VI
— ÉTYM. Provenç. especia, specia; espagn. et portug. especie; ital. specie; du latin species, de même radical que spicere, voir ( comp. spectacle).
fESPÉRABLE (è-spé-ra-bl'), adj. Qu'on peut espérer. Une fortune commença cette année à poindre grandement et peu espérable alors, montée ensuite au comble [Bellisle], st-sim. 230, 83.
— HIST. XVI* s. Il n'est rien moins espérable du peuple ainsin agité que l'humanité et la doulceur, MONT. I, (36.
— ÉTYM. Espérer.
ESPÉRANCE (è-spé-ran-s'), s.f. || 1° Attente d'un bien qu'on désire, et qu'on entrevoit comme probable. Mon orgueil à ce bruit prendrait quelque espérance, corn. D. Sanche, iv, 3. Il mettait l'espérance du succès dans les troupes, boss. Hist. m, 4. Il éleva sa maison à de plus hautes espérances, id. ib. i, H. L'espérance enferme ou est elle-même, selon les docteurs, une espèce de désir, n). Connaiss. III, 6. Qui ne sait oil son rare mérite [d'une princesse] et son éclatante beauté , avantage toujours trompeur, lui firent porter ses espérances? id. .4nne de Goni. Nous n'avons jamais qu'un moment à vivre, et nous avons toujours des espérances pour plusieurs années, fléch. Mme d'Aiguillon. Cela donna sujet à M. Despréaux de s'étendre sur vos louanges, c'est-à-dire sur les espérances qu'il a conçues de vous; car vous savez que Cicéron dit que, dans un homme de votre Sge, on ne peut guère louer que l'espérance, rac. Letl. à son fils, xxvi. J'avais conçu de toi de grandes espérances, fén. Tél. xix. L'espérance trompée accable et décourage , volt. Oreste, iii, 4. Le temps viendra sans doute où l'Europe ne sera qu'une grande famille, mais l'espérance a aussi son fanatisme; serons-nous assez heureux pour que dans un instant le miracle auquel nous devons notre liberté se répète avec éclat dans les deux mondes? Mirabeau, Collection, t. m, 3(4. D'une prison sur moi les murs pèsent en vain; J'ai les ailes de l'espérance, A. cnéN. la Jeune captive. Hélas! il disait lui-même, d'après Pindare, que l'espérance n'est que le rêve d'un homme qui veille, barthél. Anach. ch. 61. Grâce aux amours, bercé par l'espérance. D'un lit plus doux je rêve le duvet, BÉ- RANG. Dieu des b. gens. Mon cœur, lassé de tout, même de l'espérance, N'ira plus de ses vœux importuner le sort, LAMART. Méd. i , 6. Te dirai-je.... Qu'un instant, comme toi, devant ce ciel immense, J'ai serré dans mes bras la vie et l'espérance , Et qu'ainsi que le tien mon rêve s'est enfui ? a. db MUSSET, Lett. à Lamartine. Je sais ce que la terre engloutit d'espérances, Et, pour y recueillir, ce qu'il y faut semer, id. ib. || Par antiphrase. Grâce aux dieux, mon malheur passe mon espérance, rac Ândr. V, 5. Il De grande espérance, qui fait concevoir une haute idée d'un mérite futur. Un fils d'une si grande espérance, boss. Hist. i, h. || Par extension. Dans une terre, dont le maître s'est éloigné, on voit un arbre de riche espérance devenir stérile, cha- TEAUB. Mart. Il, 42. Il En espérance, en perspective, en comptant qu'une chose se fera. Déjà de Titus épouse en espérance, rac Bér. i, 4. || Dans l'espérance , en espérant.... Je suis venu, dans l'espérance de vous trouver. Dans l'espérance que le démon lui avait donnée de.... pasc. Prov. 44. j| Etre
ESP
sans espérance, u dit d'un malade qu'on n'espère plus conserver. Les médecins l'ont condamné, il est sans espérance. || Être sans espérance, se dit aussi des personnes qui n'espèrent plus conserver un malade Notre ami ne passera pas la journée, nous sommes sans espérance. \\Au plur. Espérances signifie ce que l'on attend au décès de quelque parent. Klle a dii mille écus de rente et des espérances. Il 8' Se dit pour la personne ou la chose sur laquelle se fonde l'espérance. Voilà donc votre roi ,
votre unique espérance, bac. Àth. iv, 3 Noire
écolier Qui, grimpant sans éKard sur un arbre fruitier, GAtait jusqu'aux boutons, doues et frêle espérance, LA FONT. Fabl. IX, 6. Je l'aurai fait passer [une jeune fille] chez moi dès son enfance, Kt j'en aurai chéri la plus grande espérance, mol. Éc.des femm. IV, *. Il 3° Celle des trois vertus théologales par laquelle nous espérons posséder Bieu. || 4° Jeu de l'espérance , espèce de jeu de dés.
— HIST. XI* s. Qui de morir nen orent espérance [ne s'attendaient pas à mourir] , Ch. de Kol. cviii. Il XII* s. Que tout [j'J i met mon cuer et m'esperaiice, Couci, XI. Mis Deus [mon DicuJ, ma force, en lui est ma speranche; il e.st mis escudz e ma salveled,
Bot», p. 205. Il XIII* s et n'avoient esperanche
que jamais fussent délivrés, Chr. de Rains, p. lou. L'espérance où tu m'as mis par la promesse de l'aveneraent ton fll. Psautier, t" i*8. || xv* s. J'ai espérance que ceux qui le liront.... couh. Frol. Folle espérance déçoit l'homme, leroui de lincy, Prov. t. II, p. 300. Il XVI* s. L'espérance qu'ils concevoient, que.... AMïOT, Philop. i».
— ÉTYM. Espérant, part, présent d'espérer ; provenç. esperonso ;espapn. esperanxa; iia.1. speranza.
t ESPÉRANT, ANTE (è-spé-ran, ran-t'), odj. Qui espère. On y verra (dans des articles sur HernaniJ le vrai degré de chaleur des esprits ; rien ne rend mieux le surcroît et le tumulte de sentiment qu'éprouvait sincèrement alors toute une jeunesse espérante et enthousiaste, ste-beuve, Revue des Deux- Mondes, <& mai 1883, p. 308.
ESPÉRÉ, ÉE (è-spé-ré, rée), porj. passé. Un bonheur longtemps espéré. Des récompenses espérées.
ESPÉRER (è-spé-ré. L'accent aigu se change en accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : j'espère, excepté au futur et au conditionnel : j'espérerai , j'espérerais) , v. a. || 1° Attendre un bien qu'on désire et que l'on entrevoit comme probable. On doit tout espérer d'un monarque si juste, boil. Sat. I. J'avais espéré que Monseigneur achèverait la campagne, ST sm. s, 38. Je lui fais espérer la gr&ce de Séide, volt. Fanât, y, i. Lève-toi, cher appui qu'espérait ma vieillesse, ID. Brut, v, 7. || Espérer avec de, et un infinitif. J'espérais d'avoir de quoi te satisfaire et répondre à tes dernières lettres, pasc. Lett. Jacqueline, 28 janv. <848. 11 espéra de contenter son ambition, Boss. Hi.-(. I, 8. Hélas I puis-je espérer de vous revoir encore? rac. Brit. ii, 8, J'espérais de verser mon sang après mes larmes, id. Bérén. l, ♦. Que pouvez-vous offrir à l'Eglise dont elle puisse espérer de faire quelque usage pour la gloire de Jésus-Christ et le salut de ses enfants? MASS. Conf. Vocal, i. Ils espèrent de jouir d'un paradis où ils goûteront mille délices, hontesq. Lett. pers. 36. Il Espérer avec un infinitif, sans préposition. J'espérais y régner sans effroi; Moines, abbés, prieurs, tout s'arme contre moi, boil. Lutr. u. Il espère revivre en sa postérité, hac. Estk. ii, 6. 'I 2* Espérer quelqu'un, espérer sa venue, sa présence. Je lis, je me promène, je vous espère; gardezvous de me plaindre, sév. 306. || 8° Absolument. Espérez et prenez courage. Il n'y a point d'homme plus aisé k mener qu'un homme qui espère ; il aide à la tromperie, boss. Pensées chrél. 24. Après cinq ans d'amour et d'espoir superflus Je pars fidèle eneor, quand je n'espère plus, rac. Bérén. 1. 2. Il n'y a guère dé personnes à qui il n'en coûte cher pour avoir trop espéré, fén. Éduc. filles, <2. S'il pouvait se montrer, j'espérerais encore, volt. Tancr. i, 8. || Espérer en, avoir confiance. Espère en ton courage, espère en ma promesse, corn.
Cid, V, 8 Dieu veut qu'on espère en son soin
paternel, bac. Ath. i, 2. Souvenez-vous d'un fils qui n'espère qu'en vous, id. Phèd. ii, 5. En l'appui de Jéhu pourriez-vous espérer? id. m, 8. || Espérer k. N'espérons plus, mon ime, aux promesses du monde, malii. i, 3. Mais espérez au ciel qui vous a fait si belle, botbou, St Genest, i, t. Mats j'espère aux bontés qu'une autre aura pour moi, mol. Tan. Il, 4. Il faut espérer à sa grande jeunesse, EËv. H4. J'espère au changement de climat, ID. 6(i3. Pour moi j'espère à M. de Grignan, id. Lett. *t DOY. <670. On espère à ce bienheureux héritage.
ESP
BOSS. Var. S. Il Espérer de , avec une personne pour régime. Ceux de qui j'espérais Ront tous mes ennemis, VOI.T. Irène, iv, 5. |{ Espérer bien de, avec un nom de chose pour régime, avoir bonne espérance qu'une chose se fera. Saint Ambroise, que le jeune empereur avait mandé pour recevoir de lui le baptême, déplora sa perte [il avait été tué avant d'être baptisé] et espéra bien de son salut, BOSs. Ilisl.i, ii.
