BOB. ESTIENNE
— ÉTYM. En t , et le radical de glouton (voy. ce mot) ; provenç. englotir; anc. espagn. englutir; ital. inghiottire. L'ancienne conjugaison d'engloutir était comme celle de partir : englute , au subjonctif, engloutant, au participe présent; c'est-à-dire que la finale ir représente la finale latine ire et non iscere.
f ENGLOUTISSEMENT (an-glou-ti-se-man), t. m. Néologisme. Action d'engloutir; résultat de cette action. L'engloutissement d'une ville pendant un tremblement de terre, f
— ÉTYM. Engloutir,
f ENGLOUTISSEUR (an-glou-ti-seur) , «. m. Celui qui engloutit.
— HIST. XVI' s. Fournaise engloutisseuse, de la PORTE, Épiitiètes.
— tTYM. Engloutir.
ENGLUÉ, ÉÉ(an-glu-é, ée), part, passé. Enduit de glu. Des branches engluées. || Pris dans la glu. Un oiseau englué. || Fig. Pris comme dans de la glu. Il les en veut convaincre , et il les y laisse longtemps englués [dans des raisonnements], NICOLE, Essais , t. IX, p. 334, dans pougens. \\ Proverbe. La chevêche est engluée ,* c'est-à-dire les voleurs sont pris au piège.
t ENGLUEMENT (an-glu-man) , s. m. Action d'engluer; résultat de cette action. || 11 se dit des humeurs. Engluement des humeurs au haut du nez. Journal de la santé du roi [Louis XIV], p. 276. Il Terme rural. Composition destinée à recouvrir les plaies des arbres.
— HIST. xvi' s. Engluement, onniN, Dict.
— f.TYM. Engluer.
ENGLUER (an-glu-é), j'engluais, nous engluions, vous engluiez: que j'englue, que nous engluions, que vous engluiez, ti. a. || 1' Enduire de glu. Engluer des arbrisseaux pour prendre des oiseaux. Il 2° Prendre avec de la glu. Engluer des oiseaux. Il Fig. Prendre comme dans de la glu. Ces niaiseries futiles et spécieuses propres seulement à engluer quelques butors, gabr. naudé, Instr. sur les frères de ta Rosecroix, p. 90, dans pougens. Ces louanges étaient belles et bonnes, mais je n'étais pas assez sot pour m'en laisser engluer, st-sim. 4(i6, (I7. Il 3° S'engluer, v. réfl. Etre pris à la glu. Cet oiseau s'est englué. || S'épaissir commode la glu. Ces restes [d'humeurs] s'étaiit épaissis et englués autour de la gorge, Jo^trnal de la santé du roi [Louis XIV], p. 276. Il Fig. S'engluer, être pris à quelque piège.
— HIST, xiii' s. Et par la giant force de lui et dou cheval se trouwella [pateaugea] il ens, en tel manière qu'il estoit avis as paysans qu'il fust anglués, Ckr.de Rains, 219. Jeo ai le laustic [rossignol] anglué, Pur qui vus avez tant veillé, marie, Laustic.
Il XIV' s. Engluyer, prendre o gluyz, du cange, xiscare. \\ xvi' s. Musequins minars [filles mignardes], Enrichis defardz, Plusieurs engluèrent, j. ma-
ROT, V, Oo.
— ÉTYM. £n 1, el aJtt; proveuç. englutir, engludar:
t ENGLYPIIIQUE (an-gli-fi-k'), adj. Quia rapport à la gravure. Peu usité.
— ÉTYM. 'EYY>ùçeiv, de èv, en,etYXOç£iv, graver, t ENGOBAGE (an-go-ha-j'), s. m. Action d'en-
gober.
t ENGOBE (an-go-l)'), s. m. Mati&re terreuse dont les potiers recouvrent leur pâte pour en changer la couleur.
t ENGOBER (an-go-bé) , v. a. Appliquer un engobe.
— ÉTYM. Sans doute en l , et gober. En Normandie, on dit s'engober pour s'étouffer de nourriture.
t ENGOM.MAGE (an-go-ma-j') , s. m. Action d'engomraer. Engommage d'un tissu.
t ENGOMMER (ango-mé), v. a. Enduire de gomme. || Terme de potier. Couvrir les caseltesd'un émail très-chargé de plomb.
— ÉTYSI. En ) , et gommer.
ENGONCÉ, ÊE (an-gon-sé, sée), part, passé. Il 1° Qui est habillé de telle sorte qu'il parait avoir le cou enfoncé dans les épaules. Nos deux dames de France, bien engoncées, bienroides, bien massives, bien ignobles, bien maussades, bien plaquées de vermillon, diderot, SaJon dei765, ÛBue. t. xiii, p. 154, dans POUGENS. Mais comme vous êtes engoncée dans votre corset! picard, Petite rille, m, 8. Il 2° Qui a le cou enfoncé dans les épaules. Pour ma taille, on ne peut la trouver engoncée, th. corn. D. Bertr. de Cigarral, iv, i. Montagne n'était rien moins que beau ni jeune, bien fait, mais un peu gras, engoncé et fort rouge, st-sim. 63,159.
jENGONCEMENT (an-gon-se-man) , s. m. État d'une personne engoncée.
ENGONCER (an-gon-sé. Le c prend une cédille devant a ou o ; j'engonçai, nous engonçons), v. a. Faire paraître, en parlantd'un habit, le cou enfoncé dans les épaules Cet habit vous engonce. || S'engoncer, V. ré/l. Enfoncer le cou dans les épaules, ou s'habiller de façon à paraître engoncé. S'engoncer dans son habit, dans sa cravate.
— HIST. XVI" s. Engoncer [embarrasser], oudin, Dict.
— ÉTYM. En t , ei gond ; engoncer étant comparé à l'état d'une porte mise en ses gonds; portug. engonzo, gond; ital. gonxo, gond; espagn. gonce.
ENGORGÉ, ÉE (an-gor-jé, jée), part, passé. Il 1" Obstrué. Canaux engorgés par la vase.,.. Ces honnêtes enfants Qui de Savoie arrivent tous les ans. Et dont la main légèrement essuie Ces longs canaux engorgés par la suie, volt. Pauvre diable. Il Moulin engorgé, moulin qui ne travaille pas, parce que l'eau est trop haute. l| Canon engorgé, canon dont la lumière se trouve bouchée. || Fig, Léger d'étude et d'orgueil engorgé. Maître Houdart se croit un petit aigle, j. B. rouss. Ép. ii, 5. Il 2' Terme de médecine. Qui est le siège d'un engorgement. Tissus engorgés. || Jambe de cheval engorgée, jambe pleine d'humeurs. || 3° Drap engorgé, drap que le foulon n'a pas entièrement dégraissé. Il 4' Terme de construction. Moulure engorgée, moulure qui a perdu une partie de ses formes par la quantité de peinture qui a été mise dessus.
ENGORGEMENT (an-gor-je-man), s. m. \\ 1° Gêne d'écoulement par obstruction, dans un tuyau, dans un canal, || 2° Terme de médecine. Augmentation de volume et souvent de consistance, caractérisée par la présence d'une matière amorphe demi-solide ou liquide qui a exsudé. L'engorgement des glandes. Il Distension des vaisseaux ou des conduits excréteurs et intestinam, avec embarras à l'écoulement des matières qu'ils renferment. || 3° Fig. Gêne, embarras. Une seule affaire ne finissant point, il se faisait un engorgement qui arrêtait et perdait toutes les affaires par des lenteurs qui n'avaient point de fin, ST-siM. 394, 101. Il Engorgement des fiuances, embarras dans leur administration. || Se dit aussi de l'argent qui ne circule plus. L'engorgement de la circulation, le retrait absolu du numéraire, le discrédit, montesquiou. Rapport, 27 août 1790, p. 12. Il 4" Nœud qu'on rencontre dans le toit ou dans le sol des veines de charbon de terre.
— ÉTYM. Engorger; provenç. engorjamen ; ital. ingorgamento.
ENGORGER (an-gor-jé. Le g prend un e devant a ou 0 ; engorgeant, nous engorgeons), v. a. || 1° Obstruer un conduit, un passage. Les immondices ont engorgé cet égout. Le sang engorgeait les vaisseaux. La foule engorgeait le couloir. || 2° Remplir l'âme d'une pièce d'artifice. || 3" S'engorger, v. réfl. Etre engorgé. Ce havre, ce canal s'engorge. Quand le tuyau de la cheminée est trop étroit, la fumée, ne pouvant passer, s'engorge.
— HIST. XIII' s. Ains boive petit et sovent, Qu'il
ent;
n'aut [aille] les autres esmovant X dire que trop en engorge, la Rose, 13042, || xiv" Et aussy luy donne [au faucon] à mengier, tant qu'il ait engorgé, ilodus, f' Lxxx, verso. ||xv' s. Messire Jean de Ghistelles, de Hainault, cousin au comte de Flandre, y estoit [quand Bournesel raconta au roi Charles sa déconvenue en Flandre], qui cngorgeoit [écoutait en murmurant dans sa gorge| toutes les paroles du chevalier, froiss. ii, u, 46. |j xvi" s. 11 le suffoqua, l'engorgeant de quantité d'eau prinse trop à coup, mont, m, 248.
— ÉTYM. En 1 , et gorge; provenç. engorgar, engorjar; ital. ingorgare.
fENGORGEUR (an-gor-jeur) , ». m. Engorgeur de pigeons, celui qui, avec les lèvres, donne du grain aux pigeons.
ENGOUÉ. ÉE (an-gou-é, ée), part, passé. || l' Dont le gosier est obstrué. Engoué par des morceaux avalés gloutonnement. || 2° Fig, Saisi d'engouement, Mme de la Fayette vous a vue, elle me mande que vous causâtes fort ensemble, qu'elle est engouée de vous, c'est son mot, sÉv. Lett. 4 fèvr. 1685. Notre duchesse de Bourgogne, qui, malgré tout son mérite, est un peu trop engouée de la danse, des bals et des mascarades, maintenon, Lett. au D. de Noailles, 26 janv. 17U. L'âge no m'a pas guéri de ce défaut (s'éprendre d'une étude] , il ne l'a pas diminué; et, maintenant que j'écris ceci, me voilà, comme un vieux radoteur, engoué d'une autre étude inutile où je n'entends rien, i. i. bobss. Confess. v. ENGOUEMENT (an-gou-man), s. m. || 1° Embarras dans le gosier, {| 2° 'ferme de médecine. Obstruction d'un conduit ou d'une cavité quelconque par des matières accumulées, || Engouement d'une hernie, arrêt et accumulation des matières dans l'anse intestinale que contient le sac herniaire. || Terme de vétérinaire. Engouement du feuillet, accumulation de matières alimentaires durcies, entre les lames de cet estomac. Engouemeut du jabot, réplétion outrée de cette poche. || 3° Fig. Sentiments favorables et excessifs que l'on conçoit sans grande raison pour quelqu'un ou quelque chose. Son engouement pour cet ouvrage, pour cette personne est extrême. L'engouement du duc de Villeroy (pour le titre de maréchal] dura plusieurs années, st-simon, 5, 68. Approuvant, dédaignant, sans rechercher les motifs de mon engouement ou de mon dédain, M- DEBOT, Salon de 1766, OEuv. t. xiii, p. 3, dans pougens. Toute ma crainte, en voyant cet engouement et me sentant si peu d'agrément dans l'esprit pour le soutenir, était qu'il ne se changeât en dégoût, J. J, rouss, Conf. X. Son engouement outré pour ou contre toutes choses qui ne lui permettait de parler de rien qu'avec des convulsions, ID. ib. XI, Une pièce fugitive de Scarron prouve encore de quel engouement on peut être pour les chats, MONTCRiF, dans desfontaines. C'est beaucoup pour ce pays, où vous savez que le premier jour est pour l'engouement, le second pour la critique, et le troisième pour ^indifférence, lahaupe. Correspond, t, m, p. 361, "'Sans pougens. Elle ne juge plus d'après l'extérieur les phra.ses et les démonstrations; elle est guérie de l'engouement, M-" DE GENLIS, Adèle et Théod. t, m, lett, 68, p. 408, dans pougens. L'amour peut s'égarer dans ses premières affections et surtout par l'éducation ; il y puise des fantaisies et des engouements, BERN. de ST-p. Uarm. liv, vu, De l'amitié.
ENGOUER (en-gou-é), v. a. || 1" Obstruer le gosier. Ce canard avala un morceau trop gros qui l'engoua. Il 2° S'engouer, ti. réfl. Se causer un embarras dans le gosier. 11 s'engoue à force de manger avec gloutonnerie. Quand les petits enfants s'étoufTent à force de léler avidvment, on dit qu'ils s'engouent. S'engouer à force de crier, de boire, U ne mange pas, il dévore, El le fait tant avidement. Qu'il s'engoue ordinairement, scarr. Virg. m. Mme de Maintenon triompha froidement d'elle [Madame], la laissant s'engouer de parler, de pleurer et de lui prendre les mains, st-simon, 94, 238. Michau : Eh! mais, si je beuviemes? — Henri : C'est bien dit, car je m'engoue, collé. Partie de chasse, m, lO. || 3° Fig. Être pris d'engouement. Mais mon génie a toujours, je l'avoue, Fui ce faux air dont le bourgeois s'engoue, J. b. ko; ss. À U. de Breteuil, liv. I, Ép. Insensiblement je m'engouai de cette petite retraite, j, J. rouss. Conf. v. Vous avez encore un autre défaut, c'est de vous prévenir, et, comme on dit, de vous engouer à l'excès en faveur de certains ouvrages, d'alemu. Portr. de mie de l'Espinasse. IfAbsoluœent. Cet homme s'engoue facilement.
— HIST. xvi" S. Et mordoit goulûment comme un
homme en songeant Resve après la riande et «"en- Koue en mangeant, bonsabd, «**.
— ÊTYM. J?m , et le radical gav, qui se trouve dans gavion (voy. ce mot); Berry, agouer. Le passage du sens propre au sens figuré consiste en co que l'esprit est occupé par quelque chose comme le gosier par ce qui l'engoué; c'est une lésion, un mal de l'esprit comme du gosier; car l'engouement est considéré comme un travers.
