FENOUILLETTE (fe-nou-Uè-f; H mouillées
s. f. Voy. FENOUILLET.
FENTE (fan-t'), s.f. || 1° Petite ouverture en long. Fente d'une muraille. Le biquet soupçonneux regarde par la fente [de la porte], la font. Fabl. iv, 15. Il Fig. J'agissais donc ainsi par les fentes [d'une manière détournée], ne pouvant mieux, st-sim. 173, 55. Il Terme de jardinage. Enter, greller en fente, en introduisant la greffe dansla tige fendue de l'arbre. Il Terme d'eaux et forêts. État du bois q'ii se fend spontanément. || Bols de fente, celui qu'on fend pour échalas, lattes, etc. Les bois les plus parfaits et de la meilleure fente, buff. Exp. sur les végét. 3* mém. Il 2° Terme d'anatomie. Êchancrure étroite et profonde existant dans un os, et donnant passage à des nerfs ouà des vaisseaux. || Terme de chirurgie. Fracture légère, incomplète, des os du crâne. Il 3° Excavation qui semble être une fente dans une masse. Ce métal a été déposé par fu.sion ou par sublimation dans les fentes perpendiculaires du globe, dès le temps de la consolidation, buff. Uin. t. v, p. 69, dans pouGENS. C'est [le guépard] un animal
FÉO
commun dans les terres voisines du cap de Bonne- Kspérance; tout le jour il se tient dans des fentes de rochers ou dans des trous qu'il se creuse en terre, BUPP. Quadrup. t. vi, p. <88. || Terme de minéralogie. Gerçures ou intervalle dans les filons métalliques. Il 4° Terme d'ancienne jurisprudence. Fente et rerento, division de la succession entre la ligne paternelle et la ligne maternelle.
— HIST. XIV* s. Sa main [de Milon] demeura en la fente qui se reclnst, ohesme, Eth. 44.||xv" s. ....J'entens bien tes excuses et les évasions que tu quiers par fentes terrililement ctroites, o. de chas- TELAiN, Expos, sur lo vérité mal prise. || xvi's. 11 oe feit soudainement une grande fente et ouverture de terre, amïot, Sylla, <2. Les artères carotides internes, s'allant rendre dedans la grande crcva.sse ou fente, paré, hi, 40. Les grosses busclies et bois de fente et de moule, o. de skriiks, sus.
— f.TYM. Substantif verbal formé de fendre.
t FENTOm (fan-toir), s. m. Terme de boucher. Espèce de couperet.
— F.TVM. Fendre.
FENTON ou FANTON (fan-ton), s. m. || 1° Terme de forges et de commerce. Nom donné au fer réduit en baguettes carrées, lesquelles sont facilement transformées en toutes sortes d'objets, jj Ferrure servant à lier le chambranle d'une cheminée avec le reste de la maçonnerie. || Ker aplati en verge carrée pour les tuyaux de cheminée. || Tringles de fer en bottes de 60 à 4 00 livres. || Morceau de fer disposé pour faire des clefs et autres ouvrages de serrurerie. Il 8' En charpenterie, morceaux de bois, coupés pour en faire des chevilles.
— ÉTYM. Fendre.
KENUGHEC (fe-nu-grèk), g. m. Plante légumineuse à graine odooante (trigonella fœnum grxcum, L.) , appelée aussi sénégré, sénégrain, sinègre. Sa semence e,st nommée graine joyeuse.
— HIST. xvi* s. Semences de lin, fœnugrec, fleurs de camomille, pabé, xv, 65 bis.
— ÉTYM. Provenç. fenugrec, fengrec; du M. fœnum grxcum, proprement foin grec.
FÉODAL, ALE (fé-o-dal, da-l'), adj. || 1° Ancien terme de droit. Qui appartient à un fief. Seigneur féodal, le seigneur d'un fief. Bien ou héritage féodal, celui qui est tenu en fief. C'est un beau spectacle que celui des lois féodales : un chêne antique s'élève, l'œil en voit de loin les feuillages; il approche, il en voit la tige, mais il n'en aperçoit point les racines ; il faut percer la terre pour les trouver, montesq. Esp. xxx, < . La France se trourant divisée en une infinité de petites seigneuries qui reconnaissaient plutôt une dépendance féodale qu'une dépendance politique, il était bien difficile qu'une seule loi pût être autorisée, id. ib. xxviii, 9. Il Droits féodaux, ceux auxquels les vassaux étaient soumis envers leurs seigneurs. {| Droit féodal, le droit qui traite des fiefs et des rapports de seigneur à va.ssal. || Particulièrement. Qui tient au fief, par opposition à ce qui tient à la justice. Les redevances féodales et les redevances justicières. |i ?^éodal se dit aussi par opposition à censuel. Les matières féodales et les matières censuelles. || 2" Qui appartient à la féodalité, en tant qus mode de gouvernement. Gouvernement féodal, celui d'un pays partagé en fiefs, c'est-à-dire en domaines possédés par (les vassaux et arrière-vassaux, de sorte que le roi est suzerain, non souverain, la souveraineté étant répartie entre les seigneurs. L'hérédité des fiefs et l'établissement général des arrière-fiefs éteignirent le gouvernement politique, et formèrent le gouvernement féodal, montesq. Esp. xxxi, 32. C'est à l'empire de Charles le Chauve que commence le grand gouvernement féodal, et la décadence de toutes choses, VOLT. Ann. de l'Emp. Charles le Chauve. L'ami des hommes, ce M. de Mirabeau, qui parle, qui parle, qui parle, qui décide , qui tranche, qui aime tant le gouvernement féodal, id. Lett. Cideville, 25 nov. tlba. ||0n dit dans le même sens : monarchie féodale, régime féodal, système féodal. Il Temps féodaux, les temps où le gouvernement féodal était en vigueur. || 11 se dit, par dénigrement, pour caractériser ce que le régime féodal a d'antipathique à la liberté moderne. Ces tyrans féodaux, ces barons sourcilleux, volt. Don Pèdre, II, 7. Et toi, peuple animal. Porte encor le bât féodal, iiÉRANO. Carabas. Comme aux bons temps féodaux Que ies rois soient nos bedeaux, id. Mission.
— HIST. XV' s. Si devint le dit messire Robert de Namur homme féodal au roi d'Angleterre, froiss. I, 1, 31 s. Tous ses féodaux, sujets et serviteurs en parlant du roi], . ch.vuher, Ilist. de Ckc^'es Vil, p uo, dans «cuHME. || xvi* s. Le seigneur Icuu^l
FER
[i qui la foi est *due], ou censuel qui a reçu les droits seigneuriaux [pour un bien vendu], ne peut aser de retrait [du droit de rachat], loïsel, 40&. Crimes féodaux sont felonnie ou faux aveu à escient, œ. 842.
— ÉTYM. Voy. FIEP.
FÊODALEMENT (fé-o^^a-le-man), adv. En vertu du droit féodal. À cet éclat [refus de prêter foi et hommage], le duc de Rohan saisit féodalement la terre de Guéméné, qui est de <6000 livres de rente,
— ÉTYM. Féodale, et le suffixe ment; provenç. feuament.
t FÉODALISER (fé-o-da-li-zé), v. a. Pourvoir d'institutions féodales. La France féodalisée à la tin de l'empire des Carlovingiens.
— ÉTYM. Féodal.
t FÉODALISME (fé-o-da-li-sm'),».m.Néologlsmo. Système politique de la féodalité. || Domination des possesseurs de grands domaines, de grands capitaux.
— ÉTYM. Féndaliser.
FÉODALITÉ (fé-o-da-li-té), t. f. \\ !• Qualité de fief; tenue d'un héritage à titre de lief. {| Foi et hommage que le vassal doit au suzerain. La féodalité ne se prescrivait point. || Qualité de ce qui est féodal. La féodalité d'une rente. || 2" Régime féodal; l'ensemble des institutions féodales. L'établissement de la féodalité. || 3" Fig. La féodalité financière, système ou situation dans laquelle les grands capitalistes dominent. Se dit dans un sens défavorable.
— ÉTYM. Féodal.
i. FER (fér), s. m. \] 1" Métal ductile, malléable, d'un emploi considérable dans les arts, et dont la pesanteur spécifique est de 7788. Le fer s'appelait mars dans l'ancienne chimie. Les veilles cesseront au sommet de nos tours; Le fer mieux employé cultivera la terre, malh. ii, \. Les fers, fontes et aciers qui s'y fabriquent.... fer en barre, fil de fer, fer blanc. Arrêt du Conseil d'État, <6 août <659. Avec une mine qui donnait le plus mauvais fer de la Bourgogne, j'ai fait du fer assez ductile, aussi nerveux, aussi ferme que les fers du Berri, qui sont réputés les meilleurs de France, bufe. Uin. t. viii, p. 56, dans pougens. Les végétaux, soit qu'ils soient consumés par le feu ou consommés par la pourriture, rendent également à la terre une quantité de fer peut-être beaucoup plus grande, qu'ils en ont tirée par leurs racines, w.ib. t. ii, p. 4 63. On doit compter qu'avec deux cent cinquante arpents de bois bien économisés, l'on peut faire annuellement six cents ou six cent cinquante milliers de fer, ID. ib. t. IV, p. 4 07. Du poivre excellent et du fer si pur qu'on le forge sortant de la mine, sans le faire fondre, batnal, Hist. phil. iv, 4 4. jl Fer natif, fer que l'on trouve à l'état de pureté dans la terre. Le fou des volcans a quelquefois formé de ces régules de fer, et c'est ce que les minéralogistes ont appelé mal à propos fer natif, buff. Uin. t. iv, p. 442. Il Fer cendreux, fer auquel on ne saurait donner le poli, à cause de taches grises couleur de cendre. |{ Fer aigre, celui qui se casse facilement à froid. Fer doux, fer qui ne se casse pas facilement. Du fer doux ou aigre, Édit de février 4626. || Fer à acier, for doué de la propension aciéreuse et devenant acier plus facilement qu'un autre. || En termes de commerce, il se dit au pluriel. Les différentes sortes de fers. M. Dantic a travaillé longtemps à découvrir un moyen par lequel on pût sûrement classer tous les fers connus, ravnal, Ilist. phil. xvi, 4 7. Il Cela ne tient ni à fer ni à clou, cela est mal attaché, mal fixé. On le dit aussi d'une chose qui, servant à meubler une maison, n'est pas scellée aux murs et peut être ôtée facilement. Il Fig. et familièrement. Cette afiaire ne tient ni à fer ni à clou, elle n'est pas solidement conclue, arrêtée. Il En un sens opposé, à fer et à clou, d'une façon très-solide. Vous .savez bien que le nôtre [le cardinal de Retz qui voulut remettre son chapeau et que le pape força de le conserver] l'est à fer et à clou, SÉV. Lett. 46 oct. 4675. Il II userait du fer, il digérerait du fer, se dit d'une personne qui use beaucoup et en peu de temps ses habits, qui digère parfaitement. || C'est un corps de fer, il a un corps de fer, c'est un homme robuste et qui résiste aux fatigues, aux excès. Il faut un corps de fer pour résister aux agitations, hass. Panégyr. Ste Agnès. Ce corps de fer [Charles XII] gouverné par une âme si hardie, volt. Ch. XII, 8. || On dit de même une santé de fer, un tempérament de fer. Il faut se bien porter pour être héros : tous ceux de l'antiquité avaient une santé de fer, volt. Lett. Leliain, 2 mars 767. || On n'est sas de fer, c'est-à-dire il
FER
est des fatigues auxquelles le corps humain nepe'il résister. Les dieux sont-ils de ferî mol. Prol. Amjih. Mes anges me croiront-ils de fer quand je suis d'ar gile, et prendront-ils zèle pour puissance? volt. Lett. d'Argental, déc. 4 7«o. || On dit de même : il faudrait être de fer pour résister à de telles fatigues. Il Cet homme est roide comme une barre de fer, ou fig. c'est une barre de fer, il est d'une fermeté, d'une opiniâtreté invincible. || Une tête de fer, une personne que la plus grande contention d'esprit ne fatigue pas , et aussi une personne extrêmement opiniâtre. Les viedlards , remplis de l'indignation la plus vive, s'en retournèrent [quittant Charles Xll à Bender] en criant : Ah I la tête de fer! puisqu'il veut périr, qu'il périsse, volt. Charles ill, 6. || Un cœur de fer, un cœur dur, impitoyable, infieiible. Bientôt ces cœurs de fer sa verront adoucis, hac. Théb. m, *. Moi I complaire à ce peuple, aux monstres de Scythio.... À ces âmes de fer.... volt. Scythes, v, 4. 11 (le tigre] s'irrite des bons comme des mauvais traitements; la douce habitude qui fait tout ne peut rien sur cette nature de fer, buff. Tigre. || Fig. Avoir un bras de fer, une main de fer, avoir le bras, la main extrêmement vigoureuse. |i Par une nouvelle figure, avoir un bras de fer, exercer avec dureté, avec rigueur le pouvoir dont on est revêtu. || Gouverner avec un sceptre de fer, gouverner avec une extrême dureté. Sous un sceptre de fer tout ce peuple abattu, VOLT. Brutut. i, i.\\ On dit dans le même sens : un joug de fer. Un joug de fer est sur leur tête, Boss. Ilist. II, 4 3. Le joug du monde est un joug de fer, hass. Carême, hot. de conv. [\ Un ciel de fer, un ciel rigoureux. Il [Dieu] nous rejettera de devant sa face, et leciel deviendrade fer sur nos têtes, BOSf:. Sermons, jubiU, Pénit. 4. Le sort, dit le vieillard, n'est pas toujours de fer, A. chên. Idylles, l'Aveugle. || Le sommeil de fer, le sommeil de la mort. Ces mânes sacres [des anciens Romains] n'avaient point rompu leur sommeil de fer, cha- TEAOB. Mart. XVI. || 2" Le siècle de fer, l'âge de fer, l'âge qui, suivant la mythologie, succéda au siècle d'airain, et qui , signalé par le débordement des violences et des crimes , amena la colère des dieux et le déluge. On vit avec le for naître les injustices, boil. Sat. x. || Fig. Un siècle de fer, un siècle d'ignorance, de barbarie, et aussi un siècle signalé par les guerres et les violences. Il Dans le langage de l'histoire, l'âge de fer se dit du temps où l'on commença à faire usage du fer, par opposition à l'âge de cuivre, plus ancien, où tous les ustensiles étaient en cuivre, et à l'âge de pierre, encore plus ancien, où les instruments tranchants étaient en silex. || 3° La pointe qui termine une pique, une lance, une (lèche. Le fer d'une lance. || On dit dans un sens analogue le fer d'une gaffe. Il Lance à fer émoulu, lance dont la pointe est aiffilée, par opposition aux lances dont le fer était émoussé. || Se battre à fer émoulu, se disait quand, dans un tournois, au lieu d'employer, comme c'était l'habitude, des armes émoussées et rabattues, on se servait d'armes affilées. || Fig. Se battre à fer émoulu, disputer, controverser, lutter sans ménagement. Il 4° Terme d'escrime. L'épée, le fleuret. Croiser, engager le fer. || Familièrement. Battre le fer, s'exercer à l'escrime. Et j'ai battu le fer en mainte et mainte salle, mol. l'Étour. iv, 3. Monsieur le batteur de fer, je vous apprendrai votre métier, id. Bourg, gent. ii, 3. L'on jugeait à sa mine martiale que c'était un homme qui avait battu le fer, lesage, Estev. Gonx. ch. 48. || Fig. Il y a longtemps qu'il bat le fer, se dit d'un homme qui s'occupe depuis longtemps d'une étude, d'un exercice. || On dit de mémo : C'est à force de battre le fer qu'il est parvenu à ce degré d'habileté. Enfin, à force de battre le fer, il en est venu glorieusement i avoir ses licences, mol. IfoJ. imag. ii, 8. Il 6° Un instrument tranchant. Le chirurgien qui porte le fer dans les tissus vivants. || Terme de chirurgie. Employer le fer et le feu, employer, dans une opération, l'instrument tranchant et le fer rougi ; et fig. employer les remèdes, les moyens le» plus violents. || Dans le langage vulgaire, les fers, et quelquefois le fer, le forceps. On n'a pu l'accoucher sans les fers. J'ai coûté la vie à ma mère en vena;it au monde ; j'ai été tiré de son sein avec le fer, CHATEAUB. René. Il 6° Dans le style oratoire ou poétique, poignard, épée et, en général, toute arme tranchante. Et si les pâles Euménides, Pour réveiller nos parricides, Toutes trois ne .sortent d'enfer. Le repos du siècle où nous sommes Va faire à la moitié des hommes Ignorer que c'est que le fer, MALH. SI, s. prêt à quitter le fer et prêt à le re-
FER
prendre, bac Alex, ii, 2. Le fer ne produit point de si puissants efforts, id. Brit. v, 5. J'ai reconnu le fer, instrument de sa rage, Ce fer dont je l'armai pour un plus digne usage, m. Phèdre, iv, *. Oui, nous jurons ici pour nous, pour tous nos frères, De ne poser le fer entre nos mains remis.... id. Athal. IV, 3. Il a dans sa colère Du fer do la vengeance armé la main d'un père, volt. Ali. v, 6. Sous le fer castillan ce monde [l'Amérique] est abattu, id. ti». I, 2. Il Porter le fer et la flamme dans un pays, ravager un pays en tuant et en brûlant. || Kig. Un fer sacré, un moyen de guerre , de vengeance, caché sous l'apparence de la religion. D'autant plus dangereux dans leur âpre colère, Qu'ils prennent contre nous des armes qu'on révère. Et que leur passion, dont on leur sait bon gré. Veut nous assassiner avec un fer sacré, mol. Tart. i, 6. Qui, tout couvert de sang, de flammes entouré. Égorge les mortels avec un fer sacré, volt. Uenr. vi. || Le fer des lois, l'autorité des lois en tant qu'elle punit. Et déposant des lois le fer saint et terrible, briffaut, Ninus II, i, l. Du fer sacré des lois tu profanais l'usage, c. helav. Vêpres sicil. m, 6. || 7" Il se dit de quelques outils servant à divers usages. Un fer à friser. Un fer à faire des gaufres, des oublies. Un autre objet fort important sont les fers de charrue ; on ne saurait croire combien la mauvaise qualité du fer dont on les fabrique fait du tort aux laboureurs, bufp. Min. t. VII, p. 88, dans pûugens. || Fer à gaufrer, fer rond qui, chauffé, sert à faire des ondes à une garniture ou à une dentelle. || Fer à papillotes, fer en forme de pince qu'on applique chaud sur les papillotes pour faire friser les cheveux. || Fer chaud, instrument en fer que l'on chauffait pour marquer à l'épaule certains condamnés. Comme un gredin que la main de Thémis A diapré de nobles fleurs de lis. Par un fer chaud, gravé sur l'omoplate, volt. Pauv. diabl. Il Fig. Chose, personne qui presse, tourmente. C'est le fer chaud du pont Neuf, à ce que je vois, et, pour avoir M. le duc, il faudra deux choses: lui donner l'éducation du roi, et un établissement à son frtre, st-sim. 609, 246. |1 Fer à crochet, manivelle pour tordre les lacets. || Fers plats, fers ronds, certains outils de luthier pour recoller les fentes des instruments. || Terme de pêche. Fer à croc, se dit de l'hameçon dans quelques provinces. || Terme de construction. Fer d'amortissement, toute aiguille de fer entée sur un poinçon pour tenir une pyramide, un vase, etc. || 8" Fer à repas er, fer dont les lingères se servent pour repasser le linge- || Fig. Mettre les fers au feu, se dit quand on commence sérieusement l'exécution de quelque chose. Mettons les fers au feu, tout nous est favorable, hau- TF.ROCHE, Bourg, de qualit'., i, 7. Le bon père [Tellier] pi(iua et tourna si bien le roi que les fers furent mis au feu pour leur destruction [des filles de Port-Royal], st-pim. 260, 82. || Les fers sont au fou, se dit d'une affaire que l'on pousse activement. Il 9° Terme de reliure. Fer, instrument qui sert à l'aire des empreintes sur la reliure. Je rêve à mon état, et souvent dans la nuit. Ou je dessine un fer, ou je trouve un granit, lesné, la Reliure, p. 40. Un fer à dos remplissait d'un seul coup tout un entre-nerf, tandis que maintenant que le goût des petits fers s'est propagé.... iD. ib. p. 204. On nomme roulette tout fer qui en a la figure, et qui sert à pousser de simples filets ou des dessins.... les rosettes sont des fers qui, d'un seul coup, forment un lessin.... les palettes sont des fers qui ont la figure d'un T, ID. t'ft. p. 2(7. Il Petit fer, celui qui sert à faire des compositions. La cosmographie universelle de André Thevet, couverte de velin blanc, doré sur la tranche et à petit fer, estimé six livres. Inventaire de la royne Loyse douairière, de laborde, Émaux, p. 312. Il 10° Terme de maréchalerie. Fer de cheval, ou, elliptiquement, fer, bande de fer formant semelle, que l'on fixe sous la face inférieure du pied du cheval et de quelques autres bêtes de somme. Mettre un fer à un cheval, à un mulot, l'our faire mettre un fer à sa monture, la font. Orais. \\ Fer à demi, à l'anglaise, celui qui ne couvre ni trop ni trop peu le pied du cheval. Fer barré par devant, fer dont on n'a pas eu le soin d'aplatir la bordure. Fer couvert, fer dont les branches sont fort larges. || Fer à glace, fer garni de clous pour mordre sur la glace. || Fer à pantoufle , fer de cheval forgé de manière à avoir plus d'épaisseur en dedans qu'en dehors, et à samincir en talus du côté de la corne. Il Par catachrèse, fer d'argent, fer d'or. Ses fers sont d'argent à onze deniers, volt. Zadig, 3. Il Fer de bœuf, ferrure qu'on applique quelquefois aux piedsdes bœufs, dans leslocalitésoù ces animaux «ont employés à des travauxpénibles. IjFig. Quand on
FEU
quitte un maréchal, il faut payer les vieux fers, c'est-à-dire quand on quitte un ouvrier, il faut lui payer tout ce ijui est arriéré. || Il a toujours quoique fer qui loche, se dit d'un homme maladif. || En un autre sens. Il y a quelque fer qui loche, il y acjuelque chose qui empêche cette affaire d'aller bien. Il Tomber les quatre fers en l'air, se dit d'un cheval à qui les quatre pieds manquent à la fois et qui tombe sur le dos. || Familièrement, il se dit d'un homme qui tombe à la renverse; et fig. de celui qui reste frappé d'étonnement. || Cela ne vaut pas les quatre fers d'un chien, cela ne vaut rien du tout, puisqu'un chien n'est pas ferré. Cet homme ne vaut pas les quatre fers d'un chien. || 11° En fer à cheval , en forme de croissant. La cataracte se divise en deux branches, et se courbe en fer à cheval, cha- TEAUBB. Atala, épilogue. || On dit de même: Cela fait le fer à cheval, forme le fer à cheval, etc. |1 Terme d'architecture. Fer à cheval, escalier qui a deux rampes et qui est fait en demi-cercle. || Il se dit, par extension, de deux pentes douces qui sont en demicercle, dans les jardins. |{ Fer achevai, ouvrage de fortification en demi-cercle, fait en dehors d'une place. Il Fer à cheval, petite pièce qui s'ajuste en forme de doublure ou de soutien à l'épaulette de certaines chemises d'hommes. || Terme de chasse. Fer à cheval , se dit d'un plumage rouge qui vient sur le ventre du perdreau, du coq. 11 a, comme le précédent, le fer à cheval noir sur l'œil, et de plus il [le petit paille-en-queue] est tacheté de noir sur les plumes de l'aile voisines du corps, et sur les grandes pennes, buff. Ois. t. xvi, p. )I3, dans pougens. Il Fer à cheval, se dit de deux espèces de chauvessouris d'Europe. Il Fer de cheval, se dit d'un fer qu'on met au pied d'un cheval; fer à cheval, d'un ouvrage en forme de fer de cheval. 1| 12° Fer de botte, morceau de fer dont on garnit le dessous du talon d'une botte, et qui est en forme de fera cheval. || 13° Fer en meubles, mauvaise orthographe pour faire en meubles, voy. faire. || 14° Terme de marine. Fer d'Andriveau, ou, simplement, fer, grappin de galère. Il est certain qu'elles [des galères] n'en soutiriraient pas un par"^'!! [mauvais temps] pendant quatre heures sans courir tisque de se perdre, et qu'elles ne résisteraient pa', même sur le fer, à une grosse mer sans s'entr'ou; -ir, la paille- TERiE, Auminislre, 29aoûti676, dant jal. ||i5»Fer de lacet, fer d'aij-uillette, petite pièce l'e fer-blanc, de cuivre ou d'autre métal dont un laci, une aiguillette est garnie parle bout. || Je n'en donnerais pas un fer d'aiguillette, se dit d'une chose qu'on méprise. || 16° Terme de blason. 11 se dit de plusieurs figures de fer, qui paraissent dans les écus, tels que le javelot, la pique, les fers de lance, etc. Il 17° S. pi. Chaînes, ceps, menottes. Il avait les fers aux pieds et aux mains. Le sieur de la Cornière a bien fait de mettre aux fers les matelots de sa chaloupe, puisqu'il a eu lieu de les soupçonner du vol qui.... COLBEBT, à Goboret, ("juin 1678, dans jal. Ils sont encore aux fers, et vous les briserez, VOLT. Lett. Beaumont, tu janv. <708. En des lieux différents comme toi mis aux fers, m. Ali. 11, t. Il On dit, surtout pour les peines militaires : Il a été condamné à cinq ans de fers. l|Fig. Jeter quelqu'un dans les fers, le retenir dans les fers, le mettre en prison, le retenir en prison, le priver de sa liberté. || On dit aussi languir, gémir dans les fers. Il Etre mis aux fers de «luelqu'un, tomber en son pouvoir. Auraient-ils mis Othon aux fers de l'empereur. Et dans ce grand succès la fortune inconstante Aurait-elle trompé notre plus douce attente? corn. Oth. v, 0. || 18° Fig. et poétiquement. État d'oppression, d'esclavage. [Le monde] X qui par sa défaite il [Pompée] met les fers aux mains, id. Pomp. i, 4. Qui veut tenir aux fers les maîtres de la terre, id. Sertor. m, 2. Rompez vos fers. Tribus captives, Troupes fugitives; Repassez les monts et les mers; Rassemblez-vous des bouts de l'univers, bac. Esth. m, 9. Plus fort que le fils d'Alcmène, 11 [l'hiver] met les fleuves aux fers; Le seul vent de son haleine Fait trembler tout l'univers, J. u. rouss. Cantate <3. Ils se forgent des fers d'argent, i. J. rolss. Hél. v, 6. || Par extension et poétiquement, tyrannie qu'exerce l'amour. Pour rentrer dans mes fers il brisera tes chaînes, CORN. Sertor. i, 3. Vous, pour porter des fers, elle, pour en donner, bac. Andr. i, 4. Et d'aller, trop content de mes fers, Soupirer avec vous au bout de l'univers, id. Bérén. v, 6. D'enchaîner un captif de ses fers étonné, id. Phèdre, n, 4. Il se trouva dégagé des fers de Mlle d'Hamilton, hamilt. Gramm. 9. Il 19° Fer d'or, nom d'un ordre de chevalerie, institué en 4414, à Paris, par Jean duc de Bourbon,
FER
et composé de seize gentilshommes, partie cbevaliers. partie écuyers. Les chevaliers portaient, tout les dimanches, à la jambe, un fer d'or de prisonnier, et les écuyers un fer d'argent H Î0° Ami-fer, se dit, dans un chemin de fer, des rails dont l'un empiète sur l'autre. Les rails en fer tantôt sont po- Âs bout à bout, tantôt se réunissent à mi-fer, comme les rails en fonte. || 21* Cette pièce de monnaie est entre deux fers, se dit d'une pièce qui ne trébuche pas quand on la pèse. || Kig. Je le tins longtemps entre deux fors, et je fis exprès monter cette impatience jusqu'à la dernière frayeur, st-sim. 3H , 6U. Il 22° Au billard, avoir du fer, donner du fer, se disait autrefois lorsqu'une des deux branches de la passe gênait le joueur. |{ 23° Fer de lance, espice de chauve-souris; sorte de serpent. || 24* Les Portes de Fer, nom par lequel les historiens russes désignent les monts Ourals. || Proverbe. Il faut battre le fer pendant qu'il est chaud, il ne faut point suspendre la poursuite d'une affaire en voie de succès. Lorsque le temps presse et qu'il faut Battre le fer quand il est chaud, scarb. Virg. vi.
— UIST. ii° s. [Il] Empeint [empoint] le bien, tout le fer lui mist outre, Ch. de Roi. cxvii. |1 xii' s. [11] Tenoit sa lance, dont 11 fers rellamblie, Ronc. p. 33. Il xm° s. Certes durement me merveil. Comment bons, s'il n'iere [n'était] de fer, Puet vivre un mois en tel enfer, la Rose, 2004. Je tant me fi làoi'i biauté repaire, Qu'aymans sui [je suis un aimant], se tout n'est ver [vers] moi fers. Poésies mss. avant 1300, 1. 1, p. 491, dans laclrne. {| xiv s. On doit battre le ferentreulx [pendant] qu'il est bien chaux, Guescl. 20862. Les mareschaux qui ferrent les chevaux ne pourront prendre n'avoir d'un fer neuf à palefroy ou à roussin, de fer de Bourgogne, que neuf deniers, Ord. des rois de Fr. t., 11, p. 27). A Jehan Thierri Masson, pour mettre le fer du rond de la verrière où est la résurrection de Nostre Seigneur, Bibl. des chartes, 5* série, t. m, p. 233. A Perin de Choisy, orfèvre, pour l'argent et la façon de plusieurs fers d'argent à cuire [brûler, marquer] chevaux, del.\ borde, Émaux, p. 3H. || xv° s. A Jehan Lessayeur, orfèvre, pour un fer d'argent, par lui fait pour donner le feu aux faucons de ma jicte dame, in. ib. Et à voir dire, si il eust esté de fer ou d'acier, si convint-il qu'il fust demeuré, fpjiss. u, u, H4. Il fit jetterle fer et encrer ceste part, Bouciq. liv. Il, p. 234, dans LACURNE. Nul chdvalier qui prison vouloit promettre, ne estoit mis on fer ne en anneaulx, Lancelot du lac, t. m, f°4i. Chevalier, laissez aller la damoiselle, ou vous appareillerez de jouster à moy; car, se vous voulez efforcer la damoiselle, ce sera parmy les fers [il faudra combattre], Perccforest, t. 11, f* 05. 11 estoit expédient de leur tenir le fer au dos, afin qu'ils fussent en plus seure subjection, J. chabt. llist. de Charles VII, p. 271 , dans LACL'HNE. Lire et non comprendre ce qu'on lit, est battre l'eau ou froit fer, llist. de la lois, d'or, t. I, f° <32, dans lacurne. 1|xvi° s. S'il faut s'accommoder à ceux qui sont comme entre deux fers et se vantent de tenir le milieu, bèze. Vie de Calvin, p. <47. Aubigné ne pleura point pour sa prison, ouy bien lorsqu'on luyosta une petite espée, et une ceinture avec des fers d'argent, d'acb. llist. I, 180. Sommant Titus de deslier les fers de la Grèce, amyot, Flamin. )8. Bertrand leur promit qu'on allait mettre incessamment les fers au feu pour cet effet.... Uém. s. du Guesclin, ch. 9. Honnestes femmes qui n'auront jamais eu fer à pié [mauvaise réputation]. Contes d'Eutrap. p. 4oo, dans LACURNE. Prendra le secrétaire deux provendes d'avoine et mengera à cour, et prendra à cour fer et clou pour les gages de ses valets, et toutes ces autres choses, dix-huit deniers par jour, miraumont,
T. de la chancel. l'°60, dans lacurne il y a trois
nuicts Que, sa,ns me reposer, je suis A faire l'extrait d'un procez. En droit et matière d'excez. D'un gentilhomme de Poitou; S'il vient, j'en aurai fer ou clou, Quand il seroit ferré à glace, remy belleau.
Œuvres, t. u, p. 120, dans lacubne.
— lîTYM. Wallon, fier; génev. être un vieux fer, n'être plus bon à rien, mettre au vieux fer, rebuter; bourguign. far; Berry, far; provenç. fer, ferr, ferre; espagn. hierro jportug. etital. ferro; du lat. ferrum.
2. FER (fèr), s. m. Terme de jurisprudence employé dans cette locution : cheptel de fer, celui dans lequel le preneur doit représenter, à la fin du bail, des bestiaux d'une valeur égale à celle de ceux qu'il a reçus.
— ÉTYM. Origine incertaine. On y a vu ferrum, parce que le bétail est comme enchiïîné. On pourrait y voir flrmus, parce que les bétes ne pouvaient mourir à la seigneurie. Firmus avait dunaéferi,fermt
FÉR
FER
FER
\ FERAMINE (fé-ra-mi-ii') , s. f. Nom que les fournalislcs donnent à la pyrite fomigineuso.
f Ff:ilANI)INK(fé-ran-di-n'),ï./^.Voy. ferrandine.
■f FÉKAOI.T (fé-rô) , adj. m. Liais férault, espèce de pierre poreuse et rougeâtre, qui se trouve sous le liais.
FER-BLANC (fèr-blan ; le e ne se prononce jamais), ». m. Fer doux battu, réduit en lames déliées qu'on trempe dans de l'étain fondu , apri-s l'avoir un peu trempé dans rcau-forte. Le même fer s'appelle fer noir avant que d'être étamé. |{ Au plur. Des fers-blancs.
— f.TVM. Fer. et blanc.
t FERBLANTKKIE (fîr-blan-to-rie) , t.f. Art, commerce, marchandises du ferblantier.
— ÊTVM. Ferblantier.
FERBLANTIER (fèr-blan-tié), ». m. Celui qui travaille on fer-blanc, qui vend des ouvrages de fer-blanc. \\Adj. Marchand ferblantier.
— ÊTYM. Fer-blanc, par changement du c en {, comme dans tabatière, de tabac.
FER-CIIAUD (fêr-chô), ». m. Maladie qui consiste en une chaleur insupportable ressentie à l'eslouiac; le nom médical est pyrosis.
— ÉTVM. Fer, et chaud.
i. FIÎRET (fé-rè) , s. ?n. Terme de minéralogie. Nom donné à Paris à l'hématite rouge, ou, dans un langage plus rigoureux, aux variétés stalactitique et fibreuse du sidéroxyle oliijisle, li;goarant.
— ÉTYM. Diiiiinutif do /i»r.
t 2- FCRET (fé-rè) , s. m. Terme de verrerie. Verge pour lever la matière et ajouter des ornements à divers ouvrages.
— ÊTVM. Diminutif de fer.
•fFÉRÉTRIEN (fé-ré-tri-in), adj. Terme de la religion romaine. Jupiter férétrien, Jupiter à qui on consacrait les dépouilles opimes.
— ETYM. Lit. Feretrius, de feretrum, brancard, de ferre . porter.
tFftitlABl.E (fé-ri-a-bl'), adj. Qui doit être fêté. Mainte vigile et maint jour fériable, la font. Cal.
— HIST. xiu* S. Il ne ouvreront jamais de nuiz des patenostres, ne aux jours de festes foriables ne au samedi après none, Liv. des met. 7i. {| xiv s. Car nous devons bien aviser Com le dimanche est fériable; Si est la Saint Michel sans fable, le Liv. du bon Jehan, «204.
— RTYM. Férié.
FÉRIAL, ALE (fé-ri-al, a-l') , adj. Qui concerne la férié. Los offices fériaux,
— ÉTYM. Férié; provenç. et espagn. ferial; ital. feriale. Ferial, qui se trouve souvent dans des auteurs anciens, y a le sens de plaisant : Les anciens jurisconsultes et canonistes ont une jolie et feriale façon de parler en leurs vénérables commentaires; car, estant au bout des rubriques, ils disent : explicato rubro, veniamus ad nigrum, GARASSE, liech. desrech. p. 166, dans lacurnh.
FËKIE (fc-rie), ». f. \\ !• Terme d'antiquité romaine. Jour pendant lequel il y avait cessation de travail. La férié différait de la fête, en ce que dan.*, la fête il y avait des sacrifices, tamlis que dans la férié il y avait seulement cessation de travail. Il 2" Aujourd'hui, jour de fête durant lequel on ne travaille pas. Toute en férié il mettait la semaine, la font. Cal. C'est l'oisiveté de la férié qui les conduit au cabaret, volt. Curé de campagne. \] S'est dit autrefois pour jour de foire, parce que les foires se tenaient les jours de fête. || 3" Terme de liturgie. Nom que l'Église donne aux différents jours de la .semaine, à l'exception du samedi et du dimanche. Faire l'office de la férié, et, par ellipse, faire la férié. Le lundi est la deuxième férié, le mardi la troisième, et ainsi de suite, jusqu'au vendredi qui est la sixième férié. On ne dit ni première férié pour dimanche, ni septième férié pour samedi, il Fériés majeures, les trois derniers jours de la semaine sainte, les deux jours d'après Pâques et la Pentecôte, et la deuxième férié des Rogations qui a son office particulier.
— HIST. xiM' s. La loi defîent que jugemens ne SJit fez en jor de foirie, se ce n'est par la volenté as
darties. Digeste, a*. || xvi-s Qu'il peut bien estre
permis au roi de rompre ses sermons envers son peuple, puisque les plus grands des refformés et la pluspart du peuple avoient faussé le sermentd'abjuration fait aux ferles du massacre, d'aub. llist. ii, 236.
— f.TYM. Lat. feria, jour de fête (voy. poire). FÊRIK (fé-ri-é), adj. m. Il se dit des jours où
la cessation du travail est prescrite parla religion. Les dimanches et jours fériés.
— ÉTYM. Lat. feriatus, de feria, férié. Il y avait l'ancien verbe ferer, foirer, fêter.
t FÉRIff, INE (fé-riii, ri-n'), adj. Terme de médecine. Se dit du certaines maladies qui ofTrent un caractère dangeniux. Toux férine, toux sèche et opiniâtre. Ulcère lérin, ulcère de mauvaise nature.
— ÉTYM. Lat. ferinut, sauvage, de fera, bête sauvage.
