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IV, 4. Dans nn déchaînement si généni! et «i injuste contre le Sauveur, boubd. Mytt. Patt. de J. Ct. 1, p. 283. Je n'ai point encore vu le déchaînement de l'envie contre vous; mais patience, cela viendra, maintf,non, Ijtttre au due de Noaillet, 26 janv. 17)1. Son déchaînement contre tous les plaisirs, baron , Coquette et fausse prude, :, 4. Irezvous vous opposer au déchaînement public? mass. Car. Médit. Votre Majesté n'a point d'idée du déchaînement général des hypocrites et des fanatiques contre la malheureuse philosophie, d'albmb. Lettrt auroi de Prusse, <4 mai «773.
— EtVM. Déchaîner.
DÉCHAÎNER (dé-chê-né), e. o.|| 1* Oter la chaîne; détacher de la chaîne. Déchaîner des captifs. Déchaîner un chien. || 2* Fig. Exciter, irriter, soulever. Il déchaîne toute sa cabale contre vous. C'est un lion tout prêt & déchaîner sur moi, corn. Nicom. v, ). Tu peux faire trembler la terre sous tes pas. Des enfers allumés déchaîner la colère, i. b. rouss. Cantate, Circé. Les esprits de ténibres déchaînent dans Rome même les passions des chefs et des ministres de l'empire, chatf.aub. Karl. 392. || 3* Se déchaîner, ». réft. Se dégager de sa chaîne. Les chiens se sont dichaînés. || Par extension. Les vents se déchaînèrent avec furie. La tempête qui s'était déchaînée s'apaisa à la fin. || 4" Kig. S'emporter avec violence, parler contre quelqu'un ou quelque chose d'une manière violente. On vous voit en tous lieux vous déchaîner sur moi, mol. Mis. ni, «. Qu'ils feraient tout leur possible pour élever leur famille et pour la laisser puissante en biens et en charges; qu'ils mourraient en tel temps : qo'ensuite toutes le» langues et tous les écrivains se déchaîneraient contre eux, NICOLE, Ess. de mot. l" traité, ch. ♦. Elle prit la liberté de se déchaîner contre sa rivale, ha- MILT. Gramm. s. De quoi vous avisez-vous de vous déchaîner contre milord Rochester? m. ib. )0. Toute son éloquence se déchaîna contre Mme de Shrewsbiiry, ID. tb. X. Je n'ai jamais aimé à me déchaîner contre personne, et à présent moins que jamais. maintenon, Lett. à d'Aubigné, )•' mars t784. S'il attaque les spectacles, tous ceux qui les aiment .se déchaîneront, m. Lett. au card. de Soailles. )7I6, t. IV, p. 366, dans pougens. Tu vas te déchaîner contre moi. Marine, lesage, Turcnret, i, ». Quand il s'était bien déchaîné, bien récrié, je renvoyais par une petite citation toutes ses injures à Virgile, DIDEB. Lett. à Galiani. Tantôt il se déchaîne contre sa femme , tantôt il s'attendrit sur se» enfants, ID. Règne deClaude et Néron, i, § 25. Zolle contre Homère en vain se déchaîna, piron, Kétrom. m, 9.
— HIST. xn' s. Vers les prisons [prisonniers] commence à galoper. L'un après l'autre va toz deschacner. Bat. d'Alesehans, v. )958. || xv s. Faire osier etdeschalner toutes les chaînes des rues,.M0SSTREL. vol. i, f° 200, dans lacurne.
— ÉTYM. hé.... préfixe, et chaîne; picard, dicainé; provenc. decadenar; ital. icatenare.
t DÉCHAI.ÂNDER (dé-cha-lan-dé), v. a. Faire perdre les chalands.
— REM. Ce mot était dans le Dictionnaire de l'Académie de (7)8.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et chaland.
t DÉCHALASSKR (dé-cha-la-sé), v. a. ôter les échalas.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et échalas.
f DÉCHALEMENT(dé-cha-le-man). s. m. Termedo marine. Action , dite plus souvent jusant, de la mer, qui, en se retirant, laisse un espace à découvert.
t DÉCHALER (dé-cha-lé), v. n. Terme de marine. Être à découvert, en parlant de la carène d'un bâtiment échoué. || La mer déchale beaucoup, elle descend très-bas.
t DÉCHANGER (dé-chan-gé), en. Changer pour revenir à l'état qu'on avait changé. On rappelle la règle de ne changer point et de n'avoir jamais besoin de déchanger, eoss. Insir. 2.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et changer.
f DKCHANT (dé-chan), s. m. Ancien terme de musique. Sorte de broderies très-longues el de mauvais goût, et presque toujours discordantes entre elles, que les chantres exécutaient sur les notes du plainchanl servant de pédale, lorsque les règles de l'harmonie n'étaient pas encore connues. Les intonations, les versets du graduel et les Benedicamus étaient le thème ordinaire de ces aberrations qui prirent le nom de déchant, parce qu'il s'agissait de mélodies nouvelles tirées du chant primitif {de caniu tumplus), LA FAOE, Cours complet de plain-chant, n* 794. Il On a dit au.ssi discant.
— HI.ST. xiii* s. Atant a Renart enval Un benedicamua farsi X orgue, k table et k descbant, nen-
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Il S7B. Comme dévotement il fit chanter la messe et solempnement glorieuses vespres et matines et tout le service à chant el à decliant , du cange, discunttis.
— ÉTYM. Dé.... prélixe, et chant; provenç. desduins, critique, parodie.
DÊCUANTER (dé-chan-té), V. n. || !• Terme d'ancienne musique. Chanler en partie; exécuter le dédiant. Il 2'' Fig. Changer de ton, rabattre de ses prétentions, de ses espérances. 11 trouvera bien à déchanter. Traversé, sans repos, par ce démon contraire, Tu vois qu'à chaque instant il te fait déchanter, MOL. l'Étour. 111, I. Marceline: Il n'arrive jamais que pour nuire. — Figaro : Je m'en vais le faire déchanter, deaum. Mar. de Figaro, iv, 9.
— msT. xiir s. Ki donc oïst eanter archangles, Descanter puceles et angles [anges] , du cange, discantiis. Il XV* s. Deschaiiter par figures de notes, EUST. DEscH. dans kaynouabd. Il XVI' s. L'artillerie adonc ne faillit point X deschanter un si hault contrepoint, J. MAROT, V, 36.
— ÉTYM. Déchant; provenç. deschantar. On voit ici un exemple qui montre que les mots perdent souvent leur signification primitive pour en prendre jne d'accord avec leur composition apparente actuelle. Déclianter a été certainement d'abord exécuter le dechant, et en ce sens il vient de dédiant ; mais il est certain <iu'aujourd'hui déchantei ;'est faire le contraire de chanter, c'est-à-dire éprouver une mortification, un déplaisir, être dans le chî grin, et, en ce sens, il vient de dé.... préfixe, et chanter.
t DÉCUAPEK (dé-cha-pé), t). o. Terme de fondeur. Retirer le modèle de la chemise.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et chape.
DÉCUAPERONNÉ, ÉE (dé-cha-pe-ro-né, née),
^yart. passé. Faucon déchapetonné. || Terme de maçonnerie. Mur déchaperonné, mur dont le cbajuiron est miné.
DÉCUAPERONNER (dé-cha-pe-ro-né), V. o. Terme de fauconnerie, ôter à un oiseau dressé pour le vol le chaperon mis sur ses yeux. || Terme de maçonnerie. Déch;iperonner un mur, en ôter le chaperon.
— ETYM. Dé.... préfixe, et chaperon.
