‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 173 sur 388 · ESQ · texte numérisé non relu

ESQ

satellites, cobn. Pomp. ii, 2. || Fig. Pour moi sur cette mer qu'ici-bas nous courons, Je cherche à me pourvoir d'esquif et d'avirons, boil. Épit. v.

— HIST. XI* s. Eschiez et Itarges, et galies et nefs, Ch. de floi. clxxxv. || xiif s. Et galieles et escipes corant, Ogier de Danem. 23U. || xvi' s. Le port est prochain, et se peiill on sauver à n.ige hors du corps, comme hors d'un esquif qui faict eau, MONT. II, 222.

— ÉTYM. Espagn. et portug. esquife ; ital. scht/o ; du germanique : anc. haut-allem. sfti/; goth. skip; aliem.Sc/ii7/';angl. ship; comparez le latin scap/ia, le grec (Txiyoi;, barque; et le gaélique sgiob, vaisseau. Eschipre, dans l'ancien français, signifiait marinier, répondant à l'allemand Schiffer.

ESQUILLE (è-ski-ir, Il mouillées, et non è-.skiye), s. f. Terme de chirurgie. Petit fragment d'un os carié ou fracturé.

— HIST. XVI* s. Les pièces ou esquilles rompues quelques fois ont leur bout mousse, et autres fois agu et pointu, paré, xni, l.

— RTYM. Génev. échille; du lat. schidisi ; du grec ayiSiov, (rxi3r), fragment, de oxiîeiv, fendre, en latin scindere (voy. scindeh); comparez l'ital. scheggia, copeau.

t ESQtfILLECX , ECSE (i-ski-lM, Ueû-z', Il mouillûes), adj. Terme d'histoire naturelle. O'ii se brise en esquilles ; qui est garni d'esquilles. Cassure esqui lieuse.

— HIST. XVI* S. Les autres fractures sont dentelées et inegalles et esquilleuses, paré, xiii, 4.

— ÉTYM. Esquille.

ESOCrN.VNCIE (J-ski-nan-sie), s.f. Terme de médecine. Inllamraation de la gorge. Quelques plaisants dirent tout hautque leur orateur fDémosthène}avait été surpris la nuit, non d'une esquinancie, mais d'une argyrancie, pour faire entendre que c'était l'argent d'Harpalus qui lui avait éteint la voix, hol- UN, Hist. anc. CEuvres, t. vi,p. 664, danspouoENs. ■ ÉTYM. Provenç. esquinancia ; espagn. esquinencia ; ital. tchinanzia; de xuvâyxi > angine (avec épcnthîise d'une s) , de xûuv , chien , et àyyta, étrangler; xuvàfxi s'étant dit d'une angine violente qui fait tirer la langue comme le chien haletant. On trouve dans le xvi* siècle esquinance, AMYOT, Dém. 36; squinance, Rabelais, Pant. m, 61 ; squinuncie, PARé, xxil, 2.

). ESQUINE (è-ski-n') , s. f. Terme de manège. Se dit des reins du cheval. Un cheval faible , fort d'esqnine. Ce cheval saute d'esquiue, il voûte son dos en sautant. Vieux et inusité.

— ÉTYM. Autre forme d'échiné.

î. ESQUINE (î;-ski-n'), s. f. Terme de botanique. Plante d'Amérique dont la racine est employée comme sudorifique (smilax china, L.) (voy. squine).

ESQUIPOT (è-ski-po), s. m. Sorte de tire-lire en terre cuite, où l'on dépose de minces épargnes. L'esquipot est plein. Tout son bonheur est là-dessous dans un esquipot, uancourt, la Désolât, des joueuses, se. (3. Le sexe plein de charité Pour la communauté Fournira de quoi mettre en pot; Tends à propos ton esquipot, piron, Chanson à un frère quéleur. Il Se dit aussi, à certains jeux, de la masse des enjeux.

— ÉTYM. Le mot pot , ce semble , combiné avec un préfixe obscur.

ESQUISSE (è-ski-s'), t. f. || 1* Terme de peinture. Premier plan d'un ouvr^g». Esquisse au crayon, à la plume, au pinceau. Les esquisses ont communément un feu que le tableau n'a pas, dider. Salon de 1765, (JEuvres, t. Xlil, p. 206, dans pougens. L'esquisse môme a sa manière qui n'est pas celle de l'ébauche, id. t6. p. 206. L'esquisse est l'ouvrage de la chaleur et du génie, et le tableau l'ouvrage du travail, de la patience, des longues études et d'une expérience consommée, id. Salon de (767, t. xiv, p. 434. Il Fig. [L'oiseau-mouche] Vif, prompt, gai, de la vie aimable et frêle esquisse. Et des dieux, s'ils en ont, le plus charmant caprice, delille. Trois règnes, vu. |{ 2° Terme de sculpture. Premier modijle qu'on fait en terre cuite ou en cire. || 3° Par extension, il se dit des ouvrages d'esprit. Une esquisse littéraire. Une esquisse philosophique. C'est l'esquisse d'un discours; la passion ne fait que des esquisses, dideh. Salon de 1767, ÛEutrcs, t. xiv, p. 450.

— SYN. ESQUISSE, EBAUCHE. L'esquisse est séparée du tableau, dentelle est comme le plan; et l'ébauche se fait sur le tableau même : elle en est le commencement. Marmontel a péché contre cette distinction quand il a dit : On appelle esquisse en peinture un tableau qui n'est pas fini, mais où les figures, les traits, les effets de lumière et d'ombre

ESS

sont indiqués par des touches légères, Élém. litUr. Œuvres, t. vu, p. 3tl , dans pougens. Il faut ajouter qu'ébauche emporte toujours l'idée d'un ouvrage non achevé, tandis que l'esquisse est complète si l'on n'a besciin que d'elle : on peut avoir l'idée d'un tableau par une esquisse, on ne l'a pas par une ébauche.

— HIST. XVI* s. Esquiche, cotgrave.

— ÉTYM. Espagn. esquicio; ital. schizxo ; du latin tchedius, fait sur-le-champ; du grec tr/éSio;, (T^eSiâîleiv, faire à la hâte; » pour e, comme dans le bas-latin scida pour scheda.

ESQUISSÉ, ÉE (è-ski-sé, sée), part, passé. Il 1" Une figure grossièrement esquissée. 112° Fig. Un sujet littéraire qui n'est qu'esquissé. Voilà mon plan suffisamment esquissé, je m'arrête, J. J. Rouss. Gouv. de Polog. ch. (5.

ESQUISSER (èski-sé), V. a. \\ 1° Faire une esquisse. Esquisser une figure, un tableau. || 2° Décrire sommairement. Esquisser rapidement le tableau d'une époque.

— ÉTYM. Esquisse.

t ESQUIVE (è-ski-v'), i. ^. Sorte de galette que forme la te^-re en se séchant sur les formes de sucre.

ESQUI'VÉ, ÉE (è-ski-vé, vée), part, passé. Une mauvaise rencontre esquivée.

t ESQUIVEMENT (è-ski-ve-man), ». m. Action d'esquiver.

— HIST. XIII* s. Nul autre eschivement, pour moi garder [défendre], [je] na vi, Berte, cxviii.

— ÉTYM. Esquiver.

ESQUIVER (è-ski-vé), e. a. || 1* Éviter adroitement quelque chose ou quelqu'un. C'est un importun que j'esquive autant que je puis. L'autre es- (|uive le coup, et l'assiette volant S'en va frapper le mur et revient en roulant, boil. Sat. m. Allons, je ne pourrai pas esquiver l'interrogatoire, picard. Alcade, iv, l. Faut-il esquiver la réflexion comme ime ennemie, au lieu d'y livrer toute son âme? STAËL, Corinne, 1, 3. || Par extension. Esquiver une difficulté, s'y soustraire, sans la résoudre. || Absolument. J'esquive doucement, et m'en vais à. grands pas, RÉGNIER, Sot. viii. Les petits, en toute affaire, Esquivent fort aisément; Les grands ne le peuvent faire, la font. Fahl. iv, 6. Le lion sort et vient d'un pas agile, Le fanfaron aussitôt d'esquiver, id. ib. VI, 2. Je saute vingt ruisseaux, j'esquive, je me pousse, BoiL. Sat. vi. ||2* S'esquiver, v. réfl. Se retirer d'un lieu, d'un cercle, en évitant d'être remarqué. Je me suis doucement esquivé sans rien dire, mol. Fdch. i, 1. 1| S'éviter l'un l'autre.

— HIST. xf s. Jà pur morir n'eschiveront bataille, Ch. de Rot. lxxxv. || xu* s. X mort serez jugié, se [je] ne vous en eschiu, Sax. xxiv. || xiii*s. Li cuens [comte] qui chevalier ne doute [craint] ne esquive, audefh. le bast. Romancero, p. 4 8. [Elle] Ne sait comment le froit [elle] puist avoir eschivé, Berle, XLV. Et l'ourse l'eschiva [l'évita], autre voie est tournée, ib. XLvi. Mais je le connois à si sage Qu'il eskievera ce damage, Bl. et Jeh. •liH. ....qui li face voloir le bieJet eschuer le mal, brun. LAT. Trésor, p. 280. Fui et eschieve la compaingnie des mauvez, joinv. 300. || xv* s. Adono, pour eschever le fossé qui estoit par devant eux, [les Flamands] tournerent-ils autour du bosquet et prirent l'avantage des champs, froiss. 11, 11, 1»5. Sur ces deux ailes, gens d'armes les [les Flamands] commencèrent à pousser de leurs roides lances à longs fers et durs de Bordeaux.... dont ceux qui en estoient atteints se restreignirent pour eschever les horions, id. il, il, t97. Donc, pour eschiver tous périls, Jean de Hollande s'enferma dans la dite ville, ID. II, II, 235. Il XVI* s. Beaucoup se sont bien trouvez lie mourir, eschevant par là des grandes misères, MONT. I, 89. Il fault eschever aux coups que nous ne sçaurions" parer, id. iv. I64. Le moien d'eschevir tel danger , est d'enfermer et la mère et

les petits, 0. DE SERRES, 336.

— ÉTYM. Wallon, hiuver; provenç. esquivar, eschivar; espagn. esquivar; ital. schirare; du germanique : anc. haut-allem. skinhan; allem. scheuen, avoir peur. Il y avait un adjectif dans l'ancien français, esquiu; provenç. e«cWu; espagn. esquiva; ital. schivo, timoré.

