‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 143 sur 388 · DESFONTAINES · texte numérisé non relu

DESFONTAINES

ENCOURAGÉ, ÉE(an-kou-ra-jé,jée), part, passé. iqui du courage a été inspiré. Encour.igé par ces paroles. La troupe encouragée par l'exemple du chef marcha en avant.

ENCOURAGE.MENT (an-kou-ra-je-maii) , s. m. Il 1* Action d'encourager. L'encouragement au tra-

ÛICT DE LA LAKCUE FIl.VN'.'AISE.

vail, à bien faire. || 2* Ce qui encourage. Les éloges et les récompenses sont des encouragements. Il 3° Dans le langage administratif, toute protection qui facilite la vente ou l'échange des produits, toute mesure qui sollicite le développement du travail et le perfectionnement des produits par des récompenses. Le ministère, s'apercevant que l'exemption d'impôts n'était pas suffisante pour réveiller l'émulation anglai.se, eut recours aux encouragements, HATNAL, //is(. pliil. xvii, 22. Il Société d'encouragement, nom donné à diverses sociétés scientifiques, agricoles ou industrielles.

— HIST. XVI* s. Encouragement, oudin, Dict.

— ÉTYM. Encourager.

ENCOURAGER (an-kou-ra-jé. Le g prend un e devant o et 0 ; j'encourageais, nous encourageons) , V. a. Il !• Inspirer du courage, exciter, animer. Et pratiquez mieux l'art de les encourager, corn. rots, d'or, V, B. J'aurai soin De vous encourager, s'il en est de besoin, mol. F. sav. v, 2. Vous voyez par quelles paroles Dieu lui fait sentir l'état d'où il l'a tirée ; mais écoutez comme il l'encourage parmi lesdures épreuves oùilmetsa patience, boss. Anne de Goni. Allons de tous les Grecs encourager le zèle, BAC. Andr. m, 4. Faible etfier ennemi, ma bonté t'encourage, volt. Mérope, v, 2. Ton aspect m'encourage et ne m'étonne pas, id. Sémir. m, 6. Encourager les bons, étonner les timides, iD.Brutus, IV, 7. Je cours à vous servir encourager son âme, ID. Mahom. m, 3. || %' Favoriser par une protection spéciale. Encourager les sciences, les lettres, les arts, l'agriculture. || Il se dit aussi des choses mauvaises que l'on favorise. Encourager le vice, le crime. X de nouveaux mépris l'encourager encore, hac. Andr. 11, B. || 3° S'encourager, v. réfl. Se donner réciproquement du courage. Ils s'encourageaient l'un l'autre. || S'encourager soi-même. J'ai beau me raisonner, m'encourager, je ne puis m'y décider.

— HIST. lui* s. Renart voit Ysengrin irié Et de maufere encoragié, Ren. 20072. Glorieuse vierge Marie, Puisque vos services m'est biaus. Et je vous ai encouragie [eue en mon courage, en mon cœur], Poésies mss. t. iv, p. <424, dans lacurne. ||xiv' s. Il vit que les siens estoient bien ardans et encouragiez d'aller àlabesongne, bercheure, f° 36, verso. Il XV* s. Tous encouragés de mal faire, si la chose n'alloit à leur volonté, froiss. ii, ii, 20. On est par nature plus fort et mieux encouragé en assaillant que on ne soit en défendant, iD. 11, m, <9. Or, sus! afin de vous encouraigier. Je vay le mien [verre] vider premièrement, basselin, xl. || xvi* s. Epaminondas encouragé par sa victoire, amyot, Agésil. 48. Ayant presché et encouragé ses soudards, id. Timol. 35.

— ÊTYM. En t , et courage. On trouve aussi acourager dans le xvi' siècle.

i. ENCOURIR (an-kou-rir), «. a. Il se conjugue comme courir. || l" Tomber, parquelque méfait, sous le coup d'une pénalité. Encourir les peines portées par la loi. Encourir une amende. Ilsnedoivent point encourir la peine de cette bulle, pascal, Prov. 6. Le bon roi Robert encourut les censures de l'Église pour avoir épousé sa cousine, SAiNT-FOix, Ess. Paris, CEuvres, t. iv, p. 9B, dans pougens. || 2" Par extension, s'exposer à. Je ne puis encourir de honte ni de blâme, tristan, Panthée, 11, t. Et je n'encourrais point.... Le reproche éternel de les avoir trahis, MAiR. Mortd'Asdrub.n, 1. Et si pourencourir votre indignation, rotrou, Vencesl. i, t.

— HIST. XII' s. Â Ii armer encorent Ii plusor, Ronc. p. 53. Il XIII' s. X ce que il craignent à encourre le vice de parjure, non pas tant seullement pour la paour de Dieu et de nous, mez pour la honte du monde, joinv. 295. ||xiv' s. La publique honte que il encouroient, bercheure, f" 43, recto. Encourir ladoubte d'estre en souspeçon de convoitier le royaume, ID. f° 30, recto. ||xv' s. Nous sommes obligés, par foi et serment et sur deux millions de florins à la chambre du pape, que nous ne pouvons émouvoir guerre au roi de France, sans estre encourus en cette somme, froiss. i, i, 9b. Je n'ai veu nulle occasion pourquoy plus tost il deust avoir encouru l'yre de Dieu, que de ce que... comm. v, 9. Il XVI' s. D'où le roy encourut sa dernière ruine, mont, i, 23 [Que] celuy qui s'en venge encoure une peine capitale, id. I, )I9. Demetriusdonc, après avoir esté trois ans confiné en ceste Chersonese, encourut d'oisiveté, dégraisse et d'yvrongnerie, une maladie dont il mourut, amyot, Démélr. 74. Il se faut bien donner garde de tirer trop fort, de peur d'encourir es accidents susdits, pjir£ , XIII, 4.

— ÉTYM. Provenç. encorre, encorrer; espagu. incurrir; ilaL incorrere ; du latin incurrere, de m, en, et currere, courir.

t 2. ENCOURIR (S") (an-kou-rir), v. réfl. qui n'est plus usité, mais qui l'a été durant tout le xvu' siècle. Se mettre à courir. Afin de la trouver, il s'encourt au trépas, RÊnNiRH, Plainte. Et dans la galerie, encor que tu lui parles, Il te laisse au r»i Jean et s'encourt au roi Charles, in. Sat. x. Il s'encourt tout transporté frapper à la porte de la chambre, scarron. Roman com. i, 6. Ce discours fut il peine proféré. Que l'écoutant s'encourt et tout outré...., la font, les Aveux iTidiscrets. \\ On écrit aussi s'en courir, en trois mots (voy. courir).

— HIST. XIII' s. Par là, soit esté, soit ivers, S'encorent dui flueves [fleuves] divers, la Rote, 8004. Il XVI' s. Brutus s'encourut incontinent sur la place, criant que son compagnon estoit traistre, AMYOT, Public. 4.

— ÉTYM. Berry, s'encourir, se mettre à courir; de courir, non avec en, représentant le latin tn, mais avec en, représentant inde, de là (voy. en 2).

t ENCOURTINKR (an-kour-tiné), v. a. Garnir de courtines, de tapisseries, de rideaux.

— HIST. xiii' s. Trestoute la grant rue estoit encourtinée, Berte, Lxxxii. || xv s. Le dit eschafaut couvert de drap de haute lice, et encourt! né à manière d'une chambre, froiss. m, iv, 4. || xvi' s. Nous tirons un prince du berceau encourliné d'espines, d'elles armé et picqué tout ensemble, d'aub. Hist. préf. VI.

— ÉTYM. En 4 , et courtine; provenc. eniortlnar ; espagn. incortinar; ital. incorlinare.

ENCOURU, UE (an-kou-ru , rue), part, pasti d'encourir. Les peines encourues.

fENCOUTURE (an-kou-tu-r') , s. f. Terme de marine. Disposition des madriers encouturés.

t ENCOUTURER (an-kou-tu-ré), v. a. Terme de marine. Disposer des madriers à recouvrement, suivant l'arrangement que l'on appelle clin.

— ÉTYM. E'n 4 , et couture.

t ENCRAGE (an-kra-j') , s. m. Terme de typographie. Action d'encrer, de noircir avec l'encre.

— ÉTYM. Encrer.

ENCRASSÉ , ÉE (an-kra-sé, sée), port, passé. Plein de crasse. Les mains encrassées.

t ENCRASSEMENT (an-kra-se-man), ». m. Action d'encrasser; résultat de cette action. On comprend que l'impureté de l'air doit être, dans la pratique, une cause d'encrassement rapide [d'une machine] , Acad. des se. Comptes rendus, t. lvi, p. 6 12.

ENCRASSER (ankra-sé), «. o. || 1° Rendre crasseux. La poudre qu'on mettait sur la tète encrassait les habits. || 2° S'encrasser, v. réfl. Se couvrir de crasse. Il y a des étoffes qui s'encrassent aisément. Un fusil qui s'encrasse. || Fig. Se mésallier, s'avilir par la fréquentation de gens de mauvaise compagnie. Cette expression est du style familier.

— HIST. XVI' s. En la vieillesse nous apportons le palais encrassé de rhume, mont, ii, 4 8.

— ÉTYM. En 4 , et crasse.

t ENCRATITE (an-kra-ti-f), t. m. Sectaire chrétien des premiers siècles qui, faisant profession d'un* rigide continence, rejetait le mariage comme immoral, et s'abstenait de l'usage de la viande.

— ÉTYM. Encratita, dérivé du grec i^y.ptir>ti, continent, de h, en, et xpaxciv, commander: qui commande à soi même.

t ENCRAVATEMENT (an-kra-va-te-man), ». m. Terme très-familier et de moquerie. L'art ou l'action de mettre sa cravate. Depuis qu'elle me distingue. Mme Javerval préside d'elle-même à l'encravatement de son époux, qui se trouve ainsi l'agent de notre correspondance, CH. de Bernard, la Peine du talion, § i.

— ÉTYM. En i, et cravate.

ENCRE (an-kr'), s. f. || 1' Liqueur ordinairement noire dont on se sert pour écrire, pour imprimer. L'encre pour écrire la plus employée est un tannogallate de protoxyile de fer mêlé de gomme, d'indigo ou de sucre pour lui donner du brillant. Encre indélébile. Aussi bien de penser rendre cet homme-là plus coupable qu'il ne s'est fait lui-même, ce serait jeter de l'encre sur le visage d'un More, BALz. liv. III, lelt. 7. Je soutiendrai mon opinion jusqu'à la dernière goutte de mon encre, mol. Mar. forcé, 6. Mais je vois venir sur le soir Notre astronomique Emilie, Avec un vieux tablier noir, Et la main d'encre encor salie, volt. Ép. xlv. || Encre rouge, bleue, etc. liquidescolorés dont on se sert quelquefois pour écrire. Il Encre d'imprimerie, pâte liquide qui consiste en un mélange de noir de fumée et d'huile de lin cuiie. || Encre lithographique, encre servant

ENC

à l'impression lithographique et à peu près semblable à l'encre d'imprimerie. || Encres autographiques, encres avec lesquelles on écrit sur un papier préparé pour transporter les caractères sur les pierres lithographiques. || Fig. Mille soupçons plus noirs que l'encre s'emparèrent de son imagination, HAMiLT. Cramm. 8. |{ Suer de l'encre, être dans un emtiarrns extrême. M. de Beauvillier, dont le rang d'opiner était le pénultième des ministres, suait de l'encre d'entendre torcy, st-sim. 30B, î26. || Écrire de la bonne encre ou de bonne encre à quelqu'un, lui écrire sans ménagement, vertement. || C'est la bouteille & l'encre, se dit d'une affaire compliquée et rendue obscure; et, en parlant d'une personne, se dit d'une personne qu'on ne comprend pas et qui ne se comprend pas elle-même. || Être dans la bouteille à l'encre, être dans le secret d'une alTaire, d'une intrigXiB. On dit plus ordinairement être dans la bouteille. Il 2* Encre de chine, composition sèche qu'on emploie en détrempe et surtout au pinceau; elle nous est venue de Chine, où elle est en grand usage. Il 3° Encre sympathique, encre sans couleur, qui se colore et devient visible quand on traite le papier par la chaleur ou par quelque agent cliimiqua. Il Proverbe. Il n'y a plus d'encre au cornet, se dit d'un homme dont la vie est près de s'éteindre et aussi dont l'esprit est épuisé.

— REM. Encre a été longtemps d'un genre indécis; Chifllet, Gramm. p. 248, dit qu'il est des deux genres. Ëtymologiquement, il devrait être masculin; mais la terminaison, qui est féminine, l'a emporté.

— HlST. xiii" s. De l'anel de son doit seela ceste lettre; De son sang les escrist, autre enque n'i fist mètre, rutrb. ii, <06. || xiv* s. Et se ce ne veit [veut] faire, je manderai mes hommes; Tant en ferai venir par parchemin et aincre. Que mater le porrons et en bataille vaincre, Girart de Ross. v. 4 236. Il XVI* s. Le roi et la reine en escrivirent de si bonne ancre qu'on le laissa poursuivre, d'aub. Hist. n, 31. Le sang qui a signé la guerre n'est pas ccore sec par les champs; et aussi peu sèche .'ancre qui vient de signer la paix , id. ib. 262. En descrivant pathétiquement la douloureuse tragédie qui a pâli mon ancre de mes larmes, id. ib. m,

— ÉTYM. Génev. encre, s. m.; wallon, enche ; provenç. encaut; espagn. encausto; ital. inchiostro; anc. vénitien, incostro; sicilien, inga; angl. t'nft. L'originedecesmotsestlelatinencauf(utn,en grec l^ruivatov, encre rouge avec laquelle les empereurs grecs signaient (de h, et xau<rtoî, brûlé, voy. encaustique). Le mot latin et le mot grec s'accentuaient différemment; le latin avait l'accent sur la syllabe eau, et le grec sur la syllabe {yx; et, comme dans tous les mots tirés du grec où l'accentuation nationale était en conflit avec l'accentuation étrangère, la prononciation de encatjsfum était tantêtlatine:encai2s(um, tantdt grecque : dncaustum ; du moins c'est ce que montrent les langues romanes qui reproduisent les unes éncaustum (le français, ses patois et le sicilien) , les autres encaûstum (le provençal, l'espagnol et l'italien).

ENCRE, ËE (an-kré, krée), part, passé. Balles [d'imprimerie] encrées. Rouleaux [d'imprimerie] encrés.

i ENCRÈCHEMENT (an-krè-che-man) , s. m. Enceinte formée de pieux pour préserver les fondations d'un ouvrage hydraulique.

— ÊTYM. En 4 , et crèche.

t ENCRENÉ, ÉE (an-kre-né, née), adj. Terme de métallurgie. Fer encrené, fer parvenu à l'état qu'il prend sous le marteau après la seconde chaude.

fENCRÊPÉ, ÊE (an-krè-pé, pée), part, passé. Par nJft foi, nous voilà plaisamment équipés, Noirs du bas jusqu'en haut et des mieux encrépés, had- TEROCHK, le Deuil, se. ».

t ENCRÊPER (an-krê-pé), v. a. Garnir de crêpe pour deuil. || S'encrêper, v. réft. Prendre un crêpe, s'habiller de deuil. Allez vous encrêper sans perdre un seul instant, rkgnahd, Ménechmes, ii, 4.

— ÊTYM. Jîn 4 , et cr^pe.

ENCRER (an-kré) , t). o. Terme d'imprimerie. Enduire d'encre.

— ETYM. Encre.

t ENCREUR (an-kreur) , adj. Godet encreur, ustensile employé dans le télégraphe électrique.

— f.TVM. Encrer.

ENGHIKR (an-kri-é; l'r ne se lie jamais; au pluriel l'jse lie : des aii-krié-z élégants), ». m. || 1" Pjlit ▼ase où l'on met de l'encre pour la prendre avec la plume. Encrier de verre, de porcelaine. Kncrier de ^ruc, dit souvent cornet. || 1° Terme d'impriiae-

ENC

rie. Espèce de réservoir fixé à un des côtés d'une table carrée, sur laquelle les balles et les rouleaux prennentl'encrequ'ilsétendentsurlaforme. || 3' Nom de plusieurs champignons. || Voy. écritoire, pour la différence avec kncrier.

— HIST. xiv* s. Un encrier d'argent doré , de LABORDE, Émaux, p. 260. Il XV' s. lin encrier longuet, de cuivre argenté, à plusieurs ouvrages de la façon de Damas, dedans lequel a un canivet, le manche de l)ois, uns ciseanix d'argent doré, esquelz a par dedans petiz ours et par dehors les armes de monseigneur, id. ib. p. 20(.

— ÊTYM. Encre.

t ENCKINE (an-kri-n'), (. m. Sorte de zoophyte.

— ETYM. 'Ev, en, etxptvov, lis; ainsi dit à cause de sa forme.

t ENCRINITE (an-kri-ni-f), s. m. Encrine pétrifié.

— ÊTYM. Encrine, et la finale tle, qui, en minéralogie, indique un fossile.

t ENCHINITIQUE (an-kri-ni-ti-k'), adj. Terme de géologie. Terrain encrinitique, terrain qui renferme des encrinites.

— ÉTYM. Encrinile.

t ENCROISEMENT (an-kroi-ze-man), $. m. Action d'encroiser, de faire une croix.

t ENCROISER (an-kroi-zé), v. a. Terme de tisserand. Croiser les fils d'une partie ourdie.

— HIST. XVI* s. Il la mist et encroisa à sa ceinture du baudrier d'armes, Roman d'Alector, P" 4 23,

dans LACURNE.

— ÉTYM. En 4 , et croiser.

t ENCROIX (an-kroî), ». m. Terme de tisserand. Division alterne entre les fils destinés à former la chaîne d'une pièce d'étoffe. || Fil de coton que le teinturier croise sur des chevilles, afin de pouvoir le teindre sans le mêler.

— ÉTYM. En t, et croia;.

ENCROUÉ, ÉE(an-kroué, ée),adj. Terme d'eaux et forêts. Arbre encroué, celui qui étant tombé sur un autre par une cause quelconque y demeure embarrassé. Il Se dit, en Normandie, de tout ce qui s'attache en tombant.

— HIST. XIII* s. X Montfaucon [gibet] [ils] le firent sus au vent encrouer, Berle, xcvii. Quant Caflet le vit entrepris Et en haut le vit encroé, Ren. 23205. Mes s'il ont en eus engrestiés [méchancetés], Orguel ou quelques mauvestiés, Li grant estât où il s'encroent, Plus tost le mostrent et descloent , Que se petit estât eussent. Par quoi si nuire ne peQssent, la Rose, 6287. ||xiv* s. Vous avez de ma ville receu or et argent. Comme faulx traïteur qui ne valez noient; Si en serez pendus et encroez au vent, Guescl. 8377. Pour ce que moult de fois at on veu, que auxcunscoustumiers ou acheteurs, qui un arbre ou plusavoient à prendre en noz forez, le faisoient abbatre tellement qu'il se encrooit sur autre , DU CANGE, incrocare.

— ÉTYM. Bas-lat tncrocare; de tn, en, et croc. t ENCROOtANT, ANTE (an-krou-tan, tan-t'),

adj. Terme de zoologie. Qui enveloppe les corps et y forme une sorte de croûte.

