‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 179 sur 388 · É'IO · texte numérisé non relu

É'IO

tnez da toutes pièces qui ont donné jusqu'à la grande place de la dicte ville, dont les dicts habitans ont prins un tel estonnement qu'ils ne se sont jamais mis en aucune deffense, henbi nr, Lettres, t. iv, p. 696.

— ÊTYM. Étonner.

ÉTONNER (é-to-né), v.a.\\ !• Causer un ébranlement. Le coup lui a étonné la tête. || Terme de vétérinaire. Se dit du sabot d'un cheval qui se heurte violemment à quelque obstacle. Ce cheval s'est étonné le pied. || Terme de mineur. Etonner la roche, allumer un bûcher auprès, afin d'en rendre l'abattage plus facile. || Terme de métier. Faire fendiller, en le chauffant, le sable destiné à la fabrication du cristal. || Étonner un diamant, y faire une fêlure. Il II se dit aussi du drap qu'on tire trop. Si on étonne la pièce entière à force de la tirer, et si on en dissout tout l'assemblage en la contraignant par une extension violente à donner 2* aunes au lieu de i» ou 20, Dict. des arts et m. Drapier. Il i' Fig. Causer un ébranlement moral. Va la voir rie ma part, et tâche à l'étonner ; Dis-lui qu'à tout le peuple on va l'abandonner, corn. Théod. ii, 7. Trop de vérité nous étonne, pasc. dans cousin. Ma faiblesse n'a point étonné mon ambition, id. tb. On le vit étonner de ses regards étincelants ceux qui échappaient à ses coups, boss. Louis de Dourhon. Au conseil comme au sceau, la multitude , la variété, la difficulté des affaires n'étonnaient jamais ce grand magistrat, id. le Tellier. Mon Dieu, pourquoi vois-je devant moi ce visage dont vous étonnez les réprouvés? id. t" serm. pour le vendredi saint, III. Pour moi qu'en santé même un autre monde étonne, boil. Sat. i. Ah! qu'un si rude coup étonna mes esprits I m. Poésies div. 6. Observons Bajazet, étonnons Atalide, rac. Bajai. m, 8. Le sang d'Alcide est beau, mais n'a rien qui m'étonne, volt. Jfc'r. I, 3. L'aspect du souverain n'étonna point ce traître, id. Henr. v. La Grèce avait été bien étonnée par le premier Philippe, Alexandre etAntipater, mais non pas subjuguée, hontesq. Rom. v. || Absolument. Les grandes choses étonnent et les petites rebutent, la bruy. xii. || 3° Causer, en qualité d'extraordinaire, de singulier, d'inattendu, une certaine sensation. Les exploits de ce héros étonnent l'univers. Ils [les philosophes] étonnent le commun des hommes ; ils [les chrétiens] étonnent les philosophes, PASC. dans cousin. L'éternité des choses en elles-mêmes ou en Dieu doit encore étonner notre petite durée, id. ib La nouvelle en ce cas M'étonne bien un peu, mais ne me change pas, piron, Métrom. v, H. || Absolument. Ces œuvres marquaient le pouvoir de bien faire plutôt que la volonté d'étonner ; c'étaient des vertus plus que des miracles, j. J. Rouss. Lettres de la montagne, 3. || 4° S'étonner, V. réfl. Se dit d'une voûte, lorsque étant surchargée, elle paraît s'affaiblir par le poids. || B" Ressentir un ébranlement moral, hésiter, s'effrayer. Encore voyons-nous des gens qui attendent pour s'étonner que la mauvaise fortune soit venue, balz. 6* dise, sur la cour. Ne vous étonnez point de ce qui est arrivé; mais au nom de Dieu, que cela vous serve pour prévoir et prévenir à l'avenir semblables inconvénients, RICHELIEU, I.ett.d M. de Chdlillon , U juin J638. Quoique le mien [courage] s'étonne à ces rudes alarmes, corn. Hor. i, t. Quoi ! déjà votre foi s'affaiblit et s'étonne! rac. Alhal. i, 2. Le monstre [Jacques Clément] au même instant tire son coutelas, L'en frappe, et dans le liane l'enfonce avec furie; Le sang coule, on s'étonne, on s'avance, on s'écrie, volt. Henr. v. || 6° Trouver étrange, singulier. Je m'étonne de vos manières. Je m'étonne comment je la puis souffrir [une maladie] , VOIT. Lett. 8. On ne devrait s'étonner que de pouvoir encore s'étonner, larochef. JUax. 384. Vous faut-il étonner de ce que je l'ignore? cobn. Hor. m, 2. C'est de quoi s'étonner, id. Héracl. v, 7. J'ai cédé mon amant, tu t'étonnes du reste, bac. Baj. m, t. Je me suis étonné de son peu d'allégresse, ID. Phèd. IV, t. Il Ne pas s'étonner si, ne pas s'étonner de ce que. Je ne m'étonne pas s'il n'a pu venir. Faut-il s'étonner s'il n'a pu venir? Je ne m'étonne pas si je romps tes attentes, mol. l'Ét. su, 6. Ne vous étonnez pas si je m'informe des nouvelles de toute la famille, car j'y prends beaucoup d'intérêt, ID. le Fist.de P. IV, 3. Ne vous étonnez pas si je m'adresse à vous, rac. Athal. m, ♦. Faut-il s'étonner s'ils ne sont point aimés, puisqu'ils n'aiment rien que leurs grandeurs et leurs plaisirs? fén. Tél. xiii. Il 8'étoiiner que, avec le verbe suivant au subjonctif. Faut-il s'étonner qu'il ne soit pas aimé? Je m'étonne que vous n'ayez pas prévu cet accident. U fallait qu'elle [cette feinte] cessât bientôt sans

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doute, et je m'étonne seulement qu'elle ait pu durer la moitié d'un jour, mol. Princ. d'Él. v, i. Je ne m'étonne pas que des hommes qui s'appuient sur un atome chancellent dans les moindres efforts qu'ils font pour sonder la vérité, la bbuy. xvi. Mais je m'étonne enfin que pour reconnaissance, Pour prix de tant d'amour, de tant de confiance, Vous ayez si longtemps par des détours si bas.... rac. Baj. V, 4. Ne faut-il pas s'étonner au contraire Qu'il en en ait si longtemps différé le salaire? id. Esth. m, t. Il II peut se dire aussi avec l'indicatif. Il s'est étonné que je n'ai rien vu de tout cela, balz. Lett. à Chapelain, 8 janv. (640. Il S'étonner de,' avec le verbe à l'infinitif. [Les gens] S'étonnaient de voir que Martin Chassât les lions au moulin, la font. Fabl. v, 2). Il Proverbe. Cet homme est bon cheval de trompette, il ne s'étonne pas du bruit, se dit d'un homme qui ne se trouble pas pour peu de chose, que les cris, les reproches n'émeuvent pas.

— HIST. XI* s. Granz fu li cops, li duz [le duc] en estonad [en fut étonné] , Ch. de Bol. ccl. || xii' s. Par nous vous mande n'en soiez estoné, Ronc. p. 123. [Elle] Nel conut [son fils], ne s'estone mie Cum faitement il est en vie, Grégoire le Grand, p. H3. Il XIII* s. Dou fau [fou] moine qui de la noise Est abaubis et estonés.... G. de coinsi. Du cierge. Tel cop lez l'oreille li done, Tote la teste li estone, Ren. (4902. Lechief[Iatête] ai vuit et estoné Du duel, et de l'ire, et del pens [pensée] Dont tôt est desvoiez mon sens, ib. 4B898. Sire Renart tel li redone. Que toute la fosse en estone [retentit], Ben. «12. Nepurquant li reis sus se levé. Pur la grant feste d'icel jur Se feint e ouvre sa dolur; Mais la feblesce tut l'estune , Edouard te con^. v. 3640. ||xiv's. Nous avons de bon vin le cervel estonné. Si en seront plus fort dedensl'estour morte [mortel], Guescl. 22(69. Il XV" s. Si en doibs parcourir la terre, faire retentir les cieulx, estonner bois, roches et montaignes par force de cris, G. chastel, Chr. du duc Philippe, Iniroduct. Si prirent à lancer si grosses pierres d'engins et de canons contre les murs que tous les estonnerent, et si druement que l'un coup n'attendoit pas l'autre, id. Roucic. i, 28. Plus estonné que le premier coup de matines, Perceforest, t. m, f" ( (7. Il xvi* s. 0 bien heureux qui de rien ne s'estonne, Et ne pallist, quand le ciel iré tonne, du BELLAY, II, 7( , recto. L'y vrongnerie renverse l'entendement, et estonné le corps, mont, ii, 12. Toutesfois il fut plus surpris qu'estonné : car ayant retranché et rempli les passages.... d'aob. Hist. i, (90. Ledit navire toucha en terre, et de ce heurt la quille et gaborts s' estonnerent, de sorte que les joints des planches s'ouvrirent tant que.... u. du

— ÉTYM. 'Wallon, estener, estcner, du lat. ex-tonare, ébranler comme par un coup de tonnerre, d'après Diez ; étymologie qui est confirmée parl'historiqueoù l'on trouve esloner au sens de retentir, etqui rejette la dérivation germanique : angl. to stun, étourdir; anglo-sax. stunian. Exionare est une forme romane au lieu de la forme latine altonare, frapper delà foudre, étonner. 11 y a une autre forme, estorner: Estornez fu [du coup] Nemes li combatant, Runc. p. (39. Diez y voit encore ex-tonare, à cause qu'en italien tonare et tronare (tn-lronare, étourdir) sont identiques; mais il est probable que dans estorner nous avons le représentant de l'ancien haut-allemand stornén, étonner.

t ÉTONNL'RE (é-to-nu-r'), s. f. Glace blanche ou éclat produit sur le diamant par l'outil du lapidaire ou du mineur.