ENGOUFFRÉ, ÉE (an-gou-fré, frée), part.paui. Il 1" Perdu dan» un gouffre. L'enfant tombe et est engouffré dans le torrent, volt. Zadig, 20. || Par extension, retiré dans un fond. Nous manquions tout à fait de fourrages, fort engouffrés entre les deuxcampset acculés au Rhin, st-simoi», 2», «3. lia* Oui se précipite comme dans un gouffre, en parlant des eaux et du vent. C'est.... du corbeau qui s'abat l'aigre croassement. Des autans engouffrés le truste sifflement, lamaht. Joc. m, tia.
ENGOUFFRER (S') (an-gou-fré) , v. réft. \\ f Tomber dans un gouffre. || Par extension, se retirer dans une profonde retraite. Voire Sainteté s'en ira. Toute réduite en sa pensée. S'engouffrer la tête baissée Dans quelque couvent réformé, scark. l'oés. div. Œuvr. t. VII, p. H3, dans poogens. || i" Il se dit des courants d'eau ou d'air qui pénètrent dans une sorte de gouffre. Le Rhône s'engouffre au lieu dit la Perte du Rhône, et re[)aralt un quart de lieue plus loin. Le vent s'engouffrait dans la cheminée. Dana ce moment, une montagne d'eau d'une effroyable grandeur s'engouffra entre l'île d'Ambre et
la côte, BEBN. LE ST-PIERBE, P. et F. p. t88. SoUS SOS
haillons où s'engouffre la bi.se, C'est du pain qu'elle attend de nous, bébano. Pou», femme. Les vents, en s'engouffrant sous ces vastes débris. En tirent des soupirs , des hurlements , des cris , lahabt. Méd. II, 20. Il Fig. Que de fortunes viennent s'engouffrer dans les jeux de boursel || 8" K. o. Engouffrer, faire tomber, faire disparaître dansun gouffre. Son ombre plane encor sur tant d'hommes sublimes Qu'Aboukirengouffradanssessanglantsabîmes, BAB- THÉLEMT.dans \e Dict.de bescherelle. || La forme active n'est pas donnée par l'Académie; mais rien n'empêche de s'en servir.
— msT. xvi* s. Dequoy donc vous proflte-il de vous engouffrer par vostre curiosité enragée en cest abyme? calv. Instit. 761. En combien de périls et dangiers nous allons engoulfer, par ung chemin estroict de 30 lieues de long, où.... cabl. iv, 24. N'est-il donc pas bien misérable, Celuy qui est insatiable D'amonceler l'or dessus l'or. Ou qui, soûlant son avarice, L'engoufre, o trop estrange vice. Dedans l'abisme dTun trésor? jacq. taiiubeau. Poésies, p. Me, dans lacubne. La vérité est engoufrée dans des profonds abysmes où la veua humaine ne poult pénétrer, mont, ii, 3)7.
— ÊTYM. i?n ) , et gouffre.
t ENGOUJURE (an-gou-ju-r'), *. f. Terme de marine. Sorte de rainure pratiquée en travers, sous les caisses des mits de hune et de perroquet, pour recevoir le braguet.
t ENGOULANT, ANTE (an-gou-Ian, lan-t'), adj. Terme de blason. Se dit d'un animal qui est représenté engloutissant dans sa gueule une pièce des armoiries.
ENGOULÉ, ÉE!(an-gou-lé, lée), part, fiasse. Il 1° Saisi par ime gueule. Le poussin engoulé par le chien. || 2° Terme de blason. Se dit des pièces dont les extrémités entrent dans des gueules d'animaux.
— lllST. XII' s. Là le desarment li prince et li chasé; De son bliaut ol l'erinin [l'hermine] engoulé [disposé autour do l'ouverture pour le passage du cou]; En nule terre n'ot plus bel desarmé, Raoul de Camb. 62. || xiu' s. S'ot vestu un rouge fustaingne. Mes que par leus ert detrouez; Entre le col ert engouiez D'une liste trestote blanche , Ren. 7622.
ENGOIJLKK (an-gou-lé), v. a. Saisir à pleine gueule. Ce chien engoulé tout ce qu'on lui jette.
— HIST. xiif 8. Kn cesie terre n'a mastin Oui me rescossil [m'ôtit) un pocin , Por que je l'eusse engolé, iien. 13013. Le bort du henap trop n'cngoule. Si comme font maintes norrices Qui.... la Rose, 43646. Car la douçor si fort les boule [trompe], Qu'il n'est nus [nul] qui tant en engoulé. Qu'il n'en vueiUe plus engouler, ib. flOls. || xvi' s. Ce lyon jetta sa griffe sur une fille aagée de douze ans ou environ, et l'aterra : ce fait, engoula sa teste, et avec les dents luy fist plusieurs playes, paré, vm, tt.
— ETY.M. Kn i , et goule, une des anciennes formes de gueule; provenç. engolir, engouller; espagn. engullir.
t ENGOULEVENT (an-gou-le-van) , *. m. Genre d'oiseaux dont l'espèce la plus commune est vulgai-
ENG
rement appelée crapaud volant (eaprimulgut europievt, L.).
— BTYM. Engouler, et vent; ainsi dit parce que cet oiseau a un bec qui s'ouvre énormément,
ENGOURDI, lE (an-gourdi, die), part, paité d'engourdir. || 1° Saisi d'engourdissement. Mains engourdies par le froid. Non, non, si sans le fer
ce bras est engourdi rotr. Hère, tnour. ui, 6.
Par de chastes baisers, dans son pieux transport. Il ranimait mon cœur engourdi par la mort, DUcis, Otcar, v, t. [Un aiglon] Dont l'œil aspire à sa sphère, Et qui rampe sur la terre Comme un reptile engourdi, lamart. Ilarm. n, fi. || Terme de marine. Navire engourdi, navire qui parait immobile au milieu d'une grosse mer. Peu usité. || Fig. N'avoir pas les mains engourdies, être habile à prendre, à voler. Vous me trouvez l'air d'un fripon qui n'aura pas les mains engourdies pour emporter l'argent d'une maison , mabivaux , Paysan parv. 2' partie. || 2* Fig. Un esprit engourdi. La composition en est pesante et engourdie, didebot, Salon de 1705, Œuv. t. xin, p. «t, dans pougens.
ENGOURDIR (an-gour-dir) , v. a. || i° Causer dans un membre une sorte de paralysie momentanée, incomplète. Le froid engourdit les membres. I.a torpille engourdit la main de ceux qui la touchent. On peut comparer les malheureuses productions de cette espèce à ces jours affligeants de l'hiver> où un brouillard épais , joint à une gelée pénétrante, semble à la fois engourdir et contrister tous les êtres vivants, d'alemb. Éloges, Crébillon. Je baise bien tendrement vos pattes, et si, je les exhorte à ne se laisser ni brûler, ni engourdir, m. Leit. à Voltaire, i5oct. 1776. || a» Fig. L'oisiveté engourdit l'esprit. Il se prenait à tout ce qui pouvait engourdir son impatience, hamilt. Gramm. il. Il 8« S'engourdir, ». réfl. Devenir engourdi. Le loir s'engourdit pendant l'hiver. Ses membres épuisés s'engourdissent et le cours du fleuve l'entraîne, FÉN. Tél. IV. Maintenant je m'engourdis avec la nature jusqu'à ce qu'elle renaisse, je ne vis plus, J. 3. Rouss. Lett. à UmedeSuxe, Corresp. t. vi, p. 142, dans pouGENS. {| Fig. Vous vous engourdissez dans le repos. On perd l'habitude de réfléchir comme celle de marcher; et l'âme s'engourdit et s'énarve comme le corps dans une stupide indolence, iiarmontel, Élém. litt. Œuv. t. VII, p. 416, dans pougens.
— HIST. XIII' s. Les pez out tortz [il eut les pieds torts], nerfs engurdis, Edouard le conf. v. 1937. Il xv* s. Et ne fussent lasches ne engourdelis. Mais fors, et preux, et à chiere hardie, eust. hesch. Poésies mss. f° 26, dans lacubne. || xvi* s. Bien est à présumer que Pharamond premièrement, puis son successeur Clodion, voyant l'empire en tel desordre, ne demeuroient ce temps pendant engourdis, pas- QUlEB, dans le Dict. de dochez.
— ÊTYM. En t , et gourd; provenç. engordir. ENGOURDISSEMENT (an-gour-di-se-man), s. m.
Il 1° Sorte de paralysie momentanée causée par le froid ou une autre cause, et qui est caractérisée par la pesanteur, la difficulté du mouvement et un fourmillement incommode. Avoir un engourdissement au bras. || 11 se dit aussi d'un état qui rend les facultés obtuses comme par un demi-sommeil. Un engourdissement total m'êta jusqu'à la faculté de parler et de penser. M"* de cenus, Adèle et Théod. t. Il, lett. 38, fi 364, dans pougens. || Il se dit enfin de l'état où tombent certains animaux hibernants. Il faut savoir gré à M. de Uuffon d'avoir recherché le premier la cause secrète de l'engourdissement de divers animaux, tels que la marmotte, le hérisson, le loir, la chauve-souris, bonnet, Contempl. nat. 12» part. ch. »l. || 2' Fig. Torpeur. L'engourdissement de l'esprit. Tirer quelqu'un de son engourdissement. On dit qu'il y eut d.ms tout ce mouvement un peu de l'engourdissement qui suit un long repos, ségub, Jlist. de Napol. ix, 2.
— ÊTYM. Engourdir.
\ 1. ENGRAIN (an-grin), *. m. Biseau qui, pratiqué à une meule, sert à engager dessous les matières qui doivent être broyées.
— ÊTYM. Voy. ENGRENER 2.
t 2. ENGRAIN (an-grin), ». m. Terme rural. Toute semence faite en céréales.
— HIST. xvi' s. L'achateur sera payé de ses airures [labourages], semences et engrains, s'il n'a les fruicts, Coust. génér. t. i, p. 1024
— ÊTYM. En 1 , et grain.
t ENGRAINEMENT (an-grè-ne-man) , ». m. Voy.
ENGBÈNEMENT.
t ENGRAINER (an-grè-né) , e. o. Voy. ewgreneb. ENGRAIS (an-gré; l't se lie : un an-gr£-z excellent) , ». m. Il 1* Pâture qu'on donne aux volailles
pour les engraisser. || Mettre k l'engrais, se dit deg bestiaux que l'on met dans les herliages pour qu'ils s'y engraissent. C'est ordinairement à l'ige de dix ans qu'on met les bneufs à l'engrais, bupp. Sauf. Il 2° Tout ce qui, déposé k la surface du soi et mêlé à la terre arable, augmente ou rétablit la fécondité, en lui fournissant les matières organiques ou minérales nécessaires à la végétation. Il soumit l'art des engrais à des principes fondés sur la saine physique, comdorcet, Duhamel. Rival de Duhamel, surprenez ses secrets; Connaissez, employez l'art fécond des engrais, delille, llom. des eh. ch. II. Il Engrais normal, fumier de ferme produit par une proportion de 3o chevaux, 3u bœufs ou vaches, 42 à 30 porcs, ainsi dit par Paycn et Boussingault, parce que ce fumier leur sert de type, et que, dans leurs recherches comparatives, ils fixent sa valeur ou ses effets à loo. || Engrais désinfecté, dit souvent aussi engrais humain, mélange d'excréments humains, de poudrette, avec le charbon ou avec le terreau carbonisé. || Engrais flamand, nom donné à la matière des fosses daisance mise en citerne et mélangée avec une certaine proportion d'eau qui en fait un engrais liquide. || Engrais verts, nom donné aux tiges, feuilles ou fanes des végétaux herbacés spécialement cultivés pour service de fumure, tels que lupin, colza, seigle, etc;on lescnfouit dans la terre, ils y pourrissent et la fertilisent. Il Engrais mixtes, engrais formés de substances minérales assimilables par les plantes, et de matières organiques.
— HIST. XVI' s. Les bceufsd'engrais [de boucherie], o. DR serbes, 297. Sans attendre que l'on les vinst hacher en pièces comme moutons, après que l'on les auroit longuement tenus en meue à l'engrès, AMTOT, Agis et Cléom. 6».
— ÊTYM. Voy. engraisser.
t ENGRAISSAGE (au-grè-sa-j'), ». m. Action d'engraisser les bestiaux. Peu usité.
— ÊTY'M. Engraisser.
f ENGRAISSANT, ANTE(an-grè-san, san-t"), adj. Qui engraisse. || Oui tache de graisse. La pommade est trop engraissante, sÉv. 230.
ENGRAISSÉ, ÉE (an-grè-sé, sée), part. paué. Il 1° Rendu gras. Cet enfant engraissé depuis que je ne l'ai vu. Ses troupeaux engraissés dans ces beaux pâturages, deliixe, Enéide, vin. || Par exteni^ion. Les mots pleins de l'onction divine opèrent secrètement; on s'en nourrit, l'âme enestrtigraissée, rtn. t.xviu, p. 439. Il Fig. Ces champs engraissés du sang de nos soldats. Il 2° Fig. Enrichi. J'estime autant Patru même dans l'indigence Qu'un commis engraissé des malheurs de la France, boil. Épit. v.
ENGRAISSEMENT (an-grèse-man) , ». m. || l'Action d'engraisser. L'engraissement des bestiaux. Il Éiat de celui qui engraisse. || 2" Synonyme d'engrais. Mettre des engraissements à la terre. Il ne faut que de légers engraissement», la ouintinte, t. i,dansBiCHEi.ET. || 8'Termedecharpenterie. Joindre du bois par engraissement, l'assembler à force, et de manière qu'il n'y reste aucun vide.
— HIST. ivi* s Et lesnourissoiton [les gladiateurs] avec cet engraissement, afin qu'ils achetassent leur graisse par leur mort, d'aub. Con^. li, 8. Et seront ces lieux assis en teste des prairies, afin que les engraissemens y vuident par les pluies, o. db sebres, 2t. Le trop de vieillesse résiste à l'engraissement des bœufs, 10. 296.
— ÊTYM. Jînffroftjer; provenç. engrayshament ; anc. cat. enç/ressament ; ital. ingrassamenlo.
