‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 145 sur 388 · IV, M · texte numérisé non relu

IV, M

— ETYM. En*, et fin, s. f.

KNFLA.MMË, ËE (an-fia-mé, mée), part, passé. Il 1* Oui est en flamme. Vous que mon bras vengeait dans Lesbos enflammée, rac. Iphig. iv, «. [Il] Se roule, et leur présente une gueule enflammée Oui les couvre de feu, de sang et de fumée, lo. Fhid. v,6. Ouand, sur ton sommet enflammé. Dans un nuage épais le Seigneur enfermé.... lo. Alhal. l, 4. Anaxagore avait dit que le soleil n'était qu'une pierre ou qu'une lame do métal enfiammée; il fallait le condamner comme physicien : on l'accusa d'impiété, iiARTHKL. Anadi. ch. 79. Près d'un chêne enflammé devant moi se présentent Trois femmes.... Ducis, ltacbelh,ii, 6. {| Poétiquement. Où reluisent les flammes. Ces flambeaux, ce bûcher, cette nuit enflammée, rac. Bér. i, s. ||2* Oui est d'une rougeur comme de flamme. Elle se sauve dans les bras de sa mère et cache dans ce sein maternel son visace enflammé de honte, j. j. rouss. Ém. v. Le lion hérisse sa crinière, me montre ses dents et ses grifl'es, ouvre une gueule sèche et enflammée, FËNEL. Tél. u. De ses yeux enflammés j'ai vu tomber des pleurs, volt. Tancr. v, 4. || 8° Kig. Qui est en proie à une passion comparée à la flamme. Tous pour Aristie enflammés de vengeance, corn. Sert.

V, 6. Enflammé de courroux D'avoir perdu mon maître et de craindre pour vous, lu. Aicom. i, t. Lorsque le roi contre elle enflammé de dépit, rac. Eslh. I, 4. Toujours du même amour tu me vois enflammé, id. Uithr. u, 3. {| H se dit aussi d'une passion marquée dans le regard, dans les soupirs, etc. [Agrippine] ....d'un œil enflammé Attesta les saints droits d'un nœud qu'elle a formé, rac. Brit. II, 2. Madame, doutez-vous des sou{)irs enflammés De deux jeunes amants l'un de l'autre charmés? id. Baj. tu, 2. || Courroux enflammé, courroux ardent comme une flamme. Ué quoi! es courroux enflammé Contre un ingrat.... bac. Andr. m, 4. Voy. embrase pour un emploi semblable, 114" En proie au mécontentement politique, soulevé. La Bretagne est plus enflammée que jamais; Mme de Chaulnes n'est pas prisonnière en forme, mais une de ses amies voudrait de tout s m cœur qu'elle ne fût pas k Rennes , sÉv. Ijetlre du 2S juillet 4675. Il 6" Terme de médecine. Offrant les caractères de l'inflammation. La plèvre enflammée.

t ENFLAMMEMENT (an-fla-me-man),». m.L'éUt de ce qui est enflammé.

— HIST. XII* s. Por le grant enflamement de sa pensée, Xacliab. n, K.

— ETYM. Enflammer.

ENFLAMMER (an-fla-mé), v. a. || 1* Mettre en feu, en flammes. Il ne faut souvent qu'une étincelle pour tout enflammer. Ah ! queli c mps de tonnerr» Ont enflammé le ciel et font trembler la terre ! volt. Sémiram. v, 6. |{ 2° Fig. Exciter comme une flamme dans le cœur, dans l'âme. L'homme est ainsi bâti : quand un sujet l'enflamme. L'impossibilité disparaît à son âme, la font. Fabl. vui, 26. Je sais combien est pur le zèle qui t'enflamme, rac. Esih. Ii, 6. Du zèle qui pour toi l'enflamme et le dévore, m. ib. Prol. Surtout de mon aïeul et l'exemple et la gloire M'enflamme à tout moment et remplit ma nièmoirs, CAMPIST: ON, >4ndroni'c. i,8.Celleâmequ'cnfl«ramail un courage intrépide, volt. Tancr. v, s. I.e courroux qui l'aigrit, le poison qui l'enfl imme, id. Ami. i, 4. J'enflammerai son jeune cœurde tous lessentimenu d'aniilié, de générosité, de reconnais.sance quej'ai déjà f.iit naître et qui sont si doux à nourrir. 1. 1. Bouss. Ém.iw Arislole éclairait son esprit. Platon enllainmait .son âme,BARTHÊL.i<nac'iar»u,ch. 26. Des fureurs du désir son .sang est allumé, l.a couronn'" l'enflamme et le charme est formé, duus, Macbeih,m,

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s. Il II se dit aussi des passions qui brûlent et em- IKirlent. L'opiniâlretédes habitants enllamma sa colère,vaigfl. Q. C. 1. vit, dans hiciielet. Ah! ,qne vous enflammez mon désir curieux! bac. Êstfi. 11, 7. Il 3° Faire naître la passion de l'amour. Un doux regard a suffi pour reiifiammer. Non, ce n'est ni par choix ni par raison d'aimer Qu'en voyant ce qui plaît on se laisse enflammer, th. corn. Ariane, 1,4. il 4° Terme de médecine. Causer l'inflammation. Une piqûre lui enflamma le doigt. L'arsenic enflamme l'estomac. || Kig. Les veilles enflamment le sanft. Il 5° S'enflammer, v. réfl. Prendre feu. Ce bois s'enflamme facilement. || Fig. Que la guerre s'entlamme et jamais ne finisse, S'il faut, avecla paix, ecevoirPolynice, RAC. l'héb.iv, 1. 1| B'Sepa.'iSionner, ^'animer, s'emporter. Cet homme s'enflamme facilement. Ils s'enflamment de l'amour de la gloire, pên. ÏH. xiv..Fiesque aisément s'enflamme aux merveilles des arts, ancelot, l'iesque, m, 3. || Il se dit aussi de passions qui éclatent dans les yeux, dans le .sang, elc. Vous eussiez vu leurs yeux s'enflammer de colère, corn. Cinna, i, 3. Tout mon sang de colère et de honte s'enflamme, bac. Eslh. m, 4. Il 7° Être saisi du sentiment de l'amour. C'est le sort (le mon sang de s'enflammer pour vous, qoinault, ]1iés. v, 6. Il 8° Terme de médecine. Prendre les caractères de l'inflammation. Le poumon s'enflamma.

— HIST. xii' s. Kar enflammez est li miens cuerSj Liber psalm. p. 97. Ses blanches mains, ses doigts Ions et tretis, Qui font l'amor enflamer et esprendre , Couci, v. Quant veil li reis Henris que vemcre nel purra, Mult durement vers lui en ire s'enflamba, Th. le mart. 28. || xiii* s. Lors envolas tu à la table La toe [ta] grâce esperi table Dou Saint Ksperitenflamée, Que tant fu joie et amée, ruteb. ii, 22. || xv° s. Moy.ses sy vit un buisson Tout enl'rambé sans nulle arsure, Mart. de St El. Ce fut une chose qui moult enflamma ceux deGand, froiss. i, i, 245. Grands et puissans royaumes, qui peu auparavant estoient si enflambez l'un contre l'autre, et tant empeschez à se tourmenter, comm. viii, t7. || xvi" s. Luy seul cstoit cause de tous ces maulx, ayant allumé et enflammé ceste guerre, AMYQT, Agésil. 60. Vostre cœur soit à présent destourné et aliéné de nous, j'adjouste me.sme enflambé; tonlesfois.... calv. Inst. Dédie.

— ÉTYM. Picard, e»/!omber; provenç. enftamar ; espagn. inflamar ; ilal. infiammare ; du lat. inflamware, de in, en, et flamma, flammo. Enflamher est le même mot, avec l'interposition d'un b appelé par m.

fENFLE (an-fl'), s. m. Jeu de cartes qui se joue avec un jeu complet et un nombre indéterminé de joueurs.

ENFLÉ, ÉE (an-flé, fiée), part, passé. || 1° Qui est devenu plus volumineux qu'il n'était. Il a le corps tout enflé. Son pied est enflé d'une entorse. J'ai la tête plus grosseque le poing, et si n'est-elle pasenflée, MOL. Bourg, genl. m, B. || Être enllé, être hydropique. Il Par extension. Une puissance qui est d'accident, qui ne peut pas durer, qui n'est pas naturelle, et qui est plutôt enflée qu'agrandie, mon- TESQ. Rom. le. || Substantivement. Un gros homme. C'est ce gros enflé de conseiller, beaumahch. Mar. de Fig. m, 16. || Dans lesparadesetdans un langage très-trivial. Hé l'enflé! en apjielant un gros homme dont on ne sait pas le nom. jj 2° Qui a été grossi par insufflation. Un ballon enflé. || Être enflé comme un ballon, être très-enflé; et fig. avoir un orgueil excessif. Il 3" A qui la confiance, le courage, la présomption ont crû. Et ces grands cœurs enflés du bruit de leurs combats, corn. Nie. il, i. Enflé de sa victoire et des ressentiments Qu'une perte pareille imprime aux vrais amants, id. Pomp. u, 4. Cet orgueilleux esprit enflé de ses succès, id. Nie. II, 4. Et quand je puis venir, enflé d'une nouvelle, Donner à son repos une atteinte mortelle. C'est lors que plus il m'aime, mol. D. Garde, ii, I. Il le voyait enflé d'orgueil par sa qualité île.... pasc. Prov. 11. Ce vainqueur, enflé de ses titres, tombera lui-même à son tour entre les mains de la mort, Boss. Duch. d'Orl. Enflés d'une si belle origine, ils se croyaient saints par nature et non par grâce, iD. Ilisl. ii, 6. Cependant, à les voir enflés de tant d'audace, Se promettre en leur nom les faveurs du Parnasse.... boil. Disc, aurai. Mais croyezvous qu'un prince enflé de tant d'audace.... bac. Alex. 1, 2. Il est enflé de sa victoire, i-én. Tél. xui. Il 4° Grossi. Un compte enflé. Un son enflé. || far extension. On se persuade.... que nos faibles efforts enflés lie nos titres et de nos di^'iiités ont le même poids d.ins la balance du souverain juge que lesjustices les plus abondantes, mass. l'anég. St Louis. Il 5' Qui a de l'einidiase. Le défaut du style enflé, c'est de vouloii aller au delà du grand, boil. Longin,

Sublime, chap. 2. Il [ClaudienJ a trop de saillies de jeunesse, et est trop enflé, rollin, llist. anc. liv. XXV, ch. 1, art. 2, § 3. Quand le style des lois est enflé, on ne les regarde que comme un ouvrage d'ostentation, montesq. £spr. xxix, I6. || Substantivement. Je hais également le boufîon et l'enflé, PASO, dans cousin.

— SVN. 1° ENFLÉ, GONFLÉ. Enfler c'est in-flare; gonfler, c'est con-/!are; ces deux mots ont donc le même radical, flare, souffler, avec un préfixe différent. Au propre, la nuance n'est pas saisissablo; on enfle ou on gonfle un ballon; le pied foulé enfla ou se gonfla. Au figuré, on dit enflé d'orgueil ou gonflé d'orgueil, sans difl'érence notable. Mais, quand on dit enflé par ce succès, ou gonflé par ce succès, une différence devient visible : enflé par ce succès, signifie que le courage, la confiance ont crû; gonflé par ce succès .signifie que ce qui a crû, c'est l'orgueil, la vanité. || 2° enflé, boubsouflé, en parlant du style. Le style enflé est celui qui, comme dit Longin, va au delà du grand; le style bour.souflé enchérit encore sur l'enflure, et manque d'une certaine dignité que le style enflé ne perd pas.

t ENFLE-BQEIIF (an-fle-beuf) , ». m. Carabe doré, sorte d'insecte.

— ÉTYM. Ainsi dit, parce qu'on croyaitàtort que sa piqûre fait enfler les bœufs.

fENFLÉCUER (an-flé-ché), v. n. Terme de marine. Monter aux mâts, aux hunes, en s'élançant sur des cordages appelés enflécliures; disposer ces enfléchures.

t ENFLÉCUURE (an-flé-chu-r") , s. f. Terme de marine. Cordages qui servent d'échelons pour monter d'un hauban à l'autre.

fENFLEMENT (an-fle-man), ». m. État d'une chose enflée.

— HlST. xvi* s. Enflement, cotgrave.

— ÉTYM. Enfler; provenç. enflamenl , eflamen. ENFLER (an-flé), v. a. || 1° Remplir de souffle,

d'air. Viendrai-je, en une églogue entouré de troupeaux. Au milieu de Paris enfler mes chalumeaux? BOIL. Sat. IX. Il Grossir, en remplissant d'air, de gaz. Enfler un ballon. Enfler ses joues. De tels bienfaits enflent la bouche de la renommée, volt. Lett. à Calher. 143. || Le vont enfle les voiles, il les rend tendues parle souffle. Le génie qui m'inspirait m'abandonna; mon esprit et mon âme tombèrent languissants comme les voiles d'un navire auquel tout à coup manque le vent qui les enflait, MARMONTEL, Wém. lu. Il volt los passlons, sur une onde incertaine, De leur souffle orageux enfler la voile humaine, lamart. Méd.ii, 13. || Fig. Enfler les voiles, se dit de ce qui favorise, fait avancer. Le vent de la faveur enflait leurs voiles. || Grossir en rempbssant d'un liquide. L'eau enfle le ventre d'un hydropique. Les efforts que le petit homme avait faits pour tirer son pied hors du pot l'avaient enflé, scarbon, Roman com. part, ii, ch. 8. Tes prés [de la France] enflent de lait la féconde génisse, a. CHÉN. Hymne à la France. ]\ 2° Fig. Faire paraître plus grand par une sorte d'enflure. Bien différent de ceux qui rassemblent le plus de titres qu'ils peuvent et qui croient augmenter leur mérite à force d'enfler leur nom , fonten. Harlsoeker. Aussitôt.... tu verras poètes, orateurs.... De tes titres pompeux enfler leurs dédicaces, boil. Sat. viii. Il 3° Enfler la voix, un son, les renforcer. Chasseur, tu rapportes ta bêle. Et de ton cor enfles le son , bé- BANG. D.c/iasie. Il 4" Augmenter par l'afflux d'un liquide. Les pluies ont enflé la rivière. || Fig. De mille exploits fameux enfler ma renommée, corn, le lient. I, 3. Qu'importe de mon cœur, si je suis mon devoir. Et si mon hyménée enfle votre pouvoir? iD. Sertor. 1, î. Dès l'abord il sut vaincre, et j'ai vu la victoire Enfler de jour en jour sa puissance et sa gloire, id. ib. v, 1. Ma voix, depuis dixansqu'il commande une armée, A-t-elle refusé d'enfler sa renommée? id. JVtcotn. IV, 2. Nous avons beau enfler nos conceptions, nous n'enfantons que des atomes, pasc. dans cousin. La pluralité des titres que vous possédez et qui enflent si fort votre revenu, mass. Confér. heven. ecclésiast. || 5° Exagérer, surfaire. Enflerla dépense. On leur exagère toujours les inconvénients d'un état où l'intérêt d'une maison ne les demande pas; on leur enfle les avantages et les agréments de celui auquel on les destine, mass. Car. Vocal. Pas davantage, suivant notre calcul, que j'ai un peu enflé, volt. L'homme au 40 écns. Entretien avec un géomètre. U y a apparence que ce prince [l'empereur Macrin] enflait les choses, montesq. Uoin. 16. M. Adam ignorait et cachait son mérite avec le même soin que tant d'autres se donnent pour étaler et pour enfler le leur, d'alembert. Éloges, Jacq.