— HIST. XV* s. Il se tira ung peu arrière du tournois, tant que l'estonneure de son pied fust appaisée, Perceforest, t. i, f- (46, dans lacurne.

— ÉTYM. Étonner, Dans le sens ries lapidaires et dans le sens de l'historique, ôlonnure est toujours un ébranlement.

t ÉTOQUEREAUX (é-to-ke-rô), s. m. pi. Chevilles de fer qui servent à arrêter certaines pièces de serrurerie.

— ÉTYM. Diminutif d'esloc, bâton, épée.

t ÉTOQDERESSE (é-to-ke-rè-s') , i. f. Toute pièce de fer qui sert à en arrêter, à en contenir d'autres. Il S. f. plur. Terme de marine. Cordes longues de huit à neuf pouces.

— ÉTYM. Même radical qu'iloquereaux.

ÉTOUFFADE (é-tou-fa-d') , *. f. Voy. étouffée,

plus usité que estoufade , auquel l'Académie renvoie.

— ÉTYM. Étouffer.

t ÉTOUFFAGE (é-tou-fa-j') , s. m. Action d'asphyxier les abedies, la cochenille, les chrysalides des vers à soie, etc. Ici on châtre les ruches, et

ETO

ailleurs on a recours à l'étouffage des abeilles, lk-

OOARANT.

— ÉTYM. Étouffer.

ÉTOCFFANT, ANTE (é-tou-fan, fan-t'), adj. Qiii fait qu'on étouffe, qu'on respire à peine. Un air étouffant. Dans aucun temps on n'a éprouvé à la Guyane ces chaleurs étouffantes si ordinaires dans d'autres contrées de l'Amérique, raynal, llisl. phil. xiii, 9rLe vent de mer, (]ui est si étouffant pendant l'été, répandait alors une douce chaleur, stael, Corinne, xx, (.

ÉroUFFÉ, ÊE (é-tou-fé, fée), part, passé. || 1* Oui a perdu la communication avec l'jir et ne peut plus vivre. Les uns sont étouffés sous le faix de la terre Qui tombe par l'effort des machines de guerre, mai- RET, Ifort d'Asdrub. i, 3. Quand tu me dépeignais.... Les monstres étouffés et les lirigands punis, bac. Phèd. i, (. Songe aux cris des vainqueurs, songe aux cris des mourants Dans la flamme étouffés, sous le fer expirants, id. Andr. m, 8. || Dans l'Ancien Testament, viandes étouffées, la chair des animaux tués, sans qu'on ait versé leur sang. || Qui a perdu la communication avec l'air et ne peut plus brûler. Feu étouffé. || 2* Trop serré. U partit donc aux acclamations de tout le canton, étouffé d'embrassements, volt. l'[ngéntt. 7. Jeté sur cette boule, Laid, chétif et souffrant, Étouffé dans la foule. Faute d'être assez grand, béhano. Focat. 1| Terme d'horticulture. Arbre étouffé, arbre entouré d'arbres plus élevés qui l'empêchent de profiter. || Kndroit étouffé, endroit où il y a peu d'air. Chambre étouffée. Vous allez dans une petite ville étouffée, où peut-être il y aura des maladies et du mauvais air, sÉviGNÉ, 84. Il 3° Fig. Qui ne peut se manifester. Et des crimes si noirs étouffés au berceau , corneille, Œdipe, I, 6. Sa vertu reconnue et l'envie étouffée, rotrou, Bélisaire, i, 2. La voix de la nature était étouffée, boss. Ilist. u , (2. Des desseins étouffés aussitôt que naissants, rac. Brit. IV, 2. Il croit peut-être, il croit que ma haine étouffée.... ID. Alex, iv, (. Quel feu mal étouffé dans mon cœur se réveillel id. Phèd. iv, 6. Telle fut la fin d'Alcibiade , en qui de grandes vertus étaient étouffées par des vices encore plus grands, bollin, Hist. anc. Œuvres, t. iv, p. 4(0. || Réprimé. Révolte étouffée à grand'peine. Et foulant i vos pieds leurs fureurs étouffées, volt. Tancr. v, 4. Il Cris étouffés, les cris sourds d'une personne dont la respiration est gênée. || Soupirs étouffés, voix étouffée, soupirs, voix qu'on s'efforce de retenir, de ne pas laisser entendre. Vos soupirs étouffés semblent me faire injure, volt. Tanc. i, t. Adieu, pour toujours, dis-je d'une voix étouffée, genlis, Veillées du chdt. t. l, p. 236. Il Rire étouffé, le rire qui échappe à une personne s'efforçant de le retenir. Il Bruit étouffé, se dit d'un bruit qu'on empêche de se faire entendre , et d'un bruit qu'on empêche d'être divulgué.

t ÉTOUFFÉE (étou-fée), s. f. Terme de cuisine. Préparation ile viandes cuites dans un vase bien fermé. Perdrix à l'étouffée. Des haricois à l'étouffée. Il Plus usité que étouffade ou estoufade.

ÉTOUFFEMENT (é-tou-fe-man), s. m. \\ 1* Action d'étouffer. L'étouffement d'un incendie. || Fig. L'étouffement d'une révolte. || 2° Difficulté à respirer. J'ai des étouffemenis et des faiblesses qui me prennent de jour à autre, sans que l'on puisse trouver ici de thériaque, voit. Lett. 6.

— ÉTYM. Etouffer.

ÉTOUFFER (é-tou-fé), t).o. || l°ôter la respiration en privant de communication avec l'air ou en comprimant. J'ai pensé êtreétoufféàla porte, mol. Critique, se. 6. On étouffe aisément qui se laisse presser, ROTROD, Antig. l, 6. Les dames de la cour, indignées de ce qu'il leur avait préféré une personne d'une si ba.sse naissance, étouffèrent l'enfant, montesq. Esp.\i, (3. Il Étouffer les cocons des versa soie, les mettre dans une étuve ou les exposer à la vapeur d'eau bouillante pour tuer la chrysalide, afin que le papillon qui en proviendrait sans cela ne perce pas le cocon pour en sortir; les cocons percés ne peuvent plus être filés, parce que, pour les filer, on les met dans l'eau où ils surnagent, tandis que, s'ils étaient percés, ils se rempliraient d'eau et tomberaient au fond. || Par exagération. Serrer fortement. Les pleurs recommencèrent, et on pensa étouffer l'enfant à force de le baiser, scar- RON, Jlom. com. i, (3. La connaissance la plus légère met un homme en droit d'en étouffer un autre en l'embrassant, monteso. Lett. pers. 28. || Fig. Étouffer quelqu'un, le perdre, le faire périr. J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer, rac. Brit. IV, 3. Égisllie est l'ennemi dont il faut triom«

plier; jRdis en ion berceau je touIus létoufTer, VOLT. Ki'rope, l, 4. || Kamiliêrement. Quft la peste félouffel Sorte d'exclamalion pour exprimer son mécontentement de quelqtiun. || 2* ôtei la communication avec l'air libre et par là emp6cher de brûler. Étouffer un incendie. Êioufîer du charl)on, de la braise. || Ki(ç. Il n'eût point vu Cr60se, el cet objet nouveau N'eût point de notre hymen étouffé le «amlieau, cobn. Médde, l, 6. || Fig. Étouffer la révolte. Il étouffait les {juerelles dans leur naissance, pi.ecii. Duc de Mont. Employez votre autorité à étouffer ces disputes dés leur naissance, pén. Tél. XXIII. Il Étouffer une affaire, une querelle, empêchfr qu'elle n'éclate, qu'elle n'ait des suites. Vous êtes pris; ne vous montrez donc pas; C'est le moyen d'étouffer cette affaire, la font. Rimoii. Croyez-moi, madame, puisque nous y con.sentons, ce que vous avez de mieux à faire, c'est d'étouffer cette malheureuse aventure.... picabd. Noce sam mariage, IV, <2. Il 8" Priver les plantes de l'air nécessaire t leur végétation. Les mauvaises herbes élouffent le blé. Il Fig. Le prédicateur, dans Samuel Clarke, a étouffé le philo.sophe, volt. Ph. ignor. 13. || Terme de jardinage. Etouffer des boutures, les placer sous une cloche en verre pour les soustraire & l'action do l'air, et favoriser le développement des racines. Il 4* Étouffer des sons, les rendre moins éclatants, les amortir. || Ne pas laisser entendre. Fasse le juste ciel propice à mes désirs Que ces longs cris de joie étouffent vos soupirsl cokn. Pomp. v, b. Pour étouffer les cris que poussaient ces malheureuses victimes [dans les sacrifices humains], on faisait retentir, pendant cette barbare cérémonie, le bruit des tambours et des trompettes, bollin, llist. anc. Œuvres, t. I, p. 490, dans pouGENS. || Étouffer la voix, en empêcher l'émission. La grande joie où je suis étouffe toutes mes paroles, mol. l'Am. méd. ni, 6. Tant de coups imprévus m'accablent à la fois Qu'ils m'Otent la parole et m'étouffent la voix , rac. Phèd. IV, 2. Le sang qui coule étouffe sa voix, fén. Tél. XX. Il Fig. L'amour étouffe en vous la voix de la nature, CORN. Rodog. IV, 3. Il Étouffer se dit aussi de celui qui retient sa voix, ses soupirs, etc. Je veux bien toutefois étouffer ce murmure, coHN.i). Sanche, IV, 3. Je me suis tu, j'ai étouffé mes soupirs, fén. Tél. VII. En tJchant d'étouffer ses sanglots, J. i. Rouss. Ém. v.ll 5° Supprimer, détruire. Cette gloire.... Doit étouffer en nous tous autres sentiments, corn. Hor. II, s. Quand pourrai-je étouffer dans tes erabrassements L'erreur dont j'ai formé de si faux sentiments? ID. ib. IV, 2. Et la peur d'être ingrate étouffe votre deuil, JD. Tais. cCor, i, i. Croyez-vous que.... L'iibsence ait de mes feux les ardeurs étouffées? ROTROti, Bilit. II, *. Il faut donc étouffer tous les sentiments de la nature, sÉv. 448. Je le priais de ne point étouffer le Sainl-F.sprit dans son cœur, id 37. On fit les derniers efforts pour étouffer cette doctrine, Boss. Lett. 2U9. Étouffe dans son sang ses désirs effrontés, rac. Phèd. iv, 2. Quoi I j'étouffe en mon cœurla raison qui m'éclaire.... id. Andr. v, 4. Quand il s'agit d'étouffer dans leur naissance ces faibles désirs de pénitence, mass. Carême, Respect hum. Je sens naître malgré moi des scrupules. — Il faut les étouffer, lesage, Turcaret, iv, 9. Étouffez dans son cœur un orgueil insensé, volt. Brulus, II, 4. De Séide et du reste étouffez la mémoire, ID. Faiiat. v, 2. On étouffe l'esprit des enfants sous un amas de connaissances inutiles; mais de toutes les sciences la plus absurde, à mon avis, et celle qui est la plus capable d'étouffer toute espèce de génie, c'est la géométrie [paroles mises dans la bouche d'un précepteur ignorant ] , id. Jeannot. ||6* Terme de marine. Étouffer les voiles, les presser contre le mât, pour les dérober à l'action d'un vent trop violent On dit aussi étrangler. Il 7* Terme de cartonnier. Étouffer la colle, la faire tourner en eau pour l'avoir trop remuée. || 8* F. n. Avoir la respiration gênée par défaut d'air. Ouvrez la fenêtre, on étouffe ici. Délacez cette femme, elle étouffe. Elle étoufferait plutôt que de laisser échapper un soupir en sa présence, j. j. rouss. Ém. v. Sur ces sables muets, cette mer sans courroux S'entr'ouvre, nous dévore, et se ferme sur nous; Ma goeur, j'étouffe encore, ducis, Abufar, ii, 2. || Familièrement. Étouffer de rire, rire jusqu'à perdre la respiration. Ahl pour étouffer n'étouffons que de rire, bérano. Gourmands. || Étouffer à force de mander, avoir la respiration gênée parce que l'estomac est trop plein. Et d'ailleurs à chaque repas D'étouffer ne tremblez-vous pas? bérano. Gourmands. Il Etouffer de rage, être si en colère qu'on en perd la respiration. |{ Fig. J'étouffais dans l'univers, j'aurais voulu m'élancer dans l'infini, J. j. rouss. s* lett.

