‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 170 sur 388 · DS SERRES, <l · texte numérisé non relu

DS SERRES, <l

ÊTYM. Ardennais, socoran; namur, socouran;

Hainaut, soucorion, soucrion; norm. sugrégeon, épeautre ; liég. soiicrion, orge nu ; bas-lat. scario. Origine inconnue. •

t 2. ESCOURGEON (è-skour-jon), t. m. Lanière de cuir servant de lien pour un fléau.

— ÊTYM. Voy. RECOURGÉE.

ESCOUSSE(è-sknii-s'), s. f. Terme familier. Élan qu'on prend pour mieux sauter. Prendre son escousse. Il Fig. Ne prenez pas de si loin votre escousse pour être en peine, s6v. 623. Je retournai chez moi prendre haleine, et, comme on dit, son escousse, tandis qu'on attelait mon carrosse, st-sim. 404, 33.

— IIIST. xui' 8. Si a choisi [aperçu] une feuestre Bien haute dix piez et demi, 11 s'escosse, si saut par mi, Ren. 86(0.

— ÊTYM. Provenç. escosa; ital. scossa; du latin excussus , part, passé de excutere , secouer. Il y avait le verbe escousser, escosser.

+ ESCUÉPEK (è-skré-pé), v. a. Éventer la soie teinte en bleu pour la déverser.

ESCRIME (é-skri-m'), t. f. Art de faire des armes; exercice pour apprendre à se battre à l'épée ou au sabre. Maître d'escrime. || Fig. La fameuse Macetto, à la cour si connue, Qui... A soutenu le prix en escrime d'amour, eégnier, Sat. xui. Dans les combats d'esprit savant maître d'escrime, boil.

Sat. II apprendre à ne leur plus répondre Que par

des mœurs dignes de les confondre.... X fuir enfin toute escrime inégale Qui d'eux à nous remplirait l'intervalle, J. b. ROVss.Ép. ii, 4. Sa vie est un combat, son commerce une escrime, DELiLLE,Coni!eri. ii.

— HlST. xv s. Si allèrent tant que ils vinrent assembler aux Sarrazins, et si dure escrime leur livrèrent que tous les occirent, Bouciq. ii, 21. Il xvi' s. En moins de quatre desmarches, il luy fist perdre toutes ses escrimes, carloix, vi, 6. Jamais il ne prit plaisir à faire combattre à l'escrime des poings, ny à l'autre escrime où les combattans s'aident de tout ce qu'ilz peuvent, amïot, Alex. 7. À ce siège [de Metz] , M. de Guise fit perdre l'escrime [fit échouer] à ce grand capitaine, le duc d'Albe, voire i. l'empereur son maistre , brant. Cap. estr.

p. 449, dans LACURNE.

— ÊTYM. 'Voy. escrimer; provenç. escrima; esp. esgrima; ital. scherma. L'ancienne langue disait escremie.

ESCRIMER (è-skri-mé), v. n. || !• S'exercer à faire des armes. || Faire le coup d'épée.. Avoir escrimé dans quelques combats particuliers n'est point du tout une preuve sûre qu'on a véritablement de la valeur, st-foix, Ess. Paris, Œuvres, t. m, p. 220, dans pouGENS. Il 2" Par extension et familièrement. Agiter, n.ouvoir comme on fait avec un fleuret. Puis escrima de l'encensoir, scarron, Virg. v. 113" Faire tous ses efforts. Mais si bien il escrimera Que de tout à bout il viendra, scabron, Virg. l. Il 4° Familièrement. Disputer contre quelqu'un sur une matière d'érudition, de science, etc. Il y a plaisir à voir deux savants escrimer l'un contre l'autre. || 5' S'escrimer, v. réfl. Terme familier. Se battre. 11 s'escrimait de sa canne et parait les coups de balai. L'un s'escrimait du bec, l'autre jouait des pattes, la pont. FaU.ra, 2. H Fig. S'escrimer des pieds et des mains, faire les plus grands efforts. Car chacun s'escrimait et des pieds et des mains, Régnier, Sat. x. || Se disputer. Laissons-les donc entre eux s'escrimer en repos, boil. Art p. m. '116° S'exercer, s'appliquer à. S'il s'est heureusement escrimé du pinceau, scarron, Jodelet ou Le mattre valet, l, '. Tel que vous me voyez, je m'en escrime [de poisiej un peu, mol. Prie. lo. || Populairenient. S'escrimer des mâchoires ou de la mâchoire, s'escrimer des dents, bien manger.

HlST. XII* s. Et escremissent cil bacheler le-

gier, Lancent et gitent por lor cor essaier, Ronc.

p. 6. Il XV* S Il, qui estoit tout nu et dépourvu,

etneportoit forsuncoulel, espoir [à peu près]de deux pieds de long, trait le coutel et commence à estremir, proiss. m, IV, 28. Il XVI* s. Nous ne serons jamais bons amis que nous n'ayons un peu escrimé ensemble, LANGUE, 66*. Le régiment de M. d'Yvoy s'escrima encor mieux [au pillage] que les deux autres, ID. 675. Je luy appris à tourner les talons en dedans, à escrimer des deux bras [les balancer], à s'amonceler le ventre, d'aub. Conf. u, ).

