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DESSILLER

DËC1.MABLE (dé-si-ma-bl'), adj. Sujet à la dlme.

— ETYM. Décime, forme latine pour dîme (voy. dIme).

t DÉCIMAIRE (dé-si-mê-r"), adj. Terme didactique. Qui procède par dix.

— ÊTYM. Lat. decimus, dixième.

DECIMAL, ALE (dési-mal, ma-l'), od;. Hl'Qui regarde les dîmes. Une matière décimale. || 2" Terme d'arithmétique. Qui procède par dix. Calcul décimal. Nombres décimaux. On peut croire qu'à la longue la division ilécimale du jour remplacera sa division actuelle qui contraste trop avec les divisions des autres mesures pour n'être pas abandonnée, laplace. Expos. I, 44. Il Arithmétique décimale ou dîme, nom donné par Stevin à la division de dix en dix : par exemple on divisait une perche, une toise, un pied eu dix parties qu'on nommait primes, chaque prime en dix parties qu'on nommait secondes et ainsi de suite. || Système décimal, le nouveau système de pcys et mesures établi par la Convention, dit aussi système métrique, et dans lequel toutes les divisions sont de dix en dix. || Fraction décimale, fraction qui est composée de dixièmes, centièmes, millièmes, etc. d'unités. || 3° S. /'. Décimale, nom donné à chacun des chiffres qui, dans un nombre décimal, sa place à la droite des entiers, ou, dans une fraction décimale, à la droite du zéro remplaçant les entiers. La première décimale est le premier chifl"re à la droite de la virgule ou du point qui remplace quelquefois la virj^ule ; la seconde décimale est le second chilTre après la virgule, et ainsi de suite. Pousser une division jusqu'à la 4«, jusqu'à la A* décimale. Evaluer en décimales une quantité plus petite que l'unité, la mettre sous forme de fraction décimale.

— HIST. ivi* s. Les juges royaux seuls connoissent des matières possessoires décimales [des procès sur la possession des dîmes], loysel, 4i. Terres et choses décimales [décimables] tenues en fief, ne sont pas plus affranchies de dismes spirituelles, que sont les autres domaines, iD. 2«8.

— ÊTYM. Lat. dtcimut, dixième, de deeem, dix. DECIMATEUR (dé-si-ma-teur), t. m. Celui qui

avait le droit de lever la dtme. Un moine, gros dé-

DEC

cimateur, aTait intenté un procès a de» citoyeni qu'il appelait ses paysans, volt. L'h. au* 40 écui>, audience.

— ÉTYM. Décime, forme latine de dtme (voy.DtvE). DÉCIMATION (dé-si-ma-sion), t. f. Chat ment

militaire, en usage chez les Romains, qui con«i«iait à punir de mort un soldat sur dix, lors/ju'il y en avait un grand nombre qui avaient commis nii'>l>|i:e lâcheté ou manqué à l'obéissance; on lesfai-aii Ijier au sort. On voit dans Tite-Uve un exemple de la <lécimation dès les commencements ae la républii|ue, ROLLiw, Ilitt. anc. t xi, 2« part. p. 477, dans pougens.

— HIST. XVI* S. Antonius fut si courroucé qu'il usa de celle ancienne punition militaire que l'on nomme decimation, car il les divisa par dizaines, et puis en feit mourir de dix l'un sur lequel tumba le sort, AHY0T, Anton. 40.

— ÊTYM. Lat. decimatio, de derimare, décimer f. DÉCIME (dé-si-m'), s. f. ||l'Taxe que le roi

levait ordinairement ou extraordinairement sur le clergé du royaume. Clément IV accordait à saint Louis une décime sur le clergé, volt. Moeurs, 68. Il a° S. f. plur. Ce que les bénéficiers payaient annuellement au roi sur leur revenu. U n'était point permis de manger ailleurs les décimes, pasc. Fig. 21 . Un curé, en comptant son ari-'ent à M. de Hiandé, receveur des décimes, pour ce qu'il devait de décimes, lui disait, en se plaignant, que les sergent» qu'il lui avait envoyés, lui avaient fait beaucoup de maux, sEGRAis, Mémoires, t. ii, p. 408.

