EON
ENVOCtER (an-vou-té), v. a. Faire un prétendu maléfice, qui consistait à former une figure de cire suivant la ressemblance d'une personne, avec la persuasion qu'à la suile de certaines pratiques on faisait souffrir à la personne elle-même toutes les atlfintes portées à cette figure. 11 courut un bruit qu'il [ Enguerrand de Maiigny] avait dessein de faire mourir le roi, et que sa femme s'aidait d'un nommé f'aviot et d'une vieille boiteuse réputés grands sorciers à faire des images de cire à la ressemlilanoe du roi et des princes pour les envoûter, UÉZEBAI, Louis X.
— HIST. xiv* S. Jehane de Cretot avoit ensorcelé ou envou'^té Pierre Coquel clerc, du cange, invidlare. Icellui Pasiant lui dist qu'il doubtoit qu'elle ne envoultastou fist morir sa femme, id. ib. Sur les paroles que le dit me^sire Jean avoit dites au roy, c'est assavoir que ledit messire Henris l'avoit envulté ou fait envulter, id. rullivoli.
— flTYM Bas lat. invuliare, ùivtUltuire , de in, en, et rultus, face; àcause de l'image qu'on faisait de la personne qu'on voulait envoilter. Cependant Dipz, remarquant que cette opération magique se disait en latin derotnre, pense que le français a formé un mot semblable invotare, envoûter; mais t'nt'olare aurait donné eni^ouer cciiiine dcvotare, dévouer. 11 faut s'en tenir à ce que donne le bas-latin. Dans tous les cas, c'est à tort que l'Académie met un accent circonfleie, comme si le mot venait de voûle.
i ENVOYE (an-vot), s. m. Un des noms vulgaires du serpent qu'on nomme aussi orvet et aveugle (anf/nis fragilis).
ENVOYÉ, ÉE (an-vo-ié, iée; plusieurs disent an-voi-ié, iée), part, passé. \\i' Qu'on a fait aller vers. Un messager envoyé à la hâte. || Substantivement. Celui qui a quelque mission. On envoyé du grand seigneur. Un ange est un envoyé; mais voici un envoyé d'une dignité merveilleuse, un envoyé qui a un temple, un envoyé qui est Dieu et qui entre dans le temple comme dans sa propre demeure, Boss. Ilist. Il, 4. Lui, l'envoyé du ciel et le seul interprète, volt. Fanât, i, 2. Vous allez des Romains entendre la réponse, Votre envoyé paraît, SAUBiN, Spart. I, 2. Dans le sérail comptez combien de têtes Vont saluer les envoyés chrétiens, bErang. Psara. || Particulièrement. Ministre envoyé par un souverain ou par une république, mais dont la dignité est inférieure à celle d'ambassadeur. Un envoyé extraordinaire. {| Envoyée, s. f. La femme d'un envoyé. || 2° Qu'on a fait porter vers. Un cadeau envoyé à un ami.
— REM. On dit envoyer avec un infinitir : On l'envoya annoncer la nouvelle. La Fontaine a employé de cette façon le participe; emploi qui est rare : Le vôtre [opéra] est plein de grands événements, Gens envoyés peupler les monuments, Beaucoup d'effets, de fureur martiale, la font. Poésies mclecs, à Tuienne, XLii. Lt aussi St-Simon : Barbesière, envoyé de l'armée d'Italie conférer avec l'électeur de Bavière, fut pris déguisé en paysan,
ENVOYER (an-vo-ié: plusieurs disent an-voi-ié), j'envoie, tu envoies, il envoie, nous envoyons, vous envoyez, ils envoient; j'envoyais, nous envoyions, vous envoyiez; j'enverrai; j'enverrais; envoie, envoyons, envoyez; que j'envoie, que tu envoies, qu'il envoie, que nous envoyions, que vous envoyiez, qu'ils envoient; que j'envoyasse; envoyant: envoyé, v. a. || 1° Mettre en voie, en chemin; faire partir. Envoyer un courrier, un exprès. Us se sont envoyé des présents. Et pour vous y conduire Assuérus m'envoie, bac. A'sl/i. m, 2. On m'envoie à Pyrrhus, j'entreprends ce voyage, ID. Andr. I, i. Il Par extension. Envoyer quelqu'un aux honneurs, l'envoyer là où il trouvera (les honneurs. Prince que j'ai peine à quitter, X quelques honneurs qu'on m'envoie, coBN. Œdipe, m, (. || Envoyer à la mort, remettre quelqu'un à ceux qui doivent lui ôter la vie. Il Kig. Envoyer à la mort, expo.-er à un péril mortel. Prononcer mon nom serait m'envoyer à la mort, OENLis, Thédt. d'éduc. Zélie, v, 4. || Fig. et familièrement. Envoyer promener, paître, coucher, c'est-à-dire renvoyer, congédier quelqu'un avec humeur, avec colère. || Envoyer quelqu'un au diable, à tous les diables, le repousser avec colère, avec impatience. Il Envoyer dans l'autre monde, envoyer ad patres, taire mourir. {| Absolument. J'enverrai ce soir chez lui. De crainte qu'après moi vous n'eussiez envoyé, coiiN. Cinna, v, 3. La reine envoie en vain pour se justifier, id. Rodog. i, e. Pour dresser le contrat elle envoie au notaire, mol. Fem.sav. iv, 7. On envoie aux nouvelles [on envoie chercher des
BICT. DK LA LANGUE FUANgAlbE.
nouvelles], sÉv. 40). On envoie chez Pecquet, qui eut de moi des soins extrêmes; on envoie chez l'apothicaire; on envoie quérir un demi-bain; on envoie chercher de certaines herbes, id. 68. Elle envoie vers son père , la bruy. Xiv. || Envoyer avec un infinitif. On craignait qu'Amurat par un ordre sévère N'envoyât demander la tête de son frfire, BAC. Baj.l, <. Il 2" Faire porter. Envoyer une lettre, un ballot. Ils se sont envoyé un défi. || Kig. Tu dois envoyer par avance Tes bonnes œuvres devant toi. Qui de ton juge et de ton roi Puissent préparer la clémence, cob.n. /mit. i, 2.1. || 3° Lancer. La lumière que le soleil nous envoie. || Terme de marine et de guerre. Envoyer un coup de canon. Envoyer une bordée. Il lui envoya un coup de fusil. || Par extension. Envoyer un coup de pied, un soufflet, donner un coup de pied, un soufflet. || Fig. Envoyer un mot piquant , adresser à quelqu'un un mot piquant. || 4° Envoyer se dit quelquefois familièrement pour jeter à bas, renverser. Il l'envoya d'un coup de pied au bas de l'escaUer. || S' Fig. Kaire parvenir. Pour envoyer l'effroi sous l'un et l'autre pôle, corn, rite et Bérén. ii, <. Marchons, et dans son sein rejetons cetie guerre Que sa fureur envoie aux deux bouts de la terre, bac. Mithr. m, <. Ah! qu'un seul des soupirs que mon cœur vous envoie. S'il s'échappait vers elle, y porterait de joie! id. Andr. I, 4. La vue, privée des secours du tact, n'envoie à l'âme que des modifications simples qu'on nomme couleurs, condillac. Trait, sens. Extr. rais. Œuvres, t. m, p. 33, dans pougens. Il 6° Il se dit de ce que l'on attribue à une volonté divine. Dieu nous a envoyé de grandes tribulations. Le ciel sait qu'au milieu des honneurs qu'il m'envoie Je n'attendais que vous pour témoin de ma joie, bac. Bérén. i, 4. || Par extension, il se dit, dans le même sens, de la nature, du sort, etc. N'ajoutons pas à tous les maux que la nature et la fortune peuvent nous envoyer la ridicule et inutile vanité de nous croire invulnérables, fonten. Bon/i. Il 7° Députer à une assemblée. Paris a envoyé un tel à l'assemblée. || On l'a envoyé en province, se dit d'un employé à qui on donne un emploi en province en échange d'un emploi qu'il occupait à l'administration centrale, à Paris. (J 8° S'envoyer, ti. rc'/l. Être envoyé. Les petits paquets s'envoient par la poste.
— REM. 1. Envoyer suivi d'un infiniiif prend tantôt la préposition pour et tantôt ne la prend pas : j'envoyai mon fils au-devant de lui l'assurer.... ou pour l'assurer. Mais il faut dire d'une seule façon : j'envoyai mon fils au-devant de lui pour l'empêcher de venir. On pourra mettre l'infinitif sans préposition quand le régime d'envoyer, exprimé ou sousentendu, fait lui-même l'action dont il s'agit: envoyer un commissionnaire demander; envoyer faire des compliments; envoyer dire. Envoyez donc vos enfants se renouveler, J. I. Rouss. Ém. i. On mettra nécessairement pour si la personne envoyée ne fait pas expressément l'action. || 2. Le futur régulier serait j'envoyerai ou j'envolerai; une contraction ancienne, semblable à celle qui disait je lairrai au lieu de je laisserai, a prévalu, tandis que je lairrai est resté hors du bon usage. J'envoierai était très-usité dans le xvii* siècle : Jusqu'à toi, mon Sauveur, j'envoierai ma prière, coiiN. /mit. Il, 9. Envoierez-vous encor, monsieur aux blonds cheveux , Avec des bottes d'or des billets amoureux? mol. Éc. des mar. 11, ». Je l'envoyerais ainsi qu'elle est venue, la font. Serv. Je vous envoyerai une relation avec cette lettre, SÉv. 46. J'envolerais remercier son altesse, hamilt. Gramm. 4. || 3. On trouve dans Corneille envoyer des soupirs, pour les faire exhaler : Je ne m'oppose pas à la commune joie, Mais souffrez des soupirs que la nature envoie, cobn. lléracl. v, 8.
— HIST. XI' s. Enveions i les filz de nos moillers [femmes], Ch. de Itnl. m. I enverrai le mien [lils], ib. Il xii* s. Cist brief vous est de Cliarlon envolez, llonc. p. 14. Chançon, va-t-en là où mescuers [mon cœur] t'envoie, Couci, xvi. Dame, sot cuer vous envoie Li vostres loiaus amis, ib. p. 1 20. || xiii* s. Seigneur, li baron de France, li plus haut et li plus puissant, nous ont à vous envoies, et vous crient merci, villeh. xvi. Et Tybert leurcousin avec [j'] envoierai, Berte, vii. Envoyez pour Til)ert [envoyez chercher Tibert], qu'il nous soit conseillère [conseiller] . ib. XII. Ce que pleit au prince vaut loi, ausint com se toz li pueples donoit tout son poer et son commandement à la loi que li rois envoie, Liv. de just. 9. Et sitost comme je la mis à ma bouclie [l'eau] pour envoler aval [avaler], elle me sailli hors par les narilles, joinv. 240. || xv* s. Or eurent conseil ceux de l'ost, pour leur besogne approcher et
pour plus grever leurs ennemis, que ils envoieroient querreen laRioUe un grand engin qu'on appelle truie, FROiss. 11, 11, 6. [Coitier disait à Louis XI] Je sçay bien que ung matin vous m'envoyrez comme vous faictes d'autres, mais vous n'y vivrez point huyt jours après, comm. vi, 12. || xvi's. Il m'envoya au collège de Guienne, mont, i, 196. Ayant envoyé un ambassadeur vers le roi, id. 1, 39. Si la fortune continue, elle m'en envoyera [me renverra] très content et satisfaict, id. iv, 142. Je l'envoyai convier à disiier chez moy, id. iv, 320. Elle envoyoit quérir un médecin, lu. iv, 32). Le capitaine More l'envoia d'un coup de chevron sur la teste au bas de la rivière, d'aub. Ilisi. 11, 204. Les haliitants à la fin furent contraincts d'enviyer devers lui, AMVOT, Cimiin, 3. Celle réponse ouye, les envoyés reprirent incontinent leur chemin deversU mer, m. ib. 34.
— ÉTYM. Norm. et Berry, envier; bourguig. envié i provenç. et esp^ign. enriar; itaL inviare; de in, en, et via, chemin (voy. voie).
t ENVOYEUR (an-vo-ieur; plusieurs disent anvoi-ieur), s. m. Terme de commerce. Celui qui fait un envoi, celui à <|ui l'envoi est fait recevant le nom de destinataire. || Terme d'administration. Celui qui, par l'entremise de la poste aux lettres, adresse de l'argent à un correspoudant.
— ÉTVM. Eniotier.
t ENZOÏQUE (an-zo-i-k'), adj. Terme de géologie. Terrain enzoî'iue, terrain qui renferme beaucoup de débris fossiles d'animaux.
— ETYM. 'Ev, en, et Cûov, animal.
tENZOOTIE (an-zo-o-sie), ?. f. Terme de vétérinaire. Toute maladie qui règne constamment, ou à certaines époques périodiques, sur une ou plusieurs e-pèces d'animaux dans une contrée. Enzootls répond à endémie.
— ETYM. 'E', en, et Çmov, animaL
f ENZOOTIQUE (an-zo-0-ti-k'), adj. Qui a le caractère de l'enzootie.
— ETYM. Emnolie.
f ENZOOTIQUEMENT (an-zo-0-ti-ke-man), ad». D'une manière enzootique. Maladie qui règne enzootiquement.
f ÉOCÈNE (é-o-sê-n') , odj. Terme de géologie. Se dit du groupe le plus ancien parmi les terrains récents.
