, volt. Alx. iv, 6. Et le riche et In pauvre , et le faible et le fort Vont tous également des douleurs à la mort, id. 4 " Discours.

— HIST. xiir s. Aucune fois avient que il est plus punis, et aucune fois moins, ou aucune fois ivelment, Liv. deJust. 3. Riche estoient tuit egaumenl. Et s'entramoient loiauraent Les simples gens do bonne vie, la Rose, 9&5D. Neporquant aulresinc grant perte Reçoit l'ame en trop grant poverte. Comme el fait en trop grant richece, L'un cl l'autre igaument la blece, ib. 41466. jj xvi* s. Tout ce qui s'appelle bien est equalemenlmalà l'injuste, comme bien au juste, hont. i, 32». La peur extrême et l'extrême ardeur de courage troublent egualement le ventre et le laschent, m. i, 387.

— ETY.M. Égale, et le suffixe ment; provenç. tgualmen, egalmen, engualmtn; espago. igua'lmente; ital. egualmenie.

ÉGALER (é-ga-lé), o. a. || 1* Rendre égal. Égaler les parts. La mort égale les hommes. C'est de laqua nous est né ce prétendu régne du Christ, inconnu jiisques alors au christianisme, qui devait anéantir toute la royauté et égaler tous les hommes, BOSS. /teins d'Angl. Exemple le plus capable de persuader aux ambitieux qu'ils n'ont aucun moyen de se distinguer ni par leur naissance, ni par leur grandeur, ni par leur esprit, puisque la mort, qui égale tout, les domine de tout câté avec tant d'empire, et que d'une main si prompte et si souveraine elle renverse les têtes les plus respectées, id. Duch. d'Orl. Il est à remari|uer que souvent les avantages ou les forces [entre deux joueurs] sont incommensurables, de sorte que les deux joueurs ne peuvent jamais être parfaitement égalés, fonten. BernouUi. Il Egaler à, rendre égal à. La race de Léonce étant patricienne. L'éclat de ses vertus l'égalait k la mienne, corn. Héracl. m, 4. Pour nous égaler ceux que nous avons soumis, thistan, K.deChrispe, m, ». Jérémie lui-même, qui seul semble être capable d'égaler les lamentations aux calamités, ne suffirait pas à de tels regrets, boss. Heine d'Angl. || Malherbe a dit égaler avec. Que s'il peut un jour égaler Sa force avecque sa furie, ualh. m, 3. j|î° Etre égal à. iJi recette égale la dépense. Deux multiplié par cinq égale dix. Une race qui égalerait les étoiles du ciel, BOSS. Hist. ii, ï. Envieuse [la grenouille], s'étend, et s'enfle et se travaille Pour égaler l'animal [le bœuf] en grosseur, la font. Fabl. i, 3. Rien n'égale en fureur, en monstrueux caprices. Une fausse vertu qui s'abandonne aux vices, boil. Sat. X. Mes remords infinis Ont égalé mon crime et vengé mon pays, volt. Brut, v, 7. Tes maux vontégaler les maux oii tu m'exposes, m. Zaïre, v, to. L'histoire n'en parle qu'à regret [de la conduite de Murât], depuis que le repentir et le malheur ont égalé la crime, ségur, Hist. de Nap. xu, 6. || 8* Être égal en droits. Aux deux bouts de la terre en est-U un [roi] si vain Qu'il prétende égaler un citoyen romain T CORN. Cinna, m, *.\\i° Etre égal en mérite. Cet auteur a égalé les anciens. Alexandre s'était proposé d'égaler en tout la gloire de Bacchus, vaugel. Q.C. liv. IX. ch. 40, dansRiCHELET. Corneille ne peut être égalé dans les endroits où il excelle, la brut. i. Je l'admirais moi-même, et mon cœur combattu S'indignaitqu'un chrétien m'égalâten vertu, volt. ;?a«re, IV, 6. Il B" Egaler quelqu'un à un autre, prétendre qu'il lui est égal. Et ne .savez-vous pas qu'il n'est princes ni rois Qu'elle [Rome] daigne égaler à ses moindre» bourgeois, corn, liicom. i, 3. Laissons-lui égaler le fol et le sage, et même je ne craindrai pas de le dire hautement dans cette chaire, laissons-lui confondre l'homme avec la bête, boss. Duch. d'Orl. || 6" Rendre uni. Cette allée est raboteuse, il faut l'égaler. Peu usité. Il 7° S'égaler, v. réfl. Devenir égal. Les doigts inégaux entre eux s'égalent pour embrasser ce qu'ils tiennent, boss. Connaiss. ii, 2. || Se prétendre égal. Il s'égalait aux plus savants.

