ÉLY
ÉMA
— HlST. xii* 8. Le» pensées des eli» quant eles Yoient com nules sont toutes les trespassans choses.... Job, 493. De ses barons esliz [d'élite], Ronc. p. B. Li cuens [comte] Rolant fu chevaliers esliz, ib. p. 57. [Les messagers] Qui bon chevalier sont, prudhome et esleQ, Sax. ixviii. || xiii* s. Et ot li elleus de Biauvais la disme des clers de par l'apostole, Chr. de Rains, p. »o. 0 [avec] les ellus ellus seraz, 0 les pervers pervers seraz. Psaumes en rers, dans Liber psalm. p. 272. || xv s. Six cens hommes esleiis [d'élite], comm. vi, 4.
— ÊTVM. Élire avait, dans l'ancienne langue, deux participes, l'un plus ancien eslit (d'oii élite), formé du participe latin electiis, l'autre esleù, formé directement par la conjugaison romane du verbe élire.
t ÉLUCIDATION (é-lu-si-da-sion) , s. f. Terme didaciiqiie. Action d'élucider. L'élucidation d'un texte obscur.
HIST. XVI' s. Elucidation, cotobave.
— ÊTVM. Élucider.
f ÉLUCIDER (é-hi-si-dé), «. a. Terme didactique. Rendre lucide, éclaircir. Un passage élucidé. Élucider une question. || S'élucider, v. réfl. S'éclaircir. Ses idées finissaient par s'élucider.
— HIST. xvi*. Elucider, cotghave.
— Ktym. Lat. elucidare, rendre clair, de e, et lucidus, lucide.
f ÉLUCUBRATEUR (é-lu-ku-bra-teur) , t. m. Néologisme. Celui qui se livre aux élucubrations, à des travaux longs et assidus.
— ÊTVM. Élumbrer.
ÉLUC0BRATION ( é-lu-ku-bra-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. || 1° Veilles, travail qu'un ouvrage a coûté. Tel est le fruit de ses élucubrations. Il 2" Ouvrage composé à force de veilles et de travail. U nous présenta ses élucubrations. {| Ce mot ne se dit guère qu'au pluriel, et souvent dans un sens moqueur.
— HIST. XVI' s. Mais on les y attend, si leurs lucubrations le méritent, Sat. Mén. p. 236.
— ÉTYM. Lat. elucubrationem, d'elucubrari , élucnbrer.
t ÉMJCUBRER (é-lu-ku-bré), v. a. Néologisme. Composer à force de veilles. Êlucubrer un ouvrage.
— ÉTYM. Lat. elucubrari, de e, et lucubrare, travailler à la lumière de la lampe.
t ÉLUDABLE (é-lu-da-bl'), od;'. Néologisme. Que l'on peut éluder.
— ÉTYM. Éluder.
ÉLUDÉ, ÉE (é-lu-dé, dée) , part, passé. Des propositions éludées. Une difficulté éludée. Vous verriez des instances éludées, des espérances méprisées.... MASS. Or. fun. Villars.
ÉLUDER (é-lu-d'5), v. o. || 1° Éviter en échappant, comme par unesorte de jeu. Éluder unequsslion. Éluder une promesse. Ils éludèrent la loi. Éluder les traités. Les poursuites furent éludées. Alexandre, coupant le nœud gordien, éluda l'oracle, ou il raccomplit, vaugel. Q. C. liv. v, dans mcHELET. De lâches coups d'État dont en l'âme on se loue, Et qu'une absence élude.... corn. Suréna, y, 3. Comme la partie n'est pas égale, il faut user de stratagème et éluder adroitement le malheur qui me cherche, mol. Festin, 11, )0. M. Claude était le plus subtil de tous les hommes à éluder les décisions de son Église lorsqu'elles l'incommodaient, Boss. Yar. xv, § 29. Par combien de détours L'insensible a longtemps éludé mes discours! bac. Phèd. m, t. Ce fut pour éluder celte embuscade iprU prit.... HAMILT. Gramm. 6. Ses ennemis ne cherchaient par ces détours qu'à éluder l'exécution du testament de son père, vertot, Révol. rom, xiv, p. 308. Au lieu d'éluder sa peine, il venait la demander à genoux; plus elle était sévtre et publique, plus elle rendait le calme à sa conscience, baynal, ma. phil. vni, (4. Il Absolument. 11 lui plaît d'éluder et de temporiser, lachaussée, i{élanide,m, 9. Il 2' S'éluder, s'échapper à soi-même. Suspends tous ces emplois frivoles; Homme vain, c'est trop t'éluder, la motte. Odes, t. 1, p. 285, dans pouoens. Il Être éludé. De pareilles prescriptions ne s'éludent pas facilement.
— REM. i. Éluder paraît un mot né vers le commencement du xvii' siècle. Il 2. Molière a dit éluder dans le sens de tromper, avec un nom de personne '; J'éludais un chacun d'un deuil si vraisemblable Que les plus clairvoyants l'auraient cru véritable, l'Étourdi, II, 7.
— ETYM. Lat. eludere, de e, et ludere, jouer.
t ÉLUDEUR (é-lu-deur), t.tn. Néologisme. Celui qui élude les questions.
— ÈTYM. Éluder.
t ÉLUDORIOPE (é-lu-do-ri-k'), adj. Peinture éludorique, nom donné à une manl&re de peindre en miniature, au xviii' siècle.
— ÉTYM. 'EXillov, huile, et OSoip, eau.
t ÉLUTRIATION (é-lu-tri-a-sion), t. f. Ancien terme de chimie. Synonyme de décantation.
— ÊTYM. Lat. eluiriare, transvaser, de e, hors de, et XoÛTpiov, vase, de Xoûeiv, laver (comp. laver).
f ÉLYME (é-li-m'), s. m. Terme de botanique. Genre de la famille des graminées, dont toutes les espèces sont des herbes d'un vert pâle ou glauque, à racines longues et traçantes, et recherchant de préférence les lieux sablonneux.
— f.TYM. 'E),u|iO^.
ELYSÉE (éli-zée), s. m. || 1' Terme de la religion gréco-latine. Dans les enfers, le séjour des héros et des hommes vertueux après leur mort. || Par extension. Dans un point de l'espace inaccessible aux hommes, 11 est un autre monde, un élysée, un ciel, LAHAHT. Socrafe, 200. || Fig. Lieu, séjour délicieux. C'est un élysée. Il L'Elysée, nom, à Paris, d'un palais qui est situé dans les Champs-Elysées. Il 2» Adj. Les champs élysées. Comme les méchants princes souffraient, dans le Tartare, des supplices infiniment plus rigoureux que les autres coupables d'une condition privée, aussi les bons rois jouissaient, dans les champs élysées, d'un bonheur infiniment plus grand que celui du reste des hommes qui avaient aimé la vertu sur la terre, fèn. Tél. xix. C'était un mélange de tout ce que la vieillesse a de grave, avec toutes les grâces de la jeunesse ; caries grâces renaissent même dans les vieillards les plus caducs, au moment où ils sont introduits dans les champs élysées, m. tb. || Champs- Élysées, grande promenade de Paris.
REM. Les champs élysées, portion de l'enfer
des païens, s'écrit sans trait d'union; les Champs- Elysées, promenade, s'écrit avec des majuscules et un trait d'union.
— HIST. XVI' s. Pour t'en aller aux beaux champs élysées , marot , dans ménage. Quand Orpheus reviendroit d'elysée, id. tb. Et là commença à parler, disant qu'il avoit vu les diables, avoit parlé à Lucifer familièrement et fait grand chère en enfer et par les champs élysées, babel. dans ménage.
— ÊTYM. Lat. elysium, et au pluriel c/ystt (campt sous-entendu ou exprimé); du grec ïiXûaiov, de r]).ùeeiv, venir : les champs oti les morts se rendent. Elysée est une formation irrégulière, comme si le latin était elyseum.
ÉLYSÉEN, ENNE (é-li-zé-in, zé-è-n'), adj. Qui appartient à l'élysée. Les ombres élyséennes.
— ÉTYSI. Élysée.
ÉLYSIENS (é-li-zi-in ou é-li-ziin), adj. m. plur. De l'élysée. Les champs élysiens. Vos champs élysiens sont bien réjouissants, sÉv. 409. Jadis certain Mogol vit en songe un vizir Aux champs élysiens possesseur d'un plaisir Aussi pur qu'infini tant en prix qu'en durée, la font. Fabl. xi, 4.
— HIST. XVI' s. Vien, fusses-tu aux champs élysiens, MAROT, dans ménage. Et ne pensez pas que la béatitude des hero» et semi-dieux qui sont par les champs élysiens.,.. babel. dans ménage.
— ÊTYM. Lat. elysium.
ÉLYTRE (é-li-tr') , s. m. Terme d'histoire naturelle. Aile supérieure, cornée, qui recouvre les ailes membraneuses des coléoptères. |1 Terme de botanique. Synonyme de thèque ( thèque est seul en usage présentement).
— ÉTYM. 'EluTpov, enveloppe.
t ÉLYTRITE (é-li-tri-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation du vaijin.
— ÊTYM. 'EXuTpov, vagin, et la finale médicale ite, qui indique l'infiammation.
fÉLYTROCÉLE (é-li-tro-sè 1'), s. f. Terme de chirurgie. Hernie vaginale.
— ÊTYM. 'TîXvTpov , vagin , et x;ô""l . tumeur.
t ÉLYTROÏDE (é-li-tro-i-d'), adj. Terme didactique. Qui ressemble à une gaine. || Terme d'anaiomie. Membrane élytroïde, prolongement du péritoine qui accompagne le testicule, quand celui-ci franchit l'anneau inguinal.
— HIST. xw s. L'erytroîde ou plus tost, comme Fallopius la veut appeler, élytroïde, c'est-à-dire semblable à une gaine, paré, i, 33.
— ÉTYM. 'E>AjTpov, enveloppe, et tISoç, forme, t ÉLYTROPLASTIE (é-Ii-tro-pla-stie), s.f. Terme
de chirurgie. Opération par laquelle on répare une perte de substance dans le vagin.
— ÉTYM. 'EXuTpov, vagin, et uXàaffSiv , restaurer. tÉLYTROPTOSE (é-li-troptô-z'), s. f. Terme de
chirurgie. Chute, renversement du vagin.
— ÊTYM. 'EXyvpov, vagiu. et ntwai;, chute.
t ÊLYTRORRHAGIE (é-li-tro-rra-jie) , *. f. Terme
de médecine. Hémorrhagie vaginale.
— ÊTYM. 'EXuTpov, vagin, etfaYcîv, faire éruption.
t ÉLYTRORRHAPIIIE (éli-tro-rra-fie), t. f. Terme de médecine. Opération par laquelle on fait une suture dans le vagin soit pour réparer une déchirure, soit pour le fermer en cas de chute de l'utérus.
— ÊTYM. 'EXuTpov, vagin, et fiitteiv, coudre.
t ELZftVIR (èl-zé-vir), s. m. Édition imprimée dans le xvi* siècle et le commencement du xvii' par l'im des cinq typographes hollandais du nom d'Elzévir, tous de la même famille. Un bel elzévir. La collection des elzévirs. |{ Le nom s'orthographiait en hollandais Rlzevier.
t ELZÉVIRIEN, lENNE (èl-zé-vi-riin, riè-n'), adj. Qui appartient aux f;izévirs; qui a été publié ou adopté par les imprimeurs de ce nom. Édition elzévirienne. Format eizévirien.
f ÉMACIATION (é-ma-si-a-sion), t. f. Terme didactique. Amaigrissement.
— HIST. XVI' s. La cause de la claudication et de l'emaciation [du membre] est que.... pabé, xxi, 4 2.
— ÉTYM. Voy. ÉMACIÉ.
fÉMACIÉ, ÉE (é-ma-si-é, ée), adj. Terme didactique. Qui est amaigri, qui est devenu maigre.
— HIST. XVI' s. Ceux qui sont emaciés, pabê, XVI, 8.
— ÉTYM. Lat. emaciare, de e, et macer, maigre
(voy. MAIGRE).
