SYN. FAIRE DES EXCUSKS, FAIRE SES EXCUSES
Faire des excuses, se dit quand on a offensé, blessé, contrarié quelqu'un, et qu'on veut faire disparaître parce genre de réparation le tort commis. Faire ses excuses se dit des dispenses que l'on prend à l'égard de certains devoirs de société et que l'on fait agréer au moyen de ce genre de civilité.
— HIST. XV* s. Le curé en sa défense et excuse parla en bref et dit.... louis xi, JVouk. xcvi. || xvi*s. Et au partir, lui assignoit jour qu'il y devoit retourner, oii, sans Irup grandes excuses [motifs], n'avoit encore failli, maro. A'ohd. lxx.
— ÉTYK. 'Voy. Excuser.
EXCUSÉ, f K (èk-skuzé,zée), port. pass^. || l'Qui a été disculpé. I.'eufaiit excusé par la mère. Cruelle, pensez-vous être assez excusée? rac. Plièdre, v, 7. Il 2" Pardonné. Une faute excusée. L'ignorance de la religion et de la police du pays n'était excusée en aucun état, Boss. Ilist. m, 3.
EXCUSEB (fik-sku-zé), V. a. || 1° Donner les raisons qui peuvent disculper quelqu'un d'une faute, d'un manquement. Je ne vois pas comment on pourrait l'excuser [Dieu] de tromperie, si en effet ces idées [des objets extérieurs] étaient produites par d'autres causes que par des choses corporelles, DESC, Uédit. yi, 9. Je vous excusai fort sur votre intention, mol. ilis. m, B. Je ne m'étais chargé dans celte occa.sion Oue d'excuser César d'une seule action, rac. Drit. i, 2, || Excuser une chose sur, la rejeter sur. Le monsieur sur la vue excuse ce défaut, RÉGNIER, Sat. X. Il Excuser à, suivi d'un nom de personne ou de chose personnifiée, excuser envers, auprès de. Vous m'excuserez à lui si je ne lui écris, car le messager part, malh. Lett. à Pciresc. 13 févr. 1611. Non , je te connais mieux, tu veux que je te prie, F.t qu'ainsi mon pouvoir t excuse à ta patrie, corn. Hnr. Il, 5. Ne viens point m'excuser l'action rie cette infidèle, mol. B. gent. m, 9. Il 2° Recevoir, admettre les raisons que quelqu'un allègue pour se disculper. Après l'avoir entendu, on ne peut s'empêcher de l'excuser. Vous m'excuserez sur l'humaine faiblesse, mol. Tart. m, 3. || 3° Excuser un juré, recevoir comme valables les motifs qui l'empêchent de siéger. Le président l'excusa comme malade. || Se dit aussi dans les assemblées délibérantes pour les membres qui ne peuvent pas venir siéger. || 4* Servir d'excuse, avec un nom de chose pour sujet. Rien n'excuse à présent voire cœur obstiné, vot.T. Orphel. v. 4.115° Pardonner, tolérer, par indulgence. I! faut excuser ce léger oubli. J'ai tant et si longtemps excusé tes excu.ses, RÉGNIER, Éle'g. II. Je veux bien excuser son heureuse imprudence, rac. Iphig. iv, lu. Excuse les traiis[iorls de ce cœur offensé, volt. Zaïre, m, 7. Il 6° Excuser quelqu'un de faire une chose, le dispenser de la faire. Il m'a invité à dîner, je l'ai prié de m'en excuser, jj Absolument. Étie indulgent. Le rat [de ville].... Va, vient, fait les honneurs, le priant d'excuser, A. chén. l'able. || Excusez-moi, vous m'excuserez, formules de civilité usitées quand ou veut se diapeuser de faire une chose, ou quand
on contredit une personne pour laquelle on a de la déférence. Vous resterez avec nous? — Excusez-moi, je ne le puis. Vous m'excuserez, si je ne vous accompagne pas plus loin. Monsieur, excusez-moi, je n'y puis rien comprendre, BAC Plaid II, 2. || Absolument. Excusez. Ahl seigneur, excusez, si, vous connaissant mal,,., corn. Nicom. l, 3. || Ironiquement. Excusez, excusezdu peu, se dit pour expiimer son étoiinement de l'outrecuidance , de l'impertinence, de l'avidité de quelqu'un, etc. || 7° S'excuser, V. réfl. Présenter ses excuses, ses raisons pour se disculper. Elle s'excusa sur ce qu'elle n'avait jamais vu le roi, vaugf.l. Q. C. liv. iv, dans richelet. Tu sais bien t'excuser, et n'admets point d'excuses Pour les faiblesses du prochain, cobn. Imit. 11, 3. Mais si pour s'excuser il nomme sa complice.... m. Cinna, m, t. Tout l'Êrôhe entendit cette belle homicide S'excuser au berger qui ne daij.'na l'ouïr. Non plus qu'Ajax, Ulysse et Didon son perfide, la font. Fabl. xii, 24. Et vous vous excusez de m'avoir fait heureux! rac. Mithr. iv, 2. Il S'excuser sur une personne ou une chose, rejeter la faute sur cette personne ou cette chose. Vous excuserez- vous sur les suites inséparables d'une naissance illustre? mass. Carême, Mélange. \\ 8° S'excuser de faire une chose, s'en dispenser. Encore que les raisons pour lesquelles je l'avais prise [la résolution de publier un livre] fussent tr's-fortes, mon inclination, qui m'a toujours fait haïr le métier de faire des livres, m'en fit incontinent trouver assez d'autres pour m'en excuser, desc. ile'lh. vi, ). On dit que M. le prince s'est excusé de servir celte campagne; je trouve qu'il fait fort bien, sF.v. I.etl. du 26 févr. 1676. Lorsque Mendose le voulut mener chez elle, il trouvait toujours quelque prétexte pour s'en excuser, lesage, Diab. boit. 13. Il Absolument. Mais lorsque vous voudrez, sans elle, en disposer, N'aura-t-elle aucun droit. Seigneur, de s'excuser? corn. Œdipe, i, 3. || 9° Être excusé. Une telle action ne saurait s'excuser, mol, lits. i, 1. Il Proverbe. Qui s'excuse s'accuse, c'est-à-dire chercher à se justifier avant d'être accusé, indique qu'on se sent coupable.
— HIST. xii* s. Pour ce, dame, vous loe [je vous conseille) à escuser Que cil ne soient ateint rie l'heresie Qui désormais ne vous verront [voudront] amer, quesnes. Romancero, p. (08. || xiii* s. Par iceste manière bien [nous] vous escuserons [de ne pas vous montrer), Berte, Lxxvii. Ce ne seroit pas sons, se je m'en escusoie [je niais être la reine], ib. cvi. S'il [un enfant) fesoii larrechin, il ne seroit pas jugiés, car ses âges [son âge) l'escuseroit, iiE\UM. XVI, 10. Il XIV* s. Vosire jeunesse vous excuse d'e.stre bien saige et vous excusera encores en toutes choses que vous ferez en intention de faire bien, llénagier, Prolgne. Plus tost s'escuse femme que veiis ne voist [n'aille] ventant, Baud. de Seb. m, 3«i. Il XV* s. Et estoye [je] du guet ceste nuit, car nul n'en estoit excusé, comm. i, 9. |j xvi* s. Je leur donne la victoire s'ils se peuvent excuser que ceste accusation de Christ ne s'adresse point à eux, CALV. Instit 9B1. Au-dessus du grand bastion d'en haut y avoit un grand chemin ci eux qui excusoit (dispensait] l'ennemy de faire tranchées, m. du iiELL. 428. Vous suppliant escuzer la paine que vous donne à lire tant de fascheuses lettres, marg. Lelt. 72. Mon ignorance m'excusera mieux sur ce que.... MONT. II, iu7. Us m'esleurent maire de leur ville [Bordeaux); je m'en excusai, mais.... id. iv, t49. D'Aubigné, ayant appris cette nomination, se rendit à Chastelleraud pour s'excuser de l'accepter [pour la refuser], d'aub. Vie, cxi. Qui trop tost s'excuse de péché s'accuse, ge.nin, Récréât, t, ii, p. 248. Tel se plaint qui n'a point mal; tel s'excuse qui s'accuse, LEROl'X DE LINCY, PrOV. t. H, p. 424.
— ÉTYM. Provenc. escusar; espagn, excusar; ital. scusare; du latin excusare. Il faut revenir sur l'étymologie donnée à accuser : excuser, accuser, c'est tirer de cau.se, mettre en cause; causa paraît donc hion êlre dans le mot. Mais, d'autre part, causa se rattache h cudere, frapper, pousser, dont le fréquentatif ci/sore est admis par les étymologisies latins comme radical de accusare et excusare; causa se rapportant, pour la forme, à cudeie, comme clausa k cludere, et, pour le sens, signifiant re qui pousse, et figurémenl affaire jur.dique.
t EXCUSEUU (èk sku-zeur), i. m. Celui qui excuse. Quand je pense que cette lettre s'adresse au plus indulgent de tous les hommes, à l'excuseurda toutes les fautes, au loueur de tous les ouvrages, à une colombe.... voit. Lett. *'H.
— HIST. xiv* s. Car il n'avoit nul excuseur Ne bon amy ne procureur, Qui pour U dire mot osast,
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De paour d'avoir eschec et mast, U Livre du bon Jehan, t. s*' il.
I — RTYM. Excuser.
EX EAT (i-gzé-al') , «. m. Permission que l'évCque donne * un ecclésiastique, son diocésain, daller exercer dans un autre diocèse. || D;ins les lycées, collèges, etc. bulletin, permis de sortie. Doniiur un exea t. Distribuer des exeal. || Dans lesbililiothèques, permis de sortir avec des livres. || Dans les hôpitaux, billet de sortie. || Kig. Donner à quelqu'un son exeat, le congédier. || Au plur. Des exeai.
— Etym. Lat. exeat, qu'il sorte, de exire, sortir, de ex, hors, et ire, aller (voy. irai).
t KXRCIIABIMTÊ (è-gzé-kra-bi-li-té), «. /.Qualité de ce qui est exécrable.
— IIIST. XV' s. L'exccrabiliié de son melTait, Jliit. de ta toison d'or, t. Ii, f*!l5, dans lacijb.ne.
— ÊTVM. Lat. exsecrahilitalem, d'exseerabitis , exécrable.
EXÉCRABLE (è-gzé-kra-bl'), odj. || f Qu'on doit exécrer, avoir en horreur. Exécrable assassin d'un héros que j'adore, conn. Cid, v, 6. Un exécrable Juif, l'opprobre des humains, hac. £<(/>. m, t. V.n horreur à ses Hls, exécrable à sa mère. volt. Œd. 1, 3. Il 2* Il se dit aussi des chose». L'exécrable honneur de lui donner un mattre, cohn. Ciiina, i, 3, D'un infâme trépas l'instrument exécrable, bac. Esth.iii, 4. Va, j'ai bien mérité Cet exécrable prix de ma crédulité, volt. Fanât, iv, 6. Depuis qu'un exécr.'ible duel nous a ravi notre autre fîls, beau- UARCHAis, llére coupable, iv, «3. || 3° Serment exécrable, serment accompagné d'imprécations. Un serment exécrable à sa haine me lie, corn. Cinna, m, 2. Il [Pierre] se mit alors à faire des serments exécrables, et à dire en jurant : Je ne connais point cet homme dont vous me parlez, SAa,ISible, Étang. Si Marc, xiv, 7 1. 1| 4° Par exagération, très-mauvais, pitoyable. Cela est d'un style et d'un goi)t exécrables.
— SYN. 1 ExtenAULE, DÉTKSTABLE. Ce qui est exécrable est digne de maléiliclion; ce qui est déte-stable est digne d'être repoussé, mais sans l'idée de malédiction. Il y a donc quelque chose de plus fort dans exécrable que dans détestable. Un crime exécrable est plus, dans l'expression, qu'un crime détestable, et un vice exécrable plus qu'un vice détestable. Il 3. EX^.CBAULE, ABOMINABLE. La force de l'expression est la même; la nuance est diiïérente. On maudit ce qui est exécrable; on se détourne avec abomination de ce qui est abominable.
— mST. XVI' s. Le roi, qui s'en alloit exécrable à son peuple, se rend inimitable aux dévotions, d'aub. Hist. II, 330.
— Rtym. Lat. exsecrabilis (voy. exécrer). EXlvCKABLEMENT (è-gzé-kra ble-man), adv.
D'une manière exécrable. Il versifie exécrablement.
— niST. XVI* s. Ils juroient et blaspbemoyenl le plus execrablemeat que jamais homme ouyt parler, PAUSSY, il2.
— Etym. Exécrable, et le suffixe ment.
EXÉCRATION (è-gzé-kra-sion; en vers, de cinq
syllabes), ». /. || 1* Chez les anciens, menaces et malédictions sous des formules religieuses. La royauté fut abolie avec des exécrations horribles contre ceux qui.... boss. llist. m, 7. Celui qui le prétait [le grand serment], revêtu de la mante de pourpre de la déesse Proserpine, et tenant à la main une torche allumée, prononçait contre lui-même dans le temple les exécrations les plus terribles qu'il soit possible d'imaginer, rollin, llist. anc. Œuv. t. V, p. 30Ï . dans pouGENS. Les exécrations, lesdélestations, les conjurations, montesq. Esp. xii, 4. Il 8" Aujourd'hui, imprécation, jurement. Il fit mille exécrations. {| 8° Sentiment qui fait maudire. La sagesse est en exécration aux pécheurs, saci, Bible, Ecclitiastiq. i, s«. Tout le monde en parle avec exécration, pasc. Prov. )6. Ils doivent être en exécration à tous les siècles, fBn. Tél. xvii. Elle regardait avec exécration cet usage de vendre le malbeuret le bonheur des hommes, volt. Ingénu, i». Il Chose exécrable. Je ne veux plus parler de cette exécration qui me rend odieux le pays oii e..ii s'est commise, d'alemb. Lett. à Voltaire, (t août )7«6. Il II se dit dans le même sens en parlant des personnes. L'opprobre de son sexe et l'exécration de la postérité, OBNLis, VeiUéet du chdt. t. u, p. lis, dans pouoens. ||4* Terme ecclésiastique. Lorsqu'un lieu saint est pollué par quelque accident, on dit qu'il y a exécration, c'est-à-dire perle de consécration, et il faut de nouveau le consacrer.
— HIST. XVI* s. C'est la différence qui est entre l'ercommunicallon et l'exécration que les docteurs eclesiastlques appellent anatbema, qu'en anathematisaut UQ homme, on lui oste toute espérance de
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pardon, et on le donne au diable; en l'excommuniant, on punit plu.stost les mœurs, calv. Imtit. v»a. Des soldats qui s'estoient condamnez, avec horribles exsecrations, de n'entrer en aulcune composition que de se faire tuer ou demeurer victorieux, mont. III, 92.
— Etym. Lat. exsrcralionem,deexteerari, exécrer, t KXfiCRATOlRK (è-gzé-kra-loi-r"), adj. Terme
eccli'siasiique. Qui a rapporta l'exécration, qui emporte l'exécration.
— ETVM. Vov. exécration.
EXÉCRÉ, ËK. (è-^zé-kré, krée), part, passé. Néron meurt exécré; quebjues années plus tét, Néron mourait regretté, Diderot, Claude et Nér. i, $ 7».
EXÉCRER (è'gzékré. La syllabe xé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'exècre; excepté au futur et au conditionnel; j'exécrerai, j'exécrerais), c. o. Avoir en exécration. Tout le momie l'exècre. Ce ministre s'était fait exécrer par sa tyrannie. || S'exécrer, v. réfl. Avoir une haine violente l'un pour l'autre. Ils ne peuvent se souffrir, ils s'exècrent.
— hist. xvi* s. Exécré, baIf, OEue. f* «8, dans
LACUBNE.
— Ety'm. Lat. exseerari, de ex, hors, et sacrr, sacré (voy. ce mot) : proprement, rendre maudit; ex, par opposition à cum (comecrare), donne un sens péioralif.
EXÉCUTABLE (è-gzé-ku-table), adj. Qui peut être exc!Tulé. Cela n'est pas exécutable. Projet exécutable.
— Etym. Exécuter.
EXÉCUTANT (è-gzé-tu-Un), ». m. Terme de musique. Musicien qui exécute sa partie dans un concert. Il y avait à ce concert vingt exécutants. Il On dit aussi, au féminin, exécutante.
EXÉCUTÉ, ÉE (è-g/.é-ku-té, tée), pari. pa.5*^. Il 1° Mené à accomplissement. Ce que tu m'as dicté. Je veux de point en point qu'il soit exécuté, bac. Eslh. 11, B. Nos lois, nos justes lois seront exécu tées, VOLT. Scythes, iv, 8. || 2° Joué, en [larlant de musique. On morceau bien exécuté, mal exécuté. Il 3° Un débiteur exécuté, un débiteur dont on f.iit vendre le bien pour le payement de ses dettes. M Se dit aussi, à la bourse, de celui dont on vend les valeurs. || 4° Mis à mort par autorité de justice. Un certain comte qui fut exécuté à Vienne, sév. 68.
EXÉCUTER (é-g/é ku-té), v. a. || 1° Mettre à effet, mener à accomplissement. Soldats, exécutez l'ordre que j'ai donné, corn. Poly. v, 3. On n'exécute pas tout ce qui se propose, Et le chemin est long du projet à la chose, mol. Tart. m, <. L'empereur exécuta son décret contre les images plus violemment que jamais, boss. Ilisl. i, <(. Que Dâville me semble aimable, Quanit des magistrats le plus grand Permet que Bacchusà sa table Soit notre premier président I Trois muses, en habit de ville, Y président à ses côtés; Et ses arrêts par Arbouvllie Sont à plein verre exécutés, boil. Chanson à boire. Vous pouvez justement vous flatter D'une mort que leurs bras n'ont fait qu'exécuter, kac.
Andr. v, 3 Cessez, vous dis-je, et laissez-moi.
Madame, exécuter les volontés du roi, ID. Uithr. v, ♦. Neptune, par le fleuve aux dieux mêmes terrible, M'a donné sa parole et va l'exécuter, id. l'hèd. iv, 4. Gens prêts à exécuter ses ordres injustes, réN. Tél. III. On ne sait jamais bien commander que ce qu'on sait exécuter soi-même, j. j. boiiss. Ém. v. Il Absolument. Seigneur, que veux-tu m apprendre T Je suis prêt de t'écouter; Joins à la grâce d'entendre La force d'exécuter, conN. /nitt.iii, H. Je promettais beaucoup et j'exécutais peu, lo. Rodog. I, 6. Ne faut-il que délibérer, La cour en conseillers foisonne; Est-il besoin d'exécuter, L'on n'y rencontre plus personne, la font. Fabl. ii, a. Le sage quelquefois fait bien d'exécuter, Avant que de donner le temps à lasages.se D'examiner le fait, id. l'b. X, (4. Pour que celui qui exécute ne puisse pas opprimer, il faut que les armées qu'on lui confie soient peuple et aient le même esprit que le peuple, moh- TESO. Esp. XI, t. Il 2* Il a quelquefois pour sujet un nom de chose, et signihe alors faire exécuter. Ce que n'ont pu mes soins et nos communs forfaits. Un oracle d'Egypte, un songe l'exécute, volt. Sémir. II, 8. Il 3° Terme d'arts. Faire un ouvrage d'après un modèle, un plan. Exécuter un monument, un basrelief. Il Absolument. Ilconçoit bien, mais il exécute mal. Il Par extension. Exécuter un morceau do musique, un ballet, un opéra. || Exécuter des mouvements, se mouvoir d'une certaine façon. On dit de même, exécuter une manoeuvre, des évolutions. [ Il 4* Terme de procédure. Saisir les biens d'un ! débiteur pour les vendre par autorité de justice. |
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Exécuter un débiteur en sei meubles. LaRappinière, i qui l'hôte devait de l'argent, le menaça de le faire exécuter, et par celte menace lui ferma la bouche, SCARR. ilom. rom. I, 12. || Terme de bourse. Exécuter une personne, faire vendre ou acheter publiquement les valeurs dont cette personne est acheteur ou vendeur, lorsqu'elle ne remplit pas, au terme, son engagement. || Terme de guerre. Exécuter militairement un soldat, le punir de mort Exécuter militairement une ville, y exercer toutes les rigueurs militaires, pour contraindre les habitants à ce qu'on exige d'eux. ||B* Exécutera mort, ou, simplement, ce qui est seul usité pré.sentement, exécuter, faire mourir par i<ulte d'une comlamnaiion judiciaire. Exécuter un criminel. On exécuta les auteurs de la révolte, VAiiGEL. Q. C. X, i. Il 6* S'exécuter, r. réfl. Se résoudre à faire une chose par raison ou par complaisance. T'icliez que l'enfant s'exé ute de bonne grâce, et qu'il ne vous reste qu'à adoucir la peine qu'il aura acceptée, fEn. t. xvii, p. 28. Nous attendons toujours, pour nous exécuter, l'instant oi nous sommes forcés par les circonstances, m- RABEAD, Colliction, t. IV, p. 70. || 7* Vendre ce qu'on possède pour éviter la saisie. On ne s'exécute qu'à la dernière extrémité. || 8* Avec un nom de chose pour sujet, être mis à efTet. Puis les devoirs qu'on rend à des fronts couronnés Doivent s'exécuter sans être examinés, rothod, Bilis. ii , 8. L'édit du prince s'exécute, la font. Fabl. vi, M. Je vois bien que la paix ne peut s'exécuter, rai:. TMb. Il , 3. Ne vois point l'attentat qui va s'exécuter, VOLT. Fanal, iv, 3. || Impersonnellement. La volonté du Seigneur demeure ferme , et, pendant que le» hommes déllWrent, il ne s'exécute que ce qu'il résout, BOSS. Mar.-Thér.
— IIIST. XIV" s. Il disoient que ce.ste chose devoit eslre exécutée et démenée par te povoir et par l'office des consuls, BERCIIELHE, f*37, rCClO. || XVI* s. Les vengeances qu'il [Dieu] exécute sur les forfaits ne sont point obscures, calv. Inst. <t. Le mort exécute le vif, et non le vif le mort; c'est à dire, que tout droit d'exécution s'esteint avec la personne de l'obligé ou condamné, lotSel, 8«l. Plusieurs du parti mesmede M. de Guise, le voyantsi longtemps se tenir coy, pendant qu'on executoit [achevait de poursuivre] ceux qui avoyent esté rompu», ne sça- Toyent que penser de luy, langue, 693. En ceste sorte g'amuserent-ils, pendant que leur entreprise s'exécuta, lo. 647. Les corps de ceuli qui ont esté exécutez par justice, amtot, Thém. 42. U fut appelé en justice et exécuté à mort, lo. «6. 47.
— ETYM. Provenç. ezecutar; espagn. ejeeular; ital. esecutare; du latin exsecutum, supin de exsequi, exécuter, poursuivre, de ex, et sequi. suivre (voy. ce mot). Palsgrave, p. 38, au zvi* siècle, dit qu'on prononçait eusecuter.
EXÉCUTEUR, TRICE (è-gzé-ku-teur, tri-s') , «. m. et/'. Il 1" Celui, celle qui exécute. L'exécuteur de l'entreprise. D'un ordre exprès encor j'étais l'exécuteijr. rotboo, Bélis. I, 2. Le prince est exécuteur de h loi de Dieu, boss. Poii'l. vu, m, U. La vue des démons exécuteurs de l'arrêt de Dieu ne fera tout au plus sur eux qu'une légère impression, boordal. ityst. Passion de J. C. t. i, p. 240, dans pougens. Voyez quelle peut être la situation d'un citoyen dans ces républiques [d'Italie] : le même corps de magistrature a, comme exécuteur des lois, toute la puissance qu'il s'est donnée comme législaieur, montesq. Esp. XI, «. Il Adj. luissance exécutrice, voy. exéci'tif. Lorsque, dans ta même perscmne ou dans le même corps de magistrature, la puissance législative est réunie à la puissance exécutrice, il n'y a point de liberté.... il n'y a point encore de liberté si la puis.sance de juger n'est pas séparée de la puissance législative et de l'exécutrice, MONTEsto. Esp. XI, 6. On dit plutôt aujourd'hui pouvoir eitécutif, puissance executive; mais exécutif e-st un néologisme du xviii* siècle, et Montesquieu s est servi du mot existant. || 2* Exécuteur, exécutrice testamentaire, celui, celle que le testateur a chargé d'exécuter ses disfMsitions testamentaires. Aristote fit un testament dont Aniipater fut l'exécuteur , fknel. Arisiote. || 8" L'exécuteur de la haute justice, ou, comme on dit aujourd'hui, l'exécuteur des hautes œuvres, ou, absolument, l'exécuteur, le bourreau. Kt lors l'exécuteur, la voyant ainsi prête. D'un prompt éclair d'acier lui fit voler la téle, tristan, Jfarian«, v, 2. Comme on le [Agis, roi de Sjiartej menait au lieu où il devait être étranglé, il vit un des exécuteurs qui pleurait et qui éiait touché de son infortune, bollin, Hist anc. Œuvres, t. vu, p. 646 , dans pougens. || Par extension. Qu'est-ce qu'une armée selon cette idée? c'est une troupe
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d'exécuteurs de la justice de Dieu qu'il envole pour faire mourir des gens qui oui mérité la mort et qu'il a conilamnés à ce supplice, nicole, Ess. de mur. <• traité, ch. î.
— HlST. xiii' s. Enlen que les letres doivent estre montrées à l'essecutor, /,ii). de Just. 20. Ou il le dfiniaïule comme execuileres par le [la] reson de testament, beaum. vi, ♦. || xiV s. Hz estoicnt exécuteurs des punicious, obesme. Thèse de meunier. Il XV' s. Ne tentez Dieu ne son expcuteresse fortune,
0. nE LA MARCHE, Uim. liv. I, p. 291 , danSIACURNE. Il xvi* s. Et adonc commanda k l'exécuteur qu'il Iny tranchast la teste, amtot, Caton, 34. Nos courtisans, juges de tout, exécuteurs de rien, d'aub.
llist. 1, 488.
— ÈTYM. Provenç. ezecutor, execudor ; espagn. ejecutor ; iul. esecutore, eseguUnre ; du lat. exsecutorem (voy. exécuter). Dans l'ancien français, executoT est le régime venant de l'accusatif latin exseeutàrem avec l'accent sur «S; mais execuileres est tin nominatif venant d'un autre mot , le latin fictif executator.
EXÉCUTIF, IVE (é-gzé-ku-tif, ti-v'), adj. Chargé de l'exécution. La puissance executive, le pouvoir exécutif, pouvoir ciiargé d'exécuter les lois et aussi de tracer les règles nécessaires à leur exécution. On oppose le pouvoir exécutif soit au pouvoir législatif, soit au pouvoir judiciaire. Le cor[is exécutif doit l'emporter à la longue sur le corps législatif; et, quand la loi est enfin soumise aux hommes, il ne reste que des esclaves et des matlrts, l'État est détruit, J. J. Rouss. Lel(. de la montnqne, vi. || On dit quelquefois substantivement l'exécutif pour le pouvoir exécutif.
— REM. Exécutif n'est ni dans Kuretière, ni dans Richelet, ni dans le Dictionnaire de l'Académie, si ce n'est à partir de l'édition de 1835 (voy. exécuteur).
— ETYM. Voy. EXÉCUTER ; provenç. exequtiu; espagn. ejecutho ; ital. esecutivo.
EXfiCtITlON (è-gzé-ku-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ l'Action de passer du projet, du dessein conçu à l'acte, à l'acconHjlissement. Ai-je été, qu'il vous semble, ou rebelle ou trop lent i l'exécution de ce coup violent? mair. Snphonisbe, V, 8. Voilà mon bras tout prêt Pour l'exécution de ce funeste arrêt, hotrou, Bélis.m, 5. C'est par là d'ordinaire i|u'on en vient à l'exécution, SÉV. 4)7. Le dessein me plaît, l'exécution n'est pas moins heureuse, Boss. Lett. 4*2. Le concile en exécution de cette sentence déposa Nestorius, id. llist. i, H. Il Mettre à exécution, exécuter. Le projet fut mis à exécution. || Absolument. Il ne faut point être de ceux qui, à force d'écouter, de chercher, de délibérer, se confondent dans leurs pensées et ne savent à quoi se déterminer; gens de grandes délibérations et de grandes propositions, mais de nulle exécution, boss. Polit, v, ii, 8. U est prompt et rapide dans l'exécution, fén. Tél. xvii. || Homme d'exécution, homme capable d'exécuter hardiment une entreprise. Stuart, homme d'exécution et trèszélé protestant, boss. Tar. (O. U n'y avait alors auprès de sa personne que deux Français; l'un était M. Siquier, son aide de camp, homme de tète et d'exécution qui s'était mis à son service en Turquie, VOLT. Charles XII, 8. || 2° Terme d'arts. Action d'exécuter d'après certaines règles, ou conformément à un modèle, à un plan. L'exécution d'un tableau, d'un monument, d'une symphonie. || Manière d'exécuter. L'exécution entre pour beaucoup dans le mérite des ouvrages de peinture, de sculpture et de poésie. || Terme de peinture. Habileté à exécuter. Ce peintre a de l'exécution. || Terme de musique. L'action de jouer sur des instruments ou de chanter un morceau. L'exécution de ce quatuor, de cet opéra est parfaite, est mauvaise. || Facilité de lire et d'exécuter une partie vocale ou instrumentale. Cet ariiste a beaucoup d'exécution. Pour la manière de chanter, que nous appelons en France exécution, aucune nation ne saurait le disputer à la nfltre, richelet. Il ne me semble pas en eflel qu'on puisse pousser l'exécution à un plus haut degié de perfection que celui où elle est aujourd'hui,
1. J. Rouss. Dissert, sur la mus. mod. || 3° L'exécution d'un mouvement, d'une manœuvre, l'action d'opérer un mouvement, une manœuvre. || Terme de marine. Signal d'exécution, signal relatif à une évolution, à un ordre précédemment signalé. |{ Plans l'exécution, plans des diverses parties d'un navire. Il 4° Terme de jurisprudence. Fait d'accomplir ce ju'un acte ou un jugement prescrivent. || Moyens four procurer l'exécution. || Exécution provisoire, «écution nonobstant tout recours. || Terme de procédure. Exécution d'vn débiteur, vente de ses biens
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par autorité de justice. || Saisie-exécution, saisie des meubles d'un débiteur pour les faire vendre. || Acte ponant exécution parée, acte qu'on peut mettre à exécution, commandement préalablement fait ; tels sont les jugements et contrats en forme authentique. Il Terme de bourse. Vente ou achat public des valeurs dont une personne est acheteur ou vendeur, lorsque cette personne ne remplit pas, au terme, son engagement. || B' Terme de guerre. Exécution militaire, mise à mort d'un condamné par un conseil de guerre. || Exécution militaire, se dit aussi du dégât que l'on fait dans un pays, dans une ville pour punir les habitants ou pour les conlr.iindre à faire ce qu'on exige d'eux. \\ Effet que produit le feu d'une troupe, d'une batterie. L'artillerie fit une terrible exécution sur la ma.sse qui s'avançait. || 8" Supplice capital. L'exécution du condamné aura lieu demain. Ceux qui ont vu l'exécution [de la lirinviUiers] disent qu'elle est montée sur l'échafaud avec bien du courage, sév. Lett. du <7 juillet t676. S'il y a dans la place une fameuse exécution ou un feu de joie, il paraît à une fenêtre de l'hôtel de ville, la bruy. vil. L'exécution se fit dans la prison, pendant la nuit, de peur que la fermeté du coupable n'attendrit les assistants, BARTHÉL. jlnach. ch. 41. || Par extension. Il y eut en une nuit (85,ooo égorgés de la main d'un ange; quoique Dieu ne fasse pas toujours des exécutions si éclatantes.... boss. Polit, vil, V, ift.
— HIST. xiii* s. Ainçois doivent tout li jugement estre mis à execussion sans délai, beaum. vu, 42. H xiv a. Il ont fait ou royaume mainte exécution; Il ont ars [lirillé] maint mo'istier, mainte belle maison. Occis famés, enfans à grant destruction, Guescl. 7616. Quant aucuns biens se vendoient par execucion de justice, berciieure, f" 32, verso. Il XVI* s. Execution odieuse [peine de mort], mont. 1, (9. Les elfects et exécutions ne sont en no.stre puissance, m. i, 'io. Une telle prudence est mortelle ennemye des haultes exécutions, in. i, 34. La connoissance des exécutions testamentaires ap|iartieiit aux juges laiz, et par prévention aux royaux, loy- SEL, 316. Homme d'exécution, AMYOT, Timol. 4. La pluspart de la noblesse, ayant entendu l'exécution [massacre] de Vassy, se délibéra de venir près Paris, lanoue, 547. Les bons conseils sont les sources d'où dérivent les belles exécutions, id. 685.
— ETYM. Provenç. executio ; espagn. ejecucion ; ital. ei'CUiione; du lat. exsecutionem, exécution (voy. exécuter).
EXÉCUTOIRE (è-gzé-ku-toi-r') , odj. jj 1» Terme de jurisprudence. Qui doit être mis à exécution; qui donne le pouvoir d'exécuter. Les lois sont exécutoires en vertu de leur promulgation. Jugement exécutoire, nonobstant appel. Ces arrêts sont exécutoires de droit, boss. ilrer». 5. |j 2° Terme de pratique. Titre exécutoire, ou, substantivement, un exécutoire, mandement du juge qui taxe le chiffre des frais et en venu duquel on en poursuit le payement.
— HIST. xvi's. Les jugemens ne sont exécutoires, après l'an et jour, loysel, 894.
— ETYM. Voy. exécuter; espagn. ejecutorio; portug. execuiorio.
t EXÉCUTOIREMENT (è-gzé-ku-toi-re-man), adv. Terme de jurisprudence. D'une manière exécutoire.
— ETYM. Exécutoire, et le sirffixe ment.
EXfiGÈSE (è-gzé-jè-z'), s. f. Explication grammaticale et mot par mot. || Dans un sens |ilus particulier, l'interprétation grammaticale et historique de la Bible, jj Se dit aussi de l'explication des lois et textes du droit. Exégèse du Code, des Instilutes de Gains. || Se dit enfin de toute interprétation en matière d'histoire. L'exégèse historique.
— ETYM. 'EÇri-piffiç , explication, de i|, hors, et ^IfetuOai, guider, de i^ut, conduire (voy. agir).
t EXfiGÈTE(è-gzé-jé-t'), s. m. Savantqui se consacre à l'eiiilication et à l'interprétation des livres saints.
— ETYM. 'EÇirifiiTTiç , interprète (voy. exégèse). EXÉGÉTIQUE (è-gzé-jé-ti-k'), adj. Qui sert à
interpréter, à expliquer. Commentaire eiégétique. Il Partie exégélique de la grammaire, celle qui s'occupe du vrai sens, de l'étymologie et de l'emploi des mots, par opposition à la grammaire méthodique ou proprement dite qui traite des formes des mots ou de leur syntaxe. || .Méthode exégélique, celle qui procède par l'interprétation des textes.
— ETYM. Exégète.
4. EXEMPLAIHE (è-gzanplê-r"), adj. || !• Qui peut servir d'exemple. Vous autres grands hommes, que la fortune a mis sur le théâtre, qui jouez un rôle exemplaire.... voit. Lett. )87. Vous direz quelque jour que ce trait exemplaire Etait pour votre État un mal fort nécessaire, tristan, Uariane, v,
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2. U faut mettre le poids d'une vie exemplaire Dam les corrections qu'aux autres on veut faire, mol. Uis. III, 5. Il Idée exemplaire, type idéaL Quand i;ne fois par la considération d'un ou de plusieurs trian):les particuliers j'ai acquis l'idée exemplaire de triangle, je juge que tout ce qui est conforme t cette idée est triangle, et que ce qui n'y est pas co» forme n'est pas triangle, ou harsais, Œuvres, i. V, p. 197. Il 2° Qui doit effrayer comme exemple. Punition exemplaire. Sa trahison mérite un supplice exemplaire, MAiR. àlort d'Àsdr. m, 3. Rends, sans plus diflérer, ta vengeance exemplaire, corn. Mél. Il, 4. Et ce sont ces honneurs qui portent ma colère X revêtir leurs noms d'un opprobre exemplaire, GiLB. Apolog.
— HIST. XIV* s. Se il entendoit une forme exemplaire qui est en la pensée divine, oresme, Eth. VI, 4 0. Il xvi* s. Ces exemplaires et terribles chastiments, carloix, vu, 4.
— Etym. Lat. exemplaris, de exemplum, exemple.
2. EXEMPLAIRE (è-gzan-plê-r'), s. m. || 1* Modèle à suivre. Ce roi, des bons rois l'éternel exemplaire, MALH. Il, 4. En sorte qu'il s'y trouve [en des personnages de tragéilie] un bel exemplaire d'équité ou de dureté, corn. 4" dise. Cette chanté que pratiqua sur la croix le fils de Dieu, notre Sauveur et notre divin exemplaire, bourualoue, Serm. 2i", Dim. après la Pentecôte, Uominic. t. iv, p. 304. Je con.seille à un auteur né copiste de ne se choisir pour exemplaires que ces ouvrages OÙ.... LA bruy.
1. Il 2° Archétype, idée divine. Ce qui est dit dans la Genèse de l'approbation que Dieu donna d'abord à chacun de ses ouvrages, à mesure qu'ils sortaient de ses mains, puis à tous en général quand il les eut finis, pourrait bien avoir fourni à Platon cette sublime idée des exemplaires éternels sur lesquels le monde a élé formé, rollin, llist. anc. xxvi, m,
2, § 3. Par rapport au monde sensible, elles [les idées] sont l'exemplaire que Dieu a consulté lorsqu'il l'a voulu produire; elles sont un monde intelligible, coNWL. Wisl. anc. m, 49. L'univers, selon Platon, est un exemplaire de la divinité: le temps, l'espace, le mouvement, la matière sont des images de ses attributs, buff. Animaux, Systèmes de la reprod. Dieu forma à la fois tous les exemplaires des âmes humaines, chateaub. Nalch. iv, i»6. Il 3° Chaque objet provenant d'un type commun. Il n'y a que deux exemplaires de ce livre dans tout Paris. Un exemplaire d'une médaille, d'une estampe On en faisait [de la loi de Moïse] des exemplaires authentiques, boss. llist. u, 3. Le jour qu'on lui [à Copernic] apporta le premier exemplaire de son livre, savez-vous ce qu'il fil? il mourut, fonten. les Mandes, 4" sot'r. || 4* U se dit, par extension, des divers individus de même espèce ou variété, soit animale, soit végétale, que l'on conserve dans les collections d'iiistoire naturelle comme échantillons de cette espèce ou variété. Ce voyageur a rapporté de beaux exemplaires de cette coquille, de celte plante, de cet insecte, legoarant.