DÉaiARGE (dé-char-j'), s. (. || i' Action de décharger des marchandises, des ballots, etc. placés sur une voiture, un bateau, une bête de somme. Faire la décliarge des marchandises, des balles, des colis. Il 2° Action de diminuer ia charge, le faix. La décliarge d'un plancher. || Terme d'architecture. Pièce de bois posée obliquement dans une cloison ou dans un cintre pour diminuer la charge du point d'appui. Il Terme de serrurerie. Barre de fer posée obliiiuementdans l'assemblage d'une grille, ou placée carrément dans son châssis. || 3° Action de tirer à la fois plusieurs armes à feu. Décharge de mousqueterie, d'artillerie. Pendant qu'avec un air assuré il s'avance pour recevoir la parole de ces braves gens, ceux-ci, toujours en garde, craignent la surprise de quelque nouvelle attaque; leur effroyable décharge met les nôtres en furie, Boss. Louis de Bourbon. L'infanterie espagnole qui s'ouvrait pour laisser partir la décharge de ) 8 canons, volt. Louis XIV, 3. [Les soldats] ébranlent la solitude par de pesantes décharges, chateaub. Nalch. i, 88. Cependant l'empereur écoute encore; le bruit augmente; Estce donc une balaille? s'écrie-t-il; chaque décharge le déchire, car il ne s'agissait plus pour lui de conquérir, mais de conserver, ségur, Hist. de Nap. IX, 2. Il Familièrement. Une décharge de coups de bâton, une bastonnade. || 4° Ouverture par laquelle on donn<i issue aux eaux d'un étang, d'un bassin. Pratiquer une décharge.|| Tuyau de décharge, tuyau par lequel s'écoulent les eaux d'un bassin, d'un canal. Il 5° Réservoir destiné à recevoir le trop-plein d'une rivière, d'une fontaine, d'une citerne. Les lacs avaient leurs décharges préparées, boss. Ilist. m, 3. Il Fig. Décharge d'humeurs, écoulement des humeurs du corps. || Terme de fauconnerie. Évacuation d'un héron qui, fuyant, vomit pour s'alléger. Il 6' Lieu d'une maison où l'on serre ce qui u'esi pas d'un usage ordinaire. Nous avons prùs du cellier une décharge très-spacieuse. Rien ne convenait mieux à M. le duc que d'avoir la maison de la Touanne pour en faire une décharge à son château de St-Maur, quand il y était avec Mme la duchesse et bien du monde, st-sim. 99, 54. || On dit dans le même sens : pièce de décharge. \\ 7" Déblais extraits d'un puits ou d'une irancliée. IITerme de construction. Lieu où l'on décharge les décombres. |[Trou dans lequel on met les déblais provenus du ratissage d'un jardin. Il Décharge publique, lieu où tout le monde peut porter des déblais. || 8° Terme de jurisprudence. Acte de quittance en libération d'ime dette. Obtenir
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quittance et décharge. Je vous aonne décharge de ce que vous me deviez. [ Fouquet] a dit des merveilles, et comme le chancelier lui disait: « Avezvouseu votre décharge de l'emploi de celle somme?» Il a dit : «Oui, monsieur, mais c'a été conjointement avec d'autres affaires, » qu'il a marquées et qui viendront en leur temps. «Mais, a dit M. le chancelier, quand vous avez eu vos décharges, vous n'aviez pas encore fait la dépense? — 11 est vrai, a-t-il dit, mais les sommes étaient destinées, » sÉv. à Pompone, 28 nov. 4664. || Terme de commerce. Porter une somme en décharge, l'inscrire comme reçue. || Payer tant à la décharge de quelqu'un, à la décharge d'un compte, payer sur ce qui est dû par quelqu'un, sur ce qui est porté en compte. On impute à un débiteur le payement que sa caution fait à sa décharge, boss. Vor. 4 2. || Terme d'orfèvre. Poinçon qui, appliqué sur une pièce d'argenterie, montre que les droits ont été acquittés. Il 9° Soulagement, allégement. C'est une décharge considérable pour l'Êlat. Le roi notre maître pourrait en partie payer secrètement la solde, à la décharge de S. M. Catholique, si l'Espagne n'en pouvait porter ladépense.FÉN. t. xxu,p. 480. Ilnefautpaspourcela demander votre décharge [demander d'être déchargé de vos fonctions], boss. Lettr. abb. 9i. C'est autre chose de parler de ses peines par pure décharge, id. Leilr. Corn. 4 06. Il faut craindre de faire de la confession une décharge de cœur sans se corriger, fén. t. XVII , p. 533. Ces maux présents sont à la décharge de l'avenir, i. j. rouss. Ém. u. || La décharge de la conscience, l'acquit, le soulagement de la conscience. Je dois avouer pour la décharge de ma conscience que.... Il 10° Terme de jurisprudence criminelle. Témoignages, preuves favorables à un accusé. Il n'a rien dit à la décharge de l'accusé. Témoins à décharge. Pour s'écrier d'un triste et pitoyable accent; Qu'on sauve Bélisaire et qu'il est innocent, Qu'elle doit sa décliarge au remords qui la presse, rotrou, Bélis. v, 7. Il 11° Terme d'imprimerie. Feuille de papier qu'on presse sur une forme pour en sécher les caractères.
— lllST. XYi" s. De leur excréments mesmes el de leur descharge nous tirons nos plus riches ornements et parfums, mont, ii, 204. Je suis le but, la descliarge commune De tous les coups de ton bras furieux, LA BOÉTiE, 647.... Aultres douze, qui dudit lieu, porloienl leur descharge [la charge apportée parles douze premiers chevaux] à Bouloigne, carl. m , 28. Selon appella l'abolilion des debles, seisachlheion, qui vault autant à dire comme descharge, AMYOT, Solon, 23. Sylla respondil pour sa descharge, que.... id. Sylla, 54. Concluoit que cela se devroit faire pour la descliarge de la conscience du magistral et des gens d'eglise, noel du fail, Contes d'Eutrap. ch. ix.
— ÉTY.M. Voy. DtCHARGEH.
DÊCIIAUGÉ, ÉE (dé-char-jé, jée), port, passé. Il 1° Qu'on a ôlé du chargement. Â la fin, les trésors déchargés sur la plage Le tentèrent si bien qu'il vendit son troupeau. Trafiqua de l'argent, le mil entier sur l'eau, la font. Fabl. iv, 2. || Dont on a 6té la charge. Cet homme déchargé de son fardeau. Il Fig. La conscience déchargée par un plein aveu, il Terme de chasse. Déchargé d'épaule, dont les épaules ne sont pas lourdes. Chiens pour le loup doivent être déchargés d'épaules, salnove. Vénerie, p. 254 , dans LACURNE. || On dit dans le même sens : cheval déchargé d'encolure, el, simplement, déchargé. Il Terme de blason. Armes déchargées, armes diffamées. || 2° En faveur de qui des témoignages ont été rendus. L'accusé déchargé par les témoins. || 3° Quitte. Déchargé de la dette qu'il avait contractée. Il 4° Dont on a retiré la charge. Un fusil déchargé. || Qui a fait feu. Les canons déchargés à la hâte ne firent pas grand mal à l'ennemi.
DÉCUARGEMENT (dé-char-je-man), s. m. Action de décharger des bâtiments, des voilures de transport, etc. Le déchargement d'un navire. Ces contrariétés retardaient le déchargement du vaisseau el prolongeaient le temps de son chargement, hay- NAL, Ilist. phil. ïiii, 22. il Déchargement d'un canon, action d'en retirer la charge.
— ÉTYM. Décharger.
t DÉCUARGEOIR (dé-char-joir), s. m. || 1° Cylindre autour duquel le tisserand roule la toile à mesure qu'il la fait. || Terme de construction hydraulique. Ouverture de décharge. || Écluse composée d'une ou de plusieurs vannes qui tire de fond pour vider un bief.
— ÉTYM. Décharger.
