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ÉTAPE

ESTAFIER (è-sta-fié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, \'s se lie : des è-sta-fié-z armés), s. m. \\ 1* En Italie, domestique armé et portant manteau. Ce cardinal a tant d'estafiers. || 2° Çn français, laquais de haute taille. Ayant & ses étriers comme deux estafiers La Rancune d'un côté et L'Olive de l'autre, SCARRON, Rom. com. ii, 7. Maint estafier accourt: en vous happe notre homme. On vous l'échiné, on vous l'assomme, la font. Fabl. xn, 22. II [un grand] s'enivre de meilleur vin que l'homme du peuple: seule différence que la crapule laisse entre les conditions les plus disproportionnées, entre le soigneur et l'estafler, la brut. ix. Je lui réponds bien que je ne ferai pas longtemps le personnage d'estafier auprès de sa personne, hamilt. Gramm. *. 11 y avait derrière elle deux suivantes et un estafier qui me confirmait dans l'opinion que j'avais qu'elle ne pouvait être qu'une dame de condition, LESAGE, Gu%m. d'Alf. VI, 3. Il Aujourd'hui, peu usité en ce sens, et d'ailleurs pris en mauvaise part. Il 8" Souteneur de mauvais lieux.

— HIST. XVI* s. Les estaffiers qui font marcher ces misérables [captifs] sont Cachât, la Bastide, etc. d'aub. Fœn. iv, *». Tuants tout ce qui le suivoit, sans espargner les stafflers, que l'on appelle en noslro langue lacquets [il s'agit d'Espagnols], car- Loix, V, <2. Estafier de St Martin [le diable], ou- Bi», Dict.

— £TYM. Ital. slaffiere, de staffa, étrier (voy. «STAFETTK). H'estafieT on avait tiré eslafe qui signifiait un coup donné par un estafier, et un droit payé & un esta/ter; c'est peut-être de là que «(o/ier a pris le sens de souteneur de filles.

ESTAFILADE (è-sta-fi-la-d'), s. f. Grand» coururn Tl !t rprii n^e e?lafflade sur le ner.. Il y a un(>

Est

estafilade à votre manteau. || Flg. Alberoni menaçait la maison Alhani d'une estafilade que le roi d'I'Upagne pourrait aisément lui donner, ST-siu. 603, 94.

— ETYM. Ital. ilaf/ilata, coup d'étrivières, de staffile, étrivière, de tlajfa, étrier (voy. estafette).

ESTAFILADE, ÉE ( è-sta-fi-U-dé, dée), part, passé. Le visage esiafiladé.

ESTAFILADER (èsta-fi-la-dé), V. a. Faire, donner une estafilade.

— HIST. XVI' s. Estafllader, ODDW, Dict.

— ETYM. Estafilade.

+ ESTAGNON (èsU-gnon), ». m. Sorte de bouteille en cuivre étamé, usitée dans le midi rie la France et dans laquelle on met de l'eau de fleur d'orange, de l'huile, etc.

— ETYM. Lat. ttannum, étain, à cause de l'étamage.

t ESTAIS! , ». m. Voy. êtaim.

t ESTAIN (è-stiii), t. m. Terme de marine. Nom de deux pièces de bois formées en portion de cercle, pour faire le rond de l'arrière d'un vaisseau et sur lesquelles on cloue les extrémités des bordages tant des flancs que de l'arrière.

ESTAME (è-sta-m') , ». f. Laine tricotée avec des aiguilles, dont on fait des bas et d'autres pièces d'habillement. Camisole d'estame. Et deux paires de bas d'estame De la main d'Hécuba sa femme, ECARR. Virg. vu.

— HIST. XIII* s. X Paris [}'] emportoie chaume, busche et eslain , Berle , Lxxm. ||xjv* s. Esthame, DU CANGE , stannum. || xvi* s. Depuis que les bas de soye, ras de Millan, et d'estame, ont eu la vogua et le cours en ce royaume, carloix, iv, 27.

— ÊTYM. Provenç. etcatal. estam; espagn. estambre; ital. stame; du latin »(imrn, fil de la quenouille, grec, <rtT.(i(ov, fil, de otâ», être debout, fixé; latin, stare (voy. stable).

ESTAMET (è-sta-mè), s. m. Petite étoffe de laine. On dit au.ssi estamette.

— HIST. XVI* s. Pour ses chausses furent levées unze cents cinq aulnes et un tiers d'eslamet blanc, HAB. Garg. i, 8.

— ETYM. Diminutif d'«(om«.

+ ESTAMETTE (è-sta-mè-f), ». f. Voy. estamet.

ESTAMINET (è-sta-mi-nè; le < ne se lie pas; au pluriel l'ise lie : des è-sta-mi-nè-z achalandés; estaminets rime »vec traits, succès, etc.) , s. m. Café où l'on fume. || La salle particulière où l'on fume dans un café. |{ Fip. Ton, langage d'estaminet, ton, langage sans gêne. Pilier d'estaminet, fainéant qui passe la journée à fumer et à boire.

— ÉTYM. "Wallon, staminet. Origine inconnue. On peut songer à estaminet , dérivé à'étamine , sorte d'étoffe (voy. ce mot) , et supposer que les tables étaient couvertes d'^tomine; c'est ainsi que bureau, étoffe, adonné son nom à bureau, table ou lieu où l'on travaille. Scheler conjecture le flamand stram, fatigué par le travail; ce serait le lieu où l'on se délasse; mais ni le sens ni la forme ne sont favorables à celte opinion. On ne sait où Bescherelle a pris ce qu'il dit, que estaminet vient du flamand stamenay, dérivé de stamm, souche, famille, et qu'on a nommé «(amme des assemblées de famille où l'on buvait et fumait. Quant à l'espagnol estamento. assemblée d'états, il n'a rien à faire ici.

t ESTAMPAGE (è-stan-pa-j') , t.tn. || l'Action d'estamper. Prendre l'estampage d'un monument épigraphique. Il 2° Action d'imprimer des ornements dans les pâtes céramiques encore molles. || 3* Terme de coutellerie. Opération par laquelle on donne la forme convenable â des pièces de tôle, d'acier fondu découpées à l'emporte-pièce.

— ÉTYM. Estamper.

ESTAMPE (èsun-p'), ». f. || 1* Image imprimée par le moyen d'une planche gravée. Le cabinet des estampes. Je ne doute pas que le vulgaire des peintres ne dise que l'on change de manière, si tant soit peu l'on sort du ton ordinaire; car la pauvre peinture est réduite à l'e.stampe, poussin, Lett. 7 avril <647. J'ai tout Callot, hormis une seule, qui n'est pas, à la vérité, de ses bons ouvrages; au contraire, c'est un des moindres, mais qui m'achèverait Callot; je travaille depuis vingt ans à recouvrer cette estampe, la brut. xiii. || 2* Terme de maréchalerie. Ouiil servant à estamper. |{ 8* Terme de raffinerie. Ma.itic dont on garnit le fond d'une forme. || i* Terme de iserrurene. Outil pour river les boutons. Il B" Terme d'orfèvrerie. Plaque de fer gravée en creux, sur laquelle on frappe la feuille d'or ou d'argent dont on yeut former ou couvrir un ornement quelconque.

EST

— HIST. XIV* s. Pour avoir taillié et féru en estampe grans quantité de très petits bacins, de la- BOKDE, Émaux, p. 307.

— ÉTYM. liai, ifampa (voy. estamper).

ESTAMPÉ, ÉE (è-stan-pé, pée), part, passé. Du

cuir estampé.

ESTAMPER (è-stan-pé), V. a. \\ 1* Terme d'arts. Faire une empreinte avec une matrice gravée. On estampe la monnaie avec le balancier. || 8'Termedemaréchalerie. Estamper un fer de cheval, voy. âtamper. Il 8* Terme de raffinerie. Mastiquer une poignée de sucre dans le fond d'une forme. || 4' Terme d'orfèvrerie. Faire le cuilleron d'une cuiller; former les contours d'une boite ou d'un ornement quelconque. Il 6' Terme de potier. Imprimer dans un creux une pièce de poterie. || 6* Dans les colonies, estamper un nègre, le marquer avec un fer chaud pour reconnaître à qui il appartient. || 7° Terme de chapellerie. Pa.sser à plat sur le bord d'un chapeau l'outil appelé la pièce. |

— HIST. XVI* S. Sur une demoiselle nouvellement 1 estampée [dont on a fait l'estampage, le portrait], DES ACCORDS, Bigarr. f* 4 78, dans lacurhe.

— ÉTYM. Norm. «iJamper, broyer; provenç. eitampir, lésonner, retentir; espagn. et portug. estampar ; ital. slampare; du germanique: anc. haut allem. stamfàn, frapper du pied; allem. slampfen. Dans l'ancienne langue on trouve estamper avec le sens de demeurer en place (froiss. ii, h, *8t), de frapper du pied {Perceforest , 1. 1, f* 63).

t ESTAMPEUR (è-stan-peur), ». m. || 1* Pilon pour estamper les formes à sucre. || 2° Orfèvre, bijoutier qui estampe. || 8* Adj. Les balanciers estampeurs, dans les ateliers monéuiires.

t ESTAMPILLAGE (è-stan-pi-lla-j'. Il mouillées, et non è-stan-pi-ya-j'), ». m. Action d'estampiller.

ESTAMPILLE (è-stan-pi-U'; li mouillées, et non è-stan-pi-ye) , ». f. || 1° Empreinte appliquée sur des lettres, brevets, diplômes, etc. pour en constater l'authenticité. La Roche suivit le roi d'Espagne, fui son premier valet de chambre et eut son estampille [sceau d'acier sur lequel est gravée la signature du roi] 25 ans jusqu'à sa mort, stsim. 85, m. || 2* Marque attestant la provenance de certaines marchandises. Il 8* Marque apposée à des livres pour indiquer la bibliothèque à laquelle ils appartiennent , et aussi pour leur permettre de circuler. Estampille du colportage. Il 4* Instrument avec lequel on fait les estampilles. Par condescendance pour la délicatesse timorée du roi, il fut ordonné qu'en cas de refus de sa part , on suppléerait à sa signature par une estampille qui l'imiterait, cohdillac, Étud. hist. II, ».

— ETYM. Diminutif d'estampe.

ESTAMPILLÉ, ËË (è-stan-pi-llé, liée, H mouillées, et non è-stan-pi-yé, yée), part, posté. Des livres estampillés.

— ÉTYM. Estampille.

ESTAMPILLER (è-sian-pi-!lé, Il mouillées, etnon è-stan-pi-yé), v. a. Marquer d'une estampille. Les fabricants estampillent leurs produits. || Terme de papetier. Marquer le papier d'une certaine marque. Chaque manufacture estampille différemment.

— ÉTYM. Estampille.

t ESTAMPOIR, ESTAMPCRB, Toy. ÉTAMPOin,

ÉTAMPURE.

t ESTANCE (è-stan-s') , ». f. Terme de marine. Piliers posés le long des hiloires pour soutenir les barotins ou petits barots.|| Estance à taquets, échelle de fond de cale, avec une corde à côté, à laquelle on donne le nom de lire-vieille.

t ESTANCIA (è-stan-si-a) et, quelquefois, ESTAN- CIE (è-slan-sie), ». f. Etablissement rural pour l'éducation et la conservation des bestiaux dans l'Amirique du Sud.

