PARÉ, IX
— ÊTYM. Lat. erodere, de e, et rodere, ronger, t ÉROS (é-ios'), ». m. Terme du polythéisme
grec. Le dieu de l'amour.
— ÊTYM. 'Epwî, l'Amour.
t ÉROSIF, IVE (é-rozif, zi-v'), adj. Oui a la propriété d'éroder. Dépressions [dans la plaine de la Haute-Loire] par où les courants, à toute crue notable, deviennent érosifs et trop souvent ouvrent brusquement de nouveaux lits, daussk, A Cad. des se. Comptes rendus, t. un, p. l»48.
— ÊTYM. Voy. ÉROSION.
EROSION (é-ro-zion), t. f. Action ou effet d'une substance érosive. On trouva dans le tube intestinal des érosions plus ou moins étendues.
— IIIST. XVI* s. Les anevrismes se font par anastomose, et diapedese, ruption, érosion, et playe,
PARfi, V, 30.
— ÉTYM. Lat. erosionem, de erosum, supin d'erodere (voy. Srodeh). •
t EROTÊMATIQUE (é-ro-té mati-k'), adj. Terme de philosophie. Oui est énoncé sous la forme interrogative ; qui procède par interrogation. Argument, méthode érotématique.
— ÊTYM. 'KpciTiti(ia, interrogation.
t ÉROTIDIES (é-ro-ti-die\ s. f. plur. Terme d'an-
ËRR
tiquité grecque. Fêtes en l'honneur d'Éros ou Ctf pidon.
— ÊTYM. 'Epux, l'Amour.
EROTIQUE (é-ro-ti-k"), ad;. || 1* Qui appartient, qui se rapporte i l'amour. Ouvrage, poème erotique. Il Terme de médecine. Délire erotique, délire caractérisé par une propension sans frein pour les jouissances de l'amour. || 2* 5. m. plur. Les erotiques grecs, les poêles grecs qui ont chanté l'amour. Il Les erotiques, anciennes poésies relatives à l'amour. Théophrasie, qui avait été disciple d'Aristote, et Aristote lui-même avaient écrit des erotiques comme déarque, huet, De Vorig. du romans, p. 44 , dans PODOENS.
— HéM. Il se met toujours après le substantif quand il désigne un genre de composition : un ouvrage erotique; un poênie erotique. Il peut se mettre avant quand il désigne une disposition : cet erotique délire , ce délire erotique. Cependant, en termes de médecine, on ne peut dire que délira erotique.
— ÊTYM. 'E'WTixè;, de Ipwc, l'amour
t ÉROTIQUEMENT (é-ro-ti ke-man), adv. D'une manière éioiiquo.
— ÊTYM. Erotique, et le suffixe ment, ËROTOMAME (é-ro-to-ma-nie), s. f. Terme da
médecine. Aliénation mentale cau>ée par l'amour, ou caractérisée par un délire erotique.
— ETYM. 'Epu;, amour, et (lovta, folie.
f ERPÉTO. .. Voy. HEapÉxo.... le mot grec ayant un esprit rude qu'on rend toujours par h.