ESSAI (è-ssè), s. m. Il 1* Moyens divers par lesquels on s'assure si un objet convient à l'emploi qu'on en veut faire. Faire l'essai d'une machine, d'une arme à feu. L'essai d'un remède. || Essai des animaux, les divers exercices auxquels on les soumet pour apprécier leurs aptitudes. || Ternie de minéralogie. Opération analytique qu'on exécute en petit, à l'effet de reconnaître la nature et le nombre des substances contenues dans un minéral. Essai

EbS

par la voie sèche. L'art des essais. || Plus particulièrement, opération qu'on fait subir à l'or et à l'argent par le moyen de la pierre de touche , pour en apprécier le degré de pureté. || 2° Action de déguster les mets chez les rois et les princes. Faites faire un e^sai par quelque domestique , corn. Rodog. y, 4. Il La coupe dans laquelle se fait cet essai. Le duc d'Anjou [devenu roi d'Espagne] avait une soucoupe et un verre couvert, et l'essai comme pour le roi, ST--SIM. 8S, 82. Il 8* Petite portion de quelque chose qui sert à juger du reste. Des essais de vin, de poudre à tirer. || Il se dit des petites bouteilles où il ne tient de vin qu'autant qu'il en faut pour en juger, et des petites tasses où l'on met du vin pour le goûter. Il 4° S. m. plur. Petits morceaux de verre qu'onmet dans le fourneau lorsqu'on cuit la peinture sur verre. Il 5* Fig. Tentative comparée aux opérations d'essai. Que je fasse un essai de mon obéissance, corn. Sertor. II, 2. Vous aidez aux Romains à faire essai d'un maître , id. t'b. m , 2. Après avoir fait essai de ses forces, PASC. Prov. 2. Ils faisaient essai de leur liberté, boss. Reine d'Angleterre. Plût au ciel que sa main, heureusement cruelle, Eût fait sur moi l'essai de sa fureur nouvelle, hac. Bri(. v, 7. Il 6* Prémires. D'un courage naissant sont-ce là les essais? rac. Iphig. i, 2. || Avant-goût. Voici l'heureux essai de nos contentements, corn. Rodog. V, 3. Et d'un cruel refus l'insupportable injure N'était qu'un faible essai des tourments que j'endure, RAC. Plièd. jv, 6. Il Faire l'essai, ressentir, éprouver. Quel tourment de cesser de plaire, Lorsqu'on a fait l'essai du plaisir d'être aimél quinault, Isit, i, 3. Il 7° Coup d'essai, première tentative. Où buvant et mangeant je fis mon coup d'essai, régnieh, Sat. 11. Mes pareils à deux fois ne se font pas connaître, Kt pour leurs coups d'essai veulent des coups de maître, CORN. Cid, u, 2. Ne cherche point à faire un coup d'essai fatal, id. ib. u, 2. Ce n'est pas sur ce coup c|ue je fais mes essais, id. Je Ment.tr, «.Cette pièce fut mon coup d'essai, et elle n'a garde d'être dans les règles, puisque jo ne savais pas alors qu'il y en eût, ID. Examende Mélite. Cette intendance qui fut comme un coup d'essai de son ministère, flëch. leTellier. \\ 8" X l'essai, par forme d'essai. Prendra à l'essai un domestique. Donner un cheval à l'essai. Vente à l'essai. Pour détromper ma sœur, et lui faire connaître Ce que son phihsophe à l'essai pouvait être, MOL. Femm. soi), v, 5. jj Mettre à l'essai, éprouver, pousser à bout. Pour mettre à l'essai ma complaisance, 3. i. ROUSs. Ém. u. || 9° Première production d'un esprit qui s'essaye dans un genre quelconque. Les essais de ce jeune homme donnent de grandes espérances. Douze ans sont écoulés depuis le jour fatal Qu'un libraire, imprimant les essais de ma plume , Donna pour mon malheur un trop heureux volume, boil. Êptt. vi. La statue de Junon nous offrit les premiers essais de la sculpture ; elle est de la main de Smilis, un des plus anciens artistes de la Grèce, barthél. Ànach. ch. 74. Premiers essais de la comédie par Susarion, 580 ans avant Jésus-Christ, id. tfc. tome dernier, table ('*. || Ouvrage dans lequel l'auteur traite sa matière sans avoir la prétention de dire le dernier mot. Ce n'est qu'un essai sur la matière. || Titre de beaucoup de livres spéciaux, donné par un sentiment de modestie, comme si le nom de traité ou d'ouvrage était trop élevé. Les Essais de Montaigne. Essai de morale. E.ssai sur la musique. || 10* Terme de vénerie. Êcorchures que font aux branches faibles et flexibles les cerfs qui sont près de toucher au bois. H II a donné l'essai, se dit du sanglier, qui, rentrant du gagnage , est animé et a frappé avec ses défenses contre de jeunes arbres.

— SYN. essai, ÉPREUVE. L'essal se fait pour savoir si une chose convient, si elle peut être employée; l'éfireuve, pour savoir si la chose peut soutenir le service. On fait l'épreuve d'un pont de fil de fer; 00 fait l'essai d'un j nouvelle machine.

— HIST. XIII* s. St Bernars nous met à l'essai, Voie du Paradis. Bêle suer [soeur], combien puet avoir Que vous poez apercevoir Qu'a voec li conversé avez? Dites le nous se vous savez. Firent cil qui firent l'essai, ruteb. ii, 166. || xiv* s. Un hanap d'argent blanc pour faire essay , Invent, de Charles Y, db la borde. Émaux, p. 304. || xv* s. Car s'orffcques nul sceut que c'est de détresse. Je pense bien que j'en ay fait l'essay, ch. d'orl. Bal. n. \l xvi* s. Je l'aymerois mieux à l'essay. Avant qu'entrer en mariage, UAROT. i, 203. lU'escrivitpar manière d'essay en sa première jeunesse, mont, i, 208. Ayant donné ce premier essay de son éloquence et de sa magnanimité , il en fut grandement estimé, amiot, Cal. d'Vt',q. »,

ESS

— ÊTYM. Provenç. etsai , aisai, assag ; catal. entatg, eruaig, assalg; cspagn. emayo ; ital. assaggio, iaggxo;(in lalin exagium, pesage; grec, è^ayiov.

ESSAIM (è-ssin ) , ». m Colonie d'abeilles sortant de la ruche mbre pour aller chercher une autre habitation. Le nouvel essaim quitte la ruche et l'ancien reste. Un essaim, quelque nombreux qu'il «oit, ne l'est pas ordinairement trop pour une seule mère; celle-ci peut fort bien pondre dans l'année 40000 œufs, BONNET, Contempl. nat. xi, 27. Un essaim dont les pieds en mille et mille anneaux, L'un par l'autre attachés à la branche pliante. Montrèrent tout à coup une grappe pendante, deulle, Enéide, vu. |{ Par extension , multitude d'autres insectes. Des essaims de sauterelles ravagèrent la contrée. || Fig. Ciell quel nombreux e.ssaim d'innocentes beautés.... bac. Esth. 1, 2. Au bruit du succès des croisés, de nouveaux essaims partirent de l'occident, VOLT. Mœurs, 64. Dans cette longue suite d'incursions, les peuples barbares, ou plutôt les essaims sortis d'eux, détruisaient ou étaient détruits, MONTESQ. Rom. 20. Mexico, qui put quelque temps douter si les Castillans étaient un essaim de brigands ou un peuple conquérant, se vil presque totalement détruit par les cruelles guerres dont il fut le théâtre, haynal, Hist. phil. vi, 20.

— HIST. xui' s. [Les mauvaises femmes, dont] Sunt essains plus grans que de mouches. Qui se recueillent en lor rouches, la liose, 876). ||xiv' s. Je avoie es labeilles] qui s'enfouirent de mon essein, Ordonn. des rois de Fr. t. i, p. 242. || xv s. Les mouches à miel, qui chascune en leur exain gardent leurs offices et leurs ordres, alain cbaht. Quadrilogue invectif. ||ivi's. La ruche, pour loger l'essoin, sera proprement nettoiée, o. de serrks, 444. Voicy qui va bien, s'escria Socrate, nous estions en cherche d'une vertu, tu nous en apportes un exain; nous communiquons une question, on nous en redonne une ruchée, mont, iv, 23».

— ÉTYM. Berry, assian, essian, ession; provenç. eissam, aysam, isam; catal. exam, axam; espagn. ensambre ; portug. eniame; ital. sciame; du latin ixamen, essaim, pour cicagmen, voy. examen.

t ESSAIMAGE <fe-ssè-ma-j'), s. m. Temps de l'année où les essaims d'abeilles sortent des ruches.

— ÉTYM. Essaimer.

t ESSAIMEMENT (è-ssô-me-man) , s. m. Partage qui se fait, à certaines époques de l'année, des abeilles d'une ruche, une partie abandonnant l'ancienne demeure, pour aller s'en construire une autre.

— HIST. xiv s. Essemement, Xodus, ms. f°i25,

dans LACUBNE.

— ÊTYM. Essaimer.

ESSAIMEU (è-ssè-mé), V. n. Sortir en essaim, en parlant des abeilles.

— REM. Ce verbe se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand il marque l'action: Ces mouches n'ont pas encore essaimé; avec l'auxiliaire être, quand il marque l'état: Ces mouches sont essaimées depuis hier.

— HIST. xv* s. Le supliant ala aider à mettre un exain ou [au] bournay de mouches à miel, qui icellui jour estoit exainé ou vergier. du cange, bugaxolus. Il xvr s. Les mois d'avril et de mai seulement, est le vrai temps pour les abeilles à essoiner, o. de

— ETYM. Essaim ; Berry , essumer, essemer, estimer, essiomer, essionner ; picard, ^c/iomer; wallon, samé ; provenç. essamenar; catal. axamenar ; espagn. enxambrar ; portug. enxamear; ital. sciamare.

t ESSALER (è-ssa-lé), e. o. Terme de salines. Enduire la poêle de muire gluante avant que de la mettre au feu.

t ESSANGE (è-san-j') , ». f. Action d'essanger le linge.

ESSANGË, ÊE (è-san-jé, jée), part, passé. Du linge e.ssangé.

