EM
C. Il XVI* s. Charger la parole de Dieu des scdilioni qu'esmcuvent i l'encontre d'icelle les fols et escervelez — On accusoit les apostres comme s'il» eussent esmeu le populaire à tumulte — Ce ne sommes pas nous qui esmouvons les troubles, calv. Insliî. dédit. Il estait esmeu comme la fucille de l'arbre, ID. ib. 434. Esmouvoir à commisération et k pitié — Un trouble s'eslant esmeu pendant ce parlement mont. I, 25. Préparé d'une belle oraison pour l'esmouvoir à la guerre contre.... id. i, 4H9. Pocrtle» va tousjours demandant et esmouvant la députe, jamais l'arrestaiit, id. h, 239. Et s'estant esmeu il'advenlure quelque débat et différent entra les pasteurs, amyot, Rom. 7. Amulius, esmeu de ces raisons , luy livra entre ses mains Remiis pour en faire punition, id. ib. ». Il ne s'esmeut point autrement de cette nouvelle , id. Publie. 27. 11 se levoit un grand vent du costé de la mer, qui emouvoit de grosses vagues dedans le canal, id Thém. 28. Les fondements des plus hautes montagnes Tous esbranlés s'esmurent grandement, ma- ROT, rv, 2SS.
— ÊTYM. Berry, émouver; provenç. esmover, etmotre; du latin emorere, de «, et movere, mouToir (voy. mouvoir).
E.MPAILLAGE (an-pa-lla-j', tt mouillées, et non an-pa-ya-j'), *. m. L'art ou l'action d'empaiilcr des chaises, une paillasse, des animaux. || Terme dt marine. Sorte d'exhaussement ou d'abri, dans certains bateaux.
— f.TYM. Empailler.
EMPAILLÉ, ÉE (an-pa-llée, liée. Il mouillées, et non an-pa-yé, yée), part, pcusé. |{ 1* Rembourré de paille. Un oiseau erop:iillé. On voyait des têtes proprement empaillées qu'on allait porter à la Sublime- Porte, VOLT. Cand. 30. || î* Défendu par de la paille. Un figuier empaillé pour l'hiver.
t EMPAILLEMENT (an-pa-lle-man. Il mouillées, et non an-pa-ye-man), s. m. || 1* Action d'empaiilcr les chaises. || 2* Action d'empailler les animaux morts. Il 3* Action d'entourer de paille une plante pour la garantir du froid. |1 4* Terme rural. En.semble des pailles qui proviennent des récoltes de céréales. Il Action de mettre dans du fumier de la paille, des feuilles, des herbes.
— ÉTYM. Empailler.
EMPAILLER (an-pa-llé, {I mouillées, et non anpa-yé), V. o. Il 1" Garnir de paille. Empailler des chaises. Empailler des ballots. || 2* Empailler des animaux, garnir leur peau de manière à conserver les formes qu'ils avaientdans l'étatdevie. ||3*ïerme de jardinage. Entourer de paille des arbres pour les protéger contre les rayons solaires, contre le froid, les atteintes des animaux ou des instruments. || Envelopper des légumes pour les étioler et les faire blanchir. Il Empailler des cloches de verre, mettre de la paille entre des cloches pour les transporter sans courir le risque de les casser.
— tTYM. En * , et paille.
EMPAILLEUR, EUSE (an-pa-lleur , lleù-r'. Il
mouillées, et non an-pa-yeur, yciVz), s. m. et f. Celui, celle qui empaille des chaises, des oiseaux, etc.
— rrYM. Empailler.
t EMPALANGE (an-pa-lan-j"), s. m. Buffle d'Afrique.
EMPALÉ, ÉE (an-pa-lée, lét), part, passé. L'assa;isin de Kléber empalé suivant la justice turque.
4. EMPALE.MEST (an-pa-le-man) , s. m. Action d'empalKr; supplice du paL
— ETYM. Empaler.
f S. EMPALEMENT (an-pa-le-man), t. m. Petite vanne de moulin. |{ Se dit aussi des vannages d'une usine.
— «TYM. ^n 4 , et paît.
EMPALER (an-pa-lé), c. o. Faire subir le supplice (lu pal. De la sorte que vous en parlez, j« croit aussi que vous auriez été bien aise que j'eusse été empalé une demi-heure pour savoir comment cela se fait, et comment l'on s'en trouve, voit. Lett. 60. Il y a quelques années que l'on condamna, dans la Tartarie, deux jeunes gens à être empalés, pour avoir regardé, leur bonnet sur la tîle, passer une procession de lamas, volt. l'ff. aux. 40 écus, proportions. Il fit empaler un boulanger qu'il avait surpris PU fraude, monteso. Etp. xxvi, 24. || Par extension. J'aurais donc pour ressource des e.scargots, des vers, des mouches, et je passerais ma vie à me mettre hors d'haleine pour courir après des papillons, à empaler de pauvres insectes.... 1. J. ROi'.ss. Promen. 7. || S'tmpaler, t>. réfl. Se dit quelquefois d'un accident ail un homme, tombant da haut (ur quelque objet pointu, se fait un* blessur*
EMP
EMP
comparée à un empalement. Il est malhcuressement tombé «ur des éch&laa et s'est empalé.
— HIST. XT* 9. Et toujours traioient [tiraient] les Anglois en la plus grande presse, qui rien ne penloient de leur trait; car ils empalloient et feroient [frappaient] parmi le corps ou parmi les membres gens et chevaux, qui là cheoient el irebuchoient àgrand meschef, FRoiss. I, I, 287. Il XVI" s. En son anniversaire ils tuoieut cinquante chevaiilx, montez de cinquante pages, qu'ils avoient empalez par l'espine du dos jusques au gosier, et les laissoient ainsi plantez en parade autour de ia tumlie, mont, u, I89.
— ÊTYM. En t, et pal. Dans l'ancienne langue, empaler signifie seulement percer avec un pal ou toule autre arme.
t EMPAMPRÉ, ÉE (an-pan-pré, prée), adj. Garni de pampre.
— HIST. XVI* s. Pour mieux tromper ses ennuis. Le chef tout empampré de joie. Gaillard il les plonge et les noie Au fond de ses plus vineux muiz, j. tauu- BEAU, Poésies, p. <I6, dans lacurne.
— ÊTYM. En {, et pampre.