DÉCHARGER (dé-char-jé. Le g prend un «devant a eto: déchargeant, déchargeons), v. a. || 1° ôler
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la charge, enleverdes marchandises, des denrées, etc. d'un navire ou d'une voilure. Décharger des marchandises, des ballots, des pierres, du blé. Son dessein était d'approcher d'Êryx avant que d'être aperçu des Romains, pour y décharger ses vivres, y prendre un renfort de troupes et faire monter Barca sur sa flotte, rollin, Uisl. ane. Œuvres, X. i, p. 338, dans POUGENS. Il Par extension. Décharger un navire, une voiture. Décharger un portefaix. Décharger un cheval. Ésope prit le panier au pain : c'était le fardeau le plus pesant; chacun crut qu'il l'avait fait par bêtise ; mais dès la dlnée le panier fut entamé, et le Phrygien déchargé d'autant, la font. Vie d'Ésope. On se préparait à décharger l'éléphant qui portait le dîner et le service, volt. Le blanc et le noir. \\ Absolument. Les voitures déchargent à la barrière. Un bateau qui arrivait à une ville devait payer un droit pour son entrée.... un droit d'ancrage, un droit pour la liberté de décharger, B.it- NAL, llisl. phil. m, 39. Il 2° ôter un poids, un fardeau qui surcharge. Décharger une poutre qui fléchit. Et déchargez vos mains de ce faix inutile, botr. Antig. u, 4. Il Fig. Décharger le plancher, sortir de la chambre, de l'appartement. || Décharger un arbre, lui ôter des rameaux inutiles, des fruits en excès. Il Décharger le cerveau, le débarrasser de ce qui l'incommode. Il Décharger son estomac, son ventre, le soulager par quelque évacuation. || Terme de marine. Décharger la mâture, faire donner dans les voiles le vent qui était dessus. Décharger la poupe, vider l'eau qu'elle contient. Décharger une voile, la mettre dételle façon que le vent n'ait plus d'action sur l'une ou sur l'autre de ses surfaces. || 3° Fig. Soulagerd'une charge, débarrasser, dispenser. Déchargez mon cœur de l'ennui que vous lui donnez, voit. Lett. 47. Paris.... Se déchargeait le col de son joug inhumain, RÉGNIER, ÉpU. 1. De mes chaînes pour lui je serai déchargé, rotr. St Gen. v, 4. Ils déchargèrent le menu peuple de tout impôt, boss. hist. m, «. Après avoir congédié les sénateurs, il [Théodose] fit son testament, dans lequel il ordonna qu'on déchargeât le peuple des augmentations de tributs que la nécessité des affaires passées avait fail imposer, flêch. Théodose, iv, 73. Les marchandises destinées pour les colonies furent déchargées de toute imposition, EAYNAL, Hist. phil. xni, 5. Il Décharger sa conscience, mettre sa responsabilité morale à couvert. Enfin la peur sur lui remportant la victoire. Aux pieds d'un prêtre il court décharger sa mémoire, BoiL. Épit. XII. Il Décharger son cœur, découvrir les sentiments qu'on retenait ou renfermait en soimême. Et qu'au moins une fois je décharge mon cœur, hauteroche. Deuil, se. ». Faites-moi tout ce qu'il vous plaira, battez-moi, assommez-moi de coups, tuez-moi, si vous voulez, il faut que je décharge mon cœur, mol. Don Juan, v, ï. Je décharge mon cœur devant Dieu sur le sujet de celte paix bienheureuse, boss. ii. Démons, 3. || FamiUèrement, dans le même sens. 11 faut qu'enfin j'éclate. Que je lève le masque, el décharge ma rate, mol. F. sav. n, 7. || Décharger sa bile, sa colère, donner issue à sa mauvaise humeur, faire sentir les effets de sa colère. Quel plaisir j'aurais à lui décharger ma bile! d'allainval, Éc. des bourg, u, 4 2. || Par une autre extension. Dans cette pensée, il résolut de décharger son désespoir sur vous, et de vous ôter la vie pour venger son honneur, mol. Stapin, m, 2. Il 4° Décharger un accusé, porter un témoignage en sa faveur. Une attestation où je déchargeais Mme Guyon de toutes choses, boss. Lett. quiet. 44, J'ai relevé toutes vos bonnes qualités; je vous ai déchargé de toutes les choses odieuses; que pouvaisje faire de mieux? fénel. Dial. des morts mod. Louis II, Commines. \\ Décharger d'accusation, prononcer par un jugement qu'un accusé est innocent. Tels arrêts nous déchargent et nous renvoient absous, qui sont infirmés par la voix du peuple, la BBUY. XII. Il 5° Décharger quelqu'un d'une dette, l'en déclarer quille. Plusieurs casuisles ont trouvé moyen de décharger les personnes les plus riches de l'obligation de donner l'aumône, pasc. Prov. 6. Le magistral décharge le prince du soin de juger les peuples, la bruy. IX. Toute dispense ne vous décharge pas devant Dieu, mass. Car. Jettne. || Absolument. Cette opinion qui décharge de l'obligation de restituer, PASC. Proe. 5. Il 6° Décharger un compte, en rayer les sommes qui ont été payées. J'ai votre argent à madame rer.du Déchargez-en votre livre.L A
font. F. avare. j| On dit de même décharger un registre, un contrat, une minute. || Décharger la feuille d'un messager, y mettre le récépissé des objets reçus. Il 7° Faire partir le coup d'une arme à fau. Rambure a été tué par un de ses soldats qui déchargeait
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trfes-innocemment son mousquet, sèv. 299. || Ketirer la charge avec un tire-bourre. Il est prudent de décharger les armes dont la charge est ancienne. Il 8* Décharger un coup, l'asséner. Mercure, au lieu de donner colle-là [cognée]. Leur en décharge un grand coup sur la tête, la font. Fab.y, <. Il nous fait entendre que ce sont les péclieurs qui ont décliargé sur lui leurs coups, boubd. Uyst. Passion de J.-C. t. i, p. 293. || 9° Terme de typographie. Décharger les balles, une forme, ôter l'encre qui «e trouve dessus. || Absolument. Des balles déchargent, lorsque les cuirs lâchent sur la forme des masses d'encre ou des ordures. || 10° V. n. Maculer, faire des taches. Cette encre décharge. Il Terme de teinturier. Une couleur déchar(;e quand elle déteint. || 11° Se décharger, v. rijl. Se débarrasser. Se décharger d'un fardeau. Comment, dis-je, mon père, accablé de tant d'âge, Nesedécharge-t-il, avant qu'y «uccomber , D'un pénible fardeau qui le fera tomber? rotb. Yencesl. i, ). || Fig. Il brûle de parler bien plu» que nous d'entendre; Sa nouvelle lui pèse, il veut s'en décharger, mol. Uélic. I, 3. U allait se décharger du poids de sa dignité, fléch. Lam. Les Hollandais se sont déchargés de cette négociation, *Bv. » août <678. U est vrai qu'elles se déchargeront d'une partie de cette règle; mais, quoi qu'elles fassent, il y aura toujours mille exercices dont elles ne pourront se dispenser, bourdal. Exhort. tur l'obsero. des règle$,t. i, p. 234. || 12° Se décharger sur quelqu'un d'une affaire, lu: en abandonner le soin, la direction. Tibère, déjà vieux, sedéchargeait sur Séjan dessoins de l'empire, d'ablanc. Tac. A nn. 1. iv ,ch. 8. Vous vous déchargez sur nous de tout ce qui vous concerne, Boss. risite, 2. Sur qui ils puissentsedécliargerd'une partie de leur ministère, MASS. Panég. St Etienne. Il se décharge sur eux du soin des faibles et des petits, ID. Pet. car. Iluman. des gr. Ce besoin de fuir la solitude et de se décharger sur autrui du fardeau de sa vi», était inconnu à ce peuple content ds la nature et de sa destinée, raynal, Uist. phil. xv, 4. Déchargez-vous sur moi du fardeau de l'empire, chateaub. Slart. Il, <72. Il Se décharger d'une faute sur un autre, la lui imputer. || 13° Se décharger, se dit de l'électricité qui s'échappe, d'un orage qui éclate, d'une nuée qui lance la foudre. Ëtait-ce là de ces tempêtes par où le ciel a besoin de se décharger quelquefois? et le calme profond de nos jours devait-il être précédé de tels orages ?BOSs. le Tellier. || 14° S'écouler, se jeter, en parlant des eaux. Los eaux de ce réservoir se déchargent par cette ouverture. Pour faciliter la communication des deux villes, on creusa un canal qui partait d'un des bras du Nil et qui allait se décharger dans le golfe arabique, ra'tnal, Uist. phil. I, *i.\\ Par extension. L'un de ces abîmes [le passé et l'avenir] s'écoule continuellement dans l'autre, l'avenir se décharge dans le passé en coulant par le présent, Nicole, Ess. de mor. 2° traité, ch. 3. Il 16° Déteindre, enparlant des couleurs. Celte couleur se décharge.
— HlST. XII" s. X mont [il] s'en vait dreit el palaiz; lluec a deschargié son faiz, Grégoire le Grand, p. 84. Il xiti* s. Oant il fu emi la forest. Là a sa proie doschargie ; Isnelement l'a despecie, Qu'il n'i laissa ne pel ne os, i(cn. t9903. Jeporroie descarquier les homes du jugement qui seroit soraus [eux), beau.m. vu, 8. Costume crt en la cité de Roan, que nus ne poet deschargier avoir en la vile, se par le grié as borjoisnele faisoit, it'u. dejust. 8. Je demandai au mestre combien il y avoit trop de gens; el si li demandai se il menroit [mènerait] bien nostre gent à terre, se je le doschargoie de tant gent, joinv. 2i t. Il xiv* s. Mais François à tous lez si fort les apressoient. Et de haches puissans si grans cops deschargeoient. Qu'à terre ont trebuchiétout quanqu'il ateignoient, Guescl. 22412. X la porte s'en vint la busche deschargier, ib. 942. || iv's. Après ce proiws [le comte d» Charolois] commença à descharger le duc de Bretagne, disant que.... comm. i, i. || xvi" s. Descharger ses passions sur.... mont, i, 20. Descliarger [quelqu'un] de »a foy donnée, ID. i, 30. Là où du Nil l'un des bras creux et large Près de Canobe en la mer se descharge, autot, Solon, 64. Il pria les exécuteurs qu'on luy donnast un peu de temjis et de lieu pour descharger son ventre qui le pressoit, ID. Pomp. te. Pauvre homme que tu es, comment vas-tu ainsi deschai'geant la fortune de ce dont tu la pouvois charger et accuser à ta deschargeî id. P. £m. 44.