— ETYM. Espagn. c»raneia, établissement, de e»tar, être fixé (voy. ester); provenç. estama, fortune, avoir: anc. franc. r»ianc«, situation.

t ESTANT (è-stan), voy. en étaitt.

t ESTAÇCET (è-siakù), ». m. Terme de pèche. Attache qui sert à lier des parties de filets.

— ÉTYM. L'ancien français estache ou estaqut (voy. estacade).

t ESTASE (è-sto-i"), ». f. Nom de deux pièces de bois qui fixent les quatre pieds d'un métier d'étoffes de soie. Il Traverse d'en haut du métier de velours.

t ESTAU (è-.>.tô), ». m. Terme de mines. Massifqui sépare, dans les galeries ouvertes à diITt-renles hauteurs dans le sein du gîte, deux étages superposés.

— ÉTYM. Le même que élau.

t ESTEAD (è-stô), (. m. Outil des ébénistcis, dit aussi Ane. t ESïEILLES (i-sii-U', U mouillées), t.f. plur.

EST

Terme de métallurgie. Coins de bois qui assujettissent le marteau.

— ÊTYM. Le même que l'anc. franc. asteU, pièce de bois (voy. attelle).

t ESTELAIRE (S-ste-lê-r"), adj. Terme de chasse. Cerf estelaire, cerf apprivoisé qui, envoyé dans les bois, sert à en ramener d'autres.

j ESTELIN (è-ste-lin), t. m. Ancien poids. L'esteliri contient 28 grains 4/5 ; la maille contient ti grains 2/6; le félin contient 7 grains t/t, Édits, etc. sur les monnaies, t. vi, f 464.

— ÉTYM. Voy. STERLING.

t ESTÈQUE (è-stè-k'), s. f. Outil de bois dont le potier de terre se sert pour terminer ses ébauches.

— ÉTYM. Ail. Stecken, bâton.

ESTER (ê-sté), ». n. Terme de palais. Usité seulement à l'infinitif dans cette phrase: ester en jugement, poursuivre une action en justice ou défendre & celle action, c'est-à-dire se présenter en justice soit comme demandeur, soit comme défendeur, ce que ne peuvent faire plusieurs sortes de personnes qui n'ont pas qualité pour cela. La femme ne peut ester en jugement sans l'autorisation de son mari. Code Nap. art. 2(6. || Estera droit, comparaître, se présenter devant le juge sur l'assignation qu'on a reçue; expression de l'ancienne jurisprudence qui ne s'appliquait qu'au droit criminel. Il fallait venir ester à droit soi-même, à moins d'une dispense expresse du roi, volt. Mœurs, 86.

— HIST. XI' s. Au camp [champ] estez, que ne seions vaincu?., Cli. de liol. lxxx. || xii' s. Lors se repasme, ne peut en piez ester, lione. p. 47). Laissez ester vostre ire, qui vient de mauvais art, Sax. XIX. Il xiu' s. Il tient de moi qui sui sa dame. Trois forces que de cors, que d'ame; Car bien puis dire, sans mentir : Jel fais ester, vivre et sentir, la Rose, tU238. Le pays où on est estans et demorans, beaum. 44. Il XVI' s Et pour en jugement (auquel ils sont déferez et accusez de ne vouloir ester) y faire appeler les détenteurs et occupateurs d'iceux leurs

droits, M. DU BELL. 3(2.

— ÉTYM. Provenç. estar, istar, star; espagn. et portug. eslar; ital. «(are; du latin î(are, être debout; grec, oTvivai; sanscrit, stha; comp. l'allem. stehen.

t. ESTÈRE (è-stè-r'), s. f. Natte de jonc. Estères ou nattes de jonc, le ^oo pesant 3 livres, Tarif, <8 sept. 1664.

— ÉTYM. Espagn. estera, natte, esterar, natter; portug. esteira; ital. swja; du latin storea, natte.

t 2. ESTÈRE ou ESTERRE (è-stê-r'), s. f. Terme de marine. Crique cachée entre deux mornes sur les côtes de l'Amérique et servant de refuge aux caboteurs. X l'égard de celles [cargaisons] qui sont moindres et dont les barques anglaises, hollandaises, françaises et danoises sont ordinairement chargées, on les porte dans les estéres, c'est-à-dire aux lieux d'embarquement ou emharcadùres qui sont éloignés des villes, ou aux embouchures des rivières, LABAT, Voyages, t. vu, p. 224, 1742.

ESTERLIN (è-stèr-lin) , ». m. Nom d'une ancienne monnaie.

— HIST. xiu* s. Nul orfèvre ne peut ouvrer à Paris d'argent, que il ne soit aussi bon comme esterlins ou meilleur, delaborde. Émaux, p. 307. || xv* s. Et firent ces vins là ravaller les vins quatre deniers esterlins au galon, froiss. ii, ui, 64.

— ÊTYM. Voy. STERLING.

fESTERNEAU (è-stèr-nô), s. m. Un des noms

vulgaires de l'étourneau.

t ESTEKOTE (è-ste-ro-f), j. m. Terme de pêche. Espèce de tramail qui sert à prendre des soles, des turbots, etc.

t ESTEURE, s. f. Voy. ESTÈRE.

ESTEUBLE, s. f. Voy. éteuble.

t ESTEUF (é-teu), *. m. Ancienne orthographe d'éteuf. Mais bah! vous voulez être un gaillard populaire, Adoré des bourgeois et des marchands d'esteufs, v. huoo, Ruy-Blas, m, 6.

I ESTHÉSODIQUE ( è-stè-zo-di-k" ) , adj. Terme d'anatomie et de physiologie. Qui transmet la sensation. Tubes esthésodiques, tubes nerveux de la substance grise servant , sans être sensibles , de conducteurs des impressions.

— ÉTYM. Aïo6t)ii;, sensation, et ôôôç, voie.

1 . ESTIIÉTIQUE (ê-sté-ti-k"), s. f. Science qui détermine le caractère du beau dans les productions de la nature et de l'art; philosophie des beaux-arts. Traité d'esthétique.

— ETYM. At(i6»iTixô;, de alaOâveaOxi, sentir. Esthétique a été créé par l'Allemand Baumgarten, disciple de Wolf , qui nomma ainsi celte science parce Ci'u'il considéra l'idée du beau comme une perception confuse ou un sentiment.

EST

». ESTHÉTIQUE (ô-stéti-k'), adj. Se dit da ce

qui se rapporte au sentiment du beau. Impression, appréciation esthétique. || Jugement esthétique, se dit, dans le système de Kant, du jugement lorsqu'il considère les formes des choses de manière à en tirer un sentiment de plaisir.

t ESTUIOMÈNE ( è-sti-o-mè-n'), adj. Terme de médecine. Qui ronge, qui corrode, en parlant de certaines ulcérations. ||S. m. Un esthiomène.

— ÉTYM. "EaSiôiievoç , rongeant , de ioOîeiv , manger.

t ESTICEUX (è-sti-seû) , *. m. Sorte de machine à l'usage des tireurs d'or.

t ESTIER (è-stié), s. m. Terme de pêche. Conduit de communication entre un lac et une rivière, entre un marais et la mer.

— HIST. XVI* s. Pons ou fossez, dits vulgairement estez, Coust. génér. t. ii, p. 7I7.

— ÉTYM. Serait-ce une forme i' estuaire f Ce semble le même que estère 2.

t ESTILLE, *. f. voy. ÉTILLE.

ESTIMABLE (è-sti-ma-bl'), adj. || 1° Qui mérite d'être estimé. Ses bonnes qualités auraient été d'une grande ressource à la France à la mort de Louis XIV, dont il était plus estimé qu'aimé, parce qu'en effet il était plus estimable qu'aimable. M'»' DE CAYLUS, Souvenirs, p. 250, dans podgens. Un estimable objet formé de votre sang, volt. Tancr. I, 2. Laissez-le s'esiimer pour qu'il soit estimable, DELiLLE, Ilom. des champs, i. || Il se dit aussi des choses. Us [les philosophes anciens] élèvent fort haut les vertus, et les font paraître estimables pardessus toutes les choses qui sont au monde, desc. Méth. I, 10. Vous êtes pauvre; vous avez les biens les plus estimables, et vous manquez de ceux qu'on estime le plus, j. j. Eouss. Ém. v. || 2° Qui a des qualités solides mais non brillantes. Un auteur, un livre estimable. Un travail estimable.

— HIST. XIV' s. Si par fortune non estimable [impossible à prévoir] estoit perdu, boutill. Somme rural, p. 372, dans lacurnb.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. estimable; port. estimavel ; ital. stimahile ; du latin a;.s(tmabt2is, li'xstimare, estimer.

ESTIMATEUR (è-sti-ma-teur) , s. m. || 1° Celui qui estime, qui apprécie. Le monde, injuste estimateur des choses du ciel, mass. Car. Resp. hum. Il [Jésu.s-Christ] voudrait que tous les liommes la regardassent [la pécheresse] des mêmes yeux que lui; que tous les hommes fussent des estimateurs aussi justes que lui de son amour et de ses larmes, id. Car. Pécheresse. Quintilien, estimateur non moins éclairé qu'équitable, bollin. Traité des Et. iv, t. Juste estimateur du mérite, Louis XIV connaissait trop parfaitement celui de l'abbé dePoIignac... mai- RAN, Éloges, card. de Polignac. || 2' Celui qu'on charge d'estimer la valeur, le prix de certaines chose.s. Prendre un estimateur.

— HIST. flri' s. Dieu sera juste estimateur de nostie différent, rab. Garg. I, 46. La difformité corporelle, vice constant, inamendable, et, selon nous, grands estimateurs de la beauté, d'important préjudice, mont, ii, 86.

— ÉTY.M. Lat. lestimatorem , d'iestimare , estimer. ESTIMATIF, IVE (è-sti-ma-tif, ti-v'), adj. Qui

a pour objet une estimation. Ëtat, devis estimatif.

— HIST. xiv s. Ou quel [le 2' ventricule du cerveau] est la vertu resonable estimative qui juge et devise et ordonne les choses, u. db uondeville, ^ 4 5. Il XVI' s. En l'homme l'entendement est le souverain, qui a soubs soy une puissance estimative et Imaginative comme un magistrat, charron, Sagesse, 1,4 9.

— ÉTYM. Estimer; provenç. estimatiu.

ESTIMATION ( è-sli-ma-sion ; en vers , de cinq

syllabes), s. f. \\ i' Action d'évaluer, d'apprécier. Suivant l'estimation qui en sera faite par des experts Mettre le prix et l'estimation à chaque

chose, BALZ. 7' dise, sur la cour. l\ faut [pour être autorisé à tuer] que la chose soit de grand prix au jugement d'un homme prudent; ce n'est rien dire, mon père; où ira-t-on chercher un homme prudent pour faire cette estimation? pasc. Prov. 7. || Appréciation qu'on fait en mer du chemin parcouru, de la position du navire, etc. Ignore-t-on l'imperfection des méthodes par lesquelles on mesure le chemin qu'a fait un vaisseau, et on juge du lieu où il est; et les estimations nautiques ne «ont-elles pas sujettes à bien des erreurs? condil. Art de rais, v, 8. Aujourd'hui on dit plutôt estime. || 2° Jugement par lequel on attache du prix. Dans ses premiers écrits, il s'attache davantage à détruire ce prestige

EST

d'illusion qui nous donne une admiration stupide pour les instruments de nos misères et à corriger cette estimation trompeuse qui nous fait honorer des talents pernicieux, j. j. bouss. Dial. 3.