ENGRAISSER (eiigrè-sé), r. a. \\ 1° Faire devenir gras. Engraisser des poulets , des cochons, des bestiaux. Il n'y en a que trop de ce caractère dans le siècle où nous sommes qui ne semblent vivre que pour nourrir et engraisser leur corps, boubd. 6' diin. après la Pcnt. Domin. t. m, p. il. Que faisons-nous, chrétiens, que faisons-nous autre chose, lorsque nous flattons notre corps, que d'accroître la proie de la mort, lui enrichir son butin, lui engraisser sa victime? BOss. Or. fun. du P. Bourgoing. Comme des victimes qu'on engraisse et qu'on orne de fleurs, mass. Myst. Soum. || t" Enduire d'un corps gras. Que l'huile du pécheur ne parfume et n'engraisse point ma tête, saci, Hible, psaume cxl, v. 5. || Souiller de graisse. Engraisser ses habits.. Aujourd'hui on dit plutôt graisser. || S'Engraisser des terres, leur donner do l'engrais. Oa troupeaux servent à engraisser les campagnes , FÉN. Tél. XIII. Ainsi les torrents engraissent les vallons de la substance des monugnes ravagées, HAY.NAL, Hist.phil. II, «. Il «• Fig. Rendre riche. N'imite point ces fous dont la sotte avarice Va de ses revenus engraisser la justice, boil. Épit. u.
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Ma peine et mon deuil Kiigraissent des tyrans l'insolence et l'orgueil, A. chén. 3». || 5° Terme de métallurgie. Engraisser le feu , donner au laitier plus de consistance. Il Terme de charpenterie. Engraisser l'arête d'une pièce de bois, l'élargir en diminuant la pointe. || Terme de poterie. Grossir la base de certaines pièces en y ajoutant des saillies, afin que la pièce puisse sortir du moule. || 6° Y. n. Devenir gras, prendre de l'embonpoint. 11 engraisse à vue d'œil. Il II engraisse de mal avoir, c'est-à-dire il se porte liien malgré les tribulations qu'il essuie. Il Eig. Il engraisse de malédictions, c'est-à-dire tout lui prospère malgré les malédictions qui s'élèvent contre lui. || Terme de construction. On dit qu'une pierre engraisse, quand elle fait, d'un côté, un angle bien ouvert. || 7° S'engraisser, v. réft. Devenir gras. Le porc à s'engraisser coûtera peu de son, i.A ?-ONT. Fabl. vu, fo. Les chanoines, vermeils et brillants de santé, S'engraissaient d'une longue et sainte oisiveté, boil. Lutrin, i. J'appris en cette occasion que les brebis s'engraissent d'autant plus qu'elles boivent davantage, bahthél. Anarch. ch. 69. Il Fig. S'enrichir. [Il] s'engraisse du travail et de la substance des pauvres, fléch. i, 35 Engraissetoi, mon fils, dusucdes malheureux, eoil. Sat. viii. Est-ce à un citoyen à s'engraisser des restes du sang d'un autre citoyen? volt. Louis XY, 42. Sousfermier des hôpitaux qui s'était engraissé en mettant les soldats blessés à la diète, id. VH. aux 40 icus. Entretien avec un chirurgien. || 8° S'épaissir, en parlant d'une liqueur. Cet emploi a vieilli. || Ce vin s'engraisse, il se gâte. On dit plutôt aujourd'hui : il devient gras. || Proverbe. L'œil du maître engraisse le cheval, c'est-à-dire quand le maître va voir souvent ses chevaux, les valets en prennent plus de soin; et fig. quand on surveille soi-même ses affaires, il n'y a pas de coulage, de dilapidation. || On ne saurait manier du beurre qu'on ne s'engraisse les doigts, c'est-à-dire on ne saurait manier beaucoup d'argent, sans qu'il endemeure dans les mains, entrer dans certaines affaires, sans y faire des profits.
— MST. XH* s. De celé chambre isseit à ure [heure] de mangier. Ne mie pur sun cors emplir ne encreissier. Mais pur ce qu'il yoleit sa maisnie haitier. Les povres fameilleus veeir e aaisier. Th. le mart. 102. Pur ço l'unt es crûtes [caveaux] enterré e mucié; Mais primes unt les dras e le cors tut cergié [fouillé]; Mais ne l'unt pas trové farsi ne encraissié. Mais de saintisme habit e vestu e chargié, ib. 465. ||xnf s. Tant m'ont mal fait et engigniez, Que il en sont tuit engraixiez, Psaumes en vers, dans Liber psalm. p. 27<. Cil qui de mal faire s'engressent, la Rose, 6482. Et que nus [nul] n'ait porcel dedens les murs, ne norisse ne encraisse plus de huit jors, tailliar. Recueil, p. 279. || xv s. Cil comte de Blois et sa femme n'estoient pas taillés ni proportionnés à engendrer jamais enfans; car, par bien boire et fort manger douces et délectables ■viandes , ils estoient malement fort engraissés, FROiss. m , IV , 26. Il xvr s. Les terres labourables s'engressent de telles pourritures, amïot, Marius, 37. Si vous n'estes en bon poinct.... Quelque jour engrosserez, marot, m, 222.
— ÊTYM. Picard encrassier; wallon, ècraht; namur. ècraucht; provenç. engraissar, engruaissar; anc. catal. engrassar; espagn. engrasar; portug. engraxar ; \\.Kl.ingrassare ;àn latin incrassare, de in, en , et crassus , gras.
î ENCRAISSEUR (an-grè-seur) , t. m. Celui qui engraisse des bestiaux.
— ÉTYM. Engraisser.
ENGRANGÉ, ÉE (an-gran-jé, jée), part, passé. Gerbes engrangées.
f ENGRANGEMENT (an-gran-je-man) , s. m. Action de serrer les blés dans la grange.
ENGRANGER (an-gran-jé. Le g prend un e devant o ou 0; j'engrangeai, engrangeons), v. a. Serrer dans une grange. Engranger une récolte. || Absolument. Le temps est très-beau, hâtez-vous d'engranger.
— HIST. XV* s. Et encore la nourrit celui qui la mère engrangea [logea] en l'absence de notre dit gentihomme, louis xi, Nouv. xxii.
— ÉTYM. En < , et grange.
t ENGRAULE (an-grô-l') , s. m. Nom de l'anchois.
\ ENGRAULIS (an-grô-lis'), s. m. Nom moderne du genre anchois, dans lequel on distingue l'engraulis vulgaire, connu sous le nom d'anchois, l'engraulis mélette, dit vulgairement mélette, mélet et nadelle,
LEGOARANT
ENGRAVÊ, ÉE (an-gra-vé, vée), part, passé. Il !• Arrêté par le sable dans un cours d'eau. Il jure comme tin marinier engravé. Les eaux [de la Loire]
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sont si basses, et je suis si souvent engravée que je regrette mon équipage qui ne s'arrête point et qui va son train, sév. 21 8. Une vestale met à flot un gros vaisseau engravé en le tirant avec sa ceinture, VOLT. Dict. phil. Histoire, a. || 1' Terme de chasse. Dont les ongles sont blessés par le sable. Chien engravé.
t ENGRAVÉE (an-gra-vée) , s. f. Terme de vétérinaire. Maladie du pied des didactyles : on l'observe sur les bœufs qui travaillent en des terrains durs, garnis de cailloux.
— ÊTYM. En 1, et grav, radical de grotrfer (voy. ce mot).
ENGRAVEMENT (an-gra-ve-man) , s. m. P" État d'un bateau, d'un train de bois engravé. || 2° Ensablement. Les dépenses.... dont le retard pourrait être préjudiciable, comme la réparation d'un pont, le déblai d'un engravement, cappeau, De la comp. des Alpines, etc. Aix, )8t7, p. <e6.
<. ENGRAVER (an-gra-vé), v. a. || 1° Engager une embarcation dans le sable, la vase. 112" Terme de marine. Engraver des futailles, les enfoncer dans le lest qui est à fond de cale. || Z' Ensabler. Lors d'une rupture du fossé de Crapone , qui emporta et engrava une terre ensemencée de blé, cappeau, de la comp. des Alpines, etc. Aix, 4817, p. <08. Il 4° V. n. La chaloupe engrava. {| 5° S'engraver, V. réfl. S'engager dans le sable. Notre bateau s'est engravé. Il y a trente lieues de Saumur à Nantes; nous avons résolu de les faire en deux jours, et d'arriver aujourd'hui à Nantes : dans ce dessein, nous allâmes hier deux heures de nuit; nous nous engravàmes, et nous demeurâmes à deux cents pas de notre hôtellerie sans pouvoir aborder, sÉv. 2<8.
— ÉTYM. En i , et le radical grav, qui est dans gravier (voy. ce mot); Berry, agraver; provenç. engravar.
+ 2. ENGRAVER (an-gra-vé), v. a. || 1° Graver sur. J'eusse engravé là-haut leur honte et votre gloire, RÉGNIER, Élég. i. Darius fit dresser un type de pierre et y fit engraver des lettres, p. l. cour. II, 200. Il 2° Terme de construction. Entailler le plomb d'une gouttière, d'une lucarne. || Clouer l'extrémité d'une bande de plomb sur une autre ou sur le pied d'un poteau.
— HlST. XVI' s. Gros jaspes verds engravez, et taillez en draoons, rab. Garg. i, ». Ces discours, nous ne les portions pas seulement en la bouche, mais engravez bien avant au tœur, momt. it, 327.
— ÉTYM. En < , et graver.
t ENGRAVURE (ân-gra-vu-r") , s. f. \\ 1° Résultatdel'aclion d'engraver, et, parextension, l'action elle-même. || 2° Terme de construction. Nappe de plomb employée à la couverture.
— HIST. XII' s. Maistres de [habile en] orfaverie, e de portraiture , e deengravure, e de altres enginz, Bois, 252. || xvi' s. Son poignant trait m'a gravé dans le coeur Les deux beaux noms de vous et vostre sœur; Et si avant s'est mise l'engraveure Que pour jamais y demeurer s'asseure, aïi. iahin, Poésies,
f 262, dans LACCRNE.
— ÉTYM. Engraver 2.
ENGRËLÉ, ÉE (an-grê-lé, lée), adj. Terme de blason. Il se dit de certaines pièces honorables de l'écu, qui sont à petites dents fort menues, dont les côtés s'arrondissent un peu; ce qui distingue engrêlé de dentelé. Il porte d'or à la croix engrêlée de gueules. Il porte de sable au chevron engrèlé d'argent.
— ÉTYM. En < , et grêle, s. f. ; les dentelures étant comparées à des grains de grêle, à cause que les côtés en sont arrondis.
t ENGRÊLER (an-grê-lé), v. a. Mettre une engrêhire à une dentelle.
ENGRËLCRE (an-grê-lu-r') , s. f. \\ V Terme de blason. Bordure engrêlée. || 2' Espèce de dentelle d'un demi -centimètre de largeur, formant un jour à dents aiguës rapprochées et égales, dont chaque pointe est maintenue par un fil qui fait le bord; elle sert en lingerie pour des jours, et aussi on la coud au bas des dentelles pour en faire le pied. || Nom des dents de passement (voy. dent). || Les modistes et les femmes prononcent engrelure.
— ÉTYM. Engrêlé.
ENGRENAGE (an-gre-na-j') , s. m. Disposition de roues qui s'engrènent. || Terme de marine. Arrimage d'une barrique, d'un boucaud, etc. dans un vide de la cale. Disposition de barriques analogue à celle des piles de boulets.
— ÉTYM. Engrener 2.
t ENGRENANT, ANTE(an-gre-nan, nan-f), adj. Qui engrène. Roue engrenante.
— ËTYH. Engrener 2.
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4. ENGRENÉ, ËE (an-gie-né, née), part, passé d'engrener 4. || 1' Garni de grain. Trémie engrenée. Il 2° Nourri de grain. Volailles engrenées.
2. ENGRENÉ, ÉE (an-gre-né, née), part, passé d'engrener 2. Des roues engrenées.
t 4. ENGRÈNEMENT (an-grè-ne-man), s. m.
Il 1' Action de mettre le blé daii! ,\ trémie du moulin. || 2° Action d'engrener des che > .» jx , de la volaille.
— ÉTYM. Engrener I.
t 2. ENGRÈNEMENT (an-grè-ne-man), s. m. Action d'engrener une roue. || Action de présenter le blé et sa paille à la machine à battre.
— ÉTYM. Engrener i.
4. ENGRENER (an-gre-né. La syllabe gre prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette ; j'engrène, j'engrènerai), v. a. \\ 1" Mettre du grain dans la trémie du moulin. || Fig. et absolument. Puisqu'il aengrené, c'est àlui à moudre, c'est-à-dire il faut qu'il achève ce qu'il a commencé. || 2° Fig. Commencer d'une certaine façon. Engrener une affaire. Engrener des relations. La chose fut mal engrenée et elle échoua. Il 3° Terme de commerce. Charger des marchandises sur un bateau qui n'est pas encore en état de partir. || 4° Engraisser avec du grain les bestiaux, la volaille, etc. || Au sens neutre, être mis au grain. Quand les jeunes chevaux ont ce qu'on appelle engrené, c'est-à-dire lorsqu'ils sont au grain et à la paille, BUFF. Cheval. \\ Proverbe. Oui bien engrène, bien finit.
— HIST. xni* s. Biles [les religieuses de Beaupré] poent morre [moudre] as moulins quittement sans moture et sans autre droiture tout chou [ce] que il convenra à le [la] souffisance de le [la] maison; et si ai octroiet as nonnains devant dictes que elles poent engrener sans nul contredit après le blet de celui que elles trouveront engrenet, tailuab. Recueil, p. 86. Il XVI' s. Prince, combien qu'on ait envye D'engrener quand le moulin meult, Si force et puissance dévie [manque] , Il ne faict pas ce tour qui vault, }. har. v, 333. En moulins banaux, qui premier vient, premier engraine, loïsel, 26?.
— ÉTYM. En 4 , et grain.
2. ENGRENER (angre-né. La syllabe gre prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'engrène, j'engrènerai). || 1° F. n. Terme de mécanique. Il se dit d'une roue dentée qui , en entrant dans une autre, la fait mouvoir. || 2° K. a. Présenter le blé avec sa paille à la machine a battre. || Absolument. Il engrène bien. || 8° Terme de marine. Arrimer en engrenage. Engrener des futailles. Engrener une pompe , y jeter de l'eau avant de la faire jouer. Dans le langage ordinaire on dit amorcer. || 4° Introduire le grès entre les surfaces de deux glaces disposées l'une sur l'autre. Il Prêler une seconde fois, et après l'avoir jauni, un ouvrage destiné à être doré, de manière que la surface en soit égale et polie. || 8° S'engrener, v. réfl. Se joindre par engrenure. Cette roue s'engrène sur celle-là. Ils s'engrènent en quelque façon les uns dans les autres comme les roues d'une montre, FONTEN. les Mondes, 6* sot'r. La différente découpure de leurs bords qui s'ajustent ensemble, qui s'engrènent mutuellement, MAiBAN, Éloges, Hunauld.
