FEI
tenance dans le péril, et par sa conduite gaie et ; lise (voy. feintise à l'historique).
sage, sÉv. 497. Il C'est une fée, se dit d'une femme qui charme par ses grâces et sa dextérité. || Ouvrage de fée, ouvrage délicat, fait avec une grande perfection. {| Travailler comme une fée, se dit d'une femme qui travaille avec une adresse admirable. Il Une grande fée, une femme de taille mal gracieuse. La femme de Montchevreuil était une grande créature à qui il ne manquait que la baguette pour être une parfaite fée, st-sim. 4, 64. || Une vieille fée, une vieille femme revéche, peu aimable. Il Courroucer les fées, réveiller le chat qui dort. De peur, comme l'on dit, de courroucer les fées, BÉGNiER, Sat. X. Il Par extension, on le dit des muses. Filles du ciel, chastes et doctes fées, j. b. Rouss. dans le Dict. de beschebelle. |i 2° Pris adjectivement pour signifier enchanté. Bayard, cheval de Renaud, était un cheval fée. Mais ce sont des escaliers fées Qui sous eux s'embrouillent toujours, V. HUGO, Bail. 43.
— HIST. xiii' s. El fu SI comte et si tifée, El resembloit déesse ou fée, 2a Rose, 3438. ||xv' s. Et quand elles veulent bien acertes, elles parlent à fées et sont en leur compagnie, froiss. m, iv, B9. Une espée emmanchée de fer, garnie en fason de clef, nommée l'espée de I-ancelot du Lac, et dit-on qu'elle est fée, de laborde. Émaux, p. 482.
— ÉTYM. Génev. fdye; Berry, fade, fadette; provenç. fada; espagn. hada; portug. fada; ital. fata; du latin fata qui se trouve pour parque, et qui est dérivé de fatum, destin (voy. fatal). En normand, on dit aussi au masculin fé : le fé amoureux, héros d'une légende populaire.
FÉÉ, ÉE (fé-é, ée), port, passé. Produit par l'art magique. D'après le conte de Perrault, la clef de Barbe-bleue était fcéo.
FEINDRE (fin-dr"), je feins, tu feins, il feint, nous feignons, vous feignez, ils feignent; je feignais, nous feignions; je feignis; je feindrai; feins, feignez; que je feigne, que nous feignions ; queje feignisse; feignant, feint, «. o. || l' Faire, produire , prendre une apparence fausse pour tromper ou, simplement, pour faire croire quelque chose. Pour ne vous rien feindre, Je crois l'aimer assez pour ne pas la contraindre, corn. Suréna, il, i. Et je feins hardiment d'avoir reçu de vous L'ordre qu'on me voit suivre et que je donne à tous, id. Cid, Vf, 3. Il feignait de m'aimer, je l'aimais en elTet, Tii. CORN. Ariane, iv, 2. Feignez, si vous voulez, de ne me pas entendre, mol. l'Ét. ni, 3. Pourquoi feindre à nos yeux une fausse tristesse? rac. Iphig. IV, 4. Elle a feint de passer chez la triste Octavie, id. Brit. v, 8. Parce qu'elle feignait d'être bonne, elle croyait l'être en effet, mariv. Pays. part). 3' part. Il [Charles XII] resta dix mois couché, feignant d'être malade, volt. Charles XII, vil. Il La Fontaine a employé feindre sans la préposition de : Lui [renard] qui n'était novice au métier d'assiégeant, Eut recours à son sac de ruses scélérates. Feignit vouloir gravir, se guinda sur ses pattes, Fabl. xii, is. \\ Absolument. Il est honteux de feindre où l'on peut toutes choses, CORN. Perthar. m, 4. C'est qu'ils ont l'art de feindre, et moi je ne l'ai pas, mol. Mis. i, 2. Je ne sais ni tromper, ni feindre, ni mentir ; Et, quand je le pourrais, je n'y puis consentir, boil. Sat. l. Il feint, il me caresse et cache son dessein, bac. Mithr. IV, 2. Feignons, et de son cœur, d'un vain espoir flatté, Par un mensonge adroit tirons la vérité, ID. ib. m, 4. J'ai feint quelques instants pour ne feindre jamais, dorat. Feinte par amour, lu, «.
Un proverbe italien dit : Oui ne sait pas feindra, ne sait pas vivre, stael. Connue, vi, 3. || 2' Supposer. Il est nécessaire de fein<lre qu'il [Dieu] soit trompeur, si nous voulons révoquer en doute les choses que nous concevons clairement, desc. Hép. II, 2». Il Controuvor, imaginer. Le roi pour vouj tromper feignait cet hyménée, rac. Iphig. ui, 5. Il ne vient qu'à la fin de la tragédie ; et c'est pour prononcer une loi telle que les anciens le» feignaient dictées par les dieux, volt. Guèbres, Disc. hist. et crit. On trouve dans le code théodoslen un édit de Constantin où il déclare qu'il a fondé Constantinople par ordre de Dieu ; il feignait ainsi une révélation pour imposer silence aux murmures, m. Ifœurs, (O. || Feindre à quelqu'un, rapporter faussement. Pour perdre mon rival j'ai découvert sa trame. Euphorbe vous a feint que je m'étais noyé, corn. Cinna,v, 3. [Elle].... leur feint de ma part tant d'outrages reçus Oue ces faibles esprits sont aisément déçus, id. ilédée, i, <. Il lui feint qu'en un lieu que vous seul connaissez. Vous cachez des trésors par David amassés, rac. Athal. I, t. Il Se feindre quelque chose, feindre à soi quelque chose, supposer & soi quelque chose. Ne voilà pas, dis-je, cette volage qui se feint de nouveaux prétextes de haine et de jalousie, D'UBFé, Astrée, i, l. Mon esprit.... Se feignant, pour passer le temps. Avoir cent mille écus comptants, Régnier, Ép. m. \\ 3' Hésiter, faire difficulté. Il se construit avec la préposition d, quand il n'est pas accompagné d'une négation. Feindre à s'ouvrir à moi dont vous avez connu Dans tous vos intérêts l'esprit si retenu, mol. Dép. amour, ii, (.Tu feignais à sortir de ton déguisement, id. l'Et. v, ». Vous ne devez point feindre à me le faire voir, id. Uis. V, 2. Nous feignions à vous aborder, de peur de vous interrompre, id. Vàv. i, 6. || Il se construit avec la préposition de, quand il est accompagné d'une négation. Ainsi, monsieur, je ne feindrai point de vous dire que l'offense que nous cherchons à venger.... mol. Fest. de P. m, 4. Nous ne feignons point de mettre tout en usage, id. Pourc. i, 3. Monsieur et madame, ne feignez point de ma mettre au nombre de ceux que vous aimez et qui vous aiment; toute ma vie vous persuadera que je mérite d'y être, sév. Au comte de Guitaut, 23 nor. (673. Au lieu d'expédier sur-le-champ des marchands et des ouvriers, il [l'orgueilleux] ne feint point de les renvoyer au lendemain matin, la bbuy. Théoph. XXIV. Nesmond ne feignit pas de dire qu'il se croirait coupable de la prévarication la plus criminelle, s'il dissimulait que le pain de la parole manquait au peuple, st-sim. 302, 205. Ouelquefois il tombe dans des difficultés où il no feint point d'avoir recours soit à la volonté de Dieu qui opère sans mécanisme, soit au dessein qu'il a eu de nous cacher le mécanisme, fonten. Huyscit. Il 4° Terme de manège. Peindre en marchant, se dit d'un cheval et aussi d'une personne qui boite légèrement ou d'une façon presque invisible à l'œil. Il 6° Se feindre, v. réjl. Se supposer. Se feindre coupable. Dorise se feint être un jeune gentilhomme contraint pour quelque occasion de se retirer de la cour, corn. dit. préf. || Absolument. Cacher ce qu'on sent, ce qu'on pense. Et puis je ne saurais me forcer ni me feindre, Régnier, Sat. m. Il Être feint. Et parce que cela ne se peut pas même feindre.... desc. iiep. 11, 29.
— IlEM. Voltaire condamne le régime indirect avec feindre ; mais les exemples de Corneille paraissent irréprochables.
— SYN. FKiNDHE, dissiuoler. Étymologiquement, feindre, c'est donner une forme comme l'artiste fait à la terre qu'il moule ; dissimuler, c'est rendre dissemblable. De là la distinction entre ces deux verbes : celui qui feint forme, présente, produit ce qui n'est pas; celui qui dissimule cache ce qui est : on dissimule sa joie, sa haine; on feint de la joie, de l'amitié.
— HIST. XI' s. Il se feint mort, si gist entre les alties, Ch. de Bol. clxvi. || xii' s. Car il n'a home de li servir se faigne, Roncis. p. <. Jà fu tels jors que les dames amoient De leal cuer sans feindre et sans fausser, quesnes. Romancero, p. 87. Quant veit li reis Henris qu'il nel purra aveir, Cuida qu'il se fainsist tut pur le décevoir. Th. le mart. '■i*. Il XIII' s. Cil qui cuide gaaigner gloire par fause demonstrance ou par paroles faintes, brun, latin 1, Trésor, p. 481. La quinte color [de rhétorique] est apelée fainture, porce que on faint une chose qui n'a pooir ne nature de parler, aussi comme se ele parlast, iD. t'ft. p. 488. Ne tefaindrepasd'estre ceqiie tu n'ies, id. ib. p. 384. Mais si malade vous faigniés.
FEl
Tant soupires, tant vous plaigniés, la Rote, »)36. Il XIV' 8. C'est chose fainle et néant, oresme, Elh. VI 1)0). Il XV s. Cils [les barons] qui nullement pour leur honneur no se fussent feints, eurent en couvent à la bonne dame qu'ils s'en acquiteroient loyalement [de combattre], froiss. i,i, 30o. EtUieu sait si cculx d'Orléans se faignoient à mener artillerie, Bibl. da Charles, 2' série, t. m, p. 607. L'autre ne faignoit pas et recommençoit encores de bon cueur, CQHM. iv,8. Ledit duc de prime face faignit à la bailler [la sûreté demandée par le connctablel, mais A la parRn la bailla, ii>. iv, i'2. Feignant [simulant] venir vers son oncle, ID. i, 2. Il faindit, comme bien le savoit faire, une matte chère, et montra semblant de courroux, louis xi, Nouv. XXXIII. Il xvi* s. Frappoit à grandz tours de bras sans se faindre ny espargner, bah. Oarg. i, 44. Les poètes feignent un grand tas de dieux mal faisans, ID. ib. 1, 45. Elle va feindre d'oslre malade, MAHO. Nouv. LXi. Le seigneur de Bonnivet, pour lui arracher son secret, feignit lui dire le sien, id. ib. IV. Pour revenir à sa clémence (de César], nous en avons plusieurs naïfs exemples au temps de sa domination, lorsque, toutes choses estant reduictes en sa main, il n'avoit plus à se feindre, hont. il, 33. Les postes feignent Niobé avoir este transmuée en rochier, m. i, 7. N'est-ce pas toy, dont la divine main Do vil bourbier forma le corps humain. Pour y enter l'ame que tu as feinte Sur le portrait de ton image saincteT dubellay, m, 92, recto. Leonidas, entrant un jour audacieusement en grosses paroles contre luy, ne faignit pas de luy dire.... AMïOT, lyc. S. Disant qu'il seroit bien beste, si pour crainte du nom seulement d'estre appelé tyran, il faignoit d'accepter la monarchie, iD.So/on, 22. Le messager faignit que l'issue en avoit esté doubteuse. iD. Fab. 7. Après avoir bien noté et remarqué l'endroit de la muraille que le bruticn avoit à garder, lequel avoit promis de se faindre et de laisser entrer ceulx qui viendroient cissaillir ce costé là, id. ib. 44. Un homme feint [fourbe], ID. Solon, 63.
— ÈTVM. Bourg, (oindre, il ne foint pas, il ne craint pas ; provenç. fenher, feigner, finher ; espagn. et portug. fingir; itaj. fingere; du lat. (ingère, feindre, supposer. Dans l'ancienne langue, se feindre sigcifie souvent ne pas vouloir, hésiter à. Selon Curtius, le sens primitif du radical fig, grec 6iy, est toucher. Aussi le sens propre de fingere est façonner. Du sens de façonner on a passé à celui de feindre, c'est-à-dire façonner une apparence. De ce qui n'a qu'une apparence et qui est vide, faible, on en est venu au sens de hésiter, craindre.
FEINT, EINTE (fin,fin-t'), -part, passé ie ternira. Il l" Qui se fait, se produit pour tromper. Sa foi est feinte. Le fer étincelant, avec art détourné, Par de feints mouvements trompe l'œil étonné, volt. Jletir. X. Il 2* Qui n'est pas véritable. Dès vos plus jeunes ans mes soins et mes tendresses N'ont arraché de vous que de feintes caresses, rac. Brit. IV. 2. Parde feintes raisonsjjem'en vaisl'abuser, iD. Iphig. IV, to. Mademoiselle Jennings s'en était dispensée sur une feinte indisposition, uamilt. Gramm. 10. Non, il vous a trompé pour se venger de vous. Et ses feintes douceurs vous cachaient son courroux, DESTOUCHES, Diss. IV, 7. Par sa feinte vertu la tienne fut trompée, volt. M. de César, ii, 5. || Porte, colonne , fenêtre feinte, représentation d'une porte, d'une colonne, d'une fenêtre que l'on fait pour la symétrie ou pour l'agrément. || 3° S. m. Terme de construction. Le feint, imitation, par la pointure, des diverses espèces de marbres, de bois, de moulures, etc.
