‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 144 sur 388 · IV. Le supplice d'attendre est l'enfer des amauu · texte numérisé non relu

IV. Le supplice d'attendre est l'enfer des amauu

BOissY, Impatient, i, l.||Kurie d'enfer, monstre échappé de l'enfer, personne très-méchante. || Tison d'enfer, porte d'enfer, c'est à-dire personne capable d'opérer la perte des âmes. Votre père Brisacier dit que ceux contre qui il écrit sont des portes denfer, des pontifes du diable.... s'amuserail-on à prouver qu'onn'cstpasportedenfer?PASc.Pro».xv. || 8° D'enfer, Ine. adjcct. Kxcessif. Faire un feu d'enfer. Mener un train d'enfer. Jouer un jeu d'enfer. M. de Vendôme commença à s'apercevoir que ce feu d'enfer par lequel il avait compté de les écraser [les ennemis] ne leur nuirait guères, stsim. 209, 83. On a joué un jeu d'enfer, cinq sous la fiche, picabd , Petite ville, I, 8. Il Terme de cuisine. Mettre, faire griller quelque chose au feu d'enfer, le faire griller à un feu de charbon très-ardent. || C'est un métier d'enfer, c'est un métier extrêmement fatigant. |1 9" Terme de typographie. Cassetin dans lequel on jette les mauvaises lettres. Vieux. On dit aujourd'hui cassetin du diable. || 10" Terme d'huilerie. Citerne où se réunissent les eaux qui ont été mêlées avec le marc d'olive. Les résidus de ces cuviers s'écoulent dans un souterrain qu'on nomme l'enfer.... ce qu'on en tire est l'huile d'enfer, qui est la plus basse sorte, Dict. des ans et met. Amst. )767, huilier. \\ 11" Enfer de Boyle, matrasde verre à fond plat et à col effilé, dans lequel Boyle et d'autres chauffaient le mercure pendant des mois et des années.

— HIST. XI* s. L'enchanteur qui ja futenenfer, Ch. de Roi. cvi. Il xn' s. L'ame s'en va en enfer osteler, Ronc. p. 62. Tu ies pieres, e sur ceste piere ferai M'iglise, e ma meisun i édifierai, E les portes d'enfer par li dépècerai. Th. le mart. 79. || xm' s. Et li ame de li soit en enfer ravie, Berte, Lxxii. Certes durement me merveil Comment bons, s'il n'iere de fer, Puet vivre un mois en tel enfer, la Rose, 2606. Sacent donques tuit, que lor âmes sunt données as ennemis d'enfer, et lor cors as vers, et lor avoirs à lor parens, beaum. lxviii, 4B. Leenz a une grant meson. Qui lors estoit, en la seson, Plaine de fermes et d'enfers [malades] ; Assez estoit griez [fâcheux] ois enfers, RUTEB. ii, <8). || xv* s. Dieu la confonde. Et au parfond de la terre la fonde : Car el porte son enfer en ce monde, al. chart. le Débat des deux fortunes. L'autre des places estoit Bauverne, où les Anglois avoient compassé une fosse nommée enfer, et là ils jettoient les gens qui ne pouvoient ou vouloient rançonner, Hist. de Loys III, duc de Bourbon, p. 16, dans LACURNE. Ilxvi* s. Mais je ne m'en puisde.scoiffer; Je pense que c'est un enfer Dont jamais je ne sortiray, marot, i, 204. Le lict m'est un enfer, et pense que dedans On ait semé du verre ou des charbons mordants, bons. 798 de l'enfer il ne sort

Oue l'éternelle soif de l'impossible mort, d'aub. Trag. liv. vu.

— ÉTYM. Bourg, enfar; picard, infer; provenç. infern, yfern, enfcrn, effern; catal. in/îtTn;espagn. infierne; ital. infcrno; du latin infernus, enfer, proprement lieu bas (voy. inférieur).

