‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 130 sur 388 · EMBLAVURE · texte numérisé non relu

EMBLAVURE

— ÊTYM. Contraction i'emblamire.

t EMBOBELINER (an-bo be-li-né) ou EMBOBI- NER (an-bo-bi-né), v. a. Terme familier, Enjôler, séduire par des paroles flatteuses, captieuses.

— ÊTYM. En i , el bobine : enlacer comme la bobine avec la fil.

t EMBODINCTRE (an-bo-di-nu-r'), s. f. Terme de marine. Nom da plusieurs bouts de corde, dont on couvre l'organeau de l'ancre, pour renverser mieux le câble sur le far.

EMBOIRE (S') (an-boi-r'), il s'emboit, ils s'emboivent; il s'embuvait; il s'embut; il s'emboira; il s'emboirait; qu'il s'emboive; qu'il s'embût, qu'ils s'embussent; s'embuvant; embu, v. réfl. \\ 1° Terme da peinture. Devenir terne et sa confondre, en parlant des couleurs d'un tableau; ce qui arriva parce que le bois ou la toile boivent l'huile, l'essence, etc. Il 2° Y. a. Terme de fondeur. Emboire un moule, l'enduire d'huile ou de cire fondue pour empêcher la matière d'y adhérer.

— HIST. XV* s. Comme homme embeu qui chancelle ettrepign», L'ai veu souvent quand il s'alloit coucher, fiLLON, p. 61, dans batnouard. || xvi* s. Les Flamens, habitans en Saxe, embeurent les moeurs et conditions des Saxons, habel. Pant. m, (. Le dict champ estoytdasang tout embu et couvert, ID. ib. V, 39. Dieu a voulu que les Juifs fussent embus da telles prophéties, calv. Inst. 253. On enveloppera le col de laine noire avec le suif, imbue en huile da lis, pabé.vi, 8. Soudain qu'on mat de l'eau dessus, lesdites pierres de chaux emboivent si très violemment que cela les cause soudain réduire en farine, palissy, 4i.

— ÉTYM. En t , eiboire; provenç. embt'bfr, embeuvre; catal. emheurer ; espagn. embcber ; ital. imbevere.

EMBOISÉ, ÉE (an-boi-zé, zée), part, passé. Emboisé par un enjôleur.

EMBOISER (an-boi-zé), ». o. Engager quelqu'un par des promesses, par des cajoleries, à faire ce qu'on souhaita de lui. Est-ce ma fauta à moi, si madame l'emboise? boursault. Mots à la mode, se. IB (en 1694). Il Terme populaire et vieilli.

— ÉTYM. £n t , et l'ancien français boise, tromperie, mensonge; provenç. bauzia, bauia;\X3.\.bugia.

EMBOISEUR, EUSE (an-boi-zeur, zeû-z'), s. m. et f. Terme vieilli. Celui, celle qui emboise.

— ÉTYM. Kmboiser.

EMBOÎrÉ, ÉE (an-bot-té, tée), part, passé. Vessieu emboîté d,ins le moyeu. Sa tête était emboîtée dans son chapeau, scarr. Rom. com. i, (O. ||Fig. La pièce est faite comme une tragédie française du second ordre, à la fois romanesque et régulière, assez bien emboîtée dans les limites de temps et de lieux, et n'offrant guère d'invraisemblable que les

Caractères, les sentiments et les actions des personnages, viLLEMAiN, Littér. Tabl. du xmi' siècle, 2* partie, 2* leçon. || Terme de danse. Pas emboîté, pas dans lequel le danseur conserve la position nommée pmhoîture.

EMBOÎTEMENT (an-bot -te-m«n), ». m. Jonction, union de deux pièces qui «'embotient l'une dan» l'autre. L'emboîtement des mortaises d'une charpente, de deux os d'une articulation. Les divers emboîtements les uns dans les autres [os], parle moyen desquels ils jouent et se meuvent, boss, Coiinaiis.n, 7. || Terme de physiologie. Emboîtement des germes, hypothèse sur la génération qui regarde les êtres vivants des périodes successives comme emboîtés, contenus les uns dans les autres. On a beaucoup parlé de l'emboîtement des germes; ce mot est impropre; les germes ne sont pas de petites boîtes insérées les unes dans les autres; ils étaient des parties intégrantes des premiers touts organisés sortis immédiatement des mains du Créateur, boh- NET, Lett. div. Œuvres, t. xii, p. 337. Hartsoeker assurait que la première graine serait à la dernière et la plus petite qui paraîtrait la dernière année du soixantième siècle, comme l'unité suivie de trente mille zéros, d'où il concluait que l'emboîtement était absurde, id. Consid. corps organ. Œuvres, t. VI, p. 422. Après avoir incliné fortement vers l'épigénèse, feu mon respectable ami M. de Haller avait été ramené par les faits à l'évolution qui l'avait elle-même conduit à l'amboltament, id. ib. p. 428.

— HIST. XVI* s. Emboestement, cotgrave.

— ÊTYM. Emboîter.

EMBOÎTER (an-bol-té), ti. a. || 1* Enchâsser une chose dans une autre. Emboîter des tuyaux. Il 2° Terme militaire. Emboîter le pas, marcher en file serrée de manière que le pied de l'homme qui suit se pose à la place que quitte le pied de l'homme qui précède. || Fig. Se soumettre, céder, obéir. Je le forcerai bien d'embotter la pas. Il eut beau se défendre, il fallut faire comme les autres et emboîter le pas. Il Emboîter le pas, se dit familièrement de quelqu'un qui marche derrière un autre en mettant le pas dans son pas. || 3* S'emboîter, v.réfl. Être emboîté. Des tenons qui s'emboîtent bien dans une mortaise. Les os ont des jointures où ils s'emboîtent les uns dans les autres, fénel. Exist. 3t. || Familièrement et par plaisanterie, se mettre dans une voiture où l'on est mal. Je ne me serais pas emboîté comme un sot dans cette caisse dandinante, habmontel, dans le Dict. de poitevin.

— HIST. XVI" s. Ces deux eschelles furent emboîtées et appliquées dans une retraite de muraille, d'aub. Hist. m, 2B.

— ÉTYM. En t, et boite.

EMBOÎTCRE(an-boî-tu-r'),»./'. || l'Insertion d'une

chose dans une autre. L'embolture des os les uns dans les autres. L'amboîtura est juste. || Fig. Nous honorerons nos écrits en compilant Plutarque, et en retnettant dans leur emlioîture naturelle les membres de l'histoire romaine qu'il en a détachés, LE p. CATROU, dans DESFONT. || 2° Emboîture d'une porte, les deux ais de travers en haut et en bas, dans lesquels les autres ais sont emboîtés. || 3° Terme de danse. Nom que l'on donna quelquefois à la troisième position, où, en effet, les deux jambes sont juste l'une contre l'autre, comme si elles s'emboîtaient, COMPAN, X>ic(. de la danse, p. .los.

— HIST. XVI* s. Favas emporta la Reole par la chasteau avec des eschelles de plus de soixante pieds de haut faites de plusieurs pièces, les emboitures n'aians jamais esté pratiquées auparavant son invention, d'aob. Ilist. m, 2B. Emboilure ou enarthrose, paré, iv, 43. Il [le corps] n'a plus esprit ny raison, Emboilure ne liaison. Artère, poux, ny veine tendre, rons. 47).

— ÉTYM. Emboîter.

t EMBOLE (an-bo-l'), ». m. Terme d'antiquité. Eperon de la proua des navires. || Dans l'art dramatique ancien, satire qui paraissait sur le théâtre avec la grande pi(''ce. Si c'était au milieu, on la nommait eihbole ou pièce d'eutr'acte, batteux, Wtstot're abrégée de la satire.

— ÊTYM. 'EjjiëoXo;, éperon de navire, de 4v, en, et poXoç, coup, da pàXXecv, lancer : proprement, ce qu'on met dedans.

t EMBOLIE (an-bo-lie), s. f. Terme de médecine. Obstruction par des oaïUots fibrineux qui, formés dans une artère, vont oblitérer une artère plu» petite.

— ÉTYM. 'E(i66Xiov, piston, de iv, en, et pàX- Xciv, jeter.

EMBOLISME (an-bo-li-sm'), s. m. Terme de chronologie Intercalation d'un mois dont les Grec» M

EMB

serraient pour mettre d'accord dans un certain nombre d'années les mouvements du soleil et de la lune, c'est-4-aire rendre l'année lunaire égale à l'année solaire dans le cycle de diineuf ans.

— HIST. xiii* s. Li embolismes, ce est à dire l'an qui a ïiii lunes, bhun. lat. Trésor, p. <42.

— ETYM. 'K|j.6o/i(Jii4«, de i|jLeâXXetv, jeter dans, de év, en, et piXXtiv, jeter (voy. baliste).

t EMBOl-ISMÉEN, ENNE (an-bo-li-smé-in , méè-n'), adj. Synonyme d'embolismiiiue,

EMBOLISMIQUE (an-bo-U-»mi-k'), o4/. Qui appartient à l'embolisme.

— ÊTYM. Emhnlitme.

EMBONPOINT (an-bon-poin), t. m. || 1* Bon état du corps; se dit surtout des personnes un peu fîrasses. Avoir, prendre de l'embonpoint. Il ne doit pas demander l'embonpoint premier que la guérisoii, BALZ. Disc, à la régente. Le loup donc l'aborde humblement [un dogue). Entre en propos et lui fait compliment Sur son embonpoint qu'il admire, la PONT. Fahl. I, 5. Que me sert en effet qu'un admirateur fade Vanle mon embonpoint si je rne sens malade'? boil. ^pîl. ix. Ce discours, que soutient l'embonpoint du visage, Hélabllt l'appétit, réchauffe le courage, ID. iufr.iv. || Terme de physiologie. Ëtat du cocp^ de l'homme ou des animaux, dans lequel la qnanliléde graisse est proportionnée au volume et à la stature. || 8* Fig. En panant d'un style plein et nourri. Il ne faut pas prendre pour embonpoint et pour vigueur ce qui n'est dzns le discours que bouffissure et intempérie , d'ouvet, cité dans les Dictionnaires.