1. FEINTE (Hn-f), s. f. || 1» Action de feindre, de cAcher sous une fausse apparence. Agissez avec feinte, Sire, et ne lui montrez que respect et que crainte, corn. Pomp. iv, i . Mais de ton faux amour les feintes concertées, Les noires trahisons, les ai-je méritées? th. corn. Ariane, m, 4. Quelle est donc sa pensée T et que cache un discours Commencé tant de fois, interrompu toujours? Veulent-ils m'cblouir par une feinte vaine? rac. Phèdre, v, 4. Vous m'avez commandé de vous parler sans feinte, id. Athal. H, B. Il a toujours pris cela pour une feinte d'uno personne qui voudrait se divertir, ponten. les Mondes, 6" toj'r. Ce que Joseph disait par pure feinte à ses frères, MASS. Carême, Parole. X présent dites-moi, reprit l'adroit jésuite, si c'est feinte ou mensonge ce que vous m'avez dit, qu'un curé de campagne a été votre maître, mabmontel, Mém. i. Il Avoir une feinte, feindre quelque chose. Quoique je le sache [le chevalier de Lorenzy] très-lié avec des gens qui ne m'aiment pas, mais qui feignent de m'aimer avec les gens qui m'ajment. etqui ne
FEL
manqueront pas d'avoir cette feinte avec lui, i. t. Rouss. Œuvres, édit. dupont, 4824, t. xii, p. 3hi. Il Terme de rhétorique. Figure qui consiste à feindre de passer sous silence une chose qu'on ne laisse pas d'exprimer. On dit plus souvent prétention, prétermission, paralepse. || S* Par extension, art du poSle, invention. La feinte est un pays plein de terres désertes, l'ous les jours nos auteurs y font des découvertes, la font. fabl. m, l. Le conte fait passer le précepte avec lui; En ces sortes de feinte il faut instruire et plaire, id. ib. vi, t. Il 3* Terme d'escrime. Jeu couvert et trompeur, par lequel on frappe l'ennemi dans un endroit différent de celui où on le menace. Zadig lait une feinte, passe sur Otane, le fait tomber, volt. Zadig, iv. i Se dit aussi au jeu. || 4° Terme d'imprimerie. Défaut de touche dans une feuille, quand une partie de la forme n'a pas reçu assez d'encre. || 6° Terme de musique. Altération d'une note ou d'un intervalle par un dièse ou un bémol. Il se disait trèssouvent autrefois pour désigner le dièse et le bémol accidentel. || 6* Terme de vétérinaire. Légère claudication dans la marche d'un cheval.
— SYN. FEINTE, MENSONGE. La feinte est une fausse apparence sous laquelle ou cache quelque chose. Le mensonge, c'est dire ce qui n'est pas vrai. B^t-ce feinte ou mensonge, ce que vous me dites là? voulez-vous m'en imposer par une fausse apparence, ou, simplement, ce que vous me dites là, est-il faux"?
— HIST. XVI' s. Croyez de vray, que ma présente plainte N'est composée en courroux, ny en fainle ; Faindre n'est point le naturel de moy, harot, i, 859. Elle va feindre d'estre malade et continuer si
j bien cette feinte, que.... UAno. iVoui'. lxi. Et au- ! rons de quoy respondre aux aullici ou en feinte i u en vérité, id. Lett. cxx.
— ETYM. Feint; bourguig. fointe; provenç. fenha, fencha; anc. espagn. et ital. fmla.
2. FEINTE (ûn-l'),s.f. Un des noms vulgaires do la clupea finta, qui ressemble à l'alose.
— ETYM. Ainsi dit parce que c'est une alose feinte, un poisson ressemblant à l'alose.
f FEINTIER (fin-tié), s. m. Espèce de filet à mailles serrées pour prendre les feintes, les aloses.
FEINTISE (fin-ti-z'), ï. ^.|| l°Habitudede la feinte. Telle va souvent à l'église De qui je connais la feintise, RÉGNIER, Disc. Vieille maqtier. || 2° Synonyme de feinte, avec cette seule nuance que feintise vieillit et qu'il a un air archaïque. Hé bien 1 que voulezvous? parlez-moi sans feintise, desmarets, Hirame, v, I. Albano eut vraiment peine et sans feintise à se résoudre d'accepter le pontificat, st-sim. 84, 92
— HIST. XII' s. En li [ma dame] n'i a ne orguel ne faintise, quesnes. Romancero, p. 90. Or vus pri e requier, frères, par igal guise, Qu'enire nous n'ait envie, descorde, ne faintise, Mais en nous seit en Deu uns quers [cœurj, une aneme (àmej asise, Th. le mart. 92. Cist hom se fait dolant, ou cist hom se magnifiet, et tels choses semblanz ke ne vicncnt mie de veriteit, mais de fointise, st rern. p. 684. Il xiii' 8. C'est par faintise [fainéantise] que ci est arestés, lluon de Bordeaux, v. i907. ||iv' s. Si valoit trop mieux que il [le comte Guy de Blois] se mist en chemin et à voie et en la volonté de Dieu, que ce que on supposast que il demeura derrière par feintise, fboiss. ii, ii, sn. || xvi' s. Puisque j'ai la feintise esprouvée D'un qui tousjours loyale m'a trouvée, j. mabot, v, 327. Quant à cette nouvelle vertu de feinctise et dissimulation qui est à cette heure si fort en crédit, je la hais capitalement, hont. m, 51.
— ÊTYM. Feint ; provenç. feinlcsa. L'ancien français a dit aussi feintié, s. f.
■f FÊLATIER (fé-la-tié) ou FÉRATIEU (fé-ra-lié), ». m. Ouvrier ([ui tire le verre avec la fèlo.
t FEI.D-MARÉCIIAL (fcld-ma-ré-chal), s. m. Le grade de feld-maréchal correspond, chez les puissances du Nord, à celui de maréchal de France.
— ÊTYM. AUem. Feldmarschall, de Feld, champ, et Uarschall, maréchal : proprement maréchal de champ ou de camp.
FELDSPATH (fèld-spaf) , S. m. Terme de minéralogie. Pierre dure, à structure lamelleuse, composée de silice, d'alumine et de potasse, dont la forme en cristaux est un parallélipipède obliquangle, et qui, incolore, ressemble au ciistal de roche, sans atteindre ni à sa limpidité ni à ses dimensions. De tous les mincralix qui figurent dans la constitution de l'écorce de la terre, le feldspath est de beaucoup le plus abondant, L. cordier, Acad. des se. Comptes rendus, t. uv, p. 2»6. || Fedspath aventuriné, dit avcnturine orientale et pierre du soleil, variété du feldspath qui consiste dans le brillant
FEL
d'une poussière dorée produite par des paillettes de mica dont elle est pointillée, de laborde, Émaui. p. 310. Il Feldspath bleu, pierre d'un bleu de ciei pointillée de blanc, lu. ib. |{ Feldsjiath nacré, appelé aussi argentine. œU de poisson, pierre de lune, variété qu'on trouve en Orient, dans l'Ile de Ceylan et au Saint-Oothard, id. t'fc. || Feldspath opalin, appelé labrador dans le commerce, variété d'un gns foncé k reflets bleuâtres, rouges et orangés, et qui vient de la câte d'Amérique, iD.tb. p. SH. || Feldspath vert, dit pierre des Amazones et aussi vert céladon, pierre de couleur opaque vert tendre, semé de jioints blancs, qu'on tire des monts Ourals et du Groenland, m. ti>.|| Feldspath argiliforme kaolin ou terre i porcelaine.
— ÉTYM. AUem. Feldspath, de Feld, campagne, et Spath, spath : spath de campagne (voy. spath)
t FELUSPATllIQUE (reld-spa-ti-k"), ad;. Terme de minéralogie. Qui contient du feldspath.
t FfiLE ou FELLE OU FESLE (fé-l'), t. f. Tube de fer qui sert à prendre la matière dans les creusets pour souffler le verre.
FÊLÉ, ÉE (fô-lé, lée), part. passé.\\ i' Fendu sans séjjaration, en parlant de parois minces, de bords minces. Semblable à un vase précieux, mais fêlé, d'où s'écoulent toutes les liqueurs les plus délicieuses, le cœur de ce grand capitaine ne pouvait rie'! garder, fén. Tél. xvi. Perd-on un appui ijuand op jette un roseau fêlé qui, loin de nous soutenir, no...» percerait la main si nous voulions nous y appuyer? Boss. Sermons, Oblig. de l'état religieux, i. Comme une urne fêlée et dont les flancs arides Laissent fuir l'eau du ciel que l'homme y cherche en vain, lamart. Harm.iv, n.||Fig. [DieuJ Fait un écho vivant de nos lèvres muettes. Et dans nos cœurs fêlés verse ses eaux parfaites, lamart. Harm. m, ». Il S. m. Ce vase sonne le fêlé. || i' Fig. Avoir la poitrine fêlée, avoir la poitrine en mauvais état. Il Avoir la tête fêlée, le timbre filé, être un peu fou. Ma foi, j'en ai quasi la cervelle fclée, scarbo» , Jodelel ou le maître \:alet, m, 3. La tête de Bonnet me paraît un peu fêlée, volt. Phil. m, (9(. Mon timbra commence à être un peu fêlé, et sera bientdt cassé tout à fait, id. Leit. Mme du Deffant, 21 janv. 4769. Il C'est un pot fêlé, se dit quelquefois d'une personne valétudinaire. |j Proverbe. Les pots fêlés sont ceux qui durent le plus, se dit de personnes d'une santé délicate, mais qui se ménagent plus qu"! les autres.
FÊLER (fê-lé), t). o. Il 1" Fendre des parois minces, des bords minces, sans que ces parois, ces bords se séparent. Fêler une bouteille. || 2' Se fêler, r. rifl. Être fêlé. Ce vase se fêlera si tous le mettez au feu. Ce bec [du calaos] n'a point de prise ; sa pointe, comme dans un long levier trës-éloigné du point d'appui, ne peut serrer que mollement; sa substance est si tendre qu'elle se fêle à la tranche par le plus léger frottement, buff. Ois. l. xiii, p. 203, dans pouGENS. || Fig. Sa tête se fêle, il devient un peu fou.
— HIST. XVI' s. L'os sonne cassé, comme si l'on frappoit sur un pot de terre fellé et rompu, paré, xxvii, p. «53. Feller, oidin, Dict.
— ÊTYM. Wallon, faieler; namur. fauieler; Hainaut, foler. D'après Diez, ce mot est pour fesler et vient de fissiculare, qui se trouve dans Apulée avec la signiHcation de fei:diller les entrailles des victimes. D'après Grandgagnage, les formes wallonnes indiquent plutôt faille, qui signifie une fente. Comme on ne trouve point /ester, au moins dans les textes que nous avons, l'étymologie donnée par Grandgagnage a sa probabilité.
f FELICIEN (fi -li-siin), ». m. Partisan d'une hérésie dans laquelle on soutenait que Jésus-Christ, comme homme, était le fils do Dieu seulement par adoption et non par nature.
— ÉTYM. Félix, évêiiue d'Urgel vers la fin du viii' siècle, auteur de cette hérésie.
FÉLICITATION ( fé-li-si-ta-sion ; en vers, de six syllabes), ». f. Action de féliciter; compliment sur ce qui est arrivé d'agréable à quelqu'un. Recevez mes félicitations. Je vous adresse de bien sincères félicitations.
— REM. 1. Félicitation était un mot nouveau au commencement du xvii* siècle et qui s'introduisait à la suite du verbe féliciter, nouveau lui-même : Je lui ai écrit un compliment de félicitation, s'il est permis de parler ainsi, vauoelas. Rem. not. Th. Corn. t. I, p. 3&9, dans pougens. ||2 II yaur.iit lieu de chercher les différences de significal on entre fclicitatioi et congratulation, si l'usage n'avait pas frappé de désuétude le dernier. Félicitation est le mot employé; congratulation n'est plus que du
FEL
r,tyle vieilli ou du style dans lequel entre quelque pointe de plaisanterie.