ENFERMÉ, ÉE (an-fèr-mé, mée), part, passé. Il 1° Mis en un lieu fermé. Du linge enfermé dans une armoire. Enfermé dans une prison. Au sérail des soudans dès l'enfance enfermée, volt. ^a ire, i, t. J'ai trouvé ce billet enfermé danssonsein,RAC. Baj. iv, 6. Quand, sur ton sommet enflammé, Dans un nuage épais leSeigneur enfermé, ID. Athal. i, 4. Je demandai à Dumont s'il ne fallait pas être plus fou que les plus enfermés pour concevoir un projet si radicalement insensé, st-sim. 2*b, 122. || Terme de marine. Navire enfermé, navire placé entre des terres ou entouré de glaces. || Substantivement. Celui qui est enfermé. Les enfermés périssaient. De là [la constitution Unigenitus] ce peuple entier d'exilés et d'enfermés dans les prisons et beaucoup dans les cachots, et le trouble et la subversion dans les monastères, st-simon , 40B, 224. Il Terme de zoologie. Les enfermés, famille de mollusques de l'ordre des conchifères ou acéphales testacés. Il 2° Environné, circonscrit. La vue présente aux yeux divers coteaux dont cette campagne est enfermée, CORN. Tois. d'or, Argum. du 3- acte. \\ 3° Contenu. Vous avez quelquesujet de prétendre qu'elle [la conséquence] n'est pas enfermée dans le principe , pasc. Réfut. de la rép. d ia I2« lettre. || 4° S. m. Sentir l'enfermé, exhaler une odeur que contractent souvent les choses enfermées. On dit, dans le même sens et plus souvent, sentir le renfermé.

ENFEUMF.R (an-tèr-mé), v.a. \\ 1° Mettre en un lieu fermé. Enfermer quelqu'un dans sa chambre, un cheval à l'écurie. 11 fut enfermé dans une forteresse. Dans un même sépulcre enferme-nous tous deux, VOLT. Scythes, iv, 6. Sa femme se déshonora •vec tant d'éclat, que le baron, de concert avec sa

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famille, la fit enfermer dans un couvent. M"* de GENLis, Veillées du chdt. t. ii, p. 376, dans pougens. Il Fig. Enfermer le loup dans la bergerie, enfermer quelqu'un dans l'endroit même où il peut faire le plus de mal, et presque toujours lorsque l'on croit se garantir par là de tout inconvénient. Se dit aussi d'ime plaie, d'un ulcère qu'on ferme, tout en laissant dans le corps des humeurs qui avaient pris leur cours par là. || Absolument. Enfermer, mettre dans une prison, dans un cloître, dans un appartement qui sert de lieu de réclusion. Il ignore qu'au même instant son oncle travaille aie faire enfermer, diderot. Père de famille, il, (2. ô ces femmes 1 voulez-vous donner de l'adresse à la plus ingénue, enfermez-la, beaumarch. Barbier, i,

4. Il II signifie aussi mettre dans une maison d'aliénés. Si l'effet suit la cause, il est à présumer Qu'avant qu'il soit un mois, il faudra t'enfermer, tii. conN. Geôlier de soi-même , l, 5. Elle est folle à tel point qu'on ne peut l'exprimer; Travaillez au plus tôt à la faire enfermer, reonard, lUénechm. v,

