BRUT. VI
— HIST. xiT< S. [Toi] Oui Teulx de cinquante hommes si faire chaplement [combat] Contre trois cens ou plus en armes excellent, Cuescl. iyu98||xv*s. N'ostre prince digne de très excellente mémoire, COMH. Prol. Il xvi* s. Ce voyage fut mieux consulté et digéré que les precedens, et y eut de plus excellens chefs qui s'y trouvèrent, lanoie, 408. Dame de beauté excellente et très renommée, AUYor,Démilr. 4 1 . Xenophaiitus le plus excellent musicien qui fust de ce temps là, lo. ib. 76.
— ÉTYM. Provenç. rz<;e/{«n(,- espagn. extelenle ; du lat. excellentem, de excellere, exceller. D'après Palsgrave, p. 66, au xti* siècle, on prononçait «ulelUint. Le fait est que, longtemps auparavant, on trouve euceUence dans Rutebeuf; voy. l'hiitonque
d'EXCELLENCE.
EXCELLENTISSIME (è-ksè-lan-ti-si-m'), adj.
Il !• Forme superlative d'excellent. Titre donné aux sénateurs de Venise. ||2* Famihèremenl. Très-bon, parfait. C'est excellentissime. Il nous a donné d'un vin excellentissime.
— ÉTYM. Lat. excellenlittimus, superlatif de excellens, excellent.
EXCELLER (è-ksè-lé), ». n. Être supérieur en son genre. Les humains sont plaisants de prétendre exceller Par-dessus nous!.... la font. Fabl. xi, 6. Je ne connais rhéteur ni maître es arts Tel que l'amour : il excelle en bien dire, ID. Con/îd. Sur les plus fins je prétends qu'il excelle ,1D. ib. Jacob excelle en tout au-dessus d'EsaQ. boss. Hisl. I, 8. Corneille ne peut être égalé dans les endroits où il excelle; il a pour lors un caractère original et inimiiable, la BRUT. I. La plupart de ceux qui ont excellé en quelque genre n'y ont point eu de maître, font. Tournefort. D'Aguesseau avait excellé dans les premières intendances, st-sim. 69, 4 34. ||II se construit avec à et l'infinitif. Tel excelle à rimer qui juge sottement, boil. Art p. II. Pour toute ambition, pour vertu singulière. Il excelle à conduire un char dans la carrière, bac. Bril. iv, 4. || Il se dit aussi des choses. La géométrie excelle en ces trois genres, PASC. Géom. Ses traités [de M. Perrault] de la circulation de la sève dans les plantes, du son et de la mécanique des animaux, excellent entre tous les autre'i, fonten. Perrault. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XVI* S. Si on vouloit pratiquer ceste souveraine reigle d'estat qui excelle les plus excellentes, et dit : rendez à Cœsar ce qui est à Caesar, lanode, 348. La noblesse de France excelle toute autre de ce monde, carloix, i, 2.
— ÉTYM. Lat. eiuUere, de ex, et l'inusité c«Jlere, aller, mouvoir; grec, xélXttv.
t EXCENTHER (è ksan-tré), V. a. Terme de tourneur. Faire varier le centre.
— f.TVM. Lat. ex, hors, et centre.
EXCE.VTRICITÊ (è-ksan-tri-.si-té), ». f. || 1* Terme
d'astronomie ancienne. Distance ou écartemenl entre le centre de la terre et le centre du cercle décrit par un astre, quand on eut reconnu que cet astre n'était pas toujours i la même distance de nous. Il 2*Terme de géométrie. Distance du centre d'une ellipse à son foyer. Deux intervalles entre le lieu vrai et le lieu moyen d'une planète étant donnés, il fallait déterminer géométriquement son apogée et son excentricité, fonten. Cassini. La distance du centre à l'un des foyers est l'excentricité de l'ellipse, LAPLACE, Expos. 1, 2. lia* Terme de botanique. Excentricité des couches ligneuses, disposition ordinaire dans les tiges des arbres qui fait que la moelle occupe rarement le centre du bois, dont les couches concentriques sont en gi'^néral plus larges d'un côté que de l'autre. Les expériences décident que l'aspect du midi ou du non! n'est point la cau.«e de l'excentricité des couches ligneuses, buff. Expos, sur les régétaus, 3* mim || 4* DéTi.ition de l'axe de l'àme d'une bouche à feu. || 5* Éloignement du contre. L'excentricité d'un quartier. || 6*Fig. et néologisme. Caractère original, biiarre, façons sm-
guliëres. Cet homme se lait remarquer par son eiceiilricité, par ses excentricités. || En ce sens, il a été emprunté de l'anglais.
— KTYM. Exanirique.
EXCENTRIQUE (è ksan-tri k') , 0(i;. Il 1* Terme de géométrie. Oui est en dehors du centre; dont les centres ne se rapportent pas. Cercles excentriques. Il Se dit des ellipses considérées par rapport k leur plus ou moins grands excentricité. Une ellipse trfts-excentrique, c'est-à-dire une ellii se tri-sallon(jée. Vous voyez par là que plus l'ellipse est excentrique, plus la viii>sse varie de l'aphélie au périhélie, cOmul. Art de rais, m, 6. L'orlie de M.irs étant un des plus excentriques du système planétaire, et la phmftle approchant fort pris de la terre dans ses oppositions, laplacE, Exi'OS. v, 4. lia* Terme de physique. Choc excentrique, celui qui a lieu quand les corps ne se meuvent pas suivant une même ligne qui joigne leurs centrus d'inertie. Il S" Terme militaire. Mouvement exceninque, mouvement oui écarte un corps du centre des opérations. L'empereur russe ne s'tlail pas montré comme un homme de guerre aux yeux de ses ennemis; ils le jugèrent ainsi sur es qu'il avait négligé la Bérézina, seule ligne naturelle de défense de la Lithuanie; sur sa retraite excentrique vers le nord, quand le reste de son armée fuyait vers le midi, sÉGBR, llist. de Sapol. viit, 1. 1| 4* Terme de botanique. Se dit de l'ovaire quand il n'occii|ie pas le centre delà fleur, etdel'emhryon lorsqu'il s'él i?iie sensiblement du centre du périspernie. || Couches ligneuses excentriques, celles qui ne sont pas concentriques à la moelle de l'arbre. D'autres veulent que les cercles ligneux de tous les arhres soient excentriques et toujours plus éloignés du centre ou l'axe du Ironc de l'aride, du côté du midi que du côté du nord, buff. E-cpér. stir les végétaux, a' méin. Il 5' Qui est loin du centre. Quartier excentrique. Il 6* Fig. et néologisme. Oui pense et agit en opposition avec les habitudes reçues. Personnage excentrique. Il Au masc. Le club des Excentriques, nom d'un club anglais. || En ce sens, ce mot vient de la langue anj,'liiise qui lui a donné cette acception. Il 7" .S', m. Cercle dont le centre ne coïm idait pas avec celui de la terre et qui fut imaginé par les anciens aslronnnies pour expliquer les mouvements des corps célestes qu'on avait reconnus n'être pas toujours à égale distance de nous. L'hypothèse de l'excentrique et des épicycles. || 8" Mandrin au moyen duquel l^s tourneurs font varier le centre de la pièce sans l'enlever de dessus le tour. || 9° Terme de mécanique. Toute pièce qir, ayant la forme d'une courhe sans être un cercle, communique le mouvement dans diverses machines. C'tst au moyen d'un excentrique qu'on fait mouvoir le levier qui sert à ouvrir et à fermer alternativement la partie d'une machine à vapeur nommée tiroir,
LEGOaRANT.
— Hisr. XIV* s. Tout cercle qui divise l'espère [la splière]en deux moitiés et ne a pas son cuntie ou [au] centre du monde est appelle excentrique, ORESME, Thèse de mkunier.
— Btïm. Provenç. eirceiitrtc; espagn. earcentrfco; ital. eccentrioi; du latin excenlricus, de ex, hors, et centritm, centre.
t KXCENTniQUEMENTfè-ksan-tri-ke-man), adv.
D'une manière exceiiirique.
— f.TVM. Excentrique , et le suffixe ment.
4. EXCEPTÉ, ÉE ^e-ksè-pté, ptée), part, passé. Qui n'est pas compris jaiis. Encore impunéuienl nous souffrons en tous lieux, Leur dieu seul excepté, touie sorte de dieux, corn, l'oly. iv, C. De ceux [capiifs) qu'on peut le rendre il est .seul excepté. VOLT. Zaïre, i, 4. Meurent les proiostants, les princes exceptés, h. j. ciién. Charles IX, il, 4.
2. EXCEPTÉ (é-ksè-plé), prép. || fila réserve de. On trouve tout consterné excepté le coeur de cette princesse, Boss. Duch. d'Ort. On adorait jusqu'aux liètes et jusqu'aux reptiles; tout était D.eu excepté Dieu lui-même, id. llist. n, 3. Les voici ces nouveaux coni|uéranls [les apôires] qui viennent sans armes, excepté la croix du Sauveur, fF.n. t. xvii, p. 179. 112" Kxceplé, suivi d'une préposition, (piand Le terme duquel on excepte est lui-même ré :i par celte préposition. Je crois liien que ce Lalli était un homme odieux, un méchant homme, si vous voulez, qui méritait d'être tué par tout le monde, excepté par le bourreau, d'alkmb. Leit. à Voltaire, 23 juin 1766. La malheureuse facilité qu'ont les hommes de s'accoutumer à tout, excepté au repos et au bonheur, barthêl. Anach. in(rod. parL t. Il Cependant on peut suivre aussi la régie ordinaire. Il le [Dieu] faut regarder comme l'auteur de tous les
EXC
biens et de tous les maux, excepté le péché, pasc. Extraits des lettres à Mlle de Roannex, vu, || 3« Excepté que, conj. avec lindicatif. Neptune envoja aussitôt une divinité trompeuse, seinhiahie aux sûn;:es, excepté que les songes ne trompent que pendant le sommeil, fF:n. Tél. IX.