ESSANGEK (è-san-jé. Le g prend un e devant a ou o ; essaugeant, essangeons), v. a. Décrasser du linge dans de l'eau, avant de le mettre à la lessive. Essanger des torchons.

— BEM. Une corruption très-vulgaire change, par assimilation, essanger en échanger, qui n'a aucun lens ici.

— HIST. xiv* s. Aiez les menus boyaulx [du cochon] bien lavés, renversés et essangés en rivière

courant, J/i'najier, ii, 6. || xvi' s Ces ords cu-

veaux , Où nourrices essangent leurs drapeaux, VILLON, Bail.

— ETYM. Lat. exsaniare, proprement faire sortir la sanie, de ex, et sanies, sauie. O y avoit, à

ESS

coilté, des femmes de leissive, Qu'essangian, je Clé, leû paquet, blroaud, Ree. de fabl. en patois saintnngeois , p. 42.

t ESSABUER (ë-sar-dé), v. a. Terme de marine. Eponger les ponts. On trouve aussi issarder.

— HIST. xvi* s. Va le plonger trois fois dans le fleuve d'Argire, Et te lave le corps, puis moitié le retire. Et l'essarde à la lune, afin que la vigueur Et le charme de l'eau pénètre jusiju'au cœur, B. bel- LEAU, Berger, t. i, p. m, dans lacubne.

— ÉTYM. Ori'.'ine inconnue.

t ESSA RM ENTER (è-sar-man-té), e. o. Terme rural. Oler les sarments, ébourgeonner.

— ETYM. £■»... préfixe, et tarment.

+ ESSART (è-sar), ». m. || 1* Champ qui était en friche et couvert de bois, et qui est défriché et prêt à être mis en culture. || %' S'est dit aussi de remuements de terre. Toutes les levées, essarls, écluses, palissades, pêcheries, moulins et autres ouvrages faits de nouveau.... dans la rivière de Charente.... Règlement, 30 août (862.

— HIST. xii' 8. Des doze pers i ferai grant essart, Ronc. p. 42. lia plus d'ennemis que lièvres en essart, 502. XXIX. Li reis ert [était] riches huem, sages et de grant art. Sont [sut] bien que chardcnal [les cardinaux] sunt pernant [prenant] et lumbart; Coveiteus sunt d'avoir plus que vilain d'essarl. Th. je mort. 66. Il xiii* s. Berte s'en va fuiant par delez un essart, Berte, xxu. || xvi* s. Moiennant que la pluie survienne sur tel bruslement, laquelle de nécessité convient attendre, et fuir les vents pour les raisons des essars, o. de serres, »o.

— ÉTYM. Voy. essarter; wallon, jor, saur; picard, sari, champ; provenç. eissart; bas-lat. exsartum, qui se trouve dans les lois barbares. Dans l'ancienne langue, essart, par une extension facile à comprendre, avait aussi le sens de lieu désert, et, par suite, de destruction, dégât.

t ESSARTAGE (è-sar-ta-j'), ». m. Action d'essarter. Il Eâsartage ou essartement, mode d'exploitation des bois, encore employé dans quelques cantons du nord-est de la France, et qui se pratique en arrachant toutes les plantes qui couvrent le sol, en écobuant ensuite, et cultivant pendant deux ou trois ans, pour essarter de nouveau après quinze ou dix-huit ans.

— ÉTYM. Essarter.

ESSARTÉ, ÉE (è-sar-té), port. pots^. Champ essarté.

ESSARTEMENT (è-sar-te-man) , ». m. Action d'essarter.

— ÉTYM. Essarter.

ESSARTER (è-sar-té), v. a. || !• Arracher le bois, les épines d'une terre pour la défricher. |i 2" Essarter des bois, les éclaircir en arrachant les sous-bois et les épines.

— HIST. xui* s S'il y a vignes, il ne les doit

pas essarter, ne laissier gastes sans feture, beaum. XV, (2. Ne nus [nul] plus grans biens ne pot estre en bailli, que d'essarter les malvès bons des bons, par radeur [roideur] de justite, id. t». || xvi' s. Ainsi comme le laboureur quand il veult essarter et arracher quelque plante sauvage qui ne porte point du fruict, mettant à bon esciant la marre tout du premier coup dedans la terre, il en couppe les racines, ou, en approchant le feu, il la brusle, amïot, Mauv. honte, 3.

— ÊTYM. Wallon, tarti, écobuer; Berry, esserter; génev. essartir, esserter; bourguig. essatai, déchirer; bas-lat. exartare, du verbe fictif eiiarritare, de ex, et sarrire, sarcler.

t ESSAUGUE (è-ssô-gh'), s. f. Terme de pêche.

Voy. AISSAUGUE.

t ESSAYER (è-sa-vé), t). o. Terme rural. Epuiser avec une pelle l'eau d'un fossé ou celle d'un ruisseau qu'on a barré.

— HIST. xiv* s. Aura dedans ce mur un treillich de fer par où les yaues de la ville se pourront essia- Ter, DU CANGE, essavare. Hxv' s. Regeter le fossé, et faire tant que le vivier se puist essaver, et qu'd soit à seci|, m. ib.

— ETYM. Es.... et l'ancien français ère, tare (voy. eau). On dit en Normandie que la peau est essavée quand elle est irritée par la présence de certains liquides ; ainsi les petits enfants l'tssavenl dans leurs langes.

t ESSAVUKE (è-sa-vu-r'), ». f. Terme de relieur. Taches comme d'eau sur le cuir de vc.iu. Quand le veau est d'une bonne qualité, qu'd est bon de fleur, exempt d'essavures, l'encollage est plus qu'inutile, LESNË, ta Reliure, p. 184.

— ETYM. Essaver.

ESSAYE, ÉE (è sè-ié, iée), part. pa»i^. Dont on

ESS

a fait l'essai. Un métal essayé. Un cheval essayé. Un vêtement essayé et trouvé trop juste. || Kig. Burrhus essayé à la même coupelle ne lui aurait paru qu'un lâche courtisan, dideb. Règne de Claud* et Néron, i, § 420.

ESSAYER (è-sè-ié) , j'essaye, tu essayes, il essaye ou il essaie, nous essayons, vous essayez, ils essayent ou essaient; j'essayais, nous essayions, vous essayiez; j'essayai ; j'essayerai , ou essaierai , ou essairai; j'essayerais, ou essaierais, ou essalrais; essaye, essayons; que j'essaye, que nous essayions, que vous essayiez ; que j'essayasse ; essayant; essayé, v. a. Il 1* Reconnaître par certains moyens si l'objet convient, est capable de son office, etc. Essayer un cheval. Essayer une arme à feu. Qu'ils viennent essayer leurmain mal assurée, bac. Brit. iv, ». C'est à présent le moment d'essayer tes forces; il n'estplus temps quand il les faut employer, j. i. rousp. Em. v. Dès que le faible oiseau peut essayer ses ailes, m. ;.chéii. Féiielon, i, S. Qui laisse les chevreaux, autour de lui paissant. Essayer leur dent folle à l'arbuste naissant, V. Huoo, Voix intér. 43. || Essayer de l'or, de l'argent, examiner à quel titre iU sont, jj 2" Essayer un vêtement, le mettre afin de voir s'il va bien, soit qu'on le mette soi-même, soit qu'un autre nous le mette : j'essaye mon habit; mon tailleur me l'essaye. Essayer un siège, s'y placer pour voir si on y est bien, etc. Vous voulez essayer ce bandeau sur mon front, BAC. Alhal. iv, 4. || Par extension. Il suffit de lui faire voir en éloigiinment le trône où il doit être assis, et de lui essayer, pour ainsi dire, la couronne, afin qu'il sache la porter quand la providence de Dieu la fera tomber sur sa tête, flécii. Konlausier. Que tu vois mal encor ce que c'est quj l'empire I Si deux jours seulement tu pouvais l'essayer. Tu ne croirais jamais le pouvoir trop payer, COBN. Othon, IV, 3. Quand on s'assied sur un trône, on aîiien l'air de l'essayer, MABMONTai, Bélis. ch. 15. Il Fig. D'un masque revêtu. J'ai d'abord quelque temps essayé la vertu; J'ai senti que mon cœur n'était pas né pour elle, leoouvë, Épichar. et Nér. m, 2. Il 8" Déguster. Essayer du vin. S'il a quelque douceur, n'osez-vous l'essayer [ l'amour J? bac Phèdre, i, 1. 114" Fig. Reconnaître, comme par des essais, l'action de. Essayez sur Cinna ce que peut la clémence, corn. Cinna, iv, 3. 11 me faut essayer la force de mes pleurs, id. Poly. m, 2. Je vais prés de Phocas essayer la prière, id. Héracl. i,*. Tandis qu'il n'est point de Romaine Qui, dès qu'à ses regards elle ose se fier. Sur le cœur de César ne les vienne essayer, bac Brit. u, ï. Elle brûlait d'impatience d'essayer ses regards sur ces riches mortels, et de remplir ses coffres de leurs dépouilles, LESAGE, Gutm. d'Àlf. VI, ». Il 6» Soumettre à lessai, à l'appréciation. Essayer le goût du public en lui donnant des ouvrages nouveaux, Dict. de l'Àcad. J'ai essayé dans nos assemblées publiques une bonne partie des articles qui entrent dans ce volume; il ne m'est jamais arrivé de contenter tout le monde, d'o- LivET, Hist. de l'Acad. t. il, p. 387, dans pougens. Il Reconnaître si quelque chose est réel. Essayez dès ce jour l'effet de mes promesses, bac Alhal. ii, 7.||6°Tenter. Et quelque cruauté qu'elle veuille essayer. S'il ne faut que du sang, j'ai trop de quoi payer, corn. Théod. v, B. Essayons l'artifice où la rigueur est vaine, botr. Vencesl. i, *. J'en essayerai tant de toutes les manières, que quelque chose enfin nous pourra réussir,- mol. Sicil. «. J'essairai tour à tour la force et la douceur, bac Brit. m, 6. Faisons mieux, ne proscrivons rien, laissons la scène ouverte à tous les sujets et à tous les ulents ; essayons tout et conservons ce qui le mérite , d'alemb. Éloges, la Chaussée. \\ 7° V. n. Essayer d'une chose , l'éprouver pour savoir si elle est propre à ce qu'on attend. Essayez de tous les plaisirs; ils ne guériront pas ce fonds d'ennui, uass. /tuent. Bonheur. Essayez - en , rompez avec la monde, lo. Cartmt, Samar. Vous avez longtemps essayé du monde, id. Car. Salut. Vos passions ayant essayé de tout, et tout usé, id. Pet. car. Math. C'est ainsi qu'un pigeon mourrait do f.iim près d'un bassin rempli des meilleures viandes, et un chat sur des tas de fruits ou de grain, quoique l'un et l'autre pût très-bien se nourrir de l'aliment qu'il dédaigne, s'il s'était avisé d'en essayer, i.i. Bouss. Inégalité, i" partie. L'âme de la jeunesse ess.iie de tous les sentiments, chatkaubr. Kalch. n, (54. H Essayer de, avec l'infinitif, tâcher, faire ses efforts. Lucile n'essaya pas de le distraire, et lord Nelvil était blessé de ce qu'elle ne l'essayait pas, STAEL, Corinne, xx, 2. || Essayer à, avec l'infinitif, même sens. Essayez sur ce point à la faire parler, CORM. Uor. 1, t . Est-ce donc que par ik vous voules