ENCROCTÉ, EE (an-krou-té, tée), part, posté. Il 1" Couvert d'une sorte decroûte. || 2° Fig. et familièrement. Encroûté de préjugés, qui en a l'esprit imbu. Un pédant encroûté, un homme d'une extrême pédanterie. || Absolument. Il est encroûté.

t ENCROCtEMENT (an-krou-te-man), s. m. Dans le cartésianisme, formation, à l'extérieur des tourbillons, de pelotons de matière, qui étaient suppos6s constituer plus tard les planètes.

— ÉTYM. Encroûter.

ENCROCtER (an-krou-té), v. a. ||1* Terme de maçonnerie. Enduire un mur de mortier. || 2° S'encroûter, V. réfl. Se couvrir d'une sorte de croûte. Il Terme du cartésianisme. Se garnir d'une espèce de croûte, en parlant des tourbillons. || Fig. et familièrement. Devenir routinier, stupide. Et aussi avec un régime : s'encroûter de préjugés.

— HIST. XVI* s. S'oindre pourencrouster les pores contre les coups de l'air, mont, i, 264. Ces grands amphithéâtres encroustez de marbre au dehors,

— ÉTYM. Lat incTustare, de in, en, et crvsta, croûte.

ENCUIRASSÉ, ËE (an-kui-ra-ai, lée), pari, posî!*. Couvert d'une cuirasse.

E.VCtllRASSER (an-kui-ra-sé), v. a. ||1* Couvrir d'une cuirasse, d'une couche de poussière, etc. Il Kig. Je VIS qu'Argenson ne se dépouillerait pas de celte vieille peau Jésuitique que ses fonctions de la police avaient collée et encuirassée en lui, st-sik. 48£, 367. Il 2* S'encuirasser, c. r^/I Se couvrir

END

d'une couche épaisse de poussière, de crasse, en parlant de la peau, du linge. || Par extension, se couvrir d'un corset, comparé <i une cuirasse. Les raisons sur lesquelles les femmes s'obstinent à s'encuirasser ainsi, j. j. Roijss. Ém. v.

— ETYM, Kn 4, et euiratte.

t ENCUI.ASSER (an-ku-la-sé), v. a. Terme militaire. Mettre la culasse au canon d'une arme à feu.

■f ENCUVAGE (an-ku-va-j'), ». m. Action d'encuver le linge ou la vendange. || Terme de tannerie. Certaine quantité de cuirs que le hongroyeur met ensemble dans la cuve.

ENCt'VÉ, ÉE (an-ku-vé, vée), part. po»»^. Mit dans la cuve.

+ ENCUVEMENT (an-ku-ve-man) , ». m. Actiol d'encuver.

— ÊTYM. Kncnrer.

ENCUVER (an-ku-vé), v. a. Mettre dans une cuve ce qui doit y recevoir sa préparation. Encuver la vendange. Encuver du linge à blanchir. || Terme de tannerie. Encuver les peaux.

— ETYM. En 4 , et «ure.

t ENCYCLIE (an-si-klie), ». f. || !• Terme de physique. Nom donné aux cercles qui se forment à la surface de l'eau lorsqu'on y laisse tomber un corps. Il 2° Terme de botanique. Genre d'orchidacées.

— ETYM. VOV. EHCYCLIOUE.

ENCYCLIQUE (an-si-kli-k"), ». f. Lettre circulaire du pape sur quelque point de dogme ou de doctrine. Une encyclique. || Adj. Lettre encyclique.

— ÊÏYM. 'Eyxuxîioî, circulaire, de èv, en, et xOx>o;. cercle (voy. cycle).

+ ENCYCLOGRAPIIIE (an-si-klo-gra-fle), ». (. Réunion de traités sur toutes les branches des connaissances humaines.

— ÊTYM. Encyclo.... (voy. enctcliobe), et ïpiçeiv, décrire.

ENCYCLOPÉDIE (an-si klo-pé-die), ». f. Enchaînement, ensemble de toutes les sciences réunies dans un même ouvrage ou dans une même tête. S'acquérir la connaissance de toute l'encyclopédie, G. NAUDÉ, Apologie, p. 64. Il Encyclopédie méthodique, ouvrage traitant méthodiquement de toutes les sciences et de tous les arts. || Abusivement, encyclopédie d'une science, d'une connaissance, l'ensemble de cette science, de cette connaissance. Encyclopédie de droit, des sciences mathématiques. De sorte qu'au lieu d'amplifier l'idée de son ouvrage, l'auteur l'a rétrécie, quand il a dit, en dédiant ses essais au roi, qu'il avait entrepris l'encyclopédie de la langue française , Préface du Dictionnaire de Furetière. || Absolument. L'Encyclopédie, ouvrage fait par Diderot. d'Alembcrt et ceux qu'on nommait au xviii* siècle les philosophes. Il Fig. Une encyclopédie vivante, un homme qui embrasse toutes lesconnaissances. ou du moins le plus grand nombre et les principales. Sa tête est une véritable encyclopédie.

— ÊTYM. 'EYXux)i(«m5t(a, de ItxuxXo; (voy. encyclique), et itaiSeia, instruction, de it«î;, enfant.

ENCYCLOPÉDIQUE (an-si klo-pé-di-k'), adj. Qui appartient à l'encyclopédie. || Qui embrasse toutes les sciences. Avoir un esprit encyclopédique. Revue encyclopédique. Ce sont les générations des idées que les dictionnaires encyclopédiques devraient mettre sous nos yeux et qu'ils n'y mettent guère, BONNET, Lett. die. CEucret, t. m, p. »♦, dans

POUGENS

— ETYM. Encyclopédie.

t ENCVCLOPiÊDISME (an-si-klo-pé-di-sm"), t. m. Système des encyclopédistes.

ENCYCLOPEDISTE (an-si-klo-pédi-sf), t. m.

Il 1" Écrivain, auteur d'une encylopédie. || 2* Absolument. Les encyclopéd'stes, ceux qui ont travaillé à rEn-.,jclopédie, composée dans le xvui* siècle sous la direction de Diderot et d'Alembert.

— ÊTYM, Encyclopédie.

t EXCYPROTYPB (an-si-pro-ti-p'). adj. Terme didactique. Qui est gravé sur cuivre. Planche encyprotype.

— ÊTYM. "Ev, en, xûitpo;, cuivre, et type.

t ENDANCIIË, ËE (an-dan-ché. cbée), 041;. Terme de blason. Voy. endkntE.

— ÊTYM, Autre forme de endenlé.

t ENDAUBAGE (an-dô ba-j'), ». m. Terme de cuisine. Manière de mettre en daube une volaille, une pièce de viande. Endaubage bien fait. || Au plur. Terme de marine. Comestibles préparés pour être conservés en mer, et consistant en cui.sses d'oie, saucisses et autres provisions embanliées avec du saindoux dont ib sont enlièremeat cou*

ENO

verts, afin d'empêeher le contact de l'air atmosphérique.

t ENDACBER (an-dô-bé) , t;. a. Mettre en daube.

— ÉTYM. Em, et daube.

t ENDACBECR ( an-dO-beur), s. m. Terme de marine. Celui qui prépare les endaubages.

— ÊTYM. Endauber.

ENDÉCAGONE, voy. HENDÉCAGONE.

t ENDÊMENÉ, ÉE (an-dé-me-né, née), adj. Qui se démène, excité. Lorsque trop curieuse et trop endémenée, Régnier, Sat. xi.

— HlST. XV' S. Quand ils voient ces pucelettes Endemenées et à recoy, villon, Bail, en vieux français. || xvi' s. Cette (leur d'aage là ordinairement s'épargne bien peu, et est fort clialouilleuse et endémenée à prendre tous les plaisirs, amyot, Comm. il faut nourrir ses enfants, 38. J'ay bon besoin de repous, ce que je voys [vais] prendre hors d'avecques ma fille, car elle est si endémenée que je ne sauroys repouser auprès d'elle, marquer. Lett. 67.

— ÉTYM. £n <, et démener.

t ENDÉMIE (an-dé-raie), «. f. Terme de médecine. Maladie qui règne habituellement dans un canton, dans un pays, et qui estdueàune cause locale.

— HlST. xvi* s. Les anciens ont appelé endémie une maladie qui est propre et familière en certains pays, PARÉ, XXIV, t.

— ÉTYM. 'EvSri(ita, de èv, dans, et 5îiiio;, oeuple.

ENDÉMIQUE (an-dé-mi-k'), adj. Terme de médecine. Qui a le caractère de Pendémie. || Terme de botanique. Se dit des genres et des familles dont toutes les espèces croissent dans un même pays.

— ÉTYM. Endémie.

t ENDENTE (an-dan-t'), s. f. Terme de construction. Synonyme d'endentement.

ENDENTE, ÉE (an-dan-té, tée), part, passé. Il l" Être bien endenté, avoir de belles dents. II Fig. Avoir bon appétit. Il déjeune très-bien, ainsi fait sa famille. Chiens, chevaux et valets, tous gens bien endentés, la font. Fabl. iv, 4. || 2° Par extension, muni de dents. Roue endentée. || 3° Terme de blason. Se dit d'un pal, d'une bande et autres pièces composées de triangles et alternées de divers émaux. || Se dit des pièces ou des parties de l'écu dont les bords sont entaillés de petites pointes ou de dents. || 4° Terme de diplomatique. Chartes endentées, chartes-parties ou chirographes, qu'on appelle aussi endentures.

t ENDENTEMENT(an-dan-te-man),s.m.|| l°Terme ie mécanique. Action d'endenter. || 2° Terme de construction. Assemblage de deux pièces de bois unies par des dents. || 3° Terme de marine. Sorte d'engrenage entre deux pièces de bois sur lesquelles on fait des adents. || Disposition de vaisseaux qui, étant sur des lignes voisines et parallèles, sont rangés de manière que ceux d'une ligne correspondent aux intervalles de l'autre ligne.

— ÉTYM. Endenter.

t ENDENTER (an-dan-té) , c. o. || 1° Garnir de dents une roue, une machine. |j 2" Terme de construction. Endenter une poutrelle, la fixer dans une entaille faite à une autre poutre. {| 3° Terme de marine. Réunir des pièces de mâts, vergues, etc. par des adents. || Disposer des vaisseaux en endentement. || 4° S'endenter, v. réfl. Être fixé dans une entaille

— HlST. XIII' s. Felenie, qui het pitié, ....Et portoit l'escu endenté X sept rons mastins rechigniés. Fabliaux mss. n° 7615, t. n, f- I90, dans lacurne. Il XV' s. Etestoit [sa bannière] à une bordure d'azur endentée, froiss. i, i, 137.

— ÉTYM. En I , et dent.

f ENDENTS (an-dan) , s. m. plur. Terme de construction. Synonyme d'endentement.

t ENDENTURE (an-dan-tu-r'),s. f. Terme de diplomatique. Charte dont la marge détachée de la souche est dentelée, et non coupée en ligne droite.

— HlST. XIII" s. Bouche et belle endenteure, Poésies mss. avant t300, t. n, 706, dans lacurne. Qu'aprent [lOuUain en endenture [dans son jeune âge], Veut tenir tous les jours qu'il dure, la Somme des vices et des vertus, ms. de St-Victor, n- 46), f° u*, dans lacurne.

— ÉTYM. En i , et dent.

t ENDERMIQUE (an-dèr-mi-k'), adj. Terme de médecine. Qui agit sur la peau ou en pénétrant à travers la peau. || Méthode endermique, manière d'administrer certains médicaments qui consiste à les appliquer sur la peau préalablement dépouillée de son épiderme.

— ÉTYM. 'Ev, en, et 6ép|ia, dermç.

END

t EN-DESSOCS (an-de-sou), ». m. Terme de marine. La face d'une voile enverguée qui est tournée vers l'arrière.

t EN-DESSDS (an-de-su), s. m. Terme de marine. La face d'une voile enverguée qui est tournée vers l'avant.

— ÉTYM. En* , et dessus; la face antérieure étant considérée comme un dessus, et la face postérieure comme un dessous.

ENDETTÉ, ÉE(an-dè-té, tée), part, passé. Qui a des dettes. Oui, j'aimerais mieux être la marquise la plus endettée de toute la cour que de demeurer veuve du plus riche financier de France, dancourt, Cheval. à la mode, i, 3. Quant aux finances, la France et l'Angleterre, pour s'être fait la guerre, se sont trouvées endettées chacune de trois milliards de nos livres, volt, dans le Dict. de bescherelle. Pourquoi les États qui ont le plus de ressources sontils les plus endettés? c'est que la folie des nations est la même que celle des particuliers, haynal, Ilist.phil. XIX, io.

t ENDETTEMENT (an-dè-te-man) , s. m. Action de s'endetter, de contracter des dettes. L'endettement public, les dettes contractées par l'État.

— ÉTYM. Endetter.

ENDETTER (an-dè-té), V. a. || 1° Charger de dettes. L'achat de cette terre l'a endetté d'une grosse somme. || 2° S'endetter, v. réfl. Contracter des dettes. Il s'endette tous les jours.

— HlST. xiii' s. Honniz soit qui por endeter Laira hone vie à mener; Adès la voit oneschaper, X quel chief que doie torner, colin MUSET,dans Hist. litt. delaFr. t. xxiii, p. 6BB. Si despendi largement, et ne prist pas garde à son afaire, et fu povres et endettés, Chr. de Itains, p. 224. Si comme se li mères ou li juré qui ont les besognes à gouverner, fesoient fraude ou malice, par quoy le [la] vile fust déshéritée ou endetée, beaum. l, 9. S'il ot mueble, ce fut de dele; Car qui trop despent, il s'endete, huteb. 276. il XV' s. Quant on nous aura rendu ou restitué ce en quoy le roy d'Angleterre et le royaume est par dette endetté et obligé envers nous, froiss. ii, n, 1 66. Suy vit tant le chevalier la pucelle , qu'il la trouva cheuz une sienne cousine, où le chevalier se endetta envers elle d'ung don, Perceforest, t. iv, (' 64. Il xvi' s. Tenant son ame et volonté endebtée à sa promesse, mont, i, 30. Tout le menu peuple estoit si fort endebté aux riches que.... amyot, Solon, 20. En peu de temps il l'endebta d'une grosse somme de deniers, ID. Anton. 2.

— ÉTYM. En * , et dette; provenç. endeptar, endfufar; espagn. endeudar; porlug. endividar ; ital. indebitare.

ENDËVÉ, ÉE (an-dê-vé, vée), part, passé. Qui endêve. Endêvé d'attendre. || Impatient, irritable, obstiné. Il faut être bien endêvé pour soutenir cela. Il Substantivement. C'est un endêvé. Une endêvée.

ENDÊVER (an-dê-vé) , v. n. Avoir grand dépit de quelque chose. Il endêvait de cela. Pour maître Énéas, il rêvait. Ou, pour mieux parler, endêvait, scarron, Yirg. travesti, liv. viii. || Faire endêver quelqu'un, le faire enrager, le dépiter. On s'ennuyait quand vous n'aviez plus personne à faire endêver, J. J. Rouss. Hél. v, )4.

— REM. Mot du dernier bourgeois, dit de Cailllères, 1690. Il est en eflfet resté très-vulgaire.

— HlST. XVI' s. Je ne l'ay prins que ce matin ; mais desja j'endesve, je grésille d'estre marié , ras. Pant. III, 7.

— ÉTYM. iBnl, et l'ancien français deiuer, derier ou dicnjer; wallon, daivî, dâvî, danvi, rêver, rêvasser. Étymologie inconnue. D'après Diez, qui rejette le de-ex-viare , pour lequel on trouverait desvoier ou desvier, l'origine de desver est le latin dissipare, le provençal disipar ayant le sens de mal ordonner, mal arranger; il cite à l'appui l'italien scipare, qui a le même sens. Cette étymologie ne peut s'élever au-dessus d'une simple conjecture. Gachet voit dans desver, derver, un dérivé irrégulier de diable, de sorte que endéver répondrait à endiabler; c'est encore une conjecture peu appuyée parla forme. du mot; il y rattache l'anglais endeavour, seflorcer. À tort; car endeavour représente l'ancien français en devoir :s& mettre en devoir et, de là, s'efi'orcer.

f ENDHYMÉ.NINE (an-di-mé-ni-n'), s. f. Terme de botanique. Memoraoe interne des grains de pollen pulvérulent.

— ÉTYM. 'Evôov, en dedans, etùiiïiv, membrane. ENDIABLÉ, ÉE (an-dia-blé, blée), adj. \\ 1° Qui

est possédé du démon. Peu à peu l'opinion s'établit que les hommes naissent endiablés et damnés, VOLT. Dial. XXIV, 3. || 2° Qui a la nature

EPTO

du diable, qui ne vattt pas mieux que le diable. Chemins endiablés, sSv. 22 sept. n87. Entre mes propres mains on la devait livrer; El vos soins endiablés nous en viennent sevrer, mol. l'Étour. i, H . Il va comme votre Durance quand elle est endiablée, SÉV. 394. Les habitants de la Guinée, peuple endiablé dont les flèches étaient empoisonnées, HAMiLT. Gramm. n. Écoutez, Grandperrin ; je viens de dire que vous étiez fou, le terme est trop faible; c'est archifou, c'est ensorcelle, c'est endiablé que j'aurais dû dire, CH. de Bernard, le Centilh. campagnard, II, 26. Il Substantivement C'est un endiablé. Il 3° Qui a le diable au corps, dont l'ardeur est dévorante. C'est [le cardinal Dubois] un homme d'afTaires vif et passionné, entraînant, endiablé, terrible pour aller à son but, michelet, la Régence, p. 65. Il 4° Être endiablé, avoir la manie de. Chacun est endiablé de me croire habile homme, mol. Méd. malgré lui, m, (. || Courir après. C'est être bien endiablé après mon argent, ID. VAvare,y, 3. Celle femme est sur moi rudement endiablée, regnabo, Ménechmes, v, 3.

ENDLABLER (an-dia-blé), v. n. Enrager, être furieux, se donner à tous les diables. Il endiablé d'avoir perdu son argent. Faire endiabler quelqu'un.

— HIST. XVI' s. Puis si tost que vostre moyne endiablé fut parti, Sat. Mén. p. <45.

— ÉTYM. En \ , et diable; provenç. endiablar ; portug. endiabrar; ital. indiavolare. On avait fait un adverbe, endiablement : Ils combattirent plus endiahlement pour venger sa mort, brant. Cap. estr. 1. 1, p. 2(2, dans lacuiine.

t ENDIE (an-die), s. f. Terme de grammaire. Métaplasme par lequel on retranche quelque lettre, comme chartier pour charretier.

— ÉTYM. 'ïvîeta, manque, de èv, et Seîv, manquer.

f ENDIGA6E (an-di-ga-j'), s. m. Synonyme d'endiguement.

t ENDIGUEMENT (an-di-ghe-man), s. m. Action de contenir les eaux au moyen de digues. || Travaux faits pour endiguer. || Droit accordé à un particulier d'acquérir les parties de terrain qu'il pourra soustraire aux eaux au moyen de digues.

— ÉTYM. Endiguer.

f ENDIGUER (an-di-ghé), v. a. Contenir des eaux à l'aide d'une digue.