— ÉTYM. En 4 , et grain ; les dentelures de la roue étant comparées à des grains, comme, dans engrêlé, elles sont comparées à des grêlons; c'est au fond le même mot que engrener 4 . On a indiqué cran, en latin creno; mais le changement de c en g fait difficulté.
t ENGRENECR (an-gre-neur), ». m. Celui qui présente le blé avec sa paille à la machine à battre.
ENGRENURE (an-gre-nu-r'),s. f. \\ l" Position respective de deux roues qui s'engrènent. || 2° Terme d'anatomie. Mode d'union des os de la voûte du crâne à l'aide d'inégalités ou dentelures qui s'engrènent.
— ÉTYM. Engrener 2.
ENGRI (an-gri), s. m. Espèce de léopard du Congo. On trouve aussi engroi.
t ENGROI (an-groi), s. m. Voy. enghi.
t ENGROIS (an-grol) , s. m. Petit coin placé entre le manche et la tête des pointes et des pics de l'ardoisier.
ENGROSSER (an-grô-sé), v. a. Terme libre et grossier. Rendre une femme grosse. N'a-t-il pas fallu que votre père ait engrossé votre mère? mol. Don Juan, m, 4.
— HIST. xiii* s. Mais aucuns pot [peut] biennaistre en tens de loial mariage , qui n'est pas loiax hoirs, si comme s'aucune femme grosse se marie à autre personne que celui qui l'engrossa hors mariage, BEAUM. xviii, 2. Il xiV s. Tant [il] garda Bauduin, le dansiel de jouvent. Qu'il engroissa sa fille et des autres granment, Beaud. de Stb. u, 483. j)xv' «•
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Quand Bernard ot entendu , «i lui engrossa U cœur en ventre, kroiss. ii, ii, ♦'■
— ÊTYM. En t, et grosse [femme]. Jfnff roM«r avait aussi le sens général de rendre gros : engrosser le cœur.
t ENOHOSSEUn (an-grô-seur) , s. m. Terme libre et grossier. Celui ^ui engrosse. C'est un engrosseur de serv.mles.
ENtiRDMKF.fi, ÉE (an-gru-me-lé, lée), part, passé. Mis en grumeaux. Du sang engrumelé.
ENGRUMELER (an-gru-me-lé. 1.7 sedouliloquand la sylliiho qui suit est muette: j'ciigrumelie, j'engrumellerai), v. a. Mettre en grumeaux. || S'cngruœeler, v. réjl. Se mettre en grumeaux. Ce lait s'engrumelle. || Kt avec ellipse du pronom. Cela fait engrumeler le sang.
— ÉTYM. Enf , et grumel, grumeau.
jENGUENILLÉ, ftE(an-ghenillé, liée, H mouillées), part, passé. Couverl de guenilles. || Fig. Tout le pliélins qu'on reproche à Brébeuf, Enguenillé des rimes du Pont-Neuf, J. B. Bouss. Ép. il, 1.
-\ ENGUENILLER (an-ghe-ni-Ué, Il mouillées), e. a. Couvrir de guenilles. || S'engueniUer, v. réfl. Se couvrir de guenilles. Harpagon s'engueiiillerail volontiers pour faire croire qu'il n'a pas le sou.
— ÉTYM. En t , et guenille.
f ENGUEULEMENT ( an-gheu-Ie-man ), i. m. Terme grossier. Actio.i d'engueuler.
t ENGUEULER (an-glieu-lé), v. o. Terme grossier. Dire des injures. || S'engueuler, v. réfl. Se dire réciproquement des injures, des mots grossiers, piquants. Ils se sont engueulés comme des crocheteurs. Dans le carnaval, des voitures de masques s'engueulent au grand plaisîr du public, applaudissant ceux qui ont la langue la mieux affilée.
— ÉTYM. En i , el gueule.
+ ENOUEULEUR, EUSE (an-gheu-leur, leù-z'), l.m.elf. Terme grossier.»Celui, celle qui engueule.
f ENGUEULLEMENT (an-gheu-le-man), s. m.
Terme de construction. Nom donné à deux entailles d'embrèvement dans leauel l'arbalétrier reçoit l'arête du poinçon, pebnot, Dict. du constructeur.
— ÉTYM. En < , et gueule, bouche, abouchement. Les deux II ne se justifient pas.
t ENGUEUSEU (an-gheu-zé) , ». o. Terme populaire et bas. Tromper, séduire par de belles paroles.
— ÉTYM. En t , et gueux.
t ENGUICHÉ, ÊE (sn-ghfc-ché, chée), adj. Terme de blason. Se dit des trompes et autres instruments de même espèce, dont l'embouchure est d'un autre émail que le corps.
— ÉTYM. En i ,el l'ancien français guiche, lien, bande, courroie, que Dira, avec doute, rattache à windien, mot germanique conservé dans des gloses; anc. h. allem. wtnitne, bande.
t ENGUICHURE (an-gbj-ehu-r'), ». f. Terme de vénerie. Nom des cordon» quKservent à porter un cor de chasse.
— IIIST. XVI* s. Quand il s« rencontrera dans une teste un andouiller fort court, ce qui peut faire entrer en doute s'il peut «stre compté, l'on doit en faire la preuve en prenant une trompe qui ait une enguichure que vous pendrez à cet andouiller; car, si elle y peut demeurer attachée, l'on le doit compter, salnove, Véner. p. 7< , dans lacurne.
— ÉTYM. Enguiché.
t ENGUIRLANDER (an-ghir-lan-dé), ». o. Garnir, décorer de guirlandes. Après l'avoir couronné et enguirlandé, si je l'ose dire avec Pind.ire, des festons de ses louanges florissantes, garasse, Rech. des recherches, p. fit , dans lacurne. La vue est arrêtée par une Ile couverte d'un bois d'ormes enguirlandés de lianes et de vigne vierge, chatbaub. Voy. Am&.*Oî.
— ÉTYM. En \ , et guirlande.
t ENUACIIÉ, ÉE (an-ha-ché, chée), adj. Terme d'arpentage. Parcelles enhachées, parcelles de terrains qui rentrent les unes dans les autres par une grande quantité d'angles.
— ÊTYM. £■« < , et hache.
t ENH.SME (ù-nô-m'), adj. Voy. EN&MB.
t ENUARUÉ, ÉE (an-har-dé, dée), ad;. Terme de chasse. Qui est en barde.
— IIIST. XIV s. Les chiens qui ne seront laissez courre au premier, seront enharilez par les couples à genoiv'res [genièvre], Modus, f. xlvii.
— ÉTYM. En I , et harde.
ENHARDI, lE (an-har-di , die), par», passé. Rendu hardi. Voilà sur quoi mon âme à l'espoir enhardie.... TH. CORN. Ariane, l, t. Par vous, par vos bienfaits k parler enhardie, volt. Fanât, i, s. D'une main sacrilège aux forfaits enhardie, id. Sémir. V, 2.
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ENHARDIR (an-har-dir), t>. a. || 1* Donner de la hardiesse, faire oser. Ce bon succès l'a enhardi. Ce discours favorable enhardira mes feux, corm. Illus. com. Il, 6. J'ai besoin de vous voir enhardir un amant, th. corn. Ariane, i, 4. J'y cours de ce pas même, et vous m'enhardissez, volt. Sémir. i, *. Républicains ingrats qu'enhardit ma clémence, lo. Jf. de César, l, 3. Allons parler au peuple, enhardir les timides, m. Bruttts, iv, 7. Quelque espoir cependant vient encor m'enhardir, Ducis, Othello, iv, 3. Votre longue indulgence A de nos chevaliers enhardi la licence, delav. Vêp. sic. ii, 2. || Ab^olument. Loin de faire valoir ses soins et ses peines, il en parlait avec une modestie qui enhardissait à le récompen.ser mal , fonten. Couplet. \\ Faire enhardir quelqu'un par, lui faire inspirer de la hardiesse. Voyez-vous comme Olhon saurait encor se taire. Si je ne l'avais fait enhardir par mon frère? cobn. Oth. m, I. Il 1° S'enhardir, v. réfl. Devenir hardi, oser. Je ne l'ai pas traduit si fidèlement, que je ne me sois enhardi plus d'une fois à étendre ou resserrer ses pensées, corr. Poëme sur les vict. du roi, au leC' leur. Thésée applaudi X l'infidélité par là s'est enhardi, TH. corn. Ariane, m, t. Le zèle s'enhardit, l'amour devient furie, volt. Oreste, v, 7.
— REM. 1. On dit le plus ordinairement enhardir à avec un verbe à l'infinitif; mais on trouve aussi cnhardirde, qui est ancien, et n'a rien d'incorrect. Il 2. Vaugelas a dit : « Enhardir est un mot usité de beaucoup, non pas certes des bons auteurs, ni de ceux qui font profession de la pureté de la langue. Il est vrai que nouvellement un de nos écrivains a pris la hardiesse, ou, pour parler comme lui, s'est enhardi d'en user; mais il ne faut pas l'imiter. » Ainsi qu'on le voit. Corneille était de ceux qui usaient de ce mot, lequel, heureusement, l'a emporté.
— HIST. XII* s. E si lor recorda les batailles que ilavoit jà faites, e ensi lor cuers enhardi , Machab. II, 15. Del saint encens porter el temple s'enhardi, Deus s'en ert [était] cureciez, de liepre le feri, Th. le mort. 74. Il xiu* s. [La dame] Douce doit cstre et debonere. Tant que cil soit si enhardis Qu'il soit de H amer espris. Lai du conseil. || xiv* s. Mais garde bien, surtout ne t'enhardi k faire chose 'où il ait villenie, uachaut, f. fi. Mes par bone espérance d'y aler s'enardit, Girart de Ross. v. 57B0. L'esprevier se resjoîst et enhardist quant il est tousjours
au des.sus, Ménagier, ui, i. || xv s Oui s'en-
hardissoient d'entreprendre, comm. m, 12. ||xvi* s. Le seigneur de Monique, qui estoit en la mesièe, enhardioit ses gens, en donnant à tour de bras, JRAN d'auton, Annales de Louis XII, tS08-(607,
dans LACURNE.
— ÉTYM. En 1 , et hardi; provenç. enhardir.
t ENHARDISSEMENT (an-har-di-se-man), ». m. Action d'enhardir, de s'enhardir.
— HiST. XV* s. Le roy Denis, fils au roy damp Pierre de Portugal, estoit entré en la possession et héritage du royaume de Portugal, par le fait etenhardissement seulement de quatre cités et villes, FRoiss. liv. m, p. 81 , dans lacurne.
— ÊTYM. Enhardir.
t ENHARMONIE (è-nar-mo-nie), ». f. || 1* Terme de musique ancienne. Passage qui procédait par des quarts de ton consécutifs. {| 2" Terme de musique moderne. Passage où le même son est désigné par deux notes différentes, comme ut dièse et ré bémol, mi dièse et fa naturel.
— ÉTYM. Voy. ENHARMONIQUE.
ENHARMONIQUE (è-nar-mo-ni-k'), ad;, jj l'Terme de musique ancienne. Le genre enharmonique, ou, substantivement, l'enharmonique, était une façon particulière de diviser la quarte , ou l'espace de deux tons et demi, en un quart de ton, un second quart de ton, et un diton ou tierce majeure. || Par extension. L'habitude perpétuelle de regarder les objets éloignés et voisins, d'en mesurer l'intervalle par la vue, a établi dans notre organe une échelle enharmonique de tons, de semi-tons, de quarts de tons tout autrement étendue et tout aussi rigoureuse que celle de la musique pour l'oreille, diokr. Pensées sur la peint. Œuv. t. xv, p. ïlfi, dans pouoENS. Il 8° Terme de musique moderne. Manière d'écrire dans le genre chromatique, en désignant le même son successivement par deux notes différeates, comme sol dièse et la bémol, ut bémol et si naturel.
— - ÉTYM. 'Evop(iovixè«, deèv, en, etàpnovia, harmonie.
ENHARNACHÉ, ÉE (an-har-na-ché, chée), part. passé. Couvert du harnais. Et leurs chevaux enharnachés. De force rubans attachés, scarr. Kirj. v. Le roi Jean, vaincu, entra à Londres comme un vain-
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queur, sur un cheval blanc richement enharnaché, CHOISI, Hist. du mi Jean, chap. », dans richelkt. Il Familièrement. Le voilà bien enharnaché, plaisamment enharnaché, il est vêtu d'une manière ridicule.
t ENHARNACHEMENT (an-har-na-che-man), ».
m. Action d'enharnacher ; ce qui enharnaché ; harnois.
ENHARNACHER (an-har-na-ché), v. a. || 1* Mettre le harnais. Eiiharnacher.un cheval. || J- Habiller grotesquement. Vous moquez-vous du monde, de vous être fait enharnacherdela sorte 7 mol. lé Bourg. G. III, 3. Car en chasseur fameux j'étais enharnaché, ID. Princ.d'Élide, i, 2. || $• S'en harnacher, t'. réfl. Se vêtir grotesquement.
— HIST. xm* s. Teus [tel] espase n'est mie pour plaidier, mais pour lui enharneskier (préparer, muair], DU CANGE, hamascha.
— ÊTYM. En 4 , et harnacher.
t EN-HAUT (an-hô), loc. adv. Dans le haut. Qu'est ceci? Vous avez mis les fleur» en en-bas? — Vous ne m'aviez pas dit que vous les vouliez en en-haiil, mol. llourg. G. ii, B.
— ÉTYM. En i , et haut.
t ENHAYECR (an hè-ieur), ». m. Ouvrier qui pose les briques en haies pour les faire sécher.
— ÊTYM. En 4 , et haie.
ENHERBÊ, ÉE (an-nêr-bé), part, passé. Mis en herbe. Un terrain enherbé.
ENHERBER(an-nèr-bé, an prononcé comme dans antérieur), v. a. Mettre en herbe.
— HIST. XIV* s. Par très grant chault querez le» lièvres, Kt adoncques en la grant herbe. Près de l'eauve, souvent s'en herbe [se couche dans l'herbe], Tout pour estre plus freschement, gace de la bigke, ms. f° tio, dans lacurne.