— KEM. 1. La règle veut qu'un p soit précédé d'une m et non d'une n. Ordansembonpomf, qui s'écrivait jadis en trois syllabes, en bon pot'nJ, la règle n'est observée que pour en, elle ne l'est pas pour bon; ce qui fait pour ce mot une singulière complication d'orthographe. Le mieux serait d'écrire en-ôonpot'nl ou embompoinl. || 2. Une faut pas confondre le substantif embonpoint avec être en bon point, locution fréquente dans la Konlaine et qui signifie être en bon état, en parlant du corps.

— IIIST. XVI' s. Ce n'est doncques pas la beauté et l'embonpoint de votre chambrière, qui vous a fait trouver ce plaisir si agréable, uabg. A'ouv. vin. Des l'esté on tasche d'entretenir les pourceaux en embon-poinct, o. db sebres, 336. Ne regardez pas à ces yeulz moites : regardez l'emboupoinct de ces joues, MONT, m, (78.

— ËTYM. En I , bon, et point.

t EMBOQUER (an-bo-ké), v. a. Mettre de la mangeaille dans la bouche des animaux, afin de les engraisser plus vite.

— F.TYM. En I, etboque, boitque, pour bouche. EMBORDURÉ, ÊE (an-bor-du-ré , rée), part.

passé. Estampe embordurée.

EMBORDURER (an-bor-du-ré), V. a. Mettre un cadre, un bord, une bordure à un tableau.

— KTYM. En t , et bordure.

EMBOSSAGE (an-bo-sa-j'), t. m. Terme de marine. Action d'embosser, des'embosser; position d'un vaisseau embossé. Etablir une ligne d'embossage.

— ÊTYM. Evtbosser.

E.M BOSSÉ, lîE (an-bo-sé, sée ), part, passé. Xla bataille d'Aboukir la flotte française était embosséo. L'expérience assure un avantage infaillible aux escadres embossées, baynal, Hi,v(. phil xiii, 49.

EMBOSSËR (an-bo-sé), v. a. Terme de marine. Amarrer un navire de l'avant et de l'arrière, de manière que, "fixé contre le vent et présentant le liane, il ne soit attaqué et ne combatte que d'un côté. Il S'embosser, v. réft. Les vaisseaux s'embossèrent et commencèrent le feu. Le fond, augmentant tout d'un coup et passant, près de terre, de vingt-cinq à cent brasses, ne permettrait pas aux attaquants de s'y euibosser, baynal, llist. phil. xiii, <8.

— ETYM. £n I , et boue, nom, dans la marine, de certains cordages.

f EMUOSSIIRE (an-bo-su-r'), s. f. Terme de msri'ie. Nœud que l'on fait sur une manœuvre et auquel on ajoute un amarrage. || Le point de l'amarrage fait sur un câble mouillé et le grelin ou l'ausyière employée à embosser.

— ETYM. Embosser.

t EMBOTTKLER (an-bo-te-lé. L'I se double devant un e muet : j'embottelle) , v. a. Terme rural. Mettre en buttes. Embolteler le foin, le chanvre.

— IIIST. XVI* s. En petits faisseaux le lin sera embottelé, chacun bolteau de plein poing, o. de stB-

— ETYM. En ( . et boHe i.

t EUBOUCAUTER (an-l)0u-kô-té), v. a. Mettre en boucaut. ta morue ne pourra être dirigée sur le port

EMB

de départ qu'après avoir été emboucautie, Ordonn. du a fév. 4 843, art. 8.

— ETYM. En i, el boucaut.

\ EMBOUCIIK (an-bou-ch') , *. m. Pré d'embouche, ou, simplement, embouche, prairie très-fertile dont l'herbe, consommée sur place, engraisse les bestiaux.

— ETYM. En t . et bouche.

EMBOUCHÉ, ÉE(an-bou-ché, chée), part, passé. Il 1° Mis h la bouche. Clarinette embouchée. Les flûtes étant embouchées et remplies de vent, desc. jfus. 112" Terme de manège. Xqui on a mis le frein. Cheval embouché. || Oui cède à l'impression du mors. Il 3° Fig. X qui on a fait sa leçon; qui redit ce qu'on lui a conseillé de dire. Ce prince [le Dauphin] , bien embouché et qui ne fut jamais ardent de soi que pour le roi d'Espagne, parla au roi avec force contre le rappel de ses troupes, st-simo», î38, 476. Il Être mal embouché, parler grossièrement, dire des injures. || 4" Terme de batelier. Bateau embouché, bateau engagé dans une passe resserrée. Il 6' Terme de blason, se dit du bout d'un cor ou d'une trompette, représenté dans la bouche, et (l'un émail différent de celui du cor.

f EMBOL'CIIEMENT (an-bou-clie-man) , t. m. Action d'emboucher.

— IIIST. XVI* s. La ville françoise du Havre est h l'embouchement de la rivière do Seine, du bellav, Uim.hv. X, f* 230, dans lacuiine. Apprendre les situations des pays, pourcognoilre l'elevalion des montaignes, l'embouchementdes valées, l'cslendue des plaines, la nature des fleuves et marescages, le Prince de Machiavel, p. «8, dans lacuene.

— ETYM. Emboucher.

EMBOUCHER (an-bou-ché) , ». O. ||1* Terme de musique. Appliquer sa bouche k un instrument à vent pour en tirer des sons. Emboucher un cor, une flûte. Il Fig. et poétiquement. Emboucher la trompette, prendre un ton élevé, sublime. Nous avons vil l'auteur [Bossuet] emboucher la trompette pendant une moitié de son récit, chateaub. Gén. m, IV, 4. Il Fig. et familièrement. Emboucher la trompette, dire à tout le monde, ébruiter. || 2" Terme de manège. Mettre les mors dans la bouche d'un cheval. H Choisir le mors qui convient le mieux à un cheval. || 3* Fig. Instruire d'avance de ce qu'il faut dire, faire le bec. Avant que de l'envoyer, il faut l'emboucher, de peur qu'il ne dise quelque sottise. Mon diable d'homme, qui avait son petit intérêt dans celte affaire, courut prévenir les aumôniers, etembouchasi bien les bous prêtres que.... 3. j. kouss. Conf. II. Il t* Terme de marine. Pénétrer dans une embouchure, en parlant d'un vaisseau. || 5" S'emboucher, ti. réfl. Avoir son embouchure, en parlant des rivières. La Marne s'embouche dans la Seine à six kilomètres de Paris. La Seine s'embouche dans la mer auprès dullavre.

HlST. XV* s. Se un voisin s'est approché De

ce débat là sans faintise, Chascun en sera embouché , COQUILL. les Droits nouv. || ivi* s. D'un parler sainct, plein de déception, Le faux parjure est tousjours embouché, marot, iv, 245. Se» fiers chevaux il attelé, et embouche D'escumeux freins leur bravelé farouche, do bellay, jv, 38, verso. El pour ce qu'il y avoit tous-jours quelque canon et arqucbuserie qui embouchoient [battaient dans] les portes, d'aub. llist. i, 3(2. Ce canon de son premier coup emboucha et creva un vertueil [sorte de canon] du fort, ID. ib. m, ai. Solon luy demanda incoulinenl s'il y avoit rien de nouveau , et l'eslranger, que Thaïes avoit embouché, respondit....AHvoT, Soion,». 11 envoya quelqu'un de ses familiers vers luy, l'ayant embouché de dire que.... iD.^ftctot, 46. Marsyas qui inventa U hanche [l'anche] pour emboucher le hautbois, ID. Comment, refrén. la colère, (2.

— ÊTYM. £n I , et bouche.

EUBOUCUOIR (an-bou-choir), s. m. || 1* Le bout d'une trompette ou d'un cor qui s'applique à la bouche pour sonner. On dit aussi bocal. {| 2* Terme d'arquebusier. Pièce qui embrasse l'exlrémilé du bois et du canon d'un fusil de munition. || Nom de la troisième capucine du fusil de munition en comptant de la crosse, ainsi dite parce qu'elle reçoit d'abord le bout de la baguette. || 3* Terme de bottier. Synonyme d'embauchoir.

— IIIST. XVI* s. Mon ami, va remettre cette botte à l'embauchoir, je t'attendrai plutosl une heure, DEspER. Contes, XXV. |{ xvu* s. (au commencement du siècle) Après eulx [aux funérailles d'Henri IV] marchoient les haullsbois, trompetcs, fifres et tambours non sonnants, les embouchuirs de leurs instruments contre bas, fav. Th. d'honn. t. u, p. 180O, dans laci'rne.

— ÉTïM. Emboucher.

E.MBOl'CHURE («n-bou-chu-r^ , ». f. || 1* La partie d'un cor, d'une trompette, qui s'applique à la bouche quand on en veut jouer. || U manière dont on embouche certains instruments i vent. L'embouchure de la flûte Iraversière est difficile. Avoir une bonne embouchure, produire le son avec facilité et pureté. Il 2' Terme de manège. Synonyme de canon, partie du mors qui entre dans la bouche du cheval. Avoir diverses embouchures pour toutes sortes de chevaux. Il II se dit de la manière dont sa comporte la bouche du cheval. Car il [Pégase] est gai de sa nature. Fringant, délicat d'embouchure, la font. t. vi, p. 4 36, éd. Walckenaer. || 3° Ouverture d'entrée. L'embouchure de ce bocal est fort large. L'embouchure d'un fourneau. En un vase à long col et d'étroite embouchure, LA FONT. Fabi. I, 18. Il Terme d'artillerie. Ouverture de canon. On dit plus souvent bouche. Il Terme de fortification. Ouverture pour donner passage à une bouche k feu. || 4* Ouverture dans les terres par où un fleuve entre dans la mer, un cours d'eau dans un autre. L'embouchure de la Seine. L'embouchure du Danube se fait par cinq larges canaux dans le l'ont-Euiin, d'ablanc. Arrien, liv. i, cli. 2, dans richelet. M. Guglielmini trouve par cette méthode que le Danube, supposé horizontal & son embouchure, comme le sont presque tous les grands fleuves, du moins sensiblement, jette dans le Pont-Euxin, en une minute, près de 42 millions de pieds cubiques bolonais d'eau, pon- TEN. Cuglielmini. Ce grand fleuve [l'Orénoque] tire sa source des Cordillères, et ne se jette dans l'Océan, par quarante embouchures, qu'après avoir été grossi dans un cours immense par un nombre prodigieux de rivières plus ou moins considérables, BAYNAL, llist. phil. VII, 46. || Terme de marine. Entrée d'un port. || B* Le côté le plus large du pertuis d'une filière par où l'on commence à faire passer le lingot ou le fil de métal qu'on veut tirer.

