W. DU BELLAY
— ÉTVM. Berry, declairer, cl mouillés, sorte d'arfcculation propre au Berry; bourg, declairai; pro- Isnç. et espagn. déclarât; ital. dichiarare; du latin declarare , de de , etclarus, clair (voy. clair). L'ancienne forme était declairer, conformément à clair.
t DÉCLASSÉ, ÉiE (dé-klâ-sé, sée), part, passé. ôté hors de sa classe.
t DÉCLASSEMENT (dé-klà-se-man), s. m. Action de déclasser, de défaire un classement. || Mutation dans les classes sociales. || Etat des choses ou des personnes déclassées. || Déclassement d'inscriptions ée rente, d'actions, de valeurs industrielles, se dit ^uand, ces inscriptions de rente, ces actions, ces pâleurs ayant été classées, c'est-à-dire ayant été payées intégralement et étant entrées comme plalement sérieux dans le portefeuille des acquéreurs, ;l survient, par l'effet de quelque événement politique ou financier, des ventes nombreuses qui les font sortir des portefeuilles et venir sur le marché.
— ÉTYM. Déclasser.
•j- DÉCLASSER (dé-klâ-sé), v. a. || 1» Déranger ce qui est classé. || Faire sonir un individu ou un groupe d'individus de la classe sociale à laquelle ils appartiennent. || Terme de marine. Rayer un marin du registre des classes. || 2° Se déclasser, v.réfl.
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Sortir de sa classe. |i Subir le déclassement. Les rentes se déclassent.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et classer.
f DÉCLENCHEMENT (dé-klan-cho-m iii), s. m. Départ automatique d'un mécanisme.
t DÉCLENCUER , (dé-klan-ché), ». a. Lever la clenche d'une porte pour l'ouvrir.
— ÊTYM. Dé.... préfixe , et clenche.
f DÉCLIC (dé-klik), s. m. Terme di; mécanique. Ressort ou crochet qui , étant retiré, fait qu'une machine entre en mouvement. || Pièce à ressort pour laisser tomber un mouton à battre les pieux.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et cliquer ou claquer.
t DfiCLIMATER (dé-kli-ma-té), v. a. Terme d'histoire naturelle, ôter à un animal, aune plante, à un homme la manière d'être qui provient du pays natal.
— ÉTYM. Z)d.... préfixe, et climat.
DÉCLIN (dé-klin), s. m. \\ l°Etat d'une chose qui penche vers sa fin, qui perd de sa force, de son éclat. Favorisez celui de tous vos courtisans Qui raillera le mieux le déclin de mes ans, corn. Médée, II, 7. Je me vois, Ladislas, au déclin de ma vie, ROTROU, Vencesl. iv, 4. Sur le déclin de ces royaumes, PASC. Proph. 26. Tout à coup on se sent plongé dans l'abîme, sans avoir pu remarquer le moment d'un insensible déclin , boss. le Tellier. Cependant Claudius penchait vers son déclin [mort], rac. Brit. iv, 2. Les femmes du pays précipitent le déclin de leur beauté par des artifices qu'elles croient servir à les rendre belles, la bruï. viii. Le commencement et le déclin de l'amour se font sentir par l'embarras où l'on est de se trouver seuls, id. iv. Nestor dans le déclin de l'âge se plaisait trop à raconter, fén. Tél. xvi. Cet astre si brillant, si longtemps respecté, Penche vers son déclin, sans force et sans clarté, VOLT. Sémiram. n, 2. Par égard au déclin de mes ans, id. Tancr. i, i. Qu'il est doux d'employer le déclin de son âge Comme le grand Virgile occupa son printemps 1 id. Ép. lxxxiii. L'un à la fleur des ans, l'autre vers son déclin, id. ilérope, ii, 2. Mais les dieux tout-puissants gardaient à mo» déclin Les ténèbres, l'exil, l'indigence et la faim, a. chén. 22. La mort ne semble alors qu'un événement peut-être glorieux, subit au moins et que le déclin n'a point précédé, staël, Corinne, i, i . La princesse avait une dame, Dame d'honneur, fleur au déclin, bSrano. Prov. Soleil si doux au déclin de l'automne I id. Adieux à la camp. Des déclins imperceptibles, mais gui allaient toujours en croissant, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. xi, 2«part. p. 668, dans pougens. Telle autrefois dans son brillant déclin J'ai vu la célèbre Geoffrin , deulle , Convers. m. L'altération du langage s'est rencontrée même sans les causes qui hâtent la barbarie et le déclin social, villemain, Dict. de l'Acad. Préface, p. xi. 1| 2» Terme d'astronomie. Déclin de la lune, décroissement de la lune, après qu'elle a pris son plein. || 3° Terme d'arquebusier. Le ressort par lequel le chien d'un pistolet, d'un fusil, s'abat Zat le bassinet. Le déclin vient à se lâcher, à se aébander Avec mon pistolet, le cordon s'embarrasse. Fait marcher le déclin, le feu prend, le coup part, corn. Slent. ii, B.
— HIST. XI" s. La meie honur est tournée en declin, Ch. de Roi. ccin. || xii* s. Que cristien ne tournent à déclin, Ronc. p. 1B5. Li jour vait à déclin, et la nuit vint série, ib. i!is. || xin" s. Hée chevalerie, come ore iras à déclin I Chr. de Rains, 80. [La dame] Passe tant vespre et tant matin Que sa biaulé va à déclin, Lai du conseil. || xV s. S'il vous estoit failli, je me double que vostre gloire iroit au déclin, Bouciq. IV, ch. 8. || xvi* s. Au déclin de son accès [de fièvre], d'aub. Hist. i, 168. Ilfault.... Boire son saoul quand le tonneau est plein. Et tout autant quand il vient au déclin, amyot, Galba, si. Il estoit jà fort avant au déclin de son aage, id. Caton. ie. Le déclin [pente] de la colline, sclly, Mim. t. i, p. 300, dans lacurne. La mort se mesle et confond partout à nostre vie : le dedin préoccupe son heure et s'ingère au cours de notre advancemenl mesme,
— ÉTYM. Voy. décliner; provenç. decli ; ital. dichino.
fDÉCLINABILITÉ (dé-kli-na-bi-li-té) , s. /'.Terme de grammaire. Qualité d'un mot déclinable.
— ÉTYM. Déclinable.
DÉCLINABLE (dé-kli-na-bl'), adj. Terme de grammaire. Qui peut être décliné. Nom, adjectif déclinable. Un mot est déclinable, lorsqu'il peut et doit varier sa terminaison ; c'est ce qui n'arrive en notre langue que lorsqu'un nom passe du singulier au pluriel ou du masculin au féminin, d'olivet, Ess. gramm. ch. i, § 2. || Déclinable se dit aussi des verbes passant par les formes de leur conjugaison.
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— HIST. xv's. Déclinable sans declinacion, Ap< proprié par appellacion , ch. d'obl. Bal. tu. ||xvi*s. Qui eust gardé nos ancestres de varier toutes le* parties déclinables.... dubell. i, 12, recto.
— ÉTYM. Lat. declinabilis , de declinare, décliner; provenç. et espagn. déclinable; ital. declinabile.
DÉCLINAISON (dé-kli-nè-zon), s. /. p-Terme de philosophie. Déclinaison des atomes, mouvement oblique qu'Epicure leur attribuait pour expliquer comment ils se rencontrent, et pour obvier à la difficulté qu'offre le mouvement rectiligne supposé par Démocrite. || 2° Terme d'astronomie. Arc d'un grand cercle de la sphère, compris entre l'astre qu'on observe et l'équateur. Ptolémée avait fixé la plusgrande déclinaison du soleil trop au septentrion , volt. Mœurs, l.||3»Terme de physique. Déclinaison de l'aiguille aimantée, mesure de l'angle qui est formé entre la direction du méridien et celle d'une aiguille aimantée. || 4° Terme de gnomonique. La déclinaison d'un cadran vertical est ce qui lui manque de degrés pour regarder directement un des points cardinaux. Il S° Terme de grammaire. Dans les langues qui ont des cas, les désinences propres aux noms, aux pronoms et aux adjectifs dans leurs différents cas. La déclinaison de rosa, âe dominus. || Classes ou divisions établies parmi les noms et adjectifs d'une langue, d'après les séries des terminaisons. Les cinq déclinaisons latines. On ne compte en grec aujourd'hui que trois déclinaisons. L'ancien français avait une déclinaison formée de deux cas, le nominatif et le régime. || Dans le français moderne, changements qu'éprouvent les noms en passant du singulier au pluriel, et du masculin au féminin. Il Les Latins ont dit décliner un verbe, déclinaison d'un verbe, pour exprimer la suite des flexions, et conjugaison dans le sens de réunir en une même classe tous les verbes qui se déclinent de même. En français on ne fait pas cette distinction, et on ne dit jamais la déclinaison d'un verbe.
— HIST. xiu's. Articles et declinoisuns. Bat. des sept orts. Il XV* s. Déclinable sans declinacion, ch. d'orl. Bail. 111. Il xvi" s. Ces mutations et déclinaisons que nous souffrons nous desrobent la veue de nostre perte, mont, i, 82. Nous pelotions nos déclinaisons [grecques], id. i, 195. Ces termes là sont déclinaisons, passages ou vicissitudes de ce qui n: peult durer, id. ii, 379. Nous aurons hasté sa déclinaison et sa ruyne [du nouveau monde] par nostre contagion, id. iv, 17. Et combien qu'il y ait eu d'autres causes qui l'ont amené à ceste déclinaison, toutesfois plusieurs estiment que ceste-ci.... langue, 37B. Quand il vint à la déclinaison [déclin] de sa vie, carl. i, 26. La déclinaison du jour les y appelloit, ID. viii, 24. Nostre langue n'a ses declinations, ses pieds et ses nombres, comme ces deux autres, dubell. i, il, lerso. Déclinaison est ung séparément que le solleil faict par son propre mouvement hors de la ligne sequinoctiale; c'est assavoir six mois de l'an en la partie du nort, el six aultres mois en la partie du su, Premières œuvres de J. Devaulx, pillote, Havre 1583, dans jal.
