‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 175 sur 388 · SEL · texte numérisé non relu

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— ÉTYM. Provenç. et ; espagn. et ital. e ; du latin et; grec, te.

ÉTABLAGE (é-ta-b!a-j') , s. m. Ce qu'on paye pour la place d'un cheval, d'un bœuf, etc. dans une étable, une écurie. || Terme de charron. Entre-deux des limonières d'un avant-train ou d'une charrette.

— HIST. ivi* s. Ceste chose ne vaut pas l'establage [est de peu de valeur] , ocdin, Dict.

— ÉTYM. Étable 1.

t. ÉTABLE (é-ta-bl'), s. f. || 1* Logement où l'on met les bestiaux. Étable à porcs, à brebis, et, plus particulièrement, dans le langage ordinaire, logement du bœuf. Parmi ces gens, un gros valet d'étal)le, Régnier, Sat. x. Christ, qui fut homme et Dieu, naquit dans une étable, rotr. St Genest, U,

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». Sa poitrine commence t s'attaquer, et le premier remède que je lui prescrirai» ierait de passer huit mois dans une éUlJe k vaches, oenlis, Veilléet du eMt. t. 1, p. 28, dans pougens. || Terme de mythologie. Les étable» d'Augias, établos si encombrées de fumier que ce fut un des travaux d'Hercule do lei nettoyer; et fig. lieui très-sales, et aussi affaires embrouillées et malhonnêtes. |{ Fig. Il leur faut une étable à part, se dit de gens hargneux. || 2° Terme d'astronomie. Petite constellation située au cœur du Cancer.

— HIST. xiu* s. Car à tart comence à fermer S'estable cil qui a perdu Son cheval.... Lai du trot. Car se je reconnois devant justice que j'ai le ceval d'aucun en m'estable, je dois estre tantost contrains au rendre, beaum. xxxvii, 2. || xv* s. Conseil I repondit l'archevêque ; beau nepveu, c'est trop tard; vous voulez clore l'estabte quand le clieval est perdu, FK0IS.S. Il, m, tt. Il XVI* s. Il n'est point convenable que le sanctuaire auquel il habite, soit infecté d'ordure comme un estable, calv. Inslit. 6.16. X ce.ste heure un enfant ne sçauroit estre huit jours marié qu'il ne vueille incontinent faire estable à part, LANGUE, 46. Il ne faut point se dcsmembrer de la société civile, et faire un estable et vie à part pour mieux vaquer [à la contemplation], m. 642. X.à jettera on les fumiers à mesure qu'on les sortira des estables, o. deserres, 2t. On juge un cheval non seulement à le veoir manier sur une carrière, mais encore àluy veoir aller le pas, voire et à le veoir en repos àl'esiable, momt. i, »76.

— ËTYM. Picard, elaie, etave , elaule; Berry, itouU, étauU; wallon, stdf; provenç. estable, s. m.; espagn. establo ; du lat. ttabulum, de stare, être filé (voy. ester). ^Ia61< se disait de l'écurie ; au XVI* siècle, on le faisait souvent masculin.

S. ÉTABLE (é-ta-bl'), t. m. Terme de marine. Continuation de la quille d'un vaisseau depuis l'endroit où elle commence à se courber. || S'aborder de franc étable, se dit de deux galères ou vaisseaux qui s'approchent en droiture pour s'enfoncer par leurs éperons.

— ËTYM. Anglo-sax. stefn; isl. tttfen; danois, stav; allem. Stab, bâton. L'J s'est introduite dans le mot probablement par assimilation avec étable 4 .

ËTABLË, ÉE (é-ta-blé, blée), part, passé. Des bœufs établés à l'aise.

ËTABLER (é-ta-blé), ». O. Loger dans une étable, une écurie. Ëtabler des moutons.

— HIST. XI* s. Les di7. muiez fit Charles establer, Ch. de Roi. xi. || xm* s. Quant 11 ceval estahié sont, Fuerre et avaine à plenté ont, FI. et Bl. 4 241.

Il XV* s La ville fut si nettement arse que 11 ne

demoura oncques pour establer ni loger un cheval, FROISS. II, in, •».

— ËTYM. Lat. ttabulare, de ttabulum, établs.

4. ÉTABLI, lE (é-ta-bli, blie), part, poiie d'établir. || 1* Fixé et assis. Des fondements bien établis. Il Par extension. On ne reste point toute la journée établi sur une chaise, on se livre 1 des jeux d'exercice, on va, on vient, J. i. Rouss. Lett. dd'Alemb. Imaginez-vous qu'elle est établie dans ma chambre, et qu'elle m'attend pourme prêcher, gknlis, Tliédt. d'éduc. Dangers du monde, in, 6. || Fig. Afin que votre foi ne soit pas établie sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu, saci. Bible, St Paul, i"ép. aux Cor. il, 6. Sur tant de fondements sa puissance établie Par vous-même aujourd'hui ne peut être affaiblie, rac. Brit.m, 3. Sur d'éclatants succès ma puissance établie A fait jusqu'aux deux mers respecter Athalie, ID. Ath. ii, 6. Il Le gouvernement établi, le gouvernement qui, au moment où l'on parle, a le pouvoir. || i' Institué. Obéir aux puissances établies. Qu'il devait l'ordre et la protection à ce peuple , qu'étant établi pour le gouverner, il l'était aussi pour le secourir, et que la vie ne lui était pas plus précieuse que son devoir, FLËCH. duc de Uontausier. On aime à établir ailleurs ce qu'on trouve établi chez soi, hontesq. Esp. xix, S7. Il 8* Reçu, admis. Une croyance établie dans les esprits. Selon toutes les apparences, la pensée du poison était établie dans son esprit [de Madame]; et, voyant que les remèdes avaient été inutiles, elle ne songeait plus à la vie. M— delà faïette, llist. llenr.d'Ang. (JlMires, t. m, p. ni, dans pouoens. Le témoignage de ceux qui croient une chose déjà établie n'a point de force pour l'appuyer; mais le témoignage de ceux qui ne la croient pas a de la force pour la détruire, fonten. Oracles, i, 8. Il est généralement établi chez ces peuples que les occupations sédentaires ne conviennent qu'aux femmes, BAYNAL, Hisl. phil. XIII, <o, Il ÉUnt établi que, admettant que, la persuasion étant que.... Ils |les

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Romains] avaient porté les choses au point que les peuples étaient leurs sujets; étant établi que c'était assez d'avoir out parler d'eux pour devoir leur être soumis, HONTESQ. Bom. a. || i* Posé comme démontré. Des principes établis par une solide argumentation. Il Question bien, mal établie, question dont le sens est exactement, inexactement déterminé. Les questions bien établies lont des questions résolues, condill. Œuvres, t. m, p. 2S, dans POCGENS. Il 6* Qui a du crédit, de la faveur. Etre établi k la cour. Vous êtes trop bien établi dans mon cœur, lesage, Turcaret, m, e, || Il se dit aussi de choses qui ont du crédit. Une réputation bien étalilie. La vérité est si obscurcie en ce temps et le le mensonge si établi que..., pasc. dans cousm. Il 6° Qui a une position fixe dans la société, une profession, un métier. Je suis jeune, établi, j'ai quelque rang, du bien, dancoubt, Mme Artus, i, 3. Il n'est pas permis [en Russie] k un bourgeois établi de passer dans un cloître, volt. Charles III, t. Il Marié. U est tout naturel, lorsque l'on est jolie, Jeune, de souhaiter de se voir établie, collih d'hableville, Optimiste, iv, B.