EMPAN (an-pan), s. m. Mesure de longueur qu'on prend du bout du pouce à l'extrémité du petit doigt, lorsque la main est ouverte le plus possible. L'empan de la coudée égyptienne équivalait k 1 2 doigts, et était long de 226 millimétrés. Sur ma plus haute cime un aigle s'est perché tenant dans sa serre une tête de brave Mange, oiseau, repais-toi de ma jeunesse, repais-toi de ma bravoure; ton aile en deviendra grande d'une aune et ta serre d'un empan, faukiel , Chants populaires de la Grèce, t. i, p. 3». || Terme de broderie et passementerie. L'étendue des deux bras.
— ÉTVM. lierry, empane, s. f.; wallon, aspagne; namurois, esplagne; ital. spanna; du germanique : allem. Spanne, empan; an^çl. span; du verbe .sponnen, étendre. On trouve dans les anciens textes non empan, mais espan ou espane.
EMPANACHE, ÉE (an-p»-na-ché, chée), part, passé. Garni d'un panache. Une tête empanachée N'est pas petit embarras, la font. Fabl. iv, 6. Te voilà ravi d'être empauachédevert.HAiiiLT. Grom. 4.
EMPANACHER (an-pa-na-ché), V. a. Garnir, orner d'un panache. Empanacher un casque. || S'empanacher, e. réft. Se parer d'un panache.
— HIST. xvi* s. Empanacher, mcoT, Dict.
— ÊTYM. En i , el panache.
EMPANNÉ, ÉE (an-pa-né, née), part. passé.iMs en panne. Un vaisseau empanné pour prendre hauteur.
EMPANNER (an-pa-né). || 1" F. a. Terme de marine. Mettre en panne. || 2° V. n. Un navire empanne ou est empanné, quand il est masqué par le côté de l'écoute de ses voiles.
— ÊTYM. En i,et panne.
t EMPANNON (an-na-non), i. m. || 1° Terme de charpentier. Chevron de croupe, qui tient aux arrêtiers par le haut, et par la bas aux plates-formes. Il 2° Terme de charron. Nom de deux pièces de bois, qui, prenant des deux côtés de la flèche d'un carrosse, passent sur l'essieu.
— ÊTYM. Probablement, l'ancien français empennon, la partie d'une flèche garnie de plumes (voy. empenner), par comparaison avec la disposition des pièces de charpente.
t EMPANTOUFLÉ, ÉE (an-pan-tou-flé, flée), adj. Oui a des pantoufles aux pieds.
— HIST. ivi* s. Empantouflé, cotgravb.
— ÊTYM. 8n < , et pantoufles.
t EMPAQUETAGE (an-pa-ke-ta-j'), t. m. Action d'empaqueter. L'em[iaquetage du coton.
— ÈTYM. Empaqtieter.
EMPAQUETÉ, ÉE (an-pa-ke-té, tée), part, passé. Il i' Mis en paquet. Du linge bien empaqueté. El où est-il, m'écriai-je, cet habit si bien empaqueté? HAMiLT. Gramm. 7. J'ai laissé le livre bien empaqueté en main sûre, boss. Lett. «9. || 2° Par extension, enveloppé comme une sorte de paquet, en parlant des personnes. Notre défunt était en carrosse porté, Bien et dûment empaqueté, la font. Eabl. vu, 11. Sortons, je ne saurais qu'avec douleur très-forte Le voir empaqueté [un ami mort] de cette étrange sorte, mol. l'Étour. u,4. Près d'un bain chaud [Plombières] toujours crotté. Plein d'une eau qui fume et bouillonna. Oïl tout malade empaqueté Se baigne, s'enfume et se donne La question pour la santé, volt. Ép. 26. || Se dit d« gens entassés dans une voiture.
EMPAQUETER (an-pa-ke-té. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette : j'emf aquette, j'empaquetterai. U faut bien se garder de la prononciation, axtrêmement vicieuse, de quelques per-
sonnes qui disent: j'eu-pa-kt'), o. o. || 1" Moitre on paquet. Empaqueter du linge. Pour aller à Lesbos, De son nèio défunt empaqueter les os, bouhsault, lab. d'ÈiOjie, ii, (, Je l'avais empaqueté, serré, ployé [un habit], que toute la pluie du monde n'en eût point approché, uamilt. Gramm. 7. || 2° S'empaqueter, B. réfl. S'envelopper, se charger d'habits. Elle s'est empaquetée dans deux ou trois chaies.H Par extension. S'empaqueter, s'entasser dans une voiture.
— lilST. xvr s. Pourqoy, estimant un homme, l'estimez-vous tout enveloppé et empaqueté T.. , c'est le prix de l'espée que vous cherchez, non de la gaine, mont, i, 324.
— ÊTYM. En t , et paquet.
t EMPARADISER (an-pa-ra-di-zé) , V. a. Mettre en paradis, en un état de délices, t'/lrf d'emporadtser les dmes, titre d'un livre ascétique du zvu* siècle.
— ÉTYM. En », et paradis.
t EMPARENTÉ, EE (an-pa-ran-té, tée), adj. Qui possède des parents par alliance. Un homme bien emparenté. || On dit aujourd'hui, de préférence, apparenté.
— HIST. xu' s. Quatre escuiers des miex [mieux] emparcnlés. Bat. d'Àleschans, v. 3746. || iiii* s. Graalent fu de Bretuns nés, Gentil et bien emparentés, maiiie, Graalent.
— ÉTYM. En t, et parent.
EMPARER (S') (an-pa-ré), V. réfléchi. || f Se saisir de quelque chose. S'emparer d'un héritage. L'ennemi s'empara de la ville. Après s'être emparé des droits de ma naissance, coim. Œdipe, u, 2. Et je n'envierai plus le lang dont il s'empare, m. Sertor. i, i. T'emparer d'une reine en son propre palais, ID. t6. V, ♦. || Terme de chimie. Il se dit des substances qui se combinent avec certaines autres, lorsqu'elles se trouvent en présence. Le fer s'empare de l'oxygène. || 2" Fig. S'emparer de la conversation. S'emparer des derniers moments de quelqu'un. Bientôt l'amour, fertile en tendres sentiments, S'empara du théâtre ainsi que des romans, BOIL. Art p. m. Il est aisé de s'emparer de l'esprit de M. de Richelieu, u"' de caylus. Souvenirs, p. 433, dans P0UGENS. Je m'empare aussitôt de ce grand mouvement, raynouahd. États de Blois, iv, i. Comme un reste de vie se retire vers le cœur à mesure que la mort s'empare des extrémités, sÉGun, Hist. de Napol. ix, 6. || 3* Prendre possession de l'âme, en parlant des passions et émotions. Une juste fureur s'empare de mon âme, bac. Iph. v, 2. De vos sens étonnés quel désordre s'empare 1 m. Àthal. III , b. Mais d'où vient que mon cœur frémit îl'un saint efl'roiî Est-ce l'esprit divin qui s'empare de moi ? m. ib. 7. La mollesse et la volupté s'emparent de mon cœur, fén. Tél. i.