i. ERRANT, AKTE(è-rran, rran-t'), adj. || 1* Qui erre, qui n'est pas fixé. Peuples errants. Hordes errantes. La vie errante (jue je mène depuis quarante ans et plus, m'ayant donné occasion de voir et de visiter, plusieurs foiset de plusieurs façons, la plus grande |iartie des provinces de ce royaume.... vau- BAN, Dime,3. Dans maint auteur de science profonde. J'ai lu qu'on perd à tro; courir le monde; Très-rarement en devient-on me ur; Un sort errant ne conduit qu'à l'erreur, obessbi. Vert-vert, I. Ces traits de sang, ce spectre et ces errantes ombres, volt. Fanât, iv, 4. Lorsqu'on voit les peuplades qui erraient commencer à se fixer, ce changement doit être moins regardé comme les premiers temps des sociétés civiles que comme les derniers de la vie errante, condillac, llist. ane. I, ch. li. Voir, c'est avoir, allons courir. Vie errante Est chose enivrante, bérang. Bohémiens. || Fig. Mener une vie errante, vivre au hasard, sans but. || Etoiles errantes, les planètes, par opposition aux étoiles fixes. Il 2° Poétiquement. Qui flotte. Et mon âme déjà sur mes lèvres errante, bac. l'hèd. m, i. Il 3* Par extension, qui ne se fixe pas. Imagination errante. Et ainsi que mon corps, mon esprit est errant, Régnier, Élég. ii. De nos désirs errants rien n'arrête le cours; Ce qui plaît aujourd'hui déplaît en peu de jours, st-évrem. dans ricuelbt. Que ja rafTermirai votre fortune errante, tbistan, Jf. de Chrispe, il, 3. Ses yeux creux sont pleins d'un feu âpre et farouche; ils sont sans cesse errants da tous côtés, FÉN. Tél. III. Il 4* Oui se trompe, qui erra dans la doctrine, dans la religion. Ceux qui se laisseraient tromper ne seraient qu'un troupeau errant, Boss. lar. I*' oïerl. § i9. Il [St Loui-s] tâcha da les ramener comme errants, il les dompta comme rebelles, fléch. Panéyyr. St Louis. || S. m. plur. Ceux qui errent dans la foi. S'il arrivait miracle du côté des errants, on serait induit à erreur, pasc. Jft'r. <o. Saint Augustin, que j'aime à citer comma celui dont le zèle pour le salut des errants a égalé les lumières qu'il avait reçues pour les combattre, BOSs. l'or. I" ttufr. pastor. S 4». Les hommes na peuvent donc se passer d'un culte extérieur qui les réunisse, qui les discerne des infidèles et des errants, MASS. Car. Vérit. culte. Cette multitude effroyable d'infidèles, d'errants, da pécheurs, lu. Prof. rel. Serm. l.
— HIST. xvi* s. Les calamités des errants au désert, HABOT, Ps. CVII.
— ÊTYM. Errer.
î. ERRANT, ANTE (è-rran, rran-t"), adj. Ont vojage au hasard. Usité seulement dans ces locutions-ci : Le Juif errant , personnage imaginaire que l'on suppose condamné à voyager incessamment jusqu'à la fin du monde, pour avoir outragé Jésus-Christ lors de la passion; c'est la représentation légendaire du peupla hébreu depuis la dispersion ; Chevalier errant, chevalier qui courait le monde à la recherche d'aventures. || Fig. et familièrement. C'est un chevalier errant, c'est un homme qui change souvent de demeura, qui voyage sans cesse.
ERR
— mST. III' s. Moult se vont entresaluant Li remanant et li errant, Roman du Brut, dans lacubne. Il XVI' s. Lo chevalier errant, J. mabot, v, 2:i8. Quant aucune personne tient et occupe aucun chemin public et errant [par où l'on passe, passant], par sa coube empeschô.... Coustum. géniir. t. ii , p. 28).
— ETYM. Non pas le verbe actuel errer, qui vient du latin errare, mais l'ancien verbe errer, qui vient d'ilinerare (voy. erbe et aussi eriœr à l'étymologie). Voyager même au hasard n'est pas la même chose que errer; et dans cet emploi d'errant l'idée de voyager existe.
■ ERRATA (è-rra-ta), t. m. Liste des fautes reconnues dans l'impression d'un livre et signalées sur les dernières pages imprimées. Tout mérite li'élre lu dans le traité des tropes, jusqu'à l'errata; il contient des réflexions sur notre orthographe, sur ses bizarreries, ses inconséquences et ses variations, d'alemb. Éloges, du Karsais.\\Auplur. Des errata.