— ÉTYM. Provenç. declinatio, dccWnaio ; espagn . declinacion; ital. declinaxione ; du latin declinationem, de declinare, décliner. Dans déclinaison, la finale aison est la transformation régulière de la finale latine atio, suivant l'ancienne euphonie de la langue.
DÉCLINANT, ANTE (dé - kli - nan , nan-f), adj. Il l°Qui décline vers. Un espalier de pêchers à l'exposition du couchant, un peu déclinante au nord, BUFFON, Exp. sur les végét. i'mém. \\ Cadran déclinant, tout cadran qui ne regarde pas directemeriî un des points cardinaux. || Plan déclinant, plan qui fait angle avec le méridien. || 2*Fig. Qui penche vers son déclin. Je pensais comme lui et comme beaucoup d'autres que la constitution déclinante menaçait la France d'un prompt délabrement, j.i.rouss. Conf.
t DÉCLINATEUR (dé-kli-na-tour), s. m. Terme de physique. Sorte de boussole de forme de parallélogramme dont le côté le plus long sert soit pour mener des lignes parallèles à la direction nord et sud, soit pour faire connaître de combien un plan vertical sur lequel on l'applique horizontalement , est incliné au plan du méridien.
— ÉTYM. Décliner.
t DÉCLINATION (dé-kli-na-sion), s. f. Action do déchner, d'aller vers son déclin.
— HIST. XVI' s. Sa maturité, et puis sa déclin» tion et sa vieillesse, et enfin sa décrépitude, mont. II, 299. Maintenant nous sommes au temps de s,! declination, auquel c'^st beaucoup fait de la bien
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conserver [la France], langue, 866. Es maladies faut avoir esgard à la declination de leur accez, PARÉ, Inlrod. XIV, a».
— ÉTYM. Décliner.
DÉCLINATOIRE (dé-kli-na-toi-r'), adj. || 1» Terme de procédure. Qui est allégué pour décliner une juridiction. Moyen déclinatoire. {| S. m. Exception par laquelle le défendeur demande son renvoi devant une autre juridiction. Élever un déclinatoire. I^ tribunal a accueilli le déclinatoire. Ces bons théologiens n'auraient rien eu à opposer au déclinatoire des arminiens, s'ils avaient rompu avec les églises de Hollande et qu'ils les eussent haïes et méprisées ouvertement, boss. Var. iv, § 73. || 2" Terme de physique. Synonyme de déclinateur.
— HIST. XVI* s. Oui de barres se veut aider, doit commencer aux declinatoires, pour venir aux dilatoires, et finalement aux peremptoires; et si la dernière met devant, ne s'aidera des premières, LOYSBL, 70a.
— ÉTYM. Décliner; provenç. decUnatori; ital. declinatorio.
DÉCLINÉ, ÉE (dé-kli-né, née), part, passé. Il l» Fléchi suivant les règles de la déclinaison. Un mot décliné. || 2* Terme de procédure. Dont on n'accepte pas la compétence. Cette juridiction déclinée par les parties. || Par extension, refusé. Une offre déclinée. || 8° Terme de zoologie. Nageoire déclinée, nageoire dont les osselets vont en décroissant. Il Terme de botanique qui se dit d'un organe qui retombe en se courbant en arc.
+ DÉCLINEMENT (dé-kli-ne-man), s. m. Action de décliner.
— SYN. nécLiN et DÉCLiNEHENT. Il y a entre aux cette différence que déclin exprime surtout l'état de décadence, et déclinement l'acheminement vers la décadence.
— HIST. XVI* s. Ce n'est point par un déclinement de la vigueur corporelle qui se passe, quetacholere se soit passée et finée, amyot, Comm. refréner la col. a.
— ÉTYM. Décliner; provenç. decUnamen; ital. declinamento.
DÉCLINER (dé-kli-né), e. n. || 1° S'écarter en un sens ou un autre d'un point fixe, d'une ligne fixe. Plusieurs causes peuvent faire décliner vers le sud ou ver» l'est un courant d'air, raynal, Ilist. phil.y, <o. Il Terme d'astronomie. S'éloigner de l'équateur, en parlant d'un astre. || Terme de physique. S'écarter du nord vrai, en parlant de l'aiguille aimantée. Il 2°Fig. Pencher vers son déclin, vers sa fin. Après avoir fait ce chemin, on décline misérablement, PASc. dans cousin. Mais enfin à son tour leur puis- «ance décline, bac. Brit. v, 3. Gênes déclina de jour en jour et Venise s'éleva, volt. Moeurs, 74. Depuis qu'ayant passé l'ige mûr, je décline vers la vieillesse, J. j. bouss. Conf. i. Mon bonheur, grâce à vous, est à son comble; puisse-t-il ne jamais décliner 1 iD. ib. VI. M. de Lagrange est jeune, et je cuis presque vieux; son ardeur est naissante, et la mienne décline, d'alehb. Lett. au roi de Fruste, n juillet 1766. Tes jours, sombres et courts comme les jours d'automne. Déclinent.... lahabt. Uédil. I, 6. Il 3* V. a. Terme de procédure. Ne pas reconnaître. Décliner une juridiction. Charles I" déclina la compétence de la cour, et, la tête couverte, parla en roi, chateaub. Stuarts, m. Les moeurs exercent une espèce de justice que personne ne peut décliner, baynal, /fiît. phil. XIII, 67. Il Fig. Ecarter, éloigner, éviter. Il déclina l'honneur qu'on voulait lui faire. || 4° Terme de grammaire. Faire passer un nom, un pronom, un adjectif par tous ses cas et flexions. Il Fig. Décliner son nom, dire qui l'on est. J'aimerais mieux encor qu'il déchnàt son nom, Et dit : je suis Oreste ou bien Agamemnon, boil. Art p. m. Il Fig, Décliner son nom, s'est dit autrefois pour se faire respecter, en imposer. Elle [la Thrace] futautrefoisrégie ParLycurgue, homme de renom, Oui savait décliner son nom, scabbon, Virg. trav. III. Il Les anciens ont dit, et D. de Tracy a proposé de dire décliner un verbe pour le faire passer par toutes les formes rangées dans l'ordre des temps ou des modes. || B° Se décliner , «. réfl. Être écarté, évité. De pareilles propositions se déclinent difficilement. Il Subir les flexions de la déclinaison. En latin, les noms de la première déclinaison se déclinent sur rosa. Dans l'ancien français rot, homme, empereur se déclinaient ainsi : nominatif singulier, H rois, lihom, H emprrere; régime singulier. Je roi, l'homme, l'empcrcor ; nominatif pluriel, liroi, li homme, H emperenr ; régime pluriel, lesroix, les hommes, le.i empereort. || Dans le français actuel , se décliner l'est dit souvent, mais abusivement, puisçiue
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les cas n'y existent pas, des prépositions à et de placées devant les noms, soit seules, soit en combinaison avec l'article. Voilà qui se décline : ma rente, de ma rente, à ma rente, iiol. F. «oc. m, 2.
— HIST. xi's. Quand veit li reis le vespre décliner, Ch. de Roi. clxxv. Ci faut la geste que Turoldus décline [récite], ib. ccxciii. || ni* s. Li jors prist à décliner, Rone. p. 8. Ne deslumer tu ta face de mei, e ne décliner tu en ire de tun serf. Liber psalm. p. sa. Quant li dous estes décline. Que [je] voi faillir foille et llour, chestien de tboies, dans iiOLLAND. Il xiii* s. Lor mestier défaut et décline; U plusor vivent de rapine, huteb. ii, 244. Il ne surent dont il [co mot] venoit, Ne comment il se declinoit, Bat. des sept arts. Maudit sunt cil qui déclinent de tes comendemenz. Psautier, f ite. Il xiv* s. Et quant vient au fait, il n'ensuit pas ce bon jugement, mais décline et ensuit ses malvès desiries, obesme, Éth. 32. Et pour ce s'ensuit que eulx déclinent à vivre selon delettacions corporelles, id. t6. 109. Etceuirqui déclinent plus à mal, il sont les pires, ID. ib. 208. Car un secours s'en va aux païens empietrer Tel que se Dieux n'en pense qui se laissa pener. Que la chrestienté en fera décliner, Guesct. 16209. Là veïst-on forment ceulx de çà décliner, La bataille eslongier et eulx desordener, ib. 62i7. Il XV* s. Car en pluisours lieux on décline [répète], Que toute joie et toute honneurs Viennent etd'armes et d'amours, fboiss. JîspttieKe amour. Ne déclinez pas aux enchanleurs, et n'enquerez aucunes choses aux devins, monstbel. liv. I, ch. 47. Discrétion tient le droict chemin royal, sans décliner à dextre de dissimulation ou à senestre de sédition, gerson, Harengue au roi Charles VI, p. < 9. || xvi* s. Le coup déclina à droict par la brusque hastiveté de Pantagruel, rab. Pant. u, 39. Pantagruel, qui estoyt soubdain au remuement, declinoyt tous ses coups, ID. ib. II, 29. Déclinez de leur voye, ne soyez à eulx semblables, ID. ib. m, 24. Quant en la France une dame décline. Elle resigne aux jeunes le deduyt: Se retirer est bon quand il est nuyct, j. marot, v, 216. Nostre langue se décline, si non par les noms, etc. pour le moins par les verbes, dubell. i, 4i, verso. L'esprit humain est facile à décliner en toutes espèces d'erreurs, Calvin, /m(t(. 29. l'ous ont décliné, et ont esté faits quasi comme pourris, id. ib. 208. Un bon mari, d'autant qu'il est plus fidèle et loyal , est d'autant plus courroucé s'il voit sa femme décliner à quelque paillard, id. ib. 286. Décliner quelque nom vulgaire, ou conjuguer un verbe, id. t't. 872.Les juges ne doivent décliner en une partie ni en l'autre, id. ib. 4198. En la conduite de Dieu on ne décline jamais de la droite voye,iD. tb. 4 199. Prévoyant que ce commencement de maladie declineroit ayséemcnt en un exsecrable atheïsme, mont, u, < 37. Cette liberté décline vers l'indiscrétion, id. m, 64. Mais quelque jour viendra ce dernier jugement. Que roy, ny magistrat, ny juge aucunement Ne pourront décliner, dubell. VIII, 36, recto. Et alloit ainsi gaignant le temps pour attendre que le soleil declinast après midy, aityot, P. Jim. 29. La force des maladies décline à mesure que la vigueur naturelle des corps malades va décroissant, id. Philop. 30. Philopœmen se feit renommer par ses faicts lors que la Grèce commenceoit à décliner et déchoir, id. Flamin. et Philop. 3. Sertorius, en déclinant la bataille et fuyant devant luy, avoit sur luy tous les avantages qu'ont ceulx qui chassent leurs ennemis après les avoir rompus, id. Serlor. 47. Dubourg, ayant décliné de ses commissaires par le privilège des conseillers de la Cour, et depuis par celuyde conseiller d'Eglise, fut déboulé de l'un et de l'autre, d'aub. Hist. i, 84.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. declinar ; ital. declinare; du latin declinare, de de, et clinare, faire pencher (voy. clin).
