EPR
ÉPREINT, EINTK (é-prin, prin-f), por«. passé d'épreindra. Serré pour en exprimer un liquide. Les cheveux mouillés, puis épreints. || Tiré hors par expression. L'aliment commence à s'amollir dans la bouche par le moyen de certaines eaux épreintes des glandes qui y aboutissent, Boss. Connaiss.n, 40.
ÉPHEINTK (é-prin-f), t. f. || 1* Envies fréquentes, inutiles et douloureuses d'aller à la selle. Avoir, sentir des épreintes. || U ne se dit guère qu'au pluriel. Il 2* Terme de vénerie. Se dit de la fiente des loutres et de quelques autres bètes.
— HIST. XIV* s. En la vénerie des loutres, U fiente est appelée espraintes, Uodus, f ZLi, verso. Il XVI* s. Les violens cris et espreintes d'un cruel enfantement, paré, vi, 44. 11 jette de la boue par le siège, ayant da grandes douleurs et espreintes, id. IX, 4».
— ÉTYM. Épreint.
ÉPRENDRE (S') (é-pran-dr"), je m'éprends, nous nous éprenons; je m'éprenais; je m'épris; je m'éprendrai; je m'éprendrais; éprends-toi; que je m'éprenne , que nous nous éprenions; que je m'éprisse j m'éprenant; épris, «. réfl. || 1* Se mettre à, s'attacher à, en parlant du feu. Si quelquefois le feu s'éprend en ces corps, VESC. Kétéor.i. Il 2*Fig. Se laisser entraîner par quelque passion, quelque sentiment. Il s'est épris d'une belle passion pour cette femme. On a touché mon âme, et mon cœur s'est épris, CORN. Cinna, 1, 2. Ahl lor.«iu'elle m'a vu, si son âme surprise. D'une ombre de pitié du moins s'était éprise, volt. Scythes, m, 4. Je m'épris pour elle de l'inclination la plus tendre, Marivaux, Marianne, T part. Qu'il étudie les plus grands maîtres, qu'il s'éprenne davantage de la simplicité, dideh. Salon de 4 767, Œuvres, t xiv, p. 34 8, dans pocgek». Il 3* V. a. Éprendre, inspirer amour, amitié. Et l'amour qui pour lui m'éprit si follement, corn. Mél. III, B. Beauté, le cher souci de tant de beaux esprits. Qui d'une douce flamme avez mon cœur épris, RACAN, Berg. 11, 6. Sa vertu, sa douceur, sa politesse, tout m'avait épris de lui, st-sim. dans oodïfhoy, Gloss. de Corn.
— REM. Éprendre, o.acli^, qui n'est pa» dans l'Académie, ne se trouve qu'au figuré, et «»t très-bon.
— HIST. XI* s. Saut en h fus [l'étincelle] , que l'erbe en faitesprendre, CA. de BoJ. cclxxxvu. ||xii* s. Ou cierge espris ou lanterne embrasée, ilonc. p. 4 67. Ses blanches mains, ses doigts Ions et tretis. Qui font l'amour enflamer et esprendre, Couci, v. Ce est la riens dont je sui plus espris, ib. xvii. Et se je sui de vostre amour espris. Douce dame, ne m'en doit estre pis, tl>. D'ire et de mautalent [il] esprent tous [tout entier] et atise, Sax. xxiii. Maintenant li esprist [rougit] lachiere, Lai d'Ignaurcs. ||xiii's. Si commença li feus si grant à csprenilre que.... villeh. lxxx'. Et la vile [Constantinople] commença à esprendre et alumer moût durement, et ardi toute celé nuit et l'en demain jusques à la vesprée, id. cvi. Tant sont espris de joie que nuls d'eus ne parla, Berte, cxxii. Toz reverdis et esprendans, [elle] Li a geté ses iex [yeux] es suens [siens]. Lai de l'ombre. Desonlitsaultoreslordiz; Si a unechandoile prise; Au feu en vient, si l'a esprise, Ken. 3442. Tant est graindre la covoitise Qui esprent mon cuer et atise, la Rose, 3798. || xiv* s. Je me double forment qu'au jour d'ui ne perdez; Trop vol vos ennemis espris et alumez, Guescl. 4 4778. ||xv* s. Le clocher s'esprenoit à ardoir, froiss. u, ii, 95. La bonne femme esprinse de joie, louis xi, Nouv. xiv. Avoit ung chevalier au dehors dutournoy, esgardant el esprenant l'alaino de son pis, Perceforest, 1. 1, f 444. Il XVI* s. Esprins d'une eitienie passion de honte, MONT. I, 4 4. U faut tenir, tirer et pousser la partie qui est ici esprise de douleur, paré, Introd. 2. La fureur, qui esprent ceulx qui sont inspirez d'esprit prophétique, amyot, Rom. 33. Toute la ville sa trouva esprise d'une superstitieuse crainte, ID. So- Ion, 4 9. Tous espris de sommeil et de vin, id. Cam. 42. Il fut incontinent espris par un regard et un parler affetté, comme si c'eust esté quelque jeune garson, in. Sylla, 72.
— ÊTYM. E pour eï.... préfixe, et prendre; wallon, eiprmde, allumer; provenç. esprendre.
ÉPREUVE (é-preu-v'j, s. f. || 1" Action d'éprouver, opération à l'aide de laquelle on juge si une chose a la qualité que nous lui croyons. Faire l'épreuve d'une machine nouvelle. || Fig. Faire l'épreuve d'une chose, en essayer. Assurer par là [par des dévotions à Marie] son salut avec tant de certitude que ceux qui en font l'épreuve n'y ont jamais été trompés, de quelque manière qu'ils aient vécu, quoique nous conseillions de ne laisser pas de bien vivre, pasc. Prov. 9. || Faire répreuva. «Knifi*
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aussi recevoir témoignage de, marque de. Un si Taillant disciple aura bien le courage D'en mettre jusqu'au bout les leçons en usage; L'Asie en fait l'épreuve, cobn. Nicom.m, 2. La princesse palatine avait les vertus que le monde admire, inébranlable dans ses amitiés, et incapable de manquer aux devoirs humains ; la reine sa sœur en fit l'épreuve dans un temps où leurs cœurs étaient désunis, Boss. Anne de Conx. || i° I! se dit au sens moral. La défiance.... Ne peut venir d'ailleurs que du manque d'épreuve, maibet, Soplwn. m, 2. De son propre intérêt chacun se fait des lois; Et l'épreuve m'apprend que du pur artifice Nature, son contraire, aujourd'hui fait l'office, rotbou, Àntig. ii, 4. La vraie épreuve du courage N'est que dans le danger que l'on touche du doigt; Tel le cherchait, dit-il, qui, changeant de langage. S'enfuit aussitôt qu'il le voit, LA FONT. Fabl. vi, 2. Il veut faire une dangereuse épreuve de sa liberté, BOSs. Hist. ii, t. J'ai fait de mon courage une épreuve dernière, bac. lliirifn. V, 7. Il II se dit aussi en parlant des personnes. Tenter une épreuve sur quelqu'un. Quelquefois l'une des parties présente d'elle-même ses esclaves & cette cruelle épreuve [la question], et elle croit en avoir le droit parce qu'elle en a le pouvoir, bar- TiiÉL. Anach. ch. 48. || Mettre quelqu'un, quelque those à l'épreuve, essayer si quelqu'un, quelque chose peut suffire, résister, fournir, etc. Je ne veux point mettre ma vertu à l'épreuve, sÉv. 277. L'Église d'Espagne fut mise à une nouvelle épreuve, boss. Hist. I, 11. Les dures épreuves où il met sa patience, m. Anne de Gonz. L'autorité met les talents à une rude épreuve, fén. Tél. xii. 11 voulut mettre la patience de Télémaque à une dernière épreuve, ID. ib. xxiv. Il Familièrement. Mettre à l'épreuve la patience de quelqu'un, abuser de sa patience. || X l'épreuve, après avoir essayé. S'étant choisis l'un et l'autre à l'épreuve, la font. Cal. \\ Acheter quelque chose à l'épreuve, l'acheter à condition qu'on l'essayera avant que la vente soit définitive. Il 3° Être à l'épreuve de, pouvoir résister à. Une cuirasse est à l'épreuve du mousquet; un manteau est à l'épreuve de la pluie. || Fig. Mon cœur n'est point à l'épreuve des traits Ni de tant de vertus, ni de tant de bienfaits, corn. Pomp. iv, 3. Est-il une constance à l'épreuve du foudre Dont ce cruel arrêt met notre espoir en poudre? id. liodog. ii, 4. X l'épreuve d'un sceptre il n'est point d'amitié, m. Héracl. I, 3. Nous n'avons pas les yeux à l'épreuve des belles. Ni les mains à celle de l'or, la font. Fabl. VIII, 7. Je ne suis pas encore à l'épreuve de tout ce que vous me mandez, SÉV. 24. Mon discernement est à l'épreuve de toute dissimulation, BOSS. Lett. aW). 234. .11 n'y a presque plus d'amitié qui soit à l'épreuve de la franchise d'un ami, fléch. Duc de Vont. Elle ne fut pas à l'épreuve de cette raillerie, HAMILT. Gramm. 4 0. || Absolument. Être à l'épreuve, opposer à tout une force invincible de résistance Lorsque la prudence à la valeur s'allie.
Il n'est rien à l'épreuve, corn. Atlila, i, 2. Si ma santé n'était pas à l'épreuve, elle serait fort ébranlée, sÉv. B70. Il X toute épreuve, même sens. Je crois être à toute épreuve là-dessus, BOSs. Lett. Corn. 47. La soumission doit être à toute épreuve, ID. Avert. B. On lui attribuait un courage à toute épreuve, hamilt. Gramm. 6. || 4° Dans les assemblées délibérantes, épreuve par assis et levé, mode de .voter dans lequel ceux qui adoptent, puis ceux qui rejettent se lèvent; le bureau juge où est la majorité. Il 6° Souffrances, malheurs, dangers, etc. qui éprouvent et qui exigent force et courage. J'ai peine à contempler son grand cœur dans ses dernières épreuves, BOSs. Duch. d'Orl. Les épreuves par lesquelles ils devaient passer, id. Hist. n, 6. X quelle épreuve, 6 ciel, réduis-tu Mithridate? rac. ililhr. IV, 4. On n'essuya jamais des épreuves plus dures, volt. Tancr, v, 3. || 6° Épreuve judiciaire, manière de décider de la vérité ou de la fausseté d'une accusation , ou même de toute chose en contestation, en usage dans la première partie du moyen âge. Épreuve du feu, de l'eau, de la croix (voy. CROIX, eau, feu). Il 7° Terme d'imprimerie. Feuille d'impression sur laquelle on indique les corrections et les changements que le compositeur doit faire. Ces épreuves sont chargées de corrections. Ce personnage est un vieux licencié qui lit une épreuve d'un livre qu'il a sous la presse, lesage. Diable boit. 4 0. Ma méthode étant de travailler toujours sur les épreuves des feuilles, attendu que l'esprit semble plus éclairé quand les yeux sont satisfaits, volt. Lett. Duclos, 4" mai 47a). Je ne suis pas M. de Malcsherbes : je n'ai pas, dans mon enthou- S'asme, corrigé secrètement les épreuves de l'Emile,
tillbicain, Liltér. Tabl. du 4S» siècle, >' partie, 2» leçon. Il 8" Terme de graveur. Première feuille d'essai d'une planche gravée. Cette épreuve est mal venue. || Toute estampe tirée après que la travail est enliùrement terminé. Épreuve avant la lettre, épreuve après la lettre (voy. lettre). Chaque épreuve d'une estampe a ses défauts particuliers qui lui servent de caractère, J. J. Houss. Héloise, II, 3. Il Épreuve avec la remarque, celle qui a été tirée avant que l'artiste eût fait disparaître quelque accident, tel qu'une fausse taille. || Épreuve grise, celle qui a été tirée sur une planche usée. || Épreuve neigeuse, celle dans laquelle on voit çà et là quelques taches blanches. || 9° Dans la photographie, épreuve négative, celle qui reproduit le modèle en couleurs inverses, en clair les obscurs, en obscur les clairs : si on veut obtenir une épreuve positive, on applique ce premier dessin négatif sur une autre feuille de papier jouissant de la même propriété, et on expose le tout à la lumière.
— HIST. xiii' s. Et quant que l'en [on] a en ceste mortel vie, sueffre nostres sires à avoir por esprueve de l'autre recovrer, Merlin, î° 69, verso. Li rois Aedward le mors [morceau] benoît [bénit] , E dist : duoint Deus l'espruf voirs soit [que l'épreuve soit vraie] , Edouard le conf. v. 324 o. Il XIV* s. Les queles [bandes] doivent premièrement estre séparées du membre en metant une espreuve [sonde] ou semblable entre ce qui est sus la plaie et la plaie; et o [avec] celé espreuve soit faite séparation environ la plaie legierement, h. de mondeville, f» 44 , verso. Une espreuve que l'on met sur la table du roi, DE LABORDE, Émaux, p. 303. Il xv B. Las I ils ne me cognoissent mie. Et n'ont pas faict de l'art espreuve. Comme Avicenne et Villeneuve, Nat. à l'alch. errant, 4 006. Don à une povre fille, soupçonnée de la maladie de leppre, pour aller aux espreuves en la ville de Boissons, Ilibl. des Chartes, 6' série, t. v, p. 4 39. || xvi' s. Nous en sommes à l'espreuve [nous l'esprouvons], mont, i, 4 65. Semble elle pas avoir preste sa vie à ceste espreuve de sa patience? ID. m, 4 52. Ils ont eu bonne raison de rendre les harnois plus massifs et à meilleure espreuve qu'auparavant, langue, 288. X l'espreuve du pistolet, d'aub. Conf. préf. Quand ils avoyent cuit leur fournée et qu'ils venoyent à tirer mes espreuves, je n'en recevois que honte et perte, pa- Lissï, 34 3. Pompeius n'estoit point présenta ceste espreuve qui se feit de la volonté du sénat, amyot, Pomp. 83. On lui baille [à l'auteur] pour contrôleur un homme qui prend le tillre de correcteur, auquel on présente la première espreuve.... on a recours pour la seconde espreuve à l'autheur, pasquier, Lettres, t. i, p. 662.
— ÉTYM. Voy. éprouver; Berry, éprouve; prov. esproa. La voyelle ou s'est changée en la voyelle eu, comme dans esprouver qui se conjuguait, au présent, j'espreuve, comme trouver, je treuve.