— SYN. DÉCIME, DECIMES, dIme. Décima au singulier c'est une taxe qui était levée extraordinairement sur les revenus ecclésiastiques pour quelque affaire jugée importante. Décimes au pluriel est ce que les bénéfices payaient annuellement à l'Etat sur leurs revenus. Dîme est la portion des fruits des biens laïcs donnée annuellement à l'Eglise par les fidèles ou aux seigneurs parleurs vassaux. Ces trois mots avaient originairement signifié un dixième; mais depuis longtemps ils avaient perdu ce sens fixe, et ils désignaient différentes parties aliquotes du revenu.

— HIST. XVI' s. Il jeusne deux fois la sepmaine, et donne les décimes de tous ses biens, calv. Instit. 597. Ils imposèrent les décimes de tout le revenu de <u ou 42 provinces, d'aub. Hist. i, 34. Les daces, gabelles, traictes, dohannes, subsides, impositions, décimes, subventions, emprunts et tant d'autres termes exactaires, des quels pour le jour d'hui la France abonda, n'estoient encore en usage, cabl.

— ÊTYM. Lat. décima, sous-entendu pan, la dixième partie (voy. dîme).

2. DÉCIME (dé-si-m"), s. m. Valeur monétaire qui est la ixième partie du franc. || Décime pour franc, le dixième en sus du prix principal d'une chose. Il Décime de guerre, subvention extraordinaire d'un décime pour franc en sus de certains droits. On a établi un second décime sur les impôts indirects.

— ÊTYM. Lat. decimus, dixième.

DÉCI.MÉ, ÉE, (dé-si-mé, mée), part, passé. Une légion décimée par l'ordre du général. Il y a des monstres qui mériteraient d'être décimés, volt. Lett. Fton'an, 3 avril i "07. || Par extension. Un régiment décimé parle feu de l'artillerie.

DÉCIMER (dé-si-mé), v. a. ||l'Terme d'antiquité romaine. Infliger la peine de la decimation. Décimer une armée, les habitants d'une ville. Comme il n'était pas possible de faire mourir tous les coupables, on les décimait par le sort, et celui dont le nom était tiré le dixième était mis à mort, bollin, Hist. anc. t. xi, 2* part. p. 477, dans pol'ofns. Il 2° Fig. Faire périrune partie, un certain nombre de personnes. Le feu de l'ennemi décimait ce régiment, qui restait inébranlable. L'infortune et l'exil, et la mort et le temps. Ont en vain décimé tes amis de vingt ans, lamart. Hnrm. in, 4. Si du moins au hasard il [le sort] décimait tes hommes, id. Méd. 1, 7.

— HIST. XVI' S. Les autres pour se purger s'olTrirent vouluntairement à estre décimez, si bon luy sembloit, amyot, Anton. 6«. Le peuple disoit qu'il avoit lors voué d'offrir aux dieux la dixmedes biens des ennemis, et que maintenant il vouloit décimer [soumettre à la dlme] ses propres citoyens, id. Cam. 4 5.

— ÊTYM. I.at. decimare, de decimus, dixième DÉCIMÈTRE (dé-si-mè-tr'), s. m. Mesure légale de longueur qui vaut la diiiime partie do mètre.

— ETYM. Di'ci.... oréfiso (voy. DECI), et mètrr.

DEC

DfiC

DEC

t DÊCIMÊTRIOUE (dé-si-m6-tn-k'), adj. Qui a rapport au décimètre.

t DÉCIMO (dé-si-mo), adv. Dixièmement. || Il s'écrit ordinairement lO», dans une série' d'articles qu'on note par f°ou primo, etc.

— ÊTYM. Lat. decimo, sous-entendu ioco, au dixième lieu, ablatif de decî'mui.

t DÊCINTRAGE (dé-sin-tra-j'), s. m. Action de décintrer. Le décintrage d'une voûte.

DÉCINTRÉ, ÉE (dé-sin-tré, trée), part.pasté. Une voûte décintrée.

IIÉCINTREMENT (dé-sin-tre-man), s. m. Terme (l'architecture. Action de décintrer. Le décintrement d'une voûte.

— ÊTYM. Décintrer.

DÉCISTRER (dé-sin-tré), V. a. Terme d'arotiitecture. ôter les cintres qu'on avait placés pour la construction d'une voûte, d'une arche.