2. ÉTABLI (é-ta-bli), s. m. Sorte de table longue, étroite et épaisse sur laquelle les menuisiers, les serruriers, etc, fixent les pièces auxquelles ils travaillent. Il Table haute sur laquelle les tailleurs travaillent, les jambes croisées.

— HIST. xm* s. Nus menesterieus du mestier dessus dit [tailleur] ne puet lever establie de ci donc que U mestre qui gardent le mestier aient veu et regardé s'il est ouvriers soufisant de coudre et de taiUier, Liv. des mit. t*2. || xvi* s. Ils feirent un amas de bois autour de ce corps, des tables, bancs, establis et barrières qu'ilz alloient arracher çà et là par la place, aktot, César, 87,

— ËTYM. Établi t.

ÉTABLIR (é-u-blir), v. a. || 1* Asseoir et fixer une chose en quelque endroit, l'y rendre stable. Etablir les fondements d'un édifice. || Fig. Etablir sa réputation, sa renommée, ô malheureuse fille, Sur qui j'établissais l'espoir de ma famille, rotrod, Antig. iv, 2. Quelque temps devant la dernière désolation de Jérusalem, Solon, l'un des sept sages, donnait des lois aux Athéniens, et établissait la liberté sur la justice, boss. Hist. i, 7. Achevons son repos pour établir le mien, rac. Alex, m, 7. Hélas I nous espérions... Que sur toute tribu, sur toute nation, L'un d'eux établirait sa domination, id. Athal. I, 4. Non, vous avez trop bien établi ma disgrâce, id. Brit. m, B. || Bien établir sa fortune, son crédit, les rendre assez solides pour qu'il ne soit pas facile d'y porter atteinte. || Absolument. La violence abat, la douceur établit. ||2* Installer, placer, mettre. On établit des boutiques sur le champ de foire. Etablir un camp. Etablir une machine, la construire et la mettre en état de fonctionner. Il Fonder. Etablir une imprimerie, une fabrique. Il Pratiquer, disposer. Etablir des étapes sur une route, une croisière devant un port, une correspondance entre deux villes, une communication entre deux points. || 8* Mettre à demeure eii un certain lieu. Les Phocéens établirent dans la Gaule une colonie qu'ils nommèrent Marseille. Psammétique, qui devait son salut aux Ioniens et aux Cariens, les éublit dans l'Egypte, fermée jusqu'alors aux étrangers, boss. Hist. i, 7. || Mettre en un logement. Dans un an j'ouvrirai la porta condamnée , et je l'établirai dans son nouvel appartement, gen- Lis, Ad. et Théod. t. m, p. 202, dans pougens. Il II se dit scmblablement des choses. Etablir sa demeure en un certain endroit. Constantin établit le siège de l'empire à Constantinople. |{ 4° En termes de guerre, poster d'une façon stable. Il établit son aile droite sur un bon terrain. || 6* Instituer, pourvoir d'une fonction. U établit des juges d'une probité reconnue. Établir un magistrat dan» une charge. || Être établi juge de certaines affaires, en être constitué juge. || S'établir une espèce de juridiction, d'empire, etc. se faire une espèce de juridiction, d'empire. || On le dit de même des choses. Etablir un gouvernement, une administration, un péage. La loi qui établit cette nouvelle magistrature fut appelée la loi sacrée, et ce fut U que commencèrent les tribuns du peuple, boss. Hist. 1, 8. Les rois furent bannis [de Rome], et l'empire consulaire fut établi suivant les projets de Servius Tullius, ID. ib. Servius Tullius, successeur de Tarquin, établit le cens ou le dénombrement des citoyens distribués en certaines classes, par où cette grande Tille [Rome] se trouva réglée comme une famille particulière, lu. 1, 7. ||6* Mettre dans un état, dans un emploi avantageux, dans une conditioa fii*. Il t

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bien établi tous ses enfants. Je n'en parle pas dans mon intérêt; car, Dieu merci, j'ai déjà établi mes petites affaires, hol. Vàmour médecin, m, 4. Il est vrai qu'il a établi sa famille, s£v. M<. || Etablir un jeune homme, lui procurer un établissement, une profession, un métier. || Etablir une fille, là marier. || 7* Mettre en crédit, en faveur. Ses alliances j'é ablirent i la cour. Ce livre l'a bien établi dans 1 opinion publique. ||8* Il se dit en pai^ lant des doctrines, des lois, des devoir», etc. Etablir la foi chez les infidèles. Établir l'ordre. Home, toujours ennemie du christianisme, fil un dernier effort pour l'éteindre et acheva de l'établir, boss. Hiât. I, <o. Nous lui avons vu dire, du commua consentement de tout le parti, que la supériorité du pape était un grand bien pour l'Eglise, qu'il U faudrait établir si elle n'était pas établie, ID. Yar. xm, § «. Il On a établi que, c'est-à-dire c'est une coutume reçue que.... On a sagement établi que ceux qui ont un commandement un peu étendu ne soient attachés à aucun corps de milice, uontesq. Esp. v, 4«. Il 8° Démontrer. Etablir une vérité, une proposition de géométrie. Etablir des principes, les poser. Établir un fait, l'exposer avec ses preuves. La raison sur laquelle il établit sa pensée, pasc. Pror. ♦. Ils [les incrédules] n'ont rien ; ils n'entendent rien; ils n'ont pas même de quoi établir le néant auquel ils espèrent après cette vie; et ce misérable partage ne leur est pas assuré, boss. Anne de Oon%, Moi-même du forfait j'établirai la preuve, M. ;. cattt. Tib. III, 3. Il Établir l'état de la question, la question, bien faire comprendre de quoi il s'agit. Il Etablir un compte, la balance d'un compte, faire un état de ce qui est dû. || 10* Terme de construction. Etablir les bois, faire une marque sur les bois, à l'endroit où doit se donner le trait de Kie, afin de guider l'ouvrier qui doit les débiter. On dit de même établir les pierres. || Etablir une armoire, une bibliothèque, la faire. || En imprimerie, établir tant de feuilles sur un ouvrage. || 11* Terme de marine. Etablir une voile, la déployer, l'orienter. Il Etablir un navire, en disposer convenablement toutes les parties pour la marche ou pour la station. Il 11* S'établir, v. ri/l. Fixer sa demeure er un lieu. Ils se sont établis en province. Une partie de ces peuples que Josué chassa de leur terre s'établirent en Afrique , boss. Hisl. u 3 De quel droit les Français, portant partout leurs pas. Se sont-ils établis dans nos riches climats J volt. Tancr. i, <. || Fig. Etablissez-vous dans la charité ; c'est le seul moyen de trouver la vérité, uass. Myst. Incarnat. || 13° Prendre plaça k demeure pour un temps plus ou moins long. U s'est établi dan» mon cabinet. U s'établit sans façon au coin du feu. Le roi vint s'établir auprès d'elle et lui prodigua les plus tendres soins, geiilis, Mme de Maintenon, t 11, p. 23S, dans POUOENS. Deux officiers s'étaient établis dans un des bâtiments du Kremlin; de là leui vue pouvait embrasser le nord et l'ouest de la ville vers minuit une clarté extraordinaire les réveilla. séour, Hist. de Napol. viii, e. || 14* S'affermir. Et , sous un faux espoir de nous mieux établir, Ce renfoil accepté pourrait nous affaiblir, coan. Sert. 1 , 2. Pendant qu'Asaraddon et les Assyriens s'établissaient si puissamment dans la grande Asie, les Hèdes commençaient aussi k se rendre considérables, BOSS. Hisl. i, 7. Il Prendre position. L'ennemi s'établit solidement sur la rive gauche du fleuve. Le soir, ils [les Russes] s'établissaient de bonne heure dans une bonne position, ne laissant sous les armes que les troupes absolument néces.'.aires pour la défendre, tandis que le reste se reposait et dormait, SÉGUR. Hist.de Napol. vu, 2. || 16* Gagner faveur, confiance. C'est sa destinée de se perdre dans votre esprit, en croyant toujours s'y établir, OENLIS, Thidt. d'éduc. Méchant par air, iv, 4. Il 16* Sa faire un état, une position. N'avoir pas de quoi s'établir conrenablement dans le monde. Pour s'établir dans la monde, on fait tout ce qu'on peut pour y paraître étabh, la bochep. Jfox. se. il Se marier. Vous êtes trop jeune pour vous établir. Je cherche à me venger, vous, k vous établir, CORN. Sert. V, I. Il 17* S'instituer, se considérer comme. S'établir juge des actes d'autruL Il 18* Etre établi. Cette idée s'est éublie sur toute la terre. Eipression qui aura peine k s'établir. Puisque toutes ces choses s'établissent par la volonté des hommes et qu'elles sont le sujet ordinaire sur lequel ils exercent leur liberté, boss. Libre arb. 3. Un compte s'établit entre les deux colonies, batnal, Hist. phil. XIV, .10. Il Impersonnellement. Il s'établissait peu k peu parmi eux l'opinion que.... Il s'établit dès ce jour entre eux U liaison U plus intimf