t DÉCLINQDER (dé-klin-ké), v. a. Terme de marine. Enlever le bordnge d'un bateau à clin.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et clin.
f DËCLIQUER (dé-kli-ké), t;. a. Terme de mécanique. L&cher un déclic.
— HIST. XV* s. Il luy vint sur le costé et luy descliqua un coup entre le col et les espaules, si grant qu'il le renversa tout à dens sur le col de son cheval, FBOISS. liv. I, p. 401 , dans lacurne. Tousjours est le martiaux tout prest Qui fiert sur la cloche et desclique, E. deschamps. Poésies mss. t" 425, dans LACUBNE. On faisoit trompettes bondir. Canons, bombardes descliquoient, Et les gens d'armes y frappoient. Bataille de Liège, p. 376, dansLACUBNE.
— ETYM. Déclic.
t DÉCLIQUETER (dé-klike-té), ». o. Terme d'horlogerie. Dégager le cliquet des dents de son rocbet.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et diquet.
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DÉCLIVE (dé-kli-v*), adj. Qui est en pente. On terrain déclive.|| Terme de chirurgie. Partie déclive, la partie la plus basse d'une plaie ou d'un foyer de pus.
— HIST. Tvi* s. Délaissant un petit orifice en la partie plus déclive, pour donner issue à la sanie,
PABÉ, VIII, 36.
— ÉTYM. Lat. declivit, de de, et dirut, pente. DÉCLIVITÉ (dé-kli-vi-té) , t. f. Situation d'une
chose qui est en pente. Les déclivités des montagnes. La moindre déclivité du terrain fait couler les eaux. Les parties supérieures de l'eau d'une rivière, et éloignées des bords, peuvent couler par la seule cau.se de la déclivité, quelque petite qu'elle soit; car, n'étant arrêtées par aucun obstacle, elles peuvent sentir avec délicatesse pour ainsi dire la moindre différence de niveau, ponten. Guglielmini.
— ÉTYM. Lat. declivitas, de declivis, déclive.
t DÉCLOÎTRER (dé-klol-tré), v. a. Tirer du cloître. Un moine décloltré. || Se décloltrer, v. réfl. Sortir du cloître. S'il est ainsi, je me décloltré; ô ciel! Faut-il rentrer dans mon étal cruel? volt. Pauvre diable.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et clotirer.
DÉCLORE (dé-klo-r*. Verbe défeclif n'ayant que
les temps et les personnes qui suivent : je déclos, tu déclos, il décidt, sans pluriel; je déclorai; je déclorais; que je déclose, que tu décloses, qu'ildéclose , que nous déclosions, qi:e vous déclosiez, qu'ils déclosent; déclore; déclos), v. a. ôler la clôture. Déclore un jardin. || Droit de déclore, droit d'ôler la clôture, à l'effet de passer lorsque le chemin est impraticable. || Terme de pêche. Déclore une bourdigue, ôter, pour laisser un libre passage aux poissons, les roseaux mis à l'entrée des filets. Il Fig. Peut-être n'avais-je plus cette innocence qui nous fait un charme de tout; le temps commençait à la déclore, chateaub. tiém. t. i, p 4 71.
— HIST. XI' s. L'escut [il] lui freint, et l'haubert lui desclot, Ch. de Roi. xci. Après [il] lui a sa bronie desclose, ib. cxxi. E la veie desclose e l'ire Dou mustrée. Th. ie mari 453. E tut destruierai jesque al chien, e l'enclos e le desclos e le très petit e le grant. Rois, 292. || xiii* s. Mais puis leur fait-il si desclore leur aumaire [armoire].... Ilerle, Liix. Jà por nomer vilaine chose Ne doit ta bouche estre desclose, la Rose, 2222. Et s'il à autre chose tent. Ne m'en desclot il mie tant. Mes liien vous i poés fier, 16. 42840. Quant j'aurai les lices descloses, «6. 20948. X li m'en vins grant aleûre [train]. Si li desclos l'enclœûre [embarras]. Dont ge me sentoie encloé, ib. 3123. Et se il avient que la carelle [querelle] seit de héritage dedenz ville close ou desclose, Ass. de J. 63. Vos créez miex en juerie [juiverie]. Qui la vérité dire en ose. Qu'en celui qui par seignorie A la porte d'enfer desclose, butkb. 216. Il XVI* s. Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au soleil, A {Joint perdu ceste vesprée Les plis de sa robe pourprée, BONS. 383.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et clore; provenç. deiclaure; ital. dischiudere.
DÉCLOS, OSE (dé-kl6, kld-z'), part, posté de déclore. Qui n'a pas de clôture. Ce parc est déclo.s en plusieurs endroits. || Par extension. (Je) sentis à son nez. à ses lèvres décloses. Qu'il fleurait bien plus fort, mais non pas mieux que roses, régnier, Sat. x.
t DÉCLÔTURE (dé-klô-tu-r"), s. f. Action de déclore.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et clôture.
DÉCLOUÉ, ÉE (dé-kloué, ée), part, patte. La
toile que je croyais déclouée, sÉv. 461.
DÉCLOUER (dé-klou-é), v. a. || 1" Défaire ce qui était cloué. Déclouer des planches, des tapis. || 2° Se déclouer, c. réft. N'être plus cloué. Celte planche se décloue.
— HIST. xiii* s. Si amoureusement que mais [elle] ne l'en descloe [ne décloue mon ime de son amour], Berte, xxxni. || xvi* s. Platon craint noslre engagement aspre à la douleur et à la volupté, d'autant qu'il oblige et attache trop l'amc au corps; moy plustost, au rebours, d'autant qu'il l'en desprend el descloue, mont, i, 305.
— ÉTYM. M.... préfixe, et clouer; Berry, déclou 1er; espagn. dfscioear; portug. descratar.
t DÉCOAGULER (dé-ko-a-gu-lé) , v. a. Faire cet ser un état de coagulation.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et coaguler.
DÉCOCHÉ, ÉE (dé-ko-ché, chée). part, posté.
Lancé par un arc. Et d'un trait décoché j'en ai vengé la perte, tristan, Uort de Chrispe \u, 1. Maître i^neas en choisit quatre Qui devaient essayer d'abattre Par un coup de trait déoaché L'oiseau sur !•
DEC
DEC
DEC
mât attaché, scarhon, Virg. trav. v. j| Fig. Des traits malicieux, décochés par une bouche adroite. De cent sots compliments, sans y compter les vôtres, Contre moi décochés.... scahhon, D. Japhet,in, *. I DÉCOCHEMENT (dé-ko-che-man), s. m. Action 1 de décocher une Hèche. || Fig. Le décochement d'une épigramme.
— ÉTYM. Décocher.
DÉCOCHER (dé-ko-ché), V. a. || 1° Tirer une nèche à l'aide d'un arc, d'une arbalète. On décocha contre lui une flèche de deux coudées, vaugel. Q. C. liv. IX, ch. B. Et des traits infinis qu'ils ont pu décocher. Ce n'est que par hasard qu'ils ont blessé des nôtres, tristan, Panlliée, i, *. Ils ont caché le ciel des traits qu'ils décochaient, eotrou, Bélis. i, 8. Un cœur de roche Impénétrable aux traits que l'amour nous décoche, MAin. Sophon. iv, 6. Que son oeil fendu grand et bleu Décoche de matras [sorte de dard] de feu ! scaeron, Virg. trav. iv. {| On dit aussi que l'arc décoche une flèche. Il en est de notre corps dans les passions, par exemple dans une faim ou dans une colère violente, comme d'un arc bandé dont toute la disposition tend à décocher le trait, Boss. Connaiss. m, 41. 112° Fig. Décocher un trait de satire, une épigramme, lancer un trait mordant, faire une épigramme. On a vu en son lieu ce qu'il [le maréchal de Duras] décocha au maréchal de Villeroy, lorsqu'il passa de Flandre en Italie, st-sm. UO, 49. Aux moindres traits que sur toi l'on décoche.... J. B. Rouss. Épltr. i,<, aux lluseri. Ils [les athées] décocheront co^ntre nous tous les arguments des Stratons, volt. Âme, B. || On dit aussi décocher un compliment, une œillade. 1| 3° V . n. Terme de chasse. L'oiseau de proie décoche, quand il fond comme un trait sur le gibier. || 4° Se décocher, v. rifl. Être décoché. Les traits malins qui se décochèrent dans ce salon sur les absents.
