‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 152 sur 388 · PLEAU · texte numérisé non relu

PLEAU

— ÉTYM. Ensuple.

tENTABLË, ÉE (an-ta-blé, blée), part, passé. Cheval entablé.

ENTABLEMENT (an-ta-ble-man) , s. m. Terme d'architecture. La saillie qui est au haut des murailles d'un bâtiment, et le lieu oii pose la cliarpente de la couverture. Ce bâtiment sera bientôt achevé, on en est à l'entablement. || Partie de l'édifice audessus d3 la colonne, du pilastre, et qui comprend l'architrave, la frise et la corniche. L'entablement d'un portique. Voici quatre éouyers de marbre, à genoux aux quatre coins de l'entablement d'un tombeau, chateaub. Génie, iv, ii, 8.

— HIST. xin* s. Et colombes [colonnes] et capitiel et basses tl enlaulement tient on par tout à piere sauvage [brute, non taillée], tailliar, Recueil, p. 473. Il xiv s. Un coquelicoq, d'argent doré, dont te corps est d'une coquille de perle d'Orient, sur entablement à six pieds, pesant sept marcs et demy, DE LABORDE, Émaux , p. 223. || XVI' S. L'entablement oii est assis le comble. Marché fait, Bibl. de l'école des Chartes, 4' série, t. m, p. C3.

— ÉTYM. Jïn 4 , et table. Entablure, au xii' siècle , Tlots, p. 248.

ENT

ENTABLER (S') (an-ta-blé), v. rift. \\ 1' Terme de manège. On dit qu'un cheval s'enlable, q\iand les hanches devancent les épaules. || 8° Y. a. Terme de coutelier. Aju.ster deux pièces l'une avec l'autre à demi-épaisseur.

— ÊTVM. En 4 , et table.

t ENTABLURE (an-ta-Uu-r"), s. f. Terme de coutelier. L'endroit où se trouve le pivot, daus les ciseaux.

t ENTACAGE (an-ta-ka-j'), s. ni. Assemblage do bagueites adapté à l'ensouple, pour supporter le velours.

ENTACHÉ, ÉE (an-ta-ché, chée), part, passé. Il 1° Gâté comme par une tache. Entaché de lèpre. Il 2° Fig. Être entaché d'avarice. Un acte entaché de nullité. De tous ces vices-là dont ton cœur entaché S'est vu par mes écrits si librement touché, régnier, Sat. XV. Ceux qui sont entachés d'envie, desc. Pass.

4 84. Cet homme [Retz] était entaché d'une ambition extrême, la rochef. Mém. 49. Que le moins entaché se moque un peu de vous, la font. Coupe ench. Malgré cette apologie, l'historien grec restera du moins entaché d'hérésie aux yeux do la postérité catholique, d'alemb. Éloges, L. Cousin. || Absolument. Homme entaché, homme qui a quelque tache à son honneur, à sa moralité. Je ne connais rien d'égal à la plate folie [de la part des parlements] d'avoir soutenu au roi qu'un pair était entaché, quand le roi le déclarait très- net, sur le vu même des pièces du procès, volt. Lett. Richelieu, 29 avril 4 774.

ENTACHER (an-ta-ché) , ». o. || 1° Gâter par quelque maladie qui agit comme une tache. Son mauvais régime l'a entaché de scrofules. || Peu usité en cet emploi. Il 2° Fig. Marquer d'une tache, d'une souillure. Cet arrêt l'entache dans son honneur. || 3° S'entacher, V. re'/ï. Devenir entaché. Il s'est entaché dansson administration, par sa cupidité.

— REM. Les puristes du xvii* siècle, Vaugelas, Marg. Buffet, condamnaient entacher, tandis que de bons auteurs l'employaient (voy. les exemples au participe). Ce mot a triomphé de cette condamnation, il était d'ailleurs défendu par la Mothe le Vayer et par l'Académie.