— ÉTVM. Dé.... préfixe, et cintre.

t DÉCINTROIR (dé-sin-troir), i. m. Terme de maçon. Sorte de marteau à deux taillants, pour écarter les joints dans les démolitions et pouréquarrir les trous ébauchés.

— ÉTYM. Decinirer.

t DÉCIRCON'CIUE (dé-sir-kon-si-r'), V. a. Faire renoncer à une religion qui consacre la circoncision (juda'isme ou islamisme).

— REM. Comme la circoncision est quelque chose de physique qui ne peut Être défait, décirconcire et décirconcision ne sont pas de bons mots, ne pouvant se prendre qu'en un sens figuré.

— HIST. XVI* s. Les turcs acceptoient plus tost la mort très aspre que de se descircoucire pour se baptiser, MONT. I, 298.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et circoncire.

1^ DÉCIRCONCISION (dé-sir-kon-si-zion), s. f. Action de renoncer à la religion qui prescrit la circoncision.

— ÉTYM. Décirconcire.

t DÉCIRER (dé-si-ré), t>. o. Enlever la cire qui couvre un objet.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et cf r«.

DÉCISIF, IVE (dé-si-zif, zi-v'), adj. |ll°Oui décide, qui fait cesser toute indécision. Il portait une lettre du roi que j'ai vue, toute remplie de ce qui fait obéir, et courir, et faire l'impossible; nous reconnûmes le style et l'esprit décisif de M. de Louvois, sÉv. Lelt. il août (689. Tout tombe en ruine dans vos mœurs; et vos sens trop décisifs emportent facilement votre raison incertaine et irrésolue, boss. Marie-Thér. Est-ce une raison décisive D'ôter un bon mets d'un repas. Parce qu'il s'y trouve un convive Qui par malheur ne l'aime pas? Perrault, dans niciiELET. Titre décisif, patru, Plaidoyer 6, dans niCHELET. Et l'épreuve la plus décisive de notre sincérité , c'est l'éloignement des occasions , mass. Car. Lazare. Saisissant dans les affaires le point décisif, EOLUN, Uisl. anc. Œuvres, t. m, p. 246, dans potiGENS. || 2° Qui résoud, qui donne la solution. Cette expérience est décisive de la question , pasc. Expér. du Puy-de-Dôme, p. (72. Consulté de toutes parts, il donne des réponses courtes, mais décisives, aussi pleines de sagesse que de dignité, boss. le Tellier. Il coupait, par une équité décisive, sans préoccupatior et sans intérêt, les racines des haines et des procès, et portait partout la modération et l.i >;aix qui est le fruit de la justice, fléch. Duc de Montausier. || 3° Qui termine une querelle, un débat, une guerre. Un arrêt aussi favorable et aussi décisif que celui-ci, bourd. Myst. passion de J. C. t. i, p. 247. Ce fut le (7 juillet (709 que se donna cette bataille décisive de Pultawa entre les deux plus singuliers monarques qui fussent alors dans le monde, VOLT. Charles XII, iv. || Le moment décisif, le moment dans lequel les choses se décident , se terminent. Le comte : Gardez-vous bien de lui parler de la lettre. — Bartholo : Avant l'instant décisif? elle perdrait tout son effet, beaumarch. Barb. de Sév. m, 2.114° Qui annonce la décision, la résolution.

Des manières décisives Et vous me ravissez Par

ce ton décisif dont vous me l'annoncez, langue, Coquette corr. i, (. || 6° En parlant des hommes, qui décide hardiment, avec autorité, avec un air (l'importance. Rien n'est si décisif que l'ignorance. Muets et embarrassés avec les savants, vifs, hardis et décisifs avec ceux qui ne savent rien, la bruy. IX. Quand la jeunesse saurait autant qu'elle peut, elle ne serait pas plus décisive, id. viii. Vous le rendrez décisif et prompt à juger, j. j. rouss. Ém, IV.

— ÉTYM. Décider, par le supin decisum du verbe latin decidere.

