‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 186 sur 388 · XXI · texte numérisé non relu

XXI

— ETYM. Évacuer; provenç. evacuatiu; espagn. et ital. erac«a(iro.

ÉVACUATION (é-va-ku-a-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. [j l'Action de vider. L'évacuation d'un hôpital. Bagiation et Barclay revenaient versSmolensk à grands pas, l'un pour la sauver par une bataille, l'autre pour protéger la fuite de ses habitants et l'évacuation de ses magasins, ségur, Hist. de Napol. VI, 3. Il 2° Terme de guerre. Action de sortir d'une place, d'un pays , qu'on occupait. On stipula l'évacuation de la place. Vous n'avez jamais vu un tel vacarme dans le salon de Marly qu'il y en a eu sur l'évacuation des troupes d'Espagne, maintenon, Lett. au d. de Noailles, 30 juin < 709. || 3* Action de sortir d'un établissement. L'évacuation au collège de Clermont nous occupe beaucoup plus que celle de la Martinique, d'alemb. Lelt.à Volt. 4marsl78î, Il 4" Terme de médecine. Sortie des matières eicrôraentitielles , sécrétées ou exhalées, à travers un organe quelconque ouvert naturellement ou par l'art. L'évacuation du pus d'un abcès. || Plus particulièrement, issue de matières par le haut ou par le bas. Après avoir été près de mourir, il a fait une Si considérable évacuation que.... sftv. 412. Ondonnn à monseigneur furce éméii(|ue, et sur les deux heures il fit une évacuation prodigieuse haut et bas, ST-siM. 9), 4 96. Il Les matières évacuées. Les évacuations étaient de mauvaise nature. || 5° Terme do jurisprudence. Évacuation des procès, se dit de l'action de terminer tous les procès pendants devant une cour.

— msT. xiv s. Si comme le médecin copseille ta

ÉVA

ÉVA

ÊVA

'1 gutnra fempostume par évacuation, et par prendre médecine, obesiib , Elh. »s. || xv s. Le Flamand dit qu'il Touloit mourir avec les autres, et par l'évacuation du sang et des playes mourut, juv. Charift VI, «3«2. Il XVI* s. L'une et l'autre replelion a besoin d'évacuation, PABe, xv, 66.

— ÊTYM. Provenç. evacuacio; espagn. evacuacion; ital. eracuaxione; du latin evaevuitionem, de tvamare, évacuer.

fiVACUÉ, ÉE (é-Ta-ltu-é,ée), port, passé. Il 1" Dont on est sorti. Le pays évacué par l'ennemi. l!n collège évacué à cause d'une épiilémie de fièvre typhoïde. || i° Terme de médecine. Oui a été rejeté au dehors. Matières évacuées. Le liquide ayant été évacué par la paracentèse.

ÉVACUER (é-va-kué), j'évacuais, nous évasuions, vous évacuiez; que j'évacue, que nous évacuions, que vous évacuiez, c. a. || !• Terme de guerre. Cesser d'occuper un lieu, un pays. On évacua Manheim, on rasa la ville et la citadelle, en sorte qu'il n'y resta pas une maison, et les ruines mêmes en furent jetées dans le Khin et dans le Necker, lafayettk, ném Cour Franc. CEuv. compl. t. m, p. 31, dans POUGRNs. Le peu de ces républicains qui avaient échappé au fer et h la famine évacua le brésil par ime capitulation du 28 janvier (054, raynal, llist. phil. IX, 10. Il Absolument. La garnison fut obligée d'évacuer. || On dit aussi évacuer des troupes, les faire sortir du lieu qu'elles occupent. Évacuer de l'artillerie, la faire sortir d'un lieu pour la diriger sur un autre. || 3' Dans le langage ordinaire, sortir it'un lieu quelconque. Le public a évacué la salle. La gendarmerie fit évacuer les lieux. || 3" Terme de médecine. Faire sortir du corps un liquide, une humeur. Évacuer le pus d'un abcès. Évacuer les humeurs. Il Absolument. Évacuer, rendre beaucoup d'humeurs par le haut ou par le bas. Il prit de l'émétique, et évacua beaucoup. || Fig. Et la médecine me fit évacuer ces malheureux vers que je vous envoie, CHAULiEU, à Touslin et à Volt. || 4* Dans le langage mystique, affaiblir. C'eût été affaiblir et évacuer la vertu miraculeuse de la croix, que d'appuyer la prédication de l'Évangile sur le secours de la nature, pèn. t. xxi, p. 89. |{ 5° S'évacuer, ». réft. Être évacué. La salle s'est évacuée peu à peu. || Être chassé hors du corps. 11 y a des humeurs qui s'évacuent difficilement.

— HIST. XIV* s. La saigniée de la veine évacuante la matière qui est conjointe à la plaie, H. de hon- DEviLLK, f* 43, rerso. Il XVI* s. Que la foy est évacuée et anéantie, si la justice regarde le mérite d« nos œuvres, ou si elle dépend de l'observation de la loy, CALv. Imtit. 6IH. Du sang et pus qui peuvent eslre évacués par les urines, paré, xv, 62.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. evacuar ; ital. evacuare; du latin evacttare, de e, et vacuut, vide (voy. vacant).

ÉVADÉ, ÉE (é-va-dé, dée) , parf. passé. Oui s'est échappé de quelque lieu. Un forçat évadé du bagne. \l Substantivement. On a repris les évadés.

ÉVADER (S") (é-vadé), v. réfl. || 1" S'échapper furtivement d'un lieu où l'on était retenu. Les prisonniers se sont évailés. Comme on ne le trouvait point, on croyait qu'il [Arétin] se fût évadé [hors de l'enfer], et on n'avait garde de s'imaginer qu'il était avec Auguste, fonten. Jug. de Plut. \\ Simplement, quitter un lieu sans être vu. Nous nous évadons sans être aperçus, et nous nous renfermons dans notre chambre, J. J. Bouss. Emile, m. || Fig. Je vois notre maison, et ma frayeur s'évade [s'en va], MOL. i4mp/it(. I, 1. 1| Absolument et avec ellipse du pronom personnel. Ce n'est pas mon des;.ein qu'on me fasse évader, corn. Polyeucte, iv, i. Si je rentre chez moi, je ferai évader le drôle; et quelque chofe que je puisse voir, moi-même, de mon déshonneur, je n'en serai point cru à mon serment et l'on me dira que je rêve, mol. Georg. Daiid. n, 8. (I 2" Fig. Se tirer d embarras par une échappatoire. Fourbe, tu crois par là peut-être t'évader, MOL. Àmp''. III, 6. Il 3° Il s'est employé comme verbe neutrn, sans pronom personnel. Nous nous amusons trop, il est temps d'évader, corn. Hlus. corn. IV, ». Comme après le coup fait vous étiez évadé, TH. CORN. Galant doublé, i, <. De quelque cAté que vous vous tourniez, il ne vous reste plus aucune défaite, aucun subterfuge, ni aucun moyen d'évader, vous êtes pris et convaincu, Boss. 'i'serm. pour le i"dim. de l'avent, ii.

— SYN. s'évader, s'échapper. S'échapper, c'est sortir de ce qui retient : le mercure s'échappe des doigts. S'évader ne se dit que de l'homme, ou de ce que l'on assimile h l'homme : Ce prisonnier s'est évadé-, mon moiieau s'est évadé ouéchapoéde laçage. I

— HIST. XIV* s. Ilz seront hors de foy, d'espérance et d'amour pour évader aux biens qui puent [peuvent] ensuire de la grâce du Père, du Fils et du Saint Esprit, Jfodiii, f lxui, terto. Ainsi appert par ceste exemple que l'enfant, qui estoitjeune, sceut celer et taire et évada [trouva une évasion]. Menagier,i, s. \\ xv* s. Lors suis-je esjoy de ton aise, et prens plaisir en ce que tu évades les misères que je seuffre chacun jour, alain craxt. le Curial. Il XVI* s. Il ordonna à son frère, qu'il allast environner le palais du roy, peur garder que personne des serviteurs n'evadast, amyot. Public. 7. Les subterfuges que cerchent ici les sorbonistes pour évader ne les depeschent point, calv. Instit. et a.

— ÉTYM. Provenç. «toj»r; du latin ei'adere, aller dehors, s'échapper, de «, et tiadere, aller (voy.JE vais).

ÉVAGATION (é-va-ga-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Terme ascétique. Disposition qui fait que l'espritse détache de l'objet auquel il devrait se fixer, lion indifférence ne se fait que trop connaître dans toute ma conduite à l'égard du sacrement de ce Dieu d'amour, dans les évagations de mon esprit, dans mes tiédeurs, mes lâchetés, mes ennuis en la présence de ce sacrement , bouru. Pensées, t. m, p. î6(.

— SYN. ÉVAGATION, DIVAGATION. La divagation est la disposition qui empêche l'esprit de se fixer à un objet quelconque; l'évagation, celle qui l'empêche de se fixer à l'objet qui devrait l'arrêter.

— HIST. XVI* s. Evagation [action d'aller çà et li], cotgrave.

— ÊTYM. Lat. evagalionem, de evagari, de e, et vagari, vaguer.

t ÉVALTONNER (S') (é-val-to-né) , ». réft. Prendre un ton dégagé, s'émanciper. Un jeune homme évaltonné. M. de Breteuil a commencé à s'évaltonner; il a parlé au roi devant le cardinal pour rétablir l'ordre du tableau dans la promotion, S'argens. tiem. t. III, p. 36. Il Terme vieilli, ou du moins provincial.

— ETYM. E pour es.... préfixe, et l'ancien franc. vaJeton, jeune garçon, diminutif de valet, qui signifiait jeune homme (voy. VKi.eT).Évallnnné, trèsusité en Lorraine, signifie évaporé, étourdi, et quelquefois égaré, hagard.

t ÉVALUABLE (é-va-lu-a-bl'), adj. Qui peut être évalué.

— ÉTYM. Évaluer.

ÉVALUATION (é-va-lu-a-sion; en vers, de six syllabes), s. f. Action d'évaluer. Le peu d'uniformité dans les mesures met continuellement dans la nécessité de faire des évaluations, condil. Lang. cale. I, <3.

— HIST. XVI* s. Escheant arpentement public, gens experts sont députés pour faire l'évaluation des propriétés, o. de serres, (2.