— REM. Saint-Simon a supprimé le pronom personnel : Pour rendre la guerre plus animée et plus durable, [Louvois] fait brûler Worms, Spire et tout le Palatinat jusqu'aux portes de Mayence dont il fait emparer les troupes du roi, st-sim. 406, 87. Mais cela est mauvais et ne doit pas être imité. Il 2. Emparé ne peut pas s'employer absolument au participe, il faut dira s'étant emparé; et il y a une faute contra l'usage ou du moins un archaïsme dans ce vers: Son génie emparé delà nature entière, V1ENNET, Épitre à Fontanes.
— HIST. XV* s. Celuy an emparèrent [fortifièrent] les Anglois la ville de Sainct Jame de Beuron, laquelle chose ils no dévoient faire, al. chart. //i.v(. de Ch. Yll. Il xvi* s. Donnons licence de fortifier et emparer le dit bourg, du cange, arcaturia.... Vous ne seriez point honorée Simplement d'une pomme ronde. Mais auriez la main emparée De la monarchie du monde, st-gelais, 179. On a beau clorre et de clefs s'emparer [se remparer]. On ne saurait les désirs séparer, iD. 200. Depuis, l'ambition est survenue, laquelle a emparé les hommes mortels des despouilles qu'elle avoit ravi à Dieu, calv. Inst.et Le vice adhère tousjours aux entrailles de celuy qui s'en est une fois emparé, auyot, Du vice et de la vertu, 8.
— ÉTYM. Provenç. espagn. el portug. amparar; ital. imparare, apprendre; de l'n, en, et parore, disposer, préparer (voy. parer). Le sens propre de ce mot est rendre prêt, fortifier, et, par suite, saisir
fEMPARFUMER (an-par-fu-mé), v. a. Emplir d'une odeur parfumée.
— HIST. xvi* s Geste Marguerite Qui ciel et
terre emparfume d'odeur, bons. 66.
— ÊTYM. En i , et parfum.
t EMPARQUER (an-par-ké), v. a. Mettre dans un parc. Il Fig. Circonvenir. Bref, Charost se laissa emparquer et maria le marquis d'Ancenis à la fille d'Entraigue, 8T-SI1I. W, 2i<.
— HIST. xiu* s. Trop ai en mauvais lieu marchié; Li dé m'ont pria et emparcbié; Je les ckiiia quite, HUTEB. 27.
— ÊTYM. En*, et pare.
t EMPASME (an-pa-sm*), ». m. Terme de pharmacie. Poudre parfumée qu'on répand sur le corps pour en absorber la sueur ou en masquer l'odeur.
— ÊTYM. 'Ë|ji7[aa|ui, de iv, en, et itia«iv, saupoudrer.
t EMPASTELER ( an-pa-ste-lé) , r. a. Terme da teinture. Employer le pastel ou guède pour faire prendre le bleu aux laines.
— KEM. Au xvii* siècle, on disait empftteler. Par ces mots de guéder ou d'orapâteler se doit entendra le bleu aux laines ou étofl'es, Instr. génér. pour la teint. 18 mars 1671 , art. 219.
— ÊTYM. Ent, et pastel.
tEMPATAGK (an-pa-ta-j'), t. m. Action d'empâter.
— ÉTYM. Empoter,
t EMPATAGE (an-pâ-ta-j'), ». m. Action de mélanger la lessive avec l'huile pour la fabrication du savon.
— ÉTYM. Empâter.
EMPAtÉ, ÉE (an-pà-té, tée), part, passé. Il 1° Rempli de pâte ou de chose analogue à la pâte. Les mains empâtées de plâtre. ||Scie empâtée, scie qui a retenu de la sciure entre ses dents. Il Terme de géologie. Roches empâtées, celles dont les parties sont enveloppées par une pâte distincte. Il Terme de minéralogie. Texture empâtée, textura d'une roche dont la base est une pâte homogène avec parties constituantes ou accidentelles disséminées dans celte pâte. || 2* Formé en une sorte de pâte. La porcelaine et la frêle beauté Ds cet émail à la Chine empâté, volt, .^poloj. du iuie. Il 3* Engraissé avec une composition alimentaire dite pâte. Volaille empâtée. ||4* Terme de peinture. Il se dit des tons moelleux et bien fondus. Un tableau bien empâté. || Terme de gravure. Des chairs bien empâtées, des chairs moelleuses. || 6' Pâteux, embarrassé comme par de la pâte. Langue empâtée. U a la prononciation empâtée. || Terme da musique. Qui manque de netteté. Voix, exécution empâtée. || 6* Terme de manège. Cheval empâté, cheval dont les formes sont épaisses, peu distinctes, et dont les extrémités sont garnies de beaucoup da poils longs, gros et rudes. Jarret empâté, jarret d'un cheval qui est trop charnu, par opposition à jarret sec. || Par extension. Homme empâté, homma de formes qu'on a comparées à celle du cheval empâté.
t EMPATELINER (an-pa-te-li-né), e. a. Caresser, séduire par des manières patelines.
— HIST. XYi* s. Ce vieux rêveur, ce mitouin A contrefait le patelin; Il l'a si bien mitouinée Et si bien empatelinée, Qu'il a fait ce qu'il a voulu, b. belleau, la Reconnue, m, 6.
— ÉTYM. En 4 , et patelin.
EMPATEMENT (an-pa-te-man), s. m. \\ l' Ce qui
sert de pied à quelque chose, pour le soutenir. Il 2° Terme d'architecture. Epaisseur de maçonnerie qui sert de pied à un mur. || Pièces de bois qui servent de pied à une grue. || 3° Terme de jardinage. L'endroit, dit aussi talon de la tige, d'où sort la branche ou le rameau. i| 4* La base qui sert à fixer les algues. || Terme de marine. Entrelacement des torons de deux cordages réunis par une épissure.
— nEM. On ne voit pas pourquoi l'Académie, écrivant patte par deux t, écrit empâtement par un seul t, et non empattement. Cela oblige, pour na pas rompre davantage l'analogie, à écrire par un seul t empatage, empâter, empature.
— ÉTYM. Empâter.