FËRIR (fé-rir), v. a. Frapper. Terme vieilli usité seulement dans cette locution : Sans coup férir, sans en venir aux mains. Ainsi sans coup férir je sors de la bataille, RitoNiuB, Sal. x. || Fig. et familièrement, sans coup férir, sans difficulté, sans résistance Il nous faut. Sans coup férir, rattraper
notre somme, la font. Savet.
— KEM. 1. Il est dommage que ce verbe soit confiné à une seule forme dans une locution unique. 11 faut louer les écrivains qui essayent d'en ramener quelque peu l'usage. Voiture s'en est servi pour parler des coups que se donnaient les paladins : Je n'ai pu pourtant m'empêchcr de rire quand j'ai lu ce que vous dites, que M. de K*** fiert et frappe ainsi que monseigneur Amadis, lett. 63. Molière a dit férir dans le sens do frapper le cœur : Peut-être en avez-vous déj?i féru quoiqu'une, Éc. des f. i, 6. Ou le trouve aussi ailleurs. On vint à parler de lu devise de la maison de Solar : Tel fiert qui pe tue pas.... quelqu'un trouva dans cette devise une faute d'orthogruiphe, et dit qu'au mot fiert il ne fallait pas de *.... je dis que je ne croyais pas que le ( fût de trop; que fiert était un vieux mot français qui ne venait pas de férus, fier, mais du verbe férir, il frappe, il blesse, 1. 1. rouss. Conf. m, part. i. Lancelot : Ami, pourquoi ne m'avoir pas frappé [de la lance] t — Tristan : ....Férir ce que l'on aime , C'est pis encor que se férir soi-même, crf.uzê dk i,i:ssER, la Table ronde, xvi. ||2. La conjugaison était: je fiers, tu fiers, il fiert, nous ferons, vous ferez, ils fièrent; je ferais; je féris; je ferrai ; fier, ferons ; que je fière ; que je lërisse ; férant ; féru.
— HIST. XI' s. Do cops ferir, recevoir et doner, Ch. de Roi. xc. || xii' s Ainsi furent, sans cop ferir, Desconfit li un et li autre, Benoit, v. <57. Parmi le cors [je] sui en mains lieuz feruz, Honc. p. «3. De ses beaus ieuz [elle] me vint sans desfiance [défi] Ferir au cuer, que n'i ot autre efl'ort, Couci, xvi. E quant li reis le vit, moult out le quer [cœur] irié. Ses mains feri ensemble, et se plainst sans faintié. Th. le mart. (33. || xiii* s. Et là si a un (lum qui fiert dedens la mer, villeh. lxxiv. à l'uis commençai à ferir, Autre entrée n'i soi [je n'y sus] quérir, Jo /io.se, 6i( Lèvent se feri ou voille et
nous ot [eut] tolu [enlevé] la veue de la terre.
joiNV. 2(0 là où le soleil feroit, qui fesoit les
armes resplendir, id. 2<3. Car tieux [tel] quide [croit] ferir qui tue, leboux be i.incy, Prov. t. ii, p. 256. Il xiv s. Un plat d'argent blanc, signé de trois escussors, feruz sur le boit à armes, de la- BORDE, Émaux, p. 3(6. Il xv s. Et ouisdire que si tous les haulmiers de Paris et de Bruxelles fussent ensemble, .... ils n'eussent pas mené ni fait greigneur noise comme les combattans et les ferans sur ces bassinets faisoient, froiss. ii, n, i»T. Et pource que je vous vois plus féru [épris] que la chose ne vaut, vous ai pieçà voulu avertir, louis xi, Nouv. xxxiii. Il ïvi* s Car d'aucun bien je ne fuz secouru De celle-là, pour qui j'estois féru, marot, i, (00. Le perigordin appelle lettre-ferits, ces savanteaux; comme si vous disiez lettre-ferus, ausquels les lettres ont donné un coup de marteau, mont, i, (40. La sentence pressée aux pieds nombreux de la poésie me fiert d'une plus vifve secousse, id. i, (t5. Mal joue, qui fiert la joue, cotgrave.
— ÉTYM. Provenç. ferir ; esiKign. herir; ital. ferir; du lat. ferire, frapper.
I FERLAGE (tèr-la-j'), ». m. Terme de marine. Action de plier une voile sur sa vergue ; le résultat do cette action.
— f.TYM. Ferler.
FERLÉ, ÉE (fèr-lé, lée), part, passé. Voiles ferlées.
FERLER (fèr-lé), ». a. Terme de marine. Plisser la voile en l'apportant sur et le long de la vergue, la réduire au plus petit volum'", et l'attacher en cet état avec des cordelettes nommées rubans de ferlage, JAL. Il Se ferler, t). réfl. Être ferlé. Cette voile se ferle aisément.
— ÉTYM. Angl. to furl. On a dit fresler: En arrivant au port, il [le contre-maître] fera préparer les cailles et anchrer et amarrer le vaisseau, fresler les voiles et dresser les vergues, Ordonn. août (6Kt.
t FERLET (fèr-lé), t. m. Terme de papeterie. Instrument pour placer les feuilles sur les perches ou les cordes de l'étendoir.
FERMAGE (fèr-ma-j'), ». m. Le prix du bail à
ferme, payé annuellement au propriétaire pendant la durée du bail.
— ÉTYM. Ferme 2.
t FERMAIL {fcr-mall, I( mouillées), ». m. AgraJe crochet, boucle , surtout en parlant de livres. Ur gros volume bien relié et garni de fermaui d'argent. Il Terme de blason. Boucle ronde ou en losange. || Au plur. Des fermaux.
— ÉTYM. Provenç. fermalh, fermai; bas-lat. firmaculum, ce qui sert à fixer ; de firmare, fixer (voy. FKBMEn). Fcrmail signifiait, dans l'ancienne langue, une boite: Un fermail d'or, laict à manière d'un paon qui faict la roe, i pierres et à perles, bg iAiionuE, Émaux, p. 312.
t FER.'^I AILLE, t.K (Hr-ma-llé, liée, II mouillées), cuij. Terme de blason. Chargé de plusieurs fermaux. Êcu fermaillé.
— ÉTYM. Fermail.
FERMANT, ANTE (fer-man, man-t'), adj.\\ i' Qui se ferme. Meuble fermant. || X portes fermantes, loc. adv. Quand on ferme les portes, ij X jour fermant, a la fin du jour. || i' S. m. Fermant, volet qui, en se fermant, recouvre un tableau ou im miroir, ni LABORDE, Émaux, p. 3(3.
(.FERME (fèr-m"), ad;. ||1" Qui a de la consistance, de la dureté, par opposition à mou. Un terrain ferme. Un gâteau de pâte ferme. Ce poisson a la chair ferme. Comme les os se rendent plus fermes dans les endroits des ruptures, Boss. Sermons, jubilé, Pénitence, 1. 1| La terre ferme, le continent, ce qui n'est pas entouré d'eau, par opposition aux Iles. Les vaisseaux s'aiiordaient i>ar la proue; on aijaissait de part et d'autre des ponts-levis, et on w hattait comme en terre ferme, volt. Mceurs, '6. ' Particulièrement. Terre ferme, la partie des Dtats de Venise qui était située sur le continent, par opposition à Venise et aux îles. Les nobles de terre ferme. || î" Oui tient fixement. Ce plancher est ferme. [La paix].... Et de la majesté des lois Appuyant les pouvoirs suprêmes. Fait demeurer les diadèmes Fermes sur la tête des rois, halh. m, t. La mer est dans un état ferme d'équilibre; et, si, comme il est difficile d'en douter, elle a recouvert autrefois des continents aujourd'hui fort élevés audessus de son niveau, il faut en chercher la cause ailleurs que dans le défaut de stabilité de son équilibre, laplace, Exp. IV, (2. Il Fig. Je ne sais s'il y a moyen de donnerdes règles fermes pour accorder les discours à l'inconstance de nos caprices, pasc. Pensées, 1, 3. Pour m'attacher à vous par de plus fermes nœuds, th. cobn. Ariane, n, 4. Il ne pcuvait y avoir de paix ferme et durable que celle où toutes les parties trouvaient un avantage égal, rolun, //tï(. anc. Œuvres, t. v, p. ssi, dans poogens. La justice, plus exactement rendue sous le règne d'Elisabeth que sous aucun de ses prédécesseurs, fut un des fermes appuis de son administration, volt. ifœiirî, (68. Orbassan de nos lois est le plus ferma appui, ID. Tancr. i, (. || 3* Qui se tient sans chanceler. Etre ferme sur ses pieds, à cheval. || Etre ferme sur ses étriers, se tenir d'aplomb à cheval. Il Kig. Défendre son sentiment, être immuable dans sa résolution. Il De pied ferme, loc. adv. Sans reculer. Attendre de pied ferme l'ennemi. Combattre de pied ferme. Contre nous de pied ferme ils tirent leurs alfanges, corn. Cid, iv,3. || En un sens particulier. Sans bouger d'un lieu. Il y a deux heures que je vous attemls ici de pied ferme. || Dans les manœuvres militaires, conversion de pied ferme, conversion dont le pivotest fixe. || Fig. et familièrement. Attendre quelqu'un de pied ferme, l'attendre avec la résolution de lui résister, témoigner qu'on ne le craint pas. Il Terme de droit coutumier. Pied ferme, héritage affermé à longues années. || Un pas ferme, un pas dans lequel le pieil se pose avec solidité sur le sol. Il Fig. Avide de travaux, insensible aux délices, Il marchait d'un pas ferme au bord des précipices, VOLT. Henr. ii. || Terme de manège. Un cheval saute de ferme à ferme, il saule dans la même place. || 4' Vigoureux, fort. Avoir la main ferme, les reins fermes. L'artère, qui devait avoir un battement si continuel et si ferme, iioss. Connaiss. n, 8. J| X la paume, avoir le coup ferme, pousser vigoureusement la balle. || Avoir la main ferme, signifie aussi avoir une main qui ne tremble pas. Cet enfant, lorsqu'il écrit, n'a p.-u la main ferme. || Fig. Tracer d'une main ferme le tableau d'une époque, le portrait d'un personnage, etc. raconter ces événements, faire ce portrait, etc. dans un style ferme. || Il se dit dans un sens analogue de la santé. Malgré une constitution tKs-ferme et une vie toujours très-rog'ée, H. Méry se sentit tout d'un coup abandonné de ses jambes vers l'âge de soixante-quinze ans, fohtin. Méry. Le baron:
FER
FER
FER
Vuu'e santé, monsieur? — Forlis : Assez ferme; et la tienne? boissy, Dehors tromp. u, to. |i 5° Termes d'arts et de littérature. Qui a le caractère de la vigueur. Un burin ferme. Manière, exécution ferme. Le jeu de ce musicien est ferme. || Style ferme, style (jui a do la concision et de la force. || 6° Kig. Qui a de la solidité morale, qui ne se laisse ni changer ni détourner. L'esprit sacré qui te conseille Kst ferme en ce qu'il a promis, malh. Vl, 2. Vous paraissiez pius ferme en vos intentions, cobn. Ciiuia, m, 2. oui, je lui dois assez, seigneur, quoi qu'il en soit, i 'our vous payer pour lui de l'amour qu'il vous doit; Ktje vous le promets, entier, ferme et sincère, id. Iléracl. V, 3. 11 [AnnibalJ m'a surtout laissé ferme en ce point D'estimer beaucoup Kome et ne la craindre point, id. Nicom. ii, 3. Je l'ai toujours connu ferme dans son devoir, id. Œdipe, m, i. Le plus ferme souvent manque à ce qu'il propose, no- Tiioi), Ilerc. mour. i, o. Sitôt (ju'il crut son fils ferme dans son devoir, la font. Oies. Tous les hommes ensemble ont été fermes dans cette pensée, sans que jamais personne y ait contredit jusqu'à ce temps, l'ASC. Pesant, de l'air, Conclusion. Un cœur.... noble |iour s'élever au-dessus des passions et des intérêts, tendre pour assister les mallieureux, ferme pour résister à l'iniquité, fléch. Lamoignon. Crois-tu que, toujours ferme au bord du précipice. Elle [la femme] marche toujours sans que le pied lui glisse? uoa. Xo«. X. Je demeure ferme dans le dessein de quitter.... MAiNTENON , Lett. d l'abbé Gobelin, 6 août (674. Louis avait le cœurferme et l'esprit timide, duclos, llist. Louis XI, Œuv. t. III, p. 368, dans pougens. Avec une âme juste et ferme, j'ai désiré que mon enfant eût un esprit droit, éclairé, étendu, didkrot, lelt. à la comtesse de Coerbctch, Œuv. t. m, p. '<io, dans POUGENS. Deux cents de nos guerriers, amis fermes et sûrs, c. delav. Vêpr. sicil. m, 6. {| Rester ferme, ne pas changer d'opinion. Mon bon homme, (|ui avait tant d'envie de voir le roi, resta ferme : je crains les monopoleurs, dit-il, volt, l'olit. et léyislation, Dintribe à l'auteur des éphém. || En un sens péjoratif. Le ladre a été ferme à toutes les attaques, MOL. l'Av. II, 6. Il 7° Particulièrement. Qui ne se laisse point abattre par l'adversité, intimider par le péril. Une âme ferme. L'ébranlement sied bien aux plus fermes courage;, corn. hor. i, t. II [Valentinienj était chaste, Ubéral, humain, ferme dans la mauva. se foitune, et modéré dans la bonne, fléch. llist. de Théod. iv, 34. Je vous crois fort au-dessus des revers que vous avez essuyés; toutes les âmes nobles sont fermes, volt. Lelt. de la Borde, le avr. (770. Il 8° Il se dit des choses en un sens analogue. Une volonté ferme. Une ferme espérance. Une foi ferme. La vertu la plus ferme évite les hasards, coiiN. Poly. II, 4. C'est peut-être un dessein mal ferme que le sien.iD. Serlor. iv, I. Louis XIV, après huit ans de désastres dans la guerre de la succession d'Espagne, prit la résolution ferme d'aller combattre lui-même à la tête de ce qui lui restait de troupes, quoique à l'âge de soixante-dix années, VOLT. Mœurs, Fragm. sur l'hist. art. xviii. Des actions fermes et des paroles simples, voilà le vrai caractère des anciens Romains, id. Comm. sur Corn. Hem. Pompée. || Avoir le jugement ferme, l'esprit ferme, la tête ferme, avoir l'esprit solide et droit. Il Qui révèle de la fermeté. Regard, contenance, voix ferme. Voilà Ulysse lui-même; voilà ses yeux pleins de feu et dont le regard était si ferme, fén. Tél. IX. Il 9" Terme de commerce et de bourse. Marché, achat, vente ferme, marché, achat, vente qui emporte obligation de faire ou de prendre livraison. Il Ferme contre prime, ou opération ferme contre prime, vente ferme et achat à prime. || Terme d'administration. Marché à prix ferme, marché passé par les ministres avec les fournisseurs pour les approvisionnements de l'armée, etc. || 10° Ferme, adv. D'une manière ferme, fortement. Tenir queli|ue chose bien ferme. Frapper ferme. || Se tenir ferme, se tenir solidement. Polyclète, se penchant trop sur ses chevaux, ne put se tenir ferme dans une secousse, il tomba, fén. Tél. v. Nous nous tenions ferme, de peur que, dans cette violente secousse [des vagues], le mât qui était notre unique espérance ne nous échappât, ID. ib. VI. || Faire ferme, s'arrêter dans une retraite, et tenir tête à l'ennemi. Le général Stenau fit ferme avecdeuxrégiments,voLT. Charles XII, 2. Il Fig. [U] Fit ferme quelque temps et puis se démentit, TRISTAN, ilf. de Chrispe, i, 3. Il faut faire ici ferme et montrer du courage, cobn. Œdipe, v, 4. Il U se dit aussi de la solidité d'un terrain. Vous trouverez de la consistance au milieu de l'inconstance des choses humaines.... vous demeurerez immuables comme si tout faisait ferme sous vos
pieds, Boss. Panég. St Benoit, *. || Tenir terme, opposer une résistance vigoureuse. Toutulois il tient ferme et nous montre visage, du rve», Scévole, I, 3. Tantôt, sur les rives de la Loire, suivi d'un petit nombre d'officiers et de domestiques , il court à la défense d'un pont, et tient forme contre une armée, klêcu. Titrenne. 11 lient ferme pourtant et ne perd point courage, rac. Théb. v, 3. Il Fig. Il tint ferme contre la critique. En tout cas, je suis très-assuré que vous tiendrez ferme au milieu des ruines publiques, n lz. liv. i, lett. 3. Qu'il tienne ferme pour faire observer les lois, fén. Tél. XIV. Il Tenir ferme, ne pas renoncer à, ne pas abandonner. Tenons ferme dans l'espérance, noss. Sermons, Ascension. 4 . || Parler ferme à queliju'un, lui parler avec force, et de manière à lui en imiiuser. Vous me parlez bien ferme, et cette sulfisance.... mol. Mis. i, 2. || Fort et ferme, avec force, avec ardeur, avec appétit, etc. On disputera fort et ferme de part et d'autre, mol. Critique, 8. Comme il sentait une grande faim à son réveil, il mangea fort et ferme , hamilt. Gramni. 9. Il Ferme, toc. interj. qui s'emploie pour exciter, encourager. Allons, ferme 1 poussez, mes bons amis de cour, mol. Uis. ii, 5. Ferme! continuez à ne vous pas entendre, lachaussée, Préjugé à la mode, i, 4.
— IllST. XII' s. Tant ai en U [elle] ferm assis mon corage, Qu'aillors [je] no pense.... Couci, xix. ||xm" s. 11 lit le bref, car il rest [est] clers [clerc]. Et de bien lire et haus et fers, Paitonop. v. 274(. L'on li amaine un bon ceval.... Bien afernés [garni de frein] et aaisiés. Et fers et en dos et en pies, ib. V. 9634. Quant ferme fut la pais et la guerre fenie, aiidefroy LE iiASTARD, liomonccro, p. 12. La covonance [la promesse] est moult grans, ne je ne puis maintenant venir ne penser comment elle puisse estre ferme, villeh. lxxxvi. De peine et de travail [elle] dort si ferm et si dur, Bertc, xli. À Socrates seras semblaliles. Qui tant fu fers et tant estaljles. Qu'il n'ert liés [gai] en prospérités, No tristes en aversités, la llose, 6872. || xiV s. Dieu doint à nostre duc faire tele allance De gens fermes, entiers, et de si grant puissance. Que des anemis puissent prendre entière vengeance. Complainte sur la bat. de Poitiers, Bibl. des chartes, 3« série, t. ii, p. 263. Vertu est une ferme qualité de l'ame, par laquelle qualité nous sommes enclins à eslire le moyen entre excès et deffaute, oresme, Eth. 4o. ||xvi' s. S'estant fichez la vue ferme l'un contre l'aullre, MONT, i, 102. U fault avoir les reins fermes pour entreprendre de....iD. i, 55. Je marche plus seur et plus ferme à mont qu'aval, id. i, <6). Une viande massive et ferme [une nourriture solide], id. i, (89. J'avois une santé ferma et entière, id. i, 4B6. Il le nioit fort et ferme, id. i, 323. Les dogmatistes les plus fermes sont contraincts, en cet endroict, de... ID. Il, 304. Ce n'est point une isle, ains terre ferme et continente avecques.... id. i, 232. Quand ce venoit à choquer de près à pied ferme, les ennemis avoient avantage sur eulx, amvot, Philop. (3. Il les rendit encore plus fermes en l'alliance des Romains, ID. Plam. 30. Il fut contraint à faire quelque ferme, et là prit prisonniers de ceux qui le prossoient, d'aub. Hist. m, 232.
— ÉTVM. Bourguign. farme; provenç. ferm; espagn. et portug. firmo; ital. ferma; dulat. firmus, qui est rapporté au sanscrit dhar, dhri, tenir étroitement, soutenir.
2. FERME (fèr-m'), s. f \\ !• Convention par laquelle un propriétaire abandonne à quelqu'un, pour un temps et moyennant un prix, la jouissance d'une terre, d'une maison, etc. Donner, prendre à ferme. Une femme est chargée d'ordinaire de faire les fermes et de recevoir les revenus , fén. t. xvii , p. 89. Il Bail à ferme , louage des héritages ruraux. Il Fig. Si quelques alliés sans foi Prétendent que tu tiens à ferme Le trône que tu dis à toi, bérang. Math. Bruneau. \\ i' Par extension , convention par laquelle le propriétaire d'un droit abandonne à quelqu'un pour un temps et pour un prix déterminés la jouissance de ce droit. La ferme des chaises d'une église. || La ferme des jeux, la faculté accordée par un Etat de tenir des maisons de jeu. Il 3° Délégation que le souverain fait du droit de percevoir certains revenus. Le sénat disposait des deniers publics et donnait les revenus à ferme, uontesq. Esp. II, 17. Il Dans l'ancienne monarchie, les fermes du roi, certaines portions de revenus royaux et des impôts publics, dont la levée était confiée par un bail à une ou plusieurs personnes, qui en rendaient la somme convenue au trésor royal. Enfin elle [une compagnie] se chargea des fermes générales du royaume; tout fut donc entre
les mains de l'Écossais Lass [Law], et toutes les finances du royaume dépendirent d'une compagnie de commerce, volt. Louis XV, ». || Il s'est dit aussi des ailministrations chargées de percevoir les revenus publics donnés à ferme. Il a fait sa fortune dans les fermes. || Ferme générale, administralion composée de tous les fermiers généraux réunis. Il Provinces des cinq grosses fermes, celles qui acceiitèront le tarif dressé par Colbert en lflu4. Il 4° Domaines ruraux donnés à ferme. Acheter une ferme. Ce domaine comprend trois fermes. Des fermes dont les plus petits détails renferment une foule de moyens de salubrité, de commodité 6\i de profit, moyensqui. suggérés par une pliysii|ue éclairée, sont, pour les hamtants do la campagne, des leçons et des modèles, condohcet , Duhamel. || Ferme école ou ferme modèle, établissement pour former des agriculteurs et perfectionner la culture. || Habitation du fermier; bâtiments d'exploilation delà ferme. Une belle ferme. || 5" Jeu qui se joue avec « dés marqués d'un seul côté. || Jeu de cartes àlOou I2 personnes.
— HIST. XIII s. Si comme deus cumpaignons prendent une ferme à trois ans, bf.aum. xxi, 30. Li secons cas si est se fema a baillié son doairo à ferme de grain ou de denier, et ele muert avant que les despuelles soient levées, in. xiii, 16. || xvi» s. Cette grand ville ne demeura gueres à sentir de l'mcommodité par ces pelitei garnisons; la cavalerie qui estoit dedans ayant bientost pris à ferme les grands chemins de Normandie, du Perche et du Maine, et rendu celui d'Orléans dangereux, d'aub. llist. i, 212.
— ÊTYM. Picard, farme; provenç. ferma; bas-lat. firma; de l'adj. latin firmus, chose ferme, établie, convenue.
3. FERME (fêr-m'), s. f || 1» Terme de théâtre. Décoration montée sur un châssis et qui se détache de la toile du fond. Les fermes représentent une colonnade, un arbre, etc. On appelle ferme, dans toutes les circonstances, une décoration qui s'élève de dessous, au lieu de descendre du cintre ou de rouler par les coulisses, c. blaze, llist. de VAcad. demusique, xxviii, t. u, p.3S5. Deux fermes, sur lesquelles on avait peint des charbonsardents, des flam mes véritables qui s'élançaient à travers les découpements de la première ferme, percée do plusieurs trous ; cette première ferme s'ouvrant pour recevoir Olympie, et se refermant en un clin d'œil; tout cet artifice enfin a été si bien ménagé que la pitié et la terreur étaient au comble, volt. Lett. Duc de Villars, 25 mars 1762. ||2'' Terme de charpentorie. Assemblage de pièces, sur lesquelles posent d'autres pièces qui portent un comble. Demi-ferme, la moitié de la ferme d'un comble. Demi-ferme de croupe, celle qui est placée dans le milieu de la croupe. Demi-ferme d'arêtier, celle qui est placée dans le plan de l'arêtier. Ferme brisée, la ferme d'un comble en mansarfe. || 3° Armoire qui était ordinairement dans le greffe du tribunal ou dans la sacristie de l'église paroissiale de chaque juridiction.
— HIST. xiv s. L'une [copie] avons mis et consigné en nostre ferme [armoire] et arche de l'echevinage, boutillier. Somme rur. p. 887, dans lacurne. Jusques à ce qu'il soit temps de les mettre [les éperviers] en la ferme, Me'nagier, m, 2. || xv* s. X tant chevauchèrent les deux chevaliers, jusqu'à ce qu'ils trouvèrent le pont; mais deffense y avoit pour gens de cheval ; car il y avoit une belle ferma [barrière] auprès d'ung pillier, auquel pendoit un cor d'ivoire, Ferceforcst, t. v, f° 87.
— ÉTVM. Fermer.
FERME, ÉE (fèr-mé, mée), part. passé. || 1° Rendu ferme, fixe (ce qui est le sens propre). || Terme de vénerie. Les gros cerfs ont les pinces fermées , c'est-à-dire serrées l'une contre l'autre, quand ils vont d'assurance. || Terme de grammaire. É fermé, é aigu, comme dans bonté (e dans lequel le son est appuyé). || Terme de commerce. Drap fermé, drap bien fabriqué, qui n'est point lâche. || Fermé à, résolu à (sens qui a vieilli). Puisqu'il était fermé à ne point parler au roi, st-sim. t. vin, p. 23n, édit. Chéruel. 1| 2° Qui n'est pas ouvert. Une porta fermée. Des ciseaux fermés. Un couteau fermé, couteau dont la lame, mobile, est logée dans le manche. L'envieux qui verra du plus creux de l'abîme Le ciel ouvert aux saints et fermé pour son crime, corn. Imit. i, 24. La nature est pour l'homme un livre fermé , mass. Car. Vérité de la rel. Les boutiques et la banque furent fermées un jour à Londres, volt. Louis XV, 24. || Fig. Cieux fermés, se dit d'un ciel qui ne verse ni pluie ni rosée. Les cieux par lui fermés et devenus d'airain, bac. -<//ia/. I, I. Il Main fermée, main dans laquelle les doigts sont repliés sur la paume. Frapper à main fermée.
FER
FER
FEU
Il Fig. n me semble qu'il oe faut pas, comme Fontcnelle, tenir la main fermée quand on est sur d'y »voir la vérilé, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, » mars ( 770. || Frapper à poings fermés, frapper ferme, et, par plaisanterie, dormir à poings formes, dormir profondément. |{ Yeuxfermés, yeuxdontlespaupif^ros Bontappliquées exactement l'unecontreTautre. || Fig. Les yeux fermés, se dit quand on agit par conliance ou par déférence pour quelqu'un. J'ai signé les yeux fermé.'!. || Yeux fermés, se dit aussi de celui qui se laisse abuser, induire en erreur. Ses yeux longtemps fermés s'ouvrirent à la fin; Il connut son erreur.... bac. Brit. iv, 2. || Trouver la porte fermée, ne pas rencontrer la personne qu'on venait voir. Il 3" ierme de marine. Port fermé, port obstrué par les glaces ou bien entouré de côtes. || Navire formé, navire bien garanti de l'introduction des lames. Il Rade fermée, rade à l'abri des lames. || Terme de métier. Carde fermée, carde dont les dents sont trop rapprochées. || 4° Fig. Il se dit de tout ce que par similitude on dit fermé. Il [mon cœur] est si peu fermé que chacun y peut lire, cohn. Sertor. II, 2. C'est que vous voyez bien que tous les moyens vous en sont fermés, mol. G. D. m, 8. Tous les cœurs des humains sont-ils fermés pour moi ? VOLT. Mariavme, m, 3. Ah! si pour moi jamais tout coeur était fermé, andré chén. Élég. xii. Dépouille devant tous l'orgueil qui te dévore. Cœur gonflé d'amertume et qui t'es cru fermé, A. de mu.sset, Poés. nouv. Nuit d'avril. || Avoir le cœur fermé pour une personne , être incapable d'amour pour elle. Mon cœur, toutà Plautine, est fermé pour Camille, corn. Othon, i, i. Il B" Enclos. Il fallut que le marquis d'Obando , alors gouverneur, prit ce citoyen sous sa sauvegarde, et lui assignât un terrain fermé où il pût continuer avec sûreté ses opérations, ray- NAL, nist. phil. v, 46. Il S. m. Terme de vénerie. Le formé, le terrain compris entre les haies. || 6° Fermé à, interdit X nos vaisseaux la mer toujours
fermée, rac. Iphig. i, 2. || Fermé à, qui ne regoit pas. X tout autre désir mon cœur était fermé, id. Baj. y, 4. Des yeux fermés aux beautés de la nature, et des cœurs encore moins ouverts aux sentiments qu'elle inspire, buff. Ois. t. xiii, p. 403, dans pouGENS. Ahl qu'à ces vains regrets ton âme soit fermée! lamart. Ilarm. ii, 42. || On dit de même : Un esprit fermé à certaines idées, un esprit qui ne les admet pas, ne les comprend pas. {| 7° Nuit fermée, le moment où l'obscurité est devenue complète. N'avez-vous point remarqué que les jours n'ont point été si courts fen décembre] qu'à l'ordinaire? il y a trois ou quatre ans que je l'entends dire à Paris; l'abbé Têtu en avait parlé à l'observatoire, et disait qu'à cinq heures la nuit était fermée autrefois, et qu'à présent on lisait encore à cinq heures, sév. 609. || 8" Aristocratie fermée, et, en général, classe fermée, celle dont les membres Do s'allient qu'entre eux, et qui n'admet pas de membres étrangers par leur origine. || 9° X certains jeux, au domino par exemple, on dit que le jeu est fermé, lorsque aucun des joueurs ne peut plus rien poser. || Proverbe. Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, c'est-à-dire il ne faut pas vouloir, ordonner des choses contradictoires.
t FEKME-HOlJKSE(fèr-me-bour-s'), s. m. Espèce de fermoir qui clôt l'entrée d'une bourse. ||iiu plur. Des ferme-bourse.
— ÉTYM. Fermer, et bourse.
FEUMEMENT (fèr-me-man), adv. \\ l' D'une manière ferme, avec vigueur. S'appuyer fermement. Il 2" D'une manière ferme, invariablement, constamment. Il était fermement persuadé que l'année était de trois cent soixante-cinq jours et un quart, malgré la nouvelle philosophie de son temps, volt. Zadig, t. Les miracles sont faits Pour qui veut fermement la mort ou le succès, saurin, Spartac. m, 4.
— HlST. xiu* s. De sa cemise estreitement [il) Bende sa plaie fermement, marie, Gugemer. Et sa nature [de l'aigle] est de esgarder contre le soleil si fermement, que si oil [ses yeux] ne remuent goûte, brum. latini, Trésor, p. 4 98. Li quensLooys de Blois et de Chartain, qui malades avoit esté ne enoores n'estoit mie fei-mement guéris, remest en Constantinoble, villeh. cxiii. || xiv* s. Tien fermement que ccllui n'est pas bien enseigné qui ne scet avoir patience, Ménagier, l, ». ||iv' s. Il jurera aussi secondement Qu'en ung seul lieu aimera fermement, en. d'orl. ) . Il xvi* s. Titus demouroit fermement amy de ceulx à qui il avoit une fois fait plaisir, amyot, Flamin. et Philop. 2.
— ÉTYM. Ferme i , et le suffixe ment; provenç. fermamen; catal. fermament; espagn. et portug. flrmemenle; ital. fermamenle.
FERMENT (fèMnan), ». m. || l' Substance qui a la propriété, sous certaines influences, de développer, dans les matières organiques, avec lesquelles on la met en contact, une action moléculaire d'où résultent différents produits tels que de l'alcool, de l'acide acétique, etc. La levure de bière est un ferment. Il 2" Fig. Ce (|ui excite ou entretient. Quel ferment de patriotisme dans tous les cœurs I j. i. Rouss. Pologne, 14. Les vertus qui n'attendaient pour éclore que le ferment de l'adversité, id. Couf. vi. Ce temple àla révolte ouvert incessamment D'une éternelle haine entretient le ferment, guiraud, Machabies, m, 6. Il 3° Fragment d'hostie consacrée que les évêquos envoyaient aux prêtres de leur diocèse.
— HIST. XVI* s. Quelque reliquat et portion du ferment de ce virus, paré, xvi, ao.
— ÊTY.M. Provenç. ferment; espagn. et ital. fermenta; du latin fermentum, do fervere, être chaud (voy. prhvkuh).
fFERMENTAIKE (fèr-man-tê-r'), s. m. Nom donné aux chrétiens grecs qui, dans la consécration, se servent de pain fait avec du levain, par opposition à azymite.
t FERMENTANT, ANTE (fèr-man-tan, tan-f), adj. Qui fermente. Une matière fermentante.
FEHMENTATIF, IVE (fèr-man-la-tif, ti-v'), adj. Qui produit la fermentation. La levure de bière est une matière feimenlative.
— ÉTYM. Fermenter.
FERMENTATION (fèr-man-ta-sion; en vers, de cinq syllabes), i. f.\\l° Terme de chimie. Réaction spontanée, qui s'opère dans un corps d'origine organique par la seule présence d'un ferment, lequel n'emprunte ni ne cède rien au corps qu'il décompose. 11 trouva qu'en exposant le grain dans des étuves à une chaleur assez forte pour faire périr les œufs ou les nymphes des insectes, en le privant par cette même opération de son humidité, on le garantissait à la fois des deux fléaux les plus destructeurs, la fermentation et les insectes, condorcet, Duhamel. Il Fermentation saccharine, celle dans laquelle il se forme du sucre aux dépens de la fécule. Fermentation vineuse, spiritueuse ou alcoolique, celle qui produit l'alcool par la décomposition du sucre. Fermentation acide, celle qui a pour principal résultat de l'acide acétique. Fe mentation putride, celle qui donne lieu à des prrjduits plus ou moins infects. |{ 2° Dans l'ancienne physiologie, fermentation du sang, état hypothétique du sang comparé à une fermentation. Il se fait dans le cœur une fermentation du sang, noss. Conn. de Dieu, u, 9. Age où le 'sang en fermentation commence d'échauffer l'âme, j. j. Rouss. Ém. iv. || Dans l'ancienne médecine, fermentation dos humeurs, état hypothétique des humeurs comparé à une fermentation. || 3" Il s'est dit dans l'ancienne chimie pour toute espèce de réaction. Cest réellement le feu qui produit le mouvement interne de tous ces corps; mais, dirat-on , comment peut-il exciter des fermentations froides qui font baisser le thermomètre? volt. Kat. du feu, III, 4 . Il 4° Fig. Agitation des esprits. C'est qu'il n'y eut aucun levain de fermentation du temps de Louis XII, et que, du temps de Henri II, tous les ordres de l'État commençaient à être échauffés et aigris, volt, llist. du pari. ch. 4 3. Dans la fermentation où sont les esprits on ne veut pas s'exposer aux plaintes, id. Lett. d'Àrgental, 27 janv. 4764. Il y a des temps où il ne faut pas irriter les esprits, qui ne sont que trop en fermentation, id. lett. Damilaville, 27 janv. 4 764. La fermentation est aussi forte dans les provinces qu'à Paris, id. Lett. Richelieu, 28 avr. 4 771. Je ne sais si j'ai trop bonne opinion de mon siècle ; mais il me semble qu'il y a une certaine fermentation de raison universelle qui tend à se développer, qu'on laissera peut-être se dissiper, et dont on pourrait assurer, diriger et hâter les progrès par une éducation bien entendue, duclos, Consid. mœurs, ch. 2. Avez-vous lu un ouvrage intitulé Dialogue sur le commerce des blés? il excite ici une grande fermentation, d'alemb. Lett. d Voltaire,
25 janv. 4 770.
— ÉTYM. Fermenter.
FERMENTÉ, ÉE (fèr-man-té, tée), part, passé. Qui a subi la fermentation. Les liqueurs fermentées.
FERMENTER (fèr-man-té). || 1» Y. a. Mettre en fermentation (cet emploi actif, qui est latin et archaïque, n'est plus en usage). On peut pen.'^er que le cœur mêle dans le sang une matière, quelle qu'elle soit, capable de le fermenter, boss. Connaiss. ii, 9. Il 2* Y. n. Terme de chimie. Être, entrer en fermentation. Ce limon fangeux, fermentant sous les ardeurs du tropique, dut soutenir longtemps et multiplier à l'infini toutes ces générations impures, in-
formes, (}ui n'ont cédé la terre i des habitants plus nobles que quand elle s'est épurée, hukf. Oiseaux, t. XV, p. i, dans pougens. || Il se dit quelquefois de ce qui a l'apparence d'un mouvement de fermentation. C'est ainsi qu'une demi-once de sel volatil d'urine et troisonces de vinaigre, en fermentant, font baisser le thermomètre de neuf à dix degrés, volt. Ess. sur la nat. du feu, m, i . || 3* Fig. S'agiter, s'émouvoir. Les esprits, les télés fermentent. Dans les cœurs irrités la sédition fermente, ancelot, Fiesque, ■II, 3. Il U se dit aussi des passions et des sentiments. La honte, le remords, la rage, la douleur. Mille poisons brûlants fermentent dans mon cœur, dk DtLLOï, Siège de Calais, ii, 4. Mais où l'on vécut libre, un reste de courage Longtemps fermente et fait délester l'esclavage, u. j. ciiEn. Gracquts, i, 2.
— HIST. xvi* s. Il inventa le levain pour fermenter la pasle, le sel pour luy donner saveur, bab. Pant. IV, 61.
— ÉTYH. Lat. fermentnre, mettre en fermentation, de fermentum, ferment.
t FEUMENTESCIBILITÉ (fèr-man- tè-ssi-bi-lité), ». f. Oualilé de ce qui est fermenlescible.
t FERMENTESCIBLE (lèr-man-lc-ssi-bl'),arf;'. Qui est sujet à la fermentation. L'analyse du grain do froment présente deux substances très-caractérisées : la première est muqueuse, nutritive, fermenlescible, et connue sous le nom d'amidon, bonnet, Contempl. nat. vi, vi, note 4.
— ÉTYM. Fermenter.