— HIST. XVI* s. Pour lequel chemin dresser el csgualer [rendre uni], on adesmoly et abbattu plus dedeui cenz maisons, bab. Épi. 8. Rcfulantl'erreur de ceux qui , sous ombre de la généralité des promesses, voudroyent égaler tout le genre humain, calv. Instit. 794. 11 ne voulut point offenser sa règle de vraie amitié, qui égale le prince et le pauvre, MARG. Nouv. XLii. J'entreprends dem'egualer i mes larrecins [textes des auteurs copiés par lui], hont. I, 4 66. Il avoit soin d'egualer [égaliser] et disperser le dommage qu'il faisoit, ID. m, 366. Geste ordonnance n'égala pas tous les citoyens en facultcz et en biens, comme Lycurgus avoit fait les Lacedemoniens, ahtot, Solon, 26. N'espérant pas se pouvoir égaler à lui en faicts d'armes, il se donna aux affaires de ville, ID. Crass. 4 4. Il s'esgaloit en son vestir, en son vivre ordinaire, plutost aux simplet soudards, que non pas aux capitaines, u>. Cal. d'Uliq. 16.

— ËTYM. Égal; wallon, ewaler, niveler; rouchi, égalir; prov. egalar, engalhar; espagn. igualar.

•f ÉGALIR*(é-ga-lir), j'ég.ilissais, égalissant, v.a. Il 1* Rendre les dents d'une roue ég.iles. || ï* Terme d'horlogerie. Égalirune fusée au ressort, faire qu'un ressort tire avec la même force partout. || 3* Egalir ou égaliser, distribuer partout également dans la soie le peu d'eau qui reste par places après le< coups de torse.

— ETYM. Égal.

ÉGALISATION (é-ga-li-ia-sion). ». f. Action d'égaliser. Il Spécialement, action d'égaliser les lots dans un partage.

— ETYM. Égaliser.

ÉGALISÉ. ÉK (é-ga-li-zé, zée), port. p<uu!.

EGA

EGA

ÉGALISER (é-ga-li-zé), r. a. || 1- Ren.lre égal, de Dieu é? ./'vor^'ï. * 7"' FT" ^""'^ ^ "" "" même valeur, en pariant .les choses. Égal,fer les le "lus côLnoX, t ^"^ ''' r^'^'"'f' ''"^ ''''«'''^^ otsdans nn partage. L'amour égalise les conditions. ' „.\ebb ZZ Z, T "",f ^''"'"* '"'P^-'^-'le, I a-%aliserunterrain,lerenLuni.||3-Ëgal,.ericercTe i'f^»Ii A ""'"P'^-"- " !,""« d'astronomie. a poudre, la mettre en grains et la tamiser. || Éga- avec trois^dt tl , n^i/n"*"''; "■^: ^'" '!'" ^"^ •>""« i.«o. i«. »! i__ __ ,., , . " "»" ; dveo irois acs et un tableau divisé en sii cases

EGA

liser les cheveux, les couper d'égale longueur. Il »• S'égaliser, v. ré/l. Devenir égal. En procédant ainsi, les lots s'égaliseront.

— REM. Vollajre blâmait égaliser comme inutile à côté d'égaler. Mais, malgré l'opposition de Voltaire, ce mot est admis aujourd'hui.