EMPATEMENT (an-pâ-te-man), ». m. || i* État de ce qui est empâté ou pâteux. L'empâtement des mains. 112* Engraissement des volailles. || 3° Terme de peinture. Action d'empâter un tableau. || Terme de gravure. Effet que produit le mèl.tnge des points, des tailles et des hachures. || 4° Etat de ce qui est embarrassé comme par de la pâte. L'empâtement de la langue, de la voix. || B* Terme de médecine. Gonflement mal circonscrit, qui, au toucher, donne lo sentiment de la pâte.
— HIST. XVI* s. Pour à toute extrémité engraisser et chapons et poules, convient recourir à l'empastement, o. de serres, 382.
— ÊTYM. Empaler.
■j- EMPATER (an-pa-té), v. o. Fixer, attacher avec des pattes. || Terme de charron. Empaler des rais, faire les pattes des rais d'une roue. || Terme do oonstructioa. Fonder la luatonnerie qui sert de bas«
EMP
à un mur. Il Terme de marine. Entrelacer les torons de deux cordages. Joindre deux pièces de bois juxtaposées.
— ÉTYM. PfH , et palte.
EMl>ATEH(an.pa-té), v. o. || 1* Couvrir de pftlo
ou de nialiîire pileuse. Cela m'a empâté les mains. Vous lui empâterez [à Cerbère] ses trois gueules en lui jetant dans chacune une de vos boules de cire, LA FONT., l'sycM, II, p. <»0.|| Remplir de pâte les trous d'une meule de moulin. j| 2° Empâter une volaille, l'engraisseravecunepâte composée. || 8°Ternie de peinture. Donner de l'épaisseur aux couleurs, surtout aux carnations, en |les couvrant et recouvrant plusieurs fois. || Terme de gravure. Mélanger des points faits à la pointe sîclie etdespointsfaitsà l'eauforte avec les tailles et les hachures. || 4° Rendre pâteux, épais. Kmpâter la langue. || B" S'empâter, v. réfl. Devenir pâteux, épais. La langue s'empâte.
— HIST. xiii* s. Nus no puet mètre en sele ne en escu, do quelque manière que la sele ou li escu soit, chose emprientée [pressée, compriméejne empastée, Liv. det mÙ. 209. || xvi's. Par dessus ajoutera on un rempar d'argile pour engarder l'eau, les vents, la chaleur, d'entrer dedans, l'empastant proprement, et par ce moien en couvrir toutes les joinctures, o. de serres, 668. Son visage de rouge et de blanc empasté, d'aur. Trag.ii.
— ÊTYM. En t , etp(î(e;provenç. etespagn. empastar ; ital. impastare.
f KMPAteur (an-pâ-teur), ». m. Celui qui empâte la volai llo.
— ÉTYM. Empâter.
f EMPATTAGE, EMPATTER, EMPATTURE.voy.
EMPATAGE, EMPATER, EMPATURE.
f EMPATCRE (an-pa-tu-r'), s. f. Assemblage bout à bout de deux pièces de bois, au moyen de pattes et de tenons. || Terme de marine. Partie suivant laquelle deux pièces de bois qui se croisent sont réunies l'une à l'autre
— ÉTïM. Empâter.
t EMPAUME (an-pô-m'), *. f. Tenue de maçonnerie. Saillie qu'en taillant une assise ou un tambour de colonne on conserve sur les parements, pour en faciliter la pose
— ÉTYM. Voy. EMPAUMER
EMPAUMÊ, ÉE (an-p6-mé, mêe), part, passé. Il 1° Reçu dans la paume de la main. Balle bien empaumée. || 8* De l'esprit de qui on s'est rendu maître. Empaiimé par un charlatan.
EMPAUMER (an-pô-mé) , v. a. || !• Recevoir une Italie, un éleuf dans la paume de la main ou en pleine raquptte, et les relancer avec vigueur. Empaumer la balle. || Fig. Empaumer la balle, saisir à propos le moment, l'occasion. |] 2° Terme de chasse. Une part de mes chiens se sépare de l'autre. Et je les vois, marquis, comme tu peux penser. Chasser tons avec crainte , et Finaut balancer : Il se rabat soudain, dont j'eus l'âme ravie; Il empaume la voie, MOL. Fâcheux, II, 7. On dit que les chiens empaument la voie, quand, rencontrant la piste, ils la suivent avec ardeur. Il 3* Fig. Empaumer une affaire, la bien saisir, la bien conduire. || Empaumer quelqu'un, se rendre maître de son esprit. Je vois qu'il a, le traître, empaumé son esprit, mol. Éc. des femmes, m, 6. L'autre [fils deTurenne] d'un esprit faible, qu'on envoya à Rome, que les jésuites empaumtrent et que le pape fit prêtre, st-sim. 2t , 249. la reine [d'Espagne] se trouvait sans secours et sans ressource en elle-même , et le temps trop court pour qu'un autre eût le loisir de l'empaumer assez pour la rendre embarrassante pendant le reste de la vie du roi, lo. 81 , 64.
— HIST. XVI* s. Empaulmer un soufflet [donner un soufflet], OUDIN, Dict.
— ÊTYM. En 4 , et paume de la main. EMPAUMORE (an-p6-mu-r'), s. f. || !• Partie du
gant qui prend depuis la fente des doigts jusqu'au pouce. Il 2° Terme de vénerie. Le haut de la tête du cerf, qui s'élargit comme une main, et où il y a plusieurs andouillers rangés inégalement comme des doigts.
— HIST. xvi* s. Pour connoistre s'il y a empaumure, il faut qu'il y ait une largeur au bout de la teste comme la paume de la main, d'où est venu le nom d'empaumure, salnove, Vén. p. 72, dans la-
CURNE
— ÏTYM. Voy. empaouer.
f miPEAU (an-pd), s. m. Term* de jardinage. Ente ou écorce.
— ÊTYM. En (, et peau, écorce.
t EMPÊCHANT, ANTE (an-pè-chan, chan-t'), adj. Oui empêche, qui gêne. Ayant des figures fort irrégulières et empêchante», desc. Uondt, S, Le
EMP
joug le plus empêchant que le monde impose, boss. IV, Vêture, t.