É.MAIL (é-mall, H mouillées), t. m. || !• Fondant (le fondant est un composé de sable siliceux, d'oxyde de plomb, de soude et dépotasse), que l'on broie et auquel on ajoute des oxydes métalliques, réduits en poudre et destinés, dans la fusion produite par le feu, à colorer le fondant, tout en lui laissant sa translucidilé. Les émaux sont fusibles. Les couleurs de l'émail sont inaltérables. || Émail cloisonné, émail fabriqué à l'aide d'une plaque de fond sur laquelle sont soudées de petites lames posées verticalement (ou de champ) et contournées de manière à former les figures que l'on veut obtenir. La réunion de ces lames produit des cases dans chacune desquelles on dépose l'émail en poudre (chaque couleur dans sa case). X la cuisson, l'émail fond et les lames ou cloisons le retiennent dans ces contours, et empêchent le mélange des couleurs. Lorsque les cases sont formées, non par des lames soudées de champ sur le fond, mais par des cavités creusées au ciseau dans l'épaisseur de cette plaque môme, on dit que l'émail est champlevé. || Emaux d'orfèvre, nom donné à tout émail contenu dans une partie évidée et creusée dans le métal par le travail de l'outil tranchant, de laborde. || Émaux en taille d'épargne, nom donné, dans le moyen âge, à un procédé d'émaillerie qui consiste à décalquer un dessin sur la surface unie du métal, et, au moyen du burin, du oiselet et des échoppes, évider tout ce qui n'est pas le contour du dessin ; de cette façon on obtient une véritable gravure en relief; les espaces évidés entre ces contours forment autant de petites cuves qu'on remplit de poudre ou de pâte d'émail de diverses nuances, selon que l'artiste a combiné son dessin et suivant que la chimie lui vient en aide, DE LABORDE. Il Émaux des peintres, nom donné à des plaques de métal que l'on couvrait d'émail et sur lesquelles on exécutait de véritables tableaux en couleurs éclatantes (xV siècle), nu laborde. || Émaux de basse taille, nom donné dans le moyen âf,'e à des plaques d'or ou d'argent que l'on fixait solidement pour résister à la force d'impulsion de l'outil, et sur lesquelles on traçait légèrement le calque de son dessin, et on gravait ou plutôt l'on ciselait la composition en relief avec toutes les finesses du modelé; puis on étendait, sur cette sculpture d'un très-faible relief, de la poudre d'émail nuancée, par grandes teintes plates, de vert et de rouge pour les vêtements, de bleu pour les ciels, de violacé pour les carnations; la chaleur du four faisait entrer tous ces métaux en fusion, et leur donnait le brillant et la transparence de la glace, DE LABOBDE. || Ém.iux de niellure, nom donné à des bijoux ou à des plaques d'or et d'argent doré, qui, gravées en taille d'épargne ou en creux, étaient émaillées de noir, de laborde. || L'émail de la porcelaine, de la faïence , la matière vitreuse dont on l'enduit. |{ 2° Nom donné aux décorations de peintures appliquées sur métal. || 3° Par mélonymie, nom donné à la plaque de métal émaillée. U est connaisseur en émaux. Les premiers émaux ne remontent pas au delà des premiers siècles de notre ère. Il 4° Il s'est dit pour cadran de montre. Peutêtre avant que l'heure en cercle promenée Ait posé
RM A
sur l'émail brillant, Dans les soixante pa« où sa course est borné». Son pied sonore et vigilant, A. CHÉN. 272. Il B* Fig. Diversité, variété des fleurs, 'i par assimilation à la variété des couleurs des émaux. Ces fleurs n'ont plus d'émail en leur couleur di- ' verse, régmieb, Dial. Les soins ne volent point sur l'émail des prairies Comme autour des palais d'une orageuse cour, ciiaul. à Mme de Bouillon. Ni les âpres frimas, ni les grandes chaleurs N'y ternissent jamais le bel émail des (leurs, segrais, Églogue VI. On découvre de loin une grande prairie toute parée de l'émail des fleurs, montesq. Temple de 6'nidc, t. I.'île féconde à la fois se couronne D'épis dorés, des fruits milrs de l'automne Ktde l'émail dont brille le prinlerniis.MALFiL. Narc. ch. I. Elles flétrissent l'émail des prés, l'éclat des fleurs, j. j. Bouss. Proni. 7. || 6' Terme de blason. Se dit des couleurs et des métaux dont un écu est chargé. Le blason a sept émaux, dont deux métaux, or, argent, et cinq couleurs, gueules, azur, sable, sinople et pourpre. || 7* Substance qui revit la couronne des dents. Certaines maladies attaquent l'émail des dents. 118" Matière analogue à l'émail, qui recouvre le dedans des coquilles. || 9' Terme de minéralogie. Email des volcans, lave vitreuse.
— HIST. xit" s. Et cil vert baume à or et à esmal, Ronc. p. 79. Il xiii* s. Nus ne puet ne ne doit mètre en oevre cioz [clous] d'evoire ne d'esmail, de quelque manière que ce soit, Liv. des met. Si2. D'un blanc esmail fu fais l'image Assise en l'or par artimage [sorcellerie], FI. et IHanehefl. v. 46». || xiv« s. [Un anneau d'or] X lettres d'esmail qui luisoient. Et qui gardez-moi bien disoient , de labobdb , Émaux, p. S45. Il XV* s. Enlrementes que le herault parloit, i'escuyer avoit l'oeil trop fort sus un grand esmail que le herault portoit à sa poitrine, froiss, ii, m, <i9. Et alla ledit grant escuyer quérir ung esmail d'ung petit huratilt qui estoit à monseigneur l'admirai.... coMM. IV, 7. Il xvi* s. Les esmails en se liquéfiant couleront, paliss. 60. J'avois ouy dire que l'esmail blanc estoit le fondement de tous les autres esmaux, ID. 3i2. Esmail est une pierre artificielle composée de plusieurs matières, id. 378.
— RTYM. Provenç. esmaut; catal. esmalt; espapn. et porlug. esmalte; ital. smallo; bas-lat. smaltum ; allem. Schnieli; du germanique: anc. haut-allem. smclzan , smaltjan, fondre; allem. schmelzen ; étymologie que Diez préfiire au latin maltlia, sorte de mortier, laquelle est au contraire adoptée par M. de Laborde. Il est certain que la dérivation allemande rend plus facilement compte de ei ou » qui commencent le mot dans toutes les langues romanes. Quant à l'apocope du t dans la forme française, on en a un exemple dans l'ancien français gai, pour galt, bois, de l'allemand Wald.
ÉMAILLË, ËE (é-mallé, liée, Il mouillées, et non é-ma-yé), part, passé. \\ 1" Garni d'émail. Une bague émaillée. Le chancelier de l'ordre n'a de difl'érence des grands officiers laïques que de n'avoir point le collier d'or massif émaillé, saint-simon, tu, 82. Il î° Oui présente un aspect comparable à l'émail. Des prairies émaillées de fleurs. Telle, tous les matins, l'aurore Sur le sein émaillé de Flore Verse la rosée et le jour, corn. rot*, dor, ii, 4. X peine ces préparatifs [du printemps] sont-ils achevés, qu'on voit paraître les légions émaillées [les poissons voyageurs], CHATKAUB. Génie, i, v, 4. || Fig. Pour ce qui regarde les difl'érenles beautés du style, sur lesquelles vous me consultez, je vois que vous aimez, comme jeune et galant, celles qui donnent le plus dans la vue, et je vous avoue que votre langage me paraît trop émaillé, mérê, CEuvres postli. t. ii, p. 2. Cet ouvrage est émaillé de tours fins et de réflexions délicates, Uém. de Trév. dans desfontaini;s.
ËMAILLER (é-ma-llô, Il mouillées, et non éma-yé), v. a. || 1* Appliquer de l'émail, orner avec de l'émail. Emailler une bague. Êmailler de la porcelaine. Il 2" Fig. Orner, parer, en parlant des fleurs. Elle émaillé de fleurs les portes d'Orient, réonier, Dial. Mille fleurs émaiUaient les tapis verts.... fén. Tel. I. Et vous, brillantes fleurs, étoiles mes compagnes. Oui du bleu firmament émaillez les campagnes, LAiiART. Kédit. II, 8. Il Fig. Comme on voit l'or et l'azur sur la peau des serpents, vous émaillez, avec les plus vives couleurs de l'éloquence, des paroles venimeuses, VOIT. Lett. 60. || 3" Fig. S'émaiUer, V. n'fl. Devenir émaillé. L.a terre s'émaillait de fleurs.
— HIST. xiv* S. Un annel d'or dont la verge est i esmailliée et y a escript en la verge : c'est mon
désir, de la borde, Émaux, p. 346. || xvi' s. Estsailler, se dit des choses qui sont peintes d'esmail liquéfié ou fondu sur la besongne, paliss. 378, Ma
main ne açaft cultiver autre nom. Et mon papier ne s'esmaille sinon De leurs beautés que je sens dedans l'ame, bons. 44.... et à l'envy la terre oii elle passe Un pré de fleurs esmaille sous ses piez, m. 24. Si je preste l'aureille aux livres, depuis que je guette si j'en pourrai fripiionner quelque chose de quoy esmailler le mien? mont, m, 77. Ce sont mes vers que les chastes Charités [Grftces] Ont esmaillez de plus de cent couleurs, DD bellat, u, *,verto.
— ÊTYM. Émail.
t ËMAn.LERIE(é-ma-Ile-rie, {{ mouillées, et non é-ma-ye-rie), t. f. Art défaire de l'émail, des émaux. Il ent -ni bien l'émaillerie.
— ETYM. Êmailler.
ËMAILLEUR (é-ma-lleur. Il mouillées, et non é-ma-yeur), t. m. Celui qui travaille en émail. La lampe de l'émalUeur. Il proposa à M.Hubin, fameux émailleur et fort habile en ces matières, différentes idées qu'il avait pour de nouveaux baromètres et thermomètres, forten. Amontont.
— HIST. xni* s. X toutes gens de mestier. Orfèvres, esmailleurs, Queue de ilenord. || xv* s. Brodeurs, ouvriers, et bons entretailleurs, Et jouelliers, orfèvres, esmailleurs, al. cbart. Le débat det deux fortunes.
— ÉTYM. Êmailler.
ËMAILLURE (é-ma-llu-r". Il mouillées, et non é-ma-yu-r'), t. f. || !• Ouvrage de l'émailleur. De belles émaillures. || %• Terme de fauconnerie. Taches rouges qu'on voit sur les pennes des oiseaux de proie.
— ÉTYM. Êmailler.
t ÉMANATIF, IVE (é-ma-na-tif, ti-v"), ad). Terme didactique. Qui tient à l'émanation, qui s'y rapporte. Honorius III condamne la physique de Jean Scot ÉrigÈne, quoique le système émanatif enseigné par cet auteur du ix* siècle n'eilt rien de commun avec le panthéisme, daonou. Discours sur l'état des lettres au iiii' siècle, $ xv.
ËMANATION (é-ma-na-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || !• Action d'émaner ; ce qui émane. Les odeurs sont des émanations de certains corps. Des émanations dangereuses pour la santé. Les émanations volcaniques des Champs Phlégréens. Il 2° Terme de physique. Émission de particules lumineuses, dans le système qui attribue la lumière à l'émission do corpuscules. || S'/ig. L'autorité de l'Église est une émanation de la puissance de Dieu. Il Terme de théologie. Emanations en Dieu, celle du Fils, qui se fait par génération, et celle du Saint- Esprit, par spiration. || Terme de philosophie. Système de l'émanation, système dans lequel on suppose que tous les êtres sortent, par des dégagements successifs, de l'un qui est Dieu.
— ETYM. Lat. emanationem, de emanare, émaner, f ËMANCHE, s. f. Terme de blason. Mauvaise
lecture pour emmanche.
f ËMANCHÉ , adj. Terme de blason. Mauvaise lecture pour emmanché.
f ËMANCIPATECR, TRICE (é-man-si-pa-teur, tri-s'), I. m. et f. Celui, celle qui émancipe. Depuis le jour de Moïse, émancipateur de l'homme au milieu des nations esclaves de l'ignorance et de la force , CHATEAUB. dans legoarant.
— ÉTYM. Émanciper.
ÉMANCIPATION (é-man-si-pa-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. || 1* Terme de jurisprudence. Droit accordé à un mineur de faire les actes d'administration. Il Etat de celui qui, dégagé de toute tutelle, peut administrer librement ses biens. L'émancipation ne dispense pas le mineur d'avoir un curateur. Il En droit romain, acte par lequel le fib de famille était afl'ranchi de la puissance paternelle. || En termes ecclésiastiques, situation des religieux promus à une dignité qui les affranchissait de l'obéissance due à leurs supérieurs. Situation des monastères exemptés par le pape de la juridiction de l'ordinaire. Il S" Par extension, afl'rancliissement. L'émancipation des esclaves. L'émancipation des masses populaires. Il vient d'attacher son nom à l'émancipation du nouveau monde, picard et MAZÈRES.rroiJ quartiers, i, 2. || Fig. L'émancipation de l'esprit, état de l'esprit qui se dégage de préjugés traditionnels.