— ÉTYM. Évaluer.

ÉVALUÉ. ÉE (é-va-lu-é, ée), part, passé. Dont le prix est fixé à. Un cheval évalué à mille francs. Il Dont la quantité est déterminée approximativement. Attroupement évalué à dix mille personnes.

ÉVALUER (é-va-lu-é), j'évaluais, nous évaluions, TOUS évaluiez; que j'évalue, que nous évaluions, que TOUS évaluiez, e. a. || 1* Estimer la valeur, le prix d'une chose. C'est un calcul très-fautif que d'évaluer toujours en argent les gains ou les pertes des souverains; le degré do puissance qu'ils ont en vue ne se compte point par les millions qu'on possède, J. J. BOUSS. Paix perpét. \\ 2° Fixer approximativement une quantité. La durée du phénomène fut évaluée à cinq minutes. |{ 3" S'évaluer, r. réfl. Etre évalué. Cela ne se peut évaluer.

— ÊTYM. É pour es.... préfixe, et taZu». L'ancienne langue disait avaJuer (beaum.xiii, 24). On ce trouve pas évaluer dans les anciens textes.

t ÉVALVE (é-val-v'), adj. Terme de botanique. Oui n'a point de valves. Péricarpe évalve.

— ÊTYM. É.... sans, et valve.

t ÉVANESCENT, ENTE (é-va-n&-ssan, ssan-t'), adj. Terme didactique. Qui s'évanouit, s'efface, disparaît. || Terme de botanique. Nectaire évanescent, celui qui s'amoindrit à mesure que le fruit se développe et qui finit par disparaître.

— ÉTYM. Lat. evanescere, de e, et vanut, vain. t ÉVANGÉLIAIRE (é-van-jé-li-é-r"), *. m. Livre

qui contient les évangiles lus ou chantés à chaque messe et qu'on dit avoir été composé par saint jérâme. Parmi les livres que léguait aux frères mineurs et aux frères prêcheurs le testament de saint Louis, se trouvait un évangéliaire grec, envoyé au roi, en <2S», par l'empereur Michel Paléologue, le clerc, llist. lilt. de la Frarue, t. xxiv, p. »2.

— HlST. xiv* S. Un evangelier et un epistolier de gratis volumes, du ca.nqe, evangeliarium.

— ÉTYM. Bas-lat. evangeliarium, decvangetium,

évangile.

ÉVANGÉLIQUE (é-van-jé-li-k'), od;. ||1* Qui •appartient, qui est conforme à l'Evangile, tlener unr vie évangélique. l.a loi évangéhque, qui est une loi de grâce, une loi d'amour et de liberté, bocibi>al. Purif.de la Vierge, Myst. t. ii, p. (77. Saint Justin fut un des premiers philosophes qui embrassèrent la doctrine évangélique, diuer. Opin. des anc. phil. (Jésus-Christ). || Il se dit aussi des personnes. Nous ne voyons point de riches contents de leurs richesses; et nous voyons des pauvres évangéliques contents de leur pauvreté, bourdal. Sur la récompense des taintt. Premier avent. Unissant sous les lois d'une même profession ce qu'il avait assemblé d'ouvriers évangéliques, fléch. Panéy. t. ii, p. 212. Il 2* Particulièrement. Qui est de la religion protestante. Ministre évangélique. Les cantons évangéliques et les cantons catholiques de la Suisse. Il Substantivement. Les évangéliques. Ilien de plus licencieux, rien de plus séditieux tout ensemlile, rien enfin de moins évangélique que ces évangéliques prétendus, boss. Var. v, <J J3.

— HIST. xv* s. Les estais de l'Empire qui sont sous la confession d'Ausbuurg, appeliez autrement évangéliques, villeroy, ifém. t. vi, p. 7, dans

LACUBNE.

— ÊTYM. Provenç. tvongelie; espagn. et ital. evangelico ; iu latin evangeticus, de evangelium, Évangile.

ÊVANGÉLIQUEMENT (é-van-jé-li-ke-man), adv.

D'une manière évangélique. Prêcher évangéliquement. C'est en cela même qu'on serait véritablement, qu'on serait évangéli(|uement, qu'on serait héroïquement sévère, bourdal. 3* dim. après la Pentecôte, Dominic. t. ii, p. 36».

— ETYM. Érangélique, et le suffixe ment.

t ÉVANGÉLISATION (é-van jé-li-za-sion), ». f. La prédication de l'Evangile; ses effets.

— ÉTYM. Provenç. evangelisation, du lat. etiangeliïare, évaiigéliser.

ÉVANGÉLISÉ, ÉE (é-van-jé-li-zé,zée) , part. passé. On jette les fondements d'un édifice sacré où les pauvres sont évangélisés, où les petits trouvent le pain qui nourrit l'âme, mass. Villeroy.

ÉVANGÉLISER (é-van-jé-li-zé), ». a. Prêcher l'évangile. Fonde-t-elle des hôpitaux? elle y joint des missions, afin que les pauvres soient nourris et évangélisés tout ensemble, flêch. Aiguil. Ceux qui évangélisent vos terres et vos vassaui, mass. Car. Parole de Dieu. \\ Absolument. Saint François Xavier a évangélisé dans le Japon.

— HIST. xui* s. Nustre sires donra la seue parole [donnera sa parole] as evangelizanz. Psautier,

— ÉTYM. ProTenç. et espagn. erangelixar ; ital. evangeliszare ; du lat. evangelitare, de evangelium. Évangile.

t ÉVANGÉLISME (é-van-jé-li-sm') , s. m. Néologisme. Caractère des enseignements évangéliques.

— ÉTYM Voy. ÉVANGILE.

ÉVANGÉLISTE (é-van-jé-li-sf), I. m. || 1* Chacun des quatre saints qui ont écrit les Évangiles. Les quatre évangélistes. Qui a appris aux évangélistes les qualités d'une âme vériiablement héroïque, pour la peindre si parfaitement en Jésus-Chrisi î pasc. Pensées, part, ii, art. lo. lit lorsqu'il est mort pour nous sur le Calvaire, Tictime de l'univers, il a voulu que le plus chéri de ses évangélistes remarquât qu'il mourait spécialement pour sa nation, boss. le Tellier.W Évangélistes synoptiques, voy. synoptique. Il 2* Prédicateur en général. Voici vos lil^rateurs, et je donnerai à Jérusalem un éTangéliste , sxci. Bible, Isaïe, XLI, 27. Il Fig. Je me contentais de connaître l'erreur sans la réfuter, et la Térité sans m en rendre l'évangélisie, schdéri, .Sur le Cid. \\ 3* Chez les protestants, celui qui assiste le pasteur. || 4* Sa disait autrefois, au palais, du conseiller qui tenait l'inventaire d'un procès pendant que le rapporteur lisait les pièces. Noailles ouvrit son sac, de coli-re, en prit les pièces qu'il mit devant lui, et, taudis qu'il rapportait, me voilà k les feuilleter et k me faire son évangéliste, st-sim. «40, I2». || Se disait autrefois de celui qui, dans une compagnie, était nommé pour être témoin et inspecteur d'un scrutin. Il Ces deux acceptions viennent sans doute de ce que ce surveillant voyait si l'on disait vrai, si l'on parlait en mots d'Evangile.

— HIST. xir s. El cesie chose fust li encomen cemenz de ses miracles, si cum dist li evvangclistes, SX BERNARD, p. B53. || xiii* 8. Evangelistre, aposlre, martyr et confesseur Por Jhesu Crit soffnrent de la mort la presseur, rbteb. t»*.

ËVA

— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. evangelista, du lai. evangelista (voy. évangilk).

ÉVANGILE (é-van-ji-n, s. m. || 1* La loi, la doctrine de Jésus-Christ. Saint Thomas porta l'Évangile aux Indes, Boss. Hist. ii, 7. Saint Kilien prêcha l'Bvaiigile dans la Franconie, id. ib. i, (<. Les Juifs qui avaient reçu l'Évangile, id. ib. u, ». Que ses douleurs l'ont rendue savante dan» la science de l'Évangile, et qu'elle a bien connu la religion et la vertu de la croix, quand elle a uni le christianisme et les malheurs! id. Berne ffAnglet. L'Évangile est proposé à l'homme comme sa seconde raison, comme le supplément de sa conscience, Mirabeau, Collection, t. v, p. 27<. || 2' Nom des livres qui contiennent la vie et la doctrine de Jésus-Christ. U parut, dan.^ les premiers siècles de l'Église, un grand nombre d'Évangiles. L'Église n'a reconnu que quatre Évangiles. Jurer sur les Évangiles ou sur l'Évangile, jurer en touchant les Évangiles. || Évangiles apocryphes, ceux que l'Église n'a pas reconnus. L'Évangile de l'enfance, celui de ces livres où est racontée l'enfance de Jésus-Christ. || 3° Absolument. L'Évangile, le recueil des quatre Évangiles reconnus par l'Église, à savoir l'Évangile selon saint Matthieu, l'Évangile selon saint Marc, l'Évangile selon saint Luc, et l'Évangile selon saint Jean. Lire l'Évangile. || Croire une chose comme l'Évangile, la croire sans réserve. || Familièrement. Ce n'est pas mot d'Évangile, c'est une chose qui mérite peu de foi. Les serments des gascons Passent peu pour mots d'Évangile, la font. Gasc. \\ En sens inverse, parole d'Évangile, chose qui mérite toute confiance. Tu as beau rire, c'est l'Évangile, hamilt. Cramm. 3. Ses procès-verbaux [du maire] sont paroles d'Évangile pour MM. les juges de Tours, p. L. coub. i, (50. Il Gens de l'Évangile, bonnes gens, faciles à tromper. Ce diable était des gens de l'Évangile, Simple, ignorant, à tromper très-facile, la font. Papef. Il 4° La partie de l'Évangile qu'on lit à la messe. || Le côté de l'évangile, le côté gauche de l'autel on entrant dans le chœur, ainsi dit parce que c'est le côté oïl l'on dit l'évangile. || C'est l'évangile du jour, se dit d'une chose nouvelle dont tout le monde s'entretient. Je ne sais comment je pourrai vous parler d'autre chose aujourd'hui que de cet évaii- ^'ile du jour, sÉv. (6 mars (689. Votls savez que Mme de Savoie ne souhaite au monde que l'accomplissement du mariage de son fils avec l'infante du Portugal, c'est l'évangile du jour, sÉv. t. VI, lett. B8B, dans pougens. U [Locke] prouve que la souveraineté appartient aux peuples, et qu'ils ne font que la déposer entri» les mains de ceux qu'on appelle souverains..- yous savez que c'est l'évangile du jour à présent parmi les protestants, BAïLE, Lett. à Minutoli, î4 sept. (693. 1 1 S" Commencement du premier chapitre de sai nt Jean qu'un prêtre récite en mettant un pan de son étole sur la tète de la personne à l'intention de qui il le récite. U n'est pas croyable ce qu'elle [Mme de Saint-Herem] dépensait à se faire dire des évangiles sur la tête, st-simon, 87, 26. |{ Cette cérémonie se nomme, dans le département des Côtes-du-Nord, donner l'évangile. || 6° Évangile est le titre de quelques anciens livres burlesques. L'Évangile des quenouilles. Il 7° Évangile éternel, doctrine de Joachim de Flore, moine calabrais du xii" siècle, et de Jean de Parme , du xiii* , suivant laquelle l'ancien testament répondant au premier âge du monde, le nouveau testament au deuxième âge, un troisième testament inaugure le troisième âge (voy. JOACBIMITE). Il 8° Il se dit, dans le langage néologique, des doctrines novatrices qui agitent la société. Ses compagnons [de Byron allant en Grèce] épars, groupés sur le navire. Ne parlent point entre eux de foi ni de martyre, Ni des prodiges saints par la croix opérés, Ni des péchés remis dans les lieux consacrés; D'un plus lier évangile apôtres plus farouches. Des mots retentissants résonnent sur leurs souches: Gloire, honneur, liberté, grandeur, droit ies humains.... lamart. Harold, xi.