Adam. On ne m'accusera pas d'enfler mes mémoire», picard, Duhautcours, i, 5. || Terme de pratique. Enfler le cahier, les rôles, y mettre des choses inutiles, afin de les allonger et de se faire payer plus cher. Il 6° Donner plus de force à certains sentiments. Ses satrapes enflaient ses espérances, vaugel. Q. C. liv. m, dans bichelet. Cela enfle le courage des Tyriens, id. ib. iv, dans richeiet. Ne porter qu'un faux jour dans son obscurité. C'était de ce prodige enfler la cruauté, cobn. Œdipe, l, 4. Non, j'ai peint votre cœur dans une indifférence Qui n'enfle d'aucun d'eux, ni n'abat l'espérance, id. Ct'd, 1,

I. L'orgueil de ma naissance enfle encor mon courage, ID. Rodng. iv, 1. fil] Enfle l'avidité de mes ressentiments, m. AHila, y, k. \\ Inspirer de l'orgueil, de la confiance, de la présomption. Ce nouvel éclat de votre dignité Lui doit enfler lo cœur d'une autre vanité, corn. Cid, i, 7. I.a gloire de ce choix m'enfle d'un juste orgueil, m. //or. il, ». Quand la gloire nous enfle, il sait bien comme il faut Confondre notre orgueil qui s'élève trop haut, ID. «b. V, 1. Celte haute vertu dont le ciel et le sang Enflent toujours los cœurs de ceux de notre rang, id. Pomp. I, 3. Les bons succès nous enflent, FLÉcii. Davph. Les richesses qu'ils ont acquises par le commerce et la force de l'imprenable ville de Tyr, située dans la mer, avaient enflé le cœur de ces peuples, PÊNEL. Tél. il. Les sciences nous enflent, l'ignorance nous égare, mass. Carême, Prière 2. Il Absolument. Vous allez donc voir.... la force confondue par la faiblesse, la science qui enfle céder à la simplicité qui édifie, mass. Panég. St Franc, de P. Il 7° Enfler son style, écrire d'une manière ampoulée. Il 8° Terme d'orfèvrerie. Agrandir au marteau, sur la bigorne, les parties inférieures des pièces d'argenterie qui doivent former le ventre, comme aux pots à l'eau, aux cafetières. || 9° V. n. Devenir plus gros. Avec de l'eau bouillante on fait enfler l'orge d'un tiers. Le bras piqué enflait à vue d'œil. Sa gorge enfle, et du sang dont le cours s'épaissit Le passage se ferme ou du moins s'étrécit, CORN. Attila, v, 6. Mais qui fait enfler la Sambre Sous les jumeaux effrayés? boil. Ode i. jj Le lait enfle, il se soulève par l'action de la chaleur. Il 10' S'enfler, v.réfl. Devenir enflé. Le ballon s'enfla lentement. Unegrenouille vitunbœuf Quilui sembla de belle taille; Elle qui n'était pas grosse en tout comme un œuf. Envieuse, s'étend, et s'enfle et se travaille, la font. Fnbl. i, 3. U y a dans l'esprit comme un levain d'orgueil qui s'enfle et se dilate par la science, fléch. Panég. ii, 233. Les voiles s'enflent d'un vent favorable, fén. Tél. xiv. || Devenir tuméfié. Il se donna une entorse, et son pied s'enfla beaucoup. Cette gorge qui .s'enfle, corn. Jlodog. v, 4. Il Être soulevé. L'onde s'enfle dessous [les vaisseaux], et d'un commun effort Les Maures et la mer montent jusques au port, corn. Cid, IV, 3. Il Devenir plus gros, plus ample. Par qui le monde entier.... L'a vu [le peuple de KomeJ cent fois marcher sur la tête des rois. Son épargne s'enfier du sac de leurs provinces, corn. Cinna,

II, 1. Leur trésor n'a pas besoin de s'enfler des faibles débris d'une famille malheureuse , volt. Louis XV, 42. Tout à coup la flamme engourdie S'enfle, déborde; et l'incendie Embrase un immense horizon, lamart. Médit, ii, 6. || 11° S'enorgueillir. Voyez comme elle s'enfle et d'orgueil et d'audace , corn. Médée, ii, 2. Certes, si je m'enflais de ces vaines fumées Dont on voit à la cour tant d'âmes SI charmées, id. Théod. i, i. Que verraientils en eux qu'ils pussent estimer. S'ils voyaient devant toi ce qu'est leur chair fragile? Comment souffriraient-ils qu'une masse d'argile S'enflât contre la main qui vient de la former? id. Imil. m, n. Ne vous enflez donc pas d'une si grande gloire, mol. Mis. m, 6. Le zèle qui prend sa source dans la charité, c'est un zèle doux et patient : il ne s'irrite point, il ne s'enfle point, mass. Confér. Zèle p. le sal. des âmes. Nous autres juges, [nous] ne nous enflons pas d'une vaine science, montesq. Lett. pers. e». Il était impossible que la plupart des je- . suites ne s'enfla.ssent du vent de ces deux hommes [le P. de la Chaise et le P. leTellier], et qu'ils ne fussent aussi insolents que les laquais du marquis de Louvois, volt. Dict. phil. Jésuites. || Être exagéré. 11 y a tant d'hommes naturellement outré» et dans la bouche desquels tout s'enfle, tout grossit, tout sort de la vérité simple et naturelle, mass. Car. l'ard. des off. \\ Prendre un ton, un style ampoulé. Un poète s'enfle, se guindé. Et se croit au sommet du Pinde Pour de grands mots vides de sens, lamotte, Odes, 1. 1, p. 421 , dans pougens.

— iiisT. xii' s. Mezine [médecine] ki seicliet Iw-

ENF

enflées choses. Job, \>. Ml. [De peur] ke la science, canl ele conoist et n'aimel mie, n'enflel, ib. 443. Il ot endé le vis et le menton, Ronc. p. tuo. Un des convers as monies [chez les moines] (ne le m'unt pas nummii) Out mult esté grevé de grantenferraeté, E out d'idropisie le ventre mult enllé. Th. le mart. »«. Il xiif s. Se la mers est enflée ou coie [paisible], Ja ne sera qu'on ne la voie [l'étoile polaire] , Lait inédits, p. m. Li rois Ricars ot moult le cueur enflé [jaloux] dou roi Philippe, qui avoit l'honneur d'Acre, Chron. de iloin», p. «î. Dans Pieres, li hermites seoit devant son Iré [tente], Li rois Tafursi vint, et moult de son bariié [de ses barons]. Plus en i ot île mil qui sont de faim enflé, 6'/t. d'Ant. T, «. Science, quand elle enfle, est chose si par- »erse. Qu'elle envenime tout, se la boe n'est terse [essuyée], J. de meung, Test. 4 044. Quant je vien k mon osté [logis] , Et ma feme a regardé Derier moi le sac enflé, colin muset, dans llisl. liltér. de la Fr. t. XXIII, p. 658. Il XIV* s. Le cuer enflé à mal faire et dire, Ménagier, l, ». Kt celle lui ala son amour présenter, Tant qu'elle fn enchainte [enceinte], qu'elle prist à enfler, Uaud. de Seb. vi, 203. ||xvs. Si ils [les Parisiens] fussent venus servir le roi au point où ils sont quand il alla en Flandre, ils eussent mieux fait; mais ils n'en avoient pas la teste enflée, fboiss. ii, ii, 205. Et tous jours depuis commença la chose à enfler entre les dicts deux ducs, FENIN, UIO. Il XVI' s. [Depuis Uonsard, etc.] je ne vois si petit apprenti qui n'enfle des mots, qui ne renge des cadences à peu prez comme eulx, mont. I, 190. Il trouva la rivière si enflée et courant si roide qu'il ne s'osa approcher du fil de l'eau, amtot, Rom. 4. Les prosperitez enflent et élèvent le cueuf à ceux mesmes qui l'ont petit de leur nature, ID. Eumènes, tT. Ce Vatinius avoit des escrouelles au long du col, à raison de quoy Ciceron, l'ayant un jour ouy plaider, l'appella orateur enflé, m. Ctcéron, 32. G.ibinius eut peur de se mettre sur la mer qui estoil desja enflée, à cause que c'estoit la saison d'hyver, ID. Anton, to. Il dit à ceux-là, que, s'il ne pouvoit leur enfler le cœur avec des démentis, il leur enfieroit le visage par des soufflets, D'AUB.Kie, Lxix. Dès lors Maurice enfloit ses troupes au lieu de les congédier, ID. Ilist. i, 46.

— ÊTVM. Provenç. enftar, eflar, uftar; espagn. t'n- /lar;ital. in/iorc; du latin inflare, de tn, en, etflare, souffler.

t ENFLECRAGE (an-fleu-ra-j'), s.m. Action d'enfleurer.

t ENFLEURER (an-fleu-ré), v. a. Terme de parfumerie. Charger une huile de l'odeur de certaines fleurs; ce qui se pratique ainsi : on forme des matelas d'ouate imprégnée d'huile d'olive ; on place entre deux de ces matelas une couche de violeltes, par exemple, ou d'œillets; l'huile dissout leur huile essentielle, et, quand elle est épuisée, on remplace les fleurs par de nouvelles jusqu'à ce que l'huile soit saturée.

— IIIST. XVI' s. Lors de bouquets enfleura ses cheveux, am. jamin, Poésies, î' it», dans la-

CURNE

— ÊTYM. ^f» I , et fleur.

ENFLURE (an-flu-r'), ». /. || 1' État de ce qui est enflé. L'enflure des membres suivit rapidement la piqûre de la vipère. Elle avait une si grosse snflure

à l'oreille que.... SF.v. 644 Un jeune étourdi

bouffi de vanité. Qui cache dans le faste et sous l'énorme enflure D'une grosse perruque et d'une garniture Le plus bailin marquis qui vit jamais le jour, QUiNAULT, Hère coquette, i, ï. Tâchez donc devenir à bout de cette enflure au cou; pour moi, je suis bien loin d'avoir des enflures, je diminue à vue d'œil, et je serai bientôt réduit à rien, volt. Lett. I)amilaville , no oct. 4767. || Fig. Il ne faut pas guinder l'esprit; les manières tendues et pénibles le remplissent d'une sotte présomption par une élévation étrangère et par une enflure vaine et ridicule au lieu d'une nourriture solide et vigoureuse, PASC. De l'esprit géom. u. || Terme de vénerie. La première poussée du bois des chevreuils, ce qu'on nomme meule ou bosse chez les cerfs. || 2° Fig. Vaine présomption de soi-même. Sévériié d'amant plus chrétienne, et par conséquent d'autant plus agréable à Dieu, qu'elle humilie plus l'homme et quelle rabaisse plus les enflures de son orgueil, uoubdal. 3' dim. après la Pentecôte, Domimc. t. 11, p. 346, dans FOUGENS. teux qui doivent leur enflure à l'autorité où ils sont établis, la bruy. xii. || L'enflure du cœur, même sens. L'orgueil est une enflure du cœur par laquelle l'homme s étend et se grossit en quelque sorte en lui-même et rehau.s.se son idée par celle de force, de grandeur et d'excellence, iucolb, Ess. de

ENF

mor. 4" traité, chap. 1. II faut piquer cette enflure pour en faire sortir le vent qui la cause, id. ib. ch. 2. J'ai été blessée, comme vous, de l'enflure du cœur, ce mot d'enflure me déplaît; et pour le reste ne vous avais-je pas dit que c'était [les Essais de morale de Nicole] de la même étoffe que Pascal? sEv. 77. Je poursuis celte Morale de Nicole, que je trouve délicieuse.... j'ai même pardonné Veuflure du cœur en faveur du reste, et je soutiens qu'il n'y a point d'autre mot pour expliquer la vanité et l'orgueil, qui sont proprement du vent; cherchez un autre mot, sÈv. 85. Plus de ces soupçons, plus de ces haines, plus de ces enflures de cœur, plus de ces fiertés, plus de ces aigreurs qui sont comme des semences de division et de discorde, bourdal. Carême, Sur la paix chrétienne. Les humiliations guériraient l'enflure de votre cœur, mass. Car. Dang. des prosp. Il 3* L'enflure du style, le vice du style enflé. Je hais ces mois d'enflure, fasc. dans coi'Siw. Lis, je te soumets ma censure Contre le faux gollt et l'enflure Des poètes et des lecteurs, lahotte, Odes, 1. 1, p. 425, dans FOUGENS. Ce qu'on appelle enflure n'est pour ainsi dire au'un sublime contrefait, turgot, Ébauche du 2* dise. Progrès de l'esprit humain, p. 304. De grands mots et de petites idées ne sont jamais que de l'enflure, marmontel, Élém. litt. CICuvres, t. X, p. 227, dans pougens.

— HIST. XII' s. Por enflour d'orguilh, Joh, p. 472. Il XIV' s. Enflure de sang, nu c\ttGE, flegmen. ||xv* s. Or me convient de rechef tourner au fait et à la matière des Vénitiens.... c'est à sçavoir de quelle manière creva l'enflure de l'envie portée en leurs couraiges.... et le venin qui en saillit laid et abominable. Boude. Il, ch. 26. Il XVI' s. Plusieurs en encoururent en grosses maladies de flux de ventre, enfleure et hydropisie, amyot, Anton. 64. Sans enfleure d'orgueil, langue, 634.

— ÉTYM. Hnfler.

t ENFOLIER (an-fo-li-é), V. a. Frapper le creuset dans lequel on a fait fondre de l'argent pour en détacher les feuilles collées aux parois.

t ENFONÇ-iGE (an-fon-sa-j'), s.m. Action d'enfoncer, d'empiler une substance dans un récipient ; par exemple, de la poudre dans un baril. || Action de mettre le fond à un tonneau. |{ Terme de marine. L'une des avaries ordinaires à la charge de l'armateur.

ENFONCÉ, ÉE (an-fon-sé, sée), part, passé. (1 1' Poussé au fond. Des pieux enfoncés dans le sol de la rivière. || Par extension. Enfoncé sous les couvertures du lit. Et dans le lit l'une et l'autre enfoncée Ne laissa pas de l'entendre fort bien, la font. Herm. Tout le reste du jour, enfoncé dans la forêt, j'y cherchais, j'y trouvais l'image des premiers temps, dont je traçais fièrement l'histoire, j.j.rouss. Con/iss. viii. Il Fig. Dans un profond sommeil la paresse enfoncée D'aiguillons enflammés s'y trouvera pressée, corn. Imit. I, 24. Je suis actuellement enfoncé ou plutôt abtmé dans la ténébreuse matière de la formation des monstres, bonnet, Lett. dit. Œuvres, t. xii, p. 346, dans PODOENS. Enfoncé dans les calculs des spéculations commerciales, harhontel, Mém. x. Il [Napoléon] raisonnait comme certains cœurs enfoncés dans l'habitude du vice, sentant qu'il en faut sortir, le désirant sincèrement, mais remettant de jour en jour, si bien que la vie finit pour eux avant qu'ils aient trouvé le temps de s'amender, THiERS, Hist. du Cons. et de VEmp. xuii. || Populairement. Être enfoncé dans les afl'aires jusqu'aux sangles, y être engagé fort avant. || 2' Qui a pénétré profondément. L'épée enfoncée jusqu'àla garde. Un clou enfoncé dans la muraille. Dans le seind'Araspe un poignard enfoncé, corn. JVt'com. v, 8. Tandis que dans son sein votre bras enfoncé Cherche un reste de sang que l'âge avait glacé, rac. Andr.iv, 6. Il 3» Profond. Une alcôve enfoncée. {| Avoir les yeux enfoncés dans la tête, avoir les yeux creux. || Il a la tête enfoncée entre les deux épaules, c'est-à-dire il aie cou très court. Représentez-vous un petit homme haut de trois pieds et demi, extraordinairementgros, avec une tête enfoncée entre les deux épaules; voilà mon oncle, lesage, Gil Bios, i, 4. || Terme de botanique. Se dit des feuilles dont les intervalles des nervures sont creux; des sutures des valves, lorsqu'elles sont placées au fond d'un sillon plus ou moins profond. || 4* Fig. Qui est plongé en quelque chose comme dans un fond, dans un abime. Enfoncé dans ses réflexions, dans ses livres, dans se.s éludes. |{ Être enfoncé dans une certaine société, y être entièrement livré, en avoir les idées, les préjugés. U est fort enfoncé dans la cour, c'est tout dit; La cour, comme l'on sait, ne tient pas pour l'esprit, mol. b'emm. sav. )v, 3, || (* Avoir l'esprit enfoncé dans

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la matière, être épais, stupide. Mon Dieu! ma chère, que ton père a la forme enfoncée dans la matière! que son intelligence est épaisse et qu'il fait sombre dans son ànie! mol. Prée. s. {| 6* Un homme enfoncé, un homme qui cache ses pensées, ses sentiments. Il n'était pas de ces hommes enfoncés et impénétrables, sur le cœur de qui un voila fatal est toujours tiré, mass. Or. fun. Villars. Il 7° Rompu. Une porte enfoncée, jj Par extension. Le carré enfoncé par la cavalerie. Les Parthes au combat par les nôtres forcés. Tantôt presque vainqueurs, tantôt presque enfoncés, corn, flodo;. 1, •. Et des rangs enfoncés écrasant les débris, delillk, Enéide, xi. ||8* Néologisme et populairement. Kenversé, battu, mis en déroute. Enfoncé le prétendant! La partie est perdue, nous voilà enfoncés.

— REM. Bos.^uet el Fénelon ont employé enfoncé dans le sens de foncé : On sent à la lonf?ue qu'un noir trop enfoncé fait beaucoup de mal [à la vue], Boss. Conn. m, 3; La ville se perd entre un bocage fort sombre et un petit bouquet d'autres arbres d'un vert brun et enfoncé, fén. t. xix, p. 33». Ce sens n'est plus en usage.