— ETYM. Mot fait par Lyell, de <]ws, aurore, et xaivi:, récent.
f ÉOLE (é-o-l'), s. m. Terme de mythologie. Dieu qui préside aux vents. Dans les champs que l'hiver désole Flore vient rétalilir sa cour; L'alcyon fuit devant Éole, Êole le fuit à son tour, j. B. rouss. Catitate, Circé. || Terme d'histoire naturelle. Bouches d'Eole, certaines fissures qui se forment dans les montagnes, et d'où il s'échappe un courant d'air.
— ÉTYM. Lat. yBoZuj ; grec, AïoXoc
1. ÉOLlEN,IENNE(é-o-liin, liè-n'), arfj. || !• Dialecte éolien, celui des cinq dialectes de la langue grecque qui était propre aux peuples de l'Êolide. Il S. m. L'èolien, le dialecte éolien. L'éolien a été suivi par Sapho et par Alcée. || 2» Mode éolien, l'un des principaux modes de la musique des Grecs.
— ÉTYM. AïoXe;, les Éoliens.
2. ÉOLIENNE (é-o-liè-n'), adj. f. Usité seulement dans cette locution : harpe éohenne, table ou boîte sonore sur laquelle sont tendues des cordes que le vent fait vibrer, ce qui produit des murmures mélancoliques.
— ÉTYM. Éole.
f ÉOLI-HARPE (é-o-li-ar-p'), ». f. Harpe éolienne.
ÉOLIPYLE (é-0-li-pil'), s. m. Terme de physique. Instrument consistant en une sphère creuse pourvue d'un tube à mince ouverture, qui, remplie d'eau et chauffée, donne issue à un jet impétueux de vapeur. L'eau qui reste en l'éolipyle Ne se refroidit pas quand il devient moins plein ; L'airain soufflant fait voir que la liqueur enclose Augmente de chaleur, déchue en quantité, li font. Quinquina, il. || Sorte de ventilateur que les fumistes emploient pour former un courant d'air et chasser la fumée.
— HIST. xvi" s. .Colipyle, porte d'iBolus; c'est un instrument clos, auquel est un petit pertuis, par lequel, si metiez eau et l'approchez du feu, vous verrez sortir vent continuellement, bab. Notes sur le livre iv, ch. 44.
— ÉTYM. Éole, et 110X11, porle (voy. pylôneJ. ÉOLIQUE (é-o-!ik), adj. Voy. éolien.
t ÉON (é-on), s. m. 'tenue des systèmes gnostiques. Nom des émanations ou intelligences étcr-
ÊPA
nelles «orties du sein de l'un. Les éons sont les substance» divines qui en [de DieuJ émanent plus immédiatement ; ils «ont les uns actif», les autres passifs; ils sont de différent sexe : il n'y en a qu'un certain nombre, condillac, Wisl. anc. xv, 6.
— ÉTYM. Aiùv, le tuinps, la durée, l'éternité; lat. avum ; goth. uivt; saiiscr. dyus ; ainsi dit parce que IVun était une intelliKence éternelle.
f £OUSE (é-ou-z'), I. f. Nom vulgaire du chine yeuse.
— HIST. xvt* s. Eause , oudin , Dict.
— ÊTVM. Autre forme A'yeuse.
t Él'ACMASTIQUE (é-iia-kma-sti-k"), adj. Terme de médecine. Qui croit, en parlant des maladies aiguës
— IIIST. XVI* s. Quelques uns divisent la synoque en homotone ou acniastique, cpacniastique ou anabalii|Uf, et en paracmastique, que les latins disent tequales, cnscenies, decrescentes, pake, xx, ».
— ETVM. 'E7tax|io<rtixo«, de éni, sur, et àxiiâ- Çeiv, être fort.
t ÉPACTAL, ALE (é-pa-ktal, kla-1'), adj. Terme d'astronomie. Qui se rapporte à l'épacle. Nombre épactal.
ÉPACTE (é-pa-kf), s. f. Terme de chronologie. Nombre indiquant l'âge de la lune au commencement de l'année, c'esl-à-dire le nombre de jours écoulés depuis !a dernière nouvelle lune jusqu'à la fin de l'année qui vient de finir. En tsao, l'éiiacte était 6,. et, comme l'année solaire vaut ta lunaisons plus environ H jours, l'ùpacte augmente ordinairement de H jours par an ; ainsi, pour 483), l'épacte a été « plus t( ou C? ; pour 1832, elle a été (7 plus tt ou 28; pour t833, c'était 28 plus tt ou 1», ou un mois de 3o jours, plus » pour l'épacte, SAIGEY, lléirologie. || Différence, en jours, heures, minutes it .secondes qui existe entre une révolution solaire et douze révolutions lunaires. |{ Cycle des épactes, espace de trente années, ajiri's lequel les épactes reviennent à peu près dans le même ordre.
— HIST. XIII* s. Li uns nombre a à nom epacte qui à nous sone autant comme sorajoustemens,por ce qu'on ajouste avoec le [nombre) régulier por trover l'aage de la lune, Comput, !° 8.
— ETYM. 'EitaxTo;, ajouté, de inî, à, et iireiv, mener (voy. agib).
ÉPAGNEUL, EULE (é-pa-gneul.gneu-l'; du temps de Chiinel, Gramm. p. 209, l'J ne se prononçait jamais : é-pagneu; aussi la Fontaine at-il dit : Qu'elle vienne admirer le roi des épagneux, Petit c/lien), t. m. et f. Espèce de chien de chasse à longs poils. Les épagneuls sont originaires d'Kspagne. Dieu n'éteindra pas plus sa divine étincelle Dans l'étoile des nuits dont la splendeur ruisselle Que dans l'humble reganl de ce tendre épagneul, la- MART. Joe. IX, 279. Un bon épagneul quête le gibier avec ardeur, l'arrête à distance et le fait partir sous le coup de feu de son maître, CH. de Bernard, la Chasse aux atnantt, § xi. || Adj. Vu chien épagneul.
— HIST. XIV* s. Que l'espreveteur [le chasseur à l'épervier] se garnisse d'espaignols, ilénagier, m, 3. Il XVI* s. Un grand espagneul qui avoit accoutumé do coucher sur les pieds du roy, d'aub. Vie, u.
— ÊTYM. Espagnol, à cause de l'origine de ces chiens ; wallon, epagnote ; namur. èpagno.
t KPAGOMÈNE (é-pa-go-mê-n') , adj. m. Terme de clironolojçie. Jours épagomèiies, les cinq jours que les Ëgypliens ajoutaient aux 360 jours de leur année vague.
— ETY.M. *E7taYÔ(j.evo;, ajouté, de'^Tci, à, et Sftiv, mener (voy. agir).
t ÉPAILLAGE (é-pa-lla-j', IJ mouillées), t. m. Action d'effeuiller les nœuds inférieurs des cannes à sucre.
— f.TYM. É pour 01.... préfixe, etpat'We.
t ÉPAILLEMENT (é-pa-Uo-man, U mouillées), t. m. Action d'épailler; résultat de cette action.
t £PAILLER (é-pa-llé, 2( mouillées), v. a. Enlever de l'or toutes les saletés qui proviennent de la fonte ou du mal forgé.
— ÊTYM. É pour et.... préfixe, et j>ai(/e.
ÉPAIS, AISSE (é-pê, pê-s'), adj. Il l'Epais, considéré quant à la dimension : qui a une certaine épaisseur. Mur épais de deux mètres. Une pbinciic épaisse de quatre centimètres. La seconde édition des recherches de M. Parent est en trois volumes in-t2 fort épais, fonten. Parent. \\ Terme de bolaiiiquo. Se dit de toutes les parties dont l'épaisseur, comparée à celles d'organes analogues, est plus grande q .e ne semblerait le comporter leur étcn due. Il Fort, solide, par opposition à mince. Drap
EPA
épais. Etoffe épaisse. || Par extension. Langueépaisse, langue pâteuse , lourde , articulant difficilement. Il Taille épaisse, taille grosse, peu élégante. || Fig. et familièrement. Avoir la mâchoire épaisse, avoir l'esprit grossier. On dit aussi : c'est une mîchoire épaisse. || Cheval épais, clieva! gros, lourd, sans élè^'ance. || 8' Epais, considéré quant au nombre : sirré, touffu. Des cheveux épais. Les bois épais. D'épais bataillons. J'ai craint que de ces bois l'épaisse solitude Ne cachât un ramas de brigands révoltés, uucis, Lear, i, 1. 1| Terme de pêche. Tissure épaisse , tissure d'un filet à mailles serrées. || 3' Ëpais, considéré quant à la consistance : dense, peu Huide. Du vin épais. Un épais brouillard. Cette liqueur épaisse Mule du sang de l'hydre avec celui de Nesse, CORN. Uedée, iv, 2. Une épaisse vapeur s'est du temple élevée, m. OEd. ii, 3. Ils l'ont enveloppé d'une épaisse fumée, lu. Tois. d'or, v, 2. Mais qutlle épaisse nuit tout à coup m'environne? rac. Àndr. V, 5. Climats qu'un ciel épais ne couvre que d'orages, VOLT. Orphel. i, *.\\ Fig. et familièrement. Cela est épais à couper au couteau, se dit d'un esprit grossier, d'une ruse grossière, etc. || Fig. Lourd, pesant, grossier. Montchevreuil était un fort honnête homme, modeste, brave, mais des plus épais, ST-siM. 4, 64. Les Déotiens, les plus épais de tous les Grecs, prenaient le moins de part qu'ils pouvaient aux affaires générales, montesq. ilom. 6. Et la grosse gaieté de l'épaisse opulence, grksset, Uéch. II , 3. Il U se dit des choses dans un sens analogue. Une ignorance épaisse. Que son intelligence est épaisse I mol. Préc. rid. 6. Dans la plus épaisse barbarie, fléch. Panég. u, 383. {| 4* Substantivement. Epaisseur. Une pierre qui a deux pieds d'épais. Il 6* Adv. Avec densité, d'une manière serrée. Semer trop épais. Il a neigé épais.
— nEM. Au XVII* siècle, à côté d'épais on disait épois : On verrait Les poètes plus espois que mouches en vendanges, Régnier, Sal. iv. De son gros chef couvert de bois. S'exhale maint nuage épois Qui le cache et qui l'environne Et lui fait comme une couronne, scarron, Virg. iv. Épais était la prononciation de l'ouest de la France; épois celle du centre et du nord.
— HIST. XI* s. Al plus espes [de la mêlée], Ch. de Roi. ccLvii. Il xii* s. [Un haubert] Fort et espes et serré et entier, Ronc. p. 49. Plus espois, «6. <42. Il xm* s. Ensi pourprisl li feus de defors le port en travers jusques parmi le plus espeisde la vile, villeh xci. Sous une espine espesse [elle] s'est allée mucier, Berte, xxxvui. D'autre part suntli mur de boe. Qui n'ont pas d'espês plaine paume, la Rose, 6131. ||xv* s. Je ferai, par enchantement, l'air si espès, que dessus la mer il semblera à cils de dedans qu'il y ait un grand pont pour dix hommes de front, FROiss. li, il, 137. || xvi* s. [La forêt] Voit par l'espais de sa neuve ramée Mainct libre oiseau qui de tous côtés erre, du bixlay, u, i9, reclo. Meutes de chiens, piqueurs Massiliens Marchent espais [serrés nombreux], ID. iv, tu, recto. Des tuyaux pratlcquez dans l'espez du mur, hont. iv, 265. Des urines cspesses, noires et effroyables, id. IV, 271. Ces espesses poussières, id. iv, 2»t. Le capitaine Nesde et un sergent qui y mourut, firent quelque jour dans cet espais à coups d'hallebarde u'aub. Jlist. II, 353. Espesse fumée, id. ib.
— ETYM. 'Wallon, spès, spèse, au féminin; bour guign. espoo; provenç. espes; espagn. espeso; ital. spesso; du latin spissus.
t ÉPAISSEME.NT (é-pê-se-man) , adv. D'une manière épaisse. 11 [le duc de Beauvillier] nous conta que tout le dessus de la cassette, et assez épaissement, s'était trouvé rempli d'un fatras de toutes sortes de mémoires, st-sih. 32&, 261.
— HIST. Xii* s. Espessement [ils] leur jettent maint fust et maint baston, Saxoris. viii. || xm* s Les chaussées jonchées... De fresche herbe et de jonc partout espessement, Berte, cxxxiii. || xv* s Onques grésil ne goutte de pluie ne cheurent plus espessement du ciel quelàcheoientfiesches, Boude 1, 24. Il xvi* s. Le blé inégalement semé ne peut naistre qu'inégalement, c'est assavoir espessement d'un costé, et rarement de l'autre, o. de serres, l<3.
— ÉTYM. Épaiise, et le suffixe ment; provenç. espessament ; espagn. espcsamente ; ital. spessarrtenle.
