Il XVI* s à ma destre te sieds. Tant que t'aurai
renversé et fait estre Tes ennemis le scabeau de tes
pieds, MAROT, IV, 32(.
— ÊTYM. Bourg, escaibeau; wallon, hame; namur. chame ; provenç. escabel ; catal. escambèll ; espagn. escabelo; ital. sgabello ; du lalm scabellum, diminutif de îcamnum, qui a donné dans l'ancien français escame, d'où aussi eschamel.
t ESCABÉCHER (è-ska-bé-ché) , v. a. Terme de pêche. Piéparer les sardines pour les conserver.
— ÊTYM. Provenç. «icafcesiar, décapiter, de e», et cabessa, tête.
ESCA BELLE (è-ska-bè-l') , *. f. Synonyme d'escabeau. Ma chambre est petite, â peine suffit-elle Pour un lit, une table, avec une escabelle, desmar. Visionnaire, iv, 4. Soudain nous entassons pour défenses nouvelles. Bancs, tables, coffres, lit et jusqu'aux escabelles, corn, le Ment, ii, 5. Un tapis tout usé couvrit deux escabelles, la font. Phil. et Baue. Il Fig. Déranger, renverser les escabelles à quelqu'un, rompre toutes ses, mesures. M. de Beauvillier fut des premiers favorisé de ces dîners [où venait Mme de Maintenon], jusqu'à ce que Godet en renversa les escabelles, et arrêta tout court les progrès de Fénelon qui s'était fait leur docteur, st-sihon, 444, 4 94. || Remuer ses escabelles, déménager; et fig. changer d'état , de fortune, de situation.
— HIST. xv* s. Deux scabelles prisées ensemble seize deniers parisis, Bullet. du Biblioph. mai 4 863, p. 233. Il XVI* s. Faut que le malade soit assis sur une escabelle , paré, viii, 2b.
— ÊTYM. Voy. ESCABEAU.
t ESCABELON ( è-slia-be-lon ) ou ESCABLON (è-skablon) , s. m. "Terme d'architecture. Piédestal sur lequel on place un buste, un vase, etc. dans les galeries et les cabinets.
— ÉTYM. Voy. ESCABEAU.
ESCACUE (è-ska-ch') , s. f. Mors ovale.
— ÊTYM. On indique le celtique : bas-breton, gweskein, mors. Mais il est probable que escac/ie se rattache, à cause de la pression exercée, au verbe écacher (es-cacher) ; d'autant plus que l'ordonnance de 4 586 dit escacher l'or, escacheur d'or, pour tirer l'or, tireur d'or.
ESCADRE (è-ska-dr'; Chifflet, Gramm. p. 487, dit que l'o est long : escadre ; cette prononciation est abandonnée), s. f. Réunion de vaisseaux de guerre sous un amiral. Chef d'escadre, aujourd'hui contre-amiral. Escadre d'évolution. Escadre d'observation. || Anciennement, division d'une flotte.
— HIST. XV* s. Chascun conductier, chief d'escadre et de chambre, sera tenus de chevauchier avec ceux de sa charge, nu cange, attiqueta. Leurs batailles d'Italie n'ont point accoustumé d'estre telles : car ils combattent escadre après escadre ; et dure quelquefois tout le jour sans ce que l'un ne l'autre gagne, cohm. viii, 6.
— ÊTYM. Ital. squadra, brigade, de quadro, carré, à cause de la forme des bataillons (voy. CARRÉ). Du sens de bataillon, il a passé à celui de réunion de vaisseaux. Escadre est entré dans le français au xv* siècle, venant de l'italien; auparavant le français avait esquiere, plus souvent altéré en eschiele,'eschele, bataillon, troupe de guerre, qui est le provençal esqueira; ital. schiera; bas-lat. scara; du germanique : haut-allem. scara; allem. mod. Schaar.
t ESCADRILLE (è-ska-dri-ll' , Il mouillées, et non è-ska-dri-ye),s. f. Escadre de vaisseaux légers, comme frégates, corvettes, etc.
— HIST. XVI* s. M. de Lezigny accompagné de sa squadrille de commissaires et clercs des vivres, CAHLOix IV, 44. Et quelques scouadrilles de gens
— ÉTYM. Diminutif d'escadre. On voit par l'historique que escadn^e signifiait petite escouade, ei que escouade est le même mot que escadre.
ESC
KSCADRON (b»ka-dron), ». m. || !• Troupe oe comlialtaiils généralement à cheval. J'ai vu par sa valeur cent escadrons rompus, corn. Cid, I, 9 Un
gros escadron de P;irlhes pleins de joie, ID. Rodog. l, i. |La terre] Produisait à l'instint des escadrons armés l'ontre la même main qui les avait semés, ID. tiédir. II, 2. Il Kig. Des ministres du dieu les escailrons flottants pes vents, les nuages] Eniralri'irent sans choix animaux, habitants, la pont. J'hil. et Baucis. \\ 2° Toute espèce de bande, comparée à un escadron de guerre, ô éternel, veillez sur elle; animes saints, rangez & l'entour vos escadrons invisililes, et faites la garde autour d'une princesse si grande et si délaissée, soss. Duck. d'Orl. Un escadron coifTé [les femmes] d'ahord court i son aide, boil. Sat. x. Kt partout des plaideurs les escadrons épars, lo. Lut. i. Qu'il trouve rie pédants un escadron fourré, ID. Sat. vin. || E.scadron volant, parti, de cardinaux qui, dans un conclave, font profession de n'embrasser les intérêts d'aucune cour. Le premier pas que lit l'escadron volant, dans l'intervalle des neuf jours, qui sont employés aux obsèques du pape, fut de s'unir avec le cardinal Barlierin, hetz, Mém. t. iv, liv. v, p. <9), dans pouGENS, au mol obsèques. || Fig. Puisque les épitres liminaires sont la plupart longues et ennuyeuses, et que ces gros escadrons de belles paroles dont elles sont composées.... scarr. Virg. V, ÉpUre. \\S' Aujourd'hui, en termes militaires, division d'un régiment de cavalerie, commandée par un capitaine. Former un escadron. La tête, le flanc d'un escadron. {| Chef d'escadrons dans la cavalerie ; chef d'escadron dans l'artillerie et l'état-major, grade au-dessous de lieutenant-colonel, au-dessus do capitaine.
— HIST. XVI' s. Oiiltre plus fist venir pour son renfort Le tiers scadron, qui feist terrible effort, j. MAROT, V, 430. Devant le roi tous leurs quatre escadrons S'en vont fuyant, id. v, (34. De mil' autres vertus cachées Un long escadron j'apperçoy, BU BELLAY, V, (7, Kerso. Ils n'alleri'nt gueres loing qu'ils ne trouvassent aucuns escadrons de gens de pied, qui.... H. dd bellay, 699. Scadrons de cavallerie ligiere, carl. iv, <4. Un escadron de Sorbonistes, Sat. Min. p. (95. Le moyen de la rendre [notre gendarmerie] insuperable est de l'accoustumer de combattre en esquadron, langue, 292.
— ËTYH. Ital. squadrone, de squadra, troupe de guerre (voy. escadre).
ESCADRONNER (è-ska-dro-né), t>. n. Terme d'art militaire. Faire des évolutions propres à la cavalerie. Dans huit jours, il ira s'y étalilir avec toute cette noblesse, pour lui apprendre à escartronner et les accoutumer à un air de guerre, sÉv. 669. On n'y apprend [à l'école des mousquetaires] que l'exercice et k escadronner, st-sihon, 474 , 33«.
— Etym. Escadron.
t ESCADRONNISTE (è-ska-dro-ni-sf) , ». m. Cardinal qui appartient à un escadron volant (voy. escadron).
I ESCAFE (è-ska-f), ». f. Au jeu de ballon, coup de pied donné au ballon pour le renvoyer.
— ÊTYM. Même radical que esca^jiion.
f ESCAFIG.NON (è-ska-fi-gnon) , », m. Terme vieilli. Sorte de chaussure légère. Sentir l'escafignon, sentir mauvais des pieds. Gousset, escafignon, faguenas, cambouis, Qui formez ce présent, que mes yeux réjouis. Sous l'aveu de mon nez, lorgnent comme un fromage, Â qui la puanteur doit même rendre hommage. Que vous avez d'appas, que votre odeur me plaît I st-amand, le Cantal.
— HIST. XV" s. De bons harnois, de bons chauçons velus, D'escafilons , de soUers d'abbaye, bust. BESCM. Poésies mis. dans lacurne.
— ETYM. Scheler le tire de escafer, échauffer, à cause du sens de puanteur ; mais ce sens est dérivé. La forme ancienne est escafilon, et se rapporte à escafilotte.
t ESCAFILOTTE (è-ska-fi-lo-f), ». f. Côte de bcnuf qui a été perforée par les fabricants de moules Il boutons.
— HIST. XV' s Puis juiens aux papelottes, X
faire voler aval vent Une plume; et s'ai moult souvent Tamisié en une escafotte La poudrette parmi ma cotte , fboiss. Poésies nui. dans lacurne. Il xvi* s. l'scafole, c'est une grande et longue coquille de moule de rivière dont les femmes en Picardie se servent pour amasser la crème de dessus le lait pour en faire du beurre, nicot.
— ÉTYM. Dérivé sans doute, comme esca/ilon (eFcafignou), à Causa de la forme, du lalio scapha, barque.
ESC
ESCALADE (è-ska-Ia-d') , ». f. || 1» Attaque, «»s ut à l'aide d'échelles. Monter à l'escalade. Il va donner au château l'escalade, la font. Fiancée. Prague emportée d'assaut le 28 novembre <«3) par Jean George, électeur de Saxe, et par escalade le môme jour 28 novembre I74i par son arrière-petitfils, MARMONTEL, Êlém. Htt. ŒuvrCS , t. VIII, p. 386, dans poucKNS. Il 2' Action d'un voleur qui s'introduit quelgue part en franchissant un obstacle, mur on haie. Est qualifiée escalade, toute entrée dans les bâtiments, cours, basses-cours, édifices quelconques, jardins, parcs et enclos, exécutée par-dessus les murs, portes, toitures ou toute autre clôture. Code pénal, art. 397. Vola l'escalade.
— HIST. XVI' s. Et seroyent ordonnez six mille hommes pour présenter et donner des escalades, tant pour amuser que pour estoiiner les ennemis, LANGUE, 452. Ils emportprent d'escalade la ville de Garnache, d'aub. Ilist. ii, 374. Ils retournèrent à l'eschalade, trouvans plus seur (si la hauteur de." eschelles leur eust permis) de.... id. ii, 264.