— REM. 1. Évangile prend un É majuscule quand il s'agit de la loi de Jésus-Christ, des livres qui contiennent sa vie, et du recueil de ces livres. 11 prend un é minuscule quand il s'agit delà partie de l'Évangile que le prêtre dit. |{ 2. Le genre d'évangile a été longtemps féminin; Boileau l'a encore fait féminin : L'Évangile au chrétien ne dit en aucun lieu : Sois dévot; elle dit : Sois doux, simple, équitable, Sat. XI. Monsieur Joli [é^sêque d'Agen] prêcha à l'ouverture [de l'assemblée du clergé en (67i)] ; mais comme il ne se servit que d'une vieille évangile et qu'il ne dit que de vieilles vérités, son >armou parut vieux, sËv. Lett. 44 juin (676. Au-

ÉVA

jourd'hui évangile est toujours masculin. ,| 3. Evangile, au sens de la partie qui se dit à la messe, a été fait féminin, par exception, pendant que le mot était d'ailleurs masculin. Aujourd'hui aucune exception n'a plus lieu.

— HIST. XIII* s. Sire, tout n'est pas Evangile Quanque l'en dit aval la vile, la Rose, (2481. Et lors le seignor deit comander que on aporte une Evangille, Ass. de Jér. »6. || xv* s. [Le chancelier de France] dit en plein conseil royal au chancelier d'Aquitaine, qu'il ne disoit pas Evangile [ne disait pas la vérité], monstrel. t. i, f" (63, dans la- CURNE. Il xvi* s. Il est maudit en l'Evangile qui a le choix et prend le pire [par allusion aux Juifs qui, ayant le choix d'adopter la religion du Christ, la rejetèrent et sont maudits], leroux de lincy, Prov. t. i, 26. Ainsi choisissiez vous le pire; c'est pourquoy estes mauldict en l'Evangile, rabel. iv, 46. Je ne me soucie pas plus de l'évangile que de l'epistre [pas plus de l'un que des autres], Moyen de parvenir, p. ((O, dans lacubne.

— ÉTYM. Provenç. evangeli, avangeli; espagn. et ital. evangelio; portug. evangelho ; du lat. evangelium, du grec eùay^ÉXiov, bonne nouvelle, de eu, bien, et àyiélleiy , annoncer, d'oii dTnfsXot, messager, ange (voy. ce mot).

ÉVANOUI, lE (é-va-nou-i, ie), part. pa«.5^ d'évanouir. Il 1° Dissipé, disparu. Une ombre évanouie. Projets évanouis aussitôt que formés, campist. Andronic, iv, 4. Et dans cette nuit funeste Je cherchais en vain le reste De mes jours évanouis, i. B. Rouss. Odes, 1,(0. Les soleils aux soleils succèdent à mes yeux. Les cieux évanouis se perdent dans les cieux, delille, Imag. m. || 2" Qui est en syncope. Toujours évanouie. Madame, elle ne marque aucun signe de vie, rac. Baj. iv, 6. Je proteste contre ceux qui prétendent que je suis tombé en apoplexie; je n'ai été évanoui qu'un quart d'heure tout au plus, volt. Lett. d'Argental, 2 janv. (767.

ÉVANOUIR (S') (é-va-nou-ir), v. réfl. \\ !• Disparaître sans laisser de traces. Là périssent et s'évanouissent toutes les idoles, et celles qu'on adorait sur des autels, et celles que chacun servait dans son cœur, aoss. Hist. u, ( t. Dans les pays de commerce, l'argent qui s'est tout à fait évanoui revient, parce que les États qui l'ont reçu le doivent, montesq. Es-p. XX, 23. Le lendemain on cherchait les pieux voyageurs, mais ils s'étaient évanouis comme ces saintes apparitions qui visitent quelquefois l'homme de bien dans sa demeure, chateaubr. Génie,iw, ni, 6. Il Par extension. C'est le dernier éclat d'un feu prêt à s'éteindre. Sur le point d'expirer il tâche d'éblouir. Et ne frappe les yeux que pour s'évanouir, CORN. Au roi sur Cinna, Pomp. etc. Oui croit les posséder [ces douceurs] les sent s'évanouir, ID. Héracl. i, (. Et ma haine, qu'en vain tu crois s'évanouir, ID. Rodog. iv, 5. Vains fantômes d'État, évanouissez-vous, id. tb.ii, (. Mais sa haine sur vous autrefois attachée Ou s'est évanouie ou s'est bien relâchée, rac. l'hèd. I, ( . Nos bonnes résolutions s'évanouissaient, fén. Tél. iv. Mais au moindre revers funeste. Le masque tombe, l'homme reste. Et le héros s'évanouit, l. b. ROtres. Ode à la fortune. \\ Avec suppression du pronom personnel, quand certains verbes, voir, sentir, faire, etc. précèdent. Â des paroles si consolantes. Don Garcie sentit évanouir toute sa crainte, lesage, Diab. boit. ch. 0. Il Faire évanouir, dissiper, détruire. Celte nouvelle a fait évanouir toutes nos espérances. On en [des maux] a vu qui ont sapé, par les fondements, de grands empires et qui les ont fait évanouir de dessus la terre, la brut. x. Le spectacle de la mort de Virginia, immolée par son père à la pudeur et à la liberté, fit évanouir la puis- .sance des décemvirs, montesq. Esp. xi, (5. La prude loua cette résolution d'uu air bien capable de la faire évanouir, marmontel, Cont. mor. Alcib. Il Terme d'algèbre. Faire évanouir une inconnue, la supprimer à l'aide d'une opération dans une équation. Ainsi x+y=a, x—y=:b; en ajoutant ces deux équations, il vient ix=a+b ; y s'est évanoui. Il 2" Perdre connaissance, tomber en faiblesse, i cette nouvelle elle s'est évanouie. || Faire évanouir, causer une faiblesse, une perte do connaissance. L'hémorragie l'a fait évanouir.

— REM. On trouve évanouir employé neutralement : Harlay, à ce qu'il a dit depuis à Valincourt, pensa évanouir, st.-sim. t. i, p. 396, édit. chéuuel. C'est un ari:haïsme aujourd'hui inusité.

— HiST. XII* s. E, ço dit, [les deux anges] s'esvanoïrent, Machab. ii, a. Li duz esvanoîz del sanc Qui li isselt parmi le flanc... Grégoire le Grand, p. 63. Il xiu* s. Ensinc ont bien entendu li message ce

ÉVA

que Merlins leur a dit, et U se toraent autre pari por parler ansambla, et cil s'esvanoist, et, quand cil se retornent por parler à lui, si l'orent perdu, Jferlin, f* 4( , verso. Quand il urenl fini lurdiz, De mes oiz [yeux] sunt il evaniz, Edouard le conf. v. 3777. Quant jel vi, tant m'en esjoï. Qu'à poi ne m'en esvanol, la Rose, (4066. || xiv* s. Celle delettacion est aussi comme evanuie et absorbée, et ne U sent l'en pas, ORESHE, Eth. 89. Le pacient s'esvanoist el est descoulonré , henri de mondkvilie , f° 69. Il XV* s. Ne demeura guère que la rougeur s'évanouit, et printassurance, louis ix, Nouv. c. || xvi* » Il se mit sur un lit, oil il évanouit plusieurs fois, MARG. Souv. XXVI. Advenant le soleil, esvanouisseni les ténèbres, rab. Pant. m, 47. X ces mntz Panurge esvanouyt de la compaignie, et se niussa en bas dedans lasoutte, id. ib. iv, 66. Appeler â nosiri secours un contentement esvanoui, pour l'opposer à ce qui nous presse, mont, ii, 247. Comme onvoid d'un esclair s'esvanouir le trait, bons. »26.

— ÉTYM. Provenç. esxanuir; ital. svanire; de es.... préfixe, et le lat. vanescere, disparaître, de vanus, vain (voy. ce mot), avec intercalation de la voyelle u, ou (comme dans f'ponoutr), voyelle dont la nature est douteuse; on trouve dans du Cange eronuare en un texte du xiii* siècle. L'ancien français avait aussi eniantr.-xii* s. E me volent vers vus mesler et mal tenir, E l'amur et la pais défaire e envanir. Th. le mart. (29; xiii* s. Li sainz s'en va e s'envani, Edouard le Conf. v. 3673.

t ÉVANOUISSANT, ANTE (é-va-nou-i-san, san-t'), adj. Qui devient nul, en parlant de i|uantité3 mathématiques. U me montrait mille fois plus d'espace au-dessus de ma tête que je n'en avais sous mes pieds, et il m'humiliait par le rapport évanouissani du point que j'occupais à l'étendue prodigieuse qui s'offrait à ma vue, didf.h. la Promenade du sceptique.