DÉCISION (dé-si-zion; en poésie, de quatre syl-

labes), s. (. \\ l'Action de décider; résultat de cette action; jugement prononcé; opinion exprimée. Une décision judiciaire. Une décision administrative, ministérielle. Le temps pourra donner quelque décision Si la pensée est belle ou si c'est vision, corn. Hicom. II, 3. Je ne vois aucune chose qui puisse être à couvert de la souveraineté de tes décisions, mol. Critique,s,z. 7. Des chicanes sont alléguées comme faisant la décision de l'affaire, boss. Hist. ii, (3. Laissez-en la décision aux Étruriens, fén. Tél. xxiii.Vous verrez, dans ce silence universel, dans cette attente terrible où chacun sera de la décision de sa destinée, le fils de l'homme s'avancer dans les airs, mass. Avent, Jug. Ne voulant d'autre règle de la foi que les décisions du concile de Nicée, fléch. Théodose, m, 50. N'est-ce pas le comble de l'orgueil et de la témérité à un particulier de craindre que l'Église ne se soit trompée dans sa décision, et de ne craindre pas de se tromper soi-même en décidant contre elle ? fén. Éduc. des filles, ch. 7. Cette présomption Qui prétend tout rangera sa décision, gresset. Méchant, iv, 4. Daru, comme ses autres officiers, s'étonne do ne point retrouver en lui [Napoléon] cette décision vive, mobile et rapide comme les circonstances, ségur, Ilist. de Napol. \m, (0. || Terme de droit romain. Décisions de Justinien, les cinquante constitutions rendues par cet empereur, après la publication du premier code. I| 2° Parti que l'on prend , résolution. Prendre ou former une décision. Toutefois ce n'était qu'entre soi qu'on s'épanchait ainsi ; car on sentait que, la décision prise, tous devaient concourir à son exécution , que plus la position devenait périlleuse , plus il y fallait de courage, SÉGUR, Ilist. de Napol. vi, 2. || 3° Fermeté avec laquelle on prend un parti. Il y a de la décision dans son esprit, dans sa conduite, dans son langage. M. delà Rochefoucauld était doux , complaisant, agréable , insinuant; et il n'avait pas cet air de décision et d'autorité qu'avait M. de Montausier, seorais, Slémiiires, t. ii, p. 49.

— SYN. 1° DÉCISION, RÉSOLUTION. La décision est un acte de l'esprit et suppose l'examen. La résolution est un acte de la volonté et suppose la délibération. La première attaque le doute et fait qu'on se déclare. La seconde attaque l'incertitude et fait qu'on se détermine. Il semble que la résolution emporte la décision et que celle-ci puisse être abandonnée de l'autre, girabd. || Ï" décisions des cOiNxiles, canons, DÉCRETS. Tous les articles déterminés par les conciles, dans les matières qui sont de leur juridiction, sont des décisions; et c'est un terme général qui renferme sous soi deux espèces, les canons et les décrets. Les canons sont les décisions qui concernent le dogme et la foi; les décrets sont les décisions qui règlent la discipline ecclésiastique, Encycl.

— HIST. XVI* S. La fortune voulut que Pompeius eust encore part à la décision [achèvement] de ceste guerre, amyot, Pomp. 30. L'incertitude de mon jugement est si egualement balancée en la pluspart des occurrences, que je compromettrois volontiers à la décision du sort et des dez, mont, m, 62,

— ÉTYM. Provenç. decisto; espagn. décision; ital. décisions; du latin decisionem, de decidere, décider.

t DÉCISIONNAIRE (dé-si-zi-0-nê-r'), s. m. Celui qui décide rapidement et avec assurance. Je me trouvai l'autre jour dans une campagne où je vis un homme bien content de lui.... dans un quart d'heure il décida trois questions de morale, quatre problèmes historiques, et cinq points de physique; je n'ai jamais vu un décisionnaire si universel, hontesq. Lett. pers. Ti. Mot hasardé par Montesquieu.

— ÉTYM. Décision.

DÊCISIVEMENT ( dé-si-zi-ve-man ) , adv. D'une manière décisive. Les Caliitins l'excusaient en répondant que ce qu'il avait dit contre ce dogme, il ne l'avait pas dit décisivemei.t, boss. Variai. XI, g (7(. L'Église a parlé décisivement sur les matières dont il s'agit, id. Exp. Averl. Que l'auteur [Malebranche] s'explique décisivement sur la liberté de Dieu, fkn. t. m, p. 262.

— ÉTYM. Décisive, et le suffixe ment.