— HIST. XIII* s. Atant estes vos un archier Qui une flece a encochiée; Envers le cerf a descochiée; Que il l'avoit bien avisé, Ren. H 2356. Avant en va desus le pont; Li sergent qui furent amont Descochent carriai enpenez, ib. <8669. || xiV s. Caillons et viretons assez on descocha, Guescl. 20027. |1 xvi' s. Plustost que la flèche ailée Ne s'en vole au descocher, Nostre verdeur escoulée Voit son printemps desseicher, dubell. v, B4, verso. Laquelle [flèche] lors, pour me rendre confus. Il descocba sur mon cœur rudement, marot, i, (60. Il prend son arc et sa flèche, et vous décoche rasibus l'image du saint, DESPEB. Contes, cxxiv. Lequel lui coupoit l'herbe sous le pied, et le decochoit des bonnes grâces où il se croyoit si bien ancré, yver, p. 688. Il commence à crier: charge! charge! et puis descoche à toutes brides, la lance en l'arrest, carl. vi, 25. Cependant l'embuscade descoche, et prennent chacun un chemin, et luy couppent la gorge, et le mangent, PARÉ, Animaux, xvi. Voulant son arc contre moy descocher. Trouva l'escu aussi fort qu'un rocher, RONS. 7B8. Les barbares descocherent en si grande fureur, qu'ilz escarterent ceux qui besoignoient aux trenchées, amïot, Sylla, 46.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et le verbe hypothétique cocher, mettre dans la coche, de coche 4.
t UÉCOCONNER (dé-ko-ko-né) , v. a. Knlever le> bruyères et en détacher le cocon du ver à soie.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et cocon.
t DÉCOCTÉ (dé-ko-kté), s. m. Terme de pharmacie. Produit d'une décoction.
— ÉTYJl. Voy. DÉCOCTION.
DÉCOCTION (dé-ko-ksion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Terme de pharmacie. Opération qui consiste à faire bouillir, dans un liquide, des substances médicamenteuses dont on veut extraire les principes solubles. || Le produit liquide de cette opération. Boire une décoction.
— HIST, xiii* s. Et quant li décoctions sera faite et coulée, alebrant, 1'° <8. |{ xv s. De décoction de vendange [vin] Recipé trois voltes [fois] et plus: Ne songe tant à tes escus, basselin, xii. || xvi* s. Il y a deux causes qui donnent la dureté aux pierres, l'une est abondance d'eau, l'autre est la longue décoction, PALissY, 293. Décoction, s'entend des métaux parvenus à leur perfection, ID. 378.
— ÉTYM. Provenç. decoccto ; espagn. dccoccton; ital. decoiione; du latin decoctionem,àsdecoquere, cuire, de de, et coquere (voy. cuire).
t DÉCOGNOIR (dé-ko-gnoir), s. m. Coin de buis pour serrtT ou desserrer les formes typographiques.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et coin.
DÉCOIFFÉ, ÉE (dé-koi-fé, fée), part, passé. Une femme toute décoiffée. Une bouteille décoiffée.
DÉCOIFFER (dé-koi-fé), v. a. || 1° ôter ce qui coiffe. 11 faut me décoiffer avec beaucoup de soin.
Il Déranger la coiffure, les cheveux, les mettre en désordre. Le vent l'a toute décoiffée. || Fig. Faire sortir de la tête ou du cœur. C'est une idée extravagante, une passion ridicule dont je voudrais bien le décoiffer. || 2° Décoiffer une bouteille, Ôter l'enveloppe qui entoure le bouchon; la déboucher. De cette sorte, ayant dérobé sa bouteille sans qu'il l'eût vu, je l'allai décoiffer en mon étude, où j'avalai de bonnes gorgées, franci'on , liv. iv, p. IBO. || Décoiffer une fusée, déchirer la garniture qui la préserve contre les accidents du feu. {j 3° Se décoiffer, v. réfl. Déranger sa coiffure. Cet enfant se décoiffe toujours. Il Se décoiffer, déranger la coiffure l'un de l'autre. X force de s'irriter, de s'injurier, de se battre, de crier, de se décoiffer pour un liard, ils avaient contracté, pour toute leur vie, l'air de l'intérêt sordide, de l'impudence et de la colère, Diderot, Essai sur la peint, ch. 4.
— HIST. xui* s. Orese coife,ore se lie. Or se descoife, or se deslie. Contenance des femmes. || xvi's. Mainte gentille nymphe et mainte belle fée. L'une aux cheveux plies, et l'autre descoifée, rons. 735. Elle, marchant à tresses descoift'ées, Apparoissoit la princesse des fées, id. 740. Mais je ne m'en puis descoiffer [de cet amour] ; Je pense que c'est un enfer Dont jamais je ne sortiray, marot, i, 204.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et coiffer.
t DÉCOINCER (dé-koin-sé. Le c prend une cédille devant a eto : nous décoinçons, je décoinçai), V. a. ôter un objet de dessus le coin qui le supporte. Il Se décoincer, v. réfl. Etre décoincé. Les rails tendent constamment à se décoincer; cela résulte de l'élasticité du bois, de la forme des coins et des trépidations de la voie, Presse scientifique,
(861, t. III, p. 229.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et coin.
t DÉCOLÉRER (dé-ko-lé-ré. La syllabe lé prend un
accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je décolère; excepté, suivant la règle non justifiée que suit l'Académie, au futur et au conditionnel : je décolérerai, je décolérerais), v. n. Cesser d'être en colère. Il n'a pas décoléré de toute U journée. Il ne décolère pas depuis qu'il a appris cette nouvelle. Il Terme vulgaire.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, ei colère.
DÉCOLLATION (dé-ko-la-sion; l'Académie dit
qu'on prononce les deux II; mais cette prononciation, qui n'est pas en rapport avec celle de décoller, n'est pas non plus de l'usage le plus fréquent) , s. f. Action de décoller, de couper la cou. Icare audacieux, téméraire Ixion, Je te juge et condamne à décollation, scarron, D.Japhet, m, 4. || Il sert à désigner le martyre de saint Jean-Baptiste. Une tapisserie de la décollation de saint Jean-Baptiste, SÉV. 687. Il Terme de chirurgie. Séparation de la tête du fœtus d'avec le troncqui reste engagé dans la matrice.
— HIST. xv« s. Il fut jugé à estre decolé; et cependant qu'on le menoit à sa decolation sur une charrette et séant sur une planche.... proiss. liv. n,
p. 233, dans LACURNE.
— ÉTYM. Lat. decollatio, de decoUare (voy. décoller t).
(.DÉCOLLÉ, ÉE (dé-ko-lé, lée), part, passé de décoller t. Qui a eu le cou coupé. Nicéphore pris par les Bulgares fut décollé, volt. J/osurs, 28.
2. DÉCOLLÉ, ÉE (dé-ko-lé, lée), part, passé de décoller 2. Qui n'est plus collé.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, e\. coller.
1. DÉCOLLEMENT (dé-ko-le-man), s. m. Terme d'arts. Action de couper une partie de quelque chose. Les charpentiers disent faire un décollement à un tenon.
— ÉTYM. Décoller t .
2. DÉCOLLEMENT (dé-ko-le-man ), s. m. Action de décoller, de défaire ce qui est collé; état de ce qui est décollé. Le décollement du papier dans cette pièce. || Terme de chirurgie. État d'un organe séparé, par la destruction du tissu lamineux, des parties auxquelles il adhérait naturellement. Décollement du placenta.
— ÉTYM. Décoller 2.
) . DÉCOLLER (dé-ko-lé), V. a. Couper le cou à quelqu'un. Lamberti rapporte que le czar Pierre avait décollé de sa propre main son fils aîné, volt. Rttssie, n, <o. Il Terme dépêche. Couper la tête d'une morue.
— HIST. XII" s. Venu sunt al quint jur de la nativité En l'endemain que furent innocent decolé. Que Herodes ocist par sa grant cruelté, Th. le mari. 4 37. Il xiu* s. Je voudroie, par m'ame, qu'ele fust decolée, Berte, xvi. Et fu sacrés à roi, et fu li pires rois qui onques feust, puis le roi Herodes qui
fist les enfans décoller, Chron. de Rains, 420. La nuis est revenue et li jors trespassés, Desous le Civetot fut li vaus [le vallon] grans et lés : Là ot de nostre gent trente mil decolés, Chans. d'Ant. i 649. Il XV* s. Le roi fit prendre tous ces seigneurs et en fit decoler sans délai et sans connoissance de cause jusquesà vingt deux des plus grands barons, froiss. 1,1, 6. Il XVI* s. IClle pour obeïr prend le pied de la beste; Lors en lieu de l'hostie il décolla la teste De la femme perfide, bons. 672.
— ÉTYM. Lat. decollare, de de, et collum, cou (voy. cou).