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et en appatence la plus philosophique, MARMonTEL, Cont. moraux, Scrup. || 19° Terme de mer. S'établir, s'afTourcher pour séjourner sur une rade.

— HIST. XI* s. Naimes li dux puis establist la quarte [la quatrième troupe], Ch. de Roi. ccxvii. Il m' s. X bataille establie, Ronc. p. 28. Tele leis volt li reis en sun règne e.stablir, Th. le mart. 67. Il XIII' s. Puis en fut la pais si et faite et establie, Berte, O. X cest conseil [ils] se tiennent, ainsi fu establis, ib. Lxxv. [Une chapelle] Que hermite jadis y orent establie, ib. cix. Sunt en terre establi li juge Por estre deffense et refuge X cel cui li monde forfet, la Rose, 6483. Les cozes qui sont establies à Diu servir, si ne doivent en nule manière estre mises hors de mains à cix [ceux] qui «ont establi à fere le service noslre Segneur, beaum. xn, 47. Chi [ici] commence li quars capitres qui parole des procureurs et des establis pour autrui, ID. 76. Le roy et le conte d'Anjou, qui puis fu roy de Cécile, furent establiz à garder l'ost par devers Babiloine, jomv. 2î2. || xiv s. Le juge est comme droit animé et vivant et establi pour fais selon les lois et non pas selon son opinion, obesme, Elh. 4»i. Il XVI' s. Avoir un but estably, mont, i, 32.

— ÈTYM. Provenç. establir, stablir ; espagn. eslablerer; ils,], stabiiire; du latin fictif *lab«7eïcere, de stabilire, de stahilit, stable (voy. ce mot).

ÉTABLISSEMENT (é-ta-l>li-se-man), ». m.|| !• Action d'établir, d'instiiuer, de fonder. L'établissement d'une fabrique, d'un tribunal. Il n'y a rien de plus absurde que de dire qu'il [Dieu] ne se mêle point du gouvernement des peuples, de l'établissement ni de la ruine des États, boss. Lib. arb. 3. L'établissement de Cartilage est attribué à Elissa, princesse tyrienne, plus connue sous le nom de Didon, BOLUN, Hist. ane. Œuvres, 1. 1, p. 333, dans pouGENs. Il Par extension. L'établisiement d'une doctrine. L'établissement du christi»aisme. 11 doit à cet ouvrage l'établissement de sa réputation. || 2' Résultat de l'action d'établir; la chose même qui est

établie Tout établissement Vient tard et dure

peu, LA FONT. Fabl. xi, 8. L'établissement de Carthagedans son pays était moins solide que celui de Rome dans le sien, montesq. Rom. 4. || Fondation d'un ordre social ou politique. Etablissement politique, religieux. L'établissement impérial, en parlant de l'empire romain. || 8° Lieu où une personne fixe sa résidence, le siège de ses affaires. || Fraisd'élablissement, frais qu'on fait pour s'intaller en un lieu, en une profession. || Familièrement. Faire son établissement, s'arranger quelque part pour y rester à demeure. Ahl voici nos sacs; allons, faisons notre établissement, genlis, Thédt. d'éduc. Dangers du monde, m, 3. ||4' Il se dit dans un sens analogue de colonies qui se fixent en une contrée. Environ deux siècles après la guerre de Troie, une colonie de ces Ioniens fit un établissement sur les côtes de l'Asie, dont elle avait chassé les anciens habitants, BARTHÉLÉMY, Anach. ch. 72. Il II se dit aussi du pied que prennent en une contrée une nation, un prince, un gouvernement. L'établissement des Européens dans les Indes. Mérovée y fit [dans les Gaules] un plus solide établissement, BOSs. Hist. i, it.ULe lieu même occupé, avec ses dépendances. Les établissements des Anglais dans l'Inde. |{ 6° Ce qui sert essentiellement à l'exercice d'une profession, d'un métier. L'atelier d'un menuisier est son établissement. Il 6' Se dit de toute espèce de fonds de commerce, quelle qu'en soit l'importance. || 7° Terme de guerre. Action de se poster. L'établissement de l'ennemi sur un point qui menaçait nos communications. Il L'établissement des quartiers, la distribution des troupes dans les cantonnements. ||8' Emploi, charge, ou avoir qui fait que l'on est établi dans la société. Il lui fit un grand établissement malgré la jalousie des satrapes, boss. Hist. i, 8. C'est un hymen qui fait votre établissement, mol. Femm. sav. m, 6. Fallait-il appuyer une prétention raisonnable,... procurer un petit établissement? elle était toujours prête, fléch. Mme de Montausier. Il [Mazarin] lui fit épouser Hortense, la plus belle de ses nièces, et disposa, en sa faveur, de tous les établissements qui dépendaient du roi, de la même manière qu'il disposait de son propre bien, m"*de la FAYETTE, Hist. d'Henr. d'Àiiglet. Œuvres, t. m , p. 73 , dans POUGENS. Pour élever mes enfants dans les sciences qui feront unjour leur établissement, la BROY. X. Ils osent honorer le mérite dénué de grands établissements, id. viii. Chacun se souvient assez de tout ce que son établissement lui a coûté k faire, ainsi que des discours qui lui en ont frayé le chemin, ID. ib. Il y a un sentiment de servitude à courir pour son établissement, id. iv. Il ne doit point vou-

