‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 23 sur 388 · LANOUE · texte numérisé non relu

LANOUE

t UÉCONSACRER (dé-kon-sa-kré), v. a. ôter l'étal, de consécration d'une chose, d'une personne.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et consacrer.

DÉCONSEILLE, ÉE (dé-kon-sè-llé, liée, Il mouillées), part, passé. Qui a été dissuadé. Déconseillé d'agir ainsi. || Contre quoi on donne conseil. Une entreprise déconseillée par la prudence.

DÉCONSEILLER (dé-kon-sè-llé, Il mouillées, et non dé-kon-sè-yé), v. a. Détourner par conseil. Vous ferez ce que vous voudrez, je ne vous conseilla ni ne vous déconseille. || Conseiller de ne pas faire quelque chose. Je ne lui conseille ni ne lui desconseiUe cette entreprise.

— HIST. XII* s. Ne m'i laissez ainsi desconseillé, Couci, vu. De poi vus crut en hait [il vous éleva de bas très-haut] et mult vus honura. Tut encontre sa mère quili desconseilla, Th. le mart. 83. Jo e Salomun lesfizserumschailifsedesciinsoillez,yîois, 223. Il xm* s. Nostre sires [Dieu], qui les desconseillés conseille, ne le voult mie ensi souffrir, villeh. xxxvii. Por ce que desconseillie iere, Voit Raison faire sa prière, la Rose, 2867. Tu es rosier qui porte rose Blanche et vermeille; Tu as en ton saint chief loreille Qui les desconseilliez conseille Et met à voie, FUTEB. n, 5. Il iiv* s. Mais li pluseur lui vont ce fait desconseillant, Guescl. 6804. ||xv* s. Si est aumône et gloire à Dieu et au monde de adresser et réconforter les desconfortés et desconseillés, froiss. 1, I, 17. Il XVI* s. Mithridates luy desconseilloit fort de bazarder la bataille, amyot, LucuU. 48. Qui desconseille aux dames la pudeur, il les trahit, mont. m, 5. Antoine de Levé, voyant l'empereur [Charles- Quint] résolu de ce voyage [l'expédition en Provence] , opinoit toutes fois le contraire et le desconseilloit, ID. 1, 321.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et conset'Hcr; provenç. descosselhar ; anc. espagn. desconsejar; ital. sconsigliare.

•f DÉCONSIDÉRATION (dé-kon-si-dé-ra-sion), »./■. Néologisme. Perte de l'estime et de la considération publique. Décunsidération générale, publique.

— ÉTYM. Déconsidérer.

DÉCONSIDÉRÉ, ÊE (dé-kon-si-dé-ré , rée), adj. Qui a perdu considération et estime. Un homme déeonsidéré Un corps déconsidéré.

t DÉCONSIDÉRER (dé-kon-si-dé-ré. La syllabe dé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je déconsidère, excepté au futur et au conditionnel ; je déconsidérerai), v. a. Ôter la considération, l'estime. Cette action l'a déconsidéré. || Alitolument. Puis il s'écrie qu'en politique il ne faut jamais reculer, ne jamais revenir sur ses pas; se bien garder de convenir d'une erreur; que cela déeonsidère; que, lorsqv''i)n s'est trompé, il faut perse-

DEC

Tirer ; que cela donne raison , séodr, Hùt. de Napol. VIII, to. ||Se déconsidérer, perdre la considération.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et con«<ierer.

t DÉCONSOLÉ, ÊË(aé-kon-so-lé,lée), adj. Qui est sans consolation,

— HIST. xvi* 8. Las! la pauvrette Toute seulette. Sans parler longtemps sera Kchevelée, déconsolée, L'i;trange cas pensera, uarg. Nouv. xix. Une consolation commune me desconsole et m'attendrit,

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et consoler.

t DÉCONSTRUCTION ('lé-kon-stru-ksion),».^. Action de déconstruire. || Terme de grammaire. Dérangement de la construction des mots dans une phrase. De la déconstruction, vulgairement dite construction, lemare. De la man. d'appr. les langues, ch. 17, dans Court de langue lat.

— ÉTYM. Déconstruire.

t DÊCONSTKUIRE (dé-kon-strui-r*) , v. a. jj 1* Désassembler les parties d'un tout. Déconstruire une machine pour la transporter ailleurs. || 2" Terme de grammaire. Faire la déconstruction. Déconstruire des vers, les rendre, par la suppression de la mesure, semblables à la prose. || Absolument. Dans la méthode des phrases prénotioiinelles, on commence aussi par la traduction, et l'un de .ses avantages, c'est de n'avoir jamais besoin de déconsiruire, lemare. De la man. d'appr. les langues, ch. 47. Il 3' Se déconstruire, «. réfl. Perdre sa construction. L'érudition moderne nous atteste que, dans une contrée de l'immobile Orient, une langue parvenue à sa perfection s'est déconstruile et altérée d'ellemême, par la seule loi de changement, naturelle à l'esprit humain, tillemàin, Préf. du Dicl. de l'Acad.

— HEM. Déconstruire, qui n'est pas dans la dcrniire édition du Dictionnaire de l'Académie, était dans la 6*; et, comme on voit, M. Villemain, dans la préface de la a*, s'est servi, avec toute raison, d'un mot qui n'est pas dans cette édition.

— tiYM. Dé ... préfixe, et construire.

t DÉCONSTRDIT, ITE (dé-kon-strui, strui-f) , part, passé de déconstruire. Dont la forme, la construction estcliangée. Une machine déconstruite. || Terme de grammaire. Vers déconstruits.

t DÉCONTENANCE (dé-kon-te-nan-s'), ». f. Défaut ou perte de contenance.

— HIST. XIV* s. Et que [je] vous ramenteû.sse les descontenances ou simplesses de la journée pas.sée et vous chastiasse [fisse la leçon] , Uénagier, Prologue.

— ÉTYM. Dé préfixe, et contenance.

DÉCONTENANCÉ, ÉE ( dé-kon-te-nan-sé, .sée),

part, passé. Qui a perdu contenance. Je suis toute décontenancée d'être à Paris dans cette saison, sÉv. 463. Comme je n'ai point reçu de vos lettres cet ordinaire , je n'ai point laissé d'être toute triste et toute décontenancée; car le moyen de se passer de cette chère consolation? id. Lett. 14 févr. t686. Le roi Latin, pensif et morne. Comme à qui survient une corne. Demeura décontenancé, scarron, Virg. trav. VII. Si l'on me regarde, je suis décontenancé, i. i. Rouss. Conf. I.

+ DÉCONTENANCEMENT (dé-kon-te-nan-seman), s. m. Action de décontenancer. || Éiat d'une personne décontenancée. Son décontenancement me fait suer, et lui aussi, j'en suis assurée, sév. 65.

— ÉTYM. Décontenancer.

DÉCONTENANCER (dé-kon-te-nan-sé. Le c

prend une cédille devant a et o ; je décontenançais, nous décontenançons), v. a. \\ 1° Faire perdre contenance à quelqu'un. S'il n'eût eu de l'esprit, il se fût mis en colère, et l'ignorance eût décontenancé la philosophie, balz. Défense de la poésie. Cette créature décontenance la D'*', sÉv. aïo. |) Par extension. Il devait lui dire [à l'empereur] que, dès Malo-Iaroslavetz , le premier mouvement de retraite, pour des soldats qui n'avaient jamais reculé, avait décontenancé l'armée, ségur, Hist. de Napol. ix, 1 2. Il 2° Se décontenancer,», réfl. Perdre contenance. Parmi ces valets il y en avait quelques-uns qui récitaient déjà sans se décontenancer, scarron, Hom. com. ch. 8. Elle se décontenança si fort qu'elle ne put soutenir cette attaque, sëv. 44.

— HIST. XVI* s. Ce qui les rend ainsi desbauchées et descontenancées, tant pour ce que leur sang est corrompu par suppression, que pour ce qu'elles se nourrissent mal, pake, xviii, 74.

— ÉTYM. DéC'intenanu.

DÉCONVENUE (dé-kon-ve-nue), s. f. Mauvais succès qui fait que notre attente ne s'accomplit pas. ....Sans me plaindre en ma déconvenue, Régnier, Sat. a. 11 mourait d'envie de me conter sa déconvo-

DEC

nue, SÉv. 37. Voyez, s'il vous plall, quelle est m» déconvenue (car ce terme est très-bon) , volt. Préf. de Calh. Vadé. Oubliez-vous votre déconvenue? Dans notre lutte au pied du mont Ida Je vous vainquis, et pourtant j'étais nue, hillev. In Défaite.

— HIST. XII* S. Kar grevus lui semblad à mu»trer à U pulcelenuledescuvenue. Rois, m. || xiii*s Diexl font-il, come a [il y] ci laide disconvenue, Berte, eu. Sa garison [provisions] a despendue. Ce fu mortel desconvenue, iien. 762. Puis dist en bas tôt coiement : X droit ai-je desconvenue; Trop vos ai loiauté tenue, Ren. 3823. Sire, or poez vos «avoir que madame est sage et leiaus, quant do si grant ilcsconvenue ne vous osa mentir, Merlin C C7, recto. Il XVI* s. Quand Son Altesse en sccut la desconvenue, elle en cuyda mourir de raige et de despit, CARL. v, 46. Sans attendre qu'il le priast ne qu'il luy parlast de sa desconvenue, il le recueillit en «a navire, amyot, Pomp. 104.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et convenir : ce qui ne convient pas, mauvaise aventure.

j DÉCOR (dé-kor), ». m |j V Ce qui décore, en parlant du papier, de la peinture, des glaces des ap-

; parlements. Un joli décor. Peiutre en décor. || 2* Décoration d'une pièce de IhéAtre. Le décor n'est pas encore prêt. || Au plur. L'ensemble des décorations d'un théâtre. Les décors de cet opéra sont splendides.

— HIST. XVI* S. Francs et loyaux autour d'elle vacquons, C'est sou dtcore [il s'agit de Renée de France].... MAROT, ii, 3)8.

— ÉTY.'M. Voy. nÉCOHEB.

tDÉCOUABLE (dé-ko-ra-bl"), adj. Qui peut êtr» décoré.

— ÉTYM. Décorer.

DÉCORATEUR (dé-ko-ra-teur), ». m. Celui dont la profession est d'orner l'intérieur des appartements, ou celui qui lait des décorations pour les théâtres, pour les fêtes. Un habile décorateur. Grand machiniste, grand architecte, bon peintre, sublime décorateur, il n'y a aucun de ces talents qui ne lui ait valu [à Servanduni] des sommes immenses, Diderot,Sa2on de 4766, Œuvres, t. xiii, p. )28,dans P0UGEN9. Il Adj. Peintre décorateur. || S. f. Décoratrice, celle qui décore. La folie est la décoratrice, l'enchanteresse et la reine du monde, de sEaui,

dans LEGOIRANT.

— ETYM. Lat. decorator, de decorare, décorer.

t DÉCORATIF, IVE (dé-ko-ra-tif , ti-v'), adj. Qui sert à décorer; qui décore bien. Les fontaines décolatives d'une place publique. La frise de PUigalio me parait avoir, à un haut degré, le caractère décoratif, RONCHAUD, Phidias, p. 364. || Les arts décoratils; sous ce nom on comprend la sculpture d'ornementation, les tapisseries, l'ébénisterie de luxe, etc.

— ÊTYM. Décorer; provenç. decoratiu.

DÉCORATION (dé-ko-ra-sion; en poésie, de cinq

syllabes),»./'. ||1" Action de décorer; résultat de cette action. Les rois doivent, pour le repos, autant que pour la décoration de l'univers, soutenir une majesté qui n'est qu'un rayon de celle de Dieu, uoss. Marie- Thérèse. Et maintenant, devenue, malgré ses souhaits, la principale décoration d'une cour dont un si grand roi fait le soutien , elle est la consolation de toute la France, ID. ib. L'ordre, la décoration, les effets de la nature sont populaires; les causes, les principes ne le sont point, labruy.xvi. La philosophie n'était point en lui une teinture légère ni une décoration superficielle ; c'était un sentiment profond et une seconde nature dilficile à distinguer d'avec la première, fonten. Carré. \l Kig. L'affreuse décoration d'incrédulité dont ils se parent, mass. Carême, Doutes. || 2" Ornements d'arcbileclure, da peinture, de sculpture, ou autres ornements qu'on emploie dans les appartements et les jardins. Décoration extérieure, intérieure. La décoration d'un salon, d'un édifice. La tragédie qu'Aristote estime plus que lo poème épique, eu ce qu'elle a de plus la décoration extérieure et la musique qui délectent puissamment, corn. )"dt(C. dupo^medramat. p. 4. Je fus hier à un service de H. le chancelier [Séguier] & l'Oratoire; ce sont les peintres, les sculpteurs, les musiciens et les orateurs qui en ont fait U dépense, en un mot les quatre arts libéraux; c'était la plus belle décoration qu'un puisse imaginer.... Uadame de Verneiiil voulait acheter toute cette décoration un prix excessif, SÊV. )3". On changeait [chez le roi Crésus] la décoration des jardins comma on change une décoration de scène, fKn. t. xix, p. 32. Il Fig. Les ténibres et la lumière, les saisons, la marche des astres.... varient les décorations du monde, cnATBAPB. Génie, i, v, ». i| 8* Terme de

DEC

théâtre. La représentation des lieux où l'action est supposée se passer. Il y a un changement de décoration à chaque acte de cette pièce. \\Au plur. Les toiles peintes qui forment l'ensemble d'une décoration. Le feu prit aux décorations. |) 4" Marque d'honneur, insigne de dignité. Les décorations n'ajoutent pas au mente des hommes. La décoration de la Légion d'honneur. Il fut magnifique dans ses récompenses; les (2*, H', 87* de ligne, et le 7" léger reçurent quatre-vingt-sept décorations et des grades, sêgur, Hist. de Napol. vi, 8. |{ Absolument. La croix d'honneur. Il obtint la décoration.