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essayer X réparer l'accueil dont je vous ai fait plainte T mol. Amph. ii, 2. Essayez un peu par plaisir à m'envoyer des ambassades, à m'écrire secrètement de petits billets doui, à épier les moments que mon mari n'y sera pas, id. G. Dandin, I, 6. C'est le plus grand sujet de félicité de la condition des rois, de ce qu'on essaye sans cesse à les divertir par toutes sortes de plaisirs, pasc. Pensées, t. I, p. 235. éd. LAHORE. || 8» S'essayer, v. Ti(l. S'éprouver, voir si l'on est capable d'une chose. Il s'est essayé à nager. S'essayer à la course. Tremble, son bras s'essaye à frapper ses victimes, volt. Fanât, v, 4. On s'essayera à chaque fois qu'une occasioB fera sentir le besoin de s'esssyer, et, parce qu'alors on aura quelque intérêt à savoir faire, on fera mieux; voilà un conseil qui ne sera pas désagréable aux paresseux et qui sera utile à tous, coNDiL. Lang. cale, il, 1*. Il s'essaie à braver un sceptre qui lui pèse, c. delav. Vêpres sicil. ii, S. Il Faire la première épreuve de ses forces. Il s'essaie en attendant mieux. Perdez un ennemi d'autant plus dangereux Qu'il s'essatra sur vous à comballro contre eux, rac. Andr. i, 2. J'aimerais mieux que mes chères filles n'entendissent pas de sermon un jour de Pâques que d'être réduites à tous les jeunes cordeliers qui viendront s'essayer chez vous, MAiNTENON, Lettre à Mme de Fontaines, 4i mars teti. Lorsque votre beauté, dans son choix indécis, S'essaya sur le père avant de plaire au fils, LEMERG. Fréd. et Bruneh. m, 5. || S'éprouver l'un l'autre. Ils n'ont pas lutté sérieusement, ils n'ont fait que s'essayer.

— REM. Avec un verbe qui suit à l'infinitif, on dit essayer à et essayer de, mais s'essayer à seulement. Il n'en était pas de même au xvi* siècle.

— HIST. XI' s. Li archevêque, prudom et essaiet, Ch. de Bol. clii. || xii' s. [La prison] Qu'ele me fait assaier et sentir, Couci, xui. || xuf s. Je di que c'est grant folie D'assaier ne d'esprouver Ne se [sa] famé ne s'amie, auboins de sezanne. Romancero, p. <26. Bien auras, ains que tu t'en partes. Les dolors d'amors essaiées, la Rose, 2293. Ma parolle, Diex, est veraie. Corn est li argent c'on essaie, Psaumes en vers, dans Liber psalm. p. 269. || xiV s. Se les turquoise? [tenailles] ne soufissent [à extraire un dard fiché dans le corps], essoie le atraire.... H. DE MONDEVII.LB, f *7. Que aucun barbier ne doit faire office de barbier en la dicte ville et banlieue de Paris, se il n'est essaiez par le dit mestre et les quatre jurez, Ordonn. des rois, t. v, p. i*4. Le "Temple et l'Ospital li respondirent que il estoit bon que l'en essaiast à prenre la cité, joinv. 276. Il disoient ou [au] pais que le soudanc de Babiloine [le Caire] avoit mainte foiz essaie dont [d'où] le flum venoit, ID. 220. Il XV* s. La gentil dame fut adonc durement esbahie, et dit : < Hal très cher sire, ne me veuillez moquer, essayer, ni tenter [le roi venait de lui dire qu'il l'aimait], proiss. i, i, <66. || xvi* s. Et pleust à Dieu que l'empereur s'essayast de passer le Rosne quand je suis icyl marg. Lett. <27. Nous vous avons envoyé ce porteur, non pour essayer à consoler mon nepveu et vous, id. l'b. <82. Ayant essayé combien sa présence donnoit d'advantage à ses affaires, mokt. i, 4 5. Perdre son temps à essayer de prendre une ville, id. i, 27. S'estant essayé de leur persuader de.... id. i, ut. Quand ces receptes ne peuvent servir, ils en essayent de contraires, id. i, 129. Je n'ai essayé [trouvé] gueres de fermeté en mon ame pour soustenir des passions véhémentes, ID. Il, (23. Ou les accidents ne nous essayant pas jusques au vif, m. i, 67. EU» ne s'en essaya oncques puis [de se farder] , la boktie, ( 92. La resolution des reformez fut d'essayer Paris par la faim, d'aub. Ilist. I, 2H. Ils essayèrent [éprouvèrent] ce que les Turcs ont d'artifices et d'ingénieuses cruautez, iD. ib. I, 241. Si se meit à imaginer et à essayer toutes sortes de ruzes de guerre dont il se pouvoit adviser, amïot, Fob. h2. Si délibéra de se retirer devers le roy Artaxerces, espérant que, quand ce roy l'auroit une fois essayé, il ne.... id. Aie. 77. Hz ne demandoient plus que quelque occasion pour bien tost les [leurs armes] essayer et employer contre leurs ennemis, id. Philop. (B.

— ÉTYM. Essai; BeTTY, assayer ; wallon, joy ; provenç. essaiar,.assatjar, assaiar, ensaiar,issaiar ; catal. ensajar; espagii. ensoyor ; portug. ensaiar ; ital. assaggiare, saggiare.

t ESSAYERIE (è-sè-rie), s. f. Endroit particulier d'un hôtel des monnaies où l'on fait des essais.

— ÉTYM. Essayer.

ESSAYEUR (è-sè-ieur), s. m. || 1" Celui qui dans un hôtel des monnaies est préposé à l'essai des matières d'or et d'argent et > la vérification du titre

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des monnaies. || 2" Es.sayeur, essayeuse, se dit, chez les tailleurs et chez les couturières, de celui ou celle qui essaie un vêtement. Je vous enverrai l'essayeur, l'essayeuse.

— HIST. xiu' s. Om ne croit pas qu'il soit ameres [amant], Mes essaieras [entreprenant] etvanteres. Si ne si ose l'en [on] fier, Fabliaux mss. n° 72(8, P" (36. Il xiv s. Perrin langoieur ou essaieur de pourceaus, i>v cange, essaium.

— ÉTYM. Essayer ; provenç. issajaire, assajador; espagn. ensayador ; portug. ensaiador; ital. assaggiatore, saggiatore. Le provençal issajaire, et le vieux français essaiere, sont au nominatif; assajador et essaieur sont au régime.

t ESSAYISTE (è-sè-yi-sf), i. m. Auteur d'essais littéraires. Macaulay, le prince des essayistes.

— ÉTYM. Mot anglais fait d'essay, qui est la forme anglaise à'essai , et introduit récemment dans le français.

t ) . esse', s. f. Nom de l's (voy. S).

2. ESSE (è-s'), s. f. Il l" Cheville de fer tortue, placée au bout de l'essieu d'une voiture pour empêcher la roue de sortir de l'essieu. || 2° Crochet qui termine chaque extrémité du fléau d'une balance, et auquel on attache les cordons. || 3° Morceau de fer tortu dont on se sert pour accrocher les pierres qu'on veut élever dans un bâtiment. || 4" Terme de marine. Bandes de fer courbées,, embrassant le bout des traversins ou des barres de perroquet , et percées pour laisser passer les haubans. || 6° Lame de fer formant des espaces circulaires de différents diamètres et servant à jauger la fil de fer. || 6° Terme de luthier. Ouverture faite en s qui est sur la table des instruments de la famille du violon (violon, alto, violoncelle, contrebasse et même pochette). || 7° Sorte d'ancien jeu. La cour, sur le réquisitoire (lu procureur général, étant informée que, dans l'étendue de la justice de Chamarande, il se joue un jeu nommé jeu de clefs ou de esse, duquel il est résulté des inconvénients pour les spectateurs qui en ont été blessés, défend à toutes personnes de jouer ledit jeu , à peine de 20 livres d'amende , Arrêt de la eour du Parlement, I6 juin 1779.

— ÉTYM. La lettre s, à cause de la forme, t t . ESSEAU (è-s6) , s. m. Voy. aisseau.

t 2. ESSEAD (è-sô), *. m. Sorte de mesure pour le fumier, usitée dans les environs de Paris.

— ÉTYM. Serait-ce le même mot que Berry isseau, rigole, égout; picard, essiau, eiseau, puisard; anc. franc, essau, évier?

t ESSEIGLAGE (è-sè-gla-j') , s. m. Action d'esseigler.

t ESSEIGLER (è-ssè-glé), s. m. Terme rural. Arracher ou couper à la faucille les brins de seigle qui ont poussé dans les champs de froment.

— ÉTYM. Es.... préfixe, el seigle.

t ESSEIMER, V. a. Voy. ESSIMER.

t ESSEINER (è-sè-né) , v. a. Terme de pêche. Tirer une seine à soi ; en ôter le poisson.

— ÉTYM. Es.... préfixe, et seine.

t ESSEUER (è-se-lié), s. m. Terme de charpenterie. Nom de certaines pièces de bois assemblées diagonalementà deux autres, et qui font angle obtus. Il Dans le comble d'un toit, les deux esseliers sont les parties qui sont assemblées sous l'entrait. || Pièce du faux fond d'une cuve de brasseur.