FERMER (fèr-mé), v. o. || 1* ArriHer, fixer. C'est le sens propre de ce verbe conservé seulement dans ce terme de navigation : fermer un bateau, l'arrêter ou l'attacher; et dans ce terme de droit coutumier: rendre le témoignage appelé ferme; cl dans ce terme d'architecture: fermer une baie de porte ou de croisée, établir sur ses pieds-droits une arcade ou uns plate-bande, ou y poser dos linteaux ; et dans ce terme de grammaire: fermer l'e, fermer une voyelle, lui donner le son fermé. |1 2° Appliquer, mettre ferme une chose qui sert à clore. Fermez la porte, la fenêtre, les contrevents. Il Fermer la porte à quelqu'un, l'empêcher d'entrer. I| Fermer la porte sur quelqu'un , sur soi, fermer la porte après que quelqu'un est entré ou sorti, fermer la porte en entrant ou sortant. Il Familièrement. Fermer la porte au nez de quelqu'un, à quelqu'un, pousser rudement la porte contre lui au moment où il se présente pour entrer. Il Fig. Fermer la porte à quelqu'un, ne pas le recevoir. Elle m'avait fait fermer sa porte le matin, mais elle me reçut le soir, genlis, Ad. et Tbiod. t. i, lett. 3, p. 7, dans pougens. || Absolument. Fermer sa porte, refuser toute visite. || Se faire fermer la porte, éprouver le refus d'être admis. Anacréon et les gens de sa sorte. Comme Waller, Saint-Evremont et moi, Ne se feront jamais fermer la porte : Qui n'admettrait Anacréon chez soi? Qui bannirait Waller et la Fontaine? la font. Lett. \mï.\\ Toute) les portes lui sont fermées, il n'est reçu nulle part. Il Fig. La porte des emplois, des honneurs, lui est fermée, il n'aaucun moyen d'obtenir une place, des dignités. Il Fig. et poétiquement. Fermer les portes du temple de Janus, les portes de la guerre, faire la paix (voy. jANUs). Il Fig. Fermer la porte aux désordres, aux abus, les empêcher, les prévenir. || Fermer la porte aux mauvaises pensées, aux mauvais conseils, les éloigner, les rejeter, jj Fermer ses portes, se dit d'une ville qui se décide à résister à un ennemi. 11 n'y eut que Samé, qui, après avoir fait sa soumission comme les autres, s'en repentit et ferma ses portes aux Romains, bollin, llist anc. Œutrci, t. VIII, p. 44S, dans pobgens. || 3" Par extension, clore ce qui est ouvert. Fermer une cliambre, un magasin, un secrétaire, une armoire, une malle. Fermer uns boutique. L'an^'e du Seigneur se fil voir armé de l'épée, et ferma pour jamais l'entrée de ce jardin de délices, bourdal. Exhort. Crur.if. et mort de J. C. t. ii, p. I75. || Fig. et familièrement. Fermer boutique, cesser de travailler ou de vendre en boutique, quitter le commerce. || Terme d'architecture. Fermer une voûte, en poser la clef. Fermer un cours d'assises, en poser la dernière pierre. Il Terme de marine. Fermer un port, en barrer l'entrée; mettre embargo sur les navires qui s'y trouvent. Fermer une batterie, en laisser tomliei les mantelets. Fermer une voile, la bra.sserau vont. Fermer l'angle, .se placer de manière à apercevoir deux objets sur une même ligne. || 4" Par analogie. Fermer un robinet. || Fermer un tiroir, le faire rentrer dans le meuble où il est emboîté. || Fermer \ri rideaux, tirer les rideaux. Brinon, mon ami, luidis-je, avec un grand soupir, fermez le rideau, je
FER
suis indigne de voir le jour, uamilt. Cramm. 3. Il 6" Rapprocher l'une contre l'autre des parties dont l'écartement figurait une ouverture. Fermer un couteau, des ciseaux. Fermer un sac. Fermer un livre. Fermer la main. || Fermer une lettre, un paquet, plier et cacheter une lettre, un paquet. || Fermer les yeux, rapprocher les paupières, de sorte qu'on ne voit plus. Il ferma les yeux à cause du jour trop vif. Et qui me trouve mal n'a qu'à fermer les yeux, mol. ^e. des maris, i, <. || Par extension. Ferm»' les yeux, inourir.|| Familièrement. Ne pouvo.r fermer l'œil, les yeux, ne pouvoir dormir. Mais en ma chambre à peine ai-je éteint la lumière, Qu'il ne m'est plus permis de fermer la paupière, BoiL. Sat. VI. Il Fig. Fermer les yeux sur quelque chose, faire semblant de ne pas s'apercevoir de ce qui a lieu. Et moi fermant les yeux sur ce noir attentat, COBN. Rodog. m, s. Sur tout ce que j'ai vu, fermons plutôt les yeux, rac. Baj. iv, 4. || Absolument. Se voyant tromper, elle fermait les yeux, CORN. Bodog. I, 7. J'aimai mieux fermer les yeux, pour ne pas voir les artifices, fén. Tél. xm. Plusieurs jésuites se cachèrent dans des provinces éloignées, d'autres dans Kanton même, et on ferma les yeux, volt. Dict. phil. Chine. || Fermer les yeux à quelque chose, se refuser à voir ce qui est évident, à croire ce qui est certain. Fermer les yeux
à la vérité, à l'évidence Je fermais les yeux à ce
nouvel ennui, corn. Œdipe, u, i. |{ Fermer les yeux à quelqu'un, empêcher qu'il ne voie les choses telles qu'elles sont. Thésée ouvre vos yeux en voulant les fermer fsur le mérite d'Aricie], rac. Phèdre, i, <. X tant d'attraits, amour, ferme ses yeux, id. Andr. II, 3. Mon amour pour ma patrie ne m'a jamais fermé les yeux sur le mérite des étrangers, volt. Hérope, lett. || Fermer les yeux, intercepter la vue. Il la rendit [la justice], sans l'amollir, douce et traitable ; il leva le bandeau qui fermait ses yeux, et lui laissa jeter des regards de pitié sur les misérables, FLÉCH. Lamoignon. \\ Fermer les yeux à quelqu'un, rapprocher ses paupières après qu'il est mort; et fig. l'assister dans ses derniers moments. Céphise, c'est à toi de me fermer les yeux, rac. Andr. iv, < . Je croyais que tes mains fermeraient mes yeui, fén. Tél. xvii. Le fils se revêt des dépouilles du père, lui ferme les yeux, mass. Carême, Mort. Tes triomphantes mains vont fermer ma paupière, VOLT. Brutus, IV, 6. Il Fermer les yeux, signirie quelquefois faire cesser de vivre. Aux uns à <iui la mort allait fermer les yeux, Leurs libérales mains ouvraient déjà les cieux, volt. Henr. x. Il Fermer la bouche, rapprocher ses lèvres de manière que la bouche ne soit plus ouverte. || Fermer la bouche , se dit d'une cérémonie dans laquelle le pape impose les doigts sur la bouche d'un nouveau cardinal pour l'avertir qu'il n'a point encore voix délibérative. ||Fig. Fermer la bouche à quelqu'un, lui imposer silence d'autorité, ou le réduire à ne pouvoir répondre. Ah ! l'on s'efforce en vain de me fermer la bouche, rac Brit. m, 3. Le 'lue de Sulli représenta au roi combien l'admission lies jésuites était dangereuse, mais Henri lui ferma la bouche en lui disant : ils seront bien plus dangereux encore si je les réduis au désespoir, volt. nist. pari. ch. 42. || Le respect me ferme la bouche, il m'interdit de parler. Approuvez le respect qui me ferma la bouche, rac. Phèd. iv, 2. || Fermer la bouche à la médisance, à la calomnie, aux médisants, obliger les médisants, les calomniateurs à se taire. || Fig. Fermer le cœur de quelqu'un à un sentiment, l'empêcher de l'éprouver. Elle ferme le cœur à tout sentiment de piété, mass. Carême, Pass. 2. Mais une telle offense Ferme à la fin mon cœur à la reconnaissance, volt. Àdél. m, 3. || Absolument. Fermer le cœur, y étouffer les sentiments naturels. On a pu le déchirer |mon cœur], le fermer, mais non le flétrir, genlis, Mlle de la Fayette, p. 234, dans POUOENS. || Fermer son cœur à quelqu'un, cesser d'avoir pour lui de l'affection, et aussi lui cacher les sentiments qu'on éprouve, les pensées qu'on a. || Fermer son cœur, signifie aussi se refuser à. Il a fermé son cœur à tous nos plaisirs, fén. Tél. ;x. Il Fermer l'oreille à quelque chose, ne pas l'écouter. Fermer l'oreille aux louanges. Fermons l'œil aux présents et l'oreille à la brigue, rac. Plaid. Il, 4. Il Fermer l'oreille à la calomnie, aux médisances, ne point y ajouter foi. || Fermer sa bourse, en nouer les cordons ; et fig. cesser de prêter de l'argent. Je lui ai fermé ma bourse. || 6° Fermer une plaie, la cicatriser. C'est en fermant la plaie y verser du poison , corn. Cinna, u , 2. || Fig. Fermer une plaie, des plaies , réparer des maux. Mous sommes demeurés d'accord que nous étions
PEft
obligés de part et d'autre do travailler de tout notre pouvoir à remédier au schisme qui nous sépare, et à fermer une si grande plaie , boss. Projet de réunion des protestants, récit. Il fallait du temps pour fermer les plaies de la Livonie , pays abondant, mais désolé par quinze ans de guerre, par le fer, par le feu et par la contagion, volt. Hist. Charles XII, 8. Il 7" Rendre im passage difficile , impossible. Des bancs de sable ferment l'entrée du port. Fermer un chemin, un passage. L'avenue est fermée par des barrières. Ils s'arrêtaient autrefois à Coulpy, mais avec le temps ils ont osé braver les courants, les bancs mouvants et élevés qui semblaient fermer la navigation du fleuve, ratnal, Hist. phil. m, 30. || Terme de chemin de fer. Fermer la voie, présenter la face rouge du disque mobile pour avertir de s'arrêter lorsque la voie est obstruée par une cause quelconque. || 8° Empêcher l'accès, repousser. Une armée fermait le passage. Fermer les mers. J'en rends grâces au ciel, qui, m'arrêtant sans cesse. Semblait m'avoir fermé le chemin de la Grèce, rac. Andr. i, < . Et tout ce vain amas de superstitions. Qui ferment votre temple aux autres nations, id. Athal. i, 4. || Fig. Le respect et la crainte Ferment autour de moi le passage à la plainte, id. Bérén. ii, 2. || Fig. Fermer à quelqu'un le chemin des honneurs. Cette carrière lui est fermée. Il 9' Enclore. Fermer une ville, un parc. Il [Ouintius] envoya ses soldats couper du bois pour avoir de quoi fermer son camp lorsqu'il en serait besoin, malh. le XXXIII' livre de T. Live, chap. 5. Il Fermer une parenthèse, mettre le signe qui la termine. || Fig. Fermer la parenthèse, terminer une digression, revenir à son sujet. || 10° Cesser, suspendre des travaux, des exercices, des réunions. Fermer les clubs. Fermer un atelier. Les temples du paganisme furent renversés, les portes des écoles ecclésiastiques fermées, les philosophes dispersés, DiDER. Opin. des anc. phil. {éclectisme). || Fermer le palais, le théâtre, faire cesser la plaidoirie, les spectacles. Donnons vite bien des comédies nouvelles ; car, lorsque les jansénistes seront les maîtres, ils feront fermer les théâtres, volt. Lett. d'Arffentai, (6 août (761. || Fermer un bureau, y faire cesser le travail des employés à une certaine heure, ou cesser momentanément de le tenir ouvert aux personnes qui y ont affaire. || 11° Arrêter, clore, terminer. Fermer une liste. Fermer un débat, une session. Meurs, misérable prince , et d'une main hardie Ferme l'acte sanglant de cette tragédie, mairet, Sophon. v, 9. Tout mourant il te force, et fait dire à l'envie Qu'un si grand conquérant n'eût jamais pu fermer Par un plus digne exploit une si belle vie, corn. Inscr. viises sur des estampes, xx, prise de Perpignan. La réflexion qui va fermer ce discours, BOSS. 1" sermon. Concept, t . L'abbé de Chaulieu ferma ce siècle par trois ou quatre pièces de poésie qui partent du cœur, ou qui semblent en partir, volt. Mél. lillér. Lett. de laYisclède,ill6. Gabriel Biel naquit à Spire; il ferma la troisième période de la philosophie scolastique, DIDER. Opin. des anc. philos, {scolastiques) . || Fermer la marche, marcher le dernier. Les chariots rangés quatre à quatre fermaient la marche, rol- LIN, Hist. anc. Œuvres, t. n, p. 27( , dans pougens. Ses esclaves, son époux, les parents et les amis fermaient la marche, oenlis, Yeill. du chdt. t. ii, p. 34, dans POUGENS. |] 12° Terme de domino. Fermer le jeu, se dit au domino quand on pose un dé auquel personne ne peut en adapter un autre. Il 13° Terme de manège. Terminer entièrement une figure. Il se dit surtout du travail de deux pistes. Fermer la volte, la passade. || 14° V. n. Être bien clos. Cette porte ferme bien. |1 N'être plus ouvert. Les portes de la ville ferment à telle heure. Ce magasin ferme de bonne heure. || Ne pas tenir ouvert. Les marchands ferment les jours de fête. || Fermer la porte, les portes. On vient de fermer, personne n'est plus admis. || Servir à clore. Cette serrure ferme bien, ferme mal. || 15° Terme de bourse. Les cours ont fermé à tel taux, c'est-à-dire le taux était tel quand les derniers cours ont été cotés, quand la bourse a fermé. || 16° Se fermera, t). réfl. S'arrêter à, prendre comme résolution dernière (sens qui vieillit et qui dépend du premier sens de fermer). M. de Beauvilliers ne trouva jamais mieux [que Torcy] à mettre en sa place, et il se ferma à l'y laisser, st-sijj. 305 , 229. Le roi s'était fermé à n'accorder plus de survivances, id. 6, 78. Il 17° Être clos, cesser d'être ouvert. Cette porte se ferme d'elle-même. Les bourses se sont fermées, c'est-à-dire l'argent est rare. Tout chemin d'acquérir se ferma à la vieillesse, rëgmier, Sat.
tER
xin. Abîmes, fermez-vous! fantôme horrible , arrête, volt. Sémir. i, 6. || Fig. Son cœur va se fermer pour moi. Il 18° Les yeux se ferment, quand lei paupières se rapprochent. La sommeil s'empara de lui, et ses yeux se fermèrent. || Ses yeux se ferment, i! meurt. Hippias, étendu par terre, se roule dans la poussière, ses yeux se ferment à la lumière, fén. Tél. xvi. Mes yeux seront témoins de votre fier courage. Et vous auront vu vaincre avant de se fermer, VOLT. Tancr. i,f.\\ Fig. Ses yeux se ferment, il ne veut pas voir la réalité. Tes yeux s'étaient fermés sur lesbordsde l'abîme, volt. Ah. v, a. || 19° Se cicatriser. La plaie commence à se fermer. || Î0° La nuit se ferme, elle devient tout à fait obscure. La nuit se ferma, mais la porte ne s'ouvritpas, hamilt, Cramm. 9. Il 21° S'enfermer. Oui , tout cesse, on n'entend qu'un cri triste et sauvage; On charge les fusils, on se ferme, on s'endort, j. j. ampère, Rev. des Deux-Mondes, juillet 1847, p. 236.
— HIST. XI' s. Espérons d'or ad en ses piez fermez [fixés], Ch. de Roi. xxvi. || xii° s. Et l'aigle d'or sus el pomel fermer [fixer], Bonc. p. 8.i trois clos d'or [il] ferma son gonfanon, ib. p. 7). [Elle] Ferma les huis et serra durement, i6. p. (72. Tut le plusdel jur ert [il était] en un suen oratur, E fermout l'uis sur sei, Th. le mart. <o«.... Quant U arcevesques comença à parler. Et sa cause en latin gentement à mustrer. Cil le comença lues [aussitôt] par tut à traverser; Quida qu'hum li eûst fait la cause fermer [apprendre par cœur], E, se um le desturbast, nel seOst parfiner, tii. 57. ||xiir s. Si virent la cité fermée [fortifiée] de haus murs et de grans tours, villeh. XLiv. Et ele a bien fermée [retenu] sa leçon, HUES de laff.rté, liomoncp. <84. Puis la [la ville] frema [fortifia] dus Naymes de Bavière autrement, Berte, ix. Amors a si mon cuer donté, Qu'il n'est mais à ma volonté; Ains le justise si forment, Qu'il i a faite clef fermant, la Rose, 3096. || xv° s. Et vinrent jusques à une grosse ville que on appelle Fontaine-sur-Somme; sil'ardirent toute et roberent; car elle n'estoit point fermée, froiss. i, i, 276. Pour Dieu, espoir, venez le secourir; 11 a en vous sa fiance fermée. Ne lui veuilliez à son besoin faillir, eu. d'ohl. BaK. 23. Aumaires [armoires] Fermansà clef 1res bien et fort, id. Rondel 28. Or ça, m'amie, estes-vous en ce fermée et conclue de ne rien faire pour moi? louis xi, Nouv. xliv.... Et incontinant Geuffroy Cueur crya à ses gens : ouvrez la porte, car il n'est pas temps de fermer l'eslable quand les chevaulz sont perduz, Bibl. des chartes, 4" série, t. i, p. 277. || xvi" s. L'on commençoit à fermer le camp de la closturede paliz, amyot, Sylla, 60. Sans porte, sans fenestre, sans coffre qui ferme, mont, i, < <4. Ils sont fermez, du oosté de la terre, de haultes montagnes, id. i, 236.113 maintiennent que, quand les grands commandent, on doit fermer les yeux et obéir, langue, 217. Il envoya pour cest effect, de plus de vingt lieues loin, trois mille chevaux, pour la fermer [entourer la ville], id. 632. Il arriva à nuict fermante à seureté lui et ses gens, id. 641. La roine-mere se ferma à faire donner cette generallité au duo de Lorraine, d'aub. Hist. n, 4 te.
— êtym. Beny,fremer,fromer,freumer, froumer; picard, fremer; bourguign. fromai; norm. frumer; provcnç. /ermar; portug. /îrmar; ital. fermare; du latin firmare, proprement rendre fixe, affermir, fixer; ce qui est le sens primitif, très-fréquent dans les anciens textes; de là on passe sans peine au sens de fermer une porte, la fixer solidement, la fermer.
FERMETÉ (fer-me-té), s. f. \\ 1° L'état de ce qui est fermement fixé. Ces pilotis ont peu de firmeté. Il 2° Qualité de ce qui ne code pas ou cède peu à la pression. La fermeté des chairs. Un terrain marécageux sans fermeté. Les bras et les mains sont, en divers endroits, divisés par plusieurs articulations qui, jointes à la fermeté des os, leur servent pour faciliter le mouvement et pour serrer les corps grands et petits, boss. Connaiss. ii, 2. Fermeté vient de ferme et signifie autre chose que solidité et dureté, volt. Dict. phil. Fermeté. On est obligé de mêler un peu de cuivre avec l'ctain, pour lui donner la fermeté qu'exigent les ouvrages qu'on en veut faire, BUPF. Min. t. V, p. 176, dans pougens. ||8° Vigueur, force. La fermeté des reins, du jarret. || 4° Fermeté de la main, assurance de la main qui exécute quelque chose. Ce chirurgien a de la fermeté dans la main. il Fig. Fermeté d'esprit, de jugement, esprit, jugement qui n'erre ni ne chancelle. || 6° Terme d'art. Vigueur, hardiesse d'exécution. Fermeté de pinceau, de burin. || Fig. Fermeté de style. Qualitéd'un style qui est serré et fort. || 6° U se dit de la contenance, de la voix, du regard qui ne se laisse pas troubler. Parler, répondre avec fermeté. U les étonna
FER
par la fermeté de son courage et de ses regard», VAUOKI. Q. C. X, 8. Mai» voire fermeté lient un peu du barbare, cobn. Ilor. Ii, 3. || V Force morale, qui ••exerce conlre les obstacles, dans les périls, dans les souffrances, dan» les revers. Une fausse fermeté conseillée il Hoboam par de jeunes gens sans expérience lui fit perdre dix tribus, boss. Politique, iv, II, 2. Joignant à la fermeté qu'elle tenait de la nature, celle que la piété lui avait acquise, fléch. Dauphine. On périt quelquefois par trop de fermeté, VOLT. Fanal, i, i. Mais j'ai la fermeté desavoir me contraindre, m. Zaïre, iv, 6. Un si triste esclavage Doit plier de son coeur la fermeté sauvage, ID. Oresie, ii, 4. La fermeté dans le malliour n'est pas une vertu rare; l'âme ramasse alors toutes SOS forces; elle se mesure avec ses destins; elle se donne en spectacle au monde, id. Panég. de St I/iuis. La justice qui n'est rien sans la fermeté; la fermeté qui peut être un grand mal sans la justice, niDKR. Lett. à la comtesse de Forbach, Œuv. t. m, p. 445, dans pouoENs. Il Fermeté de haine, haine qui reste fiiléle à elle-même. [Unrefusqui] ne puisse être imputé Qu'à fermeté de haine, ou magnanimité, CORN. Perfh. III, i. \\ Constance en amour. Vous voyez par pitié qu'il me laisse à Florame, Qui, n'étant pas si vain, a plus de fermeté, corn, la Suiv. i, s.
— SYN. FERMETÉ, CONSTANCE. L'homme ferme résiste à la séduction, aux forces étrangères, ii luimême. L'homme constant n'est point ému par de nouveaux objets. On peut être constant avec une âme pusillanime, un esprit borné; mais la fermeté ne peut être que dans un caractère plein de force, d'élévation et de raison. La légèreté et la facilité sont opposées à la constance; la fragilité et la faiblesse sont opposées à la fermeté, Encyd. vi, 527.
— Hl.ST. xii* s. Le siège [ilj a mis environ la ferlé
I fortere.sse ] , Garin , dans du cange , ftrmitas.
II XIII» s. Oïl, se Diex me .saut; nous n'avons chi [ci] autre fermeté [protection] ne autre estendart, fors Dieu tant seulement et vous , H. de valenc. iv. Il XIV* s. En nulle chose quelconque qui regarde œuvres humaines, il n'a telle constance ne si grant fermeté comme elle est es operacions qui sont selon vertu, ORESME, Eth. 24. || xv s. Je, qui suis fortune nommée, Demande la raison pourquoy On me donne la renommée Qu'on ne se peult fier en moy, Et n'ay ne fermeté ne foy, CH. d'orl. Bail. 80. Et, ce fait, alerent à un ventail du dit vivier, et l'un d'eulx rompi la fermeté [la clôture] du dit ventail, du canoë, firmura. || xvi* s. La vaillance, c'est la fermeté, non pas des jambes et des bras, mais du courage et de l'ame, mont, i, 243. Pour montrer la fermeté de son assiiîtte [à cheval], id. :, 369. Quelle fermeté y aura-il d'ores-en-avant en la foi et parole de roi? d'aub. llist. n, 235. Alors l'air n'a pas la fermeté de soutenir le vol des oyseaux, amyot, Flamin. 20. La soudaineté et facilité ne peult donner une fermeté perdurableà l'œuvre, id. Péric. 26. Cestoit fermeté et constance, id. Fab. 3. Tout ce que le cours de l'eau emmené aval, s'y attache et s'y lie si bien, que l'un par la moyen de l'autre s'y affermit, et prend une fermeté asseurée, iD. Philop. (2.
— ÉTYM. Provenç. fermelat; du latin firmitatem, de firtnus, ferme. Fermeté ou ferlé a très-fréquemment le sens de forteresse dans l'ancienne langue, qui avait aussi fermante pour dire ce que nous nommons aujourd'hui caractère ferme.
f FERMETTE (ftr-mè-t'), s. f. Terme d'architecture. Ferme d'un faux-comble ou d'une lucarne.
— ÊTYM. Ferme 3.
FERMETURE (fèr-me-tu-r'), S. f. \\ 1" Ce qui sert à fermer, à clore. Celte fermeture de boutique est très-solide. || Fermeture de menuiserie, assemblage complet du dormant, des châssis et des venlaux d'une porte ou d'une fenêtre. || Extrémité supérieure de certains tuyaux de cheminée. || 2° L'action de fermer, de clore. La fermeture d'une place de guerre. La fermeture des bureaux. |{ Fermeture d'un magasin, se dit d'un magasin qui cesse de vendre. || Terme de jeu (au domino). Action de fermer le jeu. Je cherchais la fermeture. || 3° Terme de marine, voy. fermure. ||4' Se dit des courants électriques qu'on interrompt. Dans le télégraphe à cadran, un tour de manivelle fournit 43 fermetures et (3 ouvertures de courant.
— iiiST. xvi' s. X la fermeture [porte de ville] que les Juifs lenoient, Danyot et Turquant, qui estoient venus par avant, firent ouvrir la porte tout à plein à Henri, menabd, llisl. de du Guesclin, p. 220. dans i.ACURNK.
— ETYM. Fermer; génev. fermature.
FERMIER, 1ÈRE (fèr-mié-, miê-r'), s. m. et f.
U 1° Celui, celle qui tient à bail un bien-fonds, une
FER
exploitation rurale. Un fermier actif et intelligent. Tout ce qu'on boit est bon, tout ce qu'on mange est sain; La maison le fournit, la fermière l'ordonne, BoiL. Ép. VI. Il Terme do jurisprudence. Fermier judiciaire, celui à qui le bail de quelque héritage saisi a été adjugé par autorité de justice. || Se dit aussi, dans le langage agricole et d'une manière générale, du cultivateur, de celui qui pratique l'agriculture, qu'il soit fermier ou propriétaire. || i' Il se dit aussi do celui, de celle qui prend des droits, des entreprises à ferme. Le fermier des chaises d'une église. Fermier des jeux. || Fermier d'annonces, celui qui prend à ferme les annonces dans un journal. || Terme de jeux. .Se dit du joueur qui apris la ferme ou banque au plus haut prix. ||3' Fermier, celui à qui le souverain afferme le droit de lever certains impôts. Los fermiers généraux dont il avait dévoilé au peuple les vols elles rapines, accoutumés jusque-là à s'engraisser des deniers publics, jetèrent alors les hauts cris, ROLLiN, Uist. anc. Œuv. t. I, p. 489, dans rou- GENS. Il En particulier, dans l'ancienne monarchie, fermier général, ou, simplement, fermier, un de ceux auxquels les droits du roi étaient affermés. Je vois, monsieur.que vous êtes patriote et homme de lettres autant pour le moins que fermier général; vous me faites souvenir d'Alticus, qui était fermier général aussi, mais c'était de l'empire romain, volt. Lelt. d'Agincourt, (7 déc. «770. |{ ^' Adj. Garçon fermier.
— HlST. xiu's. En tel cas no doiventpenre [prendre] li hoir que ce que li fremier doivent, beadm. 46. ||xv' s. Preslre fermier ou vicaire de l'église parrochial de Croissy, du cangs, firmariut.
— ÊTYM. Ferme, 2.
FERMOIR ((èr-moir), s. m. || 1* Petite attache ou agrafe qui sert i tenir fermé un livre, un portefeuille, etc. Un vieil infortiat.... Où pendait à trois clous un reste de fermoir, boil. Lulr. v. Je vous supplie d'avoir la bonté de faire relier un de vos livres pour la messe avec des fermoirs d'or tout unis, MAiNTENON, Lelt. àl'abbé Gobelin, 25 mai 1675. || 11 s'est dit plus particulièrement des agrafes qui fermaient les livres manuscrits, le parchemin exigeant une pression assez forte entre les ais de bois de la reliure, de laborde, £moMi, p. 3)4. || 2° Fermeture de métal des sacs de femme, bourses, etc. || 3° Ciseau de charpentier, pour faire des entailles et des mortaises. {| Fermoir nez rond, ciseau que le menuisier introduit dans les angles rentrant». || Instrument de bourrelier pour tracer les raies pointées sur les bandes de cuir. || Ciseau de fer, à manche de bois capable de supporter les coups du maillet dont se sert le sculpteur pour ébaucher.
— HlST. XIII* s. Quiconques veut estre fremaillers de laton à Paris, c'est à savoir feisieres de aniaus, de fremaus et de fermoirs à livres, estre le puet, pour qu'il sache le faire, Liv. des met. 95. || xvi* s. Il inventa les fermoirs de la muselière que l'on attache à l'entour de la bouche, amtot, Com. refréner la colère, )2.
— f.TYM. Fermer.
■f FERMURE (Rr-mu-r"), î. f. Terme de marine. Se ditdes bordagesqui se mettent par couples entre les préceintes. || Terme de navigation fluviale. Perche servant à attacher un train de bois à la rive.
—HlST. xil* s. Et fut plate la fremure qui esteit sur le tiers estage. Rois, p. 218. |{ xiv* s. La beste, si tost qu'elle est hors de fermure [clôture], est retournée à sa nature et franchise, et n'est à nul proprement, BOuiiLiiER, Somme rural, p. 263, dans lacuRNE. Il XV* s. 'Terribles fermures [les cages de
Louis XI], COMM. VI, 2.
— f.TYM. Fermer.
■f FÉRO (fé-ro),s. m. Nom à Nice du poisson appelé, par les naturalistes, la coryphène hippurc.
FÉROCE (fé-ro-s'), adj. I] 1' X)\i\ se platt dans le meurtre, en parlant des animaux. Tout homme a une bête féroce en soi ; peu savent l'enchaîner, la plupart lui lâchent le frein, lorsque la terreur des lois ne les retient plus, volt. Letl. du roi de Prusse, 3) oct. «760. Comme un tigre féroce aigri par sa blessure, Il [Charles le Téméraire] s'éloigne, et sa fuite affranchit le Jura, masson, Hehétient, vu. Il Fig. C'est une bête féroce, se dit d'un homme brutal, cruel. Il î' Par extension, il se dit des personnes par rapport à leur caractère , à leurs habitudes. Un vain peuple à la fois et féroce et volage. Après l'avoir formé , détruisait son ouvrage , delillf. , Troiî régnes, v. || Qui a le caractère de la férocité. Déterminée à mourir, et par là devenue capable des plus féroces résolutions , elle f Cléopatre] vit d'un œil sec et tranquille couler dans ses veines le poison mortel de l'aspic, rollin, Hist. anc. Œuv. t. x, p. 388, dans poooens. Peut-être
FER
qu'en secret Je tirais vanité.... D'instruire i nos vertus son féroce courage, volt. Orpliel. 1, « . Mallius en Toscane arme leurs mains féroces [des complices de Catilina], in. CtUilirui, i, 5. Dans ton féroce amour immole tes victimes, id. Adélaïde, IV, 4. Grandval [acteur représentant Guzman dans Alzire] ne m'a-t-il pas fait un peu de tort? n'a-t-il pas outré les caractères? n'a-t-il pas rendu féroce ce que je n'ai prétondu peindre que sévère? ID. Utt. Mme du Dejfant, 48 mars (736. jj Qui annonce la férocité. Regard féroce. Joie féroce. Il 8* Par exagération, il se dit de mœurs dures. J'avais autrefois un frère janséniste ; ses mœurs féroces me dégoûtèrent du parti, volt. Lett. d'Argens, août 4 7:i2. || Par plaisanterie. Un appotil féroce, une faim qui ne doit rien épargner.
— ÉTYM. Provenç. féroce; espign . ferox ; ital. féroce ; du latin ferocem, de fera, bête sauvage, en grec 9>;p. Ce mot parait s'être introduit du latin dans le français au xvii' siècle.
FÉROCITÉ (fé-ro-si-té), i. f. jj 1* Naturel d'un animal féroce. La férocité est naturelle au lion, au tigre. Il II se dit aussi quelquefois simplement pour naturel farouche. La force, la vitesse et la férocité sont presque semblables dans les ures et dans les buffles, FLÉCHIEB, Vie de Commendon, 11, < 3. || I* Par extension, il se dit des personnes, de leur caractère, de leurs manières. Ce m'est une chose toujours nouvelle de contempler avec quelle férocité les hommes traitent d'autres hommes, la bruv. xi. Toute la liberté que j'ai prise, c'a été d'adoucir un peu la férocité de Pyrrhus, rac. Andr. préface. Cette férocité [de Néron] que tu croyais fléchir, lo. Brit. m, i. Dans ta férocité, ton cœur impitoyable De ce trait généreux serait-il bien capable? volt. Zaïre, v, «0. Ixs combats de deux oiseaux de basse-cour [coqs] sont devenus des spectacles dignes d'intéresser la curiosité des peuples, même des peuples polis, et, en même temps, des moyens de développer ou d'entretenir dans les âmes cette précieuse férocité qui est, dit-on, le germe de l'héroïsme, bufp. Oit. t. m, p. 400, dans POOGENS. Il Acte de férocité. Ces arts, autrefois si bien cultivés en France, font que les autres nations nous pardonnent nos férocités et nos folies, volt. Lelt. Chardon, 6 avril 4 767. Ces cruautés [du peuple] sont loin d'atteindre aux solennelles férocités que des corps de justice exercent sur des malheureux que les vice^ des gouvernements condusent au crime, Mirabeau, Collection, t. I, p. 349. Il 3" Par exagération, il se dit de manières, de mœurs dures, brusques. Vous avez très-bien fait d'aller voir cette princesse, c'eût été une férocité que d'y manquer, sÉv. 40 juill. 4676. J'avais adouci la férocité de Toureil; il ne me brusquait pas. M"* DE STAËL, Jf^m. t. I, p. 296.
— HlST. ivi* s. Gangrené et mortification sont d» si grande férocité et malignité, que.... paré, x, 46.
— f.TYM. Provenç. ferocilat; espagn. ferocidad, ital. ferocilà;A\x lat. ferocilatan, de /'eroi, féroce.
t FEROUER (fé-rou-êr), s. m. Dans la religion de Zoroastre, être surnaturel qui, à la naissance, s'unit au corps et après la mort dépose devant le trône de Dieu une supplication pour le mort; le type divin de chacun des êtres doués d'intelligence, son idée dans la pensée d'Ormuzd, le génie supérieur qui l'inspire et veille sur lui.
— ÊTYM. Zend, fravashi. Ce mot devrait être féminin ; car les ferouers sont des génies femelles : J'invoque les purs ferouers, qui sont femelles, an- QUETiL DU PERRON, Zendarcsta , dans bubkouf. Comment, sur le Yaçna, p. 268.
t FERRAGE (fè-ra-j'), s. m. || 1* Action de ferrer un cheval, une roue, etc. || %' Action de ferrer le» criminels. || 3* Terme de douane. Action de plomber et de marquer les étoffes de laine. || 4" Terme d'administration militaire. Masse de ferrage, masse allouée dans les régiments de cavalerie, pour le ferrage des chevaux. || 6* 11 .se dit de l'ensemble des instruments en fer. Les fers et ferrages qui viennent des royaumes et pays étrangers. Arrêt du connil, 5 juillet 4657. Il 6* Ancien terme do monnaie. Droit de seize deniers sur le marc d'or, et de huit sur le marc d'argent que le maître de la monnaie payait aux tailleurs pour les fers qu'ils fournissaient.
— HIST. iiv* s. Du moulin à eaue, peux et dois sçavoir que tout ce qui se tourne et qui se meut, si comme le [la] grant roe, l'abre de la roe, le rouel, le ferrage a ce appartenant.... BOnTiLLlEH, Somme rwroJ, p. 431, dans LACL'BNE.
— ÊTYM. Ferrer, et,danslesensd1nstrument, /"er. FERRAILLE (fi-r.1-ir, Il mouillées, et non fo-
râ-ye), ». /. Vieux fers usés ou rouilles mis au rebut. Tous les ans on achète pour mes forges une assez
FER
FER
FER
grande qu&ntité de vieilles ferrailles dont, avec un peu de soin, l'on fait d'excellent fer, buff. Uin. Œxtvres, t. vu, p. 77, dans pougens.
— HIST. xvt* s. Bryare estoit armé d'une vieille ferraille, En lieu d'un morion s'affubloit d'un escaille De dragon effroyable, bons. 9uo.
— ÉTYJl. Fer.
FERRAILLER (fè-râ-llé, Il mouillées, et non fe-râ-yé), v. n. \\ !• Frapper des lames de sabre ou d'épée les unes contre les autres ou contre quelque autre objet, de manière à faire du bruit. Lui [la Châtre] toujours à crier : les voilà, à moi ! marche ici ! et choses pareilles, et toujours à estocader et à ferrailler, sr-siM. 2)(î, I6b. || 2° Terme d'escrime, avec un sens péjoratif. Tirer mal, contre les principes. {| 3* Il se dit, en un sens opposé, des spadassins, des querelleurs qui ne cherchent que l'occasion de se battre à l'épce. Tant mieux, c'est où je brille, et j'aime à ferrailler, regnard, Fol. amour, i, 7. J'aime à dormir le jour, puis à courir la nuit, Â jurer, à médire, à ferrailler, à battre, destouches, Irrésolu, ii, )0. Ferrailler à la moindre petite insulte personnelle, saint -foix, Ess. Paris, Œuvres, t. m, p. 22(, dans pougens. Les fers une fois engagés, je n'ai plus songé qu'à ma besogne; elle était rude; car Deligny tire au moins de ma force; nous avons donc ferraillé noblement, CH. DE BERNARD, la Peau du lion, § xn. Il Par extension, faire la guerre comme un spadassin tire l'épée. N'est-ce pas un autre grand défaut dans Pyrrhus de n'avoir suivi aucune règle dans l'entreprise de ses guerres, de s'y être livré aveuglément, sans réflexion, sans cause, par tempérament, par passion, par habitude, par impuissance de se tenir en repos, et par pure incapacité de faire autre chose que ferrailler, qu'on me pardonne cette expression f hollin, Hist. anc. Œuvres, t. VII, p. 427, dans pougens. Il laisse à une nation belliqueuse comme la française le soin de ferrailler envers et contre tous, d'alemb. Lett. à Voltaire, 6 avr. (764. Il Fig. Disputer fortement. Ils s'engagèrent dans une discussion et ferraillèrent longtemps. Me voilà comme Ajax, ferraillant dans l'obscurité, VOLT. Lelt. Prusse, 37.
— ÉTYM. Ferraille.