— HlST. XVI* s. Le roy aymant la décoration De •on Paris, entr'autres biens ordonna Qu'on y bastisse avec proportion, marot, m, 62.

— ÉTYM. Décorer.

DÉCORDÉ, ÉE (dé-kor-dé, dée), port, passé. Un câble décordé.

DECOUDER (dé-kor-dé) , V. a. Séparer les petites cordes dont une corde est composée.

— HIST. XVI* s. Mais si l'un des cordons de ta corde decorde. Le cordon deconiant fait decorder la corde, anciens vers cités dans uuRTAUT,lfanuoie rhetorices, comme exemple de notation du nom.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, ei corde.

+ DÉCORDONNAGE (dé-kor-do-na-j') , s. m. Terme d'artillerie. Opération qui consiste à enlever la matière attachée aux pilons d'un moulin à poudre.

— ÉTYM. Décordonner.

tDÉCORDONNER (dé-kor-do-né), V. a. Terme

d'artillerie. Exécuter le décordonnage.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, el cordon.

DÉCORÉ, ÉE (dé-ko-ré, rée), part, passé.]] 1° Orni, paré. Cet appartement est richement décoré. C'est dans ces lieux sacrés. Décorés avec faste, au fond peu révérés, volt. Catil. m, t. Décorés de la pourpre et du sceptre du maître, id. Irène, ii, l .|| 2° Dissimulé par. La timidité décorée du nom de prudence. Il 3° Qui a reçu la décoration d'un ordre de chevalerie. Cet homme décoré de plusieurs ordres. || Absolument. Un homme décoré est celui qui a la Légion d'honneur. Il S. m. Un décoré, les décorés, celui, ceux qui portent une décoration.

I DÉCORE.MENT (dé-ko-re-man), s. m. Action de décorer; état de ce qui est décoré.

— HIST. XVI* s. Que pour le decorement de son lieu il dresse les avenues de la maison de tant loin qu'il pourra, par longues et larges allées, o. de serres, 16.

— ÉTYM. Décorer.

DÉCORER (dé-ko-ré), v. a. || 1* Orner, parer. Décorer un édifice, un théâtre. || Fig. Cette multitude d'étoiles qui décorent le firmament. Les génies qui ont décoré le siècle de Louis XIV. Le cygne décore, embellit tous les lieux qu'il fréquente, bufp. Cygne. Les dons les plus heureux décorent ce guerrier, LEMERC. Bruneh. il, 2. La grâce décorait son front et ses discours, a. chénier, la Jeune captive. Si je ne voyais pas ton céleste regard, je perdrais ici jusqu'au souvenir des œuvres de la divinité qui décorent le monde, staël, Corinne, xiii, i. De tant de monuments des arts et de l'industrie qui décoraient ces cités et qui passaient pour les merveilles du monde, il ne reste plus qu'une tradition confuse et quelques débris épars dont l'origine est le plus souvent incertaine, mais dont la grandeur atteste la puissance des peuples qui ont élevé ces monuments, LAPLACE, Expos. V, ( . Il 2° Cacher sous des dehors trompeurs. Us ont décoré du nom de sagesse leur insensibilité. Et les flatteurs tremblants, sur un tas de victimes. Déjà du nom d'Auguste ont décoré tes crimes, VOLT. Triumv. m, (.|| 3°Donnerrhonneurde.Ilnese trouva que le Languedoc à lui donner [à Villars], pour le décorer au moins de finir cette petite guerre [des Cévennes], st-sim. 130, <90. ||4* Donner une décoration, l'insigne d'un ordre de chevalerie. Décorer quelqu'un de l'ordre du St-Esprit. || Absolument. Donner la Légion d'honneur. Il fut décoré sur le champ de bataille. || 5° Se décorer, v. réft. Devenir orné. Quelle est cette vierge sacrée Qui sort sur un char lumineux? Des éclairs de son front l'univers se décore. Et la nuit se revêt des couleurs de l'aurore, GiLB. Ode à la reine. Nommé membre de ce comité [pour le perfeclionnement de la mouture] qui voulait se décorer d'un nom si célèbre, con- DORCET, Duhamel. De nouveaux noms la France se décore; i l'aigle éteint nous redevons des pleurs, BÉRANG. Malade. ]] Prendre pour soi un honneur. Il se décora d'un titre qu'il n'avait pas mérité.

— HIST. XIV* s. Parce que sa félicité est de tielx biens de fortune décorée, parée et aornée, oresme, Eth. 24. Je regarde, o dame honorée. Que Dieu vous a tant décorée Qu'il a mis pour tous les hu-

DEC

mains Ce qu'il leur fault entre les mains, VAlchim. à nat. 68. Il XVI* s. Encores moins veux je que l'on me donna Le mol rameau en Cypre décoré [honoré], DUBELL. u, 8, recto. Le ciel en rid, et le soleil encore De nouveaux rays ses blons cheveux décore, ID. m, 3, verso. Villon, Crétin ont Paris décoré [illustré], MAROT, m, <60. Fais donc, seigneur, que son nom décoré [illustré] En soit chanté par tous les coings du monde, amïot, Flamin. 25. Antonius Musa fut décoré et honoré d'une statue d'or par Auguste, PARÉ, Préf. Et quant aux jeunes hommes qui y estoient entrez pour leur plaisir, et honneur acquérir, les décora selon leur qualité, M. du bell. 1552. Cestuy-là [le soleil] de ses yeux Enlustre, enflamme, enlumine les cieux. Et cestuy-ci nostre France décore, rons. 3.

— ÉTYM. Lat. decorare, de decus, ornement, même radical que decere (voy. décent); provenç. et espagn. decorar ; ital. decorare.

t DÉCORNEH (dé-kor-né), v. a. ]\ 1° Faire tomber les cornes. Une vache décornée. X ces mots. Choudieu posa négligemment sur ses genoux deux larges mains hâlées par le travail champêtre, dont les doigts noueux semblaient de force à décorner un bœuf, CH. DE BERNARD, le Gendre, § viii. || Il vente à décorner les bœufs, locution des marins pour dira que le vent est très-violent. || 2° Défaire les cornes faites aux pages d'un livre. || Abattre la marque ou la corne faite & une carte à jouer. Chaque joueur cornait ses cartes et les faisait décorner avec une attention sévère, tolt. Cand. 22.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et corne.

t DÉCORPORATION (dé-kor-po-ra-sion), s. f. Terme militaire. Action de dissoudre un corps militaire.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et la verbe hypothétique corporer, formé du latin corpus, corporis, corps.

t DÉCORTICANT, ANTE (dé-kor-ti-kan, kan-t'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui détache l'écorce des arbres.

— ÉTYM. Décortiquer.

DÉCORTICATION (dé-kor-ti-ka-sion), t. f. || 1° Séparation naturelle ou artificielle de l'écorce de la tige on des racines des arbres. || 2° Terme de pharmacie et d'industrie. Opération qui consiste à enlever l'écorce, première enveloppe d'une branche, d'une racine, d'un fruit, d'une semence ou de toute autre substance végétale. La décortication des légumes.

— ÉTYM. Décortiquer.

t DÉCORTIQUÉ, ÉE (dé-kor-ti-ké, kée), part, passé. Dont on a filé l'écorce. Légumes décortiqués.

t DÉCORTIQUER (dé-kor-ti-ké), v. a. ôter l'écorce des végétaux, des graines, etc. || Se décortiquer, V. réft. Perdre son écorce.

— ÉTYM. Lat. decorticare, de de, et cortex, corticis, écorce (voy. cortical)..

DÉCORUM (dé-ko-rom'), s. m. Ce qui convient et décore. Observer le décorum. Il faut garder le décorum pour la province, sÉv. <84. Non, mais il faut sans cesse Garder le décorum de la divinité, MOL. Amph. Prol. Vous éprouvez l'attendrissement comme nous; mais vous gardez votre décorum, VOLT, flot de Pr. 2I6. Exhortez-le à garder le décorum philosophique, J. J. Rouss. Hél. i, 46. J'ai, sans m'intimider, en traitant cette affaire, Gardé le décorum et parlé hautement, dufrény. Mariage fait et rompu, n, ». ]] U n'a pas de pluriel.

— HIST. XVI* s. Pour contenter ceste docte assemblée et garder le décorum et la dignité du rang que je tiens en l'église, 9at. Mén. Harangue de Ptlvé.

— ÉTYM. Lat. décorum, neutre de decorus, ce qui orne, ce qui sied (voy. décorer).

t DÉCOTTAGE (dé-ko-ta-j'), s. m. Terme de métallurgie. Mouvement de va-et-vient donné au moule pour détacher le modèle.

t DÉCOUCHÉ, ÉE (dé-kou-ché, chée), pari, passé. Obligé de céder son lit. Le jeune homme découché à cause des personnes qui survinrent.

DÉCOUCHER (dé-kou-ché), v. n. ]\ 1° Coucher hors de son lit. Il ne découche pas d'avec Rbéa, d'ablanc. Lucien, t. i, dans hichelet. || Coucher hors de chez soi. Découcher de la maison. Lui-même se marie le matin, l'oublie le soir, et découche la nuit de ses noces, la bruy. xi. Il va, il vient, il sort, il rentre, il découche sans qu'on lui demande ce qu'il a fait, ce qu'il est devenu, raynal, Hist. phil. VI, 23. Il 2° F. o. Obliger quelqu'un à céder le lit où U couche. Dans un hôtel on ne découche personne. Il 3" Se découcher, v. réft. Se lever. Car en chasseur fameux j'étais enharnaché. Et, dès le point du jour, je m'étais découché, mol. la Princ. I, 1. N'est plus usité en ce sens. || Se dit encoredans les provinces , comme découcher, verbe neutre ,

DEC

pour coucher hors de son lit, hors de chez soi, mais il n'est plus du bon usage.

— HIST. XII* s. Les ténèbres de ceste nuit ki, par vraie repentance, descolchent et despitent la lumière de la prosperiteit del siècle. Job, 462. || xv* s. X cette heure, que l'estourmi monta et le haro, il estoit en son hostel et se commençoit à découcher [lever], froiss. ii, m, 98. Il est toujours des premiers descouchés [levés] et premier prest et devaiit au chemin, loois xi, Nouv. xvi. || xvi* s. Puis quand l'aube se descouche De sa jaunissante couche Pour nous esclerer le jour.... dubell. m, 7», verso. Les médecins lui conseillèrent de descoucher d'avec sa femme [de faire lit à part] , marg. Nouv. Lrv. Sa majesté s'estoit descouchée de sa chambre [avait couché ailleurs] pour parler K luy à part, CARL. rv, 4.

— ÉTYM. W.... préfixe, et coucher.

