‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 13 sur 388 · DÉBAN0DER (dé-ban-ké), v. a. Au pharaon · texte numérisé non relu

DÉBAN0DER (dé-ban-ké), v. a. Au pharaon

et dans d'autres jeux, gagner tout l'argent de celui qui tient le jeu et qui se nomme banquier.

— ÊTYM, Dé, et banque.

I DÉBANQUER (dé-ban-ké), || 1" F, n. Terme de marine. Quitter un banc et en particulier le banc de Terre-Neuve lorsque la pêche est achevée. || 2" V. a. Démonter les bancs d'une embarcation à rames.

— ÉTYM. Dé, et banc.

DÉBAPTISÉ, ÉE (dé-ba-ti-zé, zée), part, passé. Ce jeune homme débaptisé par ses camarades, c'està-dire à qui ses camarades ont donné un autre nom que le sien.

DÉBAPTISER (dé-ba-ti-zé), «, o, || !• Changer le nom de quelqu'un. || 2" F. réfl. Se débaptiser, se donner un nouveau nom. Oui diable vous a fait au.ssi vous aviser X quarante-deux ans de vous débaptiser? mol. Éc. de f. 1, l.\\ Renoncer à son baptême. Si l'on me prive de la belle Saint-Yves, sous prétexte de mon baptême, je vous avertis que je l'enlève et que je me débaptise, volt. Ingénu, 5. || Fig. et familièrement. Se faire débaptiser, renoncer à son baptême, c'est-à-dire accepter toutes les extrémités. Je me ferais plutôt débaptiser que de consentir à cela.

— ÊTYM, Dé, et baptiser.

t DÉBARBARISÉ, ÉE (dé-bar-ba-ri-zé, zée), part, passé. Tiré de la barbarie, 11 faut que nous lui ayons obligation d'être débarbarisés, volt. Letir. d'Argenlal, 4 8 août 4 762.

t DËBARBARISER (dé-bar-ba-ri-zé), v. a. ôler la barbarie, polir. Nos Welches du parterre, qu'on a eu tant de peine & débarbariser, se doutent trèsrarement si une pii^ce est bien écrite, volt. Lett. St-Lambert, 7 mars 4 769.

— ÉTYM. Dé, et barbariser.

t DÉBARBER (dé-bar-bé) , v. a. Couper les petites racines delà vigne qui tracent à la superficie du terrain.

— HIST, XVI" s On le desbarba de sa barbe

barbue, molinet, p. 474, dans lacuhne.

— ETY.M. D^.... préfixe, et barbe.

DÉBARBOUILLE, ÉE (dé-bar-lpou-llé, liée. Il

mouillées), part, passé. Un enfant débarbouillé.

DÉBARBOUILLER (dé-bar-bou-Ué, Il mouillées, et non dé-bar-bou-yé), v. a. || 1" ôter ce qui barbouille, nettoyer, laver le visage. Débarbouiller un enfant, || 2" Fig, et familièrement. Tirer quelqu'un (l'atfaire, le dégager d'un mauvais pas. || 3° F. réfl. Se débarbouiller, se nettoyer le visage. Allez vous débarbouiller. Je suis las de porter un vi.sage si laid, Et je m'en vais au ciel avec de l'ambroisie M'en débarbouiller tout à fait, mol. Amph. m, 40, Il Fig. De pygmées ils [les secrétaires d'État] étaient devenus géants, et s'étaient enfin débarbouillés de l'étude de notaire, st-sim, 342, 23i. Elle [la nation] commence à se débarbouiller; presque tout le ministère est composé de philosophes, volt, Letl.roi de Pr. 277, Il Populairement Débarbouille-toi comme tu pourras, tire-toi seul de cette affaire. Laissez-le se débarbouiller.

— rtiST. xn' t. Tant y », qu'estant débarbouillé il fut agréable à sou maistre, avancé depuis, et nommé le cardinal dell» Simia, d'aub. Conf. i, ».

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et barbouiller.

t DÊBARBOUILLOIII (dé-bar-bou-lloir, {I mouillées), 1. m. .;u DÉBARBOUILLOIRK (dé-bar-boulloi-r', Il mouillées), s. f. Serviette à déltarbouiller.

— ÊTYM. Délarbouiller.

DÉBARCADÉRE(dé-bar-ka-dê-r'),i.m. || l'Terme

de manne. Endroitd'une côte ou du quai d'un port qu'on peut accoster pour y débarquer hommes, animaux ou marchandises. Il 2* Sur les chemins de fer, lieu de départ et d'arrivée. On dit aussi eml»rcad?;re.

— ETYM. Voy. DÊhABQUEB.

DÊBARDAGE (dé-bar-da-j') , (. m. Action de débarder.

— ÊTYM. Débarder.

DÉBARDÉ, ÉE (dé-bar-dé, dée), part, passé. Do bois débanlé.

DÉBARDER (dé-bar-dé), o. o. IJl'Tirer du bois hors des bateaux ou des trains de flottage, et le porter sur le bord. || 2° Par extension, débarquer toutes sortes de marchandises. |{ 3" terme de forêt». Transporter des bois hors du taillis où ils ont été coupés, afin que les voilures n'y entrent pas. || 4" Déchirer des bateaux hors de service.

— HIST. xvr s. Lors eussiez veu graos courciers desbarder, Haulx appareilz getter pour mieulx s'ayder, J. MABOT, V, 433.

— ÊTYM. Dans l'exemple de J. Marot, l'étymologie est évidemment de, et barder; il est prob.ible que les autres sens en proviennent, le sens de debarder (ôter la barde) s'étant étendu à ôter toute autre chose; cependant, pour ces autres sens, on pourrait aussi conjecturer de et bard, sorte de civière.

DÉBARDEUR (dé-bar-deur), ». m. Ouvrier qui débarde. || Se dit, en carnaval, d'un costume semblable à celui des débardeurs de bois, et de celui qui porte ce costume.

— ÉTY-M. Débarder.

DÉBARQUÉ, ÉE (dé-bar-ké, kée), part, passé. Il 1° Mis hors d'un vaisseau et à t' rre. L'artillerie débarquée rapidement. ||2°Par extension, nouveau débarqué, se dit d'un homme qui arrive récemment d'un lieu. Je me suis avisé de me servir de toi, k cause que tu es nouveau débarqué de Sicile, bbuets. Muet, I, 2. Il On dit dans le même sens, fraîchement déliarqué. jj Substantivement. Crécy était un homme sage et mesuré, sous des manières qui sentaient plus l'étranger et le nouveau débarqué que le Français, ST-SIM. 27,60. On dit que les femmes coquettes, Pour faire réussir leurs pratiques secrètes. Des nouveaux débarqués s'informent avec soin Pour leur dresser exprès quelque piège au besoin, reqnabd, llénechmes, ii, 4.

, DÉBARQUEMENT (dé-bar-ke-man) , t. m. || i" Ac- I tion de débarquer, de mettre à terre des passagers, I des marchandises. On jette l'ancre toutes les nuits, ' et le débarquement se fait où l'on est le moins at- [ tendu, BAYNAL, Hist. phil. v, 22. || Troupes de dé- I barquement, troupes mises à bord des vaisseaux ! ])our être débarquées sur un point et y agir. Une flotte nombreuse, destinée contre Québec et qui portait cinq ou six mille hommes de débarquement, entre l'année suivante dans le fleuve St-Laurent, BAYNAL, Hist. phil. XV, 4 4. 112'' L'action d'une personne qui débaïque. Il futarrèté à son débarquement.

— ETYM. Débarquer.

DÉBARQUER (dé-bar-ké), !| !• V. a. Faire sortir d'un navire, d'un bateau, mettre à terre des passagers, des troupes, des marchandises. Les équipages débarquèrent rapidement sur la côte d'Afrique l'armée qui fit la conquête de l'Algérie. M. de iMiàteaii-Renaud a débarqué beureuseiiient en Irlande ses troupes, ses armes et son argent, sKv. 25 mai 4689. Il 2" V. n. Quitter un navire, descendre à terre. Les passagers débarquèrent heureusement, malKré une grosse mer. || Par extension, arriver. On ne pouvait compiendre qu'une jeune créature, débarquant de la campagne droit à la cour, en devînt sitôt l'ornement par ses attraits et l'exemple par sa conduite, hamilt. Gramm. 9. À peine es-tu débarqué que tu tournes la tète à de jolies filles, mabi- VAUX, Pays. parv. t. i, 4" part. p. 47, dans pou- QENS. En Bourgogne je débarquai. Pour la chanson climat propice; Nous trouvons, buvant sur le quai. Le vieux mari de ma nourrice, bSbang. Nourrice. Il Substantivement. Au dtbarquer, dans le temps même du débarquement, de l'arnvée. || 3* Se débarquer, t. réfl. On se débarqua, on nous couvrit le visage d'un voile, scabron, iiom. com. a, 44. Inusité aujourd'hui sous cette forne.

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— HlST. XVI' S. Ils se liioiit passer le liras de mer pour Tenir joindre leurs compapnons qui se desembarquoient à St Michel, d'aub. Hist. u, 27*. Trois illes de la reine.... le regardant comme un nouveau «embarqué, voulurent le turlupiner sur ses habillements, ID. Hist. secrète de sa vie, t. i, p. 30, Co- .ogne, t729.

— ÉTYM. D(.... préfixe, et barque. Déscmharquer est tombé en désuélude : « Débarquer est plus doux et plus en usage que d^iemborquer,» dit vaugelas.

DËBARRAS (dé-ba-rJ; Vs se lie), s. m. Terme familier. Délivrance de ce qui embarrassait. Les voilà partis, c'est un grand débarras. Si je m'étais noyé, le bon débarras pour moi et pour les autres, cha- TEAOB. Voy. Amir. 308.

— REM. Débarras est quelquefois employé pour lieu de décharge; c'est une mauvaise locution.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, iibarre, par l'intermédiaire d'un augmentatif barras.

DËBARRASSË, ÉE (dé-ba-ra-sé, sée) , part.passé. Oui n'est plus embarrassé de. Débarrassé de ses liens. Il n'est rien de plus beau que ces tendres pensées, Du commerce des sens si bien débarrassées, MOL. Femm. sav. iv , ) l . Un cœur débarrassé des soi ns de l'avenir, CHÉBILLON, Xerxès, i,l. || Être débarrassé de quelqu'un, n'.Tvoir plus autour de soi quelqu'un qui était à charge ou qui gênait. Mais il n'est rien d'égal au fâcheux d'aujourd'hui ; J'ai cru n'être jamais débarrassé de lui, mol. Fdch. i, l. Si j'avais refusé le baron, ma mère, qui voudrait être débarrassée de moi, ne me l'aurait jamais pardonné, Marivaux, ilarianne, 9* part. t. lii, p. 366, dans pougens. Que tout l'or du monde périsse et que je sois débarrassé de lui, BEAiiMABCH. Uèrecoup. v, 4.

t DÉBARRASSKMENT (dé-ba-ra-se-man) , t. m. Action de débarrasser.