— ÊTïM. né.... préfixe, et chorjer; picard, dé- Aerker; wallon, dihiergt; provenç. et espagn. descargar ; ital. scnricare.
ULCilARGEUK (dé-char-jeur), s. m. \\ 1° Celui qui
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décharge une voiture ou toute autre chose. || Celui qui décharge les marchandises. La décharge du poisson de mer frais se fera en la place des halles par les comptcurs-déchargeurs de la dite marchandise, Uèglem. de la cour de Parlement, 20 fév. tain. Il 2° Se disait autrefois, dans l'artillerie, d'un offlcier préposé au soin de faire décharger les poudres et les autres munitions. || 8° Officier qui, sur les ports de Paris , veille à la décharge des marchandises. Il 4° Déchargeur de vin, tonnelier qui marque avec de la craie le vin qu'on achète et qui en fait la décharge.
— lllST. xni* s. Des deskierkeurs des vins, tail- LiAR, Ileeueil, p. 2m. || xvi* s. Onze conducteurs de charroy, deschargeurs, charpentiers, charrons et forgeurs, M. ou bkll. 25u.
— ETYM. Vécharijer.
t DÉCUARMKR (dé-char-mé), v. a. Oter l'enchantement, le charme.
— HlST. xv° s. Quant la pucelle se sentist descharmée de ses amours, Perceforest, t. v, f°33. || xvi's. ....Et que je voy Henry l'Apollon qui m'inspire. Soudain je me descharme, et ma langue veut dire Les honneurs d'un tel prince.... bons. 784. Moy je mets simplement le plaLsir en avant. Et l'heureux paradis deceste jouissance Qui vous dustdecharmer de la feinte apparance De ces ombres d'honneur qui vous vont décevant, desportes, CEuvret, p. 6H , dans lacurne.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et charme.
DÉCHARNÉ, ÉE (dô-char-né, née), part, passé.
Il l°Dépouillé de chair. Des os décharnés || 8° Amaigri. Visage décharné. Mains décharnées. L'Etat est florissant, mais les peuplesgémissent. Leurs membres décharnés courbent sous mes hauts faits, corn. Prol. de la Toison, i. U [Sénéque) était maigre et décharné, dider. Règne de Claude et Néron, i, § 4. L'espagnol, décharné, demi-nu, nonchalamment assis à terre, regarde avec pitié ses voisins, qui, bien nourris, bien vêtus, travaillent et rient de sa folie, raynal, Hist. phil. viii, 34. Son coursier décharné De loin chez nous l'a ramené, dérano. Carabas. || Terme de vétérinaire. La tète du cheval est dite décharnée, quand, péchant par excès de longueur, elle présente en outre peu de développement dans les parties molles qui entourent les os. Il 3°Kig. Oui n'a ni l'ampleur ni les développements ni les ornements nécessaires, en parlant des choses littéraires. Un style décharné. Combien les faits y sont-ils décharnés [dans les histoires], c'est-à-dire séparés tant des mouvements secrets qui les ont produits que des circonstances qui ont contribué à les faire réussir I nicole, Ess. de mor. )•' traité, ch. 6. Je ne prétends pas faire un récit sec et décharné des variations de nos Réformés, Boss. l'ar. préf. Il y a des ouvrages que la nature doit produire toute seule : la contrainte des préceptes ne fait que les afTaibhr et leur donner une certaine sécheresse qui les rend maigres et décharnés, boil. Longin, sublime, ï. C'est [M. Bouillon] un traducteur maigre et décharné; les plus belles fleurs que l'Arioste lui fournitdeviennentsèchesentreses mains, iD.Disserl. sur Joconde. Peut-être s'est-on déjà aperçu que les faits rapportés jusqu'ici ont été assez dénués de circonstances, assez décharnés, fonten. Mery. Sans les circonstances, les faits demeurent comme décharnés: ce n'est que le squelette d'une histoire, FÉN. t. XXI, p. 239. Les étrangers se plaignent que le dictionnaire do notre Académie est sec et décharné, VOLT. Lett. Damilarille, 28 mai 4782. || 4° Sol décharné, sol stérile. || Arbre décharné, arbre auquel on a été trop de bois.
tDÉCHARNEMENT (dé-char-ne-man), s. m. État de ce qui est décharné.
DfiCHARNER (dé-char-né), ». a. |ll° Dépouiller les os de la chair. || 2* Amaigrir, ôter l'embonpoint. La maladie l'a tout décharné. Ce visage si grave N'a sauvé toutefois des ravages du temps Qu'un peu d'os et de nerfs qu'ont décharné cent ans, corn. Illusion comique,!, t . || 3° Fig. Décharner son style, le dépouiller d'agréments, d'ornements. 11 savait que les préceptes, quand on les traite d'une manière si nue et si subtile, ne sont propres qu'à dessécher l'esprit et qu'à décharner, pour ainsi dire, le discours, en lui étant toute grâce et toute beauté, ROLLiN, Uist. anc. t. XI, 2° part. p. 728, dans pou- GENS. Il 4° ôter aux arbres trop de bois. ||B' Terme de fauconnerie. Décharner un leurre, ôter le morceau de chair dont il est garni. {| 6° Se décharner, V. réjl. Devenir décharné. Ce cheval se décharné.
— HlST. xiii* S. Che estoient Tapins qu'avions encontre, Trestout maigre et caitif et de fain descarné, Ch. d'Ant. V, RSO. tt il qui me vitiuetre et des-
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charné de la maladie, et en l'abit que je avoie est; en prison, dit que il ne m'en bailleroit nulles, joinv. 260. Il XIV* s. Tu l'abeicheras [donneras au faucon 11 becquée] sur le loirre, puis le descharneras [tu ne le laisseras pas achever la chair], Hodu$, ^LXxxll, verso. Il XVI* s. Et pour ce que la tuerie et la pillerio duraient sans fin, les plus advisez pour descharncr [désacharner] leurs gens, trouvèrent invention do les faire passer à Limoux, d'aub. Uist. i, <38. I.es dents |dos ladres] sont descharnées, paré, xxii, lo. Amuser la curiosité de nostre esprit, luy donnant où se paistre, à ronger cet os creux et descharné, uoNT. II, 238. Mendiants aux portes, descharnezde faim et de pauvreté, m. i, 248.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et chair, anciennemenl char et charn; provenç. et es[iagn. iescarnai
tDÉCHARPIR (dé-char- pir), v. a. Séparer de« gens qui se battent. Andrés etTrufaldin, à l'éclat du murmure. Ainsi que force monde accourus d'aventure, Ont à les décharpir eu de la peine assez, Tant leurs esprits étaient par la fureur poussés, hol. VÉtour. V, <4.
— HIST. xiii's. Ire, qui est maie et vilaine. Ne sait pas tant d&scliarpir laine, Comme ele sait des cheveus rompre, buteb. ii, 32. ||xv«s. Si porte, en lieu de cueur tapie. Pensée qui m'est dure erpie [harpie] , Et n'en puis estre descherpie, A. quart. It Livre des 4 dames.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et charpir, d'où charpie (voy ce mot).
t DËCIIASSÉ (dé-cha-sé), t. m. Pas de danse que l'on fait vers la gauche, par opitosition au chasêé qui se fait vers la droite.
DÊCHASSER (dé-cha-sé). ||1* V. n. Terme de danse. Faire un chassé à gauche, après en avoir fait un à droite. X la monaco l'on chasse et l'on déchasse, Chanson. || Il se conjugue avec le verbe avoir. \\ 1° V. a. Terme d'arts. Les tourneurs disent déchasser une cheville de bois pour dire la faire sortir.
— HIST. xir s. Deus t'a eslit, ço dient e 11 haut e li bas; Pur les biens que t'a fait, pur tuzque li rendras'? Destruiras ses iglises, ses clers deschacerasT Th. le mart. 74. Les nos [nôtres] [ils] Tout dechaçant, n'es ont cured'eslire; Mais ainsi corne ilsunt, les prenent tire et tire, Sax. x. || xv's. Il avolt la roine et son ains-né fils dechassé hors d'Angleterre, FBOiss. I, l, 9. Et [les Flamands] dechass^rent [de Cambrai] et mirent dehors les gens de guerre qui estoient dedens le chasteau de la dite ville de par le roy, JEAN DE TBOYES, Chr. 147». || xvf s. Ils vindrcnt se saisir de la Gaule et en deschasser les premiers habitants, mont, m, 98. ||xvirs. Mais sitost que le fils le père dechassa.... régnier, Sat. vi.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et chasser; provenç. decassar; ital. scacciare. Dans déchasser, terme de danse, c'est faire le contraire de chasser; mais dans déchasser, faire sortir, ce n'est plus le même sens, c'est celui de l'historique , oïl dé.... exprime augmentation , expulsion : chasser au loin, chasser hors.
t DÊCHAOMAGE (dé-chô-ma-j') , I. m. Action de déchaumer une terre. |{ Sorte de latour. Le déchaumage est une opération agricole dont la pratique suppose des connaissances agronomiques.