ENFONCEMENT (an-fon-se-man), s. m. \\ 1' Action défaire pénétrer profondément. L'enfoncement d'un clou dans la muraille, d'un pieu dans le sol d'une rivière. Lorsque nous nous sentons enfoncer dans l'eau et dans les corps mous, ce qui nous fait sentir cet enfoncement, c'est que le froid ou le chaud que nous ne sentions qu'à une partie s'étend plus avant, boss. Conn. 111,8. || 2* Actionde rompre, de forcer. L'enfoncement d'une porte, d'une barrière. Il 3° Un creux, ainsi dit parce qu'on le compare à une rupture qui serait faite dans la surface. Un enfoncement de terrain. Il y avait un enfoncement par lequel on pouvait entrer dans le camp, Relat. des campagnes dp Rocroi et de Fribourg, dans riciielet. Il n'y a dans l'Ile qu'une seule maison, mais vaste et commode où loge le receveur, el située dans un enfoncement qui la tient à l'abri des vents, 1. 1. bouss. Confess. xu. 114° Vide produit par une paroi en retrait. L'enfoncement d'un mur. Alamir se cachait dans l'enfoncement d'un portique où il faisait assez obscur, urne de la fatette, Zayd, OÊCutres, t. I, p. 841 , dans pougens. Une armoire pratiquée dans l'enfoncement d'un mur, mariv. .Woiw»ne, part. I, 1. 1, p. 6, dans pougens. || Partie de f.içade formant un arrière-corps. La boutique est dans un enfoncement. || 6' Partie la plus reculée. Dans l'enfoncement de la scène on voit un palais. Là dans l'enfoncementdeces profonds berceaux, DELiLLE, Jardins, II. Quelques lampes éclairaient à peine les enfoncements des voûtes, chateaub. Dern. Abenc. 4»o. On voyait un arbre mort que le fer avait dépouillé de son écorce; cette espèce de fantôme se faisait distinguer parsa pâleur au milieu des noirs enfoncements de la forêt, m. Jfart. 322. || 6' Terme de perspective. La ligne supposée la plus éloignée du plan et qui le termine. || ferme de peinture. Il y a beaucoup d'enfoncement dans ce tableau, la perspective des fonds y est bien rendue. |i Bruns sans reflets qui se trouvent au milieu des plis des draperies. Il 7' Terme de construction. Profondeur des fondations d'un bâtiment, d'un édifice. || Profondeur d'un puits dont la fouille doit se faire jusqu'à un certain nombre de pieds au-dessous des plus basses eaux. Il 8' Terme de marine. Endroit enfoncé dans une baie^ dans une rade. || Abri pour un vaisseau.

— ÊTYM. Enfoncer.

ENFONCER (an-fon-sé. Le e prend une cédille devant o et o : enfonçons, j'enfonçais), c. a. Il !• Pousser vers le fond; faire pénétrer profondément. Enfoncer un vase dans l'eau, un pieu en terre. Il lui enfonça son épée dans le corps. Si quelqu'un crie à l'aide en se noyant, je l'enfoncerai au lieu de lui tendre la main, d'ahlancouht, Lucien, Timon. Et que, pour sign^er son empire nouveau, On lui fasse en mon sein enfoncer le couteau, rac Alh. V, 6. [Le lion] souffrait que dans sa gueule il enfonçât la tète; Le spectateur en frémissait, lamotte, Fabl. V, 4 3, Il y en eut plusieurs qui m'apportèrent de petits clous fort jolis pour m'enfoncer dans lus bras et dans les cuisses en l'honneur de Brama, volt. Bababee. Au sein du meurtrier j'enfoncerai mon bras, id. Mérope , 11, 7. Connaissez dans quel sang vous enfoncez vos mains, m. Scythes, V, 5. Il Fig. Quand les Juifs eurent vu p«r expérience que tous les me.ssies qu'ils avaient suivi», loin de les tirer de leurs maux, n'avaient fait que les y enfoncer davantage, boss. Uist. 11, 40. || Enfoncer son chapeau dans la tête, faire entrer avant la tète dans le chapeau; métonymie que l'usage a consacrée; car on devrait dire enfoncer la tête dans l«

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chapeau; on dit de même le casque en tête, au lieu de la tête en casque. || Fig. Enfoncer sou chapeau, prendre une attitude de déterminé, et aussi prendre une résolution hardie. Enfonce ton bonnet en méchant garçon, mol. Scapin, i, 7. Ce particulier, enfonçant son chapeau sur sa tôte, lui répondit ((u'il lie s'eiitendait point en bas-reliefs, diderot. Salon de 1707, Œuvres, t. xv, p. IB8, dans pougens. Il Terme de manège. Enfoncer les éperons à un cheval, les lui faire sentir avec violence. || Fig. Enfoncer à quelqu'un le poignard dans le sein, lui causer un très-vif chagrin, une perte cruelle. Mais Mardochèe assis aux portes du palais Dans ce cœur malheureux enfonce raille traits, rac. Estli. ii, (. Enfonçons dans son cœur le trait qui le déchire, VOLT. BrufKs, II, 3. Il a° Néologisme et populairement. Vaincre, déjouer ou ruiner quelqu'un. Il l'a enfoncé. Je rentrais dans la coulisse au milieu d'un murmure général; ce qui m'enfonça jusqu'au troisième dessous, BAYARD, les Gants jaunes, se. t. Il 3" Forcer, briser, faire une ouverture dans les parois. Sus, sus, brisons la porte, enfonçons la maison, CORN. Uedée, v, 7. Si ce peuple une fois enfonce le palais, id. JVtcom. v, 6. Cette petite fille de dix-sept ans a donc aimé ce don Quichotte; et hier il alla avec cinq ou six gardes de M. de Gèvros enfoncer la grille du couvent avec une bûche et des coups redoublés, sÉv. B34. Du palais de Mérope on enfonce la porte, volt. Mer. v, B. || Enfoncer une côte, la briser. {| Fig. Mettre à mal. Ne soyez point juge, si vous ne pouvez enfoncer par force l'miquité, Boss. Polit. IV, I, 8. Il Fig. et familièrement. Enfoncer une porte ouverte, se vanter d'avoir surmonté un obstacle qui n'existait pas. || 4° Terme militaire. Mettre une troupe en désordre et la forcer à plier. La bataille recommença pour la troisième fois avec plus de furie et d'acharnement; enfin le nombre l'emporta; les Suédois furent rompus, enfoncés et poussés jusqu'à leur bagage, volt. Charles XII, IV. De toutes parts on perce, on enfonce leurs rangs, SAiikiN, Spart, i, 2. Ëpaminondas assuré de la victoire s'il peut enfoncer cette aile si redoutable, BARTHÉL. Xnoch.chap. ). Il 5° Examiner à fond , pénétrer. Au moins n'enfoncent-ils guère leurs affaires, et ne les conduisent que rarement à leur dernier point, balz. b* dise, sur la cour. Nous trouvons dans leurs esprits des incertitudes quand nous enfonçons avec eux la matière de la communion, BOSS. Def. corn. Ils n'ont pas, si j'ose le dire, deux pouces de profondeur; si vous les enfoncez, vous rencontrez le tuf, la bruy. viii. Mme la duchesse d'Orléans n'aurait ni la grâce ni la force nécessaire pour le lui bien enfoncer [convaincre la duchesse de Bourgogne de l'importance du mariage du duc de Berry avec IilaJemoiselle] , st-sim. 267, 99. Il Cet emploi d'enfoncer a vieilli. || 6° Terme de tonnelier. Mettre le fond à une futaille. || 1' Joindre ensemble toutes les parties d'un ouvrage de layetterie. || 8° Terme de potier. Enfoncer un plat, le faire plus creux ou plus profond. || 9° Terme de graveur. Rendre plus creux. || 10° Terme d'imprimerie. Enfoncer une ligne, mettre un cadratin au commencement d'une ligne qui suit immédiatement un alinéa. || 11° Terme de fauconnerie. Fondre sur la proie en la poussant jusqu'à la remise. L'épervier vient d'enfoncer la perdrix. Et absolument : l'oiseau enfonce. || 12° Y. n. Aller au fond. La nacelle enfonça. Enfoncer dans un bourbier jusqu'aux oredles. || Par extension. Tirez-moi de cette boue où je ne saurais marcher sans enfoncer tous les jours davantage, MASS. Car. Pâques. Si je pouvais pénétrer dans le secret des familles, là je trouverais l'innocence prête à enfoncer et préservée du naufrage, ID. Or. (un. Fiiiars. Il Fig. Mais enfonçons davantage dans les sentiments du ministre, boss. Var. M. La cour veut toujours unir les plaisirs avec les affaires.... enfoncez, vous trouverez partout des intérêts cachés, des jalousies délicates qui causent une extrême sen-^ibilité, et, dans une ardente ambition, des soins et un sérieux aussi triste qu'il est vain, iD. Anne de Gonz. Montrez aux femmes combien elles sont incapables d'enfoncer dans les difficultés du droit, fén. t. xvii,p. U9. || 13° S'enfoncer, v.réfl. Touclier, pénétrer dans un fond. Le vaisseau s'enfonce dans les vagues. X la seconde journée, deux de leurs moutons s'enfoncèrent dans des marais, volt. Cund. 19. Le terrain qu'il parcourt, semblable à la mer agitée par une violente tempête, s'enfonce ou s'élève sous ses pas [dans un tremblement de terre] , m""' de oenlis. Veillées du chdt. t. i, p. 642. dans POUGENS. || Par extension. Â ces mots il s'enfonça dans son lit, et ne tarda guère à se rendormir, LESAGE, Cil Bios, m, B. Il Fig. Les jours, les mois,

les années s'enfoncent et se perdent sans retour dans l'abîme des temps, la bruy. xiii. || 14" Pénétrer fort avant. Je m'enfonçai dans une sombre forêt, où j'aperçus tout à coup un vieillard qui tenait un livre dans sa main, fénf.l. Tel. ii. Le fils d'Ulysse s'enfonce dans ces ténèbres horribles, iD.ib. xviii. Son époux s'enfonça dans un désert sauvage, delille, Géorg. iv. J'ai couru m'enfuncer dans un bois ténébreux, le- COUVÉ, Épichar. el N. i, s. Les Russes remplissaient en masse ce chemin creux; Deizons et ses Français s'y enfoncent tête baissée; les Russes rompus sont renversés, ségur, llixt. de Nap. ix, 2. Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes, Il serpente et s'enfonce en un lointain obscur, lamart. Uéd. 1, I. Il Fig. Vous allez vous enfoncer dans d'étranges épines, mol. F. de Scap. n, 8. Cette parfaite honnêteté [savoir-vivre] demande qu'on se communique à la vie [au monde], et même qu'on s'y enfonce, MÉRÉ, Œuvres posth. t. ii, p. 3)3. Pour me plaindre à vos pieds et m'enfoncer dans votre tristesse, iD. ib. Tous les jours ils s'enfonçaient de plus en plus dans le crime, BOSs. Hist. ii, t. Ils n'ont fait que s'enfoncer de plus en plus dans l'ignorance , id. ib. Il, tu. Poussé par cette aveugle impression qui le dominait, l'homme s'enfonçait dans l'idolitrie, sans que rien put le retenir, lo. ib. n, 2. Plus ils sentent et plus ils soufl"rent, plus ils s'enfoncent dans la vie et plus ils sont malheureux, j. J. rouss. Hél. m, 2t. Il 15° S'écrouler en tombant dans le fond. Le plancher s'enfonça. |1 16° Présenter un enfoncement, un retrait. Cette contrée occupe cent quatre-vingts lieues de côtes , et s'enfonce dans l'intérieur des terres j usqu'à des montagnes fort hautes, plus ou moins éloignées de l'Océan , ravnal , Hist. phil. vi , 25. Il Être dans un fond. Un jardin fort élevé dans lequel la maison s'enfonçait sur le derrière, j.j. rouss. Confess. i. \\ 17* S'adonner entièrement à, s'absorber dans. S'enfoncer dans de profondes rêveries. Il s'enfonça dans la plus abstraite analyse, fonten. Rolle. Cet ouvrage est suffisantpour ceux qui, comme vous et moi, ne se soucient pas de s'enfoncer dans nos antiquités, dider. Sur l'hist. du pari. \\ 18" Populairement. Se ruiner soi-même, se ruiner l'un l'autre. Il s'est enfoncé lui-même, lis cherchaient mutuellement à s'enfoncer.

— HIST. xvi* s. Enfoncer le battaiUon des ennemis,mont. 1, 360 assise àla senestre, Est la melan-

cholie au sourcil enfonsé, DU BELLAY, vu, 72, verso. Souvent de cent chevaux, il n'y en aura pas vingt et cinq qui enfoncent, lanoue, 29t. Il vit une dixaine de compagnons des plus déterminez qui enfonçoient le chapeau selon leur coutume ordinaire quand on les regardoit en face, d'aub. Vie, lxxiv. La glace creva et enfonça plus de tac hommes, id. Hist. m, t03.

— ÈTYM. En t , et foncer.

ENFONCEUR (an-fon-seur), s. m. Celui qui enfonce. Il Fig. et familièrement. Un enfonceur de portes ouvertes, un fanfaron qui se vante de braver ou d'avoir surmonté des obstacles, des périls imaginaires, ou d'avoir séduit une femme déjà séduite.

— ÊTYM. Enfoncer.

t ENFONÇOIR (an-fon-soir), s. m. Outil avec lequel on enfonce un objet dans un autre. || Masse pour fouler les peaux.

ENFONÇURE (an-fon-au-r'), s. f.\\l° Creux qui se fait par enfoncement. 11 y a plusieurs enfonçures dans le pavé de cette rue. Le vieillard couchait en une enfonçure du rocher, sans autre tapis de pied qu'un peu de mousse, la font. Psyché, ii, p. 422. |i 2° Assemblage des pièces du fond d'une futaille, d'un lit. Il 3° Terme d'anatoraie. Ancien nom de l'articulation dite arthrodie. || Terme de chirurgie. Ancien nom de l'affaissement des fragments du crâne en cas de fracture.

— HIST. XVI' s. Enfonceure ou arthrodie, paré, VI, 43. En celles mesme [sciences| qui sont utiles, il y a des estendues et enfonceures très inutiles que nous ferions mieulx de laisser là, mont, i, t73.

— ÉTYM. Enfoncer.

t KNFONDREK (an-fon-dré), ». o. Rompre, briser. Mot vieilli et qui était dans le Dictionnaire de l'Académie de (690. || S'enfondrer se dit encore en Lorraine pour s'effondrer.

— HIST. xv° s. La chose va mauvaisement, nostre bateau enfoudre, Perceforest, t. i, f° 87. Adonc vint un garçon de l'ùst et s'en va enfondror son cheval, et luy faist les boyaulx cheoir à terre, ib. Il XVI' s. Maistres esloignez du chemin de la vérité, et prédécesseurs enfondrez en l'abyme d'ignorance, amvot. Vie de Plutarque.

— ÉTYM. En ) , et /'ond, avec une r épenthétique. ■f ENFONTANGÉ, ÉE (an-fon-tan-jé, jée), adj.

Paré d'une fontange. Te voilà assez biea enfonlan-

gée, à ce qu'il me semble, dahcourt. Folle enchère, se. 4.

— ÊTYM. En *, et fontange.

ENFORCI, lE (an-for-si, sie), part, passé d'enforcir. Cet enfant enforci grâce à un bon régime.

ENFORCIR (an-for-sir). || 1' V. a. Rendre plus fort, plus résistant. La bonne nourriture a enforci ce cheval. Enforeir un mur. || J° V. n. Devenir plus fort, croître. Ce cheval enforcit tous les jours. Il On le dit aussi populairement, en parlant des personnes, pour devenir plus gras, plus gros. Cette femme enforcit. || 8° S'enforcir, v. rdfl. Devenir plus fort. Il s'enforcira.

— HIST. XII' s. Dont commença li duels [le deuil] à enforcier [croître], Ronc. p. 99. De Jofroi de Paris [ils] firent leur justicier. Pour maintenir la guerre et por eux enforcier, Saxans, 4. Et por ceu e.st digne chose ke li malades s'enforst à moens de leveir le chief , st-bern. B28. || xiii' s. La maladie li enforsa si durement qu'il fistsa devise [testament], villeh. XMi. Et tant crut li enfans et enforcha qu'il sot bien aidier son ami en la plus graiitpriessedou tournoiement, Chr. de Rains, 84. Castelain, et prince, et niarcis [marquis]. Et li baron plus enforcis, ph, mouskes, ms. p. 517, dans LACURNE. Il xv s. Et emmenoit tous ceux qui se pouvoient aider avec lui pourenfortier sonost, froiss. i, i, t53. Par le commandement d'Amours Et de la plus belle de France, J'enforcis mon chastel tousjours. Appelle joyeuse plaisance, CH. d'ohl. Bail. 49. Parquoy eust bien enforcy son royaulme, comm. y, t2. || xvi* s. U est si feible [l'enfant] que je suis quelquefois huit jouis sans le sentir, mais despuis quatre jouis a bien enforcy son bougement, marg. Lett. cxix. L'eOortdu total consiste en la disposition et liaison des files et des rengf qui s'enforcissent les uns les aultres, amyot, Flamin. 13.