— HIST. XV* s. [Montaigne] Est le chaslel le plus bel et le plus fort, séant sur la rivière de Gironde et près l'embouchure de la mer, fboiss.ii,ii, 42. Quiconque amènera es dites places et marchez bleds, farines ou autres graines, où il y ait emboucheure, c'est à sçavoir qui ne soient aussi suffisans et aussi bons dessous comme en la monstre, il perdra les denrées, Ordonn. des rois de Fr. t. u, p. 354. Il XVI* s. L'eau s'escouloit en la mer par une embouchure profonde et capable des plus grandes navires, amyot, Kartus, 26. Les Dardanes, autrement les chasleaui assis à l'embouchure du destroit,LANOUE, 445. U retira son bagage, qui avoit passé le pont, et prend place de combat à l'embouchure de la première arche, d'aub. Hist. u, 2»0. Impositions des rivières, droits d'embouchures, sully, Mim. t. m.

p. 4 48, dans LACURNE.

— ETYM. Emboucher.

t EMBOUCLÉ, ÉE (an-bou-klé, klée), adj. Terme de blason. Pièces embouclées, pièces garnies de boucles, telles que le collier d'un lévrier.

t EMBOUCLER (an-bou-kié) , r. a. Attacher avee une boucle. On dit plus souvent boucler.

HIST. XV* s. Si tost que les six pucelles vin-

drent devant les six chevaliers, chascun prenoitson cheval de lance royde armée de pennoncel joly qui incontinent fut embouclé sur ceulx qui altendoient qu'ils fussent receus, Perceforesl, t. iv, f 55.

— ÊTYM. £n 4 , et boucle.

t EMBOUDINUHE (an-bou-di-nu-f), *. f. Voy. EMBOniNURK.

EMBOUÉ, ÉE (an-bou-é, ée), part, posté. Emboué jusqu'à mi-jambe.

EMBOUER (an-bou-é), v. a. Salir de boue. || Terme de construction. Enduire de boue. Embouer une muraille. Il S'embouer, v. réfl. Se salir <ie boue.

— HIST. xii* s. Trez tuz enboez de tal [fange].

Th. iemarl. 463 Que la pense [pensée] ne soil en-

boée d'alcune tache de pechiet. Job, p.492. jjxm* i. Sans ses pieds gaires emboer, {aitose, 12020. Luxure emboe tout et gaste, et riens ne rince. Car en tous les eslaz mort ou acroiche ou pince , D'un duc fait ung vilain , et d'ung vilain ung prince, j. db meong, Test. 4806. Il XV* s. Il regarde l'escu du chevaUer; mais il estoit si emboué qu'il n'y eust point de cognoissance; dont print il de l'herbe, et lui torcha son escu, Percrforest, t. 1, f* 6». || ivi* s. La vilain, comme il a emboué ma paillasse de ses pieds I DESPER. Contes, viii.

— ETYM. En 4 , et boue.

EMBOUQUEMENT (an-bou-ke-man), ». m. Terme

de marine. L'entrée d'une passe étroite, d'un canal resserré entre deux terres.

— ETYM. Embouquer,

E:\in

EMB

EMB

EMBOUQUER (an-bou-ké) , v. n. Terme de marine. Entrer dans un canal ou dans un détroit, particulièrement en parlant de l'entrée des Antilles. Il Activement. Nous fûmes obligés de courir des bordées pour embouquerlecanal.CHATEAUB. /(m. II, 3.

— ÉTYM. Bn I . et banque pour bouche, ouverture. EMBOURBÉ, ÉE (an-bour-bé, béo), part. i>assé.

Enfoncé dans la bourbe. Je me sentis plus tôt au mortier embourlié, bêonier, Sat. xi. Le phaéton d'une voiture à foin Vit son cliar embourbé, la FONT. Fabl. VI, 18. i chaque instant, une voiture renversée, une roue engravée, un sevil cheval embourbé, un trait rompu arrêtait tout, sBOUR, Hist. de Napol. vi, 7. || Jurer comme un charretier embourbé, jurer beaucoup, avec emportement. |{ Fig. Embarrassé dans quelque affaire dont on ne peut sortir. Vous voilà cependant fortement embourbé, TH. CORN. Don llertr. de Cigaral, v, )2. || C'est la diligence embourbée, c'est une diligence embourbée, se dit ou d'un service qui se fait mal, ou d'une personne qui ne sait venir à bout de rien, qui n'avance pas.

t EMBOURBEMENT (an-bour-be-man), t. m.

L'action d'embourber; l'état de ce qui est embourbé.

— HIST. XVI» s. Embourbement, cotgravb.

— KTYM. Embourber.

EMBO0RBER (an-bour-bé) , v. a. \\ l' Engager dans un bourbier. Je fus mené par un postillon sourd et muet qui m'embourba de nuit auprès du Ouesnoy, st-simon, <*, i63. || Fig. Embourber quelqu'un dans une mauvaise affaire, l'y engager. Il î* S'embourber, v. rdfl. S'enfoncer dans un bourbier. Ce charretier s'est embourbé. A peine du limon où le vice m'engage. J'arrache un pied timide et «ors en m'agitant. Que l'autre m'y reporte et s'embourbe à l'instant, boil. Ép. m. Je ne veux pas salir mes pieds dans les chemins Où s'embourbe en marchant le troupeau des humains, LAMART./ocei. i, *t. Il Fig. Se perdre en des explications, en des contradictions. Il n'y a que quinze jours que je suis valet.... je m'embourbe de plus en plus, picard, Prov. à Paris, iv, 20.

— HIST. XVI* s. Pendant la pluie n'est possible loger [planter] commodément les arbres, à leur ruine la terre s'embourbant à l'entour des racines, 0. DE SERRES, 646. C'est injustice et inhumanité de secourir et redresser celui qui n'en a que faire et qui en vault moins ; j'aime à les laisser embourber et empestrer encore plus qu'ils ne font, et si avant, s'il est possible, qu'enfin ils se recognoissent, uomt. nr, B«.

— ÉTYM. Ent,et bourbe.

f EMBOURBER (an-bour-dé) , v. a. Ancien terme de marine. Soutenir avec des accores un bâtiment échoué.

— ÊTYM. En t ,et bourde, dans le sens de perche, pieu.

t EMBOURDIGUE (an-bour-di-gh') , t. f. Terme de pêche. Se dit de certains goulets qui séparent les différentes chambres des bourdigues.

+ EMBOURRAGE (an-bou-ra-j') , «. m. Action d'em bourrer.

— ÉTYM. Embourrer.

EMBOURRË, ÉE (an-bou-ré, rée), part, passé. Garni de bourre. Un fauteuil embourré. On dit plus souvent rembourré.

t EMBOURBEMENT (an-bou-re-man) , ». m. Action d'embourrer; résultat de cette action.

— HIST. XVI* s. Embourrement, cotgbave.

— ÉTYM. Embourrer.

EMBOURRER (an-bou-ré), v. a. Garnir de bourre. On dit plus souvent rembourrer. || Cacher, à l'aide d'un mélange de terre et de chaux, un défaut dans une poterie.

— HIST. XVI* s. Et à l'endroit de la dite oreille, sera embourré de cotton ou drap, pour cacher le vice.... PARÉ, vin, 29. Et seront les dits corcelets si bien appropriés et embourrés, qu'ils ne blesseront aucunement, id. xvii, 8.

— ÉTYM. En < , et bourre.

t EMBOURRURE (an-bou-ru-r'), t. f. Terme de tapissier. Ce qui sert à embourrer. L'embourrure d'une chaise. || Grosse toile qui couvre la matière dont le tapissier embourré certains meubles.

— HIST. XVI* s. Ceuk qui ont le corps graile le grossissent d'embourrures, mont, i, )70.

— ÉTYM. Embourrer.

EMBOURSÉ, ÉE (an-bour-sé, sée), port, passé. Mis dans la bourse. De l'argent emboursé.

t EMBOURSEMENT (an-bour-se-man), t. m. Action d'emb:)urser; résultat de cette action.

— ÉTYM Embourser,

EMBOURSER (an-bour-sé) , v. a. Mettre en bourse ; recevoir de l'argent. Nos héros de finance Emboursent l'argent de la France, volt. ;Épil. xix. || Fig.

Embourser des coups de bâton, en recevoir Et si

dans la province 11 se donnait en tout vingt coups de nerf de bœuf. Mon père pour sa part en emboursail dix-neuf, rac. Plaid, i, 5.

— HIST. XIII* s. Tex cuide [tel croit] gaaignierqui pert. Et autre enborse le gaain, «en. 2«88B. Cil enortent [exhortent] le mal â fere. Qui bien en sevent lor prou trere [tirer leur avantage], Et enborsent autrui avoir, l'b. <o»7). ||xvi* s. Si en tout le territoire n'esloient que trente coups de basions â guaignier, il en embonrsoit tousjours vingt huict et dcmy, rabel. Pant. iv, t«.

