JAL
— HIST. XVI' S. Estaloner les poids et mesures appartient au seigneur haut justicier, laubiëre, Gloss. du droit fr.
— ÉTYM. Étalon 2.
ÉTALONNEUR (é-la-lo-neur), s. m. Celui qui est préposé à l'étalonnage.
— ÉTYM. Étalonner 2.
ÉTAMAGE (é-ta-ma-j'), s. m. Action d'étamer; manière dont une chose est étamée. Il faut renouveler de temps à autre l'étamage des ustensiles de cuivre.
— ÉTYM. Élamer.
ÉTAMBORD (é-tan-bor) et aujourd'hui ÉTAMBOT (é-tan-bo), s. m. Terme de marine. Forte pièce de bois élevée à l'extrémité de la quille sur l'arrière du bâtiment. L'éiambot sert de support au gouvernaiL Les pièces les plus nécessaires sont les quilles et étambords; les quilles el quelques autres sont d'une telle longueur el grosseur qu'il faut avoir le plus souvent deux charrettes pour les charger. Arrêt du Conseil, 25juill. leoB. X la prière Devant et arrière. Depuis l'étrave jusqu'à l'élambord; Réveille qui dort, [paroles du mousse à bord des pêcheurs de Dieppe pour appeler à la prière en commun], lehericher, llist. et Gloss. du normand, i, p. 189. || Faux élambot, pièce de bois qui renforce et soutient l'éiambot.
— ÉTYM. Étam pour estant, qui est debout, et le hollandais bord, pièce de bois; angL board (voy bobd).
tÉTAMFRAI (é-tan-brè), s. m. \\ i' Terme de marine. Anciennement, toile poissée qu'on met autour des mâts, sur le plus haut lillac, de peur que l'eau ne pourrisse le mât. || 2° Aujourd'hui, ouverture pratiquée dans l'épaisseur de chaque pont, pour le passage des mâts, des pompes, etc. || Pièce de bois qui sert à arrêter el à affermir le mât.
— ÉTYM. D'après Jal, étancher, et braye, culotte; proprement culotte qui empêche l'eau de couler (sous le pont).
ÉTAMÉ, ÉE (é-ta-mé, mée), port, pasté. Casseroles élamées.
ÉTAMER (é-ta-mé), tJ. o. Recouvrir la surface d'un métal d'une couche d'étain. ]] Élamer une glace, y mettre le tain.
— HIST. xiii" s. Quiconques vuel estre lormiers à Paris, c'est à savoir feseres de frains et de lorains [rênes] dorés, seur-argenlés , estâmes et blans, estre le puel, Liv. des met. 222.
— ÉTYM. Élain, par un changement de l'n en m, comme dans venimeux, de venin; génev. «orner ; wallon, Ws(oin«.
ÊTAMEUR (éta-meur), s. m. Artisan qui élame.
— ÉTYM. Élamer. Au xV siècle on trouve eslamyer, qui paraît signifier potier d'étain, Ordonn. te mars )488.
't. ÉTAMINE(é-ta-mi-n'),s. /■. || 1' Petite étoffe légère. 11 est un art de donner d'heureux tours A l'éta mine, à la plus simple toile, GRESSET,Ker(F<T/,ch. . Camelots appelés burats, ou élamine d'Auvergne
ETA
Utt. pat. août (780. Les étaminea camelotées auront j sur le métier 4.1 aunesde lonRueiir, ib. 22 juiU. <780, art. 6, Or/f'nns. Élatr.ineàvolle, pour les religieuses; demi-étamines pour «les voiles fins et forts, ib. Tableau annexé, Toun. Une longue robe d'élamine remplace pour elle [Amélie] les ornements du siècle, ciUTE*un. Ben^, 2U7. || Terme de marine. Nom d'une élofTc^ de laine légère dont on se sert pour faire les pavillons. Il 1' Tissu tr&speu serré de crin, du laine, etc. Un blutoir fait d'étamine. Étamine de laine, de soie. Il Toute pièce d'étoffe qui sert k passer des liqueurs pour les filtrer. || 8" Passer par l'étamine, être examiné sévèrement. Tout passait par son étamine, la font. Cand. Tout ce qui s'offre à moi passe par l'étamine, boil. Sat. vu. || Passer par l'étamine, être soumis à des épreuves. II y avait loin d'unô reine de 41 ans [Anne d'Autriche), fille d'Espagne, qui avait elle-même passé déjà par plus d'une étamine en affaires d'Ëtat, à M. le duc d'Orléans qui n'avait que sa naissance, st-simon, 400, ST M En un autre sens. MM. de Vendôme et de Vaudemont avaient passé par la même étamine [traitement mercuriel] ; Vendôme y avait laissé presque tout sonnez, st-simon, t78, )20.|| Activement, passer par l'étamine, examiner. Il faut passer ces opinions par l'étamine.
— HIST. xii* s. La couele [capuchon] e l'estamine out desus cel [eut sous ce vêtement] li ber, Mais de pans etde manches les outfaitescurter; Car nevoleit al siècle sa vie demustrer, Th. le mart. i bb. Guillaume lor seignor à Roen aporlerent ; Du chief de son braier une clef deffermerent, Et cole et eslamine et un froc en osterent, Roman de flou, dans lacurne. Il xiii* s, Ains ne cuevre pas le visage, Qu'il ne vuet pas tenir l'usage Des Sarrasins, qui d'estamines Cuev-ent les vis as Sarrasines, la Rose, 212)3 Il xiv" s. El loutesvoies fist il tant vers l'abbé que il enporta une coule et une estamine, du cange, eslamenha. || xv* s. Se estamine n'avez, sacs ou bluteaux, villon, Ballade. 11 jeûnera cesjours là et portera l'estamine ou vestirala haire, lechev.de la TODR, Instruction à ses filles, Cee, dans lacubne.
— ÉTYM. Dérivé d' estante ; wallon , îilomcmn ; provenc. estamenha ; catal. estamenya ; espagn. estameûa; ital. stamigna.
2. ÉTAMINE (é-ta-mi-n'), s. f. Terme de botanique. Organe sexuel mâle des végétaux, composé ordinairement du filet qui s'élève du centre de la fleur et de l'anthère qui termine le filet en forme de petite tête. Vaillant, à qui M. de Linné accordait le mérite d'avoir bien décrit le premier les étamines et les pistils et connu leur usage pour la fécondation des plantes, condorcet, Linné. \\ Fig. Leurs mains [des nymphes] vont caressant sur sa joue enfantine De la jeunesse en fleur la première étamine, a. ciién. 66. Il Fausses étamines, les filets des fleurons stériles dans les composées,
— ÉTYM. Lat. stamina, filaments.
ÉTAMINIER (é-ta-mi-nié), 1. m. Celui qui fait de
l'étamine.
— ETYM. Étamine t.
f ETAMOIR (é-ta-moir) , *. m. Palette de bois
garnie de fer-blanc sur laquelle on frotte le fer à souder pour en faire l'essai, || Aissur lequel on attache une plaque de fer où le vitrier fait fondre la soudure et la poix-résine. Plaque sur laquelle le vi trier soude,
t ÉTAMPAGE (é-tan-pa-j'), s. m. Action d'imprimer, par une forte pression, un dessin i une plaque métallique mince, en la frappant fortement entre deux moules, dont l'un est gravé en creux et l'autre en relief,
t ÉTAMPE (é-tan-p") , s. f. Modèle sur lequel on frappe de l'argent, ou d'autres métaux, pour y faire l'empreinte. || Pièce d'acier dans laquelle on creuse des moulures pour les imprimer en relief au fer rougi. Il Outil de serrurier pour river les boutons. Il Instrument pour percer le fer. || Pièce d'acier pour faire des moulures sur les plates-bandes de fer. Il Poinçon pour former la lêle du clou d'épingle. |l Bloc cubique d'acier à l'usage du graveur de cachets. Il Batte qui sert à pétrir la terre à pipe.
— ÊTYM. Voy. étamper.
ÊTAMPÊ, ÉE (é-tan-pé, pée), part.passi.
ÉTAMPEll (é-tati-pé), t). o. || !• Terme de matéchaleiie. Ëlamper un fer à cheval, y faire les huit trous, Étamper gras, percer les trous très-près du rebord intérieur du fer, Ëtamper maigre, pratiquer les trous près du bord extérieur. {| î° Se servir de l'étarape pour pratiquer diverses opérations. •
— ÊTYM. Le môme que estamper.
t ÊTAMPEUR (é-tan-peur) , ». m. Ouvrier qui étaujpe.
ÉTA
t ÉTAMPEUX (é-tan-peû), t. m. PoinçoD pour rendre les parois d'une pipe d'égale épaisseur.
t ÉTAMPOIR (é-tan-poir) , t. m. Outil que le facteur d'orgues emploie pour faire prendre en relief au métal la forme que l'étampe présente en creux. Il Outil servant à ployer les lames de cuivre pour faire les anches de certains tuyaux,
t ÉTAMPURE (é-Un-pu-r*), », f. Evasement que présente l'entrée d'un trou percé dans une plaque do métal.
KTAMCRE (é-ta-mu-r*) , ». (. La matière qui sert à rétamage,
— Rtym. Étamer.
t ÉTANCE (é-tan-s'), t.f. Terme de marine. Sorte de soutien. Elances à coches ou à taquets,
— ÉTYM. Voy. ÉTANÇON.
t ÉTANCIIE (é tan-che), adj. Se dit de ce qui retient bien les liquides. Un tonneau étanche. Une chaussée étanche. Un navire étanche. || Substantivement. X étanche d'eau, de manière à élancher l'eau. Entretenir une toiture à étanche d'eau, faire en sorte que l'eau n'y pénètre pas, || Mettre im batardeau à étanche, mettre à sec la partie d'un fossé, d'un canal qui est close par ce batardeau.
— HIST. xiv s. Ne n'y peut le sujet faire excluse ne rigole ne estanche , que du cours de la rivière elle ne ait tonsjours son droitcours, boutillieh. Somme rural, p. 429, dans lacurne. || Estanchesou carpieres à garder et nourrir poisson, DU GANGE, estanchia.
— ÉTYM. Voy. Ktancher pour la discussion de cette difficile étymologie,
ÉTANCHE, ÉE (é-tan-ché, chée) , part, passé. Il 1" Dont on a arrêté l'écoulement. Des larmes étanchées. L'eau que versent mes yeux n'est jamais étaachée, MALH, VI, 20. Il Vaisseau étanche, vaisseau dont on a bouché une voie d'eau. || 2" Calmé, en parlant de la soif.
ÉTANCHEMENT (é-tan-che-man), ». m. Action d'étancher, L'étanchement du sang.
— ÉTYM. Étancher.
ÉTANCHER (é-tan-ché), V. a. || 1» Arrêter l'écoulement d'un liquide. Etancher une source. Des plus fraîches beautés une foule choisie Vient étancher leur sang, leur verser l'ambroisie, delille, Imag. VIII. Il Etancher ses larmes, cesser do pleurer. Élancher les larmes de quelqu'un, le consoler. || 2° Terme de marine. Etancher une voie d'eau, la boucher, l'arrêter. || 3* Etancher la soif, l'apaiser en buvant. Dans une extrême disette d'eau que Marc Aurèlu soutînt en Germanie, une légion chrétienne obtint une pluie capable d'étancher la soif de son armée, Boss. Ilist. 1, 40. Et de l'eau de ce puits sans relâche tirée, De ce sable étancher la soif démesurée, boil. ÉfHt. XI. Il 4* S'étancher, f. réft. Être arrêté, en parlant d'un liquide qui coule. Le sang s'est étanche. Ses laimes se soatétanchées. |{ Etre apaisé, en parlant de la soif. La soif de l'faydropique ne s'étanche jamais.
— HIST. XII' s. Se jà vos plaies se pourront estanchier, llonc. p. B7. E jo i lèverai un altel à nostre Seignur, si estancherad à tant la murine [mortalité] el'ocision, flots, 21», Il xiii's. Oui s^soifen puisse estanchier , la Rose, 6011. Tant que j'en soie si venchiés. Que lor orguex [leur orgueil] soit estanchiés, Ou qu'il seront tuit condampné , ib. 16086. Dont li fu ses chevaus devant lui amenés, Grans ert [était], fort et isniaus, Baiars fu apelés, Aine ne pot encore estre estanchiés ne lassés, Ch. d'Ant. V, B43. jlxiv's. Car la mortalitez des boces [bubons pestilentiels] Qu'on apeloit épidémie, Estoit dupalsestanchie, Et que les gens plus ne moroient, uachaut, p. 76, Si le sans i commence à courre, il est à paine estanchié, H. de mondeville, t° 40. [Le sang] Moût petit apriès estanca, i. de conoet, v. 364. Il XV' s. [L'écuyer anglais] savoit paroles pour estancher [il s'agit d'une blessure], froiss. 11, 11, 8B. Netrouveroit qui sa fainlui estanchast, Lancetotdu Lac, t. ni, f°93. ||xvi' s. Et qu'ainsi soit en ce val misérable Jésus mourut pour la guerre estancher, 1. harot, V, 203. La risée en alla incontinent demain en main en la plus part du camp, et ne se pouvoit pas Hannibal mesme estancherde rire, ahyot, Fab. 31. Il en sortit du sang en si grande abondance que l'on ne le pouvoit estancher, 10. Agés. 46. Disant ces paroles, elle fondoit en larmes, de telle sorte qu'on ne la pouvoit estancher, pas- QuiER, Recherches, p. 526, dans lacurne. Pour m'estancher de ce long discours [y mettre un terme] , id. ib. p. 724. Ceuli especialement qui avec Bertrand chevauchoieut eurent du mal à foison; car il chevaucha si foi t qu'il estancha [fatigua] soubzluydeux bons chevaulx, menard, Hist. de du Guescl. p. iH,
dans LAC0Rt4K.
ÉTA
— ÉTYM. Wallon , tilancM, itanchi; provenf. rttancar, estanqttar; espagn. et portug. estancar; ital. ttancare. Estancher signifie dans l'ancien français : fermer une plaie, faire cesser l'écoulement (Lors respondi la dame franche, Qui del plorer etteit estanche, Grég. le grand, p. 7t), abattre l'orgueil, faire cesser une mortalité, fatiguer un cheval, apaiser la soif; l'espagnol estancar signifia arrêter le cours; l'italien signifia lasser, manquer, s'épuiser: le provençal signifie étancher, rassasier. Diezie tire du latin stagnare, être stagnant, auqui' le (ens actif d'empêcher l'écoulement a été donné, et qui a pu prendre le sens figura de fatiguer (en italien). Il nous parait plus vraisemblable de proposer un autre fla^nare ou (lannarequi veut dire resserrer, d'où faire cesser soit un écoulement, soit toute autre chose; le sens provençal de rassasier s'en déduit facilement; et c'est de ce sens que vient étancher la soif. Celui de lasser soit dans le français soit dans l'italien est beaucoup plus obscur; il semble pourtant que estancher, de la signification de faire cesser, est passée à celle de lasser, parce que la lassitude fait cesser l'action à laquelle on se livrait. L'expression mettre à bout ne représentet-elle pas quelque chose d'analogue?
t ËTANCHOIR (é-tan-choir), ». m. Couteau p^ur introduire de l'éloupe entre des douves mal jointes.
— ÉTYM. Étancher.
ÉTANÇON (é-tan-son) , ». m. Pièce de bois qu'on met pour soutenir un mur ou des terres minées. Il Terme de paumier. Tringle plate de bois de tilleul dont est garni le manche de la raquette. || Terme de marine. Nom de pièces de bois posées debout, sous les baux, et qui servent, pendant que les vaisseaux sont amarrés dans les ports, à les soutenir et à en diminuer la fatigue. jlTerme d'imprimerie. Pièce de bois servant à mainlei:,r la presse inébranlable dans sa manœuvre.
— HIST. xm' s. Ly carette d'estanchons de set pieds ou de huit jusques à onze pieds doit un denier, TAiLLiAB, Recueil, p. 470.||xiv's. Et vaull mieulx tendre rois [rets] t fourches que aux estaoçoiis pour trois causes.... Modut, t' xLvii. yiv' s. Et quand ils retournèrent dans la douce Escosse, ils trouvèrent tout le pays détruit; mais les gens du pays n'en faisoient nul compte et disoient que sur six ou huit estançons ils auraient fait tantost nouvelles maisons, froiss. ij, ii, 238.