— REM. L'Académie remarque que quelques personnes disent erratum quand il n'y a qu'une seule faute : Cette faute donnera lieu k un erratum. Mais la plupart des grammairiens s'accordent pour dire que vouloir ici suivre le latin est pédantesque, et que, errata ayant pris en français le sens de liste de fautes, peu importait qu'il y eût plusieurs fautes ou une seule.
— ÉTYM. Lat. erratum, chose où l'on a erré, de errare , errer.
ERRATIQUE ps-rra-ti-k'), adj. || !• Terme de zoologie. Oui n'a pas d'habitation fixe. || 2° Terme d'astronomie. Planète erratique „comète. || 3° Terme de médecine. Irrégulier, déréglé. || Fièvres erratiques, les fièvres intermittentes dont le type est irrégulier. Il Douleurs erratiques, celles qui changent de place d'un instant à l'autre, comme certaines douleurs rhumatismales des membres. || 4* Terme de géologie. Blocs erratiques, fragments de roche qui, ne se rattachant à aucune couche, paraissent avoir été transportés loin des formations auxquelles ils appartenaient. || Par extension. On voit les trois éléments anthropologiques fondamentaux, le nègre, le jaune et le blanc, arriver jusqu'aux confins du continent, et se montrer parfois d'une manière erratique, à l'état de pureté plus ou moins complète, soit sur la terre ferme, soit dans quelques-uns des archipels qui en sont, pour ainsi dire, le prolongement, ouATBEFAGES. Revue des Deux-Mondes, (864, t. XLix, p. 527. Il 5° Terme de chimie. Acide erratique, un des acides qui constituent la matière colorante des Heurs de coquelicot ; il est d'une belle couleur rouge.
— HIST. xiii* 3. Sept planètes Qu'on nomme esfoilles erratiques, j. de meunq, Tr. 95. || xv* s. Ce monde est vain, decourant, erratique; Tuyl y mourront, et li fol et li saige, eust. desch. Poésies mss. dans LACUBNE. || xvi" s. Celle humeur les rend fantastiques, lunatiques, erratiques, fanatiques, BESPEB. Contes, xliii. Langueurs, fièvres lentes et erratiques, pabê, v, <».
— ETYM. Provenç. erratie, eratic; espagn. et liai, erratico; du latin erralicus, de errare, errer.
ERRATUM (è-rra-tom') , s. m. Voy. errata.
ERRE (ê-r'), s. f. || 1° Train, allure. Il n'est usité que dans ces locutions : aller graiid'erre; aller belle erre. Aucuns à coups de pierre Poursuivirent le dieu qui s'enfuit à grand'erre, la font. Scam. Car comme l'on m'a fait tantôt courir grand'erre, TH. CORN. Geôlier de soi-même, m, 3. || 2» Terme de marine. Vitesse acquise par le navire. Ce bâtiment n'ayant plus assez derre, le gouvernail ne fonctionne pa.s. Diminuer l'erré d'un vaisseau. Il 3° Au plur. Terme de chasse. Traces et routes d'un cerf. Les erres sont rompues, les traces sont etîacées. On dit qu'un cerf est de hautes erres lorsqu'il fait de longues fuites, ou quand il y a plusieurs heures qu'il est passé. || Fig. Suivre les erres, aller sur les erres de quelqu'un, l'imiter dans sa conduite ; adopter ses opinions, ses sentiments. Reprendre, suivre les premières erres, les dernières erres, reprendre une affaire où on l'avait laissée. Il Les erres, parties de devant d'une bête à quatre pieds, en y comprenant les épaules.
— HIST. XII' s. Endementres [pendant ce temps] (id fait tut Sun eire [voyage] aprester. Th. le mart. 48. ||xiu's. Lejorquel ilevra l'erré prendre [venir], la Rose, I152I. ||xv' s. Il n'est pas bon de trop enquerre Ne s'empechier es faiz des cours: S'on m'assault, pour avoir secours, Vers noncîialoir iray grant erre, en. d'obl. Rond. Le maresciial appresta son erre au plus tost qu'il put, Boucic. ii, 6. Il XVI" s. Bajazet se sauvoit belle erre sur une jument arabesque, si.... mont, i, 367. Mais quoi?