2. DÉCOLLER (dé-ko-lé), v. a. || 1» Détacher une chose qui était collée. Décoller du papier. Le matin du mariage, chez les Juifs en Egypte, on colle les paupières de la mariée avec de la gomme, et, quand le moment de se coucher est venu, le mari les décolle, ST-Foix, Ess. Paris, Œuvres, t. iv, p. 345. Il 2° Terme du jeu de billard. Décoller une bille, la détacher de la bande. || 3° Se décoller, u, réfî. Cesser d'être collé. Ce papier se décolle. || Terme de jardinage. Se détacher du sujet en parlant des greffes et des jeunes bourgeons. La greffe s'est décollée. Il Terme de jeu de billard. Écarter sa bille de la bandfe. Décollez-vous, si vous pouvez,
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et colle.
+ DÉCOLLETAGE (dé-ko-le-ta-j') , s. m. Action de couper le collet de.'^ betteraves.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et collet, DÉCOLLETÉ, ÉE (dé-ko-le-lé , tée), part, passé.
Dont on a rabattu, diminué le collet. Habit décolleté. Il Par extension, femme décolletée, femme habillée de manière à découvrir le cou, le? épaules, le haut de la poitrine. Sa femme [de Shrewsbury] avait été belle et prétendait l'être encore, toute décolletée, coiffée derrière l'oreille, sr-sm. 340, 208. Il Fig. Propos décolletés, propos trop libres.
DÉCOLLETER (dé-ko-le-té. Le ( se double quand la syllabe qui suit est muette : je décollette, je décolletterai; il faut se garder d'une prononciation très-répandue parmi les femmes : je décolle, il décolle, et ainsi de suite partout où sont les deux ((), v. a. Couper un vêtement de manière qu'il dégage le cou. Décolleter une robe. || Rabattre le vêtement de manière à découvrir le cou. || Se décolleter, V. réfl. Se découvrir le cou, les épaules. Celte femme se décollette trop.
— HIST. XIII* s. S'ele a biau col et gorge blanche, Gart que cil qui sa robe tranche [taille] , Si très bien la li escolete. Que sa char père [paraisse] blanche et nete Demi pié darierset devant, la Rose, 4 J54 9.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et collet.
■ t DÉCOLLEUR (dé-ko-leur) , s. m. Terme de pêche. Celui qui coupe la tête et arrache les entrailles de la morue, i mesure qu'ils prennent une morue, ils lui coupent la langue, ensuite ils la livrent à un mousse, pour la porter au décolleur, raïnal, Hist. phil. xvii, 4 3,
— ÉTYM. Décoller 4.
DÉCOLORATION (dé-ko-Io-ra-sion; en poésie, de six syllabes) , s. f. || 1° Opération qui a pour but d'enlever h un corps sa couleur. || Perte de la couleur naturelle. M. Génebrier, bibliothécairede notre république, a poussé beaucoup plus loin que moi les recherches sur la décoloration des corps par la lumière, BONNET, Décolor. corps lum. \\ i- Fig. Décoloration du style. La décoloration de la nature aux yeux de celui dont l'àme est flétrie par de cruels chagrins.
— HIST. XVI* s. Décoloration et amaigrissement, enfleures aux jambes, paré, xvin, 65.
— ÉTYM. Provenç. descoloracio ; du latin decolorationem, de decolorare.
DÉCOLORÉ, ÉE (dé-ko-lo-ré, rée), part, passé. Qui a perdu sa couleur. Des roses décolorées. Un tableau décoloré. L'œil abattu, triste, désespérée. Languissante et décolorée. De quoi puis-je me prévaloir?MOL. Psych. v, 3. Le nouveau Cicéron tremblant, décoloré, boil. Lutr. vi. Cefrontdécoloré, ces adieux menaçants, lemerc. Agamemn. 1, 4. Ce fut le 4 4 novembre que la colonne impériale sortit enfin de Smolensk; sa marche était encore décidée, mais morne et taciturne comme la nuit, comme cette nature muette et décolorée au milieu de laquelle elle s'avançait, ségur, Hist. de Napol. x, 3. || Fig. Un style décoloré, un style qui est terne et sans éclat.
DÉCOLORER (dé-ko-lo-ré) , v. a. \\ 1° ôter, altérer la couleur. La mort décolorait son front sans diadème, VOLT. CEdipe, V, t. Il Fig. U était souffrant, et la souffrance décolorait pour lui la nature. {| 2° Se décolorer, v. réfl. Perdre sa couleur. Son temt se décolore. Un lis penche et se décolore, delav. Paria, II, 6. Il Fig. Son style s'est décoloré. [Après le cri de PluioHj Les expressions d'Homère se décolorent ,
DEC
elles deviennent froides, mueUos et sourdes, et une multitude d's sifflantes imite le murmure de la voix inarticulée des ombres, chateaub. G^nie, ii, v, 5. Les ans font-ils neiger sur nous, X nos yeux tout te décolore, bérang. Bonne maman.
— HIST. XI' s. Teint [il] fut et pers, descuhiretet pale, Ch. de Roi. cxlvi. En son visage [il] fut moût desculuret , ib. cliii. |1 xii' s. Et ses viaires [ visage] teinz et descolorez, Ronc. p. 23. Li chevaliers la [dame] regarda au vis [visage]. Si la vit moult pale et descolorée, quesnes, /lomoncero, p. «07. Il lur bailla le brief ; quant il i unt trové Qu'il esteient einsi de lur mestier sevré, De duel [deuil] ede coruz furent descoluré, 7h. le mort. <24. E quant li reis le vit, mult out le quer irié. Ses mains feri ensemble, e se plaint senzfaintié, lî^n sa chambre en entra d'ire desculurez. Dit qu'il ad mulveis hommes nurris et alevez, ib. (33. ||xiii* s. Et Renart, qui l'avoit veQ Pensis et si descoloré, Ren. 4669. Tant par estoit descolorée Qu'el sembloit estre enlangorée, la Rose, 201. Del sanc qu'il ot perdu fut tout descolorés, Chans. d'Ant. iv, (oo. || xvi' s. Tous ayans les visages descoulourez et desfaits, amyot, P. Âim. 5«. La volupté n'en est en soy ni pasle ni descoulourée, pour estre apperceue par des yeulx chassieux et troubles, MONT, m, 273.
— ÊTYM. Berry, découleurer, découlourer; provenç. et espagn. descolorar; portug. descorar; ital. discolorare; du latin decolorare, de de, et coior, couleur.
t DÉCOLORIMÈTRE (dé-ko-lo-ri-mè-tr'), s. m. Instrument qui sert à mesurer, soit la force décolorante de certaines substances, soit le degré de décoloration que les substances ont subi.
— ÉTYM. Décolorer, et mètre, mesure.
t DÉCOLORIS (dé-ko-lo-ri) , s. m. Terme didactique. Perte du coloris.
— ÊTYM. W.... préfixe, et coloris.
t DÉCOMBANT, ANTE (dé-kon-ban, ban-t"), adj. Terme de botanique. Qui, s'élevant d'abord, retombe ensuite vers la terre. Tige décombante.
— ÉTYM. Lat. decumbens, do de, et cumbere, dérivé inusité de cubare, être couché (voy. couver). Cumbere est aussi dans incumbere, recumbere.
t DfiCOMBLER (dé-kon-blé) , e. o. ûter ce qui comble.
— HIST. XV* s. Espaignolet donna conseil de jeter bois au pertuis de la croûte [grotte] pour ensonnier tellement l'entrée qu'on ne la pust descombler, FROISS. Il, m, 23.
— ÈTY»I. Dé.... préfixe, et combler; namurois, dichombrer ; wallon, sidihombrer, se dépêcher.,
DÉCOMBRÉ, ÉE (dé-kon-bré, brée), part, pcusé. Dont on a ôté les décombres. Un égout décembre.
DÉCOMBRER (dé-kon-bré), v. a. Oler les décombres, enlever les débris, les plâtras, les ordures. Il Décombrer une carrière, 6ter de dessus une carrière la terre et les gravois.
— HIST. iiii' s. Croire lor fait qu'il ont d'amis Tant qu'il ne les sevent nombrer, N'il ne s'en puent [peuvent] descombrer Qu'il n'aillent entor eus el viengnent, la Rose, 4884. Et puisque vos l'avez encombré sanz esgart et sanz conoisance de cort, vos le devez descombrer por totes les raisons que je ai dites, Ass. de J. I, itt. Et puis qu'un seul pechié mortel si nous encombre , Que feront cil et celles qui en ont fait sans nombre. Qui vivent en ténèbres et en mort et en ombre'! Certes trop ont à faire, se Dieine les descombre, }. de ueuno, Test. 4400.
— ÉTYM. Décombres.
DÉCOMBRES (dé-kon-br") , s. m. plur. Matériaux brisés qui demeurent après qu'un bâtiment est démoli. Ils [les Russes] ne nous ont laissé que des décombres [à Moscou], mais nous y sommes tranquilles, SÉOUR, Hist. deNapol. viii, t). Ce sont [les montagnes] les monuments qu'a laissés la nature. D'un monde qui n'est plus décombres orgueilleux, MASSON, Ilelvit. H. Il ferres et graviers qu'on lire de dessus une carrière pour aller jusqu'à la bonne couche. Il Fig. Les décombres qu'une révolution laisse après elle.
— SYN. DÉCOMBRES , RUINES. Les décembres sont l'amas des matériaux d'un édifice qu'on a démob ou qui s'est écroulé; amas toujours destiné à être enlevé. Les ruines sont les restes d'un édifice que le temps a endommagé; restes abandonnés à euxmêmes ou respectés comme un monument.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et combre, qui vient de cumulus, tas; portug. coinbro; bas-lat. combrus.
t DÉCOMBUSTION (dé-kon-bu-stion), s. f. Terme de chimie. Mot employé pour signifier désoxygénation, qui est seul usité aujourd'hui.
— CTTM. Dé.... préfixe, et çombuitUm.
DEC
t DÉCOMMANDER (dé-ko-man-dé), v. a. Contrcmander une demande. || Annuler un ordre, une invitation, par un ordre, une invitation contraire. Le dîner, le bal fut décommandé.
— HIST. XIII' s. Mais li rois en fu moult blasmés [de l'assassinat du duc de Normandie], Li quensErnous [l'assassin] descommandés [désavoué] , pu.
MOUSKES, Ms. p. 370, dans LACURNE.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et commander.
t DÉCOHME'rTRE (dé-ko-mè-tr'), v. a. Terme de marine. Détordre un cordage.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et commettre.
t DE COMMODO ET INCOMMODO (dé-ko-mmodo-é-tin-ko-mmo-do). Terme d'administration. Enquête de cnmmodo et incommoda, enquêta qui recherche quels avantages ou quels inconvénients peut entraîner pour le public telleou telle opération.
— ÉTYM. Lat. de, sur, eommodo, ce qui est utile, el ineommodo, et ce qui est nuisible; locution empruntée au droit romain.
t DÉCOMPLÉTER (dé-kon-plé-té. L'accent aigu de plé se change en grave quand la syllabe qui suit est muette : je décomplète, excepté au futur et au conditionnel : je décompléterai, je décompléterais), v. a. Rendre incomplet. Décomniéter une collection.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, el/tomplet.
t DËCOMPLIQUER (dé-kon-pli-ké) , v. a. ûter les complications, les difficultés.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et compltquer.
t DÉCOMPOSABLE (dé-kon-pô-za-bl'), adj. Terme didactique. Qui peut être décomposé.
— ÊTYM. Décomposer.
t DÉCOMPOSANT, ANTE (dé-kon-pô-zan, zan-t'), adj. Qui décompose, qui amène la décomposition. Les forces décomposantes.
DÉCOMPOSÉ, ÉE (dé-kon-pô-zé, zée), part, passé. Il !• Dont la composition est détruite. L'eau décomposée par les chimistes en oxygène et hydrogène. Il 8* Terme de botanique. Feuilles décomposées, feuilles qui sont partagées en nombreuses divisions irrégulières. || Profondément altéré, en parlant des traits du visage. Son beau visage, décomposé par les approches de la mort. Face décomposée.
DÉCOMPOSER (dé-kon-pô-zé), 1). o. || 1« Séparer un corps en ses parties simples. La chimie a décomposé la potasse en oxygène et potassium. C'est là [dans les mines], c'est encor là que, cachant sa puissance. L'éternel ouvrier, dans un profond silence, Compose lentement et décompose tout, de- LiLiE, Trois règnes, v. || Par extension. Décomposer la lumière, y faire apparaître, par le moyeu du prisme, les septcouleurs fondamentales qui la composent. Il Absolument. Nos sciences décomposent et recomposent, mais elles ne peuvent composer, cha- TEAUB. Génie, m, ii, 2. || 2° Terme de mathématique. Décomposer un polygone en triangles, le partager en triangles, pour en évaluer la surface. Décomposer une équation, en faire plusieurs équations partielles pour la résoudre. || Décomposer un produit en ses facteurs, en extraire tous les facteurs. || Décomposer une force , la partager en deux forces équivalentes à la force totale. Décomposer un mouvement, le ramener aux mouvements élémentaires qui le constituent. || 3° Réduire en parties simples. On décomposa le consulat et on en forma plusieurs magistratures, MONTESQ. Espr. XI, U. Tout le monde sent bien qu'il a une intelligence, qu'il reçoit des idées, qu'il entssemble, qu'il en décompose, volt. les Oreilles, t. Mon idée serait de décomposer un homme, pour ainsi dire, et de considérer ce qu'il tient de chacun des sens qu'il possède, dider. Lelt. sur les sourds et muets. Ils achètent de grands biens pour les revendre en détail, et, de profession, décomposent les grandes propriétés, p. l. covr. Lettre V. Il Décomposer un discours, une phrase, une idée, les résoudre en leurs éléments. ||4° Altérer profondément une substance. La chaleur décompose les matières animales. Certaines maladies décomposent les humeurs, le sang. || Se dit aussi en parlant des traits du visage. Le choléra décompose la face. La douleur qu'il ressentait l'avait tout décomposé. || 6° Se décomposer, V. réfl. Se partager en ses parties simples. L'oxygène, l'hydrogène et les corps dits éléments ne se décomposent pas. Le plus fort de ces grands maîtres Se sert de tout son esprit X soutenir que des êtres La seule forme périt; Que le corps se décompose. Qu'il se fait de chaque chose Des arrangements divers, M'"* DESHOULIÈHES, daos RiCHELKT. || Se Corrompre. Cette liqueur se décompose. || S'altérer, en parlant de la face. Ses traits se décomposèrent rapidement.
— HIST. XVI* s. Nous en voyons aujourd'hui plusieurs qui se décomposent [perdent la Ute], voyant
DEC
l'i'gllse ainsi désolée qu'elle est, comme si elle d»voit du tout périr bientost, calvin, 2(3.
— ÉTYM. Dé. .. préfixe, et composer.
DÉCOMPOSITION (dé-kon-pô-zi-sion; en poésie.
de six syllalies), ». f. || !• Terme de chimie. Résolution d'un corps en ses principes ou parties simples. Décomposition chimique. || Double décomposition, décomposition de deux sels qui échangent mutuellement leurs bases. || Terme de mathématique. Décomposition des forces, sub<:titution de forces partielles dont le total équivaut à une force donnée. Décomposition d'un polygone en triangles, d'un produit en facteurs. || S* Fig. Réduction t des parties plus simples. Décomposition d'une idée , d'une phrase. La décomposition d'un mot en ses éléments. Il 8* Corruption. La décomposition des substances animales, du sang, des humeurs. Mouvement de décomposition. || Fig. Ainsi, au milieu de ces alternatives, de ces flux et reflux de l'usage, le déclin, ou, si l'on veut, la décomposition des idiomes, de temps en temps suspendue, reprend son cours el s'achcHe, vaLEMAiN, Dict. de l'Acad. Préface, p. ii. Il 4* Altération profonde. La décomposition du visage, des traits.
— 8YN. DECOMPOSITION , ABALTSE. Ces deux mots difrStrent comme presque tous les synonymes qui sont tirésdu grec et du latin. Le motd'originelatineaun sens général; le mot d'origine grecque a un sens restreint, et par conséquent plus technique. Toute analyse est une décomposition; mais une décomposition fortuite ou déréglée n'est pas une analyse. De là vient aussi qu'on distingue autant d'analyses diverses qu'il y a d'objets spéciaux à étudier : l'analyse mathématique, l'analyse chimique, l'analyse grammaticale, l'analyse logique, etc.; on ne dit pas la décomposition logique, la décomposition grammaticale, etc. La décomposition chimique se borne à détruire l'association qui forma le composé; l'analyse, séparantles principes d'un composé, détermine la nature de ces principes et leurs proportions.
— ÉTYM. Dé.... préfixe r et compottlion. DÉCOMPTE (dé-kon-t') , ». m. || Ce qu'il y a i
rabattre, à réduire sur la somme qu'on paye. Kairu le décompte. Le président lui a fait son décompte, et lui a prouvé qu'en vivant sobrement il en aurait encore de reste [de son argent] a son arrivée, vout. Lett. d'Arycntal, 9 mars 1763. || Retenue qu'on fait à des gens, en leur payant le dû |>our leur solde, travail ou journées, et qui est l'équivalent de certaines fournitures. || Décompte militaire, comparaisons trimestrielles des délivrances de solde et des perceptions de vivres. || Payer le décompte, payer ce qui reste dû, en retenant les avances qu'on t faites. Il Fig. Déception. Trouver du décompte dai* une affaire, n'y pas trouver l'avantage espéré.
— HIST. xm* s. Trestous sans nul décompte, JOINV. dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et compte.
DÉCOMPTÉ. ÉE (dé-kon-tô, tée), part, patte.
Retranché d'un compte. Cette somme étant décomptée, il vous revient tant.
DÉCOMPTER (dé-kon-té), v. o. Ij f Déduire, rabattre. Décompter une somme. || 2° Fig. et absolument, rabattre de l'opinion qu'on avait , ne pas trouver l'avantage au'on espérait. Outre qu'on trouverait beaucoup à décompterdesespérance.squ'on aurait conçues.... BOUBD. Pensées, t. il, p. 30i. Si vous avez imaginé que.... je vous conseille de décompter, VOLT. Lett. Mme du Delfant, 1 8 août I76l. || Ternie de jeu. Perdre ses points, les démarquer. || ferme de musique. Faire passer la voix par tous les degrés d'un intervalle, pour mieux saisir cet intervalle.
— HIST. XIII' s. Plus de sept mille morz en gisent. Sans les piétons que je desconte, o. ouiart, dans le Dict. de dochez. ||xv's. Il chut à la renverse par telle manière qu'il descompta ne sais quans degrés, si très-roidement, qu'à peu qu'il ne se rompist la col, LOUIS XI, ATout!. xu.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et compter.
t DÉCONCEKT (dé-kon-sèr), ». m. Perte du concert, de l'entente qui existait avant.
— ÉTYM. Dé.... préhxe, et concert.