— HIST. xii* s. De Herupois fje] tenrai [tiendrai] le plus droit essemplaire, Sax. xxxi. || xiu* s. Car là prist-il son exemplaire Et quanqu'il li fu nécessaire, la Rose, 469;i7. ||xiv s. Nous y regarderions et nous seroit aussi comme examplaire, oresmb, Eth. vu, 4 3. Il xvi* s. Il me dict qu'il estoit aprez à escrire de l'institution des enfants, et qu'il prenoit l'exemplaire de la mienne, mont, i, 494. Un seul exemplaire entier deC. Tacitusn'apeu.... id. m, 80.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. exemplar; ital. esemplare; du latin exemplare, de exemplum, exemple.
t EXEMPLAIREMENT (è-gzan-plê-re-man) , adv. D'une manière exemplaire. Le peuple chrétien , châtié si longtemps et si exemplairement par la justice du ciel, balz. Disc, à la rég. Vous devez làdessus, non-seulement accomplir votre devoir, mais l'accomplir exemplairement, bouriial. Inst. pour le carême, Exhort. t. ii, p. 247.
— HIST. XVI* s Et en tirer exemplairement la
punition de leurs offenses, carloix, v, 29.
— ÉTYM. Exemplaire , et le suffixe ment.
t EXEMPLARITÉ lè-gzan-pla-ri-té) , *. f. Qualité de ce qui est exemplaire.
— HIST. XVI' s. Bienheureux tu seras renommé, si, par l'exemplarité d'autruy, tu te remets à plus modestes termes, Peregr. d'amour, f*4&, dansLACURNB.
— ETYM. Exemplaire 4.
EXEMPLE (è gzan-pl'), *. m. || 1* Ce qui peut être imité en tant que modèle. C'est un exemple à fuir que celui des forfaits, corn. Cinna, m, 4. L'exemple touche plus que ne fait la menace, m. Poly. m, 3. Rien n'est si contagieux que l'exemple, et nous ne faisons jamais de grands biens ni d«
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grands maux qui n'en produisent de «eroblables, i.a- ROCHEP. Kax. S30. Vous avez notre ni6re en exemple k vos yeu», moi.. F. tav. i, ). M. de Uricniin est l'eiemplo de 1» tranquillité, st.v. 44o. Klle fondait sa grandeur sur les exemples pluiôl que sur les titres de ses ancêtres, flKcii. Daupliine. Ils ont appris à notre service et par nos exemjiles i faire la Kuerre, vertot, névol. rom. i, p. I03. Ils se faisaient honneur de suivre son avis dans le sénal et ses exemples* la guerre, m. ib 11, p. 442. lU'compensez ses soins en vous conformant à ses exemples, MASS. Car. Kot de conv. Il y a de mauvais exemples qui sont pires que les crimes, montkso Itnm. h. Leurs usaftes, leurs droits, ne sont point mon exemple, volt. Zaïre, i, ». Ciell tan<lis que Ixiuis, l'exemple de la terre.... ID. ib. m, 3. || Le commun exemple, ce que chncun fait, l'.n voyant que l'exemple commun dément l'évi lence secrète de leur conscience, mass. l'rnf. rel. Serm. t. || Un homme de mauvais exemple, un homme dont la conduite est iléréglée. || Un lieu de mauvais exemple, un mauvais lieu. Je ma trouve en un lieu de fort mauvais exemple, nÉGN. Sa(. X. Il IJe grand exemple, qui donne des exemples éclatants du vertu. C'était un prélat d'un grand exemple, d'une rare piété, st-sim. t. XVllI, p. 61, édit.cnEiiuEL. Il Prendre exemplede, sur, se conformer à. Va, cruel citoyen. Mon cœur désespéré prend l'exemple du tien, volt. if. de C. II, 6. Il Passer en exemple, devenir objet d'imitation. Mais de peur qu'en exemple un tel comlml ne passe, COBN. Ctd, iv, 6. || Exemple de bonté, de charité, acle de bonlé, de charité. Qu'en un siècle où les exemples de bon nalunl sont si rares, vous soyez affligé d'une perte |la mort de son père] qui vous rend un des plus riches hommes de Fiance; cela, sans mentir, est admirable et au-dessus de tous vos exploiis, voit. Lett. (67. On voyait plusieurs de ces chefs blessés.... soutenir les meilleurs; retenir les plus ébranlés.... étonner à la fois les ennemis et leurs fuyards, et combattre l'exemple du mal par un plus noble exemple, ségur, //i»(. de Napol. IX, to. Il Donner un exemple de, faire un acte de. 11 donne un exemple de témérité, fK.n. Tél. XII. Il Donner l'exemple, faire le premier. Je veux vous donner l'exemple, sÉv. 3b5. Les Médes donnèrent i tous les sujets de ce prince efféminé [Sardanapale] l'exemple de le mépriser, Boss. llùt. i, '. Il a* Chose dont on peut tirer enseignement. Les exemples vivants sont d'un autre pouvoir, Du prince dans un livre apprend mal son devoir, corn. Cid, 1, 3. Apprends sur mon exemple à vaincre ta colère, II). Cinna, V, 3. Ces exemples récents suffiraient pour m'instruire, m. ib. ii, l. Vous devez un exemptée la postérité, m. ib. v, l. Mes exemples un jour ayant fait place aux vôtres, ID. Sertor. m, i. Je dois un autre exemple et je viens le donner, VOLT. Ali. V, 7. On n'a droit de faire mourir, même pour l'exemple, que celui qu'on ne peut conserver sans danger, J. J. bouss. Contrat, ii, 6. Il Personne du sort ou des actions de laquelle on peut tirer enseignement. Ce déplorable chef du parti le meilleur.... Devient un grand exemple, et laisse à la mémoire Des changements du sort uneéclaiante histoire, conN. l'omp.i, t. Quel exemple terrible ne suis-je pas pour les rois? kén. Tél. IX. Il II est l'exemple de ses condisciples, de sa famille, il se conduit de manière à servir d'exemple à ses condisciples, à sa famille. || Kaire un exemple de queNjunn, le faire servir d'exemple, le punir pour apprendre aux autre.> les peines auxquelles ils s'exposeraient s'ils cummeliaien lies mêmes fautes. Soit qu'il [Clntaire IIJ fût mal habile, ou qu'il fdt forcé par les circonstances, il se rendit accusateur de Uruneliault et fit faire de cette reine un exemple lerriMe. monilsq. £>p. xxxi, l. || Alisolument. Faire des exemples, punir exemplairement. C'est une clémence que de faire des exemples, fén. Tél. xil. Il 3* Lxemple d'une chose, celui, celle qui a éprouvé, subi une certaine chose et qui en sert aux autres il'averlissemeiit. Rome a été un exemple delà justice de Dieu, Ho^s. llitt.m, <. Il servit d'exemple à la sévère jalousie de Dieu, lo. t'b. ii, 3. Exemple infortuné d'une longue constance, rac. Béren. i, si. Adieu; servons tous Mois d'exemple à I univers De l'amour la plus tendre et la plus malheureuse, lu. ib. V, 7. [ô ciel] J'élais né pour servir dcxeuiple h taculi:re, lu. Andr. v. 6. || 4' Chose pareille à la chose ilonl il s'agit, ô vertu sans exemple! ô clémence qui rend Votre pouvoir plus jusie et mon crime plus grand! corn. Cinna, v, S. C'est une im|iiijtéqui neut jamais d'exemple, m. Poly. w, 3- L'une et l'autre a pour moi des uialheurs sans exemple. ID. Rudog. V, 6. Où il t'est passé tant de cbo-
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geg si hors d'exemple, pasc. Prnv. t. U »'en trouve des exemples [do la moquerie] dans les discours de Jésng'Christ même, id. t'b. 41. Vengeance dont le monde n'avait vu encore aucun exemple, BOSS. Hiit. II, 8. Votre exemple n'esl pas une régie pour moi, RAC. Kiihr. I , a. J'ajouterai encore que, si un eiem- [de est nécessaire pour faire eniem're une pensée, ce n'esl pas par la pensi'e qu il faut commencer comme on fait commuiiémeni, c'est par l'exemple, CONDIL. Art d'écr. iv, 2. || Kxemple que.... fail qui prouve que.... J'avoue que j'ai vu dans nos histoires des exemples qu'on a payé de son bien une erri'ur. qu'on a cédé sa maliresso, volt. Zadig, ». Il 5* Passage d'auteur qui sert à prouver quelque fait de langue. Vous ave/ vu dans son projet qu'elle [l'Aculémie] ^e proposait de donner non-seulement des règles, mais encore des exemples, et d'examiner très-sévèrement ses piojnes ouvrages, pelmsso.s, Hiil. Acod. m. Il faut d"al>ord , dans un dictionnaire, déterminer le sens général qui est commun à tous ces mots; et c'est la souvent le plus difficile : il faut ensuite déterminer avec précision le sens, l'idée que chaque mot ajoute au sens général, et rendre le loul sensilde par des exemples courts, clairs et choisis, d'alemb. Hél. titl. Œuvres, t. m, p. (93, dans pouoENS. || 6° Moille d écriture. Un bel exemjile d'anglaise. C'est une belle main qui trace des choses ins gnifianles dans les plus beaux caractères; un bol exem le de Hossi'.:niil ou de Kocellet, niDEBOT, Salon du 4707, Œinrex, t. xiv, p. 06, dans pouoens. || U se dit aussi des lignes que l'écolier forme sur ce mudèle. Faites votre exemple. Il 7" Par exemple, loc. adv. Il s'emploie pour expliquer ou confirmer ce qu'on veut dire. Par exemple, il est certain que.... Il n'y a lien, par exemple, que l'on puisse comparer à éaint Augustin que Platon et Cicéron, la bhuy. xvi. || Sorte d exclamation familière qui exprime l'étonnement, la surprise, avec une idée de négation. Par exemple! voilà qui est fort. Vous avez l'air furieux? — Moi, par exemple! pas le moins du monde. Hestez-vous à Paris? — Certainement. — Retournez-vous à Senlis? — Par exemple! 118° i l'exemple de, Inc. prépos. Par imitation, pour se conformer à. X l'exemple de ses ancêtres. Jedevais, à l'exemple d'Apollon, enseigner.... FÉN. Tél. II. Je crois qu'à mon exemple, impuissant à trahir, U hait àco^ur ouvert ou cesse de haïr, raC. Bri(. V, 4.
— REM. Exemple a été fait plus d'une fois féminin. Dire que cette exemple est fort malas-oriie, RÉGNIER, Sat. X. Aujourd'hui il est constamment masculin; cependant le féminin s'est conservé longtemps dans le sens d'exemple d'écriture, et 1 Académie dit encore aujourd'hui que pliisio'irs personnes font, en ce sens, exemple du féminin. Mais il n'y a aucune raison pour conserver cette anomalie.
— Ilisr. xi" s. Mauvaise essample nen serat jà de mei, Ch. de Rnl. lxxvii. || xii* s. Cil qui par son essample aitrail les altres à luissor et à pcrece, st- BERN. 5B7. Touie la cour, qui moi.ll est ample, Preni à l'empereOr exemple De lui honorer et servir, GAUTIER d'arras. Brades, 4887. Où li autre puissent apiendre Et aucliun (aucun) biel example prendre. Lai d'Ignaurès. \\ xiii* s. Pource que vous et vostre frère et les autres qui l'orront y puissent prendre bon exemple, joinv. 193. Segiior et dames, prendons garde as apostoles, et, à lor exemple, plorons no» peciés en cest siècle, maurick te sully. Sermons, dans Arch. des missions sctenl. t. v, p. (62. Il xtv* S. Or povés vous bien tnit et savoir et entendre, Dist li dus, à quel fin cis exemples puel tendre, Cirarl de lloss. v. 2n27. || xv s. Et les fit tantosl et sans délai tendre, afin que les autres y prissent exemple, froiss. i, i, 274. Et fut tout le premier qui, par son lien faire, bon exemple donna aux autres, Dnucic. Il, 22. || ivi' s. Nouble exemple de la forcenée curiosité de nostre nature, mont, i, 43.
— ÉTYM. Provenç. exemple, eixample, eyssainple, essemple, ishainple; espagn. ejcmplo ; iial. esempio; du latin exemplum, d'origine incertaine. On a proposé ea-irniTc, tirer hors, de sorte que exemplum serait proprement un échantillon: mais la dérivation a fait difliciilté; cependant on a cité des exemiiles d'un suffixe lum, lo, en Litin et en grec, suftixequi, réuni au p de exemplum, donne rail le mot. Paisgrave, p. », au xvi* siècle, dit qu'on prononce etufmpte.
1. EXEMPT, EMPTK (è-gzan - gian -f), adj Il !• Oui n'est point assujetti A. Être exempt du service militaire. Etre exempt de la taxe. Tous le disent exempt de la rigueur des lois, rotr. Venctl. V, 8. Il U est evempi de bien faire, se dit par raillerie d'un homme qui se tient oisif pendant que ses
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compagnons travaillent. || Fig. Par les muses seulement L'homme est exempt de la parque, malh. ii , s. Le dieu qu'on nomme Amour n'esl pas exempt d'aimer; X son (lambeau quelquefois il se brUle, la PONT Psyché, l, p. 22. Ô vous dont les grands noms sont exempts de la mort, louis rac. ttelig. u. On ne plaint jamais dans autrui que les maux dont nn ne se croit pas ei»rnpt toi- même, j. ;. rousS. Ém. IV. Il Dispensé de. L'on s'est trouvé exempt de charger l'ouvrage de longues obsc-rvations, la hbot. Disc, tur Tliéophr. || 2* Oui n'a pas soulTeit de, qui n'éprouve pas. Exempt d'ambiiion, de faste, d'avarice. Cniis-tu les gensdu monde exempts d'inquiéiiideT Ne vois-tu rien pour eux ni d amer ni de mile? CORN. Imil. ut, 42. Le sage vit exempt d'un tribut si funesie [l'ambition], la font. Plii'ém. el llaucis.X mesure qu'ils se justifiaient de l'une |impiitation], vos pères en substituaient une autre, afin qu'ils n'en fus.sent jamais exempts, pasc. Prnv. 47. Exempte des soupçons dont je suis tourmentée, «.vc Hnjax. IV, 4. L'imbécile Ibrahim, sans craindre sa naissance. Traîne, exempt 'le péril, une éternelle enfance, ID. Bijax. i, i. Klle avoua qu'il avait des défauts doni Cador était exempt, volt. Zadig, u. Il II se dit de même des choses. Un ouvrage exempt de d.^fiuts. Sa conduite n'apasétéexempieile liUme. Je lui garde une Ibimine exemple uinlamie, coBN. Pomp.ii, 4. Vous avez peidiice- conrolaiioiisqui par un charme secnt fai-aienl oublier les maux ilont la vie humaine n'esl jamais exempte, boss Anne de Gont.
— lllST. xni* s. ÏH Jol. m de Beaumont dit que chasciin d.)it motrer (montrer) qu il soil exaiis, c'est à dire qu'il n'esl pas du poer (pouvoir) k celui juge, L'i.dejutl. 88.||xv' s. De l'escot s'en yra exent, Moyennant qu'il montre ce livre, viLLoN, llepuet franches. || xvi' s. Voyez-le bien (mon cœur], il est, certes, exempl De faux penser, feiiiliNe ou trahison, mahot, I, Ss2. Vie exempte d'afdiclion, MONT. I, 219. Aiilcuiie partie n'est exempte de corrnptinn, ID. iv, 19».
— f.TVM. Provenç .exempt , exem ; espagn. cxento; portug. t'sen(o;ilu lat.n excnipius, exempté, retiré, de eximere, retirer, de ex, et emere, prendre, recevoir.
2. EXE.MPT (è-gzan : le » ni le p ne se lient : un è-gzan inielligent; au pluriel, l't se lie : des è-gzan-i inleliigent.s). s. m. || !• Autrefois, sous-officier de cavalerie qiiicnmmanilait en l'alisencedu capitaine et des lieutenants; ainsi dit parce qu'il élail exempté du service de cavalerie ordinaire Je vis sornr U. le duc de Chartres d'une porte de derrière de son appartement, suivi d'un seul exempl des gardes de Monsieur, ST-siM. Ii , 43. || 2' Officier de police, ainsi dit parce que des exempts de la cavalerie commandaient les escouades de la maréchaussée ou des gardes de la Prévôté de l'Hôtel qui procédaient aux arrestations. U fut arrêté par un exempt île pobce. Par les soins vigilants de l'exempt Eaiafré Ton affaire allait bien, le drôle élail coffré, mol. l'Él. v, 4. Il 3* Ecclésiastique qui n'est point soumis à U juridiction de l'ordinaire.
— F.TYM. Le même que le précédent EXE.MPTÊ, ÉE (è-gzan-lé, tée), part, passé.
Exempté du service mililaiie pour cause d'infirmité. EX EMPTEK (è-gzan-té) , t). a. || 1* Itendre exempt, affr.inchir d'une chose obligatoire. C'était la coutume d'exempter les empereurs de la gêne de certaines lois civiles; ainsi Auguste fut exemple de la gène de la loi qui limitait la faculté d'affranchir, montesq. Esp. xxiii, 2t. Il 2" Préserver, garannr. Et daigne son courroux (du ciel), me preiiani seul en nulle, M'exempler par ma mort ue pleurer votre chute, MAlH.Sophon. 1, 4. || DiS|>«nser. Exerr.pt-isa valeur d'un si iriste avantage. KiC. Alex, u, 4. Au lieu que ief 'ntnrtunés en personne exigeraient do nous des soins, dessoulageinenls, des consuiatiolU, lies travaux qui pourraient nous associer à leurs peines, qui coHieraieni du moins à noire indolence et dont nous sommes bien aises d'éire exemples, J. J. Rouss. un. à d'Alrmb. || 3* S'exempter, v. réfl. S'ôler une chose obligatoire. U s'est exempté de loule responsabilité. Ii ne faut pas s'exempter dr crainte par cette doctrine commune que l'on ne perd la grAce que par un péché mortel, ei que l'on ne se souvient pas d'en avoir commis, nicols Est morale, 3' traité, ch. 6. || Se dispenser. Aurait-n pu s'exempter de prêter son carrosse! aurais-je pu refuser de le prendre? Marivaux. Unntm-e,\<»n. »•.
— Hisr. XIV* s. 1res ciller fils en Dieu, co.nme par ton chevaucheur porteur de ce.-tes (lettre.s), tu nous eusses moult affectueusement escrit que l'egbse lie Paris vouleissions exempter de r.irchevesi|ue de Sens [ériger en archevêché), Lett. de Grégoire AI à CharUt K, dans Uùt. lilt. t. xxiv, p. 4«7. jjxri't.
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On n'a pas exempté d'ambition l'intention de Pompeiiis au gouvernement des affaires, mont, iv, 62. Je suis seur qu'ils auront mon labeur agréable, et l'exempteront de toute calomnie, PAUS, a, a* diso.
— ETYM. Exempt t.
EXKSIPTION (è-gzan-psion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Dispense, alTranchissement d'une charge, d'une obligation. F.xemplion de service. Donnes des exemptions aux familles qui augmentent la culture, FÉN. TH. xii. La noblesse était exempte d'une partie des taxes; cette exemption absurde.... CONDILLAC, Comm. gouv. part, ii, ch. *t. \\ Privilège de certaines abbayes exemptes de lajuridiction desévêques et ressortissant, par d'anciens privilèges, immédiatement au saint-siége. Un autre mémoire qui soutenait les droits de l'archevêque de Paris contre les exemptionsque prétend l'abbayede Saint- Germain des Prés, fontkn. du Ilamel. \\ Terme de cla.sse. Petit certificat que le maître donne à un écolier quand il est satisfait de lui, et à l'aide duquel l'écolier peut se racheter de quelque punition ou obtenir une sortie de faveur. Il a trois exemptions. || Fig. Ëlat où l'on n'est pas .sujet à. où l'on est délivré de. Cette paisible tranquillité qui les rend heureux par l'exemption des peines plutôt que par le goût des plaisirs, J. J. Rouss. Hél. i, 23.
— ETYM. Provenç. exemplio; espagn. exencion; ital. escnzinne ; du iat. exemptionem, de exemplum , supin de eximere (voy. exempt >).
EXEQUATUR (è-gzé-koua-tur), s. m. \\ l' Terme de pratique. Ordre ou permission d'exécuter. Il F'ormule par laquelle une sentence d'arbitres ou un jugement rendu par un tribunal étranger est rendu exécutoire. || 2° 'ferme de diplomatie. Autorisation accordée à un agent étranger d'exercer ses fonctions dans le pays. Ce consul a reçu son exequatur. Il Au plur. Des exequatijr.
— ÊTYM. Lat. exsequatur, qu'il exécute, de exsequi (voy. exécuter).
+ EXKRÇAXT. ANTE (è-gzèr-san, san-t'), adj. Qui exerce, qui pratique. La pharmacie exerçante.
EXERCÉ, ÉE (è-gzèr-sé , sée) , part, passé. !| 1° Dressé, formé. Des soldats exercés aux manœuvres. Il Fig. Carthage, enrichie par son trafic, voyait tous ses citoyens attachés à leurs richesses et nullement exercés dans la guerre, boss. Ilist. m, 8. Un peuple qui est exercé à la vertu, fén. Tél. v. Il 2" Devenu habile par l'exercice. Une main exercée. Un esprit exercé voit, dans un sujet qu'il médite, une multitude de rapports que nous n'apercevons pas: comme les yeux exercés d'un grand peintre démêlent en un moment, dans un paysage, une multitude de chcses que nous voyons avec lui et qui cependant nous échappent, condill. Log. i, 2. Il 3° Pratiqué. Les professions exercées dans les villes. Le pouvoir exercé d'une manière glorieuse par le ministre. Sur qui sera d'abord sa vengeauce exercée ? RAC. Baj. V, t.
EXERCER (è-gzèr-sé. Le c prend une cédille devant a ou 0 : exerçant, nous exerçons), ». a. Il 1" Dresser, former, par certains mouvements réguliers. Exerce' des conscrits au maniement des armes, des écol.ers à la gymnastique. Végèce recommande qu'on exerce les jeunes soldais à porter un poids de plus de 45 de nos livres outre leurs armes, H0I.UN, Ilist. anc. Œuvres, t. xi, 2' part. p. 4«4, dans POUGENS. C'est surtout à cause de l'Ame qu'il faut exercer le corps, j. j. rouss. Gouv. de Pologne, ch. 3. Il 11 se dit des animaux. Exercer un cheval. Exercer des chiens à la chasse. || 2° Mouvoir, pour mettre ou tenir en état de mieux faire certaines fonctions. Exercer ses bras, ses jambes. Il Exercer son bras, sa vigueur, user pleinement de sa fnixe musculaire. Sans-Quartier [Fréron] brillait d'exercer sa vigueur sur l'infortuné Faible-sot [Palissot] . GiLB. le Carnacal des auteurs. \\ S'exercer, exercer à soi-même. S'exercer les doigts sur le piano. Il 3° Fig. 11 se dit des choses intellectuelle.s et murales. Exercer des écoliers à la composition Exercer des acteurs. Exercer la mémoire d'un enfant. Exercer à la patience, à la tempérance. J'ai voulu dans la guerre exercer ma jeunesse , VOLT. J/e'ropc , i, 2. Un esprit qu'on n'exerce à rien devient lourd et pesant dans l'inaction, j. j. rouss. Uél. V, 3. Il Exercer sa plume, son éloquence, ses talents, employer sa plume, son éloquence, ses talents. Voilà un sujet sur lequel vous pourrez exercer votre plume. C'est le cas d'exercer votre éloquence. || Il prend aussi un nom de chose pour sujet. Cela exerce l'esprit, l'intelligence. 114" Mettre à l'épreuve. Exercer la patience de quelqu'un. Tous ces défauts humains nous donnent dans la vie Des moyens d'exercer notre philosophie, mol. ilis. v, l
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.lob, qui, livré entre les mains de Satan pour Stre exercé par toute sorte de peines, boss. Ilist. ii, 3. Pour exercer leur vertu ou ranimer leur vigilance, MASS. Car. Lazare. || Dieu se plaît à exercer les bons, les gens de bien, c'est-à-dire il leur envoie des afllictions pour mettre à l'épreuve leur patience, leur résignation, ô Dieu qui ne laissez subsister le monde et toutes choses du monde que pour exercer vos élus, ou pour punir les péclieurs, pasc. Prière pour lus. des maladies.W S° Pratiquer une profession, nn métier. Exercer la médecine. 11 vient nous dire des injures à tous deux, en méprisant la danse que j'exerce et la musique dont il fait profession, MOL. Bourg, gent. u, 4. Il Exercer une charge, en faire les fonctions. Il On dit de même exercer la piraterie, le brigandage, se livrer à la piraterie, au brigandage. || U se dit absolument soit en parlant d'une charge, soit en parlant d'une profession. Ce notaire a vendu sa charge après avoir exercé peu de temps. Ce médecin n'exerce plus. Il Gérer, administrer. Il a exercé de très-hautes fonctions. Il exerça l'autorité souveraine, BOss. Uist. I, (1. Il me lai.sse exercer un pouvoir inutile, rac. Bajas. i, t. || 6' Mettre en effet, donner elTet. Ce sera par lui-même que le peuple exercera ces actes de souverameté [combattre son roi] , encore qu'on ait supposé qu'il n'en peut exercer aucun, boss. Var. 5' avert. § 49. || Exercer la police, faire oliserver la police. Les magistrats avaient de la peine à exercer la police, montesj Esp. XXV, 3. Il Fig. Exercer la police, surveiller attentivement. Il Exercer son droit, ses droits, un privilège, en user, les faire valoir. || Exercer une grande surveillance, une surveillance .active sur quelqu'un , sur quelque chose , surveiller attentivement quelqu'un ou quelque chose. || Fig. Exercer un grand empire, exercer de l'ascendant, exercer de l'influence, une grande influence, etc. avoir beaucoup d'empire, d'ascendant, d'influence. Il Exercer uneaction sur, influer sur. Cet homme exerce de l'action sur le peuple. || Exercer une action, produire un effet, avec un nom de chose pour sujet. L'action que la lumière exerce sur les plantes. Il me semble qu'on peut former quelques doutes sur le rapport établi par Newton entre les forces que le soleil et la lune exercent sur la terre, d'alemb. Introd. précess. équin. Œuvres, t. xiv, p. 56, dans pouGENS. || Mettre en usage. Il laisse en son offense Une matière au roi d'exercer sa clémence, BOTR. Àntig.iv, 4. Elle exerce la vertu de libéralité, sÉv. 284. Les Cretois sont les peuples du monde qui exercent le plus noblement et avec le plus de religion l'hospitalité, fén. Tél. v. || On dit de même exercer des actes de libéralité, de clémence. Il U se dit aussi , dans un sens analogue , dd la violence, de la cruauté, de la colère, etc. Je prendrais plaisir à exercer sur lui toutes les cruautés que je pourrais imaginer, mol. la Princ. d'Él. m, 6. Un loup rempli d'humanité.... Fit un jour sur sa cruauté, Quoiqu'il ne l'exerçât que par nécessité. Une réflexion profonde , la font. FaU. x, «. [Térée quil Exerça sa fureur sur vos divins appas, ID. tb. m, 15. La dure et impitoyable vengeance qu'il \Dieu] voulait exercer sur eux (les Amorrhéens] par les mains de son peuple élu, boss. Uisl. il, 3. Je donne plein pouvoir à tous ceux qui ont tant critiqué mon ode sur Namur d'exercer aussi contte ma satire toute la rigueur de leur critique, boil. Sal. %, Avertissement. Hé! laissez-les entre eux exercer leur courroux, bac. Bajai. iv, 7. Nous ignorons si M. de la Chaussée exerça, en effet, cette vengeance de l'injure qu'il avait reçue, d'alemb. Acad. franc, v, p. 443. || On dit de même exercer des actes de cruauté. || 7T. n.Ilsedit, absolument, des commis dufiscqui vont chez certains marchands constater ce qui est soumis aux droits indirects. Les droits réunis s'en viennent au milieu d'une fête de village exercer (c'est le mot , nous appelons cela vexer), p.l. coub.i, 267. || On le dit aussi activement. Exercer un cabarelier. Et après avoir exercé, en la présence de .sa femme, toutes les boissons qui étaient dans leur cave, sans y trouver aucun débit, Arrêt du Conseil d'État, 25 oct. <72.3. ||8" Terme de pratique. Exercer un droit, une action , agir en vertu d'un droit, d'une action. Exercer les droits de son débiteur. || 9° S'exercer, u. réfl. Se préparer, se former par des mouvements réguliers. S'exorcer à faire des armes. Étant accoutumés à coucher sur la teire, i s'exercer beaucoup, à m.anger sobrement, TRISTAN, Panlhée, iv, 2. \\ U se dit aussi des membres, des forces. Son industrie [de l'esclave J est étouffée, son âme abrutie ; et ses forces ne s'exercent jamais dans toute leur élasticité, volt. Diet. phil. Vropriilé. || Par extension. S'exercer à la patience.
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Atjsentede la cour, je n'ai pas dû penser, Seigneur, qu'en l'art de feindre il fallût m'exercer, bac. Brit. II, 3. Le talent de la parole dans lequel il [Périclès] s'était heureusement exercé sous Anaxagore, hollin. Huit. aiic. Œuvres, t. m, p. 381, dans pouGENS. Ils s'exercent sur les sujets que j'ai traités, BARTHÉL. Anach. ch. 8. Il 10" Prendre pour objet de ses attaques, de ses efforts. Leur critique s'exercera sur ce livre. Mais que vos yeux sur moi se .sont bien exercés I bac. Andr. i, ♦. La jalousie et l'émulation s'exercent sur le même objet qui est lo bien ou le mérite des autres, la bruy. xi. La satire s'exerçait à ses dépens, iiamilt. Gramm. 8. || H* Etre pratiqué. La fraude s'exerce impunément. La bienfaisance s'exerce de tous côtés. La guerre aussi s'exerce en son empire [de l'Amour], la font. Confid. Le meurtre s'exerçait avec impunité, boil. Art p. IV. Il 12° Il se dit des choses intellectuelles ou morales misesà l'épreuve, en mouvement. Vois si ma patience adequoi s'exercer, rotrou, Aniig. m, 4. Il faut que la sensibilité de l'ànie s'exerce; et, si elle n'a pas un objet véritable, elle s'en fait un fantastique, mar- MONTEL, Cont. mor. Mari sylphe. Votre curiosité s'exerce indifféremment et sans choix sur tous les objets qui se présentent, genlis , Thédt. d'édue. la Curieuse, i, <.
— HIST. xiv s. Dans [le seigneur] Jehan de Brene, nlaideur de Ponligny, seoit comme juges, et tenoit ses plais, et exerçoit juridiction, du canoe, placitare. De qiioy exercer les œuvres de libéralité, oresme, Eth. toi. Il XV* s. Bien montez et bien armez et qui jà avoient exercé le fait de la guerre, comm. iv, i. \\ xvi' s. Cette force, je leusse prinse en moy mesme si on m'y eust exercé, mont. I, (44. Les uns s'y exercent le corps, id. i, fn. Exercer les arts, les sciences, id. i, 180. Exercer d'is vengeances, id. m, 80. Exercer un mestier mec.ianique, amyot, Lyc. 52. Exercer la charité envers quelqu'un, ID. Arist. 87.
— ÉTVM. Provenç. exercir; espagn. exercer; ital. esercere; du latin exercere, de ex, et arcere, contenir, c'est-à-dire tirer de , déployer, libérer. On a beaucoup dit, dans la zvi* siècle, exerciler, tiré du latin exercitare.
EXERCICE (è-gzèr-si-s') , s. m. || !• Action d'exercer quelqu'un à quelque cnose ou de s'y formersoimême. Cela ne s'apprend que par un long exercice. Bientôt il devint grand, robuste, agréable et adroit à tous les exercices du corps, fén. Tél. xxiv. Tous ces exercices durs et pénibles tendaient à leur procurer une forte et robuste santé, capable de soutenir les fatigues de la guerre, à laquelle ilsélaieutdestinés, BOLLiN, Ilist. anc. Œuvres, t. u, p. 545, dans POUGENS. || Fig. Des sièges, des combats servirent d'exercice à son enfance, flécii. Tur. Il 2° Terme de guerre. L'action d'exercer, des'exercer au maniement des armes et aux évolutions. L'exercice du fusil. Aller à l'exercice. Il lui a appris à faire l'exercice du mousquet et de la pique, sÉv. 6h6. Nos soldats commencent à faire l'exercice de bonne grâce, id. 565. Mais pour vous tous, jeunes soldats. J'étais un père à l'exercice, bérang. Vieux caporal. || Exercice à la prussienne, sorte d'exercice introduit dans les armées prussiennes dans le xviu' siècle et imité ailleurs. Il n'est pas nécessaire que les mères aient fait l'exercice àla prussienne, j. j. Bouss. Ém. V. ii Exerciceà feu, exercice où l'on apprend aux soldats à tirer. Autour de nous toute l'Europe en armes fait l'exercice à feu, p. L. couB. u, (09.(1 Terme de marine. Répétition ou apprentissage de tous les mouvements qui peuvent se faire sur un vaisseau. || 3" Il se dit des mouvements par le.squels on exerce le corps. Le jeu du billard est un bon exercice. La sueur vient quand on fait de l'exercice, desc. Pass. t29. En faisant de l'exercice, je reposerai mon esprit, sÉv. 479. || Mouvements involontaires ou provoqués auxquels se livrent les animaux, sans autre but que le mouvement même. [| 4° Il se dit des exercices du corps soumis à certaines règles et que l'on apprend à bien exécuter, tels que monter à cheval, danser, etc. Les exercices de la gymnastique. L'exercice de l'équitation. Il réussit dans cet exercice. La plupart de ces exercices n'ont plus d'autre objet que les agréments; au lieu que, chez les anciens, tout, jusqu'à la danse, faisait partie de l'art militaire, montesq. Rom. 2. Il Au plur. L'ensemble de ces exercices. Son père [à Alexiovitz] n'a jamais voulu qu'il fît ce qu'on appelle ses exercices, volt. Russie, ii, 3. || 5° Fig. et familièrement, peine, fatigue, embarras. Le démon des combats vint troubler l'univers; Un pays contesté par des peuples divers Engagea Télamon dans un dur exercice, la font. Filles de Minée. Le sage
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roi Gélon, et puis le tyran Denis, leur avaient donné (aux Cartlinninois] bien de l'exercice, fBn. t. XiX, p. 280. Il 6- Il se dit aussi de ce qui exerce l'esprit, les facultés. L'exercice de la mémoire. Dans l'ôge mûr la pui.ssancede réfléciiir est en entier exercice. J'ai prouvé qu'il n'est aucune de nos facultés spirituelles dont l'exercice ne tienne à celui de nos organes. BONNET, Kis. anal, dme, ch. 24. ||7° Terme de collège. Conférences où les écoliers répondent sur certaine!! parties des humanités. Soutenir un exercice, jj Exercices publics , conférences qui se fai.saienl dans les hautes écoles. 11 [le Tellier] rélalilit les études, et fit revivre dans les écoles du droit ces exercices publics et solennels, et ces rigoureu.ses épreuves qui feront refleurir les lois et l'éloquence do nos pères, fléch. le Tell. Il [M. l'abbé rie Louvois I fit des exercices publics sur Virgile, Homère et Tliéocrite , qui répomlirent à une si excellente éducation, fonten. AbOé de iMirois, Il Dans les classes, exercices au tableau, les exercices de traduction ou do calcul quo l'élÈvo fait à la craie sur un tableau noir, sous la direction du professeur. || Il se dit aussi des devoirs ou compositions donnés pour familiariser l'élève avec les règles. Les tlièmes, les versions, les analyses sont d'excellents exercices pour apprendre les langues. Il 11 se dit enfin des livres qui contiennent les exercices. || Auplur. Il.se dit de ce qui fait l'occupation habituelled'une compagnie. Exercices académiques. Il 8° Terme de musique. Morceau composé pour familiariser un exécutant avec une des diflicultés du chant ou de l'instrument. Exercices pour le trille, pour le coup d'archet, pour lo double coup de langue (sur la flilte). || 9' 11 se dit des choses morales qu'on met en pratique. Les édifices consacrés i, l'exercice du culte. ïhéodonc, roi des Oslrogoths, qui laissa, quoique arien, un assez libre exercice à la religion catholique, Boss. llist. i, <i. On mettait dans cet entretien [des Lévites, par dîmes et oblationsj un des principaux exercices de la religion et le salut de tout le peuple, id. Polit, vu, v, 4. Jamais monarque feut-il de plus grandes entreprises à conduire que l'incomparable saint Louis, et néanmoins jamais homme fut-il plus appliqué et plus fidèle aux exercices de la religion? bouboal. U* dise, après la Pentecôte, Domin. t. m, p. 408. Elle m'admet quelipielois à ses exercices de piété, k\in- TENON, Lett. à Urne de Frontenac, <78o. Tout profane exercice est banni de son temple, rac. Athal, m, 7. Il Exercices de pénitence. Passant les années entiÎTes dans l'exercice des jeûnes , des macérations , des prières, mass. Car. Élus. || Exercices spirituels, certaines pratiques de dévotion qui se font dans les communautés religieuses où l'on se met en retraite. || 10" Occupation. Selon ces principes [du quiétisme] , il [ le I'. Falconi ] reprend ceux qui croient que les exercices de la vie liumaine interrompent l'acte d'amour continu , BOSS. État d'oraison, i, ib. Tout autre emploi, tout autre exercice (que la guerre] leur était interdit : arts, belles-lettres, sciences, métiers, culture même de la terre, rien de tout cela ne faisait leur occupation et ne leur paraissait digne d'eux, bollin, //i.ç(. anc. (Kuw. t. iv , p. 6B3 , dans pouoens. Il 11' Action de faire ce qui est d'une fonction, d'une charge, du pouvoir. L'exercice d'une profession, du pouvoir. Le pontife rentre en exercice avec tous les prêtres, Boss. Wisl. ir, 4. Voyons-le dans l'exercice ordinaire de sa charge, flRch. iam. \\ Etre dans l'exercice de ses fonctions, remplir actuellement les fonctions d'une charge, d'unemploi. |{ Plus spécialement, il se dit d'une charge, d'un emploi dont les fonctions sont remplies par deux ou plusieurs personnes qui alternent, qui se succèdent. Entrer en exercice. C'eiit son année d'exercice. || 12" Action d'user d'un droit. L'exercice d'un privilège. || 13° Collège de plein exercice, collège où les classes comprennent jusqu'à la philosophie inclusivement, avec les classes de mathématiques qui s'y joignent. || 14° Terme de finance. La perception et l'emploi des revenus publics relativement à chaque année. Cela e.st compris dans l'exercice courant. L'exercice de 1 864. L'exercice de l'année est clos le.... j) Terme d'ancienne administration. Exercice pair, se disait des comptes des années dont le chiffre est un nombre pair, comme 4724, 4726. Exercice impair, compte des années impaires. Il 15* Visite des commis chez certains marchands pour la perception des droits indirects. On se plaint partout et avec raison de la supercherie et de l'infiilélitéavec laquelle les commis des aides font leurs exercices, vauban, Dime, p. «1. El par l'exercice des boissons de la cave n'ayant trouvé que peu de débit, ÀrrM du cortseil d'État, 36 oct. iTii.
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— REM. Prendre do l'exercice, qui est fort usuel, est condamné parles grammairiens qui rer.ommandent de dire : faire de l'exercice. Cependant pourquoi ne dirait-on pas prendre de l'exercice, puisqu'on peut comparer, en ces cas-là, l'exercice à un remède qu'on prend? En tout cas prendre de l'exercice est ancien, et on le trouve dans Hégnier : Je prends de l'exercice au prix de ma santé, ÉpU. ii.