ÉVANOUISSEMENT ( é-va-nou-i-se-man), s. m Il l" Action de disparaître sans laisser de trace. L'évanouissement d'une vision. || 2° Terme d'algèbre. Disparition d'une quantité, d'un dénominateur. Il 3* Syncope, perle de sentiment. U est revenu de son évanouissement.

— HIST. XII* s. Le duel [deuil] , l'esvanuiscement. Tout ferai savoir à la gent, chrestien db troyes, Perceval, v. 335, dans potvin. || xiv* s. Soit le cyrurgien garni de toutes les choses qui li appartienent, avant que il face incision, quant à llus de sang, à esvanissement et à oster dolour, H. de mon- DEviLLE, f° (03. Il XV* s. Après l'évanouissement de cette vision, notre jaloux se reveille, Louis xi, A'oue. XI. Il xvi* s. Soudain il luy prit au milieu do son parler un esvanouissement, amïot, Flam. tv.

— ÉTYM. Évanouir.

t ÊVAPOUABLE ( é-va-po-ra-bl' ) , adj. Qui est su.çceptible de s'évaporer. Quoique l'eau soit évaporable, bern. dest-pierre, Liv. ii, Harm. 29, de l'eau.

— ÉTYM. Évaporer; provenç. et espagn. evaporable ; portug. erapornvel.

\ ÉVAPORATIF, IVE (é-va-po ra-tif, ti-v'), adj. Qui tient à l'évaporation , qui en dépend ou la produit.

— HlST. XVI* s. Les eaux congelatives sont aussi evaporatives et exalatives, palissv, 2(7.

— ÉTYM. Évaporer; provenç. cïaporaa'u; espagn. et ital. evaporalivo.

ÉVAPORATION (é-va-po-ra-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. \\ i° Passage d'un liquide à l'état de gaz au moyen de la dilatation de ses molécules par le calorique ou par la diminution de pression. Il Ascension lente et graduelle, dans l'air, d'un liquide qui s'y répand sous la forme de lluide aériforme. || Évaporation spontanée, transformation des liquides en vapeurs à la température et à la pression ordinaires. || Terme de salines. Opération par laquelle on sépare le sel de l'eau qui le contient. Il 2° Fig. Légèreté d'esprit. Il y a un peu d'évaporation dans son fait. N'y ayant rien dont Dieu si? serve plus souvent pour retirer les âmes d'une certaine évaporation que leur insensibilité produit, et pour les faire rentrer en elles-mêmes, que de la vue de ces terribles objets [idées de la mort] , Nicole, Ess. mor. 3* traité, ch. 4.

— HIST. xvi* S. Et faut garder que rien ne s'enfuye par dessus, pour l'évaporation et la déperdition qui se feroit de sa vertu, parB, ivi, 8.

— ÉTYM. Provenç. evaporacio; espagn. evaporacion; ital. evaporasione ; du latin evaporalioiiem, de evaporare, évaiiorer.

t ÉVAPOUATOIRE (é-va-po-ra-toi-r"), adj. Terme de physique. Appareil évaporatoire, appareil propre i. favoriser l'évaporation.

— ÉTYM. Évaparer.

ÉVAPORÉ, ÉE (é-va-po-ré, rée), part, passé.

ÉVA

Il !• Dijsipé par l'évaporation. Liqueur évaporée. Mais après ce nuage en l'air év.iporé, cobn. Toit, d'or, V, 2. Il Dissipé comme quelque cliose qui s'évapi're. Vous l'accepterez Quand vos premiers soupirs seront évaporés, id. Olhon, v, 4. || î' Fig. Qui a (le l'élounlerie avec peu de réserve. Le style iJe ces jeunes gens évaporés, siv. M». Que sur le tisage [du jardinier] il y ait une grande apparence de bonne santé, et qu'il n'y en ait point d'esprit évaporé ni de sotti! présomption, la ouintinye. Jardins, i, ♦. Il veut êlre folâlre, évaporé, plaisant, BOiL. ÉpU. IX. Il II se dit aussi des choses. On les découvre à leurs manières libres, à leurs airs évaporés. Meurs paroles peu mesurées et peu discrètes, BOURD. Pensées, l. ii, p. 408. Birton, à qui tout était égal, montrait une gaieté évaporée, volt. Jenni, 7. Il Substantivement. Son fils, qui m'embarrasse, est un évaporé, mol. le Vép. m, l. Il lit vœu de ne pins occuper son cœur d'une petite évaporée, IIAMILT. Gramm. <o.

— SYN. ÉVAPORÉ, ÉVENTÉ. Au sens propre, une liqueur est évaporée quand sa substance s'est dissipée en vapeur; elle est éventée, quand le parfum qui la distinguait s'est dissipé, quoique la substance puisse rester. L'eau s'évapore «t ne s'évente pas. Une bouteille de vin est éventée, si le vin a perdu son arôme. Au figuré, l'évaporé tient plus de la légèreté de la conduite; éventé tient plus de l'étourderie des manières. Un coquette a des airs évaporés, mais elle n'a pas des airs éventés.

ÉVAPOUER (é-va-po-ré), t). a. || 1" Résoudre en vapeur, en parlant des liquides. Évaporer lentement un liquide, l'évaporer à une douce chaleur. Il 8" Fig. Donner issue, laisser s'exhaler. Et que chacun, lassé du souci qui l'accable. Cherche à l'évaporer pour le moins en discours, corn. Imitation, 1, <o. Je n'étais point fâché d'évaporer ma bile, mol. l'Êt. iv, 8. || 3' S'évaporer, v. réfl. S'en aller en vapeurs. L'esprit de vin s'évapore aisément. Il Avec suppression du pronom personnel. Faire évaporer une liqueur à un feu lent. || Fig. Quand le creuset des ordonnances Peut faire évaporer la loi, bérang. Yenlru. \\ 4" Fig. Se répandre au dehors, se faire jour, se faire entendre. J'ai caché si longtemps l'ennui qui me dévore. Qu'en dépit que j'en aie il faut qu'il s'évapore , corNj Pulch. II, t. Souffrez qu'une imprudente ardeur, Prête à s'évaporer, respecte ma pudeur, id. t'b. ii,4. Le mal qui s'évapore en devient plus léger, id. Suréna, i,

I. L'innocente joie aimeà s'évaporer au grand jour, I. I. Rouss. Lett. à d'Alemb. sur les spect. || Absolument, avec ellipse du pronom personnel. Laissons évaporer un peu sa bile émue, REGNARD,/.^gal. v, 2. Il B* Se dissiper, se perdre. Leur contemplation [des philosophes] s'évaporait en vaines pensées, et leurs paroles aussi peu solides qu'elles semblaient magnifiques.... boss. Ilist. Il, 42. Au milieu des jeux et des assemblées où l'âme se dissipe et s'évapore ordinairement, la sienne se recueillait en elle-même, fléch. Harie-Thér. Ce n'est pas que ce cœur se soit jamais évaporé dans les chimères d'une fausse gloire, MASCARON, Or. (un. de Turenne. Dès qu'il a de l'argent, son amour s'évapore, regnard, le

Joueur, I, 3 un passé qui s'évapore, lamart.

Ulédit. XV. Et que les saints échos de la voûte sonore Te portent plus brûlant, avant qu'il s'évapore. Le soupir qui te cherche en montant vers les cieux, ID. Harm. i, 8. [La vie] Songe qui s'évapore, étincelle qui fuit, 10. ib. ni, s. || Son esprit s'évapore, il devient fou. J'ai.... vu ses yeux s'égarer, El son esprit frappé soudain s'évaporer, kegnabd , Fol. amour, ii, s. || 6* Montrer de la légèreté dans ses discours, dans sa conduite. Ce jeune homme s'évapore. Il II commence à s'évaporer, se dit de celui qui, après avoir mené une vie réglée, se dérange.

— SYN. ÉVAPORER, VAPORISER. Employés en parlant de liquides, ces mois peuvent être distingués en ce que par l'évaporation on laisse perdre la vapeurdans l'atmosphère, tandis qu'on la recueille par la vaporisation. On vaporise de l'eau pour utiliser la vapeur aqueuse comme force matrice. On évapore un extrait, un sirop, pour les concentrer, c'est-à-dire afin d'en augmenter la densité en diminuant la quantilé du liquide qu'ils contiennent , legoarant. De plus l'évaporalion se fait même à une température basse, tandis ^iie la vaporisation se fuit à la température de l'ébullition.

— IIIST. xiv* s. Que les fumées du chief se puissent Icgieremenl évaporer et passer par les cheveux, n. DE MONDEViLLE, f» «3, veTso. \\ XVI* 8. Ce feu s'es tant évaporé, tout k un instant, mon ame.... mont.

— ETTM. ProTeoç. evaporar, uvaporar/espagn.

ÉVfi

evaporar; ital. et'aporare;du latin evaporare, dee, el rnpor . vapeur.

ÉVASÉ, ÊE (é-va-zé, lée), pari, patsi. Verre évasé. Il Familièrement. Un nez évasé, nez dont les narines sont très-ouvertes.

ÉVASEMENT (é-va-ze-man), s. m. || 1* Action d'évaser; état de ce qui est évasé. Ce n'est pas sans raison que ce pont [le pont de Saint-Esprit, sur le Rbéne] est cité; il est de toute beauté pour la hauteur, la longueur, l'évasement des arches et la tournure légère des piles; je le mesurai en tous sens; il a ( H8 pieds de long sur (6 de large seulement; les arches sous lesquelles je descendis ont 33 pas d'éva.sement, de brosses, Lett. sur l'Italie, 1. 1, lett. I. Il 2* Terme de fortification. Ëvasement d'une embrasure, côté qui regarde la contrescarpe.

— Hier, xvi* s. Esvasement, cotghave.

— ETYM. Évaser.

ÉVASEH (é-va-zé), V. o. H 1* Élargir un orifice, une ouverture. Il faut évaser davantage ce tuyau. Il 2* Terme de jardinafie. Évaser un arbre, lui faire prendre plus de circonférence. || 8° S'évaser, v. réfl. Devenir évasé. Cet arbre s'évase. Celte baie va en s'évasant du côté de la mer.