— ÊTYM. Provenç. cscrimir, escremir ; catal. esgrimar; espagn. et portug. esgrimir; ital. schermire; du germanique: ano. haut-allem. skirm, skerm, bouclier, défense. Comp. escarmouche.

ESCRIMEUR (è-skri-meur) , s. m. Celui qui connaît l'escrime. Un escrimeur adroit.

— HIST. XVI* s. Il n'y a escrimeur dans Paris qu'il n'ait porté par terre, d'aub. Fœn. m, H.

— ÊTYM. Escrimer.

ESCROC (è-skro; le c ne se prononce jamais; au pluriel, Vs se lie : des è-skro-z adroits; escrocs rime avec sots, repos, travaux), a. m. Celui qui pratique l'escroquerie. Dévalisé par des escrocs. X femme avare galant escroc , la pont. Conte. Le prince d'Harcourt était grand menteur, grand dépensier en tout, grand escroc avec effronterie, st-sim. < i3, 229. Car quel malheur qu'il fût si dépravé.... Et qu'il portât, sous un si beau plumage, La fière humeur d'un escroc achevé, gresset, Vert-Vert, iv. Mais un escroc que je chéris Me vole en parlant mariage, BÉRANG. Cinq étages.

— ÊTYM. Ital. scrocco, écornifleur; de l'allemand Schurke; anc. haut-allem. scurgo, coquin, d'après Diez, qui rejette croc, parce que crocco manque à l'italien, et puis parce que le mot aurait donné en français escrocher.

ESCROQUÉ, ÉE (èskro-ké, kée), part, passé. Oui a été dérobé. Une somme escroquée par un chevalier d'industrie. || Qui a subi une escroquerie. Ce jeune homme escroqué par un filou.

ESCROQUER (è-skro-ké), v. a. [\ 1° Tirer quelque chose d'une personne par fourberie. Ils se sont escroqué de l'argent l'un & l'autre Raton avec sa

patte... Tire un marron, puis deux, et puis trois en escroque, la font. Fabl. ix , i7. L'un et l'autre dès lors vécut à l'aventure Des présents qu'à l'abri de la magistrature Le mari quelquefois des plaideurs extorquait, Ou de ce que la femme aux voisins escroquait, boil. Sat. x. |1 Absolument. Il ne fait qu'escroquer. || Fig. Escroquer des approbations. Grand et hardi menteur s'il en fut jamais, et un de ces faux honnêtes gens qui ont escroqué mon amitié, balz. Lelt. à Conrart , 28 avril 1663. || Familièrement. Escroquer un dîner, prendre part à un dîner auquel on n'a pas été invité. || 2° Escroquer quelqu'un , lui soustraire par fourberie quelque chose. Il n'est point de marchand qu'il n'escroque. Le drfile fit un trait de franc soudard; Car aux faveurs d'une belle il eut part Sans débourser, escroquant la chrétienne, la font. À femme avare. \\ 8° S'escroquer, v. réfl. Se faire l'un k l'autre des escroqueries. Ils se sont escroqués l'un l'autre.

— HIST. xvi* s. Et les ayant escroqués tous deux de cent cinquante escus, il se déroba, d'aub. Fœn. IV, <o.

— ÊTYM. Ital. tcroccare (voy. escroc).

ESCROQUERIE (è-skro-ke-rie), s. f. Action d'escroquer. Il Terme de jurisprudence. Vol à l'aide d'artifices, de manœuvres frauduleuses.

— ÊTYM. Escroquer.

ESCROQUEUR, EUSE (è-skro-keur, keù-z"), s. m. etf. Celui, celle qui escroque.

IIIST. xvi* s. Mais par sus tout je craignoy le

danger Des escroqueurs, ne me tenant mocquée.... DU BELL. VII, 61, verso.

— ÊTYM. Escroquer.

t ESCUARA (è-sku-a-ra), i. m. Langue des peuples basques.

•f ESCULAPE(è-sku-Ia-p'),*. m. 1| 1* Terme du polythéisme. Nom du dieu delà médecine. || 2* Nom donné quelquefois à un médecin en renom. Il [M.Hunauld] est le seul médecin de Paris qui ait expliqué publiquement les œuvres classiques de cet Esculape de nos jours [Boerhaave] , mairan. Éloges, Hunauld. Mon Esculape a renversé mon verre; Plus de gaîté! mon front se rembrunit, béhang. Malade. Il 3° Terme d'astronomie. La constellation du Serpentaire. 11 4° Espèce de couleuvre. En ce sens il ne prend pas de majuscule.

— ÊTYM. Lat. Msculapius; grec, 'A(jx>7i7ii6c.

t ESCULINE (èsku-li-n') , s. f, Subsiance tirée des marrons d'Inde.

— ÊTYM. Lat. «sculus, nom d'une espèce de chêne à glands comestibles, dont la vraie orthographe serait esculus, de esco, nourriture; nom appliqué par les botanistes à Vassculus hippocastanum.

t ESGALIVER (è-sga-li-vé), V. a. Terme de teinturier. Tordre fréquemment et légèrement la soie teinte.

t ESHEUBER(è-zèr-bé), v.a. Terme de jardinier, ôter les herbes dans une planche de légumes ou de semis.

— ÊTYM. Et.... préfixe, et herbe.