— ETYM. Débarrasser.

nÉKARRASSER (dé-ba-ra-sé) ,v. o. || 1" ôter ce qui embarrasse, au propre et au figuré. Débarrasser la voie publique. Cette nouvelle Ta débarrassé d'une grande inquiétude. Mais je veux de mon doute être débarrassée, RAC. Athal.n,e. 11 ne fallait sans doute que l'embarras d'un défilé, quelques marches forcées ou une boutade de cosaques, pour nous débarrasser de tout cet attirail [les bagages de l'armée sortant de Moscou] ; mais le sort ou l'ennemi avaient seuls le droit de nous alléger ainsi, sÉGua, Hist. de Nap. IX, <. Il Par plaisanterie. Des voleurs le débiirrassèrent de son argent. Considérez que nos guerres civiles avaient fait verser en Franc" les trésors du Mexique, lorsque Philippe II voulait acheter la France, et que depuis ce temps-là les guerres étrangères nous ont débarrassés de la moitié de notre argent, volt. l'H. aux 40 écus, Préambule. \\ Débarrasser de quelqu'un, délivrerdequelqu'unenl'écarlant, l'éloignant ou même le faisant mourir. || 2° Se débarrasser, V. réft. Se délivrer de ce qui embarrasse. Se débarrasser de ses créanciers. Et se débarrasser du fatal vêtement, lemerc. Electre, n, *. Heureuse donc et infiniment heureuse la puissance qui, la première, se débarrassera des entraves, des taxes, des prohibitions qui arrêtent et oppriment partout le commerce, HAYNAL, Hist. phil. XIX, 6. Il Se débarrasser de quelqu'un, éloigner de soi quelqu'un qui gène ou est à charge, et aussi le faire mourir.

— ÉTYM. Débarras.

DÉBARRÉ, ÉE (dé-ba-ré, rée), port, passé. Les portes ayant été débarrées.

DÉBARRER, (dé-ba-ré), v. a. || 1° Ôter la barre. Débarrer uue porte. || 2° Terme de musique. Débarrer un violon, en ôter l'âme, qui est une petite pièce de bois dont la table est soutenue. {| 3° Terme d'ancienne pratique. Lorsque les juges d'une chambre étaient barrés, c'est-à-dire lors((ue les avis s'étaient également partagés, le procès était porté dans une autre chambre, qui sur l'exposé des raisons donnait l'arrêt; cela s'appelait débarrer.

— HIST. XII* s. Les uis ad il meesmes overtedesbarez, Buta le pueple ariere, qui i ert asemblez Pur vcer l'aventure.... Th. le mort. U7. ||xvi' s. Incontinent que l'aube jour-apporte Du grand Olympe eut desbarré la porte, rons. 8<7.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et barre.

t DÉBARRICADER (dé-ba-n-ca-dé), v. a. ôter les barricades.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et barricader.

i DÉBASSAIRE (dé-ba-sê-r") , s. f. Nom d'une sorte de mésange.

DÉBAT (dé-ba; le t se lie : un dé-ba-t éloquent; au pluriel, l'j se lie : des dé-ba-z éloquents; débats rime avec pas, appâts, etc.), s. m. || 1° Différend dans lequel de part et d'autre on allègue des paroles ou des raisons. La débat fut violent. Du crime glo-

rieux qm c:insn nos débat.-,, corn. Ci'.!, ii, 9. Afin d'être témoin comme, après nos débats, Je chéris sa mémoire et venge son trépas, id. Pomp. m, 4. Il veut sur nos débats conférer avec moi, id. Scrtor. i, 4. Mais il est temps qu'un mot termine ces déliats, ID. ib. in, 4. Petits princes, videz vos débats entre vous; De recourir aux rois vous seriez de grands fous; Il ne les faut jamais engager dans vos guerres. Ni les faire entrer sur vos terres, la font Fabl. IV, 4. Vous avez bien d'autres affaires X démêler, que les débats Du lapin et de la belette; Lisez-les, ne les lisez pas; Mais empêchez qu'on ne nous mette Toute l'Europe sur les bras, id. Fab. viii, 4. N'entends-tu point comme ils sont en débat? m. Berc. Vainqueurs de nos débats, nous marchons réunis, volt. Brutus, ii, 2. Kt quand ces longs débats qui troublèrent nos jours.... ID. Tancr. i, 3. Je m'attendais à des débats, à des objections sans nombre; et je la trouvejuste, bonne, généreuse, beaum. iUre coup, m, 9. || Fig. i eux, entre eux le débat, c'est-à-dire je ne me mêle pas de leur contestation, qu'ils s'arrangent entre eux. Je laisse entre vous ce débat, SÈV. 9 août t67t. || 2° Action de débattre, de discuter. Le peuple en corps avait le débat des affaires, MONTESQ. Espr. u, 6. || Débat de Compte, discussion entre deux intéressés sur un article de compte. Il %' Au plur. Discussions des assemblées politiques. Les débats du parlement anglais. Cet orateur était l'aigle de nos débats. || Terme de palais. La partie de l'instruction judiciaire qui est publique, y compris les plaidoiries. Ouvrir, fermer les débats. Le président a résumé les débats avec beaucoup d'impartialité. Il 4i4 st'nff. Consultez-vous; demain, si le débat commence.... Moi-même du forfait j'établirai la preuve, m. j. chên. Tibère, m, s. || Ce mot est employé comme titre de journaux. Le Journal des Débats politiques et littéraires, ou. simplement, les Débats.

— HIST. XIII' s. Noz avons veu plusors debas de cix [ceux] qui estoient ajorné, par devant lor segneur, à requeste d'autrui, beauh. 64. Noz avons veu moult de debas, es bones viles, des uns contre les autres, si comme des povres contre les rices, ID. L, <5. Quant nous feumes là et les Turs s'en furent partis, les Sarrazins qui estoient en la cité, se desconfirent et lesserent la ville à nostre gent sans débat, joinv. 278. || xiV s. Le jour que li mesquiés [méchef] fu pour vous aparans, Ou palais àNimaie, oii li debas fu grans. Je me misen la mer... Baud. deSeb. iv,6tB. ||xv' s. Au commandement du comte [de Flandre] couvertement Jean Lyon prit paroles et déliât à lui [un homme de Gand ennemi du comte]

et l'occit, FROiss. n, ii, B2. jj xvi' s Là où on

oit, par manière d'esbat. Sur les beautez chacun jour maint débat, marot, iv, <07. Qui cherche argent cherche débat, La farce du poulier, dans le rolx de hnct, t. II, p. 489. U leur semble faire bien les modérez et les entendus, quand ils quittent aux adversaires aulcuns articles de ceulx qui sont en débat,

— ÉTYM. Voy. débattre; provenç. débat; espagn. et portug. debate; ital. dibatto.

DÉBÂTÉ, ÉE (dé-bâ-té, tée), port. poss^. X qui on aôté son bât. Un âne débâté. || Fig. C'est un âne di-bâté, c'est un homme très-porté aux plaisirs de l'amour.

t DÉBATELAGE (dé-ba-te-la-j') , s. m. Décharge des bateaux, des navires.

— ÉTYM. Débateler.

t DÉBATELER (dé-ba-te-lé. La syllabe tel double l'J, quand la syllabe qui suit est muette : je débatelle), V. a. Faire le débatelage.

— ETYM. Dé.... préfixe , et bateau.

DÉBÂTER (dé-bâ-té), «. o. Ôter le bât.

— HIST. xvi' s. Ce bon frère estoit tousjours joyeux et brusque comme un petit asne debasté, langue, B37. Comme un grand asne desbaté, marot, m, 229.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et bâter.

t <. DÉBATIR (dé-bà-tir) , ». o. Démolir ce qu'on a bâti. Quelle rage est la sienne de bâtir et de débâtir? SÉV. 6(8.

— HIST. XVI' s. Lors l'unique remède gist au refaire, à quoi l'adresse des serves [regards d'aqueduc] vous servira à ce que, ne desbastissant de l'aqueduct que ce qu'il sera force, la réparation nécessaire en sera de moindre despense, o. de serres, 769.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et bâtir 4.

-f 2. DÉBÂTIR (dé-bâ-tir) , t). o. ôter les bâtis d'uu corsage. Corsage débâti.

— ETYM. Dé.... préfixe, et bâtir 2.

i DÉBATTABLE (dé-ba-ta-bl') , adj. Qui peut être débattu.

— HIST. XVI' S. Des erreurs contestées et debattables, mont, i, 122.

— ÉTYM. Débattre.

rf-IUrrni-: (.lé-ba-tr'j, ja débats, tu débals, il débat, nous débattons, vous débattez, ils débattent; je débattais; je débattis; je débattrai ; je débattrais; débats, qu'il débatte, débattons; que je débatte, que nous débattions; que je débatti.çse; débattant; débattu. Il 1° Se débattre, v. rifl. S'agiter vivement, faire de grands efforts pour résister, pour se dégager. Quoique la victime se débatte devant les autels, Boss. II, Aimonc. 3. Je l'ai vu dans leurs mains quelque temps se débattre, bac. Aridrom. v, s. Le poisson commença à faire quelques mouvements et à se débattre à ses pieds, sact. Bible, Tobie, VI, 4. || Fig. Les papes se sont débattus contre l'authenticité de ce canon, volt. Phil. m, 377 Les sauvages se débattent fort peu contre la mort, j. j. Kouss. Ém. II. On ne lui répondit pas [à l'em pereur] ; il était évident qu'il ne cherchait pas d» conseils; on voyait qu'il s'était tout dit à lui-même qu'il se débattait contre ses propres réflexions, et que, par ce torrent de conjectures, il cherchait à s'en imposer et s'efforçait d'entraîner ainsi dans ses illusions les autres et lui-même, ségur, Hist. de Napol. VI, 6. Il 2° Se débattre, avoir un débat avec quelqu'un. Us se sont longtemps débattus entre eux. Il Fig. Se débattre de la chape à l'évêque, disputer à qui appartiendra une chose que n'a ou n'aura aucun de ceux qui se la disputent. || 3° V. a. Lutter pour, disputer, contester. Il faut débattre encore une palme gagnée, thistan, ilort de Chrispe, m, 2. Cet heur injustement lui serait débattu. Et le grade éminent est peu pour sa vertu, rotrou, Bélis. II, 7, Le Thermodon avu seoir autrefois Des reines au trône des rois; Mais que vit-il par qui soit débattu Le prix à ta vertu? malh. m, 4. Ce titre [d'hommes pieux] par aucun ne leur est débattu, mol. Tart. i, 6. ||Se dit de deux ou plusieurs personnes qui soumettent une chose, un point à une contestation. Débattre le prix d'un objet. Débattons d'abord ce point. Il faut débattre les faits. Les autres peuples intéressés y envoyèrent aussi leurs députés, et l'affaire fut débattue devant le peuple, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. v, p. 602, dans pougens. ....Avant que de nous battre, Messieurs, il est un point qu'il est bon de débattre, collin d'hari.ev. M. de Crac, se. 22. || Absolument. Avoir une contestation. Et bien qu'avec les dieux on ne doive débattre.... RÉGNIER, Élég. (. Je l'empêche, on débat, et je fais tellement Qu'enfin il se réduit à son bannissement, CORN, itédée, i, t. Amusez-le du moins à débattre avec vous, id. Nicom. v, 5. || Se débattre , D. réfl. Être débattu. Cette question se débat en ce moment. || Proverbe. Il .se débat comme un procureur qui se meurt [qui a peur d'être damné],

— REM. Le sens propre, ne s'étant conservé que dans la forme réfléchie , a obligé de mettre cette forme la première; puis de faire suivre la forme active qui est un sens dérivé et figuré.