— ÉTYM. En i , et digue.

ENDIMANCHÉ, ÉE (an-di-man-ché, chée), fart.

passé. Les paysans endimanchés.

ENDIMANCHER (an-di-man-ché), v. a. Mettre à quelqu'un les habits du dimanche. Endimancher des enfants. || S'endimancher, v. réfl. Mettre ses habits du dimanche, ses plus beaux habits.

— HIST. XVI' s. Il fit mettre les manches rouges aux quatre chambrières et adimancher les quatre curez, d'aub. Fœn. ii, i*.

— ÉTYM. Eni , et dimanche.

ENDIVE (an-di-v'), s. f. La chicorée des jardins {ciehorium etidivia, L.).

— HIST. XVI* s. Ozeille, bourroche, buglon, cichorée, endive et semblables, paré, viii, it. La cichorée ou endive est espèce de laictue, o. ng

serres, 636; 669.

— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. endivia ; du latin intybus, en grec év-cuêov, par l'intermédiaire d'un adjectif fictif intybia.

t ENDIVISIONNE.MENT (an-di-vi-zio-nerman) , s. m. Terme d'art militaire. Formation d'une division par la réunion de deux pelotons.

— ÉTYM. En I , et division.

f ENDIZELER (an-di-ze-lé) , v. O. Terme rural. Faire des dizeaux.

— HIST. XVI' s. Après que les dits ablais [ blés coupés] sont liez et endizellez, Coustum. génér. t. II, p. 677.

— ÉTYM. En i , et dixeau.

+ ENDOBRANCHE (an-do-bran-ch') , adj. Terme de zoologie. Qui a les branchies placéesà l'intérieur.

-T- ÉTYM. 'EvSov, en dedans, et branchies.

t ENDOCARDE (an-do-kar-d'), s. m. Terme d'anatomie. Membrane qui tapisse les cavités internes du cœur.

— ÉTYM. 'EvSov, en dedans, et xapôia, coeur.

t ENDOCARDITE (an-do-kar-di-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation de l'endocarde.

t ENDOCARPE (an-do-kar-p') , s. m. Terme de botanique. Membrane qui revêt la cavité intérieure du péricarpe. || Endocarpes, genre de lichens, type de la famille des endocarpées.

— ÉTYM. "EvSov, en dedans, et xapno;, fruit.

t ENDOCARPE, ÉE (an-do-car-pé , pée), adj.

END

MD

END

Terme de botanique. Ou! ressemble à un endocarpe. Il S. f, pi. Les endooarpées, famille de lichens.

t ENDOCÉPHALE (an-do-sé-fa-V), adj. Terme de zoologie. Qui n'a point de tête apparente au dehors.

— Rtym. TCvîov, en dedans, et xeça'/.iîi, ICte.

f ENDOCnORlON (an-do-ko-ri-on) , s. m. Terme d'anatomie. Feuillet interne du chorion.

KTYM. 'EvSov, en dedans, et chorion.

f ENDOCHRO.ME (an-do-krô-m'), *. m. Terme de botanique. Cellule qui, dans les algues filamenteuses, contient la matière colorante de chaque segment.

— ÊTYM. "EvSov, en dedans, et xpûpia, couleur. t ENDOCTRINABLE (an-dok-tri-na-W) , adj. Qui

peut être endoctriné.

— HIST. XVI* s. Endoctrinable, cotoravb.

— ÊTYM. Endoctriner.

ENDOCTRINÉ, ÉE (an-dok-tri-né , née), part. passif. Oui a reçu de l'Instruction, des instructions.

f ENDOCTRINEMENT (an-dok-tri-ne-man), t. m. Action (l'endoctriner; résultat de cette action.

— HlST. XVI' s. Endoctrinement, cotobave.

— ÊTYM. £ndoc(rtner; provenç. endoctrinamen ; catal. endnctrinament.

ENDOCTRINER (an-dok-tri-né), V. a. || l* Donner i quelqu'un une doctrine, c'est-à-dire une croyance, une opinion toute faite. Mais toujours critiquer en vers pieux et froids. Sans daigner seulement endoctriner les roisi oilb. Apologie. |{ Par extension, ironiquement et en mauvaise part. Donner de l'instruction. Si vous endoctrinez un enfant dans cette science [la géométrie] , qui donne peu d'idées.... château sa. Wm'e, m, 11, *. Il 2' Donner à quelqu'un certaines instructions pour qu'il fasse ou dise une chose comme on le désire. Cette Valavoire ne me dit point que vous eussiez été mal, vous l'aviez bien endoctrinée, sÉv. 3B8.

— HIST. XII' s. Dame Guiborc fu moult de franche orine foriginej. Lez lui s'asist, bêlement l'endoctrine. Bat. d'Àleschans, v. 4697. Li reis Josaphath assist par tute sa terre juges as citez, e cumandad que leal justise tenissent al povre e al riche, e que il endoctrinassent la gent de la lei nostre Seignur, que il ne péchassent, Roit, p. 340. Celuy à cuy tu paroles por lui endoctrineir, ST bern. 6B9. || xm' s. Si le conseille et endoctrine Comment il les doit procurer, la Rose, IU2&8. jjxv* s. Je dis et conseille que la bonne ville de Gand envoie par devers le comte sages hommes, bien avisés et endoctrinés de parler, phoiss. h, ii, 53. Et endoctrinoit la duchesse, qui fut moult sage, tous les jours la jeune fllle de Bavière, id. ii, u, 22». ||xvi' s. Il le feit très bien endoctriner [instruire] par Aristoteles, BAB. Garg. 1, U.

— ÉTYM. En* , el doctrine; provenç. endoctrinar; ital. indoctrinare.

t ENDOCTRINEUR (an-do-ktri-neur), s. m. Néologisme. Celui qui endoctrine.

— ÉTYM. Endoctriner.

t ENDODERME (an-do-dér-m') , t. m. Terme de botanique. Couche utriculaire située entre le liber et le système ligneux.

— ÊTYM. 'Evîov, en dedans, et Sif\ui, derme.

t ENDOESTIIÉSIE (an-do-è-sté-zie) , s. f. Terme didactique. La sensibilité interne.

— ÉTYM. 'Ev6ov, en dedans, et oîoOif)<it(, sensation.

t ENDOGÈNE (an-do-jê-n') , adj. || 1» Terme de botanique. Oui s'accroît de dedans en dehors. Végétaux endogènes. || 2' Terme de géologie. Roches endog!;nes, couches en contact avec le noyau central de la terre qu'elles enveloppent et formées <le terrain» cristallins et de schistes.

— ÊTYM. 'EvSov, en dedans, elfivriç, engendré, t ENDOGENÈSE (an-do-je-nê-z"), i. f. Terme d^

physiologie. Naissance de cellules dans l'intérieur d'autres cellules.

— ÊTYM. Endogène.

f ENDOGONE (an-do-go-n') , *. m. Terme de botanique. Suc sporifère des mousses & l'époque de la floraison.

— ETYM. 'Evîov, en dedans, et fitoi, qui engendre.

ENDOLORI, IE(an-do-lo-ri,rie), part.passéd'endolorir. Où l'on ressent une douleur, l'oser plus mollement leurs membres endoloris , j. ]. rouss. Ém. V.

t ENDOLORIR (an-do-lo-rir), «. a. Rendre douloureux. Prends mon bras; car un long voyage Endolorit tes pieds poudreux, BRnANO. Koi/agc 11 S'endolorir, V. réll. Devenir douloureux. Son bras s'endolorissait.

— HIST. XVI* s Dont la veue est diminnie, et

l'œil endoulouri, 0. de skbbes, s97.

— ÊTYM. En 1 , et douleur; génev. endolori.

t ENDOLORISSEMENT (an-do-lo-ri-se-man), ». m. Néologisme. Action d'endolorir; état d'une partie qui est devenue douloureuse.

— ÉTYM. Endolorir; prov. endoloiromfn.

t ENDOLYMI'UE (an-do-lin-r), ». f. Terme d'anatomie. Liquide clair et alliumineux qui remplit exactement le labyrinthe de l'oreille interne.

— ÊTYM. 'Evîov, en dedans, et lymphe.

ENDOM.MAGÉ, ÉE (an-do-ma-jé, jée), part.

passé. Oui a é|irouvé un dommage. Un mur endommagé par la geUje.

t ENDOMMAGEMENT (an-do-ma-je-man) , s. m. Action d'endommager; résultat de celte action.

— HIST. XVI' s. Endommagement, cotgravb.

— ÊTYM. Endommager.

ENDOMMAGER (an-do-ma-jé. Le g prend un « devant a et 0 : endommageant, endommageons), r. a. Causer du dommage. La grêle a endommagé les vignes. Le canon a endommagé cet édifice. On ne s'élève point àcette importante fonction sans endommager sa fortune, dider. Ess. sur Claude. || S'endommager, V. réjl. Être endommagé. Ces livres, oubliés dans un grenier, s'étaient endommagés.

— HIST. XV' s. Cognées dont ilscoupoient les palis, et en peu de temps les endommagèrent, pboiss. I, I, 207. Mon estomac aussi me dit que sa nature Ne se peut pas changier. Le chargeant de pommé, qui n'est .sa nourriture, Que c'est l'endommaigier, basselin, xxviii. Il a gaigné de grandes batailles, sans endommager son royaulme, comm. vi, 13. L'avant garde du roy fut fort endommagée, id. m, 7. Il xvr s. Pericles, voulant aussi endommager un peu l'ennemijfeit armer IBO vaisseaux, AMY0T,P(!n'c/èi,67.

— ÊTYM. £n 4 , et domTMige. On trouve, dans le XIII' siècle, adamagier.

fENDONÉPIIRlTE (an-do-né-f ri-t') , s. f. Terme de médecine. Inflammation de la membrane qui tapisse le bassinet du rein.

— ÊTYM. 'EvSov, en dedans, et néphritf.

f ENDOPHORE (an-do-fo-r'), s. m. Terme de botanique. Pellicule intérieure d'une graine.

— ÊTYM. 'Evîov, en dedans, et fofô;, qui porte, f ENDOPHRAGME (an-do-fra-gm'), s. m. Terme

de botanique. Cloison entre les cellules dont les algues marines sont formées.

— ÉTYM. 'Evîov, en dedans, etçpif(ia, cloison, t ENDOPLËVRE (an-do-plè-vr') , s. f. Terme de

botanique. Pellicule intérieure de l'épisperme.

— ÊTYM.'Evîov, en dedans, et nXeupà, plèvre, côté.

t ENDOPTILE (an-do-pti-l') , od;. Terme de botanique. Plante endoptile, plante dont l'embryon a sa plumule entièrement renfermée dans la cavité cotylédonaire.

— ÉTYM. 'Evîov, en dedans, etnxO.ov, plume, aile. t ENDORMANT, ANTE (an-dur-man, man-f),

adj. Qui est propre à endormir. Ce ne sera pas une petite affaire pour moi que la prise des eaux, qui sont, dit-on, fort endormantes et avec lesquelles néanmoins il faut absolument s'empêcher de dormir, BOiL. Lettres à Rac. iv. || Eig. Ennuyeux. Il nous a raconté je ne sais combien d'histoires endormantes.

— HIST. XVI* s. Oignons, pavots d'endormante nature, du bellat, vu, 4, verso.

ENDORMEUR, EUSE (an-dor-meur, meû-z"), t. m. et f. ||1° Malfaiteur qui emploie des drogues somnifères, il 2' Fig. Celui, celle qui endort quelqu'un, c'e.st-à-dire l'entretient dans des espérances chimériques ou dans une inaction préjudiciable. Être le jouet d'un endormeur. || Nom donné pendant la Révolution et dans les premières luttes du parti girondin et du parti montagnard à ceux qui conseillaient les moyens légaux et les voies de douceur. || Populairement, Endormeur de couleuvres, endormeur de mulots, homme fin et adroit qui amuse les gens de belles espérances, sans effet. || 8" Celui qui ennuie par ses paroles ou par ses ouvrages. Graves auteurs. Froids rhéteurs. Tristes prédicateurs, Endormeurs d'auditoires, bêrang. La grande orgie. || 4* Un des noms vulgaires de la cresserelle.

— HIST. XVI* s. Endormeur de gens, DO cai«gr, dormilabilis.

— ÊTYM. Endormir.

ENDORMI. lE (an-dor-mi, mie), port. p<u<^ d'endormir. Il 1* Que le sommeil a saisi. X force de pitié, ces filles inhumaines, De leurpère endormi vont épuiser les veines, COHM. Mi'd. I, <. Le roi lui-m(me, à demi endormi et presque nu , eut bien de la peine à gagner ses vaisseaux, rollin, Hist. anc. Œuvres, t, viu, p. 109, dans pouosns. || t* Fig. On me croit

dans la paix un lion endormi , corn. Tit. et Bérén. II, t. Malheur, malheur à nous, si notre àiue endormie Penche vers la tranquillité! 10. /mil. i, M. Dans un calme profond Darius endormi Ignorait jus<iu'au nom d'un si faible ennemi, bac. Alex. 1,2. Le pécheur.... endormi par de vaines espérances de conversion, uass. Av. Hort du pich. Parmi ces meurtriers dans le sang endormis, volt. Alt.iv,^. X ces dieux impuissants dans la tombe endormis, ID. Orphel. u, S. Te dirai-je qu'un soir dans la brise embaumée. Endormi, comme toi, dans it paix du bonheur.... a. de musset, Poésies non». Soutenir. || Il se dit aussi des choses, des sentiments, des passions. Et que sous mon amour ma valeur endormie, cobn. Hor. 11, 7. Et sans ressentiment tu souffres cette offense. Ton courage est muet, et ton bras endormi! id. la Place rny. m, 3. Ma prudence n'est pas tout à fait endormie, ID. Nicom. m, 2. Votre prudence est endormie, mol. F. tav. m, 2. Quelle passion endormie se ralluma dans son cœur, et avec quelle violence! M"' de la FAYETTE, PHnc. de Clives, Œwres, t. 11. p. 239, dans pouGENS. Et réveillant la foi dans les coeurs endormie, bac. Alhal. iv, 3. || Être endormi, manquer de vivacité, de vigilance. C'est un homme endormi. Il Substantivement, c'est un endormi. || Faire l'endormi, faire semblant de dormir ou d'être peu intelligent, peu actif. || Terme vieilli de marine. Navire endormi, navire qui, après avoir été arrêté, n'a pas encore repris son erre. || 8* Engourdi. J'ai le pied tout endormi. || 4" S. f. L'endormie, nom, en Normandie, du daluro stramonium. On y dit qu'un homme a mangé de l'emlormie, lorsqu'il dort trop longtemps et qu'on a de la peine à le réveiller.

ENDORMIR (an-dor-mir) , v. a. Il se conjugua comme dormir. || 1* Faire dormir. Endormir un enfant. Argus avec cent yeux sommeille; Mais croyezvous Endormir un amant jaloux T qlinault, Isis, m, 7. Il Fig. Il se dit de ce qui est fort ennuyeux, d'abord de l'ouvrage ou du récit , et, par suite, de l'auteur même. Cette pièce est si ennuyeuse qu'elle endort. Je vous endormirai quelque jour des affaires de cette province, sEv. 220. Allez de vos sermons endormir l'auditeur, boil. Sat. i. Un style trop égal et toujours uniforme En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme, m. Art p. i. Sœur Andrieux, contez, contez, entendez-vous ? Si vous ne dormez pas, ma sneur, endormez-nous, LEBBDN, Épigr. à propos des Contes d' Andrieux. Il 2° Jeter dans un état moral comparé au sommeil du corps. Endormir la prudence, la vigilance de quelqu'un. Des mots Dont tous les courtisans endorment les plus sots, RËGNIER. Sat. IV. J'ai reconnu ses défaites. Et comment elle endort de douceur sa maison, ID. Élég. II. Tandis qu'il endort votre crédulité par des discours, hahilt. Gramm. 9. X cette erreur qui endort tant d'ftmes impénitentes, mass. Car. Impénit. fin. U s'était laissé endormir par les lettres de César et les feintes démonstrations qu'il faisait paraître de souhaiter la paix, vkbt. Rivol. rom. xm, p. 265. Il 8* Engourdir, calmer. Endormir un membre. Endormir la douleur. Le monde endort les chagrins, mais il ne les guérit pas, hass. Av. Des affltct. Le christiani.sme endort la douleur, fortifie la résolution chancelante, chateaub. Crtiie, 11,111, 4. C'est ainsi que le commerce a trouvé l'art d'endormir et de tromper la discorde, bathal, Jlitt. phil. xii, 20. Il 4" S'endormir, v. réft. Tomlwr dans le sommeil. La charité nous oblige à réveiller ceux (|ui s'endorment, patbu. Plaid. 6, dans nicRELST. C'est sur celte lecture que je m'endors, sEv. «8. Il s'endort, il s'éveille au son des instruments. Son cœur nage dans la mollusse, bac. Eslh. 11, 9. On s'endormait aux sentiments de délicatesse qu'elle voulait expliquer sans les comprendre, et elle ennuyaiten voulant briller, iiAMiLT.Cramm.e. ||S* Kig. N'avoir pas soin de son devoir, de ses affaires, n'y pas veiller. S'endormir dans l'oisiveté. Les officiers s'endorment sur la bonté do leurs maîtres, patbu, Plaid. 4, dans hichklet. Je laisse aux doucereux le langage afl^élé Où s'endort un esprit de mollesse hébété, BoiL. Sat. IX. Les erreurs sur le.squelles votre esprit s'endort, hass. Pet. car. Drap. Ne nous endormons point sur la foi de leurs prêtres, volt. Œdipe, II, 5. Le fils de Laslhénès ne s'ét;iil point endormi sur le danger de ses frères, chatemhb. Jfart. II, 24. Il Absolument. Ne pas s'endormir, être très-éveillé sur ses intérêts. Votre belle-mère ne s'endort point, et c'est sans doute quelque conspiration contre vos intérêts où elle pousse votre père, MOL. Mal. imag. i, )0. Il y a des gens qui ne s'endorment pas, sev. 583.|| Familièrement. S'endormir

iLND

sur le rôti, négliger l'occasion propice. |1 6* S'endormir il» sommeil delà mort, de la tombe, mourir. Il S'endormir dans le Seigneur, mourir en état de grâce. Joram s'endormit avec ses pères, il fift enseveli avec eux dans la ville de David, saci. Bible. Rois, IV, VIII, 24. Il s'est endormi cette nuit au Seigneur, sÉv. 392. Elle s'endort tranquillement au Seigneur et s'en retourne dans le sein de Dieu d'où elle était sortie, mass. Av. Mort du pécheur. Il Proverbe. Parlez à lui, il s'endort, se dit de quelqu'un qui ne songe pas à ce qu'on lui dit.