— ÊTYM. Féliciter.
t. FÉLICITÉ (fé-li-si-té), s. f. \\ 1° ÉUt OÙ l'on jouit de ce qui contente. Qu'il semblait ne manquer plus rien à la félicité du royaume que de tirer du nombre des langues barbares cette langue que unus parlons, pelusson, Iliit. de l'icad. i. Néron ne trouble point notre félicité, rac. Brit. v, f. Et déjà de soldats une foule charmée.... Pousse au ciel mille vœux pour sa félicité, va. Iphig. i, 4. Quelle félicité peut manqueràvos vœuxîiD. ib. ii, 2. De toi dépend ma joie et ma félicité, id. Dajax. ii, t. Les hommes dont ils auraient dû faire la félicité, fén. Tél. xvni. Félicité est l'état permanent, du moins pour quelque temps, d'une âme contente; et cet état est bien rare, volt. Dicl. phil. Félicité. Le bonheur paraît plutôt le partage des riches qu'il ne l'est en eiïet, et la félicité est un éut dont on parle plus qu'on ne l'éprouve, m. ib. Le plaisir est plus rapide que le bonheur, et le bonheur que la félicité, in. i!>. Heureux. La félicité céleste qui n'est que la durée dans l'enthousiasme et la constance dans l'amour, STAËL, Corinne, xx, 5. || Au plur. en ce sens. Au milieu des faveurs que vous en recevez [de la fortune], vous cherchez encore des voluptés étran- (f^:■es, et êtes sensible aux petites joies parmi les grandes félicités, balz. liv. iv, lett. si. De quel comble de gloire et de félicités, Dans quel abîme affreux vous me précipitez! rac. Mithr. ii, 6. {| 2° Il se dit aussi quelquefois au sens actif pour la félicité qu'une chose donne. Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre; Toute votre félicité. Sujette à l'instabilité , En moins de rien tombe par terre, corn. Poly. iv, 2. || 3° Chose qui contribue à la félicité. Seul entre tous les grands par la reine invité. Ressentez donc aussi cette félicité, BAC. Esth. m, Ml 11 se dit en ce sens plus souvent au pluriel. Certes, ou les chrétiens ont d'étranges manies, Ou leurs félicités doivent être infinies, co.HN. Poly. IV, B. Je m'élève aujourd'hui au-dessus de toutes les félicités humaines, fléch. Serm. i, 3. .S'il [Boileau] a la bonté de vouloir s'amuser avec vous, c'est une des grandes félicités qui vous puisse arriver, et je vous conseille d'en bien profiter en l'écoutant beaucoup et en décidant peu avec lui, HAC. Lett. à son fils, vu. Ils vous répondront qu'ils ■.-.e changeraient pas leur tristesse prétendue contre ,outes les félicités de la terre, mass. Carême, Salut. :)ue vos félicités, s'il se peut, soient parfaites! volt. liaire, i, *. Allons apprendre au roi pour qui vous ;;ombattez, Mon crime, mes remords et vos félicités, :d. Adél. du Gucscl. v, B. || 4° Fortune qui favorise, heureuse chance. S'ils sont arrivés au port, tenant une route qui apparemment les en éloignait, il ne faut pas se fier pourtant à cette félicité aveugle qui les a guidés, balz. De la cour, 2° dise.
— REM. Voltaire dit que félicités ne se dit guère en prose au pluriel. Cette remarque n'est pas juste (voy. les exemples) .
— HIST. xm* s. Félicités est une chose qui vient par vertu del'ame, non pas dou cors, brun, latim, Trésor, p. 264. Félicitez n'est pas en jeuc, ne en choses qui sont de par jeuc, mais en celles qui sont de grant estude et travail, id. ib. p. 328. |{ xV s. Je ne i^ay en signorie félicité, excepté en une seule chose. — Plaise vous nous dire en quoi. — Certes en puissance de faire bien à autruy [paroles du roi Charles V], CHRIST. DEPisAN, Charles Y, m, 30. Prince, qui veut vivre en félicité, En l'amour Dieu, en honeur, en vaillance, E. desch. Ce qui est nécessaire aux rois. ||xvi' s. La mémoire et la pronuntialion
, ne s'apprennent pas tant par le bénéfice des lan- ; gués, comme elles sont données à chascun selon )a félicité de sa nature, dubei.lay, i, 7, verso.
— ÊTYM. Provenç. félicitât; espagn. felicidad; ital. félicita; du latin /ipjicttatem, de felix, heureUx, qui se rapporte, selon Freund, à l'inusité feo, produire (voy. fécond), et veut dire d'abord fécond : arbor fclix, arbre qui porte des fruits.
2. FÉLICITÉ, ÉE (fé-li-si-té, tée), part, passé. Félicité par tous ses camarades pour sa belleconduite.
FÉLICITER (fé-li-si-té), v. o. || 1° Exprimer à <juelqu'un que l'on prend part à la joie que lui cause an succès, un événement heureux ou agréable. Depuis peu on se sert d'un mot, qui, auparavant, îtait tenu à la cour pour barbare, quoique très- •wmmun en plusieurs provinces de France, qui est féliciter; mais aujourd'hui nos meilleurs écrivains ■30 usent, et tout le monde le dit, comme féliciter quelqu'un de, etc.. je vous viens féliciter de, etc.... ou simplement, je vous viens féliciter, vauof.l. Rem. t. I, p. 358, dans pougens. Je vous félicite
FEL
d'avoir M. de Roncières pour gouverneur, M. Rigaut pour confrère, et Mlle Caliste pour maltresse ou pour écolière; si le mot de féliciter n'est pas encore français, il le sera l'année qui vient, et M. de Vaugolas m'a promis de ne lui être pas contraire quand nous solliciterons sa réception, balz. Lett. à LhuiUier, (8 janv. (642. || On dit aussi féliciter sur. [Us] Viennent ici, dis-tu, pour me féliciter Sur ce comble de gloire où je viens do monter, coun. Tite et Bérén. u, i. Je viens avec respect essuyer ses hauteurs Et la féliciter sur mes propres malheurs, VOLT. Mariamne, ii, ). X peine fùmos-nous dans notre auberge (ju'un homme vêtu d'une robe violette, accompagné de deux autres en manteau noir, vint nous féliciter sur notre arrivée, to. Amabed, Lett. IJ. Il 2° Se féliciter, v. réft. S'applaudir, s'estimer heureux. Dans les plus violentes douleurs ils se félicitaient eux-mêmes et govitaient les plus pures délices, BOURDAL. Exhort. sur J. C. portant sa croix, t. H, p. 106. Les peuples.... se féliciteront d'avoir un roi qui lui ressemble, mass. Petit car. Grand. deJ. C. || Se faire compliment l'un à l'autre. Les pères et les mères de ceux qui étaient morts en combattant se Xélicitaient les uns les autres, et allaient dans les temples remercier les dieux de ce que leurs enfants avaient fait leur devoir; au lieu que les parents de ceux qui avaient survécu à cette défaite étaient inconsolables, rollin, Traité des Et. liv. v, 3* part. ch. 2.
— REM. Ce qu'il y avait de nouveau dans l'emploi de féliciter, c'était non le verbe lui-même qui est ancien comme on voit à l'historique, mais la signification ; féliciter ayant signifié au xv" et au xvi' siècle rendre heureux.
— HiST. XV* s. En cuidant prospérer ton chemin, féliciter [rendre heureux] ta vie et ta fortune, tu quis les variables et périlleuses habitacionsde dame court, G. CHAST. Exposition sur la vérité mal prise. Il XVI* s. Helas! fortune ennemie de gloire et marastre de prospérité, que t'ay-je mefTait, quand en mes jours florissants et au temps de ma douice jouvente, m'as laissé quelque temps féliciter [être heureux] à plaisir, et aux ennuyeux ans de ma chenue vieillesse me mets en exil perpétuel? i. d'anton, Ann. de Louis XII, de <B06 et )607, dans lacuhne.
— ETYM. Lat. felicitare, rendre heureux.
f FÉLIDE (ré-li-d'), s. m. Terme de zoologie. Nom donné à la tribu des chats.
— ÊTYM. Lat. felis, chat.
f I. FÉLIN, INE(fé-lin, li-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a de la ressemblance avec le chat; qui appartient au genre chat. La race féline, les chats. IJFig. Cette femme a des manières félines, une grâce toute féline.
— ÊTYM. Lat. felis, chjt.
t 2. FÉLIN (fé-lin) , s. /'.Ancien terme d'orfèvrerie et de monnaie. Nom d'un poids qui contenait sept grains et un cinquième, Edits sur les monnaies, t. VI. f" 164.
t FÉLIR (fé-lir), «;. n. Terme de zoologie. Menacer en soufflant à la manière des chats.
— ÊTYM. Lat. felis, cliat.
t FELLAH (fèl-la), s. m. Nom des paysans de l'Egypte. Les fellahs.
— ÊTYM. Arabe, felach, laboureur, t 1 . FELLE (fè-l'i , s. f. voy. fêle.
1 2. FELLE (fè-r), adj. Ancien adjectif qui était resté dans cette locution tombée elle-même en désuétude : felle de la dent; cela se disait du cheval rétif qui mord et qui rue.
— ÊTYM. Felle ou félon (voy. félon).
FÉLON, ONNE (félon, lo-n'), adj. || 1* Traître et rebelle; il se disait d'un vassal qui agissait contre la foi due à son seigneur. Un vassal félon, jl 2* Par extension , traître et méchant. Faites marcher contre eux des Scythes, des Gelons, Et, s'il se peut encor, des monstres plus félons, tristan, ttariamne, v, 2. Ainsi montraient leurs cœurs félons Les SaOls elles Absalons, Quand tu lésas soumis à celui qui t'adore, LA font. Poésies mêlées, Lxxiv. || Il se dit aussi des choses. L'air de ce pays [l'Afrique] m'a déjà donné je ne sais quoi de félon, qui fait que je vous crams moins et, quand je traiterai désormaisavec vous, faites état que c'est de Turc à More, voituke, Lett. 40. Insolence félone, du ryer, Scéiole, l, i.X peine il est entré que les cruelles dents Et les ongles félons [de la lionne] s'impriment dans ses flancs, la font. Captivité de St Malc. || 3° Substantivement. Ne me répondez point, félonne I j'ai de quoi vous confondre, lesage !rurcoret,ii, 3. Parleur belle détrempée Les félons seront honnis, v. hugo, Odes, iv, <2.
— lilST. XI* s. Des plus feluns, dix [ilj en ad ape-
FEL
lez, Ch. de Kol. v. Si vengez cels que li fels figi ocire, t'b. xiv. Mais tout seit fel [qui] cher ne sa vende primes [d'abord] , ib. cxli. Ce dist li reis : vous estes mi felun [félons à moi], ib. cclixviu. Si come fel qui relonie fist, ib. cclxxii. jj xii* s. Regart de félon, Ronc. p. 20. Là vit li rois un estor (combat] moût lelon, ib. p. H 3. Au mont [monde] n'a [n'y a], voir, si cruel traîson Qu'un bel semblant et courage félon, Couci, ix. Diexl quant crieront outrée. Sire, aidez à pèlerin, Pour qui [je] sui espouvantée; C.ir félon sont Sarrazin, Dame de Faiel, dans Couci. Car folenesiie gent a mult à guverner. Et pur ço li covient mult fier semblant mustrer, Th. le mart. 107.11 xm* s. Moût fit, celé journée, félon toms et cuivert, Berte, xxxiv. Mais chardon félon et poignant M'enaloient moult esloignant, la Rose, 1683, On ne doit pas tenir le bailli por sage, qui vers toz est fel éternels, beaum. 18. Et ce fesoie-je, pource que les danrées enchierissent en yver, pour la mer qui est plus felonnesse en yver que en esté, joinville, 267. Il XIV* s. Nous appelions fors et félons ceulx qui se courcent [courroucent] et aïrent là où il ne convenist pas, oresme, Eth. 129. || xv* s. Et on dit, et voir est, qu'il n'est si felle guerre que de voisins et d'amis, froiss. i, i, <28. Vieillesse félonne et fiere. Pourquoi m'as si tost abattu' villon, p. 2», dans LACURNE. Il xvi« S. Le chargeant de félonnes paroles et contumelieuses, mont, i, 4. Les félons ou dysenteries, PARÉ, V, 19.
— ÊTYM. 'Wallon, fel, vigoureux, fort; provenç. fel, felh, félon, felhon, fellon; espagn. /'<?Wo7i ; ital. fello, fellone; du bas-lat. felo, felbnis, qui est dans un capitulaire de Charles le Chauve. On ne remonte avec certitude que jusque-là; quant au reste, l'étymologie est incertaine. On remarquera tout d'abord que le bas-latin felo, felonis, est la bonne forme du mot, puisque le vieux français et le provençal disent au nominatif fel, et au régime félon; il faut donc un mot où l'accent se déplace; l'italien y concourt, puisque, disant fello, fellone, il traite ce mot comme il fait latro, latronem, dans ladro et ladrone. On a fait diverses conjecture.s. On a indiqué le latin fel, bile, d'où un adjectif signifiant bilieux, colère ; mais fel a donné le français fiel, l'italien fiele, l'espagnol hiel; il est donc probable que, si fel, félon, venait de là, il aurait la forme fiel, fielon. Diez propose l'ancien haut-allemand /ii(an, fouetter; d'où un substantif ^Uo, flagellateur, bourreau; cette étymologie a l'avantage de donner un nom en o, onis; mais, outre que le sens n'est pas trc.s-bon, fillo est un substantif supposé, et on ne connaît que le verbe fîllan. Duméril a signalé l'islandais fella, tuer, renverser, anglais (o /"c»; le sens n'est pas très-favorable. Grandgagnage remonte à l'anglais fell, féroce, qui se retrouve dans le hollandais fel, et le vieux frison fal ; ce mot rend a.ssez bien compte du félon des langues romanes, sauf qu'il y manque le sens de traître, sens qui sans doute a donné, par déduction, le sens de faible que, d'après Duméril, felle a en normand. Dans l'ancienne langue le féminin est fe'one.-se; c'est plus tard qu'on a fait félonne.