ÉPAISSEUR (é-pè-seur), s. f. || 1* Dans le langage géométrique, l'une des trois dimensions d'un corps solide, par opposition à la longueur et à la largeur. Il Dans le langage ordinaire, épaisseur se dit également, en parlant d'un corps solide, de la dimension dans le sens vertical ou profondeur, et de la dimension dans le sens horizontal ou largeur. Epaisseur d'une pierre, d'une planche. Épaisseur d'un
EPA
mur. Il fit une cachette dans l'épaïueur du mur Il 2' Qualité de ce qui a une certaine épâisieur. Son menton tur son sein descend à double étage, Et son corps, ramassé dans sa courte grosseur, Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur. Boa. Lutr. 1. Il 8* Il se dit du degré de densité, de résistance d'un tissu. L'épaisseur d'une étoffe , d'un drap. Il 4* Qualité de ce qui est serré, rapproché. L'épaisseur de la foule. L'épaisseur d'un plant. L'épaisseur d'un bois, la panie où les arbres sont le plus serrés. Dans la sombre épaisseur de ces profonds taillis, VOLT. Scythes, iv, 8. || S* Qualité de ce qui a beaucoup de consistance. L'ép.iisseur d'un sirop. Il Qualité de ce qui est dense. L'épaisseur du brouillard, de l'air. Une noire fumée Dont l'épaisseur corrompt la puroté de l'air, hoir. Antig. v, 6. C'est ainsi que nous avons vu cent fuis l'astre de la nuit en percer l'épaisseur , diuebot. Salon de (767, OICuv. t. ziv, p. 244, dans POUGE^s. || 6' Il se dit d'esprits comparés à quelque chose d'épais , de lourd, de peu subtil. Comme son esprit était de la portée de tous les esprits qu'il voulait, il faut voir comme il s'insinua dans l'épaisseur de celui des opulents échevins et dans la délicatesse de leurs tendres et très-magnifiques moitiés, uahilt. Gramm. lo.
— HIST. xvi* i. Par l'espesseur des foresls chevelues, DU BELLAY, II, 43, recto II avoit enfermé un poinçon de poudre dans l'espesseur d'une muraille, d'aub. Uist. Il, 410.
— f.TYM. Épais; wallon, tipeheur. L'ancien français avait espe-ise au lieu d'épaisseur.
ÉPAISSI, lE (é-pê-si, si e), part, passé. Devenu plus épais en dimension. Au détour d'un sentier deux arbres opposés. Laissant tomber leurs bras épaissis et croisés. Forment sur leur pas.sage une large barrière, gilb. IforI d'Abel, viii. || Devenu plus épais en consistance, en densité. Sirop épaissi. Quel nuage épaissi se répand sur mes yeux? volt. Fanât, v, 4. || Devenu plus épais en nombre. Les rangs épaissis de la foule.
ÉPAISSIR (é-pê-sir), v. a. || 1* Rendre plus épais quant à la dimension. Epaissir un mur. 112° Rendre plus épais quant à la consistance. Epaissir un sirop avec du sucre. Epaississez-vous un peu le sang ; tempérez votre feu par votre flegme, balz. 4* dise, sur la cour. Qu'il mûrisse la datte et ses sucs nouriciers, Des troupeaux de Cédar épaississe les laines, millev. Je Phénix. || Rendre plus dense, do manière qu'on voit moins à travers. Les vapeurs épaississent l'air. || Fig X propos de quoi [la querelle du quiétisnie préoccupant tout le monde en 46*7], on renouvela ce mot échappé à M"' de Sévigné lors de la chaleur des disputes sur la grâce : « Epaississez-moi un peu la religion, qui s'évapore toute à force d'être subtilisée, » st-sim. t. l, p. 425, édit. chéruel. Épaississons la nuit qui voile sa naissance, VOLT. Fanât, iv, t. Ah! la fatalité sur nous deux étendue Epaissit le bandeau qui te couvre la vue, LEMERC. Agamemn. iv, 5. || 3* Y. n. Devenir plus large. Sa taille épaissit. || Devenir plus consistant. Le sirop épaissit en cuisant. Cette sauce épaissit. Il Par extension, devenir plus dense, plus serré, plus touffu. Que de ses beaux jasmins les ombrei épaississent, lamart. Médit, i, 4 2. || 4* S'épaissir, V. rcfl. Devenir gros. Sa taille s'épaissit. || Devenir plus consistant. Ce sirop commence à s'épaissir. Sa gorge enlle, et du sang dont le cours s'épaissit Le passage se ferme ou du moins s'étrécit, corn. Attila, V, 6. Mais le jour baisse et l'air s'est épaissi, Ducis, Othello, V, 2. Il Fig. Socrate s'aperçut que plus il avançait dans la carrière, plus les ténèbres s'épaississaient autour de lui, BARTHELEMY, ..Inar/i.ch. 07. Il 6* Devenir embarrassé. Une langue qui se lie et s'épaissit, MASS. Car. /inp<;n. |16* Devenir lourd, inhabile à comprendre. Son esprit s'épaissit tous les jours.
— HIST. m* s. La guerre crut e espeissa.... Li genz Héraut chescun jor creissent. Tote jor vie-j gnenta espeissent, itou, v. 46339 et 42303. || xvi*s.| Pourquoi espessit l'araignée sa toile en un endroict,' et relaschtien un aultre? hont. li, 460. '
— ETYM. Épais; provenç. «ipeùîar, espiessoTi catal. espessir; espagn. espi-sar; ital. spestare.
\ ÉPAISSISSANT, ANTE (é-pè-si-san , san-f), adj. Qui a la propriété d'épaissir ou de s'épaissii
ÉPAISSISSEMEKT (é-pé-si-seman), s. m. Action d'épaissir, de s'épaissir; état de ce qui est épaissi. L'épaississementde l'épidcrme. L'épaississcment des liqueurs. L'épaississement de U taille. L'épaississement de la langue. L'épaississement de la nuit, des ténèbres.
— ETYM. Èpaist«,
EPA
f fiPALF.MKNT (i5-pa-le-man) , s. m. Action d'épaler. Pour avoir, sans déclaration préalable, <I6monté, réparé ou autrement changé la capacité des v;iisseaux repris au procès-verbal d'épalement; pour avoir substitué aux cuves épalées d'autres de plus grande dimension, une amende.... Loi belge du Î7 juin isiî sur tes distilleries, art. 32, § 14.
+ ÉPALER (é-pa-lé), t). a. Jauger par empotement ou dépotement, par opposition au jaugeage métrique. Les vaisseaux jaugés ou épalés seront tous marqués distinctement, Arrêt royal de Belgique sur le sticre de glycose, (5 sept. 1845, art. 4.
t ÉPALPie, ÉE (é-pal-pé, pée), ad;. Terme de zoologie. Oui est dépourvu de palpes.
— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et palpe.
t ÊPAMPRAGE (é-pan-pra-j') , s. m. Action d'épamprer la vigne, le blé.
ftPAMPRfi, f.K (é-pan-pré, prée), part, passé. Vignos épamprées.
ÉPA.MPREMENT (é-pan-pre-man), s. m. Terme d'afrriculture. Action d'épamprer la vigne.
— HIST. xvi° s. Espamprement, cotgrave.
— KTYM. Épamprer.
lîPA.MPRER (é-pan-pré), V. a. Terme d'agriculture. Ôl'-r de la vigne les pampres, les fe'iilles inutiles. Il Parextension, diminuer , au printemps, l'excès (le végétation herbacée des blés. On épampre, soit en coupant à la faux ou à la faucille le sommet ries feuilles ou des jeunes tiges, soit en faisant passer un troupeau de moutons dans le champ.
— IIIST. XVI* s.' Sera bon en mesme temps qu'on bine la vigne, qu'en certains endroits du Languedoc on appelle reclorre, de la faire espamprer etesbourgconner, o. de serbes, (74.
— I-.TYM. z/pour es.... préfixe, et pampre.
+ ÉPANADIPLO.SE (é-pa-na-di-plô-z'), s. f. Terme de grammaire. 11 y a une autre figure [de mots] qu'on appelle épanadiplose, qui se fait lorsque, de deux propositions corrélatives, l'une commence et l'autre finit parle même mot, do harsais, t. IV, p. (39.
— ËTYM. "EitavaSÎTtXùxric, de iid, àvà, etSi7:),o\Jv, doubler.
t EPANALEPSE (é-pa-na-lè-ps"), s. f. Terme do grammaire. Kigure d'élocution qui consiste à répéter un ou plusieurs mots, ou même un membre de phrase tout entier.
— ÉTVM. 'ETtavâ>.r|i}/iç, de inl, àvà, et^yy^;, action de prendre.
I fiPANAPHORE (é-pa-na-fo-r'), s. f. Terme de grammaire. Figurede mots qui consiste à répéter le même mot au commencement de chacun des membres d'une période.
— Rtym. 'Eicava9opà, de èitl, ovà, et çopà, action de porter.
t TÎPANA STROPHE (é-pa-na-stro-f), s.f. Terme de grammaire. Synonyme d'épanadiplose.
— ÉTYM. "Enavocffxpoçri, de im, àvà, et <r:po<fft, action de tourner.
ftPANCHÉ, ÉE (é-pan-ché, chée), par», passé. Il 1" Dans le style élevé, versé. De l'eau épanchée sur les mains. Rentrons et qu'un .sang pur par mes mains épanché Lave jusques au marbre où ses pas ont touché, rac. Athal. n, a. || Fig. Puisque cette grandeur à son trône attachée Sur nul autre que VOUS ne peut être épanchée, corn. Nicom. ii, 3. Que partout de leur nom la gloire est épanchée, MOL. F. sav. IV, 3. Il 2° Oui a de l'épanchenient, de la disposition à communiquer ses sentiments. Quand vous en voyez d'épanchées, sujettes à discourir, Boss. Vie relig.
ÉPANCUKMENT (é-pan-che-man), i. m. || 1° Action d'épancher. L'épanchenient du vin dans les libations (;ue faisaient les anciens. Féconds épanchements de pluie et de rosée. Bénissez le Seigneur, CORN. Trad. du cant. des trois enfants. Que fait-il en moi, ce soleil .si grand et si vaste, par le prodigieux épanchemeut de ses rayons, que d'exciter dans mes nerfs quelque léger tremblement? BOSs. Connaiss. iv, 9. || Par extension. Ce vain désir de paraître jette l'âme tout entière au dehors, et dans cet épanchemeut elle se dissipe , BOSs. Véture, Bouillon. || Fig. Telles sont les faveurs quêta main nous partage. Grand roi, du roi des rois la plus parfaite image; Tel est l'épanchement de tes nouveaux bienfaits. Il prévient l'espérance, il surprend les souhaits, cobn. Remerc, nu roi. Un plein épanchemeut de consolations, id. Imit. n, t. D'une clarté céleste un long épanchement Fera briller incessamment D'un rayon infini la grandeur ineffable, iD. ib. III, 47. Alcine nous la faisait voir magnifique et inépuisable dans l'épanchement de ses dons, HARHONTEL, CoHtes moraux, École del'amiiié.
ÉPA
Il S" Terme de médecine. Accumulation d'un fluide dans une partie du corps qui n'est pas destinte à le contenir. Épanchement da sang, de bile. Un petit épanchement de sang dans le cerveau suffit pour boucher les pores par où les esprits entrent dans les nerfs et pour arrêter tous les mouvements, ni- COLR, Ess. demor. l" traité, ch. 4. Partout où il y a rupture de vaisseaux, il y a épanchement de sucs, et c'est la cas de toutes les plaies soit des parties molles, soit des parties dures, bonnet, Consid. corps organ. Œuvres, t. v, p. 39fl, dans pougens. Il 3* Fig. Communication de sentiments et de pen.sées intimes. Ce qui se dit dans ces épanchements de cœur que la conversation produit entre deux amis, ne peut être regaidé que comme des pensées, montesq. 7?om. xiv. Avec quelle innocence et quels épanchements Nos cœurs se sont appris leurs premiers sentiments! volt. Adélaïde, v, t. Il est certain que l'épanchement des conversations ne se concilie guère avec la gravité, p. l. cour. Letl. II, 329.
— ÉTYM. Épancher.
ÉPANCHER (é-pan-ché), v. a. || 1* Dans le style élevé, verser. Épancher du vin. Ma main de cette coupe épanche les prémices, bac. Brit. v, 5. || Par extension. Tantôt un bois profond, sauvage, ténébreux Épanche une ombre immense, et tantôt, moins nombreux. Un plant d'arbres choisis forme un riant bocage, delille. Jardins, u. jj Par une autre extension et fig. Mettre en dehors. Un vain désir de paraître, qui nous épanche au dehors et nous ri nd ennemis de toute retraite, boss. Véture, Bouillon. Lui seul, disaient-ils, savait dire et taire ce qu'il fallait, seul il savait épancher et retenir son discours, id. le Tetlier. || 2° Fig. Verser comme un liquide qu'on répand, produire libéralement. Les fruits que la terre épanchait de son sein, FÉN. Tél. II. Il épancha ses dons sur le globe fertile. ST-LAMB. Saisons, i. In grand cœur veut dans l'ombre épancher ses bienfaits , gilb. Stances à M. d'Arnaud. Alors [sous les païens] la religion n'était que soufferte, alors les prêtres ne demandaient pour elle aux maîtres du monde que de la laisser épancher dans le sein de l'homme ses bienfaits inestimables, mibabead. Collection, t. iv, p. 333. Il 3" Verser, communiquer des choses intimes. Souffrez qu'en votre sein j'épanche mon secret, lamotiie, Inès de Castro, ii, 1. 1{ Ëpanchar son cœur, exposer avec sincérité sa pensée, ses sentiments. l'Ile épancha son Sme devant Dieu, flécii. Aiguillon. 11 épanche son cœur dans celui de son ami, }. 1. pouss. Ém. v. 114° S'épancher, v. réfl. Être épanché. Lorsqu'il est plein, ses eaux s'épanchent en cascades; mais, dans les temps de sécheresse, ces épanchoirs n'en versent plus, et alors c'est du fond du réservoir qu'on les tire, harmontel, Uém. vu. L'onde rafraîchit l'air; l'air s'épanche en rosée, DEUiLt.E, Ilom.des champs, i. Plus loin, sur la rive où s'épanche Un fleuve épris de ces coteaux.... lamabt. itéd. n, t. Il Fig. Le sommeil sur ses yeux commence à s'épancher, boil. Sat. vm. Mon cœur vous fut ouvert tant qu'a vécu mon père; C'était le seul présent que je pouvais vous faire : Et lorsque avec mon cœur ma main peut s'épancher, Vous fuyez mes bienfaits tout prêts à vous chercher, rac. Bérén. m, 1. 1| 5° Il se dit, principalement en médecine, du sang, d'une humeur qui s'extravase. Le sang s'est épanché dans la poitrine. || 6° Verser librement les sentiments de son cœur. Il s'épanchait en fils qui vient, en liberté. Dans le sein de sa mère oublier sa fierté, rac. Brit. v, a. Mon cœur pour s'épancher n'a que vous et les dieux, x>. Phèd. V, t. Au lieu de vouloir vous cacher mes ennuis, je cherche à m'épancher et trouve une douceur secrète àvous découvrir mon âme, lesage, Diabl. boit. I3. Quand l'étourdi venait s'épancher à lui, J. J. ROuss. Ém. iv. Je m'épanche avec vous, je no dois rien vous taire, la chaussée, Préj. à la mode, V, 5.