EMPËCIIË, ËE (an-pê-ché, ehée), part, passé. Il i' Arrêté par une entrave. Empêché par la timidité de prendre la parole, jj 2* Qui éprouve de la ilifficulté à ou pour. Jeunes cœurs sont bien empêchés X tenir leurs désirs cachés, la font. Fianc. 11 est fort empêché à tromper sa femme, qui croit son fils en santé, et il est mort, sÉv. 867. On se trouve empêché à rendre l'élégance.... Doss. Hist. II, u. Je sais bien qu'il est difficile d'exprimer la douleur d'une mère : on ne trouve pas aisément des traits qui nous représentent au vif des émotions si violentes, et, si la peinture y a de la peine, l'éloquence ne s'y trouve pas moins empêchée, id. Prem. term.pour le vend, de la Vais. i. Des Suisses furent scandalisés d.3la conférence de Luther, non tant à cause que le diable y paraissait comme doctour; ils étaient assez empêchés de se défendre d'une semblable vision, dont nous avons vu que Zuingle s'était vanté, id. For. iv, §18. ||8° Embarrassé. Me rendant moins content, me rend plus empêché, rêonier, Sat. m. Les plus clairvoyants y sont bien empêchés, corn. Nicom. m, 4. si vous me demandiez ce que fait Cléopatre dans Rodogune depuis qu'elle a quitté ses deux fils, jusqu'à ce qu'elle rejoigne Antiochus au quatrième, je serais bien empêché & vous le dire, et je ne crois pas être obligé d'un rendre compte, id. Troisième dise. Un point sans plus tenait le galant empêché, la font. Fabl. IV, < I. Introduirai-je un roi qu'entre ses favoris Elle [fortune] respecte seul , roi qui fixe sa roue. Qui n'est point empêché d'un monde d'ennemis T id. ib. IV, t2. Le Romain se retire, Bien empêché de ce secret, id. Joo. Oui fut bien empêchée? Ce fut Clitie, id. Faucon. Et vous seriez, ma foi, toutes bien empêchées Si le diable les prenait tous [les hommes], mol. Amph. a, 6. Le bon père se trouvant aussi empêché de soutenir son opinion au regard des justes qu'au regard des pécheurs, pasc. Prov. *. Combien les beaux esprits sont quelquefois empêchés do leur personne I sÉv. < l< . On serait bien empêché de dire ce qui arrivera, id. 643. Je suis bien empêché; la vérité me presse. Le crime est avéré, lui-môme le confesse, rac. Plaid, m, 3. Nous serions tous bien empêchés. Si l'on nous parlait comme on pense, lamotte, Fabl. v, 20. Les docteurs de Louvain furent très-empêchés en recevant la bulle, volt. Louis IlV, 37. || 4° Retenu par des occupations. Dis-lui que je suis empêché et qu'il revienne une autre fois, «cl. l'Av. m, ii.\\ Substantivement. Faire l'empêché, se donner des airs d'homme trés-oocupé.
REM. Empêché dans le sens d'embarrassé,
suivi d'un infinitif, prend ordinairement à et quelquefois de (voy. les exemples).
EMPÊCHEMENT (an-pê-che-man) , s. m. Action d'empêcher, entrave, obstacle Mille empêchements que vous ferez vous-même. Pourront détentes parts aider au stratagème, corn. Sicom. v, 6. Sans empêchement. De ces bords jusqu'à Home on arrive aisément, MAIR. Sophon.i, 4. Vient-elle fiter aux morts les larmes que je verse. Et mettre empJchement à ce triste commerceT rotrou, Arttig. lU, 7. En murmurant contre les empêchements, pasc. dans COUSIN. ïi nous souffrons les empêchements extérieurs en patience, id. ib. La manière dont nous supportons les empêchements, id. t6.|| Empêchement de la langue, difficulté de prononciation. Moyse dit à Dieu : J'ai un empêchement de langue, VOLT. Philos. IV, 139. Il Terme de jurisprudence. Empêchement de mariage, obstacle au mariage de deux personnes. Empêchement dirimant, celui qui entraîne la nullité du mariage contracté au mépris de cet empêchement. Empêchement prohibitif, celui qui n'entraîne pas la nullité de mariage. Le pape par la dispense avait levé l'empêchement de l'affinité, MADCROix, Schisme, liv. i, dans hichelet.
I Terme d'astrologie. Empêche vent de lumière, position d'une iilanète tardive qui se trouve entre deux planètes véloces.
— HIST. X* s. Metz [mieux] [elle] sostendreiet les empedementz Qu'elle perdesse [que de perdre] sa virginitet, Eulalie. jj xii* s. Toute li [la] commungne de Tornai nous doit secorre, s'il sans empêchement puent venir dusques là, tailliar, Recueil, p. 49». Ensement [en même temps] ad asols [il a absous] les moines del covent; Les suens [siens] voleit baisier senz empeechement, Th. mart. «2i.
II XIII* s. Et grans empecquemens est as baillis et
asjuges d'oîr longes paroles, beaom. v. Il Si
comme quant aucuns se plaint d'empeecemens de lor communs, id. ix, 9. || xv* s. Nul serviteur ne paieut du duc Jean Gateas de UiUn donnoit empes-
chement au seigneur Ludovic à prendre la duché pour luy, que la femme duditduc, comm. yii, t.
— ÉTYM. Empêcher.
EMPÊCUEK (an-p«-cbé) , v. a. || 1* Mettre entrave à quelqu'un. La nuit de sa vue Ne l'empêche pas tant que la nuit de son cœur, malh. i, 4. Je sais l'art d'empêcher les grands cœurs de faillir, CORN. Serlor. iv, 2. Oui, j'ai juré sa mort, rien ne peut m'empêcher, mol. Sffnn. 2i. Que votre communication ne vous empêche en aucun de vos desirs, BOSS. Lett, Corn. 3<. jj II se dit aussi quelquefois dans un sens favorable. Ni vous-même, ni le peuple n'avez prétendu, en créant ces nouveaux magistrats, que de donner à cette loi des protecteurs et aux pauvres des avocats qui les empêchassent d'être opprimés par les grands, vebtot, Hivol. rom. II, p. i<3. Il 2' Être cause que quelque chose ne se fasse pas. Quoi I madame, faut-il que mon peu de puissance Empêche les devoirs de ma reconnaissance? corn. Jf^tf^e, IV, 6. Dis-lui que l'amitié, l'alliance et l'amour Ne pourront empêcher que les trois Curiaces Ne servent leur pays contre les trois Horaces, id. Uor. ii, 2. Quand j'empêche sa mort,
il m'arrache la vie, th. corn. .^rian«, v, & il
y fit des fagots dont la vente Empêcha qu'un long jeOne à la fin ne fit tant Qu'ils allassent là-bas exercer leur talent, la font. Fabl. x, 18. Le premier président a apporté un ordre pour empêcher que certains greffiers ne prissent de l'argent pour cette préférence, pasc. Prov. I8. Ce grand Dieu, pour empêcher le progrès d'un si grand mal (l'idolâtrie], au milieu de la corruption commença à se séparer un peuple élu, boss. Hist. I, ». Il est bon d'empêcher ces emplois fastueux D'être donnés peutêtre à des âmes mondaines, boil. Sat. x. La pluie presque continuelle empêche qu'on ne se promène dans les cours et dans lesjardins, RAC.45*ic((. à Boil. Je couvrais ces matières-là d'un galimatias philosophique qui empêchait que les yeux de tout le monde ne les reconnussent pour ce qu'elles étaient, fok- TEN. Dial. de Plat, et de Marg. Les fautes considérables d'Homère n'ont jamais empêché qu'il ne fût sublime, volt. Louis IIV, 32. || 3' Gêner l'exercice de. Trop de distance et trop de proximité empêche la vue, PASC. dans cobsin. Trop de jeunesse et trop de vieillesse empêche l'esprit, iD. ib. || 4* S'empêcher, t). réfléchi. Se défendre, s'abstenir de. Il ne put s'empêcher de parler. Mais tu ne pouvais pas t'empêcher de le faire, mair. Mort d'Asdr. i, *. Je ne puis m'empêcher, si bien que je résiste, De croire à ces derniers [songes] qui n'ont rien que de triste, ID. Sophon. ii, 3. Je m'empêcherais bien de servir de matière X la sévérité de ton humeur altière, ID. ib. v, 2. || S'embarrasser. La raison en est belle, et c'est par là qu'il s'empêcherait des choses I MOL. Fest. t, I.