— ÉTYM. Aissel, petit ais (voy. aïs).

t ESSELLE (è-sè-l) , s. f. Appareil qu'on met sur le dos des chevaux et des ânes, pour le transport du fumier, du bois, etc.

t ESSEMÉE (è-sse-mée), t. f. Terme rural. Maniéré dont une terre est ensemencée.

— ÉTYM. Es.... préfixe, et semer.

t ESSEMILLER (è-se-mi-llé, H mouillées), v. a.

Voy. SMII.LEB.

t ESSÉMINER (è-ssé-mi-né), v. a. Eparpiller, disséminer. La fourmi essémina les graines des hauts cyprès, bern. de st-pierre, dans le Dict. de

BESCHERELLE

— ÉTYM. Es.... préfixe, et le lat. seminare, semer ; mot fait par Bernardin de Saint-Pierre.

ESSENCE (è-ssan-s'), s. f. \\ i° Terme de philosophie et de théologie. Ce qui est, ce qui existe. Dieu est l'essence première. || La divine essence. Dieu. Les rois , comme rayons de la divine essence, En leur gouvernement imitentsapuissance, noTR.Be'lis. III, 6. Enveloppez-vous dans ce voile; vivez cachée à vous-même aussi bien qu'au monde; et, connue de Dieu, échappe/.-vous à vous-même, sortez de vous-même, et prenez un si noble essor que vous ne trouviez de repos que dans l'essence éternelle du Père, du Fils et du Saint-Esprit, boss. la Vallière. Adorant l'essence inconnue, Les saints, les martyrs I

ESS

glorieux Contemplaient sous l'ardente nue Le triangle mystérieux, y. hdgo, Odes, i, <o. || 2" Ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est, ce sans quoi elle ne serait pas. L'essence du triangle est d'avoir trois côtés et troi^ angles. || S" Dans une signification très-voisine de celle-ci, et pourtant très-différente, la nature intime des choses que nous ne pouvons pas bien connaître ni démontrer. Lorsqu'on s'obstine à disputer sur les essences, il arrive qu'on ne sait plus ce que les choses sont, condil. Art d'êcr. IV, 5. N'oubliez point que ce que nous appelons essence des choses n'est que leur essence nominale, bonnet, Ess. anal, âme, ch. 4. || 4° Au sens d'être. Essence première, essence qui est d'origine. Essence seconde, essence qui est dérivée. Dieu est essence première ; les créatures sont essences secondes. L'essence seconde suffit pour prouver que deux substances diffèrent, mais elle ne suffit pas pour mesurer avec précision la différence qui est entre elles, CONDILLAC, Art déraisonner, i, 3. || 5° Dans la langage général, ce qui fait le fond, la nature d'un objet. Et de la vouloir vaincre avecque des services. Après qu'on a tout fait, on trouve que ses vices Sont

de l'essence du sujet, malh. vi, 24 Amourforcé

ne fut jamais amour; L'amour est dans les cœurs libre dès sa nai.ssance; Ravir sa liberté , c'est ravir son essence, desmarets, Mirame, iv, 4. Cette proposition contenait l'essence des plus noires hérésies, PASC. Prov. 3. Il est de l'essence d'un bon livre d'avoir des censeurs, et la plus grande disgrâce qui puisse arriver à un écrit qu'on met au jour, ce n'est pas que beaucoup de gens en disent du mal, c'est que personne n'en dise rien, boil. Épît. x, xi, xii, Préf. L'essence d'un Spartiate était l'obéissance aux loisdeLycurgue, volt. Jfœurs, t54. Voilà, cousine, comment dans certains pays l'essence des choses tient aux mo^, et comment des noms honnêtes suffisent pour honorer ce qui l'est le moins, j. j. rouss. Hél. Il, 23. Il 6° Terme de pratique. La chose même que l'on a reçue. Rendre en essence. || On dit que les choses ne sont plus en essence, pour dire qu'elles ■ne sont plus en nature, qu'elles sont détruites, qu'on ne peut pas les représenter comme on les a reçues. Il 7° Terme d'eaux et forêts. Espèce , nature des arbres qui prédominent en un terrain. Les différentes essences. Va bois d'essence de chêne. || 8° Terme de chimie. Essences, nom donné à des liquides sans viscosi té , très-volatils , qu'on appelait autrefois huiles éthérées, huiles essentielles (dénomination abandonnée parce que ces substances n'ont rien de commun avec les corps gras). Les essences se divisent en trois groupes : hydrocarbonées, oxygénées, sulfurées. Il Essence de térébenthine, liquide qui provient de la distillation de la térébenthine ordinaire. Il 9* Terme de pharmacie. Substance aromatique très-volatile qu'on extrait de certains végétaux. Essence de rose. || Essence de lavande, dite aussi huile d'aspic ou de spic, essence qui s'obtient par la distillation des sommités fleuries de la lavande officinale et de la lavande spic. || Essence de Portugal, essence fournie par le zeste de l'orange. || 10° Terme de cuisine. Essence de gibier, de légumes , de jambon , etc. extrait des parties les plus nutritives des viandes, des légumes. || 11° Essence d'Orient ou de perles, liqueur préparée avec une matière nacrée qui se trouve à la base des écailles de l'ablette et sur toute la paroi de la poitrine, de l'estomac et des intestins. Cette liqueur, introduite dans de petites boules de verre creuses , sert à la fabrication des fausses perles.

— HIST. xiii* s. Tu iez saluz de nostre essence, Balaiz de nostre vanité. Cribles de nostre concience, RHTEB. II, 44. 0 glorieuse Trinité , Une essence et vraie unité En trois glorieuses personnes! j. dk MEUNG, Tr. 2. Il XIV* s. Et par ce appert que toutes choses n'ont pas une ydée commune qui soit leur essence, oresmb, Eth. vt,<«. ||xv* s. En tout, partout est mesme essence, Auquel pas ne fait différence Entre animal et végétal. Et minerai, fut-ce métal Qui t'enamoure, Nat. à l'alch. err. 69. || xvi* s. La distillation des eaux et essences tirées de toutes sortes d'herbes, racines et fleurs, langue, 479. En une seule essence divine, il y a trinité de personnes, CALV. /ns«. 73. Ainsi les actions de vertu ne sont souvent que masques, elles en portent le visage, mais elles n'en ont pas l'essence, charron, Sagesse, II, 3.

— ÉTYM. Provenç. essentia; espagn. esenct'o; ital. essensia; du latin essentia, de es6e, être.

I ESSENCIFIER (è-ssan-si-fi-é), v. a. Terme d'alchimie. Transformer en essence.

ESSÉNIEN (è-ssé-niin), s. m. Nom d'une secte de Juifs qui faisaient profession de communauté d#

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bien», qui fuyaient toutes sortes de plaisirs, particuliftrement le mariage, condamnaient les serments, ne buvaient que de l'eau, n'offraient à Dieu que des choses Inanimées, et observaient le sabbat si wnipuleusement qu'ils n'auraient pas remué un vase. Philon a distingué deux ordres d'Esséniens : les uns s'attachaient à la pratique, et les autres qu'on nomme Thérapeutes à la contemplation, dinRB. Opin. det anc. philos. (Juifs). Josftphe dit dans un autre endroit qu'ils abandonnaient tout à llieu; ces puroles font assez entendre le sentiment des Esséniens sur le concours de Dieu, ID. ib.

— ÉTYM. Syriaque, osa, soin, guérison.

+ ESSENTIALISME (è-ssan-si-a-li-sm' ) , *. m. Doctrine médicale qui admet que les maladies sont des essences, existant par soi et indépendamment du fonctionnement de l'économie animale.

t ESSENTIALISTE (e-ssan-si-a-li-sf), adj. Médecin essentialisie, celui qui admet l'essentialisme.

t ESSENTIALITÉ (è-ssan-si-a-li-té) , «. f. État de ce qui est essentiel. Je nie l'essentialité de celte clause, jl Terme de mé'Iecine. L'essentialité des fièvres, doctrine qui attribue les fièvres non à un état patliolopique des solides ou des liquides, mais à un effort de la nature pour surmonter le mal qui l'opprime.

— ÊTVM. Essentiel.

ESSENTIEL. ELLE (è-ssan -si-èl, 6-1'), adj. Il 1° Oui appartient à l'essence ou nature propre d'une chose. La rondeur est essentielle au cercle. La raison est essentielle à l'homme. La sévérité du pécheur envers lui-même est une qualité essentielle à la pénitence, boordal. Àvenl, Sur la pénitence, 18t. Ce philosophe païen [Porphyre] assure que les mauvais démons sont les auteurs des enchantements, des philtres et des maléfices; qu'ils ne font que tromper nos yeux par des spectres et par des fantômes; que le mensonge est essentiel à leur nature, fontf.n. Oracles, i, 3. En distinguant ses idées, on considère quelquefois, comme entièrement séparées de leur sujet, les qualités qui lui sont le plus essentielles; c'est ce qu'on appelle plus particulièrement abstraire, condillac, Conn. hum. sect. II, ch. 8. Il i° Absolument. Nécessaire, indispensable, qu'on ne peut séparer. I.a justice est la vertu essentielle d'un roi. Les devoirs essentiels. En cette paix donc, seigneur, Essentielle et suprême. En cet unique bonheur. Qui n'est autre que toimême, Fais le repos de mon cœur, corn. Imit. lu, t5. Chaque chose est vraie en partie et fausse en partie; la vérité essentielle est toute pure et toute vraie, PASC. Pensées, i, 9. Les soupçons d'infidélité dans le lien sacré du mariage ne sont plus un décri formel et une flétrissure essentielle, mass. Car. If^di's. Il Terme d'histoire naturelle. Caractères essentiels, ceux qui expriment les particularités les plus remarquables des espèces, des genres et de toutes les coupes systématiques. || Terme de minéralogie. Parties constituantes essentielles d'une roche, celles dont la présence est nécessaire pour la constituer. || Terme de médecine. Maladies essentielles, nom donné aux maladies qui ne dépendent d'aucune autre, pour les distinguer de celles qui ne sont que symplomatiques. || Terme de musique. Cordes essentielles du ton, ou cordes modales, la médiante et la sous-sensible (le mi et le la dans le ton d'iit majeur; l'ut et le fa dans le ton de la mineur). || 8° Grave, important, sérieux. Ces grandes sectes de philosophes contraires aux oracles durent leur faire un tort plus essentiel que celui de les réduire à la prose, fonten. Oracl. ii, 6. Ce défaut de connaissance de soi-même, qui met un obstacle si essentiel à l'utilité de nos confessions, mass. Car. Conf. Tout est léger contre lui [le prochain] ; et sur ce qui vous touche, tout parait essentiel k votre orgueil, et digne de vengeance, m. Car. tiédis. Elle [la personne dont vous médisez] est peut-être d'un sexe où, sur certains points principalement, les taches les plus légères sont essentielles, m. ib. Le relâchement, la recherche des commodités.... sont comme des transgressions essentielles de ce premier vœu de chasteté , id. Profess. rel. .Serm. 3. \\ 4" En parlant des personnes, doué de qualités sur lesquiHles on peut compter. Ici vous êtes homme essentiel, ami généreux, m. Car, Retp. hum. Essentiel sur la probité, réglé dan's ses mœurs, ». Car. Riche. Ami aussi essentiel qu'aimable, volt. Lett. Chabanon, 1 déc. «767. Vous aviez bien raison quand vous me disiez que le duc de l'raslin était plus essentiel que bruyant, id. iell. d'Àrgcnlal, *9 févr. 1770. Sont-elles plus essentielles, plus sensibles, plus aimables que les Deshoulières, les Sèvigné, les Grafigniî m" bb gerlis, Ad. et Théod. 1. 1, lett. 33 p. «1T ,>. «ouoENS. ||6*Teriue de phar-