— ÉTYM. En 4 , et herbe. Enherfter signifiait jadis empoisonner : Bien vous peûst encore ocire et enherber, Berte, xvii.
t ENHUCHÉ, ÉE (an-hu-ché, chée), adj. Terme de marine. Se dit d'un bâtiment dont les œuvre» mortes ont une élévation plus qu'ordinaire.
— ÉTYM. En 4, et hucher.
t ENHYDRE (è-ni-dr), adj. Terme d'histoire naturelle. Se dit d'un minéral qui renferme quelque» gouttes d'eau. |{ S. m. Genre de serpents. || S. (. Loutre marine d'Amérique. || Terme de botanique. Genre de synanthérées, dans lequel on distingue l'enhydre fluctuante (Cochinchine).
— ÉTYM. 'Evuêpoç, de év, en, et OSup, eau.
t ÉNIELLAGE (é-niè-la-j'), ». m. Terme rural. Action d'arracher les nielles.
— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et nielle, plante. ÊNI6.MATIQUE (é-ni-gma-li-k'), adj. |H* Qui
renferme une énigme, qui tient de l'énigme, dont le sens n'est pas clair. Discours énigmatique. Ensuite de cela, le roi fit venir d'Héliopolis trois personnages d'esprit subtil et savant en questions énigmatiques, la font. Yitd^Ésope. \\%° Fig. Un homme énigmatique, homme dont on ne connaît pas la position, dont on ne peut pénétrer les sentiments.
— HIST. xvi* s. Ai je pas veu en Platon ce divin mot, que nature n'est rien qu'une poésie ainigmalique? MONT, ii, 280.
— ÉTYM. Énigme.
ÉNIGMATIQIJEMENT (é-ni-gma-ti-ke-man), ado.
D'une manière énigmatique. lia parlé énigmatiquement.
— ÉTYM. Énigmatique, et le suffixe ment.
ÉNIGME (é-ni-gm'), ». /". || 1* Définition de choses en termes obscurs, mais qui, tous réunis, désignent exclusivement leur objet et sont donnés à deviner. La reine de Saba, ayant entendu i)arler de la grande réputation de Salomon, vint à Jérusalem pour en faire l'expérience par des énigmes, SACI, Bible, Paralip. ii, ix, 4. C'était un exercice entre les gens d'esprit, de se proposer des énigmes, comme nous voyons par les exemples de Salomon et de la reine de Saba, pleurï, jfaruri des Israil. tit. XV, 2' part. p. 48fi, dans podoens. Pour moi, j'aime terriblement les énigmes, mol. Préc. ridie. 40. Celui-ci, d'une énigme ayant trouvé le root, Se croit un grand génie et souvent n'est qu'un sot, B0URSAULT, Jffrc. gai. i, 4. C'est là [dans le Mercure galant] que l'énigme se pare. Met un masque mystérieux, Et, d'un voile mince et bizarre Embarrassant les curieux. Est toujours neuve et jamais rare, ciiauueu, Ép. d'Womi7ton, || Le mol do l'énigme, ce qui est à deviner dans une énigme. Noua avons vu tout Paris indigné de c« qu'une énigme du Mercure se trouvait n'avoir (>oint de mot, harhon- TKL, jfWm. Ji«. Œuvres, t. vu , p. «»o, dan» poucsns. Il Fig. et familièrement. Voilà 1« mot d«
ENI
l'énigme, c'est-à-dire voilà l'explication it ce qu'on ne comprenait pas. Le mot de l'énigme est, ce me semble, que la distribution des foruiiies dans la société est d'une inégalité monstrueuse, d'alemb. Lettre ou R. de Prusse, 3o avril t770. || î° Il se disait autrefois tie cerwins tableaux qu'on exposait dans les collèges pour que les écoliers exerçassent leur esprit à en deviner le sens caché. || 3° Par extension, tout ce qu'il n'est pas facile de comprendre, de deviner au premier abord. Vous trouverez que doux choses qui semblent incompatibles se rencontrent en moi, d'être banni et prisonnier en même temps; vous aurez de la peine, malemoiselle, à entendre cette énigme, si vous ne vous souvenez que j'ai accoutumé de parler un peu d'amour en toutes mes lettres, voit. Lett. 32. Leur bouche [des prédicateurs] sous l'énigme annonce le mystère; Mais [Dieu] tu nous en fais voir le sens le plus caché, corn. Imit. m, 2. Quelle énigme est ceci , madame? m. Olhon , il, 3. U [Platon] proteste de n'en jamais parler [de Dieu] qu'en énigme, de peur d'exposer mie si grande vérité à la moquerie, BOSS. Hist. il, 6. Nous ne voyons ici-bas qu'à travers un voile et comme en énigme, MASS. Carême, Temple. Son caractère est-il une énigmepourvous? LANOiE, Coquette, i, t. Un bâtiment d'ordre gothique est une espèce d'énigme pour l'œil qui le voit; et l'âme est embarrassée, comme quand on lui présente un poème obscur, MONTESQ. Gnût, Variété. Le physicien forme des hypothèses, les suit dans leurs conséquences , il les compare à l'énigme de la nature, il les essaye pour ainsi dire sur les faits, comme on vérifie un cachet en l'appliquant sur son empreinte, TunGOT, 2' dise, en Sorbonne. X vos desseins je ne puis rien comprendre. C'est une énigme, volt. Prude, iv, 3.
— REM. Le genre d'énigme a varié, et Massillon le faisait encore , conformément à l'étymologie , masculin : Ils sont un énigme inexplicable à euxmêmes, Petit car. Kalheur.
—HIST. xvi* s. Je n'entendz point , dist Panurge, cest énigme, hab. Pant. v, <. Je ne luy proposay jamais énigme si aysé qu'il sceust développer, mont, m, 68.
— ÊTYM. Alviyijia , de oiviaoeoOai , parler en énigmes, deaTvo;, discours, parole.
jÉNlLÈME (é-ni-lê-m'), s. m. L'une des trois membranes de l'ovule végétal; c'est la secondine correspondant au tegmen de la graine.
— ÉTYM. 'EvEDuipia, de h, en, et eiXeïv, rouler. ENIVRANT, ANTE (an-ni-vran, vran-t', an
prononcé comme dans antérieur), adj. \\ 1° Qui enivre. Boisson enivrant". || 2° Fig. Qui abuse, qui exalte, qui charme. Louanges enivrantes. La joie des sens, plus douce et plus enivrante que le vin, BOSS. Ilist. II, U. J'ai gotité de cette coupe enivrante qui donne le bonheur ou la mort, etael, Corinne, XV, t. Voir, c'est avoir; allons courir; Vie errante Est chose enivrante, bébang. Bohéin.
— HIST. xii* s. Tu encraissas en olie [huile] mun chef, e li miens calices euivranz mult clers est, Liber psalm. p. 28.
ENIVRÉ, ÉE (an-ni-vré , Trée, an prononcé comme dans antérieur), part, passé. \\ 1" Rendu ivre. Enivré par quelques coups d'un vin capiteux. Il Par extension. Un dragon enivré des plus mortels poisons, coiiN. ilédée, ii, 2. Enivré des douceurs de l'amour et du vin, ID. Pump. iv, t. Des poisons de l'erreur avec zèle enivré, volt. Fanât, i, >. Il 2° Qui éprouve une ivresse morale. Séjan était enivré de sa bonne fortune et des caresses de Livia, d'ablancourt. Tac. liv. iv, dans bichelet. [Vénus] Dont les yeux enivrés par des charmes puissants Attachaient au héros leurs regards languissants, LA FONT. Adonis. Cette ville enivrée du sang des martyrs, BOss. Ilist. m, 4. Un pédant enivré de sa vaine science, eoil. Sa(. iv. Néron de sa grandeur n'était point enivré, bac. Brit. i, i. Une femme mondaine enivrée de sa figure, mass. Car. Impén. Leurs esprits égarés [des Romains] Decegrandctiangement [l'établissement de la république] sont encore enivrés, volt. Brut, i, 4. Là Seide enivré du zèle de ta loi, id. Fanât, tii, 6. De l'encens des humains je vivais enivrée, ID. S(?inira);>. 11,7. Le cœur enflé d'orgueil et de haine enivré, id. Oreste, m, 6. Il II se dit avec de et un verbe à l'infinilif, pourvu que le verbe soit au sens neutre ou passif. Il entraîne ce peuple enivré d'être libre, legouvé, Épich. et Hér.v, t. Il Absolument. Mon âme enivrée Se remplitdu bonheurde s'en voiradorée, VOLT. Zaïre, i, t. ENIVRE.MENT (an-ni-vre-man, an prononcé comme dans antérieur), s. m. || 1" Etat de celui qui est enivré. L'enivrement par l'eau-do-vie. || 2° Fig. Etat d'ivrusse morale. L'enivrement des passions.
DICT. IlK Là LANai;E FKANl^AlSK.
ENI
Alors tout se croit libre; alors tout est en proie Au fol enivrement d'une indiscrète joie, volt. tf. de Ces. II, 4. Je souhaite qu'aucun revers ne vienne troubler cet enivrement de joie et d'amour-propre, M'" DEGENi.is, Théâtre d'éduc. l'Intrigante, ii, 4. Il Absolument. La passion de l'élude, ainsi que toutes les autres, a ses instants d'humeur et de dégoût comme ses moments do plaisir et d'enivrement, d'alemb. Apolog. de l'étude , Œuvr. t. iv, p. 208, dans pouGENS. Une femme qui , privée jusqu'à trente-cinq ans de tous les dons de la fortune, avait passé de la misère à l'opulence, de l'obscurité au plus haut degré de la faveur, sans avoir éprouvé un instant d'enivrement, M°* de genus, Urne de Maintenon, t. il, p. 106, dans pougens. — ÊTYM. Kniirer.
ENIVRER (an-ni-vré, an prononcé comme dans antérieur; quelques-uns disent é-ni-vré; mais celte prononciation est contre l'usage et fautive), v. a. Il !• Causer l'ivresse. Un verre de vin l'enivre. Du sommeil et du vin les vapeurs les enivrent, de- LiLLF., Enéide, ix.H Absolument. Certains vins enivrent très-vite. La fumée de tabac enivre. || Faire boire jusqu'à l'ivresse. Ses camarades l'enivrèrent. On les invita à monter sur les vaisseaux, on les enivra, on les mit aux fers, on leva l'ancre, et l'on tira le canon sur tout ce qui restait d'Indiens au rivage, RAVNAL,7/tsI. phi!. xvui,2t. Il 2° Fig. Faire pour ainsi dire boire ce qui cause une ivresse morale. Enivrer quelqu'un de louanges. Elle n'a point trouvé la pompe et la mollesse Dont la cour des 'l'arquins enivrasa jeunesse, voi.T. Brutus,i, 2. C'est moi qui, les regards attachés sur les siens, L'enivrai du poison de nos longs entretiens, ducis, Othello, m, B. || lise dit aussi des choses qui causent une ivresse morale. Sotte présomption, vous m'enivrez sans boire, ré- GNIER, Sat. XIV. Il est d'autres erreurs dont l'aimable poison D'un charme bien plus doux enivre la raison, BOIL. Sat. IV. Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré. Vit content de soi-même en un coin retiré, Que l'amour de ce rien qu'on nomme renommée N'a jamais enivré d'une vaine fumée I id. ÉpU. VI. Tu avais un peu négligé mes préceptes quand la trop grande prospérité enivra ton cœur, FÉN. Dial. des morts anc. xxiv. L'amour, la gloire, le génie Ont trop enivré mes beaux jours, DÉRANGER, M. Stuart. Il Absolument. La prospérité enivre. L'Amour alors près de nos mères, Faisant chorus, battait des mains, Rapprochait les cœurs et les verres, Knivrait avec tous les vins, béiiang. Trinquons. \\ 3° S'enivrer, V. réjl. Se mettre eu état d'ivresse. Ce malheureux s'enivre en .secret. Ayant bu du vin, il s'enivra, et parut nu dans sa tente, SACi, Bible, Genèse, IX, 2i. Il hante la taverne et souvent il s'enivre, la font. Fabl. xii, to. Le grand s'enivre de meilleur vin que l'homme du peuple: seule différence que la crapule laisse entre les conditions les plus disproportionnées, entre le seigneur et l'estafier, la bruy. ix. || Kig. L'homme faible et léger.... S'enivre de faveur comme on le fait de vin, TRISTAN, Panthée, lU, B. Je n'aima point à m'enivrer d'écriture, sÉv. 224. Je l'a' vu vers le temple où son hymen s'apprête S'enivrer en marchant du plaisir de la voir, rac. A7idr. v, 2. Rends-lui compte du sang dont tu t'es enivrée, id. Alhat. v, B. U s'enivre à vos yeux de l'encens des humains ,volt. Briif. III, 7. C'était [Julien] un avocat qui pouvait s'enivrer de sa cause, id. Philos, v, 4t3. Les femmes surtout s'enivrèrent et du livre et de l'auteur, j. J. Rouss. Conf. XI. L'imprudente Didon tendrement le caresse. Le tient sur ses genoux, entre ses bras le presse, S'enivre de sa vue,DELiLLE,£/icïde,i. Bien qu'il ait besoin d'un avenir indéfini, il s'enivre du présent, stael, Corinne, viii, 2. Enivrons-nous de poésie. Nos creurs n'en aimeront que mieux, BÉRANGER, les Sciencfs. || Familièrement. U s'enivre de son vin, c'est-à-dire il a trop bonne opinion de lui-même, il s'entête de ses propres idées.