FÉLONIE (fé-lo-nie), s. f. || 1° Acte de félon, offense d'un vassal envers son seigneur, ou réciproquement du seigneur envers son vassal. Si ce no sont là des rébellions et des félonies manifestes, je n'en connais plus dans les histoires, boss. Variât. Déf. i" dise. § 27. Saint Louis dit que l'appel contient félonie et iniquité, montesq. Espr. xxviii, 27. Il Fig. Vous me jurerez de ne point commettre acte de félonie, J. J. Rouss. Hél. i, 3B. || 2° Par extension, mélange de méchanceté et de trahison. L'n nombre infini de mutins Ont assouvi leurs félonies, MALH. IV, B. Une des plus grandes marques que je puisse donner que l'air d'Afrique m'a inspiré quelque félonie, c'est que j'ai écrit déjà trois pages et que j'ai pensé achever cette lettre sans parler de Mme de Rambouillet, voit. LeU. 40.
— HIST. XI* s. Teches [il] a maies et moût granz félonies, Ch. de Roi. cxii. Li nostre deu [nos dieux] i ont fait félonie, l'b. clxxxiv. |1 xu* s. [11] Nous a venduz par sa grant félonie, lîonc. p. B6. Vous me portez rancor et félonie, ib. p. 82. Quant la dame s'oit si ramposner [maltraiter en paroles]. Vergogne [ellel en ot, si dit par félonie : Par Dieu, vassal, jel [je le] di pour vous gaber, quesnis. Romancero, p 108 Après la mort de Juda se levèrent li félon, et issirent à plain tuit cil qui félonie amoient, Machab 1 9 Quant tu avéras fet pardon à totosmci falenies, st bern. p. B3I. H xm* s. Etli.Grieu n'orenl mie encore la félonie fors du cuer, car moût e»toient desloial à celi tans, villeh. cxxxv. | xiv s. Et l8 vice qui est en superhabundance, il est ap-
FEM
pelle iracundie, c'est à dire felouio, ohksme, Eth. ta?. Il xvi's. Jamais fiere ty^resse, aux forests d'Arménie, Ne fit voir tant d'ardeur et tant de félonie, Alors qu'ayant suivi la piste du chasseur, Elle atteint de »es fans le cruel ravisseur, Amouri de Trùtan, p. iot, dans lacuhne.
— ÊTYM. Félon; provenç. fellonia, felnia, feunia ; espag. felonia; ital. fellonia.
FKLOUQUE (fe-Iou-k'), (. ^. Terme de marine. Petit bitiment étroit et long, à voiles et à rames. Il vous sera facile de noliscr à Zéa une felouque pour Chio ou pourSmyrne, chateaubr. /(in. i.
— ÊTYM. Porlug. falua; ital. feluca; de l'arabe faluka, navire, du verbe /ittafia, fendre les ondes.
FÊLUKE (fê-lu-r*), t. f. Fente d'une chose fêlée. Il serait très-inf^rat s'il faisait la moindre fêlure à la lormpctte qui est embouchée pour lui, voi-t. Letl. Urne de St-Julien, 3 mars «769. Si de ce soin brisé la douleur et l'extase S'épanchent comme l'eau des fêlures d'un vase, v. huoo, Crép. 39. || Fig. el familièrement. Léger trouble de l'inlelligenco. lia une fêlure.
— HIST. XVI* s. Fracture du crâne en forme de ligne, dite fente ou fêlure, pake, vu, *.
— ÊTYM. Fêler.
FEMELLE (fe-mW), s. f. || f Animal du sexe féminin. La femelle du singe. La femelle des oi.seaux (le rapine est plus grande, plus forte, plus hardie et plus adroite que son mâle; mais la femelle des oiseaux qui ne vivent point de rapine est plus petite et n'est pas si belle que son mile, tardip, Fauconnerie, >" partie, ch. t, dans hichelbt. II est, dans les femelles, des temps marqués pour la génération ; les mâles les attaqueraient vainement en d'autres temps, elles les repousseraient ou se soustrairaient à leurs recherches, bonnet, Contempl. nat. XI* part. cb. 4. || 2* Il se dit des femmes en termes de succession et de généalogie. Dans les deux premiers degrés de succession, les avantages des mâles et des femelles étaient les mÊmes, xoNTESQ. Fsp. xvui, 22. || 3* S'emploie familièrement lorsque l'on parle de femmes en mauvaise part. C'est une adroite femelle. Le père mort, les trois femelles Courent au testament, sans attendre plus tard, la font. Fabl. ii, 20. Le galetas devint l'antre de la sibylle; L'autre femelle avait achalandé ce lieu, m. ib. vu, <6. Cette passion Ëtait crue viec l'âge au cœur des deux femelles, lo. Ifatr. Il Par plaisanterie. Nous la trouvâmes [Mme de Gbaulnes] accompagnée pour le moins de quarante femmes ou filles de qualité; pas une qui n'eût un beau nom ; la plupart étaient les femelles de ceux qui étaient venus au-devant de nous, sêv. 447. l] 4" Adj. Un serin femelle. Une perdrix femelle. ,1 Fig. 0 est un démon femelle, se dit d'une femme très-méchante. || Familièrement. Le peuple femelle, les femmes. Cette opinion de la place qu'elle [Mme de Saint-Simon] allait remplir se trouva répandue parmi le peuple femelle de la cour, st-siu. 272, *77. 116° Terme de botanique. Il se dit de l'organe destiné à donner le fruit. Le pistil est l'organe femelle. Il Fleur femelle, celle qui ne porte que des pistils. Palmier femelle. Ëpi femelle. || 6* Duché femelle, celui qui pouvait être possédé par les femmes. Les duchés d'Albret et de Château-Thierry ne sont point femelles dans leur première érection, st-sim. <9, 226. Il 7° Dans le langage de différents arts, se dit des parties qui en reçoivent d'autres. Il La branche femelle des forces, celle qui est Qxce â la table du tondeur. Il se dit par opposition à la branche mâle, qui est mobile. || Bout femelle d'un tuyau de conduite, celui dans lequel entre le bout mâle. || En chirurgie, branche femelle d'un instrument à deux branches, celle qui reçoit l'autre Il coulisse ou de toute autre manière. || Terme de marine. Mâles et femelles sont des noms que quelques-uns donnent aux gonds et aux rosettes qui servent de ferrure pour suspendre le gouvernail i l'étambot, desboches, ic87, dans jal. || Substantivement, une femelle, morceau de fer scellé dans le mur et creusé pour recevoir le pivot d'un vantail de porte cochère. || 8* Terme de commerce. Femelle claire, plume d'autruche noire et blanche dans laquelle le blanc domine. Femelle obscure, la même espèce de plumes, lorsqu'il y a plus de noir que de blanc. || Proverbe. Les effets sont des mâles, et les promesses sont des femelles, c'est-à-dire il n'y a d'assuré et de ferme que les actes.
— HlST. xm* s. La femelle de l'oliphant Aproisme [l'approche] à l'erbe maintenant, du canoe, approximare. Et dé ce droit descent jeointure de maie et de fumele que nos apelons mariage, Lit. de Just. 1. Il XVI* s. Le masle n'a la fumcUe en mespris, '. HAROT, V, 287. Incontinent, desloyalle femelle, Que
FÉM
j'aurai laict et escrit ton libelle, Entre les mains le mcttray d'une femme Oui appellée est Renommée ou Famé, marot, i, 3i)(.
— ÊTYM. Wall, frumèle; namur. fumèle; Halnaut, fuméle, feuméle; Berry et pic. fumelle; provenç. femel; du lat. femella, diminutif de femina, femme (voy. femme).
t FEMELOTS (fe-me-lo), t. m. pi. ou FEMELLES (fe-mè-r), X. f. pi. Terme de marine. Pentures i deux branches et en fonte qui reçoivent les aiguillots du gouvernail et qui le portent.
— ÊTYM. Femelle.
t FÉMINIE (fé-mi-nie),f./. L'ensemble des femmes, les habitudes desfemmes, le domaine des femmes; motexcellent qui s'est malheureusement perdu.
— HlST. xii* s. Rois, ne croiez mie Cent de femenie; Mais faites ceus apeler Qui armes sachent porter, uuks de la fertÎ, Romancero, p. t»2. Il XIV* s. Avec eux vinrent tant de suitte de dames et damoiscllcs, qu'il sembloit que le royaume de feminie y fut arrivé, Lett. de Louis XII, 1. 1, p. 49, clans LACUBNR. Saincte Mariel Et lousjours femmes! Femmes àdextre et à senestre; Je ne sçais se c'est songe ou faintie; Sui-je au pays de femmenieT liist. du th. fr. t. II, p. ( 27.
— ÊTYM, Femme.
fFÈMlNlFLORE (fé-mi-ni-flo-r'), adj. Terme de botanique. Qui porte des fleurs femelles.
— ÊTYM. Lat. femina, femme, et flos, fleur.
t FÉMINIFORME {fé-mi-ni-for-m'), Odj. Terme didactique. Qui a la forme d'une femme. || Terme de grammaire. Qui a la désinence du féminin.
— ÊTYM. Lat. femina, femme, et forme.
FÉMININ, INE (fé-mi-nin, ni-n'), adj. \\ 1* Qui
appartient au sexe caractérisé physiologiquement par l'ovaire chez les animaux et chez les plantes. Sexe féminin. || 2* Qui appartient aux femmes ou leur est propre. Voyant les défauts du féminin ouvrage [de la femme], béonier. Sol. vn. Et ce sont vrais Satans dont la gueule altérée De Thonneur féminin cherche à faire curée, mol. Éc. desf. ni, t. La police féminine y triomphe, maintenon, Lelt. à d'Aubigné, 14 mai (682. Abusé fut par le malin esprit, Qu'il épousa sous féminin visage, la font. XIV. J'admire les ressorts de l'esprit féminin, Quand il est agité de l'amoureux lutin , regnard , Fol. amour, ii, <o. Il est certain qu'en général votre espèce féminine va plus loin que la nôtre, volt. Lelt. Mme du Deffant, 4 mai 1772. || 8° Qui tient de la femme. Cet homme a un visage féminin. Il 4° Terme de grammaire. Noms féminins, noms qui représentent les êtres femelles , ou ceux qui sont considérés comme tels. Genre féminin, genre attribué à ces noms. || Adjectif féminin , pronom féminin, celui qui a la forme alTcctée à ce genre. Il Terminaison féminine, celle que forme l'e muet. Il Dans le même sons, vers féminin, rime féminine. Il S. m. Le féminin, le genre féminin. Bon fait bonne au féminin. || Le féminin réel, le féminin attribué à ce qui est véritablement femelle: le féminin de convention, le féminin attribué a des objets qui, par eux-mêmes, n'ont aucun genre. —HIST. xu* s. E à la pense [pensée] féminine [elle] avoit mis coraige de masle, Uachab. ii, 7. Il xni* s. Et si li hom a esté nouris en liu de feme, il sera en aucune cose féminins, llist. litt. de la Fr. t. xxni, p. 720. Il XIV* s. Fuir choses pénibles et laborieuses, ce est une molesce et vient de féminin et de chetif courage, oresme, Eth. 83. || iv* s. Port femenin en corps bien fait et gent.... De ces grands biens est ma dame garnie, ch. d'Orl. Bal. «. Qui les meut à ceT j'imagine (Sans l'honneur des dames blasmcr). Que c'est nature féminine Que tous vivans veulent aymer, villon, La belle Jleaulmière, Vauleur. || xvi* s. Cueur femenin se mue el prent secours. Comme la lune estant en son descours, I. MABOT, p. 229. Eli rimes toutes féminines, TVER, p. 627. Ainsi despitant le féminin genre, notre Claribel chevauche l'espace de trois journées, ID. p. 641.
— ÊTYM. Bourguign. femignirt ; génev. fimtlin, frêle, délicat; provenç. femenin, féminin; catal. /'emeni; espagn. femenino; ital. /Imimmino; du lat. femininus, de femina, femme. Dans l'ancien français on disait aussi femelin.
' t FÉ.MIMNITÊ (fé-mi-ni-ni-té), s. f \\ !• Terme de physiologie. Ensemble des attributs qui caractérisent le sexe femelle, et qui expriment au dedans et au dehors les différences du féminin et du masculin. || 2° Terme de grammaire. Qualité de ce qui est féminin. La fémininité d'un mot.
— HIST. lui* s. La femele, qui est froide por la féminité qui enli est, brun, latini. Trésor, p los.
FEM
— ÊTYM. Fimimn.