— ÉTYM. Lat. emanci'paljonem, de enuincipare, émanciper.
É.MANCIPË, ÊE (éman-si-pé, pée), part, passé. Il !• Un mineur émancipé par le mariage. Point d'être plus libre que le petit sauvage; il natt émancipé, RAYNAL, Uist. phil.yi, 23. Il»' Fig. Afl'ranchi. Les esprits émancipés des anciens préjugés. || Qui se donne beaucoup trop de liberté. Voilà un jeune drôle bien émancipé.
RMA
ÉMANCIPER (é-man-si-pé), v. a. jjl'Termede jurisprudence. Accorder l'émancipation. Ce père a émancipé son fils. || 2* Fig. Affranchir. Emanciper le peuple. || 8* S'émanciper, e. réft. Se rendre émancipé. Bartholo : La demoiselle est mineure. — Figaro : Elle vient de s'émanciper, iiEaumarch. Barbier, IV, 8. Il II se dit plus souvent au figuré. Prendre des libertés. Personne ne fut si osé de s'émanciper en la moindre chose, vauoel. Q. C. liv. ix, ch. 42, dans richelet. Bref, voyant qu'il osait ainsi s'émanciper, X la fin j'ai levé le bras pour ie frapper, tbistan. Kartane, i, I. Ils [les Français] ont cela de mauvais qu'ils s'émancipent un peu trop et s'attachent en étourdis à conter des fleurettes h toutes celles qu'ils rencontrent, mol. Sieil. t4. Enfin, ma flamme eut beau s'émanciper, id. Amph. II, 3. Il S'émanciper à.... II s'est émancipé à lui dire des injures. Non, il faut qu'il ait le salairr Des mots où tout à l'heure il s'est émancipé, id Amph. lu, 4. Il On a dit aussi s'émanciper de.... Chacun s'émancipe de lui donner quelque louange, mKré, Œuvres posth. t. i, p. 78. jj S'émanciper, s'affranchir. Que serait-ce si , prenant l'essor et s'émancipant volontiers d'une certaine observance régulière, il voyait le monde par goOtT bodrd. Pensées, t. ii, p. 4*2.
— HIST. XIV* s. Et le filz est comme partie et membre de son père, si que atant que il solt grant et émancipé, oresme, Elh. 156. ||xvi* s. Enfans mariés sont tenus pour hors de pain et pot, c'est i dire émancipés, lotsel, 68. Quand j'eus vingt ans, il me prit une envie de m'emanciper, vivre à mk fantaisie, fouilloux. Yen. t° 86, dans lacirne, au mot ^molt'on. Puisquenous nous sommes émancipez de ses règles [de la nature] pour nous abandonner à la vagabonde liberté de nos fantaisies, mont, i, 306,
— ÉTYM. Lat. emancipare, de e, et mancipare, vendre par le mode solennel de la mancipation ; l'Mancipalt'on était ainsi nommée en droit romain, parce qu'elle avait lieu par trois mancipations fictives qui épuisaient la puissance paternelle. Mancipare yienK de manceps, acquéreur, adjudicataire, composé de manus, main, et capere, prendre : celui qui prend avec la main.
fÉMANDIBULË, ËE (é-man-di-bu-lé. lée), adj. Terme de zoologie. Qui est dépourvu de mandibules.
— ÉTYM. É pour ex.... préfixe, et mandibuU. ÉMANE, ÉE(é-ma-né, née), pari. paij^. || l'Qui
provient. Des odeurs méphitiques émanées d'un cloaque. Il 2° Fig. Défenses émanées du conseil des cardinaux, maucroix, Schisme, liv. i, dans richelet. Oui, Mitrane, en secret l'ordre émané du trône Remet entre tes bras Arzace à Babylone , volt. Sémir. l, t. L'histoire d'un animal sauvage est bornée à un petit nombre de faits émanés de la nature, BUFF. Anim. domest.
Ë.UANER (é-ma-né), v. n. |{ 1* S'échapper sous forme de particules subtiles. Des corpuscules émanent des corps odorants. J'aurais la molle ottomane Dont émane Un parfum qui fait aimer, v. huoo. Orient. (9. {| 2° Fig. Provenir par un mode comparé à une émanation physique. Si les formes des corps, qui sont substances intellectuelles, sont infuses dans les individus par un principe supérieur, duquel elles soient directement émanées.... maro BUFFET, Observ. p. 22), <668. La commission pour les consacrer émanait delà puissance royale, boss. Var. X, § 14. Et le droit d'opprimer n'émane pas des cieui, sadhin, Spart, iv, 3. L'ancien hériuge de notre ennemi, réuni par un traité solennel au trône dont il émanait, vauven. Éloge de Louis XII. Je conçois que l'universalité des choses est émané'de ce Dieu qui seul est par lui-même et dont tout est l'ouvrage, volt. Dial. xxix, 4. || 3* Terme de théologie. Procéder. Le Verbe émane du Père éternel, et le Saint-Esprit émane du Père et du Fil». Il Emaner se conjugue avec l'auxiliaire itrt.
— ÉTYM. Lat. emanare, de e, et manare, couler. Il y a dans l'ancien français le verbe esmatur ou émaner, qui veut dire enlever, prendre : xii* s. Dolenz fu ds sa terre dont il fu émanez [dépouillé], Roman de /(ou, ms. p. 92, dans lacurne. On ne voit pas que ce soit le même verbe que emanare.
f E.MANCÉ, ÉE (é-ma-nu-é, ée), adj. Terme df zoologie. Qui est privé de mains.
— ÉTYM. É pour et.... préfixe, et le latin manux, main.
ÉMARGÉ. ÉE (é-mar-jé, jée), part, passé. Dont on a coupé la marge. Une estampe émargée. Les figures doivent être ployées, émargées et placées avec le même soin que si l'on reliait le livre en définitif, lessé, la Reliure, p. i3î, 4820. || En marge de quoi on a signé. Un état émargé.
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• tÎMARGEMENT (é-mar-je-man), ». m. Action d'émarger. || Ce qui est écrit ou po«é en marge d'un compte, d'un mémoire.
— ÊTYM. Émarger.
ÉMARGER (é-mar-jé. Le g prend un e devant a et 0 : émarpeant émargeons), v.a.\\f Terme d'arts. Couper, diminuer la page. Émarger une estampe. Il Absolument. Émargez au compas, àl'équerre, âla règle, LESNÉ, (o tttliure, p. <3î, «820. jj J» Signer un reçu en marge d'un compte, d'un état. Émarger un état. Il Ab,solument. Emarger, toucher l'argent, le revenu affecté à une fonction (ainsi dit parce que le fonctionnaire signe à côté de l'état de compte et comme en marge). Quoi I ce n'est pas le professeur qui professe? — Jamais. — Que fait-il? — Il émarge.— Ou'entendez-vous par ces paroles?— Il touche «on traitement, alph. kabr, Guêpes, déo. <843.
— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et marge.
t ÉMARGINATCRE (é-mar-ji-na-tu-r') , s. f. Terme de botanique. Échancrure terminale très-superficielle d'un organe.
— ETYM. Émarginé.
t ÉMARGINÉ, ÉE (é-mar-ji-né, née), adj. Terme didactique. Qui présente une échancrure, une entaille terminale arrondie. Feuilles émarginées.
— ETYM. Lat. emarginare, de e, et margo, marginis, rebord (voy. marge). •
t ÉMASCCLATION (é-ma-sku-la-sion), ». f. Synonyme de castration.
— ÉTYM. Émasculer.
+ ÉMASCULER (é-ma-sku-lé) , V. a. Terme de vétérinaire. Priver un animal mMe des organes de la génération.
— HlST. XVI* s. Et s'estant aperceu que l'eau, de force estrange, Avoit fait dedans luy si merveilleux échange Qu'homme entier y entrant, n'en sortoit qu'à demy, Et son corps esmalé s'y estoit afemmy [eflïminé], baîp, Œuvres, f tu, dans lacurne.
— ÊTYM. Lat. emascuiare, de e, etmoiculus, mâle. EJIBABOUINÉ, ÉE (an-ba-bou-i-né, née), part.
passé. Emhabouiné par de belles paroles. Embabouiné de vos rêveries, vous débitez des choses qui ne sont point, d'ablancouht, Lucien, dans le roox, Dict. com. Il Terme de marine. Se dit quelquefois d'un navire embarrassé dans desécueils.
EMBABOCI.'VEK (an-babou-i-né), V. a. Terme populaire. Amener quelqu'un par des cajoleries à faire ce qu'on souhaite de lui. La femme morte, il [M. de Soubise] brusqua un superbe enterrement, embabouina le curé, tellement que Mme de Soubise fut portéedroit de chez elleà la Mercy, st-simon, 2)8, t88.
— HIST. xiu* s. Cuer qui ce fait n'iert [ne sera] ja si embaboinés D'amours ne d'autre vice, tant soit enracinés, Qu'en assés petit d'eure ne soit enluminés, j. DE MEUNO, Test. 204t. jj XVI' S. Decevoir et embabouiner le vulgaire populace [populace est ici un adjectif], paré, XIX, 30. Dont a dict l'Apostre, que ceux qui se laissent embabouiner à cette passion et cupidité, fontnaufrageets'esgarentdelafoy.et s'embarrassent en diverses peines, CHARBON, Sagesse, i, 2i.
— ÊTYM. £n( , et babouin. Babuiiiare signifiait, au XIV* siècle, orner de miniatures.
t E.M BÂCLE (an-bà-cl'), t. m. Terme de ponts et chaussées. Amoncellement de glaçons qui barre un coursd'eau dans une débâcle. Il Terme d'eaux et forêts. Tout embarras dans les eaux, ruisseaux et rivières.
— HIST. XVI* s. Embâcle [embarras] , embacler [embarrasser] , oudin, Dict.
— ÊTYM. En 4, et un radical bâti*, qui se trouve dans dé-bdcle (voy. ce mot).
EMBAIXAGE (an-ba-la-j'), ». m. Action d'emballer. L'emballage d'une bibliothèque. || Frais d'emballage. Dans la dépense d'un déménagement, il faut compter l'emballage. || Toile d'emballage, toile grossière qui sert à emballer.
— ÊTYM. Emballer.
EMBALLÉ, ÉE (an-ba-lé, lée), part, passé. Des livres emballés. || Fig. et familièrement. Capté , trompé. Emballé par des aigrefins. || Emballé I s'emploie très-familièrement comme une sorte d'interjection, signifiant enfoncé I perdu 1
EMBALLER (an-ba-lé), v. a. || 1» Mettre dans une balle, empaqueter. Et, pour gagner, emballent et déchargent toutes sortes de marchandises prohibées et défendues, Arrétdu Conseil d'État, ti oct. t622. Il Absolument. La foire est terminée; tout le monde emballe déjà. || Fig. et familièrement. Emballer quelqu'un, le faire partir. On l'a emballé dans une diligence. Emballez avec tous vos dieux Flore et l'Aurore aux doigts de rose, bérano. Poutre» amours. Il 2* Familièrement. Se rendre maître des volontés de quelqu'un par des paroles captieuses. Il [le Régent] fut si bien veillé, relayé , tourmenté , qu'ils
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[Efflac, Canillac, etc.] l'emballèranl [le décidèrent à se prononcer contre les appels au concile], srsiM. 46», 237. Il 8* Familièrement. S'emballer, v. réfl. Monter en voiture, partir. Allons, il est temps de s'emballer. || En un autre sens, s'emballer, se surcharger de vêtements, se mettre chaudement. Si vous voulez sortir par ce grand froid, emnallez-vous bien.
— HIST. XV* s. Et les aucuns Bretons chargeoient sur chars et sur chevaux leurs draps bien emballés, FBOiss. II, II, (88. Il XVI* s. Qui de,srobbe ne sugce, mais gruppe, n'avalle, mais emballe, ravit et joue de passe passe, fab. Pant. m, <8.
— ÊTYM. En i , et balle.
EMBALLEUR (an-ba-leur), ». m. ||1° Celui qui fait profession d'emballer des marchandises. Les emballeurs, chargeurs et déchargeurs sous corde pour faire toutes sortes de balles, ballots.... Arrêt du Cons. d'État, 1 5 oct. 1 622. || 8° Fig. et familièrement, celui qui emballe, qui s'empare de l'esprit de quelqu'un par de beaux discours. Ne vous fiez pas à ses discours, c'est un emballeur.
— HIST. XVI* s. One grosse aiguille triangulaire bien tranchante, semblable à celle des emballeurs,
paré, VIII, 25.