— SYN. débattre, discuter. Comme débattre est composé de battre, il implique quelque chose de violent qui n'est pas dans discuter. Débattre suppose plus de chaleur et d'emportement; discuter plus de réflexion. Aussi débattre ne se dira guère des choses générales, des causes théoriques qui émeuvent peu; c'est discuter qui y convient. Mais il se dira des questions et des causes qui touchent et qui passionnent. Une discussion peut être froide ou languissante; des débats sont toujours animés.

— HIST. XIII' s. Li faucon qui ont tout enduit So débattent pour la rivière, l'Escoufte. Neis Tulles, qui mist si grant cure En cerchier secrés d'escripture, Ne pot tant son engin debatre Qu'onc plus de trois père [paires] ou de quatre.... la Rose, 6423. Quant j'oi [j'eus] Kaison bien entendue Qui pour noient s'est debatue : Dame, fis-ge.... t'b. 4374. Et por ce ne doit nus estre oys en debatre testament, s'il ne sont damacié par le fet du testament, beaum. xii, (6. Debatre [ils] poent le [la] justice, et convient qu'autres juges lor soit bailliés, id. xxxiv, 34. Et adont, se le [la] partie qui fist ajorner veut debatre tantost et dire... id. 66. La si.sime [sixième] manière de proeve, si est quant aucunes raisons sont proposées en cort, et eles ne sunt niées ne debatues de parties, id. xxxiv , 9. Devant qu'il fet cel serement, il n'est pas à rechevoir, se partie le débat, id. v, 2. Li chevaliers debati que li escuiers n'eust pas tel capel, ne glaive, ne escu, id. lxi, 63. Et tant que une chance fu un jour debatue. Le sénateur lui dit que il l'avoit perdue, jubinal. Jeu de des, t. u, 233. Il xiv s. Qui plus demandera, nous le debatterons; Et qui nous assaudra nous nous defenderons, Gtœscl. 2(464. Vostre conseil pas [je] ne debal, Ains le vueil du tout acomplir, bruyant, dans alertagier, U u, p. 34. || zv* s. Quoi que je die ni monstre

DÊB

en ce parlement, quand tous les navieurs seront venus et Jean Lyon fera sa demande, si la debatez, et je me feindrai, fhoiss. h, ii, f>vs. Kt se debatoit à soy-mesmes s'il yroit ou non, comm. i, 3. || ïvi' s. [Jupiter] De son grand chef fit bransler et debatre L'horrible poil, duquel, par son pouvoir, Fait terre et mer et estoiUes mouvoir, marot, iv, 2«. Mon cueur, pourquoi t'esbahis oresT Pourquoi te desbats dedans moiî m. iv, 286 qui me fit la supplier mettre la main sur mon cœur, pour voir comme il se dosbattoit.... il se print à desbattre et tourmenter si fort, qu'elle sentoit que je disois vérité, maro. Nouv. LVii. Nous voyons les chevaux hennir et se desbattre en songe, mont, i, 40(. 11 amusa ainsi tout un jour ce sot à desbattre, m. i, <46. Sur la jalousie de leur apprentissage, ils [lesrossignolsl se desbattent à l'envy, d'une contention si courageuse que par fois le vaincu demeure mort, lo. il, 4 74. Un musicien contre lequel il dosbattoit de son art, in. I, 289. C'est religion de débattre des ordonnances d'Aristote, ID. ii, 284. On veoid jusques aujourd'huy les dieux de la médecine se débattre de nostre anatomie, ID. Il, ai7. Il falloit que l'on recourust tousjours aux juges, et que presque toutes questions fussent debatues devant euli, amïot, Solon, 3). Mais quand le sentiment du feu fut passé jusques à la chair vifve, adonc commencèrent les bœufs à se debatre, et à secouer leurs testes, id. Fab. *T- Ils apperceurent sur le rivage le roy Dejotarus, qui se debatoit à leur faire signe qu'ilz le receussent aussi, ID. Pomp. t04. Personne ne débat que le vice soit à éviter et à haïr sur toutes choses, ciiARnoN, Sagesse, II, 3. Puisque j'ay ce point, qui ne me peut estre debatu, chouebf.s. Contes, t. i, Uatinée 8. Tout bien debatu, se trouvera qu'il n'y a rien dissemblable pour ce regard, moei. du fail, Contes d'Eutrap. ch. 22.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, eibattre; provenç. desbatre, debatre; espaga. debatir; portug. debater; ital. dibattere. Le sens propre est battre de [à et de là, i^ns conservé uniquement dans le verbe réfléchi.

DÉBATTU, XIE(d6-ba-tu, tue), part. passé de débattre. Livré à contestation. Une question vivement débattue. Quels sont les points débattus entre les deux partis ? PASC. Prov. f . L'abbé deVoucald, qui fut présent à la conférence, a rédigé par écrit avec beaucoup de netteté et de jugement les points débattus et les passages qu'on employa de part et d'autre, boss. Yar. XI, § 78. Il Kig. Tout débattu, après avoir examiné la chose de tous les cô tés. Tout débattu , tout bien posé, Les âmes des souris et les âmes des belles Sont tiès-diiïérentes entre elles, la font. Fabl. ix, 7.

DÉBAUCUE (dé-bô-ch'), s. f. |{ 1° Excès condamnable dans le boire et le manger. Verville fut un grand quart d'heure à réveiller son valet breton, qui avait fait la débauche, scakron, Uoman corn, i " part, ch. <B. Et tu prétends, ivrogne, que les choses aillent toujours de même?... que j'endure éternellement tes insolences et tes débauches? mol. Médecin malgré lui, 1, 1. Il ne manque à leur débauche que de boire de l'eau forte, la bruï. vm. || 2° Excès inaccoutumé de table, partie de table. Ils aiment à faire de temps en temps une petite débauche. La Voisin [célèbre empoisonneuse] eut la question ordinaire et extraordinaire.... elle soupa le soir et recommença, toute brisée qu'elle était, à faire la débauche avec scandale.... Le mercredi se passa de même en confrontations et débauche et chansons, SÉV. 407. Il Être en débauche, se livrer à quelques excès ou parties de table; et fig. Une raison malade et toujours en débauche [c'est-à-dire qui n'est jamais réglée], mol. VÉtour. 11, 44. || Fig. Excès. Vous n'y ferez pas débauche de sincérité, sÉv. I8l. Il 3* Dérèglement de mœurs. Quand la débauche et le dévergondement sont poussés à un certain point de scandale, je suis persuadée que cet excès fait plus de tort aux hommes qu'aux femmes, sÉv. 15 octobre 4 077. Alexis [fils du czar Pierre], âgé do vingt-deux ans, se livra à toutes les débauches de la jeunesse et à toute la grossièreté des anciennes mœurs qui lui étaient si chères, volt. Russie, u, 4 0. La débauche au teint pâle, aux regards efl'rontés, Enllamme tous les cœurs vers le crime emportés, GILBERT, 48* siècle. Ccs gens qui passent leur vie dans la mollesse et les débauches, vertot, Héiol. rom. I, p. 400. Il 4° Kig. Débauche d'esprit, d'imagination , usage déréglé, mauvais, de son esprit, de son imagination.

— iilST. XVI* s. Ils pouvoient bien vivre ailleurs en débauche, calvin, Instil. 263. Parquoy s'oppose k la sagesse, non seulement la folie, qui est un desreglemciit et desbauche.... cuakron, Sagesse, Préface de la seconde édition

DEB

— ÉTYM. Voy. Débaucher; Berry, débau, interruption de travail.

DÉBAUCHÉ, ÉK (dé-b9-ché, chée), part, passé. Il 1° Attiré à la débauche. Débauché par des camarades dissolus. Il 8° Qui vit dans la débauche. Ce jeune homme est dissipateur et débauché. Ils entrèrent dans la maison d'une femme débauchée, nommée Rahab, et se reposèrent chez elle, sacy. Bible, Josué, 11, 4. {j Substantivement. C'est un parfait débauché. Le débauché se rit des discours de son père, Et, dans vingt et cinq ans venant à se changer. Retenu, vigilant, soigneux et ménager. De ces mêmes discours ses fils il admonêle, Qui ne font que s'en rire et que hocher la tète, Régnier, Sat. V Bientôt son hôtesse nouvelle. Le préchant, lui fit voir qu'il était auprès d'elle Un vrai dissipateur, un parfait débauché, boil. Sht, x. Il Un agréable débauché, homme agréable dans la débauche de table. Polémon fut un de ces agréables débauchés, dont la ville d'Athènes fourmillait, DiDEH. Opin. des anc. phil. Fiatonisme. || 8* Détourné du travail, du drapeau. Des ouvriers débauchés de l'atelier par l'appât d'un salaire plus élevé. Les soldats étrangers , débauchés par des émissaires, quittaient en foule son service, jj En bonne part, entraîné en quelque partie de plaisir, en quelque distraction. Mme de Coulanges me presse [d'y aller] d'un si bon ton, que me voilà débauchée,

SÉV. 342.

t DÉBAUCHÉE (dé-bô-chée) , s. f. Mot employé quelquefois pour désigner l'heure de la cessation journalière du travail des ouvriers des arsenaux.

— ÊTYM. Débaucher.

t DÉBAUCHEMENT (dé-bô-che-man), ». m. Action de débaucher.

— HlST. ivi" s. Pour remédier à toutes occasions de desbauchement, et avoir une conduite certaine, il regarde à ce que Dieu lui montre, calvin, 2g5. Quelque part qu'on soit, on rencontrera des occasions de malfaire et déhanchement tant et plus, id. 274.

— ÉTYM. Débaucher.