— mST. XVI* s. Je ne m'espancheray pa» d'avantage à poursuivre ces allusions et etymologies, des ACCORDS, Bigarr. f° 92, dans lacurne.
— ÉTYSI. Hourguigri. épainché. Autre forme de épandre, comme pencher est une autre forme de pendre. Ces formes supposent un développement du mot latin par un suffixe, erpandere en expandicare, eipendere enpendicare.
tÉPAiVCHOlR (épanchoir) s. m. Ouvrage d'art par lequel se déversent les eaux d'un canal, d'un étang.
t ÉPANDAGE (é-pan-da-j'), s. m. Terme d'agriculture. Action de répandre l'engrais sur le sol. L'hygiène publique et l'agriculture réclament un mode d'enlèvement et d'utilisation des matières fé-
EPA
l/if)!
cales solides et liquides, qui permette d'en rpéref facilement ie transport et l'épandage, mosselman, Aead. des se. Comptes rendus , t. Lvi, p. (281.
— f.TYM. Épandre.
ÉPANDRE (é-pan-dr'), j'épands, nousépandons; j'épanilais ; j'épandis ; j'épandrai; j'épandrais ; épands, épandons; quej'épande, que nous épandions; que j'épandisse; épandant ; épandu, v. a. Il 1° Étendre en versant, en dispersant, en éparpillant. Ce fleuve épand ses eaux dans la campagne. Épamlre du fumier dans un cnamp. Où Polyciène épand ses libérales eaux, j. b. Borss. Ép. vi. Océan, qui sur tes rives Épands tes vagues plaintives, la- MABT. Ilarm. n, (a.||Fig. La terreur de son nom qui devance ses armes Épandit dans les rangs <le si vives alarmes.... PERRAULT, Poème de la peinture. Il 2" Verser, faire couler. J'épandrais mon sang Plutôt que de rien faire indigne de mon rang, corn. Cid, I, 4. J'abandonne mon sang à qui voudra l'épandre, id. Ctnna, iv, 4.||3° Fig. Verser, donner, accorderen abondance. L'astre qui luit aux grands... Ëpandit dessus moi tant d'heur et de puissance, MALH. V, 30. Daigne du juste ciel la bonté souveraine n'épandre sur vous que des prospérités,
CORN. Rodog. II, 3. Une majesté douce é|iand sur son visage De quoi s'assujettir le plus noble courage, ID. Pomp. III, 3. Je ne sais d'homme nécessaire Que celui dont le luxe épand beaucoup de bien, la font. Fabl. vm, (9. C'est un parterre où Flore épand ses biens, id. ib. x, (. || 4° S'épandre, V. réfl. Être épandu. Les eaux s'épandentdans la campagne. Un peuple inconnu et renfermé jusqu'alors entre le fleuve Tanaîs et la Mer Glaciale sortit de son pays, et s'épandit comme un torrent dans toutes les provinces voisines, flécii. Théodose, i, 58. Tes cheveux déliés, somlain Par anneaux flottants s'épandirent. Et comme un nuage couvrirent L'ivoire poli de ton sein, bernabd, Poés. div. Ép. X, d Batilde. \\ Fig. Pour ce trait de douceur le nom de Constantin S'épandra désormais du couchant au matin, tristan, il. de Chrispe, i, 3. J'ai couru vers les lieux où le bruit s'épandait, in. Mariane,!, 3. Retournez vite au camp où s'épand un murmure, MAiR.SoJ. m, 3. Et si l'erreur s'épand jusqu'en nos garnisons, corn. Serlor. iv, 3. Un bruit s'épand qu'Enghien et Condé sont passés, noiL. Ép. iv. Un embiasement qui s'épand au loin dans une forêt, LA bruy. 1 II S'épandre en, produire avec abondance. En superllnités s'épandant d'ordinaire, Et poussant trop abondamment, U [le bléj 6te à son fruit l'aliment, LA font. Fabl. IX, (t. US" Se promener au loin, en parlant des regards. En voyant ses regards s'épandre sur les eaux Pour jouir et juger d'un combat de vaisseaux, corn. Androm. i, t. \\ 6° Être versé, donné libéralement. Je souhaiterais.... que vos bontés s'épandissent sur quelques personnes,
MÉRÉ, OEUV. post. t. H, p. 125.
— SYN. ÉPANDRE, RÉPANDRE. Épandre indique, dans l'action, une sorte d'ordre et d'arrangement qui n'est pas dans répandre.
— HIST. XI* s. [Il] Tranche la teste por la cervele espandre, Ch. de Bol. ccLXiv. {| xii* s. Li sans de lui espant [se répand] parmi la prie. Bouc. p. 9o. La novele espandue du .saint martyr novel. Qui giseit au mustier ocis sur le quarrel. Th. le mart. (53. Venge le sanc des tuens [tiens], Deus, qui est espandus, ib. 76. [Il prie] Que Deus le mete en bone vcie, E que sa grâce h espande. Si qu'od lui truist [qu'avec lui il trouve] ceo qu'il demande, benoît, il, 6222. Il xiii* s. Si s'espandront de toutes pars parmi la terre pour querre viandes, villeu. lxii. Les autres gens qui furent espandus parmi la ville gaaingnerent assés, id. cvii. L'odor de lui [du bouton] entor s'e.spent, la Rose, (676. Très bien les servent li serjant; Vin aportent à espandant. En coupes, en hanas d'argent Aportent clair vin et plument, FI. et Bl. (265. Que vostre sang devé» espandre, i:t pour sainte église défendre, barbazan. Fabliaux, 1, 65. Il xiv 8. Cardes autres bourjois en y ot revenus. Qui tout ont confermé et les fais espandus, Cuesl. 8435. Qneceste doctrine signée sous certain chapitre soit trouvée plus legierement que se ele estoit esfiandue en divers chapistres de çà et de là, H. DE mondeville, f* (04. Adonc s'espandirent nouvelles par le pays, froiss. i, i, (8. ||xvi* s. Sans espandre ny voix ny pleurs, mont, i, 8. Tantost elles s'espandent d'un costé, tantost d'un aultre[les rivières], id. i, 232. Main à demy espandue et ouverte, ID. ir, 23*. Il fault espandre le grain, non pas le respandre, id. iv, 9. La renommée de sa vaillance estoit fort espandue par toute la Grèce, amyot. Thés. 38, Il espandit sur l'heure grande quantité de larmes, lo. Périe, 8».
ÉPA
— ETYM. ProTenç. espandre; ital. rpandere ; Aa latin exjïandere, de ex, et panilere, déployer.
ÉPANDIJ, VK (é-paii-du, due), part, passé d'épandre. || 1* Etendu en versant, en dispe^^ant,ensenianl. Tel qu'à vagues épanduos Marche un (leuve impérieux , De qui les neiges fondues Renilent le cour» furieiii, MALH. II, 2. Notre fuite, madame, est assez difficile; J'ai vu des «ens de guerre épandus par la ville, coiiN. florf. 1)1, 2. Quelques restes de feu sous la cenilre épnndus.... la kont. /Vit'/, rt Bauc. De» noirs torrents de soufre épandus dans les air», volt. HeiiT. VI. Le superbe Êridan, francliis.<anl ses rivages. Dans son onde écuniantp épandue à grands Ilots entraîna 1rs pisteurs. leurs lo Is et leurs troupeaux, HALFiL. Gi'nie de Virtj. \\ f Se dil de tout ce qui est comparé à quelque chose de disséminé. De qui ta renommée é;iandue en tous lieux, dksmaiiets, Visionnaires, II, 1. Un inconnu frisson dans mon corps épandu, corn. Uél. u, 4. On n'a pas aimé la surprise avec laquelle Pertliarite se présenie au troisième acte, quoique le bruit de son retour soit épandu dis le premier, ID. Verih. Examen. L'usage de notre laneue est k présent si épandu par toute l'Europe, prmcipalemenl vers le Nord, qu'on y voit peu d'Êlais où elle ne soit connue, id. Tliédt. Préface, éilit. I6k2. Une voix sortit de la nue, Ëcho redit ces mots dans les airs épandus, la font. Falil. XII, 27. L'Eglise était épandue par tout le monde, uoss. Var. I5. |; 3° Versé. Puisqu'ils sont satisfaits parle sang épandu, corn. Wor. iv, 6. Un soupir, une larme à regret épandue, id. Poly. il, 2. Il 4» Qui s'épanche comme fait une eau. Quel est sur votre front ce nuage épandu? v. Huoo, CromweU, II, 19. IIKig. Sun amour [de Dieu], épandu sur toute la famille. Tire après lui le ptiru aussi hienque la fille, coR.v. Poly. v, «. De toute la vertu sur la terre épandue Tout le prix à ces dieux, toute la gloire e-l due, i». Œdipe, iil, 5.
+ ÉPANNELAGE (é-pa-ne-la-j'), t. m. Terme de maçonnerie. Première taille en chanfrein d'une arête sur l:i(iuelle on veut tailler un; moulure. Il Parties superflues enlevées d'une pierre, d'un bloc de marbre.
■f ÊPANNELER (é-pa-nelé. VI se double devant une syllabe muette; j'épannelle) , ti. o. Dégrossir le marbre, enlever tout ce qui excède les plans du polyèdre. Il Tailler en chanfrein le parement d'une pierre qui doit être profilée.
— f.TYM. É poiirM.... préfixe, etponnei [panneau], t Él'ANNELLEMENT (é-pa-nè-le-man), s. m. Action il'épanneler; résultat de cetie action.
■t ÉPANOOE (é-pa-no-d'), s. f. Ternie de grammaire Figure d'élocution, ilite aussi régression. Espèce de répétition qiiise fait en reprenant tour à tour plusieurs mois qui précèdent, pour développer l'idée contenue dans ch.icuii d'eux.
— ÉTYM. 'EnàvoSo;, de iiti, àvà, et ôSi;, chemin.
ÊPANOHTHOSE (é-pa-nor-tô z') , t. f. Figure de rhélorii|ue, dite plus souvent correction, par laquelle on feint de rétracter ce qu'on avait dit, comme trop faible pour es qu'on veut exprimer. Exemple : J esp5re, que dis-jeî je suis sur qu'on TOUS rendra justice.
— ÊTYM. 'Enav6p6uoi;, correction, rectification, de ini, ivà, et opOo;, droit.
ÉPANOUI, lE (é-pa-nou-i, ie), part. poiJ^d'épa- Douir. Il 1° Ouvert, en parlant de fleurs, de boutons, etc. Une fleur épanouie. || 2* Kig. Se dit de ce que l'on compare à un boulon qui s'ouvre. Ahl s'il peut consentir qu'une telle allégresse Tienne ses sens épanouis, cobm. Imil. i, 2i. C'est demain que votre cœur sera épanoui, sëv. 497. || Traits épanouis, traits qui se dilatent et s'ouvrent par la joie. On dit de même un front, un visage épanoui. Il 3* Eclatant, bruyant. Une joie épanouie. Veux-tu de ces enjouements épanouis, de ces joies toujours •uvertes' iioL. Bourg, gent. m, ».