— ÉTYM. En t, el force; provenç. enfortir; ital. inforlire. Dansl'ancienne langue, en/brcer était plus usité que fn/brcir; nous en avons gardé renforcer. En Normandie on dit forcir au sens neutre au lieu de enforeir.

t ENFORMER (an-for-mé) , v. a. Terme de chapelier et de bonnetier. Enfermer un chapeau, un bonnet, les remplir d'un moule de bois.

— ÉTYM. En t, et forme.

ENFOUI, lE (an-fou-i, ie), part, passe d'enfouir. Il 1° Misen terre dans un trou. D'un irésorenfoui receleur odieux, DELILLE, Coni'iTS. ch. 1. 1| 2° Fig. Ce souvenir enfoui s'est retrouvé tout entier, staël, Corinne, xi, 4. C'était dommage de laisser tant de talents enfouis dans une petite ville; Paris devait en être le théâtre, marmontel. Contes moraux, Connaiss.

ENFOUIR (an-fou-ir), v. a. || 1* Mettre dans un trou en terre. 11 avait dans la terre une somme enfouie. Son cœur avec; n'ayant d'autre déduit Que d'y ruminer jour et nuit, la font. Fabl. iv, 20. Ils vont enfouir le trésor, ID. ib. x, 5. On leur coupe les mains, on leur brise les cuisses, on les enfouit tout vivants dans une fosse, rollin, Hist. anc. Œuvres, 1. 1, p. 365, dans POUGENS. Dans les endroits qui sont cultivés, on ne trouve point de vivres: les paysans enfouissent dans la terre tous les grains et tout ce qui peut s'y conserver, volt. Charles XII, 4. Il Enfouir des plantes, les mettre en terre. || Absolument. 11 retint tout chez lui [l'argent qu'il avait caché en terre], rés ilu de jouir. Plus n'entasser, plus n'enfouir, LA font. fobJ. X, B. || 2° Par extension, cacher sous d'autres choses. Ils avaient enfoui ce manuscrit parmi de vieilles paperasses. || Fig. U ne faut pas enfouir les talents que la nature nous a donnés. Quand on voit combieu les querelles si souvent excitées dans le sein du christianisme ont enfoui de talents utiles, d'alembert, Destr. des jésuites,. Œuvres, t. v, p. 61 , dans pougens. || Uetirer dans un lieu reculé. Ils emportent de ces opulentes contrées d'immenses dépouilles qu'ils vont enfouir dans leurs incultes et misérables déserts, RAYNAL. Hist. phil. IV, 21. || 3° S'enfouir, v. réft. Se cacher sous terre. Le renard alla s'enfouir dans son terrier. || Fig. Se retirer dans un lieu reculé. S'enfouir dans une province.

— HIST. XI' s. Desur la terre nel pourent mais tenir: Voilent [veuillent] o non,sil laissent eiifodir, St Alexis, cxx. [Ils] Enfueront nous en aitres de moustiers, Ch. de Roi. cxxx. Et [que] ma char fust delez eus enfuie ! ib. ccvii. || xia' s. Là [elle] sera enfouie, ou ele ert [sera] estranglée, Berte, xvi. Et moru, et fu enfouis ricemeut à Saint-Denis, Chr. de Rains, p. to. Nous trouvâmes que le roy son cors [de sa personne] avoit fait enfouir les cors des crestieas que les sarrazins avoient occis, joinv. 278.

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Il XIV* s. Se voit on les couars vivre assé» et lonc tamps; S'enfoent les hardis es atres et es champs, Baud. deSeb. x, ssii.

— ÊTYM. Lai. infodere, de in, en, et fodere,

fouir.

KNPOriSSKMENT (an-fou-i-se-man), ». m. Action d'enfouir, de cacher en terre. || Action d'enfouir, d'enterrer les cadavres des animaux morts ou abattus.

— f.TYM. Knfouir.

t E.VFOlIISSEUR(an-fou-i-seur), ». m. ||1* Celui qui enfouit. L'enfouisseur et son compère, t* kont. Fabl.x. 5.112° Terme de zoologie. Nom vulyaire des difTérenles espèces du genre n^'Crophore (coléoptkres) et principalement du iiécrophore fossoyeur, dit aussi enlerreur et fossoyeur.

— F.TYM. Enfouir.

ENFOURCHE. ÉE (an-four-ché) , part, posté. Un cheval enfourché à la liâte par un garçon d'écurie.

t ENFOUKCHRMENT (an-four-che-man), t. m.

Terme d'architecture <|ui se dit des prHmières retombées des angles des voûtes d'arête, dont les voussoires sont à branches. |i Terme de charpente. Assemlihige de chevrons sur un faite, lorsque ces chevrons sont unis à tenons et à mortaises ouvertes. Il Sorte d'assemblage de menuiserie, sans ip.iulement et dont la mortaise et le tenon occupent toute la longueur de la pièce. || Terme de jardinage. Espèce de greffe.

ENFOURCHER (an-four-ché), V. a. || !• Se placer sur un cheval en faisant la fourche, c'est-à-dire jambe deçà, jambe delà. Cette femme enfourche un cheval comme ferait un cavalier. || 2° Perceravec la fourche.

— ÉTYM. En t, et fourche; provenç. enforcar; espagn. enhorcar; ital. inforcare.

t ENFOURCIIIE (an-four-chie), adj. f. ''3rme de vénerie. Tête enfourchie, se dit de la tête du cerf, quand les dards du sommet font la fourche.

— Etym. Enfourcher.

t HNFOURCHURE |an-four-chu-r'), s.f. \\ 1" Point oùiinarlirese bifurque. C'est ordinairement sur l'enfourchure d'un arbre que les écureuils établissent leur domicile, buff. Éeureuil.\\2' Terme de chasse. La tête d'un cerf, lorsque l'extiémi lé du bois se termine en deux pointes qui ont l'apparence d'une fourche. || 3° La naissance de la fourche que forment les deux canons d'un pantalon, d'un caleçon. Il Terme de manège. La partie du corps qui est entre les deux cuisses. On dit que, pour se bien tenir achevai, il faut s'y tenir assis droit sur l'enfourchure et non sur les fe.sses.

— HIST.xii' s. Grsnt cors [il] ©ut, et Ions bras, et enfourcheurelée [large], Iiou,ms.p. U2,dansLA- CURNE. Il xin* s. Celé a ses braies avalées Qu'ele avoit à son cul fermées , Kle a fait large enforchetlre Par bien moslrer celé nature, Ren. 7i6i.

— ÉTYM. Enfourclier.

t ENFOURNAGE (an-four-na-j'), s. m. Action d'enfourner.

ENFOURNÉ, ÉE (an-four-né, née), par», passé. Il 1° Mis dans le four. Les pains enfournés. || î" Fig. Kngagé. On avait arrêté les princes au moulin de Itoyenghem Capel, pour voir cependant plus chiir à ce combat si bizarre et si désavaniageusement enfourné, ST-siM. ïio. Qui pouvait réjiondre que Riperda trop enfourné avec lui [Alberoni] n'en ait été la dupe? 11). 478, (78.

t ENFOURNÉE (an-four-née) , ». f. Action ou moment de m- itre au four le pain ou la pâtisserie.

t ENFOUllNE.MENT ( an-four-ne-man ) , s. m. Il 1" Action de mettre les pains au four. || i' Suite des opérations d'une verrerie, depuis la fonte jusqu'à l'affinage.

— RTYM. Enfourner.

ENFOURNER (an-four-né), r. o. || 1' Mettre dans un four. Enfourner du pain, de la pâtisserie. Il Mettre diins un creuset les matières du veire. || Absolument. Pour bien faire du pain, il faut bien enfourner, Ri'.GNiKit, Sat. x. Des gens enfournent, D'autres défournent, Aux broches tournent Veau , bœuf et mouton , biîuang. Cocagne. Il 2" Fig. et familièrement. Dieu enfourner, mal enfourner, commencer une chose d'une manière heureuse ou maladroite. Avec un tel général [4,11e Lafeuillade] qui avait mal enfourné, qui manquait de ceque Vauban avait cru nécessaire, ce n'éiait pas do quoi prendre Turin, st-sim. <«2. <3l. || 3° S'enfourner, t'. rf/ï. S'iiiga^jer dans un lieu d'où l'on ue peut que difficilenienl sortir, et, par extension, s'engager dans quelque alTaire difficile. S'était enfourné dans un chemin creux, uauilt. Gramm. 6. «^ linge, qui n'imite pas le linge, suus lequel le

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vent s'enfournerait inutilement pour le téparer du corps, DIDEROT, Salon de (767, (Xuvrei, t. xiv, p. 7», dans pouGENS. Réduit à son grec, au turc, à la langue franque pour toute ressource.... dans le pays o\\ il s'était enfourné, J. J. ROt'SS. Confett. IV. Il 4* X l'enfourner, au début, en commençant une affaire. || Proverbe. X mal enfourner on fait les pains cornus, c'est-à-dire, si l'on ne commence pas bien jne affairb et qu'on ne la prenne pas d'abord du bon biais, on la manque.

— HIST. xiii* s. Ainz qu'il [le pain] soit cuiset enfornez, l'ahliaux mss. n' 72i8, f" (76, dans la- CURNE. Il xiv s. On dit souvent qu'à l'enfourner Font li fournier les piiins cornus, bruyant, dans ilénagier, t. 11, p. no. || xvi» s. Venant après à s'enfourner dans les armes; tousjours sa condition lui aparoist trop ba.çse, et va visant après l'incertain, LANGUE, )4B. Nous nous Contenterons de dire du Dauphiné, avant nous y enfourner, que.... o'aub. Ilist. II, 40. M. D'Auinaile enfourna [enfila] ce desiroict, qui representoit le chemin de Chaniburry au Montcenys, cari.oix, iv, 25. De tout acte la fin suit le coinincnccment; Il faut bien enfourner : car telle qu'est l'entrée. Volontiers telle fin s'est tousjours rencontrée, rons. 667.

— ÉTYM. En i , et four, écrit autrefois forn; provenç. en/brnar; espagn. enhornar; ital. infornare.

t ENFOURNEUR (an-four-neur), ». m. Ouvrier qui met le pain au four. || Celui qui arrange les briques dans le fourneau. || Celui qui enfourne la matière dans les verreries.

t ENFOUURER (an-fou-ré), v. a.\\i° Terme de batteur d'or. Mettre les feuillets de vélin dans les fourreaux. || 2''Terme de sellerie. Bourrer l'intérieur des colliers.

—ÉTYM. Ent, et fourrer. Enfourrer s'est dit aussi pour donner du fourrage : xvi* s. Ainsi, deux fois le jour, de son troupeau soigneuse, Eli' l'enfourre elle mesme et n'est point paresseuse. Plaisir des champs, p. 260.

1 ENFRANGER (an-fran-jé), V. a. Garnir de franges.

— ÉTYM. Fn t , et frange.

fENFRAYER (an-frè-ié), V. a. Mettre en train des cardes neuves.

— ÉTYM. En i, el frayer.

t ENFRAYURE (an-frè-iu-r") , ». f. Première portion de laine préparée avec des cardes neuves.

t ENFREIGNEUR (an-frè-gneur), ». m. Celui qui enfreint.

— HlST. xiv s. Enfraigneurs des ordonnances et statuts royaulx, Ord. des rois de Fr. t. I, p. 57.

— tT<i:\. Enfreindre.

ENFREINDRE (an-frin-dr'), j'enfreins, tu enfreins, il enfreint, nous enfreignons, vous enfreignez, ils enfreignent; j'enfreignais, nous enfreignions, vousenfreigniez; j'enfreignis; j'enfreindrai; enfreins, enfreignons; que j'enfreigne, que nous enfreignions, que vous enfreigniez; que j'cnfreignis.se; enfreignant; enfreint, v. a. Rompre, en parlant de ce qui engage, lie, oblige. Enfreindre les lois, RÉGNIER, Ode. Il n'est rien de si saint qu'elle ne fasse enfreindre, corn. Nicom. i, t. Ouand on craint d'être injuste, on a toujours à craindre, Et qui veut tout pouvoir doit oser tout enfreindre, id. Pompée,

I, (. Suffit que, si mon fils enfreignait ma défense. Mon sang, mon propre sang en laverait l'offense, botr. Àntig. IV, (. Si quelque transgresseur enfreint cette promesse, Qu'il éprouve, grand Dieu, ta fureur veuge'esse, bac. Alhal. iv, 3. Il y va de la vie à qui le (l'an et] veut enfreindre, volt. Tancr.

II, 1. Le roi d'Angleterre, revêtu par Is lois d'une si grande puissance pour les protéger, n'en a point pour les enfreindre, j. j. rouss. Lettres de la montagne, 9. Il S'enfreindre, v. réfl. Être enfreint. Lps lois de la nature ne s'enfreignent pas imiiunément.

— HIST. XI" s. E qui enfr lint la pais le rei.... Lois deGuiU. l.||xii*s. S'ele son vo [vœu] ncn enfiaigneit, Que eleenfraindre ne devreit, wack. Vierge Marie, p. »5. Pur ce volt or aveir [il veut maintenant avoir, obtenir] que rien n'en seit enfreit, Th. le mart. 27. || xiif s. Thadres li Acres.... avoit trives à l'empereour Henri, et ne li avoit mie bien tenues, ains les avoit enfraintes, villbh. clxvi. Et chascuns barons, et autre qui ont justices en lor terres, ont les amendes de lor songes [sujets] qui enfraignent les establissemens, selonc le [la] tauxatioii du roi, BEAUH. xlix, 4. Il XVI* s. Aux estais de Bourgogne on avoit ordonné d enfreindre l'edict, d'aub. Hist. 1, 204. L'authorité de la loy n'est en rien enfreinte [abrogée] , que nous ne la devions tousjours recevoir en mesme honneur et révérence, CALV. tnstit. 268,

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— ÉTYM. Lat. infrinyere, de in, en, et frnngere, briser (voy. fbacti be). Il aurait mieux valu écrire, comme jadis, p^runa, «n^raine/re , à cause de /'rangere.

ENFREINT, EINTE (an-frin , frin-l'), part, passé d'enfreindre. Des devoirs enfreints par de coupables passion». Ce droit enfreint ouvre la porte aux excès de la plus odieuse oligarchie, J. 1. bouss. Lettres de la montarme, H.

ENFROQUÉ, EÊ (an-fro-ké, kée), part, passé. Qui porte un froc. || Substantivement. Ils ne sal'endaient guère à rencontrer ces enfroqués [les n.oines défendant Saragosse, lors du siège en <808] à cheval comme des dragons de feu sur les poutres embrasées des édifices de Saragosse, chatraubr. Kémiiires, t. v, p. 420.

ENFIIOQUER (an-fro-ké), v. a. || 1* Terme de dénigrement. Mettre le froc, faire moine. Ils ont enfroqué ce jeune homme. || 2* S'enfroquer, r. réfl. Se faire moine. Le chagrin le saisit: il s'enfroqua.

— HIST. xvi> s. Les règnes d'un Childeric l'enfroqué, Louis le fainéant, Charles le simple.... SULLY, Kém. t. lit, p. IS6, dans lacubne. Survient un quidam enfroqué, ayant la charge d'estcindre les chandelles el de chasser les chiens hors l'église, LUFAÏL, Contes d'Eutrap. ch. xx.

— ÉTYM. En t, el froc.

ENFUI, !E (an-fui, fuie), part, passé d'enfuir. La brume enfuie, v. hugo, Odrs, v, 24. Plusieurs juges [aux États-Unis] se déclaraient incompétenis quand les maîtres venaient réclamer leurs esclaves enfuis, reclus, /le», des Deux- ilondes, 15 mars (863, p. 382. Il Ce participe, à l'état isolé, n'est pas dans l'Académie. Hais on peut le rappeler à côté d'expiré, de péri et de quelques autres.