E-SI-MI (ési-mi). Ancien terme de musique, ta ton de mi. E est le nom de la note mt dans la gamme alphabétique encore en u-sage en Allemagne et en Angleterre; si est la dominante de ce ton,' et mi le nom de la tonique, dans la gamme adoptée d'après Gui d'Arezzo.

t ESMILLER (è-smi-llé. Il mouillées), t). o. Autre forme de smillfer.

t ÉSOCES (é-zo-s') , s. m. plur. Terme de zoologie. Famille de poissons malacoptérygiens abdominaux, dont le type est le brochet (esox lucius, L).

— ÊTYM. Lat. esox, brochet.

t ÉSOCIEN, lENNE (è-zo-siin, siè-n'), adj. Terme de zoologie. Qui ressemble à un brochet.

fÊSODERME é-zo-der-m'), s. m. Membrane intérieure chez les insectes.

— ÊTYM. 'Eao, en dedans, et îép|ia, peau.

t ÉSOPE (è-zo-p'), s. m. Personnage à demi fabuleux à qui les Grecs attribuaient l'invention de l'apologue et qu'ils représentaient comme bossu et contrefait. || Familièrement. C'est un Esope, se dit d'un homme laid et bossu.

t ÉSOPIQUE (è-zo-pi-k'), adj. Se dit du genre de fables attribué à Ésope, c'est-à-dire des apologues, pour les distinguer des fables mythologiques, des fables milésiennes, etc.

— ETYM. Ésope.

f ÉSOTÉRIQUE (é-zo-té-ri-k') , adj. Terme d'histoire de la philosophie. Doctrine ésotêrique, doctrine secrète que certains philosophes de l'antiquité ne communiquaient qu'à un petit nombre de leurs disciples; il se dit par opposition à exotérique.

— ÊTYM. "EcitoTepixiç , intérieur , de laia , en dedans.

t ÉSOTÉRISME (é-zo-té-ri-sm') , ». m. Ensemble des principes d'une doctrine ésotêrique.

— ÊTYM. Voy. ÉSOTÊRIQUE.

t ÉSÔUCHEMENT (é-sou-che-man), s. m. Terme d'eaux et forêts. Action d'extirper les souches.

— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et souche. ESPACE (è-spa-s') , s. m. \\ 1° Certaine étendue

superficielle. Un grand espace. Un petit espace. Ménager l'espace. Il fallait entre vous mettre un plus grand espace, rac. Théb. v, 2. Les espaces parcourus sont entre eux comme les produits du temps par la vitesse, c'est ce qu'on exprime encore en disant qu'ils sont en raison composée du temps par la vitesse, condil. Art de rais, u, 3. Je regardais au loin; j'interrogeais l'espace; De tes pas vers mes pas je rappelais la trace, ducis, Abuf. iv, 8. Il 2° Étendue indéfinie. L'espace est l'ordre des choses coexistantes, LEiBNiTZ. Le compas d'Uranie a mesuré l'espace; ô temps, être inconnu que l'âme seule embrasse.... thomas. Ode, Temps. Où s'arrêta l'espace à nos yeux étendu? deulle, Parad. perdu, vil. [Aussi] Trop serré dans l'espace et dans l'immensité, Promène-t-il partout sa vague inquiétude, DUcis, Abufar, i, 3. Ainsi chaque sens a son champ qui lui est propre, le champ de la musique est le temps, celui de la peinture est l'espace, j. j. rouss. Essai sur l'origine des langues, ch 16. Nous n'essayerons pas de définir la notion de l'espace : c'est une de ces idées qu'il suffit d'énoncer pour que l'esprit la conçoive clairement; ainsi, en disant que l'espace est le lieu qui contient les corps, le réceptacle universel, comme l'ont appelé les scolastiques, nous n'avons nullement la prétention d'en donner une idée plus exacte que celle qui est dans tous les esprits, Dict. des se. philos. Espace. \\ Il se dit au pluriel dans le même sens. Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie, pasc. Pens. art. xxv, 17, édit. HAVET. Iris fend les espaces immenses des airs, fén. Tél. xvi. || Espace céleste, ou, simplement, espace, le ciel. Des signes destructeurs ont parcouru l'espace , a. delav. Paria , IV, 7. Il L'espace absolu, l'immensité dans laquelle se meuvent tous les corps de l'univers. || Espaces imaginaires, espaces qui n'existent pas , locution tirée de la philosophie ancienne qui, au delà de la sphère du monde, n'admettait ni aucun corps ui aucun espace. Un monde que je ferai naître dans les