ÉPANOUIR (é-pa-nou-ir), ». a. \\ 1" Se dit, en parlant des (leurs et des boutons dont les feuilles, les pétales s'ouvrent et s'étalent. La chaleur épanouit les fleurs. La jeune plante épanouit ses fleurs odoriférantes avec mille couleurs nouvelles, fén. Tél. IX. Il Kig. La gaielé épanouit le visa^je. || Kig. et familièrement. Epanouir la rate, faire rire, réjouir. C'est bien là pour lui faire épanouir la rate, T^. CORN. D. Bertr. de Ciganal, iv, 8. Après nous être égalés tous deux et bien épanoui la rate, je dis au brave : Que ferons-nous de ce riche habillement? LESAGi, Gil Bios, I, 10. Il 3' S'épanouir, X. re'/I. Dé]<loyer ses feuilles, sortir du bouton, en p.nrlant d'une plante, d'une fleur. On voit les fleurs s'épanouir. || Fig. Dans cet Age o& les charmes com-
EPA
mencent k «'épanouir, hamilt. Gramm. 7. Faites renian|uor aux enfants que la beauté du corps est une fleur qui s'épanouit le mitin, et qui est le soir flétrie et foulée aut pieds, fén. t. xvii, p. !>7. Comme les fleurs, l'âme s'épanouit, uernard. Art d'aimer, ch. II. Il Son vis.'ige s'épanouit, il prend l'aspect de la joie, du coiitentemcnL || Sa rate s'épanouit, il devient gai. Sa rate s'est épanouie d'un nrs extravngmt, s£.v. 379. || 3* On dit dans le langage anatomi(|ue, que des vaisseaux, des fibres s'épanouissent, quand elles diver;.'eiit l'une de l'autre au même point ou à peu pré'i. || 4" Être joyeux, radieux. On s'épanouissait déjà des succès de VeiidAme comme d'une communication sûre et établie, sT-sm. I2u, 06. Mon cœur séché d'ennuis, llelri pai la tristesse. S'épanouit enfin dans sa pure allégresse, DE bk.lloy, Gabr. de Vergy, m, t. I.e cœur de ce chrétien s'épanouissait en parlant de son é|)ouse, ciUTEAUB. Ifart. 47. Mais jusqu'à sa derni^re aurore En buvant frais s'épanouir, .... Mes amis, ce n'est pas vieillir, bêrano. Vieillesse.
— HIST. XIII* s. Que jà estoit passez yvers. Et l'aubeespine florissoit, Et que la rose espanisoit, Ben. 9662. [Des boutons] Qui s'aprestoient d'espanir, la Bose, )65).||xiv' s. D"ulce fleur espanie, odorable et flairant, Guescl. 2H78. Si advint ceste chose entour la St Jehan, que les blea sont espanoys, Chron. de St Denis, t. ii, ^ 7, dans la- CURNE. Il xvr s. La rondeur de ces joues, oïl les roses s'espanouissoient en tout temps, yver , p. B94. Celuy qui espanouil sesailesen rongnantcelles d'autrui, comme estant homme net et sincère sans aucune passion, se fait reputer importun et fascheux, AMYOr, Comment diicemer le flatteur de l'ami, 67. Les fleurs tost espanouyes, Tost s'en vont esvanouyes, bons. B37. Ha le voici, j à voici la barrière Du jour declose, et le ciel s'espanir, in. 760.
— ETYM. Picard, épénir ; de l'ancien fiançais eipant'r, avecl'intercal.itiondeou (intercalatioii inexpliquée jusqu'à présent) , comme dans esvanouir pour estanir. Espanir est une autre forme de espaiidir, qui est dans le provençd et qui est une autre conjugaison de espandre (voy. Epanure). Épanouir signifie donc déployer. On trouve en eflel eipandre pour espanouir : KIor qui s'espant, et feuille qui verdoie, i'oMtMinfî. avant «auo.daus
LACIIRVE.
ÉPANOUISSE.MENT (é-pa-nou-i-se-man) , s. m. Il 1" Action de s'épanouir; état de ce qui est épanoui. L'épanoui.ssement des fleurs. || i° Terme d anatomie. Epanouissement des vaisseaux, des libres tendineuses, des nerfs, disposition anatomiiiue qui résulte de la subdivision en branches, fibres et tube», au même niveau ou à peu près. || 3* Fig. Se dit d'un sentiment chaud et agréable qui agit sur lo cœur en l'épanouissant pour ainsi dire. La joie n'est qu'un épanouissement du cœur, corn. I^iic d l'Ac. fr. Un air léger dont je sentis la fraîcheur m'apporta des parfums qui me causèrent un épanouissement intime et me donnèrent un sentiment d'amour pour moi-même, buff. Des sens. L'épanouissement de l'extrême joie, qui d'un mouvement uniforme semble étendre et raréfier tout notre être, se conçoit, s'imagine aisément, j. i. Rouss. Emile, V. Il Epanouissement du visage, air de gaielé, de vif contentement. || Epanouissement de rate, joie, gaieté éclatante.
— HlST. xvi» s. On l'apperçoit par les espanouissemens et eslargissemens du visage, quand l'homme est en espérance de quelques voluptez, ahyot, De la vertu morale, 2B.
— ÊTYM. Épanouir.
ÉPARCET (é-par-sè), *. m. Voy. esfarcette.
t ÉPARCETTK (é-par-sè-f) , s. f. Voy. esparcette.
tÉPARCHIE (é-par-chie), s. f. Diiinilé d'éparque.
ËPARER (S') (é-pa-ré), v.réfl. Terme de manège. Synonyme inusité de ruer.
— ÊTYM. Ital. sparare, ruer, de ( préfixe répondant à e^.... indiquant dérangement, et le latin parure (voy. PABBH).
Epargnant, ANTE (é-par-gnan, gnan-t"), adj. Qui use d'épargne, qui est très économe. Un bomroe épargnant. Crassus : Je ne prétends pas être avare, je crois même en bonne foi que je ne suis pas assez épargnant, fEn. t. xii, p. 294. U ne put soulfrir plus de trois mois les cruels remords de son humeur épargnante, au liout desquels il fit une taxe de deux écus par tête sur chaque académicien, pour le payement d'un repas qui était déjà mi* en oubli, pure- Tiins, Factums, U i, p. 4 7».
— HIST. iiv« s. Ceulx que nous appelions tenans ou espargnans ou avers ou chetifs, ohesme, Elh.
ÉPA
KO. Ilxvi'i. On dressera cet enfant k estre espar» giiant et mesnagier de sa suffisance quand il l'aura
acquise, MONT. 1, 466.
ÉPARGNE (é-par-gn'), ». f. || f Administration des dépenses telle qu'elles soient moindres que les recettes. Il a amassé de grands biens par son épargne. L'épargne est nécessaire à qui veut s'agrandir, TH. COHN. V. Bertr. de Cig^rral, i, 4. Peut-on rien voir de plus cruel que' cette rigoureuse épargne <|U'on exerce sur nous, que celte sécheresse élrangd où l'on nous fait languir? mol. Arare, l, 2. Vivre d'é|>ar^'ne et de travail, BOss. llist. m, 6. Et pourquoi cette épargne enfin? l'ignores-tu? Afin qu'un héritier bien nourri, bien vêtu. Profitant d'un trésor en tes mains inutile, De son train quelque jour embarrasse la ville, boil. Sat. vin. De l'épargna sordide : Cette espace d'avarice est dans les bommei une passion de vouloir ménager les plus petite* choses sans aucune fin honnête, la bruy. Théophr, X. Il L'épargne de bouche, la diminution de dépense sur la nourriture. Kle est nourrie et élevée dans une grande épargne de bouche, hol. Arare, 11, «. Il Aller à l'épargne, chercher à épargner. || Fig. U va à l'éiargne des mois, il aflTecte de la concision dans son style. || 3' La somme même que l'on a économisée. Les épargnes des domestiques. Il n'ett point difficile de sentir que toute épargne dans U main d'œuvre, loin de diminuer les moyens de travail pour le peuple, tend au contraire à mullipher ces moyens mêmes, en augmentant pour tous le* hommes la masse des objets de consommation, et par coiiséqueit celle de leurs jouissances ci de leurs richesses, condorcet, Jfondgni. || Terme d'économie politique. Portion des produits qui est réservée pour être employée à la production. C'est l'accumulation des épargnes qui forme les capitaux, j. b.saï, tpitomé , épargnes. || Caisse d'épargne et lie prévoyance, ou, simplement, caisse d'épargne, établissement de bienfaisance oii les plus petites sommes sont reçues et portent intérêt, à partir d'un franc. || 3" Ancien nom du trésor royal. Quelques officiers qui sont au trésor royal ont été à même temps et officiers de l'épargne et officiers du trésor royal, parce que, lors de leur premier élabiisseinent, on disait l'épargne, et aujourd'hui l'on dit le trésor royal, valgel. Souk. rem. Observ. de II'", p. 2's, dans POUGENS. || 11 s'est dit, [lar extension, dans l'ancien langage élevé ou poétique, du irésor de tout souverain. Mon épargne [c'est Auguste qui parle] depuis en sa faveur uuverie, COKN. Cinna, u, l. J'ai fait en son épargne (de Sparte] entrer tous les trésors Des peuples subjugués par mes heureux elforts, id. Agesil. m, *. L'épargne qu'il manie avec profusion, botr. Vencrsl. 1, 6. Des débris des traitants ton épargne grossie, BoiL. Ép(t. 1. Il 4" Fig. Il se dit de tout ce qu'on économise comme on fait pour l'argent. L'épargne du temps. La nature est d'une épargne extraordinaire.... cette épargne néanmoins s'accorde avec une magnificence surprenante, fonten. les Mondes, i" soir. Médecin n'employant qu'avec une sage épargne les ressources de l'art, et n'ajoutant qu'à regret aux dangers et aux douleurs de la maladie les d,inger* et l'incommodité des remèdes, condobci;t, Bourdelin. Il h" Poire d'épargne , ou , simplement , épargne, sorte de poire, dite aussi beauprésent, belle cueillette , qui vient de bonne heure et est juteuse. Il 6' Terme de gravure. Taille dépargne, taille en épargne, sorte de taille qui se fait lorsque, enlevant le fond, les traits qui doivent paraître sont ceux qu'on épargne, qu'on laisse en relief. |;7' Terme de doreur. Mélange de blanc d'Espagne, de sucre et de gomme, dont ou couvre les partie* qui doivent être brunies.
— HIST. xiir s. Maint ribaiis.... despeudent eo la taverne Tout lor gaaing et lor espergne, Puis revont porter les fardiaus, la Bose, M172. |{ xv s. Comme qui en compassion n'avoient donné espargne à nulluy, que justement de nulluy ne dévoient recevoir m pitié ni merci, chastelain, Chron. du dur. Philippe, Proesme. || xvi* s. Duquel pasté ayant mangé deux ou trois lèches à l'espargne [parcimonieusement] avec ceux qui dineienl quand lui, desper. Contes, xvi. Il estoit nialcoiitent de l'estroitte espargne de son père, amyot, Péric. su. Il se trouva tant d'or et tant d'argent es colTres de l'espargne (trésor public] qu'il suffit à tous autres aflaires, id. Cimon, 24.
— ÊTYM. Voy. ÉPARGNER.