l-TO

à M. de Maletherhes. || »• 8'étoiiffer, e. réfl. Perdre la respiration. Celte femme «étouffait do rire, 8Èv. 70. Il s'est étouffé de crier après les chiens, la broy. VII. Il S'étouffer, se serrer les uns les autres dans une grande foule. On «est étouffé à ce bal. Il y avait bien des places de vides, tout le monde ayant cru qu'on s'y étoufferait, mainteno"!, Leit. à K. d'Aubignd, 6 oct. 16X2. || Se faire périr l'un à l'autre. Que, rappelant leur haine , au lieu de la chasser, Ils s'étouffent, Altale, en voulant s'embrasser, rac. Théb. ui,8. Il Être étouffé, n'être pas entendu. Leurs murmures s'étoviffi^renl parmi les acclamations générales. Et ce bruit insensé que l'homme croit sublime Se sera pour jamais étouffé dans l'abîme. L'abîme qui n'a plus d'échos, lamart. Ilarm, i, 10. || Avec suppression du pronom personnel. Si cette méchante doctrine était renfermée dans les livres de deux ou trois casuites inconnus, peut-être qu'il serait utile de la laisser étoulfer par l'oubli et par le silence, PASC. 8' et 4» factum pour les curés de Paris, 2» part.

~ SYN. ÈTOtiPKKR, SUFFOQUER. Étymologiquement étouffer, c'est empêcher l'air d'arriver; suffoquer, c'est serrer la gorge; de là la différence entre ces deux vprbes. On étouffe quand l'air manque d'une façon ([uelconque; on suffoque, quand la gorge est obstruée d'une façon quelconque.

— HIST. xvi* s. Les plantes s'estouffent de trop d'humeur, et les lampes de trop d'huile, mont, i, (39. Essayant d'estouffer dans le vin cette fascheuse pensée, m. Il, 37. Ils [les chiens de la falil») entreprindrent de boire cette eau, d'asseicher le passage, et s'y estoufferent, id. iv, 23». Logez pesle mesle plusieurs ensemble dessoubs petites tentes et cabannesestouffées, amyot, /'fric. 68. Il fut foulé aux piedz et estouffé à la porte du camp par la multitude des fuyans, id. Lucull. st. Cest air estouffé et le ponlcier ensemble leur entroit dedans la gorge, ID. Sertnr. 24.

— F.TYM. Bourguign. étoffai; wallon, sitofé, stoféf de es.... préfixe, et un radical lou^, qui se trouve dans l'italien tw/f'), immersion, l'espagnol tufo, vapeur, le provençal moderne toufe, vapeur étouffante, le lorrain (ou/'e, étouffant. Ce radical est rattaché par Diez au grec tOooç, vapeur (voy. typhus). Scheler conteste cette élymologie, objectant que les autres langues romanes qui auraient le primitif n'auraient pas le dérivé étouffer, et que toufe n'est pas dans le français (ce qui n'est pas complètement exact, puisqu'il est dans le lorrain); en conséquence il incline è regarder étouffer comme identique avec étouper, par l'intermédiaire du germanique; anc. h. allem. stuphan; allem. stopfen. Ce qui semble parler pour Diez, c'est que le français, le bourguignon et le wallon gardent l'f pour étoufer et le p pour étouper (voy. touffeur).

t ÉrOUFFEUK, KliSK (é-tou-feur, feO-z'j, s. m. et f. Celui, celle qui étouffe, au sens actif. || Nom vulgaire des granils serpents, du boa particulièrement.

— ÉTYM. Étouffer.

ÉTOUFFOIR (é-tou-foir), t. m. || l'FjipÈce de cloche de métal, dont onse sert pour éteindre la braise en la couvrant. || Fig. Pièce chaude et sans air. Les salles d'assises sont de vrais étouffoirs. || 8° Petits tampons de drap qui retombent sur les cordes d'un piano, et en étouffent le son aussitôt que le doigt cesse de presser les touches correspondantes du clavier. Lever les étouffoirs, presser une pédale qui les soulève tous et les empêche de retomber.

— ÉTYM. Étouffer ;y/»\\or\, stofeû.

t ÉTOUPAGE (é-tou-pa-j'), s. m. Terme de chapellerie. Action d'etouper; ce qui sert à étouper.

— ÊTYM. Étouper.

ÉTOUPE (é-tou-p^, ». ^. ||1* La partie la plus grossière de la filasse. Étoupe de chanvre, de lin. Boucher avec del'étoupe. Et l'étoupe enflammée et la poix odorante D'une lente fumée exhalent la vapeur, DELILLE, Enéide, v. || Fig. Mettre le feu aux étoupes, exciter à la sédition, aux querelles, aux procès, à faire l'amour, à satisfaire quelque passion emportée. Je la regardais quelquefois du coin de l'œil, d'une manière qui mettait le feu aux étoupes; car le jeu commençait à me plaire, lesage, Gil Bios, II, 2. Cette fausse dévote, vrai suppôt de Satan , mit le feu aux étoupes en parlant sans cesse à la dame de l'amour et de la persévérance du Génois, id. Gusm. d'Alf. i, 3. Il On dit dans le même sens, le feu prend aux étoupes. || 2" Terme de marine. Produit de la décomposition de vieux cordages dont on détord les torons et filets. Etoupe noire, celle qui résultedes cordages goudronnés. || S'Terme de botanique. Sub.stance filamenteuse et compacte que l'on trouve au collet ou dans la fruit de certaines plantes.

ETO

— HIST. XV* s. Kegardez el entendez que monseigneur m'escrit.,,. Si m'alsl Dieu et les saints, il n'en fera rien; il aura en bref temps autres estou- |>esen sa quenouille; de ce que fol pense assez remaint [reste], proies, m, iv, 47. || xvr s. Cela n'estoit que mettre le feu auprès des estoiipes, drsprr. Contes, VI. Ils avoient porté force estoiippe et souffre, avec grande quantité d'argent en la maison de Cethegus, amtot, Cicéron, 21.

— ÉTYM. Wallon, sitop, stop ; protent}. estopa , slopa; espagn. «<(opa; ilah (toppa,- du latin «luppa, étoupe, en grec o^ûir»), la partie de l'écorce du chanvre la plus voisine du tronc, otùiio;, tronc, en latin stiprt (voy. étbole).

ftTOUPR, ÊK (é-tou-pé, pée), part, posté. Les oreilles bien étoupées.

t ÉTOUPEMENT (é-tou-pe-man), s. m. Action d'etouper; résultat de celte action.

— HIST. xvr s. Le sergent doit faife dépendre l'huys de la maison, sans que personne le puisse remettre, sans autre closture ou esloiipement, Coustum, génér. t. i, p. 778.

— ÉTYM. Étouper.

ÊTOCPER (é lou-pé), c. a. ||1* Boucher, remplir avec de l'étoupe. Étouper un bateau, les fentes d'un tonneau. Le drôle avait étoupe la clochette, la poirr. C/ocher/e. Il S'étouper les oreilles, se les emplir de coton. Il 2* Terme de doreur. Appliquer une pièce à l'endroit où une feuille d'or manque d'étdffe. || Presser les feuilles d'or avec un tampon pour les faire prendre sur la colle. || t* Terme de chapelier. Henforcer les parties faibles d'une capade avec les rognures d'une autre.