— ETYM. Emballer.
t EMBALLONURE (an-ba-Io-nu-r'), ». f. Terme de zoologie. Genre de petites chauves-souris de l'Amérique du Sud.
fEMBALLOTTER (an-ba-lo-té), v. a. Mettre en ballot. Ni de les montrer, ouvrir, ni déballer dans leurs hôtelleries, mais les faire porter emballottées et cordées dans la halle aux toiles, Règlement du Parlem. 9 août ttn.
— ÉTYM. En i, el ballot.
t EMBANDÉ, ÉE (an-ban-dé, dée), part, passé. Lié avec des bandes. Infailliblement un enfant dont le corps et les bras sont libres, pleurera moins qu'un enfant embandé dans un maillot,!, j. rouss. Em. i.
t EMBANDER (an-ban-dé) , v.a. Néologisme. Envelopper un enfant débandes, de linges très-serrés.
— ÊTYM. En 1 , et bande.
t EMBANQUER (an-ban-ké). || 1° Y. a. Terme de fabrique. Passer les canons d'organsin au centre pour se disposer à ourdir. || i° Y. n. Terme de marine. Arriver sur un grand banc comme celui de Terre-Neuve.
— ÊTYM. En t , iX banc.
t EMBARBE (an-bar-b') , ». f. Ficelle bouclée pour le lissage des dessins, dans les manufactures.
t EMBARBÉ, ÉE (an-bar-bé , bée), adj. Garni d'une barbe touffue. Face embarbée. Si copieusement embarbé, que sa barbe était assez ample pour faire un bouchon de taverne. Pièce comique, dans LE ROUX, Dict. comique.
— ÉTYM. En t, et barbe.
t EMBARBOTTER (S') (an-bar-bo-té), ». réfl. Ne pas pouvoir sortir des phrases qu'on a commencées. Va donc, etnet'embarbotte pas comme tout à l'heure, THÉAULON et bavard, le Père de la débutante, m, 4.
— ÉTYM. En t , et barbotter.
t EMBARBOUILLER (an-bar-bou-llé. Il mouillées), V. a. Faire perdre à quelqu'un le fil de ses idées, de sa conduite. || S'embarbouiller, v. réfléchi. Se perdre dans ce qu'on dit. Les conférences continuaient à Rastadt; Villars s'y embarbouilla si mal, qu'il fallut le désavouer, st-sim. 3B3, 4Bt.
— HIST. XVI* s. Ne embarboyllez vostre neuve robe, je vous prie, palsgr. p. b4».
— ÉTYM. En I , et barbouiller.
EMBARCADÈRE (an-bar-ka-dê-r'), s.m. || 1* Terme
de marine. Cale ou jetée avancée qui sert soit à l'embarquement soit au débarquement des marchandises. X l'égard de celles [cargaisons] qui sont moindres et dont les barques anglaises, hollandaises, françaises et danoises sont ordinairement chargées, on les porte dans les estères, c'est-à-dire aux lieux d'embarquement ou embarcadères qui sont éloignés des villes, ou aux embouchures des rivières, LABAT, Yoyag. t. vu, p. 224, (742. || 2° Par extension, lieu de départ d'un bateau à vapeur, d'un chemin de fer (voy. débarcadèhe). || Lieu, édifice où se font les chargements des marchandises. Construire un embarcadère. || 3° Terme de maçonnerie. Pente faite en blocage ou degrés construits dans l'épaisseur d'un mur de douve pour descendre au niveau de l'eau d'un étang, d'une pièce d'eau, etc.
— ÊTYM. Espagn. embarcadero, nom du lieu où les Espagnols faisaient leur embarquement pour l'Amérique, de embarcar (voy. embarquer).
EMBARCATION (an-bar-ka-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Toute barque qui ne va qu'à la rame, et aussi un petit navire à un ou deux mâts.
— REM. On l'emploie, abusivement et à tort, quel-
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quefois comme synonyme d'embarquement, en parlant des personnes.
— ETYM. Espagn. embarcof ton, decmborcor (v<sy. embabouer). Ce mot n'existait pas au xvii* siècle, et Voiture qui, écrivant d'Kspagne, s'en sert, le souligne : L'avis que l'on m'a donné, que cette saison n'était guères propre à la navigation pour les grands calmes qu'il y a, et que difficilement je trouverais embar^uacton devant le mois de septembre, Uit. 3».
i EMBARDÉE (an-bar-dée), ». f. Terme de marine. Mouvement de rotation communiqué par le courant ou par un grand vent arrière.
— ÉTYM. l'mbarder.
t EMBARDER (an-bar-dé), jj 1" Y. o. Terme de marine. Faire avancer son vaisseau à bâbord ou à tribord, pour éviter un autre vaisseau qui pourrait l'endommager. || i' F. n. Eprouver une embardée, Emharder au large.
EMBARGO (an-bar-go), ». m. Défense faite par un gouvernement de laisser partir les navires étrangers qui sont dans ses ports. On mit l'emliargo sur les vaisseaux hollandais. Frapper d'embargo. Lever l'embargo. || Par extension. Une diatribe que vous ne recevrez point, vu l'embargo mis à la poste sur tout cequi vient de moi, p. L. cour. Leit. 11, 28.
— ÉTYM. Espagn. embargo, séquestre; provenç. embargar; bas-lat. imbarcum, d'une forme imbarricare, de in, en, et le bas-lat. barro, barre (voy. babbe).
fEMBARILLAGE (an-ba-ri-lla-j'. Il mouillées), ». m. Action d'emplir de poudre des barils. || Action de mettre des sardines, des figues, etc. dans un baril.
— ÉTYM. Embariller.
t E.MBARILLER (an-ba-ri-llé, Il mouillées), v. a. Mettre dans des barils. Embariller la poudre.
— ÉTYM. En t , et baril.
EMBARQUÉ, ÉE (an-bar-ké, kée), part. pas»^. Il 1* Mis dans un navire. Des matelots embarqués à bord d'un vaisseau. Des marchandises embarquées sur un bâtiment de commerce. || 2* Fig. Engagé. Embarqué dans une mauvaise affaire. Et dans un fol amour ma jeunesse embarquée, bac. Phèd.i, t. Oui, mais il faut parier, cela n'est pas volontaire, vous êtes embarqué, pasc. Moyens, i. Je trouvai l'affaire de la mère d'Agréda embarquée, Boss. Lett. quiet. 61.
EMBARQUEMENT (an-bar-ke-man), s.m. || l'Action d'embarquer. L'embarquement des troupes. Péluse où notre embarquement devait se faire, fén. Tél. II. |{ Inscription d'un marin au rôle d'équipage, d'un passager au registre de bord. || 2"' Fig. Entrée dans quelque affaire, dans quelque intrigue. On dépeint votre embarquement le plus bas et le plus abject où se soit jamais mise une personne de votre qualité; et on dit que votre ami exerce sur vous un empire tyrannique, Bussi babutin, Hist. amour, des Gaules, p. t64. Aucun d'eux [des pairs] ne se présenta pour être le promoteur d'un embarquement où le temps présent ne permettait pas de s'engager avec prudence, st-sim. 376, 73.
— HIST. XVI* s. Ainsi comme il estoit sur son embarquement, pour s'en retourner en Ytalie, amyot, Flam. 28.
— ÉTYM. Embarquer.
EMBARQUER (an-barké), v. a. || 1* Mettre, charger dans une barque ou dans un navire. Embarquer des marchandises, des troupes, des vivres. || Embarquer en grenier, mettre les marchandises sans emballage dans le navire. || Embarquer un coup de mer, un paquet de mer, et, absolument, embarquer, recevoir par-dessus le bord une forte lame. La chaloupe embarquait. || 2° Fig. Mettre quelqu'un dans une affaire, par une métaphore prise de l'homme qui, une fois en mer, ne peut plus quitter le navire. Il ne regardera pas tant.... aux intérêts d'aulrui dans lesquels on les embarque, qu'à leurs vrais et naturels intérêts, balz. ^fisecrif.Je me trouve dans un engagement qui m'embarrasse; je suis embarquée dans la vie sans mon consentement; il faut que j'en sorte, cela m'assomme, et comment en sortirai-je? sÉv. (26. Harlay suggéra l'expédient d'embarquer le parlement [à légitimer les bâtards de Louis XIV] par l'affaire du chevalier de Longueville qui réussitsi bien, st-sim. 20, 236 || 3° Y. n. Se rendre à bord d'un vaisseau. J'embarque tel jour. Il 4* S'embarquer, v. réfl. Monter sur un navire pour faire un voyage. Il s'embarqua sur un paquebot. J'es père partir de Rome dans trois semaines, et, si je trouve un vaisseau , je m'embarquerai pour Marseille, VOIT. Lett. 96. Il Avec ellipse du pronom personnel Hâtez-vous de faire embarquer ce jeune étranger, FÉN. Tél. III. Il S'embarquer sans biscuit, se mettre eu route sans nrovisions, et aussi faire quelque eor
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treprise «ans prendre les précautions nécessaires, commencer une affaire sans argent. || Par extension , se mettre dans un véhicule quelconque pour aller d'un lieu à un autre. S'embarquer dansune diligence, dans un wagon. || 6' Fig. S'engager, commencer, entropremlre. S'embarquer dans une méchante affaire. Puisque je me suis embarqué, il fa""! que j'achève, SCABBON, Dial. dans le boux, Dict. comique. Laissez-moi la liberté de vous écrire, sans vous embarquer dans des réponses, sÈv. 8 . Pourquoi s'embarque-t-il dans de si extrêmes protestations? ID. 93. ?uis, do ll^, s'embarquant dans la nouvelle guerre [se mettant à en parler], boil. Sut. m. Pourquoi, d'un faux espoir me flattant à mon ftge, De nouveau m'embarquerdans de folles amours? chaulieu, Ép. de Tabb^C. Vous me conseilleriez de m'erabarquer Jans un commerce de cette nature, hamilt. Gramm. )0. Les grands géomètres ne parvinrent à l'entendre [un livre de Newton] qu'en l'étudiant avec soin ; les médiocres ne s'y embarquèrent qu'excités par le témoignage des grands, fonten. Newton. Je me garderai bien de m'embarquer dans les réflexions philoiiophiques, J. J. Rouss. Orig. notet. [\ S'embarquer à.... Se mettre à, entreprendre de. Comme en de certains temps il fait bon s'expliquer, En d'autres il vaut mieux ne s'y point embarquer, cobn. Othon, II. 3. Il s'embarquait à payer cent mille francs, sÉv. 83. Je ne veux point m'embarquer à vous dire, lo. (lu. Voilà une belle chose que de ra'être embarquée à tous conter ce que vous savez iléjà, ID. 2H.
— IMST. XVI' s. Il embarqua dedans les esquifz de ses galères les içeiUeurs combattiifs, AMVOT,Jm(. 23.... Ains s'embarqua il, et semitàlavoileladroitte routle de l'Affrique, ID. Cal. 8.
— ÊTYM. En I , et barque; provenç. et espagn. embarcar; ital. imbarcare.