— HIST. XIII' s. Et tel salere doivent estre paie par l'estimation du juge, beaux, xxi, 34. || xvi' s. Se rendre plus naturellement à la compassion qu'à l'estimation, mont, i, 2. Juger par l'estimation des forces de l'ennemy que.... id. i, 63. X euli [les censeurs] appartenoit de faire la prisée et l'estimation des biens de chaque citoyen, amtot, Caton, 32. D'où s'ensuit une estimation desmesurée de soymesmes et uncontemnement d'autrui, langue, 3î8.

— ÉTYM. Provenç. estimatio ; espagn. estimacion} ital. stimazione; du latin œstimationem (voy. estimer).

t ESTIMATIVE (è-sti-ma-ti-v'), t. f. Terme didactique. Faculté qui apprend à juger, à apprécier. Il Peu usité.

— ÉTYM. Estimatif.

t ESTIMATOIRE (è-sti-ma-toi-r"), adj. Terme didactique. Qui concerne l'estimation. || Se dit da l'action qui, à Rome, avait pour objet de déterminer la nature d'un contrat de vente, de prêt, etc.

— ÉTYM. Lat. xstimatorius , de festimare, estimer.

ESTIME (è-sti-m'), ». f. || 1» Sentiment qui attache du prix à quelqu'un ou à quelque chose. Nous avons une si grande idée de l'âme de l'homme que nous ne pouvons souffrir d'en être méprisés, et de n'être pas dans l'estime d'une âme; et toute la félicité des hommes consiste dans cette estime, pasc. Pensées, 1. 1, p. 249, édit. lahure. H est important de se conserver dans l'estime de son confesseur, id. Prov. 4 0. Qu'un voisin malicieux X vous ruiner s'apprête. Ou menace votre tête Par des crimes supposés. L'estime a les bras croisés; Qu'il vous faille pour ressource Un prompt secours de .sa bourse Dans quelque péril urgent. L'estime n'a point d'argent, PELLissoN, Recueil de pièces galantes , dans richelet. Elle n'en parle pas avec beaucoup d'estime, sév. 44. Quel spectacle de voir et d'étudier ces deux hommes [Condé et Turenne], et d'apprendre de chacun d'eux l'estime que méritait l'autre! boss. Louis de Bourbon. Tous les métiers étaient en estime, id. Hisl. III, 3. Sait-il en sa faveur jusqu'où va votre estime ? RAC. Mithr. II, 4. Vous devez avoir une haute estime pour Idoménée, kén. Tél. xii. La véritable estime est celle qui est distribuée par des hommes dignes d'être estimés eux-mêmes, d'alemb. Ess.sur la soc. des g. de lett. Œuvres, t. ui, p. 4 02, dans pou. gens. L'estime est un sentiment tranquille et personnel , marmontel, Fragm. philos, mor. gloire. \\ Estime de soi-même, la juste opinion de soi que donne une bonne conscience. La source de toutes ses consolations est dans l'estime de lui-même. L'estime de soi-même est le plus grand mobile des âmes hères; l'amour-propre fertile en illusions se déguise et se fait prendre pour cette estime, j. j. Rouss. 8'promen. || Faire estime, estimer, faire cas. Et faire les choses sans art Est l'art dont ils font plus d'estime, MALH. VI, 40. Vous méprisez trop Rome, et vous devriez faire Plus d'estime d'un roi qui vous tient lieu de père, corn. Nicom. m, 4. Kt quelle estime, mon père, voulez- vous que nous fassions du procédé irrégulier de ces gens-làî mol. Préc. se. 6. Certes de Spartacus c'est faire grande estime Que d'oser en mon camp vous commettre à ma foi, sau- RiN, Spart. III, 4. Il Voltaire a critiqué cette locution ; mais elle est suffisamment justifiée par l'usage et par l'analogie (comparez faire cas). || Être perdu d'estime et de réputation, passer pour un homme sans probité et sans honneur. |{ Être en grande estime, jouir d'une grande réputation. || 2° Estime au sens passif, pour l'estime qu'on inspire, bonne réputation, gloire. Mon estime ne dépend point de vous, VAUGEL. Observ. Ainsi vous me rendrez l'innocence et l'estime, Lorsque vous punirez la cause de mon crime, corn. Rodog. il, 3. Il faut le délivrer du péril et du crime. Assurer sa puissance et sauver

son estime, id. Pomp. i, 4 Pour éviter le crime

D'employer à te peindre un pinceau sans estime, id. Remerc.auroi, en 4663. La grande estime que vos bonnes qualités vous ont donnée a déjà fait le coup le plus important de cette affaire, retz, Conjur. de Fiesque. Kt qu'il eût mieux valu pour moi , pour mon estime. Suivre les mouvements d'une peur légitime, MOL. Dép. am. m, 3. L'estime de modération qu'il avait même parmi les nôtres, boss. Réful. du cat. de Ferry. Son estime ne sait que trop bien éclater; Sa gloire va si loin qu'elle est à redouter, quinault, Bellér. i, 3. || Mettre en estime, mettre en répuUtion, rendre digne d'estime. Par quels faitl

EST

raleureux ïTaï-tu mis la gloire en estime T malh. IV,. 6. Et pense auprès de vous se mettre en haute estime, corn. Pomp. m, 3' J'y vois la haute estime où sont vos grands exploits, id. D. Sanche, i, s. La guerre en quelque estime avait mis mon courage, MOL. l'Ét. V, 3. Il Voltaire a critiqué cet emploi d'estime; sa critique, qui n'est pas valable contre le xvii* siècle, prouve facilement qu'au xviu* cet emploi était en désuétude. Mais, à présent, rien n'empêche d'utiliser cette acception, qui, du reste, appartient aussi au xvi* siècle. {| 3* Opinion, jugement, appréciation. J'ai mal connu César; mais puisqu'on son estime Un si rare service est un énorme crime.... cobn. Pomp. iv, t. C'est de mon jugement avoir mauvaise estime , Que douter si j'approuve un choix si légitime, mol. Éc. desf. v,7. Un médisant ne peut réussir, s'il n'est en estime d'abhorrer la médisance, pasc. Prov. t». Kn quoUe estime est-il, mon frère, auprès de vous ? — D'homme d'honneur, d'esprit, de cœur et de conduite, mol. Femm. sav. ii, 2. Voyons ce que c'est; suivant l'espèce (le la chose, je ferai l'estime de votre silence, MABiv. Surprise de J'am. Il, <• || 4" Évaluation approximative, surtout en termes de mer. Le tailleur [un homme dont on avait démoli la maison pendant son absence] les suit [les arbres] à l'estime , puis croise et ne trouve plus sa maison, st-sim. 5», 237. Les déterminations astronomii|ues de plusieurs points qui n'étaient connus auparavant que par des eitimes, coNDOacET, Uaurepat. La géographie est bien éloignée de ce degré de perfection : la position d'une grande partie des villes , le cours des fleuves, la forme des côtes, tous ces objets ne sont connus souvent que par des observations grossières, des estimes de voyageurs, des détails d'itinéraires, des comptes inexacts, id. d'Anville.

— HIST. XV' S. Et y mourut trente ou quarante gentilshommes d'estime, couH. vin, te. {jxvi's. On ne fait pas moins de tort à l'homme en lui estant sa bonne estime [réputation] qu'en le despouillant de sa substance, calv. Inslit. 308. Tout ce que les œuvres ont de valeur et estime, elles l'ont au regard de l'obéissance que nous rendons à Dieu , laquelle seule il regarde, m. t!>. 857. Nous devons avoir en estime leur exemple, iD. ib. tooe. L'ouvraige, par estime de tous, excedoyt en prix la matière, bab. Garg. i, bl. Xenagoras ne prit pas cesie mesure à la volée, ny par estime seulement, ains seion les règles de l'art, amyot, P. Mm. 2i>. Desquels fonds ils font quatre ou cinq prix appelles estimes ; mettans les plus fertiles et gras à la première, o. nE sebrks, \i.

— ÉTYM. Voy. estimer; wallon, astcme, astome, supputation; proveoç. et espagn. estima; italien, tttma.

ESTIMÉ, ÉE (è-sti-mé, mée), part. passé.\\ 1* Qui jouit de l'estime. Estimé de tout le monde. || i° Réputé, cru. Pilhée, estimé sage entre tous les humains, BAC. Phèdre, iv, 2. Il suffit, pour être eslimé savant, de savoir ce que les autres ne savent pas, quand même on ignorerait les vérités les plus nécessaires et les plus lielles, ualebr. liech. iv, 7.

ESTIMER (è-sti-mé), V. a. |j i' Déterminer la valeur, le prix de quelque chose. On estime ce cheval mille francs. Combien estimez-vous celte maison? En quelque co;itrée de l'univers que vous alliez, vous y trouverez l'homme aussi fin que vous; et i! ne vous donnera jamais que ce qu'il estime le moins pour ce qu'il estime le plus, raïnal, llist. pbil. III, <.||Kig. Permetiez, madame, que j'estime La grandeur de l'amour par la grandeur du crime, CORN. Sertor. v, 4. || â" Faire cas, avoir de la considération pour. J'honore sa vertu, j'estime sa personne, CORN. Héracl. i, s. Je vous estime trop pour vouloir rien farder, id. Nicom. i, 2. ... Il [Annibal] m'a surtout laissé ferme en ce point D'estimer beaucoup Uome et ne la craindre point, id. ib. ii, 3. Son monsieur Trissotin me chagrine et m'assomme, Et j'enrage de voir qu'elle estime un tel homme, mol. F. tav. I, 3. Sur quelque préférence une estime se fonde; Et c'est n'estimer rien qu'estimer tout le monde, lo. Hit. i, t. J'estimai ces bons pères de l'excellence de leur politii|ue, pasc Prov. 5. Cet homme [Ketz] si lidèle aux particuliers, si redoutable à r£tat, d'un caractère si haut qu'un ne pouvait ni l'estimer, ni le craindre, ni l'aimer, ni le haïr à demi , uoss. le Teilier. Il y a deux cho>es qu'ils [les hommes] estiment beaucoup.... la vie et l'argent, la druy. xi. J'ai remis votre Ictire au roi, il vous estime autant qu'il peut estimer un hérétique, maintenon, Lett. d M. de Viltetle, to juillet 4684. Il 8" Croire, réputer, présumer. Si quelqu'un les regarde.... Estime, mon ami, que c'est un grand miracle, hêomieb, Sat. iv. Us répoo-

EST

dirent qu'ili estimaient la place imprenable, vaooel. Q. C. liv. m, dans hicuelet. Et j'e.stima Que ce peu que j'ai dit est l'avis de Maxime, corn. Cinna, II, <. Quoi que vous estimiez de ma civilité. Je ne me pique point d'in.sensibilité , id. Suiv. ii , 3. Tu m'estimes bien lâche, imprudente rivale, id. Rodng. ii, I. Je n'estime pas que l'homme soit capable de former un projet.... la brut. Disc, sur Théophr. Le plus sûr, c'est d'estimer celle [la forme de gouvernement] où l'on est né la meilleure de toutes, m. X. Le roi Louis XIII expliqua pendant un quart d'heure l'avis qu'il eslimait devoir être suivi, ST-SIM. 6, 87. 114" Terme de marine. Faire une estime. Il B" S'estimer, v. rifl. Avoir de l'estime pour soi-même. Je m'estimais trop peu pour un honneur si grand, cobn. //or. ii, 2. X l'égard de ceux qui s'estiment à propos de rien, qui sont glorieux do leur rang ou de leurs richesses, gens insupporlables et qui fflchent tout le monde... mabivaux, Uarianne, 4* part. Ces peuples s'estimaient sans mépriser les autres nations, raynal, llist. phil. xviii, le. Oui ne s'estime pas perd sus droits à l'estime, delille, Parad. perdu, viii. || S'estimer son prix, avoir de soi la juste opinion qu'on doit en avoir. || Avoir une estime réciproque. Nous nous estimons l'un et l'autre. Il 6" Déterminer sa propre valeur. Glocester : Moi, je paie; à présent tu ne t'a|ipartiens plus. — Tyrrel : Jamais on n'eut sur moi de droit si légitime; Vous m'avez acheté plus que je ne m'estime, c. DELAV. Enf. d'Éd. ii, 3. || 7* Se croire, se réputer. Leur brutale vertu veut qu'on s'estime heureux, cobn. llor. IV, 4. Avant que de combattre, ils s'estiment perdus, id. Cid, iv, 3. Roxane s'estimait assez récompensée, rac. Baj. m, 4.