— ÊTYM. Déchaumer.
DÉCU.AUMÉ, ÊE (dé-chô-mé, mée), part. pasH Un champ déchaumé.
DÉCHAUMER (dé-chô-mé), v. a. Enlever le chaume qu'on a laissé en moissonnant des céréales. Il Donner un premier labouraprès la récolte des céréales; plus spécialement, labourer superficiellement la terre, après les récoltes du froment, de l'avoine, des graines oléagineuses, etc. à l'effet de provoquer la germination des mauvaises plantes, pour les détruire sûrement dans un labour subséquent.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et chauvM.
t UÉCHAUS-SAGE (dé-chft-sa-j') , i. m. Synonyme de déchau-ssement.
DÉCHAUSSÉ, ÉE (dé-chô-sé, sée), part, passé. Il l°Qui a6tesessouliers.Unpieddechausse.il Moines déchaussés, moines qui portent des sandales sans bas. Dès qu'on m'eut appris que ce palais était le couvent des révérends pères Carmes déchaussés, je conçus de grandes espérances, VOLT. VU. oux 40 ifciu. Aventure arec un carme. \\ 2° Terme de maçonnerie. Mur déchaussé, mur dont les fondations sont dégradées. I>es murs de ce quai sont tout déchaussés. Il S'Termedo dentiste. On dit qu'une dent est déchaussée, lorsqu'une portion de sa racine n'est plus couverte par la gencive. || 4° Dont on a mis a découvert le collet el les racines, en parlant des végétaux. De gros caluux de lis, déchaussés par la*
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pluies, paraissaient k la surface de la terre, cha- TEAUB. Hin. 33.
DÉCHAUSSEMENT (dé-chô-se-man), f. m. || l'Action d'ôter les souliers. || 2" État d'une construction qui est déchaussée, et action de la déchausser. Il 3° Action de détacher du coUet d'une dent qu'on Tout arracher, la gencive qui y est adhérente. || État des dents dont les gencives n'enveloppent plus la base. Il 4*Ternie d'agriculture. Action de déchausser, c'est-à-dire d'enlever la terre qui protège le pied d'un arbre, d'une plante quelconque. La gelée en soulevant les terres légères, calcaires ou tourbeuses, et les laissant retomber ensuite, est souvent une cause du déchaussement des céréales. || Façon donnée aux arbres, aux vignes en les labourant au pied, et en recouvrant les racines avec du terreau ou du fumier.
— ÉTYM. Déchausser.
BÉCH.\USSER (dé-chô-sé), v. a. || 1» Tirer k quelqu'un sa chaussure. Il se soumit à tout ce qu'on voulut; les demoiselles firent la couverture et se retirèrent ; le nain le déchaussa ou débotta, et puis le déshabilla, scabron. Roman com. 1" part. ch. o. Il Fig. N'être pas digne de déchausser quelqu'un, ne pouvoir se comparer à lui. Les Moustapha ne sont pas dignes de vous déchausser, volt. Lett. à Car ther. 26. Cela n'est pas digne de déchausser votre histoire amoureuse, sÉv. 4i-2. || 2° Déchausser un mur, enlever la terre qui est autour de ses fondations. X mesure que l'on déchausse quelque édifice à Pompéi, on enîijve ce que donne la fouille, cha- TEADB. Italie, 68. Il 3° Déchausser une dent, en détacher la penciTO. || 4° Déchausser un arbre, en mettre à découvert le pied et les racines. || B° Se déchausser, V. réfl. ôler ses cha-ussures. 11 ne peut se déchausser lui-même. La mèreaobtenu une femme pour la servir, mais M. le duc se déchausse luimême, sÉv. (4 oct. <676. Il Cette dent se déchausse, elle se décolle de la gencive.
— HIST. XII* s. E saint Thomas le r'a de ço fort chalengié, Que il sun parenté aveit tut eissillié, Nis des petiz enfanz qui erent dechalcié. Th. le rnart. m. Il xm" s. Il apela son escuier. Si se commande à deschaucier. Lai de Uelion. Maintenant se fist deschaucier Li chevalier , et si se couche , Ren. 22)74. Jlfcs ele i aloit autrement; Quar ele i aloit povrement Vestue et toute deschaucie, ruteb. n, <78. Et [ils) vindrent as deus pieres, si les deschaucierent, ilerlin, f° 38, reclo. || xvi* s. Il fault deschausser ses souliers quand on entre au logis du roy, MONT. I, H2. Or s'il s'en courrouce, qu'il s'en deschausse, desper. Cymbai. (23. Là tous les autres se seans en terre deschaussercnt leurs souliers, AMYOT, Aratus, 24. X la fin les Gaulois commençoient j'à à deschausser [déterrer] les roues de ces chariots et à les tirer dans la rivière, m. Pyrrhus, 63. Sans oublier de luy faire changer de cheval, et deschausser les esprons, carl. vm, 38. Il faudra deschausser la dent qui devoit tomber, puis l'arracher, PABÉ, XV, 27.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et chausser; picard, decaiicher; provenç. descaussar; calai, descalsar ; espapn. descalzar; ilal. discalsare.
t DÉCHAUSSlERE (dé-chô-siê-r'), s. ^. Terme de vénerie. Lieu où lu loup a gratté et où il gîte. On dit aussi déchaussure.
— ETYM. Decnauster.
BÉCHAUSSOIR (Qé-ch6-soir) ,s. to. Terme de dentiste. Lame d'acier qui sert à déchausser les dents.
— HIST. XVI' s. Je laisois petites scarifications avec un dechaussoir de oents, paré, xv, 28.
— ÉTYM. Déchauner.
t DÉCHAUSSURË ( dé-chô-su-r' ) , s. f. Voy. dé-
CHAUSSIÈRE.
DÉCUAUX (dé-chô), adj. m. Qui porte des sandales sans bas. Déchaui ne se dit que des carmes; on dit carmes déchaux et augustins déchaussés.
— HIST. xiirs. Cascune sans estrief [étrier] seoit, Et si n'orent soUiers ne chauces, Ains estoient totes deschauces. Lai du Itot. Il les fist prendre, et leur fist tolir leur avoirs, ec les fist mener en Salenique,
mus et deschaus à pi*, villeh. cliii. Le roi sailli de son lit tout deschaus, joinv. (96. Et lors je me parti de Joinville sans rentrer au chastel jusques à ma
^ revenue, à pié deschaus et en langes, id. 209. 1| xv s.
; Il lui vint soudainement un homme en pur le chef
' et tout deschaulx et vestu d'une povre cotte de burel blanc, FHOiss. m, iv, 2». Six des plus notables bourgeois, tous deschaux, les hars au col, m. i, i, 320. Il xvi* s. On leur rasoit les cheveux, on les faisoit aller deschaux, amyot, Lyc. 34.
— ÊTYM. Picard, décaus; wallon, dtTid; namurois, déchau; rouchi, deca^^x; du bas-latin discal-
cius, qui est dans la loi salique; de dis (voy. des.... préfixe), et calcetts, soulier (voy. chausser).
«ÉCHÉANCE (dé-ché-an-s'), s. f. || l» Action de déchoir, dégénération. Aimer une chose, c'est se complaire dans sa possession, sa grâce, son accroissement, craindre sa privation, ses déchéances.... VAUVEN. De l'espr. hum. 24. || 2° Terme do jurisprudence. Perte d'un droit, pour défaut d'accomplissement d'une formalité dans un délai déterminé. j| 3° Perte de la couronne, du trône. La déchéance de Louis XVI prononcée par l'assemblée.
— lllST. XII' s. Mais jo quit [pense] dire veir de celé decaance; Petit à petit est venuz à repentance. Th. le mari. <oi,
— ÉTYM. Déchoir; provenç. dechaiensa, descaxensa; espagn. decadencia; ital. scadema.
