FEZ
fève qui sent, qui se meut, fén. t. xix, p. 78. Nous devenons comme elle (la chrysalide) pendant neuf mois une vraie chrysalide que les paysans appellent fève, VOLT. l'Homme aux 40 icus, Mariage. Il 6° Terme de vétérinaire. Fève ou lampas, dénomination vulgaire donnée au gonflement du palais du cheval. || Germe de five, marque noire qui vient au creux des coins chez le cheval, vers l'âge de cinq ans, et qui, durant jusqu'à sept ou huit ans, sert à faire connaître son âge. || Proverbe. Les fèves sont en lleur, les fous en vigueur, se dit pour reprocher à quelqu'un une folie ou une faiblesse. On dit dans le même sens: 11 a passé par un champ de fèves en fleurs. Ces locutions viennent de ce qu'on attribuait à la fève la propriété d'hébéler l'esprit.
— HIST. XIII' s. Et furent cil dedens si à poi de viandes, que on n'i avoit mais de douze fèves de livrison le jour, Chr. deRains, p. (39. Glorieux flum, glorieuse eve, Qui lavas ce qu'Adam et Eve Ont par leur pechié ordoié [souillél. Tu trovas au gastel la feve,J.DEMEUNG, Tr. 228. Il ïiv' s. Au sixième an [du cheval] viennent les croches dont le fons est creux, et est la levé ou [au] fons du creux ; au septième an les hors du creux des cmchés si usent, et n'y a mais point de creux ne de fève, et devient tout plat et tout aouni, et de là en avant on n'y congnoist aage, Hénagier, ii, 3. L'on cognoist les fèves des marais à ce qu'elles sont plites, et les fèves des champs rondes, ib. u, B. || xV s. Quel roy? de la fève ou des pois? Mart. de St Denis. || xvi' s. Le monde donqiies en sagissant [en devenant sage] plus ne craindra la fleur des febves en la primevère, babel. Pant. v livre. Fèves flories, temps de folies, Leroux DE LiNCY, Proti. t. I, p. 72. Dites febve, c'est pour vous [se disait quand on donne un grand coup à r|uelqu'un, par similitude du soir des Rois où l'on dit fève en partageant le gâteau], cotgrave. Vous avez mangé plus de fèves que d'amandes pellées, palsgr. p. 457.
— ÉTYM. Normand, feuve; provenç. fava; espagn. haba: portug. et ital. fava; du latin faba.
FÉVEROLE (fè-ve-ro-1'), s.f\\ 1° Petite fève, variété de fève qui est plus particulièrement réservée pour la grande culture proprement dite et pour l'usage des bestiaux, tandis que la fève des marais appartient plu-i à l'horticulture el à la nourriture de l'homme. || 2° Nom donné au haricot sec. Il 3° Petite coquille bivalve voisine des cames.
— ETYM. Diminutif de fève; bourguig. faiviôle; wall. favète ; Hainaut, favelote.
t FÈVIER (fè-vié), s. m. Genre gledilschia, de la famille des légumineuses , composé d'aibres presque tous épineux, et originaires les uns d'Orient, les autres d'Amérique; on les cultive en France dans les jardins d'ornement.
ÉTYM. Fève, à cause de la forme et de la
grande dimension des gousses.
f FÈVRE (fè-vr'), s. m. Ouvrier chargé d'entretenir la chaudière dans les salines.
— ÉTYM. Lat. faber, charpentier, qui avait donné à l'ancienne langue fevre , très-usité, el aujourd'hui conservé seulement dans un métier avec un sens particulier.
FÉVRIER (l'é-vri-é ; l'r ne se lie jamais), s. m. Le second mois de l'année. On dit que les Romains ne donnèrent le nom de février, au mois dont nous sortons, qu'à cause delà fièvre; j'ai été traité comme un ancien Romain, volt. Lett. Richelieu, i mars (774. Il Proverbes. Février le court, le pire de tous, ce qui se dit pour signifier qu'il y a souvent en février de très-mauvais temps. Il .Tamais février n'a passé Sans voir le groseillier feuille, Ann. de la soc. d'Hist. de France, t847.
— HIST. XIII' s. Geste desconfiture fut faite en l'an de l'Incarnation Mcc et xiii ou mois de feverelh, le second diemanche, Chr. de Rains, < 53. || xvi' s. L'an vingt et sept, février le froidureux.... marot, m, <oo. La farine de février [la neige], cotgrave. Pluie de février vaut jus de fumier, lehoux de lincy, Prov. t. I, p. 88. Février qui donne neige bel esté nous plege , id. ib. Février entre tous les mois. Le plus court et le moins courtois, id. ib. Belle avoine de février Donne espérance au grenier, id. ib. p. 07.
— ÉTYM. Bourguig. feuvrai; Berry, feuverier, féverier ; provenç. febrier ; catal. febrer ; espagn. febrero; portug. fevereiro; ital. febbraio; du latin fehruarius , de februare, faire des expiations, mot sabin, d'après Varron, et non de /"edris, lièvre, comme on l'a dit aussi.
t FEZ (fèz'), s. m. Calotte de laine rouge et blanche, à l'usage des hommes et des femmes, que l'on fabrique à Fez, capitale du Maroc, et dont il se fait en Turquie un commerce considérable. Fez ou bon-
FIA
nets de France el de Tunis.... les bonnets de France ont cours en Crimée, el s'y vendent avec autant d'avantage que ceux de Tunis, peyssunnel. Traité sur le comm. de la mer Noire, i, 56.
1. FI (fi), inlerj. Exprime le blâme, le dédain, le mépris. Fi! c'est mal, c'est honteux. Ah ! quel honteux transport I fil tout cela n'est rien, mol. Fcmm. sav. v, B. Ma robe vous fait honte; un fils de juge, ah! fi! rac. Plaid, i, 4. || Se construit avec la préposition de. Adieu donc; fi du plaisir 0"e la crai'nte peut corrompre! la font. Fa bi. i, 9. Ses dernières paroles [de Marguerite d'Ecosse] furent : Fi de la vie ! qu'on ne m'en parle plus, ijuclos, Ilist. Louis XI, Œuv. t. v, p. o:i, dans pougens. || Faire fi d'une chose, la dédaigner || Fi donc, se dit surtout quand on entend exprimer quelque chose qui blesse la délicatesse, et aussi quelque chose d'équivoque et de gaillard. Hé H donc, monsieur, vous me faites rougir, dancourt, Foir. de Bcsons, se. 8.
— HIST. xiu* s. Honis soit-il et ses procchemens, Et honis soit qui de lui no dit fi! huf.s n'oisi. Romane.p. <03. Fi de richesse! fi d'avoir! Miex valent d'amours deus baisiers Que pleine bourse de deniers, Bl. et Jeh. 2292. De par ma langue [je] vous desfi ; Vous en yrez do fi en fi [do mal en pis] Jusqu'en enfer le roié, RUTEB. 247. Il XV' s. Fy de l'avoir, se beauté n'est en femme Et la bonté; je no veuil que gent corps, Doulz et courtois ; il n'est si biaux ' trésors D'omme, d'avoir courtoise et belle dame, E. DESCH. Poésies mss. f" 439, dans lacurne. Fy de fortune, fy d'amour mondaine, fy du monde ; car tout est faulx, Pereeforesl, t. iv, ^ ) .M . || xvi* s. Fy d'avoir qui n'a joie, et d'amour sans monnoye, cotgrave.
— ÉTYM. Le latin fi, phi, ou phy, interjection qui a un sens un peu différent, e.vprimant l'étonnement, la surprise.
f 2. FI ou FIL (fi), t. m. Sorte d'affection cutanée qui vient aux bœufs.
— HIST. xiv s. Ja soit ce que le dit buef ne fust pas fieux.... par leur rapport el relation fui le dit îmef condemné à enfouir, ducange, ficus. Que nulz ne vende ossi point de char [chair) soursemée ne
ayant fy, id. t6. || xv' s Et se c'est beuf ou vache
vendu.... qui ail le fil ou la pommelée, bosses ou autres apostumes.... la char en sera gectée en Saine, Ordonn. déc. 1487. Poissons tout pleins de vie qui ont bosses, fils, pourritures el autres maladies et infections, Ordonn. 1484.
— ETYM. C'est une forme de fie.
\ . FIACRE (fia-kr'), î. m. || 1° Carrosse, voiture qui stationne sur les places el que l'on prend pour
un prix fixé à la course ou à l'heure Carrosses
Dont les cuirs tout rapetassés Représentaient le simulacre De l'ancienne voiture à fiacre, Ma%arinade de 1662. On les voit [doux chevaux] au timon du doyen des carrosses. Construit sur le patron d'un (iacre décrépit, furetière, Factums, t. 11, p. '.!98. Philis, qu'est devenu ce temps Où dans un fiacro promenée ... volt. Éptt. xxviii. || 2° Par extension, le cocher de fiacre. Hé bien ! qu'est-ce que me vient conter cette chiffonnière? répliqua l'autre en vrai fiacre : Gare ! prenez garde à elle, elle a son fichu des dimanches ! Marivaux, Marianne, 2' partie. On trouva un honnête fiacre qui déposa qu'il avait mené madame Genep à la porte des jésuites avec des sacs pleins d'or; c'était apparemment un fiacro janséniste, volt. Polit, et Icgisl. Probabililé en fait de justice, veuve Genep. Je me rappelle les beaux attelages de l'empereur Napoléon, de Char les X et de Louis XVIII, qui, mené avec la plus grande rapidité, disait à son cocher : Germain, tu me conduis comme un fiacre, alpii. karr, let Guêpes, mai I84(i. || Populairement. Jouer, chanter comme un fiacre, jouer, chanter très-mal. || Jurer, sacrer comme un fiacre, prononcer beaucoup de jurements. || 3° Par dénigrement, mauvaise voiture. Il 4" On dit aussi d'un homme qui a fait maladroitement une chose, d'un avocat, d'un écrivain maladroit : Quel fiacre !
— ETYM. Un nommé Sauvage établit le premier en 1640 les voitures de louage, dites d'abord carrosses à cinq sous (on ne payait que cinq sous par heure), rue Saint-Martin, dans une grande maison nommée l'Hôtel Saint-Fiacre, parce qu'une image de saint Fiacre y était pendue ; de l'hôtel le nom passa aux voitures.
t 2. FIACRE (fia-kr') (SAINT-), J. m. Malde Saint- Fiacre, ancien nom de divers maux dont on guérissait par l'intercession de saint Fiacre, tel que les fies, le flux de ventre, les hémorroïdes, etc.
— HIST. XV' s. De saint Fiacre puist estre pèlerin, El de saint Mor qui par goûtes fina, Eusr. descu.
FIA
Pohiet mu. ^ 220. Il mourut d'une maladie qu'on nomme Saint Fiacre, c'esloit un flux de ventre merveilleux avec hemorrhoïdes, juv. des uiisins, Ilist. de Charles VI, p. 394, dans lacuhne. Il accoucha malade de la maladie Saint Fiacre, dont il mourut, IL. CHAUT. Œuvres, p. 65.
— ÊTYM. fiacre, nom d'un moine irlandais du VI* siicle qui vint en Gaule et qui est le patron des jardiniers.
t FIACBÉE (fla-krée), s. f. Ce qui remplit un fiacre; plein un fiacre. J'ai une fiacrée de bourgeois do village à voiturer un lendemain de noces, uan- COURT, Moulin de Javelle, se. 2.
— ÉTYM. Fiacre i.
FIANÇAILLES (fi-an-sft-11', Il mouillées, et non fl- «n-si-ye), s. (. plur. || 1" Promesse de mariage faite devant le prêtre. Les fiançailles se firent dans lo cabinet du roi, où il ne se trouva guère que les princes et princesses du sang, parce qu'il n'y eut point d'invitation, DUCLOS, ildm. rig. t. vi, p. :iO, dans pougens. Et va, va, fiançailles Assez souvent ne sont pas épousailles, volt. Droit du seig. 11, ». L'Église a conservé les fiançailles, qui remontent à une grande antiquité, chateauu. Génie, i, v, lo. ]| 2» En général, promesse de mariage
— HIST. XV" s. La fois première est fiançaille, Et la seconde l'espousaille, la fontaine, &93. || xvi' s. Discourir des fiançailles de nos grandes mères [parler de clioses suraimécsj, ounm, Cur. fr. Fiançailles cliovauclient en selle, et repcntaiUes en croupe,
COTCRAVE.
— ÉTYM. Fiancer. On dis:iit aussi fiançage.
t FIANCR {fi-an-s'), s. f. État de l'âme qui se fie. Terme vieilli.
— HIST. xii° s. Ma douce dame, en qui j'ai ma fiance, Couci, xvi. |! xm* s. En Dieu [ilj ot moult grant fiance jusciues à la mort, jwnv. 201. || xv s. Le roi y print grant fiance, cqmm. 11, b. ||xvi' s. De grant fiance grant laillance, leboux de lincy, Prov. t. Il, p. 'jSi . Fiance est mère de despit, m. ib. p. 3oo. S'il [le mariagej est bien façonné, c'est une douce société de vie, pleine de constance, de fiance etd'un nombre infini d'utiles et solides offices, charron. Sagesse, p. (81, dansLACUiiNE. Le cinquiesme advis que je donne icy à se bien conduire aux affaires est un tempérament et médiocrité entre une trop grande fiance et défiance, lu. ib. p. 362.
— ÊTYBl. Fier t ; prov. fisama, fiansa ; espagn. fianza; portug. fiança ; ital. fidansa.
FIANCÉ, ÉE {fi-an-sé, sée), pari. pa.isé. Uni par une promesse solennelle de mariage. Dos jeunes gens fiancés. || Substantivement. Elle attend son fiancé. Il attend sa fiancée, la personne dont je parle est une jeune fiancée, la plus agréable du monde, mol. D. Juan, i, 2.
FIANCER (fl-an-sé. Le c prend une cédille devant s ou o : je fiançais, nous fiançons), v. a. || i° Unir par une promesse solennelle de mariage. Y a-t-il quelqu'un qui ait été fiancé à une fille, et qui ne l'ait pas encore épousée ? qu'il s'en aille et s'en retourne en sa maison, de peur qu'il ne meure dans le combat et qu'un autre ne l'épouse, saci, liible, Deuteron. xx, 7. || 2° S'unir par une promesse réciproque de mariage. Quelques jours avant sa mort, deux des principaux citoyens de Sparte avaient fiancé ses deux filles, hollin, llist. anc. Œuv. t. iv, p. 27C, dans POUGENS. || 3» Particulièrement. Faire la cérémonie des fiançailles. Le curé les ayant fiancés. Il 4° Accorder en mariage, en parlant du père, de la mère. 11 fiance aujourd'hui son fils, sa fille. Il 6" Sa fiancer, v. rèfl. Devenir fiancé. Quand l'étourdi dut, en face d'Église, Se fiancer à ma petite Lise, VOLT. En[. prod. i, 1. || Proverbe. Tel fiance qui n'épouse pas.
— HIST. xii* s. Et d'ambes parz [des deux partsj très bien jurer et fiancier, Que ne feront jamais guerre recommencicr, Sax. iv. |i xm' s. Dont ont entre eus une trêve fiancio, tant que ceste cliose soit faite, H. DE VALENc. xxxu. Certes malement mesprcistes, Quant anel ou doi me moïstes. Et vostre foi me fiançastcs, la Rose, I07i7. Si comme ilavient que uns bons fiance une fcmo, qu'il le [la| prendra dedens quarante jors.... beaum. xi, 3. ||xv' s. Et adonc fu mort, des f'rançois, le sire de Pequegny, et fiancé prisonnier le vicomte de Quesnes, proiss. I, i, 4 H . Là jura et fiança le dit comte madame Isalielle.... m. 1,1, an. Il xvi's. Fille fiancée n'est prise ni laissée; car tel fiance qui n'espouse point, lovsi^l, 103.
— ETYM. Fiance; provenj. fiamari ital. fidantare. Le sens propre et ancien de fiancer est promettre, s'engager.
t FIASCO (fl-a-sko), *. m. Mot italien usité dans cette locution : Faire fiasco, échouer complétemcat.
FIB
Le fiasco qu'il a fait est complet. || On dit aussi : C'est un véritable fiasco, un fiasco complet.
— ÉTYSI. Ital. fiasco, bouteille (dont le radical est le même que celui de flacon, voy. ce mot). Mais l'origine de la locution et le sens primitif ne sont indiqués nulle paît. L'italien m parait pas avoir fare fiasco ; du moins on no trouve dans la Crusca que appiccare il fiasco, attacher le grelot.
t FIAT (fiaf), inlcrj.\\i' Soit! Puisque vous le voulez, fiât. || 2' S. m. 11 n'y a point de fiât dans cet homme-là, c'csl-à-dire on ne peut compter sur sa parole. |1 3' Fiat lux, que la lumière soit faite, expie-ision bibliijue et latine que l'on emploie quelquefois pour demander qu'on s'explique, qu'on donne plus de clarté au langage, à la discussion.
— HIST. XV' s. Nous serons à Lut à la fin de ce mois pour tous delaiz ; et cliascun dit après : fiât, c'est bien dit, le Jouvencel, f" 51, dans lacuune. Il XVI' s. Il ne tient qu'à un fiât [il n'y a qu'à en donner l'ordre], babel. Lettres, p. 37, dans lacuhne.
— ÊTYM. Lat. pat, qu'il soit fait, subjonctif de fieri, être fait.
t FIURATION (fi-bra-sion), I. f. Terme didactique. Disposition dos liljres dans les organes foliacés.
— Ktyji. Fibre.
FIBRE (fi-br'), s. f. 1| l" Terme d'anatomie. Élément anatomique long et fréla. Fibre musculaire. Filiro nerveuse, l'ibre tendineuse. L'allongement, lo relâchement des fibres. Cela relâche lei fibres, la fibre. X considérer la composition de toute la masse du cœur, les fibres et les filets dont il est tissu, et la manière dont ils sont tors, on le reconnait pour un muscle, boss. Connaiss. 11, 3. La nature m'a fait naître faible, tandis qu'elle a donné à Votre Majesté des fibres proportionnées à la vigueur et à l'étendue de son génie, d'alemd. Lelt. au roi de Pr. 3 nov. 1780. Il Fig. Ce qui arrache jusqu'aux moindres fibres de la doctrine do Pelage, boss. Avert. 2. Il Poétiquement. Fibres , les cordes d'une lyre, [ô lyre] Si tu veux que mon cœur résonne sous ta main, Tire un plus mâle accord de tes fibres d'airain, LAMABT. Uéd. II, u. Il 2° Il se dit des longs filets ([ui entrent dans la comiiosition des végétaux. Les fibres d'une plante. Les fibres du bois. Et, coupant jusqu'aux moindres fibres qui soutiennent encore ce malheureux arbre, je le précipiterai de son haut, et le jetterai dans la flamme, iioss. Sermons, Nécessité de la pénitence, 1. || 3° Se dit aussi des filaments des substances terreuses ou métalliques. L'autre [pierre serpentine] se trouve en Suède, et ne présente pas de fibres, mais des grains dans sa cassure, uure. Min. t. vu, p. 62, dans pouoens. Il 4' Fig. Disposition à s'irriter , à s'émouvoir. Cet homme a la fibre sensible, délicate. || En ce sens il ne s'emploie qu'au singulier.
— iiiST. XVI' s. Les os sont faits sensibles, par certaines fibres nerveuses que leur périoste leur communi(|ue, pake, i, t.
— Ktym. Provenç. espagn. et ital. fibra; du lat. fibra, de fiber, qui est à l'extrémité.
t FIBUÉ, ÊE {Q-bré, brée), adj. Synonyme de fibreux.
t FIBItE-CELLULE (fi-bre-sèllu-l'), s. f. Terme d'anatomie. Élément anatomique ayant à la fois la forma allongée de beaucoup do fibres, et quelque chose de la structure des cellules, en ce qu'il renferme un noyau central.
— ÈTVM. Fibre, et cellule.
FIBUEUX, EUSE (fi-breû, breù-z'), adj. Qui est composé de fibres, qui est formé par une réunion de fibres. || Terme do botanique. Racines fibreuses, celles qui sont composées de radicules allongées, distinctes, simples ou peu rameuses. || Terme d'anatomie. 'lissu fibreux, tissu formé de fibres serrées, très-fortes, d'un blanc mat. |{ Terme de minéralogie, 'l'issu ou cassure fibreuse, tissu ou cassure présentant des sillons allongés en forme de fibres.
— HIST. XVI* s. La matrice est liée i ces parties par plusieurs petites appendices fibreuses qui procèdent du péritoine, PAiiE, i, 34.