— HIST. xrs. Endormiz est, ne puet mais en avant fil ne peut aller plus loin] , Ch. de Roi. CLxxx. Il xw s. Or poez [vous pouvez], fait il, esculler Del cher seignor, cum s'umilie; Or nus [nous] cuide peler la fie [figue], E od beau parler endormir, BENOÎT, u, 9089. Si'n ocist à destre e à senesire eslrangement, de ci que le braz li fud endormiz des granz colps que il out dunez. Rois, p. 2<2. Sa main tendid vers l'ume Deu, e cumandad que il fust pris; mais la main li endormid chalt pas [aussitôt], si que il ne la pout retraire, ib. 286. || xiu* s. Plorant [elle] s'est endormie; Diex la gard d'encombrer, /îerfe, xxxix. L'Université, qui lors iere Endormie, leva lachiere, la Rose, 4 2030 Quant je la voi, de parler n'ai pooir, Li cuer me faut, ma langue est endormie, Complainte doutem, jubinkl, t. II, p. 266. Enlumine mes euz [yeux], que ne m'endorme en la mort, Psautier, {° <9. Lienfes s'est al fu [feu] assis, X endormir n'a gairesmis, Parlonop. V. 1053. Ferres [Pierre] endormis n'enjalez [engelés] N'a pas les doisseur la viele, Mais si bien chante et si viele.... G. de coinsi,Du cierge. ||xv' s.

...mon cueur endurera. En actendant d'avoir de celles Que bon eur lui apportera, El de l'endormye oeuvra, CH. d'orl. Bail. 83. Que dites-vous ? ditil, contrefaisant l'endormi, louis xi, Nouv. lxiii.

Ilxvi's. Pour endormir l'ardeur de cette fureur [erotique], mont, i, 94. Endormir les ouies par la continuation d'un son,iD. I, 106. Des médicaments qui assopissent et endorment la partie, id. i, 28). U lui vint aux jambes une douleur endormie avec une pesanteur, amyot, Sylla, B4. Laguerre n'estoit point esteincte ny amortie, ains seulement endormie, m. I.ucull. H. Quand l'eau n'estoit plus trouble, on pescha à l'endormie, à quoy ne fut pas espargnée la coque du Levant, d'aub. Conf. lix. Si un homme luy [à la torpille] touche avec une verge, elle luy endormira le bras, paré, xxiu, 29. Je ne veux point (le trop volage amie, Ny ne la veux aussi trop endormie, st-gelais, 230. Pierre leur ilisoit pour les endormir et les engager à le suivre, Méin. sur du Guescl. ch. 4 8.

— Etym. Eh k , et dormir ; bourguig. andremi; provenç. endormir, endurmir; ital. t'ndomitre.

t ENDORRHIZE (an-do-ri-z'), adj. Terme de botanique. Dont la radicule, à l'époque de la germination, ne s'allonge pas, mais donne naissance à quelques filets simples qui jouent le rôle de radicules.

— REM. Les lexiques techniques écrivent endorhize; mais c'est une faute, l'orthographe grecque exigeant la réduplication de l'r.

— Etym. 'EvSov, en dedans, et ^iCa, racine.

■f ENDOS (an-dô), s. m. Terme de commerce. Signature qu'on écrit au dos d'un billet pour le passer à l'ordre d'un autre. Mettre son endos à une lettre de change.

— ÉTYM. En i,ei dos (le dos du billet).

t ENDOSMOMÈTRE (an-do-smo-mè-tr'), s. m.

Terme de physique. Instrument propre à rendre sensibles les phénomènes de l'endosmose.

— ÊTYM. Endosmose, et mèlre, mesure.

t ENDOSMOSE (an-<lo-smô-z'), s. f. Terme de physique. Courant de dehors en dedans qui s'établit à travers une cloison membraneuse séparant deux liquides de densité différente, en même temps que l'exosmose qui est le courant de dedans en dehors. Il Par une extension fautive, endosmose est le courant fort, et eiosmose le courant faible; de sorte que, dans cette nouvelle acception, l'endosmose peut tout aussi bien se diriger de dedans en dehors que dans le sens inverse.

— ÉTYM. "EvSov, en dedans, et (îxrixô;, action de pousser; mot irrégulièrement formé, puisqu'il n'y a pas de mot grec âcnuanu;, et qui aurait dû être endosme.

t ENDOSMOTIOUE (an-do-smo-ti-k') , adj. Qui a rapport à l'endosmose.

I ENDOSPERME (an-do-spèr-m'), s. m. Terme de biitanique. Corps d'un tissu cellulaire et formant, avec l'embryon, au dedans de l'enveloppe, l'amande des graines de beaucoup de plantes.

— ÉTYM. 'EvSov, en dedans, et oTiepita, graine.

END

+ ENDOSPERMÉ , ÉE (an-do-sp6r-mé , mée), adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'un endosperme.

t ENDOSPERMIQUE (an-do-spêr-mi-k') , adj. Terme de botanique. Qui est accompagné d'un endosperme. Emlirvon endospermique.

t ENDOSPORÊ (an-do-spo-r') , t. f. || 1» Terme de botanique. Membrane interne des spores, chez celles dont la paroi est tapissée en dedans j'une mince enveloppe. Il 2° Adj. Qui porte des spores enfermées dans des sporanges ou des conceptacles.

— F.TYM. "Etàot. en dedans, et spore.

t ENDOSPORÉ, ÉE(an-do-sporé,rée), ad;'. Terme de botanique. Dont les semences ou spores sont situées à l'intérieur.

ENDOSSE (an-dô s'), s. f. Toute la peine, toute la responsabilité de quelque chose. Corbinelli en avait l'endosse, sêv. 422. Ce n'est pas sur moi qu'il en faut jeter l'endosse, mahivaux, l'Épreuve, se. <8,

— ETYM. Voy. endosser; génev endose.

ENDOSSÉ, ÉE (an-dô-sé, sée) , part, passé.

!| 1° Mis sur son dos. Un vêtement endossé à la hftte. Il 2° Fig. Chargé. Me voilà endossé de l'oraison funèbre de Gre.sset; je me tirerai de tout cela comme je pourrai, d'alembert, Lettre à Voltaire, 27 déc. <777. Il 3° Qui a un endos. Billet endossé. Ce qui vaut encore mieux, de bonnes lettres de change endossées par les plus fameux banquiers de Londres, bern. de st-pierre, Chaum. ind.

ENDOSSEMENT (an-dô-se man), s. m. || 1° Ordre écrit au dos d'un billet à ordre pour le transmettre. Un titre transmissible par endossement. || Mode de transmission d'un droit par endossement. |] Endossement en blanc, endossement oïl l'on met une simple signature avec l'espace nécessaire pour écrire l'ordre ou le reçu. || 2° Terme de relieur. Voy. en- DOSSURE. Ce qui constitue la reliure, c'est la couture et l'endossement, lesné, la Reliure, p. <52.

— ÊTYM. Endosser.

ENDOSSER (an-dô-sé), V. a.\\l' Mettre sur son dos, se revêtir. Le harnais éclatant qu'il avait endossé, TRISTAN, Panthée, u, 2. II s'habille en berger, endosse un hoqueton, la font. Fabl. m, 3. Y voit-on des savants en droit, en médecine, Endosser l'écarlate ou se fourrer d'hermine'? boil. '^at. VIII. Caligula, dans une cérémonie où il se donnait pour un grand conquérant, endossa la cuirasse d'Alexandre, rollin, Uist. Œuvres, t. vi, p. 631, dans pouGENS. Que chacun endosse son armure et place devant lui son bouclier, chateaubr. Deslhona, 233. || Fig. Endosser la cuirasse, s'est dit pour devenir militaire. On vit les cardinaux de Richelieu, de la Valette et de Sourdis endosser la cuirasse, volt. Moeurs, (78. || Fig. et familièrement. Endosser le harnais, se revêtir des habits de sa profession. || Endosser l'uniforme, devenir militaire. Il 2° Fig. Charger quelqu'un d'une commission désagréable. On l'a endossé de cela. || On dit dans le même sens : il a endossé cela. || Au jeu, charger ou être chargé de la perte. Il [le gagnant] lui a endossé toute la consommation. Il [le perdant] a endossé toute la consommation. || Et il a endossé l'enfant, il s'en est reconnu le père. || 3" Terme de commerce. Mettre sa signature au dos d'un billet; faire un endossement. Endosser une lettre de change. Notre homme d'affaires endossera le billet, et cela sera rendu dans tfois ou quatre mois à la mort de la tante, dancourt, les Agioteurs, u, 5. || 4» Terme de relieur. Faire le dos d'un volume relié. Le poinçon à endosser est un outil en fer, long de 6 à 8 pouces, emmanché par une queue pointue dans un fort manche de lime ; cet outil sert à arrondir les dos, LESNÉ, la Reliure, p. t22. || B'Terme rural. Labourer de manière que les sillons se trouvent relevés vers le milieu du billon. || 6° S'endosser, v. réft. Etre endossé. J'aime les vêtements larges ; cela s'endosse plus facilement.

— HIST. XII* s. Là veïssiez tant haubert endoser, Ronc. p. 85. Il xiii* s. Atant Primaut prent la chasuble. Tôt maintenant l'a endossée, Iten. 3389. Et li escuier ont lor haubert endossé, Ch. d'Ant. m, 256. Il XIV* s. Signer, oïez pour Dieu dont François s'avisèrent : Les vestements de toile qu'Knglois y aporterent. Prirent pour eulx parer, les Englois despoillerent; Dessus les armeUres moult bel les endossèrent, Guocl. 22480. || xvi" s. Les femmes enilocerent les armes laissées par la garnison et par leurs maris, d'aud. Hist. Il, 76. Ceux qui usent du rat portent aussi avec eux des limes sourdes par le moien du plomb qui les endosse, m. ib. ii, 372. Le serment preste, M. de Laubespine l'endossa sur ces lettres sur le champ, carl. iv, 4. S'il ne l'eust requis de la vie, il l'eust assommé de l'ast; mais il

END

n'en endossa seulement que trois ou quatre coups, le laissant en un très piteux estât, id. vi, b.

— ÉTYM. Endos; provenç. endossât; espagn. endosar: has-lat. indorsare.

ENDO.SSEUR (an-<lô-seur), t. m. Celui qui a endossé un effet de commerce pour en faire le transport à un autre. Les bons endosseurs ! ce sera là ds bon papier , dancourt , Impromptu de Surent, se. 20. Il Fig. et très-familièrement. C'est un tel qui a fait l'enfant, mais c'est lui qui est l'endosseur, c'est-à-dire le père supposé.

— ETYM. Endoiser.

t ENDOSSDRE (aii-dôsù-r'), s. f. Préparation du dos d'un livre relié.

— HIST. xiii* s. Et [je] vi qu'à ceste vesleûre N'auroie pain n'endosseOre [vêtement pour le dos],

RUTEB. II, 74.

— ÊTYM. Endosser.

t ENDOSTO.ME (an-do-sto-m'), s. m. Terme de botanique. Ouverture dontest percée l'une des deux enveloppes de l'ovule végétal.

— ÉTYM. 'EvSov, en dedans, et<TTÔ|<.«, bouche, ouverture.

t ENDOTHÈOnE(an-do-tè-k'), s. f. Terme de botanique. Membrane interne des loges de l'anthère.

— ÊTYM. 'EvSov, en dedans, et Oiônrj, loge.

t ENDOTRICUÉ, ÉE (an-do-tri-ké, kée), adj. Terme de botanique. Qui est garni de poilsà l'intérieur.

— ETYM. 'Evôov . en dedans, et Opi$, cheveu.

t ENDODZAINEMENT (an-dou-zè-ne-man) , s. m. Action de mettre par douzaine. On est encore obligé, quelquefois, de mettre des pièces blanches pour boucher les trous d'enfilure ou d'endouzainement quand on se sert de veau alun, lesnk, la Reliure, p. (94.

tENDOCZAINER (an-dou-zai-né), v. a. Mettre par douzaine.

— ÉTYM. En t , et douzaine.

ENDROIT (an-droi; le ( selle :un an-droi-t agréable; au pluriel. Vs se lie : des an-droi-z agréables; la prononciation endret est signalée comme vieillie par Chifflct, Gramm. p. 127), s. m. \\ l°Le beau côle d'une étoffe par rapport à l'envers. Voilà l'endroit de ce drap. Etoffe à deux endroits, étoffe dont les deux côtés sont semblables. || 2° Fig. Aspect particulier d'une personne ou d'une chose. On la peut teair pour vieille par cet endroit, sév. 380. Je suis persuadée des complaisances de M. de Grignan; il a des endroits d'une noblesse, d'une politesse et même d'une tendresse extrême, id. 22. Et voyons l'homme enfin par l'endroit le plus beau, boil. Sat. VIII. À parler humainement, la moi ta un bel endroit, qui est de mettre fin à la vieillesse, la bruy. xi. 'fout homme qu'on admire par ces endroits réussit partout, HAMiLT. Gramm. 3. Vous êtes en possession de mille qualités brillantes qui vous distinguent; ce sont de beaux endroits, id. ib. 6. Cette aventure n'avait pas beaucoup de beaux endroits pour lui, id. ib. 9. Ils le décrient par l'endroit qui aurait dii lui. attirer davantage l'amour, mass. Car. Prod. Il Se montrer, se faire voir par son bel endroit, par son mauvais endroit, par son vilain endroit, se montrer par ses qualités avantageuses, par ses défauts. Cet homme se produisait par son bel endroit, HAMILT. Gramm. t). Un mari qui.... et se montre au contraire par ses mauvais endroits, la BBUY. m. Il C'est le plus bel endroit de sa vie, l'action la plus louable. Ce n'e~t pas ici le bel endroit de Zeuxis; il fit ostentation de ses richesses d'une manière puérile, rollin, Hist. Œuvres, t. xi, )'* part. p. (63, dans POUGENS. Il 3° Il se dit des partiesdu corps. Les Égyptiens, remarquant qu'il [Cambyse] avait été blessé au même endroit où il avait blessé leur dieu Apis, ne manquèrent pas d'attribuer cet accident à une juste punition du ciel, rollin,//ts(. anc.ûEu»res, t. II, p. 333, dans l'OLGENS. Il II se dit aussi de l'âme en ce sens. Là s'entendrait la dernière consommation de l'amour divin dans un endroit de l'âme si profond et si retiré que les sens n'en soupçonnent rien-, tant il est éloigné de leur région. BObj. la Vallière. ||Fig. C st son endroit sensible, se dit de tout ce qui touche le plus quelqu'un. Il aime l'argent plus que réputation, qu'honneur et que vertu; et la vue d'un demandeur lui donne des convulsions; c'est le frapper par son endroit mortel, mol. l'Avare, ii, 5. Je connais votre cœur, vous devez vous attendre Que je vais le frapper par l'endroit le plus tendre, hac. Béri-i. III, 3. Cherchons pour l'attaquer quelque endroit, pluf sensible, id. Phéd. m. (. || Endroit faible, le côlô par lequel on a le moins de force, de mérite, de talent, etc. Prendre quelqu'un par son endroit faible. Télèphe.... passeoutre; il se jette hors de sa sphère; il trouve lui-même son endroit faible, et se montre

END

par cet endroit, la bruy. xi. L'unique soin des enfants est de trouver l'endroit faible de leurs maîtres, comme de tous ceux à qui ils sont soumis, in. 16. Il 4° Kspace déterminé. Voilà l'endroit où l'on vent Mlir. Mourons ou vengeons-nous; l'endroit e.st favorable, botr. Bélis. I, i. Bien plus, si ;)0ur un sou d'orage en quelque endroit S'amassait d'une ou d'autre sorte, L'homme en avait sa part, et sa bourse en soulTroit, la font. Fabl. iv, 8. Tout est meublé; de potits endroitsqui ne servaient qu'à mettre des arrosoirs deviennent des cliambres de courtisans, SÉV. 43. Cet endroit [Sl-Cyr] qui, maintenant que nous sommes dévots, est le séjour de la vertu et de la piélé, W' delà kayettk, iléin. Cour de France , Oliuvres, t. 11, p. 4tt, dans pouce-s. Il 5° Kamilièri.ment. Le lieu qu'on habite, en parlant d'une ville peu importante, d'un bourg, d'un village. Les gens de l'endroit. Il habite un petit endroit. On est médisant dans les petits endroits. Ces Messieurs comptent-ils faire un long séjour dans notre endroit? PICARD, la Petite ville , i, *. || Fig. Être de son endroit, être peu habitué aux usages du monde. Il est bien de son endroit. || 6° l'artie, passage d'un ouvrage. 11 y a quelques endroits faibles dans cette tragédie. Le plus bel endroit d'un livre. Entre tous les endroits de volie lettre, qui me semble admirable en toutes choses, j'ai particulièrement remarqué voit. Letl. 60. La dispute ne roulait guère que sur ces endroits des anciens, dont nous ne sommes en état d'apprécier exactement ni les beautés ni les défauts, u'alem- BERT, Éloges, Ch. Perrault. \\T Origine, source. Elle le savait d'un endroit non suspect, sÉv. 490. La conjuration d'Amboise,qui est l'endroit par où ont commencé toutes les guerres, Boss. Yar. B" averl. <J 68. Il Au propre, bon endroit, bonne provenance. Voilà du vin qui vient d'un bon endroit. Un i>âlé du bon endroit. || Kig. Ce que je vous dirai vient directement de bons endroits, sÉv. 38B. || 8° X l'endroit de, loc. prép. Knvers, à l'égard de. L'affection de ces peuples à l'endroit de Philippe, malh. Le XXXIII* livre de Tite Liie, chap. to. Le peuple inégal à l'endroit des tyrans, S'il les déteste morts, les adore vivants, corn. Cinna, i, 3. || En son endroit, à son égard. Toujours hautaine et rude en son endroit. la font. Faucon. Les courtisans se persuadent d'être quittes par là [par des excuses] en leur endroit [à l'égard de leurs amis] de tous les devoirs de l'amitié, LA BRU Y. VIII.

— HIST. XI* s. Orendreit sei at-il assez que faire, Ch. de Roi. clv. lllec endreit remeint li os tout nus [de chair] , ib. ccLxii. |1 xir s. Si j'en sui moult, endroit l'ame, joians, Mais al corsai et pitié et pesance, ouesnes. Romane, p. 95. ||xiii' s. De li ici en droit à parler [nous] vi us lairrons, Berte, xxiii. Ci en droit [je] remaindrai, je n'i voi autre fuite, ib. XXXVII. Vint dux Naimes à lui, là endroit le trouva, «6. cviii. Bertain tout erramment ci en droit [j'] amenroie [amènerais], ib. cxvii. Car, endroit moi, ai-je fiance Que songe soit senefiance

Des biens à gens et des anuis, la Rose, <B Sire,

pour Dieu, oies; Jou [je] sui hom anciens, penés et travelliés; Ne poroie mais estre en nul endroit [d'aucune façon convenable] croisiés; Mes frères ira. Hues, qu'est chevaliers proisiés, Ch. d'Ant. i, 874. Dont l'und'eulzvint à nostregalie et trait s'espée toute ensanglantée, et dit que endroit de li [pour sa part] avoit tué six de nos gens, joinv. 24». Je suis en riche point, tu es en povre endroit [en pauvre situation], Fabliaux mss, n° 7218, f" 328, dans LACURNE. || xiv s. Kt de ceste ne parle il pas ici endroit, orksme, Eth. 42. ||xv' s. Chacun en son endroit faisoit merveilles (l'armes, fhoiss. 11, 11, 4i.|lxvi's. Tous les arts et sciences en toutes les quatre parties du monde, sont, chacune endroit soy, une mesme chose, du bkllay, i, 3, verso. Les espiceries que l'Inde nous envoyé, sont mieux cogneues, et traittées de nous, et en plus grand pris, qu'en l'endroit de ceux qui les sèment ou recueillent, lu. I, )4l, recto. Non que je me vante d'avoir en ccst endroit contrefait au naturel les vrais lineamens de Virgile, in. iv, 3, lerio. Il choisit le plus bel endroict et milieu de chasqueparoy, mont. I, 2U5. Des bestes qu'il tuoit à s<i chasse, il m'en apprtoit les meilleurs endroits, id. i, 194. Kt firent faire de belles casaques à deux endroits [sans envers), l'un qui avoit force croix, et l'autre qui n'en avoit point, mais esloittoutde blanc, yvrr, p.648. Celte torche les guida tout au long du voyage, et à la fin, alla fondre et disparoir au propre endroit de la coste d'Italie, où les pilotes avoient délibéré d'arriver, AMYOT, Titnol. n. Andromachus luy tendant l'endroit de la main, et puis tout à coup luy mons-

END

trant l'envers, ii). ib. <&. Je suis cause qu'il est loué et pri.sé partout, de ce qu'il a fait en mon endroit, iD. Flainitt. 23. Ayant Pompeius la flotte de ses navires là auprès à l'ancre, et Antonius et César leurs armées sur le bord de la mer tout à l'endroit de luy, lu. /Inton. 39 Toutefois vainque

tousjuurs endroit nous l'honneur, plus tost que le profit, m. Agis et Cléom. 54.