ENFUIR (S') (an-fuir), je m'enfuis, nous nous enfuyons, vous vous enfuyez, ils s'enfuient; je m'enfuyais, nous nous enfujions, vous veus enfuyiez; je m'enfuis, nous nous enfuîmes; je m'enfuirai; je m'enfui>ais; enfuis- toi; que je m'enfuie, que nous nous enfuyions, que vous vous "•iifuyiez; que je m'enrui.sse; .s'enfuyant; enfui, r. r^/l. || 1* Se retirer en toute hâte, en prenant la fuite. S'enfuir au moment du danger. S'enfuir de prison. C'est, me dit-il, notre grand et incomparable Mnlina, qui, par sa prudence inimitable, l'a estimée [une somme volée] à six ou sept ducats, pour lesquels il assure qu'il est permis de tuer, encore que celui qui les emporte s'enfuie, pasc. Prov. 7. Si tôt qu'elle me voit, elle s'enfuit de moi, racan. Bergeries, 11, 4. /e .Sali/rc. Ceux qui me voyaient s'enfuyaient, SACi, Bible, psaume XXX, (2. Et son urne en courroux s'enfuit dans les enfers, BAC. Théb. V, 3. J'ai vu dts citoyens s'enfuir avec horreur, volt. i/. de Ces. 11. 4. Et quand lanuitrevienten cet affreuxchâleaii, Le Saphire éploréeon revoit l'ombre errante; Elle tient dans ses mains une tête sanglante, La presse sur son sein, et l'embrasse et s'enfuit, masson, llelv.v. V:i maître fou qui, dit-on. Kit jadis mainte fredaine. Des loges de Charenton S'est enfui l'autre semaine, BÉRANG. Juge de Char. || Avec elUpse du pronom personnel. Comment l'avez-vous laissé enfuir? || Par extension. Les rivages s'enfuyaient loin de nous. FÉN. Til. m. Il 2" S'évanouir, disjiaraitre. Le temps s'enfuit. Pour toute récompense il n'obtient qu'un vain bruit, Qu'un triomphe frivole, un éclat qui s'enfuit, voLT. ttrntus, I, 4. La coupe de mes jours s'e.st brisée encor pleine; Ma vie en longs .soupirs s'enfuit à chaque haleine; Ni larmes ni regrets ne peuvent l'arrêter, lamirt. Médit. Il, 5. Qu'est-ce donc que des jours pour valoir qu'on les pleure? Un soleil, un soleil, une heure et puis une heure; Celle qui vient ressemble à celle qui s'enfuit, ID. 16. Il 8* S'échapper d'un vase, en parlant d'une liqueur. Votre vin s'enfuit. Le lait s'enfuira bientAl. Il Par métonymie. On dit qu'un vase s'enfuit, lorsqu'il lai.sse échapper la liqueur qu'il contient. Ce tonneau s'enfuit. Aujourd'hui on se sert plus ordinairement de fuir. |{ Fig. Ce n'est pas |iar là que le pot s'enfuit, ce n'est pas par là que l'affaire peut manquer.

— REM. Autrefois et jusque dans le xvii* siècle, on a Considéré, dans s'enfuir, la préposition comme mobile. Vile, fuis-t'en, la font. Lunet. Ils «'en sont fuis, Boss. Eicus. 2. Aujourd'hui cet archaïsme est hors d'usage el considéré comme une faute; il faudrait dire : enfuis-toi; ils se sont enfuis; mais d'aucune façon on ne dira: ils s'en sont enfuis; c'est une grosse faute.

— HIST. XI* s. Si est aucuns qui blamet seit et si il s'en fuist.... Luis de Guill. 48. Dient François: Dehait [mal] ail qui s'enfuit, Ch. de Roi. Lxxx. Fuir «'en [il] velt, mais ne lui valt nient, ib. cxziu. De

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ee ciii chaut? Fu;t s'en est Marsiles , ib. Mii Il xii- s. Que est à tei, mer, que tu l'enfuis? e tu, Jordain, que tu ies convertiz ariere? Liber psalm. p. (76. Fuit s'en fel Guenes, grant paor a de soi, Honc. p. (83. Absalon s'enfuid à Tliolomai le fiz Amiur le rei de Jessur, e là demeurad treis ans, Bois, p. )67. Il XIII' s. Belle, fuiez vous en, n'y soit pUisdelaié [tanlél.Berle. xxi. Je m'en foi sans plus atendre, la Rose, 7314. S'il s'enfuit, il a perdu honnor cl tout ce qu'il tient en fief, beaum. se. || xiv s. C'est en cest siècle ung grant déluge, N'est celuyqui d'elle [de la mort] s'enfuge, l.iv. du bon Jehan, ib. Il XVI' s. Si estonn* et si transi qu'il ne pouvoit prendre party de s'enfuyr, mont, i, 62.

— ÉTYM. A'n 2, et fuiVi provenç. enfugir. ENFUMIÎ, ÉE (an-fu-mé, mée) , part, passé.

Il 1* Empli do fumée. Une chambre enfumée. Il 3' Incommodé par la fumée. F.nfumé par une mauvaise cheminée. Un renard enfumé dans son terrier. Il 3" Noirci par la fumée. Il n'y a si vil praticien qui, du fond de son étude sombre et enfumée, ne se préfère au laboureur qui jouit du ciel et qui fait de riches moissons, la druy. vu. S'offre d'abord un portique enfumé. De la discorde asile renommé, j. B. ROiiss. Jlle'g. II, 2. Il Tableau enfumé, tableau fort vieux que le temps a noirci. || Verre enfumé, verre noirci par la fumée, dont on se sert pour regarder le soleil. L'expérience du verre enfumé, dont on a parlé d'abord, m*lebh. Recherche, Réponse'à Régis, ch. <.||Fig. L'ignorance, la stupidité, les passions, la superstition, la flatterie, la haine sont autant de verres enfumés, à travers lesquels presque tous les hommes voient les événements qu'ils racontent, d'alembert, Réfl. surl'hist. Œuvres, t. iv, p. 186, dans pougens. || 4" De couleur de fumée. Son teint jaune, enfumé, de couleur de malade, Régnier, Sat. x. || 6' Troublé par les fuméesdu vin. T'ai-je fait voir de joie une belle animée, Oui, souvent d'un repas sortant tout enfumée, Fait même à ses amants, trop faibles d'estomac, Redouter ses baisers pleins d'ail et de tabac ? doil. Sat. x. ENFUMER (an-fu-mé), V. a.\\i' Emplir de fumée. Le vent a changé, et la cheminée enfume la chambre. || Il se dit de la fumée de l'encens, ô combien d'écrivains languiraient inconnus, Qui, du Pinde français illustres parvenus. En servant ce parti [le parti des philosophes) conquirent nos hommages ! L'encens de tout un peuple enfume leurs images, Gilbert, XVIll' siècle. || 2° Noircir par la fumée. Enfumer des verres. || Terme de beaux-arts. Étendre une teinte rousse sur un tableau pour lui donner l'apparence d'un vieil original. || 3° Incommoder par la fumée. Vous allez nous enfumer avec ce bois vert. || Enfumer un renard, des abeilles, ies

forcer de sortir de leur retraite par la fumée Le

prince tout à l'heure Veut qu'on aille enfumer renard dans sa demeure, la font. Fabl. viii, 3. Il 4° Fig. Troubler l'esprit par les fumées de l'orgueil ou du vin. Mais, pour un vain bonheur qui vous a fait rimer, Gardez qu'un sot orgueil ne vous vienne enfumer, boil. Art p. ii. || 5° Faire un petit feu dans le fourneau à briques, afin de le chauffer par degrés. Il 6° S'enfumer, v. réfl. S'entourer de fumée. Les Lapons n'ont point d'autre remède contre ces maudits animaux [moucherons] que d'emplir de fumée le lieu oïl ils demeurent... nous fîmes la même chose et nous nous enfumâmes, regnard, Voyage en Laponie, t. iv, p. 206. {| Se noircir par la fumée. Mes meubles se sont enfumés cet hiver.

— HIST. xii* s. Toz nu piez est, si drap sont enfumé; En la cuisine ot lonc tans conversé. Bat. d'Aleschans, v. 3453. || xiii' s. Lors jeté [Genius] le cierge en la place. Dont la flame toute enfumée l'ar tout le monde est alumée , la Rose, 2087î. Il XV' s. Et l'Allemand le consuivit par telle manière de son glaive roide et enfumé [durci au feu] que oncques ne se brisa ni ploya, froiss. i, i, )i3. Une pauvre maisonnelle enfumée, aussi noire que airement [encre], id. ii, h, 157. || xvi' s. Ne les riches maisons Avec leur gloire et enfumez blasons, MAROT, m, 162. Le reste du corps estoit de la couleur d'un gris enfumé, paré, xix, 4. Qui la flame iaimortelle aux temples gardera? Qui d'encens sabean ton throne enfumera? noNS. 872. C'est une idole enfumée [un vieillard] Au coin d'une cheminée Qui DB fait rien que cracher, ID. 559.

— ETYM. £n 4 , et ^unicr ; provenç. enfumar.

t ENFUMOIR (an-fu-moir) , s. m.' Terme rural. Ustensile pour le transvasement des abeilles.

— ÉTYM. Enfumer.

t ENFUTAILLER (an-fu-ti-Ué , Il mouillées), v.a. Terme de commerce. Mettre en futailles.

— £TYM. En I , et futaille.

DICT. DE LA LANGUE FRAMgAIS£.

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KNGAGfi, ÊE (an-ga-jé, jée), part, passé. \\ l'Mis en page. Des effets engagés au mont-de-piété. || Domaine engagé, domaine que le souverain concède avec la faculté d'y rentrer en remboursant le prix; ainsi dit parce que, sous l'ancienne monarchie, le roi n'aliénait jamais son domaine qu'avec faculté de rachat perpétuel. || ï° Obligé par une sorte de mise en gage. Ma foi, mon cœur, mon bras, tout vous est engagé, corn. Cinna, m, 3. Fais-lui valoir l'hymen où je me suis rangée; Dis-lui qu'avant ma mort je lui fus engagée, rac. Andr.w, f.||3'' Qui a des motifs pour. Un éclatant arrêt de ma gloire outragée X jamais n'être à lui me tenait engagée, mol. D. Gare, v, 2. Lagrandeur des vertus dont je suis engagé de vous parler, flécii. Tur. Mon âme malgré vous à vous plaindre engagée, SKC.Alex. iv, 2. Il 4° Oui a pénétré dans .....sans pouvoir facilement sortir ou être retiré, par comparaison à une chose mise en gage. Le régiment engagé dans un défilé. Le fer reste engagé dans son sein palpitant, saurin, Spartacus,y, a. Le bâtiment se trouva engagé au milieud'une multitude de petites îles, m^'degenlis, Veillées du chdH.i, p. 376, dans pougens. On aperçoit Socrate les fers aux mains, et lesjambesengagées d.insune grosse pièce debois, bebn. be st-pierre, Uort de Socr. Il Terme de marine. Navire engagé, navire .surpris par une forte rafale ou embarrassé dans des écueils. || Terme d'architecture. Colonne engagée, celle dont une partie est supposée enfoncée dans le mur. 1| Fig. De sorte que je me trouve étrangement engagé dans l'hérésie, puisque, la pureté de ma foi étant inutile pour me retirer de cette sorte d'erreur, je n'en puis sortir ou qu'en trahissant ma conscience ou qu'en réformant la vôtre, PASC. Prov. «. Les âmes les plus engagées dans les passions, mass. Carême, Culte. Un affreux préjugé Tient son coeur innocent dans le piège engagé, volt. Irène, m, 8. |1 5" Terme d'économie politique. Capital engagé, capital qui, employé à quelque entreprise ou spéculation, n'est plus disponible. Il 6" Terme militaire. Mis aux prises. La réserve entière était engagée. |1 7° Commencé. C'est une affaire engagée. La bataille engagée dès le matin, la querelle est trop grande, elle est trop engagée, volt, frêne. Il, 4. || 8° Qui a un engagement pour quelque service. Engagé au théâtre. Un domestique engagé pourquelques mois seulement. Des jeunes gens engagés pour le service militaire. Il 9» Par extension, qui est retenu par quelque devoir de société. Je suis engagé; je ne pourrai assister à votre concert. Elle est engagée pour ce soir, dit-il; mais j'aurai l'honneur de vous mener chez une dame de qualité, et \k vous connaîtrez Paris comme si vous y aviez été quatre ans, volt. Cand. 22. Il 10" S. m. Un engagé, ou un engagé volontaire, un homme qui est entré au service militaire. Un nouvel engagé. Les engagés volontaires. HHomme engagé pour aller travailler dans les colonies. Les engagés, espèce d'hommes qui se vendaient en Europe, pour servir comme esclaves pendant trois ans dans les colonies, baynal, Hist. phil. x, 8.

ENGAGEANT, ANTE (an-ga-jan, jan-t'), adj. Oui engage, qui attire. Paroles, manières engageantes. Ne trouvez pas mauvais Qu'en ces fables aussi j'entremêle des traits De certaine philosophie Subtile, engageante, hardie, la font. Fabl. x, l. La cour ne vit jamais rien de plus engageant [que la princesse palatine]; et, sans parler de la pénétration et de la fertilité infinie de ses expédients, tout cédait au charme secret de ses entretiens, boss. Anne de Gonz. Ses manières étaient engageantes, hamilt. Cromm. 7. Ce que je lui disais d'engageant et de doux, TH. corneille, Ariane, VI, i.X l'égard de votre seconde proposition, elle est très-engageante, mais il ne convient pas à une fille bien née d'en parler, volt. Princ. de Babyl. 4. Rlle attirait les gens Par des airs engageants, bérang. Ifme Grég.

ENGAGEANTES (an-ga-jan-t') , s.f.plur. Parure, nœud de rubans que les femmes portaient autrefois au cou. Ces manches galantes Laissent voir de beaux bras sous le nom d'engageantes, boursault, Mots d la mode, se. 15.

— P.TYM. Engageant.

ENGAGEMENT (an-ga-je-man), J. m. || 1* Mise en gage. Engagement de meubles, || Terme de jurisprudence. Engagement d'immeuljles, acte par lequel on cède à quelqu'un la jouissance d'un bienfonds pour la sûreté d'une dette, et ce contrat prend le nom spécial d'antichrèse. || Acte ou billet qui renferme l'énoncé d'un engagement. Un engagement du mont-de-piété. || 2° Action d'engager, de s'engager par un acte. Être tenu par un engagement écrit. H Faire honneur à ses engagements, payer tout ce

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qu'on doit;et fig. tenir toutcequ'onapromis.ll II se dit aussi des actes diplomatiques. Viclor-Amédée, duc do Savoie, était celui de tous les princes qui prenait le plus tflt son parti, quand il s'agissait de rompre ses engagements pour ses intérêts, volt. Louis XIV, 17. Il 3° Promesse qui engage. Engagement tacite. C'est un engagement sacré. Ah 1 c'est trop essuyer tes inilignes murmures, Tes vains engagements, tes plaintes, tes injures, volt. Brut, iv, 3. || Par extension. Le succès qu'il a obtenu est comme un engagementd'en mériterd'aiitres. Voyezsi leurvie soutiendra un seul des engagements deleur baptême, mass. Uyst. sur la ferv. des prem. chrét. || 4"' État oïl l'on e.st engagé, lié, mariage, amour, monde. L'engagement ne compatit pas avec mon humeur, mol. Fest. de P. m, 6. Un engagement qui doit durer jusqu'à la mort ne se doit jamais faire qu'avec de grandes précautions, id. l'Avare, i, 7. Les engagements du monde, prendre des engagements avec quelqu'un, sont des termes do nouvelle création, BOUHOUBS, Entret. d'Aristeet d'Eug.'i. Les passions elles engagements du monde lui parurent tels qu'ils paraissent aux personnes qui ont des vues plus grandes et plus éloignées , M"' de la Fayette , Princ. de Clèves, Œuvres, t. ii, p. 261, dans pougens. M. le Tellier, renfermé dans les modestes emplois de la robe, ne jetait pas seulement les yeux sur les engagements éclatants, mais périlleux, dé la cour, BOss. le Tellier. Bérénice n'ayant pas ici avec Titus les derniers engagements que Didon avait avec Ënée, elle n'est pas obligée, comme elle, de renoncer à la vie, RAC. Bérén. Préface. On se trouve actuellement dans des engagements trop vifs, mass. Aient, Délai. Nous nous formons des engagements éternels, m. Carême, Voc. Qu'il faut de violence pour rompre les engagements que le cœur et l'esprit ont formés! montesq. Letir. pers. 19. || Un tendre engagement, un engagement de cœur, liaison d'amour entre deux personnes. Un tendre engagement va plus loin qu'on ne pense; On ne voit pas, lorsqu'il commence. Tout ce qu'il doit coûter un jour, qui- NAULT, Thésée, II, t. || 5° Ce qui engage, pousse, excite. Et ces noms, ces respects, ces applaudissements Deviennent pour Titus autant d'engagements, RAC. Bérén. v, 2. Et ne t'a-l-on point dit par quel engagement Bajazet a pu faire un si prompt changement? m. Baj. m, 1. Le bon esprit nous découvre notre devoir, notre engagement à le faire, LA BRUT. II. Il 6» Action de s'engager pour un service, de s'enrôler. Aux termes de son engagement il sera libre au bout de deux ans. Contracter un engagement dans un corps de troupes. Cet acteur vient de prendre un engagement à tel théâtre. Il Le prix de l'engagement. Son engagement est de tant. Il Pendant la Révolution, la Convention remplaça le mot de domesticité parcelui d'engagement. Il 7» Terme de guerre. Combat partiel entre des corps séparés. L'engagement devint général. || 8° Terme d'escrime. Attaque composée, qui se fait en gagnant le faible de l'épée de l'advrfsaire pour se rendre maître de la ligne droite.