— HIST. xV s. Messire Jean de Hollande, qui veoit ses compagnons et ses amis entachés de celle maladie dont nul n'en rechappoit, oyoit les plaintes des uns et des autres, froiss. ii, m, 84. Et est signe qu'il [le prince] n'est point entaché de ce fort vice et péché d'orgueil qui procure hayne envers toute personne, couM. l, 9. Elle, par la vertueuse et noble renommée de lui, en estoit très-fort entachée [entichée], louis xi, tfouv. xcviii. Pour oster le venin dont la plaie avoit esté entachée du jour de devant, Perceforest, t. ii, f° 26. Il estoit damoiseau de trop grant et gracieuse beaulté, et entaché [doué] de toutes bonnes mœurs, Chr. de St. Denis, t. I, f"'255, dans LACtJHNE. Il XVI' s. Indélébile, comme si l'huile ne se pouvoit oster et nettoyer de poudre et de sel; ou, si elle est trop fort entachée, de savon, CALV. Instit. 4 186. Estans jà plusieurs entachez de ceste conjuration, Aristides en sentit lèvent, amyot, Arist. 32. Tant il y avoit desjà d'hommes qui en estoient entachez, corrompuz et gastez [des délices], ID. Caton, 36. L'ambition est un vice fort odieux, et qui suscite grande envie contre celuy qui en est entaché, m. Arist. et Caton comp. 4 4.

— ÉTYM. £n 4 , et tacher; prov. entacar, entachar, entecar; ital. tnlaccare. Entacher se prenait pour enticher; il s'employait aussi dans un sens favorable, vu que tache (voy. l'hist. de ce mot) se disait, souvent et avec justesse, de qualités.

■j- ENTAILLAGE (an-tâ-lla-j'. Il mouillées, et non an-tâ-ya-j') , s. m. Action de faire une entaille.

ENTAILLE (an -tâ-ll'. Il mouillées, et non an-tâye), s. f. Il 1" Coupure avec enlèvement de parties.

5 tout gâteau leur main fait large entaille, Car ils sont grands, même infiniment grands, bérano. 40000 /'rancs. Il 2' Incision, blessure faite avec un instrument tranchant. Cet enfant, en jouant avec un couteau, s'est fait une large entaille. || 3° Terme de jardinage. Portion de tige ou de branche enlevée au-dessus et au-dessous d'une branche, d'un oeil, etc. en entamant légèrement l'aubier pour interrompre le cours de la sève. || 4° Instrument qui sert aux graveurs à assujettir les petites pièces qu'ils ne pourraient aisément tenir entre les doigts. || Outil de menuisier. Il Pièce de bois fendu, dans laquelle on fait entrer la scie, pouren limer les dents. || 5° S. f. pi. Terme de marine. Sa dit de deux trous pratiqués dans les huniers.

— HIST. XII' s. E de tûtes parz i out entailles [sculptures] de chérubins e de palmes, Rois, p. 247.

ENT

— ÉTYM. Voy. entailler; provenç. entalh, s. m. port, entalho ; ital. intaglio.

ENTAILLÉ, ÉE(an-tà-llé, !J mouillées, etnonantâ-yé, yée), part. poss^. Un arbre entaillé. || Grav4 (vieilli en ce sens). Sur chaque côté du plinthe étaient entaillés ces mots.... la font. Psyché, n, p. 458.

ENTAILLER (an-tâ-llé. Il mouillées, et non antâ-yé), 0. o. Il 1° Faire une entaille. Entailler une poutre. Il S'entailler le doigt, la main, s'y faire une coupure. I| 2° Terme de serrurerie. Enclaver de son épaisseur dans le bois la lôie d'un boulon, une platebande, tmeéquerre, etc. Il 3°Anciennement. Sculpter.

— HIST. XII' s. Et cest baston qui est d'or entaliez, Ronc. p. 120. Il xiii' s. El pour eulz atraire à nostre créance, il [Louis IX] leur fist entailler en la chapelle toute nostre créance, l'annonciation de l'angre [l'ange].... loiNV. 262. Et aorerent cest torel qu'il avoient entaillé selonc la mestreandisse d'Egypte, Psautier, f° 4 29. || xv s. [Le roi Philippe donne ordre de tuer les Génois qui fuyaient] Là veissiez gensd'armes entailler entre eux, et frapper et ferir sur eux, FROISS. 1,1, 287. Il xvi* S. Il y feit engraver tout du long ses deux premiers noms, Marcus Tullius, et au lieu du troisième commanda, par jeu, à l'avenir qu'il y enlaillast la forme d'un poy chiche, AMYOT, Cicéron, 4.