— (IIST. xiii" s. L'usaige et l'exercice des armes, j. DE MEUNO, Yigice, I, î8. Il XIV" s. Pour les esbatemens et eiercites, oresub. Thèse de meunier. Il XVI" s. Les exercices du corps, leseiercices de l'esprit, MONT.I, IBO. M. la prince de Condécsloi ta Paris pour l'establissemeiit de l'exercice public [de la religion réformée], suyvant l'edictdu roy, LANOUE, 646,
— ÊTYM. Provenç. exercici, exercisi; espagn. exercicio; ital. eserciiio; du lat. exercilium, de exerrere, exercer.
t EXlvKCITANT (è-gzer-si-tan) , t. m. Celui qui fait l'exercice de la retraite spirituelle.
— ETYM. Lat. ez»rct(an<, d'ezerctfarc, fréquentatif d'exercere, exercer.
+ EXKUCITATION (è-gzèr-si-ta-sion) , ». ^. Terme vieilli. Dissertation en forme de dispute. Exercitation philosophique.
— HIST. XIV* s. Et ne se peut faire sans très grant difficulté et grant peine et par longue exercitation [exercice], ohesme, Elh. 74.
— ÊTYM. Provenç. exercitacio ; espagn. exercitacion ; ital. esercitmione; du lat. exercitalionem , de exercitare, fréquentatif de exercere (voy. exeiiceb).
EXÉUÈSE (è-gzé-rê-z'), s. f. Terme de chirurgie. Opération par laquelle on enlève du corps tout ce qui lui est inutile, étranger ou nuisible.
— ÉTYM. 'ESaipsit?, de éJaipEiv, retirer, de iÇ, hors, et atpêïv, prendre (voy. iiêbêsie).
EXERGUE (è-gzèr-gh') , s. m. Petit espace hors d'oeuvre, qui se pratique dans une médaille, pour y mettre l'inscription, la date. Cet exergue est trop petit. Une médaille [le talisman fait pour Catherine de Médicis] ayant dans l'exergue le nom d'Oxiel, VOLT. Kœurs, «73. || Le mot, la devise, la date, qui se trouvent dans cet espace.
— ÉTYM. "EÇ, hors, et Ip^ov, œuvre (voy. organe) : hors de l'œuvre.
tEXFOETATION (èk-sfé-ta-sion) , t. f. Terme de médecine. Grossesse extra-utérine.
— ETYM. Lat ex, hors, et fœtare, féconder (voy. fBtus).
tEXFOLIATlF, IVE (èk-sfo-li-a-tif, ti-v'), adj. Terme de chirurgie. Qui sert à exfolier les os. Trépan exfoliatif, lame tranchante sur les boids, qui, montée sur l'arbre du trépan, servait à amincir les portions d'os nécrosés, pour déterminer une exfoliation plus prompte.
— HiST. XVI" s. Une trépane exfoliative, par laquelle se fera amputation de l'os tant et si peu que l'on voudra, paré, xvi, S2.
— ETYM. Exfolier.
EX FOLIATION (èk-sfo-li-a-sion), ». f. Soulèvement et chute de l'écorce par feuillets minces etdesséchés. Il Terme de chirurgie. Séparation, par feuilles ou par lames, des parties d'un os, d'un tendon, d'un cartilage, etc. qui sont frappées de nécrose.
— HlST. XVI* s. Tousjours nature jette une exfoliïtiond'os où la trépane aura fait sou circuit et aura
touché, PARÉ, VIII, 20.
— ETYM. Exfolier.
EXFOLIÉ, ÉE (6k-sfo-li-é, ée). part, pasti. Dont l'écorce s'en va par membranes minces. Un chêne exfolié annonce mieux celui qui lui donne la croissance qu'une colonne en ruine ne dit quel fut l'architecte qui l'éleva, chateaub. Génie, i, v, 8. Il Terme de chirurgie. Os, tendon exfohé, os, tendon qui a subi l'exfoliation.
EXFOLIER (èk-sfo-li-é), j'exfoliais, nous exfoliions, vous exfoliiez; que j'exfolie, que nous exfoliions, que vous exfoliiez, v. a. Terme de botanique. Enlever une écorce par lamelles. || S'exfolier, V. réfl.Sedil de l'écorce, qui s'en va par lamelles. Il Se dit aussi d'une substance qui s'enlève par des parties larges et minces. Ce roc est un granit tendre qui s'exfolie et dont les débris fertilisent les plantes, bern. dest-p. Étud. v. ||Se dit enfin d'un os, d'un tendon, d'un cartilage malade, dont les paities privées de vie se détachent par parcelles.
— HIST. XVI" s. Ce faisant, on aidera nature à exfolier, séparer, et jetter hors l'os corrompu, paré.xvi, 34.
— ETYM. Lat. exfoliare, de ex, hors, et folium, feuille, qui a donné, dans le type français, effeuiller.
EXHALAISON (è-gza-lè-zon), t. f. Vapeur, odeur qui s'exhale de certains corps. Exhalaison douce, agréable. Des exhalaisons fétides. De ce gouffre in-
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femal l'impure exhalaison Dans l'air atteint l'oiseau frappé de son poi.-on, uelille, Enéide, vi. Courir le danger d'être étouffé ou consumé par une exhalaison qui s'enflamme à la lueur des lampes qui éclairent le travail [dans les mines], raynal, Uist.pliil. vi, <f.
— HIST. XIV" s. Car lors, si estes vigilant, Verrez par l'air jectant, courant Une exhalaison venimeuse, Mal odorante et maligiieuse. Traité d'alch. 4 47.
— ETYM. Lai. exhalationem, lieexhalare, exhaler. EXHALANT, ANTK (è-gza-lan, lan-f), ad).
Terme d'analomie. Vaisseaux exhalants, vaisseaux dont Bichat avait supposé l'existence (faute de connaître l'endosmose et l'exosmose), pour expliquer l'exhalaison des liquides dans les corps vivants.
EXHALATION (è-gza-U-sion) , ». f. || 1" Action d'exhaler. || 2" Terme de botanique. L'action des plantes qui rendent àl'atmospbère les gaz absorbés par elles. Exhalation aqueu.se, exhalation d'eau qui se fait par les stomates. {| 8" Terme de physiologie. Action par laquelle certains fluides sont versés à la surface des diverses membranes et de la peau.
— HIST. XIV* s. Les vapeurs ou exhalations qui sunt entre nous et le solail, obesmr, Tliéte de meunier. Il XVI" s. Une exhalation de tout le corps vaporeuse et bénigne, paré, Introd. A. Muscles servant à l'expulsion de l'air, àl'eihalationdela voix, lo. i, 41.
— ETYM. Provenç. exhalacio ; espagn. exhaladon; ital. esalaiione ; du latin exhatatinnrm , de exlialare, exhaler. Dansex/ui/aûon, la finale a pris la forme française (udonem devenant aison, orationem, oraison) ; et dans exhalation, la finale est restée latine.
t EXIIALATOIRE (è-gza-la-toi-r*) , adj. Terme didactique. Qui a rapport à l'exhalation. || 5. f. Terme de salines. Appareil pour faciliter l'évaporation de l'eau.
— ETYM. Exhaler.
EXUA1.É, ÉE (è-gza-lé, lée), part.pa»»^. || 1" Dégagé, émis. Les vapeurs exhalées par ce marais. Menez te blasphémateur hors du camp [pour le mettre à mort); il ne faut point qu'on y respire le mémo air que lui, et sou dernier soupir, exhalé dodans, l'infecterait, boss. Polit, vn, v, I6.|| 2" Fig. Exprimé avec vivacité. Un ressentiment exhalé en termes peu mesurés.
EXHALER (è-gza-lé), e. a. Il l'Émettre, dégager, en parlant de vapeurs, d'odeurs. Les ruisseaux des rues exhalaient une odeur infecte. Ces montagnes de morts.... Dont les troncs pourris exhalent dans les vents De quoi faire la guerre au reste des vivants, corn. Pomp. 1, I Quels abîmes ouverts
Exhalent jusqu'à moi les vapeurs des enfers? m. Tôt». d'cr, ni, 6. Il 2* Fig. 11 se dit de ce que l'on compare aune exhalaison. Et son âme exhalait ui. soupir amoureux, b£gnier, Élég. iv. Depuis que je suis né, j'ai vu !a calomnie Exiialerles venins de sa bouche impunie, volt. Tancr. m, 3. Et du sang de Clotaire éternel déshonneur [elle eût] Exhalé sur sa race un souffle empoisonneur, leuerc. Fréd.et Br. 11, ;(. Il Exhaler son Ame, la vie, mourir. C^lui-ci, consumé de langueur et d'infirmités, voit de loin l'appareil de son sacrifice, exhale chaque jour une portion de son àme, et se sent mourir mille fois avant que d'avoir pu mourir une seule, M.\ss. Ytllart. Il exhale à présent les restes de sa vie, lehebc. Fréd. rt Bruneh. v, 4. || Évaporer. Qui pleure l'affaiblit[le ressentiment], qui soupire l'exhale, corm. Sertor. v, 3. || 8" exprimer avec vivacité; faire éclater en paroles. Dans le prologue de cette pièce, Labérius exhale sa douleur d'une manière fort respectueuse pour César, et en mime temps fort touchante, ROLLiN, llist. anc. Iiv. xxv, i, ii, 2. Cu droit d'accusation non-seulement tiendrait les gran'ls en respect, mais servirait encore à exhaler ies murmures du peuple qui, sans ce secours, pourraient se tourner en sédition, vertot, Itéiol.rom. ii, 470. Exhaler son dépit contre un mari coupable, C'est, en voulant se faire aimer, S'efforcer d'être moins aimable, IMBERT, J aloux sans amour , i,6. II exhale sa rage en hurlements horribles, delillk, Enéide. II. Mais tandis qu'exhalant le doute et le blasphème, LAMART. Méd. 1, 48. || On dit dans un sensanalogue
exhaler sa bile, sa mauvaise humeur Lorsqu'au-
trefois Horace apiès Lucile Exhalait en bons mots les vapeurs de sa bile, boil. Sat. vu. || Il peutavoii pour sujet un nom de chose. X ce nouvel affront un reste de chaleur En sanglots mal formés exhale sa douleur, corn. Pomp. m, 4. || 4" S'exhaler, V. rifl. Être exhalé. Les vapeurs qui s'exhalent le soir. L'odeur qui s'exhale d'une rose. La fumée qui s'exhale et s'évanouit dans les airs, flêch. Dauph. Il Impersonnellement. Il s'exhale des vapeurs de c« marais. || Fig. On voyait sur son visage les furie*
EXH
pplntps; et tout le venm empesté du noir Cocyte semblait s'exhaler de son cœur, kKnf.l. Tél. vu. Leurs soupirs n'osaient s'exhaler, mais leurs cœurs s'entendaient: ils croyaient souffrir et ils étaient heureux, j. j. Bouss. Ilél. m, 18. ||5« Se dissiper par l'évaporalion. L'éther s'exhale rapidement. Dans les pays froids la partie aqueuse du sang s'exhale peu par la transpiration, monte.cq. Esp. xiv, m. || Fig. 11 se dit de la vie, de l'âme. Un reste de chaleur tout prêt à .s'exhaler, bac. Phèd. i, 3. Dans la nuit du tombeau l'âme s'engloutit-elle? Tombe-t-elle en poussière? ou, prête à s'envoler. Comme un son qui n'est plus va-t-elle s'exhaler? lamart. ilcd. i, 5. Il 6' Eclater, en parlant de sentiments, de passions. Non, je n'ai point un courroux à s'exhaler en paroles vaines, moi., le Fest. i, 3. C'était en ces discours que s'exhalait ma plainte, j. b. houss. OdeSj 1, (2. Il 11 peut aussi avoir pour sujet un nom da personne. M. le prince de Conti et son fils s'exhalaient en désespoirs, st-sim. 1 1 , r28.
— HIST. XIV* s. Car l'élément du feu et d'air. Si ainsi est, doiht s'exhaler, fAlch.ànat. 6)0. ||xvi«s. Une vapeur qui exhale de tout leurcorp3,PAEe, Inir.s.
— Etym. Lat. exhalare, de ex, hors, et halare, respirer (voy. halei.ne).
EXHAUSSÉ, ÉE (è-gzô-sé, sée), port, passé. Mis haut. Eschyle dans le chœur jeta les personnages, D'un masque plus honnête habilla les visages. Sur les ais d'un théâtre en public exhaussé Fit paraître l'acteur d'un brodequin chaussé, boil. An p. m. Au nom de Dieu, ôtez de vos lettres ce Monsieur tant exhaussé, ou j'en mettrai dans les miennes un encore plus haut, id. Lett. à Brossette, 28. Il Kendu plus haut. Un plafond trop exhaussé.
EXHACSSE-MENT (è-gzô-se-man), s. m. Élévation en parlant des constructions. L'exhaussement d'un mur, d'une maison.
— HIST. XV* s. Et toul premièrement le prierez.... que les choses.... veuille bien tenir secrètes.... pour son propre honneur et exhaussement, Boude, m, 4 6. Il XVI* ^. 11 treuve puis après tous autres propos fades , bons et indignes de son exaulcement [haute position], AMYOT, Ép. moral, p. 12.
— ETYM. Exhausser; provenç. ensalsamen , essauthameni, issahamen ; anc. cat. exalçament.
EXUAU.SSER (è-gzô-sé), ». a. || 1* Elever à une grande hauteur. Jadis en Grèce on en posa Le fondement ferme et durable, Puis jusqu'au ciel on exhaussa Le faite de ce temple aimable, volt. Temple du goût. Il Fig. Les titres dont les hommes tâchent d'exhausser leur bassesse, mass. Avant, Jugem. A prix d'argent il eût exhaussé sa bassesse par l'éclat -des dignités, id. Car. Riche. ||2° Donner plus de hauteur à ce qui a déjà une certaine hauteur. Exhausser un mur. Une grande taille ne cherche point à se rehausser en exhaus.sant sa chaussure, Bûss dans lafaye, Synony. p. 729. || 3° Sexluusser, V. réft. Devenir plus haut. Ces constructions s'exhaussent à vue d'œil.
— SYN. HAUSSEE, EXHAUSSER, REHAUSSER. HaUSSer
ne marque rien de plus que de porter ou faire monter plus haut. Exhausser c'est hausser considérablement; c'est aussi donner plus de hauteur à ce qui a déjà une certaine hauteur : en ce dernier sens il est synonyme de hausser : on hausse ou on exhausse un mur; mais on voit la plus grande généralité de hausser, si l'on remarque qu'on dit hausser la main et non l'exhausser. Rehausser, c'est hausser de nouveau, hausser ce qui a baissé.
— HIST. XII* s. Car pour ^a loi esauchiercombaton [nous combattons] , Ronc. p. 71. De vasselage [vaillance] essauciez et prisez, ib. p. 80. De grant outrage faiienuls hom ne mouteplie [prospère]; Ainz se monte et essauce qui son cuer humilie , Sax. XXXII. Quant vit que il n'aura l'amur al roi Henri, Az piez lui est chau [tombé]; si lui cria merci; Fait l'a e eshaucié (élevé en dignité, en richesse], ço conut e gehi [avoua] , Th. le mart. 3j. Mis quers [mon cœur] est esleezciez [rendu joyeux], e mis fiz [mon fils] en Deu eshalciez. Rois, p. 6. |{ xiii* s. Bien fust la crestienté essaucie, non mie abaissie, viLLEH. xxxiv. Et se tant se cuide essaucier Qu'il la prengne [sa femme] riche forment [très-riche], la Rcse, »620. Or avint, si comme il plot à Nostre Seignor, que sain'e Eglise essauça et crut de jor en jor... BRUN. LAT. Trés. p. 83. Il XV* s. Pourexaulcer son nom, froiss. ii, ii, ti. Ni les seigneurs pour exaulcer leur estât n'espargnoient ni or ni argent, lE. II, II, 223. Il XVI* s Ce nonobstant, prendre n'exaucerai [je ne ferai l'éloge de prendre des dons] En mon escrit, et si confe.sseray, Que bien souvent, quand à femme l'on donne , Le refuser est chose bonoeste et bonne, harot, i, 4U2.
Exn
— ÉTYM. Provenç. esalsar, exaltar, eyssaussar; anc. espagn. exabar; du lat. exaltare, de ex, et nltns, haut (voy. ce mot). On voit par l'historique que exhausser et eiaucer sont le même mot écrit différemment : exhausser queli|u'un, lui donner de l'élévation, de l'honneur, le .satisfaire, et, par extension, exhausser ou exaucer ses vœux, les satisfaire.
t EXHAUSTION (è-gzô-stion), s. f. || f Terme didactique. Action d'épuiser. Pi.nipe d'exhaustion, pompe placée sur quelques navires à vapeur pour enlever du fond de la chaudière une certaine portion d'eau sursaturée soit de sel marin, soit de toute autre matière tenue en dissolution, legoarant. Il 2" Fig. Terme de logique. Action d'épuiser tous les cas possibles dans une question. L'induction est impossible, car elle suppo.se l'exhauslion de tous les singuliers, DinEROT, Oiiin. des anc. philos, {l'yrrhoniens). || Terme de mathématique. Méthode d'exhaustion, manière de prouver que deux grandeurs sont égales, en montrant que la différence en est plus petite que toute quantité donnée.
— ÉTYM. Lat. exhaustionem, épuisement, de ex, et hanrire. puiser.
EXHÉRÉDATION (è-gzé-ré-da-sion), s. f. Action d'exhéréder. L'exhérédation paternelle n'est point admise par le coda civil. Les exhérédations sont odieuses, pathu. Plaidoyer vi, dans richelet. Charles VI en France avait signé l'exhérédation de son propre fils, volt. Moeurs, toi. || Droit d'exhéréder. Les exhérédations obligent les enfants à conserver à leurs pères le respect qu'ils leur doivent, LE MAlTBE, dans bichf.let. Il L'élat de celui qui est exhérédé. L'exhérédation où il était le réduisait à la misère, Dict. de l'Amd. Vous aurez encouru l'exhérédation, pir. Mélrom. i, 8.
— ETYM. Lat. exheredalionem , de exheredare, eihéréder.
EXJlÊnfiDÉ, ÉE (è-gzé-ré-dé, dé»), pari, passé. Un parent exhérédé.
EXHftUÉDER (è-gzé-ré-dé. La syllabe ré prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'exhérède, excepté au futur et au conditionnel : j'exhéréderai , j'exhéréderais), ». a. Synonyme, dans le langage technique, de déshériter. Il fut exhérédé. Il Absolument. Le droit d'exhéréder.
— HIST. XVI* s. On exhereda le vray et légitime héritier, comme excommunié, Sot. Mén. p. t62.
— ÉTYM. Lat. exheredare, de ex, hors, et hères, hoir (voy. Uûin).
EXUIBÉ, ÉE (è-gzi-bé, bée), part, passé. Le passe-port exhibé à la réquisition du gendarme.
EXHIBER (è-gzi-bé), ». a. \\ i' Terme de pratique. Produire une pièce en justice. Exhiber ses titres, ses pièces, ses livres. || Familièrement. Il nous exhiba une pancarte chargée d'attestations. Nous exhibâmes aussitôt nos denrées, ce qui ne déplut point à l'inconnu, lesage, Gil Bios, u, 8. ]| 2''S'exhiber, ». réfl. Se produire, se montrer, dans le langage plaisant. Belle aurore. Je t'adore. Je t'honore, Exhibe-toi, scarron, dans le roux, Dict. comique.
— HIST. XIV* s. Le duc ne pot pas bonnement Soy exiber présentement Contre cil qui nourry l'avoit Et aidé en son boa droit, Liv. du bon Jehan, 4746. Il XV* s. En lieu d amours tant de fois exhibées. De tant d'onneurs et d'umbles révérences, G. chastf.lain. Expos, sur vérité mal prise. || xvi* s. Dieu nous a donné peu de cérémonies et aisées pour nous représenter Jesus-Christ depuis qu'il nous a esté exhibé, CALV. Instit. 96B. Amour est une chose !'acile, qui s'exhibe à tous et ne se dénie à personne. Triomphe de la noble dame, f° 224 , dans lacurne.
— ETYM. Lat. exhibere, de ex, hors, et habere, avoir (voy. avoir) : mettre dehors.
EXHIBITION (S-gzi-bi-sioii; en vers, de cinq sylliibas), s. f. Il 1° Terme de pratique. Action de produire un acte, une pièce. L'exhibition d'un passeport. Il 2* Familièrement. Action de montrer, de tirer de sa poche, etc. Je tirai de ma poche la bourse oii étaient mes doublons, et je lui en montrai une poignée; l'hôte parut trè.s-surpris de celle exhibition, LESAGE, Este». Gonz. ch. 2. || 3° Réunion, dans un lieu donné, des animaux qui concourent pour des prix ou des primes. L'exhibition diffère des concours proprement dits, en ce que, dans celle-là, les animaux n'ont pas d'épreuve à subir; aussi n'atelle lieu généralement que pour les bœufs et les moutons, Dict. gén. de méd. et deehir. vétér. || On dit da même exhibition de tableaux, etc.
— HIST. xvi* s. Nous avons en Jésus Christ une pleine exhibition de toutes les choses qui estoient figurées par les cérémonies de la loy mosaïque, CALV. Instii. 859.
— ETYM. Provenç. exhibition .• espagn. exhibi-
EXH
(l'on; ital. etibiiione i du lat. exhibitionem, de exhibere (voy. exhiber).
t EXHir.ARANT, ANTE (è-gzi-la-ran , ran-t"), adj. Uni donna de l'hilarité. La douceur exhilarante de l'harmonie, mol. M. de Pourc. i, t).
— ETYM. Lat. ezhilaraie, de ex, et hilaris, gai
(voy. HILARITE).
t EXIIORTATIF, IVK (è-gzor-ta-tif, ti-v"), adj. Terme didactique. Oui contient une exhortation. Discours exhortatif. Eloquence exhortative.
— ÉTYM. Lat. exhorlalivus, de exhorlari, exhorter. EXHORTATION (è-gzor-ta-sion; en vers, de cinq
syllabes), s. f. Discours en vue d'exhorter. Je reçois de tout mon cœur les exhortations que vous me faites là-dessus, d'étudier souvent une leçon si utile et si nécessiiira, voit. Lett. 7 1. Il ne faut pas demander s'il fit une belle exhortation, scarron, Roman corn. 1, ». C'est là qu'on jette, en passant, des maximes qui font plus d'impression que ce qu'on dit dans des exhortations préparées, maintenon, Lett. à Mme de Yiefvilte, 23 fév. (706. Autant nous devons de sévérité à l'esprit de mécontentement et de murmure, autant nous devons de patience, de discussion et d'exhortation aux doutes des âmes timorées, MIRABEAU, Collection, t. iv, p. 340. Il Exhortation religieuse, discours de piété, en langage familier, qui sa fait pour exhorter à la dévotion. Il Terme de rhétorique. Figure qui consiste à exciter les sentiments qui doivent conduire à telle ou telle action. || Fig. Ce premier succès était déjà une exhortation assez puissante.
— HIST. XII* s. Quant il font paroles d'exhortation. Job , p. 492. Il xiv* s. Se sermons, persuasions ou exhortacions souffisoient pour faire les gens vertueux, oresme. Thèse de meunier. ||xvi* s. Et par semblables parolles et exhortations aguiser leurs courages et les esmouvoir à guerre et à bataille, Ro- Xier histor. i, 4.
— ÉTYM. Lat. exhortationem, de exhortari, exhorter. On a dit exhnrtemenl et enhortement.
t EXHOKTATOIRE (è-gzor-Ia-Ioi-r') , adj. Terme didactique. Qui contient une exhortation.
—ÉTYM. Lat. ei/ior(a(ortus,deca:/ior(ari, exhorter.
EXHORTÉ, ÉE (è-gzor-té, tée), part, passé. M. de Boisrobert, exhorté par tous les académiciens et en particulier par M. Chapelain, témoigna au cardinal que l'unique moyen de terminer le dictionnaire.... PELLissON, iVùt. de VAcad. m.
EXHORTER (è-gzor-té), ». o. || 1° Pou.sser à.... par des paroles. Exhorter à la paix, à l'union. En secret dans mon cœur je l'exhorte à la fuite, corn. Pomp. Il, *. Je vous exhorte non pas à pleurer une reine, mais à imiter une bienfaitrice, flècu. ilarie- Thér. d'Autr. On exhorte les autres à faire le bien; il suffisait de le proposer à cette princesse, id. ib. Il Donner du courage pour. Exhorter des troupes avant la combat. Je lis nu'il exhorta sa femme à vivre; mais je ne lis poini qu'elle l'ait exhorté à mourir, Diderot, Règne de Claude et Néron, i, § 108. Il Exiiorter quelqu'un à la mort, l'exhorter à mourir en bon chrétien. U fallut exhorter à la mort celle qui m'avait donné la vie, genlis, Mlle de Lafayette, p. 106, dans lacurne. || Absolument. Nous sommes ambassadeurs pour Jésus-Christ, dit saint Paul, et Dieu exhorte par nous, boss. Poh't. VII, v, 13. Il Exhorter, avec que et le verbe suivant au subjonctif. Nous vous exhortons que vous ne receviez pas en vain la grâce de Dieu, BOss. u, Pénit. i. Il Exhorter, avec de et le verbe suivant à l'infinitif (plus rare que exhortera). Il l'exhortait d'entreprendre quelque chose digne de sa naissance, vaugel. Q. C. liv. m, dans richelet. Quand un académicien est reçu, on doit lui faire lecture des statuts, qu'il est exhorté de garder, pellisson, Ilist. de l'Acad. II. Lorsque David exhortait le généreux Une de retourner dans sa maison et d'y jouir, dans le repos, des plaisirs domestiques, mass. Conf. Fuite du M. Les exhortant de ne pas flétrir par une fuite honteuse la gloire du nom français, id. Conly. l'.lle m'exhorta de consulter d'habiles gens, j. j rouss. Conf. VI. Il Fig. Exhorter peut avoir rien pour sujet. U n'y a rien qui exhorta tant à savoir bien mourir que de n'avoir point de plaisir à vivre, voit. Lett. 71. 112° S'exhorter, t). réfl. Se donner des exhortations à soi-même. U [Pompée] craint que la défaite N'étouffe dans leurs cœurs [de ses soldais] l'espoir de la retraite, Et qu'ouiré de douleur en le voyant mourir, L'univers sur son chef ne s'exhorte à périr, BRP.BEUP, Pharsale, vu. Il est quelquefois diflicile de discerner le pressentiment, de l'instinct de la raison, du tact des vraisemblances; alors l'homme ferme s'exhorte et se résout; la femme et l'homme faible courent au devin, dider. Claude et Néron, i.
EXI
fi B». Il Se donner des exhortation» réciproque». Ils s'exhortèrent à se bien conduire.
— HIST. XVI' s Ce prophète parle à eulx en pnhlic. les exnorlant à la vertu et à leur debvoir,
— ÉTYM. Lat. exhortari, de ex, et hnrtari, exciter, que les grammairiens lalins disent être le fréquentatif d'horinr ; on rapproche horinr du grec 4pïum, pousser, presser, avec changement d'esprit. L'ancienne langue disait tnhorter, usité jusque dans le XVI* siècle.
KXIIUMATION (fe-gzii-ma-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action d'exhumer un corps. On m'a assuré, ce qui pourrait bien être, que l'archevêque de Paris avait fait consulier un savant canoniste, pour lui demander si Voltaire n'était pas dans le cas de l'exhumation, et que le canoniste avait répondu qu'on s'en ganlSt bien , d'alemii. Utl. au roi de l'r. t" juillet (778.
— ÉTYM. Exhumer.
EXHUMÉ, ÉE (è-gzu-mé, mée), port. poM^. Tiré de la sépulture. Un corps exhumé par anloiité de justice. Il Kig. Tiré de l'oubli. Des souvenirs fâcheux exhumés mal à propos.
EXIIUMKR (è-gzu-mé), P. a. || 1° Tirer un corps de la sépulture. Celui qui avait exhumé un cadavre pour le dépouiller était banni de la société des hommes jusqu'à ce que les parents consentissent à l'y faire rentrer, montesq. Esp. xxx, (9. || 2' Fig. Tirer de l'oubli. Exhumer de vieux litres. Cet historien a exhumé des faits oubliés jusqu'à lui.
— Ktym. lat. exhumare, de ex, hors, et humus, terre : déterrer (voy. humus).
f EXIIYMÉNINE (è-gzi-mé-ni-n'), ». f. Terme de botanique. La membrane externe du grain du pollen.
— ÉTYM. *E?, hors, et 0|ii'|v, membrane. EXIGÉ, ÉE (è-gzi-jé, jée), part, pasié. Réclamé
comme dil. Un payement exigé avec rigueur.
EXIGEANT, EANTE (ù-gzi-jan, jan-t'), adj. Qui est h.ibitué à exiger beaucoup. Se montrer exigeant. La religion n'est pas plus exigeante que la philosophie, BARTUÉL. Anach. ch. 79.
EXIGENCE (è-gzi-jan-s'), s f. || 1° Caractère, prétention de celui qui est exigeant. Il est d'une exigence insupportable. || 2* Ce qui est exigé. Les exigences de l'état social. || 3" Prétention injuste imposée à une personne. Il 4° Occurrence, besoin. Selon l'exigence des affaires. Et selon lexigence et des temps et des lieux Savoir faire parler et son front et ses yeux, hotr. Vencesl.i, i. C'était une magistrature extraordinaire qu'on faisait, selon l'exigence, dans tous les temps de la république, boss. Var. (3.
— HIST. XV* s. Et est à supposer que depuis ils ont esté punis sel n l'exigence du pileux cas, Loms XI, Nouv. xcviii. || xvi* s. Il faisoit beaucoup de choses selon l'exigence des temps et selon les occurrences de sa ville, amtot, Arist. 61.
— ÊTYM. Lat. exigentia, de exigent, exigeant. EXIGER (è-gzi-jé. Le g prend un e devant a ou o .•
exigeant, nous exigeons) , v, a. || 1° Réclamer quelque chose en vertu d'un droit fondé ou prétendu. Ce n'est pas exiger grande reconnaissance Des soins que mes bontés ont pris de votre enfance, CORN. Héracl. i, 2. Sers-toi de ton autorité pour exiger d'eux ce qui t'est dû, bourdal. 2* dim. ap. Pdq. Dominic. t. ii, p. 28. Si, pour te prodiguer mes plus tendres care.sses, Je n'ai point exigé ni serments, ni promesses, boil. Lutrin, n. S'il exige le sang que ta bouche a promis, volt. Fanât, iv, a. gyracuse à regret exige une victime, id. Tancr. li, 6. Il Absolument. Quand on n'est pas pressé d'instruire, on n'est point pressé d'exiger, et l'on prend son temps pour ne rien exiger qu'à propos, j. j. Bouss. Èm. II. Il 2'' Obliger ou vouloir obliger à quelque chose qui n'est pas dû. Il exige des intérêts exorbitants. Il exigea qu'on la servît avant tous les autres. .le vous crois trop raisonnable pour vouloir exiger de moi que ce qui peut m'être permis par l'honneur et la bienséance, moi.. tAvare, iv, t. N'en exigez pas plus de mon cœur outragé, volt. Alx. IV, t. Il 8* Faire payer, faire fournir par force. Exiger des contributions de guerre. On exigea d'eux un tribut énorme. || 4* Fig. Il se dit, avec un nom de chose pour sujet, de ce qui oblige moralement. Mais enfin elle est reine, et cette qualité Semble exiger de nous quelque civilité, corn. JVic. u, 4. Je sais ce que de moi le rang de père exige, rac. Théb. v, ♦. Son orgMeil dûs longtemps exigeait ce salaire [punition], ID. Brit. m, S. || Avoir nécessairement besoin. Cette scùne exigeait trois acteurs dune figure imposante. || B* S'exiger, v. réfl. Être exigé. Tant que la levée des revenus s'exigera par dus voies arbitraires, il est impossible que les peu-
EXI
pies ne soient exposés à un pillage universel répandu par le royaume, vaub. Dtme, p. ««6.
— HIST. XVI* s. ils exigent ce que je ne dois pas, plus rigoureusement beaucoup qu'ils n'exigentd'euli ce qu'ils doibvent, mont. I, 497. Anlonius tira vers les provinces et régions de l'Orient pour exiger et lever argent, amtot, Anton. 28.
— RTYM.Prove'iç.etespagn.eiijtr; ilal.eîtger«;du ht.exiqpre, deex, hors, étagère, pousser (voy. agir).
t EXIGEUR, EUSE (è-gzi-jeur, jeû-z'), f. m. et/'. Celui, celle qui exige.
— HIST. XV* s. Advisez vous, toutes gens de pratiques, Marchans d'argent, exigeurs de finance, EusT. DEscii. Poésiei mst. f* 33i , dans lacurne.
— F.TYM. Exiger.
t EXIGIBILITÉ (é-gzi-ji-bi-Ii-té), t. f. État de ce qui est exigible. L'exigibilité d'une dette,
— f.TYM. Exigible.
EXIGIBLE (êgzi-ji-bl'), adj. Qu'on peut exiger. La dette est créée, mais elle n'est pas encore exigible, PATBU, Plaidoyer 3, dans richelet. Le peu (le bonne foi qui se rencontre aujourd'hui dans le momie fera que peu de gens voudront se fier à de semblables billets quand ils ne seront plus exigibles, VAUBAN, IHme, p. 89.
— ETYM. Exiger.
EXIGU, UK (è-gzi-gu, gû), adj. Petit, avec insuffisance. La somme était fort exiguë. Son logement est exigu.
— SYN. EXIGU, petit. Ce qui sépare ces deux mots, c'estque dans exigu est l'idée d'insuffisance qui n'est pas dans petit.
— ÊTYM. Lat. eiiguut, proprement restreint, de exigere, pousser hors (voy. exiger).
EXIGUÏTÉ (è-gzi-gu-i-lé), t. f. Petitesse, avec insuffisance. L'exiguitéde ses ressources. || Par extension. Le rat de la fable, dans son exiguïté, ne se prisait pas moins que l'éléphant.
— Ktym. Lat. eriguitatem, de exiguus, exigu.
EXIL (è-gzil), s. m. || 1* Expulsion hors de la patrie. Le bannissement est infamant et l'exil ne l'est pas. Suivre en tous lieux, seigneur, l'exil de votre femme, corn. Sertor. m, 4. L'exil des Tarquins même ensanglanta nos terres; Et nos premiers consuls nous ont coûté des guerres, ID. Cinna, ii, i. Qui tous deux de l'exil rappelés par moi-même, rac. Brit. m, t. L'exil me délivra des plusséditieux, id. ib. IV, 2. Quel temps à mon exil, quel lieu prt.'^crivez-Tous?iD. Phèd. iv, 3. La cour fut inexorable sous Ti hère comme auparavant; il [Ovi'le] mourut dans son exil la quatrième année du règne de cet empereur, âgé d'environ soixante ans, kollin, llisl. anc. XXV, i, 2, î. L'exil est un supplice d'autant plus rigoureux pour un Athénien, qu'il ne retrouve nulle part les agréments de sa patrie, barthél. Anach. ch. 49. L'exil est quelquefois, pour les caractères vifs et sensibles, un supplice beaucoup plus cruel que la mort, stael, Corinne, xiv, 3. |j Exil volontaire, action de quitter volontair -ment le pays où l'on est accoutumé de vivre. Je m'impose à moimême un exil volontaire, rotb. Tencesl. ii, 2. Il 2° Par extension, tout séjour hors du lieu où l'on voudrait être. La ville où nous sommes est pour nous un lieu d'exil. Vivre loin de vous est un exil pour moi. Salut, champs que j'aimais et vous douce verdure. Et vous, riant exil des bois, gilb. Adieux à la vie. || Dans le langage mystique. La terre est un lieu d'exil. Qu'il est difficile de regarder comme un exil une terre de délices! mass. Car. Dang. desprosp. Et n'accuse point l'heure Qui te ramène à Dieu! Soit qu'il naisse ou qu'il meure, Il faut qua l'homme pleure Ou l'exil ou l'adieu, lahart. llarm. iv, 5.
— HIST. XI* s. Qui tei a mort, France a mis en exill, Ch. de Roi. ccvii. |1 xii* s. C'est la chose pur quel m'estuet[il me faut] essil sutîrir, Th. le mari.
57 Si erent mis En eixil fors [hors] de lur
pals, benoît, i, 657 E l'eissil [ravage) et la rapine Que fait la gent ultremarine, m. dans raïnouard, Lexiq. || xiii* s. Que, quant plus tost definera, Plus tost en paradis ira. Quant il lerra [laissera] l'essil présent, ta Rose, 6040. Tex manière d'usages c'est essil [dégAt] , et nus essius [dégât] ne doit estre soufers, beaum. xxiv, 7. || xiv* s. 11 s'enfuirent en une ville, pour illecques demeurer en exil, berciiEUBE, ^ 21, verso.
— ÉTYM. Provenç. essil, ravage, destruction; du latin exilium, dont l'étymologie est douteuse, à cause de la forme parallèle eisut, exsulare; on a indiqué exsilire , qui n'explique point exsulare; quant à exsulare, on a proposé ex solo , hors du sol, ou, en prenant en considér Won consul , in-sula , un thème ttil qui serait voisin de solium, siège. Dans l'ancienne laneue. exil avait le sens de mvaee.
EXI
destruction plus souvent que celui de liaLniuemenL Palsgrave, p. «0, dit (au xvi* siècle) qu'on prononçait euiil.
EXILÉ, ÉE (è-gzi-lé, lée), part, passé. ||1« Expulsé hors de la patrie. Aristide exilé par l'ostracisme. Gémissant dans ma cour et plus exilé qu'elle, RAC. Birin. m, «. Du doux pays de nos aïeux Serons-nous toujours eiiléesTiD. Exth. i, 2. |{ Fig. Tous nos vieux différends de leur âme exilés, corn. /Iodog. v, 2. Et laissez-moi du moins mourir persuadé» Que déjà, de votre âme exilée en secret.... id. Bérén. V, 5. Je verrai les soupçons exilés de mon cœur, VOLT. Mérope, m, «. || J* Éloigné de la cour par ordre du souverain. Je ne sais si vous savez que les maréchaux d'Humières et de Btllefonds sont exilés pour ne vouloir pas obéir à M. deTurenne, srv. Letl. du 3t avril 4872. || On disait dans le même sens exilé dans sa terre. || 3" Substantivement. Nérine, hé bien I que dit, que fait notre exiléeî corn. Médée, m, 3. Un illustre exilé qui dans nos régions Fuit uns cour féconde en révolutions, volt. Scythes, i, 5.
EXILER (è-gzi-lé), c. a. il !• Knvoy.fr m eiiL On dépouille Tancrède, on l'exile, on l'outrage, volt. Tancr. i, t. || Par extension. Les oiseaux que l'hiver exile Reviendront avec le printemps, bérano. les Oiseaux. \\i' Keléguer quelqu'un dans se.s terres, lui assigner une résidence d'où il ne pouvait sortir; c'était le roi, non les tribunaux qui infligeait cette sorte de punition. Le parlement, ayant refusé d'obtempérer, fut exilé. Il Par extension, exiler quelqu'un de notre présence, lui défendre de se présenter devant nous. Exile de mes yeux cet insolent vainqueur, coRN. Tois. d'or, iv, 2. || 8* S'exiler, e. réfl. Se condamnera un exil volontaire; se retirer loin du monde. Il s'est exilé à la campagne. Obtiendrais-tu d'un père ....Et qu'il cessU enfin de s'exiler ici? volt. Scythes, m, 2. || S'exiler l'un l'autre. Les deux partis tour à tour vainqueurs et vaincus se proscrivaient, s'exilaient. |{ 4* Etre exilé. [Ce jardin des plantes] Où s'exilent pour nous de leurs terres natales Des rèfçnes difiérenls les familles royales, Le tigre, le lion, le cèdre aux longs rameaux. Et l'énorme éléphant.... uelille, Trot» règnes, vi. || Fig. L'amour du bien commun de tous les cœurs s'exile, c. delav. Kessén. i, 4. Ces gais festins d'où s'exilait la gêne, Où l'austère Sénèque en louant Diogène Buvait le falerne dans l'or! v. HUGO, Odes, iv, 15.