— HIST. xn* s. Mult par fu [fut très] esbal» la genl chaperunée. Quant il virent lur veie tûtes parz estupée. Th. lemart. t4«. ||xiii" s. Les huis et les fenestres très bien estouperons, Berle, lxxvii. Son nés [il] estope isnelement , benoît, t. ui, p. 524. Bon fait estoper Male-Bouche, Qu'il ne die blasme ou reprouche, la Rose, 742t. Encore pot on bien fere demande en cort laie por cause de damace, si coma* contre cix qui estoupent cemins, ou aucun auf aaisement commun, beaum. xi.iii, 4|. Por estopci l'u-sure as mavès créanciers, Liv. de just. 470. Et il meismes .son cors [lui-même, de «a personne] portoit les cors pourris et touz puans pour mettre en terre es fosses, que jà ne se estoupast, et les autres se esloupoient [se bouchaient le nez], joinv. 27R. Dist li provost : ce sont estoupes Dont vous me volez estouper [ce sont bourdes par lesquelles vous me voulez tromper] , du cange, stupare. || xv s. Une povre couste de vieille toile enfumée pour estuper le feu, FROiss. II, II, 167. En estoupant la langue aux mesdisans. Qui ont langue pour mesdire legiere, eu. d'orl. Songe en compiatii(«. || xvi* s. La main de Dieu n'est point accourcie, qu'il ne nous puisse sauver; et son oreille n'est [loint estouppée, qu'il ne nous puisse ouir, calv. Instit. 689. Par quoy leurs veues furent tanlost estouppées [par la poussière], AMYOT, Sertor. 24. Hz disoient que ce n'esloit pas une esquinancs qui luy avoit esloiippè la nuict le conduit de la voix, id. Démosth. se.

— ÊTYM. Étoupe; picard, étouper, boucher; wallon, stopé, étouper; anc. e.spagn. eslopar; ital. stoppare ; bas-lat. (tuppare, dans la loi des Allemands.

t ÉTODPERIE (é-tou-pe-rie) , t. f. Terme de commerce. Toile d'étoiipes. j| Terme de marine. Lieu où l'on met les étoupes.

t ÉTOUPEUX, EDSE (é-tou-peû. peû-z'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est garni d'étoupe, de poils fins, serras et mous (palpes de papillons).

t ÉTOCPlÈRE(é-lou-piê-r'), s. f. Terme de commerce. Toile faite d'étoupes. {| Terme de marine. Ouvrière qui charpit les vieux cordages pour calfater les vaisseaux.

ÉTOUPILLE (é-tou-pi-11', II mouillées, et non é-tou-pi-ye) , ». f. Terme d'artillerie. Sorte de mèche, non d'étoupe, comme ce mot semble l'indiquer, mais de coton filé, et trempé d'eau simple, ou d'eaude-vie, ou d'huile de spic, et roulé dans de la poudre, pour la communication plus ou moins prompte du feu, dans les ouvrages des artificiers. || Petit cylindre de cuivre rempli de piilvérin et contenant à sa partie supérieure un peu de fulminate de mercurt pour y mettre le feu par le frottement d'un corp* rugueux renfermé dans le cylindre, legoarant.

— ÉTYM. Diminutif d'rloupe.

t ÉTOUPILLER (é-tou-pi-llé. Il mouillées), v. a. Terme d'artificier. Garnir d'étoupilles les pièces pour que le feu .s'y communique.

ÊTOUPILLUN (é-tou-pi-llou, II mouillées, et noa é-tou-pi-yoo) , i. m. llAchs d'étoupe suilTée qu'on

ÈTO

met dans la lumière du canon pour garantir la cnarge contre l'humidité.

— illST. XV' s. Le suppliant coppa l'estoupillon[bouchon d'étoupe] d'une cane ou cniclie qu'il portoit, en laquelle avoit de la servoise, du cange, estopa.

— ETYM. Éloupille.

t ÉTOUPIN (é-toupin), s. m. Terme de marine. Peloton d'étoupe qui sert à bourrer le canon. || Cordes de coton filé, qu'on prépare avec des drogues inflammables, telles q ue du salpêtre , de lapoudre à tirer , etc.

— ÉTYM. Étoupe.

ÉTOUKDEUIB { é-tour-de-rie), ». f. Caractère, acte d'étourdi. Son étourderie est incroyable. Il fait toujours des étourderies. 11 n'a d'autre défaut qu'un peu d'étourderie, ghe.sset, llécliant, ii, i. En laissant les enfants en pleine liberté d'exercer leur étourderie, il convient d'écarter d'eux tout ce qui pourrait la rendre coûteuse, J. l. rouss. J^m. u.

ÈTYM. Voy. ÉTOUKDIR.

«.ÉTOURDI, lE (é-tour-di, die), part, passé d'étourdir. || 1° Qui a éprouvé un étourdissement. Il a été un peu étourdi du coup. Je n'ai pu soutenir la douche, j'en suis fâchée, car j'aime à suer; mais j'en suis trop étouffée et trop étourdie, SÊV. Lett. a sept. (677.1! Kamilièrement. Être un peu étourdi, avoir bu un verre de vin de trop. || Avoir la têle étourdie de....êire accablé de discours, de paroles, de demandes, etc. De combien d'importuns j'ai la tête étourdie I hotrob, St Genes(, il, 3. Sainte n'était.... Oui de ses vœux n'eût la tête étourdie, la FONT, ilandr. || 2° U se dit parfois des [larties du corps où il ne reste plus qu'un léger ressentiment (le douleur. Sa goutte l'a quitté, mais il a le pied encore tout étourdi, la main étourdis, Dict. de l'Acad. 113" Fig. Remets donc ton esprit de sa chute étourdi, MAiRET, Soplwnisbe, 1, t. Et s'il donnait loisir à des cœurs si hardis De relever du coup dont ils sont étourdis, corn. Pomp. u, 4. Vous serez si étourdie des honneurs , que vous n'aurez pas le temps de.... sév. (a. ||Ii est encore tout étourdi du bateau, se dit d'un homme qui n'est pas bien remis de quelque événement fâcheux.

2. ÊTOORDI, lE (é-tour-di, die), adj. || 1* Qui agit sans réOexion, sans prendre garde à ce qu'il fait. Et puis, il faut écrire avec tantde retenue, qu'étourdi comme je suis, je ne prends jamais la plume, queje ne tremble de peur d'en trop dire, voit. Lett. 2). Des enfants étourdis viennent les hommes vulgaires; je ne connais pas d'observation plus générale et plus certaine que celle-là, J. J. Bouss. Ém. II. Il Etre étourdi comme un hanneton, comme le premier coup de matines, o'est-à-dire être fort étourdi. Plus étourdi de peur que n'est un hanneton, Régnier, Sal. XI (locution tirée de ce que, quand on louche un hanneton volant, il tombe). || U n'a été ni fou ni étourdi, se dit de quelqu'un qui a su se tirer d'affaire dans quelque désordre, dans quelque embarras, qui a su profiter de quelque chose d'imprévu. Il U se dit aussi des choses. Une action étourdie. Je n'approuverais pas ce début étourdi, Si vous aviez affaire à quelqu'un d'estimable, gresset, Uéchant, II, 7. || 2° Substantivement. L'étourdi ne calcule rien. Voyez cette étourdie. U entra en étourdi dans la ch imbre où on lui avait dit qu'était M. de la Garouffière, scahron, Rom. com. u, (B. Il 3° X l'étourdie, loc. adv. Ëtourdiment. Les barbares coururent sur lui à l'étourdie, vaugel. Q. C. IX, B. Entre les pattes d'un lion Un rat sortit de terre assez à l'étourdie, la font. Fabl. ii, -ti.

— SVN. ÉTOURDI, ÉCERVELÉ. Celui qui est étourdi est léger, inattentif; celui qui est écervelé n'a pas de cervelle et est sans raison. Ecervelé est donc un défaut beaucoup plus grave que étourdi.

— HIST. XIV* s. Là commença bataille d'estourdie façon; Maint chevalier versèrent adont "jus de l'arçon, Guescl. (4709. ||xv" s. Si n'est ne chaud ne hastif pour leur courir sus à l'estourdie, ains attend lieu et temps convenable, Boucic. iv, 4. Lors viendrez-vous soubdainement X l'esiourdy frapper sur eulx, Hec. de farces, p. 297. l|xvr s. Les absurdes mouvements escervelez et estourdis de quoy l'amour a agité ces hommes graves, mont, m, 358. Cette perte leur estoit advenue par la témérité et nonchalance estourdie de leur capitaine, amyot, Fabius, 9. Bien vaillant homme de sa personne, mais au demeurant estourdy et léger, id. Pélop. 28.

— ÉTVM. Étourdi ( ; bourguig. étodi.

ËTOURDIMENT (é-tour-di-man), adv. D'une façon

étourdie. Cloton ne oeut vous faire d'autre grâce Que de filer vos jours très-lentement; Mais Cloton va toujours étourdiment , la font. Épit. à Turenne. Car comme étourdiment j'emprunte et je m'endette, Etourdiment j'oublie aussi ce qu'on me prête, du

TÎTO

kreny, Uar. fait et rompu, il, 3. Un jeune officier d'élat-major russe, à peine sorti de l'enfance, vint, en donnant étourdiment dans nos postes , se faire prendre avec ses dépèches, sëgur, Uist. de Napol. m, 3.

— HIST. xvi* s. Une populace qui faisoit, tout estourdiement estonnée, barrer les rues avec les chaisnes, des accords, Bigarr. Descripl. paihétiques.

— ETVji. Étourdie, et le suflixe ment.