— ÉTYM. Wallon, ttanton ; de l'anc. fr. ettanct, appui, soutien (comp. estancia), de l'anc. verbe estant, qui se tient (voy. ester).
ÉFANÇONNÉ, ÉE (é tan-so-né, née), part.patsi. Mur étançoimé.
t ÉTANÇONNEMENT (é-tan-so-ne-man), », m. Action d'étançonner; résultat de cette action,
— HIST. xvi* s. Estançonnement, oudin, Dict.
— ÊTYM. Étançonner.
ÉTANÇONXER (é-tan-so-né) , V. a. Soutenir par des étançons. || Fig. Les ducs de Chevreuse et de Beauvillier étançonnaient leur amitié fugitive [de Chamillart et de Uesmarets], et se portaient pour modérateurs entre eux, st-simon, 221, 251.
— HIST. xV s. Ils prirent leurs lances, et se ferirent sur les targes si grands horions que les chevaux estançonnerent [s'arrêtèrent], fboiss. m, iv, 4». Il xvi* s. Il donna l'avis d'estançonner la grosse tour de quatorze gros chesnes.... le feu mis k la mine ne peult emporter que la moitié de la tour, à cause desdits estançons, cabloix, ii, <6.
— ETYM. Élançon; wallon, stansoné, astancener.
ÉTANFICUK (é-lan-fi-ch'), s. f. Hauteur de plusieurs lits de pierre qui font masse ensemble dans une carrière.
— HIST. XIV* S. Le moulin à vent et tout ce qui se meut et tourne à celui moulin est meuble ; et tout ce qui ne se tourne, c'est à savoir l'estache du moulin, l'eslanfique et croix qui le porte, tout ce est héritage, boutillier, Somme rural, p. 431, dans lacurne.
— ETYM. Estant, debout, ei fiche.
ÉTANG (é-tan; le g ne se prononce jamais, même devant une voyelle; Chifflet, Gramm. p. iis, le remarquait pour le xvii' siècle; au pluriel, l't se lie: des é-tan-z agréables), s. m. || 1* Amas d'eau rendue stagnante par la direction du terrain ou par des j écluses. Pour qu'au loin il abreuve Le sol et l'habi- : tant, Le bon Dieu crée un fleuve; Us [les gouver- ' nements qui prohilient] en font un étang, béhano. Contreb. \\ Etang salé, étang communiquant avec la mer. || i' Réservoir où l'on trempe les enclumes que l'on vient de forger.
— HIST. xiii* s. En estans d'eves [in stagna aqua- Tum], Psautier, f* )34.
ÉTA
— ÉTYM. Provenç. tstane , estaynch, estanh, îtanc ; catal. eslany ; espagn. estanque; port, tanque; ital. stagna; du latin slagnum, étang.
t ÉTAN'GUE (é-lan-gh'), s. f. Terme des monnaies. Nom d'une grande tenaille, qui sert à tenir les flans et les carreaux.
— ÉTYM. Ital. slanga;Ae l'ancien haut-allem. slanga; allem. Slange , perche : ce qui est composé de deui nerchcs ou liranches.
t. ÉTjfNT (é-tan), part, présent du verbe être.
f 2. ÉTANT (KN) (é-tan) , loc. adv. Voy. en étant.
t. ÉTAPE (é-ta-p'), s. f. \\ 1° Anciennement, nom donné aux places publiciues, où les marchands étaient ohligés d'apporter leurs marchandises pour les y mettre en vente. L'étape est belle. L'étape des vins est considérable. Nulles personnes, de quelque qualité et condition qu'elles soient, ne pourront faire magasins ou étapes de vins en leurs châteaux, maisons de champs et villages, Règlement du 6 mars <C38. Il 2° Ville, localité, comptoir, où il y a entrepôt et commerce d'échange. Alexandrie étant devenue la seule étape, celte étape grossit, montesq. Esp. XXI, t6. Dans la faiblesse de l'empire, les barbares obligèrent les Romains d'établir des étapes et de commercer avec eux; mais cela même prouve que l'esprit des Romains était de ne pas commercer, ID. ib. XXI, 15. On arrivait à Muziris, première étape des Indes, et de là à d autres ports, id. ib. xxi, 9. Il Terme de marine. Endroit d'un port où les marchands apportent leurs marchandises. Peu usité. I, 3° Fourniture de vivres, de fourrages qu'on fait aux troupes qui sont en route. Recevoir son étape en argent. La fourniture des étapes dans toutes les
villes et lieux sujets au passage des troupes les
adjudicataires généraux de la fourniture des étapes et les étapiers particuliers seront exempts, pour les vins qu'ils fourniront à l'étape seulement, de tous les droits d'octroi, Arrêt du conseil d'État , <5déc.<708. Il Magasin où l'on met les vivres destinés aux troupes ^ui passent. Le roi ordonnait dans l'ordonnance du ) 9 novembre < 54» que les troupes de passage ne pussent s'approvisionner de vivres qu'à l'étape. Il 4° Lieu où des troupes en marche s'arrêlent pour passer la nuit, ainsi dit parce que c'était là qu'on fournissait l'étape. Arriver àl'étape. Quand vous irez à votre régiment, n'oubliez pas mon petit chàtuau qui est votre étape, volt. Leit. la VillevieUle, 20 déc. (768. Il Brûler l'étape, ne pas s'arrêtera l'étape. On a dit autrefois dans le même sens faire cuire l'étape. || Par analogie, brûler l'étape se dit des voyageurs qui ne s'arrêtent pas au lieu ordinaire. Je pris la résolution de brûler l'étape de '** et de passer tout droit, j. j. rouss. Conf. vi. || La distance entre deux étapes. Cette étape est longue. Il Dans le langage familier, les soldats comptent par étapes les marches qu'ils ont à faire. Il y a tant d'étapes de Paris à Lille. || Fig. Faire une bonne étape, faire une bonne partie d'un travail. || 5° Par extension, lieu où l'on s'arrête dans le cours d'un déplacement successif , tel que colonisation , acclimatement, etc. Une plante peut-elle, par des étapes successives, passer des pays chauds dans les pays tempérés? || Fig. Les étapes de l'humanité, de la civilisation.
— HlST. XV' s. Le maistre de l'estaple des laines [entrepôt] de toute Angleterre, froiss. h, ii, 223. Il xvi' s. Le roy Loys vint jusqu'en leur estappe Les assomer, heureux est qui eschappe, j. mabot, v, 439. Il faut six ou sept jours à déloger, à faire cuire du pain, ordonner aux commissaires des vivres de faire leurs estapes, et le chemin qu'il faut tenir, CASTE1.NAU, 143. Allegans que ceulx d'Athènes leur avoient défendu leurs ports, leurs estappes [leurs marchés], et tout commerce et trafic es lieux de leur obéissance, amyot, Péric. 66. Hannibal n'avoit pas auparavant une seule ville, une seule estappe, ny un seul port en Italie, id. Fab. 35.
— ÉTYM. Bas-latin , stapula; du germanique : flam. stapel, entrepôt; angl. staple; danois, slabel, amas. On trouve dans Palissy , p. 3) B , eslape pour pieu ; c'est un autre mot dérivé de l'allemand Stab, bâton (voy. étable 2).
t 2. ÉTAPE (é-ta-p') ou ÉTAPLE (é-ta-pl'), s. f. Sorte d'enclume de cloutier.
— ÊTYM. Même dérivation que étape f.
ÉTAPIER (é-ta-pié), s. m. Celui qui est cnarge
de fournir l'étape ou provisions aux gens de guerre qui passent. Broglio proposa d'obliger toutes les villes qui sont sur le passage ordinaire des troupes, de construire des casernes pour les loger et des magasins fournis pour leur usage , moyennant quoi plus de routes , d'étapiers ni de magasiniers , st-sim. 483 , 264.
— ÉTYM. Étape.
DICT. DE LA LAt«OUE FRANÇAISE.
ÉTA
+ fiTAPLIA0 (é-ta-pli-ô) , s. m. Chevalet sur lequel l'ardoisier s'assied dans la carrière.
— ÉTYM. Môme dérivation que étape t.
t ÉTARQCE (é-tar-k' ), adj. Terme de manne. Haut, tout à fait hissé. Ne s'emploie qu'avec le nom d'une voile.
— HIST. xv s. Bennucq se retira en l'estarge [place, rang, hauteur] qu'il avoit conquis sur Blanos, pour livrer estai à ceulx qui jouster vouldroient, Perce forest, t. i, f" 149.
— ÉTYM. Origine inconnue.
t ÉTARQUER (ô-tar-ké), V. a. Terme de marine. Hisser une voile, de manière que les ralingues en soient tris-tendues.
ÉTAT (é-ta; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; Chifflet, Grarrtm. p. 217, dit qu'il ne se prononce jamais, même devant une voyelle; au pluriel, l's se lie: des é-ta-z enrichis par le commerce, les É-ta-z unis; cependant l'ancienne prononciation, celle qu'on a pu entendre dans la bouche des vieillards était é-ta unis; états rime avec las, appas, etc.), s. m. || 1° Manière d'être, fixe et durable. On entend ici par le mot de bonheur un état, une situation telle qu'on en désirât la durée sans changement; et en cela le bonheur est différent du plaisir qui n'est qu'un sentiment agréable , mais court et passager, et qui ne peut jamais être un état, FONTEiî. Bonh. Cliuvres, t. ui, p. 247, dans pougens. Il L'état de nature, par opposition à l'état de société, se dit de la vie des hommes sauvages ou des hommes supposés dans l'état d'isolement. Selon le philosophe de Genève [J. J. Rousseau], l'état de nature est un état de paix; selon le philosophe de Malmesbury [Hobbes], c'est un état de guerre, Diderot, Opin. des anc. philos, (hobbisme). \\ Terme de théologie. État d'innocence, l'état auquel le premier homme a été , avant le péché , dans une connaissance parfaite et dans un amour actuel de Dieu, sans concupiscence. Il Etat de grâce, de péché, état de l'âme reconciliée , non reconciliée. || Terme de jurisprudence. État des personnes, l'ensemble des qualités juridiques d'une personne, de ses droits et de ses obligations. || Qualité à raison de laquelle une personne exerce un droit ou accomplit une obligation. Étal de mineur, de femme mariée. || État civil, condition d'une personne dérivant des actes qui constatent les rapports ia parenté, de mariage, et les autres faits de la vie civile. Actes de l'état civil, registres de l'état civil, actes, registres qui constatent l'état civil des personnes. Officier de l'état civil, fonctionnaire chargé de tenir les registres de l'état civil. Il Question d'état, contestation dans laquelle on révoque en doute la filiation de quelqu'un , ou son état et ses capacités personnelles. || État de prévention , état de l'inculpé contre lequel la chambre du conseil de première instance a déclaré qu'il y a lieu à s'uivre. État d'accusation, état du prévenu contre lequel la chambre d'accusation a prononcé le renvoi à. la cour d'assises. || Terme d'astronomie. État du ciel, disposition où se trouvent les astres les uns à l'égard des autres dans un certain moment. Il Terme de marine. État absolu, différence entre l'heure donnée par le chronomètre ou montre marine et l'heure du lieu que l'on considère ; on en déduit la détermination de la longitude. Il En physique, manière d'être de la matière pondérable, qui se présente sous trois formes : l'état solide, l'état liquide et l'état gazeux. || Terme de chimie. État naissant, état dans lequel des substances, se dégageant de combinaisons, naissent pour ainsi dire et sont aptes à en former de nouvelles. || Terme d'arts. État d'une gravure, tirages d'une même planche aux divers degrés d'avancement de l'oeuvre. L'artiste, à chaque phase de son travail (trait, premières tailles, travail à l'eau forte, pointillé, travail à la roulette), fait tirer une épreuve pour se rendre compte de l'effet; ces épreuves sont nécessairement très-rares, et de plus attestent d'une façon irrécusable le rang de chacune dans le tirage général. |1 Terme de médecine. L'état d'une maladie, le point où, cessant de croître, elle ne décline pas encore. || 2° Faire état de, agir comme; emploi aujourd'hui peu usité. Il ne faut plus que les hérétiques fassent état de chefs de parti , balz. le Prince, 2. || Faire état de, compter sur. Faites état de moi, monsieur, comme du plus chaud de vos amis, mol. Impr. m. || Faire état de, se proposer. Destin se coucha de bonne heure pour ne pas faire attendre VerviUe, qui faisait étatde partir de grand malin, scarron, Rom. com. il, <2. Sinon, faites état de m'arrachtr le jour Plus tôt que de m'ôter l'objet de mon amour, mol. Éc. des mar. m, s. Ceux qui font état de le [Dieu] servir, bourd.