DÉCHET (déché; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, \'s se lie: des dé-chè-z inattendus; déchets rime avec traits, accès, paix, etc.), s. m. Il 1* Perte qu'une chose éprouve dans sa quantité, sa qualité, sa valeur. L'hôte parlait de leur faire payer le déchet de son avoine, ecahb. Rom. com. ch. n. Ceux qui font les voitures, chemin faisant, font le faux saunage tout de leur mieux aux dépens de la voiture même, où le déchet est souvent remplacé par du sable et par d'autres ordures, vaob. Dime, p. <04.|| Terme d'orfèvre et de monnayeur. Perte qui se trouve sur l'or et sur l'argent qui ont été fondus. |1 Terme d'hydraulique. Ce qui manque à une source, à un jet, par rapport à ce qu'ils devraient fournir. Il 2° Fig. Diminution, discrédit. Je viens faire cette visite pour réparer tout ce qu'il y aurait de déchet en la perfection religieuse, Boss. rt'stt*, t. Heureux le fidèle qui met toute son étude et toute son application à se pourvoir pour le salut; qui ne peut souffrir sur cela le moindre déchet, BOURD. Pensées, 1. 1, p. <25. On veut avoir un compte exact des moindres dépenses que font les domestiques, et on ne prend nullement garde au déchet de leur piété et à la ruine entière de leur religion, m. Serm. Dim. t. ii, p. 33. || Proverbe. Il y a bien du déchet sur la filasse, se dit pour exprimer qu'un profit, une succession ont beaucoup moins produit qu'on ne comptait, et aussi qu'une personne a fait de grosses pertes d'argent.
— HIST. xy s Fut la dicte vaisselle mise en
feu et fondue, puis fut refaicte et rendue, et pour façon et dechiet en eut Lacroisille la somme de ... Comptes de l'hôtel de ville de Tours, Bibl. des Chart. 4' série, t. I, p. (68. ||xvi's. [La divination] vient en mespris et deschet de réputation, amyot, SyVa, («. Il est malaysé de ramener les choses divines à nostre balance, qu'elles n'y souffrent du deschet, MONT. I, 249. Cette infinie beauté, puissance et bonté [de Dieu] , comment peut-elle souff'rir quelque correspondance et similitude à chose si abjecte que nous sommes, sans un extrême interest et deschet de la divine grandeur? id. ii, 260.
— ÉTYïI. Déchoit ou, suivant la prononciation normande, déchet, ancien participe du verbe déchoir : ce qui est tombé, perdu.
DÉCHEVELÉ, ÉE (dé-cheu-ve-lè, lée), part. passé- Boni les cheveux sont épars. Mainte veuve pourtant fait la déchevelée, Qui.... la font. Matr. Vous faisiez [Henri III] mille grimaces : courir la bague en femme, faire des repas avc'- vos mignons, où vous étiez servi par des femme' nues et déchevelées; puis faire le dé\ot, Ft.t. . Dial. des morts mod. (3.
DÉCUEVELER (dé-cheu-ve-K- ; la syllabe che prend le son cheu, c'est-à-dire se lenforce, quand la syllabe qui suit reste muette. L'I se double quand la syllabe qui suit est muette: je déchevelle, je déchevellerai) , v. a. Mettre en désordre la chevelure de quelqu'un. Les nymphes des lieux en hurlèrent. Et leurs tètes déchevelèrent , scarhon, Virg. trav. IV. Il Se dècheveler, v. réfl. Mettre ses cheveux en désordre. Ces deux femmes, en se battant, se sont toutes deux déchevelées.
— HIST. xiii' s. Le roy, qui estoit en croiz sur le pont de la nef, tout dechaus, en pure cote et tout deschevelé devant le cors Nostre seigneur qui estoit en la nef, joinv. 283. {| xV s. Après veindrent les dames et damoiselles toutes deschevelées, lesquelles en plorant , pareille requeste feirent , juvenal, Charles VI, ( 382. Et là supplia au peuple les larmes aux yeulx et toute deschevelée, qu'il leur pleust avoir pytié de.... comm. v, (7.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et cheveu; provenç. deseabelhar; espagn. descabellar.
t DÉCHEVÊTRER (dé-che-vê-tré), v. a. Oter le chevètre d'une bête de somme.
— lliST. XVI' s. Dîs lors il est pris aux rets, sans
qu'il s'en puisse dechevestrer, tout le demeurant de sa vie, PASQUIER, Jîecfterc/ies, p. 293, dans lacurne.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et chcvêtre.
t DÉCHEVILLER (dé-che-vi-llé, H mouilléesl,*. a. ôter les chevilles. || Se décheviller, v. réfl. Perdre ses chevilles.
— Hl.ST. xv s. Et Piètre du Rois s'en vint à Conimines, et là entendit aux besognes, et fit tous lej aisdu pont descheviller, fboiss. ii, ti, ("O.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et cheville.
DÉCHIFFRABLE (dé-chi-fra-bl'), adj. Qui peut
être déchiffré. Cette écriture n'est pas décliiffrable. De sorte qu'une langue inconnue est déchiffrable, PASC. Éloq. 27. M. de ThibouviUe m'écrit une lettre peu déchilTrabIe,voLT.Iet(. d'Àrgental, )0juini767.
— ÉTYM. Déchiffrer.
DÉCHIFFRÉ, ÉE (dé-chi-fré, frée), part, passé. Dont on lit le chiffre. Je vous envoie la lettre de mon neveu déchiffrée, boss. Lett. quiét. 303. || Musique déchiffrée à première vue.
DÉCHIFFREMENT (dé-chi-fre-man), f. m. Action de déchiffrer; résultat de cette action. Il y reçut les déchiffrements [des dépêches] le soir, sÉv. 392. M. de Pontchartrain crut qu'il fallait déposer le chiffre et le déchiffrement de la lettre [de Gervaise] à M. de Paris, ST-siM. 61 , 3(. || Par extension, action de déchiffrer des écritures en caractères et en langues inconnues. Le déchiffrement des inscriptions cunéiformes. Il Terme de musique. Le déchiffrement d'une sonate.
— HIST. xvi' s. La harangue du tiers estât commença par les louanges du roy et de son conseil; de là se mit sur le blasme des prestres et déchiffrement de leur vie, d'aub. Hist. i, (08.
— ÉTYM. Déchiffrer.
DÉCHIFFRER (dé-chi-fré), t'. a. || 1- Expliquer ce qui est écrit en chiffres. Un courrier était attendu; M. de Pomponne donne tout i déchiffrer, sÉv. 392. En moins de huit jours j'eus déchiffré le tout, qui assurément n'en valait pas la peine, i. j. rouss. Co7tf. vu. Il Par extension, déterminer la valeur des lettres et des mots dans des écritures inconnues. Déchiffrer les inscriptions cunéiformes. || 2° Par extension, lire une écriture mauvaise, un texte presque illisible. Une écriture difficile à déchiffrer, sÉv. 5*7 La force de l'amitié me déchiffrerait-elle votre écriture? ID. 65. Je n'ai pu déchiffrer le mot essentiel, et il n'en est aucun que je voulusse perdre, maintenon. Lettre à Urne de Dangeau, t. vu, p. ( (6, dans POUGENS. Cela vaut-il le soin de vous tant préparer? Donnez-moi le billet, je vais le déchiffrer, reonard, Légat, u, 5. Quittez la lyre, ô ma muse I Et déchiffrez ce mandat, bérang. Muse en fuite. Qu'importe à moi que mon nom sur la pierre Soit déchiffré par un futur savant? ID. Mon tombeau. || 3° Fig. Démêler, pénétrer ce qu'il y a de compUqué et d'obscur dans une chose. Amour.... Me déchiffre aussitôt son discours indiscret, Régnier, £Wj. n. Déchiffrez les secrets de la terre et des cieux, id. Sol. ix. U lui serait très-malaisé d'en déchiffrer la vérité, desc. Méth. 6. Je ne sais si je pourrai déchiffrer cela, voit. Lett. 23. Comment pourra-t-il soutenir [un nouvel anobli] ces odieuses pancartes [billets d'enterrement] qui déchiffrent les conditions et qui souvent font rougir la veuve et les héritiers? la bhuy. vi. L'avis à déchiffrer est si fort difficile, Tristan, Mariane, i, 3, Je me suis proposé de reconnaître à quels animaux appartiennent les débris osseux dont les couches superficielles sont remplies.... antiquaire d'une nouvelle espèce, il me fallut apprendre à la fois à restaurer ces monuments des révolutions passées et à en déchiffrer le sens, cuvier, Révol. p. 8. Il Familièrement. Déchiffrer quelqu'un, se rendre compte de son caractère. J'avais un voisin à déchiffrer à ma droite, Diderot, Sur les caract. Comme il déchiffre un cœur! comme il connaît les femmes ! dorat. Feinte par amour, u, 3. || 4° Terme de musique. Lire de la musique à première vue. Elle ne sait point déchiffrer un air sur la note, j. i. Rouss. Èm. v. Me voilà maître à chanter sans savoir déchiffrer un air, id. Conf. iv. 11 ne faut que savoir parler pour déchiffrer le chant, in. Hél. i, B2. || Lire une musique assez compliquée. || Absolument. Ce musicien déchiffre bien. || 5° Se déchiffrer, t). réfl. Être déchiffré. Des écritures qui ne se déchiffrent pas.