— ÉTYM. En 4 , et tailler; provenç. entalhar,entaillar; espagn. entallar; ital. intagliare.

t ENTAILLEOR (an-tâlleur. Il mouillées, et non an-tâ-yeur), s. m. Terme du moyen âge. Ciseleur, orfèvre graveur, et souvent aussi imagier, sculpteur.

— HIST. xiV s. Tassin Croix, Mannequin Godefroy et Jehan Duflle, entaiUeurs d'ymages, de la- BOHDE, Émaux, p. 263.

— ÉTYM. Entailler.

fENTAILLOIR (an-tâ-lloir, H mouillées, et non an-tâ-yoir), s. m. Outil de fadeur d'instruments et de menuisier.

ENTAILLURE (an-tâ-Uu-r', U mouillées, et non an-tâ-yu-r') , s. f. || 1° Entaille. ||2' Dans le moyen âge, l'art de l'entailleur; les produits de cet art.

— HIST. xiii's. Naturelmentà grant mervelle Ens [en dedans] est faite par entaillure, FI. et Bl. 4184. Il XV' s. Environné de diverses et différentes habitations, par engins de souverains ouvriers; enrichi de entailleures, paintures, armoiries et autresmenueries plaisant à l'ueil , de laborde , Émaux, p. 203. Il XVI' s. Incision contient sous soy : excision ou entailleura , en laquelle l'os est aucunement eslevô et renversé, tenant neantmoins encores à l'ossain, PARÉ, viii, 4.

— ÉTYM. Entailler.

t ENTALINGUER (an-ta-lin-ghé) , v. a. Terme de marine. Entalinguer un câble, l'amarrer à l'organeau d'une ancre.

ENTAME (an-ta-m') , s. f. || 1° Premier morceau coupé d'un pain. ||2° Fig. et familièremenL Les prémices de certains objets. lien a l'entame.

— ÉTYM. Voy. entamer; Berry, entaime , entenme, enfume, enlome.

ENTAMÉ, ÉE (an-ta-mé, mée), part, passé. Il 1° Dont le premier morceau a été coupé. Un pain entamé. D'une peau d'ours non entamée Sa large échine était armée, scabron, Virg. travesti, ch. v. Il Se dit aussi d'une coupure, d'une gerçure. 11 a un doigt tout entamé. || 2° Qui a subi des pertes. Son empire entamé de toutes parts, boss. Hist. m, 7. Il Fig. Â quoi on a porté atteinte. Réputation entamée, M""' DE CAïLUs, Souvenirs, p. 17, dans pougens. Dès ce moment il dut entrevoir la perte de son crédit; car, dès que la confiance est entamée, elle est bientôt détruite, bakthél. Anach. ch. GO. Il 3° Commencé, mis en train. Une affaire entamée. Quand j'aurai l'agrément du roi pour l'échange entamé de toutes mes terres d'Espagne contre des biens dans ce pays, beaumarch. Mère coup, i, e.

f ENTAMEMENT (an-ta-me-man), s. m. L'action d'entamer.

— HIST. XIII' s. Ce n'est pas entamemens de plaid que de requerre jour de conseil, beaum. ix, 4.

— ÉTYM. Entamer.

ENTAMER (an-ta-mé), v. a. || 1" Couper le premier morceau, commencer à prendre une partie d'une chose. Entamer un pain, une pièce de drap, un sac d'argent. Le général ne se presse pas d'y aller, de peur d'entamer trop tôt nos magasins, MAINTENON, Lettreau duc de Noailles, 22 mai I74i. U n'entama point le fonds de son patrimoine qu'il conserva pour ses héritiers naturels, M-' de genlis, Mlle de la Fayette, p. 26, dans polgens. || 2° Par extension, couper en incisant. Entamer la peau. Le coup lui entama l'os. C'est un coup de hacha qui n'a fait qu'entamer i'armet, d'ablancoort, Arrien,