— REM. 1. Apre» espérer, le que régit le futur quand la phrase est affirmative , et le subjonctif quand elle est négative ou interrogative : J'espère que vous le ferez; je n'espère pas que vous le fassiez; espériez-vous que je le fisse? Cependant, dans la phra.se inti'rrogative, on peut mettre aussi le futur : Espérez-vous que je le fasse ou que je le ferai? Il i. Quand espérer est à l'imparfait ou au plus-que-parfait, c'est non du futur, mais du conditionnel, que l'on se sert : J'espérais qu'il viendrait; j'avais espéré qu'il serait venu. || 3. Des grammairiens ont condamné espérer avec le présent. Cependant ce verbe, présentant seulement l'idée d'une chose douteuse, peut être suivi d'un verbe au présent ou au passé : J'espère qu'il travaille; j'avais espéré qu'il travaillait. J'espère que Pauline se porte bien, SÉV. dans oibault-duvivikr. J'espère Que le vin opère; Oui tout est bien même en prison, bë- BANO. Guérison. \\ 4. Espérer, en Picardie et dans tout l'Ouest, a simplement le sens d'atteudro : J'espère la diligence.
— HIST. xi* s. Danz Alexis entrât en une nef, Ourent [ils eurent] lur vent, laisent curre par mer; An droit Taison espeirent arriver. Si Alexis, xxxix. Il xii* s. Tu es escuz à tous ces qui espeirent en tei, iiois, 208. Et s'il vous plaist à oirmapriere. Ainsi com je l'espoir, Couci, xviii. || xin's. La teue [ta] miséricorde soit faite seur nos, si come nos espérâmes en toi, Psautier, f 49(. |lxv* s. Ceux dont il esperoit à avoir profit, feoiss. i, i, 76. J'espoire bien que demain nous aurons besogne [paroles de Philippe d'Artevelle aux capitaines flamands], id. ii, II, (91. Pour la joie qu'elle eut que son mari n'estait point si mal ne si dévoyé qu'elle esperoit [craignait], LOUIS XI, Nouv. Lix. ||xvi* s. Celuy qui se trouve en ce danger ne doibt pas beaucoup espérer ny de sa force ny de sa vigilance, mont, i, 33. J'espcre que nous en quitterons l'usage, id. i, 362. Lorsqu'aprez une longue queste la beste vient & se présenter où nous l'espérions le moins, id. h, <27. On ne doibt point défendre aux gens de bien d'espérer honneur de leurs verlueux faicts, aiiyot, Préf. VI, 32. Joyeux de ceste prospérité non espérée, id. Timol. 18 Ne jamais l'homme heureux n'espère De se voir tomber en meschef. Sinon alors que la misère Desjà lui pend dessus le chef, bons. 409.
— ËTYM. W.iUon, espérer, attendre; Berry et normand, espérer, attendre: il espère à chaque instant la fièvre; provenç. et espagn. esperar; ital. sperare; du latin sperare.
ESPIÈGLE (èspiè-gl'), adj. \\ i* Vif et mafieux sans méchanceté. Un enfant espiègle. Bon plaisant, d'un sel fin dans son sérieux ironique, et plus espiègle que malin, mabmontel, Mém. iv. || 2* Substantivement. Un espiègle. Agathe, la plus jolie petite espiègle que l'amour eût formée, ne perdit pas un mot de cet entretien, m. Contes moraux, Connaiss. Eh bien, espiègle, vous n'applaudissez pas? Beaumarchais, Éar. de Fig. I, 40.
— ËTYM. Wallon, spièk; de l'allemand Eulenspiegel, proprement miroir de chouette, de Eule, chouette, et Spiegel, miroir. Ménagea dit : « Un Allemand du pays de Saxe, nommé Till Ulespiegle, qui vivait vers 4 480, était un homme célèbre en petites fourberies ingénieuses. Sa vie ayant été composée en allemand, on a appelé de son nom un fourbe ingénieux. Ce mot a passé ensuite en France, dans la même signification; cette vie ayant été traduite et imprimée avec ce titre : Histoire joyeuse et récréative de Till Ulespiegle, lequel par aucunes falbices ne se laissa surprendre ne tromper. > On remarquera que l'allemand Spiegel, miroir, est le latin spéculum, d'où le provençal espelh; espagn. espejo; ital. specchio.
ESPIÈGLERIE ( è-spiè-gle-rie ) , «. ^. Tour d'espiègle. Mme des Ursins, embarras.sée de l'éclat de la retraite des deux cardinaux, fit une vraie espièglerie; ce fut une nouvelle feinte, ST-SIM. <»6, «39. Mes tours ne me semblaient que des espiègleries et n'étaient pas autre chose, :. i. Bouss. Confeu. I.
— ËTYM. Espiègle; wallon, spiekreie.
tESPIGNETTE (è-spi-gnèf) , S. {. Un des noms
vulgaires de la clavaire coralloïde (champignon), nommée vulgairement aussi petite clavaire, barbe de bouc.
ESP
t ESPINÇOIR (è-spin-soir), t. m. Marteau de paveur.
ESPINGOLE (è-spin-go-l'), t.f. Espèce de fusil court, à canon évasé en trompe, qu'on charge de plusieurs balles; quelquefois le canon est en cuivre. Elle se charge plus facilement que les autre* armes à feu, à causa de la forme du canon, mais elle repousse beaucoup, ce qu'on attribua à l'Avasement de la bouche, legoarant.
— ËTYM. Le même que espringaU.
ESPION, ONNE (?;-spion, spio-n'; en ver», de trois syllabes), s. m. et f. \\ 1* Celui qui se glisse dans la camp ennemi pour surprendre les desseins des chefs. Quand on prend un espion, on le fusille presque toujours. Il Un espion double, un espion qui sert les deux partis. || Fig. Il ne dépense guère en espions, se dit d'un homme fort mal informé des affaires du monde. || Fig. et familièrement. Tromper l'espion, tenir un langage, une conduite propre k abuser sur DOS des.seins ceux qui surveillent nos démarches. Il 2° Personne de la police, chargée d'épier la conduite et les projets des personnes en état de suspicion. J'exerce en cette occasion Un plus noble m^ tier que celui d'espion, maibet, Solim. i, l. Mme d'Ëpinette, concubine en titre d'Ondedei et ey pionne avérée de Uazarin, betz, t. ii, liv. m, p. 94, dans poiJGENS. || 3" Celui, celle qui surveille par intérêt ou par curiosité les actions d'autrui. Infidèle espionne et mauvaise interprète , tustan , Marianne, v, t. Et de tous les emplois le plus licbe aujourd'hui Estd'être l'espion des paroles d'autrui, BOUBSAULT, Ésope à la cour, i, a. Tous les esclaves des rois et des reines sont autant d'espions de leurs cœurs, VOLT. Zadig, 8. || En bonne part. Aussitét M. Colbert, qui avait des espions pour découvrir le mérite caché ou naissant, déterra U. Kolle dans l'extrême obscurité où il vivait, fontin. Rolle. I| 4* Merle d'Afrique très-rusé.
— HIST. XVI' s. Ses espions luy avoyent dénoncé que Quaresmeprenant, leur anticque ennemy, estoyt en terre descendu , rab. Pant. IV, 42. La roinemere entretenant à sa suitte se espions, d'aub. Bist. u, 477, Il sçeut bien les rendre espions doubles, et se servir de ses ennemis, lo. ib. u, tu*. Cette espionne avertit et presiia sou mari et ses compagnons, id. Uiit. ii, 60. Ce que voyans, les espions de Nicoclès furent abusez, amyot, Arat. 7.
— ËTYM. Épier; géaev. épion; espagn. espion; ital. spione. L'ancienne langue disait espie.
ESPIONNAGE (è-spio-na-j'; en vers, de quatr» syllabes), j. m. Action d'espionner; métier d'espioa L'espionnage serait peut-être toléribles'il pouvaitêtre exercé par d'honnêtes gens, montesq. Esp. iii, aa.
— HIST. XVI* s. Nonobstant toutes les rigueurs, aguets et espionnaiges des deux Creres, cabloix, viii, 46.
— ËTYM. Espionner.
ESPIONNÉ, ÉE (è-spio-né,| née), part, patti. Espionné parla police.
t ESPIONNEMENT (è-spio-ne-man; en vers, de cinq syllabes),», m. Action d'espionner.
— HIST. XVI* s. Espionnement, cotgbavs.
— ËTYM. Espionner.
ESPIONNER (è-spio-né; en vers, de quatre syllabes), ». o. Observer quelqu'un, ses actions, ses discours en espion. Ses ennemis l'espionnaient. Il Absolument. C'est un vilain métier que d'espionner. Il S'espionner, r. rifl. S'observer l'un l'autre en espions. Us se sont espionnés longtemps.
— SYN. épier, espionner. Ces deux mots ont même radical, espionner n'étant qu'un allongement de espier. Espionner c'est proprement faire l'espion, tandis que épier ne contient que l'idée de l'observation secrète. Espionner les démarches de quelqu'un, c'est les observer secrètement pour en user en espion; les épier, c'est aussi les observer secrètement, mais dans des intentions qui peuvent ne pas avoir le caractère de l'espionnage.
— HIST. XVI* s. Ouy certainement, luy respondit-il , je suis espie voirement, qui suis venu pour espionner ton imprudence et ta folie, amtot. Comment discerner le flatt. de l'ami, ii.
— ËTYM. Espion; génev. épionntr.