5. Mon procureur fera cette expédition; C'est un homme admirable et qui par son adresse Aurait fait enfermer les sept Sages de Grèce, S'il eût plaidé contre eux.... gresset. Méchant, ii, 3. 112» Serrer. Enfermer le sucre, le pain, le vin. || 3° Enfermer son chagrin, le contenir, ne pas s'y abandonner. Enfermer sa honte, la cacher. Dans la nuit du tombeau j'enfermerai ma honte, bac. Iphig. ii, *. Il 4° Entourer, clore. Les coteaux qui enferment ce vallon retiré. || Il se dit aussi de personnes qui en enveloppent une autre. Près d'être enfermé d'eux [par les Curiaces], sa fuite l'a sauvé, corn. llor. III, 6. Le reste impatient, dans sa noble colère. Enferme la victime, id. Iléracl.y, 7. || 5" Contenir, avoir en soi. Ce corps n'enferme point une àme si commune, corn, llédée, m, 3. Quand ce peuple insolent qu'enferme Alexandrie Fit quitter au feu roi son trône et sa patrie, ID. Pomp. i, 3. En ce vase chétif tout Hercule est enclos. Je puis en une main enfermer ce héros, rotb. Herc. mour. V, 2. Quand elle ll'histoire grecque] commence, celle du peuple de Dieu, à la prendre seulement depuis Abraham, enfermait déjà quinze siècles, Boss. Hist. i, 8. Son cœur n'enferme point une malice noire, rac. Brit.v, 3. [Dieu] qui fait même de ses serviteurs les maîtres du monde et de tout ce que le monde enferme, mass. Car. Lasare. || 6° Supposer, contenir comme conséquence. Je ne parle point du premier [objet] ; je traite particulièrement du second, et il enferme le troisième, pasc. Pensées, I, art. 2. Enfin toutes sortes d'hommes, excepté les Dominicains, entendent par le mot suffisant ce qui enferme tout le nécessaire, id. Prov. ii.On peut bien dire des choses fausses en les croyant véritables; mais la qualité de menteur enferme l'intention de mentir, id. Prov. xv. || 7° S'enfermer, v. réfl. Se mettre en un lieu fermé. S'enfermer dans un cloître. J'irai m'enfermer dans des murs plus terribles pour moi que pour les femmes qui y sont gardées, montesq. Lettr. pers. ibb. || S'enfermer dans une place, s'établir, pour la défendre, dans une place qui va être assiégée. || Fig. Ma flamme par Hector fut jadis allumée. Avec lui dans la tombe elle s'est enfermée, RAC. Àndr. III, 4. Il 8' Fermer la porte sur soi pour s'isoler. lisse sont enfermés deux heures. Cléopatre s'enferme en son appartement, corn. Pomp. III, <. Il 9° S'impliquer. Ces trois choses ne se séparent jamais et s'enferment l'une l'autre, BOSS. Hist. Il, «.

— HIST. XII* S. Par les reliques qu'au pont [poignée d'une épée] fit enfermer, Ronc. p. )H. Il xiii* s. Je demant toutes les cozes qui sont là enfremées, beaum. vi, 3. || xiv* s. Il fit enfremer les bouges [bourses] en un questel [coffre], Bibl. des Chartes, )■• série, t. m, p. 424. || xv* s. Il faisoit chaud, et le temps estoit moult enfermé, fhoiss. II, II, 2H. ||xvi* s. Il contraignit le consul de s'enfermer dedans la ville de Capoue, amyot, Sylla, 56.

— ÉTYM. jBn I , et fermer; bourguig. enfromai.

t ENFERMEUIE (an-fèr-me-rie), s. f. Affectation à s'enfermer. Quoique cela [les réunions chez Mlle Choin] fût devenu le secret de la comédie, la même enfermerie, la même caoherie furent toujours de même, st-sim. 29B, 3i.

— ÉTYM. Enfermer.

ENFERRÉ, F,E (an-fè-ré,rée),porl.po«irf. || 1* Percé d'un fer. || 2° Fig contre cet assaut je sais un

coup fourré. Par qui je veux qu'il soit de lui-même enferré, mol. l'Ét. m, 7.

ENFERRER (an-fè-ré) , e. o. || l'Enfoncer le fer d'une arme dans le corps de quelqu'un. Enferrer son adversaire. || 2* Placer les coins de fer dans les

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joints des blocs d'ardoise. || 3* S'enferrer, v. réfl. Sa percer de l'épée de son adversaire. Il s'est enferré lui-même, lu se sont enferrés l'un l'autre. Quand elle s'enferrerait d'elle-même par désespoir, en voyant son frère l'épée à la main, corn. Ex. d'Ilor. Il Fig. S'embrouiller, se prendre à ses propres paroles, à ses propres pièges, se compromettre. Courage, .s'il se peut enferrer tout de bon, Nous nous ôtons du pied une fâcheuse épine, mol. l'Ét. m, 2. Laval se garda bien de s'enferrer dans aucune particularité d'occasion ou de date, st-sim. 403, 2». Il vaut mieux, interrompit Pompée en .s'eiiferrant da lui-même, faire transporter ici vos coffres, lesaos, Gutm. d'Àlfar. iv, 1. Je me suis enferré de dépit, bea«march. Barbier, m, 2.