DÉCOUDRE (dé-kou-dr'), je découds, tu découds,

il découd, nous décousons, vous décousez, ils décousent; je décousais; je décousis; je découdrai; je découdrais; découds, qu'il découse, décousons, décousez, qu'ils décousent; que je découse, que nous décousions; que je décousisse; décousant; décousu, v. a. \] 1* Défaire une couture, ce qui est cousu. Découdre une doublure, un habit || Absolument. Ayant passé la plus grande partie de la nuit à coudre et à découdre il se coucha dans le lii où dormaient Ragotin el la Rancune, scarr. Rom. com. 2* part. ch. 9. Il Terme de marine. Déclouer quelque partie du bordage qu'on lève pour en visiter les défauts. Découdre un bordage. jj 2° Terme de chasse. Déchirer, lorsqu'il est question des plaies qu'un sanglier fait au ventre d'un chien ou d'un homme avec ses défenses. Le sanglier, rappelant les restes de sa vie. Vient à lui [archer], le découd, meurt vengé sur son corps, la font. Fabl. vin, 27. || 3'V. n. Familièrement, en découdre, se battre, lutter, contester, disputer. Voyez, l'ennemi s'avance, nous aurons à en découdre. II veut plaider, il faut en découdre. Encore qu'il eût fait mine d'en vouloir découdre, sÉv. 277. Il lui a fallu [à M. de Vendôme] sa rendre au sentiment de ceux qui opinaient à passer l'Escaut pour éviter de combattre; et c'est alors qu'ils y ont été obligés, comme Son Altesse le leur avait prédit, leur disant que, toutes les fois qu'ils marqueront à M. le prince Eugène d'éviter d'en découdre, il les y obligera malgré eux, st-sim. 204, 224.||4°ge découdre, v. réft. Se détacher par les coutures. Cette doublure se découd. || Fig. Leur amitié se découdra bientôt, ils se brouilleront. Les affaires se décousent, commencent à se découdre, elles vont maL

— HIST. XI* s. Le blanc haubert fil] lui ad descust au corps, Ch. de Bol. cxliii. Ne valt la coiffe un viez gant descosu. Que la cervele n'en ait jus espandu. Bat. d'Aleschans, v. (27t. || xiv* s. Les aguilles [ayant été avalées par les loups] descouderont et percheront [perceront] lesboyaulx, et seront treuvez les leus [loups] tous mors, tout parmy le bois, Modus, f'LXX. ||xv*s. Si ne dois, tant pour ton bien propre que pouraultrui paix, tant te descoudre, quand indignacion des princes fait moiill à craindre, o. chastel, Expos, sur vérité mal prise. Il XVI* s. Cestuy Gylippus descousut, par dessoubz, les coustures des sacs où l'argent estoit, et en tira une bonne somme, amyot, Lysand. 3). Un parier desreglé, descousu et hardy, mont, i, (9t. L'unique el principale amitié descout toutes aultres obligations, id. i,'2)7. Platon n'est qu'un poète descousu, id. u, 280. Le peuple estoit descousu [divisé, désuni], ID. III, 84. La premier serment de son sacre fut de n'espouser aucun estranger, bien que, à cause des debtes et divisions du roiaume, elle entreteini quelque traitté avec le roi d'Espagne, pour descouare sans deschirer, d'aub. Hist. i, (82. Ceux qui venoient à pièces descousues, nouveaux soldats, furent aisément enfoncez par les gardes de Martigues, ID. ib. 1 , 266. Quand ils sceurent que cet accord descoudroit la ligue des chrestiens, id. ib. ii, 20) Le sentiment de cette trame descousit (sans déchirer) l'amitié de ce prince vers lui, id. tb. ii, 233. S'aller frotter avec des trouppes descousues à une armée fraîche et gaillarde, id. ib. n, 292. Le fort, se voiant décousu [isolé] de son secours, après quelque batrie se rendit, ID. tb. m, 32). J'espère que vous estes restabli de la blessure que vous receutes à Coutras, combattant si vaillamment à mon costé; et si ce est, comme je l'espère, ne faites faulte (car. Dieu aydant, dans peu nous aurons à découdre, et ainsy grand besoin de vos services) de partir aussi tost, Lett. de benrt iv. Bulletin du Comité de la langue, t. m, u» 8, p. 420. Le comte le plaignit, voyant que

DEC

toutes set afTaires «e descousoient ainsi, Ifém. tur du Guestlin, ch. *s.

- ETYM. Di.... préfixe, et coudre; picard, dékeudre; provenç. et espagn. descoser; portug. detcoter; ital. scucire.

t DÉCOUKNNAGK (dé-koua-na-j"), t. m. Action de découenner.

— ÉTYM. Découenner.

+ DÊCOUENNEB ( dé-koua-né), «. o. ôter la couenne d'un porc.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et couenne.

tDÉCOCI-ANT, ANTE (dé-kou-lan, lan-f), adj.

Oui n'est en usage qu'au féminin, et dans cette phrase de l'Ecriture sainte : La terre de promission était une terre découlante de lait et de miel.

t UËCODLË, ËE (dé-kou-lé, lée), part, passé.

Qui a coulé de Les gouttes des fleurs, sur leurs

seins rdesjeunesfilles]découlées,Y roulaient comme autant de perles défilées, lamaht. Joc. i, 34. || Qui a découlé, qui provient de. Cela serait Téritable, si la liberté de l'homme était une liberté première et indépendante, et non une liberté découlée d'ailleurs, BOss. Libre arb. s. On ne les aurait pas aisément réduits [des textes] à des ombres et à des figures ni à une simple vertu découlée de ce corps et de ce sang [de Jésus-Christ], ID. For. m, % ti.

DËCOULEMENT (dé-kou-le-man), s. m. Action de découler; mouvement de ce qui découle lentement. Le découlement de certains sucs végétaux par des incisions faites & l'écorce.

— HiST. XVI' s. Strangurie, qui est un découlement d'urine, paré, xi, 24. Il y aura douleur, chaleur et découlement de larmes, id. iv, i3.

— ÉTYM. Découler.

DÉCOULER (dé-kou-lé), V. n.||l°Couler peu à peu, goutte à goutte. Le sang découle de sa blessure. La sueur découle de son front. Le peuple y étant entré vit paraître ce miel qui découlait, et personne n'osa en prendre ni le porter à sa bouche, parce qu'ils craignaient tous le serment du roi, sacy, liible.Rois, i, <4, 27. || Fig. Les premiers bienfaits (lui nous sont découlés de la croix, mass. Car. Temps. La raillerie, l'injure, l'insulte leur découlent des lèvres, la B8UY. v. || Découler se dit aussi des

choses qui laissent découler Mon front à large

goutte Découlait de sueur.... lahart. Joc. iz, 338. Cette locution peut se justifier par l'expression biblique : terre découlante de miel. || 1' Dériver, procéder. Une conséquence découle des principes. Par la connaissance du bien ou du mal moral qui découle naturellement du bon ou du mauvais usage (|ue l'homme fait de ses facultés, l'ime parviendra à la notion de la règle des actions humaines, bonnet, Ess. fsychol. ch. <3.

— KEM. Découler se conjugue avec l'auxiliaire auoir, pour marquer l'acte; avec l'auxiliaire être, pour marquer l'étal : l'eau a découlé peu à peu hors du bassin; l'eau est dècoulée, il n'y en a plus dans le bassin.

— HIST. ivi* s. La folie de nostre entendement ne se peut tenir qu'elle ne décline et descoule comme eau à sottes dévotions et superstitieuses, CALVIN, Inslit. 63.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et coûter.

t DÉCOUPAGE (dé-kou-pa-j'), s. m. Action de découper. || Terme de coutellerie. Découpage à l'emporte-pièce, opération par laquelle on débite mécaniquement en lames de couteaux, de rasoirs, de canifs, de ciseaux, etc. des tôles d'acier fondu d'épaisseur convenable. || Terme de verrier. Opération qui consiste à découper, d'après un patron, les globes soufflés provenant de la cristallerie.

— ÊTYM. Découper.

DÉCOUPÉ, ÉE(dé-koa-pé, pée), part, passé. Il 1° Coupé par morceaux. Volaille découpée. || 8* Coupé avec art, à petites taillades. Un fichu découpé. Il 8* Coupé da manière i avoir une figure déterminée. Du carton découpé. Un oiseau découpé dans du papier. || 4' Enlevé d'un fond par des coupures. Une •stampe découpée avec un canif. || S" Terme de peinture. Qui tranche trop sur le fond; dont les contours sont trop arrêtés. Les figures de ce tableau semblent découpées. ||6''Terme de blason. Se dit des pièces qui sont découpées en feuilles d'acanthe. || 7* Terme de botanique. Feuilles découpées, feuilles dont le bord semble avoir été rogné en divers sens. || 8"Terme d'horticulture. Parterre bien découpé, parterre bien dessiné. || Substantivement. Un beau découpé.

DÉCOUPER (dé-kou-pé), v. a. || 1° Couper par morceaux, diviser par membres. Découper un morceau de boeuf, une perdrix. || Faire des entailles. Les deux parties contractantes, après s'être découpé les bras avec un couteau, y faisaient couler leur sang

DEC

[dans une liqueur], y teignaient leurs armes, et buvaient de cette liqueur, eux et tous les assistants, ROLLiN, Ilist. ane. (JtMvres, t m, p. 76. || â' Couper avec art, à petites taillades, des étoffes, enlevant ou n'enlevant pas la pièce coupée. Découper du taffetas. Découper une jupe, un fichu. || Découper une broderie, couper, une fois la broderie faite, le jaconas, le tulle ou la mousseline qui est de trop. Il 8' Couper du carton, du papier de manière que ce qui reste ait une forme déterminée. || On dit dans le même sens découper une figure, c'est-à-dire faire dans le carton ou le papier des coupures telles que la figure dont il s'agit soit représentée. Les mains derrière le dos il découpait en profil un portrait aussi ressemblant et plus ressemblant qu'il ne l'aurait fait au crayon , iiarmont. Uém. liv. vu, t. ii, p. 24< , dans POUOENS. Chez le petit marquis découper des oiseaux, BOissY, Deh. tromp.u, )0. Tandis que d'une main savante Vaucanson construit son canard artificiel, et que, saisis de surprise etd'élonnement, nous admirons cette imitation hardie des ouvrages du Créateur, les esprits célestes sourient et ne voient qu'un enfant qui découpe un oiseau, bonnet, Consid. corps organ. Œuvres, t. v, p. 456, dans POUOENS. Les ciseaux d'une jeune fille qui découpe d'ingénieux ouvrages, chateaub. NaUh. i, »7. Il Absolument. Découper à l'emporte-pièce. U découpe avec beaucoup de goût. || 4" Enlever, en coupant tout autour, les figures qui sont représentées sur une toile, sur du papier. Découper des fleurs pour les appliquer sur un autre fond. Des images que le comte me faisait découper, J. J. rouss. Cotif. m. Il Fig. La lune.... Des édifices dentelés Découpait en noir les aiguilles, v. hugo. Orient. 3i. Il 6° Terme de typographie. Découper la frisquette , mettre à jour chacune des parties de la forme où la lettre doit marquer sur la feuille. || 6* Se découper,», r^/l. Être découpé. Cette volaille est tendre; elle se découpe facilement. || Présenter des apparences semblables à des dessins découpés. Les galeries suspendues en l'air se découpaient sur les fonds du ciel, CBATEADB. Génie, m, v, 4.

— HIST. lu* s. Car en cel jur meesmes qu'il fu si decolpez,Oute£tésaintThomas trois feiz disciplinez, Th. lemart. 4 66. Dune comencent as uis durement à buter : Car il quidouent [pensaient] prendre le saint u decolper, tb. 444. || xm* s. Testèrent un grant cerf trové, Tost l'orent pris et descopé. Lai de Uélion. Maint haume découpé, mainte targe percie, Berte, cxuv. Et i ot moult de Sarrasins tués et decopés, Chron. deRains, 3». Taneur qui découpent doivent chascuus, chascun an, neuf sols de hauban à palier au Roy, Liv. des met. 298. Et ot un Sarrasin, quant il furent arrivez, qui se vint ferir entre eulz; mais il fu tout decopé, joinv. 24 6. Encore firent passer un chien entre nos gens et la leur, et descoperent le chien de leur espées, et nostre gent aussi; et distrent que ainsi feussent il decopé se il failloient l'un à l'autre, m. 266. Moult iert sa robe desguisiée [ornée]. Et fu moult riche et encisée,Et decopée par cointise, la Rose, 828. || xv s. Et puis fut découpé en quatre quartiers [Hue le Dépensier], FROiss. 1,1, 24. Leur est permis de faire l'amour, d'estre brave, emplumés, desguysés, descouppés, masqués, musqués, parfumés et en bon ordre, A.rresl. amor. p. 44 0, dans lacurne. || xvi* s. Se descouper le front pour tesmoignage de dueil, mont. I, 4 4. Ils avoient raison de rejecter ce gênerai mestier de médecin, et descouper [diviser] cette profession, ID. m, 24». En icelle oraison illedescouppa de toutes les sortes d'opprobres et convices qu'il est possible, le blasonnant etappellant violateur de foy,

K. DUBELL. 347.

—ÊTYM. Dé.... préfixe, avec le sens distributif, et couper; picard, décoper.

DÉCOUPEUR, EUSE ( dé-kou-peur, peû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui découpe. Découpeur de bois de placage.

— HEM. Découpeur a eu un sens particulier ainsi expliqué par Segrais, Mémoires, t. u, p. 4 28 : On se sert dans le Dauphiné du mot découper pour signifier médire, et c'était un défaut que l'on reprochait à Mme de Lesdiguières. M. de Boissac lui ayant un jour fait présent d'une paire de ciseaux, en lui disant qu'elle lui convenait parce qu'elle était une grande découpeuse, elle fut si outrée qu'elle s'en plaignit hautement à M. de Lesdiguières , qui la vengea en faisant donner des coups de bâton à M. de Boissac.

DÉCOUPLE (dé-kou-pl*) ou DÊCOÙPLER (dé-kouplè), (. m. Terme de vénerie. Action de détacher les chiens pour qu'ils courent après la bête.

— ËTTU. Voy. DËCOUPUUt.