— HIST. XVI' s Fait déchiffrer tul noisif alter-
cas Par ces crieurs, dont l'un soustienl tout droict, Droict contre tort, l'autre tort contre droict, marot, i, 248. Il m'a decliifré une différence d'appétits; celuy qu'on a à jeun.... mont, i, 38i. Quand Platon nous deschiffre le vergier de Pluton, et les commoditez ou peines corparelles qui.... id. u, 251. De LT'estendre et deschiffrer par le menu l'eiculleacB
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de ce festin, seroil une superfluité suJijectu i. mocquerie, cabl. iv,<î. S'en ira à l'assemblée faire son raport deschilTrer la teste du cerf, fouilloux, Yénerie, 1*30, dans lacubne.
— ÊTVM. Dé... prélixe, el chiffrer.
DÉCUIFFIIEUK (dé-clii-freur) , s. m. || 1" Celui qui
(1 la clef d'un chilTre. || Celui qui a le talent d'expliquer ce qui est écrit en chiffres. Son père [de Rossignol] avait été le plus habile déchiffreur de l'iiurope, ST-siM. (61, 266. || 2" Par extension et familièrement, celui qui sait lire les mauvaises écritures. Vous êtes, à dire le vrai, un admirable déchifl'reur de lettres, balz. liv. v, lett. 32. || i' Déchiffreiir, déohiffreuse, celui, celle qui lit couramment la musique; ne se dit guère qu'avec une épilhèle. Un habile, un mauvais déchiffreur.
— HlST. XVI* s. Ce fut à chercher do toutes parts interprètes, dechin'reiirs,desnoueurs d'esnuillettes, et autres gens de l'autre monde, qui y eussent rien entendu, noél du fail, Conles d'Kutrap. ch. xv.
— ÉTYM. Di'chill'rer.
BÉCIIIQCETK, ÉE (dé-chi-ke-té, lée),part.patsé. Un drapeau tout déchiqueté par les balles de l'ennemi. Il Terme de botanique. Feuille déchiquetée, fouille découpéedont les découpures sont elles-mêmes partagées plus ou moins profondément en segments de forme irrégulière. || Fig. On aime un tissu de petites phrases isolées, décousues, hachées, déchiquetées, d'olivf.t, Prosod. franc, art. v, § 2.
DÊCHIQUETEU (dé-chi-ke-té. Le ( se doul.le quand la syllabe qui suit est muette : je déchiquette, tu déchiquetteras), v.a. Il 1" Découper en chiquettes, en faisant diverses taillades. Déchiqueter une feuille de papier. Déchiqueter une volaille. || Faire des trous à une pièce de poterie, dans l'endroit oïl l'on veut apliquer un manche ou une oreille. || fig. Leslihraires, les censeurs et tout ce qui s'attache à la peau dos malheureux gens de lettres, acheraienl de déchiqueter et sucer le peu de substance qui leur leslait, BEAua. Barb. de Sév. i, *2. || 2° Se déchiqueter, v. ré/l. Se faire des entailles. Ce fou, dans un transport, se déchiqueta h coups de couteau || Kig. Elles voudraient pour ain^i dire se déchiqueter par des austérités, boss. Lett. Corn. 7.
— HlST. XV* s. Dieu scet s'ilz auront froil aux bras Par leur manche déchiquetée, cii. d'orl. /Inndeau. Il XVI* s. Ornez, vestus en extrême richesse. Drap d'or, velours eschiqueté sans cesse, J. marot, V, <37.La bonne femme, toute maudolente, lui dit: Au diable soit le déchiqueté, desper. Contet, Lxix. Ce qui faict veoir tant de cruautez inouies aux guerres populaires, c'est que cette canaille de vulgaire s'aguerrit et se gendarme à s'ensanglanter jusques aux coudes et deschiquetter un corps à ses pieds, n'ayant ressentiment d'aultre vaillance, momt. m, <09.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et chiqneler, composition où dé a le sens augmentatif; wailon, diciketer; namurois, dichikeler; génev. dèchicoler.
i DÉCIUQUETEUK (dé-chiketeur), s. m. Néologisme. Celui qui déchiquette.
DÉCUIQUETCRE (dé-chi-ke-tu-r"), s. f. Taillade faite dans une étoffe.
— UIST. xvi* s. Pensez quel leau spectacle, et comme il fil bon voir Ce prince [Henri III i avec un buse, un corps de satin noir Coupé à l'espaignole, où des dechiquetures Sortoient des passemens.... d'aub. Tragiques, u.
— ÉTYM. Déchiqueter.
BËCHIRAGE (dé-chi-ra-j'), s. m. Action de défaire un train de bois (lottô, ou de désassembler les planches des vieux bateaux. || Bois de déchirage ou, simplement, déchirage, le bois qui provient de la démolition d'un bateau.
— ÉTYM. Déchirer.
Df;ClIlKANT,.ANTK (dé-chi-ran, ran-t'),o<y. Qui
déchire l'âme, qui émeut fortement. Situation déchirante. J'entends encor sa voix pénible et déchirante, H. J. CHÉN. Calas, V, e.
DÉCUIRÉ, ÉE (dé-chi-ré, rée) ,p'irt. pas.<é. || 1* Mis •n lambeaux, en pièces. Un vêtement déchiré. Laissez-moi loin de vous et loin de ce rivage De mon fils déchiré fuir la sanglante image, rac. Phéd. v, 7. Vous le verrez venir déchiré de coups, si néanmoins il en revient, rgllin, llist. anc. CEuvres, t. viii, p. 688, dans pougens. Et peut-être demain je meurs chargé de honte, Traîné sur l'écliafaud, lentement déchiré, c. delav. Vêpres sicii. u, e. \\ Bateau déchiré, bateau mis en pièces, ne pouvant plus servir.||Êlre déchiré, tout déchiré, avoir ses vêtements en lambeaux. iJFig. et familièrement. Cette femme, celte fille n'est pas tact, n'est pas si déchirée, elle n'est pas laide, cUecitasicz jolie. Vous y verrez
ma femme il;;rt")t, qui n'est pas encore ^i déchirée, C0LL8, Partit de chaste de Henri IV, ii, )l. Il II se dit aussi de terrains qui présentent comme des déchirures. Des montagnes arides et déchirées. Il 2* Kig. Un cœur déchiré parles remords. Toujours déchiré entre l'envie de vous voir et la crainte d'être ridicule. sÊv. I33. Entre Zamoreet vous mon ftme déchirée Succombe au repentir dont elle estdèvorée, volt. àIi. v, 7. Ses remords, ma pitié, son aspect, son absence, À mes sens déchirés font trop de violence, ID. Fanât, m, (o. Ce n'est point là non plus l'écrit d'un méchant homme ; un malheureux égarement.... je me sens déchiré, beaumarch. Uèrecoup. II, <. Il 8° En proie aux déchirements, aux divisions. Ne pouvant plus reconnattie la majesté de la religion déchirée par tant de sectes, boss. Heine d'Anglet. Home était déchirée par les guerres civiles, bollin, llist. anc. Œuvres, t. x, p. 4 32, dans pougeks. Peulôtre la plus noble, la plus grande des entreprises coûterait-elle moins de sang et de trésors à l'Europe, que la moindre des querelles dont elle est continuellement déchirée, raynal, llist. phil. xi, 9. Il 4° En butte aux propos de la haine. Calomnié, déchiré par ses ennemis. || 6° Terme d'anatomie. Trou déchiré, nom donné à l'hiatus occipito-sphénn-temporal, à cause de l'irrégularité de son pourtour. il Terme de zoologie. Ailes déchirées, ailes des insectes, sur les bords desquelles se voient des dechiquetures irrégulières. Il Terme de botanique qui se dit de toute partie dont les bords présentent des découpures inégales et comme difformes. || Proverbe. Chien hargneux a toujours l'oreille déchirée, c'està-dire il arrive toujours quelque accident au7 «ens querelleurs.
DÉi;HlUEMENT (dé-chi-re-man), t. m. fil* Action de déchirer, résultat de cette action. Le déchirement des habits était une marque de douleur et d'indi-
i gnation parmi les Juifs. || 2* Fig. Déchirement de
I co^ur, violente douleur. Ce qui s'est passé me cause ini déchirement dont vous savez les raisons, sÊV.