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livro I, dans mcnEi-ET. || En parlant d'une gerçure. Il a des engelures qui lui enlaniuut les doigl». || Fig. Faire impression sur. Alors que de sa voix II entama les cœurs des rochers et des bois, hègnier, Plainte. De l'un [dard] il [l'AmourJ entama I.e soldat jusqu'au vif, l'autre efllcura la dame, la font. Jfo(r. dÉph. Il 8° Porter atteinte à. Entamer la réputation, le crt5dit de quelqu'un D'un trait envenimé Toujours riionneur du sexe est par vous entamé, begnard, Disirait, i, 6. Il e.st proscrit, déclaré détestable, Abominable, atteintet convaincu D'avoirtenté d'entamer la vertu Des saintes sœurs.... cnESSET, Vert-Vert, iv. || 4* Kntamer queliju'un, entreprendre sur ses droits, empiéter sur sa charge. Il Kntamer quelqu'un, avoir de l'avantage sur lui. Los députés de l'opposition ne se laissèrent pas entamer par le ministère. || Kaire capituler quelqu'un avec son devoir. Il n'est pas facile de l'entamer. Il Pénétrer les vœux, les sentiments secrets de quelqu'un. Il est impénétrable, on ne peut l'entamer. Il [le maréchal ferrant qui avait eu des révélations] ne se laissait point entamer sur les audiences qu'il avait eues du roi, st-simon, «8, < 24. || 6° Terme de guerre. Entamer un carré, un corps de troupes, commencer à le rompre, à le faire lléchir; détruire une partie de sa ligne de bataille. || 6° Commencer. Entamer une discussion. Entamer un procès. Il entame une autre dispute, sÉv. 614. Il l'attaqua de cette manière pour entamer le sujet, I1AMI1.T. Gramm. 4. Le concile se garda d'entamer la question si l'empereur devait confirmer l'élection du pape, VOLT. Mœurs, 47. Le même poëte qui, pour célébrer l'éloge d'Apollon, avait mis son esprit dans une assiette tranquille, .s'agite avec violence lorsqu'il entame l'éloge de Bacchus, bartiiél. A lach. cil. 80. Elle entama cette dangereuse explication en termes assez mesurés, m"' de genlis, Mlle de la Fayette, p. 292, dans pougens. || Absolument. Personne à la cour ne veut entamer, on s'offre d'appuyer, LA DRiiY. VIII. Il 7° Terme de manège. Entamer le chemin, se mettre en marche. Les chevaux entament le chemin, en galopant, par la jambe droite de devant, qui est plus avancée que la gauche, buff. Cheval. \\ Absolument. Commencer une allure. Dans toutes les allures où les pieds se meuvent isolément, c'est toujours un pied de devant qui entame. Entamer ' du pied droit, du pied gauche, se dit pour désigner le pied que le cheval pose en avant quand il commence à galoper. || Entamer un cheval, lui donner les premières leçons. || 8' S'entamer, v. re'fl. Se faire une incision, une coupure. Le vieillard.... De nouvelles fureurs se déchire et s'entame, malii. i, 4. Il Être commencé. C'est ainsi que tout s'entame et que rien ne s'achève, par un fol orgueil, dont l'influence fatale se répand sur toutes les branches de l'administration, raynal, Hist. phil. xil, 7.

— IIIST. XII' s. Jà par cop d'arme [le haume] ne sera entanpnez, Itoncisv. p. 30. E ne sulTrid pas que oisels entamassent les cor de jurs, ne les bestes de nuiz, iîois, p. 202. || xiii* s. Li fromaches fu auques mox [un peu mou] , Et Tiercelins i fiert grans cox [coups] De son bec, si que il l'entame. Tien. 7261. Mais se cilribaut m'entamast L'e.spaule, ou ma teste eûst quasse.... la Rose, (4004. Et si m'en convient il à force Entamer ung poi de l'escorce, i6. ÎI082. Et ainsi pot eslre li pies [procès] entamés entre les parties, beaum. vu, <3. Ne porquant se la jornée est entamée ne tant ne quant, il doit paier toute le [la] jornée entière, m. xxxviii, 4. Tant vous ama [Dieu] , Dame des angles [anges] vous clama; En vous s'enclost, ainz n'entama Vo dignité; N'en perdîtes virginité, ruteb. ii, 4. Si comme en la verrière Entre et rêva arrière Li solaus que n'entame [sans entamer], Ainsinc fut vierge entière, Quant Dieux, qui es cieux iere [était], Fist de toi mère et dame, n. Theoph. Se pitié vostre cuer n'entame, Bien m'ont trahi Li œil dont je premiers vous vi. Salut d'amors, judinal, t. ii, p. 263. Il xiv s. Par la mort qui tout met à fin, Et qui nos cars [chairs] mort et endame, j. de condet, p. 104. Contusions où le cuir n'est pas entamé par dehors, n. de «ondeville, f 35. || xv« s. Ce traité fut entamé et mis avant, fboiss. i, i, iir. || xvi* s. De quelle prudence il (le chien] l'entommo [l'os], de quelle affection il le brise, et de quelle ddigence il le •ugco, RAB. Oarg. i, prol. La fouldre consumera les os sans entommcr la chair qui les couvre, m. Font, m, 33. Pour enguarder les chastagnes de peder, l'on les ent.ime, lo. ii>. ii, 3l. I'. faust que la nécessité vous prenne à la gorge pour l'entamer (votre trésor], mont, i, 3I«. 11 ne vouloit pas que l'on parlast aucunement des meschans, se donnant bien garde d'en entamer jamais le propos, ahtot,