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je vole un peu trop hault, Et m'esloigne trop do mes erres, du bellay, vu, 74, verso. Monlauhan demeura donc jusques à la paix en cet oalat, où nous la lairrons pour conduire le duc de Montpensier el Burie joint à lui, sur les airres des vaincus, d'aub. Hist. I, 162. Volant aux desmarches du duc qu'il prenoit toutes les erres d'un siège, m. ib. ii, 3(0. Hocstrat, espérant annuler la sentence, print ses erres vers Rome, sleidan, f° 23.
— ÉTYM. Lat. iter, chemin ; ce que montre l'ancienne orthographe eire, et aussi ot're, et le provençal edrar, voyager, qui représente iterare, au sens non latin de voyager.
ERREMENTS (ê-re-man), s. m. plur. Procédé habituel, en parlant d'affaires. Suivre les derniers, les anciens errements. Suivre les vieux errements, faire une chose comme on la faisait autrefois. Bissy dans les mêmes errements [ayant les mêmes intentions] le soutenait [Godet] de toutes ses forces naissantes,
— HIST. xii" s. Merci clamant [demandant] de mon fol errement, [je] Ferai la fin de mes chansons oïr, Coud, XX. Je deîsse et l'estre et l'errement. Se j'osaisse en faire mention De la grant court de France au dous renom, hues de la ferté. Romane. p. 1 82. Il xiii' s. Et si baille on toz les erremens d u plet [procès] ou copie du dit as témoins, beaum. vi, 14.
— ÉTYM. L'ancien verbe errer, cheminer, procéder, qui vient non de errare, mais de ilinerare, faire voyage (voy. ebre).
t ERRENÉ, EE (è-rre-né, née), adj. Ancien synonyme d'éreinté. Les sceaux que perlait fièrement La chancelière haquenée. Qui chancela si bien qu'en fut presque errenée, la font. t. vi, p. 461 ,
édit. WALCKENAEB.
— ÉTYM. Voy. ébeinter.
ERRER (è-rré) , «. n. || 1» Aller de côté et d'autre, à l'aventure. Errer çà et là. L'humble toit est exempt d'un tribut si funeste; Le sage y vit en paix et méprise le reste; Content de ses douceurs, errant parmi les bois.... LA FONT. Phil. et Bauc. Ces hommes au- 'refois morts au monde erraient par le désert et dans les villes, fléch. Panég. i, p. 39). Tantôt un livre en main, errant dans les prairies. J'occupe ma raison d'utiles rêveries, boil. Épit. vi. U erra cinq à six mois, toujours poursuivi et toujours tranquille, dans les montagnes et les petites lies au nord de l'Ecosse, d'alemb. Éloges, Milord Maréchal. Il 2' Fig. S'égarer, fiotter çà et là. Mais sans errer en vain dans ces vagues propos, boil. Sat. iv. Le bonheur de l'impie est toujours agité; 11 erre à la merci de sa propre inconstance, rac. Esth. ii, 9. Son esprit errait d'impiété en impiété, mass. Car. Évid. Il Se dit de la pensée, de l'esprit qui ne se fixe pas. Où allez-vous, cœurs égarés? quoil même pendant la prière, vous laissez errer votre imagination vagabonde? boss. Marie-Thér. Notre esprit erre sur mille vains objets, mass. Myst. Pentecôte. \\ Laisser errer, laisser en toute liberté. Laisser errer ses pensées, s'abandonner à ses rêveries, à de vagues méditations. Il laisse errer sans art sa plume et son esprit. Sait peu ce qu'il va dire, et peint tout ce qu'il dit, DELILLE, Imagin. vi. || 3'' Se tromper, avoir une opinion fausse. Ses chagrins le rendaient pourtant méconnaissable. Un œil indifférent à le voir eût erré, la font. Filles de Min. Très-lourdement il errait eu cela, id. Cal. Ils n'auront point le malheur d'avoir erré dans la foi, pasc. Prov. I7. Dont quelques-uns ont pris sujet d'errer contre l'immortalité de l'àme, id. Juifs, 3t. La même erreur les fait errer diversement, boil. Sat. iv. Si j'avais erré dans ma méthode, J.j.aouss. Emile, 1. 1| Absolument. Se tromper dans quelque doctrine. Cet esprit (le douceur et de modestie, seul capable de ramener ceux qui errent, mass. Myst. Dispos. Si ce grand homme a erré, que ne dois-je pas craindre? MONTESQ. Esp. XXX, 25. Il est faux que le mufti prétende, comme le grand lama, qu'il ne peut errer; loin de vouloir persuader qu'il est infaillible, U met toujours au bas de ses réponses et de ses décisions: D'ailleurs il n'y a que Dieu qui ne peut jamais se tromper, SAINT-Foix, Ess, Paris, Ckuvres, t. IV, p. 372, dans pouoens.