ÉTOURDIR (é-tour-dir) , v. a. || 1" Causer dans le

cerveau un ébranlement qui en trouble et en suspend les fonctions. Une ballb morte le frappa à la tôte et l'étourdit. || Étourdir un bœuf avant de le tuer, lui ôter le sentiment en lui donnant entre les cornes un violent coup de masse. || Fig. La pesanteur du coup souvent nous étourdit, corn, llodog, m, 8. Elle accusa sa sœur du plus énorme crime. Sut à force d'audace étourdir sa victime, uucis, Lear, I, 4. Il 2° Il se dit de ce qui cause une sorte d'ivresse. Le tabac étourdit l'homme. Il but quelques verres de vin qui l'étourdirent. Il Absolument. L'opium étourdit. Il 3" Fatiguer par le bruit. Vous nous étourdissez par votre caquet. Ces enfants nous étourdissent. Qui donc est le coquin qui prend tant de licence Que de chanter et m'étourdir ainsi? mol. Amph. i, 2. Pendant que les violons étourdissaient les autres, ha- MiLT. Gromm. iv. || Familièrement. Importuner, fatiguer par du bavardage. Vous nous venez encore étourdir la tête, mol. G. Dand. u, ». H semble que vous m'étourdissiez par vos discours, sév. 377. || On dit de même étourdir les oreilles. Il y venait tous les jours des poètes, qui ne manquaient pas de nous étourdir les oreilles de leurs disputes et de leurs vers, LESAGE, Eslev. Goni. 37. || Étourdir quelqu'un de quelque chose, le lui répéter d'une manière fastidieuse. Vous êtes de plaisantes gens avec vos règles dont vous nous étourdissez tous les jours, mol. Critique, 7. Les &mes végétatives, sensitives, dont on nous a tant étourdis, volt. Phil. v, 308. |{ Par extension. Etourdir les bois, les faire retentir de grands bruits. En ses filets quand la proie est surprise, De son triomphe il étourdit les bois, millev. la Différence. Il 4" Étourdir une douleur physique, faire qu'elle soit moins sensible. Ce remède ne guérit pas, il ne fait qu'étourdir la douleur. || Fig. et familièrement. Étourdir la grosse faim, la calmer en mangeant quelque peu. || Étourdir, s'est dit pour étouffer une affaire, empêcher qu'elle n'éclate. L'avis du lieutenant fut d'étourdir la procédure, en obtenant un arrêt qui fit défense de poursuivre l'instruction du procès, gdyot de pitaval, Causes célèbres, i, 227. || Étourdir une douleur morale, faire que l'esprit en soit moins occupé. Il aime mieux étourdir le sentiment qu'il a de ses fautes que d'avoir le chagrin de les connaître, hoss. Connaiss. 1, (6. Il délassait des longs ouvrages. Du pauvre étourdissait les maux, bébang. Violon brisé. || Étourdir quelqu'un, l'empêcher par toutes sortes de distractions, de réfléchir. Il fautétourdir Angélique àforce de jeux, d'amusements et de petites fêtes, et tâcher, s'il se peut, d'empêcher qu'elle continue de réfléchir à l'engagement que j'exige d'elle, dancourt, Colin-maillard, se. 4. Jamais les creurs sensibles n'aimèrent les plaisirs bruyants; vain et stérile bonheur des gens qui ne sentent rien et qui croient qu'étourdir la vie, c'est en jouir, j. 3. pouss. Ém. v. Il B° Causer élonnement, stupeur. Cette nouvelle les

a tous étourdis Pour un temps les extrêmes

douleurs Etourdissent l'esprit et restreignent les pleurs, mairet, Soliman, v, 2. Un tel événement étourdit ma prudence, regnahd, Démocr. v, 6. Il 6" Etourdir la viande, la cuire à demi. || Étourdir l'eau, la chaufl'er légèrement. || 7° S'étourdir, v. réfl. S'occuper follement. 11 s'étourdit de chimères. Il Distraire son esprit de ce qui l'occupe, l'inquiète. Vous devez vous étourdir et détourner le cours de vos pensées, no.ss. ie«. o6ft. 30. Je ne puis plus soutenir ces grandes paroles par lesquelles l'arrogance humaine tâche de s'étourdir elle-même pour ne pas apercevoir son néant, id. Duch. d'Orl. Je tâchais de m'étourdir par l'ébranlement de mes passions, fén. Tél. viii. Pressé d'échapper au sentiment intérieur qui l'oppresse, il semble vouloir s'étourdir en s'abandonnant à une joie expansive, sÉgur, Uist. de Nap. vin, (O. || S'étourdir sur quelque chose, y penser le moins possible, s'en distraire. Pour nous étourdir sur le sentiment intérieur, mass. Uyst. Incarn. Pour s'étourdir sur les vérités les plus terribles du salut, id. Carême, Samar. Si l'on peut s'étourdir sur son état en y pensant peu, J. j. Eouss. Uél. IV, 43. Il Chercher à s'étourdir, chercher à étourdir sadouleur, à distraire son chagrin, ses inquiétudes, etc. Mécoutent, malheureux, cherchant

ÉTO

à m'étourdir, obnlis, VeiUéetdu chdt. 1. 111, p. 396, dans pougens.

— HIST. XII' s. Tant l'en donnèrent [du vin], tôt le font estordir , Bat. d'Àlesclians, v. 4562. {| xili* s. Li prestres a la noise oie. Et si avoit les sainz [les cloches] oïz ;Desonlitsauttoze?iordiz, /(en. 34(0. (IIJ Hausse lespée, etpuisfiert Honte, Tel cop qu'à poi qu'il ne l'afronte; Honte en fu trestoute estourdie, la Rose, (6703. ||xv*s. Espoir, confort des malheureux, Tu m'estourdistrop les oreilles De tes promesse» nompareiUes, Dont trompes les cueurs doloreux, CH. d'orl. Chans. (4. Ou;int elle estoit estourdie de chanter, veiller et jeusner, elle se reposoit, Lancelot du Lac, t. i, f* 28. Vrayement la teste m'estoiirdit De confesser; c'est trop grant peine, Rcc. de farces, p. (62. ||xvi"s. Pensent ils qu'une apoplexie n'estourdisse aussi bien Socrates qu'un poricfaixT mont, h, 20. Il eut depesclié cela en moins qu'une horloge aurait sonné dix heures; car il ne faisoit qu'estourdir ses morceaux, uesper. Contes, lxxv.

— ÉTYM.Norm.^loudt (Villedieu, ^taiu);provenç. s(ordt(, étourdi, dans du Cange, au mot slordatus; anc. esp:ign. estordir; ital. stordire ; bas-lat. iforciotus. Le latin classique fournit stoHdus ; mais la forme ne convient pas; l'allemand fournit .vlûr^en, étonner, confondre; mais la forme ne convient pas non plus. L'espagnol et le portugais ont aturdir, étourdir, qui indique un radical turd, que Covarruvias rattache klurdus, grive, prise ici pour un type de sottise, comme l'étourneau l'est lui-même; de sorte que es-tourdir serait le même mot avec uu autre préfixe. Diez approuve cette étymologie, qui paraît en effet tout à fait probable. Le bas-latin sUrrdatus indique une conjugaison estourder, qui n'a pas laissé d'autre trace. D'un autre côté, on a mis en avant le kymri twrdd, bruit, tonnerre, qui serait acceptable, si, comme le remarque Diez, une étymologie latine ne devait pas, en qualité de plus prochaine, avoir la préférence. On a dit aussi eslormïr pour ^(ourdir ; xiv s. Cui [iljataintàplaincop, pourvoir, le fait dormir; Pierre de Mont-Raboy [il] a si fait estormir Que jus chiet [tombe] du cheval.... Girart de Ross. v. (78(. Ce doit être une confusion, si la leçon est bonne, avec estormir, combattre.

ÉTOURDISSANT, ANTE (é-tour-di-san, san-t'), adj. Qui étourdit par son bruit. Ces cloches sont étourdissantes. || Fig. Des fêtes étourdissantes. Une toilette étourdissante. Un luxe étourdissant. On dit aussi : Elle était étourdissante de toilette, de bijoux, etc.

ÉTOURDISSEMENT (é-tour-di-se-man), s. m.

Il 1° Ébranlement causé par un coup violent ou par une forte commotion. Son étourdissement dura longtemps. Il 2° Etat de trouble cérébral qu'on éprouve soit en montant sur un édifice élevé, soit en regardant dans un abîme, soit par une cause interne. Et comme sans mesure il veut toujours monter , Son étourdissement le fait précipiter, thista'ïj, Panthce, m, 5. Vous avez des étourdissements; comment avez-vous résolu de les nommer, puisque vous ne voulez plus dire des vapeurs? sév. t. ix, Lett. soi , p. 60, dans pougens. || 3° Trouble où nous jette un malheur subit, une mauvaise nouvelle. Le premier étourdissement passé, on parvint à calmer sa douleur. Il 4° Action de s'étourdir sur. Qu'est-ce donc, après tout, que leur malheureuse incrédulité, sinon une erreur sans fin, une témérité qui hasarde tout, un étourdissement volontaire et, en un mot, un orgueil qui ne peut souffrir son remède, c'est-à-dire qui ne peut souffrir une autorité légitime? Boss. Ann. de Gons. \\ 5° Élat qui fait tourner la têle par orgueil, vanité, etc. Il est bien difficile d'être aussi fortuné sans un peu d'étourdissement, marmontel, Mém. XI. Il 6* Terme de médecine vétérinaire. Sorte de maladie qui attaque les bestiaux.

— HIST. xvi* s. Quand il fut revenu de ce grand estourdisseraent, il demanda le nom de son vainqueur, Mém. sur Duguescl. ch. 2. Au lieu de servir à esteindre le feu, [les témoins d'un duel] aident à l'enflammer davantage, et souvent à la ruine d'euxmesmes, pénitence très méritoire à uu tel eslourdissement, langue, 249.

— ÉTYM. Étourdir. On trouve dans l'ancienne langue eslourdison , et au xvi* siècle estourdiment , t côté d'estourdissement.

t ÊTOURDISSEUR, EUSE (é-tour-di-seur, seû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui étourdit.

— HIST. xvi* S. Estourdisseur, ouwN, Dict.