— SYN. exiler, bannir. Le bannissement est une peine infamante que prononcent les tribunaux; l'exil ne figure pas parmi les peines infamantes, et à ce point de vue il est complètement distinct du bannissement. Dans l'ancienne monarchie, le roi exilait un ministre disgracié, mais il ne le bannissait pas. Dans le langage mystique, la terre est pour les hommes un lieu d'exil et non un lieu de bannissement.
— HIST. XI* s. Si homeenpuissuned [empoisonne] altre, seit ocis ou permanablenienl eissilled. Lois de Guill. 3S. Il XIII* s. Et trestout b royaume essiliés
et honnis, Bcrte, icix Ou estre bannis du
roiaume X tort, com fu mestre Guillaume De Saint- Amor, qu'ypocrisie Fist essilier, par grant envie, In Rose , 4 1 702. Lors avini, selonc ce que les esioires racontent, que Saturnus, rois de Grèce, fu essilliez de son règne.... brun. lat. Très. p. 44. Les exulez [il] fist reapeler, Ke Harold out fait enchacer, Edouard le confess. v. 494. || xvi* s. Où faim règne, force exule, rab. Garg. i, 32.
— ÉTYM. Exil; picard, essilier, dépenser, dissiper; provenç. issilhar, détruire, rendre malheureux. Essilier, comme essil , avait dans l'ancienne langue le sens de ravager, détruire; c'est ainsi que du latin exterminare , bannir, nous avons fait exterminer, signifiant détruire entièrement.
t EXINANITION (è-gzi-na-ni-sion), ». f. Terme didactique. Extrême épuisement.
— HIST. XVI* s. Si la doctrine les rencontre mousses [les âmes], elle les suffoque....; si desliées, elle les purifie volontiers, clarifie et subtihse jusques à l'exinanilion, mont, iv, 42.
— ÉTYM. Lat. exinanitionem, de ex, et inanitio
(voy. INANITION).
EXISTANT, ANTE (è-gzi-stan, stan-f), adj. Qui existe actuellement. Nous ne pouvions avoir pour rédempteur qu'une des trois personnes existantes de toute éternité, chateaub. Génie, i, i, «. || S. m. Ce qui existe. Le reproche si commode aux ignorants qui ne savent mesurer le possible que sur l'existant, J. J. Rouss. Polysynnd.
EXISTENCE (è-gzi-stan-s'), t. f.\]i' Etat de ce qui existe. L'empire romain d'occident s'est dissous après plus de quatre siècles d'fxistence. La preuve de l'existence de Dieu la plus belle, la plus relevée.
RXO
la plus solide et la premi&re, ou celle qui suppose le moins de choses, c'est l'idée que nous avons de l'infini, malebu. Rech. m, li, «. L'impossibilité oii je suis de prouver que Dieu n'est pas me prouve son existence, la brut. xvi. 11 est certain que l'existence des créatures est une vraie existence, réellement distinguée de celle de Dieu; et cela n'est point contre sa grandeur ni contre sa souveraineté , fonten. Doutes SUT les causes occasionnelles. Œuvres, t. ix, p. Bi, dans pouGKNs. Subsiituer une existence partielle et morale à l'existence physique et indépendante que nous avons tous reçue de la nature, J. J. Rouss. Contrat, ii, 7. || 2" Réalité. L'existence d'un complot, d'un fait. || Terme d'administration et de commerce. L'existence en magasin, la quantité de marchandises que renferme un magasin ou les magasins. Il 3' Vie. Donner, recevoir lexistence. 11 ne vient que trop tôt le moment où l'existence fatigue dans chacune de ses heures comme dans son ensemble, stael, Corinne, iv, «. Nous attendions d'avance L'aliment qu'on accorde à la simple existence, nucis, Romdo, iv, 6. || Être persuadé d'une chose comme de son existence, y croire fermement. Je suis persuadé, comme de mon existence, que.... J. J. ROUSS. Conf. vu. || 4° Rang, position sociale. C'est un homme qui a une belle existence. Une existence équivoque. Satisfait d'une modique fortune et d'une existence obscure, genlis, Yeill. du chat. t. m, p. 2, dans pougbns.
— ÊTYM. Exister.
EXISTEK (è-gzi-sté) , t;. n. || 1° Avoir l'être. Le plus simple raisonnement prouve qu'il y a un être éternel, quoique nous ne puissions concevoir ni un être qui a toujours été m un être qui commence à exister, d'alemd. icll. au roi de l'r. 30 nov. (77o. Pour eux, cesser de vivre, c'étiit cesser d'exister; et la mort n'ttait pas plus une peine qu'une récompense, CONDIL. HiU. anc. xi, B. Rien n'existe que par celui qui est; c'est lui qui donne un but à la justice, une base à la vertu, j. J. rouss. JïeJ. m, <8. Il 2° Simplement, être, se trouver, avoir lieu actuellement. Tant que cette loi existera. Ce monument n'existe plus depuis longtemps. S'il n'y avait pas quelque point dans lequel tous les intérêts s'accordent, nulle société ne saurait exister, j. j. rouss. Contrat, u, t. Se tenir constamment recluse comme vous, C'est exister sans vivre et n'êlre point pour nous, BOissY, Dehors trompeurs, i, 3. || Impersonnellement. 11 existe une loi qui défend cela. H a existé autref)is un usage.... 11 existe des arrêtés qui.... Il 3° Vivre. Quand j'aurai ce^sé d'exister. Figurez-vous que je n'ai pas un moment à moi, et je ne croirais pas vivre si je vivais autrement; ce n'est qu'en s'occupant qu'on existe, volt. Lctt. Tressan, i2nov. ("«o.ljllse dit quelquefois pour : suffire ai.x
besoins de la vie Me laissant tout son bien, Neuf
cents livres de rente à peu près, dont j'existe, v. HUGO, Marion de Larme, i, 3.
— HIST. XV' s. Par ceste faulse information, le lundi ensuivant , moy existent en l'ostel de la Pierre, près la court, le dit sergeant me dit que je rendisse mou corps prisonnier, vihivillk, Chron. de la pucelle, p. a* 5.
— ÊTYM. Lat. existere ou ezsistere, de ex, elsistere , forme dérivée de ttare, être debout, être stable (voy. ester).
EXOCET (è-gzo-sè), ». m. Terme d'ichthyologie. Genre de poissons malacoptérygiens abdominaux, pourvus de grandes nageoires pectorales qui leur permettent de voler tant que la dessiccation des branchies ne les oblige pas à se plonger dans l'eau.
— ÉTYM. 'EÇtixoiTo;, de IÇw, hors, et xoixïi, lit, de même radical que xoip.âCT6(«, dormir (voy. cimetière).
t EXOCYSTE (é-gzo-si-sf), s. f. Terme de chirurgie. Renversement de la vessie urinaire.
— ÉTYM. 'EÇu), hors, et y.û<jTi;, vessie. EXODE (è-gzo-d'), s. m. || 1° Le second livre du
Pentateuque. L'Exode contient l'histoire de la sortie des Israélites hors de l'Egypte. || Fig. L'exode s'est dit de la grande émigration des Irlandais après la famine provenue de la maladie des pommes de terre. Il II s'est dit aussi d'autres émigrations. Du Farwest à rutah, par la Cordillère, les saints [les Mormons], chassés de l'illinois , ont accompli leur exode, et c'était tout un peuple qui se déplaçait pendant les sévérités de l'hiver, m. roulleaux, Pragm. économiques, (865, p. 243. 112° Une des quatre parties de la tragédie grecque qui renfermait la catastrophe de la pièce.
— ETYM. 'ES-iôo;, sortie, issue, et èÇôSiov, pour le terme du théâtre grec; de èÇ, hors, et ôSo;, voie, chemin.
tEXonigUE (è-gio-di-k), adj. Terme de phy-
EXO
siologie. Nerfs exoiliques, neris dans lesquels l'action passe du dedans au dehors.
— ÊTYM. "EÇm, hors, et éôè;, voie.
t EXOGËNE (è-gzo-jê-n'), adj. Terme de botanique. Dont l'accroissement se fait à l'extérieur; qui cesse de vivre de dedans en dehors. || Terme de géologie. Roches exogènes , couche superficielle du sol terrestre.
— ÉTYM. 'EÎM, en dehors, et y«""Î?i engendré, produit.
t EXOGNATHE (è-gzogh-na-f), adj. Terme de zoologie. Qui a des mâchoires extérieures.
— ÉTYM. "Eîw, en dehors, et Yvâ6o;, mâchoire, t EXOGYNE (è-pzo-ji-n'), adj. Terme de botanique. Oui a le style saillant hors de la lleur.
— ÊTYM. 'EÇoi. en dehors, et fwri, femelle, style. f EXOINE (e-gzoi-n'), *. f. || 1° Ancien terme de
pratique. Excuse, en justice, de cequ'on ne peut se trouver à une assignation. Il fallait aux pairs une exoine, c'est-à-dire une légil me excuse et grave pour se dispenser de s'y trouver [aux assemblées], ST-.siM. 371, 170. Il 2° Terme de médecine légale. Certificats d'excuse, d'exemption ou de dispense, délivrés par un médecin à un malade qui, appelé à une fonction qu'il ne peut remplir, doit justifier de son absence ou de son incapacité motivée.
— lilST. xiii' s. Se tu as la voiz clere et saine. Tu ne dois mie querre essoine [excuse] De chanier, se l'en t'en semont [prie], la Hose, 2214. || xvf s. Souffrance se doit bailler à ceux qui , par essoine légitime, ne peuvent faire la foi enpersonne, lovsel, 586.
— ÉTYM. Baslat. sunnis, svmnis, sonnia, empêchement; de l'ancien saxon sunnen, empêchement, excuse (radical qui se trouve dans soin, voy. ce mot), avec la préposition ex qui renforce le sens.
t EXOMÈTKE (c gzo-mè-tr'), s. f. Terme de chirurgie. Renversement delà matrice.
— ÊTYM. 'EÇm, hors, et |A:ntp«< matrice. EXOMPUALE (è-gzonfal'), s. f. Terme de chirurgie. Hernie ombilicale.
— ÊTYM. 'EÇôiJufaXoi;, de èÇ, hors, et à[Uftù.hi, nombril.
t EXOMPHALOCËLE (è-gzon-fa-lo-sè-1'), s. f. Synonyiie d'exomphale.
— ÊTYM. Exomphale, et ■Kfiyi\, tumeur.
t EXONÉRATION (è-gzo-né-ra-sion), s. f. Terme de pratique. Décharge, soulagement. Exonération du service militaire. Exonération d'impôts. || Autrefois, remplacement militaire fait par l'État même au moyen d'une somme fixée chaque année.
— ÉTYM. Lat. exonerationem, d'exonerare,exonérer.
+ EXONÉRER (è-gzo né-ré. La syllabe ni prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'exonère , excepté au futur et au conditionnel : j'exonérerai , j'exonérerais) , v. a. Faire cesser ce qui est onéreux, ou écarter la partie onéreuse d'une chose. En douanes, on exonère une marchandise en ne lui faisant pas payer les droits auxquels elle est soumise par le tarif, legoarant. || Payera l'État ce qu'il faut pour exempter du service militaire. Ce père a exonéré son fils. || Terme de palais. S'exonérer, V. réfl. Acquitter une dette. || Payer à l'État son remplacement militaire. Ce conscrit s'est exonéré.
— ÊTYM. Lat. eionerare, décharger, de ex, hors, et oiius, fardeau.
t EXONIROSE (è-gzo-ni-rô-z') , s. f. Terme de médecine. Pollution nocturne.
— ÉTYM. 'EÇovsipwffiî, de IÇ, hors, et JvEipo;, songe ; pollution en songe.
EXOPHTHALMIE (é-gzo-ftal-mie) , s. f. Terme de chirurgie. Sortie de l'œil hors de l'orbite par l'effet de quelque lésion.
— ÉTYM. 'ESoçOaTiio; , de ÊÇw, hors, et ôcpOaX- \xh;, œil (voy. ophtiialmih).
t EXOPTILE (è-gzo-pti-l'), adj. Terme de botanique. Dont la plumule n'est point renfermée dans la cavité cotylédonaire.
— ÉTYM. 'EÇtû, hors, etitTi>.èv, plume.
EXORABLE(è-gzo-ra-bl'), adj. Qui se laisse fléchir par des supplications, ô dieux, qui comme vous la rendez adorable. Rendez-la comme vous à mes vœux exorable, cobn. Cinna, m, 3. Le ciel à mon amour serait-il favorable. Jusqu'à rendre sitôt Ariane exorable? th. corn. Ariane, iv, B. Qu'exorable à la prière, il [le prince] soit ferme contre les demandes, et qu'il sache que son peuple jouit de ses refus, et ses courtisans de ses grâces, montesq. Esp. XII, 27. Voilà quel est le peuple; violent, mais exorable; excessif, mais généreux.... mirabeau. Collection, t. iv, p. b44. Qu'eniends-je? à mes discours seriez-vous exorable? v. hugo, Cromwell, m, 7.
— HlST. XVI* s. Nous avons assez de matière de
EXO
là pour trouver Dieu exorable et débonnaire, calv. Instit. 687. Preste moy ton oreille exorable et b«nine, rons. 7(3.
— ÊTYM. Lat. exorabilis, de exorare, vaincre par prière, de ex, et orare, prier (voy. oraison).
EXORBITAMMENT (è-gzor-bi-ta-man ) , adv. D'une manière exorbitante. Les gouvernements despotiques où il n'y a qu'un homme exorbitammeat favorisé de la fortune, montesq. Esp. vi, 9.
— HIST. XVI* s. Par Saint Picaut, vous estes exorbitamment incrédule, cbolièhes, Contes, t. u, ap. dMe 6.
— ÉT'YM. Exorbitant, et le suffixe ment.
t EXORBITANCE (è-gzor-bi-tan-s'), s. f. Néologisme. Qualité de ce qui est exorbitant. On donnait pour preuve de l'exorbilance de ces profits [des fournisseurs] l'élévation, progressive chaque année, du prix des draps de troupes, laquelle contrastait avec l'abondance et le bas prix des laines qui eu sont la matière première, mollien, Kém. t. m, p. 4)4. La constitution du 4B janvier ne laisse apercevoir, sous des apparences empruntées à la théorie représentative, que l'exorbilance de la prérogative présidentielle, sans donner la moindre raison de celte eiorbilance , proudhon , la Révolution sociale, p. (54.
— ÊTYM. Exorbitant.
EXORBITANT, ANTE (è-gzor-bi-tan , tan-t'),ady. Il 1* Qui sort des limites; qui dépasse de beaucoup la juste mesure. Rien n'est plus contraire à la nature que le partage inégal des biens, l'opulence exorbitante des uns et la pauvreté affreuse des autres, FÉN. t. xxu, p. 362. Malgré cette dépense exorbitante que vous faites, hamilt. Gramm. «. Vingt mille écus! le legs serait exorbitant, regnabd, Légat, n, 6. Il a quelquefois donné aux pauvres des sommes exorbitantes pour un particulier d'une fortune si modique, hairan. Éloges, Lemery. On avait attaché au consulat un pouvoir exorbitant, montesq. Esp. XI, U. Un bénéfice exorbitant surmonte tous les obstacles, batnal. Hist. phil. viii, 34. || On dit exorbitant de. Au lieu de privilèges exorbitants du droit commun, nous leur laisserions [aux Anglais] le droit commun du commerce, d'argenson, Mém. t. m, p. 78. Quant à l'action pénale exorbitante du droit commun, exclusive de la preuve, berviLLE, Du droit de plainte en mat. de dilfanuition. Il 2° Kig. Qui blesse les convenances, la morale, la règle. C'est une action exorbitante, uoi.Mal. imag.
III, 8. Une thèse qu'un bachelier breton se préparait à soutenir, où il y avait des propositions moins exorbitantes, à la vérité, que celles du collège de Clermont, mais qui étaient contraires aux libertés de l'Églis» gallicane, rac. Il isl. Port-Royal, 2* part.
— HIST. XVI* s. Propositions qu'ils [les stoïciens] appellent eux-mesmes paradoxes, c'est à dire estranges opinions, advouans eulx-inesmes facilement qu'elles sont estranges et exorbitantes, amïot. Communes conceptions, 4. Privilège par luy produit, exhorhitant neantmoins du sort commun de la justice, pasquier, Rech. p. 868, dans lacurnk.
— ÉTYM. Lat. exorbitare, dévier, sortir de l'ornière, de f», hors, et orbita, ornière (voy. orbite).
EXORCISÉ, ÉE (ègzor-si-zé, zée), par», pofs^. Un démoniaque exorcisé par le prêtre.
EXORCISER (è-gzor-si-zé) , v. a. \\ 1* Conjurer les démons, les chasser du corps des possédés à l'aide des paroles et des cérémonies de l'Église. Au moment que Théodose forçait le passage des Alpes, un démon qu'on exorcisait dans l'église de Sainl-Jean- Baptiste, que ce prince avait fait bftlir, s'écria pitoyablement : Faut-il donc que je sois vaincu et que mon armée soit en déroute? fléchieh, Théod.
IV, 05. Il Absolument. L'Eglise a lo pouvoir d'exorciser. Il fig. La raison nous exorcise; Esprits, fuyons sans retour, bérang. Lutins. || 2* Par extension. Exorciser un possédé, employer les exorcismes de l'Égbse pour délivrer un possédé. J'ai des mélancolies qui me tiennent hors de moi-même et qui étonneil tout le monde; et il y a quelques heures au jour où le père Tranquille et le petit jésuite ne feraient point de difficulté de m'exorciser, voit. Lelt. 88. Ainsi qu'un possédé que le prêtre exorcise, boil. Sat. IV. Il 3* Prononcer sur le sel, sur l'eau, les prières de l'Église. || 4* Se dit par exagération pour exhorter fortement quelqu'un, le presser par de fortes raisons. Ces messieurs de l'assetnblée envoyèrent après moi MM. de la Trémoille et de Richelieu pour m'aider à exorciser ma mère [lui arracher les lettres d'État], ST-SIM. 18, 2)«.
— ÉTYM. Lat. exorciiare, du grec iÇopxîiieiv, da èÇ, hors, et ôpxo?, serment : chasser par des serments, par des conjuration».
IiJCO
t KXOnCISKCR (è-gzorsi-zeur), ». m. Celui qui pratique le sortilège nommé exorcisme.
— HIST. xvi* s. Les sorciers, enchanteurs, devins, magiciens, charmeurs, emnoisoiineurs, exorcisfiiirs, se vantent de guarir plusieurs maladies, i>ar4. Introd. 27.
— f.TYM. fxorciter.
KXORCISMK(Î!-gzor-8i-sm'),«. m. || l'Nomdecer-
taines prières ecclésiastiques qui se font pour chasser le ilémon. || 2* Il se prend aussi pour une sorte de charme qui consiste à dire de certains vers ou de certaines paroles dans la vue de produire des efTels surnaturels. Ces exorcismes sont condamnés parce qu'ils sont superstitieux, tuibrs, Traité des mpersiitions, ch. 3a.
— IllST. XVI" s. Les uns Invoquent et adjurent je ne sçay quels esprits par murmures, exorcismes, imprécations, PARÉ, xix, 3».
— ÊTYM. Lat. exorcismut; grec, itopxuxoos (voy. exorciser).
EXORCISTE (è-g7.or-3i-st') , f. m. Prêtre'qui exorcise. L'ordre d'exorciste est un des quatre mineurs.
— JIIST. XVI* s. Ils mettent sept ordres ou degrez ecclésiastiques ausquels ils int^iosent le titre de sacrement; et sont ceux qui s'ensuivent : huissiers, lecteurs, exorcistes, acolyles, soudiacres, diacres etp'-estres, calvin, Instit. (t70.
— ETYM. Lat. exorcista; grec, iÇopxKrc^ç (voy.
WtORCISER).
EXORDR (ègzor-d'), f. m. |1 1* Terme de rhétorique. La première partie du discours. Exorde par in inuation. Exorde ex abrupto. Un exorde doit être simple et sans affectation; cela est aussi vrai dans la poésie que dans les discours oratoires, parce que c'est une règle fondée sur la nature, qui est la mCme partout, noiL. iongin. Sublime, Réflexion 3. Belle conclusion et digne de l'exorde, rac. Plaid. III, 3. Cicéron, qui quelquefois s'est permis la raillerie dans ses harangues, ne laisse pas de demander que l'exorde soit grave et sentencieux, marmontiiL, Klém. litt. t. VII, p. 333, dans pougens. Fléchier a fait (l'un mauvais exorde de Lingendes le frontispice incomparalile de l'oraison funèbre deTurenne, iD. ib. t. VIII, p. 205. Il 2° Par extension, début, commencement d'un discours quelconque, d'une affaire, d'une entreprise, etc. Il n'en était qu'à l'exurde de son discours [au début de ses affaires] , iumilt. Gramm. 7.
— HIST. iv:* s. Les Athéniens.... ordonnèrent que sa principale partie (de la rhétorique), qui est esmouvoir les affections, en feust ostée, ensemble les exordes et perorations, hont. i, 380.
— ETYM. Lat. exordium, de ex, et ordiri, commencer (voy. OURDIR).
t EXORRIIIZE (è-gzo-ri-z'), adj. Terme de botanique. Dont la radicule, & l'époque de la germinaliuii, s'allonge par son extrémité, ne poussant que tardivement des radicules latérales. || S. m. plur. Se dit des végétaux dont les racines sont développées dans la graine.
— ETVM. 'E5o), hors, et ^£Ca, racine; l'r se redoublant dans les composés de ce genre.
t EXOSMOSE (è-g/.o-smô-z'), s. f. Terme de physique. Courant de dedans en dehors qui s'établit, en môme temps que son opposé l'endosmose, à travers une cloison membraneuse séparant deux liquides de densité différente.
— ETYM. 'EÇw, hors, et WTtiè; , action de pousser. t EXOSTOME (é-gzo-sto-m') , s. m. Terme de bo-
«anique. Une des ouvertures des tuniques d'une graine, par laquelle passe le boyau pollinique.
— ETYM. 'EÇw, hors, et oTopia, bouche, ouverture. EXOSTOSE (é-gzo slô-z'), s. f. Tumeur osseuse
qui se développe à la surface d'un os. Exostose douloureuse. || Excroissances, tumeurs sur le tronc et les branchesde certains arbres. || Exostose ou fausset, tumeur charnue, blanche, assez consistante, isolée, qui se manifeste sur les tuniques du bul je du safran.
— HIST. xvi* s. Les exosioses ne sont procieées que d'une pitnite crasse et visqueuse, pare, xvi, 3.
— ETY.M. 'EE6oTW(ji;,deiÇ, et Ô(jtoOv, os (voy.os). EXOTÊBIQUE (è-gzo-té ri-k'j , adj. qui se fait au
lehors, public. Presque tous les philosophes de tantiquité ont eu deux sortes de doctrines, l'une publique et l'autre cachée (exolérique et ésotérique), D'holiiacu , Essai préj. ch. tu, dans ouuahsais,
ÛEutTM, t. Vt, p. 323.
— ETYM. 'EÇwttoixà;, du dehors, de IÇw, hors. t EXOTHËyl'E (ègzo-tè-k') , t. f. Terme de botanique. Meniliraiie extérieure des loges de l'anthère.
— ÉTYM. 'Efui, hors, et Srixi), loge.
EXOTIQUE (è-gzo ti-k), adj. Qui n'est pas naturel au pa^s. Végétaux exotiques. Si je ne trouvai
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point de plantes exotiques et de proiluction» de» Indes, je trouvai celles du pays disposées et réunies de manière à produire un effet plus riant et plus agréable, J. J. houss. Ildl. iv, 4). || Fig. Termes, usages exotiques.
— HIST. XVI* s. Marchandises exoticques et peregrines, qui estoyent par les halles du port, bab. Pant. IV. I.
— ETYM. Lat. exoticttt, du grec ^(uTtxit, de liui, hors.
EXPANSIBILITÉ (èk-span-gi-bi-li-té), ». f. Terme de physique. Propriété des gaz, des vapeurs i{ui tendent à occuper un plus grand espace. La différente expansibilité des fluides soumis aux expériences, conix)Rc;et, Ilucquet.
— ETYM. Krpansible.
EXPANSIItl.E (fck-span-si-bl'), adj. Terme de physique. Uui est susceptible d'expaiisibililé. Le différent degré de chaleur auquel chaque fluiile, chargé du poids de l'atmosphère, peut devenir expansible, CONUORCKT, Uucquet.
— ÉTYM. Voy. EXPANSIOR.
EXPANSIP, IVE (èk-span-sif, si-v"), adj. || 1* Oui peut diliter ou se dilater. Flui<le expansif. Feu sacré, céleste Vénus, par qui tout se conserve et se reproduit sans cesse, oij est ton équilibre? où est ta force expansive? j. j. rouss. Pygmalion. || 2° Fin. Oui se communique, s'épanche avec effusion.Bonté expansive. Àme expansive. Cet homme est peu expansif.
— ETYM. Voy. expansion; provenç. expamiu; espagn. expansiio.
EXPANSION (tk-span-sion; en vers, de quatre syllabes), *. f. || 1* Teime de physique. Dilatation d'un corps doué d'expansibilité. L'expansion de l'air par la chaleur. || 2* Terme d'anatomie et de botani(|ue. Prolongement de certaines parties. L'accroissement [dans le ver] s'op're par la simple expansion des anciens anneaux, et non par le développement de nouveaux anneaux, bonnet, 4* tell. hist. nat. Il Ces parties elles-mêmes prolongées. Expansions membraneuses. || 8* Fig. Action de s'étendre, de se développer. L'expansion du mouvement révolutionnaire. Il 4" lîpaiichement des pensées, des sentiments. Avoir beaucoup d'expansion.
— ETYM. Lat. expansionem, de erpansum , supin de expandere. déployer, de ex, et pondère, déployer.
EXPATRIATION (êk-spa-tria-sion; en vers, de six syllabes) , s. f. Action d'expatrier, ou de s'expatrier. La faveur personnelle du cardinal Fleury a inondé la France non-seulement de proscriptions, mais d'expatriations, st-simon, ♦<&, 225.
— HIST xvi* s. F.xpatriation, cotgravb.
— ETYM. Expatrier.
EXPATRIÉ, ÉE (èk-spa-tri-é, ée), part, passé. Oui a quitté sa patrie ou qui a été chassé de sa patrie. Expatrié depuis longtemps et éiabli en Amérique. Il y a trente ans que, dans une ville d'Italie, un jeune homme expatrié se voyait réduit à la dernière misère, il était né calviniste, t. j. Bouss. Emile, iv.
EXPATRIER (èk-spa-tri-é), j'expatriais, nousexpatriions, vous expatriiez; que j'expatrie, quenous expatriions, que vous expatriiez, t). o. || 1* Obliger quelqu'un à quitter sa patrie. On l'a expatrié. Il 2* S'expatrisr, v. rifl. Quitter sa patrie, aller s'établir à l'étranger. Les Phocéens, assiégés les premiers, se défendirent avec courage; il s'expatrièrent pour éviter le joug, s'embarquant avec leurs femmes, leurs enfants, leurs effets, et n'abandonnant aux Perses qu'une ville déserte, condillac, llist. ane. il, t. Pour vous expatrier, mon enfant, de la sorte. Sans doute vous aviez un motif, un objet? COLUN d'hari.eviile, Kt'euj! célib. IV, 3. Il Fig. Je consens qu'il [le sage] y fasse un tour (dans le» plaines de l'immensité], mais je ne veux pas qu'il y séjourne; s'expatrier ainsi, ce serait n'être ni |iarent, ni ami, ni citoyen, dider. Claude et Nir. u, 21.
— SYN. expatrier, exilkr. Expatrier n'emporte que l'idée de sortir de sa patrie; exiler yjoint l'idée qu'une condamnation ou une autorité supérieure nous oblige à en sortir.
— HIST. iiv* s. Expatriez s'entendent en deux manières ou pour les absens du pays ou pour les exilez et bannis, BounuER, Somme ruroi, p. «3, dans
LaCURNR.
— ETYM. Lat. ex, hors de, et pairie.
t EXPECTANCE(èk-spè-ktan-s'), s.f. Néologisme. Êiat de ce qui attend. Plusieurs centaines de millions de francs en billets de l'échiquier peuvent se maintenir dans la circulation à Londres, place où almndent des capitaux en expectance de placement, par conséquent en état d'offre», mollien, Hém. t. m, p. 247, note.
— ÊTYM. Expeclanl.
KXP
EXPECTANT, ANTE (èk-sp'i-ktan , ktan-0, orf/. Il 1" "Jui attend. Médecine eipectante, celle qui, attendant que la nature agisse par elle-même, emploi^ des moyens peu actifs. || Par extension. Méthode expeclante, règle de conduite par laquelle on se comporte comme la médecine expectante. Elle [la science sociale] a pris une excellente attitude, en recommandant aux gouvernements la méthode eipectante, le respect des phénomènes 8pf)ntané», le iais.ser faire, M. roolleaux, Fragm. économiques, p. 22<. Il Les grandes puissances sont dans une attitude expectante, elles attendent les événements pour se décider. || 2* Qui est dans l'attente d'une place, d'un emploi, d'un payement, etc. Le capital qui sera liquidé appartiendra aux personnes jouissantes ou expectaiitcs qui y auront droit, Déciet du 'i3 floréal an il, Happort deCAMHON, p. toc. || S. m. Celui qui doit avo.r la première place vacante. Après quelques annéesde pratique, il fut reçu expeclant i l'Hôtel-Dieu, kokten. Jfortn. 1| 8* Terme de jardinage. Œil expeclant (voy. latent).
— HIST. XVI' s. Quand l'ung des dits conjoints v» de vie i trépas, délaissant enfant ou enfaiis; aux dits enfans appartiennent les héritages en fond et propriété expeclant; et au survivant le viage et usufruit seulement, sa vie durant, Houv. eoust. gén. t. I, p. ♦♦2.
— ÊTYM. I.at. exspeetans, de extpeetare , attendre, de ex. et sprclare, rcKarder (voy. spectacle).
t EXPFCTANTISME (èk-spèktan-ti-sm'), s. m. Terme de médecine. Nom de raillerie donné à la circonspection des partisans de la méthode expectante.
EXPECTATIP, IVE (èk-spè-kta-tif, ti-v"), adj. Oui donne droit d'attendre, d'espérer. Les induits étaient des grSces eipectatives.
— HIST. XVI* s. Mandats de providendo, grâces expectatives générales ou spéciales, réservation», regrez, translations, mesmes deprelalure», digiiilez, et autres bénéfices estans â la nomination du roy... ne sont receues en France, p. pithod, st.
— ETYM. Voy. EXPECTANT.
t EXPECTATION (èk-spè-kla-sion) , ». f. || 1* Attente de quelque événement La grande expeciation du public a éié heureusement terminée, Boss. te». abb. 238. D'Harcourt tenait tout le monde en expectation, et se présentait avec un poids et une autorité qui ne s'éloignaient pas de l'audace, st-sih. 259, 2<8. Il 2° Terme de médecine. Méthode dans laquelle le médecin, observant la marche des maladies et laissant agir la nature, n'intervient activement qu'à l'apparition de symptômes fâcheux.
— Hl.ST. XIV* s. Les philosophes.... dientque paour e.st expectation ou supposement de mal i venir, ORESME,J?(h.78. ||xvi*s.riberiuslevoulutsurm6nter en attentant ceste hardie entreprise et qui estoit da très grande expeciation, ahyot, les Gracques, <<
— ÊTYM. l'rovenç. «speclaeio, expeciation; du lat. exspectationem, deeiîpec(are(voy. expectant).
EXPECTATIVE (èk-spè-kta-ti-v'), ». ^. || 1* Attente fondée sur des promesses ou des probabilités. Être dans l'expectative. Une agréable expectative. Ces jouissants, dans certains ca.s, pourraient éprouver une diminution sur leurs rentes actuelles, qui tournerait au profit de» eipccianlsqui, n'ayant rien fourni, ignorent quelquefois jusqu'à l'existence de cette expectative. Décret du 23 ptréal an il, Bapport de CAMBON, p. 0». Donnant aux simples expectatives une valeur disponible, tb. p. too. il Avuir l'expectative d'un emploi, d'une succession, yavoirde justes prétentions, pour le temps où l'on pourra le» faire valoir. || On dit quelquefois : une triste expectative. Il Ironiquement. La belle expectative I || En expectative, en espérance. || 8* Esjiéce de droit de survivance qu'on donne en certains pays. Le roi d'Espagne lui donna l'expectative de la première commanderie vacante. Plu.sieur» étranger» trouvaient ces evpectatives de successions si avantageuse» à l'Kspagne qu'ils croyaient à un manège caché, STsiH. 4»o, I2(. Il 8* Lettre ou bref du pape qui don-; naît à celui à qui on l'adressait, l'assurance qu'il serait pourvu d'un certain bénéfice, lors de la vacance. Les expectatives sout abolies. 1| 4" Terme de théologie. Acte de Sorbonne qui se soutenait par un écolier de théologie pour s'exercer avant la vcsperie des licenciés, et en attendant qu'arri\asseni les docteurs qui devaient argumenter à U vesperie.
— ÉTYM. Eiprctatif.
EXPECTORANT, ANTB (èk-»pé-kto-ran. ran-f), adj. Oui laciliie l'expectoration, jl Subsuuitivemenl. Un bon expectorant.
EXPECTORATION (èk-«pè-kto-r«-sion) , s. f. Il 1* Terme de médecine. Action d'eipeclorcr. Il >* Fig. Terme de la cour d* Rome. Action de fair*
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sortir du secret delà pensée la nomination d'un cardinal. Le roi consentit à l'expectoration, et dépêcha un courrier à Polignac pour le faire revenir sur-le-champ, st-sim. 33», 197.
— Rtym. Eipeclorer.
HXPh:CTORÉ,ÊE(6k-spé-kto-ré,rée), par». pa.ïs^.
Les malit'res expectorées avaient l'aspect purulent. KXPECTORER (èk-spè-ktoré) ,v. a.\\i° Terme de médecine. Rejeter, en toussant, les mucosités ou autres matii^res qui obstruent les bronches. |{ Absolument. Cela fait expectorer. Ce malade expectore facilement. || 2'' Fig. Terme de cour romaine. Rendre pulilique une nomination qui est in petlo. Le pape lit avertir le roi qu'il allait expectorer Polignac avec les autres et que cela ne se pouvait plus différer,
— ÊTYM. Lat. expectorare, de ex, hors, et p«ctus, pfclnris, poitrine (voy. pis, s. m.).
KXPfiDIÉ. EE (èk-spé-di-é, ée), pari, passé. Il 1° Transmis par un moyen de transport. Un ballot expédié par le roulage. || 2° Terminé promptement. Une alTaire expédiée à la hâte. || De qui on a ri'>glé le compte, l'afiaire. Voilà douze artistes expédiés en douze pages, diderot, SoZonae '767, Œuvres, t. XIV, p. 288, dans pougens. || 3° Mis à mal, perdu, tué. Les assassins s'étaient sauvés, ne doutant pas qu'il ne fût expédié, hamilt. Gramm. 1 1. Dans l'esprit de Florise il est expédié, grf.sset, Uérhant, y, 4. Il 4° Mis au net, copié. X la fin mon père envoya chercher ses provisions de grand écuyer; elles n'étaient pas, disait-on, expédiées, st-sim. 8, 103. 115° S. f. Kvpédiée, genre d'écriture courante.
tEXPÉDIENCE (ék-spé-di-an-s"), ». /•. Qualité de ce qui est expédient.
— HIST. XIII' s. Puis se souffri traîr et vendre, Balre, lier, cloer et pendre. Pour haster uostre expedience [libération]. Son doulz costé ouvrir et fendre, j. de meung, Tr. 32).
— ÉTYM. Erpidient.
«.EXPÉDIENT (èk-spé-di-an), adj. m. Qui expédie, facilite, profite. 11 était expédient de faire cela. Vous seul [Dieu] savez ce qui m'est expédient, vous êtes le souverain maître, faites ce que vous voudrez, pasc. Prière pour l'us. des maladies. Ne croyant pas que tout ce qui était permis fût expédient, FLÉcii. M. de Mont. Si tout leur est permis, tout n'est pas expédient, mass. Carême, Mélange. Quand le prince lui a dit [à un citoyen] : Il est expédient à l'État que tu meures.... j. j. rouss. Contr. soc. ii, 6.
— RESI. Expédient n'est employé qu'au masculin et avec le verbe être. Il n'y a cependant aucune raison pour ne pas en user comme dans les siècles passés, lui donner un féminin et l'employer ainsi que tout autre adjectif.
— HIST. xiv s. Que pour notre vie faire bonne, il est miel et plus expédient dire et prononcier que delettacion est malvese chose, obesme, Eth. 2»4. Ordonnances justes et expedientes, iD. Tlièse de MEUNIER. Il XVI* s. L'Estat de France est maintenant si atténué et alToibli, qu'il ne seroit pas expédient qu'il se departist de ces alliances, lanoue, 379.
— lïTYJi. Provenç. expedien; espagn. espedienle ; ital. espediente; du latin expedire, être uiile, proprement dégager, de ex, hors, et pes, pedis, pied : tirer le pied hors. D'après Palsgrave, p. » (xvi* siècle), on prononçait euzpedient.
2. EXPÉDIENT (èk-spé-di-an), f. m. \\ i' Moyen de se tirer d'embarras, d'arriver à ses fins. L'expédient qu'ils ont pris en cette circonstance. Quel est l'expédient que Caton me propose? mair. Uort d'Asdr. y, 2. Il y a d'autres personnes [que les avocats] à consulter, qui sont bien plus accommodantes, qui ont des expédients pour passer doucement par-dessus la loi et rendre juste ce qui n'est pas permis, mol. Mal. imag. i, 9. Le trop d'expédients peut gâter une affaire.... N'en ayons qu'un, mais qu'il soit bon, la font. Fabl.n, U. Vous avez trouvé des expédients pour rendre la confession douce, PASC. Prov. 12. || Être fécond, fertile en expédients, être habile à imaginer toutes sortes de moyens de sortir d'embarras. Tout cela s'est fait par mon génie, fertile en expédients, fén. Dial. des morts mod. t9. Cette fertilité d'expédients vient moins d'étendue et de force de génie que de défaut de force et de justesse pour savoir choisir, id. ib. Pour toi, de qui l'esprit et délicat et fin . Prompt en expédients, en ressources fertile, Découvre d'un coup d'oeil les moyens et la fin, chaul. Au marquis de la Fare. || Il se prend souvent en mauvaise part pour indiquer une mesure qui tire d'embarras pour le moment, mais laisse subsister la difficulté. Ce n'est là qu'un expédient, ce n'est nas une solution.