ESPLANADE (è spla nad') , s. f. || t* Terme de
fortification. Espace uni ou terre-plein , qui s'étend depuis le glacis d'une citadelle jusqu'aux premières maisons de la ville. |{ Zone de servitude qui s'étend à 260 mètres d'une place ou d'un poste militairt. Il Le parquet même, corridor ou chemin couvert, où s'établissent les assiégés pour inquiéter les travailleurs ennemis, protéger le» sorties, etc. 1| 2* Espace uni et découvert devant un grand édifice. L'esplanade des Invalides. || 8* Lieu plus ou moins élevé
ESP
d'Oii l'œil embrasse une certaine (étendue de pays. Il le prend, il l'emporte [éléphant de pierre], au haut du mont «rrive, Rencontre une esplanade et puis une cité, la font. Fabl. x, **. k la base de ce rocher est une esplanade couverte de grands arbres, bern. de st-pierre, P. et Virg. Le Pnyx [forum d'Athènes] est une esplanade pratiquée sur une roche escarpée, CBATEADB. Itin.issi. ]] 4° Terme d'artillerie. Madriers sur lesquels on place les batteries de ciinon. 1]6° Terme de fauconnerie. Route de l'oiseau qui plane.
— HlST. ivi» s. Quand on est en quelque belle splanade, mont, ii, 358. Sa tranchée de <8 pied<i en œuvre, flancquée de deux forts, au pied desquels il y avoit deux esplanades pour sortir au combat, d'aub. Ilist. Il, 69. Le prince de Condé retourne sur ses pas, pour faire à ses ennemis (comme il disoit) pont d'or et esplanade d'argent, lo.ib.n, 435.
— ÉTYM. L'ancien verbe esplaner, rendre plan, de es.... préfixe, et plan : Mustapha voyant la place comme esplanée, d'aub. Hist. I, !i4l.
t KSPLANDIAN (è-splan-dian), ». m. Belle coquille univalve, appartenant au genre cône.
ESPOIK (è-spoir), t. m. || 1* Le fait même d'espérer. Attirer par l'espoir. J'ai bon espoir qu'il réussira. Il n'a point son espoir au nombre des armées, malh. ii, t. Apprends-moi de nouveau quel espoir j'en dois prendre, corn. Cid, i, (. Quittez le long espoir et les vastes pensées, la font. Fabl. xi, 8. Et que le refus qu'il a fait.... n'ait pas étouffé dans mon âme toute sorte d'espoir, mol. Àm. méd. i, 4. Mais combien d'écrivains d'abord si bien reçus Sont de ce fol espoir honteusement déçus I boil. Sat. ix. Mon espoir N'est plus qu'au coup mortel que je vais recevoir, rac. Iphig. v, 2. Je meurs dans cet espoir, satisfaite et tranquille, m. ib. Et l'espoir malgré moi s'est glissé dans mon cœur, id. Phéd. m, l. |] Sous espoir, dans l'espoir, en espérant. Lâcher ce qu'on a dans la main , Sous espoir de grosse aventure. Est imprudence toute pure, la font. Fabl. ix, (0. Dans l'espoir d'élever Bérénice à l'empire, rac. Bérén. il , 2. ]| En espoir, dans l'imagination qui espère. Mes guerriers en espoir dépouillaient votre monde Des tributs éclatants qu'il recueille à Golconde, delav. Paria, i, 4. \\ Au plur. Alors je revis en moi-même Les doux espoirs, les bizarres pensers, VOIT, dans gibault-duvivier. || Espoir est quelquefois appliqué au présent , parce que l'esprit humain transporte volontiers une idée de futur au présent. Me clierchiez-vous, madame"? Un espoir si charmant me serait-il permis ? bac. Andr. i, 4. Cet emploi est justifié par un emploi analogue à'espérer. Il 2* Ancien terme de mer. Petite pièce de canon mise sur le pont d'un vaisseau, et servant à favoriser les descentes.
— SVN. ESPOIR, ESPÉRANCE. Ces deux mots sont très-voisins, ne différant que par un suffixe qui est dans espérance et qui manque dans espoir. Espoir est le substantif du verbe espérer, sans aucun suffixe, comme garde l'est de garder,'et par conséquent équivaut exactement à l'infinitif pris substantivement; l'espoir ou l'espérer c'est la môme chose. Espiirance dérive du participe présent; c'est l'état de l'âme de l'espérant. Par conséquent, espoir a un sens plus général, plus indéterminé qu'espérance; et dans le vers célèbre de la Fontaine : « Quittez le long espoir et les vastes pensées; » espoir seul convient, espérance serait impropre. X part cette nuance, espoir et espérance se confondent.
— HlST. xii' s. Et je cuit [crois] bien au mien espoir [d'après l'espoirquej'ai] Que.... Couci,i\. Benoit soit lihardemensOù j'ai pris si bon espoir, tb. xii.Tostaurontperceû l'engin de félonie; Espoir [sans doute], il maiideront partout leur baronie,Sax.xx.|| xiii's. Mais un espoir m'a tant reconforté, le comte d'anjou, liomancero, p. i2i. Et espoir il leur en prendra pitié, 5ILLEH. XLii. En assembler trésor [elle] avoit mis ton espoir, Berte, Lxv. Bien le voudroit Pépins, ainsi com j'ai l'espoir, ib. Mais, espoir, ce n'iert [ne 3era] mie tost, Grans biens ne vient pasen poi d'ore, la Rose, 2038. || xv' s. Les gardes de la porte commencèrent à corner et à esmouvoir ceux de la ville, qui, espoir [peut-être], dormçient encore, car il estoit moult matin , proiss. i , i , 264. Plusieurs menues folies auxquelles ledit mignon trop se donnoit d'espoir, louis xi, Nouv. vu. || xvi' s. Un vain espoir qui de vent nous vient paistre, bons. <. Ainsi j'alloy sans espoir [crainte] de dommage , id. 34. L'âge vole tousjours sans espoir de retour, id. i, «57. Seize pataches de 25 à 30 tonneaux, garnies d'espoires [canons] de fonte et de quelques moieunes [pièces d'artillerie], d'aub. Hisl.m, 18.
— Etyu. Provenç. esper ; du latin tperes, qui se
ESP
trouve dans Ennius. Espoir dans l'ancienne langue avait un emploi élégant: il signifiait peut-^(re, qui l'a remplacé.
t ESPOLE (è-spo-l') ou ESPOULE (è-spou-1'), s. f. Fil de la trame d'une étoffe. Celui [le fil de laine] qui est destiné pour la trame, est mis en espoule, c'est-à-dire qu'il est dévidé sur de petits tuyaux ou morceaux de roseau, disposés de manière à pouvoir être facilement placés dans la poche de la navette, Dict. des arts et m. Amst. (767, Drapier.
— KTYM. Voy. ESPOLIN.
fESPOLETTE (è-spo-lè-f) ou ESPOULETTE
(è-spou-lè-t'), s. f. Sorte de mèche qui sert à mettre le feu aux bombes et obus.
— KTYM. Voy. ESPOLIN.
t ESPOLEUR (è-spo-leur) , s. m. Ouvrier qui charge et dispose les espolins.
t ESPOLIN (è-spo-lin), s. m. Petit tube de roseau sur loquel on dévide la laine, le coton ou la soie, pour la trame des étoffes. 1 1 Sorte de navette qui contient la dorure et la soie propres à brocher.
— ÉTYM. Espagn. espolin; ilal. spola , spuola; de l'ancien haut-allemand spuolo, navette.
ESPONTON (S-spon-ton), s. m. \\ l" Demi-pique que portaient autrefois les officiers d'infanterie, et dont on se sert sur les vaisseaux pour l'abordage. L'épée au côté , l'esponton à la main , volt. Cand. (4. Il 2' Terme de serrurerie. Partie basse d'un barreau de grille, qui est arrondie en diminuant comme un fuseau.
— ÉTYM. Bourguig. se tenir comme un éponton , se tenir droit et ébahi ; espagn. esponton ; ilal. spontané, spuntone ; de l'ital. puntone, pointe, de punto, piqûre, du latin punelum (voy. poindbe).
t ESPOULE, s. f. Voy. espole.
+ ESPOULETTE, s. f. Voy. espolette.
j ESPOULIN (è-spou-lin), s. m. Voy. espoijn.
t ESPOULINAGE (è-spou-li-na-j'), s. m. Action d'espouliner.
t ESPOCLINANDE (è-spou-li-nan-d') , s. f. Ouvrière qui charge et dispose les espoulins.
t ESPOULINER (è-spou-li-né) , v. a. Travailler avec les navettes nommées espoulins.
t ESPRESSIONE (è-spre-ssio-né). Terme de musique. Con espressione, mots italiens qui signifient avec expression, c'est-à-dire avec chaleur et sensibilité. On écrit quelquefois, en abrégeant, con espress. ou, simplement, espress. mais, en le prononçant, on dit toujours con espressione.
— ÉTYM. Ital. espressione (voy. expression).
t ESPRESSIVO (è-.iprè-ssi-vo). Terme de musique. Mot italien signifiant expressif , c'est-à-dire (|ui doit se chanter ou se jouer avec expression. Andante espressivo.
— ÉTYM. Voy. expressif.
ESPRINGALÉ (è-sprin-ga-l'), t. f. Espèce de baliste autrefois en usage dans les armées du moyen âge.
— HIST. iiv* s. Ainsi que là Bertran recordoit son vouloir. Un carrel d'espringalle vint lez lui asseoir; Mais à lui ne mesfit ne à son cheval noir, Guescl. V. 3971-4006. Canon ne espringalle ne leur vaudra néant, ib. || xv" s. Et le [le château] fit pourvoir moult bien d'espringales, de bombardes, et d'arcs à tourz et d'autres instrumens, froiss. i, i, 3I6.
— ETYM. Provenç. espingala ; espagn. et portug. espingarda. La vraie forme paraît être espringale , avec l'r; et celle qui ne l'a pas paraît être une altération. Entoutcas, espringale vientde l'allemand springen, sauter, qui d'ailleurs était entré dans le français : Tantost espringez et balez, 2a Rose,
t ESPRINSONS (è-sprin-son), i.m.plur. Maladie épidémique qui a régné à Metz en 1473.(474 et qui paraît avoir été une sorte de dyssenterie.
— ÉTYM. Le radical paraît être épreinte {espreinte).