— HIST. XII* s. Et tant des autres que nus [nul] nel peut esmer, Rortc. p. 32. || iiii* s. Vingt ans avoit Pépins, ainsi [je] l'ol esmer, Berte, m. Sans les autres riche.sses que je ne sai conter. Qu'à peine les peut-on ne dire ne esmer, «6. xcviii. || xiv* s. Non obstant que la valeur des choses et dons dessus diz ne soit extimée et decl.iirée en ces présentes, Bibl. des Chartes, 5» série, t. i, p. 80. Ils furent si surprins et orent si grant joie que nul ne le pourroit extimer, ilénagier, i, 9. || xv* s. Adonc je regarday l'entrée Du jardin qui estoit fermée; Mais comme ma vue estima, Zephirus tost la delTerma, la font. t6. Le conte de Dunoys fort estimé en toutes choses, COMM. I, 3. 11 estima peu leurs requestes et demandes, id. v, t». ||xvi* s. Il ne faut point estimer d'un homme par un seul fait, calv. Inslit. 820. Il se pourmena un tour ou deux par la salle, pensant bien profundement comme l'on pouvoit estimer, bab. Pant. Il, (3. Estimant que cela ayderoit à.... MONT. I, t5. Je ne l'honore ny ne l'estime [la pratique de la médecine], ni. m, 207. II fut seul estimé cause et autheur de la guerre peluponesiaijue, AMYOT, Piric. 67. Plusieurs estiment que celte déesse Euclia soit Diane, et la nomment ainsi, id. Arist. 6u.

— ÉTYM. 'Wallon, astimer, évaluer, estimer; provenç. esmar, estimar; espagn. et portug. estiviar; ital. slimare; du latin ivstimare , que des étymologistes latins dérivent de œs, argent, et le suffixe dm (comme dans ffji-ltmare) : évaluer en argent. JSstimare avait donné, dans l'ancieiinu langue, d'après la suppression des voyelles brèves, esmer (d'où l'anglais to aim, viser à, ce qui nous indique qu'on prononçait émer); estimera été refait sur le latin dans le xiv* siècle.

fESTISSEUSES (è-sti-seù-z'), s. f. plur. Petites tringles du métier à fabriquer les étoll'es de soie.

— ÉTYM. Probablement es... préfixe, et tisser. ft. ESTIVAGE (è-sti-va-j'), s. m. Saison d'été

que les troupeaux passent dans les montagnes.

— ËTYM. Voy. estival.

t 2. ESTIVAGE (èsti-va-j'), s.m. Chargement d'un navire. Quand le navire est sous la charge, comme on ne connaît jioint l'estivage des marchandises de volume, on accumule sans ordre et sans arrangement tout ce que les chargeurs apportent; et, pour faire un meilleur nolis, on charge souvent outre mesure, et jusqu'au milieu du mit, peyssonnkl, Traité sur le corn, de la mer A'otre, u, 2)8, 1787.

— ETYM. Voy. ESTIVEH I.

E.ST1VAL, ALE (è-sli-val, va-1'), adj. || f Qui appartient à l'été. Le HhAne conserve l'importance de son débit estival, fournbt, Acad. des se. Comptes renJut, t. li, p. 959. || 2* Terme de botanique Qui est d'été. Fleurs, plantes estivales. {| Terme d'entomologie. Insectes estivaux, insectes qu'on trouve en été. Il ferme de médecine. Maladies estivales, maladies qui régnent en été.

— UlST. XTi* S. Aiu longs jours estivaux, la bo-

EST

DSRiE, Hymne teeles. ^ 4M, dans bathooaid. Les foudres estivaux, garnier, Porcie, i, ehctur. Ijl saison des chaleurs esteales, amad. jamin, Poésies, p. 16B, dans lacurne.

— ETYM Provenç. et espagn. esliial; Ital. estivale ; du latin scslivalii, dérivé d'un radical sctt, qui est dans irstas, été (voy. ce mot).

t E.STIVATION (è-sti-va-sion), *. (. ||1« Terme de botanique. Synonyme de prélloraison, agencement qu'observent les diversex parties de la fleur avant leur épanouissement. || Estivation valvaire, où les pièces florales se touchent seulement par leurs bords. Estivation tordue, où les |iétales se recouvrent les uns les autres et sont tordus en spirals. E.slivalion imbricative ou imbriquée, quand chaque partie embrasse de ses bords ceux de la partie iniérieure. t^tivation quinconciale , où l'on voit deux parties extérieures , deux intérieures , uns intermédiaire. Estivation cbifTunnée, où les pétales sont plies et ramassés sur eux-mêmes sans aucune régulariié. Estivation vexillaire , préfloraison des fleurs papilionacées où l'étendard replié recouvre la moitié des autres organes. Estivation cochléaire, préfloraison des fleurs à deux lèvres, où la supérieure recouvre l'inférieure. || 2* Terme d'histoire naturelle. Sorte d'engourdissement qui s'empare de certains animaux pendant un certain nombre de jours de la saison la plus chaude. L'estivalion s'observe chez certains serpents , chez des crocodiles et chez des poissons qui s'enfoncent dans la vase.

— ETYM. Au sens botanique, sestiratio est un mot fait par Linné, et tiré du latin xslita, lieux oA l'on cherche un abri contre la chaleur; le liouloii éunt comparé & un de ces abris. Au sens zuolugique, estivation vient de xslixare, passer l'été en un certain lieu (voy. ESTivER 2).

1 1. ESTIVE (è-sti-v'),ï. f. Contre-poids qu'on donna à chaque côté d'un bâtiment pour en balancer la charge, en sorte qu'un côté ne |>èsa pas plus qu'un autre. Mettre une galère en estive. jj Chargement en coton, laine, et autres marchandises ayant plus ou moins d'élasticité. || Charge en eslive, se dit des cargaisons susceptibles d'être pressées, comprimées. Il Donner une estive à des haubans, les brider aveo des palans pour les roidir à mesure qu'ils s'allongent, et avant de les mettre en œuvre.

— ÉTYM. Voy. ESTIVER 1 ; e-spagn. estita, lest.

f 2. ESTIVE (è-sti-v'), «./.Instrument de musique usité durant le moyen &ge, qui parait avoir été une sorte de cornemuse.

— HIST. xiii* s. Amis, riens ne m'i vaut, sons, note ne estive, addbfboy le bast. Romancero, p. 1 1.

— ÉTYM. Bas-lat. ttiva.

t 4 . ESTIVER (è-sti-vé) , c. o. Terme de marine. Comprimer des marchandises d'un grand volume, afin qu'elles tiennent moins de place.

— ETYM. Provenç. estipar, enlasser, boucher; espagn. et portug. eslirar, même sens; ital. il tiare; du latin stipare, serrer, presser.

t 2. ESTIVER (e-sti-vé). Il 1* F. o. Mettre les bestiaux pendant l'été dans les pâturages. || 2* V. n. Demeurer dans un endroit pendant l'été.

— HIST. XVI* s. Estiver les bestes, ouDiii, Dict.

— ÉTYM. Provenç. eiliear; du latin a»titK>re, d« atstivus, estival, de a-iloj.lvoy. t^6 4).

t EST-NORD-F.ST (èst'-nor-dèst'), s. m. Terme de marine. Nom d'une aire de vent || Par plaisanterie, un enseigne non entretenu.

ESTOC (è-stok), ». m. || i* Terme d'eaux et forêts. Souche. Couper un arbre à blanc estoc, le couper au pied sur la souche. Faire une coupe à blanc mtoc, la faire sans laisser de baliveaux. || Fig. Être réduit à blanc estoc, être entièrement ruiné. Il 2* Terme de palais. Souche considérée métaphoriquement comme l'origine d'une famille. Être de bon estoc, hes biens qui viennent de son estoc. Je lui [4 son fils, Charles de Sévigné] mande de venir ici, je voudrais le marier à une petite fille qui est un peu juive de son estoc, mais les millions nous parais.'sent de bonne maison, sâv. Lett. i3 oct. 4«76. Cette fabrication se fait dans les hôtels des monnaies, par des officiers en titre et d'estoc et de ligne, c'est-à-dire de père en fils, Dict. des arts H mil. Mnnnnyeur. || Terme de pratique ancienne. Biens de côté estoc et ligne, biens propres de ligne Il Fig. Cela ne vient pas de son estoc, cela ne lui vient pas naturellement. || Dite.s-vous cela de votre estoc? Dites-vous cela de vous-même? || 8* Estoc volant, bâton ferré que l'on pouvait cacher sous ses habits. Il Brin d'estoc, biton ferré en pointe par les deux bouts. || 4* Par extension, ancienne épée droite et fort longue. La pique dans le poing et l'estoc sur

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le flanc, RÉomEii, Sat. a. \\ Grands épée d'argent doré, bénite par le pape et accordée comme marque de considération. || 6* La pointe d'une épée. Coup d'estoc. Frapper d'estoc et de taille. || Kig. D'estoc et de taille, de quelque manière que ce soit. N'importe, parlons-en et d'estoc et de taille, Comme oculaire témoin, mol. Amph. i, ). || 6* Vase aplati sur lequel le faïencier empile la terre molle. || Instrument avec lequel il arrondit les vases sur le tour. SI la pièce est délicate, il l'égalise avec une espèce de lame de bois appelée estoc, Dût. des artt et met. Porcelaine. \\ V Terme d'argot de jeu. Faire l'estoc, faire passer dessous la carte de dessus sans qu'on s'en aperçoive.