DÉBAUCHER (dé-bô-ché), V. a. \\ i' Jeter dans la débauche. Les mauvaises compagnies l'ont débauché. Il 8° Détourner une femme, un mari de ses devoirs, une femme libre, fille ou veuve, de la bonne conduite. Photin dont il avait débauché la femme, BOSS. Hisi. 1, 44. Si un maître débauche la femme de son esclave, ceux-ci sont tous deux libres , MONïESQ. Esp. XV, 4 2. Je n'ai débauché le mari d'aucune femme, je n'ai jamais attiré dans mes filets aucun jeune homme, raynal, Ilist. phil. xvn, 24. Il Se dit aussi d'une personne qui, détachant d'un commerce de galanterie une autre personne, l'attire à soi. Il venait de lui débaucher la comédienne, iiamilt. Gramm. xi. Tu m'as débauché de Timante, brueys, Uuet, i, 7. || 3° Détourner d'un travail, d'une occupation. Débaucher un ouvrier, un domestique. 11 y a quelque autre chose qui vous débauche tous de mon service , vau- GEL. Q. C. 568. Cela n'est ni beau ni honnête de nous débaucher nos laquais, mol. Préc. 4 6. Faisons défense à tous fabricants, contre-maitres de fabrique.... de débaucher directement ou indirectement aucun ouvrier forain ou domicilié, et même de lui donner de l'ouvrage, qu'il n'ait.... Lett. patent, du 4 2 sept. 4 784, art. 6. Il Fig. Son irrégularité me débauche; je la condamne et je l'imite, sÉv. 446. Il 4° Provoquera la défection. Il débauchait par promesses et par argent les troupes mêmes de l'empire, FLÉCH. lli.1t. de Théod. ï, 47. Ptolémée vint par mer sur les côtes de la Cilicie, et employa toutes sortes de moyens pour lui débaucher les Argyraspides [troupes d'élite dans l'armée macédonienne], rollin, Ilisl. anc. Œ.uvres, t. vii.p. 422,danspouGENs. Chaque parti tâchait de débaucher les alliés de l'autre, vertot, Révol. rom. 11, p. «8. Des vaisseaux qu'il envoyait pour débaucher une partie de la (lotte, sÉv. 470. Il Par extension. Dépenses [de FouquetJ qui allaient à se fortifier contre lui [le roi] et à lui débaucher ses sujets et ses domestiques, chapelain, Lett. à Urne de Sévigni, dans l'édition de sévigné, donnée par Adolphe Régnier, t. i, p. 429. {| 5° En bonne part, faire quitter un moment le travail pour le plaisir. Un de ces jours j'irai vous débaucher. M. de Termes nous mène dans son carrosse, et j'ai aussi débauché M. Hessein pour faire lo quatrième, BAC. Lett. à i>ot/«au, 26 juillet 4687. ||6°Se débaucher,». rc/Z. Se jeter dans la débauche. On se débauche, et la jeunesse Ne songe plus à s'exercer, U ne fait que son temps passer, scarron, Virg. trav. IV. Il 7* Quitter ses occupations. Etant jeune, je me débauchai de mes études avec quelques-uns de mes camarades; nous fîmes dessein de nous en aller en '

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pèlerinage à St-Jacquesen Galice, séchais, tU tinaginaire, t. 11, p. 4 80. || En bonne part, se délasser par quelque plaisir, par quelque distraction.

— HlST. xiv s. Crans gens aveuo lui »e débauchent. Droit vers Lille en Flandres chevauchent, c. GUiART,nu. f° 273, dansLACORNB. Ijxv* s. Quant compaignons sont desbauchez. Ils ne cerchent que compaignie , villon , la Repue de Montfaxuon. Comme par delà [à Gênes] ils soyent moult jalouse gent, ny n'ont désir que on leur aille desbauchor leurs femmes, de cestuy leur est bien advenu, Boueiq. IV, ch. 7, || xvi* s. Il y a partout des scandales et tentations à se desbaucher, calvin, 274. U follastrera, il se desbauchera avec son prince, uomt. I, 486. Ils les ont prinses [les passions] comme tempestes qui desbauchent honteusement l'ame de M

tranquillité, ID. il, 326 Les organes et instru-

mens, lesquels estant détraqués et desbauchés, l'ame ne peut bien et reiglument agir.... charron, Sagesse, 1, 44.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et un ancien mot bauche, qui a le sens de lieu de travail, atelier; norm. »e débaucher, .se déioler ; wallon, disbdchi. L'origine de bauclie est inconnue; comparez bauge, embaucher, et aussi ébaucher.

DËBAUCUEUK, EUSE (dé-bô-cheur , cheûz'), (. m. et f. Celui, celle qui excite à la débauche.

— HIST. XVI* s. Louis, duc d'Orléans, grand debaucheur des dames delà cour, bbant. dans ieDict.

de DOCREZ.

— ÉTYM. Débaucher.

i DÉBELLER (dé-bèl-lé), t>. a. Vaincre, réduire. Je vous assure qu'elle est débellée, commedit H. de Coulanges, sÉv. 3o. Tout lo monde applaudit, et la maréchale encore débellée [ c'est-à-dire nouvelle défaite de la maréchale], in. 620. L& nullité d'une courentièrementdébellée et asservie, sT-sw. 263,4 4. Avec tous ces vices sans mélange d'aucun vestige de vertu, il [le duc de GrammontJ avaitdébellé la cour et la tenait en respect, id. 168, 203. || Terme vieilli.

— HlST. XIV* s. Remembre toi que tu dois savoir ces peuples gouverner, espargner aux subjects et debeller les orgueilleux, oresme, ProJ. || xv* s. Pour debeller tous ceux qui voudroient le contraire, UONS-

TREL. I, 70.

— ËTYH. Lat. debellare, de de marquant la fin, et bellum, guerre (voy. belliqueux).

t DEBENTUR (dé-bin-tur), ». m. Terme de l'ancienne administration financière. Quittance donnée par les officiers des cours souveraines quand ils recevaient leurs honoraires.

— ÉTYM. Cette quittance était ainsi nommée parce qu'elle commençait par ces mots latins : debentur mihi, me sont dus.... de debere, devoir.

DÉBET (dé-bè), s. m. Terme de finance. Ce qui reste dû après un arrêté de compte. Voici le débet de votre compte. Un arrêté de nos di'bets réciproques. Être en débet , n'avoir pas pu solder un compte complètement. Déclaration et commission sur les débets de quittances, débets de clairs et autres parties. Commission du roi, 3 avril 4659. || Payer une charge en débet, la payer en acquittant les dettes du vendeur. || Acte enregistré en débet, enregistré sans payement immédiat des droits.

— REM. Ce mot est tout à fait francisé même par la prononciation.

— ÉTYM. Mot latin, débet, il doit; de d«l>er«(voy. devoir, verbe).

DÉBIFFÉ, ÉE(dé-bi-fé, fée), part, passé. Visage débifl'é. TraiU débiffés. Il est .tout débiffé. Estomac débiffé.

DËBIFFER (dé-bi-fé), V. a. Terme très-familier. Mettre en mauvais état.

— HlST. XVI* s. Au reste sont plus esgriffées. Plus usées et desbilTées, Que les vieilles chausses d'ung poste, j. UAR. V, 216. En laissant ces deux articles, tout ce qu'on pourra prescher ou disputer de la foy, sera bien maigre etdesbifé, voire du tout inutile, CALV. ]nstit. 469. Laissant en aller cette armée debiflée à la Charité, où les trouppes se refaisoient, d'aub. Ilist. l, 325. L'armée, tormentée des eaux, des mauvais chemins et de la faim, commença à se debifcr, ID. ib. III, 69. Une armée ainsi desbiffée entreprend de courre après une autre fraische, gaillarde, reposée, m. iv, 26. Les fermiers vous rendront vos maisons debiffées, 0. de serres, 53. Le charpentier ne joignit pas bien ces ais au commencement; regardez comment ilz se debiffent maintenant, palsgrave, p. 552. Je vous trouve depuis peu de jour» changé, hâve, dcfTuit, debilfé, cuouiRES, Contes, t. I, Uatinée 9.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et biffer.

DÉBILE (dé-bi-l'), adj. Qui manque de force,

DEB

au physique et au moral. Ô débile raison, où est ores ta bride? Où ce flambeau qui sert aux personnes de guideî hégnier, Sat. n. Contre ce double effort diSbile est ma vertu , id. Dial. Débile et mal remis encor de la faiblesse Où ma perte de sang et ma chute me laisse, rotrou, Vencesl. iv, 2. Ses attraits, son esprit, sa politique habile. Du prince ont subjugué la Yolonté débile, rotrou, Bélis. i, 4. Vil esclave de femme, esprit lâche et débile, id. Antig. IV, «.Débile secours, tristan, Panthée, n, s. Son coup [delà tentation] est pour les uns rude, ferme, pressant, Pour les autres débile et mol et languissant, CORN. Imit. I, *3. Son courage sans force est un débile appui, id. Hor. iv, 2. Sire, ne donnez rien à mes débiles ans, id. ib. v, 3. Débile vaillance, ID. ttëdée, V, 7. Je vous remets, mon fils, ces honneurs souverains Que la vieillesse arrache à mes débiles mains, VOLT. Ali. i, t. Dans mon âge débile Les dieux ne m'ont donné qu'un courage inutile, id. Brutus, IV, 6. Débile audace, id. Triumv. iv, i. Aucun ne se présente à ma débile vue, id. Uérope, m, t. C'est pour vous-même ici que ma débile voix Vous implore aujourd'hui pour la première fois, ID. Fanât, iv, 4. Il fait bâtir une maison de pierre de taille.... dont il assure en toussant et avec une voix faible et débile qu'on ne verrajamais la fin, la brut. xi. Le débile et dernier effort qu'il [Voltaire] faisait pour lui plaire [au public], Irène, fut applaudie comme l'avait été Zaïre, marmont. Uém. liv. x, t. m, p. 208. Sois heureux, et surtout aime un ami qui t'aime ; Ris de son cœur débile aux désirs condamné. De l'étude aux amours sans cesse promené, A. chên. Élég. Il . Son bras maigre cherchait le mien, Et mon verre, en touchant le sien, Se brisa dans ma main débile, a. de mosset, Poésies nouv. Nuit de déc. Il Terme de botanique. Dontlatige esttropgiÊle, trop faible pour se soutenir seule et sans appui.

— HIST. XV* s. Nostre misérable chair est toute malade et toute paresseuse et somnolente et débile à te prier, gerson, dans le Dict. de dochez. || xvi* s. D'autant que tu es plus débile en toy. Dieu te reçoit tant mieux, calvin, Instit. 4 90. Dieu aide et subvient à notre volonté débile, id. ib. 24 3. Les flancs des bastions se peuvent emboucher ou briser, quand les espaules sont débiles, langue, 337. Quoyqu'il fust de nature débile, et de petite et foible complexion, si ne laissa il pas pourtant d'estre vaillant homme, amyot, Calon, 42. Et si avoit d'avantage la voix foible et débile, id. Démosth. ». Il y en a qui prennent la différence des fièvres, de l'intension de leur chaleur, appellant les unes bruslantes, et les autres tiedes et débiles, paré, xx, o. Leurs femelles [des alcyons] ne recognoissent autre masle que le leur propre.... s'il vient à estre débile et cassé, elles le chargent sur leurs espaules, le portent partout, et le servent jusques à la mort, mont, u, t97.