— HIST. XV' s. Il faut qu'il face contre-mur de certaine espesseur, afin que le fondement dudit mur ne s'esvase par défaut de fermeté de terre joignant, Ordonn. U86.

— ETYM. É.... pour es.... préfixe, et vase, s. m. ÉVASIF, IVE (é-va-zif, zi-v'), adj. Qui sert à

éluder. Réponse évasive. Moyen évasif.

— ÉTYM. Voy. ÉVASION.

ÉVASION (ô-va-zion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1* Action de s'évader. C'eût été [le plaidoyer pour Mme de Mazarin] un bon morceau pour votre recueil, et d'autant plus nécessaire qu'on y aurait trouvé bien des choses qui excuseraient l'évasion de Mme de Mazarin, bayle, Letl. à Ves Maiseaux, Ai janv. <708. Napoléon, qui depuis accusa Davoust de l'évasion de l'aile gauche des Russes, pour être resté quatre jours dans Minsk, sÉGUR, Hisl. de Kap. iv, 6. || 2* Fig. Moyen», arguments évasifs. Une lettre qui lui prépare des apologies et des évasions, boss. Lett. quiét. 4 37. Elle n'opposa à la bonté que des évasions et des artifices, MASS. Car. Sam. Pour ne laisser aucune évasion à l'erreur que je combats, ID. Car. Fautes lég Point d'évasion, monsieur: elle était d'une humeur charmante; en sortant d'avec vous on la voit fondre en larmes, beaumarch. If ère coupable, ii, 49.

— HIST. XV" s. Je faiz doubles conclusions, Je treiive [trouve] tant d'évasions, D'escripliires en parchemin, e. desch. Puésies mss. f" 373, dans lacurne. Il xvi* s. Ceux qui ont voulu estre les plus subtils entre eux, ont trouvé ceste évasion pour eschapper, c'est que.... calv. Imt. 487. Lui offrir 200 mil escus pour fermer le» yeux à l'évasion de son prisonnier, d'aub. Vie, civ.

— ETYM. Lat. evasionem, de evadere (voy. évader). t ÉVASIVEMENT (é-va-zi-ve-man) , ado. D'une

manière évasive.

f EVE (è-v'), I. f. La femme d'Adam, la more du genre humain. Saint Augustin nous apprend qu'il y a dans chaque homme un serpent, une Eve et un Adam : le serpent sont les sens et notre nature, l'Eve est l'appétit concupiscible, et l'Adam est la raison, PASCAL, iejt.d Jfme Perrier, 4 7o(t. 4 761. Il Ne connaître un homme ni d'Eve ni d'Adam, ne le connaître nullement. ||0n dit aussi : Il ne m'est ni d'Eve ni d'Adam, il n'est pas mon parent. |1 Fille d'Eve, se dit en général des femmes, el surtout d'uiia femme curieuse.

ÉVÊCHÉ (é-vê-clié), s. m. || !• Territoire ioumis à l'autorité spirituelle d'un évêque. Une carte des évêchés d'Afrique.... il y avait en Afrique plus de six cents évêchés, dont une partie n'était que de gros bourgs et même des châteaux, fonten. Ùelisle. Il 2* La dignité épiscopale. Un autre, ambitieux pour les vers qu'il compose, Quelque bon bénéfice en l'esprit se propose. Et.... Méditant un sonnet, médite un évêché, bégnier, Sat. il. L'on a eu de grands évêchés pour un mérite de chaire, qui présentement ne vaudrait pas k son homme une simple prébende, la bruy. xv. || 8' Siège d'un évéché. On érigea cette ville en évêché. |{ i* Le palais épiscopal. Aller à l'évèché. || 5* Les trois évêchés, MeU, Toul et Verdun, et leur territoire, pris sur l'Allemagne par Henri II. Le département de la Moselle est formé d'une partie des trois évêchés.

— HIST. XI' s. Se ceo fust u evesqué u abele, toit de Guil. 4. || xiii' s. Tu devroies congnoislre les clers de t'eveschié, Liquel ont bon engin, liquel l'ont empeschié, J. DE UEUNQ Test 587.

KVE

— Etvm. Provenç. e(/«j(ca«, avtscal, bùbal/cal hishat; espagn. ohispado; portug. bispadu; ital. veacovado; du latin episcopalus, de episcoptu, évêque (voy. évéquk). Evéché est du féminin, comme dudù, comtd. dans l'ancienne langue et jusque dans le xvi" siècle.

t ÉVECTION (é-vè-ksion) , t. f. Terme d'astronomie. Inégalité périodique que l'on a observée dans le mouvement de la lune et qui est due à l'attraction solaire. La seconde inégalité, appelée par quelques-uns évection, est proportionnelle au sinus du double de cette même distance, moins l'anomalie moyenne de la lune, d'alehb. Sytt. du monde. Dise, prélim.

— ETYM. Lat. evtctionem, action de s'élever en l'air , de evectur^, supin de ere/iere, de e, et vthere, porter (voy. véhicule).

ÉVEIL (é-vèll, Il mouillées), i. m. || l'Action d'éveiller. Peu usité au propre. || 2* Fig. Avis donné à quelqu'un sur une chose qui l'intéresse et â laquelle il ne pensait pas. C'est lui qui m'en a donné l'éveil. Vous saurez que c'est moi qui donnai l'éveil à nos asironomes, marhontel, Cont. vior. Connaij». Il Tenir en éveil, tenir attentif. || Etre, sotenir en éveil, être attentif, sur ses gardes.

— HIST. xiii's. Certes, Dangier, moult me merveil Que vous n'estes en grant esveil De garder ca que vous devés, la Rose, 3724. || xv s. Le chevalier, qui les veit venir par l'esveil du preudbomme, se leva, puis print son escu et sa lance, Perceforest, t. IV, f" 127.

— ÉTYM. Voy. ÉVEILLER.

tÉVElLLABLE (é-vè-lla-bl", «mouillées), adj. Qu'on peut èveiller.Une curiosité facilement éveillable.

ÉVEILLÉ, ÉE(é-vè-llé, liée, Umouillées), part. passé. Il 1" Qui a cessé de dormir; qu'on a tiré du sommeil. Éveillé par le bruit. Éveillé avant le jour. Il 2* Excité, suscité. Les admirations, les sympathies éveillées dans son coeur. || 8' Gai, vif. U a l'air éveillé. Les petites de Valençais qui sont fort éveillées, sÉv. 3«2. Elle était des plus jeunes et des plus éveillées, et rassemblait chez elle ce qu'il y avait de plus jeunes femmes, u— delafayette, Mém. cour de France, t. m, p. 44, dans pougens. Si ce» yeux éveiUéà que vous savez si bien faire parler.... j. j. Rooss. Hél. II, 4 8. Il Familièrement. Cette femme est bien éveillée, elle a de la vivacité dans le ton, et de la liberté dans les manières. || Éveillé comme une potée de souris (voy. potée). || Substantivement C'est un éveillé. C'est une petite éveillée. C'est ce petit éveillé de Gil Blas qui avait plus d'esprit qu'il n'était gros, lesage, Gil Blas, x, ». J'étais un éveillé, un gaillard; ce qui me fit surnommer le garçon de bonne humeur, id. Est. Gonl ch. 1. Sans compter que le diable est un éveillé qui pourrait bien tenter.... Marivaux, Poy»o» pari- 2' part. Il 4* Avisé, soigneux. Gens éveillés el alertes sur tout ce qu'ils croient leur convenir, la brut. vin. Il 6' Gaillard, leste. Ils lui faisaient des contes assez éveillés, hamilt. Gromm. 4i.

ÉVEILLER (é-vè-Ué, IJ mouillées, et non é-và-yé),

e. o. Il !• Tirer quelqu'un du sommeil Les souri»

et les rats Semblent, pour m'éveiller, s'entendre avec 1m chats, boiL. Sat. vi. Oui, c'est Agamemnon. c'est ton roi qui t'éveille, bac. Iphig. i, 4. Il faut que tous le» jour» j'éveille tout mon monde, ID. Plaid. I, 7. Dans mon réduit où l'on voit l'indi- (ifnce, San» m'éveiller assise à mon chevet, bérang. IHeu des bonnes gens. || 2' Fig. Uonner de la gaieté. U est mélancolique, il lui faudrait quelque chose qui l'éveillât un peu. || Rendre plus actif. L'ambition Ta éveillé. || 8* Stimuler, eiciler. Eveiller les soupçons, la jalousie. Mais laissez-noi s le temps d'éveiller un parti, volt. Mérope, v, a. C'esi moi qui U première éveillai son coura(.'e, ducis, tlacbeth,l\, ï. L'aspect d'un tel censeur éveille se» remords, LB- MERC. Agamemnon, i, i. || Absolument. Il faut que sa douceur [de l'idylle) (latte, chatouille, éveille, BoiL. Art p. II. Il 4* Faire naître. Quelle foule d'idées j'éveille dan» son cerveau par ce peu de mots I J. J. ROUSS. Ém. m. || 5' S'éveiller, ». rf/l. Sortir du sommeil. Il s'endort, il s'éveille au son de» in»triiments, bac. Esth. ii, 9. || Fig. Il n'est pas mauvais que le peuple s'éveille de temp» en temp», retz. iv, 128. [ô roi] U est temp» que lu t'éveille»: Dans le sang innocent ta main va s« plonger, »ac Esth. m, 3. Il 8' Prendre de la vivacité, en parlant de choses. Aussitôt de» objets le» image» preAsée» En foule s'éveillaient dans ««• vastes pensée», deli lle, imofl. v. Dans mon cœur attendri quel sentiment s'éveilleî G. DELAV. Pano, m, 4. || Proverbe. N'éveillez pa», ou, il ne faut pas éveiller le chaïqiii dort, c'esti-dii-« ne rappelez pas une mauvaise affaire assoupie.

EVE

— SYN. ÉVEILLER, BEVEiLLEB. Ces deux verbos ne diffèrent que par le préfixe r«, qui marque réJuplicalion de l'action. On dort et on s'éveille; on se rendort et on se réveille. Cette distinction est réelle; mais, dans l'usage, on la néglige souvent : Je vous réveillerai demain à six heures.