ÉTA
Domin. i, Affl. des justes, (2«. Faites état de me voir arriver au départ des hirondelles, p. l. cour. Lett. II, 6. Il Faire état que, présumer, penser, être assu-*. Fais état que demain nous assure à jamais Et deuans et dehors une profonde paix, corn, aidée, II, 4. Faites état que la magnificence Ne consista que.... LA FONT. Diable. Faites état qu'il ne lui manquait rien, id. Aveux. Faites état (|ue jamais les pères, les papes, les conciles ni l'Écriture, n'ont parlé de cette sorte, pasc. Prov. 4. Nous ferons état que ce qu'elle [l'Église] a réglé ne nous exempte pas de ce qu'elle a abandonné à notre prudence, bourd. Car. i, Cendres, 88. || Faire état de, estimer, attacher de l'importance, faire cas. J'en fais autant d'état comme de chènevottes, régnirh, Sol. x. Quoique je ne fisse pas profession de mépriser la gloire en cynique, je faisais néanmoins fort peu d'état de celle que je n'espérais point pouvoir acquérir qu'à faux titres, desc. Méth. i, (3. Je ne fis plus étatde la toison dorée, corn. Médée, ii, B. Avez-vous su l'état qu'on fait de Curiacel id. Hor. ii, 4. Ou si de mes conseils vous faites pou d'état, id. Nicom. iv, 5. Et, faisant peu d'état de m'avoir outragée, [il} Prétend m'avoir rendue encor son obligée, rothoo, Bélis. IV, 1. Dis à ta maîtresse Qu'avecque ses écrits elle me laisse en paix. Et que voilà l'état, infâme, que j'en fais, mol. Dép. am. i, 8. Il connaîtra l'état que l'on fait de ses feux, ID. Éc. des mar. ii, 7. Je ferais plus d'état du fils d'un crocheteur qui serait honnête homme que du fils d'un monarque qui vivrait comme vous, id. le Fest. de P. iv, 6. Afin de lui faire connaître Quel grand état je fais de ses nobles avis, id. F. sav. iv, 4. Les chrétiens font-ils plus d'état des biens de la terre, ou font-ils moins d'état de la vie des hommes que n'en font les idolâtres et les infidèles? pasc. Prov. t*. Et son lâche attentat Vous fait voir que de lui vous faùsiez trop d'état, MONTFLEORY, Femme juge et partie, v, 4, Il 3° Disposition dans laquelle une personne se trouve. Nous pouvons beaucoup, sire, en l'état où nous sommes, corn. Pomp. iv, ). Ma tante est toujours dans un état déplorable [fort malade], sÉv. «43. Ces voyages ont dû vous mettre en mauvais état, id. 395. Et peut-être après tout en l'état où je suis Sa mort avancera la fin de mes ennuis, rac. Andr. i, 4. Regarde en quel état tu veux que je me montre. Vois ce visage en pleurs.... m. Uithr. ii, 1. Que vous semble, mes sœurs, de l'état où nous sommes?.... Est-ce Dieu, sont-ce les hommes Dont les œuvres vont éclater? id. Eslh. ii, 9. Mon père, en quel état [à genoux] vous vois-je devant moi? m. Athal. iv, 2. La Grèce ignore que je [Philoctète] souffre; ma douleur augmente; les Atrides m'ont mis dans cet état; que les dieux le leur rendenti fén. Tél. xv. Us [Machaon et Podalire] me guérirent, ou du moins me mirent dans l'état où vous me voyez, id. ib. Il Être dans son état natuiel, ordinaire, être comme d'habitude, n'avoir rien qui trouble. Qu'avez-vous? vous n'êtes pas dans votre état naturel. DIDEROT, Éloge de Richardson. Tout le monde a remarqué que vous n'étiez pas dans votre état ordinaire, GENLis, Ad. et Theod. t. i, lett. 49, p. 4)7, dans POLGENS. || Élredansun état affreux, être grièvement blessé ou malade, et, au moral, être dans de grandes souffrances. || Ironiquement. Il est dans un bel état, il est très-sali, tout déchiré, ou, au moral, il est dans des affaires très-embarrassantes. Il Populairement. Être dans tousses étate, être fort troublé, fort agité. On dit de même mettre, se mettre dans tous ses états. Laissez- le tranquille, vous allez le mettre dans tous ses états. Pour un rien il se met dans tous ses étals. || État se dit aussi des choses. Mon arc est en bon état. Hais ton cœur est bien malade, la font. Imilation d'Anacréort. Mes mains sont toujours au même état, sÉv. 295. I.a cour le rappelleen vain; il persista dans sa retraite, tant que l'état des affaires le put souffrir, encore qu'il n'ignorât pas ce qu'on machinait contre lui durant son absence, boss. le Tellier. Pour savoir si les armes et toutes les autres choses nécessaires à la guerre étaient en bon état, fén. Tél. xii. Mon fils avait envoyé ce merie s'informer de l'état de voire santé et de tout ce qui se passait à Babylone, volt. Princ. de Babylone, 4. || Etre en état de, être dans une situation telle que l'on peut.... Mon père est en état de vous accorder tout, corn. Poly. iv, 5. Vous achèverez au sortir du combat, Si toutefois Carlos vous en laisse en état, id. D. Sanche, m, *. Le monde est si inquiet, qu'on ne pense presque jamais à la vie présente et à l'instant où l'on vit, mais à celui ou l'on vivra; de sorte qu'on est toujours en état de vivre à l'avenir, et jamais de vivre maintenant, pasc. Extraits des lettres à Mlle de Roannei,édil. bavei,
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p.4»». Illaissasonroyauraeenélaldes'accrollresou» Ms successeurs, boss. Ilisl. i, '. Son ftrneftlaiten étal de paralire devant Dieu , sêv. 2o4. || Il se dit avec que et le subjonctif Je suis bien en état que l'on mt ••nine ToirI MOL. Tari, v, s. || Être hors d'état de, ne pou- Toir pas. Le pilote était hors d'état de connaître le danger, Hti.TH. iv. || Mettre en étal, hors d'état, donner, filer le pouvoir de. Je le mets hors d'étal d'être jamais malade, cohn. Ment.w, I. Et l'eût mi.se tn état, malgré tout son appui, De s'en plaimire à Pompée auparavant qu'à lui , ID. Pomp. ii, «. Il mil un vaisseau en élal de voguer, f4.n. TH. vu. || Absolument. En étal, en bonne condition. Melire les choses, les lieux en état, les disposer d'une manière propre, convenable à leur destination. El j'en serai plus libre et bien plus en élal, la font,, t'abl. iv, 42. Les puissances de votre 9me étaient encore en étal, MASS. Car. Rechute. || Tenir une chose en état, la tenir prête. Qu'avons-nous de plus important en cette vie que le soin de melire en état ce compte redoutable que nous devons rendre au juge éternel? ID. Car. Laxare. || Terme de procédure. Mettre un procès, une affaire en état, faire les procédures et les productions nécessaires pour qu'elle puisse être jugée. La mettre hors d'état, faire quelque nouvelle procédure qui la recule. || Ancien terme de jurisprudence. Se mettre en état, se disait d'une personne qui, décrétée de prise de corps, ou condamnée par contumace, ou ayant obtenu des lettres de grâce, se constituait prisonnière afin de se justifier ou de faire entériner sa grâce. || Laisser les choses en état, les laisser telles qu'elles se trouvent, sans y rien changer. || En l'état, les choses étant ainsi. En l'étal, il ne serait pas prudent d'aller plus avant. || En tout étal de cause, quoi qu'il en soit. En tout étal de cause, un dénonciateur qui se cache joue un rôle odieux, bas, lâche, j. j. roiiss. Dialogue v. Il 4* L'état de la question, l'exposition de tout ce qui concerne une question, unealTaire.il fallait fixer l'étal de la question pour que le peuple l'eût toujoursdevanl les yeux; autrement, dans le cours d'une grande affaire, cet état de la question changerait continuellement, et on ne le reconnaîtrait plus, MONTESQ. Esp. VI, ♦. || 8° État de situation, proprement manière d'être d'une situation, écrit, exposé qui indique quel est à un moment donné le recouvrement de l'impôt , quel est le nombre d'hommes présents à un corps de troupes , d'élèves dans les écoles el les collèges, etc. Bien plus, il veut que l'indexibilité des états de situation se plie à cette illusion; il en conteste les résultats; l'opiniâtreté du comte de Lobau ne peut vaincre la sienne, par là il veut sans doute faire comprendre à son aide de camp ce qu'il désire que les autres croient, ségi'R, llist. de Nnp. VIII, H. Il Absolument. État, liste, tableau. Dresser un état des pensions. || Ëtat delà France, de l'Angleterre, litre de certains livres qui contiennent le dénombrement des charges, des dignités, des forces , etc. La résolution de rayer M. de Cambrai de l'état de cette année, boss. Leit. quiél. 404. ' Mémoire, détail article par article. Etat de comptes. État de dettes. Ëtat de frais. || Ëtal d'hypothèques, indic.ition des hypothèques qui grèvent un immeuble. || État de lieux, acte contenant la description détaillée d'un immeuble loué ou affermé. Il 6* Position sociale. 11 ne faut pas avoir des goûts au-dessus de son état. 11 se piqua pour certaine femelle De haut état, la font. Uagn. La cause la plus immédiate de la ruine el de la déroute des personnes des deux conditions, de la robe el de l'épée, est que l'étal seul, el non le bien, règle la dépense, LA BRUT. VI. Heureux qui, satisfait de son humble fortune. Libre du joug superbe où je suis attaché. Vit dans l'état obswir où les dieux l'ont caché I bac. Iph.i, t. Vous êtes daii„ létaioù fut Apollon, fén. TH. II. Comme il [Massillon] parlait la langue de tous les états en parlant au cœur de l'homme, tous les états couraient à ses sermons, d'ai.kmb. Éloges, tlassillon. Le seul avantage que donnent les lumières, si c'en est un, est de n'envier l'état de perlonne, sans en être plus content du sien, id. Apol. de l'étude, Œuvres, t. iv, p. 208, dans pougkns. Qu'il est doux de les voir, dévorés d'amertume, S'ennuyer par étal el ramper par coutume I bernis, Éptt. IV, Ind^. Il Être au-dessus de son élal, se dit d'une personne qui ades sentiments ou des lumières supérieures à la condition où elle est. || Autrefois fiondllion élevée au-dessus du peuple el de la bourgeoisie. Il y a en France trois sortes d'états, l'église, l'épée et û robe, montesq. Left. pert. 44. En préférant le célibat, le luxe et ce qu'on appeUit un état, au bonheur si doux d'être époux et pères de
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famille, Décret du 23 floréal an ii, rapport de Cambon, p. 1)4. Cette convoitise des offices et états (curée autrefois réservée aux nobles limiers) est devenue plus âpre depuis que tous les rangs y peuvent prétendre, p. l. cour, i, «h». || Manière de vivre. Tenir étal de prince. || Tenir un grand état, vivre splendidement. || Avoir un grand éialde maison, avoir une maison considérable, un grand nombre de domestiques. Ils étalent une grande m.igniflcence ; mais, du reste, ils n'ont ni diner, ni souper, point d'état de maison, genlis. Ad. et TU. t. m, letl. I , p. 42, dans ppuo^■^s. || Tenir un étal, représenter. || Façon de se vêtir. Où pouvez-Tous donc prendre de quoi entretenir l'état que vous portez ? MOL. l'Av 1, 6. Il Profession. En Egypte, le fils était obligé d'embrasser l'état de son père. Vous riez de cette nécessité où l'on est en France de prendre un état, chateaubk. René, I98. || 7* Anciennement, réunion de députés des divers ordres représentant soit le pays tout entier, soit une province. J'allai dîner lundi chez M. de Chaulnes qui fait tenir les étals deux fois par jour, sÉv. 74. Une tenue d'états ou les chambres assemblées pour une affaire très-capitale n'offrent point aux yeux rien de si grave et de si sérieux qu'une table de gens qui jouent un grand jeu, la bhut. vi. Leurs prérogatives furent de présider aux grands états du peuple, montesq. Esp. i, (4. J'ai ouï dire qu'un roi d'Aragon ayant assemblé les él.ils d'Aragon et do Catalogne , les premières séances s'employèrent à décider en quelle langue les délibérations seraient conçues, id. Lett. pers. t09. || Tenir les états, les présider au nom du roi. H. de Chaulnes ne tiendra pas nos états [de Bretagne], SEv. <68. Il Salle des états, ancien nom appliqué aujourd'hui, dans le nouveau Louvre, à la salle où l'Empereur ouvre les sessions, en y réunissant le Sénat et le Corps Législatif. || Les étals généraux ou , absolument, les états, l'assemblée des trois ordres du royaume. Des cas si pressants qu'il y aurait dangerà remettre la levée de l'impôt après la convocation des étals, fén. t. xxii, p. 4i4. Ils assemblaient souvent les états généraux, sans lesquels il n'y a point proprement de nation, raynal, Hist. phil. i, 18. Il Par extension. 11 [Alexandre] se hâia d'arriver à cette grande ville [Baliylone], pour y tenircomme les états généraux de l'univers, roli.in, llist. anc. Œuvres, t. vi, p. 674, dans pougens. || Le tiers état, la partie de la nation française qui n'était comprise ni dans le clergé ni dans la noblesse, et qui formait le tiers ou troisième ordre dans les étals généraux. Palsambleu! l'amour est un fat; Sans égard pour ma naissance. Il me fait soupirer, gémir, sentir l'absence. Comme un amant du tiers étal, REGNARD, Altendez-moi sous l'orme, se. 40. Il Pays d'états, pays où les députés des différents ordres de la population interviennent dans le gouvernement. Il Pays d'étals, en France, provinces qui avaient des assemblées locales, où l'on traitait les affaires de la province. On les opposait ordinairement aux pays d'élection. Il Les Èlals-Généraux, nom qu'au xvii* siècle en donnait souvent à la Hollande. Il 8° La forme du gouvernement d'un peuple, d'une nation. Etat monarchique. Ëtal réjiublicain. J'ose dire, seigneur, que par tous les climats Ne sont pas bien reçus toutes sortes d'états, corn. Cinna. II, t. Les Athéniens affranchis dressent des statues à leurs libérateurs el rélablis.sent l'état populaire, BOSS. Hiit. I, 8. Les enfants commencent entre eux par l'état populaire, la brut. xi. 119° Le gouvernement, l'administration suprême d'un pays. L'État ne doit pas entraver l'action du pouvoir municipal. Ministre d'État. Secrétaire d'État. Conseil d'État. Il Le chef de l'État, le roi, l'empereur, li; présiiient, le dictateur, etc. Tous.dégalonnanl leurs costumes. Vont au nouveau chef de l'État De l'aigle mort vendre les plumes, bérang. Deux grenad. Il Homme d'État, homme qui gouverne un pays ou une branche de l'administration d'un pays; et aussi celui qui a les quahtés nécessaires pour gouverner. Richelieu, Cromwell el Frédéric II de Prusse furent de grands hommes d'État. || Coup d'Ëlal, voy. coup. Il Raison d'État, considérations d'intérêt public par lesquelles on se conduit dans le gouvernement d'un Etat. La raison d'État est un mauvais prétexte pour justifier une action criminelle. Il n'est point de sottise Dont par raison d'Etat leur esprit ne s'avise, RSONIRR, Sot.x. El les raisons d'État.. ..CORN. Pomp. I, 2. Il Onaditaussi raisonsde l'État. Carcen'e<l point l'amour qui fait l'hymen des rois; Les raisons de l'État règlent toujours leur choix, CORN. D. Sanche, rv, 5. Il Par analogie. Les scrupules d'Étal qu'il fallait mieux combattre, Assez et trop longtemps nous
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ont gênés tous quatre, cohn. Tilt et Bér. in, ». Voi chimères d'Etat, vos indignes scrupules, lo. ib. m, 6. Il C'est dans un sens analogue à raison d'Ëiat que Corneille a dit vertu d'Étal. La justice n'est pas une vertu d'État, corn. Pomp. i, < . || Affaires d'Etat, les affaires qui sont du ressort du gouvernemeiiL Les oriires de la cour obligeaient l'ambassadeur à concerter toutes choses avec l'intendant, t qui la divine Providence fait faire ce léger apprentissage des affaires d'Etat, Boss. le Tdiier. || Fig. el famlli>'rement. Affaire d'Eiat, affaire importante. La moindre chose pour lui est une affaire d'Étal. || Crime d'État, tentative pour renverser les pouvoirs établis. El d'un mot innocent faire un crime d'Elat, boil. Sat. iz. Il Par analogie. Autant que je le puis, je déguise son crime, El nomme seulement imprudence d'Etat Ce que nous aurions droit de nommer attentat, corn. Siiphon. v, 6. Il Lettres d'État, lettres que le roi accordait pour suspendre le jugement el les poursuites conire une personne, qui. étant au service de l'Étal, ne pouvait vaquer à ses affaires. || 10" L'ensemble des citoyens considéré comme un corps politique. Si l'on doit regarder les Elais comme immortels, y considérer les commodités à venir comme présentes.... voit. Letl. 74. Et que l'Etat demande aux princes légitimes Des prix pour les vertus, des peines pour les crimes, corn. Hor. v, 2. Nous avons vu que tout l'État est en la personne du prince, BOSS. Politique, vi. 1, I. Dans le calme d'une profonde paix vous aurez des moyens de vous signaler, et vous pouvez servir l'État sans l'alarmer, comme TOUS avez fait tant de fois, en expusant au milieu des plus grands hasards de la guerre une vie aus.si précieuse el aussi nécessaire que la vôtre, lo. Reine d'Anglet. La reine, qui se trouva grosse el qui ne put par tout son crédit faire abandonner ces deux sièges qu'on vil enfin si mal réussir, tomba en langueur ; et tout l'Étal languit avec elle , in. «6. Je vous croirai Burrhus, lorsque dans les alarmes II faudra soutenir la gloire de nos armes. Ou lorsque, plus tranquille, assis dans le sénat, 11 faudra décider du destin de l'Etal, rac. Brtt. m, t. Le grand principe de Lycurgue, el Arislole le répète en termes formels, était que, comme les enfants sont à l'Etat, il faut qu'ils soient élevés par l'Étal el selon les vues de l'Eiat, rollin, Hist. ane. Œuvres, t. u, p. 644, dans pouGENS. La réunion de toutes les forces particulières, dit très-bien Gravina, forme ce qu'on appelle l'État politique, montes©. Espr. i, *. La vie des États est comme celle des hommes, ID. ib. X, 2. Chaque État a ses lois Qu'il tient de la nature, ou qu'il change à son choix, volt. Brulu*, i, 2. El j'ai toujours connu qu'à chaque événement Le destin des Étals dépendait d'un moment, id. M. de Ces. I, t. Ce qui fonde un État le peut seul conserver, ID. Sémir. m, «. || 11» L'étendue de pays soumise aune seulesouveraineté pohtique. Que le plus grand Ëtal ne peut souffrir qu'un maître, cohn. Perthar. i, t. Régnez toujours, Porus, je vous rends vos États, RAC. Alex, v, 3. Près de la borne où chaque Étal commence.... bêrano. Sie Alliance. || L'Étal ecclésiastique, les États du pape. On a dit de même les États ou l'Eiat de Venise, de loscane.
— IlEM. On a pris l'habitude d'écrire avec un Ë majuscule Ëtat, quand il signifie le gouvernement d'un pays, un corps de nation, l'ensemble d'un pays sous une même domination : ministre d'État: coup d'État; les lois fondamentales del'Etal; l'étendue des Etats de ce prince.
— HIST. xiif s. Lors est la terre en bon estai; Ciinte e barun e li prélat, N'est nuls à ki li reis ne pleise, Edouard le conf. v. «72. Beslorer, e mètre en estai, E enricher de riches duns [une église], ib. V. 2275. Mes s'il ont en eus engrcsliés [méchanceté], Orguel ou quelques raauvesliés, Li granl estai où il s'encroent. Plus tost le mosirent el descloenl, la Rose, 6287. Li enfant demorenl en le [la] saizine, et li plais en Testai où il esloil quant li pères morut dusqu'à l'aage des enfans, beaum. s».