ESPRIT (è-spri; le t se lie dans le parler soutenu; au pluriel, Vs se lie : d»s è-spri-z élégants), i. m. Il 1° Souffle. L'esprit souffle où il veut. La terre était informe et toute nue, les ténèbres couvraient la face de l'abîme, et l'esprit de Dieu était porté sur les eaux, SACi, Bible, Genèse, i, 2. || L'esprit de Dieu descendit sur les prophètes, ils reçurent l'inspiration divine. Il 2° Aspiration. Usité seulement en cet emploi dans la grammaire grecque : esprit rude, signe d'aspiration; esprit doux, signe qui marque absence d'aspiration. || 3* Substance incorporelle et intellectuelle; le souffle ayant servi, comme ce qu'il y a de plus subtil, à désigner dans les langues l'immatérialité, ainsi qu'on le voit dans la Bible où il est dit que Dieu souffla dans l'homme un souffle de vie pour l'animer. Qui ne croirait, à
ESP
nous voir composer toutes choses d'esprit et da corps, que co mélange nous serait compréhensibleT PASc. Pensées, 1. 1, p. s«3, édit. lahure. Le premier de tous les esprits, c'est Dieu, souverainement intelligent, Boss. Conn. v, (3. Dieu est esprit, dit notre Seigneur, et ceux qui l'adorent doivent l'adorer en esprit et en vérité, c'est-à-dire que cette suprême intelligence doit être adorée par l'intelligence, id. ib. L'intellectuel et le spirituel, c'est la même chose; notre langue s'est conformée & cette notion : un esprit, selon nous, est toujours quelque chose d'intelligent, et nous n'avons point de mot plus propre pour expliquer celui de voû; et mens, que celui d'esprit, id. ib. L'idée d'un être supérieur à tous les autres êtres, qui lésa tous faits, et à qui tous se doivent rapporter; un être souverainement parfait, qui est pur, qui n'a point commencé et qui ne peut finir, dont notre Ame est l'image, et, si j'ose le dire, une portion, comme esprit et comme immortelle, la bruy. xvi. De ce que je pense, je n'infère pas plus clairement que je suis esprit, que je conclus de ce que je fais ou ne fais point, selon qu'il me platt, que je suis libre, ID. ib. Il 4° Le Saint-Esprit , l'Esprit vivifiant, l'Esprit consolateur (avec une s et un e majuscules) , la troisième personne de la Trinité. Docteurs, dites-moi donc, quand nous sommes absous, Le Saint- Esprit est-il ou n'est-il pas en nous? boil. Épit.xu. C'est le Saint-Esprit qui est en nous le principe immédiat et substantiel de toutes les opérations de la grâce, BOURD. Mystère, Pentecôte, t. i, p. 465. La Saint-Esprit est essentiellement ferveur et amour, id. ib. p. 472. Il On dit aussi l'Esprit-Saint. || L'ordre du Saint-Esprit, ordre institué par Henri 111 en 1597; le nombre des chevaliers était borné à cent, sans y comprendre les commandeurs ecclésiastiques et les officiers de l'ordre. || 6" Les esprits, lessubstances incorporelles, telles que les anges et les démons, lime semble que la science des esprits appartient bien plus à la théologie révélée qu'à la théologie naturelle, d'alemb. Encycl. Disc, prélim. \\ Les esprits célestes, les anges. Pareil à ces esprits que ta justice envoie, Quand son roi lui dit : pars, il s'élance avec joie, bac. Esth. Prol. \\ Les esprits de ténèbres, les anges déchus. Il y a à Endor une femme qui a un esprit de Python, saci. Bible, Uois, i, xxviii, 7. J'irai et je serai un esprit menteur dans la bouche da tous ses prophètes, m. ib. m, ii, 22. 11 n'était bruit aux champs comme à la ville Que d'un manant qui chassait les esprits, la font. Belph. Ceux qui sont possédés du malin esprit, BOss. Nouv. myst. (7. Je veux raconter la victoire que les fidèles remportèrent sur les esprits de l'abîme, chateaub. Uart. III. Revenants, lutins, noirs esprits, Sorciers, ma. lignes influences, X tout croire on m'avait appris, BÉBANG. Feux foU. Il Les esprits immondes, les diables. ||Fig. L'esprit du démon, pensée malfaisante qui germe en nous et qui se révèle par quelque action méchante. Il est animé par l'esprit du démon. Il Esprit follet, sorte de lutin familier qui, selon le préjugé populaire, est plus espiègle que méchant. J'espère que les zéphyrs, qui sont du nombre des esprits doux, me seront favorables, et que, devant que cette lettre soit en France, je pourrai être en Angleterre , voit. Lett. 42. || Esprit familier, sorte de génie que l'on croyait attaché à une personne pour la guider, l'inspirer. Le démon ou esprit familier de Sacrale. || Revenant, apparition d'un mort. L'hôiesse.... Soutient toujours qu'il revient des esprits, la font. Rém. L'hôtesse, étant alors sans chambrière. Court à la cave, et, de peur des esprits , Mène avec soi madame Simonette, id. ib. Sa femme [à d'IIeudicourt] avec tout son esprit craignait les esprits jusqu'à avoir des femmes à gag«9 pour la veiller toutes les nuits, st-sim. 2(8,(83. Il Esprits frappeurs, esprits écrivains, âmes de morts que, depuis quelques années, certaines gens s'imaginent venir frapper aux portes et aux murailles, ou conduire la plume ou le crayon de personnes qui écrivent, et substituer leur pensée à celle de ces personnes. || 6" La vie considérée , suivant l'opinion ancienne, en tant qu'elle est le souffle. Un esprit vit en nous et meut tous les ressorts, la font. Fabl. X, (. Il Rendre l'esprit, mourir. Et fais que sur ma tombe Arcas rende l'esprit, rotr. Hercu-le mour. V, ( . Il 7° Les corps légers et subtils qu'on regardait comme le principe de la vie et des sentiments. Esprits vitaux. Enfin il se trahit lui-même Parles esprits sortantdeson corps échauffé; Miraut. sur leur odeur ayant philosophé. Conclut que c'est son lièvre.... la font. Fabl. v, (7. M. de Turennij reçut le coup au travers du corps, vous pouvez penser s'il tomba et s'il mourut ; cependant la reste des
ESP
isprits m qu'il se traîna la longueur (l'un pas et que même il serra la main par convulsion , et puis on jeta un manteau sur son corps, sRv. 201. Oes armées m6diocres à la vérité, mais semblables à ces corps vigoureux où il semble que tout soit nerfs et où tout est plein d'esprits, boss. Ilitt. m, 6. Le philosophe use ses esprits à démêler les vices des hommes, la BBOT. I. Rendre à mon sang glacé son ancienne chaleur, X mon corps, à mes sens leur premitru vigueur. Et d'esprits tout nouveaux réchauffer ma pensée, chaul. À Mme de Latsay. || Reprendre ses esprits, revenir à soi, sortir de syncope. J'ai Senti défaillir ma force et mes esprits : Ses femmes m'entouraient quand je les ai repris, bac. llajaiet, v, 1. Moi qui n'ai pu tantôt, de ta mort menacée, Retenir mes esprits prompts h m'abandonner , m. ib. v, t2. On le porta au château, où l'on n'épargna rien pour lui faire reprendre ses esjirits, lksaok, Diable boit. 46. Je me meurs. — Dieux puissants I rappelez ses esprits, volt. Mérope, ni, *. || Kn un sens moins restreint, se remettre. Mais n'appréhende plus, je reprends mes esprits, mol. l'Êt. iv, 3. l'ermeltez, messieurs, que je reprenne ici mes esprits, klécu. lam. Il Esprits animaux, fluide imaginaire qu'on supposait formé dans le cœur et dans le cerveau et distribué, par le moyen des nerfs, dans toutes les parties du corps. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est la génération des esprits animaux, qui sont comme un vent très-subtil, ou plutûtcomme une flamme très-pure et- très-vive, qui, montant continuellement en grande abondance du cœur dans le cerveau, se va rendre de là par les nerfs dans les muscles et donne le mouvement à tous les membres , DKSC. Méth. V, 8. Ce que tous les analomistes ont nommé esprits animaux.... MAiRAN, Éloges, l'etit.Je me sers ici d'expressions qui ne doivent pas être prises à la lettre : nous ignorons la nature des esprits animaux; ils sont encore plus hors de la portée de nos sens et de nos instruments que les vaisseaux qui les filtrent ou les préparent, bonnet, Ess.atial. âme, ch. 4. || Les petits esprits, s'est dit quelquefois pour esprits animaux. Je vous aime trop pour que les petits esprits ne se communiquent pas da vous à moi , et de moi à vous, sÉv. 5 juill. <87l. || 8* Terme de chimie. Substance qui s'échappe des corps soumis à la distillation etqui, àcausede sa subtilité, futcomparée au souffle. Esprit-de-vin. Les esprits alcooliques. Il s'agissait des droits sur l'esprit-de-vin, et de la manière d'avoir égard, dans les droits d'entrée, aux différents degrés de force de celte liqueur, condorcet, Jfonstani. Il Terme de commerce. Absolument. Les esprits, nom des liqueurs alcooliques,' et, en particulier, de l'esprit-de-vin. || Terme d'ancienne chimie. Esprit volatil, nom donné à tous les souscarbonates d'ammoniaque provenant de la distillation de matière» animales. Esprit de sel, solution d'acide chlorhydrique dans l'eau. Esprit de nitre, acide azotique étendu d'eau. Esprit de vitriol, acide sulfurique étendu d'eau. Esprit ardent, l'alcool très-rectifié. Esprit alcalin, le gaz ammoniac. || Esprits ou eaux spiritueuses, nom donné