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macie. Principes essentiels, produits qui appartiennent en propre à chaque plante, et qu'on a cru contenir les vertus particulières de chacune d'elles; tels sont les sels essenllels. || Huiles essentielles, ancien synonyme d'essences (voy. essknce). Il 6° S. m. Le point principal, important. Tu n'as point d'ambition pour ressentit:!, hahilt. Gramm. 4. Je serais porté à croire que j'ai tort, si nous différions dans l'essentiel, d'aleub. Leit. au roi de Pr. 40 avril <767. L'essentiel est de faire bien, VAU- VEN. De l'activité.

— HIST. XVI* s. Le Fils en autre sens s'appelle la Parole essentiele et éternelle du Père, calv. Instit. 76, 90. Il est possible qu'à ceulx qui employent bien le temps, la science et l'expérience croissent avec la vie; mais la vivacité, la promptitude, la fermeté et aultres parties bien plus nostres, plus importantes et essentielles, se fanissent et s'allanguisseiit, MONT. 1, 408. Et ainsi sa preud'hommie luy sera propre, intime, essentielle, comme luy est son estre, et comme il est àsoy-mesme, charron, 5agesse, ii, 3.

— ETYM. Provenç. esiencial; espagn. eseneial; ital. essemiale; du latin essentialis (voy. esskncr).

ESSENTIELLEMENT (è-Bsan-si-è-le-man), adv.

Il 1° Par essence. L'homme est essentiellement sociable. Un naturel essentiellement mauvais. Il est nécessaire, pour la conservation du corps, que nous ayons des sensations essentiellement différentes, quoique les impressions que les objets font sur notre corps ne diffèrent que très-peu , malebr. Kech. I, te. Il 2° X un très-haut degré. Des discours.... lesquels à la vérité n'attaquaient pas essentiellement votre honneur et votre probité, mais qui répandaient dans le public... mass. Car. Médis.

— HlST. XVI* s. Nous enseignons selon l'Escriture, qu'il n'y a qu'un seul Dieu essentiellement, calv. Instit. 95.

— ÉTYM. Essentielle, et le suffixe ment; provenç. essencialment; espagn. esencialmerUe ; ilai. essenxialmente.

t ESSER (ê-sé), V. a. Présenter le fil de fer à un des espaces circulaires de l'esse, pour connaître s'il est d'un calibre convenable.

— ÉTYM. Esse.

t ESSÈRE (è-ssê-r') , f . f. Terme de médecine. Variété de l'urticaire.

t ESSERET (è-se-rè) , t. m. Sorte de tarière fort longue.

t ESSERNÊ, ÉE (è-s5r-né, née), od;. Se dit d'un papier qui, faute de matière, n'a pas la grandeur de la forme.

ESSErrE (è-sè-f), s. f. Sorte de marteau à tête ronde d'un côté et tranchant de l'autre.

— ETYM. La lettre s.

ESSEULÉ, ÊE (è-sseu-lé, lée) , port, passé. Laissé seul, éloigné de tous. Par-ci, par-là, quelques anciens sages Tout esseulés errent au bord des eaux , la MOTTE, Eabl. n, 20. Avec plus de mérite que femme du monde, on vous trouve aussi esseulée qu'un favori di.sgracié, dancourt, Été des coquettes, se. t3. Avec un établissement considérable, je me trouvai fort esseulé, st-sim. t6, t«7. || L'Académie, n'ayant pas le verbe esseuler, ne donne esseulé que comme adjectif.

t ESSEDLER (è-sseu-lé), c. o. Laisser seul. D'Huxelles bas, souple, flatteur auprès des gens dont il croyait avoir à espérer, dominant sur tout le reste, ce qui mêlait ses compagnies et les esseulait assez souvent, st-sim. (ta, 7.

— ETYM. Es.... préfixe, Useul.

ESSIEU (è-sieu),-î. m. || 1° Pièce Je bois ou de fer dont les bouts entrent dans les moyeux des roues. L'essieu crie et se rompt, rac. Phèdre, v, 6. Il 2* Terme de marine. Dans les poulies, l'essieu est la cheville en bois ou en métal autour de laquelle le rèa tourne comme sur un axe.

— HIST. xn* s. Sur quatre roes e aissels de arainc fud chascune baseasise. Rois, p. ihb. || xiii*s. Le dit meslre Fouques fist jurer ans charrons que il ne metroient nus essiaus en charete, se il n'estoient aussi souffisans come il vouroicnt que on les leur meist se il estoient charetiers, Liv. des met. tôt. Seeles [les roues] tornent en l'aisil, tailliar, Recueil, p. 400. || xvi* s. Ses loix furent escriptes sur des aixieui ou rouleaux de bois, amyot, Soion, B2. Cleanthes le Samien s'advisa de maintenir que c'esloit la terre qui se mouvoit par le cercle oblique du zodiaque tournant à l'entour de son aixieu,

mont. II, 329.

— ÊTVM. Ben-y, ami* ,- picard, achu; wallon, on; ital. assiculo ; du latin cxiculus, diminutif de axis, axe.

ESS

I F.SSIMER ou ESSEIMER (e-Bsi-mé) , V. a. Terme de fauconnerie. Amaigrir un oiseau pour le rendre moins lourd au vol.

— £TYM. Es.... préfixe, et un radical qui se trouve dans le berry semer, retrancher, et dans le français se ehemer (voy. ce mot) , le provençal temar, l'italien scemare.

t E.SSOINE (è-ssoi-n"), ». f. Voy. exoine.

t ESSOMER (è-sso-nié), ». m. Terme de blason. Double orle, qui couvre l'écu, dans le sens de la bordure, et qui représente l'enceinte oii les chevaux des chevaliers étaient autrefois placés, en atlendanl que le tournoi commençit.

— ETYM. Ce semble, i cause du repos provisoire, un dérivé de essoine.

ESSOR (è-ssor) , ». m. || 1* Action de l'oiseau qui s'élance pour prendre son vol. Avant que la nitée Se trouvât assez forte encor Pour voler et prendre l'essor, LA PORT. Fab. iv, 22. Déjà prenait l'es.sor pour se sauver dans les montagnes cet aigle.... flëcb. Tur. II reprit l'essor, il alla se reposer un peu plus loin, et revint encore sur le sein de Vénus, monteso. Céphite et l'Am. || Être k l'essor, se dit d'un oiseau qui vole loin de son nid pour ses différents besoins. L'aul>e du jour arrive, et d'amis point du tout; L'alouette à l'essor, le maître s'en vient faire Sa ronde.... la pont. Fabl. iv, 22. || Terme de fauconnerie. Monter d'essor, se dit du vol de l'oiseau lorsqu'il monte à perte de vue pour trouver un air plus frais. || Par extension. Et dès que son Dieu l'ordonne, Son âme, prenant l'essor. S'élève d'un vol rapide Vers la demeure où réside Son véritable trésor, RAC. Cantique, 11. Son âme, hélas! trop tôt prenant l'essor. Tel un fruit mûr qu'un jeune enfant dérobe, Nous est ravie.... hiiikva. Quinescourl. Il Prendre l'essor, s'est dit aussi pour s'en aller à la hâte. M'en croirez-vous, monsieur? prenez l'essor, hautehoche, Je Souper mai oppr^l^, se. ts. || Fig. Prendre l'essor s'est dit pour s'écarter de son sujet. Pourquoi, me dira-t-on, nous ramener toujours Celte cassette î est-ce une circonstance Qui soit de SI grande importance? Oui, selon mon avis; on va voir si j'ai tort; Je ne prends point ici l'essor. Ni n'affecte de railleries, la roNT. Fianc. \\ 2* Fig. Mouvement moral, comparé à l'essor de l'oiseau, par lequel un homme, un esprit, une âme se portent aux choses élevées, étendues. Leur esprit prend l'essor où leur langue les guide, bëonier, SoJ. v. Et quand je me demande un litre légitime D'où prendre quelque gloire et chercher quelque estime, Je vois pour tout appui de mes plus hauts essors Le néant que je suis et le rien d'où je sors, corn. Imit. m, 40. Son âme toute royale garde l'équilibre, même dans .ses plus grands essors; ses élévations mêmes ont quelque chose de modéré dans le principe, saintkbf.uve, Cauierie», (9 janvier t862. || Donner l'essor à son génie, à son imagination, à sa plume, lui donner libre carrière. Vous n'avez qu'à suivre les traits d'une imagination qui se donne l'essor, mol. Critique, 7. || En un sens plus restreint, il se dit d'une personne qui se dégage d'une contrainte, d'une sujétion, d'une infériorité. Ce jeune homme a pris tout à coup l'essor. Quand le poids du malheur accablant son enfance Interdisait l'essor i ses puissants destins, sauhin. Spart. 11, 1. 1| 3* Succès qu'obtient un livre, une idée. N'espérons plus que la haine pardonne X mes chansons leur trop rapide essor, bêrang. -4 d. d Jo camp. || Essor s'est dit pour publication. Si l'on peut pardonner l'essor d'un mauvais livre. Ce n'est qu'aux malheureux qui composent pour vivre, mol. ifi». 1, 2. || 4* Développement qui a quelque chose de rapide comme le vol de l'oiseau. Ess >r des sciences, des arts, de l'industrie. || B* Terme des fouriéristes. Essor harmonique, marche que suivraient les passions individuelles dans une société réglée selon les principes de cette école. Essor subversif, la marche que suivent les passions dans les sociétés mal organisées qui contrarient la nature de l'homme.