— XIV* s. Et disl Charles de Blois : Heraux, voner avant; Sur quel estai veut-il qu'on voist [qu'on aille] parlementant? Cuescl. 6S&9.
— XV" s. Tenez estât, ainsi comme à mes.sage de roi appartient, car nous le voulons, el tout s>'ra payé, froiss. ii, ii, 45. Et en telle manière la plus grand' partie de ses gens se confessèrent et miient en bon estât, id. i, i, 284. Là estoyenl les femmes d'estal [de distinction] de Paris mandées, dancié, chanté, et fait joyeuse chiere, christ, de pisan, Charles Y, m, 32. Prince, qui veult que le Don temps reviengne. Les trois estas en bonnes meurs repringne [reprenne], bust. desch. Souffrance du peupU. Et feut advisé que c'estoit le moings mal
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que la royne presidast en conseil, que laisser les choses en Testât que elles estoient, juvenal. Charles VI, U08. Sire, dist la pucelle, il fait bon acquerre honneur; car, par les grans honneurs, vient on aux grands estats, Perceforesl, t. u, f° 97. Belles filles, je vous prie que vous ne soyez pas des premières à prendre les estats nouveaiilx [les nouvelles modes], LE CHEV. de la tour, Instruct. d ses filles, t" (2, dans LACUBNE. La veille du jour de Noël, le roy alla tenir son esiat [résider] au palais, et de- Dioura là jusques au jour St Thomas, monstrel. 1. 1, ^ 93, dans LACURNE. De quoy tu n'as rien fait dont il puisse apparoir par estât [réellement], Ordnnn. des rois de Fr. t. m, p. 70. Du costé du roy fuyt ung homme d'e.stat [de haut rang] qui s'enfuyt jusques à Lusignen sans repaistre, et du costé du conte ung autre homme de bien, comm. i, 4. Tel perdoit ses orfices et estats pour s'en estre fuy, et furent donnés à autres qui avoient fuy dix lieues plus loing, iD. ib. Le roy arriva en la ville de Paris en Testât qu'on doit venir pour reconforter le peuple, car il y vint en très-grande compaignie, id. i, 8. Il [Louis XI] estoit naturellement amy des gens de moyen estât et ennemy des grans qui se pouvoient passer de luy, id. i, 40.
— XVI* s. Certains estats dans les Indes.... mont. 1, 54. Affaires d'estat, id. i, 47. Jamais homme ne feit moins d'estat [ne compta moins sur] de sa durée, ID. 1, 78. Estât [dosante] florissant, id. i, 91. La philosophie faict estât [profession] de serener les tempestes de l'ame, id. i, ^^e. Us sont morts en estât de n'avoir pas leur saoul à manger, id. i, 257. Ainsi faites estât [comptez] que je m'en voys quand et vous, ID. Kl, f83. Tout cela se peut apeler faire un estât dans Testât, d'aiib. Uisl. m, 4 56. Je luy appris encore à dire souvent, maxime d'estat, maladie d'estat, période d'affaires, etc. id. Conf.ii, i. Jouer àhonnestesjeux, comme aux merveilles, aux estats, aux ventes, aux rencontres et autres, yver, p. 624. Ce livret contenoit Testât de la monition dont il avoit fait provision pour la guerre, de bledz, d'armns, etc. amyot, Cat. d'Ut. 77. U avoit d'estat de l'empereur )2o00 escus tous les ans, paré, Préface. Autres medicamens sont requis au commencement qu'en l'augment, en Taugment qu'en Testât, en Testât qu'en la déclinaison, id. Introd. 22. Commis et députez spécialement pour le tiers estât, mesmes pour Testât de labour [les laboureurs] , Coust. génér. 1. 1, p. 335.
— ÉTYM. Bourguig. étay; provenç. estât, stat; espagn. estado; ital. stato; du latin status, état, de stare, être debout, fixe (voy. ester et stable).
ÉTAT-MAJOK (éta-ma-jor) , s. m. || i" En général, se dit des officiers et sous-officiers sans troupes. Il Les officiers attachés à un général pour l'exécution et la transmission de ses ordres, le lever des plans, la correspondance, etc. et pour tous les détails du service. Le général et son état-major. Un chef d etat-major. |{ Corps d'officiers chargés spécialement du service d'état-major. || État-major général, le corps des officiers généraux. || État-major général, Tétat-major du général en chef. On traversait les cours d'eau à des gués bientôt gâtés; les régiments qui venaient ensuite, passaient ailleurs, où ils pouvaient; on s'en inquiétait peu; Tétat-major général négligeait ces détails, ségur, Hist. de Nap. VI, <. Il État-major des places, corps des officiers, sous-officiers, caporaux ou brigadiers, employés au commandement et au service des places de guerre. Il État-major de l'artillerie, du génie, officiers d'artillerie, du génie qui ne sont peint attachés aux régiments de l'arme. || Le lieu où se tiennent les bureaux de Tétat-major. Aller à Tétat-major. ji Étatmajor d'un régiment , le colonel , les officiers supérieurs, et les officiers et sous-officiers qui ne sont pas attachés à une compagnie. || Dans la marine, les officiers d'un bâtiment. || 2° Fig. État-major se dit souvent, par plaisanterie, comme les gros bonnets, des personnages les plus considérables. L'élat-major d'un collège, d'une association, etc.
— ÉTYM. État, el major.
ÉTAU (é-to), s. m. Instrument au moyen duquel les serruriers, les forgerons, etc. établissent et fixent les pièces auxquelles ils travaillent : les étaux sont l'ormésdedeuxmâchoiresqu'on serre parune vis. ||Étau à main, petit étau qu'on tient à la main. ||Fig. Être pris, serré comme dans un'étau, et, simplement, être dans un étau, être très-étroitement serré.
— ÉTYM. Picard, etau, souche morte et coupée à quelque distance de la terre; lorrain, eitauque, étau. Comme tout historique manque, on peut admettre que étau est pour estai (voy. étal), et signifie, étymologiquement, la chose dressée, ou qu'il se rap-
ÉTÉ
porte à l'ancien flamand ttael, fû;. Mais le picard etau semble se rapporter à estoc, et '.« lorrain eitau- (jues'y rapporte encore plus visiblement, de sorte que Tf((iu .serait proprement le bâton, la tige (estoc, allem Stock), où Ton serre, Schraub-stoek des Allemands. Tel e.çt l'avis de Diez, qui paraît tout à fait fondé.
t ÉTAUPINAGE (é-lft-pi-na-j'), ». m. Terme rural. Action d'étaupiner.
■j- ÊTAUPINER (é-tôpi-né), s. m. Terme rural. Faire disparaître les taupinières, soit qu'on les répande sur le sol, soit qu'on les batte et les comprime, ou qu'on les fouisse, ou autrement.
— ÉTYM. É pour es.... préfixe, et taupinière.
t ÉTAVILLON (é-ta-vi-Uon, U mouillées), s. m. Morceau de cuir coupé et disposé pour faire un gant. On appelle étavillons les grandes pièces d'un gant coupé, Dict. des arts et m. Amst. (767, gantier.
t ÉTAYAGE (é-tè-ia-j'), I. m. Action d'étayer. Des travaux d'étayage.
ÉTAYÊ, ÉE (é-tè-ié, iée), part, passé. Le château étayé en plusieurs endroits menaçait ruine, lk- SAGE, Cil Blas, V, <. Il Fig. De cent peuples rivaux ce colosse étayé [l'empire de Rome] Va bientôt de sa chute épouvanter le monde, saubin, Spart, i, t.
ÉTAYE.MENT (é-té-man; et aussi, suivant quelques-uns, é-tè-ye-man), ». m. Action d'étayer; manière dont une chose est étayée. Toutes les pièces qui servent à étayer. || Planche qui soutient les ciels plafonnés.
— ÉTYM. Étayer.
ÉTAYER (é-tè-ié), j'étaye, tu étayes, il étaye ou étaie, nous étayons, vous étayez, ils étayent ou étaient; j'étayais, nous étayions, vous étayiez; j'étayai : j'étayerai, ou étalerai, ou étaîrai;j'étayerais, ou étalerais, ou étaîrais; étaye, étayons; que j'étaye, que nous étayions, que vous étayiez, qu'ils étayent; que j'étayasse; étayant; étayé, v. a. Il 1° Appuyer, soutenir par des étais. Étayer un mur. Il Fig. Je ne voudrais pas qu'on allât faire un usage indiscret d'un ressort si bas [la gourmandise] , ni étayer d'un bon morceau Thonneur de faire une belle action, j. j. Houss. Ém. ii. Et du nom de justice Vous osez abuser pour étayer vos droits, M. J. CHÉti.Gracq. u, 3. ||2°S'étayer, i'. réft. Se soutenir sur un étai, sur un bâton. Le vieux devin qui.... Pour s'étayer dans sa marche incertaine, Courbe .son corps sur un appui de frêne, malpil. Narcisse, ii. || Fig. En vain, pour s'étayer du nom de mes aïeux. Par Téclat des emplois Charles flattait mes yeux, c. delav. Yép. sicil. i, t. || Se soutenir Tun l'autre. La richesse et le crédit s'étayent mutuellement, Tun se soutient toujours mal sans l'autre, j. J. bouss. Emile, v. Ces possessions formaient quatre masses trop éloignées les unes des autres pour s'étayer mutuellement, ratnàl, Hist. phil. IV, 23.
— HIST. XIII* s. Salomon son temple en estaie Sur sept pilliers.... J. de meuno, Tr. (I2.||iiv* s. Despense pour estaier et relever le comble du toit, Bibl. desch. 5* série, t. m, p. 2ï9. || xvi* s. Fabius, par un moyen de procedertout différent, sousteint et estaya dessoubz [sa ville], amyot, Péric. et Fàb. tomp. 2.
— ÉTYM. Étai; Berry, atéyer.
1. ÉTÉ (é-té), s. m. Il 1° La saison qui suit le printemps et précède l'automne. || Été astronomique; il commence au 2) juin et finit au 22 septembre. Dans notre hémisphère. Tété commence au passage apparent du soleil par le premier point du signe de TÉcrevisse et finit à son passage par Téquinoxe d'automne. L'été est plus chaud, sous la même latitude, dans Thémisphère boréal, que dans l'hémisphère austral, parce que le soleil reste huit jours de plus dans le premier. |{ Été météorologique, qui est le véritable été dans le sens populaire; il commence du <0 au t5 mai, et va jusqu au 15 ou 20 août. Salon d'été. Habit d'été. Mais, qui l'aurait pensé? pour comble de disgrâce. Par le chaud qu'il faisait nous n'avions point déglace; Point de glace, bon Dieu! dans le fort de Tété, Au mois de juin.... BoiL. Sat. m. L'été même, à l'instant qu'on liait en faisceaux Les épis jaunissants qui tombent sous la faux. J'ai vu les vents grondants sur ces moissons superbes Déraciner les blés, se disputer les gerbes, delille, Géorg. i. Quel siècle ! dit-on vrai? nos hivers font éclore Des fleurs qu'en nos étés un vent glacé dévore, lemerc. Frédég. et Brun, li, B. J'offrais ma tête nue à Tardeur des étés, c. delav. Paria, m, 4. || Familièrement, se mettre en été, quitter les habillements d'hiver et se vêtir légèrement. Il 2° Le senaestre d'été, semestre comprenant les mois d'avril à septembre. || 3° L'été de la ^aint- Martin, de la Saint-Denis, l'époque de ces fêtes, ainsi nommé, parce que, àca moment de l'automne.
RTE
il y a souvent des jours beaux et chauds, jj Fig, Été de la Saint-Martin, les retours de jeunesse qui prennent quelquefois aux vieillards , et les derniers rayons de beauté des femmes, {j 4* Grand été, chaleur exceptionnelle du mois d'août due à la grandeur des arcs diurnes que parcourt alors le .soleil. Il Petit été, celui de la Saint-Martin(H novembre), dû à la petitessedes rayons vecteurs, c'est-à-dire à la moindre distance où le soleil est alors de la terre. Il 5° Fig. et poétiquement. L'été de la vie, de Tâge, l'époque de force et de maturité qui suit la jeunesse. J'étais encor dans mon été. Quand cette noire déité Me fit du fleuve de Léthé Pas.ser la rive malheureuse, volt. Ép. xni. || Il se dit quelquefois en poésie pour année. || 6" Pas d'été, ou, simplement. Tété, figure de contredanse, la seconde des cinq figures qui composent le quadrille ordinaire. L'été exige vingt-quatre mesures, et. comprend les pas suivants : un cavalier et la dame vis-à-vis font : (• en avant deux et en arrière; 2* à droite et à gauche; 3* un traversé; 4* un à droite el à gauche; 6° ils reviennent à leurs places et balancent quatre avec leurs partenaires; 6° ils finissent par un tour de main. Depuis plusieurs années, c'est-à-dire depuis qu'on ne danse plus dans les salons, cette figure était altérée dans sa seconde moitié, c'est-àdire qu'après avoir fait le traversé , le cavalier et la dame refaisaient exactement pour retourner à leurs places ce qu'ils avaient fait d'abord, savoir : 7* en avant deux et en arrière: 8° à droite et à gauche; 9° un traverséqui les ramenait à leurs places. Enfla aujourd'hui Tété e.st encore plus altéré: on fait deux fois en avant quatre et en arrière , puis les deux couples traversent; après quoi ils font encore deux fois en avant quatre et en arrière, et reviennent à leurs places par un second traversé.
— HIST. XI* s. Ce est en mai au premier jour d'ested, Ch. de Roi. clxxxv. {| xii* s. Quand li estes et la douce saisons Font feuille et flor et les prés raverdir, Couci, xiii. Mais cil faus amoureus d'esté N'aiment fors quant talent lor prent, ib. p. m. Il XIV* s. Bien sembloient qu'il avoient esté En grant peine yver et aisté, Liv. du bon Jehan, y. 28i«. Il XVI* s. Quand en esté le haut coq boit, la pluye soudain vientetparoist, leroux de linct, Prov. 1. 1, p. 98. Printemps humide avec esté chasse des biens bonté, planté [abondance] , id. ib. Si l'hiver est surchargé d'eau. Testé n'en sera que plus beau, id. ib.
— ÉTYM. 'Wallon, osté; Berry, sté, asti, sécheresse; bourguign. étai; provenç. estât, s.(.\ ital. State, estate ; du latin xstatem, du radical xst qai est dans sestus, chaleur, et dans le grec alSeiv, brûler, identique avec le sanscrit idh, allumer.
î. ÉTÉ (é-té), par», pass^du verbe être (voy. ce mot).
t CtEIGNARIE (é-tè-gna-rie), ». f. Terme de salines. Femme chargée d'éteindre la braise.
t ÉTF.IGNEMENT (é-tè-gne-man), ». m. Action d'éteindre; résultat de cette action.
— HIST. XVI* s. Esteignement, cotghav».
— ÉTYM. Éteindre.
t ÉTEIGNEUR , EUSE (é-tè-gneur, gneû-z') , t. m. et/'. Celui, celle qui éteint, au propre et au figuré.
— HIST. XVI* s. Esteigneur, cotgrave.
— ÉTYM. Éteindre.
ÉTEIGNOIR (é-tè-gnoir), ». m. \\ 1* Petit ustensile creux en forme de cône qui sert à éteindre la chandelle. || Fig. Peut-être, fait comme il était, Taurait-il [le duc d'Orléans] forcé [le duc du Maine] à jeter Téteignoir sur le feu qu'il avait allumé, stsim. 327, 26. Il 2* Familièrement, celui qui éteint, ou ce qui éteint le sentiment, la pensée, les lumières,
les progrès Messieurs les pédants De qui la
science chagrine Est Téteignoir du sentiment, volt. Ép. CXI. Les Turcs ces ennemis des beaux-arts, ces éteignoirs de la belle Grèce, id. Roi de Prusse, 2io. La crainte de déplaire est Téteignoir de l'imagination, ID. Lett. Vernet. 2 janv. (763. La controverse est Téteignoir et Topprobre de l'esprit humain ; la poésie et l'éloquence en sont le flambeau et la gloire, ID. Dict. phil. Lieux communs. || 3° Nom de plusieurs champignons.
— ÉTYM. Éteindre.