— ÉTYM. Bourguig. débille, Il mouillées; du latin deftt'iis, faible. CéMie a été refait postérieurement sur le latin; debilis ayant l'accent sur de, la forme ancienne serait dieble ou deble, comme jieble, feble (faible), de flebitis;eX en effet le mot se trouve, mais en composition avec la préposition en : [Ceux].... ki fe"ble Sunt par lur veillesce e endeble, MARIE, Purgatoire, 391. Le latin debilis est dans le même rapport avec debeo (voy. devoir) , que habilis avec habeo , et signifie proprement ; celui qui n'a pas, qui manque de....

DÉBILEMKNT (dé-bi-le-man) , adv. D'une manière débile.

— ÉTYM. Débile, et le suffixe ment.

t UÉBIHTANT, ANTK (dé-bi-li-tan , tan-t'), adj. Terme de médecine. Qui est propre à débiliter, à diminuer l'énergie des organes et particulièrement celle des muscles. Remède débilitant. Diète débilitante. Il S. m. Les antipblogistiques sont des débilitants.

DÉBILITATION (dé-bi-li-ta-sion), ». f. Action d'ôter les forces; résultat de cette action.

— HlST. XV" s. La debilitation du corps et du cerveau, GERSON, dans le Dict. de dochez. || xvi* s. Debilitations de membres, gouttes, véroles, langue, 520. On cognoist une debilitation de forces, touchant le poulx, paré, Introd. 23. 11 y en a qui ont jugé la goutte estre une froideur et congélation de «ang, qui cause et nourrist la debilitation et foiblesse des membres, noël do fail. Contes d'Eutrap. ch. 5.

— ÉTYM. Provenç. debtWotio; espagn. debilitacion; ital. debiliiazione ; du latin debilitationem ,de debiliiare, débiliter.

t. DÉBILITÉ (dé-bi-li-té), s. f. État débile, manque de force. Une extrême débilité. La débilité du corps. La débilité de la vieillesse. || Fig. La débilité de l'esprit. La débilité du pouvoir.

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— lilST. XIV» S. Semblablement est-il de toute feblesce , débilité ou laidure ou perdicion d'aucun sens ou d'aucun membre, oresme, Eth. 74. Et des espèces de incontinence une est appellée prevolacion et l'autre débilité ou feblesce, id. ib. 210. La faulseté et la débilité des principes, id. Thèse de meunier. Il XVI* s. Ce nom luy fut donné par les autres enfans ses compagnons pour la débilité de sa personne, AMYOT, Démosth. 6. Quand je me treuve convaincu,par la raison d'aultruy, d'une opinion fausse, je n'apprends pas tant ce qu'il m'a dict de nouveau et cette ignorance particulière (ce seroit peu d'acquest) , comme eu gênerai j'apprends ma débilité et la trahison de mon entendement, mont, iv, 246.

— ÉTYM. Provenç. débilitât; espagn. debilidad; ital. débilita; du latin debilitatem, de debt'its, débile.

2. DÉBILITÉ, ÊE (dé-bi-li-té, tée), part, passé. Débilité par ses austérités. 0 cieuxl déjà ma vue en est débilitée, tristan, Uort de Chrispe, v, 4.

DÉBILITER (dé-bi-li-té), v. a. Rendre débile. Débiliter l'estomac. Il Se débiliter, v. réfl. Être, devenir débile. Son estomac s'est débilité.

— HIST. xiv s. C'est affoiblir et débiliter la vertu de la loy, orbsme, Thèse de meunier. || xv* s. J'ai l'estomac débilité Si bien qu'à grant peine il digère, BASSELiN, XII. Il XVI* s. Ils 8'efforcent bien d'aller : mais la chair en partie débilite leur vertu, en partie l'applique à soy, calv. Instit. 660. Parquoy plus grand capitaine, comme meilleur lucteur, doibt estre réputé celuy qui laisse son adversaire plus débilité, amyot, Cimon et LucuU. 6. Il print une grosse maladie à Demetrius, qui luy affoiblit et débilita grandement la force et vigueur de son corps, id. Démétr. 69.

— ÉTYM. Lat. debiliiare, de debilis, débile; provenç. debilitar, debelitar; espagn. debilitar; ital. debilitarc.

t DÉBILLARDEMENT (dé-bi-llar-de -man, U mouillées) , s. m. Terme de charpente. Action de débiUarder.

t DÉBILLARDER (dé-bi-llar-dé , U mouillées), V. a. Terme de charpente. Couper une pièce de bois diagonalement; en retrancher une partie qui a la forme courbe ou triangulaire.

— ÉTYM, Dé, et billard, dans le sens de pièce de bois, bille.

t DÉBILLER (dé-bi-Ué,' n mouillées), v. a. Détacher les chevaux auxquels on fait tirer les bateaux sur les rivières.

— ÉTYM. Dé, et bille, pièce de bois.

t DÉBINE (dé-bi-n'), s. f. Terme populaire. État d'une personne qui fait mal ses affaires. U est tombé dans la débine.

— ÉTYM. Débiner.

t DÉBINER (dé-bi-né), v. a. Terme populaire. Mettre en débine ou, en général, dans un désarroi quelconque. || Dire du mal de quelqu'un.

— ÉTYM. Wallon, dibiner, dépérir, dibène, dépérissement; rouchi, débiner, s'enfuir, qui vient du rouchi ou wallon biner, fuir.

DÉBIT (dé-bi; le t se lie: un dé-bi-t achalandé; au pluriel, l's se lie : desdé-bi-z achalandés), s. m. Il 1» Vente cent: luequi se fait dans une boutique, dans un magasin. Il y a du débit dans cette boutique. Le débit des marchandises. Ces étoffes sont hors de mode, elles n'ont plus de débit. Il fait difficulté de l'imprimer parce qu'elle n'aura nul débit ici, boss. lett. quiét. 371 . Nous voulons faire un livre qui aura pour titre les peines légères et salutaires de l'amitié; nous le ferions imprimer, sans que nous craignions de ruiner le libraire par le peu de débit; tant il est vrai que peu de gens sont persuadés de cette vérité, SÉV. Lett. 46 mars 4689. || Fig. L'homme est si proche de soi-même qu'il ne peut trouver d'entre deux ni d'espace libre pour le débit du conseil qu'il se veut donn»r,BALz. Premier dise. s. la cour. Il a° Commerce en détail et en boutique des boissons, vin, bière, cidre, eau-de-vie, etc. Débit de vin. Il Boutique d'un débitant, lieu où l'on débite. Il 3° Droit de vendre certaines marchandises monopolisées par le gouvernement. Tenir un débit de tabac, un débit de poudre. || 4» Terme de commerce. Partie d'un compte où l'on porte ce qui a été fourni à quelqu'un ou payé à quelqu'un (voy. crédit). Il 6° Coupe de bois selon ses diverses destinations, par exemple en poutres, planches, échalas, etc. Il 6° Action de raconter, de réciter. Le récit des fausses nouvelles, les vagues réfiexious sur le gouvernement présent, le débit des beaux sentiments, LA BRUY. V. Il Manière de parler, de raconter, de réciter. U a un débit pénible , froid. Cet orateur a une grande netteté de débit. Leurs discours ingénieux et fleuris, à l'aide d'un débit imposant, soutenaient

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l'attention d'une assemblée indulgente et disposée i l'approbation, st-foix, Ess. Paris, Œuvres, t. m, p. 445, dans fougens. || Terme de musique. Récitation qui se modifie suivant le sens des paroles. Un débit chaleureux. || 7* Terme d'hydraulique. Débit d'une fontaine, d'une conduite d'eau, de gaz, la quantité qu'elle fournit dans une certaine unité de temps. L'examen attentif des plis de la courbe fluviométrique fait découvrir de petits ressauts qui, correspondant à des augmentations du débit [du Rhône] , indiquent sans doute l'apport des plaines durantles vicissitudes de cette phase, fournet, Obserti, sur le Rhône, Comptes rendus, Ac. des te. t. u, p. 958. L'auteur s'est proposé de déterminer les hauteurs d'eau et les débits qui ont lieu successivement, par suite des oscillations de la marée dans une série de profils en travers de la Loire, m. t&. t. Liv, p. 593.

— HIST. XVI* s. Cet article sera pour le débit de fruicts et denrées , dont le père de famille désire tirer argent, o. de serres, tss.Lacognoissancedu bestail, sa nourriture et sa débite [vente] , seront toute son estude, id. 4 5. Dont la débite est d'autant plus avilée, que moins l'on tire d'argent des choses légères que des pesantes se vendans au poids, ID. 684.

— ÉTYM. Génev. débite , vente. On le tire de debitum, chose due; on trouve en effet débite au xin* s. avec ce sens, Voy. du cange, debitum. Mais chose due et débit ne sont pas même chose ; il faudrait un intermédiaire. On pense le trouver dans débiter , qui, du sensde créditer, aurait passé à celui de vendre en détail ; mais à l'historique il n'a que ce dernier sens. Un doute reste donc; alors se présente le latin depufore, débiter: vinum deputandum vénale, phobus, Scol. sur les Géorg. servius, Gott., t. u, p. 304; il mérite attention.

tDÉBITABLE (dé-bi-ta-bl') , adj. Qui peut être débité, coupé suivant certains procédés. Pour chacun de ces 402 bœufs j'ai constaté le poids vivant au moment de l'abattage, le rendement en parties débitables par le boucher.... baudement, Comptes rendus, Acad. des se. t. lu, p. 236.

— ÉTYM. Débiter.

I DÉBITAGE (dé-bi-ta-j') , s. m. Action de débiter les bois suivant les formes exigées.

— ÉTYM. Débiter.

DÉBITANT, ANTE (dé-bi-tan, tan-t'), s. m. et f. Celui, celle qui vend des marchandises en détail. Il Particulièrement, celui, celle qui vend des boissons. Une débitante de vin, de cidre. Les débitants sont soumis à l'exercice. || Plus particulièrement, celui, celle qui vend une des marchandises monopolisées par l'Etat. Débitant de tabac, de poudre de chasse.

DÉBITÉ, ÉE (dé-bi-té, tée), part. pa$s^.|| 1° Vendu d'une façon continue. Marchandise débitée. || Fig. Car puisque la fortune aveuglément dispose De tout, peut-être enfin aurons-nous quelque chose Qui pourra détourner l'ingrate adversité Par un bien incertain à tâtons débité , Régnier, Sat. iv. || 2° Inscrit en qualité de débiteur. Vous êtes débité de mille francs sur mon grand livre. || 3° Coupé suivant les besoins. Bois, marbre débité. |{ 4* Récité. Un conte débité avec aplomb. || 5° Versé, en parlant de l'eau. L'eau débitée par ce tuyau en une demi-heure.