DÉCONCERTÉ, ÉE (dé-kon -sèr-té, tée), ptrl.
passé. Il 1° Dont le concert est troublé. Des voix déconcertées. Le concert étant ainsi déconcerté, l'hôte fil ouvrir la porte, scarb. Aom. corn. ch. (6. ||S'Dont le mécanisme est dérangé. Montrez-moi que ce qui pense en l'homme n'est point le corps, et subsiste toujours après que cette machine grossière est déconcertée, FÉN. t. xu, p. 446. Ne priant plus, toute l'harmonie de la vie chrétienne esl en moi déconcertée, BOUBD. 5* dim. après Pdq. Dominie. l. u, p. 4 »•, Il 3'Troublé, empêché, en parlant des personnes ou
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des chostis. Des projets déconcertés par la fortune. Ceux-ci, déconcertés par cet acte de vigueur inattendu, et ne doutant pas que tant de fierté ne fût soutenue par des forces plus nombreuses qu'elles ne l'étaient, évacuèrent l'île pour n'y plus revenir, RAYNAL, Hist.phil. xiu, 34. Rome fut étonnée, mais non déconcertée, rollin, Hisl. anc. Oliuvres, t. i, p. 4BI , dans pouoENS. || 4" Qui a perJ" contenance. Tout déconcerté par le mauvais accueil de sa proposition. Il se lève déconcerté et chagrin, et Ta dire ailleurs qu'il veut se remarier, la bhuy. v. Le possédé, fort déconcerté de voir cela [une montre au lieu d'un reliquaire] , faisant mine de se jeter sur lui, M. le prince, qui avait une canne à la main, lui dit.... sEGRAis, Mémoires, t. ii, p. H 3. L'air déconcerté qu'elle avait en l'écoutant, acheva sans doute de lui confirmer ce mariage, marivadï, Uarianne, 9" part.
t DÊCONCERTEMENT (dékon-sèr-te-raan), s. m. Action de déconcerter. Le déconcertement des mesures qu'il avait prises. || Perte de contenance. Je remarquai une espèce de déconcertement, d'oùje compris que c'était l'instant favorable de profiter de son trouble, st-sim. 203, <44. Sur le visage du duc de Noailles l'excès de l'embarras, du dépit, du déconcertement était peint, m. 404, 8. Le cardinal, voyant qu'il avait à faire à un contradicteur peu complaisant, balbutia; car il passait quelquefois de l'audace du brigand au déconcertement du friponneau, duclos, if^i». règ. (Euvres, t. vi, p. *06, dans pouGENS.
— ÊTYM. Déconcerter.
DÉCONCERTER (dé-kon-sèr-té), V. a. ||1" Troubler un concert de voix ou d'instruments. Il ne faut qu'une voix discordante pour déconcerter toutes les autres. Il 2' Déranger, disjoindre, décomposer. Déconcertez tout cet appareil étudié qui trompe les hommes, hass. Car. Conf. Tantôt il donnait des remèdes qui faisaient suer, et il montrait, par le succès des sueurs, combien la transpiration, diminuée ou facilitée, déconcerte ou rétablit toute la machine du corps, yÉN. Tél. xvii. || 8° Fig. Rompre les mesures, les projets de quelqu'un. Cette victoire déconcerta les alliés. Il déconcerte leurs desseins. Un moment de séjour peut tout déconcerter, corn. Othon, iv, 2. La plus légère douleur déconcerte leur félicité fdes grands] et leur est insupportable, mass. Petit car. serai, du 3' dm. Une telle fermeté, ajoute Polybe, et une telle grandeur d'âme déconcertèrent Annibal, rolun. Traité des Et. 3» part. ch. t. Sa perfidie imprévue ne déconcerta point Phocion, id. Hist. anc. Œuvres, t. vi, p. 88, dans pouoens. ....Allez, sou gros bon sens Saura déconcerter tous ces mauvais plaisants, collin d'harlev. Malice pour malice, i, <3. || 4°TroubIer, interdire quelqu'un, lui faire perdre contenance. Il faut peu de chose pour le déconcerter. Si ma présence dut déconcerter ces messieurs, je n'eus pas lieu de m'en apercevoir, MARIVAUX, Paysan port), t. m, 6» part. p. ne, dans POUGENS. Il 5° Se déconcerter, v. réfl. Perdre le concert. Des voix qui se déconcertent. || Se déranger, en parlant d'un mécanisme. Tant que nous regarderons l'homme par les yeux du corps.... que verrons-nous dans notre mort qu'une vapeur qui s'exhale, que des esprits qui s'épuisent, que des ressorts qui se démontent et se déconcertent? boss. Duch. d'Orléans.
Il Fig. 11 [Sante«il) se déconcerte, il s'étourdit, c'est une courte aliénation, la bbuy. vjn. || Perdre contenance. Feliciane rougit à ces dernières paroles et Dorothée se déconcerta extrêmement, scarr.
Rom. com. u, ch. t9. Elle a un maintien sérieux, mais naturel, qui ne se déconcerte point, st-évrem.
dans RICHELET.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et concerter.
tDÉCONCLC, UE (dé-kon-klu, klue), adj. Dont
la conclusion, déjà faite, se rompt. Affaire déconclue. Il Néologisme.
— ÉTYM. Dé... préfixe, et conclu.
tDÉCONFÈS, ESSE (dé-kon-fê, fè-s'), ad). Sans
confession. Il mourut déconfès. || Dans un sens particulier. Tout homme qui mourait sans donner une partie de ses biens à l'église, ce qui s'appelait mourir déconfès, montksq. Espr. xxviii, 4).
— HIST. xu's. Outre, fet il, fels, traître, cuivers, Vostre lignage morra hui desconfès, du cange, intestatio. \\ xiii's. Se aucuns hons ou aucune famé avoit geii malade huit jours, et il ne se volust confesser, et il morust desconfès, tuit li mueble seroient au baron, Établ. de saint Louis, ch. 89.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et l'ancien mot confès, qui s'est confessé, du latin confessus (voy. confesser); provenç. descofcs.
DËCONFIRE (dé-koa-fl-r') , je déconfis, nous dé-
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confisons; je déconfisais; je déconfis, nous déconflmes; je déconfirai; jedéconfirais; déconlis, déconfisons; que je déconfise, que nous déconfisions ; que je déconfisse; déconfisant; déconfît, v. a. Défaire complètement l'ennemi. N'étant.... soldat.... Quelle n'ait déconfit, RéoNiER, Sat. xui. Et combien les enfers qu'il avait déconfits. Ont respecté le père à cause de son fils, rotrou, Hercule mourant, v, 2. La bête noire vêtue d'écarlate que le seigneur déconfira, BOSS. Var. *3. Un dieu du ciel vient de me dire Qu'on s'apprête à nous déconfire, scarbon, Virg. trav. IV. Comme Hercule le brutal fit. Qui, ditesvous, vous déconfit, ID. ib. VI. On vous avait trompé sur les quatre cents hommes pris en débarquant en Corse; c'est bien, par tous les diables, au milieu de la terre ferme qu'ils ont été déconfits, volt. Lett. Vernes, t3 nov. 476». || Familièrement. Déconfire quelqu'un, l'embarrasser, le réduire au silence. REM. Déconfire, qui appartenait autrefois aussi
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bilité de payer ses dettes. Tomber en déconfituie. (I Par extension, ruine d'une affaire. Le libraire Panckoucke, qui voit toujours,ses cent mille écu» en l'air par la déconfiture de l'Encyclopédie, se propose d'aller incessamment vous rendre ses hommages, n'ALEMB. Lett. Voltaire, )2 avril t770. Il 3° Délabrement, mauvaise condition. Quand il aperçut Palinure En très-grande déconfiture, scarr. Virg. trav. vi.
— HIST. xii" s. De vostre gent est grans la desconfie, Bonc. p. 28. Toute la gens del païs s'asettre Por la grant guère dont il sont en ardure; Et li rois tient à grant desconflture Qu'en la cité li ont fait tel laidure, Raoul de C. 2(6. ||xiii's. Ensi s'en alerent après la desconfiture, le jeudi de Pasques au soir, VîLLEH. cxLv. Ne doit mourir qui de tout pris se rent [qui, pris, se rend sans réserve]; Non voir, par droit; mais tele est m'aventure, Pour loiauté [je] sui à desconfiture, eust. le peintre, dans Coud.
bien au style élevé qu'au style ordinaire, a perdu \ Pour conforter ma cruel aventure Qui m'est tournée de sa dignité, et ne se dit plus guère qu'avec un ■ à grant desconfiture, ib. p. t25. Ceste desconfiture sens de moquerie ou de plaisanterie. j fut faitp en l'an de l'incarnation MCC et XIII, Chr.