— HIST. XII' s. Bon ente en bon estoc deit bien fructifier. Th. le mart. li». \\ xiii* s. Renart, qui moult estoit soutis [subtil], Sur un estoc [tronc d'ar-bre] s'estoit asis, Ben. 1 982. Il n'estoit nus vivans qui peust savoir le premier estoc dont li héritage vint, BEAUM. XLiv, 8. Ferir de pointe, que les Franczeis appellent ferir d'estoc, J. de meung, Végèce, i, (2. Il xiv s. Selon ce que il sont plus près ou plus loing de la première racine ou souche, ou estoc, oresme, Eth. 261. Lors assalent païens : chil [ceux-ci] qui ont Ions bastons Les frapoient d'estoc, parmi leshaubergons, Baud. de Seb. r, 204. || iv* s. Or m'est avis que c'est grand ennui de piteusement penser etaussi considérer que ces grands bourgeois et nobles bourgeoises et leurs beaux enfants, qui d'estoch et d'extraction avoient demeuré, et leurs devanciers, en la ville de Calais, devinrent [après le siège de Calais], FROiss. I, i,- 323. Estoc d'oneur et arbres de vaillance, La flour des preux et la gloire de France, E. DESCH. Sur la mort de Guescl. Lequel d'estoc et de taillant Endure mainte passion D'amours qui le vont assaillant, CH. d'orl. Bail. 80. Haches pareilles desquelles ils combattront d'estoc de mail ou de taille, Jehan de Saintré, ch. 48. Là devant en estoc [tout droit] pendoit un escu blanc, et y avoit appuyé deux glaives [lances] et deux espées, Lancelol du Lac, t. m, f" 60. Les monnoieurs d'estoc et de ligne, Ordonn. mars <483. Les pires sont les plus heureux Qui prennent de taille et d'estoc. Bec. de farces, etc. p. <29. || xvi' s. Et combien que de son propre estoc il eust grande dignité de noblesse, pour estre de la race et maison des Servius, amyot. Galba, 3. Il fut à la fin rembarré d'un coup d'estoc qui luy donna droit dedans la bouche par telle violence, que la poincte de l'espée luy vint à ressortir par derrière au chinon .2u col, iD. Ces. 69. H y en a [des contes] de tous bois, de toutes tailles, de tous estocs, à tous prix et à toutes mesures, fors que pour pleurer, desper. Contes, i. Le meslier ou neffiier se plaist d'estre enté, voir sur divers estocs : sur soi-mesme, sur poirier, sur pommier, sur ceignes et sur aubespin, o. de serres, «94. [Les piqueurs] Suyvant de près la meute, et sans se soucier De fossé, ni d'estoc, ni d'espineux roncier, Plaisir des champs , p. i 59.

— ÉTYM. "Wallon , stock, tronc d'arbre; génev. et lorrain, estoc, esprit, imagination; provenç. «itoe; espagn. et portug. estoque; ital. stocco; de l'allem. Stock, bâton; mot qui se trouve aussi dans le celtique : gaélique, stoc, bâton. En Normandie, les forestiers prononcent blanc étoc. Brin d'estoc est une altération (voy. brin) de l'allemand Spring stock, bâton qui aide à sauter, à franchir ; on aurait dû au moins écrire brind-estoc.

ESTOCADE (è-sto-ka-d'),t.f. jj 1" Terme d'escrime. Botte, grand coup de pointe. Allonger une estocade. Parer une estocade. Et le perçant à jour de deux coups d'estocade, corn, le Ment, iv, <. Au bruit des estocades, des passants accoururent et les séparèrent, sT-siM. )4, 161. Il Estocade de seconde, botte semblable à la botte de tierce, sauf que la lame passe sous le bras de l'adversaire. || Fig. Les ducs les laissaient [les nobles inférieurs] s'exhaler et tirer leurs estocades en l'air sans rien dire ni faire, st- SIM. 463, 4T. Il i' Familièrement. Attaque à laquelle on nes'attend pas. Cet argument était pour l'adversaire une rude estocade. || 3" Demanded'argent. Présenteur d'estocade, quémandeur. Voilà quelle est mon estocade; N'en venez pas à la parade; Mais sur moi par compassion Ripostez d'une pension Sur quelque bon gros bénéfice; Ce n'est à moi crime ni vice, Étant malade et n'ayant rien , De souhaiter un peu de bien , scarron. Estocade au card. Maxarin. || Cette locution a vieilli. || 4° S'est dit pour épée. Vénus [dans un tableau] a le casque en tète et une longue estocade, LA FONT. Lett. à sa femme, t2 sept. 4663.

— HIST. XVI' s. Allonger une estocade [demander l'aumône], oudin, Dict.

— ÊTYM. Jàitoc; ital. stoccata.

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ESTOCADER (è-sto-ka-dé) , ». n. || 1' Porter des estocades. Lui [La Châtre] toujours à crier : Les voilà, à moi, marche ici! et choses pareilles, et toujours à estocader et à ferrailler, st-sim. 2ie, 165. Il î' Fig. Argumenter vivement contre quelqu'un. Il y a plaisir à les voir estocader.

— HIST. XVI' s. Estocader [demander l'aumône], OUDIN, Dict.

— ÈtYM. Estocade. L'anc. français disait esloquer.

fESTOCADEUH (è sto-ka-deur), s. m. Quémandeur, mendiant. De créanciers, d'estocadeurs, De faux mangeurs de patenôtres, scarron, Yirg. vi. Il Vieilli.

t ESTOGARD (è-sto-gar), s. m. Terme de métallurgie. Petit ringard pour nettoyer la tuyère.

— ÉTYM. Estoc.

ESTOMAC (è-sto-ma ; le c ne se fait jamais sentir; cependant quelques-uns prononcent le c devant une voyelle, et Chifflet, Gramm. p. 208, en fait un précepte : un è-slo-ma k affamé; au pluriel, 1'» se lie: des è-sto-ma-ï affamés; estomacs rime avec tas, lacs, appâts, »tc.), *. m. || 1° Viscère où s'opère la digestion des aliments. Se remplir l'estomac. Les ruminants ont plusieurs estomacs. Plus l'estomac est bon, plus les membres profitent; Quand il a de la force, ils sont forts, agissants; Et quand il est débile, ils sont tous languissants, boursault, Fabl. d'Ésope, II, 5. Ne crains pas, mon cher enfant, que l'abondance de l'eau affaiblisse ou refroidisse ton estonaac, lesage, Gil Bios. Car de tous mets sucrés, secs, en pâte ou liquides. Les estomacs dévots furent toujours avides, boil. Sat. x. Ce ne fut que par un poids de 437 livres qu'il parvint à produire dans les tubes des effets semblables à ceux de l'estomac de l'oiseau, bonnet, Contempl. nat. Œuvres, t. VIII, p. 4 3, note 2. Il Avoir l'estomac creux, vide, n'avoir pas mangé. ||11 a deux estomacs, plusieurs estomacs, se dit d'un gros mangeur. || Très-populairement. Avoir ou sentir son estomac dans ses talons, avoir très-grand'faim. || Familièrement. Il a un estomac d'autruche, c'est un estomac d'autruche, se dit d'un homme qui mange beaucoup, sans en être incommodé , parce que c'est une vieille croyance que les autruches digèrent les pierres. Il se dit aussi d'un homme qui digère très-vite ; et dans ce sens ou dit encore il a l'estomac chaud. Il 2° La partie du corps qui répond à l'estomac, la poitrine. Le creux de l'estomac. Recevoir un coup dans l'estomac. Je vais lui présenter mon estomac ouvert, corn. Ct'd, v, l. D'une profonde plaie en l'estomac ouverte, id. Bodog. v, 4. Le général Hord et le général Dardoff montrèrent au roi leurs estomacs couverts de blessures reçues à son service, et, l'assurant qu'ils étaient prêts à mourir pour lui , ils le supplièrent que ce fût au moins dans une occasion plus nécessaire [qu'à Bender], volt. Charles XII, 6. Il Se dit populairement du sein d'une femme. Elle a de l'estomac. |{ 8' L'estomac d'une volaille ou d'une perdrix, ce qui reste quand les cuisses et les ailes ont été détachées. || 4* Morceau de fer qui fortifie le devant de l'enclume.

— HIST. XIII' s. Cil ki ont l'estomach foible et ki vomissent legierement, alebrant, f° 43. || xv' s. Respons, et sauve de propre estomac ce que de propre estomac tu as mis avant, g. chastel. Expos, sur ta ver. mal prise. \\ xvi' s. Par le poulain on descend le vin en cave, par le jambon en l'estomach, rab. Garg. i, 5. Quand je voy Barbe en habit bien duisant. Qui l'estomac blanc et poly descœuvre.... MAROT, m, 4 26. Là il fut receu d'une sentinelle perdue, qui, sans parler, lui planta une harquebusade dans l'estomac de sa cuirasse, d'aub. Hist. II, 380. Je luy ay appris à relever sa ceinture à la fosse de l'estomac, comme le petit Auger barbier de Paris, ID. Conf ii, 4. Ledit ventricule a deux orifices, à sçavoir un supérieur nommé l'estomach et vulgairement cœur; et l'autre inférieur nommé pylore, PARÉ, I, 4 4. Chacun n'a pas les muse.^ en partage. Et leur fureur tout estomac ne poind, RONS. 397. Quiconque a l'estomach plein peult bien jeusner, genin. Récréât, t. il, p. 248. Entre la bouche et l'estomach souvent y a guerre, id. ib.

t. II, p. 238.

— ÉTYM. 'Wallon , stoumak; Berry, estouma, stouma; provenç. estomach; espagn. esiomago; ital. stomaco; du latin stomachus, du grec (jT6|ia)(oç, qui signifie gorge, pharynx, de oiéiia, bouche: qui tient à la bouche. C'est dans le latin que, de pharynx, stomachus a glissé au sens de gaster.

ESTOMAQUÉ, ÉE (è-sto-ma-ké, kée), part, passé. Tout estomaqué de cette impertinence.

ESTOMAQUER (S') (è-slo-ma-ké) , v.réfl. Se tenir pour offensé de quelque chose, s'en choquer 11

EST

s'estomaquera. Fera le difficile, et puis s'apaisera, UAUTEROCHK, Dcuil, sc. 4. Mais tant s'estomaquer n'est pas fort nécessaire, th. corn. D. Bertr. de Cigarral, iv, 4. Il ne faut point, monsieur, s'estomaquer si fort; On peut en un moment nous mettra tous d'accord, regnahd, le Lég. iv, 7. || S'épuiser à force de parler. C'est ainsi que s'estomaquait La Pythagore à longue queue; Ses exclamations s'entendaient d'une lieue. Et son zèle le suffoquait, lamotte, Fables, le lienard prédicateur. || Ce mot, dans les deux sens, est du style familier.

— HIST. XVI' s. Il est stomacqué merveilleusement, que vous ayez faict tuer domp Alphonse de sangfroid, carloix, v, 47. De quoy plusieurs bien grands s'estnmacquerent bien fort, id. vi, 89.

— ÉTYM. Êslomoc, dans le sens de poitrine, cœur.

ESTOMPE (è-ston-p'), s. f || l' Terme de dessin. Petit rouleau fait de peau ou de papier, et terminé ordinairement en pointe, et quelquefois en coupe plate, pour étendre le crayon ou le pastel sur le papier. Dessin à l'estompe || 2° Ce dessin môme. Voilà une belle estompe.

— ÉTYM Allem. stumpf, émoussé.

ESTOMPÉ, ÉE (è-slon-pé, pée), part, passé. Un

dessin estompé.

ESTOMPER (è-ston-pé) , t;. O. Dessiner, ombrer avec l'estompe.

— ÉTYM. Estompe.

fESTONIÈRE (è-sto-niê-r'),«.f. Terme de pêche. Sorte de tramail.

t ESTOQUIAU (è-sto-kiô) , s. m. Terme de serrurier. L'anneau d'une petite cheville de fer qui tient le ressort d'une serrure.