— HIST. XV* s. Sans estre mis à l'essor de largesse, CR. d'orl. Bail. 4 22. Il XVI* s. Les âmes donc tirent la pénitence De leurs vieux maulx; les unes hault pendues Sont parmy l'air à l'es-sor esteadues; Aucunes sont dedans la mer plongées, 00 billaT, IV, <o, reclo. Nous sommes en un royaume auquel, pour la facilité de nos rois, les choses viennent aisément à l'essor [au désordre], pasq. Recherches, p. 46, dans LACL'RHE. J'appréhende bien que nous laissions les choses présentes et a-sseurées pour nous jetter à l'essor [à l'avagture], sully, Jfc'm. t. vi, p. 432 , dans lacurne.

— ETYM. Voy. ESSORER.

) t ESSORAGE (é-sso-ra-j), ». m. || 1* Terme de tau-

ESS

ESS

EST

connerle. Action de s'essorer. || S* Terme de fabrication de poudre à tirer. Action d'enlever à la poudre un excès d'humidité qui mettrait obstacle au lissage.

— ETYM. Essorer.

t ESSORANT, ANTE (è-sso-ran, ran-t'), adj. Terme de blason. Oiseau essorant, oiseau représenté les ailes à demi ouvertes et l'œil regardant le soleil.

ESSORÉ, ÉE(è-sso-ré, rée), part.passi!. || 1° Linge essoré. || Terme rural. Terrain essoré , terrain dont la surabondance de l'eau a disparu à l'aide de fréquents labours. || i° Terme de blason. Se dit de la couverture d'une maison, d'une église, d'une tour ou d'un château, quand ellu est d'un énïail difTiTent de celui du corps de ladite maison, à cause que, de toutes les parties d'un bStinnent, il n'y en a point qui soient plus à l'air que la couverture (voy. ESSORER, à l'ÊTYM. ). Maison d'azur essorée de gueules.

ESSORER (è-sso-ré), V. a. || 1° Exposer du linge h l'air pour qu'il sèche. || Particulièrement, essorer du linge, le mettre tout mouillé sur un linge sec; rouler le mouillé et le sec ensemble, les presser ou les tordre légèrement pour qu'on puisse repasser tout de suite le linge essoré, ou pour qu'il .sèche plus vite. Il 2° Ternie de fauconnerie. Essorer un oiseau , le laisser sécher au soleil ou au feu. || S'essorer, ti. réfl. Se dit de l'oiseau qui s'écarte, et qui revient difficilement sur le poing.

— HIST. XIII* s. Tantost s'en vont tuit troi à destre , Tant qu'il vinrent à la feneslre; Overte esloit pour essorer , Ben. 8( 8). Or pot [peut] cil son roucin plorei r, F.t mettre la pel essoreir, ruteb. 2S)0. || xiV s. Qu'il face remuer et essorer [mettre à l'air] vos grains et autres garnisons [provisions], Jl/^nagier, ii,3. || xv's. Quant commenceray à voler Et sur elles [ailes] me sentiray. En si grant aisejeseray Que j'ai doubté de m'essorer, CH. d'orl. Rondeau. \\ xvr s. Il avoit des mœurs si essorées et vagabondes qu'il n'estoit'cogneu, ny de luy ny d'aultres, quel homme ce feut, MONT. IV, 200. Il te falloit un esprit poétique, Non pas ma plume essorée et rustique, Pour te respondre.... MAROT, II, 10).

— ÉTYM. Génev. essourer des couvertures , les mettre à l'air; t'essourer, sortir de chez soi pour prendre l'air; provenç. essaureiar, eiswirar; ital. sorare ; du bas-latin exaurare, prendre le vent, de ex, et aura, vent (voy. orage-). C'est en vertu de cette étymologie que essorer veut dire mettre à l'air et .s'élancer dans les airs.

ESSORILLÊ, ÉE (è-so-ri-Ué , liée, Il mouillées), part, passé. X qui les oreilles ont été coupées ou détruites d'une façon quelconque. Mes deux couMnes seront-elles borgnes ou borgnesses et essorillées? VOLT. l'Homme aux 40 écus. Conversation avec un chirurgien. || Terme de zoologie. Dont on ne voit point les oreilles. || S. m. plur. Les essorillés, famille de mammifères de l'ordre des rongeurs.

t ESSORILLEMENT (è so-ri-Ue-man , U mouillées), s. m. L'action d'essoriller, ancien supplice qui consistait à couper les oreilles. || Aujourd'hui, action d'essoriller un chien.

— ÉTYM. Essoriller.

ESSORILLER (è-so-ri-Ué, Il mouillées, etnon è-sori-yé) , II. a. Il 1° Couper ou faire perdre les oreilles. I' Anciennement , couper les oreilles d'un homme en exécution d'un arrêt de justice. Au commencement du règne de Charles VIII, on essorilla Doyac gouverneur d'Anvers, qui avait été l'un des ministres de Louis XI, mézerai, Charles YUl. \\ Il se dit de certains chiens auxquels on coupe les oreilles. Essoriller un chien. |1 î° Fig. et familièrement. Couper les cheveux fort courts.

— HlST. xiv s. Symon condamnez à estre essoriliez et banniz du baillage, nu cange, aurieula.

— ÉTYM. Berry, essoriller, essouriller, prêter l'oreille; du lat. ex, sans, et auris, oreille.

t ESSOUCilEMENT (è-sou-che-man) , s. m. Action d'essoucher.

t ESSOCCHER (è-sou-ché) , v. a. Terme rural. Arracher les souches d'un terrain.

ESSOUFFLÉ, ÉE (è-sou-flé, fike),part.passé. Hors d'haleine. Fort essoufflé d'avoir couru, la font. Nie. Un moment, s'il vous plaît, souffrez que je respire, Je suis tout essoufflé.... régnard, Minechm. i, 2.

ESSOUFFLE.MENT (è-sou-fle-man) , t. m. État de celui qui est essoufflé. L'essoufflement , quand on monte, est commun dans les maladies du cœur.

— ÉTYM. Essouffler.

ESSOUFFLER (è-sou-flé) , V. a. || 1» Mettre hors d'haleine par une course ou une ascension rapide. Si TOUS np retenez p!i< votre cheval, tous l'essouffle-

rez. Il 2* S'essouffler, r. réfl. Perdre haleine. Je me suis essoufflé à monter cet escalier. Tout homme qui s'essouffle dans le travail fait plus que sa force ne lui permet, la ouintinye. Jardins, i, *.

— HIST. xii's. Mais la ventaille [du haume] [elle] neli velt [veut] pas noer, S'il amestier [besoin], por le miel essofler [lui donner plus d'air]. Et que délivres petist li bers [le vaillant] aler. Bal. d'Aleschans, v. 4824,

— ÉT'YM. Es.... préfixe, et souffler.

t ESSUGAND (è-ssu-gan) , s. m. Lie* destiné au coupage du savon.

ESSUI (è-sui), s. m. \\ 1° Lieu où l'on étend une chose pour la faire sécher. Un bon essui. Mettre quelque chose à l'essui, l'exposer à l'air. || Terme de tannerie. Lieu où l'on fait sécher les cuirs tannés. Il 2" Émail terne.

— HIST. xvi* s. Bien demesler d'un cerf les ruses et la fiente. Le bon temps, le vieil temps, l'essuy [la rosée essuyée], le rembuscher, rons. 2)0.

— ÉTYM. Voy. essuyer; provenç. eissuc ; italien , asciutto.

ESSUIE-MAIN (è-sui-main) , t. m. Linge avec lequel on s'essuie les mains après les avoir lavées. Il Au plur. Des essuie-main ou essuie-mains, suivant que l'on considère la main ou les mains.

— ÉTYM. Essuyer, et main.

t ESSUYAGE iè-sui-ia-j'), s. m. Action d'essuyer; résultat de celte action, j) Opération qui a pour but d'essuyer les aiguilles.

— ÉTYM. Essuyer.

ESSU'VÉ, ÉE (è-sui-iè, iée), part, passé. \\ 1° Dont on a 6té l'humidité. Le corps bien essuyé après un bain. Dans un temps où la terre n'était pas encore bien essuyée des eaux du déluge, dioeh. Opin. des anc. philos. (Chinois). || Fig. X peine à demi essuyé du naufrage, mass. Car. Mélange. || 2° Enlevé, en parlant d'une humidité. || Fig. Quels pleurs par un amant ne sont pas essuyés! rac. Iphig. ii, 3. Il 3» Dont on a ôté une tache, un enduit. Ce n'est plus qu'un cœur bas, un coquin ténébreux; Son visage essuyé n'a plus rien que d'alTreux, boil. ÉpU. IX. Il i° Supporté. De mauvais traitements longtemps essuyés.