ÉPRIS, ISE (é-prî, pri-z'), part, passé d'éprendre. Il 1° Qui est en feu. Des tisons bien épris. Il 2° Fig. C'est ou d'elle ou du trône être ardemment épris Que vouloir nt, ."aimer ou régner à ce prix, CORN. Rodog. m, L (îp'is de colère et d'amour, rotrou, Antig. v, 3 Les deux troupes,
éprises D'ardent courroux , n'épargnaient nuls moyens, la font. Fabl. vu, 8. Ame raisonnable, toi qui es née pour l'éternité et pour un objet éternel, tu deviens éprise et captive d'une fleur que le soleil dessèche, boss. la Vallière. 11 y a des âmes sales, pétries de boue et d'ordure, éprises du gain et de l'intérêt, comme les belles âmes le sont de la gloire et de la vertu, la bbuy. vi. Je vois qu'un fils perfide épris de vos beautés.... rac. Mithr. u, *. Sans craindre ces vertus qu'ils admirent en vous. Dont j'ai vu Rome éprise et le sénat jaloux, volt. Brutus, II, 2. Épris de mille erreurs, M. j. chén. Fénel. l, 2. || On trouve épris pour. Un esprit vrai doit être épris Pour des vérités éternelles, volt. Épit. 33. Il Absolument. Amoureux. Car enfin il vous hait; son âme ailleurs éprise.... rac. Andr. n, 2. Et toujours plus épris et toujours plus fidèle, VOLT. Scytiies, u, 3.
t ÉPROBOSCIDÉ, ÉE (é-pro-bo-ssi-dé , dée), odj. Terme de zoologie. Qui n'a pas de trompe. || S. m. plur. Famille d'insectes diptères.
— ÉTYM. Lat. e, sans, et proboscis, trompe.
ÉPROUVÉ, ÉE (é-prou-vé, vée), part, passé. Il 1° Qui a subi une épreuve. C'est comme un argent éprouvé au feu, purifié dans la terre, et raffiné jusqu'à sept fois, saci. Bible, Psaum. xi, 7. Et qu'enfin tout ce bois, éprouvé par les feux. Se durcisse à loisir sur ton foyer fumeux, delille, Géorg. I. Il 2° Sur qui on peut compter. Des mortels
éprouvés dont la tête et le bras Sont faits pour ébranler ou changer les États, volt. Brut, i, ♦. Quelques gens éprouvés dont le zèle est habile.... H. J. ciiÊN. Tib. v, 4. Il U se dit aussi des choses. Un homme d'une fidélité, d'une vertu, d'une valeur éprouvée. Des yeux toujours ouverts et des bras éprouvés, volt. Mérope, 1, 2. || 3° C'est un homme dont la vie a été fort éprouvée, qui a été fort éprouvé, se dit (l'un homme qui a beaucoup souffert. Par combien de tourments ma vie est éprouvée, anipaut, Ntnus, I, 2. Il 4" Ressenti. Des passions éprouvées par un cœur ardent.
ÉPROUVER (é-prou-vé), e. o. || l" Reconnaîtra par une opération si une chose a la qualité requise. Éprouver une arme à feu, une cuirasse. C'est un remède que j'ai éprouvé. Je les épurerai comme on épure l'argent, et je les éprouverai comme on éprouve l'or, SACi, Bible, Zachar. xm, 9. || a- Mettra à l'épreuve, en parlant des personnes. Éprouver son ami. Celui qui n'a point été éprouvé, que saitil? BOSS. Politique, x, n, 7. Il [Théophra.ste] avait coutume de dire qu'il ne faut pas aimer ses amis pour les éprouver, mais les éprouver pour 4es aimer, LA BRUV. Disc, sur Théoph. \\ 11 se dit aussi des choses. Sans doute qu'il voulait éprouver votre zèle, RAC. Eslh. l, 3. Tranquilhsez mon cœur, vous l'éprouvez sans doute, gresset, Uéchant, v, 7. Il 3° Hasarder, risquer. Va contre un arrogant éprouver ton courage, corn. Cid, i, 5. Quand tu vins du monstre éprouver l'aventure , th. corn. Ariane, m, 4. Et qu'en me réduisant à la nécessité D'éprouver contre lui ma faible autorité, rac. Brit. I, 2. Il 4° Faire subir des épreuves, mettre en des difficultés ou des souffrances qui donnent occasion au mérite. Dieu nous éprouve en toutes manières Boss. Lett. Corn. 33. Jupiter vous éprouve, mais il ne veut pas votre perte; au contraire, il ne vous épreuve que pour vous ouvrir le chemin de la gloire, fén. Tel. IX. Il 5° Apprendre par sa propre expér-ence. J'éprouvai, mais trop tard, que.... 116° Ressentir. On éfirouve sur cette montagne un froid très rigoureux. Éprouver du plaisir. Pensez-vous avoir seul éprouvé des alarmes? rac. Andr. n, 2. La Middleton allait éprouver comme il s'y prenait pour tourmenter, après avoir éprouvé ce qu'il savait pour plaire, hamilt. Gramm. 7. Mon cœur Éprouve à son nom même une secrète horreur, volt. Fanât. m, 2. J'éprouvais ses plaisirs, ses peines, ses goûts, ses aversions, dider. iiè^rie de Claude et Néron, liv. Il, § 4. Il Éprouver, suivi d'un qualificatif. Quoi qu'il en soit, depuis que je vous vois chez elle, Toujours de plus en plus je l'éprouve cruelle, corn. Hlus. com. n, 4. Je lui dois d'un ami le secours et la foi ; Il ne l'éprouvera légère ni perfide, chébillon, dans DESFONTAlNES. Il 7" Subir. La forme du gouvernement éprouva de grandes altérations. Dieux I que le crime seul éprouve enfin vos coups I volt. Œdipe, I, 3. Il 8° S'éprouver, v. réfl. Être éprouvé. L'or et l'argent s'épurent par le feu; mais les hommes que Dieu veut recevoir au nombre des siens s'éprouvent dans le fourneau de l'humiliation, saci. Bible, Ecclésiastique, 11, 6. || Se mettre soi-même à l'épreuve. Portant partout le trait dont je suis dtchiré. Contre vous, contre moi, vainement je m'éprouve, rac. Phèd. ii, 2. Saint Paul ordonnait, aux fidèles de s'éprouver avant que de venir manger le pain de vie, mass. Car. Parole. Tout homme qui est l'esclave d'un tempérament fâcheux, aigri par la malignité, poussé par des motifs déshonnêtes, n'est capable ni de s'éprouver lui-même ni de découvrir la vérité, ni de la faire entendre aux autres, d'holbach, Ess. préj. ch. 8, dans dumarsais, Oliuvres, t. vi. || Se mettre l'un l'autre à l'épreuve. Ils ne voulaient pas se battre, mais seulement s'éprouver. Il Tenter aventure. Contre un si grand courage il voulut s'éprouver, rac. Alex, v, 2.
— HIST. XI* s. De vasselagff [vaillance] [il] est souvent esprovet, Ch. de Roi. ccxvii. || xii* s. [Elle le fait] Por esprover se por mal [je] recreroie [renoncerais]. Coud, VIII. Tant [j']ai d'amor mon fin cuer esprové. Que jà sans li n'aurai joie certaine, ib. XIV. N'esprovez plus sur moi vostre vengeance, ib. XVII. Car au besoin est amis esprovez. Bat. d'Aleschans, v. 2635. || xiu» s. Je di que c'est grant folie D'essaier ne d'esprover Ne sa famé ne s'amia, auboins de sezanne. Romane, p. 426. Mais, espoir [sans doute], ce m'a grevé, Qu'on ne connoit boin servise, Tant qu'on ait autre esprové, ib. p. 4 27. Bien est vos traisons veûe et esprovée , Berte, xvi. Le punt vus estuet [il vous faut] espruver, Cumvusporrez outre passer, marie, Purgat. 4 276. Entor le jardin va et vient Porveoiret por Sesprover e jà peQst partuis trover, Par où il se peûst enz mètre. Ren,
ÉPU
499». ParDiex, compains, ganlés-vous en, Et tous efforciez bien de croire Ma parole esprovée et voire, la Rose, 803o. || iiv's. El tel jugement font ceuli qui espreuvent les vins et qui assaveurent et confisent les salses [sauces] et les potages, obesme, Elh. 9*. Se vous avez perdu, n'aiez le cuer marri: Dieux vous veult esprouver se vous estes à lui, Ouesel. (2328. C'esloient toute gent d'estoffe souffi.sant, Oui esprouvé avoient esté en combattant, «6. iOlbS. Il XV* s. Ils s'esprouverent si bien et si vassalement qu'ils obtinrent la place et l'eau [dans un combat naval], proiss. i, i, tas. Et s'avisa qu'il se viendroit éprouver à celui qui estoit plus prochain de sabaniere, m. I, l, tiO. Ce CrofUiarl cbevauchoit une fois un jeune coursier fort embridé, q"ua il avoit acheté trois cents escus, et l'esprouvoit au courir, m. i, i, 325. Le vaillant et gentil chevalier Bouciquaut et ses bons et esprouvés compaignons, Dieu merci, n'eurent mal ne blessure, Bouciq. i, «B. Il XVI' s. Et si (lit d'avantage qu'il ne falloit pas que les bestes sauv.iges mesmes de l'Afrique demourassent sans esprouver la force et la fortune des
Romains, amyot, Pomp. 20 Comme s'il eust eu
k s'esprnuver à rencontre d'un Isocrates ou d'un Anaximenes, et non pas à manier et redres.ser un peuple, ID. Cic. et Dém. Elle luy monstra sa bleceure, et luy compta comment elle se l'avoit faille pour s'esprouver elle mesme, id. Brutus, i*. Ce qui plus espreuve et qui plus descouvre la nature de l'homme, c'est la licence et l'authorité d'un magistrat [le pouvoir], m. Cic. et Dém. 4. Ou voir Meduze, ou au cours [à la course] s'esprouver Avecques Atalante.... nu bellay, vu, 25, verso.
— f.TYM. É pour es.... préfixe, et prouver; Berry, évreurer; bourguig. eprovai; provenç. esproar.
ÊPROUVETTE (é-prou-vè-f), s. f. || 1° Instrument dont on se sert pour faire quelque épreuve. Il fallait Bavoir si la force qui est communiquée aux projectiles di^pend de la promptitude avec laquelle la poudre s'enflamme; mai?; pour faire ces expériences, on avait besoin d'une éprouvette qui donnât des résultats oréois, et il n'en existait pas; M. d'Arci imagina de suspendre un petit canon à un pendule ... CONDORCET, d'Arcx. Il i° Terme de physique. Tube de verre ou de cristal d'un fort diamètre, à parois plus ou moins épaisses, fermé par un bout, ouvert par l'autre, ordinairement divisé en parties d'une égale capacité et servant & diverses manipulations. Il Petit récipient, petite cloche qui fait partie de l'appareil de la cuve pneumatique, et dont on se sert pour opérer sur une petite quantité de gaz. Il 8* En chirurgie, espèce de sonde. || 4' Sorte de pivot qu'on réserve au bout d'un rasoir, pour le casser après la trempe et connaître le grain de l'acier. || 6" S. f. plur. Terme de métallurgie. Barres de fer placées dans le fourneau de cémentation pour connaître le degré de carburation du fer dans les caisses.
— IllST. xvi* s. Extraire les choses estranges qui sont entrées dedans les yeux, en renversant les paupieresaveclaqueue d'une esprouvette, PARÉ, /nirod.s.
— ÉTYM. l^prourer.
+ EPSILON (è-psi-lon'), s. m. Terme de grammaire grecque. Nom de l'E bref des Grecs; cinquième lettre et deuxième voyelle de leur alphabet.
— Etym. E, e, et ^Mv, menu. C'est la lettre phénicienne ou hébraïque he.
t EPSOM (è-psom'), sel d'Epsom, sulfate de magnésie, qui est purgatif. Epsom est un village du comté de Surrey, en Angleterre, qui possède des eaux minérales riches en sulfate de magnésie.
F.PTACORDE, VOy. HEPTACOHDE.
EPTAGONE, voy. heptagone.
fiPl'Cft, ÉE (épu-sé, séc), pari, passé.
f.PUCER (é-pu-sé. Le c prend une cédille devant O ou 0 .• épuçant, équçons), v. a. Débarrasser des puces, fipucer un chien. {| S'épucer, v. réft. Se débarrasser de ses puces.
— HIST. XVI" s. Espulcer, ouwN, Dict.
— étym. l^poure».... préfixe, et puce; provenç. et espagn. espulgar; ital. ipulciarc.
t ÊPUCUE (épu-ch') , ». f. Pelle pour enlever la tourbe.
— ÊTYM. É pour ea..., préfixe, et puch, une des formes de puits (voy. puiTS et puiseb).
ËPUISABLE (é-pui-za-bl'), adj. Qui peut être épuisé.
— Rtym. Épuiser.
t ÉPUISANT, ANTE (é-pui-zan, r.an-t'), ad;'. Qui est propre à épuiser. Cultures épuisantes, cultures qui épuisent rapidement la terre.
t fiPUISE, s. f. voy. ÉPUISE-VOLANTS.
fiPUISË, ËE (é-pui-zé, zée), pari, passé. || 1' Mis
ÉPU
à sec. Des ruis.seaux épuisés pour les arrosements. Il sent tarir ses jours comme une onde épuisée. Et son dernier soleil a lui, lauart. Uarm. u, iO. Il Fig. Voire père attendait que ma colère fût épuisée, FÉN. Tél. XV. Il Un esprit épuisé, une imagination épuisée, un esprit, une imagination qui ne peut plus produire. Après six mille ans d'oliservations, l'esprit humain n'est pas épuisé; il cherche, et 11 trouve encore, afin qu'il connaisse qu'il peut trouver jusqu'à l'infini, Boss. Conn. v, 8. || 1° Terra épuisée, terre à laquelle on a trop fait produire sans la restaurer par l'engrais. L'homme de génie est celui qui enfance le soc de la charrue dans un terrain qu'on n'a qu'effleuré avant lui, et qui sait par là rendre fécond un sol que l'on croit épuisé, mar- MONTEL, ÉUm. litt. Œuvres, t. viii, p. 276, dans POUCENS. Il Fig. Leurs Etats et d'argent et d'homme» épuisés, corn. Pompée, i, i. X t'en payer le prix ma fortune épuisée, volt. Zaïre, l, 4. || i' Edition épuisée, édition dont tous les exemplaires ont été vendus par l'éditeur. \\i' Affaibli. Des soldats épuisés par les privations. Si les sens épuisés manquaient à la vieillesse , VOLT. Scythes, iv, 7. L'on y montre encore la pierre sur laquelle on prétend qu'elle [Cérès] s'assit épuisée de fatigue, Barthélémy, Anach. ch. es. || Absolument. C'est un homme épuisé, c'est un homme qui n'a plus les forces physiques ou morales.
ÉPUISEMENT (é-pui-ze-man), t. m. ||1* Action d'épuiser. On travaille à l'épuisement des eaux de la mine. || 2* Perte considérable des forces et de l'énergie vitale. On l'a tant saigné qu'il est tombé dans l'épuisement. Elle est dans un épuisement qui fait pitié, sËv. 386. Quelquefois on a beau vouloir marcher; il se sera jeté une telle humeur sur les jambes, ou tout le corps se trouvera si faible par l'épuisement des esprits, que cette volonté sera inutile, BOss. Connaiss. iii, 42. Des mouvements qui les jettent dans l'épuisement, la bruy. <4. Il fut six mois en danger, et trois ans dans une langueur qui était un épuisement d'esprits visible, fonten. Varignon. Et ne présume rien de leur triste pâleur [de mes traits] Que mon épuisement, effet d'un long malheur, lemebc. Louis IX, m, 3. Les chefs et Mortier lui-même, vaincus par l'incendie qu'ils combattaient depuis trente-six heures, y vinrent [au Kremlin] tomber d'épuisement et de désespoir, SÊGUR, Bist. de Napol.ym, 6. || 8" Tarissement moral. Il prend l'épuisement du cœur pour l'effort de la raison , ;. j. bouss. Uél. i, 60. || 4° Épuisement des finances, pénurie du trésor public. || 6' Terme de mathématique. Méthode par épuisement, méthode qui consiste à épuiser toutes les racines d'une équation. L'énumération exclusive, et que les mathématiciens appellent la preuve par épuisement, uar- MONTEL, Ëlém. litt''". Œuvres, t. u, p. 490.