— HIST. xi's. L'escu [il] lui freint, l'aubert lui dellains, t63. ||xiv's. Si encontrerent à cas d'avendescumfist, Ch. de Bol. xcui. || xii* s. Il n'est pas ' ture larrons qui les mistrent à desconfiture bien tost, droit que l'on me desconfise [perde de réputation], ' qresme, Eth. 89. Tant en mirent à mort, couvert QUESNES, Romancero, p. 8». Loewis, reis de France, j en sont li cliamp; Ains tel desconfiture ne vit nuls si cum j'ai oî dire. Ad somuns tute s'ost par trestut apparant. Guescl. ta3i3. || xv s. Il y avoit aucuns son empire, Volt aler en Auverne pur ma gent des- i Anglois ci Gascons qui là s'esloient retraits de la confire. Th. le mari. <2t. Si famine vient en la | desconfiture de Ymel, qui tenoient la ville assez terre, ucorrompuzseitliairs, epesiilence descunfise : vaillamment, froiss. h, h, 8. || xvi's. Desconfiture e destruie les blez. Rois, 282. ||xin"s. À l'aie de | est quand le detteur fait rupture et faillite, ou qu'il
Dieu fu desconfis li empereres Morchufles, et il meïsmes i dut estre pris, villeh. xcix. Par eus puis fut maintTurc et mors et deconfis, Berte, v. Berte, ce dist Constance, ne soiez desconfite, ib. liv. Et je ne sais que faire, près sui de desconfire [d'être déconfite] , ib. Lxxxviu. Celé chose que vos veïsles El soumeillier que vos felstes, Qui le rous peliçon portoit. Qui einsi vos desconfisoit, C'est li gorpiex [renard], jel sai de voir, Ren. 4 474. Compains, au chastel desconfire, Puet l'en bien plus brief voie eslire, la Rose, 7925. For jalousie desconfire, Qui nos amans met à martire, ib. i0526. Quant les Anglois virent là roy, ils se desconflrent et mistrent dedens la cité de Saintes, joinv. 206. |j xv* s. Après la desconfiture du champ Saint Gilles, les coureurs [anglais] trouvèrent de leurs gens qui fuyoient ainsi que gens desconfits, froiss. ii, ii, 49. || xvi* s. Mon ennemi s'en fuit battu, Desconfit de corps et courage, MAROT, IV, 241. Notre armée a esté desconfltte et desfaitte tout à plat, auyot, Fab. 7.
—ÉTYM. Dé.... préfixe, et confire, du latin confia cere, qui, proprement, signifie achever, parfaire; provenç. desconfir, descofir; ital. sconfiggere.
DÉCONFIT, ITE (dé-kon-fl, fi-t'), part, passé de déconflre. || 1° Qui a été défait en bataille. Les ennemis déconfits. Par sa fatale main qui vengera nos pertes, L'Espagne pleurera ses campagnes désertes, Ses châteaux abattus et ses camps déconfits, MALH. II, t. Et tant de rois païens sous la croix déconfits, RÉGNIER, Ép. I. Qu'une jeune effrontée, une insolente esclave Dont le père a suivi ses peuples déconfits. Vienne en ce lieu donner des frères à mes fils, rotrou. Hercule mourant, ii, 2. || Substantivement. Le matin nous autres déconfits [battus], nous sortîmes par cette porte [de Scigliane] à la pointe du jour, p. l. cour. Lett. i, t37. || 2° Qui a éprouvé quelque grande déconvenue. Le pauvre homme est resté tout déconfit. Mon âme déconfite au pillage est donnée, réqn. Elég. i. Messieurs les Rouques sont déconfits pour le coup , hamilt. Gramm, 1. 1| 3" En parlant des choses, détruit, mis hors d'7i-ge. C'était à un voyage de la cour : la voiture d«i Rose avait été je ne sais comment déconfite; \i avait pris un cheval, st-sim. 8B, Ht. || Rare en cet emploi.
— REM. La remarque faite à déconfire s'applique aussi au participe.
DÉCONFITURE (dé-kon-fi-tu-r*), î. /■. || !• Défaite entière, complète. Une grande, une sanglante déconfiture. X propos de guerre, que pense votre majesté de notre déconfiture aux Antilles [défaite de l'amiral de Grasse]? d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 2) juin 4782. || Faire déconfiture de, détruire , exterminer. Les chasseurs firent une grande déconfiture de gibier. Un chat.... Faisait de rats telle déconfiture Que l'on n'en voyait presque plus, LA FONT. Fabl. u, 2. Il Fig. et familièrement, grande consommation. U y avait à ce repas force pâtés excellents et force viande; on en fît une grande déconfiture. || 2' Ruine, insolvabilité d'un débiteur. Sa déconfiture est complète. || Terme de droit. État du débiteur non commerçant dans l'impossi-
y a apparence notoire que ses biens , tant meubles qu'immeubles , ne suffi ront au paiement de ses dettes , LOYSEL, 687. Philippus s'en alla sur la place où gisoit la desconfiture [les morts de la bataille de Chéronée], et là se prit à chanter, par mocquerie, AMYOT, Démosth. 28. Ny ces quatre victoires soeurs, les plus belles que le soleil aye oncques veu de ses yeulx, de Salamine, de Platée, de Mycale et de Sicile, n'osèrent oncques opposer toute leur gloire ensemble à la gloire de la desconfiture du roy Leonidas et des siens au pays des Thermopyles, mont.
— ÉTYM. Déconjire; provenç. descofitura; anc. ital. sconfittura.
DÉCONFORT (dé-koii-for; le t ne se lie pas; au pluriel, l'î ne se lie pas: des dé-kon-for affligeants; quelques-uns la lient: des dé-kon-for-z affligeants), s. w. Perte de confort, de courage, de secours.
— HIST. XII' s. Et mi desconfort greignor, Couci, u Il xin* s. Li desconfors m'a si désespéré. Que je ne sai que puisse devenir, le comte d'anjou. Romancero, p. 4 24. Moult fu grans desconfors aus pèlerins qui dévoient aler ou servise Nostre Seigneur, de la mort au conte Thiebaut de Champaigne. villeh. XXV. Il xV s. Quant je le sceu, je dis par desconfort, Jehémavie, eldesirema mort, ch. d'obl. i. Les princes se plaignent aucuneffois comme par desconfort, quant ilz ont fait bien ou plaisir à quel cun, disant que cela leur procède de malheur, et que, le temps advenir, ne seroient si legiers à pardonner ou faire quelque libéralité, comm. h, 3. Il xvi* s. Supplians à Dieu les vouloir rcguarder de son œil de clémence en tel desconfort, rad. Pant.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et confort.
DÉCONFORTÉ, ÉE (dé-kon-for-té , tée), part.
passé. Oui est en déconfort. Elle n'est nullement déconfortée, SÉV. 315. La veuve dit, toute déconfortée.... LA FONT. Herm. le viens à vous bien déconfortée, VISÉ, Devineresse, v, 2.
DÉCONFORTER (dé-kon-for-té) , v. a. \\ 1° ôter le confort, le courage, abattre, affliger. || 2° Se déconforter, V. réfl. Se désoler, perdre courage. Les autres [Égyptiens] assis autour de lui [Psamménite] pleuraient, se déconfortaient, p. l. cour.ii, I40.
— HIST. xn* s. En long délai [ils] m'ont si desconforté, Couct, XIV. Il xiu's. Tropestdestroisqui est deconforté De celle en qui il a tout son cuer mis, le COMTE d'anjou , Romancero , p. 4 23. Et cil de la vile en furent moult durementdesconforlé.viLLEH. Lxxii. Lors pristrent conseil entr'eus et distrent qu'il avoient moult grant peor de ceus de Constantinoble, qu'il ne se desconfortassent trop, id. cxlvi. S'est moult fox qui s'en desconforte, la Rose , 6932. U est mestiers que lorfemesqui demeurent esbahies et desconfortées, soient gardées que force ne leur soit fête, BEAUM. XIII, 4. Il xV s. Si est aumône et gloire à Dieu et au monde de adresser et reconforter les deconfortés et déconseillés.... proiss. i, i, 47. Bie.i dolente et desconfortée, comm. v, 4 7. || ivi* s. Il ne faut plus que je me desconforte. Si j'ai du mal , m\- ROT, II, 389. Nous n'y voyons [au dedans de nous-
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mêmes] que misère et vanité; pour nenousdesconfarler, nature a rejecté bien à propos l'action de nostre veue au deliors, hont. iv, (46.
— ÊTYM. Déconfort; provenç. desconfortar, deseofortar; ital. disconfortare.
t DÉCONNAISSANCE (dé-ko-nè-san-s'), s. f. Action de déconnaitre.
— HIST. XIII* s. Et la desconnoissance [le désaveu que Berte a fait de son nom] n'i a pas obliée, Ilerte, cxv. || xv s. En racomptant le fait qu'ils congnoissent, ilz demeurent en desconguoissauce de la cause, A. ciiartier, dans raynouaru.
— ÉTYM. Dcconnailre; provenç. desconoissema ; anc. catal. desconezença ; ital. disconoscema.
j DÉCONNAÏTRE (ilé-co-nê-tr'), c. a. Ne pas connaître, ne pas reconnaître.
— HIST. Poise lui [elle est fâchée] que du nom ne s'est desconeUe, Berte, lu. |{ xvi' s. Kessemblant plus à un mort qu'à un vif, en sorte qu'on le decognoist, PARÉ, Introd. <8.
— ÉTYM. Vé.... préfixe, et connaître; provenç. desconoscer, desconuisser ; catal. desconexcr ; espagn. detconocer; portug. desconhecer; ital. ditconoscere.
t DÉCONNU, HE (dé-ko-nu, nue) }art. patsé de déconnaitre. Qui n'est pas connu. Jamais votre Espagnol n'avait une personne de meilleure mine que celte Urgande la déconnue, scarr. Rom. com. 9.
— HIST. xiii* s. Si m'avésvous ramenteûe Une autre amor descongneûe, la Rose, 4080. || xv s. Si fut aucune renommée que le duc Louis d'Orléans avoit esté à ceste journée en habit desconnu, honstrel. I, 23. Et si serai en habit si desconnu que votre vieille ne ame du monde n'aura de moi connoissance, LOUIS xi,Nouv. 37. || xvi' s. Quant à son Urgande la desconue, il dit qu'elle s'est instruite par les admirables préceptes du grand Apollidoa qu'il feint avoir esté comme un autre Zoroastes,