— SYN. errer, vaguer. Vaguer, c'est être vagabond, c'est-à-dire n'avoir pas de demeure fixe, ou sortir de l'ordre fixé. Errer, c'est porter ses pas à l'aventure. On erre dans les bois; et l'on n'y vague pas, ou, si l'on y vague, c'est comme un vagabond. Il ne faut pas laisser vaguer les bestiaux dans les champs; errer ne pourrait pas ici remplacer vaguer, attendu que vaguer a quelque chose de blâmable qui n'est pas dans errer. Au figuré, Bossuet (cité par Roubaud) a dit : « L'homme qui se prèrienls à
ERR
TOUS por contrainte, par bienséance, laisse vaguer SOS pensées, sans que vos di.scours arrêtent son esprit distrait. » Ici errer pourrait remplacer vaguer, sauf que vaguer a une nuance méprisante qui n'est pas dans errer.
— HIST. XIII' s. Qui erre contre la foi , comme en mescreance, de lequele il ne veut venir à voie da vérité, il doit estre ars [brûlé], beaum. xxx, H. Il xiv s. Et pour ce aucuns errent en ceste question, OBESME, Eih. tes. Il xv s. Et cognoissoit lors qu'il avoit erré en beaucoup de passages, comm. m, 12. ||xvi' S. 11 alla errant çà et là par le monde, jusques à ce que.... amïot, Lyc. 3.
— ÉTYM. Provenç. el espagn. errar ; ital. errare; du latin errare; grec, Jf^eiv; allem. trrcn. Il ne faut pas confondre ce verbe avec un autre errer, qui se trouve dans l'ancien français et qui signifie aller, voyager, cheminer : Tant erra qu'il vint en uns prés par delà Andrenople, h. de valenc. xi ; Les chevaliers qui la menoent, Qui ensemble od li erroent. Si cumanda tuz à rester, mabie de francs,
I, p. 394. Ce verbe, sous celte forme ou sous celle de oirrer, était très-employé; il vient du bas-lalin iterare, voyager (voy. erre). Le chevalier errant était, d'après la remarque de Diez, non pas le chevalier qui erre, mais le chevalier qui voyage de pays en pays.