FÉMINISÉ, ËB (fé-mi-ni-zé, zée), part. païU. Huil>', ctymologiquement masculin, est un mot fémini.sé par l'usage.
FÉMIMSER (fé-mi-ni-zc), v. a. || 1* Terme de grammaire. Donner i un mot le genre féminin. [Dans la langue huronne] En di.sant d'une femme qu'elle est un homme, on féminise le mot homme, CHATEAUBR. Amir. Langues indienrus. || 2* Rendre elTéminé. Féminiser les manières. || 8* Se féminiser,
0. r<ll. Devenir efféminé. Ses manières se féminisent tous les jours.
— ÊTYM. Fiminin.
FEMME (fa-m'), t. f. || 1* L'être qui dans ^esp^ce humaine appartient au sexe féminin ; la compagne de l'homme. Et perdez-vous encor le temps avec des femmes? corn. Ilor. ii, 7. Que la vengeance est douce à l'esprit d'une femme I id. Cinno, v, 2. Mon père, je suis femme et je sais ma faiblesse, in. PcJy.
1, 4. Quoi que veuille exiger une femme adorée, id. Othon, II, 4. Vous aimez, vous plaisez, c'est tout auprès des femmes, id. Pulch. ni, s. Toute femme est puis.sante avecque la beauté, kotrou, Uélit. i, 2. Et femme qui compose en sait plus qu'il ne faut, MOL. Éc. des f. i, I. Ces femmes qui donnent toujours le petit coup de langue en passant, m. Impr. I . Que le cœur d'une femme est mal connu de tous. Et que tous savez peu ce qu'il veut faire entendre, Lorsque si faiblement on le voit se défendre I id. Tart. IV, 6. Je ne suis pas de ceux qui disent, ce n'est rien, C'est une femme qui se noie; Je dis que c'est beaucoup; et ce sexe vaut bien Que nous le regrettions, puisqu'il fait notre joie, la fort. Fabl. m, <6. C'étaient principalement des femmes qui dogmatisaient sous le voile de la .sainteté.... on ne les épargna pas sous prétexte qu'elles étaient femmes et qu'elles étaient ignorantes, boss. Étals iaraùon, i, M. Elle ne voit que des femmes; mais les femmes sont aussi dangereuses que les hommes, MAINTENON, Ltlt. ou cord. de iSoailles, 6 oct. 4708. Je sais mes perfidies, Ënonc, et ne suis point de ces femmes hardies Qui, goiitant dans le crime une tranquille paix, Ont su se faire un front qui ne rougit jamais, hac. Phèd. m, 3. Les hommes et les femmes conviennent rarement sur le mérite d'une femme; leurs intérêts sont trop différents, LA BRUY. m. Il y a dans quelques femmes une grandeur artificielle attachée au mouvement des yeux, à un air de tête, aux façons de marcher, et qui ne va pas plus loin, m. ib. La plupart des femmes n'ont guère de principes, elles se conduisent par le cœur, m. ib. Un homme qui serait en peine de connaître s'il change, s'il commence i vieillir, peut consulter les yeux d'une jeune femme qu'il aborde et le ton dont elle lui parle, id. ib. Il arrive quelquefois qu'une femme cache à un homme toute U passion qu'elle sent pour lui, pendant que de son côté il feint pour elle toute celle qu'il ne sent pas, id. i6. Ce qui prouve bien que les femmes n'ont point de si cher intérêt que celui de leur beauté, lesage, DiabU boit. ch. ». Si une femme [dans les temps féodaux] appelait quelqu'un sans nommer son champion [dans les duels judiciaires], on ne recevait point les gages de bataille; il fallait encore qu'une femme fût autorisée par son baron, c'est-à-dire son mari, pour appeler ; mais sans cette autorité, elle pouvait être appelée, montesq. Esp. XXV, 25. Elle parait bien ferme dans la résolution de supporter ma solitude; les femmes ont plus de courage qu'on ne croit, volt. Lett. Riclielieu, 6 janT. (755. Les femmes, qui sont partout en pareil nombre que les hommes, à un quinzième ou seizième près, selon les observations de ceux qui ont calculé avec plus d'exactitude ce qui concerne le genre humain, id. Mœurs, t. Les femmes, ayant les os plus ductiles que les hommes, arrivent en général à une plus giande vieillesse, buff. Prob. de la vie, t. x, p. 5(5, dans pouckns. Je vois, dans le moment actuel, plusieurs femmes en France qui cultivent les lettres avec gloire et dans différents genres, gsnlis. Veillées du clidt. t. m , p. 207, dans
pouGENS Telle femme est charmante, entre
nous. Dont on serait fâché de devenir l'époux, COLLIN d'hablev. Vieux célib. 1, 8. Tous les soins d'une femme ont un charme si doux, noas, .4bu/ar, 1, 3. Et Jorsiiu'elle a péri sous les coups des bourreaux, La femme a disparu pour n offrir qu'un héros, LEGOUVÊ, Épichar. et Nir. t, 5. Cest la pure amitié; tendre sans jalousie. Des hommes qu'elle unit elle enchaîne la vie ; Mais auprès d'une femme elle a plus de douceur; C'est alcrs que d'Amour elle est Traiment la sœur.... On a moins qu'une amante, on a plus qu'un ami, id. Mirite dcsfrmmet.
ô femmes, c'est à tort qu'on vous nomme timides; X la Toix de vos cœurs vous êtes intrépides, legouvê, )iérite des femmes, Ce fut là [dans laBérésina] qu'on a perçut des femmes, au milieu des glaçons, avec leurs enfants dans leurs bras, les élevant à mesure qu'elles s'enfonçaient; déjà submergées, leurs bras roidis les tenaient encore au-dessus d'elles, séguh, Hist. de \ap. ïi,». Il Elle est femme, elle est bien femme, elle a les penchants, les qualités, les grâces, les faiblesses ordinaires à son soie. Elle flotte, elle hésite, en un mot elle est femme, rac. Ath. m, 3. H Être femme à, n'être pas femme à, avec un verbe à l'infinitif, être capable de, n'être pas capable de. Elle est femme à se marier, si on ne la marie. Elle n'est pas femme à se laisser séduire. || Terme d'ancienne législation. Femme de corps, femme de condition serve. Femme franche, femme de condition libre et non serve. Il 2° Familièrement. Une bonne femme, une femme dont le caractère est simple et bon. Madame Dorval, c'était son nom, était ce qu'on appelle une bonne femme, duclos Confess. comte de ***, Œuvres, t. VIII, p. (20, dans pougens. || Par extension. Bonne femme, une femme âgée. Elle vit sous la conduite d'une bonne femme de mère qui est presque toujours malade, mol. Avare, i, 2. Ma bonne femme de mcre aura dit quelque chose de mal à propos, DANCOURT, Bourg, d la mode, m, 4 2. || Une bonne femme, une femme d'une condition inférieure. Il Contes de bonne femme, contes qui ne méritent aucune créance, et que peut seule croire une vieille femme ignorante. || Remède de bonne femme, un de ces remèdes dont la connaissance est familière aux femmes âgées. Cest encore une bonne femme qui en guérit [du ver solitaire], et le grand Tronchin en raisonne fort bien, volt. Lett. Mme du Deffant , 22 avr. (764. Il S" Une maîtresse femme, femme pleine de fermeté, qui sait bien gouverner sa maison. Il 4° Épouse. Il vaut mieux demeurer avec un lion et avec un dragon que d'habiter avec une méchante femme, saci , Ecclésiastique, xxv, 23. ô mère, ô femme, fi reine admirable et digne d'une meilleure fortune, si les fortunes de la terre étaient quelque chose ! noss. Reine d'Angl. Une femme forte, pleine d'aumônes et de bonnes œuvres, précédée, malgré ses désirs, par celui que tant de foiselleavaitcrudevancer,iD./ereWier. Considérez ce liuo peut dans les maisons la prudence d'une femme .sage pour les soutenir, pour y faire fleurir dans la piété la véritable sagesse et pour calmer des passions violentes qu'une résistance emportée ne ferait qu'aigrir, m. Harie-Thér. C'était la femme prudente qui est donnée proprement par le Seigneur, ID ib. Son imprudente flamme Du tyran de l'Épire allait ravir la femme, rac. Phèdre, m, 5. J'ai vécu pour venger ma femme et ma patrie, volt. Tancr. v, 6. Les rois francs, Contran, Caribert, Sigebert, Chilperic, Dagobert, avaient eu plusieurs femmes à la fois, sans qu'on eût murmuré, ID. ilœurs, 30. Il Ma femme, expression dont un mari .se sert en parlant à sa femme ou en parlant d'elle. Je vous nomme monsieur, appelez -moi madame, Ma femme est si bourgeois, hauterocue, Bourg, de qualité, II, 6. X moins d'être du peuple, on ne dit point ma femme, boubsault, Hots à la mode, se. *. Ma femme est toute aimable; oui, mais elle est ma femme, desto'JCHes, Phil. marié, i, 4. || Prendre femme, se marier. Et de quelque façon que vous tourniez l'affaire. Prendre femme est à vous un coup bien téméraire, mol. Éc. des f. i, i. J'aurais bien mieux fait, tout riche que je suis, de m'alli<!r en bonne et franche paysannerie que de prendre une femme qui se tient au-dessus de moi, id. G.Dandin, i, 4 . Il Chercher femme, chercher à se marier. Que le bon soit toujours camarade du beau. Dès demain je chercherai femme, la font. Fabl. vu, 2. || Femme de bien, femme d'honneur, femme qui se conduit bien. Une femme d'honneur peut avouer sans honte Ces surprises des sens que la raison surmonte; Ce n'est qu'en ces assauts qu'éclate la vertu, Et l'on douted'un cœurqui n'a point combattu, corn. Poly. I, 3. Croyez-moi, celles qui font tant de façons n'en sont pas estimées plus femmes de bien, mol. Critique,3. Il Terme de jurisprudence. Femme commune, femme mariée sous le régime de la communauté. Femme non commune, se dit au contraire de celle dont le contrat porte qu'il n'y a point de commu- Bauté entre elle et son mari. La femme ne peut ester en jugement sans l'autorisation de son mari, quand même elle serait marchande publi(|ue, ou non commune, ou séparée de biens. Code kap, art. 2(5. Il 5" Celle qui est ou a été mariée, par opposition à fille. Les femmes et les filles. || 6° Il se dit quelquefois et familièrement de celle qui est par-
venue & la nubilité. la vtillà bientôt femme. Il 7° Femme de qualité, femme appartenant à la noblesse. Il Femme d'épée, se disait pour femme appartenant à la noblesse d'épée ; et femme de robe, pour femme appartenant à la noblesse de robe. Je ne veux voir que des femmes de qualité, s'il vous platt. — Eh bieni oui, des femmes de robe. — Non, monsieur, des femmes d'épée ; c'est mon faible que les femmes d'épée, je vous l'avoue, dancourt, les Bourgeoises à la mode, iv, 6. Je lui dis des duretés qu'un petit-maître n'oserait dire à une femme de robe, lesage, Crisp. riv. de son maître, se. 4 6. il 8° La femme une telle, se dit en parlant d'une femme d'une condition peu relevée. Cet ami pourra-t-il trouver la femme Armand? collin d'harlev. Vieux célib. iv, 2. || La femme une telle, se dit aussi en justice. || 9" Envie, fantaisie de femme grosse, désir subit, appétit pressant, souvent désordonné, qui saisit parfois une femme enceinte. || Fig. Il se dit de toute espèce de désir vif et peu raisonnable. Il 10° Femme de chambre, femme attachée, moyennant salaire, au service intérieur et particulier d'une personne du sexe. Tel prince qui écrit comme une femme de chambre, a été fort mal élevé, volt. Dict. phil. Charles IX. Oïl trouver une femme de chambre discrète? voilà la sixième à laquelle je donne ma confiance, genlis, Thédt. d'éduc. les Dangers du monde, m, T.W Au plur. et absolument. Femmes, se dit de plusieurs femmes de chambre attachées au service de la même personne. Elle appela ses femmes. Ses femmes, à toute heure, autour d'elle empressées, rac. Bérén. iv, «. Femmes, gardes, vizir, pour lui j'ai tout séduit, id. Bajas. i, 3. Il Femme de charge, femme attachée au service d'une maison, pour avoir soin du linge, de la vaisselle d'argent, etc. || Femme de ménage, femme du dehors par laquelle on fait faire son ménage. || Se dit aussi de la maîtresse de maison. C'est une excellente femme de ménage. || Femme de journée, femme qu'on emploie à la maison pour un travail quelconque , et que l'on paye à tant la journée. Il 11° Femme publique, femme qui se livre à la prostitution. Charlemagno avait tâché de bannir absolument de Paris les femmes publiques; il avait ordonné qu'elles seraient condamnées au fouet, et que ceux qui les auraient logées, ou chez qui on les aurait trouvées, les porteraient sur leur cou jusqu'au lieu de l'exécution, saint-foix, Ess. Paris, Œuv. t. m, p. 72, dans pougens. || Femme de mauvaise vie, femme perdue, femme livrée à la débauche. Il 12° Sage-femme, voy. sage-femme. || 13° Fig. C'est une femme, une vraie femme, se dit d'un homme sans énergie, sans courage. || Demi-femme, se dit quelquefois d'un homme efféminé , mou comme une femme. En vérité , c'est une demifemme. Il On dit qu'un homme fait la femme, lorsqu'il est oisif, efféminé. || 14* Femme, dans le langage très-familier, signifie souvent maîtresse. Faire une femme. X chaque instant il change de femme. Il 15° Femme, se prend quelquefois adjectivement. Rien ne pèse tant qu'un secret; Le porter loin est difficile aux dames; Et je sais même sur ce (ait Bon nombre d'hommes qui sont femmes, la font. Fabl. VIII, 6. J'ai été très-contente de Mme la duchesse de Guiche; elle m'a paru moins femme que je n'avais cru, maintenon, Lett. au card. de Noailles, 29 juin. 4 608. 11 est vrai que rien n'est plus ridicule que de voir un nombre infini de femmelettes et d'hommes non moins femmes qu'elles.... volt. Dict. phil. Médecins. || 16° Femme, pour femelle, en pariant d'animaux. Le castor est jaloux, et tue quelquefois sa femme pour cause ou soupçon d'infidélité , ciUTEAUBR. Amer. Hist. natur. Castors. Il 17°Terme de zoologie. Femmes marines, ou poissons-femmes, nom vulgaire donné aux lamentins, aux dugongs, etc. || Proverbe», Maison faite et femme à faire, c'est-à-dire il faut acheter une maison toute bâtie, et épouser une jeune femme qu'on puisse accoutumer à son genre de vie. || Ce que femme veut, Dieu le veut, se dit pour exprimer que les femmes par leur persévérance finissent toujours par faire ce qu'elles veulent. || Le diable bat sa femme et marie sa fille, se dit quand il pleut et fait soleil en même temps.