— ÉTYM. En i , et bourse.

f EMBODSER (an-bou-zé), v. a. Garnir de bouse.

— HIST. xiu* s. Et si ort et si embousé, J. de MEUNG, Tr. 343. || xvi* S. Le lescherse previentavec fiente de bœuf, de laquelle le bœuf est frotté par tous les lieux de son corps où il peut atteindre avec la langue; car, ainsi embouzé, l'amertume qu'il y treuve le garde de se lescher, 0. de serres, 297. Sa barbe est presque toute embousée, rab. Garg. i, 2.

— ÉTYM. En t, el bouse.

t EMBOUT (an-bou), s. m. Garniture de fer ou de cuivre qu'on met au bout d'une canne, d'un parapluie.

— ÉTYM. Eni, et bout.

t EMBOCTÊ, ÉE (an-bou-té, tée), part, passé. Garni d'unerabout.Unecannemalemboutée. || Terme de blason. Pièce emboulée, pièce qui se termine par une virole d'argent. Instrument embouté, instrument qui a l'extrémité d'un autre émail que le corps.

t EMBOUTEILLER (an-bou-tè-llé , il mouillées), V. a. Mettre en bouteilles. Embouteiller delà bière, de l'encre.

— ÉTYM. En 4 , et bouteille.

f EMBOUTER (an-bou té), V. a. Mettre un embout. Embouter un parapluie.

EMBOUTI, lE (an-bou-ti, tie), part, passid'emboutir. Une pièce de métal emboutie.

t EMBOUTIQUEMENT (an-bou-ti-ke-man). Action d'emboutiquer.

— HIST. XV* s. Et pour tenir ordre au faict desdits emboctiquements et fournissements desdits greniers et c^ambre3 à sel, lesdits saliniers salinans et marchands fournisseurs qui auront chargé, seront tenus de faire porter, charrier et mesurer le sel qui sera mis es dites nouvelles boutiques. Ordonnance, t janv. U97.

t EMBOUTIQUER (an-bou-ti-ké) , ». o. Terme de l'ancien monopole du sel. Mettre en boutique. Et seront tenus les dits propriétaires d'emboutiquer leurs sels nouveaux quatre jours après qu'ils auront été levés, Bail Gautier, 8 mars (860.

HIST. XV* s. Les saliniers salinans qui mettront

leurs sels dedans les greniers à sel, les vendront par tour de papier, c'est assavoir, qui premièrement emboutiquera, premièrement vendra, Ordonnance,

8 nOV. 4498.

— ÉTYM. En t, et boutique.

EMBOUTIR (an-bou-tir), «. o. |1 1* Travailler une plaqie lie métai au marteau et sur une enclume, de manière à la rendre concave d'un côté et convexe de l'autrp, comme une bassine, une casserole, etc. Il Former et travailler l'argent sur une petite machine qu'on appelle étampe. || 8* Terme d'architecture. Former des ornements en tôle, au marteau et au repoussoir. || Revêtir d'une garniture métallique une corniche , une moulure , etc. pour la garantir.

HIST. XVI* s. Il faut qu'à l'endroit qu'elles toucheront lesdites c.irnosités, elles [les chandelles, bougies chirurgicales] soient formées et embouties de la composition qui s'en suit, paré, xvi, 27.

— ÉTYM. Embout.

t EMBOUTISSAGE (an-bou-ti-sa-j'), s. m. Action d'emboutir; son résultat. Emboutissage bien exécuté.

— ETYM. Emboutir.

t EMBOUTISSEUR (an-bou-ti-seur) , ». m. Ouvrier qui emboutit.

— ÉTYM. Emboutir.

t EMBOUTISSOIR (an-bou-ti-soir), s. m. Grande machine au moyen de laquelle on donne à des plaques de fer unies les formes nécessaires pour en fairedivers ustensiles, tels que tasses, marmites, etc. legoarant.

— ÉTYM. Emboutir.

EMBUANCUEMEiNT (an-bran-che-man) , ». m.

Il 1° Division du tronc d'un arbre, subdivisée ordinairement elle-même en rameaux. || 2° Jonction de deux ou plusieurs routes. || Chemin partant de la

route principale et moins important. || Voie de fer qui m relie à une ligne principale. || Terme de géographie. Chaîne secondaire de montagnes ou do hauteurs qui se détache de la chaîne principale. Il 3* Ramification de tuyaux dans une distribution d'eau, de gaz, etc. || t* Terme de charpenterie. Pii'ce qui fait partie de la charpente d'un toit. || Pièce de charpente posée de niveau dansl'enrayured'un pavillon. Il B* Fig. Division principale d'une science Les embranchements de la physique. || Grande division établie dans l'un des règnes de la nature. Le règne animal se divise en quatre embranchements, qui sont : les vertébrés, les mollusques, les articulés, les radiés.

— ÉTYM. Embrancher.

t EMBRANCHER, v. a. Réunir des tuyaux, des chemins. On a embranché une voie de fer à la ligne principale. || S'embrancher, v. réft. Être embranché, former embranchement. C'est ici que les deux routes s'embranchent. Le chemin de fer de Versailles s'embranche sur celui de Saint-Germain.

— HIST. XIV* s. Les plus hault embranchés de gloire [ceux dont la gloire est comme un arbre à hautes branches], g. chastelain, Chron. du duc Philippe, proesme.

— ETYM. En I , et branche.

t EMBRAQUER (an-bra-ké), r. o. Terme de marine. Roidir. Embraquer une manœuvre. || Fig. dans le même langage. Finir, achever, en parlant d'un travail quelconque.

— ÉTYM. En I , et braquer.

EMBRASÉ, ÉE (an-brâ-zé, zée), part, passé. Il 1* Mis en feu. Un tison embrasé. Des charbons embrasés. Les Turcs entouraient cette maison toute embrasée, volt. Charles XI I, 8. Je vois ces murs sanglants, ces portes embrasées, id. Itérope, i, 4. Il Fig. Et des mêmes ardeurs dont il fut embrasé, corn. Ctnno, iv, e. Et d'un indigne amour lâchement embrasé, iD. Nicom. v, ). Quoi ! venir, embrasé d'une aveugle furie, Verser le sang des siens, ruiner sa patriel rotr. Anlig. iv, 4. Toujours de son amour votre âme est embrasée, rac. Phèd. u, 6. Il U se dit aussi quelquefois du courroux, de la passion, etc. 11 est vrai que des dieux le courroux embrasé Pour nous faire périr semble s'être épuisé, bac. Théb.v, 3. Il Racine le fils, dans ses Remarques, blâme cet emploi ; mais, figurément, un courroux, une passion peut être comparée à un tison. On en trouvera un exemple à l'historique : mautalent [colère] embrasez. || 2* Extrêmement chaud. Une atmosphère embrasée. Sous ce ciel embrasé j'ai suivi votre frère, ducis, ^bu^. i, 6. jj Fig. J'ai perdu temps, Seigneur, et cette âme embrasée Met trop de différence entre jlîmon et Thésée, corn. QPd. i, 4. Si mon courage est haut, mon cœur est embrasé, id. Cid, i, 4. Et pour dire à quel point mon cœur est embrasé, rotr. Vencesl.iy, «.Le langage du cœur est toujours fervent et embrasé, MASS. Carême, Prièrei. || 3* Livré au feu des discordes, des guerres. Toute la Franceélait embrasée de guerres civiles, Boss. Var. xii, § 2).

i. EMBRASEMENT ( an-brâ-ze-man) , *. m.

Il 1* L'action d'embraser; le résultat de celte action. Leurs yeux [des dragons] sont tout de flamme, et leur brûlante haleine D'un long embrasement couvre toute la plaine, corn. Tois. d'or, 1, 4. Un roi qui , non content d'effrayer les mortels, X des embrasements ne borne point sa gloire, rac. Iphig. m, 4. Qu'un incendie ne se terminait jamais qu'à l'embrasement de quelques maisons, au heu qu'un ressentiment.... PÉN. Philosophes, Heraclite. Il jette le baril à l'endroit où le feu était le plus violent.... il se trouve que ce baril était rempli d'eau-de-vie,... l'embrasement redoubla avec plus de rage, volt. Charles m, 6. On trouve, dans les mémoires de 4 7&7, les détails de l'embrasement spontané de grosses toiles imbibées d'huile et fortement serrées, CONDORCET, Bu/iamef. Et chantait sur un luth l'embrasement de Troie, LEGOuvé, Épich. et Nér. i, 4. Il Fig. Si vous pouviez voir quel embrasement ces huit jours ont allumé dans mon âme, ). i. rouss. Hél. 1, 3. Il 2* Désordres, troubles en un pays. Un verset échappé peut causer un embrasement général, BOSs. Lett. 268. Il arrêta cet embrasement naissant, flécbier, Commfndon, liv. m, 19, dans RicHELET. Un coup de canon en Amérique peut être le signal de l'embrasement de l'Europe, volt. Mœurs, 4 50. Et des embrasements d'une guerre immortelle Étouffer sous vos pas la première étincelle, id. ifohomet, I, 4.

— HIST. XII* s. Nostre espérance et nostre chariteiz enflammeie par tanz embrasemenz, st bern. 653. Il xm' s. Pire est cist maux [ce mal, l'amour] que fièvre ague; N'a pas retor quant on en sue; Ain»

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" grignor [plus grand] embrasement, Blancandin. La parole est embrasement dou saint esprit, Psautier, f <5*. Ueumont amena sa seror et son neveu par l'embrasement [instigation] du conte de Jaffe , Ilist. occid. des croùades, t. i, p. 443. Ly bourgois ne porra eslre agg rêvés sans jugement des eschevins, fors de murdre ou d'embrasement ou de homme occhis ou de larchin, tailliab , Recueil, p. (00. Il XIV' s. Après ce qu'il orent fet occision et embrasement, berciieure, ^ 50, reclo.