— ETYM. Ital. scalata, de sealare, écheler, du latin scala, échelle (voy. échelle).
ESCALADE, ËE (è-ska-la-dé, dée), part, passé. Un mur escaladé.
ESCALADER (è-ska-la-dé) , c. a. || 1* AtUquer, emporter par escalade. Escalader une forteresse. Les géants voulaient escalader le ciel. Je crains ... Que ce nouveau Titan n'escalade les cieux, boil. Sat. iv. Il Absolument. Louis XIII mena lui-même [à Suzej ses troupes aux retranchements et les escalada à leur tête, l'épée à la main et poussé par les épaules pour escalader sur les roches e.t sur les tonneaux et sur les parapets, st-simon, 8, 96. || 2' Monter dans une maison par les fenêtres; passer par-dessus un mur de clôture. J'escalade les murs, gagne une galerie, ROTiion, Yencesl.iv, 2. De leur jardin on pouvait très-aisément escalader le petit mur qui le séparait de mon donjon, j. J. Rouss. Confess. n. Il Par extension. Eussent-ils été [des fruits] au haut d'un arbre, il l'escaladait pour les apporter à sa sœur, BERN. DE ST-PIERRE, Paul et Virg.
— ETYM. Escalade.
t ESCALADON ( è-ska-la-don ) ou ESCALADOU (è-ska-la-dou), ». m. Espèce de dévidoir pour la soie.
ESCALE (è-ska-l'), s. f. Terme de marine. Ville maritime de la Méditerranée ou, plus particulièrement, des Etats barbaresques, où les navires du commerce abordent. || Faire escale, relâcher ; pendant un voyage, dont le but est déterminé, s'arrêter dans un ou plusieurs ports sur sa route pour y décharger ou charger des marchandises, pour y trafiquer, JAL. Il Nom des marchés établis le long du fleuve Sénégal, où se traite la gomme.
— HIST. xvi' s. Je retourne faire scale au port dont suis issu, rab. Garg. i, 9. Et fist crier par les soldats : escalle, escalle [échelle], k la sape, à la sape, CAHLOix, v, 6.
— ÉTYM. Ital. scala, échelle (voy. ce mot), parce qu'on descend à terre à l'aide d'une échelle.
t ESCALER (è-ska-lé) , r. n. Terme de marine employé dans le Levant. Rel&cher.
— ETYM. Bsrale.
+ ESCALEfTE (è-ska-lft-f), ». f. Cube de bois équarri qui sert pour la lecture du dessin des soieries.
ESCALIER (è-ska-lié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, r» se lie : des è-ska-lié-z élégants), ». m. Il 1* Suite de degrés qui , dans un bâtiment ou autre part, sert à monter ou à descendre. Au vestibule obscur il marque une autre place, Approuve l'escalier tourné d'autre façon, boil. Art p. iv. Dans le temps qu'il fait un salon, il ne prévoit pas qu'il faudra faire un escalier convenable, Fin. Tél. xxii. Des célestes palais escalier magnifique, delille. Paradis perdu, m. Près de St Jean de Latran est l'escalier saint, transporté, dit-on, de Jérusalem à Rome; on ne peut le monter qu'àgenouii stabl, Corinne, v, 3. || Terme de charpente. Escalier circulaire, escalier dontles limons sont cintrés et toutes les marches triangulaires. || Escalier dérobé, escalier placé dans les endroits cachés d'une maison. Il Terme dé marine. Escalier de commande , eiicalier mobile placé sur le côté de tribord d'un vai.sseau en rade lorsqu'il est monté par un amiral. || 2* Machine pour élever l'eau par échelons. || 8' Terme de zoologie. Coquille univalve.
— REM. Dans quelques provinces, on dit escalier pour degré : monter les escaliers quatre à quatre. C'est une faute ; escalier , étymologiquement, est collectif et signifie une réunion de degrès. Mais on pourra mettre le pluriel en parlant
ESC
d'escaliers partiels : les différents escaliers d'une maison, ou les escalier» des difl'érents étages; courir dans les escaliers.
— HIST. XVI' s. Le moine l'ayant conduit jusque* dans l'escallier de la chambre, d'aub. Wtjt. li, 473. Aisée montée aux estages du logis, par escalier-àrepos, vis, ou autrement, o. de serres, 2u.
— ÉTYM. Provenç. e»caJi(T; esp.ign. scatere; batlal. scahrium; de scala, échelle (voy. Echelle).
E.SCALIN (è-ska-lin), ». m. Monnaie des l'ays-Bai qui vaut soixante-cinq centimes environ.
— HIST. XIII* s. Quant li rois Richars vit qu'il ot falli, si traist au conte de Flandres et au conte de Champagne, et tant lor dona de ses eskal lins que il jurèrent la mort le roi, C/tr. de Rains, p. 43.
— ETYM. Allem. Schilling; holl. tdtelling ; angl. shelling.
t ESCALOPE (è-ska-lo-p') , ». f. Terme de cuisine. Tranches de veau ou de toute autre viande apprêtées d'une manière particulière. Escalopes de perdreaux, de foie, etc. || Sorte d'assaisonnement.
— ETYM. Ane. franc, escalope, coquille : La limace gete son cors De l'escalope toute fors, ruteb. ii, 215. l'escalope, étant une tranche mince, a peutêtre été dite ^nsi parce qu'elle est roulée en formé de cornet ou coquille. Escalope, au sens de coquille, tient au germanique : allem. Schale, écaille.
■[ ESCALPE (è-skal-p'), ». f. Action de scalper. Le couteau d'escalpe est à ta ceinture, cbateaubb. Natch. IX, 39H.
— ETYM. Vijy. SCALPER.
t ESCAMETTE (è-ska-mè-f) , ». f. Terme de commerce. Toile de colon du Levant.
ESCAMOTAGE (è ska-mo-ta-j'), ». m. || !• L'art, l'action de l'escamoteur. L'escamotage accompli [un mouchoir dans lequel il y avait une lettre d'amour étant pris adroitement], M. de Livernois se redressa et passa outre d'un air calme, en. de beb- RARD, la Chasse aux amanu, 5t. l| 2' Fig. Action de dérober subtilement. La loterie offre le hideux spectacle d'un gouvernement exerçant le plus vil des escamotages, et mettant l'innocence, le bienêtre des hommes au misérable prix de quelques millions, mirabead, Collection, t. iv, p. 24«.
— ETYM. Escamoter.
t ESCAMOTE (è-ska-mo-f), ». f. Petite balle de liège qui sert à escamoter avec les gobelets. || Eu général, objet que les saltimbanques escamotent.
— ÉTYM. Voy. escamote».
ESCAMOTÉ, ÉE (è-ska-mo-té, tée), part, passé. Une muscade adroitement escamotée.
ESCAMOTER (è-ska-mo-té), i'. a. || 1* Faire disparaître quelque chose par un tour de main, un tour de gobelet, ou de toute autre manière. Escamoter une carte. || Absolument. Ce prestidigitateur escamote bien. || 2* Par eiteii.sion, dérober subtilement. Assemblés autour du carrosse pour en escamoter les oranges, bahilt. Gramm. lu. Monsieur que voilà vous a escamoté 60 pistoles et la montre, ST-siuoN, 4 37, 162. C'est lui qui m'escamota le diamant que m'avait donné la princesse, volt, le Blanc et le Noir. || Fig. Des courtisans avides et officieux qui, dans ces occasions [événements importants], se postent sur les avenues pour escamoter la nouvelle d'un pauvre courrier, hamilt. Gramm. 5. Nous tenons le présent dans nos mams; mais l'avenir est une espèce de charlatan qui, eu éblouissant nos yeux, nous We.scamote, fontenei.le, dans dksfontaines. Tu pourrais bien aussi escamoter Dorante à ta maîtresse, Marivaux, Jeux de l'am et du has. 1, 6. Il 3* Terme de broderie. Tirer les extrémités des fils d'or ou de soie du côté de l'envers de l'étoffe. || i* Terme militaire. Escamoter l'arme, supprimer, dans le maniement du fusil, certains mouvements prescrits par l'ordonnance, afin d'accélérer la charge.
— ÉTYM. Espagii. escamolar et escamodar, changer les choses de place, terme de liohémiens. I.à s'arrête ce que nous savons sur ce mot; ni commutare de Ménage, ni squama. indiqué avec doulu par Diez, ou le gaélique com, tromperie, ne donnent rien d'a.ssuré.
E.SCAMOTEU» (è-ska-mo-teur), ». m. || !• Celui qui escamote. || 2° Fig. Escamoteur, escamoteuse, celui, celle qui dérobe subtilement.
— ETYM. Escamoter.
t ESCAMPATIVOS (è-skan-pa-ti-vôs*) , ». m. plur. Faire des escampativos, s'échapper furtivement, faire une absence furlivu. Ahl je vous y prends donc, madame ma femme, et vous faites des escampativos pendant que je dors, voi. G.Dnndtn, lU, 8. Il .Au »in0. Je suis las d'attendre, je m'en
ESC
Tïis faire un petit esoampativos et danser ici moimême, si tu ne viens tout à cette heure, Francion, Ut. IV, p. 4 66.
— ÉTYM. Forme burlesque tirée à'escamper, ou, peut-être, le latin macaronique escampale rot.
ESCAMPER (è-.<ikan-pé) , ». n. Terme familier. Se retirer, s'enfuir en grande hâte.
— HIST. XV* s. Comment, y estant prins Bertrand de Guesclln, le roy Henry fut contraint d'escamper, après s'y estre porté fort vaillamment, froiss. liy. i, p. m , dans LACURNE.
— ÉTYM. J?t.... préfixe, et champ: prendre les champs.
ESCAMPETTE (è-skan-pè-f) , s. f. Terme familier, usité seulement dans cette phrase : premlre la poudre ou de la poudre d'e,çcami>etle, s'enfuir.
— ÉTYM. Diminutif de l'ancien substantif estampe : Il eut une fois un laquais d'Auvergne qui luy avoit desrobé dix ou douze escus, et avoit pris l'escampe, des accords. Contes de Gaulard, f 22, dans LACURNE (voy. escamper).
t ESCAP (è-skap), t. m. Terme de fauconnerie. Faire l'escap, donner l'escap à l'oiseau, lui faire connaître son gibier.