EMBARRAS (an-ba-ri; l's se lie : un en-ba-râ-z ennuyeux), s. m. || 1° Obstacle qui barre une voie, un chemin. Il y a de l'embarras dans cette rue. Un embarras de voitures. Quand un autre [carrosse], à l'instant s'elTorçant de passer, Dans le même embarras se vient embarrasser, boii.. Sat. vi. Il ne fallait que l'embarras d'un défilé, quelques marches forcées ou une boutade de cosaques pour nous débarrasser de tout cet attirail [bagages], sÉGUR,//i'i(. de Napol. ïx, (. || Fig. et familièrement. Faire de l'embarras, des embarras, ses embarras, se donner de grands airs, affecter de grandes prétentions. || 2° Ce qui gêne J'ai trop de meubles, cela met de l'embarras chez moi. L'embarras fut grand à l'arrivée d'une compagnie qu'on n'attendait pas. Une tête empanachée N'est pas petit embarras, la font. Fabl. IV, 6. Je ne suis pas de ceux qui font leur volupté Des embarras charmants de la paternité, c. delà vigne. École des vieill. i, ). || Causer de l'embarras à quelqu'un, venir demander à dîner ou à coucher chez quelqu'un qui n'est pas préparé à recevoir. Il Populairement. Ce n'est pas l'embarras, c'est-à-dire ce n'est pas là ce qui peut embarrasser, arrêter, retarder, et, par suite, quoi qu'il en soit, néanmoins; locution née d'après Mme de Genlis, pendant la Révolution. Ce n'est pas l'embarras, vous arriverez toujours à votre but. |{ Embarras de la langue, difficulté à articuler. Il lui est resté de son attaque un embarras de la langue. || 3" Confusion de choses difficiles A débrouiller. Un procès où il y a de l'embarras. L'embarras de ses affaires inquiète ses créanciers. Il 4* Pénurie d'argent. Cette famille est dans un jîrand embarras. Nous nous sommes trouvés dans lie grands embarras; Mais depuis quelque temps nn oncle, un honnête homme.... A bien voulu descendre aux ténébreux manoirs, regnard, Ménechm. IV, 2. Il est jeune, il a dépensé étourdiment tout son argent, il est dans un extrême embarras, M"' DE GENLIS, Théà. d'éduc. le Libraire, se. 3. Il 6" Difficultés résultant d'une multitude d'affaires. Se trouver dans un embarras inextricable d'affaires. Des embarras du trône effet inévitable, bac. Eslh. II , 3. Gardez-vous de vous jeter dans cet embarras, FÉN. Tél. xxiii. Troïle est utile à ceux qui ont trop de bien; il leur ôte l'embarras du superflu, la nsuY. V. Et dans cet éternel fracas De riens pompeux et d'embarras, ghesset, au P. Bougeant. Il 6" Difficulté résultant de ne savoir que faire, que répondre. L'embarras où elle jette les princes, conw. Ex. de liodog. Un autre hymen vous met dans le môme embarras, id. Sertor. ii, 4. C'est ce qui vous met dans un fâcheux embarras, p\sc. Prov. li. L'embarras n'était pas petit, parce que, quoi qu'on pût dire, on sentait bien qu'il n'y avait ni grande ni petite église composée de pasteurs et de peuple, où l'on pût montrer U foi qu'oa voulait faire passer
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pourla seule vraiment chrétienne, boss. Var. xiv, $ (6, Il n'a point dans ses vers l'embarras de choisir, BOIL. Sol. II. Son coeur, toujours flottant entre mille embarras, Ne sait ni ce qu'il veut, ni ce qu'il ne veut pas, ID. ib. viu. || Embarras d'esprit, peine d'esprit. ||7* État de celui qui est interdit, troublé. L'embarras avec lequel je lui parlai l'obligea de me presser, le comte us bussi, dans richelet. |S'il| ne confond d'ahord par ses doux embarras Tous les raisonnements d'aimer ou n'aimer pas, th. corn. Ariane, i, 3. Télémaque, qui vit son embarras, n'osa lui dire que.... FÉN. Tél. xxui. Quand Philoctètc dépeignit l'embarras de Néoptolème, qui ne savait pas dissimuler, Télémaque parut dans le même embarras, ID. ib. XVI. Sa physionomie portait l'empreinte de cette espèce de souffrance que cause toujours un extrême embarras, m"* de oknlis, Mlle de la Fayette, p. 307 , dans pouoENS. Craignez-vous de montrer ce front jeune et timide? Un si grand embarras sied malàla vertu, vvcis, Olhel. i, 6. || 8* Terme de médecine. Embarras gastrique, trouble de la digestion avec nausées, vomissement, et souvent coliques et diarrhée. Il Embarras des premières voies, état caractérisé par une langue chargée, jaunAtre, de l'inappétence, la bouche pâteuse, etc. || 9* Dans le tangage familier. Mettre une fille dans /embarras, la rendre enceinte.
— SYN. embarras, timiiuté. L'embarras est extérieur; il tient aux circonstances, et se montre dans la manière d'être. La timidité est intérieure, elle tient au naturel et peut ne pas se montrer. On peut être fort embarrassé sans être timide.
— HiST. xv« s. Aiant trouvé un embarras de charrettesàlarue de laFeronnerie, d'aub. Hist. m, 646.
— ÉTYM. En 1 , et barre; espagn. embaraio; ital. imbarrazzo.
EMBARRASSANT, ANTE (an-ba-ra-san , san-t'), adj. Qui cause ou donne de l'embarras, de l'incommodité, de la gêne. Des bagages embarrassants. Situation, position, question embarrasisanle. N'allons point les gêner [les rois] d'un soin embarrassant, rac. Athal.n, 5. Ah! cousine, que cette visite m'embarrasse à l'heure qu'il est! — Il est vrai que la dame est un peu embarrassante de son naturel, mol. Critique, 2.
EMBARRASSE, ÉE (an-ba-ra-sé, sée), part, passé. Il 1° Barré par un embarras. La rue embarrassée par des voitures. || Fig. Dans les temps embarrassés et malheureux tout ce qui passe pour mystère est odieux, RETZ, l, «98. Il â" Entortillé, entravé. Embarrassé dans les plis de son manteau. Le cheval embarrassé dans sa longe. Dans les rênes lui-même il tombe embarrassé, rac. Phèd. v, 6. || Fig. Un sens embarrassé dans des mots captieux, volt. CEd. I, t. Il Pièce embarrassée, pièce de théâtre intriguée, dont l'intrigue fait le principal intérêt. C'est l'incommodité des pièces embarrassées, qu'en termes de l'art on nomme implexes, par un mot emprunté du latin, telles que sont Rodogune et Héraclius.coRN. Examen de Cinna. Ce sens ne se trouve probablement que dans Corneille, jj 8" Gêné. Embarrassé par le fardeau qu'il portait. Ce sont fatalités dont l'âme embarrassée X plus qu'elle ne veut se voit souvent forcée, corn. Jipdog. ii, 3. || Langue embarrassée, langue qui a de la peine à articuler. Et dès le premier mot, ma langue embarrassée Dans ma Louche vingt fois a demeuré glacée, rac Bérén. Ii, 2. || Prononciation embarrassée, prononciation mal articulée. || Se dit aussi des idées. Des notions, des conceptions embarrassées. || 4* Qui n'est pas clair. Ses propositions furent embarrassées. Il 8° Qui éprouve de l'embarras, de l'incertitude. Vous n'êtes point embarrassée De le croire, ni moi.... la font. Fabl. i, i. On se peut trouver embarrassé des passages de l'Écriture, boss. Arert. || 6° Interdit, troublé. Il était embarra.ssé. Son langage fut embarrassé. J'ai tous les sens encor de trouble embarrassés, th. cobn. Ariane, IV, 2. Us sont bas et timides devant les princes et les ministres , pleins de hauteur et de confiance avec ceux qui n'ont que de la vertu; muets et embarrassés avec les savants; vifs, hardis ut décisifs avec ceux qui ne savent rien, la bruy. ii. Quand j'ai vu que M. de Limours en était plus embarra.ssé que touché, j'ai changé de manière, et je lui ai montré le plus profond mépris, m"" de genus, Adèle et Théod. 1. 1, lett. 27, p. as3, dans pol'gkns. Il Etre embarrassé de sa personne, ne savoir quelle contenance avoir. Un sot est embarrassé de sa personne, LA bbly. xu. || 1" Aufém. Enceinte, en parlant d'une femme non mariée. Ma fiancée, qui avait peur queje ne revinsse pas, étant déjà embarrassée, pensa mourir de tristesse et du regret de sa uoce I
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perdue , p. l. codr. n , ï«». || f n se dit des organei dont les fonctions ne sont pis libres. Il a le cerveau embarrassé. J'avais l'estomac embarrassé.
t EMBARRASSKMENT (an-b«-r»-se-m»n), s. m. Action d'embarrasser.
— HIST. XVI' s. Que si on en voyoit quelques uni peu capables et mal alTectionnez à la guerre, on les devroit excuser de marcher; aussi bien ne serviroyent-ils qued'emharrassement, lanode, Ut.
— ÊTYM. Embarrasser.
EMBARRASSER (an-ba-ra-sé) , v. a. \\ 1* Obstruer par un embarnis. Ces voitures, ces pierres embarrassent la rue. Ces moulins embarrassent le court de la rivière. || S'embarrasser, embarrasser à soi. U s'embarrassa les jambes dans des cordes. || Fig. Il est certains esprits dont les sombres pensées Sont d'un nuage épais toujours embarrassées, boil. Art p. I. Il 2° Empêcher la liberté du mouvement. Votre manteau vous embarrasse, 6tez-le. Il eut à combattre un grand nombre de nations qui embarrassaient la navigation avec leurs canots , et qui, du rivage, l'accablaient de flèches, raynal, Uist. phil.ïj., H. Son fils, ce faible enfant qu'il porte entre ses bras. D'un cher et doux obstacle embarrasse ses pas, Ducis, Oscar, m, b. || 3* Entortiller. On embarra.ssé le bœuf dans une corde. Dans ce piège sanglant je veux l'embarrasser, volt. Catil. I, 2. Il 4" Mettre dans l'embarras, dans l'incertitude , dans l'hésitation. Oui , mais de celte nuit la suite m'embarrasse, corn. Sert, i, «.Ce n'est pas en effet ce qui plus m'embarrasse, id. ib. V, 2. Vous croyez nous embarrasser par celle demande , BOSS. Rép. Modérez des bontés dont l'excès m'embarrasse, rac. Phèd. I, 2. Un reproche secret embarrasse mon âme, ID. Esth. ii, 6. Quel prodige nouveau me trouble et m'embarrasse? id. il (fc. ii, 7. Il Absolument. Le passé fait trembler, l'avenir embarrasse, boubsault, Ésope à la cour, m, 3. L'intention qu'on suppose emt>arra5se .souvent plus que la vérité. M-' de genlis, ThéA. d^édue. le Portrait, i, 3. Il B° Embarrasser une question, une affaire, la compliquer, l'embrouiller, y faire naître des difficultés. Puisque M. Jurieu, pour embarrasser la matière, veut nous parler du divorce, ayons la patience de l'entendre, boss. Var. *' avertiss. $ c. Il 6' S'embarrasser, v. réfl. S'entortiller, s'empêtrtr. Le roi, qui était en bottes, selon .sa coutume, s'embarrassa dans ses éperons et tomba . volt. Charles XII, «. Sa tête et ses cornes s'embarrassent dans les festons de pampres, m~* de genlis. Veillées du chdt. 1. 1 , p. 474 , dans pougens. || Fig. Je m'embarrasse en mes pensées, Régnier, Épit. m. Comme en sa propre fourbe un menteur s'embarrasse, corn. Kent. V. 7. Ces personnages épisodiqiies [d'une pièce de théâtre] doivent s'embarrasser si bien avec les premiers, qu'une seule intrigue brouille les uns et les autres, id. Premier dise. Et pour vos intérêts, queje voulais laisser, En de nouveaux périls [je] viens de m'embarrasser, MOL. retour. II, 4. || S'embarrasser dans ses discours, perdre la suite de ce ipi'on dit. Il Sa langue s'embarrasse, il ne fait que balbutier. Il Son esprit s'embarrasse, ses idées se troublent. De plus en plus cet esprit s'embarrasse, mair. Sophon. m, 4. Il 7° Se causer une gène à soi-même. L'âme, qui s'est éloignée de la source de son être, ne eonnaît plus ce qu'elle est; elle s'est embarrassée, dit saint Augustin , dans toutes les choses qu'elle aime, ROss. la Vallière. Quant aux soldats, plusieurs s'étant embarrassés des fruits de leur pillage, devinrent moins lestes, moins insouciants, ségl'r, Hist. de Napol. via, 8. || Se cau.ser une gêne réciproque. Ils s'embarra.ssenl les uns les autres dans cette confusion, fén. Tél. ivi. || 8* Devenir interdit. À la première (Question, il s'embarrasse. Il 9* Prendre souci de. Il ne fallait pas s'embarra.sser de leurs fantaisies, hamilt. Gramm. 7. U ne s'embarrassait point de mes chagrins, rtti. Tél. XIII. De quel frivole soin mon esprit s'embarrasse ? RAC Iphig. IV, 8. Il S'embarrasser de tout, se faire une grande affaire des moindres choses. Il C'est un homme qui ne s'embarrasse de rien, c'està-dire rien ne lui donne de l'inquiétude, du souci. Il Dans une formule de politesse, s'embarrasser de quelqu'un, se charger de lui. Est-ce que vous voulez vous embarras.ser de moi ? Et si d'une offre en l'air votre âme encor frappée. Veut bien s'embarrasser du rebut de Pompée, corn. Sert, iv, 2. || lO" Terme de médecine. I.a tête, la poitrine s'embarrasse, se dit d'un malade dont les idées sa troublent, qui ressent de l'oppression. Sur les six heures du soir, sa tête s'est embarrassée, et insensiblement il est tomb4 dans le délire le plus effrayant. W de genus, Adèle et Théod. t. m, lett. «7, p. 4»», dans polokm.