HIST. XI* s. Charles se dort, qu'il ne s'es-

veille mie, Ch. de Roi. lv. || xii* s. As orqilles vient la parole, Ansi come li vanz qui vole. Mes n'i areste ne demore, Se li cuers [cœur] n'est si esveilliez Qu'au prendre soit apareilliez, crestien de troiks, Chev. au lyon, v. 157. Li sainz huem ne fist mie ses serrans esveillier. Th. le mart. tôt. || xiii- s. Et que or avoit li rois d'Espaigne enveillet le chien qui dormoit, Chr. de Rains, p. H. Car mesdisant félon et de put aire Font les amans à grant dolor languir. Qui sont louzjors esveillé de mau faire, Quant on cuide que il doicnt dormir, Poésies mss avant 1300, t. IV, p. 4488, dans lacurne. Mez seulement pour le grantamourque il aen nous, nous esveillé [Dieu] par ses menaces, joinv. 286. ||xv' s. Plus esveillé qu'un rat, louis xi, Nouv. ix. Il appela son varlet, qui estoit un galant tout esveillé, ID. ib. xviii.

— ÉTYM. Provenç. esvelhar, esreillar; ital. negliare; du lat. evigilare, s'éveiller, de e, ex, ettngilare, veiller.

t ÊVEILLECR (é-vè-Ueur , Il mouillées) , t. m. Celui qui éveille. L'amour est l'éveilleur suprême; L'âme, la belle au bois dormant, M-* ackermann, dans la Ilevue de l'inslruc. publique, ta juin (863, p. i82.

+ÉVEILLCRE (é-vé-Uu-r' , Il mouillées) , s. f. Creux naturels qui se trouvent dans les meules des moulins.

ÉVÉNEMENT (é-vè-ne-man), s. m. \\ 1° Tout ce qui arrive. Beaucoup d'événements ont démenti leurs causes, rotrou, Aniig. i, 2. Conseils marqués par le doigt de Dieu, dont l'empreinte est si vive et si manifeste dans les événements que j'ai à traiter, qu'on ne peut résister à cette lumière, boss. Reine d'Ànglet. Le monde cependant se rit de mes excuses. Croit que, pour m'inspirer sur chaque événement, Apollon doit venir au premier mandement, BOiL. Éptt. VI. Les choses de dehors qu'on appelle les événements sont quelquefois plu.< fortes que la raison et que la nature, la brdy. vi. Après cela, sa vie [de M. Parent] n'a plus d'événements, et n'en a peut-être été que plus heureuse, fonten. Parent. C'est-à-dire qu'il vous faut des hommes communs et des événements rares; je crois que j'aimerais mieux le contraire, J. J. Bouss. Hél. 2' préface. || Faire événement, causer un sentiment de surprise. Dans cette maison, les actions honnêtes, délicates, vertueuses ne peuvent faire événement, geni.is, Âd. et Théod. t. ni, lett. 68, p. 609, dans pougens. Il C'est tout un événement, c'est une grande affaire, une chose inattendue. || 2° Incident dramatique. Ce drame est plein d'événements. || 3° Issue, bon ou mauvais succès. Et les remèdes que je tente Demeurent sans év6nement, malh. v, B. Ce n'est pas à dire que Dieu ne s'ennuie point de donner de bons événements à tous nos mauvais conseils, balz. le Prince, ch. <6. Nos souhaits ne règlent pas l'événement des affaires, id. liv. i, lett. 3. Mais ce n'est pas assez d'entreprendre ardemment; L'honneur de l'entreprise est dans l'événement, rotrou , Antig. m, 5. Qui se voulant venger pense à l'événement N'a pas ou grand courage ou grand ressentiment, ID. Bélis.ii, 17. Jainais, certes, jamais plus beau commencement N'eut en si peu de temps plus triste événement, mol. VÉtour. ii, <3. L'événement n'a point démenti mon attente, rac. Mithr. v, t. Ce combat doit, dit-on, fixer nos destinées; Et même, si d'Osmin je compte les journées, Le ciel en a déjà réglé l'événement, id. Baj. i, 2. Ah! de tant de conseils événement sinistre, ID. ib. iv, 7. C'est par trop imiter les hommes : Nous jugeons par l'événement, la motte, Fabl. i, 10. Fatalité contraire à l'événement de toutes les autres batailles, où les blessés sont toujours le plus grand nombre, VOLT. Louis X F, 22. IIDénoùment, dans une pièce de théâtre. Chaque vers, cliaque mot court à l'événement, BOiL. Art p. m. Il 3° Terme de jurisprudence. L'événement de la condition, la réalisation. Il 4" X tout événement, loc. adv. X tout hasard, quoiqu'il arrive. Six mille hommes Que.... Je faisais tenir prêts à tous événements, corn. Pomp. iv, 4. Dont à tout événement ils puissent tirer parti, j. I. Rous?. Ém. m.

— HIST. XVI* S. Toutesfois l'événement de Cippus [ce qui arrive à] est mémorable, mont, i, 92.

— ETYM. Lat. erenire, advenir, se faire, de e, et ventre, venir.

ÉVENT (é-van), «. m. || 1* L'exposition au vent, le grand air. Mettre des marchandises, des bardes

EVE

à l'évcnl. Il Donner de l'èvent à une pièce do vin, y donner de l'air en faisant une petite ouverture par en haut. || Fig. et familièrement. Avoir la tête à l'évent, être très-étourdi. Ecoutez, vous avez une tête à l'évent. Dont la vivacité pourrait enfin vous nuire, dancouht, Mme Artus, i, 5. |{ Une tête à l'évent. un étourdi. Elle est une tête à l'évent, m. CORN. D. César d^Avalos, i, 4. Cette tête à l'évent me prend pour quelque grue, monfl. Fille capt. m, 3. Il 2° Altération des viandes et des liqueurs qui ont été exposées trop longtemps au grand air. Du lard qui sent l'évent. Du vin qui a de l'évenL || Fig. Je craindrais... Que votre vin.... Vu le long temps qu'il est en perce, Se .'sentît un peu de l'évent, ré- GNiKR, Louanges de Mac. || Défaut du plilre éventé. Il 3° Terme d'histoire naturelle. Nom donné aux narines des cétacés, parce qu'ils rejettent parla, en soufllant, l'eau restée dans leur bouche, chaque fois qu'ils la ferment pour avaler leur nourriture. il 4° Terme de fondeur. Nom de petits rouleaux de cire qu'on place perpendiculairement au modèle, qu'on entoure d'une enveloppe de terre rouge et de fiente de cheval, et qu'on soumet au feu de petites bliches de bois rangées autour du modèle; la cire se fond, et il reste autant de petits canaux formés par l'enveloppe qui s'est durcie qu'il y avait d'évents. C'est par les évents que s'échappe l'air chassé par la matière en fusion, jj B'Terme d'artillerie. Différence en moins du diamètre du boulet au calibre de la pièce. Aujourd'hui on ne dit plus que vent en ce sens. Voy. ce mot. || 6* Défectuosité d'un canon de fusil, d'une mine, qui consiste en une petite ouverture ou fente par où l'air peut passer. || 7° Ancien terme de commerce. Mesurer une pièce sans évent, la mesurer de manière qu'il ne reste rien par-dessus l'aunage. Faisons très-expresses défenses auxdits gardes-jurés et aux préposés, d'auner lesdites toiles autrement que bois à bois et sans pouce ni évent, Lett. pat. 28 juin 1780, art. 9.

— HIST. xvi* s. Tenir les tonneaux bien bouchés, de peur de l'esvent, o. de serres, 2t i.

— ÉTYM. Voy. ÉVENTER.

fÉVENTABLE té-van-ta-bl'), ad;. Qu'on peutéventer; qui peut s'éventer. Cette mine sera difficilement éventable; une liqueur très-évenlahle, legoarant.

tÉVENTAGE(é-van-ta-j'),s.m. || 1° Terme de tanneur. Action de mettre à l'air les peaux destinées au chamoisage. || 2° Terme rural. Action d'étendre sur le sol les mauvaises herbes coupées par le ratissage.

— ÉTYM. Éventer.

ÉVENTAIL (é-van-tall. Il mouillées), s, m. Il 1* Sorte d'écran portatif avec lequel les dames s'éventent; il est en papier ou en étoffe, plissé en forme palmée , et s'ouvre et se ferme à volonté dans ses plis. Mon éventail resta hier une grande seconde à terre sans qu'il s'élançât du bout de la chambre comme pour le retirer du feu, j. j. Rorss. Hél. IV, 9. Il Recourir à son éventail, se dit d'une femme qui ouvre son éventail pour se cacher quand il se dit ou se fait quelque chose qu'elle a une certaine honte de voir ou d'entendre. Champfort nous avait lu de ses contes impies et libertins, et les grandes dames avaient écouté sans avoir même recours à l'éventail, laharpe. Prophétie de Cazotte. Il Fis;. I! se dit de ce qui a forme d'éventaiL Le magnolia n'a d'autre rival que le palmier, qui balance auprès de lui ses éventails de verdure, chateaubr. dans le Dict. de besciierelle. || 2° Espèce de cadre couvert de toile ou de papier qu'on suspend au plafond, et dont on se sert, dans quelques pays, pour donner du vent et de la fraîcheur en l'agitant. J'ai un éventail qui fait un vent dans ma chambre qui ferait des naufrages en pleine mer, balz. liv. ii, lett. 4. Il 3° Peinture exécutée sur un éventail. Toutes vos petites compositions ne sont que de riches écrans, de précieux éventails , dideeot , Salon de 1787, OEuc. t. xiv, p. 370, dans pougens. Il 4° Terme de jardinage. Tailler un arbre en éventail, lui donner par la taille la forme d'un éventail, !1 5° Terme de marine. Voilesà éventail, voilesdont les laizes sont taillées de manière à venir se réunir aux points d'écoute. || 6* Morceau carié de bois ou de fer-blanc, que l'émailleur place entre la lampe et lui, pour ne point être incommodé de la chaleur. 11 Tissu d'osier que les orfèvres se mettent devant le visage pour examiner l'état de la soudure. 1| Treillis portatif employé dans les serres. || Terme d'art militaire.Espèced'aispourcouvrirles tireurs. || 7"ïerine de construction. Croisée dont la partie supérieure se termine en demi-cercle ou en ovale. || 8' Un des noms vulgaires de l'agaric comestible des jardins. Il Au plur. Dos éventails.