— ÉTYM. Voy. ESCAPER.
ESCAPADE (è-ska-pa-d') , s. f. Action de s'échapper d'un lieu, en manf]uant à un devoir pour un plaisir ou un caprice. On le mit chez un autre maître, d'où il faisait des escapades, J. J. rouss. Conf. I. Mme de la Touche , qui fit une escapade en Angleterre avec le duc de Kingsto», id. ib, vu. Il Terme de manège. Action subite d'un cheval qui s'emporte et refuse d'obéir à son cavalier. || Fig. Acte par où l'on s'échappe des règles de la bienséance ou du bon sens.
— HIST. xvi' s. Voyez ses allures [de Plularque] au daimon de Socrate ; o Dieu I que ces gaillardes escapades, que cette variation a de beauté I mont. IV, (37. Il fut délivré de prison fort secrettement; les seize accusent promptement le président Brisson et les conseillers l'Archer et Tardif d'avoir favorisé l'escapade [évasion], d'aub. Hist.m, 2f.6.
— ÉTYM. Ital. scappata, de scappare (voy. échapper). On trouve eschapeiUon, au xv" siècle : Et ne l'eussent pas baillée au bon homme, si ce ne fust ung petit escliapeillon que elle avoit fait en sa jeunesse, Les ir> joyes du mariage, p. *o.
KSCAPE (è-ska-p'), s. f. Terme d'architecture. Le fût d'une colonne; et, proprement, la partie inférieure et la plus proche de la base. || Adoucissement qui Ile et accorde avec les filts des colonnes les filets qui terminent les filts dans certaines ordonnances, tant par en haut que par en bas.
— ÉTYM. Lat. scapus, fût.
f ESCAPER (è-ska-pé) , v. a. Terme de fauconnerie. Mettre le gibier en liberté pour lâcher l'oiseau de proie à sa poursuite.
— ÉTYM. Autre forme d'échapper.
t ESCAPOULER (è-ska-pou-lé) , v.a. Terme de métallurgie. Dégrossir dans la forge.
t ESCARBILLE (è-skar-bi-U' , Il mouillées, et non è-skar-bi-ye), «. f. Portion de houille qui , ayant échappé à la combu.stion, reste mêlée avec des cendres.
— ÉTYM. Forme diminutive tirée du lalin corbo, charbon, cie la même façon que escarftoude vient de carbwcnlus.
t ESCARBIT (è-skar-bif), s. m. ou ESCARBITE (è-skar-bi-f), s. f. Terme de marine. Petit vase de bois dont les calfats se servent pour mouiller leurs ferrements et l'étoupe.
ESCARBOT (è-skar-bo ; le 1 ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's se lie: les è skarbo-zet...; escarbot* rime avec repos, travaux), s. m. Insecte du genre des scarabées. Le trou de l'escarbot se rencontre en chemin , la font. Fabl. ii, 8. M. Gledilsch s'est assuré qu'un seul escarbot peut enterrer une taupe en entier dans le court espace de vingt-quatre heures, bonnet, Contempl. nat. XI, B, note (0. Il Nom du hanneton vulgaire dans certaines contrées. || Adj. et par plaisanterie. Quand la gent escarbote Est en quartier d'hiver, et, comme la marmotte, Se cache et ne voit point le jour, la FONT. Fabl. Il, 8.
— HIST. xiv* s. Escorpion estbeste petite semblable à escharbot, fors que il a queue, h. de mondeville, 1» 86, verso. Il xv s. Escharbot qui naist en fiens de cheval, Gloss. du xv* siècle. Plus enflée qu'ung venimeux scarbot, villon. Bail. \\ xvi* s. Les escarbots meurent à l'odeur des roses, pare. Animaux, 2).
— ÉTYM. Berry, écharbot; du latin scarab.vus; grec, oxâpaSoç, scarabée; provenç. escaraval; ital. icarabone.
ESC
ESCARBOCCLE (è-skar-bou-kl'; Chifflet, Gramm. p. 2;i8, dit qu'on prononçait indifféremment escarboucle et écarboucle) , s. f.\\i' Nom que les anciens donnaientaux rubis. i| Parextenslon. Quand j'observe ces nuits si pures, si tranquilles. Où le ciel est semé d'escarboucles mobiles, bernis, Belig. veng. vu. M. Pigal prendra, dans les deux escarboucles dont la nature vous a fait des yeux, les feux dont il animera ceux de votre statue, d'alemb. Lett. à Volt, so mai )770. || î* Terme de blason. Pièce qui, embrassant le champ de Vécu, est formée de huit rais terminés chacun par un bouton. || 3° Espèce d'oiseau-mouche (l'oiseau- mouche rubis -topaze).
— REH. Chateaubriand a distingué à tort l'escarboucle du rubis : Cent degrés de rubis, d'escarboucles et d'éméraudes conduisent dans la demeure de Marie au sanctuaire du Sauveur, Mart. 82.
— HIST. XI* s. L'elme [il] li freint, où li carbuncle luisent Ch. de Roi. cv. Il li dona s'espée et s'escarbuncle, ib. cxv. X Tervagant [ils] toUent son escarbunole, ib. CLXXxiii. Assez y a carboncles [on croyait que l'escarboucle luisait clans les ténèbres] et lanternes [sur les mâts], ib. clxxxvi. ||xui*s. Ses elmes [son haume] fu forgiés en la cit de Baudart; Au nasel par devant uns escarboucles art [brille], Ch. d^Ant. viii, 990. Mais devant ot par grant mestrise Une e.soharboucle ou [au] cercle assise, la Rose, 1 106. Il XVI* s. Le charbon a pareillement similitude à une pierre nommée escarboucle, dont aucuns lui ont attribué ce nom, paré, xxiv, 36.
— ÉTYM. Provenç. carbuncle: espagn. carbunclo; ital. carbonchin; du latin carbunculus, escarboucle, diminutif de carbo, charbon.
t ESCARBOCILLER (è-skar-bou-llè. Il mouillées, et non è-skar-bou yé), v. a. Écraser. Le museau vermoulu, le nez escarboulllé, Régnier, Sat. x.
— HIST. XVI* s. Ez uns escarbouilloil la cervelle, ezaultres rompoit bras et jambes, rabel. Garj. i, 27.
— ÉTYM. Escarbouiller ou escarbiller , réduire en petits morceaux de charbon, en escarbilles ; bourg. écrabnuiller.
ESCARCELLE (è-skar-sè-l') , s. f. Grande bourse à l'antique, qui se portait suspendue à la ceinture. Mettre la main, fouiller à l'escarcelle. Mainte pistole se glissait Dans l'escarcelle de notre homme, LA FONT. Ch. imp. Pour tout carquois, d'une large escarcelle En ce pays le dieu d'amour se sert, m. Rich. Bon homme, c'est ce coup.... Qu'il faut fouiller à l'escarcelle, id. Fabl. iv, 4. Tout doux! songeons d'abord à garnir l'escarcelle, ducerceau. Le faux duc de Bourgogne, ui, 4. St Louis reçut l'escarcelle et le bourdon de pèlerin, chateaub. Itin. m, t93. Il Fig. 11 pleut dans son escarcelle, il devient riche, l'argent afflue dans ses mains. Le luxe et la folie enflèrent son trésor; Bref, il plut dans son escarcelle, la font. Fabl. vu, 14.
— HIST. xvi* s. Ouvrit son escarcelle et en tirant de l'argent.... Nuits de Slraparole, t. u, p. 447 , dans LACURNE. Larron habillé serablablement en gentilhomme, fouillant en la gibecière ou grande escarcelle du feu cardinal de Lorraine, h. est. Apol. pour Hérod. p. <bb, dans lacurne.
— ÉTYM. Wallon, carcèle, gousset; provenç. escarcella; espagu. escarsela; ital. scarsella. Diez conjecture que escarcelle est un diminutif d'eicharpe {escharp- celle); mais cette étymologie ne peut pas prévaloir contre celle que le mot offre directement; escharcellus se trouve dans un texte du xi* siècle avec le sens d'avare, épargnant; Vescarcele est la poche où l'on met ses épargnes, et vient, comme le (lit Raynouard, de l'ancien français eschars, avare; ital. scarso; anglais, scarce; hoiland. schaars; tous mots que Diez rattache au lalin cicarpsus, réduit en volume, contracté, d'eicorpere pour excerpere.
ESCARGOT (è-skar-go; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie: les è-skargo-z et.,..; escargots rime avec repos, travaux), s. m. Il 1" Espèce de limaçon. Les yeux du limaçon terrestre, connu sous le nom d'escargot, sont placés au sommet de ses grandes cornes; les petites en sont dépourvues, bonnet, Conteiupl. nat. m, 2< , note 6. Il Fig. Ce vilain et dangereux escargot [l'abbé de Vaubrun aux jambes tortues] se produisit à la cour et chercha à s'y accrocher, st-sim. 78, 4. Il 2° Terme d'hydraulique. Machine en spirale, dite ordinairement vis d'Archimède, servant k épuiser l'eau. Il 3° Escalier en escargot, ou, simplement, escargot, escalier en spirale.
— HIST. xiv* s. LImassons que l'en dit ascargols, Me'nayier, ii, 6.
— ÉTYM. Ch. Nisard le tire de eschargaitier , être en sentinelle, citant un Compost [al;Banach] de 1833, réimpression du Compost jja^44u, «ù l'on
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voit une gravure représentant à droite un château fort flanqué d'un bastion, et, sur ce bastion et au haut de la tourelle ou escharguele, un escargot; de sorte qu'il y eut, pour nos aïeux, peut-être à cause des variations de la température, un rapport entre Yescargot et Vescharguette. Mais il ne faut voir là qu'un jeu de mots en image. Diez, avec raison, conjecture qu'escargot est de même racine que l'espagnol caracol. escargot (voy. caracoler), avec l'épenthèse d'une ». La forme citée à l'historique justifie cette conjecture.
t ESCARGOTIÈRE ( è-skar-go-tiê-r' ), t. f. Lieu où l'on élève des escargots pour l'alimentation.
— ÉTYM. Escargot.
fESCARGOULE (è-skar-gou-I") . ». f. Voy. CAH- THABELI.E. champignon.