par les anciens chimistes à des alcools chargés, par distillation, des principes médicamenleux de drogues simples. || Esprit recteur, nom que Boerhaavo avait donné au liquide odorant qu'on obtient de la distillation directe des végétaux aromatiques. || Terme d'alchimie. Esprit fugitif, le mercure. Esprit universel, substance subtile et rare qui, réunie à son solide, régit et vivifie toute la nature. || 9° L'âme de l'homme. L'esprit et le corps. Saint Paul appelle Dieu le père de tous les esprits, c'est-à-dire de toutes les créatures intellectuelles, capables de s'unir à lui, Boss. Conn. v, ta. Encore que notre esprit soit de nature à vivre toujours, il abandonne à la mort tout ce qu'il consacre aux choses mortelles, boss. Duch. d'Orl. Il Être ravi en esprit, avoir une vision qui transporte l'âme dans les régions célestes. Il Terme do l'Écriture sainte. L'esprit, par opposition à la chair. L'esprit est prompt et la chair est faible. Ne demande jamais à ta chair infidèle Ce qu'elle veut ou ne veut pas; Range-la sousl'esprit, et fais qu'en dépit d'elle Son esclavage ait pour toi des appâts, corn. /mil. m, <t. Ceux qui vivaient selon l'esprit, ceux qui vivaient selon la chair, uoss. Hist. 1, 1. Quand saint Paul dit que la chair convoite contre l'esprit, et l'esprit contre la chair, il entend que la partie intelligente combat la partie sensitive; que l'esprit, capable de s'unir à Dieu, est combattu par le plaisir sensible attaché aux dispositions corporelles, ib. fonn. V, <3. Il En esprit, spirituellement. Les Gentils s'unissent en esprit aux Juifs, boss. Hist. 11, 7. Vous n'adoreriez pas le Seigneur en esprit, HASS. Car. Culte. || Les esprits bienheureux, les
ESP
âmes qui sont en paradis. Des esprits bienheureux la troupe l'environne, tbistan , Mariane , v, 3. Il 10° Gr.lceet don de Dieu. L'esprit de prophétie. L'esprit d'Elie se reposa sur Elisée. L'esprit du Seigneur fut en lui et il jugea Israël, saci, Bible, Juget, III, <0. Ce roi qui avait l'esprit de prophétie, pasc. Prov. t8. Des hommes à qui lEspritSaint n'avait pas été donné ce .semble avec mesure, mass. Car. Culte. Le Seigneur a retiré son esprit du milieu de cette Église infidèle, lu. Myst. Aisnmpt. Le fanatique recevait l'esprit ; on le lui conférait en lui soufflant dans la bouche, volt. Louis XIY, 36. Il Chercher l'esprit, se disait, entre les puritiiins, d'un recueillement mental de dévotion où l'on attendait quelque inspiration du Seigneur. || 11* En particularisant le sens d'esprit, l'âme considérée comme l'agent des pensées, des souvenirs, de» volontés. L'esprit dépend si fort du tempérament et de la disposition des organes des corps, que, s'il est possible de trouver quelque moyen qui rende communément les hommes plus sages et plus habiles qu'ils n'ont été jusqu'ici, je crois que c'est dans la médecine qu'il faut le chercher, UESC. Héth. vi, 2. Mais la pudeur peut tout sur l'esprit d'une fille Dont la vertu répond à l'illustre famille, corn. Théod. n, 7. Et j'ai l'esprit, seigneur, d'autant plus satisfait. Que mon sang rompt le cours du mal que j'avais fait, ID. Nicom. v, to. Vous ne me dites rien que ce que j'en ai dit. Lorsqu'à Léon tantôt j'ai dépeint son esprit, m. Pulch. iv, 1. Peut-il dans ton esprit passer pour innocent? mairet, Ifort d'Asdr. i, 4. Et mettre en ton esprit cet éternel effroi Que le crime en tous lieux met aux âmes sans foi, m. ib. V, 3. Le temps m'a de l'esprit .son portrait effacé, ROTR. liélis. I, 2. Mais combien mon esprit répugne à ce devoir! id. Hercule mnur. v, 2. l'out en tout est divers; ôlez-vous de l'esprit Qu'aucun être ait été composé sur le vôtre, la font. Fabl. ix, fi. Le coeur a son ordre; l'esprit a le sien qui est par principes et démonstrations; le cœur en a un autre, pasc. Pensées, t.i, p.288, éilit. LAHUBE.Quoi I toujours Andi'omaque occupe votre esprit, rac. Androm. II , 5. Où laissé-je égarer mes vœux et mon esprit? ID. Phèd. 1 , 3. Toi-même en ton esprit rappelle le passé, id. ib. 11, 6. Ce qui est arrivé dans une même secte, c'est ce qui arrive à toute heure dans un même esprit ; et l'expérience nous fait voir qu'il se divise lui-même etqu'il se confond, dès qu'il est assez malheureux pour ne s'attacher pas à la simplicité de la foi , bourdal. Carême, Sur la paix chrétienne. Il pesait les esprits et donnait à chacun le rang qu'il méritait, fléch. U. de Hontausier. Par le mot esprit, j'entends tout être pensant, boullainvilliers, Réfut. de Spinosa, p. »o. De quelque côté qu'il tourne son esprit, soit qu'il rappelle le passé, soit.... KASs. Av. Uort du péch. || S'emparer (le l'esprit de quelqu'un, gagner sa confiance au point de pouvoir le diriger. || Etre bien dans l'esprit de quelqu'un, posséder ses bonnes grâces, sa bienveillance. Il Se mettre bien dans l'esprit de quelqu'un, gagner .son amitié, sa bienveillance. Songez seulement à bien vous mettre dans l'esprit de mon père, MOL. l'Avare, i, < . Pour se bien mettre dans l'esprit du roi, HAHiLT. Gramm. 7. || Se dit aussi dans le même sens au pluriel, en poésie. Junie .... S'est vue en ce palais indignement tramée ; Hélas t de quelle horreur ses timides esprits Xce nouveau spectacle auront été surpris! rac. Ilrit. l, 3. Quoidoncl à me gêner appliquant mes esprits. J'irai falreà mes yeux éclater ses mépris 1 id. Uajai.w, ♦. D'horreur et de pitié mes esprits déchirés, volt. Ifort de Ces. m, 2. Un sexe dangereux dont les faibles esprits.... iD. Tancr. 1, 1. 11 Mettre en l'esprit, suggérer, inspirer. Et les trustes discours Que te met en l'esprit l'amitié piiternelle , malb. iv, (8. N'y a-t-il point quelque Dieu qui me met en l'esprit ces pensées? DESC. Médit. II , 3. Tu te mets en l'esprit une crainte frivole, CORN. Suivante, 11, ». || Venir en l'esprit, se dit des pensées qui surviennent. Chacun disait ce qui lui venait dans l'esprit , fén. Tél. v. || Perdre l'esprit, devenir fou. J'aurais perdu l'esprit si j'o.sais me vanter Qu'avec ce peu de gens nous puissions résister, corn. Rodog. m, 2. Elle a besoin de six grains d'ellébore; Monsieur, son esprit est tourné, MOL. Amph, u, 2. C'est une radoteuse, elle a perdu l'esprit, la font. Fabl. x, 2. || Où avail-il l'esprit quand....? A quoi pensait-il quand....? Je no sais pas où j'avais l'esprit , sÂv. 202. || En esprit , par la pensée, en imagination. Il voyait en esprit le rang qu'ils devaient tenir, boss. Serm. Sept. Jacob vit en esprit la secret de cette élection, id. Hist. u, s. La lettre dont Votre Majesté m'honore
ESP
m'a transporté en esprit à Orembourg, tolt. Lett. à Cath. an. Là,pesant mes projets, de Néron mas.vacré Je foulais en esprit le corps défiguré, Lr.GOUvé .f^pM^. et Néron, 1, 3. || Familièrement. U a l'esprit au talon, se dit quand quelqu'un fait une lourde faute, ou quand il est distrait, préoccupé. || IS* Présence d'esprit, qualité de l'esprit par laquelle on fait ou dit sans hésiiation ni délil>ér8tion ce qui est à propos. Il Dans le même .sens. J'ai eu bon esprit de la laisser là, SÉV. <&&. Il 13* Il se dit en particulier des facultés intellectuelles, de l'aptitude à comprendre, àsai sir, à juger. Esprit solide, orné. Cultiver son esprit Avoir un esprit vif et pénétrant. Avoir l'esprit ouvert. Avoir l'esprit borné, liouché. U n'a pas l'esprit de régler sus afl'aires. Je n'ai jamais fait beaucoup d'éuit des choses qui venaient (Je mon esprit, uesc. Méth. VI, 3. Rien que j'aie expliqué mes opinions à det personnes de très-bon esprit etqui, pendant que je leur parlais, semblaient les entendre fort distinctement, ID, ib. VI, a. L'esprit est toujours la dupe du cœur, LA ROCHEF. Max. t02. Tous ceux qui connaissentleurs esprits ne connaissent pas leur cœur, lu. ib. <M3. Il y a deux sortes d'esprits : l'une de pénétrer vivement et profondément les conséquences dei principes, et c'est là l'esprit de justesse; l'autre, de comprendre un grand nombre de principes sans les confondre, et c'est là l'esprit de géométrie; l'un est force et droiture d'esprit, l'autre est amplitude d'esprit, PASC. Pensées, art. vu, ». Tout l'éclat de* grandeurs n'a point de lustre pour les gens qui sont dans les recherches de l'esprit; la grandeur des gens d'esprit est invisible aux rois, aux rich(.