— IIF.M. Kxcepté est invariable placé avant le substantif, et varialile placé après : Excepté une femme; une femme exceptée. Cette règle est moderne, comme on peut voira l'historique d^ EXCEi'rEii.
— HIST. XIV s. Hormis et essieulé tout le fief (lie je tiong de monseigneur, du cange, exceptu (voy. pour le reste l'historique de excepter).
— KTYM. Excepté t; provenç. exceptât, septal; ital. erreilatn.
EXCEPTER (è-ksè-plé), V. a. Ne pas comprendre dans. On accorda i'amnistie aux relielles, mais en exceptant les chefs. Ah! Sei^rneur, que le ciid, qu'ici j'ose attester. De cette lot commune a voulu m'oxccpier! bac. l'Iièd. il, &. || t'xceplcr que, avec i'indicalif. J'ai oublié d'excepler, quand j'ai parlé de son ignorance [de l'abbé de Lavaii], qu'il sait fort bien lire, fuketiére, 3* /'acium, 1. 1, p. 3U3.
S'excepter, t). reft. Se mettre en dehors de. Ô roi, qui du rang des hommes T'excepies par ta bonté, MALH. II, t. ils [les Pyrrlioniens] ne sont pas pour eux-mêmes, ils sont neutres, indifférents, suspendus à tout, sans s'excepter, pasc. Pensées, t. 1, p. 292. édit. Lahure. Il Proverbe. Oui dit tout n'excepte rien. || On excepte toujours lesprèsenis ou les personnes présentes, c'est-àdiie les jugemenis désagréables qu'on exprime d'une façon pénùiale sont censés ne s'appliquer en rien aux présents.
— HISr. xitl* s. Ne niile grâce de fortune. Car ge n'en excepte nesune [aucnnej, la llose, 62X4. Il xv s. Exceptées les forteresses, froiss. i, i, tlO. El furent ces trêves accudées de toutes parties, mais on excepta hors la terre de la duclié de Bretagne, id. i, i, 323. || xvi* s. l'ous les autres bateaux périrent, exceptée la nacelle où estoient ces deux petits enfaus, amyot, Uom. s. Si bien formé en toutes les parties de son corps, qu'il n'y avoit que redire, excepté qu'il avoit un peu la teste longue, ID. réricl.3.
— ÉTVM. Provenç. exceptar ; du latin exceptare, fréquentatif de excipere, de ex, hors, et c père pour capere, prendre : mettre en dehors. Excipere veut dire pr ndre en tirant au dehors, de là le double sens de recevoir et d'exclure.
EXCEPTION (è-ksè-|ision; en vers, de quatre syllabes), s. f II 1* Action d'excepler. Dieu a fait quelques exceptions à cette défense générale, pasc. l'rov. t4. Voilà qui est sans exception d'âge, de sexe, de qualité, id. ib. 7. Tous les saints Pères sans exception, id. ib. I6. Je sais que cette maxime doit aïoir ses exceptions, mass. Carême, Commun. || A l'exception de, loc. adn. Excepté, hormis. Les cygnes .sont blancs, à l'exception de ceux de la Nouvelle Hollande, dont le plumage est noir. || 2° Ce qui n'est pas soumis à la rè^'le, à la loi commune, c'est ime exception. Il est dans l'exception. En fait de bonheur c'est l'exception qui llatte, font. Dial. I, Morts mod. Laissez les exceptions s'indiquer, se prouver, se confirmer longtemps avant d'adopter pour elles des méthndes pariiculières, j. j. nouss. Ém. II. Il n'y a poini d'exception à cette règle, que chacun doit parler d'après sa pensée, marmontel, Éiéin liltér. Œuvres, t. x, p. 45u, dans pougkns. Le système des athées n'est fondé que sur des exceptions, tai dis que le déisme suit la règle générale, ciiATEAUB. Génie, i. vi, 4.||Cet homme esl une exception, il a des qualités ou des vices qui I» mettent à part. Ils sont moins l'ornemsiit que l'exception de l'indéfinissable espèce humaine, qui, dans le reste de ses individus, semble n'avoir été qu'ébauchée par la nature, d'ale.mb. Éloges, Despréaux. Il 3° Terme de grammaire. Constitation d'une irrégularité, et dénombrement ou au moins désignalion des mots qui échappent à la règle. Il 4° Terme de jurisprudence. Tous moyens opposés à une demande judiciaire, particulièrement à la procédure. Présenter, fournir ses exceptions. Opposer une exception. || Exception dilatoire, celle qui tend à différer la procédure. {| Lois, tribunaux d'exception, lois, tribunaux qui sont hors de la règle de la constitution du pouvoir judiciaire , et que Ion crée en vue de graves et exceptionnelles conjonctures. Il Proverbe. L'exception confirme la règle, c'est-à-dire l'exception , manifesiant la règle, la constate. || Il n'y a point de règle sans exceptions, proverbe qui, outre son sens propre, se dit figurément pour excuser quelque manquement.
— UIST. xiu* s. La promesse qui estoit nule por
l'esceptcion, Liv. di just. <b6. Lesqiieles deffenses
sont appelées exceptions [moyen de défense opposé au demandeuri, beaum.vui, i.||xiv' s. Exception : cesie mille [règle] est exceptée en 3 liex [lieux], n. DR MO.NDEviLi.E, C too, vfrso. Il xvi» ». Il allégua plusieurs exceptions et subterfuges pour ne poiot comparoir, amvot, Mnrcell 2.
— ETYM. Provenç. «rcp/i'o; espagn. ezcepcion; liai, «ccejionc; du latin exepiionnn ; ieexceplum, supin de excipere voy f.xcki'TRH).
EXCEPTIONNEL, EI.I.K (è ksi^-psio-nèl, nè-l'), adj. Il 1" Oui a rapport à une exception. Clause, disposition excepiionnelle. || 2" Néologisme. Oui fait exception, extraordinaire. C'est d'un boa marché excepiionnet
— ETYM, Exception.
f EXCEPTIONNELLEMENT (è-ksè psio-nô-leman), ad) D'une manière exceptionnelle.
— ETYJl. Excrptuiniielle , et le suffixe ment. EXCI"\S (è-ksè; l'sse lie:desè-ksê-z indij.'nes),i. m.
Il 1° Différence en plus de deux quantiiés inégales. L'excès d'une ligne sur une autre. L'excès ou le défaut d'une idée sur une autre, ou, pour me servir des termes ordinaires, l'excès ou le défaut d'un» grandeur, malebr. Id'ch. vi, i, s || Il sedit,enaritliméti jue, pour exprimer le résultat d'une sonsiraction. Il 2° Kig, Ce qui dépasse uife limite ordinaire, une mesure moyenne. L'excès du froid. L'excè-> du chaud. J'espère que vous m'avouerez c|ue la pension que le roi me fait, n'est pas un excès qui doive être sujet à réformation, balz. liv vi, lelt. «. Pour voir à quel excès irait ton insolence, cohN. Iléracl. 1, 2. Un excès de plaisir nous rend tout languissants, iD. Cid, tv, 5. Et de sa digne ardeur [de l'âme dévotel le salutaire excès, Ë-al aux fortunes diverses, M adore autant dans les traverses, Oua dans lesplus heureux succès, ID. Imit. m, 8. Néron tant détesté N'a point à cet excès poussé sa cruauté, rac. Bérén. iv, 6. Ma douleur, à cette triste vue, A son dernier excès est enfin parvenue,
tu. «6. V, 6 Oui sait même, qui sait si le ciel irrité
A pu souffrir l'excès de ma félicitée ID. tphig. m, 6. Et qu'Aman soit admis à cet excès d'honneur, ID. Eslh. II, 7. Madame, je sais trop à quel excès de rage La vengeance d'Hélène em|iorta mon courage, ID Andr. iv, 5. Protésilas ne disait rien; mais il t.tchait de me faire entrevoir le danj-'er et l'excès de touies ces réformes que vous me f.iisiez enireprenlre, fên. Tél. \iii ■ Peut-être que la bonté de Dieu vous a réservé pour être un monument pub ic de l'excès de ses miséricordes envers les plus grands pécheurs, ma.ss. Car. Laïaii. Un excès de prudence est souvent un danger, helille, l'ilié, iv.|i Absolument. Et toujours (''un ex es vous vous jetez dans l'autre, mol. Tart. v, I. ïouiours il va il'un excès dans un autre, lafont. Mandr. Je veux avec excès vous aimer et vous plaire, volt. Zaïre, 1, 2. Tout excès mène au crime, id. AIi. iv, i.||II se dit quelquefois au pluriel. Mais tels sont les excès du malheur qui m'opprime, cohn. Clit. il. 6, || Kamilièrement. Il n'y a pas d'excès, se dit quand on veut rabattre quelque chose d'une louange. Il se montre fort aimable. — Vraiuient, il n'y a pas d'excès. Il Excès de pouvoir, fait de rendre une décision on d'agir en dehors des atiri butions légales. || 3» au pinr. Déliauclie, dérèglement- Faire des excès. Ses excès ont ruiné sa santé. Des excès de table. Vous avez beau vouloir sanctifier vos passions; elles vous punissent toujours des excès qu'elles vous font commettre, J. J. BOuss. I.ér. d'ÉjUr ;i. || Au si^g. Kamili'rement Nous avons fait hier un peut excès, se dit d'une partie de talde. || A" An ptur. Violences, outrages. Il prévit à quels excès ils se porteraient, iioss. llist. m, 6. Il En terine.s de jurispiudeace, séparation de corps pour cau>e d'excès, de sévices et d'injures graves. {| 5" À I excès , jusi|u'à l'excès, loc. adv. Outre mesure, à lextrênie. Vous montrez un chagrin qui va jusqu'à l'excès, cobn. Cid, I, *!. I.e respect pour l'autorité allait jusqu'à lexcès, BOSS. llist. iil, 5. Ses déhordemenls allèrent à l'excès, ID. ib. n, t. Ils [les Scythes] aiment le vin au point que, pour dire boire à l'excès, on dit boire comme un Sryihe, bahtiiEL. Anack. ch. 20. Il 6° Dans l'excès, au delà de la limite oïdinaiie. Et lorsque la valeur ne va poini dans l'excès, 1.11e ne produit point de si rares succès, corn. Cid, iv, 3. Madime de Nesles est affligée dans l'excès, skv. 487. Il Proverbe. L'excès en tout est un défaut.