— HIST. xvi* s. Auprès d'elle de beaux petits eu-

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fans, avec des osvenlaux en leurs mains, dont Hz

lesventoient, aiiïot, ^nton. 31 Sans le mol

esvt^ntail [action d'éventer] De ce doux vent.... r. eelleau, Rerg. t. ii, p. tOJ, dans lacurne.

— ÉTYM. Éventer.

t ÉVENTAILLIER (é-van-ta-Ué , II mouillées), s. m. Marchand d'éventails.

ÉVENTAILLISTK (é-van-ta-lli-sf, II mouillées, et noné-van-ta-yi-st'), t. m. Celui qui fait des éventails. Il Peintre qui ne peint que des éventails.

— ÉTYM. Éventail.

ÉVENTAIRE (é-van-tê-r') , t. m. Sorte de plateau d'osier sur lequel des marchandes de fruits et de légumes portent leur marchandise.

— HEM. C'est une faute commune et grossière de dire inventaire, au lieu d'éventaire; elle a été commise par J.J. Rousseau: Une petite qui avait sur son inventaire une douzaine de poiniues, Prom. a.

— ÉTYM. Ainsi dit de éient, à cause que les marchandises y sont à l'évent,

t ÉVENTE (é-van-f), i.f. Casier pour mettre des chandelles.

ÉVENTÉ, ÉE (é-van-té, tée) , part, passé. || 1* Qui se donne de l'air; qui reçoit de l'air. Éventé par un large éventail. || 2° Altéré par l'évent. Vin éventé. Il 3° Dont on empêche l'effet, en parlant d'une mine, en y donnant lèvent, en la découvrant. Mine éventée. Il Fig. Ton piège est découvert, ta mine est éventée, tristan, Iforione, III, s. Un dessein éventé succède rarement, corn. Médée, m, 4. Que ce secret ne soit point éventé, la font. Aveux. \]i' Étourdi, inconsidéré. Il n'est enseignement pareil A celui-là de fuir une tête éventée, la font. Fabl. ix, 8. On prit ces paroles pour des propos d'un homme éventé, boss. Var. 10. Ses airs éventés me le rendirent insupportanle, et mon air froid m'attira son aversion, J. J. Rouss. Confes, xi. || Substantivement. Que l'on me vît connu d'un pareil éventé, mol. Fàch. i, i. Ne me parle jamais de ce vieux éventé, dorai, Feinte par amour, i, < . Si d'un pied étourdi quelque jeune éventé Frappe en courant son chien qui jappe épouvanté, La voilà qui se meurt de tendresse et d'alarmes, gilb. Le XVIll' siècle.

t ÉVENTEMENT (é-van-te-man) , s. m. Action d'éventer.

— HIST. XVI* s. Trois ou quatre fois de l'an, les blés du grenier seront remués, revisités et esventés avec la pelle; tel esvenlement lui profitera, pour le moins, de deux ou trois pour cent, o. de serres ,139.

— ÉTYM. Éventer; piovenç. eventament.

ÉVENTER (é-van-té), v. a. || 1° Agiter l'air avec

un éventail. Des gens éventent le sultan pendant sa promenade. || Mettre au vent, exposer au grand air. 11 faut éventer un peu ce meuble. || Éventer du grain, le remuer de temps en temps pour prévenir la fermentation. |1 Soulever les étoffes plongées dans le bain d'alun pour leur faire prendre l'air. || Terme de marine. Éventer la quille, abattre en carène un vaisseau jusqu'à ce que sa quille paraisse hors de l'eau. Il 2° Altérer par l'exposition à l'air. Éventer de la poudre, du levain. || Éventer une liqueur, une substance, en affaiblir la vertu en la laissant exposée à l'air. || F'ig. [Un de ces hommes qui].... tenaient leur doctrine Non dans la tête, ains dans certaine hermine. Bien chaudement, crainte de l'éventer. D'où la tiraient quand en avaient affaire, SAINT-GLAS, Contes (1672), cité dans le Chasseur bibliographe, 2* année, n* 8. || Terme de vénerie. Eventer un piège, lui ôter l'odeur qui pourrait eu éloigner l'animal. 1| 3° Éventer une mine, découvrir l'endroit où elle est pratiquée et en empêcher l'effet. Il Fig. Éventer la mine, la mèche, la poudre, pénétrer un dessein secret et empêcher qu'il ne réussisse, le divulguer. Messieurs Basnage et moi serions trouvés enveloppés dans les dépositions, et il [Jurieu] se glorifiait d'avoir été le premier qui avait éventé la mine du malheureux complot, di- .sait-il, du projet de paix qui se tramait en Suisse, baïle, Lett. à Minuloli, 44 sept. 4693. |{ On dit dans le même sens éventer un complot, un secret. L'artifice est trop lourd pour ne pas l'éventer, COBN. Poly. V, 4. Un confident peu sur, un parleur indiscret. Qui des plus retenus évente le secret, ROTR. Bélis. m, 4. Fallut-il éventer les conseils d'Espagne et découvrir le secret d'une paix trompeuse que l'on proposait afin d'exciter la sédition pour peu qu'on l'eût différée.... boss. le Tellier. il 4° Terme de jardinage. Éventer un œil, approcher la coupe très-près de cet œil; alors il ne donne plus qu'une pousse très-faible. || Éventer la sève, faire de trop grandes plaies aux arbres, ou tirer sci coupes trop en longueur. || 6° Terme de chasse. Éventer la voie, se dit du chien qui trouve une

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foie fraîche. Quand un chien, maudit instrument Dq plaisir barbare de» hommes, Vint sur l'herbe éventer les traces de se» pas [la gazelle] , la font. Fabl.xu, <6. Dryope la première évente sa demeure [du sanglier], id. Adonis, v. 340. Si l'on élevait le» enfants à éventer leur dîner, comme le chien évente le gibier, on parviendrait peut-être à leur perfectionner l'odorat au même point, J. j. Rouss. Ém. II. Il Absolument. Lorsque lo loup veut sortir du bois, jamais il ne manque de prendre le vent, il s'arrête sur la lisière, évente de tous côtés, et iBçoit les émanations.... bufk. loup. 1| Kig. J'évente les beautés et leur plais d'une lieue, regnard, Joueur, III, a. ||6° Terme de marine. Éventer une voile, la disposer de manière à mettre le vent dedans. Il 7° 'Terme de charpentier et de maçon. Eventer une pièce de bois, une pierre, la tirer avec la corde, pendant qu'on la monte, pour empêcher qu'elle ne heurte contre le mur. || 8» Ëvenier une carrière, éventer le tuf, y pénétrer, y faire ouverture. Il 9* F. n. Terme de manège. Lever trop le nez en parlant du cheval. || lO" S'évenler, v. réfl. Se donner de l'air. S'éventer pour se rafraîchir. Il 11* Se g&ter à l'air. Ce vin s'éveniera si on ne bouche la bouteille. || Avec ellipse du pronom personnel. Pour prendre tous les jours de ce vin, on est contraint de le laisser éventer, boss. Déf. comm. Il Fig. M'oliliger à porter de ces petits chapeaux Qui laissent éventer leurs débiles cerveaux [des jeunes gens à la nioilo] , moi., ^c. des mor. i, 1. 1| Etre découvert, connu. Le secret s'est éventé.

— IlIST. XIII* s. Gaudins est oissus [sorti] du tournois, Partonopex enmaine o soi, Pourax [eux] esbatre et esvanter, du cange, eventare. Emmi le pré un tas avoit De fein qu'aûné [rassemblé] i avoil, Por esveiiter et por fener, Ren. 2283). Li vens me vient, li vens m'esvente. Et trop sovent Plusors foies sent le vent, huteb. 26. 11 l'esventoit d'un cuevre chief , Et si lui soustenoit le chief, Quant elle se clinoit vers terre, Bl. et Jehan, 4253. || xiv s. Se le Tin sent l'esventé, Uénagier, m, 3. || xv* s. Qui ont ouy le fait compter Et l'yront partout esvanter , COQDIU.ART , Droits nouveaux. || xvi" s. Tant plus la drogue est précieuse, et moins se doit esventer [exposer à l'air] , mabg. Nouv. un. Ayant descouvert qu'il avoit esventé un secret important qu'il luy avoit fié, mont, u, 36. Les passions s'alanguissent en s'esventant et en s'exprimant, m. lit, *i6. J'esvente peu mes propositions [projets], m. IV, 94. Je ne fus pas si tost esventé [on ne sut pas plus tôt ma sortie], que voylà trois ou quatre cavalcades de divers lieux pour m'attraper, m. iv, 228. Les ruses et subtilitez que l'on pourroit apprendre es livres, ne serviroient non plus que les mines esventées, amyot, Préf. a, 3&. Crœsus commença à l'estimer homme de cervelle esventée , ou grossier et sans jugement, id. Sol. 67. U commanda k ceulx qui estoient soubz sa charge, qu'ilz s'en relournassent au païs sans esventer ny publier sa mort, id. Cimon, 35. En quatre coups de nez, il [le chien] esventé une plaine. Et, guidé de son flair, à petits pas se traiue Le front droit au gibier,

— ÊTYM. É pour et.... préfixe, et vent; provenç. esvenlar, eventar; ital. svenlare.

t ÉVENTEOR, EUSE (évan-teur, teù-z'), s. m. et f. Celui, celle qui évente.

— ÉTYM. ^t)«nler. Esventeur . dans marot, ni, «29, signifie celui qui évente, qui fait connaître.

t ÉVENTIF, IVE (é-van-tif, ti-v), adj. Qui peut advenir. Il faut bien savoir les lois des sorts, les probabilités éventives, pour juger quelle prédiction ne peut s'accomplir sans miracle , i. j. rouss. Ém. IV.

— ETYM. Lat. evenlum, supin de ««entre, advenir, t ÉVENTILLEU (é-van-ti-Ué, Il mouillées), v. n.

Terme de fauconnerie. Secouer les ailes en restant à la même place dans l'air.

— ÉTYM. Lat. eveatilare, exposer au vent; de e, et ventus, vent.

ÉVENTOIR(é-van-toir), s. m. ||1» Sorte d'éventail grossier dont on se sort dans les cuisines pour allumer les charbons. || 2' Ouverture de la voie qui se fait au-dessus de l'ouvrier, dans une houillère.