ESP

aspaces imaginaires, desc. Monde, ». || Familièrement. Se promener ou voyager dans les espaces imatcinaires, se créer des visions, des idées chimériques. Bientôt je me crois transporté Aux espaces imaninaires D'une eicenlri'|ue volupté, des- KARETS, Vùionnairet, m, ♦. |l Se perdre dans les espaces , divaguer. Quand el'.e moralisait , elle se perdait un peu dans les espaces, j. J. houss. Ccnif. m. Il Hfgard perdu dans l'espace, regard vague, qui ne 80 fixe sur aucun objet, jj 3° Etendue de temps. Le fer qui les tua leur donna cette grâce. Que, si de Taire bien ils n'eurent pas l'espace, Ils n'eurent pas le temps de Taire miil aussi, malh. i, 4, Kt rose elle a vécu ce quo vivent les roses, L'espace d'un matin, ]D. VI, <8. Et comme la douleur un assez, long espace M'a fait sans remuer demeurer sur la place, mol. École des f. v, 2. Quoi 1 voire ambition serait-elle bornée  régner tour à tour l'espace d'une année? BAC. Théb. IV, 3. Ce petit conciliabule [de M. du Maine, Villeroy et d'Efliat] dura quelque espace, pendant lequel M. le duc vint me parler, stsim. 513 , 43. L'espace entre la fin de la première guerre punique et le commencfmeiit de la seconde fut do vingt-quatre ans, roi.lin, Ilist. anc. Œuvres, t. I, p. 381, dans POUGENS. Après Cécrops régnèrent, pendant l'espace d'environ B06 ans, dixsept princes dont Codrus fut le dernier, bahthEl. Anach. Introduction, part. i. || 4° Terme de musique. Intervalle bla ne des lignes de la portée. || 6"Terme de métallurgie. Espace uuisible, partie du sourtlet d'où l'air ne peut être chassé. || 6" S. f. Terme d'imprimerie. Petite pièce de fonle qui sert à séparer les mots. Il y a des espaces petites, fortes, minces, moyennes, pour donner au compositeur la facilité de justifier.

— REH. Espace a été anciennement fait quelque fois du féminin; c'est pour cela qu'il a gardé ce geure dans l'imprimerie.

— HIST. xii* s. Hall deables, fel tiranz, Molt te peines en tote guise De mètre nos en ton servise; Jamais de mei, se j'ai espace [temps], N'auras bailie, ennuie place , Grégoire le Grand, p. 8i. || xiii* s. Pour avoir plus d'espace [de temps] de leur chose arreer, lierte, xvu. Et en ceste espasse de tans li rois Jehans envoya à Rome, Chr. de llains, p. 157. Par l'espace de six ans que je fu en sa compaignie, JOINV. 4 84. Il xiv s. C'est une mesme voye ou espace, mais les deux manières de aller au courir sont contraires, obesmb, Eth. v. ||xv' s. Quand on l'eut regardé une espace, on l'osta de là, et fut pendu à un arbre, FROiss. u, u, 498. Et se pourmenerent eulx deux ung espace de temps, comm. i, 4 3. || xvi's. Nul n'estoit fait sousdiacre, qu'il n'eust esté esprouvé par longue espace de temps, calv. Instit. 864. Prenant leur visés grande espace au dessus île la bute, MONT. IV, 464. Le petit espace de la place, amvot, Eumène, 22. Il employa cette espace à la lecture des bons livres, d'aub. Uist. i, 47.

— ÉTYM. Provenç. esyaci, espaxi ; espagn. espacio; ital. spaiio; du latin spatium.

ESPACÉ, ÉE (è-spa-sé, sée), part, passé. Mis à distance. Des arbres espacés convenablement.

ESPACEMENT (è-spa-se-man), s. m. Action d'espacer. Il Terme d'imprimerie. Intervalle entre les mots, entre les lignes. Espacement régulier. || Terme d'architecture. Les distances convenables entre plusieurs corps.

— ÉTYM. Espacer.

ESPACER (è-spa-sé. Le c prend une cédille devant o ou o; espaçant, espaçons), t). a. || 1° Ranger plusieurs choses, de manière à laisser entre elles l'espace nécessaire. || Terme d'imprimerie. Etablir un intervalle régulier entre les mots et les lignes. Bien espacer les mots. || Terme de maçonnerie. Espacer tant plein qu6 vide, laisser les intervalles égaux aux poteaux, aux solives, etc. || 2" S'espacer, v. réfl. Prendre de l'espace, s'étendre. Louis de Bade avait jeté un pont de bateaux sur le Rhin à Hagenbach, et de là s'était espacé en Alsace par corps séparés , ST-siM. 23, «. Il Fig. Parler en détail. Au sortir du salut, Brissac lui conta [au roi] ce qu'il avait fait, non sans s'espacer sur la piété des dames de la cour, m. 4»4, »o.

— HIST. xvi* s Observant la loy de traduire,

qui est, n'espacier point hors des limites de l'auteur, DU BELLAY, 1,8, versO.

— ÉTYM. Espace.

tESPADAGE (6-spa-da-j'), (. m. Action d'espader.

t ESPA DE (è-spa-d'), s. f. Sabre de Irais pour battre le chanvre. |{ Façon que l'on donne au chanvre après qu'il a été broyé.

— ÉTYM. Provenç. tspada, épée (voy. Êpia).

ESP

t ESPADER (è-spa-dé), v. a. Battre le chanvre sur le chevalet avec l'espade.

— ÉTYM. Espade.

t E.SPAI)EIIR (è-spa^leur), ». m. Ouvrier qui nettoie et pare la filasse.

— ÉTYM. Espader.

t ESPAUOLE (è-spa-dol'), f. f. Instrument pour battre la filasse avant de la passer au peigne.

— ÉTYM. Diminutif d'etpade.

ESPADON (è-spa-<lon) , t. m. || 1* Grande et large épée qu'on tenait à deux mains. Les Suisses quittèrent les piques pour l'espadon à deux mains, VOLT. ifoBurj, 414. il 2" Terme d'escrime. Sabfe. Se battre à l'espadon. D'être mort avec Sarpédon, Ce maître joueur d'espadon, scarron, Virg. 1. 1| Demiespadon, épée à lame [date et droite. || 8* Terme d'histoire naturelle. Squale dont la mâchoire supérieure est armée d'un os plat et allongé comme un glaive (xiphias gladius). L'espadon fait une guerre éternelle à la baleine et la poursuit avec acharnement; le combat de ces deux cétacés offre un grand spectacle, bonnet, Contempl. nat. xil, 27, note.