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loir donner à son élève un établissement au-dessus de son rang, j. j. rouss. Ém. y. || Action de procurer emploi, charge ou avoir. Il s'est donné beaucoup de peine pour l'établissement de ses enfanis. || Mariage. Et je cours sans regret à mon bannissement, Puisque j'en vois sortir ton étal)lissement, corn. Médie, m, 3. Ma fille désormais ne peut plus espérer d'établissement, lesage, Crispin rival de son maitre, se. (7. Il Ce père a été heureux dans l'établissement de ses filles, c'est-à-dire il les a bien mariées. Il 9' Exposé, preuve. L'établissement d'un fait, H'un droit. Il Terme de pratique. Établissement de propriété , analyse des titres en vertu desquels les parties contractantes possèdent un bien cédé. Il Partie des actes qui contient cette analyse. Il 10° Fondation faite en vue d'un service public. Les hôpitaux et autres établissements de charité. Les collèges, les pensions et autres établissements d'instruction publique. Mme de Maintenon alla se promener à un village ici auprès, où elle fait un établissement de charité (9 sept. 1685), dangeau, I, 2)9. Il [le cardinal de Fleury] donna tous ses soins à faire revivre, k mettre en exécution, ou à perfectionner les établissements utiles, mairan, Éloges, Card. de Fleury. Il se logea auprès du Jardin du roi, le seul établissement public où l'on enseignât alors à Paris ce qu'il désirait savoir [les sciences physiques], condorcet, Duhamel. Conserver les hommes, veiller sur leurs jours, écarter d'eux les horreurs de la misère, est une science si peu approfondie que même les établissements qu'ils semblent avoir faits pour remplir cet objet, produisent l'effet opposé, raynal, Hist. phil. xii, 4. || Établissement public, fondation civile ou religieuse qui a pour objet l'utilité matérielle ou morale du public, et qui est instituée ou reconnue par l'État. Il Établissements publics, édifices élevés aux frais du public et destinés à certains services; tels sont les églises, les hôpitaux, les musées, les casernes, etc. Il 11° Usine, siège d'exploitation industrielle. Cette fabrique est un bel établissement. || Établissements dangereux, ceux où l'on a à craindre des explosions; tels sont ceux où l'on fabrique la poudre. {| Établissements insalubres, ceux qui répandent des exhalaisons nuisibles. || Établissements incommodes, ceux qui répandent de mauvaises odeurs, ou qui font un bruit désagréable et persistant. || H° .s. m. plur. Les Établissements de saint Louis, recueil de coutumes fait sous ce roi. Qu'est-ce donc que cette compilation que nous avons sous le nom d'Etablissements de saint Louis? qu'est-ce que ce code obscur, confus et ambigu où l'on mêle sans cesse la jurisprudence française avec la loi romaine? montesq. Esp. xxvm, 38. Il 18° Terme de marine. L'établissement du port, ou l'établissement des marées, l'indication de l'heure de la haute mer, le jour de la nouvelle et de la pleine lune, dans un certain port. Il 14° Terme de charpenterie. Action de faire le choix du bois et d'en tracer les coupes et assemblages. Il S. m. plur. Marques des menuisiers pour distinguer une pièce d'avec une autre.

— HIST. xn' s. Li lai [les laïques] volent tenir lur establisement E lur us, si cum orent devant els lur parent, Th. le mart. 20. Lai [laisse] ester autrui dreit, ce qu'à autrui apent : Ne chalengier [disputer] à Deu sun establisement ; De Deu as poesté e tun corunement, tb.75. Leis, dreituresne jugemenz Ne autres establissemenz Ne tendront mais.... benoît, Chr. de Norm. 26683. || xiii' s. Li establissement que li rois font por le commun porfit doivent estre gardés par la porveance des baillis, beaum. 42. Précieuse chose et digne est de plorer le trespasseraent de ce saint prince, qui si saintement et loialement garda son royaume, et qui tant de bêles aumosnes y fist, et qui tant de biaus establissemens y mist, JOiNV. 303. Premièrement estalili un gênerai establissement sur les subjez par tout le royaume de France, id. 294. ||xv's. Et ne rompirent point leurs ordonnances ni l'establissement de leurs batailles jusques après prime, fboiss. i, i, 44.

— ÉTYM. Établissant ; espagn. establecemiento.

t ÉTACISME (é-ta-si-sm'j , s. m. Terme de grammaire grecque. Prononciation de l'êta grec comme un e ouvert, par opposition à itacisme, ou prononciation de l'êta comme un t, qui est celle des Grecs modernes.

— ÉTYM. 'IlTa, nom de l'u.

ÉTAGE (é-ta-j'), ». m. ||1° Proprement séjour, station. || Terme dedroit féodal. Lige étage, ou, simplement, étage, obligation des vassaux liges de résider un certain temps chez le seigneur, afin de le défendre. || 2* Par extension ëe l'idée de demeure, I espace entr« deux planchers, formant un ou plusieurs

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appartementsde plain-pied. Je me brisai hier d'une chute sur l'escalier, je roulai tout un étage, marivaux, le Legs, se. 14. || Maison à un étage, maison qui n'a que le rez-de-chaussée. || Le premier se dit de celui qui ?st au-<ie.ssus du rez-de-chaussée, et ainsi des autres. Elle fuit, et, de pleurs inondant son visage, Seule pour s'enfermer vole au cinquième étage, BOiL. Luir. ii. Le cardinal Dubois, arrivé comme lui [le cardinal de Fleury] au ministère suprême, et parti de bien plus loin, s'écriait souvent dans l'amertume de ses dégoûts : Je voudrais être à un cinquième étage avec une vieille servante et quinze cents livres de revenu, d'alemb. Art. du cardinal Dubois, Œuvres, t x, p. 97, dans pouoens. Lesto et joyeux je montais six étages; Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans ! bébang. Gren. || Communément on sous-entend le mot étage, et l'on dit le premier, le second, le troisième, etc. || Étage souterrain, les pièces en contre-bas du sol. || Etage carré, celui où il ne paraît aucune pente de comble, comme un attique. || Etage en galetas, étage pratiqué dans le comble. || 3° Par analogie, il se dit des choses disposées par rang les unes au-dessus des autres. Deux étages de redoutes. Il suffit que cet arbre ait un seul étage de bonnes racines, c'est-àdire qu'il y ait des racines sortant tout autour du pied, de sorte qu'il n'y en ait point de beaucoup plus hautes ni de beaucoup plus basses que les autres, LAQUINTINYE, t. I, dans RICHELET. Je coupais les cheveux du jeune homme par étages, et tout allait le mieux du monde, lesage, Estev. Gonzales, ch. ) . IIX double étage, à triple étage, se ditde ce qui présente deux, trois dispositions en étage. Une coiffure à triple étage. Il avait pris pour ce voyage Sa calotte de maroquin ; Et cette loupe à double étage Dont il ne vit jamais la fin. Ornait le haut de son visage, chau- LiEu, Éptt. de M. d'//omt7(on. Il Par extension, à triple étage, de haute taille. Sur l'animal à triple étage [un éléphant] Une sultane de renom. Son chien, son chat et sa guenon. Son perroquet, sa vieille et toute sa maison, .S'en allait en pèlerinage, LA FONT. Fabl. viii, 45. || Fig. C'est un fou, un sot à triple étage, il est fou, sot au dernier point. || 4° Il se dit des différents plans d'un terrain qui monte. Un étage de collines conduisait à la montagne. De colline en colline et d'étage en étage Les monts, dont le miroir fait onduler l'image, Descendent jusqu'au lit des mers, lamart. Harm, i, to. || 5° Dans le style badin, sillon qiii partage le menton chez les personnes très-grasses. Son menton sur son sein descend à double étage, boil. Lutr. i. Et ton menton, l'honneur de ton chapitre. Aura bientôt deux étages de moins, volt. Ép. vi. {| 6° Fig. Rang, condition. Ils [les dieux] descendent bien moins dans de si bas étages [le vulgaire] , Que dans l'âme des rois, leurs vivantes images, corn. Hor. m, 3. U tutoie en parlant ceux du plus haut étage, mol. Mis. II, 5. [Nature] que sa mortalité avait reléguée au plus bas étage de l'univers, boss. m, Annonc. 2. Et [de mauvais poêles] , fiers du haut étage où La Serre les loge. Avalent sans dégoût le plus grossier éloge, boil. Éptt. ix. Le duo de Biron, le marquis de Castries, et quelques autres du même étage composaient sa société, marmontel, Uém. iv. Il 7° Degré, espèce, genre. U y a des esprits de tout étage. Piller maison, brûler villages. Faire serments de tous étages, scarron, Virg. v. Monsieur, dans la faiblesse duquel il y avait bien des étages, hetz, m, )&3. Mon Dieu! que votre esprit est d'un étage bas! mol. Femm. sav. i, t. C'est un haut étage de vertu que cette pleine insensibilité où ils veulent faire monter notre âme, id. Préf. de Tart.