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— HIST. XVI* S. Le pauvra hoium» «mliarrassé respondit.... mont, i, 39. Le pont estant embarrassé Au bagage qu'on faisoit retirer dans la ville, les fuyans ne se pouvoient sauver, langue, «oo. La raison se perd, s'embarrasse et s'entrave, tournoyant dans cette mer ondoyante des opinions humaines, mont, ii, <t8.
— f.TYM. Embarras; espagn. embaraxar.
+ EMBARUEMENT (an-ba-re-man), i. m. Action d'embarrer; résultat de cette action.
t EMBARRKR (an-ba-ré) , v. a. || 1* Enfermer avec des barres, prendre entre des barres. || î° Terme de marine. Faire tourner la barre du gouvernail plus qu'il ne convient. On dit plus souvent barrer. Il 8* F. n. Engager un levier sous un fardeau pour le soulever. || 4" Terme de verrerie. Saisir le creuset par la ceinture. || B° S'embarrer, ». réfl. Un cheval s'embarre, quand il se prend les jambes entr» les barres de l'écurie.
— HIST. xu* s. De lor espées font esgrener l'amer, Et les vers elraes enbarer [enfoncer] et trenchier, R. de Cambrai, 476. jjxiv s. Et jà fust Malepaie dedans la ville entrez. Quant d'une hache fu tellement assenez Qu'il fu en mi le trou abatus et tombez, E fu son basinet en son chief embarrez, Guescl. V. 20236. Il XV s. Et lui avala une dague qu'il tenoit sur le chef qu'il avoit tout nu, et lui embarra là dedans, fhoiss. u, ii, 43. || xvi' s. Saige chevalier a voulentiers gros chef à l'avenance du corps, et rond, et bien peu embarré selon les temples. Rosier hist. i, 4. L'extrémité de l'elevatoire se coule par dessous l'os embarré [enfoncé] et fracturé, PARÉ, vui, 5.
— ÊTYM. Eni , et barre; provenç. et espagn. embarrar; ital. imbarrare.
t EMBARRURE (an-ba-ru-r") , s. f. Terme de vétérinaire. Contusion ou écorchure provenant de ce qu'un cheval s'est débattu après s'être embnrré. Il Terme de chirurgie. Espèce de fracture du or&ne, dans laquelle une esquille passe sous l'os sain, et comprime la dure-mère. || S. f. ptur. Terme de couvreur. Plâtres que l'on fait de chaque côté des faîtières pour les sceller.
— HIST. xvr s. La troisième espèce des fractures du crâne est appellée embarreure ou enfonsure : embarrure ou brisure en plusieurs esquilles ou fragmens; enfonsure, quand la pièce est du tout séparée, tombante sur la membrane, sans esquille, PABÉ, viii, ).
— ÉTYM. Embarrer.
■f EMBAS (an-bâ), loc. adv. qui se disait pour en bas et qui a vieilli. En embas le poteau est garni d'un anneau de fer. Chaîne attachée fixement par les deux extrémités.... et dont chaque partie est fixée en embas par son propre poids, fonten. BernoulU.
— ÉTYM. En ), préposition, et bas, adjectif.
t EMBASE (an-ba-z'), s. f. \\i' Terme d'horlogerie. Assiette qui se réserve sur l'arbre d'une roue, en le forgeant. || 2° Partie renflée d'une lame de couteau. || Ressaut d'une enclume. || Partie d'un ouvrage de menuiserie qui repose sur une autre pièce. Il 3° Terme de .serrurerie. Embases d'espagnolettes, parties saillantes et profilées au droit des lacets qui tiennent la tige ou le corps. || Embase de clef, petite moulure sous l'anneau. || 4°Terme d'armurier. Partie de métal sur laquelle une autre pièce vient s'appuyer. Renfort de métal aux tourillons des bouclies à feu.
— ÉTYM. En 1 , et base.
EMBASEMENT (an-ba-ze-man), *. m. Terme d'architecture. Base continue en saillie, au pied d'un bâtiment.
— ÉTYM. Embase. On trouve embassement, qui est fait comme soubassement (voy. ce mot) : xvi' s. Kt seront posés les dits termes sur un certain embassement, qui servira de siège pour ceux qui sont assis dedans le dit cabinet, palissï, 6I. Ses actions n'estoient que herault de sa gloire, les défaveurs théâtres élevez âsa constance, le cercueil embassement d'un immortel trophée, menard, Hist. du Guesclin, Épit. à la noblesse, française.
f EMBASSDRE (an-ba-su-r") , s. f. Parois du four du verrier, depuis le plan de la base jusqu'à lanaistance de la voûte.
+ EMBASTILLÉ , ÉE (an-ba-sti-llé , liée. Il mouillées), part, passé. \\i' Mis à la Bastille. Me voici donc dans ce lieu de détresse Embastillé, logé fort à l'étroit, Ne dormant point, buvant chaud mangeant froid, volt, la BasIiHe. || 2° Entouré dé forts, en parlant d'une ville. Les Parisiens seront •t resteront fortifiés et embastillés, afin que s'accomplissent les paroles des Guêpes : Tu l'as voulu , 6*orge Dandin, alpu. kabr. Guêpes, oct. 4843,
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fEMBASTILLEMENT (an-ba-sli-Ue-man, H mouillées) , s. m. Action d'embastiller. Les journaux qui ont fait les plus longs discours contre l'erabastiliement de Paris.... tout le monde est devenu partisan des fortifications, alph. XAiin. Guêpes, ianv. )R4|.
fEMBASTILLER (an-ba-sti-llé, Il mouillées), r. o. Il 1° Mettre à la Bastille ou dans une autre prison d'Etat. Il 2' Embastiller une ville, l'entourer de forts, de bastilles.
— ÉTYM. En i, et bastille.
EMBATACE (an-ba-ta-j'), s. m. Terme de charron. Opération qui consiste à poser le fer des roues.
— ÉTYM. Embatre.
t EMBATAILLE.MENT ( an-ba-ta-lle-man , Il mouillées), s. m. Terme d'art militaire. Action de passer de l'ordre appelé colonne à celui qu'on nomme bataille.
t EMBATAILLER (an-ba-ta-Ué, Il mouillées), V. a. Terme d'art militaire. Ranger en bataille.
— ÉTYM. En I , et bataille.
t EMBATAttLONKER (an-ba-ta-Uo-né, Il mouillées), V. a. Terme d'art militaire. Former des soldats, des compagnies en bataillon.
— ÉTYM. £n ( , et bataillon.
EMBATÉ, ÉE (an-bâ-té, tée), part, passé. Àne embâté.
EMBATER (an-bà-té), v. a. \\ 1° Garnir du bât une bête de somme. Embâter les mulets. || 2' Fig. et familièrement, embarrasser ou ennuyer. Embâter quelqu'un d'une affaire désagréable. Vous nous avez embâtés d'un homme insupportable. Le chancelier déclara & M. de Chevreuse qu'il pouvait faire son fils duc et pair s'il voulait, et embâter le roi de ses beaux raisonnements, st-sih. Si3, 444.
— HIST. XVI* s. Que le mulet aie le dos uni, non beaucoup pendant des deux costés, ains approchant celui du cheval, afin de tant mieux tenir la selle, ce qui n'est considérable au mulet à bast,qui s'embaste bien en dos d'asne, c'est à dire pendant, o. de
— ÉTYM. En 4, et ()(M; provenç. enhastar; ital. imbastare.
f EMBATOIR (an-ba-toir) , s. m. Fosse longue et étroite, oii les charrons placent debout les roues de voiture qu'ils veulent embatre.
— ÊTYM. Embatre.
EMBiTONNÉ, ÉE (an-bâ-to-né, née), port, passé.
Armé d'un bâton Mes ménades Feront de telles
algarades  ces monstres embâtonnés, scarron, Typh. chap. ii, dans hichelet. || Terme de blason. Colonnes embâtonnées, colonnes cannelées dont la cannelure est remplie de figures de bâtons.
EMBATONNER (an-bâ-to-né), v. a. || 1* Armer d'un bâton. Et fussiez-vous embâtonnés. Jamais vous n'en seriez les maîtres, la font. Fabl. ii, 4 8, Il 2* Terme d'architecture. Remplir de figures de bâtons les cannelures d'une colonne jusqu'à une certaine partie de son fût. Colonne cannelée et embâtonnée. || 3° S'embâtonner,e.r^/î. S'armer d'un bâtc»i.
— HIST. XV* s. Le quel messire Hector issit hors de son hostel, et vint tout à cheval armé et embastonné [armé d'une lance], monstrelet, ii, 4C2. Soupper : Estes-vous prestsî — Jaunisse : Oui voir. — Soupper : Embastonnez? — Gravelle : De bons basions, la Condamnation de Bancquet, Rec. de farces, p. 324. Notât que les maladies se viennent icy présenter en figures hydeuses et monstrueuses, embastonnées et habillées si estrangement, que à peine peut-on discerner si ce sont femmesou hommes, t&. p. 293.
— ÉTYM. £n 4 , et bâton; provenç. embastonar. EMBATRE (an-ba-tr'), ». o. Terme de charron.
Appliquer les bandes de fer qui se mettent sur la circonférence des roues. Embatre une charrette.
— REM. On ne voit pas pourquoi l'Académie, écrivant battre avec deux {, écrit embatre avec un seul. Il faudrait écrire dans les deux cas avec un seul », I>uisque le second ne sert à rien et qu'il n'est ni du radical ni de la terminaison.
— HIST. II* s. Son bon espié enz au cors [il] lui enbat, Ch. de Roi. xciv. || xii* s. Vous m'avez enbatu [pris] au perge [piège], Lai d'Ignaurès. || xiii* s. Se vous, une autre fois, vous enbatez en tel péril, dont Diex vous gart, nous vous rendrons ci orendroit tout ce que nous tenons de vous, h.de valenc. IV. Il XIV* s. L'estude de tel livre engendre et enbat ouaccroist, es cœurs de ceux qui y entendent, affection et amour , ohesme, Prol. \\ xv* s. S'ils se fussent embattus en icelui port qu'ils avoient choisi, ils estoient perdus, froiss. i, i, 48. || xvi* s. Nos gens de cheval s'embattirent pesle-mesie parmi leurs gens de pied, qui estoient espars, u. du Bellay, 386.
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— ÊTYM. En 4 , et battre; prorenç. enbalre ; itaL imbattere. Embatre dans l'ancien français signifia jeter sur.
EMBATU, UE (an-ba-tu, tue), part, patsi d'embalre. Roue erobatue.
EMBAUCHAGE (an-bA-cha-j'), t. m. || l'Action d'embaucher des ouvriers. || Bienvenue, repas qu'un ouvrier paye à ses camarades lors(|u'il est ndmi-s à travailler chez un maître. || 2* Par extension, action de faire passer des soldats à l'ennemi. Le crime d'embauchage est puni de mort.
— ÉTYM. Embaucher.
EMBAUCHÉ, ÉK (an-bô-ché, chée), port. po««. Des ouvriers embauchés.
t EMBAUCHÉE (an-bô-chéo). i. A Dansauelques arsenaux, l'heure du commencement ou delà reprise du travail.
t EMBAUCHEMENT (an-bô-ohe-man) , ». m. Action d'embaucher.
— ÉTYM. Embaucher.
EMBAUCHER (an-bô-ché), «. o. || 1* Engager un ou plusieurs ouvriers. || 2* Attirer des ouvriers dans un nouvel atelier au préjudice du patron pour lequel ils travaillaient. || 3° Terme de guerre. Chercher à faire dé.sertcr le drapeau. Embaucher des soldats. Il 4° S'embaucher, t). réfl. Pratiquer l'un sur l'autre l'embauchage. Ils cherchaient mutuellement à s'embaucher.
— HIST. XVI* s. Embaucher ou emboscher, Robert estienne, cotgrave, oudin.
— ÉTYM. En 4, et bauche ; Berry, embaucher, commencer : il a embauchii à moissonner ; espagn. embaucar, tromper; emhauco, artifice, ruse. Comparez débaucher, ébaucher. Embaucher c'est faire entrer dans la bauche ou bauge, et de là les sens dérivés et métaphoriques.
EMBAUCUEUR (an-bfl-cheur) , ». m. || !• Celui qui embauche des travailleurs. Ils forment un engagement de trois cents livres au profit de l'embaucheur, chargé par cet engagement de leur fournir quelques vêtements, qu'on peut estimer le dixième de cette valeur, raynal, Hist. phil. ii, 26, || 2* Celui qui embauche des soldats.
— ÊTYM. Embaucher.
EMBAUCHOIR (an-bô-choir) , ». m. Terme de cordonnier. Forme qu'on introduit dans des botte.s pour les maintenir ou pour les élargir. On dit aussi embouchoir.