DEC

DÉCOUPLÉ, ÉE (dé-kou-plé plée), pari, passé. Il 1* Qu'on a débarrassé de la couple. Des chiens découplés parle veneur. || Fig. Lâché après. Les hmiers de police décourilés après lui l'eurent bientôt déterré. Il 3* Fig. Etre bien découplé , avoir un corps libre et agile en ses mouvements et de Mie taille, Toinon, a-t-il bien des laquai»? — U en a, je crois, douze, enfin un si grand nombre. Bien faits, bien découplés, BADTEROCHE, Bourg. de qualité, u, ». C'était [d'Aubignè] un beau et grand drôle, trèsbien fait et très-découplé de corps et d'esprit, sx-sm. 4 23, 403. Rien n'est plus commun que de voir des enfants adroits et découplés, i. i. rouss. Ém. u.

— REM. Celui qui est débarrassé de son lien est à l'aise, libre dans ses mouvements; de là le sens figuré, donné à découplé, d'un corps taillé de manière à avoir aisance et agilité.

4 . DÉCOUPLER (dé-kou-plé), o. o. 1 1 f Détacher des chiens couplés, attachés deux à deux. Quand le cerf est lancé, le veneur doit découpler les chiens. || Absolument. Dès qu'on fut arrivé, on découpla. || 2* Fig, et familièrement, découpler des gens après quelqu'un, les mettre, les lancer à la poursuite de quelqu'un, pour le maltraiter, pour le solliciter, etc.

— HIST. XII* s. Une grant pierre fud en la place, e vindrent cil, et decolperent le char, et des vaches firent sacrsfice à Deu, Rois, 22. ||iiii* s. Li braconier les chiens descopient, Et li brachet au loup s'acoplent,Et Ysengrinmoultseherice, ilen. 4221. Ainz que se fussent regardé. Sept gaingnon [chiens] vienent descopié; En après vienent veneor, Arbalestieret chaceor, ib. 8U84. Trop par sera hardie beste, S'il contre si fais chiens s'areste, Com j'ai descouplés ci aval, Guill. de Palerme. || xvi* s. Pialei leur descoupla quelques galleres qui en combattirent deux des Vénitiennes et en prirent une, d'aub. BisL I, 346. Qu'on descouple mesme de nos mouches après [un général d'armée], elles auront la force et le courage de le dissiper, uont. u, 4>o.

— ÉTYM. W....préfiie,et coupte; provenç. deicoWar, 2. DÊCOUPLER (dé-kou-plé) , ». m. Voy. découplé. tDÉCOUPOIR (dé-kou-poir), ». m. Instrument

qui sert à faire des découpures. || Terme de métallurgie. Disques de fer qui , formant les taillants d'un appareil de fenderie, divisent le fer.

DÉCOUPURE (dé-kou-pu-r'), ». f. Il l'Acliende découper une étoffe, de la toile, du papier. Il y a loin de cette sage économie d'ornements à notre profusion de découpures en carré, en long, en rond, CHATEAUB. Itin. 4 96. |{ 2" Petit amusement qui a été jadis fort à la mode et qui consistait à découper, avec des ciseaux, des figures en papier, ou en vélin, en suivant tous les traits de la peinture ou de la gravure. Dans le xvni' siècle les femmes s'amusaient beaucoup à la découpure. J'ai vu de lui des paysages en découpure sur des feuilles de papier blanc où la perspective était observée avec un art prodigieux, mabm. Uém. liv. vu, t. ii, p. 342, dans PODGENS. L'art des colifichets et de la découpure Est l'&me du vrai goût et fait mon premier soin, LE p. BROMOY, la Boile de Pandore, u, 4 3. |{ Estampe enluminée faite exprès pour être découpée. Il La chose découpée. Cette découpure représente des enfants qui jouent. || i' Terme de botanique. Division des bords d'une feuille ou foliole. La grandeur, les découpures, les nervures des feuilles, bern. de s.-p. Étude première. || 4' Petites fentes transversales qui sont un défaut dans les barres de fer.

— HIST. XVI' s. Antoine, prenant la robbe de Cœsar toute ensanglantée, la de.>!ploya devant toute l'assistence , monstrant les découpeures d'icelle et le grand nombre de coups qu'il avoit receus , ah yot , Brutus, 24.

— ETYM. Découper.

DÉCOURAGÉ, ÊE(dé-kou-ra-jé, jée), part, passé. Une armée découragée. Je suis découragé. [Il] Rassura son parti déjà découragé , corn. Poly. i, 4. N'est-il pas vrai que vous en reportez toujours un es prit découragé et qui ne regarde plus le travail qu'avec horreur? mass. Confér, Ccnd. des clercs dan> le monde.

t DÉC0URA6EABLE (dé-kou-ra-ja-bl') , adj. Qui se laisse décourager.

DÉCOURAGEANT, ANTE (dé-kou-ra-jan, jan-f), adj. Qui est de nature à décourager. Une nouvelK décourageante.

DÉCOURAGEMENT (dé-kou-ra-je-man) , s. t».

Perte de courage. Etre, tomber, rester dans le découragement Se laisser aller au découragement. Une sorte de découragement qui doit nuire à l'énergie des résolutions, staël, Corinne, iv, 4. Ce n'est pas le bonheur qui m'a détaché de ces vains plaisirii c'est un profond découragement, id. ib. xv, 2.

— MIST. XIV* S. Le lart jaune est trop reprouchié, et donne descouragement [6te l'appétit] quant l'en le voit, Ménagier, ii, 5. || xvi" s. Timoleon voulant leur oster ce descouragement, amyot, Timol. 35. Ils ne pensoient qu'à fleschir sous l'esclavage, duquel découragement ils commencèrent à se relever sur une telle occasion, sniiT, dans le Dict. de cochez.

— ÉTYM. Décourager.

DÉCOURAGER (dé-kou-ra-jé. Le g devant o ou o prend un «.-nous décourageais, je décourageais), v. o. Il 1° ôterle courage, l'énergie morale. Décourager quelqu'un. || 2" ôter l'envie , le désir de faire quelque chose. Ils découragent par mille con tradictions les poëtesetles musiciens, la brut. i. || En ce sens il prend la préposition de. On l'a découragé de solliciter les suffrages des électeurs. Ses amis le décourageront d'une entreprise si hasardeuse. || 8" Se décourager, r. réfl. Perdre courage. Il se décourage au premier obstacle qu'il rencontre. Il s'est découragé de cette entreprise.

— HIST. xin* s. Mais ne me chaut de celé plaie ; Je croi qu'autre maladie aie; Car trestous descoragiés sui. Blonde et Jeh. 69t. Onques pour çou n'en fui descoragiés De li amer [de l'aimer], ne n'ere [ni ne serai] , ce saciés, Bibl. des Chartes, 4' série, t. v, p. 3B0. Il xiv s. L'esprevier qui vole après, se lasse et descourage, Ménagier, m, 2. || xv* s. Un mauvais cœur en descourage deux douzaines de bons, Fnoiss. u, m, <9. Il xvi's. Les voyant tous descouragez, il di fiera de donner la bataille , AMYOT.f Jomin. l « .

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et courage.

t DÉCOCHANT, ANTE (dé-kou-ran, ran-t"), adj. Terme de botanique. Se dit quelquefois pour décurrent, beaucoup plus usité, et qui est le même.

Voy. DÉCUHRENT.

t DÉCOURBER (dé-kour-bé) , ». a. Redresser une chose courbe.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et courber.

t DÉCOURONNÉ, ÉE (dé-kou-ro-né, née), part, passé. Qui a perdu sa couronne. Lorsque les commissaires du parlement furent introduits au château d« Carisbrook, ils demeurèrent frappés de respect à la vue de cette tête blanchie et découronnée [de Charles!"] , chateaob. StuarJ», 246. Je crois voir, à l'autel, mon front découronné Sous un voile honteux à jamais profané, lemekc. Fréd. et Bruneh. i, 4 .

t DECOURONNEMENT (dé-kou-ro-ne-man), S. m. L'action de découronner, d'enlever la couronne.

— HIST. XVI* s. Decouronnement, monet, Dict.

— ÉTYM. Découronner.

t DÊCOURONNER (dé-kou-ro-né) , V. a. \\ 1° ôter la couronne. || Fig. De quel droit viennent-ils découronner ma gloire? v. hugo, Odes, m, 7. || 2*Terme militaire. Chasser les troupes, prendre les fortifications qui couronnent une hauteur.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et couronne.

DÉCOURS (dé-kour; l'j ne se lie pas), t. m.

y 1° Décroissement de la lune; le temps qui s'écoule de la pleine lune à la nouvelle. C'est un préjugé dans les campagnes qu'il y a des plantes qu'il faut semer ou cueillir, les unes pendant le croissant, les autres pendant le décours de la lune. Alors aussi les parties de la lune qui ont la nuit, commencent à ne plus voir la moitié de la terre qui a le jour, et nous sommes en décours pour elles, font, les Mondes, 2* soir. Il y a de petits dieux qui font descendre la lune dans le décours, volt. Dial. xv, 4. Il a* Se dit aussi quelquefois du déclin des maladies. Sa pneumonie est dans le décours.

— HIST. ïii* s. La processiun vait, li munz [le monde] est en decurs [cours]; Li plus i vunt à pié : car poi béent aillurs; Saint Thomas li martyrs nus face veir [vrai] sueurs, Th. le mart. (65. Certes ensi cessel li décors de la grâce, lai [là] où li recors n'en est, ST-BERN. 663. || XIII* S. Bien fustes fondei en decours. Quant teil seigneur aveiz perdu, Bien en deveiz estre esperdu, ruteb. 42. Ce est la nuit et c'est li jors. Qui nos vies met en decours, Unicorne et serpent. Il fit la lune en ses tens , en croissant et en décors. Psautier,!' t24. || xiv* s. L'en doit planter avant l'ardeur du soleil et en decours, Ménagier, II, 2. Il XVI* s. Puys briefvement recapituloyt tout ce qu'il avoyt leu, veu, faict et entendu on decours de toute la journée, rab. Garg. i, 23. Cette prerogatifve par laquelle peut l'humaine nature, en decours de vie transitoyre, perpétuer son nom et sa semence, id. l'ant. ii, 8. Et feut cette salutation de tous, des marchans observée en tout le decours du bal, ID. ti). V, 25. Et nous sembloyent les arbres se mouvoir; toutesfoys ils ne se mouvent, mais nous, par le decours du basteau, id. l'b.v, 2«. Le commencement (le cor-uptioD • tellement esté en Adam,

DEC

qu'elle estespandue comme par un perpétuel decours des pères auxenfans, calv. Instit. 475. Jusques au decours de sa vieillesse, amyot, Amt.ctCa(.comp. 4. II faut choisir le temps propre, sçavoir le decours de la lune, paré, xviii, 63. Je la [la vie] treuve et prisable et commode, voire en son dernier decours, où je la tiens, mont, iv, 30(.

— ÉTYM. Provenç. décors; catal. decurs; espagn. decurso; itâl. discorso; du latin decursus, de de, et currere, courir.

DÉCOUSU, UE (dé-kou-zu, zue), part, passé de découdre. || 1* Dont la couture a été défaite. Habit décousu. Il 2* Fig. Oui est sans suite, sans liaison. Style décousu. Paroles décousues. Propos décousus. On me reprochera d'être décousu, dider. Ess. sur Claude, liy. ii. Il ne nous reste [de la philosophie éléatique]que des lambeaux si décousus qu'on n'en peut former aucun ensemble systématique, id. Opin. des anc. phil. Secte éléatique. Certains rêves où tout est si décousu, si peu suivi, si peu ordonné, buffon, Morceaux choisis, p. 74. On voyait l'empreinte de l'esprit an peu décousu et de l'imagination souvent gigantesque deDupleix, haynal, Hist. phil. iv, 23. En vain l'écho léger.... A porté jusqu'à moi quelques lambeaux de vers. Quelques sons décousus de tes brillants concerts, lamart. Ép. à C. Delav. Il Substantivement. Rien n'égale le décousu de son style. Il 3* Terme de chasse. Chien décousu, chien blessé d'un coup d'andouiller de cerf ou de défense de sanglier. || 4° Terme de haras. Animaux décousus, animaux dont les difl'érentes parties ne sont pas ré- (jUhèrement proportionnées entre elles. || La tête du cheval est dite décousue lorsqu'un sillon trop profond, marquant l'attache à l'encolure, semble la détacher du reste du corps.

DÉCOUSURE (dé-kou-su-r"), s. f. || 1* Partie décousue. Il 2° Terme de chasse. Plaie faite au chien par les défenses du sanglier.

— HIST. XVI* s. Les chiens qui chassent le sanglier sont très subjects à estre blessez; il est donc très nécessaire de les sçavoir panser prpmptement; ils sont ordinairement blessez au ventre ; mais pourveu que ce ne soient que decousures, encore que les boyaux leur sortent n'estant offensés, ils se guarissent facilement, salnove, Vén. p. 333, dans la-

CUBNE.

— ÉTYM. Décousu.