— REM. D'après Voltaire (Remarq. lur Corn.) et d'après certains grammairiens, empêcher demande toujours un régime direct de la personne, et c'est une faute de dire : on nous empêche l'accès de cette maison. Cependant cette locution a été employée par bien des écrivains très-autorisés : par Malherbe : La seule raison qui m'empêche la mort, v, 13; par Corneille : Cet orgueilleux esprit, enfié de ses succès. Pense bien de ton cœur nous empêcher l'accès, ^t'com u, 46; par Racan : L'excès de la douleur m'empêche la parole, Berger, iv, 6; par Bossuet : Pour lui en empêcher les approches, II, Fr. de P. *; La jeunesse à qui la violence de SCS passions empêche de connaître ce qu'elle fait, Serm. quinq. 2; par Saint-Simon : Tallani compta pouvoir empêcher aux ennemis le passage de la rivière, 134, 233; par Chateaubriand : Philippe aperçut l'échauflfourée , et, toujours poursuivi de l'idée de trahison, il s'écrie : tuez, tuez cette ribaudaille qui nous empêche le chemin, Hist. de France, dansoonEFROY, Lex. de Corneille. || 2. Empêcher veut de avant l'infinitif. || 8. Avec<ju«, la proposition subordonnée prend ne. J'empêche qu'il ne vienne. Cette règle peut être négligée dans les vers : Si son cœur m'est voléparceblondin funeste, J'empêcherai du moins qu'on s'empare du reste, mol. Éc. det f. IV, 7. Mais en prose, elle ne doit pas l'être, ou du moins elle ne l'est pas d'ordinaire; cependant on trouve des phrases comme les suivantes, qui, à le bien prendre, n'ont rien de fautif en soi, len«éUnt purement explétif : Vingt-cinq grenadiers posés à sa porte [de Gyllembourg] eurent ordre d'empêcher que personne pût lui parler, st-sim. 467, 487; Vous savez tempérer le feu qui vous anime, et empêcher qu'il vousdévore, volt, flot de Prusse. 225. Il 4. Si empêcher est accompagné de U négation ou est dans une phrase interrogalive.
EMP
EMP
KMP
la proposition subordonnée peut prendre ou ne pas prendre ne ; Je n'empêche pas qu'il ne sorte ou qu'il sorte. Si l'on ne veut pas faire le bien, il ne faut pas empêcher que les autres le fassent. Empêchez-vous qu'on vienne ou qu'on ne vienne? Cela n'empêchera pas que je ne conserve pour vous les sentiments d'estime et de vénération où votre personne m'oblige, mol. Poure. m, 9. Vous n'empêcherez pas que ma gloire offensée N'en punisse aussitôt la coupable pensée, rac. ilithr. ii, 6.
— HIST. xiif s. Li juges seioit empeciés par la multitude des paroles, ei seroient li plet trop lonc, BEAUM. V, 8. Et à tort li empeequieriemes [nous l'empêcherions], ID. xii, <0. Je vous conleroie Dien, se je ne dotoie à empeschier ma matière, Jomv. 205. Il xiv S'il [l'ongle] fust par dedens, il empee- 1 hast le touchement, H. de mondeville, ^ it, verso. I| xv s. [Le pape Grégoire] s'estoit si fort empêché lies besognes de France et tant travaillé du roi, que .1 peine pouvoit-il à lui entendre, froiss. ii, u, 20. Ht si y adjousiez autre cause qui t'esmeut, c'est à sçavoir le exemple de moy, qui me empesche (lo servir en la cour royal, al. ciiart. le Curial. Mais après lui montèrent tant d'autres, désireux scmhlablement d'avoir honneur à la journée, que l'un empeschoit l'autre, Doucic. i, t*. Mais le duc Cliûrles et le comte d'Angouleme furent depuis fort empeschez de prison, fe.nin, H08. Disoit que ledit duc lui empeschoit Sainct Vallery et autres terres, COMM. m, *. Hz ne furent point veuz, pour ce que chascun estoit empesche à se loger, id. m, to. Les fruitz de la terre qui les empeschoyent à aller, id. 1,3. De quoy si petits personnages s'empeschoient de si grant matière, id. i, ta. || xvi* s. Les grans géants qui s'empescheot d'attaindre Jusques aux cieux pour nuire à Jupiter, mahot, m, < 33. L'appétit enragé de mesdire qui incite ces vilains, les empesche qu'ils ne peuvent considérer ce que tout le monde voit, Calvin, Instit. 79o. Fuir les passions iiui empeschent la tranquillité du corps et de l'ame, MONT. I, 284. Si je n'en faisois du tout tant que j'en dis, au moins il m'en coustoit à m'empescher de le faire, lO. i, 34 b. Ce préservatif empeschera que la contagion de ce venin n'offensera ny vous ny vostre assistance, id. u, 3)4. Pour loger la valeur de cent escus de celte monnoye, il falloit en empescher tout un grand celier en la maison, amïot, Lye. t3. Adonc les femmes se retirèrent en leurs maisons, faisans leur compte qu'il n'estoit plus besoing qu'elles s'empeschassent des affaires de la guerre, id. Pyrrhus, 68.