— ÉTYM. Génev. espadron; de l'italien (padon«, augmentatif do xpado, épée (voy. Ei'Ée).

ESPADONNER (è-spa-do-né), t'. n. Se servir de l'espadon || Il se conjugue avec l'auxiliaire ocotr.

— ETYM. Espadon; genév. espadronner.

t ESPADONNEUR (è-spa-do-neur) , t. m. Tireur d'espadon.

t ESPADOT (è-spa-do) ou ESPARDOT (è-spar-do) , s. m. Terme de pêche. Sorte de crochet de fer fixé solidement à un bilton, et avec lequel on prend les poissons restés au fond des échi.ses.

t ESPADRILLE (è-spa-dri-U', U mouillées, et non è-spa-dri-ye) . ». f. Nom donné, dans les Pyrénées, à une espèce de chaussure appelée aussi spartille etspanlégne. L'empeigne est faite de grosse toile et la semelle consiste en un tissu très-serré de la stipe très-tenace d'une graminée dite vulgairement spart ou sparte, legoarant.

— HIST. XVI* s. Les Romains usoient de souliers tirants la façon des espartignes et souliers de cordes dont l'on use en Espagne, fav. Th. d'hoJtn. 1. 1,

p. 37, dans LACURNB.

— ETYM. Forme diminutive, tirée de l'espagnol sparlo, spart (voy. ce mot).

f ESPAGNOL (è-spa-gnol), ». m. Langue parlée en Espagne, dite aussi castillan, et qui, dérivant du latin, est sœur de l'italien, du provençal et du français.

t ESPAGNOLE (è-spa-gno-l'), ». f. Jus ou coulis très-concentré que les cuisiniers préparent à l'avance pour mettre dans les sauces.

ESPAGNOLETTE (è spa-gno-lè-t') , ». f. || !• Sorte de ratine fine qu'on fabriquait en Espagne, et qui, depuis, a été imitée en France. || 2* Ferrure servant à fermer une fenêtre. || 8° Faire espagnolette, s'est dit, au jeu de revers s, quand le joueur a trois as et le quinola, ou simplement quatre as. ' 4* Il s'est dit quelquefois pour jeune fille espagnole. Ce n'était que pour donner une preuve de tendresse à certaine petite Espagnolette qui avait les yeux sur lui, ham. Gramm. a.

— ÉTYM. Espagnol.

t ESPAGNOLISEB (è-spa-gno-li-ré) , v. a. Rendre espagnol, mettre du pnrti de l'espagnol; s'est dit beaucoup du temps de la Ligue et sous Henri IV, alors que le roi d'Espagne avait un fort parti en France. La reine de Suède, qu'on dit être toute espaguolisée, GUY patin, Leit. t. I, p. 246.

t ESPALE (è-spa-l'). ». f. Terme de marine. Distance de la poupe au bano de rameurs le plus en arrière.

— ÉTYM. Autre forme d'épaule (voy. ce mot), dans le sens d'appui.

f ESPALET (è-spa-lè), ». m. Terme d'armurier. La part e d'un chien de fusil qui lui sert d'appui quand il se débande.

ESPALIER (ô-spa-lié; l'r ne se he jamais; au pluriel, r» se lie : des è-spa-lié-z exposés au midi), ». m. Il 1" Rangée d'arbres fruitiers dont les branches sont dressées et appliquées contre un mur ou îur un treillage. Des murs tapissés d'espaliers, jj Contre-espaher, treillage qui, placé à quelque distance d'un mur garni d'espaliers, sert lui-même à attacher les branches des arbres fruitiers d'une moins haute taille. || 2* Par extension, nooi du mur qui soutient l'espalier. S'il a un espalier bien exposé, bien crépi, qui réfléchisse bien les rayons de lumière, Dict. des arts et m. Jardinier. || 8* Terme d'ancienne manne. Nom donné aux deux premiers forçats d'une galère qui ré^l lient le mouvement des autres. Les deux premiers [forçats] qui manient le

ESP

giron des rames joignantes l'espale s'appellent espaliers, qui so t ceux qui donnent la vogue au reste, 1. UOBIER, De la contiruction d'une galère et de ion équipage, Paris, 4622, p. 6. Quoi I vous montre/., monsieur, un tel art [de tricher au jeu] dans Paris, Et l'on ne vous a pas fait présent en galère D'un brevet d'espalierT.... R!.onard, Joueur, i, 40.

— HIST. XVI* s. Telle ordonnance de fruitiers est appellée espalier et palissade, par laquelle les arbres plantés en baie s'entre-emhrassent et s'eotre- Ilent les uns les autres, o. de sebres, 649. Il fut fort fasché qu'un si petit poisson avoit le pouvoir de s'opposer à l'effort de quatre cents espaliers et galliots qui estoient en sa gallere, pab£, Monslttt, app. I.

— ÉTYM. liai, tpalliere, appui pour les épaules, de tpalla, épaule (voy. ce mot); Vapalier, forçat, était ainsi dit parce qu'il était placé sur Vespale (voy. ce mol).

t ESPALME (è-spal-m') , ». m. Terme de marine. Matière qu'on mêle au goudron' employé à calfater la carène des vaisseaux.