ERREUR (è-rreur), s. f. || 1* Action d'errer çà et là. L'autre soleil d'une erreur vagabonde Court inutilement par ses douze maisons, malh. v, 26. Sur son voyage et ses longues erreurs. On aurait pu faire une autre odyssée, gresset, Vert-Vert, i. Contez-moi d'Ilion les terribles assauts. Et vos longues erreurs sur la terre et sur l'onde, delille. En. i. Il se pourrait que vous m'eussiez écrit, car, dans mes longues erreurs, j'ai perdu des lettres, p. L. cour. Lett. I, 322. Il Ne se dit, en ce sens, que dans le style élevé ou dans les emprunts faits à ce style. Il 2° Action d'errer moralement ou intellectuellement; état d'un esprit qui se trompe. Je connais bien l'erreur que l'amour m'a fait faire, malh. V, 30. L'erreur n'est pas une pure négation, c'està-dire n'est pas le simple défaut ou manquement de quelque perfection qui n'est point due, mais c'est une privation de quelque connaissance que je devrais avoir, desc. Médit, iv, 4. Qui chérit son erreur ne la veut pas connaître, corn. Poly. m, 3. Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures, MOL. l'Etour. IV, 4. Josèphe tomba dans une semblable erreur, boss. Hist. u, lO. Ce que l'Ame connaissait l'induisait à erreur, id. ib. ii, 6. Je tais sur leurs avis corriger mes erreurs, Et je mets à profil leurs malignes fureurs, boil. Épit. vu. Quelle était mon erreuri rac. Bérén. i, 4. Je reconnais l'erreur qui nous avait séduits, id. Iphig. m, l. Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur, id. Phèdre,
II, 5. Il reconnut son erreur, fén. Tél. ix. Par l'erreur d'un moment ne jugez pas ma vie, gresset. Méchant, iv, 5. || Laisser dans l'erreur, ne pas redresser quelqu'un qui se trompe. Mais ne le laissez pas dans l'erreur davantage, cobn. Uéracl. iv, B. Il Mettre en erreur, faire que quelqu'un se trompe. Elle, que vos mépris ayant mise en fureur. Rendent opiniâtre à vous mettre en erreur, corn. Perihar. iv,
3. Il Illusion. L'erreur des sens. Chacun songe en veillant.... Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes; Tout le bien du monde est à nous, la font. Fabl. VII, ». Des ennemis de Dieu la coupable insolence Accuse trop longtemps ses promesse? d'erreur, RAC Athal. I, 2. Il faut que l'erreur de l'avenir nous soutienne, mass. Car. Prosp. De ce soupçon jaloux écoutez- vous l'erreur? volt. Zaïre, I, B. Où manque un bien réel, la douce erreur abonde, deulle, Imagin. il. || 3' Fausse doctrine, fausse opinion. Et cette vieille erreur que Cinna veut abattre Est une heureuse erreur dont il [le peuple romain] est idolâtre, corn. Cinna, ii, 1. L'erreur et la nouveauté se faisaient entendre dans toutes les chaires, boss. Reine d'Anglet. Ce dieu, maître absolu de la terre et des cieux. N'est point tel que l'erreur le figure à vos yeux, bac. Esth. m,
4. Aller à l'erreur par la vérité et établir de nouveaux abus en voulant rétablir les anciens usages, MASS. Confér Vocat. à l'ét. ecclés. t. Si l'erreur les dicta, celle erreur m'est utile; Elle occupe le peupla et le rend plus docile, volt. Orphel. ii, B. L'erreur n'est pas un crime aux yeux de l'Ëlernel, M. t. CHÉN. Fénelon, m, 1. || Erreur populaire, fausse opinion accréditée parmi le vulgaire. Les erreiirs populaires en physique, en médecine, en astrologie, en histoire, telles que le phénix, le rémora, le chant du cygne, le tombeau de Mahomet.... du MAHSAis, Vérit. vrinc. de la gramm. Œuvres,
EKR
I 1, p. ««8. Il Elliptiquement, erreur, c'est-à-dire c'est une erreur, vous vous trompe;;. Vous vous Imaginer cela : erreur. || «• Au plur. Dérèglement dans les mneurs. Il reviendra tôt ou tard de ses erreur!. Do ses jeunes erreurs maintenant revenu, Par un indigne obstacle il n'est pas retenu, rac. Phèdre, \, <. Il 6° Faute, méprise. Ern^ur de rédaction. Il Erreur de calcul, faute commis» dans une supputation. Il 6'' Terme d'astronomie. DilTérence entre le calcul et l'observation. || Erreur d'un quart de csrcle, la quantité qu'il faut ajouter aux hauteurs qu'il indique. || Erreur d'une lunette méridienne, la quiatité dont elle s'éloiîtne du véritable méridien. Il Erreurs systématiques, erreurs réguliferes ayant une ou plusieurs causes définies, par exemple des causes qui agissent sur les observations, comme l'imperfection de certains instruments, etc.