— HIST. XI' s. Il me suirat ad Ais à mon estage , Ch. de Roi. xiii. En un emplain [plaine] il ont pris lur estage [poste], ib. ccxxvi. ||xii' s. Lorsque [je] la vi, lui lai-ssai en hostage Mon cuer, qui puis i a fait lonc estage, Couci, xn. Demain les ferai pendre par dessus cest rivage. Ou saillir de la tour du plus hautain estage, Sax. xxvi. Si, come li murs monta et ces trois estiges par trible entravure devisa, si que l'entravure le temple traversa. Rois, 246. Une vis [escalier] par unt l'un muntat à l'estage meien et d'iluo al suverain [au plus haut], ib. p. 247. E se tu vols parler de mun povre lignage. Des citehains de Lundres fui nés en cel estage. Th. le mart. 87. {| xiii* s. Et n'i avoit si haute tour qu'il n'i feissent deus estages ou trois de fust pour plus haucier, villeh. ci. Par dessus monte une fontaine De ci qu'amont al tierc estage, FI. et Bl. «849. Il xv s. Un hault siège de l'estage [taille] d'un homme, Percefrest, t. ii, f° 39. || xvi' s. Quiconque a le sol appelle l'estage du rez de chaussée d'aucun héritage, il peut et doit avoir le dessus et deseou»

ETA

de «on «ol, Coust. génér. U i, p. <oo». Une vertu du plus haut eslage, mont, i, s^»-

— ÉTYM. lioiirRuig. élaige; wallon, oitige; prorenç. eslalge, eslage; aiic. calai, eslalge; ilal. s(aggio; d'une forme fictive ttalicum (ce que prouvent le tg du provençal et le gg de l'italien, qui répondent au latin altcu»), de tiare, être debout, être fixe {voy. ester). Eslage signifiait étage, station debout, résidence, posiiion, rang (vny. staoe).

ÉTAGE, ÉE (é-ta-jé, jée), part, passé. \\ 1° Uiingé en étage. Trois villes étagées, Galala, Conslantinople et Scutari, chatkaub. Itm. ii, 60. Que la ville étagée en long amphithéâtre.... v. Huoo, Feuillet d'aut. 2. Il i' Terme d'histoire naturelle. Superposé suivant un certain ordre. Le blé.... reçoit du ciel dans ses feuilles étagées de longs filets d'eau, bebn. DE ST-piEtiRE, Ilarm. i, Tabl. génér. || I.a queue des oiseaux est étagée, lorsque les plumes arrivent à des longueurs dilTérenles, conimu dans les perruches, les aras, les faisans.

+ ÉTAGEMENT (é-la-je-man), t. m. Disposition de ce qui est étage.

ÉTAGKR (é-ta-jé. Le g prend un e devant o ou o ; j'étageais, nous éingeons), «. a. Dispo.ser, tailler par étages. Il lui faut étager les cheveux. || Terme militaire. Êlager des redoutes, disposer des redoutes les unes au-dessus des autres. || S'étager, v. réft. Être rangé comme en étage. Les maisons s'étagent sur la colline. Les troupes s'étageaient sur la hauteur.

— HIST. XVI* s L'aage trompeur malheureux.

Oui vient sur l'homme se pancher, Tourne la roue et la vie. Or l'estageant au plus hault mal, Or l'abaissant au profond val El la plus ténébreuse envie, LOYS LE CARON. Poésiet, f 49, dans lacurne.

— ÉTYM. Élage.

+ ÉTAGÈRE (é-ta-jê-r'), t. f. || 1° Dres.soir, meuble composé de tablettes disposées par étages.|| 2" Une tablette dans un dressoir, dans une bibliothèque. Il 3' Petit meuble ayant des planches superposées horizontalement, sur lesquelles on pose certains objets dont on se sert journellement, ou bien de jolies choses comme bijoux, objets d'art, petites porcelaines. Il 4° Élévation graduée sur laquelle on range les briques et les tuiles.

— ÊTVM. Élager.

ÉTAI (é-tè), s. m. Il !• Forte pièce de bois qu'on emploie pour soutenir un mur qui menace ruine, une construction qu'on reprend en sous-œuvre. Mettre un étai, des étais. || Terme de blason. Voy. ÉTAiE. Il Fig. L'émission d'assignats, en même temps qu'elle est un étai moral et infaillible de notre révolution.... mirabeao, Colleelinn, t. iv, p. 67. Il i' Terme de marine. Gros cordage qui sert à soutenir les mâts d'un navire contre les efforts qui pourraient tendre à les renverser de l'arrière vers l'avant. || Faux étai , cordage qu'on ajoute sur les mâts majeurs et sur ceux de hune, pour doubler et soutenir l'effort d'un étai.

— mST. XV* s. Nous savons bien que nous vous avons si estreints et si menés que nous vous aurons quand nous voudrons; car votre forteresse ne git que sur estais [elle était minéej, fboiss. i, i, 242.

— Etym. Espagn. estay; du flamand staede, staye, appui.

t ÉTAIE (é-tê), t. f. Terme de blason. Chevron qui n'a que la moitié de la largeur ordinaire. Il porte d'or à rélaie de gueule.

— ÉTYM. C'est la forme féminine de élai.

t ÉTAILLISSAGE ( è-ta-lli-sa-j', J( mouillées), ». m. Terme rural. Action de couper les pousses les plus faibles d'un taillis pour faire profiter les autres.

- ÉTYM. É pour es.... préfixe, et laillis. ËTAIM (é-tin), ». m. Sorte de longue laine qu'on

a fait passer par un peigne ou grande carde. Lorsque cette laine a été filée et qu'elle est bien torse, on lui donne le nom de fil d'étaim.

— HIST. XIII* s. X Paris j'cmportoie chaume, busche et estain, Berte, lxxiii. || xvi* s. Et ne sauroit on dire qu'il se soit emeu jamais débat en une maison entre le mari et la femme à raison de la trame et de Testai m, auyot. Que la venu te peut apprendre, 2.

— ÉTYM. Lat. tiamen (voy. estame).

ËTAlN(é-lin), ». m. Métal d'un blanc grisâtre,

plus dur mais moins pesant que le plomb, ductile et oxydable, pesant 7î») , et faisant entendre un petit craquement nommé cri de l'élain, quand on le plie en différents sens. Vaisselle d'étain. Cuiller d'étain. I.'étain dans ce temps [du temps de nos pères] brillait sur les tables et sur les bufîets, comme le fer et le cuivredans les foyers; l'argent et l'or étaient dans les coffres, la brut. vu. || L'étain en petit cba-

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peau, l'étain le plus estimé (ainsi dit de sa forme, et qui venait du Pérou); l'étain en rature, ou rature d'étain, ëtain neuf sans alliage, en petites bandes très-minces, Dict. des arltel m. Potier d'étain. Ce .sont d'anciennes dénominations. Il Ëtain de glace, ancien nom du bismulb. || Potée d'étain, deuloiyde d'étain. j| Ëtain oxydé, un des noms de la cassitérite.

— liiST. xia* 8. Il lor convint mettre jusques as calices, et caiiterent lonc tans en calisces d'estain, Chr. deRains, \k te. Droiz dit que tels boni ne doit vivre, Qu'on voit pour femme fol et ivre. Tant qu'il fait de son or estain. Clerc de Fbudrat. || xiv* s. Vaisselle d'estain : dix douzaines d'escuelles, six douzaines de petits plas, Ménagier, ii, 4. || xv* s. Mars pour le fer, et pour l'estaiu Entendons Jupiter le sain, LA PONT. 4(7.