— f.TVM. Embraser; provenç. embraxamen.

1 2. EMURASKMENT (an-brit-ze-man) , s. m. Terme d'architecture. Synonyme d'ébrasement , qui est beaucoup plus usité.

i. EMBKASEH (an-br4-zé), t>. a. || 1° Mettre en

braise. Embraser une ville Et vous ne craignez

pas Que du fond de l'abîme entr'ouvert sous ses pas îl ne sorte à l'instant des feui qui vous embrasent, RAC. Alhal. III, 6. Il 2° Rendre extrêmement chaud. I,e soleil embrasait l'atmosphère. Une chaleur pénétrante brûlait nos yeui; un air dévorant, des cendres étincelantes.des flammes détachées embrasaient notre respiration courte, sèche, haletante et déjà presque suffoquée par la fumée, sEgur, Uist. de Napol. viii, 7. Il Fig. Exaller, échauffer. La religion les embrase d'un saint zèle. L'amour l'a embrasé de tous ses feux. C'est moi qui , les rendant l'un de l'autre jaloux. Vins allumer le feu qui les embrase tous, RAC. Uithr. v, l. Quand, sous le ciel d'amour, où mon âme est ravie. Je presse sur mon cœur un fantôme adoré. Et que je cherche en vain des parolej de vie Pour l'embraser du feu dont je suis dévoré, lamart. Harm. m, 3. || 3" Livrer à la guerre, à la ruine, au désordre. Embrasez par nos mains le couchant et l'aurore, rac- Mithr. m, t. Il 4" S'embraser, v. réfl. Prendre feu. Cette matière s'embrase facilement. || Fig. Si votre cœur ainsi s'embrase en un moment, corn, le Utnt. i, 2.

— HIST. XII* s. E s'alra [se courrouça] e embrasa selon le dit de la loi, hachab. I, 2. Ou cierge espris, ou lanterne enbrasée, Ronc. p. t67. Se il veist ses fiz e sa femme enterrer, E trestute sa terre ardeir eenbraser, Th. le mart. 1S3. Dune fu de tûtes parz mautalent [colère] enbrasez, t'b. I36. |{ xiu* s. Car amours m'embrase et atise, tay d^amourt, dans IDBINAL, t. II, p. <l>7. Et Esclas, qui est ainsi corne tos [tout] embrasés de l'amour à la damoisiele deslors qu'il le [la] vit, henri de val. xii. Et quant chil [ceux] qui Lyenart tenoient virent l'empereour embrasé d'ire et de mautalent, id. m. Quant la royne se esveilla, elle vit la chambre toute embrasée de feu, jomv. 286. Embraseras-tu la leue ire [ta colère] issi [ainsi] vers nosT Psautier, f" »7. || xiv s. E Diexl qu'est che d'argent? chiens [celui-là] lesot [sut] bien nommer. Qui argent [ardgent, brûle gent] l'apella : les gens fait embraser, Baud. de Seb. ii, 26. Il XV* s. La grande abondance de vertus qui estoyent en celuy vaillant homme, embrasa tellement les envieux contre luy que.... Soucie, m, *3. || xvi* s. Clermont essaia encores une fois deux barques embrasées [brûlots] sur les navires de Lansac, d'aub. Huit. Il, 30. Le roi estant à Lion s'embrasu d'une des plus apparentes femmes de la ville, m. ib. m, 331. Qui peult embraser son amede l'ardeur de cette vifve foy et espérance.... uont. i, 283. Alexandre assiegeoit une ville aux Indes; ceulx de dedans, se trouvants pressez, se résolurent vigoureusement à le priver du plaisir de cette victoire, et s'embraiserent universellement touts quand et leur ville, lo.

— ÉTYM. En t , et braise; provenç. embraser.

t 2. EMBnASER (an-bri-zé), ». a. Terme d'architecture. Synonyme d'ébraser, qui est beaucoup plus employé.

EMBRASSADE (an-bra-sa-d'), ». f. Action de ( deux personnes qui s'embrassent. Sophie pouvoit à peine suffire à toutes les embrassades et à tous les compliments qu'on lui fit, scarr. Rom. com. ii, (4. Mon importun et lui courant à l'embrassade, mol. Fâcheux, I, <. Ces affables donneurs d'embrassades frivoles, ID. Jfw. i, I. Cet homme-là avec ses grandes embrassades est un fourbe, ID. Pourceaug. ii, «. Mme Scarron a reçu votre embrassade, sÉv. 127. J'ai ma pipe et vos embrassades, Venez me donner mon congé, bérano. Vieux cap.

— HIST. XVI* s. Ce ne furent que salutations et embrassades, lanoui, 667. Trêves d'embrassades, d'aub. Yie, XXXV. Donne moy une embrassade, lo. t6.

— ETYM. Embrasser.

t EMBRASSAMT, ANTE, (an-bra-san, san-t'), adj. Il 1* Qui a l'habitude d'embrasser, qui aime à embrasser. Ces enfants ne sont pas embrassants. Il t' Terme de botanique. Se dit des feuilles et du

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pétiole quand leur expansion embrasse tout ou partie de la tige d'où ils sortent. Feuilles embrassantes. Feuilles rtemiembrassantes.

t EMBRA.SSE (an-bra-s'), i. f. Bande d'étoffe , ou ganse de soie, quiest attachée à une patère, et qui sert à tenir les rideaux drapés.

— ETYM. Voy. embrasser.

EMBRASSÉ, EE (an-bra-sé, sée), pari, passé. Il 1* Saisi entre les bras. La mère embrassée par ses enfants. Ils se tenaient étroitement embrassés. Ensanglantant l'autel qu'il tenait embrasiié, bac. Andr. m, 8. || Terme de botanique. Préfoliaison embrassée, se dit lorsque les côtés des feuilles, repliés l'un sur l'autre, sont recouverts par les deux côtés des feuilles précédentes pllées comme elles , par exemple : les iris ; demi-embrassée, lorsqu'un de leurs côtés seulement est contenu entre les deux côtés de la feuille opposée, par exemple : la saponaire. || Terme de blason. Ecu embrassé, écu parti, coupé ou tranché d'une seule emmanchure qui s'étend d'un flanc à l'autre. {| 2* Fig. Saisi par la vue, par l'esprit. Un vaste paysage embrassé du haut de la colline. L'ensemble de connaissances embrassé par cet auteur. Il Adopté, suivi. Des opinions embrassées avec ardeur. L'avis embrassé par l'assemblée.

EMBRASSEMENT(an-bra-se-man), s. m. || l'Action d'embrassur ou de s'embrasser. De tendres embrassements. De jouir de l'honneur de vos embrassements, corn. Nicom. ii, 2. De protestations, d'offres et de serments Vous chargez la fureur de vos embrassements, mol. Mis. i, t. Dans cet embrassement recevez mes adieux, sac. hithr. ni, t. Vous craindrez- vous sans cesse, et vos embrassements [d'Agrippine et de Néron] Ne se passerontils qu'en éclaircissements? id. Brit. I, 2. Les revoir [mes enfants] et mourir dans leurs embrassements, VOLT. Fanât, ii, 6. || 2" Au plur. Conjonction de l'homme et de la femme. Embrassements légitimes, illégitimes.

— SYN. embrassement, embrassade. Il n'y a entre ces deux mots d'autre différence, sinon que embrassade est du style familier, tandis que embrassement est de tous les styles.

— HIST. XII* s. Les joies durent longement, L'acoler et l'embracement, Que la mère vers son fil meine, Grégoirele Grand, p. 74. {| xvi* s. Tous deux au départir se baisant doucement, S'entredisent adieu d'un long embrassement, bons. 882.

— ETYM. Embrasser.

EMBRASSER (an-bra-sé), v. o. || 1* Serrer dans ses bras, caresse qui est souvent accompagnée d'un baiser. Il embrassa son père avec effusion. En arrivant, il embrassa sa femme et ses enfants. Mais il me traite en père, il me flatte, il m'embrasse, corn. Iléracl. V. 2. Lorsqu'un homme vous vient embrasser avec joie. Il faut bien le payer de la même monnoie, mol. Uis. i, ^. J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'élouffer, hac. Brit. iv, 3. J'allais, seigneur, pleurer un instant avec lui; Je ne lai point encore embrassé d'aujourd'hui, ID. Andr. i, 4. Il Formules de salutation épisiolaire. Je vous embrasse de tout cœur. Je vous embrasse tendrement. Il II se dit, par extension, de tout ce qu'on serre, saisit avec les bras, soit que les bras entourent ou n'entourent pas. Embrasser l'autel. Les uns avec transport embrassent le rivage, bac Uithr. iv, 6. Je cherche mon enfant avec des cris funèbres. Pleurant, rampant, hurlant, embrassant les ténèbres, Ducis, Rom. IV, 5. Il Embrasser les genoux, se mettre aux pieds de quelqu'un et lui serrer les genoux pour l'implorer. Seigneur, c'est donc à moi d'embrasser vos genoux, bac. Iphig. m, 6. Par le salut des Juifs, par ces pieds que j'embrasse, id. Esth.m, 6. Il Embrasser son écu, se disait du combattant qui empoignait plus fortement son écu pour se couvrir et atuquer. || Fig. Qu'un stoique [un stoicien]aui yeux secs vole embrasser la mort; Uoi je pleure et j'espère; au noir souffle du nord Je plie et relève latèie, a. cuEn. la Jeune captive. Dans toute sa grandeur j'embrassai ma misère, delà vigne, Paria, m, 4. || 2* Entourer, environner, en parlant des choses. Le lierre embrasse l'ormeau. La mer embrasse la terre. À l'ombre des lauriers qui l'embrassent la tête, malh. i, 4. [Draperie] Qui ne s'y colle point, mais en suive la grâce [du corps]. Et sans le serrer trop, le caresse et l'embrasse, MOL. Val-de-Grdce. |{ 8* Saisir par la vue, par le regard. Il embrassa rapidement tout le champ de bataiUe et donna ses ordres. Comme, en considérant une carte universelle, tous sortez du pays où vous êtes né et du lieu qui vous renferme, pour parcourir toute la terre habitable que vous embrassez par la pensée avec toutes ses mers et tous ses pays, Boss.