— ÉTYM. Diminutif d'estoc.

t ESTOU (è-stou), s. m. Terme de boucher. Tabla à claire-voie pour habiller les moutons.

— ÉTYM. Le même que étal.

ESTOUFFADE (è-stou-fa-d') , s. f. Terme de cuisine. Manière de cuire des viandes en vases clos. Veau à l'eslouffade. || Le mets ainsi préparé. Une estouffade de perdrix. || On dit plutôt élouffade, et surtout étouffée.

— ÉTYM. Étouffer.

ESTRADE (è-stra-d'), ». f. || I' Terme de guerre. Usité seulement en cette locution: Battre l'estrade, courir la campagne, aller à la découverte. || Par extension. Les uns battaient l'estrade autour de sa maison, hamilt. Gramm. 9. Il fait toute la nuit sentinelle en dedans; Et sur le point du jour il va battre l'estrade, regnard. Folies amour, i, 4. Sans adieu, je vais battre l'estrade dans les cafés, dancourt. Agioteurs, i, 9. || Les batteurs d'estrade, les éclaireurs. Israël envoya des batteurs d'estrade pour considérer le pays de Jazer, volt. Phil. iv, 186. Il Par extension. Les batteurs d'estrade, les gens qui courent les chemins. || 2' Plancher élevé dans une chambre, dans un édifice, un peu au-dessus du parquet, pour y placer un lit, un trône, pour y faire une cérémonie. Le grand mouvement est sur une estrade qu'on nomme le théâtre, montesq. Lett. pers. 28. Il Fig. De l'estrade des grands descendant au vulgaire Le mensonge sans frein, sans pudeur, sans raison. S'accroît de bouche en bouche et s'enfle de poison, volt. Don Pèdre, m, 2.

— HIST. XV* s. Hector bastard de Bourbon vint à tout trois cens armés hommes d'armes, sur aucunes compagnies de gens du roy qui alloient à l'estrade; si en print et tua plusieurs, monstrel. f' 149, dans lacurne. De là si fu le siège mis Devant la ville de Reolle; Messire George Soliton Si en avoit la charge et garde, Avecque un autre Anglois gascon Et quatre cens hommes d'estrade. Vigiles de Charles Vil, p. 203, dans lacurne. Adieu, galans, qui soûliez faire fringues Parmi les rues, routes et espanades [sic], Saillans en l'air, pour prendre les esplingues Au seing des dames, regardans les estrades, ib. t. II, p. 34. Il XVI' s. Là sont Crotte, Estanson et Imhault, Et Fontrailles, lesquelz ont maint ribault, Tous enragiez de courir à l'estrade, j. marot, v, 90. En telle pompe estans lors décorez, Devers le roy vindrent faire l'estrade, m. v, 4 73. Le duc de Guise envoya battre l'estrade vers la Fredoimiere, qui estoit le premier rendez-vous à l'entreprise de Blois; ces estradiots Iny amenèrent prisonniers 3o ou 40 de ceux qui commençoient à se desbander, d'aub. Hist. 1, 93. Quelques tjatteurs d'estrade, in. ib. I, 93. Bon pied, bon œil, sus à coup qu'on s'esveille. Francs chastellains, soudain tost à l'estrade,

ROG. DE COLLERYE, p. 495, dans LACURnE.

— ÉTYM. Provenç. espagn. et portug. estrada, voie, chemin; ital. strada, même sans; du latia strata, voie pavée, de stratum, supin de sternere, étendre. Estrade vient du provençal ou de l'espa

EST

gnol; avant cet emprunt l'ancien français avait ettrit qui est le correspondant de esirada et tirada, et signifiait route. Battre leslrade, c'est lattre les routes. Veslrade, sorlo de plancher, se rapporte aussi à tlrata. la chose étendue.

■(• ESTR.40I0T (è-stra-di-o), t. m. Espèce de soldat i cheval qu'on tirait autrefois de la Gri:ce et de l'Albani» «t dont on s'est servi durant le xv et le ivi" siècle. Il On trouve aussi stradiole. Les stradiotcs, très-bon» soldats grecs de Venise, chevaulégers, armés de cimeterres orientaux, devaient pénétrer dans les files de la lourde gendarmerie française et, de côlé, faucher, poignarder les chevaux, MiciiELET, Uist. de France, au xvi'siècle, i, 3.

— HlST. xvr s. Plus fiers qu'estradiols, J. ma- FOT, p. 67, dans lacurne.

— ÉTYM. Ital. stradiotto; du grec nTpatui-ntic, soldat.

ESTRAGON (è stra-gon) , ». m. Espèce d'armoise aromatique {artemisia dracunculus, Z,.), qu'on met dans les salades et dans les ragoûts.

— ETYM. Wallon, draffone ; espagn. taragnna; portug. estragâo; ital. targime; du latin draconem, dans la signification de dracunculus , nom qui ne paraît pas avoir été donné à notre estragon, mais que les botanistes lui otit appliqué.

ESTRAMAÇON (è-slra-ma-son) , s. m. Êpée droite, longue et à deux tranchants. Je me contentai de lui donner d'un estramaçon sur la tète qui l'effraya si fort qu'il s'enfuit hors du jardin, scabb.

Rom. corn. I, fi Ce D. Kelix est un méchant

garçon ; 11 veut faire avec vous le coup d'estramaçon, TB. COHN. D. Bertrand de Cig. :v. a. || Coup d'estramaçon, ou, simplement, estramaçon, coup détaille. Mais il faut en user en diverses façons. Ou feindre une estocade ou des eslramaçons , desmakets, Visionnaires, m, t. Carillan sortit chargeant à coups d'estramaçon tout ce qu'il trouva devant lui, retz, IV, 347. Il Kig. M. de la Rochefoucauld lui donna [au premier président] tant de coups d'estramaçon, qu'il vint à bout de ce qu'il desirait, st-sim. 69, (33.

— HIST. XVI* s. Besme lui passe l'espée au travers du corps, et en la retirant lui met le visage en doux d'un estramaçon, d'aub. Hist. n, 4 7.

— ÉTYM. Ital. stramaiione ; bas-lat. scramasaxus, grand couteau de guerre, de l'allemand Schramtne, blessure, et le bas-lat. saxa, couteau, de l'ancien haut-allem. sahs, couteau.

ESTRAMAÇONNÉ, ÊE (è-stra-ma-so-né , née), part, passé. Rudement estramaçonné par son adversaire.

ESTRAMAÇONNER (è-stra-ma-so-né). || 1* V. a. Frapper de coups d'estramaçon. || 2" V. n. Il ne cessa

d'estiamaçonner durant tout le combat Avez-vous

des ennemis secrets? Parlez, j'estramaçonne et je TOUS en défais, m. corn. D. César d'Àv. ii, 4. Il 8° S'estramaçonner, v. réft. Se battre à coups d'estramaçon. Ils se sont estramaçonnés rudement. Il Ce terme ne se dit plus guère qu'en plaisantant.

— ÉTYM. Esiramaccn.

+ ESTRAN ou ESTRAND (è-stran), s. m. Terme de marine peu usité. Partie d'une côle plate que la mer couvre et découvre tour à tour.

— ÉTYM. Anfzl. strand, bord de la mer.

t ESTRAXiHÉLO (è-stran-ghé-lo), adj. Le caractère estrangliélo, et, substantivement, l'estranghélo, caractère syriaque employé dans les premiers siècles de l'ère chrétienne.

— ÉTYM. Syriaque, star, écriture, et ingil, évangile, ainsi dit parce qu'il demeura consacré à la transcription des Évangiles.

ESTRAPADE (è-stra-pa-d') , s. f. \\ 1° Supplice de mer qui consiste à guinder un coupable k la hauteur d'une vergue, d'où le laissant tomber dans la mer, on l'y plonge autant de fois que le porte sa sentence. || L'estrapade de terre se donne en liant les pieds et les mains du coupable, derrière le dos, & une corde et le laissant tomber de la même manière jusqu'à deux ou trois pieds de terre : ce qui expose ses bras et ses jambes à de grandes douleurs par le poids du corps. L'estrapade était un châtiment qui ne s'infligeait pas aux cavaliers; ce supplice cessa d'être en usage dans les armées françaises sous LouisXIU. Il Fig. C'était un maître [Marôt]; il rimait aisément; Point ne donnait k ses vers l'estrapade, ciiAUL. Uondeau sur Benserade. \\ i" La potence au haut de laquelle on élevait le patient. Place de l'Eslrapade, place & Paris, où une telle potence était dressée et où l'on supplicia beaucoup de protestants. |{ S' ïeriiie de manège. Défense du cheval consistant en s.nuts vifs accompagnés de ruades. Il i" Tour qu'où fait en voltigeant sur la corde. Il

EST

consisteàie tenir fortement suspendu avec les mains à la corde et & faire passer une ou plusieurs fois son corps entre les deux bras qu'on tient écartés l'un de l'autre. Double, tripleestrapade. || S*5iedit, au jeu de l'hombre, de la chance du joueur qui fait la bète après avoir joué sans prendre. || 6* Outil pour monter le grand ressort d'une pendule.

— HIST. xvi* s. Les capporaulx sont tenus de l'appliquer à l'estrapade, carl. iv, 4 3. Et s'il y eust eu une strapade en la vilie, ils se pouvoient bien asseurerd'y servir d'exempled'une telle aliominatiun, m. v, il. 11 eust l'estrapade, c'est à dire trois traicts de corde bien roides; et estoit si haulte qu'il en cuyda mourir, ID. vi, 3.

— ÊTYM. liai, sirappata, Aestrappare, arracher; du germanique : suisse, strapfen, tirer; allemand, slraff, fortement attaché ; augl. «Irap , courroie

(COnip. ÏTlllEB).

ESTRAPADE, ÉE (è-strapa-dé, dée), part.pai»^. Il fut tstrapadé.

ESTRAPADER (è stra-pa-dé) , v. a. Infliger l'estrapade.

— ÉTYM. Estrapade.

ESTRAPASSÉ, ÉE (è-stra-pa-sé , sée), part, passé. Cheval estrapassé.

ESTRAPASSER (è-stra-pa-sé) , v. a. Terme de manège. Fatiguer, excéder un cheval par un exercice trop violent.

— ÉTYM. Ital. ïlrapoxïore, deitro, préfixe, qui est le lat. extra, hors, et paao, fou : rendre fou à force de tourmenter.

t ESTRAPONTIN (è-stra-pon-tin), voy. strapontin.

t ESTRAQUELLE (è-stra-kè-l) , I. {. Pelle pour porter la matière du verre dans les pots.

fESTRASSE (è-stra-s'), s.{. Terme de commerce. Bourre de soie. Estrasse ou cardasses [à faire capiton], le cent pesant payera comme bourre de soie, 4 00 sous, Tarif, 4 8 sept. 4 664.

■f ESTRELAGE (è stre-la-j'), s. m. Ancien terme de finances. Drqit levé sur chaque setier. Défendons de lever aucun péage, estrelage ou autre droit en essence sur le sel , sauf aux propriétaires à s'en faire payer en argent, suivant le règlement de notre conseil, Ordonn. mai 4 680.