Calon, 62. Aucuns n'entament leurs vins que le jour du vendredi, o. de serres, 243.

— ÊTYM. Berry, en(enm«r, entamer, entamer; walI. edamer; nam. Wautner; rouchi, adamer ; provenç. entamcnar ; piémont. anMmnd; du lalin nttaminare, mettre la main sur quelque chose, prendre. Dicz, qui préfère cette étymologie au grecivT^nvtiv (comment en effet ce mot grec serait-il entré dans les langues romanes?), et au celtique tam, mordre, remarque que les langues romanes changent non rarement le préfixe d'un mot latin : ainsi dans eon-vier, venant de in-vilare, cum, au lieu de in. Lo celtique (bas-breton, (am; écossais, (eum, irl. teuman) conviendrait plus directement au sens; mais les formes entamenar du provençal, en(an;mer du français, semblent indiquer le latin. On remarquera endamer de J. de Condet qui était du Hainaut, et les patois voisins du Hainaut qui ont aussi le d. Ce d ne peut guère s'expliquer que par une confusion avec dam, dommage.

ENTAMUHE (an-ta-mu-r') , $. f. \] l" Synonyme d'entame. Entamure du pain. Le côté de l'entamure. || L'action de faire l'entame. || 2" Coupure, incision. Le coup lui a fait une légère entamure. Il Terme de chirurgie. Solution de continuité des parties dures, entre autres des os, sans fracture, il Terme de vétérinaire. Entamure, ou enchevêtrure, ou prise de longe , blessure située transversalement sur le [ili du paturon , et produite par le frottement de la longe dans laquelle l'animal s'est enchevêtré. Il 8° Entamure d'une carrière, les pierres du premier lit d'une carrière nouvellement exploités.

— HIST. XV' s. Noslre vierge sans cntJimure Conceut, porta et enfanta, Uart. de St Etienne.

— étym. Entamer; Berry, enlomure.

I ENTAOUER (an-ta-ké), i;. o. Joindre plusieurs pièces de velours au moyen de l'entacage.

ENTASSÉ, ÉE (an-tâ-sé, sée), part, passé. Il 1° Mis en (as. Des pièces do bois entassées. Que de corps entassés! que de membres épars! rac. Es- Iher, I, 6. Les trois quarts de vos biens sont déjà dépensés X faire enfler des sacs l'un sur l'autre entassés, ID. Plaid, m, 4. Vous avez remarqué ces roches entassées, volt. Triumv. iv, 3. Au-dessous je vis la nature en ruine; les montagnes écroulées étaient couvertes de leurs débris, et n'offraient que des roches menaçantes et confusément entassées, BARTIIÉL. jlnach. c'h. 35. || 2° Se dit de ce qui ne peut être mis en tas que figurément. Après tant de forfaits et de morts entassées, corn. Tile et Bér. I, t. Et qui, de mille auteurs retenus mot pour mot, Dans sa tête entassés, n'a souvent fait qu'un sot, BOIL. Sat. IV. Que de mensonges entassés pour cacher un seul faiti beaumarch. Barbier, ii, ft. Il 3"" Se dit des hommes ou des animaux rassemblés dans un espace trop étroit. Les hommes ne sont point faits pour être entassés en fourmilières, mais épars sur la terre qu'ils doivent cultiver, j. j. ROuss. Em. I. Les prisonniers furent entassés dans des carrières, où ils souffrirent des maux incroyables pendant l'espace de huit mois, entassés les uns sur les autres dans ces lieux étroits, rollin, Hisl. anc. Œuvres, t. m, p. 7(8, dans pouokns. Pourquoi de ces mortels sur la rive entassés Les uns sont-ils reçus, les autres repoussés? delille, Enéide, vi. Il 4* Il est entassé, se dit d'un homme contramtdans sa taille et qui a la tète enfoncée dans les épaules. C'était [M. l'évêqued'Orléans] un homme de moyenne taille, gros, court, entassé, le visage rouge et démêlé, ST-siMON, 32, <t5. Il 8" Terme de bounique. Feuilles entassées, feuilles nombreuses et très-rapprochées les unes des autres sur la tige.