-•■ HIST. xin' s. S'aucuns tient en parchonerie [partage] avec autres , par resonde bail ou de douaire ou d'engagement, beaum. xxii, 5. S'il pot prouver que li héritages ait esté tenus par engagement, si comme il avient que uns bons engage sa terre à dix ans ou à douze, ....tex [telles] tenure ne valent rien contre celi qui veut prover les engagemens, id. xxiv, 4. Mes se je li este le [la] coze le tans durant de son engagement, il a bien action de nouvele dessaiziao contre moi, id. xxxii, t'3.

— ÉTYM. Engager.

ENGAGER (an-ga-gé. Le g prend un e devant a et o: engageant, nous engageons), v. a. || 1° Mettre en gage. Engager ses vêtements. Que l'autre le dépouille et ses meubles engage, régnier, Sat. x. Asychis ne permettait d'emprunter qu'à condition d'engager le corps de son père à celui dont on empruntait, BOSS. Hist. m, 3. Saint-Amand n'avait rien; Mais quoi ! las de mener une vie importune, 11 engagea ce rien pour chercher la fortune, boil. Sat. I. Hél que diable engager? que vendre? pour tout meuble et immeuble vous n'avez que votre habit et le mien; encore le tailleur n'est-il pas payé, regnard , Sérén. se. u. || 2° Assigner pour gage. Engager ses biens â ses créanciers. Robert engagea à Guillaume le Roux la Normandie pour subvenir aux frais de son armement, VOLT. Mœurs, 64. || 3" Par extension. Engager sa foi, sa parole. Je t'engage ma foi, De ne respirer pas un moment après toi, corn. Cid, in, 4. Si vous voulez ma main, n'engagez point la vôtre, iD. Sert. III, 4. J'engageai mon honneur engageant

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ma parole, rotr. Vencetl. m, e. Vous avez deux choses à engager, votre raison et votre Tolonté, votre connaissance et votre béatitude, pasc. dans cousin. Et, libre d'un amour à ta gloire funeste, Viens m'cngager ta foi, le temps fera le reste, rac. Uajax. V, 4. Que déraisons, quelle douceur extrême D'engager à ce Dieu son amour et sa foi 1 iD. Athal. i, *. Il Engager son cœur, donner son cœur, aimer. Je lui prête mon bras sans engager mon cœur, corn. Sertor. II, 2. X jamais. Colin, je t'engage Mon cœur et ma foi , J. J. Rouss. Devin de village, se. 6. || i' Obliger, lier. Soit qu'il cède ou résiste au feu qui me l'engage, corn. Cid, ii, 3. Auprès d'un autre objet un autre amour l'engage, id. Sertor. iv, 2. Outre mon intérêt ma parole m'engage, rotr. Bélis. 1,2. J'étais par les doux nœuds d'une amour mutuelle Engagé de parole avecque cette belle, MPt. Éc. des femmes, v, to. En gros, leur avis fut que vous ne pouvez en aucune manière, sans blesser la charité et votre conscience, engager un enfant de son âge et de son innocence et même (k sa piété [Jacqueline Périer, âgée de ti ans] à la pUi^basseetà la plus périlleuse des conditions du christianisme [le mariage], PASC. Extrait d'une lettre à Mme l'érier , 4 660. Les dernières paroles de ces messieurs sont que d'engager un enfant à un homme du commun [marier Jacqueline et un homAe du commun], c'est une espèce d'homicide et comme un déicide en leurs personnes, ID. ib. Si sous mes lois. Amour, tu pouvais l'engager, rac. Andr. Ii, t. Je vais, en recevant sa foi sur les autels. L'engager à mon fils par des nœuds immortels, id. ib. iv, t. Songez-vous quel serment vous et moi nous etfeage? in. [phig. v. 2. || On dit aussi engager en. Mais que serait-ce si j'examinais l'abus que vous avez fait de vos places et de vos dignités dont vous rendrez un compte rigoureux au tribunal de Jésus-Christ, et qui voua engage en des réparations infinies î mass. Car. Dang. des prosp. Il Absolument. Cela n'engage à rien. Tout engagement incompatible avec le salut n'engage pas, MASS. Car. Paquet. ||6* Prendre des gens à gages. Engager un domestique. || Faire contracter un engament. Le directeur a engagé pour la saison une excellente cantatrice. || Enrôler. Engager des soldats, des matelots. || 6* En passant du sens juridique, qui est le sens propre, au sens physique. Engager une chose dans une autre, l'y faire entrer ou pénétrer de manière à ne pouvoir que difficilement l'en dégager. Engager un bateau dans la sable, dans une passe périlleuse. || Terme d'architecture. Faire pénétrer une construction dans une autre. || Terme de marine. Engager un bout de cordage, le presser entre deux objets qui l'empêchent de céder à un effort. Engager un levier sous une pièce, en placer le bout «ous cette pièce pour la mettre en mouvement, la soulever, jj On ledit aussi de personnes, de troupes qui pénètrent en quelque lieu. Malheur donc à celui qu'une affaire imprévue Engage un peu trop tard au détour d'une ruel'uoiL. Sot. vi. L'artil lerie ennemie a profité des hauteurs qui , de sonctfté, bordent la rivière; ses feux traversent le fond du repli dans lequel Delvns et ses troupes sont engagés, SÊOBR, Ilist. de Nap. ix, 2. || T Terme d'escrime. Engager le fer, faire un engagement. || Toucher le fer de son adversaire. Engagez de quarte, et tirez de tierce. || 8* Engager le combat, le commencer en attaquant le premier. || Engager une troujie, lui faire prendre part au combat. Il avait engagé ses dernières rf'serves. ||Par extension. Engager une discussion. Engager la partie. Ma sœur, auparavant engagez l'entretien, corn. il^^nX I, 4. Il Fig. Engager le combat, commencer une querelle, une discussion. H 9* En passant du sens physique du n" 8 au sens figuré et moral. Faire entrer, en parlant de sentiments, de passions, de positions où l'on est retenu comme en gage. Si jamais jusque-là votre guerre m'engage, codn. Nicom. m, 4. Elle t'engagera dans sahainepour moi. id. t6.v,4. Annibal, qu'elle Tie« de lui sacrifier, L'engage en sa querelle et m'en fait défier, ID. Nicom. I, 4. Et pressé de soupçons où j'ai su l'engager, Lui-même à ses yeux même il l'a fait égorger, in. Attila, ni, ). Sous prétexte de conduire en Hollande la princesse royale, sa fille aînée, elle va pour engager les Etats dans les intérêts du roi, lui gagner des officiers, lui amener des munitions, Boss. Reint d^Ànglet. Je veux prévenir le danger Où son ressentiment le pourrait engager, RAC. Brit. u, 8. Dans quel emportement la douleur vous engage I ID. ib. m, 4. Ouoil vous n'avez pas su l'engager dans vos intérêts, fKn. Tél. x. Ajiathocle avait engagé dans son parti un puissant roi de Cyrènes, nommé Ophellas, dont il avait flatté l'ambition par de magnifiques espérances, ROLUH,

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Hitt.ane. Œuvres, 1. 1, p. 297, dans pouoens. Eh bieni vois donc l'abîme où le sort nous engage, VOLT. wl/*. III. 4. Il lO' Pousser, exhorter. Je vous engage à l'aller voir. Je vous engage à prendre patience. Mais à le condamner tu m'as trop engagé, nxc. l'héd. iv, 3. Kngagez-le à l'instant A chercher dans Mycîine un trône qui l'attend, volt. PélopiUes, IV, 3. Il On dit aussi quelquefois engager de. Le peu d'aisance de mon grand-père l'engagea de suivre la mode du temps et de mettre ses deux aînés pages de Louis XIII, ST-siK. 6, 80. Je vous en répéterai les articles les plus importants, avec les changements que de nouvelles instructions m'engagent d'y faire, J. J. ROUSs. Lett. à M. Dupeyrou, 27 janv. 4 766. Il Entraîner, induire, en parlant des choses. L'intérêt du pays n'est pas ce qui l'engage, corn. Cinna, m, 4. Hais à quel sentiment ma passion m'engage I TH. CORN. Ariane, 1, *. Favorisez les soins où son amour l'engage, rac. Alex, u, 4. L'intérêt, qui fait tout, les pourrait engager X vous donner retraite et même à vous venger, volt. Triumv. m, 2. Abl cunnaissez du moins l'erreur qui vous engage, ID. Zaïre, v, ». || 11* Inviter. Engager quelqu'un à dîner. || lï* S'engager, t'. réfl. Etre mis en gage. Des objets qui s'engagent facilement. || Contracter un emprunt, un engagement. Il s'est endetté, et il s'engage tous les jours de plus en plus. || Se faire caution, répondre. U s'était engagé pour son gendre, il a fallu payer. || IS» Par extension, s'obliger. Mais je n'en veux point suivre [d'exemple] où ma gloire s'engage, corn. Cid,i, 2. Toutes deux à ma perte à l'envi s'engager! id. Tois. d'or, v, 6. Je me suis engagé, maître Jacques, à donner ce soir à souper, mol. l'Avare, m, b. Les principales règles de ceux qui s'engageaient à ce pieux institut, FLÉCH. Panig. 11, p. CO. Si tout ce qui reçoit des fruits de ta largesse A peindre tes exploits ne doit point s'engager, doil. ÈpU. viii. U faut toutbien peser au moment qu'on s'engage, saurin. Spart. 1, 4 . Il On dit aussi s'engager de. Je me suis engagé de faire valoir la pièce, mol. Fric. 40. Le roi de lianemark s'était engagé à l'empereur de n'employer pas la voie défait, st-sim. 79, 29. || Absolument. Je vais la voir, l'aigrir, la suivre et, s'il se peut, M'engager sous son nom plus loin qu'elle ne veut, BAC. Brtl. I, 4. Il S'engager à quelqu'un, s'obliger envers lui. Mais qui s'engage à deux dégage l'un

et l'autre, cobk. Attila, 11, 6 Qui s'engage

aux rois Se fait de leurs desseins d'inviolables lois, ROTR. Bélis. m , 2. X peine au fils d'Egée Sous les lois de l'hymen je m'étais engagée, rac PItèd.

I, 3. Il li* Prendre un engagement, entrer dans une condition où l'on est tenu de rester. S'engager dans le service militaire. Il s'est engagé dans l'artillerie. Cet acteur s'engagera à l'Opéra. || S'engager dans les ordres, se faire prêtre. || Absolument. S'engager, se faire soldat. Dès qu'il aura dix-sept ans, il s'engagera. Et avec ellipse du pronom personnel, son père l'a fait engager. || Par extension. Dans le parti des rois pensez-vous qu'il s'engage T volt. Brut, m, 2. Il IB' S'avancer, pénétrer avant. S'engager dans un défilé, dans un mauvais pas. C'est ce que demandait le roi, qui exprès avait pris la fuite, afin de lui donner lieu de s'engager dans l'intérieur du pays, rollin, Hisl. anc. (tCuvres, t. 11, p. 39, dans pouGENS. Sur les pas des tyrans veuxtu que je m'engage î rac. Brit. iv, 4. || 16° Être commencé, en parlant d'un combat, d'une discussion, d'une affaire. La querelle s'engagea par un incident fortuit. 11 faudra que la discu.ssion s'engage têt ou tard. Je dispose l'attaque et le combat s'engage, saurin. Spart, iv, 4.|| 17" Terme de médecine. Devenir malade, en parlant des organes. La poitrine s'engage. 9 août 4686 : en s'éveiUantce matin à 6 heures, il [Monsieur, frère de lA)uis XIV] a senti que sa tête s'engageait et n'a pu dire autre chose, sinon: ahl ma tête! ahl ma tête; tous les remèdes qu'on a faits depuis ont été inutiles, san- OEAU, 1, 249. Il 18* Terme de marine. S'engager sous voile, se dit d'un bâtiment, lorsqu'il est pris tout à coup en travers par un coup de vent violent qui le fait fortement incliner. || IS* Entrer dans quelque sentiment, dans quelque situation morale. Je vous devais connaître et ne m'engager pas Aux trompeuses douceurs de vos cruels appas. Ou, m'étant engagé, n'implorer point votre aide, rotr. Ventes.

II, 2. Sais-tu dans quels périls aujourd'hui tu t'eng<igesT BOiL. Épit. 1. Je me suis engagé trop avant, Je vois que la raison c{'de à la violence [de la passion] . RAC. Phèd. II , 2. Le roi Guillaume avait entraîné dans sa cause l'empereur, l'Empire, l'Espagne, les Provinces-Unies, U Savoie; Louis XIV s'étaitvutropengagi pour reculer, \olt. Louis IIV,

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47. Nés sous la loi des saints, dans le crime il) s'engagent, volt. Alx. u, 2. || S'appliquer à. S'engager dans des prévoyances, pasc. dans cousm. Depuis qu'il fut employé à la monnaie, il ne s'engagea plus dans aucune entreprise considérable de mathématique ni de philosophie, porten. Newton.

— REM. Engager suivi d'un infinitif prend le plus communément la préposition d; cependant on trouve ci-dessus des exemples de Molière, de Saint-Simon et de J. J. Rousseau, où engager est construit avec de; construction qui est rare sans doute, mais qui n'a rien de fautif.

— HIST. xii* s. Et je sui si siens quites ligement Que tout [elle] me puet ou engagier ou vendre, Couci, v. Il xm* s. Et il deit après jurer que il ne l'a vendue, ne donée, ne prestée, ne engagiée, nt aliénée en aucune manière, par quel il ne la puisse et deive recouvrer par l'assise, Ass. de Jir. i, 20». Et ce meisme rester doit il fere à celi à qui il a l'autrui coze vendue ou engagiée, deauk. xxxiv, 9. Hi gage sont tuit engagié, Et de chiés moi desmanagié, rutkr. 47. Il XV" s. Et disent ainsi, qu'ils vous feront dépendre et engager toute votre terre, froiss. i, i, 4 4 9. Ilxvi's. Ils vous diront que vostre doux langage Les cœurs humains aliène et engage, st-gel. 32. X mesure que je m'engage dans la maladie, MONT. I, 84. Comment peuvent-ils engager leur foy sur une foy populaire? id. i, 403, Desengager celuy qui me doibt, en u.sant de luy, ou m'engager envers celuy qui ne me doibt rien, ce m'est en, ID. IV, 98. U n'y avoit moyen de faire tirer avant son charriot, ny le retourner en arrière, tant les roues estoient engagées et embarrassées entre des monceaux de corps morts, amyot, Alex. 63.

— ÊTYM. £fi 4 , et gage; bas-laL inradiare; provenç. engalgar, engualgar, engatjar; ital. ingaggiare.

KNGAGISTE (an-ga-ji-st'), *. m. Celui qui obte nait, à certaines conditions, la possession de quelque partie du domaine royal pour un certain nombre d'années. Ceux des engagistes qui acquiesceront k la redevance déterminée , seront maintenus dans la jouissance de leur engagement.... cette possession tranquille.... deviendra un nouvel encouragement à l'agriculture, en permettant aux engagistes de se livrer avec plus de confiance â l'amélioration de leurs domaines, necker. Compte rendu au roi, janvier 4 784 , p. 48.

— ÉTYM. Engager.

t ENGAÎNANT, ANTE (an-ghê-nan, nan-t'), adj. Terme technique. Oui enveloppe comme ferait une gaine. Feuille engainante, celle dont la base forme une sorte de gaine k la tige. Coquilles engainantes, coquilles qui sont coniques et sans spire proprement dite.

ENGAtNË, ÉE (an-ghê-né, ée), part, passé. Mis en gaine. Des couteaux engalnés. || Terme de botanique. Tige engaînée, tige enveloppée par la base des feuilles ou des pétioles. || Terme d'ornithologie. 1 Qui a le bec garui d'une gaine. || Statue cngaln'e, se dit de celles qui se terminent non par des membres, mais par une sorte de gaine. Les Hermès sont des statues engalnées. || S. m. Nom d'une famille d'échassiers. Les engalnés.

ENGAÎNER (an-ghê-né), v. a. || l" Mettre eo gaîne. || 2° Terme de botanique. Envelopper les tiges par la base, en parlant des feuilles. ||S'engalner, v. réft. Être engalné. Des feuilles qui s'eogalnent l'une dans l'autre.

— HIST. xv« s. Et faisoit [l'ambassadeur de Charles V] porter une espée devant lui tout engainée et enarmée très richement d'or et d'argent, proiss. Il, 11, 46.

— ÉTYM. J?n 4 , et gaine.

+ ENGALLAGB (an-ga-la-j'), s. m. Action d'cngaller. On les laisse trop bouillir, soit dans l'enfilage, ou soit dans le noir, Instr. génér. sur la teinture, 48 mars 4674, art. 208. Pour faire un bon noir sur un chapeau, ....il est nécessaire de l'engaller fortement avec bonne galle d'Alep.... et io tenir foat longtemps dans l'engallage, ib. art. 24*.