— ÊTYM. En t , et droit, adjectif; wallon, idre&t, èdreût; Berry, odret, adroit et endrel, pays natal; provenç. endreit, endreich , endreg. Le sens propre est en droit, ce qui est droit, c'est-à-dire opposé à envers, et au sens de localité, ce qui est dans le droit chemin, sur la route, dans la direction de, et c'est par conséquent une |iréposition signifiant à côté, en face, et, figurément, à l'égard de; dans les textes anciens elle est tantôt écrite en un seul mot, tantôt en deux.

ENDUIRE (an-dui-r') , j'enduis, tu enduis, il enduit, nous enduisons, vous enduisez, ils enduisent; j'enduisais; j'enduisis; j'enduirai; j'enduirais; enduis, enduisons; que j'enduise, que nous enduisions; que j'enduisisse; enduisant; enduit. || 1° I'. n. Terme de fauconnerie. Introduire en soi, digérer bien la chair, en parlant d'un oiseau de proie. Il 2° Y. a. Couvrir d'un enduit. Enduire une muraille de plâtre. Regarde d'où provient L'achoppement qui te retient; Ole d'autour de chaque roue Ce malheureux mortier, cette maudite boue Qui jus()u'à l'essieu les enduit, LA FONT. Fabi. VI, 18. |1 3° S'enduire, V. réft. Être enduit. Cette pierre s'enduit facilement des couleurs. ||4" S'enduire soi-même. Les lutteurs, dans les jeux de l'antiquité , s'enduisaient d'huile.

— HIST. XIII' s. Li faucon qui ont tout enduit [tout digéré] Se debatent par la rivière, CEscoufle. Il XV* s. Jusqu'à midi estes ou [au] lit bouté. Lors vous levez et avez mal enduit Vostre manger; s'en est enfermeté, E. desch. Yie dissipée. || xvi* s. L'Espagnol, tournant la teste à ses gens, dit (l'oyaiit le comte) : voici un grand hérétique; mais cela fut enduit à la sauce d'un riz et embrassade, d'al'b. Ilisl. i, 266. Us recourent caiiitulation entièrement violée par les soldats, qui ne pouvaient enduire [digérer] la perte de leur Brissac, id. 16. 1,

283 à laquelle aient donné espérance d'estre .sa

femme, il fit enduire à regret la qualité de concubine, id. ib. i, 361. Le roi de Pologne dit qu'il n'estoit point coulpable xle ce qui s'estoit fait, et couppa court, enduisaut celte remonstrance par un affront, iD. ib. 11, <10. Une ceinture de pippes enduites de poix, ID. ib. m, *9.

— ETYM. Provenç. enduire, endurre ;catal. induir; espagn. inducir; portug. indusir; ital. indurre; du latin inducere. de in, et ducere, conduire (voy. DUiHE). De conduire dedans , sens propre d'enduire, est venu le sens de conduire dessus, couvrir.

t ENDUISANT, ANTE (an-dui-zan, zan-t'), adj. Oui est jiropre à enduire.

t. ENDUIT, ITE(an-dui, dui-t'), port. po«é d'enduire. Un papier enduit de colle.

2. ENDUIT (an-dui; le ( ne se lie guère dans le parler ordinaire ; au pluriel, l't se lie : des en-dui-z imperméables) , s. m. || 1* Matière molle dont on couvre la surface de certains objets. Un enduit de goudron. Il ne lui donna point l'enduit décolle, cet enduit ne se donnant que pour empêcher les impressions à l'huile de passer au travers d'une toile grasse et claire, diderot, Peinture en cire, OKuvres, t. XV, p. 344, dans pouGENS. Il Couche de chaux, de plâtre, de mortier, etc. qu'on applique sur les murailles. Refaire les enduits d'une fosse. {| 2° Terme de médecine. Couche de matière plus ou moins tenace qui revêt la surface de certains organes, et qui est pour l'ordinaire le produit altéré d'une sécrétion. L'enduit muqueux, jaunâtre, blanchâtre, fuligineux de la langue, jj Terme de physiologie. Enduit foetal, couche de matière blanchâtre qui recouvre la peau de beaucoup de nouveau-nés.

— HIST. xvi* s. Et sommes advertis que le massif se desment, quand nous voyons fendiller l'enduict et la crouste de nos parois, mont, i, 33».

— ETYM. Enduit *.

t £NDURABLE(an-du-ra-br), adj. Qui peut être enduré.

— HIST. XVI* s. Endurable, cotgravb.

— ETYM. Enditrer.

t ENDURANCE (an-du-ran-s"), t. f. Qualité de celui qui endure. || Mut très-usité en Normandie, et qui est si français à cause d'endiiranl, qu'il mériterait de pa.sser du langage provincial dans la langue littéraire.

— ETYM. Endurer.

ENDURANT, ANTE (an-du-ran, ran-t'), adj. Qui

END

sait supporter les choses dures. Contre les moins endurants et les plus difficiles au joug, on emploie les armes, balz. 7* discourt sur la cour. Les plus Ignorants en religion sont les plus mal endurants, st-evrehond, dans richelkt. Il n'était pas grand railleur, il était encore moins endurant, iiamiltok, Gramm. e. |{ N'être pas endurant, être peu endurant, ne pas supporter ce qui offense, blesse, impatiente. Prenez garde, il n'est pas endurant. Vous savez que je n'ai pas l'âme endurante, mol. Kéd. m. lui, i, I. Parle, mais ne dis rien surtout qui me déplaise ; Car je n'ai pas Phumeur endurante aujourd'hui, darcourt, Trahis, punie, v, t.

— SYN. ENDURANT, PAT11.NT. Le (latient est celui qui a de la patience; l'endurant, celui qui endure: aussi patient est-il plus général que endurant. L'idée de choses dures n'étant pas dans patient, ce mot s'applique à tout; on est patient à attendre aussi bien qu'à supporter. Le chat est patient quand il guette une souris; mais ce n'est pas un animal d'un naturel endurant.

— HIST. XVI* s. Achilles qui, de sa nature, n'estoit point endurant ne patient, amyot, Ccmm. il faut lire les poètes, 44.

ENDURCI, lE (an-dur-si, sic), part. potaV d'endurcir, il 1* Rendu dur. Iji terre endurcie parle froid. Il 2° Fig. Oui a pris une dureté morale. Mais pour ces francs pécheurs, pécheurs endurcis, pécheurs sans mélange, pleins et achevés, pasc. l'ror. 4. Elle [la messe] leur profite comme la prière, lai|uelle on ne ferait pas pour les pécheurs les plus endurcis, si on ne croyait.... boss. For. m, § 66. J'irais, par ma constance aux affronts endurci. Me mettre au rang des saints qu'a célébrés Bussi, boil. Sat. vui. Pour ce peuple endurci que rien ne peut gagner, BAC. Théb. u, 3. Un tyran dans le crime endurci dès l'enfance, ID. Brt'l. v, 7. II eût donc mieux valu demeurer endurci dans mon habitude, mass. Car. Inconst. || Substantivement. Celui qui a perdu tout sentiment de piété. Vous ne pouvez réussir comme tant d'impies et d'endurcis à étouffer celte vérité intérieure, hass. Car. Évid. de la loi. || Il se dit, dans le même sens, des sentiments, du cœur, etc. Un courroux implacable, un orgueil endurci, corn. Sertor. iv, 2. Contre tous ses attraits ma raison endurcie, id. TiVeel Bérén. n, «. Et vos cœurs endurcis sont pour jamais paisibles, Qt;iNAULT, Pers. u, 6. Crois que dans son dépit mon cœur est endurci, rac. Andr.u, «. Quel courage endurci Soutiendrait les as.sauts qu'on lui prépare ici? 10. Iphig. IV, i. Quelle haine endurcie Pourrait en vous voyant n'être pas adoucie? id. PWdre, 11, 2. Votre jeune Apollon, qui n'a point réussi, Dans la satire encor ne peut être endurci, Gilbert, Apol. Le cœur endurci par les cicatrices mêmesdes coups qu'on lui a portés, buffon, Nature des anim. Il 3° Rendu ferme, résistant par l'exercice, le travail. Il paraît endurci au travail, pén. Tél. ix Mes mains endurcies au travail me donnent facilement la nourriture qui m'est nécessaire, id. ib. xiv. Tous ont armé leurs bras endurcis aux travaux, deulle, Enéide, ch. vu. *

ENDURCIR (an-dur-sir),», o. Il 1° Rendre dur. Le grand air endurcit certaines pierres. |{ Fig. Donner une dureté morale. Ma place ne m'a pas encore endurcie ; je sens tout trop vivement, maintbnon. Lettre au card. de Noailles, & avril <7oo. La tendresse de cœur se perd souvent, parce que les passions et le commerce des hommes politiques endurcissent insensiblement les jeunes gens qui entrent dans le monde, pE.n. Éduc.jiUes, ch. 6. La multitude des malheureux vous endurcit à leurs misères, mass. Car. Aumône. C'est que le même zèle qui nous attache au prince nous endurcit souvent envers le public, ID. Or. fun. Villeroy. \\ll se dit, dans le même sens, des sentiments, du cœur, etc. Sans mentir, Monseigneur, si vous ne vous êtes bien endurci le cœur |)armi les Suédois.... voit. Lett. 67. Il faut agir de force avec de tels esprits. Seigneur; et qui les flatte endurcit leur mépris, corn. Kéracl. I, t. Endurcis-toi le cœur, sois arabe, corsaire..., Ne va point sottement faire le généreux, boil. Sat. VIII. Un cœur qu'ont endurci la fatigue et les ans, RAC. Bajax. 1, t. Endurcir les esprits contre l'humanité, volt. Jf. de Cet. I, i. Les Musulmans ailiers, trop longtemps vos vainqueurs. Ont changé la Sicile, ont endurci vos mœurs, id. 7'a/icr. i, 4. Il Absolument. Au milieu des grandeurs, qui endurcissent toujours, ils nous trouvaient sensibles, MONTKsg. Lett. pert. 74.||2* Rendre résistant, robuste, capable de supporter. S'ex|)Oseraui intempéries des saisons est ce qui endurcit le corps. |{ Absolument. 11 n'y a rien qui endurcisse comme le travail

END

ËNE

ÉNE

des champs. || 3" S'endurcir, v. réfl. Devenir dur. Le corail s'endurcit à l'air. || 4" Fig. Contracter une dureté morale. S'endurcir au crime. Mon cœur s'est endurci par toutes mes disgrâces, botr. Venced. II, 2. Ceux qui s'endurcissent contre la foi de nos pères, Boss. Messe. Autant qu'ils se seront endurcis aux mallieurs des pauvres, autant Dieu leslaisserat-il s'endurcir à leur propre malheur, bouhd. Exhort. char, envers les pauvres, t. i, p. 60. Ce héros.... Oui ne connaît de pleurs que ceux qu'il fait répandre. Qui s'endurcit contre eux dès l'âRe le plus tendre, rac. Iphig. iv, <. Les hommes corrompus s'endurcissent contre ce qui pourrait les toucher, fén. Tél. xx. En cherchant à s'ondurcir contre les cris de sa conscience, mass. Car. Avenir. Il B° Devenir résistant à la fatigue, apprendre à supporter. Montrez-lui comme il faut s'endurcir à la peine, corn. Ci'd, i, 7. Son corps s'endurcissait chaque jour, fén. Tél. xvu. || Par extension. Il avait acquis avec art l'habitude de n'être pas aisément troublé, et s'était endurci aux distractions, fonten. Tschnnhaus.

— HIST. XII' s. Pur quel endurcissez vos quers [cœurs] cume fist Egypte e li reis Pharaun de Egyple?flots, p. 2< . || xm* s. Et gloutonnie la vilaine. Luxure, peresce et envie, Et avarice l'endurcie. Et toute leur pourrie graine, J. de meung, Tr. <07. Il apele à sa merci ceus qui endurcissent en pechié. Psautier, ^77. l|x:r s. En ce chastel avoit maint Englois endurci De guerredemeneret le may et l'avril, Guescl. '2(637. Il XVI' s. Endurcissez le à la sueur, au froid, aux hazards, mont, i, t83. Il dressoit et endurcissoit fort sa personne tous les jours à l'exercice des armes, AMYOT, Philop. 21.

— ÊTYM. En 1 , et durcir; Berry, endurtir; provenu, endunir, indurzir; catal. endurir; espagn. endwrecfr; ilal. indurire.

ENDURCISSEIMENT (an-dur-si-se-man) , s. m. Il 1° État de ce qui devient dur. || Terme de pathologie. Augmentation de la consistance, de la densité d'un organe qui, de mou qu'il était, devient dur. L'endurcissement du tiSsu cellulaire chez les nouveau-nés. Il 2° Fig. Perte de la sensibilité. Elle pleure au pied de la croix l'endurcissement de ses filles, PATRu, Plaid, te, dans richelet. || État d'une âme qui a perdu tout sentiment de piété, de vertu. [La vie] Ou'est-elle souvent qu'un amas De sacrilèges, d'attentats, D'endurcissements invincibles? corn. Imit. I, 23. Don Juan, l'endurcissement au péché traîne une mort funeste, mol. Don Juan, v, 6. Cette confusion salutaire dont parle l'Écriture, qui est presque l'unique remède d'un endurcissement tel que le vôtre, pAsc. Prov. <6. || Opiniâtreté. Il prenait mon refus [de me rendre à ses raisons] pour endurcissement, id. iett. à Jacqueline, 26 janvier (048. Il 3° Action de s'endurcir, de devenir dur à la fatigue, capable de supporter. L'endurcissement du corps aux fatigues.

— HIST. XVI* s. Si telle chose estoit nécessaire pour l'endurcissement de l'acier, paré, ix, 16.

— ÉTYM. Endurcir; provenç. induriiment; espag. endurecimiento.

ENDURÉ, ÉE (an-du-ré, rée), part, passé. Des fatigues endurées avec constance. Lors tous les déplaisirs endurés sans murmure Deviendront des sujetsd'une allégresse pure, corn. Imit. i, 24. Souvent avec prudence un outrage enduré. Aux honneurs les plus hauts a .servi de degré, rac. Esth. m, *.

ENDURER (an-du-ré). || 1° V. a. Supporter ce qui est dur, pénible. Là par un long récit de toutes les misères Que durant notre enfance ont enduré nos pères, CORN. Cinna, l, 3. Tous les maux qu'un esclave endure dans les fers, id. Rodog. i, 6. Pour rompre un hymen qu'avec peine elle endure, id. ib. m, 2. Il faut de ses amis endurer quelque chose, mol. ÏÉ-

tour.i, to D'un refus crueU'insupporlable injure

N'était qu'un faible essai des tourments que j'endure, RAC. Phéd. IV, 6. La terre avec horreur dès longtemps les endure [les Juifs] , id. Esth. n , 2. Un affront vit toujours sur le front qui l'endure, volt. Triumv. v, 2. Il est dans la nature de l'homme d'endurer patiemment la nécessité des choses, mais non la mauvaise volonié d'autrui, J. J. rouss. Ém. II. C'est vous qui avez voulu vous passer de feu et endurer le froid pour nous envoyer votre bois, W' DE genlis. Veillées du chdt. t. ii, p. 638, dans POUGENS. Il Endurer que, avec le subjonctif. Mais astu vu mon père et peut-il endurer Qu'ainsi dans sa maison tu t'oses retirer? corn. Hor. i, 4. Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire D'avoir mal soutenu l'honneur de ma mai.son, m. Cid, i, lo. Comni'jiil, mesdames, nous endurerons que nn« la-

quais soient mieux reçus que nous? mcl. Prée. ridie. 16. Je me veux fâcher e! tu es une vilaine, toi, d'endurer qu'on te cajole, id. Fest. de P. ii, 3. J'arrêtai toute l'affaire, et ne voulus point endurer qu'on opinât, si les choses n'allaient dans l'ordre, ID. l'Am. méd. ii, 3. Vous pour qui seuls elle ne pouvait endurer qu'on lui dit que ses trésors étaient épuisés, Boss. Marie-Thér. Vous qui sans désespoir ne pouviez endurer Que Pyrrhus d'un regard la voulût honorer, rac. Andr. iv, 2. || Endurer de, avec l'infinitif. Mais haïr un rival, endurer d'être aimée.... N'est-ce point dire trop ce qui sied mal à dire? COBN. Attila, ii, 6. || 2° Y. n. Avoir de la constance à supporter. On recommande assez la patience aux autres, Mais il s'en trouve peu qui veuillent endurer, CORN. Imit. ii, (2. Hélas! s'il est ainsi, quel malheur est le mien? Je soupire, j'endure, et je n'avance à rien, id. l'illus. cnm. Ii, 3. il veut me voir souffrir : je me tais et j'endure, th. corn. Ariane, IV, 3. Il Terme de marine. Diminuer son effort sur les avirons. || Souffrir, avoir delà peine. [Autrement il faudrait dire] que nous faisons plaisir aux arbres que nous arrosons de peur que la terre qui n'est point rerouée , venant à s'endurcir par la sécheresse , ne soit occasion de les faire endurer, malh. le Traité des bienf. de Sénèque, iv, (4. Boire, manger et se vêtir Sont d'étranges fardeaux qu'impose la nature; Oh! qu'un esprit fervent endure Quand il s'y faut assujettir, corn. Imit. m, 26. Un traître ne pourra se vanter un moment D'avoir fait endurer Alcide impunément, botr. Hercule mourant, III, (.113° S'endurer, v. réfl. Être enduré. Un tel reproche s'endure difficilement.