ÉTEINDRE (é-tin-dr"), j'éteins, tu éteins, il éteint, nous éteignons, vous éteignez, ils éteignent; j'éteignais, nous éteignions, vous éteigniez; j'éteignis; j'éteindrai; j'éteindrais; éteins, qu'il éteigne, éteignons; que j'éteigne, que nous éteignions, que vous éteigniez; que j'éteignisse; éteignant; éteint, v. a. Il 1° Etouffer le feu, en arrêter Tactivité, l'action. Éteindre un incendie. Éteindre le feu. || Il se dit aussi de ce qui est allumé. Vous éteindrez la bougie. Éteindre la lumière. || 2* Fig. Éteindre Tenc/Ms, faire cesser la flatterie. Combien de fcisétei-
ETE
gnil-il l'encens, dont la douce et maligne odeur aurait empoisonné une imaginiition encore tendre [du dauphin, fil» do I.ouisXIVlY kléih. Dnc de IfonrauJifT. Mais après leur trépas que sonl-ils [les rois) i vos yux T Vous i-'tuignez l'encens que vous brûliez pour eux, volt. Œdipe, i, s. || Fig. Éteindre les lumières, empêcher le développement desscienees, l'extension de l'instruction. Ceux mêmes qui se «ont efforcés d'éteindre les lumiTTes, n'ont fait que les répandre, d'hoidach. Essai, préj. ch. 14, dans DtiMARSAis, OEurret. Éteignons les lumières, Et rallumons le feu, BÉiUNO. Uissionnaires. || 8" Éteindre la chaux, mettre de la chaux vive en contact avec de l'eau piiur former de l'hydrate de chaux. || Éteindre le fer, le plonger dans l'eau froide lorsqu'il est chauffé au rouge. || Éti indre les épingles, les laver dans l'eau fraîche, apr'b qu'elles ont été étamées. Il 4° l'oétiquement. Éteindre la clarté des jeux, rendre aveugle. Le fer n'a pas éteint le coeur de Bélisaire, Éteignant de ses yeux l'immorlelle clarté, BOTROO, Udlisaire, v, ». '|| Éteindre la lumifcre des yeux, faire mourir. Phèdre mourait, seigneur, et sa main meurtrière P.leignail de ses yeux l'innocente lumière, bac. nèd. iv, i. || 6° Eteindre le feu, faire cesser le feu de l'artillerie ennemie par une artillerie supérieure, par un tir supérieur. La place éteignit plusieurs fuis le feu do l'assiigeant. Il 6° Éleinilre la vie, faire mourir. Il éteindra ma vie avant que mon amour, coiiN. Qidipe, u, î. Si le duc est vivant, quelle vie ai-jc éteinte? hotb. Vene.
IV, 6. Il II s'est dit aussi quelquefois des personnes mêmes. Berwick découvrit leur cache de poudre et de munitions [des révoltés des Cévennes\ et à la fin éteignit tout à fait ces misérahles, st-sim. t48,<56. Il Eteindre une famille, une race, n'en laisser subsister aucun membre pour la continuer. Les guerres si meurtrières que les Grecs eurent à soutenir, éteignirent un grand nombre de familles, accoutuméas depuis plusieurs siècles à confondre leur gloire avec celle de la patrie, bartiiél. Anach. introd. part. II, sect 3. || 7° Calmer, en parlant de tout ce qui est comparé à un feu, à une flamme, il un incendie. Éteindre l'ardeur de la fièvre. Enfin je suis sorti d'Europe et j'ai passé ce détroit qui lui sert de bornes; mais la mer qui est entre vous et moi ne peut rien éteindre de la passion que j'ai pour vous, VOIT. Lelt. 40. Tu n'as dans leur querelle aucun sujet de craindre; Un moment l'a fait naître, un moment peut l'éteindre, corn. Cid, ii, 3. Et comme tous mes feux n'avaient rien que de saint. L'honneur les alluma, le devoir les éteint, ID. Iléracl. m, t. J'ai prévu ce tumulte.... Comme un moment l'allume, un moment peut l'éteindre, ID. Nicom. V, t. Un si vaillant guerrier, qu'on vient de nous ravir, Éteint, s'il n'est vengé, l'ardeur de vous servir, ID. Cid, ii, ». Oui; mais celte grâce n'éteint pas peut-être le ressentiment des parents et des amis, moi., le Festin de P. i, 2. Rien n'est plus doux que d'aller éteindre sa soif dans un clair ruisseau, fén. t. xix, p. 60. Cette soif de régner que rien ne peut éteindre, rac. Iphig. iv, 4. || 8° Détruire, faire disparaître. Aime une ombre comme ombre, et de cendres éteintes Eteins le souvenir, HALH. VI, 18. Le premier sang versé rend sa fureur plus forte [de la populace]; Il l'amorce, il l'acharne, il en éteint l'horreur, cobn. Mcom. v, ♦. Dans votre infâme sang j'éteindrai voire amour, BOTROU , Vtncesl. i, 4. Je devrais dans ton sang éteindre ce forfait, la font. Coupe. L'indifférence éleinten quelque sorte la volonté,Boss.Orai.s. viii, 23. Il se disposait à venir lui-même, à leur tête, éteindre l'Église et l'empire tout ensemble, et ajouter au meurtre de tant de rois celui du souveram pontife de Jésus-Christ, fléch. l'anég. Fr. de Paule. Il éteint cet amour source de tant de haine, rac. Brit.
V, *. Les larmes de la reine ont éteint cet espoir, ID. Bérén. v, 7. Et les soins de la guerre auraientils en un jour Éteint dans tous les cœurs la tendresse et l'amour? id. Iphig. ii, 3. [Les âmes dans le Tartare souhaitent] une mort qui puisse éteindre tout sentiment, fén. Tél. xviii. En qui des mœurs tièdes éteignirent toutes les grâces, mass. Car. Prière 2. Un seul mot de César a-t-il éteint dans toi l.'amour de ton pays, ton devoir et ta foi ? volt. il. de Ces. m, 2. Le malheur tôt ou lard éteindra ma raison, dicis, Lear, ii, 4. Les ISches courtisans se font une étude d'allumer le vice et d'éteindre la vertu, ciiateaubr. Uart. 124. || 9" Éteindre une rente, une dette, la rembourser.la payer. || lO'Terme de chancellerie. Éteindre et abolir <in crime, l'abolir, l'effacer. || 11' Terme de peinture. Adoucir, affaiblir. Éteindre les lumières d'un tableau. Éteindre des tons trop crus. || 12° Il se dit, en un sens ana-
ETK
ln;;ue, dans le langage ordinaire, d'un éclat qui s'efface. La tristesse avait éteint l'éclat de ses yeux. La mort avait éteint ses yeux, fi^.n. Tel xvii. 13" S'éteindre, ». r('/î. Cesser de brûler. Le feu, le llamlœau s'éteint. || Kig Quiconque maudit son père et sa mère, sa lampe s'éteindra au milieu des lénèbrei, saci. Bible, Prov. de Salom. xx, liO. Sa lumière s'éleuit et son âme s'envole, coRti. Rodog. v, 4. Une mémoire qui se confond, un cœur qui s'éteint, MASS. Car. Impén. Tes yeux o& s'éteignait la vie Rayonnent d'immortalité, lamart. Uédit. i, ». Il 14* Cesser d'être in activité, en parlant des volcans. Les volcans de l'Auvergne se sont éteints bien longtemps avant l'âge historique. || 16» l'erdre son éclat. Les yeux s'allument et s'éleignent en un moment, Pasc. Amnur. \] 16" Il se dit des maisons, des dignités qui Hnis.sent faute d héritiers. Cette famille s'est éteinte. Cette pairie s'éteindra par la niortd'un tel. Il Avec suppression du pronom personnel. Le jour qui de leurs rois vit éteindre la race Éteignit tout le feu de leur antique audace, rac. Alliai, i, 4. 1117° Cesser d'exister, être détruit. Où le cuUe de Dieu s'était éteint. Boss. Ilist. i, 7. Sa loi ne s'éteint pas parmi ces rebelles , in. ib. ii, 4. L'amour de la patrie et le respect des lois s'y éteint, in. ib. m, 7. Et son feu [d'un auteur], dépourvu de sens et de lecture. S'éteint à chaque pas faute de nourriture, boil. i4rl p. m. Dans l'ombre du secret ce feu [l'amour] s'allait éteindre, rac. Uilhr. iv, 4. Les empires, ainsi que les hommes, doivent croître, dépérir et s'éteindre, d'alembert. Éloges, Uontesquieu. Je languissais, mes ans s'éteignaient dans l'ennui, u. J. chén. Gracques, l, 4. Les langueurs où s'éteint la vieillesse, c. delav. Paria, m, 4. Il 18" Mourir doucement. II s'éteignit enfin le premier mars (7)5, âgé de près de 80 ans, fontkn. J/on'n. Si vous brillez à votre aurore, Quand je m'éteins à mon couchant, volt. Ép. Lxxxix. Son agonie [de Mme de Maintenon] fut si douce qu'elle avait l'air d'une personne qui dort tranquillement; elle s'éteignit à six heures du soir, le (5 avril t7i», â.née de 84 ans, OENLis, Urne de Maintenon, t. ii, p. 277, dans pouGENS. Jeune je m'éteindrai laissant peu de mémoire.... V. hugo. Odes, v, (.||19" Il se dit en parlant du jour qui finit. Ce jour qui va s'éteindre est le dernier pour moi, c. delav. Paria, v, 2. Il 20° Expirer en parlant de la voix. Les sons rendus parle timbre ne s'éteignent pas sur-le-champ, DIDEROT, Lett. sur Us sourds et muets. Je sens ma voix s'éteindre et mes genoux trembler, o. delav. le Paria, m, a.
— HIST. xii" s. Ta digne miseration Esteigne le grant feu de t'ire, benoIt, ii, t3407. Puis qu'en vous sont tout mal estaint Et tout bien à droit alumé, Couci, m. Ne de mon cuer [je] ne puis la fiame estaindre, ib.xi. Esteigniez, fait lor il, ces cirges alumez, 77». le tnnrt. 53. || xiii* s. Ne por ce, se je veil estaindre La foie amor.... la Rose, 6770. Si comme se [sa] mesons art [brûle] et je l'estaing.... deaum. XXIX, 12. Quant aucuns a son enfant mort, si comme par fu [fei^, ou par yaue, ou parce qu'on l'estaint [étouffe] en dormant, ou par aucune autre malvese garde, ID. Liix, B. Quant la royne se esveilla, elle vit la chambre toute embrasée de feu, et sailli sus toute nue, et prit la touaille et la jeta en la mer, et prist les touailles et les est;iint [éteignit], JOINV. 288. || xiV s. La gent Kabie desconfite et extaincte, berchrure, f° 50. verso. Les queles cho.ses se eles ne sont tantost cslées, eles estaindront [feront mourir] le pacient, h. de mondeville, f" too, rrrso. \\ xV s. Il y ot aucuns mineurs la-dedans esteints qui oncques ne s'en partirent, car la mine renversa sur eux, fboiss. il, ti, 36. On dit, et il est vérité, que le grand désir que on a aux choses que elles aviennenl, estaind le sens, et pour ce sont les vices maistres et les vertus violées et corrompues, id. m, iv, 28. Et se estaignist le bruyt que nous avions ouy, comm. it, 3. || xvi* s. Trois cents personnes et davantige esteintes, donnèrent le premier exemple aux uns pour tuer impunément, aux autres pour n'espérer point de miséricorde, d'aub. Ilist. I, t3o. Ce temple" [de Janus] demoura fermé 43 ans, tant estoient toutes occasions de guerres et par tout esteintes et amorties, ahyot, Numa, 32. Leur monnoye estoit de fer, lequel premièrement avoit esté esteinct, v»nant du feu, avec du vinaigre, ID. Lysand. 32. Puis en icelle [lessive] on fera esteindre chaux vive, paré, xxv, 32.
— ETYM. Provenç. estenher, esleinger, eztenjer; espagn. et port, extinguir; ital. estiiiguere ; du lat. exstinguere, ieex, et stinguere, éteindre, presser sur, appuyer, comme le prouvent in-stincttts (voy. INSTINCT) , et les rapprochements avec sli^ar* (m-
stigare), le grecoriYH», un point, et l'allemand itechen, piquer. Bz-ttinguere , c'est Ûter en appuyant.
ÉTEINT, HINTE (é-tin, tln-f), part, passé d'éteindre. Il 1" Qui a cessé de brûler. Un feu éteint très-promptement. La bougie est éteinte. || X chandelle éteinte, ou, substantivement, â éteinte de chandelle, s'est dit d'une adjudicati-jn qui reste ouvert" tant qu'une petite chandelle qui brûle n'est pas consumée. On dit aujourd'hui : k l'extinction des bougies ou des feux. {| Fig. Et de David éteint rallumer le flamb'au, rac. Alhal. i, 2. Même au sein du sénat traînant Rome k son char, Germanicuf éteint triomphe de César, H. j. chén. Tibère, i. 4, Il 2° Volcans éteints, volcans qui ont cessé du brûler et d'être en activité. || 8* Qui a perdu son éclat. U [M. de Monaco] avait deux gros yeux d'avcus;le , éteints, et qui en effet ne distinguaient rien à deux pieds d'eux, st-sim. 44, 2. L'airmorno, l'œil éteint, pourtant dans leur tristesse Se laissait entrev ùr un raycin d'allégresse, df.lii.le. Paradis perdu, i. Il 4* Détruit, qui n'exist'! plus. La vérité était donc éteinte avant que la réforme parût? BOSS. Atcrt. t. La tyrannie des Pisisiratidesest entièrement éteinte, ID. 7/tvl. l, 8. Leur haine pour Hector n'est pas encore éteinte, H\c. Andr.i, 4. L'esprit de pénitence est pres'jiie éteint parmi les fidèles, mass. Car. Jeûne. Des lois ou négligées par le relficliement, ou éteintes par la coutume, 10. Or.fun. Kil/ari. Grand prince [le prince Eugène], qui, dans cette cour [de Louis XIV] Où la justice était éteinte. Sûtes inspirer de l'amour, Même en nous dmnant de la crainte, VOLT. Ép. viii. N'avoue-t il pas lui-mémequ'il serait ridicule de fonder la constitution de l'État sur des maximes éteintes? j. j. roijss. Polysynodie, jugement. L'amitié môme éteinte avait encore des droits qu'il aurait dû respecter, id. Conf. ix. Hélas! des rois bientôt la mémoire est éteinte, dlcis, Uamlet, II, 6. Il Famille, race éteinte, celle dont il ne reste plus d'héritier. Et quand Dieu, de vos bras l'arrachant sans retour. Voudrait que de David la maison fut éteinte, rac. Athal. iv, 5. || B° Il se dit des facultés qui perdent leur activité. De se- sens presque éteints il a perdu l'usage, leherc. Fréd. et Br. v, 4. Il Dans un sons analogue. Et de mes jours éteints [il a] ranimé la chaleur, M. I. chén. Wn. iv,4. Il Homme éteint, homme dont les facultés sont amorties soit par les fatigues, soit par l'âge. Elle est d'une extrême délicatesse; elle ne se promène quasi pas; elle a toujours froid ; k neuf heures du soir elle est toute éteinte; les jours sont trop longs pour elle, sEv. t. vu, lett. 705, p. 22», dans pougens. Il 6° Une voix éteinte, si faible qu'on peut k peine l'entendre. Non , lui dit-elle , d'une voii presque éteinte, je n'accepte point ces présents, je pars, mabmontel. Contes moraux, Soliman II. Il 7° Terme de chimie. Mercure éteint, mercure tellement trituré avec d'autres substmccs qu'on n'aperçoit plus, dans le mélange, aucun globule métallique.
t ÉTEINTE (étin-t'), ». f. Usité seulement dans dans cette locution : k éteinte de chandelle (voy. éteint).
t ÉTELLE (é-lè V), t. f. Nom donné, sur les bords de la Seine, aux vagues secondaires ou éclats d'eaa qui suivent la barre ou mascaret.
— ÉTYM. Serait-ce le même mot que le lorrain ételle qui signifie éclat de bois, et qui, ici, aurait un sens figuré? Ételle représente le latin haslella, petit bâton (voy. attelle).
t ÉTELON (é te-lon), s. m. Voy. étalon 2.