— HIST. XI' s. Ki abate femme à terre pur faire lui forze, i. de Guill. 1 9. [Ils] ne reverront lur mères ne lur femmes, Ch. de Roi. cvii. || xii* s. Puis tourne arrière comme famme adoulée [affligée], Ronc. p. 4 75 II xiii° s. De là s'en ala il vers le roi Phelipe d'Alemaigne, qui sa serour avoit à famé, viLLEH. XLii. Ne qu'à Pépin le ber [je] soie famé espousée, Berte, xliii. Pourquoi ne prenez famé? serez toujours ainsi ? «6. cviii. Après mourut sa famé.
FËM
la royne au vis clair, t6. m. Une jeune pucele.... Qui gentis fime estoit, li rois ot fait nourrir [élever], ib. Lxxxvii. Honeste coze est et bone à bailli qu'il ne sueflre pas que feme soit mise en prison por fas [faux] accusement ne por nul cas, se n'est par cas de crieme, beaum. 44. Car nous avon deui seurs à femmes, et .sont nos enfans cousins germains, joi.Nv. 200. Par desus toutes ces choses, le roy donnoit chascun jour si grans et si larges aumosnes aus poures de religion.... i femmes decheues....queà peine pourroit l'en raconter le nombre, iD. 29«. L'aide de Dieu ne vient pasà la volonté de cels qui veulent vivre comme femmes, brd» LATiNi, Trésor, p. 814. ||iiv s. Qui trop sa femme croit en la fin s'en repent, Guescl. «2«3. || jv" s. Et estoit l'intention du duc qu'il emmeneroit avec lui femme et enfans, et feroit mariage en Castille et en Portugal avant que il retournast, froiss. ii, m, 32. Mon frère, je suys de la nature des femnves : quant l'on me dit quelque chose en termes obscurs, je veulx savoir incontinent que c'est. Lettre d< Louis XI, Bibl. des ch. 4° série, t. i, p. (O. || xvi' s. Beauté de femme n'enrichist homme, génin, Récréât, t. Il, p. 235. Où il y a chiens, il y a puces; où il y a pains, il y a souris; où il y a femmes, il y adiables, ID. t'b. p. 240. Pren le premier conseil de la femme et non pas le second, id. t6. p. 248. Aucun n'est tenu à faire loy pour simple bateure qu'il a faite à son servant, ne à son filz, ne à son nepveu, ne à sa fille, ne à sa femme, ne à aucun qui soit de sa mesiiie; car l'on doit entendre qu'il le fait pour les chastier. Ane. eout. de Norm. C 4 04, dans lacurne. Oui bat sa femme, il la fait braire; Qui la rebat, il la fait taire, bouchet, Serëes, p. 4S4 , dans lacurne. Abreuver son cheval à tous gi«3tz, Mener sa femme à tous festins. De son cheval on faict une rosse. Et de sa femme une eatin, leboux de linct, Prov. t. i, p. 21». Bonne femme, bon renom, patrimoine sans parangon, id. ib. p. 2)0. Ce que le baron [le mari] ayme,femmeaen hayne, id. ib.p, 221. Deux femmes font un plaid , trois un grand caquet , quatre un plein marché, m. ib. Femme et melon à peine les cognoist-on, m. ib. p. 222. Femme qui envi file porte chemise vile, id. ib. p. 224. La femme est la clef du ménage, id. 16. p. 226. Les femmes fenes- Irieres et les terres frontières sont mauvaises à garder, id. 16. p. 228. Souvent femme varie, bien fcï est qui s'y fie, François i"
— ETYM. Wallon, feume; bourguign. faune ; nivernais, fonne .-provenç. feme,femma, femena; anc. catal. fembra ; espagn. hembra; porlug. femca; ital. femmina; du latin fœmina ou fxmina; d'après les derniers étymologistes, d'un radical foe , qui se trouve dans fœtus, fecundus, et de mina, grec (itvri, suffixe participial, de sorte que fœmina, participe du moyen, signifierait celle qui nourrit, allaite.
FEMMhXKTTE (fa-me-lè-f), t. f. || 1" Femme légîre, ignorante, sans conséquence. Leur etreur découverte était à demi vaincue par sa propre absurdité; c'est pourquoi lis s'attaquaient à des ignorants, à des gens de métier, à des femmelettes, à des paysans, et ne leur recommandaient rien tant que ce secret mystérieux, bossuet, Fano<. xi, §32. Comment les stoïciens n'eussent-ils pas cru aux oracles? ils croyaient bien aux songes; le grand Chrysippe ne retranchait de sa créance aucun des points qui entraient dans celle de la moindre femmelette, F0NTEN. Oracles, i, 8. En cherchant à douter de la divinité, il [le duc d'Orléans] courait les devins et les devineresses, et montrait toute la curiosité crédule d'une femmelette, dl'clos, Mém. régence, Œuvres, t. v, p. 202, dans pougens. La moindre femmelette de ce temps-là [siècle da Louis XIV] vaut mieux pour le langage que les Jean-Jacques, les Diderot, d'AIembert, p. L. cour. Lett. 11, 67. || 2° Fig. Homme qui a des manières féminines. C'est une vraie femmelette, comment supportei-a-t-il les fatigues de la guerre s'il est appelé à l'armée?
— HIST. XV' s. Le soulphre vulgal.... Et n'est bon qu'à ces femmelettes Qui botellent des allumettes. Traité d'alch. 48. Aussi ces pauvres femmelettes Qui vieilles sont, et n'ont de quoy.... Hz demandent à Dieu, pour quoy Si tost nasquirent, ne à quel droit, VILLON, Ballade en vieux langage. |1 xvi* s. Mais quelle durté est soubs vos peaux tant doucettes? Maint amant vous re(|Uiort; rcspondez, femmelettes, MABOT, m, 46. Ces femmes ne sont pas comme nos femmelettes Qui font par le mestier promener les navettes En ourdissant la toile, ou tournent le fuseau. Ou roulent le filet autour d'un devideau RONSARD, 844. Mille femmelettes ont vescu au village une vie plus equable, plusdoulce et plus constante que ne feut la sienne [de Cicéron], mont. ;i, »0».
FEN
— ÉTYM. DimlnuUfde femme i lomgmga. fammeldle. On trouve dans l'ancienne langue ^emnifWc.
tFf;MORAL,ALK(ré-mo-ral,ra-r),ac/;. || l"Terme ilanalouiie. Oui a rapport ou qui appartient au fémur, à la cuisse. Les muscles fémoraux. {| î" Terme (le chirurgie. Hernie fémorale, hernie qui s'échappe jous le ligament de l'oupart.
— f.TYM. Voy. FÉMUR.
t fCmORO-TIDIAL, ALE (fé-mo-ro-ti-bi-al, a-1'), aci}. Terme d'anatomie. Qui a rapport au fémur et au tihia. Articulation fémoro-tibiale.
FÉMUR (fé-fflur), t. m. |{ 1" Terme d'anatomie. L'os de la cuisse. {| 2' Terme d'entomologie. La promlÈre partie des pattes des insectes.
— Etym. Lat. fémur, fcmoris, cuisse.
t FENAGE (fe-na-j'),i. m. Terme de féodalité. Droit sur les foins.
— IIIST. XVI' s. La rente des prez et la coustume que l'on appelle fenage, du cange, fenagium.
— ETYM. Lat. fenum, foin.
FECNAI.SON (fe-né-zon), s. f. Action de couper les foins; temps où se fait cette coupe. On peut hien, ii la vérité, faire une tragédie, une comédie, ou deux ou trois chants d'un poSme, dans une semaine d'hiver; mais vous m'avouerez que cela est impossible dans le temps de la fenaison et des moissons, volt. /.cl(. d'i4r(;e/i(a/, 21 juin t7iii. || Action de dessécher les produits des prairies naturelles et artificielles.
— HIST. XVI" s. Les moissons tallonnans les fenaisons, ces deux récoltes assemblées donnent trop de fatigue au niesnager, o. de serres,2269.
— ÉTYM. Lat. fenum, foin.
t FENASSE (fe-na-s'), s. f. Un des noms vulgaires du sainfoin.
— ETYM. Foin ou fain, avec la désinence péjorative asse.
{. FENDANT (fan-dan), f. m. Celui qui veut se faire passer pour bravo, se faire craindre. Faire le fendant. N'étant passe-volant, soldat ni capitaine Depuis les plus chétifs jusquos aux plus fendants, RtlGNiER, 5a{. xiii. Faire ici du fendant pendantqu'on nous sépare. C'est montrer un esprit lâche autant que barbare, corn, la Veuve, iv, 3. Lesquels feront bien les fendants, scarr. Virg. vi.
— mST. XVI' s. Un fierrabras, un rodomont, un taillant, fendant, pasquiek, Lettres, 1. 1, p. 676. [Pour l'exécution du président lirisson] sortirent de la maison de Cornouaille plusieurs fendants [coupe-jarretsj, ID. ib. t. Il, p. 392.
— ETYM. Fendre.
2. FENDANT (fan-dan), s. m. Terme d'escrime qui vieillit. Coup de taiiia appliqué de haut en bas. Et, entrant au combat, il reçut d'abord un fendant sur le jarret, dont il perdit beaucoup de sang, d'a- BLANCOUHT, Lucien, Toxaris.
— ETYM. Fendre.
FENbEUlE (fan-de-rie) , s. f. || 1° Terme de métallurgie. L'art, l'action de fendre le 1er, de le séparft- en verges après qu'il a été mis en barres. !l Partie d'une forge oïl l'on fend le fer, en barres ou en toute autre forme. C'est par cette raison que les fers destinés à passer à la fenderie ou à la batterie, ne demandent pas à être fabriqués avec autant de soin que ceux qu'on appelle fers marchand.?, qui doivent avoir toute leur qualité, huff. Hin. Introd. Œuv. t. VII, p. 84, dans poucens. {| 2° Machine pour faire des verges carrées de fer. || Autre machine à fendre le bois en baguettes.
— ETYM. Fendre.
FENDEOR, EUSE (fan-deur, deû-z"), s. m. et f. Il l" Celui, celle qui fend. Ce vizir lîaltagi Mehemet avait été fendeur de bois dans le sérail, volt. Russie, II, I . Il Fig. Un fendeur de naseaux, un bravache. Cette locution a vieilli. || i' S. m. Ouvrier qui travaille à fendre le fer, l'ardoise, etc. || 3" S. f. Kendeuse, ouvrière qui fend les roues des montres et des pendules.
— ETYM. Fendre
FENDILLÉ, ÉE (fan-di-llé, liée. Il mouillées), part, passé. Oui présente un grand nombie de petites fentes. Une surface fendillée.
t FENDILLEMENT (fan-di-lle-man, «mouillées), t. m. Action du bois qui se fendille.
— ETYM. Fendiller; provenç. fendillament. PENDILLER (SE) (fan-di-llé, H mouiKécs, et non
fan-di-yé) , v. réft. Il se dit du bois et de toute maliire dans laquelle il se forme de petites fentes, dos gei-çures. La surface de ce bloc immense s'est divisée, fêlée, fendillée, réduite en poudre, par l'impression des agents extérieurs, bufp. Miner, t. i, p. sa, dans pougens.