— HIST. xm* s. Qui lor veïst d'une part et d'autre haubiers roller, glaives enfierer [garnir de fer les lance.s], pourpoins et cuiries [cuirasses] et escuB enarmer, Chr. de R. p. 76. || xiv* s. Il disoit aux Englois : alez-moi escoutant ; Si tosl que vous irez les François enferrant. Et qu'il seront poussé puissamment en boutant, Guescl. 12349. ||xv* s. Là fut le connestable de France enclos et pris de eux, et tiré en une chambre et enferré [enchaîné] de trois paires de fers, froiss. ii, m, a3.||xvi* s. Avecques telz dardz, on premier coup il enferra le physetere sur le front, eab. Pont, iv, 36. Il s'en fallut bien peu qu'il ne s'enferrast en ces pauz [pieux] fichés, amyot. Pompée, 89. Bien aviser de vous garder d'estre enferré, en contractant inconsidérément avec un mauvais vendeur, o. de serres, ». Aussi estant enyvré de cette intention violente, on s'embarrasse, on s'enferre.... charron, Sagesse, u, 2.

— ÉTYM. En 1 , et fer.

t ENFERRURE (an-fè-ru-r') , s. f. Placement de coins de fer dans un bloc d'ardoise.

— HIST. XV* s. Sçavez-vous la raison de ma venue et la cause de l'enferrure [chaîne] dont je suis enferré? Perceforest, t. i, f" «4.

— ÉTYM. Enferrer.

f ENFEC (an-feu) , s. m. Cave dans une église pour la sépulture des corps morts. Cette belle chapelle de Versailles, si mal proportionnée, qui semble un enfeu par le haut et vouloir écraser le château,

— HIST. XV* s. Pour faire parachever et construire nostre chapelle.... en ladite église de Saint François de Nantes, jouxte nostre enfeu, du cange, infoditus.

— ÉTYM. Enfouir.

t ENFECILLER (S') (an-feu-Ué, li mouillées), V. réfl. Se couvrir de feuillage, en parlant des arbres qui reverdissent.

— HIST. XVI* s. Enfeuiller, cotgrave.

— ÉTYM. En 1 , et feuille.

t ENFICELER (an-fi-se-lé. Vl se double, quand la syllabe qui suit est muette : j'enficelle) , v. a. Serrer avec une ficelle. || Terme de chapelier. Serrer un chapeau avec une ficelle pour le contenir dans sa forme.

— ÉTYM. En 1, el ficelle.

t ENFIELLER (an-fié-lé), v. a. || Mêler de fiel. Il Fig. Emplir de fiel, de malveillance, d'envie. Une plume enfiellée. Tout semblable à l'envie, à qui l'étrange rage De l'heur de son voisin enfielle le courage, RÉGNIEB, Ép. I.

— HIST. XVI" s. On doit ensucrer les viandes salubres à l'enfant et enfieler celles qui lui sont nuisibles, MONT. 1, 184. Il cela le desastre du mareschal de Saint André, de paourd'enfieller ceste trèsdouce nouvelle de la mort d'un si excellent personnaige,

CARLOIX, VIII, 40.

— ÉTYM. En 1 , et fiel.

■)■ ENFIÉVRER (an-fié-vré. L'accent aigu se change en accent grave , quand la syllabe qui suit est muette : j'enfièvre, excepté au futur et au conditionnel : j'enfiévrerai, j'enfiévrerais), V. a. Donner la fièvre. Ces lieux malsains l'ont enfiévré. |{ Fig. Communiquer une passion, quelque chose de comparé à la fièvre. Un jeune homme enfiévré de poésie. Il exhale un tel feu qu'il m'a presque enfiévré de sa passion,BEA0MARCH. BorMer, II, a. Non, le gain les excite et l'argent les enfièvre, babbier, ïambes, Melpomène, 4.

— HIST. XVI* s. Selon les règles de l'art, à tout danger qu'on approche, il faut estre quarante jours en transe de ce mal [la peste], l'imagination vous exerçant cependant à sa mode, et enfiévrant vostie santé mesme, mont, iv, 208.