DÉCOUVERT, ERTE (dé-kou-vêr, vèr-t'), part, passéde découvrir.-|| 1° Quin'est pas couvert. Ils ont toujours la tête découverte. Une maison encore découverte. La cuisinière trouva le pot-au-feu découvert. Ils ne savent pas que c'est une femme découverte et non une femme nue qui est indécente, Diderot, Saion de t768, CEuvres, t.xin,p. is, danspouoENS. || Qui a la tête découverte. Vous ne vous contentiez pas que Je me tinsse découvert devant vous, pasc. Con». 2. En même temps Foucault s'est couvert et a lu l'arrêt; M. Fouquet l'a entendu découvert, sÉv. Lett. 22 déc. 1664. Il Allée découverte, allée dont les arbres ne se joignent pas par en haut. || X visage découvert, sans masque , sans voile. Dans ce pays les femmes vont toutes à visage découvert. Il ose se montrer presque à visage découvert, mass. Carême, Doutes. Il Fig. Sans détour. Agir, se montrer à visage découvert. Une prudence qui marche à visage découvert, corn. Ex. de Nicom. Elles [les obscénités] y sont à visage découvert [évidentes ] , mol. Critique, 3. Il Deniers découverts, argent comptant. Il Terme de marine. Bateau découvert, bateau non ponté. Batterie découverte, batterie à feu placée sur le pont supérieur. 1| Laissé à sec. Des rochers découverts par la mer à marée basse. || Terme de zoologie. Ailes découvertes, ailes des insectes qui dépassent les élytres. || Terme de botanique. Fruits découverts , fruits entièrement nus. || 2° Peu boisé , en parlant des lieux. La marte fuit les pays habités et les lieux découverts , buffon. Marte. Il 3° Exposé. Nous sommes trop découverts aux attaques de la fortune, boss. Am. des plais. 2. || Terme de guerre. Exposé aux attaques, non défendu. Cette ville est découverte du côté du levant. Le flanc de ce régiment, découvert par la fuite de la cavalerie. || 4° Dont la connaissance est trouvée pour la première fois. L'Amérique découverte par Christophe Colomb. La géométrie générale découverte par Descartes. || 5* Aperçu. Trois voiles découvertes à l'horizon. L'ennemi découvert de loin. Ce billet découvert suffit pour vous confondre, mol. Mis. IV, 3. La vérité y est découverte, pasc. dans cousin. De peur d'être découvert, il évitait les grandes routes et marchait dans les chemins détournés, raynal, //is(.phti.xiv,22. Il e°S.m.Découvert,absencedetout souci de se cacher. Sa table [de Pierre le Grand]

DÉC

était souvent peu décente , souvent aussi avec un découvert d'audace et d'un roi partout chez soi , STsiB. 467,138. Il Terme de finances. Ce que l'on a à payer, sans avoir en caisse les fonds nécessaires. Les découverts du trésor, les dépenses décrétée» par le gouvernement et qui ne sont couvertes par aucun crédit. || 7° A découvert, loc. adv. Sans être couvert. Il n'y avait ni portes ni fenêtres, nous étions à découvert. || Sans être garanti. Ils allèrent à découvert attaquer la demi-lune. || Sans rien qui cache. Ordonnez que d'un fer le sein me soit ouvert, Exposez à vos yeux mon cœur à découvert, rotr. Béiis. IV, 6. Il Fig. Clairement, sans ambiguïté. Seigneur, à découvert toute âme généreu.se D'avoir votre amitié doit se trouver heureuse, corn. Nicom. V, 10. Puisqu'il marque votre sentiment si à découvert.... pasc. Prov. 13. Ils y verront Dieu à découvert , ro. dans cousin. J'ai vu son cœur i découvert dans cette aventure , sÉv. 148. Cette grande lumière devait paraître à découvert, boss. Hist. II, 6. Un homme tel que lui doit-il à découvert Se montrer sans prudence au grand jour qui le perd? VOLT. Catil. ii, 1. || Terme de commerce. Être à découvert, être en avance, n'avoir aucune garantie des avances faites. || Terme de bourse. Opérer, vendre à découvert, opérer, vendre, sans posséder les valeurs.

DÉCOUVERTE (dé-kou-vèr-f) , ». ^. || l'Action de découvrir, de trouver, de faire connaître ce qui n'était pas connu. La découverte d'un trésor, d'un pays. Faire une découverte. La découverte de la vaccine par l'anglais Jenner. La découverte de l'Amérique, des satellites de Jupiter. La feinte est un pays plein de terres désertes; Tous les jours nos auteurs y font des découvertes, la font. Fabl. m, 1. Ces merveilleuses découvertes qu'a faites la science, boss. Mort, 2. Ceux qui ont le mauvais goût de n'estimer d'une découverte que la peine et le temps qu'elle a coûté, bufp. Expér. sur les végit. 2* mém. Les découvertes des savants sont les conquêtes du genre humain , maiban , Éloges, Umery. Deux découvertes qui se touchent dans l'esprit humain sont quelquefois séparées par des siècles, dider. Salon de 1765, (Euvres,X. xiii,p. 364, dans pouGENS. Les découvertes ne me paraissent en valeur et en sûreté que quand elles sont rentrées dans la masse commune , id. Peinture en cire, CEuvres, t. xv, p. 372. Il n'y a point eu d'événement aussi intéressant pour l'espèce humaine en général et pour les peuples de l'Europe en particulier, que la découverte du nouveau monde et le passage aux Indes par le cap de Bonne-Espéranee, raynal, Ilist. phil. i, Introd. La découverte de Terre-Neuve fut faite en 1497 par le Vénitien Jean Cabot, id. ib, ivii, 12. On ne fait pas une découverte parce qu'on en a besoin , mais parce qu'elle est liée avec des vérités déjà connues, et que nos force» peuvent enfin franchir l'espace qui nous en sépare, condohcet, Duhamel. \\ Fig. Chose nouvelle qu'on aperçoit dans un sujet quelconque. On fait en tout genre des découvertes subites dans le caractère des Italiens, staEl, Corinne, ix, 1. 1| Voyage de découvertes, navigation dont le but est de trouver des terres, des îles, des baies, des roches, ou, en général, des objets qui étaient ignorés des navigateurs , des géographes , des naturalistes. || 2* Terme de guerre et de mer. Aller à la découverte, aller en avant d'une armée navale ou de terre pour trouver l'ennemi , reconnaître ses forces et savoir la route qu'il tient. || Par extension, aller observer ce qui se passe. U leur fallait tous les jours de» voitures pour aller à la découverte, et ils ne découvraient rien, volt. l'Ingénu, i3. || Être à la découverte, être à la recherche. || Terme de marine. Bâtiment léger envoyé en avant ou sur les ailes d'une escadre, pour observer les mouvements de l'ennemi. |{ Matelot en vigie au haut d'un mât. || 2° Terme d'escrime. Action de se découvrir, de donner du jour à l'arme de son adversaire.

— REM. J. J. Rousseau a dit découverte pour l'ouverture des portes d'une ville : X l'heure de la découverte ils rentrèrent en ville, Conf. i. Cet emploi n'est pas admis et avec raison .

— SYN. dP.cooverte, invention. La découverte montre ce qui n'était pas connu; l'invention, combine des conditions connues, d'une façon nouvelle. On dit la découverte de l'Amérique et non l'invention; et au contraire l'invention de la poudre à canon beaucoup mieux que la découverte. Toutefois, dans un sens général , ces deux mots »e prennen: très-bien l'un pour l'autre.

— HIST. XVI* s. Le voylà à faire l'amour à la de«couverte [ ouvertement ] , mokt. m 350. Utihi

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décence, si elle pouvoitinterdirei Dieu la deseouTerte de nos vices, mont, m, S74. Encore l'injuria il bien plus oultrageusement , et plus à la descouverte; et ce en une chanson, qui se commence .... amyot, Thém. 41. C'est le plus court, et c'est hors de la ilescouverte [vue] de deui petits chasteauj qui.... lURL. VI, 44. Il y avoit cinquante arquebuzicrs à cheval qui servoient à faire les descouvertes, et escarmoucher çà et là , id. vu , ) 7.

— ÊTYM. Découvert; espagn. discobierta.

t DÉCOUVERTURE (dé-kou-vèr-tu-r') , s. f. Action de découvrir une toiture.

— HiST. XV* s. Elle fut avertie et informée du long et du large de la descouverture des amours de Girard et d'elle, Louis xi, Houv. xxvi.

— ÉTYM. Wcouvrir.

t DÉCOUVRANT, ANTE (dé-kou-vran, vran-t'), ndj. Oui découvre. Vous savez que je suis découvrante quand je suis en quelque soupçon, la comtesse DE MAURE, Lettre à Urne de Sablé, Bibl. de l'école des Chartes, 3* série, t. v, p. 49S.

t DÉCOUVREMKNT (dé-kou-vre-man), î. m. Action de découvrir. J'ai fait prier quelques personnes intelligentes de vouloir bien changer mon mot de découverte.... on s'excusa sur la disette de notre langue qui ne s'accommode ni de découvrement comme au siècle passé, ni de révélation, ni d'apocalypse, termes qu'elle a empruntés des latins pour d'autres usages. Auteurs déguisés, Préface.

— ÊTYM. Découvrir.

t DÉCOUVREUR (dé-kou-vreur) , *. m. Celui qui fait des découvertes. Quel fut le prix des services inouïs de Cortex ? Celui qu'eut Colomb : il fut persécuté; et le même évêque Fonseca, qui avait contribué à faire renvoyer le découvreur de l'Amérique chargé de fers, voulut faire traiter de même celui qui en était le vainqueur, volt. Mœurs, <47.

— REM. Découvreur, qui ne se trouve plus dans le Dictionnaire de l'Académie, était dans la B'édition.

— HIST. IV* s. Et avoient les François leurs descouvreurs [espions], et les Hongres les leurs, froiss. m, IV, B2. ||xvr s. Les capitaines, qui avoient mis des descouvreurs sur les champs, eurent tantostadvis que.... M. du bell. 385.

—ÊTYM. Découvrir.

DÉCOUVRIR (dé-kou-vrir), je découvre, tu découvres, il découvre, nous découvrons, vous découvrez, ils découvrent; je découvrais; je découvris; je découvrirai; je découvrirais; découvre, découvrons; que je découvre, que nous découvrions; que je découvrisse ; découvrant ; découvert , «. o. Il l"ôter ce qui couvrait une chose ou une personne. Découvrir un plat, un vase, un panier. Découvrir une maison. Découvrir un malade. Vos femmes dont le soin à l'envi la soulage. Ont découvert son sein pour leur donner passage [aux soupirs] , rac. Baj. IV, 6. S'il s'assied, vous le voyez s'enfoncer dans un fauteuil, croiser les jambes l'une sur l'autre, froncer le sourcil, abaisser son chapeau sur ses yeux pour ne voir personne, ou le relever ensuite et découvrirson front par fierté ou paraudace,LA bruy. vi. Il Fig. Découvrir le pot aux roses, découvrir ce qu'il y a de secret dans quelque intrigue. || Nettoyer un outil trempé en le Kchant à plusieurs reprises dans un morceau de pierre ponce. || Terme de gravure. Dépouiller la planche de son vernis lorsque l'eauforte a suffisamment mordu. || Terme de jeu de cartes. Découvrir son jeu, le montrer; et au fig. laisser pénétrer ses desseins. || Découvrir, se dit de la mer qui laisse à sec. Sera réputé bord et rivage de la mer, tout ce qu'elle couvre et découvre pendant les nouvelle et pleine lune, Ordonn. août i6Si. Il %' Dégarnir de ce qui protégeait. Découvrir la (l'entière. || Fig. Cette vanité vous découvre à l'ennemi, Boss. Honn. <. Les larmes découvrent les malheureux k tous les traits de leurs ennemis, Exil de Cicér. dans desfontaines. || Terme de jeu d échecs. Découvrir une pièce, 6ter de devant elle une autre moins importante qui la défendait. Je ne puis pas jouer ce pion, je découvrirais mon roi. || Terme de trictrac. Découvrir une dame, la laisser seule dans une caso exposée à être battue. || 3° Trouver ce qui n'était pas connu, ce qui était resté ignoré. Découvrir un trésor, une source. Doctrine suspecte de simonie et punie en justice quand la pratique en est découverte, pasc. Prov. a. || Parvenir à connaître ce qui était caché. On a découvert le mystère. Jacques 1" découvrit la conspiration des poudres. Oui .sans peine au travers des sophismes de Qaude, Amauld, des novateurs u découvres la fraude, boil. Êpit. m. D'autres ne disent pas précisément une chose qui leur a été confiée; mais ils parlent et agissent de manière qu'on la décou-