— HIST. XI' s. Et endurer etgranz chauz et granz freiz, Ch. de Roi. lxxvii. ||xii' s. One [je] ne cuidai par li [elle] maus endurer, Couci, n. Amors me dit qu'ainsi [je] doi endurer, ib. xxi. Eiicor faiseit-il plus cel cor [à son corps] mal endurer, Chascune nuit faiseit sa char discipliner, E as verges trenchanz et batre e descirer, Th. le mart. (02. Il XIII' s. [Elle] Prent pour Dieu plus en gré tous les maus qu'ele endure, Berte, xlii. Puisqu'il vous plaist, dous sire, que j'oie à endurer, ib. XLiii. Quant li rois Ferrans et sa gent virent qu'il ne poroit plus endurer, si tournèrent le dos, Chr. de Rains, p. 78. Mais moult doit prode feme soufriret endurer, avant qu'ele se mete hors de se [sa] compaignie [qu'elle ne quitte son mari], beaum. lvii, 4. Espérance d'avoir pardon Ou par penitance ou par don Fet endurer mainte mesaise; Li endurers fet mult grant aise; Car mult legierement endure Qui eschive paine plus dure, ruteb. ii, ( 89. {| xiv* s. Ceulz sont diz mois qui ne les pevent endurer [les souffrances], oresme, Elh. soi. Car je sui granz et fors, si que bien endurroie Paine et labour dou corps, s'un poi apris l'avoie, Beaud. de Seb. viii,

6l.||xv*s Certes j'endureray Au déplaisir des

jaloux envieux, Et me tendray par semblance joyeuix, CH. d'orl. Bail. (1. Ladite armée avoit enduré grand faim et soif, comm. viii, 7. || xvi' s. Le serviteur n'est de loyal affaire Prenant esbat, quand son seigneur endure, mardi, i, 298. Un corps bien composé pour endurer tout travail, amyot, Préf. XX, 37. Le papier endure tout, id. tb. xii, 3 9. Hannibal semict au plus honorable lieu, ce que Scipion endura patiemment, id. Flamin. 43. Il pensa que ce luy seroit une honte, d'endurer que les ennemis approchassent si près de luy, id. Pyrrhus, 34. Sois courageux ; toute rude avanture Par traict de temps est douce s'on l'endure : Pour endurer, Hercule se fitdieu, bons. 625. Enfant, tu es venu au monde pour endurer; endure, souffre et tais-toi, mont, iv, 267.

— ÉTYM. En *, et durer; provenc. endurar; ital. indurnre.

f ENÉIDE (é-né-i-d'), s. f. Poëme héroïque de Virgile, qui roule sur les aventures d'Ênée, prince troyen, et qui en tire son nom.

f ÉNÉILÈME, s. m. Voy. Énilème.

I ÉNÈ.ME (é-nê-m'), s. m. Nom de médicaments que les anciens mettaient sur des plaies sanglantes.

— ETYM. *Evai(j.ov, de h, en, etal[j.a, sang,

t ÉNÊORÈMK (é-né-o-rê-m'), s. m. Terme de médecine. Matière légère et blanchâtre, en suspension dans l'urine que l'on a laissée reposer.

— ÉTYM. 'EvaitôpTina, deêv,eta;wpecv, suspendre. ÉNERGIE (é-nér-jie), s. f. \\ 1° Puissance active

de l'organisme. L'énergie musculaire. Les muscles se contractent dans les convulsions avec une énergie extrême. || Par catachrèse. Vertu naturelle et efficace que possèdent les choses. L'énergie d'un remède, d'un acide. || Énergie d'un mot, d'une expression. J'ai regret que ce mot soit trop vieux aujourd'hui; Il uj'a toujours- semblé d'une énergie

extrême, la font. Fabî.iv, (l. On peut dire d'un orateur qu'il joint la force de raisonnement à l'énergie des expressions, d'alemb. Synon. OExtvres, t. m, p. 319. Il 2° Force d'âme. 'Montrer, déployer de l'énergie. Parler, agir avec énergie. Et Rome dépouillant son antique énergie, legouv. Épich. et Nér. II, 3. Il L'énergie d'un sentiment, la force qu'il possède. L'énergie même des sentiments qui pouvaient nous rendre coupables fut ce qui nous empêcha de le devenir, j. -j. rouss. Confess. ix. Il 3° Terme de théologie. Une puissance de la Divinité. Des hérétiques ont nié laTrinitô en ne reconnaissant qu'une seule énergie dans le Père, le Verbe et le Saint-Esprit.

— ÊTY»I. 'EvépYtia, de iv, en, et Iffu, faire, agir (voy. organe).

ÉNERGIQUE (é-nèr-ji-k'), adj. Qui a de l'énergie. Homme énergique. || Par catachrèse , il se dit des choses. Remède énergique. Mesures énergiques. Les Lacédémoniens ne répondirent aux menaces de Philippe que par ces mots énergiques : Denys à Corinthe, Barthélémy, Anacb. chap. 63.

— ÉTYM. Énergie.

ÉNERGIQUEMENT(é-nèr-ji-ke-man), adv. Avec

énergie. Il lui parla énergiquement. Sa taille grande, mais un peu forte, caractérisait énergiquement la jeunesse et le bonheur, stael, Cor. ii, i.

— ÉTYM. Énergique, et le suffixe ment.

ÉNERGUMÈNE (é-nèr-gu-mè-n'), s. m. et f.

Il 1° Terme de théologie. Celui, celle qui est possédée du démon. Exorciser un énergumène Il 2° Fig. Personne qu'agite un enthousiasme déréglé ou une vive passion. Crier, s'agiter comme un énergumène. Surtout, quand on la contredisait, c'était une petite énergumène, lesage, Eslev. Gonlal. ch. 44. Il est parmi tous ces énergumènes de sensibilité comme une belle femme sans rou^e, qui, n'ayant que les couleursde la nature, paraîtra pâle au milieu de visages fardés, s. i. rouss. 2' dial.W Par hyperbole. Homme qui pousse ses raisonnements ou ses assertions jusqu'à la folie. C'est un énergumène.

— ÉTYM. 'EvepYoij|jievo;, possédé par le démon, de lv£p.Y6î(r6at, être poussé, de ivÉp^^'*» énergie.

t ÉNKRVANT, ANTE (é-nèr-van, van-t'), adj. Qui est propre à énerver. Une chaleur énervante. Il Au sens moral. Une éducation, des habitudes énervantes.

jÉNERVATION (é-nèr-va-sion), î. /■. || 1° Supplice dans lequel on estropiait le patient en appliquant le feu sur les jarrets et les genoux. || 2° Section (le deux tendons à la tête du cheval. || 3° Terme de boucherie. Procédé nouveau pour abattre les bœufs et aussi les chevaux , et qui consiste à les tuer i nstantanément en leur introduisant la lame d'un couteau entre le crâne et les premières vertèbres. ||4" Fig. Action d'énerver, de rendre moralement faible.

— HIST. XVI' s. Oui venoit grandement à l'enervation de la juridiction temporelle, pasquier, Recherche, p. 263, dans LACURNE.

— ÉTYM. Lat. enervationem, de enervare, énerver.

f ÉNERVE (é-nér-v'), adj. Terme de botanique. Qui est sans nervures.

— ÉTYM. Lat. e, sans, et nervus, nerf, nervure. ÉNERVÉ, ÉE (é-nèr-vé, vée), part, passé. Qui a

perdu sa force, ô Dieu ! rendez la force à mes bras énervés, volt, tiérope, v, s. L'on distinguera toujours dans les travaux, dan." les combats, et surtout dans la discipline, l'homme docile et fort tiré de la charrue, de l'homme énervé, dissolu, qu'on a pris à l'ombre des murs, marmowtrl, Œuvres, t. xvii, p. 94, dans POUGENS. Il Par abus. Qui a les nerfs agacés. Ne la tourmentez pas, elle est tout énervée aujourd'hui. || Terme de marine. AfTaibli, avarié. Chanvres, cordages, filins énervés.

f ÉNERVEMENT (é-nèr-ve-man), s. m. État de ce qui est énervé. La paix nous reproche l'énervement des courages et la corruption des esprits, vau- VEN. El. de L. XV. Qu'avait gagné la royauté à cet énervement politique de la nation? la faculté de tout faire? la liberté de tout vouloir? de meaux. Correspondant, Nouvelle série, t. m, p. 269.

— ÉTYM. Énerver.

ÉNERVER (é-nèr-vé) , v. a. || 1° Faire subir le supplice de l'énervation. || 2° Terme de vétérinaire. Couper le tendon des muscles releveuis de la lèvre supérieure pour donner plus de finesse au nez. Il 3" ôter le nerf, la force physique ou morale. Il y a des pays où la chaleur énerve le corps et affaiblit si fort le courage que les hommes ne sont portés à un devoir iiénilile que par la crainte du châtiment, montesq. Esp. xv, 7. La cour et l'es-

ENF

clavage Amollissaient leurs cœurs, énervaient leur courajçe, voi-T. Brut, i, 3. Ta secte obscure et basse avilit les morlels, Énerve le courage et rend l'homme slii]mip, w. Fanât, il, 5. || Absolument. Les voluptés énervent. Une excessive chaleur énerve etaccnble. Ili" Kig. Énerver le langage, le style. On énerve la religion quand on la change, et on lui file un certain poids qui seul est capable de tenir les peuples, boss. iictne d'.4ng(e(. 11 énerve l'autorité du conseil, .ID. Ilist. ii, (■. C'est nous i|ui, par nos artifices, trouvons le moyen d'énerver leur zÈle et de corrompre môme leur tidélité, nouBDAL. Jugent, dern. 2' avent, p. 3«o, dans poiiGENS. Il représenta au tyran de Sparte que les Komains avaient entièrenie 't énervé son pouvoir en lui filant les villes maritimes, puisque c'était de là qu'il tirait ses galères, roli.in, Hist. anc. (l'.mres, t. viii, p. 330, dans pougens. Cette subtililé exaltée et fugitive , souvent plus proiire à énerver le goût qu'aie raffiner, d'alembebt, Éloges, d'Olivel. Le plus terrible des abus, qui est d'énerver toutes les lois à force de les multiplier, j. J. ROtss. Gnuvern. de Pologne, ch. 7. 1| 6* S'énerver, V. rc'/ï. Être énervé. Le courage s'énerve au milieu <les voluptés. L'empire s'énerve par le relâchement de la discipline, boss. Ilist. m, 7. Conlro- Yerses assidues qui ne laissaient pas s'énerver la vigueur de la pensée, villeuain, Dict. de l'Acad. Préface.

— HIST. xm* s. Leur science en partie ton grant pooir énerve, Leur povreté est dame, et ta richece est serve, J. de meunq, Test. 677. |{ xvi* s. La confession généreuse et libre énerve le reproche et desarme l'injure, mont, iv. Ht. Eschauffer et altérer une ame refroidie et énervée par l'aage, id. m, 380. L'empereur s'est saezy des villes imperialles de Cambray, Utrecht et du Liège qu'il a énervées de l'empire, les ayan' unies et incorporées à sa comté de Kbmdrcs, cabloix, iv, 8. Il n'avoit pas voulu lui accorder environ dix mille livres de rente à prandre et énerver sur le plus be.nu et clair domaine de l'abbaye de St Denis, pourjoindie et incorporera sa ville de Beaumont-sur-Oise, ID. IX, 32. Enervez de délices, amyot, Caton, <o.

— ETYM. Latin enervare, de e, sans, et hervus, nerf; génev. s'inierler, s'eniarkr, se fatiguer à resc('>s.

j EN ÉTANT (an-né-tan). Terme d'eaux et forêts. Bois en étant, bois sur pied.

— ÉTYM. En, et estant, qui est debout.

I ÉNEYEtt (é-nè-ié), «. o. ôter les nœuds de la canne avant de la fendre.

— ÊTYM. j? pour fs... préfixe, et sans doute noeud, bien que la formation ne soit pas régulière.

ENFAÎTl?;, ÉE (an-fê-té, tée), part, passé. Toit enfaîlé.

ENEAÎTEAU (an-fê-tô), ». m. Tuile en demi-canal, qui sert à couvrir le faîte d'une maison.

— f.TYM. Voy. F.NFAlTrn.

ENFAÎTEMENT (an-fè-te-man), s. m. Garniture de plomb qui recouvre le faîte d'un toit en ardoises.

— ETYM. Enfaîler.

ENFAÎTEU (an-fô-té), V. a. Couvrir le faîte d'un toit avec un enfaîlement.

— HIST XVI' s. Enfaister, oudih, Dict.

— ETYM, En t,el faite.

ENFANCE (an-fan-s'), *. f\\l' Période de la vie humaine qui s'étend depuis la naissance jusque vers la septième année, et, dans le langage général, un peu au delà, jusi|u'à treize ou quatorze ans. J'étais encore dans la plus tendre enfance, pén. Tél. ni. Laissez mûrir l'enfance dans les enfant'^, J. J. Bouss. Ém. II. Locke se plaint de ce qu'il n'existe pas un seul ouvrage fait pour l'enfance, W"» de genlis, Adèle et Théod. t. i", lett. »♦, dans pougens. Mon cruiir lassé de tout, même de l'espérance. N'ira plus de ses voeux importuner le sort; Prêtez-moi seulement, vallons de mon enfance. Un asile d'un Jour pour attendre la mort, lamart. Méd. i, 6. Il Terme de médecine. Bouton de l'enfance, sorte de stomatite observée particulièrement en Égypie, et qui consiste en une tumeur de la grosseur d'un grnin d'orge occupant le point central de la ligne médiane de la voûte palatine chez les petits enfants; elle gêne la succion, la déglutition; en la guérit en frottant le bouton avec le doigt et une poudre un peu granuleuse. || 2* Collectivement. Les enfants. Ils n'épargnèrent ni la vieilles.se, ni l'enfance. L'enfance folâtre. Heuieuse, heureuse l'eiifanco Que le Seigneur instruit et prend sous sa défense I rac. /4fha2. ii, v. L'enfance a des manières devoir, de penser, de sentir qui lui sont propres; rien n'est moins sen.sé que d'y vouloir substituer 1«8

ENF

nôtres, i. j. roijss. Ilél. v, 3. || 8* Kig. État de puérilité prolongé dans le reste de la vie. Dans une longue enfance ils l'auraient fait vieillir, bac. Art(. i, 3. L'imbécile Ibrahim... Tralnedansle sérail une éternelle enfance, id. Bajai.i, t. C'est alorsque l'hypocrisie, toujours prête à surprendre les deux enfances de la vie humaine, réveille dans l'âme du prince les idées qu'elle y avait semées, raynal, llist.phil. xv, 12, Il Retomber, tomber en enfance, et aussi être en enfance, tomber, être dans l'imbécillité de la vieillesse. La Keuillades'arrêlachezl'évêque, frère de feu son pJre, qui était tombé en enfance, st-sim. 37, I7t. Ne leur demandons point s'ils ont rien senti dans leurs entrailles après avoir soulagé un malheureux; ou si c'est la crainte de retomber en enfance, qui les attendrit [les sophistes] sur l'innocence du nouveau-né, chateaubb. 6Vh. i, vi, 2. || 4» Acte, sentiment d'enfant; enfantillage. C'est une vraie enfance. Faire des enfances, sÉv. 28 j. (689. Que sa timidité ne vous donne aucun chagrin.... ce sont des enfances, SÉv. 27). Vous connaissez toutes les enfances dont elle s'occupe, iiamilt. Cram. il. Les la Vrillière espérèrent que c' [la répulsion de la future pour la Vrillière] était une enfance qui passerait, mais ils l'espérèrent vainement, st-sim. 77, 20). On passait encore les enfances à Mme la duches.se do Bourgogne par la grAce qu'elle y mettait, ID. 294, 6, Et ce que je dislà d'elle, n'annonce pas des mouvements de mauvaise humeur bien opiniâtres, ni bien sérieux; ce .sont des bêtises ou des enfances, dont il n'y a que de bonnes gens qui soient capables, mabivaux, Marianne, 2» partie Voilà ce que c'est que ce gouvernement représentatif dont vous vous faites une peur; sottise, enfance, mon cousin, p. L. COUR. 11,307. Il En lionne part, la pénitence qui est une grâce de simplicité et d'enfance chrétienne, MASS. Car. Prosp. temp. \\ 6°Fig. Les commencements d'une chose. L'enfance d'un art, d'une science. Gouvernait doucement le monde en son enfance, BÊONIEB, Sat. VI. Dans les temps bienheureux du monde en son (enfance. Chacun n etiail sa gloire en sa seule innocence, boil. Sat. v. La langue française qui, bien loin d'être en son point de maturité du temps de Ronsard, comme Pasquier se l'était imaginé fau.ssement, n'était pas même encore sortie de .sa première enfance, id. Lon^in, Sublime, Réflex. 7. Tout ce qu'aurait pu faire Archimède dans l'enfance du monde, aurait été d'inventer la charrue; Archimède, placé dans un autre siècle, brûle les vaisseaux des Romains avec des miroirs, si cependant ce n'est pas là une fable, fonten. Digr. anc. et mod. Oeuvres, t. iv, p. 177.

— HIST. XII' s. Liciers fut sages dès qu'il issit [sortit] d'enfance, iionc. p. 166. Qu'il s'en prennent à mon maistre d'Oisi, Qui m'a appris à chanter dès enfance, quesnïs, Romancern, p. 98. || xiu' s. Li rtens qui toute a la baillie Des gens vieillir, l'avoit vieillie [la VieiUes.se] Si durement, qu'au mien cuidier El ne se pooit mes aidier, Ains retornoit ja en enfance, la Rose, 39l.||xiv» s. Vous me cognoessez dès m'efi'ance; Et sachiez bien que vueil tenir Mes promesses ju.squ'à mourir, Liv. du bon Jeluin, 1260. ||xv's. Et [les Gantois] trouvèrent le repus oïl le comte avoit esté mis d'enfance, fboiss. ii, ii, 162. Il XVI' s, Dez sa tendre enfance, mont, i, (64. Que l'enfance regarde devantelle, la vieillesse derrière, ID. m, 308.

— ETYM. Provenç. enfansa, efansa; espagn. «nfanciai ilal. infamia; du latin tn/'and'a, de infans, enfant.

t ENFANÇON (an-fan-fion) , ». m. Petit enlant. Arrivant le décès De l'enfançon, la font. Faucon. Mot vieilli.

— HIST. XIII' s. Li chastiaux fu garnis de toute garnison; Si ot de toutes armes lassus si grant foison. Qu'il necriement [craignent] François nient plus que enfançon, Ch. d'Antioche, vi, 1044. Et qui vit jusqu'au viel, vee/, qu'il en avienl; Aussi comme en Testât d'un enfançon revient, j. de meung. Test. no.

— ÉTYM. Diminutif d"en/'an(.