— ÉTYM. Étourdir.

ÉrOURNEAU (é-tour-nô) , i. m. jj !• Sansonnet, oiseau de l'ordre des passereaux {slurnus vulyaris, L.). Les étourneaux volent par bandes. Comme après les raisins courent les étourneaux, réonieb.

ÉTR

Sat. VI. Et cent écus de rente étaient comme rien pour un tiomme sur qui les quidams et les gueux venaient incessamment fondre comme des étourneaui , ;. J. Rouss. Confett. xu. || 2' Fig. Homme léger et inconsidéré (l'étourneau ùtant pris, comme la linotte, pour un type de légèreté). C'est un étour-

neau Un marmouset, un maudit étourneau ,

MOI.. Sgan. 9. La pifce était vendue aux .sifflets aguerris Ue tous les étourneaux des cafés do l'aris, piRON, Uélrom. V, 2. Il Vous êtes un bel étourneau pour jaser, se dit ironiquement à un jeune liomme qui veut se mMer dans une conver.sation où il n'a que faire. || 3° Terme de manège. Clieval d'un poil gris jaunâtre. \\Adj. Cheval étourneau.

— HIST. xiif s. En ung leu avoit rossigniaus. En l'autre gais et estoroiaus, la Hoie, »bO. Merles et calendres et gais Et estormiaus et rossignos, FI. et Bl. 2ono. Il xiv s. Estourneaux soient plumés à sec, effondrés, puis couppez les cols et les pies, Uinagier, ii, 5. || xv s. As-tu bien leste d'estournel? Ventre lieu I ne me crois-tu mieT Mit. de SI Genev.

— ÉTYM. Berry, ilourgneau; provenç. «jforneih, estorneu; ital. ï(or;ieWo;du latin stumeUus, diminutif de sturnus, étourneau. Dans l'anc. français, li esloumiaus, au nom. singulier ;iee«(on<e!, au régime.

t ÉTOUTEAU (é-lou-tô), t. m. Cheville, qui est attachée perpendiculairement sur le plat d'une roue d'horlogerie, nommée par cette raison roue d'élouteau, et qui sert à régler la sonnerie des heures, des demies et des quarts.

t ÉTRAMPAGE (é-tran-pa-j') , ». m. ou ÉTRAM- PCRE (étran-pu-r'), *. f. Terme rural. Action d'enfoncer tantôt plus et tantôt moins le soc de la charrue dans la terre; série de trous dont l'âge de la charrue est percé à cet effet.

ÉTRANGE (é-tran-j'), adj. \\ 1° Étranger. Messire Jean est-ce quelqu'un d'étrange? la font. Jument. Peu de nos chants, peu de nos vers, Par un encens flatteur, amusent l'univers Et se font écouter des nations étranges, id. Fabl. xii, 23. || Vieilli en ce sens. Il 2* Qui est hors des conditions, des apparences communes. Une résolution si étrange donna de la frayeur à tout le monde, vauoel. Q. C. liv. iii, dans RicHELET. L'autre répondit là-dessus, avec une vanterie étrange, que certes il y avait <iuelques dames qui l'affectionnaient, FrancioH, vi, 227. Je fais d'étranges efforts pour m'en empêcher, voit. Lett. 21. D'un étrange malheur son destin le menace, CORN. Cinna, v, t. Si près de voir mon feu récompensé, ô Dieul l'étrange peine liD. Cid, i, t. Parmi tant de malheurs mon bonheur est étrange, ID. Héracl. v, 8. Et par messieurs les paons plumé d'étrange sorte [le geai], la font. Fabl. iv, «. Ahl vraiment je faisais une étrange sottise, hol. l'Étour.

1, 6. C'est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens, ID. Critique, vu. Ahl l'étrange chose que la vie ! id. l'Amour méd. i, *. Je sais qu'un tel discours de moi paraît étrange; Mais, madame, après tout, je ne suis pas un ange, ID. Tart. m, 3. Peut-on ro'attribuer ces sottises étranges ? BOIL. fc'p*'- VI. Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi, BAC. Iphig. iv, 6. Il [ce refus] pourrait me jeter en d'étranges soupçons, id. Ath. ii, 5. Étrange ambition qui n'aspire qu'au crime, id. Théb. IV, 3. Dieux puissantsl quelle étrange p&leur De son teint tout à coup efface la couleur, id. Esth. 11, 7. Étrange empressement de voir des misérables, VOLT. Tancr. m, 3. || U est étrange qu'il ne soit pas encore venu. Il n'est pas étrange de penser beaucoup et peu juste, vauven. Fécondité. || Trouver fort étrange, trouver surprenant et blâmable. U trouva fort étrange qu'on ne l'eût pas invité. Tous ceux qui lui disent qu'il ne devrait pas y aller [à l'armée] trouveraient fort étrange qu'il n'y allât pas, SËV. 345. Il 3" U se dit aussi des personnes. Votre fils n'est pas si étrange que vous le dites, et il se meta la raison, mol. l'Avare, iv, 4. Voici un étrange théologien qui veut toujours qu'un homme que Dieu fait roi ait encore besoin du peuple pour avoir ce titre, boss. Yar. 6« avert.% 39. D'un cœur qui s'offre à vous quel farouche entretient Quel étrange captif pour un si beau lienl hac. Phèd. ii,

2. La comtesse: Ne perdez point cela de vue, étrange homme que vous êtes , harivadx , U Legs , se. lo.

— HIST. xi* s. Granz sont les oz [armées] de celle gent esirange, Ch. de Roi. lxxxiv. Do plusurs règnes viendront li home estrange, ib. ccv. Aide respont : cest mot m'est mult estrange, ib. cclxx. Il xu* s. Aler m'esteut [il me faut] mourir en terre estraigne, Couci, xxii. Li sainz huem fu sis ans en estrange contrée, Mal aveit dure vie e sufferte e menée, Th. le mort. I0(.|| xin* s. Que vostre amour m'est trop estrange et fiere. eustache le peintre.

ÉTR

dans Couei, p. 420. Ne vallet ne mescbine, eitrange ne privés [étranger ou de la maison], Série, cxzxii. Et moût doit on amer mius [mieux] son droit signour que un estraigne, Chr. de Rains, p. <69. Car me [ma] mère est estrange de l'iretage qui me vient de par le père, beaum. xiv, 23. || xv* s. [Les murs du châtel] estoient hauts malement et de pierre dure, et ouvrés jadis de mains de Sarrasins, qui faisoient les soudures si fortes et les ouvrages si estranges que ce n'est point de comparaison à ceux de maintenant, froiss. i, i, 239. Car, sans faillir, ce seroit trop estrange Que bien servir peust ung cueur en maints lieux, CH. d'obl. i. Si commanda à son varlet qu'il print son escu et le portast à un puintre , et feist faire ttne congnoissance [armoiries] estrange, car il ne vouloit nullement estre recongneu. Perce foreit, t. vi, ^ 33. Bailler sans nul engin, comme héritier, Les diz lieus, sans faire l'estrange [sans faire de difficulté], eust. desch. Poésies mss. f* B7«, dans lacubne. || xvi" s. Pourtant, mon Dieu, parmi les gens estranges Te beniray en chantant tes louanges, marot, iv, 256. Tous ceux qui sont estranges de la religion d'un seul Dieu, CALV. Instit. 606. S'il y a quelque corps estrange entré dans le nez, paré, Inlrod. 2. Nous entendons dire des choses estranges de nous; car on ditque nous avons esté engendrez miraculeusement, et nourris et allaiolez plus eslrangement, amyot, Hom. ». Elles s'assirent, sans trop se faire semondre, auprès de luy, et furent bien aises quand Cyrus commencea à se jouer à elles et à les taster, en leur disant à chacune quelque mot de joyeusetéen passant; et ne firent point des estranges, id. Artax. 39.

— ÉTYM. Bourguig. étreinge; bressan, estranse; Berry, étrange, étranger; provenç. estranh, estrain, slrani; espagn. estrano; portug. estranho; ital. estraneo, estrano, estranio, sirano, slranio; du latin extraneus, de extra, hors, dehors.

ÉTRANGE, ÉE (é-tran-jé, jée), part, passf, d'étranger. Eloigné d'un pays, d'un canton. Gibier étrange par le déboisement.

ÉTRANGEMENT ( é-tran-je-man ) , adv. D'une

manière étrange Un rival.... étrangement nous

presse, mol. l'Étour. i, l. La raison est étrangement ébranlée en la présence de l'objet, pasc. Amour. De ce qui s'est passé la moindre connaissance Peut faire étrangement parler la médisance, QUIN. Jf^re coquette, iv, 7. Avouez, Catilina, que vous vous ennuyez ici étrangement, vauven. Dial.

— HIST. xii* S. Estrangement est grande sa fieriez. Bat. d'Aleschans, v. 1849. Si'n ocist à destre e à senestre estrangement, de ci que le braz li fud endormiz des granz colps que il out dunez. Rois, p. 212. Il XIII* s. Et dont veissiez ces chevaliers esliahis et courechiés estrangement et desconseillés, h. de valenc. xxxvi. Il XV* s. Dame, jesuy vostre serf ligement; D'amour me plaing, mais de vous bien me loue; Ne m'escripvez plus si estrangement, eust. desch. Poésies mss. ^ 1 7< , dans lacurne. || xvi* s. Estrangement et cruellement jaloux, amtot, Thémist. 48.

— ÉTYM. Étrange, et le suffixe ment; provenç. estranhamen, estragnamen; catal. estranyament ; espagn. extranamente ; ital'. stranamente.