— ÊTYM. Engaller.

t ENGALLHU (an-ga-lé), «. o. Terme de teinturier. Faire passer ce qu'on veut teindre en noir, dans une décoction de galle. Les gris noirs, vulgairement appelés gris minimes, seront engallés comme le noir, Rigl. sur les manufact. août 4«6», teinturiers en laine, art. 35.

— ETYM. En 4 , et galle.

t ENG A MER (an-ga-mé), v. n. 'Terme de pêche. Avaler l'hameçon, en parlant du poisson.

— HIST. XVI* s. Se maudissant de s'estre ainsi laissé infatuer et engamer de son opinion, carlo;x, TU, 4*.

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— ÊTYM. 11 est possible que ce mot soit le même que enganer, qui s'est dit dans l'ancien français pour tromper; espagn. ingailar , inganar ; ital. ingannare; composé de in, et du bas-latin gannare, se moquer, gannum, moquerie. Mot d origine obscure. Diez propose le germanique -.anc. h. allem. gaman , jeu , raillerie ; anglo-saxon, gamen. Si cette conjecture est exacte, la forme er>gamer serait plus près de l'étymologie.

t ENGANE (an-ga-n'), s. f. Terme de commerce. Espèce de soude.

t ENGANTER (an-gan-té), V. o. ||1° Terme de marine. Approcher d'une manière sensible un bâtiment que l'on poursuit. Nous l'engantons. Le vaisseau craignant d'être enganté. H 2- Fig. et néologisme, avec un sens péjoratif. Enganterquelquun, le prendre comme un gant, le faire sien. Ce jeune homme était méprisé de la demoiselle de comptoir, qui pendant longtemps avait espéré l'enganter, h. DE BALZAC, dans le Dict. de poitevin. || 3° S'enganter, v. réfl. Contracter une liaison étroite avec une personne, en mauvaise part. 11 s'est enganté de ce parasite, de ce flatteur.

— ÉTYM. En t,el gant; métaphore prise de l'action de mettre un gant.

f ENGANYMÉDER (an-ga-ni-mé-dé), t). a. Mot burlesque et très-libre. Abuser honteusement d'un jeune garçon. J'en connais d'assez peu sages Pour enganyméder leurs pages, sabbazin. Poésies, dans

BICHELET.

— ÉTVM. Fn I , et Ganymède, l'échansondeJupiter.

t EN-GARANT (an-ga-ran), adv. Terme de marine. Sorte d'exclamation qui se dit, pour exciter à la précaution, quand une corde, chargée d'un pesant fardeau, fait plusieurs tours àl'entour d'un mât ou de quelque autre pièce de bois, etqu'on la retient.

— ÊTYM. Eni , et garant.

f ENGARDE (an-gar-d') , s. f. Terme rural. Sarment de vigne qu'on laisse extrêmement long.

— ÊTYM. En t , et garde.

t ENGARRE (an-ga-r'), s. f. Terme de pêche. Long filet plombé et traîné par des bateaux.

fENGARROTTÊ, ÉE ( an-ga-ro-té, tée), adj. Terme de vétérinaire. Blessé au garrot.

— ÉTYM. En t , et garrot.

t ENGASTRIMYTHE (an-ga-stri-mi-f) , s. m. Synonyme de ventriloque.

— ÊTYM. 'EYYa(rtp!|iu6o(;, de il, en, -j-aoTTip, ventre, et |iû6o;, parole.

•JENGASTRIMYTHISME (an-ga-stri-mi-ti-sm'), s. m. Synonyme de ventriloquie.

— ÊTYM. Engastrimythe.

t ENGAVER (an-ga-vé), v. a. Donner, en parlant des oiseaux, à manger aux petits en dégorgeant leur bec. || Engraisser la volaille en lui introduisant de force la nourriture dans le bec. Pigeons engavés. Il On dit plutôt gaver.

— ÉTYM. £n < , et gaver.

t ENGAZONNEMENT (an-ga-zo-ne-man) , s. m. Action de couvrir de gazon, de fkîre naître du gazon.

t ENGAZONNER (an-ga-zo-né), v. a. Couvrir de gazon, en parlant d'un terrain où l'on fait naître du gazon, ou de celui que l'on couvre de carcés de terre garnis de gazon que l'on a pris ailleurs. Remparts engazonnés.

— ÉTVM. En t , et goson.

ENGÉ,ÉE (an-jé,jée), part, passé d'enger. Terme familier. Embarrassé. Me voilà engé de ce lourdaud.

ENGEANCE (an-jan-s'), s. f. || 1° Race, en parlant de certains animaux domestiques. Ces canes, ces poules sont d'une belle engeance. ||Fig. La peur, la trahison, le meurtre, la vengeance, L'horrible désespoir et toute cette engeance De maux qu'on voit régner.... eégnier, Sat. vi. || 2° Par extension , il se dit des hommes. Du temps que les bêtes parlaient, Les lions entre autres voulaient Être admis dans notre alliance; Pourquoi non, puisque leur engeance Valait la nôtre en ce temps-là? la font. Fabl. iv, t. Ils y perdirent peu, puisque l'humaine engeance En aurait aussi bien croqué sa bonne part, m. ib. X, 4. Elle jura parPluton Que toute l'engeance humaine Serait bientôt du domaine Des dèités de làbas, ID. ib. vm, 20. Il En mauvaise part. Ah I sortez promptement, engeance de vipère, Tristan, Uort de Chrispe, iv, 4. Je crains plus que la mort cette engeance idolâtre De lutins importuns qu'engendre le théâtre, rotr. St-Genest, ii, 3. Babillard, censeur et pédant, Sont en plus grand nonibre qu'on pense; Chacun des trois fait un peuple fort grand; Le Créateur en a béni l'engeance, la font. Fabl. I, <9. Quand de ces médisants [les poètes satiriques] l'engeance tout entière Irait la tête en bas rimer

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dans la rivièrs, boil. Sat. ne. De tous collatéraux l'engeance est trop maligne, regnard, le Légataire, v, 8. Il conclut qu'Ituriel avait de bonnes raisons pour détruire toute cette engeance , volt. Babouc. || Il se dit parfois même d'une seule personne. Ah! malheureuse engeance! apanage du diable! C'est toi qui m'as joué ce tour abominable, regnard. Folies amour, i, 2.

— JIEM. En Lorraine, on se sert très-souvent d'engeance dans le sens d'embarras : J'aurais des difficultés, des procès, ce serait une belle engeance, toute une engeance.

— HIST. xvi* s. L'affection que l'engendrant porta à sort engeance, mont, ii, «9. Ainsi choisi ce bestail, masie ou femelle, afin de le multiplier par engeance, 0. DE serres, 279. Qui désire avoir des grands moutons et brebis, n'en doit tirer l'engeance de bestail trop jeune, m. 317. De la deffiance vient la dissimulation, son engeance, charron, Sagesse , p. 400, dans LACtiRNE.

— ÉTYM. Enger.

t ENGEANCER (an-jan-sé. Le c prend une cédille devant o et o .• nous engeançons), v. a. Tertne familier. Embarrasser de quelqu'un comme d'une mauvaise engeance. Qui nous a engeances de ces gens-là? Il S'engeancer, «. réfl. Être engeance. Je ne veux qu'il soit dit dans le monde qu'une fille de la connaissance de Lisette se soit engeancée d'un robin, DANCODRT, Renaudet Armide, se. 3.

HIST. XVI* s. Elle reproduira par après des

foins, six fois plus qu'elle ne faisoit auparavant, moiennant la culture et s'estre engeance de jeunes et franches semences, o. de serres, 72. Quant aux autres bestes, ne faut que cultiver le fonds de la vigne, pour, en rompant leurs nids, les destourner de s'engeancer, id. t99.

— ÉTYM. Engeance.

t ENGEIGNER (an-jè-gné), v. a. Tromper. Tel, comme dit Merlin, cuide [pense] engeiguer autrui. Qui souvent s'engeigne soi-même; J'ai regret que ce mot soit trop vieux aujourd'hui ; Il m'a toujours semblé d'une énergie extrême, la font. Fabl. IV, U.

— HIST. xii' S. Ah! Guene fel, com nous a engegniezl Roncisv. p. 60. Doucement sui engigniez et soupris [surpris]. Coud, xvii. || xm* s. On dit pieça que teus [tel] cuide autrui engignier, qui de cel meismes engien ou de semblant est enginiés, h. de VALENC. xxiv. Il xiV s. En tant comme vous mectriez paine de enginier vostre confesseur, Ménagier, i, 3. Il XV* s. Ainsi advient-il de plusieurs; car tels cuident engigner ung autre, qui s'engignent eux mesmes. Le premier vol. de Merlin, qui est le premier de la table ronde, feuillet XLVii, réclame i, ij.

— ÉTYM. Norm. engignier; provenç. enginhar, engeingnar; anc. cat. engegnar; espagn. ingeniar; portug. engenhar; ital. ingegnare ; du latin ingeniare (on trouve ingeniatus , dans Plaute) , de ingenium, esprit (voy. engin).

I ENGELER (an-je-lé. La syllabe ge prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : j'engèle, j'engèlerai), v. a. Geler tout à fait. Leurs parties intérieures [des flocons de neige] se resserrent et se condensent, après que les extérieures sont tellement endurcies et engelées par le froid qu'elles ne les peuvent suivre, desc. Méléor. 6. || Familièrement. C'est un engelé, c'est un jeune homme qui ne se dégourdit pas.

— HIST. xm* s. X paines que la langhe n'engieloit en la bouche de cascun , H. db valenc. Et de froit en ce bois sui vilment engelée, Berte, xLvi. Il XV* s. Il avoit si fort gelé qu'on pouvoit bienvenir jusques aux murs sur les fossés tous engelés, froiss.

— ÊTYM. En t , et geler.

ENGELURE (an-je-lu-r'), s. f. Gonflement circonscrit, causant démangeaison et douleur, que le froid fait venir aux doigts des mains et des pieds et au talon. L'engelure est quelquefois accompagnée de crevasses.

— ÉTYM. Engeler; bourguign. anjaulure.

t ENGENDRABLE (an-jan-dra-bl') , adj. Qui peut être engendré.

— HIST. xiv* S. Car tousjours choses engendrables Engendreront choses semblables, la Rote, v.

— ÊTYM. Engendrer. Au xm* siècle, engendrable a la signification active, et signifie capable d'engendrer.

t ENGENDRANT, ANTE (an-jan-dran , dran-t'J, adj. Oui engendre, qui produit.

— HIST. xvi* s. Et suffit pour tout affranchissement [pour ôter Ig mauvais goût aux béliers] d'es-

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tordre les genitoires, puisqu 'avec la force engendrante s'esteint de mesme la chaleur qui en rend mauvaise la chair, o. deserres, 223.

t . ENGENDRE, ÉE (an-jan-dré, drée), port. passé d'engendrer t. || 1* Produit par la génération. On met par quand on nomme le père. Isaac engendré par Abraham. || On met à volonté de ou par en toute autre circonstance. Les jeunes chevaux engendrés de vieux étalons ou par de vieux étalons. || Par extension. C'est un sexe engendré pour damner tout le monde, mol. Êc. des maris, m, se. dern. || 2° Fig. Né de. Les théories engendrées par l'induction.

t 2. ENGENDRÉ, ÉE (an-jaii-dré, drée), part. passé d'engendrer 2. Qui a pour gendre. Que vous serez bien engendré! mol. Mal. im. il, 5.

t ENGENUREMENT (an-jan-dre-man), t. m. Action d'engendrer; résultat de cette action.

— HIST. xit* g. E David li psalmistes, qui nu» [nous] dit ensement : Ne vit aine [je ne vis onques, jamais] déguerpi nul qui vit lealment, Ne nului pain querantde sun engendrement. Th. te mart.n. Il XIV* s. Fièvres et douleurs sont faites environ les engendremens de porreture, H. de mondeville, f° 46. Il XVI* s. C'est un argument de la légèreté francoise, un engendrement de larmes aux parens, et affoiblissement des nerfs de l'Estat, lanole, I9U.

— ÉTYM. Engendrer i ; provenç. engenramcn; anc. espagn. engendramiento ; ital. ingeneramento.

t. ENGENDRER (an-jan-dré), v. a. || 1° Produire par voie de génération; se dit surtout, au propre, dans le style biblique ou dans le style didactique. Chaque animal engendre son semblable. Abraham engendra Isaac. || Absolument. 11 est du tempérament qu'il faut pour engendrer, mol. Mal. imag. Il, 6. Il Terme de théologie. Dieu le Père, qui est la première personne de la Trinité, engendre le Fils, qui est la personne engendrée. Nous savons que ce nom de Dieu, si mystérieux et si caché, est le nomade Père entendu en ce sens profond qui le fait concevoir dans l'éternité père d'un fils égal à lui; et que le nom de son fils est le nom de Verbe, Verbe qu'il engendre éternellement en se contemplant lui-même, qui est l'expression parfaite de la vérité, son image, son fils unique, l'éclat de sa clarté et l'empreinte de sa substance, Boss. Hist. II, 6. Il 2* Fig. Causer, occasionner, produire, donner lieu à. Le mauvais air engendre des épidémies. L'oisiveté engendre le vice. La familiarité engendre le mépris. Puis souvent la colère engendre de bons vers , Régnier , Sat. ii. L'abondance augmentait les forces et engendrait les divisions, d'ablancoubt. Tacite, liv. i, ch. I , dans BICHELET. Car enfin il arrive, ou souvent ou toujours. Que l'aise et le repos engendrent les amours, MAIB. Sophon. I, 4. Ce sont tous les sons qui peuvent être engendrés de cette harmonie, variés et combinés dans le mouvement qui caractérise chaque passion, condillac, Connaiss. hum. part, ii, sect. I, ch. 6. Il Ne pas engendrer de mélancolie ou la mélancolie, être d'un naturel gai, se livrer iiux divertissements. Il ne faut pas engendrer de mélancolie, il faut se tenir gai. Allons, morbleu! il ne faut point engendrer de mélancolie, wol. Me'd. m. l. 1,6. Il 3° Terme de géométrie. Produire, décrire, en se mouvant, une ligne, une courbe, etc. Le point qui engendre une cycloîde. || 4° S'engendrer, V. réfl. Être engendré. Les vers s'engendrent dans les cadavres. Ce poison s'engendre en Macédoine, VAUGELAS, Q. C. B85. Si je rapporte cette petite histoire de sa jeunesse, c'est pour monircr de combien peu s'engendrent quelquefois les aversions ou les inclinations qui nous dominent toute la vie, n'oLivET, Hist. de l'Acad. t. ii, p. 321.

— HIST. XII' s. Mar [à mal] fustes engendrez, Tionc. p. is. Il XIII* s. Onque de celle famé [il] ne put hoir engendrer, Berte, lU. Ou s'il est tel qu'il ne puet engendrier, cil qui est nez en sa meson, tôt le sachent li voisin, n'est pas sis fiz, Liv. de just. 68. Car se tretout li homme ensemble Soixante ans foïr les voloient [les femmes] , James hommes n'engenderroient, la Rose, 49785. Et si pot estre qu'il fu engenrés deus mois ou plus devant le mariage, BEAi'M. iviii, 2. Il XIV* s. L'estude de tel livre engendre et embat ou acroist, es cueurs de ceulx qui y entendent, affection et amour au bien publicque, OBESME, Eth. Prol. Science est engendrée par raison, iD. ib. 476. Il XV* s. Si s'en engendrèrent et nourrirent en Gascogne, pour ces besognes, plusieurs haines couvertes, dont plusieurs meschefs depuis en naquirent, froiss. ii, ii, 2. Par les grands coups qu'il donnoit à dextre et à senestre, il faisoit engendrer la fumée dont il estoit enclos, Perceforest, t. VI, f° 40. Ijxvi* s. Elle alla avec elle, por-

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tant un visaKe si pale et desfait, qu'elle estoit plus pour engendrer pitié que concupiscence, mabgue- BITE, Nouv. xui. Kt souvent avient qu'une querelle en engendre quatre, langue, 2*8. Des cendres d'un phoenix s'engendre, dict-on, un ver, mont, ii, ta. Le vice laisse, comme un ulcère en la chair, une repeiit.ince en l'ame, qui tousjours s'esgr.itiKne et s'ensanglante elle mesme; car la raison efface les aullres tristesses et douleurs, mais elle engendre celle de la repentanco, qui est plus griefve, d'autant qu'elle naist au dedans, ID. m, 2KB.

— f.TYM. Provenç. engmrar, engendrar; espagn. engendrât; ilal. ingcnerare; du latin ingenerare, lie t'n, et generare (voy. oÉNt-RATioN). L'ancien français avait, du latin l'n^ignere, le verbe engeindre, au parfait j'cngcnut.

t 2. ENGENDRER (an-jan-dré), t). a. Pourvoir d'un gendru. Ce beau-père futur craint bien qu'on ne l'engendre, th. coiin. le Charme de la voix, m, h. Il Prendre pour gendre. D. Furnand : Il m'attend comme gendre? — D. Gusman : Avec impatience. Et trouve tout en vous tellement à son gré Ou'il voudrait dfcs demain vous avoir engendré, ID. Galant doublé, I, ). Il S'engendrer, ». r(?/I. Se donner un gendre. Ma foi I je m'engendrais d'une belle manière, MOI.. VËt. n, 0.