ÊTENDAGE (é-tan-da-j'), ». m. Assemblage de cordes tendues horizontalement pour y étendre des objets k sécher. L'étendage d'une blanchisseuse. Il Lieu où e>t l'étendage. Mettre, porter du linge, du papier k l'étendage. || Opération qu'on fait aux laines.
— ETYM. Étendre.
fîrENDABD (é-lan-dar ; le d ne se he pas : un é-tan-dar orné; au pluriel, 1'» ne se lie pas : des é-tan-dar ornés ; cependant plusieurs disent : des é-tan-dar-z ornés) , s. m. \\ 1* Toute sorte d'enseigne de guerre. Et voyant pour surcroît de douleur et de haine Parmi ses étendards porter l'aigle romaine, RAC Uithr. v, 4. Déployez en son nom cet étendard fatal. Des extrêmes périls l'ordinaire sigiial, id. Baj. i, 2. Cet étendard était un aigle d'or au bout d'une pique avec les ailes déployées, et. depuis ce temps-là, les rois de Perse n'en ont point pris d'autres, roll. Ilist. anc. (Jliuv. t. ii, p. 212, dans LACtiRNE. Le dieu dont j'ai porté les sacrés élandards, VOLT. Fanât. Il, *. || f Aujounl'hui, en termes militaires, étendard ne se dit que des enseignes de U cavalerie. Se ranger sous l'éteDdanl.
ETE
ÉTÉ
ETE
Il 3"Fig. L'étendard, le parti sous lequel on se range. | L'étendard d'un faux prophète réunit des pâtres errants dans les déserts de l'Arabie, turgot, 2* dise, en Surhonne. \\ Suivre les étendards de, se ranger sous les étendards de, combattre sous les étendards, arborer l'étendard de, c'est-à-iiire embrasser le parti de, s'attacher à. N'arljoreront-ils point l'étendard de Pompée ?cobn. Serlor. I, t. 11 obligea les Grecs à marcher sous ses étendards contre l'ennemi, Boss. llist. m, 5. Mais sous ses étendards j'ai déjà su ranger Un peuple obéissant et prompt i vous venger, nAC.Àlhal.iv, 2. 1| Lever l'étendard, se déclarer chef d'un parti, d'une faction. Mathatias leva l'étendard de la liberté, boss. Arert. 6. Contre nous de la tyrannie L'élendard sanglant est levé, ilarseillaise. || Lever, arborer l'étendard de la révolte, se révolter. || Lever l'étendard, pratiquer avec ostentation quelque chose. On peut être homme de bien sans lever l'étendard, sans courir à toutes lesdévotions, mass. Carême, Culte. \\ 4° Étendard désignait autrefois, sur les galères, ce qu'on nomme aujourd'hui pavillon sur les vaisseaux. Il 5° Terme de botanique. Pétale supérieur des fleurs papilionacées. || 6° Sorte de papier.
— III.ST. XI' s. Et l'estandart ïervagan et Mahom, Ch. de liol. ccxxxvii. || xir s. Nostre emperere fist l'estendart venir [le chariot qui portait l'étendard], Mult l'a bien fait de chevaliers emplir Et de serjans, pour le fais soustenir, Garin, dans du c*nge, standardnm. Quant il ont eu bataille fiché leur estandart, Sax. xix. || xiii' s. Oïl, se Diex me saut : nous n'avons clii autre fremeté [forteresse] , ne autre estendart fors Dieu tant seulement et vous, H. de VALENC. IV. Il XV' s. L'estendart du roy qui estoit de satin vermeil cramoisy, al. chautieh, Wist. de Charles VII, p. <82, dans lacurne. Dame ïsengrine y vint accompagnée de plusieurs de sa congnoissance, qui toutes apportèrent leurs quenoilles, lin, fuiseaux, estendars, happles, et toutes agoubilles servans à leur art, les Evang. des quenouilles, p. (S. Il xvi' s. Alors fit le seigneur de la Tremouille sonner à l'estendart pour rassembler ses gens, J. d'au- TON, Annales de Louis m , p. 409, dans lacukne. Estendart, bannière ou enseigne, que nous disons aujourd'hui drapeau, pasquier, Recherches, dans LACURNE. Il n'est umbre que d'estendarts, il n'est fumée que de chevaux, et clicquetis que de harnois, BABEL. II, 27. X l'estendard tard va le couarJ, LEROUX DE LiNCY, Prov. t. u, p. 79. Avant, avant, gendarmes, à cheval; boute selle, boule selle, tost à l'estendard, Chanson de la bataille de llarignan.
— ÉTYM. Provenç. estandart, estandard; espag. estandarte; ital. stendardo; angl. standart. Diez le tire du latin extendere , étemlre , déployer ; du Cange , du germanique stand, être debout. Le fait est que, à part l'italien, c'est Va qui est dans le vieux français, dans le provençal et l'espagnol. De plus, Vétendard était quelque ciiose de fixé et d'immobile durant la bataille, ce qui va à stand; enfin l'anglais signifie à la fois étendard et étalon [de mesures], ce qui ne paraît se concilier qu'avec une racine analogue à celle qui est dans étalon lui-même. Ces raisons font penclier la balance du côté de stand. Cependant remarquez que, dans certaines provinces, étendard, comme draptau, signifie un lange.
f ÉTENDELLE (é-tan-dè-1'), s. f. Sac de crin dans lequel on renferme les graines oléagineuses broyées, pour les soumettre à la presse. || Sorte de hangar où l'on étend les verres dans les fours à vilres, après avoir été soufflés en manchons. || Endroit où l'on étend les peaux. || Division d'un bloc d'ardoise.
— Hisr. xiv s. Huit nappes de hoslel, une autre estendelle de fin linge, du cange, extendefe.
— ÉTYM. Étendre.
t ÉTENDERIE (é-tan-de-rie), *. (. Voy. étennoiR.
f ÉTENDEUR (é-tan-deur) , s. m. Ouvrier chargé d'aplatir ou d'étendre les manchons de verre.
ÉTENDOIR (é-tan-doir), s. m. \\ 1° Terme d'imprimerie. Long liteau en bois, surmonté, par un bout, d'une traverse d'un pied environ de longueur, a.ssemblé dans le manche à tenons et à mortaises, qui sert à porter et à étendre, sur des cordes, les feuilles imprimées sortant de la presse, ainsi qu'à les enlever quand elles sont sèches. || 2" Endroit où l'on étend ce qu'on veut faire sécher. On dit aussi étenderie. || 3° Perche sur laquelle les blanchisleuses étendent le linge.
— ÉTYM. Étendre.
ÉTENDRE (é-tan-dr'), e. o. || 1» Donner à une chose plus de surface. On étend l'or .sous le marteau. Étendre du beurre sur du pain. || Étendre des trou- {•6i, leui faire occuper pWs de terrain, leur donner
plus de front. Arbogaste étendit dans Is plaine cette armée de barbares qu'il avait emmenés en Gaule, FLÉcu. Théodose, iv, 48. || Terme de trictrac. Étendre son jeu, distribuer les dames sur autant de flèches qu'il se peut afin de faire facilement des cases. Il Kig. et familièrement. Étendre le parchemin, faire de longues écritures dans une afl"aire, pour en tirer plus de profit, prolonger un procès par des chicanes; ainsi dit parce qu'autrefois les écritures de justice se faisaient surtout sur parchemin. || Étendre la courroie, étendre les profits ou les attributions d'un emploi, au delà de ce qui est permis. Sa place ne lui vaudrait pas tant, s'il n'étendait un peu la courroie. || Terme de peinture. Grouper ensemble plusieurs parties qui reçoivent la lumière, et où les objets ne sont séparés que par des demiteintes adoucies. || î° Déployer en long et en large Étendre son manteau par terre pour se coucher. Il Étendre du linge , le placer sur des cordes pour qu'il y sèche. Les premiers objets qui se présentèrent furent Cunégonde et la vieille qui étendaient des serviettes sur des ficelles pour les faire sécher, volt. Candide, 29. || Étendre les bras, les jambes, les allonger. Le Seigneur a étendu sa main sur la mer, il a ébranlé les royaumes, SACi, Bible, Isaïe, xxin, 4t. [La MoUe.^se] Soupire, étend les bras, ferme l'œil et s'endort, boil. Lutr. ii. Il Terme de physiologie. Étendre la jambe sur la cuisse, l'avant-bras sur le bras, faire que la jambe et la cuisse, le bras et l'avant-bras soient en ligne droite. Il Étendre les ailes, se dit d'un oiseau qui les déploie pour s'envoler. || 3° Coucher de son long. Étendre un blessé sur un lit. Télémaque fit laver la plaie sanglante de Pisistrate, il le fit étendre sur un lit de pourpre, fén. Tél. xxi. || Il se dit aussi pour renverser à terre. Et si tu veux m'en croire, Tu retendras tout plat, la font. Fabl. VIII, 17, X peine fut-il étenilu par terre que je lui tendis la main pour le relever, fén. Tél. v. || Étendre un homme sur le carreau, le tuer, le renverser mort par terre || 4° Développer, amplifier. Étendre un sujet. Pour peu que j'eusse voulu étendre quelques-unes de mes lettres, elles se fussent appelées des livres, balzac, liv. iv, lett. 4. || Étendre laclaused'un contrat, les termes d'un arrêt, etc. porter le sens d'un contrat, d'un arrêt au delà de ce que les termes signifient précisément. En cela il a étendu sa commission et a fait plus qu'il ne devait faire, balz. liv. vi, lett. 3. Selon divers besoins il est une science D'étendre les liens de notre obéissance, mol. Tart.iv, B. || Étendre le sens, lasignification d'un mot, lui attribuer un sens plus ample qu'il n'avait. || On dit de même étendre un mot. Ce mot ne désignait d'abord que telle chose, on l'a étendu depuis à telle autre. || 5° Augmenter, agrandir. Étendre son empire. Étendre sa domination. La découverte de l'Amérique a beaucoup étendu le commerce européen. Plus on étend sa puissance, plus on est dévoré du désir de tout pouvoir, i. j. rouss. Lett. de la montagne, 9. Il n'est point d'État aussi heureusement situé que la Russie pour étendre son commerce, raynal, Hist. phil. v, 2i. La population étendit l'industrie, lo. ib. iv, 30. || Par extension. J'ai trouvé l'art d'étendre ma vie sans la prolonger; j'existe, j'aime, je suis aimée, je vis jusqu'à mon dernier soupir, j. j. rouss. Ilél. vi, 1 1 . Il Fig. On n'étend l'esprit qu'en abrégeant ses idées, malebr. Hech. vi, ii, 4.116' Porter jusqu'à, faire aller jusqu'à. Que serv.;rait à Louis d'avoir étendu sa gloire partout où s'étend le genre humain? BOSS. Mar. Thér. Toutes les espèces sur lesquelles il put étendre ses expériences , fonten. Ilartsoeker. Tel était le génie de Carthage ; toujours sévère et excessive dans ses punitions, elle les portait aux dernières rigueurs et les étendait jusque sur les innocents, rollin, Ilisl. anc. ÛEu». t. I, p. 281, dans pouOENS. Étends la loi de la nécessité aux choses morales, apprends à perdre ce qui peut t'être enlevé, J. j. nouss. Ém. v. Antipaler est, après Philippe, le plus habile politique de la Grèce; actif, infatigable, il étend ses soins sur presque toutes les parties de l'administration, barthél. Anach. ai. Quand la mort sur lo trône étend ses rudes coups, volt. Ilenr. vi. Je vais, sur les vaincus étendant mes secours, Consoler leur misère et veiller sur leurs jours, id. Àlz. iv, 4. Que si cette inscription est de quelque nation ancienne qui ne subsiste plus, elle étend notre âme dans les champs de l'infini, bern. de st-pierre, Paul et i'irg. Il Étendre la vue, la porter sur un point éloigné. C'est un plaisir d'étendre la vue sur cette belle campagne, Dicl. de l'Acad. || 7" Terme de chimie. Étendre un acide, do l'alcool, y ajouter de l'eau et
l'affaiblir de la sorte. || On dit de môme étendre du vin avec de l'eau. || 8° S'étendre, v. réfl. Prendre ' plus de surface. L'or s'étend sous le marteau. || Se déployer. L'armée s'étend dans la plaine. L'ombre de cet arbre s'étend sur nos têtes. Sur la face des eaux
s'étend la nuit profonde, delili.e, Enéide, I En
vain sous de beaux cieux S'étendaient à tes pieds des champs délicieux, id. Trois régnes, m. || Fig. Un silence pieux s'étend sur la nature [pendant la nuit] , lamart, Uarm. ii, 4. || 9° Se coucher tout de son long. Ils se sont étendus sur le gazon. Étendezvous là seulement ; il y aura jilaisir à confondre votre frère ; voici madame; tenez-vous bien, mol. Mal. im. m, 17. || 10' Être allongé. Ses jambes s'étendaient sous la table. Et vers l'amant < qu'elle adore. Ses bras s'étendent encore En se changeant en rameaux, marmontel, Daphné. Le liquide azur Du fleuve qui s'étend comme lui [le ciel] calme et pur, A. ciiÉN. ÉUg. xiv || 11° Aller jusqu'à. Et la bonté [de Dieu] s'étend sur toute la nature, rac. Athal. II, 7. L'horreur de mon destin s'étendrait jusqu'à vous, volt. Œdipe, iv, 3. La flamme dont brûla Sion désespérée S'étendit en fureur aux murs de Césarée, id. Zaïre, ii, 4. Je suis l'ami et le disciple de Socrate; et je crains bien que la haine qu'on a pour lui ne s'étende jusqu'à moi, marmontel, Cont. moraux, Alcihiade. \\ 12° Occuper une certaine étendue. L'État dont mon cœur est content Sur quelques bords du Nil à grand'peine s'étend , corn. Pomp.
II, 3. Cette histoire s'étend depuis l'an du monde 3483 jusqu'à l'an 3600, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. m, p. 21, dans pougi;ns. La plaine Qui s'étend de Pisaure aux remparts de Césène, volt. Triumv.
III, B. L'empire des Perses s'étendait jusqu'à l'Indus, montesq. Esp. xxi, 8. || Par extension. Sa réputation s'étend par toute l'Europe. Son culte [de Diane ] , connu depuis longtemps dans quelques pays éloignés, s'étendit dans l'Asie Mineure , dans la Syrie et dans la Grèce proprement dite ; il était dans le plus grand éclat sous les premiers empereurs romains, barthél. Anach. ch. 72, note 8. Il 13° Fig. Prendre plus de portée, en parlant de l'esprit. Son esprit s'est étendu. Les idées se sont étendues, genlis, Veillées du chdt. t. m, p. 77, dan» pougens. Il 14" Il se dit des personnes, en parlant de leurs propriétés. Ce propriétaire sestfort étendu de ce côté. Pourquoi, dit un riche, ne me sera-t-il pas permis d'accroître mon fonds, et pourquoi, payant bien ce que j'acquiers, n'aurai-je pas droit de m'étendre? bourd. Carême, ii. Richesses, I4. || 15° 11 se dit de la vue, de la voix. La vue s'étend très-loin de ce côté. Autant que la voix peut s'étenare. Autant que mes regards au loin peuvent s'étendre, VOLT, ilérope, v, B. || Tant qu'elle peut s'étendre, se dit d'une somme d'argent, et signifie pas davantage, avec un sens d'ironie. Saint-Albin : J'ai quinze cents livres de rente? — Le commandeur: Tant qu'elles peuvent s'étendre, diderot. Père de famille, ii, 8. || 16' Embrasser, être applicable à. La règle que je vous ai donnée s'étend à toutes les autres, boss. Lett. abb. 62. Cette maxime s'étend, quoique avec moins de sévérité, à tous les autres objets , DIDEROT , Lelt. sur les sourds et muets. Il 17° S'étendre sur quelque sujet, le traiter avec développement. Le prince s'étendit sur le malheur des grands, la font. Fabl. x, 46. Il s'étendit fort au long sur les justifications qui étaient dans la lettre, sÉv. 4 09. Je me suis un peu étendue sur cette mort, iD. 34S. Il 18° Il se dit aussi d'une armée qui pousse au loin ses corps, ses partis. Depuis deux mois les deux armées ne s'étaient fait qu'une guerre de partisans: son but, pour les Français, était de s'étendre dans le pays, pour y chercher des vivres.... SÉGUH, Hist. de Napot. x, 4. || 19° Durer. D'après David, la vie ordinaire ne s'étend pas au delà de soixante-dix ans. || Proverbe. Le cuir sera à bon marché, les veaux s'étendent, se dit pour reprocher à quelqu'un de s'étendre d'une façon peu convenable.