Epargne, ËE (é-par-gné, gnée), part, passé. Il 1* Mis en réserve par l'économie. Une somma importante épargnée peu à peu. Il fil à la reine de* fuuérailles très-magnifiiiuesoù rien ne fut épargné,
EPA
HOLLIN, Ilisl. anc. CEuv. t. vi, p. S-ie, dans pca- GENS. Il 2' A ijui on a fait prâce. Oui, jusqu'à ce moment le traître est éparfjné, volt. Orphel. v, 4. Marius épargné par le Cinibie qui ne peut se résouilre à tuer re grand homme, stael, Corinne, viii, 4. ÉPAUGNEU (é-par-gné), t). o. 111° User d'épargne dana la dépense; ménager une chose, ne l'employer qu'avec réserve. Nous n'avons guère de provisions, il faut les épargner. Épargnez votre argent. C'est parler mal à propos que de s'étendre sur un repas magnifique devant des gens qui sont réiluitsà épargner leur pain, la bhuy. v. Les huit ou les dix mille hommes sont au souverain comme une monnaie dont il achète une place ou une victoire: s'il fait qu'il lui en coûte moins, s'il épargne les hommes, il ressemble à celui qui marchande et qui connaît mieux qu'un autre le prix de l'arf^ent, id. x. Ne manquez pas de représenter l'erreur grossière de ces femmes qui se savent bon gré d'épargner une bouj-'ie, pendant qu'elles se laissent tromper par un intendant sur le gros de toutes leurs allaires, fén. Édnc. fillrs, xi. || Absolument. Quoiqu'elle ait soin de tout, et qu'elle soit chargée de corriger, de refuser, d'épargner (choses qui font haïr presque toutes les femmes), elle s'est rendue aimable à toute la maison, fén. Ki. xxii. || S'épargner une chose , se la refuser par épargne. L'avare s'épargne jusqu'aux choses de première nécessiié. || 2° Kig. Ne doi;ner qu'avec réserve. Épargner ses pas, ses démarches. Je n'ai pour vous rejoindre épargné temps ni peines, MOL. VÉl.v, 3. Il Supprimer, écarter. Épargnons des discours superflus, cobn. Sert, u, 5. Je puis par ce partage ép%'gner les soupirs Oui naîtraient de ma peine ou de vos déplaisirs, ID. Rodog. i, 2. || Ne pas épargner, employer sans réserve. On n'y épargna ni les meurtres ni les violences, vaugel. Q. C. III, H. Quand il fallait calmer toute une populace, Le sénat u'épargnait prome.sse ni menace, cobn. Nicom. V, 2. Mais j'ai des biens en foule et je puis m'en passer.— On n'en peut trop avoir, et, pour eu amasser. Il ne faut épargner ni ciime, ni parjure, BOIL. Sal. VIII. Us [les Manicliéens] n'épargnaient pas le parjure pour cacher leurs dogmes, boss. Var. XI, § 203. Il Ne rien épargner, employer tous les moyens. Les Komains n'épargnaient rien pour la grandeur de leur ville, boss. Ilist. m, 6. U avait ordre de ne rien épargner pour faire mourir Télémaque, fén. Tél. xx. || S'épargner quelque chose, épargner à soi quelque chose, s'en dispenser, s'en exem|iter. Épargnez-vous ce soin. Le succès de cette tragédie a été si malheureux que, pour ui'épargii-er le chagrin de m'en ressouvenir, je n'en dirai presque rien, corn. Perlharùe, Exam. Épargnez-vous le hldme D'un coup peu convenable à la main d'une femme, rotr. liéiis. m, 6. Oh ! que vous vous seriez épargné de mouvements et d'agilations.... bouhd. Pensirs, t. i, p. 3&a. || 3" Épargner quelqiiechose à quelqu'un, l'en préserver, l'en garantir. Kt pour vous épargner un discours inutile, COBN. Médi'e, i, i. Je voudrais que le ciel inspirât au sénat De m'épargner ce maître, m. Pulck, v, 1 , J'épargne à sa vertu d'éternels déplaisirs, id. Nicom. m, 3. Illui pourra sans doute épargner plus d'un crime, m. «6. iv, 2. Je vous suis bien tenu de ce soin obligeant Qui m'épargne un grand trouble et me rend mon ari,'ent, mol. i'Ét. I, 7. Seigneur, je ne sais pas encoie ce que je veux; donnez-moi le temps d'y songer, et m'épargnez un peu la confusion où je suis, m. Princ. d'Êl. v, 2. D'une mère en fureur épargne moi les cris, bac. Iphig. i, ï. Cesse, cesse et m'épargne un importun discours, ID. l'hèd. IV, 2. Je t'en ai dit assez, épargne-moi le reste, id. ib. i, 3. Les bienfaits de M. le duc de Bourgogne épargnèrent à la France et la douleur de perdre un si excellent homme [la Fontaine] et la honte de ne l'avoir pas arrêté par da si faibles secours, d'olivet, Hisl. Acad. t. ii, p. 331, 3« édit. Il aura eu l'avantage de prendre tout dans l'état où l'ont mis les nations les plus savantes, et elles lui auront épargné celte suite si lente de progrès.... FONTEN. Ciar Pierre. Un ruisseau par son cours, le vent par son haleine. Peut à leurs faibles bras épargner tant de peines, l. bac. lielig. m. Divinités de ce bois formidable. J'épargne à votre oreille un entretien coupable, delavigne, Paria, I, 2. Quels affronts ou quels maux nous ont ils épargnés? id. Vêpr. sicil. il, 6. |{ En un sens analogue. Ces deux maximes bien entendues épargneraient bien des préceptes de morale, j. j. rouss. dans le Z)ic(. de poitevin. || Aujourd'hui, en cet emploi , on dit souvent éviter; ce qui est une grosse faute. Il 4" Traiter avec indulgence. Épargner la vieillesse, l'enfance, la faiblesse. Vous qui livrez
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la terre aux discordes civiles, Si vous vengez sa mort, dieux! épargnez nos villes, cobn. Pomp. Il , 2. Quoi I tu veux qu'on t'épargne et n'as rien épargné! m. Cinna, iv , 2. Les injustices des pervers Servent souvent d'excuse aux nôtres; Telle est la loi do l'univers : Si tu veux qu'on t'épargne, épargne aussi les autres, la font. Fabl. vi, (5. Pendant que nous tremblons sous leur main [des princes], Dieu les frappe pour nous avertir.... et il les épargne si peu qu'il ne craint pas de les sacrifier à l'instruction du reste des hommes, boss. Duch. d'Orl. Je n'épargnerai rien dans ma juste colère, BAC. Aiidr. i, 4. D'un cœur trop faible encore épargnez la faiblesse, m. Baj. v, 6. Et vos refus cruels, loin d'épargner ma peine. Excitent ma douleur, ma colère et ma haine, lu. llérén. in, ». Messoins, en apparence épargnant ses douleurs, De son fils en mourant lui cachèrent les pleurs, id. Brit. iv, 2. Il Elliptiquement. Ne m'épargnez pas, c'est-à-dire mettez mon zélé, mon amitié à conlribution. || Ne pas compromettre. Toutefois épargnez votie tète sacrée, BAC. Slitlir. m, t. Il Laisser vivre, laisser subsister. La mort n'épargne personne. En perdant tous les miens, tu m'as seule épargnée, cobn. Urracl i, 2. Monstre qu'a trop longtimps épargné le tonnerre, BAC. Phèd. IV, 2. Le tem[)s, de tout souverain maître. Fait périr tout ce qu'il voit naître; U n'épargne que les beaux vers, la motte. Odes, t. i, p. 137, dans pouGENS. Je n'épargne rien sur la terre, Je n'épargne rien même aux cieux, bérang. le Temps. Il 8" Faire grâce, parler avec mépagemeni. Ah! seigneur, épargnez la triste I|ihigénie, bac. Iphig. V, 2. Il Être retenu dans les louanges qu'on donne. Elle allait s'étendre sur l'honneur que lui ferait dans l'histoire cette circonstance de son régne; mais il la pria de l'épargner, marmontri.. Contes moraux, Soliman lf.\\ Épargner quelqu'un, en parler avec modération; ne pas l'épargner, en parler mal; n'épargner personne, médire de tout le monde. Car VOUS ne m'épargnez guère, Vous, vos bergers et VOS chiens, la font. Fabl. i, 40. Les hommes toujours hardis à juger les autres sans épargner les souverains, car on n'épargne que soi-mèuie dans les jugements, boss. ilar. Thér. On ne sait si on a affaire à un chrétien ou à un païen, lor.-^qu'on entend ainsi déchirer le christianisme, sans l'épargner dans ses plus beaux jours, id. Var. ("arcrt. § 18. On n'épargne ni le roi ni le cardinal de Richelieu, qu'on accuse de la plus noire ingratitude, genlis, Mlle de la Faij'tte, p. u , dans pougess. |I En un autre sens, ne pas épargner, batire. J'aurai soin du valet, n'épargnez pas le maîire, rëgnard, llénechm. 11, 6. Il 6° 'ferme d'arts. Employer avec habileté la matière que l'on travaille. || Épargner un gilet sur un coupon de drap, tailler tellement le coupon qu'il reste de quoi faire un giiet. || 7° Terme de dessin. Faire servir le blanc du papier ou de l'ivoire aux effets de lumière, sans peinture «i crayon. || Terme de peinture. Ne rien coucher sur certaines parties d'un tableau. U faut mettre une couche sur telle partie , et épargner telle autre. On épargne les figures et les fabriques quand on fait le ciel d'un tableau. || 8" Étendre l'épargne sur une pièce de dorure. Il 9° Terme de menuiserie. Former une seconde figure , en même tnmps qu'on pousse celle qu'on s'est proposée. Ainsi le menuisier qui pousse un quart de rond, ép:irgne un filet s'il forme en même temps un filet près du quart de rond. || 10° S'épargner, ». re'/I. Se traiter l'un l'autre avec ménagement. Les combattants ne se sont pas épargnés. Il Ne pas s'épargner, dire tout ce qu'on sait de soi, bon ou mauvais. J'écris par votre ordre Ihistoire de ma vie, et le plaisir que je me fais de vous obéir avec exactitude a fait que je m'épargne si peu moimême, betz, t. m, liv. IV, p. 237, dans pougens. Il Ne pas s'épargner à une chose, y travailler de toutes ses forces. Je sais que Léonor ne .s'y épargne pas, BABON, Homme à bonnes fort, m, 6. || Je ne m'épargnerai pas , je ferai tout ce qu'il faudra.
— HIST. XI* s. Ne mais [excepté] seissante que Deus ad esparniez, Ch. de Roi. cxxv. || xii* s. 11 vont ferirau groignor tas; Illes ne s'i espargne pas; Moult i emploie bien sa main , galtier u'arras, llle et Galeron. Et ja ne me avieingne que je espargne mon cors en tôt le lens de tribulacions, Macliab. I, 13. Et quant li bers Renoars l'a veU, Ne l'esparna, ains l'a bien conseû [atteint], Bat. d'Aifsdians.v. 6493. La terriene leis ne deit nul esparnier. Pur les fcluns danter e pur els chastier. Th. le mart. 32. || xiii" s. La mors qui nului n'espargne, ne grant ne petit.... Chr. de Rains, p. 101. Dragon, fols est qui atent; On doit jehir son talent [exprimer son désir]. Si c'autres n'i puist à tans sour-
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venir. Et chou [ce] qu'il a espargnié envaïr, Bibl. des chartes, t. v, 4* série, p. 477. || xiv* s. Quant il s'y expose, il le fet forciblement et hardiemeiit, sans e.spargner à sa vie aussi comme se il reputasl du tout que vivre n'est pas chose digne estre espar gnie en tel cas, obesme, Elh. t22. Ne veuilliez vos chevaus nullement espargnier, Guescl. (8277. Par ma foy I ditliertran, jà on a dit pieça : Moult espargne de bien celui qui point n'en a, ib. U64«- 1)862. Il XV* s. Et n'espargnoient ni or ni argent, non plus que s'il leur plut des nues, fboiss. i, 1, 70. Là e.stoit damp abbé, qui point ne s'espargnoil [à combattre], id. i, i, 80. Permettez-nous De n'espaigner ce pommé [cidre] Si bien aimé, bassel. xxxix. Il xvi* s. Pour espargner la despense, mont.
I, 100. Mastinez les fonctions du corps, pour espargner à l'ame la solicitude de les conduiie, ID.
II , 259. Les trompettes ne s'espargnerent pas , CAHL. m, )5. X la guerre il se montroit vaillant homme, et qui n'espargnoit point sa personne, amïOT, Péric. il. Le peuple luy cria, qu'il enleiidoil qu'il les feist parachever aux despends du public, sans y rien espargiier, id. ib. si. N'espargnez point de dire ce qui est requis, pour bien faire entendre la qualité de vostre offence, ST fh. DE SALLES, p. 488.
— ÉTYM. 'Wallon, spdrgni; bourguig. rtparmer ; provenç. espargiiar ; ital. sparmiare, sparagnare, risparmiare. Origine douteuse. On est attiré |iar l'allemand sparen, épargner, et par le latin parcere, sans i|u'on puisse se rendre compte du mudu de dérivation qu'ont suivi les langues romanes.
ÉPARPILLÉ, ÉE (é-par-pi-llé, liée, JJ mouillées), part, passé. Disséminé. Je plains surtout les pauvres philo-sophes, je les vois éparpillés, isolés et tremblants, VOLT. Lett. Marmoniel, <ï avril (704. || Fig. Nous trouvons notre pauvre secret éparpillé partout,
SÉV. 674.
ÉPARPILLEMENT (é-par-pl-lle-man. Il mouillées, et non é-par-pi-ye-man), s. m. Action d'épat^ piller; état de ce qui e-t éparpillé.
— HIST. XVI' s. EsparpiUement, cotgrave.
— ÊTYM. Éparpiller. On trouve éparpille: Grand elTroi et esparpille, monstrel. i, I8D.
ÉPARPILLER (é-par-pi-llé. Il mouillées, et nou é-par-pi-yé), v. a. || 1° Disperser çà et là. Éparpiller des papiers, des notes. Epar|iiller ses trou, pes, les distribuer en petits corps. En même temps que l'encensoir Sur son visa^'e sec et noir Était prêt, par grand malencombre. D'éparpiller charbon sans nombre, scarbon, Virg. vin. Il Fig. La vie de Paris éparpille les idées, volt, dans le Oict. de poitevin. || Terme de peinture. É|iarpil- • 1er les lumières, les répandre çà et là sur un tableau de façon qu'elles ne forment plus de masses. Il 2" Éparpiller l'argent, le répandre en dillerentes mains. Partout la Providence Veut en nous protégeant Niveler l'abondance, Éparpiller l'argent, bé- RANG. CoHireb. || Éparpiller son argent, le dépenser en frivolités. Il 3" S'éparpiller, v. ré/L Être éparpillé. En s'envoiant les papiers .s'éparpillent. || Se disperser. Toute la compagnie s'était éparpillée. || Par extension. Votre esprit.... sur le clavier qui frémit sous vos clianls S'éparpille en notes sonores , V. HUGO, Feuilles d'aul. 8l. [] Passer d'idées à autres, d'occupations à autres. Il faut s'appliquer bien à une chose et ne pas s'éparpiller sur plusieurs. Recueillez-vous-y, au lieu de vous y éparpiller, MA1NTEN0N, Leil. àd'Aubiyné, t. i, p. 4", dans
POUGUNS.
— HI.ST. XII* S. Sicum eve [eau] espandut sui, et esparpeilet sunt tuit li mien os, Liber psalm. p. 30. E este vus cil se furent esparpeilled; e jurent [furent gi.sants] partutmangians e bevanz, llois, HO Il xiK' s. Tuit autre bien sunt de fortune, Qui les esparpille et aUne, Kt toit et donne à son voloir, la Rose, 630O. La gent à l'aversier sor le pont espar-
paille [s'éparpillej , Ch. d'Ant. iv, 383 Dieu te
volt faire veiller. Et repentir et traveiller. Et les sains crins esparpiUer Sur ses piez que tu acolas, J. DE MEUNG, Tr. 884. Mout VOUS verrai esparpulliez En ceste nuit e esmaiez, la Passion, ms. de Sl-Brieuc. f° 48. l|xtv*s. Et se entretiennent à une masse sans esparpillier ou départir, UémigiKr, ii, 6. Il XVI* s. E.sparpillez de toutes pars. Belle, ces beaux cheveux espars, nu bellay, iv, 75, recto.