ENTASSEMENT (an-ta-se-man), ». m. || 1* Amas confus. Un entassement de papiers, de livres. Salut, pompeux Jura, terrible MonUnvers, De neige, de plaçons entassements énormes, delille. Homme des champs, m. D'autres villes.... Pleines d'enUssements de tours, de pyramides, v. Hi'GO, F. d'oui. 20. Il 2' Fig. Dans cet entassement d'horribles aventures. Vous m'offrez une main pour venger mes injures, VOLT. Olymp. m, 5. C'est un entassement de faussetés, d'absurdités et d'injures, ID. Philos, iv , 487. L'entassement confus des mots et des phrases entrelacées, mabmontel, FAém. litl. CBttvret, t. x, p. 210, dans POUOKNS. || 8' Etat d'hommes ou d'animaux rassemblés dans un lieu trop étroit. L'entassement fit naître le typhus. On sait quelles mœurs l'entassement du peuple doit produire, l. t. Bouss. Ém. v.

— ÊTYM. Entasser.

ENTASSEU (an-t.1-sé), r. o. || 1' Mettre en tas.

Entasser des gerbes. Entasser des livres dans une

I chambre. || Accumuler. Entasser desécus. La vieil-

lesse chagrine incessamment amasse. Garde non pas pour soi les trésors qu'elle entasse, uoiL. Arf p. III. Il Absolument. L'usage seulement fait la possession. Je deman<le k ces gens de qui la passion Est d'enta.sser toujours, mettre somme sur somme, Quel avantage ils ont que n'ait pas un autre homme, LA font. Fabl. IV, 20. Et je n'entasse guère Un jour sur l'autre, ID. ib. viii, 2.||2*Fig. Entasser des citations. C'est vouloir entasser offense sur offense, MAIR. Soliman, v, t. Cet auteur a entassa comparaison sur comparaison, iioss. Atert. e. Vous entassez vertu sur vertu, bonne oeuvre sur bonne œuvre, maintenon, Utire au card. de Noaillei, 7 août 1609. Nous entassons sottise sur rattise, infortune sur infortune, id. t6. 4 7 nov. «707. N'svezvous point entnssé trop d'emplois sur la tête d'un seul homme? fén. t. xxii , p. 304. C'est ainsi qu'Empédocle reprochait aux Agrigentins d'entasiser les pl.iisirs comme s'ils n'avaient qu'un jour à vivre, et de bitir comme s'ils ne devaient jamais mourir, j. j. ROuss. Ém. IV. Les Manichéens ont, de tout temps, entassé principes sur principes , absurdités sut absurdités, condillac , Traité des lyst. chap. s. Il 3'Réunirdans un espace trop étroit. On entassâtes prisonniers dans une église abandonnée. || 4* S'entasser, r. ré(l. Être mis en tas. Les ans se sont eh foule entassés sur ma tète, Ducis, Lear, v, 6. Et la feuille aux feuilles s'entasse, lamart. Ilarm. u, 5. Il Se mettre, en parlant de plusieurs personnes, dans un lieu trop étroit. Les sept personnesqui l'emplissaient [une voiture] à bonne mesure, s'y entassaient, SCARRON, nom. com. II, 10.