II 7° Terme de jurisprudence. Opinion contraire & la vérilé sur le fait ou sur le droit, qui détermine à agir. Erreur de fait. Erreur de droit. || Erreur dans la personne, erreur qui consiste à prendre une personne pour une autre. Lorsqu'il y a erreur dans la personne, la mariage ne peut être attaqué que par celui des deux époUx qui a été induit en erreur, Code Nap. art. <80.|| Erreur sur la substance , chose prise pour une autre. L'erreur n'est une cause de nullité que lorsqu'elle tombe sur la substance même de la chose qui en est l'objet, Code Nap. art. tuo. || Erreur commune, erreur partagée par la plupart. || 8° Terme de mi^decine. Erreur de lieu, ancienne hypothèse d'après laquelle on admettait que les globules sanguins pouvaient s'engager dans des capillaires trop petits pour les recevoir. || Proverbe. Erreur n'est pas compte, c'est-à-dire on peut toujours revenir sur une erreur.
— KEM. « Erreur est du masculin, » dit Marg. Buffet, QJjserv. p. <»t, en 1668. Erreur, en effet, a été masculin au xvi* siècle, alors qu'on refit du masculin, d'après le latin, les substantifs en eur qui venaient de noms latins en or, qui étaient tous féminins dans l'ancienne langue et qui ont presque tous repris leur genre ancien, excepté quelquesuns, par exemple, amour, honneur, labeur, etc.
— niST. XII' s. Que il ne laissent la voie par error, ou, brisié par lassement, perdent la déserte [le mérite] dutravailqui devant est aies, Job, p. 448. Mais de ce [je] sui en error [troublé], Qo'onques îi'amai sans poor [peur], Couci, i. ||xiii's. Et s'il ne les veut croire, ançois se veut tenir en se [sa] malvese erreur, il soit justiciés comme bougres [hérétique] et ars, beadm. xi, î. || xiv" s. Et si est chose périlleuse vivre par innocence en celles humaines erreurs, bercheure, t- 28, recto. ||iv* s. Si elle avoit fait quelque erreur, le chastis [le châtiment] ne luy en appartenoit pas en public, comm. V, 47. Pour éviter tout erreur fabuleux, i. lemaire, 3* livre, Prologue, dans palsgrave, p. (86 (qui blâme le masculin). || xvi* s Afin de retirer tous fidèles de cest erreur pestilent, calv. Instit. 323. Là fut soubs toy Moyse ton amy Chef de ta gent, qui murmuroit parmy Les longs erreurs de ce désert sauvage, nu bellay, ni, 93, recto. Nous sommes toutsen cette erreur, mont, i, (72. Lors tourna son mespris de la religion en trop craintifve superstition ; et encores infecta il davantage les autres de ce contagieux erreur, par l'inconvénient qui luy advint à sa mort, amyot, Numa, 37. Les prestres affermoient qu'il y avoit eu erreur [vice] en leur création, et qu'ilz avoient esté induement esleus contre les signes et prognostiques des oiseaux, m. Uarcell. 4. Le commun estimoit qu'il fist erreur [eut tort] de laisser l'Attique, qui est païs aspre et malaisé pour gens de cheval, id. Sylla, 34.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. error; ital. errore; du latin errorem (voy. errer).
KRRIIIN. INE (è-rrin, rri-n'), adj. Terme de médecine. Se dit des médicaments qu'on introduit dans les narines. || S. m. Les errbins. Le tabac est un errhin.
— HIST. XVI' s. La cause de l'ulcère pourra estre divertie par purgations, masticatoires et errbines,