ESSUYER (è-sui-ié), j'essuie, nous' essuyons; j'essuyais, nous essuyions, vous essuyiiez ; j'essuierai; j'essuierais; essuie, essuyons; que j'essuie, que nous essuyions, que vous essuyiez; essuyant; essuyé, v. a. \\ 1° ôler l'eau, la sueur, l'humidité , etc. en frottant. Essuyer une table. Essuyer de la vaisselle. Essuyer ses mains à une serviette, avec un linge. || Fig. Louis seul court audevant d'eux [le roi Jacques II et sa femme] , les essuie du naufrage, offre un asile à la religion et à la royauté fugitives, mass. Or. fun. Louis le Grand. \\ Essuyer les larmes, les ôter du visage avec un mouchoir, un linge. Puisque vous le voulez, je veux bien essuyer mes pleurs, mol. Scap. i, 3. Il Par extension. [Elle] Trouble à regret le repos de Narcisse, Par cent baisers essuie à son réveil. Sur ses beaux yeux, les restes du sommeil, malfil. îiarc. III. Il Fig. Essuyer les larmes, les pleurs, consoler. Qu'au milieu de mes pleurs qu'il devrait essuyer... CORN. Rod. v , 4. Ses larmes n'auront plus de main qui les essuie, rac. Phèd. i , 6. Tant de larmes répandues, les essuyez-vous? mass. Car. Pdq. Le regret les répand [ les larmes ] , et l'espoir les essuie , delil. Par. perdu, xii. || Essuyer les plâtres, occuper le premier un appartement dans une maison nouvelle ; et fig. s'expo.ser au premier inconvénient d'une alîaire. || S'essuyer, essuyer à soi. Il s'essuyait les yeux à la dérobée. S'essuyer le front d'où la sueur dégoutte. Elle s'est essuyé les mains. Il 2° Sécher, en parlant de l'action du soleil, du vent. Le vent, le soleil essuie la terre qui a été trempée par la pluie. |{ 3° ôter une tache, un enduit. Il essuya la sauce qu'il s'était mise sur le visage. || 4° Subir, supporter, souffrir. Qu'il me faut de la sorte essuyer vos caprices, mol. l'Étour. i, lo. La quantité de sottes visites qu'il faut essuyer est cause que je prends plaisir d'être seule, m. Critique, i. Ces conversations ne font que m'ennuyer. Et c'est trop que vouloir me les faire e.ssuyer, m. His. ii, 4. On n'a point à louer les vers de messieurs tels, X donner de l'encens à madame une telle, Et de nos francs marquis essuyer la cervelle, id. ib. m, 7. C'est un supplice assez fâcheux que de se produire à de» sots, que d'essuyer, sur des compositions, la barbarie d'un stupide, ID. Bourg, gent. i, <. Plus d'une fois essuyant les dangers Des pirates, des vents, du calme et des rochers, la font. Fabl. vu, t2. Elle a essuyé toutes mes humeurs et toutes mes lassitudes , uaintenon , Lett. à M. de Villette ,

23 mai 4 «83. Fallut-il essuyer à sa porte de mauvaises heures? fléch. Lamoignon. Je ne sais point en lâche essuyer un outrage, boil. Sat. i. Essuyer l'inconstance au Parthe si commune, rac. Uithr. m, i. Il est des contre-temps qu'il faut qu'un sage essuie, ID. Esth. m' <. U faisait un frais délicieux, qui nous récompensait d'une journée fort chaude que nous avions essuyée, fonten. Mond. <" soir. J'essuyai tranquillement ce discours, parce qu'il ne m'eût servi de rien de m'en fâcher , lesage , Gil Blas, I, 6. Ahl c'est trop essuyer tes indignes murmures, volt. Brutus, iv, 3. On n'essuya jamais des épreuves plus dures, id. Tancr. v, 3. La flotte d'Alexandre, partant de Patale au mois de juillet, essuya bien des tempêtes, et le voyage fut long, parce qu'elle navigua dans une mousson contraire, montesq. Esp. XXI, 9. Il Essuyer le feu de l'ennemi, recevoir des décharges de canons et de fusils; et fig. essuyer le premier feu, recevoir le premier des manifestations de colère , des reproches , etc. Il 6° S'essuyer, v. réfl. ôter l'humidité, les taches, l'enduit qu'on a sur soi. Tandis que dans un coin en grondant je m'essuie [d'éclaboussures] , Souvent, pourm'achever, il survient une pluie, boil. Sat. vi.

— HIST. XIII* s. Je la vueil au soleil porter, Por le cuir en fere essuer.... Ters tes iex [yeux], essue ta face, Fabl. et contes anc. t. iv, p. 1 1 et 474. Jupiter, ce dist, le lavoit, Et Phebus la to;iille avoit. Et se penoit de l'essuier, la Rose, 6633. Il XV* s. Souffrez qu'assuisse à bandon Cez piez [de Jésus] , quant il me fist pardon De mes péchiez, dont tant avoie, Rés. de J. C. \\ xvi* s. Adonc estoyenl très-bien essuez et frottez, changeoyent de chemise, RAB. Garg. i, 23. Hz commençarent cryer, myault, myault, feignaos cependant s'essuer les œilz, comme s'ilz eussent plouré, id. Fant. iv, 64. Sus donc et qu'on e.ssuye Les pleurs et le soucy, dd Bellay, ii, 46, verso. Il falut se sauver dans les bateaux et gagner Orléans, non sans essuyer quelques arquebusades, que la commune leur tira vers Boteilles, d'aub. Vie. viii. Vos larmes sont-elles des-jà essuiées?

ID. Hist. m, 188 Jusquesàce que les rayons du

soleil eussent essuyé l'aigail de la fraîche rosée,

YVER, p. 623.

— ÉTYM. Berry, essuger, et au participe essui, essuite, essuyé, essuyée ; bourguig. à l'essôtie, à l'abri; provenç. eisugar,essugar, echucar, issugar; espagn. enjugar; portug. enxugar ; ital. asciugare; (lu latin exsuccare, ôter le suc, l'humidité; de ex, etsuccus (voy. suc). D'après Scheler, essuyer nu sens de supporter est un tout autre mot et vient de exsequi, qui, entre autres, signifie en effet supporter ; exsequi serumnat; mais sequi a donné plusieurs' formes dans le français, et aucune n'est suier. Il faut donc ne pas séparer ce mot en deux; en efi'et, dans cet exemple de Mme de Maintenon, « Elle a essuyé toutes mes humeurs, toutes mes lassitudes, » par rapport à Mme de Maintenon qui parle, elle les a enlevées; essuyer est ici au sens du n" < ; par rapport â elle-même, elle les a reçues, elle s'en est chargée, elle en a souffert, c'est le sens du n" 4. U n'y a là qu'un changement de rapport, assez commun chez nous, par exemple saisir, dans saisir une chose et le mort saisit le vif.

tESSUYEUR, EUSE (è-sui-eur, eû-z'), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qu'on emploie à essuyer. Un essuyeur d'assiettes. Une essuyeuse de vaisselle. Il 2" S. m. Racloir du cylindre gravé qu'on appelle docteur, dans les fabriques de toiles imprimées.

— ÉTYM. Essuyer.

EST (est') , î. m. Il 1* Celui des quatre points cardinaux qui est du côté du soleil levant. L'est est opposé à l'ouest. Le vent tournait à l'est. || Par extension, la partie du ciel, de la terre, d'une contrée, qui est du côté de l'est. Un vent d'est. Chemin de fer de l'est. Strasbourg est à l'est de Paris. || 2* Adj. Longitude est.

— REM. 1. L's et le t sont nuls dans la prononciation, lorsque ce mot termine le nom d'une aire de vent; ainsi sud-esi, nord-est, etc. se prononcent su-è, nor-dè, etc. que ces expressions soient ou ne soient pas précédées du nom d'une autre aire de vent, legoarant. Cette prononciation est la prononciation constante des marins; mais dans l'intérieur, et particulièrement à Paris, on fait sentir l'i et le t. Il 2. Les dictionnaires de marine ne disent rien sur est , employé pour vent d'est ; et dans l'exemple de l'Académie : « Il y a quatre vents principaux : l'est, le nord, le sud et l'ouest, » on doit voir une ellipse aussi bien que le désir de ne pas répéter quatre fois le mot vent; mais il serait fâcheux qu'on pût en déduire la bonté des expressions : Il nous faudrait un nord, un est, etc. m

EST

lieu d'un vent du nord, un vent d'est, qui «ont les seules admises, lkcoarant.

— HIST. xn* s. L'entrée del temple ki fud devers le hest, «01», p. S48.

— ETYM. Mot germanique: allem. 0<(; anglais,

eatt. *

K8TACADE (ô-sta-ka-d') , s. f. Nom donné à plusieurs grosses et longues pièces do bois garnies de fer et de chaînes qu'on met à l'entrée d'un port, dans un chenal, pour les fermer. Les ennemis s'empariVent des forts qu'on avait faits à Vigo et des batteries qui en défendaient l'entrée, forcèrent l'estacade qu'on y avait faite, st-sim. <09, t7t. || Terme de marine. Remplissage en bois qu'on place dans les mailles de la carcasse d'un vaisseau ou dans les intervalles qui séparent les couples.

— HIST. xvi* s. 11 fallut irmer le pont d'une liaison de masts de navire, deffendus encore de plusieurs paux que les Italiens appellent ttechi, et de là cette ceinture fut apelée stechata; et non pas l'cstocquado qu'ont escrit les Flamens, par le mesme

erreur qui a fait donner ce nom aux duels cette

machine alla baiser le pont et la stecade, ne se contenta pas de mettre tout en pièces... d'aub. ilist. II, 481. Ce sont des ennemis très puissans, contre lesquels ayant il s'attacher , il ne faudroit (ainsi qu'on dit) rien oublier au logis; ains faire comme ceux qui doivent entrer en estacade [en champ clos], qui auparavant regardent d'acroistre leur vigueur et disposition, accomoder leurs armes défensives et rendre bien trenchantes les offensives, afin de vaincre ou mourir bravement, lanoue, 40o. En combattant en estacade [en duel], boni, m , 298.

— ÊTYM. Ital. tteccata, de steccare, palissader, de stccca ou stecco, morceau de bois; du flamand stiklie, petit morceau de bois; allem. Stecken. Le mot devrait être estecade, comme il fut d'abord; mais il fut transformé en estacade par l'influence du mot eslache ou estaque, très-usité jadis. L'espagn. et le provenç. estaca, et l'ital. ttaca sont d'origine germanique aussi : anc. haut-allem. staca; flamand, stake ; angl. stake, bâton. L& faute d'eilocade pour estacade signalée par d'Aubigné se trouve dans l'exemple suivant : Comme deux braves combattans en une estocade, après qu'ils ont bien fait leur devoir, viennent à estre séparez par les juges et mareschaux de camps.... brant. Cap. estrang. t. i, p. 76, dans lacurne.

t ksTADOn (6-sta-dou), s. m. Scie à deux lames très-fines qui sert à former les deuls des peignes.

ESTAFETTE (è-sta-fè-t') , s f. Courrier qui porte le paquet d'une poste à l'autre. Faire parvenir un avis par estafette. |1 Titre de certains journaux.

— ÉTYM. Ital. staffelta, au propre petit étrier, et, par extension, courrier; de staffa, étrier, qui Tient du germanique: anc. baut-allcm. staph, slapho, pas; allem. Staffel, marche, gradin (comp.

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