EXP
Il >' Au plur. Moyens onéreux et extrêmes qu'on emploie pour se procurer de Taraient. Il estauxexpédients. Le malheur de vous être trouvé chargé de dettes de famille très-considérables qui vous ont forcé d'en faire encore de nouvelbs et de recourir à des expédients aussi onéreux que désagréables, volt. Letl. Morangiès, 30 oct. t772. Quoiqu'elle fût sans cesse aux expédients pour vivre, j. i. rouss. Confess. v. Il 3° Ancien terme de pratique. Sorte de conciliation dans laquelle les parties se concertaient d'avance sur la décision que le juge devait rendre. Jugement d'expédient,jugement rendu sur l'accord des parties.
— HIST. XIV' s. Pour le commun expédient [avantage], ORESME, Thèse de meunier. || xV s Ne
sait on trouver nul expédient, comm. i, <«. {] xvi* s. Cest expédient leur sembla très bon pour pacifier leur dissention présente, amyot, Numa, 6.
— ÊTYM. Expédient t.
EXPÉDIER (èk-spé-di-é), j'expédiais, nous expédiions, vous expédiiez; que j'expédie, que nous expédiions, que vous expédiiez, v. a. \\i° Faire partir pour une destination. Expédier un ballot par le chemin de fer. Expédier un courrier, une estafette. Lui qui faisaitquolquefois expédier des lettres de cachet, VOLT. l'Ingénu, 20. En laoi , une société formée en Bretagne expédia deux navires pour prendre part, s'il était possible, aux richesses de l'Orient, que les Portugais, les Anglais et les Hollandais se disputaient, RAYNAL, Hist. phil. IV, 2. Il 2° Hâter l'exécution d'une chose, la fin d'une affaire. S'agit-il de la con.science, on n'y regarde pas de si près, et il semble que ce soit une de ces affaires qu'on peut expédier dans l'espace de quelques moments, bourd. Pensées, t. *, p. 349. Ceux qui expédient le plus d'affaires, fên. Tél. xxii. Il y a ici trop de monde; on expédie les audiences trop rapidement, volt. l'Ingénu, 45. Xénophon, au livre des Revenus, voudrait qu'on donnât des récompenses à ceux des préfets du commerce qui expédient le plus vite les procès, MONTERQ. Esp. XX, 48. || Absolument, en ce sens. Nous n'aurions jamais fait ici, si nous voulions appuyer autant sur chaque nouvelle; il faut expédier, expédiez à notre exemple, sÉv. 498. |{ En ce sens il se dit aussi des personnes. Ce juge expédie promptement les parties. Il est là embarrassé à expédier queliiues malades, et je vais lui dire que vous êtes ici. mol. Pourceaugn. i, 7. S'il y a plusieurs personnes qui n'aient pas plus de droit d'être expédiées l'une que l'autre, le juge qui prendra quelque chose de l'une à condition de l'expédier la première, péchera-t-il? pasc. Prou. 8. Je vous conduirai à mon maître, d'abord que j'aurai expédié ce bon laboureur, LESAGE, Gt'iB/os, m, 3. Quoique je n'aie plus guère besoin de pratiques, il est toujours bon d'expédier les vieilles; quelque profession que l'on quitte, il en faut sortir avec honneur, dancourt, la Femme d'intrigue, iv, 42, Ils perdent plus de temps à me remettre qu'ils n'en auraient mis àm'expédier, j. j. rouss. Ilél. m, 23. || 3° Déclarer à la hâte. J'entends à demi-mot, achève et m'expédie Promptement Is motif de cette maladie, corn. Mél. IV, 4. De prime abord sont par la bonne dame Expédiés tous les péchés menus, la font. Ifari conf. Il 4° Familièrement. Expédier de l'argent, des provisions, les dépenser promptement. U a expédié son dîner en quelques minutes. Après avoir expédié une partie du gibier, lesage , Gil Blas, vi, 4. )| 5' Se débarrasser de. Si vous pensiez m'expédier, en me mandant des merveilles de votre santé.... SÉv. 421. L'on voit des gens brusques, inquiets, suffisants, qui, bien que oisifs et sans aucune affaire qui les appelle ailleurs, vous expédient, pour ainsi dire, en peu de paroles etne songent qu'à se dégager de vous, LA BRUY. v. Il Par extension. Je me souviens de ce que je souffris à la maladie de ma pauvre tante, et comme vous me fîtes expédier cette douleur, sÉv. 225. Il 6° Mettre à mal, ruiner. Ils avaient porté beaucoup d'argent au jeu, ils furent promptement expédiés. C'est le coup, scélérat, par où tu m'expédies. Et voilà couronner toutes tes perfidies, mol. Tart. v, 7. Tandis qu'on l'expédiait insensiblement, la fidèle Fatime qui s'aperçut de sa décadence, rêva une nuit qu'elle le quittait et le lendemain elle le quitta, barmontf.l, Cont.mor. Mauv.mère.\\ Faire mourir. La maladie l'aura bientôt expédié. C'est de la meilleure foi du monde qu'il [un médecin] vous expédiera, mol. Mal. imag. m, 3. Ce portier du logis était un chien énorme, Expédiant les loups en forme, la font. Fabl. ix, 4 0. U n'en faut pas davantage, avec une direction d'intention, pour expédier un hommeen sûreté de conscience, pasc. Prov. 7. Les habitants d'Avila se font une grande joie de voir expédier aujourd'hui quelqu'un de ces voleurs.
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LKSAGE , Eslev. Gonx. ch. ». || Expédier un liomma en forme commune (voy. commun), ou l'expédier en bref, lui gagner tout son argent, le mettre à mal, le faire mourir. Rh I messieurs, laissez-moi mourir; Permettez qu'en forme commune La parque m'expédie, et finissez vos pleurs, la pont. Fabl. xii, ». Il 1' Terme de pratique. Faire la copie littérale d'un acte. Passez chez votre notaire afin qu'il expédie votre contrat. (I S" S'expédier, c. réfl Se hâter, se dépêcher. Allons, qu'on s'expédie. || Etre fa.i à la hâte. Cela ne peut pas s'expédier ainsi. || Être fait promptement. Par ce moyen [la division desaffaires] tout s'expédie avec ordre et distinction, Boss. Polit, x, u, 4. — llIST.xiv's. Un seul ne pourroit entendre, nehien délivrer ou expédier toutes les causes et les controversies d'un grant pueple, oresme. Thèse de meunier. Il XV' s. Et crioient à ceulx qui estoient sur l'eschaffaut qu'ilz les expédiassent, et incontinent ilz eurent tous deux les t«stes trenchées, comm. v, 47. ||xyi' s. Puys patenostres en avant; pour lesquelles mieux en forme expédier.... rab. Garg. i, 22. Et pour avoir plus tost expédié, je presupose, qu'en courage, expérience et nombre, les deux esquadrons soyent esgaux, langue, 3io. Les grands travaux [maux] expédient et depeschent promptement l'homme, et les longs ne sont pas grands, amyot, Comm. lire les poètes . 65. Il fera acheter de vieils beufs es marchés d'alentour, afin de s'en servir à boutées [coups de travail] pour expédier ses labour» et semences, o. de serres, 298.
— ÉTYM. Latin fictif, expeditare, fréquentatif de expedire (voy. expédient 4).
EXPÉDITEUR (ék-spé-di-teur), s. m. Terme de commerce. Celui qui expédie des marchandises. Les frais ne sont pas à la charge de l'expéditeur.
— HIST. XVI' s. Quel expéditeur de causes, quel abregeur de procès, quel videur de débats.... ce seroit ! rabel. dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Expédier.
EXPÉDITIF, IVE (èk-«pé-di-tif, ti-v'), adj. Qui expédie promptement les affaires ; prompt en besogne. C'est un homme expédilif, qui aime à dépêcher ses malades: et, quand ou a à mourir, cela se fait avec lui le plus vite du monde, mol. l'ourc. i, 7. Il U se dit aussi des choses qu'on dépêche, qu'on lait promptement. La science, l'esprit, le talent n'étaient pas encore des choses commodes, expéditives, qu'on veut acquérir en une heure, pour en user aussitôt, villemain, Lilt. fr. t8' siècle. 2' part. ("leç.
— HIST. XVI' s. Ceulx mesmes qui le haïssoient et qui le craignoient, s'esbahis.soient de veoir comment il estoit actif et expeditif en toutes choses, amyot, les Gracq. 39.
— ÉTYM. Voy. EXPÉDIER.
EXPÉDITION (èk-.spé-di-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1' Action d'expédier, d envoyr par une voie quelconque de transport. L'expédition des marchandises. || Commerce d'expédition, genre de commerce qui se borne à l'envoi, vers une destination ultérieure, de marchandises arrivant de l'étranger et pour le compte de l'étranger. || Au plur. Dépêches, lettres, actes. Ce courrier attend ses expéditions. || Expéditions en cour de Rome, se di^ sait des affaires dont les banquiers se chargeaient pour celte cour, et qui se faisaient aussi promptement qu'il se peut par la voie des courriers. || 2° Action d'expédier, de hâter ; diligence. De l'unité d'une même volonté dépendent l'expédition, le secret, l'obéissance, l'ordre et l'union, piïn. t. xxii, p. 439. L'expédition des affaires devient plus lente à mesure que plus de gens en sont chargés, j. j. rouss. Contr. snc. m, 2. Il Homme d'expédition, homme qui termine promptement les affaires. |{ Chose de prompts expédition, chose qui se fait vite. Il faut attendre que la première édition [du Dictionnaire de Bayle], dont on a tiré plus de deux mille exemplaires, soit vendue ; et ce n'est pas une chose de prompte expédition, BAYLE, Lett.à la Mnnnoye, 49 août 4697. Il 8° Terme de guerre. Entreprise à main armée et en corps de troupes contre un pays. L'expédition de Xercès contre la Grèce. L'expédition d'Egypte. Marcellus employa une bonne partie de la seconde année du siège à diverses expéditions qu'il fit en Sicile, ROLLIN, Bist. anc. Œuvres, t. x, p. 8i, dans pougens. Clovis n'avait pas été le seul des princes chez les Francs qui eût entrepris des expéditions dans les Gaules, montesq. Esp. xviii, 29. Cimon, par des voies légitimes, avait acquis dans ses expéditions une fortune immense, barthél. Anach. introd. part, u, sect. 3. Ainsi les grandes expéditions s'écrasent sous leur propre poids; le génie de Napoléon, en voulant s'élever au-dessus du temps, du climat et des distances, s'était comme perdu
EXP
dans l'espace, sêouR, //«.v(. df Nap. ix, H. || Kxpédition maritime, ou, simplement, expédition, entreprise pour de» découverte», pour le commerce ou pour la guerre de mer. || i' Kig. Visite, voyage qui xe fait à l'iniproviste. Le lendemain de ma dernière I lettre écrite, je vois revenir à l'heure que j'y pen- | nais le moins ma belle-fille.... cela me surprit et m'aurait inquiétée, .si je ne voyais clairement qu'elle en est fort aige et que c'est d'aussi bon cœur que de bonne grftce qu'elle a Tait cette expédition, sëv. 692. Il Ironiquement, équipée, chose Taite mal à propos. Vous êtes allé à telle assemblée; tous avez fait là une belle expédition. || B" Terme de pratique. Action de copier. Pressez l'expédition de cet acte. Il Copie légale, non revêtue de la furroe exécutoire, iJ'acles notariés ou de jugements. L'expédition d'un acte de vente, d'un brevet. || 6" Figure de rhétorique par laquelle on écarte tout, excepté un seul chef, sur lequel on réunit toute la force de son raisonnement ; c'est une sorte de paralcpse.
— HlST. XV* s. Il avoit mis sus une audience publique.... et si faisoit de bonnes expéditions, et [je] l'y vey, huit jours avant son trespas, deux bonnes heures, comm. viii, ta. || xvi* s. En ces lointaines expéditions [les croisades], ianoue, 398. Nul des dits bourgeois ne peut esire tenu aller en expédition ou voyage pour leditseigneur, si bon luy semble, qu'il ne puisse revenir coucher en sa maison, LA THAUM. Coût, de Bcrry, p. (68, dans lacurne.
— ÊTYM. Proveno. expediti? ; espagn. expedicion ; ital. spedixione; du lat. expeditionem , de expedire, débarrasser fvoy. expédient ().
EXPÉDITIONNAIRE (èk spé-di-sio-nê-r"), ». m. Il 1° Terme de comme: ce. Celui qui est chargé de faire des envois de marchandises. || 2* Commis chargé de faire des exféditions ou des copies. Il est expéditionnaire au ministère de l'intérieur. || 3° Autrefois , s'est dit de certains officiers, établis en France, pour solliciter en cour de Rome les rescrits, bulles, provisions, etc. || 4* .4d;. Banquiers et notaires expéditionnaires, banquiers, notaires qui se chargeaient de faire les expéditions en cour de Rome. Il Oui fait des copies. Commis expéditionnaire. Il [Déranger] était là [au ministère] simple copiste expéditionnaire, p. L. coubr. Lett. u, (75. IJCIiargé d'une expédition militaire. L'armée expéditionnaire du Mexique, l'armée chargée d'une expédition dans le Mexique.
— f.TYM. ExpMilion.
+ EXPÉDITIVEMENT (èk-spé-di-ti-ve-man) , adxj. D'une manière expédilive. L'insurrection [de 1830] qui trancha si expéditivement la difficulté et poussa les courages qui s'étaient enhardis jusqu'au refus de l'impôt... cARREi, CEuvres, t. m, p. 450.
— Rtym. Expédilive, et le suffixe ment. EXPÉRIENCE (èk-spé-ri-an-s') , s. (. \\ l' Acte
d'éprouver, d'avoir éprouvé. Je ne vous en croirai qu'après lexpérieiice, corn. Ct'd, ii, <. L'expérience que j'ai de la confusion des disputes, pasc. Esprit génm. i. Ahl de vos premiers ans l'heureuse expérience Vous fait-elle, seigneur, haïr votre innocence? RAC. Brit. IV, 3. Vous ne savez pas, répondit Idoménée, combien toutes les expériences sont inutiles aux princes amollis et inappliqués qui vivent sans réflexion, fén. Tél. xiii. Le monde entier est occupé à observer un seul homme [le roi] à toute heure, et à le juger en toute rigueur : ceux qui le jugent n'ont aucune expérience de l'état où il est, ID. ib XII. [Les rois sont] défiants, par l'expérience continuelle qu'ils ont de l'artifice des hommes corrompus dont ils sont environnés, m. t'b. xiu. Celui qtii a eu l'expérience d'un grand amour, néglige l'amitié, la bruy. iv. L'ex|)érience du monde en dègoùie, on le sait, j. j. bouss. Emile, iv. || Faire l'expérience d'une chose, la ressentir, l'éprouver. X mes dépens j'en fais l'expérience, Régnier, Él4g. T. La haute vaillance Dont je ne fais ici que trop d'expérience, corn. Sertor. m, 2. || En un autre sens, faire l'expérience de, essayer si une chose réussit. Et de votre beauté faites l'expérience, mair. Sop/ion.iii, S. Saint-Aubin en a fait cent fois l'expérience [d'un conseil médical], sÊv. S9fc, [j Dans le style élevé, faire l'expérience de, faire l'apprentissage. Il vint chercher la guerre au sortir de l'enfance, Et même en fit sous moi la noble expérience, RAC. Bajax. l, 4. || 2* Connaissance des choses acquise piir un long usage. C'est |la patience à souffrir un malheur] l'efiel vertueux de votre expérience, corn. Ilor, V, 8. L'expérience consommée est la couronne des vieillards, et la crainte de Dieu est leur gloire, saci. Bible, EccUsiasliq. xxv, 8. Une jeune souris de peu d'expérience Crut fl(^chir un vieux chat.... iakoxt. Fabl xu, 6. Ce qu'une judi-
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cieuse prévoyance n'a pu mettre dans l'esprit des hommes, une maîtresse plus impérieuse, je veux dire l'expérience, les a forcés de le croire, Boss. Reine d'Anglel. Je m'en reposerai sur votre expérience, RAC. Bril. III, t. Un roi sans expérience de la guerre, fën. Tél. v. L'expérience est la mémoire de beaucoup de choses, dioerot, Opin. des ane. pMlot. (Hiibbitme). Expérience signifie communément la connaissance acquise par un long u.sage de la vie, jointe aux réflexions que l'on a faites sur ce qu'on a vu, et sur ce qui nous est arrivé de bien et (le mal, du mars. (J/Mtret, t. v, p. 247. Ne songeons qu'à rendre utile et salutaire aux hommes celte expérience héréditaire que le présent dispose et lègue aux siècles à venir, marmontei,, Élém. littér. Œuvres, t. viii, p. 75, dans poloens. L'esprit, la pureté des intentions et de l'âme ne sauraient tenir lien d'expérience, oenus, Veill. du chdl. t. Il, p. 415, dans pougens. || Au plur. Ses longues expérience» étaient pour l'Rtat un trésor inépuisable de sages conseils; et sa justice, sa prudence, la facilité qu'il apportait aux affaires, lui méritaient la vénération et l'amour de tous les peuples, BOss. Je Teliier. || 8° Tentative pour reconnaître comment une chose se passe. Expérience de physique, de chimie, de physiologie. Les expérienci s sont les véritables maîtres qu'il faut suivre dans la physique, pasc. Pesant, de l'air. Conclusion. L'art de faire des expériences porté à un certain degré n'est nullement commun, fonten. Neioton. [L'écriture] par laquelle les productions, les vues, les expériences, les découvertes de tous les âges accumulées servent de base et de degré à la postériié pour s'élever toujours plus haut, turgot, 2" dt«. en Sorbonne. Personne n'a su mieux disposer une expérience pour la rendre propre, soit à confirmer les résultats de la théorie, soit à servir de base au calcul, coNDORCET, Dani'l Bernoulli. En physique le mot expérience se dit des épreuves que l'on fait pour découvrir les différentes opérations et le mécanisme de la nature, nu mabsais. Œuvres, t. v, p. 249. II faudrait laisser à la postérité oes expériences commencées; il faudrait la mieux traiter que l'on ne nous a traités nous-mêmes, buff. Exp. sur les végÙ. 2' niém. || 4° Expérience, se dit quelquefois absolument pour méthode expérimentale, conaaissance à posteriori par l'observation des faits.
— HIST. XIII' S. Ainsnc va des amis poissans, Douz est à lor mescongnoissans [à ceux qui ne les connaissent pas] Lor servise et lor acoiniance Par le défaut d'expérience, la liose, t878l. || xiv's. Cure nouveiement aquise et démenée en lumière par l'exi erience de ceux d'ore [d'à présent], h. de mondeville, f" 4. Pour ce que procès de temps, longue expérience et longue estude y sont requises quant à engin de homme, oresme, Elh. x (te). Il ont expérience que plusieurs fois ont passés telz perilz, id. tb. 79. Il xvr s. Je cognoy par expérience cette condition de nature qui.... mont, i, 4i. Il n'y a que quelques hommes qui se meslent d'enregistrer leurs expériences, id. iii, 230. Il Défaut point flater soymesmes, ni autrui, ains dire franciiement ce que les expériences passées demonslrent, langue, 32. Cesie très belle sentence, que l'expérience a tant de fois fait trouver véritable, id. 4i. .S'il estoit question de savoir si un cheval ou un chien sont bons ou mauvais, on vouidroit avoir du temps pour en faire Texperience avant qu'en juger, id. 70. Combien d'hommes riches se sont ruinez après ces misérables expériences [d'alchimie], id. 477.
— ETYM. Provenç. eipmpnfto, esperienlia ; espagn. experiencia ; ital. esperieniia ; du latin experientia, de expcriens, éprouvant, de eiperin (voy. expert). D'après Paisgrave, p. 9, au xvi" siècle, on prononçait euzpeiiense,
EXPÉRIMENTAL, ALK (èk-spé ri-man-tal, ta-l'), adj. Oui est fondé sur l'expérience. Physique, philosophie expérimentale. Résultais expérimentaux. On en a conclu que c'était à la philosophie expérimentale à rectifier les calculs do la géométrie, mdf.rot, Interpr. de la nat. n' 2. |{ Méthode expérimentale, voy. MÉTHODE. Il Fig. 11 était nécessaire de leur faire commencer sérieusement leur cours de vertu expéri mentale, genlis, Ad. et TMod. t. I, lett. 49, p. 413, dans pougens.
— SYN. MÉTHODE EXPÉRIMENTALE, EMPIRISME. La
méthode expérimentale difl'ère de l'empirisme en ceci qu'elle s'efforce d'atteindre et atteint en beaucoup de cas les lois des faits par l'induction, et puis de CCS lois tire des déductions qu'elle vérifie, tandis que l'empirisme n'use ni d'induction ni de déduction et ne lie pas les faits.
— ETYM. L'ancien substantif experimenl (qui si-
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gnifiait surtout sortilège); du latin experimenlum , essai, de experiri (voy. expert).
t EXPÉRIMENTALEMENT ( èk-5pé-ri-man-l«-leman), adr. D'une manière expérimentale.
— Rtym. Expérimentale, et le suffixe ment.
t EXPÉRIMENTATEUR, TRICE (èk-spé-ri-manta-teur, tri-s'). |{ 1* S. m. et f. Terme didactique et néologisme. Celui, celle qui fait des essais, desetpériences || 1* Adj. L'habileté expérimeuuitrice.
— ÊTYM. Expérimenter.
t EXPÊRIHFjrTATION (èk-gpé-ri-man-ta-sion) , i.f. Il l'Néologisme. Action d'expérimenter. || S* Méthode par laquelle s'acquièrent les connaissances positives dans la plupart des sciences naturelles.
— SYN. expérience, EXPÉRIMENTATION. L'expé-
rience est proprement la connaissance acquise par suite de ce que l'on a vu ou éprouvé depuis longtemps , et se prend au moral et au physique ; l'expérimentation est l'opération que l'on fait pour parvenir à une certaine connaissance : il ne s'applique guère qu'au physique. Il est clair que, quand il s'agit de physique, de chimie, etc. quoiqu'on dise des expériences, on entend des expérimentations; c'est une extension remarquable du mot expérience.
— ETYM. Expérimenter.
EXPÉRIMENTÉ, ËE (èk-spé-ri-man-té , tée) ,
part, passé. \\ 1* Examiné par expérience. Un remède nouveau expérimenté avec prudence par un mé'lecin habile, jj 2* Instruit par l'expérience. Ils éiaient expérimentés au fait de la guerre, vaucel, Q. C. liv. III, dans RicuELET. Il ne faut pas se llatter, les plus expérimentés dans les affaires font des fautes capitales, boss. Reine d'Anglet. Les nations les plus expérimentées sur la mer voulaient bien déjà obéir au premier de tous les Russes qui eAtconnu la mer, FONTEN. Ciar Pierre I". Pour être un officier expérimenté, il ne suffit pas d'avoir fait plusieurs campagnes, il faut les avoir faites avec l'esprit d'observation et avoir su mettre à profit ses propres fautes et celles des autres, dumarsais. Œuvres, t. v, p. 248. EXPÉRIMENTER ( èk-spé-ri-man -lé ) , t>. a. Il 1* £prouver par expérience. On ne peut se rendre compte de cela sans l'avoir expérimenté. Expérimenter un nouveau remède. S'il y en a qui nient qu'ils aient des idées distinctes de l'esprit et du corps.... sur ce qii'ilsn'ontjaniaisexpérimeniéd'avoir été sans corps, DESc.Ti^p. II, «. J'expérimente déjà que ma connaissance s'augmente et se perfectionne peu à peu, m. Médit. III, < 9. Pour avoir expérimenté souvent que... PASC. Prov. tb. Il Absolument. Le désir d'expérimenter et de connaître s'appelle la concupiscence des yeux, parce que, de tous les organes, nos yeux sont ceux qui étendent le plus nos connaissances, boss. Concupisc. 8. Il 2* Absolument. Dans les sciences expérimentales, solliciter la production des faits qu'on veut observer, afin de pouvoir parvenir à en as."!gner la loi, à en déterminer lei causes, à reconnaître la manière dont ces cau.ses agissent Expérimentons, méditons, et ne nous étonnons de rien, BONNET, 9* lett. hist. nalur. Nous n'expérimentons que depuis hier, disait Leibnitz, qui n'expérimentait guère, mais qui méditait sans cesse. ID. Leil. div. Œuv. t. XII. p. 299, dans pougens. || 3* S'expérimenter, t. r(?/î. S'instruire par expérience. Quand il s'agit de démontrer que l'œil s'expérimentera de lui-même, did^rot, Lett. sur les aveugles. Il faudra quelque temps à son œil pour s'expérimenter, m. ib. Il Être l'objet d une expérience. Un remède qui s'expérimente facilement.
— SYN. EXPÉRIMENTER, OBSERVER. ObserVOT, c'eSt
constater des faits qu'on ne modifie pas ou qu'on ne peut modifier. L'astronomie est le théâtre de l'observation. Expérimenter, c'est modifier les conditions des phénomènes pour reconnaître comment ils se passent. Cette difi'érence, aujourd'hui si précise entre l'observation simple et l'observation préparée, n'était aperçue ni au xvi* siècle ni par Descartes.
— HIST. xii' s. Vaches qui ju [joug] n'aient expérimenté. Rois, p. 21. Il xiii* s. Semés cuers [mon cœur) à droit expermente [conjecture bien], Portonopez. v. 6333. Il XVI* s. C'est grand dommage que je ne suis bien expérimenté [mis à l'épreuve, apprécié]; car, par faute de mff'connoltre, je vois que vous avez mauvais jugement de moi, maro. Aouc. Lvi. Commence à expérimenter comment te succéderont la doulceuret la clémence, mont, i, «29. Le vaisseau est bon, le pilote expérimenté, id. ii, ï36. U estoit addroit aux armes, expirimenlé au faicl de la guerre, amyot, Marcell. t. U avait veu et expérimenté beaucoup de choses, id. Caton, 52. La Motte eut pitié de ces gentils-hommes, leur envoya du pain et du vin par un tambour, les priant d'elperimenter sa courtoisie, d'aob. Hist. ii, 4i2....
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— ÊTYM. Provenç. experimentar, expermeniar ; espagn. experimentar; iial. îperimen(ore ; du laiin 'Xperimentare , de experimentum , de experiri , éprouver (voy. expeiit).
EXPERT, PElVlE(èk-sp6r, spèr-t'), odj. ||l°Oul a, [lar l'expérience, acquis une grande habileté dans un mélier, dans quelque chose. De ses mains à vaincre expertes Ëlouffant le serpent trompeur, bégnier, Hymne. Elle est experte au fait dont il s'agit, la FONT. Comm. l'esprit. Les assaillants.... Étaient les plus experts en l'art de massacrer, id. Fiancée. Voilà le moyen de les engager à se rendre experts en leur art, P.4SC. l'rov. 8. Le nocher dans son art s'instruit pendant ('orage; Il n'y devient expert qu'après plus d'un naufrage, pir. Uélrom. T, 2. Le cœur est expert en tromperies, chateaubr. Céiiie, i, v, <*■ Il SubsUntivement. Et jusques au manger et au boire, nous n'oserons plus rien trouver de bon, sans le congé de messieurs les experts, mol. Critique, 7. II renferme toujours son conte en quatre vers: Bien ou mal, je le laisse à juger aux experts, la font. Fabl. VI, «. Il 2° S. m. Terme de jurisprudence. Nom donné à des hommes qui, ayant la connaissance acquise de certaines choses, sont commis pour les vérifier et pour en décider. S'en rapporter au dire des experts. || i dire d'experts, suivant le dire des experts. L'affaire sera décidée à dire d'experts. Il Fig. X dire d'experts, sans réserve; locution qui vient de ce que le dire des experts est défitiitif et sans réserve. Pendant la fermentation calomnier à dire d'experts, beauharch. Barb. de Sév. u, 8.
— REM. On dit expert en, dans et à. Avec un infinitif, on dit eiper» d.
— SYN. EXPÉRIMENTÉ, EXPERT. Ces deux mots Ont même radical, le latin experiri, éprouver. Mais le premier signifie celui qui a de l'expérience, à qui les choses sont connues par un long usage ; le second signifie celui qui a acquis, par l'usage aussi, non pas une connaissance générale, mais une habileté spéciale.Un homme est expéri mente dansles affaires; mais il est expert dans son métier. Ce chirurgien, très-expérimenté, est expert à traiter les maladies des voies urinaires.
— HisT. XIV" s. Conoisans et espersen fait de monoyes, Ordonn.des rois de Fr. i, p. 770. Les consuls expert et savant du débat et des dissencions, bercheube, C 42. Il XV* S. X Conseiller sont ces Galois expers,Maisne sceventleursconsaulx exploiter, E. DESCHAMPS, Conseils des François. \\ xvi* s. Chasque expert doibt estrecreu en son art, mont, ii, 280.
— ÉTYM. Bourguign. expar; provenç. expert, esperl; e.spagn. experte ; ital. sperto ;d\i lat. expertus, qui a éprouvé, part, passé d'experiri, deex, etd'un radical inusité periri, qui est dans periculum, péril (voy. ce mol), et dans peritus, habile.
t EXPEttTEMENX(ék-spèr-te-man), adv. D'une manière experte.
— ÊTYM. Experte, et le suffixe ment; provenç. espertoment; ital. esprrlament.
EXPERTISE (tk-spèr-ti-7.'), s. f. Terme de juiisprudence. Visite et opération d'experts. Procéder par experti.se. Faire une expertise. || Procès-verbal, rapport des experts. Après quatre vacations, ils ont clos leur expertise.
— HlST. XVI' s. On y requeroit aultrefois une expertise bellique [expérience militaire] plus uiiiverselle, MONT. 11, 66. Expertise d'armes , brant. Duels, p. <o<, dans lacurne.
— ÉTYM. Expert ; provenç. et ftspagn. esperteia. + EXPERTISER (èk-siièr-ti-zé), ». n. Faire une
expertise. || Activement. On expertisera le dégSt. Il S'expertiser, v. réfl. Être expertisé. Cela s'expertisera sans difliculté.
— ÊTYM. Expertise.
tEXPlABLE(èk-spi-a-br),ody. Qui pom être expié.
— HlST. xiv s. La haine non expiable que il a voient contre les Romains, bkrcheure, f" 33, verso. Il XVI* s. t;xpiable, onuiN, Dict.
— ÉTYM. Lat. expiabilis, de expiare, expier. jEXPIATEUR, TRICE(èk-spi-a-leur, tri-s'), ad;.
Propre à expier. Puisse la cruauté du destin s'épuiser sur moi seul, victime ei|)iatrice pour toute ma famille! didebot. Essai sur Cl. ii, 77. Je viens de préparer des dons expialeurs, soumet, Clytemn.i, i.
— ÉTYM. Lat. expialorem, d'expiare, expier.
EXPIATION (ék-spia-sion ; en vers, de cinq syllabes), I. f. Il 1° Action d'expier un crime, un délit, une faute. U trouve l'expiation de ses fautes dans sa patience et dans ses désirs, mass. Vaup. \\ i' Cérémonie religieuse faite en vue d'apaiser la colùre céleste. Sacrifice d'expiation. Expiations publiques. Vos expiations ont satisfait les dieux, volt. Olympe, l, 2. Une religion qui ofi'nrait aux hommes plus d'on-
DiCT. DE LA LAMUU£ KKANCAISK.
couTdgement aux vertus sociales que d'expiations pour los perversité», iD. Dict. pliil. ltelig.,l.^Féie de l'Expiation, la quatrième des fêles établies par Moïse. Au dixième jour du septième mois, qui est le temps de la fête des Expiations, vous ferez sonner du cor dans toute votre terre, SAa, Bible, Lévit. xxv, 8.
— HIST. XII' s. Le jor de s'expiation [RoUon] Mit son cresmal [habit de baptêmej droitement jus....
BENOIT, n, 7023.
— ÊTYM. Provenç. eipt'acio; espagn. «iptacton; ital. espiazione; du latin expiationem, d'expiare, expier.
EXPIATOIRE (èk-spi-a-toi-r'), adj. Qui a la propriété d'expier. Toutes les fois que le courroux des dieux se déclare par la famine, par une épidémie ou d'autres fléaux, on lâche de le détourner sur un homme et sur une femme du peuple, entreienus par l'État pour être, au besoin, des victimes ttpiatoires, chacun au nom de son sexe, barthél. Ai'ach. ch. 2(. A toi, Ronsard, à toi qu'un sort injii; eux Depuis deux siècles livre au mépris de l'histu re, J'élève de mes mains l'autel expiatoire Qui te p' rifiera d'un arrêt odieux, ste-bkuve. Poésies, lU isard. Il Sacrifice expiatoire, sacrifice qui se fait po ir l'expiation de quelque faute. La messe est un saci fice expiatoire. || Chapelle expiatoire, chapelle qi: i l'on élève au lieu oïl s'est commis quelque acte que l'on veut expier.
— ÉTYM. Lat. expiatorius, de expiare, expier. EXPIÉ, ÊE (èk-spi-é, ée), port, passé. Qui a été
objet d'expiation. Oubliez, croyez- moi, des meurtres expiés, volt. Olympe, i, 2.
EXPIER (èk-spi-é), j'expiais, nous expiions, vous expiiez; que j'expie, que nous expiions, que vous expiiez, v. a. || 1' Réparer un crime par la peine qu'on fait subir. Et punissez en moi ce noble criminel [Horace, mon mari], De mon sang malheureux expiez tout son crime, corn. Ilor. v, 3. Enfin le sort, dont les vicissitudes laissent rarement le crime sans punition, expia la conquête du nouveau monde, et les Indiens furent pleinement vengés des Espagnols, raïnal, IHst. phil. X, <o. || Terme d'anti quité. Purifier quelqu'un, au moyen de la cérémo nie appelée expiation, de la souillure contractée par quelque faute grave. Eurytion expia Pelée du meurtre de Phocus. || C'est dans ce sens latin qu'expier est employé dans la phrase suivante : Rends-moi mon sérail comme je l'ai laissé; mais commence par l'expier [exterminer les coupables], montesq. Lett. pers. <53. Il 2' Réparer, parla peine qu'on subit, un crime, une faute. Le prince, dont les péchés sont plus éclatants, doit les expier aussi par une pénitence plus édifiante, Boss. Polit, vu, vi, (3. Parlez, j'ai fait le crime et je vais l'expier, rac. .4ndr. v, B. On expiait l'homicide en donnant une certaine quantité de bétail [chez les Germains] , et toute la famille recevait la satisfaction, montesq. Esp. xxiv, (7. Il II peut avoir en ce sens un nom de chose pour sujet. L'opprobre et le supplice expieront votre audace, LA MOTTE, Inès, iii, 3. || 3' Réparer d'une façon quelconque. Impatient déji d'expier son offense, RAC. Phcd. II, B. Quand pourrai-je à vo.5 pieds expier ce reproche? m. Bril. m, 7. Mais ce n'est pas assez expier vos amours; Avez-vous bien promis de me haïr toujours? ID. Bére'n. v, B. Le désir d'expier sa faute le mettrait au-dessus de luimême, VOLT. Prtnc. de Babyl. to. Comment expier les alarmes d'une craintive amante? i. i. nouss. Hél. i, B. ||4° S'expier, v. réfl. Être expié. Et peutêtre il est temps que le crime s'expie, volt. Sem. 1, 6.
— HlST. xiV S. Expier aucun forfait n'est autre chose mes que purger ou mundifier, ou les diex apaiser, ou satisfaire à leur volonté, bebciieurb, f" 2, versf. Li cenceur espioient et purifiuient le peuple p«r certains sacrifices à ce ordenez, id. ib. Les nuuveaiiX faiz sont assez expiez et puniz, id. f 70, lerso.
— ÊTY.M. Lat. expiare; de ex, et pius, pieux (voy. ce mot).
EXPIRANT, ANTE (ék-spi-ran, ran-t'), adj. Il i" Oui expire, qui est près d'expirer, de mourir. Le malheureux emploi Dont son cœur expirant s'est reposé sur moi, bac. P/ièd. v, «. Mais il est expirant d'une atteinte mortelle, volt. Tancr. v, B. Il 2* Fig. Qui Unit. Un pouvoir expirant. Flamme expirante. La liberté semblait expirante. [Elle] Vomit en vain les feux de sa fage expirante, volt. Fanât, u, 2. Si des beaux jours naissants on chérit les prémices. Les beaux jours expirants ont aussi leurs déUces, DEL1LLE, llom. des ch. i. || Voix expirante, voix qui se fait à peine entendre.
EXPIRATEUR (èk-siii-ra-tuur), adj. m. 'l'urmo
danatomie. Muscles expirateurs, muscles qui contribuent à l'expiration, en resserrant le thorax
— ETYM. Lai. expirare, expirer.
EXPIRATION (êk-spi-ra-sion; en vers, de cinq
syllab<'s),s. f. || 1' Terme de physiologie. Action par laquelle les poumons expulsent l'air qu'ils ont inspiré. C'est l'expiration qui donne naissance à la voix. Haies a prouvé qu'en supposant (200 expirations par heure, nous évacuons en un jour par les poumons environ une livre et un tiers de vapeurs ou d'exhalaisons, bonnet, Contempl. nat. vu, 3, noie 2. ||Sedit aussi en parlantd'unsoufnetdeforge. || 2* Fin, terme. Expiration d'un brevet, d'une patente. || Fin d'un certain temps marqué. X l'expiration de l'année, du trimestre. Elle attendait avec une impatience inexprimable l'expiration des trois mois de séjour qu'on était forcé de faire dans ce palais, oenlis, Veillées du chdt. t. m, p. 400, dans pougens. || Échéance d'un terme dont on est convenu de part et d'autre. L'expiration d'un bail. Philippe de Valois ne vit pas l'expiration de la trêve; il mourut à Nogent-le-Roi, le 22 août 13B0, 4gé de B7 ans, saint FOix, Ess. Paris, CEurres, t. v, p. <I6, dans pougens. Â l'expiration de sa servitude, l'engagé jouit de tous les droils du citoyen libre, hatnal, //is( phil. xviu, 32.
— ÊTYM. Provenç. «.spiracio ; ilal. spiroiione; du lat. expiralionem, de expirare, expirer.
EXPIRÉ, ÉE (èk-spi-ré, rée), part, passé. || 1° Expulsé du poumon. De l'air expiré. || 2° Mort. S'il parait quelque mieux dans l'état du malade.... dès qu'il est expiré, la douleur éclate par les cris et les
sanglots, Boss. Pensées chrét. 38 i ce mot, ce
héros expiré N'a laissé dans mes bras qu'un corps défiguré, bac. Plièd. v, 8. Vous sentirez ce ver qui vous ronge expiré, mass. Car. Avent. Etd'un père expiré j'apportais en ces lieux La volonté dernière et les derniers adieux, volt, Zaïre, v, 10. Toujours des héros expirés Les héros vivants sont l'ouvrage, cile. Ode à la reine. \\ 3* Fig. Qui a pris fin. Un bail expiré. Votre commission est expirée, boss. Par. de Dieu, i. Les six mois expirés, il vola à Morges, oenlis, Veillées du chdt. t. i, p. 2B7,dan3
POUGENS
— REM. Les grammairiens ont condamné, comme si c'était une hardiesse de Racine, le participe expiré pour mort. D'abord Bossuet et, bien avant, Montaigne ont employé ce participe; puis la raison que donne d'Olivet, à savoir qu'on ne peut pas plus dire expiré pour ayarU expiré que parlé pour ayant parlé, est mauvaise, car expirer se construit aussi bien avec le verbe être qu'avec le verbe avoir. Du reste les écrivains l'ont adopté.