— HIST. XII* s Servir as feluns... est ses
saetes de sanc juste enivrer. Th. le mart. 89. E oui cumanded à ses humes qu'il guetassent quant Amon fut enivrez, e, quant il leurdirreit, oceissentAmon, 7iois,p. 466. N'ai beu ne vin ne el [autre chose], par unt [parquoi] l'um se poisse enivrer, t6. 4. || xiii's. C'est [l'amourj lasoifqui tonsjours est ivre, ïvresce qui de soifs'enyvre, la Rose, i32i. Tropsuntàgrant meschief livré Cuer qui d'Amors sunt enivré, ib 46:10. Qui bien veut amor descrivre, Amors est et maie et bone ; Le plus mesurable enivre. Et le plus sage embricone [rend fou], Ilist. littér. delaFr.t xxiii, p. 763. Cist henas [coupe] est li galices [calice] à qui sainz esperiz [le Saint Esprit] ennivre ses feels de s'amor. Psautier, f" 30. |1 xiv* s. El la biaulé
ENJ
qui a mon cuer ravi , Et le plaisir enyvré de folour» Le dous regart qui me mist en erreur.... hachaut, p. 66. Qui s'eiiyvre, il se desnourrist. Car tout la foie se pourrist, j. brlyant, dans Ménagier, i. ii, p. (4. Il xvi' s. Vous n'oyez que cris, el d'eiifanls suppliciez, et de maistres enyvrez en leur cholere, mont. 1, 183. Ny le drap enyvré des eaux du Gobalin, RONS. 80t.
— ÊTYM. Provenç. enieurar, eniurar; du latin inebriare, de in, et ebrius, ivre.
t ENJABLER (an-ja-hlé), v. a. Mettre un fond à une futaille.
— ÉTYM. En 1 , et jable.
t ENJALER (an-ja-lé) , «. o. Terme do marine. Garnir une ancre de sonjas, pour faire tomber la pointe au fond, en contre-balançant le poids du fer.
— ÉTYlM. En 4 . et jas.
tENJALOUSER (an-ja-lou-zé), v. a. Rendre jaloux. Enfin si cet amant que vous enjalousez, scARn. Jod. duelliste, dans le roux, Dict. comique. || S'enjalouser, v. réfl. Devenir jaloux.
— HIST. XVI* S. Les cieux ne vous portent envie. Ores (|u'ils soient enjalousez De vos grâces.... loys le caron. Poésies, f" 64,dan3LACURNE. D'une mordante jalousie [il] Se bourelle la fantaisie, S'enjalousant de tous, jacq. tahureau. Poésies, p. 4 28, dans lacurne.
— ÊTYM. En t , et jaloux.
t ENJAMBADE (an-jan-ba-d'), s. f. Synonyme peu usitéd'enjambée.Etquipourraitd'uneenjambade La passer sans tomber dedans , Prendrait le ciel avec les dents, scarron, Virg. vi.
ENJAMBE, ÉE (an-jan-bé, bée), por{. passé. Il 1° Franchi en enjambant. Le fossé enjambé lestement. Il 2° Être haut enjambé, avoir les jambes fort longues.
ENJAMBÉE (an-jan-bée) , s. f. Pas le plus grand qu'on puisse faire en étendant les jambes. A tant fait par ses enjambées Qu'avec les bardes dérobées. Auprès d'Énée il s'est rendu, scarron, Virg. i. Dieu sait les enjambées qu'elle faisait pour s'en dépêtrer, hamilt. Hist. de Fleur d'épine, p. 78, édit. in-48, RENOUARD. Il fit douze pas quand l'autre faisait une enjambée, volt. Microm. 4. || Espace d'une enjambée. Ce fossé n'a qu'une enjambée.
— HIST. XIII* s. Et li enfes li dist : or dittes vo pensée; Mais ne vous aprociés de moy plaine angambée. Chevalier au Cygne, v. 4 9(9. |{ xvi* s. Faire de grandes enjambées, mont, i, 93.
— ÉTYM. Enjambé; Berry, ajambée, egambie, éjambée.
ENJAMBEMENT (an-jan-be-man), s. m. Terme de prosodie. L'état ou le défaut du vers qui enjambe sur le suivant. L'enjambement est surtout usité d.ins la poésie familière; ailleurs on ne l'emploie guère que pour produire un effet.
— ÊTYM. Enjamber.
ENJAMBER (an-jan-bé). || 1" V. a. Franchir avec les jambes seules, soit que l'on coure, que l'on marche ou que l'on saute. Enjamber deux marches à la fois. Il Fig. Enjamber se dit d'un homme qui saule par-dessus un degré, d'un écolier qui saute une classe. Enjamber un grade. Il a enjambé la .seconde, et de la troisième il a passé en rhétorique. Il 2* V. n. Il ne faut qu'enjamber pour passer le ruisseau. || 3° Marcher à grands pas. Voyez comme il enjambe. || 4° Terme d'architecture. Il se dit d'une poutre qui se prolonge sur une autre. || 5° Terme de prosodie. On dit qu'un vers enjambe sur un autre quand, le sens n'étant paf fini, il faut rejeter sur le vers suivant un ou dei^ mots qui en rompent la cadence, comme dans ce vers de Racine : Mais j'aperçois venir madame la comtesse De Pimbe.sche....Piatd. I, 8. Les vers de Ronsard et des poêles contemporains enjam'uaient souvent les uns sur les autres; Malherbe corrigea ce défaut. Enfla Malherbe vint.... Et le vers sur le vers n'osa plus enjamber, BOIL. Àrtpoct, i. Ce qui ne laisse pas d'êtra une énigme pour nous, et ce qui nous semble une négligence inexprimable dans un poète aussi attentif et aussi habile qu'Horace à donner à ses vers lyriques tous les charmes de l'harmonie, c'est de voir, même dans les odes qu'il a divisées en quatrains, le sens enjamber à tout moment d'une strophe à l'autre sans qu'il ait cru devoir se donner aucun soin da les couper par des repos, marmontel, Ëlém. litt. CEuvres, t. x, p. 484, dans pougens. De lourds alexandrins l'un sur l'autre enjambant Comme des écoliers qui sortent de leur banc, v. hi'GO, Koi> int. 22. Il 6° Familièrement. Empiéter. Il a erajambé sur l'hérilaga de son voisin. La liberté d'écrire enjambe sur la licence par l'excessive indulgence des magistrats, p. l. corn. II, ■-'-
ENJ
— HIST. xiv a. 11 ont tout l'estalu depecté et r«us.<i6, Et ont sur les François si avant enjambé Qu'il ont versouli mespris, Guescl. v. 20962. || xvs. Pour elles plu» hasierà venir, chevauciierent «rand espace, enjambées sur chevaux trottants, monstbei,. liv. I, ch. M4. S'il avientque aucun ou aucune engambe par dessus un petit enfant, sacliiez que jamais plus ne croistra, se cellui ou celle mesmes ne rcngambe au contraire et retourne par dessus, Éiangilet des quenouilles, i" journée, ch. 24. || xvi' s. Kt ne me servit cette mienne inaccousluniée institution, que de me faire enjamber d'arriver aux premières classes, MONT. I, (96. Usentreprinrentd'enjaml)er jusques sur l'Asie, et subjuguer.... ]D. i, 23(. Ce vieillard, ayant pris le temps que leschrestiensenjamboient en Afrique par les divisions des Afriquains, trouva moion.... d'aub. Hist. i, 34. J'ayesté d'opinion en ma jeunesse, que les vers qui enjambent l'un sur l'autre n'estoient pas bons en nostre poésie, hons. 686. Le millet sarrazin a la paille ronge, basenjambé, le tige branchu, le grain noir, 0. DE SERRES, 4 < 0. Le bélier sera choisi de gruntl corsage, hautement enjambé, beaucoup chargé de laine, id. 3I7. L'office de servent major ni de jnestre de camp gênerai ne se pouvoit bien exercer, qui ne se peut jamais bien faire à pied, quelque bien enjambé qu'il soit, braht. Cap. fr. t. iv, p. ne, dans lacurne.
— ÉTYM. En t , et jambe; Berry, ajamber, igamher, ijamber; bourpuig. egambai.
f ENJARRETÊ, ÉE(an-ja-re-té, tée), adj. Terme de manège. Oui a les pieds liés. Cheval enjarreté.
— ÊTYM. En I , et^arref.
ENJAVKLÉ, ÉE (an-ja-ve-Ié, lée), part, passé. Blés enjavelés.
ENJA VELER ( an-ja-ve-lé. La syllabe ve prend deux II, quand la syllabe qui suit est muette : j'enjavelle, j'enjavellerai), v. a. Terme d'agriculture. Mettre en javelle des moissons que l'on coupe.
— ETYM. En * , et javelle.
ENJEU (an-jeu), i. m. Argent qu'on met au jeu à chaque partie. Sage ou non, je paria encore; Ainsi fut fait; et de tous deux On mit près du but les enjeux, la font. Fabl. vi, <o. Les règles des probabilités sont en défaut lorsqu'elles proposent, pour trouver l'enjeu, de multiplier la somme espérée par la probabilité du cas qui doit faire gagner cette somme, d'ai-emb. Àb. de la crit. Œuvr. t. iv, p. 2»4. Il Fig. X cette loterie où la vie est l'enjeu Mon cœur passionné mettrait trop ou trop peu, la- HART. Joe. I, 42. Il Retirer son enjeu, se retirer à temps d'une mauvaise affaire.
— ETYM. En *, et jeu.
ENJOINDRE ( an-join-dr*. Se conjugue comme joindre), v. a. Commander expressément et avec autorité. On enjoignit à tous les officiers de rester à leur poste. On lui enjoint de répondre, patru. Plaid. 6 . dans nicuEi-ET. Mon frère , un père enjoint que je vous satisfasse, eotr. Vencesl. i, 2. || Par extension. Je sais bien en cela ce que l'honneur m'enjoint, BACAN, Berg. n, 6, Idalie. Kon devoir m'enjoindra de répondre de tous, rotr. Vencesl. m, 3. Ma seule dignité m'enjoignait ce refus, m. ib. v, ».
— HIST. XII* s. L'office d'apostoile [pape], qui de Dieu nous est enjoins, .... tailuar. Recueil, p. 600. Estre ensonpiet [inquiétés] des honors cui l'om lur enjoint. Job, p. 466. {| iiii's. Mes porDieu traiez vos plus prôs, Et si escoutez mes péchiez. Et penitance m'enjoingniez, Ren. 28642. ||iiv' s. La xt' rieulle [régie] est que nous devon enjoindre silence et repos au pacient, tant corn li sans court [qu'il y abémorrhagie], h. de mondeville, f" 39, verso. Mais bien vous fut enjoint, quand ce vint au livrer, Que, si li roi» Englois ne voloit acepter La paix si faitement qu'on l'ot fait ordener , Qu'au noble roi Char- Ion vous fauroit retourner, Guescl. 2)396. ||xvi« s. Tarchetius bailla les deux jumeaux à un nommé Teratius, luy enjoignant de les faire mourir, amïot, Rnm. 3. L'omoplate n'est point enjointe, mais plaquée seulement au derrière des costes de la poitrine, par£, xiii, b.
— ÉTYM. Prov. enjonger, enjunher; du latin \njungere, de tu, et jungere, joindre (voy. joindre).
ENJOINT, OINTE (an-join, join-t'j, part, passé d'enjoindre. Des formalités enjointes par la loi. Il nous est i tous deux expressément enjoint De l'envoyer h Rome et de n'y manquer point, mairet. Soj^on. V, 2.
t ENJOINTE, ÉB (an-join-té, tée), adj. Terme de fauconnerie. Oiseau court enjointe, oiseau qui a de courtes jambes.
— HIST. XVI* s. Les jambes grosses en ses ossenens, peu cV'.irgées de chair, mais fort nerveuses.
ENJ
droites et bas enjoinctées, faisans les joinctures grosses, 0. DE SERRES, 300.
— ÊTYM. ^'n 1 , et un dérivé de joint. ENJOlJÎ, f.E (an-jô-lé, lée), part, passé. Un paysan enjôlé par un fripon. Une (ille enjôlée.
t ENJOlement (an-j6-le-man), ». m. Action d'enjôler.
— HIST. xvi* 9. KngeoUement, oudin, Ditt.
— ETYM. Enjôler.
ENJOLER (anjô-lé),». a. Abuser par des manières ou paroles (laiteuses. Toutes les caresses qu'il vous fait ne sont que pour vous enjôler, mol. Bourg, gent. m, s. En un mot, il m'enjôla si bien par ses beaux discours que j'acceptai la proposition, lesaGE, Guim. d'Alfar. ii, 3. Je hais bien ces vilains bommes-là qui veulent enjôler les filles. M"* de oenus, Thédtre d'éduc. la Lingére, i, 2. || S'enjôler, v. réfl. S'enjôler l'un l'autre. Ils tâchent de s'enjôler.
— HIST. XIII* s. Dex l'emprisone et engaiole Plus que ne soit gais [geai] en gaiole [geôle, cage], nu CANGE, gato/a. ||xvi* s. Engauler, oudin, Dict.
— ETYM. Enjôler, c'est proprement mettre en cage; espagn. enjaular, mettre en cage ; de fn ( , et geôle qui a signifié une cage (voy. oeJJle).
ENJOLEUR, EUSE (an-jô-leur , leû-z'), *. m. et/'. Celui, celle qui enjôle. Que vous autres courtisans êtes des enjôleurs, mol. Don Juan, li, 2.
— HIST. XVI* s. Quatre engeoleurs qui ont grand creditaux esprits populaires, charron, Sajewe, i, 44.
— ÉTYM. Enjôler.
ENJOLIVÉ, ÊE (an-jo-li-vé, vée), part, passé. Rendu plus joli. Le sujet de Mérope [dans Lagrange] est enjolivé d'un amour très-bien tourné, voi.t. Lett. Prusse, 40. Au petit monstre enjolivé L'amour fait construire une niche, Bernard, Poét. div. Procès du fard.
ENJOLIVEMENT (an-jo-li-ve-man) , î. m. Action d'enjoliver; ce qui rend une chose plus jolie. C'est un enjolivement. Ajouter , faire des enjolivements.
— ÉTYJi. Enjoliver.
ENJOLIVER (an-jo-li-vé), v. a. Rendre quelque chose plus joli. On a fort enjolivé cet ouvrage. Ils attifent leurs mots, enjolivent leur phrase, Régnier, Sal. IX. Un avis d'importance qui doit enjoliver votre Mercure, boubsadlt, Merc. gal.n,l. Thomas est en travail d'un gros poème épique ; Marmontel enjolive un roman poétique, GILB. Le 18* «.Vois-le [ce roi] d'un masque enjoliver sa haine, Pour étouffer notre gloire et nos lois, bérano. Octavie. || S'enjoliver, V. réfl. Devenir plus joli. Ce tissu s'enjolivait sous ses doigts.
— ÉTYM. En t , et joli. En composition, ;'oIia pris un V, parce que la forme ancienne est jolif.
ENJOLIVEUR (an-jo-li-veur),». m. Celui qui aime à enjoliver. C'est un enjoliveur sans goût.