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vre de soi-même, la bruy. v. || 4* Faire une découverte dans les sciences, les arts. On ignore qui a découvert la boussole. Newton découvrit la loi de la gravitation. || Absolument. L'art de découvrir en mathématique est plus précieux que la plupart des choses qu'on découvre, ponten. Leibnitx. Uniquement occupé à découvrir, et avare du temps qu'il y employait, il [Newton] ne se hâtait nullement de rédigerses découvertes, encore moinsde les publier, MAIHAN, Éloges, llalley. \\ 6* Reconnaître un pays nouveau. Colomb a découvert l'Amérique. La planète Uranus fut découverte par Herschel. Il découvre en entrant à la cour comme un nouveau monde qui lui était inconnu, la bruy. vin. Toi qui nous découvris ces immenses contrées, volt. Alz. i, t. Il 6* Manifester, montrer, en parlant des personnes qui font connaître. En vain de mon regard l'ingénieux langage Pour découvrir mon cœur a tout mis en usage, corn. Sertor. ii, 2. Ce sont des bergers amoureux qui se découvrent l'un à l'autre la cruauté de leurs maîtresses, hol. Sicil. 4. C'est sur cela qu'il me découvrit l'esprit de la Société [des jésuites], qui n'est pas connu de tout le monde, pasc. Prov. 5. U nous découvre sa volonté, id. dans COUSIN. Mes premières prédictions ont été accomplies, j'en fais encore de nouvelles, et je vous découvre l'avenir avant qu'il arrive, sacy, Hible, Isaie, xLit, 9. Ne dites vos pensées ni à votre ami ni à votre ennemi, et, si vous avez commis un péché, ne le leur découvrez point, id. Bible, Ecclésiastique , XIX, 8. Enfin, Burrhus, Néron découvre son génie, RAO. Brit. m, î. Mais puisqu'à votre reine il faut a découvrir [un trésor], id. Athal. v, 2. Le roi feignaitl et moi, découvrant ma pensée.... m. ililhr. IV, i. Il Manifester, montrer, en parlant des choses qui font connaître. Ces indignes frayeurs vous ont trop découvert, corn. Héracl. v, 2. Tous les hommes sont semblables pour les paroles; ce n'est que les actions qui les découvrent différents, mol. l'Av. 1, i. Enfin avec des yeux qui découvraient mon âme, RAC. Baj. m, 2. U n'y a rien qui nous découvre plus d'actions de vertu à exercer, que cette attention continuelle à la loi de Dieu, parce qu'il n'y a rien qui nous les cache davantage que de s'abandonner à ses inclinations, kicols, Ess. mor. 2*traité, ch.8. La nature féconde en bizarres portraits. Dans chaque âme est marquée à de différents traits; Un geste la découvre, un rien la fait paraître, Boa. Art p. iii.ll 7* Révéler, dénoncer. Il découvrilau gouvernement la conspiration. Qui vousa contre moi sa fourbe découverte? cohn. Nicom. iv, 2. Pour perdre mon

rival j'ai découvert sa trame, id. Cinna, v, 3 À

Calchas je vais tout découvrir, rac. Iphig. iv, 44. Il 8° Voir, apercevoir; signification qui dérive de ce que apercevoir, c'est comme ôter ce qui couvre quelque chose. On découvrait les vaisseaux de la flotte ennemie. Découvrir d'une seule vue la moitié de la terre , voit. Lett. 4 0, Nous découvrîmes dans une niche une Diane, ID. ib. Déjà je découvrais cette fameuse ville.... corn. Sertor, u, 5. Cependant de nos murs on découvre Pompée, id. ibid. De ses retranchements il découvre les vôtres, RAC. Alex, n, <. Je prétends que l'aurore Découvre mes vaisseaux déjà loin du Bosphore, in. Milhr. ni,). Nous découvrîmes l'Ile de Chypre, que nous laissâmes à gauche, sacy. Bible, Actes des Ap. XXI, ». Ce que l'on peut faire de mieux, d'aussi loin qu'on les découvre, est de les fuir de toute sa force et sans regarder derrière soi , la bruy. v. Le lendemain ils arrivèrent à Notre-Dame de Lorette, qui est placée sur le haut de la montagne, et d'où 1 on découvre la mer Adriatique, staél, Corinr^e, xv, 5. Il Absolument. Nous serions au logis beaucoup moins sûrement; Ici de tous côtés on découvre aisément, Et nous pouvons parler avec toute assurance, mol. Dépit am. ii, (. || Fig. Apercevoir des yeux de l'esprit. D'où vient qu'on pousse tant d'imprécations qui se trouvent dans cette censure, pour combattre une hérésie imperceptible, et encore sans la découvrir? PASC. Prov. 3. Parmi les erreurs et les faux jugements du monde, elle s'appliqua à découvrir ce point de vérité qui fait regarder la vanité des choses humaines, fléch. Urne de Uontausier. C'est alors que chacun rappelant le passé Découvrit mon dessein déjà trop avancé, rac. Brit. iv, 2. Ce n'est pas là le moyen de terminer ma dispute et de découvrir qui a tort ou qui a raison, la font. Psyché, 1, p. »). Il croyait qu'il pouvait découvrir sur son visage [du médecin] quelque marqua de ce qu'il avait dans l'âme, vaugel. Q. C. liv. m, dans riciielkt. Les yeux d'une mère sage, tendre et chrétienne découvrent sans doute ce que d'autres ne peuvent découvrir, FÂN. Éduc. Htlet, ch. 4 4. Dangcau est ravi

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de tout ce caquet; il découvre le jeu, il tire ses conséquences, il voit à qui il a affaire; enfin j'étais fort aise de voir cet excès d'habileté, stv. Lett. 2« Juillet <fl76. Oui, je découvre en vous, et je m'en sens frappé. Mille dons enchanteurs qui m'avaient échappé, coLLiN d'harleville. Vieux eilib. m, 4 Il 9* "Trouver quelqu'un qui se cache ou dont on a perdu I» trace. Vous avez beau chercher, vous ne le découvrirez pas.... Héraciius vient d'être découvert, COHN. Héracl. u . s. Je viens, dit Jésus- Christ, comme un voleur.... comme un voleur, direzvous, indigne comparaison! n'importe qu'elle soit indignede lui pourvu qu'elle nous effraye.... tremblons donc, chrétiens, tremblons devant lui à chaque moment; car qui pourrait ou l'éviter quand il éclate, ou le découvrir quand il se cache? BOSs. HarieTliér. Eh! comment avez-vous fait pour me découvrir? lui dis-je, en ne cessant de l'embrasser, MARIVAUX, Paysan parv. 6* part. t. ui, p. loo, dans pougens. Il 10° Découvrir quelqu'un, le faire connaître. Il ne m'a jamais vu, ne me découvrez pas, CORN. Nicom. I, (. Hetire-toi.... surtout ne me découvre pas, VOLT. 7'aner. m, 3. || 11* K. n. Terme de marine. Être laissé à découvert par la mer en se retirant. Ce rocher découvre beaucoup. ||12" Se découvrir, V. réfl. ôter ce qui nous couvre. Ce malade s'est découvert en s'agitant dans son lit. || ôter son chapeau, son bonnet en signe de respect. Ils se découvrent dès son antichambre [du prince d'Orange], LA BRUY. XII. Le grand écuyer ne répondit rien; U ne se retira pas; seulement il se découvrit k demi pour remercier et refuser. sf.ouR, llist. de Kapol. VII , H . Il Cette fetume se découvre trop, elle est trop décolletée, elle montre troi> ses épaules et sa gorge. Il Se découvrir se dit aussi pour indiquer que l'on montre d'une manière indécente les parties qui ne doivent pas être vues. || 18* Terme d'escrime. Ne pas se mettre bien en garde. Il se découvrit et il reçut un coup d'épée dans la poitrine. || Terme de guerre. S'exposer. Ce soldat se découvre trop. || 14* Se manifester. L'inégalité que l'on remarque dans le courage d'un nombre infini de vaillants hommes, vient de ce que la mort se découvre différemment à leur imagination, et y paraît plus présente en un temps qu'en un autre, la rochef. Ré/l. mor. n* 504. Ces beaux talents se découvrent en eux du premier coup d'oeil, LA bruy. IX. Et les siècles obscurs devant moi se découvrent, RAC. Athal. in, 7. J'âime un esprit aisé qui se montre et qui s'ouvre. Et qui plaît d'autant plus que plus il se découvre, boil. Eptt. ix. || 16* Fig. Être vu, être aperçu. Les Pyramides d'Egypte se découvrent de très-loin. Leur aspect souhaité se découvre à mes yeux, rac. Iph. u, 3. Deux [assassins] s'y sont découverts, que j'amène avec moi, CORN. Aïcom. i, t. Il 16° Être trouvé comme découverte. Si une fatale invention [pour la destruction des hommes dans la guerre] venait à se découvrir, elle serait bientôt prohibée par le droit des gens, et le consentement unanime des nations ensevelirait cette découverte, montesq. Lett.pers. (M. Il 17° Se faire connaître, s'expliquer. Si Dieu se découvrait continuellement aux hommes.... il se découvre rarement à eux, pasc. dans cousin. Le Seigneur continue à paraître dans Silo; car ce fut à Silo qu'il se découvrit à Samuel, et qu'il lui fit connaître sa parole, sacy. Bible, Rois, i, m, 21. Retirons-nous, sortons, et, sans nous découvrir, Allons loin de ses yeux l'oublier et mourir, bac. Bérén. I, 2. Souffrez pour vous parler, madame, qu'un amant Prenne l'occasion de cet liuureux moment, El se découvre à vous de la sincère flamme.... mol. Fein mes sav. i, 4. Laissez-moi faire, vous dis-je, peut être qu'elle se découvrira plus librement à moi qu'à vous, m. VAm. méd. i, ». Je n'accepte la main qu'elle m'a présentée Que pour m'armer contre elle et, sans me découvrir. Traverser son bonheur quije ne puis souffrir, rac. Iphig. u, t. Hélasl s'il esi ainsi, pourquoi me découvrir? volt. Uérope, iii, t — SYN. découvrir, TROUVER. On dira également : Newton découvrit ou trouva la loi de la gravitatioi universelle. Mais il y a cette différence indiquée pai l'élymologie, que découvrir signifie ôter ce qui couvrait; par conséquent il implique toujours qu'il a fallu faire un effort. Trouver n'implique rien de pareil; il n'indique aucun effort, aucune recherche; car on trouve souvent sans chercher. Dire de Newton qu'il trouva cette loi, c'est énoncer seulemeni le fait que la première connaissance lui en est due: dire qu'il la découvrit, cest faire allusion aux efforts intellectuels qu'elle lui a coûté. Ce fut, dit-oii . en faisant des expériences d'alchimie qu'on trouva la poudre à canon; ce fut en poursuivant ses recherches que Lavoisier découvrit la comuosition de l'eau

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— HlST, XII* S. Lors fut m'amours descouverte et ninnstrée, Coud, vi. Je ne lui os [ose] mon penser descouvrir, ib. xix. La mère [de] la pucele [il] treuve À cui son courage [II] descuevre, Romancero, p. 80. Pur ço que non dignement vead ourent l'arche en descuvert, Uois, 23. Hai I corne as ested liui glorius, qui tei descuveris e esnuas des vestemens reals derant les anceles de tes serfs, si corne ço fust uns sailleur [danseur], ib. U2. Descuevre al seignurla tue veie, et espeire en lui, Ltfcerpsaim. p. 4«. Il un petit baissa sa main, X descovert desoz l'escu L'a de la destre part féru, Grégoire le Grand, p. 62. || xiii* s. Si lasacha [elle tira la couverture] que toute la serve [elle] descouvri, Berte, Lxxxix. Et que leur fausseté [trahison] est toute descouverte, ib. xciv. Diex m'en (loint tel vengeance, qu'encor [cela] soit descouvert, th. xxxiv. Si mist un quariel en coche et traist au roi, et le feri à descouviert au tournant de la drete espaule, et le navra durement, Chron. de Rains, 79. Kiconques le [sa maison] ferait autrement covrir, il seroit à dix livres [d'amende], et si li couvenroit ilescovrir, taillur. Recueil, p. 225. X covert ne à descovert, Ass.de Jér. i, <02. Sens est perdus ki est couvers; Cis k'est monstres et descouvers Puet en aucun liu semenchier. Lai d'Ignaurès. Puis li porrés tôt descovrir Le mal qui si vous fait languir, FI. et Bl. 2185. Lors s'acropi devant la porte , Et vit le guichet aovert Et le pertuis à descovert, Ren. 652. Or te lo [je conseille], et veil que tu quieres Ung compaignon sage el celant, X qui tu dies ton talent, Kt desqueuvres tout ton courage, la Rose, 2701. Je voi que qui cheval acheté, N'iert jà si fox que riens i mete, Comment que l'en l'ait bien couvert, Se tout nel voit à descouvert, ib. 87)0. Et s'il avient que le [la] meson voille soudainement cheoir, ou ele se desquevresiqueilpluetdedens.... beadm.xxxviii, 20. Il xiv* s. Et m'esperance est morte sans retour. Quant souvenirs me monstre à descouverl Qu'en lieu de bleu, dame, vous vestez vert, machault, p. 56. Il XV' s. Le dit messire Geffroy de Chargny s'en descouvrit bien secrètement à aucuns chevaliers de Picardie qui tous furentde son accord, froiss.i, i, 326. Sa maison descouvroit sur plusieurs rues, louis xi, iVoiiB. I. Il XVI* s. Et cestui-là, qui sa teste descœuvre, En plaiderie a fait un grand chef-d'oeuvre, ma- ROT, I, 249. Descouvrir [montrer] l'inju.stice d'une condemnation, most. i, i». Descouvrir un secret [qui a été confié], id. i, 30. Et l'a [ma pensée] l'estrangier descouverte parfois avant moy, m. i, 42. L'efTect en descouvrit la fourbe, m. i, loo. En ces nouvelles terres descouvertes en notre aage, id. i, 239. La plus délicate partie de nous [le visage] est celle qui se tient tousjours descouverte, id. i, 259. Kous nous tenons descouverls [nu-tête] bien loing autour d'eux, m. i, 338. Ayant descouvert qu'il avoit esventé son secret, id. ii, 36. Les uns descouvrent le pays, les autres chevalent les voyageurs, LA BoftTiE, 64. Qu'ou descouvre toules les anciennes histoires, qu'on regarde toutes celles de nostre souvenance, ID. 68. Elle monta mille fois les degrés D'une grand tour qui descouvroit la plaine, id. 488. Que trente chevaux légers, de part et d'autre, six heures devant que s'aboucher, descouvriroyent la campagne laquelle est en cest endroit raze comme la mer, lanoue, 557. Sa irlajesté le tenoit en réputation d'yvroignerie , comme, à la vérité, il en est fort descouvert (convaincu], carl. vin, 23. 11 commencea à s'en descouvrir[deson dessein] à quelques-uns des principaux de la ville, ahyot, Lyc. 8. Valerius habitoit en une maison bastie au pendant du mont Velia, et descouvroit, pour estre en assiette haulte, toute la place, id. Publ. i». Et que cela fust son desseing, il fut descouvert et avéré bien tost après, id. Timol. 2. Cela fut une descouverture de malignité cachée, qui vint à se descouvrir quand elle eut moyen et licence de le faire, id. Sylla, 6i.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et couvrir; bourguig. decouDor, découvert; wallon, dt/ioiT», découvrir; proïenç. descobrir, descubrir; espagn. descubrir; ital. scoprire.