— HIST. XVI' s. Quand ces terres sont un peu trop cuittes, elles sont sujettes à se brusler, noircir et
FEN
fendiller, palissy, »ot. Et sommes advertis que le massif se dément quand nous voyons fendiller l'enduict et la crouste de nos parvis, mo.nt. i, 338.
— ÉTYM. Diminutif de fendre; prov. fendilliar.
t FENDILLES (fan-di-ll', U mouillées) , s. f. pi. Petites fentes produites dans le fer en le forgeant.
— ÉTYM. Voy. FENDILLER.
I FENDIS (fan-di), *. m. Dernière division de l'ardois'j.
— ÉTYM. Fendre.
FENDOIR (fan-doir), ». m. Outil quisert à fendre.
— ÉTY.M. Fendre.
FENDUE (fan-<lr'), je fends, tu fend^, il fend, nous fendons, vous fendez, ils fendent; je fendais; je fendis; je fendrai, je fendrais; fends, fendons; que je fende, que nous fendions; que je fendisse; fendant; fendu, v. a. || 1' Diviser un corps dur ou résistant dans le sens do sa longueur. Fendre du bois. Fendre la t£te d'un coup de sabre. Fendre la terre avec une charrue. Vous écraserez contre terre leurs petits enfants, et vous fendrez le ventre aux femmes grosses, saci, Hois, iv, viii, I2. Je vais te fendre en deux, comme les chevaliers du temps passé fendaient les géants qu'ils rencontraient, le- SAGE, Viable boit. ch. 7. L'archevëijue, la bulle à la main, fit massacrer tous les convives ; on fendit le ventre au grand prieur de l'ordre de St-Jean de Jérusalem, et on lui arracha le cœur, volt. Moeurs, 130. L'officier, qui ne peut exercer aucun métier, fut réduit à fendre et à porter le bois du soldat devenu tailleur, drapier, menuisier, ou maçon, ou orfèvre, et qui gagnait de quoi subsister, id. Charles XII, t. Ce guerrier franc qui ne voulut jamais permettre que Clovis ôtât du butin général un vase de l'église de Reims, et qui fendit le va.se à coups de hache, sans que le chef osât l'en empêcher, id. Mœurs, IS. || Fig. Fendre la tête à quelqu'un, lui faire aux oreilles un bruit insupportable. De cent coups de marteau me va fendre la tête, boil. Sal. VI. Il Familièrement. Il me semble qu'on me fend la tête, c'esi-à-dire j'éprouve un très-violent mal de tête. Il Fig. Fendre le cœur, exciter la plus vive commisération. Me lançant un regard qui le cœur me fendit, RÉGNIER, Dial. Et son abord charmant fendrait un cœur de roche, desmarets, Mirame, iv, <. Ma mie, vous me fendez le cœur! consolez-vous, je vous prie, mol. Mal. im. i, 9. Ce discours me fend l'âme, hélas I mon pauvre maître ! regnabd, le Légat, iv, 6. Il Fig. Fendre un cheveu en (juatre, faire des distinctions, des divi.sions trop subtiles. C'est vouloir fendre un cheveu en quatre. Cet homme fendrait un cheveu en quatre. || Fig. Fendre les pieds, ancienne expression qui signifiait renvoyer un domestique. Il 2' Séparer, traverser les parties d'une masse. Les éclairs fendaient la nue de l'un à l'autre pôle, rin. Tél. ivu. Les rameurs fendaient les ondes écumantes , id. ib. m. Asmodée n'avait pas vanté sans raison son agilité ; il fendit l'air comme une flèche décochée avec violence, LESAGE, Diable boit. ch. 3. De ses deux bras nerveux il fend la mer émue, lamotte, Fabl. v, o. Je laissai mon vaisseau fendre le sein de l'onde. Et je restai dans ma maison, volt. Ép. xcil. || Fendre le vent, s'échapper au plus vite ; locution qui tombe en désuétude. La mer du levant Oii le vieux Louchai! fendit si bien le vent, régnier, Sat. i. Rien ne semblait plus sur qu'un si proche hyménée; Et, parmi ses apprêts, la nuit d'auparavant, Vous sûtes faire gille et fendîtes le vent, corn. Suite du Ment. i, t. Il II a fendu le vent, s'est dit d'un banqueroutier ou d'un fugitif. Il Par extension. Fendre une foule, la traverser en l'écartant. Mon cœur à cet objet.... Me fit fendre les rangs.... rotrou, Bélis. v, 6. En quelque endroit que j'aille, il faut fendre la presse D'un peuple d'importuns qui fourmille sans cesse, BOiL. Sat. vi. Il fend les flots du peuple et !a troupe craintive, voLi. Irène, ii, e. || 3' Faire que les parties d'un corps continu se séparent et laissent des intervalles entre elles. La gelée fend les ])ierres. Le soleil, qui fend ici la terre et qui bnile les rochers, n'a pu à grand'peine que m'échauffer, VOIT. Lett. 42. Il Populairement. Geler à pierre fendre, geler très-fort. Il gelait la semaine passée à pierre fendre, sév. 488. || Fig. Mlle de la Trousse dont la douleur fend les pierres, sÉv. m. || 4" V. n. U ne s'emploie que figurcment et avec cœur ou létc. Le cœur me fend, c'est-à-dire j'éprouve un vif chagrin, une vive pitié. |i I.a tète me fend, c'est-à-dire j'éprouve un embarras extrême i la tète, soit i cause du bruit qu'on fait, soit à cause des occupations qui me surchargent. Pour moi, la tête me fend, ma cervelle bout du czar Pierre et des tragédies, de trois terres que je gouverne bien ou
FEN
mal.... VOLT. /.<«. Mme de Fontaine, tt juin 47ei, ;i 6" .Se fendre, v. ré/l. Être fendu. Le bois blanc "• fend très-facilement. Les matières vitrescibles en ur refroidLs.sant ont diminué de volume et se sont|«i conséquent fendues de distance en distance; celle» qui sont'composées de matières calcaires amenoei par les eaux se sont fendues par le desséchemciut, BUFF. Àddii. TMor. terr. Œuv. t. xii, p. 44», dans POUGENS. Il 8* Il se dit d'une masse dont les partiesse séparent et laissent des ouvertures entre elles. Les enfers vont s'ouvrir et la terre se fend, tristan, llerc. mour. m, 6 Du soled la terre embrasée. Faute de pluie et de rosée. Se fendit en plusieurs endroits, scARRON, Yirg. m. Vers minuit le jiassage a commencé ; mais les premiers qui s'éloignent du bord avertissent (|ue la glace plie sous eux, qu'elle s'enfonce, qu'ils marchent dans l'eau jusqu'au genou; et bientôt on entend ce frêle appui se fendre avec des craquements effroyables qui .se prolongent au loin comme dans une débâcle, sécuR, llitt. de Nap. X, g. Il Par extension, il se dit d'une foule qui s'ouvre. Qui, voyant venir les Troyens, Se fendant, leur firent passage, scarron, Virg. viii. || Fig. Mon cœur se fend d'amour et s'ouvre à la pitié, bégnikr, Dial. Mon cœur à ce di.scours se fend par la moitié, TRISTAN, Mariamne, v, 2. Il semble que uion cœur veuille se fendre par la moitié, sév. )5. Aji ! quel cœur de rocher et quelle âme assez noire Ne se fendrait en quatre en entendant ces mots?REGNARU, Légat, v, 7. .Mes larmes l'arrosent, et mon cœur qui se fend s'échappe vers vous, volt. Écoss. iv, B. [La beauté que le chrét en adore] Si un seul de ses regards toml>ait directement sur le cœurde l'homme, il nepourrait le soutenir, il se fendrait de délices, CUA- TEAUB. Génie, n, m, 8. || Avec suppression du pronom personnel. Je vous assure qu'il n'y eut jamais une tristesse pareille à la mienne : et, si j'osais écrire des lettres pitoyables, je dirais des choses qui vous feraient fendre le cœur, voit. Lett. 19. Mme de Ixiugueville fait fendre le cœur, sêv. )48. ||7' Terme d'f!scrime. Se fendre, porter la jambe droite en aïaut en laissant le pied gauche en place. || 8* Populairement. Se fendre, commettre une prodigalité peu ordinaire (locution figurée tirée de l'escrime). Il s'est fendu de cent francs. Je me fendrai de six bouteilles de Champagne. || Absolument. Quand il s'agit de se fendre, il se fait tirer l'oreille.
— HIST. X' s. Fendut que tost le volebat, Fragm. de Val. p. *(■■». Il XI' s. Donc [il| a tel duel [deuil] pur po [peu] d'ire ne fend, Ch. de Itol. xxii. || xii* o. D'un chef en l'autre [il] lui a frait et fendu [l'escu], Ronc. p. 61. Pourtant peQst mes cuers [mon cœur pourrait] de dolor fendre, Couci, v. || xiu's. Lanfroi,qui le bois sololt vendre. Un chesne ot i-.onmencié à fendre, Iten. (0282. Et Renart s'est acheminez. Et s'en valt par le bois fendant, ib. 339. Or avint ainsi que je trouvai un gamboison d'estoupes à un Sarrasin, je tournai le fendu [le côté ouvert] devers moy, et fis escu du gamboison, qui m'ot grant mestier, joinv. 228. || iv' s. Adonc descendit Philippe de l'eschafaud où il avoit prescbû et s'en vint, fendant le marché, jusques à son hostel, FROiss. II, II, (76. Ouvrez vos yeulx, fendes vos testes. Oyez nos sciences honnestes. Puisque l'hc'jre y est disposée, coquillart, les Droits nouveaux. Il XVI* s. Mercure fend le vuyde de l'aer, descend iegierement en terre, et.... rab. Panl. Nouv. prol. 4. Nous veisines Ouy dire : il avoyt la gueulle fendue jusques aux oreilles, id. ib. v, 3i. La terre f" La, et parmi ses fendaces La grand lueur jusqu'aux régions basses A pénétré, marot, iv, 70. Du bruit des voix tout l'air fendoit, id. iv, 29|. Le charlier ue laissa pas pour ses prières de chas.ser les chevaux, de manière que les autres enfants se fendirent pi.ur le laisser passer, amvot. Aie. 3. Il fendit incontinent et entrouvrit l'endroit de la bataille des ennemis, où il donna, id. Cor. 12 Cratesiclca, en
l'embrassant et baisant, sentit que le cueur luy soublevoit et fendoit de regret et de douleur, m. Agis et Cléom. 62. Geler à pierre fendante, cot- ORAVE. Je ne vculi ny débattre avecques un huissier de porte, misérable incogneu, ny faire fendre fu adoration les presses où je passe, mont, iv, 28.
— ÉTYM. Hourguig. l'abre se foint ; provenç. fendre; espagn. hentler ; portug. frnder; ital. fmdere; du lat. findere; sanscrit, bhid, leudre.
FENDU, DE (fan-du, due), part, passé de fendre. Il 1" Du bois fendu. Une terre fendue. || Terme de !),>tanique. Il se dit d'un organe (feuille, calice, corolle) oflrant des divisions qui ne sont soudées que dans la moitié de leur longueur, à partir de la base, jj Vaisseaux fendus, yaisseaux, d'après Mirbel, dont les parois semblent creusées de raies transversales. || Fig.
FEN
FEN
FEN
Je vous ai parlé plus d'une fois à cœur ouvert, madame; il est actuellement fendu en deux, et je vous envoie les deux moitiés dans cette lettre, volt. Lett. Mme du Deffant, I2 juillet (770. || 2° 11 se dit (les yeus, de la bouche dont l'ouverture est grande. Des yeux bien fendus, des yeux grands et un peu longs. Sa bouche excessivement fendue était surmontée de deux crocs de moustache rousse et bordée de deux lippes sans pareilles, lesage. Diable boit. ch. 4. Il Familièrement. Avoir la bouche fondue jusqu'aux oreilles, l'avoir démesurément grande. Il Cheval à naseaux bien fendus, cheval à naseaux fort ouverts. || 3» Un homme bien fendu, homme qui a les cuisses et les jambes longues. ||4* Terme de trictrac. Margot la fendue, se dit quand, dans un jan, les flèches d'une couleur sont toutes occupées et celles de l'autre couleur toutes vides.
t FENDUE (fan-duel > *• f- Tranchée ou galerie découverte. Il Galerie dont l'ouverture est à découvert.
— iilST. xiv s. Il aura fendu à un fer chaut la baulievre dessus, c'est assavoir ce qui est entre le nez et la baulievre despus, si que les dens dessoubs li panont [paraîtront] parmi la fendue, en tele manière que les parties de ladite baulievre ne se pourront joindre, Lettre, <2 mars 1329.
— ÊTYM. Fendu.
PÊNE, s. f. Voy. FAlNE.
t l'ÉNEROTET (fé-ne-ro-tè) , s. m. Nom vulgaire d'un oiseau, la sylvie fitis, dite aussi boeuf, chaufour et pouillot.
IfENESTRÉ, ÉE (fe-nê-tré, tréo), adj. Terme de botaniiiue. Voy. fenêtre.
