EUR
KUX
ÉVA
■le la parole qui fait ajouter ces lettres euphoniques, «ans quoi il y aurait un biillement ou hiatus, du- MABSAtS, t. V, p. (0).
— ÉTYM. Euphonie.
t ECPHONIQUEMENT (eu-fo-ni-ke-man), adv.
D'une manière euphonique.
EUPHORBE (eu-for-b'), t. m. Genre de plantes à suc laiteux, acre et caustique, qui a servi de type à la famille des euphorbiacées.
— REM. L'Académie fait euphorbe du masculin; mais les botanistes n'usent que du féminin, genre qui, consacré par l'usage, doit être préféré.
— ÉTYM. Provenç. eu/'orftt, euforota; espagn. et ital. euforhio; du laiin euphorbia ou euphorbion; de Euphorbus, médecin du roi Juba. Ce prince, qui cultivait les sciences naturelles, appliqua cetle plante à l'usage médical et la dénomma d'après son médecin (Pline.xxv, 38). EûçopSo;, qui signifie bien nourri, vient de ei, bien, et fOfSit, nourriture, deipsp6£tv, nourrir, paître; à <popèr|, çepSTj, tient le latin hcrba, herbe (voy. ce mot).
t EUPHORBIACÉES (eu-for-bi-a-sée) , t. f. plur. Famille de plantes à laquelle le genre euphorbe a donné son nom.
t EUPHORBINE (eu-for-bi-n') , ». f. Terme de chimie. Matière découverte dans la racine d'euphorbe.
— ÉTYM. Euphorbe.
fEUPHORBlQUE (eu-for-bi-k') , adj. Terme de chimie. Acide euphorbique, acide crrstallisable , trouvé dans les fleurs et les feuilles de Veuphorbia eyparissias, L.
t EUPHOTIDE (eu-fo-ti-d'), s. f. Terme de minéralogie. Nom donné par Hafly à une roche formée de smaragdite et de jade.
— ÉTYM. Eî, bien, et 90)4, çwTè;, lumière. ■fEUPHRAISE (eu-frê-z'), s. f. Voy. eufraise.
t EUPHROSYNE (eu-fro-zi-n'), s. /. || 1" Nom d'une des trois Grâces. || 2'' Nom donné à un astéroïde découvert en t86».
— ÉTYM. EOçpoffûvj), joie, gaieté, de tûçptov, deeS, bien, et çpovtîv, penser.
t EUPHUÏSME (eu-l'u-i-sm') , s. m. Nom donné, dans le seizième siècle, à ce qui fut appelé plus lard en France style précieux; il était fort àiamode k la cour d'Angleterre, sous Elisabeih, et Shakspeare en contient des exemples. || Par extension, et ilans un style recherché, bon goût dans la tenue, ilans les vêtements. Apparut soudain un être bruspie , négligé , professant autant de mépris pour l'eiiphuïsme que pour l'étiquette, CH. ee Bernard, Un homme sérieux, § viil.
— ÉTYM. EO9UT1;, de bon goût, élégant, de eî, bien, et çOeiv, être (voy. fus). Euphuès est le titre d'un ouvrage de Lyly qui parut en Angleterre en 1680, et qui donna son nom à un certain style précieux et recherché d'une manière outrée.
t EUPIIUÏSTE (eu-fu-i-st'), ». m. Personne qui parle l'euphuîsme.
— ÉTYM. Voy. EUPHUÏSME.
t EUPHUÏSTIQUE (eu-fu-i-sti-k'), adj. Qui a rapport à l'euphuîsme.
t EUPION'E (eu-pi-o-n'), ». f. Terme de chimie. Substance découverte dans les goudrons provenant de la distillation de la houille et des matières animales.
— ÉTYM. Eu. bien, et itiiov, gras.
t EUPLASTIQUE (eu-pla-sti-k'), adj. Terme de médecine. Favorable aux forces plastiques.
— ÉTYM. Eu, bien, et plastique.
t .... EUR, EUSE, finale des noms d'agents formés avec le radical des verbes. C'est le suffixe latin (or, en sanscrit tar, tri , qui marque l'action transitive. Le » de ce suffixe est tombé dans l'ancien français, qui avait deux terminaisons pour cette finale, au cas sujet et au cas régime, suivantla déclinaison imparisyllabique latine, où l'accent tonique se déplace. Ainsi imperator faisait emperere, et imperatorem faisait empereor. Le féminin français en cuse paraît s'être formé par analogie de la forme dialectique en eux que subit la finale eur (voy. EUX 2).
t EURASIEN (eu-ra-ziin), t. m. Nom donné dans l'Inde aux métis nés d'Européens et de femmes indiennes.