— ÉTYM. Provenç. ettaing, eilanh; espagn. eslano; ital. stayno; du latin stagnum, supposé àcôté de tiannum, en raison de tiagneut, stagnatus, qui appartient à l'étain; tiagnum répond seul aux mots romans (stannum aurait donné »lanno).

£:rAL (étal), ». m. ||1* Anciennement, table sur laquelle un marchand met en vente sa marchandise. ....De faire con.struire et édifier.... balle, bancs, étaux et autres choses néces.saires pour loger les marchands et leurs marchandises, Leit. pal. juill. I6IU. Il 2* Aujourd'hui, en un sens particulier, sorte de table sur laquelle les bouchers débitent les viandes. || Itoutique de boucher. Ce boucher a plusieurs étaux. || 3* i'erme de pèche. Table sur laquelle travaillent les décolleurs et les trancbeurs de morue.

— HIST. XI" s. Nous remaindron en Testai [debout] en la place. — Pour vostre amour ici prendrai estai [position] , Ch. de Roi. clvii. || xii* s. Les deux piez [il] joint, si saut en son estai [sur son siège, sa selle], Ronc. p. (44. Dune s'en revont al rei cil dui riche vassal; E li sainz arcevesques parti de son estai. Th. le mart. 4B. Li prélat deivent estre li plus espirital: Ne deivent chanceler pur rien de lur estai; i6. 7t. Là où parlout [parlait] al rei saint Thomas à cheval; De quisse en quisse sist, sovent cbangot estai [changeait de position]. L'une quisse en la selle e l'altre contreval, ib. 414. || xm* s. Car aussi corn quant est 11 pors [sanglier] Kschauffés des chiens par effors, Et il à tous estai leur livre. Tant que les pluiseurs à mort livre, Bl. et Jeli. 43co. Li talemelier [boulangers] puent au dimanche porter leur pain en leur corbeillons, et porter leur estai ou buffez ou tables, por tant que li estaus ne soit plus loncs que de cinq pies, Liv. des met. te. Quant aucuns bons qui vent denrées à estai ou à taverne, BEAUM. XL, 21. Etcil k cui fu Commandé, As estaus delbourc sont aie; Chars [chairs] i acatent [achètent] des plus cieres [chères], FI. et Bl. 4 24.). || xiv* s. Et ainsi est apporté le corps du beuf à Testai, Ménagier, II, B. Il XV* s. Ils se retrairent, et U rendirent estai [tinrent bon] tous les chevaliers, combattant jusques à tant que leurs gens furent entrés à sauveié, froiss. i, i, <77. Il fut appointé qu'il iroii Devant l'estald'ung rôtisseur, El de iachair march^mderoit, VILLON, Repues franchct. || xvi's. La veille de Pasques il y a un marché de lard à Paris, qui se tient au parvis Nostre-Dame, où tous les maislres cliaircutlers de Paris y ont des estaux, o. de serbes,

— ÉTYM. Bourguig. e(au; wall. îfa; provenç. cital, estau, place, séjour; anc. espagn. estnlo; portug. estâo; ital. ttallo ; de Tanc. Iiaut-allem. slal, lieu clos et couvert; aiigl. »(aU, établi; boll. stael. Comparez Tallem. slelien, placer, et le grec ocëXîieiv, disposer.

ÉTALAGE (é-ta-la-j"), t. m. || 1* Exposition de marchandises; les marchandises étalées. L'étalage d'un marchand. Sans néanmoins qu'ils puissent avoir des cuisiniers chez eux, étalage de viandes, loger, ni tenir chambres garnies, l)écl. du roi, 29 nov. 4680. Il Par extension ....On vit un étalage De corps sanglants et de carnage, la font. Fahl. XI, 3. Il a* Droit d'étaler. Payer l'étalage. || 3* Fig. et familièrement, grande toilette. Quel luiel quel éialage! Le voil& bien paré! ma foi, c'est grand dommage Que vous ayez ici perdu votre étal ige I GREssET, Méch. IV, 6. Si mes paons de leur beau plumage He font admirer les couleurs, Je crois voir nos jeunes seigneurs Avec leur brillantétalaKe, volt. Ép. 407. Il 4* Montre, faite avec ostentation, de ce qu'on est ou de ce qu'on a. Os emplois singuliers qu'on se choisit soi-même Doivent fuir avec soin de paraître au dehors; L'étalage les perd... corn. Imit.i, 4 8. S'en tenant à cet étalage d'éloquence, HAMiLT. Gramm. ». Tout est écrit d'un style simple et concis, dont toutes les paroles signifient, et qui n'a

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pour but que l'instruction sans étalage, roirmi, Huysch. Je sais ce que vous m'allez dire, la Grèce, l'Asie, la Perse, tout cela est d'un bel étalage, ID. Alex. etPhryné. Les Esséniens étaient vertueux pour eux-mêmes; ils ne faisaient aucun étalage, volt. Phil. III, 44S. Quand j'aurai tout dit, j'aurai fait l'étalage d'un vrai pédant, J. j. boubs. Ém. m. Tout cet étalage de fierté et de nobb-sse dans la procédé, n'était donc qu'une vaine démonstiation, MARIVAUX, Marianne, 8* part. Je n'irai point, changeant tout à coup de langage. Seigneur, d'un vaia remords faire ici l'étalage, bcnj. corsT'Ant. Wal^ siein, II, 4. Il 6* S. m. plur. Les étalages, la pan» lie la plus renflée dans les haut* fourneaux (métallurgie).

— HIST. XIII* s. Et se il les y porte, ou fait porter, il doit un denier d'estalage au roy de cb^scua estai, l.iv. des met. 1 13. Les baies et li estalage da le [la] vile, taili.iar, Recueil, p. aie.

— ÉTYM. Étaler.

ÉTALAGISTE (é-ta-la-ji-st'), adj. Qui étale sa marchandise dans les rues ou sur les places. Un marchand, une marchande étalagiste. || 5. m. et f Un étalagiste.

— ÉTY.M. Étalage.

t ÉTALE (é-ta T) , adj. f. || 1* Qui a cessé de monter et qui ne descend pas encore, en parlant da la mer. La mer est étale. || S. m. L'étalé de la marée. Il 8* Adj. m. et f. Navire éla.e, navire qui ne va de l'arrière ni de Ta\ant. Vent étale, vent médiocrement fort. Cordage étale, cordage qui s'arrête après avoir filé. Ancre étale, ancre qui s'arrête au fond. Il Terme de pêche. Kilet étale, filet sédentaire.

— ÉTVM. Étaler 2.