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Hist. Dessein général. Au delà de leur cours et loin dans cet espace. Où la matière nage et que Dieu seul embrasse, volt. Ilenr. vu, H. C'est en vain que ma vue De la terre et des mers embrasse l'étendue, Dt'Cis, Oscar, i, <. || Saisir par l'esprit. Aristote a embrassé l'ensemble des connaissances humaines de son temps. Il [la Uotlie le Vajer] a tout embrassé dans ses écrits, l'ancien, le moderne, le sacré, le profane, mais sans confusion, d'olivet, Hist. Acad. t. II, p. 137, dans potJGENS. Le compas d'Uranie a mesuré l'espace; ô temps, être inconnu que l'âme seule embrasse. Invisible torrent des siècles et des jours, THOMAS, Ode, le îcmpt. Il Saisir par l'imagination. Mon esprit embrassant tout ce qu'il s'imagine, cohn. Poly.m, t. Vous qui, de l'Asie embrassant la conquête. Querellez tous les jours le ciel qui vous arrête, bac. Iphig. n, ». Je voudrais embrasser un si doux avenir, iiucu. Oscar, I, 2. Et d'un bonheur prochain embrassez l'espérance, c. DELAV. Vépr. sicil. se. supprimée. || Saisir par l'exécution. Dans les grandes affaires, il faut tout envisager, et se contenter de ce qu'on peut exécuter avec succès, sans vouloir embrasser tout à la fois, BOLLiN , //i*<. on«. Œuvres, t. vm, p. 320, dans PODQENS. || 4° Adopter, suivre. Il embrassa les opinions des novateurs. Je veux, comme il souhaite, embrasser la douceur, tristan, M. de Chrispe, u, 7. Non, non, n'embrassez pas de vertu par contrainte, CORN. Wor. u, 3. Embrasse ma vertu pour vaincre ta faiblesse, m. ib. iv, 7. Impatients désirs d'une illustre vengeance.... Que ma douleur séduite embrasse aveuglément, lo. Cinna, l, t. U est ce que tu dis s'il embrasse leur foi, id. Poly. m, a. J'embrasse comme vous ces nobles sentiments, U). Rodog. I, 6. J'embrasse un bon avis, de quelque part qu'il vienne, id. Perthar. i, 4. U est temps de tourner du côté du bonheur. De ne plus embrasser des destins trop sévères, id. ib. iv, 6. Il n'embrassa point de secte particulière, mais il prit ce qu'il y avait de bon en chacune, d'ablancourt, Lucien, t. u, dans bichelet. Qui d'une sainte vie embrasse l'innocence Ne doit point tant prôner son nom et sa naissance, mol. Tart. u, 2. Il embrasse la religion chrétienne, boss. Hist. i, <o. Un autre secours encore, mais le plus efficace qu'il pût opposer à ses adversités, ce fut la dévotion solide, qu'il embrassa pour le reste de ses jours, et même, si cela se peut, avec quelque sorte d'excès, d'olivet, Hist. Acad. t. n, p. 92, dans poogens. Je chéris la vertu, mais j'embrasse le crime, volt. Brut. IV, 3. J'embrassai les vertus qu'exigeait mon malheur, id. Uérope, v, t. Je l'aimai, je connus ce premier esclavage Qu'embrasse avec transport une âme encor sauvage, c. delav. Porta, l, t.||Se charger de, se mettre du côté de. Vous saurez embrasser bien mieux son intérêt, corn. Hor. v, ». Je ne veux point douter que la vertu romaine N'embrasse avec chaleur l'intérêt de la reine, id. Nicom. I, *. Du timon qu'il embrasse il se fait le seul guide, id. Othon, m, 4. Il faut premièrement Me rendre un bon office, et nous verrons ensuite Si je dois de vos vœux embrasser la conduite, MOL. l'Étour.m, b. Régner et de l'État embrasser la conduite, bac. Phèd. m, i. Vous seul pouvez contre eux embrasser sa défense, id. t6. u, 6. Pour oser de ton peuple embrasser l'intérêt, id. Èslh. i, 4. Les vrais apôtres de notre Seigneur, selon la tradition de tous les Pères, afin de n'être occupés que de Dieu et de l'Évangile, quittaient leurs femmes pour embrasser le célibat, boss. Var.u, $ 26. Les Athéniens, commandés par Démosthène et Hippocrate, étaient entrés en Béotie, dans l'espérance que plusieurs villes embrasseraient leur parti dès qu'ils se montreraient, rollin, Hist. ane. Œuvres, t. m, p. 68< , dans pouGENS. Ayant pour cette dame, en quelque différend Et dans l'occasion, embrassé sa querelle, leoband. Roi de Cocagne, i, l. J'ose encore embrasser tes projets, tes malheurs, lkmebc. Agam. \y , 4. || Par extension , saisir, ne pas laisser échapper, k lui rendre service elle m'offre une voie Que tout mon coeur embrasse avec excès de Joie, cxiRN. Sertor. n, 6. J'ai embrassé cette occasion-ci de ma mettre à mon aise, mol. le Mar. (or. 12. L'occasion est belle, il la faut embrasser, RAC. Phid. V, t. Il S* Contenir en soi. Ce royaume embrasse plusieurs provinces. La chimie embrasse un vaste domaine. Un empire qui embrassait tant de nations, BOSS. Uist. m, «. Telle a été l'origine de ces fameux empires qui embrassaient une grande partie du monde, bollin, Hist. anc. Œuvres, t. i, p. s, dans pougens. || Confondre. Nous ne devons point la tirer [la censure de la comédie] des bornes qu'elle s'est données, l'étendre plus loin qu'il ne

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t^ut , et lui faire embrasser l'innocent avec le coupable, MOL. Prif. de Tart. || 6' Tenir, occuper, remplir. On voyait les colonnes russes se prolonger et se retrancher sur cette pente rase, d'une demi-lieue de rayon, d'où elles dominaient et embrassaient tout parleur nombre et leur position, séguh, Hist. de Napol. IX, 2. Il 7' Terme de manège. Un cheval embrasse lavolte ou, simplement, embrasse, quand ses pas embrassent l'espace d'environ un pied et demi. Il Embrasser bien son cheval, le serrer avec les cuisses pour être plus ferme. || 8° S'embrasser, V. réfl. Se presser dans les bras l'un de l'autre. Femmes, vieillards , enfants, s'embrassant avec joie, RAC. Àlhal. v, 8. || Proverbe. Oui trop embrasse mal étreint, se dit de celui qui, entreprenant beaucoup, réussit mal à chaque chose.

— REM. 1. Racine a dit : Et qu'affectant l'honneur de céder le dernier, L'un ni l'autre ne veut s'embrasser le premier, Théb. iv, se. dern. Le second vers est incorrect; on s'embrasse l'un l'autre, mais on n'est pas le premier à s'embrasser l'un l'autre. Il 2. On lit parfois dans les auteurs contemporains : il lui embrasse la main. C'est mal parler ; il faut dire : il lui baise la main. Embrasser c'est non appliquer la bouche, mais serrer dans les bras.

— mST. XI* s. Contre son piz puis si [ilj l'ad embracet, Ch. de Roi. eux. De son destrier le col il enbraçat, ib. ccl. || xii* s. Parmi les flans [il] le courut eiibracier, Ronc. p. «7. Ne sunt pas tilJesu, ainz sunttuitforslignié; N'erentuan [neserontcelte année], s'il poent , pur Deu crucifié; Mult enviz perdereient ço qu'il unt enbracié, Th. le mart. <27. E maistre Edwart Grim l'aveit forment saisi, Embracié par dessus, quant l'orent envaï, ib. <49. Il xiii" s. Sa fille [elle] a embracie, si la baise en la chère, Berte, xii. Et li troi serjan l'ont parles flans embracie [saisi] , ib. xxi. || xiv* s. L'utilité de sa curvation [de l'humérus) fu que il peust miei [mieux] embrachier les choses, H. de mondeville, f° 20, ferso. Il xv s. Si [le varlet] embrassa l'escuyer qui estoit travaillé de longuement combattre et le tourna et l'abattit sous lui à la lutte, fboiss. ii, m, ». Tant embrasse-on que chet la prise, villon. Bail. Le roy Gadiffer brocha premier, picquant des espérons son cheval, qui print à embrasser la terre comme un fouldre, Perceforesl, t. ii, ^ 46. Il ivi* s. Si vous avez prins garde au bransle de mes quatre saisons, elles embrassent l'enfance, l'adolescence, la virilité et la vieillesse, mont.i, 8S. Si nous embrassons la vertu d'un désir tiop aspre et violent, m. I, 22S. Nous embrassons tout, mais nous n'estreignons que du vent, id. i, 230. Si les princes et la cour du parlement de Paris veulent sans feintise embrasser l'oeuvre de la réconciliation, petit k petit elle se parfera, langue, 36. Faillir à embrasser l'occasion de faire un grand exploit, amtot, Pér. et Fab. comp. 7. 11 atendit le plus qu'il peut les ailes de sa gendarmerie pour embrasser le plus de pals, \D.llarcell. 8.

— ÉTYM. £n 4 , et bras; bourguig. ambrassié ; provenç. embrassar; anc. esp. embragar; ital. t)»bracciare.

t EM6RASSECR, EUSE (an-bra-seur, leû-z'), t. m. et f. Celui, celle qui a la manie d'embrasser à tous propos. Il S. m. Bande de fer qui embrasse les tourillons d'une pièce d'artillerie pendant le forage.