ESCARMOUCHE (è-skar-mou-ch'), t. f. Combat entre des corps détachés ou entre des tirailleurs. Une légère escarmouche. 11 n'engageait que de légères escarmouches, et avec tant de précaution, que ses troupes y avalent toujours l'avantage, bollin, Hist. anc. ÙSuvres, 1. 1, p. 423, dans pougens. C'étaient des escarmouches entre dc^s partis, et non des batailles entre des armées, raynal, Hist. phil. XIX, 3. Il Attacher l'escarmouche, la mettre eu action par un premier mouvement, une première tentative. || Par extension. Puis, s'échauffant dans l'escarmouche. L'un d'eux son adversaire touche, SCARR0N, Virg. v. |{ Fig. Croissi s'entremit pour faire cesser cette escarmouche de pi u mes , retz , Uém. t. 11, liv. )ii, p. 379, dans pougens. Peu de temps après commença contre lui la légère escarmouche des facéties parisiennes, harmontel, Mém. vu.
— HIST. XV* s. Il est bien vrai que conquis nous avez à l'escarmouche par vostre haulte vaillance, Perceforest, t. v, f* 8. {| xvi* s. Cela et quelques gentilshommes volontaires présentèrent l'escarmouche, d'aub. Hist. II, 454. Il y eut quelques uns des Romains qui coururent après, et cela fut causa d'attacher l'escarmouche, amvot, P. jEm. 3o. Me fit commandement d'envoyer trente chevaux en ordre d'escarmouche [épars], Mém. d'Angoulesme, p. 46, dans LACURNE.
— ÉTYM. Provenç. escarmussa; catal. eicaromussa; itaL escaramuza , scaramuccia ; angl. skirmish; allem. Scharmûtxel ; de l'ancien haut-allem. skerman, combattre, d'après Diez, qui cite à l'appui l'anc. franc, escarmt'e, combat, où le mot est dans sa simplicité. Il rejette par conséquent l'étymologie de du Cange : haut-allem. skara, bande, et le vieux verbe musser : la bande qui se cache, qui est en aguet ; cela, en effet, n'est pas .satisfaisant pour le sens. On a proposé aussi le celtique : welsh, ysgarmes, combat, du welsh gram, cri.
ESCARMOUCHER ( è-skar-mou-ché ) , v. n. Il 1° Combattre par escarmouches. On r.e combattit point, on ne fit qu'escarmoucher. || î'Fig. Disputer légèrement. On n'a point approfondi la question, on n'a fait qu'escarmoucher. Escarmouchez seulement avec lui, SÉv. 457. M. Duveyrier, qui escarmouche légèrement avec finesse, bachaumont, Mém. secrets, t. xxxiv, p. t54, dans pougens. || S'escarmoucher, v. réfl. Même sens. Je travaillerais en vain tant que le chancelier s'escarmoucherait avec le duc sans cesse au conseil, st-simon, 3ob, 248. C'est [l'Écriture] un champ de bataille où l'on s'attaque, où l'on s'escarmouche de bien des manières, M0NTESQ. Lett. pers. 434. Mais on ne dira pas que nous nous étions escarmouches la veille, lo. ib. 54.
— HIST. XV* s. Il se commença à aider et escarmoucler d'icelle pelle pour faire place, Bibl. des Chartes, 4" série, t. v, p. 489. Et si fit-on aucun compagnon monter sur coursiers pour escarmoucher à eux [les Escots], froiss. i, i, 44. || xvi* s. Si la volonté [comparée à un cheval] s'escarmouche trop fort, il la reprime, il corrige sa rébellion, calv. Instit. 223. Il se meit à suivre son ennemy à la trace, donnant sur la queue, et escarmouchanl les derniers dedans les destroits des montagnes, amyot, Fab. 4 8. C'est la cause par laquelle il [Luther] s'est si fort escarmouche, sleidan, f» 4 9. Elle qui estolt toute plaisante , joyeuse et hardie , voyant cet homme beau, gaillard et de bonne façon, commença l'escarmoucher du coin de l'oeil, lui lançant mille amoureux regards, IVuits de Straparole, t. u, p. 4 88, dans LACURNE. Si est il vray que à qui me veult loyalement injurier, il me semble fournir bien suffisamment où mordre en mes imperrectioiis advouées et cogneues, et de quoy s'y saouler, sans s'escarmoucher au vent, mont, iv, 443.
— ÉTYM. F.scarmouche.
ES(1ARM0UCHEUR (è-skar-mou-cheur) , s.m. Celui
qui va à l'escarmouche. Noirmoutier sortit ave«
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600 chevaui de Pari», poiy pouster de» e»e»nnoucbeurs de» troupes que nùu» appelions de» Haza-
rins, BKTZ, II, 218.
IIIST. xvr s. Courir ça et là comme escarmou-
cheur» armez à la li^gere, amvot, Philop. 43. K»carujoucheurs de colles (gens enlroprenanls auprès des femmes]. Dialogue* de tahurbàd, f* 47, dans
LACUBNE.
— ÊTYM. Eicarinoucher.
f ESCARNëR (è-skar-né), V. a. Parar , amincir du cuir.
— ÊTYM. £s.... préfixe, elle lat.«aro,camix, chair. ESCAROLE (è-ska-ro-l') , *. f. || i' Le lactuca
tcariola, L. || i' Piaule polagùre , espèce de chicorée à larges feuilles, dite aussi scarole, eichorium endivia, L. C'est l'escarole cultivée et dont on (ait des salades.
— ÊTYM. Génev. iscariole , eseariole; latin botanique, scariola. Du reste origine inconnue., à moins qu'on n'y voie la racine skar, qui, dans les langues germaniques, signilie couper : l'herbo que l'on coupe.
ESCAHOTIQUE (è-ska-ro-li-k'), adj. Fausse orthographe du Diclionnaire de l'Académie pour escharotique.
I. ESCARPE (è-skar-p'), t. f. Terme de fortification. Muraille de terre ou de maçonnerie qui r''gne au-dessus du fossé du cAté de la place : on appelle contrescarpe le côlé opposé. || Terme d'architecture. Talus d'un mur jusqu'au cordon. || Instrument pour régler le talus d'un rempart ou d'un mur.
— HIST. xvi* s. Le roi entreprend un retranchement de six pieds de gueule en ouvrage et en fonds, faisant mettre la plus part de la terre en escarpe et vers soi, d'aub. Ilist. m, 2*1).
— ÊTYM. liai, scarpa, talus, escarpe; du germanique : scand. «carp; anc. haut-ail. scarp ; ail. scharf; angl. sharj), aigu, tranchant. Cependant Scheler élève quelques doutes , demandant s'il ne faudrait pas plulAt y voir un dérivé du latin scalpellum, petit couteau, qui a donné l'italien scarpeUo.
f 2. ESCARPE (è-skar-p'), t. m. Terme d'argot. Voleur, et |)articulièrement celui qui ne recule pas devant l'assassinat.
ESCARPÉ, ÉE (è-skar-pé, pée) , part, passé. Oui a un talus fort roide , abrupt. Où le rivage de la mer était escarpé, fén. Tél. vu. J'ai marché quelque temps dans cette Ile escarpée , volt. 2'riumv. n, *. Du penchant escarpé de ces antiques monts Le roclier tombe, roule, et s'élance par bonds, de- ULLE, Enéide, xii. Il avait d'abord fallu passer la Louja au pied de Malo-Iaroslavetz , dans le fond d'un repli que fait son cours, puis gravir une colline escarpée.... SÉGUR , Uist. de Nap. ix , 2. || Fig. La route qu'il [Locke) ouvre est si souvent escarpée qu'on a autant de peine À aller à la vérité, sur se» traces , qu'à ne pas s'égarer sur celles de Malebranche, coNnii.. Traité des syst. ch. 7. . ESCARPEMENT (è-skar-pe-man), s.m.\\ l'État de ce qui est escarpé. L'escarpement des montagnes, étant Irùs rapide , montre en divers endroits le grès des rocliers, j. j. rouss. Lettre au mar. de Luxembourg, Corresp. t. iv, p. 52, dans pougens. Des lianes, chargées de fleurs blanches ou écarlates.... pendaient çà et là le long des escaipenients de la montagne, bern.de st.-p. Paul et Virg. Derrière eux [les Russes] et du haut des escarpements de la ville, leur avant-garde plongeait ses feux sur Delzons, sÉoun, Ilist. de Nap. ix, 2. {| a- Terme de géographie. Pentes des plateaux ; monu accolés aux plateaux; versant le plus abrupt d'une montagne. Il 3* Terme de fortification, l'ente roide. L'escarpement d'un fossé. {| Perpendiculaire du terrain qui s'élève du fond du fossé au sommet du rempart, et à la crèle des glacis.
— ÊTYM. Escarper
ESCARPER (è-skar-pé), e. a. |{ 1* Couper droit de haut en bas, en parlant d'un rocher, d'une montagne, d'un fossé, d'une roule, etc. Les vagues de la mer en [de certaines cAles] rongent le pied et en escarpent toute la hauteur en falaise, parce que ^es parties les plus hautes, se trouvant sans appui, tombent sans cesse dans l'eau, cuvier, Révol. p. 38. C'est la nature du terrain qui a décidé Kutusof à refuser ainsi celle aile; car ici le ravin, qui escarpe le plateau du centre, est déjà à sa naissance, sécur, Hiit. de Nopol. vu, «. || 2' S'escarper, v. réfl. Devenir escarpé, roide, incliné. X l'endroit où les montagnes s'escarpent et se couvrent, il y avwt un grand espace de terrain à passer, st-sih. 4u, 212. Le chemin s'escarpe, les arbres deviennent rares, CHATEAUB. Àmér. 38t.
— HIST. XVI* S. Vous allez montant de rideaux
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[rampes] en rideaux, aisez i eacarper jusque» aux maisons de la ville, d'aub. Hitt. i, 208. Descendre dedans le fossé pour escarper [rendre escarpée] la bresche, m. du bellay, 68*.
— ÊTYM. Escarpe.
ESCARPIN (é-skar-pio), (. m. Soulier léger qui laisse le cou de pied découvert, et qui est à semelle simple, excepté au talon où il y a deux épaisseurs. Il Fig. et familièrement. Jouer de l'escarpin, s'enfuir. Il Par plaisanterie. Escarpins de Limoges, des sabots , parce que les paysans limousins portent tous des sabots. || L'escarpin, étant une chaussure élégante, se dit pour aristocratie, richesse. Au vrai bonheur puisqu'il mène. Le sabot vaut bien l'escarpin, BÊRANO. Turlupin. || i' S. m. plur. Terme de tanneur. Souliers pour fouler les peaux. || 3' Sorte de torture qui consistait dans le serrement des pieds. On lui a mis les escarpins.
— tlIST. XII* s. Toute dolente hors de la chambre esi [sortit) , Desafublée, chaussée en eschapins, Garin, dans du canoë, scarpus. ||xv* s. Aller sans chausses en eschappin. Tous les malins, quand il se linve. Au trou de la pomme de pin.viLLON, Test, rondeau. Il XVI* s. Et lors, tout estant desgarni, le présente l'assaut ; ceux de dedans descouverts jusques à l'escarpin, d'aub. Ilist. m, 30. L'on luy donna le» escarpins avec le feu, que l'on dit eslre l'un de» plus cruelz torments qui se peut appliquer sur l'homme, coNDÊ, Uémoires, p. 688. J'ay celle aultre pire coustume, que, si j'ai un escarpin de travers, je laisse cncores de travers et ma chemise et ma cappe : je desdaigne de m'ameniler à demy, mont, iv, 87.
— ÊTYM. Picard, escrepin ; espagn. escarpin; ilal. scarpa et scappino ; bas-lal, scarpus. Mot difficile. Muratori le tire du latin carpisculus, sorte de chaussure; mais carpisculus aurait donné esrarpille, et il manque un intermédiaire pour rendre sûre cette élymologie. Diez ne voit dans l'italien scarpa, chaussure, qu'un même mot avec scarpa, escarpe, et venant, comme lui, de l'allemand scharf, aigu , c'est-à-dire ce qui se termine en pointe. Il faut remarquer, ce qui est singulier, que, dans une des formes italiennes et françaises scappino, eschapin, l'r a disparu.
t ESCARPINER (è-skar-pi-né) , V. n. Terme familier et vieilli. Courir légèrement.
— HIST. XVI* s. Escarpiner, cotgbave.
— ÊTYM. Escarpin.
ESCARPOLETTE (è-skar-po-lè-f), ». f. Espèce de siège suspendu par des cordes sur lequel on se place pour être balancé. D'une façon sadinetle Se branlent à l'escarpolette, Régnier, i/ac. || Fig. Ne vous proposez pas de me balancer entre la terreur et la volupté; c'est une escarpolette sur laquelle je ne saurais me tenir longtemps, dider. Sur les saisons. Il Une tète à l'escarpolette, un étourdi.
— HIST. XVI* s. Le tout ainsi arreslé, et les assiégez aians gari,i les flancs de fauconnaui, et quelque pierrier, mettent leur femmes en sentinelles aux autres endroits et se trouvent à l'escarpoulette, d'aub. Hist. III, 4 36.
— ÊTYM. Écharpe, d'après Ménage, l'escarpolette étant une grande écharpe, sur laquelle on s'asseyait. D'Auhigné semble donner à ce mot le sens d'escarpe (voy. escarpe) : tdujours est-il que la formation en est douteuse.
1. ESCARRE (èska-r'), s. f. Fausse orthographe du Dictionnaire de l'Académie pour eschare. Ce mol n'est pas d'un usage assez vulgaire pour qu'on ne puisse le corriger.
2. ESCARRE (è-ska-r'), s. f. Terme vieilli. Ouverture faite avec violence, avec fracas. Le canon a fait une grande escarre dans ce bataillon, dans ce mur.
— HIST. xvi* s. Aliculi, Cham et Simon allèrent au devant, et firent un grand escarre à la teste (front, avant-garde] de Assam; mais le gros des Turcs arrivant au combat, Aliculi fut pris, d'aub. Hist. II, 3.S8.
— ÊTVM. Anglais, scar, cicatrice; ancien haut allem. scar, couper.
t 3. ESCARRE (È-ska-r') , s. f. Terme de blason. PiÈce qui a la forme d'une équerre.
— ÊTYM. Le même que cquerre.
t ESCaRT (è-skar) , s. m. Terme d'écolier. Au jeu de barres, avance sur l'adversaire, dans la course qu'on doil fournir. Demander de l'escart.
— ÊTYM. Sans doute le même que écart.
t ESCARTABLE (è-skar-la-bl'), adj. Terme de fauconnerie. Se dit d'un oiseau fort chargé de plumes qui s'élève très-haut lorsque la chaleur le presse.
t ESCAUME (è-sko-m'), I. m. Terme de pêche. Le même que écliome.
ESCAVEÇADB (è-ska-ve-sa-d') , *, f. Terme de
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manège. Secousse du caveçon pour prcsaer le cheval
d'obéir.
— HIST. XVI* ». Escavessade [licou] , cotoravb.
— ÊTVM. Es.... préfixe, et carefon.
t E.SCA VILLE (è-ska-vi-ir, U mouillées) , s. f. Voy. cantiiahelle, champignon.
t ESCHARE (è-ska-r*),*. f. Croûte noirâtre qui se forme sur la peau par gangrène ou par application d'un caustique ou du feu.
— HIST XIV* s. Quand l'escharre sera cheue, H. DR MONDEviLLK, f* 68. || XVI* 8. Si la brusleuro est pru-fonde, il s'y fait escarre ou crouste qui est la chair bruslée, pabÉ. x , 8.
— ÊTYM. 'Koyopa, eschare, proprement foyer. t ESCUARIFICATION (è-ska-ri-fl-ka-»:on). t. f.
Terme de médecine. Production d'une eschare.
— ÊTYM. Eschare.
t F^CIIARIFIER (è-ska-ri-fl-é), «. a. Produire une e.schare.
tESCUAROTIOUE(è-ska-ro-ti-k'), od;. Terme de médecine. Oui produit une eschare. || S. m. Un escharotique, substance qui, appliquée sur une partis vivante, la désorganise.
— HIST. XVI* s. Faudroit venir aux médicament» escharotiques, faisans crouste, pari;, vu, 7.
— ÊTYM. *Eax«f<»Tix4{ , de i<rxiipa, eschare.
t ESCHATOLOGIE (è-ska-to-l»-jie), ». f. Terme de théologie. Doctrine des choses qui doivent advenir lors de la consommation des siècles ou fin du monde.
— ÊTYM. 'EoyoL-coi, dernier, et Xijoi, doctrine (vov. logique).
t' ESCHATOLOGIQCE (è-ska-to-lo-ji-k') , adj. Qui a rapport à l'eschatologie. Les idées eschalologiques tiennent une grande place dans plusieurs des livres des Guèbres.
— ÊTYM. Eschatologie.
t ESCUILLON (è-ski-Uon, U mouillées; et non è-ski-yon), s. m. Météore fort dangereux dans les mers du Levant, trombe, siphon.
ESCIENT (è-si-an) , s. m. Il ne s'emploie que dans ces deux locutions adverbiales : 1° A son escient, à mon escient, sciemment, avec connaissance de cause; 2* X bon escient, sciemment, et, par extension, tout de bon, véritablement. Ceux que l'abbé de Poligiiac avait engagés par là [par promesses] voulaient voir des espèces à bon escient,
ST-SiM. 48, 66.
— HIST. XI* s. Mon escient , deus cens ans [il] a passet , Ch. de Roi. xxxix. || xii* s. Là me souvint des gens de maie guise Qui m'ont mis sus mensonge à esciant. Que j'ai chanté des dames laidement, OUESNES, Romane, p. 8». Pour Dieu conseillez ment [de cela] D'envoieren Herope selon vostre escianl, Sax. xxi. Prudboine sont et sage et de tx>n esciant , ib. xxi. Lur paroles n'ai pas tules ci en présent. Mais de ce qu'unt requis dirrai mun escient , Th. le mart. 65. || xiu* s. Cius [ce] Robiers estoit de petit enscient, ne riens ne savoit, Chr. de Rains, p. 2. Lois est communs commandemanz de sages homes et conseil, et cbasliemant des torz fez que l'en fet à escient et sans esciant, Liv. de just. 4. Il xiv* s. Li evesques de Burs a pris le sairement Des plus vaillans de tous qui plus ont d'escient, Cuesc. 85»fl. Il XV* s. Et travailloient d'y mettra gens [diins la ville] s'Ilzen eussent peu fineràtemp» et la defl'endre à bon essienl, COMM. v, 4 6. ||xvi*s. ....Soit qu'ils le facetit à leur escient ou par inconsideration , calv. Instit. »8«. Le cler le disoit de tel escient [si sérieusement] que la pauvre garsa n'eustosé failhrà le croire, despkr. Contes, x. 11 n'y a rien, en bon escient, en noire puissance que la volonté, MONT, i, 30. Ainsi que l'on procedoit à ceste élection, il tonna à bon escient, amyot, IfarceU. 4 7.
— ÊTYM. Génev. avoir de l'escient, manquer d'escient; provenç. ejcien , ecien; du latin scientem, part, présent de scire, savoir (voy. science).
t F.SC10NNEMENT (è-ssi-0-ne-man), s.m. Ëbourgeonnemen'..
— ÉTYM. Es... préfixe, et scion.
ESCLAIRE (è skl6-r'), ». m. Terme de fauconnerie. Oiseau de proie dont le corps est allongé et qui vole bien.
t ESCLAME (è-skla-m') , adj. Terme de vénerie. Se dit d'un animal dont le corps est grêle et menu. Cerf esclame.
— ÊTYM. Voy. «CLAMi.
ESCLANDRE (è-sklan-dr'), *. m. || 1* Bruit scandaleux à propos de quelque accident fâcheux, désagréable. Je ne veux point d'esclandre dans ma maison; ni moi ni Toinon, nous n'en avons que faire, MARIVAUX , Marianne, s* paru 11 n'y aura pas d'esclandia; mais toute la société est au fait, picard.
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Petite viUe, iv, î. Croyez-moi, sans esclandre, à nous seuls, étouffons la flamme, p. l. cour, i, 2«o. Il Faire esclandre ou causer de l'esclandre, faire du tapage. Tous les amours y [dans mon glle] mettent garnison; En vrais soudards ils y faisaient esclandre, BÉBANO. hétempsych. || Faire esclandre , éclater d'une façon scandaleuse. Les désordres de sa vie ont fini par faire esclandre. || Faire un esclandre à quelqu'un, lui faire une querelle publique et scandaleuse. Il 2" Attaque, rixe. Le pauvre loup dans cet esclandre, Empêché par .son hoquelon. Ne peut fuir ni se défendre, la font. Fabl. m, 3. Quand on n'a qu'un endroit à défendre On le munit de peur d'esclandre, id. ib. i, ». Ce n'est coup sûr encontre tous esclandres, id. On ne s'avise. Vieux en ce sens.
— REM. Esclandre a été du féminin : La fortune lui trame en secret cette esclandre, la font. Fianç. Aujourd'hui le genre est fixé; esclandre est du loasculin; mais plusieurs auteurs s'y trompent encore : Si vous vous en étiez souvenu, vous n'auriez pas fait une pareille esclandre, angelot et dcport. Une camarade de pension, ii, (3; Ah! ah 1 c'est pour cela que vous voulez , ma toute belle , une bonne petite esclandre , fr. soumé , Les quatre sœurs, part, iv, § 6; Condamnons par maintes esclandres.... SCBIBE, NOUV. VOUTC. SC. 3.
— HIST. XII* s. Encuntre tun frère parlowes [tu parlais], e encuntre le fil ta mère posowes [tu mettais] escandie , Liber psalm. p. 67. De sa mortel ovre haïe E de sa laide félonie, Dunt par le munt fu grant esclandres.... beno!t, ii, )34I7. De la descorde sunt entur de conseillier; Wai [malheur à] celui par qui vient escanles d'escunbrier, Th. le mart. 89. || xiii' s. Mener une vie si deshoneste que ce soit escanlles à li et à son lignage, beaum. xii, <7. Mes s'il fussent garnis de meurs et bien letrez. Jamais par symonie ne fussent enmitrez , Dont Diex et la gent laie les tiennent en viltez Por l'erreur et l'esclandre oii il se sunt boulez, j. de mebno. Test. 540.11 XV* s. Et touscesappareils et l'esclandre qui s'en faisoit estoient pour retraire hors le duc de Lancastre et sa route du royaume de Caslille, froiss. ii, m, 40.
Il XVI' s Pour avoir esté si hardis, que d'avoir fait
cette esclandre si près du roi, yver, p. 6)5.
— ÊTYM. Provenç. escandol ; espagn. escandalo; ital. scandalo; du latin scandalum, qui, ayant l'accent sur Scan, a donné esclandre (avec épenlhèse de l'e comme dans esprit), et qui, beaucoup plus tard , a fourni scandale.
ESCLAVAGE (è-skla-va-j') , t. m. || !• ÉUt d'esclave dans l'antiquité. L'esclavage chez les Grecs et chez les Romains. Emmener, réduire en esclavage des femmes, des enfants. On ne croirait jamais que c'eûtété la pitié qui eût établi l'esclavage, montesq. Esp. XV, 2. Je ne vous demande que la liberté d'une jeune esclave de Babylone que vous avez depuis quelques jours ; et je consens de rester en esclavage à sa place, si je n'ai pas le bonheur de guérir le magnifique seigneur Ogul , volt. Zadig , <8. Il État d'esclave chez les modernes. L'esclavage des nègres. Le cri pour l'esclavage est le cri du luxe et de la volupté, et non pas celui de l'amour de la félicité publique, montesq. Esp. xv, 9. L'esclavage est d'ailleurs aussi opposé au droit civil qu'au droit naturel ; quelle loi civile pourrait empêcher un esclave de fuir? id. ib. xv, 2. || 2° Par extension, assujettissement , dépendance. Etre en esclavage sous un despote. Gouverner les peuples contre leur volonté, c'est se rendre très-misérable pour avoir le faux honneur de les tenir dans l'esclavage, fén.
M.viii.Ce serait mettre les familles dans le plus rigoureux esclavage, id. ib. xxiii. L'esclavage politique établi dans le corps de l'État fait que l'on sent peu
'esclavage civil, montesq. Esp. xv, 43. Dans les climats où les femmes vivent sous un esclavage domestique, il semble que la loi doive permettre aux femmes la répudiation, et aux maris seulement le divorce id. ib. xvi, (5. X peine Jérusalem jouit-elle de quelque ombre de liberté, qu'elle fut déchirée par des guerres civiles, qui la rendirent, sous ses fantômes de rois, beaucoup plus à plaindre qu'elle ne l'avait jamais été dans une si longue suite de différents esclavages, volt. Dicl. phil. Juifs. || 3" Fig. Ce qui assujettit, subjugue. L'esclavage des passions. Je ne hais point la vie et j'en aime l'u.sage, Mais sans attachement qui sente l'esclavage, corn. Poly. V, 2. Je brise avec honneur mon illustre esclavage, ID. Rodog, m, 3. Il vous dégage des passions.... qui sont les sources de vos péchés.... si vous en aimez l'esclavage, bourd. Arent, Pénit.
4S2. Vous vivez dans l'esclavage du péché et vous y
aourrez, id. 8* dim. après la i'entec- Dominic.
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t. III, p. 13B. Mais si, par d'autres soins plus dignes de mon âge. Par de profonds respects, par un long esclavage, rac. Baj. m, 2. || L'esclavage de la rime, la gêne, la contrainte qu'elle impose. || Ce qui laisse peu de liberté, de loisir. Cet emploi est lucratif, mais c'est un esclavage. || 4° Terme de gravure. Manière gênée, taille qui n'est point quittée à propos. Il 5" Sorte de clialne , ordinairement ornée de diamants ou de pierres précieuses, qui descend sur la poitrine en demi-cercle, dite ainsi parce qu'on la compare à la chaîne portée par l'esclave. Il portait un chapeau pointu retroussé d'un gros diamant, et un esclavage de perles et de rubis au lieu de carcan, hamilton. Le bélier, au commencement. Il 6° Ancien terme de négoce. Le droit qu'une compagnie de marchands avait seule de vendre et d'acheter certaines marchandises.
— REM. M. de Malherbe disait et écrivait esclavitude, et ne pouvait souffrir esclavage; néanmoins esclavage est beaucoup plus usité que l'autre, vaug. Rem. t. II, p. 68) , dans pougens.
— ÉTYM. Esclave.
t ESCLAVAGISTE (è-skla-va-ji-st*), t. m. Néologisme. Celui qui, dans les pays où les nègres sont esclaves, est partisan de l'esclavage.
ESCLAVE (è-skla-v') , s. m. et f. || !• Celui, celle qui est sous la puissance absolue d'un maître, par achat, par héritage ou par la guerre. Délivrer, racheter des esclaves. Platon vendu comme esclave. Le trafic des esclaves à la côte d'Afrique. On trouve la .sainteté dans les emplois les plus bas, et un esclave s'élève à la perfection dans le service d'un maître mortel, pourvu qu'il y sache regarder l'ordre de Dieu, Boss. leTellier. De mon rang descendue, à mille autres égale. Ou la première esclave enfin de ma rivale, rac. Baj. v, 4. Aristote veut prouver qu'il y a des esclaves par nature ; ce qu'il dit ne le prouve guère, montesq. Esp.xv, 7. Les Athéniens traitaient leurs esclaves avec une grande douceur; on ne voit poi nt qu'ils aient troublé l'Etat à Athènes, comme ils ébranlèrent celui de Lacédémone, ID. ib. XV, 17. Chaque nation européenne a une manière de traiter ses esclaves qui lui est propre : l'Espagnol en fait les compagnons de son indolence ; le Portugais, les instruments de ses débauches ; le Hollandais, les victimes de son avarice, raynal, llist. phil. XI, 22. 11 est prouvé que quatorze ou quinze cent mille noirs, aujourd'hui épars dans les colonies européennes du nouveau monde, sont les restes infortunés de huit ou neuf millions d'esclaves qu'elles ont reçus, id. ib. Les esclaves de tout âge, de tout sexe et de toute nation sont un objet considérable de commerce dan» toute la Grèce, babthél. ch. 6. Il Terme de droit romain. Esclaves de la peine, ceux qui étaient condamnés à travailler dans les mines, ou à combattre des animaux féroces pour divertir le peuple. || Par extension. Esclave couronnée. Je partis pour l'hymen où j'étais destinée, rac. Mithr. i, 3. Ce n'est donc point, Ismène, un bruit mal affermi ? Je cesse d'être esclave et n'ai plus d'ennemi, ID. Phèdre, ii, *. \\ Fig. Il [unlivre] est esclave né de quiconque l'achète, boil. Sol. ix. La rime est une esclave et ne doit qu'obéir, id. Art p. 1. Il 2" Celui qui est soumis à une domination étrangère, à un gouvernement despotique. Fut-il jamais au joug esclaves plus soumis? bac. Esth. m, 4. Quand l'esclave imprudent pour ses maîtres combat. Tout son sang prodigué se répand sans éclat, c. DELAV. YSpres sicil. i, 2. D'anciens Gaulois, pauvres esclaves, Un soir qu'autour d'eux tout dormait. Levaient la dîme sur les caves Du maître qui les opprimait, bébang. Escl. gaulois. \\ En esclave, à la façon des esclaves, servilement. Je prétends n'être point obligée à me soumettre en esclave à vos volontés, mol. G. Dandin, ii, 4. Le sang des Ottomans Ne doit point en esclave obéir aux serments, bac. Baj. m, 3. || 8" Dominé par, assujetti à. Vous seriez devenu, pour avoir tout dompté, Esclave des grandeurs où vous êtes monté, cobn. Cinna, ii, <. Elle a trop de vertus pour n'être pas chrétienne.... Pour vivre des enfers esclave infortunée, ID. Poly. IV, 3. Père dénaturé, malheureux politique, Esclave ambitieux d'une peur chimérique, ID. ib. V, 6. Vil esclave toujours sous le joug du péché. Au démon qu'il redoute il demeure attaché, BOIL. Éptt. XII. Triste destin des rois, esclaves que nous .sommes Et des rigueurs du sort et des discours des hommes, rac. Iphig. i, 5. Esclave d'une lâche et frivole pitié, id. Àthal. ii, 7. L'empereur soupçonneux, esclave de son rang, CAMPisTRON, Àndron. i, 8. Plus une âme mondaine est esclave de ses passions, mass. Car. Respect hum. Elle n'eu est pas moins l'esclave des vanités d'Egypte,
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i». ib. Protp. J'eusse été près du Gange esclave des faux dieux . Chrétienne dans Paris, musulmane en ces lieux, voift. Zaire, i, 4. Mais le reste du monde, esclave de la crainte, i\>. Alx. i, 4. En arrivant à la cour, il se vit entouré une seconde fois des esclaves de la faveur, condorcet, Maurepas. \\ Être esclave de sa parole, tenir religieusement la promesse qu'on a faite. Il Être esclave de son devoir, l'accomphr scrupuleusement. Tout cela part d'un coeur toujours maître de soi, D'un héros qui n'est point esclave de sa foi, bac. Andr. iv, 5. || 4" Qui est volontairement asservi aux volontés de quelqu'un. Tous les hommes vivants sont ici-bas esclaves; Mais, suivant ce qu'ils sont, ils diffèrent d'entraves, Régnier, Sat. tu. Qui est plus esclave qu'un courtisan assidu, si ce n'est un courtisan plus assidu? LA BHUY. VIII. Les hommes veulent être esclaves quelque part et puiser là de quoi dominer ailleurs, id. ib. Vous exigez que vos esclaves vous servent avec tant de respect, mass. Car. Temples. Diderot s'est fait esclave des libraires, et est devenu celui des fanatiques, volt. tel», à d'Alembert, 4S cet. 4 759. Je ne désire pas des amis; il ne me faut que des dupes et des esclaves, geni.is, Veillées du chdt. t. m, p. 384, dans pougf.ns. || Dans le langage de la galanterie, amant et serviteur d'une dame. Je ne souffrirai point qu'Hypsipile me brave. Et m'enlève ce cœur que j'ai vu mon esclave, corn. Tais, d'or, iv, 3. Une aventure me fit voir la charmanie Élise; cette vue me rendit esclave de ses beautés, mol. l'Avare, v, 6. Mais enfin je ne puis.... .... esclave d'un coup d'oeil Par des soumissions caresser son orgueil, volt. Ali. i, 4. || 6° Qui n'a aucun moment de libre. Cet emploi le rend esclave. Les domestiques sont esclaves dans cette maison. Il 6" Adj. Les nègres esclaves, ô malheureuse et respectable reine, comment vous retrouvé-je en ce lieu écarté, vêtue en esclave et accompagnée d'autres femmes esclaves qui cherchent un basilic pour le faire cuire dans de l'eau ro<e par ordonnance du médecin? volt. Zadig, 4. || Fig. Avoir une âme esclave, avoir une âme vile et basse. || Par extension. Qui obéit comme ferait un esclave. Sylla peut en effet quitter sa dictature; Mais 11 peut faire aussi des consuls à son choix. De qui la pourpre esclave agira sous ses lois, cobn. Sertor. iv, 3. L'air tient les vents tous prêts à suivre sa colère [de Médée] ; Tant la nature esclave a peuf de lui déplaire, id. Méd. m, 4. Il est beau d'étaler cette prérogative Aux yeux du Rhône esclave et de Rome captive, ID. Sert. IV, 2.
— HIST. XII* s. Qui estoit franc est devenu esclave, Uachab. i, 2. || xiu* s. Et qui celé rançon ne porroit paer, si seroit esclas, Ilist. occid. des croisades, t. I, p. 89. Quant Seif Eddin ot les mil esclaz, ib. p. 97. L'on se peut clamer par l'assise de esclaf ou de esclave qui est mosel [lépreux] ou meselle, ou qui cheit dou mauvais mau [épilepsie], Ass. de Jér. i, 429. || xiv* s. Le royaume de Rome estoit abandonné non pas seulement à gens estranges et pèlerines, mes encores à serfs et A esclaves, BEBCHEUBE, f° 20, rerso. Voulons que lesdits Cathelans qui vouldront venir en ncstre dit royaume le puissent faire seurement et sauvement avec leurs femmes, enfans, serviteurs, esclaux [valets], esclaves, bagues, joyaulx, Ordonn. avril 4488.
— ÊTYM. Provenç. esclau, s. m. ; esclava, s. f.; e.spagn. esclave; portug. escraro ; ital. schiavo ; allem. Sclave ; angl. slave ; de slavus ou sclavus, Slave, nom de peuple, qui fut employé pour désigner un serf après les guerres qu'Othon le Grand et ses successeurs firent aux peuples slaves et dans lesquelles une partie de ces peuples furent emmenés en captivité, distribués aux guerriers de l'empire d'Allemagne et réduits en servitude. Un très-grand nombre de Slaves étant devenus serfs, le mot de slave fut employé pour synonyme de serf. Les premiers exemples de l'usage de slavus en cette signification remontent au x* siècle; voy. guérard, Polyptyque d'irminon, i, 283.
t ESCLIPOT (è-skli-po), s. m. Terme de pêche. Caisse dans laquelle on laisse tomber la morue tranchée et habillée.
t ESCOBAR (è-sko-bar), s. m. Nom d'un jésuite, célèbre casuiste, né en (589 à Valladolid (Espagne). Quoi I vous ne savez pas qui est Escobar de notre société, qui a compilé cette Théologie morale de vingtquatre de nos pères, sur quoi il fait, dans la préface, une allégorie de ce livre à celui de l'Apocalypse qui était scellé de sept sceaux, pasc. Prov. 6. C'est k bon droit que l'on condamne à Rome L'évêqus il'Ypre [JanséniusJ auteur de vains débats; Ses sectateurs nous défendent en somme Tous les plaisir»
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que l'on (çoflte iei-ba» ; En paradis allant au petit pas, On y parvient, quoi qu'Arnauld nous en die ; La volupté sans cause il a bannie; Veut-on monter fur les céleste» tours? Chemin pierreux est grande rêverie; Escobar sait un chemin de velours, la FONT. Ballade sur Etcobar. || Ouvrage d'Escohar, sa Théologie morale. J'ai toujours oublié à vous dire qu'il y a des Esoobar de différentes impressions, PASC. Prov. 8. Il Familièrement. Adroit hypocrite, qui sait résoodre, dans le sens convenable à ses intérêts, les cas de conscience les plus suhlils.
ESCOBAUDÉ, ÊE (è-sko-bar-dé, dée), pan. pané. Enlevé, obtenu par tromperie. Un testament escobardé.
ESCOBARDER (è-sko-bar-dé). || 1* F. n. User de réticences, de mots à double entente dan» le dessein de tromper. Nous n'escoharderons point sur une des plus grandes questions qui nous aient été jamais .«oumises, mihabeau, Collection, t. v, p. 416. Il 2° V. a. Obtenir, se procurer selon les décisions d'Escobar. C'est ainsi qu'on escolardait les survivances depuis que le roi n'en voulait plus donner que des charges de secrétaire d'Ëtat, ST-sm. 863, «47.
— ÊTYH. Eieobar, avec l'addition d'un d, comme si le nom s'écrivait Hscobard (voy. marivaudaof,). Ce verbe n'a pas été fait li'après le caractère de l'honime, qui fut toujours d'une piété exemplaire, mais parce que dans sa Théologii' morale uiiiverleVe , discutant tous les cas possibles, il conclut en autorisant les deux partis opposés en cette façon ; Les sujets sont obligés et ne le sont pas de payer le tribut.... Un faux .serment est un péché mortel et n'en est pas un, etc.
ESCOBARDERIE (ê-sko-bar-de-rie), s. f. Parole, acte par lequel on escobarde. Celui [le mot] d'escorbarderie pour signifier un adroit mensonge, d'a- LEMB. Destr. des Jésuites, .Œuvres, t. v, p. 69, dans pouGENS.
— Etym. Escobarder.
t ESCOBARTIN, INE (6-sko-bar-tin, ti-n'), adj. Mot forgé par Pascal. Qui a le caractère de la casuistique d'Escobar. Ridicule de dire qu'une récompense éternelle est offerte à des mœurs escobartines, PASC. Pensées, art. xxiv, 65, édit. havet.
t ESCOCHER (è-sko-ché), v.a. Battre la pâte du biscuit avec la paume de la main, afin de la ramasser en une seule niasse.
t ESCOFFIER (è-sko-fi-é), v.a. Terme populaire. Tuer.
— RTYM. Prov. escofir, tuer, défaire; ilal. sconfiggere; du latin ex, et conficere, achever, tuer, de cum, avec, et facere, faire (voy. confire).
ESCOFFION (è-sko-fion), s. m. Ancienne coiffure à l'usage du peuple. D'abord leurs escoflîons ont volé parla place, mol. l'Étoiir.v, <4.
— IIIST. XVI' s. Car les pendants et les bracelets d'or. Les scoffions et leschaisnes encor, dubellay, vu, 61, recto. Sa teste en ce beau mois sans plus estoit couverte D'un riche escoffion ouvré de soie verte, ronsabd, «81.
— ÊTYM. Ital. scuffia, cuf/ia (voy. coiffe). ESCOGRIFFE (è-sko-gri-f), s. m. || 1" Celui qui
prend hardiment sans demander. Un tour d'escogriffe. Il 2° Par ironie et familièrement, homme de grande taille et mal fait. Quel grand e-scogriffe! Et surtout ce grand escogriffe de maître d'armes qui m'emplit de poudre tout mon ménage, mol. Bourg, gent.m, 3. Gil Blas, me dit-il, qui est ce grand escogriffe que j'ai vu tantôt avec toi? lesaoe. Cil Blas, m, 3. Un certain escogriffe avec noire jaquette Se plantait devant moi droit comme un échalas, ducerceau , Le (aux due de Bourgogne,
— HIST. XVI' ». Escogriffe, oudin, Dict.
— ÉTYM. Mot d'origine inconnue el qui semble provenir de griffe ou griffon par quelque formation burlesque, peut-être avec escot, b.Mon (comp. écoperche).
ESCO.MPTE (èskon-f), t. m. || 1' Prime payée au banquier ou à toute autre personne qui fait avance du montant d'un effet avant l'échéance. Il Le taux de l'escompte, la quotité v.iriable du prix de l'escompte. La Banque de France abaisse ou élève le taux de l'escompte. || Escompte en dedans, escompte qui se prend en calculant quelle est la ïomme qu'il faudrait placer au jour de l'opération, pour qu'elle produisit, à l'échéance, et déduction faite de l'escompte, le total porté au billet qu'on escompte. Escompte en dehors, escompte qui se prend en calculant les intérêts de la somme portée au billet pendant le temps qui reste à courir et en les retranchant de cette somme. [] 2' Opération de
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banque qui consiste à payer par anticipation le montant d'un effet non échu, sou» déduction d'une somme pour intérêt, change ou frai» de recouvrements. Il Caisse d'escompte, comptoir établi à Paris par Turgot en 4776, pour faciliter l'escompte dt» effets de commerce. On donne aujourd'hui à un établissement analogue le nom de comptoir d'escompte, de banque d'escompte, de caisse d'escompte.|| 8° Terme de bourse. Exercice de la faculté lai.ssée à l'acheteur par marché ferme de se faire livrer plusieurs jours après avoir prévenu le vendeur.
— 6TYM. Voy. escompter.
ESCOMPTA. ÉK (è-skon-té, tée), part, passé. Un billet escompté.
ESCOMPTER (é-skon-lé), e. a. || !• Payer à quelqu'un le montant d'un effet avant l'échéance, moyennant un escompte. || Absolument. Faire l'escompte des billets, faire la banque. j| Kig. Liberté, gloire, honneur, patrie. Sont des mots qu'on n'escompte point , BÉBANO. Poète de cour. || 2* Dépenser d'avance. Escompter le succès d'une affaire. || Dépenser, consommer rapidement et prématurément. Escompter la vie. Escompter «a jeunesse. Passer ses jours en liberté. C'est en termes de banque, escompter sa jeunesse, panard, dans le Dict. de uociiez. || 3' S'escompter, V. réfl. Être escompté. Ces billets ne s'escomptent pas.
— ÊTYM. Et.... préfixe, et compfe.
+ ESCOMPTEUR (è-skon-teur) , /. m. Homme qui fait l'escomptti. || Adj. Banquier escompteur, celui qui fait l'escompte.
— ÉTYM. Etcnmpter.
ESCOPE (È-sko-p') , s. f. Voy. ÉCOPB.
— REM. Les bateliers de la Seine disent échope.
— ETYM. Du cermanique : angl. scoop ; holland. schopTen.
t ESCOPERCHE, S. f. Voy. écoperchb.
ESCOPKTTK (è-sko-pè-f) , *. f. Arme à feu , espt'ce de carabine que l'on portait ordinairement en bandoulière tJne espèce de soldat qui, sur deux bJtons croisés , appuyait le bout d'une escopeite qui me parut plus longue qu'une pique , etavec laquelle il me coxhait en joue, lksage, Gil Bios, i, 2. || Sorte d'arquebuse dont la cavalerie française se servait sous le règne de Henri IV et de Louis XIV, et qui, dit-on, pondit & cinq cents pas
— HIST. xvi' 1. Tué d'ung coup d'escouppette par un soldat, D'Anv. Hist. i, 1)4.
— ETYM. fcspagn. escopeta ; ital. schioppetio, seoppiello.àe l'italien schioppo, scoppio, bruit, explosion, arme à feu ; du latin stlopus ou sclopus, bruit que produit un coup sur les joues gonflées.
ESCOPETTERIE (è-sko-pè-te-rie), s. f. Décharge de plusieurs tscopettes. L'armée ne fut point troublée par cette escopetterie, et passa la nuit auprès de nos deux brigades, st-sim. 47, 62. || Kig. Cou- Ion avait dit & l'oreille de Monsieur que l'escopetterie des enquêtes ne serait pas moins forte, retz, III, 301.
— HIST. XVI' S. X la faveur d'une escoupetterie à travers la rivière, il fit passer les meilleurs soldats dedans l'eau, d'aub. Hist. i, 296. L'escopetterie du canon et d'arquebuserie, ID. «6. i, 3)7.
— ÊTYM. Escopeite.
t ESCOPETTIER (è-sko-pè-lié), s. m. Soldat qui était armé d'une escopette.
— ÊTYM. Escopette.
ESCORTE (è-skor-f), s. f. || !• Troupe armée qui est commandée pour suivre quelqu'un, ou quelque chose, et veiller à sa sûreté, dans une roule. Marcher sous bonne escorte. Une vaillante escorte. Le malheureux Araspe avec sa faible escorte , corn. Nicom. v, 8. La princesse partit pour Garbe en grande escorte , la F0^T. Fiancée. Pour marcher sans escorte on doit se faire aimer, c. drlav. Vêpr. sicil. II, 2. Il Escorte de convoi, détachement mis, en v°-tu d'un ordre de route, sous un chef spécial, accompagné du nombre nécessaire d'officiers. || Escorte d'honneur, troupe de soldats ou de citoyen» armés qui accompagne un souverain, un prince ou tout autre grand personnage, à l'entrée ou h la sortie d'une ville. || Terme de marine. Vaisseaux de guerre qui accompagnent des bAtiments de transport, des navires marchands , etc. |{ 2* Cortège. Des millions d'anges y descendent avec lui pour lui faire escorte. BOURD. Carême, m, 2<8. Errant dans le palais sans suite et sans escorte, La mère de César veille seule à sa porte , rac. Brit. i, «. ||3* Il se dit aussi d'une seule personne. Je vous servirai d'escorte, je vous ferai escorte jusque cher. vous. Sous mon escorte vous n'avez rien à craindre dans ce trajet. || Fig. Bientét l'ambition et tout* ton escorte Dans le sein
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du repos Went le prendre k main forte, «Ott. Sal.
— HIST. XVI' ». Les mérite», rencontrant une noble extraction, Bont plus forts et se font meilleure escorte l'un à l'autre, brant. Pescayre. Les rivières, les passages , k sa dévotion , luy conduiroient et vivre» et deniers en toute seurelé et sans besoing d'esci^rte, mont, i, 368.
— ETYM. liai, scnria, escorte, àescorgere, montrer le chemin, du \Alin ex-eorrigere , diriger (voy.
COBBIGRH).
ESCORTÉ, ÉE (é-skor-té, tée), part, passé. Escorté d'une troupe nombreuse. Escorté jus()ue chez lui par ses amis.
E.SCORTER (è-skor-lé), v. a. Accompagner pour protéger, défendre ou surveiller pendant la marche. On détacha cent hommes pour escorter le convoi. Mais ce ne sera pas sans vous faire escorter De dix mille de» mien», tristan, Panthée, v, 6. || Il se dit de même d'une seule personne qui accompagne. Damis : Ne me quitte pas au moins. — Lavigne : Je n'ai garde, j'escorte l'escorte, moi, dancourt, la Parisienne, se. 17. || Fig. Le mérite est un sot si l'argent ne l'escorte, montfleurt, Femme juge et partie, ii, i.
— ÊTYM. Escorte; ital. scortare.
t I. ESCOT (è-sko), s. m. Terme de commerce. Sorte d'étoffe de laine à tissu croisé, dont on fait des robes de deuil, des vêtements pour religieuse» et des tabliers communs.
— ETYM. Escot est peut-être ici pour écossais ; du moins on trouve dans le Tarif du I8 avril 1667 : Serge d'Escosse demy-éiroile.... serge de seigneur et d'Ascot, L'isle, Cipre, Angleterre, et autres pal» estrangers.
1 2. ESCOT (é-sko), ». m. Terme de marine. Angle le plu» bas de la voile latine qui est triangulaire.
— ÊTYM. Le même que écoute.
t ESCOTARD (è-sko-tar), s. m. Terme de marine. Palier de l'écoulille.
ESCOUADE (è-skou-a-d'), ». t. Terme militaire. Fraction d'une compagnie sous les ordres d'un caporal ou d'un brigadier. Une escouade d'infanterie. Une escouade de cavalerie. || Escouade brisée, escouade formée des soldats de plusieurs régiments. Il Contrôle d'escouade, feuille dont les fourriers font usage en route pour délivrer par escouades le* billets de logement des compagnies.
— HIST. XVI' s. Et fut faict commandement k tou» les capiiaines de gens de pied, d'envoyer une escouade de leurs compaignies, carixiix, v, 2*. Le sergent-major est tenu d'assister à toutes les exécutions de justice avec une scouadre de soldats, que chaque capitaine doit fournir à son tour, id, vi, <«. La nuict que ledit soldat devoit livrer sa marchandise, escheut k son esquadre son rang de faire la garde au dit bouUevert, u. du bellat, 4«i. Douze vaisseaux espagnols, l'on ne me mai.de point si ce sont les dunkerquois ou ceux de l'esr.ouade de dom Frédéric de Tollede, bassompierbe, Ambass. t. I, p. 302, dans LACORNE. 11 y avoit [dans l'armée de Gustave-Adolphe] un lieutenant qui avoit la conduite de trois régiments, un colonel et un lieutenant dans chaque régiment; et un capitaine, un lieutenant, un enseigne, un sergent et plusieurs chefs d'e.sqiiadre dans chaque compagnie, l'Uittoire de Gustare-Adolphe , par H de prade, (688.
— ETYM. liai, squadra (voy. escadre). On a dit, ce qui prouve l'identité des deux mots, comme on voit k l'historique, escouade pour flotte, et esquadri pour troupe.
t E.SCOUPE (è-skou-p'), s. f. Pelle de fer dont on se sertdans les fours à chaux.
— ETYM. Le même que etcope.
ESCODRGËE (è-skour-jée) . ». f. \\ 1' fouet fait de
plusieurs lanières de cuir. En les faisant [lesJuifs qui refusaient de manger de la chair de porc] déchirer avec des fnuets et des escourgées de cuir de taureau, SAa, Bible. Uachab. ii, vu, 4. ||2* Coups donnés avec ce fouet. Chœur et héros s'en allant chargés d'escourgées, boil. Héros de roman.
— HIST. xiii* s. Dont fu Renaus Porquès de maintes pars saisis. De corgies noées fu batus et laidis, Ch. d'Antioch.'<i, 311. |{ xiv s. Et s'avoit cascun jor batii d'une escorgie La blanche char de lui que toute l'ol sillie [marquée], Baud. de Seb. yi, S8. Il XV' s. Avoit l'un de ses bras couvert duquel elle tenoit unes très singlaos escourgiées, alain craht. l'Espérance.
— ETYM. 'Wallon, eoH**; namur.teort*,- rouckl, écorie, érourie ; ital. scoreggia, scorregiata ; escourgie est un renforcement par es prostbétique d*
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torgie, que donne l'historique, qui est le même que courroie (voy. ce mot). II ne faut donc pas chercher ici une étymologie celtique: bas-breton, skourjei, fouet; gaélique, sciurs, fouetter. L'italien a aussi tcuriada, qui paraît venir d'un autre radical, peutêtre le latin corium, cuir.
t. ESCOUBGEOX (6-skour-jon), *. m. Variété d'orge appelée orge d'automne ou d'hiver (hordeum heiastichon, L.). C'est l'orge à six rangs (orge escourgeon de certains auteurs) qu'il ne faut pas confondre avec la variété à six rangs de l'orge vulgaire, LEGOARANT. || Variété précoce de l'orge commune, que l'on fait manger en vert aux chevaux.
HIST. xiv s. Une pièce de terre semée de nou-
■viau d'un grain appelé scorion, du cange, scario. Il XVI* s. Une espèce de froment, dict l'escourgeon,