4. ÉTALÉ, ËK (é-U-lé, lée), part, passé d'éU- 1er 4 . Il 1* Exposé à la vue pour la vente. Marchandises étalées. || 2° Exposé à la vue, sans idée do vente. Tous ces livres étalés U sur ce bureau n' sont que pour l'ornement, comme des porcelaines sur une cheminée, cenlis , Ad. et Théod. t. i, lelt. 33, p. 274, dans poucENS. || 3* Déployé. Une grande carte étalée sur le plancher. || Qui occupa une grande place. Ce vaste empire étalé au nord et à Test de l'Europe. || Terme de botanique. Se dit des parties ouvertes, formant un angle presque droit avec celles d'où elles tirent leur origine. Feuilles éialées. Ëlamines étalées. || Tiges étalées, tiges couchées naturellement sur la terre. Il 4* Exposé à la vue, avec éclat, avec solennité. Une croix lumineuse lui parut [à Constantin] en Tair devant tout lo monde.... la croix fut étalée comme la défense du peuple romain et de tout l'empire, boss. Uisl. i, 41.11 Fig. J'ai trouvé voire siège d'Orange fort étalé [célébré, répandu] à la cour, sEv. 474. Nous trouvâmes notre mystère tout étalé [lépandu] à Vannes, m. 678. Il S" Dont on fait montre et ostentation. Un grand luxe étalé dans les cérémonies. I| 6* Couché ou tombé. Etalé sur un canapé. Un patineur étalé sur le do«.

t 2. ÉTALÉ, ÉE (é-ta-lé, lée), part, passé d'éU- 1er 2. La marée étalée par le vaisseau.

t ÉTALEMENT (é-ta-le-man), ». m. Action d'éla- 1er. Le suintement et l'étalement de la lymphe plastique sur une plaie récente.

— ÉTYM. Étaler 4.

4. ÉTALER (è-ta-lé), V. a. \\ i* Exposer pour vendre. Les marchands étalent leurs marchandises les plus nouvelles. || Fig. et familièrement. Etaler sa marchandise, tirer vanité de ce qu'on sait, de ce qu'on possède. Il Absolument. L'endroit du Pirée où les marchands étalent, la bruy. Thénph. xxiii. || Fig. Le savant qui ne parle que pour instruire les autres, et qu'autant qu'ils veulent être instruits, fait une grftce : au lieu que, lorsqu'il ne parle que pour étaler, on lui fait une grâce si on l'écoute, fonten. tourille. Gens à qui une communion ne coûte qu'une journée de gêne et de réserve, qui ce jour-là ne jouent pas, n'étalentpas, ne médisent pas, nes'assemblent pas, mass. Atent, Disp. à la comm. j| 2" étendre, déployer. Étaler une carte de géographie. Étaler une robe. Il étale son cordon bleu ou le cache par ostentation, la brut. ix. Etalant toutes deux l'or, la pourpre et l'hermine, drlille, Géorg. iv. || Étaler son jeu, montrer toutes ses cartus. {| Disposer sans ordre, mais de manière à faire voir. Etaler des livres sur un bureau. Il 8" Faire voir, montrer avec Tidèe d'éclat, de solennité. J'ai horreur de leur infamie, car ils étalent ici partout leur moliesse et leur lâcheté, o'amlancoubt, Lucien, 1. 1, dans riche- LET. Ainsi [flatteuses voluptés] n'espérez pas qu'après vous je soupire; Vous élalei en vain vos charmes impuissants, corn. Poly. iv, 2. Il [Dieu] étala à son tour des revers équitaiiles. Par qui le» grands sont confondus, id. it>. Celle que j'éule N'est pas

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tant qu'il vous semHe une vert» linitale, corn. JVicom. III, 2. Quelque ravage affreux qu'étale ici la peste.... ID. (Ed. I, 4. Par ce trail de magnilicence Le prince à ses sujets étalait .-^a puissance, la font. Fabl. VII, 1. Klle m'étale avec plaisir toute sa belle âme, SÉV. 433. Ui fortune, trompeuse en toute autre chose, est du moins sincère en ceci, qu'elle ne nous cache pas ses tromperies; au contraire, elle les étale dans le plus grand jour, Boss. 2* serm. pour le *' dim. de carême, u. Dans le moment fatal Où j'étale à ses yeux les pleurs de mon rival, bac. I!drén. ut, 4. Le monde étale des prospérités; le monde ne fait pas d'heureux, mass. Dauphin. Égisthe.... Etalerait en vain l'orgueil de sa naissance, volt. Uérope, i, 3. Un des premiers qui étala dans la chaire une raison toujours éloquente, fut le P. Bourdaloue vers 1668, id. Louis XIV, 33. Jamais écrivain n'avait étalé des idées politiques, en prose, aussi fortement que Corneille les approfondit en vers, ID. Comment, sur Cinna, ll, t. Quand j'étale à tes yeux ton crime et ma mist;re, Ducis, Othello, III, 5. Il Présenter Le sénat Dont plus de la moitié piteusement étale Une indigne curée aux vautours de Pharsale, corn. Pomp. I, (. || Fig. En parlant de choses qui étalent pour ainsi dire La

perte de sa vie Étalera sa gloire et ton ignominie, CORN. Cinna, iv, 7. Ce discours vous fera paraître un de ces exemples redoutables qui étalent aux yeux du monde sa vanité tout entière, BOSS. iîct'ne d'ylnglet. Les spectacles pompeux que ces bords nous étalent, bac. Iphig. l, t. L'Angleterre, si fertile en beautés, étalait ce qu'elle avait de plus rare dans la cour du roi, iiamilt. Gramm. 8. Le petit terrain oïl nous étions étalait les charmes d'un séjour riant et champêtre, J. J. bouss. Hél. iv, )7. || 4" Il se dit quelquefois dans le sens de faire paraître sur le théâtre. Ces beautés étaient de mise en ce temps-là et ne le seraient plus en celui-ci.... elles ont fait leur effet en ma laveur, mais je me ferais scrupule d'en étaler de pareilles à l'avenir sur notre théâtre, cobn. Cid, Exam. Voulez-vous sur la scène étaler des ouvrages Oïl tout Paris en foule apporte ses suffrages, BOIL. Art p. m. Qui sait bien ce que c'est qu'un prodigue, un avare. Un honnête homme, un fat, un jaloux, un bizarre, Sur une scène heureuse il peut les étaler, id. ib. || 6° Exposer en un langage qui fait valoir les choses. El d'abord leur étale Tout ce que la faveur départ aux favoris, bégnier,

Sat. XIV Quoi que nous étale un langage si doux,

Elle a tout fait pour elle, et n'a rien fait pour nous, CORN. Rodog. II, 4. J'ai voulu de Léonce étaler le courage, in. Héracl. m, 2. Ils tombèrent sur la morale; Il n'est pas besoin que j'étale Tout ce que l'un et l'autre [Hippocrate et Démocrite] dit, la font. Fabl. vni, 26. Que j'allais à tes yeux étaler de merveilles! boil. Éptt. IV. Je ne me propose pas cependant de vous étaler ici l'histoire de cet événement, mass. Avent, Jugement. En vain ta politique Vient m'élaler ici ce tableau fanatique, volt. Fanât, i, 4. Phénix voulut lui représenter que c'était avilir la magistrature à pure perte et jeter un comique extravagant sur tout le cérémonial de la cour que d'aller en grand appareil étaler du phébus à un petit marmot, avant qu'il le pût entendre ou du moins y répondre, J. J. bouss. Reine fantasque. Comme un jour il [Platon] étalait à leurs yeux [des prêtres égyptiens] les anciennes traditions de la Grèce.... babthél. Anach. Inirod. part ii, sect. t". || 8° Faire parade, déployer avec vanité. [Ces secours].... Qu'avec tant de pompe à vos yeux elle étale, conN. Nieotn.iv, 2. Plus soigneux d'étaler de l'érudition et de jeter en l'air de grands mots, que de parler avec précision dans leurs décrets, BOSs. Var.xu, §32. Jusque-là je vous laisse étaler votre zèle, rac. Iphig. 1, 2. Il 7° Populairement, jeter par terre. D'un coup de poing 11 l'a étalé. || 8° S'étaler, v. réfl. Se montrer avec ostentation. Tant sa présorapiion incLS- «amment le presse De venir s'étaler aux pieds de sa maîtresse, scaubon, D. Japhel d'Arm. m, 2. Mais on ne peut souffrir ces bruyants téméraires. Sur la scène du monde ardents à s'étaler, volt, la Vanilé. Il aimait à s'étaler noblement aux yeux des voisins, 1. 1. Rouss. Confess. vi. || Être montré avec ostentation. Plus savant que moi , du moins de cette science qui s'étale, J. J. bouss. Ém. v. || 9° S'étendre. S'étaler sur l'herbe. Il Familièrement, prendre une posture trop abandonnée. It ne faut pas s'étaler comme cela sur son fauteuil. || Populairement. S'étaler, se laisser tomber. Il faisait Irés-glissant, et il s'est élalé. Il Se dit des métaux qui s'étendent sur des corps durs à l'aide de fondants, de mordants. || Être étalé, déployé. J'ai une grande cane qui s'étale facilement. Son cordon s'étale sur sa poitrine.