-s, aui capitaines, à tous ces grands de chair, lu. Pensées, art. XVII, I, édit. havet. Archimède, sans éclat, serait en même vénération ; il n'a pas donné des batailles, mais il a fourni à tous les esprits ses inventions, ID. ib. Mon esprit diminue, au lieu qu'à chaque instant On aperçoit le vôtre aller en augmentant, LA FONT, f'afct.xil, t. L'homme du meilleur esprit est inégal; il souffre des accroissements et des diminutions, la brut. xi. Le mot esprit, quand il signifia une qualité de l'âme , est un de ces mois vagues, auxquels tous ceux qui k-s prononcent attachent presque toujours des sens différents ; il exprime autre chose que jugement, génie, goût, talent, pénétration, étendue, grâce, finesse, et il doit tenir de tous ces mérites : on pourrait le définir raison ingénieuse, volt. Dicl. phil. Esprit, n. On a émis la question, si tous les hommes sont nés avec le même esprit, les mêmes dispositions pour les sciences, et si tout dépend de leur éducation et des circonstances où ils sa trouvent, m. ib. v. U n'y avait de réel que l'espni, dont en effet il avait beaucoup, c'est-à-dire une conception aisée, une grande pénétration, beaucoup de discernement, de la mémoire et de l'éloquence, «•• iis CAYLUS, Souv. p. 2*3, dans puugens. L'esprit ne crée rien, mais il opéra sans cesse sur cette multitude presque infinie de perceptions diverses qu'il acquiert par le ministère des sens, sonnet, Paling. XXII, 2. Un esprit élevé ne daigne apercevoir dans son objet que les rapports qui l'agrandissent, iiARMONTEL, Élém. Utt. (MCuvres, t. x, p. <»», dan* pouoENS. Un esprit profond ne s'arrête jamais aux apparences superficielles, sa méditation s'exerce à sonder son objet et à tirer comme de ses entrailles, ex visceribus rei, ce qu'il y a de plus riche et de plus enfoui, id. ib. p. l»7. || L'esprit et le cœur, la partie intellectuelle et la partie morale da l'homme. J'appelle mondains, terrestres ou grossiers, ceux dont l'esprit et le cœur sont attachés t une petite portion de ce monde qu'ils habitent, qui est la terre, la brut. xvi. || Kollin ayant fait uo ouvrage à l'usage de U jeunesse pour se former Tmprit et le cœur, un grand nombre d'auteurs avaient imité ce titre, et c'est d'eux que Voltaire se moque : Que je vous sais bon gré, dit-il, de n'avoir point dit l'esprit cl le cœur; car on n'entend que ce* mots dans les conversations de Babylone, on ne voit que des livres où il est question du cœur et de l'esprit, composés par des gens qui n'ont ni da l'un ni de l'autre, volt. Zadig, (6. || Bon esprit, un esprit qui a les qualités requises. Il a un bon esprit; il sait bien ce qu'il sait, sÉv. 648. Le boa esprit consiste à retrancher tout discours inutile et à dira beaucoup en peu de mots, fën. Éduc. filles, cb. s. Elle savait que le bon esprit œnsiste à se conformer à sa situation, volt. Princ. de Babyl. 4. 11 y a bien loin du grand talent au bon espnt, m. Utt. la Touraille, *3 mai i766. Votre esprit est vif et curieux. C'est le bon esiprit à votre âge, st-lam- BKRT, à Mlle ***. Il Avoir le bon esprit de, être ssseï raisonnable pour. Il eut, dans cette affaire, le boa
esprit de céder. || Avoir l'esprit bien fait, avoir un bon esprit. Il a l'esprit bien fait, sÉv. 28e. La nièce aura l'esprit mieux fait que le neveu, rkgnard, . Légat, m, e. |{ En un autre sens, il a l'esprit bien fait, il ne se fâche pas des contrariétés, des plaisanteries. Il Esprit faux, esprit qui ne sait pas démêler l'erreur d'avec la vérité. Les plus grands génies peuvent avoir l'esprit faux sur un principe qu'ils ont reçu sans examen : Newton avait l'esprit très-faux quand il commentait l'A|iocalypse, volt. Dict. phiJ. Esprit, vi. Un esprit faux est un esprit très-borné : c'est un esprit qui n'a pas contracté l'habitude d'embrasser un grand nombre d'idées; vous voyez par là qu'il doit souvent en laisser échapper les rapports, condil. Art d'écr. i, i. Le caractère de l'esprit juste, c'est d'éviter l'erreur, en évitant de porter des jugements ; il sait quand il faut juger, l'esprit faux l'ignore et juge toujours, ID. ib. Il Esprit particulier, se dit parmi les protestants, de la connaissance que chacun peut avoir sur le véritable sens des Écritures et des dogmes. Il 14* L'esprit humain, l'esprit de l'homme en général. Lorsque j'ai voulu descendre aux choses qui étaient plus particulières, il s'en est tant présenté à moi de diverses, que je n'ai pas cru qu'il fût possible à l'esprit humain de distinguer les formes ou espèces de corps qui sont sur la terre, si ce n'est qu'on vienne au-devant des causes par les efrets et qu'on se serve de plusieurs expériences particulières, DESC. Méth. vij 3. Si l'esprit humain est si peu de chose, même lorsqu'il s'agite et qu'il cherche la vérité, que sera-ce lorsqu'il s'abandonne au poids de son corps et qu'il n'agit presque que par les sens ? NicoLLE, Ess. mor. l" traité, ch. <o. L'esprit humain a son enfance et sa virilité; plût au ciel qu'il n'eût pas aussi son déclin, sa vieillesse et sa caducité ! DIDEROT, Opin. des anc. phil. {éclectisme). Il 15° En un sens plus particulier que celui d'ensemble des facultés intellectuelles, vivacité d'esprit qui fait trouver des saillies piquantes, des mots .spirituels, des aperçus ingénieux. Il n'y a point d'esprit dans ce livre. Traits d'esprit. Vous avez de l'esprit si vous n'avez du cœur, corn. Nicom. m, 4. Peu d'esprit avec de la droiture ennuie moins à la longue que beaucoup d'esprit avec du travers, la EOCHEP. Uax. 502. Eh ! mon Dieu, il y en a beaucoup que le trop d'esprit gâte, qui voient mal les choses à force de lumière, et même qui seraient bien ■ fâchés d'être de l'avis des autres pour avoir la gloire de décider, mol. Crit. 6. Ahl certes, le détour est d'esprit, je l'avoue, m. Femmes sav. I, 4. Nul n'aura de l'esprit, hors nous et nos amis, ID. ib. m, 2. C'est un homme qui me parait avoir de l'esprit, sÉv. 4t. Je dînai avec des gens qui ont bien de l'esprit, id. 423. X mesure qu'on a plus d'esprit , on trouve qu'il y a plus d'hommes originaux ; les gens du commun ne trouvent pas de différence entre les hommes, pasc. Pensées, t. I, p. 284, édit. LAHURE. Considérez la princesse, représentez-vous cet esprit qui, répandu par tout son extérieur, en rendait les grâces si vives, Boss. Vuch. d'Orl. Ceux qui se piquaient d'avoir de l'esprit, ID. Yar. 9. Rire des gens d'esprit, c'est le privilège des sots; ils sont dans le monde, ce que les fous sont à la cour, je veux dire sans conséquence, LABRUY. y. Il est moins rare de trouver de l'esprit que des gens qui se servent du leur, ou qui fassent valoir celui des autres et le mettent à quelque usage , ID. II. Incapable de savoir jusqu'où l'on peut avoir de l'esprit, il croit naïvement que ce qu'il en a est tout ce que les hommes en sauraient avoir, id. ib. Mme de Longueville était alors dans cette grande piété où elle a fini ses jours, et l'on sait que dans l'un et dans l'autre temps de sa vie elle a fait un cas infini de l'esprit, non pas seulement de cet esprit qui rend un homme habile dans un certain genre et qui y est attaché, mais principalement de celui qu'on peut porter partout avec soi, fonten. Dodart. Son plus beau feu [de l'esprit] se convertit en glace Dès qu'une fois il luit hors de sa place, Et rien enfin n'est plus froid qu'un écrit Où l'esprit brille aux dépens de l'esprit, j. b. rouss. Ép. ii, 3. Qu'est-ce qu'esprit? raison assaisonnée, id. ib. I, 3. Son esprit [de Pellisson] lui servait non pas à en montrer, mais à en donner; etl'onsortaitd'avec lui, non pas persuadé qu'il eût plus d'esprit qu'un autre, mais se flattant d'en avoir pour le moins autant que lui, d'olivet, Hist. Acad. t. ii , p. 285, dans pougens. Ce qu'on appelle esprit est tantôt une comparaison nouvelle , tantôt une allusion fine ; ici c'est l'abus dun mot qu'on présente dans Uh sens et (|u'nn laisse entendre dans un autre; là un rapport délicat entre deux idées peu communes; c'est
ËSP
une métaphore singulière ; c'est 'une recherche de ce qu'un objet ne présente pas d'abord, mais de ce qui est en effet dans lui; c'est l'art, ou de réunir deux cho.ses éloignées, ou de diviser deux choses qui paraissent se joindre, ou de les opposer l'une à l'autre; c.'e.st celui de ne dire qu'à moitié sa pensée pour la laisser deviner; enfin je vous parlerais do toutes les difTéreiites façons de montrer de l'esprit, si j'en avais davantage, volt. Dict. pkil. Esprit, l. Loin que j'aie reproché à Voiture d'avoir mis de l'esprit dans ses lettres, j'ai trouvé, au contraire, qu'il n'en avait pas assez, quoiqu'il le cherchât toujours, id. ib. Au peu d'esprit que le bonhomme avait. L'esprit d'autrui par supplément servait, id. Pauvre diable. L'esprit qu'on veut avoir gâte celui qu'on a, gresset, Méch. iv, 7. On n'applaudit guère dans un cercle que le genre d'esprit que l'on croit avoir , ge.nlis , Mme de Haintenon , t. i, p. t70, dans pougens. || Faux esprit. Le faux esprit est autre chose que de l'esprit déplacé ; ce n'est pas seulement une pensée fausse; car elle pourrait être fausse, sans être ingénieuse; c'est une pensée fausse et recherchée, volt. Dict. phil. Esprit, ii. || Avoir de l'esprit en argent comptant ou argent comptant, en montrer sans préparation et aussitôt que la circonstance l'exige. 