—ÉTYM. Voy. espalmkr.

ESPALMG, ÉE (è-spal-mé, mée), part, passé. Une chaloupe bien espalmée Ce Sergestus donc susnommé Eut un vaisseau bien espalmé, scahbo.^, Virg. V.

ESPALMEB (è-spal-m-), V. a. Terme de marine. Nettoyer la carène d'un bâtiment et l'enduire de suif. Espalmer un navire. Les uns poussaient les nefs dans l'onde Kt les autres les espalmaieat,scAB. Virg. IV. || Absolument. L'échouage donna une merveilleuse facilité pour espalmer, fontem. Ckatelles.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. espalmar ; ital. spalmare ; du \3.X. erpalrnare , frapperavec la main, de ex, eXpalma, la paume de la main (voy. pacme), à cause que cet enduit s'a) plique avec la main.

t ESPALMEUR (è-spal-meur), ». m. Celui qui espalme, qui étend de l'espalme sur le bois ou sur la pierre.

t ESPAR (è-spar), ». m. || 1* Levier qui sert potir la grosse artillerie. |( 2* Terme de pêche. Forte perche plus menue qu'un mâtereau. {|8° Terme de marine. Longues pièces de sapin dont on fait de petits mâts, des bouts-dehors de vergue, etc. Prenez un espar pour faire un bout-dehors de bonnette.

— ÉTYM. Allem. à'parren, chevron; gaél. »pdr, poutre.

t ESPARCET (è-spar-sè), ». m. Voy. esparcette.

ESPARCETTE(è-spar-sè-t'), ». f. Nom vulgaire du sainfoin.

— HIST. XVI* s. Le pals où l'esparcet est aujourd'hui le plus en usage est le Hauphiné, vers les quartiers de Die; c'est une herbe fort valeureuse, non de beaucoup Inférieure à la luzerne, o. db sesres, 275.

— ÉT\'M. Espagn. esparcilla, qui paraît dans cette langue se rapporter au verbe tsparcir, épandre.

t ESPARCIER (è-spar-sié) , ». m. Ecluse mobile en bois ou en tôle, souvent munie d'un manche dont on se sert pour fermer un rigolet d'irrigation.

t ESPARER (è-spa-ré), ti. o. Frotter les peaux avec du jonc.

t ESPARlîOCTE (è-spar-gon-f), ». f. Nom vulgaire rie la spergule des champs (caryophyllées).

— HIST. XVI* s. Et estoient les personnes contraintes par la famine de manger l'horbL- de l'espargontte (KapSiviov) qui croissoit à l'entour du chasteau, AMïOT, Sylla, 30. (Cette espargoule d'Amyot n'a rien de commun avec la spergule.)

ESPARS, ». m. plur. Voy. bsfab. L'Académie re donne que le pluriel de ce mot.

t ESPART (è-spar) , ». m. || f Morceau de bois tourné, terminé par une boule, et servant à tordre les écbeveaux de soie au sortir de la teinture.. Il 2* Terme de construction. Chacun des six morceaux de bois qui composent U civière à tirer le moellon. \

— ÉTYM. Le même qu'eipor.

t ESPARTILLE (è-spar-ti-ll', JJ mouillées), ». f. j Se dit quelquefois pour espadrille (voy. ce mot).

t ESPATAGE (è-spa-ta-j') , t. m. Nom donné à la seconde opération par laquelle on réduit l'épaisseur du fer destiné à la têle et déjà mis en plaque par le dégrossissage, legoarant.

— ÉTYM. Épater (voy. ce mot), au sens de rendre plat; le Hainaut dit du fer tspati, réduit en tôle.

t ESPATARD (è-spa-tar), ». w. Enclume et marteau de fonte qui arment un gros martinet dnnf

ESP

ESP

ESP

nne usine à Ter. || Cylindre tranchant sous lequel on passe les barres de fer pour les couper dans le sens de leur longueur,

— ÊTYM. Voy. ESPATAOB.