I K-o. On ne perd pas en un moment.... ce qui était le prix des larmes, des violences, des confusions, des déchirements de tout le cœur, mass. Car.
I Inconst. Pour m'épargner de continuels déchirements, je m'enfermais avec mes livres, ou bien j'allais soupirer et pleurer à mon ai.se au milieu des bois, j. j. Rouss. Conf. vi. En passant devant Vincennes, je sentis à la vue du donjon un déchirement de cœur dont le baron remarqua l'effet sur mon visage, m. ib. VIII. Il 3° Déchirement d'entrailles, colique violente. -Ma mère me mit au monde avec de grands déchirements d'entrailles, chateaub. Atala, 278. Il 4° S. plur. Troubles, discordes que causent les factions, les guerres. L'Europe est en proie à de grands déchirements.
— HlST. xii's. Et cil depanent lor vestures, ki ne soi espargnent mie el deschirement de la deforienne [extérieure] bealteit. Job, 448.
— ÊTYM. Déchirr.r.
DÉCHIRER (dé-chi-ré), v. a. \\ 1° Mettre en pièces sans se servir d'un instrument tranchant. Déchirer ses vêtements en signe d'affliction. Ou si par mes taureaux il se fait déchirer, Voulez -vous que je l'aime afin de le pleurer? cor:». Toison d'or, iv, t. Il [le peuple] vient de déchirer Métrobate et Zenon, ID. Sicom. v, 4. Arrachons, déchirons tous ces vains ornements, rac. Ksth. i, 6. Ayant déchiré ses vêtements, il [Jacob] se couvrit d'un cilice, sact. Bible, genèse, 37, 34. L'esprit du Seigneur se saisit de Samson, qui déchira le lion comme il aurait fait un chevreau, w. Bible, juges, xiv, 6. Selon, à ce mot, déchirant ses habits, frappant sa poitrine, et ne s'expliquant que par des larmes et des sanglots, s'abandonna à la plus vive douleur, rgllin, llist. anc. OKutres, t. ii, p. 508, dans pougf.ns. Il n'est plus? Quelles mains ont déchiré son flanc? volt. Mérope. u, 6. Mais tant que je verrai des tigres en furie Déchirer les enfants de ma triste patrie, m. Triumv. iv, 4. Le tonnerre et les vents déchirent les nuages, .st-lambert, 5aiioiw, <((.'. || Par extension. Cependant les trois cents Français que déchire la mitraille, persévèrent; déjà ils atteignaient la position ennemie.... ségur, Hist. de Napol. x, 4. Il Déchirer un acte, un contrat, le mettre en pièces; et fig. Déchirer un contrat, un acte, une constitution, les anéantir. || Poétiquement. Déchirer les entrailles de la terre, la fouiller soit pour y chercher les métaux, soit seulement pour la labourer. Plus on déchire les entrailles de la terre, plus elle est libérale. || Déchirer un bateau, en débiter les parties, les planches. || Déchirer de coups, donner tant de coups ou des coups si violents que la peau s'enlève. Ils sont armés de fouets et ils se disposent à
le déchirer de coups, uouBU. t'xhurt. sur la flageU. de J. C. t. 11, p. 71. Il Déchirer une blessure, U rouvrir, la rendre plus grande; et fig. renouveler une douleur. Pourquoi, renouvelant ma haute et ton injure. De tes funestes mains déchirer ma blessure? VOLT. Scyllies, m, 4. || Terme militaire. Déchirer la cartouche, déchirer avec les dents l'citrémilé par laquelle on l'introduit dans le fusil. || Fig. Terme militaire. Déchirer la toile, exécuter sans ensemble des feux d'infanterie. || Déchirer se dit, en un sens plus restreint, pour faire une déchirure. Elle a déchiré sa rolic. Il On dit aussi déchirer pour séparer, diviser, sans qu'il y ait une idée d'irrégularité. Déchirer une feuille de papier en deux. || 2* Pig. Troubler par des déchirements, par des divisions. Déchirer la société en partis opposés. Pour ne pas partager vos biens, et pour soutenir le vain honneur de votre nom, vous déchirez et vous déshonorez l'héritage de Jésus-Christ, mass. Car. Dang. des prosp. temp. Moi, j'irais de mon fils, le seul bien qui me reste. Déchirer avec vous l'hériUige funeste I volt. Mérope, i, 3. Jérusalem était déchirée par trois factions, boss. llist. ii, 8. Ce prince du plus nob!e sang qu'il y ait dans le monde et qui travaille à déchirer de ses propres mains sa patrie et le royaume de ses ancêtres, fén. Vial. des morts mod. o. La France allait encor se déchirer le sein, lfmerc. Bruneh. i, <. || 3» Causer une vive douleur physique. Un mal cuisant déchire ma poitrine, behang. Malade. \\ Fig. Déchirer ie cœu:*, l'âme, causer une vive, une profonde affliction. Qu'il déchire mon âme et ne l'ébranlé pas, CORN. Poly. Il, 2. Vous parlerai-jedeses pertesetde la mort de ses chers enfants? ils lui ont tous déchiré le cœur, boss. Marie-TItér. Portant partout le trait dont je suis déchiré, bac. Phèd. n,2. C'est de déchirer vos cœurs et non vos vêtements, MASS. Car. Culte. Il Elliptiquement et en sous-entendant le cœur, l'âme Hélas I que vous me déchirez, rac. Bérén.
IV, i. Un trouble assez cruel m'agite et me dévore, Sans que des pleurs si chers me déchirent encore, m. ib. IV, 6. Mille soupçons encor viennent me déchirer, ID. Mithr. IV, 4. Quoi I de quelque remords êtes-vous déchirée? id. Phèd. l, 3. Tant de ménagement me déchire et m'irrite, volt. Scythes, v, i. De quel ressouvenir mon âme est déchirée? id. Zaïre, 11, 3. Mon épouse, mon fils me déchirent le cœur, id. Orphel. i, 7. De quelque grand remords tu semblés déchiré, id. t'a/iat. ni. 8. Les douleurs de cetta pauvre femme me déchiraient, j. j. rodss. Conf. u. C'est trop gémir et soupirer. Ah ! calmez ces regrets profanes; Vos maux viendraient me déchirer Jusqu'au fond du séjour des mânes, gilb. Ode à la reine. Les jalouses fureurs dont vous me déchirez, c. DELAV. Vêpres sicil. iv, 4. Pourquoi nous déchirer de regrets superflus? id. ib. iv, 4. || 4' Déchirer quelqu'un à belles dents, en médire outrageusement. || Absolument. Diffamer. Sa mémoire fut déchirée, boss. llist. I, <l. Vous devez celte grâce à votre propre gloire ; En ra'arrachant la mienne on la va déchirer, cohn. Thénd. m, 3. Je vais composer contre eux une satire du style de Juvénal qui les déchirera delà belle façon, mol. Bourg, gcnt. ii, 6. Il déchire l'innocence de ces filles, pasc. Prov. tt. Par quelles injures on déchire l'Église romaine, boss. Itéfut. Ils déchirent par leurs railleries et même par leurs médisances tout ce que les serviteurs rie Dieu font de plus édifiant, bourd. Sainteté, 2* avent, p. 289. Vous avez déchiré la réputation de votre frère, id. Pénitence, 2* avent. p. 485. On me déchire de tous côtés, vous ne m'apprenez rien de nouveau, HAiNTENON, if M. à Mtne de SI Géran, t" nov. (682. De la même bouche dont on vient de bénir le Seigneur, on déchire ses frères, mass. Car. Culte. Les sots, qui déchireraient Corneille s'il n'était pas mort, et qui seront bien aises de vous déchirer, parce que vous êtes vivant, d'alemb. Lett. à Volt. 27 janv. (762. Que font ici, dis-moi, les vertus de nos pères? En déchirant ton siècle, où prétends-tu venir? har. j. chBn. Gracques, ii, 3. || Absolument. Une duplicité indigne qui loue en face et déchira en secret, mass. Car. Médis. \\ 6° Déchirer la main qui nous protège, rendre le mal pour le bien. Un infidèle ami que j'avais mal jugé. Qui déchire la main dont il fut protégé, c. delav. Vêpres sicil. u, ♦. Il 6* Fig. et familièrement. Déchirer l'oreille, les oreilles, affecter le sens de l'ouïe d'une manière désagréable. || 7* V. u. Terme du commerce de la broderie. Déchirer, couper les pièces de mousseline, etc. sur lesquelles on doit broder (parce qu'en «Ifet on déchire). Ainsi l'on dit : c'est aujourd'hui qu'on déchire dans telle maison. || 8* S« déchirer,