— ÉTYM. Bourguig. empoché, empêchsr, ampigé , embarrassé; wallon, ipêchi , empêcher; provenç. empedegar , et aussi evipaichar, empailar , enpaxar , empechar. La forme provençale empaichar, etc. et la forme française empacher qui se trouve aussi {Assises de Jérus. p. 34, dans lacuhne), viennent, comme l'a montré Diez, d'une forme non latine , impactiare, pour i npaclare, dérivé du lalin impactum, lancer contre. Mais le provençal empedegar et le français empefc/iier viennent de impedicare (de tn, en, et pedica, piège; voy. piège ). Impedicare a donné empeechier, comme prsedicare, preechier; d'où la contraction consécutive empêcher ; on voit que l's qui se trouve dans les anciens textes est purement adventice.
t EMPÉDOCLÊEN, ENNE (an-pé-do-klé-in, è-n'), adj. Qui appartient à Empédocle, à ses doctrines.
— ÊTYM. Empédocle, philosophe grec qui vivait dans le v* siècle avant l'ère chrétienne.
EMPEIGNE (an-pè-gn'), s. f. Pièce de cuir qui, dans un soulier, s'étend depuis le cou-de-pied jusqu'à la pointe.
— HIST. xiv* s. Empiegne, do cangb, impedia. ICmpangne, id. empedia. \\ xv" s. Et unes boues de basanne. Autant empeigne que semelle, villon, tirand test. legs.
— ÊTYM. Espagn. empeyne, cou-de-pied ; bas-lat. impedia. Le bas-latin vient de tn, en, et pes, pedis, pied : ce qui est sur le pied. Si le français et l'espagnol en viennent aussi, la dérivation est fort irrégulière. Faudrait-il y voir un dérivé de l'allemand Spanne, analogue à empon (voy. ce mot)?
+ FJttPELLEMENT (an-pè-leman), s. m. Terme ruraL Synonyme de vanne.
— ÊTYM. En 4 , et pelle.
t EMPELOTER (an-pe-lo-té), ». o. || i' Mettre en pelotes.. Il 2° S'empeloter, c. réft. Terme de fauconnerie. Se dit d'un oi.seau qui ne peut digérer ce qu'il a avalé, le bol alimentaire qui fait indigestion se roulant en pelote dans le gosier de l'oiseau. Faucon empcloté.
— ÉTYM. En i , et pelote,
BICT. DE LA I.ANOrJE FRANÇAtSE,
t EMPELOTONNEMENT ( an-pe-lo-to-ne-man ) , s. m. Terme d'art militaire. Formation du peloton d'infanterie.
— KTYM. En 1 , et peloton.
t EMPËNAGE (an-pô-na-j') , s. m. État d'une serrure à plus d'un pêne.
— ÊTYM. l'mpéner.
t EMPÉNER (an-pê-né), «. a. Garnir une serrure de plus d'un pêne.
— ÉTYM. En t , et pêne.
f EMPENNE (an-pè-n"), s. f. Ancien terme militaire. Aileron de plume qu'on assujettissait à une flèche pour assurer la justesse de son vol. \\Auplur. Terme de blason. Plumes qui garnissent la flèche.
EMPENNÉ, ÊE (an-pè-nné, née), port, passé. Garni de plumes. Mortellement atteint d'une flèche empennée, la font. Fabl. ii, 5. Quand ces beaux oiseaux [flamants] volent à rencontre du soleil, ils ont l'air de flèches empennées avec des plumes couleur de rose, chateaubh. Tiin.m, tt.|| Terme de blason. Flèche empennée, flèche qui a ses empennes d'un aulre émail que le bois.
t EMPENNELAGE (an-pè-ne-la-j'), s. m. Terme de marine. Action de mouiller ensemble deux ancres d'inégale grosseur, la petite étant placée en avant de la grande, et liée à celle-ci par un bout de grelin.
I EMPENNELER (an-pè-ne-lé. VI se double quand la syllabe qui suit est muette : j'empennelle), v. a. Terme de marine. Mouiller une petite ancre en avant d'une autre plus grosse à laquelle la première est amarrée.
t EMPENNELLE (an-pè-nê-1'), s. f. Terme de marine. Petite ancre, qui tient par un câble à la grosse, et qu'on mouille devant elle, pour tenir le vaisseau plus ferme.
EMPENNER (an-pè-nné), v.a. Garnir une flèche de plumes. La nièce de Chactas empennait des flèchea avec des plumes de faucon ,chateaubr. Satch. u, 40B.
— HIST. XI' S. Un algier [dard] [il] tint qui d'or fut enpenet, Ch. de Roi. xxx.i. || xu* s. Ange enpenné la portèrent chantant, Ronc. p, t06. || xiii* s. Et puet [l'archer] enpener ses quarriaus ou ses fleiches de tei [telles] pan-nes corne il voudra, soit de gelines ou d'autres, Liv. des met. 260. Li sergent qui furent amont Descochent carriax enpenez, Ren. 18979. Il xiv s. Et Piètre, qui chevauche comme oiselempenez. Regarde tout entour, si s'est tout seul trouvez, Guescl. tB077. || xvi* s. On nous les placque [ces sentences] en la mémoire toutes empennées, comme des oracles, mont, i, 463. Ce n'estoit doncques assez, si mesme, pour haster le coup, on n'eust quasi comme empenné telles armes, les faisant voler aux despens de notre vie, appropriant des ailes à la mort, paré , ii , Préf. 0 fol qui haste les années Qui ne sont que trop empennées, DO BELLAY, IV, 66, reCtO.
— ÊTYM. Provenç. empennar; ital. impennare ; du latin tn, etpenno, plume (voy. pennk).
t EMPENOIR (an-pe-noir), t. m. Ciseau recourbé par ses deux extrémités qui sont également tranchantes, mais sur divers sens. L'empenoir sert aux menuisiers et aux serruriers pour poser les serrures.