FERRAILLEUR (fè-rà-lleur, Il mouillées, et non f%-râ-yeur), s. m. \] 1° Marchand de ferraille. || Celui qui vend toutes sortes d'outils et d'ustensiles en fer ou autres métaux d'occasion. || Celui qui confectionne les grils, etc. || 2° Familièrement. Homme qui lime à ferrailler. || Fig. Celui qui a des disputes. Roscelin, le ferrailleur le plus redouté de son temps, DIDER. Opin. des anc. phil. [scolastiques] . Beaumarchais était ferrailleur et souvent cherchait noise, p. L. COUR. Lett. ii, i'H.
— ÉTYM. Ferrailler.
■f FERRANDINE (fè-ran-di-n'), s. (. Ancien terme de commerce. Étoffa légère dite aussi burail, dont toute la chaîne était de soie, mais dont la trame n'était qu'en laine, ou même en poil, en fil ou en coton.
— ÉTYM. Serait-ce l'ancien français ferra;..d, cheval gris de fer, et l'étoffe serait-elle ainsi dite à cause de sa couleur?
FERRANDINIER (fè-r^n-di-nié), ». m. Fabricant de ferrandine.
FERRANT (fè-ran) , adj. m. Maréchal ferrant, maréchal qui ferre les chevaux.
t FERRASSE (lï-ra-s'), s. f. Coffre de tôle qui contient les pièces de verre qu'on met recuire. || La porte même du fourneau qui est faite de tôle.
— ÉTYM. Fer.
t FERRATE (fè-rra-f) , *. m. Terme de chimie. Nom des sels formés avec l'acide ferrique. Ferrate de potasse.
— ÉTYM. Ferrique.
t FERRATIER (fè-ra-tié), t. m. Voy. ferretieh.
t FERRE (fê-r') , s. f. Espèce de pince dont on se sert pour fabriquer les bouteilles de verre.
FERRÉ, ÉE (fè-ré, rée), part, passé. \\ i° Garni de fer, et, en particulier, garni de métal à l'extrémité. Un lacet ferré. Un bâton ferré. ||Fig. Gueule ferrée, parleur impudent. Il eût fallu trouver [dans le parlement] des gueules bien fortes et bien ferrées pour vouloir opiner haut contre les formes en face du roi, st-sim. 6I2, (8. Grâce aux alambics, au laboratoire et à la gueule fe:réo des imposteurs, M. le duc d'Orléans ne laissa pas d'être heureux que Mme sa femme, qui eut une très-violente colique, s'en tira heureusement, id. 240, 204. || Avoir la bouche ferrée, le palais ferré, manger avidement quelque chose de brûlant. || Fig. Avoir la bouche ferrée, être grossier dans son langage. || Populairement. Il avalerait des charrettes ferrées, se dit
d'un grand mangeur. || Un mangeur de charrettes ferrées, un fanfaron, un faux brave. || 2" Qui a le pied garni d'un fer. Cheval ferré. || Par catachrèse. Kerré d'argent. Il [Charles XII] fit son entrée à Stockholm sur un cheval alezan, ferré d'argent, VOLT. Charles III, t. || Souliers ferrés, souliers garnis de clous pour qu'ils résistent plus longtemps à l'usure. Il quitte sa chaussure légère et prend des souliers ferrés et un gros bâton armé de fer, genlis, Veill. du chdt. t. I, p. 603. Il Fig. et familièrement. F.tre ferré, être ferré à glace sur un sujet, y être fort habile, ne pas craindre d'y être pris en défaut. il 3° Eau ferrée, eau dans laquelle on a fait éteindre un fer rouge, ou tromper dos cluus, ou dissoudre des matières ferrugineuses. || 4° Chemin ferré, chemin dont le fond est ferme et pierreux et où l'on n'enfonce point. {| Chemin ferré, se dit aussi, par opposition à chemin pavé, d'un chemin construit avec des cailloux. || Fig. Style ferré (locution peu usitée), style qui a de la dureté. Il [Balzac, depuis le Prince] changea sa façon d'écrire pour montrer qu'il n'était pas ignorant comme on lui avait reproché ; mais , en récompense , il est ferré en quelques endroits, et cette affectation d'érudition n'est que trop souvent désagréable, tal-
LEMANT, t. IV, p. 91, éd. de (856.
FERREMENT (fê-re-man), s. m. || 1° Outil de fer. ô meurtrier contre nature, tue les animaux toimême, je dis de tes propres mains, sans ferrements, sans coutelas, J. J. rouss. Ém. n. || Instruments de chirurgie; il se dit particulièrement du forceps. Il 2° Au plur. Pièces, garnitures de fer qui entrent dans la construction d'un bâtiment, d'une machine. Il 3» Terme de marine. Tout ce qui est de fer ou de cuivre à bord d'un bâtiment. || 4° Action de ferrer, d'enchaîner des forçats. Le ferrement des galériens avant leur départ pour le bagne.
— HlST. XII' s. Bien furent polies ces pierres, et tant e près juintes, et tant serréement, que mielz sembla que sis auroit [ainsi les aurait] nature fermez que engin humain par ferrement. Rois, p. 248. Il xiv s. [Enguerrand de Marigni fut mené au supplice] ferré de ses ferrements, Chr. de St Denis, an )3I5. Une serpe appellée selon la coustume du pais courbée ou ferment, do cange, ferramentum. Il XV* s. Et si y avoit peu d'eux qui eussent haches ni coingnées, ferrements ni instruments pour loger, ni pour couper bois, froiss. i, i, 38. || xvi' s. llz ne pourront jamais endurer la lueur de vos ferremens [armes], quand vous les leur approcherez près des yeux, AMYOT, Pomp. 98. Pour la douleur il avoit lasché la couppeure, et puis y avoit remis le ferrement à plusieurs fois, id. Dion, 48.
— ÉTYM. Wallon, fierment, serpe; provenç. ferramen; ital. ferramento; du latin ferramentum, de ferrare, ferrer (voy. ferrer).
t FERRE-MULE (fê-re-mu-l'), adj. Qui ferre la mule, qui se fait donner des pots-de-vin illicites. C'est un serviteur malin, menteur et ferre-mule, LESAGE, dans le Dict. de bescherelle.
FERRER (fè-ré), v. a. || 1° Garnir de fer. Ferrer une porte, un bâton. || Ferrer des lacets, des aiguillettes, en garnir les extrémités de métal. || Par catachrèse. Ferrer d'or, d'argent, mettre des garnitures en or, en argent. Cette cassette est ferrée d'or. Il 2» Ferrer un cheval, garnir ses pieds de fers attachés avec des clous. Que si le loup t'atteint, casse-lui la mâchoire; On t'a ferré de neuf.... la font. Fabl. VIII, <7. Il Ferrer un cheval à glace, lui appliquer des fers cramponnés ou dos clous à tête pointue, pour l'empêcher de glisser. || Fig. Familièrement. Cet homme n'est pas facile à ferrer, il est difficile à diriger, à convaincre. Ma fille me prie de vous mander le mariage de M. de Nevers : ce M. de Nevers si difficile à ferrer, ce M. de Nevers si extraordinaire, qui glisse des mains alors qu'on y pense le moins, il épouse enfin, devinez qui ? sév. ou comte de Grignan, io déc. (670. || Se laisser ferrer, être docile, obéissant, soumis. Ce ne sont plus ces guerriers, la terreur de l'Europe, l'admiration du monde; ils furent grands, fiers, généreux; mais, domptés aujourd'hui, abattus, mutilés, bistournés par Napoléon, ils se laissent ferrer et monter à tous venants, p. l. cour. Lett. x. Julie marche avec nous, je vois qu'on rôde autour d'elle, mais ma foi elle ne se laisse pas ferrer à tout le monde, id. Lett. i, 84. Il Ferrer la mule, acheter une chose pour quelqu'un, et la lui compter plus cher qu'elle n'a coûté, et aussi recevoir de l'argent pour procurer accès auprès d'un personnage puissant; locution qui vient de cette anecdote racontée dans la vie de Vespasien, et où il est dit qu'un serviteur de l'empereur s'arrangea pour qu'une mule, daus un voyage du
prince, eût besoin d'être ferrée, et, pendant qu'on la ferrait, un solliciteur, qui avait payé le .serviteur, remit un placet à l'empereur. C'est-à-dire en deux mots que tu ferres la mule, th. corn. Feint CLstrol. IV, (2. Il 3° Terme de pêche à la ligne. Donner un coup sec du poignet, au moment où l'on sent que le poisson mord , afin d'engager le fer de l'hameçon dans les chairs. || AbsolumenL 11 no sait pas ferrer. || 4' Ferrer le chanvre, frotter du chanvre par poignée sur un fer obtus pour le rendra plus aisé à filer. || B' Appliquer un plomb de visite sur une pièce d'étoffe et la marquer avec un coin d'acier.
— HiST. XII" s. Uns escuiers vint pognant la feréa [route pierrée], lionc. p. (46. Pour fere gens parler de soi, Fist tous les quatre fers dorer. Ne vout [il ne voulut] mie dire ferer. Roman de Rnu, dans DU GANGE, fcrrum. [Le cheval] Reprent s'alaine, tost est revigorez, Ausi henist comme s'il fusl gitez [sorti] Fors de l'estable et de nouvel ferrez. Rat. d'Aleschans, v. 502. (i xiii's. Et Thibaut de Brie DointDiex le roi moins amer [que le roi aime moins Thibaut] Et Ferrant fasse ferrer [mettre aux fer» Ferrant], hues de la ferté, Romancero, p. ) 92. Nu» ne doit faire corroies d'estain, c'est à savoir clouer ne ferrer d'estain ; et se il le fet, ele doit estre arse, Liv. des met. 238. Quant M rois englois entondi que il venroient l'ourmiel (ormeau| copper, si fist fierei le tronc desous de bandes de fier tout entour, Chr. de Rains, p. 63. De son bordon qui est ferrez Li a touz perciez les costez, Ben. (40I9. ||xiv" s. Pluseurs bonnes gens qui estoient venuz au dit hostel pour eulx esbatre et mangier pain ferez [gaufres], ratons, crespes et autres choses, de la uorde. Émaux, p. 420. Il XV' s. Et ne savoient de quoi ferrer ceux [les chevaux] qui estaient desferrés, froiss. i, i,39. Les portes estoient toutes ferrées de lames de fer, Roucic. I, 3) . Le suppliant a marqué et ferré du dit martel dix-sept chesnes et ung hestre, du cange, ferrare. Saintré qui ferré [ferme] et sur la garde se tenoit, Jeh. de Saintré, ch. 65. Lor decendit le serpent sur luy, et Lionnel luy dressa son glaive en la poictrine; mais il avoit la peau si dure que le fer ne peut dedens entrer, ains vuida hors, et ferra [perça] la jointure de l'aelle, dont le serpent fut navré, Perceforest, t. ii, p. 6i. Le clerc s'en fit beaucoup prier, et, à très grand crainte par semblant, et à très grande abondance de larmes et à voulenté, se laisse ferrer [cède] et dit qu'il lui dira, mais qu'il lui veuille promettre que.... louis xi, ATouk. xm. Il XVI' s. [Montaigne donne la palme à Amyot, traducteur de PlutarqueJ pour la profondeur de son sçavoir, ayant pu développer si heureusement un auteur si espineux et ferré, car on m'en dira ce qu'on voudra, je n'entends rien au grec, mont, ii, 41. C'est une viande qu'il fault engloutir sans mascher, qui n'a le gosier ferré à glace, id. u, 386. Tel valet ferre la mule au maistre qu'il ne hayt pas pourtant, id. m, 323. Leurs chevaulx, ferrés d'oi massif, id. iv, 22. De beau latin ferré à glace, des- PER. Coules, xirx. Les eaux astringentes ou ferrées.... du laict ferré avec acier.... eau ferrée, paiié, xviii, 66. Voilà comment sagement ce grand amiral gouverna et ferra fort doucement ces messieurs les reistres, si mal aisés à ferrer, brant. Cap. fr. t. m, p. 192, dans lacurne. Ferrer la mule à l'envers [marquer un malfaiteur sur l'épaule], cotorave.
— ÉTYM. Provenç. ferrar; espagn. herrar; ital. ferrare; du latin ferrare, de ferrum, fer.
t FERRERIE (fê-re-rie), s. f. Se dit de tous les gros ouvrages de fer, et du commerce des fers.
— ÉTYM. Fer.
FERRET (fè-rè), s. m. jj l» Petit fer, et, en général, morceau de métal ou de corps dur terminant une aiguillette ou un lacet. Elle a fait nommer son protégé officier dans les gardes, et ce matin même l'a prévenu mystérieusement de son nouveau grade en lui en envoyant les insignes, des ferrets en diamants que l'on dit magnifiques, scribe, le Verre d'eau, n, 40. || Je ne voudrais pas en donner un ferret d'aiguillette, se dit d'une chose sans valeur, dont on ne fait nul cas. || 2° Petit tube pour empêcher les mèches des bougies de prendre de la cire. Il Plaque triangulaire d'épinglier.
— f.TYM. Diminutif de fer.
t FERRETIER (fê-re-tié) , s. m. Marteau du maréchal, dont il se sert pour forger les fers.
— ÉTYM. Fer.
FERRKUR (fè-reur), s. m. Ouvrier qui met des ferrets. || Ouvrier qui pose des serrures. || Celui qui applique les plombs sur les pièces d'étoffe.
HIST. XVI' s. Le bourreau, avec un pillon de
la mesme longueur et façon que ceux des ferreur»
FER
FER
FER
de fillace, mais de fer, leur rompit et brisa les membres, CAHLOUC, III, H.
— ÊTYM. Ferrer.
f FERREUX (f6-reû), ad), m. Terme de chimie. S'est dit d'un oxyde do fer. || Sous-sulfure ferreux, le premier degré do la sulfuration du fer.
— ÉTYM. Fer.
f FERBICO.... Mot qui représente ferrique, qui ■e dit dans la chimie, en composition , d'un sel lorrique combiné avec un autro sol : forrico-potassique, ferrico-plombique.
t FEIIIUUES (fè-rri-d'), s. m. pi. Terme de chimie. Nom d'uno famille de corps simples qui a pour type le fer.
— ETYM. 1er.
FERKIËRE (fè-riê-r'), s. f. Sac de voyage, dans lequel on porte ce qui est nécessaire pour ferrer un cheval, s'il arrive qu'il perde ses fers. || bac de cuir où les serruriers mettent leurs outils.
— F.TYM. Fer.
tFEURIFl"ÎRE (d-rri-fé-r'), ailj. Qui porte du fer; qui contient du fer.
— ÉTYM. Lat. ferrum, fer, et ferre, porter.
+ FERHIQCE (re-rri-k'), adj. Terme de chimie Oui se rapporte au fer et à ses composés. {| Acide ferrique, acide non encore isolé, oiitonu à l'état de ferrate de potasse.
— ÉTYM. Lat. ferrum, fer.
t FERROCVANATE {lè-rro-si-a-na-t'), t. m. Terme de chimie. Voy. cïanofebratk.
t FERROCYANE (fè-rro-si-a-n'J, *. m. Terme de chimie. Voy. cïanoferbb.
t FERROCYANIOUE (ft-rro-si-a-ni-k'), ad;.
Terme de chimie. Voy. cyanokebhique.
t FERRON (fl-ron), i. m. Terme de commerce. Se dit quelquefois d'un marchand de fer neuf en barres.
— HiST. XIV' s. Isabeau de Courtenay, veuve de Guillaume de Roigni, se remaria à un pauvre forron et mareschal, homme de très petit et vil estât, du CANGE, ferro.
— ÊTYM. Fer.
FERRONNERIE (fè-ro-ne-rie), s. f. \\ 1" Lieu où l'on fabrique les gros ouvrages de fer. || 2° Menus ouvrages de fer que fabriquent les cloutiers.
— HIST. xiir s. Coustumes de la feronnerie, nu CANGE, ferreria.
— ETYM. Ferronnier.
FERRONNIER, lÈKE ((ê-ro-nié, niê-r") , s. m. et f. Celui, celle qui vend des ouvrages de fer.
— ÉTYM. Perron.
t FERRONNIDRE (ffc-ro-niê-r"), s. f. Chaîne d'or portant au milieu un joyau que les femmes se placent sur le front. Une riche ferronnicre.
— ÊTYM. Sans doute dite ainsi de la Belle Ferronnière, dont il y a un tableau célèbre par Léonard de Vinci.
t FERROSO.... s'est dit, dans la chimie, en composition, des sels d'oxyde ferreux et d'un autre sel. Kerroso-potassique.
t FERROTIEU (fe-rro-tié), s. m. Garçon ou compagnon dans les verreries.
FERRUGINEUX, EUSE (fe-rru-ji-neû, neû-z"), ad;. Qui tient de la nature du fer à l'état d'oxyde. Terre, eau ferrugineuse. Ces grandes masses ou roches ferrugineuses ne sont pas également riches en métal; quelques-unes donnent soixante-dix ou soixantedouze pour cent de fer en fonte, tandis que d'autres n'en donnent que quarante, bufk. Min. t. iv, p. 4 2, dans POUGENS. La fameuse montagne d'Eisenartz en Stjrie, haute de quatre cent quatre-vingts toises, est presque toute composée de minéraux ferrugineux de différentes qualités, id. ib. p. 34. || S. m. pi. Terme de pharmacie. Les ferrugineux, médicaments qui contiennent une préparation de fer.
— ETYM. Lat. ferrugo, rouille, de ferrum, fer.
t FERRUGINOSITÉ (re-rru-ji-n«-zi-té),i. /'.Terme didactique. Qualité de ce qui est ferrugineux.
— HIST. XVI' s. Ferruginosité, ouuin, Dict.
— ÉTYM. Ferruginetix.
FERRURE (fc-ru-r'), s. f. \\ 1" Garniture de fer. La ferrure d'une porte. {| Terme de marine. Ferrures du gouvernail, pentures qui suspendent le gouvernail à l'étambot. {| 8* Terme de maréchal. Opération qui consiste à adapter des fers convenables sur le sabot du cheval, de l'âne, du mulet et sur les onglons du bœuf. || Manière de ferrer. Ferrure à la française. || L'ensemble des fers que porte actuellement un animal. Ce cheval a perdu une partie de sa ferrure. {| Ferrure chirurgicale, ferrure qui a pour but soit de remédieraux maladies de la corne, ou aux vices d'aplomb, soit de servir d'appareil complémentaire pour faciliter l'application des pansements sur le pied, i la suite d'opérations chirurgicales.
— HIST. xiu* s. Nus barillier ne puet ovrer de nul fust, se il n'est ses [sec], c'est i savoir après ce que li baris ait esté parés un mois, avant que on meste la ferrouro dcsus, l.iv. des met. <U3. Ces fremaux d'or à i>ierres fines X vos cols et i vos poitrines. Et CCS tissus et ces ceintures Dont tant constant les ferreûres, la Rose, «326. || xiv* s. X llauduin ie fevro, pour une flerure mise à l'artillerie, CAPKiAUX, Abattis de maiiotis, p. )3. || xvi' ». Tout doré e.st celuy [le traitj qui La procrée [l'amour], Et a ferrure agufi, clere et comctc, MAnoT, iv, 37. Il faut que le bon homme [le paysan] paye la ferrure des chevaux, rabillage des selles, croppiere et autres équipages, fboiimenieau, Finartces, m, p. 39a.
— ÉTYM. Ferrer; provenç. ferradura ; espagn. herradura ; ital. ferratura.
t FERSE (fèr-s'j, s. f. Terme de marine. Lé de toile. On dit qu'une voile a tant de ferses pour dire qu'elle a telle hauteur et telle largeur. La ferse se divise en cannes.
FERTILE (fèr-ti-r), adj. \\ l' Qui produit, qui rapporte beaucoup, en parlant de la terre. Terre fertile en blé, en vignes, en oUviers. Il fallut qu'au travail son corps rendu docile, ForçAt la terre avare à devenir fertile, boil. Ép. ni. Tu fais d'un sable aride une terre fertile, m. tb. xi. Les pays de craie et de pierre calcaire sont beaucoup moins fertiles que ceux d'argile et de cailloux vitreux, bufp. Uin. t. ii, p. 180, dans pouGE.NS. Il est pou de contrées sur le globe aussi fertiles que l'Egypte; le sol y donne annuellement trois récoltes, dont chacune ne coûte qu'un labour, raynal, Hist. phil xi, :i. 1| Par extension. Année fertile, année ajjondante en récoltes. Il Terme de botanique. Élamines fertiles, celles dont les anthères sontpleinesdepollen. Fleurs fertiles, par opposition à fleurs stériles dans lesquelles les organes sexuels ont avorté ou manquent d'une façon quelconque. Il 2» Fig. Qui porte, qui produit abondamment. Car je doute à présent.... Et vous vois si fertile en semblables détours, cobn. Ment, v, 4. La satire en leçons, en nouveautés fertile. Sait seule assaisonner le plaisant et l'utile, boil. Sal. ix. Ainsi qu'en sots autours. Notre siècle est fertile en sots admirateurs, m. Art p. m. Qu'en savantes leçons votre muse fertile Partout joigne au plaisant le solide et l'utile , id. ib. iv. L'Église était alors fertile en grands courages, id. Lutrin, m. Le roi, toujours fertile en dangereux détours, S'armera contre nous de nos moindres discours, bac. Milhr. 1, 6. Il Esprit, imagination, veine fertile, esprit, imagination, veine qui produit beaucoup et sans peine. || Sujet fertile, matière fertile, sujet sur lequel il y a beaucoup de choses à dire, matière qui fournit d'amples développements.
— REM. On dit fertile en; cependant Malherbe a dit fertile de : On tient que ce plaisir est fertile de peine, VI, to.
— HIST. XVI' s. On ne voit champ, tant soit fertil. S'il n'est poitry de labourage, Qu'à la fin ne vienne inutil, bonsard, t. u, p. 4 638.
— ETYM. Provenç. et espagn. fertil; ital fertile; du lat. fertilis, de fera, porter; comp. le grec çtpto;, porté.
FERTILE.'UENT (fèr-ti-le-man), adv. D'une manière fertile.
— HIST. xn' s. Fermement, cotoravr.
— ÉTYM. Fertile, et le suffixe ment.
t FERTILISABLE {fer-ti-li-za-br) , adj. Qui peut être fertilisé. Terre fertilisable.
— ETYM. Fertiliser.
t FERTILISANT, ANTE (fèr-ti-li-zan, zan-t"), adj. Qui est propre à fertiliser. Utiliser les matières fertilisantes qui proviennent des villes.
t FERTILISATION (f(T-ti-li-za-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. Action de rendre fertile. Les livres d'agriculture si multipliés de nos jours, et qui no sont la plupart que dos échos les uns des autres, regorgent de ces procédés relatifs à la fertilisation des terres, bonnet, Contempl. ncU. vi, 3, note 4.
— ÉTYM. Fertiliser.
FERTILISÉ,ÉE(fèr-ti-li-zé,zée),par(.p<«S(!. Une
campagne longtemps aride, aujourd'hui fertilisée. FERTILISER (fèr-ti-li-ré), v. a. || 1' Rendre fertile. Les engrais fertilisent les terres. Il vaut vieux sans doute fertiliser sa terre, que de se plaindre à Paris de la stérilité de sa terre,voi.T. Tancr. Epit. Ce torrent qui menaçait les campagnes ne coula plus que pour les embellir et les fertiliser, bonnet, Ess. Psyché, ch. 7*. {| 2' Par extension. Puisse Mila éteindre ce flambeau! je fertiliserai son sein; res|>oir de la patrie pendra à sa mamelle féconde, chatbaubr. Atala, le récit des chasseurs. || 8° Se fertiliser, r. réfl. Devenir fertile. À force de recevoir des engrais, cette terre s'est fertilisée.
— IIIST. XVI' s. Là l'escusson, s« reprenant, bour< geonne, et produit des vergetons dont l'arbre m façonne, se légitime, se fartilie selon vostre intention, 0. de sebrks, e«7.
— ET Y, M. Fertile.
FERTILITÉ (lèr-tl-ll-té), ». f. Qualité de ce qui est fertile. La fertilité de la terre. || Abondance. Année de fertilité. Les sapt années de fertilité vinrent donc, et le blé, ayant été mis en gerbes, fut serré ensuite dans les greniers de l'Egypte, baci. Bible, Genèse, xu, 47. {{Terme de botanique. Etat d'un organe végétal, lequel est propre à la fécondation et à la reproduction.' La fertilité de l'étamine, du pistil. Il Fig. Une grande fertilité d'esprit. Cette fertilité [de l'imagination] et cette étendue ne faisaient que fournir matière à l'extravagance et donner plus d'espace à des pensées folles, balz. De la cour, 4' dise.
— HIST. XV' S. Cet an, par fertilité, Vous donne largesse. Ne crions plus la cherté, basseun, l.
— ÉTYM. Provenç. fertililat; espagn. fertilidad; Ital. fertilità; f'a lat. fertilitalem, de fertilis, fertile.
FÉRU, DE (fé-ru, rue), part, passé de férir. Il l' Terme de vétérinaire, blessé d'un coup. Ce cheval a le tendon féru. || 8° Fig. Etre féru d'une personne, d'une chose, en être trcs-épris. Il est féru de cette femme. Notre précepteur, qui n'avait jamais lu de romans.... en devint si féru qu'il avoua que la lecture des bons romans instruisait et divertissait, SCABB, Itoman com. i, 4 3. Van der Lindcn était un bon homme et riche, mais qui était féru de la chimie et de la pierre philosophale, oui patin. Lettre '04. Apis étant venu amené par les prêtres, Cambyse, féru qu'il était de méchante folie, tira sa dague, P. L. COUR. Trad. d'Hérod. Ariane, ma sœur, de quel amour blessée, n'est point une expression de marquis; mais nos laboureurs chantent : Féru de Ion amour, Je ne dors nuit ni jour, u. ib. Préface. Il Être féru contre quelqu'un, être fort indisposé contre lui.
t FÉRULACÊ, ËE (fé-ru-la-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui ressemble à la plante dite férule.
— ÊTYM. Férule.
FÉRULE (fé-ru-l'),». f. ||1* Genre de plantes ombellifcres auquel ap;>artiennent l'assa fœtida et le sagapénum. Chez les anciens, la tige des férules servait à faire des attelles pour contenir les fractures, et à châtier les écoliers. || 8° Petite palette do bois ou de cuir avec laquelle on frappe les écoliers dans la main. Tu vas passer pour ridicule Chez les rois du pays latin. Dont le sceptre est une férule, MAINARD, Poésies, dans eicbelet. || Par extension. Il [le chat] se fût fait un grand scrupule D'armer de pointes sa férule, la font. Fabl. xii, î-ij Coup de férule. Donner, recevoir des férules. J'ai quelque idée que, lorsque je faisais mes humanités au collège du Plessis, si je fusse tombé dans ce solécisme, le bon M. Jacquin, qui aime qu'on parle français, m'aurait fait donner une férule, volt. Mél. lUtér. Obscrv. sur l'Éptl. de Boil. à Volt, ii Fig. Le parlement voulut humilierd'Argensonet donner au régent une dure et honteuse férule, st-sim. 460, 33. Il Prendre la férule, tenir la férule, être régent dans un collège ou maître d'école. Ils devraient, ces auteurs, demeurer dans le grec. Et se contenter du respect De la gent qui porte férule , Perrault, Parallèle, à la fin de la Préface. Mon fils, dit-il, tout sceptre est un grand poids. Sois mon second, prends la férule, bérano. Denys. jj Fig. Tenir la férule, exercer une autorité sévère. Il Etre sous la férule de quelqu'un, être sous la direction sévère d'une personne. Lorsque j'étudiais le latin sous la férule des écoles publiques, un piège que je tendais à mon régent, c'était d'employer ces phrases in.solites, dideh. UU. d Galiani. || Fig. Autorité sévère, rigoureuse. Où donc est de Boileau l'implacable férule? Où sont ces traits sanglants, efl'roi du ridicule? millev. Inretition poétique. Notre empereur portait longue férule ; Puis est venu le martinet royal, rérano. Gohier.
— HIST. xvi' s. On donne au malade un tronc ou coste d'asphodèle ou de férule à mascher, par8, VIII, 2. Les férules, ou aslelles, sont faites de papiers collés ensemble, ou de bois mince ou délié, ou de cuir, d'escorce de férule, qui est fort propre ; leur usage est de tenir fermes les os fracturés ei luxés, ID. i6. III, 8. La férule du dieu Bacchus (qui est comme une canne dont on donne sur la main aux enfans qui ont failly) est suffisante punition dç l'yvrongne, amïot, Comment rcfrén. la colère, 36.
— ETYM. Provenç. espagn. et ital. ferula, férule, plante; du latin ferula, qui vient de ferirt , battre.
FERVEMMENT (fèr-va-maii), adr. Avec fer>eur. Il s'est acquitté fervemment de ce devoir religieux.
FER
— msT. XIV* s. Désirer fervemment, Ordonn.
des rois de Fr. t. I, p. 457. ||xvi' s Quand une
|i!;rsoiine ame [aima] Ferventement, et voit souffrir la mort Au sien ami.... crétin, p. 268, dans lacuhne.
— ÉTYM. fervent, et la suflixo meii(; provenç. fcrvemmens ; ital. /erten(e»ien(e.
FERVENT, ENTE (fcr-van, van-f), adj. || 1° Qui a beaucoup de ferveur. Vous dormez trop pour un jeune novice qui doit être fervent, fénel. Dial. des morts mod. xj. || Par e.xtonsion. Un amoureux, un adorateur fervent. || 2° Où il y a de la ferveur, qu'on fait avec ferveur. Je crains même que vous ne m'appreniez celte prière fervente que vous faites les matins et qui vous donne sujet de ne plus penser à Dieu tout le resta de la journée, sÉv. Lctt. à Bussy, 19 mai 1677. Cet amour prompt, fervent, constant, que rien n'arrête et que rieu no lasse, uourdal. Exhort. sur l'obs. des règles, t. i, p. 2io. Fervente contrition, in. Ouvert, du jub. ilyst. t. u, p. 647.
— Hisr. XIII' s. Tant ert [il ctaitj fervenz en sun désir. Ne l'en puet li priurs partir, marie, Purgatoire, 573. Nule dolor n'est plus fervant, hl'teb. 194. Il xiv s. Uns homs mit en escript ses pecchiés, ce lisons, Pui.s les mist sur l'autel en fervens orisons, Girart de Ross. y. 4489. La grant et copieuse multitude de livres de diverses sciences que vous [Charles V] avez assemblez chacun jour par vostre fervent diligence, Hist. lilt. de la Fr. t. xxiv, p. f 84. Il xvi' s. On y doit appliquer de l'huile toute fervente, PABÉ, VIII, 39.
— ÉTYM. Provenç. fervent, ferten; espagn. ferriente; ital. fervente; du latin ferventem, de fcrvere, être chaud (voy. ferveur).
FERVEUR (fèr-veur), s. f. || 1° Sentiment vif qui porte aux choses de piété, de charité. Saint- François entre tous les autres lui parut [à Luther] un homme admirable, animé d'une merveilleuse ferveur d'esprit, Boss. Var. m, § 50. L'ardeur de leurs oraisons vous servit souvent de motif pour renouveler la ferveur des vôtres, fléch. ilarie-Thér. Il ne laissa passer aucune semaine sans rallumer sa ferveur par l'usage des sacrements, m. Lamoignon. Le sommeil n'est point incompatible avec la ferveur, fénel. Dial. des morts mod. xi. || Il se dit au pluriel. Mais redoublons plutôt nos ferveurs dans ce trouble Pour offrir à Dieu nos combats, corn. Imit. i, 13. C'est ce qui dans leurs cœurs verse un amour si tendre. C'est ce qui les élève aux plus hautes ferveurs, ID. ib. IV, 1 . Se livrant aux ferveurs de la charité la plus consommée, bourdal. Orais. fun. de Condi, m. U consacre ce saint lieu par des ferveurs et même des excès do pénitence qui l'égalèrent aux Élie et aux Jean-Baptiste, id. Panég. de S. Fr. de Paule, <. Je vous parle de ses erreurs aussi bien que de ses lumières; de ses faiblesses aussi bien que de ses ferveurs, id. Panég. de St Pierre, \. Des Eglises dont les ferveurs ne le cèdent en rien à celles du christianisme naissant, id. Panég. de S. Fr. Xavier, ). Il Proverbe. Ferveur de novice ne dure pas longtemps. Il 2° Il se dit de l'amour. Entre tous ces amants dont la jeune ferveur Adore votre fille.... CORN. Cid, 1" scène (supprimée). Tant ce trompeur espoir redouble ses ferveurs! m. la Suiv. m, 5. Ce mot de ferveur est plus propre pour la dévotion que pour l'amour; mais, supposé qu'il fût aussi bon en cet endroit qu'ardeur ou désir, jeune s'y accommoderait fort bien contra l'avis de l'observateur [Scudéry]. Sent, de l'Âcad. sur le Cid. || Ardeur d'un goût, d'une passion. Je le trouvai dans la ferveur dos hautes connaissances, J. J. rouss. Confess. vu.
— HIST. XII' s. L'ire ki est de vice avoglet l'oelh, mais celé ki est de fervor de droiture, lo turbet, Job, p. 5)6. Il xiv s. Assouagir [adoucir] la douleur et la fervour [chaleur], se ele i est [dans une plaie], H. DE MONiiEviLLE, f° 00, verso. Pour la fervour et chaleur de leur eage il vivent ou sont enclins à vivre selon leur passions et desirers, oresme, Elh. 4 38. Il XVI' s. De quel ferveur il [le chien] le tient [un os à moelle], de quelle prudence il l'entomme, RAB. Garg. i, proî. La ferveur de tes estudes requeroyt que de long temps ne te revocasse, id. ib. i, 29. Et telles ferveurs [fureurs provenant de zèle] sont louées esEscritures, lanoue, 68.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. fervor; ital. fertore; du lat. fervorem ; cump. le grec eeppo;, chaud, l'ancien latin formus, chaud, et le sanscrit gharma, chaleur. On trouve fervelé dans une ordonnance de mai 1492.
t FERVOIE (fèr-voi), s. /". Chemin de fer, terme qui, proposé par un journal dit l'ÀuslraUen, mériterait d'être adopté.
— ÉTYM. Fer, et cote; ital. ferrovia.
\ FERÏAIE (fcr-zê), s. f Voy. frezaib.
FES
FESCENNIN, INE ( fc-ss6-Dnin , nni-n') , adj. Terme d'antiquité latine. Sa dit d'une sorte de poésie grossière et licencieuse, qui, usitée à Fescennie en Êtrurie, passa de là à Koma et fut employée dans les divertis-sements dramatiques. Vers fescennins. Poésie fescennine.
— HIST. XVI' s. J'eusse voluntiers retranché mes fescennines libertez de cet aage-là, des accords, Bigarr. Avant-propos.
ï FESE (tl'z'), s. f. Maladie obsen'ée dans les groupes d'îles au sud de l'océan Pacifique, et rapportée par les médecins quil'ont décrite, àl'éléphantiasis des Arabes.
f FESEUR (fe-zeur) , s. m. Orthographe que quelques auteurs suivent pour faispur.
t FESOUR (fe-zour), s. 7n. Espèce de pelle ou de bêche à l'usage des sauniers.
t FESSADE (fè-sa-d'), s. f Action de fesser. La fessade et le carcan da l'abbé de Prades sont des contes; mais il est triste qu'on les fasse, volt. Lett. d'Alembcrt, I3 févr. 1758.
— ÉTYM. Fesser.
FESSE (re-s'), s. f. \\ 1° Chacune dos deux parties charnues du derrière de l'homme et du singe. Mais, ne se fiant pas tout à fait à la prière, il [le père Canaye] s'éloignait insensiblement du maréchal [qui tenait un couteau levé sur lui] par un mouvement de fesse imperceptible, st-évkemond. Conversation du maréchal d'IIoquincourt avec le P. Canaye. Les fesses, qui sont les parties les plus inférieures du tronc, n'appartiennent qu'à l'espèce humaine ; aucun des animaux quadrupèdes n'a de fesses, ce que l'on prend pour cette partie sont leurs cuisses, buff. Hist. nat. hom. Œuvres, t. V, p. 319, dans pougens. || Donner sur les fesses, donner le fouet. || Fig. et populairement. Il n'y va que d'une fesse, il y va mollement. || Avoir chaud aux fesses, avoir une chaude alarme. || Il en a eu dans les fesses, il a fait quelque grosse perte || 11 s'en bat les fesses, il s'en moque. || Terme d'hippiatrique. Fesse lavée, se dit d'une certaine décoloration de la robe du cheval. {{ 2° Il s'est dit pour tournure, objet de toilette. Ne me dis-tu pas l'autre jour que madame t'avait querellée, parce que, dans le retroussis de son manteau, on avait oublié de mettre une de ses fesses? dancourt. Sec. chap. du Diable boit, i, 2. |{ 3° Terme de marine. Partie de la poupe du navire sur laquelle il s'assied, comme par l'avant il s'appuie sur ses épaules. Sur quoi Legoarant remarque : Ce mot ne peut s'employer que dans des cas très-particuliers; ainsi on dirait : Nous avons reçu un boulet dans la fesse, pour exprimer qu'il est entré dans une partie située à l'arrière, comme la sont les bossoirs vers l'avant.
— HIST. xiV s. Le cerf doit avoir les nages [fesses] grosses et bien rebrassées [retroussées], les costez hauls et plains, les fesses blanches, la queue courte, Modus, i' xiv, recto. C'est uns chevaux qui chasoun blesse; Guillemin mordi en la fesse; Et s'a Garnier en bras si mors. Qu'à po qu'il n'en a esté mors, maciiaut, p. 81.
— ÉTYM. Lat. flssus, fendu, de fmdere, fendre. Le mot plus ancien était naches ou nages, du baslatin naticœ, qui vient du latin notes, fesse. Modus distingue les nages, masses charnues, des fesses qui paraissent être la fente entre les deux nages.
FESSÉ, ÉE (fè-sé, sée), part, passé. Qui a reçu des coups sur les fesses. Candide fut fessé en cadence pendant qu'on chantait, volt. Cand. fi.
FE.SSE-CAIIIEU (fè-se-ka-ié), s. m. Terme de dénigrement. Copiste qui gagne sa vie à faire des écritures. Il Au plur. Des fesse-cahier ou fesse-cahiers.
— ÉTYM. Fesser, dans le sens de faire vite, et cahier.
