ÈRE
— ËTYH. Thomas Éraste, chef de eetta secte dans le xvu' siècle.
ÉHATÉ, ÊE (é-ra-té, tée) , part, passé. Un chien ératé. Il Kig. et familièrement. Kire, courir comme un ératé, rire beaucoup, courirtrès bien, sans |ioint de câté, comme si on n'avait pas de rate (voy. dKraté).
ÉRATER (é-ra lé) , v. a. Ôler la rate. || Kig. et familièrement, g'érater, v. rifl. S'essouffler à force de courir.
— ETYM. É pour es.... préfixe, etra<c.
t ÉRATO (é-ra-to) , ». f. Terme du polythéisme grec. La muse qui préside à la poésie tendre et amoureuse.
— ETYM. 'EpaTw, de Ifiut, être amoureux.
t ÉBAYER (é-rî'-ié), v. a. Se conjugue comme payer. Terme rural. Labourer en faisant verser la tranche en dehors, de manière à former une rigole au centre de la planche ou blllon.
— ETYM. É pour e».... préfixe, et raie.
t ERBUE (ôr-bue), ». f. Fondant argileux qu'on ajoute au minerai de fer dans les hauts fourneaux. On trouve aussi arbue.
ÈRE (é-r"), ». {. Il 1" Terme de chronologie. Epoque fixe d'oii l'on commence à compter les années. Il est bon de remarquer que le mot d'ère signifie dénombrement d'années commencé à un certain point que queliue grand événement fait remarquer, Boss. Uist. i,7. || Ère des Olympiades, ère grecque commençant au solstice d'été de l'an 77« avant J. C. || Ère de la fondation de Rome, commençant au 21 avril 763 avant J. C. || Ere de Nabonav sar, ou des Babyloniens, ère fort employée par les astronomes grecs, qui commençait le 26 février 747 avant J. C. || Ere d'Alexandre le Grand, ou ère de Philippe, ou ère des Lagides, ou ère d'Êdesse, commençant le <2 ncvembre 324 avant i. C. , avec le rèsne de Philippe Aridée, frère et prétendu successeur d'Alexandre. || Ere des Séleucides, ou syro-macéd<inienne, ou d'Apamée, commençant à la prise de Babylone par Séiuucus Nicanor, dans l'été de l'an 3t2 avant J. C. Son entrée [de Séleucus] à Babylone après une victoire devint une ère commune à presque toutes les nations de l'Asie; c'est ce qu'on nomme l'ère des Séleucides, condil- LAC, llist. ane. ii, H. || Ere julienne, ère établie par Jules-César, commençant le i" janvier 45 avant J. C, et dont l'année est l'année julienne. || Ere d'Espagne, ou ère des Espagnols (qui fut abolie vers t36i) commençait environ 38 ans avant 1. C, époque de la conquête de l'E.spagne par An^'uste. Il Ère chrétienne, ère vulgaire, ère de l'incarnation, point de départ proposé au vi* siècle par Denys le Petit, et adopté en France sous Pépin et Charlemagne, d'après lequel les modernes supputent soit avant, soit après. || Ere dioclétienne, ère qui date de 284 avec le règne de Dioclétien, mais qui. dite ère des martyrs, ne commence qu'en 302, époque de la dixième persécution contre les chrétiens, la t8* année du règne de Dioclétien. || Ere des Arméniens, ère instituée par l'Église arménienne, lors de sa condamnation par le concile de Chalcédoiiie, et commençant le 9 juillet 632 après J. C. Il Ere de l'hégire, ère des musulmans, commençant à la fuite de Mahomet à Médine, le 45 ou 16 juillet 622 après J. C. || Ere républicaine, ère établie en France à partir du 22 septembre <79î le jour de fondation de la république, et supprimée à partir du i" janvier <806. || 2° La suite même des années que l'on compte depuis un point fixe. Les événements qui se sont accomplis durant l'ère républicaine. || 3" Par extension, époque remarquable; ouvertuie d'un nouvel ordre de choses. L'ère des croisades. Une nouvelle ère commence. Des droits de l'homme ici l'ère féconde S'ouvre et du globe accomplira le tour, bkrano. i* juillet.
— ÉTYM. Lat, sera, nombre, chiffre, d'où époque; parait être primitivement le pluriel ara, de irs. seris, cuivre, proprement morceaux de cuivre, pièces, d'où nombre.
ËBÈBE (é-rè-b"), ». m. Terme de mythologie. La partie la pus obscure de l'enfer; l'enfer même. les monstres de l'érèbe. Le chaos engendra l'érèbe et la nuit, mnBBOT, Opin. des anc. phiios. {Grecs).