ESPÈCE (è-spJ-s"), ». f. Il f Apparence. Ne se dit en ce sens que dans la théologie: dnns le sacrement de l'eucharistie, les apparences du pain et du vin après la transsubstantiation. Communier sous les deux espèces. La liberté qu'on avait dans l'Église de participer ou à une ou à deux espèces, fit qu'on fut longtemps sans s'apercevoir de leur perpétuelle affectation [des Manichéens] à rejeter celle du vin consacré, bo?s. Var. xi, § I2. || 8° Terme de métaphysique. Espèces ou images représentatives, sorte d'émanations subtiles que l'on supposait sortir des corps et les représenter dans les organes des sens, par exemple dans la vision. La plus commune opinion est celle des péripatéticiens, qui prétendent que les objets de dehors envoient des espèces qui leur ressemblent, et que ces espèces sont portées par les sens extérieurs jusqu'au sens commun; ils appellent ces espèces-là impresses, parce que les objets les impriment dans les sens extérieurs, maledh. llech. vér. m, ii, 2. || 3° Sorte, qualité. Les diverses espèces de délit. Marchandises de toutes les espèces. Est-ce qu'on n'en voit pas de toutes les espèces [des maris]. Qui sont accommodés chez eux de toutes pièces? MOL. Éc. des f. i, *. Mlle Blake était une autre espèce de ridicule; sa taille n'était ni bien ni mal; son visage était de la dernière fadeur.... ha- MiLT. Gramm. 7. M. du Maine voulut se marier ; le roi l'en détournait et lui disait que ce n'était point à des espèces comme lui à faire lignée, st-sim. 4, 61. Le roi ne feignit pas de dire que ces espèces-là [en parlant du duc du Maine] ne devaient jamais se marier, id. 381, 22. Cette loi est établie pourdonner à la république des enfants d'une bonne espèce, mon- TESQ. Esp. XXVI. 18. Des auteurs de la petite espèce, LEP. CATBOU, dansDESFONTAiNES. {| Espèce de, suivi d'un nom de personne, se dit de personnes, d'êtres quin'ont pas toutes les qualités requises, qui ne sont pas tout à fait ce qu'il faudrait qu'ils fussent. On a dit que le singe était une espèce d'homme. Une espèce d'intendant. Une espèce d'avocat. Dans les bureaux des ministres , on avait de tout temps regardé l'abbé de Saint-Pierre comme une espèce de prédicateur plutôt que comme un vrai politique, J. J. nouss. Covfess. ix. || Espèce de, suivi d'un nom de chose, se dit des choses qui sont très-voisines et qui se remplacent presque. L'enseignement est une espèce de sacerdoce. C'est une espèce de prodige que, dans un si vaste empire qui embrassait tant de nations et tant de royaumes, les peuples aient été si obéissants et les révoltes si rares, boss. Hist. m, 6. Espèce d'instinct, dont les inspirations subites lui dévoilaient, dans l'avenir et dans le présent, ce qu'il devait espérer ou craindre, barthél. Anach. Introd. part, ii, sect. 2. || Une pauvre espèce, se dit de gens sans mérite, ^ans qualités. Il y a longtemps que nous le connaissons pour la plus pauvre espèce d'Angleterre, hamilt. Gramm. 8. || C'est une pauvre espèce d'homme , c'est un homme sans mérite. || La belle espèce, se dit, ironiquement, de gens qu'on trouve doués de très-peu de qualités de corps ou d'esprit. Quoi moi! quoi ces gens- là! l'on radote, je pense, X moi les proposer [pour maris]! hélas! ils font pitié: Voyez un peu la belle espèce! LA font. Fabl. vu, 6. || Absolument. Espèce se dit, par mépris, de personnes auxquelles on ne trouve ni qualités ni mérite. Une espèce comme celle-là [Langlée] dans une cour y est assez bien; pour deux, c'en serait beaucoup trop, ID. 95, 233. L'espèce, terme nouveau mais qui a un sens juste, est l'opposé de l'homme de considération; l'espèce est celui qui, n'ayant pas le mérite de son état, se prête encore de lui-même à son avilissement, DUCLOS, Considér. sur les mœurs, ch. 5. Angélique : Mais, entre nous, que ferais-je avec un homme de cette espèce-là? car la plupart de ces gens-là sont des espèces, vous le savez, Marivaux, Préj. vaincu, se. 4. Ne t'inquiète pas de ces deux espèces dont je daigne à peine te parler, j. j. rquss. Ilél. II, <8. Comme si ce n'était pas trop honorer de pareilles espèces que de faire attention à leurs procédés, id. Confess. xii. || De nouvelle espèce, c'est-à-dire qui présente quelque singularité, quelque chose de bizarre. Voilà un philosophe de nouvelle espèce I 1 1 Des gens de toute espèce, c'est-à-dire de toute condition, (le tout caractère. Il y avait à cette réunion des gens de toute espèce. || 4° Terme de pharmacie. Les poudres mélangées qui forment la base des électuaires. Il Mélange de racines, de fleurs, de semences ou d'autres substances végétales, qu'on suppose douées