11 [Panard] n'avait de l'esprit que quand il écrivait; il ne l'avait point en argent comptant , comme disait M. de Marivaux, collé, Journal, t. m, p. 497. Il Avoir de l'esprit jusqu'au bout des doigts, faire paraître de l'esprit jusque dans les petites choses. || Avoir de l'esprit au bout des doigts , être adroit aux ouvrages de la main. Il Faire de l'esprit, se fatiguer à montrer de l'esprit. Il On dit de même courir après l'esprit. || Bureau d'esprit, se dit d'un salon qui passe pour recevoir des causeurs très-spirituels. || Proverbe. L'esprit court les rues, rien n'est plus commun que l'esprit, tout le monde se pique d'en avoir. || Cet enfant a trop d'esprit, il ne vivra pas, se dit d'un enfant qui a beaucoup d'esprit, et, plus souvent, ironiquement , d'un enfant qui n'a guère de dispositions. Il C'est dans le sens de ce dicton que la Fontaine a dit : Celte réflexion embarrassant notre homme : On ne dort pas, dit-il, quand on a tant d'esprit, t'abl. IX , 4. Il Vive les gens d'esprit, se dit, soit sérieusement, soit en se moquant, des gens qui s'imaginent avoir trouvé un bon expédient. || On dit dans un sens analogue que l'amour fait venir l'esprit aux filles. Comment l'esprit vient aux filles, la font. Titre d'un de ses contes. Et mort de ma vie , madame , ce n'est pas l'esprit qui donne de l'amour; c'est l'amour qui fait venir de l'esprit, dancoukt, la Parisienne, se. 7. || 16" En particularisant autrement esprit pris au sens d'âme, les sentiments de l'âme. Ton esprit amoureux n'aura-t-il point d'ombrage? corn. Cid, II, 3. Votre amour en tous deux fait ce combat d'esprits, m. Cinna, ii, *. Depuis que mon esprit est capable de llamme, Jamais un trouble égal n'a confondu mon âme, id. Jfe'd. i, 2. Ahl cruels déplaisirs à l'esprit d'une amante, id. Cid, IV, 3. Ce que j'ai dans l'esprit, je ne le puis celer, id. Gai. du palais, n, 9. Ne vous entr'appeler que mon âme et ma vie, C'est montrer que tous deux vous n'avez qu'une envie, Et que d'un même trait vos esprits sont blessés, id. Yeuve, i, 3. Madame, puissiez-vous lire dans mon esprit ; Vous verriez jusqu'où va ma pure obéissance, id. ib. i, 3. Ainsi que la naissance, ils ont les esprits bas, ID. Pomp. IV, 2. Ainsi, de vos désirs toujours reine absolue, Les plus grands changements vous trouvent résolue ; De la plus forte ardeur vous portez vos esprits Jusqu'à l'indifférence et peut-être au mépris, iD.PoJy.ii, 2. || Changer d'esprit, changer de sentiment , de disposition. Avec votre jalouse elle a changé d'esprit ; Et je l'avais laissée à l'hymen toute prête, corn. Perth. m, 3. Le temps, qui change tout, a changé mes esprits, volt. Oreste, I, 5. Il 17° Humeur, caractère. Un esprit remuant, turbulent, inquiet, brouillon. Un esprit souple, volage, faible. Je ne suis point d'humeur à vouloir contre vous Faire éclater, madame, un esprit trop jaloux, MOL. Sgan. 22. || 18° Bel esprit, la culture des belles-lettres, de la littérature. Et pour l'homme au sonnet qui s'est jeié dans le bel esprit et veut être auteur malgré tout le monde, mol. Mix. v, 4. ô vous donc qui, brûlant d'une ardeur périlleuse. Courez du bel esprit la carrière épineuse, boil. Art poét. i. Le faux bel esprit tient de plus près qu'on ne croit à la barbarie, d'alemb. Éloyes, Terrasion. \\ Un bel esprit , de beaux esprits , ceux qui se distinguent par l'élégance et la délicatesse, parfois affectées. 11 [Buisrobert proposant à Balzac de le mettre
ESP
de l'Académie française nouvellement créée] me parlait seulement, en termes vagues et généraux, d'une académie des beaux esprits, et m'ordonnait (l'écrire une lettre pour demander d'y être reçu, balz. Lett. à Conrarl, i nov. <U53. L'ambition de passer pour bel esprit, hamilt. Gramm. 6. || Une femme bel esprit, une femme qui a des prétentions aux connaissances qui constituent le bel esprit. Une femme bel esprit est le fléau de son mari, de ses enfants, de ses amis, de ses valets, de tout le monde, j. j. rouss. Emile, v. || 19° Esprit, absolument, pour bel esprit. Le duc de Charost fut attrapé par une madame Martel, vieille bourgeoise de Paris, qui était un esprit et qui voyait assez bonne compagnie, st-sim. 22), 24t. Le vieux Caderousse avait fait l'esprit et l'important, puis le dévot, ID. 383, <»!). U [Louis XIV] préférait la soumission aux lumières, et dis;iit quelquefois qu'il craignait les esprits, duclos, Règne de Louis XIY , Œuvres, t. v, p. t76, édit. delaunaï. || 20° U se dit des personnes considérées par rapport au caractère de leur esprit. Les esprits généreux jugent tout par eux-mêmes, corn. TMod. iv, t. Et ces esprits légers, approchant des abois, Pourraient bien se dédire une seconde fois, id. Nicom. iv, 2. Faite» quelque indulgence à de jeunes esprits, rotr. Anlig. V, 4. Tout ce que vous avez été durant vos jours. C'est-à-dire un esprit chaussé tout à rebours, mol. l'Étour. Il, (4. Un de ces esprits remuants et audacieux qui semblent être nés pour changer le monde; que le sort de tels esprits est hasardeux, et qu'il en parait dans l'histoire à qui leur audace a été fatale! boss. Reine d'Anglet. Mais je ne puis souffrir qu'un esprit de travers. Qui, pour rimer des mots, pense fiiire des vers. Se donne en te louant une gène inutile, BOIL. Disc, au roi. Je sais qu'un noble esprit peut sans honte et sans crime Tirer de son travail un tribut légitime, id. Art p. iv. L'honneur seul peut flatter un esprit généreux, rac. Etth. il, 6. Ciell verra-t-on toujours par de cruels esprits Des princes les plus doux l'oreille environnée ? in. Eslh. m, 4. U y a des esprits, si j'ose le dire, inférieurs et subalternes qui ne semblent faits que pour être le recueil, le registre ou le magasin de toutes les productions des autres génies, la bruy. i. Pour trois ou quatre esprits mal timbrés, de travers. N'allez pas, emporté d'une critique vaine. Faire ici le procès à la nature humaine, rbgnard, Épit. i. U est de ces esprits favorisés des cieux Qui sont tout par eux-mème et rien par leurs aieui, volt. Fanât, i, 4. Personne ne conviendra que tous les esprits soient également propres aux sciences, et ne diffèrentque par l'éducation, id. Lett. Gallitiin, 49 juin 4 773. Il Un grand esprit, un homme dont les pensées ont étendue, portée, profondeur, non sans générosité d'âme. U y a bien de la différence entre un bel esprit, un grand esprit et un bon esprit, fën. t. xviii, p. 35. Il Un bon esprit, un homme qui juge, apprécie sainement. Communiquer au public le peu que j'aurais trouvé, et convier les bons esprits à lâcher de passer plus outre, en contribuant, chacun selon son inclination et son pouvoir.aui expériences qu'il faudrait faire, desc. Uélh. VI, 2. Mais les meilleurs esprits font des fautes extrêmes, Tristan, Mariane, v, 3. C'est un bon esprit qui ne sa mettra pas au bien à demi, Boss. Lett. abb. 4 44. Un bon esprit n'est pas autant qu'un autre le maître de penser comme il voudrait, fonten. Saurin, Je vis qu'un bon esprit peut suffire à tout; notre grand Locke était médecin ; il fut le seul métaphysicien de l'Europe, et il rétablit les monnaies de l'Angleterre, volt. Jenni, 4. || Un petit esprit, un homme dont les pensées sont dépourvues d'étendue, de portée. X peine les petits esprits ont-ils appris quelque chose qu'ils croient tout savoir, et il n'y a sorte de sottise que cette persuasion ne leur fas^^e dire et faire, i. i. rouss. Rép. au roi de Pologne. Il Un esprit fort , celui qui affecte de se meure au-dessus des opinions reçues, surtout en matière religieuse. Qui font les esprits forts, parce qu'il» croient que cela leur sied bien, mol. Fest. l, 2. Les esprits forts savent-ils qu'on les appelle ainsi par ironie? quelle plus grande faiblesse que d'être incertain quel est le principe de son être, de sa vie, de ses sens, de ses connaissances, et quelle en doit être la fin? la bruy. xvi. Ceux qui se donnaient pour esprits forts dans le monde, mass. Car. Doutes. Il 21° Opinions, sentiments commun» à un certain nombre de personnes et aux grands corps. L'esprit de famille. L'esprit de parti. L'esprit républicain. L'esprit monarchique. Qu'à la cour je m'engage. Je n'en ai pas l'esprit ainsi que le courage, Régnier, Sat. lu. Il ne sort jamais aucun ouvrage de che»
ESP