— ÉTYM. 'Epefio;, obscurité, ténèbres.
ÊRECTEUR (é-rè-kteur), adj. m. Terme d'anato-
mie. Musclesérecleiirs, ou, substantivement, les érecteurs.musclesqui servent à redresser ce rtainsorganes.
— ÉTYM. Voy. ÉBECTION.
t ÉRFXTU.E (é-rè-kti 1'), od;. Terme d'anatomie. Susceptible d'érection. Tissu érectile, tissu qui devient roide, dur, gonflé par l'afflux du sang dans ses vaisseaux.
— KTYM. Voy. iKKCTIOM.
ERG
t ËRECTILITÉ (é-rè-kti-li-té), ». f. Terme d'atiitomie. Qualité du tissu érectile.
— ETYM. Érectile.
ÉRECTION (é-rè-ksion; en vers, de quatre syllabe.s), ». f. Il 1" Action d'ériger un monument. L'érection d'une statue, d'un temple. || 2" Kig. Institution, établissement. L'érection d'un tribunal. L'érection d'une terre en duché. Depuis l'érection des grands fiefs, les rois n'eurent plus, comme j'ai dit, des envoyés dans les provinces pour faire observer des lois émanées d'eux; ainsi, sous la troisième race, on n'entendit plus parler de capitulaires, montesq. Esp. xxviii, ». || 3" Terme de physiologie. Action par laquelle certaines parties molles se redres.scnt.
— HlST. XVI* s. Ces muscles ferment en deue situation et érection ledit membre, pari!, i, 33,
— Etym. Lat. erectionem, de erectum, supin de erigere (voy, éhigkh).
ËREINTË, ÉE (é-rin-té, tée), part, passé. Assoinméde coups. || Parextension. très-fatigué. Je suis éreinlé. Le lévrier tout éreinté qu'il était, sêv. 338.
t ÉREINTEMENT (é-rin-te man), t. m. Néologisme, Action d'éreinter un auteur, un acteur, etc.
ËREINTER (é-rin-té), v. a. \\ !• Rompre ou fouler les reins, et, par extension, battre, rosser. On. l'a éreinté. || I" Familièrement, excéder de fatigue. U éreinte tous ses employés. || 3* Fig. Faire perdre le crédit, la réputation, etc. Montjeu avait la protection de U. Fouquet.... la chute de M. Fouquet l'éreinla, st-sih. <4, <34. Le cbanoelier demeura mal avec Mme de Maintenon , qui peu & peu avec les jésuites l'éreintèrent auprès du roi, ID. Iti, 146. Il Éreinter quelqu'un , le maltraiter excessivement dans une feuille publique, dans un compte rendu. Il 4° Terme de sculpture. Défaire, gâter, détruite une étude en terre faite d'après le modèle. ||<* S'éreinter, v. réfl. Se donner un tour de rein. U fit un si grand effort qu'il s'éreinla. || Se fatiguer excessivement. Chaque jour je m'éreinte à ce travail. \\ Fig. Se maltraiter l'un l'autre par la critique. Ces journalistes se sont éreintés réciproquement.
— HlST. xvi* s. U disoit que c'estoit une éloquence
cassée et esrenée, momt. ii, <08 S'ils portent
le harnais Une heure sur le dos, ils ont l'eschine arnée, Kt en lieu d'un roussin prennent la haquenée, RONS. 857.
— ÉTYM.i^ pour e».... préfixe, et rein; bourguig. erenai, errenai; Berry, ereiner, érener, emer. La forme ancienne erener, qui est aussi celle des patois, est plus conforme i. l'étymologie; rien en efl'el dans ce mot ne justifie le ( moderne.
t ÉREINTEUR (é-rin-teur), ». m. Celui qui éreinte, maltraite excessivement dans un discours public ou dans un écrit. Jamais M. VeuiUot, dans ses plus beaux jours, n'a eu la verve bilieuse ni le fouet sanglant de ce foimidable éreinteur [le P. Gavazzi], MAHC MOîtNiER, llevue gernuxn. t. xxv, p. H4.
t ËRÉMACAIJSIE (é-ré-ma-kô-zie) , ». (. Terme de chimie. Oxydation par degrés, décomposition qui a pour cause l'action de l'air humide sur certaines parties contenues dans les matières organiques.
— ÉTYM. 'Hpé|jLa,ieuàpeu,elx(xvjui«,combustion. ËRÉMITIQUE (é-ré-mi-ti-k'), adj. D'ermite. La
vie érémitique, la vie isolée, par opposition à la vie cénobitique.