— ÉTYM. En 1 , et fièire.

ENFILADE (an-fi-la-d'), s. f. || I* Suite de chambres dont les portes sont sur une même ligne. Cette pièce [le lieu du conseil] est la dernière de l'enfilade, ST-SIM. 613, 39. Ce domestique me fit traverser

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une enfilade de sept ou huit pièces pavées d'albâtre, i.ESACE, Cttïm. d'Alfar. m, *. Ils ont bouché de longues enfilades pour chnnger des portes mal situées, J. J. Rouss. llil. VI, <o. Ennuyé de sa magnificence, il abandonne ces vastesenfilades aux regards des passants, et se retire dans un étroit r6duit, MARMOVTEL, Essai sur le bonh. Œuvres, t. xvii, p. 200. dans pouGKNS. Il En enfila.ie, Joe. adr. Se dit de pièces de plain-pied qui ouvrent l'une dans l'au- Ire. Plusieurs pièces en enfilade. || i' Par extenflon, clioses qui se suivent et s'enchaînent. Monseigneur se mit à réciter, par amusement, une longue enfilade de noms bizarres d'endroits de la forôt [de Kontaiiielileau], st-sim. 209, 65. Ce n'est pas une enfilade de strophes isolées dont on puisse sans inconvénient augnienler ou diminuer le nombre, ni- DER. Letl. à Galiani. C'est de tout cela ensemble que me vint cette enfilade de duretés que j'essuyai de sa part, mahivaux. tlarianne, part. 2. || 8° Terme militaire. Nom donné à l'action p.ir suite de laquelle la face ou le flanc d'un ouvrage serait exposé à recevoir, dans le sens de sa longueur, le feu de l'ennemi. Prendre en enfilade. Cette face de la demi-lune est exposée à l'enfilade, legoarant. || Terme de marine. Bordée prenant le vaisseau ennemi dans le sens de sa longueur. || 4° Terme de trictiac. Position dans laquelle on est constamment battu par l'adversaire, sans pouvoir ni le battre ni même jouer soi-même, de sorte qu'il prend de suite un grand nombre de tro»s et gagne souvent la partie. — ÉTYM. Enfiler.

ENFILÉ, ÉE (an-fi-lé, lée), part, passé. \\ i' En quoi on a pas.sé un fil. Une aiguille enfilée. || Attaché avec un fil. On me payera mes états de perte, dûment certifiés, visés, enfilés et oubliés dans vos paperasses, p. l. cour. Lett. i, 82. || Terme de blason. Se dit des pièces rondes, telles que les couronnes, les annelels, etc. lorsqu'elles sont passées dans des lances, dans des fasces, etc. || 2' Percé de part en part par un instrument long et mince qu'on peut comparer à un fi!. Enfilé d'un coup d'épée. Il 3* Battu par le canon dans le sens de sa longueur. La grande route enfilée par l'artillerie ennemie.