— IllST. XIV s. Le suppliant trouva d'aventure un esventour de plumes, duquel il esventa le feu où l'on faisoitla ditte fausse monnoye, du canoë, erenlare. || xvi* s. Entre deux serves ou reposoirs [regards d'aqueiluc], qui pourra estre devingt en vingt toises de distance, un esventoir sera faitpour donner aer au conduit, o. de serbes, 768.

— fiTYM. Éieiiler.

t ÉVEiVlUAÏlON (o-van-lra-sion), j. f. Terme de

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chirurgfie. Hernie qui se fait en un point quelconque des parois abdominales, par une ouverture accidentelle. Il Plaie pénétrante de l'abdomen avec issue d'une portion des viscères,

— Étvm. ^centrer.

ÉVENTUÉ, ÉE (é-van-tré, trée), part, passé. Dont le ventre a <^té ouvert. Un chien éventré par le sanglier. || Kig. Quand, par les rois chrétiens aux bourreaux turcs livrée, La Grèce, notre mère, agonise éventrée, v. hugo, F. d'aul. *0.

ÉVKNTKER (é-van-tré), t). a. || !• Ouvrir le ventre. Si le tigre a mis à mort quelques grosanimaux, il ne les éventre pas sur la place, bufk. Tigre. Faire des araignées pour éventrer des mouches, voit. Jenni, 8. || Terme de chasse. Blesser avec le boutoir. Le sanglier évenlra plusieurs de nos chiens. Il 2* Par extension, ouvrir en coupant. Kventrer un p4té. Il Éventrer un portefeuille, un portemanteau, les ouvrir en les fendant et sans se servir de la clef. Il Terme de marine. Percer une voile, dans un danger. Il S' S'éventrer, v. réfl. S'ouvrir le ventre. Le Japonais s'éventre par point d'honneur.

— HIST. xvi* s. Ajirès avoir saigné et pelle le pourceau, ils lui couppent la teste et les quatre jambes, pour en faire des jambons : est fendu de long en long par le dos, puis est eventré . les intestins sont emploies avec le sang.... Le lard est divisé en trois parties: le ventre et les deux espis, o. de serbes,

— ETYM. E pour es.... préfixe, et ventre. ÉVENTUALITÉ (é-van-tu-a-li-té), s. /'.Caractère

de ce qui est éventuel. L'éventualité d'une clause, d'un traité. || Événement futur, incertain. Les éventualités de la guerre.

— ETYM. Éventuel.

ÉVENTUEL, ELLE (é-van-tu-èl , ë-l'), odj. Qui est subordonné à quelque événement incertain. Clause, condition éventuelle. Tout cela n'est qu'éventuel. Il Protits éventuels, profits qui ne sont pas fixes et réguliers. || Traitement éventuel, et, substantivement, l'éventuel, traitement attribué aux professeurs des facultés et des lycées, et prélevé pour les premiers sur les droits d'examen, et pour les seconds sur la pension et les frais d'études payés par les élèves.

— ÊTYM. Lat. fictif, tveniualxt, de eventtu, événement, de evenire, advenir, de «, et «entre, venir.

ÉVENTUELLEMENT (é-van-tu-è-le-man), adv.

D'une manière éventuelle. U a eu cette succession éventuellement.

— Etym. Éventuelle, et le suffixe ment.

t ÊVENTURE (é-van-tu-r'), s. f. Crevasse dans un canon de fusil.

— ETYM. Éventer.

ÉVËQUE (é-vê-k'), s. m. || !• Prélat chargé de la direction spirituelle d'une circonscription territoriale qui fut réglée dans l'origine sur les diocèses de l'administration romaine et qui comprend un certain nombre de paroisses. Nommer, préconiser un évêque. Les évêques ont le titre de Monseigneur. Le chapitre où il est dit que, si un pape parlant d'un évêque l'appelle son fils au lieu de l'appeler son frère, au préjudice de la société qui est entre lui et tous les évêques du monde dans l'épiscopat, l'acte où se trouve une telle expression soit nul, PASC. Prov. t9. Les évêques, écrivant à Louis, frère de Charles le Chauve, lui disaient: Ayez soin de vos terres, afin que vous ne soyez pas obligé de voyager sans cesse par les maisons des ecclésiastiques, et de fatiguer leurs serfs par des voitures, MONTESQ. Esp. XXX, t3. Comme les comtes menaient les hommes libres i. la guerre, les leudes y menaient aussi leurs viUisaux ou arrière-vassaux ; et les évêques, abbés, ou leurs avoués y menaient les leurs, U). ib. ixx, «7. U mourut comme était mort Fénelon, et comme tout évêque doit mourir, sans argent et sans dettes, d'aleub. Éloges, Massilton. Il Evêque in partibut infidelium , ou , simplement et par abréviation, évêque «n parlibus, évêque dont le diocèse est dans les pays des infidèles, et qui, par conséquent, n'a point de siège effectif. || Disputer, se débattre de la chape à l'évêque, voy. crape. Il 2* Quelques communions protestantes ont gardé l'épiscopat, par exemple l'Eglise anglicane. Car que peuvent des évêques qui ont anéanti eux-mêmes l'autorité de leur chaire et la révérence qu'on doit à la succession, en condamnant ouvertement leurs prédécesseurs jusqu'à la source même de leur sacre, c'est-à-dire jusqu'au pape saint Grégoire et au saint moine Augustin son disciple et le premier apAlre de la nation anglaise? uoss. iieine d'Ànglet. || S* Evêque des cbam|is,ou évèquu de campagne qui donne

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la bénédiction par les pieds, ancienne locution pour dire pendu. [Nous] Eussions été par ces méchants Faits au moins évêques des champs , ecarron , Virg. III. Il Évêque d'Avranches, s'est dit pour penaud (on ignore d'où vient cette, locution). [Il s'agit du diable qui voulait happer l'âme de Dagobert mourant, et passa près d'un saint] qui se mit en prières Pour que cette ime esquivât les chaudières Du faux glouton, qui reparaît bientôt Non pas alègre et gai comme tantôt. Mais traînant l'aile et la queue et la hanche, Penaud, maté, tout évêque d'Avranche, piron. Conte de Vagobert. ||4*Noro de plusieurs oiseaux d'Amérique, à plumage bleu du genre du tangara. || 6' Pierre d'évèque, sorte de quartz améthyste; ainsi dite, parce qu'on fait avec cette pierre les chatons des anneaux pastoraux. 116° Bonnet d'évèque, nom, au théâtre, des petites loges du cintre, ainsi dites à cause de leur forme. Il 7° Détacher, découper, faire le bonnet d'évèque, se dit d'une manière de décou|>er une dinde qui consiste à détacher les cuisses d'un seul morceau avec le croiij>ioii; ce morceau, posé debout avec le croupion en l'air, a quelque ressemblance avec une mitre. || Proverbe. Devenir d'évèque meunier, passer d'une bonne à une médiocre condition, déchoir. On le dépouilla de son riche bénéfice, pour ie faire évêque de Zamora, petit diocèse de quatre mille écus de rente; c'était en quelque sorte devenir d'évèque meunier, lesaoe, liachel. de Salant, cb. 73. Il Quelques-uns croient qu'on disait primitivement d'évèque devenir aumênier, d'après certain conte que l'on rapporte, de brieux. (Il n'y a aucune trace de cette prétendue ancienne manière de dire.) Il Un chien regarde bien un évêque , voy. cbien. || Le proverbea dit autrefois : Évêque d'or, crosse de bois; Mais tout au rebours il dit or [maintenant] : Evêque de bois, crosse d'or.

— HIST. XI' s. Assez i ad evesques et abés, Ch. de hol. Il XII' s. En la terre le conte de Champaigne se croisa Garniers li vesques de Troies, villeh. m. Le soudanc, qui estoit joene et legiers, s'enfui 'm la tour que il avoit fet faire, avec trois de ses evesques [imans] qui avoient mangié avec li, joinv. ï4&. (I XVI' s. Flambeau de la guerre civile Et porte-enseigne des méchants. Si tu n'es evesque de ville. Tu seras evesque des champs, Sat. Uénippée, Sur un euré séditieux. Qui m'ont, par le moyen du feu roi , fait de meunier devenir evesque , ib. Harangue de M. le recteur Rose.

— ETYM. Provenç. evesques, avesqiie, tesque, bisbe; espagn. obispo; porlug. btjpo; ital. vescovo; du latin episcopus, de énioxoTto;, proprement surveillant, de éni, sur, et oxotieîv, examiner. L'ancien français disait evesque et vesque; cette dernière forme provient du provençal, qui lui-même fait, bien que rarement, comme l'italien, le retranchement de la première syllabe du mot.

t ÉVEROLE (é-ve-ro-l'j, *. f. Ampoule ou vessie qui vient sur la peau. Expert, il en savait crever ses éveroles, rëonier, Sol. z.

— ETVH. Ado. franc, eve, «au : ampoule pleine d'eau.

t EVERRER (è-vè-ré), v. a. Terme de vétérinaire. Enlever sous la langue des chiens un petit nerf qu'on a pris pour un ver occasionnant la rage.

— HIST. ivi' s. Esverer, cotgrave.

— ETYM. É pour ej.... préfixe, et ver.

fÉVEUSlF, IVE (é-vèr-sif, si-v'), adj. Qui renverse, qui détruit. U est aisé de voir combien ces dernières expériences sont éversives de l'opinion de M. Priestley sur la phlogislication de l'air par la combustion, lavoisieh, Mémoire sur la combustion des chandelles dans l'air atmosphérique, tin.

— SYN. ÉVERSiF, SUBVERSIF. Ce» deux mots ne diffèrent que par le préfixe. Eversif »e dit de ce qui renverse; subversif, de ce qui bouleverse. Aussi dira-t-on éversif d'une doctrine et non subversif; ei subversif de la société plutôt que éversif.

— ÉTYM. Voy. EvEBSioN.

ÉVERSION (é-vèr-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Ruine, renversement d'une ville, d'un État.

— HIST. XV' s. Elle trouvera, dans les histoires, destructions de maisons, eversions de royaumes «; de seigneuries, amyot. De la curiosité, 10.

— ETYM. I.at. eversionem, de etersum, supin de evertere, renverser, de «, et verlere, tourner (voy

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