1. ÉTRANGER, ÈRE (é-tran-jé, jê-r"), adj. Il 1° Qui est d'une autre nation, qui appartient, qui a rapport aux autres pays. Les coutumes, les mœurs étrangères. Les langues étrangères. Rome par une loi que rien ne peut changer N'admet avec son sang aucun sang étranger, hac. Bérén. ii, 2. La Grèce me reproche une mère étrangère, m. Phèd. u, 2. Étrangers dans la Perse, à nos lois opposés, Du reste des humains ils [les Juifs] semblent divisés, id. Esiti. 11, I. Des hommes étrangers qui venaient de si loin, fEn. Tél. ii. Il [Newton] a laissé environ 32000 livres sterling.... H. Leibnitz, son concurrent, mourut riche aussi.... ces deux exemples rares et tous deux étrangers semblent mériter qu'on ne les oublie pas, fontes. Newton. L'hiver était si prés de nous, qu'il n'avait fallu qu'un coup de vent de quelques minutes pour l'amener âpre, mordant, dominateur; on sentit aussitôt qu'en ce pays il était indigène, et nous étrangers, sëgur, Hist. de Napol. iz, 7. || Affaires étrangères, relations d'un État avec les gouvernements étrangers. Ministre des affaires étrangères, le ministre chargé de diriger les affaires étrangères. Il On dit de même le ministère, le département des affaires étrangères. Il Etre étranger dans son pays, ne pas en connaître les usages. Étes-vous à ce point parmi nous étrangère? RAC. Athal. II, 4. Il Par extension. Etre étranger dans sa famille, ne savoir pas les affaires de sa maison. {| N'être étranger nulle part, avoir ce qu'il faut pour ne se trouver embarrassé nulle part, ponr

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être bien vu, bien accueilli partout. || Terme de peinture. Lumière étrangère, lumière différente de la principale, et ménagée artistement pour le bon effet du tableau. || 2* Qui n'appartient pas à. On écarta tout cet attirail qui t'est étranger, pour pénétrer jusqu'à toi qui n'es qu'un fat, la brut. u. Que d'imitateurs votre rang n'a-t-il pas donnés à vos désordres! ....que de crimes étrangers sur lesquels on ne s'avise pas même d'entrerenscrupulel mass. Car. Confess. || Avec quoi on n'a pas de rap|>ort. Ahl si sous votre empire on ne m'épargne pas, Si mes accusateurs observent tous mes pas, Que ferais-jeau milieu d'une cour étrangère? bac. Brit. iv, 2. [Cette cour] Quel séjour étranger et pour vous et pour moi! id. if). V, 4. Il Qui ne concerne pas. Ces lois sévères Sont faites pour vous seuls et me sont étrangères, volt. Scythes, v, 1. 1| 8* En parlant des personnes, qui n'est pas parent. Kt les fils de ce roi. Quoique nés de mon sang, sont étrangers pour moi, rac. Athal. II, 7. Il fut assassiné par des mains étrangères, volt. Œdipe, iv, t. || 4* Qui ne se mêle point d'une chose, qui n'y a point de part, qui n'y prend point de part. U n'est pas étranger à cette émeute. Je ne suis pas assez étranger aux affaires publiques pour ignorer.... raynal, Uist. phil. xviii, 43, Si la reine étrangère à la publique ivres-se, le- MERC. Agamemn. m, i. || Absolument. Voyant avec des yeux étrangers ce qui se passe ici-bas, mass. Av. Visp. Il Être étranger à une science, à un art, n'en avoir aucune notion. || Etre étranger à une compagnie, n'en pas Taire partie. || Etre étranger à toute humanité, n'avoir aucun sentiment d'humanité. Il 6* Qui n'a point de liaison, d'intimité avec. Nous sommes devenus absolument étrangers l'un à l'autre . cenlis, Ad. et TMod. t. ui, lett. 7, p. 3», dans POUGENs. || 6" Qui n'a aucun rapport, aucune conformité avec l'objet dont on parle. Une dissertation étrangère au sujet. Des citations étrangères à la cause. Il Qui n'est pas naturel ou propre à une personne ou à une chose. Se montrer sous des dehors étrangers. Cette voie est basse , indigne et étrangère, PASC. Pens. 1, 3. Tout est étranger dans l'humeur, les mœurs et les manières de la plupart des hommes, la brut. h. Dans quelques républiques anciennes, où le peuple en corps avait le débat des affaires, il était naturel que la puissance exécutrice les proposât et les débattit avec lui; sans quoi, il y aurait eu dans les résolutions une confusion étrangère, hontesq. Espr. xi , t. \\ 7* En parlant des choses, ignoré de. Cette science lui est tout à fait étrangère. Avez-vous quelque notion de physique et d'histoire naturelle ? Rien de tout cela ne m'est étranger, GENLis, Veillées du chdt. t. I, p. 6)5, dans POUGENS. Il Ignoré, en parlant des sentiments. La bienveillance lui est étrangère. La haine lui est étrangère. Tout autre sentiment nous doit être étranger, volt. Tancr. iv, 1. 1| Absolument. Parler à un homme intéressé de faire des largesses aux pauvres, c'est lui tenir un langage étranger , bourd. Pensées, 1 1, p. 34t. ||8° Qui est inconnu. Les traits de cet homme ne me sont pas étrangers. Ma voix ne t'est pas étrangère, rac. Esth. Prol. ||9" Terme de chimie. Qui n'est pas de même nature que le corps auquel il est uni, allié. Des métaux purifiés de tout corps étranger. || Terme de chirurgie. Corps étranger, toute chose qui se trouve engagée contre nature dans les parties vivantes. Une balle, une esquille sont des corps étrangers qui compliquent souvent les plaies. || 10* S. m. Un peuple étranger. L'étranger est en fuite et le Juif est soumis, rac. Alhal. V, 8. L'étranger envahit la France Kt je maudis tous ses succès, bërang. Ma dem. chans. || 11* Les pays étrangers. Vivre à l'étranger. Les ouvrages français qui s'impriment à l'étranger. || Passer à l'étranger,' s'expatrier. || Ce que nous disons l'étranger, se disait, au zviii* siècle, le pays étranger. S'il était possible qu'elle [l'Encyclopédie] s'imprimât dans le pays étranger , en continuant , comme de raison, à se faire à Paris.... d'alemb. Utt. à Volt. 28 janv. 1767. || 11* Caractère d'étranger. Quoiqu'avec beaucoup d'étranger dans ses expressions et dans son accent, il [Law] s'exprimait en fort bons termes, st-sim. 44i, i47.||18* Ce qui est étranger, non naturel. Par l'addition de l'étran- , ger et du superflu, vous effacez souvent U propre et l'essentiel, balz. Socr. chrét. Disc. 7. |i 14* S. m. et f. Etranger, étrangère, une personne qui n'est pas du pays où elle se trouve. Songez qu'un même jour leur ravira leur mère Et rendra l'espérance au fils de l'étrangère, rac Phid. l, ï. Huit ans déjà passés, une impie étrangère.... id. Alhal. l, t. La règle, c'est qu'étant obligés de vivre comme étrangers sur la terre et de n'aimer ni le monde, ni

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tes choses qui sont dans le inonde, nous devons craindre tout ce qui nous rendra notre exil trop aimable, MASS. Car. Con/fM. Il Celui, celle qui n'est pas d'une famille. Il a légué presque tout son bien à des étrangers. Il ne faut pas que les étrangers voient les papiers ni sachent les secrets de notre famille. Le moineau du voisin viendra manger le nôtre! Non, de par tous les chats I entrant lors au combat, Il croque l'étranger.... la font. Fahl. xii, 2.

— HIST. XV* s. Tuit estrangier l'ament et ameront [Paris]; Car pour déduit, et pour estre jolis, Jamais cité tele ne trouveront; Rien ne se puet comparer à Paris, E. DESCH. Sur les beautés de Paris. Il XVI" s. Ces exemples estrangiers ne sont pas cstranges si nous considérons.... mont, i, )06. Par ce moyen ne pouvoient les Lacedemoniens achepter marchandises estrangeres, amyot, l.yc. H. Banni de son pays, estranger en province eslrange, id. Sert. i . Mais comment voudriez-vous la France abandonner. Quand tous les estrangers y veulent sejournerT RONS. Élég. <3.

— SYN. étranoe, étranger. Ces deux mots ont été primitivement synonymes. Aujourd'hui ils sont distincts, et signifient, l'un ce qui est hors des conditions naturelles, l'autre ce qui est hors de la nation, du pays. Dans le figuré, les significations se rapprochent beaucoup; cependant elles ne se confondent pas complètement; voy. ci-dessus le n° 6.

— ÉTYM. Nivernais, étransé; bourguig. étraingé ; provenç. estrangier, eslranher; catal. estranger; espagn. extrangero; portug. estrangeiro; ital. straniere: du latin fictif extranearius , d'exlraneus,

(voy. ETRANGE).

2. ÉTRANGER (é-tran-jé. Le g prend un e devant a ou o;nous étrangeons, j'étrangeais), v. a. Il 1" Faire éloigner d'un lieu, désaccoutumer d'y venir, en parlant d'animaux. Étranger le gibier, les loups d'un pays. || 2° Fig. et familièrement. Ecarter, éloigner, en parlant des personnes. Ils se séparèrent, Monsieur outré, mais n'osant éclater, et le roi très-piqué, mais ne voulant pas étranger Monsieur, st-sim. 9), 204. Courtebonne, au lieu de se laisser étranger et sa femme, sut plaire et en tirer les meilleurs partis, m. U5, 4)3. US" S'étranger, V. réfl. S'éloigner, s'écarter. Le gibier s'est étrange de cette plaine. || Sauf l'usage technique pour la chasse, ce verbe vieillit, et c'est dommage.