ENFILER (an-fi-Ié), «.o. || 1" Passer un fil dans le trou d'une aiguille, d'une perle, etc. Enfiler une aiguille, un chapelet. || Fig. et familièrement. Ce n'est pas pour enfiler des perles, c'est-à-dire ce n'est pas en vain, ce n'est pas sans quelque motif caché. Est-il temps d'enfiler des perles. Et d'aller à la chasse aux merles? scarbon, Virg. trav. iv. || Cela ne s'enfile pas comme des perles, se dit de certaines choses qui sont plus difficiles à faire qu'elles ne paraissent. Il Terme d'épinglier. Passer la tète d'une épingle 4 l'endroit où elle doit être rivée. || 2° Percer de part en part. Macarlney, qui lui servait de second [àMohun], enfila le duc d'Hamilton par derrière et s'enfuit, st-sim. 334, (38. || 8° Enfiler un chemin, une rue, s'y engager. Vous enfiliez tout droit, sans mon instruction. Le grand chemin d'enfer et de perdition, mol. Éc. des femmes, m, *. Vous vous imaginez bien qu'au lieu de prendre la route du cheval noir, nous enfilimes celle de la maison où était Ortiz, lesage, Gil Bios, iv, 6. Il Enfiler la venelle, se sauver vite. |{ Absolument. Enfiler à droite, à gauche, prendre le chemin qui est à droite, à gauche. || Fig. Heureusement que je m'aperçus que j'enfilais une fausse route qui m'ég'irait dans un labyrinthe immense, J. J. notjss. Confess. VI. Il 4° Raconter, débiter, yuand un plaideur s'en vient m'enfiler son procès, Quelque cause aussitôt m'épargne un mal de tête, la font. VEun. V, 2. Si le mari ne s'était fait connaître. Elle en allait enfiler beaucoup plus; Courte n'était, pour silr, la kyrielle , id. hari confess. Tandis qu'Ëneas enfila Le discours civil que voilà, scarron, Virg. travesti, iv. Parlez, sotte; enfilez la harangue, th. COBN. Geôlier de soi-même, iv, 4. Madame proteste qu'elle n'a jamais rien dit ni fait qui pût déplaire, et enfile des plaintes et des protestations, st-sim. »4, 23C. Habiller la fable en histoire. Et, causant toujours de mémoire. Propos sur propos enfiler. Vous croirez que ce caractère Est facilité de parler; C'est impuissance de se taire, j. B. rouss. Lettres, 1. 1, p. 207, dans richelet. X l'appui de ce mensonge j'en enfilai cent autres, j. j. rouss. Confess. m. Si je t'enfile encore celle-là [cette histoire], tu n'en feras jamais quitte, p. L. cour. /.«((. i, I58. ||S* Familièrement. Engager dans une partie de juu désavantageuse. Un escroc l'a enfilé dans un tripot et lai a fait perdre dix mille francs. || Populairement. Tromper, enjôler. Noailles, Effiat et Cnnillac avaient enfilé les mœurs faciles du régent à la servitude du parlement, st-sim. 464, 437. l.e comte à part: Il

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veut rester; j'entends.... Suzanne m'a trahi. — Figaro : Je l'enfile et le paye en sa monnaie, beaum. Mar. de Figaro, m, &. || 6* Terme de trictrac. Prendre de suite, et comme s'ils étaient attachés ensemble, un grand nombre de trous. Je sais dans untricirac, quand il faut un sonnez. Glisser des dés heureux, ou chargés, ou pipés; Et quand mon plein est fait, gardant mes avaiitages, J'en substitue aussi d'autres prudents et sages. Qui, n'offrant à mon gré que des as à tous coups. Me font en un instant enfiler douze trous, regnard, Jiiueur, i, to. Il 7» Terme d'artillerie. Battre dans le sens de la longueur. Le feu de la place enfile cette tranchée. Enfiler la face, le flanc d'un bastion. Enfiler le chemin couvert. {| Terme de marine. Tirer en enfilade sur un bâtiment. || Par extension. Lorsque ces combes se trouvent situées de manière à être enfilées par les vents froids et humides.... BUFF. Exp. sur len veijét. 2* mém. || 8° Donner sur, être ouvert sur, en pariant de communications. Visà-vis les pieds du lit une porte, puis un fort grand cabinet qui donnait dans l'appartement de jour de monseigneur le duc de Bourgogne, que cette porte enfilait, st-sim. ii4, 434. || 9° S'enfiler, v. réfl. Être enfilé. Cela s'enfile de la sorte. || Se percer l'un l'autre d'une épéei d'une arme. Les deux adversaires , se précipitant l'un sur l'autre , se sont enfilés. Il Terme de jeu. S'engager dans une mauvaise veine, s'engager dans une perte considérable. Il Terme de trictrac. S'enfiler, se faire enfiler, se laisser enfiler, disposer son jeu de telle sorte qu'on ne puisse plus jouer soi-même, et qu'on soit constamment battu, tandis que l'adversaire prend de suite un grand nombre de trous. Il se laissait enfiler, que c'était une bénédiction, uahilt. Gramm. 3.