— IlEll. Peut-on dire trop d'excès? Voy. la remarque à EXCESSIF.
— HIST. xiv s. Se dix estoit le plus grand excès en aucune matière et deux estoit la plus grant deffaute, ORESME, Eth. 44. Puisque il a ja fait les excès
EXC
et se est mal gouverné, ID. »6. 74. On dit que excès n'est corrigé que par excès, c'est à dire que oultrage ne se corrige fors que par oultrage, Vénagier, i, «.Poureschever [éviter] le gasl et excès des mesnies, •6. II, 4. Il IV» s. Vous excitez tous excès en nature Que ne pourroit soufTrir chevaulx ne ours, E. descnAMPS, Vie dissipée. Le grant Alexandre jadis Kt plusieurs roys en firent gloire [de lioire]; L'excès [jej n'en appreuve pourtant, basssl. l. Commocions de peuple et autres deliz et excès contre nos- Ire dit seigneur, Bibl. des ch. 6* série, t. i, p. 81. Il XVI* s. Ceulx qui disent qu'il n'y a jamais d'excès en la vertu, d'autant que ce n'est plus vertu si l'exc^^ y est... mont, i, SS3. Commettre des excès, AMYOT, Cam. 51. Il commença ii parler et à nommer celui qui lui avait fait cet excès [violence],
PABÈ, VIII, 31.
— ÊTYM. Provenç. excet; espagn. exceto: ital. eccessn;ii\i lat. excessus, de excetsum, supin de exeedere (voy. excéder).
EXCESSIF, IVE (è-ksè-sif, si-v'), a<|. || 1* Oui excède la règle, la mesure, le degré orlinaire. Pour un si cher ohjel que je mets dans vos bras, Est-ce un prix excessif qu'un si juste lrépas7 corn. Altila, IV, 4. Les qualités excessives nous sont ennemies et non pas sensibles, pasc. dans cousm. Ce qu'ils voient de plus dans les autres est ouiré et excessif, MASS. Car. Resp. hum. Le froid excessif, la faiblesse excessive, la vieillesse excessive, et le mal aux yeux excessif ne m'ont pas permis, monsieur, de vous remercier plus tôt , volt. Leit. à U. Panckoucke, (•' fév. 1768. || Climat excessif, celui où l'hiver est extrêmement froid, et l'été eilrêmenient chaud. Il i' Il se dit des personnes qui portent les choses à l'excè.s. C'est un homme excessif. Et, flatteur excessif, il loua la colère Et la griffe du prince, et l'anire, et celte odeur, la font. Fabt. VII, 7. Que vous êtes excessifs en Provence I tout est extrême, vos chaleurs, vos sereins, vos bises, vos pluies.... SÉV. 366. Voilà quel est le peuple, violent, mais exorable ; excessif, mais généreux, MiBAbEAU, Collection, t. iv, p. 314. || Excessif i, suivi (l'un infinitif. Corrigeant partout la nature. Excessive à payer ses soins avec usure, la pont. FM. XII, 2U. Il On a dit excessif à penser, de celui qui médite avec trop d'application. Il est excessif à penser, mêrê, ÛEuv. postn. t. ii, p. 805.
— HEM. 1. F.scessil n'admet ni le comparatif, plus excessif, ni le superlatif, tris-excessif. \\i. Quant à trop excessif, comme excès emporte déjà l'idée de trop, c'est un pléonasme; mais ce pléonasme n'est
pas inusité Deux soleils en un lieu trop étroit
Rendaient trop excessif le contraire du froid, scarr. Don Jnphet, 1, î. Mais de bonne foi, j'en écris (des lettres] souvent d'une lon(çueur trop excessive, sev. 63. Il 8. Trop d'excès tst encore un pléonasme qui se trouve : Ah I sire, un tel honneur a trop d'excès pour moi, corn. Ilor. v, 2. Sa faute a trop d'excès pour être rémissible, id. la Place roy. u, 4. || i. Si excessif se dit (voy excessivkment).
— HIST. XIV' s. Celle nouvelle [de la mort de Tarquin] fut aus Pères, oultre reson, luxurieuse et excessive; quar les premiers d'euls se prinstrent à fere injures au pueple, berchedre, f* 3&, reclo. Il XV' s. [Maison] Où serviteurs ot en grande habondance, Qui gaiges ont excessis sanz raison, e. deschamps, Administr. de l'hôtel du prince. N'y avoit si inesclianie morveuse qui ne les face faire [des babils] plus excessifs, Arresta am. p. 2»7, dans LACURNE. Il XVI' S. La bonne, l'excessive, la divine [poésie], MONT. I, 266. Puissance excessive et demesurée, AMYOT, Thim. 43. Et ne faudra point qu'ils ayent crainte d'estre excessifs en cela; car ou ne peut trop détester ce qui est si contraire à Dieu, lanoue, 76.
— ÊTYM. Excès; provenç. excetsiu; espagn. «rc«tivo: ital. eccessiro.
EXCE.SSIVEMENT (è-ksè-si-ve-man), odti. Avec excès, à un degré eicessiL Ma tante n'est plus si excessivement mal, sEv. 2S avr. 1672. Puisqu'il en est question, je vous dirai tout net que celte litterté me déplaît excessivement, Beaumarchais, Barb.de Siv. ii, K.
— RE)l. Ne dites pas : Ce vers est excessivement harmonieux, cet adverbe ne pouvant s'appliquera une quaité que l'on regarde comme bonne, jullien. Celte remarque doit être restreinte : elle est juste pour les qualilës qui impliquent douceur, finesse; mais elle ne l'est pas pour les autres. Voici des exemples qui n'oni rien de blâmable : Mme la maréchale est excessivement sérieuse, maintbnon. Un. au duc de fioaillet, *» déc. 1700. Les Ames excessivement bonnes sont volontiers iipprudentes , Marivaux,
EXC
Paysan parv. part. < Mais on ne dira pas exeetsirement mieux : Sarrctie , directeur du Conservatoire, n'était pas mii.sicien, mais il était exceileni logicien, ce qui valait excessivement mieux, auam, Derniers touven. d'un musicien, Cossec.
— HIST. XVI' S. On pueit et trop aymer la vertu, et se porter excessivement en une action juste,
— Ety«, Excessive, et le suffixe ment.
t EXCKSSIVETÊ (è-ksè-si-ve-té), (. f. Qualité de ce qui est excessif.
— HIST. xiv s. L'exposant avuit confessé avoir prins, par eicessiveté de vin, les dittes choses, du CAMGE. excessiritat.
— ETYM. Excessif.
EXCIPKH (è-ksi-pé), V. n. Terme de jurisprudence. Alléguer une exception, une fin de non-recevoir. Exciper de l'auiorité de la chose jugée. Il S'appuyer, s'autoriser d'une pièce, etc. 11 excipa de plusieurs actes.
— ÊTYM. Lat. excipm-e, excepter (voy. ce mot).
EXCIPIENT (è-ksi-pi-an), t. m. "lerme de pharmacie. Substance qui sert à dissoudre ou à incorporer certains médicaments, soit pour leur donner la forme convenable, soit pour en masquer la saveur ou en diminuer l'activité.
— ETYM. Lat. excipient, part. prés, de excipere, dans le sens de prendre, recevoir, de ex, et eapere prendre (voy. excepter, à l'élymologiei.
EXCISE (è-ksi-z'), i. f. Impôt établi sur la bière, le cidre, etc. en Angleterre. || Le bureau oCi l'on perçoit l'excise.
— ëtVH. Angl. excise, le même, saufle préfixe, que accise (voy. ce mol).
t EXCISER (èksi-zé), V. a. Terme de chirurgie. Faire une excision. Exciser un lambeau de peau.
— ETYM. Voy. EXCISION.
EXCISION (è-ksi-zion),». f. Terme de chirurgie. Opération par laquelle on enlève des parties d un petit volume.
— HIST. lYi* s. Incision [sorte de fracture du crâne] contient en soi : excision ou entailleure, en laquelle l'os est aucunement esltvéet renversé, tenant neantmoins encores l'os sa. n, paré, viii, i.
— ÊTYM. Lat. eicijrioncm, de excisum, supin de excidere, de ex, hors, et cxdere, couper.
t EXCITABILITÉ (è-ksi-Wbi-li-té), t. f. Terme didactique. Facultéqui appariientaux corps vivants, d'entrer en action, quand ils reçoivent l'action d'une cause stimulante.
— ETYM. Excitable.
t EXCITABLE (è-ksi-ta-bl'), ad;'. Qui est susceptible d'être excité.