— étym. Épuiser.
ÉPUISER (é-pui-zé), V. a. jj 1° Mettre à sec. Épuiser une source, une fontaine. Et ne m'exposez plus aux plus vives douleurs Qui jamais d'une amante épuisèrent les pleurs, bac. Baj. ii, 6. US* Il se dit aussi du sang et de tout ce qui contribue à entretenir les forces du corps. On l'a épuisé par d'abondantes saignées. Ses débauches ont épuisé ses forces. [Elles] De leur père endormi vont épuiser les veines, corn. Médée, i, t. Une passion qui épuise votre santé, mass. Car. Temps. Viens épui-ser mon (lanc Du reste infortuné de cet auguste sang, volt. Zaïre, v, <0. Et cette émotion dont son 4me est remplie A bientôt épuisé les sources de la vie, m. ib. m, 4. Il Absolument. J'étais donc brillant d'amour sans objet, et c'est peut-être ainsi qu'il épuise le plus, J. J. Rooss. Conf. v. Il Familièrement. Cela m'épuise, cela me cause de l'épuisement. Vous m'épuisez, vous m'obsédez par vos instances, par votre bavardage, etc. ||II se dit aussi des forces morales et intellectuelles. La nature nous a donné des goûls qu'il est aussi dangereux d'éteindre que d'épuiser, BARTHELEMY, Anadt. ch. 78. Cette succession rapide de mouvements vifs et tumultueux épuise et dessèche le cœur, sans l'avoir jamais pu remplir, m"' db GENLis, Ad. et Théod. t. i, letL 52, p. 438, dans rouGENS. Il 8° Épuiser une terre, la faire devenir inféconde par suite de cultures mal combinées ou de mauvais assolements. |{ 4° Épuiser une mine, en extraire tout le métal qu'elle contient. || S' Causer l'appauvrissement d'un État, la dépopulation d'un pays, la ruine d'une armée. Les guerres de Louis XIV avaient épuisé la France. La victoire l'épuisé en la favorisant, saurin, Spartac. I, 4. Et Charles cependant, rassemblant des soldats. D'airain, d'or et de sang épuisait ses États, mass. Ilelv. v. || Épuiser quelqu'un , le ruiner. || 6* Consommer, absorber
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complètement. La citadelle a épuisé toutes ses munitions. Nous avons épuisé nos dernières ressources. De Claude en. même temps épuisant les richesses, BAC. Brit. IV, 1. Il Kig. Cette suite continuelle de méchantes affaires qui nous réduisent k toute heure à lasser les bontés du souverain, et qui ont épuisé auprès de lui le mérite de mes services et le crédit de mes amis, mol. le Fetl. iv, e. BientAt il eut épuisé tout le savoir de son maître, et il fallut qu'il allât herboriser lui-même aux environs du Mans et y chercher des plantes nouvelles, ponten. Morin. Il Épuiser la patience, faire qu'on ne puisse plus supporter, jj Epuiser sa patience, ne pouvoir plus supporter. Les Cretois avaient épuisé toute leur patience, PÉN. Tél. iiii. Il 7* Epuiser le sort, les coups, la vengeance, la colère, etc. avoir éprouvé du sort, du ciel, etc. tout ce qu'il y a de plus funeste. Mais quand ce coup tombé vient d'épuiser le sort Jusqu'à n'en pouvoir craindre un plus barbare effort, CORN. Œdipe, \, 9. Dureront-ils toujours ces ennuis si funestesf N'épuiseront-ils pas les vengeances célestes? RAC. Thib. m, 2. Je conjure les dieux d'épuiser tous les coups Oui pourraient menacer une si belle vie, ID. Bérén. v, 7. Je suis la plus coupable; épuise tout sur moi, lu. Baj. i, 4. Les destins désormais Ont assouvi leur haine, ont épuisé leurs traits, volt. Tancr. v, 5. Dieux cruels, épuisez sur moi votre colère, m. IVfumt'. ii, 5. || 8" Mettre en usage toutes les ressources de. Il se prépare contre le prince quelque chose de plus formidable qu'à Rocroy; et, pour éprouver sa vertu, la guerre va épuiser toutes ses inventions et tous ses efforts, BOss. Louis de Bourbon. On épuise toutes sortes d'artifices pour le tromper, fén. Tél. xil. Épuise ton esprit et ton adresse pour hâter mon bonheur, LESAGE, Diable boit. <6. Nous [prédicateurs] que l'exercice de notre ministère appelle, s'il est permis d'ainsi dire , dans un monde de morts et de mourants.... il nous semble que nous devons épuiser toute la religion pour arracher au monde ceux qui nous écoutent, saurin, Disc, de saint Paul à Félix et à Drusille. Le ciel, industrieux dans s& triste vengeance, Avaitàle former[le Sphinx] épuisé sa puissance, VOLT. Œd.l, 4. || 9* Épuiser un sujet, n'y omettre aucun détail, le traiter à fond. Crois-tu qu'il ait épuisé dans ses comédies tout le ridicule des hommes? mol. Impromptu, i, 3. Les longs ouvrages me font peur: Loin d'épuiser une matière, On n'en doit prendre que la fleur, la font. Fabl. VI, Épilogue. Je ne vous en parlerai pas, nous avons épuisé cette matière, sÉv. 592. La curiosité fait toujours agir jusqu'à ce qu'elle ait épuisé l'objet de ses recherches, et aucune querlion ne peut être épuisée que par le vrai, turgot. Ébauche du 2* dise. Progrès de l'esprit humain, p. 263. Les premiers maîtres du théâtre avaient épuisé les combinaisons des caractères, des intérêts et des passions, mar- MONTEL, ÉUm. littir. Œuvres, t. vu, p. 432, dans POUGENS. On lui reprochait d'épuiser ses sujets et de ne rien laisser à penser au lecteur, id. Mém. xi. Il Un homme qu'on ne saurait épuiser, homme d'un grand savoir et qui parle bien et facilement sur toute sorte de sujets. || 10" Épuiser une idée, mettre en dehors tout ce qu'elle renferme. Ceux qui ont compris que le terme d'infini est tellement absolu qu'il épuise ou plutôt qu'il renferme la totalité de l'être sans exception, ont voulu éviter cet écueil en employant une distinction scolastique, boullaisviLLiERS, Réfut. de Spinosa, p. 64. || 11" Traiter comme par la méthode de l'épuisement (terme do mathématique). X force de tâtonner, de multiplier les systèmes, d'épuiser pour ainsi dire les erreurs, on arrive enfin à la connaissance d'un grand nombre de vérités , turgot , ï* dite, en Sorbonne. Il IV S'épuiser, v. réfl. Se tarir. Cette source s'épuisera bientôt. Les vivres s'épuisent. L'or et l'argent s'épuisent; mais la vertu, la constance, la force et la pauvreté ne s'épuisent jamais, montesq. Rom. ch. 4. Sur son lit une lampe fatale Versait ia s'épuisant sa lumière inégale, Ducis, Othello, v, 2. Dieu veuille que ce charme ne s'épuise pas ! stael, Corinne, xv, 9. || Sevendre jusqu'au dernier exemplaire. Une édition qui s'épui.se rapidement. || IS- Employer tout ce qu'on a de force ou d'habileté. L'architecte ne s'est pas épuisé en la structure de ce palais royal , corn. Androm. Décor, du i' acte. U se hâte et s'épuise en efforts superflus, id. Wor. iv, a. Il ne faut pas vous épuiser en lectures, sév. 408. Après s'être épuisé en regrets inutiles, hahilt. Cramm. 3. jj S'épuiser en conjectures, faire une multitude de conjectures coup sur coup. || Employer tout ce qu'on a. Ceux qui s'épuisent en folles dépenses, FLECH. Aig. Ce peuple s'épuisait en fête*
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«t en réjouissances pour son retour [la restauration de Charles II] , iiamilt. Gramm. «. Son État •'épuise d'argent et d'homraes, pén. Tél. xii. L'imagination des hommes «'Spuise en fictions romanesques, VOLT. Mœurs, 69. Il dépensa beaucoup, pendant que ses parents s'épuisaient encore davantage à vivre en grands seigneurs, iD. Jeannol et Colin. Il s'épuise à payer leurs plaisirs onéreux, c. delav. Vêpres sicil. n, 6.
— HIST. XII* s. Vus espucerez ewes en joie des fontaines del salvedur, Liber psalm. p. 232. Le calice en la main del Seigiiur.... la lie de lui nen est expnisede, l'b. p. lOi. ||xin* s. Richart, ne que espuchier Puet on la mer d'un tamis [pas plus qu'on ne peut épuiser la mer avec un tamis], Ne vous vauroit [vaudrait] mais castis [correction], Qu'on [car on] ne puet musart castoier, mâtzner, p. 77. Elle est riche et très eUreuse, Elle est en tous biens pliintureuse. Si qu'on ne la puet espuisier, Tant y puist on prendre et puisier, i. de meung, Tr. 630. Il XIV* s. La cité espuisée par morlailles [mortalités]
continues, berciieube, f* 6), recto. \\ xvi* s qu'il
s'en r.iisoit fort d'en vuider l'eau.... et estant le tout e.5piiisé.... CAHLOix, IX, 27. Comme nous voyons la mère nourrice, après la naissance de l'enfant, luy présenter son mammelon pour en espuiser du laict pour sa nourriture, paré, ii, 26.
— ÉTYM. Ê pour es.... préfixe , et puiser; picard, ipucher.
t ÉPUISETTE (é-pui-zèf) , t. f. || 1* Écope, sorte de pelle creuse , pour fiter l'eau d'un bateau. Il 2° Terme d'oiselier. Filet pour prendre les petits oiseaux dans une volière. || 3° Terme de pêche. Petit filet en forme de poche, monté sur un cerceau et attaché à un long manche de bois.
— ÉTYM. Épuise.
t ÉPUISE-VOLANTE ( é-pui-ze-vo-lan-f ) , s. f. Moulin à vent pour épuiser lei eaux d'un endroit que l'on veut mettre à sec.
— ÉTYM. Épuise, mot qti n'est resté usité que dans cette locution, el volant
ÊPULIDE (é-pu-li-d') ou ÉPCLIE (é-pu-lie), ï. f. Terme de chirurgie. Petite excroissance qui se forme sur les gencives.
— HIST. xn*s. Des tumeurs et chairs superflues des gencives, appellées des Grecs epulides, paré, vi, 4.
— ÉTYM. 'EtiouVi;, de im, sur, etoùXov, gencive. ÉPULONS (é-pu-lon), s. m. plur. Prêtres de
Rome (]ui présidaient aux repas donnés en l'Ljnneur des dieux.
— ÉTYM. Lat. epulas, repas.
fiPULOTIQCE (é-pu-lo-ti-k') , adj. Terme de pharmacie. Qui favorise la cicatrisation. || S. m. Un bon épulotique.
— HIST. xvi* s. Médicament épulotique ou cicatri/.atif, paré, viii, (5.
— ÉTYM. 'EitouXMTixi; , de M, sur, et oO>:^, cicatrice, de o\tXoi, entier, mot à mot oàçiaiX-n, chair entière , cicatrisée. Oij).o!; est la forme ionienne de 8),o;, le même que le latin solus.
ÉPDRATION (é-pu-ra-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Il l'Action d'épurer. L'épuration des métaux. L'épuration des huiles. || 2° Fig. L'épuration des mœurs. L'épuration du goût. L'épuration d'un texte fautif. || 3° Par extension , l'épuration d'un corps, d'une compagnie, exclusion de ceux qui sont indignes d'en faire partie. || Epurations politiques, exclusions dictées par des motifs politiques.
— ÉTYM. Épurer.
tÉPCRATOlRE (é-pu-ra-toi-r'), adj. Qui sert à épurer.
— ÉTYM. Épurer.
ÉPURE (é-pu-r'), s. f. \\ 1* Terme d'architecture. Des:>iii d'une construction tracé sur une muraille, ou, plus généralement, sur un plancher ou sur une aire horizontale, de la grandeur dont l'ouvrage doit être exécuté. L'épure d'une façade. || 2° Terme de géométrie. Représemation, sur un plan, des points el lignes situés dans l'espace et appartenant à un corps de forme déterminée; au moyen de l'épure, on peut retrouver les positions de ces points et de ces lignes, relativement à deux plans coordonnés, l'un vertical et l'autre horizontal. Un officier du génie vint en congé à Besançon où était une école d'artillerie; il laissa dans sa chambre la collection de ses épures et s'absenta pour quelques mois; les officiers d'artillerie, qui avaient sur le cœur quelques plaisanteries sur leur ignorance des travaux de l'école de Mézières, où Monge [l'inventeur de la géométrie descriptive] professait, résolurent de .s'emparer du trésor de l'officier (Ingénie; le complot fut exécuté; les épures enlevées furent calquéss, et puis les originaux remis en place; mais
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grand fut l'étonnement lorsque, le travail fini, on voulut se mettre à riéchiiïrer les hiéroglyphes de l'école de Mézières ; personne n'y comprenait rien; alors on va trouver Lacroix, on lui remet les calques; Lacroix parvint à déchilTrer tout ce qui est relatif au point, à la droite el au plan, et publia le premier traité, même avant Monge, olivier, Géométrie descriptive, préface. || L'ensemble de lignes et de points que l'on trace sur un plan pour résoudre un problème de géométrie descriptive, pure ou appliquée. Une belle épure. Tracer une épure. Les candidats devront exécuter une épure.
— ÉTYM. Ce mot semble être formé de pur (avec epourcs.... préfixe), et signifier la mise à pur, au net, du plan des bâtiments.