— ETYM. Voy. ERHITE.
t ÊBÉ.MONT (é-ré-mon) , ». m. Morceau de bois qui est enchâssé sur l'avant- train d'un carrosse, et qui vient embrasser le timon.
ÉRÉSIPÉLATEUX, EU.SE (é-ré-zi- pé-la-teû, teû-z'), adj. Voy. érïsipêi.ateux. Les médeoins appelaient .la maladie une ébuUition érésipélateuse; les courtisans disaient que c'était la rougeole, dah- GF,«u, I. 74, ae uov. t6«4.
ÉRÉSIPÈLK (é-ré-zi-pè-1') , ». m. Prononciation vulgaire et vicieuse du mot érysipèle, L'Académie l'adopte; mais ce mot n'est pas tellement entré dans l'usage commun, qu'on ne puisse en réformer la prononciation et l'orthographe. Voy. érysipèle.
ÉRÉTIIISME (é-ré-ti-sm'), ». m. || 1' Terme de physiologie. Êt.it d'irritation, d'excitation ; exaltation des phénomènes vitaux dans un organe. || 2* Kig. Violence d'une passion portée à son plus haut degré.
— ETYM. 'EftOia|i»«. de £pc6i;«iv, irriter, de lp\i, querelle, ipiîciv , quereller, le môme que éijeiv. fut. fiU'v, d'où le latin riia (voy. rixe).
t ERGASTDLE (èr-ga-stu-1') ou KRGASTLLPM (èr ga-stu-lom'), s. m. Terme d'antiquité romaine. Prison pour les esclaves condamnés à des travaux pénibles.
— ETYM. Lat. ergastulum, prison où l'on travaille, de ipToiÇoiMu, Irava.Uer, de 4piov, œuvre.
ERG
■I ERfiO (6r-go), conj. Conséquemment, donc. Ma lille est nonne, ergo c'est une sainte, la font. Uaiet. Vous Vous sentez en fonds, erfço plus de maîtresse, rf.gnard. Joueur, m, «. Damis est riche, ergo Damis est redoutable, soissv, Impatient, m, 4. Il S. m. [Il] Lui barbouillait l'esprit d'un ergo sophistique, RÉGNIEZ, Sat. X. Moi, j'ai cinquante ans! moi! Finette.... — Ma sœur, dans mon calcul je crois vous faire grâce; Et je raisonne ainsi : j'en ai cinquante et passe; Vous êtes mon aînée; ergo, dans un seul mot. Vous voyez si j'ai tort. —Votre ergo n'est qu'un sot, regnard, Uénechm. i, 5. Il Au plur. Des ergo.
-HlST. XVI' s. Hz nonrrissoient leurs grans troupeaux de songes, D'ergos, d'utrum, de quare, de mensonges, marot, i, 276. Ce sont les thèses des deux partis, pour lesquelles on est venu des ergots aux fagots, et puis des arguments aux armements, d'aub. Ilist. 1, 60. Un maistre aux arts est si plein d'ergots qu'on ne saurait durer auprès de lui, des- PEH. Contes, IV.
— iÊTVM. Lat. ergo, donc, qui est le grec lpyu>, parle fait, véritablement, delp^ov, œuvre (comp. organe).
ERGO-GLU (&r-go-glu) ou ERGO-GI.UC (Èr-gogluk). Expression familière par laquelle on se moque de grands raisonnements qui ne concluent rien. Cette femme de chambre l'avait dit à cette blanchisseuse, cette blanchisseuse à lanièce, cette niùce à son confesseur, ce confesseur à ce bon religieux, et ce bon religieux, qui n'aurait pas voulu mentir, au sieur Sigoigne; ergo-gluc, scahron, Factum, Œmres, 1. 1, p. 12I , dans pougens.
— HIST. xvi' s. Il s'en suit qu'elles sont plus pesantes, ergogluc, c'est-à-dire moins promptes à b.ibiUer, CHOLiÈRES, Contes, t. ii, Àpresdinée B. Ego sic -argumentor : Omnis clocha clochabilis, in clocherio clochando, clochans clochativo, clochare f.icit clochabiliter clochantes : Parisius habet clochas. Ergogluc, RABELAIS, Garg. i, 4 9.
— ÉTVM. D'après Scheler , ergo glu sont les premiers mots de la conclusion : ergo glu capiuntur ares, donc les oiseaux sont pris par la glu.