— ETYM. Lat. excitahilis, de exeitar», exciter. EXCITANT, ANTE(è-ksilan,tant'),ac/;'. || l'Ter-
me de médecine. Oui a pour effet d'augmenter l'action vitale des organes. || S. m. Les excitants. Un excitant. || 2* Terme de théologie. Grâce excitante, grâce qui excite seulement sans déterminer. Vous veniez, mon père, que non-seulement ils tiennent qii on résiste elTeclivement à ces grâces faibles, qu'on appelle excitantes ou inefficaces, en n'exécutant pas le bien qu'elles nous inspirent... pasc. Prov. 18. Cette atteniioD précède toute grâce convertissanle et excitante, Boss. Avert. 2. || 3" Dan.s le langage général, qui excite, anime, provoque. Des paroles excitantes.
t EXCITATEUR, ICE (è-ksi-U-teur, tri-s'), ». m. et f. Il 1* Celui, celle qui excite. Un excitateur de troubles. Il 2* S. m. ferme de physique, instrument métallique à l'aide duquel on décharge, sans recevoir de commotion, un appareil électrique.
— HIST. xvi* 8. Excitateur [instigateur], monet, Dict.
— ETYM. Lat. erctlaf orem , de excitare, exciter.
EXCITATIP, IVK (è-ksi-la-tif, ti-v*), adj. Synonyme d'excitant, qui est plus usité. || S. m. Une nouvelle léihargie dura quatre jours; ni les remèdes, ni les excitatifs ne pouvaient le tirer de cet état, condorcet, Berlin.
— HIST. xvi' s. Excitatif, cotgravi.
— ÊTYM. Exciter; provenç. excilali'u; espagn. eici'lali'ro; iial. eccitaliio.
EXCITATION (è-ksi-la-sion ; en ver», de cinq syllabes), t. f. || 1* Action d'exciter. Les excitations ne lui manquèrent pas. || Terme de jurisprudence. Excitation à la haine ou au mépris du gouvernement, à la débauche, etc. délits prévus et punis par le code. || 1° Terme de médecine. Ëtat d'activité plus grande, soit d'un organe, suit de l'économie tout entière. Excitation locale. Excitation générale. Il 8' Fig. L'excitation des esprits était grande.
— HIST. XVI* s. Estans accompagnez d'une eslite
EXC
de gens valeureux, il faut estimer que l'ordonnance, l'ardeur et l'excitation ne manqueroit, lanoue, 431.
— ETYM. Provenç. em'lajion; ital. eectlaiton«; du 'atin pxeilntioj%em , de excitare, exciter.
EXCITÉ, ÉE (èksi-lé, tée), part, passé. || l'Animé à. Excité par l'exemple. L'efprit, occupé de choses incorporelles, par exemple de Dieu et de ses perfections, s'y est senti eiciié par la considération de ses œuvres, ou par sa parole, ou enfin par quelque autre chose dont les sens ont été frappés, BOSS. Connaiti. m, < 4. || Absolument. Oui est dans un état d'excitation. Il inquiétait, on le voyait excité. Il 2* Qu'on a fait naître , causé. La curiosité une fois excitée n'aime pas à languir, fonten. lléfl. poét. OEuvret, L v, p. 445, dans pougkns. Il vous importe peu qu'une des plus violentes persécutions excitées, au seizième siJcle. contie Kamus, ail eu pour objet la mani're dont on devait prononcer quisquii et quamquam , VOLT. Diet. phil. Quisquis.
t EXCITKMENT (è-ksi-te-man) , i. m. Eut de ce qui est excité. L'eicitement des esprits.
EXCITER (è-ksi-té). c. a. || 1* Pousser à, presser de. Exciter quelqu'un au travail. S'il [le Saint-Esprit] agit en nous, s'd nous excite à de saints gémissements, il faut agir avec lui, gémir avec lui, avec lui s'exciter soi-même, boss. Étals dorait, m, il. N'allez pas lui faire croire que vous m'excitez, et que TOUS vouler. me faire entrer dans ces sentiments, MAINTENON, Lett. au duc de Noailtes, t. v, p. 24«, dans iwuGENs. Ce fut pourtant le même Aristophane qui commença à exciter le peuple contre la prétendue impiété de Socrate, pontrn. Oracl. i, 7. U étonne, il éveille, il excite notre âme, delille, Imagin. I, p. 16. || Exciter à pitié, à cnmpa.ssion, porter â la pitié, à la compassion (locutions vieillies). Il II se dit aussi avec certains noms de chose pour régime. Va donc voir si le bruit de ce nouvel orage Aura de nos amis excité le courage, rac. Brit. I, 4. Il presse, il fait partir tous ceux dont mon malheur Pourrait à la révolte exciter la douleur, m. tlilhr. iv, 2. Excite la langueur, calme la violence, BEBNis, Belig. tengée, m. || Avec un nom de chose pour sujet. Ma gloire, mon repos, tout m'excite à partir, rac. Bérén. m, ♦. Vivez donc:i|ue l'amour, le devoir vous excite, in. Phid. l, s. Une foule d'amis que son danger excite, volt. Mérope, V, 6. Leur sang et leurs blessures Les exciiaient encoreà venger leurs injures, id. Henr. vui. || 2' Animer, encourager. Ce capitaine excitait les soldats par son exemple. Je vais les exciter par un dernier effort, RKC.Alex. u, 5. || Absolument. l.ebon exemple excite. || 8' Irriter. Vous voyez bien qu'il va se fâcher; ne l'excitez pas. Il ne faut pas exciter ces animaux || 4' Faire naître, causer, avec un nom de chose pour sujet. Jusque-là, réprimez les transports violents Qu'excitent d'une sœur les mépris insolents, cobn. Pomp. n, *. Nul mets n'exciuit leur envie, la font. Fabl. vu, i. Mais qu'en vous ce discours n'excite aucun souci, botr A'itig. v, 4. Il semblait que ma vue excitât son auilace, rac. i4ndr. V, ». Un sujet plus puissant excite mes alarmes, ID. Athal. II, 4. Il Dans le même sens, avec un pronom personnel placé en régime indirect. Qu'il [ce trépas] t'excite partout des haines immortelles , coRN. Perthar. m, 3. Nous distinguons les chose» qui nous touchent ou nous environnent par les sensations qu'elles nous excitent, boss. Cou», ni, 8. Et, dans cette douleur que l'amitié m'excite, mol. D. Gare, v, 4. Cette tournure est peu usitée, sans être incorrecte. || Il se dit aussi en ce sens, avec un nom de personne pour sujet. L'art plus grand encore d'exciter à la fois le rire et les larmes sans qu'on se repente d'avoir ri, ni qu'on s'étonne d'avoir pleuré, d'alemb. Éloges, De.itouches. || Exciter l'envie, la pitié, l'admiration, etc. être un objet d'envie, de pitié, d'admiration. || S' Il se dit, en médecine, de ce qui produit l'exciiation. ||8' S'exciter, V. rc/1. Se donner excitation. S'exciter au combat. Sans avoir besoin de U mort pour exciter sa pieté, sa piété s'excitait toujours assez elle-même et prenait dans sa propre force un continuel accroissement, BOSS. Uar.-Thér. Quand on réiléchit sur ses besoins et sur les actes que Dieu nous commande, ou que l'on commence i s'y exciter.... id. i^l. d'orais. V, ». Âmes pures qui portez le joug du Seigneur et qui marchez dans les sentiers de ses r«mmandements et de ses conseils, venez vous exciter ici par les exemples d'une reine, flecu. Uar.-Tliir. Je m'excite contre elle et tâche à la braver, bac. Brit. u, 2. Il S'eiciier réciproquement. Ils s'eiciiaient en marchant à l'assaut. || ?■ Etre excité, causé. Mais saistu sous quel nom ce fâcheux bruit s'excite? corn.
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Bérael. i, «. Quelle effroyable tempête s'est excitée en nos jours toucliant la grâce et le libre arbitre I Boss. Cornet. Les viandes frappent l'œil ou l'odorat et en ébranlent les nerfs; les sensations conformes s'eicitent, c'est-à-dire que nous voyons et sentons les viandes par l'ébranlement des nerfs, ID. Connaùs. m, il. Je prévis les troubles qui s'exciteraient bientôt dans la petite république de Genève, volt. Lett. Pezai, s janv. (767. || Imf îrsonnellemenl. Il •'excitera un cri commun contre tous les haliitanls de la terre, saci. Bible, Jérémie, xxv, 30. Tout ce que nous apercevons [ dans la sensation ] , c'est qu'à la présence de certains objets, il s'excite en nous divers sentiments, par exemple , ou un «enliment de plaisir ou un sentiment de douleur, BOSS. C'inn. m, 8.
— RE.M. Saint-Simon a dit exciter de : Ma mère s'appliquait à m'exciter de me rendre tel que... ST-siM. I, 20. Cette tournure, suggérée par le désir d'éviter la répétition de à, n'est pas usitée.
— SYN. EXCITER, ANIMER. Kl ymologiquement, exciter, c'est faire sortir, mettre en mouvement, en action ; animer, c'est donner de l'âme. On anime ce qui est inanimé ou n'est pas as.sez animé: on excite ce qui est dans le repos, dans l'immobilité. Là est l'origine des nuances qu'expriment ces deux verbes.