— HIST. xiii* s. Pens i [penses-y] de bon cuer orendroit Conment nos puissons estrangier [éloigner] Renart, qui bien quide mengier Nos gelines et noz chapons, Ren. (847B. Car bien est drois que s'en estrange, Et die : trop m'avés meffait, Vengier m'estuet de ce meffail, la Rose, U4)6. Contes, dus, roys et princes sunt si en leur dangier [sous l'empire des Franciscains] , Que qui de leurs hostiex les vouldroit estrangier, Jecuitqu'il le vouldroient par raison chalengier, Et prover par usaige qu'en ne les puet [peut] changier, j. de meung, Test. «38. || xvi* s. ....Pour tel mal estranger [chasser], Besoin luy est d'eslongner la personne, Â qui son cœur énamouré se donne, marot. i, (62. J'apperçois bien qu'amour

est de nature estrange Il se veut approcher

quand de luy on s'estrange, id. vi, 202. Du temps qu'il estoit encores payen et estrange de la foy, CALVIN, Instit. 32. Le peuple des Pais Bas est d'une nature franche; par douceur et humanité non feinte on remue les affections de son cœur; mais par coups et injures on l'estrange et on l'anime, lanoue, 397. Si la dame est légère, il faut estre léger; Si elle fait l'estrange, il faut s'en estranger, am. jamin, Poésies, p. 207, dans lacurne.

— ETYM. Du latin extraneare, d'extraneus (voy. étrange), prov. estranhar; catal. estranyar; esp. exiraûar; port, estranhar; ital. stranare, straniare-

ÊTRANGETÊ (é-tran-je-té), «. f. Caractère de ce qui est étrange. Étrangeté de mise, de langage. Il Chose étrange. Une étrangeté fait quelquefois rire.

— REM. Etrangeté a failli être banni de la langue comme venu des pays étrangers (vaugel. Nouv. rem. Observ. de M**, p. 296). L'accusation est fausse; le mot est ancien et indigène, et heureusement il a triomphé.

— HIST. XV* s. Ballade sur l'estrangeté de l'atour, et du chief que plusieurs dames font à présent, EUST. DEscH. Poésies mss. f° 237. Il XVI* s. Toute estrangeté est ennemie de communication et société, MONT. I, 184. Et m'a voit la coustume esté l'appercevance de ceste estrangelé, id. i, <oo. Je vous conseille la modération, l'attrempance, et la fuyte de la nouvelleté et l'estrangeté, id. ii, 3I3.

— ÉTYM. Étrange.

t ÉTRANGLANT, ANTE (é-tran-glan, glan-t'),

adj. Oui accable; qui étonne. || Qui coupe court à tout. C'est une raison étranglante, sEv. 688.

ÉTRANGLÉ, ÉE (é-tran-glè, glée), part, passé. Il 1* Tué par quelque chose qui empêche la respiration. L'un est percé d'un plomb funeste, Tel meurt étranglé dans son lit, corn. Imit. i, 23. || Fig. la Suisse étranglée entre deux armées victorieuses, THIERS, dans le Dict. de poitevin. || Voix étranglée, Toix comme d'un homme qu'on étrangle. Avec une parole lente et désagréable par l'organe qui avait un son étranglé, il [Janson] avait une sagacité qui ajoutait beaucoupà la finesse de son esprit, st-sim. 344, 11. Il 2* Terme de chirurgie. Qui a subi l'étranglement, la constriction. Hernie étranglée. || 3* Qui est resserré, rétréci dans quelque partie de sa longueur. Le corps de la guêpe est étranglé par le milieu. L'injection a fait voir à M. de Réaumur que ces prétendus petits cœurs ne sont qu'un même vaisseau étranglé çà et là, BONNET, 4* lett.Hist. nat. Il 4° Oui manque de largeur. Une allée étranglée. Il Habit étranglé, habit trop étroit, qui n'a pas assez de tour. || Substantivement. Le roi y [à Versailles] bâtit tout l'un après l'autre sans dessein général; le beau et le vilain furent cousus ensemble, le vaste et l'étranglé, st-sim. 4io, (49. || 5* Qui n'a pas reçu tout le développement requis, en parlant d'un récit, d'une lettre, d'un discours, etc. Voilà le seul chapitre qui ne fut point étranglé, sÉv. H6. De soigner le style , de le rendre touchant, que tout soit développé avec intérêt, que rien ne soit étranglé, volt. Lett. à Chabanon, B mai (768. Il [ce compositeur] n'offrirait que des phrases étranglées, 1. 1. Rouss. Dict. de mus. Récitatif. || Il se dit aussi quelquefois des personnes, dans le même sens. Les gens qui font de si belles restrictions et contradictions dans leurs livres, en parlent bien mieux et plus dignement, quand ils ne sont pas contraints ni étranglés par la politique [les considérations de conduite] , SÉV. 430.

t ETRANGLE-CHIEN (é-tran-gle-chiin), s. m. La cynanque, plante, cynanchum acutum, L. (asclépiadées).

j-ÊTRANGLE-LODP (é-trangle-lou), s. m. Un des noms vulgaires du pans quadri/'oHo, L. (smilacées), dite parisette, raisin de renard, herbe à Paris.

ÉTRANGLEMENT (é-tran-gle-man), s. m. || 1* Action d'étrangler; étatdecelui qui est étranglé. Elle est morte d'un étranglement à la gorge, sEv. 472. La fille aînée de la femme-chef ordonna l'étranglement de douze enfants, chateadbr. Amer. 2(fl. || 2°Terme de chirurgie. Toute constriction exercée sur une partie quelconque de manière à y sus[)endre la circulation. Il Étranglement des hernies , constriction de l'intestin ou de l'épiploon sorti du ventre et serré par l'ouverture qui lui adonné passage. || Étranglement se dit encore, lorsqu'une partie celluleuse, entourée d'une enveloppe aponévrotique ou d'une gatne fibreuse, étant prise d'inflammation, l'enveloppe, peu extensible, résiste à la tuméfaction. Il 3° État de ce qui est étranglé, rétréci en certains points. N'oubliez pas de vous assurer si les petits sacs dont la grande artère vous a paru composée sont de véritables sacs, et si ce ne sont point de simples étranglements d'un vaisseau unique, bonnet, i'ielt. Hist. no«. IITerme d'hydraulique. Endroit d'une conduite où l'eau ne passe qu'avec peine. Il Terme de mine. Accident d'une couche dont le toit et le mur se rapprochent en s'écartant de leur parallélisme.

— ÉTYM. Étrangler; provenç. estrangolament.

ÉTRANGLER (é-tran-glé) , c. a. \\ l' Faire perdre la respiration ou la vie en pressant le gosier avec force ou en l'obstruant. Un os Ta étranglé. Sinon, il consentait d'être en place publique Guindé, la hart au col, étranglé court et net, la pont. Fabl. VI, 49. Il Par exagération. Étrangler quelqu'un, le maltraiter, le châtier. Ah! maraud, il faut que je t'étrangle, hauteroche, le Cocher, se. 4 9. Mercure à Caron : Pour Mycène, Cléone et Troie, j':ii honte de te les montrer; car je sais qu'à ton retour tu étrangleras Homère d'en avoir parlé si hyperboliquement, d'ablancouut, Lucien, Caron ou le Contemplateur. Je l'étranglerais de mes propres mains, s'il fallait qu'elle forlignât de l'honnêteté de sa mère, mol. G. Dandin, 1, 4. || Fig. J'ai un mot qui m'étrangle, c'est-à-dire je ne puis m'empêcher de le dire. || 2° Familièrement. Causer la ruine. On a révoqué les édits qui nous étranglaient dans notre province, sEv. 80. ||3* Ne pas donner à une chose la largeur nécessaire. Étrangler un corridor. Il Terme de marine. Se dit en parlant de tours de cordage dont on rapproche les cordons vers le milieu par une bridure. || Rétrécir l'orifice d'une cartouche

en la serrant avec uns ficelle, jj Terme militaire. Étrangler les bastions, faire une rondo sans visiter réellement les bastions et en passant seulement sur la gorge. || 4* Terme de littérature. Ne pas donner i un sujet l'étendue et les développements qu'il exige. Il a étranglé son sujet, sa scène. Je ne fais qu'effleurer ces chapitres, et j'étrangle toutes mes pensées, sEv. 264. Il Etrangler une affaire, l'expédier trop promptement et sans l'avoir bien examinée. On voulait non pas hâter, mais étrangler l'afTaire, boss. Lett. quiét. Mém. à Louis XIV. Novion et M. de Luxembourg crurent pouvoir profiter de l'état, prêt à être jugé, où le procès en était demeuré, et résolurentde l'étrangler à l'improviste, st-sim. 47, 496. Il 6° F. ti. Éprouver ce qu'on éprouve quand quelqu'un nous étrangle. Secourez - moi, j'étrangle. Il Êtningler de soif, avoir grand'soif. Je m'appelle Frontin, je suis garçon, je n'ai pas le .sou, j'étrangle de soif, je suis las comme un chien, pont de VEsiE, Somnamh. se. 2. || 6* S'étrangler, v. réft. S'fiterlavie par l'étranglement. 11 s'étrangla dans la prison, jj Se prendre réciproquement à la gorge. Pour un mot quelquefois vous vous étranglez tous; Ne vous êtes-vous pas l'un à l'autre des loupsT la FONT. Fabl. m, 4. || Se faire mal à la gorge. Celte femme s'est étranglée à force de crier. {| S'étrangler, avaler de travers, c'est-à-dire avaler de manière que la substance avalée vient toucher l'ouverture de la glotte ou même s'y engager.

— HIST. XII* s. Li pastre deit.... l'oeille [la brebis] malade sur l'espaule porter; Ne la deit pas laissier al larrun estrangier. Th. le mart. 29. || iiii* s. Et après, quant il vit ce, si l'estrangla, et fist dire partout que il estoit mort de sa mort, villeh. xcvm. Et cil par la gorge l'aert [le saisit], X deus poins l'estraint, si l'estrangle. Si li a tolue la jangle [le babil], la Rose, 12669. || xiv* s. Li lions qui gardoit le sano nostre Signour, Les estranla tous deus, s'en eurent dou piour [du pire] , Baud. de Seb. vi,

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