DÉBITER (dé-bi-té), v. a.\\ 1* Vendre en détail ou fréquemment. Débiter des denrées. La lettre que vous débitâtes par tout Paris pour faire croire que le livre de la fréquente communion.... pasc. Prov. 4 5. Ai-je un lit de plume après vingt ans qu'on me débite sur place? la brut. xii. Les libraires ne m'ont ni envoyé le livre, ni averti qu'ils le débitaient, volt. Lett. Prusse, 52. || Fig. Débiter sa marchandise, avoir du succès, réussir. Pour débiter notre marchandise, il faudrait faire revenir les Augustes et les Antonins, balz. liv. vi, lett. 3. || Il débite bien sa marchandise, il sait faire valoir ce qu'il dit. || Absolument, détailler. On ne débite pas dans cette maison. || Fig. La louange est à prix, le hasard la débite, régnier, Sat. xv. || 2* Terme de commerce. Inscrire quelqu'un comme débiteur d'un article ou d'une somme. Je vous ai débité de mille francs. Il 3° Terme de métier. Débiter le bois, le couper de longueur, après avoir refendu les pièces. || Mesurer les pièces avec la règle et le compas, marquer les grandeurs avec la craie et les approprier aux différentes destinations dont on a besoin. Débiter le bois en planches, en poutres, en cerceaux. Il Débiter la pierre, la scier pour en faire du carreau. Débiter le marbre, le scier suivant les besoins. Il Débiter un bœuf, le couper en pièces de boucherie. Il 4° Populairement, débiter de l'ouvrage, en exécuter beaucoup. |J 5° Réciter. Débiter des vers. Cet

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enfant débita trJs-bien son compliment. Un comidien qui débile son rôle. Ces discours qu'il débite avec tant d'emphase, mass. Carême, J. de l'dq. || Dire, exposer, mais avec un sens péjoratif d'ironie ou de blâme. Débiter une morale pernicieuse. Un homme de mon ige a cru lég&rement Ce qu'un homme du tien débite impudemment, corn. Ûent. v, 3, C'est un secret d'amour et bien grand et bien rare; Mais il faut de l'adresse & le bien débiter, ID. ib. i, <. Tous ces blondins sont agréables et débitent fort bien leur fait, uoL. Avare, m, 8. Débiter dans une chaire chrétienne de pareilles propositions et s'appuyer sur de semblables preuves pour conclure précisément de là que très-peu entreront dans l'héritage céleste.... BOURD. Pensées, t. i, p. (30. Cliacun a (iéliité ses maximes frivoles, boil. Sat. m. Us ne disent point la vérité; car ils ont instruit leurs langue.s à débiter le mensonge, sacy, Bible, Jérémie, IX, 6. Cydias, après avoir toussé, relevé sa manchette, étendu Ut main et ouvert tes doigts, débite gravement ses pensées quintes-senciées, la bruy. v. ICnfm nous qui débiterons peut-être encore des rêveries, PONTïN. kt Mondes, i" soir. Elle a été vous débiter mille impostures pour se venger, lesage, Turcar. Ii, 3. Ce que l'on a débité sur la longue vie des cerfs n'est appuyé sur aucun fondement, buff. Cerf. Eustathe, disciple de Jamblique et d'Édedius, fut un homme éloquent et doux, sur le compte duquel on a débité beaucoup de sottises, moBR. Opin. des anc. phil. Éclectisme. \\ Absolument. Vertu de ma vie! comme vous débitez I il semble que vous ayez appris cela par cœur, et vous parlez tout comme un livre, mol. D. Juan, 1,2. U [M. Lémery] avait une facilité merveilleuse à débiter et à mettre en auvreson savoir, mairan. Éloges, Lémery. \] 6° Terme de musique. Exécuter un passage de chant, en le modifiant suivant le sens des paroles. {| 7° Terme d'hydraulique. Fournir une certaine quantité d'eau en un temps donné, en parlant d'une fontaine ou d'un cours d'eau. Cette fontaine débite tant de litres par jour. || 8° Se débiter, v. réfl. Être vendu. Cette marchandise se débite très-bien. Quand ce recueil se débitera, sÉv. 74. Quand un livre au palais se vend et se débite, boil. Sat. a. Des denrées qui sont à très-grand marché [à vil prix] sur le lieu et se débiteraient très-bien à dix, vingt et trente lieues de là, vauban, Dime, p. 3î. || Être dit et répandu. Cette nouvelle se débite de tous côtés. Le blâme et la louange au hasard se débite, BfiGNiEH, Sat. V. Il Être coupé, taillé. Ce bois se débite facilement.

— lUST. XVI* s. Des gelées si aspres que le vin de la munition se coupoit à coups de hache, se debitoit aux soldats par poids, etc.... uont. i, 26<. Ils [les rois] leur permirent [aux nobles] de donner et débiter de leurs terres à des paisuns à droits de rente et de censive, lanoue, 226. Pourveu que ses réparations soient raisonnablement inventées, mieux ne pourroit-il débiter son revenu, o. de skhres, 35. Gardant le reste de ses bleds pour débiter petit à petit jusques à la cueillette, id. 137.

— ETYM. Débit; wallon, dibiter.

*. DÉBITEUR, EUSE (dé-bi-teur, teû-z'), s. m. et/'. Celui , celle qui débite, répand des nouvelles, des contes, etc. [Le duc de la FeuiUade était] fort avantageux, fort hardi, grand débiteur de maximes et de morale, ST-siM. B9, 56. || Il se prend en mauvaise part.

— ÉTYM. Débiter.

2. DÉBITEUR , TRICE (dé-bi-teur, tri-s'), ». m. et ^. Il 1* Celui, celle qui doit. Un débiteur insolvable. Il y a des âmes sales, uniquement occupées de leurs débiteurs, enfoncées et comme abîmées dans les contrats, les titres et les parchemins, la bruy. vi. l'our me rendre maître de Home, je [César] travaillai à être le débiteur universel de toute la ville, FÉN. Dialogues des morts, 42, Pompée, César. Il Terme de droit. Celui qui est tenu d'une obliga- <ion. Débiteur hypothécaire. || 2" Adj. Com[ite dét)iteur, compte qui est mis à la page dite débit.

— HIST. XIII' s. Li hoirs s'en pot deffendre envers les deteurs, qu'il n'est tenus envers eus que de sa partie, bbaum. xiii, ». || iiv* s. Donques il demeure tousjours debteur, orf.sme, Eth. '^bi. Tu es mes debitors, Girarl de lloss. v. 2885. || xvi* s. La vessie ne voudra estre débitrice auxroignons; l'urine sera supprimée, rab. Panl. m, 3. Représentez vous ung monde auitre, auquel ung chascun preste, ung cliascuii duibve; tous soyent debteurs, tous soyent prestcurs, id. ib. m, 4. Le facquin disoyt en rien ne luy estie débiteur, id. ib. m, 37. Hz ne renloyent ny le serf fugitif à son maistre, ny le debteur à son crcauciur, ny l'iiomicide au justicier, A»Y0T, Kom. <3.

— ÉTYM. Lat. débiter, de debere, devoir. Débiteur a été refait sur le latin ; l'ancienne forme était deteur; au xvii' siècle les deux formes étaient en présence ; et les puristes recommandaient de ne dire que débiteur.

t DÉBITIF, IVK (dé-bi-tif, ti-v'), adj. Terme de commerce. Compte débitif, compte qui est au débit.

— Etym. Débit.

t DÉBirrER (dé-bi-té), v. a. Terme de marine. Détourner le câble de U bitte.

— ETYM. Dé.... préfixe, et bi((e.

t DÉBITUMINISËR (dé- bi-tu-mi- ni-zé), v. a. Terme de chimie, ôter, enlever le bitume.

— ETYM. Dé... préfixe, et bitume.

DÉBLAI (dé-blè), i. m. |l 1* Les terres, les décombres qu'on retire d'un endroit quand on fait un déblayement. Le blaireau a plus de facilité qu'un autre pour Jeter derrière lui les déblais de son excavation, BUFFON, B/atreou. Il 2" Le résultat produitpar l'enlèvement des déblais. Cet endroit de la route est en déblai, se dit de l'endroit d'une route où il a fallu faire un déblai. || 3" Action de déblayer. Le déblai du terrain. l| Kig. Débarras. Voilà ces importuns partis; c'est un bon déblai. || Très -familier en ce dernier sens.

— ÊTYM. Voy. déblayer; picard, déblaxe, débarras.

t DÉBLAIEMENT (dé-blê-man), s. m. Voy. vt-

BLAVKMKNT.

t DÉBLANCHI (dé-blan-chi), t. m. Opération qui I consiste à épuiser une cuve d'indigo de toute la ' couleur bleue qu'elle peut fournir.

fDËBLANCUIR (dé-blan-chir), v. a. Enlever la croûte nui se forme à ta surface des métaux en fusion, noter la croûte d'étain des tables de plomb. Il Détacher le flan de dedans une pièce de monnaie à l'aide du coupoir.

— ETYM. Dé.... préfixe, et blanchir.

t DÉBLATÉRATION (dé-bla-té-ra-sion) , ». f. Néologisme. Action de déblatérer.

— ETYM. Déblatérer.

DÉBLATÉRER (dé-bla-té-ré. La syllabe (éprend un accent grave quandla syllabe qui suit est muette: je déblatère, excepté au futur et au conditionnel), V. n. Parler longtemps et avec violence contre quelqu'un Il déblatérera contre ses confrères.

— ÉTYM. Lat. deblaterare, de de, et blaterare, crier, débiter, de blatire, dire.

DËBLAYfi, ËE (dé- biè-ié, iée), part. paaé. La voie ayant été déblayée.

t DÉBLAYEMENT OU DÉBLAIEMENT (dé-blêman), ». m. Action de déblayer, d'enlever des terres pour faire un nivellement, d'enlever des décombres pour dégager quelque chose. On opère un déblayement et on en transporte le déblai.

— HIST. xiv's. Tout ce qui sera trouvé au desblavement des chemins, du cange, debladire.

— ETYM. Déblayer.

DÉBLAYER (dé-blè-ié) , je déblaye, tu déblayes, il déblaye ou déblaie, nous déblayons, vous déblayez, ils déblayent ou déblaient; je déblayais, nous déblayions, vous déblayiez; je déblayai; je déblayerai, ou déblaierai, ou déblaîrai; je déblayerais, ou déblaierais, ou déblaîrais; déblaye, déblayez; que je déblaye, que nous déblayions, que vous déblayiez, qu'ils déblayent; que je déblayasse; déblayant; déblayé, v. a. || 1° ôter, enlever des terres, des décombres. C'est lord Elgin qui a fait ouvrir ce monument et déblayer les terres, cbateaub. Itin. 233. Il 2* Débarrasser un lieu des objets qui l'encombrent. Déblayer une maison, unecour. || Fig. Déblayer le terrain , aplanir les difficultés. || 8° Se déblayer, ti. réft. Être déblayé. Cesdécombressedéblayeront peu à peu.

— HIST. XIV* s. Le droit que nous avons, et poons avoir de desblaver et de ester tous les empeschemens qui se feroient tant es voieries comme es chemins.... DU CANGE, debladire. Ichils chevaliers a promis à icelle rente waraiidir, délivrer, défendre et desblaer envers tous, id. ib. Le supliant, pour icelles terres desblaver et despoillier en la messon [moisson], ayant envoyé faussilleurs pour faussillier son bief, id. ib.