— HIST. xiii' s. Si l'ont li deable escité. Et mis au citer si gran orguel. Qu'à peine daigne tourner l'ueil, Ne regarder la povre gent, Tlieop'tilus Il xv s. Et puis querez joustes et les boulioiirs [tournois], Kt excitez tous excès en nature, E. BKscH. Ballade, Kie di'.ssip^e. || xvi* s. Us excitèrent l'indignation et la baine du roy, langue, 612. Son ambition l'excita et enflamma, de manière que.... AMYOT, Nicias, (3, Cest« amour esveilla et excita plusieurs vices qui estoient encore cachez chez luy, ID. i4n(on. 30.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. excilar; ital. eccitare; du lat. excilare, de ei, et citare, presser, fréquentatif de ciere, pousser (voy. citer).
t EXCITECR (è-ksi-teur) , s. m. Celui qui excite. Mais votre altesse qui le vit. Sans savon lava bien les têtes De ces excileurs de tempêtes, SCARR0«, Virg. v.
— ÊTYM. Exciter.
t EXCITO-MOTEUR , TRICE (è-ksi-to-mo-teur, tri-s'), adj. Terme de physiologie. Système exjitomoteur, division du système nerveux qui, formée par les tubercules quadrijumeaux, la moelle allongée, la moelle spinale et les vrais nerfs spinaux, est mise en action par les agents externes, sans l'influence directe de la volonté.
— ÉrvM. Exciter, et moteur. La règle de la composition des mots latins voudrait excili-moteur.
t EXCLAMATIF, IVE (èk-skia-ma-tif, ti-v'), adj. Qui exprime, marque l'exclamation. Phrase excUmative. Point exclamatif.
— ÉTYM.Voy. exclamation; provenç. «iciamo/iu. EXCLAMATION ( èk-skia m.i-sion ; en vers, de
cinq syllabes), s. f. || 1° Cri subit de joie, d'admiration, de surprise, d'indignation, etc. Il fit des exclamations douloureuses, iiamilt. Gramm. 3. Quelquefois U langage des .sentiments est rapide; c'est une exclamation qui tient lieu d'une phrase entière, CONDILL. Art d'écr. a, tî. Tant de bouches ne parlent presque que par exclamation, montesq. Ult. pers. 73. Dos qu'il fut seul avec ses officiers les plus dévoués, toutes ses émotions |à la nouvelle de la conspiration de MaletJ éclatèrent à la fois par des exclamations d'étonnement , d'humiliation et de colère, ségur, Hi.il. de JVap. ix, lî. || 2" Terme de grammaire. Point d'exclamation, point ainsi figuré S Il 3' Figure de rhétorique, qui consiste à se livrer tout à coup dans le discours aux élans impétueux de la passion. L'excbimalion : c'est ain.si que saint Paul, après avoir parlé de ses faiblesses, s'écrie: Malheureux que je suis 1 qui me délivrera de ce corps mortel? dumarsais, CEmres, t. v, p, 285.
— HIST. ivi' s. lis ne veulent qu'on s'en se'-ve |du nom de Dieu] par une manière d'interjection ou d'exclamation, mont, i, 402.
— ÊTYM. Provenç. exclamatio ; espagn. exclamadon; ital. exclamazione ; du lat. exclamalinncm,dc exclamnre (voy exclamer).
t EXCLAM ATI VE.MENT (èk-skla-ma-ti-ve-man) , oSi). D'une manière cxclam:itive.
t EXCLAMER (S') (èk-skl.vmé) , v. rifl. Pousser des exclamations. Il [le roi] avait affaire à un homme [VaudemontJ qui savr.it répondre, s'exclamer, admirer, st-sim. I77, hiO. Voilà M. de .a Rochefoucanll à s'exclamer, M. de Bouillon, le duc delresmes à répéter à basse note, id. i95, ioo.
— REM. On devrait dire plutôt exclamer comme
au XVI* siècle; mais l'assimilation avec s'écrier l'a emporté.
— HIST. XVI* ». Exclamer, cotgravb.
— ETYM. Lat. exclamare, de ex, et e/omar», crier
(voy. CLAMEUR).
EXCLU, UE (èk-sklu,sklue), part. posîrf d'exclure. Il 1" X qui l'on interdit. Exclu du consulat par l'hymen d'une reine, corn. Sertor. iv, 3. Pourquoi, de cette gloire exclu jusqu'à ce jour, M'avez-vous sans pitié relégué dans ma cour? rac. Brt't. ii, 3 Qu'avec lui ses enfants de ton partage exclus.... w.Athal. iv, 3. Si un seul pécheur devaii être exclu de la grâce, MASS. Car. F. conf Tout le sexe est exclu de ces solennités, volt. Scythes, m, t. || î* Mis hors. Kxclu de l'assemblée dont il faisait partie. || Subsl.-intivement. On a admis de nouveau les exclus. l|3* Incouipaiilile avec. La recherche dans le style exclue par le genre naïf.
— KEM. Jusque dans le courant du xviii* siècle, on a dit exclus, excluse, aussi bien que eiciu, exclue : Ce fut beaucoup de déplaisir à Psyché de se voir excluse d'un asile où elle aurait cru être mieux venue qu'en pas un autre qui fût au monde, la font. Psyché, II, p. 160: Pourquoi de ce conseil moi seule sui,<-je excluse? rac. Bajaz. m, 3. Aujourd'hui on ne dit que exclu, exclue.
EXCLURE (èk-sklu-r"), j'exclus, lu exclus, il exclut, nous excluons, vous excluez, ils excluent; j'excluais, nous excluions, vous excluiez; j'exclus, nous exclil mes; j'exclurai; j'exclurais; exclus, qu'il exclue, que j'exclue, que nous excl lions, que vous excluiez, que j'exclusse; exclu; excluant, v. a. Il 1* Interdire l'accès en fermant pour ainsi dire; retrancher, renvoyer quelqu'un d'un corps, dune assemblée. Il [la Kontaine] me doit savoir bon gré de ne l'avoir point produite [une semence conire se-i Contesl lorsqu'il poursuivait sa réception à l'Académie, parce qu'elle l'en aurait infailliblt:ment exclu, FUBF.TiÈRE, S' factum, 1. 1, p. 300. Fuieiiere, après avoir été de l'Académie pendant vingt-trois ans, en fut exclu le 22 janvier 1685, d'oliv. Ilisl. Acad. t. II, p. *8, dans pougens. {| 2° Kig. Ôler l'accès, le droit de Rome vous permet celte haute
alliance Dont vous aurait exclu le défaut de naissance, COBN. Nicom. I, 2. 11 [l'empereur Julien] exclut les chrétiens non-seulement des honneurs, mais lies études, ROSS. //is«. i, (t. Et d'ailleurs que lenléjeen prétendant régner? J'exclus un faible roi qui ne peut gouverner, ducis, Ilomlet, i, t. Je vois plus près, tout seul, Pierre Armand un neveu : Il exclut les cousins; la chose paraît claire, collin d'hahleviLLE, Vieux célib. il, 14. || Exclure de, avec un infinitif, empêcher de. Je ne prétends pas vous exclure d'écrire pour vos affaires, Boss. Lett. quiet. 1 2 Aurait-il [Maroulfe] traité d'impie la coutume qui excluait les femmes d'y succéder? bontesq. Esp. xviit, 22. Il 3° N'être pas compatible avec. La faveur des princes n'exclut pas le mérite et ne le suppose pas aussi, la brut. xii. Ils croient qu'une manière de vivre en exclut une autre, J. J. rouss. Ém. v. Il 4° S'exclure, ti. réfl. Se mettre hors, s'interdire. Je ne vois pas que Dieu se soit exclu de s'en servir [des anges], BOss. Dé^. des Var. Le peuple voulut bien s'exclure des premières places, mais il ne voulut pas en être exclu ; et la preuve qu'il méiitait d'y prétendre, c'est qu'il eut la sagesse et la vertu de s'en abstenir, marmontel, Œuv. t. xvii, p. 185, dans POUGENS. || Se mettre hors l'un l'autre. Ces deux prétendants s'efforçaient de s'exclure. || Il se dit des choses incompitibles. Qualités rares en ellesmêmes, et qui dans les esprits d'une trempe commune semblent s'exclure mutuellement, conookcet, Uargraaf.
— HIST. XIV* s. Jà soit ce que nuls ne fust exclus dudit suffrage ou assentement.... BERcnEUHE, t" 2(, icrso. Et par ce est excluse violence, oresme, Etk. 62. Il XVI* s. Il les avoit priés d'empescher que Timoleon ne peust descendre et prendre terre en la Sicile, à fin que, quand ce secours là en seroit exclus, ils poussent à leur aise départir entre eulx toute la Sicile, amyot, Timol. 12. Eulx seuls exclus du traité de la paix, id. Ages. 47.
— ÉTYM. Provenç. esdaure, «sciure ; espagn. excluir; ital. escludere; du lat. excludere, de ex, et claudere, fermer (voy. clore).
EXCLUSIF, IVE (èk-sklu-zif, zi-v"), adj. || l'Qui a force d'exclure. Un droit exclusif de tout autre. Le vice-roi de Goa accordait à des particuliers des privilèges exclusifs, montesq. Esp. xx, 20. Faut-il de tous les champs qu'exclusifs possesseurs.... m. j. cnÉd. Gracq. 11, 3. || Avoir voix exclusive dans une élection, avoir le droit d'exclure le candidat pré- I semé. Il y a des couronnes qui ont voix exclusive
dans l'élection u'uri pape. || 2* Oui jouit de privilèges exclusifs. Le» Dan"i» s'établirent dans ces contrées, il y a plus d'un siècle; une compagnie exclusive y exerçait ses droits.... bavnal, //ii(. phi'J. xi, 20. Il 3' Qui est Incompatible avec. Qu'on ne nous objecte plus nos idolâtries comme exclusives du s.ilut, ROSS. Aterl. 3. Il 4° 11 se dit aussi des personnes qui n'admettent pas ce qui est contraire à leur opinion, à leurs goûts. L'esprit de parti rend exclusif. Esprit exclusif. Il On dit dans le même sens goût exclusif, patriotisme exclusif, passion exclusive, opinions exclusives. Encore un coup, les plaisirs eiclusifssont la mort du plaisir, j. j. rooss. Emile, iv. Le christianisme a fait de l'amour de la patrie un amour principal et non pas un amour exclusif, ciiAïEAUB. Gt'nie, i, v, a.