EXPIRER (èk-spiré). || 1* V. a. Terme de physiologie. Expulser l'air qui est entré dans la poitrine. || Par extension. Les végétaux aspirent sans doute l'air et l'expirent, bern. de st-p. Warin. liv. 6. Il 2° V. n. Exhaler son âme, l'âme étant comparée au souffle qui s'exhale de la poitrine, mourir. Elle a fait expirer un esclave âmes yeux, rac. Brit. iv, 4. Lorsqu'il fut expiré, Cassius le dépouilla de ses habits royaux, le p. catbou, dans dssfontaines. Il Par exagération. Elle n'est mariée qu'avec une ligure qui sort d'un cabinet, qui vient ù table, etqui fait expirer de langueur, de froid et d'ennui toutca qui l'environne, uabivaux, Jeux de l'am. et du has. I, 1. Il Fig. Les flots tranquilles viennent expirer au pied des canneliers en fleurs, chateaub. ilart. 77. Il Être détruit. J'ai joui des derniers moments de sa gloire [de la Grèce], et je ne l'ai quittée qu'après avoir vu sa liberté expirer dans la plaine de Chéronée, barthél. Anach.ch. 72. Hector tomba sous lui, Troie expira sous vous, rac. Andr. l, 2. Il 3' Prendre fin, arriver à son terme. Son bail expira à la Saint-Jean, le mien a expiré hier. On veut que la substitution soit expirée au premier degré, PATRU, Plaid. 42, dans richelet. Demain la trêve expire et demain l'on t'arrêta, volt. Fanât, ii, 6. Votre Majesté avait bien voulu abréger de moitié le temps de sa prison ; ce terme est expiré, et il y est encore, àce qu'il croit, contre vos ordres, d'alemb. Lellreauroi de Prusse, ta avril 1767. || Kig. Cesser, se dissiper, s'évanouir. Les sons expirèrent lentement. Cette lueur expira par degrés. Dès que ma flamme expire, un mot la fait renaître, corn. Tite et Bérén. n, 4. C'en est fait, je ma rends, et ma colère expire, id. Hodog. iv, 3. U semble qu'à ces mots notre discorde expire, id. Jlor. l, *. D'une action si noire Que ne peut avec elle expirer la mémoire? BAC. Phèd. v, 7. Je le vis, son aspect n'avait rien de farouche; Je sentis le reproche expirer dans ma bouche, id. Jphig. u, i. Notre vocation à l'autel expire à mesure que nous voyons revivre de nouvelles espérances pour la terre, u.\ss. Carême. Vocal.
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— RKH. Expirer »e conjugue avec opot'r, quand on veut exprimer l'acte: le bail a expiré hier; cet homme a expiré à l'insUnt même; avec le verlje ^(r«, quand on veut exprimer l'état :1e bail est expiré depuis longtemps; cet homme est expiré depuis quelques heures.
— HIST. xiT* s. Ll povoir du lieutenant du bailli expirera, Ordonn. det roit, t. vu, p. M«. De ceste amour proprement Hom mortel ne porroit dire Le prix, le doux sentement, La grand valour qu'elle expire [exhale], Modus, ms. f 803, dans lacubne. Il XV* s. Et finira cestni premier livre au trépas du 1res chrétien roi de France, Charlesle Bien aimé, lequel expira sa vie en i>on boslel de Saiut-I'aul i, Paris, MONSTB. ProJ. |] xvi* s. La furie des vipères rxpire par l'attouchement d'un rameau de fouteau, itAB. Pant. IV, 62. Je luydemanday si hors laguerre toute son auctoritè estoit expirée, hont. i, 2«7. tiuand nous serons expirez, ce buchier.... ID. il, 38. Autant que mes yeux peuvent recognoistre celte belle saison expirée.... id. m, 30«.
— ETYM. Provenç. expirar, tspeirar ; port, txjtirar; ital.iptVore; du lai. exspirart, deei, et ifirare, souffler.
t EXPLANAIRE (îk-splanê-r") , t. f. Genre des polypiers lamellifÈrcs madrépores.
t EXPLANATION (èk spla-ua-sion), t. f. Synonyme peu usité d'explicaliun.
— HIST. xii* s. El l'esplaiiation des alquantes [leçons] ai ge mimes [moi-même] dite davant lo poble, liOBMANS, Ilomél. de St Grég. p. (7.
— ETYM. Lat. explanalionem, de explaiiare, de ex, elplantis, plan, uni.
EXPLÉTIF, IVE (êk-splé-tif, ti-v'), adj. Terme (le grammaire. II se dit de mots inutiles au sens, mais qui servent à remplir la phrase. Dans la phrase ijuivante votis est explétif : Je vous le traiterai comme il le mérite. Ifot l'est dans les exemples suivants: Prends-moi le bon parti; laisse-là tous les livres, iioiL. Sat. viii. Avant que de parler prenez-moi ce mouchoir, mol. Tart. m, 2. || Particule cxplétive, petit mot ou partie de mot qui s'ajoute sans changer le sens. Re est souvent dans nos verbes une particule eiplétive. En grec nep est une particule explétive. || S. m. C'est un explétif. L'usage des explétifs.
— ETYM. Provenç. expletiu; espagn. expJetivo; ital. esplelivo; du latin expl.etivus, deexpiere, remplir, de ex, et l'inusité plere, remplir. On trouve dans A. Cliartier expUlif au sens de ce qui remplit: l'uisqu'ilz ont temps et espace explective. Ballade.
+ EXPLÊTIVEMENT (èk-splé-ll -ve-man), adv. Clomme explétif; d'une manière explétive. Yous est employé expléiivement.
— ÉTYM. Explétive, et le suffixe ment.
EXPLICABLE (bk-spli-ka-bl'), adj. Qui peut être
expliqué. Cela n'est pas explicable.
— ETYM. Ijit. exvlicabilis, de explicare, expliquer. EXPLICATEUR" (èk-spU-ka-teur), t. »n. Celui
qui explique. Admirable cxplicaleur et ordonnateur du passé et de ces choses accomplies qui ne tirent plus à conséquence, Montesquieu.... Sainte- EEiiviî, dans le Dtcl. de Dociiiz, à tnot. || Particulièrement. Celui qui fait l'explication de certaines choses exposées à la curiosité publique. L'explicateur d'une ménaKerie, d'un panorama.
— HIST. xvi* s. Eiplicateur, oudin, Diet.
— £tym. Lat. explicatorem, de explicare, expliquer.
EXPLICATIF, 1VE (èk-spli-ka-tif, ti-v'), adj. Qui sert & expliquer. Commentaire explicatif. Notes explicatives. Ce sont des induits plutôt explicatifs qu'ampliatifs, PATRU, Disc, pour les Urbanistes. \\ Terme de grammaire. Proposition explicative, se dit d'une proposition incidente qui ne sert qu'à expliquer une idée principale. Elle est opposée à la proposition restrictive ou détermi native. Dans cette phrase, l'homme, qui est un animal raisonnable , doit agir, etc. qui est, etc. est une proposition explicative. Au contraire, dans la phrase l'homme qui est eenu est reparti, qui est venu est une proposition restrictive. Dans la proposition explicative on met une virgule avant qui; on n'en mot point dans la proposition restrictive.
— ÊTYM. Provenç. explicatiu; du latin explicativus, de explicare, expliquer,
EXPLICATION (6k-spli-ka-sion; envers, de cinq syllabes), ». f. jj !• Discours par lequel on expose quelque chose de manière à en donner lintelligence, la raison. Ce mot me fut nouveau et inconnu; je lui en demandai l'explication, pasc. l'rov. 4. Celte fameuse explication des songes de Pharaon, boss. Hitt. 1, 3. C'est l'explication que fait saint Augustin
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de e«8 paroles, BooBn. Cartme, i, Àumtnt, i«9. J'entends clairement cette explication, et je U reçois, HALEBB. Recherche, éclaircissement, liv. vi. Il Explication morale, interprétation morale d'un texte qui comporte un tout autre sens. Thomas Walleis, jacobin anglais, fit imprimer, vers la fin du XV' srëcle, à l'usage des prédicateurs, une explication morale des Métamorphoses d'Ovide, dd mab- SAis, Tropes, m, ». || 2* Ce qui aide à trouver la cause, le motif d'une chose difficile k concevoir. Cela me donne l'explication d'un fait dont je n'avais pu encore me rendre compte, JHct.del'Acad. [| S'Justification , éclairci-isement. Me donnerez-vous l'explicatiun d'une telle conduite? Une explication I en laut-il quand on s'aime? gresset. Méchant, iv, 7. Sous quelque forme qu'elle en parle, une explication sévère éclaircit ma honte à l'instant, beaum. Hère coupatile, I, 8. Elle voulut avoir une explication particulière avec Mme de Montespan, gemlu, Urne de Uaintcnon, t. i, p. 43, dans pouoens. Le silence suspendit un entretien qui peut-être aurait conduit à une explication heureuse, stael, Corinne, xix, 6. Il Avoir une explication avec quelqu'un, le forcer à expliquer «es intentions dans une circonstance équivoque. J'ai eu une explication avec lui. Ils ont eu des explications , une explication. || Demander à quelqu'un l'explication d'une parole équivoque, lui demander d'expliquer un propos qu'il a tenu et qui, s'il n'était pas expliqué, paraîtrait offensant. || II se dit très-souvent au pluriel. Demander des explications. Il 4» Interprétation, par la parole, de représentations et choses figurées. L'explication de la sphère. L'explication d'un tableau. || 6* Terme de classe. L'explication, la traduction de vive voix d'un auteur après préparation ou à livre ouvert. Ce qui doit dominer dans les classes, c'est l'explication, bollin. Traité des Et. vi, ii, il, 6. M. KoUin approuve la méthode de commencer par l'explication, c'est un grand suffrage, i>u marsais, Œuvres, t. i, p. 234.
— ETYM. Lat ejrpficotionem, de explicare, expliquer.
+ EXPLICIT (ék-spli-sit"), t. m. Terme de paléographie. Mot qui indique qu'un ouvrage est terminé, et que l'on trouve à la fin des manuscrits latins du moyen âge. L'explicit et l'incipit.
— ÉTYM. Lat. du moyen âge explicit, il finit, verbe formé du latin explicitut, fini, terminé, de explicare, déployer, terminer, expliquer (voy. expliquer).
EXPLICITE (èk-spli-si-f), adj. Qui est formellement expliqué, énoncé. Clause, volonté explicite. Il Terme de théologie. Foi explicite, acquiescsment formel aux dogmes. La foi explicite en Dieu rémunérateur, BOSs. États d'orait.n, i».
— ÉTYM. Lat. explicitus, expliqué, déployé, de explicare (voy. expliquer).
+ EXPLICITÉ (èk-spli-si té),», f. Qualité de ce qui est explicite. L'explicité d'une clause, d'une vcdonté.
— ETYM. Explicite.
EXPLICITEMENT (èk-spli-si-te-man), adv. D'un» manière explicite. Les points de foi qu'il faut croire explicitement pour être sauvé, Boss. Étals d'or,u,i9.
— ETYM. Explicite, et le suffixe ment.
EXPLIQUÉ, ÉE (èkspli-ké, kée), part, patsi.
Il 1° Dont on a donné l'explication. Un texte obscur expliqué par ce savant critique. Quand on aurait décidé qu'il faut prononcer les syllabes prochain, qui ne voit que, n'ayant point été expliquées, chacun de vous voudia jouir de la victoire? pasc. Prov. i. Il l' Qu'on a fait connaître. Les motifs de sa conduite expliqués par lui-même. || 8" Terme de gravure. Qui parait pins ou moins distinct, en parlant du plus ou moins d'éloignement oit un objet est du devant du tableau.
EXPLIQUER (èk-spli-ké), j'expliquais,, nous expliquions, vous expliquiez; que j'explique, que nous expliquions, que vous expliquiez, v. a. || !• Rendre intelligible ce qui est obscur. Expliquer un passage du Timée de Platon. Si nos coeurs avaient mêmes désirs. Je n'aurais pas besoin d'expliquer mes soupirs, CORK. Ctnno, m, ♦. Quelle nécessité y »-t-il, par exemple, d'expliquer ce qu'on entend par le mot homme? ne sait-on pas assez (pielle est la chose qu'on veut désigner par ce terme? pasc. Pens. part. I, art. tt. Souvent on s'embarrasse beaucoup, quand on ne songe, en expliquant les difficultés, qu'à éblouir le vulgaire, boss. Yar. 3' otn-l. § 21. Il »• Faire connaître la cause, U motif do ce qui paraît singulier, inconcevable. Expliquer un phénomène. Que Phèdre explique enfin le trouble où je la vois, RAC. Phèd. m, 6. Le phénomène de l'eau qui 1 s'élève au-dessus de son niveau dans une pompe aspirante ne pouvait être expliqué par les philosophes
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anciens, cordillac, Traité det sysu cb. te. La manie de tout expliquer que l'amour des sysièmes avait introduite, d'alemb. Réfl. sur le goût, tl/'ur t. III, p. 413, dans pouGENS. Commeiu décrire toujours les prodiges et ne succomber jamais à la tentation de les expliquer? bonnet, Ltlt. div. CHuv. t. XII, p. «3, dans roucENs. || Il se dit dans le même sens avec un nom de chose pour sujet. Ceci explique pourquoi il n'est pas venu. Voilà qui explique leur admiration pour lui. jj S'expliquer, expliquer à soi-même. Je ne peux m'expliqiicr votre conduite. Je ne m'explique pas cette différence dans nos comptes, cette erreur de calcul. || 8' Faire entendre nettement, déclarer. Explique, explique mieux le fond de ta pensée, cobn. Iléracl.m, 3. On dit plus, vous soufl'rez, sans en être ofl'ensée, Qu'il vous ose, madame, expliquer sa pensée, bac. Brif. Il, ». Il Faire connaître. Je vous veux devant elle expliquer sa naissance, bac. Athal. v, ». jj Exprimer, manifester. Ainsi tout votre amour n'est qu'une politique , Et le cœur ne sent point ce que la bouche explique? cORN.OI/ion, i, i. La joie et les transporb qu'on vient de m'expliquer, «AC. Brit. m, 3. L'enfant ayant tousses besoins à expliquer et par conséquent plus de choses à dire à la mère que la mère à l'enfant.... i. j. novss. Inégalité, t '• partie. || 4* Interpréter des représentations figurées. Ce professeur explique la sphère. Expliquer à quelqu'un le tableau qu'il a sous les yeux, jj Instruire sur quelque chose. J'adore le Seigneur, on m'explique sa loi, BAC. Ath. u, 7. Il Faire un exposé. Dans les second et troi.-iième livres il expliquait l'origine de toutes les villes d'Italie , rollin , Ilist. anc. liv. xxv ,
ch. II, art. s. Il B* Interpréter Ne doutez point
que, fiers de sa disgrâce, X la haine bientOt ils ne joignent l'audace. Et n'expliquent, seigneur, la perte du comliat Comme un arrêt du ciel qui réprouve Amurat, BAC. Baj. I, t. Il Fig. Je ne vous nierai pas, seigneur, que ses soupirs M'ont daigné quelquefois expliquer ses désirs, bac. Brit. n, 3. Il 6° Donner la traduction. Vous entendez cela, et vous savez le latin sans doute. — Oui, mais faites comme si je ne le savais pas ; expliquez-moi ce que cela veut dire, mol. Bourg, gent. u, 4. || Terme de classe. Expliquer un auteur, le traduire de vive voix. Expliquer du latin. Et absolument : On a trop pou de temps pour expliquer. || î'S'expliquer, r. réft. Faire connaître sa pensée, sa manière de voir. Me cro'rez-vous, seigneur, et puis-je m'expliquer? CORN. Nicom. V, 6. Vous devriez attendre, princes, qu'on se fût expliqué sur vous, mol. Psyché, i, 3. Votre cœur avait eu la bonté de s'expliquer en ma faveur, id. la Prince d" Élide , iv, S. Je m'y suis expliqué sur l'opinion des mystiques, BOss. Letl. abb. S23. Mandez-moi, monsieur, si vous m'entendez ; je craindrais de me trop expliquer, haintenon, Lett. au card. de Noailles, si déc. 1893. Laissez-le s'expliquer sur tout ce qui le touche, bac Alh. 11, 7. Partout où le souverain ne souffre pas qu'on s'explique librement sur les matières économiques et politiques.... baynal, Hiit.phil. X, 4 3. Il Je ne sais si je m'explique, si je me fais comprendre. || Fig. Mais ton pinceau [deMignard] s'explique et trahit ton silence; Malgré toi, de ton art il nous fait confidence, mol. Yal-de-Grkce. \\ S'expliquer, donner un éclaircissement. Sur cet enfant, madame, expliquez-vous sur l'heure, volt. Orphtl. m, s. || S'expliquer avec quelqu'un , avoir avec lui un éclaircissement. Dieux, souffrez qu'à mon tour avec vous je m'explique, CORN. Serlor. 1, 3. Elle vient, tu pourras l'expliquer avec elle, volt. Triumv. u, ». || Avec ellipse du pronom personnel. 11 faut faire expliquer cet homme. Je le ferai expliquer. Il On dit aussi je le ferai s'eiphquer. ||8* S'expliquer d'une chose, en dire ce qu'on en pense, en parler. 11 n'était pas le seul qui s'expliquât d'un tel dessein, boss. Averl. i. On s'explique de sa peine avec des amis, on en fait part à des parents, BOUBDAL. Instruit, paix avec leproch. Exhort. t. li,p. 33«.lly a un terme, disent les uns, qui peint la chose au naturel; il y a un mot, disent les autres, qui est hasardé.... et c'est du même trait et du même mot que tous ces gens s'ex|>liquent ainsi, la- BRL'T. I. Il Je m'en expliquerai avec lui, je m'entendrai avec lui là dessus. || «•Être expliqué, êtrerenciu intelligible. Pour tout autre que lui je sais comn e s'explique La règle de la viaie et saine (loliliqut , CORN. Wtcom. II, t. Cela 's'explique de soi-même BOSS. Lett. abb. <3S. || Être expliqué l'un par l'autre Ces deux passages s'expliquent l'un par l'autre Il 10* Se faire connaître, en parlant des sentiments. Peut-être en vous par là s'explique la nalure, COBN. Héracl. v, s. Que n'est-il permis à votre douleur de s'expliquer? mass. VMtroy. || It* àtr*
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exposi, manifesté. Qu'une âm« accoutumée aux grandes actions Ne se peut abaisser & des soumissions; Elle n'en conçoit point qui s'expliquent sans lionte, COBN. Cid, u, ». Cette noble inclination, qui s'explique si souvent pour tant de inonde par les effets les plus avantageux, tii. corn. Uaximin, ÉpUre. Avant que son destin s'explique par ma voix, lue. Aikal. I, ». Il 12' Se déployer, se développer (ce sens est latin). Nous serons forcés d'avouer (]ii'il y a dans la graine un principe secret d'ordre et d'arrangement, puisqu'on voit les branches, les feuilles, les fleurs et les fruiU s'expliquer et se développer de là avec une telle régularité, Boss. Connaist. IV, 3. Ainsi la tragédie agit, marche et s'explique, BoiL. Art p. III.
— HiST. XVI' s. En après le pouls s'explique [se développe] et se dilate à mesure que la chaleur de l'accès s'augmente, paré, xx, 28. Quand je veois ces braves formes de s'expliquer, si yifves, si profondes, je ne dis pas que c'est bien dire, je dis que c'est bien penser, mont, m, 362.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. erpliear ; ital. espUeare; du lat. explicare, proprement déployer, de ex, et plicare, ployer (voy. ce mot). Expliquer a été refait sur le latin; la forma d'origine est esployer
(voy. ÉPLOYÉ).
t EXPLIOUEUR, EUSE (èk-spli-keur , keû-z'), ». m. et /. Celui, celle qui explique. U y a des personnes qui ont la sottise de croire à la science des expliqueurs de songes, legoarant.
— SYN. EXPticATEUR, EXPLiQUEUR. Ce dernier se prend en mauvaise part comme indiquant non-seulement l'habitude, mais la manie d'expliquer. Explicateur n'a pas la même nuance.
EXPLOIT (èk-sploi; le ( se lie: un èk-sploi-t éclatant; au pluriel, Vt se lie : des èk-sploi-z éclatants), ». m. Il !• Chose accomplie en guerre, action d'éclat. Les pi'.is rares exploits que vous ayez pu faire, corn. Nicom. n, 3. Seigneur, pour mes parents je nomme mes exploits; Ma valeur est ma race, et mon bras est mon père , ID. D. Sanche, 1, s. La fameuse journée du Raab où Louis renouvela dans le cœur des infidèles l'ancienne opinion qu'ils ont des armes françaises, fatales à leur tyrannie, et par des exploits inouïs devint le rempart de l'Autriche dont il avait été la terreur, boss. Mar.-Thér. Pour moi, loin des combats, sur un ton moins terrible, Je dirai les exploits de ton règne paisible, boil. Ép. I. BientAt, ressuscitant les héros des vieux âges, Homère aux grands exploits anima les courages, iD. Art p. iv. Tous les jours il m'éveille au bruit de ses exploits, ID. iulr. u. Les exploits de son père effacés par les siens, rac. Andr. n, <. Et par ce noble exp)oit yous [à vous Lévites] acquirent l'honneur D'être seuls employés aux autels du Seigneur, iD. Àthal. iv, 3. || Ironiquement. Bessus faisait de grands exploits de la langue [en paroles], vaugel. Q. C. vu, 4. || Exploits galants, succès auprès des dames. Sur ses exploits galants, j'attaque Des Ronais , collS, Dupuis et Des Ronais, i, s. || Se dit aussi des chasseurs qui tuent beaucoup de gibier. || Ironiquement. Vous avez fait là un bel exploit I |j 2° Terme de pratique. Acte que l'huissier dresse et signifie pour assigner, notifier, saisir. Dresser un exploit Libeller un exploit. Et je vous viens, monsieur, avec votre licence. Signifier l'exploit de certaine ordonnance.... uoL. Tart. V, 4. C'est un petit exploit que j'ose vous prier De m'accorder l'honneur de vous signifier, bac. Plaid. Il, 2. Il Souffler un exploit, se dit d'un huissier qui ne remet pas la copie d'un exploit, bien que l'original porte qu'elle a été remise.
— HIST. XI* s. [il] Point le cheval, laisse courre ad espleit, Ch. de Roi. cclix. || xii* s. Li messagier le rei se sunt mult entremis De faire lur espleit, mais il n'i unt plus pris. Th. le mari. 68. || xui- s. Ce que le chasuble estoit de sarge de Bcins, scncfio que la croisene sera de petit esploit, aussi commo vous verres se Dieu vous donne via, joinv. 290. Chi [cil deflne li chapitres qui parole des esplois qui pueent venir aus seigneurs, biîaum. xxvii, 27. Baron, franc chevalier, ço seroit grans esplois, .So nos sur celé gent chevaulchions demanois [aussitôt], Ch. d^Ant. vin, su. ||xvs. Làsinglerentcepremier jour à l'ordonnance de Dieu, du vent et des mariniers, et eurent assez bon exploit pour aller devers Gascogne, où le roi [anglais] tendoit à aller, fhoiss. l, 1, Î54. Ilxvi's. Fautes [défauts] valent exploits, LOTSEL, 697. Un servent est cru du contenu en son exploit, et de sa prise, jusqu'à cinq sols, lo. 9ot. Timoleon n'arreste gueres à choquer, voyant le peu d'exploit que faisoient ses gens da cheval, ahyot, Tinul. 37. Cast exploit d'armes, joint avec le tesmoi-
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gnage d'Antigonus, donna grande réputation à Philopœmen, id. Philop. io.
— ÊTYM. Provenç. esplec, espleg, espleit, espley, et aussi, au féminin, esplecha; bas-lat. esplecta, espleclum, expletum (voy. exploiter). Explectum a le sens d'accomplissement, d'exécution, d'où exploit militaire, et celui d'instrument, d'outil, d'où exploiter. Exploit judiciaire offre quelque difficulté; on a proposé ex placito, acte qui fait partie du plait; mais placitum ne donne pas ploit; du Cange a expletum, copie; le sens peut convenir, mais la forme convient mal, c'est plicare, plicitum, qui donne ploier, ploit ;plere ne se transforme pus ainsi ; la forme rattache donc Vexploit judiciaire à l'autre exploit ; le sens aussi, car la signification d'instrument va à un exploit judiciaire.
t EXPLOITABIHTE (èk-sploi-ta-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui peut être exploité. || Terme de pratique. Etat de ce qui peut être saisi et vendu par voie de justice.
EXPLOITABLE (èk-sploi-ta-W), adj. || 1° Qui peut être exploité avec avantage. Ferme exploitable. Cette mine n'est pas exploitable. || Bois exploitables, bois en état d'être abattus pour l'usage auquel on les destine. || 2°Terme de pratiqua. Use ditdes biens qui peuvent être saisis par exploit et vendus par justice.
— HIST. XVI' s. La propriétaire peut contraindre son hoste de garnir sa maison de meubles exploitables, pour sûreté da son louage, loïsel, 476.
— ÊTYM. Bas-lat. explectaOilis, de explectare, exploiter.
EXPLOITANT (èk-sploi-tan), ad;, m. || 1* Terme de pratique. Huissier exploitant par tout le ressort, huissier qui a droit d'y signifier des exploits. || 2' S. m. Celui qui exploite une entreprise, des terres, etc.
EXPLOITATION ( èk-sploi-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes), ». f. || 1' Action d'exploiter des terres, des bois, une mine, etc. U perfectionna l'administration des salines, non pas, comme on pourrait l'imaginer, en augmentant le revenu qu'elles produisaient au gouvernement, mais en en rendant l'exploitation moins onéreuse, condorcet, Ualler. Les propriétaires de Franche-Comté, forcés de vendre leurs bois à bas prix pour l'exploitation des salines, id. Montigni. Tel est l'avantage de l'exploitation des terres sur l'exploitation des mines, con- DiLLAC, Comm. gnuv. ii, <o. || Absolument. Se dit de l'exploitation des mines. || Chemin d'exploitation, chemin fait pour les besoins d'une exploitation. Il Chemin de fer en état d'exploitation, chemin de fer achevé et tout prêt pour servir aux transports. Il i' Par extension, il se dit d'un privilège de théltre, d'un journal, d'un brevet. || 3° La chose même exploitée. Le matériel qui est sur l'exploitation. Il 4* Le lieu où l'on exploite (il se dit surtout aux Iles, en Amérique, en Algérie). On lui a concédé une vaste exploitation. || 6' En un sens défavorable, exploitation d'un homme, le profit excessif que l'on en tira en l'employant. L'exploitation des ouvriers par les entrepreneurs. L'exploitation de l'homme par l'homme est une chose odieuse, anti-sociale; et il me semble qu'à mon égard vous en avei un peu abusé, CH. DE BERNARD, le Paratonnerre.
— ETYM. Bas-lat. explectationem , de explectare, exploiter.
EXPLOITÉ, ÊE (èk-sploi-té, tée), part, passé. Mis en exploitation. Un domaine exploité avec grand profit. Il Par extension. Dont on tire parti, profit. Une bonne idée habilement exploitée.
EXPLOITER (èk-sploi-té), u. a. || 1' Terme d'agriculture et d'industrie. Faire valoir, tirer le produit. Exploiter une ferme, un chemin de fer , une papeterie, un journal, un brevet, un théâtre. Dans une habitation établie sur un bon sol et suffisamment pourvue de noirs, de bestiaux, de toutes les choses nécessaires, deux hommes exploitent un carré de cannes, c'est-à-dire cent pas géométriques en tout sens, RAYNAL, Uist. pkil. XI, 30. Toutes les mines du Pérou étaient originairement exploitées par le moyen du feu; dans la plupart on lui substitua en 4 57( le mercure, id. ib. vu, 30. Il On a dit dans le même sens exploiter de ses mains, locution qui n'est plus guère usitée. || Exploiter des bois, abattre, façonner et débiter les bois dans la forêt. M. de Marcellus chérit le souvenir des Druides, et, pour cela, ne veut pas qu'on exploite aucun bois, p. l. cour, i, 480. || 2° Par extension, tirer profit ou bon parti de quelque chose considéré comme objet d'exploitation. Exploiter la curiosité publique. C'est une mine d'or que cette idée, entre des mains qui sauront l'exploiter, J. J. souss. Lett. à d'Ivernots, Corresp. t. vi , p. <23, dans pouoENS. || 3' Dans la même sens, mais an
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mauvaise part, tirer un profit illicite ou peu honorable de quelque chose. Exploiter la crédulité publique. F.xploiter une place, un emploi. || Il se dit aussi des personnes. Exploiter une dupa. Cet entrepreneur exploite ses ouvriers. || 4' Terme da féodalité. Exploiter un fief, se saisir des produits d'une terre dont le tenancier a manqué à faire foi et hommage. Il 6' V. n. Par plaisanterie ou ironiquement, faire quelque exploit, quelque prouesse. Vraiment vous avez bien exploité. || Exploiter sur les grands chemins, voler sur la grande route. Nous eûmes recours à la fuite et nous nous mîmes à exploiter sur les grands chemins, lesagb. Cil Blas,i, i. || 6' Terme de pratique. Dresser et signifier des exploits. Tous les procès-verbaux et exploits faits par les huissiers, sergents, archers et autres ayant pouvoir d'exploiter.... Arrêt du conseil, 2i mars I67«. || Activement. Sommer par exploit. D'hombre a fait ban(|ueroute; parlez, je vous prie, à un procureur, et qu'on m'exploite ce drOle, dont je suis très-mécontent, volt. Lett. J/ou.wmor,déc. 1737. || Proverbe. À mal exploiter bien écrire, voy. écrire. || 7' S'exploiter, v.réft. Etre exploité. Cette mine s'est exploitée de tout temps.
— HIST. xi" s. Par quele gent cuid-il [pense-t-il] espleiter tant? Ch. de Roi. xxii. Moût bien espleite cui dames Deus aïue [aide], ib. cclivii. |{ xii' s. Paiens'esploitentde leur cors adouber, iionc.p, 125. Il XIII* s. Seigneur, ce dist Tybers, mal avez esploitié, Berte, xxi. Esploitié en avons com félon et renart, ib. xxii. Devant qu'il a fet vers son seigneur ce qu'il doit, il ne doit joir ne exploitier du fief, BEAUM. xiv, t9. Il xv s. Si me laissez aller.... et s'en exploiteront mieux mes besognes, au plaisir de Dieu, qui tout ce me veuille octroyer, froiss. i, i, t7. Et tant exploicterent qu'ilz tuèrent plus de huyt cens hommes, comm. ii, to. || xvi' s. Maintenant que ma vie est exploictée et employée, mont, ii, 294. L'occasion da bien exploitter, amyot, Alcib. et Cor. comp. 6. Ils avoient esté là devant onze jours, sans exploicter [avancer] que bien peu, carloix, vu, to.
— ÊTYM. Berry, ipléier, abonder, avancer, il éplète à moissonner ; provenç. explechar, expleitar, explectar, espleyar, exploiter, user, se servir, agir, opérer; d'un fréquentatif fictif fiph'cifarc, de explicare, lequel, ayant la sens d'achever, terminer, a donné toutes les acceptions du verbe exploiter.
t EXPLOITEUR (èk-sploi-teur), ». m. || 1" Celui qui exploite une terre, une mine, etc. || 2° Celui qui tire des avantages illicites ou excessifs de quelque position. Il Celui qui abuse, à son profit, de la confiance d'une personne. || 3' Celui qui est habile à quelque chose. Xla pluma, à l'épée, exploiteur à deux mains, DU FRESNT, Rcconcil. normaiidc, 11, 4.
— HIST. XVI' s. Exploiteur, oudih, Dict.
— ÊTYM. Exploiter.
t EXPLORABLK (èk-splora-bl') , adj. Qu'on peut explorer. Ce pays est facilement eiplorable.
EXPLORATEUR (èk-splo-ra-teur), ». m. || 1' Celui qui explore. Arrête, raison qui chancelles; Ne va pas d'un vol orgueilleux Sonder les clartés immortelles D'un D.eu qui se cache à tes yeux; Loin, explorateurs téméraires De ses conseils, de ses mystères D'un voile épais toujours couverts, prade, Ode sur la Grâce, (727, dans rich'îlet. || 2° Celui qui va ou qu'on envoie à la découverte d'iis un pays pour en connaître l'étendue, la configurat.on, eic. |1 3* En un sens aujourd'hui peu usité, personnage qu'on envoie dans une oour étrangère pour en sonder les intentions, les desseins secrets. || 4' Adj. Qui explore, qui se livre à des recherches. Philosophe explorateur. La science exploratrice. || 5* Terme de chirurgie. Qui a pour but de reconnaître quelque chose dans un organe, dans une tumeur, l'onction exploratrice. |)Trocart explorateur, ou, substantivement, explorateur, trocart, stilet entaillé de manière à ramener une parcelle du tissu dans lequel on le plonge, il Stylet explorateur, stylet garni d'une olive de biscuit de porcelaine blanclie , laquelle, frottée p.'T r.i'ation sur une balle engagée dans les tissus, vvvi^.nt avec une tache métallique qui décèle la présence et la nature du projectile.
— HIST. XV' s. Pour voir lestât de l'ost et le bien savoir, il envoya quatre cens combattans explorateurs qui avoient délibéré de mettre en un lieu leur embusche et envoyer aucuns coureursdevant,JUV. nt;s UHSINS, llist. de CharlesVI, p. 282, dans lacubnb.
— ÊTYM. Lat. exploratorein, de explorare, explorer.
fEXPLORATIF, IVE (èk-splo-ra-tif, ti-v'), o^;'- Qui a pour but d'explorer. Un voyage exploratif.
— ETYM. Explorer.
EXPLORATION (èk-splo-ra-sion; en vers, de cinq syllabes) , ». f. |l 1* Action d'explorer un pays. Lei
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explorations des voyageurs anglais dans la Nouvelle- Hollande. Il a* Kecherche scieniifique.il Action d'examiner attentivement les symptômes d'une maladie, de sonder une plaie, un ulcère.
— HIST. XVI* s. Exploration, cotobave.
— ÉTYM, Lat. eiplora(ton<!m,deerpIorarc,cxplorer. f EXI'LOUATIVEMENT (èk-splo-ra-ti-ve-man), adv. En explorant.
— ÉTYM. Erplorative, et le suffixe ment. EXPLORÉ, ÉE (èk-splo-ré, rée), part, patsd. La
Nouvelle- Hollande encore peu explorée par les voyageurs. Il Kig, Sujet déjà exploré.
EXPLORER (èk-splo-ré), V. o. || 1* Parcourir en examinant, en cherchant & découvrir. Il voulut explorer ces contrées. || l'arcourir du regard. Et quand sur cette mer, las de chercher sa route. Du hrmament splenilide il explore la roule, Des astres inconnus s'y lèvent à ses yeux, lamart. llarm. iv, i3. Il î' Fig. Ex|ilorer une hibliolhèque, les vieux documents. Il 8° Examiner attentivement les symptômes d'une maladie; sonder une plaie, une fistule.
— HIST. XVI* s. Apportez-moi les œuvies de Virgile, et, par trois fois avecl'ongle les ouvrant, explorerons, parles vers du nombre entre nous convenu, le sort futur de vosire mariage, babel. Pant.m, to.
— ÉTYM. Lat. explorare, explorer. D'après Pott, pîorare serait ici le même que plorare, pleurer, viendrait du radical sanscrit plu, couler, et aurait pris le sens de aller, et, avec ex, aller au loin.
\ EXPLOSIBLE (ik-splo-zi-bl'), adj. Susceptible de faire explosion. Mélange eiplosible. Allumettes ezplosibles. Balles explosiblcs.
— ÉTYM. Voy. EXPLOSION.
t EXPLOSIF, IVE (èk-splo-zif,!!-»"), ad;. Terme de physique. Qui est relatif à l'explosion; qui a le caractère d'une explosion. || Dislance explosive, le plus grand intervalle au delà duquel il n'y a plus d'étincelle élecirique entre deux corps, dans un milieu quelconque non conducteur.
— ÊTYM. Voy. EXPLOSION.
EXPLOSION (èk-splo-zion ; en vers, de quatro syllabes), t. f. || 1* Action d'éclater avec un bruit instantané, produite par une îiiflauimation brusque ou par une décomposition spontanije, ou par l'excès de tension d'une vapeur. L'explosion d'une mine, d'un volcan. Une explosion de gaz. Le 23 octobre, à une heure et demie du malin, l'air avait été ébranlé par une effrayante explosion; Mortier avait obéi, le Kremlin n'existait plus, sëgur, llist. de Nap. ix, o. Il Explosions fulminantes, explosions des chaudières à vapeur qui éclatent comme la foudre, et qui n'ont lieu qu'au repos, c'esl-à-dire après un temps d'arrêt plus ou moins prolongé, généralement au moment où l'on va remettre la machine en marche, et lorsque, par son calme complet, le générateur ne fait en rien pressentir l'évènemenl. || 2° Action d'éclater, en parlant d'une passion, d'une sédition, d'une révolution. Il est des passions douces qui sont toujours nécessaires et qui se dévelop|>ent d'autant plus que l'humanité est perfectionnée; il en est d'autres violentes et terribles qui sont plus développées dans les temps de barbarie; elles sont naturelles aussi.... leurs explosions ramènent aux passions douces et les améliorent, tubgot, Plandu i" dise, sur l'hist. univ. Elle étoufTa pourtant enfin, non la violence, mais l'explosion de sa colère, d'alemb. Éloges, Destouches. || 3*11 se ditde l'apparition d'une maladie épidémique ou contagieuse au milieu d'une population. L'explosion de la fièvre jaune à Saint- Nazaire, en France.
— ÉTYM. Lat. explosionem, de explosum, supin de explodere ou explaudere, de ex, et plaudere, frapper, battre avec bruit (voy. plausible).
t EXPOLIATKUR (èk-spo-li-a-teur), ». m. Synonyme inusité de spoliateur. Je viens, lui dis-je, au nom de Jésus-Christ le père universel des pauvres, TOUS conjurer de n'être pas complice de l'expoliateur des pauvres, uabhontel, Uém. u. || On dit aujourd'hui spoliateur.
— ÉTYM. Lat. exspoliaforem , de ex, et spoliare, dépouiller (voy. spoliateur).
■f EXPONCriON (èk-spon-ksion), ». f. Terme de diplomatique. Indication, dans les manuscrits, de supprimer une lettre fautive, un mot fautif, ce qui se faisait en mettant un point au-dessus de la lettre ou en entourant de points le mot qu'il fallait retrancher.
— ÊTVSl. r.at. fTpiincd'onem, de expungere, biffer, de«t, et punpcr», marquer d'un point (voy. poindbe).
■f EXPONknrriEL, elle (èk-spo naa-si-èl, è-l'), odj. ||1* Terme d'algèbre. Quantité exponentielle, quantité qui a en exposant l'inconnue ou la variable. Il Substantivement. Une exponentielle. || Equation
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exponentielle, équation renfermant l'inconnue ou la variable en exposant. || Courbes exponentielles, courbes représentées par des équations exponentielles.
— ÊTYM. I.at. exponens, exposant, do ex, et potière, mettre (voy. pondre). Condillac (Uingue du calcul. H, <3) blâme comme n'étant pas français exponentiel i mais le mol s'est établi; il est même corri'ct, car il est formé A'exponens, comme potentiel, de polens.
t EXPORTATEUR (èk-spor-ta-teur), ». m. Terme de commerce. Celui qui exporte des marchandises. ||.^dj. Fabricant, commissionnaire exportateur.
—ÉTYM. Lat. exporialorem, de eaportare, exporter.
EXPORTATION (èk-spor-la-sion ; en vers, de cinq syllabes) , s. f.\\l' Terme de commerce. Action d'exporter des marchandises. L'exportation des grains. Je sais bien que deux grands hommes [l'Hôpital cK^olbert] se sont opposés à la lilierté entière de l'exportation du blé, VOLT. Lelt. Iloubaud, )•' juill. 1789. Plus on exportera, plus nos blés auront de prix; plus ils auront de prix, plus il y aura de bénéfice pour le cultivateur; plus il y aura de bénéfice pour le cultivateur, plus il cultivera, et plus il cultivera, plus l'agriculture sera florissante: il faut donc encourager l'exportation, condil. Comm. gouv. ii, tî.On jugea qu'il ne fallait point de prohibition ni de défense permanente soit d'exporter, soit d'importer, rnais qu'il fallait tour à tour permettre et défendre l'exporlalion et l'importation suivant les circonstances; ce parti parut le plus sage, et cependant il l'était le moins, m. ib. Lorsque Turgot donna sa loi en faveur de la libre exportation des grains, non-seulement de pronnc« à province, mais au dehors et dans tous les temps, Necker se permit de lui dire qu'il y voyait quelque danger, marmontel, Héin. XII. Il Fig. Je ne vois pas pourquoi l'on défendrait le transport des pensées de province à Paris, tandis qu'on permet l'exportation de Paris en province, VOLT. ictt. dArgenlal , 8 oct. iToe. || 2* Choses qu'on fait sortir d'un pays, soit qu'elles y croissent naturellement, ou qu'elles y aient été fabriquées. Le chiffre des exportations s'est accru.
EXPORTÉ, ÉE (èk-spor-té, tée), port. po»»^. Le blé exporté de Franco en Angleterre.
EXPORTER (èk-spor-té) , V. a. Transporter à l'étranger les produits du sol ou de l'industrie nationale. Que, dans tous les gouvernements, on protège également les travaux de toute espèce, et que, sans restriction, sans interruption, on permette d'exporter et d'importer les choses même les plus nécessaires; alors toutes les nations seront riches, et leurs richesses respectives seront en raison de l:i fertilité du sol et de l'industrie des habitants, condillac, Comm. gouv. I, '.^9. || Absolument. Cette province, nous l'avons supposé, s'est aussi interdit tout commerce extérieur; elle ne peut donc pas exporter : ses blés seront donc à un prix d'autant plus bas, qu'elle en a plus et qu'il lui en faut moins, id. ib. i, 20. Il S'exporter, v. réfl. Être exporté. Ces marchandises s'i-xportent en grande quantité.
— ÊTYM. Lat. exportare, de ex, hors, et portore, porter. Exporter se trouve dans le xiv* siècle avec le sens de porter hors : Et ainsi est l'orine esportée entre les deux tuniques de la vessie, B. Ds monue-
VILLE, f" 30.
■f EXPORTEUK (èk-spor-teur), ». m. Synonyme d'exportateur.
EXPOSANT, ANTE (èk-spô-zan, ran-t'), t. m. et f.\\l° Terme de pratique. Celui, celle qui expose ses prétentions dans une requête en justice ou autre. Les raisons, les dires de l'exposant. X ces causes, voulant favorablement traiter ledit exposant, formule des anciens privilèges du roi pour l'impression et la tente des livres. || 2* Celui, celle qui met ses produits industriels ou artistiques dans une exposition publique. Les exposants sont très-nombreux. Il 8* Terme d'algèbre. Petit chiffre placé à droite et un peu au-dessus d'un nombre et qui en exprime la puis.saiice : o', b», 2 et 3 .sont les exposants, et indiquent la 2* puissance de a et la 3* de 6. On additionne les exposants pour multiplier une lettre élevée à une puissance par cette même lettre élevée à une autre puissance, ou à la même, CONDILLAC, Long. ealc. ii, «. || Il s'est dit aussi du nombre qui exprime le rapport de deux autres; locution aujourd'hui inusitée. Trois est l'eiposanl du rapport de douze à quatre. || Exposant de rang, .s'est dit du nombre qui exprime la place qu'un terme occupe dans une suilequelconque. On dit aujourd'hui inilice. || 4° Exposant de rapports, nom donné par quelques grammairiens aux prépositions; dénomination mauvaise, car les prépositions expriment mai* n'exposent pas les rapports entre les
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mots d'une phrase. || &* Terme de marine. Exposant de charg», différence entre le volume de la carène lége et celui de la carène au tirant d'eau en cbarire.
«.EXPOSÉ, ÉE (èk-.spô-zé, lée), part, pwtsé. Il 1* Mis devant les yeux. Des tableaux exposés à la vue du public. Ces morceaux faits sont exposés au public pendant plusieurs jours, oiderot, Salon d( 1787, CEuvres, t. xv, p. <65, dans pougens. Je vis, il y a quelques jours, la lettre exposée en vente aux Tuilerie», d' alkmb. Lelt à Voltaire, (5 oct. 4776. il Oui est en vue. Un princes! exposé à tout l'univers ne donne rien aux spectateurs [dans ses derniers moments], boss. Louis de Bourbon. L'endroit où je vous parle est le moins exposé, voit. Triumv. u, * Il Mis, avant l'enterrement, dans la maison mortuaire sous les yeux du public , en parlant d'un mort (en cercueil, ou embaumé et sans cercueil). Le corps de Meyerlieer est resté quatre jours exposé. || 2* Abandonné sur la voie publique. Un enfant exposé dont le mérite éclate, corm. Œdipe, V, 4. Il 3' Tourné d'un certain côté. Maison exposée au soleil. E'<palier bien exposé. Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé. Et de tous les côtés au soleil exposé, la font. Fabl. vu, 9. || Exposé au grand air, soumis à l'action du grand air. Il i'Quiesten butte. Vous voyant exposée aux fureiirs d'une femme, conN. Nicom. I, 4 . Nous saurons si c'est une témérité de ne le pas croire, et nous verrons le jugement du pape exposé au jugement du parlement, pasc. Prov. t». Malheureux d'être exposé aux artifices des méchants, réN. Tél. u. Le roi était exposé presque à demi-corps à une batterie de canon , pointée vis-à-vis l'angle où il était, VOLT. Charles XII, 8. || Absolument. Exposé, en danger. Retirez-vous de là, vous seriez trop exposé. Il B" Ex[ilii|ué. Une théorie exposée avec une grande netteté. Il y a dans ce Uvre des vérités bien exposée*. VOIT. Jeiint, 9.
2. EXPOSÉ (èk spô-zé), ». m. || 1* Récit d'un fait et lie ses circonstances. La fraude de ces peuples [les Gab;ionites] à qui on ne pardonna que sur un faux exposé, BOSs. Polit, vu, v, i». Ils faisaient à cette cour un exposé faux, et par conséquent dangereux des forces que le parti de ce prince avait en Ecosse et en Angleterre, d'aleub. Éloges, Milord Maréchal. \\i° Ce qui est déduit dans une requête présentée au juge. Un faux exposé. Être condamné sur son propre exposé. || 8* Compte rendu. L'exposé de la situation du royaume. L'exposé d'une doctrine.
— ÊTYM. Exposé, I.
EXPOSER (èk-sp6-zé). v. a. || 1* Mettre en vue, présenter aux regards. Exposer un mort sur un lit de parade. Â cette cérémonie on exposa de belles tapi.sseries. Il donna de même de l'or pour faire des tables qui servaient à exposer les pains, SACi, Bible, Paralip. I, xxviii, )«. || Par exiension. Sitôt que ce jeune astre aux regards de la reine Exposa sa clarté si belle et si sereine, rotb. Herc. mour. ii, i. \\ Exposer en spectacle, faire voir à tout le monde. || Fig. Être exposé à la vue du pu • blic, être exposé aux regards, aux yeux de tous, etc. être dans une situation qui attire l'attention publique, il Ondildans un sens analogue : Cette place, celi<! dignité expose à la vue de toute la terre, aux yeut de tout le monde, etc. Dans un rang qui l'eipOHi aux yeux de tout le monde, bac. Brit. u, 3. || Exposer le saint sacrement, le présenter à l'adoration ries fidèles. || 2" Il se dit des artistes, des agriculteurs, des industriels qui mettent leurs œuvres, leurs produits sous les yeux du public. Expo-er des machines. Plusieurs artistes du premier ordre, blessés par les critiques qui ont été faites des ouvrages qu'ils avaient exposés au salon du Louvre, en ont été découragés au point de renoncer pour jamais à cette exposition, saint-foix, Ess. Paris, OEuv. I. m, p. «97, dans POLOENS. Combien de talileaux seraient demeurés des années entières dans l'ombre de l'atelier s'ils n'avaient point été eipo-és ! diderot, Salonde iltl, CKiue. t. xiv, p. 8, dans polcems. Il Absolument. Cet artiste n'a pas exposé cette année. Il Fig. Exposons les tableaux de la vertu, et il se trouvera des copistes, diderot, Claude et Nér. ii, S2. Il 8* Exposer en vente, se dit tant des choses que l'on expose à la vue du public pour être vendue», que de celles dont la vente n'est connue que par des affiches publiques. Exposer des meubles, une biblif.ihèque. Vous jurez que les livres seront par vous mçus, gardés, exposés et vendus fidèlement; vousji rez que vous ne les supprimerez ni ne les cachere», mais que vous les exposerez en lieu et temps oppoitun , Serment de» libraires en t3(iï, dans tfùf. iili de la Fr. t. xxiv, p. 290. || 4* Exposer un criminel lui faire subir la peine du carcan. Autrefois on c»
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posait sur la roue le corps des voleurs (le grands chemins. || 5* Eiposerun enfant, dans lesensancien, abandonner un enfant dans un lieu désert pour s'en ■léfaire, pour qu'il y périsse. Mais l'horbas, ce vieillard qui m'exposa jadis.... CORN. Œdipe, m, B. Elle prit un panier de jonc, et, l'ayantendult de bituma et de poix, elle mit dedansle petit enfant, l'exposa |iarmi les roseaux sur le bord du fleuve, saCI, BihU, Exode, II, 3. S'ils [les Spartiates] trouvaient l'enfant mal fait, délicat et faible, et s'ils jugeaient lu'il n'aurait ni force ni santé, ils le condamnaient •i périr, et le faisaient exposer, bollin, HUt. anc. CEuo. t. II, p. 623, dans pougens. On ne trouve .lucune loi romaine qui permette d'exposer les enf.inls, MOMTKSQ. Esp. xxiii, 22. Il Dans le sens moilerne, l'abandonner dans un établissement destiné à recueillir les enfants. || 6° Ancien terme de monnaie. Exposer de la monnaie, la faire circuler, la distribuer. On pendait ceux qui exposaient de la fausse monnaie. Le roi a défendu d'exposer des espaces étringères. || T Placer, tourner vers. Bien exposer un bâiiment,un espalier, l'exposer au levant, au midi. ||8* Soumettre à l'action de. Exposer des hardesà l'air. Exposer du linge au soleil pour le faire sécher. || 9' Exposer aux bêtes un condamné, le leur livrer pour qu'elles le déchirent. Sous Trajan, saint Ignace, évêqned'Antioche, fut exposéauxbètes farouches, noss. 7/ts(. i,to. Il Dans un sens analogue, mais qui à vieilli, livrer à, faire tomber aux mains de. Ton destin te trahit, et ta beauté fatale Sous l'appât d'un hymen t'expose à ta rivale, corn. Uéd. m, i. Il 10° Exposer au péril, au danger, faire courir le péril, le danger. || On a dit aussi exposer en péril, en danger. Heureux couple d'amants que le destin assemble. Qu'il expose en péril, qu'il en retire ensemble, COHN. dit. II, 6. Je lui dis ingénument en quels dangers ma jeunesse avait été exposée, fP.n. Tél. IV. Il Absolument. Exposer quelqu'un, lui faire courir un péril. Te demander du sang, c'est exposer le tien, corn. Cinna, i, *. Au lieu de vous faire attendre que l'orage fût passé, il veut vous exposer, sÉv. »5. Il Exposer à, faire courir le risque de. .N'exposons, lui dit-il, que cette seule tète X la réception que l'Egypte m'apprête, corn. Pomp. ii, 2. Exposez-moi, de grâce, à moins d'ignominie. Et ne me rangez pas à l'indigne destin De me voir le rival de monsieur Trissotin, mol. F. sav. iv, 2. M'en irai-je moi seul, rebut de la fortune.... Exposer votre nom au mépris de sa cour? rac. Uithr. m, <. || Exposer quelque chose, courir risque de le perdre. Joram, leur roi légitime , pour qui ils venaient d'exposer leur vie dans une bataille sanglante, Boss. FoHt. vn, VI, 2. Un petit tyran expose sa souveraineté pour défendre sa vie, monteso. Esp. x, <2. || Faire (ourir risque, avec un nom de chose pour sujet. Cela vous expose 6 bien des calomnies. Quoi I madame, c'est vous, c'est l'amour qui m'expose? bac. Uithr. IV, 2. Voyez à quoi nous exposent la hauteur et la violence, gknlis, Veill. du chdt. t. i, p. 32. Il Absolument. Celte place expose à bien des jalousies. Il Au passif. Être exposé à, courir le risque de. Klre exposé à périr, à perdre sa fortune. || En un autre sens, être exposé, être en butte. Etre exposé ^ la raillerie, à la calomnie. || Etre exposé aux coups, au feu de l'ennemi. Etre exposé àTardeur du soleil, a la pluie, etc. || 11° Faire connaître. Ce qu'on ne doit point voir, qu'un récit nous l'expose, boil. Art p. m. Mais je t'expose ici mon âme toute nue, rac. Brit. Il, 2. Cil chacun doit venir exposer au Seigneur ses misères, mass. Car. Temples. le premier satrape, cliargé du soin de la ville, exposait les plus belles actions qui s'étaient passées sous son gouvernement, VOLT. Zadig, B. || Faire un exposé. Il exposa la situation. || Terme de pratique. Exposer vrai, exposer faux, faire un e.tposé vrai, faux. || Expliquer. Exposer une doctrine, une théorie. Les pères de Constantinople firent profession de n'exposer que la foi ancienne, dans laquelle tous les fidèles avaient été baptisés, BOss. Yar. *•' atert. § »o. Diogène a de la profondeur dans l'esprit, de la fermeté dans l'âme, de la gaieté dans le caractère; il expose ses principes avec tant de force, qu'on a vu des étrangers l'écouter, et sur-le-champ abandonner tout pour le suivre, bartiiél. Anach. ch. 7. || Alisolument. Ce picfesseur expose bien. 1| 12° Terme de littérature. Faire l'exposition d'une œuvre dramatique. Eschyle, inventeur de la tragédie, est peut-être de tous les poêles grecs celui qui expose ses sujets de la manière la plus simple et la plus frappante, marmontel, f.lém. lut. Œnrres, t. vu, p. 343, dans pouge.ns. Sophocle avait pris la manière d'Eschyle dans l'art d'exposer en action; les deux Œdipe, l'Electre, l'Anligoneensontdes exemples, lo.ib.o. 346, {| 13°S'ex-
poser, V. réfl. Ê're mis eu vue. Les produits de l'industrie et des arts s'exposent à des intervalles réglés. Il 14° Courir un péril. S'exposer à la mort, s'exposer à être tué. Cependant des humains presque les quatre parts S'exposent hardiment au plus grand des hasards, la fo.nt. Fabt. vu, 2. Je mexpnse à me perdre et cherche à vous servir, volt. Uarianne, m, 6. || Absolument. S'exposer, se mettre en danger, courir des risques. Qui sonlTre un attentat, s'expose et l'autorise, rotroo, Bélis. i, 2. X s'exposer les uns trouvent mille délices; Moi, j'en trouve à me conserver, mol. Amph. ii, t. Ju.sta ciel! où va-til s'exposer? rac. Bajax. ni, *. Contre un peuple en fureur vousevpnserez-vous? m. Iphig. V, 3. Et qui voudrait jamais s'exposer pour son roi'i' m. Esth.. 11, 3. Il Se mettre eu butte. S'exposer au feu des ennemis, à l'ardeur du soleil. Il faut hâter mon départ; je ne veux plus m'exposer aux regards de Théodora, lesagr, Diab. boit. ch. xiii. || Se mettre dans le cas de faire ou de subir quelque chose do fâcheux. S'exposera un refus. Il vaut mieux s'exposer à l'ingratitude que de laisser sans secours un malheureux. S'exposer à tuer un homme. || 15° Etre expliqué. Cette théorie s'expose assez facilement.
— HIST. XIV' s. Alors vint en volenté à Romulus et Remus que il feroient une cité en celi lieu où il avoient esté exposez, bf.rchkure, f° 9. Pour que la noble fortune des plus riches fust exposée à l'envie des poures, m. f" 22, recto. || xv s. 0 nobles et vaillans chovaliers, ne vous oubliez pas en ceste matière, exposez vous en bataille volentiers et de cuer, GEBSûN, dans Ilist. litt. de la Fr. t. xxiv, p. 377. Il xvi' s. C'est bonne œuvre et charitable que d'exposer sa vie pour deffendre le bien commun. Rosier histor. i, 2. L'art d'exposer les signifiances des songes, amyot, Arist. 66. S'exposant au danger de la mer en si longue navigation, id. Lucull. 4. Les ambassadeurs luy exposèrent leur charge en peu de paroles, m. Crass. 36.
— ÉTYM. Ex, et poser, par l'étymologie; mais, par le sens, exposer répond au latin expimere, dont le participe e.rpositus a servi à rapprocher exposer du sens qu'il a. Le plus ancien français disait espondre, de exponere.
t EXPOSEUR (èk-sp6-zeur) , s. m. Celui qui expose, ou qui explique.
— HisT. xvi* s. Exposeur, cotgrave.
— ÊTYM. Exposer.
t EXPOSITKCR (èk-spô-zi-teur), s. m. || 1° Celui qui soumet à l'appréciation du public des objets de son art ou de son industrie dans une exposition publique. On dit aujourd'hui exposant. || 2' Celui qui expose un enfant. || 8° Anciennement, expositeur de fausse monnaie, celui qui la mettait en circulation, qui la distribuait.
— HlST. xii* s. E li dit Merlin [les dits de Merlin] l'unt durement esmaié [mis en émoi]; Li fol espositur [interprètes] l'en unt poi esvié [peu détourné), Th. le mart. (68. || xvi° s. David mesme est très bon expositeur de son intention en ce passage où.... CALV. Instit. fO.
— ÊTYM. Lat. expositorem, commentateur, de expositum, supin de exponere, de ex, et ponere, mettre (voy. pondre). Dans l'historique, expositeur a le sens de : celui qui expliiiue.
EXPOSITION (èk-spô-zi-sion ; en vers, de cinq syllabes), s f. \\ 1* Action d'exposer aux regards; état de la chose exposée, mise en vue. L'exposition du saint sacrement. Il Exposition de peinture, ou, simplement, exposition, mise sous les regards du public, de tableaux, en un lieu approprié. Ce fut sous sa dictée que je rendis compte au public de l'exposition des tableaux en 1769, l'une des plus belles que l'on eût vues, marmontel, Mém. vi. || Il se dit, dans le même sens, des produits de l'art et de l'industrie. Exposition universelle, celle dans laquelle sont reçus les produits de tous les pays. La première exposition universelle eut lieu à Londres, en 1 851. Il Le lieu où l'on expose. Aller à l'exposition. Il a° Manière dont un tableau est placé relativement au point d'où lui vient le jour et au point d'où il doit être vu. || 3* La peine infamante du carcan. Etre condamné à l'exposition. L'exposition a été abolie par le gouvernement provisoire de t848. Il 4° Action d'abandonner un enfant sur la voie publique. Les expositions des enfants sont cruelles etordinaires parmi les chrétiens, le maître. Plaid. 7, dans richelet. Comme, malgré les expositions d'enfants, le peuple augmente toujours à la Chine, il faut un travail infatigable pour faire produire aux terres de quoi le nourrir, mo.ntesq. Esp. VIII, 2). Il Abandon d'un enfant dans un hospice. Il Terme de droit. Exposition de part, action
de déposer et de délaisser un enfant. L'exposition ne constitue pas par elle-même le crime, il faut qu'il y ait eu délaissement, c'est-â-dire que l'enfant ait été seul et sans surveillance ni secours. Il 6° Direction de la surface d'un terrain, d'un édifice, par rapport aux points cardinaux. L'exposition au midi, au couchant. Ce palais est dans une belle exposition. Les différents usages des parties des édifices demandent des expositions différentes, Vilruv» abrégé, l'° part. ch. 3, dans bichklet. || 6° Récit, narration. Il a fait l'exposition de cette affaire fort nettement. || 7" Explication. L'exposition de la doctrine chrétienne. J'ai donné l'exposition de cette méthoite, non pour m'èriger en réformateur, mais afin que les maîtres qui seraient en état de l'entendre pussent en faire usage, nu mabsais, LeU. à il. "•*. Exposition du système du monde , titre d'un ouvrage de l.aplace. \\ 8° Terme de littérature. Partie d'une œuvre ou l'on fait connaître le sujet. L'exposition du sujet dans un drame, dans un poème. Ne trouveriez-vous pas qu'il lui aussi beau de dire l'exposition du sujet que la protaso, le nœud que l'èpitase. et le dénoûmeni que la péripMie? mol. Crit. de l'Éc. des f. 7. L'art de l'exposition dramatique consiste à la rendre si naturelle qu'il n'y ait pas même le soupçon de l'art, marmontel, Élém. litt. Œuvres, t. viii, p. 343, dans pougens. La plus froide, la plus pénible, la plus longue, et en même temps la plus obscure de toutes les expositions, est celle de Rodogune, id. ib. p. 347. || 9° Interprétalion. L'exposition du texte de l'Écriture. Exposition littéral?.
— iilST. XII* S. La detée [dictée] expositions des alquantes [quelques; il s'agit de leçons^ est recontée par lo notarié davant lo poble, bormans, llom. de SI Grég. p. t7. ||xiii°s. Onques si noble vision N'ol si viie exposicion, la Rose, 6038. || xiv* s. C'est leur exposition [explication], oresme. Thèse de meunier. Il XVI* s. Autoclides au livre qu'il a fait de telles expositions [sur la conduite à tenir durant les éclipses], AMYOT, Nicias, 43.
— f.TYM. Provenç. eiposttio, «jpoîrti'o; espagn. exposicion; ital. espositione; du latin expositionem (voy. expositeur).
t . EXPRÈS, ESSE (èk-sprê, sprè-s'), adj. || 1» Qu; est exprimé de manière à ne laisser aucun douto possible. César viendra bientôt . et j'en ai lettre expresse, CORN. Pomp. I, 3. D'ailleurs c.'e.st l'ordre exprès de son père mourant, id. Nicnm. iv, b. Elle veut que votre âme, esclave de la sienne. Lui demande sa grâce, et jamais ne l'obtienne; Ce son^ ses mots exprès, id. Perthar. iv, (. Ce fut, s'il m'en souvient, votre prière expresse, id. Saphon. i, 2. Du consul et de vous j'ai la parole expresse, id. ib. IV, 3. Lisez ce qu'il cite d'Aristote, et vous verrez qu'après une autorité si expresse il faut brûler les livres de ce prince des philosophes, ou être de notre opinion, pasc. Prov. 4. Ce Père [saint Ambroise] pouvait-il s'en expliquerd'une manière plusexpresseî BOi'RDALOUE, Annonciat. de la Vierge, tlyst. t. ii, p. 109. Aussitôt qu'il fut parvenu à l'einpre, il défendit par un édit exprès que l'on composât jamais de vers pour lui, fonten. Auguste, /Irelin. || 2* 11 se dit aussi de ce qui est fermement déterminé, arrêté. Il peut, pour conserver son honneur, se trouver au lieu assigné, non pas véritablement avec l'intention expres.se de se battre en duel, mais seulement avec celle de se défendre, si celui qui l'a appelé l'y vient attaquer injustement, pasc. Prov. 1. Tout ce qui montre de l ordre, des proportions et des moyens propres à faire de certains effets, montre aussi une tin expresse, un dessein formé, BOSS. Connaiss. IV, I. Un jugement d'habitude est redressé par un jugement de réflexion expresse, id. ib. I, 8. Il 3° Qui s'exprime en termes exprès, en parlant des personnes ou des livres. L'Ecriture y est expresse [que la prière vient de Dieu], boss. Défense de la tradition, x, 2i. || 4° S. m. Messager chargé d'une mission déterminée. J'envoie cet exprès pour en avertir madame, boss. Lett. abb. 7.
— HIST. XIII' s. El [Héloîse] li manda fà Abélard] par letre expresse.... la Rose, 88S4. H xv° s. Ayant la charge expresse dece faire, comm. vu, 2. || xvi's. Par paroles expresses de son testament, mont, i, 17. La plus expresse marque de la sagesse, c'est une esjouissance constante, id. i, t78. Tout autre choix que celui qui vient de la main expresse de Dieu.... ID. Il, 249. L'assemblée générale lui depescha deux exprès pour lui porter un témoignage authentique de leur repentir, d'aub. Vie, cxxxix. Il envoya gens exprès, pour accuser Phrynicus, amyot. Aie. bo. Ayant eu cette vision bien expresse et bien mani* fwte, iD. Arisl. M
l'XP
— ÊTTM. Provenç. fjprc»; espapn. exprrtn ; \Ui\. tspresto; du Ut. eipressut, exprimé, participe de expriinere, de ex, hors, et premere, presser (voy. pbession).
t. KXI'UÈS (èk-sprê), adv. À certaine fin, avec one inlenlion positive. Mais voici mes deux fils que J'ai mandés exprls, corn. Rodog. ii, 2. Le ciel te ivre exprî-s une grande viclime, ID. Peilhur. iv, ♦. Vous vous taisez expris et me laissez parler par licllo malice, mol. Don Juan, m, ). C'est une solitude faite exprès pour y rêver, sÉv. 221. La phalange macédonienne ne peut conserver longtemps sa solidité et .sa consistance, parce qu'il lin faut des lieux propres et pour ainsi dire faits exprès, boss. Ilist. m, 8. Je sors de chez un fat qui, pour m'empoisonner, Je pense, exprès chez lui m'a forcé de dîner, noii.. Sat. m. Pausanias nous apprend que, dans la suite, on laissa exprès quelques temples dans l'état où les Perses les avaient mis, sans les rétalilir, afin que ces ruines sacrées fussent des motifs toujours subsistants de la haine Irréconciliable qui devait être entre les Grecs et les Barbares, holl. Ilist. anc. Q'.uv. t. m, p. 2S6, danspoucKNs. |)Tout exprès, même sens avec plus do force. De ta sœur tout exprès j'ai pris l'image entière, conN. ToiV. d'or, II, K, Ce M. d'Ivernois de Genève passait à Motiers doux fois l'an tout exprès pour m'y venir voir, i. j. Bouss. Confess. xii. || C'est comnne un fait exprès, se dit d'une chose qui devient fâcheuse par l'occurrence. Il 11 semble fait exprès pour cela, se dit d'un liomme qui a beaucoup de disposition pour quelque chose.
— REM. Par exprès est une locution populaire, que le bon usage rejette et qu'on évitera, mais on verra à l'hislorique que c'est non une faute en soi, mais un archaïsme. Il faut même remarquer que l'adverbe exprès .s'explique par l'ellipse de par devant l'adjectif expr^i pris substantivement.
— HIST. XIV* s. Ainsi mon vif argent je tire Des elemens et leur matire; Puis son soulphre le suit de ,.rès, Comme tout ung qui par exprés L'eschauffo petit à petit, Sat. à l'alch. err. 348. ||xvi' s. Vaisseaux minces et légers, comme ceulx qui estoient faits exprès pour cingler légèrement, amïot, Sertor. to. Paix faicte exjirès à nostre ruine, d'àub. Ilist. i,
— lîTYM. Erprhi.
t EXPllKSS (èk-sprès'), adj. m. Terme de chemin de fer. Train express ou, substantivement, express, train qui marche beaucoup plus vite que le train ordinaire, et qui ne s'arrête qu'à un petit nombre do stations. L'express n'est pas encore passé.
— CTYM. Mot emprunté à l'anglais express, qui lui-même vient du français exprès (voy. expkès).
i;XPRESSfiMENT(èk-sprè-sé-man), adv. || !• En termes exprès. Il n'y a aucun droit divin ni humain qui permette expressément de tuer un voleur qui ne se défend pas; et c'est néanmoins ce que vous permettez expressément, pasc. Prov. 44. Le Kils vous a fait expressément entendre que le nombre de ses élus est très-petit, boubdaloue, 7* dim. après la Pentecôte, Dotninie. t. m, p. 69. ||a* Tout exprès. Je viens de détacher une branche admirable, Choisie expressément de grosseur raisonnable, mol. l'Ét.
— HIST. xiv* S. Et fut expressément touché que les Roumains donroient ostages à Personne, ber- CBEURE, t' 32, fcrso. |1 XV» s. Fut dit et requis.... que nous lui promissions expressément foy et loyauté porter, fhoiss. i, i, 63. || xvi* a. Un roy de Pont, pour gousler de ce brouet noir, achepta expressément un cuisinier Lacedxmonien, amyot, Lye. 21. L'une de ses ordonnances portoit expressément, qu'il n'y eut pas une loi escripte, id. ib. 22.
— ÉTYM. Expresse, et le suffixe meni; provenç. expressament ; esyagn. expresamente; ilal. expressa- Tneiile. Cet adverbe devrait être expressément ; l'accent provient d'un abu» autorisé par l'usage, dit Chifflet, Gramm. p. mt.
EXPRESSIF, IVE(èk-8prè-sif, si-v"), ad;'. || fOui a la vertu de bien exprimer. Un terme expressif. Un geste, un silence expressif. Cette faconde parler est expressive. Des paroles aussi expressives de la violence extrême soufl'erte veulent des pensées aussi claires qu'elles le sont elles-mêmes, st-sim. 304, 61. Dans ces révolutions, par ces mélanges multipliés [de populations] , se formait cette lanijue [grecque] riche, expressive, sonore, la langue de tout les arts, turgot, s* dise, en Sorbonne. || i' Qui a de l'expression. Une physionomie expressive. Ses yeux sont expressifs plus qu'on ne saurait dire DOissY, Dehors iromp. 1, i.
EXP
— ÉTYM. Voy. expression; provenç. expressiu; cspagn. expresiro; ital. espressivo.
EXPRESSION (ék-sprè-sioii; en vers, de quatre syllabes), j. f. \\ l' Action d'exprimer le suc de certaines choses par la pression. Huile» tirées par expression. || Terme de médecine. Sueur par expression, se dit des gouttes de sueur qui se montrent sur la face de ceux qui souffrent une angoisse extrême et particulièrement sur celle des agonisant». li 2' Fig. Action de faire sortir, paraître au dehors , c'est-à-dire manière de rendre sa pensée par l'organe lie la parole, ou parle ministère de la plume. Il faut admirer la force agréable de l'expression du célèbre d'Ablaricourt, où il n'y a ni rudesse, ni obscurité, ni aucun terme à désirer, st-évbem. Discourt des traducteurs, dans hicîielet. || Les mots eux-mêmes en tant qu'ils sont plus ou moins forts. Les plus horribles expressions qu'on pourrait former contre Arius, pasc. Prov. 3. Le matin elle neuriss;iit;avecqucllesgrâces, vouslesavez; le soir nous la vîmes sécliée; et ces fortes expressions par lesquelles l'Écriture sainte exagère l'inconstance des choses humaines devaient être pour cette princesse si préciseset si littérales, BOSS. Duch. d'Orl. La fière et imprudente jeunesse, au lieu qu'en conseillant des choses dures, elle devait du moins en tempérer la rigueur par la douceur des expressions , joignit l'insulteau refus, id. Polit, x, 11, 9. La noblesse de ses expre.ssions [de Louis XIV] vient de celle de ses sentiments : et ses paroles précises sont l'image de la justesse qui règne dans ses pensées, id. Marie-Thér. Selon que notre idée est plus ou moins obscure, L'expression la suit ou moins nette ou plus pure, boil. Art p. i. Tous ces pompeux amas d'expressions frivoles Sont d'un déclamateur amoureux de paroles, m. 16. m. Moïse, Homère, Platon, Virgile, Horace ne sont au-dessus des autres écrivains que par leurs expressions et par leurs images: il faut exprimer le vrai pour écrire naturellement, fortement, délicatement, la brut. i. Un bon auteur et qui écrit avec soin éprouve souvent que l'expression qu'il cherchait depuis longtemps sans la connaître et qu'il a enfin trouvée, est celle qui était la plus simple, la plus naturelle, qui semblait devoir se présenter d'abord et sans efrort, ID. ib. Entre toutes les expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n'y en a qu'une qui soit la bonne, id. th. Une chose qui, quoique infiniment moins considérable, sied bien, et que M. Dodart avait parfaitement, c'est la noblesse de l'expression; outre qu'elle tient je ne sais quoi de celle des mœurs, elle fait foi que l'on a vécu dans un monde choisi, car ce n'est que là qu'elle se prend ou se perfectionne, fonten. Dodart. Si le» fenêtres, par exemple, sont mal disposées, que les unes soient plus grandes, les autres plus petites, les unes placées plus haut, les autres plus bas, ce dérangement blesse les yeux et semble leur faire une sorte d'injure; c'est l'expression de saint Augustin, bollin, Uist. ane. Œuvres, t. xi, *" part. p. *2», dans POUGENS. Racine suivait exactement le conseil que donnait César, de fuir comme un écueil toute expression qui ne serait pas marquée au coin de l'usage le plus certain et le plus connu, d'olivet. Rem. sur Rac. § (9. Si vous aviez vu les expressions terribles et tendres de sa douleur, vous en auriez été touchée , montesq. Ars. et Isme'n. Il Familièrement. Expressions à mi-sucre, expressions doucereuses. Est-ce dans ces amants qui parlent pour l'armée, dont les expressions sont toutes tendres et à mi-sucre 1 fhédt. ital. la Thèse des dames , dans le roux, Dict. corn. || Au-dessus de toute expression, qui ne peut être suffisamment exprimé, soit en bien, soit en mal. Son zèle est au-dessus de toute expression, || On dit aussi au delà de toute expression , au delà de l'expression. Cette réponse impertinente m'a choquée au delà de l'eioression, cenLis, Ad. et Théod. t. i, lett. 32, p. 266, dans fougens. Je vous aime au delà de toute expression, id. ib. t. m, p. 6n.|| S* Habileté à s'exprimer, faculté de s'exprimer. Je la remerciai de toutes les forces de mon expression et de toutes les forces de mon àtne, scarr. Jlom. com. 11, 4 4. Dire d'une chose modestement, ou qu'elle est bonne, ou qu'elle est mauvaise, et les raisons pourquoi elle est telle, demande du bon sens et de l'exnression, ut bruy. v. || 4" Action de faire sortir, paraître au dehors, c'est-à-dire manière dont les impressions que nous recevons du dehors se peignent dans tout notre extérieur, et notamment dans les traits du visage. Ses yeux [de Voltaire] et son sourire avalent une expression que je n'ai vue qu'à lui, harmontel, Jf^. vn. Aussitôt qu'il aperçut son petitfils, il lui tendit les bras avec l'expression la plus
EXP
touchante, oe.nlis, Ad. et Théod. t. lit, lett. 67, p. 496, danspouoENS. Et surtout, quand la joie étincelle en ."-es yeux. De leur férocité l'expression rapide Trahit toute riiorreur de .sa beauté perfide, lemeuc. Fredég. et Br. m, 2. Puis, montrant un ciel tot^ours pur, il leur demanda si dans ce soleil brillant Ils ne reconnaissaient pas son étoile; mais cet appel à sa fortune et Texpressidn sinistre de se» traits démentaient ta sécurité 'ju'il alTectait, sEou» Iliit. de Hap. IX, «. Il Absolument, l'expression, une certaine disfK)sition des traits qui fait que les sentiments s'y peignent en caractères nets et apparents. Quel est le visage le plus propre à l'expression ? c'est celui qui, pour la forme des traits et par le» rapports qu'ils ont entre eux, s'altère suivant la vivacité des passions et la nuance des sentiments; ajoutez-y la régularité, et supposez encore que, dans son état habituel, il ne montre que des sentiments quicnt droit déplaire, vous joindrez à l'expression les grâces et la l)eauté, condillac, Art d'écrire, 11, 46. Si la l)eauté peut se passer d'expression et de grâce, on n'avait encore rien vu, dans cette cour si brillante, d'aussi beau que cette jeune personne, genlis, Mme de Maintenon, t. n, p. 2, dans pouoen». || 6* Terme de peinture. Représentation vive et naturelle des passions, des attitudes, des actions de ceux qu'on veut peindre. La belle expression, les altiluiles justes, bahier, le Cabinet de Quinault, p. 4». On a de l'expression longtemps avant d'avoir de l'exécution et du dessin, Diderot, Salondenel, Œurret, t.xiv,p.66, dans podgens. Il n'avait point fait une étude particulière des beaux-arls, mais l'expression dont brillent les chefs-d'œuvre en ce genre saisit infailliblement tout homme de génie, d'alemb. Ùnges, Montesquieu. Il Terme de musique transporté de la peinture. Oualité par laquelle le compositeur sent vivement et rend avec vérité toutes les idées qu'il doit rendre, tous les sentiments qu'il doit exprimer. Il y a beaucoup d'expression dans cette musique. Ne croyez pas, mademoiselle, que ces êtres si sensible» à l'harmonie soient les meilleurs juges de l'expression, DIDEROT, Lett. sur les sourds et muels. || .Signes d'expression, signes qui indiquent d'accélérer ou de ralentir. || II se dit aussi des exécutants, des chanteurs. Ce pianiste joue avec expression. || On dit de même qu'un danseur, qu'une danse a de l'expression. Il 6* Terme de |ihysiologie. Fonction d'expression, une des fonctions de la vie animale qui a pour but de manifester les sentiments et les voloi>tés, et qui emploie la mimique et surtout la phonation. Il 7* Manifestation. Le nom de son fils est le nom de Verbe, Verbe qu'il engendre éternellement en se contemplant lui-même, qui est l'expression parfaitede sa vérité, son image, son Fils unique, Boss. Ilist. 11, s. De cette manière, la parole des députés serait plu» l'expression de la voix de la nation, montpso. Xsp, XI, ». Il 8' Personnification. Victor Hugo était la plus haute expression de la littérature romantique. Il 9' Terme de mathématique. Forme sous laquelle on représente des constructions, des résultats. L'algèbre réduit à des expressions simples et générales et qui n'ont qu'un très-petit nombre de lettres, les résolutions d'un nombre infini de problèmes et souvent même des sciences entières, walebr. Recherche, VI, 1, 5. Il [M. L;igny] a donné à l'Académie, en (705, l'expression algébrique de U série infinie des tangentes de tous les arcs ou angles multipliés d'un premier arc ou angle quelconque connu , fonten. Lagny. Il faut remarquer que toute expression d'une division à faire est identique avec l'expression de son quotient, condil. Long, cale. I, 7. Il Kéduire à sa plus simple expression, ramener les termes d'une fraction , d'une formule , d'une équation au moindre nombre possible. 75/100 réduit à sa plus simple expression est 3/4. || Fig. Réduire quelque chose à sa plus simple expression, le réduire au moindre volume.
— HIST. XVI* s. Lorsque par expression de mammelles on fait sortir le laict, pare, n, 3.
— ÉTYM. Lai. expressionem, de expressvm, supin de erprimere, exprimer (voy. ce mot).
t EXPRESSIVEMENT (èksprè-si-ve-man). adv.
D'une manière eipressive. Labbey a paru assez sensible aux regrets que j'ai témoignés fort expressivement de me le voir enlever, p. l. cour. ielt. i, 4.
— ÊTYM. Expressire, et le suffixe ment. EXPRIMABLE (èk-spri-ma-bl'), adj. Oui peut être
exprimé, énoncé. Cette pensée n'est pas exprimable en vers. Une quantité exprimable en nombres entiers.
— ÊTYV. Exprimer.
EXPRIMA, EE (èk-spri-mé, mée), part, tmsté. Il i* Tiré par eipressioo. Le suc exprimé de l'o>
EXP
range. || î* Figuré, représenté par le style, p»r le dessin ou par la musique. Des passions heureusement exprimées. || 8" Énoncé par des paroles. Et ne rejetez pas des vœux mal exprimés Qu'Hippolyte eaiis vous n'aurait jamais formés, rac. Phèd. ii, s. EXPRIMER (èk-spri-mé), t). a. || l'Extraire la^ liqueur de certaines choses en les pressant. Il est des végétaux d'où l'art sait exprimer Quelques sucs bienfaisants.... Docis, Lear, iv, 6. Au doux murmure de leurs ondes [des fontaines], Exprimez vos grappes fécondes, Où rougit l'heureuse liqueur, LAHART. Méd. n, ♦. Il Fig. Qu'importe à des malheureux dont on exprime la sueur, d'avoir pour oppresseurs les Romains ou les Perses? harmontel, Délis. ch XI. Il 8° Rendre par les paroles. Qui cependant pourrait exprimer ses justes douleurs? qui pourrait raconter ses plaintes? Boss. Reine dAiight. Mais, pour bien exprimer ces caprices heureux [de l'élégie]. C'est peu d'être poêle, il faut être amoureux, BOIL. Arl p. n. Qui pourrait cependant t'exprimer les cabales Que formait en ce lieu ce peuple de rivales? rac. Esth. i, 4. Que ne puis-je t'exprimer ce que je sens si bien! et comment sens-je si bien ce que je ne puis t'exprimer? montesq. Lelt. pers. 7. Il Enoncer en termes exprès. Il faut exprimer cela dans le contrat. || 3' Représenter parle style, le dessin ou la musique. L'antiquité nous parle de l'écume d'un cheval qu'une éponge jetée par dépit sur un tableau exprima parfaitement, corn. dit. Préf. Que diriez-TOUs de celui qui, sans exprimer ni traits ni taille, voudrait peindre une figure humaine, avec un voile pour vêtement? n'aurait-on pas droit de lui demander où est l'homme? j. j. rouss. Uél. v préf. Il Fig. Reproduire. Dans tout le cours de sa vie, elle a exprimé ce parfait original [la femme forte décrite par David] par sa générosité naturelle, par le bon usage des biens et de la faveur.... fléch. Kme de Mont. Le dessein de Dieu a été de leur proposer, dans la personne de Marie, une image sensible et vivante dont ils étudiassent tous les traits pour les exprimer en eux et se les appliquer, BOURn. Instr. pour l'oct. de l'Ascension, gui, <.||4" Manifester, faire connaître. Exprimer sa douleur par des larmes. Licine à la campagne exprimait tant d'audace.... tristan, M. deChrispe, i, 3.11 semblait que chaque peuple eût une manière particulière d'exprimer sa pudeur, montesq. Gnide, 3. || 5° S'exprimer, V. réjl. Etre tiré par expression. Le suc qui le nourrit [l'animal] est longtemps à s'exprimer [des aliments], Boss. Conn. de Dieu, n, io. De la même sorte que le vin et l'huile s'expriment du raisin et de l'olive pressée, ID. ib. || 6* Se faire comprendre par la parole. S'exprimer en bons termes. Des êtres si singulièrement constitués doivent nécessairement s'exprimer autrement que les hommes ordinaires, j. J. rouss. Dialogues, i. D'autres s'exprimeront, l'homme seul sait parler, delille, Trois règnes, viii. Il a peu d'esprit, quoiqu'il sache s'exprimer avec assez de grâce et d'aisance, genlis, Ad. et TMod. t. i, lett. 37, p. 334, dans pougens. Il Rendre sa pensée. Nous jugeons naturellement de la peine qu'un écrivain a eue à s'exprimer par celle que nous avons k l'entendre, condillac, jtrt de penser, n, 7. || Être exprimé. Seigneur, la vérité doit ici s'exprimer, corn. Cinna, v, 3. Ses discours me font voir du respect, de l'estime Et même quelque amour, sans que le nom s'exprime, iD.Att. ii, (.
— HIST. xiv s. Les quiex [lesquels] dons et ordenanoes nous voulons estre tenu pour exprimez en ces présentes, Bibl. des Chartes, 5* série, 1. 1, p. 80. Il XVI' s. J'en oy qui s'excusent de ne se pouvoir
exprimer, mont, i, <88 Kaicts d'un limon laic-
teux exprimé par la chaleur de la terre, m. ii, 3)0. Ia figure de la langue est triangulaire, plus grosse et mieux exprimée [prononcée] en sa base, qu'en sa pointe, paré, iv, 12.
— ÉTYM. Provenç. exprimar, espremer, exprimir; espagn. exprimir; ital. esprimere; du latin exprimere, de ex, etpremere, presser (voy. pression). Exprimer a été fait par calque du latin exprimere; la forme ancienne est espreindre (voy. épreindre). 11 y avait aussi un verbe expresser. D'après Palsgrave, p. 9, au xvi' siècle, exprimer se prononçait euzprimer.
EX-PROFESSO, voy. professo (ex).
t EXPROMISSION (èk-spro-mi-ssion), s. f. En droit romain, substitution d'un nouveau débiteur i l'ancien.
— ETYM. Lat. expromittere, se porter pour caution, de ex, et promittcre, promettre (voy. promettre).
EXPROPRIATION (èk-spro-pri-a-sion), s. f. Action d'exproprier. Expropriation pour cause d'utilité pu- Blique. Jury d'expropriation. || Terme de jurispru-
EXP
dence. Expropriation forcée, saisie des biens d'un débiteur.
— ÊTYM. Exproprier.
EXPROPRIÉ, ÊE (èk-spro-pri-é, ée), part, passé. Exproprié, parce que le chemin de fer passait sur son terrain. ]] Substantivement. Les eiproi)riés.
EXPROPRIER (ék-spro-pri-é), j'expropriais, nous expropriions, vous expropriiez; que j'exproprie, que nous expropriions, que vous expropriiez, v.a, ôter k quelqu'un la propriété d'un bien en général par voie légale. Ses créanciers menaçaient de l'exproprier. Il Exproprier pour cause d'utilité publique, se dit de l'administration qui, pour un service public, prend la propriété de quelqu'un moyennant indemnité.
— JIIST. xvi' s. Exproprié, cotgrave.
— ÊTYM. Lat. ex, hors, et propre.
t EXPUGNABLE (èk-spugh-na-bl'), adj. Que l'on peut prendre de vive force. Gibraltar n'est pas expugnalile.
— IIIST. XIV* s. Une tour qui seroit non expugnable, si eile separachevoit, bercheure, f' 30, reclo.
— ÉTYM. Lat. expugnabilis, de expugnare, prendre de force, de ex, et pugnare, se battre, de pugnus, poing (voy. ce mol).
EXPULSÉ, ÉE (èk-spul-sé, s6e), part, passé. II 1° Chassé hors. Les Tarquins expulsés de Rome. On voyait venir d'autrescadis, d'autres pachas, d'autres efîendis qui prenaient la place des expulsés et qui étaient expulsés à leur tour, volt. Candide, 30. L'émigration d'unehorde de fanatiques expulsés par d'autres, d'alemb. Lelt. aurai de Pr. <•' mars <765. Il Substantivement. Les expulsés. || 2° Terme de médecine. Un calcul expulsé de la vessie.
EXPULSER (ék-spul-sé) , V. a. || 1' Chasser quelqu'un du lieu où il était établi, d'un bien dont il était en possession. On l'expulsa de sa maison, de sa terre. Il 2' Par extension, exclure d'un lieu, d'une compagnie. On l'expulsa de l'assemblée. Platon voulait qu'on expuls.1t les poètes de sa république. P 3' Terme de médecine. Faire évacuer. Expulser du corps les mauvaises humeurs. || Par plaisanterie. Expulser le superflu de la boisson [urinerj, mol. ttéd. mal. lui, m, 6.
— HIST. xvr s. Pour expulser ce lyon de vos parcs, I. marot, V, 64. Nonobstant icelle familiarité, nature expulse le plomb au dehors, si....PAHÉ, vni, 2.
— ÉTYM. Lat. expulsare, fréquentatif de expellere, chasser (voy. expulsion). On a dit aussi, dans le XVI' siècle, expeller , calqué directement sur le latin expellere.
t EXPULSEUR, ULTRICE (èk-spul-seur, spul-lris'), adj. Terme didactique. Qui expulse. Action expultrice. || Terme de physiologie. Force expultrice, celle que possède la substance organisée de rejeter les principes qui lui sont devenus nuisibles.
— HIST. XVI' s. La faculté expultrice destinée à expeller et rejeter les excremens, paré, Inlrod. s.
— ÉTYM. Lat. expukorem, expuUricem (voy. expulsion).
EXPULSIF, IVE (èk-spul-sif, si-v'), adj. Terme didactique. Qui ala vertu, la forced'expulser.|| Terme de chirurgie. Bandage expulsif, bandage qui, exerçant une compression méthodique , détermine la sortie du pus ou d'un liquide épanché, d'un corps étranger, etc. || Terme d'obstétrique. Douleurs expulsives, douleurs qui, accompagnant les contractions de l'utérus, s'appliquent sur le fœtus et en déterminent l'expulsion.
— HIST. xiii* s. La première vertu [du corps] est apetitive, la seconde retentive, la tierce digestive, la quarte expulsive, brun, latini, Trésor, p. 4o9. Il XVI* s. S'ils doivent se servir du reste comme de la vertu expulsive de quelque racine orientale, pour pousser hors de leur entendement les vapeurs superbes qui y estoient montées, lanoue, 332.
— ÉTYM. Lat. expulsivus, de ex'^iulsum (voy. expulsion).
EXPULSION (èk-spul-sion; envers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Action d'expulser. L'assemblée ordonna l'expulsion de celui de ses membres qui.... Sulpitia, dame romaine, fit un poème sur l'expulsion des philosophes, où elle maltraitait fort Domitien, ROLLiN, llist. anc. liv. xxv, ch. t, art. 2, §3. Rome, après l'expulsion des rois, devait être une démocratie, montesq. A'sp. xi, I3. L'expulsion hors de la ville et de la société, id. ib. xii, i. Ainsi, devenu de tout point citoyen du pays, j'étais à l'abri de toute expulsion légale , mf me do la part du prince, J. J. noiss. Confess. XII. |1 Terme de jurisprudence. Action de faire sortir un locataire, un tenancier des lieux qu'il occupe. || 2° Terme de médecine. L'e.vpulsion des mauvaises humeurs. L'expulsion d'un calcul hors de la vessie.
EXQ
— HIST. xiV S. La délivrance de Rome et l'eipul sion des roys, bercheure, f" 27, verso. ||ivi*s. Pa.tel moyen l'expulsion, évacuation et absumptioud"-* la sanie se fera beaucoup mieux, parB, ix, 8.
— ÉTYM. Lat. expulsionem, de expulsum, supin de expellere, chasser, de ex, hors, etpellere, chasser.
fEXPURGATION (>k-spur-ga-sion), ». f. || l'Action d'expurger un livre. || 2* Termed'eaui et forêts. Action d'éclaircir les futaies trop fourrées. || 3° Ancien terme d'astronomie. Ëmersion.
— HIST. XVI* s. Cest humeur est adiré parla rato pour la nutrition d'icelle et l'eipurgalion du sang, PARÉ, Introd. 6.
— ÉTYM. Lat. expurgationem, de expurgare, expurger.
EXPURGATOIRE (èk-spur-ga-toi-r') , adj. l'ermo didactique. Usité dans cette locution : Indice ou index expurgatoire, catalogue de livres qui sont défendus à Rome, jusqu'à ce qu'ils aient été purgés et corrigés; différents de ceux qui sont absolument défendus.
— HIST. XVI' S. 11 commanda dès lors l'indice expurgatoire: il fit décimer le régiment.... d'auu. Uisl.
— ÉTYM. Expurger; espagn. eipurgatorio. Espurgaloire, dans l'ancienne langue, a lo sens da purgatoire.
I EXPURGÉ, ÉE (èk-spur-jé, jée), part, passé. Un Horace expurgé.
t EXPURGER (èk-spur-gé. Le g prend un e devant a ou o), V. a. Ôtor les expressions licencieusis ou grossières qui peuvent se trouver dans un livre, et aussi ce qui choque telle ou telle doctrine ou opinion établie. || S'expurger, v. ré/î. Être expurgé. Martial s'expurgerait b.en difficilement.
— ÉTYM. Provenç. espurgar, espurjar; espagn. espurgar ; ital. spurgare; da lat. expurgare, de ex, hors, etpurgare, purger. Espurger se trouve dans les plus anciens textes avec le sens de justilier, nettoyer : XII' s.... Qu'il se puisse espurgier, E son pechié guerpir et à Deu repairier. Th. le mart. 32.
EXQUIS, ISE (èk-sk!, skl-z'), adj. || 1' Qui a quelque chose de recherché et d'excellent. Un mets exquis. Un repas simple, mais exquis pour le goût et pour la propreté, fén. Tél. i. Mille bonbons, mille exquises douceurs Chargeaient toujours les poches do nos sœurs, gbesset, Yert-Yert, i. jj 2' 11 se dit de choses de prix. Faute d'un plus exquis, et comme par bravade. Ceci servira donc de mouchoir de parade, corn, la Suiv. II, 5. La maison de la ville et les meubles exquis, la font. Fabl. ii, 20. || Fig. Un travail exquis. Et plus le bien qu'on quitte est noble, grand, exquis, corn. Ci'ina, u, (.Tous lej discours sont des sottises. Partant d'un homme sans éclat; Ce seraient paroles exquises Si c'était UH grand qui parlât, mol. Amph. ii, <. || 3° Qui est d'une excellence où se fait sentir la délicatesse, en parlant des qualités de l'esprit, du cœur. Avoir un jugement, un goût exquis. Ma langue est impuissante, et je voudrais avoir Celles de tous les gens du pliM exquis savoir, id. l'Ét. il, 14. Du nom de fiertj noble on orna l'impudence, Et la fourbe passa pour exquise prudence, boil. Sat. xii. || U se dit quelquefois des personnes. Même beauté, tant soit exquise, Rassasie et soûle à la fin. la font. Pâté. La philosophie et les lois faisaient de beaux effets dans
des naturels si exquis, BOSS. Hist. m, 5 Sachez
que je faufile Avec ducs, archiducs, princes, seigneurs, marquis. Et tout ce que la cour offre de plus exquis, regnard, ie Joueur, m, n. || 4'Supplice exquis, supplice recherché, rendu le plus douloureux qu'il est possible. Les rois, comme ministres de Dieu qui en exercent l'empire, sont avec raison menacés, pour une infidélité particulière, d'une justice plus rigoureuse et de supplices plus exquis.... boss. Polit. X, VI, 3. Il 6° Terme de médecine. Fièvre réglée exquise, fièvre dont les accès sont parfaitement réguliers. Il 6° S. m. Ce qui est exquis. Un goût du beau et da l'exquis répandu partout et qui se fortifiait sans cesse, fonten. ill>6^ Gallois.
— REM. Quoique plus exquis et très-exquis ne soient pas très-usités, on voit par l'exemple de Bossuet qu'on peut se servir à propos des degrés de comparaison.
— HIST. m' s. Ainsi est or [présentement] l'amors trovée. Et mix [mieux] esquise et mix provée, GAUT. d'arras, llle et Galeron, !' 605, reclo, t" col. Il XIII' s. Granz sunt les uevres de nostre Seigneur, esquises en toutes ses volentez. Psautier, f «38. Il XVI' s. Cette beauté tant exquise, maro. Nouv. x. Crœsus avoit sur luy tout ce qu'il estoit possible d'avoir de plus exquis, plus singulier et plus admi-
EXS
rable au niuaJe, amtot, Solon, M. 11 estoit exquis et diligent au loing de sa personne, jusques à user de frotlemens et de tours de Dromenemens en nombre certain, IB. Cicéron, 4 0. Les uiammelles reçoivent nerfs des intiircosliiuz, à cause de quoy elles ont sentiment fort exquis, pahé, ii, 3. Les fièvres tierces exquises cessent pour le plus au septième occés, ID. zx, 20.
— ÉTYM. Lat. exquisitut, recherché, .exquis, de IX. et quxrere, chercher (voy. querib).
t EXQUISEMENT (fk-ski-ze-man) , adv. D'une manière exquise. Sculpture exquisement travaillée.
— IIIST. XVI' s. Toutes sortes de viandes exquisement accoustrées, amyot, LucuUut, so. Caesar inventa et publia une reforraalion |du calendrier] singulière et plus exquisement calcule* que nulle autre, m. César, 77.
— ÊTYM. Exquise, et le suffixe ment.
t EXSANGUE (èk-san-gh') , adj. Terme de médecine, l'rivéde sang ou qui en a perdu beaucoup. L'arlère avait été ouverte, et le malade était exsangue. Il Kig. Sans force ni vigueur. Quand la versification est harmonieuse, qui est ce qui chicane la pensée? qui est-ce qui s'aperçoit que les seines sont exsangues? iiiDEHOT, Salnn de 478", GCuvres, t. xv, p. 71, dans pouGENS. Si tu crains d'êlre un pocle rxsangue, un diseur de puérilités sonores, lu. Claude et Nér. u, § 5. (L'adjectif «csanjue] n'aurait-il pas été regretté par Voltaire, et nus au nomlire des expressions que cet homme de goiU se prol'osail de restituer au vocabulaire de l'Académie ?jd. i6.li, § 10».
— HisT. x\T s. Toutes lesquelles parties sont froides et exangues de la nature, paré, Introd. v. J'avais traisné langui-ssant après des parties françoises si exangues, si descharnëes, et si vides de matière et de sens, que ce n'estoient voirement que paroles françoises, mont, i, tBO.
— ÊTYM. Lat. cxsanguis, de ex, sans, et sanguis, fang.
t EXSCUTELLfi, f.E (ik-sku-tèl-lé , lée) , adj. Terme de zoologie. Se dit des insectes sans tcusson.
— F.TYJI. Lat. ex, sans, elscutellum, éou.
t EXSEUT, EltTE (èk-sêr, sér-f), adj. Terme de tiolanique. Oui fait saillie au dehors, qui dépasse les parties environnantes en longueur ou en liauleur.
— ÉTYM. I-at. exsertus, tiré hors, do exserere , de CI, hors, et scrcrc, joindre, enlacer (voy. sh'rie).
t EXSEUTION (èk-sèr-sion), s. f. Terme d'hisloire naturelle. F.lat d'une chose exserte, qui fait saillie, qui s'élève de la surface d'une autre.
— KTYM. Exsert.
t EX.SICCATION (èk-si-kka-sion), *. f. Terme de chimie. Action de dessécher une chose.
— HIST. xvi* s. L'ulcère simple a une commune indication de curation, à sçavoir exsiccation ; car toute ulcère a besoin de desiccation, paré, xi, 6.
— ETYM. Provenç. exsicatio; du lat. exsiccare, sécher, de ex, et siccus, sec.
f EXSPUITION (Lk-spu-i-sion), t. f. Terme de médecine. Action d'expulser de la bouche. L'expectoraliun expulse hors des lironches, l'exspuition hors de la bouche.
— ÊTYM. Lat. exspuitionem, de exspuere, de ex, tt spuere, cracher (voy. sputation).
i EXSTIPULË, ÉE(èk-sli-pu-lé, lée), adj. Terme de botanique. Oui n'a point de stipules. Ou dit aussi e.tstipnlaire et exstipulacé.
— ETYM. Lat. ex, sans, et stipule.
i EXSTROPUIE (èk-slro-fie), s. f. Terme de chirurgie. l)é|dacemtnt ou vice de conformation d'un organe membraneux, renversé de manière que l.i surface interne s'en trouve à nu. L'eistrophie de la vessie.
— ETYM. 'Ex, en dehors, et oxpt'çtiv, tourner
(voy. STBOPHE).
EXSL'CCION (ik-su-ksion), t. f. Action d'absorber par la succion. Les ventouses tirent le sang par une sorte d'exsuccion.
— ETYM. Lat. ex, hors de, et sitccion.
t EXSUDAT (èksuda), ». f. Terme de physiologie pathologique. Blastème produit eu des coudilions pathologiques.
— ÊTYM. Exsuder.
EXSUDATIO.N (èk-su-da-sion), s. f. || l' Terme de médecine. Action de suer. De fortes exsudations. Aujourd'hui inusitéen cesens. || 2* Terme de physiologie. Suintement d'une humeur à travers les parois de son réservoir naturel, et comparé k celui de la sueur. || Particulièremenl. Issue d'un liquide hors des tissus sortant tel qu'jl est. à la diiïérencc de técrélion qui indique la sortie d'un liquide élaboré
ÉXT
par l'organe sécréteur. Dans la pleurésie, il se fait une exsudation à la surface de la plèvre.
— ÊTYM. Lat. exsiidationem , àeexsu<ia-e, exsuder. EXSUDE, EE (ék-su-dé, dée), paru passé. Les
liquides exsudés.
EXSUDER (ék-su-dé), V. n. Sortir à la façon de la sueur. I.e saiit; exsude quelquefois. La miel étant un suc qui exsude des fleurs par l'action du soleil, BONNET, Contempl. nat. xi, S7. || Il se conjugueavec l'auxiliaire avoir, quand on veut marquer l'action : lu miel a exsude de la fleur; avec être, quand on veut marquer l'était : le miel est exsudé.
— HIST. XVI" s. L'humeur qui exsude et sort dehors par les embouchures des veines capillaires, PARÉ, XI, 2.
— ETYM. I.at. exsudare, de ex, hors, elsudare, suer.
t EXSUFFLATION (ék-su-nU-siou), ». f. Action de chas.ser en soufflant. Dés son commencement, elle [l'Eglise] a montré par ses exorcismes et par ses exsufflations, qu'elle connaissait le péché originel ilans les peliLsenfanls, ROSS. Yar. fitutr. patl.^22.
— ETYM. Lat. exiujflare, deei, hors, et sufjlare, souffler.
EXTAffT, ANTE (èk-slan, slan-f), adj. Terme vieilli de pratique. Qui est en nature. Tous les efl'els extaiits de la succession.
— ÉTYM. Lat. exstans, existant, de ex, et stare, être debout (voy. staule).
EXTASE (èksta-z')-, ». f. \\ !• Terme de la vie mystique. Élévation extraordinaire de l'esjjrit, dans la contemplation des choses divines, qui détache une personne des objets sensibles jusqu'à rompre la communication de ses sens avec tout ce qui l'environne. Ce songe de Salomon était une exlase où l'esprit de ce grand roi , séjiaré des sens et uni à Dieu, jouissait de la véritable intelligence, Boss. Politique, v, i, t. Parles ravissements, les transports et les extases où son corps demeurait suspendu et immobile, fléch. Panég. 11, p. 236. M. le cardinal de Noailles chassa de sou diocèse Mlle Rose, célèbre béate à exlase, st-sim. 87, 1 2». || 2* Par extension, vive admiration, volupté intime qui absorbe tout autre sentiment. La joie de Psyché fut grande, si l'on doit appeler joie ce qui est proprement extase; encore ce mot est-il faible, et n'exprime pas la moindre partie du plaisir que reçut la belle, la font. Psyché, I, p. 86. Vous avez voyagé à la suite d'Alexandre et vous n'êtes point enextase d'admiration, VOLT. Dial. xxviii, t. Forcé de m'occuper malgré moi de ma triste situation, je ne pus plus retrouver que bien rarement ces chères extases qui durant cinquante ans m'avaient tenu lieu de fortune et de gloire, et, sans autre dépense que celle du temps, m'avaient rendu dans l'oisiveté le plus heureux des mortels, J. 3. rouss. Prom. 7. Je reçus Amélie dans une sorte d'extase de cœur, cuateauur. lieni. Nous y vîmes [dans les bibliothèques de Toscane] de quoi ravir en extase tous les hellénistes du monde, pour me servir de vos termes, p. l. cour. Lelt. à M. Ilenouard, libraire. Ces purs ravissements, celte divine extase D'une ftme sans remordsque la ferveur embrase, G. i)Ei.AV. Paria, l, 2. Ton sein, oppres.sé par l'extase. Se soulevait sous ses transports, lauaht. Uarold, Dédie. Il 3" Terme de médecine. Affection du cerveau dans laquelle l'exaltation de certaines idées, absorbant l'attention, suspend les sensations, arrête les mouvements volontaires, et même ralentit quelquefois l'action vitale. L'extase diffère de la catalepsie, en ce que, dans la catalepsie , les fonctions intellectuelles sont complètement suspendues, tandis que dansl'extase elles sontseulementdétouriiées. || 4* Distraction , prétexte (sens aujourd'hui inusité). Les princes n'en peuvent jamais sauver leur réputation par les mêmes extases qui en préservent les subalternes, RETZ, Uém. t. m, liv. iv, p. 22*, dans la-
CUR.NE
— HIST. xiv* f. Cavernes ou fosses dont vent issoit tel que il perturboit les sens des approchans et les metloit aussi comme en extasie, ORtsME, Tlièse de MEUNIER. Il XVI* s. De quoy ces princes rioieut si fort, qu'ils en tomboient en spasme et eslaze.cARL. v, 26.
— ETYM. Provenç. exiaiii, exlhasis; espagn. extasis ; ilal. estasi; du grec èxota-îi;, transport, du ix, hors, et <rtiioi<, base, fondement, de même radical que le latin jlare, être debout (voy. stable).
EXTASIÉ, ÉE (ik-sta-zi-é, ée), part, passé. Ohl la grande beauté fait perdre la raison; Il est extasié quand il est devant elle, bautekocue. Bourg, de quai. IT, S. Tous les savants, tous les
fioêtes qui mangeaient en grand nombre à sa table de Denis le tyran], quand il leur hsait ses poèmes, paraissaient an dehors extasiés d'admiration, rollim, llist. anc. (JLuv. t. v, p. 222, dans pûugens.
EXT
KXTA.SIER (S ) (èk-su-zi-é), je m'extasiais, nous nous extasiions, vous vous extasiiez; que je m'extasie, que nous nous extasiions, que vous tous extasiiez , V. réft. Il 1* Tomber en extase. Inusité en ce sens propre. || 2* Par extension, être saisi d'une vive admirauon. La bonne tante, en s'eiiasiant e: en pleurant de joie, s'écriait : Je vous l'avais bien dit que vous ne seriez jamais sous-diacre, volt. l'Ingénu, <9. Un peintre s'extasie à des objets qui ne sont pas même reuiarqués d'un spectateur vulgaire, i. J. ROUSS. un. I, 12. On s'eiusie sur le* «allées de la Suisse; mais on ne les trouve si agréables que par comparaison , cuATF-ALsa. Ifont Blanc. Il Avec ellipse du prunum personnel. Chaque vers qu'il entend le fait extasier, boll. Art p. i.
— ETYM. Extase.
EXTATIQUE (ék-sU-ti-k'), adj. || !• Qui est causé par l'extase. Oue dans ces transports eiiaili|ues Ou seul tu me feras la lui. Tout hors de moi, mais toui en toi. Je te chante mille cantiquis, corn. Imil. m, b. On voit par toute la suite que la sentence de saint Antoine | A soleil, pouri|Uoi me trouliles-tuT] regardait un genre d'oraison extatique, boss. Étals d'orait. V, «2. Je n'entends point l'extatique grimace D'un faux béat qui, le front vers les cieux, Aux chérubins fait partout les doux yeux, t. B. Rouss. Ép. I, e. Les psaumes avaient un mode extaiiqu" i{ui leur était particulièrement consacré, cuateads. Génie, m, 1, 2. || 2* Oui est ravi en exlase. Un esprit extatique. || Substantivement. l.es extatiques. il 3* Oui cause un vif transport comparé à l'extase. Kavori d'Apollon, dont la voix extatique Anime les ressurts d'une ftme frénétique, desmarkts, Ftiionnaires, I, i. Je ne dirai point combien mon cœur alors Sentit, par son amour, d'extatiques transports, TH. CORN. Berger extrav. l, 2.
— HIST. xvi" s. Esprit abslraict, ravy et ecstalic, Oui, fréquentant les cieulx, ton origine, As délaisse ton hosle et domeslic, Ton curps.... rab. X l'espnt de la Royne de Navarre ( dt'xai'n placé en Uite du 3* livre de Pantagruel). Cette morgue grave, severo etecstatique en une action si folle, mont, m, 35*.
— ÊTYM. 'ExoTïtixo;, de Ixtrtixtm, exlase.
f EXTEMPOHANÉ, ÉE (èk-stan-po-ra-né, née), adj. Il 1* Terme de jurisprudence. Sans préméditation. Il 2* Terme de pharmacie, tlédicaments eitemporanés ou magistraux, ceux qui ne doivent être préparés qu'au moment où Us sont prescrits, par exemple les loochs. les potions.
— ETYM. Lat. ezlempuraneii», do la locution f.i tempore, sur-le-champ, de ex, et temput, temporis, temps.
t EXTEMPORANÊITÊ (èk-sUn-po-ra né-i-té), ». {. Oualité de ce qui est exteinporané. L'extemporanéiié de leur production [des objets naturels] qui n'est qu'un enchaînement de miracles réitérés à chaque Instant de la durée, DintROT, Interprét. de la nat. n* 60.
— ETY'M. Extempnriini
t EXTEMPORANÉMENT (ék-sUn po-ra-né-min;, adv. D'une façon exlemporanée.
EXTENSEUR (ék-stan-seur), adj. Terme d'anatomie. Oui sert à étendre. Les muscles extenseurs du bras. Il S. m. L'extenseur du pouce.
— ÉTYM. Voy. extension. Paré a dit «tendeur, I, t8.
EXTENSIBILITÉ (èk-sUn si-bi-li-té), ». f. Oualite de ce qui est extensible L'extensibilité des libres est déterminée par la nature de leurs éléments et par l'activiié des sucs, bonnet, Cause* prem. vi, t*.
— KTYM. Extensible.
EXTENSIBLE (èk-stan-si-W) , adj. || 1* Qui est susceptible d'être étendu par l'action simultanée de deux forces agissant en sens contraire. L'or est le plus extensible de tous les mélaiii. || %• Terme d'anaiomie. Qui peut s'étendre , s'allonger. La langue extensib e du fourmilier.
— ETYM. Voy. extfnsios.
EXTENSIP, IVE (ék-stan-sif, si-v'), adj. 0»i » Il vertu de produire l'exienson. Force extensSvc.
I Terme de grammaire. Oui exprime, qui marque l'extension. Ce mot est pris dans un sens exiensif.
II Terme rural. Culture extensive, par opposition à culture intensive, celle qui s'applique à un terrain étendu relativement au capilJJ employé; telle est U culture pastorale.
— ÊTYM. Provenç. eilensiu; espagn. ottentiso , ital. stmsiro; du laiin exteruivus, de extensum, tu pin de exiendere (voy. extension).
EXTENSION ( èk-sUn-sion ; en vers , de quatre syllabes), ». f. || 1* Action d'étendre ou do s'étendre. L'or est susceptible d'une extension prodigieux-:. Il Terme de nhiiiologie. Action d'étendre, c'est A-
EXT
i'-.ve lie mettre un memlire en drotie ligne avec un autre. L'extension de la main, de l'avant-bras, du bras, mouvements par lesquels la main est mise en droite li(?ne avec l'avant-bras, l'avant-bras avec le bras, le bras avec l'épaule. || Terme de chirurgie. Action d'étendre un membre raccourci par une fracture ou une luxation. |{ 2' Action d'étendre un muscle pour exercer un effort, pour opérer quelque chose. Si vous considérez combien de gens entrent dans l'exécution de ces mouvements [des machines], quelle force de bras et quelle extension de nerfs ils y emploient, la bruy. vi. {{ Terme de musique. Effort d'écartement du petit doigt pour atteindre à certaines noies élevées sur les cordes du violon, sur le violoncelle pour atteindre à une tierce majeure, sans que la main quitte sa position. Cet ut se fait par extension. || Sa main, ses doigts ont beaucoup d'extension, une grande extension, ils peuvent embrasser beaucoup de touches du clavier. || 3° Dins le langage vulgaire, il se dit quelquefois du relâchement, de la distension, par quelque etl'ort, d'un tendon, d'un ligament. L'extension d'un tendon. || i' 11 se dit quelquefois pour étendue. Extension en longueur, en largeur, en profondeur. {| B° Fig. Accroissement, augmentation. L'extension de son autorité. Extension de privilège. Un pareil inconvénient ne pouvait pas empêcher la compagnie anglaise de donner une grande extension à son commerce, baynal, llist. phil.m, ï3. Il Action d'étendre une loi, un article à des objets qui n'y étaient pas d'abord inclus. Chose qui ne peut recevoird'extension.PATBU, Plaid. 4 , dans RICHELET. Il est clair que ce sénatus-consulte n'était qu'une extension de la loi pappienne, qui, dans le même cas, avait accordé aux femmes les successions qui leur étaient déférées par les étrangers, MONTESQ. Esp. xxvii, ch. unique. || 6° Terme de logique et de grammaire. Synonyme d'étendue. Dans une proposition l'attribut s'appelle quelquefois le grand terme, parce qu'il a plus d'extension que le sujet, c'est-à-dire qu'il s'applique à un plus grand nombre d'objets. || Terme de grammaire. Action d'étendre la signification d'un mot. Le sens par extension tient le milieu entre le sens propre et le sens figuré. On ferre aussi d'argent une cassette , etc.... alors ferrer signifie, par extension, garnir d'argent au lieu de fer, du marsais, Tropes, part, ii, art. t. Il On dit dans un emploi analogue : Ce sens est une extension, n'est qu'une extension de tel autre sens.
— HIST. XIV" s. L'éternité de Dieu est sans succession et son immensité sans extension, oresme. Thèse de meunier. || xvi* s. La cholere ne ressemble point à des nerfs de l'ame,ains plustost ou à des extensions ou à des convulsions d'icelle, amyot, Com. refréner la colère , <5. La rotule contient la jambe en deue extension, PARé, iv, 36. L'ame, espandue en loute? les parties du corps et entière en soy, n'occupe point de lieu par extension corporelle, id. xv, 63.
— ÉTYM. Provenç. extensio; espagn. extension; ital. slerut'one; du lat. extensionem, de extensum, supin de eitendere, étendre (voy. étendre).
t EXTENSO (IN-) (i-nèk-stin-so), adi). Dans toute son étendue. Citer les pièces in-extenso.
— ÊTYM. Lat. in, en, et extenso, étendu, participe passif de exiendere, étendre.
EXTÉNUATION (èk-sté-nu-a-sion ; en vers, de six syllabes), ». f. || 1" Action de rendre ténu, maigre et faible; résultat de cette action. L'exténuation d'un malade par une longue fièvre. Son exténuation est extrême. || 2" Terme de rhétorique. Figure de pensée qui consiste à substituer à la véritable idée de la chose dont on parle, une idée du même genre mais moins forte.
— HlST. XVI» s Consomption et exténuation de
tout le corps, pabé, xi, 26.
— ÊTYM. Lat. extenuationem, de extenuare, exténuer.
KXTf.N'UÉ, ÉE (èk-sté-nu-é, ée), part, passé. Il 1" Rendu ténu, rendu faible. Une armée exténuée. Un visage exténué. On voyait cette malheureuse [Arachné] , dont tous les membres exténués se défiguraient et se changeaient en araignée , fén. Tél. xvii. Sa surprise est extrême, en jetant les yeux sur Mme de la Vallière, qu'elle s'attendait à trouver changée, exténuée par un tel genre de vie [la vie de Carmélite] , genlis , Urne de Maintenon, 1. 1 , p. 253. dans pouGENS. |{ Avoir le visage exténué, avoir le visage maigre, décharné. {| 2" Usé, ruiné par quelque chose qui consume les forces. Exténuée d'a^italions, d'abstinences, de veilles, elle sembkUt snfin résolue à revenir sur elle-même, à recommencer sa vie ordinaire, j.i.ROvss. Uél. VI, <i. Il 3' Fig. Rendu moindre. Mais cette même grâce en moi diminuée Et par mille péchés sans cesse exténuée,
FAT
CORM Vniy. 11,8. Je tâchai que la confirmation [des dispositions de Louis XIV pour ses bâtards], puisqu'il en fallait passer par là, fût la plus simple et la plus pxiéniiée qu'il serait possible, st-sim. 299, 87. EXTfiNUEB (èk-sté-nu-é), j'exténuais, nous exténuions, vous exténuiez ; que j'exténue, que nous exténuions, que vous exténuiez, v. a. || 1" Rendre ténu et faible. Elle était exténuée par une longue abstinence, st-évrem. Matrone d'Éphèse. \\ 2" Fig. Amoindrir beaucoup. Pour plaire ,il [le poète] a besoin quelquefois de rehausser l'éclat des belles actions, et d'exténuer l'horreur des funestes, corn. 2' dise. X Dieu ne plaise que j'exténue les bienfaits demilord, J. i. Rouss. Hél. ii, 6. La réflexion que je fais ici peut exténuer mes torts dans leurs effets, mais c'est en les aggravant dans leur source, lo. Confess. xi. Le bon milord, embarrassé d'une pareille commission, et ne sachant comment s'en acquitter honnùtement, tâcha d'en exténuer l'insulte en transformant cet argent en nature de provision, m. tb. xii. || Absolument. Cette partie a besoin de la rhétorique pour peindre les passions et les troubles de l'esprit, pour consulter, délibérer, exagérer ou exténuer, corn. 2' dise. || 3° S'exténuer, V. réft. Se faire petit, ténu. Qu'est-ce qu'une voixî un souffle qui se perd en l'air; je suis une voix, un cri, si vous le voulez; saint Jean s'exténue jusque-là, Boss. Élevât, sur les mystères, 24' semaine. Il Diminuer, devenir moindre. Votre ardeur, à force d'éclater. S'exhale, se dissipe, ou du moins s'exténue, cobn. Agésil. iv, 3. {| S'épuiser, user ses forces. Il s'exténue à force de veilles. Mercenaires qui s'exténuent dans la triste recherche de tous les fatras théologiques, VOLT. Phil. m, 297. Votre esprit s'exténue X se forger les traits d'une femme inconnue, piRON, Uétrvm. ii, <<.