— HIST. xii* s. Tu estendras la tue ire [ta colère] de generaciun en generaciun, Liber psalm. p. 12|. Merveilles fait desei Gerin Od [avec] le suen cler brant acerin; N'en ateint home qu'il ne fende, Que mort à terre ne l'estende, benoIt. ii, 629. Donc [il] laisse courre à plein frein estendu, Ronc. p. 60. Deus est cbiés [chef] des prelaz : pursale: maintenir, 11 devreieiit estendre les cds, prez de mûrir, Th. te mart. 7o. {| xiil° s. Dame Diex qui en croi fu pour nous estendus, Berle, xxiv. Ne tapis estendus pour son cors aaisier, ib. xxxviii. En sa chambre [elle] l'enmaine, delez le feu Testent, ib. xlvii. Par trèstout le royaume la nouvele s'estent, «i>. cxxxui. Cis grans empereres meïsmes, Qui fu de tout le
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monde lire», Ttnt s'estenaoit loin tes empires, la Hoie. 6460. Et s'il [les arbitre»] s'estendetit en plus, H arbitrages est de nule valeur, bkaum. xli, 2. Auquel il firent si grant honneur en Acre que il li estendoient les dras d'or et de soie par où il devoit aler, joinv. 270. || xiv« s. Car qui se voulJroit estenil're à ses parens et as proceins [prochains) et amis, et as amis de ses amis, ce seroit une chose sans fin, orksme, Elh. viii, U. || xv s. Si je me sentoye aorné de telle valeur, je oseroye hardiement et à chère estendue [à visage ouvert] tel honneur et plus grant recevoir. Perce foresl , t. I, f* «2. Il XVI* s. Platon s'estend à mille préceptes pour ses gymnazes. mont, i, (H4. Les fourmis estendent hors de l'aire leurs grains pour.... id. ii, tua. La couardise ne va point jusqucs là, non plus que la vaillance ne s'estend pas qu'un seul esclielle une forteresse, la boëtie, i5. Ils ne voient autre moyen, pour asseiirer la nouvelle tyrannie, que d'estendre fort la s'Tvilude, id. :H.
— ÉTYM. Wallon, titeind; provenç. eslendre, extendre; espagn. extender; portug. estender; ital. itendere; du latin exlendere, de ex, et (cndere, tendre.
ÉTENDU, UE (é-tan-du, due), ■part, passé d'éten'lre. || l" Déployé. Du linge étendu. Le régiment étendu le long du chemin. || Terme d'entomologie. Ailes étendues, ailes qui, dans l'état de repos de l'insecte, ne se rabattent point sur le corps et laissent l'abdomen à découvert. || 2"' Allongé. Les bras étendus. || Kig. Votre empire n'est plein que d'ennemis couverts; Ils pleurent en secret leurs rois sans diadèmes; Vos fers trop étendus se relâchent d'euxmêmes, bac. ^(ei. u, 2. || 3° Couché de son long. Sur un lit de gazon de faiblesse étendu. Il semblait déplorer ce qu'il avait perdu, corn. Rodog. v, 4. Je l'ai vu sous vos coups étendu sur la terre, hotrou, Herc. mour. i, 4. Vos corps seront étendus morts en cette solitude, SAO, Bible, Nombres, xiv, 3?,. Sur le bord d'un puits très-profond Dormait étendu de son long Un enfant alors dans ses cbisses, la FONT. Fabl. y, *l. \\ i" Terme de peinture et de sculpture. Contours étendus, contours coulants, sans élévation ou sans creux trop ressentis. || B" Vaste, grand. Une forêt fort étendue. Un village étendu. Il Par extension. De tes forfaits la peinture étendue Ne laisse plus flotter ma haine suspendue, corn. fois, d'or, III, 3. Mes révérends pères, mes lettres n'avaient pas accoutumé de se suivre de si près ni d'être si étendues; la peu de temps que j'ai eu a été cause de l'un et de l'autre, pasc. Prov. <6. Il Fig. Les devoirs d'un magistrat sont fort étendus, il 6* Qui a de l'étendue, qui saisit.par l'intelligence beaucoup d'objets. L'esprit pouvant être fort et étroit, et pouvant être aussi étendu et faible, pasc. Pens. part. I, art. io. ||7° Oui a de l'extension. Ce terme est très-étendu. || 8' Terme de métaphysique. Oui jouit de la propriété de la matière dite étendue. Nous connaissons l'existence de la nature du fini, parce que nous .sommes finis et étendus comme lui, PASC. Pensées, t. i, p. 303, édit. lahube. L'esprit de l'homme, n'étant point matériel ou étendu, est sansdoute^ une substance simple, indivisible, et sans aucune composition de parties, maleb. ilcc/i. :, t. Il 9° Terme de chimie. À quoi on a ajouté de l'eau. Aciile étendu. Cette sève [de l'érable] étendue dans l'eau de fontaine offre une liqueur fraîche pendant la chaleur de l'été, chateaub. Amer. 70.
ÉTENDUE (é-tan-due), ». ^. || 1° L'espace étendu devant nos yeux, sous nos pas. La vaste étendue des mers. La foudre gronde dans l'étendue. Les corps célestes roulent dans l'étendue. || Terme d'escrime. Avoir une grande étendue, avoir la faculté de se fendre beaucoup et de toucher ainsi son adversaire, en restant à une dislance assez grande. || 2° Propriété générale de la matière, qui fait qu'elle occupe une certaine portion de l'espace. La question se réduit à savoir si cette idée de l'étendue est une Diodaliié de l'âme; je prétends que non, parce que cette idée est trop vaste, qu'elle est infinie, comme je Tiens de le prouver, halebr. Rech. Rép. à Régis, ch. 2. L'école définissait l'étendue, ce qui a des parties hors des parties , bonnet. Œuvres mHées, X. xviii, p. ««, dans pouoens. La notion de l'étendue dépouillée de toutes ses difficultés et prise par le cAté le plus clair, n'est que l'idée de plusieurs êtres qui nous paraissent les uns hors des autres, condil. Conn. hum. i, 2. || Il se dit aussi de chaque dimension. L'étondue d'une ligne, d'une surface. || S" Grandeur en superficie. Un |)arc d'une grande étendue. L'étendue de ses domaine». Par toute l'étendue du royaume, chacun peut faire ses plaintes, assuré de la protection du prince, boss. le Tellier. C'est lui ITbalèg], à ce qu'où dit, qui donna le nom de Tbulé
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à l'Ile qu'on appelle présentement Islande; comme son empire allait apparemment jusque-U, 11 était d'une belle étemlue, fonten. Oracles, i, i. || 4* Il se dit de la durée. La vie de l'homme est d'une étendue bien bornée dans l'étendue des siècles. || B* Portée, en parlant de la vue, de la voix. L'étendue du regard. Il m'ordonna de chanter en donnant à ma voix toute l'étendue q l'elie avait, lesaoe, Guxman d'Alf. IV, 5. Il Terme de musique. Distance entre le son le plus gra>e et le son le plus aigu, ou somme de tous les sons propres à une voix, à un instrument. L'étendue des sons appréciable». || Dans un sens plus particulier, voix qui a de l'étendue, voix sans étendue. |' 6* Kig. Ce qu'une chose embrasse. Cette hiiine apourmoi toute sou étendue, corn. .Sert. ui, 4. Mes sentiments d'estime auront plus d'étendue, ID. Tois. d'or, v, *. Vos vertus n'ont point eu toute leur étendue, id. Pulch. m, 3. Votre pouvoir est de grande étendue, pasc Prov. 6. Donner à ma haine une libre étendue, RAC.i4ridr.ii, 5. L'heure approche, mon fils, où la trêve rompue laissait à mes desseins une libre étendue, volt. Fanât, iv, 6. De vos engafrements rempli.ssez l'étendue , id. rrtumt'. I, 3. L'effroyable étendue.... de l'abîme où je suis descendue, id. Scythes, v, 4. || 7* Terme de grammaire. Étendue des noms appellatifs, l'ensemble des êtres auxquels ces noms peuvent convenir. Le nom cheval a moins d'étendue que le mot quadrupède. Il 8" Développement , longueur. L'étendue d'un discours. Donnez à votre ouvnige une juste étendue, boil. Art p. m. Celte matière est d'une grande étendue, montesq. £«p. xix, t. || 9' Étendue d'esprit, la faculté de comprendre un grand nombre d'objets sans les confondre. De là vient cette bizarrerie apparente de l'esprit humain, qui a tant d'étendue en un sens et si peu en un autre, FONTEN. Fragm. conn. esp. hum. Son esprit était d'une étendue infinie, «"• de caylus, Souien. p. 64, dans pouGENS. Je ne me lasserai point d'admirer la prodigieuse étendue de tête qu'il t'a fallu pour conduire des drames de trente à quarante personnages.... diderot. Éloge de Richardson.
— SYN. ÉTENDUE, ESPACE. L'étendue, venant du verbe étendre composé lui-même de tendre, emporte avec elle l'idée d'une mesure, ou d'un rapport dans les distances; espace ne suppose par lui-même ni mesure, ni rapport. De là vient qu'appliqué à un nom, l'étendue se prend pour ses dimensions intérieures : Ce champ a beaucoup d'étendue; et espace pour ce qui est libre à l'entour : Nous avons de l'espace.
— HIST. XVI* s. Pour vous faire rendre Metz, Thoul et Verdun, dont vous avez desja faict estât, pour l'estendue [extension] des limites de vostre couronne, cabloix, iv, 18. Ils ont grand tressaillement, baaillement et estendue [extension] des membres, paré, xxiv, 4 5.
— f.TYM. Étendu.
t ÉTENTE (é-Un-f), s. f. Terme de pêche. Filet tendu à la basse-mer sur des piquets enfoncés dans la vase. || On dit aussi tente.
— ËTYM. Étendre.'Ce filet le nomme en Normandie étenriaqe.
ÉTERNEL, ELLE (é tèr-nèl, nè-l'), adj. || 1* Qui n'a pas eu de commencement et n'aura point de fin. Des philosophes ont cru le monde éternel. Dieu est éternel. Le Pèreéternel. Le Verbe éternel. Les ordres éternels D'un Dieu qui vous demande au pied de ses autels, volt. Zaïre, y, 3. Quel sang «demandé rétemella justice? id. Fanât, lu, 4.||Une vérité éternelle, une vérité immuable. || i° Qui n'aura point de fin. Le bonheur éternel du paradis. Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit? hac. Andr. v, 6. D'un éternel oubli ne tirez pas les morts, VOLT. Sémir. il, 7. De tout ce que j'aimais cette éternelle absence [la mort] Abattit mon courage, accabla ma constance, st-lamrert. Saisons, Hiver. La passion voit tout éternel; mais la nature humaine veut que tout finisse, Diderot, Pire de famille, II, 6. || La ville éternelle, Rome. Les ouvrages qui ont donné et donnent encore aujourd'hui la plus haute idée de sa puissance |de Rome] ont été faits sous les rois; on commençait déjà à bâtir la ville éternelle, montesq. Rom. i. || Poétiquement. Le sommeil éternel, la mort. || 3* Par extension, dont on ne peut prévoir la fin, fixer le terme. D'une éternelle paix Hermione est le gage, bac Andr. II, 4. Un obstacle éternel rompt notre intellijçencc, ID. Bajai. II, 3. Il Un éternel adieu, adieu que sa font des personnes qui ne doivent plus se revoir. Il V. Hu^o a donné un comparatif à éternel. Mais si la Grèce est sans prestiges. Tu savais des lieux solennels Où sont de plus sacrés vestiges. Des monuments plus éterneli, Odet, iv, 6. || i* Par eia-
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gération , qui semble ne devoir pas finir, qui fatigua, qui ennuie. Claude même lassé de ma plainte éternelle , BAC. Brit. IV, 2. Tous mes moment» ne sont qu'un éternel passage De la crainte à l'espoir, de l'espoir à la rage, id. Bérén. v. 4. [KUes].... se plaignent tous les jours des dévoilts et des égarements éternels qu'elles éprouvent dans ce saint exercice [la prière], mass. Car. Prière i. On ne trouve plus guère après le siècle d'Hélène [mère de Conslantinj que l'éternel coriuthien [ordre corinthien], CHATEAUB. /(in. II , )6». Ou'importB ca vain flux d'opinions mortelles Se brisant l'un* l'autre en vagues éternelles? lauart. llarm. i, 6. Il Un causeur éternel, un bavard inf^tigahle. || Un homme éternel, un homme qui fatigue. Dans l'e»péranceque l'éternel Saint-Germain en sortirait avant elle, HAMILT. Gramm. 4. Léonore et son éternelle gouvernante, lesage. Diable boil. 4. Hais, baron éternel, ce n'est pas sur un re;;ard équivoque, sur une simple civilité que je suis assuré qu'on m'aime, BOisST, Français à Lond. se. t.\\ Par plaisanterie. Une personne éti-rnelle, une personne dont on attend l'héritage et qui tarde à mourir. J'en ai l'avi» sur moi, que je dois sûrement Hériter avant peu d'une tante éternelle... Qui me remet toujours, do- BAT, Feinie par amour, li, 7. Songe-l-elle à vbus assurer de quoi vivre? elle ne sera pas éternelle, el il serait fftcheux qu'elle ne vous mit pas en état d'être toujours aussi proprement mise, Marivaux, Uariane, 5* part. || 6' S. m. Dieu. Il les reçoit comm» des hôtes que l'Éternel lui envoie, patru, Piaid. .•», dans RICHELET. L'Éternel est son nom, le monde est son ouvr.iRe, rac. Eith. m, 4. Oui je viens dans son temple adorer l'Éternel, id. Athal. i, t. || En cet emploi on met un Ê majuscule.
— SYN. ÉTERNEL, PERPÉTUEL. Étemel sc rapporte à la durée infinie prise absolument. Perpétuel se rapporte à l'homme, et admet comme possibles, et même comme probables, les interruptions ou terminaisons auxquelles l'humanité est sujette. Une rente est perpétuelle ; l'abbé de Saint-Pierre rêvait une paix perpétuelle. Au contraire ceux qui croient que le monde ne finira pas, disent qu'il est éternel.
— HIST. XII* s. Saches que tu es hom mortaus [mortel], E il est veirs Deus eternaus, benoIt, ii, 6267. Il XVI* s. Tu y verras les œuvre» magnifiques Del'Kternel, marot, iv, 208. Pourvoir ces monts couverts dune neige éternelle, du bellat, vi, 40, verso.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. etemal; ital. elernale; du bas-latin artemalis, d'setemus, contracté pour xviternus, de xtum, âge, durée infinie (grec, alciv), et du suffixe terntis qui s'applique au temps, comme dans he.ilernus, sempiternus.
ÉTERNELLE (é-lèr-nè-T) , ». f. Plante (voy. m- MOB telle).
ÉTERNELLEMENT (é - ter- ne - le - man ), adv. Il 1* D'une façon éternelle. Dieu existe éternellement. Il a* Sans fin. Le bonheur des élus durera éternellement. Par les muses seulement Lhomme est exempt de la parque: Et ce qui porte leur marque Demeure éternellement, halh. ii, 2. Tous vous savent louer, mais non également; Les ouvrages communs vivent quelques années; Ce que Malherbe écrit dure éternellement, m. ii, 10. Ils seront éternellement connus par leur désertion, BOss. l'or. 1" insir. past. § m. Les Lettres Provinciales seront éternellement regardées comme un modèle de goût et de style, d'alehb. Dest. des jésuit. Œuvres, t. V, p. 66, dans pouoens. || 8* Sans ces,se, continuellement. Resterez-vouslà éternellement? L'atoir [le prince de Condé] entre les mains, c'était y avoir la victoire même qui le suit éternellement dans les combats, boss. le Tellier II parlait éternellement sans rien dire, hamilt. Gramm. 7. Voilà cette force, cette raison, cette s,iges8e qu'ils nous vantent éternellement, HASS. Car. Avenir.
— HIST. xiii* S. Tout avant ot il [Dieu] l'image et la figure comment il feroit le monde et les autre» choses, et ceot il toz jors eternelment. bb. latini, Trésor, l, l, 6. || xvi* s. Je commande sur peine d'inobedience et d'estre damnée éternellement que...
haro. KoUV. XXII.