— lUST. XVI* s. Il exclud toutes œuvres.... ils ne peuvent donc faire par loutes leurs cavillations, que nous ne retenions la diction exclusive en sa généralité, CALV. [nslit. 688.
— ETYM. Voy. EXCLUSION.
EXCLUSION (èk-sklu-zion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1* Action d'exclure, de mettre hors. Je vous souhaite, dans votre reiraite, des journées remplies, des amis qui pensent, l'exclusion des sots et une bonnesanié, volt. Lrtl. d'Argence, 2iléo. 1781. Il Fig. Tant s'en faut que l'imagination donne l'exclusion au génie, vauven. Du génie. || 2° Action d'imerdire quelque chose à quelqu'un. Exclusion de la tutelle. Louis le Jeune ayant donné l'exclusion à un de ses sujets pour l'évêché de Bourges, volt. Mœurs, 6. Nous sommes étonné que l'auleur de la Métromanie, qui avait été élu par l'Académie autant qu'il pouvait l'être, ait continué, apiès une exclusion dont elle avait été plus affligée que lui, à l'attaquer par des épigrammes qui ne font honneur ni à son équité, ni à sa reconnaissance, d'alemb. Éloges, St Aulaire. Malgré la pluralité des suffrages, j'aurais eu l'exclusion de la part de la cour, si les marques de bonté et d'estime que j'ai reçues des étrangers et surtout de Votre Majesté n'avaient été ma sauvegarde, id. Lett. au roi de Prusse, 22 août 1772. Ces gens ne reconnaissent qu'un droit aux emplois littéraires, la capacité de les remplir, qui chez nous est une exclusion , p. l. cour. 1, ta5. IIS" Incompaiiliilité. D'ordinaire il arrive que, ne pouvant concevoir le rapport de deux vérités opposées, et croyant que l'aveu de l'une enferme l'exclusion de l'autre, ils [les hérétiques] s'attachent à l'une, ils excluent l'autre, pasc. Pensées sur le pape, 12. Le roi dit à M. de Lauzun que cet ordre [de la Jaireiièie] n'était pas une exclusion au sien, SÉV. 624. Il 4° Caractère exclusif. Voulez-vous dégager les plaisirs de leurs peines, êtez-en l'exclusion, J. J. Rouss. Ém. IV. Il B-Termede calcul. Méthode d'exclusion, mode de solution des problèmes fondé sur ce qu'on exclut successivement les inconnues. || 6" A l'exclusion de, ioc. prf'p. Telle personne ou telle chose étant exclue. 11 ne vous suffit pas de posséder a notre exclusion l'ancienne et la solide vertu, balz. liv. v, lett. 8. On ne peut pas dire qu'elle soit en quelqu'une de ses parties à 1 exclusion des autres, desc. Pnss. 29. Parmi les productions monstrueuses de la nature, on peut compter le cœur d'une mère qui aime l'un de ses enfants à l'exclu.sion de tous les autres, marmontel. Contes mor. Ilauv. mère.
— ÉTYM. Provenç. exclusio; esp. exclusion; ItaL escluiione; du lat. exclusionem, de eicJusum, supin de excludere (voy. exclure).
EXCLUSI'VE.MENT (èk-sklu-zi-ve-man) , adv.
Il 1* En excluant. Si exclusivement à toute autre science vous endoctrinez votre enfant dans la géométrie, chateaubh. Ct'n. m, II, 1. 1| Uniquement. Voilà comme une théorie exclusivement attachée à la pratique des anciens donne les faits pour la lim te des possibles, et veut réduire le génie à l'éter-" iielle servitude d'une étroite imitation, marmontel, Élém. litt. Œuv. t.x, p. 37, dans pougens. || 2° En ne comprenant pas. Depuis le mois de mai jusqu'au mois d'octobre exclusivement, c'est-à-dire le mois d'octobre n'étant pas compris. || Ancien terme de juri3|irudence. Jusqu'à sentence définitive exclusivement, sans prononcer la sentence définitive, ce qui arrivait quand un juge supérieur chargeait un juge inférieur de faire seulement l'instruction d'un procès criminel.
—HIST. XVI* 3. Ainsi de restreindre au Père exclusivement le nom de Dieu pour le ravir au Fils, il n'y a ne raison ne propos, calv. Iiistit. 97.
— ÉTYM. Exclusive, et le suffixe ment.
t EXCLL'SIVIS.'ME (èk sklu-zi-vi-sm'), s. m. Néologisme. Esprit d'exclusion.
f EXCO(irrAriON(èk-skoji-ta-sion), t. f ElTorl
EXC
de réflexion, de eombiniii»on. On peut jupter de la rase de rmicle | VamliMiioiil) et des nièces, d'une pareille issue de laiit d'habiles excogitations, ST-siu. il», (33. Il l'eu usilé.
— KTYM. Lat. excogitalionem, de exeogilare, penier (voy. kxcoomé).
t KXCOr.irK, f.K (M(-Rko-ji-té, tép), part, passé d'un ancien verbe excoftcr. Imaginé à iirand efT>>rl lie couiliin iisoii el de réflexion. [I.e duc de Noai les aviiitj toutes sortes de ressources dans l'esprit, mais toiiles pour le niai, pour les plus piofoiiiles horreurs et les noirceurs les plus longuement i'ico(;iléc'S,ST-si(«. 393, 71. Il Inusité.
— MlST. XVI* s. D.ivid n'a pu excogiler une plus grieve mnic liclion sur ses eiiiieinis, qu'i'n priait qu'ils fiissi'nl elîacez du livre de vie.cALV. /»>(. 338.
— KTYM Lat. exeogilare, de ex, el cogilare, penser (voy. cuinFB).
EX(:O.MMUM(;aTION (éksko mu-ni-ka-sion; en vers, de si-pt syllalies), t. f. l'iiniiioii ecclésiastique, séparant '|uel<|U'un de la communion extérieure d'une (î^lise, c'iîsl-à-dire du corps de ceux qui la cniiiposeiit. Fulminer une excommunication, uneseiilenie d'i'icoininunicaiioii. Je dépense pas qu'on puisse rien imaginer de plus conlrailictcire d'un côté, que de dénier aux rois l'administration de la parole et di:s sacienienls, et île l'autre de leur accorder l'excommiinicaiinn, qui, en effet, n'est autre cho^e ijue la parole céleste armée de la censure qui vient du ciel, boss. Var. vu, § *S. Il y a deux choses dans l'exconimunication : une peine pour lu coupable et une Ini pour l'innocent, boiirdal. 6'dim. après l'Épiph. D'itnime. 1. 1. p. -'38, dans pouiiENS. Vous savez sans dnule la grande nouvfilie de reicommuiiication de l'infant duc de P.irme par notre saiiii-[)ère le pape, pour avoir attaqué l'immunité des biens ecclésiastiques, d'alemb Lell. à Voltaire, I8 fév. )76». Il Excommunic.iiion majeure, celle qui retranche entièrement de la cominiinion de l'Eglise. Excommunication mineure, celle qui est encourue pour avoir participé avec ceux qui sont frappés de l'autre. La mineure entraîne privation des sacrements. Excommunication de droit, celle qui est ordonnée par les conciles, sous le nom d'analliéme. Excommunication de fait, ou ipso ^ac<o, celle que l'on encourt imméd atement en faisant une chose défendue sous peine d'être excommunié. || Dans la religion protestante, c'est le consistnire qui prononce l'excommunication. Celte excommunication ne pouvant non plus se faire que par le consistoire et à la pluraliti* des voix, j. j. bouss. Confrss. xii.
— HIST. xvi* s. La vengeance extrême del'Egli.se estl'pxcommiinication, de laïuelle elle n'use qu'en grande nécessité, calv. Inst. »7».
— ÉTVM.Prov. escMmcninion.-espagn.eicommunicncinn ; ilal. scominunicnxKine; du lat. pjrcommuni'ca'ioiirm, excommuiucaiion (voy. excommunier). L'ancienne lan)iueilisaitefComuni>menl,etujëme,au féminin, f.vroiimnie.
EXCOM.MLMf.. f.E (îk-sko-mii-ni-é, ni-ée). pari. passé. Le roi Kidierl excommunié par le pape. Il faut mettre ces faits, el les raisonnements qui en sont la suite, à côté des relations de la légende dorée, du corlieau excommunié pour avoir volé la bague de l'abbé Conrad, et des extravagances que rimbécillité a débitées sur les prétendus hommages que les animaux ont rendus à nos redoutables mystères, d'alehb. Éloges, du ilarsais. || 5. m. Il n'était pas permis aux excommuniés d'entrer dans les églises. Des excommuniés qui ne peuvent paraître en aucun lieu et dont tout le monde doit s'éloigner, BOURDAL. Exhort. charit. enrers les prisonniers, t. i, p. 87, dans poucens. || Fig. Il est fait comme un excommunié, il est mal habillé, en désordre. Crot'.c ■depuis la lêle jusqu'aux pieds, botté jusqu'à la ceinture, fait enfin comme un excommunié, bamilton, Granim. 7. || Un visage d'excommunié, mauvaise mine. Je voyais <ik\k la nécessité avec son visage d'excommunié, et elle me faisait peur, lesage, Guim. d'A'f. Il, t. Il Cet homme est pis qu'excommunié, il est lians le mépris et la haine de chacun. || On dit aussi : jurer, sa rer, comme un excommunié.