— HIST. XIII' s. Uns huns [un homme], ce dit, entasseit blé, MARIE, Fab/e 84. ||xiv*8. Un tas.... Defain [foin] en une grange qu'on ot fait entasser, Guescl. 20523. Il xv's. Respond qu'elle est parisienne. Grosse, courte, bien entassée.... coquill. Enq. de la simple et de la rusée. Les autres deux se vont frapper où ilz virent le tournoy plus espès et plus entassé de chevaliers, Perceforett, t. i, ^ 438. ||xvi'8. Hz trouvèrent le baston augurai de Itomulus entassé dessoubsun hault monceau de cendre, ahyot, Cam. 65. Entasser tout le peuple des champs dedans les murailles d'une ville, id., Péricl. 66. Estans toutes ces armes entassées et liées les unes sur les autres, ainsi qu'on les charrioitpar la ville, elles rendoient un son, qui donnoit quelque frayeur à l'oulr, ID. P. /Em. 65.

— ÊTYM. En 4 , et tas.

f ENTASSKUR (an-t.l-scur), i. m. Néologisme. Celui c]ui entasse. C'est un grand entasseur d'autographes. Quel entasseur de figures, de métaphores!

4. ENTE (an-t'), *. f. Terme d'arboriculture. Espèce de greffe qui consiste h insérer un scion dans un autre arbre. De belles entes. || L'arbre môme où l'on a fait une ente. De jeunes entes.

— HIST. xii* s. Bon ente en bon estoc deit bien fructifier, Th. le mari. 428. ||xiii' «.Par le jardin où [Il y] ot mainte ente bien feuillie, Berte, ii. Berte est gracieuse corne est la Heur sur l'ente, ib. X. En esté chante. En yver plor et me gaimante, Et me desfuel ausi com l'ente Au premier giel, ruteb. 26. Il xvi' s. Et comme une ente tire sa substance et nourriture de la racine où elle est entée, calv. Instit. 4 052. N'espérez qu'ils fassent rien de beau es jardinages, non un seul ente, o. de serres, 54.

— ÊTYM. Piémont, et parmesan, enta; bas-latin, impotus ; anc. h. allem. impildn (l'accent sur im); allem. mod. impfen. Diez propose le grec {ijtf vitov, implanté; le sens, la forme, l'accent, tout convient ; cette étymologie est donc bonne. On remarquera que ente a été masculin aussi bien que féminin.

2. ENTE (an-f), i. f. Il !• Terme de peinture. La bois qui sert de manche à un pinceau. || 2° Terme de chasse. Peau remplie de paille ou de foin, qu'on met, en forme d'oise.iu, sur un piquet, pour attirer les oiseaux dans un piège. || 3° Terme d'architecture. Nom donné en général aux jambes de force qui sortent un peu hors du mur. ||4° Partie du volant d'un moulin.

— HIST. xiV s. Icelui meunier fist un faux conduit appelé une fausse enthe au dit moulin, par lo qiielconduitpovoitcheoiroccultement Mé ou farine, DU CANCE, fntarv.

— Etyh. Le même que le précédent, par comparaison d'une ente, greffe, avec un manche et, en un mot, tout ce qui s'ajuste.

ENTÉ, ÊE (an-lé, tée), part, poiïi?. ||1* Qui a reçu une ente. Cognassier enté de prunier. || 2* Mis en ente. Prunier enté sur cognassier. || 3" Par extension, il se dit des choses qui sont jointes les unes aux autres, posées les unes sur les autres. Noua

ENT

pouvons bien imaginer distinctement une tète de lion entée sur le corps d'une chèvre, sans qu'il faille conclure pour cela qu'il y ait au monde une chimère, DKSC. Méth. IV, 8. Il fallait que ce nouveau peuple fût enlé sur le premier, Boss. Ilist. ii, 7. Ce sont morceaux de rochers Entés les uns sur les autres Et qui font dire aux cochers De terribles patenôtres, LA FONT. Lclires à sa femme, <9 sept. tiei. Ce visage d'Ethiopienne enté sur un corps de Grecque semblait quelque chose de fort étrange, id. Psyché, II, 2H, Il Canne entée, canne composée de plusieurs pièces emboîtées les unes dans les autres. Il 4° Il se dit aussi des choses qui ne peuvent que métaphoriquement être supposées unies, entées. Il a un orgueil enlé sur une très- grande dignité d'arae. Un songe sur lequel les autres sont entés, PAsc. Grandeur, 2R. La personnalité humaine a été comme entée .'.ur la personnalité du verbe, id. Prov. tf. La religion seule fait quelquefois des conversions surprenantes et des changements miraculeux; mais elle ne fait guère toute une vie égale et uniforme, si elle n'est entée sur un naturel philosophique, FONTEN. des Billetfes. || Cette maison est entée sur telle autre , elle en a pris le nom. C'est [Monlbron] le dernier de ces faux entés sur Montbron, c'est-à-dire son père qui lui survécut, ST-siM. 3, 369. Un grand nom sur lequel on est enté et qu'on ne tient pas de ses ancêtres, mass. Petit car. Obstacles. \\ S° Il se dit d'une personne par rapport à ses diverses qualités. C'est un financier enté sur un praticien.