FESSÉE (fè-séc),s. f. Terme familier. Coups de main ou de verges donnés sur les fesses. Il a eu la fessée.
— ÉTYM. Fessé.
t FESSE-MAILLE (fe-se-mâ-ll', Il mouillées), s. m. Terme populaire. Un avare, un vilain, un ladre. || On dit mieux pince-maille.
— ÉTYM. Fesser, dans le sens d'avaler vite, et maille, sorte de petite monnaie.
FESSE-MATIllEU (fè-se-ma-tieu), s. m. Terme familier. Usurier sordide; homme qui prête sur
gage X votre père il ferait des leçons; Têle-
hlau, qu'il en sait et qu'il fait de façons ! C'est le fesse-mathieu le plus franc que je sache, boishobert, la Belle plaideuse. Ma foi, monsieur, ceux qui empruntent sont bien malheureux; et il faut essuyer d'étranges choses lorsqu'on est réduit à passer, comme vous, par les mains des fesse-mathieux, MOL. l'Avare, u, 1. Vous êtes la fable et la risée de
FES
tout le monde , et jamais on ne parle de vous qub sous les noms d'avare, do ladre, de vilain et de fessemathieu, ID. ib. m, 5. Adieu, tison d'enfer, fessemathieu femelle, reonard, le Joueur, y, 10. || Au plur. Des fesse-mathieux, d'après l'orthographe de l'Académie.
— HIST. XVI' s. X Rennes on l'eust appelle fessematthieu, comme qui diroit batteur de saint Matthieu, qu'on croit avoir esté changeur, noKldopail, Contes d'Eutrapel, cli. m.
— ÉTYM. L'interprétation que donne Noël Dufall de cette locution paraît probable : fesser Mathieu (saint Mathieu passait pour avoir été, avant sa conversion, changeur), c'est battre saint Mathieu, lui tirer de l'argent. D'autres on dit que fesse était ici une altération soit de fait ; il fait saint Mathieu, soit de fesle: il feste saint Mathieu, soit de face: une face de saint Mathieu.
t FESSE-PINTE (fc-se-pin-f), ». m. Terme populaire. Un ivrogne, un intrépide buveur.
— HIST. XVI' s. Par ce dénotant qu'il seroit un bon fesse pinte, habel. cité dans lehoux, Dict. comique.
— ÉTYM. Fesser, dans le sens d'aller vite, et pinte. FESSER (fe-sé), V. a. || 1° Frapper sur les fesses
avec des verges ou avec la main. Fesser un petit garçon. Fessez, fessez, ce dit la mère, La peau du cul revient toujours. Chansons de Gautier Garguille, xi (édit. janet). Il En général et dans le langage plaisant, châtier. Messieurs les sots, je dois, en bon chrétien. Vous fesser tous, car c'est pour votre bien, volt. Chevaux et dues. Nos Zoîlcs honteux.... Des serpents d'Alecton nous les verrons fesser, ID. Ép. 95. Il Fig. Se faire fesser, s'exposer aux choses les plus humiliantes. Il se ferait fesser pour moins d'un quart d'écu, mol. l'Ét. i, 2. Je sais que pour un sol, d'une ardeur héroïque. Vous vous feriez fesser sur la place publique, reonard, le Légat. III, 2. Il 2° Fig. Faire vite, locution qui vient de ce qu'on traite la chose qu'on fait ainsi comme lo petit garçon qu'on fouette. Fesser son vin, boira beaucoup. Elle fesse son vin da Champagne à merveille, et sur la fin du repas elle devient fort tendre, reonard, Sérén. 1 1 . Nous les aidâmes à fesser les meilleurs vins, lesage, Gil Blas, vu, 14. Pour divertir la veuve et la consoler de la perte du défunt, ils fessent son vin de Champagne à la santé du mort, dancourt. Sec. chap. du Diable bott. i, i . Il Fesser le cahier, faire des rôles à la hâte. || 3° Dans les fabriques d'épingles, battre un paquet de fils da laiton à force de bras sur un billot. || 4° Se fesser, V. réfl. Se donner le fouet à soi-même. Aujourd'hui ce vieux fou sa frappe la poitrine et se fessa devant Dieu de tous les mots plaisants qu'il a oits, DiDER. Salon de I766, Œuvr. t. xiii, p. 263, dans POUGENS. Il Se donner le fouet l'un à l'autre. Ils se fessaient à tour de rôle.
— HIST. XVI' s. La procession des Lydiens, en laquelle les jeunes garçons sont fessez et fouettez à l'entour de l'autel, amyot, Arist. 41. Rien ne le fa partir [le cardinal de Lorraine] de la cour que la poltronnerie, ayant eu pourtant un grand cievccœur et dépit, quand, sortant de la ville, il oycit crier parmi les rues, les boutiques et les fenestres : adieu, monsieur le cardinal, la messe est fessée, brant. Cap. fr. t. m, p. so, dans lacubne. Fesser le bréviaire |ledire promptement[, oudin, fli'ct.
— ÉTYM. Fesse. Cependant Graiiilgagnage (citant, dans le wallon, fesl, entrelacer de l'osier, l'anc. wallon fesse, latte) et Diez inclinent à penser quu ce mot vient non de fesse, mais du germanique : Aix-la-Chapelle, jitse, baguette ; bavarois, fitteii, frapper avec une verge.
FESSEUR, EUSE (fè-seur, seû-z'), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui fouette. Témoin Montmaur, co professeur Qui passerait pour un fesseur, S'il n'avait pas les trois Estiennes Avec les gloses anciennes, MÉNAGE, Requête du dict. à l'Acad. || 2° Ouvrier qui tourne les têtes d'épingles, qui les rogne et qui les coupe.
— HIST. XVI' S. Mangeurs de crucefix, fesseurs de requiem, cafars, h. est. Apol. d'Uérod. p. 673,
dans LACURNE.
— ÉTYM. Fesser.
1. FESSIER (fê-sié; l'r no se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des fé-sié-z énormes), ». m. Term) très-familier. Les fesses. Le nez sur les carreaux et lo fessier au vent, bégnier. Sot. xi.
ÉTYM. Fesse.
2. FESSIER, lËRE (fè-sié, siê-r'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux fesses. Muscles fessiers. Il Substantivement. Les fessiers. Le grand fessier.
lllST. XVI' i. Quand on presse sur la fesse, on
FES
trouve la teste de l'os [le fémur lux£] prominente entre les muscles fessiers, PAKé, xiv, «b.
— ÉTYM. Fette.
+ FESSOU (fè-sou) ou FESSOUET (fe-sou-6), s. m. Houe triangulaire aiguë pour la culture des vigiio- ' blœ du Berry.
— ÉTYM. Altération de l'anc. franc, fossouer, instrument pour fouir (voy. possoyer).
FESSn, VE [R-sa, sue), adj. Terme familier. Qui a de grosses fesses.
— IIIST. XV» s. Son poys me fait cstro hos3u [c'est un cheval qui parle], Et je ne sui pas si fessu Que je fu anciennement; Plus ne vueil servir tel pansu, EUST. DF.SCH. Pocsics inss. f° Î70, dans lacuune. Il XVI* g. Quand l'Iiomme est trop gras et fossu,
PARE, XVllI, 44.
— f.TVM. Fesse.
FESTIN (fè-stin), s. m. Repas somptueux. Dans les festins que nous faisons ensemble, ou plutôt que vous me faites, je ne dois parler quo pour dire grâces, VOIT. Lett. »0. Ce festin dura longtemps, ayant continué pondant cent quatre-vingts jours, BACi, Bible, Fsther, l, *. Les violons sont retenus, le festin est commandé, mol. Ifar. f. (4. ]1 faut que je dîne chez M. de Rennes ; ce sont des festins continuels ; ah ! mon Dieu, quand pourrai-je mourir de faim! SÉV. 447. Moi qui ne compte rien, ni le vin, ni la chère. Si l'on n'est plus au large assis en un festin Qu'aux sermons de Cassagne ou de l'alibé Cotin, BOiL. Sal. m. Tous mes sols à l'instant, changeant de contenance. Ont loué du festin lasuperlie ordonnance, id. ib. Il veut que d'un festin la pompe et l'allégresse.... bac. Bril. v, (. Bourreau de votre fille, il ne vous reste enfin Que d'en faire à sa mfcre un horrible festin, ID. Iphig. iv, 4. Les fous font les festins, et les sages les mangent, DANCoaRT,Sanc/»o JPanfOjU, i. \\ Festin royal, festin qu'un roi donne en icertaines occasions solennelles. Il Familièrement. 11 n'y avait que cela pour tout festin, il n'y avait que cela à manger. || Proverbe. Il n'est festin que de gens chiches, les gens parcimonieux sont magnifiques dans les occasions d'éclat.
— HIST. XV' s. J'aime lacompaignie Où sont mes bons amis ; Mais le festin m'ennuie Où n'y a point de ris, BASSELiN, XXVI. Il XVI' s. Il a esté au festin de Martin baston [il a été rossé], cotgrave.
— ÉTYM. Voy. FESTINER.
FESTINÉ, ÉE (fè-sti-né, née), part, passé. X qui l'on donne un festin. Alibech fut festinée en grand' pompe, la font. Diable.
FESTINER (fè-sti-né). 1| 1" Y. n. Terme familier. Faire festin. Mais pout-é'ac qu'ils [les dieux] sont bien loin maintenant, chez les Éthiopiens irrépréhensibles, où ils vont souvent festiner, d'adlan- DoiiRT, iMcien, Jupiter le tragique. Il vient : l'on festine, l'on mange, la font. Fabl. i, I4. || 2' V. a. Servir un festin à quelqu'un. C'est ainsi que vous festinez les dames en mon absence, mol. Bourg, gcnt. IV, 2. Il On lit dans Malherbe : [Alexandre le Grand] festia [édit. iiiSO; l'édit. de t6t.o donne fes- It'no] les ambassadeurs, et leur fit toutes les démonstrations de bonne volonté dont il se put aviser. Traité des bienf. de Sinèque, l, O. La leçon (estia est sans doute la bonne ; c'est une ancienne forme pour festoyer.
— IIIST. XVI' s. Avec terme plus propre nous no pouvons nommer celui qui fait le banquet que feslinant, pasquieb. Recherches, liv. vni, p. 674, dans LÀCURNE. Le curé annonçant les fcstcs qu'il Talloit l3stiner [célébrer]. Moyen de pan-enir, p. 30iî, dans
LACURRE.
— ÉTYM. Fcxliner paraît être une altération pour fcstiver, du lai. festivum, fcto.
t FESTIVAL (ffe-sti-val), s. m. Nom de grandes fêtes musicales allemandes et de celles qui ont lieu dans quelques provinces de France et en Anglelerrc, à l'imitation de l'Allemagne. On annonce plusieurs festivals pour cet hiver.
— ÉTYM. Lat. fesliralis, de fcs:um, fcle. Fatival était aussi un adjectif de l'ancienne langue, et signifiait de ((te: Uns festivals sacrefices, liais, p. 78.
■[ FESTOIEMENT (fè-stoi-man), s. m. Action de festoyer.
— HIST. XV' s. Kt du festoioment et réception feurent bien contents le roy, l'empereur et les seigneurs, juv. DES uitsiNS, Cluirles V/, u 1 5.
— ÉTYM. Festoyer.
FESTON (f!>ston), *. m. H 1' Mélange do fleurs, lie feuilles et de petites brandies liées en cordon qu'on emploie dans les fêtes et les occasions de galanterie pour parer des appartements, des tcmiilcs, des façades. Il fit joncher les chemins de fleurs et do festons, vauoel. Q. C. n, ». De festons odieux
FES
ma fille couronnée, bac. Iph. v, 4. Le pampre vert qui pendait en festons, fé.^i. Tél. i. Quand la feuille en festons a couronné les bois. L'amoureux rossignol n'étouffe point sa voix, à. chkh. Élég. x. Il Par extension. Les vieux arbres ont disparu; la hache éclaircit tous les jours ces belles forêts qui décoraient d'un long feston mobile le sommet de ces coteaux, cap, Àudubon, p. (2. || i" Terme d'architecture. Ornement en forme de festons. Ce ne sont que festons, ce ne sont qu'astragales, boil. Art p. I. Il Fig. et populairement. Faire ou décrire ou dessiner des festons, aller en zigzag. Un ivrogne qui fait des festons. || 3" Il se dit de découpures en forme de festons. Découper en festons les bords d'une collerette. Ruban à festons. Ses doigts [d'un oiseau] sont à demi palmés, largement frangés des deux cétés d'une membrane découpée en festons, BUFF. Ois. t. XV, p. 33H, dans pougews. Il 4° Feston ou point do feslon, point de broderie qui se fait ainsi : on met le fil sous le pouce gauche, on prend un peu de l'étoffe par-dessus ce fil qui est sous le doigt et on tire, puis on recommence; le point se trouve comme noué en faisant un léger reliord. Il Broderie que compose ce point. Un col au feslon. Il Feston de rose, espèce de feston dont le point, au lieu de représenter le contour d'une dent, fait la dent pleine. || 6° Terme de tapissier. La partie de draperie retroussée en petits flots croisés, que l'on met par le haut d'une tenture, d'une croisée, pour cacher la tête des rideaux.
— IIIST. XVI' s. Les armoiries estoient entournoyées d'ung joyeux feston de myrtes, lauriers et orangiers, rabklais, Sciomaehie. La caressant [la divinité] par l'odeur des encens et sons de la musique, festons et bouquets, mont, ii, 256.
— ÉTYM. Ital. festone. L'étymologie paraît être le latin festum, fête, à cause de l'emploi des festons dans les fêtes. Cependant Grandgagnage, citant le wallon ftst, entrelacer de l'osier, tire feston du germanique : Aix-la-Chapelle, fiti, baguette, verge.
FESTON.NÉ, ÉE (fè-sto-né, née), part, passé. Il 1° Orné de festons. La mère choisit un érable & fleurs rouges, festonné de guirlandes d'apios, chateaub. Atala, Épilogue. || 2° Bordé par des découpures arrondies. || Terme de botanique. Se dit des feuilles, quand elles sont munies de découpures peu profondes. || 3° Un col festonné, un col brodé au point de feston. || Par extension. La gorge, qui est un peu festonnée de roux dans ce martin-pêcheur venu de Saint-Domingue, est simplement grise dans l'autre, buff. Ois. t. xni, p. 312, dans pougens.
FESTONNER (tè-sto-né), v. a. || 1° Orner de festons. La nature en ce lieu plus amie et plus douce Festonne les rochers d'arbustes et de mousse, lamart. Joc. II, 75. Il 2" Dessiner, broder, ou découper en festons. U [le colibri] a le dessus du dos et de la tête de couleur d'or, sur un fond gris qui festonne le bord de chaque plume et rend le dos comme onde de gris sous or, bi;ff. Ois. t. xi, p. 68, dans POUGKNS. Il Absolument. Festonner, faire une broderie en point de feiton. || 3° V. n. Fig. et populairement. Aller en zigzag, étant ivre. || 4° Se festonner, V. réft. Se garnir de festons. Ou ce beau peuplier de qui l'énorme tronc, Lorsque de cent hivers il a bravé l'affront, Se festonnant de nœuds d'où sort un vert feuillage, Semble orné par le temps et rajeuni par l'âge , delille, Jard. i. Les sombres sapins même se festonnent alors du vert le plus tendre, bebn. df. st. p. Étude v.
— RTYM. Feston.
t FESTOYANT ( fc-sto-ian ou fc-stoi-ian ) ou FËrrOYANT (fé-to-ian), s. m. Celui qui festoie. Ce repas [de l'ours] dure huit ou dix heures ; les festoyants en sorlent dans un état affreux, ciiateaubb. Amer. Chasse.
FESTOYÉ, ÉE (fc-sto-ié , iée, ou f'-stoi-ié, iée) ou FÉTOYÊ, ÉE (fé-to-ié, iée, ou fé-loi-ié, iée), part, passé. La belle enfin chaque jour fétoyée Fut tellement de sa gloire ennuyée, Que.... volt. Béguexûe.
FESTOYER (fè-sto-ié ou fè-toi-ié ; plusieurs disent fcs-toi-ié) ou FÉTOYER (fé-to-ié) , v. a. U :se conjugue comme employer. Terme familier. Faire fête à quelqu'un, le bien recevoir. Il semblait que la terre et le ciel, à l'cnvi de Mme du Vigcan, voulaient festoyer la plus belle princesse du monde, VOITURE, Lett. to. Il Se festoyer, ». rifl. Se faire fête l'un à l'autre. Ils se sont festoyés joyeusement.
— HIST. III' s. Jà n'est pas ui [aujourd'hui] sabat ne tens de festeer. Bois, p. 358. ||xin' s. [I-cs dames] Carolent [dansent] et festoient et chantent hautement, Berle, ix. ||xv' s. Les seigneurs qui alloient voir le roi et la roine et leur conseil, pourfes-
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lier et pour apprendre des nouvelles, tiiolss. i, i 8S. Ordonnèrent le» seigneurs à approcher canons, veugleres et bombardes devant la dicte ville [doi t ils commençaient le siège], pour festoyer ceux do dedans, monstbel. t. m, p. 67, dans lacdrhk. Il XVI' s. Que l'on adjousteroit un jour d'avantage aux feries latines, et que désormais on en festoyeroit et chommeroit quatre, ahtot, Cam. 7S. Est-ce afin que ton héritier Ayt mieux de quoj se festier, Jouissant de tes abstinences? st-gelais, le.
— ÉTYM. Fttt, anciennement feste; provenç. festejar, fetlegar; espagn. festejar; ital. fetteggiare. Festoier, festeer, festier, ne sont que des prononciations différentes du même mot.
t FF^TUCAIRE (fè-slu-k«-r'), ». m. Terme de zoologie. Genre de vers intestinaux parenchymateux de la famille des trématodes, de l'ordre des monoslomes.
- ÉTYM. Lat. feituca, fétu.
fRtE (fé-f) , s. f II 1' Jour consacré à des actes de religion; cérémonies parlesquelles on célèbre ce jour. L.es trois grandes fêtes de l'année, savoir celle des Azymes, celle des Semaines et celle des Tabernacles, SACi, Bible, Paralip u, viii, ( 3. Sion, repaire affreux de reptiles impurs. Voit de son temple saint les pierres dispersées. Et du Dieu d'Israël les féfes sont cessées, BAC. £i(À. i, i. Quand verrai-je, â Sion, relever tes remparts Et de tes toursies magnifiques faitesT Quand verral-je de toutes parts Tes peuples en chantant accourir à tes fêtes? id. ib. i, 2. Vivez, solennisez vos fêtes sans ombrage, id. Athal. m, 4. U se célébrait, dans les différentes villes de la Grèce, et surtout à Athènes, un nombre infini de fêtes : je n'en rapporterai ici que trois, qui sonj les plus célèbres, savoir les Panathénées, les fêtes de Bacchus, et les fêtes Êleusiennes, bollin, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 7, dans pouoers. On recherche l'origine des fêtes ; la plus ancienne et la plus belle est celle des empereurs de la Chine, qui labourent et qui sèment avec les premiers mandarins, volt. Dict. phil. Antiquité. || Chez les anciens païens, la fête de la Jeunesse, la fête dos Marchands, la fête des Esclaves, etc. le jouroùl'onfaisaitdes cérémonies religieuses à l'intention de la jeunesse, des marchands, des esclaves, etc. |l 2* Dans la religion catholique, célébration du service divin en commémoration de quelque mystère ou en l'honneur de quelque saint. Une grande fête. Une petite fête. Les dimanches et fêtes. Fêtes mobiles. Fêtes annuelles. Garder les jours de fête. Il est fête. X chaque grande fête augmente et renouvelle Et le bon exercice et ta prière aux saints. Et tiens, en l'attendant, ton tme entre tes mains. Comme prête à passer à la fête éternelle, CORN. /mil. i, I». Toutes ces pieuses observances avaient dans la reine l'effet bienheureux que rEglise même demande : elle se renouvelait dans toutes les fêtes, eoss. Uar.-Thér. || Jour do fête, jour férié. || Par extension. Le jour où l'on s'égare est un vrai jour de fête [il s'agit d'un voyageur égaré qui trouve bon gîte], collin d'iiablev. Chdt. en Esp. i, n. || La fête des Morts, le ï novembre, jour que l'Église consacre à la commémoration des morts. || Fête double, celle où l'on double les antiennes. |1 Fête-Dieu ou Fête du saint sacrement, la fête que l'on célèbre en l'honneur du saint sacrement (on met une majuscule à Fête). Nos maréchaux de France, nos ducs et autres personnes considérables qui demeurent sur une parois.sc, n'assistent pas personnellement à la procession de la Fête-Dieu, mais y envoient leurs laquais en livrée et avec un flambeau où est attaché l'ccusson de leurs armoiries, saint-foix, Ess. Paris, Œuv. t. IV, a78, dans pougens. || Fêtes fêtées, ou, plus souvent, fêtes chômées, celles où le travail est défendu et qui sont d'obligation, à la différence de celles qui se célèbrent seulement dans l'église et en quelques lieux particuliers, ou par quelques communautés. Le mal est que dans l'an s'entremêlent des jours Qu'il faut chômer; on nous ruine en fêtes; L'une fait tort à l'autre; et monsieur le curé De quelque nouveau saint charge toujours son prône, la font. Fabl. vni, a. || Familièrement. Kctes carillonnées, les plus grandes fêtes. || Populairement. Cela ne m'arrive qu'aux fctos carillonnées, c'est-à-dire rarement. || Fête de palai.<, le» jours où les tribunaux sont fermés, quoiqu'il ne soit point fête chômée. || Fig. Deviner les fêles quand elles sont venues, dire des choses que tout le monde sait. || Souhaiter les bonnes fêtes , se disait par compliment à l'approche des grandes fêtes de l'Église. Je vais donc vous souhaiter les bonnes fêtes (à Noël], sÉv. 24o. Présentez les bonnes fêtes ae ma part au cardinal, boss. Utt.
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(yiiu'î. 455. Il FClo (lesFbU3, fêlo des Anes, fêtes burlesques qui se célébraient durant le moyen Afia. Les danses dans les églises, les festins sur l'autel, les dissolutions, les farces obscènes étaient les cérémonies de ces fêtes, dont l'usage extravagant dura environ sept siècles dans plusieurs diocèses, volt. ilœurs, 45. Il 8° Kête d'une personne, le jour de la fête du saint dont celte personne porte le nom comme nom do baptême. || Je vous souhaite une bonne fête, formule de compliment pour souhaiter une fête. || Payer sa fête, faire un festin à ses amis le jour de sa fêle. |1 La fête d'une compagnie, d'un corps de métier, le jour de la fête du saint, patron de cette compagnie, de ce corps de métier. || Fête patronale, ou fête d'un lieu, d'un village, le jour de la fêlo du saint s6us l'invocation duquel est placé ce lieu, ce village. || 4° Commémoration d'un anniversaire, l'éle de nais.sance. || 5° Réjouissances publiques faites à des époques mémorables, à l'occasion de quelque événement, et aussi réjoui.ssances données par un roi , un prince, un grand seigneur. Les fêtes données à l'occasion de la paix. Ouoiijue j'aie été voir depuis peu l'Escurial et l'Aranjuez, et que je me sois trouvé à des fêtes de taureaux, VOIT. Lelt. 80. Balthasar fait une fête solennelle, toss. Hist. Il, 4. Quel fut ce triomphe, lorsqu'environnée de la gloire de son époux et de la sienne propre, elle nous parut par sa modestie comme un ange de Dieu parmi les acilamations et les fêtes de cette ville royale I fléch. Marie-Thér. D'un triomphe si beau je préparais la fête, rac. Iphig. iv, 4. Les fêtes que l'on célèbre en mon honneur, fén. Tél. IX. Nicolas Fouquet, dernier surintendant des finances, engagea Molière à composer cette comédie [les Ficheux] pour la fameuse fête qu'il donna au roi et à la reine mère dans sa maison de Vaux, aujourd'hui appelée Villars, volt. Fie de Molière. Comme les grandes fêtes se terminent, disait-il, et ■•.omme elles laissent un vide étonnant dans l'âme, quand le fracas est passé I id. Princesse Babyl. 4. Tout le monde avouait que les dieux n'avaient établi les rois que pour donner tous les jours des fêtes, pourvu qu'elles soient diversifiées, id. ib. 1 . |1 Fig. La plus brillante des fêtes, le génie de l'homme décoré par la magnificence de la nature, stael, Corinne, IV, 3. Il 6° Réjouissances qui se font dans de% assemblées de famille ou d'amis. Elle qui ne m'a vu qu'en mes habits de fête, Régnier, Sat. xi. M. Martel vous donna une fête dans son vaisseau, sÉv. 447. Si vous voulez apporter un habit de fête pour le temps de votre convalescence, nous mettrons aussi les nôtres pour la célébrer, volt. Lelt. Mlle Clairon, a mars <763. || Par extension. Avant qu'être à la fêle De si pénible conquête, malh. ii, 2. Il Par antiphrase. Revêtons-nous d'habillements Conformes à l'horrilile fête [le massacre] Que l'impie Aman nous apprête, rac. Esth. i, 6 Qu'à la
mort condamné, Lalli soit en spectacle à l'échafaud traîné, Elle ira la première à cette horrible fête Acheter le plaisir de voir tomber sa tête, Gilbert, 18" siècle. Il Les garçons de la fête, se dit, parmi le peuple, des jeunes garçons, parents ou amis des mariés, qui se parent pour faire les honneurs de la fête. Il "Triste comme un lendemain de fête, trèstriste; locution tirée du vide qui suit le fracas et l'éclat d'une fête. || Fig. Se donner une fête, se divertir aux dépens de quelqu'un. Elle forma le dessein de se donner une petite fête aux dépens (le cette folle, hamilt. Grarnm. 7. || Fig. et familièrement. Telle fête, pareille fête, se dit de circonstances qui ne sont pas habituelles en bien ou en mal. La demoiselle ne s'était jamais trouvée à telle fête, sÈv. 37. Jamais chapeau ne s'est trouvé à une pareille fête, id. 134. Allez donc, et cessez de nous rompre la têle; Que de fous! je ne fus jamais ,\ telle fête, rac. Plaid, ii, <2. || Faire fête, célébrer une fête. Était-ce un vin à faire fête? mol. Amph. m, 3. || Faire fête à quelqu'un, lui faire un accueil empressé, le bien traiter. Nous vîmes un f;rand chien qui vint à la portière du carrosse me faire fête, voiture, Lett. x. \\ Par antiphrase. Quand j'en rencontre [des serpents] sur mes pas. Je leur fais de pareilles fêtes [je les écrase], la font. Petit chien. || Faire fête à quelque chose, témoigner un grand désir de l'avoir ou beaucoup de plaisir à en
jouir Comme un chien qui fait fête Aux os qu'il
voit n être pas trop chétifs, la font. Jument. U le ;un oiseau] croit en son pot, et déjà lui fait fête, iD. Fabl. u, <2. Il Faire fête d'une chose à quelqu'un, la lui faire espérer. |{ Faire fête de quelqu'un, l'annoncer comme homme capable de payer son écot par son esprit. Elle l'avait invité à souper comme bel esprit, et jamais il ne parut si sot, parmi
une demi-douzaine de gens à qui elle avait lait fête de lui, mol. Critique, 2. || Se faire une fête de quelque chose, s'en promettre beaucoup de plaisir. Et de vous marier vous osez faire fête'? mol. Femm. sav. i, <. Je me faisais une fftte de ce petit voyage, J. J. Rouss. Uél. VI, ( . Il Se faire de fête, faire comme ■ si on était d'une fête, s'entremettre de quelque affaire sans y avoir été appelé. Dans l'auteur espagnol, Rodrigue va combattre les Maures sur la frontière; il les va chercher au contraire de ce qui arrive ici, où ils semblent se venir faire de fêle exprès pour en être battus, corn. Ex. du Cid. II donna d'un grand estramaçon sur les oreilles de son valet, qui me pressait plus que les autres pour se faire de fête, scabhon, llom. com. i, <6. Les armées ne manquent pas de gens qui aiment à se faire de fête et à s'empresser, st-sim. 3|3, 05. Sérieusement, mon cher ange, je n'ai aucune envie de me faire de fête, volt. Lett. d'Argenlal, 30 nov. 1759. Il Se faire de fête, se dit aussi pour se faire
honneur Elle [Mme de Coligny, fille de Bussy
Rabutin] ne se presse jamais de faire voir qu'elle a plus d'esprit que les autres; elle sait bien des choses dont elle ne se fait point de fête ... sÉv. Lett. à Bussy Rabutin, (9 mai* 077. || Troubler la fête , troubler la joie, les plaisirs d'une réunion publique ou particulière. || Un trouble-fête, voy. trouble-fête. Il U esta la fête, se dit de celui qui fait ou voit faire quelque chose qui lui est agréable. Il 7° Divertissement de danse et de chant que l'on introduit dans un opéra ou un drame. || Proverbes. Tout saint a sa fête; toute femme a sa tête. Il Aux bonnes fêtes les bons coups, les méchants prennent souvent les occasions des réjouissances pour exécuter leurs mauvais desseins. Il 11 ne faut point chômer les fêtes avant qu'elles soient venues, il ne faut ni se réjouir, ni s'affliger d'un événement avant qu'il soit arrivé. Laissons venir la fête avant que la chômer, Moî.. Dép. am. 1. *. || Il n'y a pas de bonne fête sans lendemain, c'est-à-dire quand on se met en fête un jour, le lendemain on s'amuse encore. || Ce n'est pas tous les jours fête, c'est-à-dire l'occasion de se réjouir ne se présente pas tous les jours.
— REM. La Fête-Dieu signifie la fête de Dieu ; c'est un archaïsme et un reste du temps où la langue, ayant deux cas, le nominatif et le régime, marquait le complément par le cas du régime sans préposition.
— HIST. XI» s. Dedenslafeste Saint Michiel et la Saint Martin, lots de Guill. 32. X Saint Michel [il] tiendra moût haute feste, Ch. de Bol. iv. |1 xui' .s. Et furent receu à [avec] moult grant joie et à moult grant feste, villeh. xxxni. X Paris [ils] ont huit jours la feste maintenue, Berte, cxxxviii. Et vinrent à Londres et trouvèrent le roi Henri qui à merveUes fist grant Reste de la damoisielle, Chr. de Bains, p. i 3. Que se nus ne nulle ouvre à jour de feste gardée ou célébrée, qu'il soit encheuz envers le roi en l'amende de cinq sols par.... Liv. des met. 154. De sa queue se vet jouant, Et entor soi feste fesant, Ben. (934. Savez comment je me demain [me comporte] : L'espérance de lendemain. Ce sont mes festes, ruteb. lo. Et aus riches font feste et joie. Et prometent à un mot cort Saint paradiz, id. 248. Toute celé semaine fumes en festes et en cardes [danses], joinv. 208. || xV s. Et en chevauchant parmi les rues, toutes gens et mesmement enfans faisoient au roi feste, froiss. ii, m, 24 . Après grant feste grant pleur, et après grant joie grant douleur, leroux de lincy, Prov. t. 11. p. 240. Là [en tournois] se doit bouter, Soy maintenir et fors jouster, Tant qu'il ait le prix de la feste, eust. DEsCH. Poésies mss. (' 503, dans lacurne. II est aujourd'hui la feste des bons amis [la fête des morts], DU CANOË, fcstum. X bonne feste [foire] avez esté, car bien avez vendu, Perceforest, t. i, f" 1 56. Mener orde feste [faire grand tapage], 16. t. iv, ^ (02. De mal jour fairefeste [faire de nécessité vertu], 16. t. IV, f" 29. D'ung tel homme fault faire feste. Autant que d'ung million d'or, villon, Archer de Bagnolet. || xvi' s. Les vainqueurs faisants grand' feste de cet accident, mont, i, 248. Il le tesmoigna par l'alaigresse et feste de son visage, id. i, 271. Il donna congé aux médecins en leur disant : Ne me faites plus de festes de vostre Hippocrates et Gallion, puis qu'ilz ne m'ont sceu guarir, amyot, Prcf. xv, 43. C'est une vieille feste que l'on ne feste plus, oudin, Curiosités fr. U est feste au palais, c'est jour de jeûne [par jeu de mot avec le palais de la bouche], m. ib. U est feste en la paroisse, on y carillonne [on lui donne le fouet], ID. ib. Après la feste et le jeu, les pois au feu, LEROUX DE lincy. Prou. t. u, p. 240, U est tousjours feste pour celui qui bien fait, cotgrave, p. 300. U est toujours feste après besogne faite, id. «6.
— ÉTYM. Bourguign. féte;-wal\. fièse; provenç. festa; espagn. fiesta; portiig. et ital. festa ; du lat. festum, fête. On rapproche festum do fesix, forme primitive de fcri,r, fériés.
FÊTÉ, ÉE {fè-té, tée), part, passé. || 1° Chômé. Une fête fêtée. || 2° Bien reçu, accueilli avec empressement. Est toujours bien fêté celui chez qui l'on mange, lamotte, Fabl. y, ^^. Celui-ci furieux de me voir fêté dans mon infortune, et lui délaissé, tout ambassadeur qu'il était, j. J. rouss. Conf. VII. Il 11 se dit aussi des choses. Vous savez que tout ce qui devient commun est peu fêté, VOLT. Jeannot. Mon commerce est mieux fêté A la porte de la Gaîté, héhano. Bouquet.
FÊTER (fê-té), v.a. || 1° Chômer, célébrer une fête. Fêter ù Saint-Jean. Fêler le jour des Rois. Fêter les saints. || Fig. C'est un saint qu'on ne fête point, qu'on ne fête plus, se dit d'un homme qui n'a point de crédit, ou qui a perdu tout son crédit. || Par plaisanterie. Ainsi qu'un possédé que le prêtre exorcise, Fêter dans ses serments tous les saints de l'Église, BOiL. Snt. iv. || Par analogie. Je veux fêler le jour qui nous rassemble. || 2" Familièrement. Fêler quelqu'un, célébrer sa fête. U m'embrasse au jour de l'an, 11 me fêle à la Saint-Jean, bérano. Sénateur. || Fig. Fêter quelqu'un, le bien traiter, l'accueillir avec empressement. || Fêter la bouteille, aimer à boire, boire souvent.
— HIST. xm* s. Que tout adps en l'uevre [œuvre] estoit, Nule fois ele ne festoit [se reposait], du GANGE, feslare. \\ xvi* s. Les Romains festent encore ce jour-là, et l'appellent la feste de la nativité de leur pays, amyot, Rom. <7.
— ÉTYM. Fête; wallon, fiesli.
FETFA (fèt-fa), s. m. Chez les musulmans, sentence prononcée par le mufti sur un point de doctrine ou de droit difficile à résoudre ; elle supplée au silence de la loi et demeure sans appel. || jlu plur. Des fetfas, comme des agas, des pachas. Voltaire l'a laissé invariable : On m'a trop accusé d'aimer peu Moustapha, Ses visirs, ses divans, son mufti, ses fetfa ; Fetfa! ce mot arabe est bien dur à l'oreille; On ne le trouve point chez Racine et Corneille; Du dieu de l'harmonie il fait frémir l'archet; On l'exprime en français par lettre de cachet, Ép. à l'imp. Catherine.
— ÉTYM. Arabe, fetoua. D'après Pihan, fetfa est incorrect, il faut dira fetva, qui est la prononciation turque ; les Arabes prononcent fetoua.
FÉTICHE (fé-ti-ch'), s. m. || l'Objet naturel, animal divinisé, bois, pierre, idole grossière qu'adorent les nègres des côtes occidentales de l'Afrique et même de l'intérieur des terres jusqu'en Nubie. Lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait : mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux ; tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère, volt. Cand. 1 9. Los Mexicains invoquaient des puissances suLalternes, comme les autres nations en ont invoqué sous les noms de génies, de camis, de manitous, d'anges, do fétiches, raynal, Ilist. phil. vi, lO. || Fig. C'est son fétiche, c'est la personne pour laquelle il a le plus de vénération. || Adj. Les dieux fétiches. Du culte des dieux féli-ches, Titre d'un ouvrage du président DE BROSSES, OU (760. || 2° Poissou d'Afrique qui paraît être du genre squale, et auquel est rendu un culte religieux.
— ÉTYM. Portug. fetisso, objet féé, enchanté (voy. fée).
FÉTICHISME (fé-ti-chi-sm'), s. m. || !• Le culte des fétiches. || 2" Fig. Adoration aveugle d'une personne, de ses défauts, de ses caprices, et aussi d'un système. Le fétichisme do la royauté.
— ÉTYM. Fétiche. Fétichisme, qui ne se trouve pas dans les éditions du dictionnaire de l'Académie avant (835, a été créé par le président de Brosses en (760.
t FÉTICHISTE (fé-ti-chi-sf), s. m. et f Celui, celle qui adore les fétiches. 1| Adj. Les populations fétichistes.
— ÉTYM. Fétiche.
FÉTIDK (fô-ti-d'), adj. Qui a une odeur trèsdésagréable et qui fait soulever le cœur. Une vapeur félide. Il On dit aussi odeur fétide. |1 Fig. On vit dans ce chaos fétide [de la révolution] Naître de l'hydre régicide. Un despote.. . v. hugo. Odes, i, ((. Ce n'est pas même un juif! c'est un païen immonde, Un renégat, l'opprobre et le rebut du monde. Un fétide apostat... id. Crép. (O.
HIST. XV* s. Que c'estoit peu de chose et orde
et fétide de notre fragilité, Paroles d'Agnès Sorti
FEU
mourante , dan» vaixet de viiutille , Ilist. de Charles VU, t. m, p. («5. || xvi" s. Si la boue qui sort d'un ulccre est noirastre et fœtide, damonstre corruption d'os, pake, Jntrod. !3.
— RTYM. Provenç. fel, feit ; espagn. et ital. fetido ; du lat. fcelidus. Si on trouvait ce mot dans l'ancien français, il serait, comme dans le provençal, sous la forme de (et, à cause de la place de l'accent dans fœtidus sur la première syllabe. Fcelidus, de fœtco, tient au grec itOOopiat, pourrir, sanscrit pUj.
FÉTIDITÉ (fô-ti-di-té),».f. Qualité de ce qui est fétide. La fétidité de l'haleine dans certaines maladies.