t DÉCRAMPILLER (dé-kran-pi-llé, «mouillées), V. a. Démêler la soie après qu'elle a été teinte.

tDÉCUAMPONNER(de-kran-po-né),D.a. || l°Faire que deux objets ne soient plus cramponnés. Ses pirouettements [d'un insecte] n'ont pas proprement un but; ils ne tendent pas à décramponner la dépouille; mais ils décramponnent la dépouille, parce que la chrysalide se heurte en pirouettant ; et elle pirouette, parce que la pyramide la blesse ou l'irrite, bonnet. Insectes, Observ. I3*. || Fig. Faire lâcher prise à quelqu'un qui s'est cramponné. Il i* Ss décramponaer, v. réfl. Cesser de se crampon-

ner. Destin était au milieu de sept personnes en chemise, qui se décramponnèrent d'elles-mêmes aussitêl que la lumière parut, scabhon, Rom. com. i, <2.

— HlST. XVI* s. Les deux navires apportèrent en mesme temps leur voilée, les crampons et telle escoupeterie qu'il leur fallut quitter le tillac... Chacun fut bien aise de se descramponner et de prendre sa route, d'aub. Hist. ii, 179.

— ÉTYM. pé.... préfixe, e\ cramport.

DÉCRASSÉ, ÉE (dé-kra-sé, sée), part, passé. Dont

on a 6té la crasse. Une tête décrassée. Une arme à feu décrassée. Et quoiqu'il [un homme dans les champs Élysées] ait son corps laissé, 11 n'est pourtant pas décrassé De cette crasse.... scabron, Virg. trav. VI. Il Fig. Qui est tiré de la roture ou de l'ignorance du monde. Un vilain décrassé.

•f DÉCRASSEMENT(dé-kra-se-man),s.m. || 1* Action de décrasser. Le décrassement d'un fusil. Il 2° Fig. Ce qui relève , et particulièrement ce qui fait passer de la roture à la noblesse. Dreux n'avait garde de n'être pas pour le parlement, où la charge de son père était, avant la sienne, le premier décrassement de sa bassesse, st-sim. 427, 172.

— ÉTYM. Décrasser.

DÉCRASSER (dé-kra-sé), V. a. || 1° ôter la crasse. Décrasser la tête, les mains d'un enfant. Ce monde, fort mauvaise machine qui a besoin d'être décrassée, VOLT. Newton, i, 6. || Décrasser du linge, en ôter la partie la plus sale avec une première eau. || Restaurer un tableau. {| 2° Fig. Donner à quelqu'un une certaine instruction dont il ne peut manquer sans honte. On le mit quelque temps au collège pour le décrasser. || Former aux habitudes du monde. Il faut bien un peu décrasser un pédant. || Revêtir d'une charge, d'un titre une personne de basse condition. César Alexandre Patin est un financier fort bon à décrasser, madame, dancour>. Été des coquettes, se. 3. Saint-Laurent fit prendre le petit collet à Dubois pour le décrasser, st-sim. 2, 42, Il est généalogiste : ces nouveaux riches auront besoin de lui pour décrasser leurs ancêtres, Montesquieu, iett. persanes, 132. « M. Marmontel, me dit-il, le roi me décrasse; » je répondis, comme je le pensais, que sa noblesse à lui était dans l'âme, et valait bien celle du sang, marmont. Hém. liv. v. J'avais cru qu'en épousant une fille de condition comme il a fait, cela le décrasserait; mais point du tout, d'allainval, Éc. des bourg, i, 2. Il n'est vilain qui, pour se faire un peu décrasser, n'aille du roi à l'usurpateur et de l'usurpateur au roi, p. l. cour, i, lis. || 3* Se décrasser, v. réfl. ôter la crasse dont on est couvert. Il passa la reste de la journée à se décrasser, ha- MiLT. Gramm. 9. || Fig. Se former, se faire aux manières du monde. Il commence à se décrasser un peu. N'allez-vous pas dans le temple du goiit vous décrasser? VOLT. Goût. Nous étions de grands ignorants et de misérables barbares quand les Arabes se décrassaient, id. Lelt. Paulet, 2i avril 1768. Bientôt, changeant de mœurs et de langage, Je me décrasse; et m'étant dérobé X cette fange où j'étais embourbé, Je prends mon vol.... id. Pauvre diable. Il Sortir de la roture.

— HlST. XIV* s. Mais d'entreprendre à refondre une si grande masse [la France] et à changer les fondements d'un si grand basliment, c'est k faire à ceulx qui pour décrasser effacent, qui veulent amender les defaults particuliers par une confusion universelle et guarir les maladies par la mort, mont. IV, 82.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, el crasse.

t DÊCRAVATER (dé-kra-va-té), v. a. ôter la cravate. Il Se décravater, v. réfl. ôter sa cravate. Décravalez-vous, vous étouffez.

— ÉTYM. Vé.... préfixe, et cravate.

DÊCRÊDITÉ.ÉE (dé-kré-di-té, tée), part, passé.

Qui a perdu le crédit. Un homme décrédité. Une opinion décréditée. Et que partes présents mon vers décrédité N'ait moins de poids pour toi dans la postérité, BOIL. Épit. VIII.

DÉCRÉDITEMENT (dé-kré-di-te-man) , s. m. Action de décréditer; état de ce qui est décrédité. La manière dont on se récrie sur quelques-uns qui se distinguent par la bonne foi, le désintéressement et la probité, n'est pas tant leur éloge que ledécréditement du genre humain, la brut. xii.

— SYN. DÉCBÉDiTEMENT, DISCRÉDIT. Le décréjitement exprime l'action de décréditer; le discrédit exprime l'état d'une personne, d'une chose discréditée. Mais, quand décréditement signifie le résultat de l'action, il se confond avec discrédit.

— ÉTYM. Décréditer.

UÉCKEDITER (dé-kré-di-té), v. o.|| 1° Faire perdre le crédit. La mauvaise foi décrédite un négo-

ciant. Il y a des personnes fort habiles qui craignent que, si on imposait la dlme sur les renies de l'hôtel de ville, cela pourrait les décrédiler et leur faire du tort, VAUBAN, Dime, p. 79. || 2* Fig. Faire perdre l'autorité, la considération. Il vaut mieux décréditer le vice par le mépris, balz. liv. vi, Iett. 5. On prétend décrédiler la réflexion en l'exprimant par ces odieuses paroles ... boss. Or. &. Nique Fra-Paolo qu'il [M. Burnet] a imité acquière le droit de faire croire tout ce qu'il voudra de notre religion, à cause que, sous un froc, il cachait un coeur calviniste, et qu'd travaillait sourdement à décréditer la messe qu'il disait tous les jours, lo. Var.vu, §110. Mille fautes qui la décréditent dans une maison dont elle croyait devoir ê ire l'oracle et la di rectrice , BOUHD. Pensées, t. II, p. 483. Non pour décréditer la piété, à Dieu ne plaise; mais pour condamner hautement le» abus qui s'y peuvent glisser, id. 5* dim. après la Pentec. Dominic. t. ii, p. 462. Je soupçonne que des gens qui avaient un autre système à débiteront voulu décréditer les œufs pe système de la génération par des œufs], volt. l'Il. aux 40 écus. Mariage. En me protestant que, si je faisais le moindre bruit, il me décréditerait à jamais, Marivaux, Paysan parv. 8* part. t. iii, p. 123, danspouoENS. Il est vrai que presque tousles officiers de cette armée en ontélé longtemps persuadés [que La Feuillade, assiégeant Turin, avait promis à la duchesse de Bourgogne de respecter la capitale du duc de Savoie, son père]; mais c'était un de ces bruits populaires qui décréditent le jugement des nouvellistes et qui déshonorent les histoires, volt. Louis XIV, 20. {| Absolument. L'inconsistance décrédite. || 3° Se décréditer, t). réfl. Perdre le crédit, la considération. Il s'est décrédité par sa mauvaise conduite. Cette maison de commerce se décrédite de jour en jour.

— HlST. XVI* s. Les quelles [propositions] le decrediterent terriblement auprès de ceux de la religion, d'aub. dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et crédit.

DÉCRÉPIT, ITE (dé-kré-pi, pi-t'), adj. Qui est

dans la décrépitude. Vieillard décrépit. Vieillesse décrépite. Un lion décrépit, goutteux, n'en pouvant plus. Voulait que l'on trouvât remède à la vieillesse, la font. Fabl. viii, 3. Les enfants [peu après la déluge], indociles ou mal appris, n'en voulaient plus croire leurs grands-pères décrépits, qu'ils ne connaissaient qu'à peine après tant de générations, boss. Uist. Il, 2. Voyez-vous pas de tous côtés De très, décrépites beautés? VOLT. i^p. XXXI. || Âge décrépit, âge de la décrépitude. Il faut convenir que la plupart de ceux mêmes [des vers] qu'il fit dans un âge décrépit, devaient le faire trouver jeune dans sa façon de penser, olivet, Hist. Àcad. t. ii, p. 142, dans pouGENS. {| Substantivement. Un décrépit. Une décrépite. L'objet de la terre le plus hideux est une décrépite, volt. Dict. phil. Homme.

— HIST. XV* S. Les gens d'armes mouroient de fain, Etestoitchascundescrepy,Car ilz ne mengoienlque le grain De blé qui croissoit en l'espy, martial de PABis, Vig. de Ch. V//, 1. 1, p. 104, dans lacurnb. Il XVI* s. Joinct qu'il n'est homme si décrépite, qui ne pense.... mont, i, 73. César, regardant son mainlien décrépite, respondit.... i, 82. Des vieillards decrepitezqui de longtemps ne quilloient plus le lict, d'aub. llist. 1, 148, Quant à ^aagecaduqueetdecrepitée,quidurejusques à 80 ans..., paré, Introd. i.

— ÉTYM, Provenç. décrépit; espagn. el ilal. decrepito; du latin decrepilus, sur l'origine duquel les étymologistes latins n'ont que des conjeclures sans fondement,

DÉCRÊPITATION (dé-kré-pi-ta-sion), s. f. Terme de chimie. Pétillement que font entendre quelque» sels quand on les jette dans le feu.

— ÉTYM. Décrépiter.

DÉCRÉPITE, ÉE (dé-kré-pi-té, tée), part, passé. Qui a pétillé au feu. Du sel décrépité.

DÉCRÉPITER (dé-kré-pi-té), v. n. Pétiller par suite de l'action du feu.

— ÉTYM. Mot formé par les modernes de de, el crepitare, faire du bruit (voy. crépitation).

DÉaiÉPITUDE ( dé-kré-pi- tu-d'), s. /■. Dernier terme de la vieillesse, période de la vie humaine qui, dans la classification physiologique des âges, commence vers quatre-vingts ans et qui , commençant un peu plus tôt ou un peu plus tard, se caractérise par une altération profonde de la forme humaine. Mes sentiments pour vous ne se ressenteni point de ma décrépitude, volt. Lett. Chabanon, 8 janv. 1776. La caducué commence à l'âge de soixante et dix ans; elle va toujours en augmentant, la décrépitude suit, BUPP. De la vieillesse et de la mort. Parmi ces êtres éphémères se doivent voir des

jeunesses d'un matm et des décrépitudes d'un jotir,

BERN. DE ST-P. 1" £(ud«.