FENÊTRAGE (fe-nê-tra-j") , î. m. || 1° Terme d'architecture. L'ensemble des fcnStres d'une maison. Le fenêtrage de ce palais est tout de chêne, d'acajou. Il L'ordre, la disposition des jours, des fenêtres d'un édifice, jj 2° Autrefois, nom donné à des arcades, à des encadrements à jour en plein cintre ou en ogive selon la date; quelquefois aussi à des niches de ces mêmes formes, de laborde, limaux, p. 3 1 1 .
— Hisr. xiii' s. Paages, fenestrages [sorte d'impôt], DU CANGE, fenestragium. || xiv* s. Une croix d'or, et ou pied du croisillon est une ymage da Nostre Dame en un fenestrage, esmaillé d'azur, de LABORDE, Émaux, p. 311. || xv S. Fut l'artillerie drecée contre un pan de mur, entre deux tours, et voyoit on bien par les fenestrages que celui pan ne pouvoit avoir gueres grand force, o. de la marche, liv. I, p. 394, dans lacurne. || xvi* s. En toute la ville n'avoit maison plus percçe de fenestrages ny mieux éclairée que la sienne, Nuits de Straparole ,
t. Il, p. 359, dans LACURNE.
— ÉTYM. Pénétrer.
FENÊTRE (fe-né-tr'), s. f. \\ 1° Ouverture ménagée dans les murs d'une construction pour introduire le jour et l'air à l'intérieur. Bajazet et les siens entrés par les fenêtres Sont dans la grande cour qui demandent les traîtres, mairet, Soliman, y, 13. Si vous vous avisez jamais de prononcer le nom de cet homme et de Mlle Lindane, je vous ferai jeter par les fenêtres de votre grenier, volt. Écoss. IV, 2. Il Fenêtre rampante, fenêtre en talus, qui ne donne qu'un jour de servitude. Fenêtre dormante, ou à verre dormant, fenêtre qui ne s'ouvre point. Il Fausse fenêtre, fenêtre dont il n'y a que les tableaux, dont l'embrasement n'a jamais été pratiqué ou a été bouché. Ceux qui font les antithèses en forçant les mots sont comme ceux qui font de fausses fenêtres pour la symétrie, pasc. Pensées, 1. 1, p. 289, édit. lahdre. Il Se mettre à la fenêtre, passer la tête en dehors de la fenêtre. Il se mit à la fenêtre pour y regarder les passants, hamilt. Gramm. s. Si je sortais, tout le monde se mettait aux fenêtres, montesq. Lett. pers. 30. Qu'il est dangereux de se mettre à la fenêtre, et qu'il est difficile d'être heureux dans cette vie! volt. Zadig, 3. || li est demain fête, les marmousets sont aux fenêtres, se dit quand on voit bien des gens qui regardent par les fenêtres. 1| Fenêtre feinte, celle qui est figurée pour en a«compagner d'autres qui sont réelles. Fenêtre gisante, celle qui a plus de largeur que de hauteur. Fenêtre rustique, celle qui a pour chambranle des pierres de refend. || Fig. Jeter quelqu'un par la fenêtre, le faire sauter par la fenêtre, sorte de menace pour donner une haute idée de sa force. Je l'aurais fait sauter par la fenêtre du juge de paix, s'il avait raisonné, picard, (a Petite tille, i, 9. Qu'aurais-tu faitàma place, maître fou? — Je l'aurais jeté par la fenêtre, ch. dk bernard, un Homme sérieux, § xx. || Familièrement. Jeter tout par les fenêtres, dissiper son bien en folles dépenses. Sage mortel, j'ai su par la fenêtre Jeter gaiement l'argent de mon tombeau, bérang. tfon tombeau.
DICT. DE I^ IjLNGUE FRAN£AISE.
Il II ne jettera pas son bien pTir les fenêtres, ae dit d'un bon ménager. || Si on n'y prend garde, il jettera la maison par les fenêtres, se dit d'un fanfaron. || Chassez-le par la porte, il rentrera par la fenêtre, ou si vous le faites sortir par la porte, il rentrera par la fenêtre, se dit d'un importun dont on ne saurait se débarrasser, jj II est entré par les , fenêtres, se dit d'un homme indigne qui arrive dans ( un corps, à une fonction par brigues et artifices. Il II faut passer par là ou par la fenêtre, se dit d'une nécessité à laquoUe on ne peut se soustraire. || 2° Cadre vitré qui ferme la fenêtre. Quelques moments après elle ouvre une fenêtre, mairet, Mort d'Asdrub. v, 2. Un enfant qui s'avisa de casser une fenêtre [les vitres], J. J. rouss. Ém. u. Partout [dans Smolensk] les portes et les fenêtres des maisons, brisées et arrachées, ont servi à alimenter les bivouacs; ils [les soldats] n'y trouvent point d'asiles, sÉGUR, Hist. de Nap. ix, 14. |{ Fig. et familièrement. Cette maison n'a ni portes ni fenêtres, cette maison est fort délabrée. || 3° Terme d'anatomie. Fenêtre ronde et fenêtre ovale, noms donnés à deux ouvertures , séparant l'oreille interne ou labyrinthe, de l'oreille moyenne, et qui sont fermées par des membranes, en sorte que l'air qui par la trompa d'Eustache se rend dans l'oreille moyenne, ne peut passer dans l'oreille interne. Il 4° Terme de marine. Fausses fenêtres, espèces de mantelots volants employés dans les gros temps.
— HIST. xiu' s. [Idoine] Qui s'est mise as fenestres, AUDEPR0I le bastard. Romancero, p. I8. Tandis que le roy oy ses grâces, je alai à une fenestre ferrée qui estoit en une reculée devers le chevet du lit le roy, joinv. 266. || xv* s. Plusieurs joustans veïssiez sur les rens Lances brisier ; mainte dame jolie Aux fenestres [loges] pour le pris aviser, eust. DESCH. Poésies mss. f" 162, dans lacurne. On dit qu'il [le vin] nuit aux yeulx; Mais seront-ils les maistres? Le vin est guarizon De mes mauli; j'aime mieux perdre les deux fenestres Que toute la maison, BASSEUN, Yau de vire, vi. Tous vous fauldra clorre fenestre [fermer boutique], Quand deviendrez vieille llestrie, villon, La belle Heaulmière. Le suppliant marchant espicier estant en l'ouvrouer ou fenestre [boutique] de l'hostel où il demeure, du GANGE, feneslra. \\ xvi's. Que tous ceux qui voudront tenir ouvrouors et fenestres ouverts à vendre toutes viandes habillées, Ordonn. mars 1 609. Quelles fenestres ouvrent-ils à l'heresie de Marcion, si.... CALV. Imtit. 1108. Elles faisoient porter au navire anglois toutes les bardes plus précieuses, que la nuit elles leur delivroient par une fausse fenêtre, YVER, p. 1 16. Fenestres basses [du rez-de-chaussée], d'aub. Ilisl. I, 276. Nous avons fait sauter nos loix parla fenestre, pource qu'elles parloyent trop haut, LANGUE, 164. Tu addresseras la dite fenestre de la cannule sur la carnosité, paré, xvi, 27. Il feit ouvrir une petite fenestre [armoire], où, d'une bourse qui dedans estoit, tira cent escus, Hist. du chev. Bayard, p. 27, dans lacurne. Quand la teste commencera à blanchir, et la barbe à grisonner, quand les oreilles demancleront cotton, les yeulx des fenestres [lunettes], les mains un baston, cartheny, Voy. du chev. errant, (' 69, dans lagurne. Peisser vous fault, mon amy doulx. Ou par là ou par la fenestre, Départie d'amour, p. 280, dans lacurne. Celuy à qui appartient un mur sans moyen, joignant à l'héritage d'aultruy, ne peut y poser fenestres prenantes jour ou aspect sur l'héritage de son voisin; bien peut-il y en mettre des borgnes et aveugles, avec battes, pour tesmoignage, que le mur luy est propre, Nouv. coust. gén. t. ii, p. 1 137.
— ÉTYM. Wallon, finiése; provenç. fenestra; catal. finestra; du latin fenestra, de même radical que le grec çaiveiv, éclairer.
•)■ FENÊTRE, ÉE {fe-né-tré, trée), part, passé. Il 1» Percé de fenêtres. Cet édifice est bien fenêtre. Il 2'' Terme de botanique. Feuilles fenêtrces, feuilles percées à jour. || Terme de chirurgie. Compresses, linges, emplâtres fenêtres, ceux où l'on a pratiqué des ouvertures. || 3° Terme d'entomologie. Qui présente des taches simulant des trous. Les ailes de Valtants atlas (lépidoptères) sont fenètrées.
f FENËTRKR (fe-nê-tré), V. a. || 1° Percer des fenêtres, les garnirde châssis et de vitrerie. || 2' Faire des trous à jour. Fenctrer un linge.
— HIST. XIII* s. Que [je] voi si faitement vestu De dras envers et fenestres, Hist. litt. de la Fr. t. xxiii, p. 2711. La sale fu et haute et lée [large], De totes pars bien fenestrée. Et bien verrées les fenestres, Partonop. v. losi9. j] xvi* s. Un beau jardin bien clos à grosses murailles, crenellées, et fenestrées au bas, par où l'on regardoit sur la mer qui
battoit de ce coslé, j. d'aiiton, Ann. de louis XII, p. 312, dans LAcnRNE. Tel bandage fenestre ne vaut rien, paré, xiii, 24.
— ÉTYM. Fenêtre.
t FENIER (fe-nié), ». m. Grande meule de foin (dans la UrOme).
— KTYM. Lat. fœnum, foin.
t FENIËRE (fe-niè-r'),». f. Terme rural. Grenier à serrer le foin.
— ÊTYM. Génev. fenière; bas-Iat. fenaria,de fwnum, foin.
FENIL (fe-nill, H mouillées; plusieurs prononcent fe-ni, même devant une voyelle), *. m. L'endroit où l'on serre les fourrages.
— HIST. XIV* s. On congiioist grant sanglier du jeune à trois signes : le premier si est par les trasses, le second par le lit; et le tiers est au fenil [tas de foin], Modus, ms. f" 33, dans lacurne. || xvi* s. Ils descouvrirent dedans le fenil de son logis sous de la paille et du foing.... carloix, m, 12. Le foin sera transporté en son lieu dans les greniers à foin sous les couvertures; ou en fenils [meules], exposéà l'aer, défaillant la commodité du logis. Communément on dispose les fenils de figure ronde, finissans en pyramide, o. de serres, 269.
— ÉTYM.Lat./'œm7e, de/'osnum, foin;Berry,/'enea«. t FENNEC (fé-nnèk), s. m. Genre de mammifères
d'Afrique. Le fennec, dit anonyme par BulTon, mégalote par d'autres, est aujourd'hui le canis fennec deLesson, et différent ducoii!.ç fennec de Denliam. FENOUIL (fe-nouU, Il mouillées, et non fe-nouye; d'après Chifflet, au xvn* siècle, Gramm. p. 20ii, on prononçait fenou, même devant une voyelle), s. m. Plante aromatique de la famille des ombellifcres qui porte des fleurs jaunes {anethum fœniculum, L.). Tu n'es guère moins sobre que moi.... qui me nourrirais volontiers de fenouil et de curedents, BALZAC, liv. III, lett. 3. Il Fenouil bâtard, anethxtm graveolens, L. \\ Fenouil d'eau, ou fenouil sauvage, phellandrium aquaticum, L. || Fenouil marin, un des noms vulgaires du crithmum marilimum, L. (ombelliR'res). || Fenouil de porc, un des noms vulgaires du peucedanum officinale (ombellifères), dit aussi queue de pourceau. || Fenouil tortu, seseli tortuosum, L.
— HIST. XIII* s. Lors m'en alai tout droitàdestre Par une petitete sente Plaine de fenoiletde mente, la Rose, 718. || xvi* s. Encores qu'il n'y ait aucun fenoil aigre, si est-ce que des deux principales espèces que nous en avons, l'un est appelle doux à la diiïerence de l'autre. Sa feuille en salade est exquise, quand, estant blanchie, elle est tondue encore tendre. Une espèce de fenoil nous est venu de Barbarie, qui.... C'est le fenoil sauvage de Pline, o. de
— ÉTYM. Provenç. fenolh, fenoilh; catal. fenoil; espagn. hinajo; portug. funcho; ila.\. finocchio ; du latin fœniculum, diminutif de fœnum, proprement petit foin.
FENOUILLET (fe-nou-llé, U mouillées, et non fe-nou-yè), s. m. Sorte de pomme excellente qui a une certaine odeur de fenouil. || Le pommier qui produit cette pomme. 1| On dit aussi fenouiUette. Corbleu, j'ai encore un peu de goût pour la fenouillette, iiANCODRT, Sec. chap. du Uiab. boit, i, 3.
— ÊTYM. Fenouil, à cause de l'odeur de cette pomme.
1. FEN'OUILLETTE (fe-nou-llè-f. Il mouillées, et non fe-nou-yè-t'), s. f. Eau-de-vie distillée avec de la graine de fenouil.
— KTYM. Fenouil.