— ÉTYM. Fétide. On ne trouve pas fétidité, mais, au rvi* siècle, feteur, du latin fcetorem, puanteur.
FÊTOYER (fê-to-iiS), ». a. Voy. festoyer, qui est aiijo.;rd'hui plus usité.
FÉTD (fé-tu), s. m. Il 1° Brin de paille. Je ne suis à tes yeux [de Dieu] sinon Qu'un fétu sans force et sans nom, Ri;oNiEB,Stonce* relig. Pendant que celleci |la fourmi), chétivo et misérable, Vit trois jours d'un fétu qu'elle a traîné chez soi, la font. Fabl. IV, 3. Il Tirer au court fétu, décider quelque chose par le plus court fétu tiré au hasard. On dit plutôt aujourd'hui tirer à la courte paille. || Cela ne vaut pas un fétu, je n'en donnerais pas un fétu, se dit de choses dont on ne fait aucun cas. Qu'ensemble l'on confond le vice et la vertu, Et qu'on l'estime moins qu'on n'estime un fétu, Régnier, Sat. v. Élevé dans la vertu, £t malheureux avec elle, Je disais: à quoi sers-tu, Pauvre et stérile vertu? Ta droiture et tout ton zèle Ne valent pas un fétu; Mais, voyant que l'on couronne Aujourd'hui le grand Pompone, Aussitôt je me suis tu : X quelque chose elle est bonne, LE LABOUREUR, dans WCHELET. Le mariage de M. de Lorraine ne leur donnait rien de plus [à la maison de LoiTaine] et ne leur faisait pas d'un fétu, st-sim. 04, 72.11 Voir un fétu dans l'oeil de son prochain et ne pas voir une poutre dans le sien, apophthegme de l'Évangile pour reprocher aux hommes d'être sévères pour les moindres fautes du prochain et indulgents pour les leurs propres. {| Rompre le fétu avec quelqu'un, se brouiller avec lui. On dit plutôt à l)résent rompre la paille. || Populairement. Un cognefétu, un homme qui ne s'occupe que de vétilles. Il On dit de même : Il ressemble à Cogne-fétu, il se tue et ne fait rien. || S" Autrefois, par antiphrase, barre de fer avec laquelle le bourreau rouait les condamiés. || 8° Fétu-en-cul, dit aussi pailletn-cul , paille- en- queue, oiseau de la grosseur d'un pigeon et qui a dans la queue une ou deux longues plumes ressemblant de loin à des pailles, leurs barbes étant très-courtes, dit aussi oiseau des tropiques, parce qu'il ne se trouve qu'entre les deux tropiques.
— HIST. XII* s. Et ensi devient li festuz al oelh del irié [à l'œil de l'homme en colère]. Job, p. bu. Il XIII* s. [Ils] ne donroient de moi la monte d'un fcstu, Berte, li. [Il] Ront le festu, si lor pardone, Ben. m79. Il XV' s. Ainsi par especial en la ville de Bruges murmuroiont-ils et queroient le festu en l'estrain, fhoiss. ii, m, 46. Idais nous tirerons au festu, Et cilz qui le plus graut ara. Le gieu pour jouer eslira, eust. desch. Poésies mss. f" 374, dans lacurne. J'entends bien tout; il ne faut pas Traisner festu devant vieil chat [on perd son temps à vouloir m'attraper], Rec. de farces, p. I7i. Il XVI* s. Comme le magnes [aimant] attire le fer, et l'ambre le festu, paré, xxui, (3.
— ÉTYM. Wallon, fistnu; Hainaut, fistu; prov. fesluc, s. m. et fesiuca, fcstuga, s. f. ; ilal. fcsluca, festuco; du lat. fesiuca, que les étymologistes rapprochent de fistula, tuyau, et de fuslis, bâton.
■f FÉTUQUE (fé-tu-k'), ». f. Genre de plantes graminées.
— ÉTYM. Lat. fcstiica, brin de paille, f FÉTCS (fc-tus'), s. m. Voy. fœtus.
4. FEU (leu), s. m. Il 1* Développement de chaleur et de lumière. || 2" Calorique. || S" Chez les anciens, un des quatre éléments. || 4* Objet de culte. Il 5° Feu central du globe. |1 6* Incendie; embrasemont. Il 7* Toute matière combustible allumée. Il 8* Ce qui sert à allumer. || 9* Feu en termes de cuisine. || lO" Feu de joie. || 11* Feux qu'allume une armée. || 18° Le supplice du bûcher. || 13* Cautérisation à l'aide du fer rouge. || li* Feu en termes de chimie. || IB* Feu en termes de métallurgie. Il 18* Coup do feu. || 17" Pompe à feu. H 18" Décharges d'armes à feu. || 19" Terme de fortification. Il 20° Feu d'artifice. Il 21° Le feu de la chemint'e. il 22° Cheminée, chambre à feu. || 23* Girniture de cheminée, jj 84* Un ménage, une famille. || 85* iJi*
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simple lueur des flambeaux. || 28* Bougies dont on se sert aux audiences de criées. || 27* Indemnité qu'on donne à un acteur. || 28' Torche, instrument de destruction. || 29" Fanal. |j 80° Météore enflammé. Il 31* Feu grisou. || 32" Lumière des astres. || 33" La chaleur du soleil. || 34° Éclat, lumière. || 36* Couleur de feu. Il 38* Vive chaleur qui se fait sentir dans le corps, jj 37* Nom de diverses éruptions. Il 38* Pa.ssion8, ardeurs, jj 39" Vivacité d'e.sprit. il 40* Vivacité d'action, de mouvement. || 41" Force des liqueurs spiritucuses. || 42° La passion de l'amour. Il 43* Kévolution, agitation. || 44° Feu ardent, bryone. Proverbes. || 1" Développement de chaleur et de lumière, d'où résulte la combustion ou récliaufTcment des corps. I^ feu c|ui semble éteint souvent dort sous la cendre ; Qui l'ose réveiller peut s'en laisser surprendre, corn. Itodog. m, 4. Et le feu mal éteint est bientfit rallumé, id. Sertor. i, a. J'allumai du feu avec des cailloux, r&n.Tél.xv.Le feu ne peut suLsisler qu'en absorbant l'air, et il devient d'autant plus violent qu'il en absorbe da\anlage, BUKF. Ilist. min. Inlrod. Œuvres, i'* part. t. vi, p. t'i, dans pouoens. Le père Gobien dit, qu'avant l'arrivée des Européens, ils [les habitants des lies Marianes] n'avaient jamais vu de feu, que cet élément si nécessidre leur était entièrement inconnu, qu'ils ne furent jamais si surpris que quand ils en virent pour la première fois, lorsque Magellan descendit dans une de leurs lies, id. Ilist. nat. Ilom. Œuvres, t. v, p. 5). Plus près de l'incendie, ils ne pouvaient ni reculer, ni demeurer; et comment avancer, comment s'élancer à travers les vagues de cette mer de feu [l'incendie de Moscou] ? séguh, Ilist. de Nap. vili, 7. |j II se met quelquefois au pluriel. La montagne vomissait des feux. Que le courroux du ciel, allumé par mes vœux. Fasse pleuvoir sur elle [Rome] un déluge do feuxl corn. Ilor. IV, 5. Il Terme de liturgie. Feu nouveau, jelui qui est allumé et béni à l'oflice le samedi saint. || Faire du feu de quelque chose, le brûler. Je n'ai point maintenant de tes lettres sur moi. Mais j'en ferai du feu jusques à la dernière, mol. le Vép. iv, 4. || Faire fou, se dit de corps qui, se choquant, produisent du feu, des étincelles. Ils ont tous la cassure vitreuse, ds font également feu contre l'acier, ils résistent de même à l'aclion des acides, bltk. i/i/i. t. vu, p. 2i. {| Fig. Faire feu des quatre pieds, faire tous ses efforts pour réussir; locution tirée de ce que les pieds ferrés des chevaux font souvent feu sur le pavé. || Il le craint comme le feu, il le craint extrêmement. Il Vomir feu et flamme, se dit d'un volcan en éruption. Il Fig. Jeter feu et flamme, vomir feu et flamme, se livrer à un grand emportement. Qu'il semblait que je fusse le voleur et son fils le volé, et qu'enfin il avait vomi feux et flammes contre moi, LESAGE, Guzm. d'Atfar. iv, 7. Dès qu'il apprit que j'avais fait pour lui un aveu qu'il n'avait pas fait, il jeta feu et flamme, m'accusant de l'avoir trahi, MABMON TEL, JfiJm. VIII. Il Prendre feu, s'enllammer. Les matières sèches prennent feu trisfacilement. || Fig. Prendre feu, s'émouvoir, s'irriter vivement et tout & coup. Vous voudriez que je prisse feu d'abord contre eux, mol. Impr. 3. Nous allons voir comme on faisait prendre feu à Luther, uoss. l'ar. 0. Il ajouta en riant qu'il lui était plus aisé de donner la paix à l'Europe que de la donner à deux femmes, et cjue nous prenions feu pour des bagatelles, MAiNTENON, /,e«. à Mme de Frontenac, I6BU. Le peuple prend fou aussitôt : il pousse mille cris confus remplis d'indif-'nation et de menaces,vERiOT, liévol. rotn. t. ii, p. < 4 1 . La décence même y babille, Et par la gaieté qui prend feu Se laisse coudoyer un peu, BÉRANG. GourmanJ. || Fig. Mettre le feu aux étoupes, provoquer, causer l'explosion de passions, de sentiments, tels que la col're, l'amour, etc. Il On dit dans un sens analogue : Le feu prend aux étoupes. Il Fig. C'est le feu et l'eau, se dit de deux choses tout à fait contraires, de deux personnes qui se haïssent, ou qui sont d'opinions opposées, de caractères incompatililes. || Fig. On dit que le feu est à une marchandise, pour signifier qu'il y a presse à l'acheter (cette locution vieillit). Il Fig. Familièrement. N'y voir que du feu, être ébloui au point de ne rien voir, et aussi ne rien comprendre dans une affaire ; locution tirée de ce que, quand un coup est porté sur la tête ou les yeux, on voit beaucoup d'étincelles, mais sans rien distinguer au moment du coup. || 2° Il se dit quelquefois pour calori |ue. Le feu répandu dans l'intérieur du globe, ce feu caché dans l'eau et dans la glace même est probablement la source impérissable de ces exhalaisons, de ces vapeurs dont nous sommes continuellement environnés, tolt. Dicl.
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phil. Air. Il 8° Chez les anciens, un des quatre éléments, avec l'air, l'eau et la terre. || Dans l'an--
physique, le feu élémentaire, le feu pur. La 1
dit-on, et le feu élémentaire ne sont qu'une
chose, une seule substance ; cela peut être : mais, comme nous n'avons pas encore d'idée nette du feu élémentaire, abstenons-nous de prononcer stir ce premier point, buff. Miner, t. vi, p. a», dans poi;- GENs. Il 4" he feu, objet princijial du culte des anciens Persans. C'est vous, 6 Seigneur notre Dieu, qui avez choisi vouj-même Abram, qui l'avez tiré du feu des Clialdéens, et qui lui avez donné le nom d'Abraham, saci. Bible, Esdras, ii, ix, 7. || Feu sacré, feu qui, chez les Romains, était entretenu constamment et gardé nuit et jour par les vestales. Il Fig. Feu sacré se dit de sentiments nobles et passionnés qui se conservent et se transmettent Le feu sacré de la liberté. On a été assez heureux pour conserver les ouvrages de votre père [Cicércjn] et ceux de quelques autres grands hommes; ainsi le feu sacré n'a jamais été totalement éteint, volt. Viol. <». Il On dit aussi : Ce poète est animé du feu sacré, c'est à-dire ila du génie. Cet écrivain manque du feu sacré, n'a pas le feu sacré. || Feu sacré, dévouement, zèle à servir; il s'est beaucoup dit sous le premier empire. Nos aimables barons, formés sur le modila d'Elleviou, vous enseigneront la belle tenue de l'état-major de Berthier et l'étiquette des maréchaux, sans oublier le dévouement, l'enthousiasme, le feu sacré, p. l.coub. Letlr.x. \\ 6° Feu oentral, dénomination par laquelle on désigne le foyer do chaleur qu'on suppose exister au centre du globe terrestre, à cause de la température croissante qu'on oliscrve à mesure qu'on péni tre dans le sein de la terre. || Feux souterrains, feux qui existent sous le sol et qui se manifestent par les éruptions volcaniques, les eaux thermales, etc. On voit par tout ce que nous venons de dire, combien les feux souterrains contribuent à changer la surface et l'intérieur du globe, Bi'PF. Ilist. nat. 2' dise. Œutr. t. I, p. 187, dans pouGENS. || 6° Incendie, embrasement. Les ravages du feu. Le feu dura plusieurs jours. Je vis la maison de Guitaut toute en feu, sÉv. 20. La ville était prise, le feu était déjà de tous côtés, Boss. Uist. II, 8. La plupart des maisons et des palais qui avaient échappé au feu servirent d'abri aux cheli, et tout ce qu'elles contenaient .fut respecté, séoub, Ilist. de Nap. vui, 8. Je m'élance, et, soudain l'enlevant dans mes bras. Je traverse les feux, je l'arrache au trépas, briffait, Ninus II, I, I. Et l'astre [le soleil], qui tombait de nuage en nuage. Suspendait sur les flots son orbe sans rayon. Puis plongeait la moitié de sa sanglante image, Comme un navire en feu qui sombre à Ihorizon, lamabt. Harm. ii, 2. || Se rendre maître du feu, empêcher qu'un incendie ne fasse des progris, ne s'étende. || Mettre le feu, incendier. Nabuchodonosor fit mettre le feu dans le temple, boss. Ilist. ji, H II Fig. Mettre le feu, porter le trouble, soulever les passions. Je craindrais que la cajolerie Ne mit le feu dans la maison, la font. Oies. Il Fig. Le feu se met dans ses afi'aires, est dans ses alTaires, se dit de celui dont les afTaires sont dérangées et que ses créanciers poursuivent. 11 en vint d'abord quelques-uns, de ces indignes amis; mais, dès qu'ils virent que le feu était dans les affaires, et que la fortune de leur amie s'en allait en ruine, ils courent encore, mabiv. l'ays. parv. i" part. Le feu plus que jamais s'est mis dans mes affaires, DORAT, Feinte par amour, i, s. il Mettre le feu dans les affaires, dans l'atraire, se dit do créanciers qui poursuivent vivement unliomme embarrassé dans ses afTaires. D'Orieu et quelques magistrats très-riches, nos créanciers, avaient voulu mettre le feu à nos afTaires, st-sim. i8, -ai. Si l'on met le feu dans l'affaire, si l'on dispute au lieu de se rapprocher, nous perdons tout, picard, Duhautcours, IV, 6. Il Courir au feu, se hâter de porter du secours quand un incendie éclate. || Fig. On y court comme au feu, se dit des spectacles et, en général, de tout ce qui attire un grand concours de personnes. Mais vous, que vous vendei de ces toiles de soie!— La lingère : Devrai, bien que d'abord on en vendît fort peu, X présent. Dieu nous aime, on y court comme au feu, cobn. la Cal. du pal. i, 4. Il Courir comme au feu, se dit aussi d'un grand empressement. Vous n'avez qu'à parler, ma<lame, je coursau notaire comme au feu, d»ncouiiT, laFemwc d'intrigue, it, i2. || Jeter des cris de feu, jel«r de grands cris, des cris de désespoir, comme dans un incendie. || Faire la part du feu, se dit, dans un incendie, quand, laissant brûler des parties qu'in croit ne pouvoir sauver, on s'attache i préserver
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ce qu'il y a chance de préserver. Les autres clicfs, «es vieux compagnons de gloire [du maréchal Mortier], l'avaient «luitté les larmes aux yeux; et l'empereur, en lui disant qu'il comptait sur sa fortune, mais qu'au reste, à la guerre, il fallait tien faire une part au feu [on le laissait à Moscou].... sÉGUB, Uist.de Nap. ix, 6. || Un feu de cheminée, l'incendie qui éclate dans une cheminée, et qui, y étant concentré, n'a rion de bien grave. " || Fig. Il a mis le feu à la cheminée, se dit de celui qui, ayant mangé des mets trop salés, trop épicés, s'est mis le gosier en feu. || 7° Toute matière combustible allumée. Feu vif, ardent. On me fit du feu, sÊv. 14. On arrive, on fait grand feu, id. 78. Les nymplies avaient eu soin d'allumer un grand feu de bois de cèdre, fén. Tél. I. 11 en est des livres comme du feu dans nos foyers ; on va prendre du feu chez son voisin; on l'allume chez soi, on le communique à d'autres, et il appartient à tous, volt. Dict. phil. Prior. Combien le feu tient douce compagnie Au prisonnier, dans les longs soirs d'hiver i bErang. Feu du prison. ]\ Feu clair, feu accompagné d'une llamme claire. || Faire grande chère et bon feu, faire de grandes dépenses pour ses amusements. Il Prendre un air de feu, prendre l'air du feu, se chauffer à la hâte et comme en passant. || Populairement, prendre unepoignéade feu, même sens. Il Feu de reculée, très-grand feu, ainsi dit parce qu'il force à se reculer. || Un feu à rôtir un bœuf, un très-grand feu. || Un feu d'enfer, un feu très-violent. 11 y a toujours un feu d'enfer dans cette verrerie. Il Mettre de l'eau sur le feu, mettre sur le feu un vase plein d'eau, jj Mettre les fers au feu, voy. feb. Il Mettre le feu au four, chauffer le four. || Passer une chose au feu, la passer au travers de la flamme. Il Montrer une chose au feu, la présenter au feu pour la faire sécher ou pour la faire chauffer légèrement. || Donner le feu à un navire, chaufferies parties sur lesquelles on veut appliquer du bral ou du goudron. || Jeter au feu, se dit de quelque objet qu'on veut anéantir. J'avais déjà commencé une tragédie, je l'ai jetée au feu; et je conseille à tous ceux qui ont la manie de travailler en ce genre d'en faire autant, volt. Déf. démon oncle, ch. xx. || Fig. Feu de paille, se dit pour exprimer qu'un sentiment, qu'une ardeur est de peu de durée et s'éteint vite. Mon amour est un feu de paille Qui luit et meurt en un instant, scarron. Poésies, dans le roux, Dict. comique. \\ Feu de paille se dit aussi de troubles passagers. Cette sédition ne fut qu'un feu de paille. Il Attiser, souffler le feu, le rendre plus vif en rapprochant les tisons ou en soufflant; et fig. exciter les passions, les troubles, envenimer les querelles. Il Jeter de l'huile sur le feu, le rendre plus actif, en y versant de l'huile; et fig. exciter encore des passions déjà allumées. || Couvrir le feu, mettre de la cendre sur des tisons, sur des charbons, afin d'y conserver du feu. Et les feux mal couverts n'en éclatent que mieux, bac. Andr. ii, 2. S'il me reste encore quelque feu caché sous la cendre, mes anges souffleront, et il se ranimera, volt. Lett. d'Argental, 29 juin (761. Il Couvre-feu, garde-feu, voy. ces mots à leur rang alphabétique. |] Fig. Faire trop grand feu du bois de quelqu'un, user trop librement de son argent, de ses provisions. Il faisait en un mot trop grand feu de mon bois, montfleury, Fem.me juge et part, iv, a. || Jouer avec le feu, manier du feu pour s'amuser; et fig. s'exposer imprudemment i, quelque péril. Enfant qui joue avec le feu, la- MART. Ép. à M. Léon Bruys d'Ouilly. || Fig. Faire feu qui dure, ménager son bien, sa santé. Qui veut voyager loin ménage sa monture; Buvez, mangez, dormez, et faisons feu qui dure, rac. Plaid. I, (.11 Fig. Mettre le feu sous le ventre à quelqu'un, l'exciter vivement. || Populairement et bassement. Il court comme s'il avait le feu au derrière, se dit d'un homme qui s'enfuit fort vite. || 8° Il se dit quelquefois pour ce qui sert à allumer. J'ai un cigarre, mais je n'ai pas de feu. Avez-vous du feu sur vous? Donnez-moi du feu, c'est-à-dire une allumette, ou votre cigarre allumé pour allumer le mien. || 9° Terme de cuisine. Donner le feu trop chaud, trop ardent à la viande, la faire rôtir à trop grand feu. || Cuire à petit feu, c'est-à-dire en faisant un petit feu. || On dit qu'une chose doit seulement voir le feu, quand elle doit être cuite légèrement et promptement. || Entre deux feux se dit de plats que l'on fait cuire avec du feu dessous et dessus, comme les gratins. || Faire griller quelque chose au feu d'enfer, le mettre au feu d'enfer, le faire griller à un feu vif de charbons, après l'avoir fortement saupoudré d'épices. || Coup de feu, action d'animer le feu pour donner aiu mets le der-
nier degré de cuisson. Le cuisinier est dans son coup de feu. Voy aussi le n" 16. || Fig. et familièrement. Coup de feu, le moment où l'on est le plus occupé. 11 est dans son coup de feu. || 10" Feux de joie, ceux qu'on allume sur les hauteurs ou sur les places publiijues en signe de réjouissance. Ce même peuple, un an auparavant, avait fait des feux do joie de la prise de M. le prince, labochef. Uém. 418. On a fait à Vienne, à Londres, à Versailles des feux de joie pour des batailles que personne n'avait gagnées, VOLT. Cons. à un journal. Quand Babylone en feu célébrait vos conquêtes, m. Sémir. i, t . || Feu de la Saint-Jean, feu qu'on allume le jour de la Saint- Jean. Nous avons fait deux admirables feux devant cette porte; c'était la veille et le jour de Saint-Iean; il y avait plus de trente fagots, sÉv. 20 juin <<!80. Il Faire les feux, s'est dit absolument pour faire des feux de joie, se réjouir. Faites-en les feUx dès ce soir, la font. Fabl. ii, (5. {j 11" Au plur. Il se dit des feux qu'allume une armée, et de son bivouac. Déjà les feux sont presque éteints; Et le silence règne en ces lieux inhumains, volt. Triumv. iv, 2. Queliu'un l'arrêta [l'empereur], en lui montrant l'arrière-garde ennemie entre lui et la ville, et derrière, les feux d'une armée de cinquante mille hommes, SÊGUB, Uist. de Nap. vu, (3. Des feux qui brillèrent sur notre gauche dans la nuit du 23 au 24 avertirent du mouvement des Russes vers Malolaroslavetz, iD. ib. ix, 2. || 12° Le feu, le supplice du bûcher. Le supplice du feu. Le Tartuffe dans leur bouche [des hypocrites] est une pièce qui olVense la piété ; elle est d'un bout à l'autre pleine d'abominations, et l'on n'y trouve rien qui ne mérite le feu, MOL. Tart. Préf. L'un, défenseur zélé des bigots mis en jeu. Pour prix de ses bons mots le condamnait au feu, BOiL. Éptt. vil. On reprochera toujours à la mémoire du cardinal de Richelieu la mort de ce fameux curé de Loudun, Urbain Grandier, condamné au feu comme magicien par commission du conseil, volt. Louis XIV, 2. \\ Briller à petit feu, briller lentement un condamné, afin de rendre le supplice plus cruel. ELe est brûlée à petit feu à la Grève, sÉv. 406. L'empereur du Japon fait brûler à petit feu les chrétiens qui sont dans ses États, montesq. Espr. XXV, (3. On brûla à petit feu dans Valladolid tous ceux qui étaient soupçonnés; et Philippe des fenêtres de son palais contemplait leur supplice, et entendait leurs cris, volt. Mœurs, 163. Il Par extension. La fièvre brûla deux ans Voiture à petit feu, SARRASIN, dans riciielet. || Fig. Il n'y avait point encore de nouvelles, c'est brûler à petit feu, SÉV. 306. Il Faire mourir quelqu'un à petit feu, lui causer des peines d'esprit, des inquiétudes, des chagrins qui le minent. Un diable de neveu Me fait par ses écarts mourir à petit feu, piron, ilétrom. 11, 4. Il Au moyen âge, épreuve du feu, épreuve qui s'employait pour décider des accusations. On faisait porter au plaideur, à une certaine distance, un morceau de fer rougi au feu ; on mettait aussitôt ses mains dans un sac, et si, à l'expiration d'un délai fixé, elles portaient les marques du feu, il était irrévocablement condamné, barginet, Hist. du gouv. féodal, 11, 2. || Fig. Par allusion aux anciennes épreuves par le feu. Mettre la main au feu pour une personne ou une chose, être sûr que la main mise au feu pour soutenir cette personne ou cette chose ne brûlerait pas, de même que ne brûlerait pas la main de l'innocent. En mettre mon doigt au feu, LA font. Sic. J'aurais pour elle au feu mis la main que voilà, MOL. Éc. des mar. m, <o. 11 aurait mis sa main au feu qu'elle n'était pas revenue, HAMaT. Gramm. lo. {| On dit dans le sens contraire : Je n'en mettrais pas la main au feu. || Fig. et familièrement. Il se jetterait dans le feu pour lui, il se mettrait au feu pour lui, il ferait tout pour lui prouver son affection, son dévouement. Ne savezvous pas que je me mettrais au feu pour vous faire plaisir? genlis, Théât. d'éduc. la Lingère, i, 2. Il Danse du feu, danse de sauvages dans l'Améritiue septentrionale, autour du poteau auquel ils attachent leurs prisonniers. || Le fou de l'enfer , les tourments des damnés. Ou la princesse palatine portera la lumière dans vos yeux, ou elle fera tomber, comme un déluge de feu, la vengeance de Dieu sur vos têtes, -bos?,. Anne de Goni. || Le feu du purgatoire, les peines ciue souffrent les âmes dans le purgatoire. || 13^ Cautérisation à l'aide du fer rouge. 11- faut appliquer le feu aux plaies faites par la morsure des chiens enragés. X mesure qu'Hercule coupe les têtes de l'hydre, lolas y applique le feu, afin de les empêcher de renaître, balz. l)e la cour, 1" dise. Il Fig. Employer le fer et le feu, employer les remèdes, les moyens les plus violents.
Il Bouton de feu, instrument de fer en forme d(> bouton qui, chauffé, sert à faire des cautérisations. Il Feu potentiel s'est dit autrefois pour ce qu'on nomme aujourd'hui cautère potentiel. || Terme de maréchal. Donner le feu à un cheval, app.iquer un couteau de fer tout ardent sur quelque tumeur qu'on veut résoudre. || 14° Terme de chimie. Feu nu ou immédiat, le feu ordinaire sur lequel on met un vaisseau. || Feu de roue, un feu disposé en cercle autour d'un creuset. || Feu de réverbère, celui qui se fait dans un fourneau, par la réverbération de la chaleur, qui frappe le vaisseau par-dessus et tout autour. || Feu de fusion, charbons allumés autour d'un creuset. || Feu de suppression, un feu de charbons dont on couvre tout à fait le creuset ou le vaisseau. || Feu de lampe, se dit d'un appareil dans lequel le vaisseau est échauffé par la chaleur toujours égale d'une lampe. || Feu de bain, celui du bain de vapeurs, du bain-marie, du bain de cendre et autres de cette espèce. || Feu de digestion, ou ventre de cheval, la chaleur du fumier. || Feu olympique, le feu du soleil, dont on ramasse les rayons avec des verres ardents. || Fig. et familièrement. Faire feu violet, faire du feu violet, faire quel |ue chose qui éclate d'abord, où il parait de la vivacité, mais qui bientôt se dément. Locution prise de ce qu'une flamme qui n'est pas blanche n'est pas portée à un haut degré d'incandescence. || 15° Terme de métallurgie. Feu, bas fourneau où s'opère la réduction d'un métal. || Feu catalan, bas fourneau en forme de renardière. || Feu d'atteinte ou de fusion, celui qu'on emploie pour la fusion et la calcination des métaux. || On dit dans i^fC verreries, le premier, le second, le troisième feu, p'.ur marquer le degré d'avancement de l'ouvrage. || 16° Coup de feu, défaut résultant de l'action trop vive du feu sur un objet. Cette porcelaine a un coup de feu. Ce rôti a un coup de feu. {| 17° Pompe à feu, pompe mue par une machine à vapeur, s'entend quelquefois de h machine elle-même. || Cheval de feu, synonyme peu usité de cheval-vapeur. {| Pompe à feu, se dit aussi des pompes à incendie. || 18° Décharges d'armes à feu. Essuyer le feu de l'ennemi. Il arrive sans artillerie, monte à l'escalade de la citadelle sous lo feu du canon ennemi, et, malgré une résistance opiniâtre, il prend la forteresse, volt. Uœurs, 4 52. Tel court au feu avec intréiiidité qui ne laisse pas d'être un très-mauvais officier, j. I. Roiss. Scienc. 2. Soldat bientôt, courant au feu, Je perdis une jambe en route, bérang. Ange gard. Il presse Davout qui le suit ; mais ce maréchal n'arriva près du champ de bataille qu'avec la nuit, "jiand les feux s'affaiblissaient, quand tout était décid-!, SÉOUR, Hist. de Nap. ix, 2. On vit alors son frcrc' [du général Delzons] se jeter sur lui, le couvrir de son corps, le serrer dans ses bras, et vouloir l'arracher du feu et de la mêlée ; mais une secondeballe l'atteignit lui-même, et tous deux expirtrenl ensemble, id. ib. Les avant-postes des deux empires répugnaient & renouveler les hostilités; un nouvel ordre vint, une même hésitation y répondit; enfin Murât, irrité, commanda lui-même, et ces feux dont il semblait menacer l'Asie, mais qui ne de\ aient plus s'arrêter qu'aux rives de la Seine, recommencèrent, ID. ib. viii, 6. Il Faire feu, se dit d'une troupe qui tire avec ses fusils et son artillerie. L'armée faisait un feu continuel sur celle de Mariborough, VOLT. Louis IIV, 1 9. || On dit semldablement dans la marine : faire feu des deux bords. Feu de tribord. Feu de bâbord. || Faire feu, se dit aussi d'un soldat qui lâche isolément un coup de fusil. La sentinelle fit feu, et le poste accourut. || Feu de peloton, décharge faite à la fois par tout un peloton. Il Feu de deux rangs ou de file, feu d'une troupe qui tire par file et sans interruption. || Feu roubnl, tir d'une troupe tel que, chaque homme ou chaque division tirant à volonté, il en résulte une suite incessante de coups. Les Anglais firent un feu rou lant, c'est-à-dire qu'ils tiraient par divisions, volt. iouis XV, 16.11 Fig. Un feu roulant do saillies, d'épigrammes, saillies, épigrammes lancées couji sur coup. Il Faire un feu d'enfer, tirer rapidement un grand nombre de coups de canon, de coups do fusil. Il Éteindre le feu ou les feux de l'ennemi, démonter ses canons et les empêcher de tirer par une artillerie supérieure en nombre ou en habileté. Il Exercice à feu, voy. exercice. |i Entre deux feux, se dit d'un corps de troupes enveloppé par l'ennemi et sur ie(|uel on tire do deux côtés. Cinq fois dans cette journée ce poste se troiiva dépassé parles colonnes russes qui poursuivaient les nôtres, et cinq fois ses coups, ménagés et tirés à propos sur leur flanc et sur leurs derrières, in-
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quiétèrent et ralentirent leur impuliioa ; puis ,
quand nous reprenions l'offensive , cette position les mettait entre deux feux, et assurait le succès de nos attaques, eëcuh, llist. de Nap. ix, 2. Il Fig. Entre deux feux , se dit d'une personne pressée de deux cAt£s par des créanciers également menaçants, par des ordres contraires, etc. || Aller au feu, aller à un combat où l'on se sert d'armes à feu. Il Voir le feu, assister à un combat. Ces troupes n'avaient pas encore vu la feu. || Famiiièrement. Aller au feu comme à la noce, mar- I clier allègrement au combat. || Accoutumer un cheval au feu, l'accoutumer à entendre tirer dos coups de fusil, de canon, sans en être effrayé. || Elliptiquement, feul se dit pour commander à une troupe de tirer. || Faire long feu, se dit au propre d'une arme dont le coup est lent à partir. || Fig. Faire long feu , se dit d'une allaire qui traîne en longueur. || Faire faux feu, se dit en parlant d'une arme à feu, lorsque l'amorce prend feu sans que le coup parte. || I-ance à feu, sorte de fusée emmancliée qui sert à mettre le feu à une pièce d'artillerie ou d'artifice. || Mettre le feu à un canon, allumer l'amorce qui enflamme la charge. || Mettre le feu aux poudres, faire sauter un magasin de poudre; et fig. provoquer l'explosion de révoltes, de séditions, de révolutions, d'entreprises violentes. || On dit dans un sens analogue : le feu prend aux poudres. || Les armes à feu, les fusils, les pistolets, les canons, les mortiers. || Bouche à feu, une pièce d'artillerie. Il Coup de feu, détonation, décharge d'un fusil. On entendait des coups de feu dans le bois. I| Blessure faite par une arme à feu. 11 avait un coup de feu à la jambe. || Pot à feu, voy. pot. || Feu grégeois, voy. oHÉGEOis. Il 19" Terme de fortification. Le flanc du bastion d'où l'on tire sur l'ennemi. || 20'" Feu d'artifice, jeux et elTets de lumière produits par la préparation de matières inflammables d'après les règles de la pyrotechnie. Tirer un feu d'artifice. C'est au mélange de la limaille de fer avec du zinc que sont dus les beaux effets de nos feux d'artifice, buff. Uin. t. V, p. 410, dans pougens. || Fig. Suite de traits brillants dans la conversation. || Feu chinois, sorte d'imitation des feux d'artifice, au moyen de transparents, qui sert de jouet aux enfants. || 21» Le feu qu'on entretient ordinairement dans une cheminée, dans un poêle. Il y a presque toujours six feux dans cette maison. Il ne faut que deux feux, uainte- NON, Lett. à d'Àubigmi, t. i, p. <74, dans pougens. Il 22° Cheminée, chambre à feu. Que l'artisan ne puisse transmettre à ses enfants la cabane qu'il a bfttie et où ils sont nés, le cliamp qu'il a acquis et payé du produit de son travail, le Ût même où ses enfants recueilleront ses derniers soupirs, s'ils n'ont pas vécu avec lui sous le même toit, au même feu et à la même table, volt. Mél. littér. autre lettre d'un bénédictin. || Le coin du feu, un des coins de la cheminée, voy. coin. Les plaisirs du coin du feu. Vous autres héros seriez bien fâchés qu'on vous laissJt vivre tranquillement; vous croyez être demeurés au coin du feu, à moins que vous ne vous alliez brûler sur le mont Œta, de même que fit Hercule, la font. Lett. xxiv. J'étais au coin du feu de Mme de la Fayette, sêv. ta. Au coin de mon feu vint s'asseoir Un étranger vêtu de noir, Qui me ressemblait comme un frère, a. de husset. Poésies nour. Nuit de décembre. \\ Fig. Il n'a jamais quitté le coin de son feu, il n'a jamais voyagé, ij Place au feu et à la chandelle, accès auprès de la cheminée et auprès de la table où la chandelle est allumée ; ancienne formule des gîtes d'étape. Il 23° Garniture de feu, ou, simplement, feu, l'ensemble de ce qui garnit une cheminée (chenets, pelle et pincettes). Acheter un beau feu. Il me faut un feu doré; que la grille en soit très-grosse; j'aime le grand feu préférablement à toute autre délicatesse, MAiNTENON, Lett. à d'Aubigné, 10 févr. <6b(. Il 24° Un ménage , une famille , dans un village ou dans un bourg. Il y a cent feux dans ce village. L'auteur réduit chaque feu à trois personnes; mais , par le calcul que j'ai fait dans toutes les terres où j'ai été et dans celle que j'habite, je compte quatre personnes et demie par feu, volt. Dict. phil. Population. Suivant le dénombrement des feux exactement fait en <7bi, lu. t'b. Lois {Esprit des). La répartition des impôts est d'autant plus facile dans cette province [la Provence], qu'elle a été divisée eu diflérents feux, mesure conventionnelle qui exprime une valeur quelconque.... cette opération se borne à dire : si l'on divise '.s. province en tant do feux, combien telle ville doitelle avoir de feux, par rapport & telle autre? et ensuite, si la province doit payer telle somme,