ENFANT (an-fan), s. ni. || 1" Individu de l'espèce humaine qui est d.ms l'âge de l'enfance. Un petit enfant. Un bel enfant. Jouer comme un enfant. Aussi, à dire le vrai, c'est une extrême méchanceté de se moquer d'un pauvre enfant qui n'a appris le français que pour l'amour de moi , et qui a eu du moins l'espiit de me choisir entre tous ceux qui sont ici, voir. Lett. 67. Laissez venir les petits enfants, et ne les empêchez point, car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent, SACI, Rible, Étang. St K arc, X, I4. Tout charme en un enfant dont la langue sans fard, X peine du filet encor déliarrassée, Sait d'un air innocent bégayer

sa pensée, son. Épiire ix. Un rimeur, sans péril, de là les Pyrénées, Sur la scène en un jour enferma lies années; Là souvent le héros d'un spectacle grossier, Enfant au premier acte, est liarbon au dernier, id. Art p. m. Néron n'est plus enfant, n'est-il pas temps qu'il règne? rac. Brit. i, 2. De quel crime un enfant peut-il être coupable? id. Athal. 11. 6. Un enfant est peu propre i trahir sa pensée, id, ib. ii, 6. ô vous, sur ces enfants si chers, si précieux, Ministres du Seigneur, ayez toujours les yeux, lo. t6. ii, 7. Quel astre à nos yeux vient de luire? Quel sera quelque jour cet enfant merveilleux? id. ib. ii, 9. Les enfants ont des joies immodérées et des afilictions améres sur de Irespetits sujets, la rruy. xi. Les enfants sont bautaini, dédaigneux, colères, envieux, curieux, intéressés, paresseux, volages, timides, intempérants, menteurs, dissimulés, id. ib. Les enfants n'ont ni passi ni av' nir, et, ce qui ne nous arrive guère, ils jouissent du présent, id, ib. Il n'y a nuls vices extérieurs et nuls défauts du corps qui ne soient aperçus par les enfants; ils les saisissent d'une première vue, ID. ib. Un gros marchand qui ne jouait [ne savait jouer] non plus qu'un enfant, bamilt. Gramm. 3. Dieu vous veut petit à vos yeux et simple dans ses mains comme un petit enfant, fbn. t. xviii, p. 414. J'ai TU, dit saint Augustin, un enfant jaloux; il ne savait pas encore parler, et, avec un visage pâle et des yeux irrités, il regardait déjà l'enfant qui tétait avec lui, ID. Éduc. des filles, oh. 3. Que ses parents et ses voisins l'aiaient vue grosse de la fille dont elle avait accouché; que cet enfant [hlle] en venant au monde avait été reçu dans les mains de ses parents et de ses alliés, vebtot, Révol. rom. v. p. 4u. Sans soin du lendemain, sans regret de la veille, L'enfant joue et s'endort, pour jouer se réveille, delille, Imagin. ch. vi. L'enfant dont la mort cruelle Vient de vider le berceau. Qui tombe de la mamelle Au lit glacé du tomlieau, lahart. Ilarm. ii, i. Il est si beau, l'enfant avec son doux sourire, Sa douce bonne foi. sa voix qui veut tout dire. Ses pleurs vite apaisés, Laissant errer sa vue étonnée et ravie, Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie Et sa bouche aux baisers, v. uuoo, Feuilles d'aut. xix. Il L'enfant Jésus, Jésus lorsqu'il était enfant. Un enfant Jésus, une figure de Jésus enfant. Cet enfant est trop mignard, trop fait, trop joli, trop petit, c'est un enfant Jésus, didebot, salon de 1767, (JP.'urrM, t. XIV, p. 4 76, dans pouoens || Sage comme l'enfant Jésus, se dit d'un enfant qui est sage et obéissant. (I Ce n'est pas un jeu d'enfant, ce n'est pas jeu d'enfant, se dit quand il s'agit de choses sérieuses et importantes. || Être innocent comme l'enfant qui vient de naître ou qui est à naître, être tout à fait innocent. || Enfant gâté, l'enfant à qui ses parents laissent faire toutes ses volontés et qu'ils ne corrigent pas. Il Se dit par extension d'un adulte qui se passe ou ï qui l'on pas.se tons ses caprices. Elle était une des trois ou quatre jolies femmes de Paris dont le vieux abbé de Ssint-Pierre avait été l'enfant gâté, J. }. Roiss. Con/'en. ix. Il Faire l'enfant, badiner comme un enfant, s'amuser à des choses puériles. Pendant que les philo.sophes radotent et font les enfants, i. i. roi ss. Ém. m. Us me rient au nez, me di.sent que je fais l'enfant, Marivaux. /touble \nconst. \\, i. || Être enfant, même sens. Quoi I vous songez encore à cela ? reprit-elle ; eh I mon Dieul Marianne, que vous êtes enfant! mabivaux, Hariaruie, part. 2, t. i, p. 2H , dans pougens. Il Ne pas faire l'enfant, signifie aussi ne pas faire l'ignorant, ne pas affecter l'ignorance d'un enfant sur ce qui est dit ou proposé. Il ne fit pas l'enfant, il profita de l'occasion. Acceptez, ne faites pas l'enfant. Il Adjectivement. Tout enfant qu'elle était, FLÉCKiEB, Mme de Mont. Allons nous coucher; je suis plus enfant que toi, i. i. Rouss. Confess. i. J'aurais eu peine à croire qu'il y eût des spectateurs assez enfants pour aller voir cette imitation, id, Héloise, u, 23. Il Un peuple enfant, un peuple qui n'est pas encore civilisé, |{ On l'a dit aussi, en poésie, de ce qui est de l'enfance. Bords où mes pas enfants suivaient Napoléon, Fortes villes du CidI v. HUGO, Feuilles daut. xv. || D'enfant, loc.adj. Faible, futile. Ce sont scrupules d'enfant. Cette difficulé d'enfant a occupé dans tous les siècles les lêles les plus fortes, diderot, Régnesde Claudeel Séron, ii, <i 64, Il 1° Mal d'enfant, le travail de l'accouchement. Cette femme est en mal d'enfant. Une montagne en mal d'enfant Jetait une clameur si liauie....LA (ont. Fahl. V, 10, Il Faire un enfant, en parlant d une femme. La femme ne faisant guère qu'un enfant i la fois, J. J. BOUss, Ori'j. Sotes. \\ Faire un enfant, en parlant d'un homme. M. de Nemours fit un eu-

ENF

ENF

faut à cette fille de Rochon, qu'on appelait Mlle de la | parti. Il 10- Terme H» h„.v .a a. Garanche,ST-siM. 67,206. || 3» S ^ Petite Hlle ieune ive^ ni . . ° familiarité, d'encouragement, mie Ma belle enfant'. U p'invrrfnfa'rK, us Z o^d'un su'^é iSûr^MP ' "'. """'"r"'"" ""'"'"« *«^

ENF

, ' -. »-"['«u»ic niuaiil. r.XUII9t;£ UJd

tendresse pour une enfant dont je n'ai jamais eu aucun .sujet de plainte, bac. Leit. à sa tante. Je SUIS la plus jeune de ses enfants, diderot, l'ère de famille, n, 1). Dainville arrive en tenant par la main la plus charmante enfant que j'aie jamais vue M- DK GENUS, Adèle et TMod. t. m, lett. i , dans POUGENs. Il 4» Il exprime un rapport de génération, fils ou fille. 11 eut plusieurs enfants. 11 perdit ses enfants en bas âge. Et conire un père enfin reniant a toujours tort, roth. St Genest, i, i. Ce fut là [à la BérésinaJ qu'on aperçut des femmes au milieu des glaçons, avec leurs enfants dans leurs bras, les élevant à mesure qu'elles s'enfonçaient; déjà submergées, leurs bras roidis les lenaie'nt encore au-dessus d'elles, séguh, Hist. de Nupol. xi,9. Il C'est l'enfant de sa mère, c'est bien l'enfdnt de sa mère, c'est-à-dire il en a tout le caractère. || C'est bien l'enfant de son père, de sa mère, se dit aussi de la ressemblance physique. || Enfant de bonne mère ou de bonne maison, personne qui occupe un bon rang dans la société. Il n'y a enfant de bonne mère qui ne prétende à cela. || Traiter quelqu'un en enfant de bonne maison, le châtier sévèrement ne point l'épargner. Si vous ne retrouvez pas mon cordon, vous serez livré au sous-comite, qui vous traitera en enfant de bonne mai=(on, lesage Guiman d Alf. vi, to, || Enfant de famille, enfant en puissance de père et de mère. Il Enfant de tamille, enfant chéri, enfant qui était avantagé aux dépens des autres. || Enfant de famille, enfant de bonne mai.son. Je ne me trouvai pas seul avec le muletier; il y avait deux enfants de famille de Pennaflor, iesage, Gii Bios, t, 3. || Knfant de troupe, hl.s de militaire élevé dans les casernes aux frais de 1 Etat. || Enfant trouvé, enfant abandonné par ses parenis. ramassé par les passants, et recueilli par les hospices. Mou troisième enfant fut donc mis aux enfants trouvés, ainsi que les premiers j j «ouss Conf. vni. || Enfants de la patrie', nom donné, pendant la Révolution, aux enfants trouvés, tnrant de 1 amour, enfant né hors mariage Il Terme de marine. Enfant trouvé, personne qui s est cachée à bord pour y faire une campagne et qui ne se montre que lorsque le navire est eu mer Il Enfant de la balle, voy. balle. || Enfants bleus' enfants rouges, pauvres enfants habillés de bleu' de rouge, qu'on élevait à Paris dans un lieu fondé pour cela. || L'enfant prodigue, l'enfant de l'Évangile qui, ayant reçu sa pan, va la dissiper follement et qui, revenant dans l'état le plus misérable, est bien accueilli par son père. Tu reviens dans ta famille dans 1 équipage de l'enfant prodigue, lesage

Tlxliv. Gimzalei

, ch. 30. Il Par analogie, jeune I omme qui a fait ses fredaines, malgré les ionseils de ses parents, surtout au moment oïl il revient près d'eux pour mener une vie plus rangée. Un matm donc, l'enfant prodigue comparut devant sa mure, non point hâve, décharné, souillé de boue et couvert de haillons comme son aîné de la Bible mais élégant, leste, gracieux, l'œil câlin et le sou'-

^ xii II 5 Enfants de France, princes et prince.sses enlants du roi qui occupait le Irône, pour les distinguer .le ceux et de celles des différentes branches de la maison royale, qui ne portaient que le titre de princes et princesses du .sang. || 6" Petits-enfants voy. PETITS-ENFANTS. || 7° Enfant de chœur, enfan't qui chante au chœur. || S' Enfants de langue, nom quoii donnait, dans les Échelles du Levant à de jeunes Français que le roi entretenait au Levant pour y apprendre les langues turque, arabe grecque, et pour servir ensuite de drogmans. On dit atijourd bu. jeunes de langue i| 9» Enfants perdus soldats qui marchent, pour quelque entreprise ëxt a.ni.naire, à la tète d'un corps de troupes commandé pour les soutenir; ainsi nommés parce que eur service est particulièrement périlleux. Cette ocution provient peut-être de to infantes, exprèssion espagnole, d'où est né le mot infauterie. || Plus généralement. Enlants perdus, personnes qu'on met en avant dans une affaire hasardeuse. || Fig. Je vous prie de regarder mes réflexions comme des enfants perdus que j'ai jetés en avant sans m'embarrasser ae ce qu ils deviendraient, d'alemb. Lctt. à Vol «o.rf, 22 fév. 4764. Il Néologisme. Enfant terrible enfant qui, en répétant ce qu'il a entendu dire blessé profondement ceux à qui il parle. DUes-moi donc monsieur, qui est-ce qui a inventé la poudre? naDa dit que ce n'est pas vous. || Par extension, ceux qui par trop de sincérité compromettent leur cause, leur PICT

PE I.A LANGUE FflANÇAtSK.

rants. Mon enfant, écoutez- moi. Va- t'en, ma pâuv?o enfant, MOL. Famm,a.>. i., fl. Allons, Merln de la vivacité, mon enfant, de la présence d'esnr t ' â ONA„D, Retour imprévu, sc.'.o. Ah! mon enfant J a. cru voir une substance céleste, elle m'a o«U coup embrasé d'amour, lesage, Gil Blas x 8 Il Un bon enfant, un homme de bonne humeur' el au.,si un homme qui n'a pasde malice. Au surplus bon enfant sot, je ne le dis pas, la font. Co'« / !i,.M ■■' ,'"'", *"^^"' ** P'"^ "»i à ce qu'il me

Miof ; " ." "^'^ ''* ""^"^ ""6 bonne enfant.

Elle est bonne enfant. Mais dans le fond, c'est une bonne enfant, REGNARD,Sér6iode, 1 1. || n est bon enfant J bien bon enfant de croire cela, de se prêter à cela cest-àdireil est bien simplede croire cela, etc ydjectnement. Il a un air bon enfant, un sourire bon enfant. || Dans le style familier, bon enfant en traîne souvent l'idée d'aimable vaurien, de joveiix compagnon || U- Les êtres humains considérés comme fils du ciel, de Dieu, de la terre, de la patrie, etc. La patrie réclama le secours de ses enfants

. ^ ^"J^"l^ ""^ "*™^ P^^"«- Les enfants de Dieu et de 1 Eglise. Ainsi la Grèce en vous trouve un enfant rebelle, RAC. Andr. I, 2. Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin? m. Atk. ii, 7. Jérusalem renaît plus charmante et plus belle; D'où lui viennent de tous côtés Ces enfants qu'en son sein elle na pas portés? id. ib. m, 7. Rome avait des enfants Oui conspiraient contre elle et servaient les yrans, VOLT. Brut, y, .. Des enfants du soleil le

redoutable empire, id. ^/î. i, * L'État répan-

diit le sang de ses enfants, id. Tancr. i t si le monde exige tant des enfants de la terre, qu'est-ce que Diou ne doit pas demander des enfants du ciel? MASS. l'ct,t car. Grandeur de J.-C. Â mesure que les conquêtes et les cultures se multiplièrent en Amérique, Il allut plus d'esclaves; ce b.soin a augmenté graduellement; et, depuis la pacification de t763, on a arraché chaque année à la Guinée quatre-vingt mille de ses malheureux enfants, raynal, Bf.phtl. XI t». Venez, enfr.nts du ciel, orphelin; sur la terre, Il est encorpour vous un asile ici-bas- Mes trésors sont cachés, ma joie est un mystère; Le vulgaire 1 admire et ne la comprend pas, lamIrt. Harm. i, 1 1. || Dans le langage biblique. Les enfants des hommes, les hommes, et surtout ceux qui vivent dans l'iniquité. Les enfants de lumière, ceux qui ont reçu TÉvangile. Le» enfants de ténèbres, les Idolâtres || Par extension, il se dit d'autres êtres que les êtres humains. Quels qu'ils soient, l'Éternel à d immuables lois Soumet tous les enfanU des vergers et des bois; Lui-même il les nourrit il veille à leur défense, deulle. Trois règnes, vi. || 12» S m I plur. De.scendants. Nous sommes tous enfants d'Adam. Les enfants d'IsraSl. Et que vous racontiez à vos enfants et aux enfants de vos enfants de combien de plaies J'ai frappé les Égyptiens, saci. Bible, Exode x,i. Des enfants de Japhet toujours une moitié Fournira des armes à l'autre, la pont Fabl II, 6. Il IS" Natif. Les enfants de Paris. || U' Partisan, sectateur, disciple. Les enfants de la liberté et de légalité. Mais pendant que vous ne travaillerez quà y entretenir le trouble, ne doutez pas qu 11 ne se trouve des enfants de la paix qui se croiront obligés d'employer tous leurs efi^orts pour v conserver la tranquillité, pasc. l'rov. i». || Enfimts |le st^François, de St-lgnace, etc. les Franciscains, es Jésuites, etc. || Les enfants de Bellone, de Mars e.s guerriers Le., enfants d'Apollon, les poètes: I 15" Ce qui estl'effet. la conséquence de, le produit de. Le bonheur est enfant de la vertu. Les jeux, les ris enfants de la gaieté. Impatients désirs d'une ilustre vengeance Enfants impétueux de mon ressentiment CORN. Cinna, i, t. Sortez de mon esprit ressentiments jaloux, Noirs enfants du dépit m' Serior.m, 4. Fiers enfants de l'honneur, nobles em-

dria'^r'^'-.f ■ *• "' '■ "-'' ''''''"' '«^ «"f'n s de a nécessité, la pont, le Quinquina, ch. ii. On ne se cache point ces secrets mouvementé. De la nature en nous indomptables enfants, volt. Œdipe ii

i^'^tu ; 0"el mente ont des arts, enfants dé Umo\s,seUuOrphel.iv, 2. Richelieu, Mazarin..

Cl vu. Il 16" Petit d'un animal. Une laie aux poUs b ancs, trente enfants blancs comme elle Vom s offrir à tes yeux, oklili.e, linéide,vni. || 17" T<Mn e d astronomie. Enfants de Dercéto o'u enfants d'Ite ! «ans, la constellation des Poissons. || 18° Terme d'al-

chimie. Enfants de la nature, les quatre éléments qu admettaient les anciens. || EnfantdesphilosoT le mercure. I Proverbe. De fol et d'enfant se Z on m rn'f '«'l'-^-d"* Ouand on travaille séri usar» '„ r "!' *"'■'" '«' ««"' fo'«"^' et 'es enfants. I Cet enfant a trop d'esprit, il ne vivra pas. sedit sél

S Ton rf"'.?''^''"^^ "> "«'"te qu'.nspire a santé d un enfant trop précoce, ou. par moouene

KTaTHr ''"'"" ?"'""' -t sa,;s'"pntX'nd LAv™NE F^r':"';.^ «"f"""' vivent peu, c. ded'enfarits ^"/""''/^^"'"^rd, ., 2. || II' n'y a plu»

malice de bon e hr"-"e?'^*"'"'î '■''"" "' "

^£:^S:Me:;;^nnr-;7T;j^^

- H ST X -s P, ''rr^' 'T ""'■'""» "" diable. enfant rÀrf. 7, / '*'' P"™'™ "''"' ressemblez

I dès ge'nSutrs »"""■ " ""■ '• »« '"^ «"f""^ e« aes gentis uxors, Ronc. p. 37. Dient Franzois • ri«f

cops n'est pas d'enfant, ib. p. 77. Ê Dex" d Nav

mes or voi-je duel [deuil] d'enfant. " p "3 Baro^

d st l'anfes, ne vous doit anuier, ib. p. i87 Emunln'i

ai greignor folie Que li faus enfes'^quîcrie PorHl

be e estoile avoir, Couci. i„. De sa^rem ère îame

[il] oui deus vaslez enfans, Sax. v. || xin- , Cil eTi

gna detis enfans en la serve haie. Bertl, lx L'in.

froi fut] Il premiers enfes qu'ot en la serve li roi"

to. Lxi. Dont je me chevissoie fentretenoiil et m»

famé Margain Et mes petits enfins^^ "xi L m"!

dr. [Ils] ont mon enfant, Bei tain, qui m'a moUsi

cuit''ifn'-f'"'''' " t"'^'"^"«J "•^™" poissance.cê cuit-je, ne force, ne sens. Ne plus qu'un enfes de dLii» ans, la Rose, 393. Enfes qui ne crient [craint] père éî mère Nepuetestre qu'il nel' compère [qu'i ne le paye], ,6. t079G. Se li enfes roboit ou batoit «e [sal

voZTJ . ' '' '""■'■T '"''^"' garanliroit par bone volenté.seleenavoitlepooir, ID. XI, ,9 ||xir s II e.stoit très bon et ne semhloit pas enfant ou fiizde home mortel, mais de Dieu, oresme, Elh. tgi Sa 1 un demeure tousjours enfant en pensée et en rneurs e l'autre soit très bon et très vertueux m 6. 266. Il XV s Mais le roi vueil-je bien déports

[paroles de Phihpped'Artevelle], froiss. u, ij t9. .... Amour descent aux enfans Des pères; beau filz' or mentens. L amour aux pères ne remonte Dei

o„r„„ l'cica iiB remonte Des

enfans.... eust. descii. Poésies mss. f 603 dans LACURNE. Enfant aime moult qui beau l'appelle '"irZrr" '''""■ '■• '-P- ="^- Enfant de lin; Sa n.r! V «f'Pva.n, ID. ib. Lequel Jehan de Saintré, sur tous les autres paiges et enfans dhonneur, servoit chacun jour à table, Petit J. de Saintré p. t, dans lacurne. || xn' s. Je reparliroye après cinq mille harquebusiers en dix troni^es, et II mettrois les six comme enfans perdus à la teste des bataillons, LAN. 426. Je ne parle pas d'une certaino sorte qui s appellent les enfans sans souci, id. 498 U y avo.t encore d'autres vœux plus infant.les.jacoil quils ne se fissent pas des petits enfants, calv'in Inslit. t. Enfant qui vient de nature prend di Dieu .sa pasture, gi!nin, Héiréut. t. 11, p -ns Pois sons et enfans en eaue sont crois.sans, id. ib p 247 Enfan» de la messe de minuit, ,,ui cherche Dieu à taston, ounm, Curiosités fr. Enfant haï est toujours triste LEROUX de lincy, Prov. t. . „. 21B De grands personnages enfants non sages; id ib De petit enfant petit deuil, id. ib. M. de Strozze avoit este nourry enfant d'honneur du petit roy Françoisll, estant monsieur le dauphin, bhant. Cap. fr. t. IV, p. 304, dans lacurne.