— F.TYM. Kn ( , et gendre. ■»

t ENGENUUEUR (an-jan-dreur), s. m. Celui qui engendre. L'engendreur et l'engendré, volt. Dial. XXIX, 9.

— HIST. XVI* 8. Engendreur, cotgrave.

— ETYM. Engendrer 1 ; provenç. engcnraire au nominatif, enjcnrarfor au régime; espagn. enjcndradnr ; ital. ingeneralore.

KNGErtLKR (an-jiVlé), v. a. Voy. enjôler.

KNCEÔLEUR (an-j6leur), t. m. Voy. enjôleur.

ENGER (an-jé), ». a. || 1° Anciennement, pourvoir d'un plant, d'une herbe. Un tel m'a engé de ce plant, mais je n'en espère rien de bon, richklet. Oui a engé votre jardin de cette herbe? elle ne vaut rien, id. L'ambassadeur Nicot a engé la France de l'herbe nicotiane [tabac] , Dicl. de nicot. || î" Aujourd'hui, bien que vieilli et peu usité, ce mot signifie embarrasser d'une sotte ou d'une mauvaise engeance. Votre père se moque-t-il de vouloir vous enger de son avocat de Limoges? mol. Pourc. i, 3. Il les engea de petits Mazillons, Desquels on fitde petits moinillons, LA font. Maiet.

— HIST. xiii* s. Mais se m'amie a cuer changié, Ele m'a de mort aengié, Bt. et Jeh. v. 2529. D'un chapon atorné moût bel. De chieres herbes au cbaudel, Si cuidierent faire mengier; Malsains [il] ne s'en peut aengier, 16. v. 625. || xv s. Si tost comme Abel eust esté occis et eut receu mort soubz cest arbre, il perdit la belle couleur verte et devint on toutes choses vermeil, qui fut en remembrance du sainct sang qui dessoubz avoit esté respandu; ne de celuy ne pouvoit nul autre plusengier [croître], ains mouroienl toutes les plantes qu'on en faisoit, et à bien ne pouvoient venir, Lancelot du lac, t. m, f" (05, dans lacubne. || xvi' s. Pareillement fut aux femmes enjoint de porter de gros culs, et d'enger en toute sûreté sous iceux sans craindre le babil des sagts femmes, Sat. Hén. p. )'J8.

— êtym. Limousin, s'endîd, s'engendrer, en parlant de la vermine; sarde, angieri, faire des œufs, faire des petits. Mot obscur. Diez le tire du latin enecare, mettre à mort, détruire. Littéralement, la dérivation est exacte, enécare donnant enger, en portugais engar, presser vivement et en ennemi, comme tiindt'core, venger. Mais le sens présente beaucoup de difficulté : enger a deux sens : <° embarrasser {aengier est enger avec la préposition d); 2* croître, végéter, produire. De ces deux sens, le premier conviendrait peut-être à enecare; mais le second peut-il en provenir, même quand on admettrait que enger signifie toujuursproduiredes choses nuisibles: ce qui n'est pas dans nus exemples? Il serait plus facile de retourner les significations et de dire : enger signifie primitivement produire, puis figurèment embarras.ser par cette production même. Mais d'où tirer enger en ce iensf Ingignere , qui conviendrait pour le sens, ne convient en aucune façon pour la forme. Il y avait aussi un Eubslaiitif enge : ....Amis, se tu sçavcies Que c'est grand chose de loenge , Et corn prisie en est li enge. Plus chier l'auroies k avoir, FROiss. Buisson de jonesse. Et de fait, tant que l'enge des cordonniers soit faillie, jamais ils n'auront faute de telles reliques [le soulier de St Jean], calvin, <65. Enge signifie ici race; mot encore usité avec ce sens en Normandie : Des pigeons de la grande ou de la petite enge [espèce]. Enfin il y a encore un verbe ongier qui, va le cbangement

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non rare de on en en ou an, peut représenter enger : XII' s. Irons tornoier moi et vos; Ur ne devez vos pas longier, Mes )ns tornoiemens ongior, Et anpanre [entreprendre], et tôt fors giter [laisser tout le reste] , Cher, au lyon, v. 260t ; xiii' s. Ongier feme [avoir des rapports avec une femme), ale- BnANT. 0*27. Dans l'état actuel des connaissances, les difficultés restent inextricables, il a fallu se contenter de réunir tout ce qu'on sait des formes et des significations.

t ENGERBAGE (an-jèr-ba-j') , ». m. Action d'engerl)er Ifs blés qui sont en javelles.

ENGERBË, ÉE (an-jèr-bé, bée), porl. fxuii. Blés enperWs.

ENGERBER (an-jèr-bé^t). o. || 1" Mettre en gerbes. Il 2' Par extension. Entasser l'un sur l'autre, mettre en tas. Engerber des tonneaux de vin.

— RTYM. En 1, et gerbe.

ENGIN (an-jin), ». m. |{ l'Adresse, industrie, {j En ce sens il ne se dit plus que proverbialement : Mieux vaut engin que force. || 2* Instrument. La porte en était bas.se, et semblait un guichet Oui n'avait pour serrure autre engin qu'un crochet, bëgnier, Sat. XI. Un engin pour casser des noix, scahron, Kirj. v. Il Nom donné à toutes sortes de machines composées , surtout à celles qui servent à lever ou à tirer des fardeaux. || Machine placée dans le comble d'un moulin pour monter le blé. || Machine établie sur le chef d'une carrière pour en tirer les blocs d'ardoise. Il Engins de guerre, les machines dont on se servait avant l'emploi du canon. || 3° Piége. Un engin à prendre les rats, scarron, Virg. v. De là naîtront engins à vous envelopper, la font. Fabl. 1, 8. De qui les fripons savent faire Un engin pour prendre les sots, volt. Roide Prusse, 4t. || i4up(ur. Terme de chasse et do pèche. L'en.semble de ce qui sert k équiper un chasseur, un pêcheur. || Engins prohibés, sorte d'instruments de chasse ou de pêche défendus, parce qu'ils détruiraient trop de gibier ou de poisson. || 4° Terme de marine. Petit bâtiment de guerre mal construit et mal armé.

— HIST. XII* s. Par quel enzing porai vers lui aler? Jionc. p. 2. A vosengiens ses donjons abatuz, ib. p. H. Et quant de la besogne auront la fin oie, Tost auront perceû l'angin de félonie. Soi. xx. Ne porent l'apostolie [le pape] par engin deceveir; Il lur ad respundu cum huem de grant saveir: Tel poesté ne puet nuls chardenaus [nul cardinal) aveir. Th. le mort. 66. Bone est force, et engins mieux vaut; Là vaut engins où force faut, wace. Brut, 8263. Il XIII* s. Ou'il lor donroient navie [flotte) en bonne foi et sans mal engin, par laquele il pouroient bien aler en la terre de Surie. villeh. lix. Tôt cil qui sont d'engin et d'art Sont mes tuit apelé Renart, Ren. )07. Li morsiax qui fu en l'enging Fu de fromage de gaain; Et li laz estoit estendus Par dessus deus paissons [pieux] fendus, ib. <8380. Nicete [simple] fu [Jeunesse] , si ne pensoit Nul mal , ne nul engin qui soit, la Rose, 1272. La nuevisme vertu qui doit «stre en cheli [celui] qui s'entremet de baillie, si est que il ait en li soutil engieng et bastil de bien esploitier, beauh. 2e. En autre manière pot fere pesquier [pêcher] à toutes manières d'engiens qui sunt acoustumé à penre poissons, id. xxxviii, 4 8. Les copz [coups] des engins aus Sarrazins, joiNv. 220. || iiv* s. Aucun chante bien ou fait ymaiges ou aultres besognes sans art et sans doctrine par son engin qui est à ce naturellement enclin, obesme, Eth. Prol. Ne vous garantiront les murs ne les fossez. Ne grand pont-levëys, n'engins bien charpentez, Guescl- (8609. || xv* s. Ce mesme jour levèrent ceux de Valenciennes un très bel engin et bien jetant qui portoit les grosses pierres jusques dedans la ville et au chasteau, fhoiss. I, I, (36. Et la tierce pierre fut si bien appointée qu'elle ferit l'engin parmi la flescbe et la rompit en deux moitiés, id. i, 1, <36. Ceusdo l'ostleur jetoient et envoyoient par leurs engins chevaux morts et bestes mortes et puans pour eux empunaiser, id. i, I, H 5. Moy meue de désir d'accomplir son bon vouloir, selon l'estendue de mon foiblo engin, cnnLST. DK PiSAN, Charles Y, 1, 2. Est l'engin de l'enfant disposé à recepvoir telle discipline comme on lui veull bailler, lu. ib. L'hostel n'estoit pas si grand, ne si peu de lui hanté tout en dévotion, qu'il ne seust bien les engins [êtres], lolis xi, Nouv. xiv. Ils pensoient et nuit et jour par quelle façon et moyen ils se pourroient rencontrer, mais ils n'y savoient engin [ moyen ] trouver , id. t6. xlvi. Il xvr s. Après cestui troisiesine succéda. L'aagc d'airain, qui les deux excéda D'engin mauvais, nabot, IV. 4 8. Tout son engin, quant à la cognoissance de Dieu, est pure obscurité, calv. /n»l. 4»7.

Par cet artifice ils évitèrent le péril et acquirent louange, verifians ce vieux proverbe francois, qu'engin vaut mieux que force, lanoui, «57. Engins de baterie à tirer au loing, amyot, Timot. t». Il le meit entre les mains de Pelopidas, en le priant que, s'il cognoissoit qu'il leur eust fait quelque trahison ou aucun tour de mal engin, ilz fcissent de cet enfant comme d'un ennemy, id. Pilnp. 47.

— Etym. Horm. engin, ruse; provenç. engen,engein, engienh, engin; espagn. irigenio ; portug. engenho; ital. ingegno ; du lat. ingenium, de ingetiere, mettre dans ....de naissance, de t'n, en, et génère (voy. génération).

+ ENGI.ANTÉ, ÉE (an-glan-lé, tée), adj. Terme de blason. Chêne cnglanté, chêne portant des glands d'un autre émail que l'arbre.

— etym. En I, et gland.

ENGLOBÉ, ÉE(»n-glo-bé, bée), jiart. paui.ta serfs ont donc été justiciables, parce qu'ils se sont trouvés sur le territoire; et ils n'ont pas donné l'origine aux fiefs pour avoir été englobés dans le fief, hontesq. Etp. XXX, 20.

ENGLOBER (an-glo-bé), r. o. Réunir dans un seul tout. Englober un champ dans un domaine. Il a englobé le tout dans un article. Ouand les Romains joignent la Syrie à leur vaste domination et englobent le petit pays de la Judée dans leur empire, VOLT. Dict. phil. Hist. $ 2.

— HIST, XVI* s. Englober [devenir rond] , cotcbave.

— ETYM. En t . et globe.

ENGLOUTI, lE (an-glou-ti, tie), part, pattt d'engloutir. || 1* Avalé avec avidité. Un d'eux [poussins] s'étant écarté, notre malade le voit englouti par un chien avide ; elle accourt, elle lui arrache cet innocent animal, Bo.ss. Anne de Gonz. \\ i' AbsorW comme dans un goufl're. Assez dans ces sillons votre sang englouti A fait fumer le champ dont il était sorti, BAC. Phid. 11, 2. 11 se voit toujours englouti comme un atome imperceptible dans l'immensité de l'univers, nicole, Ess. de mor. *" traité, ch. 3. Dans le néant dont vous êtes sortis. Tous ont été comme vous engloutis, j. B. Bouss. Allég. 11, 4. Les générations humaines successivement englouties dans cet immense océan de l'éternité; et Dieu qui reste et qui les attend, uabhontel, Élém. de lill. t. VI, p. 36, dans pougens.

ENGLOUTIR (an-glou-tir) , v. a.\\l' Avaler avec avidité. Il engloutit les morceaux sans les mâcher. Dieu fit en même temps qu'il se trouva là un grand poisson qui engloutit Jonas; ildemeura trois jours et trois nuits dans le ventre de ce poisson , saci. Bible, Jonas, II, 4.||î" Fig. Absorber, s'emparer, saisir pour soi. Il vient, la bouche béante, engloutir tous mes trésors, vaugel. Q. C. v, 4. Ce grand empire qui a englouti tous les empires de l'univers, boss. Hist. III, 6. Sans cesse vous brillez de voir tousvoi parents Engloutir à la cour charges, dignités, rangs, boil. Sat. i. S'il engloutit à jamais l'héritage Dont la nature avait fait mon partage, volt. En(. prod. iv, 3. Elle était née dans le voisinage d'une grosse abbaye de cent mille livres de rente; son mari me demanda un jour pourquoi ces messieurs, qui étaient en petit nombre, avaient englouti tant de parts de quarante écus, id. VU. aux 40 «feus; Détenu père. Avant que les Romains eussent englouti toutes les républiques, il n'y avait presque point de rois nulle part, montesq. Esp. xi, 8. Son luxe insatiable [de Rome] engloutit les États; L'univers est sa proie et ne lui suffit pas, saubi». Spart, y, 6. Il 3*. Absorber comme dans un goufl're. Oui n'eût cru que cette tempête allait engloutir tout le Rouer-

gue?PATRU, Plaid. 7, dans richelet La mer

l'engloutit avec tout son fardeau, corn. Jf. dePomp, v, 3. Les flots ont englouti cet époux infidèle, bac. Phid. II, 4. Oue l'enfer engloutisse et vous et ma patrie, volt. Toiut.v, 6. Confiance, amitié, vertus, plaisirs, folâtres jeux, la terre a tout englouti, J. j. Bouss. Hél. VI, 4 3. Il Fig. Les Génois lurent engloutis dans le précipice que leur perfidie et leur avidité leur avaient creusé, baynal, //i»t. phil. 1, 44. Oui, dansces noirs cachots, dans ccsmuets abîmes,

Oii Venise engloutit le coupable et ses crimes

nucis, Othello, v, 4. Que restera-t-il d'elle [la vulgaire jeunesse)? à peine un souvenir; Le tombeau qui l'attend l'engloutit tout entière, lahart. Médit. l, 3. Eternité, néant, passé, sombres abîmes, Oue faites-vous des jours que vous engloutissez? id. ib. I. 13. Il 4* Dissiper, dévorer. U a englouti en peu de tenrps- celte riche succession. || B* S'engloutir, r. rifl. Se perdre dans un goufl're. Hcrculanum s'engloutit sous des flots de lave. Cette foule de régions, d'F.tats dont les conquêtes des Assyriens, des Mèdes, des Perses, en s'engioutissant successivement

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les unes les autres, avaient formé ce grand corps (l'empire d'Alexandre], tuhgot, î' dise, en Sorbonne. Partageant le destin du corps qui la recèle, Dans la nuit du tombeau l'ime s'engloulil-elle? la- MART. Mi^dit. I, 6.

— REM. Molière a dit engloutir le cœur, pour soulever le cœur : Pouah! vous m'engloutissez le cœur, G. Dandin, m, 11. C'est un archaïsme; engloutir a eu le sens de avoir le hoquet; voy. l'historique.

— HIST. XI" s. Si li requerent conseil d'icele cose Qu'il uni oît, ki mult les descoiiforlet; Ne guardent l'ure [l'heure] que terre nés anglutet, St Alexis, Lxi. Il XII' s. X moult grans trais le fort vin englotir, Bat. d'Aleschans, v. 4651. ||xiii*s. Issi tozvivenzles engloutira enfers en l'ire dame Dieu, Psautier, f°6fl. Hé, Diex! que feras- tu de cest clielis dolent. De qui l'ame en ira en enfer le boillant. Et li maufez [les diables] l'iront à leur piez défoulant: Ahi ! terre, quaroevre [ouvre-toi], si me va engloutant, BUTEB. II, 95. Car il ne cuident pas morir, Ne dedenz la terre porrir; Mes si feront. Que jà garde ne s'i prendront, Que tel niorsel engloutiront (ils avaleront tel morceau], Qui leur nuira. Que la lasse

d'ame en ira Kn enfer, id. ii, 2 Un serpent si

merveilleux Qui veut tout le monde engloutir, Unicorne et serpent. \\ xv s. Ils sont venus engloutir cestui très noble et très chrestien royaume, o. chastel. Chron. Proesme. ||xvi' s. Terre engloutist mes gens mors misérables. L'air corrompu me vomist ses poisons, J. mabot, v, ST.Quin'aveu [un joueur] mascher et engloutir [avaler] les chartes [cartes], pour avoir où se venger de la perte de son argent? MONT. 1, 22. Engloutir [avoir le hoquet], nicqt et

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