EXCO.M.MUXIKItiék-sko-mii-ni-é), j'excommuniais, nniisexcummuniioiis. vous excommuniiez; que j'ex communie, que nous excommuniions, que vous e>commiiniiez, r. a || 1* Itetrancher quelqu'un de la communion de l'Rglise 1 es |>apHS ont excommunié les religieux qui quittent leur habit, pasc. l'rov. s. Si quelqu'un se révolte contre l'I^jlise et qu'il la scandalise par ses crimes ou par ses erreurs, on doit, en le» communiant, le reirancherdu corps d»l Eglise en général, boss. Var. xv, $ es. || Absolument. Le
EXC
consistoire [chez les protestants] seul a droit d'excommunier. Il 2* S'excommunier, t). réft. Se relranclier de la communion des fidèles. Il s'excommunie lui-même du christianisme, boss. i, "ml. 2. Des laies adonnées k la pratique de toutes les bonnet œuvres ont passé des années entiïres sans p.irattre une fois k la sainte table; elles se sont excommuniées ellesmi^mes. intimidiies par les discours qu'elles entendaient. BOUBD. l'ens. t. m, p. 31 b. Il S'excommunier l'un l'autre. Les antipapes s'exitommuniaienl.
— Hisr. XII' s. L'aposiulies [papej b-s leii [lesloisj idunc escumenia, E celui, qui qu'il seit, qui jamais les ten.lra [tiendra}, Th. le mari. sa. || xnr s. Si maiiili et escomenie Tuusceuscpii aiment viloniiie, la llnse, 3ot)i. Kl aussi li muustiers est communs à tnz fior fereses orisons, en lans et en lieu convenabel, exceptés les esqueminciés, bkaum. xxiv, <i. Kn [on] prise si pou (peu| les excommunieniens hui et tous les j'iurs que avant se lessent les gens mourir escommeniës que il se faceiit absodre, ;oinv. 2UU. Il XV' s. Escommunlé mange bien pain, le roux de UNcr, Proti. t. I, p. 28. Il XVI' s. Les moines du temps présent, en se dressant un autel à part, ont rompu le lien d'iinilé; car ils se sont excommuniez du corps de l'Eilise, calv. /m(. 1020. César, ayant in horreur ci'Iuy qui la luy presentoil (la tête de I*om;'ée] comme un meurtrier excommunié, se pris! à plorer, am^ot, Pomjiée, <i2.
— ËTYM. l'rovenç. «»comentor, tscomengar, escumentar, esciimeniar ; cala), dcomunicar; espagn. cxcomu/gar, • portuK. Mcommuni/ar; liai, scomunicare ; du lat. ex'-ommunicare, de ex, hors, et communicare, communiquer.
EXCOIlIATION (èk-sko-ri-asion) , t. f. Légère plaie qui n'intéresse que la peau.
— IIIST. XVI* ». Quelque excoriation qui aura esté fane en réduisant les intestins, pabE, vi, t4,
— ETYM. Excorier; provenç. excoriacio; es|iagn. excorincion; ilal. escorta zione.
EXCORIÉ, ÉE ('k sko-ri-é, ée), part, passé. La peau excoriée par les on);l«s du malade.
EXCOIllER (èk-sko-ri-é), j'excoriais, nous excoriions, vous excoriiez; que j'excone, que nous excoriions, que vous excoriiez), v. a. Terme de chirurgie. Ëcorcher légèrement. Le coup lui a excorié la peau. Il S'excorier, v. réfl. Se faire une excoriation à soi-même. Il s'est excorié en tombant. || Etre excorié. Les parties comprimées s'excorient souvent.
— ÊTYM. Lat. excortare, de ex, etcorium, cuir, peau
t EXCORTICATION (èk-skor-ti-ka-sion) , t. f. Synonyme lie (lécorticalion.
t EXCOUTlyllER (èk-skor-ti-ké), e. o. Synonyme de décortiquer.
— ETYM. [.at. «35, et cortex, écorce.
EXCRÉ.ME\T (èk-skré-m,in). ». m. || 1* Tout ce
qui est évacué du corps de l'animal par les émonctoires naturels, lumme les matières fécales, l'uiine, la sueur, etc. || En particulier, les matières fécales Il 2° Fig. Terme de mépris el d'injure. Va-l'en à la maie heure, excrément de la terre, halu. iv, i4. Va-t'en, chétif insecte, excrément de la terre, LA PONT. Fahl. Il, ». Leduc d'Kslrées et Maz.irin étaient des excréments de la nature humaine, k qui le resle des hommes n'osait parler, ST sm. 466. • 56. k peine les deux philosophes daignèrent-ils jeter les yeux sur ces excréments de la litiéiature. VOLT. Ingénu, (i. De par tous les diables! parle fiançais, si tu veux ou si lu le peux, excrément de collège! BBUEYS, Grondeur, i, lO.
— lllST. XVI' s. Le sang ne pourroit nourrir s'il n'estoit purgé de deux sortes d'excremens, pabê. Introd. e. Unlopin d'excremenldefer, paLISSY, 22.
— Ety.m. Lat. exeremenlum, de excernere, séparer, de ex, hors, et cernere, séparer, le même que le grec xpiveiv (voy. crise).
EXCUÉ-MENIEUX, EUSE (èk-skré-man-teù, tcûz'), adj. Ternie de médecine. Qui est de la nature de l'excrément. || l'eu usité.
— lIlsT. XVI' s. Si l'art [métier] est de petit travail comme des petits couslnriers, elle rendra le corps plus mol el eicremenleux, par8, Introd. tt.
— ETVM. Excrément.
EXCUfi.MKNTlEL. ELLE (ék-skré-man siul, sièl'l ou EXCIlE.MEXTrriEL. ELLE ( ék skré man-ti-siel, siè-l'). adj. ferme de médecine. Oui appartient i IVxcrèment. || Humeurs exciémenlitielles, elles cjui. impropres A la nutrition , sont desbnées à être évacuées. || Excrémentiel n'est plus guèrs usiié.
HIST. XVI' s. Ce que j'enlemls de la cliolere
[bilel excrementilielle, comme au^si l'alimentaiie. PABÉ, Introd. 6.
— ETYM. Excrément.
EXC
t EXCRESCEXCE (ék-skrè-ssan-s'), ». ^.Le même que excroissance. Au lieu de s'unir comme frères -lu pied du trône contre les excrescences qui n'ont et ne prétendent que contre noire ordre, st-sih. 4»s, »7. Ce terriioire (Metz. Toul et Verdun) pouvait être regardé comme une excretcence de l'empire germanique, VOLT. Mfeurs, 178.
— ETYM. Voy. EX .BOISSANCE.
t EXCRETA (èk-skré-la).!. m. plur. Terme d'hygiène. Choses qui sont rejetées du corps.
— ETYM. Lat. excréta, choses excrèléei, i'rxerelus, pari, passé de excernere (voy. excbEuemt).
t EXCRETER (ék skré lé), e. a. leime de physiologie. 0|>érer l'excrétion. Les matières excrétées.
— ETYM. Voy. EXCRETION.
EXCRÉTEUR, ICE (èk-skré-teiir, tri-s'), adj. Oui v.n aux excrétions. || Conduit excréteur, conduit qui porte le liquide sécrété, de la glande qui le fournit, à un réservoir ou directement au dehors. Il Poils excréteurs des plantes, ceux qui sont terminés par une extrémité glanduleuse.
— HIST. XVI' s. Par évacuation de la matière qui de qualité maligne irriiuil la faculié excretrio* i excrétion par en haut, pare, xviii. 76.
— ETYM. Ijil. excernere (voy. excrément).
EXCJIÉTIU.N (ék-skié-sion), (. (. Terme de physiologie. Action par laquelle cei tains organes creiix rejetlent au dehors les matières liquides ou solides
lu'ils contiennent. L'excrétion des matières lécales L'excrétion de l'urine. L'excrétion de la salive, du mucus nasal, etc. || Les exciélions, les matières excrèmenlilielles elles-mêmes. L'urine, les exhalations cutanées el pulmonaires, les déjections alviiies, etc. sont des excrétions.
— HIST. XVI' s. L'excrétion el rétention . paré ,zx , t » .
— ETYM. Lat. excretionem, de ezerelum, supin de excernere (voy.KXCKEMENT).
EXCRÉTOIRE (èk-skré-toi-r'), adj. Terme d'anatomie. Oui procure l'excrétion. ||Giandes excrétoires lies plantes, celles dont la surface laisse suinter un liquide.
— ETYM. Lat. txcretum, supin de excernere (voy.
EXCnÉMKNTl
EXCROISSANCE (èk-skroi-san-s') , *. f. || 1* Terme de pathologie. Tumeur, de quel'iue nature qu'elle soit, qui fait saillie sur une surface, par exemple la peau, une membrane muqueuse, l'écorce d'un arbre, etc. || Fig. Celui [le parlement] de Dombes. qui n'était qu'une excroissance inutile, est supprimé, VOLT. Lett. Rnchefort, « nov. t77l. || 2* Par extension, espèce de lubérosité. Ce globe dont nous décrivons si pom, euseinenl la superficie el sur lequel s'élèvent çà et là de petites excroissances que nous nommons des montagnes, dont à force de tiigonoméirie nousavons la gloire de mesurer l'élévation, BONNET, Paliiigén. xii, a.
