SYN. ATTÉNUER UNE FAUTE, EXTÉWUERUNB FAUTE
La nuance est très-peu marquée, puisque ces deux verbes ne diffèrent que par le préfixe {ex, ad); pourtant on voit que atténuer signifie seulement amoindrir, et exténuer, amoindrir beaucoup. Du reste, en ce sens, atténuer tend, dans le langage actuel, à se substituer partout à exténuer.
HIST. XVI* s. L'oeil abaissé sur face exténuée,
mabot, VI, 246 Quand ils osent tellement exténuer la transgression de la loy ... calv. Instit. 3(7. Homme de bonnes lettres, mais tout exténué, partie de sa naturelle compleiion, et partie de l'étude, DESPER. Contes, xlix.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. extenuar; ital. estenuare; du lat. extenuare, de ex, et tenuis, petit, ténu (voy. ce mot).
EXTÉRIEUR, EURE (èk-sté-rieur, rieu-r". Dans la versification du xvn* siècle, extérieur est de quatre syllabes : ex-té-ri-eur; aujourd'hui on le fait souvent de trois), adj. || !• Qui est au dehors. I.a forme extérieure. Les ornements extérieurs. || Avantages extérieurs, la beauté, la taille, etc. || Terme de botanique. Sa dit de l'embryon, quand il est situé, dans la graine, à la surface du périsperme. || Terme de géométrie. Angle extérieur, voy.EXTERNE. || 2'>Qui se passe au dehors. Une vie tout extérieure. Vous accordez aux hommes l'effet extérieur et matériel de l'action, et vous donnez à Dieu ce mouvement intérieur et spirituel de l'intention; et, par cet équitable partage, vous alliez les lois humaines avec les divines, pasc. Prov. 7. Lorsque le culte extérieur a une grande magnificence, cela nous flatte et nous donne beaucoup d'attachement pour la religion, montesq. Esp. xxv, 2. || 3" Qui a rapport aux pays étrangers. Le commerce extérieur. La politique extérieure. || On a dit ministre des relations extérieures, pour des affaires étrangères. Il 4° S. m. Ce qui est au dehors d'un local. Nous entendîmes du bruit à l'extérieur. || 6* Les pays étrangers. Des nouvelles de l'extérieur. || 6° Ce qui paraît au dehors. L'extérieur de ce bâtiment est beau. || 7° L'ensemble de l'apparence d'une personne. Les sénateurs les plus illustres, à n'en regarder que l'extérieur , différaient peu des paysans, BOSS. Ilist.m, 8. Un extérieur simple est l'habit des hommes vulgaires, il est taillé pour eux et sur leur mesure ; mais c'est une parure pour ceux qui ont rempli leur vie de grandes actions, la bruy. II. Il est étrange qu'il ait fallu une loi pour régler son extérieur [de l'homme de robe] et le contraindre ainsi à être grave et plus respecté, id. xiv. U avait cet extérieur que le cabinet donne ordinairement, quelque chose d'un peu rude et d'un peu sauvage, du moins pour ceux à qui il n'était pas accoutumé, fonten. Guglielmini. Je dirai cependant de votre extérieur ce qui me parait frapper < tout le monde , que vous avez beaucoup de noblesse
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et de grâces dans tout votre maintien, d'alkmb Portrait de Mlle de Lespinasse. \\ Terme de vétérinaire. Conformation extérieure des animaux domestiques, par rapport aux servicesqu'ils peuvent rendre, à l'utilité dont ils peuvent être. || 8* Il se dit de même de ce qui parait de la conduite. Deux raisons doivent faire craindre au prince dedonnertropà l'extérieur dans les exercicesde la piété, BOss. Polit. vu, m, ». ||9° Politesse froide, simple démonstration de civilité. Depuis l'affaire du ré;;iment des gardes, il n'y avait plusguèreque de l'extérieur entre eux [la maréchale (le Boufflers etIeKégent], ST-SIM. 475, 84. || 10° Fig. Une simple apparence. L'amour a tant de force Qu'il attache mes sens à cette fausse amorce, Et fera son possible à toujours conserver Ce doux extérieur (amour feint] dont on me veut priver, cohn. la Suiv. i, ».
— REM. Extérieur n'a pas de degré de comparaison , il a pour superlatif extrême. Cependant on le trouve avec des degrés de comparaison dan» de bons auteurs : On pourrait dire qu'il y a des parties fondamentales sans lesquelles l'animal ne peut se développer; d'autres qui sont plus accessoires et plus extérieures... bufp. Animaux, ch. H. Comme le sens comparatif est oublié, on peut ne pas condamner cet emploi.
— SYN. l'kxtérieur, les dehors d'une pebsonnb. L'extérieur est ce qui tout d'abord se voit, est saisi par l'œil : il est d'un extérieur agréable. Dehors dit quelque chose de plus; il comprend non-seulement l'apparence extérieure, mais aussi les geste», l'attitude, la manière de parler, etc.
— HIST. XVI' s. Dieu ne s'arreste point tant à l'apparence extérieure du bien, qu'à la pureté de coeur, CALV. Instit. 276. Hypocrites en extérieur, et intérieurement pleinsd'orgueil et de vengeance, LANOUE, 77. Non pourtant que je me mette en peine pour maintenir cette décence extérieure [ne pas crier dans une colique néphrétique], mont, m, 201.
— ETYM. Pro\enç. et espagn. exterior; ital. esteriore; du lat. exteriorem, qui est un double comparatif, puisqu'il est le comparatif d'exlerus, qui est lui-même formé de la préposition ex et du suffixe ter, qui est le Tcpo; grec, tara sanscrit, et qui sert à la comparaison. Dans exlerus, le sens couiparatif de ce premier suffixe étant oublié, on y a ajouté lor (voy. extra).
EXTÉRIEUREMENT (èk-sté-ri-€u-re-man; voy.
extérieur), adv. X l'extérieur, au dehors. Cette maison est belle extérieurement. || Fig. Il veut qu'on le croie honnête homme, mais il ne l'est qu'extérieurement. Malheur si nous ne l'honorons qu'extérieurement ! BOURDALOUE , Myst. nativ. deJ.C.t.i, p. 24.
— HIST. XVI* s. Celui qui se sera abstenu de transgresser extérieurement, aura satisfait aux loii politiques, CALVIN, Insiil. 276.
— ETYM. Extérieure, et le suffixe ment.
f EXTÉRIORtSTE(ék-sté-ri-o-ri-st'), s. m. Terme de philosophie catholique. Philosophes ainsi dits, parce que, selon eux, toute idée, tout principe, toute vérité viennent à l'homme du dehors. Synonyme de traditionnaliste , parce que la tradition vient du dehors. || Dans un sens plus général, extérioriste peut se dire dans toutes les philosophies.
— ËTYM. Extérieur.
t EXTÉRIORITÉ (èk-sté-ri-0-ri-té) , s. f. Etat, qualité de ce qui est extérieur.
— HlST. XVI* s. U nous faut ici regarder autre chose que l'extériorité des cérémonies, calv. Inst. 27o.
— ÊTYM. Extérieur.
EXTERMINATEUR, TRICE (èk-stèr-mi-na-teur,
tri-s'), adj. Qui extermine. La peste noire du xiv siècle fut exterminatrice Ce chat exterminateur, Vrai
cerbère, était craint une lieue à la ronde, la font. Fabl. m, 48. || L'ange exterminateur, celui qui tua les premiers-nés des Égyptiens. Songez qu autour de vous L'ange exterminateur est debout avec nous, RAC. Ath. V, 3. En une seule nuit l'épée de l'ange e.xterminateur fit périr (85 000 hommes de son armée [de Sennachérib], hollin, Uist. anc. CJEuv. t. Il, p 62, dans POUGENS. Il Substantivement. L'un [Mahomet] de tousses rivaux fut l'exterminateur, LEMERC. Louis IX, Hi, 3. Des monstres, des brigands noble exterminateur, delille, .^n. viii.
— ETYM. Provenç. exterminayre , exlerminador; ital. esterminatore ; du lat. exierminatorem, de exterminare, exterminer. Dans le provençal, exterminayre est le nominatif, venant du latin extermindtor; exterminador est le régime , venant de exterminatôrem.
EXTERJIINATION (èk-stèr-mi-na-sion; en vers, de six syllabes), s. f. Action d'exterminer. L'extermination d'un peuple. Ils travaillèrent à l'extermi-
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naHon du paganisme, IJict. de l'Àcad. || Guerre d'axtennination, celle qui a pourol)jet une entière deftruction de peuple. Les Musulmans firent une guerre d'ejtennination aux adorateurs du feu.
HIST. zvi* I. Ils se desreirent eulz mesmes, cai-
dans bien pour tout certain que leur pals fust arrivé & son extermination dernière, amyot, Sylla, 31.
— fîTYM. LaL exterminationem, de exierminare, exterminer.
EXTEHMINft, ÉE (èk-8lèr-mi-né, née), part, passé. ||1* Une population exterminée par le glaive. Il 2* Familièrement. Ëpuisé de fatigue. Il arriva harassé, exterminé.
EXTERMINER (èk-stèr-mi-né), v. a. ||1* Chasser entièrement, faire disparaître. Vous exterminerez de dessous le ciel le nom d'Amalec, et prenez liicn garde de ne le pas oublier, sau. Bible, Deutéion. xxv, <9. Jusqu'à ce qu'il vous enlève et vous extermine de cette terre excellente qu'il vous a donnée, ID. Jotué, xxiu, *3. La racine arrachée et les arbres détruits. Le cruel vaut encore exterminer les fruits, BOTH. Anlig. m, 6. Exterminez, grands dieux, do ta terre où nous sommes, Quiconque avec plaisir répand le sang des hommes, volt. Fanât, m, s. Il Par extension. Exterminer la religion chrétienne et élever le déisme sur les ruinos du christianisme, PASC. Prov. XVI. Par un seul de ses discours il extermina les faux serments et les blasphèmes dans un pays où ils étaient autorisés par l'usage et par la coutume, pléch. Panég. ii, p. 207. Du milieu de mon peuple exterminez le» crimes, Et vous viendrez alors m'immoler vos victimes, rac. Àth. i, *. Il 2» Faire périr entièrement. On doit de tous les Juifs exterminer la race, rac. Eslh. i, ». || Il se dit aussi d'une seule personne. Et ne pouvez-vous pas d'un mot l'exterminer? rac. Eslh. ii, i. [11] Jura d'exterminer Achab et Jézabel, id. Athal. l, 2. Faisons plus, mes amis, jurons d'exterminer Quiconque, ainsi que lui, prétendra gouverner, volt. Jf. de Cis.ii, ♦. Il Absolument. La politique des monarques de l'Asie était d'exterminer pour commander, con- DiLLAC, Uist. anc. lois, chap. 8. || Kamili&rementet par forme d'imprécation. Je sois exterminé, si je ne tiens parole! mol. le Dép. iv, *. || 3" S'exterminer, V. réft. Les hommes à l'état sauvape s'exterminent les uns les autres. || Dans le langage familier, par hyperbole, se fatiguer beaucoup. 11 est dans le potager, où il s'extermine à mettre en couleur ses treillages, eu. de Bernard, le Gendre, % t.
— HIST. XII' s. Eissi atterron les Normanz, Les orgoillos, les sorquidanz [outrecuidants], È seient tuit exterminé, Chacié del pais e osté, benoIt, u, 4 4468. Il xiv* s. Et ceulx qui sont du tout incurables et incorrigibles, l'en les doit exterminer, oresue, £ih. »20. Il XVI* a. Crain que, si tu te vantes d'avoir toy-mesme trouvé la voye juste, tu ne périsses et soyes exterminé d'icelle, calv. Instit. ïi». Dieu pour semblables iniquitez a anciennement exterminé des peuples entiers de devant sa face, la- NOOE, 4 6. Â fin d'exterminer de tout point la convoitise d'avoir et de s'enrichir, il feit une autre troisième ordonnance nouvelle, amtot, Lye. a. L'a fait bannir et exterminer du pays, pasq. Rech. V, p. 405, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. exterminar; ilal. «ifermtnare; du lat. exierminare, proprement chasser, expulser, de ex, hors, et terminus, terme, limite (voy. terme). C'est pourquoi le sens premier est faire disparaître, et, par extension, faire périr.
EXTERNAT (fck-stèr-na; le ( ne se lie pas ; au pluriel, r» se lie : des èk-stèr-na-z habilement dirigés; externats rime avec fracas, mils, etc.), t. m. Il !• Ecole où l'on ne reçoit que des élèves externes. Fonder, diriger un externat. || I* Servie* d'externe dans les hApitaux.
— ÉTYM. Externe.
EXTERNE (èk-stcr-n'), adj. || 1* Oui est au dehors. Les parties externes. Les causes externes des maladies. || En médecine, externe se dit d(>s affections qui, occupant les parties superficielles du corps, ne sont pas produites par des causes intérieure». Pathologie externe. || Médicament pour l'usage externe, médicament qui doit être appliqué à la peau, et non être pris K l'intérieur. || %' Ternie de géométrie. Angle externe, angle dont l'ouverture est en dehors relativement à une figure polygonale, ou relativement à l'espace oompri» entre deux parallèles. || 8* Terme d'anatomie. Qui est tourné en dehors, par rapport à l'axe fictif qu'on suppose partager verticalement le corps en deux parties égales. L'angle externe de l'omoplate. Il 4* Histoire externe, histoire de» documenU qui servent pour composer l'histoire interne. L'histoire
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externe du droit est l'histoire des source» et des monument» du droit. || 5* Elève externe, ou, substantivement, externe, élève qui vient du dehors à un établissement d'instruction pour y suivre un cours. Les pensionnaires et les externes. || Externe libre, celui qui fréqueate le» cours du lycée, mais vit chez ses parents et non dans une pension. Il 6' S. m. Nom donné & des étudiants en médecine qui sont chargés du premier degré du service médical dan» les hôpitaux. Les externe» font le pansement des malade», les saignées et ce qu'on nomme la petite chirurgie, sous la surveillance des internes. || 7* Celui qui travaille dans une élude de notaire ou d'avoué et qui ne fait pas partie des clercs gradués.
— HIST. XVI' ». Celui qui ne commettoit rien par oeuvre externe contre la loy, estoit bon observateur d'icelle, CALV. Jnslit. 27«. C'est estre esbioui de l'aparenoe des choses externes, lanode, 206,
-:- ETYM. Lat. externiu, extérieur, de extra, dérivé de ex, hors.
t EXTERRITORIALITÉ (èk-stèri-to-ri-a-li-té) , i. f. Terme de droit des gens. Droit que les ambassadeurs ont de vivre, dans la pays où ils sont accrédités, sous le régime des lois de la nation qu'ils représentent.
— ÉTYM. Ex, et lerrilorial.
t EXTINCTEUR (èk-stin-kteur) , t. m. Celui qui éteint, détruit. Et mériter le nom d'extincteur de ma race, dufr^ny, Dédit, i, 6.
— ÊTYM.Lat.exjd'nclorcm, dec«(inju«re,éteindre.
EXTINCTION (èk-stinksion; en vers, de quatre syllabes), ». f. || 1° Action d'éteindre; état de ce qui est éteint. L'extinction d'un incendie. || Autrefois à l'extinction de la chandelle, aujourd'hui à l'extinction des bougies, des feux, se dit de certaines ventes où l'on est reçu à enchérir jusqu'à ce qu'un certain nombre de petites bougies soient éteintes. || Terme de pharmacie. Opération qui consiste à chauffer au rouge certains corps et à les tremper ensuite brusquement dans l'eau froide pour en détruire la cohésion. Il 2* Action de verser de l'eau sur la chaux vive et de la transformer en hydrate ou chaux éteinte. Il Terme de pharmacie. Extinction du mercure, opération qui consiste à détruire le brillant métallique du mercure en le triturant avec un corps gras. Il 8* Action de diminuer l'intensité de la lumière. Les vapeurs répandues dans l'air influent considérablement sur l'extinction de la lumière; U sérénité du ciel et la rareté de l'air rendent la lumière des astres plu» vive sur le» montagnes élevées, laplace, Expos. I, 46. Il 4° Perte totale. Il cessa de vivre par la seule extinction de ses forces et presque sans accident le 26 de janvier dernier 4 742, mairan, Éloge de Halley. \\ L'extinction de la chaleur naturelle, la perte de la chaleur naturelle. || Familièrement. Disputer jusqu'à extinction de chaleur naturelle, ou, simplement, jusqu'à extinction, disputer longtemps et avec opiniâtreté. Il dansait quelquefois jusqu'à extinction, hamilt. Gramm. ». \\ S' Extinction de voix, alTection du larynx qui affaiblit tellement la voix qu'on peut à peine se faire entendre, il m'a pris une extinction de voix dans la roulade, picard. Petite ville, m, ». || 8° Fig. Il se dit de ce qu'on éteint comme un feu. L'amour-propre parvient & l'entière extinction de l'amour de Dieu ; par la constitution de la justice de cette vie, l'amour de Dieu ne parvient jamais à l'entière extinction de l'amour-propre, Boss. Et. d'orais. v, 28. U a eu du temps de reste pour entamer un ouvrage continué ensuite et achevé par un de nos plu» grands et de nos meilleur» princes, l'extinction de l'hérésie, la BRUT. x. Il Se dit aussi îles familles, races, tribus dont il ne reste plus personne en vie. L'extinction d'une famille. Outre la difficulté de celte guerre [contre le» BenjamitesJ, il y avait encore à considérer l'extinction d'une tribu dans IsraSl, boss. Polit. 11, m, 2. Il 7' Acte qui met fin à l'existence d'une obligation, d'une dette, d'une action. Les modes d'extinction d'une obligation sont le payement, la compensation et la novation. Le» |irincipaux objets compris dans cette nouvelle cession consistaient dans l'extinction de 4 200 ooo livres de rentes viagères, ratiiaL, Hist. phil.iv, 27. Dans une semblable position, il était difficile de songeraui moyens d'effectuer l'extinction d'une dette immense, HOiiTiSQUiou,/<app. du 27 doill I790, p. 2.
— HIST. ivi' > Que le» prétendus députez .sont
touz chargez par leurs mémoire» de demander l'estinction de la religion refformée, d'aos. Hitt. ii, i3». Ardens à l'estinction des reformez, id. ib. i, 82.
— Rtvm. Lat exstinetionem, de etstinguere, éteindra (voy. ce mot).
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t EXTINOUIBLE (èk-stin-gui-bl'; ui prononré comme dans huile), adj. Qui peut être éteint.
— HIST. XV* ». Une soif non exstinguihle, c'est i dire qui ne se peut appaiser, parB, xxiii, 6.
— ÉTYM. Lat. exitinguibilis, de (ulin^uerc, éteindre (voy. ce mot).
EXTIRPATKUR (èk-stir-pa-teur), s. m. || 1* Celui qui extir[>e. Il n'y a, pour tous les candidats, qu'une seule et même profession de foi : c'est celle exactement que font sur les places publiques les arracheurs de dents, les exiirpateurs do cors, le» destructeurs de punaise», aiph. kabr, les Guépet, juillet 4842. Il Fig. Louis XIV fut surnommé par ses flatteurs l'extirpateur du calvinisme. Ij 3* Instrument agricole ayant la forme générale d'une herse, muni de pieds ou d'espèces de socs propres à déraciner et à entraîner les herl)es iiuisib'e».
— IIIST. XVI* s. Saint Dominique extirpateur, par tes presches, de l'heresie albigeoise, paequier, dans le Ditl. de lochez.
— ÉTYM. Extirper.
EXTIRPATION (èk-stir-p»-»ion ; en ver», de cinq syllabes), t. f. \\ 1* Action d'arracher les racines de» plantes. L'extirpation du chiendent. || S* Terme de chirurgie. Action de retrancher une tumeur, un polype, jusque dan» les dernier» prolongements. L'extirpation d'un cancer, d'un cor. || 3* Fig. Destruction. L'extirpation des vices, de» hérésie». On [les mystiques] porte ai avant l'extirpation du désir, qu'on ne saurait plu» en former ni en arrêter un sur quoi que ce soit, boss. États d^orais. m, t. Le vieux Frédéric, électeur de Saxe, souhaitait l'extirpation de l'Eglise romaine, volt. Mœurs, (28.
— HIST. XV s. À l'exaltation de notre foi, extirpation des erreur^et édification et amendement du peuple chrestien, monstr. liv. ii, ch. 405. || xvf s. Après l'extirpation de ceste partie, la malade »o trouva mieux, para, xviii, 48.
— ÉTYM. Lat. exstirpationem, de exstirpart, extirper.
EXTIRPÉ, ÉR (èksiir-pé, péc), part. pats^. le chiendent extirpé difficilement d'un champ dont il s'est emparé, [j Fig. Ce crime une fois extirpé, où seraient les maux domestiques qu'on attribue à la nature? marho.ntkl, Ess. bonh. (Kurres, t. «vil, p. 224 , dans ponoiN».
EXTIRPER (èk-stir-pé), r. a. || 1' Arracher une plante avec ses racines. Extirper les mauvaises herbes. Il 11 ne se dit guère qu'en parlant des plantes qui nuisent || 2* Terme de chirurgie. Enlever en OUint toutes les racine». Extirper une loupe, un cancer. ||8*Fig. Détniire entièrement Extirper les abus, les vices. Ce que j'extirpe au loin , dans ma cour prend racine, botroo, St Genesl, m, ». Le désir d'extirper le cromvellisme et la doctrine qui donnait au peuple le droit de juger les rois à mort, BOSS. Var. 6* at/erl. § «2. Après que le christianisme eut été extirpé par le massacre de trente-sept mille hommes exécutés presque en un moment, la nation [japonaise] se partagea en trois sectes, Diderot, Opin.desanc. phtl. (Japonais). || Extirper une race, une population , la détruire entièrement Le» Muscogiilses s'emparèrent de la Floride après en avoir extirpé les ïamases, chateaub. Amer, let Muscogulget.
— SYN. EXTIRPER, DÉRACINES, Un oursgsn déracine un arbre et ne l'extirpe pas. Déraciner signifie qu'un végétal a été arraché de terre sans qu'on se soit inquiété si ses racines sont restées ou non dans le sol. Extirper indique que l'on n'a pas laissé dans le »ol les racine», et qu'on le» a enlevée» en même temps qu'on enlevait le végétal. De plu», extirper indique surtout l'acte volontaire.
— HIST. XII* s. Lor vingnes [vignes] et lor boi» fist 11 rois estreper. Et lor maisons ardoir, et lor chasteaui gaster, wace, dans hv canoë, ttirpare. Il XIII* s. Quant [la mort] toutes les cuide estreper, la Rose, 46nï. || xiv* ». Chancre [cancer] dont toutes le» racbines ne poent [peuvent] estre estrepées, H. de mondeville, f* »». Tell divins [devins] ont esté tousjour» reprouvez et extirpez de toutes bonnes policies, oresme. Thèse de meunier. ||xvi*s. Extirper un membre gangrené, paré, Préf.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. exiirpar; ilal. stir pare; du lat exslirpare, de ex, hors, et stirps, souche, racine. L« forme française est estreper; extirper a été refait sur le latin au xvi* aiècle. Stirp.-. est rapproché par les étymologistes de slipes, tronc, que l'on rapproche, à son tour, du eausatif sanscrit stha-pa, faire tenir debout
EXTORQUÉ, EK (èk-stor-ké, kée), pari, patte. Il connut pour lors le cas qu'il faut faire d'honneurs et d'hommages extorqués par la crainte et qui nv
EXT
partaient point du cœur, rollin, Uist. anc CEuv. t. vu, p. 266, dans pouokns. Il n'avait qu'une lùgère part aui cinquanta mille livres perdues au jeu par Candide et à la valeur des deux brillants moitié donnés, moitié extorqués, volt. Candide, 22.
EXTORQUER (ck-stor-k6) , v. a. Obtenir par violence morale. Je sais bien que mon agrément ne validerait pas une démission qui a été extorquée pur la force, betz, Uém. t. m, livre iv, p. 448, dans pouGENS. Que nous serviront alors ces grAces prétendues que nous aurons comme extorquées des vicaires de Jésus-Christ T bourdal. Serm. 24* dim. après la Pentecôte, Vomin. t. iv, p. 447. L'un et l'autre dès lors vécut à l'aventure Des présents qu'à l'aliri de la magistrature Le mari quelquefois des plaideurs extorquait, Ou de ce que la femme aux voisins escroquait , boil. Sat. x. Ils n'auraient point prétendu extorquer à sa famille quatre ceJit mille francs d'amende; à quoi son bien était fort loin de monter, VOLT. Lett. Beaumont, 3 juin (77). Knfin j'extorquai son consentement plus à force d'importunités et de caresses, que de raisons dont elle se contentât, 1. t. Rouss. Confess. v. || Par extension. Grotius a extorqué de son temps une réputation qu'il était bien loin de mériter, volt. Lett. Linguet, <5 mars 1767.
— HIST. XIV* s. Acuns tyrans extorquent el trayent pecui.es des populaires, ohesme. Thèse de MEUNIER. Li dits ouvriers pour plus extorquer l'argent des privez et des estranges, Ord. des rois de Fr. t. XII, p. 62). Les droiz lesquels il avoient extorqué des pères [sénateurs], bercheuhe, f. 40, reclo. Il XVI" s. Four accroistre la foule, on loue des gens pour venir pleurer et jetter des cris et des plaintes qui sont, au sceu de tous, toutes feinctes et extorquées avec argent, charron. Sagesse, 1, 32.
— ETYM. Lat. extorquere, arracher, de ex, et torquere, tordre (voy. tordre) : arracher.par torsion. La langue, ayant fait de torquere, tordre (par un changcmentd'accent itorçu^T* au lieu de torqvêre), a dit, dans sa haute période, estordre et non extorquer, <|ui ne se montre qu'au xiv siècle.
t KXTORQCEnR, ECSE (èk-stor-keur, keû-z'), ». m. et f. Celui, celle qui extorque.
— HIST. xvi* s. Extorqueur, cotgbavb.
EXTORSION (èk-stor-sion ; en vers, de quatre
syllabes), s. f. Manière violente de prendre ou de se procurer quelque chose. L'extorsion d'un consentement. Il 11 se dit particulièrement de l'argent ou des taxes qu'on lève iiyustement. Tout ce qu'on paye pour le maintien de l'ordre public, est de droit et de justice; ce qu'on lève de plus est extorsion, ravnal, Uist. phil. xui, il.
— HIST. ïiv* s. Il faisoient sur le peuple grans extorsions, oresme. Thèse de meunier. || xv s. Mais l'en ne verra jà tant faire D'abus, d'excès, d'e.ttorcions, Comme l'en fait aux cours d'églises, e. descu. Poésies mss. f" 623, dans lacusne, au mot prise. Il XVI* s. Il lascha la bride aux gens de guerre, qui de là prirent hardiesse de commettre plusieurs extorsions, violences etlarrecins, amyot, Anton. <3.
— ÉTYM. Provenç. cslorsjo; espagn. extorsion; ital. eiforsione; du lat. extorsionem , de extorsum, supin de extorquere (voy. extorquer). Paré, xv, 6B bis, emploie extorsions dans le sens de iorsioos, tranchées.
t EXTORSIONNAIRE (èk-«tor-sio-né-r'), adj. Qui commet l'extorsion, qui a le caractère de l'extorsion.
— ÉTYM. Extorsion.
+ ). EXTRA.... préfixe qui signifie en dehors.
— ÉTYM. Lat. extra, en dehors, et qui est pour extera, de l'adjectif eitcrui, extérieur (voy. extérieur).
+ a. EXTRA (èk-stra), s. m. || 1° Terme familier. Ce que l'on fait d'extraordinaire. || i' Ce que l'on mange, ce que l'on sert sur la table de plus que de coutume ou de meilleure qualité que de coutume. Faire un extra. Une bouteille de vin d'extra. || 3° Les pensionnaires d'une table d'hôte ou autres appellent aussi extra la personne qu'ils invitent à dîner et dont ils doivent payer l'écot par suite d'un prix convenu pour chaque extra, legûarani. || Le pluriel est invariable : des extra.
— ÉTYM. Abrégé populaire de extraordinaire.
t EXTRA-AXILLAIRE (èk-stra-a-ksil-lè-r') , adj Terme de botanique. Qui naît à côté de l'aisselle des feuilles.
— ÉTYM. Extra.... préfixe, et axillaire.
t EXTRA -BUDGÉTAIRE (èk-stra-bu-djé-tê-r') , adj. Qui est en dehors du budget. Dépenses extrabudgétaires.
— ÉTYM. Extra.... préfixe, et budget.
t EXTRACTEUR (èk-stra-kteur), 4-. m. Celui qui extrait.
— UIST. zvi* S. Je me suis trouvé avec ua philoso-
EXT
phe, grand extracteur de quinte-essence, paiié,xxv,32.
— ETYM. Lat. extractorem , de exlractum, supin de exlrahere, extraire (voy. extraire).
EXTRACTIF, IVE (èk-slra-klif, kti-v'), adj. Il 1° Terme de grammaire. Qui marque extraction. Si je veux rendra raison de cette façon de parler, du pain suffit -flQ commence par dire de le pain, alors la préposition de, qui est ici une préposition extractive et qui, comme toutes les autres prépositions, doit être entre deux termes, cette préposition, disje, me fait connaître qu'il y a ici une ellipse, du marsais, CEuvres, t. iv, p. t70. || ï* Terme de chimie. Qui est extrait des végétaux. Principes extractifs. Il employa l'esprit-de-vin pour dissoudre le corps sucré [des substances végétales], et le séparer des parties gommeuses et extractives, condorcet, Margraaf. \\ S. m. L'extraolif, principe immé.iiat qu'on supposait exister dans les plantes et les animaux, et posséder la propriété de s'épaissir pendant l'évaporatiou de sa dissolution. || 3* Qui sert, qui est relatif à l'extraction. Machine extractive. || Industrie extractive, celle qui recueille directement les produits de la nature : chasse, pêche, récolte des fruits naturels, exploitation des mines. Dunoyer a introduit cette expression.
— ÉTYil. Lat. extractum, supin de exlrahere, extraire (voy. ce mot).
t EXTRACTIFORME (ùk-stra-kti-for-m') , adj. Terme de chimie. Qui a la forme ou l'apparence d'un extrait.
— ÉTYM. Extrait, et forme.
EXTRACTION (èk-stra-ksion; en vers, de quatre
syllabes), s. f. \\ 1* Action d'extraire, de tirer hors. L'extraction d'un clou enfoncé dans une planche. Il Terme de chirurgie. Opération par laquelle on retire de quelque partie du corps, soit un corps étranger, soit une partie qui cause des douleurs ou nuit à une fonction importante. L'extraction d'une dent, d'une balle. || L'extraction d'un prisonnier, l'action de l'extraire, de le faire sortir momentanément de la prison pour quelque objet. || Par extension. De la difficulté de se procurer des esclaves dérive naturellement la méthode d'employer de petits navires à leur extraction, baïnal, Hist. phil. XI, 2t. Il 2° Terme de chimie et de pharmacie. Opération pharmaceutique par laquelle on séjiare une substance quelconque du composé dont elle fait partie. L'extraction d'un sel. || 3* Terme de métallurgie. Opération par laquelle on tire les métaux de la terre, de la mine. Dans cette partie du nouveau monde, l'extraction de l'or n'est ni dangereuse ni fort pénible; quelquefois il se trouve à la superficie du sol, raïnal, mst. phil. ix, n. \\ 4° Kig. 11 se dit de la naissance considérée par rapport au sang, à la famille d'où l'on provient. Et quoi qu'ait fait ce bras, il ne m'a point acquis M ces titres fameux, ni ce renom exquis Qui des extractions effacent la mémoire, rotrou, St Genest, 1, 4. Mais son extraction provint-elle des cieux.... m. Àntig. iv, 3. Saint Paulin, en faisant le panégyrique de sa parente sainte Mélanie, a commencé les louanges de cette veuve si renommée par la noblesse de son extraction, Boss. Or. funèbre, Gornay. Il était de l'ordre de la prédestination et du salut de l'homme, que l'homme fût un jour persuadé qu'il est d'une extraction divine, BODRDAL. Annonciat. de la Vierge, ifyst. 11, p. 4 38. Il faut convenir qu'il y a dans la noblesse d'extraction et dans l'ancienneté des familles je ne sais quel attrait puissant pour se concilier l'estime et pour gagner les cœurs, rollin, Traité des Et. v, I'* partie, § 6. Homme de basse extraction, mais qui fit une fortune singulière et rapide, genlis, Ad. et Th. t. 11, lett. 2, p. 2), dans pougens. ||B* Terme de mathématique. La manière de trouver les racines d'un nombre donné, et l'opération par laquelle on les trouve.
— HIST. xiii* s. Une fille en remest [resta] el castel de Buillon, Li dus Godefrois est de celle estracion, Ch. d'Ant. vu, 774. || xiv* s. L'extraction des choses qui sont entra les leivres des plaies outre nature, H. DE MONDBVILLE, f° 36. Un chevalier de Franche [France], de haute estration, Baud. de Seb. IV, 470. Il XV* s. C'est grand ennui de piteusement penser que ces grands bourgeois et ces nobles bourgeoises et leurs beaux enfants, qui d'estoc et d'estraction avaient demeuré , et leurs devanciers, en la ville de Calais, devinrent, froiss. i, i, 323. Il xvi* s. Ne seroit-ce pas aussi un honneste exercice aux seigneurs et gentils-hommes, de se recréer quelquesfois en telles extractions [d'essences] ? LANGUE, 470. L'extraction violente des dents, PARÉ, XV, 27. L'abréviation de racines n'est aultre chose lorsque extractiond'icelles jusques à ce qu'elles
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soyent reduictes en nombre ou le plus près que faire se peult, KST. DB LA ROCHE, Aristnelique, f* 3u , verso,
— ÉTYM. Provenç. eitraccio; espagn. extraccion; ital. estrasione; du lat. exlractionem , de extractum, supin de extrahere, extraire.
t EXTRACTO-HÉSINE (èk-stra-kto-ré-zi-n'), *. f. Terme de chimie. Produit végétal qui participe dt; ia résine et de l'extractif. L'aloès est une extractorésine.
— ÉTYM. Lat. extractus, extrait , et résine. tEXTRACTO-RÉSlNEUX, EUSE (èk-stra-kto-ré-
zi-neû, neû-z'), adj. Terme de chimie. Qui tient de l'extracto-résine. L'aloès est une substance extracto-résiueuse.
t EXTRADER (èk-stra-dé), v. a. Néologisme. Faire l'extradition. C....etP.... vont être extradés ds Suisse et ramenés à Paris, /. des Débats, t "avril ) 864 .
— ÉTYM. Latin fiitif, extradere, remettre, de ex, hors, et tradcre, livrer (voy. tradition).
EXTRADITION (èk-stra-di-sion; en vers, de cinq syllabes) , s. f. || 1° Action de remettre un réfugie pour une cause quelconque au gouvernement étranger qui le réclame. Les Turcs insistèrent en vain sur l'extradition de Cantemir, volt. Husxie, ii, <. Il 8° Remise. 11 a fallu payer cher l'extradition des pièces [du procès], volt. Lett. Vernes, 24 mai (763. — ÉTYM. Lat. ex, hors, et (radilto, action de remettre (voy. tradition).
EXTRADOS (èk-stra-dô) , *. m. La surface convexe et extérieure d'une voûte.
— ÉTYM. Lat. extra, en dehors, et dos. EXTRAD08SÉ, ÉE (èk-stra-dô-sé, sée), adj.
Terme d'architecture. Qui a un extrados. Une voûte extradossée.
■|- EXTRADOSSER (Èk-stra-dô-sé), «. o. Termed'architecture. Faire l'extrados. Extradosser une voûte.
— ÉTYM. Extrados.
f EXTRA-EUROPÉEN, ENNE (èk-stra-eu-ro-péin, pé-è-n'), adj. Terme didactique. Qui est situé hors de l'Europe; qui se rapporte aux pays situés hors de l'Europe.
— ÉTYM. Lat. extra, hors, et européen.
t EXTRA-FIN, INE (èk-stra-fin, fi-n'), odj. Terme de commerce. Qui est d'une qualité très-fine. Liqueurs extra-fines.
— ÉTYM. Extra, abrégé populaire pour extraordinairement, et fin, adjectif.
fEXTRA-FOLLACÉ, ÉE (èk-stra-fo-li-a-sé, sée), adj. Terme de botanique. Synonyme d'extra-folié.
t EXTRA - FOLIAIRE (èk-stra-fo-li-ê-r') , adj. Terme de botanique. Svnonyme d'extra-folié.
t EXTRA-FOLIÉ, ÉE (èk-stra-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui croit en dehors ou à côlé des feuilles. || Hampe extra-foliée, hampe qui naît sur la racine en dehors des feuilles, exemple : la convallaria maialis.
— ÉTYM. Lat. extra, hors, et foliiim, feuille.
t EXTRA-UUMAIN, AINE (èk-stra-u-min, mèn'), adj. Qui est en dehors de l'humanité. Une origine extra-humaine.
— ÉTYM. Lat. extra, hors, et humain.
t. EXTRAIRE (èk-strê-re), j'extrais, lu extrais, il extrait, nous extrayons, vous extrayez, ils extraient ; j'extrayais, nous extrayions, vous extrayiez; (le parfait serait j'eitrayis, inusité) ;j'extrairai; j'extrairais; extrais, extrayons, extrayez, qu'ils extraient; que j'extraie, que nous extrayions, que vous extrayiez, qu'ils extraient (l'imparfait du subjonctif serait que j'extrayisse, inusité); extrayant, extrait, 1). a. Il 1° Tirer une chose d'un lieu, d'un corps où elle s'est formée ou introduite. Extraire des pierres d'une carrière. Extraire une épine du pied. Extraire une balle, une dent. On ignore que les métaux ne peuvent sortir librement du Portugal; qu'il n'est possible de les en extraire que par les vaisseaux de guerre, qui ne sont pas visités, haïbal, Uist. phil. IX, 28. Il a* Par extension. Extraire un prisonnier de prison, l'en faire sortir pour cornparaître, pour être transféré, etc. || 3* Séparer une substance d'une autre par une opération chimique. On extrait du sucre de la betterave. || 4° Copier un passage, un article dans un livre, dans un joumaL Il a extrait ce passage d'Aristote. || Extraire un procès, en faire un sommaire. || Extraire un livre, en faire un résumé, et aussi en faire des extraits. Je voulais vous envoyer le Lexicon Germanico-Thonia^umdu P. Heserus; j'ai voulu attendra que j'eusse le loisir de l'extraire, coen. Lett. au P. Boulard, 22 avriltesa. || Terme de commerce. Extraire le journal, la dépouiller pour voir ce qui est dû par chaque particulier, ou ce qu'on lui doit. || B° Terme de mathématique. Extraire la racine carrée, la racine cubique d'un nombre, la chercher, la truuv«<'
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Il Extraire les entiers contenus dans un nombre fractionnaire , ctierclier combien de fois ce nombre contient l'unité. Il 6" S'extraire, v.réfl. Être extrait. Les essences s'extraient des plantes de diiïérentes façons. Il II se dit aussi des racines des nombres. La racine cubique s'extrait ainsi.
— HEM. 1. On trouve exiraisait dans Bonnet (ce qui rst une faute, l'impiirlait e&l extrayait, qu'il a luimême ailleurs) : Wallis exiraisait de tSte la racine carrée d'un nombre de cinquante-trois figures, l'alingén. xvii, 5. || 2. Le parfait j'extrayis, l'imparfait du subjonctif /'extrayiu-e sont inusités, à tort; on devrait les remettre en usage; car rien dans l'eupbunie ne s'y oppose.
— HIST. XI' s. Que estrais est de moult grant parenteJ, Ch. de Roi. xxvi. Ijxiii* s. Il s'est recordez que nos somes poudre; il set que nos soues estret de terre. Psautier, f" tas. l'or ce est cil fous qui done & perte Bune aventure quant il l'ot [eut] ; Èstrairo en doit aucun bon mot, Itenart, <(i77i. On apele cei qui sont estraitdefranquelignie, si comme
de rois.... gentil, beauh.xlv, 3o. fjxv's Je n'ai
aujourd'hui Qance certaine pour Jeanne maiîUe garder, fors en vous; je l'ai, à grand peine, mise elextralte hors des mains et du pays du père, mon mari, FROiss. u, m, ia. Et [Philippe d'Artovelle] prit le chemin de Gand, si fort pensif que on ne pouvoit de lui extraire rien ni nulle parole, id. u, ii, t8&. Il XVI* s. Pareillement avecques le feu l'on avoit apris d'extraire les essences de plusieurs choses, lamoue, 460. Par la continuation de lire les anciennes histoires, et d'en extraire ces vies que je rédige par escript, AMYOT, P. i£m. 3. Extraire un enfant mort, une balle, les pierres de la vessie , P\Ré, Inirod. 2. Comment les racines quarrées ou secondes se peuvent extraire ouabbrevier, est. db la roche, Arilmelique, f" 30, verso.
— Etym. Provenç. estraire; espagn. extraer; port. txtrahir; ital. eslrarre; du iat. extrahcre, de ex, hors, et trahere, tirer (voy. traire).
t». EXTKAIKE(èk-strÊ-r'), adj. Terme de botanique. Qui est situé en dehors, à l'extérieur. Embryon extraire.
— ETYM. hat. extrarius, extérieur, de eatro, hors (voy. extba).
t. EXTRAIT, AITE (èk-strè , strè-f) , port, passé. il 1* Tiré hors. La balle extraite par le chirurgien. Une dent extraite. || 2° Tiré de. Une essence extraite de plantes aromatiques. || 3° Copié de. Un beau passage extrait de Bossuet || 4" Obtenu par l'opération mathématique dite extraction. La racine cubique extraite de 8 est 3.
2 EXTRAIT (èk-strè; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l'ï se lie: des ex-strè-z énergiques; extraits rime avec palais, elTets, succès, paix, etc.), s. m. Il 1* Terme do chimie. Proiiuit qu'on a extrait d'une substance. Extraitde guimauve, de réglisse. || Extraitde saturne, dissolution de sousacétate de plomb. || 2" Passage, article tiré d'un livre, d'un écrit. Oit est le savant parmi les nations les plus fameuses pour l'assiduité au travail et pour la patience nécessaire à copier et à faire des extraits, qui n'admire là-dessus les talents de H. du Cange et qui ne l'oppose à tout ce qui peut être venu d'ailleurs en ce genre-là? Préf. du Dict. de furetière. Il lui faisait faire des extraits de livres choisis, j. j. rouss. Ém. IV. Il Terme d'imprimerie. Article, mémoire, passage plus ou moins long inséré dans un recueil périodique et tiré à part presque toujours sur la demande de l'auteur. Un extrait de la Ilevue des Deux-Mondes. \\ 8° Abrégé, sommaire. Faire l'extrait d'un livre, d'une correspondance, d'un procès. Ce siècle ridicule est celui des brochures. Des chansons, des extraits, et surtout des injures, volt. Ép. 85. Combien de lectures inutiles dont nous serions dispensés par de bons extraits! d'alemb. Disc. priHim. encycl. Œuv. t. i, p. soo, dans pouof.ns. 11 n'y a point de si mauvais livre dont on ne puisse tirer de bonnes choses, disent tous les gens d'esprit et de goût ; il n'y a pas non plus de si bon livre dont on ne puisse faire un extrait malignement tourné, qui défigure l'ouvrage et l'avilisse, hahmon- TEL, Élem.litt. (fut!, t. vu, p. 347, danspouoRNS. Il Terme de pratique. Analyse ou copie sommaire ou partielle d'un acte. || Fig. et familièrement. Un extrait d'homme , un bout d'homme , un trî:s-petlt homme. Il V Terme de commerce. Projet de compte qu'un négociant envoie à son correspondant, ou (Tu'un commissionnaire envoie à son commettant. Nom qu'on donne aussi au grand livre ou livre de raison. Il 5" Extrait des registres de l'étatcivil, copie certifiée d'après les registres de l'état civil, et constatant uuissancit, mariage, mort. Extrait de naissance, cer-
tificat tiré du registre des naissances et constatant la naissance de quelqu'un. Extrait baptistalre, ou extraitde baptême, extrait du registre des baptêmes et constatant le baptùme de quelqu'un. Extrait mortuaire, extrait du registre des morts, constatant la mort de quelqu'un. Les moines de ce pays-là IMarseille] ont sans doute son extrait mortuaire, volt. PliU. m, «ou. Il Par plaisanterie. Uncertain Monsieur de Voltaire A donné extrait mortuaire De tous les seigneurs qui sont morts, Facétie du poète Roy contre le poëme de Fontenoy de Voltaire , citée par laharpe. Lycée, 3* part. Uv. m, cbap. 3,scct. 4. Il 6* 'Terme de jeu de loto. Numéro unique sorti sur une ligne. || Terme de loterie. Un seul numéro gagnant. Extrait déterminé, numéro sur lequel on fait une mise en indiquant qu'il sortira le l", le 2*, le 3', le 4* ou le 6*. Extrait simple, numéro joué sans autre condition.
— REH. Des grammairiens ont condamné extrait de baptême , voulant qu'on dit uniquement e> trait baptistalre; mais, comme on dit extrait de naissance (par une ellipse d'ailleurs admissible) , il n'y s pas de raison pour ne pas dire aussi un extrait de baptême.
— HIST. XVI' s. Par ainsi l'essence du Kils ne serait qu'un extrait je ne say quel, tiré comme par un alambic de l'essence de Dieu, calv. Inslit. 91. Si y trouva quelques loix qui luy semblèrent bonnes , et en feit extraict , en délibération de les porter en son pals pour s'en servir à l'advenir, amïot, Lyc. 4.
— Etym. Extrait t ; provenç. estrat; catal. extrade; espagn. extracto; ital. estratto.
EXTRAJUDICIAIRE (èk-stra-ju-di-si-ê-r') , ad). Terme de pratique. Acte extrajudiciaire, acte qui ne se rattache pas à un procès pendant en justice.
— ÉTYM. Lat. extra, hors, et/udictatrc EXTR AJUDICLAIREMENT (ék-stra-j u-di-si-ê-re-
maii), adv. Par acte ou forme extrajudjciaire.
— ETYM. Extrajudiciaire, £l\e suffixe ment.
t EXTRA-LÉGAL, ALE (èk-stra-lé-gal , ga-l'), adj. Oui est en dehors de la légalité.
— ETYM. Lat. extra, hors, et légal.
\ EXTRA-MUROS (èk-stra-mu-ros') , adj. Locution latine qui s'est introduite dans le langage familier et dans le langage administratif, et qui si;:nifie hors des murs d'une ville ou d'une citadelle. Demeurer extra-muros.
— ÉTYM. LaL extra, hors, et rrturos, les murs.
t EXTRA OCULAIRE (èk-stra-o-ku-lê-r"), adj. Terme de zoologie. Qui s'insère en dehors des yeux.
— ETYM. Lat. extra, hors, et ocutatre.
EXTRAORDINAIRE (èk-strordi-nê-r*. La prononciation où l'a est nul est encore la plus usitée ; mais l'écriture commence à l'emporter sur l'usage; plusieurs disent èk-stra-or-di-nê-r*, faisant sentir l'o ; prononciation qu'on trouve dans Vlrato de Méhul : Non jamais sur terre On n'aura goilté De félicité Plusextraordinaire; il y a une note pour o. Marg. Buffet, Observ. p. 4», note, de son temps, comme prononciation vicieuse extreordinaire et extraordinaire), ad;. Il 1* Qui n'est pas selon l'ordinaire, selon l'ordre. Séance extraordinaire. Action extraordinaire. Événement extraordinaire. Dieu, qui fait tout en son temps, avait choisi celui-ci pour faire cesser les voies extraordinaires, c'est-à-dire les prophéties, noss. Hist. u, 4. Il n'est pas inouï de voir des États hypothéquer leurs fonds pendant la paix même, et employer, pour se ruiner, des moyens qu'ils appellent extraordinaires et qui le sont si fort que le fils de famille le plus dérangé les imagine à peine, hontsso. £$p. xiii , <7. || Dépense extraordinaire , dépense qui excède celle que l'on fait ordinairement, ou dépense imprévue que l'on fait en sus de celle qu'on s'était proposé de faire. Il Conseiller d'Etat en service extraordinaire, conseiller d'État qui n'a pas de traitement et qui ne remplit pas de fonctions au conseil. || Ambassadeur extraordinaire, envoyé extraordinaire, celui qu'un gouvernement envoie en certains cas particuliers. Il Affaires extraordinaires, se di.'sait, sous l'ancienne monarchie, des ressources Rnanciéresqu'on se créait en dehors du produit des impôts. Sous l'administration du grand Colbert, les revenus onlinaires de la couronne n'allaient qu'à cent dix-sept millions, à vingt-sept livres, et puis à vingt-huit livres le marc d'argent; tout le surplus (des dépenses] fut toujours fourni en alTaires extraordinaires, volt. Louis XIV, 30. Il Aujourd'hui, budget extraordinaire, partie du budget qui comprend lesdépenses non obligatoires, et auxquelles on fait face par des ressources extraordinaires. Il Autrefois, procédure extraordinaire . la procédure criminelle, par opposition à la procédure civile. Juger à l'eitr.iordinaire, juger au criminel. Il Question extraordinaire, voy. questio:*. || 1* Sin-
gulier, rare, peu commun. Un génie extraordinaire. Un homme extraordinaire. Il est d'une laideur, d'une avarice extraordinaire. || 3° Étrange, bizarre, choquant. Langage, habit extraordinaire. Avoir l'air extraordinaire. || 4° S. m. Chose qui se fait contre l'ordinaire. C'e(4 pour lui un extraordinaire que de boire du vin. L'extraordinaire est uiieaction qui arrive àla vérité moins souvent que sa contraire, mais qui ne laisse pas d'avoir sa probabilité asse/^ ai»ée pour n'aller point jusqu'au miracle, corn, i' dise. tray. Cet extraordinaire que l'on voyait dans les Institutions de la Grèce, nous l'avons vu dans la corruption de nos temps modernes, homtesq. Esp. iv, e. Li goût de l'extraordinaire est le caractère de la médiocrité, diderot, Salon de n«t, CEuv. t. xui, p. 408, dans pouoEHS. Il D'extraordinaire, en surplus, non attendu. Vingtpersonnes d'extraordinaire à table, s£v. 430. || B* Dans les comptes, ce qui est outre la dépense ordinaire, fonds pour y faire face. L'extraordinaire monte k tant. L'extraordinaire est complètement dépensé. || 6' Anciennement. L'extraordinaire des guerres, ou de la guerre, et, absolument, l'extraordinaire, fonds destiné aux dépenses de la guerre. M. deLouvois,dont un des fils avait appris de lui [Rolle] les éléments de mathématiques, lui donna au bureau de l'extraordinaire des puerrc" une seconde place qui valait mieux que celle de l'Académie, et pouvait le mener plus loin, ponten. Rolle. La Tourane etSauvion, trésoriers de l'extraordinaire des guerres, culbutèrent et firent banqueroute, ST-sm. 92, 214. Chamillart chassa d'autorité, pour friponnerie, un principal commis de l'extraordinaire de la guerre, résidant en Flandre, lu. ««O, 447. Il Trésorier extraordinaire des guerres, employé supérieur des finances qui prenait immédiatement ses fonds au trésor royal pour les dépenses de la guerre. Il 7* Nom donné autrefois à un supplément de la gazette, qui contenait les nouvelles étrangères. || 8* En matière ecclésiastique, autorité placée en dehors de celle du diocésain. M. le Preux peut confesser celles qui ont coutume de s'y confesser à l'ordinaire ou à l'extraordinaire, Boss. Lett. abb. 68. || 9* Terme d'ancienne jurisprudence. Casuel d'une seigneurie.
— IIIST. xiv's. Les poursuites des crimes sontappellées extraordinaires, parce qu'on n'y observe les anciennes formes, boUTiLiER, Somme rural, p. p. <84, dans LACURNE. |l xvi' s. Il faudroil une extraordinaire valeur aux ennemis, ou une grande la.v clieté aux nostres pour penlre la bataille, lanour. 427. l.a cour adveriie de telle venue, accompagnée de mille lances d'extraordinaire, s'avance à Orléans, d'aub. Hist. i, <ui. Je vis du jour à la journée, et me contente d'avoir de quoy suffire aux besoins présents et ordinaires; aux extraordinaires toutes les provisions du monde n'y sçauroient basf'r, mont.i, 317.
— ÉTYM. Provenç. exiraordinari ; espagn. extraordinart'o; ital. ilraordinario; du lat. extraordinarius, de ex(ro, hors, et ordo, ordmis, ordre.
EXTRAORDINAIREME.NT (èk-stror-di-nè-reman; plusieurs disent èk-^tra-or-di-nê re-man,voy. EXTRAORDINAIRE), odt). || 1* D'une façon extraordinaire, par extraordinaire. Ceux qui ont reçu extraordinairement, doivent espérer extraordinairemenl, PASC. dans COUSIN. Lejourde lafêtede Vesla, letempleétaitouvertextraordinairement[il n'y avaitauciin endroit du temple oii l'on ne pût entrer], Hist. det Vestales, dans deskontaines. Tout ceci me panItuD songe, mais la vie humaine est-elle autre chose* je rêve plus extraordinairemenl qu'un autre et voili tout, CAZOTTE, le Diable amoureux, ch. x. || Anciennement, procéder exlraordinairement contre quelqu'un, procéder criminellement contre lui. || %' Extrêmement. Il est exiracrdinairement riche. Ce garçon-là m'aime exiracrdinairement , dancodrt, Été des coquettes, se. 44. Il se voit des gens qui ont eitraordinairement du mérite, bdsst, Hist. amour, des Gaules, préface. Dans celte phrase de Bussy , il y a une inversion peu usitée; on dirait plutôt : qui ont du mérite extraordinairemenl. || 3° Bizarrement. Elle est coiffée fort extraordinairemenl.
— HIST. xiv s. Interroy estoit un officeqni n'estoil pas ordenaire, ainçois se fesoit estrordenairement, herchburb, I^ s, verso. ||xvi' s. U [l'homme] s'eslevera, si Dieu luy preste extraordinairemenl la main, hont. ii, 38u.
— ETYM. Exirnordinnire, et le suffixe mm».
t EXTRA-PERSON.VKL, ELLE (èk sira ptr so nel, nè-1'), adj. Terme de philosophie. Qui est eo dehors de notre personne.
— ÉTYM. Extra... préfixe, etprrsonnel.
t EXTRA-Rf.FRACTAIRK (èk-slra-ré-fra-ktft-rj adj. Minerai exira-réfractaire, minerai plus rcfrac-taire que les autres.
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— ÉTYM. Extra ^ abrégé de extraordinaire, et éfraclaire. m
t EXTRA-RfiGLEMENTAIRE {ftk-stra-rè-gle-manû-r'), adj. Oui ost en dehors des règlements.
— ÊTM. Extra.... préfixe, et règlement.
t EXTRA -STATUTAIRE (6k-stra-sta-tu-tê-r') , adj. 0<ii est en dehors des statuts. Prélèvement extra-statutaire.
— RTYM. Extra.... préfixe, et statut.
t EXTRA-UTÉRIN, INE (èk-stra-u-té-rin, ri-n'), idj. Terme d'anatoraie et de pathologie. Qui existe I c qui se passe hors de la cavité de l'utérus. Gros- *i!sse extra-utérine.
— ÉTYM. Eortra.... préfixe, et «(crus.
EXTRAVAGAMMENT (èk-stra-va-ga-man) , adv.
D'une manière extravagante. Je pensais, car nous autres poètes Nous pensons extravagamment, Ceque dans l'état où vous êtes Vous feriez si.... voit, /mprompftt à Anne d'Autriche, cité dans cÉRnzEz, Thédtrede Corneille, p. 271. Il est extravagamment jaloux, PATRU, Plaid. », dans mcHELET.Villiirs avait trouvé les plus singulières ressources pour soi dans la funeste perle d'une bataille [MalplaquetJ follement donnée et extravagamment rangée, st-sim.269, 219.
— REM. Dans l'impromptu de Voiture, pacte est de deux syllabes, comme cela se faisait souvent au commencement du xvii* siècle.
— ETYM. Extravagant, et le suffixe ment. EXTRAVAGANCE (èk-stra-va-gan-s'), s. f.
Il 1" Etat de celui qui est extravagant. On fait quelquefois grâce à l'impertinence en faveur de l'extravagance, BETZ, Uém. t. II, liv. III, p. 245, dans POiGENs. On dira que nos mystiques savent bien comme nous que la séparation de Dieu d'avec son paradis est impossible, et enfin qu'il faut leur laisser leurs amoureuses extravagances, boss. États d'orais. IX, t . || Il se dit aussi des choses. L'extravagance de sa conduite. Je sais ce qu'est un songe et le peu de croyance Qu'un homme doit donner à son extravagance, cosN.Poly. i, l. Quelque insolentespoir qu'ait la folle arrogance, Apprends que j'en saurai punir l'extravagance, id. Othon, y, ». \\ 2° Fait, discours extravagant. Il a fait mille extravagances. Jamais oreille N'ouït d'extravagance à la tienne pareille, MAiH. Sophon. 1, t. Elle [l'aigle] menaça Jupiter D'abandonner sa cour, d'aller vivre au désert, Avec mainte autre extravagance, la font. Fabl. II, 8. Manger son blé en vert est grande extravagance, regnabb. Vendanges, i, t. Elle me dit cent extravagances qui me charmèrent, lesage, Turcarel, iv, 2. c'est une petite dissimulée qui serait au désespoir qu'on sût les mauvaises situations où la mettent presque tous les jours ses extravagances, DANcoi'RT, Les bourgeoises a la mode, m, 9.
— HlST. xvi' s. Vêla la description de la renommée ville de Orbe qui a esté icy mise par forme de digression; après laquelle extravagance [digression] faut retourner à nostre propos. Roman d'Alector, ^^36, dans LACUBNE. Le troisiesme [Lucain] plus verd, mais qui s'est abattu par l'extravagance de la
force, MONT. I, 288.
— ÊTïM. Extravagant.
EXTRAVAGANT, ANTE (èk-stra-va-gan, gan-t'),
adj.\\i° Qui eitravague, qui est bizarre. Parbleu! s'il faut parler des gens extravagants. Je viens d'en essuyer un des plus fatigants, mol. ilis. ii, 6. Croistu que d'une fille humble, honnête, charmante, L'hymen n'ait jamais fait de femme extravagante"? BoiL. Sot. X. Il Qui a le caractère de l'extravagance. Discours extravagant. Les fifres, les tambours, le canon et le fer. Concert extravagant des musiques d'enfer, BÉGNiER, Sat. IV. C'est un fait à n'y rien connaître, Un conte extravagant, ridicule, importun; Cela choque le sens commun ; Mais cela ne laisse pas d'être, «ouÀmph. ii, <. Cette manie épidémique donna un prix extravagant aux terres que le gouvernement faisait vendre, raïnal, Hist. phil. xiv, 44. Avec une telle manière de penser, on a des mémoires extravagants chez la marchande de modes, GENLis, Ad. et Th. t. ii, lett. 3o, p. 285, dans pougens. Il 2° Substantivement. La complaisance est trop générale de soufl'iir indifféremment toutes sortes de personnes je goûte ceux qui sont raisonnables, et me divertis des extravagants, mol. Crit. t. Ma foi, les extravagants ne vont guère loin sans vous ennuyer, et la plupart de ces gens-là ne sont plus plaisants dès la seconde visite, m. th.
— HIST. XVI' s. Le vin logé en tonneaux dechesne en tire, es premières années, une odeur extravagante, odieuse à aucuns, agréable à d'autres, o. de SEBRES, 203. Ciceron se moqua si plaisamment des philosophes stoïques et de leurs estranges et extravagantes opinions, qu'il enfeit rire lesjuges.AMYOT,
Cat. d'Ut. 33, Pardes chemins eilravagans [détournés] que des païsanslui montrèrent, bassompiebre, Hém. t. I, p. 9, dans lacurne.
— ÉTYM. Extravaguer.
EXTRAVAGANTE (èk-stra-va-gan-f) , s. f. Nom
de constitutions des papes, postérieures aux Clémentines, et ainsi dites parce qu'elles furent conservées isolément et en dehors du corps du droit canonique. || On écrit les Extravagantes avec un e majuscule quand on cite le corps de ces décrétâtes : cela est dans les Extravagantes ; mais avec un e minuscule quand on cite une de ces décrélales : cela est décidé dans la seconde extravagante. || Se dit aussi de certaines constitutions d'empereurs non contenues dans le corps du droit civil.
— ÉTYM. Ainsi dites parce qu'elles étaient quasi vagantes extra corpus juris, ou extravagantes.
EXTRAVAGUER ( èk-stra-va- glié) , j'extravaguais, nous extravaguions, vousextravaguiez ; que j'extravague , que nous extravaguions , que vous extravaguiez ; extravaguant , v. n. || 1° Dire , faire des choses folles et dépourvues de raison. De grâce, est-ce pour rire, ou si tous deux vous extravaguez, de vouloir que je sois médecin? mol. leiléd. malg. lui,i, 6. Je mets en fait qu'il n'y a jamais eu de pyrrhonien efl'ectif parfait ; la nature soutient la raison impuissante, et l'empêche d'extravaguer jusqu'à ce point, PASO. Pensées, t. i, p. 292 , éd. Lahure. Un homme qu'une fièvre ardente fait extravaguer, BOSS. Hist. II, <). ||2° S'extravaguer, v. réfl. Faire des digressions intempestives; sens aujourd'hui hors d'usage. La poste me retient vos lettres un ordinaire, parce qu'elle arrive trop tard à Paris, et elle me les rend au double le courrier d'après; c'est pour cela que je me suis extravaguée comme vous voyez ; qu'importe? en vérité, il faut un peu, entre bons amis, laisser trotter les plumes comme elles veulent, SÉV. Lett. 24 nov. 4675.
— HIST. XVI' s. Il fault la garder fia vue] d'extravaguer ny çà ny là hors les ornières que l'usage et les loii luy tracent, mont, ii, 314. Duris est assez coustumier d'extravaguer hors de la vérité, amyot, Péric. 53. J'en ferais forces contes, mais je m'extravaguerais trop de mon sujet, brant. Dames gai. v.
— ÉTYM. Lat. extra, hors, et vagari, vaguer.
EXTRAVASATION (èk-stra-va-za-sion) ou EX- TRA VASION (èk-slra-va-zion) , s. (. Terme de médecine. Épanchement d'un liquide hors de ses vaisseaux. L'extravasation du sang.
— ÉTYM. S'extravaser.
EXTRAVASÉ.ÉE (èk-stra-va-zé, zée), part.passi.
Sorti de ses vaisseaux ou de son vaisseau. Du sang extravasé. || Par extension. Le bronze extravasé doit couler dans le moule, lamart. /oc. vui, 259.
EXTRA VASER (S') (èk-stra-va-zé), v.réfl. Terme de médecine. Se répandre, en parlant d'une humeur, hors de ce qui la contient. || Il se dit également des sucs végétaux. La gomme s'extravase à la partie de la branche rompue ou écorchée , la quintinye. Jardins, dans richelet. || Avec ellipse du pronom personnel. Une commotion morale fit extravaser la bile et le rendit jaune comme un coing.
— ÉTYM. Lat. extra, hors, et vas, vase, vaisseau (VOV. VASE, s. m.).
EXTRA VASION (èk-strava-zion), s. m. Voy. ex-
TRAVASATION.
+ EXTRA-VERTÉBRÉ, ÉE (èk-stra-vèr-té-bré, brée), adj. Terme de zoologie. Se dit des animaux articulés dont quelques analomistes ont assimilé le têt à des vertèbres extérieures.
— ÉTYM. Extra.... préfixe, et rerlébré.
EXTRÊME (èk-strê-m'), adj. || 1» Qui est tout à
fait au bout. L'extrême limite. A l'extrême frontière. Mon extrême vieillesse ne me peut permettre de jouir plus longtemps de sa bonté, vaugel. Q. C. liv. vi, dans RICHELET. Son extrême jeunesse donne un nouveau prix à tous ses talents, volt. Princ. de Dabyl. 5. Il 2° Porté au dernier point, au plus haut degré. La préface m'a semblé parfaitement belle, et j'ai eu un extrême plaisir à la lire, voit. Lett. 30. Nos sens n'aperçoivent rien d'extrême, PASc.Pens. part, i, art. 4. Mais enfin, qu'ai-je fait en ce malheur extrême? RAC. 27ié6. Il, ). Modérez donc, seigneur, cette fureur extrême, m. Andr. m, <. Jugez de ma douleur, moi dont l'ardeur extrême. Je vous l'ai dit cent fois, n'aime en lui que lui-même, id. Bérén. I, 4. Ce changement est grand, ma surprise est extrême, ID. «6. III, 2. Des extrêmes périls l'ordinaire signal, ID. Bajai. i, 2. Je vois qu'à l'evcuser votre adresse est extrême, id. ib. m, 6. Votre gloire est perdue, et cette honte extrême.... volt. Ali. iv, 3. Il ne peut y avoir que deux sortes d'esprits qui se suffisent à eux-mêmes, l'extrême génie qui n'existe
point, et l'extrême sottise qui n'existe qus trop, d'alemb. Essai sur la soc. des g. de lell. Œuv. t. lu, p. 3(, dans pougens. Celait sur l'âme de ce jeune homme que l'extrême vertu dans l'extrême malheur avait fait le plus d'impression, marmontel, Bélisaire, ch. i. || 3° Parti extrême, parti violent, hasardeux. Tout ce qui est extrême demande un>; résolution extrême, baynal, llist. phil. xviii, 44. Il Les voies extrêmes, ce qui est le plus à la rigueur. Il y a des circonstances où un tel arrangement [lo partage égal des terres dans une démocratie] serait impraticable, dangereux, et choquerait même la constitution; on n'est pas toujours obligé de prendre les voies extrêmes, montesq. Esp. v, 7. || Remèdes extrêmes, remèdes hasardeux auxquels on n'a recours que quand ils paraissent être devenus la seule ressource du malade. || 4' Qui est éloigné de l'état modéré. Toutes ses an"ectionssont extrêmes, tous ses excès sont impunis, bartuél. Anach. ch. t4. Il Les climats extrêmes, les climats très-cliauds ou très-froids; se dit aussi des climats où les différences sont très-grandes entre l'été et l'hiver, par exemple, la Russie, le Canada. Enfin un ciel dévorant l'arrêtait [Napoléon]; cartel est ce climat [de Russie], le ciel y est extrême, immodéré; il dessèche ou inonde, brûle ou glace cette terre et ses habitants qu'il semble fait pour protéger, sêgur, Hist. de JVop. v, t. Il B' Qui outre, qui n'a point de mesure, en parlant des personnes. Vardes est tout extrême [ou tout l'un ou tout l'autre], sÉv. 422. Kt il connaissait, dans le parti [la Fronde], de ces fiers courages dont la force malheureuse et l'esprit extrême ose tout et sait trouver des exécuteurs, boss. leTellier.Les femmes sont extrêmes, elles sont meilleures ou piresque leshommes, la bbuy. m. Extrême dans la débauche, dans la bravoure, dans ses idées, dans ses expressions, volt. Jenni, 7. Avec toutes les vertus n'étant extrême sur aucune, montesq. Rom. ib. Hélas 1 pour mon malheur le ciel me fit extrême, Ducis, Abufar, iv, 6. || 6° Quoique ex(r^»i« soit un superlatif, l'usage de bons auteurs et l'Académie lui donnent des degrés de comparaison. Les maux les plus extrêmes, Dict. de l'Acad. Mais quand la passion en nous est si extrême , Régnier , Sat. iv. Et prenez-moi les plus extrêmes En sagesse.... id. Épit. III. La gaieté de Pomenars était si extrême que.... SÉV. 70. Le retour plus extrême qu'auparavant dans le vice, MASS. Car. Inconst. La nouvelle de l'acceptation du testament [de Philippe IV] avait causé à Madrid la plus extrême joie, st-sim. 83, 89. Ce peuple qui, s'imaginant que la liberté doit être aussi extrême que le peut être l'esclavage, cherchait à abolir la magistrature même, montesq. Dial. de Sylla. Il 7' S. m. Dernière limita des choses. Quand on veut poursuivre les vertus jusqu'aux extrêmes, PASG. Pensées div. t4, éd. Faugère. L'Hercule est l'extrême de l'homme laborieux; l'Antinous est l'extrême de l'homme oisif, diderot. Salon de (765, Œuvres, t. xiii, p. 432, dans pougens. La noblesse et la dignité sont les décences du théâtre héroïque; leurs extrêmes sont l'emphase et la familiarité, marmontel, Élém. litt. t. IV, p. 3)5, dans pougens. Il X l'extrême, à la dernière limite, sans mesure ni réserve. Cinna, ne porte point mes maux jusqu'à l'extrême, corn. Ctnna,i, 4. Mais porter dès l'abord les choses à l'extrême, id. Serlor. iv, 2. Après la mortdeClodius, lesÊques eux-mêmes ne poussèrent pas leurs avantages à l'extrême, le p. catrou, dans despontaines. Il Pousser, porter tout à l'extrême, n'avoir de modération en rien. || 8° Les extrêmes, les deux dernières limites d'une chose qui sont l'une à une extrémité et l'autre à l'autre, et, par suite, les contraires. Entre plusieurs opinions également reçues [pour la conduite delà vie], je ne cnoisissais que les plus modérées, tantacau.se que ce sont toujours les plus commodes pour la pratique et vraisemblablement les meilleures, comme aussi afin de me détourner moins du vrai chemin, en cas que je faillisse, que si, ayant choisi l'un des extrêmes, c'eût été l'autre qu'il eût fallu suivre, desc. Méth. III, 2. La religion, comme toutes les vertus, est entre deux extrêmes, le libertinage [l'incrédulité] et la superstition , du marsais, Œuv. t. vu, p. 59.Lt Fontaine est peut-être celui de tous les poètes qui passe d'un extrême à l'autre avec le plus de justesse et de rapidité, marmontel, Élém. litt. Œuv. t. vu p. 382, dans pougens. Je m'étonne presque de prononcer son Bom dans cet ermitage, au milieu d'un désert, à l'autre extrême des impressions que fait naître la plus active population du monde, de stael, Corinne, xii, i. || Les extrêmes se touchen^ c'està-dire il arrive souvent que des choses opposées sont pourtant très-voisines, ou reviennent l'une i
EXT
l'autre, comme l'enfance et l'eitrfcme vieilleiise. Les extrAme.1, ma sœur, sont bien près l'un de l'autre, nucis, Abufar, m, «. Il 9° Terme d'arithmétique. Le premier et le dernier terme d'une proporlion. Dans toute proportion arithmélique, la somme des cilrêmes est étçale à la somme des moyens; dans toute proportion géométrique le produit des extrêmes est égal au produit des moyens, condil. Lang. cale, l, *i. \\ 10* Dernière extrémité. Des ennemis la défaite et la fuite Semblaient nous donner Rome à l'extrême réduite, du byer, Scévole, I, s. Il Parti violent. Les extrêmes sont toujours fâcheux; mais ce sont des moyens sages quand ils sont nécessaires, hrtz, Mém. t. i, liv. ii, p. ï09, dans pouoENS. || Proverbe. Aux maux extrêmes, les extrêmes remèdes.
— REM. Les grammairiens ont remarqué que, dans extrême, l'accent circonflexe, ne représentant point une » supprimée, serait plus régulièrement remplacé par un accent grave, d'après l'analogie qui veut que, quand dans les dérivés l'accent devient aigu [extrémili), le mot primitif prenne l'accent grave et non l'accent circonflexe, par exemple : problème, probk'matique, système, systématique.
— IIIST. XIV* s. Et entendement des extrêmes ou termes en chascunedes sciences, oresme, Eth. t86. Si que en l'extrême de ceste mort l'ennemi d'enfer [le diable] ne puisse avoir pouvoir de me tenter, iiODTiLLiER, Somme ruro!, p. 874, dans lacubne. Il XV* s. Vinrent au Dauphin, qui avoit passé la première extrême angoisse, et luy demandèrent comment il se sentoit, Perceforest, t. iv, f» 3i. ||xvi* s. Evite commedeux extrêmes vicieux.... mont, m, 43. Jusques à la première entrée et extrême barrière, ID. 1 , 70. Les choses qui sont à nostre cognoissance les plus grandes, nous les jugeons estre les extrêmes que nature face en ce genre, id. i, SOI. Jusques à son extrême vieillesse, id. i, 208. Amour est sans milieu; c'est une chose extrême Oui ne veut (je le sçay) de tiers ny de moitié, bonsabd, î5*. Il s'enfuit à laplus extrême diligence qui luy fut possible, AMYOT, Crassus, 7.
— ETYM. Bourg, estrême; provenç. ei«rem, estrem; espagn. extremo; ital. j(remo,du latin extreinuï, superlatif, par 1q suffixe imus, de l'adjectif exterus (voy. extérieur), avec retranchement d'un f, extremus pour extertmus, comme extra pour extera.
EXTRÊMEMENT {èk-slrê-me-man),ad». || !• D'une manière extrême, au dernier degré. Peut-être dans la classe des gens supérieurs, est-ilplusfaciledetrouver des gens extrêmement vertueux que des hommes extrêmement sages, MONTESQ. Espr. xxvjii, 4<.||2* 11 se dit souvent pour très, beaucoup, fort. 11 est extrêmement riche. Il y a en ce lieu de certains animaux qui ont la forme du corps fort agréable et la peau extrêmement douce, souples, éveillées et plaisantes, fort aisées à apprivoiser et naturellement amies des hommes, voit. Lett. 30. Je ne sais pas bien certainement qui vous êtes; mais je suis assuré que la lettre que j'ai reçue ne peut être que d'un extrêmement honnête homme, id. ib. *t>. \\ En ce sens, il peut prendre un complément substantif. Les Grecs, en général, avaient extrêmement de l'esprit, FONTEN. Oracles, i, 7.
— REM. J'admire la solidité que vousjetez dans vos conférences académiques, et je vois bien qu'il s'y agit d'autre chose que de savoir s'il faut dire : il a extrêmement d'esprit, ou il a extrêmement de l'esprit [question alors agitée à l'Académie française], DOIL. Lett. à Brossette, U. Il vaut mieux dire de Fesprit que d'esprit; du moins c'est donner un emploi abusif à extrêmement que d'en faire un -adverbe de quantité; tandis qu'avec de l'esprit, la phrase se construit régulièrement : Il a de l'esprit extrêmement (voy. infiniment, pour une construction de ce genre).
— HIST. XVI* s. C'est estre bien insensé et hors du sens extrêmement, que.... AMYOT,Z)eiocunon'(i,t 6.
— ÊTYM. Extrême, et le suffixe ment.
EXTREME ONCTION ( èk-strê-mon-ksion ; en
vers, de cinq syllabes), *. f. || 1* Le sacrement qu'on administre aux malades en danger de mourir, par l'application des saintes huiles. Recevoir l'exlrêmeonction. On a voulu lui donner l'extrème-onction, sÉv. u». Il J* Le moment de l'extrêmeonction, l'agonie. La duchesse de Charost mourut sans avoir pu (Stre remuée de son lit, entendre ou dire plus de leux mots de suite, toujours à l'exlrême-onclion, après cette fatigne, st-sim. 338, <67. || Kig. Le înancelier et Law se rendirent de bonne heure à la Roquette; la séance y fut longue et appliquée de tous cfités; mais elle fut l'cxtrême-onction [la perte]
EXT
dei deux amis [Noailles et d'Aguesseau] , st-sim.
— EtYM. Extrême, et onction.
EXTREMIS (IN) (i-nèk-stré-mis'), loc. adv. X la dernière extrémité, & l'article de la mort. Disposition testamentaire in extremis. Mariage célébré in eilremif , ou mariage in extremis.
— ETYM. Lat. in, en, dans, ezlremù, les choses extrêmes.
t EXTRÉMISER (èk-stré-mi-zé) , v. a. Donner l'ex- Irëme-onction. Le malade, qui perdait connaissance, fut extrémisé en toute hâte. || Mot de la Bretagne.
— Etym. Extrême (onction).
EXTRÊ.MITÉ (èk-stré-mi-té), s. f. || 1* Bout, fin. Les deux extrémités d'une ligne. Marchez contre l'Ile des extrémités du monde, saci. Bible, Jir^.mic, XIX, 9. Alors Adonibezec dit : J'ai fait couper l'extrémité des mains et des pieds i soixante et dix rois qui mangeaient sous ma table les restes de ce qu'on me servait, id. Juges, i, 7. Kt dans ce bourg une veuve fort saj^ie Qui demeurait tout k l'extrémité, LA font, llerm. C'est une opinion assez généralement reçue que les Cimbres occupaient dans les temps les plus reculés, à l'extrémité de la Germanie, la Cbersonèse cimiirique, connue de nos jours sous le nom de Holstein, de SIesvig, de Jutland, RAYNAL, Uist. phil. V, >. Elle alla s'asseoir à l'extrémité du cap sur le bord de la mer, stiel, Corinne, xill, 8. Il 11 se dit aussi du bout d'une époque, d'un temps. Ces guerres furent longues et sanglantes sous l'empire de Basile le Macédonien, c'est-à-dire à l'extrémité du ix" siècle, Boss. Var. "'i S **• Il ^'8- Vous verrez dans une seule vie toutes les extrémités des choses humaines : la félicité sans borne aussi bien que les misères, BOSs. Rrine d'Anglet. Voulez-vous parcourir les deux extrémités de la pensée humaine, vous élancer tout à coup aux extrémités de la joie et de la tristesse, aux extrémités de la pureté d'âme et de la corruption hautaine et violente? parcourez quelques-unes de ces lettres [dans Clarisse Harldee], villemain, Litl. franc, xviii* siècle, 4" leçon. || 2* S. m. plur. Les membres. Les extrémités supérieures comprennent les bras, les avant-bras et les mains; les inférieures comprennent les cuisses, les jambes et les pieds. Il Use dit, dans le langage ordinaire, des pieds et des mains seulement. Il est mourant, il a les extrémités froides. || Termede beaux-arts. Sedit des pieds et des mains d'une statue, d'une figure. Extrémités bien traitées. Se dit aussi des parties qui terminent un tableau. || Par analogie. Ce cheval a la crinière, la queue et les extrémités noires. || 8° Position la plus fâcheuse, la plus dangereuse. Cependant trouvez bon qu'en ces extrémités Je tâche à rassembler nos Parthes écartés, corn. Rodog. iii, î. De quelque cflté que je me tourne, je me vois pressé par de grandes extrémités, saci, Bible, Paralip. i, xxi, 4 3. Le peuple souffrait les plus dures extrémités, BOSS. Hist. Il, 8. Ce qu'il y avait de plus grand dans le sénat [romain], est qu'on n'y prenait jamais des résolutions plus vigoureuses que dans les pi us grandes extrémités, id. ib. m, e. Enêtes-vous réduit à cette extrémitéÎRAC. Uithr. m, 4. Je saurai m'affranchir, dans ces extrémités. Du secours dangereux que vous me présentez, id. Iphig. v, s. Vous voyez en quelle extrémité sont réduits les alliés, pRn. Tél. xvii. C'est dans ce moment-là même et dans l'extrémité la plus pressante qu'un officier nommé Gongyle arriva de Corinthe sur une galère à trois rangsde rames, bollin, Hist. anc. OEuv. t. m, p. 668, dans podgens. Il 4* Parti extrême, pensée extrême. Elle [la prudence] nous avertit qu'elle ne se mêle point de régler les extrémités ni de conduire le désespoir, iiALZ. De la cour, ♦• dise. Seigneur, pour vous tirer de ces perplexités, La saine politique a deux extrémités, COHN. Surina, m, ». Seigneur, vous emporter à cette extrémité C'est plutôt désespoir que générosité, corn. Cinna, iv, 3. X toute extrémité dans SCS doutes il passe, mol. D. Gare, iv, 8. Il n'y a point d'extrémité où je ne m'abandonne pour vous disputer sa conquête, id. Atare, iv, 3. 11 faut qu'il aitdebonnesraisonspourse porteràrextrémitédc.... SÉV. îve. Le zèle tout seul s'emporte à des extrémités dangereuses, fléch. Panég. il, p. soi. || De coupables extrémités, des moyens extrêmes et condamnables. C'est toi qui t'abandonnes à ces coupables extrémités? mol. VAv. u, a. || Pousser les choses à l'extrémité, les traiter sans mesure, les conduire à une catastrophe. 11 ne fallait pas pousser toutes les affaires à l'extrémité , boss. Unité de l'Église, s. On ne songeait qu'à pousser tout à l'extrémité, in. Var. 3. Il Pousser quelqu'un M'cxtrémilé, aux extrémités, le pousser à bout. || 5* Voies de fait. U s'est porté
EXT
contre lui aux extrémités les plus odieuses. Combler, faut-il que la chose vaille pour nous porter k cette extrémité de tuer celui qui nous prend quelque chose? PASC. Prov. 7. Il Action parles armes. Home n'en venait aux extrémités qu'après avoir épuisé les voietdu douceur, BOss. Uist. m, 1. 1| 6* Grandeur extrême, énormité. Rien ne peut égaler l'extrémité du danger oii je me trouve, hass. Car. Foc.Vous perdez courage en sentant l'extrémité de vos misères, id. Car. Latare. Il T° Excès. Iji parfaite raison fuit toute extrémité , Et veut que l'on soit sage avec sobriété , mol. Jf m. I, 4. Vous allez toujours d'une extrémité à l'autre, PASC. Prov. 7. C'est quelquefois un plaisir de paster d'une extrémité à l'autre, sÂv. 368. Je crois que lu milieu de ces extrémités est toujours le meilleur, ID. Lett. du V) nov. 4664. On voyait, et dans sa maison et dans sa conduite, tout également éloigné des extrémités, tout enfin mesuré par U sagesse, Boss. U Tellier. L'ou voit peu d'esprits entièrement lourds et stupides; l'on en voit encore moins qui soient sublimes et transcendants; le commun des hommes nage entre ces deux extrémités, LA nnuv. XI. Les extrémités sont vicieuses et parteqt de l'homme; toute compensation est juste et vient de Dieu, ID. xvi. L'on dit du jeu qu'il égale les conditions; mais elles se trouvent quelquefois si étrangement disproportionnées, et il y a entre tells et telle condition un abîme d'intervalle si immense et si profond, que les yeux souffrent de voir de telles extrémités se rapprocher, id. vi. On les voit [ces hommes insolents dans la prospérité] aussi rampants qu'ils ont été hautains, et c'est en un moment qu'ils passent d'une extrémité à l'autre, FÉN. Tél. m. Toutes vos inclinations se trouvent justement à l'autre extrémité de ce qu'on appelle vertu et dévotion, mass. Car. Samarit. La vertu prudente et solide tient toujours un milieu juste et équitable: c'est l'humeur toute seule qui aime les extrémités, id. Car. Culte. || 8* X l'extrémité «u dernier moment. N'attendez pas i l'extrémité pour arranger celte affaire. || À la dernière extrémité, à toute extrémité, quand on ne peut plus faire autrement. Ils répondirent qu'à toule extrémité ils étaient résolus de mourir, vaugel. Q. C. Iiv. ui, dans RiciiELET. n n'y avait aucune faute i l'abandonner trop Urd [Néron], à ne lui dire qu'à la dernière extrémité : Je me lasse de faire des efforts superflus, sois méchant... Diderot, Claude et Nér. I, 46. || A l'extrémité, à la dernière extrémité, à toute extrémité, au dernier instant de la vie, dans le plus grand danger. Le malade est à toute extrémité. Tantét sauvée, tantôt à l'extrémité, sÉv. 7. Notre saintpère était à la dernière eilrémilé, id. 676. H. le duc de Savoie a été k l'extrémité, de la rougeole: il a reçu tous ses sacrements, maintenon, Lett. au due de Noailles, 49 juin <7io. Elle fut attaquée d'une fièvre qui la mit «à l'extrémité, uauilt. Gramm. 7. || En parlant d'une place assiégée. La ville est à l'extrémité, elle ne peut plus tenir. Rome réduite k l'extrémité et presque prise, BOSs. Bist. I, 8. Il 9* X Textrémité, jusqu'à la limite des forces. Je suis suffoquée quand j'attends k l'extrémité, sÉv. 463. Il 10* X l'extrémité, extrêmement. Où je souffre l'hiver froid à l'extrémité, malh. iv, 7. Il Vieux en ce dernier sens.
— HIST. XIII" s. Car ce sunt deus extrémités Que richece et mendicité, la ilo»e, 4 4 487. || xiv s. Je dis doncques que le moien selon la nature de la chose, c'est ce qui est entre les deux extrémités par eguale distance, oresmb, Etk. 44. Les extrémités des os des jointures qui sont cartillagineuses, H. Ije mondeville, f 9. Il XVI* s. L'extrême onction ne se donne que par un prestre, et ce en extrémité de la vie, calv. Instit. 4(75. Quand l'ame est desjà preste à sortir, ou, comme ils parlent, en extrémité, id. ib. 4(78. Je vous supplie, mais c'est d» toute l'extrémité de mon cueur, qu'il vous plese que souvent madame ait de vos nouvelles, harg. Lett. xixvi. J'en veis mourir un qui, estant A l'extrémité, s6..„ mont, i, 80. Callicles dit l'extrémité delà philosophie estre dommageable, id. i, îi4. Ce sénat fut comme une forte barrière tenant les deux extremitez en égale balance, amyot, lyc 9. Les extrémités de fertilité dont Pline fait mention sont admirables, célébrant plusieurs terres par leurs estranges fécondités, 0. DE serres, 88. Vous nous obligerez k toule extrémité [extrêmement], sdllt, ife'm. t. u, p. *(<, dans Lacorne.
— Rtym. Provenç. extremilai; espagn. titremidad; ital. stremità; du lalin e*(r<mi(ot«m, de «»tremus. extrême.
EXTRINSÈQUE ( èk-strin-sè-k'), adj. || 1* Qui est ou se trouve en dehors. Causes extrinsèques. Je
ËXU
ne puis TOUS avouer iiue la seule proliabilUé extrinsèque, B053. Lett. 94. Il 2° Terme de rhétorique. Lieux communs extrinsèques ou extérieurs, ceux qui ne sont pas tirés de la définition même d'un fait, mais des circonstances qui s'y rapportent, commo la loi, les titres, les témoins, la voix publique, etc. H 3" Terme de monnaie. Valeur extrinsèque, valeur légale d'une monnaie, abstraction faite du poids.
— HIST. XIV* s. Et se il a [il y a] aucune chose extrinsèque entre les lèvres de la plaie, n. de mon-
DEVILLE, f* 42.
— ÊTYM. Provenç. extrinsec; espagn. exlrinseco; ital. estrinseco; du latin extrinsecus, de extra, hors, et secus, auprès, le long, de même radical que sequo ou sequnr (voy. suivre).
t EXTRINSÈODEMENT (èk-strin-sè-ke-man), adv. D'une manière extrinsèque.
— HIST. XVI' s. Les causes des playes récentes sont celles qui peuvent advenir exlrinsequement, c'est à dire par choses externes, paré, vu, 2.
— ÊTYM. Extrinsèque, et le suffixe ment.
I EXTRORSE (èk-stror-s'), adj. Terme de botanique. Qui se dirige de dedans en dehors. Les anthères de l'iris sont extrorses.
— ÉTYM.Lat. extrorsum, en dehors, contracté de extra versum, tourné en dehors.
t EXTROVERSE (ék-strovèr-s'), s. f. Terme de botanique. Élamine tournée vers la face extérieure de la fleur.
— ÉTYM. Lat. extra, en dehors, et versus, tourné
(voy. VERSION.)
+ EXTROVERSION (ék-stro-vèr-sion), ». f. Synonyme de exstrophie.
— ÉTYM. Lat. extra, en dehors, etversio, action de tourner.
t EXUBÊRAMMENT ( i-gzu-bé-ra-man ) , adv. D'une manière exubérante.
— ÉTYM. Exubérant, et le suffixe ment. On trouve, dans le xvi* siècle, exuperament, exubérance, qui ne sont peut-être pas les mêmes que exubéramment, exubérance.
EXUBÉRANCE (è-gzu-bé-ran-s'), s. f. || 1° Plénitude qui .surabonde. Exubérance de végétation. La chair, les œufs, les graines, les germes de toute espèce font leur nourriture ordinaire [aui animaux]; cela seul peut borner l'exubérance de la nature, BDFF. J/orc, chnisis, p. 284. IIFig. Exubérance
EXU
de sève, se dit d'une personne en qui la force et l'ardeur surabondent. || 2" Défaut de l'écrivain qui ne sait pas s'arrêter, et dit plus qu'il ne convient. Exubérance d'images, d'idées.
— HIST. XVI* s. Il vouloit couper et adapter remèdes corrosifs pour amputer l'exubérance de ladite conjonctive, PARê, VIII, 26.
— ÉTYM. Lat. exuberantia, de exuberans, exubérant.
EXUBÉRANT, ANTE (à-gzu-bé-ran, rant'), odj. Oui a de l'exubérance. Style exubérant. En faveur de ses grandes beautés, on lui [à Homèie] passa ses contes puérils, ses comparaisons exubérantes, se» harangues hors de saison.... marmontei., Essai sur le goût, Œuv. t. iv, p. 422, dans poloe.ns.
— HIST. XVI* S. Exubérant, cotghave.
— ÉTYM. Provenç. exubérant ; espagn. exubérante; ital. esuberante; du lat. exuberantem, de ex, hors, et uî>«r, fertile, mamelle.
t EXUBÉRER (è-giu-bé-ré) , il exubère, j'exubérerai, j'exubérerais, ». n. Être exubérant.
— HIST. XVI" s. Exuberer, cotghave.
— ÉTYM. Voy. EXUBÉRANT.
tEXULCÊRATlF, IVE {è-gzul-sé-ra-tif,ti-v'), adj. Terme de médecine. Qui est capable d'exulcérer.
t EXULCÉRATION (è-gzul-sé-ra-sion), s. f. Terme de médecine. Ulcération légère et superficielle.
— ÉTYM. Exulcérer.
EXULCÉRÉ, ÉE (è-gzul-sé-ré , rée), part, passé. Les lèvres eiulcérées.
EXULCÉRER (è-gzul-sé-ré. La syllabe cé prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : j'exulcère ; excepté au futur et au conditionnel : j'exulcérerai, j'eiulcérerais), v. a. Terme de médecine. Causer, déterminer une exulcération, ou ulcération légère, jj S'exulcérer, v. réft. Être exulcéré. Les lèvres se sont exulcérés.
— HIST. XVI' s. Leur bouche estant molasse, tendre et facile à exulcérer, paré, xi, <6.
— ÉTYM. Lat. exulcerare, de ex, et ulcerare, ulcérer.
t EXULTATION ( è-gzul-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action d'exulter, grande joie. Sur sa chute on se récria, X savoir le peuple de Troie, D'exultation et de joie, scarron, Virg.v. 11 vous est aisé de me faire passer pour un monstre, comme