— REM. L'Académie a tort de permettre embouchoir comme synonyme, ditGÉNiN, Récréât, t. u, p. 30. Mais les deux mots ne s'excluent pas : Embauchoir est l'instrument qui se met dans la bauche ou touffe, et, par métaphore, dans la botte; embouchoir, l'instrument qui embouche la botte. Xvrai dire, embouchoir paraît le meilleur.
— ÉTYM. Embaucher.
f EMBACCHUBE (an-bô-chu-r') , ». f. Fourniture générale des ustensiles nécessaires dans une fabrique de sel.
— ÉTYM. Embaucher.
EMBAUMÉ, ÉE (an-bô-mé, mée), part, passé. Il 1° Imprégné d'une odeur délicieuse. L'haleine embaumée des vents. Savourons à longs traits sous son ombre embaumée De Chypre et de Cherès [Xérès] la liqueur parfumée, ancelot, Fiesque, i, 5. || Fig. Cependant il est doux de respirer encore Cet air dvi ciel natal où l'on croit rajeunir, Cet air qu'on respira dès sa première aurore , Cet air tout embaumé d'antique souvenir, lamart. Harm. m, 4. Il 2* Qui a reçu l'embaumement. Les corp» embaumés qu'on retrouve dans les tombeaux égyptiens. Mais quel bien fait le bruit et qu'importe la gloire? Est-on plus ou moins mort quand on est embaumé? a. de MUSSET, Poésies noxiv. Après une lecture. .
EMBAUMEMENT (an-bô-me-man) , ». m. Action d'embaumer un corps. L'art des embaumements. L'état des chairs [de Cromwell] après l'embaumement empêcha de porter le cadavre à Westminster, chateaub. Stuarts, 283.
— HIST. XVI* s. Ils ne sont coustumiers d'user de telle cérémonie d'embaumement, PAHt, Mumie, 7.
— ÉTYM. Embaumer.
EMBAUMER ( an-bô-mé ), v. a. || 1* Remplir d'une odeur de baume, et, en général, de toute bonne odeur. Les citronniers embaument l'air. Cette liqueur embaume la bouche. L'air est embaumé par la grande quantité de fleurs que fournissent les orangers, les citronniers et les autres arbres, rol- LiN, Hist. anc. Œuvres, t. i, p. 44, dans pougens. Près des flots du riant Hisse, Les parfums dorés du narcisse Embaument nos vallons fleuris, u. i. ché- NiER, CEd.àCol.ti, 2. Il Absolument. Ce vin embaume. Il 2* Remplir un corps mort de «ubstauce»
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balsamiques, pour le préserver de la putréractton. Le moyen le plus habituel employé par les Égyptiens pour embaumer les corps était d'en saturer chaque partie avec de l'asphalte. || 8» Par extension, remplir un corps mort d'une substance quelconque propre à en assurer la conservation. Les substances les plus employées aujourd'hui pour embaumer .sont le deutochlorure de mercure, une golution d'acétate ou de chlorure d'alumine poussée par les artères, ou de chlorure de ïino avec addition d'hyposulfite de soude. || 4° S'embaumer, t>. réfl. Être imprégné d'une bonne odeur. L'appartement s'embauma du bouquet qu'on avait apporté. Il Être préservé do la putréfaction. Certains corps ne s'embaument pas facilement.
— HIST. XII* s. Les douze pairs [ils] firent bien enbasmer, Honc. p. t76. {| xiii* s. Li cors le roi fu embaumés et fu portés à Roem en Normandie, Chron. de Rains, p. 47. Et sachiez que, silost comme les messages ouvrirent leur escrins là où ces choses estoicnt, il sembloit que toute la chambre fust embausmée, si souef fleroit [tant cela sentait bon], JOiNv. 260. Oui autrui vuet blasmer, il doit estre sans blasme. Et qui vuet [veut] embasmer, il doit avoir du basme, J. de meuno. Test. «94. || xv* s. Je vueil que.... vous prenez le coeur do mon corps, et le faytes bien embaumer, froiss. i, i, 47. Il XVI* s. Devant l'autel, des cyprès singuliers Je vis fleurir soubz odeur embasmée, marot, i, 47b. J'embaumai le corps mort dudit seigneur de Martigues, PABÊ, Introd. 27. Ange divin, qui mes playes embame. Pour soulager les peines de mon ame, RONS. )7.0ui put le plus, le plus s'embome, leboui
DE UNCT, PtOV. t. II, p. <04.
ÉTYM. En t ,et baump; provenç. enhasmar, ein-
baymar; espagn. embalsamar ; ital. imbahamare.
t EMBAUMEUR (an-bô-meur), «. m. Celuiqui embaume les cadavres.
— ÉTYM. Embaumer.
t EMBECQUER (an-bè-ké), V. a. Terme d'oisellerie. Donner la becquée à un petit oiseau. || Terme dépêche. Attacher l'appât à la pointe d'un hameçon.
— HIST. ivi* s. L'oiseau gazouille, selon qu'il est embecqué, cotgravb.
— ÈTYM. En i , et bec.
t EMBECQUETER (an-bè-ke-té) , V. n. Terme de marine. S'avancer en dedans d'un des caps de l'entrée d'un détroit, d'un canal, d'un bras de mer.
EMBÉGUINÉ, ÉE (an-bé-ghi-né, née), parl.passé. Il 1* Qui porte un béguin. Elles craignaient qu'un refus obstiné Ne les brouillât avec nos soeurs de Nantes : Ainsi jugea l'État embéguiné, gress. Vert- Vert, ch. II. Il 2' Entiché, prévenu. Est-il possible que vous serez toujours embéguiné de vos apothicaires et de vos médecins? uol. Mal. im. m, 3.
EMBÊGUINER (an-bé-ghi-né) , V. a. || 1° Coiffer d'un béguin; envelopper la tête de linge. Qui vous a si plaisamment embéguiné? |{ ï* Fig. Infatuer, entêter. Ceux qui se laissent facilement embéguiner des opinions, G. naudé. Apologie, p. 472. jjS'S'embéguiner, v. réfléchi. Se couvrir d'un béguin. || Kig. S'infatuer. Ce beau monsieur le comte dont vous vous êtes embéguiné, «OL. Bourg, gent. m, 3. Pour que des successeurs de Scipion s'embéguinassent d'un pareil conte, volt. Philos, m, 192.
— HIST. XVI* s. S'estant noué la gorge et embéguiné comme auparavant, desper. Contes, ex. Ils seront tenus de se laisser coilfer, embéguiner, enchevestrer, et mener à l'appelit de MM. les cathedraos, Soi. Vén. p. 7e.
— ETYM. En 4 , et béguin.
•f-EMBELLE (an-bè-l'), s. f. Terme de marine. Nom de la partie d'un vaisseau qui est comprise entre la herpo d'un grand mât et celle de l'avant.
EMBELLI, lE (an-bèli, lie), part, passé d'embellir. Qui est devenu beau ou plus beau. Elle est fort embellie depuis que je ne l'ai vue. Un paysage embelli par un rui.sseau qui serpente. || Fig. Une retraite embellie par les arts et par l'amitié. Votre tme embellie de justice est devenue la demeure du Saint-Esprit, uass. Car. Rech.
EMBELLIE (an-bè lie) , t. f. Terme de manne. Amélioration du temps, devenant beau pour un moment, après une bourrasque, un grain violent ou un :oup de vent obstiné.
— KTYM. Embelli.
EMBELLIR (an-bèlir) , V. a. || 1* Rendre beau, ou plus beau. Des monuments embellissent la ville. Il a beaucoup embelli son habitation. Le cygne plaît à tous les yeux ; il décore, embellit tous les lieux qu'il fréquente, buffon, Cygne. || Absolument. La parure embellit. Le poète lui donne ici l'épithMe de beau, quoique la tristesse n'embellisse pas, bern.
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DE ST-PIEHRE, Harm. TU, De Famitié. || î* Fig. Orner, répandre des agréments sur. Seigneur, embellissez ce grand nom de vainqueur Du nom plus glorieux de pacificateur, volt. Brut, ni, 7. Viens embellir cette âme esclave de la tienne, w.Scythet, m, 2. Une amitié sincère embellissait nos jours, raynouard. Etait de Bloit, ii, 5. || Embellir une histoire, un récit, y ajouter des traits qui ne sont pas vrais pour la rendre plus piquante ou pour la faire valoir. N'y ajoutez-vous rien, n'embellissez-vous pas votre histoire? mass. Car. Hédis. \\ 3* V. n. Devenir beau ou plus beau. Cette enfant embellit tous les jours. La phrase de croître et d'embellir semblait n'avoir été faite que pour elle, hahilt. Gramm. 4. Il Familièrement et ironiquement. Ne faire que croître et embellir, .se dit de défauts, d'habitudes, de passions qui vont toujours augmentant. Sa sottise tous les jours ne fait que croître et embellir, mol. Comtesse, \. Ses soupçons ne firent que croître et embellir, hamilt. Gramm. ». |{ 4* S'embellir, t). rifl. Devenir beau. On s'embellit encore en voyant ce qu'on aime, laciiausslk, Mélanide, iv, i. Ce More l'adorait; son front victorieux Sut à force d'exploits s'embellir à ses yeux, dlcis, Olhel. i, 7. Il Fig. Dans le bonheur, tout s'embellit à nos yeux, Dict. de l'Académie.
— REH. Embellir, «. n. ie conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut exprimer l'action : il a embelli depuis quelque temps; avec l'auxiliaire (tre, quand on veut marquer l'état: comme cette femme est embellie !
— HIST. xm* s. Li solaus se torne al serain. Et s'enbielist et soir et main, Partonopeus, v. 13. Et jà soit ce ke li cavel [cheveux] ne soient membre, à parler soulilment, mais soient por le cors enbielir.... alebrant, f° 33. Se il li plaist qu'il i voelle estre [écuyer], Miex m'en embelira son estre, Bl. etJeh.
v, 499 La seignurie. De reims [rameaux], de
durs e fruit garnie, De foille e verdure enbelie, Edouard le conf. v. 3808. || xv* s. Il [le roi anglais] regarda et imagina que sa guerre du roi de France en seroit embellie [par l'hommage du duc de Bretagne] , et qu'il ne pouvoit avoir plus belle entrée au royaume, ni plus profitable que par Bretagne, FROISS. ), I, 4B2. Il XVI* S. Les peinctures de quoy la poésie a embelli l'aage doré, mont, i, 23b. Les femmes, au veu et au sceu d'un chascun, s'embellissent d'une beauté faulse et empruntée, id. ii,
— ÉTYM. En i , et beau, 6eJ; provenç. embellir, embellesir.
t EMBELLISSANT, ANTE (am-bèlisan, san-t'), adj. Oui embellit. Il verse de ces larmes auxquelles le sensible Virgile a donné ailleurs l'épithète de decorse, d'embellissantes, parce que la vertu les fait répandre, bern. de st-p. Harm. vu, De l'amitié.
EMBELLISSEMENT (an-bèli-se-man), t. m.
Il 1* Action d'embellir, d'orner quelque chose. L'embellissement d'une ville. Ils [les cosaques] ajoutaient que c'était un larcin fait à son pays [aller mourir en terre étrangère]; que, vif, on se devait à sa culture, à sa défense, à son embellissement; que, mort, on lui devait son corps qu'on tenait de lui, qu'il avait nourri, et dont à son tour on devait le nourrir, sBouR, Hist. de Napol. viii, 40. ||La chose même qui embellit. Faire de nouveaux embellissements à sa demeure. || i° Ornement. Les embellissements d'un discours. || Action d'ajouter à une histoire, à un récit des traits qui ne sont pas vrais.
— HIST. XVI* s. Il [Plutarque] est si universel et si plein qu'à toutes occasions, et quelque subject extravagant que vous ayez prins, il s'ingère à vostre besongne, et vous tend une main libérale et inespuisable de richesses et d'embellissements, mont.
— ETYM. Embellir.
t EMBELLISSEUR (an-bé-li-seur), (. m. Néologisme. Celui qui embellit.
t EMBÉRIZE (an-bé-ri-z'), t. f. Nom moderne du genre bruant.
— ETYM. Scbelerle tire de l'allemand Emmerix, Emberiix, Embriti, dérivé lui-même de Ammer, qui signifie aussi embérize.
t EMBERLIFICOTER (an-bèr-li-fi-ko-lé) , t. a. Terme populaire. Embarrasser, au propre et au fig. Il S'emberlificoter, v. réfl. Il s'est emberlificoté dans une corde, dans ses explications.
— ETYM. Mot de fanuisie.