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combien doit-on payer par feuT hirabeau, Collection, t. II, p. 378. Il Terme d'administration. X feux croissants, se dit de la quantité croissante de bois que des usagers prennent dans une forêt. Le droit d'usage en bois prélève directement une part importante des produits forestiers, et, lorsqu'il est constitué à feux croissants, c'est-à-dire susceptible de s'accroître avec la population usagère, il nnlt souvent par absorber la totalité de ces produits, deforcade. Rapport au min. des fin. 20 fév. )H60, in-**, p. 23. Il N'avoir ni feu ni lieu , n'avoir pofnt de logis assuré, mener une vie vagabonde. Mais moi, grâce au destin, qui n'ai ni feu ni lieu. Je me loge où je puis et comme il plaît à Dieu, iioiL. Sat. VI. Puisqu'ici la vertu n'a plus ni feu ni lieu, iD. Sat. i. M. de Valentinois n'avait ni feu ni lieu que chez son beau-père, st-sik. 33, (2». Il Par extension. Mmede Vinsaété à Saint-Germain; bon Dieu quelle difl'érence ! on lui a fait assez de compliments, mais c'était son pays, et elle n'y a plus ni feu ni lieu, sév. 7 fév. isso. || Fig. En elles la santé n'avait ni feu ni lieu, nEGNitn, Sat. xiv. || 2S' Il sa dit de la simple lueur des torches, des flambeaux, des fanaux. Il est défendu de chasser au feu, de pêcher au feu. Il 26° Terme de palais. Bougies dont on se sert aux audiences des criées pour déterminer la durée du temps pendant lequel on peut enchérir. Aucune adjudication ne doit être faite qu'après l'extinction de trois feux. || 27* Terme de théâtre. Ce qu'un acteur reçoit en sus de ses appointements fixes, chaque fois qu'il joue; usage dont l'origine est ainsi rapportée par castil-blaze, Uist. de l'Àcad. de musique : Les chanteurs et symphonistes de la musique du roi recevaient, en sus de leurs appointements, du pain, du vin et de la viande à six bonnes fêtes de l'année; ces aliments furent appréciés eu argent en <700, et chaque musicien reçut ainsi un supplément; à la fin du xviii* s. ce supplément fut appliqué aux bougies, que les premiei-s sujets voulaient avoir au lieu de chandelles dans leurs cabinets, et dès lors la somme allouée prit le nom de feux. Ce rôle [du chien de Montargis , dans le mélodrame de ce nom] fut créé dans l'origine par un caniche nommé Vendredi, appartenant à l'un des administrateurs du théâtre de la Gaité ; parmi ses successeurs, on cite avec éloge Catulle, qui avait été dressé par un artiste du même théâtre et qui recevait cinq francs de feux par représentation, Biblioth. des chartes, &' série, t. v, p. 5C». Il 28° Torche, instrument de destruction. Les soldats marchaient le fer et le feu dans les mains. Il Mettre à feu et à sang, exercer toutes les destructions, toutes les cruautés de la guerre. Il l'empêche d'y mettre tout à feu et à sang, boss. Hist. i, t). Henri IV prit enfin le seul parti qui convenait à sa situation et à son caractère : il fallait se résoudre ou à passer sa vie à mettre la France à feu et à sang et hasarder sa couronne, ou ramener les esprits en changeant de religion, volt. Hist, pari, ch a. Il Fig. et familièrement. Rompre à feu et à sang, se brouiller à feu et à sang, se dit de personnes entre qui éclate une très-vive inimitié. Il m'a dit que l'archevêque de Reims rompait à feu et à sang avec le coadjuteur s'il ne venait avec vous, sév. <9 janv. («74. Marmontel et l'abbé Arnaud sont brouillés à feu et à sang, ladarpe. Correspond, t. ji, p. 74, dans pouGRNS. || 29° Fanal allumé sur une plage. On entretient des feux sur toutes les côtes. Le leu du Havre. Feu fixe, fanal qui est immobile. Feu tournant, fanal qui tourne mù par des rouages. Feu à éclipse, fanal qui cesse à des intervalles réglés de luire, ce qui le fait reconnaître des navigateurs. Feu à éclats, feu dont l'intensité varie par des interpositions de verres. || Terme de marine. Se dit des fanaux allumés la nuit sur un bâtiment pour faire connaître la position qu'il occupe. || Porter le feu, se dit du vaisseau amiral qui guide la flotte. Il Feu de conser\'e, artifice nommé aussi moine, qui brûle lentement. || Faux feux, signaux qui se font avec des amorces de poudre. ]| 30" Météore enflammé. Le ciel brille d'éclairs et de feux. Il Le ciel est tout en feu, il est sillonné à chaque instant par les éclairs. || Le feu du ciel, la foudre. Le feu du ciel est tombe sur vos moutons et sur ceux qui les gardaient, et il a tout réduit en cendres, saci. Bible, Job, i, i«. || Feu Saint-Elme, voy. ELUE (saint-). Il Feu follet, voy. follet. || 31* Feu grisou, voy. grisou. || 32" 11 se dit de la lumière des astres, du soleil. L'Orient était tout en feu, fén. Tél. VI. Il Les feux du firmament, les feux de la nuit, les astres. || Les feux du jour, de l'aurore, l'éclat du jour. Vous flattez nos tyrans; aux premiers feux du jour Un jeune ambitieux vous voit grossir sa cour,
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c. DELAV. Vfpret licU. i, 2. Dieu du jour ! Dieu de» nuitsi Dieu de toutes h» heures! Laisse-moi m'envoler sur les feux du soleil! lamart. Uarm. i, 2. Il 33" La chaleur du soleil. Les feux d'un soleil brûlant. Il Les feux de l'été, les chaleurs excessives de l'été. Rien ne peut arrêter sa vigilante audace [de Louis XIV]; L'été n'a point de feux, l'hiver n'a point de glace, boil. J^utr. ii. On dit de même les feux de la canicule. || 34° Eclat que lance un diam.int frappé par la lumière. Il [le diamant] est fort beau, sans doute, et jette quantité de feux, hol. VAr. m, <2. L'or et les diamants brillent sur ses habits; Son turban disparaît sous les feux des rubis, VOLT. Scytlies, i, t. || Ces feux sont les couleurs de la lumière décomposée ( rouge , orangé , jaune , vert, bleu, indigo, violet) qui viennent frapper l'n'il. Il Fig. Le feu des regards, des regards animés. C'était des yeux pleins de feu, des regards agaçants, HAMiLT. Gramm. e. Personne n'osait approcher, tant la hanliesse de l'entreprise et le feu qui sortait de ses yeux avaient jeté d'épouvante parmi les ennemis, rolun, Hist. anc. Œuvres, t. vi, p. 63'j, dans poL'GENS. Il rassemble avec eux ces bataillons épars. Qu'il anime, en marchant, du feu de ses regards, volt. Henr. viii. || Le feu lui sort par les yeux, ses yeux étincellent de coli re. Le feu sort à travers ses humides prunelle; . boil. ÉpUre IV. Il 35' Couleur de feu, couleur (;ui ressemble â celle du feu. Un ruban couleur de feu. Le chevalier était tout couvert de couleur de feu e* fort brillant, maintenon, Lett. à Mme de Villarccaux, 27 août <««o. Près d'entrer dans ces maisons [de Moscou], toutes closes et inhabitées, ils avaient eiiten<!u en sortir une faible explosion; elle avait été suivie d'une légère fumée qui aussitôt était devenue épaisse et noire, puis rougeâtre. enfin couleur de feu, et bientôt l'édifice entier s'était ahimi dans un goufl're de flammes, séoub, Hist. de Nap. vm, 6. Il Tache de feu, ou, simplement, (eu, tache rousse qui se voit sur la tête ou le corps de certains chevaux, chiens ou autres animaux. Ce cheval a du feu au flanc. || Marque de feu, tache d'alezan vif tranchant sur le fond de la robe. || 36° Vive chaleur qui, par un efl'et vital, se fait sentir dans le corps ou dans une partie du corps. Le feu ds la fièvre. Etre tout en feu. Le piment met la bouche en feu. Je savourais la proposition, cette fortune subite mettait mes esprits en mouvement; le cœur m'en battait, le feu m'en montait au visage, hariv. Pays. part. >" part. || Visage en feu, visage rougi par l'effet de la colère, du vin, etc. || Le feu du rasoir, sensation brûlante qu'on éprouve à la face quand on vient de se faire la barbe. || 37* Nom vulgaire de diverses éruptions. || Feu volage, rougeur passagère à la (ace ou au cou, qu'on aperçoit quelquefois chez les femmes hystériques ou mal réglées, et chez les enfants. || Feu volant, synonyme d'échauboulure. || Feu sacré, un des noms de l'érysipèle. Il Feu persique, nom donné jadis au zona. Il Feu de dents, éruption déterminée chez les enfants par la dentition. || Feu Saint-Antoine, maladie (probablement un érysipèle gangreneux) qui a fait de grands ravages en France vers le II* siècle. Il Terme de vétérinaire. Feu d'herbes , espèce d'éruption qui se manifeste particulièrement chez les vaches. || Feu, synonyme de rafle 2. || Feu sacré, Toy. BOi'QUET. Il Terine rural. Maladie que contractent les plantes pendant les sécheresses. || 38" Il se dit des passicn», des ientiments, des mouvements de l'âmo compji^s à un feu qui brûle. Le premier feu de ia col. ■■«. Le feu du courage. Cela diminua le feu ',» r.v .'J'ie. Une épouse fringante et jeune et dans fjn f'U, la font. Coupe. Comme elles [l'ambition et l'amour] demandent beaucoup de feu, PASC. Amour. Ces passions ne sont plus que l'esprit même, et ainsi elles remplissent toute sa capacité; je ne parle que des passions de feu, id. ib. Enfin les feux de la jeunesse ont passé; je suis vieux, et je me trouve à cet égard [à l'égard des femmes] dans un état tranquille, montesq. Letl. pers. 9. Ce cœur triste et flétri, que les ans ont glacé. Ne peut sentir les feux d'un désir insensé, volt. Fanât, i, «. Le feu de son jeune âge et de ses passions, id. Brutut, m, 2. Le comte d'Alberg joignait le feu d'un jeune homme à l'expérience de soixante campagnes, id. Charles XII, 2. Désir de fille est un feu qui dévore, Désir de nonne est cent fois pis encore, obesset. Vert-vert, ch. ii. Ouawl on se plaignait à lui de mes emportements , il se contentait de répondre: ce feu de jeunesse passera, genlis. Veillées du chdl. t. i, p. 27», dans pougens. Prétextât l'asoustraite à mes sévérités; Ses discours pleins de feu.... lemerc. Frédég. et Brun, u, ti. k
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celte nouvelle, Napolùon retrouve le feu do ses premiôres années : mille ordres d'ensemble et de détail, tous dilfcrents, tous d'accord, tous nrcessaires, jaillissent à la fois de son génie impétueux, sêguh, Ilist. de Nap. viii, H. Mais quand ce feu céleste [l'amour de U gloire] éblouirait ton 4me.... lamart. Uarm. ii, n. || Jeter tout son feu, faire ou dire tout te que la colirs ou l'indignation inspire, et s'apaiser •ouriain. || Jeter son feu signifie aussi faire d'abord preuve da talent, de génie, et puis rester au-dessous des espérances conçues. || On dit dans un sens analogue: Cet acteur a jeté tout son feu dans le premier acte; cet écrivain a jeté tout son feu dans les premiers chapitres de son ouvrage. || On dit aussi jeter son l'eu , en parlant d'un jeune homme qui commence à s'émanciper. Laissez-lui jeter son feu, il se calmera bien vite. || Un tempérament de feu, personne très-portée aux plaisirs de l'amour. La délicatesse de sentiment ne s'allie guère à un tempérament de feu, duclos, Mém. Œuvres, t. x, p. 44, dans POUGENS. Il De feu, en feu, passionné, ardent, très-animé. Mais, quoi ']ue m'ordonnât celte âme toute en feu, Je promettais beaucoup et j'exécutais peu, CORN. Hodog. i, 6. L'âme toute en feu, les yeux étincelants, id. Théodore, iv, 4. En cet âge de feu Où le corps à l'esprit s'assujettit si peu, rotrou, Yencesl. iv, i. Quand je suis tout de feu, d'où vous vient cette glace? rac. Phèd. v, t. Ne redevenaitil pas tout de feu pour lui? mass. Prof.rel.i.W Être de feu, tout de feu, tout feu pour quelque chose, être passionné, engoué pour cette chose. L'homme est de place aux vérités ; Il est de feu pour les mensonges, LA FONT. Fabl. IX, 8. jj 39° Vivacité d'esprit, d'imagination, de style, comparée à l'éclat du feu. Aussitôt malgré moi tout mon feu se rallume, boil. Sat. II. La vie est courte, il n'y a pas un moment à perdre à l'âge où je suis; la vie des talents est encore plus courte ; travaillons, tandis que nous avons encore du feu dans les veines, volt. Leti. d'Argmtal, 20 janv. 4762. Quand mes yeux éclairés du feu de son génie, m. Fanât, i, 4. Ma vivacité leur plut, et, m'apercevant que je les amusais par le feu de mes idées, je m'y livrai encore plus, ddclos, Confess. Comte de ***, Œuvres, t. viii, p. 6, dans pougens. Il On dit dans un sens analogue: un esprit tout de feu ; une âme de feu. Il y a quelque différence entre un esprit de feu et un esprit brillant: un esprit de feu va plus loin et avec plus de rapidité; un esprit brilhnt a de la vivacité, de l'agrément et de la justesse, la rociief. Jléjl. div. 1 66, 13. Il Avoir du feu, se dit d'un cheval qui a delà vivacité; dans ce sens on dit clieval de feu. || Il se dit pour inspiration. Il ;ie sait pas régler son feu. Etre plein d'un beau feu. On a dit que les poètes étaient animés d'un feu divin, quand ils étaient sublimes; on n'a point de génie sans feu, mais on peut avoir du feu sans génie, volt. Dict. phil. Feu. Voilà d'où naquit ma subite éloquence; voilà d'où se répandit dans mes premiers livres ce feu vraiment céleste qui m'embrasa, et dont pendant quarante ans il ne s'était pas échappé la moindre étincelle, J. J. rouss. Confess. ix. i| Le feu de la composition, l'espèce d'entraînement, d'application ardente, avec laquelle on travaille à la composition d'un livre, d'un discours, d'un tableau, d'une oeuvre musicale, etc. || On dit dans un sens analogue : dans le feu de l'action. || 40' Vivacité d'action, de mouvement, de geste. Cet orateur a du feu. Il faut du feu, de l'activité [pour la vérité des passions), PASC. Amour. Tant que l'on a du feu, on est aimable; mais ce feu s'éteint, il se perd, id. xb. Il 41° Il se dit des liqueurs spiritueuses dans lesquelles l'alcool laisse sentir son montant. Cette eau-de-vie a beaucoup de feu. On demande des vins qui aient du feu. ||42° Poétiquement, feu, la passion de l'amour. Ton frère, je l'avoue, a beaucoup de mérite ; Mais souffre qu'envers lui col éloge m'acquitte. Et ne m'entretiens plus des feux qu'il a pour moi, cobn. la Place roy. i, ), Souviens-toi du beau feu dont nous sommes épris, id. Cinna, i. 3. Et si Rome savait de quels feux vous brûlez, id. Nicom. i, 2. X quelque point qu'on time, Quand le feu diminue, il s'éteint de lui-même, iD. Suréna, iv, 2. Non pas que cet amour prétende encore à vous : Tout son feu se résout en \rdeur de courroux, mol. le Dép. v, 8. Allumer les ^ux sacrés d'un chaste mariage, fléch. Dauph. De mes feux mal éteints je reconnus la trace, rao. Andr. i, (. Pour la veuve d'Hector ses feux ont éclaté, ID. ib. L'autre avec des regards éloquents, pleins d'amour , L'a de ses feux , madame , assurée à son tour, id. Baj. m, 2. Et je ne savais pas que, pour moi plein de îean , Xiphiarès des mortels
DICT. DE LA LANCiii ir.ANÇAlSB,
fut le pins amoureux, id. Kithr. n, i. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables, id. Phèdre, l, 3. Vous nourrissez un feu qu'il vous faudrait éteindre, ID. ib. m, I. Et du feu criminel qu'il a pris dans SOS yeux, id. ib. iv, 1. 1| Prendre feu, devenir amoureux. Comme elle prend feu d'abord ! mol. M. de Pourc. II, 6. Son cœur prend feu dès es moment, iD. Fourb. I, 2. Qu'on lui dise un mot tendre, elle est soudain éprise, Croit tout, prend feu sur tout, et c'est là son destin, th. cobn. Barori d'Athikrak,
I, 3. Il Mettre en feu pour quelqu'un, inspiror un ardent amour pour lui. Si le ciel pour mon choix vous donne tant de haine, Vousa-t-il mise en feu pour ce grand capitaine? corn. l'Ilhts com. m, t. \\ 43° Révolution, agitation, mouvements populaires, guerres. Toute l'Europe est en feu, sèv. B40. Il ne s'agissait de rien moins que d'allumer le feu de la guerre civile, noss. Var. ^o. Vous avez trouvé tout votre royaume soumis, et vous l'avez laissé tout en feu par une cruelle guerre civile, fiSnel. Dial. des morts mod. Henri 111 , la duchesse de Monlpensier. Lorsque tout est en feu par la guerre, id. Tél. v. Le feu qui dévorait les colonies françaises et qui s'étendait tous les jours, pouvait aisémentgagnerles siennes, raynal, Hist. phil. X, 18. Il U se dit aussi des disputes. Dans le feu des disputes entre les patriciens et les plébéiens, montesq. Esp. xi, ( 6. || Mettre en feu, exciter guerres, troubles, querelles. Les disputes d'Arminius mettaient en feu toutes les Provinres-Unies, boss. Var. xiii, § t. L'amour avait mis tout en feu dans l'île, fên. Tél. vu. |! Mettre en feu, s'est dit, en un cas particulier : représenter, exposer que tout est en feu. Sa muse en arrivant ne met pas tout en feu, boil. Art p. m. Il 44° Feu ardent, un des noms vulgaires de la bryone. || Proverbes. 11 n'est feu que de bois vert, il n'y a pas d'activité plus grande que celle de la jeunesse. Il II n'est feu que de grand bois, c'est avec les choses les plus solides, avec les hommes les plus habiles ou les plus puissants qu'on réussit le mieux. Il Le bois tortu fait le feu droit, c'est-à-dire peu importent certains défauts d'une chose pourvu que le résultat soit atteint. || Il n'y a dans cette maison ni pot au feu ni écuelles lavées, se dit d'une maison qu'on trouve en désordre.
— HIST. X* s. Enz en l' fou la getterent, com arde tost [afin qu'elle soit brûlée vite], Eulalie. \\xi' s. Et fous et flambes i est apareiUez, Ch. de Roi. CLxxxi. Des baumes clairs li fuus en escarbone [les étincelles jaillissent], ib. cCLxi. Contre le ciel vole li fouz [les étincelles] tous clairs, ib. ccLXXXvi. || xn' s. De verz albes cspines à faire un feu ardent, Ronc. p. 4 99. U i ont mis du feu tout rasé [ras] un tonel, Sax. IX. Li fous Deu chait del ciel, si degastast les berbiz ecJes enfanz, /o6, p. BOO. || xiii's.Liirgesse sembleà feu de paille; Quant il est ars, jà rien ne vaut , le COMTE de bbetagne, Jfomaricero, p. 4 61. El ce fu li tiers feus qui fu en Constantinoble, puis que li pèlerin i vindrent, villeh. cvi. Quant Berte seul le feu, à Dieu grâces eurent, Berte, xlvii. EtSymons faille feu, n'ol pas le cuer vilain, ib. xlix. Ccl jour s'est bien chaufée Berte delez le fu, ib. n. Que nul ne puisse prendre aprentiz, se il ne lient cliief d'ostel, c'est à savoir feu et leu, Liv. des met. 69. Garde que tu ne paroles à home discordant [ami de la discorde], que tu ne boutes busche en son feu, BBtiN. LATINI, Trésor, p. 3gi. Ne vos afiez en celz que vos avez guerroiez, que il ont toz jors en lor pizle feude la haine, id. ib. p. 36o. Plus a de busche en feu, plus art [plus il y a de bûches au feu, plus il brûle] , le- Roux DB LiNCY, Prov. t. II, p. 379. || XIV* S. Mettez sur le feu et faites à petit feu chauffer, Ménagier,
II, 5. El le poursuivroient à feu et à sang, et toute sa lignée bouteroient dehors, ib. i, 4. |1 xv* s. Adonc fit-il [Philippe d'Artevelle| une taille en Flandre, que chascun feu toutes les semaines paieroit quatre gros, FROiss. u, II, (61. Au feu! au feu! courez tous mes amis, ch. d'orl. Bal. 27. Ardant désir de veoir ma maistresse A assailly de nouvel le logis De mon las cueur, qui languist en tristesse. Et puis dedens partout a le feu mis, id. ib. '.17. Parler boute feu en maisons. Et destruit paix, ce riche avoir; On aprent à faire et à voir Selon les temps et les saisons, id. Rondeau, 35. Fay, Belias, fay bon feu de là, Et j'en feray aussy de çà, la Nat. de N. S. J. C. II se tient plus coi qu'un feu couvert, louis xi, Nouv. xxix. Il XVI' s. La manière de composer un feu fort et aspre, qui bruslera tout ce qu'il attaindra, Liv. decanonerie, dans reinaud et favê. Du feu grégeois, p. 4 34. Les povres sols jurent qu'ils mettroient leur doigt au feu sans brusler, pour soutenir qu'elles sont femmes de bien, mabg. Nouv. xx. Tout le monde y accouroil comme au feu, despeb. Contes joixi.
....Avec une colcre telle qu'ont voulentiersces gens de feu [il s'agit d'un maréchal], id. ib. Lxii. Comme un canon qui fait faux feu, yver, p. 64«. Ce feu ardent [fou, emporté] de Chavignya.... carloix, vi, 4 8. D'Aubignô, prenant feu à ces paroles, ne put s'cinpescher.... d'aub. Vie, cxxvui. Brissac avecl200 arquebusiers fit si beau feu qu'il mit tout dehors, ii'acb. Ilist. 1, 279. Cela failli, nostre cbefgasion, ayant le feu à la teste, altrempa la joie des refTormez par la prise du Mont de Marsan, iD. ib. I, 296. ....Qu'ils sauroient l'heure parletocsain de la grosse cloche du pallais et qu'ils missent du feu [lumières] aux fenestres, in. t6. 2i6. Le roi s'est jette dans le licl tout en l'eu, et nous a dit: Voiez-vous ce traistre? id. th. ii, 489. Quelques navires à feu [brûlots], id. ib. 482. Quand au feu du foudre, il est plus chaud que nul autre feu, parquoy à bon droit il est appelle le feu des feux, paré, xxiii, 40. Ils souffrirent d'estre bruslez vifs en un feu avant des;idvouer leurs opinions, mont, i, 299. C'est un vray feu d'estoupe [peu durable], id. m, 372. Mettre un pals à feu et à sang, id. iv, 467. C'est demy vie que de feu, gênin. Récréât, t. ii, p. 238. Un fou jamais ne laisse un feu en paix, id. ib. 252. Les reilres ne sont point si [ne sont jamais si] dangereux que quand on est meslé avecques eux ; car c'est tout feu, la- NOUE, 343. Feu bien rouvert, comme dit ma bru, Par sa cendre est entretenu, lerouxde linct, Prov. t. I, p. 69. le feu ayde le queu [cuisinier], i». ib. p. 7t. Un feu de marionnette, trois lisons et une buschelle [un petit feu], id. ib.
— ÊTYM. Bourguign. fi; picard, fu; proveno. /"oc, fuoc, fuec; catal. fog ; espagn. fuego ; portug. fogo; ital. fuoco ; du latin focus, foyer. Feu n'a donc point de rapport avec l'allemand Feuer, qui tient au grec itùp.
2. FEU, FEUE (feu, feû), odj. Défunt, défunte. Il U se met après l'article défini ou après un adjectif possessif , et alors il s'accorde avec son substantif. Suivant le testament du feu roi notre père, CORN. Pomp. I, 2. Une devise qui est peinte au Louvre dans l'antichambre delà feue reine mère Anne d'Autriche, bouhqubs, Entretien des devises, p. 287. Il Use plice avant l'article délini ou l'adjectif possessif, et alors il est invariable. Je tiens de feu ma femme, et je me sens comme elle Pour les désirs d'autrui beaucoup d'humanité, mol. Mélicerte, i, i Et j'ai toujours été nourri par feu mon père Dans la crainte de Dieu, monsieur, et des sergents, rac. Plaid. II, 4. J'ai ouï dire à feu ma sœur que sa fille et moi naquîmes la même année, montesq. Lelt. pers. 51. Il 11 se met devant un nom propre, et il est invariable. Et l'on dit qu'autrefois feu Bélise, sa mère.... mol. Mélicerte, i, 4. || 11 se met devant monsieur, et madame, et alors il est invariable. La dame dit : Regardez si j'ai point Quelque habit d'homme encor dans mon armoire ; Car feu monsieur en doit avoir laissé, la font. Orais. Vous étiez, madame, aussi bien que feu madame la princesse de Conti; à la tête de ceux qui se flattaient de cette espérance, volt. Épit. à la duch. du Maine. J'ai connu dans mon enfance un chanoine de Pérorine, âgé de quatre-vingt-douze ans, qui avait été élevé par un des plus furieux bourgeois de la ligue ; il disait toujours : Feu monsieur de RavaiUaCj id. Dict. phil. Ravaillac.
— liEM. 1. Feu s'accorae avec son substantif quand ilsuit l'article : la feue reine; mais il reste invariable quand il le précède : feu la reine, feu ma mère. Il 2. Cette règle est contestée par plusieurs grammairiens qui repoussent une pareille anomalie. Si on se réfère à l'usage, il n'a pas été toujours constant ; témoin cet exemple de Balzac: Si vous ne connaissez pas Uranie, cette nymphe que j'ai tant louée, je vous avertis que c'est feue ma bonne amie, Mme des Loges, Lett. xi, 4 3. || 3. D'après l'Académie, feu n'a pas de pluriel ; cette remarque n'est pas fondée ; et il est correct de dire : les feus rois de Prusse et d'Angleterre. On dirait aussi, mais sans accord : feu mes oncles. || 4. Feu ne se dit que des personnes que nous avons vues ou que nous avons pu voir; on ne dit pas feu Platon, feu Ciccron, si ce n'est en plaisantant ou en style burlesque. || S. Quand on dit le feu pape, le feu roi, etc. on entend toujouis le pape dernier mort, le roi dernier mort, etc. U n'y a point trouvé les propositions condamnées par le feu pape, pasc. Ptov. 4. || 6. On dit feu la reine s'il n'y a pas de reine vivante ; et la feue reine si une autre l'a remplacée.
— HIST. XI' s. Las ! mal feQx ! cum esmes avogluz ! Quer [car] ço vedons que luit sûmes desvez ; De nos péchez sûmes si ancum!>rcz, La dreite vide nus fuiit très oblier, Chanson de St Alexis, cxxiv. Pur quo
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portai [eus-je un enfant!, dolente, mal feOdeî ib. Lxxxix. Il xiii* s. Se li rois Loys fust feOs [mort], RUTEB. Ji, 02. Ce Gauvaings, clievalers, filz fahu Jofrc... por faire l'anniversaire lahu Ostent Beraut, ciievalicr, llibl. des chartes, 3* série, t. v, p. 86. Amprc'S lou clous [clos] qui fu mon seignor Girart, lou prevoire [prètre| fau.... et la vigne qui fu fau Tiebaut, tb. 6» série, t. iv, p. 470. ||xiv' s. Certaines maisons que Guillaume Baron et Raquille, famme feux du dit Baron aviont aclialécs des iuiirs feux Tevenot.... Archives du Cher, dans jauueht , Gloss. t, p. HO. Certes, biaus chiers sire, à mon vuel , Fussiez-vous evesques eslus. Quant noslre evesque fu feus, le Miracle de Théophile, dans le Théâtre français au moyen âge, p. (48. Les biens de feuwre Maroie de Ransart, laquelle trespassa ou dit hospital, Compte de l'hospilal de Wex dei30U, cité par ROQUEFORT, Supplém. art Co«c. ||xv* s.... La Rrant Alison, Laquelle tenoit ce mignon. Et l'entretint longlems, et l'eut, Comme on dit, par succession De sa feu tante qui mourut, coquh.lart, l'Enquête de la simple et de la rusée. Le règne du feu roy Louis onzième, comm. vu. Prol. || xvi* s. Le tien fut père, J. marot, p. 2io, dans lacurne. Nous en avons emprunté nostre feu maislre Jelian [de l'usage des Romains de ne pas nommer la mort], MONT. I, 72. Un domoslique de feu mon père, id. l, 100. Eu esgard mesmoment à son contract de mariage et testament de feue sa femme, pasquier, Rech. VI, H. Feue de très recommandaUe mémoire madame l'arcliiducliesse d'Autriche, Cérémon. de France, p. 22», édit. in-4°. X la cruelle bataille devant Constantinople moururent feuz de bonne mémoire les roys Lisuart et Perion, D. Flores de Grcce, f' < 35. La femme qui fut maistre Jean de Veinon, Gr. coust. de France, liv. ii, p. 271.
— ÈTYM. Berry, {uni, et aussi defeu , defeue ; ital. fa, la fu regina, la feue reine. Il est difficile de rendre compte de toutes les formes de ce mot : le berriciion funt est le latin fuTictus, défunt ; l'italien fu est la troisième personne du prétérit fà, il fut, il a cessé de vivre. Mais d'où vient le vieu.x français feii ou fahu, qui est la forme la plus ancienne 1 Ce mot dissyllabique représenterait une forme barbare, fadulus ou fatutus ; est-il permis de conjecturer qu'il provient irrégulièrement de fatum, et qu'il signifie qui a accompli sa destinée? L'exemple du xi* siècle qui signifie évidemment malheureux, qui a un mauvais destin (comparez l'anglais ill-faled), appuie cette conjecture. Feu est très-certainement la (.ontractioD de l'ancien {eu, et ne peut représenter le latin fuit, l'italien fu. Si donc on embrasse la totalité de l'expression de l'idée en France, on trouve trois sources : le français feu, feû, pour lequel nous avons indiqué une conjecture, et qui, étant dissyllabique, ne peut provenir de functus; le berrichon qui est le latin functus, et l'italien fu qui est le latin fuit. Au x\i' siècle, l'italianisme fit prendre la forme italienne (le tien fut père, de J. Marot); mais elle ne dura pas, et ce fut l'ancien feu qui se maintint.
FEUDATAIRE (feu-da-tè-rT . || 1° S. m. Celui qui possède un fief avec foi et hommage au seigneur suzerain. Le duc Robert fit hommage de la Sicile même qu'il n'avait point encore, il se , déclara feudataire du saint-siége pour tous ses États, promit une redevance de douze deniers par cliaque charrue, ce qui était beaucoup, volt. Mœttrs, 40. L'état despotique se conserve par une autre sorte de séparation qui se fait en mettant les provinces éloignées entre les mains d'un prince qui soit feudalaire, MONTESQ. Esp. IX, 4. || 2= Adj. Il [le khan de Crimée] était comme les princes feudataires d'Allemagne, qui ont servi l'Empire avec leurs propres troupes subordonnées au général de l'empereur allemand, VOLT. Russie, ii, t. Les conciles étaient composés de prélats de tous les pays, et partout ils avaient l'immense avantage d'être comme étrangers aux peuples pour lesquels ils faisaient des lois; ces haines, ces amours, ces préjugés feudataires qui accompagnent ordinairement le législateur étaient inconnus aux pères du concile, CHAiEAUbR. Génie, IV, VI, «0.
■— ÊTYM. Feudj.feod, anciennes formes de fiel (voy. ce mot).
FEUDISTE (feu-di-sf), s. m. Homme versé dans la matière des fiefs. Il y avait auprès de Castres un honnête homme de cette religion protestante, nommé Sirven, exerçant dans cette province la profession de feudisle, volt. Dict. phil. Criminel. Il Adj. Un docteur feudiste.
— Etym. Feud, feod, anciennes formes de /»«/ (vuy. ce mot).
FEUILLAGE (feu-lla-j', U mouillées, et non feuya-j'), s. m. \\ i' Ensemlile des feuilles d'une plante. Les arbres dépouilles de leurs feuillages verts, RO- Tiiou, llerc. inour. v, ( . Des arbres mal choisis et d'un vilain feuillage Atèrent aux promenades ce que des allées bien distribuées et des eaux jaillissantes auraient pu leur donner d'agrément, raynal, Uist. phil. VI, 20. Il 2° Branches couvertes de feuilles. Ils portaient tous des feuillages. || 3* Amas de feuilles. Un lit de feuillage. Sous ce dais qu'ont formé la mousse et le feuillage, volt. Sajihet, i, a. 1|4° Terme d'arts. Représentation de feuillage. Une bordure ornée de feuillage, Damas à grands feuillages. Il Terme d'architecture. Ornement des cliapiteaux, des corniches et autres membres, composé de feuilles d'acantlie ou d'autres arlires.
— itiST. XVI* s. VueiUes aussi porter en chascun aage Perpétuel honneur de vert feuillage, marot, iv, 43. Les oisillons s'esgaiont parmi les jeunes feuillages, YVEB, p. 62).
— ÊTYM. Feuille; bourguig. feuillaige; wallon, foiai.
FEUILLAISON (feu-llê-zon , U mouillées, et non rou->é-zon), s. f. Le renouvellement annuel dos feuilles. Le temps de la feuillaison.
— ÊTYM. Feuille.
FEUILLANT (feu-llan, U mouillées, et non fouyan), t. m. || 1° Nom de religieux réformés de l'ordre de Clteaux, ajijjc'.ésen France feiiillanls et en Italie réformés do saint Bernard. || 2' Membre d'un club (en (791 , 4782) de royalistes modérés qui avaient adhéré à la constitution , et dont les chefs étaient la Fayette et Bailly ; il s'appeiait d'abord société de 1789, et prit le nom de feuillants lorsqu'il vint occuper le couvent des feuillants auprès des Tuileries. || S'emploie aussi adjectivement : le parti feuillant.
— ÊTYM. Notre-Dame de Feuillans, dans i'évèché de Itieux , à deux heures da Rieux et & six de Toulouse, abbaye fondée en 4 to8, et devenue en (573 le chef de la congrégation de la plus étroite observance de Clteaux, en latin Beata Maria fuliensis, fulium dicta a nemore coynomine, aujourd'hui Bastide des Feuillants, Haute-Garonne.
4. FEUILLANTINE (feu-Uan-ti-n', il mouillées), s. f. Religieuses de l'ordre des feuillants, établies à Paris au faubourg Saint-Jacques en 4622.
2. FEUILLANTINE (feu-llan-ti-n', i/ mouillées, et non feu-yan-ti-n'), s. f. Sorte de pâtisserie feuilletée, qui était garnie de blanc de chapon, de macarons, de crème, d'ccorce de citron, de sucre, etc.
t FEUILLANTIS.ME (feu-Uan-ti-sm', Il mouillées), s. m. Terme de la Révolution. Système, opinion des feuillants.
FEUILLAUI) (feu-llar; Il mouillées, et non feuyar ; le d no se lie pas), s. m. || 1° Réunion de brandies d'arbres ou d'arbrisseaux encore garnies de leurs feuilles et conservées pour l'alimentation des bestiaux. Il 2" Se dit des branches de châtaignier ou de saule fendues en deux, dont les tonneliers font des cercles. || Feuillard de fer, bandes de fer étroites et minces qui servent à cercler les fiits. || 3° Terme de blason. Se dit des ornements du casque qui pendent autour de l'ccu. i| 4° Nom qu'on a donné jadis aux voleurs qui se tenaient dans les bois.
— HiST. XVI' s. [Les vents] Croulent son tronc d'une horrible menace, Et de feuillars pavent toute la place, du hellay, iv, i9, recto. Foin et paille est la commune nourriture des moutons et brebis, y ajoustant des feuillars de plusieurs sortes d'arbres, 0. DR serres, 321. Trois fueillars vindrent au devant de luy près l'orrée d'ung boys et le desîroussereiit de tout tant qu'il eut vaillant, palsgr. p. 603.
— ÉTYM. Feuille.