— HIST. XIV* s. Exciessances, poireaus, verrues, II. DE MONDEviLLE, f" 101, 1 er»o. || XVI* s. Amputer les excrois.sances, comme loupes, verrues, polypes, chancres °t autres chairs superflues, pak^. Intr. S.
— KTYM. Lat. excrétant, part, présent de excreicere, se développer, de ex, et crescere, croître (TOy. cboItbe).
EXCURSION (èk-skur-s;on; en vers, de quatre syllabes),», f. || 1* Course au dehors. Des excursions botaniques. Ce fut de li qu'elle vml faire k l'hermilage une nouvelle excursion. J. J. BODSl. Confess. IX. || Fig. Digression. Faire une excursion hors de son sujet. || 2* Particulièrement. Irruption sur le territoire ennemi. Ils revinrent de leurexcui^ sion avec des prisonniers et du butin. || 8" Terme d'astronomie. Cercles d'excursion, se dil des cercles parallèles à l'écliptique, qui limitent les excursions des planètes des deux côiés de ce grand cercle. i 4° Terme de critique philologique. Longue dissertation sur un point d'antiquité peu conni, à l'occasion d'un mol, d'une pensée d'un auteur. On dit aussi excursus.
— ETYM. Lat. accurtionem, de cxcursum, supin de excurrere. de ex. hors, et currere, courir.
t EXCURSIONNISTE (èk-skur-sio-ni-sf) , ». m. Celui qui fait une excursion scieiililique ou île pliisir.
t EXCURSUS (èk skur-sus'), ». m. Mot latin (de excurrere, voy. excursion), qui se dit souvent pour excur-n>n n* 4 (x-oy. excursion)
t EXCURVÊ. ÉE (èk-sliur-vé, vée), ««//.Terme didactique. Oui est courbé de dedans en dehors, op- |>osé à incurvé.
— ETYM. Lat. ex, en dehors, et C'irrofK», courbé. EXCUSAHLE (Èk-sku-za-bl'), adj. Oui est digne
d'excuse, en parl.int des|iei^onnes. Madame, croyeimoi, vous serez excusable D'avoir moins de chaleur oouire un objet aimable, oatm. Cid, ut, •. Un
EXC
EXC
EXC
loniç amas d'honneurs rend Thésée eicusable, hac. Phèd. I, «. Vo^ez si le sujet est exciisalile de se plaindre, lamlis que le maître.... K\s^. Ai enl, Afft. On n'est jamais excusable de faire m,il ce qu'on fait voioiilairenient, i. i. houss. 3' lettre à II. de Idnlesherbes. || Il se dit aussi des choses. Tout est trop excusable en nn amant jaloux, corn. Nirom. iv, 2. Keearde/. d'un autre œil une excusable erreur, hac. Phèd IV, «. Imprudence excusable au cœur des malheureux, VOLT. Oreste, iv, 3.
— HIST. xiv« s. Pechié excusable et vpnial.oiiESME, Thèse de meunier. || xvi' s. Nulle occasion d'un si hoiriblo souhait peult estre excusable, mont, u, 7*.
— ÉTYM. Provenc. excusable ; espagn. eimsaVe ; ital. scnsabile; du lat. excusabilxs , de excusare, excuser.
t EXCUSA11LE.ME\T (èk-sku-za-ble-man) , adv. D'une manii're excusable.
— HIST. XVI* s. Personne ne débat que le vice soit à éviter et à haïr sur toutes choses : mais c'est une quesiion, s'il se pouvoit présenter tel proffil, ou tel plaisir, pour lequel tel vice fust excusablement faisalde, charron, Sagesse, ii, 3.
— KTYM. Excusable, et le suffixe tnenl. EXf,lISATION(èk-sku-7,a-sion), s.f. Ancien terme
de jurisprudence. Se disaitdusexcusesi]u'iin allègue pour être dispensé d'une tutelle, d'une charge. || On ne dit plus aujourd'hui en ce sens qu'excuse.
— HIST. XII* s. Quand Deus par celé deraandisc
10 rapeloit à pénitence, si ajoinst-il parole d'escusalion, et si dist.... Joh, p. 462. || xiv* s. Il y chiet [échoit aux péchés véniels] miséricorde et pardon ou excusalion, oresme. Thèse de mei nier. || xv* s. Ce qu'il commandoit esloit incontinent acomply sans nulle difficidté ne excusation, comm. vi, lo.
— ÉTYM. Provenç. eiciiîoîio; espagn. cicuïacion; ital. scui'iiinne; du latin excusationem, de excutare. evcuser.
EXCUSE (èk-sku-z'), t. f. \\ 1° Raison qu'on allègue pour se disculper ou pour disculper un autre. Excuse valable. Mauvaise excuse. Se confondre en excuses, t'uand nous pouvous couvrir d'excuses nos défauts, RÉGNIER, Sat. xiv. liien que je sache au vrai les façons et les ruses, J'ai tant et si longtemps excusé tes excuses.... lo. Élèg. ii. S'il [Roileau] a cher, hé quelquefois des excuses sur la rime, c'a été pour porter des coups plus violenls, comme (|uand ildil....,FUHETiÈRE, 3'/'ac(nm, 1. 1, p. 322. M. Bajle, j'ai reçu vos excuses, et j'ai bien voulu vous témoigner par la présenie que j'en suis satisfaite bayle. lettres {Lelt. de la reine i:liristine, I4 déc. issa).
11 Fig. Votre amour fait ma fiuie, il fera mon excuse, CORN. Pninp. IV, 3. Leur incrédulité n'a plus d'excuse, boss. Hist. ii, lo. Mais votre amour n'a plus d'excuse légitime, rac. Iphig. i, B. Mon cœur n'a pour excuse aucune illusion, volt. Brutus, IV, 3. Cette triste vertu l'excuse des ingrats, m. Adéla'ide, iv, 5. Ce ton affreux n'avait nidle excuse, OENLIS. .Mme de ilaintenon, t. ii, p. aïo, dans poiiGENS. Il 2° Prétexte. Lors pour sortir elle prend une excuse, la font. Hich. Je lui sers d'excuse pour ne plus voir ses amies, sEv. 225. || 3" Kxcuse, se dit du motif qui empêche un juré de siéger. Le président ne trouva pas son excu.se valable, || Motif légal pour se dispenser d'une charge imposée par la loi. Il |le tuteur nommé] devra sur-le champ.... projioser ses excuses, sur lesquelles le conseil de famille délibérera, C. Napol. ait. 4a8, || Circonstance qui, de [ilein droit, diminue la gravité d'un crime et par suite atténue la peine. || Se dit, dans un sens analogue, du motif qui empêche un écolier de venir à la classe. L'enfant appoitaune excuse écritepar le répétiteur. || 4" Formule de politesse. Faire excuse à quelqu'un, le piier qu'il excuse. Quoil tu faisais excuse à qui m'osait braver, cobn. iVic. i, 4. Pour vous, je ne veux point, monsieur, vous faire excuse, mol. Éc. des maris, m, lo. Je lui fis excu.se d'avoir mal pris son sentiment, pasc. Prov. t. Il m'écrit en me faisant des excu.ses de la liberté, sév. 470. Je lui fis mille excuses de l'avoir lait attendre, hamilt. Graiiim. 9. || Faire excuse de quelque chose, s'en excuser, s'en disculper. Et l'état oi^ je suis ne saurait consentir Que j'en fasse une excuse ou montre un repentir, cobn. Tois. d'or, m, 3. Oui, je l'aime. Sévère, et n'en fais point d'excuse, id. Poly. ii , 2. Ne m'oblige point à faire les excuses de ta froideur [à l'excuser], mol. Princ. d'Él. n, 4. || Familièrement. Faire excuse, faire bien excuse , s'emploie pour contredire. Il n'est pas encore venu? — Je vous fais excuse, il est arrivé depuis une heure. Il Dans le même sens, mais populairement. Faites •icuse, il est arrivé. || Faire des excuses à quel-
qu'un, lui témoigner le regret que l'on a de l'avoir offen.sé, gêné ou contrarié. Il lui fit des excuses de son emportement, et l'affaire n'eut pas de suite, loute excuse est honteuse aux esprits généreux , CORN. Cid, Ht, 3. Il Exiger des excuses, demander une réparation, par excus», d'une offense dont nous avons été victimes. || Faire ses excu.ses, se dit par politesse, quand on manque à quelque devoir de société ou qu'on refuse poliment quelque invitation. Je ne puis me rendre à le bal-, je ferai mes excuses. Failes-lui mon excuse, botrou, Vencesl. ii,i. J'ai fait mes excuses à Mme de Coulanges, sÉv. 481. U lui dit qu'il ferait ses excuses à la compagnie, hamilt. Gramm. 4. || Recevoir les excuses de quelqu'un, se iléclarer .satisfait de la politesse qu'il a faite en s'excusant. Sa maîtresse voulut bien recevoir ses excuses, hamilt. Grnmm. 4.
— REM. Furetière d'abord, puis Ménage, Bouhours et Laveaux ont condamné la locution demandpr excuse, dans le sens de demander pardon. Cette locution a été employée à diverses reprises : .... Je suis confuse De ce que vous voyez! je vous demande excuse, dufuesny, la Coquette de village, 1, 8. Je vous demande excuse , a-t-il dit, et j'ai tort, LA FONT. Ragotin, ii, II. Mme de Sévigné écrit des Rochers ; Ma chère enfant, je vous demande excuse, à la mode du pays (c'est un provincialisme dont elle se moque). Ce qui fait que celte locution est à rejeter, c'est que le sens rigoureux serait qu'on demande à son interlocuteur qu il fasse ses excuses, comme dans l'expression exiger aes excuses; c'est le contraire de ce que l'on veut dire.