de propriétés médicinales analogues. Kspèces amères, feuilles d'absinthe, de fumeterre, de petite centaurée, fleurs de houblon, de camomille. Espèces anthelminliques, absinthe, armoise, tanaisia, camomille, etc. Kspèces apéritives ou diurétiques, chiendent, racines d'asperge, de fraisier, de petit-houx, de pissenlit, de persil, etc. Espèces aromatiques, sommités fleuries des labiées. Espèces astringentes, tormentille, bistorte, ratanhia, écorce de chêne, roses rouges, etc. Espèces béchiqiies (pour la toux), fleurs de mauve, de guimauve, de bouillon blanc, de coquelicot, de violette, etc. Espèces émollientes, feuilles de mauve, de guimauve, de molène, etc. Espèces pectorales, feuilles de capillaire, de lierre terrestre, d'hysope, etc. || Fig. Brouiller les espèces, s'est dit pour embrouiller les choses, empêcher d'y voir clair. Jugez de l'elTet de ce contre-temps, si les mesures que j'avais prises avec madame la Palatine ne l'eussent sauvé; elle s'en servit trèsfinement, cinq ou six jours durant, pour brouiller les espèces que l'impétuosité de Viole avait un peu trop éclaircies, nv.Ti, Mém, t. ii, p. 323, édit. cnARPENTiER. || B° Division du genre , réunion d'individus sous un caractère commun qui les distingue de ceux qui appartiennent au même genre. Noble et roturier sont des espèces par rapport à homme; et homme, qui est un genre par rapport à noble et roturier, est une espèce par rapport à animal, condillac, Gramm. préc. de leç. prél. art. t", OEnvres, t. v, p. lxxviii, dans pougens. Il Terme de rhétorique. Un des lieux communs de rhétorique. Le genre et l'espèce. || En chimie, espèce, collection d'individus identiques par leur composition élémentaire et immédiate. |] En biologie, collection d'individus descendants d'êtres vivants ou ayant vécu, qui se ressemblent plus entre eux qu'ils ne ressemblent à tous les autres analogues. D'après la plupart des biologistes d'à présent, le caractère fondamental de l'espèce est de reproduire, par la génération, des individus capables de se propager à leur tour. Ce naniraliste a découvert plusieurs espèces en botanique. Les espèces vivantes. Les espèces fossiles. La nature n'est pas moins admirable dans les moyens par lesquels elle conserve les individus que dans ceux par lesquels elle conserve les espèces, bonnet, iett. div. GCuvres, t. xii, p. 202, dans pocgens. Combien, soigneuse encor de leur postérité. Par des moyens divers la nature puissante Conserve chaque espèce à jamais renaissante, delille. Trois règ. VII. Il L'espèce humaine, le genre humain. Je hais, je fuis l'espèce humaine, composée de victimes et do bourreaux; et, si elle ne doit pas devenir meilleure, puisse-t-elle s'anéantir 1 raynal, Hist. phil. XI, 24. Assez de monde concourt X propager notre espèce, bébang. Chap. \\ 6°Terme de jurisprudence. Le cas particulier sur lequel 11 s'agit de prononcer. Cet argument n'est pas admissible dans l'espèce. Cet arrêt n'est point dans notre espèce, patru, Plaid. 9, dans RICHELET. Il 7° Terme d'arithmétique. Se dit de quantités, par rapport à leur nature. Dix heures et trois minutes sont des quantités de même espèce; dix heures et trois mètres sont des quantités d'espèce différente. || Terme de géométrie. Triangle donné d'espèce , dont chaque angle est donné. Courbe donnée d'espèce, courbe dont la nature est connue ainsi que le rapi ort qu'ont entre eux les différents paramètres. || 8° Chose, par opposition à argent. Les saisies et exécutions ne se feront que pour chose certaine et liquide, en deniers ou en espèces; et si c'est en espèces, sera sursis à la vente, jusqu'à ce que l'appréciation en ait été faite, Ordonn. avril (667, lit. xxxiii, art. 2. Si vous estimez plus à propos de prendre seulement ce qu'il faut de victuailles en espèces pour lesdits vaisseaux et de leur fournir le reste en argent, colbert. Correspond, t. m, p. <o. Il Ce sens n'est plus usité. On , dit aujourd'hui en nature. || Terme de pratique. La ' chose même qu'on a empruntée. Il faut rendre en ( espèce un cheval qui a été prêté, c'est-à-dire il faut rendre le même cheval. {| 9° S. f. plur. Espèces son- j nantes (c'est-à-dire choses sonnantes), et, absolument, espèces, pièces de monnaie. Payer en es- I pèces sonnantes. Si j'eusse été bien en espèces, ! je me serais sans doute piqué d'honneur, je n'au- ! rais pas souffert qu'il eût payé pour n oi, lesage, Guzman, i, 6. Le roi Guillaume ordonna le grand renouvellement des espèces d'Angleterre en I69B, KURXti, Éloge de Halley.W Use dit aussi au singulier. I L'espèce est rare danssabour.se. Qiratitité de papier, ! et fort peu d'argent; et, pour ne pas manquer quel- ' que bonne affaire, il faut incessamment faire de j l'espèce, dancourt, Agioteurs, i, 8. Toute l'espèce vieille sortira donc de l'État qui fait la refonte, et i

le profit en sera pour les banquiers, konteso. È'îjir. xxii, 10.

— HIST. XII' s. En la cited entrad od forment grant cumpaignie, à cameilz [chameaux! ki portèrent espèces [épices] e or senz numhre, Roi», 271. (I xiii* s. Force de génération, Por l'espèce avoir tous jours vive Par renouveinnce naïve, la Hnse, 7003. Il XIV* s. La vertu ymaginative, laquelle reçoit du sens commun les espèces des choses sensibles, H. DE MONDEviLLB, f° 15. Les diverses ospoisses du spasme, id. ib. !° «8. Une est pour avoir lignée et pour sauver et continuer humaine espèce, oiiesme, Eth. 254. Il XV* s. Et puisque, par bien et parespec» de bien et de humilité, vous estes venu en ce pays, vous soyez le bien venu, fboiss. n, m, 46. Luy présente ses deux mil escuz en or, car en au.tre espèce ne dnnnoit jamais argent aux gens esfangers, COMM. VI, 2. Il XVI* s. Ainsy, soubz espèce (l'amitié, Antonius attira Artavasdes, puis le feit lier, BAB. Pant. iv, 36. Telle attestation, quand elle est deument faite, est une es|iece de glorifier Dieu, CALv. Instit. 289. Ils enseignent de cercher Jésus Christ en l'espèce du pain , qu'ils appellent, id. ib. 4103. Ceste espèce de magiciens sont reputez estre desbonsetsecourables, lanodk, 138. Un sols, demysols, carolus et aultres espèces françoyses, carl.

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