— SYN. Sgaleb, égaliser. Cesdeui verbes, identiques d'ailleurs, ne di lièrent que par l'affixe composé iser, qui, dans les verbes actifs, a le même sens à peu près que l'aflixe simple er. Aussi l'usage n'a-t-il établi d'autre nuance que celle-ci : c'est que dans le sens de rendre égal ou rendre uni, égaliser i est plus usité qu'égaler.

— HIST. xïf s. Egaliser, monet.

— ÊTYM. Égal, et la terminaison verbale iser

qui signifie ordinairement faire, rendre, par exemple uhhser, fertiliser. ^

tÉGALISOIR (égali-zoir),j. m. Crible pour égaliser la poudre à canon.

— ÊTYM. Égaliser.

tÉGALISSAGE (é-gali-5a-j'),ï. m. Action d'égalir.

— ÉTYM. Ëgabr, au part, présent égalissant. t EGALlSUUES(é-ga-li-zu r'), s. f. fi. Po.dre de

guerre ou de chasse qui a été égalisée, c'est-à-dire mise en grain et tamisée.

— ÉTYM. Égaliser.

tÉGALITAIRE (éga-li-tê-r^, adj. Néologisme.

Oui aime l'égalité, qui fait prévaloir l'égalité. La Ii^nnll'' ""«/«"^'été égalitaire. || Qui est partisan du partage égal entre tous les membres de la société. Les opinions égalitaires. j| S. m. Partisan de ces opinions. Un égalitaire.

— ÉTYM. Égalité.

Iité Ouant à l'estatd'umanité, laRnse, isooo Droiz est art de bien et de igauté. Livre de Just. < . || xiv s Sans monoie ne pourroit il le monde bonnement j estre gouverné, ne faire droite egauté à chacun de , ce qui est sien, Ordonn. des rois de France t ii ; p. 340. Souveraine egauté, behcheure, f°6i. |'|xvs' Trois chaisnes tendues sur la rivière, la première demy pied dedans l'eau, la seconde en l'egaliié de- I 1 eau, et la troisième deux pieds dessus, monstrel , t. I f 268, dans LACURNE. || XVI' s. L'equalilé ! est la première pièce de l'équité, mont i 87 Nous verrions reluire en sa vie une equallté dé moeurs, id. iî, 4.

-ÉTYM. Provenç. cMffaito»; catal. igualat; esmn. igualdad; ital. ugualità; du latin aqualitatem, A'œqualis, égal.

t ÉGALURE (6-ga-lu-r'), s. f. Terme de fauconnerie. Nom donné à des mouchetures blanches sur le dos d un oiseau.

— ÉTYïl. Ce mot Tiendrait-il de é préfixe, et qail qui, en certains patois, et notamment en Dauphiné' signifie de couleur variée ? '

t. ÉG.\RD(é-gar; le d ne se lie pas : avoir é-gar àau pluriel l's ne se lie pas : des é-gar attentifs; cependant plusieurs la lient : des é-gar-z attentifs) s. m. 1 1- Proprement, action de regarder, prise en considération. Une chose de si grande étendue a trop d égards et de nuances, mérS, CEuvres posth t. I, p. 264. Soit que l'on veuille bien parler ou bien écrire, il faut avoir bien des égards, m. ib. Celte attention particulière qui parait en Dieu quand il fait 1 homme, nous montre qu'il a pour lui un égard

ÉGALITÉ (éga li'-té), s. f. |l 1» Qualilé de ce mii I *°".' """"""• """» montre qu' .