ÊTA

1 — HIST. xiii* g. Se vos volés là fors aler En cest

jardin pour estaler [pour vous y tenir], cort d'art.

Ms. de St Germain, dans lacurnk. || xvi« s. Il fait

! soudain ses vaisseaux envoiler, Guinder au mast,

I les verges estaler, du bellay, iv, 38, verso. Un

\ médicament a charge d'aller droict aux reins, sans

estaler ailleurs ses opérations, mont, m, 2(8. Après

avoir estalé les noms des plus grands Romains, id.

— ÉTYM. Étal.

t 2. ÉTALKR (é-ta-lé), V. a. Terme de marine. Etaler la marée, mouiller pendant la marée contraire. Il Étaler un bâtiment, l'égaler en vitesse. Il Étaler le vent, le courant, la marée, opposer une résistance égale à leur -effort.

— ÉTYM. Étaler en ce sens, c'est ce qu'on disait jadis faire estai, résister, tenir tête (voy. étal, à l'historique) : X l'estaler et au poursivre, o. guiabt, t. Il, p. 27).

t ÉTALEUR, EUSE (é-ta-leur, leû-z'), s. m. et f Terme de commerce. Petit marchand qui étale sa marchandise sur les ponts, dans les rues. Peu usité. On dit plus souvent étalagiste. || Batteur-étaleur, sorte d'engin qui sert, après le panier, à compléter le nettoyage du coton arrivant des Iles.

— ÉTYM. Étaler.

t. ÉTALIER (é-ta-lié), s. m. Celui qui tient un étal au compte d'un maître boucher. Les bouchers, du nom de ces étaux, s'appelaient autrefois étaliers bouchers; mais le titre d'étalier a passé à leurs garçons et compagnons, et il n'y a plus qu'eux qui le portent, Dict. des arU et m. Boucher. \\Adj. Garçon étalier.

— IIIST. XIII* s. Il ne savent où trouver les vendeurs, conporteurs, eteinsi perdent leur argent, ce qu'il ne pourroient faire aus estaliers, Liv. des met.

— ÉTYM. Étal.

t 2. ÉTALIER (é-la-Iié), ». m. Ternie de pêche. Établissement de pieux et de perches que l'on fait au bord de la mer pour tendre des filets; dit parc sur les côtes de Normandie.

— F.TYM. Étal, dans le sens d'établissement. ÉTALINGUÉ, ÉE (é-ta-lin-ghé, ghée), part.

passé.

ÉTALINGUER (é-ta-lin-ghé), e.o. Terme de marine. Amarrer un cable à l'organeau de l'ancre.

— ÉTYM. Espagii. entalingar.

t ÊTALINGURE (éta-liiigu-r'), s. f. Terme de marine. Nœud qui fixe le bout d'un câble à l'organeau d'une ancre. || Nœud d'un orin sur. la croisée d'une ancre. || On trouve aussi en talingure.étaliiigiie.

t. ÉTALON (éta-lon), s. m. Cheval entier pour la conservation <le la race. L'étalon généreux a le port plein d'audace; Sur ses jarrets pliants se balance avec grâce; Aucun bruit ne l'émeut; le premier du troupeau. Il fend l'onde écumante, affronte un pont nouveau, delille, Gèorg. m. || Étalons nationaux, étalons qui appartiennent à l'Élat el sont déposés dans les haras et dépôts. || Étalons approuvés, étalons particuliers qui ont été soumis à l'approi)atioB de l'administration des haras. || Étalons rouleurs, chevaux entiers que leurs propriétaires conduisent, à l'époque de la monte, dans les fermes et les villages, pour la saillie des juments. || Étalon d'essai, synonyme de boute-en-train. || Bœuf étalon (locution bizarre, puisque le bœuf est châtré, mais reçue), âne étalon, le mâle employé à la reproduction et à l'amélioration de l'espèce. || Fig. et familièrement, homme ardent aux plaisirs de l'amour. Il croit en venir à bout, s'il peut faire voir qu'il est bon étalon, d'ablancourt, Lucien, dans LE ROUX, Dict. comique.

— REM. Ménage et le Dictionnaire de l'Académie de son temps disent qu'on prononçait itelon.

— HIST. xiii* s. Et s'il eyt nule [jument] qui n'eyt polein, soit enquis si ce soit par malveise garde ou par deffaute de viande, ou par defîaute d'estaloun. Traité d'agriculture, dans Bibl. des chartes, 2' série, t. II, p. 131.

— ÉTYM. Berry, atelon; ital. stallone; loi des Visigoths, «(/uui ad slaWum; du bas-lat. statla ou slallum, écurie (voy. estal): c'est-à-dire cheval tenu i l'écurie et non soumis au travail, pour être employé â la reproduction. On trouve dans les langues celtiques slal, stalan, étalon, mais il paraît y provenir du roman.

2. ÉTALON (é-ta-lon), s. m. || 1" Modèle des mesures et des poids légalement autorisés. Fixer l'étalon d'une mesure. || 2° Terme de construction. Aire sur laquelle on trace le plan d'un bâtiment. On dit aussi éielon. || 3" Terme d'eaux et forêts. Baliveau de l'âge de la dernière coupe.

ETA

— HIST. XVI' s. X charge qu'ils seront tenus estatonner les dits bos [bois] de cent estalons [baliveaux] en chascun journel bons et souffisans, du CANGE, estallus.

— ETYM. Bas-lat. stalo, slallo, dans des textes du xiii' siècle. Ce mot, qui signifie aussi baliveau, est le même que l'ancien français estaillon, qui signifiait un pieu d'un chariot, et tient à l'ancien haut-allemand stihil, pieu : un bâlon ayant été pris pour étalon des mesures de longueur, el puis, par extension, des poids. Comparez l'anglais standard, qui signifie à la fois étalon et étendard.

ÉTALONNAGE (é-ta-lo-na-j'), t. m. Aclien d'étalonner des poids, des mesures.

— ÉTYM. Étalonner i.

ÉTALONNÉ, ÉE (é-talo-né, née), part, passé d'étalonner 2. Les marchands ne doivent se servir que de mesures et de poids étalonnés.

ÉTALONNEMENT (é-ta-lo-ne-man), s. m. Synonyme d'étalonnage. Mesures ordinairement échantiUées sur la matrice de bronze.... pour servir d'étalonnement el d'échantils à toutes les mesures. Bail Gautier. 6 mars <660.

t t. ÉTALONNER (é-ta-lo-né) , «. n. Terme de haras. Servir d'étalon.

— ÉTYM. Étalon t.

2. ÉTALONNER (é-ta-lo-né), v. a. Faire une empreinte sur une mesure, sur un poids dont on a constaté la conformité avec l'étalon. Je vous envoie quatre pintes, quatre chnpines et quatre demi-septiers, mesure de Paris, qui ont été étalonnés à l'hôtel de ville, seignelai, aux intendants, 1679, dans

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