Epuré, ÉE (ô-pu-ré, rée), part, passé d'épurer. Il 1° Rendu plus pur. Une matière épurée. Un air épuré. Il 2° Fig. Cet amour épuré que Tite seul lui donne, cobn. Tite el Bérén. v, 2. Il [Dieu] est seul de nos cœurs l'allégresse épurée. Et seul notre félicité, ID. [mit. II, 6. Il est d'autres esprits.... De qui tous les désirs dignement épurés.... id. ib. m, *. Des raisons choisies, épurées, méré, Œuvres posth. t. i, p. 67. Il n'a lai-ssé dans mon coeur, pour vous, qu'une flamme épurée de tout le commerce des sens, mol. Bon ./«an, iv, 9. Pourvu que ses transports, par l'honneur éclairés. N'offrent sur mes autels que des vœux épurés, m. F. sav. i, 4. Mon culte épuré De ma grandeur naissante est le premier degré, volt. Fanât, ii, B. Dégagés de la terre, épurés de tout crime, lemebcieb, Louis IX, v, 6. || 3" Débarrassé de ce qui, dans le langage, n'est pas pur. Par ce sage écrivain la langue réparée N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée, boil. Art p. 1. 1| Qui s'attache à la pureté du langage (emploi vieilli). J'ai des amis fort épurés, méré, Œuvres posth. t. ii, p. 64. Epuré dans le langage, m. ib. p. 42. || 4° Débarrassé de ce qu'il y a (le grossier , en parlant des ouvrages d'esprit. [Le comi()ue] qui est épuré des pointes, des obscénités.... la broï. Disc, sur Théophraste. \\ Rendu plus correct, plus élégant, en parlant du langage, du style. Je n'aime point qu'on affecte avec les enfants un langage trop épuré, et qu'on fasse de longs détours, dont ils s'aperçoivent, pour éviter de donner aux choses leur véritable nom, j. jr. rouss. Emile, iv. || 6* Qui a subi une épuration, une élimination, par raison politique ou autre. D'autres invités y sont venus [au bal] et s'en sont allés parce qu'ils n'ont pas trouvé le bal assez épuré, p. l. cour. Lett. ii, 109.
t ÉPCREMENT (é-pu-re-man) , s. m. Action d'épurer; état de ce qui est épuré. L'épurement des métaux. || Fig. Il se dit de la pureté morale. Qu'un tel épurement demande un grand courage. Qu'il est, même aux plus grands, d'un difficile usage I CORN. Othon,l, 6. En tout temps, en tous lieux, en tontes actions. Ce digne épurement de tes intentions Doit garder sur toi-même une puissance égale, ID. Imit. m, 38. La croix est la vraie épreuve de la foi, le vrai fondement de l'espérance, le parfait épurement de la charité, boss. Ilist. ii, 6. || Se dit aussi des exclusions par cause politique ou autre. L'épurement d'une compagnie.
— ÉTYM. Épurer.
ÉPURER (é-pu-ré), V. a. || 1" Rendre pur, purifier. Épurer de l'eau en la filtrant. Le feu épure les métaux. Il règne en dieu sur les airs qu'il épure. Des prés, des bois ranime la verdure, malfil. Narcisse, ch. I. Il Fig. Le malheur avait épuré l'srmée; ce qui en restait n'en pouvait être que l'élite, d'esprit comme de corps, ségur, Hist. dr Nap. v, 2. IJ 2° Rendre plus pur, en parlant des choses morales. Epurer les m(Rurs, les sentiments. Dieu veut épurer votre charité parles aflliclions, boss. Souff. 'J. Dégageant l'âme des sens, elle épure la vue (le la foi , MASS. Car. Tiéd. i. Mais je parle à Brutus.... Dont le cœur inflexible, au bien déterminé. Épura tout le sang que César t'a donné, volt. H. de Ces. m, 2. Je fais en frémissant ce sacrifice impie, Mais mon devoir l'épure, et mon trépas l'expie, id. Orphel. IV, 6. Il ne sera jamais question, pour des Français, dont la constitution vient d'épurer les idées de justice, de faire ou de concerter une guerre offensive, c'est-à-dire d'attaquer les peuples voisins lorsqu'ils ne nous attaquent point, mirabeau, Collection,X.iu,f. sot. Il Purger de. Mais qui connaît. Seigneur, les péchés d'ignorance 1 Epure-m'en dès aujourd'hui, corn. Psaume xviii. || Epurer un auteur, l'expurger. || Épurer le théâtre, n'y mettre rien qui pui,«se blesser les mœurs. || 3° Rendre poli, châtié, en parlant du langage et des ouvrages d'esprit. Cet auteur a contribué à épurer la langue. La satire, en leçons, en nouveautés fertile, Sait
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seule assaisonner le plaisant et l'utile, Et d'un vers qu'elle épure aux rayons du bon sens, Détromper les esprits des erreurs de leur temps, boil. Sal. lï. On a voulu épurer notre langue depuis François I*'; peut-être a-t-on fait comme ces médecins qui, à force de saigner et de purger, précipitent leur malade dans un état de faiblesse d'où il a bien de la peine à revenir, d'olivet. Rem. Racine, § )3. Trop heureux l'écrivain qui dans la solitude.... Épure se» travaux dans le creuset du temps, millev. Indépendance du poète. Écrivain soigneux et correct, il [Robertson] s'attachait à épurer son style de ces idiotismes écossais qu'affecte aujourd'hui le célèbre romancier d'Edimbourg [W. Scott] , villem. Liltér, franc. 18* siècle, 2* part. 3* leçon. Ces premiers critiques qui épurèrent notre langue, Patru, Vaugelas, Régnier -Desmarais, étaient des esprits justes et fins qu'on n'a pas surpassés dans la même œuvre, ID. Diction, de l'Aoad. préface, p. xii. || 4* Éliminer d'une compagnie, d'un corps, les membres qui sont jugés indignes d'en faire partie. || 5* S'épurer, V. réfl. Devenir plus pur. L'or s'épure dans le feu, boss. Hist. II, 9. Par lui tout s'embellit, et s'épura et s'anime, deulle, Paradis perdu, xii. || Fig. Cette purification par laquelle l'âme s'épure peu k peu, boss. Lett. Corn. 75. Ainsi parini les souffrances et dans les approches de la mort, s'épure comme dans un feu l'âme chrétienne, ID. le Tellier. Dont les âmes se sont épurées dans la solitude, id. I, Paq. t. Plus il approche delà mort et plus il s'épure, sÉv. 48. Les intérêts personnels qui s'épurent par leur réunion, se sont isolés entièrement, et la corruption est devenue générale, baynal, Ilist. phil. II, 26. Il Devenir plus châtié, en parlant de la langue. La Bruyère et Fénelon paraissent croire que la langue de ieur temps s'était trop épurée, avait rejeté trop d'anciens mots expressifs, et l'Académie a été chargée de ce tort, villemain, Dict. de l'Aead. préface, p. xx.
— HIST. XIII* s. Cilz qui argent espure. Armuriers, guainiers, chapeliers, Dict des peintres. Ainsi fut luxure lavée D'omme, de femme, et espurée, St- Graal, v. I7(. || xvi* s. Avoir le jugement affiné et le discours espuré par raisons de philosophie, amyot, Aratus, ti.
— ÉTYM. É pour 64-.... préfixe, et pt«r. ÉPURGE (é-pur-j'), s. f. Un des noms vulgaires
de Veuphorhia lathyrit, L. dite petite épurge, catapuce, petite catapuce. || Grande épurge, un des noms vulgaires du ricin commun (euphorbiacées), dite aussi grande catapuce.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et purger.
t ÉQUANIME (é-koua-ni-m'), adj. Dont l'humeur reste égale. M. de Chevreuse, toujours équanime, toujours espérant, toujours voyant tout en blanc, ST-SIM. 322, 209. Il Peu usité.
— HIST. XVI* s. J'ai estimé qu'il ne falloit attendre pour ju^es asquanimes de ma louange que ceux qui l'ont méritée pour eux, d'aub. Ilist. Préf. m.
— ÉTYM. Lat. sequanimus, de sequus, égal, et animus, âme, cœur.
t ÉQUANIMITÊ (é-koua-ni-mi-té), s. f. Qualité d'une âme équanime. Sa mère [du duc de Noailles] avait su profiter de la douceur et de l'équanimité du duc de Chevreuse, st-sim. 3I8, ibo. || Peu usité.
— HIST. xvi* s. Cela donc est une de ces choses qui trouble l'équanimité et tranquillité d'esprit, amyot. De la tranq. d'dme, 3t. Nous reprochans qu'il sort bien des François quelque chose subtile et (lelicate, mais jamais d'œuvre où il paraisse force pour supporter un labeur, equanimité pour estre pareil à soi-mesme, ni un puissant et solide jugement, d'adb. Hist. Préf. v.
— ÉTYM. Lat. sequanimitas, d'âequanimus, équanime, de sequus, égal, et animus, âme.
t EQUANT (é-kouan), s. m. Terme de l'ancienne astronomie. Cercle dont le centre était celui des mouvements réguliers.
— ÉTYM Lat. œquans, qui égale.
t ÉQUARRÉ (é-ka-ré), s. m. Terme de charpente. Carré tracé dans le cercle qu'offre la section d'un tronc d'arbre, afin d'équarrir celui-ci.
— ÉTYM. Voy. ÉQUARRIR.
ÉQUARRI, lE (é-ka-ri, rie), part, passé d'équarrir. Il 1" Dressé de manière à être taillé à angle droit. Un arbre équarri. || 2° Dépecé, en parlant des animaux abattus ou morts. Un cheval équarri.
t ÉQUARRIER (é-ka-ri-é) , v. a. || l" Couper loa barbes du parchemin. || 2* Terme de oirier. Dresser la cire des flambeaux.
ÊQUARBIR (é-ka-rir), v. a. || 1* Tailler à angle droit. Équarrir une pierre. Apprends à manier d'un bras vigoureux la hache et la scie, à équarrir une
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poutre, J. I. ROORS. Ém. m. C'est l'instrument [la mâchoire] avec lequel le castor coupe les arbres, équarrit leurs troncs, chateaub. Âmér. ». || 2° Rendre carré. L'habitude où nous sommes d'équarrlr nos parterres et même nos arbres, behn. de st-p. Étude 6. Il 8* Terme de menuiserie. Rafraichir les rives, redresser l'épaisseur des battants, refaire les rainures, etc. || i" Êquarrir une glace, la rendre carrée en se servant du diamant et des pinces. Il S' Agrandir un trou avec l'équarrissoir. Il 8* Dépecer un animal mort ou qu'on abat. Êquarrir un cheval, un mouton. Locution tirée de ce qu'on le coupe par quartiers.
— HIST. xiii* s. I.y carelte de tous bois esquariz doit un denier, TArt-UAR, Tlfcuct'i, p. «7). ||xiv' s. Despense pour abatre et esqiiarrer le dit boys, Sibl. des Chartes, f .série, t. m, p. 240. || xvi' s. Le juschoir sera composé de perches de bois esquarries, pour mieux la poulaille s'y affermir, qu'estans rondes, o. de serres, 348.
— t.TrM.ÉpnnTes....\irlifixe,elcarré;BeTTy,équarrier; provenç. esqnayrar, escairar, tcayrar; espagn. escnadrar; poitug. esquadriar ; ilal. squailrnre.
lîOHARRISSAGE (é-ka-ri-sa-j"), t. m. || 1" État de
ce qui est équarri Une poutre de sapin de cent
vingt pieds de long et de deux pieds d'équarrissage aux deux bouts, bebn. de st-p. Étude 6. || Bois d'équarrissage, bois qui doit avoir au moins seize centimètres en tous les sens. || 2' Action de dépecer, pour en utiliser les diverses parties, les cadavres d'animaux dont la chair ne doit pas être consommée par l'homme. Un clos d'équarrissage.
— ÉTYM. Équnrrir.
15QUARRISSEMENT (é-ka-ri-se-man) , *. m. Action d'équarrir; état de ce qui est éqvarri. || Terme de maçonnerie. Manière de tracer les faces des pierres sans le secours des panneaux. || Manière de mesurer les pierres.
— ÉTYM. Êquarrir.
ÉQDARRISSEUR ( é-ka-ri-seur ) , t. m. Celui qui fait métier de dépecer les bêtes mortes ou abattues.
— P.TYJi. Êquarrir.
t ÉQUARRISSOIR (é-ka-ri-soir) , ». m. Instrument de fer carré, qui sert à percer des trous dans le fer et dans le cuivre. || Instrument à l'usage du cirier, de l'orfèvre et du vannier. || Couteau de l'équarrisseur.
— ÉTYM. Êquarrir.
EQUATEUR (é-koua-teur), ». m. || l" Terme d'astronomie. Grand cercle de la sphère céleste, perpendiculaire à l'axe, et qui la divise en deux hémisphères , l'un méridional , l'autre septentrional. Les régions situées sous l'équateur. La situation de l'équateur qu'on se figure comme un grand cercle tracé au ciel et dont la moitié seule est visible, FRANCŒUR, Uranogr. n° 8. || i° Grand cercle de la sphère terrestre, projection de l'équateur céleste sur notre globe, appelé autrement ligne équinoxiale ou, simplement, ligne. La France est au nord de l'équateur. Les degrés de latitude se comptent à partir de l'équateur. L'équateur coupe l'horizon en deux parties égales, prancœur, Uranogr. n° 11. || Equateur se dit, dans le même sens, du soleil, des planètes et de leurs satellites. L'équateur du soleil. Ainsi que Mars, cette planète [Jupiter] a deux bandes parallèles à son équateur et qui en sont très-voisines, FRANCŒUR, Uranogr. n° 84. || 3° Terme de physique. Équateur magnétique, ligne irri'gulière , formée autour du globe par la suite des points où l'incUnaison de l'aiguille aimantée est nulle.
— ÉTYM. Lat. a-quatorem, nom, chez les Romains, d'un inspecteur des monnaies, de sequare, rendre égal; circulus srquator, cercle qui rend égal, à cau.se que, sous l'équateur, les jours sont constamment égaux aux nuits, et surtout parce que, quand le soleil arrive à l'équateur, les jours sont égaux aux nuits par toute la terre.
ÉQUATION (é-koua-sion), t.f.\\l' Terme d'algèbre. Formule de l'égalité établie entre deux quantités. Équation du premier degré, du second degré. Équation difliérentielle. Les racines d'une équation. En tirant la racine d'une équation cubique, desc. Géom. t . Il Membres d'une équation , les deux quantités qui sont données comme égales entre elles et qui sont séparées par lesigne=. || Termes d'une équation, les différentes quantités dont chaque membre de l'équation est composé et qui sont affectées du bigne -|- ou du signe — . || Résoudre une équation, tronver la valeur de la quantité inconnue qui y est liée aux quantités connues. || Terme de géométrie. Équation d'une ligne, d'une surface, la relation algébrique qui existe entre les coordonnées
ÉQU
d'un point quelconque de cette ligne ou de cette surface. Descartes avait trouvé l'art de mettre les courbes en équation, toroot. Ébauche du S* dt»c. Progrh de l'esprit hurn. p. ï80. || i' Terme d'astronomie. I.a quantité variable, mai.s déterminée par le calcul, qu'il faut ajouter ou ôler aux mouvements moyens pour obtenir les mouvements vrai». || Équation du centre, différence entn: la longitude vraie et la longitude moyenne de la terre. || Équation du temps, différence du temps vrai au leni|is nioypn. Il Equation personnelle, temps qui s'écouie entre voir et enregi.slrer, qui varie avec les différents observateurs, et qui entre comme élément dans la correction d'une observation. |] 3* Terme de chimie. Equation chimique , équation représentant d'une part les substances chimiques propres à donner lieu à ime réaction, et d'autre part les substances produites par cette réaction, ainsi : SO',ItaO -t- 4C = SBa-)-4C0; ce qui veut dire que du «ulfale de baryte, plus du charbon, se décompose en sulfure de baryum, plus de l'oxyde de carbone.