— ÊTYM. Enjoliver.
ENJOLIVURE (an-jo-li-vu-r'), ». f. Ornement fait à de petits ouvrages. Faire mettre des enjolivures à une bourse.
—ÊTYM. Enjoliver.
fENJONCIlER (an-jon-ché), v. a. Couvrir de jonc et, en géi;éral, do feuillage ou de fleurs. Chemin enjonché de roses. || Joncher. Oii la guerre.... De Turcs et de turbans enjonché la campagne, béonier, Éptt. 1.
— HIST. XIII* s. Quant no baron l'entendent, hardemens leur monta; Dont commence li chaples et deçà et de là. Des mors et des navrés tos li vaux enjonça, Ch. d'Ant. i, 64i.
— ÉTYM. En i, et jonc ; provenç. enjoncar.
ENJOUÉ, ÉE (an-jou-é, ée), adj. Quia de l'enjouement; où il y a de l'enjouement. Un homme enjoué. Style enjoué. Son esprit enjoué ne s'ébranle de rien, conN. Agésil. ii,6. Le cinquième acte est trop sérieux pour une pièce si enjouée, ID. Ex. de la Suite du Menteur. Ce jour-là on joua le Dom Japhet, ouvrage de théâtre aussi enjoué que celui qui l'a fait a sujet de l'être peu, 6CABR0N, Rom. corn. Il, <7. Ma chère, c'est le caractère enjoué, mol. Préc. lo.Uacchus, le plus enjoué de tous les dieux, avait des autels, parce qu'on s'abandonnait et qu'on sacrifiait pour ainsi dire à la joie des sens plus douce et plus enivrante que le vin, Boss. Uist. II, 11. Quand vous serez descendue de ce degré éminent, nous recevrons sans doute des lettres plus enjouées, maintenon, Lett. à Mme de Clapion, S) juillet (7i2. Il est enjoué, grand rieur, impatient, présomptueux, colère, libertin, politique, mystérieux sur les affaires du temps; il se croit des talents et de l'esprit : il est riche, lk brut. vi. Elle était plus jolie et plus enjouée ce jour-là qu'elle ne l'avait été de sa vie, iiamilt. Cramm. 4. Enjoué avec ceux qui étaient d'une humeur enjouée , rtn.Tél. xvt.
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— REM. On a dit que le mot enjoué avait été c éé par Montaigne; mais on peut voir qu'il est plus ancien, se trouvant déjà dans Amyot,
— HIST. xvi* ». L'ane le regarda d'une façon toute guaye et enjouée.... puis, se prenant à braire fort haull et à sauller et regiberau long de luy, ahyot, Marius, 09. Il n'est rien plus gay, plus gaillard, plus enjoué [que la philosophie], mont, i, <76. Un ouvrage plus gaillard et plus enjoué, id. i, 2»i. L'extrême contentement a plus de rassis que d'enjoué, m. ui, 86. Pour un bon an de tranquillité plaisante et enjouée, ID. m, aoB.
— ÉTYM. Enjoueri.
ENJOUEMENT (an-jou-man), ». m. Gaieté qui semble se jouer. Avoir de l'enjouement dans l'esprit. Cet inépuisable enjouement Qui d'un chagrin trop juste a de quoi vous défendre, corn. Agi's. u, 8. Mme Scarron dit qu'elle ne peut se résoudre à vous écrire, qu'elle n'ait vu quelque enjouement dans vos lettres, scarron, Lett. (Eue. t. i, p. 2H, danspouGENS. Veux-tu deces enjouements épanouis, de ces joies toujours ouvertesT mol. Bourg, gent. lu, 9. M. .Scarron avait cet enjouement que tout le monde sait, et cette bonté d'esprit que presque personne ne luiaronnue, maintenon, Lett. à Mlle de l'Enclôt, 8 mars 4666. L'enjouement de H. Pascal a plus servi votre parti que tout le sérieux de M. Arnaud, BAC. 4" lettre à faut, det Imaginaire!.
— ÊTYM. Enjouer 4.
t 4. ENJOUER (an-joué), v. a. Rendre enjoué. Par ce doute où il l'embarrasse lui-même, il enjoué sa narration et occupe agréablement le lecteur, BOIL. Dissert. crit. sur Joconde. Il cherche à enjouer son récit le plus qu'il peut (nous ne faisons pas ce mot; nous l'avons trouvé tout fait par Despréaux pour notre poète, dans sa Dissertation sur la Joconde), Mathieu marais. Vie de la Fontaine, reproduite par paul Lacroix, Œuvres inédites de la Fontaine, Jn-8', 4863, p. 460.
— ETYM. En 4 , et jouer.
t 2. ENJOUER (an-jou-é), v. a. Terme de chasse. Mettre en joue, en parlant d'un fusil. Quand le fusil est bien enjoué.
— HIST. XVI* s. Enjouer, ooDiN, Diet.
— ETYM. En t, ex joue.
tENJUPONNER (an-ju-po-né), e. a. Mettre un jupon. Il Fig et familièrement. S'enjuponner, v. réfl. S'attacher à un jupon, à une femme. Une vieille moustache comme moi s'enjuponner, s'acoquiner à une femme, h. de balzac, dans le Dict. de poitevin.
ENKYSTÉ, ÉE (an-ki-slé, stée), adj. Terme de médecine. Logé dans un kyste. Pierres enkystées. Tumeur enkystée.
fENKYSTEMENT (an-ki-ste-man), s. m. Terme de médecine. Action de s'enkyster; résultat de cette action. Eiikystement des corps étrangers.
— ÉTYM. Enkyster.
t ENKYSTER (S') (an-ki-sté), c. réfl. Se loger, être logé dans un kyste. Une tumeur qui s'enkyste.
— ETYM. En * , et kyste.
ENLACÉ, ÉE (an-la-sé, sée), pari, passé. Arrangé en forme de lacs. Ces festons où nos noms enlacés l'un dans l'autre, rac. Bérén. v, 6. || Terme de blason. Venet porte d'azur à deux chevrons enlacés, un des deux renversés. || Pris dans des lacs. Une femme étendue à terre, enlacée d'un énorme serpent qui la dévore, DIDEROT, Salon deneT, Œuvr. t. XIV, p. 496, dans pougens. || Fig. Captivé. Pardonnons le souci qu'elle donne à ce qu'elle aime, à la peur qu'elle a qu'il ne soit jamais enlacé, j. j. Bocss. Ém. v.
ENLACEMENT (an-la-se-man), ». m. Action d'enlacer; état de ce qui est enlacé. L'enlacement des bras. Le sentiment de l'harmonie natt en partie de cet enlacement [des rimes], marmontel. Éléments de litt. vert.
— HIST. ivi* s. 0 vigne heureuse, heureux enlacemens, dh bellat, ii, 28, verso.
— ETYM. Enlacer; provenç. enlassamen; espagn. enlazamiento.
ENLACER (an-la-sé; la se prononce comme dans là et non comme dans las. Le c prend une cédille devant a ou o; j'enlaçai, nous enlaçons), v. a. Il 1* Disposer en forme de lacs. Enlacer des ru bans, des branches d'arbres. Elle enLiçait des fleurs à son front jeune et fier, delille, Enéide, vu. Il Passer plusieurs choses dans un même lacet. Enlacer des papiers, des registres. || Fig. On crut, pour mieux fonder le calme où l'on aspire. Devoir l'un avec l'autre enlacer chaque empire, lemehc. Frédég. et Bruneh. iv, 4. JH* Fig. Étreindre . prendre comme dans un lacs. Ces traîtres l'enlaceront tôt ou tard. Les circonstances m'enlacèrent, stael, Corinne,
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XX, 3. Il 3° Terme de charpentier. Percer un trou à travers les tenons et les mortaises pour les cheviller ensemble. Il 4" S'enlacer, v. réfl. Être enlacé. Les lianes s'enlacent dans les forêts vierges. Il va s'enlacer dans les pièges qu'il devrait le plus redouter, >. :. Bouss. Hél. VI, 6. Je n'ai fait, en me débattant, que m'enlacer davantape, ID. t" promenade. \\ S'enlacer l'un l'autre. Les deux lutteurs s'enlacent.
— HIST. XII' s. Kniaciez sui en teus [telles] afaires, Qui à mun cuer ne plaisent gaires, E qui poi m'auront de mestier Là ù Deus nos veudra [viendra] jugier, BENOÎT, II, 42(83. Altres besuignes m'orent le quer [cœur] si enlascié. Th. le mart. M 8. Les chozes ki par defors l'enlacent [l'âme]. Job , p. 481 . Il xm* s. 11 m'avoit prisa menacier, Et je le soi [sus] si enlacier De blanches paroles et pestre, Que j'en ai esté à bon mestre, Ren. 16280. Ainsinc délit fie plaisir] enlace et maine Les cors et la pensée humaine Par jonesce sa chamberiero. Qui de mal faire est coustumiere, la Rose, 4487. Li primerains [premier] biens qui solace [console] Ceus que li maus d'amer enlace, C'est Dous-Pensers, ii). 2666. Tu sauvas ceus qui erent enlacié par le lien du deable, Psautier, f" -ist. Un pau [peu] de joie en dolour enlachie. Poésies mss. Vatican, f° <48, dans LACUBNE. Il xvt* s. Son caducée embrassent Deux serpents, qui s'enlacent, Se joignant par le bout, DU BELLAY, viii, *o, reclo. Courage donc, Ronsard : la victoire te donne. Pour enlacer ton front, la plus docte couronne, id. v, 32, verso.
— ÉTYM. En 4 , et lacs; provenç. enlassar, enlaissar; espagn. enlaîar; portug. enlaçar; ital. inlacciare. On le trouve quelquefois écrit eidasser, enlassure, surtout chez les auteurs de blason.
|- ENLAÇURE (an-la-su-r') , t. f. Terme de charpentier. Réunion d'une mortaise et d'un tenon par une cheville.
— ÉTYM. Enlacer.
ENLAIDI, lE (an-lè-di, die), part. paW d'enlaidir. Rendu laid. Enlaidie par la petite vérole qui lui gâta le visage.
ENLAIDIR (an-16-dir). || I" F. a. Rendre laid, laide. Cette cicatrice l'enlaidira beaucoup. Ma mère en est la cause; et ce qu'elle me dit Me brouille tout le teint, me sèche et m'enlaidit, regnard, Distrait, m, 4. Il n'y a rien qui enlaidisse certains courtisans comme la présence du prince : à peine les puis-je reconnaître à leurs visages; leurs traits sont altérés et leur contenance est avilie, la bruy. VIII. Tous les vices de notre âge corrompaient notre innocence et enlaidissaient nos jeux, i. j. rouss. Confess. 1. 1| Absolument. La colère enlaidit. || Fig. Peut-être a-t-el!e [mon âme] encore des taches et des rides qui l'enlaidissent k vos yeux, MASs. Car. Sur la communion. Elle [la comédie] fuit la gaîté qui doit suivre ses pas, Et d'un masque tragique enlaidit ses appas, gilb. Le 48' s. \\ 2° V. n. Devenir laid. Ma tante, qui faisait entrer dans son système d'éducation tout ce qui lui donnait le droit de me dire des choses désagréables, ne cessait de me répéter que j'étais enlaidie. M"* de genlis, Mme de Maintenon, t. I, f. 402, dans pouGENS. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir quand on veut marquer l'action : cet enfant a enlaidi en grandissant ; avec l'auxihaire être quand on veut marquer l'état : elle est fort enlaidie depuis sa dernière maladie. {| 3° S'enlaidir, V. réfl. Se rendre laid. Cette femme s'enlaidit en se fardant.
— HlST. xii" s. Qui est qui s' ira enlaidir [salir]. Ne par si fait leu [lieu] asaillir, N'ensanglanter n'entrer en fiens [fumiers]? benoît, ii, 6981. ||xiii" s. Mais toutes les biautés du monde Ne valent riens envers la Blonde, Qui avoec sa mère s'aroute Ne n'enlaidi mie la roule [bande], Bl. et Jeh. 4 423.
— ÉTYM. En 4, et laid; wallon elaidi; Berry, enlaideiir.
ENLAIDISSEMENT (an-lé-di-se-man) , t. m. Action d'enlaidir; son résultat.
— HlST. XVI* s. Tout d'une venue les verrues seront ostées des mains, pour les délivrer de tel enlaidissement, o ^f. serres, 976.
— ÉTYM. Enlaidir.
f ENLARME (an-lar-m') , s. f. Terme d'oiselerie. Grandes mailles que l'on ajoute à un filet. || Terme de pèche. Petite branche que les pêcheurs plantent le long de leurs verveux.
— ÉTYM. En t, et larme; ces mailles étant semées comme des larmes.
t ENLARMEK (an-lar-mé), v. a. Terme de chasse et de pèche. Enlarmer un filet, faire de grandes mailles à côté du filet avec de la ficelle. || Terme de pèche. Mettre de petites branches le lonij d'un verveux.
t ENLARMURE (an-lar-mu-r'), ». f. Terme de pêche, liordure d'un filet.
t ENLEVAGE (an-le-va-j'), s. m. Manière d'imprimur sur toile en enlevant la couleur avec le chlore, partout où le cylindre s'applique. || Terme de point d'Alençon (dentelle réseau). Action d'enlever le parchemin.
ENLEVÉ, ÉE (an-le-vé, vée), part.passé. || 1" Levé en haut. Le plateau de la balance enlevé par un poids. Un fardeau enlevé de terre. || Terme de blason. Se dit de certaines pièces de l'écu qui paraissent enlevées. || Terme de sculpture. Feuilles enlevées, feuilles d'arbres qui sont détachées du fond. Il Fig. et familièrement. Cela est enlevé, se dit d'un dessin large, facile et hardi, d'un morceau de musique joué très-bien et très-vivement, et aussi d'une scène, au théâtre. || Fait rapidement. Un volume enlevé en dix jou'j est un volume fait en dix jours. Il 2° Emporté, soustrait. Pour un âne enlevé deux voleurs se battaient, la font. Fabl. i, 4 3. || 3° Pris de vive force. Une place enlevée à l'ennemi. Position enlevée à la baïonnette. || 4° Qui est l'objet d'un rapt. Une femme enlevée. || 5° Qui a perdu la vie par une maladie. Elle a été enlevée en six jours, .sans connaissance; enfin cela est pitoyable, SÉV. 363. 116" Acheté avec empressement. Mon livre était enleyé, la première édition en était épuisée, mar- HONTEL, Mém. viu. Il 7" Ravi , charmé. Cet événement est grand, et si singulier, si brillant, si extraordinaire qu'on en est enlevé, sév. 600. On était enlevé des grâces de sa conversation [de Mlle Rose], ST-siM. 87, 431. Ici je me sentis enlevé hors de moi par de plus invincibles charmes, uarmontel, Mém. X.