— ÉTYM. Norm. épaupiller; provenç. esparpaihar; catal. esparpillar; ital. spnrpagliare; de fs.... préfixe, et le provençal parpalhô, liai, parpaglione, qui signifient papillon et c|ui sont une corruption da papilio (voy. papillon et parpaillot). On trouva aussi asparpillel, dans Edouard le conf. v. 4«o(; et aparpiUiei, dans Machaut, p. 7(
ÉPA
tftPAROTTE (*par-k'), t. m. Terme d'histoire «ncieniie. Nom du préfet de Constantinople.
— ÉTYM. 'EBapxos. dejiti, sur, et 4px"«, commander.
«.ÊPABS, AKSE (é-par, par-s'), adj. Êpanduçà et là. Cet horrible débris d'aigles, d'armes, de chars, Sur ces champs empestés confusément épars,
CORN. Pomp. I, 4 Sa milice éparse à chaque
coin de rue, ID. Iléracl. iv, «. Et les membres épars. des mauvais interprètes [de l'énigme du sphinx] Ne laissaient dans ces murs que des bouches muettes, id. Œdipe, i, ♦. Il voit de toutes parts Ses p.Mes défenseurs par la frayeur épars, noiL. j'p. IV. C'est lui qui rassumblacescolombestimides, Eparscs en ccnl lieux .sans secours et sans guides, BAC. Estli. Prol. Il Avoir les cheveux épars, les avoir en désordre. I.a plaintive élégie, en longs habits de deuil. Sait, les cheveux éjiars, gémir sur un cercueil, non.. An p. II. Il ïernie do botanique. Feuilles éparses, feuilles disposées autour de la tige, sans ordre apparent. || Kig. Souvenirs épars. Idées, notions éparses.
— lliST. XIII* s. Il se misent au fuir sans plus attendre, et s'csparseiit li uns çà et 11 autres là, ii. dp. VALF.NC. IX. Si bitau chevel erent [étaient] espars, Lascheniunt mis & une tresse, Bl. et Jeh. 4702. Il XV' s. Si csloient comme brebis esparses sans pasteur entre les loups, Boucic. i, ch. 28. jj xvi* s. Que babilleront ici les Pelagiens, que le péché a esté espars au monde par l'imitation d'Adam? cai.v. Inst. 174. Nos iniiiuilez nous ont espars comme le \cnl, m. if). r.79. I.es catlioliques quittent et s'espardenl par le bourg, n'Auu. Hist. il, 24t.
— f.TYM. Lai. sjiarsus, part, passif de spargere, disperser; bourguign. épardre, disperser; anc. fr. espnrdre.
f 2. ÉPARS (é-par), t. m. Terme de mer. Il sedit de petits éclairs qui ne sont pas suivis de coups de tonnerre.
— IHST. XIII* s. Par tonnoires et par espars, la Rose, IS088. Il XV* s. Que mai temps, tonnoire n'espart No puent [peuvent] longuement durer, E. de.s- Cii. Poésies mss. dans lacuhne.
— ÊTYM. Anc. fr. espars, éclair, espardre, éclairer; mot qui Coïncide pour la forme avec espardre, disperser' (voy. épars <); i'espars étant ainsi dit de la dispersion de la lumière dans le ciel.
■\ ÊPARSEMENT (é-par-se-man) , adv. D'une manière éparse. Après ce qui a été éparsement expliqué sur Monseigneur, on a vu par avance quelle .sorte do .sensation fit la perte de ce prince, st-sim.
— msT. XV* s. Les seigneurs se logèrent espartement aux champs, au mreux qu'ils purent, phoiss. II, p. 252, dans LACURNE. Il xvi* s. Esparsemeiit, OUDIN, Dicl.
— f.TYM. Épnrse, et le suffixe ment.
t ÊPAUTIR (S") (é-partir), v. réfl. Terme vieilli. Se répandre, se distribuer. Car c'est lui qui répand la neige à pleines mains; Comme flocons de laine il l'oblige à descendre; La brume à son choix s'épart sur les huiniiins. Comme s'épartirait la cendre, conN. Trad. du ps. cxLvii. Lorsque l'aube, en suivant la nuit qu'elle a chassée, Espart ses tresses d'or, TiiiîopniLE, Pour Mlle de M....
— F.TYM. É pour es.... préfixe, et partir (voy. ce mot) , dans le sens de partager.
t ÉPARVIN (é-par-vin) ou ÉPERVIN (é-pér-vin), I. m. Terme de vétériiraire. Tumeur qui vient au jarret d'un cheval. || Éparvin sec, fiexion convulsive du membre postérieur au moment du départ. Il Ëparvin calleux , éparvin de bœuf, tumeur osseuse de la même nature que chez le cheval, et se développant sur la partie supérieure et latérale du canon et sur les os plats des bœufs.
— HIST. XIII* s. Cevaus csparvigneus, Poésies mis. avant (300, dans lacur.>ie. {| xiv* s. Il [mon cheval] a les quatre piezrouviaus, Espavains, courbes et molestes, machaut, p. 8o. Et par entre les deux jambes de devant [du cheval], regardes aux jambes de derrière qu'il n'y art esparvain ou courbe; esparvain dedens le plat de la cuisse de derrière est et s'apperçoit mieulx par entre les deux jambes de devant, àténagier, ii, 3.
— RTYM. Espagn. esparavan; ital. spai-enio et sparenio; bas-lat. spaienus; angl. spavin. Ménage le tire d'épervier, parce que le cheval tient haut le pied malade comme fait l'éporvier; étymologie que Uiez approuve, la fortifiant de la forme catalane espiirrerenc qui, signifiant éparvin, signifie aussi évidemment de U nature de l'épervier : esparver et la finale adjectivo enc.
ÉPATE, ÉË (é-pa-té, tée part. pMt^. || 1* Dont
RFA
'e pied est ca.ssé. Un verre épaté. || 2« Un nez épaté, nez court, plat, écrasé. |{ 8* Sertissure épatée, celle dont la circonférence est plus large en bas qu'en haut. Il 4* Terme de marine. Haubans, galhaubans épatés , harrbatrs, galhaubans faisant un certain arrgle avec la lêle de leurs mJts.
t lÎPATEMENT (é-pa-te-man), ». m. || 1* Etat de ce qui est épaté, plat. Epatementdu nez. Hï" Terme de marine. Angle plus ou moins ouvert que le bas des haubans forme avec le mit sur la tète duquel ils sont capelés.
— HiST. xvi* s. Espatement [action d'épater, d'élargir], COTGRAVE.
— F.TYM. Épater.
ÉPATER (é-pa-té), V. a. jj 1* Rompre le pied d'un verre. Épater un verre. || Donner à un ouvrage d'art moins de hauteur qu'il ne faudrait, eu égard à sa base. || 2* Trivialement. Faire tomber sur les quatre pattes; et fig. étonner, déconcerter. Cette réponse Ta épaté. Cela est épatant. || 3° S'épater, V. réjl. Être épaté. Ce verre .s'est épaté. || 4* Prendre une certaine largeur, en devenant moindre en hauteur. Au bout d'un certain temps, la larve [du corail ] , en se mouvant à reculons, va se fixer par sa partie postérieure sur un corps solide quelconque; alors elle s'épate, et ce ver allongé se trarrsforme en un disque plat, quatiiefagp.s, Acnd. des se. Comptes rendus, \. vin, ^. (ti7o || 6° Tomber à terre tout de son long.
— F.TYM. È pour es.... préfixe, et patte: priver de patte, de pied, rendre plus petit; wallon, spaté, épaté, aspatef, écraser, aplatir; rouchi, du fier espaté, du fer en tflle, c'est-à-dire aplati.
t ÉPAIIFRURE (é-pô-fru-r) , s. f. Terme de paveur et de maçon. Eclat de pierre emporté mal à propos par un coup de travers ou par un accident. Si quelques légères épaufrures .se remarquent sur Us parties les plus saillantes du visa;;e [dans un bas-relief d'ÉleusisJ,viTKT, Revue des Deux-Mondes,
(860, t. XXVl, p. 218.
— ÉTYM. Origine inconnue. Est-ce que espaulrer serait du même radical : xiv* s. Et elles se sont espautrées Au rire.... J. de condet, p. 173.
ÉPAULARD (é-p6-lar; le d ne se lie pas), ». m. Terme d'histoire naturelle. Nom vulgaire de la phocène orque de Cuvier [cétacés].
— HlST. XVI* s. Espaular, cctgrave.
— ÊTYM. Épaule.
ÉPAULE (é-pô-1'), ». f. Il 1° Partie la plus élevée du liras chez l'homme. Déjà Despine était sur l'échafaud. Les cheveux retroussés et les épaules nues, MAIH. Sotim. v, 2. Il ne me fallait point payer en coups du gaules. Et me faire un affront si sensible aux épaules, mol. Et. Ii, ». Suis-je ce même Alcide? ai-je de ces é|)aules Tour le secours d'Atlas .soutenu Us deux pôles? botrou, Wi'rc. mour. IV, i. Je vous ai vu cent fois sous sa main bénissante Courber servilement une épaule tremblante, DOIL. tutn'n, IV. Il n'occupe point de lieu, il ne tient pas de place, il va les épaules serrées, le chapeau abaissé sur les yeux pour n'être pas vu, LA BHUY. VI. Platon fut d'abord appelé Ari.stocle, du nom de son grand -père; son maiire de palestre l'appela Platon à cause de ses épaules larges et carrées, ROLLiN, flist. anc. xxvi, )'* partre, ch. 2, art. 4, § t. Il Marcher des épaules, marcher pesamment en balançant les épaules et en se donnant un air d'importance. Vous voyez des gens qui entrent sans saluer que légèrement, qui marchent des épaules et qui se rengorgent comme une femme, LA BRUY. viii. Il Terme de manège. Trotter des épaules, se dit d'un cheval qui trotte pesammeirt. || Il est bien large, mais c'est par les épaules ou des épaules, se dit d'un avare, par un jeu de mots .sur large, qui, outre l'acception propre, signifie généreux. Il Familièrement. Hausser , lever les épaules, témoigner en haussant les épaules, qu'une chose déplaît, choque. Vous avez un rrdicule orgueil qui fait hausser les épaules, MuL. Ual. imag. :i, 7. Il ne répondit qu'en haussant les épaules, sÉv. 2io. Le Jupiter d'HomiJre avec ses deux tonneaux me fait lever les épaules, volt. Uemmius, ix. || Mettre quelqu'un à la porte par les deux épaules, le chasser honteusement. Thésée, après cent coups de gaules, Le mit dehors par les épaules, scarron, Virg. vu. Il Porter sur les épaules, se dit d'un fardeau dont on a les épaules chargées. || Fig. Je porte cet homme sur mes épaules, il m'est à charge, il me déplaît. Il Avoir quelque chose sur les épaules, avoir quelque embarras. Quand nous n'aurons plus Pliilisbourgsur nos épaules, sÊv. 474. Je veux ra'ôter sa charge de dessus les épaules, ID. 410. || Être sur les épaules, peser sur les épaules, être à charge, être
Ep.\
un embarras. || Plier les épaules, témoigner en pliant les épaulesqu'on n'approuve pas. Et parlé de vos ver», en pliant les épaules, pihon, Métrom. m, 4. || En un autre sens. Plier, baisser les épaules , lubir un alTront avec résignation. || Avoirles épaules assezfortes, trop faibles pour ...., c'est-à-dire être capable, incapable d'exécuter une chose. || Donner un coup d'épaule à quelqu'un, lui venir eu aide dans un embarras , dans une difficulté. || Prêter l'épaule k quelqu'un, lui fournir les ressources dont il a !>•soin. Il Prêter l'épaule à quelijue chose, y être favorable. Et dans son désespoir à la fin se mêlant, Pourra prêter l'épaule au monde chancelant, coRif. Pompée, 1,1. Perfiiles, vous prêtez épaule à leur retraite, ID. la Veure, iv, 2. j{ Un tour d'épaule, ua coup d'épaule, un elTort pour quelque chose. Ces messieurs [du parlement] sont l'imagu de la justice: les images portées ou menées en procession précèdent le roi; encore un tour d'épaule ri ils prétendront le précéder, si-smoN, 445, 200. || Lire par-dessus l'épaule, lire par •derrière une personne ce qu'elle tient dans la main. Et vous croyez bien que je me rends maltresse de la lettre, pour qu'on ne lise pas sur mon épaule ce que je ne veux pas qui S'it vu, .<!F.v. 278. Un jour qu'en ayant ouvert une [Icllre] et s'étant mis à lire, Éjdiestion s'approcha et lisait avec lui par-dessus son épaule, rolli.n, //ii<. anc, t. VI, p. 385, dans pougens. || Manger par-dessus l'épaule, jouer par-dessus l'épaule, manger derrière les autres, jouer sans avoir de place à la table du jeu. Il Hegarder quelqu'un par-dessus l'épaule, la regarder avec mèpriii. || Faire quelque chose pardessus l'épaule, ne point le faire dugtout. Ne comptez pas être rembour.sé par cet homme; il voui payera par-dessus l'épaule. || Pousser le temps à l'épaule,vivre petitement en attendant un meilleur temps, gagner du temps. En attendant, je vais pousser, comme je pourrai, le temps avec 1 épaule jusqu'au printemps, où j'irai revoir.... l'alehb. un. à Voltaire, I5 oct. (776. || 2" Partie la plus élevée de la jambe de devant chez les quadrupèdes. Le sanglier a été blessé à l'épaule. Une épaule de mouton, de veau. || Il senl l'épaule da mouton, se dit de quelqu'un qui sent mauvais. Il II ne jette pas les épaules de mouton par les fenêtres, il est avare. {[ Épaule de mouton, cognée à l'usage des charpentiers. || Terme d'entumulogie. (.hez Us hexapodes, épaule se dit du second article des pattes antérieures. || 3* Terme d'escrime. Avoir de l'épaule, faire tous les mouvements avec cette partie du corps; ce qui est un défaut. {{ 4° Terme de manège. L'épaule en dedans, se dit de la manœuvre par laquelle on amène les épaules du cheval dans le manège, en conservant toujours les jambei de derrière sur la piste. Épaule gagnée, se drt du cavalier qui est parvenu à diriger les épaules d'un cheval. || Un cheval qui ne s'assied point sur le» hanches, et qui ne plie pas les jarrets, s'abandonne trop sur les épaules. || B* ferme de fortification. L'épaule d'un bastion, le terrain à l'endroit où la face et le fianc se joignent. || L'angle de l'épaule, l'angle formé par ces deux lignes. || 6* Terme de marine. Partie de l'avant du navire sur laquelle il s'appuie, comme par l'arrière ils'a.ssied sur ses fesses. || Épaula de mouton, espèce de voile triangulaire.