— ÊTYM. Fibre.
•f FIBKILLAIHE {ri-bril-lê-r'), adj. Terme didactique. Qui est disposé en filaments très-déliés. || Qui a rapport aux petites fibres.
— ÊTYM. Fibrille.
FIBRILLE (fi-bri-1'), s. f. Terme d'anatomie. Petite fibre. Chaque fibre, que dis-jel chaque fibrille est elle-même très en petit une machine qui, en exécutant des pré|)arations analogues, s'approprie les sucs alimentaires, et leur donne l'arrangement <|ui convient à sa forme et à ses fonctions, bonnet, Contempl. nat. Œuvres, l. viii, p. 207, dans pou- GKNS. Il Terme de botanique. Nom des dernières ra-
ne
mifications de h racine. L'ensemble des fibrinn constitue le chevelu.
— .iTYM. Diminutif de fibre.
t FIBBILLECX, EUSE (fi-briUeû, leû-z), adj. Qui résulte d'un assemblage de fibrilles.
— ETYM. Fibrille.
FIBRINE (fi-bri-n'), ». f. Terme de chimie organique. Substance organique blanche, insipide et inodore, naturellement liijuide, mais pouvant se coaguler spontantJmcnt et qui se rencontre dms la lymphe, le chyle, le sang et certains liquides émanés du sang, notamment dans la sérosité de lascite et les exsudations inflammatoires. || Fibrine musculaire, voy. husculaibb.
— ETYM. Fibre.
t FIBRINEUX, EUSE (fi-brineû, neù-z'), adj. Qui est composé da fibrine, qui en contient, qui en a les caractères.
— ETYM. Fibrine.
t FIBRO-CARTILAGE (fi-bro-kar-ti-la-j'), s. m. Tissu cartilagineux dont la trame est fibruîdc, comme les ligaments intervertébraux.
— ÊTYM. Fibre, tt cartilage.
t FIBRO-CELLULAIRE (fl-bro-sèl-lu-lê-r'), adj. Terme d'anatomie. Qui participe du tissu fibreux et du tissu cellulaire ou lamineux.
— ÉTYM. Fibre, et cellulaire.
tFIBRO-CIIONDBITE (fi-bro-kon-dri-t'),#. f. Terme
de médecine. Infiammation des fibro-cartibiges.
— ÉTYM. Fibre, et chondrile.
t FIBRO-CVSTIQUE (fi-bro si-sti-k') ou FUIIIO KYSTIQUE (fi-bro ki-sti-k'), adj. Terme de cliirurgie. Tumeurs fibro-cystique», tumeur» compliquées par la présence de kystes.
— ÉTYM. Fibre, et xùaii;, kyste.
t FIBROFERRITE (fi-bro-fc-rri-)'), s. f. Sous-sulfate de fer en masses fibreuses.
i FIBRO-GRANULAIRE (fi bro-gra-nu-lê-r'), adj. Terme de minéralogie. Qui présente un tissu granuleux entremêlé de fibre».
— ÉTYM. fibre, et granuleux.
t FIBROÏUE (fi-bro-i-d'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a l'apparence de fibres. || En anatomie, fibroide »e dit de substances qui ofi'rout des stries sans pouvoir cependant se partager en fibres.
— ÉTYM. Fibre, et tUoc, forme.
t FIBROLITIIE (fi-bro-li-f), *. f. Terme de minéralogie. Minéral à texture fibreuse.
— ETYM. Fibre, etXiOo;, pierre.
t FIBROME (fi-brê-m'), 4. m. Terme de chirurgie. Nom générique donné aux tumeurs fibreuse»
— ETYM. Fibre, et la finale orne, qui, en anatomie pathologique, appartient aux tumeurs.
t FIBRO-MUQUEUX, EUSE (fi-bro- mu-keû, keù-z'), adj. Terme d'anatomie. Qui est formé d'une membrane muqueuse superposée à une membrane fibreuse.
— i;rY.M. Fibre, et muqueux.
t FIBRO-PLASTIQUË ( fi-bro-pla-sti-k') , adj. Terme d'anatomie pathologique. Tissu fibro-plaitique, tissu qui se présente sous forme de tumeurs composées surtout de coips fusiformes et de matière amorphe.
— ETYM. Fibre, et plastique.
t FIBRO-SÉREUX, EUSE (fi-bro-sé-reû, reû-z'), adj. Terme d'anatomie. Qui est composé d'une membrane séreuse superposée à une membrane fibreuse.
— ÉTYM. Fibre, et séreux.
t FIBRO-SOYEUX, EUSE (fi-lro-so-ieù, ieù-r"), adj. Terme de minéralogie. Qui est composé de filaments ayant l'éclat de la soie.
— ÉTYM. Fibre, et soi/eux.
t FIBRO-VASCULAIRE ( fi-bro-va-sku-lé-r'), adj. Terme d'analimie. Oui est composé de faisceaux de fibres et de vais.seaux. || Terme de )otiiii;ue. Système fibro-vasculaire, l'ensemble des vaisseaux du corps ligneux.
— ÉTYM. Fibre, et vasculaire.
+ FIBULATION ( fi-bu-la-sion ), ». ^ Terme di chirurgie inusité. Action de réunir les lèvres d'une plaie à l'aide d'agraf s.
— ETYM. Lat. fibula, agrafe.
t FIBULK (fi-bu-r), s. f. ferme d'archéologie. Mot qu'on emploie beaucoup pour désigner les agrafes antiques, romaines et grecques, de broiizo ou d'autre matière, qu'on retroure en foule et qui garnissent les collections.
— ETYM. Lat. fibula, agrafe, qui paraît élie pour figibula, de figere, percer, attacher.
Fie (fik), ». m. Il 1* Terme de chirurgie. Excroissance, tumeur qui vient en difi^érentcs parties du corps. Il 2' Terme de vétérinaire. Escruissance char- Hue à pédoncule étroit et à aommet granuleux ot
ne
renflé. Les fies sont communs surtout dans les es- I^Lces de r.1ne et du mulet. || Fie à la fourcliette, synonyme de crapaud.
— Hisr. xiu* s. Si est bons [un onguent] por fl, Us. de St Gertnatn, t° 8», dans lai;uhne. || xvi* s. Saint Fiacre le médecin du pliy et de celuy principalement qui vientau fondement, ii. EST.Apol. d'Ilérod. p. 589, dans laclrne.
— ETYM. Lat. fictis, figue (voy. ce mot), et, par assimilation de forme, lie.
t FICAIllE (fi-kê-r'), s. f. Plante commune dans les prés, du genre renoncule, dite aussi herbe aux hémorroïdes {ranunculus fkaria, L.).
— ETYM. Lat. jicus, figue ; ainsi dite parce que les racines sont composées de fibres tubéreuses qu'on a comparées à de petites figues: ce qui explic|ue aussi le nom d'herbe aux hémorroïdes, p;ir la croyance qu'une plante guérissait les parties auxquelles elle ressemblait.
FICELÉ, ÉE (fi-se-lé, lée), part, passé. Un paiiuet ficelé avec soin. || Populairement. Être bien, mal ficelé, être bien, mal habillé. || 11 signifie aussi : serré dans ses vêtements. Être ficelé comme un .saucisson.
FICELER (fi-se-lé. VI se double quand la syllabe qui suit est muette : je ficelle, je ficellerai), r. a. ||1" Attacher, lier fortement avec de la ficelle. Il 2° Fig. et populairement. Se ficeler, v. rcft. S'habiller, se parer. 11 est deux heures à se ficeler.
— HIST. XVI" s. Fisellé, fizellé, cotgrave.
— ETYM. Ficelle.
f FICELECR (fi-se-leur), s. m. Celui qui lie une balle, une caisse, etc. avec de la ficelle.
— ETYM. Ficeler.
FICELLE (fi-st!-r), s. f. lll" Petite corde, faite de plusieurs fils de chanvre et servante lier de petits paquets, à faire des filets, etc. Notre malheureux [pigeon] qui, traînant la ficelle Et les morceaux du lacs qui l'avait attrapé, Semblait un forçat échappé, LA FONT. Fabl. >x, 2. || Fig. Tenir la ficelle ou les ficelles, faire mouvoir à son gré des personnes ; locution tirée de la ficelle avec laquelle on fait mouvoir les pantins. Dornier, qui parait tenir les ficelles de ces mannequins, s'est chargé de tout raccommoder, CH. DE BERNARD, Un Homme sérieux, § XX. Il Populairement. On voit la ficelle, c'est-àdire on voit comment la chose s'est faite. || De là, les ficelles d'un art, les procédés dans ce qu'ils ont de matériel, de grossier. Les ficelles dramatiques. Cet auteur connaît les ficelles du métier. || Populairement encore, une ficelle, un escroc, un filou. Méfiezvous de lui, c'est une vraie ficelle. || 2" Terme de chapelier. Marque qu'a faite la ficelle au bas de la forme du chapeau lorsqu'on l'a enficelé. || 8° Terme de manège et par plaisanterie. Cheval faible, défectueux.
— Hisr. XVI' s. Oui présupposera une fiscelle egualement forte partout, il est impossible qu'elle rompe, car par où voulez-vous que la faulsée commence? MONT. II, 389.
— ÉTYM. Pic. fichelle, frinchelle. Diez le tire du latin filum, fil, par une forme ftlicelhim, avec changement de genre, comme pour cervelle, de cerehelhim. Cela est possible ; cependant on remarquera que le mot est écrit fiscelle, et parait avoir été rapproché de fiscella, petit panier tressé de jonc ou d'osier.
FICELLIER (fi-sè-lié), s. m. Dévidoir pour la ficelle.
— ÉTYM. Ficelle.
+ FICnAISE (fi-chê-z'), s. f. Terme populaire. Chose de peu de valeur.
— ÉTYM. Ficher 2.
4. FICHANT, TE (fi-chan, chant'), adj. Terme de fortification. Feu fichant, ancien synonyme de feu plongeant.
— ÉTYM. Ficher t .
fa. FICHANT, ANTE (fi-chan, chan-t') , adj. Terme populaire. Contrariant, désagréable.
— ETYM. Ficher 2.
FICHE (fl-ch'), s. f. Il 1° Action de ficher, d'enfoncer ; quantité dont on enfonce dans le sol un pieu de fondation. Ce pieu a un mètre de fiche. || 2° Petit morceau de fer ou d'autre métal servant à la penture des portes , des fenêtres, des armoires. Il 3° Terme d'arpenteur. Espèce de grosse aiguille à anneau qui se fixe en terre. {| i° Terme militaire. Piquet pour marquer les lignes d'un camp. || 6" Outil de fer des maçons qui leur sert à faire entrer le mortier dans les joints de pierre. || 6° Terme de luthier. Cheville de fer sur laquelle on roule les cordes des instruments, tels que pianos, clavecins, etc. Il 7° Pièce de cuivre ou de bois, composée de deux ailes jointes par une rivure dans leur charnière pour servir à faire des assemblages de menuiserie. Il 8° Morceau d'ivoire ou d'os long et plat qui
FIG
sert de monnaie ou de man|ue au jeu. X l'égard de Mme de Maintenon, elle [Mme de Soubise] sentait bien qu'elle lui donnait des fiches pour de l'argent comptant qu'elle en retirait, st-sim. 07, (OS || Fiche de consçlation, celle que l'on donne en surcroît du bénéfice en certains jeux (voy. coNtoLATiON). || Fig. Petit dédommagement de quelque perte, adoucissement à une disgrâce. On dit que c'est là la fiche de consolation pour le dédommager du département de Paris, confié i M. de Malesherbes, iiacbaumont, mém. secrets, Londres, i 780, t. xxx, p. 3:>2. || 9* Terme de bourse. Petite feuille de carton qui sert k transmettre i un agent de change, pendant la bourse, les ordres d'un client. || Terme de bibliothèque. Fouille de carton sur laquelle on écrit des titres d'ouvrages, que l'on classe alphabétic|uement dans des boites, et auxquelles on recourt pour trouver le volume dans la bibliothèque. || On s'en sert aussi pour préparer des tables de matières. || 10° 11 est quelquefois synonyme d'étiquette. Mettre une fiche à un ballot.
— iiisT. xii's. Mais à voz letres puis e veeir e sentir. Que ne puis pas lesgrapes desespines cuillir. Ne des runces les fiches, Th. le mari. 85. || xv" s. Qu'ils puissent mettre et ficher sur la terre et seigneurie des dits religieux pieux ou fiches pour lyer et retenir les dits bac, barge ou basteaulx, uu cange, ficare. \\ xvi* s. Grans doux, fiches, chevilles et ferrailles et noire œuvre, convenables en navires, maisons et édifices, Ordonri. I4 août )5o). Les os sont joints par fiche, qu'on dit gomphose, quand un os est fiché dedans l'autre, eu forme d'un clou ou d'un gond, paré, iv, 43. En deux manières planteon la vigne; au fossé ouvert, et à la taravelle, d'aucuns appellée la fiche, et en Anjou le godeau,
— ÉTYM. \oy. FICHER ; provenç. fie, fica, blessure.
FICHÉ, ÉE (fi-ché, chée), part, passé. \\ 1° Enfoncé, fixé par la pointe. Ils trouvèrent Saiil couché et dormant dans sa tente ; sa lance était à son chevet, fichée en terre, SAC1, Bible, Rois, i, xxvi, 7. Il est essentiel de distinguer le siècle de Cicéron de ceux où les Romains ne savaient ni lire ni écrire et ne comptaient les années que par des clous fichés dans le Capitule, volt. Aux aut. ga%. littér. Il Fig. et familièrement. Avoir les yeux fichés enterre, fichés sur quelque chose, avoir les yeux baissés vers la terre, les avoir fixement arrêtés sur quelque chose. Les yeux fichés sur le pavé. Le visage de pleurs lavé, ecarr. Virg. iv. || 2° Fig. Roide (peu usité en ce sens). Â qui ne le connaissait pas [Clievreuse] familièrement, il avait un extérieur droit, fiché, composé, propre, qui tirait sur le pédant, ■ST-SIM. 336, 169. Il 3° Terme de blason. Se dit des pièces en pointe qui peuvent être fichées en quelque chose, telles que les croix et les croisettes au pied aiguisé.
) . FICHER (fi-ché), V. a. Il i' Faire pénétrer et fixer par la pointe, par un bout. Ficher un pieu en terre. Nos vainqueurs et nos législateurs [les Romains | ne savaient compter leurs années qu'en fichant des clous dans une muraille par la main de leur grand pontife, VOLT. Dict. phil. Hist. 2. || Se ficher, ficher à soi, enfoncer dans soi. Elle s'était fiché un biton, devinez où, sÉv. 289. || 2° Terme de maçon. Ficher une pierre, faire entrer, à l'aide de la fiche, du mortier sous la pierre lorsqu'elle est posée. || 3° Fig. 11 se dit des yeux, des regards qu'on arrête sur quelqu'un ou quelque chose; autrefois dans le style élevé, aujourd'hui dans le style familier. 11 y fiche ses yeux [à. cette empreinte], il la baigne, il la baise, MALH. I, *. Il 4" Intercaler, mêler. Nous fichons quelquefois de l'italien dans nos lettres, sév. Lett. 8 déc. 1675. Il B° Se ficher, v. réfl. Être fiché, enfoncé. Pendant qu'un jeune prince parcourt les sentiers hérissés de buissons, une épine aiguë se fiche dans son pied, fén. t. xix, p. 467.
— SYN. FICHER, FIXER. Ce que l'on fiche, on l'enfonce par un bout. Ce que l'on fixe n'a pas besoin de cette condition; c'est simplement rendre fixe.
— HIST. xii* s. En la main destre l'a au paien fichez [un bref], Ronc. p. 24. Maint très [tente] i o tendu et mainte aigle fichie, Sax. vu. Quant il ont en bataille fichié leur estendart, ib. xix. || xiii* s. Que l'aleine lui faut, au bois [elle] se va fichier [enfoncer], Berte, xxxviii. Bonnes [bornes] si sont unes choses qui sont fichées, comme pierres ou pex [pieux], et fet chascun certain par où son héritage vet [va], Liv. de just. 1,49. Certes tous jors en remembrance Deusses avoir sa sentence; Sidevroienl tuit homme saige. Et si fichier en lor coraige Que jamè,s ne lor eschapast, la Rose, 6816. Mais la sajete barbelée. Qui Biautés estoit apelée, Fu si dedens
FfC
mon cuer fichie. Quel n'en pot estre hors saclile [tirée], ib.nO). Se l'entendement i fichon [si nous y faisons attention], ib. 44ii86. Si ne fait pas richesse riche Celi qui en trésor la fiche, ib. 4902. Si verroit toutes les estcles, Cleres et reluisans et bêles. Soient errans, soient fichies. En lor espeir* estachies, ib. 20529. Quant les gens le conte virent ce, il lessierent l'ost, et se fichèrent par desus la lice, el coururent sus aux Sarrazins à pié, joinv. 233. Il xiy s. Fay pieux et les ficque de renc à plain piil l'un de l'autre, Modus, f" lxix, verso. || xv s. Bouciquaut tira tantost la dague, et soubdainement se fiche sous les bras de l'autre, qui jamais ne l'eusl cuidé, Douciq. I, 0. Le feu qui estoit fiché par les maisons, prit en peu d'heures, ib. i, 32. || xvi* 8, Brutus regarda tousjours, avec les yeulx fichez, punir ses propres cnfans, amyot. Public. 8. U ne sçavoit pas ficher un but au cours de sa prospérité, ID. itarivs, 6). Il ne fichoitpas les bornes de son espérance à la conqucste de la Syrie ny des Parthes, m. Crassus, 3o. Sans mot dire, les yeulx fichez en terre, mont, i, 6. Fichant les yeulx sur la frescheur de mon visage, id. i, 91. 11 tiendra sa veuetousjoura fichée en cest endroit, pauè, xviî, i.
— ÉTYM. Picard, fiker ; provenç. ficar; espagn. pjar, hincar; portug. fincar; ital. '/îccare. Diez remarque avec raison que, bien que ce verbe roman indique le latin figere, cependant il est impossible de le tirer directement soit de figere, soit de pxus, par aucune étymologie légitime. U faut donc supposer un développement par le suffixe l'care, figicare, ou fixicare, comme dans pendicare, de pcnrferf, pencher ; suffixe qui d'ailleurs appartient au latin (voy. fodicare, de fodere, vellicare, de vcllere). Ficher ne peut venir ou être une forme de fixer, attendu que ficher est ancien, et fixer moderne.
f 2. FICHER (fi-chc), V. a. Terme populaire qui fait au participe passé fiché ou fichu. || 1° Jeter, mettre négligemment. Il a fiché .sa redingote dans un coin. Il Administrer, donner, avec une idée do rudesse. Ahl oui, de l'argent, on t'en fiche. Ficher le fouet. Il s'est fichu une indisposition. || 2' Se ficher, V. réft. Se jeter. Il s'est fichu par terre. Se moquer. 11 s'est fiché ou fichu de moi. X tout jeu le sort nous triche. Mais enfin est-on gris. On s'en fiche, BÉBANG. 0)1 s'en fiche.
— ÉTYM. Voy. FICHU I.
t FICHERON (fi-che-ron), s. m. Cheville de fci carrée, dont la tête est percée d'un trou.
— ÉTYM. Ficher I .
FICIIET (fi-ché ; le ( ne se lie pas; au pluriel, l'ï se lie : des fl-chè-z en cuivre; fichets rime avec traits, succès, paix, etc.) , s. m. \\ i" Petit morceau d'ivoire qu'on met dans les trous du trictrac pour marquer les trous gagnés. |{ Pointe crochue des cardes. || 2° Il se dit de petites fiches insérées à moitié dans les volumes d'une bibliothèque, et portant le numéro du volume.
— HIST. XVI' s. Arbre de fichet [arbre venu de bouture], oudin, Dict.
— ÉTYM. Ficher ( .
t FICIIEUR (fi-cheur), s. m. Maçon qui fait la besogne de ficher les pierres.
— ÉTYM. Ficher < .
t FICHOIR (fi-choir), î. m. Petit bâton fendu dont on se sert pour fixer à une corde tendue du Hnge, des estampes.
— ÉTYM. Ficher I.
t FICHTRE I (fich-tr') Interjection qui se dit en place d'un mot grossier. Fichtre ! prenez donc garde.
i. FICHU, UE (fi-chu, chue), adj. || 1» Terme de mépris. Mal fait, ridicule, inconvenant. Voilà un fichu drôle. Un fichu compliment. Sa na'iveté nous délasse de l'esprit fichu de Mlle du Plessis, sév. 242. Pour votre frère, c'est un homme admirable ; il n'a jamais pu se passer de gSter les merveilles qu'il avait faites aux états par un goût fichu, et un amour sans amour, entièrement ridicule ; l'objet «'appelle Mlle de la Coste, elle a plus de trente ans.... in. Lelt. 25 oct. <679. Oui, vous avez raison, mon fils; le bonhomme Prométhée fera une fichue figure, soit qu'il assiste au baptême de Pandore, sans dire mot, soit qu'il aille, comme un valet de chambre, chercher les Jeux et les Plaisirs pour donner une sérénade à l'enfant nouveau-né, volt. Lett. Chabanon, 29 janv. 4768. Il 2» Très-familièrement. Perdu sans ressource. Il est fichu. C'est autant de fichu.
— HIST. XVI' s. U est bien fichu [il est mal fait, mal bâti], oudin, Curies, fr. Jean fichu l'aisné [un badin], id. ib.
— ÉTYM. Ce que l'on connaît de plus ancien sur ce mot ne remonte pas haut ; aussi ne sait-on guêra comment l'expliquer. Est-ce un euphémisme pour
ne
un mot grossier que la décence exclutT Ou plutôt n'est-ce pas une forme particulière pour donner h fiché un sens spécial et populaire? L'examen de i'historiquo do /ic/icr i, où ce verbe a le sens do mettre avec plus ou moins de vivacité, rend probable cette dernière opinion.
2. FICHU (fi-cliu),î. m. Léger vêtement en pointe dont les femmes se couvrent le cou, la gorge et les épaules. Je conviendrai avec vous que le fichu qu'il a plu aux commentateurs et aux imitateurs d'appeler la ceinture de Vénus, est une image charmante, VOLT. Dict. phil. Anciens et modernes. Elle avait au sein la cicatrice d'une brûlure d'eau bouillante qu'un lichu de chenille Ucue ne cachait pas extrêmement, j. J. Rouss. Cvnfess. y.
— RTYM. fichu (, le lichu ayant été dit ainsi pour designer quelque chose de négligé.
t FICIIURK (fi-chu-r'), s.f. Instrument de pêche, en forme de trident, avec lequel on darde le poisson, d.ins les étangs salés. Faisons en outre défenses aux pOcheurs qui se servent d'engins appelles fichùres, (le prendre les poissons enfermés dans les filets tendus dans les étangs salés, Ordonn. août ni8(.
— ET Y M. Ficher.
t FICIFOUMi:(fi-si-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une figue.
— lîTVM. I.at. ficus, figue, et (orme.
FiCOÏDK (li-ko-i-d'), s. (. Genre {mesemhryanthemum) de jilantes exotiques à feuilles charnues et i. (leurs rayonnees, voisines des cactées et presque toutes originaires du Cap do Bonne-Espérance.
— ÈTYM. Lat. ficus, ligue, et eîôoi;, forme.
f FlCOlUÉ, ÉK (n ko-i-dé, déc), adj. Terme de botanique. Qui a l'apparence d'une figue; se dit des fleurs conjointes qu'enveloppe un réceptacle charnu et succulent. \\S.f. pi. Les ficoïdées, famille de plantes dicotylédones polypétales à étamines périgynes, comprenant uniquement le genre fîcoïde.
— ÉTYM. Ficoïde.
FICTIF, IVK (fi ktif, kti-v'), adj. Qui n'est pas réel. Une misère réelle commençait à succéder à tant de richesses fictives, volt. 5. de Louis XV, 2. Ces monnaies fictives, inventées par la nécessité, et auxquelles la bonne foi seule peut donner un crédit durable, sont comme des billets de change dont la valeur imaginaire ]>eut e.xcéder aisément les fonds qui sont dans un Etat, ID. Charles XII, ». Afin que l'état fictif où je venais à bout de me mettre me fit oublier mon état réel, j. j. rouss. Confess. i. Dans une place fictive, dispensé d'être homme d'État, il n'avait eu à déployer que ses qualités naturelles, les agréments d'un homme du monde et les talents d'un homme de cour, marmontel, Uém. xii. Bernadette fut forcé de choisir [entre l'Angleterre et la KranceJ ; l'hiver et la mer le .séparait des secours ou de l'agression des Anglais ; les Français touchaient à ses ports; la guerre avec la France aurait donc été réelle et présente ; la guerre avec l'Angleterre pouvait n'être que fictive, ségur, Ilist. de Nap. i, 4. Il Terme de docimastique. Poids fictifs, très-petits poids qui ont entre eux des rapports proportionnels à ceux des poids ordinaires, et dont on se sert dans les essais quand on n'opère que sur de faibles quantités.
— ETYM. Voy. FICTION.
FICTION (fi-ksion; en vers, de trois syllabes), s. f. Il 1" Invention de choses fictives. Elle y perdait [dans la lecture de l'histoire] insensiblement le goût des romans et de leurs fades héros ; et, soigneuse de se former sur le vrai, elle méprisait ces froides et dangereuses fictions, boss. Dxich. d'Orl. La poésie épique.... Se soutient par là fable et vitde fiction, BoiL. Art p. m. Et de vos fictions le mélange coupable Môme à ses vérités [du christianisme] donne l'air de la fable, id. ib. Et vous qui vous plaisez aux folles passions Qu'allument dans vos cœurs les vaincs fictions, nxc. Eslh. Prol. Mais, dit-on, si l'on proscrit entièrement les noms des divinités païennes et les fictions fabuleuses, que deviendra la poésie ? cl surtout à quoi se réduira le poème épique, le plus beau de tous les poèmes ? rollin, Traité des F:t.\W.i\, ch. <. La mort finit la scène et la représentation ; chacun dépouille la pompe du personnage et la fiction des titres, mass. Dauphin. Que de terres encor restent à découvri ri La fiction surtout est un pays immense, Camotte, Fabl. iv, 3. Le roi [Charles'il], à qui Waller venait, selon l'usage des rois et des prêtes, de pri'.scnler une pièce farcie de louanges, lui reproche qu'il avait fait mieux pour Cromwell; Wallor répondit : Sire, nous autres poètes, nous réussissons mieux dans les fictions que dnns les vérités, volt. Dict. phil. Hoi. Celui (|ui ajouterait des fictions aux batailles d'Arbelles et de Phaisale glacerait lo lecteur au lieu de l'échauffer, id. Utt. d'Ar-
FID
génial, 7 avr, «777. || Terme de jurisprudence. Fiction de droit, fiction légale, fiction de la loi, fiction introduite ou autorisée par la loi en faveur de quelqu'un. || De fiction, par convention. Le papier monnaie est une valeur do fiction. L'o,r et l'argent sont une richesse de fiction ou de signe, hontkso. Etp. XXI, 22. Il 2° Mensonge, dissimulation. Et comme la jeunesse est vive et sans repos, Sans peur, sans fiction, et libre en ses propos, rêonier, Sat. i. Comme tout ce discours n'était que fiction. Je cachais mon retour et ma condition, cor.-». Vent, v, 8.
— HIST. XIII' s. Car fiction ne renardie A Dieu ne plaisent n'a Marie, Queue de Henarl. || iiv* s. Se il est aussi dcceu par la simulacion et par la fittion de l'autre, adonques est ce' ciiose juste que il accuse celui qui l'a deceu, oresmb, Elh. so*. Fiction poétique, in. Thèse de mkunieh. jj xv* s. Si on fait quel(|ue fiction [comédie] Le jour du sacrement, l'un d'eux Jouera l'annonciation, coquillaut, p. 175, dans LACUSNE. Il veit iUec un chevalier dormant, lequel par fiction ou autrement s'cstoit couvert de son escu, l'erceforest, t. m, f" H7. Il faut respondre que fortune n'est rien, fors seullement une fiction poétique, cohh. iv, 4 2. || xvi* s. Tu crains, pour vrai, que mon aiïeclion Soit composée avecque fiction, marot, i, 300. Ainsi qu'il est traicté bien au long en l'hystoire de Troye, combien qu'il y ait aucunement de la flxion poétique, Roiier hist. 11, 1 .
— ÉTYM. Provenç. ficxio, fiction; espagn. ficcion; ital. fizione ; du lat. jictionem, de fictum, supin de fingere, feindre (voy. feindre).
FICTIVEMKNT (fi-kti-ve-man), adv. Par fiction. La cause de la chute de cette pièce [tirée des Voyages de Gulliver] est (|ue le public n'a pu soutenir au thé.ltre des hommes fictivement petits, Marivaux, Specl. franc, dans dT'.stontaines.
— ÉTYM. Fictive, et le suIfLve ment.
FIDÊICOMMIS (fi-dé-i-ko-mi), s. m. Terme de
droit. Don ou legs que celui qui reçoit la libéralité doit remettre à une autre personne. || On entend plus habituellement par fidéicommis la disposition simulée faite en apparence au profit de quelqu'un, mais avec l'intention secrète de faire passer lo bénéfice à une autre personne qui n'est pas nommée dans l'acte. Le fidéicommis a ordinairement pour but d'avantager une personne à qui la loi défend do recevoir. || Fig. Quoique vous m'ayez adressé la lettre, monsieur, je sens que ce n'était qu'un fidéicommis pour Mme du Chàtelet, volt. Lett, en vert et en prose, 34.
— ÉTYM. Provenç. fideicomis ; espagn. fideicomiso ; ital. fedccommisso ; du lat. fideicommissum, de fidcs, foi (voy. ce mot), et commissus, confié, commis (voy. commettre).
FlUfilCO.MMISSAIIlK (fi-dé-i-ko-mi-sê-r' ) , adj. Qui a rapport au fidéicommis. Héritier fidéicommissaire. Substitution fidcicommissaire. || S. m. Fidéicommissaire, celui à qui la libéralité doit être remise en exécution du fidéicommis. On oppose l'héritier fidéicommissaire à l'héritier fiduciaire.
— ÉTYM. Lat. fidcicommissarius.
t FIDfilSTE (fi-dé-i-sf), s. m. Terme de philosophie catholiciue. Se dit de ceux qui mettent la foi avant la raison, ou plutôt qui absorbent la raison dans la foi ; synonyme de traditionnaliste.
— ÉTYM. Lat. fides, foi
FIDÉJUSSEOR (fi-dé-ju-sseur) , s. m. Terme de jurisprudence. Caution, celui qui s'oblige pour garantir une dette.
— ÉTYM. Lat. fidejussorem (voy. fidéicssion). FIDÉJUSSION (fi-dé-ju-ssion) , s. f. Terme de
droit. Cautionnement. Il Action du fidéjusseur.
— ÉTYM. Lat. fidejussionem, de fides, foi, etjussio, commandement (voy. jussion).
■f FIDÉJUSSOIRÉ (fi-dé-ju-ssoi-r'), adj. Terme de droit. Oui a rapport à la iidéjussion.
— HIST. XVI' s. N'aura le dit arresié provision de son corps ou biens arrestez, qu'il n'ait baillé caution fidejussoire de fournir le jugé, tant pour le principal que despens, Coustum. génér. t. i, p. 630.
— ÉTYM. Voy. FIDÉJUSSION.
FIDËLE (fi-dè 1'), adj. \\ 1» Qui garde la foi donnée, les engagements pris. Ah! mon fils, qu'il est partout des traîtres ! Qu'il est peu de sujets fidèles à leurs maîtres, corn. Nicom. v, 8. Je vous suis aussi fidèle sur l'eau que sur la terre, sÉv. 21. Les Écossais, à qui il (Charles I"] se donne, le livrent aux parlementaires anglais ; et les gardes fidèles de nos rois trahissentle leur, boss.' iJcinc d'/4n<;/e<. Soyonsnous donc au moins fidèles l'un & l'autre, rac. Mithr. I, 6. Hobbes, si fidèle à son infortuné monarque Charles I", volt. Jenni, 6. Keviens me
FID
joindre ici, sois fidftle, ou je coum Livrer au peuple entier mon secret et mes jours, c. delav. Porta, m, 4. Il Être fidèle à.... ne pas manquïr à.... Etre fidèle à ses principes. Un homme est plus fidèle au secrtl d'autnii qu'au sien propre, la bruy. m. Ce cœur sera fidèle i tes secrets desseins. Et ce bras combattra l'ennemi des Romains, volt, nome sauv. u, 3. Il Être fidèle à.... avec un infinitif. Afin que ce qui était caché dans votre cœur fût découvert, et que l'on connût si vous seriez fidèle ou infidèle à observer ses commandements [de Dieu], sACi, Bible, Deutér. vjii, 2. Si tous êtes fidèle à ne pas chercher les occasions, vous ne sauriez répondre de cellequi vous cherchent, iiass. l'rofess. relig. Serm. 1 On veut qu'ils aient été tous également fldèl« à garder ce secret, également jaloux d'une gloire qu'ils pouvaient changer contre une autre, fowte.n. Maleri'iu. jj 2» Dont les alTections ne changent pas. Il est plus difficile d'être fidèle à sa maîtresse quand on est heureux que quand on est maltraite, la ro- CHEF. ttéfl. mor. 331. Oui, puisque je retrouve un ami si fidèle. Ma fonune va prendre une face nouvelle, RAC. Andr. 1, 1. le pars fidèle encor, quand je n'espère plus, id. Dércn. 1, S. Pour comble de bonheur, il avait retrouvé sa ma'jtresse fidèle, gen- Lis, Veillées du chdt. t. m, p. i2i, dans pouoens. Il Femme fidèle, femme qui ne viole pas la foi conjugale. Je rêve à l'écorce d'orange (le roi de Prusse avait comparé Voltaire à une écorce d'orange que l'on presse et qu'on jette] ; je tâche de n'en rien croire; mais j'ai peur d'être comme les cocus, qui s'efforcent à croire que leurs femmes sont trèsfidèles, VOLT. Lett. Urne Denis, 29 oct. 4751. || Il se dit aussi des sentiments eux-mêmes. Amitié, amour fidèle. L'agrément de cette fidèle passion, sf.v. 5)6. Il 3° Particulièrement, en parlant d'un employé, d'un domestique, etc. qui ne commet point de soustractions. Un caissier fidèle. Celle-ci est adroite, soigneuse, diligente, et surtout fidèle, et vous savez qu'il faut maintenant de grandes précautions pour les gens que l'on prend, mol. Mal. imag. 1, 6. Quoi I l'avez-vous surprise à n'être pas fidèle? ID. F. sav. 11, 6. || 4° Qui professe la vraie religion. Le peuple fidèle a presque toujours été faible, opprimé, persécuté, mass. Car. Vérité de la religion. || 5° Qui ne s'écarte point de la vérité. Fidèle en ses paroles, incapable de déguisement, sûre à ses amis, boss. Duch. d'Orl. Et Dieu Irouvé fidèle en toutes ses menaces, rac. Athal. i, t . Le plus tendre de vos admirateurs, lo fidèle témoin de ce qui se passe dans voire belle 4me, volt. Lettre au prince royal de Prusse, 30 mai i 738. || Exact , conforme à la vérité. On nous faisait, Arbate, un fidèle rapport, rac. Mithr. 1, i. || Une mémoire fidèle, celle qui retient avec une grande exactitude. Sa mémoire est fidèle ; et, dans tout ce qu'il dit. De vous et de Joad je reconnais 1 esprit, bac Athal. Il, 7. Il Souvenir fidèle, souvenir exact et durable que l'on a d'une chose. || Présage fidèle, présage auquel l'événement a répondu. Ô d'un trouble inconnu présage trop fidèle I corn. Oth. v, 6. I) Miroir, glace fidèle, celle qui reproduit exactement les traits, le teint. || Traducteur fidèle, traduction fidèle, traducteur, traduction qui reproduit exactement l'original. En voulant donner une traduction plus fidèle, il craint de giter un ouvrage qui a eu du succès, d'alemb. Lett. au roi de l'ruste, (0 déc. (773. Il 6" Il .se dit des choses qui accomplissent ce qu'on en attend. Un service fidèle. Va, tu me veux en vain rappeler i la vie; Ma haine est trop lidële et m'a trop bien servie, corn. Rod. v, 4. Vois si j'en puis attendre un fidèle .secours, hac. Drit. 1, 4. Il Fig. Il se dit aussi de certaines choses dont on veut marquer la continuité, la constance. Les souvenirs me sont restés fidèles, oérano. lion vieillard. || 7' S. m. Ami dévoué. C'est .son fidèle. Il 8° Celui qui a la vraie foi. Il [saint Ambroise] en p.\rle comme d'un parfait fidèle, plêch. Uist. de TlUod. IV, 30. Lequel des deux fait un usage plus sensé de sa raison, ou le fidèle qui croit, ou l'incrédule (pii refuse de croire? mass. Carême, Vérité de la religion. L'autorité <iui exige la soumission du fidèle est la plus grande, la plus respectable, la mieux établie qui soit sur la terre, id. «6. Notre siècle est plein de ces demi-fidèles qui, sous prétexte de dé{>ouiller la religion de tout ce que la crédulité ou les préjugés ont pu y ajouter, ûtent à la foi tout le mérite do la soumission, id. ili. Il 9° Dans les temps mérovingiens, les compagnons du prince. Tacite les déiigne [les volontaires qui, chez les Germains, suivaient les princes dans leurs entreprises] par les noms de compagnons ; la loi salique, par celui d'hommes qui sont sous la foi
FID
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l'ii roi; les formules de M.irculfe, pnr celui d"aniiustions du roi ; nos premiers historiens, par celui de leudes, de fidèles; et les suivants, pur celui de vassaux et seigneurs, MONTESQ. Esp. XXX, 10. Chamarré de vieux oripeaux , Ce roi, grand avaleur d'impôts, Marche entouré de ses fidèles, bérano. Ch. le Simple.
— HIST. XI" s. An la sameine [semaine) qued il s'en dut aler, Vint une voiz treiz feiz en la citet. Hors dei sacrarie [sanctuaire] par cumandement Deu, Ki ses fideilz si ad tuz amuiet [rendus muets), SI Alexis, Lix. Que jel suivrai od mil de mes fedeilz, Ch. de Roi. VI. Il XII* s. Recevez le conseil, sire, e l'asensement De celui qui vus est fedeilz veraiement, TU. le mari. 8ii. E jo susciterai à mun oes [à mon besoin] pruveire [prêtre] ledeil ki suluno mun quer se deduirra, /ioiï, p. to.
— ETYM. Provenç. fizel, fiel; catal. fidel, fiel ; espapn. et portug. fiel; ital. fedele; du lat. fidelis, de fides, foi (voy. ce mol; voy. aussi féal, qui est le même mot cjue fidèle).
riUÈLEMENT (fl-dè-Ie-man) , adv. D'une manière fidèle, exacte. Une de vos amies vous dira que je suis le meilleur garçon du monde, et que, pour aimer en cinq ou six lieux à la fois, il n'y a personne qui le fasse si fidèlement que moi, voit. LeU. 7«. Dans tous mes maux, je me suis encore conservé ma mémoire tout entière; et je crois qu'elle mo servira fidèlement quand ce sera pour vous , puisque vous y avez autant de part que personno, ID. Lett. 8. Les petits esprits [les sympathies] se sont bien communiqués, et sont passés bien fidèlement de Livry en Provence, sÉv. 42. Au culte des autels nos vierges destinées Gardent fidèlement le dépi't précieux, bac. Brit. v, 8. Qu'elle soit cependant fidèlement servie, id. Bajaî. iv, 5. Encore une fois, le comte de Boulainvilliers a bien raison d'assurer qu'un jésuite ne peut écrire fidèlement l'histoire, VOLT. Mœurs, <74.
— HIST. XIII* s. Feelment li tendre [je lui tiendrai] la promesse de leritage des cieux, Psautier, f*)08. Il XVI* s. Elle [l'histoire] est une fidelle et hardie conseillère aux princes, leurdit hardiment, fidellement et sans aucune crainte leurs vices, nu uaillan, Hist. de Fr. Ép. au roi. Combien fidèlement il avoit versé [il s'était comporté] en sa charge, mont, ii, 35.
— ÊTYM. Fidèle, et le suffixe ment; provenç. fiidmens, fielment, fidelmen; catal. fidelment ; esp. fielmente; îtal. fedelmente.
FIDÉLITÉ (fi-dé-Ii-té), s. f. || 1" Qualité de celui qui est lidèle, attaché à ses devoirs, à ses engagements. La fidélité à ses serments. Quand on veut soutenir ceux que le sort accable, X force d'ctre juste on est souvent coupable, Et la fidélité qu'on garde imprudemment Après un peu d'éclat traîne un long cliàtiment, cokn. Pomp. i, 4. Cette fidélité qu'il garde à ses serviteurs, boss. Hist. ii, c. Votre bonté, madame, avec tranquillité Pouvait se reposer sur ma fidélité, hac. Brit. iv, 2. || Jurer fidélité à un souverain, faire serment de ne manquer à aucun devoir envers lui. Ils avaient été obligés à lui jurer fidélité, Boss. Hist. ii, 8. || On dit de même : jurer fidélité à la con.stitution. || Qualité qui fait qu'on garde la foi promise à un souverain. De sorte qu'on peut assurer comme une vérité incontestable que la doctrine qui nous oblige à pousser la fidélité envers le^ rois jusqu'aux dernières épreuves, est également établie dans l'ancien et dans le nouveau peuple, BOSS. Var. B* avert. § 2a. || Conservation des sentiments tendres entre amis ou amants. Hélas I me gardes-tu Cette fidélité, la première vertu? volt. Alt. II, 3. Une fidélité profonde pour un ingrat qui ne la méritait pas, starl, Corinne, xx, 3. || La fidélité d'une femme, qualité qui fait qu'elle ne manque pas à la foi conjugale. Oh ! ce n'est point légèrement qu'on a donné tant d'importance à la fidélité des femmes, beaumarch. Hère coup, u, 2. || 2° Exactitude, vérité, sincérité. La fidélité d'un historien, d'un récit. Avec combien peu de fidélité rapportez-vous mes paroles, lorsque vous feignez que j'ai dit.... desc. Rép. attx cinquièmes ohjecl. 42. La fidélité de la traduction est reconnuepar M. Dow, et cet aveu ad'aulant plus de poids que tous deux diiïirent sur quelques autres articles, volt. Polit, et législ.Pray. hist. sur l'Inde, xxii. Telles ont été les erreurs et les fautes de majeunesse;j'en ai narré l'histoire avec une fidélité dont mon cœur est content, j. j. boiss. Confess. VI, 11 était impossible de soutenir que l'auteur ne connaissait point le monde, et que le tableau qu'il en présentait manquait de fidélité, genlis, Veill. du châl. t. III, p. 224, dans pouotNs. jj 3" Il se dit de la mémoire retenant bien et exactement. La fidélité de la mémoire, des souvenirs. || 4° Probité. La fidélité d'un caissier. U existe des hommes qui ont
DICT. DE LA r.ANGUE KK.k.NCAISB.
pratiqué ce commerce où la fidélité n'avait pour garant que son utilité même, raynal, Hist. phil. iiii, 22. Cette lettre, remise aux mains de la police, avait révélé toutes les menées au moyen desquelles M. de CzerniclielT était parvenu à corrompre la fidélité des bureaux, thikrs, Hist. du Cons. et de IT.mp. XLiii. Il 5° L'ordre de la Fidélité, ordre militaire de Danemark, composé de dix-neuf des principaux .seigneurs du royaume, et institué, en )670, par le roi Frédéric III. Leur marque est une croix blanche, qui se porte au cou, attachée à un ruban rouge et blanc.
— HIST. XII* s. Feeltez firent e hotnages, Uoman de Itou, V. 9340. Il XV* s. Leduc de Bourgogne alla en la duché de Luxembourg pour renouveler les hommages et les fidélités de ceux de Luxembourg, dont le duc estoit nouvellement seigneur, OL. de la inARCHE, Ut. I, p. 332, dans LACURNE. Il XVI* s. Un honneste gentilhomme avoit rapporté à une damoiselle de la cour quelque chose en fidélité [en confidence] d'une très grande dame, brant. Dames gai. t. II, p. 460, dans lacurne.
— ÊTYM. Provenç. fedeltat, feallat, fellat, feulât, fezautat; anc. catal. feeltat; ital. fedeltà; du lat. fidelitatem, de fidelis, fidèle. L'ancienne forme était fcaltè, feelté.
t FIDÉLIUM (fi-dé-li-om'), i. m. Usité seulement dans cette locution: l'asser par un fidélium, accomplir en bloc quelque obligation; s'aci|uitter légèrement des commissions dont on est chargé.
— HIST. xvi* s. Comme il advient que l'on ait fondé plusieurs obitsen une église, esquels, par long laps de temps et la multitude d'iceux, il seroit impossible de fournir, nos anciens dirent que tout cela se passoit par un fidélium, qui est la dernière oraison dont on ferme les prières des morts, pasquier, Recherches, liv. viii, p. 70o, dans lacurnb
— ÉTYM. Lat. fidélium, génitif pluriel de fidelis et dernier mot de la dernière oraison de la messe pour les morts, oraison qu'on accusait des curés de dire en bloc pour plusieurs services payés séparément.
t FIDES (fi-dès'),i. Terme d'astronomie. Le 37* des astéroïdes découverts entre Mars et Jupiter (en 4 8B5) .
— ÉTYM. Lat. fides, la foi.
t FIDICULE (fi-di-ku-l'), s. f. l'erme d'aslronomie. Une des étoiles de la Lyre.
— ÉTYM. Lat. fidicula, petite lyre.
FIDCCLAIRE (fi-du-si-ê-r') , adj. || 1* Qui a rapport à la fiducie. |{ Terme de droit romain. Héritier fiduciaire, celui qui est chargé de remettre un fidcicommis. {j î* Terme d'économie politique. Qui dépend de la confiance. Monnaie fiduciaire, monnaie de papier. || Circulation fiduciaire, circulation en papier, la circulation en billets de banque, opposée à la circulation en espèces métalliques.
— ÉTYM. Lat. fiduciarius, de fiducia, confiance, de fidere, avoir foi, de fides, foi (voy. foi).
t FIDUCIAIREMENT (fi-du-si-ê-re-man), adv. Terme de droit et de commerce. D'une manière fiduciaire.
— ÉTYM. Fiduciaire, et le suffixe ment.
f FIDUCIE (fi-du-sie), s. f. Terme de droit romain. Contrat de fiducie, contrat par lequel une personne à qui une chose était hvrée comme garantie d'une créance, s'engageait h rétrocéder cette chose lors du payement de la créance.
— ÉTYM. Lat. fiducia, confiance.
t FIDUCIEL, ELLE (fi-du-si-el, è-1'), adj. Terme d'horlogerie. Qui sert à guider. Point liduciel. Ligne fiducielle.
— ÉTYM. Lat. fiducia, confiance (voy. fiduciawe). FIÉ, ÉE (fi-é, ée), part, passé. Remis à la foi de.
Un secret fié à ma discrétion.
FIEF (fièf), s. m. Il 1° Terme de féodalité. Domaine noble, relevant du seigneur d'un autre domaine, concédé sous condition de foi et hommage et assujetti à certains services et à certaines redevances. Les biens réservés pour les leudes furent appelés des biens fiscaux, des bénéfices, des honneurs, des fiefs, dans let divers auteurs et dans les divers temps, montesq. lisp. xxx, <6. Ceux qui ont écrit le livre des fiefs nous apprennent que d'abord les seigneurs purent les fiter à leur volonté ; qu'ensuite ils les assurèrent pour un an, et après les donnèrent pour la vie, m. ib. Celui qui avait le fief avait aussi la justice, qui ne s'exerçait que par des compositions aux parents et des piolits au seigneur, in. ib. 20. Je ne puis douter que dès ce temps-là [le temps des maires du palais] la plupart des fiefs n'eussent été rendus héréditaires, lu. ib xxxi, 7. L'hérédité des fiefs et l'établissement général des arrièic-liefs fteignirent le gouvernement politique et foimùrent le gouvernement féodal ; au lieu de celle
multitude innombrable de vassaux que les roisavaient eus , ils n'en eurent plus que quelquts-uns dont les autres dépendirent, m. ib. 32. || Mg. D'ailleurs. si par les biens on prise les personnes. Le théâti c est UD fief dont les rentes sont bonnes, tORN. l'Itlus. corn. V, 6. Il Fief servant, se disait d'un fief quelconque ;>our en indiquer la dépendance à l'égard de celui dont il relevait et qu'on nommait fief dominant. || On disait dans le même .sens : fief mouvant d'un autre fief || Fief de dignité, celui auque! était attaché un titre, comme un duché, un comté. Il Franc-fief, fief possédé par un roturier, avec concession et dispense du roi, contre la règle qui ne permelUit pas aux roturiers de tenir des fiefs. Il Droits de liancs-fiefs, taxe de francs- fiefs, droit domanial qui se levait de temps en temps sur les roturiers, possesseurs de terres nobles. Lui dire de songer à faire payer les francs-fiefs dans son gouvernement, SEV. 244. Il Arrière-fief, fief mouvant d'un autre fief. || De son domaine faire son fief, donner en fief une partie de son domaine, jj Fief suzerain, fief qui ne relevait de personne ou qui ne relevait que de la couronne. || Fief de corps ou fief lige, celui dont le vassal était tenu par l'hommage lige. Il Fief pairie, fief auquel la dignité de pair était attachée. On disait dans le même sens : les grands fiefs. || 2° U s'est dit aussi de certaines propriétés, autres que les domaines et possédées de la même manière que les fiefs. Le droit de chasse, les essaims d'abeilles pouvaient devenir fiefs.
— HIST. XI* s. Le seignur en ki fiu [dans le f.ef duquel] il maindra, Lois de Guill. 3. Teres et fiez, tant com vos en vuldrez, Ch. de Roi. v. X lui lais-je mes honors et mes fieus, ib. xxiii. Et à mei [qu'il] vienne reconoistre son feu, ib. CLXXxix. || xii" s. E quant en bai unie de lui granz fins tenez, Jugement ensacurtedreitisufferrez. Th. (emart.45. ||xiii*s. Li vileins dit par repruvier, Qu'amur de seignur n'est pas fieuz, marie, Éliduc. Li per furent sape et jugèrent par droit que li rois Phelippes pooit et devoit le fief saisir, que li rois Jehans devoit tenir de lui, Chr. de Rains, p. <33. 11 sont aucun fief c'on apele fiés abregiés [fiefs dans lesquels il est du des services limités], beaum. xxviii, 7. Tuit li home do la conté, <]ui tienent de fief, ont en lor fiés hautes justices et basses, id. Lvni, 4. S'eles [les femmes] tienent fief, eles doivent cel meisme service que uns bons devroit, m. xxix, < 9. Se lions de poesté maint en franc fief, il est démenés comme gentix bons, m. xxx, 44. Et le conte de Champaingne vendi au roy parmi [pour] quarante mil livres les fiez ci apK s nommés, joinv. 204. || xv* s. Si lui donna le jeune roi quatre cents marcs d'esterlins de rente heritablement, à tenir de lui en fief, et à payer chacun an en la ville de Bruges [Edouard III à Jean de Hainaut], proiss. i, i, 27. || xvi* s. Il lui respnndit que ouy, en arriere-fief; mais qu'en proche lief, il tenoit de M. de Vielleville, Cahloix, v, 30. En fiels abonnés [dont les droits casuels sont remplacés par une rente ou redevance annuelle] vendus, ne sont dus quints ni requints, loysel, 574. Les droits dus par le vassal à son seigneur se paient selon la coustume du fief servant; mais la foi et hommage sa doivent faire en la forme du fief dominant, id. 694. En fief de danger, le vassal qui s'en met en jouissance sans le congé de son seigneur, perd son fief, et c'est pour cela qu'il est dit fief de danger, jo. 046. Qui fief nie ou fief rogne, fief perd, laurièke, Gloss du droit fr.
— ÉTYM. Provenç. feu, ficu ; espagn. et portug. feudo; ital. fio, feudo; bas-lat. feudum, feodum; du germanique: lombard, fader-fium, bien paternel; anglo-sax. feoh, bétail ; anc. haut-allem. fihu, fehu, troupeau; goth. faihu, biens, avoir; anc. frison, fia, troupeau et avoir; allem. mod. Vieh, bétail (comp. le latin pecus, et voy. pécore). Feudum, feodum est formé de l'allemand avec l'épenthèse d'un d servant à la prononciation, et venant probablement de h transformation de l'h ; ce d est passé dans féodal, féodalité, feudataire, feudiste. Le sens primitif de fief eut donc biens, avoir; sens déterminé ensuite par l'usage à signifier une espèce particulière de possession.
i FIEFFAL,ALE(fiè-fal, faV), adj. Terme de droit coulumier.Qiii concerne un fief;quiappartientà un fief.
— HIST. xvi* s. Juridiction fielVal, celle qui appirtiont au seigneur feuda! pour les diR"erens meus contre ceux qui sont demeurans en son fief et pour faire droit des plaintes qui appartiennent à son fief, laubière, Glois. du droit fr.
— ÊTYM. Fief.
fFlEl'FANT (fié-fan), s. m. Celui qui donnait une terre à lief.
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t FIKFFE (fiè-f), s. f. En Normandie, tente qui ne diUSre de la vente ordinaire que parce que le prix, au lieu d'être un capital, est une rente perpétuelle ou foncière.
— ÊTYM. Fief.
FIEFKÉ, ÉE (flè-fé, fée), part. passf.\\i' Qui tenait quelque chose en fief. Homme ficlTô. |{ Serpent fieffé, sergent pourvu d'un fief. 11 y avait au cliatelet de l'aris quatre sergents fieffés. Ces lx>nguoil sortaient ri'xemment d'un huissier fieffé du village de Longueil en Normandie, st-sim. 376, 87. Il a ' Oui est donné en fief. Domaine fieffé. || 8" Fig. et familièrement. Il se joint à une appellation injurieuse qu'il renforce, comme si cette appellation était un fief dont on décore la personne. Je veux dire que tu es un coquin fieffé , iiaute- FOCHE, Cocher suppo.'té, se. <8. Et vous, filoux fieffés, ou je me trompe fort. Mettez, pour me jouer, vos fiùles mieux d'accord, mol. l'Él. i, *. Mais quoil si votre p?re est un hourru fieffé Oui s'est de son Tartuffe entièrement coiffé.... La faute à votre amant doit-elle être imputée? id. Tart. il, 3. S'il dit vrai, je suis foUe et coquette fieffée, DESTOucrtES, Phil. mar. u, ». Il a su qu'en ce monde on voit certains savants Oui sont, ainsi que vous, de fieffés ignorants, VOLT, les Stjslèmes.
FIEFFER (fiè-fé), V. a. || l» Donner en fief. Fieffer un domaine. || 2° Aujourd'hui en Normandie, donner en fielfe. X vemiro ou à fieffer, de gré à gré, dix boutiques, .4 /■/îc/ies;udïciatreî à Dives (Calvados).
— liisr. III* s. Li senechals esteit en la contrée nez, Bels chevaliers e granz, c riclies bien feffez. Th. le mari, ta» [Je| Ne iieng, fait sainz Thomas, de lui fius ne hcritoz, Ne rien en barunie; mais tut est cliaritez, Et parmenablo aumosne tut ce dont sui fieffez, ib. 45. || xni* s. X Pasques, en l'an de grâce mil deus cens quarante et huit, mandé je mes homes et mes fievés à Joinville, joinv. 2<i8. Ne sai où faire clamor Des grans maus où sui fievés. Poésies mss. avant <30o, t. m, p. 4His, dans lacubne. il XV* s Fortune qui eslieve Les gens à son appétit Et de ses grans dons les fieve, al. chaktieb, l'oésies, p. 710. Il XVI* s. Tous les nobles de son royaume, ayants terres et seigneuries fieffées et Dommaigécs, cabloix, v, 4.
— ÊTYM. Fief; wallon, fivé, fieffé; génev. un Heffet menteur.
FIEL (fiel), s. m. Il 1° La bile des animaux, humeur jaune contenue dans une petite vessie adhérente au foie. Frottez-lui [à Tobie] les yeux avec ce fiel de poisson que vous portez avec vous; car assurez-vous qu'en même temps les yeux de votre pi're s'ouvriront, et il verra la lumière du ciel, saci. Bible, Tobie, XI, 8. || On ne dit guère le fiel de l'homme; cependant on dit, chez l'homme comme chez les animaux, vésicule du fiel pour désigner le réservoir de la bile. || Fiel de bœuf, extrait de fiel, qui sert à enlever les taches de graisse. || 2' Fig. Amertumes, chagrins, peine. Que tout seul, s'il se peut, je lioive tout le fiel Oue répandrait sur vous la colère du ciel, HAiRET, Sophon. IV, (. Me nourrissant de fiel, de larmes abreuvée, bac. Phèd. iv, t. Hélas 1 aïonpère [Louis XVI] est mort d'une mort bien am^re; Ses bourreaux, ô mon Dieu, m'ont abreuvé de fiel, v. nuGO, Odes, i, 6.113" Haine, animosité, humeur caustique. Ils déchargent tout leur fiel sur l'homme, Boss. II, Démons, 2. Tant de fiel entre-t il dans l'Ame des dévotsi boil. Lutr. i. Des sottises du temps je compose mon fiel, id. Disc, au roi. J'avais tantôt rempli d'amertume et de fiel Son cœur déjà saisi des menaces du ciel, bac. A thaï, m, 3. Porta nt dans le cœur un fiel secret d'amertume contre votre frère, mass. Aveni, Disp. Ce cœur plein d'amertume Répandait malgré lui le fiel qui le consume, volt. Oresie, u, 6. Luther, Zwingle, Calvin avaient des mœurs farouches; leurs discours respiraient le fiel, ID. Mœurs, 432. Jamais surtout mon vers, qu'aucun fiel n'envenime, N immole un honnête homme au besoin d'une rime, millev. X morts. D-... Il Plume trempée dans le fiel, manière d'écrire pleine d'amertume et de méchanceté. Je tremp.ii ma plume dans mon fiel, et cela composa une sotte lettre amère, dont je vous fais mille excuses, sév. Lett. à Bussy, 6 juil. 1670. Quel livre de controverse n'a pas été écrit avec le fiel? volt. Polit, et législ. Avis au public sur les parricides; des suites de l'esprit de parti. || On dit dans un sens analogue : langue trempée dans le fiel. Si votre langue n'est p,is toujours trempée dans le fiel, mass. Carême, Pardon. || lître sans fiel, n'avoir point de fiel, n'avoir ni méchanceté ni rancune. Vous n'avez non plus de fiel qu'un pigeon, dïstouchks. Fausse Agn. il, 2. Cette âme sans fiel ne voyait que clémence et misé-
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ricorde où les dévots ne voient que justice et punition, j. i. Rouss. Confess. vt. Je n'ai point do fiel, et jamais, je l'esp' re, la haine n'approchera de mon Sme, PICABU, Vieille tante, iv, 6. || Se nourrir de fiel, s'abreuver de fiel, vivre dans le mécontentement, la jalousie, la haine. || 4" P'iel de verre, écume qui se forme sur les creusets pendant la fusion. Le fiel du verre qui s'élève au-dessus du verre fondu, n'est qu'un mélange de ces impuretés et des sels, uvrv. Ilin. t. m, p. 3')9, dans pougens. || 6* Terme de botanique. Fiel de terre, la fumeterre et la petite centaurée.
— HisT. xii* 8. C'est deable qu'ore ne fine. Oui es humainscuers met hayne, Fiel, descordance eamertors. Tant qu'il en a fait traltors, benoIt, h, uese. Il xin* s. Et cil donerent en la moie viande fiel, et en la moie soif m'abuvrerentd'aisil (vinaigre], Piauticr, f* 8). En moi n'a ne venin ne fiel; Il ne me remaint rien souz ciel; Tout va sa voie, buteb. 28. Car au chief [bout] de neuf jours, les cors de nos gens que il avoient tuez vindrent au desus de l'yauc, et dit l'en que c'estoit pource que les Uelz en estoient pourriz, jowv. Ha».
— ÊTYM. Provenç. fel; espagn. Met; ital. fêle; du lat. fel; comp. le grec y.ôXo;, bile; allem. CaHe,bile.
t FIELLEUX, EDSÈ (fiè-leû, leû-z"), adj. Qui tient du fiel.
— liiST. ivi* s. La souvenance à toute heure me tente De la mielleuse et fielleuse saison Où je perdi mes sens et ma raison, bonsaud, 68.
— ÉTY.M. Fiel; génev. fielleux, atrabilaire, rancunier, haineux.
FIENTE (fian-t'), i. ,'. E.\crcments de certains animaux, avec l'idée qu'ils sont mollasses ou Uquides. Fiente de vache. Fiente de pigeon. Pendant iju'il dormait, il tomba, d'un nid d'hirondelle, delà fiente chaudesur ses yeux, ce qui le rendit aveugle, SAa, Bible, Tobie, ii, h .