- ETVM. Bourg, éfan; picard offant, effant; pro-

infant; du latin xnfaniem, enfant, de in, non, e ran parler (voy. fable): celui qui ne parle pas.

A'inîZ rT '"^' °" '"/■" «^' '« rîominatif, '^infans avec l'accent sur t',.,- ,„/an<est le régime

dtn/^tin(m. avec laccentsur /'an.

ENFANTÉ, ÉE (an-fan-té, tée), part, passé. P M,s au monde. Dans le fond de la Thrace un barbare enfanté, rac. Esth. m, 4. MJ. Fig- Vovez que d incidents à la fois enfantés! mol. VÉI v \t ENFANTEIHE!VT(an-fan-tB-man),î.m. || 1- Ac'tion d enfanter. Avez-vous observé l'enfantement des bi. ches?RACi,yo6, xxxix, t. || Aujourd'hui ne se dit guère que de la parturition dans l'espèce humaine

Les douleurs de l'enfantement. Il 2° Fig Tant dut

coûter de peine Ce long enfantement del'à'grandeur romaine I delille, Enéide, 1. Et cet heureux trépas, des faibles redouté, N'est qu'un enfantement

ENT

ENF

ENF

ù l'immortalité, lamart. .S'oerale, 349. || Composition, conception littéraire. Cet ouvrage a été d'un enfantement laborieux.

HlST. 1111* s. Pri-ge Lucina la déesse D'enfantement, qu'el doint qu'il nesse Sans mal et sans encombrement, Si qu'il puist vivre longuement, la Rote, (0680. Il XVI' s. Les douleurs do l'enfantement, par les médecin.'* et par Dieu mesme estimées grandes, et que nous passons avecques tant de cérémonies, il y a des nations entières qui n'en foni nu. compte, MONT. I, 308. Montagnes, vous sentez douleurs d'enfantemens; Vous fuyez comme agneaux, ô simples elemens, d'aub. Trag. liv. vu.

— ÊTYM. Enfanter; provenç. enfantamen, efantam«»;anc. cat. infantament.

ENFANTER (an-fan-té) , V. a. || 1° Donner le jour à un enfant. Heureuse la mère qui l'a enfanté. || Par extension. Ce peuple que la terre enfantait tout armé, CORN. Uédée, i, ). Le monde, de qui l'ige avance les ruines, Ne peut plus enfanter de ces âmes divines, boil. Lutr. m. Cieux, répandez votre rosée, Etque la terre enfante son sauveur,BAC.^</iai. III, 7. Sitôt que le devoir l'ordonne, La Kranci enfante des soldats, lamotte, Odes, t.i, p. 64, dans POtiGENS. Il Absolument. Leclinos se féconde, et la nature enfante, deulle, Parad. perdu, vu. || 2° Kig. Créer, concevoir, produire. Tout ce (|u'elles pourront enfanter de tempêtes. Sans venir jusqu'à nous, crèvera sur leurs têtes, corn. Théod. i, ). On y voit tour à tour la paix et les combats; On y voit l'amerlurao enfanter les appas, m. Imit. ii, ». Le poêle par bonheur n'ayant point enfanté de nouvelles stances, scabron, Rom. corn. part, i, ch. (3. Bienheureux Scudéri, dont la fertile plume Peut tous les mois sans peine enfanter un volume, boil. Sat, II. Que Racine, enfairtant des miracles nouveaux. De ses héros sur lui [le roi] forme tous les tableaux, ID. .,4rt p. iv. Accourez, troupe savante; Des sons que ma lyre enfante. Ces arbres sont réjouis, ID. Ode sur Namur. Et quel affreux projet avez-vous enfanté, Dontvotre coeur encor doive être épouvanté? bac. l'hèd. i, 3. C'est au génie seul à enfanter toutes les hardiesses qui contribuent si fort au merveilleux de la poésie et au sublime de l'éloquence, d'olivet, His(. del'Acad. t. ii, p. 59, dans pouGENS. Je l'ai vu, ce n'est point une erreur passagère Qu'enfante du sommeil la vapeur mensongère. VOLT. Séin. 1, 5. Son nom et son malheur enfantent des soldats, m. Triumv. ii , 2. De la ligue en cent lieux les villes alarmées Contre moi dans la France enfantaient des armées, id. Henr. m, <43. Ses succès, sa valeur. Bientôt à Spartacus enfantent une armée, SAUBIN, Spart. I, <. Il Absolument. Cet auteur enfante difficilement, il ne produit des ouvrages qu'avec peine. || 3° Dans le langage mystique, enfanter une âme en ou à Jésus-Christ, la rendre digne de Jésus- Christ et de la vie éternelle. Si Dieu a béni le travail par lequel je tâche de vous enfanter en Jésus-Christ, et que, trop indigne ministre de ses conseils, je n'y aie pas été moi-même un obstacle, boss. Anne de Gonx. Dieu ébranlera tout l'Etal pour l'affranchir (Henriette] de ces lois; il met les âmes à ce prix; il remue le ciel et la terre pour enfanter ses élus, lu. Dtieh. d'Orl. Tant de saints pasteurs qui offrent leurs âmes et leurs travaux pour vous enfanter à Jésus-Christ, mass. Car. Mot. de con«. || i- S'enfanter, V. réfl. Être enfanté, être produit. Une tragédie ne s'enfante pas si facilement. || Proverbe. C'est la montagne qui enfante une souris, ou la montagne a enfanté une souris, se dit de grands projets qui Tiennent & rien. Que produira l'auteur après tous ces grands cris? La montagne en travail enfante une souris, boil. Art p. m.

— SYN. ENKANTEB, ENGENDRER. Engendrer est relatif à la génération; enfanter, à l'enfant qui est mis au monde. De là la différence de sens entre ces deux mots : d'abord engendrer se dit également du mâle et de la femelle, de l'homme et de la femme; enfanter ne se dit quede la femme seule. Au figuré, engendrer s'applique à ce qui peut être comparé à une génénition; et enfanter à ce qui peut être comparé à la mise au monde. Tant que l'idée de mise au monde n'est pas nécessaire, on se sert indifféremment d'engendrer ou d enfanter : ce discours engendra ou enfanta des discordes. Mai.i, quand cette idée est nécessaire, c'e.st enfanter qu'il faut : on enfante un projet, un ouvrage.

— HlST. XII* s. Grâces rendit al enfanter, c Samuel le fistnumer, Jio)S,p.4. Il xiii's. S'ele[lamère] esloil franche quant ele conçut, et quant à l'anfanter est serve, droit dit que li enfes est frans, Liv. lie just. 64. Mesire, fist le chevalier, je vous demande si vous créez que la vierge Marie, qui Dieu

porta en ses flans et en ses bras, enfantast vierge, joiNV. (98. Il XVI" s. Elle enfanta un enfant mort, PARE, XXIX, le. Vous ne tuerez point L. Caesar, que premièrement vous ne me tuez, moyquiay enfanté vostre capitaine, amyot, ^nton. »3.

— • ÊTYM. Enfant; provenç. enfantar, effantar, efantnr; ital. infantare.

ENFANTILLAGE (an-fan-ti-lla-j', {{mouillées, et non an-fan-li-ya-j'), t. m. Actions, manières, paroles qui ne conviennent qu'à un enfant. Gamaches n'avait pu se contraindre de reprendre en face et en puhlic les enfantillages qui échappaient à monseigneur le duc de Bourgogne, ST-siM. 2(4, (39, Voysin porta ses deux charges, comme on vient de le dire, et le roi eut renfanlillage de s'amuser à le montrer, ID. 368, 230. Pourquoi n'allais-je point à Neuchitel? c'est un enfantillage qu'il ne faut pas taire, J. ]. Rouss. Confess.xu. Il mêlait des sentiments si fiers cl si noliles aux enfantillages de l'amour-piopre, que tout cela ensemble n'avait rien que d'intéressant, MARMONTEL, Conles moraux, Scrup. Voyant que votre entretien se prolongeait.... je ne sais pourquoi.... c'est un enfantillage de ma part... m.ais j'ai craint.... picard et mazères, Trois quartiers,

— HIST. XVI* S. Tout ainsi comme, lassez et travaillez de la longue course de nostrevie, nous retumbons en enfantilla^'e, mont, h, 3io. Avec le corps l'esprit s'use et s'empire, et vient enfin en enfantillage, charbon. Sagesse, i, 36.

— Rtym. Provenç. erifantilbatje; de l'anc. adj. enfanlil, du latin infanlilis, de infans, enfant, et la finale âge.

ENFANTIN, INE (an-fan-tin, ti-n'), adj. Qui appartient à l'enfance. Visage enfantin. On le voyait toujours doux, paisible et taciturne, ne disant jamais mot, et ne jouant jamais à tous ces petits jeux que l'on nomme enfantins, mol. Mal. im. ii, 6. Certains traits enfantins, doux, mignons, délicats, th. CORN. Baron d'Albikrac, 11, 9. Venez, pauvres enfants qu'on veut rendre orphelins. Venez faire parler vos esprits enfantins, rac. Plaid, m, s. Vous me ilattez, dit le président, avec une pudeur enfantine et faisant semblant de rougir, marhontel, Conles moraux. Philos, soi-dis. Enfants, car votre voix est enfantine et tendre. Vos discours sont prudents plus qu'on n'eût dû l'attendre, a. chén. Idylles, l'Aveugle. Au bord de Seine errait le beau Lois; Isis un jour vit sa grâce enfantine, millev. Le beau Lois.

— HIST. XVI* s. D'un visage enfantin, mais de senile prudence, mont, i, 45. Mes jeux enfantins [do mon enfance], id. i, (08. Cette molle douceur et celte pudeur enfantine, id. m, 6.

— ÊTYM. En /'anl; provenç. effanti. Dans l'ancienne langue on trouve eiifantiu ou enfantif, et plus tard eiifantile.

ENFARINÉ, ÉE (an-fa-ri-né, née), pari, passé. Il 1° Blanchi de farine. Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille, S'éciia-t-il de loin au général des chats, LA FONT. Fabl. m, ts.ljî" Kig. Les gens de (.'rec enfarinés Connaîtront Thélême et Macare, volt. Th. et Mac. ||Élre enfariné d'une science, en avoir quelque teinture. || Être enfariné d'une doctrine, en être infatué. || Venir la gueule enfarinée , venir avec une folle confiance. C'est un air de gueule enfarinée qui n'appartient qu'à qui vous savez, sÉv. 238. Il Dans celte locution, gueule est probablement pris pour le visage entier : la gueule enfarinée, c'est le visage enfariné, comme faisaient les acteurs au xvi* siècle qui s'enfarinaient le visage et se présentaient ainsi aux spectateurs.

ENFARINER (an-fa-ri-né), V. a.\\i' Poudrer de farine. Tous ceux qui l'entendront parler sans le connaître, au lieu de croire qu'il ait la barbe blanche, s'imagineront qu'il se sera enfariné le visage, BU.Z. liv. iii, lett. (I. Il 8° S'enfariner, v. r^fl. Se couvrir de farine. [Le chai] Blanchit sa robe, s'enfarino; Et de la sorte déguisé. Se niche et se blottit dans une huclie ouNerte, la font. Fabl. m, (8. Le lendemain notre amant se déguise El s'enfarine en vrai garçon meunier, iD. jfandra<;. || Fig. et familièrement. Prendre une légère teinture de quelque science.

— HIST. xvi* s. Les aprentifs [comédiens] et qui ne sont pas de si haulte leçon, s'enfarinent le visage, MONT. II, (04. Nous ne sçavons pas distinguer la peau, delà chemise; c'est assez de s'enfariner le visage, sans s'enfariner la poictrine, ID. iv, 168. .... Quand la neige enfariné A gros flocons les bonis de la marine, ah. jamin. Poésies, f*29, dans lacurne. Aux champs où les filles ne sont encore enfarinées de ces belles furtives amourettes et beaux miroirs

des villes, noel dlpaIl, Contes d'Eutrap. ch«p. lo.

— f.TYM. En ( , et farine.

ENFER (an fèr), t. m. ||l*Terma des ancienne* religions polythéistiques. Lieu souterrain qu'habitaient les âmes des morts. Les enfers comprenaient le Tartare pour les méchants, et les Champs-Elysées pour les justes. Je saurai le braver jusque dans les enfers, corn. Cinna, ii, 2. L'enfer s'émeut au bruit de Neptune en furie; Pluton sort de son irflne, il pâlit, il s'écrie, boil. Longin, sublime, vu. Il précipite dans les enfers une foule de combaitaiits, f6n. Tél. XX. Monslre que dans nos bras les enfers ont jeié, RAC. Iph. v, 4. Tu peux faire trembler la terre sous tes pas. Des enfers déchaînés allumer ht colère, J. B. Rouss. Cantate, Circé. Devant le vestibule, aux portes des enfers. Habitent les soucis et les regrets amers. Et des remords rongeurs l'escorta vengeresse.... delille, Enéide, vi. || Les trois juges des enfers, Minos, Ëaqiiect Rliadamanlhe. || Les tilles d'enfer, les furies. Eh bien, filles d'enfer, vos mains sont-elles prêles? Pour qui sont ces serpents...., bac. .^ndr. v, l>. Il Kn ce sens, enfer se dit le plus souvent au pluriel. || 2° Lieu destiné au supplice des damnés, dans la religion chrétienne; on ilit dans le même sens, au pluriel, les enfers. Le feu de l'enfer. La bouche de l'enfer est toujours ouverte, et lesgrandset les petits, les forts et les faibles, les riches et les p..uvrcs y entrent pèle mêle à tous moments, nicole. Eu. mor. 3' traité, cli. 6. L'enfer est le centre des damnés comme les ténèbres soiil le centre de ceux qui fuient le jour, id. tb. 2* traité, ch. (o. Ne trouvant donc point de lieu qui lui soit plus propre et qui lui soit moins pénible que l'enfer, elle [l'âme pécheresse] s'y précipite comme dans son centre et dans le lieu seul qui lui est convenable, id. ib. 2' traité, ch. 40. Mais il est aux enfers des chaudières bouillantes Où l'on plonge àjamais les femmes mal vivantes, mol. Éc. des fem. m, 2. Qui a le plus de sujet de craindra l'enfer, ou celui qui est dans l'ignorance s'il y a un enfer, et dans la certitude de damnation, s'il y en a; ou celui qui est dans une persuasion certaine qu'il y a un enfer et dans l'espérance d'être sauvé, s'il est? PASC. Pensées, part. Il, art. S. [Aleiandie] tourmenté par son ambition durant sa vie, et tourmenté maintenant dans les enfers, où il porte la peine éternelle il'avoir voulu se faire adorer comme un dieu soit par orgueil, soit jiar politique, boss. la Yallière. Mais lorsqu'en sa malice un pécheur obstiné , Des horreurs de l'enfer vainement étonné , BOIL. Ép.xii. Je reviendrai bientôt par un heureux baptême ï'arracher aux enfers et te rendre à toi-même, VOLT. Zaire, u\, 4. || L'Knfer, titre d'une des parties de la Divine comédie, poème de Dante. || H se dit aussi d'un des enfers ou lieux du supplice décrits dans ce poème. On eût dit qu'on entrait dans l'enfer de glace si bien décrit par le Liante, stael, Cortniie,

III, 6. Il 3* Fig. Chose excessivement dép-laisante, pénible. Hé! monsieur, si vous le pouvez, sauvez-vous de cet enfer-là [les procès], mol. Fourb. de Se. Il , 8. Ils lui montrèrent [au duc du Maine] les enfers ouverts sous ses pieds par le mariage de Mlle de Bourbon [avec le duc de Herry] , sT siM. 267, (0(. Au moment où cet enfer [la Bastille] créé par la tyrannie pour le tourment de ses victimes s'est ouvert sous les yeux de la capitale.... MIRABEAU, Collection, t. 1, p. 346.114* Par extension, les dénions, les puissances de l'enfer. C'est l'enfer qui l'a créé. Les enfers ont jeté ce monstre parmi nous. Mes amis, J'ai soumis L'enfer à ma puissance; De son obéissance J'ai pour gage certain Un lutin, bébano. Colibri. || 6* Un enfer, lieu, réunion, vie commune où lègneiit la discorde, la confusion. Et j'abhorre des noeuds Qui deviendraient sans doule un enfer pour tous deux, mol. D. Gare, i, (. On a raison d'appeler ces salles [les a.ssemblées de jeu] un enfer, mercier, Tableau de Paris, t. Il, p. 398 (éd. d'Amsi. 1782). Il Se dit, à Londres, des maisons de jeu et des lieux de débauche. || 6* Désordre, trouble. Combien n'a-t-on point vu de belles aux doux yeux. Avant le mariage anges si gracieux. Tout à coup se changeant en Imurgeoises .sauvages, Vrais démons, apporter l'enfer dans leurs ménages, BOIL. Sat. X. Je pense qu'avec eux tout l'enfer est chez moi, id. ib. vi. Mettre le scandale et l'enfer dans sa maison, J. J. bouss. Conf. vi. || 7* Violente peine qu'inspire la passion ou le remords. Avoir l'enfer dans le cœur. Porter son enfer avec soi. Et si l'enfer est fable au centre de la terre. Il est vrai dans mon sein, malh. v, si. Ils commencent leur enfer sur la terre, boss. Conv. i. Q'est-il liesoin d'aller chercher l'enfer dans l'autre vie? d est dès celle-ci daps le cœur des méchants. J. J. aouss. Ém.

Page 1