— msT. xm's. Franchement, sans paier tonlieu, strelage , ou autre débit , ou autre coustume, eu CANGE, sexiariaticum. \\ xiv* s. C'est assavoir tout ce que on appelloit la justice et setrellage que tenoit à censse Fourcy, m. i6,

— ÉTYM. Lat. sextariale. setier, d'où la forme fictive sextarialaticum , du latin sextarius, setier.

■|- ESTRIF (é-strif), s. m. Terme vieilli. Querelle, lutte. En cet eslrif la servante tomba, la font. .S'en). Il On écrivait aussi étrif. Pendant l'élrif. D'un ton plaintif fje] Dis chose telle, la pont. Poésies mêlées, v.

— HIST. xir s. Commenciez est li dex fdeuil] et li estris, Ronc. p. 72. || xm's. Ensi remest [resta] ceste chose en eslrif, H. de valenc. xxi.

— ÉTYM. Hainaut, estrive; provenç. estris et estrit, dernière forme qui conduit Diez à regarder ce mot comme dérivant de l'ancien haut-allem. strit, combat; angl. to strive. On cite aussi le gaélique slri, strigh, combat. L'anglais «trt/« vient du français.

t ESTRIGUE (è-stri-gh') , ». m. Four où l'on met les glaces pour les recuire quand elles sont aplaties; on les dresse à mesure qu'on les y met.

t ESTRIQUE (è-stri-k'), ». f. Couteau de bois mince et flexible qui sert à estriquer.

— ÉTYM. Fia m. sirikke, bâton.

f ESTRIQUER (è-stri-ké) , v. a. Boucher avec l'estrique les fentes et les crevasses que la terre produit sur les bords d'une forme à sucre en se séchant.

t ESTRIQUEUR (è-stri-keur) , ». m. Crochet de bois pour fouler la terre autour d'une forme à sucre, avant de la rafraîchir.

t ESTRIQUKUX (è-stri-keù), ». m. Instrument pour enlever les bavures attachées à une pipe qui sort du moule.

t ESTRIVER (S-stri-Té), V. n. Terme TieiUi. Être en querelle. Avecque tes voisins jour et nuit esiriver, BÉGMEB, Sat. xm.

— HIST. xii* s. Donc en ont comencié entre eus à estriver. Th. le mari. 4 40. || xm' s. Ce dit Henars: n'i a mie; Fox est qui vers seignor estrive; Jamais, à nul jor que je vive. Ne ferai rien qui lui desplaise. Tien. 4 8263. Il xvi* s. La philosophie n'esirive point contre les voluptés naturelles, pourvu que la mesure y soit jointe, mont, m, 380.

— ÉTYM. Eslrif.

t ESTRIVIÈRES (è-firi-Ti»-r') . ». f. olur. Se dit.

EST

chez les fabricants de soie, des bouts de cordes attachées aux arbalètes des lisserons.

— ÉTYM. Le même que élritière.

t ESTROPFE (è-stro-f), s. (. Corde qu'on attache à la queue d'un cheval, puis au cou du suivant pour les faire marcher à la file.

— ÉTY.M. Le même que estrope.

+ ESTROPE ( è-stro-p' ) , ». ^ Terme de marine. Anneau de cordage dont on ceint les poulies et autres pièces. Il Estrope de gouvernail, cordage (|ui sert k retenir les avirons sur les tolets. || Estrope de marchepieds, étriers qui soutiennent les marchepieds. Il Terme de pèche. Ligne attachée sur une corde principale.

— ÉTYM. Angl. «Irop, estrope,

i ESTROPER (è-stro-pé), v. a. Terme de marin«. Ceindre d'un cordage la caisse d'une poulie ou tout autre objet.

t ESTROPIAT (è-slro-pi-a), ». m. Anciennement, soldat estropié qui mendiait. Prôner ce qu'on a fait pour le bien de l'Etat, Et dire : ayez pitié du pauvre estropiât, du cerceau. Le faux duc de Bourg. I, t. Il Aujourd'hui, homme estropié, imputent, et aussi gueux de profession qui est estropié ou qui feint de l'être.

— HIST. XVI' s. Et ainsi espargnant pour les festropiatz et soufl"r(-teux, rab. Pant. m, 2. Aux estropiais qui avoient perdu bras et jambes, carloix, m, 9.

— ETYM. Ital. itroppiato (voy. estropier). ESTROPIÉ, ÉE (è-siro-pi-é, ée), pur(. passé

\\ 1° Qui a perdu un membre ou qui l'a hors de ser vice. Estropié par une chute. Il déterrait les soldats estropiés dans la tranchée, hauii.t. Grainm. 3. On n'est pas tant estropié quand on l'est du bras ou des jambes, que quand on l'est de la bour.se, d'ablancourt, Apopklh. dans RicHELET. || Par exiension. (Le lion] Peut à peine rugir, par l'&ge e.stropié, LA FONT. Fabl. m, 44. || Terme d'entomologie. Se dit des papillons de jour, qui dans l'état de repos ont, par la disposition de leurs ailes, l'apparence d'insectes à ailes luxées. |{ Terme de pèche. Se dit d'une morue qui n'est pas entière. || 2° Kig, Oui n'a pas de développement, d'ampleur. Un tis.sii d'énigmes leur serait une lecture divertissante, et c'est une perte pour eux que ce st>le estropié qui les enlève soit rare, la brut, i. Quelle différence de ce plaisir estropié, si je puis parler de la sorte, à celui que le même air ferait éprouver, s'il était chanté dans le goùl et l'esprit qui lui conviennent, n'ALEMB. Harm. des lang. (Jiuires, t. m, p. 4 48, dans pouGENS. |î 3° Altéré dans sa forme , en parlant des mots, des phrases. Expression estropiée, pa- TBU, Plaid. 8, dans bichelet. Ils [ceruins visiteurs] fatiguent plus les portes des mai.sons à coups de marteau que les vents et les tempêtes; si l'on allait examiner la liste de tous les portiers, on y trouverait chaque jour leur nom estropié de mille manières en caractères suisses, montesq. Lelt. pers. H7, Concevez, monsieur, huit pages sans points ni virgules, des mots estropiés, transposés..., P. L. COLR, 1,94. Il 4" Substantivement, L'eslropiè marcha, laveugle ouvrit les yeux, boil. Sal. xii. Ce sont des estropiés hors d'état de gagner leur vie, mainteron, Lelt. à l'abbé Gobelin, 8 mars i684, M. de Noailles fit l'estropié du rhumatisme et le joua longtemps,

ST-SlM. 29. 78.

t ESTROPIEMEXT (è-stro-pi-man), ». m. Action d'estropier; résultat de cette action. Ce fut la cause de son estropiement,

HIST, xvi* s. Estropiement, ouorn, Dict.

— ÉTYM. Estropier; ital. stroppiamento.

ESTROPIER (è-slro-pi-é) j'estropiais, nous estropiions, Vous estropiiez; que j'estropie, que nous estropiions, que vous estropiiez, v. a. |{ 1* Priver de l'usage d'un membre par coups ou blessures. Sa faire estropier sur les pas des Césars, boil. Sat. TUi. Il Par extension, en parlant des maladies. On rhumatisme l'a estrope. || Fig. Chose qui ne peut être révoquée sans estropier la puissance publique, Boss. For. 4 0. Il 2" Estropier un nom, les mots d'une langue, les défigurer en prononçant ou en écrivant. Ils prennent par où ils peuvent les termes de l'art qu'ils attrapent, et ne maniuenl jamais de les estropier et de les mettre hors de place, mol. Critique, se. «. Le marquis: Tiens, ce que les Anglais ont de mieux, c'est qu'ils parlent français, encore ils l'estropient. -- Le laron : Et nous l'estropions nous-mêmes pour la plupart, roisst, t'ranruis a tond. se. 4. Ribaudier en personne Estropiait al<ïs un discours er. latin, volt. 3 emptr. || Estropier une pensée, un passage, en altérer le sens, l'expression. Va. va-t'en faire amende honorable au Parua»*

ET

ET

ÊTA

D'avoir fait à tes vers estropier Horace, mol. Fem. sav. m, 5. Certains passages de Diciys de Crète que Scaliger avait estropiés, volt. Goût. Voltaire dans ses derniers jours ne pouvait voir sans un véritable chagrin qu'on se permît ainsi d'estropier nos belles tragédies, harmcntel, Ê^m. littér. t. ix, p. 63, dans POUGENS. || Estropier un vers, en altérer la mesure. Il Estropier une sonate, une chanson, la jouer mal, la chanter mal. || 3° Terme de peinture. Estropier une figure, n'en pas observer les proportions. \H' S'estropier, v. réfl. O'Joi ! ces dieux qui s'estropientlesuns lesautres.FosTEN. Ciai./Jsopc, Homère. Il Fig. Voulant se redresser, soi-même on s'estropie, Et d'un original on fait une copie, boil. Épît. ix.

— HIST. ïvi" s. Subjuguez par ung petit homme estropié, rab. Pant. iv, Nouv. prol. En une battaille, dix miir hommes sont stropiez ou tuez, mont. m, 23. On a attaché l'honneur à couper bras et jambes, à estropier l'un, à tuer l'autre, langue, 246. Les armes d'aujourd'hui sont si griefves, qu'un gentilhomme, à trente et cinq ans, est tout estropié des espaules, d'un tel fardeau, ID. 286. Estropié de quelques coups et mesmes de l'honneur, d'aub. Uist. 1, <88. Infinis lieux y sont [dans leMexte] desespertement estropiez et mutilez, amyot, iloral. Éptt. p. 16.

— ÉTYM. Espagn. etportug. estropear; ital. slroppiare, storpiare, estropier, stroppio, obstacle, empêchement. Origine inconnue. Diez propose par conjecture le latin ex-torpidare, rendre roide, engourdi. Muratori fait mention de turpis, laid. Tout cela est incertain. Estropier est récent et venu de l'italien.

t ESTDAILLE (È-stu-â-U' , Il mouillées), s. f. Nom donné anciennement aux magasins de sels, Lettres pat. 27 juin 1680.

t ESTUAIRE (è-stu-ê-r"), t. m. Terme d'antiquité romaine. Étang maritime oïl l'on nourrissait du poisson. Il Terme de géographie. Sinuosité du littoral, qui n'est couverte d'eau qu'à la marée montante. Il Se dit, par analogie, de l'embouchure d'un fleuve qui forme une sorte de golfe. Les rivages de l'estuaire girondin encadrent de vastes nappes d'eau où l'on peut étudier tous les phénomènes des courants et des marées, reclus, Reçue des Deux-Mondes, 1862, déc. p. 90).

— HIST. XIV* s. Une pièce de terre, ainsi comme elle se levé, o [avec] le fons du fossé qui est et fiert [frappe, porte] à l'estier du port dessous le chasteau, DU GANGE, esterium.

— ÉTYM. Lat. xstuarium, de aîstus, flux de la mer: lieu où le flux pénètre,

ESTURGEON (è-stur-jon), s. m. Gros poisson qui remonte de la mer dans les grands fleuves. Les œufs de l'esturgeon constituent un aliment très-recherché dans le Nord, sous le nom de caviar. On fait avec la vessie natatoire de l'esturgeon l'ichthyocolle ou colle de poisson. X son souper, un glouton Commande que l'on apprête Pour lui seul un esturgeon; Il n'en laissa que la tête, la font, le Glouton.

— HIST. xiv« s. Bresmes en rost, esturgon et gelée, Kénagier, li, 4. Esturgeon : eschaudez, osiez le limon, couppez la teste et la fendez en deux, ih. II, 6.