ENLÈVEMENT (an-lè-ve-man) , s. m. || 1" Action d'enlever, d'emporter. L'enlèvement des échafaudages quand la bâtisse est terminée. L'enlèvement des décombres, des boues. Procéder à l'enlèvement d'un corps. Enlèvement des pièces. Après avoir été tous les moyens de placer son argent, on ôtamême la ressource de le garder chez soi ; ce qui était égal à un enlèvement fait par violence, montesq. Espr. XXIX, 6. Il 2° En parlant des personnes, rapt. L'enlèvement des Sabines. Allons subitement Lui demander raison de cet enlèvement, rac. Brit. i, 4. Thésée avec Hélène uni secrètement Fit succéder l'hymen à son enlèvement, m. Iphig. v, 6. Tous les enlèvements sont suivis du parjure, volt. Zulime, u, *. || Par abus, il se dit aussi quand la personne enlevée consent. Je voulais avoir lieu d'abuser Emilie, Effrayer son esprit, la tirer d'Italie, Je pensais la résoudre à cet enlèvement, corn. Cinna, V, 3. Il 3" Accaparement. Use fit un enlèvement de grains qui amena la disette. f| 4' Terme de beauxarts. Opération par laquelle on eniève toute une peinture d'un panneau vermoulu pour la reporter sur une toile neuve.
— ÉTYM. Enlever.
ENLEVER (an-le-vé. La syllabe le prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : j'enlève, j'enlèverai), «. a. \\ V Faire aller en haut. Ce plateau de la balance enlève l'autre. || Fig. et familièrement. Cela enlève la paille, cela est au-dessus de tout, ou cela est décisif, ou cela est singulièrement vif, singulièrement libre ; on dit plus ordinairement cela lève la paiUe. || Fig. Une force inconnue Enlevait jusqu'à lui mon âme prévenue, volt. Fanât, m, 4. || 8" Emporter, entraîner. Il vint un tourbillon qui l'enleva. Cette crue subite a enlevé tous les ponts. || 3* Emporter d'un endroit dans un autre. Enlever des matériaux. Enlevez cela de dessus la table. S'ils avaient enlevé le corps, il leur était évident que Jésus-Christ n'était pas ressuscité et qu'il les avait trompés, boordaloue, Myst. Résurr.de J. C. t. i, p. 33o. || lia été enlevé comme un corps saint (voy. corps et corsin). {j Enlever un corps, prendre un corps mort pour le porter en terre, ou pour le présenter à l'église. Un des archers courut au prochain village pour faire enlever le corps mort, et revint avec la nièce du curé et Julien, SCARR. Rom. com. i, 44. Il Enlever dans, conduire et transporter dans. X qui destinez-vous l'appareil qui vous suit? Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit? rac. Àndr. v, B. || Fig. De cette oraison simple où elle était déjà , Dieu l'enlève jusque dans la plus haute contemplation, pén. Serm. pour la fête de Ste Thér. \\ i" ôler à. Quelque appui qu'aujourd'hui son crime vous enlève, corn. Serlor. v, 7. U fut par Josaboth à ta rage enlevé, RAC. Athal. v, 6. Il Fig. Qu'à ces tristes pensers mon amitié t'enlève, ancelot, Fiesque, i, 2. || U se dit d'un amant, d'une maîtresse qu'on ôte à un autre I el qu'on attire à soi. Oui, j'aime sa maltresse....
Cependant par mes mains je vois qu'il me l'enlève, coiiN. Cinna, m, 4. Cette même mademoiselle Choin enleva à la plus belle princesse du monde le cœur de M. de Clermont, en ce temps-là officier des gardes, «"• de caylus. Souvenirs, p. 462, dans POUGENS. Si la comtesse croit l'aimer , elle se trompe : elle n'a voulu que me l'enlever, Marivaux, l'Heur, ttratag. i, 8. || 5* Terme de guerre. Enlever un poste, une place, s'en emparer de vive force. Enlever des drapeaux à l'ennemi. Sur un pareil avis, le convoi fut enlevé, rollin, Ilist. anc. t. x, p. 44B, dans POUGENS. Il Enlever une place, un régiment, un poste, s'en emparer vivement. || Terme de marine. S'emparer d'un bâtiment ennemi. || 6° Ravir, prendre par force. Les voleurs ont tout enlevé. Un rival odieux, Seigneur,vous enlevait le bien de vosaieux, volt, rancr.111,3. ||7»Causerlamort, enparlantdes maladies. Une pleurésie l'a enlevé en peu de jours. Ils se plaignaient que celui qui était leur roi leur fût si cruellement enlevé, vaugel. Q. C. liv. m, dans richelet. Elle [Madame] ne tourna jamais son esprit du côté de la vie; jamais un mot de réfiexion sur la cruauté de sa destinée, qui l'enlevait dans la plus beau de son âge, m'»" de la payette, Ilist. d'Henr. d'Angl. CEuvr. compl. t. m, p. 483, dans POUGENS. Tout semble me prouver que mon fils ne m'est enlevé que par le plus lâche des assassinats, M"* DE GENLIS, Thédt. d'éduc. la Curieuse, m, 4. Il 8* Terme de commerce. Enlever des marchandises, se hâter de les acheter. Deux cents exemplaires furent enlevés dans l'espace de douze heures, m"* de genus. Veillées du chdl. t. m, p. 223, dans POUGENS. Il II se dit aussi pour accaparer. Les gros négociants enlevèrent tout le sucre qui était sur le marché. || 9° Commettre un rapt. Paris enleva Hélène. Cette jeune fille s'est laissé enlever. Quand Mercure \int la reprendre, Notre époux sentit à la rendre Plus de plaisir qu'à l'enlever, LA motte, Fabl. ni, 42. Enlever, vous me faites rire.... ce mot ne peut s'appliquer à une petite créature de cet état.... on enlève une fille de qualité, mais on emmène une paysanne, m~' de GENLIS, Thédt. d'éduc. Vrai sage, ii, 5. || Se faire enlever, se dit d'une femme qui donne les mains à son enlèvement. || 10° ôter, arracher. Enlever la croûte d'un pâté, l'écorce d'un arbre. || Faire disparaître. Ce savon enlève les taches. Recewinde voulait enlever les principales causes de séparation qui étaient entre les Goths et les Romains, montesq. Espr. xxviii, 7. || Par exagération. Enlever le palais, se dit des mets trop chauds ou trop épicés. Il 11° Faire une arrestation. U fit enlever cet homme en vertu d'un décret de prise de corps. Je fis enlever et exécuter le duc de Glocester, mon oncle, qui ralliait tous les mécontents contre moi, ?ÉH.Dial. des morts mod. dial. 2.||Par extension. S'il est prêta partir, il peut en ce moment Enlever avec lui son otage aisément, corn. Nicom, v, B. Cet Achille.... Dont la sanglante main m'enleva prisonnière, RAC Iphig. II, 4. Il 12° Terme de chasse. Enlever la meute, l'entraîner par le plus court chemin là où un chasseur a vu la bête, au lieu de la laisser chasser en suivant la piste. || Terme de manège. Enlever un cheval , le porter vigoureusement en avant. |{ Familièrement, faire une chose rapidement. Enlevez-moi cela. || 13° Ravir, transporter, animer au plus haut point. Cet orateur enlève son auditoire. Je lis M. Nicole avec un plaisir qui m'enlève, sÉv. 87. Tout le monde eût aperçu sa peiné et sa honte, si la lyre de Mentor n'eût enlevé l'âme de tous les assistants, fén. Tél. VIII. C'est ainsi qu'avec une lyre il [Orphée] apprivoisait les bêtes farouches et enlevait les bois et les rochers, id. ib. Le charme de ses paroles enlevait les cœurs, id. ib. xi. Ceux qui joignent le sublime au nouveau, le grand à l'extraordinaire, ne manquent presque jamais d'enlever et d'étourdir le commun des hommes, quand même ils ne diraient que des sottises, malebh. Rech. vér. v, 7. Elle est toute spirituelle dans ses mauvaises humeurs; elle a des reparties brillantes, qui m'enlèvent, LESAGE, Turcaret, i, 9. || Absolument. On a déjà représenté à Saini-Cyr la comédie ou tragédie d'Esther, le roi l'a trouvée admirable, M. le prince y a pleuré; Racine n'a rien fait de plus beau ni de plus touchant; il y aune prière d'Esther pour Assuérus qui enlève, sév. B42. Us enlevaient par la beauté de leurs harangues, id. 592. 11 était question de son cœur qui est enterré aux Jésuites, il en a donc parlé et avec une grâce et une éloquence qui entraîne ou qui enlève, comme vous voudrez, id. Leit. du 25 arril 4487. Madame de Fontevrault parlait à enlever, quand elle traitait de quelque ma-
EiNL
tière, 8I-S1M. 4H, 457. Il Dans un sens analogue. Obtenir par une sorte de violence. Où sont ceux ((ui poBsident le prand art d'enlever la persuasion et de remuer les cœurs de tout un peuple? fén. t. xxi, p. «06. Oh! malheureux l'auteur.. ..Oui. rempli d'une noble et consianteOerté.... Veut par ses Ulents seuls enlever les suffrages, oiu). Le )«• s. \\ Il se dit aussi de l'action exircée sur une niiiltitude, sur une troupe pour la décider, l'entraîner. Ces p.iroles enlevèrent la foule, qui courut aux barricades. Le colonel enleva son régiment, qui hésitait à marcher sur la batterie. || 14" Battre le fond d'un chaudron avec le marteau rond. || Enlever une pièce de cuivre, en aplanir les bosses au marteau. || Terme de serrurerie. Séparer d'une barre de fer le morceau dont on veut faire quelque ouvrage. Enlever une clef. Il 16° S'enlever, ». réfl. Être levé en haut. Le ballon s'enleva dans les airs. Le cheval s'enlevait sur ses jambes de derrière. || Être détaché, Clé. L'écorce de cet arbre commence à s'enlever. Il Être effacé. Les taches d'huile ne s'enlèvent pas facilement. || Être acheté avec empressement. Cette marchandise s'enlève rapidement. || Se dérober b. soi-même. Quelques pages plus loin, vous retrouvez la vivacité impétueuse de Lovelace, son incorrigible folie, et cette gaîté non plus du vice mais du remords, qui cherche à s'étourdir, à se distraire, à s'enlever à lui-même, villemain, Litt. fr. *»• siècle, 2* part, t" Icç.
— IllST. xiii* s. Et Artus prant l'espée; si l'aniieve autresinc legierement, que rien nule ne li greva, Uerlin, ^ 74. || xiv* s. Faire et forgier v chaatons, ix virolles à bestelettes et k feuilles enlevées, DE LABOBUE, Émaux, p. 3(0. ||xvi« s. Les aureiUes avoyent hault enlevées, grandes comme aureillesd'asne, BAD. PanMv, 32. Archelaus conjecturant par le poulcier que les chevaulx enlevoient, ce que c'estoit.... amyot, Sylla, «2.
— RTVM. En 2, et lever; provenç. enlevar. fENLEVEURfan-le-veur), s. m. Celui qui enlève.
Un enleveur de femmes. || Anciennement. Enleveurs de quartier, nom donné à des partisans qui cherchaient à surprendre les troupes ennemies dans leurs quartiers.
— Etym. Enlever.
ENLEVCHE (an-le-vu-r*), ». f. ||1' Ampoule qui vient sur la peau. On dit plutôt aujourd'hui élevure. Il 2" Partie d'acier que l'on a séparée de la masse à laquelle elle tenait. || Retaille des peaux dont on fait les gants. || 8" Terme de peinture. Élévation de la couleur qui se détache de la toile. || Terme de sculpture. Itelief, saillie. || ^° Saillie faîte par de gros fils écrus dans une broderie.
— IllST. xvr s. Les dartres sont aspérités du cuir, comme petites enleveures avec grande démangeaison, qui jettent une matière séreuse, pabiï, xxil, <B. Incision [sorte de fracture du crAne] contient sous soy : déperdition ou enleveure, en laquelle la pièce est emportée, dont il y a perdition de substance, ID. VIII, t.
— ÊTYM. Enlever.
f ENLIASSER (an-li-a-sé) , V. a. Mettre en liasses. J'ai chez moi cette gazette enliassée avec d'autres pièces, BEAUMABCH. dans le Dict. de besciierelle.
— ÉTYM. En I , et liasse.
ENI.1Ê, ÉE (an-li-é, ée), part, passé.
ENLIER (an-li-é), v. a. Terme de maçonnerie. Joindre ensemble des pierres et des briques, dans la construction d'un mur, en posant les unes sur leur longueur et les autres sur leur largeur.
— HIST. xii* s. La paienie fut en tant plus enloïe des vices que ele n'outla conissance de son faiteor,
Joh, p. 44).
— ÉTYM. En i.et lier.
ENLir.NÊ, ÉE (an-li-gné, gnée), part, passé. Mil en ligne. Poutres enlipnées. || Terme d'imprimerie. Ouvrage bien ou mal enligné, ouvrage dont les lignes sont bien ou mal arrangées. || Terme de reliure. Livre bien enligné, celui dont la reliure est si bien faite qu'en l'ouvrant, les lignes des deux pages se correspondent parfaitement.
t ENLIGNEMENT (an-li-gne-man), ». m. Action d'enligner: état de ce qui est enligné.
ENLIGNER (an-li-gné), V. a. Terme de charpentier. Mettre, avec la règle et le cordeau, les pièces de bois sur une même ligne. || Donner à une pièce de bois la même forme qu'à une autre. || Terme de typographie. Disposser les lignesd'un livre. || Terme de reliure. 11 est encore d'une indispensable nécessité de bien plier et enligner les tableaux qui se rencontrent dans certains livres , surtout quand deux feuillets qui se suivent forment des tableaux.... le défaut d'enlignement peut faire tomber le lecteur
ENL
dans des erreurs considérables, lesnE, la Beliure,