— ÊTYM. Éternelle, et le suffixe ment; provenç. etema^men; espagn. et iial. eternalmrnle.
ÉTERNISÉ, ÉE (é-tèr-ni zé, lée), part, passé. Un souvenir éternisé par des monuments durables
ÉTERNISER (é-tèr-ni-zé) , V. a. || 1* Faire durer sans fin. [Que] Le ciel, grand conquérant, éternise tes joursl rotr. Bélit. i, 2. II ne f;iut p.is que le roi se persuade que ce palais superbe qui occupe aujourd'hui tant d'esprits et qui lasse tunt de mains, éternise son nom, mKnaos, Prifact au* auvresil
ÉTÉ
lla!herb«. Cet ouvrage est un monument qui éternisera sa honte, fén. Tél. xxii.Ils cherchent à éterniser sa mémoire par des titres et des inscriptions, MASS. Car. Riche. Ce n'est point un talileau, c'est une estampe; cela n'est fait qu'avec du noir de fumée, on en tire cent copies en un jour, et ce secret éternise les tableaux que le temps consume, volt. Dial. xill. Heureux qui, satisfait de lumière.î bornées, i d'utiles travaux consacre ses années. Ignorant le désir d'éterniser son nom, GILB. Ode au roi. Ou'une haine éternelle éternise la guerre! delille. En. IV. De vengeance affamé, constant dans son courroux. Voudrait-il, prolongeant son effroyable joie, Ainsi qi.'« sa colfere éterniser sa proie? ID. Farad, perdu, X. || Éterniser se dit aussi de la durée indéfinie d'une race, d'une famille. S'il vous faut de Bélus éterniser le sang, Si la jeune Azéma prétend à ce haut rang, volt. Sémir.u, 7. Je veux dans ma famille éterniser l'empire, legouvé, M. de Mr. IV, R. Il Donner une gloire sans fin. Ou que d'un beau trépas la mémoire durable. Éternisant des jours si noblement finis.... bac. P/ièdre, ni, 5. Cette supériorité qu'une régence mémorable éterni.sera dans nos annales, mass. Or. fun. Madame. || 2° Prolonger indéfiniment, traîner en longueur. Éterniser un procès. D'abord sa politique, assurant sa puissance. Semblait d'un fils docile éterniser l'enfance, VOLT. Ilenr. II- Dion proposait-il des voies d'accommodement avec Denys, on le soupçonnait d'intelligence avec ce prince; cessait-il d'en proposer, on disait qu'il voulait ét-erniser la guerre, afin de perpétuer son autorité, Barthélémy, Ànach. ch. 60. Il 3" S'éterniser, v. réft. Se donner une durée sans fin. Il aurait voulu pouvoir s'éterniser sur la terre dans l'usage des voluptés, mass. Car. Avenir. Vous voudriez vous éterniser dans cette vallée de larmes, ID. Car. Riche. \\ Se perpétuer. C'est ainsi que les abus s'éternisent. Puisse votre maison s'éterniser, comme vous avez immortalisé votre nom! volt. Lett. Richelieu, (l fév. <764. || Se donner une renommée éternelle. Pour vous éterniser sous ces arcs glorieux Qu'une savante main taille aux victorieux, TRISTAN, ilfor» de Chn>pe, I, 3. || KamiUèrement. Rester longtemps, troplongtemps. Le cardinal Fleury s'éternisa au ministère. On aurait cru qu'il voulait s'éterniser chez nous.
— HIST. XVI* s. Je veux brnsler, pour m'envoler auxcieux. Tout l'imparfait de mon escorce humaine, M'eternisantcommelefilsd'Alcmeine, rons. 89.Tousjours, tousjonrs, sans que jamais jemeure, Je voleray cyne par l'univers. Eternisant les champs où je demeure De mes lauriers honorez et couvers, id. 676.
— ÉTYM. Bas-latin, œternisare, de eeternus, éternel (voy. éternel).
ÉTERMTÊ (é-tèr-ni-té), s. f. \\ f Durée qui n'a ni commencement ni fin. Dieu est de toute éternité. Je vois ces effroyables espaces del'universqui m'enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu'en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m'est donné à vivre m'est assigné à ce point plutôt qu'à un autre de toute l'éternité qui m'a précédé et de toute celle qui me suit, pasc. Pensées, art. ix. Quand je considère la petite durée de ma vie, absorbée dans l'éternité précédant et suivant.... je m'effraie.... id. ib. art. XXV, <6. Que l'on célèbre ses ouvrages Au delà du temps et des âges. Au delà de l'éternité, rac. Eslh. m, 9. Avant Aristote, plusieurs de nos pythagoriciens et entre autres Ocellus de Lucanie avaientadmis l'éternitédu monde, BkRitiÈL, Anach. ch. 64. J'ai réservé pour moi L'éternité qui te précède. L'éternité qui s'avance est à toi, delii le , l)ithyr. [J'ai] Quelquefois, sur l'Atlas, médité, près des dieux. L'éternité du temps, l'immensité des cieux, DUCis, Abufar, ii, 7. Roulez dans vos sentiers de flamme, Asires, rois de l'immensité; Insultez, écrasez mon àme Par votre presque éternité , LAMAHT. Harm. iv, 9. || De toute éternité, dans l'éternité , c'est à-dire d'après le dessein éternellement le même de Dieu. Son heure était marquée de toute éternité, sÉv. 345. Les nœuds en [de cette alliance] étaient serrés dans l'éternité, fléch. Mar. Th. Il De toute éternité, signifie aussi de temps immémorial. Cela est ainsi de toute éternité. || 2° Temps qui n'aura point de fin. Et j'estimerai plus une mort qui lui plaise.... Ou'une éternité qui ne lui plairait pas, ROTR. Vencpsl. iv, 6. C'est un fait constant que l'Église chrétienne a toujours cru la divinité de Jésus-Christ, l'immortalité de l'&me et l'éternité des peines, boss. Far. xv, § I18. Ce grand empire qui s'était vainement promis l'éternité , m. Hist. m , t. La bonté de Dieu n'exclut point l'éternité des
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peines, ni l'éternité des peinas n'est point contraire à la bonté de Dieu, bourd. Serm. tfdim. après la Pentec. Dominic. || 3* La vie future. Il est une autre voie et plus sûre et (ilus prompte Que dans l'éternité j'aurais lieu de bénir, corn. Théod. m, 3. Prés du grand voyage de l'éternité, s8v. 481. Il a llevé votre ennemi dans le temps pour vous sauver dans l'éternité, mass. Car. Pardon. L'affaire de l'éternité ne va qu'après toutes les autres, id. Car. Impén. Que faites-vous pour l'éternité que vous ne rendiez au monde au centuple? id. Car. Salut. Devant votre tribunal il attend la décision de son éternité, id. Or. fun. PiiJeroy. || L'éternité bienheureuse, le bonheur sans fin des élus. L'éternité malheureuse, le malheur sans fin des damnés. La foi doit nous confirmer dans la créance de l'éternité malheureuse, bourdal. Serm. <9* dim. après la Pentec. Dominic. \\i° Au plur. Éternités, l'éternité passée et l'éternité à venir. Un philosophe nommé rimée a dit, il y a plus de deux mille cinq cents ans, que notre existence se trouve entre deux éternités; et les jansénistes, ayant trouvé ce mot dans le» paperasses de Pascal, ont cru qu'il était de lui, VOIT. Lett. à lime du Dejfand, 4 mai 477i. La nature m'a donné la permission de passer encore quelque temps dans ce monde, c'est-à-dire une seconde entre ce qu'on appelle deux éternités, comme s'il pouvait y en avoir deux , id. Lett. Diderot , 20 avril 1773. Il Le bonheur éternel des élus, le malheur éternel des damnés. L'horrible nécessité d'être éternellement ou anéantis ou malheureux, sans qu'ils sachent laquelle de ces deux éternités leur est à jamais préparée, pasc. Pensées, art. ix. 115° Par exagération, un temps fort long. Cela est solide et durera une éternité. Cette heure si douloureuse m'a paru une éternité, jj 6* Titre que l'on donnait aux empereurs romains. Prince sublime [Galérius], je vais commencer à punir les factieux qui blasphèment ton éternité , cuateaubr. Jfart. 397. Il 7* Mémoire éternelle. Il ne faut pas que tu penses Trouver de l'éternité En ces pompeuses dépenses Qu'invente la vanité, malh. ii, 2.
— REM. Corneille a mis ce mot au pluriel pour dire un temps fort long. Ah 1 combien ces moments de quoi vous me flattez. Alors pour mon supplice auraient d éternités! Héracl. m, t. Voltaire l'en a repris et avec raison.
— HiST. xiii* s. Devant le commencement n'estoit nul tens, mais sa éternité [de Dieu], br. latini, Trésor, i, i, <o.
— ÉTYM. Provenç. etemitat; espagn. etemidad; itaL etnnilà ; du lat. œlernitatem (voy. éternel).
t ÉTERNUE (é-tèr-nue) , s. f. Nom , chez les herboristes, de la ptarmique vulgaire (achiUea ptarmica, L). || Nom donné par quelques botanistes à Vagroslis stolonifera, L puT erreur sans doute (car elle n'a rien de commun avec l'éternument) , et par corruption du nom vulgaire cernue.
— ËTYM. Éternuer, à cause que cette plante fait élernuer.
ÉTERNPER (é-tèr-nu-é), j'éternuais, nous éternuions, vous éternuiez ; que j'éternue, que nous éternuions, que vous éternuiez, v. n. || 1" Faire un éternument. Ne fût-ce que pour l'heur d'avoir qui vous salue D'un, Dieu vous soit en aide, alors qu'on éternue mol. Sgan. 2. 11 [le riche, le puissant] crache fort loin et éternue fort haut, la bruï. vi. Il [le pauvre, le faible] crache presque sur soi, et il attend qu'il soit seul pour éternuer, ou, si cela lui arrive, c'est à l'insu de la compagnie, id. ib. On vous salue, quand vous éternuez. pour vous marquer, dit Aristote, qu'on honore votre cerveau, le siège du bon sens et de l'esprit, saint-foix, £.«s. Paris, Œuvres, t. iv, p. 276, dans pougens. Que direz-vous, monsieur le zélé, à ce malheureux qui bâille et dort tout éveillé, et à l'autre qui depuis trois heures éternue à se faire sauter le crâne et jaillir la cervelle? que leur direz-vous? — Ce que je leur dirai? — Oui! — Eh! parbleu I je dirai à celui qui éternue, Dieu vous bénisse, et va te coucher à celui qui bâille , beaumarch. Barbier, m , 8, Il Substantivement.Touslesmarchers, toussers, éternuers sont différents, pasc. dans cousin. || 2° Activement, par plaisanterie. Il m'a éternue son bonjour, il m'a dit bonjour en éternuant. || Éternuer un mot, un nom, se dit quelquefois, par plaisanterie, d'un mot où ilya beaucoupde consonnes sifflantes, et particulièrement des noms polonais ou russes.
— HlST. xni* s. Il esternue et se demaine. Moult estoit li rois en grant paine, Ren. (9689. || xv* s. Le quel Perrin en oyant vespres, par contrainte de nature, esternua une fois bien haut, dont il se hontoya, DO CANOi, pudoratut.
— ÉTYM. Berry, étoumer; bourguig. élarnué, wallon, stierni; provenç. estornudar, stornudar, estrunidar; catal. estemudar ; espagn. estornudar, ital. starnutare; du latin stemutare, fréquentatif de stemuere, qui se rapproche beaucoup du greo
t ÉTERNUEDR, EUSE (é-lèr-nu-eur, eû-z'), t. m. et f. Celui, celle qui éternue fréquemment.
ÉTERNUMENT (é-tèr-numan), s. m. Mouvement subit et convulsif du diaphragme, par suite duquel l'air est expiré biusquement par le nez et par la bouche. L'esprit est pour lui comme les éternuments qui vont venir et qui neviennent jamais, marmontel, ConJ. mor. Connaiss.
— BEM. Dans les substantifs de ce genre, l'Académie a l'habitude de marquer la dérivation, soit en conservant l'e, soit en mettant un circonflexe. Elle a laissé éternument sans aucune marque.
— HIST. XVI* s. Me demandez-vous d'où vient cette coutume de bénir ceulx qui esternuent?.... le troisième est l'esternuement; et parce qu'il vient de la teste, nous lui faisons cet honneste recueil, uoNT
— ÉTYM. Éternuer; provenç. estomudament; ital. starnutamento.
ËTÉSIENS (é-té-ziin) , adj. m. pi. Les vents élèsiens, vents du nord qui .soufflent dans la Méditerranée chaque année après le lever de la canioule, et qui tempèrent la chaleur de l'été pendant quarante jours environ.
— ÉTYM. 'ETTiotai, sous-entendu àvtpioi, vents annuels, delToç, année, dit au.ssi Stoç ou Féxotavec le digamma, et se rattachant au latin tie(uj (voy.viEUX).
ÉTËTÉ, ÉE (é-tê-té, tée), part, passé. Arbre étêté. Il Terme de blason. Se dit des animaux représentés sans tète.
ÉTÊTEMENT(é-tê-te-man),t. m. Mode d'élagage qui consiste à retrancher toutes les branches qui forment la tète d'un arbre.
— ÉTYM. Étéler.
ÉTÊTER (é-tê-té), v. a. \\ 1* Couper la tête d'un arbre. Étêter des saules. On étête généralement les jeunes arbres que l'on transporte d'un lieu dans un autre. || i' Par analogie. Étêter un clou, une épingle.
— HIST. XVI* s. Etester, est couper généralement toutes les branches pour faire reprendre nouvelle vigueur à l'arbre, o. de serres, 723. Estester [couper la tête] , COTGHAVE.
— ÉTYM. È pour es.... préfixe, et tête. fÉTÊTECR (é-tê-teur), s. m. Terme de pêche.
Ouvrier qui coupe la tète des morues qu'on vient de pêcher; le couteau dont il se sert.
ÉTEUF (é-teu; l'^nese prononce pas, si ce n'est quand le mot qui suit est une voyelle ou une h muette), s. m. Petite balle pour jouer à la longue paume. Prendre l'éteuf à la volée. || Fig. Il joue de ces éteufs-là, se dit d'un homme qui fait des coups qu'il ne devrait pas faire. || Courir après sou éteuf. se donner beaucoupde peine pour ressaisir un avantage qu'on laisse échapper. Il ne faut pas courir après son éteuf, c'est-à-dire il ne faut lâcher les sûretés qu'on a entre les mains, pour des choses incertaines. Il Renvoyer l'éteuf, se décharger sur un autre d'une affaire, d'une commission. Il [le vent] accourait, un mont en chemin l'arrêta; L'éteuf passant à celui-là, nie renvoie et dit.... la font. Fabl. IX, 7. Le docteur, voulant me faire de fête, dit que je connaissais cette cause parfaitement et voulut que je l'expliquasse; je lui renvoyai l'éieuf comme à mon ancien, grosley. Vie, p. t)0. ||Se renvoyer l'éteuf, se rendre la pareille. || Repousser ou renvoyer l'éteuf, répliquer vertement, repousser une attaque. || Éteuf a vieili ainsi que le jeu auquel il servait, et on ne l'emploie plus sans un certain archaïsme.
HIST. XV* s. Sont-ce coups d'esteufs ou de billes. Que ferez tesmoing vos voisins? eu. d'orl. Rondeau. Le duc de Bourgogne se mist encores après son esleuf, et à remettre le siège devant Nancy, COMM. V, B. Il XVI* s. Jouant à la paulme, il receut un coupd'esteuf, mont, i, 74. Aubigné de ce pas descend au cabinet du mareschal d'Anville ... il joua des mesmes estrrufs qu'il avoit fait vers l'autre mareschal, d'aub. Hist. ii, 272.
— ÉTYM. Bas-lat. stoffut; le même qu'étoffe (voy. ce mot); ainsi dit à cause qu'il est fait d'étoffe, garni A'étoffe.
<. ÉTEULE (é-teu I'), s. f. Terme d'agriculture. Chaume qui reste.sur la place apn'^s la moisson faite. On dit aussi esteuble. |{ Proverbe rural. Le même champ ne doit pas porter deux éteules blao. ches de suite, c'est-à-dire deux céréales.