EMBKRLCCO0L'£,£E (an-bèr-lu-ko ké,kée),par(.
passé. Kmlierlucoqué de la croyance à la sorcellerie. EMBEltLUCUOUER (S') (an-bèr-lu-ko-ké), v. réft. Terme familier. S'entêter d'une idée, s'attacher aveuglément k une opinion.
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— REM. Hauteroche a dit embrelicoquer : X quoi bon s'aller embrelicoquer l'esprit de ces bâtards de noms? Crispin médecin, lu, 2. Une autre variante de ce mol est emberloquer : Elle reganlait avec ébaliissementce nigaud, dentelle regrettait de s'êtn emberloquée, cuateaub. dans le Dict. de poitevin
— HIST. ivi* s. N'emburelucocquez jamais voi cf peritz de ces vaines pensées, rab. t. i, p. 36, dan^
LACURNE
— ETYM. Origine inconnue, àmoinsqu'onn'yvoio un mot de fantaisie, fait sur le thème embrouiller, ou, si l'on veut, «i, et berlue ou beriu (hurluberlu), et coquer, représentant coque, capuchon : s'enca puchonner de berlue, voir des choses qui ne sont pas.
EMBESOGNÉ, ÉE (an-be-zo-gné, gnée), adj.
Terme familier. Qui est fort occupé à quelque be sogne. Vous voilà bien emliesogné. Pallas même y prit la cognée Pour faire de l'embesognée, scab- RON, Virg. travesti, dans le boux, Dict. comique.
— HIST. XII* s. Carde ferir sui trop enbesogniez, Bonc. p. se. || xiii* s. Il paroit bien à son atour Ou'ele iere [était] poi embcsoignie, Quant ele s'ierc bien pignieEtbien parée et atornée, la Base, v.696. Ou quant il est embesogniés des besonguesson seigneurou desbesongnes au soverain, beaum. xxi, 4. Il xv's. Et l'embesogna [prit à son service le chevalier Jean Haccoude] pape Urbain, tant qu'il vesqui, contre les seigneurs de Milan, froiss. ii, ii, 61. Il XVI* s. L'estude et la contemplation embesongnent aulcunement nostre ame à part du corps, mont, i, 68. Ceux là s'embesongnoienl aprez les paroles; ceulx cy aprez les choses, m. i, 452. Je suis despit de quoy nostre vie s'embesongne toute à cela [à apprendre à parler], id. i, 193. Tout chacun s'embesoigna aux barricades [se mit à les faire] , CARL. v, 4 6.
— ÉTYM. En * , et besogne.
t EMBÊTANT, ANTE (an-bé-Un, Un-f), adj.
Terme très-trivial. Qui embête. Il est embêtant. Cela est embêtant.
t EMBÊTEMENT (an-bê-te-man), i. m. Terme très-triviaL Action d'embêter. || Chose qui ennuie, contrariété.
— ÉTYM. Embêter.
t EMBÊTER (an-bê-té), v. a. Terme très-trivial. Rendre stupide; aveugler. || Ennuyer. || S'embêter, V. réft. S'ennuyer, avoir de l'ennui.
— ÉTYM. En 1 , et bête.
t EMBEURRER (an-beu-ré), v. a. Garnir d'une couche de beurre.
— HIST. XVI* s. Je aime aussi chler embeurrer mon pain que de l'emmieller, palsgb. p. 73».
— ETYM. J?n 4, et beurre.
f EMBICUETAGE (an-bi-che-ta-j*), t. m. Distance entre le centre de la petite platine de la cage d'une montre et le centre de la grande platine. On trouve aussi embistage.
— ÉTYM, Y a-t-il dans ce mol le mol bichet, mesure de capacité ? Y a-t-on assimilé la distance des deux platines ?
f EMBLAISON (an-blè-zon) , t. f. Terme rural. Saison des semailles.
— ÉTYM. Emblaver. C'est une contraction d'emblavaison.
t EMBLAVAGE (an-bla-va-j') , ». m. Action d'emblaver.
EMBLAVÉ, ÉE (an-bla-vé, vée), part, passé. Terres emblavées.
EMBLAVER (an-bla-vé), v. a. Terme d'agriculture. Ensemencer une terre en blé. || On le dit aussi d'autres productions. Emblaver un champ en pommes de terre ou de pommes de terre. Les prévisions ne furent que trop justifiées; car, cette année-là, pour une même quantité de surfaces emblavées [de betteraves] , la production du sucre se trouva diminuée de 20 millions de kilogrammes, patsn, Product. agrie. Revue des Deux-Mondes, 46 fèv. 4 861, p. 984.
— IllST. xm* s. Se ne fusson si emblai [empêchés], Jà vous eûsson elTraé, Ren. 684 4. ||zv* s. Ors est [maintenant il est] sales et dcslavez. Et de pou de chose emblavez [fourni], eust. descb. Poésies mss. ^654, dans LACURNE. Il XVI* s. Si aucunes oyes sont trouvées ez prez ou en vignes, en quelque temps que ce soit, ou en terres embladées ou semées, LA TiiAUMASSiàRE, Coul. de Berry, p. 3«6, dans LACOBNE.
— ÉTYM. En 4 , etiiW(voy. blé); norm. emblayer; Berry, emblader, emblaiver; wallon, iblaver, empêcher; rouchi , emblaver, semer la terre et empêcher le passage; ital. imbadiare; bas-lat. imbta~ dare. Emblaier a signifié au propre mettre en blé.
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puis, au figuré, embarrasser, parce que la récolte sur pied encombre le champ; de même que deblaver (déblayer) a signifié ôter la récolte, puis flter ce qui encombre.
EMULA VURE (an-bla-vur') , s. f. Champ ensemencé de blé.
— ÊTYM. limMarer; Berry, embladure.
EMBLÉE (D') (dan-blée), loc. adv. Du premier
coup, du premier effort. Emporter une ville d'emblée. La ville était trop bien munie pour l'emporter d'emblée, vaugel. Q. C. vu, 6, dans bichelet. Il On dit de même emporter une affaire d'emblée. Il II a été élu, nommé d'emblée, c'est-à-dire sans opposition. || Emporter quelqu'un d'emblée, le décider dès le premier effort. 11 ne devait pas vouloir prendre Valcourt d'emblée, SÉV. 679.
— HIST xii* s. Pur quel te unt mened [mené] ces de Juda en emblées ultra le flum e tes compaignons sans nus [nous]? Bots, p. <»6. ||xv« s. Le duc d'Autrische a prins ou par ses gens fait prendre d'amblée nostre cité de Therouenne, Lettre de Charles VllI, Bulletin du comité de la langue, t. m , p. B93. Et pareillement en ces propres jours fut prise d'emblée la forteresse d'EsIrepagny , uon- STHEL. liv. u, ohap. 68. Il XVI* s. Parce que es convens de femmes n'entroyent les hommes sinon à l'emblée, et clandestinement, habel. Garg. i, B2. Hz feront ceste année de beaulx coupz : mais aulcuns d'iceulx seront fort subjects à recepvoir quelque coup de baston à l'emblée, tD. Progn. Pant. B. Ce fut un acte de ruze, de surprise et d'emblée, le plus grand et le plus digne de mémoire qui fut oncques, amtot, Pétop. et llarc. comp. 2. Ce fut ce qui plus asseura les soudards d'Aratus, pource qu'ils estimèrent que le veneur fust de l'intelligence, et qu'il aidast à celer leur emblée, ID. Àratus, ».
— ETYM. Embler i.
EMBLÉMATIQCE (an-blé-ma-ti-k') , adj. Qui aie caractère de l'emblème. Figure emblématique.
— ËTYM. Emblème.
EMBLÈME (an-blê-m') , ». m. || !• Au sens propre, actuellement inusité, ouvrage de marqueterie, de mosaïque. || 2* Aujourd'hui, figura symbolique, avec une légende en forma de sentence. Des boucliers ornés d'emblèmes. Le Sphinx est son emblème [d'Octave] et nous dit qu'il préfère Ce symbole du fourbe aux aigles de son père, volt. Triumv. il, t. Ces hommages publics, ces emblèmes, ces armes.... Importunaient vos yeux où j'ai surpris des pleurs, c. delav. Paria, iv, 2. || 2* Insigne. Les emblèmes de la royauté. || 3° Symbole. Le coq est l'emblème de la vigilance. Le vert est l'emblème da l'espérance. Que mes armes sans faste, emblème des douleurs.... volt. Tancr. m, *.
— SYN. EMBLÈME, DEVISE. L'un et l'autre est la représentation d'une vérité par un symbole sensible, accompagné d'une légende qui en exprime le sens. Ce qui distingue l'emblème de la devise, c'est que les paroles de l'emblème ont toutes seules un sens plein et achevé, ce qui n'est pas vrai des paroles de la devise qui ne s'entendent bien que lorsqu'elles sont jointes à la figure, beauzée. || emblème, SYMBOLE. Selon Lafayej le symbole etl'emblème diffèrent d'abord en ce que l'un est constant, primitif, traditionnel, d'une origine divine ou inconnue, et l'autre du choix ou de l'invention de quelqu'un qui l'imagine ou s'en sert à dessein en se fondant sur une liaison d'idées plus ou moins sensible. La religion a des symboles, les artistes ont des emblèmes. Le symbole est quelque chose de convenu, de généralement admis, l'emblème est la résultat d'une certaine ceuvi:e et d'une création particulière. Le gouvernail , dit Marmontel, est la symbole de la navigation ; les poètes et les peintres en ont fait l'emblème de l'administration d'un État.
— HIST. XVI* s. Je me donne loy d'y attacher [à mon livre], comme ce n'est qu'une marqueterie mal joincte, quelque emblème [pièce de rapport] superuumeraire, mont, iv, 90.
— éTYM. ''E[i6).7iij.a, marqueterie, de 4|i6âXXetv, mettre dans, de èv, et pàXXeiv, jeter.
t i. EMBLER (an-blé), v. a. Ravir avec violence ou par surprise. M. le Prince embla à mon père la capitainerie des. chasses de Senlis, st-sim. 6, 7». Chacun des deux autres [Louvois et Colbert] tendait toujours à embler la besogne d'autrui, m. 7) , I63. Il Proverbe. Il est bien larron qui larron emble.
— HIST. XI* s. Ki'l voidrat clamer emblet [qui voudra réclamer le bétail volé]. Lois de Guill. 25. Il XII* s. Vostre clairs vis,- qui sembloit fior de lis, Est si aies ora de mal en pis. Qu'il m'est avis que me soiez emblée, quesnes. Romancero , p. )08. [Il] Emble l'altrui aveir et à force le prent, Th. le mar-
tyr, *(.||xiii s. D'eux [de mes parents] [je] m'emlilai l'autre jour, moût forment m'en repent, Perte, XLVii. Li tems, qui s'en va nuit et jor, Sans repos prendre et sans sejor. Et qui de nous se part et embla Si celéeraent qu'il vous sembla Qu'il s'arreste adès en un point, Et il ne s'i arreste point, la Rose, V. 362. Il XV* s. Belle, se ne m'osez donner De vos doux baisers amoureux. J'en embleiai bien un ou deux, cil. D'ORLÉANS, BaH. 69. || xvi's. Fabius remit en l'obéissance des Romains la ville de Tarenta, qui leur avoit esté emblée partrahison, amvot, Fab. 43.
— ÉTYM. Provenç. emblar, enblar; ital. involare; florentin, imbolure; bas-lat. imbtilare, dans des manuscrits de la loi salique; du latin intolare, enlever en volant, expression tirée de l'oiseau de proie qui enlève son gibier, de in, et volare, voler.
t 2. EMBLER (aa-blé) , V. n. Terme de chasse. Sa 'lit des cerfs quand, dans leurs allures, les pieds de derrière surpassant r^ux da devant da plusieurs doigts.
— ÉTYM. Autre forme i'amhler.
t EMBLEUR (an-bleur) , s. m. Voy. ambleur. I EMBLIC (an-blik) , adj. m. Terme de pharmacie. Myrobalan emblic (voy. hyrobalan).
— ÊTYM. Emblique.
t EMBLIER (an-blié), v. a. Terme de marine. Encombrer.
— ÉTYM. Autre forme de l'ancien verbe emblayer, encombrer (voy. l'historique et l'étymologie de emblaver).
t EMBLIQUE (an-bli-k'), ». f. Terme de matière médicale. L'embliqua officinale, le petit myrobalan {phyllanthiis emblica).
t EMBLOQUER (an-blo-kél, V. a. Terme de tabletterie. Aplatir un morceau de corne chaud entre deux plaques.
— ÉTYM. En i, et bloe.
t EMBLCRE (an-blu-r'), ». f. Terme rural. 'Voy.