EMPEREUR (an-pe-reur), s. m. || 1° Titre donné depuis Auguste aux chefs de l'empire romain et qui n'était pas autre que le titre donné par les légions romaines au chef qui avait remporté une victoire signalée {imperator). Je veux être empereur ou simple citoyen, corn. Cinna, ii , 4. Le nom d'empereur, Ca;haat celui de roi, ne faii pas moins horreur, id. ib. u, 4.||2* Nom donné autrefois à l'empereur d'Allemagne qui, par Charlemagne, se disait héritier des empereurs romains. Les troupes de l'empereur. 118° Chef souver in de certains États. L'empereur des Français. L'empereur de Russie. L'empereur d'Autriche. L'empereur de la Chine. L'empereur du Brésil. Il [Napoléon] a dit en saisissant so épée : j'ai iissez fait l'empereur, il est temps que je fasse le gé:;éral, sÉGua. Hist. de Napol. X, 5. 114° Nom d'un grand poisson des mers occidentales, dit autrement espadon ou épée. || Nom provincial du roitelet. || Espèce de papdlon diurne. Il Proverbe. Mieux vaut goujat debout qu'empereur enterré, c'est-à-dire il vaut mieux être vivant dans une condition quelque basse qu'elle soit, que d'être mort après avoir tenu le rang le plus élevé.
— HIST. xi* s. Charles li reis nostre emperere magne, Ch.de Roi. i. Blancandrins vint devant l'empereur, t/). XXII. Il xu* s, L'ampereres lebaise, quel [comme le] virent li baron, Sax. xiv. A Soissons
trovent Charte, l'empereor gaillart, ib. .\xix E
distrent à lur |,ere Que [Joseph] dévorez esteit d'icele beste fere; Puis il fu en Kgipte asez plus qu'en-
perere, E gardi ses parenz de la famine amore. Th le mart. 66. ||xiii° s. One plus belle de [que] vous ne vit rois ii'einperere, Berte, iv. De rois, d'empereours et de princes eslis, ib. xxx. L'en disoit que l'emperieire Farris [Fr.déric II] l'avoit f;iit chevalier, joiNv. 224. Il IV* s. Je Tiens de Prague en Bohemn ; l'emper ère de Roa.e est mon , FRoiss. II. m , 32. [le roi Charles] D'empereurs est et de ceuls de Valois, e. descuamps. Sur le nom du roi Charles. Il xvi* s. Pompeius, conquérant de la ii.oitié du monde et empereur de tant d'armées, mont, i, 162. Doubles canons de calibre d'empereur, CiR- LOIX, vni, 24.
— ÊTYM. Provenç. emperaire, emperador; t'sp,ign. et portug. emperador; ital. t'mperalore; du lat. tmperatorem, de tmperare,- commander (voy. empire). Le provençal emperaire, le vieux français emperere est le nominatif, d't'mperdlor, avec l'accent sur ra; emperador, empereor est le régime, d'tmpera«irem, avec l'accent sur to.
t EMPERLER (an-pèr-lé), v. a. Orner de perle». Il Par extension. Une petite sueur emperlait son front, H. DE BALZAC, dans le Dict. de poitevin. || Fig. Malherbe emperlait trop son style, goujet, Bibl. franc, t. xv, p. 194 , dans lacurne. || S'emperler, v. réfl. S'orner de perles.
— HIST. XVI* s. L'aultre vestue en garse, coifl'éa d'un attiflet emperlé, mont, i, 77. De l'aurore Le« rivages emperlez, do bellat, v, 44, verso.
— ÊTYM. En 4 , et perle.
t EMPERON (an-pe-ron), t. m. Sorte de bois pour le charronnage. Bois de charronnane.... pour une voie, composée de trente toises, d'emperons (le six pouces de gros, entrant par eau, est dû 40 livres, 4 2 sols, 4 denier. Déclarât, a oct. 4 74 5, tarif.
tEMPERRCQUÉ, ÉE (an-pè-ru-ké, kée), adj.
Garni d'une perruque.
— ÊTYM. En 4, et perruque; languedocien, emperrucado, dans les poésies de Coutouli.
EMPESAGE (an-pe-za-j'), t. m. Action d'empeser; état d'un linge empesé.
— ÊTYM. Empeser.
EMPESÉ, ÉE (an-pe-zé, zée) , part, passé. Il 1° Traité par l'empois. Du linge empesé. {| 2° Fig. Qui est d'une gravité affectée. Les Romains de Tile Live n'ont aucune ressemblance avec les héros bouffis et empesés de nos romans, fén. t.xxi, p. 220 Leur œil suffisant et empesé, lesage, Gil Rlas, viii, 4 2, L'empesé magistrat, le financier sauvage, volt. Disc. 4. U a l'air empesé du pays d'où il vient, i. j. ROtJss. Uél. VI, t. Il S. m. Ce qu'il y a d'empesé. La paresse, l'empesé de l'une [la duchesse d'Orléans], la vivacité, la liberté de l'autre [la duchesse de Bourgogne] avaient besoin de tiers qui soutinssent cette liaison dont nous verrons les progrès et les fruits, st-sim. 206, 27.
EMPESER (an-pe-zé. La syllabe pe prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : j'empèse, j'empèserai), v. a. Apprêter du linge avec de l'empois. Empeser un jabot, une collerette. Et ne seront les dites toiles empesées ou collées pour talendrer qu'elles ne soient bien et dûment teintes, Bèglem. sur hs manuf. août 4069, Teint, en soie, laine et fil, art. 74. || Terme de marine. Empeser les voiles , jeter de l'eau dessus, pour resserrer la tissu des fils.
— HIST. zvi* s. Les racines du pied-de-veau empèsent le linge, o. de serres, 626,
— ÊTYM. Empois.
EMPESEUR, EUSE (an-pe-zeur, zeû-z'), «. M. et f. Celui ou celle qui empèse.
— Ktym. Empeser.
EMPESTÉ, EE (an-pè-sté, stée), part, passé. Il 1° Qui a la peste ou toute autre maladie contagieuse. Une ville empestée. Aix et Arles sont empestés de-la petite vérole, sÉv. 409. || Qui contient, donne la peste. Cet horrible débris d'aigles, d'armes, de chars. Sur ces champs empestés confusément épars, coRN.Ifort de Pomp. i, 4. Mais, madame, porter cette robe empestée Que de tant de poisons vous avez infectée, id. llcdée, iv, 2. La valeur ne peut rien contre un air empesté, id. Toison, V, 6. Il 2° Qui exhale une très-mauvaise odeur. Fi, ne m'approchez pas, votre haleine est empestée, mol. Gtorg. Dand. m, 42. || 3° Fig. Bouche empestée, bouche qui répand l'erreur, la calomnie, etc. L'erreur.... Sortant pleine d'attraits de sa bouche empestée, boil. Sot. xii. Vous, malheureux, assis dans la chaire empestée Où le mensonge règne et répand son poison, rac. Ath. m, ♦. Malgré l'air empesté qu'elle y respire, MASS. Av. Conc.
EMPESTER (an-pè-sté) , V. o. {j 1* Infecter de la peste ou de toute autre maladie contagieuse. C .
EMP