DÉCISOIRE (dé-si-zoi-r') , adj. Terme de jurisprudence. Qui a la vertu de décider; se dit d'un fait qui seul amène la décision d'un procès. Serment décisoire. On posa comme règle décisoire le témoignage sur lequel reposait l'autorité des textes sacrés, c'est-à-dire celui de la tradition de l'Église, NEFFTZER, Travaux de liaur , Rev. germ. t. xiii,

— ÉTYM. Lat. decitum, supin de decidere, décider.

] DËCISTKRG (dé-si-stê-r'), s. m. La dixième partie du stère ou du mètre cube.

— ÉTYM. Déci.... préfixe (voy. déci), et stère.

t DÉCrVILISER (dé-si-vi-li-zé) , v.a. Néologisme. Détruire la civilisation , y porter atteinte.

— ETYM. De'.... préfixe, et civiliser.

DÉCLAMATEUR (dé-kla-ma-teur), s. m. || 1* Celui

qui déclame. C'est un bon, c'est un mauvais déclamalour. Il fallut bien enfin dire un mot des acteurs et des actrices, sujet éternel des entretiens de table de Versailles et de Paris; on convint qu'un bon déclamateur est aussi rare qu'un bon poète, volt. VU. aux 40 écus, d'un bon souper. \\ 2* Anciennement, rhéteur qui faisait des exercices l'éloquence dans une école. Quand on parcourt l'histoire de la poésie, on a quelquefois le regret de trouver les pIBs belles maximes en contradiction avec la vie de leur déclamateur, gresset, Disc, de réception à l'Acad. Les noms de déclamateurs et de sophistes n'avaient point alors l'acception défavorable qu'on y attacha depuis, dider. Règne de Claude et Néron, i, § (. 113° Orateur, écrivain boursoufié, emphatique, faible de pensée et bruyant d'expression. Je ne pense pas que personne m'accuse de vouloir faire le déclamateur et de vouloir agrandir de petites choses, BALZ. le Prince, 6. Ainsi parla le bœuf; l'homme dit : faisons taire Cet ennuyeux déclamateur, LA FONT. FaM. X, 2. St Paul n'outrait pas les choses et n'était pas un déclamateur, hosî,. Avert. B. Tous ces pompeux amas d'expressions frivoles Sont d'un déclamateur amoureux de paroles, boil. Art p. m. Un clerc mondain ou irréligieux , s'il monte en chaire, est déclamateur, la bruy. xv. Un style de déclamateur qui arrête l'action et la fait languir, id. I. Il Adjectivement. Un style déclamateur. Un ton déclamateur. Leurs sermons sont moins compassés , moins affectés , moins déclamateurs qu'en France, volt. Louis XIV, 34.

— REM. Excepté au sens de celui qui déclame, déclamateur, soit substantif, soit adjectif, a toujours une acception défavorable.

— ÉTYM. Lat. declamator, de declamare, déclamer.

DÉCLAMATION (dé-kla-ma-sion; en poésie, decinq syllabes) , s. f. || 1° L'art de la prononciation dans les discours publics, avec les accompagnements de la contenance et des gestes. {| La déclamation des acteurs sur le théâtre [chez les anciens] était composée et écrite en notes qui déterminaient le ton qu'il fallait prendre, rolun, Uist. ane. CEuvres, t. xi, ('■ part, p. 263, dans P0UGENS (Cette assertion de Rollin repose sur une erreur; il ne paraît pas que le^ anciens aient pu jamais noter les paroles comme nous notons un récitatif). |{ L'art de la déclamation. 11 a du talent pour la déclamation. || 2° Chez les Romains, exercice qu'on faisait faire aux jeunes gens, pour les disposer à l'éloquence du barreau. Déclama' tion est un mot connu dans Horace et encore plu' dans Juvénal ; il ne le fut point à Rome avant Cicé ron et Calvus; on appelait ainsi des composition! par lesquelles on s'exerçait à l'éloquence, rollin, Ilist. anc. Œuvres, t. xi, 2° part. p. 692, dans pou gens. Le grand Pompée s'appliqua très-sérieusement à la déclamation peu avant les guerres civiles, pourse mettre en état de répondre à Curion, id. ib. p. 694. Il Dans l'ancienne université, composition dont le régent était auteur et qu'il faisait réciter, à un certain jour, à ses écoliers en présence des camarades et des parents. || 3° Emploi vicieux d'e.vpressions et de phrases pompeuses. Tomber dans la déclamation. Vous trouverez, à la fin de l'article Goût . des réflexions sur l'application de l'esprit philosophique aux matières de goût, où j'ai tâché de mettre de la vérité sans déclamation; car je déteste la déclamalion, d'alemb. Lett. à Volt. 28 janv. (767. || Discours, écrit plein de recherche et d'affectation et vide de choses. Ce discours n'est qu'une ennuyeuse déclamation. 11 faudrait remplir l'action [d'une tragédie] d'une infinité de déclamations où l'on ferait dire aux acteurs tout le contraire de ce qu'ils devraient dire, RAC. Brt't. (" pr^/"a<;e. Il Discours injurieux, violent. Son plaidoyer ne contient que des déclamations contre sa partie. Les déclamations de la place publique. Il 4° Terme de musique. Art de rendre, par les inflexions de la voix et le nombre de la mélodie, l'accent grammatical et l'accent oratoire convenables aux paroles.

— SYN. déclamation, débit, récitatif. Le mot déclamation pris dans un sens restreint, signitie le ton et les indexions de voix de celui qui déclame. Eu ce sens il ne s'applique guère qu'aux passages élevés et passionnés en prose et en vers. Onditplulùt le débit quand il s'agit de morceaux d'un caractère

DEC

«impie et aisé, et le récitatif s! renonciation se Tait suivant les degrés de l'échelle musicale. La déclamation diffère du simple débit en ce que l'on appuie davantage sur les syllabes sonores ou muettes, sur les liaisons, sur les accents toniqua», et que par conséquent l'on fait mieux sentir le rhythme du discours.

— ÉTYH. Lat. declamatio, de declamare, déclamer.

DËCLAMATOIKE (dé-kla-ma-toi-r"), adj. || !• Qui appartient à la déclamation. Art déclamatoire. Il 3° Rempli de déclamations. Style déclamatoire.

— ËTYH. Lat. declamatorius, de declamare, déclamer.

U&CLAHË, ËE (dé-kla-mé, mée) , part, posté. Discours déclamé. Vers déclamés.

UËCLAMER (dé-kla-mé). || 1* F. a. Réciter à haute Toii en donnant aux mots et aux phrases toutes les intonations exigées par l'accent grammatical et l'accent oratoire. Déclamer un discours. Il a déclamé son rôle avec âme. || Absolument. Qu'il déclame à son g»é jusqu'à sa dernière heure. Qu'il triomphe en parlant, qu'on l'admire et qu'il meure, volt. Catil. II, (. N'allez pas lui apprendre, comme on dit, à déclamer, i. i. rouss. Ém. u. jj 2° Y. n. Parler avec violence contre quelqu'un, contre quelque chose. Je ne prétends pas déclamer contre un ordre que je révère, pathu. Plaidoyer i, dans bichelet. Après avoir cent fois déclamé contre le monde, ils en sont toujours épris, BOURD. Pensées, t. l, p. 280. Pour déclamer en plein parlement contre les griefs de l'Ëtat, HAM3LT. Gramm. 7. Les périls contre lesquels nous déclamons tant, mass. Carême, J. de Pdq. Nous croyons être en droit de déclamer contre leurs mauvasies intentions, m. Uyst. Purif. de la Ste Vierge, t.\\3' Se déclamer, v. réfl. Être déclamé. Morceau qui se déclame très-bien.

— HIST. xvi* s. Et ce qu'il déclame contre le concile, n'est-ce pas pour faire perdre toute patience? c. DU PERRON, dans le Dict. de dochez. 11 voulut ouyr harenguer et déclamer tous les maistres de rhétorique, AuïOT, Pompée, «o.

— Btyh. Lat. declamare, de de, et clamare, crier (voy. clameur),

t DÉCLARABLE (dé-kla-ra-W) , adj. Qui peut ou doit être déclaré.

— ÉTYM. Déclarer.

t DÊCLARATEDR (dé-kla-ra-teur), ». m. Celui qui déclare. Les théologiens , déclarateurs des commandements célestes, volt, dans la veaux. Il n'est que le déclarateur de l'opinion, i. j. rouss. Contr. iv, 7. Saint Paul fut choisi pour être le déclarateur des mystères d'en haut, l'abbé houtbville, dans des-

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