FEUILLE (feu-ir, Il mouillées, et non pas feu-ye), s. f. Il 1" Partie mince et plate et ordinairement verte du végétal, qui naît des tiges et des rameaux. Les stoîques, qui n'ont pas voulu qu'une feuille d'arbre se remuât sans ordre particulier de la Providence, ni que le sage levât le doigt sans congé de la philosophie, balz. De la eour, 3* dise. Je tremble et je crains tout, les feuilles de ces bois Me semblent devenir des langues et des voix, desmarets, Mirame, ii, 6. Vous faites éclater votre puis.sance contre une feuille que le vent emporte, et vous poursuivez une paille sèche, saci. Bible, Jnb, XIII, 26. Le célèbre Haies, dans sa belle statique des végétaux, avait démontré le premier que les feuilles étaient des puissances ménagées par la nature pour élever la sève, et qu'elles étaient les organes de la transpiration sensible et insensible, BONNET, Itech. feuitlc-i, t. v, p. », dans poiigess. On voit par cette légère esquisse de la théorie du mou-
vement de la sève que les feuilles ont beaucoup de rapport dans leurs usages avec la peau du cjrps humain, id. lit. des feuilles, i" mém. Toml>ez, tombez, feuilles légères; Et pour la plus tendre des mères, Cachez ijuelque temps ce chemin; Qu'elle ne puisse reconnaître I^e funèbre asile où peut-être Son fils reposera demain, millevoye. Chute des feuilles. Voilà les feuilles sans sève Qui tomlient sur le gazon; Voilà le vent qui s'élève Et gémit dans le vallon, i.amart. Ilarm. n, 4. || Feuille composée, celle qui est formée de plusieurs pétioles attachés à un pétiole commun. Feuille simple, celle qui est d'une seule pièce. || La chute des feuilles, le temps où les feuilles tombent. Doux bocage, adieu, je succombe ; Tu m'avertis de mon destin ; De ma mort la feuille qui tombe Est le présage trop certain, millevove. Chute des feuilles. || Feuille morte, feuille qui cesse de vivre et se détache des arbres à l'automne. Toutes les routes étaient cou\ertes de feuilles mortes que le vent y avait apportées, stael, Corinne, XIX, 6. Il Une robe feuille-morte, voy. FEUILLE-MORTE. || Vin, bois de deux, de trois feuilles, vin, bois de deux, de trois années; ainsi dits parce qu'il faut une année pour le renouvellement des feuilles. || Trembler comme la feuille, avoir une grande peur. Le président de Mesines, que l'on cliargeait dopprobres sur la signature du cardinal Mazarin, tremblait comme la feuille, retz, ii, 334. l\ Feuilles de chêne, celles sur lesquelles la sibylle de Cumes écrivait ses oracles et que le vent dispersait. Si je ne me trompe, j'ai reconnu dans votre dernière quelques lignes de la meilleure main du monde, et je les ai reçues avec la même vénération que l'on recueillait les feuilles où la sibylle écrivait ses oracles, voit. Lctt. 30. || Fig. Feuilles de chCnc, choses qui se dispersent, se perdent facilement, choses de peu de valeur. [I.a sibylle) Qui , possédant pour tout trésor Des recettes d'énergumène, Prend du Troyen le rameau d'or. Et lui rend des feuilles de chine, volt. Épil. xix. la plus grande partie du prix de ces aliénatioas , n'étant pas encore payée, fut remboursée en billets de banque qui devinrent, comme il arrive et arrivera toujours aux effets royaux, des feuilles de chêne, DtJCLOR, Mém. Œmres, t. x, p. 30, riansponoENs. Tant mieux; sans cela, une feuille de chêne et cet écrit seraient tout un, dideb. Mémoires, Est-il bon? est-il mechanti> m, ts. || Faire voir les feuilles à "envers, locution libre qui signifie obtenir les faveurs d'une femme sous un bois. || Feuille de vigne, figure d'une feuille de vigne par laquelle les 6culi>teurs cachent les parties naturelles dans les statues. li Fig. et familièrement. Il y a dans ces propos, dans ces contes, des choses qui auraient besoin de la feuille de vigne. || i' Les pétales, les pièces qui forment la corolle de certaines (leurs. Une fouille de rose. || En botanique, on dit toujours pétale. Il 3° Ornements qui imitent des feuilles. Une broderie en feuilles d'olivier. || Feuille coupée, feuille en broderie figurant une rainure au milieu de la feuille. Feuilles à dos, feuilles représentées à demi pliées dans un ouvrage de broderie. |{ Terme d'architecture. Feuilles d'acanthe, ou de persil, ou d'olivier et d'autres arbres, ornements de chapiteaux ; les unes sont découpées, d'autres refendues; celles dont les bords sont découpés se nomment feuilles de refend. || Feuilles d'angles, feuilles sculptées aux coins des cadres et des plafonds. || 4" Par analogie, matière étendue, plate et mince. Feuille de carton. Feuille de tôle, de fer-blanc. De l'acajou en feuilles. Il Lame de bois mince pour plaquer les ouvrages d'étiénisterie. Il Verre destiné à. vitrer les appartements, à couvrir les estampes. || Grande demi-feuille, planche de cuivre d'environ 4 2 pouces de long sur » de large avec 4 ligne d'épaisseur. || Terme de menuiserie. Assemblage qui fait partie d'une fermeture de boutique, ou des contrevents d'une croisée. Dans le même langage on dit: une feuille de parquet. Il Feuille de batterie, plaque mince d'acier qui garnit la face de la batterie d'une platine d'arme à feu. Il Terme de joaillier. Petite lame de mitai qu'on met sous les pierres précieuses pour les faire ressortir. Il Terme de marine. Feuilles depanneau, les deux parties du panneau qui ferment l'écoutille, quanil ce panneau n'est pas d'une seule pit-ce. || 6* Partie mince qui se détache par couches d'un tout. Cette ardoise se détache par feuilles. Une feuille de talc. Chaque marée montante apporte et répand sur tout le rivage un limon impalpable, qui ajoute une nouvelle feuille aux anciennes, d'où résulte, par la succession des temps, un schiste tendre et feuilleté, BUFP. fi'ot. jusl. Ep. nat. Œurrcs, t. xiii, p. 244, dans pouGENS. || Partie morte qui se détache par
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p'aiiues <l'un os, d'un tendon. Ce terme est présonteii.ent inusité en chirurpie. || 6" Or, argent latlu et tri-s-mince. Une feuille d'or. Une feuille il'argent. Les feuilles de l'or battu laissent non-seulement passer de la lumière par leurs gerçures accidentelles, mais à travers leurs pores; et Boyle a noté que cette lumière qui traverse l'or est lileue, BUFP. ilin. t. jv,p. 240, dans pouokns. |1 Feuille d'élain, mince lame d'étain qui retient la couche de vif-argent appliquée derrière une gliice. || 7° Chaque partie d'un paravent qui se replie. Un paravent de six feuilles. Il 8° Morceau de papier d'une certaine grandeur, coupé carrément et qui se plie en deux parties dites feuillets. 11 y a ai feuilles ilans une main de papier. Une feuille blanche. Une feuille écrite. || On dit de la même façon feuille de vélin, feuille de parchemin. || En feuilles, s'est dit d'écrits qui se colportaient manuscrits. Un ouvrage satirique, ou qui contient des faits, qui est donné en feuilles sous le manteau, aux conditions d'être rendu de même, s'il est médiocre, passe pour merveilleux; l'impression esl recueil, LA unuY. i. |{ Aujourd'hui on dit qu'un livre est en feuilles, quand il n'est pas encore broché. Il Feuille, feuille de papier préparée par les éventaillistes pour recevoir une peinture ou d'autres ornements. 119° Terme d'imprimerie. Nombre de pages déterminé suivant la différence de format. Feuille in-quarto, celle quia huit pages; feuille in-octavo, celle qui en a seize; feuille in-douze, celle qui en a vingt-quatre; feuille in-seize, celle qui en a trentedeux ; fouille in-dix-huit, celle qui en a trente-six. Demi-feuille. Je prends le parti, monseigneur, de vous envoyer quelques feuilles de la nouvelle édition du Siècle de Louis XIV, avant qu'elle soit achevée, VOLT. Lett. Richelieu, 26 sept. 1768. jj Feuille de mise en train, une des premières feuilles que l'on tire, pour s'assurer de la marge, du registre, de la pointure, etc. Feuille en train, feuille tirée après vérification. Feuilles en blanc, celles qui sortent de la presse, et qui ne sont imprimées que d'un cétc. l| Les bonnes feuilles, les feuilles tirées sur le papier autre que le papier d'épreuves et qui doivent former le livre. Il Spécialement, bonnes feuilles, feuilles qu'après tirage l'imprimerie envoie à l'auteur et à l'éditeur. Il Feuille d'épreuve, ou, simplement, épreuve, voy. ÉPREUVE. Il 10" Journal, gazette. Une feuille périodique. La feuille du département. Les feuilles du soir. Il 11° Feuille volante, feuille détachée imprimée ou écrite. Ton fils court, indigné d'horreurs si révoltantes, Déchirer sur les murs ces feuilles diffamantes, lkhiehke, Bamevelt, iv, 2. || Par extension. Feuilles volantes, petits écrits, journaux, brochures. Quelle pitié de quitter Virgile et Racine pour les feuilles volantes de nos jours I volt. Lett. Mme Denis, 20 mars t76) . Les feuilles volantes sont la perte de la littérature, m. Lett. Champfort, janv. 1704. Le Français léger ne fait cas que des lourds volumes; le gros Anglais veut mettre tout en feuilles volantes , P. L. cour. Pamphl. des pawphl. Il 12° Ancien terme de collège. Feuille, fouille imprimée de l'auleur qu'on expliquait aux écoliers et sur laquelle ils pouvaient écrire entre les lignes ou à la marge. || 13° .Nom de certains cahiers volants sur lesquels on écrit tous les jours le courant d'affaires soit publiques soit privées. La feuille d'audience doit énoncer les noms et qualités des juges qui siègent à chaque audience. || Se dit, chez les messagers et les voituriers, de l'extrait ou duplicata des registres. Décharger la feuille, inscrire la décharge au bas de chacun des articles remis au destinataire. || Feuille de route, indication des étapes d'une troupe. || Il se dit aussi d'un écrit semblable délivré à un militaire qui voyage isolément. Je vous transmets ci-joint la feuille de route qui m'a été délivrée à Marseille, p. l. cour. [M!. I, 40. Il Feuille de présence, celle que signent les membres d'une société ou les employés d'un bureau, d'une administration, pour constater leur présence. !| 14° Feuille des bénéfices, celle où l'on inscrit les bénéfices vacants et les bénéfices que l'on confère. Il fie roi] m'ordonna de vous demander son nom [d'un ecclésiastique^, qu'il a oublie, et ce que vous savez de sa conduite, parce que la feuille n'est point encore signée, maintenon, Lett. au card. de Koailles, (4 avr. (702. Lui [M. de Beauvillier] et M. de Chevreuse auraient voulu leur Oter [aux jésuites] la feuille et le confessionnal des rois, st-sim. 305, 77. Il 15° Terme de serrurier. Feuille de sauge, nom de certaines pièces qui font partie d'une serrure. Il Terme de chirurgie. Feuille de myrte, instrument fait en manière de petite spatule, et qui sert à nettoyer le bord des plaies et des ulcères. || Terme
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d'anatomie. Feuille de figuier, nom donné, par assimilation, aux sillons profond» que présente la face cérébrale des os pariétaux. || Terme d'orfèvre Le bout du manche de la cuillère et de la fourchette, sur lequel on met les armes de la personne. Il 16° Feuille orientale, nom donné quelquefois au séné. Il Terme de zoologie. Feuille de chêne, lépidoptère nocturne. Feuille ambulante, genre d'orthnpières. Il Terme de pèche. On nomme ainsi du petit poisson d'étang, plus petit que l'alevin et qui est grand comme une feuille de saule. || Terme de boucherie. Feuille de foie, un des lobes du foie d'un bœuf, d'un veau, d'un porc, etc. || 17° Terme de blason. Feuilles de scie, bandes denchées d'un seul cété, en manière de lames de scie. || Proverbe. Qui a peur des feuilles ne doit point aller aii bois, n'aille au bois qui a peur des feuilles, c'est-à-dire il ne faut pas s'engager en des choses qu'on redoute.
— Hisr. xii* s. Au duc lils] mandent par grant orguil. Qu'en autre sen tome or le fuil; Car bien sacl'.e certainement. Ne li serunt obedient, benoît, ir, 8402. Quant li estes et la douce saisons Font faille et flor et les prés raverdir, Couci, xm. || xin' s. Un moncelet [ellej a fait de feuilles d'olivier, llerte, xxxviii.Toutce ne prise Berte la feuille d'une mente, ib. CXI. Et Henart a(iueult à ses paumes Plus menu ces fuels à torner Que vos nés puissiez or conter, Rcn. 2iaori. Tos les arbres qui naissent en Inde ne sont onques sanz l'uelles, brun. lat. Très. p. loo. Il XV* s. Fut ordonné que quand le roi seroit entré à Paris, que on osteroit les feuilles des quatre portes principales de Paris hors des gonds, et seroient les portes nuit et jour ouvertes, froiss. ii, ii, 205. Je suis le plus paoreus de touz. Je n'ay membre qui ne me deuille; Mon cuer tranble plus que une fueille, la Passion de J. C. || xvi' s. Les fleurs dépliant leurs tendres feuillettes à la venue du matin, yveh, p. 523. Dès le premier rang je ne vis que des croquans, qui portoyent morions dorés d'or de feuille, d'aub. Conf. II, 6. Ces raisons, mises en parangon des autres, soudainement perdirent leur feuille et couleur, comme si pour cllacer pierres faulses on eut mis en jeu de fines et orientales, u. du hellay, 603. Vin de trois feuilles, des accords, Bigarr. entends-trois.
— ÉTYM. Picard, /'ud?e; wallon, foie; provenç. folti, fuoill, fuelh, fucilh, s. m., et folha, foilla, fuelha, s. f.; catal. full; espagn. folio, s. m. et hoja,s. f. ; portug. follia; ital. foglia; du latin folium; grec, ïù).).ov.
FEUILLE, ÉE (feu-llé, liée, Il mouillées, et non feu-yé), part, passif. || 1° Garni de feuilles. Plante bien feuillée. Tige feuillée. || Terme de blason. Écu feuille, celui qui a quelques fleurs soutenues des tiges et des feuilles de leurs plantes, il 2° Terme de peinture. Paysage bien feuille. || S. m. La partie d'un paysage qui représente les feuilles. Le feuille de ce paysage est léger. || Manière de fouiller. L'étude de la botanique me semble utile au paysagiste, quand ce ne serait que pour apprendre le feuille, chateaubr. Dessin. || 3° S. m. Terme de blason. Feuille, feuilles des plantes, lorsqu'elles sont d'un émail différent de celui des tiges et dos fleurs de la plante à laquelle elles appartiennent dans l'écu.
FEUILLÊK (feu-Uée, Hmouillées, et nonfeu-yée), s. f II 1° Abri formé de feuillage. [OiseauxJ Qui sous la feuillée. Parleur exemple, et leurs sons éclatants. Font que Vénus est en nous réveillée, l* font. FaW. VII, 8. Des oiseaux la troupe éveillée Nous appelle sous la feuillée, nfiRANG. Champs. || 2°Seditdepeiiles constructions qu'on fait dans un champ, ou ailleurs, avec des branchages. Puisqu'il est Allemand, je peux lui parler; qu'on le mène dans ma feuillée, volt. Candide, 14. || 3° Le feuillage d'un arbre, branches d'arbre nouvellement coupées, que l'on emploie pour orner quelque lieu. || On les emploie aussi, fraîches ou sèches, pour la nourriture des animaux. || 4° Production des feuilles pour l'élève des vers à soie.
— HiST. xiii* s. La me.schine [jeune fillejl'ameine droit Là où sa demoisele estoit; Ce fu dedenz une foillée. Lai du désiré. || xv* s. Et qui ne pouvoit trouver maison, il faisoit loge et feuillée de bois que il coupoit, car il y en a assez au pays, froiss. ii, III, 34. Il XVI* s. Combien leurs classes [des collèges] seroient plus décemment jonchées de fleurs et de feuillées que de tronçons d'osier sanglants! mont.
— ÉTYM. Feuille. On trouve /'ru l'Haiie dans mabot,
FEUILLE-MORTE (feu-Ue-moM", Il mouillées), adj. indéclinable. Qui est de la couleur des feuilles sèches. Les feuilles qui tombent sont feuille-morte; mais celles qui tiennent encnre sont vertes, sév.
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Lett. 20 oct. (076. Un homme feuille-morte [habillé de cette couleur] devient commis, la bruy. xii. La haut du doï [du cracraj tanné, mêlé de couleur feuille-morte, bofp. Ois. t. xiv, p. (39, dans pougens. Il .S. m. Jérôme : Comment diable faire! eu l'étal où le voilà maintenant, il ne saurait plus prendre que le feuille-morte. — Mme Tarif: Comment? le feuille-morte? c'est une couleur bien triste, dancoubt, Vert galant, se. 28. Ne quittant presque jamais sa couleur favorite, le feuille-morte, genlis, Itvie de ttaintenon, t. il, p. «2, dans pougens.
— ÉTYM. Feuille., morte.
FEUILLKR (feu-llé, Il mouillées, et nonfeu-yé), V. a. Il 1° Terme d'eaux et forêts. Keuiller le fourneau, recouvrir un fourneau à charbon d'une couche de feuilles vertes, qu'on recouvre à son tour de frasil et d'un peu de terre. 1| 2" Terme de peinture. Représenter le feuillage des arbres. J'ai esquissé les arbres de mon paysage, mais il me reste à lesfeuiller. Il Absolument. Ce paysagiste feuille bien. || S. m. Terme de peinture. FeuiUer, synonyme de feuille. Il 3" Terme de menuisier. Faire une feuillure. Feuil- 1er une planche. || 4° Y. n. Prendre des feuilles, se garnir de feuilles. Ces arbres commencent à feuiller. Il 6° Se feuiller, v. réfl. Se garnir de feuilles.
— HiST. XII* s. Et la verge Aaron, où Deus sa vertud muslrad; kar, en une nuit, fuilli, e fluri, e fruit portad, Rois, p. 2. 1| xm* s. Par le jardin où ot [il y eut] mainte ente bien feuillie, tterte,n.\\-vii' s. S'il estoit trouvé, parmi les bons clous, aucuns mauvais clous feuillez [s'en allant par petites lames], Ordonn. (4 aoijt (601.
— ÉTYM. Feuille; Berry, folié, fueillé ; provenç. folhar, foillar, fuelhar, fulhar; ital. foi/liare.
t FEUILLÈRE (feu-Uê-r', U mouillées), s. f. Terme de minéralogie. Veine de terre dans une mine.
f FEUlLLERKf (feu-Ue-rè , Il mouillées), s. m. Ancien nom d'un instrument de menuisier qui sert à pousser les feuillures.
— ÉTYM. Feuiller.
FEUILLET (feu-Uè, « mouillées; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie : des feu-llè-z ornés; feuillets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Il 1° Chaque partie d'une feuille de papier pliée formant deux pages. Tourner le feuillet. Une feuille de papier in-folio contient deux feuillets ou quatre pages; une feuille in-quarto, quatre feuillets ou huit pages; une feuille in-octavo, huit feuillets ou seize pages. Il [un mauvais poète] aurait beau crier: premier prince du monde, Courage sans pareil, lumière sans seconde; Ses vers, jetés d'abord sans tourner le feuillet. Iraient dans l'antichambre amuser Pacolet, eoil. Ép. ix. Je saute vingt feuillets pour en trouver la fin, m. Art p. i. Il Fig. Il [Paracelse] disait qu'il ne convenait point à un homme né pour soulager le ge^re humain de se fixer à un point de la terre, ni à celui qui savait lire dans le livre de la nature, d'en avoir toujours le même feuillet ouvert sous les yeux, dider. Opin. des anc. phil. (Théosophes) . Les tombeaux parmi les hommes sont les feuillets de leur histoire, cmateaub. Génie, i, v, 6. || 2° Par extension, toute evpansion plate et membraneuse. La marmotte a, comme le loir, deux feuillets graisseux fort épais; cependant elle n'est pas également grasse sur toutes les parties du corps, BUFP. Quadrup. t. m, p. (0, dans pougens. Il Terme de botanique. Feuillets, lames qui doublent inférieurement le chapeau des champignons de la famille des agaricinés, et qui contiennent les fructifications. || Demi-feuillet, nom donné aux lames des agarics, quand elles ne s'étendent pas du centre à la circonférence. || L'écorce des arbres est feuilletée et composée de feuillets. Dans de simples feuillets corticaux ou ligneux, bonnet, Consid. corps org. Œuvres, t. vi, p. 37, dans pougens. {[ 3° Terme de géologie. Se dit des parties minces dans lesquelles se subdivise une couche, une assise, un lit. Ce sont ces mêmes feuillets toujours parallèles entre eux, qui démontrent que ces masses de charbon ont été formées et déposées par le sédiment, et même par la stillation des eaux imprégnées de bitume, bdfp. 3* époq. nal. Œuvres, t. xii, p. 166, dans POUGENS. || 4° Terme de menuiserie. Plancha mince propre à faire des panneaux. || Terme d'imprimerie. Petite réglette pour égaliser les blancs, etc. Il Espèce de scie tournante de tonnelier. || Haut feuillet, une dfs deux feuilles de la scie de l'estadou. Il Peau de veau qui fixe les pointes des cardes. || Rouleau de laine préparée pour être filée. || S° Terme d'anatomie. Troisième estomac des ruminants, tirant son nom des nombreuses lames à mamelons miliaires qui en garnissent la cavité intérieure.
— HIST. XV* s. Si nous rafresehirons des bpsogncj
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procbjimes, tant qu'à ma nation [naissance], ai comme il est conleiiu en le procès du premier feuillet du tiers livre, Fitoiss. ii, m, «o. I^ quelle somme icelluy deffendeur et opposant avoit baillé manuellement de son argent et de sa propre substance pour et ou nom et ou prouffit du dit Jacques Cuer, partie en escus d'or, pirtie aussy en un feuillet d'or garni d'un gros diamant, d'un gros ruby et d'une grosse perle, frocès de Jacq. Cuer, ms. p. 47), dans lacukni;.
— Rtym. Diminutif do feuille; wallon, foiou; ital. foijlietlo.
Fia'ÏLLETAGE (feu-H >ta-]', Il mouillées, et non fou-ye-ta-j'), i. m. Maniire de feuilleter la pitis«erio. Il Pâtisserie feuilletée. C'est du feuilletage.
— KTYM. Feuilleter.
FEUILLETÉ, ÉE (feu-lle-le, tée, Il mouillées), ■part, passé. || 1" Parcouru en tournant les feuillets. Un livre feuilleté à la hftle. |{ 2" Qui se lève par feuillets, qui est disposé par feuillets Pâte feuilletée. En ce sens il se dit substantivement. Manger du feuilleté. || Terme de maçonnerie. Pierre feuillolce, celle qui se sépare par feuillets ou par écailles. |{ Terme de minéralogie. Oui est divisé en lames minces semblables aux feuillets d'un livre. Cassure, structure feuilletée. La rocbe feuilletée dont les coupes escarpées bonlent la Nouvelle-Zélande, BUFF. Ois. t. XVI, p. 63, dans pougens. || Terme de zoologie. Coquille feuilletée, coquille composée de feuillets réunis. || Antenne feuilletée, antenne garnie, sur le cété. de lames minces, exemple le hanneton.
FEUILLETER (feu-Ue-té , Il mouillées, et non fou-ye té. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette: je feuillette; je feuilletterai), v. a. Il 1" Parcourir un livre, un manuscrit, en en tournant 1ns feuillets; et, trcs-souvent, lire légèrement, superficiellement, sans attention. Feuilletez les livres des chimistes, et vous verrez combien l'art expérimental exige (le vues, d'imagination, de sagacité, de ressources , didebot, Interprét. de la nat. n° H. || Absolument. Le maître chantre, intondant du lutrin, Vient au lutrin, il cherche mais en vain ; X feuilleter il perd et temps et peine, gres- SET, Lutrin viv. || l'ar extension, étudier, rechercher dans des livres. Vous avez feuilleté le digeste à Poitiers, CORN. Ment, v, t. 11 aimait mieux feuilleter de vieux livres que de jeunes appâts, ha.milt. Gramm. io. Je suis né faible et malade, et je ressemble aux gens qui, ayant d'anciens procès de famille, passent leur vie à feuilleter les jurisconsultes sans pouvoir finir leurs procès, volt. Lett. Paulet, 22 avr. 4 768. On médite sans cesse, on feuillette jour et nuit les oraisons funèbres de liossuet, CHATEAUBH. G^nic, III, IV, *. Il Fig. Feuilletez à loisir tous les siècles passés, boil. Sat. v. 11 tourne, il manie son esprit; il le feuillette, si j'ose ainsi dire, vauven. la Profondeur. \\ 2° Terme de pâtisserie. Préparer la pâte de manière qu'elle se lève comme par leuillets. || 3° Se feuilleter, t>. réfl. Se diviser en feuillets ou par feuillets. Une roche qui se feuillette.
— HIST. xvi' s. Beinsnetz, guasteaulx feuilletez, macarons, etc. rab. Pant. iv, 69. Feuilleté de main nocturne et journelle Les exemplaires grecs et latins, DUDELLAY, i, 24, recto. Je feuilleté les livres, je ne les étudie pas, mont, m, 67.
— ÉTYM. Feuillet.
t FEUILLETIS (feu-lle-tî. Il mouillées), s. m. Il 1° Endroit oii l'ardoise est facile à diviser en feuillets. Il i' Terme de lapidaire. Le contour tranchant d'un diamant. Serrer le feuilletis, frapper au poinçon la partie d'argent ou d'or qui en\ eloppe une pierre vers son feuilletis pour les joindre ense«nble.
— KTYM. Feuille
FEUILLETON (feu-lle-ton, Il mouillées, et non feu-ye-ton), s. m. || I" Terme de relieur. Petit cahier composé de huit pages, le gros en ayant seize, dans la feuille in-douze. || 2° Feuilleton des pétitions, tableau distribué aux membres des chambres, ou autres assemblées délibérantes, contenant les noms et l'objet de la demande des pétitionnaires. Il 3° Article de littérature, de critique, de beauxarts, inséré au bas du journal. Feuilleton musical. Vous avez le sentiment inné de ses divines beautés [de Racine], et cela vaut mieux que le feuilleton [du Journal de l'Fmpire], p. L. cour. Lettres, ii , 50. Je demande au docteur Pinton, Dût-il nio trouver indiscrète, Si feuilleton vient de feuillette, Ou feuillette de feuilleton, Épigramme contre Geoffroy le rédacteur des feuilletons du Journal de l'Empire, qu'on accusait de s'enivrer fort souvent. Il Le feuilleton contient souvent aussi des romans.
— ETYM. Diminutif de feuillet.
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t FEUILLETONISTE (feu lleto-lj-st', Il mouillées), t. m. Faiseur de feuilletons ; celui qui écrit dans le feuilleton d'un journal.
— ETYM. Feuilleton.
i. FEUILLETTE (feu-Uè-f, Il mouillées, et non feu-yè-t'), *. f. Tonneau contenant environ U6 litres et qui est surtout employé pour mettre du vin. 11 fondait là-dessus l'achat d'une feuillette Du meilleur vin des environs, i.a font. Fabl. vu, (l. Bons vivants que met en goguette Le vin d'une vieille feuillette, biïkang. àv. de Hagnolet.
— lllST.xv*s. Icellui Guillaume dist au dit Jehan, s'il vouloit mettre la lliche de lart avec une fillette de harenc qu'il avoit emblé, pucanoe, folietla. || xvi's. Aies demi-setier (mesure de Paris, estant un peu moindre que la feuillette d'Avignon) d'eau roze, et la moitié d'eau de vie, un quarteron de sucre.... 0. nE SKiiHKs, 919. La queue de vin, mesure et jauge de Dijon, contient deux muids ou pois.sons, le muid deux fillettes, la fillette neufstiers, leslier huit pintes, Coustum. génér. t. i, p. 80o.
— ÉTYM. Ital. foglietla; bas-lat. folietla. Du Cange conjecture que c'est une altération pour fialette ou fiolelte, diminutif du latin phiala, vase (voy. fiole). Cela est d'autant plus probable que feuillette ou fUletle a aussi le sens de petite mesure de liquides. Fillette s'est dit aussi pour clucheton : Deux fillettes de la pyramide du côté du midi de l'abbaye royale de Saint-Étienne ont été renversées, Journal d'un bourg, de Caen, dans le hëriciier, Uisl. et Gloss. t. II, p. 336.
t 2. FEUILLETTE (feu-Uè-f, Il mouillées), ». f. Terme de marine. Cordage que l'on tourne en forme de fouet sur un autre cordage en confection, afin de lui donner une torsion convenable.
t FEUILLETTEMENT (feu-Ue-te-raan , Il mouillées), s. m. Action de feuilleter un livre.
— HlST. xiii" s. Après plusieurs journées passées en estude, en solitude et en grand roinpement de teste, après plusieurs veilles, après plusieurs nuits à demi veillées, et après une grande lecture, feulletement, remuement et accord de plusieurs livres latins, françois et italiens, du uaillan, Uist. de Fr. Épit. au roi.
— ÉTYM. Feuilleter.
t FEUILLEUX, SE (feu-lleû, Ueû-z', Il mouillées), adj. Synonyme aujourd'hui inusité de feuillu. Et les oiseaux perchés eo leur feuilleux séjour, regnier, Ép. I.
t FEUILLISTE (feu-Ui-st' , H mouillées et non feuy-st'), s. m. Celui qui fait métier d'écrire des feuilles périodiques; ce terme ne se prend qu'en mauvaise part. Tous les insectes, les moustiques, les cousins, les critiques, les maringouins, les envieux, les feuillistes, les libraires, les censeurs, et tout ce qui s'attache à la peau des malheureux gens de lettres, BEAUM. Barb. :, 2.
FEUILLU, UE (feu— llu, Lue , Il mouillées, et non feu-yu), adj. Oui a beaucoup de feuilles. Ils nichent dans des creux d'arbres ou sur la bifurcation de quelque branche, sous le rameau le plus feuillu, buff. Ois. t. viii, p. 3UI, dans pougens. La saur de Cambyse prit une laitue, lui demandant ajmment Il la trouvait plus belle ou dégarnie ou feuillue, p. L. COUR. II, 155. Il Les bois feuillus sont, dans le langage forestier, les bois composés d'essences à feuilles larges, par opposition aux arbres qui ont les feuilles en aiguilles, comme les sapins.
— SYN. FEIILLÉ, FEUILLU, TOUFFU. Un arbre feuillé est un arbre qui a des feuilles; un arbre feuillu est un arbre quia beaucoup de feuilles; un arbre toufi'u est un arbre dont les feuilles sont en touffe et offrent un abri contre la pluie ou le soleil. Touffu indique aussi un grand nombre de rameaux et ramuscules, idée tout à fait étrangère à feuillu.
— HIST. xu' s. Grant sont li pin, bel sont et bien foillu, Honc. p. <03. Ijxiii" s. Dont venez vous si seule parmi ce bois feuillu? Perle, li. ||xvi" s. Le bras feuillu de l'hierre, du bell. m, *2, verso.
— KTYM. Feuille.
FEUILLURE (feu-Uu-r', Il mouillées, et non feuyu-r'), s. f. Terme d'architecture. Entaillure dans laquelle les fenêtres et les portes sont encadrées pour qu'elles ferment juste. || Tout angle rentrant fait dans le bois parallèlement à son fil. || Petit refouillement que l'on fait dans une bande de marbre pour recevoir lépaisseur d'une autre. Il Terme de marine. I^ partie evcavée autour d'un sabord, où le mantelet porte et s'arrête quand celui-ci Jst abais.séou fermé,
— F.TVM. Feuiller. D'Aubigné l'a employé dans le sens de feuillage : Ceux de la ville lui donnèrent pour toute entrée un arc très haut sans feuillure, //ù(. ii,
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FEURBE (feu-r"), t. m. \\ 1» Paille de toute sorte I de blé. I.es menues denrées que les gens de village et menu peuple vendent en détail et non en gror, comme œuls, beurre.... fruits, verjus, feurres, pailles, pots de terre, Édit. nov. 464u. {|a° Paille longue pour empailler les chaises.
— KKM. Autrefois on prononçait /'ouar;; de U, i Paris, le nom de la rue du Fouare, c'est-à-dire rue de la Paille, ainsi nommée parce qu'on y vendait la paille qui servait aux écoliers pour joncher leurs classes.
— HIST. XII' s. Aies en fuerre [allez fourrager], s'il vous plaist, le matin, Garin, dans i>D canuk, fodrum. || xiv ». Nos maistres d'ostel pour nous pourront, hors bonnes villes, faire prendre.... feurres, se ils les trouvent battus, et fiens [foins] pour la nécessité de nos hostieuz pour la journée, Ord. des rois de tY. t. m, p. 6». ||xv' s. J'actens bon temps, endurant en bumblesse; Car j'ay espoir que Dieu ma guerison Ordonnera; pour ce m'a sabaultesse Mis pour meurirou feurre de prison, ch. d'ohl. Hal. 422. Il XVI' s. Un seigneur de paille, fuerre ou beurre, vainc et mange un va.ssal d'acier, loysel, 653. Ils couvrent les pommes avec du foirre, des linges, des couvertes, mesme avec des coettes de
plume, 0. DE SEHRFS, 248.
— ÉTYM. 'Wallon, four; espacn. et portug. forro; ital. /'odcro; du germanique : anc. h. allem, funtar; anc. scandin, fùdr; allem. Futter, fourrage. Fuller et l'anglais food signifient essentiellement nourriture ; sanscrit, push, nourrir.
t FEUTIER (feu-tié), s. m. Celui qui, dans les grands appartements ou établissements, est chargé de diriger le chauffage. Le feutier des Tuileries.
i FEUTRAHI.E (feil-tra-bl'), adj. Qui est susceptible de se feutrer.
— ÊTYM. Feutrer.
FEUTRAGE (feii-tra-j'), *. m. Action defeutrerdu poil ou de la laine.
— ÉTYM. Feutrer.
FEUTRE (feû-tr'), s. m. \\ i- Sorte d'étoffe faite avec de la laine ou du poil , dont les filaments, par suite du foulage et des ingrédients employés, sont tellement agglutinés qu'ils forment ensemble un corps presque imperméable. C'est un chapeau de feutre ; il ne craint pas la pluie. Les mirza, appelés par Plancarpin les barons, font asseoir leurs majestés par terre sur un grand feutre, en leur disant : Si tu n'écoutes pas conseil, si tu gouvernes mal, il ne te restera pas même ce feutre sur lequel tu t'assieds, volt. Lelt. chin. 2. || 2° U se dit, par la métonymie de la matière pour la chose qui en est faite, d'un chapeau de feutre, et même, par dérision, de tout chapeau, surtout d'un vieux chapeau mal retapé. Et son feutre à grands poils ombragé d'un panache , boil. Sat. m. Le petit Espagnol vous a diverti avec sa mine étique et son feutre à grand poil, p. l. cour. Lett. ii, 279. || Dresser le feutre, le mettre sur une forme pour lui donner la figure d'un chapeau. || Feutre verni , feutre pénétré d'huile siccative, et servant surtout à la confection des visières des casquettes. || 3° Bourre dont se servent les selliers pour rembourrer une scUe. Il 4° U se dit aussi d'espèces de bottines en feutre qu'on met dans l'appartement. || B' Etoffes de laine sans coutures, sur lesquelles on couche les feuilles de papier au sortir du moule. || 6° Nom donné, chez les mammifères du Nord et des Alpes, à des poils doux et plus ou moins épais qui garnirent immédiatement la peau, et que d'autres p< ils longs traversent. Au-dessous de ce premier long poil, il y a, comme dans les ours marins, une espèce de duvet ou de feutre qui est de couleur brune ou noire, comme l'extrémité des grands poils du corps, bupf. Quadrup.t. xi, p. ti 4, dans pougens.
— HIST. xif s. Cliapel de fautre ot li bers en son chief, Raoul de C. 27». || xiii' s. Quiconques veut estre chapeliers de feutre à Paris, estre le puet franchement, Liv. des met. 248. Chascuns tenoit lance sor fautre. Que li rois ne fust envaiz, Oui estoit de plusors haiz, Tien. 18874. Et il ont autres lances prises. Ses [ainsi les] ont moult tost el feltre mises, Parlonopex,f. 8057.||xiv' s. Vous serés moût bol ns amparliers [avocat!. Pour parole monstrer en court; Vos mot sont ataignant et court; Et se vous un ficltre [chapeau] eulssiez. Moût biensiermonner seuissiez Ensement que cil questeur font, J. de condet, p. 4 10. Il xvi' s. U portoit un de ces grands feutres d'Espagne pour se défendre du soleil, dkspeh. Contes.
— ÉTYM. Provenc. fhitre; catal. feltre; espapn. fieltro; portug. et 'ital. /(•/(ro; du bas-lat, fillrum, qui provient du germanique; anc. b. allem. fUi;
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»nglo-sax. felt , avec addition d'une r, ce qui n'est pas rare aprîs le t.
FEUTUÉ, ÉE (feutré, tree), part, passé. ËtofTe feutrée. Selle feutrée.
i FEUTREMENT (feûtre-man), s. m. Action, manière de feutrer. Etant impossible d'empêcher le brouillement et le feutremeut des laines, si deux différents ouvriers y mettaient la main, Iruilr. génér. pour la teinture, I8 mars 1071, art. ko.
— Etym. Feutrer.
FEUTRER (feù-tré), v. a. || 1" Mettre en feutre du poil ou de la laine. Feutrer de la laine. Feutrer à froid. Feutrer à cliaud. || 2° Garnir de bourre. Feutrer une selle. || 3° Se feutrer, ». réfl. Être feutré. Cette laine se feutre bien.
— HIST. XV' s. Lors m'avisai que, s'on ne le secourt, Je li vodrai trop bien le dos fautrer (battre]; Car je me tien de li trop mal content, froiss. Poésies mss. p. 301, dans lacurnk. || xvi" s. Là sur un lieu feutré d'herbe et de mousse.... mabot, iv, 78. 0 roc feutré d'un verd tapy sauvage I do bellay, II, 27, recto.
— ÊTVM. Feutre: ital. fcHrare.
FEUTRIER (feu-tri-é), s. m. Ouvrier en feutre. \\Àdj. Ouvrier feutrier.
— HIST. XV' S. Les parties des mestiers de Paris servant à laditte escuyerie, comme sellier, lormier, bourrelier, cofTrier, cliaron, cordier et feutrier, Ordonn. 30 mars )4I2.
— ÉTYM. Feutrer.
+ FEUTUIÈRE (feu-tri-e-r'), s. f. Terme de cha-
fielier. Morceau de toile forte sur laquelle on étale es poils.
— ÉTYM. Feutre.
FÈVE (fè-v'),i. ^. ||1" Plante de la famille des légumineuses qui produit des semences alimentaires. Rogner des fèves, couper le sommet de la plante pour faire nouer et grossir les graines. D'autres assurent qu'il [Pythagore poursuivi par les Crotoniates ] rencontra dans son chemin un champ de fèves qu'il fallait traverser, que jamais Pythagore ne put s'y résoudre : Il vaut mieux mourir ici, dit-il, que de faire périr toutes ces pauvres ffeves, FÉN. Pythagore. 1| 2° Les semences de cette plante. De grosses ftves. Ëcosser des fèves. || La fève de marais, la grosse fève, celle qui se sert sur les tables, par opposition à la féverole qui ne se donne guère qu'aux bestiaux (toules deux étant des variétés de la même espèce botanique et portant le nom de vicia faba, L.). \\ La robe d'une fève, l'enveloppe que l'on Cte quand on veut la manger. Des fèves dérobées, des fèves dépouillées de cette enveloppe. Il Gâteau de la fève, gâteau dans lequel on met une fève le jour des Rois. || Roi de la fève, celui à qui est échue la lève du g8teau qu'on partage à la fête des Rois. Grâce à la fève, je suis roi; Nous le voulons, versez à boire ! bérang. Couronne. || On dit aussi : la royauté de la fève. || Fig. Trouver la fève au gâteau, faire une bonne trouvaille, ou trouver le nœud d'une affaire , d'une question. Pensant avoir trouvé la fève du gâteau, Régnier, Sat. VII. Il Donner un pois pour une fève, donner quelque chose, afin d'obtenir davantage. || Rendre fève pour pois, ou bien, s'il me donne des pois, je lui rendrai des fèves, c'est-à-dire rendre la pareille à qui nous a fait du mal. S. la pauvrette il ne fit nulle grâce Du talion, rendant à son époux Fève pour pois et pain blanc pour fouace, la font. Faiseur. Il 3° Les Grecs se servaient de fèves pour les suffrages du peuple. La fève blanche signifiait absolution ; la noire, condamnation. || 4° Par e.vtension, semences de certaines autres plantes. Fève de haricot, le haricot (erk plusieurs provinces, Normandie, Lorraine, etc. la fève désigne le haricot). Il Fève à cochon, la jusquiame. jj Fève du Bengale, nom sous lequel on a désigné le myrobolan eitrin, qui est le fruit du terminalier citrin (Indes orientales) de Roxburgh.jl Fève de Calabar, légumineuse du Calabar, pays d'Afrique, laquelle est un ■Doison, et est aussi l'antidote de la belladone. || Fève i'Ëgypte, nom du fruit du lotos sacré, nelumbium speciosum, Willdenow, nelumbo nucifera, Gajrtner. nymphaa nelumbo, Linné, plante qui a disparu du Nil, mais se retrouve dans l'Inde et aux Moluques. Il Fève de Saint Ignace, semence de Vignatia amara, Linné fils, plante sarmenteuse des Philippines; elle contient de la strychnine. || Fève tonka, semence du coumarouna odorata, plante de la Guyane, d'une odeur forte et assez agréable, dont on se sert souvent pour aromatiser le tabac. || Tabac à la fève, tabac ainsi aromatisé. || 5 " Dans le langage vulgaire, nom donné à la chrysalide des insectes. Nous [vers à soie) nous transformons en fève, mais en