1 ENTÉES (an-tée), s. f. plur. Terme de vénerie. Fumées de cerf ou de biche qui sont réunies deux à deux, tellement qu'on ne peut les séparer sans les rompre.

— ÉTYM. Enlé.

+ ENTÉLÊCHIE (an-té-lé-chie) , s. f. Terme de métaphysique. Il 1° Dans le langage d'Aristote, qui est le créateur du mot, la force par laquelle un objet passe d'un premier état à un second, de ce qu'il n'était pas encore à ce qu'il est; force considérée par rapport au but auquel elle tend. L'âme est l'entéléchie première d'un corps naturel doué d'organes et ayant la vie en puissance, ARISTOTE, Del'dme, II, I, § B. Il y concevait [dans la matière] une certaine force qui n'est plus une simple grandeur géométrique; c'est la fameuse et obscure entéléchie d'Aristote , dont les scolastiques ont fait les formes substantielles , el toute substance a une forme selon sa nature, fonten. Leibnitx. L'âme est une entéléchie, c'est-à-dire autant qu'on peut conjecturer, le principe actif de tout ce qui se produit en nous, CONDILLAC, Hist. onc. liv. m, ch. 2(. Il 2° Synonyme de monade, dans le système de Leibnitz. Il [Leibniti] donnait le nom de monades ou d'entéléchies aux substances simples bornées aux seules perceptions, et il réservait celui d'âme aux substances simples douées de perception et de conscience, BONNET, Œuvres mél. t. xviii, p. 90, note 5, dans

POUGENS

— ÉTYM. 'EvTcXéxEia, de ivTsXri;, acnevé (de h, en, ettéîioç, fin), etlxEiv, avoir.

-f ENTF.MENT (an-te-man), ». m. Action d'enter, Dict. de l'Acad. t696.

— HIST. xvt° S. Les arbres par réitérés entements parviennent à cette perfection, o. de serres, 640.

— ÉTYM. Enter.

+ ENTENDANT, ANTE, (an-tan-dan, dan-f), odj. Oui entend. Ramener des êtres que la nature semblait avoir condamnés au silence, à l'état d'enfants entendants et parlants, itard, dans le Dict. de

BESCIIERELLE.

ENTENDEMENT (an-tan-de-man) , s. m. || 1° L'esprit coi; sidéré en tant qu'il conçoit. Notre imagination ni -los sens ne nous sauraient jamais assurer d'aucune chose si notre entendement n'y intervient, DEsc. Héth. IV, 6. L'entendement est la lumière que Dieu nous a donnée pour nous conduire, BOss. Connaiss. I, V. Une certaine vertu qui captive les entendements, id. Panég. de saint Paul. J'appelle la faculté ou la capacité qu'a l'âme de recevoir différentes idées et différentes modifications, entendement, MALEBR. Recherche, i, i, t. C'est moins dans l'entendement que dans la volonté et les penchants secrets qu'il faut chercher la source de nos peines, uiderot, Opinions des anc. phil. {Thomasius). Comme l'oreille entend les sons, l'âme entend les Mées, et on dit l'entendement de l'âme, coniiillac, Urarnm. Précis des leç. prélim. art. 2. L'entendement n'est que la collection ou la combinaison des opérations de l'âme, id. Connaiss. hum. section 2', ch. 8. 112° Bon esprit, jugement, sens. C'est un homme d'entendement. Il faut avoir perdu l'enten-

ENT

dément pour w comporter ainsi. Hon entendement Ne peut s'imaginer quelle amour te dispose A nous favoriser, malh. i, t. L'oiseau chasseur lui dit [au chapon) ; ton peu d'entendement Me rend tout étonné; vous n'êtes que racaille, la font. Fabl.

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