— ÊTYM. Espagn. esturion; ital. storione ; de l'anc. haut-allem. sfurio; allem. Stôr. Retz, i, 2, écrivait éturgeon.

f ÉSULE (é-su-l') , s. f. Nom de plusieurs euphorbes, dont une {euphorbia esula, L.) a une racine dont l'écorce a été employée comme purgatif hyilragogue. Êsule ronde, euphorbia pepliis, L. Petite ésule, ancien nom officinal de i'euphorbia cyparislias. Grande ésule, ancien nom officinal de l'euphorbe des marais.

t ÉSUS (é-zus'), s. m. Nom d'un dieu des Gaulois, assimilé tantôt à Mars et tantôt à Apollon, et à qui on sacrifiait des victimes humaines. 11 s'écrivait aussi Hésus.

ET (è ; le < ne se lie jamais, ce que remarque Palsgrave, p. 37, au xvi' siècle, excepté dans les locutions latines : et calera, dites è-tsé-té-ra, et ob hoc et ab hac, dites : a-bo-kè-ta-bak), conj. || !• Il sert à lier entre elles les parties semblables du discours. Corneille et Racine. Bon et sage. Le riche et le pauvre. Le sage est ménager du temps et des paroles, LA FONT. Fabl. VIII, 26. Lss esprits justes, et qui aiment à faire des images, la bruy. i. On n'a pas dans le cœur de quoi toujours pleurer et aimer, ID. IV. Il Ordinairement, les mots joints par et se suivent; mais on peut quelquefois les séparer, soit dans le style familier, soit dans le style élevé. La raison veut et la nature Qu'après le mal vienne le bien, ualh. v, i. Albe le veut, et Rome ; il faut leur

obéir, coRic. Hor. m, t. Les truites y sont admirables et les saumons du Rhin, pellisson, Leit. hist. 18 oct. (68). Il 2° Après les noms d'heure, démesure, quand il y a une fraction, on met et : midi et demi, midi et un quart; minuit et trois quarts; deux heures et un quart; une aune et un tiers. || On peut aussi supprimer et, excepté quand la fraction est demi : minuit un quart; midi trois quarts; une aune un tiers, etc. Il 3° Dans les noms de nombre composés, et se met généralement devant un quoiqu'il ne se mette pas devant deux, trois, quatre, etc. vingt et un, trente et un, etc. Il n'y a d'exception que pour cent et quatre-vingt : quatre-vingt-un , cent-un. || £( se met aussi devant onie après soixante. Soixante et onze. Il 4" Ft répété sert à donnerplusde force àla phrase. Quel carnage de toutes parts 1 On égorge à la fois les enfants, les vieillards. Et la sœur et le frère Et la fille et la mère, Le fils dans les bras de son père, BAC. Esth. I, B. Et le riche et le pauvre, et le faible et le fort Vont tous également des douleurs à la mort, volt. 1" Disc. égal, des cond. Aristote met au rang des monarchies et l'empire des Perses et le royaume de Lacédémone, montesq. Esp. xi, ». Il 5° El s'emploie au commencement des phrases qui en suivent d'autres sans liaison immédiate, dans le style biblique ou poétique. Et Jésus se rendit sur la montagne des Oliviers. Et voilà que tout d'un coup.... Et véritablement on ne saurait nier que.... Et vous prononcerez un arrêt si cruel! BAC. Andr. i, 4. Et je puis voir répandre un sang si précieux! Et je laisse avec lui périr tousses aïeux I ID. ib. m, 8. Et moi aussi, j'avais espéré, monseigneur, que vous viendriez à Versailles, maintenon, Letl. au card. de Noailles, 3 avr. 1697. Et je pleurais! et je me trouvais à plaindre ! et la tristesse osait approcher de moi ! J. J. rouss. Hél. v, 9. Et qui sait dans quels pièges adroits les perfides ruses d'une femme vicieuse et jalouse de ses vertus a pu surprendre son innocente simplicité! id. Ém. V. Il Et fût-il, c'est-à-dire quand même il serait; et fussiez-vous, c'est-à-dire quand même vous seriez. 11 faut les combattre, et fussent-ils trois contre un. Vous le devez haïr, et fût-il votre père, corn. Ile'racl. v,2. Je vengerai sur vous, et fussiez-vous mon père....iD.tb. Vous-même en deviendriez, je le gage, amoureux ; On ne s'en peut sauver, et fùt-on tout déglace, LA font. J'Eunuijue, v, 4. || £t de suivi d'un infinitif se met quelquefois à la fin d'un récit pour signifier que l'événement se termina par l'action que l'infinitif exprime. Ainsi parla-t-il; et chacun de rire. ||De nos jours on a quelquefois commencé une pièce de vers par et, ce qui donne l'air au poète de continuer des réfiexions dont le commencement n'aurait pas été communiqué à l'auditeur ou au lecteur. Et j'ai dit dans mon cœur : que faire de la vie? lamabt. Méd. n, )9. || 6' Et actera, et les autres choses, et le reste, et tout ce qui s'ensuit. Par abréviation on écrit etc. Que lui-même [le juge] il chante après l)oire, La liberté, la gloire, et caetera, bébang. Vendanges. \\ S. m. Le signe qui représente cette expression. Un et castera. Des et caetera. || Proverbe. Dieu nous garde d'un quiproquo d'apothicaire, et d'un et caetera de nntaire, parce que les quiproquos d'apothicaires empoisonnent et que les et caetera de notaires engendrent les procès.

— REM. 1. La règle est que, et joignant deux ou plusieurs substantifs, le verbe qui s'y rapporte, se mette au pluriel. Cependant on peut quelquefois, quand ce ne sont pas des noms de personnes, se soustraire à cette règle, soit que l'on considère les mots ainsi joints comme un seul sujet, soit qu'il y ait licence poétique. Ce grand homme [Moïse] a écrit les œuvres de Dieu avec une exactitude et une simplicité qui attire la croyance, boss. Hist. ii, 3. On dit que ton front jaune et ton teint sans couleur Perdit en ce moment son antique pâleur, boil. Lutr. i. Quel nouveau trouble excite en mes esprits, Le sang du père, ôciel, et les larmes du fils? raC. Milkr. v, B. La sagesse et la pitié du souverain peut faire toute seule le bonheur des sujets, mass. it' dim. de

carême La tendresse et la crainte Pour lui dans

tous les cœurs était alors éteinte, volt. Henr. m. L'univers, medis-je, est un tout immensedont toutes les parties se correspondent; la grandeur at la simplicité de cette idée éleva mon âme, Thomas, Éloge de Marc-Aurèle. || 2. La régularité veut qu'avec et on ne change pas de construction et qu'on ne dise pas par exemple : Saint-Louis aimait la justice et à chanter à la chapelle. Cette règle n'est pas de rigueur, du moins avec la conjonction que ; et les exemples suivants sont très-bons. Pour moi qu'en santé même un autre monde étonne, Qui crois l'âme immortelle

et que c'est Dieu qui tonne, boil. Sat. i. Vousmême de vos soins craignez la récompense. Et que dans votre sein ce serpent élevé Ne vous punisse un jour de l'avoir conservé, rac. .^ndr. i, 2. || 3. La versification regarde comme un hiatus la rencontre de et devant une voyelle et la rejette; ce qui est une très-grande gêne. Pourtant celte rencontre n'a rien de dur à l'oreille, et les poêles auraient bien dû suivre l'exemple de Régnier, qui met sans scrupule t( devant une voyelle. Il va comme un banquier en carrosse et en housse, bégnirr , Sat. u. [Il] Peut autant qu'autre prince et a trop de moyen, ID. ib. m. La Fontaine aussi en a des exemples : La juge prétendait qu'à tort et à travers On ne saurait manquer condamnant un pervers, Fabl. ii, 3. Il 4. Dans des membres de phrase mis en correspondance par des adverbes comparatifs , on ne met pas et devant le second : Plus je le vois, plus je l'aime. Et n'est de mi.se que quand, au lieu d'une seule proposition il y en a plusieurs: Plus je le vois et plus je le fréquente, plus je l'aime. Cependant la suppression de l'et n'est pas d'absolue rigueur, et dans des phrases de ce genre il s'emploie souvent par pléonasme : Plii.s je vous envisage, Et moins je me remets, monsieur, votre visage, Hkc. Plaid, u, 4. || 5. Les grammairiens donnent pour règle de mettre ni, non pas et, dans les propositions négatives, et cl, non pas ni, dans les propositions affirnialives; et ils blâment les auteurs qui ne se sont pas conformés à cette règle. Elle est sans doute bonne à suivre en général; pourtant, comme le remarque M. Lemaire , il n'y a là rien d'absolu, et c'est la pensée qui doit dominer l'expression. Ainsi, cette phrase de la Bruyère : Il n'est rien que les hommes aiment mieux et qu'ils ménagent moins que leur propre vie, ch. xi, vaut mieux avec et qu'avec ni, demandé par quelques grammairiens. En conlre-partie, ce passage de Boileau : Défendit qu'un vers faible y pût jamais entrer. Ni qu'un mot déjà mis osât s'y remontrer. Art p. u, est critiqué, et l'on veut substituer et à ni , sous prétexte que la phrase est affirmative; mais, avec des verbes à signification négative, la disjonctiveni répond mieux à la pensée. ||6* Et, au XVII* siècle, se mettait souvent où nous mettons ehi Et bien !

— HIST. II* s. Pro Deo amur et pro Christian po- Mo, Serment. Il I* s. E si distrent [et ils dirent ainsi], Fragm. de Valenc. p. 467. || xi* s. Il en apelet e ses diix e ses contes, Ch. de Roi. u. || xii* s. Sis [si les] acouplons deux et deux as chevaus, Hotu;. p. i60. Il XIII* s. Dame, ce respont Berte, et je les amerai,

Berte, vu Si tost qu'il eut lavé [qu'il se fut lavé].

Et no François en ont le messagier mené, ib. lxvii. Aardoir [elle] fut jugée, et par droit jugement [et ce fut justice], ib. xcv. || ïv*s. Je ne visoncquesdeux meilleures dames ni de plus noble condition, ni ne verrai jamais, et vesquisse mille ans, froiss. ii,iu, 32. Nostre maislre et bienfaiteur et prince digne, comm. Prol. La plupart des gens taschent à leur complaire [aux princes] et à leurs complexions et conditions, id. ib. \\ xvi" s. L'Escriture a couslume de leur reprocher qu'ils ont cœur et cœur, c'est à dire le cœur double, calv. Instil. t032. Us ne doivent pourtant faire escarmouche, et [ni] n'entreprendre d'y mettre ordre, m. ib. )2)0. Puisque vous le voulez, et moi aussi [je le veux bien], dit Longarine, marg. JVouv. lviii. Sans contention et [ni] artifice, mont. Au lut. p. xi. Mes défauts s'y liront au vif, et ma forme naîfve, id. ib. Aprez qu'il se fust rendu etsatrouppe, id. i, 26. Etquoy! s'il t'eust commandé de mettre le feu en nos temples? id. i, 213. Nous osons à cette heure et parler et escrire, id. II, 42. Adono se prirent les Athéniens à luy dire tout hault : « Et que n'y vas tu donc toy mesme'?» AMYOT, Nicias, 12. Le et caetera des notaires ne sert qu'à ce qui est de l'ordinaire des contrais , loy-

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