nous [jésuite»! qui n'ait l'esprit de la société, pasc. Prov. ». L'Église distribue des grâces toute l'année, en diverses saisons, et la dévotion des fidèles devrait être de suivre son esprit, comme les êtres naturels ne manquent jamais de suivre l'esprit général qui règle le cours de toute la machine du monde, NicoLB, Ets. de mor. 3* traité, ch. 7. Il prend l'esprit des lieux où il est, sitv. 336. L'esprit de l'Eglise n'est pas de vous décharger de la croix, mass. Car. Jeûne. De l'esprit de parti je sais quelle est la rage, VOLT. Tancr. m, 3. Esprit d'un corps, d'une société, s'emploie pour exprimer les usages, la manière de parler, de se conduire, les préjugés d'un corps; esprit de parti est à l'esprit d'un corps ce que sont les passions aux sentiments ordinaires, id. Vict. phil. Esprit, u. |{ L'esprit est bon, l'esprit est mauvais, se dit des dispositions bonnes ou mauvaises d'une population, de la troupe, d'une ville, etc. à l'égard du gouvernement. {| Esprit de corps, attachement des membres d'une corporation aux opinions, aux intérêts, aux droits de la compagnie, à l'honneur d'un corps de troupes, etc. L'esprit des corps porte malheur aux meilleurs esprits, d'alemb. Lett. à Volt. 14 juillet 1767. Admis enfin, aurai-je lors. Pour tout esprit, l'esprit de corpsî II rend le bon sens, quoi qu'on dise. Solidaire de la sottise, BÊRANO. l'Acad. et le Caveau. La plupart arrivaient par détachements, formés en bataillons provisoires, sous des officiers nouveaux pour eux, qu'ils devaient quitter au premier jour, sans aiguillon de discipline, d'esprit de corps ni de gloire, et traversant un sol dévoré que la saison et le climat allaient rendre oliaque jour plus nu et plus rude, sêgur, Hist. de Napol. VI, iO. Il Esprit public, opinion qui se forme dans une nation sur les objeta qui l'intéressent. Anglais, dont on nous vante ici l'esprit public, ayant fait le mot, vous avez la chose sans doute.... p. L. COUR. Lett. X. Il Bureau d'esprit public, salon, réunion dont les habitués paraissent avoir la prétention de diriger l'opiniou en fait de politique. || Bureau de l'esprit public, s'est dit d'une division du ministère de l'intérieur ou de la police où l'on s'occupe de faire ou de diriger l'esprit public par des pièces de théâtre, des fêtes, par lapresse, etc. || Espritnational, général, social, les opinions, les dispositions qui dominent dans une nation. Les lois sont établies, les mœurs sont inspirées; celles-ci tiennent plus à l'esprit général, celles-là tiennent plus à une institution particuUère; or il est aussi dangereux, et plus, de renverser l'esprit général que de changer une institution particulière, MONTESQ. Esp. XIX, 12. 11 faudrait que l'efîet pût devenir la cause ; que l'esprit social, qui doit être l'ouvrage de l'institution, présidât à l'institution même, J. J. bouss. Contrat, ii, 7. Il On dit dans un sens analogue l'esprit du siècle. Il Esprit du monde, habitudes de politesse et de ménagement. L'esprit du monde est un, esprit de souplesse et de ménagement , MASS. Myst. Pentecôte. \\ 22° Les esprits, les hommes d'un état, d'un corps, d'une assemblée, considérés par rapport aux dispositions collectives qui les animent. Les esprits étaient irrités. Calmer les esprits. Cette fureur mit la compassion Dans les esprits d'une autre nation [les pigeons] Au cou changeant, au cœur tendre et fidèle, la font. Fabl. vu, 8. Exercé dans la connaissance des hommes et dans l'art de manier les esprits, le cardinal d'Kstrées en fit un usage heureux dans plusieurs conclaves, d'alemb. Éloges, Card. d'Estrées. || 23° Principes , motifs , impulsions , tendances , d'après lesquels on se dirige. L'esprit d'une législation. Je crois pouvoir dire qu'un maître qui voudrait être honoré et servi, comme ayant en lui-même une autre puissance que celle de Dieu, serait un démon; et que ceux qui le serviraient dans cet esprit seraient des idolâtres, ualebr. Rech. vér. Éclaire. liv. VI, t. IV, p. 331 , dans pouoENS. Et dans tout ce qu'il dit De vous et de Joad je reconnais l'esprit, RAC. Athal. II, 7. Comprends l'esprit de Borne et connais le sénat, volt. Srulut, v, 2. L'esprit de Mahomet par ma bouche a parlé, id. Fanât, ii, 2. L'esprit de la monarchie est la guerre et l'agrandissement; l'esprit de la république est la paix et la modération, hontesq. Esp.ix,i. Plusieurs choses gouvernent les hommes: le climat, la religion, les lois, les maximes du gouvernement, les exemples des choses passées, les mœurs, les manières; d'où il se forme un esprit général qui en résulte, id. ib. XIX, 4. Des lois dont l'esprit généreux Aguerrit aux dangers ce peuple valeureux, lehierbk, Bamevelt, I, 3. Il Avoir l'esprit de son état, de son âge, connaître et pratiquer ce qui convient à son état, à son âge. Qui n'a pas l'esprit de son âge. De son âge a
ESP
tout le malheur, volt, dans le Diet. dt besche- |
BELLE. Il Entrer dans l'esprit de son rdie, jouer un râle comme il doit être joué. || Dans l'esprit de, dans l'intention de. Tout le monde était nourri dans l'esprit d'observer les lois, Boss. Ilitt. m, 3. U nourrit ce peuple dans l'esprit de tout entreprendre, id. t'b. III, 7. Enfin dans l'esprit de coDtenterceux... la brut. Disc. s. Théophr. M. d'Amiensdit au P. de U Chaise qu'il n'avait acheté une charge d'aumfinier que dans l'esprit de se faire évêque, STsiM. 48, 25. Il Esprit de retour, le désir qu'une personne éloignée de son pays a d'y retourner. S'étabhr aux colonies sans esprit de retour. || Esprit de retour, se dit aussi de certains animaux à demi domestiques qui vont et qui viennent, notamment les pigeons et les abeilles; ils appartiennent à leur propriétaire, même étant hors de chez lui, tant qu'ils n'ont pas perdu l'esprit de retour. || 24' Esprit de, se dit pour caractériser la force avec laquelle un sentiment, une passion, une idée agissent. Ils [les papes] n'usent pas de domination ; mais l'esprit qui parait en toute leur conduite est celui de paix et de vérité, pasc. Prov. 48. La chute serait trop horrible, de tomber dans une réforme où l'esprit d'illusion domine si fort, boss. Var. xiii, S 36. Dieu , notre dieu sans doute , a versé dans son cœur Cet esprit de douceur, bac. Eslh. Il, ». Répandre cet esprit d'imprudence et d'erreur De la chulo des rois funeste avanl-coureur, id. Athal. i, 2. Elle répandait au dedans de lui l'esprit de sagesse, fén. Tél. in. Tant un esprit d'emportement et de fureur avait alors saisi toute la nation et même les premiers magistrats des Étoliens , rollin, //ùJ.onc. ûEuwe», t. viii, p. 3bt , dans POUGE^s. Ces grâces qui minent la force des lois et qui achèvent d'épuiser ces esprits primitifs d'ordre et de régularité qui.... mass. Or. (un. Ftiiars. On vient recueillir, même sur de viles cendres, des esprits de grandeur et d'élévation, lo. Or. fun. Villeroy. Nous Talions voir .... répandre sur la contrée de sa dépendance des esprits de foi et religion, id. Panég. St François. De leur esprit de rage ils ont su m'animer, volt. Triumv. iv, 3. L'esprit de système est dans la physique ce que la métaphysique est dans la géométrie, d'alemb. Introd. préress. équin. QCuvres, t. xiv, p. 45, dans POUGEMS. Cet esprit de tyrannie et d'oppression qui n'estime dans la fortune que le moyen d'acheter des esclaves, et dans l'autorité que le droit odieux de faire trembler ou gémir, marmontel, Êlém. de lut. t. VI, p. 4», dans pocgens. L'esprit de la prière et de la solitude Qui plane sur les monts, les tor rents et les bois.... lamart. Harm. i, <). {| Esprit de vertige, état d'égarement, d'erreur, de fascination. Il 26° Aptitude, disposition. Il a l'esprit des affaires, du commerce. L'esprit de chicane. L'esprit mathématique. Il [Leibnitz] réunissait deux grandes qualités presque incompatibles, l'esprit d'invention et celui de méthode, dider. Opin. des anc. philos. {Leibnitjianisme). Le genre d'esprit qui fait chercher et trouver des routes nouvelles est encore plus rare que le talent de l'invention, avec lequel il ne faut pas le confondre, condorcet, Margraaf. L'es prit de commerce e.st un esprit d'intérêt, et l'intérêt produit toujours la division, raynal, Hist. phil. u, 23. Ses projets portaient l'empreinte du génie, et l'esprit de détail qu'il avait supérieurement ne rétrécissait pas ses vues, id. ib. iv, 20. || 26° Le sens d'un auteur, d'un texte, ttc. Ils n'ont passais! l'esprit île ce poète. Ils ont faussé l'esprit de la loi. Voici quel est l'esprit de notre contrat, patru. Plaid. 3, dans HicHELET. Ils ne font que prendre le vrai esprit de la réforme, boss. Avert. 6. Prenez l'esprit et l'intention des promesses de Jésus-Christ, id. Insir. 2. L'esprit des grands écrivains doit se chercher non dans un passage seul, qui pourrait n'êtrequ'une faute d'impression , mais dans l'usage constant et uniforme auquel nous les voyons attachés partout ailleurs, d'ouvet, Ess. gramm. i, 2. || Le caractère d'un auteur. Il a voulu imiter cet auteur, mais il n'en a pas saisi l'esprit. || La lettre tue et l'esprit vivifie, c'est-à-dire il faut s'attacher au sens même, non aux mots. || 27* Choix de pensées extraites d'un auteur. L'Esprit de Montesquieu, de Voltaire. Dans ce siècle où l'on a mis le nom d'Esprit à la tête de tant d'ouvrages qui souvent démentent leur titre, la plupart de nos compilations périodiques pourraient être intitulées, l'Esprit des ignorants et des sots, d'alemb. Éloges, L. Cotuin. \\ 28* Aigrette de plumes que les femmes mettent dans leur coiffure. Puis des dentelles, des fleurs, un esprit, une aigrette, picard, Manie de briller, m, *0, || U* Tulle point d'esprit, voy. point.