— ÉTYM. Picard, déblaver, ôter les blés coupés et débarrasser; du bas-latin debladire ou debladare, de de, et bladum, blé (voy. blé) : proprement ôtei le blé coupé, puis débarrasser.

t DÉBLÉtJRE (dé-bl6-u-r') , ». f. Blé coupé et en core sur le champ. Faire défenses très- expresses d'enlever les débléures de dessus la terre, vaub. DUnt, p. 4 3«.

— HIST. XIV* s. Le suppliant gouverna et exploita les diz héritages, et la desbleure de ceste présente année leva et exploita k son profit, du canoë, debladatiu.

— ETYH. fî^l>layn-,propremaat, enlever les blés.

DÉBLOCAGE (dé-blo-ka-j*), ». m. Terme d'impri. merie, Action de déblo(iuer, de remplacer les lettre» bloquées ou renversées.

— ÉTYM. Débloquer.

I DÉBLOCUS (dé-blo-kus'), ». m. Terme militaire. Action de lever ou de faire lever un blocus.

— ETYM. Dé.... préfixe, 9l btoeus.

DÉBLOQUÉ, ÉE (dé-blo-ké, kée), part, passé.

Il 1* La ville débloquée par l'armée de secours. Il 2* Terme d'imprimerie. Des lettres débloquées.

t UÉBLOQUKMENT (dé-blo-ke-man), ». m. Action de déldoquer une ville; résultat de cette action

-- ETYH. Débloquer.

DÉBLOQUER (dé-blo-ké), v. a. jj 1* Terme de guerre. Obliger l'ennemi à lever un blocus. Débloquer une place. ||2*Terme d'imprimerie. Uemplacer des lettres bloquées par celles qui conviennent. Il 8" Se débloquer, ». réft. Faire lever soi-même la blocus. La garnison battit le corps assiégeant et se débloqua. || Terme de jeu de billard. Se débloquer, ressortir d'une blouse après y avoir été bloquée, en parlant d'une bille.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et bloquer.

DÉBOIRE (dé-boi-r*), ». m. || 1* Goût désagréable

qu'une boisson laisse dans la bouche. [Un vin qui] N'avait rien qu'un goût plat et qu'un déboire affreux, BOIL. Sat. III. En couvrant d'un aromate le déboire d'une médecine, j. j. rouss. Êm.u. Convaincu que ce» drogues ne pouvaient me sauver, il m'en épargna le déboire, id. Conf. vi. || 2* Fig. Regret, dégoût, mortification. Il lui laissa sentir toute l'amertume et tout le déboire de mille événements fâcheux, boubdal. Pensées, t. ii, p. 4«3.

— HIST. XVI* s Ce prince eut un grand déboire

quand il s'apperçut qu'on jetoit son enseigne par terre.... Mém. ». Du G. ch. 5.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et boire: un boire qui ôte l'envie de boire.

t DÉBOISÉ, ÉE (dé-boi-zé, zée) , porl. posté. Dont on a détruit les bois. Montagnes déboisées.

t DÉBOISEMENT (dé-boi-ze-man) , ». m. Action de déboiser; résultat de cette action. Le déboisement de la France, des montagnes.

— ÉTYM. Déboiser.

\ DÉBOISER (dé-boi-zé), 0. a. Détruire les bois ou les forêts qui couvrent le sol. || Se déboiser, v. réfl. Devenir déboisé. L'Amérique du Nord se déboise rapidement

— ÉTYM. Z)^.... préfixe, et boi».

DÉBOÎTÉ, ÉE (dé-boi-té, tée), part, passé. Sorti de sa botte, de son articulation, de l'endroit où quelque chose est ajusté. Os déboîté. Pièce de menuiserie déboîtée.

DÉBOÎTEMENT (dé-boi-te-man) , ». m. Déplacement d'un os sorti de son articulation. Le déboîtement de l'os du bras.

— HIST. ivr s. Luxations, c'est à 4'™ àffiioMe^ue» et desboetures d'os, paré, irv, i.

— ÉTYM. Déboiter.

DÉBOÎTER (dé-bol-té), v. a. || I* Faire sortir un os de son articulation. Il tomba de cheval et se débotta le bras. || 2" Démonter, déjoindre. Déboîter une porte, une cloison. || Terme d'hydraulii|ue. Séparer des tuyaux entrés l'un dans l'autre. || 8* Se débotter, V. réfl. Sortir de son articulation, de son agencement. Les os ne se déboîtent pas sans beaucoup de douleur. Cette table se déboîte. Il arriva quelque temps après que Darius, étant tombé de son cheval à la chasse, se donna une violente entorse au pied, et que son talon se débotta, rollin , Uist. anc. nr.uvres, t. m, p. bo, dans pougens.

HIST. XVI* s. Par le chemin on voyoit ordinairement valets portez par terre , chevaux esboitez el recreus, malles renversées, lanoub, 6B6. Ceux qui sont bien cliarnusetgras, leursosne sedeboèttentpas si aisément, PARS, xiv, 5. Remettre en leur naturel les joinctes des membres dénouez et deboitez, amtot, Cimon et LucuU. 6.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et bo<(« au sens d'ariiculation.

DÉBONDÉ, ÉE (dé-bon-dé, dée), part, passé. Dont on a été la bonde. Un étang débondé. Tonneau débonilé.

DÉBONDER (dé-bon-dé), e. o.|| 1* Ôter la bonde. Débonder un tonneau, une pièce d'eau. || Fig. Débonder son cœur, décharger son cœur, 8'éi>ancber sans réserve. Je voulus par dépit écouter à la porte ; J'ai l'oreille un peu fine, elle avait le coeur gros. Elle le débonda d'abord par ses sanglots, ouinault, Ifére coquette, i, t. || 2- V. n. S'écouler abondamment et rapidement. L'eau a débondé cette uuit par une ouverture. || Fig. el familièrement, t'épanclier tout à coup et sans réserve. Tuul à coup il [lu du4

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d'Orléans] débonJa et nous i]\l ce qi e nous eussions voulu ne point entendre, st-sim. iH, >->'^- Il 3° Ëvavacuer par bas. La médecine le lit rfébonder. || 4° Se débonder, v. réfl. Se vider par ua écoulement rapide. L'étang s'est débondé.

— HIST. XVI' s. Le vin faict desbonder les plus intimes secrets à ceulx.... MONT. Il, <2 Et plus-

tost desbonder [faire sortir, mettre en campagne] toute la ville de Paris, que de faillir à l'exécution de cette entreprise , cabl. ix , 4 1 . Il [un fort] me serviroit de courtine pour la ville de Metz, si l'Empire se vouloit desbonder pour la recouvrer, ID. vi, 34. L'eau de ces rivières ne s'engendre pas petit à petit, ains se desbonde tout à coup, amtot, P. Mm. 23. La délibération feut courte : voicy desbonder un second orage autant animé que l'aultre, mont, m, 2»3.

— ËTYM. T>é préfixe, etfconde.

DÉBONDONNÈ, ÉE (dé-bon-do-né, née), part.

passé. Kutaille déliondonnée.

t DfiBONnONNEMENT ( dé-bon -do-ne-man), s. m. Action de débondunner.

— ETYM. Débnndonner.

DÉBONDONNER (débon-do-né), e. a. Ôter le bondon d'un tonneau.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et bondon.

DÉBONNAIRE (dé-bo-nê-r'), adj. || 1» Qu\ joint

douceur et bonté. Une humeur débonnaire Votre

courtoisie, 6 vainqueur débonnaire, mairet, Sophon.m, 4. L'autre, tout débonnaire, au milieu du sénat A vutrancherses jours par un assassinat, corn. Cinna, ii, <• Il devait vous suffire Que votre premier roi fût débonnaire et doux, la font. Fab. m, 4. Jésus, le débonnaire Jésus, il plaint nos misères, mais.... Boss. Serm. Quinq. 2. Autres sont mes plaisirs Tque ceux de la satire] ; soit, comme je le crois. Que d'une débonnaire et généreuse argile On ait pétri mon Sme innocente et facile.... a. chén. Ép. ii. Il Par ironie. On n'est pas plus débonnaire que cet homme. || Mari débonnaire, celui qui ferme les yeux sur l'inconduite de sa femme. || 2° S. m. Ils ont nommé le débonnaire celui qu'ils n'ont osé nommer le sot, BAiz. dans bouhoors, Nouv. rem.

— HIST. XI* s. Eh! gentilz hom, chevalier de bon aire, Ch. de Rot. clxiv. || xii' s. [Amour] Me fait chanter de la plus debonaire Qu'on puist au mont [monde] ne vouer ne trouver, Couci, ii. Debonere prison Avez doné [à] mon fin cuer qui vous prie, i6. J'aim [aime] mieus ainsi souffrir et endurer; Ce sachez bien, debonere au douz nom, ib. x. Gentis cuens debonaires, dist Lambert de Berif.... Sort. xxiv. Il XIII* s. Berte la débonnaire, ainsi [je] l'ouï nommer, Berte, m. Gentis homs deboneres, pour Dieu car la m'aprent [apprends-la-moi] , ib. XL vu. Si vousdirai par quel reson Le debonere [faucon] tienton cras Et le félon tient-on si bas, Lai du conseil. Le cuer ot [Franchise] dous et débonnaire, la Rose, 1205. Si te dirai que tu dois faire Por l'amour de la débonnaire De qui tu ne poes avoir aise, ib. 2b48. Il XIV* s. Soies courtois et débonnaire. Comme uns homs estrait de bonne aire, i. bruyant, dans Ménor gier, t. n, p. ().||xv*s. Jeune, gente, plaisant et débonnaire, Chargié m'avez d'une balade faire; Or lavueilliez recevoir doulcement, ch. d'orl. Bal. 20. Il XVI* s. Une contenance contente et débonnaire, MONT. I, <76. Si tu es un dieu débonnaire, voylà de l'encens, id. i, 229. L'agriculture est un art si humain et si débonnaire, qu'en voyant et oyant seulement , il fait aussitost les gens sçavans, la boétie, 247. D'un naturel humain et débonnaire, id. 326. Et cependant ta plume de bonne aire Nous veuille escripre ung petit mot ou deux, crétin, p. 1 7», dans

BAYN0UARD.

— ÊTYM. Provenç. de bon aire; ital. dibonaire; mot composé de de, bon, et aire (voy. aire), qui a signifié place, extraction, et qui était tantôt masculin et tantôt féminin. Quand J. Bruyant dit qu'un homme débonnaire est un homme issu de bonne aire, il donne l'étymologie et le sens du mot, qui, signifiant d'abord de bonne race, s'est particularisé dans celui de doux , bienveillant.

DÉBONNAIREMENT (dé-bo-nê-re-man), adv. D'sne façon débonnaire.