EURIIYTHMIE (eu-ri-lmie. L'Académie écrit à tort eurythmie), s. f. Hl" Bel ordre, belle proportion, en parlant de l'ensemble des parties d'un ouvrage d'architecture. |j 2* Terme de peinture et de sculpture. Harmonie dans la composition. || 3° Terme de musique. Heureux choix du rhythme et du mouvement d'un morceau; belle proportion entre les parties. || 4° Terme de médecine. Régularité du pouls.
— ÉïïM. Eu, bien, et fu9uo«, rhythme.
î ErRHYTIIMIQCE (eu-ri-tmi-k') , adj. Qui a un rhythme régulier.
t EURIPE (eu-ri-p'), ». m. Il 1* Nom d'un détroit entre la Grèce et l'tle d'Eubée où la mer avait un flux et reflux irrégulier. || Fig. S'est dit pour mouvement irrégulier. Une prudente critique des auteurs nous découvre le calme ou la lempôle de leurs passions, l'euripe de leurs mouvements et l'admirable diversité de leurs esprits, naudê, dans le Dict. de BESCHERELLE. || 2° Terme d'antiquité. Nom qu'on donnait à Rome à un canal d'environ trois mètres de largeur qui, dans le grand cirque, séparait de l'arène les gradins, et avait pour objet d'empêcher les bêtes féroces de se jeter sur les spectateurs.
EUROPÉEN, ENNE (eu-ro-pé-in, è-n'), adj. Qui appartient à l'Europe. La république européenne. Il S. m. et f. Habitant de l'Europe. Il n'y a plus aujourd'hui de Français, d'Allemands, d'Espagnols, d'Anglais même, quoi qu'on en dise; il n'y a que des Européens , J. J. rouss. Gouvem. de Poing. ch. 3. Le Père de la Rédemption s'embarque à Marseille... il aborde le dey d'Alger, il lui parle au nom de ce roi céleste dont il est l'ambassadeur; le barbare s'étonne à la vue de cet Européen qui ose seul, à travers les mers et les orages , venir lui redemander des captifs, chateaub. Génie, iv, m, 6.
— REM. Au XVII* siècle et au xviii*, on était partagé entre européen et européan. Aujourd'hui européan est tombé en désuétude.
— ÉTYM. Lat. Europxus, de Europa , l'Europe ; grec, EOpwTtr).
t EURYCÈRE (eu-ri-sê-r') , adj. Terme de zoologie. Qui a de larges cornes.
— ÉTYM. EOpùi;, large, et xépo»;, corne.
t EURYGNATHE ( eu-righ-na-t' ), adj. Terme d'anthropologie. Se dit de la prédominance de la partie moyenne de la tête, c'est-à-dire de la région supérieure de la face. Le type mongolique est eurygnathe.
— ÉTYM. EOp'jç, large, etfvâ6o;, mâchoire.
t EURYSTOME (eu-ri-sto-m'), adj. Terme de zoologie. Qui a une large bouche, un bec très-fendu.
— ÉTYM. Eùpù;, large, et oT6|Aa, bouche. EURYTHMIE, EURYTHMIQUE, voy. EUBHTTHMIE,
eurhythmique.
fEUSÉMIE (eu-sé-mie), s. f. Terme de médecine. Ensemble de bons signes dans une maladie.
— ÉTYM. ES, bien, et orifjii, signe.
EUSTACHE (eu-sta-ch')', s. m. Petit couteau grossier, à manche de bois.
— ÉTYM. Sans doute nom propre transporté à l'instrument.
t EUSTYLE (eu-sti-1') , s. m. Terme d'arohitecture ancienne. Espace convenable entre les colonnes, deux diamètres et un quart, selon Vitruve.
— ÉTYM. EOoTuXo;, de «0, bien, et anXoQ, colonne.
f EUTAXIE (eu-ta-ksie) , s. f. Terme de physiologie. Disposition régulière des différentes parties du corps.
— ÉTYM. Eu, bien, etTÔÇiç, ordre (voy. tactique). f EUTERPE (eu-tèr-p'), s. f. || 1" Celle des neuf
Muses à laquelle on attribue l'invention des mathématiques et l'art de jouer du chalumeau. || 2° Nom donné à une petite planète découverte en 4 863.
— ÉTYM. EÙTÉpTCYi, de eu, bien, etTépTteiv, réjouir, f EUTHANASIE (eu-ta-na-zie), s. f. Bonne mort,
mort douce et sans souffrance.
— ÉTYM.Eù6ova(jia,de eu, bien, etOàvato;, mort. f EUTHYMIE (eu-ti-mie), s. f. Terme didactique.
Tranquillité d'esprit.
— ÉTYM. Eù6u(jita, deeO, bien, eteu(i.05, le moral. fEUTROPHIE (eu-tro-fie), ». /. Terme de physiologie. Bonne nutrition.