— HIST. xui's. Nus [nul] du mestier desus dit ne puet ne ne doit nulles palenoslres enfiller, se elles ne siint rondes et bien fourmées, tic. des met. 67. Lors trais une aguille d'argent I)'un aguilier mi^'not et gent. Si pris l'aguille à entiler, la Rose, 83. {jxvi's. Par là j'enrtlay tout d'un train Virgile en l'aeneide [je me mis à l'étude de Virgile], et puis.... mont. 1, 497. D'enfiler ici un grand rooUe de ceulx qui.... je n'auroisjamais faict, in.i, 300. Souvent ils en enfiloient [d'une arme] deux boucliers et deux hommes armez, in. i, 363. Aubigné, estant entré dans Coutras. enfila la grande rue, et puis descend! tau quay, d'aur. Vie, XVII. Cependant que la roine et le roi de Navarre enfiloieiit un long pourparler avec le prince et l'admirai, lo. Wt'st. I, 440. Deux coulevrines et deux bastardes, qui enfiloient la courtine au grand desavantage des assiégez, m. ib. i, 23o. H fault faire A son ennemy pont d'argent quand il enfile la fuicte, carl. vi, 24.

— ETYM. £n 4 , et fil; bourguig. anfilU (JJ mouillées).

t ENFILEDR (an-fi-lenr), s. m. || 1° Ouvrier qui passe les tètes des épingles dans les branches. Il 2° Fig. Celui qui enfile des paroles. Loin de ces ignobles zoiles. De cesenfileurs de dactyles, Coiffés de phrases imbéciles Et de classiques préjugés, oresskt. Chartreuse. || S° Populairement. Trompeur, enjôleur.

— HIST. xvi* s. Enfileur de perles [grand discoureur], OUDIN, Dict.

— ÊTYM. Enfiler.

t ENFILURE (an-fi-lur') , t. f. \\ l- Action d'enfiler. L'enti Une des perles est son occupation. |1 2" Fig. Suite, enchaînement.

— HIST. xvi' s. C'est l'enfileure de nos aiguilles [aimantées] suspendues l'une de l'aultre, mont, i, 266. Une belle enfileure de paroles courtoises, id. i, 202. Cela produict, aprez, une enfileure de noQvelles cruautez, lo. m. 4 47.

— ETYM. Enfiler.

ENFIN (an-fin), adv. || 1° Définitivement, pour conclure. Mais enfin que vous a-t-il dit? Enfin vous l'emportez, et la faveur du roi Vous élève en un rang qui n'était dû qu'à moi, corn. Cid, i, 3. Enfin pour son époux j'ai fait choix de Clilandre, MOL. F. sav. v, 3. C'est un homme.... qui.... obi... un homme.... un homme enfin 1 id. Tart. I, «. Enfin tout ce qu'amour a de nœuds plus puissants. Doux reproches, transports sans cesse renaissants. Soin de plaire sans art, crainte toujours nouvelle. Beauté, gloire, vertu, je trouve tout en elle, rac. Bérén. ii, 2. Enfin il faut du sang pour laver mon injure, th. corn. i4riane, IV, 3. || t' Après une attente. Enfin je vous trouve. Il arriva enfin. Enfin nous nous rencontrâmes. Enfin Malherbe vint, et le premier en France, Fit sentir dans les vers une juste cadence, boil. Art p. i. Tu soupires enfin et semblés i« troubler, rac. BaJ. u, t.

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— SYN. ENFIN, À LA FIN , FINALEMENT. Enfin et à

la fin offrent le même mot, l'un avec la préposition en, et l'autre avec la préposition d; ce qui ne fait pas une sensible nuance. Mais l'un est sans article, et l'autre a l'article défini; de sorte que enfin a une signification plus étendue qu'à la fin, l'un exprimant une fin générale, l'autre une fin particulière. Enfin il le trouva, veut dire qu'il le trouva apr''S un temps dont la fin arrive; à la fin il le trouva veut dire qu'il le trouva après une fin particulière soit de recherche, soit d'attente. Finalement signifie d'une manière finale, pour terminer: ce qui le distingue des deux précédents, outre qu'il est moins reçu dans le style élégant et orné.

— HIST. XII* s. Ja [il] l'eQst mort anfin sans nul retor, Ronc. p. 140. || xvi' s. Les lais-er embourber et empestrer encore pins qu'ils ne font, et si avant, s'il est possible, qu'enfin ils se recognoissent.MONT

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