— IIIST. XV* s. De ma joesnece jusques à la vieillesse et à la décrépitude ne me vuoilles mie faillir, Chasse de Gaston Phebus, ms. p. 404, dans lacurne. Il xvi* s. En décrépitude le corps est fort appesanti, TARÉ, Inlrod. B. La philosophie a des discours pour la naissance des hommes comme pour la décrépitude, MONT. I, <80.

— SYN. DÉCRÉPITUDE, CADUCITÉ, VIEILLESSE. La

vieillesse n'indique que l'âge. De là vient qu'on dit un beau vieillard. Maynard a fait une très-belle élégie, intitulée la Belle Vieille, et Scribe a fait une comédie intitulée toCrand'mère, qui roulent sur l'amour des jeunes gens pour des vieilles. Caducité est un terme général qui n'indique que la décadence, l'abaissement des facultés ou de la beauté au moment où ils deviennent sensibles. La décrépitude en est le terme; c'est ce qui justifie le mot de Voltaire ci-dessus à la fin de l'article décrépit.

— ÊTYM. Décrépit; provenç. decrepitut; espagn. decrepitud.

t DECRESCENDO (dé-kre-chin-do, ce qui est la prononciation italienne; mais les musiciens disent communément dé-krè-ssin-do), adv. Terme de musique. En diminuant l'intensité des sons. || Substantivement. Un decrescendo. || Dans le langage familier, en décroissant. Sa réputation va decrescendo.

— ÉTYM. Ital. decrescendo, de decrescere, décroître (voy. décroître).

DÉCRET (dé-krè ; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l'î se lie : des dé-krè-z insensés ; décrets rime avec procès, traits, jamais, paix, etc. Palsgrave, p. 24, remarque que le « se prononce devant une voyelle), s. m. || 1' Décision, par laquelle on ordonne ou règle quelque chose.... Loin de murmurer d'un injuste décret. Mourant sans déshonneur, je mourrai sans regret, corn. Cid, n, ». 11 est par un décret chassé de nos remparts, VOLT. Tancr. i, 4. || 2° Décision du chef de l'État, plus spécialement comme chef du pouvoir exécutif, surtout lorsqu'il porte le titre d'empereur. On dit aussi en certains pays, l'Espagne par exemple, un décret royal. Des assemblées rendent également des décrets, ainsi la Convention, la Constituante de 1 848. Il 3» Acte de l'autorité ecclésiastique. Les décrets des conciles. Ce pape fit un décret qui semblait favoriser les hérétiques, pasc. Prov. 4 7. Il Recueil d'anciens canons , de constitutions des pape.s et de sentences des Pères de l'Église. Les commentateurs du Décret. En ce sens il prend un grand D. Il Anciennement, décision rendue par les théologiens de la Sorbonne. Les théologiens ne donnent des décrets ni en Angleterre ni en Prusse ; aussi les Anglais et les Prussiens nous ont bien battus, volt. lett. llarmonlel, <" janv. t768. || 4° Fig. Les décrets du destin, du sort. 11 s'était soumis aux décrets de la Providence, hamilt. Gramm. 6. Lorsque vous dites: j'ai du bien, donc je ne dois point travailler, vous raisonnez aussi mal que si vous disiez: donc je ne dois point mourir; car l'obligation du travail et la nécessité de la mort tiennent le même rang dans les divins décrets, bouhdal. Dim. de la septuagés. Dominie. t. i, p. »52. Aussitôt qu'une ame est séparée de son corps, elle va droit au lieu qui lui est propre; et si, étant morte, elle ne trouvait ce lieu que le décret de la justice de Dieu a préparé pour elle, elle serait dans un enfer mille fois plus grand, parce qu'elle se verrait hors de l'ordre et de la disposition de Dieu, nicole, Ess. mor. 2* traité, ch. (O. || 6' Anciennement, ordonnance portant saisie ou prise de corps. Ces jours, le bien de Jean par décret fut vendu, régnier, Sat. xu. Il y avait contre lui un décret de prise de corps, SÉV. 401. Son mari dont les terres sont en décret, ID. 43B. Une triste famille.... Voit ses biens en décret sur tous les murs écrits, boil. Sot. x. Louis Xlll avait voulu que mon père achetât cette terre [la Ferté-vidame] depuis longtemps en décret [ saisie], st-sim. )b, 4 77. Je le déterminerai avenir purger son décret [de prise de corps au parlement de Toulouse], et à voir, sans mourir de peur, la place où Calas est mort, volt. Lett. Audra, 3 janvier (769. Il Terme d'ancienne jurisprudence. Décret d'immeubles, décret volontaire par lequel l'acquéreur faisait vendre un immeuble, à l'effet de payer les hypothèques. Décret forcé, décret par lequel les créanciers faisaient vendre aux enchères.

— SYN. décret, loi. Ces deux mots expriment une décision rendue par une autorité souveraine, mais le décret qui, suivant son étymologie, est une chose décrétée, a conservé un sens de particularité qui D'est pas dans loi; la loi statue sur une matière

T)RC

générale; le décret, sur des choses particulières. 1 Dans ia pratique, on a plutôt égard à l'autorilédont ' l'acte émane; mais la qualification dérive originairement des considérations précédentes. Dans le langage général, le décret suppose une autorité personnelle qui exprime précisément sa pensée. On dit les lois de la nature, de la morale; on ne dirait pas les décrets; tandis qu'on dit les décrets de Dieu, parce que Dieu est un être qui veut et qui ordonne.

— HUST. xii* s. L'arcevesquo respimt : ja ensi ne sera; Mais sulunc Deu partut à dreit les maintendra, E sulunc tes decrez bien les justisera, Th. le mart. 27. E quant à saint iglise e à Deu s'umilie, N'i ad lei ne decré ne rien qui l'entredie [l'interdise], ib. 84. Ennui liu ne deit estre evesques ordenez. Tant n'i aura evesques venuz ne asemblez, Senz conseil del primat ; ço rove [exige] li decrez, ib. (27. Il xiii* s. Et ce est manière de lei, et est tenu ou reiaume de Jérusalem et en celui de Chipre miaux [mieux] que leis ne decrés ne decretalles, Àss. de J. i, )8J. || xiv* s. Si comme l'en pourroit monstrer par plusieurs auttorités qui sont es dccrès et ailleurs, orksme, Eth. tes. || xV s. Sire chevalier, dit la rojrne, je vous reçois à mercy parmy l'amende. Dame, dit Norgal, la vostre bonne merci, et je feray l'amend» à vostre décret, Perce foretl, t. v, f* 73, dans lacuhnb. || xvi* s. Un décret [vente judiciaire] nettoie toutes les hypothèques et droits, fors les censuels et feudaux, loïsel, bo4. L'auctorisation et décret d'icelles [coustumes] avons réservé au roy nostre sire, Coutiumier génér. t. Ii, p. 426.

— ÊTYM. Provenç. décret; espagn. et ital. décréta; du latin decretum, du participe passé decrelus, résolu, de decernere (voy. décerner).

DËCRËTALE (dé-kré-ta-l') , s. f. Lettre et constitution des anciens papes en réponse à des consultations qui leur étaient adressées. 11 [Luther] fit brûler à Wittemberg les décrétâtes, Boss. Var. K 11 est fait mention de la publication des bans dans une décrétale du pape Innocent III, chateaub. Génie, I, I, (0. \\Au plur. Recueil de ces lettres et constitutions. Il Fausses décrétales, recueil de décrétales forgées au viii' siècle pour favoriser les prétentions de la papauté au pouvoir temporel.

— HIST. xiii* s. L'en dit en ceste decretalle que se leau [loyal] consentement de mariage vient entre home et femme.... Liv. de just. (85. || xiv s. Quartement il est dit en une decretalequi se commence: Si sacerdos.... oresme, Eth. (62.

— ÉTYM. Lat. decretalis, de decretum, décret; provenç. et espagn. décrétai; ital. decretale.

t DÊCRÉTALISTE (dé-kré-ta-lisf) , s. m. Jurisconsulte expert dans la connaissance des décrétales ; docteur en droit canon.

— HIST. XV' s. Car li maistre en théologie, Li juriste, li clerc lettré. Logicien, decretalistre , eust. DESCH. Poésies mss. !' 526, dans lacurne. {| xvi' s. Decretiste, non, non, je dis ung decretaliste, bab. t. IV, p. 22», dans lacurne.

— ÊTYM. Décrétale; provenç. espagn. et ital. deeretalista.

DÉCRÉTÉ, ÉE (dé-kré-té, tée), part, passé. Les mesures décrétées par le gouvernement. || Accusé et décrété de prise de corps.

DÉCRÉTER (dé-kré-té. La syllabe cré prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette ; l'Académie ne conjugue pas ce verbe, mais, suivant son habitude qui n'est pas analogique , on garde l'accent aigu au futur et au conditionnel : je décréterai, je décréterais), v. a. \\ 1° Ordonner par un décret. Décréter une levée en masse. || 2° Lancer un décret contre quelqu'un. Ils ont décrété d'ajournement personnel M. Roblin ,Boss. Lettr. quiét. 68. Ainsi en décrétant le cardinal de Bouillon et en donnant ordre qu'on le mît dans les prisons de la conciergerie.... VOLT. Louis Xir, 33. La duchesse de Bouillon ne fut décrélée que d'ajournement personnel, ID. ib. 26. Quand on décrète un homme de prise de corps, l'usage est de saisir ses papiers, de mettre le scellé sur ses effets ou d'en faire l'inventaire, I. I. Houss. Confess. xi. Ces cours décrétèrent le nonce lui-même d'ajournement personnel et ensuite de prise de corps, anquet. Ligue, m, p. (78. Si vous songez, messieurs, quel rang occupait la littérature au xviii* siècle , combien on ménageait Voltaire, même en décrétant ses livres.... villemain, Litt. fr. xviii* siècle, 2* part. 2» leçon. || Absolument. Décréter contre quelqu'un. On pourrait bien punir ces paroles infâmes. Ma mie; et l'on décrète aussi contre les femmes, mol. Tari, v, 4. L'affaire des deux mille écus va mal, monsieur, on décrète, DANCOURT, Bourg, à lamndi, u, 2. || Rendre des

Dl-C

décrets. Lui seul des tribunaux fait pencher la balance, Le sénat le contemple et décrète en silence, H. J. CHr:N. Tibtre, i, (. || 4* Anciennement, faire vendre par arrêt de justice. Décréter une propriété, une maison.

— HIST. XVI* s. Ils se feirent décréter par le» voix du peuple les provinces de la Syrie et des Hespagnes, AMTOT, Cratt. 39.

— ÊTYM. Décret.

t DÊCHÉTISTE (dé-kré-ti-sf), ». m. Synonyme de decretaliste. || Terme d'ancienne pratique. Celui qui poursuit la vente par décret d'un bien réellement saisi.

— HIST. xin*g. Tout plaideeur, tout discretislre. Tout avocat et tout legistre, do cange, décréta. Hé I arcien [gens qui étudiez les quatre arts] , Decretiste, fisicien. Et vous la gent Justinien, ruteb. 75. Il XVI* s. Maistres es arts decretistes, bab. Pronostication, ch. 6.

— ÊTYM. Décret (au sens ancien de droit canon) ; provenç. et espagn. decretista.

tDÉCRÊTOIRE (dé-kré-toi-r'), adj. Année décrétoire, nom qu'on donna à l'année (624, dans laquelle, d'après le traité de Westphalie, l'établissement religieux, en Allemagne, fut remis sur le pied où il était au (" janvier de cette année. || Terme de médecine, employé anciennement au lieu de critique.

— ÊTYM. Décret.

t DÉCREUSAGE (dé-kreu-za-j'), ». m. Voy. DÉ -

CRUSAGE.

t DÉCRECSEMENT (dé-kreu-ze-man) , t. m. Voy. décrusement.

•t DÉCREUSER (dé-kreu-zé), v. a. Voy. décrosbr.

DËCRl (dé-kri), ». m. || 1* Action décrier en rabaissant, perte de réputation, d'estime. Dans ce grand décri de l'idolâtrie, que commençaient à causer dans toute l'Asie les prédications de saint Paul, BOSS. Hitt. univ. ii, (2. Le décri où tombe un homme dont j'avais cru faire le meilleur de mes amis, m. Lett. quiét. (0(. Être de leurs adhérents, c'est le souverain mérite; n'en être pas, c'est le souverain décri, bodrd. Homél. sur l'aveugle-né, Dotnin. t. iv, p. 483. Ceux-là qui brillent dans une haute réputation et ceux-ci qui tombent dans le décri et la confusion, ID. Pensées, t. ii, p. 493. Ils semblent leur vouloir imputer le décri universel où tombe nécessairement tout ce qu'ils exposent au grand jour de l'impression, la bbuy. Préface de ton dise, à l'Acad. Quel décri et quel avilissement pour le prince dans l'opinion des cours étrangères! iiass. Petit car. