ID. I
— ETYM. Favorable, et le suffixe ment.
FAVORI, ITF, (la-vo-ri, ri-t'), adj. || !• Qui est
l'objet d'une faveur particulière. Protégez désormais le livre favori Par qui j'oae e'ipêrer une seconde vie, la pont. Fabl. vu. Dédicace. Il [Pierre le Grand] recevait ces honneurs dans sa ville (iivorile, en un lieu où dix ans auparavant il n'y avait pas une cabane, et où il voyait alors trentequatre mille cinq cents maisons, volt. Charlet ïll, •J. Plularque devint ma lecture favorite , j. J. Bouss. Confeit. i. || g- S. m. et f Celui , celle qui est l'objet d'une prédilection habituelle. Ot acteur est le favori du puljlic. Une actrice qui est la favorite du public. Ce cheval que je monte habituellement est mon favori. ||8° Particulièrement, celui, celle qui tient le premier rang dans la faveur, les bonnes grâces d'une personne en crédit. Que ce soit votre peuple qui soit votre favori; cet avis fut donné autrefois à un grand prince, balz. De la COUT, 2' dise. Il est le favori de l'empereur Décie, corn. Poly. I, 4. 1..e plus cher favori n'est rien qu'un peu de boue, hotrou, Hélis. v, 2. L'humble toit est exempt d'un tribut si funeste [les soucis de l'ambition]; Le sage y vit en paix et méprise le reste; Content de ses douceurs, errant parmi les bois, Il reganleà ses pieds les favoris des rois, la pont. Ph.
et Bauc la mortalité prodigieuse des ouvriers
[dans les travaux de Versailles], dont on remporte toutes lesnuits, comme de l'hotel-Dieu, descharrettes pleines de morts; on cache cette triste marche pour nepaseffrayer les ateliers et pour ne pas décriei l'air de ce favori sans mérite; vous savez ce bon mot sur Versailles, siîv. 42 oct. 4878. Le favori n a point de suite; il est sans engagements et sans liaisons; il peut être entouré de parents et de créatures, mais il n'y tient pas : il est détaché de tout et comme isolé, la brut. i. Toute l'arrogance de ce favori tomba comme un rocher qui se détache du sommet d'une montagne, fén. Tél. xiv. Votre compère le prévôt Tristan, votre médecin Coitier, votre barbier Olivier le diable étaient vos favoris et vos ministres, iD. Dial. des morts mod. Louis XI et Balue. Quelquefois favori emporte l'idée de puissance ; quelquefois seulement il signifie un homme qui plaît i son maître, volt. Dict. phil. f'arori. Le loi, qui le plaignait sans le condamner [le maréchal de Villeroij, irrité qu'on blâmât si hautement son choix, s'échappa à dire: On se déchaîne contre lui, parce qu'il est mon favori; terme dont il ne se senit jamais pour personne que cette seule fois en sa vie, 'Vi.Louis Ilf, 18. Si l'on dévoile la vie intérieure des f.ivoriles, on au.-a pitié d'un état si envié, duclos, llém. rég. Œuvres, t. vi, p. 4)2, dans pougens. Ce maréchal [Bessières] devait son élévation à d'honorables services et à h'affec'.ion (le l'empereur, qui s'était attaché à lui comme à sa création: il est vrai qu'on ne pouvait être favori de Napoléon comme d'un autre monarque, qu'il fallait du moins l'avoir suivi, lui être de quel(|ue utilité; car il sacrifiait peu à l'agréable, sëgur, llist. Napol. ix, 3. || 4" Fg >.t>s favoris de la fortune. On appelle les tx)ns p '«tes les favoris des Muses, comme les gens heureux les favoris de la fortune, parce qu'on suppose que les uns et les autres ont reçu ces dons sans travail, VOLT. Dict. phil. Favori et, favorite. Il Favori de Mars, guerrier heureux. Chaque climat produit des favoris de Mars, boil. Éptt. I. || Favori d'Apollon, poète excellent. Rapin, le favori d'Apollon et des Muses, RÉGNIER, Sat. IX. Si monsieur votre père est le favori d'Esculape, vous l'êtes d'Apollon; c'est une famille pour qui je me .suis toujours senti un profond respect en qu.alité de poète et de malade, VOLT. Lett. Senac de Ueilhan, h avril i756.|| 6° S. m. Favori, touffe de barbe i|Ui encadre les joues. On dit aussi barbiches. || 6* S. f. Favorite, nom donné pendant qucl(|ues années à une espèce de voiture omnibus à Paris.
— HIST. XVI* s. La plus favorie dame de sa court, HOirr. I, 4)0. Je ne faisois bresche à cette bourse favorie que je tcnois à part, id. i, 336. C'estoit le refrain et le mot favory de Socrates, m. m, 277.
— F.TYM. Part, passé de l'ancien verbe favorir, donner faveur : Moy qui l'ay favory d'esprit, de .sens et d'ame, remy belleau, Bergeries, 1. 1, p. 472, dans
LACIRNE.
FAVORI.SÊ, ÉE (fa-vo-ri-zé, zée), port, passé. Qui a reçu faveur, aide. Favorisé par les circonstances. Si du secours du temps ma foi favorisée Peut mériter qu'un jour vous oubliiez Thésée, TH. ccRN. A riane, v, «. Soit que la conversion de ces
FÉA
Smes autrefois si favorisées surpasse toute la nj esiire des dons ordinaire, et demande, pour ainsi parler, le dernier etîort de la puissance divine.... Boss. Arme de Gonx.
FAVOItlSIClt (la-vo-ri-zé), r. a. || !• Donner faveur, aide. C'est Martian en lui que vous favorisez, coiiN. lleracl. i, *. C'est trop favoriser un tyran qui m'outrage, bac. Théb. ii, '■>. Ils amenaient avec eux pour garant de leur parole Charops, le premier et le plus considérable des Ëpiroles, qui favorisait secrètement les Romains, rolun, Ilist. anc. Œuv. t. viii, dans polokns. Elle a favorisé son insolente audace, volt. Sémir. u, 4. Ciel ! de son défenseur favorisez les armes, id. Tancr. m, 7. Le roi de France, père de son peuple et honnête homme chez lui, favorisait en Italie ces crimes qu'il aurait punis dans son royaume, id. Wceurs, tu. || Absolument. J'aime à donner mes biens, j'aime à favoriser. Mais je veux à mon tour qu'on m'aime et qu'on me serve, corn. Imit. m, 9. |i 2° Gratifier quelqu'un d'une chose, la lui accorder. Il finit par me favoriser de sa protection. Klles [des pensées de la mort] me plongèrent dans une réflexion sérieuse, qu'il fallait comparaître devant Dieu, et lui rendre compte du talent dont il m'avait favorisé, CORN. Imtt. Ép. au pape Alexandre VII. J'ai vu favoriser de votre confiance.... rac. Brit. iv, 2. || Fig. La nature l'a favorisé, ne l'a pas favorisé de ses dons, il a, il n'a pas en partage des avantages naturels, soit au physique, soit au moral. || On le dit du ciel dans le même sens. Votre patrie, dont la terre n'est pas favorisée du ciel, vén. Tél. xxi. Il 3° Être conforme aux désirs, seconder les desseins en parlant des choses. Cette porte secrète ici nous favorise, coflN. Nicom. v, 5. Il fait ici le plus beau temps du monde; la campagne n'est point encore affreuse , les chasseurs ont été favorisés de saint Hubert, sÉv. ♦ nov. I67a. Ce lieu le favorise, et je vous y retiens Pour lui faciliter de si doux entretiens, rac. Ilrit. m, 8. || 4° Aider à, contribuer à. Favoriser la licence. Favoriser le développement d'une industrie. {| B" Se favoriser, v. ré/l. Se prêter faveur, secours l'un à l'autre. Ils [Doria et Barberousse] s'aidaient et se favorisaient dans la continuation de la guerre, qui était leur métier et leur *ff'alre, balz. De la cour, 6* dise.
— HfST. XV S. Il a tenu et tient le party des ^icts d'Orléans et leuiï complices, les a aidiez, cv-jnseilliez, soustenus et favorisez, Lcllres de confiscation de un, dans CAr. de io puceHe, viRiviLLE, p. 74. Il XVI' s. Le ciel et l'aer semblèrent favoriser à la feste, bab. la Sciomachie. H. S. falot tant de grâces au roy, que jamais ne feut plus de besoing do favoriser aux poètes que maintenant, afin que tant de choses ne soient mises en oubly, uakg. LeU. U3. N. S. veuille favoriser vostre bon vouloir, id. ib. 13). Je ne crois pas que Dieu favorisas! une si injuste entreprinse, mont, ui, 99. La fortune luy favorisa en ce combat, amïot, Num. 22.
— ÉTY.M. Faveur. On remarquera dans l'historique que favoriser est parfois employé comme verbe neutre avec la préposition à.
\ FAVORITISiME (fa-vo-ri-ti-sm'), s. m. Néologisme. Règne, domination, influence des favoris.
— ÉTYM. l'avori.
j FA VUS (fa-vus'), s. m. Nom donné aux croiites
de la teigne faveuse. Un favus. Des favus.
— ÊTYM. Lat. (avus, rayon de miel, à cause d'une certaine ressemblance.
t FA Y (le), s. m. Division d'un bloc d'ardoise, t FAYARD (fa-iar), s. m. Un des uoms vulgaires du hêtre.
— HIST. XVI' s. Plusieurs verriers de ceux qui font les verres de vitres se servent de la cendre de bois de fayan en lieu de salicor, pai.issy, 22.
— ÉTYM. Forme dérivée du lat. fagus, hêtre (voy. pourtant foyard).
FAYENCE, FAYENCERIE, FAYENCIER , voy.
fa'irnce, etc.
t FAYOL (fa-io; Yl ne se prononce pas), s. m. Terme de marine. Nom des haricots secs distribués à boid. Ce fayol blanc est plus petit que le rouge. Il Quand doublerons-nous le cap fayol? plaisanterie des marins pour dire quand cesserons-nous d'en ô'j-e réduits aux haricots pour tout légume?
— ÉTYM. Altération de faseole.
FÊAGE (fé-a-j"), î. m. Terme de jurisprudence
féodale. Contrat d'inféodation ; tenure en fief.
HIST. XV s. Comme feu Guillaume Guermont
on son vivant fust seigneur d'un petit feaige.... un CANGE, fealum. || xvi' s. Feage est pris improprement pour une chose inféodée ou pour un héritage tenu en fief; car ce mot signifie proprement!
FÉC
un contrt d'infm'lation, ladrièrk, Gloss. dit droit franc.
— ÉTYM. Bas-Iat. feodagium, de feodum,fntdum, fief (voy. ce mot).
FÉAL, ALE (fé-al, a-l'), adj. || 1° Vieux mot qui était usité dans les lettres royales. Fidèle. X nos amcs et féaux conseillers, etc. Roland, Duguesclin, Bayard, étaient de féaux chevaliers, ciiateaibh. Génie, i, n, 2. || 2' Familièrement. C'est mon fcal, son féal, mon ami dévoué, son compagnon fidèle. C'est là, mon féal, que vous lui jurerez foi et loyauté, j. j. bouss. Jlél, i, 36.
— lilST. xiii' s. Se croire volez mon conseil, Que je vous doing bon et féal, Blanchandin, ms. de St-Germ. f I80, dans lacurne. Diex hom [Jcsus- Christ Dieu et homme]. Par qui tuit 11 fael auront rédemption, Disp. du juif et du chrétien, ms. clo
St-Gei main, f° 107, dans i.acuhne. |I xv's Maisque
il [Edouard III] prit bon conseil et sage entour lui et féal, FROiss. i, I, 26. Il XVI' s. Plaisante fantaisie ! plusieurs choses que je ne vouidrois dire à personne, je les dis au peuple ; et sur mes plus secrètes sciences ou pensées, renvoyé à une boutique de libraire mes amis les plus féaux, mont, iv, t li.
— ÉTYM. Féal ou feel, ancienne forme du mot qui est aujourd'hui fidèle.
t FÉAUTÉ (fé-ô-te),s. m. Terme de féodalité et de chevalerie. Fidélité. Serment de féautéet hommage.
— ÉTYM. Féal. 1 éaulé se trouve très-fréquemment dans les anciens textes, et y signifie fidélité.
FÉBUICITANT, ANTE (fé-bri-si-tant, tan-t') , ad}. Il 1° Terme de médecine' Qui a la fièvre. Il 2" Substantivement, Une fébricitante. Dans les féhricitanls, il n'est rien qui ne pèche; Le palais se noircit et la langue se sèche, i,a font. Quinquina, I. Ici on l'appelle [Jésus-Christ]pour rendre la santéàun fébricitant, mass. Carême, Tiédeur, 2.
— HIST. xv" s. Un fébricitant désire tant boire eau, que bien lui semble qu'il boiroit un seau d'eau ou deux, GERSON, dans le Dict. de dochez. || xvi' s. Si la femme estoit fébricitante, paré, xviii, 34.
— ÉTYM. Provenç. et espag. febricitar; ital. febbricitare; du lat. febriciiare, de febris, fièvre.
t FÉBRICULE (fé-bri-ku-1'), s. f Terme de médecine. Petite fièvre; fièvre hectique légère.
— ÉTYM. Lat. febricula, diminutif de febris, fièvre.
FÉBRIFUGE (fé-bri-fu-j"). || 1° Àdj. Terme de médecine. Qui combat, qui guérit les fièvres d'accès. Sa seule partie précieuse [du quinquina] est son écorce, connue par sa vertu fébrifuge, et à laquelle on ne donne d'autre préparation que de la faire sécher, raynal, Hist. phil. vu, ï3. || 2'' S. m. Un fébrifuge. La centaurée en qui le ciel a mis Quelque àpreté, quelque force astringente. Non d'un tel prix ni de l'autre approchante [du quinquina], Mais quelquefois fébrifuge certain, la font. Quinquina, u.
— ETYM. Lat. febris, fièvre, et fugare, mettre en fuite.
FKBRILE (fé-bri-1'), adj. || f Terme de médecine. Qui tient à la fièvre, qui est de la nature de la fièvre. Un mouvement fébrile. Pouls fébrile. || 2" Fig. Une ardeur fébrile, une ardeur excessive, qui agite comme la fièvre.
— HIST. xvi' s. Ce meschant humeur altère et pourrit les os, et rend les pauvres escrouelleux fébriles, PARÉ, V, 19.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. febril; ital. febbrile ; du lat. febrilis, de febris, fièvre.
FÉCAL, ALE (fé-kal, ka-l'), adj. Qui appartient aux gros excréments de Ihomme et des animaux. Résidus fécaux. On forme des engrais excellents avec les matières fécales tant de l'homme que de plusieurs animaux.
— HIST. XVI' s. Elle jettoit ses eicremens fecaui par l'ulcère, paré, xix, (6.
— ÉTYM. Lat. fxcalis, de f,tx, lie.
f FÉCALOÏUE (fé-ka-lo-i-d), adj. Terme de médecine. Vomissements fécaloïdes, ceux qui, dans les hernies et dans les occlusions intestinales, sent formés de matières ayant l'odeur des matières lécales, sans en ivoir la consistance ni les autres caractères.
— ÉTYM. Fécal, et eî6o;, apparence.
FÈCES (fè-sès'), i. m. pi. || 1" Terme de chimie et
de pharmacie. Sédiment formé pai' toute espèce de liqueur. || 2° Terme de médecine. Synonyme d'excréments, de matière l'écaie.
— HIST. XVI' s. L'humeur molancholique est comme la lye et foce du sang, paré, Intr. e.
-- ÉTYM. Prov. /■«(;, /'cd; port, fez; dulat. f,rx, lie. t FÉCUELLE (fé-chè-l'), s. f. Sorte de petite claie
FÉC
163ît
do la crème sur une mous.sellne mouillée que vou» aurez placée d'avance sur une léchelle.
— ETYM. Lat. fiscetla, diminutif de fiscus, panier'(voy. fisc).
FÉCIAL (fé-si-al), *. n». Terme d'antiquité romaine. Nom donné à des pr<cros de Jupiter italique, institués à Rome, suivant la tradition, par Numa ou par Ancus Martius, qui jouaient un grand rôle dans les rapports internationaux et dans la conclusion des traités de paix . C'étaient eux qui, dans les querelles que Rome avait avec ses voisins, étaient d'abord envoyés pour demander satisfaction, et puis, en cas de refus, déclaraient la guerre. Lorsqu'il s'agit de déclarer la guerre à Philippe et à Anliochus, on consulta les léciaui pour savoir s'il fallait la leur dénoncer à eux-mêmes en personne, ou s'il .suffirait de le faire à la première place de leur obéissance, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. XI, t" part. p. 300, dans pougens. || Âdj. Qui appartient aux féciaux. Le droit fécial.
— HIST. xiv s. Fecial prostré estoient certains prostrés solempnelz qui estoient par especial ordenez à fere et afermerlesaliances, BEncuEUBE, f" 2, verso.
— ÉTYM. Lat. fecialis ou fetialis. Varron le rattache à frdes; mais, philologiquement, cela est difficile à admettre.
FÉCOND, ONDE (fé-kon, kon-d'; le d se lie et se prononce comme un ( ; un fé-kon-t écrivain; au pluriel, l's se lie: de fé-kon-z écrivains), adj. Il 1° Propre à la reproduction, qui peut produire beaucoup. Les négresses sont fort fécondes et accouchent avec beaucoup de facilité et sans aucun secours, bufp. Ilist. nat. hom. Œuv. t. v, p. )32, dans POUGENS. On peut dire en général que les grands animaux sont moins féconds que les petits : la baleine, l'éléphant, le rhinocéros, le cliameau, le bœuf, le cheval, l'homme, etc. ne produisent qu'un fœtus et très-rarement deux, m. Hist. anim. chap. 9. || Race féconde, race d'animaux qui se fait remarquer dans l'espèce par son abondante multiplication. || Plante féconde, pianle qui produit beaucoup. || Fleur féconde, Heur qui donne du fruit. Il Œuf fécond, œuf dont le germe a été fécondé. Il 2" Qui produit abondamment, en parlant de la terre ou de ce qui est comparé à la terre. Des champs féconds. Des terres fécondes. |{ Source féconde, source qui donne de l'eau abondamment. Il Mine féconde, mine dont les filons sont très-productifs. Il Fig. Source féconde, mine féconde, ce qui produit abondamment. C'est une source féconde d'erreurs. Une mine féconde de beautés de style. Il Par extension. Mais, malgré moi, de votre monde, La volupté charme les maux; Et de la nature féconde L'arbre immense étend ses rameaux, bérano. le Temps. || 3° Fig. Il se dit de tout ce qui, par comparaison à la terre, produit abondamment. Son sein [de Rome] fécond en glorieux exploits Produit des citoyens plus puissants que des rois, corn. Cinno, n, ). Et sort d'une maison si féconde en guerriers Qu'ils y prennent naissance au milieu des lauriers, ID. Cid, I, <. Et rende notre Espagne en lauriers si féconde, id. Sertorius, v, i . Elle [la nation d'Israël] a été féconde en idoles autant que la terre a été fertile, saci. Bible, Osée, x, t. Un nom qui.... Fait honneur à la France, en grands noms plus féconde Qu'aucun climat de l'univers, la font. Fabl.x, I4. Us disent dans leur cœur : il n'y a pas de Dieu; ils voudraient pouvoir réduire au néant cette source féconde de l'être, uoss. Sermons, Nécess. de travailler à son salut, i . La nature de Dieu est féconde, son amour et sa charité l'est aussi; je dis que sa nature est féconde; et c'est elle qui donne ce Fils éternel, qui est son image vivante ; mais, si sa fécondité naturelle a fait naître ce divin Fils dans l'éternité, son amour lui en donne d'autres qu'il adopte tous les jours dans le temps, id. Sermon pour la fêle du rosaire. Chaque siècle est fécond en heureux téméraires, boil. Ép. i. Qu'en nobles sentiments il soit toujours fécond, id. Art p. lu. Aux temps les plus féconds en Phrynés, en Lais, Plus d'une Pénélope honora son pays, id. .Sot. x. Je nourris dans mon cœur la semonce féconde Dos vertus dont il doit sanctifier le monde, rac Eslh. l'rol. Féconde en agréments divers, La riche fiction est le charme des vers, L. racine, la Ilelig. iv. Ô jour trop fécond en miracles ! volt. Sémir. iv, 2. La poésie la plus élégante et la plus fioile [celle de l'Arioste], qui orne sans effort la plus féconde imagination dont la nature ait jamais fait présent à aucun homme, m. Lett. Mme du Dcffant, <9 oct. (769. La nuit a été féconde en événements, picard. Alcade de Molorido, m, 2. || PrinciiJe fécond,
pour faire égoutter quelque chose. Posez la mousse | principe dont on déduit un grand nombre de con-
FRC
FÉC
FBD
séquences. || Sujet, matitre féconde, sujet, matiîiro qui prête beaucoup & l'imagination de l'artiste, du poste. Il On dit do même esprit fécond, imagination féconde. || Auteur fécond, auteur qui a beaucoup écrit. Il 4" Fécondant. Des pluies fécondes. Les eaux fécondes du Nil. Soleil dont la lumière et la cli.ileur féconde Sont l'œil, l'âme, la règle et la splendeur du monde, DDCis, Alirif. I, 3.
— SYN. FÉCOND, FERTILE. Rlymologlqucmcnt fécond est co qui engendre, donne la naissance, a la vertu d'engendrer, de donner la naissance ; fertile est ce qui porte, et, Ici, ce qui porte moisson, production, etc. On voit donc que l'on peut dire sans nuance bien sensible une terre féconde, et une terre fertile, mais on dira une vertu féconde et non une vertu fertile; car partout où l'idée rie force productive intervient, c'est fécond qui doit être employé et non fertile. De même on dira un esprit fécond, parce que cet esprit est représenté comme ayant la vertu de produire; mais, si on le dit fertile, il faudra ajouter en quoi : fertile en ressources, en inventions, etc. parce que, avec fertile, il faut énoncer ce qui est porté, produit. On trouve la différence entre ces deux mots bien marquée dans celte phrass' : On a vu ou cru voir les moyens qui la rendent féconde [la terre] ; on a essayé de la rendre fertile en la cultivant, conlili.. Hist. anc. m, 3. Fertile est pour la terre un sens propre; fécond n'y est qu'une métaphore. On dit d'une femelle qu'elle est féconde, et non pas fertile. Fécond s'applique à l'organisme produisant, fertile à la terre.
— ÉTYM. Lat. fecundus, de l'inusité feo, produire (voy. fétus), qui se rapporte à ^0«, produire, et au sanscrit bhu, être.
t FÉCONDANCE (fé-kon-dan-s"), *. ^ Terme didactique. Puissance de féconder. Pour la reproduction des espèces, la nature a donné aux femelles la fécondité, aux mâles lafécondanco. pnÉDÉaiconnER, dans le riiel. de dochez.
— ÉTYM. Fécondant.
FÉCONDANT, ANTE (fé-kon-dan, dan-t'), adj. Oui féconde. Une chaleur fécondante. Cette idée de féconder des plantes femelles par leurs racines, mérite assurément que vous tentiez les expériences propres à la vérifier; mais les racines sont bien éloignées des fleurs, et l'esprit fécondant aurait bien du chemin à faire pour parvenir à l'ovaire, bonnet, Lctt. div. Œuv. t. XII, p. 290, dans pougens.
t FÉCONDATEUR, TRICE (fé-kon-da-teur, tri-s") , adj. Qui a la force de féconder. En supposant d'autres sortes de modifications, dans les organes de la génération de l'individu fécondateur, on aurait d'autres résultats dans le germe fécondé, bonnet, Contid. corps organ. Œur. t. vi, p. 477, dans pougens.
— ÊTYM. Féconder.
FÉCONDATION (fé-kon-da-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action de féconder, résultat de cette action, en parlant des êtres organisés. Le concours du coq est nécessaire pour la fécondation des œufs, et c'est un fait acquis par une longue et constante expérience, buff. Ois. t. m, p. 4 M, dans POUGENS. Les vents ne sont pas les seuls ministres de l'amour des plantes; une multitude d'insectes ailés s'acquittent du même office; en volant d'une plante à une autre, ils transportent de l'une à l'autre les poussières vivifiantes qui se sont attachées â diflërentes parties de leur corps, et opèrent ainsi une fécondation artificielle, bonnet, Contempl. nat. VI, 7. Les ténèbres qui couvraient la fécondation chez les abeilles ont donc commencé à s'éclaircir, mais elles ne sont pas entièrement dissipées, id. <b. XI, 27. H. Spallanzani vient d'instituer des expériences qui prouvent de la manière la plus directe que le germe préexiste dans la graine & la fécondation, ID. Con.iid, corps org. Œuv. t. v, p. 316, note A, dans pougens. La fécondation s'opère dans les plantes, lorsque les poussières desétamines s'arrêtent sur le stigmate des pistils, condorcet, Linné.
— REM. Fécondation n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de I83B.
— ETYM. Féconder.
FÉCONDÉ, ÉE (fé-kon-dé,dée),port. powi. Rendu fécond. Lorsque les femelles [des tétras, sorte d'oiseau] sont fécondées, elles vont chacune de leur cfité faire leur ponte dans des taillis épais et un peu élevés, BUFF. Oiseaux, t. m, p. 3I6, dans pougens. Dans cas champs fécondés Par les trésors du Nil dont ils s nt inondés, ducis, Abufar, il, 7.
t FÉCONDEMENT (fé-kon-de-man), adv. D'une manière féconde.
— HIST. xvi's. Ne laissant au colombier que des pigonns jeunes et de moicn aage, pourfecondement fructifier, o. dp. serkes, 4oi
— ktvm. Féconde, et le suffixe ment.
FÉCONDER (fé-kon-dé), V. a. || 1° Communiquer
& un germe la cause immédiate de son développement. Féconder un germe. Cetta heureuse idée de féconder artificiellement les œufs de poissons avait été inspirée h M. Jacobi par l'observation de la fécondation artificielle que les insectes ailés opèrent dans les végétaux, en volant d'une plante à une autre, et en transportant ainsi sur une fleur les poussières d'une autre lleur, bonnkt. Consid. corps org. (Euv. t. vi, p. 384, note î, dans pougens. Tandisque les palmiers miles sont en pleine fleur, ils sont sans cesse environnes d'un nuage dépoussière que les zéphyrs transportent sur les fleurs des palmiers femelles, et qui les fécondent, id. Conlempl. nat. VI, 7. Il i° Rendre abondant en produits. Le Nil féconde l'Egypte. Soleil, sacré flambeau qui fécondes la terre, M. jos. ciién. Timol. u, 7. || Fig. La méditation féconde l'esprit. || 3* Se féconder, v. réfl. Devenir fécond. C'est par la méditation que l'esprit se féconde.
— nEM. Féconder n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de i70ï.
— ÈTYM. Provcnç. et espagn. fecundar ; ilal. fecondare ; du lat. ffcxtndareyàe fecundus, fécond.
FÉCONDITÉ (fé-kon-di-té), s. f. || 1° Faculté dont jouissent les corp;, vivants de se reproduire, c'està-dire de donner naissance à d'autres corps vivants organisés et conformés comme eux. || En particulier, dans l'espèce humaine, production des enfants, en parlant des mariage^ou des femmes. La diverse fécondité des mariages. La fécondité d'une femme. Son heureuse fécondité resserrait tous les jours les liens de leur amour mutuel, boss. Reine d'Angl. Ce n'était pas le désir de sati-sfaire les sens, mais l'amour de la fécondité qui présidait à ces chastes mariages, iD. Var.Déf. ("dise. § 66. Dans l'espèce humaine, la fécondité dépend jde l'abondance des subsistances, et la disette produit la stérilité, bcff. Probab. de la vie, Œuv. t. x, p. 607, dans pougens. Il 8* Faculté que possède la terre de produire. Le Nilportaitpartout la fécondité, boss. Ilist. m, 3. La fécondité de la terre et celle des animaux est une source inépuisable dos vrais biens; l'or et l'argent ne sont venus qu'après, pour faciliter les échanges, ID. Polit, x, I, <o. F.t nos champs malheureux par leur fécondité, volt. Taner. i, 1. 1| 3* Par extension, il se dit de l'esprit qui produit. Cette fécondité dt M. l'abbé Bignon, quoique peu commune, était moins remarquable que la facilité merveilleuse qu'il avait de parler sans préparation, maiban. Éloges, l'abbé Bignon. 11 semblait que l'idée de quelque application utile était nécessaire pour réveiller son génie qui déployait alors toute sa finesse, toute sa profondeur et toute sa fécondité, condobcet, d'Alembert. || Il se dit, dans un sens analogue, de ce qui prête beaucoup aux développements, aux aperçus. Il 4° Fig. 11 se dit des choses abstraites. 11 y a deux fécondités ; la première dans la nature, la seconde dans la charité, boss. Sermon pour la fâte du rosaire. Le sang des martyrs, par une merveilleuse fécondité, ne servait qu'à produire de nouveaux fidèles, BOURDAL. Respect hum. 2* avent, p. 408. Il y a dans le cœur de l'homme, depuis sa corruption, une malheureuse fécondité pour le mal, qui altère bientôt dans les enfants le peu de bunnes dispositions qui reste j rolun. Traité des Et. <•' dise. prél.
— lliST. XI' s. Tant Dieu prièrent par grant humilité. Que la muiler dunat fecunditet, St Alexis, VI. Il xiv s. Depuis qu'il virent que en toy avoit fécondité, et portoies enfans, Kénagter, i, 6. || xvi* s. Pline.... célébrant plusieurs terres par leurs estranges fécondités, o. de serres, «8.
— ÊTYM. Provenç, fecunditat; espagn. fecvndidnd; ital. fecunditd; du lat. fecundilatem, de fecundus, fécond.
FÉCULE (fé-ku-l'), s. f. Il !• Autrefois nom donné aux matières qui se précipitent des sucs obtenus par expression. Le suc du bouleau, la fécule du chervis, les fleurs même du tilleul produisent des quantités très-sensibles de sucre, condorcet, Margraaf. \\ %• Fécule verte, nom impropre donne au dépôt qui se forme dans les sucs végétaux obtenus par expression, et formé de chlorophylle, de résine, de cire et d'une matière azotée ou eitractive. Il 3° Aujourd'hui, synonyme d'amidon. On dit aussi fécule amylacée.
— ETYM. Lat. fxcula, diminutif de frx, lie.
FÉCULENCE (fé-ku-lan-s'), i. f. || l* Terme de chimie. Etat des liciueurs qui sont chargées de lie, de sédiment. || Ancien terme de médecine. État des humeurs troublées comme par une lie. J'ai à vous
dire que je vous abandonne à votre mauvaise constitution, k l'intempérie de vos entraillei, k la corruption de votre sang, à l'âcreté de votre bile, et à la féculcnce de vos humeurs, mol. Hal. imag. m, e. I! 2° Qualité da ce oui contient de la fécule ou amidon.
— f.TYH. Lat. ^.rcu/*nti'a,do ^culentut, féculent. FÉCULENT, ENTE (fé-ku-lan, lan-t"), adj. || 1" Il
SB dit d'une liqueur épaisse, chargée de lie. ||i-Oui renferme de la fécule ou amidon, qui est composé de fécule. Un aliment féculent. Une substance, une pite féculente. || S. m. Un féculent, des féculents, en parlant des aliments féculents.
— HIST. xvi* B. L'humeur féculent et melancholique, qui, comme une lye pesante et terrestre, enfermé au creux et vouste du foye.... PARe,/n(rod. 2».
— f.TYM. Provenç, féculent; espagn. et portug. feculento; du lat. fa-culenlus, de fœcula, fécule.
t l'ÉClXKR (fé-ku-lé) , V. a. Uéduire en fécule. Ils féculent laplusgrandepartiede leurs pommesde terre. . — ETYM. Fécule.
t FÉCUI.EHIE (fé-ku-le-rie), i. f. Fabrique, atelier où se fabrique la fécule.
— ÉTYM. Féculer.
t FÉCUI.EUX , El'SE (fé-ku-leû, leû-z') , adj. Tenue de chimie. Oui c»nticnt de la fécule.
— ÊTYM. Fécule.
I FÊCULIKR (fé-ku-liô), *. m. Celui qui fabrique de la fécule.
t FÉCUI.ISTE (fé-ku-U-sf) , ». m. Mauvais synonyme de féculier.
— t.i\K. Fécule.
t FÉCULITE (fé-ku-li-t"), ». (. Terme de chimie. Dénomination générale sous laquelle on avait proposé de comprendre les principes immédiats des végétaux, pulvérulents, sans saveur ni odeur, tels que l'amidine, l'inuline, etc.
I FÉCULOÏDK (fé-ku-lo-i-d') , adj. Terme de chimie. Oui ressemble & de la fécule.
— ETYM. Fécule, et e'iîoî, forme.
FÉDÉRAL, ALE (fé-dé-ral, ra-H, adj. || !• Oui a
rapport à une confédération d'États. La Suisse, les États-Unis sont des gouvernements fédér;iui. Il 8° S. m. pi. Les fédéraux, nom donné, en particulier, aux partis.ins ou aux soldats des Etats-Unis du Nord, quidéfendaientla fédération contre les séparatistes du Sud, dits confédérés. || L'adjectifa pris aussi cette acception restreinte : les troupes fédérales
— ÉTYM. Lat. fadus, fcederis, alliance, d'apris les étymologistes, formé de/îdere, se fier, comme, dam le'grec, TiéitoiOa est formé de itttOouoi, qui d'ailleurs aie même radical que le latin fidere.
t FÉDÉRALISÉ, ÉE (fé-dé-ra-li-ïé, zée), part passé. Etats fédéralisés.
+ Ff.DÉRALISER (fé-dé-ra-li-zé) , ». o. Néologisme. Organiser en fédération, soumettre au régime fédératif. || Se fédéraliser, r. réfl. Se former en fédération.
— ÉTYSi. Fédéral.
t FÉDÉRALIS.ME (fé-dé-ra-li-sm') , ». m. Néologisme. Système, doctrine du gouvernement fédératif. Le fédéralisme était une des formes politiaues les plus communes employées par les sauvages, CHATEAUB. Amérique, gouvernement. || Pendant la révolution, projet attribué aux girondins de rompre l'unité nationale et de transformer la France en une fédération de petits États. Aux Jacobins on agita gravement la question du fédéralisme, et on souleva mille fureurs contre les girondins, iniERS, Uist. de la rétol. Conv. nationale, ch. i.
— ÊTYM. Fédéraliser.
t FÉDÉRALISTE (fé-dé-ra-li-st) , adj. Oui a rapport au fédéralisme. || S. m. Partisan du fédéralisme.
— ETYM. Fédéraliser.
FÉDÉRATIF, IVK (fô-dé-ra-ti f, ti-v'), adj. Oui a rapport à une confédération, à une alliance politique. Gouvernement, pacte fédératif. Les États- Unis de l'Amérique se donnèrent une constitution fédérative qui ajoutait aux avantages intérieursdu gouvernement républicain toute la force extérieure de la monarchie, raynal, Ilist. pbil. xviii, 4S. L'Europe présente une république fédérative, composée d'empires et de royaumes, et la plus redoutable qui ait jamais existé, rivarol, Dict. univers, de la langue franc, p. xxni. Les girondins demandaient si, après tout, la Nouvelle-Amérique, la Hollande, la Suisse n'étaient pas heureuses et libres sous un régime fédératif, thiers, UUI. di la révol. franc Conv. nat. ch. I.
— ETYM. Fédérer.
FÉDÉRATION (fé-dé-ra-sion; en vers, de cinq syllabes), t. f. || !• Union politique d'Euts. la fédération américaine. L'Allemagne était une fédér»-