ERGOT (èr-go; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au iiluriel, \'s se lie : des èr-go-z aigus; ergots rime avec repos, travaux, etc.), s. m. || 1° Ongle pointu, éperon qui est à la partie postérieure du pied de certains oiseaux. Les ergots d'un coq. Un coq qui monte sur ses ergots. Le V. le Vassor attrapa les poules [des moines], leur coupa le bec et les ergots avec un couperet et les jeta aux moines par-dessus la haie, st-sim. 79, 27. Cet ergot [l'ergot naissant coupé à un jeune coq], qui n'est pas plus gros qu'un grain de chènevis, quand on l'insère dans la duplicature de la crête coupée, y prend racine et croit en six mois de demi-pouce; au bout rie quatre ans, il devient une corne de trois à quatre pouces de longueur, bonnet, Consid. corps organ. Œuvres, t. vi, p. 77, dans pougens. || Kig. et familitrement. So lever, monter sur ses ergots, le prendre sur un ton fier et menaçant. La femme incontinent montant sur ses ergots: Je t'ai tout apporté, disoit-elle en colère L'avare dupé ou
L'homme de paille, I, 3, 1CC2, dans fr. Michel, Argot. Il Être sur ses ergots, être d'une humeur fière et impérieuse. Junon donc revenait d'Argos, Dame toujours sur ses ergots, scabron, Virg. vu. Et sur ses ergots comme un coq, id. ib. iv. || 2° Terme de vétérinaire. Tubercule corné, placé en arrière de la région du boulet, chez les mammifères monodactyles et rtidactyles. L'ergot n'est que la trace des doigts manquant à ces animaux. |i Terme de vénerie. Ongles de surcroît d'un chien. || Par plaisanterie. Et puis Jupin, chargé de laine. Commençait t manquer d'haleine. Et n'allait plus que d'un gigot. Ayant une épine à l'ergot, scarr. Typhon, iv. Il 3° Terme de jardinier. Portion de branche morte qui reste sur les arbres fruitiers et qu'on doit retiancher. || 4° Terme de botanique. Ergot de blé, ergot de seigle, corps droit ou courbe et allongé de 4 k 4 centimètres, rarement plus, occupant la place du grain de blé ou de seigle. L'ergot de seigle est formé par une espèce de champignon de l'ordre des tuberculariées , la sphacelidie ergot de M. Fée; il est très-vénéneux. Le seigle dégénéré ou altéré, et qu'on nomme blé cornu ou ergot, n'est bon qu'à jeter, il cause des maladies funestes, Dict. des arts et met. Amsterd. 4767, Boulanger. \\ 6° Terme d'anatomie. Ergot de Morand, petite éminence recour- Dèe qui est dans la cavité digitale des ventricules latéraux du cerveau.
— HlST. xii* s. [De morts] En fu si junchée la place, Qu'en sanc i sunt desqu'as argoz, benoIt,
ÉRI
II, »539. Il XVI' S. Les coqs bataillent du bec et de» argots, paré. Animaux, 46. Subtilz renards et grands mangeurs d'images. Pour hault monter, contrefont les bigots, Puis, quand ils sont huchez sur leurs argots. Au momie font de merveilleux dommages, guill. crétin, dans jaubert. Glossaire.
— ÊTYM. Berry, argot, arigot; génev. argot; champ, artot. Origine inconnue. Le mot est trèsancien sous la forme d'argot.
ERGOTAGE (èr-go-ta-j') , s. m. Voy. ergoterib.
ERGOTfi, ÉE (èr-go-té, tée), adj. Qui a des ergots. Chien bien ergoté. || Seigle ergoté, seigle attaqué par l'ergot. Un jésuite irlandais, d'ailleurs grand observateur et ayant de bons microscopes, fit des anguilles avec de la farine de blé ergoté, volt. vu. aux 40 écus, Nouv. douleurs.
— ETVM. Ergot. Ronsard a dit s'ergoter, en parlant d'un coq qui se dresse sur ses pattes, 742.
4. ERGOTER (èr-go-tè), V. n. Chicaner par des raisonnements captieux, trouver à redire. Il ne fait qu'ergoter. Que tous les philosophes viennent ergoter contre, ils perdront leur temi)S et leur peine, J. J. Rouss. 3* Prnmen. || Le participe passé peut s'employer absolument. liien raisonné. — Dites bien ergoté.
— HIST. XVI' s. Après avoir bien ergoté pro et contra, feut conclud en baralipton que.... rab. Garg.