— HIST. XI* s. Li reis Marsiles tint Guene par l'espalle, Ch. de Roi. li. || xil* s. Desor s'espaule ii a son doi assis; Tant le bouta que li Cuens [le comte] le senti, li CoronevMns Looys, v. I676. La pastre deit... l'oeille malede sur l'espaule porter; .\e la deit pas lessier al larrun esirangler. Th. U mort. 2». Sur tut le pople plus fut hall de l'espalde en avant, «oit, p. 2». Ijxm's. Et li alachierenl, de par Dieu, la crois en l'espaule, villui. xxvii. Si Iraist au roi à descouvert au tournant de la dreta espaule, et le navra durement, Chr. de Rains, p. 79. Il XV* s. Et lors ledit duc d'Aquitaine.... tout esmu d'ire prit son chancelier par les espauleset le bouta hors de le chambre, iionstrelkt, i, I07. Mandoit le roy à messire Jean Jacques de Tremont, qu'il fisl espaule audit messire Baptiste de Campefourgouse, COMM. viii, t8. Il XVI* s. Hasie-toy donq' et n'attend pas Que la grand' espaule chenue Des Alpes déçoive les pas, DU BELLAY, III, 18, verso. Elle leur feit espaule à succéder aux estats de leur père, mont, i, 246. Hausser les espaules à l'italienne , larodk, 3t2. Leur ayant toiitesfois fait tourner les espaulei [prendre la fuite), lo. 42». Ceux du dedans eurent loisir de se couvrir de deuxespaule» et d'un bon retranchement qui les fermoit toutes deux, d'ai». Hist. I, 68. C'est pourquoy l'on dit qu'ils sentent le bouquin ou l'espaule du mouton, parB, xvi, 39.
— ETYM. 'Wallon tpal, t. f.; provenç. etpalla.
ÉPA
oîîa; catal. espatlla; esp. espalda; portug. esïioWo;ilal. spalla; du latin spa(huto , omoplate, 'liin iuutif de tpatha, spatule (voy. spatule et êpék), ainsi dite à cause de la forme large de cet os. L'étymologie montre que l'ancienne forme espalde est la plus conforme à l'origine, et que dan» les autres il y a au assimilation du d à VI: espalle, e^iaule.
ÉPÂDLS, ÉE (é-pô-lé, lée) , part, passé. || f Blessé à l'épaule, er. parhnt des animaux. Une jument épaulée. 1| Fig. C'est une bête épaulée, se dit, par comparaison i. une bête qui a un vies rédir ibitoirs d'une fille qui s'est déshonorée, d'un homme sans capacité et sans talent. || Terme d'horticulture. Arbre épaulé, arbre mal taillé ou dont le vent a cassé les branches. || 2'' Fig. Qui a de l'appui. Épaulé par un ami puissant.
ÉPAULÉE (é-pô-lée), s. f. {\ l' Effort qu'on fait de l'épaule pour pousser quelque chose. || Fig. et familièrement. Faire une chose par épaulées, la faire à diverses reprises, négligemment. || Maçonnerie faite par épaulées, celle qui n'est pas élevée tout de suite ni de niveau, maisàdiverses reprises et par redents, dans un ancien mur, etc. || 2° Terme de boucherie. I.e quartier de devant du mouton, dont on a retranché l'épaule. (I 3° Coquille bivalve.
— HlST. xiv s. Bertr.m devant portoit une grande espaulée [charge sur l'épaule]; Bien sambla bosquillon, qui le vit la journée, Guescl.
— ETYM. Épaulé. Paré, xvi, 37, a dit: Faire par espauleiéis. ce que nous disons par épaulées.
ÉPAULEMENT (é-p6-le-man) , ». m. |1 1° Terme de fortification. Rempart de fascinesetde terre, etc. servant à garantir du feu do l'ennemi. || Fig. Dans le dessein de se faire un épaulement contre le cardinal [de NoaiUes], il [l'archevêque d'Arles] se jeta plus que jamais auxjésuiles, st-sim. 28) , 60. || 2" Mur qui sert à soutenir des terres. || 3° Tenue de charpenterie. L'épaulement d'untenon, cflié d'un tenon, moins diminué que l'autre, pour donner plus de force à la pièce de bois. || Terme de menuisier. Petit espace de bois plein entre deux mortaises, ou entre une mortaise et l'extrémité de la pièce.
— ÊTYM. Épauler.
ÉPAULER (é-pô-lé), V. a. Il !• Rompre, démettre l'épaule, en parlant des animaux. Epauler un sanglier. Il 2' Prêter l'épaule, assister, aider à. Je vous épaulerai démon crédit. C'est bien la moindre chose que nous devions faire que d'épauler de nos louanges le vengeur de nos intérêts, mol. Impromptu, 3. || 3° Terme de guerre. Épauler des troupes, les mettre à l'abri du Vu de l'ennemi par un épaulement. || 4° Épauler un ,Qsil, l'appuyer contre l'épaule pour faire feu. Il 6° Terme de coutellerie. Faire baisser une partie et monter l'autre à l'aide de la lime et du marteau. Il Terme de menuisier. Diminuer la largeur d'un tenon pour qu'elle soit égale à celle de la mortaise. Il 6° S'épauler, v. réjl. Kn parlant des quadrupèdes, se blesser il l'épaule. Ce cheval s'est épaulé. || Terme d'horticulture. Un arbre s'épaule, quand il périt d'un côté et porte sa sève du côté opposé. || 7° S'épauler, se donner réciproquement de l'appui, du secours. J'y consens, repartit-il: je vais à mon rendezvous, et nous nous épaulerons s'il en est besoin, LES.iGE, Gil Bios, V, 4. Il 8° Terme militaire. S'épauler, se couvrir d'un épaulement.
— HIST. xm" s. Nus ne puet avoir drap espaulé, c'est à savoir drap delquel la chayne ne fust ausi bone au milieu corne aus lisières, Liv. des met. f2i. |l xiv s. Mais le cheval qu'il ot s'espaula, cedist-on, Guescl. 17607. Il XV" s. Long col ai, mal suy espaulez [j'ai mauvaises épaules], Eusi. desch. Poésies mss. dans lacurne.
— ÉTYM. Épaule.
t ÉPAULETIER (é-pô-le-tié) , s.m. Terme de dénigrement, qui se dit de militaires tirant vanité de leurs épaulettes.
ÉPAULETTE (é-pô-lî;-t'), ». f. || i' Bande de toile ou d'ètolTe, attachée sur la partie du vêlement qui couvre le dessus de l'épaule. On a fait l'épaulette de celle robe trop étroite. || En langage de lingerie, petite bande de toile qui se met sur l'épaule de la chemise. Il Terme de religieuse. Ruban qui s'attache sur l'épaule et qui tient au scapulaire. || 2° Large bande de galon que les militaires portent sur chaque épaule, et qui est ordinairement garnie d'une touffe de filets pendants. Les grenadiers ont l'épaulette rouge; celle des voltigeurs est jaune. On reconnaît le grade d'un officier à l'épaulette. Son habit d'ordonnaiMe avait deux épaulettes, volt. Tactique. Sous le fa/ Jean d"» dmjx énormes épaulettes, il [Dorante] jure comme Launsi, t. L. ccuK, ij îa; Il Épaulette à graine d'épinards, nom vulgaire de c» que les règlements appellent grosse torsade. HÉpau-
ÊPE
lette à grosse torsade, celle qui indique un grade supérieur; ies grades inférieurs ontde petites lorsadi^s. Il Par antonomase, épaulette se prend surtout pour désigner le grade d'officier. || Obtenir l'épaulette, être fait officier. Double épaulette, le grade de capitaine. Il 3° Pièce qui enveloppe la base de l'aile antérieure des insectes hyménoptères. [| 4* Terme de marine. Entaille faite sur l'arête d'une pièce de bois pour l'endenter aTec une autre pièce. || Sorte de rerifort jervani à arrêt dans un mât.
— HlST. ivi* 3. Ib disent : voilà qui est beau! ay«nt oui une entière page de Virgile; mais d'entreprendre à le suyvre par espauleltes [pied à pied], poisant les mots.... mont, iv, 55. Omoplate est un mot grec qui signifie espaulelteou palleron de l'espaule, PARÉ, XIII, 9.
— ÉTYM. Diminutif d'f^pouie.
+ ÉPAULIËRE (é-pô-liê-r'j, s. /■. || l" Partie de l'armure qui défendait l'épaule. || 2° Sorte de bretelle, bande d'étoffe qui soutient un pantalon, une jupe d'enfant. || 3° Pièce de l'aile des insectes coléoptères.
— HlST. XIII* s. Primes [il] vest unes espaulieres De boure de soie moult chieres, Bl. et Jehan, v. 3979. En celui tensnen i avoit bacinet ne espaulieres, Hist. occid. des crois, t. i . p. (97. || xvi' s. Faudra bastir une muraille du costé de septentrion servant d'espauliere aux arbres, afin de les tenir en abri, o. de serres, 740.
— ÉTYM. Épaule.
fÊPAULU, UE (é-p8-lu, lue), adj. Mot burlesque. Qui a de grosses épaules. Entellus prit l'un [des cestes] , Darès l'autre , Disant tout bas sa patenôire De voir l'autre tout épaulu, Ossu, membru, fessu, velu, scahbon, Virg. v.
— ÉTYM. Épaule; provenç. espalut; catal. espatllut.
ÉPAVE (é-pa-v'), adj. Il 1" Terme de jurisprudence. Oui est égaré et dont on ne connaît point le propriétaire. Cheval épave. Biens épaves. || 2° S. f. Chose perdue et non réclamée dont la propriété appartenait au seigneur haut just.cier, et dont la propriété appartient aujourd'hui à l'État. Les animaux à pied fourchu appartiennent au pacha dans les épaves, CHATEAUB. Hin. II, 36. || Épaves maritimes, les objets que la mer jette sur ses bords. || Épaves d'eau, objets trouvés dans les rivières ou sur leuis rives. {| Epaves d'abeilles, essaims égarés. || Terme de droit noutumier. Épaves foncières et immobilières, héritages abandonnés, dont le propriétaire est inconnu. Il Dro't d'épave, droit de s'approprier les choses épaves. || Fig. Ce qui reste après perle ou ruine. Toute cette fortune est perdue; il sera bien heureux s'il en recueille quelques épaves. Aurélien, Dioclétien, Maxence font exception; de ceux-là il reste des monuments et des monuments considérables, épaves de ce grand naufrage de l'empire romain, AMPÈRE, Hist. rom. à Rome, introd. p. lï.
— HlST. XIII' s. Les cozes trouvées et les espaves, qui n'ont point de suite.... doivent estre au segnour qui a la haute justice, beaum. lviii, 3. La coze n'est pas espave qui est porsivye de celi cul ele est, ID. Lxix, 26. llxiv s. Espaves sont hommes et femmes nez dehors le royaume, de si lointains lieux, que l'on ne peut en royaume avoir conoissance de leurs nalivitez, ducange, espavus. Pour confisquier à lui et à son domaine comme espaves et eslraners, Ordonn. des rois , t. vu , p. 644. || xv s. Un cerl s'en pourra bien aller [hors du pays] , de l'espave et effreinte des chiens, Gaston phkbus, Chasse, m», p. 218, dans LACURNE. Il XVI* s. David estoit perplex et comme espavej sinon d'autant que la prome.sse l'asseuroit, calv . Instit. 686. Comme disoit Octavian [Auguste] que il fault éviter les motz espaves, en pareille diligence que les patrons de navire évitent les rochiers de mer, rab. Pant. ii, 6. Des espaves et prises de mer, la somme de vingt et un milions de livres tournois liquides.... froumenteau, Finances, 4*' liv., p. 4 7.
— ÉTYM. Bas-latin, espavus, espava; du lat. expavidus, effrayé, écarté par la peur (parce que ce mot s'est dit d'abord des liètes effrayées et égarées), de ex, et pavidus (accent sur pa) , de potior (voy. peur) .
t ÉPA VITE é-pa-vi-té), t. /. Terme de droit coutumier. Droit d'épave.
— HlST. xvi* s. Espavité, cotqravb.
— ÉTYM. Épave.
ÉPEAUTRE (é pô-tr') , ». m. Espèce de froment. Grand épeautre (triticwn spelta, L.). Petit épeautrs (tn'tijum m^osj>>:um, L), nommé aussi engrain, ingrai.1, locular. Les épeautres sont cultivés dans les terrains maigres; on les distingue des au-