— HIST. xii* s. Deus me conseillera, qui tuz dis m'est prochiens. Oui l'orgueilleus abat, le povre este des fiens. Th. le mart. 97. E tant durad li sièges que l'um vendied le chief de un adne [âne] quatre vinz deniers de argent, e cinc deniers d'argent le sestier de fiente de coloms [pigeon] pur la fiente user en lieu de sel. Rois, p. 369. || xiii* s. Et se usages de bestes est lessiez, ausi comme de brebis ou de mostons, il aura les fiens por lumer le champ, Liv. de just. 4 35. Il XVI* s. Elle [la créature humaine] se sent logée icy parmy la bourbe et le fient du monde,
— ÊTYM. Picard, fien, fumier; Berry, fient ; norm. fian ; provenç. fenta, fenda, fienda ; catal. fempta. Le sens propre est fumier; la forme ancienne est fien, provenant du latin fimus, fumier; d'où on a tiré un nom féminin avec l'épenthè.se d'un t, aidé en cela par le latin fimctum, lieu rempli de fumier, quia le (.
t FIENTE, ÉE (fian-té, tée), adj. Terme rural. Qui est fumé, amélioré par des engrais.
— ÊTYM. Fiente, fient, dans le sens ancien de fumier. FIENTEB (fian-té), v. n. Rendre de la fiente.
— lllST. XV* s. Fienter la terre [y mettre du fumier], llist. de la toison d'or, t. i, f° 67, d,\ns lacuB.NE. Il xvi' S. Et les poules par ne pouvoir entrer dans l'eau ne la remueront avec les pieds etn'yfienteront, o. de sebres, 349.
— ETYM. Fiente.
4. FIER (fi-é), je fiais, nous fiions, vous fiiez; que je fie, que nous fiions, que vous fiiez, v. a. Il 1° Commettre à la foi de quelqu'un. Je lui fierais tout ce que j'ai au monde. Ciel I à qui voulez-vous désormais que je fie Les secrets de mon âme et le soin de ma vie'? coBW. Cinna, iv, 3. Je vous fie son salut en toute assurance, scabb. Ztom. com. u, «9. Il Fig. Cher prince, dont je n'ose en mes phisdoux souhaits Fier encor le nom aux murs de ce palais, CORN. Rodog. m, 3. || %• Se fier, v. réfl. Mettre su confiance. Souvent qui trop se fie aussi trop se hasarde, rotb. Antig. ii, 4. ||Se fier à quelqu'un ou à quelque chose, s'assurer sur quelqu'un ou sur quelque chose. Le plus sûr est, ma foi, de se fier à nous, MOL. Éc. des mar. i, 4 . Il ma semble qu'on peu! se fier & vos paroles, s6v. 43. Je jurai de ne me plus fier aux physionomies, id. 233. Osée, roi d'israôl, s'était fié au secours de Sabacon, boss. Uist. i, 7. Ouoil Narcisse, tandis qu'il n'est point de Romaine.... Qui, dès qu'à ses regards elle ose se fier, Sur le cœur de César ne les vienne essayer, bac. Bril. Il, 2. Vous fiez-vous encore à de si faibles armes? m. Iphig. v, 2. il Ne pas se fier à ses oreilles, ne pas croire ce qu'on entend. X peine je me fie encore à mes oreilles, corn. Poly. iv, b. || Ne pas so fier à ses yeux, ne pas croire ce qu'on voit. || Se fier à
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quelqu'un de quelque chose, avoir confiance en quelqu'un pour cette chose. Il y a d'autres esprits d'une plus haute élévation, à qui il [le prince] peut se fier de plus importants emplois et donner une plus noble part en ses desseins, balz. De la cour, *" dise. Personne X qui de mon secret je m'osavie fier, tit- ONIKB, Élég. V. Harpalus à qui le roi s'était fié de la garde des trésors, vaucklab, Q. C. 664. Seigneur, voulez-vous bien TOUS en fiera moiTcoBi». A'icom. IV, ». S'ils voulaient se fier à la compagnie faa sénat de Rome] de la réparation, boss. llist. m, «. Fiezvous aux Romains du soin de son supplice, bac ilithr. v, 6. Ce n'eût pas été au comte de Melfo-d qu'on se fût fié d'un dessein de celte importance, ST-siM. 87, (37. Il Se fier en, mettre sa confiance. Ma volonté ne se fie pas en ma mémoire des choses de cette importance-là, et elle me représente à toute heure que j'ai cela à (aire, jusqu'à ce qu'il soit fait, VOIT. I.elt. ut. Qu'ils [les lecteurs! repd.isentst longtemps et si souvent cette considération [l'incertitude des sens] en leur esprit, qu'enfin ils acquièrent l'iLibitude de ne plus se fier si fort en leurs sens, DKSC. Bép. aux secondes abject. «7. Je vous maiiderai toujours sincèrement comme je suis; fiez-vous en moi, sÉv. <o juil. (676. || Sefier sur, compter sur. Il se fiait assez sur la modération de ce prince et sur sa propre grandeur pour ne rien craindre de sa part, d'ablanc. Tacite, 174. Mafoi,surravenir bien fou qui se fiera, rac. Plaid, i, l . Et lorsque avec frayeur je parais à vos yeux. Que sur mon innocence à peine je me fie, id. Brit. ii, », Sur l'avenir insensé qui se fie, lo. Atlial. u, 9. Je sais vous estimer autant que je vous aime. Et sur votre vertu me fier à vous-même, volt. Zaïre, l, i. \\ Se fier de quelqu'un, compter sur lui (tournure qui a vieilli). Aspathine et Gobrias, les premiers des Perses et de qui plus il se fiait [Otanèsl, p. i. cour, ii, i»6. On no dit plus aujourd'hui celui dont ou duquel je me fie, ni la personne de laquelle je me fie, il faut dire : celui en qui ou à qui je me fie, Acad. Observ. sur Vaugelas, p. 666, dans poioens. || Fiez-vous-y, se dit par antiphrase pour avertir quelqu'un de ne pas se fier à une personne ou à une chose. Oui, fiezvous-y, à cette physionomie si prévenante, qui disparaît un quart d'heure après, pour laire place à un vi-sage sombre, mabivaux, Jetix de l'amour et duhas I, 4. Il Fig. Nage toujours et ne t'y fie pas, se dit pour faire entenv.i'e qu'il faut s'aider soi-même, sans trop compter sur autrui.
— HIST. XI* s. Et Olivier en qui il tant se fiet, Ch. de Bol. XLiii. Il XII* s. Fiez la moi, Ilonc. p. îi. Dame, fait-il, ce vous puet moult grever. Que ;vous] vous fiés en vostre seigneurage, ol'esnks. Romancero, p. 409. Ijxin* s. Tant je me fie à .sa prant loiauté, Jà pour autre [elle] ne me devra guerpir, le comte d'anjou. Romane, p. 4 24. Cir trop en sa biauté se fie Qui atent que famé le prie, la Rose, 768». Il XV* s. Les conipaignons de qui il se fioil le plus, PBOiss. i, I, 48. Mais jà pour ce trop ne vous y fiez; C'est tout néant des choses de ce monde, ei'stache deschamps. Séant du monde.... tel court est; foulz s'ifie;... C'est la destruction D'ameet decorps; adieu, court, je te lesse, m. De l'intérieur des cours. Je laisse faire à mon conseil, je me fie en eulx, coMM. II, 6. Pour ce que de tous points ne se fyoit point de ses gens d'armes, id. iv, 4. || xvi* s. Je me fie ayséement à la foy d'aultruy, mont, i, 2». Fier une 0110,56 à quelqu'un, id. i, 27. Je me feusse plus volontiers fié à luy de moy, qu'à moy, m. i, 244. Le duc se fiant [comptant] qu'on n'auroit pas touché à sa bouteille, id. i, îb-i. Et duquel il s'estoit toujours fié, iD. m, 304. En trop se fier a danger, gé- Nix, Récréât, t II, p. 238. Oui ne se fie n'est pas trompé, LEBOLX de linct, Prov. t. n, p. 3»». De qui je me fie. Dieu me garde,coTORAVE. Souvent femme varie. Est bien fou qui s'y fie , fhançoi.» i. La nef qui disjoint nos amours N'aura de moi que la moitié; Une part te reste, elle est tienne; Je la fie à ton amitié. Pour que de l'autre il te souvienne, marie stuart. Adieux à la Fratice.
— r.TY«. Provenç. fiar, fiiar; espagn. et portug. par; ital. fidare; verbe roman formé du latin fidus, qui se fie (voy. poi).
f 2 FIER, suffixe répondant au suffixe latin
ficare, et dérivé de facere, faire : falsifier, gratifier, pétrifier, cic.
3. FIER, 1ÈRE (flèr,-fiê-r'}, adj. || 1* Sauvage, farouche. Usité seulement en termes de chasse. Perdrix flores, celles dont il n'est pas facile d'approclier. Il En termes de blason, fier se dit d'un lion q'jï a le poil hérissé. || Fig. Il se dit, en termes de sculpture, d'une pierre dure, difficile i tailler, sujette à éclater. Une pierre Acre. Un marbre fier. || i° Vie-
FIE
lent, qui a l'audace, l'intrépidilù d'une bôle farouche. De fiers coursiers. Combien reçut-il d'avis secrets que sa vie n'était pas en sûreté ! et il connaissait, dans le parti, de ces fiers courages dont la force milheureuse et l'esprit extrême ose tout et sait trouver des exécuteurs, Boss. le Tellier. Quelque fier qu'il puisse être, il n'est pas invincible, rac. Théb. IV, < . Attaquons dans leurs murs ces conquérants si fiers, id. Milhr. m, <. Et le seul nom de Rome étonne les plus fiers, id. ib. iv, o. X la fois fier et rusé, Kutusof savait préparer avec lenteur une guerre tout à coup impétueuse, sÉcun, Ilist. de Nap. VIII, O. Si le reste [de l'armée russej se retirait en si bon ordre, fier et si peu découragé, qu'importait le gain d'un champ de bataille? iD. th. VII, fi. Il Kig. Brisa les fiers remparts et les portes d'airain, bac. Esth. m, 4. || 3° En un sens particulier, qui a un orgueil se montrant dans la contenance, dans les maniires. La belle était pour les gens fiers, la font. Fahl. iv, ( . Certaine fille un peu trop fitre Prétendait trouver un mari.... id. ib. vu, &. Est-ce là, dira-t-il, cette fière Hermione? RAC. Andr. u, 4. Le fier Assuérus couronne sa captive, ID. Esth. I, * . L'état le plus libre de la nature [le royaume de l'air] a donc aussi ses tyrans [les aigles], et malheureusement c'est à eux seuls qu'appartient celte suprême liberté dont ils abusent, et cette indépendance absolue qui les rend les plus fiers de tous les animaux, bufp. Ois. t. xi, p. no, dans poL'GENS. || Molière a dit fier à quelqu'un, pour signifier : montrant de la fierié à l'égard de quelqu'un. Oh ! qu'elles nous sont bien ficres par notre faute! Dép. am. iv, 2. || Être fier comme un Ecossais, avoir beaucoup d'orgueil, les Écossais qui jadis étaient souvent au service de nos rois, passant pour être très-orgueilleux. Ramsay lui répondit qu'on pouvait se rencontrer , et qu'il n'était pas étonnant qu'il pensât comme Fénelon, et qu'il s'evprimAt cçmme Bossuet ; cela s'appelle être fier comme un Écossais, volt. Dict. phil. Plagiat. Il On dit aussi : fier comme Artaban, du nom d'un héros de roman; et fier comme un gueux. Il Terme de manège. Se dit du cheval pour exprimer qu'il se redresse vivement à la moindre parole qu'on lui adresse. || Il se dit de la conduite, de la contenance, du ton, des actions, des discours, etc. Une attitude, une démarche fière. Une mine fière. Mon cœur, d'un fier mépris armé contre leurs traits, RAC. Alex. III, 6. Cet air fier et censeur qui juge de tout, MASS. Avenl, Disp. Tout ce que vous vous êtes permis.... de légers mépris, de fiers refroidissements contre votre frère, id. Car. Fautes légères. Il 4" Qui s'enorgueillit de. Il est fier de cette préférence. Elle est fiire de sa fille. Il se tient fier de ses richesses. U est tout fier d'avoir réussi. Ses amours qu'un rival tout fier de sa défaite Possédait à ses yeux, LA PONT. Fabl. vu, I3. En vain, tout fier d'un sang que vous déshonorez, boil. Sat. v. S'il fuit, ne doutez point que, fiers de sa disgrâce, X la haine bientôt ils ne joignent l'audace, rac. Bajas, i, ) . Il 5° Qui a des sentiments nobles, élevés. Les nuances sont si délicates, qu'esprit fier est un blâme, âme fière est une louange; c'est que par esprit fier on entend un homme qui pense avantageusement de soi-même, et par âme fière on entend des sentiments élevés, VOLT. Dict. phil. Fierté. Mais elle est trop fière ; dites-lui que cela n'est pas bien d'être fière, ID. lico-u. ii, 5. L'empereur et la grande armée gardaient l'un envers l'autre un triste et noble silence ; on était à la fuis trop fier pour se plaindre et trop expérimenté pour n'en pas senlir l'inutilité, SÉGUR, //i.sl. de Nap. xi, I3. || 6" Terme de peinture. Touche fière, touche vigoureuse et hardie. ||0n dit aussi : fier ciseau. || 7° Dans le langage familier, grand, remarquable. Voilà une fière étourderie. X moins qu'on ne l'écorche vif, je prédis qu'il mourra dans la peau du plus fier insolent.... beac- MARCii. llar. de Fie/. J, 4. Tout ça pourtant m'a coûté un fier baiser sur la joue, m. t6. v, t. Savez-vous que cet homme-là vient recueillir ici un fier héritage? PICARD, Collatéral, i, 4. || Ironiquement. Voilà un fier marcheur, il se lasse tout de suite. Cinq mille hommes, voilà une fière armée ! || Le passage au sens populaire de grand, fort, s'est fait par le sens de farouche, violent, méchant, comme dans ce vers : iVlon mal.... pour un temps retenu.... est plus fier revenu, régnier, Êlég. v. Celte acception est ancienne, on peut le voir à l'historique. ][ 8° Subslanlivement. Faire le fier, se montrer fier, orgueilleux. Il fit le fier et ne s'en trouva pas bien, hamilt. Gramm. 9. U ne faut point que vous fassiez tant la (ière, DANCOURT, Bourg, à la mode, m, 6. || Se tenir sur sou fier, garder sa fierté, ne pas condescendre.
M. le prince se mit à rechercher Rose, qui se tint longtemps sur son fier, st-sim. 85, ) lO || Fiers de Neufchâlel, bons barons de Beaufremont, nobles de Vienne, preux de Vergy, riches de Châlons [c'étaient les surnoms des cinq principales maisons de Franche-Comté], PELLissoN, Ilist. de Louis XH^, t. it, liv. VI, p. 264, dans poiigens.
— lllST. XI* 8. Maniiez [à] Carlon al orgulluz, al fier, Ch. de Bol. m. Moult [ilj se fait fier de ses armes porter, «6. lxx. Plus se fait fier que lion ne leupart, ift. lxxxvi. || xii" s. [Il] dist à son oncle par moult fiere raison, llone. p. 40. Moult fier [considérable] doaire [ilj lui a fait otrier, ib. p. 160. Dex ! qui vous sert, 1er gucredon aient, ib. p. ^^3. Icestui [jugement] ferons nous, se n'en trouvons plus fier [cruel], ib. p. 200. Bien savons de Herupe [sur les Herupois] qu'onques treû [tribut] [il] n'en ot; Fier en sont et félon, Sas. xvii. Là veïssiés un fier abate'is; Il n'a cl monde paien ne sarrasin. S'il les veïst, oui pitié n'en prisist, Baoul de C. 253. De Joseph lui souvint cui si altre noef frère Vendirent pur deniers et disrent à lur père Oue dévorez estoit d'icele beste fere. Th. le mari. 06. || xni' s. Ensi dura U assaus moût durs et moût fiers jusques vers l'eure de none, en plus de cent lius, villeh. cm. Car moult [elle] doutoit la bise, qui ert [était] tranchans et fiere, Berte, XL. Si te dirai fiere merveille, la Rose, 244R. Et si li demandai comment Ele avoit non, et qui ele iere ; El ne fu pas envers moi fiere, Ne de respoiidre desdaigneuse, ib. 680. Perte d'avoir est moult legicre; Mais perte d'amis est trop fiere, l'artonop. ms. (° tu, dans lacurnb. || xV s. Et conquirent si fier et si grant avoir, que merveilles seroit à penser et à nombrer, froiss. i, i, 207. Les faits d'amours ne sont point egaulx ; car souvent il y a du doulx et de l'amer; tel cuyde avoir bonnes nouvelles, qui les a fieres et mal agréables, Perceforest, t. m, f° i36.
— ÉTYM. Provenç. fer; espagn. ficro; portug. fero ; ital. fiero ; du ïat. férus, farouche.
l'IER-X-BRAS (fiè-ra-brâ ; Vs se lie : un fîè-rahra-z extravagant), s. m. Terme familier. Faux brave, fanfaron, rodomont. Pour noble on l'est d'abord qu'on fait le fier-à-bras, th. corn. D. César d'Aralos, i, t. Dès que le fier-à-bras vit que don Antoine quittait son poste au lieu de songer à le conserver, il s'en saisit brus'juement, lf.sage, Guzm. d'Alfar. vi, i.\\Au plur. Des fier-à-bras.
— RI£M. Scarron écrit au pluriel fiers-à-bras : Contre ces maudits fiers-à-bras, Gigant. m. Orthographe qu'on ne peut condamner , l'étymologie étant indécise
— HIST. xiii' s Fierabras, C'est anemis [le
démon] qui maint mal brace, du cange, ferrebrachia. Il xiv* s. Trop sunt amheduï soi tenant bras et bras; Plus fort ne fu, de voir [de vrai], de ces deux fierabras, Girart de iloss. v. 404 0.
— ÉTYM. Nom d'un géant qui combattit contre Olivier. L'étymologie est controversée. Du Cange, au moi ferrebrachia, y voit brachia ferrea,des bras de fer, suivant en cela GuiU. d'Apulée qui explique le surnom de Guillaume frère de Robert Guiscard par ferrea dictus habere brachia, et retrouvant brachii ferrei comme surnom de Guillaume IV, comte do Poitiers. Au contraire les éditeurs du poème de Fierabras y voient fera brachia, des bras vaillants, citant une traduction latine du moyen âge qui porte fera-brarhia, et les formes fierebrache de Ph. Mouskcs et ficrbras du xvi» siècle. Dans ces deux cas, le premier a do fierabras est difficile à expliquer.
F1ÈR1':mENÏ (fiô-re-man), adv. \\ 1° D'une manière fièie, hautaine. Regarder fièrement. Moi qui contre l'amour fièrement révolté, rac. Phèdre, 11, 2. Lui, fièrement assis et la tête immobile, id. Esth. ji, i. Rien n'est plus indécent et plus insensé que de décider fièrement sur ce que l'on ignore, mass. Carême, Doutes s. la relig. || 2" Avec courage, bravement. Déjà les deux armées.... Se menaçaient des yeux, et, marcliant fièrement.... corn. Jlor. 1, 4. Ces sénateurs courbés sous le fardeau des ans, Attendaient fièrement sur leur siège immobiles Les Gaulois et la mort avec des yeux tranquilles, volt. llenr. iv. Trop fièrement philosophe pour respecter l'ingratitude sur le trône, et trop sensible à cette ingratitude, id. Lett. Mme Derds, 20 déc. (763. Les veuves indiennes, quelque penchant que tout être sensible ait pour sa conservation, se déterminent assez fièrement au sacrifice de leur vie, raynal, Ilist. phil. I, 8. Ils passèrent fièrement au milieu de la flotte espagnole qui n'osa pas tirer un coup de canon : elle craignait même d'être attaquée et battue, ID. ib. x, )0. Il 3° Peindre fièrement, coucher les couleurs hardiment et à grands coups. Ce tableau
FIE
est fièrement touché. || Fièrement dessiné, dessiné à traits grands et hardis. Le Brun fièrement dessinait, volt. Temple du goût. || Il se dit, dans un sens analogue, des peintures faites par le style. Éné* et Turnus ne sont beaux <iue dans deux ou trois moments; Mézence seul est fièrementdessiné,CHATEAt)B. Génie, Il , Il , to. || 4" Dans le langage populaire, extrêmement, forlement. On l'a fièrement tancé.
— HIST. XI' s. Moult fièrement [il] commence m raison, Ch. de Roi. xv. j| xii* s. Dune l'aveit li buens prestre fièrement regardé, Th. le mart. 44. David guerria fièrement les Philistins, e mult les abaissad, Knis, p. M6. Il xv* s. Ils sacherent les cspées, dont ils se rencontrèrent fièrement et se combattoient main à main, froiss. h. h, fl.
— ETYM. Fière, et le suffixe menl; provenç. feramens; espagn. et ital. fieramente.
t FIËRLIAGE (fièr-li-a-j'), s. m. Action de remplir exactement les tonneaux dans les salines.
t FIERTE (fièr-f), t. f Vieux mot qui signifie châsse et qui s'était conservé dans queUjues églises, comme dans celle de Rouen, pour la châsse de saint Romain, archevêque de celte ville.
— ÉTYM. Lat. feretrum, civière à porter les morts; le mot roman prouve par son accent que, dans le latin d'alors ou latin populaire , fe était accentué et que par conséquent re était bref.
t. FIERTÉ (fièr-té), s. /■. ||1° Qualité d'un courage fier, intrépidité. Sa fierté l'abandonne, il tremble, il cède, il fuit, boil. I.utr. v. ||.4u plur. Ahl si, non plus que vous, je n'ai point le coeur bas, Nos fiertés pour cela ne se re^seml lent pas, corn. Ait. ni, 4. lia- Etat d'un esprit fier, qui s'enorgueillit de ses avantages réels ou supposé». Et n'ayant rien de grand qu'une sotte fierté, boil. Sat. v. Du nom de fierté noble on orna l'impudence, id. ib. xn. Il avait la fierté de ne vouloir rien tenir de moi, fén. Tél. XIII. Tant de jalousies basses et secrètes que nous nous dissimulons par fierté, mass. Aient, Jufiement. La fierté annoncée par l'extérieur est tellement un défaut que les petits, qui louent bassement les grands de ce défaut, sont obligés de l'adoucir ou plutôt de le relever par une épithète: cette noble fierté, volt. Dict. phil. Fierié. Il (Napoléon] marche longtemps tout agité et l'entraîne sur ses pas, sans que sa fierté puisse se résoudre à rompre un si pénible silence; elle va céder enfin, mais en menaçant; il priera qu'on lui demande la paix, comme s'il daignait l'accorder, ségub, Ilist. de Nap. VIII, 9. Il Au plur. Fiertés, actes de fierté. L'humilité corrigera vos jugements désavan tageux et téméraires, vos railleries et vos médisances, vos vaines complaisances et vos fiertés, bourdal. Panég. de St Franc, de Paule, t . C'était une des fiertés du peuple romain de délester, de mépriser, d'humilier les rois, chajipagny, les Césars, Culigula, viii, <. || La fierté d'un vœu, vœu ambitieux. I.a perte de Sjila n'est pas oe que je veux ; Rome attire encor moins la fierté de mes vœux, cobn. Sertor. iv, 2. [{ 3* Qualité d'une âme fière, hauteur de courage. Leur retraite [des serviteurs de Dieu] en vrais biens se voit toujours féconde. Et trouve un plein repos dans la digne fierté Qui leur fait négliger le monde, corn. Imit. m, to. Cette jeune beauté Garde en vain un secret que trahit sa fierté, rac. Iphig. i, î. Ses malheurs n'avaient point abattu sa fierté, m. Ath. 11, B. I.a fierté de l'âme, sans hauteur, est un mérite compatible avec la modestie; il n'y a que la fierté dans l'air et dans les manières qui choque; elle déplaît dans les rois même, volt. Dict. phil. Fierté. \\ Fig. Il se dit (les choses. Et rce'lement, pemlant quelques jours encore, la fierté d'une contenance inébranhlahle pouvait seule appuyer ses négociations, sêgur, Ilist. de Sap. VIII, H. || 4" Il se dit de l'état de l'âme d'une femme qui ne se rend pas à l'amour. Contre un amant qui plaît pourquoi tant de fierté? rac.
Andr. II, < Oui, je te le confesse, J'alfectais à tes
yeux une fausse fierté. De toi j'attends ma joie et ma félicité, De ma sanglante mort ta mort sera suivie, in. Vajax. 11, 1. Les poètes ont eu peut-être plus de raison qu'ils ne pensaient: la fierté d'une femme n'est pas simplement la pudeur sévère, l'amour du devoir, mais le haut prix que son amour-propre met à sa beauté, volt. Dict. phil. Fierté. Elle appela la fierté à son secours; c'est en amour une grande ressource pour les femmes, et qui souvent pour elles fut le supplément de la vertu, genlis, Utle de Clermont, p. 100, dans polgkns. || Au plur. De Dialtrî".'tor l'asile et blesser les bontés Où je me suis sauvé de toutes vos fiertés, mol. Femm. sav. iv, 1. Il 6" Terme de peinture. Fierté de touche, de coloris. Jules Romain donnait beaucoup de fierté i ses tableaux. Le dorique grec a de la fierté. On a dit
FIË
quelquefois la fierté du pinceau pour sigiiifler des touches libre» et hardies, toi-t. Dict. phil. Fierté.
Hisr. XI* s. Puis si chevauchent, Ucusl par si
grant fiorlet, Ch. de Hol. xc. || xji* s. Par graiit fierté [il] a la broine [cuirissel endossée, Ronc. p. 63. Plus a fierté Herupe et Brctaigne et Touraino Que touz li remenanz que mer cloe et a^aine, Sax. xxx. Il xni' s. Or poés oïr estrange fierté que li dus do Venise fist, qui vieils homs estait et rien ne veoit, vjLLEH. Lxxviii. Il xiv S. Il »e pensa que il convendioit que la fierté des courages fust atrempée et aniolie par desacoustumance d'armes, bercheube, I* 1 3. Il XV' s. Et ainsi dura si grant pièce cette baliille . que un lyon de grande fierté dusl estre lassé, llouciq. I, ) i.
— ETYM. Provenç. feritat, fcrdad, fertat; du latin ferilatem, de férus (voy. fier 3) . On trouve aussi, dans les anciens textes, fieror.
t 2. FIEUTÉ, ÉE (fièr-té, tée), <kJj. Terme de blason. Il se dit de la baleine, lorsqu'elle a les dents, les ailerons et la queue de giiouios.
f FlEItTON (fiir-ton), s. m. Terme de monnaie. Nom d'un ancien poids.
— HIST. XIV* s. Nous avons à Lisleen Flandres un fierton de rente sur une maison, du cange, ferto.
— ÉTYM. Angl. farthing, monnaie de cuivre, de l'anglo-saxon feorlhung.
t FlIiCX (fieù), t. m. Terme patois qui se dit quelquefois pour fih en plaisantant. Méot, lui dit le roi, tu me pousses ta famille, tes nièces, tes cousins, tes neveux, tes fleux, p. L. couh. UU. i, (69.
— ÉTYM. Picard, lieux, forme de fils. Et ce dicton picard en l'entour fut écrit : Biaux chires leups, n'écoutez mie MIth tencbent chen fîeux qui crie, la FONT. Fabl. iv < li.
FIÈVRE Ili-'-vr'), s. f. || 1" État maladif caractérisé par l'accélération du pouls et l'augmentation de la chaleur du corps. Un accès de fièvre. La saison des fièvres Convertissez-vous de bonne heure ; n'attendez pas que la maladie vous donne ce conseil salutaire ; que la pensée eu vienne de Dieu cl non de la fièvre, boss. 4* sermon, Car. Pénit. 3. Cependant, à l'entendre, il se soutient à peine. Il eut encore hier la fièvre et la migraine, boil. Sat. X. Dès la nuit qui précéda cette bataille décisive, on a vu qu'une fièvre fatigante brûla son sang [de Napoléon], agita ses esprits, et qu'il en fut accablé pendant le combat, séour, Hist. de Nap. vu, )3. |l Familièrement. Une bonne fièvre, une fièvre forte. Mme de Kochefort est changée à n'être , as connaissable, avec une bonne fièvre double-tierce, BÉv. ï»t. Il Populairement. Avoir les fièvres, être atteint d'une fièvre intermittente. || Familièrement. Sentir la fièvre, répandre une odeur aigre et légèrement nauséabonde qui sort du corps de la plupart des fiévreux. D'honneur, il sent la fièvre d'une heue; allez vous coucher, beaumabcb. Barb. de Séville, III, n. Il F.Tniilièrement. Avoir une fièvre de che val , une fièvre très-violente. || Fig. Tomber de fièvre en chaud mal, tomber d'un état fâcheux en un pire. Mais de fièvre en chaud mal son coeur parla tombé, th. corn. Comtesse d'Orgueil, i, 2. || ."^e dit par une sorte d'imprécation dans les phrases suivantes ; Si vous y manquez, votre fièvre quartaine! mol. l'Êt iv, 8. Que la fitvie te serre, chien de vilain, à tous les diables, lo. l'Âv. ii, ». || 2° Fièvre arthritique, fièvre symptomatique qui accompagne quelquefois la goutte. || Fièvre bilieuse, voy. BIUEUX. Il Fièvre catarrhale, synonyme de lièvre muqueuse, et quelquefois de catarrlie pulmonaire. Il Fièvre cérébrale, voy. cérébral. || Fièvre charbonneuse, réunion de symptômes fortgraves, ayant une grande analogie avec ceux du chuihou. || Fièvre chaude, un des noms vulgaires du délire fébrile. Il Fièvre continue, voy. continu. || Fièvre dccimane, fièvre intermittente, qui revient tous les dix jours. Il Fièvre dépuratoire, celle qui s'accompagne d'un exanthème, parce qu'on suppose que cet exanthème est une dépuration. || Fièvre jaune, voy. jaune. Il Fièvre larvée, voy. LARVE. || Fièvredelait.voy.LAiT. Il Fièvre pernicieuse, voy. pernicieux. || Fièvre pestilentielle, voy. PESTILENTIEL. || Fièvro pourprée, voy. POURPRE. Il Fièvre pseudo-continue, voy. pseudo- CONTINO. Il Fièvre rémittente, voy. rémittent. || Fièvre rhumatismale, voy. rhumatismal. || Fièvre traumatique, voy. thaumatioue. || Fièvre de vaisseaux, voy. VAISSEAU. Il Fièvre vitulaire, voy. vitui aire. Il S' Fig. Émotion, trouble violent de l'âme. Un souffle, une ombre, un rien, tout lui donnait la fièvre, LA font. Fabl. II, <♦. Quand ma fièvre d'espérance fut un peu calmée, j'eus pour de cette résolution, STAËL, Corinne, xiv, 3. Orois-tu que cette fièvre inextinguible, ardente.... Soitl'eiïet passager d'un
caprice UU d'uD jourT arnault, Oscar, iv, 4. Une
fièvre d'hésitation s'empare de lui [Napoléon]; ses regards se portent sur Kief, Pétersbourg et Moscou, SEOUR, Hist. de Nap. vi, ». Depuis huit mois, vos airs de républiiiue Donnent la fièvre à tout bon courtisan , bérang. Belges. Seul avec l'inspiration, cette fièvre divine, ch. de BEHNARn, la Chasse aux amants, § m. || Agitation des esprits. Cette fièvre de rébellion n'était pas encore apaisée. Durant ces jours de commotion, Paris avait la fièvre. Ne craignant point de redire après un impie, que c'étaient [les croisades] des fièvres du temps et des maladies populaires, balz. De la cour, 5* dise. \\ Proverbes. Quand on ne jouerait que des fièvres quartaines, chacun les veut gagner (on dit plutôt aujourd'hui, quand on jouerait des coups de bâton) . || Il a la fièvre de veau, il tremble quand il est soûl, se dit d'un paresseux ou d'un poltron. || Cela est employé comme fièvre en corps de moine, se dit d'un homme qui mérite le mal qu'il soufi're. || Avoir une fièvre de renard qui se guérirait en mangeant une poule, se dit des convalescents revenus à l'appétit.
— HIST. ïii* s. N'out el pais nul homme si plain de fièvre... Th. le mart. »5 || xiii' s. Jà [que madame] ne m'ait en grant vilté Pour la fièvre qui m'est prise, AUBOiNS de sezanne, Romancero, p. t a Tel peor ot coarz li lièvres Que il en otdeus jorsles fièvres, lien. 1 11060. Sire, fait-il, se diex me saut. Bien voi vos avés fièvre ague, J'ai la poison [potion] qui bien la tue, ib. \ 9526. Il XIV* s. Abstinence et repos sontprofelables à celui qui est en fièvre, orksme, Elh. 328. Il XVI" s. Comme est il possible d'aller un pas avant sans fiebvre [frayeur]? mont, i, 72. [Le voleur] fut incontinent représenté devant M. de la Voulte, homme qui a Ù!A passer les fièvres en son temps à maintes personnes [fait exécuter], desper. Contes, Lxxxii. Ils sont subjets aux fièvres tierces, et aux ardantes fièvres quartes, continues, intermittentes, et fréquentes, quintaines, sextaines, pake, Intr. 6. Lupolde, de son costé, se fascha d'estre ainsi interrompu par ce muguet qui toujours estoit en fièvre comme les singes. Contes d'Eutrap. p. «38, dans LACURNE. Au lieu d'une ficvre chaude, j'entre en une continue, puis encore en double quarte, et finalement en une quintaine qui estoit que de cinq jours l'un j'avois la fièvre, pasquier, Lettres, t. ii, p. 860, dans LACUBNE. D'où vient qu'entre François on souhaite la fièvre quarte pour grant maudisson? ID. ib. t. i, p. 616. Il n'y a rime ne raison. Quand on a telles fièvres blanches [le mald'amour], l'Âm. rendu cordel. p. b40, dans lacurne.
— ETYM. Berry, fieuvre, fieuve: picard, les fièves, la fièvre; provenç. febre: catal. febra; espagn. fie- &re;portug. febre; ital. febbre: du lat. febris, que les étymologistes rattachent à (fi6o[uu, trembler, craindre.
FIÉVREUX, ECSE (fié-vreil, vreii-z') , od;'. || l'Qui cause la fièvre. Un pays fiévreux. || Fig. fl'amourj C'est un fiévreux tourment, qui, travaillant notre âme, Lui donne des accès et de glace et de flamme, THÉOPHILE, Sat. I. Il 2* Qui est sujet à la fièvre. Un tempérament fiévreux. || Substantivement. Personne malade da la fièvre. Il y a beaucoup de fiévreux dans ce pays. Fiévreux , buvez votre tisane, Laisseznous fêter notre ami, bérano. Doct. et mal. || 8° Fig. Oui cause une agitation morale comparée à la fièvre du corps. Ce sont des mouvements fiévreux [les actes des stoïciens] , que la santé ne peut imiter, pasc. Pensées, t. i, p. 295, édit. lahurk. Ô tombeaux, vous calmez l'ardeur fiévreuse des jouissances qui troublent les sens; vous reposez l'âme do la lutte fatigante des passions, volnev , Huines, Invocation.
— HIST. XII* s. E les mors [Dieu] fait revivre, mutz parler, surz oïr. Les contraiz [contrefaits] red rescier, gutus, fevrus guarir, Ydropikes, leprus en santé restablir. Th. le mart. 168. La fille à un riche hummo en devint tute saine. Qui out esté fievroso mainte lunge semaine, «6. 85. || xiii's. Homs devient à force amorox. Tôt ensement comme fievrox, Partonop ms. f" (■■'8, dans lacuhne. || xvi* s. La flamme d'une esmotion fiebvreuso, mont, i, 98.
— ÉTYM. Fièvre; Berry, fiivronx; provenç. febros; portug. febroso; ital. febbroso.
FIÉVROTTE (fiè-vro-f), s. f. Terme familier. Petite fièvre. Je dédaigne de m'amuser à ce menu fatras de maladies ordinaires.... à ces fiévrottes, mol. Ual. im. m, )4.
— ETYM. Diminutif de fièvre.
t <.FIFI (fi-fi),i. m. Il 1* Anciennement vidangeur, boueur. Maîtres fili. Ordonnance de sept. 4608. Il 2° Costume de carnaval. || La personne qui porto ce costume.
— Hlsr. xvi< 8. J'eus ung aultro procès bien ord
HG
et bien salle contre maistre fy-fy et ses suppoets, RABEL. t. Il, p. 473, dans lacurne.
— ÉTYM. Fi 4 .
t 2. FIFI (fi-fi), s. m. Petit terme d'amitié qui se dit aux enfants, aux oiseaux.
— ÉTYM. Réduplication de fit*.
FIFRK (li-fr'), *. m. || 1" Petite flûte d'un son fort aigu.Tous indépendantsnousnaissonsAu bruitdu fifre et des chansons, bEbano. lioliémicns . \\ i' Musicien qui joue du fifre. C'est le meilleur fifre do l'armée.
— HIST. XV* s. C'est sans fifre un tabourin,
BASSELII4, LVI.
— ETYM. Espagn. pifaro; ital. pi/fero; deTalIcm. Pfeife, Pfeifer, sifflet; anc. h. allem. pfifa; le mot germanique vient du lalin pipare, pipiare, siffler (voy. pipeaux).
t FIFRKR (fi-fré), V. a. Accompagner du fifre. La guerre étant sonnée. Et fifrée et tambourinée, scahb. Virg. VIII.
t FIGARO (fi-ga-ro), ». m. Barbier spirituel et malin. || Valet adroit et peu gêné par sa conscience.
— ÉTYM. Figaro, création do Beaumarctiais dans le Barbier de Séville, où c'est un barbier poCle, et dans la Folle journée, où il est le valet d'AlmavIva. L'Intermédiaire, Wii, ditquefiyaro était un surnom espagnol et italien signifiant perruquier, venant de cigarror, papilloter, rouler dans du papici (c prononcé à l'espagnol eu sifflant).
FIGR. £e (ri-jé,jée], part, passé. Des huiles figées. FIGH.MKNT (fi-je-man), s. m. Action de figer. Il État de ce qui est figé.
— HIST. XVI* s. Figement, cotcbave.
— ÉTYM. Figer.
FIGER (fi-jé. Le g prend un e devant a ou o: je figeais, nous figeons), v. a. || 1° Congeler, par l'effet du refroidissement, en parlant des liquides gras. L'air froid fige la graisse des viandes. || Par extension. Une goutte de venin entrée dans le sang en fige toute la masse et nous cause une mort certaine, BOSS. Connaiss. ii, ». || 2" Se figer, v. réfl. Être cougelé. L'huile d'olive se fige très-facilement. || Il se dit quelquefois de la coagulation du sang. Celte [l'humeur] qui est rouge, qu'on voit i la fin se figer dans une palette, et qui en occupe le fond, est celle qu'on appelle proprement le sang, boss. Connais. II, ». Il Fig. Ah! vous me faites peur, et tout mon sang se fige, mol. Éc. des f. ii, 2.
— HIST. XIII* s. Figé fcaillé], du cange, figere. Ilxiv* s. Elle s'estoit délivrée et avoit eu un monstre de sangofegie ou char rouge . du canoë, sanguifluus. Il xvr s. Cela rend la chaleur des soudards, en manière dédire, refroidie et figée, amyot, Pomp. »». Le fromage nouvellement figé et coagulé, parE, XVI, 34. I.es Romains souffrirent grand desadvantage au combat qu'ils eurent contre les Carthaginois prez de Plaisance, de ce qu'ils allèrent i la charge, le sang figé et les membres contraincts de froid, mont, i, 264.
— ÉTYM. Dans le latin du moyen &ge, figtre était devenu figëre, et avait pris le sens de finir, .se terminer. Cest celte conjugaison qui a donné figie dans sangofigie. Il est donc vraisemblable que figer est ce figëre, avec une acception nouvelle.
t FIGNOLER (fi-gno-lé), ». n. Terme populaire. Ualfiner, vouloir se distinguer; mettre de la recherche dans sa toilette.
— ÉTYM. 'l'révoui écrit fignoler ou fiuioler ; ce qui le rattacherait à /în, fine.
FIGUE (fi-gh') , s. f II 1° Le fruit du figuier. La figue est un fruit à pulpe molle, délicate et sucrée. Figues blanches. Figues violettes. Figues giasses, grosses figues, brunes et visqueuses. On dit qu'après avoir tenu ce discours, il [Calon l'ancien] jeta au milieu du sénat des figues d'Afrique qu'il avait dans le pan de sa robe: et que, comme les sénateurs en admiraient la beauté et la grosseur , il leur dit: Sachez qu'il n'y a que trois jours que ces fruits ont été cueillis, telle est la distance qui nous séjiare de l'ennemi, rollin, Uist. anc. Œuv. t. l, p. 624, dans poiiQKNs. Les figues sont l'aliment le plus commun en Grèce, en Morée et dans les Iles de l'Archipel, comme les châtaignes dans quelques provinces de France et d'Italie, buff. Suppl. à l'Hisl. nat. Œur. t. XI, p. 4 2», dans pouoens. || Fig. et familièrement. Moitié figue et moitié rai.sin, moitié de gré. moitié de force; bien et mal; partie sérieusement, partie en plaisantant. Il entra dans mes raisons, il courut chez Ninon, et, moitié figue et moitié raisin, moitié par adresse, moitié par force, il retira les lettres de celte pauvre diablesse; je les ai fait briller, sÊv. à Urne de Grignan, S2 avr. 407i. Moitié figue, moitié raisin, avec la fraude en croupe, elle [Mme de Chevreusej arracha le tabouret pour la princesse de Guémenéc,
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FIG
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ST-siM. 6s, 217. Je l'embrassai avec un transport mêlé de tendresse et d'inliJrèt, moitié figue, moitié raisin, lesagk, Estev. Goni. 29. Les Vénitiens faisaient autrefois !e commerce de raisin de Corinthe qui était rare et cher ; ceux du pays où ilsle prenaient, voulant gagner davantage, s'avisirent de mêler des figues parmi le raisin de Corinthe; celte fraude donna lieu au proverbe qui veut dire moitié bon, moitié mauvais, gaignières, dans leroux de lincy, Prov. t. I, p. 73. Il Faire la figue, mépriser, braver, se moquer. Faisaient par leur savoir.... La figue sur le nez au pédant d'Alexandre [Arislote], Régnier, Sat. X. La fraude fit alors la figue au premier âge, iD Sat. VI. Plusieurs se sont trouvés qui, d'échaqe changeant. Aux dangers, ainsi qu'elle, ont souvent fait la figue, r.* font. Fabl. u, 5. Il Cette locution vient de la vengeance prise par Frédéric Barberoussedes Milanais, qui avaient promené ignominieusement sa femme sur une mule; une ligue fut mise dans les parties de la mule, et chaque captif fut obligé d'en retirer la figue avec les dents, ceux qui refusaient étaient mis à mort; rappeler par moquerie cette aventure aux Milanais fut dit leur faire la figue, dont le geste était et est encore de montrer le bout du pouce entre l'index et le médius. Il î" 'l'ermo de botanique. Fruit agrégé, composé d'un grand nombre de caryopses réunis dans un involucre charnu et succulent. || 3" Figue de Barbarie, le fruit du cactier, ou figuier d'fnde, ou raquette, opuntia vulgaris, L. \\ Figue-caque, un des noms vulgaires du diospyre haki (ébcnacées).
— HlST. xir s. Or poez, fait il, esculter Del cher seignor, cum s'humilie; Or nus cuide peler la fie, Ed ot beau parler endormir, benoît, h, 9069. Isaias le fist tut issi, puis cumandad que l'um figes li portast, si en fist un emplastre. liois, p. 4)7. || xiii" s. Cil prince nous ont fet la figue , Fables et contes anciens, t. II, p. 314. Il xvi' s. Elle nous donne de quoy faire la figue à la force et à l'injustice, hoNT. i, 83. Faire la figue à un aveugle et dire des pouilles à un sourd, id. m, m . Les aubicons sont les plus avancées figues, venans vers le mois de juin et juillet, prisées tant pour leur hastiveté, que pour leur grosseur et passable bonté, o. de serres, 7oo.
— ÉTYM. Provenç. figa, figua, fia; catal. figa; espagn. higa; portug. figa; du latin ficus, le même que le grec lOxov, figue. Fêler la figue se disait proverbialement, dans le moyen âge, pour amadouer, tromper en amadouant.
FIGUEIîlE (fl-ghe-rie), s. f. Lieu planté de figues.
— ÊTYM. Lat. ficaria, lieu planté de figuiers, de ficus, figuier ou figue.
FIGUIER (fi-ghié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie :desfi-ghié-z en fruit), s. m. IJl" Arbre de la famille des urticées qui produit la figue (ficus carica, t.). Le fils de Dieu cherche du fruit dans un figuier, et, n'y en trouvant point, il le maudit, BOURDAL. Pensées, t. u, p. 437. || 2° Figuier d'Adam, figuier des banians, le bananier, musa paradisiaca, L || 3' Genre d'oiseaux fort petits. Les oiseaux que l'on appelle figuiers sont d'un genre voisin de celui des becfigues, bupf. Ois. t. ix, p. 4o l , dans pouGENS.
— HIST. xn* s. Li fieis ne florira. Liber psalm. p. 241. jjxm' Ente nule ne boins figiers, Peskiers, ne periers ne noiers, FI. et Bl. 202B. || xvi» s. Nous avons représenté le moien de faire des figuiers nains, o. de serres, 700.
— ÉTYM. Figue; provenç. fiijuicr, et, au féminin, figuietjra; espagn. higueira.
j; FIGCLINE (fi-gu-li-n'), s. f. Vase en terre cuite. Un virtuose potier de son métier [PalissyJ qui s'intitulait inventeur des figulines rustiques du roi des Gaules, volt. Dial. xxix, 1 1 .
— ÊTYM. Lat. figulina, poterie, de figulus, potier, de fingere, former (voy. feindiie), dont le radical est fig ou fie.
t FIGURABILITÊ (fi-gu-ra-bi-li-té) , s. f. Terme didactique. Propriété qu'ont tous les corps d'avoir ou de recevoir une figure.
— ETYM. Figurable.
t FIGURABLE (fi-gu-ra-bl'), adj. Susceptible de prendre des figures. Croire la divinité figurable, en attacher la vertu au Iwis, à la pierre et aux métaux, Boss. Polit, vu, u, 4. Qui vous a dit que les premiers principes de la matière sont divisibles et figurables? volt. Dict. phil. Âme.
— HIST. xiv S. Corps figurable indifferentement de quelconque figure, oresme. Thèse de meunier.
— ÉTYM. Figurer; provenç. et espagn. fiijurable; ital. figurabile.
t I. FIGURANT, ANTE (fi-gu-ran, ran-t'), adj. Qui figure, qui sert de symbole. Les Juifs ont tant
aimé les choses figurantes qu'ils ont mrconnu la réalité quand die est venue dans le temps et en la manière prédite, PASO. Figuratifs, (5, édit. paugèhe. 2. FIGURANT, ANTE (fi-gu-ran, ran-t'), t. m. et f. Il 1» Danseur, danseuse qui a- un rôle dans les corps de b.illcts. Un figurant, une figurante de l'Opira. Il 2- Personnage accessoire ou muet dans une pièce de théâtre.
— ETYM. Figurant {.
FIGURATIF, IVE (û-gu-ra-tif, ti-v'),ad;. || f Qui représente la figure, la forme d'un objet. Plan figuratif. Carte figurative. || Ecriture figurative, celle qui est formée de la représentation des objets. Les hiéroglyphes sont une écriture figurative. || 2° Terme de jurisprudence. Confrontation figurative, acte qui a lieu lorsque, le témoin ne pouvant être présent, on fait usage de sa déposition que l'on communique à l'accusé. Il 3° Terme de grammaire grecque. Lettre figurative ou, substantivement, la figurative, la lettre caractéristique de certains temps des verbes grecs, et, particulièrement, du futur et du parfait, et qui sert à les figurer ou former ainsi que les autres temps qui dérivent de ceux-là. || 4° Qui expose par figure, par symbole. Pour montrer que l'Ancien Testament n'est que figuratif, et que les prophètes entendaient par les biens temporels d'autres biens, PASC. Figuratifs, te, édit. paugère. S'il en était de nous ainsi que de ces victimes figuratives de la loi qu'on ne pouvait offrir à Dieu que lorsqu'elles jouissaient d'une santé parfaite, mass. Panig. Ste Agnès. Dieu n'était jaloux à ce point de la sainteté d'un temple et d'un sacerdoce vide et figuratif [celui des Juifs] qu3 pour nous tracer de loin la pureté angélique qu'e;tigerait le sacerdoce chrétien, id. Confér. Vocation. Je lui expliquai [au chancelier] le fond, la raison, l'esprit de cette grande cérémonie Jle sacre], par l'histoire, et tout ce qu'elle a de figuratif,
— HIST. XIV* s. Sens mystique ou figuratif, oresme. Thèse de meunier. || xvi* s. Ceste parole ne pouvoit estre quelque lueur se monstrajjt seulement par dehors, ou figurative, calv. Instit. se.
— ÉTYM. Provenç. figuratiu; espagn. et ital. fiyurativo ; du latin figuralivus, de figurare, figurer.
fFIGURATION (fi-gu-ra-sion), s. f. \\ l'Action de figurer. La figuration de la prononciation par certaines combinaisons de lettres. {| 2° Figure particulière d'un minéral. L'organisation a, comme toute autre qualité de la matière, ses degrés et ses nuances, dont les caractères les plus généraux, les plus distincts, et les résultats les plus évidents, sont la vie dans les animaux, la végétation dans les plantes et la figuration dans les minéraux, bufp. Min. t. i, p. 6, dans POUGENS.
— HIST. xiv s. Roonde figuration est de gregnour [plus grande] capacité, h. de mondeville, f 13. Il XVI* s. Cette figuration [après une description du cancre] est celle d'un escornifleur poursuyvant de repeue frarxhe, amyot, Comment discern. le flatt. de l'ami, n.
— ÉTYM. J'rovenç. figuracio; ital. figuraiione ; du latin figurationem, de figurare, figurer.
FIGURATIVEME.NT (fi-gu-ra-ti-ve-man), adv.
D'une matière figurative. Représenter un pays figura tivement.
— ÉTYM. Figurative, et le suffixe ment. Dans le XIV* siècle on a dit figuraument.
FIGURE (fi-gu-r'), s. f. \\ 1° La forme extérieure d'un corps. La figure de la terre. Leur utilité particulière [des égoïstes] se présente partout à eux, comme à cet ancien malade sa propre figure, qu'il voyait perpétuellement devant lui, balz. De la cour, B* dise. Il y a cette différence entre la forme et la figure, que la forme est la disposition extérieure des corps qui sont animés, et la figure la disposition extérieure des corps qui sont inanimés, mol. llar. forcé, se. 6. Pour Dieu I ne prenez point de vilaine figure, ID. Et. II, 5. Son stratagème ici se trouve salutaire; Mais, près de maint objet chéri, Pareil déguisement serait pour ne rien faire; Et ce n'est pas partout un bon moyen de plaire Que la figure d'un mari, id. Amph. Prologue. Et de ces blonds cheveux, de qui la vaste enflure Des visages humains offusque la figure, id. Êc. des mar. i, 4 . Sans cesse on prend le masque, et, quittant la nature, "n craint de se montrer sous sa propre figure,
BoiL. Ëp. IX Caligula, Néron, Monstres dont à
regret je cite ici le nom. Et qui.... ne conservant que la figure d'homme.... rac. Bér. ii, 2. C'est sans doute quelque divinité sous une figure humaine, FÉN. Tél. XVII. 11 prend d'un simple enfant la figure fit la voix, VOLT. Henr. ix. Sa courbure naturelle, qui se termine en pointe aux deux extrémités, lui
donne la figure d'un croissant, baynal, Ilist. phil. XVI, 2. Il C'est une plaisante figure d'homme, se dit d'un homme très-mal fait, ou ridicule par sa tenue et ses manières. \\ Dans le langage de la dévotion. La figure du monde, les choses qui y adviennent. Le monde est une figure trompeuse qui passe, flBch. tf. de Uontausier. Si la figure du monde nous amuse et nous éblouit, mass. Carême, Prière 2. Il Faire amende honorable avec les figures, se disait autrefois d'un criminel qui faisait amende honorable, la corde au cou, tenant à la main une torche allumée. || 2° Le visage de l'homme. Une fUjure imposante. La jolie figure d'enfant ! Être bien de figure. Je connais cette figure-là. Est-on d'une figure à faire qu'on se raille? mol. Psyché, i, (. Jusquesà sa figure |à deviner quelle était sa figura] encorlachose alla, Et je vis, par Icsversqu'àla tète il nous jette. De quel œil il fallait que fut fait le poète. II). F. sav. i, 3. LUe laissait aller cela [ses charmes] comme il plaisait au Seigneur, sans employer l'art pour faire valoir ce qu'elle tenait de la nature; mais, malgré cette nonchalance pour ses attraits, sa figure avait quelque chose do si piquant, que le chevalier de Grammont s'y laissa prendre d'abord, hamilt. Gramm. 4. Et quoi celte vieille figure Viendra-t-elle toujours troubler nos entretiens'' destouches, Glor. iv, 2. Pour M. le chevalier de la Tremblaye, tout ce que je sais, c'est qu'il doit réussir auprès des hommes par la douceur de ses moeurs, et auprès des dames par sa Ugme, VOLT. Lett. d'Alembert, 9 janv. 4786. [X un coup de vent qui amena l'hiver] tout changea, les chemins, les figures, les courages ; l'armée devint morne, la marche pénible; la consternation commença, sÉGUH, Hist. de Nap. ix, 7. || Absolument. Avoir de la figure, avoir une figure qui se fait remarquer. Placez-vous; comment donc? elle a de la figure, favart, Soliman II, i, «. || 3° L'apparence, la contenance, les manières. Un orgueil qui se cache sous la figure de l'humilité. Chacun fait ici-bas la figure qu'il peut, mol. Fem. sav. m, 2.. Je vous laisse à penser si, dans la nuit obscure. J'ai d'un vrai trépassé su tenir la figure, id. Éc. des f. V, 2. Enfin, comme il en fut tout à fait déchu, il se résolut à dire ce qu'il avait dans le cœur, et à se donner la figure d'un martyr, boss. Var. vu, § <o;j. Mlle Varthon rougissait, et ne savait quelle figure faire, mariv. Marianne, 8* part. Observez quelle sotte figure il y fera, j. j. bouss. Ëm. v. || Familièrement et par ironie. De bonnes figures, des personnes dont on se raille, qui ont quelque ridicule. Nous aurons de bonnes figures li dedans, genlis, Thédt. d'éduc. les Dangers du monde, m, 7. Que t'en semble? quelles tournures! Ils sont bien généreux vraiment De montrer gratis des figures Qu'on irait voir pour de l'argent, scriue et o. delavigne, la Somnambule, i, 9. |{ Faire figure, se dit quelquefois pour figurer, occuper une certaine place. Le corps avec l'esprit fait figure, mon frère; Mais, si vous en croyez tout le monde savant. L'esprit doit sur le corps prendre le pas devant, mol. F. sav. n, 7. Il Fig. Faire figure, une figure, avec une épithète, être dans une position signifiée par l'épithète. Je fais figure en France assez considérable, mol. Fdch. I, B. C'est votre malheur et lésion [du chevalier de Grignan] qui l'empêche d'être en un lieu [Versailles] où il ferait une si bonne figure, et si utile pour sa famille et pour son neveu, sév. 604. M. d'Avaui fait en cette occasion la plus belle figure du monde, id. B25. Elle fera i son retour une glande figure, id. 238. Et, riche en apparence, Je fiis une figure égale i ma naissance, destoU';iies, Glor. IV, 7. L'espoir d'y faire bientôt ime figure digne de moi, J. j. Rouss. Conf. u. Les ennemis de la raison font dans ce moment assez sotte figure, d'alemb. Lett. à Voltaire, *i mars <7fl2. Honorablement employé dans la police, ou gendarme, vous tiendriez un rang, feriez une figure, p. l. cour. Pamphl. dei pompW. Il Faire quelt|ue figure, avoir une certaine position, un certain crédit. On sait qu'auprSs du roi je fais quelque figure, mol. Jfi's. 1, 2. Il Absolument. Faire figure, être dans une situation avantageuse, paraître beaucoup, dépenser beaucoup. Et qu'importe? je fais figure, je vis, je me réjouis, les dupes payent tout, mon fonds ne s'altère pas, dancourt. Déroute du pliaraon, se. 3. Pourvu qu'on trouve le moyen de faire figure dans le monde, boss. Variât. (.->. i|Lo chevalier de la tri.ste {if;aTe , nom que prit Don Quichote.jl Se dit aussi en général, et par allusion, de quelqu'un qui a l'air maussade. C'est un vrai chevalier de la triste ( gure. || Faire triste figure, avoir une mine piteuse; et fig. jouer un rôle misérable en
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quelque a(Taire. || *• Représentation de certains objets. Fipurcs d'animaux, de plantes Figures symboliques. Un livre orné défigures. || 6-Terme d'arts. Repréiîentation d'un personnage. Il n'y a que deux tlgurcs dans son tableau. Figure équestre. Figure en bronze. || Figure de proportion académique, se dit quelquefois des ligure» de îo à 24 pouces, cette dimension étant celle qui est en usage pour les études des élèves de l'Académie. || Demi-figure , celle qui ne présente que le haut du corps, depuis la ceinture. || Par plaisanterie. Figure à louer, figure inutile dans un tableau. || Terme de marine. La statue, le busle que l'on place au bout de la guibie, en dessous du beaupré. || 6° Terme d'arcliiteclure. Trait que l'on fait de la forme d'un bâtiment pour en lever les mesures. {| Terme de relieur. Figures plates , celles qui , se rapportant avec le cadre du livre , ne nécessitent aucuns plis. Il 7° Terme de danse. Chemin décrit par les danseurs suivant certaines lignes déterminées, qui, représentées sur le papier, y formeraient une sorte de fipruro géométrique. Les figures les plus simples sont celles des danses tournantes comme la valse', la polka, etc. qui se réduLsent à un cercle ou une ellipse. La plus simple et selon toute apparence la plus ancienne figure chorégraphique, celle qui consiste à tourner en rond jusqu'à ce que l'haleine manque ou que le jarret fiéchisse, en. de BEhNARO, Je Gentilhomme campagnard, ii, § ♦. || Par une métonymie naturelle, on appelle aussi figures les danses qui sont figurées d'une manière particulière. L'été est une figure, la poule en est une autre; il y a sinq figures dans un quadrille. || Danse figurée, danse composée de figures, c'est-à-dire de diiïérents pas inventés par l'art. || Figure de ballet, les diverses situations qu'occupent successivement les unes par rapport aux autres les personnes qui dansent une entrée de ballet. || 8° Terme d'escrime. Se dit des différentes positions du corps, du bras ou de l'épée. Il 9° Terme de jeux. Se dit des cartes qui représentent les rois, les dames et les valets. L'on soufl"re dans la république les chiromanciens et les devins, ceux qui font l'horoscope et qui tirent la figure, la bruy. xiv. || 10° Terme d'arithmétique. Chacun des chiffres qui composent un nombre. Un nombre exprimé par six figures. || 11° Terme de musique. Se dit des notes de diiïéientes valeurs, des silences, et, généralement, d'un signe quelconque employé dans l'écriture musicale. Il Nombre de notes qui forment une sorte de sens musical moins marqué que celui de la phrase qui est elle-même composée de figures, ou, suivant Pétis, groupe de notes qui forme un certain dessin. Il 12* Terme de géométrie. Espace borné par des lignes. Figure plane, carrée, circulaire. Tracer des figures sur le tableau. || On le dit également des lignes qui n'enferment point un espace. La ligne spirale et la cyclonle sont des figures de mathématique. Il 13°Terme d'astrologie. Description et représentation de l'état et de la disposition du ciel à une certaine heure. Il Figure de géomancie, figure prétendue de divination, composée de points qui sont jetés au hasard et disposés sur seize lignes rangées de qualre en quatre. || 14° Figures du syllogisme, arrangements divers que l'on peut faire du moyen terme dans la majeure et la mineure; il ne peut qu'être sujet ou attribut dans chacune des deux prémisses; il n'y a donc que quatre figures. Qu'il me soit permis auparavant de faire un argument en la troisième figure, d'ablancourt, Lucien, La douWe accwiation. \\ IB* Terme de rhétorique et de grammaire. Certaines formes de langage qui donnent au discours plus de grâce et de vivacité, d'éclat et d'énergie. Figures oratoires. L'orateur recourut X ces figures violentes Qui savent exciter les ftmes les plus lentes; Il fit parler les morts, tonna, dit ce qu'il put, la font. Fabl. viii, 4. Quand j'appellerais à mon secours les expressions les plus fortes et les figures les plus violentes de la rhétorique, je ne puis a.ssez expliquer quelle sera la confusion de ceux dont les crimes scandaleux ont déshonoré le ciel et la terre, boss. Sermons, Jugement dernier, 2. De figures sans nombre égayez Totio ouvrage, boil. Art p. m. Il n'en est pas des ornements de l'architecture comme de ceux du discours; il est naturel à l'homme de faire des figures de rhétorique, perraiilt. Paraît, des anciens et des mod. t. n, p. <i». L'usage des figures demande beaucoup de discernement et de prudence; elles servent comme de sel et d'a.ssaisonnement au discours, pour relever le style, pour éviter une façon de parler vulgaire et commune, pour prévenir le dégoût que causerait une ennuyeuse uniformité,
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noLLiw, Traité des Et. m, 3. Il ne faut qu'écouter une dispute entre des femmes de la plus vile condition; quelle abondance de figures! elles prodiguent la métonymie, la catachrèse, l'hyperbole.... LOUIS RACINE, Kf'/Î. SUT la poésie, m, i . Ce corps [ l'Académie française ] a quarante têtes, toutes remplies de figure» , de métaphores et d'antithèse» , MONTESQ. Lett. pers. 78. L'envieux et sa femme prétendirent que, dans son discours, il n'y avait pas assez de figures, qu'il n'avait pas assez fiit danser les montagnes et les colline», volt. Zadiij, 7. Il Figures de mots, celles qui tirent quelque effet de l'arrangement des mots ou de leur forme matérielle (répétition , opposition , onomatopée) . Figures ou tropes, celles qui consistent, soit à étendre soit à détourner la signification d'un mot (catachrèse, métonymie, etc.). Figures de construction, ou de syntaxe, ou de grammaire, celles dans lesquelles les constructions s'écartent de l'ordre simple, naturel ou direct (ellipse, etc.). || Figures de pensée, celles qui sont indépendantes de l'expression, par exemple l'antithèse, l'apostrophe, etc. Il Figures de rhétorique , se dit, en général , de toutes le» figures de pensée et de celles de mots qui ne résultent pas d'une construction particulière de la phrase. || Figiires de construction ou de grammaire, par opposition à figures de rhétorique, celles qui résultent de la forme particulière de la phrase. || 16° Dans le sens mystique, ce qui est regardé comme la représentation, le symbole. Tant qu'on soutiendra que le pain n'est le corps de Jésus- Christ qu'en figure, assurément on ne dira pas avec l'article de Smalcade, que le pain, etc.... boss. lar. IV, § 37. Jérusalem fut la figure de l'Église, m. Ilist. ni,"». X l'exemple des Israélites qui n'ont été pour nous qu'une figure de ce que nous devrions pratiquer, BuURn. Dominie. iv. Éloignement du monde, 43. Joseph, vendu par ses frères aux Égyptiens, regardé par Jacob comme mort, oublié par toute sa hmille, honoré pendant cet intervalle et régnant en Egypte, est incontestablement la figure de Jésus- Christ, livré aux gentils par les Juifs, bolli5, Traité des Et. liv. V, part, il, ch. 2, art. 2. Jésus-Christ nous a montré d'abord la grande figure de son union avec l'Église, CHATEJUH. Génie, i, i, 50. || Il se dit aussi dans le langage général, en un sens analogue. Bélise : Je vois où doucement veut aller la demande, Et je sais sous ce nom [le nom d'Henriette] ce qu'il faut que j'entende; La figure est adroite; et, pour n'en point sortir.... Je dirai qu'Henriette à l'hymen est rebelle, mol. F. sar. i, 4. || Familièrement. Quittons la figure , parlons sans déguisement. Ce fut alors que sa charité, comme un fleuve sorti d'une source vive et abondante.... parlons sans figure, messieurs : ce fut alors qu'unissant à ses aumônes celles qu'elle avait sollicitées et recueillies.... FLficii. Aig. Mon cher ange, il n'y a plus moyen de vous parler en figure, depuis que voas êtes un peu content de ce que je vous ai envoyé ; vous m'avez rendu le courage et l'espérance, volt. Lett. d'Argental, 3t août 1777.
— SYN. FIGURE, FORME. Dans la philosophie aristotélique, forme se dit de toutes les qualités de l'objet, et figure de la forme qu'il affecte en un moment donné. La figure d'un franc est celle d'un cylindre beaucoup plus large que haut; sa forme est d'être en argent allié d'un dixième de cuivre, pesant cinq grammes, d'être solide, etc.
— HlST. X* s. In figure de colomb [elle] volât à ciel, Eulalie. || xi* s. 0 bêle buce [bouche], bel vis, bêle faiture, Cum est mudede [changée] vostre bêle figure! St Alexis, xcvu. || xii* s. Mar [à la maie heurel acointai sa tr's bcle figure Pour ces dolors et pour ces maus atraire, Couci, p. )26. || xiii* s. l'remier [il] parole par figure [fignrément], Amadas et Jdoine, ms. (!087. Sa très laide figure me fait espoenter, Six manières de fols Moult haute chose fit nature. Quant forma si noble figure. En qui si grans biautez respleiil, Complainte Hti^tteuse, dans JUBWAL, t. n, p. 2B3. Il XIV' .s. Il (loit jugier par la connoissance publique que il a come juge en figure de jugement, ûresmk, Elh. («s. Il parle en similitude et en figure, u . î6. 24. Il xv's. J'aimparamours la plus belle figure Une nulz homs puist de ses yeux regarder, e. descii. Poésies vts. f" 220. || xvi» s. I.e cha!»teau du tyran |Denys] fut plein de poulciere, pour la multitude d'estudians qui trassoient les figures de la géométrie, amyot, Comm. dise, le flatteur de l'ami, <fc. Une pièce d'or où estoient gravées quelques figures célestes, mont, i, »5. Ces rares figure» [les grands hommes de l'antiquitc] et triées pour l'exemple du monde par le consentement des sages, ID. I, a«t. Parer son parler du fard des figu-
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res et feinctes d'un oraison apprinse, m. iv, îi7. Qu'ils eussent à desloger de Fontainebleau dans vingt-quatre heures sur peine d'estro pendus taui figure de procis, d'aub. Ùist. I, 89.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. figura; du latin figura, du radical fig qui est dans fingere, foimer (ïOy. FEiNDilK).
FIGURÉ, ÉK (fi-gu-ré, rée), part. passé. ||l'Oui est fait selon une certaine figure. || Terme d'anatomie. Élément -anatomique figuré , se dit par opposition i éléments anatomiques amorphes ou matières amorphes. || Plan figuré d'une maison, d'une terre, plan qui en retrace la figure. || Copie figurée dune écriture, un fac-similé. Copie figurée, parce qu'elle exprime précisément l'ordre et la disposition de l'original, VOLT. Dict. phil. Figure. || Pierre figurée, pierre dont la forme présente fortuitement certaine ressemblance avec un objet quelconque naturel ou artificiel. |{ Qui présente une liguration. Cet sortes de blocs figurés présentent encore la forme de Ut substance des astroltes, cerveaux de mer, etc. dont ils ne sont que les masses entières ou les fragments, Bt.FF. Min. 1. 1, p. 376, dans pouoens. Il ï* Danse figurée, danse composée de différentes figures et de différents pas. On dit un ballet figuré, qui représente ou qu'on croit représenter une action, une passion, une saison, ou qui simplement forme des figures par l'arrangement des danseurs deux à deux, ({uatre à quatre, volt. Dict. phil. Figure. WDiOie figurée, danse où l'on quitte la main. || 3* Terme de blason. Se dit de toutes les choses sur lesquelles la figure humaine est exprimée, telles que le soleil, les vents, les besans, etc. || 4° Accoutré. Voici monsieur Dubois plaisamment figuré, mol. Mis. iv, 3. Il 5° Décrit. Mais pourrais-je vous dire à quelle impatience Ces indignes trépas quoique mal figuré* Ont porté les esprits de tous nos conjurés, cohn. Cinna, l, 3..|| 6" Terme d'arithmétique. Nombres figurés, suite de nombres formés selon une certaine loi. Il 7° Terme de musique. Musique figurée, par opposition au plain-chant, celle dont le* diiïérentes phrases sont assez nettes et assez reconnaissables à l'oreille, pour qu'on les ait assimilées à des figures. Il Basse figurée, basse dont les notes portant accord sont subdivisée» en plusieurs autres notes de moindre valeur, || Harmonie figurée, celle où l'on fait passer plusieurs notes sur un accord. I| Contre-point figure, synonyme de contre-point lieuri (voy. coîitre-point). || 8* Terme de rhétorique et de grammaire. Qui est détourne de l'emploi propre. Le sens figuré d'un mot, d'une expression , d'une phrase. || Terme , expression, phrase figurée, terme, expression, phrase dans laquelle il y a une figure. || Style figuré, langage figuré, style, langage dans lequel on trouve beaucoup de figures. Job, prenant encore la parole et usant du même discours figuré, continue en ces termes... saci, Bible, Job, xxvii, i. Ce style figuré dont on lait vanité Sort du bon caractère et de la vérité, mol. Mis. i, J. Un autre défaut du style figuré est l'entassement des figures incohérentes, VOLT. Dict. phil. Figure. || Par extension. Nousn'avoiis point de prédicateur qui ait été aussi figuré [parlant par symboles; dans ses sermon» les plus préparés que Jésus-Christ l'a été dans se» prédications populaires, fên. t. ixi, p. «4. || S. m. Le sens métaphorique. Ce mot est pris au figuré. || •• Terme do géométrie. Représentation des différents objets que renferme un terrain dont on lève le plan.
FIGUnÈMF..NT (fi-gu-ré-man), adc. D'une manière figurée, métaphorique. Parler figurément. On leur eût donné pour règle d'entendre figurément les passages de l'Écriture, ROSS. Var. 15.
— (TYM. Figuré, et le suffixe ment. On a dit dans le xiv siècle figuraument, d'un adjectif /îjuraJ.
FIGURER (fi-pu-ré), r. n. Il 1° Donner une ccrtiiiio forme OU figure. Ce n'est point à l'argile à juger du t^mps qu'on emploie à la figurer, rolun. Trotta df-Êt. v, 2* part, ii, ii, réflexion o. || î°Re-, présenter par la peinture, par la sculpture. Blenlût ils défendniQt de peindre la prudence. De donnera Thémi» ni bxndeau ni balance. De figurer aux yeux la guerre au front d'airain, boil. Art p. m. C'est vous que je figurerai En beau marbre d'après nature, volt. Stance as. De petites colonnes funèbre» autour desquelles le sculpteur figura jadis un turban, chate»ub. Dem. Abenc. Polygnole avait figuré sur les murs du temple de Delphes le sac de Troie, m. Génie, m, i, 4. || 8* Avoir la forme de. U cornlle de la capucine figure un cipuchon. La double muiallle de rocher» réparait, figurant, à chaque instant, de grands donjons en ruine, v. nuG >, dans le Dict. de poiTBvm. || 4* Représenter comme. L'im-
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pétueuse ardeur d'un courage sensible A vos ressentiments figure tout possible, corn. Médée, i,
B Une vieille tante qui.... nous figure tous
les hommes comme des diables qu'il faut fuir, MOL. B. gent. m, <o. Ce Dieu, maîlr* absolu de la terre et des cieux. N'est point tel que l'erreur le figure à vos yeux, rac. Esth. m, 4. Notre imagination ne pourra pas nous figurer sans cesse de nouvelles découvertes dans les petits corps; elle se lassera, il faudra qu'elle s'arrête , fenel. Exist. i, 2). Les hommes , le figurant toujours à leur mode, en ont fait tantôt un profond génie, tantôt un petit charlatan , j. j. rouss. 2' dial. \\ Se figurer, figurer à soi, se représenter , s'imaginer. Et ton cœur insensible à ces tristes appas Se ligure un bonheur où je ne serai pas, corn. Poly. iv, 3. Ne vous figurez point que ce soit le confondre. Que de le laisser faire et ne point lui répondre, id. Nicom. V, 2. Je m'étais figuré que de tels déplaisirs Pourraient ne me coûter que deux ou trois soupirs, ID. Serlor. iv, 2. Figurons-nous Dieu qui nous voit, BOURDAL. Carême, i, Jug. dernier, 2G5. Non, ne t'abuse pas jusqu'à te figurer Qu'à des plaintes sans fruit j'en veuille demeurer, mol. Sgan. \i. Peut-on se figurer de si folles chimères? BOIL. ÊpU. XII. Certes plus je médite et moins je me figure Que vous m'osiez compter pour votre créature, HAC. Brit. I, 2. Figure-toi Pyrrhus les yeux étincelants, va. Androm. m, 8. Lépine : Celte dame se figurait que nous nous aimions. — Lisette : Eh bien, elle se figurait mal, mariv. le Legs, se. 3. L'approche du temps d'une minorité où chacun se figurait une fortune, volt. S. de Louis XIV, 28. Je voulais le prier d'interposer son crédit pour faire brûler un petit abbé qui insinue parmi nous les sentiments de Locke, d'un philosophe anglais; figurez-vous quelle horreur! id. Dial. ix. Je ne puis me figurer qu'une pièce [le Siège de Calais] si généralement et si longtemps applaudie n'ait pas de très-grandes beautés, id. Lett. Marmnntcl, 25 mars 4765. |{ Se figurer, suivi d'un infinitif, ne demande point de préposition. Il se figure pouvoir réussir. || 5° Représenter par un symbole. Les Egyptiens figuraient l'année par un serpent qui se mord la queue. Je lis mon infortune en tout ce que je vois. Tout figure ma perte , nÉGNiER, Plainte. || Dans un sens mystique, être la figure. L'immolation de l'agneau pascal figurait l'immolation de Jésus-Christ sur la croix. Cette prédiction de la ruine du temple réprouvé figure la ruine de l'homme réprouvé qui est en nous, pascal, dans cousin. Presque tous [les prophètes], ils ont souffert persécution pour la justice, et ont figuré dans leurs soufîrances l'innocence et la vérité persécutées en notre Seigneur, boss. llist. u, 4. ||6" F. n. Kn parlant des choses, avoir de la convenance, être en harmonie. Ces deux tableaux figurent bien de chaque côté de la cheminée. Ces planètes se regardent diversement et figurent diversement ensemble, FONTEN. te Jfondes, <" iotr. || 11 se dit, dans un sens analogue, de plusieurs personnes qui dansent en formant des figures. Ces danseurs figurent bien ensemble. || 7° Représenter dans une pièce (le théâtre un personnage accessoire ou un personnage muet. La soeur d'Outougamiz fut obligée de figurer dans ce choeur religieux, chateaub. Katch. t. II, p. «09, édit. 4834. Il Par extension, être en hors-d'œuvre, n'être que pour l'apparence. Il en est des parties du mulet comme des mamelles des hommes, ces mamelles sont très-inutiles et ne servent qu'à figurer, volt. Philosophie, Bible, Dortn'd. Il 8° Exister, être placé. Son nom ne figure plus sur la liste des candidats. || 9° Fig. Jouer un certain rôle. Il n'a pas figuré d'une manière bien honorable dans les derniers événements. || Absolument. Paraître avec distinction, tenir un certain rang. Il a longtemps figuré à la cour. Hercule susdit, duc de Montbazon, homme de tête et d'esprit qui figura fort, st-sim. 57, 2(4. || 10° Terme de musique. Donner aux sons harmonieux une figure de mélodie en les liant par des sons intermédiaires. Il 11° Se figurer, v. réfl. Être représenté. Ce spectacle se figure mal par des paroles.
— HIST. XII* s. Diex ! quel hom est, com est bien figurez ! Où le trovates? dont vos fu amenez? Bat. d'Aleschans, v. 4366. || xni* s. Ces sept articles de îoy vraie, Qui drescent [redressent] quanque pechié plaie [blesse], Sont figurés en maintes guises, i. de MEUWG, jTr. 4 40. Et je le sens [le feu d'amour] outre mesure Par dedenz mon cuer figurer, Lay damours, ji'binal, t. ii, p. 4 92. Et à cbascune reposée faisoit on une crois où li ymage de lui est figurée, Chr. de Rains, 462. || xiv* s. Homo figure homme
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et femme, et nul mot françois ne signifie equipollemment, oresme, Frol. || xv« s. Ne voyoit sur ses alTaires nul bon moyen ne reconfort en ses besognes; petit en parloit, mais moult fort y pensoit, et figuroit à la fois en ses imaginations son voyage et l'emprise du duc d'Anjou, qu'il avoit faite au royaume de Naples, froiss. liv. m, p. 299, dans lacurne. Luy mesme figura de sa propre main la cité de Rome sur un peu de papier, Boucic. m, 20. Il XVI" s. Et si en aurons encore le repos de l'esprit plus assuré, ces choses là nous estans présentes, si nous nous les figurons en notre pensée absentes, AMïOT, de la Tranq. d'dme, 46. 11 n'y a rime, ny carme, ny langage figuré, ni haultesse de style qui.... m. Com. lire les poêles, 4.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. fipurar; ital. figurare; du lat. figurare, de figura, figure.
FIGURINE (fi-gu-ri-n'i, s. f. \\ 1» Très-petite figure de terre ou de métal; il se dit surtout do petites figures antiques. Les figurines du cabinet d'un antiquaire. || î° Terme de peinture. Figure de petite dimension et d'arrière-plan. Enfin, auprès d'un feu l'on voit des figurines [dans un tableauj Différentes de sexe, et d'âges et de mines, baiueb, le Cabinet de Quinault, p. 63.
— IIIST. XVI* s. Figuiine, cotgravb.
— ETYM. Diminutif de figure.
FIGURISME (fi-gu-ri-sm'), s. m. Système de ceux qui regardent l'Ancien Testament comme la figure du Nouveau.
— ÊTYM. Figure.
FIGURISTE (fi-gu-ri-sf), ». m. || 1* Celui qui coule des figures en plâtre. || 2° Terme de théologie. Celui qui embrasse le figurisme. Plusieurs figuristes ont outré le figurisme, ricrelet. |{ Celui qui explique l'histoire par des figures ou symboles. Quelques figuristes, dit-on, prétendent que les prêtres d'Apamée sont les jésuites Letellier et Doucin, qu'Arzame est une religieuse de Port-Royal, que les Guèbres sont les jansénistes; cette idée est folle, VOLT. Guèbres, Disc. hist. et crit.
— ÉTYJl. Figure.
FIL (fil; au pluriel, l'sne se lie pas; cependant plusieurs la lient : des Cl-z argentés. Au xvii* siùcle on prononçait fi ; VI ne se prononce dit Chifnet,Gramm. p. 209, qu'en cette phrase de fil en aiguille. Au xvi* siècle Palsgrave, p. 24, remarque aussi qu'on prononce fi), s. m. Il 1° Fibre longue et déliée qu'on détache de l'écorce des plantes textiles. Fil de chanvre, de lin. || 2° Ce qui se forme avec des brins de chanvre ou de lin, brins qu'on tord entre les doigts avec le fuseau ou le rouet. Fil de chanvre, de lin. Fil fin. Gros fil. Dévider du fil. || Fig. L'homme ne s'y soutient pas [dans le rejios] par l'attache à quelque vérité qu'il connaisse clairement ; mais il s'appuie sur quantité de petits soutiens, et il est comme suspendu par une infinité de fils faibles et déUés à un grand nombre de choses vaines et qui ne dépendent pas de lui, Nicole, Ess. mor. 4*' traité, chap. xii. Il Fig. Il le faut fournir de fil etd'aiguille, c'est-àdire il lui faut fournir toutes les choses dont il a besoin. Il Des finesses cousues de fil blanc, des finesses grossières et qui sautent aux yeux. || Fig. et familièrement. De fil en aiguille, de propos en propos, en passant d'une chose à une autre ; locution prise du travail de la couturière, qui, après avoir mis un fil, coud avec l'aiguille, et, après avoir cousu avec l'aiguille, reprend du fil, et ainsi de suite. Il Ne tenir qu'à un fil, manquer, pouvoir être détruit, etc. pour la moindre cause. La mienne [vie] ne tient plus qu'à un petit fil; et je serais fort en colère, si ce petit fil est coupé avant que j'aie encore eu la consolation de revoir le grand homme de ce siècle, volt. Lett. roi de Prusse, 20 mai 4750. Il U ne tient qu'à un fil, se dit d'un homme qui est près de perdre sa position, son emploi. || Fil retors, celui qui a été tordu plusieurs fois. || Fig. et familièrement. Donner du fil à retordre, donner de la peine à quelqu'un, lui causer des embarras, des difficultés. Grands réviseurs, courage, escrimez-vous, Apprêtez-moi bien du fil à retordre, j. B. Rouss. Épigr. Il, 22. Il Avoir du fil à retordre, avoir des embarras, des difficultés. || Fil d'étoupes, celui qui reste après qu'on a flté la meilleure filasse. || Fil de plain, celui qui provient du chanvre le plus fort, dans les fabriques de lacet. || Fil de pennes, celui qui reste attaché aux ensuples, après que la toile est levée. || Faux fil, voy. falfil. |{ Fil à gant, fil très-fort avec lequel on coud les gants. || Fil sans poids, fil très-fin employé dans la fabrication de la batiste. || Fil de remise, fil très-fin à trois brins qui sert à faire les mailles des lisses dans lesquelles sont passés les fils de la chaîne. Il Terme de marine. Fil