— ÉTYM. EÙTpoçia, de eO, bien, et Tpoq^, nourriture.
t EUTYCUIANISME (eu-ti-ki-a-ni-sm') , s. m. Doctrine des Eutychiens.
f EUTYCIliEN (eu-ti-kiin) , ». m. Membre d'une secte du V siècle, ainsi nommée d'après Eutychès, abbé d'un monastère aux environs de Constantinople, qui enseigna que la nature humaine et la nature divine s'étaient confondues dans le Christ, et qu'après l'incarnation elles ne formaient plus qu'une seide nature, la nature divine ayant absorbé la nature humaine comme la goutte d'eau qui, tombée dans la mer, se confond avec l'eau de la mer. On dit au.ssi Eutycbêen.
1 . EUX (eu ; Vx se lie : eù-z et nous), plur. masc. du pronom il, lui. || 1° Il s'emploie comme régime de préposition. C'est i. eux qu'il faut vous adresser. U est question d'eux. Le plus considérable d'eux tous était le fameux Uilon, Exil de Cicér. dans
df.sfontaines. Il Dans le lang.nge grammaticil technique on le met aussi après Is verbe : je les aimo, c'est à-dire j'aime eux. || Eux peut enfin être complément direct du verbe quand ce verbe est sousentendu. Qui accusez-vous? Eux, sans doute. Il 2" Il s'emploie comme sujet. Nous voulons partir; eux prétendent rester. Dindenaut prisait moins ses moutons qu'eux leurs ours, la font. Fabl. v, 2U. Etaient-ce des esprits faibles, eux qui ont eu la force de vaincre le monde? mass. Car. Mot. de ennv. Il Familièrement. Eux autres , ces gens-15 dont on parle. Il s'est fait un grand vol; par qui? l'on n'en sait rien; Eux autres [des Bohémiens dont on parle] rarement passent pour gens de bien, mol. VÉt. IV, 9. Il Eux-mêmes, voy. même.
— IlIST. X' S. Eus noicils, Fragm. de Val. p. 467. E de cel péril que super els metreiet, ib. p. 4C». Il XI* s. Li quels d'els deuz en fut li plus isnels (prompt] ? Ch. de Roi. cvi. || xii* s. Par als [eux] conquis-je et Valence et Morel, Tionc. p. 202. Et avecaus, quatre cent compeignon , t'ft. p. I88. .Mais maugré eulx [je] vous ai mon cuer [coeur] donné, Coxici, XIV. Et yauls pourvoir profitablement, qui pour le |la] foibleté de leurs corps ne poent entendre à le [la] deffense de leur choses, tailliab, flccueil, p. 500. De Jofroi de Paris [il] firent leur justicier, Pourmaintenir la guerre et pour ax enforcier, Sax. IV. [Ils] avoient entour aus gent françoise tous dis, Berte, v. La traïson [ils] devisent entre eus trois à loisir, ib. xiii. || xv* s. Pour ton noble cœur encourager et eux montrer exemple en matière d'honneur, fboiss. i, i, t. N'aveyent nulles' places pour eux retirer, comm. i, 2.
— ÉTYM. Els, als, eus, aux, ax, yauls du vieux français représentent le latin illos (voy. il).
t 2 EUX, EUSE, finale qui répond à la finale latine osus et qui, avec des radicaux de substantifs, forme des adjectifs indiquant ce qui compose et constitue, ce qui possède et est doué de. L'origine de ce suffixe doit être recherchée dans le suffixe sanscrit t)on(, rat, vas, forme féminine usi, qui a donné les participes passés actifs, en wç, uia (pour u<jca) dans la langue grecque. Le latin, qui n'a pas de pareils participes, a appliqué aux suffixes en osus le sens plus haut indiqué, et que vaut avait aussi en sanscrit, témoin açva-rant , qui possède des chevaux, en parlant d'un pays. || Eux, euse est aussi une forme dialectique du suffixe eur, qui forme en français les noms d'agent. Cette forme, fréquente au moyen âge et restée en usage dans les campagnes, n'existe plus dans la langue admise que pour un petit nombre de mots, tels que faucheux (l'araignée), partageux, péteux (voy. eur).
ÉVACUANT, ANTE, (é-va-ku-an,an-t'),odj. Terme do médecine. Qui détermine des évacuations. Remt'de évacuant. || S. m. Un évacuant. Les évacuants.
ÉVACUA TIF, IVE (é-va-ku-a-tif , ti-v'), ad/. Synonyme d'évacuant.
— HiST. xvi* S. Après avoir ainsi usé de repercussifs, il faut vonir aux résolutifs et evacuatifs, pabé,