— ÉTYM. Lat. âfquationem , de œquare, égaler. tÉQUATORIAL, ALE (ékoua-to-ri-al, a-l'), ad;'.
Il l'Oui appartient à l'équateur. || Les climats équatoriaux , climats voisins de l'équateur terrestre. Plante équatoriale, plante qui natt et prospère dans les régions équatoriales. || Qui se rapproche de l'équateur. Étoiles, constellations équatoriales, étoiles, con.stellations très-voisines de l'équateur. || Ligne équatoriale, l'équateur. || 2" S. m. Terme d'astronomie. Instrument pour suivre le mouvement des astres, pour déterminer leur ascension droite et leur déclinaison. Les équatoriaux de l'observatoire de Paris sont tous fabriqués en France.
— ÉTYM. Équateur.
tÉQUATORIEN, ENNE (é-koua-to-riin, riè-n'), cdj. Qui appartient à la république de l'Equateur. L'envoyé équatorien. || Substantivement. Les Equatoriens.
— ÉTYM. La république de l'Equateur, contrée de l'Amérique méridionale.
t ÉQUERRAGE (é-kè-ra-j') , ». m. Angle dièdre que forment deux faces planes d'une pièce de bois. Il Terme de marine. Porter les équerrages, présenter la fausse équerre sur une pièce désignée.
— ÉTYM. Équerre.
ÉQUERRE (é-kê-r'), I. f. \\ i' Instrument de mathématique ou de construction, servant à tracer des angles droits. Notre assassin [un mauvais médecin] renonce à son art inhumain, Et, désormais la règle et l'équerre à la main. Laissant de Galien la science suspecte. De méchant médecin devient bon architecte, boil. Art p. iv. || Équerre à épaulement, celle dont une branche est trois fois plus épaisse que l'autre. || Double équerre, règle au bout de laquelle s'emboîte une autre règle, de manière à former avec la première deux angles droits. Il Triple équerre, instrument de gnomonique formé de trois règles. || Équerre à onglet, équerre ayant un rebord saillant et épais. || Équerre d'arpenteur, instrument de cuivre, à pinnules fendues, pour tracer, sur le terrain, des perpendiculaires à une ligne tracée d'avance et mesurée. || 1° Fausse équerre, équerre qui, s'ouvrant et se fermant à charnière, sert, dans plusieurs arts, à mesurer les angles quelconques formés par deux surfaces adjacentes. Il Fausse équerre, l'angle formé par les faces contiguës d'un bâtiment, d'une pièce de bois, etc. lorsque cet angle n'est pas un angle droit. || 3° Terme d'arts géométriques. Ce qui est à angle droit, ce qui a la forme d'une équerre. Mettre d'équerre. Disposer en équerre. Un livre sur tous sens doit se trouver d'équerre, En tête, en queue, au dos, aux mors, à la gouttière, lesné , la Reliure, p. 46. Il 4° Pièce de fer plat, en forme de T ou d' L, pour consolider différents assemblages. || Terme de serrurerie. Petite pièce qui retient le pêne du demi-tour. Il E° Coude fait à un tuyau de conduite pour l'eau. Il 6° Terme d'astronomie. Petite constellation australe.
— HIST. xn* s. Li reis cumandad que l'um preist pierres grandes e de gentil grein e de bone quarriere, e que tuz fussent taillié àesquire, pur mètre
alfundementdel temple, /loit,p.24&. ||xiii*s Sans
compas ou sans esquierre, la Rose, ((B74. || iiv« s. L'aloe qui vole par ondées et plie son vol par esquierrcs, Ménagier, m, 2. || xvs. De géométrie, qui est l'art et science des mesures et des ecqucrrcs, [Charles V] s'entendoit sotiffisamment et bien le monstroit, christ, db pisan , Charles Y, m, <t. Il XVI* s. Nous avons le compas, la reigle, l'escarre, le plomb, le niveau, la sauterelle [fausse équerre], PALissT, •!. L'angle droict est nommé d'aucuns
ÉQU
angle de l'esquierre; l'ouvert, angle hors d'esquierre; et le poinctu. l'angle en l'esqulerre, koh- CADEL, Éléments d'Euclide, p. 3.
— ÉTYM. Wallon, skuer.s. m.; provenç. escaire, icayre, s. m.; ital. »(/uadro; du latin Actif ex<;uadrare, de ex, et quadrare, rendre carré, parce que cet instrument sert à dresser certames pièce; au moyen d'angles droits.
t ËQUERREK (é-kè-ré), e. a. Donner k une pièce de bois la forme, l'équerrage voulu.
— ÉTYM. Équerre.
t ËQllERRET (é-kè-ré), ». m. Nom de plusieurs oiseaux du genre des mauves.
tÉQUERKlNE (é-kè-ri-n'), adj. f. Terme de la méthode de Guenon. Vache équerrine, classe de vaches laitières, se distinguant par un écusson de poils qui, après avoir embrassé les mamelles et la face interne des cuisses, forme une sorte d'équerre.
— ÉTYM. Équerre.
ÉQUESTRE (é-kuè-str'), ad;. || 1* Figure, statue équestre, figure, statue représentant une personne à cheval. || Terme de diplomatique. Sceau équestre, sceau qui représente un cavalier. || 2° Terme d'histoire romaine. L'ordre équestre, l'ordre des chevaliers romains. || On désigne aussi par la le corps des nobles servant à cheval. || Rangs équestres, ceux qui étaient réservés aux chevaliers dansles théâtres romains. || 3° Noblesse du second rang en Pologne.
— ÉTYM. Lat. equestris, de equus, cheval; grec, tTcnr.;; éolien, lxxo(;anc. haut-allem. ehu; llthuan. aszia, jument; zend. açpa; pâli, assa; sanscrit, afin, qui vient lui-même de açu, rapide.
t ÉQUI.... en composition , mot qui vient du latin irquus et signifie égal.
ÉQUIANGLE(é-kui-an-gr; ni prononcé commedans huile), od;. Terme de géométrie. Il .se dit des figures dont tous les angles sont égaux. Les polygones réguliers sont équiangles. Le triangle équian).'le est en même temps équilatéral. IjFigurcséquianKles, figures qui ont leurs angles égaux chacun à chacun.
— ÉTYM. Équi.... et le latin angulus , angle. tÊQUIAXE(é-kui-aks'; ui prononcé comme dans
huile),ad;. Terme de minéralogie.Qui a lies axes égaux.
— ÉTYM. hqui.... et le latin aitt'i, axe. tÊQUICRURAL(é-kui-kru-ral;ui prononcé comme
danshuile), ad;', m. Qui a deux jambes égales. IlSynonyme peu usité d'isocèle en géométrie.
— ÉTYM. Équi.... et crural.
+ ÉQUIDIFFÉRENCE (é-kui-di-fé-ran-s' ; ui prononcé comme dans huile), »./■. Terme d'arithmétique. Égalité de deux rapports par différence, autrement dite proportion arithmétique.
— ÉTYM. Équi'.... et différence.
i ÉQUIDIFFÉRENT, ENTE ( é-kui-di-fè-ran , ran-t'; ui prononcé comme danshuile), ad;. Terme didactique. Qui offre des différences égalesentre elles.
— ÉTYM. Voy. ÉQUIDIFFÉRENCE.
t ÉQUIDISTANCE (é-kui-di-stan-s'; ui prononcé commedans huile), s.f. Qualité de ce qui est équidistant. Des parallèles qui conservent entre eux une parfaite équidistance.
ÉQUIblSTANT, ANTE (é-kui-di-stan, sUn-t'; ui prononcé comme dans huile), ad;. Terme de géométrie. Qui, dans toutes ses parties, est également éloigné des parties d'un autre corps. Les lignes parallèles sont équidistantes. Les points d'une circonférence de cercle sont tous équidistants du centre.
— HIST. XIV' s. Lignes équidistantes de l'equinocial, ORESME, Thèse de meuiukr. || xvf s. Vous planterez vos maillots dans des raions d'un pied et demi do profondeur, tirés à ligne droicte, equidistans d'un pied, o. de serbes, tel. Deux lignes equedistant entre le nombre à partir et le partiteur, de la rocur, Arism. f », rerso.
— ÉTYM. Équi. ...et distant; provenç. equidistant. t ÉQUIER (é-ki-é), s. m. Anneau de fer dans
lequel passent les sommiers, à chaque bout de la scie du scieur de long.
fÊQUIFFLE (é-ki-n'), ». f. Jouet d'enfant avec lequel on lance de l'eau comme avec une seringue. Nous faisions des tambours, des maisons, des équif- (les, des arbalètes, j. l. Rouss. Conf. i.
t ÉQUIGNON ( é-ki-gnon ) , ». m. Bande de fei dont on garnit le dessous de la fusée d'un essieu de bois.
jËQUILARGE (ékui-lar-j'; ui prononcé comme dans huile) , adj. Terme didactique. Qui offre la même largeur dans toute son étendue.
— Énn. Équi.... et large.
ÉQUILATÉRAL, ALE ( é-kui-la-té-ral , ra-P; ui
prononcé comme dans huile), adj. |l 1* Terme de géométrie. Dont tous les cdtés sont égaux entre eux. Figure équilatérale. Triangle équilatéral. Deux po-
ÊQU
lygones sont équilatéraux entre eux, lorsqu'ils ont les côtés égaux chacun à chacun et placés dans le même ordre. || 3° Terme de zoologie. Coquille équilalérale, coquille bivalve qui, lorsqu'on la parlage, Drésente deux moitiés exactement semblables.
— HlST. XVI» s. Pour bien mesurer le champ triangulaire equilateral, convieut le réduire en quarré parfaici, o. de serhes, i3.
— ÈTYM. Équi.... et latéral.
ÊQUILATËIVE (é-kui-la-tê-r*; ui prononcé comme dans huile), adj. Terme ^e géométrie. Synonyme peu usité d'équilatéral. || Il s'applique surtout à l'hyperbole dont le demi-axe est égal à l'ordonnée centrale rendue réelle. L'asymptote coupe par moitié les angles de tous les dinmètres conjugués de l'hyperbole équilatère, francœur, Cours de mathém. pure, t. I, p. *i3.
— HIST. xiii's. Li costés du triangle equilatere est grainilres de [plus grand que] senlivel [perpendiculaire abaissée sur la base] le [la] septisme partie de soi, Compul, f. 46.
— ÉTYM. Èqui... et le lat. lalus, lateris, côté, t ÉOUILBOQUET (é-kilbo-kè), s. m. Nom d'un
petit instrument de charpenterie et de menuiserie, qui sert à vérifier le calibre des mortaises.
— ËTYM. Mot singulier et qui paraît avoir de commun avec bilboquet la finale boquel, petit morceau de bois.
t ÉQUILIBRANT, ANTE (é-ki-li-bran, bran-f), itdj. Qui établit, qui rétabht l'équilibre. La puissance équilibrante.
ÉQUILIBRE (é-ki-li-br'), j. m. || 1° Terme de mécanique. État d'un corps sollicité par deux ou un plus grand nombre de forces qui s'entre-détruisent, ou qui s'annulent sur une résistance. En mécanique, on démontrait bien la nécessité de l'équilibre dans les cas où il arrive, mais on ne savait pas précisément ce qui le causait; c'est ce que M. Varignon aperçut par la théorie des mouvements composés.... FONTEN. Varignon. Tout le monde convient qu'il y a équilibre entre deux corps quand les produits de leurs masses par leurs vitesses virtuelles, c'est-à-dire par les vitesses avec lesquelles ils tendent à se mouvoir, sont égaux de part et d'autre, d'alemb. Traité de dynam. CE^ivres, t. xiv, p. 22) , dans pouGENS. || Équilibre stable, celui qui tend à se rétablir lorsqu'il est légèrement troublé. Équilibre instable, celui qui est détruit par la plus légère perturbation. || 2° Dans le langage général, état d'Un corps qui se tient debout, sans pencher d'aucun côté. Cela est en équilibre. L'homme, fier de marcher debout. Vante son équilibre, bérang. ilarionn. || Perdre l'équilibre, perdre la position où l'équdibre se maintient. Il perdit l'équilibre et tomba. Perdaut l'équilibre, il me donna les moyens de le renverser, fén. Tél. v. || Fig. Arriver à un certain état d'é(|uilibre entre le crime et la vertu, mass. Carême, Tiéd. 2. Il Terme de danse. Position du corps sur un seul pied. || Terme de manège. Action de suivre avec élasticité les mouvements du cheval. jl 3" Tour d'équilibre, tour d'adresse dans lequel on maintient le corps ou quelque objet fragile en équilibre, bien que les positions soient très-difficile.s. Dans toutes les foires, on en voit faire des équilibres, j. I. Rouss. Ém. n. || 4° Fig. Juste proportion, juste mesure. De la droite raison je sens mieux l'équilibre, BOiL. ÉpU. V. Parmi les peuples de la Grèce, les uns ont plus d'esprit, les autres plus de bravoure ; il en est chez qui les qualités brillantes sont dans un juste équilibre, barthél. /Inach. ch. 62. Avec un cours plus libre, La richesse prendrait un plus juste équilibre, M. J. cuénier, Graeques, II, 3. Il Faire, rétablir, tenir l'équibbre, rendre des choses égales. Tenez l'équilibre entre les uns et les autres, FÉN. Tél. x. En peines, en plaisirs l'illusion féconde Rétablit en secret l'équilibre du monde, DELiLLE, Imagin. vi. || L'équilibre des humeurs, ancien terme de physiologie, pour exprimer une juste proportion des humeurs, un bon état de santé. Il Terme de peinture. L'équilibre d'une comj'osition, la distribution égale des masses dans un tableau. Il B° Terme de politique. État des pouvoirs qui se contiennent les uns les autres. Oui, tant que son pouvoir [de Rome] n'aura point d'équilibre. Par elle un peuple en vain serait déclaré libre, saubin, Spartacus, i, t. Comme il n'y a point ici d'autre volonté de corps qui, résistant à celle du prince, fasse équilibre avec elle, il doit arriver tôt ou tard que le prince opprime enfin le souverain et rompe 'le traité social, j. j. rouss. Contr. iii, 10. Justice ou non, poursuis, tribun séditieux. Détruis tout équilibre, et brise tous les nœuds, m. j. cuênier, Cracquen, 11, s. || L'équilibre européen, la balance
ÈQU
ÉQU
des possessions territoriales telle que les traités l'ont
établie entre les puissances européennes. Je me souviens toujours du mot de Fontenelle, qui disait : on ne parle en temps de guerre que de l'équilibre des puissances en Kurope; il y a un autre équilibre aussi efficace pour le moins et aussi propre à conserver chaipie puissance; c'est l'équilibre de sottises, d'alemu. Leit. au roi de Prusse, 30 juillet (784.
— ÉTYM. Lat. xquilibrium, de œquus, égal, et libra, livre, poids.
t ÉQUILIBRÉ, ÉE (é-ki-li-bré, brée), part, passé. Tenu en équilibre. Des forces équilibrées. || Terme d'ornithologie. Pieds équilibrés, pieds posés au milieu de l'abdomen, en sorte que le corps de l'animal debout est presque horizontal et en équihbre. || Fig. Dont les facultés se maintiennent en un juste rapport. Le génie girondin, celui de Fénelon, Montaigne, Montesquieu, celui du grand parti qui, en 93, périt pour ne pas tuer, est vif, mais modéré, équilibré, ce semble, micheleï. Régence, p. 435.
t ÉQUILIBRER (é ki-li-bré) , ». a. Mettre, tenir en équihbre. É|uilibrer la pesanteur par la force de torsion d'un fil métallique, Acad. des se. Comptes rendus, t. lvi, p. 245. || S'équilibrer, ». r^/I. Se mettre en équilibre. || Se faire équilibre l'un à l'autre.
— HIST. XVI* s. Équilibrer, cotghavb.
— ÉTYM. Équilibre.
t ÉQUILIBRISME (é-ki-Ii-bri-sm"), s. m. Tour d'équilibriste.
t EQUILIBRISTE ( é-ki-li-bri-st') , s. m. et f. Celui, celle dont le métier est de faire des tours d'adresse , qui s'applique à maintenir certaines choses fragiles en équilibre, ou à s'y tenir soimême dans une position difficile.
t I. ÉQUILLE (é-ki-ir. Il mouillées), s. f. Nom, sur les côtes entre Caen et le Havre, du poisson dit lanson à GranviUe et Saint-Malo (genre de poissons malacoptérygiens apodes, vivant sur les plages sablonneuses et se cachant dans le sable à la marée basse).
t 2. ÉQUILLE (é-ki-ll'. Il mouillées), s. f. Croûte qui couvre le fond de la chaudière à cuire le sel. Il Outil pour rompre celte croûte.
f ÉQUILLEUR (é-ki-lleur , Il mouillées) , s. m. Ouvrier qui rompt la croûte du fond des poêles dans les salines.
f ÉQUIMULTIPLE (é-kui-mul-ti-pl'; ui prononcé comme dans huile), adj. Terme d'arithmétique. Nombres équimultiples, nombres qui contiennent leurs sous-multiples autant de fois l'un que l'autre. Quinze et dix-huit sont équimultiples, l'un de 5, l'autre de 6.
— ÉTYM. Équi.... et multiple.
tÉQUIN, INE (é-kin, ki-n'), od;. Terme d'orthopédie. Pied équin , difl'ormité dans laquelle le pied présente une disposition assez semblable au sabot du cheval et n'appuie que sur la pointe. || Terme de médecine vétérinaire. Variole équine, nom d'une affection pustuleuse du cheval qui se communique à la vache et à l'homme et y produit une vaccine.
— ÉTYM. Lat. equinus, de cheval, de tquus, cheval.
tÉQUlNETTE (é-ki-nè-f), I. f. Terme de manne. Partie horizontale du support des girouettes.
ÉQUINOXE (é-ki-no-ks'), s. m. Terme d'astronomie. Moment donné où le soleil, passante l'équateur, rend les jours égaux aux nuits dans tous les pays du monde. L'équinoxe du printemp.s. L'équinoxe d'automne. Hipparque reconnut que les deux intervalles d'un é(|uinoxe à l'autre étaient inégaux entre eux et inégalement partagés par les solstices, de manière qu'il s'écoulait 94 jours et demi de l'équinoxe du printemps au solstice d'été, et 92 jours et demi do ce solstice à l'équinoxe d'automne, LAPLACE, Expos. V, 2.
— ÉTYM. Provenç. equj'nocci; espagn. cqumoccio; ital. equinozio; du lat. xquinoctium , de xquus, égal, et nox, nuit.
ÉQUINOXIAL, ALE (é-ki-no-ksi-al, a-l'), adj. Il l-Qui appariient à l'équinoxe. Lorsque le soleil est dans l'équateur, le jour doit être égal à la nuit, puisqu'il décrit au-dessus de l'horizon une partie de cercle égale à celle qu'il décrit au-dessous, voilà pourquoi on donne à l'équateur le nom d'équinoxial, CONDIL. Art déraison, v, 4. || 2° La ligne équinoxiale, l'équateur terrestre, ligne qu'on suppose tracée sur la surface entière du globe, et ainsi nommée parce que, quand le soleil décrit son cercle perpendiculairement sur cette ligne, les jours sont partout égaux aux nuits. || On appelle aussi ligne équinoxiale, les parties de cette ligne qui ont été quelquefois tracées réellement sur la terre pour quelques observations
astronomiques, comme on en voit une dans l'églisa Saint-.Sulpico à Paris. || Points équinoxiaux , les points où l'écliptique coupe l'équateur. || Les pays équinoxiaux, ceux qui sont voisins de l'équateur. || La France équinoxiale , nom donné anciennement à l'établissement de Cayenne. || Cadran équinoxial, cadran solaire dont le plan est parallèle à l'équateur. Il 8' Terme de botanique. Fleurs équinoxiales, fleurs qui s'ouvrent et se ferment chaque jour à des heures déterminées, de manière que le temps de leur sommeil est égal à celui de leur épanouissement.
— HIST. xiv* s. Lignes equidistantes de l'equinocial, oresme. Thèse de meunier.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. equinoccial ; ital. equinotiale;A\i latin œquinoctialit, diaquinoclium, équinoxe.
t ÉQUINTER (é-kin-té), v. a. Terme d'équipement militaire. Tailler en pointe l'extrémité d'une lanière.
— ÉTYM. Provenç. esquinter, déchirer. Le langage populaire a esquinter, fatiguer, éreinter. Origine inconnue.
ÉQUIPAGE (é-ki-pa-j') , ». m. \\ 1° Terme de marine. Ce qui sert à équiper un navire, mais réduit par l'usage à signifier uniquement le personnel de bord pour la manœuvre et le service du vaisseau. Le bâtiment a péri, mais on a sauvé l'équipage. Il Rôle où sont inscrits tous les hommes embarqués, il 2° Par extension, toutes les choses nécessaires pour certaines entreprises ou opérations. Équipage (le chasse. Ce seigneur était grand chasseur et avait fait venir au Mans son équipage, scarbon, Bom. eom. n, t7. Il En bon équipage, bien disposé, bien préparé. Tant à nous voir marcher en si bon équipage, Les plus épouvantés reprenaient de courage, CORN. Cid, IV, ï. Il Équipage de construction, les chariots, chèvres, grues, échafauds, échelles, etc. nécessaires pour construire un édifice. || Équipage de roulier, de conducteur, etc. l'ensemble des objets qui servent au roulier pour le transport, d'un lieu à un autre, des marchandises dont il se charge. Il S" Terme de mécanique. Équipage de pompe, tentes les pièces qui servent au mouvement d'une pompe. 114° Ensemble des machines et des outils servant à la construction des divers ouvrages qu'on fabrique dans un atelier. || Ensemble de toutes les lames de lisses qui servent au tissage d'une étofîe. || 5°Train, suite de chevaux, de voitures, de valets, etc. Il marche sans suite et sans équipage, flech. Tur. Le vénérable pontife, Innocent XI, chassé de son siège et errant comme l'arche d'Israël de contrée en contrée dans un équipage peu convenable à sa dignité, MASS. Panégyr. St Bernard. || Faire l'équipage de quelqu'un, préparer ce qui est nécessaire à un militaire qui va faire campagne. Je fais présentement l'équipage de mon fils, sÉv. t27. En attendant qu'on fit mon petit équipage, hamilt. Gramm. 3. || L'équipage de Jean de Paris, un équipage magnifique. Un équipage de bohème, équipage délabré. || 6° Équipage de guerre, les fourgons, chevaux, harnais, tentes et autres appareils. Équipage de l'artillerie. Équipage des vivres. On ne concevait pas comment la tête de cette colonne [l'armée française sortant de Moscou] pourrait traîner et soutenir dans une si longue roule une aussi lourde masse d'équipages, SÉGOR, Hist. de Napol ix, *. 1| Équipage de pont, le matériel nécessaire pour jeter un pont militaire. L'armée avait deux équipages de pont. || 7" Voiture de maître et ce qui en dépend. Un équipage modeste, il est vrai, mais propre et surtout fort commode, BOUBD. Pmsées, t. I, p. 347. Quel est l'égarement de certains particuliers qui, riches du négoce de leur père, se moulent sur les princes pour leur garderobe et leurs équipages! la brdt. vu. Quand il vint s'établir dans son gouvernement. Il avait pour cortège un valet seulement. Et pour tout équipage une méchante rosse; Maintenant six chevaux fout rouler son carrosse, bobrsault, Fables d'Ésope, n, 5. On m'assure, mais d'assez mauvaise part, qu'on vend les équipages de M. le duc de la Feuillade, MA1NTEN0N, Lett. à d'Aubigné, t. i, p. 4 71, dans pouGENS. D'où vient que vous êtes sans équipage, vous qui faites une si grande dépense? hamilt. Gramm. 7. || Avoir équipage, avoir voiture et chevaux. Mais, par exemple, n'est-ce pas une chose honteuse que vous n'ayez pas encore songé à lui faire présent d'un équipageî lesage, Turcaret, m, 4 2. La plupart des femmes sont plus sensibles à la vanité d'avoir un équipage qu'au plaisir même de s'en servir, lo. ib. m, 2. Deux fois elle eut équipage. Dentelles et diamants , bérang. Fr.étillon. N'ayant pas encor d'équipage , Je pars à pied
EQO
modestement , id. Habit de cour. || Équipage au lieu de Toiture, langage révolutionnaire, dit Mme de Genlis, Him. t. v, p. 9i. Equipage implique toujours voiture et chevaux, et l'on ne dira pas : Montez dans mon équipage. 118° Tout ce qu'il faut pour mettre une personne en état de s'acquitter d'un certain office. Tout ce que la grandeur a de vains équipages, halh. vi, a. Elle est prête à partir «ans plus grand équipage, corn. Nicom. il, î. Je rirai alors tout mon soûl, quand je [Caron] les verrai dans ma nacelle , sans tout cet équipage de grandeur, d'ablancourt, Lucien. Caron. Elle n'a pas eu plus de peine que vous à faire son équipage, sP.v. 679. En Suisse, tout particulier qui se marie est obligé d'être fourni d'un uniforme qui devient son habit de fête, d'un fusil de calibre et de tout l'équipage d'un fantassin, J. J. rouss. Pologne, (2.119° Familièrement. Manière dont une personne est vêtue. Le trop superbe équipage Peut souvent en un passage Causer du retardement, la PONT. Falil. IV, 8. Qu'est-ce que c'est donc, mon mari, que cet équipage-làP mol. Bourg, gentilh. III, 3. Elle est folle de n'avoir point changé d'habit, et de venir en ce lieu-ci, avec son équipage de campagne, id. le Festin, l, 2. Mais vous ne dites rien de tout mon équipage [déguisement], RAC. Plaid. Il, «. J'aperçus le grand Orion encore enéquipagedechasseur, F'É!i.t.xxi,p. 43S. Il fut question de me pré.senter à la cour en équipage d'abbé, HAMILT. Cramm. 3. Dans l'équipage d'un homme qui a pris médecine, la bbcy. xiv. Si je reste dans un équipage à faire peur, personne ne me reconnaîtra plus, I. j. rouss. Hél.n, n. || Fig. J'ai maintenant afTaire à des caprices, à des fantaisies: équipaiies d'esprit que toute femme apporte en naissant, MARIVAUX, Surpr. de l'amour, u, B. || Mettre en piteux équipage, gâter de toute façon. Le pis fut que l'on mit en piteux équipage Le jardin.... LA PONT. Fabl. IV, 4.
— HlST. xvi° s. Hz luy aidèrent à mettre sus son esquipage pour faire voile, amtot, Timol. 10. Il s'en alla en telle eqiiippage dansant jusques au beau milieu de l'assemblée du peuple , m. Pyrrh. 27. J'ay veu qu'ayans mangé à la suitte de ce chef la moitié de nos équipages, la promesse d'une bataille nous faisoit encores partager le reste, d'aub. l'réf. VIII. Il fallut r'envoyer quérir équipage nouveau pour faire une seconde batterie, ID. Hist. i, 298. Chaires à demis baings avec tout leur équipage, PARÉ, iii, p. «40.
— ETYM. Équiper (voy. à ëqoipbr la «érie des sens).
t ÉQUIPE (é-ki-p'), s. f. || 1* Réunion de deux, quatre nu six ouvriers qui transportent sur brancards des pierres dans l'intérieur des ateliers de construction. || 2° Un certain nombre d'ouvriers attachés à un travail spécial. Une équipe de drainage. Une équipe dans les gares des chemins de fer. Composer une équipe. Un homme d'équipe. Un chef d'équipe. I| 8° Série de bateaux amarrés les uns aux autres, allant & la voile ou traînés par des hommes. Quand il arrive une équipe de vin appartenant à quatre particuliers, si les voituriers choisissent pour leur boisson le vin de l'un plutôt que celui de l'autre, comme ils en sont les maîtres, il faut avant la décharge qu'il en soit indemnisé. Arrêt du Conseil d'État du 25 septembre (688.
— ÈTYM. Voy. équiper; Berry, équipe, bande, atelier d'ouvriers.
ÉQUIPÉ, ÉE (é-ki-pé, pée), part, passé. || 1* Garni de tout ce qui lui est nécessaire, en parlant d'un navire. Galères.... équipées de bons rameurs, commandées par de bons officiers, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. ni, p. 889, dans pougens. j| Terme de blason. Se dit d'un vaisseau qui a ses voiles et ses cordages. De gueules à la nef équipée d'argent. Il 2° Pourvu d'un train. Equipé pour aller faire campagne. |{ 8° Vêtu d'une certaine manière. 'Vous me verrez équipé comme il faut, depuis les pieds jusqu'à la tête, mol. Bourg, gent. i, s. Quel plaisir j'avais de me voir si bien équipé ! mes yeux ne pouvaient pour ainsi dire se rassasier de mon ajustement, lesaor, Gil Bios, i, (B.
t ÉQUIPÈDE (é-kui-pè-d'; ui prononcé comme dans huile), adj. Terme de zoologie. Qui a les pattes d'égale longueur.
— ÊTYM. Équi.... et le lat. pes, pedit, pied.
ÉQUIPER (é-ki-pée), s. f. || 1* Proprement, action de partir avec équipage. Mon fils partit hier [pour l'armée]; il est fort loué de cette petite équipée; tel l'en blâme qui l'aurait accablé s'il n'él.iil point parti, sf.v. 13 aoflt 1877. S'il revient d'aussi bonne heure qu'il le croit, il viendra nous trouver
ÊQU
à Grignan; priez-le de faire cette jolie équipée, m. 163. Je fais pourtant de petites équipées de temps en temps, id. 1 38. || 2* Fig. Action , démarche irréfléchie. Il a voulu faire cette équipée pour Mlle de T.... sÉv. 480. Avouez que vous m'avez prise pour une de ces femmes de qualité qui se plaisent à faire des équipées, lesaoe. Cil Bios, m, 6. Il lui fit sentir l'imprudence de son équipée, j. j. bouss. ^m. ii. Que pense Votre Majesté de la belle équipée que nous venons de faire devant Gibraltar [siège mfructueuxjT d'aleub. Lettre au roi de Prusse, n oct.
— HIST. XVI* 8. Les coureurs de Montaigu ne laissolent pas pour le siège de [aire des e<quipées assez loin, d'aub. Hist. a, 382.
— ETYM. Équipé.
ÉQUIPEMENT (éki-pe-man), ». m. || !• Terme de marine. Tout ce qui sert aux maoœuvres, à l'armement du navire, à la subsistance de l'équipage. L'équipement de ce vaisseau a ctrûté beaucoup. Il 8° Tout ce qui sert à habiller, a pourvoir d'outils, d'armes, etc. Les frais d'équipement d'un soldat. L'équipement d'un conducteur d'omnibus. Il Action de pourvoir à ces besoins. L'équipement des troupes doit être complet.
— ÉTYM. Équiper.
ÉQUIPER (é-ki-pé), r. o. || !• Pourvoir un vaisseau de tout ce qu'il lui faut pour ta manœuvre, la subsistance, la défense, etc. Aussitôt que l'on aura équipé une frégate, j'espère passer le détroit et voir Ceuta, voit. Lett. 39. Sémiramis, s'élevant audessus de son sexe, liàlissait de superbes villes, équipait des flottes, subjuguait les peuples voisins, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. ii, p. Bï, dans pougens. Justinien ne put équiper contre les Vandales que cinquante vaisseaux, uontesq. Rom. ch. 20. Quand il s'agissait d'un armement, chacune des dix tribus ordonnait de lever dans son district la même quantité de talents qu'elle avait de galères à équiper, BARTHÉLÉMY, Anach. ch. 68. Il 2° Pourvoir de choses nécessaires, de vêtements. Equiper un soldat. Equiper un régiment de cavalerie. || 3° Accoutrer. Vous y prenez le deuil; vous m'en équipez, moi. Qui ne pleure personne et qui ne sais pourquoi, HAUTEROCHE, le Deuil, se. 1. Il Fig et familièrement. Il a été bien équipé, c'est-à-dire il a été maltraité, raillé comme il faut. Comme vous éiiuipez votre amil vadé, Nicaise, se. 7. ||4° S'équiper, V. réft. Pourvoir à son équipement. 11 n'a pas de quoi s'équiper. Nous voilà au temps que je dois partir pour l'armée; je suis après à m'équiper, mol. Scapin, II, 8. |i Par extension, s'accoutrer. Peut-on s'équiper de la sorte?
— HIST. XII' s. X la mer vint li ber, à Sandwiz eschipa [s'embarqua], Th. le mare. bo. || xiii° s. Une nef [il] vit que on charga, Qui la nuit devoit eskiper Et en Yrlande droit aler. Lai de Melim. Lors s'est de la rive e.squipé; Si s'en vait aval durement; Et Renart le governail prent, Ren. 22918. || xiv* s. En mer vont esquipant, et li vens les mena; Tost furent eslongiet, quant li vent se leva, Beaud. de Seb. II, 441. Il XV' s. Quand ils furent esquiffés en la mer, le vent se changea; fortune monta; ils furent trop malement tempestés, froiss. m, iv, Bs. Adonc fut le voile levé, et le vent, qui estoit comme à souhait, ferit dedans, tellement que la nef s'esquipa en la haulte mer, Perceforest, t. m, f* 84. Il XVI' s. Tout ce qui vit est naturellement esquippé de suffisante couverture pour se defîendre de l'injure du temps, mont, i, 268. Deux pièces [de canon] le retardèrent pourestre mal esquipées, d'aub. i/if t. I, 181. Quelques uns se couvrirent de mauvaises petites places, ni basties ni esquipées en guerre, id. ib. 1, 2U2. Cela bien esquippé de vivres arrive en Affrique à la mi-octobre, m. ib. ii, 85. Les Corinthiens esquipperent une galère, amyot, TimoUon, lo. Nous trouver, au premier mandement du dict seigneur prince, esquippez pour l'accompagner partout où il luy plaira nous commander, condé, Jf^ moires, p. 847.
— ETYM. Esquif (voy. ce mot). Équiper est proprement se mettre en mer, c'est le sens ancien ; puis, delà et de l'attirail qu'exige un vaisseau, tous les sens consécutifs.
•[ ÉQUIPET (é-ki-pè), s. m. Terme de marine. Planche fixée à la muraille dans les chambres des offlciers et des maîtres, et servant i ranger quelques petits objets.
f ÉQUIPÉTALÉ , ÉE (é-kui-pé talé, lée ; ui prononcé comme dans huile), adj. Terme de Iwlanique. Dont les pétales sont égaux ou à peu près.
— f.TYM. Équi.... et pétale.
i ËQUIPEUU (é-ki-peur), t. m. Ouvrier arque-
ÉQU
busier qui ajuste toutes les pièces d'un fusil. || On dit aussi équipeur-monteur.
— ETYM. Équiper.
tÉQUIPOLLÉ, ÉE (é-ki-po-lé, lée), part. paui. La perte équipollée par le gain. || Terme de blason. Se dit de neuf carrés mis en forme d'échiquier, dont il y a cinq, savoir ceux des quatre coins et du milieu, d'un émail différent de celui des autres carrés. Cinq points d'or équipoUés à quatre d'azur.
f-QUIPOLLENCE (é-ki-po-lan-s') , ». f. \\ !• Egalité de valeurs. || Peu usité. || 2* Terme de logique. U se dit des propositions équivalentes. L'équipollence des propositions. Il y a trois choses k considérer dans la proposition: l'opposition, l'^quipollence et la conversion, oider. Opin. des anc. phil. {péripatéticient).
— HIST. xv g. Les parties de lui [de l'homme] sont disposées à la equipollence des assietes du monde, christ, de pisan, Charles F, i, 12.
— ETYM. ÉquijiolUr.
ÉQUIPOI.LENT, ENTE (é-ki-po-lan , lan-f), aij. Il 1° Equivalent. L'un est équipollent à l'autre. Il Vieilli. Il 2° Terme de minéralogie. Se dit d'une variété produite par des décroissements en nombre égal sur deux angles ou sur deux bords. || 3* S. m. L'équivalent. Je lui en ai rendu l'équipollent. Il Vieilli. Il <• Loe. adv. X l'équipollent, à proportion. Chacun dans cette afTaire perd à l'équipollent de ce qu'il y avait mis. De grasses brebis non galeuses Il avait des troupes nombreuses. Des taureaux à l'équipollent, scarbon, Ftrg. vu. || Vieilli.
— HIST. XIII' s. Por ce qu'il sunV en loi clamé [appelés] Equipolens as diffamé, la Rose, 8228. Il XIV s. La moitié du zodiaque, ce sont six signes ou l'equipolent [l'équivalent] ne plus ne moins, ORESME, Thèse de meunier. || xvi' s. Si je n'ai point le cœur assez gros, je l'ay, à l'équipollent, juvert, et qui m'ordonne de publier sa foiblesse, moht. nr, 28. Commutation equipoUente à ce qui avoit esté ordonné par le testament, p. pithou, 2B.
— ÉTYM. Lat. érquipollens, de squut, égal, et pnllere, être fort; provenç. equipoUen; espagn. equipolente ; ital. equipnllente.
ÉQUIPOLLER (é-ki-po-lé). Il !• F. a. Egaler, valoir autant. Le gain équipoUe la perte. Dict. de l'Àcad. Il 2* F. n. Equivaloir. Cette clause équipolle à Vautre. || Terme vieilli.
— HlST.ivi's. Unesatietésilourdequ'elleequipolle à pénitence, mont. 1,70. Ce qui me fait admirer nostre France, voyant les moindres pièces de .ses ruines equipoler à des petits royaumes, lanoijb, 401.
— ÉTYM. Équipollent.
t ÉQCIPONDÉRANCE (é-kui-pon-dé-ran-s'; ui prononcé comme dans huile), s.f. Terme didactique. Egalité de poids.
t ÉQUIPONDÉRANT, ANTE (é kui-pon-dé-ran, ran-t'; ui prononcé comme dr-s huile), odj. Qui est de même poids. || Fig. Article essentiel, article équipondérant à tous ceux qui vous sont contraires, J. J. ROUSS. Lettres de la montagne, viii.
— ETYM. Équi.... et le lat. ponderare, peser.
t ÊQUISÉTACÊES (é-kui-sé-ta-sée ; ui prononcé comme dans huile), ». f. plur. Famille de plantes acotylédones, qui ne renferme que le genre equintum (prêle).
— ÉTYM. Lat. equus. cheval, et seta, soie : soie de cheval, à cause de la forme des rameaux.
+ ÉQUISÉTIQUE(é-kui-sé-tik'; ui prononcé comme dans huile), ad;. Terme de chimie. Acide équisétique, acide trouvé dans la prêle commune (equisetum palustre, L.).
f ÊQUISONNANCK (é-kui-so-nan-s'; ui prononcé comme dans huile), s.f. Terme de musique ancienne. Consonnance d'unisson d'octave ou de double octave
— ETYM. LaL xquisonanlia, de xquus, égal, et sonare , sonner.
t ÉQUISYLLABISME (é-kui-sil-la-hi-sm'; ui prononcé comme dans huile), ». m Terme de grammaire. Prononciation de toute syllabe dans un temps égal. Le caractère particulier à la langue française est l'équisyllabisme, toutes les fois que la voyelle n'est pas surmontée d'un accent circonflexe ou rendue douteuse par une syllabe féminine qui la suit, leooarant.
— ÊTYM. Équi.... et syllabe.
ÉQUITABLE (é-ki-U-bl'), adj. || f Qui a de l'équité, en parlant des personnes. Il n'est pas permis au plus équitable homme du monde d'être juge en .sa cause, pasc. Pensées, t. i, p. 26», éd. Lahure. Un jour, il m'en souvient, le sénat équitable Vous pressait de souscrire à la mort d'un coupable, rac. Bri(. IV, ». Si les hommes .sont hommes plutôt qu'ours et panthères, s'ils sont équitables, s'ils s«
ÈOU
font justice à cux-niCmu.';.... que deviennent les lois...? L\ BRUY. XII. Je me flatte en mourant qu'un Dieu plus équitable Réserve un avenir pour les cœurs innocents, volt. Fanât, v, 4. Ô justice suprême.... Tu lis seule en mon creur, toi seule es équitable, ID. Tancr. m, «. Chez un peuple équitable et redouté des rois, id. Scythes, ii, 4. || Équitable à. Â tous deux équitable, hélasl j'ai fait des vœux Kt même des efforts pour vous sauver tous deux, du HYER, Scévole, m, 4. || 2° Conforme à l'équité, en parlant des choses. Un jugement équitable. El nous verrons du ciel l'équitable courroux.... corn. Cid,
— ETYM. Voy. ÉQUITÉ.
rîOUITABLEMKNT (é-ki-ta-We-man), adw. B'une maniCre é(iuitable. Il a jugé équitablement.
— ÉTYM. Équitable, et le suffixe ment.
t ÉQCITANT, ANTE (é-kui-tan, tan-t'; ui prononcé comme dans huile), adj. Terme de botanique. Se dit des feuilles pliées longitudinalement, à cheval l'une sur l'autre, chez les iris.
— ÉTYM. Lat. equitare, aller achevai, de equut, cheval.
ÉQUITATION (é-kui-la-sion; en vers, de cinq syllabes; ui prononcé comme dans huile), ». f. Il 1° L'art de monter à cheval. Ecole d'équitation. Apprendre l'éqnitation. Simon d'Athènes, auteur du premier traité d'équitation, 4* siècle avant Jésus- Christ, DARTHÉL. Anach. t. VU, tabl. 5. || 2° Action de monter à cheval. L'équitation est recommandée par les médecins en certains cas.
— HIST. XVI* s. Par ceste equitation et mouvement, la pierre souvent descend en la vessie, pake, XV, 39.
— ÉTYM. Lat. equitationem , de equitare, de equus, cheval.
ÉQWTÉ (é-ki-té), s. f. \]l° Disposition à faire à chacun part égale, à reconnaitre impartialement le droit de chacun. La timide équité détruit l'art de régner, corn. Pomp. i, i. Dans le inonde il n'est rien de beau que l'équité; Sans elle la valeur, laforce, la bonté, Et toutes les vertus dont s'éblouit la terre, Ne sont que faux brillants et que morceaux de verre, boil. Sat. xi. Sur l'équité des dieux osons nous confier, bac. Phèdre, v, <. De votre coeur, Abner, je connais l'équité, Td. Athal. v, 2. 11 est vrai qu'il ne fallait que de l'équité de part et d'autre; mais la pratique de l'équité est si opposée à la Jature humaine qu'elle fait les plus grands héros en morale, fonten. Renau. L'intérêt est ton dieu, le mien est l'équité, volt. Fana,!, u, 6. 112° La justice naturelle, par opposition à la justice légale. Les arbitres jugent plutôt selon l'équité que selon les textes. La force tenait lieu de droit et d'équité, toiL. Art p. IV. Il En éipiité, loc. adv. Conformément à l'équité, indépendamment de toute loi, de toute convention.
— HIST. xiii' s. Vraie fois de nécessité. Non tant seulement d'équité, Nous fait de Dieu sept choses croire, J. de meung, Tr. 58. || xv s. D'entour lui [il] doit touz menteurs rebouter. Justice avoir, équité et raison, E. desch. Des vertus nécess. au vrince.
— ÉTYil. Provenç. equital; espagn. equidad; ital. equità; du latin a:quitatem, de aequus, proprement égal, d'où équitable. Palsgrave, p. 6) , remarque qu'on prononçait é-ki-té, ce qui est notre prononciation.
t ÉQUIVALEMMENT (é-ki -va-la- man), adv.
D'une manière équivalente. C'était équivalemment recevoir le décret du concile de Constance, boss. Projet.
— ÉTYM. Équivalent, et le suffixe ment.
t ÉQUIVALENCE (é-ki-va-lan-s'), t. f. Terme didactique. Qualité do ce qui est équivalent. L'Église latine n'a pas admis l'équivalence [des deux termes hypostase et substance], cournot, Traité de Venchalnem. de nos connaiss. t. u, p. 446. Il Dans le droit universitaire, obtention d'un grade de l'université de France, sans examen ni thèse, par un gradué d'une université étrangère; on lui accorde l'équivalent du grade qu'il a dans son pays. Il Terme de physique. L'équivalence des forces, théorie dans laquelle on démontre que les forces de la nature, ne se perdant jamais, ne font que se convertir en une somme équivalente d'autres forces; ainsi la lumière se convertit en chaleur, la chaleur en électricité, l'électricité en chaleur, et ainsi de suite.
— HIST. XIV' s. Nul ne leur peut onques rétribuer eeste équivalence, oresme, Eth. 267.
— ÉTYM. Équivalent.
ÉQUIVALENT, ENTE (é-ki-va-lan, lan-t'J, adj.