— HIST. XII* s. Souffrir m'esteut si debonairement, Couci, V. Il XIII* s. Ensi come il fu devisé, si fu fait, ^ l'otroierent ambedui li baron moût debonnairement, villeh. cix. Mes ren-toi pris, car ge le vueil, En pez, et debonnerement, la Rose, <903. Quant l'abbe s'en fu parti , je vinz au roi et li diz : je vous weil demander, se il vous plet, se vous avez oy plus debonnerement l'abbé de Clygny, pource que il vous donna hyer ces deux palefrois, joiNv. 28s. En ce point que le roy sejournoit en Cypre, envoia (8 grant roy des Tartarins ses messages à li, et li

UICT. DE LÀ LANGUE VRANQAISK.

manila moult débonnairemenl paroles, ID. au. Il XV s. Pour rendre au grand prieur d'Aquitaine trente mille florins, lesquels il avoit prestes debonnairementenl'islede Rhodes, FROiss. m, iv,69. [Un écuyer du comte de Mont-Ventadour livrant le château pour 600«fr. à Gefîroy Tête-Noire] il mit en son marché que son maistre n'auroit jà mal, elle mettroit-on hors du chastel debonnairement, id. ii, ii, 47.

— ÉTYM. Débonnaire, et le suffixe ment; ital. dibonariamente.

DÉBONNAIRETÉ (dé-bo-nê-re-té), ». f. Qualité du débonnaire. Sa débonnaireté va jusqu'à la faiblesse.

— REM. Bouhours dit qu'il y a des gens délicats qui ne peuvent souffrir ni débonnaire ni débonnaireté; pour lui, il ne les admet guère qu'en parlant de la douceur qui appartient au chrétien. Aujourd'hui ces mots, sans être fort employés, gardent pourtant leur place.

— HIST. XIII* s. Tant [elle] ot tousjours eu de debonaireté, Berte, cm. Nous devons apeler le bienfet le roi, celui bienfet qui ist de sa deboneretié, Liv. de just. lO. Si que noz avons veu en aucuns liex, là ù il a esté soufert par debonereté, que ele [la femme] emportoit bien autant de muebles ou plus comme il demoroit as hoirs ou as exécuteurs, BEAUM. XIII, 21. Tout soit ce que le [la] deboneretés du segneur ait soufert qu'il ne soit pas justiciés du fet, ID. Lxvii, 19. Le [la] deboneretés du bailli ne se doit pas estendre vers les malvès, m. ib. Ne porquant en cas de crieme ne doit avoir point debonnereté , ID. ib. 63. En ce point me fist un mien chevalier une grande débonnaireté, qui fut tele.... ioinv. 283. Il xiv's. El la vertu moienne, nous l'appelions mansuétude ou débonnaireté, oresme, Eth. 49. || xv* s. Tout en la manière qu'il est escript de la grande débonnaireté de l'empereur Octavian qui seigneuria tout le monde, Bouciq. iv, ch. 9. || xvi* s. C'est l'effect de la débonnaireté et mollesse, mont, i, 3. La débonnaireté et facilité de complexion, id. i, 197. Or conte doncques à ceste heure la débonnaireté de ceste science [l'agriculture], la boétie, 223. Grand débonnaireté a maints hommes grevé, lb roux de lincy, Prov. t. ii, p. 303.

— ÉTYM. Débonnaire; ital. dibonarietà.

f DÉBONNETER (dé-bo-ne-té. Le ( se double quand la syllabe qui suit est muette : débonnette, débonncttera). || 1* F. n. Terme d'horticulture. Proprement quitter le bonnet, se dit en parlant des fruits qui ont grossi assez pour faire tomber l'espèce de bonnet que leur forme la corolle desséchée. Le raisin n'a pas encore débonneté, ou n'est pas encore débonneté, suivant qu'on veut marquer l'action ou l'état. Il 2» Y. a. Crever avec l'ongle le papier qui couvre l'amorce d'une fusée.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et bonne».

t DÉBOQUETER { dé-bo-ke-té. Le < se double quand la syllabe qui suit est muette : je déboquelte, je déboquetterai ) , v.a. Terme de ponts et chaussées, ôter les planches qui environnent les pilotis.

DÉBORD (dé-bor; le d ne se lie jamais) , s. m. Il 1° Terme de monnaie. La partie d'une pièce qui passe les bords du flanc. || Partie d'une route qui borde le pavé. || La partie de la doublure qui excède l'étoffe, en forme de passe-poil. || 2° Se dit, dans quelques provinces, pour la crue des eaux au-dessus de leurs bords. Le débord du Beuvron. || 3° Par extension, éruption, en parlant des humeurs, de la bile. Un débord de bile.

— HIST. XVI* s. Ny le debord de ce dieu tortueux Qui tant de fois t'a couvert de son onde, dubell. VI, 5B, verso. Les quels, après s'estre enivrez, se sont battus et tuez, et, par un desbord désespéré, ont entré aux églises et ravagé.... carl. vin, <<.

— ÉTYM. Dé... préfixe, et bord.

DÉBORDÉ, ÉE (dé-bor -dé, dée), part, passé. Il i°Qui est sorti hors de ses bords. Un fleuve débordé. Toutes les rivières sont débordées, sÉv. <3. Il Fig. Ces Scythes vagabonds, débordés dans nos champs, volt. Irène, i, <.||Fig. Sortir de ses limites. Il n'y a qu'une révolution soudaine et violente qui puisse ramener dans son cours naturel cette puissance débordée [le pouvoir absolu des rois], fén. Tél. XXII. Il 2° Dissolu. Vie, conduite débordée. Il mène une vie débordée, vaugel. Q. C. i, io. Cette lettre [de Gervaise ] était un tissu d'ordures, avec de basses mignardises de moine rafl'olé et débordé, à faire trembler les plus abandonnés, st-sim. 61, 31. Jenni, dans sa vie débordée, avait un profond respect pour son père et même de la tendresse, VOLT. Jenni, B. |{ Substantivement. Vous retenez dans l'Eglise les plus débordés, pasc. P. Pape, 19. Un neveu [le duc d'Orléans] qui tremblait devant lui [le roi], en qui son esprit, ses talents, ses velléités

légères, et les fous propos de quelques débordés qu'il ramassait, disparaissaient au moindre mot, souvent même au moindre regard, st-sim. 409, n6. Il 8° Une robe débordée, une robe dont le lacet qui forme le bord de la robe est décousu. || Un lit débordé, un lit dont le bord de la couverture n'est plu» repliésousle matelas. || Êcus débordés [écus rognés], malh. Instr. à son fils. ||4* Une ligne de troupe» débordée, une ligne de troupes au delà du flanc de laquelle l'ennemi s'est avancé. |l Fig. Dépassé dans les Idées, devancé dans les opinions. Le ministère débordé par le parti qui l'avait porté au pouvoir.

DÉBORDEMENT (dé-bor-de-man), i. m. || 1* État d'un fleuve , d'une rivière qui franchit les bords de son lit. Les ravages d'un fleuve en son débordement, ROTR. Bélis. I, 6. Strabon remarque que, sous Pétrone gouverneur d'Egypte, lorsque le débordement du Nil montait à douze coudées, la fertilité était fort grande, rollin, lli.tt. anc. Œuvres, t. i, p. 28, dans P0UGF.NS. Il Par extension, évacuatioa prompte et copieuse de quelque matière excrémentielle. M. Levasseur, qui mangeait beaucoup et avec une extrême voracité, était sujet à des débordements de bile et à de fortes diarrhées qui lui duraient quelques jours et lui servaient de remède, i.j.bouss. Conf. IX. Il 2* Fig. Irruption de multitudes. Le débordement des barbares dans l'empire romain. L'Europe courait risque, si Charles Martel ne se fût opposé àce débordement d'infidèles, maucroix, Schisme, t. I, dans RiCHELET. Il 3° Excès des passions, des crimes. Les fleuves teints de sang.... l'ar le débordement de tant de parricides, corn. Pomp. i, 1. En reprochant à ceux qui la composent [une cour] leurs moeurs corrompues et leurs débordements, bourd. Homél. sur l'avetigle-né, Dominic. t. rv, p. B08. Elle a souillé toute la terre par le débordement de sa passion, sacy. Bible, Jérémie, ni, 9. De ces écoles publiques de lubricité naissait, comme il arrive toujours, un débordement de vices, mass. Panég. St iouts.|| Dissolution de moeurs. Vivre dans le débordement. Pour ses débordements j'en ai chassé Julie, corn. Cinna, v, 2. || i' Efl'usion. Débordement de paroles. Vient-on de placer quelqu'un dans un nouveau poste, c'est un débordement de louanges en sa faveur, la brut. vm. Quand tu auras essuyé ce débordement de ma philosophie, montesq. Letl. pen. 69. Il Débordement d'écrits, de pamphlets, etc. se dit d'écrits, de pamphlets, etc. qui se multiplient et se répandent.

— HIST. XVI* s. La nature s'oublie tellement qu'au lieu d'une crise elle fait une hypercrisie, et, au lieu d'une évacuation juste et modérée, fait un desbordement desreglé et pernicieux, paré, xx, i*.

— ÊTYM. Déborder.

f DÉBORDEMENT (dé-bor-dé-man) , adv. Néologisme. D'une façon débordée, immorale.

— ÉTYM. Débordé, et le suffixe ment.

DÉBORDER (dé-bor-dé), «. n. || 1° Dépasser les

bords, sortir de son lit. La Seine avait débordé et

inondait les prairies Le Tibre en rougit [de sang

romain] et déborda des pleurs Qu'ils nous faisaient verser au fort de nos malheurs, mair. Uort d'Asdr. I, i. Pourquoi croyez- vous plutôt que je suis malade, que de comprendre que toutes les rivières sont débordées? sÉv. Lett. I2révrier4690. || Parextension, faire éruption hors du corps. Les humeurs débordent. La bile déborde. || Fig. La colère déborde de son cœur. Son coeur est plein , il faut qu'il déborde. Les mauvaises mœurs débordent et menacent de tout envahir. Il 2° Accourir enfouie, en multitude. De là vient que Paris voit chez lui [le libraire] de tous temps Les auteurs à grands flots déborder tous les ans, boil. Sot. ix. Pour l'étouffer [la liberté] en vain la tyrannie Fait signe au nord de déborder sur nous, bérano. Malade. || 3° Dépasser le bord d'une autre chose. La plante du pied de l'éléphant est revêtue d'une semelle de cuir dur comme la corne et qui déborde tout autour, buff. Éléphant. Il 4* Terme de marine. Quitter le bord d'un navire, en parlant des embarcations. Les chaloupes débordèrent, dès qu'elles virent le feu au brûlot. || Déborde, terme de commandement pour ordonner à la chaloupe de s'éloigner du vaisseau. || 6* V. a. Pousser hors du lit, en parlant des eaux. C'est la Seine en fureur qui déborde son onde Sur les quais de Paris, malh. vi, <2. IJPeu usité aujourd'hui en ce sens. || 6° Dépasser par le bord une chose. Cette pierre déborde l'autre de trois centimètres. Les eaux du Gange qui débordaient déjà leurs rivages, uebn. DE st-pierre, Chaum. ind. || 7° Terme militaire. Dépasser le flanc d'un corps de troupes. L'avantgarde de notre flotte débordant celle de l'ennemi. Mais César, accouru des champs de la Mésie, De

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