— ÉTYM. Embrasser.

t KMBRASSURE (an-bra-su-r"), s.f. Assemblage, à queue d'aronde, de quatre chevrons chevillés, qui , placés au-dessus du larmier d'une souche de cheminée, empêchent qu'elle ne s'éclate. || Ceinture formée d'une bande de fer, donton entoure un tuyau de cheminée, une poutre, une pièce de charpente.

— ÊTYM. Embrasser.

EMBRASURE (an-bra-zu-r'}, s. f. \\ i' Terme de tortification. Ouverture dans un parapet où l'on pointe le canon pour tirer sur l'ennemi. Je trouvai quelques vieux canons de vingt-quatre, placés aux embrasures d'un bastion gothique, chateaub. Ilin. ii,29i.||2° Ouverture dans le mur d'une habitation, encadrant les portes et les fenêtres. La ronce fait sortir ses cercles bruns de l'embrasure d'une fenêtre, chateaub. Génie, m, v, 5. || Biais donné à l'épaisseur du mur à l'endroit des fenêtres. Il m'a parlé dans l'embrasure de la fenêtre. || 3° La partie d'un fourneau où passe le cou de la cornue. || Au plur. Terme de métallurgie. Vides pratiqués dans le massif d'un haut fourneau.

— HIST. xvi's. Legrand-maistre se jette denuict dans le grand cavalier des Turcs par les embrasures larges, comme faittes pour doubles canons, d'àub. Hist. I, 245.

— £tym. Scheler y voit un substantif du verbe

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embraser, parce que Yembrasure est l'endroit où le canon s'embrase pour tirer. Mais comment concilier celte explication avec ébraser qui paraît de même radical?

t EMBRAYAGE (an-brè-ia-j'), s. m. Terme de chemin de fer. Action d'embrayer. || Appareil à griffes, à poulies folles, qui, dans les usines, permet de mettre en action ou de laisser en repos un outil, un mécanisme tributaire du moteur principal. Il Pièce d'embrayage, celle qui sert à embrayer, ou chacune de celles qu'on emploie pour embrayer.

t EMBRAYER (an-brè-ié), j'embraye, tu embrayes, il embraye ou il embraie, nous embrayons, vous embrayez, ils embrayent ou embraient; j'embrayais, nous embrayions, vous embrayiez; j'embrayai; j'embrayerai, ou embraierai, ou embraîrai; j'embrayerais, ou embraierais, ou embralrais; embraye, embrayons; que j'embraye, que nous embrayions, que vous embrayiez; que j'embrayasse; embrayant; embrayé, v. a. Rendre indépendant du reste de la machine un outil, un mécanisme. Il En un autre sens. Faire communiquer les différentes parties d'une machine compliquée, afin qu'elles fonctionnent ensemble. Par ce moyen on embraie très-facilement. Nouveau procédé pour embrayer. On avait embrayé trop tôt, legoarant.

— ÊTYM. Origine incertaine. Faut-il regarder comme étant le même mot embroier qui signifie engager en perçant (xui's. [Le sanglier] Quant voit l'espiel vers lui torner , Droit celé part aqeut [prend] sa voie , Si se fiert dedens et embroie ,Sicomecilqui mortnedoute. Que l'entraille lui perce toute, guill. DE PALERME), OU le vorbo embrayer qui signifie fixer, engager (xV s. Quant il fut au millieu de la planche, si voit celui qui tenoit le glaive pour le ferir parmy le corps, et il abaisse son glaive, et met l'escu devant luy; et quant 11 voit qu'il approuche, si s'efforce tant qu'il peult, si heurte l'escu, et embruye dedans, Lance lot du lac, t. i, fM54)? Cependant, malgré l'absence de renseignements, on peut supposer qu'emftrai/er est formé de en t et brayer, qui, dans la langue des métiers, signifie cordage, morceau de cuir propre il soutenir quelque chose (voy. ce mot).

j EMBRELAGE(an-bre-la-j'), s. m. Action d'embreler.

f EMBRELER (an-bre-lé. La syllabe &re prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'embrèle) , v. a. Fixer un chargement sur une voiture par des cordages.

— ÊTYM. En < , et brèle.

f EMBRELOQUÉ, ÉE (an-bre-lo-ké , kée), adj. Garni, chargé de breloques. L'abdomen embreloqué d'une demi-douzaine de cachets de montre, cli- (|uetant à chaque pas comme les sonnettes d'une mule, CH. DE BERNARD, la Peine du talion, § i.

— ÊTYM. En t , et breloque.

EMBRENÊ, ÉE (an-bre-né, née), part, passé. Enfant tout embrené. || Fig. On t'eût admise [à un bal royaliste] à cause de moi, qui suis la pureté même; car j'ai été pur dans un temps où tout était embrené, P. L. cour. Lett. n, <o».

t EMBRÈNEMENT (an-brè-ne-man), t. m. Action d'embrener; état de ce qui est embrené.

— ÉTYM. Embrener.

E&IBRENER (an-bre-né. La syllabe bre prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : il embrène, il embrènera).|| 1' V. a. Salir de bran. Mot populaire. Il ne se dit que des petits enfants. Il Fig. et par plaisanterie. La muse.... De miel vous embrène le bec, Régnier, Mac. || i' S'embrener, V. réfl. Se dit d'un enfant qui se salit. |{ Fij;. Se fourvoyer, s'embourber dans une mauvaise affaire.

— HIST. xvi* s. Enfans, poules et les coulombs [pigeons] Embrenent et souillentles maisons, leroux DE UNCY, Proi>. 1. 1, p. 2)6. Tant plus elle s'efforce de soy depestrer de la poix, tant plus elle s'en embrené, RABEL. t. m, p. 198, dans lacuhne. Le seigneur des Cars se trouva aussi embrenné avec luy, lequel fut aussi disgracié, brant. Cap. fr. t. lu, p. ( 49.

— ÉTYM. En t, et bran; bourguig. omtrcnat; picard, imbranger, barbouiller, noircir.

t EMBKÈVEMENT (an-brè-ve-man), », m. Terme de menuiserie. Manière d'entailler une pièce de bois, pour en rendre l'assemblage ferme avec une autre pièce. On trouve aussi embreuvement.

— ÊTYM. Embrever.

t EMBREVER (an-bre-vé. La syllabe bre prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : il embrève, il embrèvera), v. a. Unir deux solives par un embrèvement- faire entrer une pièce de bois dans une autre.

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— ÉTYM. Serait-il possible que la vraie orthographe fût embreuvement; et que embrever ou embreuver, par une figure hardie non extraordinaire dans les termes d'arts, se fût dit d'une pièce qui en abreuve une autre en s'y engageant?

t EMBRIDER (an-bri-dé), v. a. Mettre la bride. Il Vieilli. On dit aujourd'hui brider.

— HIST. XV' s. Chacun, en droit soy, croit le contraire, et qu'il est préservé et beneuré entre le» aultres: et qui mieulx le croit, mieulx est embridé, Les ti joies du mariage, p. 136.

— ÊTYM. En I , et bride.

t EMBRIGADÉ, ÉE (an-bri-ga-dé, dée), part, passé. Des régiments embrigadés. Des hommes embrigadés pour un coup de main.

t EMBRIGADEMENT (an-briga-de-man), ». m.

Il l' Terme militaire. Action d'embrigader les régiments; division par brigades. || Nom de la mesure par laquelle, pendant la Révolution , on fondit ensemble les régiments de ligne et les bataillons de volontaires. || 2' Organisation hiérarchique donnée à des agents par leur réunion en brigades. L'embrigadement des gardes champêtres. || Terme d'eaux et forêts. Réunion de trois ou cinq gardes. || 3° Enrôlement de gens pour quelque dessein.

— ÊTYM. Embrigader.

t EMBRIGADER (an-bri-ga-dé), v. a. \\ l' Distribuer des troupes par brigades; introduire des hommes dans le cadre d'une brigade. || Réunir deux régiments pour en former une brigade. || 2" Réunir des agents en brigades. || 3° Par extension, enrfller pour quelque dessein. Les chefs du complot sont parvenus à embrigader un grand nombre d'hommes.

— ÊTYM. En i, et brigade.

EMBROCATION (an-bro-ka-sion), s. f. Terme de

médecine. Action de verser lentement et par arrosement un liquide quelconque sur une partie malade.

— HIST. xvf s. Embrocation selon les Grecs, ou irrigation selon les Latins, est un arrousement, quand d'en haut, à la similitude de la pluye, l'on laisse distiller quelque décoction sur quelque partie. Aucunes fois nous imbibons le linge ou colton, et en touchant la partie nous faisons embrocation; toutesfois telle chose mérite plus tost le nom de fomentation humide que d'embrocation, paré, xxv, 30.

— ÊTYM. 'Eitêfoxh, arrosement, de iv, et ppo^^, de PpÉxtiv, mouiller; terme très-mal formé avec un mot grec et une terminaison latine.

EMBROCHÉ, ÉE (an-bro-ché, chée), part, passé. Traversé par une broche; mis à la broche. Les chairs au feu mugissaient embrochées, j. j. rouss. Ém. il.

t EMBROCHEMENT (an-bro-che-man), t. m.

Terme de cuisine. Action d'embrocher.

— ÊTYM. Embrocher.

EMBROCHER (an-bro-ché) , v. a. \\ !• Mettre de la viande à la broche. Embrocher un gigot. || Absolument. VatterviUe dit à l'hôte qu'il a assez d'appétit pour tout manger [le gigot et le chapon]; l'hôte n'ose répliquer et embroche, st-simon, (OU, 64. Il 2° Par extension et familièrement, embrocher quelqu'un, le percer d'un coup d'épée. [X des marmitons qui s'ébattent avec leurs broches] Et vous aussi, vous embrochez les chrétiens, vitet. Scènes hist. Les étals de Blois, se. t. || 3° S'embrocher, V. réfl. Se percer soi-même. Il se jeta sur son adversaire, et s'embrocha lui-même. Les deux adversaires s'embrochèrent l'un l'autre.

— HIST. XIV* s. L'en les trenche par tronçons, et sont embrochiés par hastelets, Ménagier, il, 6. Laver, embrocher et cuire longuement, ib.

— ÉTYM. J?n I, et broche; picard, embroker.

\ EMBRONCBER (an-bron-ché), v.a. Ranger des tuiles, des ardoises, de manière qu'elles s'embottent les unes avec les autres. || Terme de charpenterie. Engager des pièces de bois les unes sur les autres.

— HIST. XII* s. Ne sunt pas né del ciel, n'i unt lur vos [vœux] drecié; De terre sunt formé, vers la terre enbrunchié. Th. le mart. <27, || xiii* s. Es vos un vilain qui venoit Parmi la lande tôt à pié, En son chaperon enbrunchié, Ren. 13044. || xv* s. Et de ses mains me tenoit la teste et les yeux embranchez et estoupez, si que je n'avoye l'aise do veoir ni oyr, al. chartier, ÛEuires, p. 263, dans RAYNOUARD , Lcx. Et ostoit le dit monseigneur lo conneslable vestu d'une cappe de camelot, dedans laquelle il estoit fort embranché, jean de troïes, Chroniques, (476.

— ETYM. Picard, cmbrujner, couvrir; rouchi, embrunqué; Berry, embrunché, engagé dans de mauvaises affaires; provenç. embroncar, cacher, refrogner. L'ancien français embrancher , comme la provençal embroncar, a deux sens : caclier, voiler

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et penchm , d'où rendre triste, refrogné. Ces deux sens dérivent-ils l'un de l'autre T Dans le second sens, Diez est disposé à voir un dérivé de pronui, penché, par une forme pronicare ; pour le premier, il ne propose rien. L'étymologie reste 'n îffet incertaine; mais on remarquera que les gens de métier ont conservé ce mot, qui d'ailleurs n'a pas complètement péri dans le langage vulgaire; car les dictionnaires de cacologie signalent comme mauvaise la locution : ce chapeau vous embrunche. t EMBROUILLAMINI (an-brou-Ua-mi-ni , (i mouillées) , ». m. Synonyme de bronlllamini. Il y a au troisième acte un embrouillamini qui me dë|ilntt, et au cinquième il y a deui poignards qui me font de la peine, volt. Lett. d'Argenlal, it nov. 1760.

— HEM. Ce mot, condamné par plusieurs, est fait (l embrouiller, sur le modèle de brouillamini; il est d'ailleurs du langage famiIier(comparez

BROUII-LAMINI).

— Rtvm Embrouiller.

EMBllOUILLÊ, ÉE (an-brou-Ué, Wl'.e , Il mouillées, et non an-brou-yé), part, passé. Mis dans la confusion par le brouillement. Êcheveau embrouillé. Il Fig. Esprit embrouillé. Discours embrouillé. Et quand j'y suis bien embrouillé [dans mes pensées], RÉGNIER, Éptt. m. ïhémis n'avait point travaillé, De mémoire de singe , à fait plus embrouillé, la font. Fabl. II, 3. 11 faut un peu s'arrêter en cet endroit qui est le plus embrouillé de toute la chronologie ancienne, par la difficulté do concilier l'histoire profane avec l'histoire sainte, boss. Ilist. i, 7. Comme il avait la tète embrouillée de sommeil, HAMiLT. Grnmm. 3.

EMBROUILLE.^JENT (an-brou-lle-man, H mouillées, et non an-brou-ye-man), s. m. Action d'embrouiller; résultat de cette action. L'embrouillement des fils. Il Fig. Embrouillement d'affaires. Embrouillement d'idées. On a à craindre des embrouillements dans l'atTaire, boss. Lett. quiit. 387.

— ÊTYM. Emhruuiller.

EMBROUILLER (an-brou-llé. Il mouillées, et non an-brou-yé), v. a. \\ 1* Mettre de la confusion par le broiiillement. Embrouiller des brins de fil, des écheveaux. || Terme de marine. Embrouiller les voiles, les ferler ou les joindre ensemble. || Fig. Embrouiller une affaire. En embrouillant la question par des termes d'ôcole, pasc. Prov. U. Nous traiterons plus à fond cette matière; mais vouloir tout dire à la fois, c'est embrouiller un discours, boss. États d'orais. u , 26. Ses disciples ont fort embrouillé ses idées, ID. Lett. t77. 11 dissipait par les lumières de son esprit ce que la calomnie avait tâché d'embrouiller, FLÉciiiKS, t. II, p. 18. 11 fallait que sa rage à l'univers funeste Allât encor de lois embrouiller le Digeste, BOiL. Sa(. viii. Il Embrouiller l'esprit, la cervelle, y mettre la confusion , l'incertitude. Selon la saison Qui règne en notre humeur, les brouillards nous embrouillent, Régnier, Sot. ix. Des marauds dont le vin embrouillait la cervelle Vidaient à coups de poing une viedie querelle, corn. Suite du Uent. iv, 6. Choisis une heure propre à rentrer en toi-même, À penser aux bienfaits de la bonté suprême, Sanst'embrouillor l'esprit de rien de curieux, id. [mit. i, 20. Il y cherche [dans les textes] des difficultés et non pas des solutions, de quoi embrouiller les esprits , et non de quoi les instruire, boss. Var. i" avert. § 27. Il Embrouiller quelqu'un de quelque chose, l'en troubler. Voici mon vieux rêveur; fuyons de sa présence. Qu'il ne m'embrouille encor de quelque confidence, corn. la Suiv. v, ♦. || 2* S'embrouiller, V. réfléchi. Devenir embrouillé. Ces écheveaux se sont embrouillés, jj Fig. Perdre le fil de ses idées, et aussi s'embarrasser l'esprit. Répondras-tu pour lui [le prochain] de son peu de vertuT Ou, si c'est pour toi seul que tu dois rendre compte. Quels que soient ses défauts, de quoi t'embrouilles-tu? corn. Jmt(. m, 24. L'homme s'embrouilla souvent à furce de raisonner, boss. Ilist. u, t«. || Terme de marine. Se charger de vapeurs, de nuages, en parlant du temps.

— HIST. xvi* s. Vau» avez tellement embrouyllé cest eschcveau qu'on ne le peut desassembler , PALSGR. p. 484. u embrouilla tellement Aristides, qu'à la fin il le feit chasser et bannir de la ville d'Athènes, amyot, T/iem. tt.U cherchoit matière de nouvelles guerres, espérant que , s'il pouvoit embrouiller et irriter ces roys de l'Asie, mesmement Mithridates, il.... ID. Jfarim, 68. Sertorius, qui ne vouloit point s'embrouiller d'affaires, fut contraincl, pour la sûreté de sa propre personne, de preiidie les armes.... ID. Eum. et Sert. 3. Il y séjourna jusqu'à ce que 1ns affaires les plus embrouillez et plus troublez y fussent un peu 3( paisez, lo. Pomp. 30.

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Cette infinie et perpétuelle discordance d'opinions et de raisons qui accompagne et embrouille le vain bastiment de l'humaine science, mont. 11, 300. Elle [notre âme] s'embrouille et se trouble de cholere, despit , tristesse, joye, faisant des chasteaux en Espagne, crarron. Sagesse, i, 38.

— Rtym. Ent, el brouiller; espagn. embrollar; ital. imbrngliare.

t EMBROUILLECR, EUSE (an-brou-lleur, lleûz',/lniouillées), i.m. et^. Celui, celle qui embrouille, qui jette la confusion dans les choses dont il se mile.

— HIST. xvi» s. EmbrouiUeur, oudin, Dict.

— ÊTYM. Embrouiller.

t EMBRUGKR (an-bru-jé), V. a. Terme de magnanerie. Disposer des faisceaux ou des cloisons de bruyères ou d'autres plantes ligneuses et branchues, autour des vers à suie, afin qu'ils puissent monter dans ces bruyères et faire leur cocon.

— ÊTYM. En t , et bruyère (voy. ce mot).

t EMBRUlNft, fiE (an-bru-i-né, née), adj. Terme rural. Brûlé, giUé par la bruine.

— ETYM. £n < , et bruine.

EMBRUMÉ, ÉE (an-bru-mé, mée), adj. Chargé de brume. Un temps embrumé. L'orbe de la lune tout rouge se levait, dansunhorizon embrumé, d'une grandeur démesurés, bern. db s.-p. Paul et Virg. Un océan sauvage , des syrtes embrumées, c'est tout ce qui s'offre aux regards, chateaubr. Génie, m, V, 6.

t EMBRUMER (S') (an-bru-mé), t;. r('/I. Se charger de brume. Le ciel s'embrume, belvétius, cité dans les Diet.

— HIST. XVI" s Et les eaux embrumées D'orai-

ges, vens, naufrages et tempestes, J. mabot, v, 5». D'un roide cours les nues embrumées Va conduisant, qui petites fumées Semblent jetter, ro. iv, 43.

— ÊTYM. En t , et brume.

t EMBRUN (an-brun) , t. m. Terme de marine. Ciel couvert de brouillards. || Pluie fine qui résulte du vent ou du choc des lames.

— ETYM. En *,et brume.

t EMBRUNE (an-bru-n'), *. f. Un des noms vulgaires de l'airelle.

— ETYM. En i , eX brun, à cause de la couleur de ce fruit.

■j- EMBRUNI (an-bru-ni), ». m. Terme de marine. Synonyme d'embrun.

t EMBRUNIR (an-bru-nir), v. a. Rendre brun ou plus brun. |1 Terme de peinture. Peindre d'une couleur trop brune.

— HIST. XVI* s. Quelle langueur ce beau front deshonore? Quel voile obscur embrunit ce flambeau î BONS. 9». Puis alors que vesper vient

embrunir nos yeux, id. 3oo La passion que

nous engendre amour. Qui de la vie embrunit le beau jour, id. 638. Trois ou quatre fois à l'embrunir du jour U fit sonner le marteau sur ma porte,

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