est égal Égalité de deux lignes, de de ,x angles i H^H '',''•' T'i ""'■ "' *• ■''»"™ '""Jours u„ Égalité d'âge, de mérite. Mon exemple et sa f!nTa ' ^"'ard particulier à tout ce qui vous touche, id. Le,t. ont peu d'égalité, corn. Œdipe, i 6 Car enfin I '^^°'"''-- " P""' ^'en juger un grand peuple, il faut madame, puisque votre exemple m'autorise ie né I f^"?""/"""" t^^J^P*'''"""'^'' ^"""^ ('« P'^J'cafeindrai point de vous dire que l'amour auioùrd'hui i"''^ ' *"*'"* "' ^"'o"""'- Il ^n cesens, égard s'ems'est rendu maître de mon cœur ie suis rav^ '' ? '"?"'' "°"°^ complément, avec le verbe madame, que par cette égalité de défaite noi i ( '"'" ".' prépositions sans et par. Il te faut n'ayons rien & nous reprocher l'un à l'autre „ " I "°"'' ^yecques ton amour, égard à ton devoir, bélaPrinc. d'Él. iv, i. L'égalité des possess"ons'erdes ' H»'.'"' f""' ^■^^'"'' '^i^'-^'^"^ ^'^"'^*'» délicatesse richesses.... entraîne une anarchie universelle la Î r '""'•''"'"„«"■•- »*"• Dtse. à la régente. L'inclii.a- BHUT. XVI. Trois cents chevaliers des plus consîdé ' l'ï i""^ ""?■ ^^^ ""^ "^"^ °'^ 1'°" «^o" a™ir de râbles qui servissent d'assesseurs au sénat et ouï ' ?" ' "°'", ''<,'""■«' ■• '• «O"' "'avons eu égard jugeassent toutes les affaires avec une égalité de on *" .""Tr i^/''"" consciences, pasc. Prov. s. suffrages et de pouvoir, vebtot, /(Toi rom ix i p ''\^^^'S& d'avoir égard au bien de l'État, id. p. 334. Il „.y a dans la'nature qu'une éga^é dé ) ^T/ ' z'^'"' Trl!l '" faiblesse des sens, boss. droit, et jamais une égalité de fait, raynal //», I f ^'' ^^'"'- '' " [Théodecte] a si peu d'égérd au xvin. 4 11 i i„,i:.. .:^. , '.'- RAïNAL, Uisl. I temps, aux personnes, aux bienséances, que cha

XVIIl J lii^olTA -, ; "cuit, RAYNAL, Uisl.

égales AJmlf' ".'^^'='^''^« '"ont on parle sont X S.f fK*'''f ''« prit- je préfère cette étoffe-oi. i égalité de mérite. || a» Absolument. État de conditions éga es. L'égalité entre frères n'ex s tait nas

S '"é/anté '°"''' 'Vr'""«- L'amitié d?ma„a Lfpr^f' L Réalité, mon frère, en est [de l'amitiél

gage corT«.'/'° ''"'^ fondement, la liaison gage, CORN, «odcff. i, s. Mon coeur, plus incaDable

égaUté' Trù "ï ''""'' "•"■"' "«^ -^^"'^ ""'dan enen-ptAM ^^o**;"' 2. Et tous ces rois de nom

Sice 'p^'-^o^'^^" b'en sans sceptre établir sa =^1, ^ •' P' soumettant nos cœurs par de serrait

nos frères' vÔ,t p"' ?"' ^«"'''^ "°"» chérisson loî conTt^on "J^37aauelle\!l''t^^'"' "'''''' ^

.ujets de la loi ^s'at Irp^^ °"^/;-?,7- î, Or ' ganisation soc a e dans lam,»ii= .„ P"/"ege. Orde classes sont détruits Lborté/rlA''rP""'^S'== devise politique. Mai ii Rr e d'éi' té nl'"''"'"^' chemins il se raille, nt'Tlpf'u^.'^i^^^J^'^^ mité. L'égalité du mouvement L'ééalit^H,,?''" de la respiration. M i" Êualité H'hn^ P°"'''

plement, ^nté. modértîio'nVue eTrouble^'ocùn: impatience. Voyez quelle assurance en cet œief rontél Quel superbe maintien et quelle égitéi

îe LT' o"''"- '"• "• °^ ■=«"« égaliié'don se fo m le sage Qui jamais moins que l'homme en a conn,?

i":Tl"°''- f"'- "'"■ f-'é'-a'itédhumcwfuttou purs mon partage, lachaussée, Mélanide * 1^ qualités de son âme, la franchise et " Faiité na turellfl de son caractère, condorcet, Berlin. HS-Su-

Page 1