— ÉTYM. D'après Ménage, approuvé par Diez, ergo, donc, à cause que ce mot revenait sans cesse dans les disputes scolastiques. Dans ce cas le vieux verbe hargoler (du cange, argulio); le bourguignon erigotay, provoquer; erigô, chicane; le normand hargoler, quereller, auraient une autre source et se rattacheraient sans doute à ergot. Cependant, à l'historique d'ERGOTELR, voyez horgoleur, qui semble plus près lie ergot que de ergo.
t 2. ERGOTER (èr-go-té), V. a. Terme de jardinage. Couper l'extrémité d'une branche morte.
— ÉTYM. Ergot.
+ ERGOTERIE (èr-go-te-rie) , s, f. Action d'ergoter; observation vétilleuse; raisonnements captieux. Elle avait là-dessus une simphcité de cœur, une franchise plus éloquente que des ergoteries, et qui souvent embarrassait jusqu'à son confesseur, J. J. Eouss. Confess. vi. || On dit aussi ergotage. Tout cela n'est que de l'ergotage.
— ÉTYM. Ergoter 4.
ERGOTEUR, ECSE (èr-go-teur, teû-z'), s. m. elf. Celui, celle qui ne fait qu'ergoter. C'est un ennuyeux ergoteur. Le Socrate d'Athènes était, entre nous, un homme très-imprudent, un ergoteur impitoyable qui s'était fait mille ennemis, volt. Lett. Villevieille, 20 déc. 4 708. Ce furent parmi les ergoteurs de leur temps deux hommes merveilleux, D1DER. Opinions des anc. phil. (scholustiques).
— HlST. XV' s. Le suppliant dist à Bertran Ogier: tu n'es que un tricheur, et un plaideur et un hargoteur, nu CANGE, argutio.\\xvi' s. Vous estes un subtil ergoteur, cnoLiÈRES, Contes, t. il, Apresdinée 2. Il Montaigne a dit ergotiste: Je trouve ces ergotir^tes encore plus tristement inutiles, i, 4 80.
— ÉTYM. Ergoter 4.
■\ ERGOTINE (èr-go-ti-n') , s. f. Terme de chimie. Nom donné à deux substances différentes trouvées dans l'ergotde seigle et toutes deux mal déterminées.
— ÉTYM. Ergot, et la finale inc, qui, en chimie, désigne les priiicipesde beaucoup de corps organisés.
t ERGOTISER (èr-go-ti-zé) , i'. n. .Synonyme peu usité d'ergoter. Ils ne sauraient se persuader que Dante se .soit amusé à ergotiser dans les collèges à l'âge de plus de trente-cinq ans, bayle, Dict. art. Dante, note k.
f 4. ERGOTISME (èr-go-ti-sm'), s. m. Manie d'ergoter, de se servir dos arguments en forme.
— HIST. XVI* s. Je crois que ces ergotismes en sont cause [du mépris de la philosophie], qui ont saisi ses advenues, mont, i, 475.
— ÉTYM. Ergoter 4.
t 2. ERGOTISME (èr-go-ti-sm'), s. m. Terme de médecine. Affection déterminée par l'usage alimentaire du seigle ergoté qui agit comme substance vénéneuse.
— ÉTYM. Ergot.
■j-ËRIANTIIK ( é-ri-an-t') , adj. Terme de botanique. Oui a dos fleurs velues, laineuses.
— ÉTYM. 'Epiov, toison, et àveoç, fleur.
f ËRIRLE (é-ri-bl'), s. /. Un des noms vulgaires de l'arroche.
t ÉRICACÉE (é-ri-ka-sée) ou ÉRICINÉES (é ri-sinée), s. f. plur. Famille de plantes dicotylédones monopétales.
— ÊTYM. I.at. «rie*, bruyère.
ÉRI
f fiRICITE (é-rl-si-f), t. f. Empreintes fossiles de feuilles de bruyère.
— ÉTYM. Lat. erice, bruyère, et la finale ile, qui en géologie indique un fossile.
t ÉRICOÏDE (é-ri-ko-i-d'), adj. Terme de botanique. Qui res.serable à une bruyère.
— ÉTYM. Lat. erice; grec, épecxn, bruyère. ÉRIDAN (é-ri-dan), ». m. Ancien nom du Pô,
fleuve d'Italie. || Terme d'astronomie. La troisième constellation des quinze méridionales, placée audessous de la Baleine.
t ÊRIDELLE (é-ri-dè-l') , t. f. Sorte d'ardoise étroite et longue, qui a deux cOtés taillés et les deux autres bruts.
ÉRIGÉ, ÉE (é-ri-jé , jée) , part, passé. || l" Dressé, élevé. Une .statue érigée en l'honneur de.... || Par extension. C'est aux manufactures érigées dans le» villes à produire une circulation générale parmi toutes nos cités, condil. Comm. gouv. ii, 2. \\ %' Fig. Etabli. Combien de fortunes érigées et bâties «ur ces prétendues récompenses! bourdaloue. Sur la récompense des saints, 4" avent. \\ 3' Transformé en une chose considérée comme plus élevée, plus importante. Des hypothèses érigées en axiomes.
ÉRIGER (é-ri-jé. Le g prend un e devant a ou o; érigeant, érigeons), v. a. || l'Élever, construire, dresser. Ériger un temple, un autel. Il érigea les veaux d'or, auxquels il donna le nom du dieu d'Israël, afin que le changement parût moins étrange, Boss. }list. I, 6. Sur leurscorps tout sanglints érigez vos trophées, volt. Tancr. v, 4, Uns société considérable de philosophes et de gens de lettres, du nombre desquels je suis, ont résolu, iire, d'ériger à M. de Voltaire une statue, d'alemb. Lettre au roi de Prusse, 8 juillet 4770. On doit ériger au Bosphore trois statues de seize coudées chacune, représentant le peuple d'Athènes couronné par ceux de Byzance et de Périnthe, barthêl. Anach. ch. 82. Il 2° Instituer, établir. Ériger un tribunal. Ériger une église en cathédrale. || Ériger une commission, une fonction en titre d'office, faire d'une commission, d'une fonction amovible une charge inamovible. Louis XIV, au mois d'avril 4674, érigea les terres et seigneuries de Saint-Cloud , de Maisons, de Créteil, d'Ozûi-Laferrière et d'Armentièies en duché-pairie en faveur de François de Harlay, archevêque de Paris, et de ses successeurs, saint- Foix, Essai Paris, Œutres, t. m, p. 234, dans pougens. Il 3° Fig. Donner le car-actère de, transformer en une chose considérée comme plus élevée, plus importante. Nous devons tous tant que nous sommes Ériger en divinité Le sage par qui fut ce bel art [l'apologue] inventé, la font. Fabl. vu, dédie. Je riais de le voir.... En lapins de garenne ériger nos clapiers, boil. Sat. m. Chacun veut en sagesse ériger sa folie, m. ib. iv. L'argent en honnête homme érige un scélérat, id. Ép. v. Et bientôt en oracle on érigea ma voix, bac. Athal. m, 3. ]| En mauvaise part. Je saurai.... L'ériger en tyran par mes propres conseils, cobn. Perihar. ii, 2. Et le généralat , comme le diadème , M'érige sous votre ordre en fantôme éclatant, id. Agésil. m, 4. Il 4° S'ériger, v.réjl. Être érigé, dressé, construit. Des palais s'érigeaient dans la ville. || Se poser comme. Dorante est-il le seul qui de jeune écolier. Pour être mieux reçu, s'érige en cavalier? corn. Ment, m, 3. Et de dépositaire et de libérateur II s'érige en tyran et lâche usurpateur, m. llodog. ii, 3. Et vous voulez cependant vous ériger en homme de bien, mol. Festin, v, 2. Muncer entreprit da s'ériger en pasteur, BOss. Variât. 4. Oïl le vice orgueilleux s'érige en souverain, boil. Sat. i. Capys qui s'érige en juge du beau style, la bruy. i.
— HIST. xvi* s. Erigez ceste ymage qui est couchée à terre ycy en uiig coing, palsgr. p. 436.
— ÊTYM. Provenç. et espag. erigir; ital. erigere; du latin erigere, de e, et regere, mettre droit (voy. régir).
[ ÉRIGERON (é-ri-jè-ron), t. m. Plante de l'Amérirjue du Nord, de la famille des synanthérées. L'érigeron canadien, dit vulgairement vergeroUe et vergerette.
— ÉTYM. 'HptYÉpMv, séneçon.
ÉRIGNE (é-n-gn') ou ÉRINE (é-ri-n'), s. f.Terma d'anatomie et de chirurgie. Petite pince armée de crochets dont on se sert soit en disséquant soit dans certaines opérations pour soulever et écarter les parties qu'on veut disséquer. || Érigne est beaucoup plus usité qu'érine.
HIST. ivi' s. Puis ce fait, inciseras la matrice,
la levant en hault avec arainées ou petitz crochelx propres à ce.... paré, t. ii, p. 632. Tentes, crochets, araignes, id. t. m. p. 63».
ERM
— BTYM. Forma altérée d'araignée O" araigne (iragne. iregne) , comme le prouve l'historique; ainsi dite parce que l'érigne a comme des pattes d'araignée.
f ÉKIGOXE (é-ri-go-n'), ». (.Terme d'astronomie. iJI constellation de la Vierge.
ÊTYM. Érigone, nom <le l'amante de Bacchus,
et un des noms que les anciens ont donnés & la Vierge.
■1 ERINACÉ, ÊE (é-ri-na-sé, sée), adj. Terme de zoologie. Oui ressemble à un hériiison.
— ETYM. Lat. erinaceus ou herinaceus, hérisson. ÉRINE, voy. ébigne.
t ÉRINfiE (é-ri-née), /. f. Terme de botanique. '.hampignon parasite nuisible à la vigne.
t ÏÎRINNYE (é-ri-nnie) ou EUINNYS (t-ri-nnis'), I. f. Terinu du polythéisme grec. Nom des furies.
— f.TYM. "Epivvùi;; sanscrit, saranyil. Le grec et la sanscrit signifient celle qui se hftte, se précipite. C'est originairnment, dans la mythologie grsc- <»'ie, un nom de Démêler , quand, changée en cavale, elle eut, du cheval Poséidon, Despoina et le cheval Arion, De même, dans l'Inde, Saranyû se cb:inge en cavale pour échapper à son époux.
t ÉRIC... signifie laineux, velu, et vient de îpiov, toison.
t ÉUIOCALICÉ, ÉE (é-ri-0-ka-li-sA, sée), adj. Terme de botanique. Oui a le calice velu.
— Rtym. Ério.... et calice.
\ P.RIOCARPE (é-ri-o-k.ir-p'), adj. Terme de botani(|i:e. Qui a les fruits velus.
— f.TYM. Ério.... et xafito;, fruit.
t ÉRIOCAULE (é -ri-o-kô-l'), adj. Terme de l)olanique. 0"i a la tige velue.
— ÊTYM. Ério.... et xau),èc, tige.
t ÊUIOCÉPHALE (é-ri-o-sé-fa-l'), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui a la tête velue.
— ÊTYM. Ério.... et xeçaXïl, tète.
t ÉRIOMÈTRE (é-ri-o-mê-tr") , s. m. Terme de physi(]ue. Iiislniment pour mesurer les épaisseurs des libres les plus déliées.
— ÊTYM. Ério... et mètre, mesure.
t ÉRIOPÉTALE (é-ri-o-pé-ta-l') , adj. Terme de botanique. Oui a les pétales velus.
— ÊTYM. Ério.... et pétale.
t ÉRIOPUORE (é-ri-o-fo-r'), adj. Terme de botanique. Oui est chargé de poils laineux.
— ÊTYM. Erio.... et çofoc, qui porte.
t ÉRIOPIIYLLE (é-ri-o-fi 1'), adj. Terme de botanique. Oui a les feuilles velues.
— ÉTYM. Ério.... et çOXXov, feuille.
f ÉKIOPODE (é-ri-o-po-d'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a les pattes ou les pédicules velus.
— ÉTYM. Ério.... etTioù;, pied.
f ÉRIOPTÈRE (é-ri-o-ptê-r') , adj. Terme de zoologie. Oui a les ailes velues.
— ÊTYM. Ério.... et nxepov, aile.
t ÊRIOSPERME (é-ri-o-spèr-m') , adj. Terme do botanique. Oui a les graines velues.
— ÊTYM. Ério.... et <ritép(ia, graine.
t ÉRIO.STÉMONE (é-ri-0-stémo-n'), adj. Terme de botanique. Oui a les étaraines velues.
— ÊTYM. Ério.... et <mî|j.wv, filament.
fÉRlOSTOME (é-ri-o-sto-ra') , adj. Terme d'histoire natuiellp. Qui a la bouche ou l'ouverture velue.
— ÊTYM. Ério.... et «iTÔiia, bouche.
t ÉRIOSTYLE (éri-o-sti-l'), adj. Terme da botaoique. Qui a le style velu.
— ÊTYM. Ério... et style.
t ÉRISTIQUE (é-ri-sli-k') , adj. Terme didactique. Oui appartient à la controverse. Écrit éristique. Il S. f. L'éristique, l'art de la controverse.
— ÊTYM. 'Epi(iTixô;,de Jpi;, querelle, controverse, t ERMAILLÉ (ùr-ma-Ué, Il mouillées), s. m.
Celui qui fait le fromage fde Gruyère], que l'on appelle ermaillé et qui est comme le chef du chalet, Dict. des arts et met. Amst. )7S7, iatlt'ère. || Association, à Gruyère, de propriétaires de troupeaux qui mettent leur laitage en commun pour la fabrication des fromages. || On dit aussi ermaïUi.
t ERMES (èr-m'), (. m. plur. Terrains vagues (Drôme).
— ÊTYM. Provenç. erme; cspagn. yermo; ital. ermo; du bas-lat. ermus, hermus, du lat. erimxis, dans Prudence, altération A'erimus, du grec £pr)- (lo;. désert.
ERMIN (èr-min), ». m. Droit qui se paye pour l'eiitiée et la sortie des marchandises dans les échelles du Levant.
— ÉTYM. Origin» inconnue.
ERMINETTE ou HERMINETTË (èr-mi nê-f), ». (. Espèce de hache à tranchant lunaire convexe pour planer et doler le bois.
ÉRO
— ÉTYM. Hermine, parce qu'on a comparé la partie recourbée de Verminette au museau de Vher-
mine.
ERMITAGE ou UERMITAGE (èr-mi-U-j') , ». m. ||1° Habitation d'un ermite. || 2* Il se Uit quelquefois, par abus, pour couvent d'ermites. Il y avait autrefois un ermitage au mont Valérien, près do Paris, Dict. de VAcad. || 8' Fig. Lieu écarté, solitaire. C'e.st un véritable ermitage. || Par extension, petite maison de campagne simple et modeste. Venez me voir dans mon ermitage. Vous ne connaissez pas les moulins , l'ermitage , colin D'iiAiti.KV. Châteaux en Espagne, iv, 8. || 4* Vin de l'Hermilage , vin d'un cru fameux dans le Daupliiné. Un auvernal fumeux qui, mêlé de lignage. Se vendait chez Crenet pour vin de l'Ermitage, boil. Sat. m.
— IIIST. xiii" s. Il commença par grant estude (■ntendre diligemment à pileuses œuvres, les quex li lierniilaiges [vie d'ermite] li avoit enseignie, Légende m prose de Girart, cité dans J. des savants, avril <860, p. 202. Dedenz la lande enz el buscage Ot uns sainz homs son hermitage, Im del désiré. Il XV* s. Mon cueur est devenu hermite En l'ermilaige do Pensée, CH. u'obl. Bal. 42.
— ÊTYM. Ermite; provenç. ermitatge et hermitori ; ital. eremitaggio. L'ancienne langue disait aussi ermiloire.
ERMITE ou HERMITE (fer-mi-t'), ». m. || !• Solitaire retiré dans un lieu désert, où il se livra à des exercices de piété. Les ermites de la Thébaîde. Il Familièrement. Vivre comme un ermite, vivre seul, loin du monde. || Par plaisanterie, pâtés d'ermite, noix sèches. || 2° Terme de zoologie. Cnistacé du genre pagure appelé aussi Bernard l'ermite, qui se loge dans la première coquille univalve qu'il rencontre. || Proverbe. Ouand le diable fut vieux, il se fit ermite, c'est-à-dire qu'un vieux pécheur se convertit alors que l'âge lui interdit les plaisirs.
— REM. 1. Mme da Sévigné a dit hermitesse : Le conte de cette hermitesso dont j'étais charmée, 338. Il 2. L'orthographe juste d'ermite et ermitage est sans h, puisque le mot grec dont ils viennent a un esprit doux.
— HIST. XIII* s. Car, si cum tes habis nous conte, Tu semblés estre uns sains hermites, Ren. H423. Li abis ne fet pas l'ermite; S'uns hom en hermitage abite Et il en a les dras vestus, Je ne pris [prise] mie deux festus Son abit ne sa vesteare, KUTEB. 260. Il XVI* s. De jeune hermite, vieux diable, NOËL DU FAiL, Contcs d'Eulrap. ch. viii, f" il , dans pouGENS.
— ÉTYM. Provenç. ermita, hermitan ; espagn. ermitaùo; ital. eremita; du latin eremita, du grec ipri(iî-m;, de êpirino;, désert.
t ERNEUTE (èr-neu-t) ou ERNOTTE (èr-no-f), »./•. Terme de botani(iue. Nom vulgaire du carum bulbocastanum (omliellifères), et, en Normandie, de la raiponse {phyleuma spicatum, L.).
— ÊTYM. L'anglais earth-nut, noix de terre, de earth. terre, et nul, noix, d'après legoarant.
f ÉRODÊ, ÉE (é-ro-dô, dée), part, passé. Terme didactique. Une casserole érodée par le vert-de-gris.
t ÉRODER (é-ro-dé), V. a. Terme didactique. Ronger. L'arsenic érode l'estomac.
— HIST. xvi* s. Les dites vapeurs acquièrent une acrimonie qui erode les parois et costés de la plaie,