EQU
ÉRA
Il 1' Qui équivaut, qui est de même valeur. Rendre un service équivalent à celui que l'on a reçu. Il 2" Terme de géométrie. Il se dit des surfaces ou des volumes qui ont les mêmes contenances sans avoir les mêmes formes. Triangle équivalent à un quadrilatère. Le problème de la quadrature du cercle consiste à trouver un carré équivalent à un cercle. |{ 3° 5. m. Ce qui équivaut. On lui ofl'rit l'équivalent. Cette proposition est l'équivalent de celte autre. Ce mot latin n'a pas d'équivalent en français. Elle lui confia son goiit pour le jeune mage, et l'assura que dans toutes les maisons de Persépolis il trouverait l'équivalent de ce qu'il avait vu dans la sienne, volt. Baboue. Quel peut être l'équivalent de la perte du nom de juste? raynal, Ilist. phil. IV, 33. Il Terme de chimie. Nom donné à des quantités matérielles qui peuvent, dans les combinaisons, se remplacer de manière que l'une d'elles représente telle ou telle autre, et conduise à en apprécier le poids. On rapporte les équivalents à une unité de convention, qui est de <00 d'oxygène pour les chimistes français, et 1 d'hydrogène pour les chimistes anglais. || Équivalent d'un engrais , la quantité de cet engrais qui, pour une égale superficie de terrain, un hectare par exemple, équivaudrait, quant aux proportions de l'azote et des phosphates, à la quantité moyenne du fumier de ferme employé annuellement.
— ÉTYM. Équivaloir; provenç. équivalent; espagn. et ital. équivalente.
fÊQUIVALEUR (é-ki-va-leur), *. f. Synonyme d'équivalence.
— ÉTYM. Équi.... et valeur.
ÉQUIVALOIR (é-ki-va-loir) , j'équivaus, tu équivaus, il équivaut, nous équivalons, vous équivalez, ils équivalent; j'équivalais; j'équivalus; j'équivaudrai; j'équivaudrais; équivaux, qu'il équivaille, équivalons, équivalez; que j'équivaille, que nous équivalions; que j'équivalusse; équivalant; équivalu, e. n. Il 1° Être de même prix, de même valeur. Une once d'or équivaut à quinze onces d'argent. Il i° Par extension, être à peu près la même chose que. Cette réponse aurait équivalu à un refus. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Dans le langage vulgaire, on fait quelquefois équivaloir actif: celte chose équivaut telle autre; c'est uno grosse faute. L'Académie dit qu'il se conjugue comme valoir; par conséquent il ne suit pas les irrégularités ds prévaloir.
— ÉTYM. Équi.... et valoir.
fÉQUIVALVE (é-kui-val-v'; ui prononcé comme
dans huile , adj. Terme d'histoire naturelle. Dont les valves sont égales.
— ÉTYM. Équi.... Bivalve.
t ÉQUIVOCATION (é-ki-vo-ka-sion) , s.f. Action d'équivoquer.
— HIST. xiv s. Par equivocation [homonyme] l'en appelle clef un membre qui est au col d'une beste, et appelle l'en clef ce à quoy l'en ferme les huis, ORESME, Thèse de meunier.
— ÉTYM. Équivoquer ; provenç. equivocatio; espagn. equivocacion ; Ha.\ . equirocagione.
ÉQUIVOQUE (é-kl-vo-k'), adj. || 1° Qui peut s'interpréter en difl'érents sens, s'appliquer à différentes choses. Un terme équivoque. Cela est équivoque. Vous n'avez pas pris garde à Ce sens équivoque Qui fait qu'en vous flattant il semble qu'il se moque, MAIR. Soliman, v, 3. User de mots équivoques sans les expliquer, pAsc. Prov. i. Ce terme est équivoque. Il le faut éclaircir, boil. Art p. i. [Qui] D'un songe équivoque envoyé par les dieux Lira d'un œil plus sûr l'avis mystérieux, c. delav. Paria, ii, 2. Il 2' Se dit de tout sur quoi on peut porter des jugements divers. Des traces équivoques. Une expérienc» équivoque. Si la machine du corps disséquée et démontrée présente encore tant d'énigmes très-difficiles et très-obscures, à plus forte raison la machine vivante, où tout est sans comparaison moins exposé à la vue, plus enveloppé, plus équivoque, fonten. Du Verney. Savez-vous bien qu'ici votre face équivoqtie, Et rare en son espèce, étrangement nous choque? regnard, Démocrite, iv, 5. U se contenta de sourire, en faisant une mine trèséquivoque, GENLis, Ad. et Théod. t. i, lett. 8, p. 37, dans P0UGENS. || Terme de médecine. Signe équivoque, signe qui peut convenir à plusieurs maladies. Il 3° En mauvaise part, suspect, en parlant des personnes. Et malgré la vertu dont il faisait parade, Très-équivoque ami du jeune Alclbiade, boil. Sat. XII. Il Un homme équivoque, homme à qui l'on ne peut se fier. || Il se dit aussi des choses qui excitent quelque soupçon peu honorable. Sa naissance est un peu équivoque, sÉv. 421, Ils s'engagent dans
des processions équivoques dont ils se cachent longtemps à eux-mêmes les périls et les conséquences, LA BRUT. VI. Que j'ai toujours aimé, quoique sa conduite à mon égard ait été souvent équivoque, j. }. Rouss. Confess. viii. || 4° Hime équivoque, petite pièce de poésie badine autrefois en usage, dans laquelle le son d'un mot placé à la fin d'un Ters reparaissait dans le vers consonnant, mais en formant un autre sens. Par exemple : Je viens de faire un vers alexandrin; Qu'en penses-tu, mon cher Alexandre, hein? Il 6' S. f. Sens équivoque, interprétation à double entente. Toute cette entrevue se passa dans cette équivoque [l'un des interlocuteurs comprenant une chose, et l'autre une autre], pasc. Lett. à Jaqueline. 26 janv. (648. Si on vous laissa la licencd de corrompre les expressions les plus canoniquer par les malicieuses subtilités de vos nouvelles éf.uivoques, id. Prov. (6. Je m'aperçus qu'il y avait dans ces vers une équivoque de langue, BoiL. .Sat. XII, Préface. Ceux de Bâie se montraient fort éloignés et des sentiments de Luther et des équivoques de Bucer, boss. Var. iv, § (6, Les équivoques qu'on pourrait faire sur la divinité du fils da Dieu, ID. Euch. 2. Je dois, pour lever toute équivoque, distinguer deux sortes de mouvements, fén. Exist. 279. Les soupçons et les jalousies se réveillaient ; les équivoques des traités , les questions qu'ils laissaient indécises, ne fournissaient que trop de ces prétextes toujours prêts à servir tous les besoins ou toutes les passions, fonten. Jl^p. card, Dubois, t. III, p. 3)9, dans pougens. || 6° Mauvai» jeu de mots, calembour. La belle chose de faire entrer, aux conversations du Louvre, de vieilles équivoques ramassées parmi les boues des halles et de la place Maubert! mol. Critique, se. ». Ces sources d'un amas d'équivoques infftmes Dont on vient faire insulte à la pudeur des femmes, id. Fem. sav. III, 6. Il 7" Terme de beaux-arts. Défaut de précision dans la pose, l'expression, la couleur, la perspective. Équivoque de mouvements. Équivoque da plan.
— REM. Dans le xvii* siècle, équivoque était indifféremment masculin ou féminin. Je vous demande pardon de ce mauvais équivoque , balz. liv. III, lett. 9. Du langage français bizarre hermaphrodite. De quel genre te fiire, équivoque maudiie, Ou maudit? boil. Sat. xit.
— HIST. xiv s. L'un [mètre] est de rime serpentine. L'autre équivoque ou léonine, machaut, p. 9. Cest nom ici n'est pas dit comme non équivoque à cas d'aventure, obesme, Eth. yii, (2. ||xvi's. Les gens de guerre firent courir parmi eux un équivoque un peu gaillard sur le nom de la place et sur ce qui perdoit l'armée, d'aub. Hist. m, 4)3. Demosthenes disoit que l'effronté n'a pas de prunelles, mais des putains aux yeulx, se jouant en l'équivoque de ce nom Cora, qui signifie une pucelle et la prunelle de l'œil, amyot, Mauvaisehonte , ).
— ÉTYM. Provenç. equiroe; espagn. et ital. equivoco; du latin «quivocus, de scquus, égal, semblable, et vox, voix, parole.
t ÉQUIVOQUE, ÉE (é-ki-vo ke, kée), part, passé. Vers équivoques ou rime équivoquée, voy. équivoque.
ÉQUIVOQUER (é-ki-vo-ké), t). n. || 1* Anciennement, faire des jeux de mots, des homonymies. Il a° User d'équivoque. U ne fait qu'équivoquer. Il II se conjugue avïc l'auxiliaire avoir. || 3° S'équlvoquer, v. réfl. Dire involontairement un mot pour un autre. Mais parce que vos gens de Limousin se pourraient ici équivoquer, vous les avertirez, Balzac, liv. VII, lett. 34. Oui, mais enfin parlons sans nous équivoquer, th. corn. Berger extrav. iv, 3.
— HIST. XVI' s. Afin de n'equivocquer point, nous entendons par honteux celuy qui rougist de honte, amyot. Mauvaise honte, ).
— ÉTYM. Équivoque.
ÉRABLE (é-ra-bl'), s. m. Genre d'arbres de la famille des acérinées, qui croît dans les pays tempérés. Il Érable champêtre , acer campestre , t. Il Érable à sucre (acer saccharinum) , qui donne, par la perforation du tronc, au printemps, une sève abondante dont on extrait du sucre. || Érable sycomore, nom vulgaire de l'érable faux-platane des botanistes.
— HIST. XIII' S. Fin cuer de chaisne, sanz aube, de perier, d'aller et d'érable, Liv. des met. t03. Arable, j. degarlande, p. 690.
— ÉTYM. Namur. aïaui); wallon, aiottfte ; génev. i.serable; bourg, ôieraule; Franche-comté, t'serau^e, euzcra»/e ; Berry, arabe; haute Provence, arabre ; d'après Grandgagnage, du latin acer, érable, et arbor, arbre; acer, qui donnait er ou air, ayant
ÊRA
paru trop.court k l'oreille et ayant été renforcé par arbor; étymologie que Diez approuve. Houzé y voit l'armoricain rahl, l'r.ible; mais les formes des patois favonsi^nt la dérivation latine.
t ÉHABLET (é-ra-blè), ». m. Variété d'orma cultivée en Klanilre.
— Ktvm. Diminutif dVrabîe.
fÉBADlCATIl', IVK (é-ra-di-ka-tif, ti-v'), adj.
Terme d idactique. Oui détruit une chose par la racine.
— BTYM. Voy. Rbadication.
ÉRADICATION (é-ra-di-lia-sion), s. f. Action de
déraciner, d'extirper. |{ Kig. Ce qui était leur crime en Franco [des religieuses de Port Royal], digne d'éradication et des dernières peines personnelle», parut fort innocent à Home, st-sim. 260, n3.
— ÊTYM. Ut. eradicationem, de erodtcare, arracher, lie e, hors, et radix, racine.
ÉBAFLÉ, ÉE (é-ra-né, Oée), part, passé. Il eut la joue éraliée jiar une halle.
t ÊKAFLEMKNT (é-ra-fle-man ), ». m. Terme d'art militaire. Ëlat d'une pièce de canon dont l'âme est ^Taflro.
ËUAFI.ER (6-rané), V. a. || 1* Ëcorcher légèrement, effleurer la peau. Le coup d'épée lui a éradé la peau. {| 2° Knlover une portion de la surface intérieure de r>1me d'un canon, en parlant d'un boulet qui s'y brise.
— lllST. xvi« s. Esraller, cotgrave.
— RTYM. É pour es.... préfixe, et rafler; bourguig. ériflrr.
ÉRAFLUBE (é-ra-Ou-r'), s. f. \\ !• Légère écorchure. 11 a reçu une éraflure à la main. || 2" Terme d'arts. Hachure faite dans les bois ouvrés par une main inhabile.
— ETYM. Érafler.
ËRAILLË, ÉE (é-râ-llé, liée, U mouillées, et non é-râ-yé, yée), part, passé. || 1* Une étoffe éraiUée, étoffe dont les fils s'écartent. I| 2" Oui présente un aspect semblable à celui d'une étoffe éraillée. Un mur éraillé par le soleil. Visage éraillé. Teint éraillé. Peau éraiUée. || Avoir l'œil éraillé, avoir des filets rouges dans l'œil, ou les paupières renversées. Rien ne ie rebuta, ni sa vue éraiUée.... boil. Sat. x. Mme Panache était une petite et fort vieille créature avec des lippes et des yeux éraillés, st-sim. 44, 8. Il Terme de marine. Cordages éraillés, cordages détériorés.
ËRAILLEHENT (é-rà-Ue-man, Il mouillées, etnon é-râ-ye-man) , s. m. \\ 1° Action d'érailler. || 2° Renversement de la paupière inférieure, qui l'empêche de se réunira la paupière supérieure pour couvrir l'œil.
— HlST. XVI' s. Il survient inflammation, et quelques fois lippitude ou chassie, et enfin eraillement des yeux, paré, xv, ta.
— ETYM. ÉraiUer.
ËRAILLER (é-râ-Ué, Ji mouillées, et non é-râ-yé), V. a. Il 1° Relâcher, séparer, en parlant du tissu des étoffes. EraiUer -du satin. || 2° S'éraiiler, ». ré;!. Devenir éraillé. La soie est sujette à s'éiailler. Des jeux qui s'étaient éraillés.
— HlST. xvi* s. Ectropion : œil éraillé, quand la paupière inférieure par cicatrice, ou autre occasion, se renverse et ne peut couvrir son blanc, paré, xv, 5.
— ÉTYM. ÉraiUer se dit dans le wallon ardï, que l'on tire de rdï, arracher; rai est la forme wallone correspondant à l'ancien français rachier, qui est demeuré dans arracher et qui vient du latin rodicare; mais cette étymologie ne peut convenir à la forme française , paro,e qu'elle ne rend pas compte de ill et de la disparition de ch. Scheler la tire d'un type latin eradulare, dérivé de eradere; mais il faut plutAt y voir un composé de es, et du latin rallum, racloir.
ËRAILLURE (é-râ-llu-r', H mouillées, et non 6-ri-yu-r'), s. f. Marque qui reste à une étoGfe quand elle est éraillée.
— ÉTYM. ÉraiUer.
t ËRASMIEN, lENNE (é-ra-«miin, tmiè-n'), adj. Terme de philologie. Prononci.ition érasmienne, prononciation du grec dans laquelle on prononce i'éta comme un e ouvert, le tliéta comme un (, le delta comme un d, l'upsilon comme un u, le clii comme un fc, et, dans chaque diphthongue, les deux voyelles qui la composent, prononciation que l'on suit dans nos lycées, par opposition & la prononciation reuchlinienne, qui est l'application au greo ancien de la prononciation du grec moderne.
— ETYM. Érasme, érudit du xvr siècle.
t ÉRASTIANISME (é-ra-sti-a-ni-sm'), s. m. Doctrine des érastiens.
I-ËRASTIEN (é-ra-stii.n), ». m. Sectaire anglais qui niait que l'Eglise anglicane eût le i>ouvair d'excommunier.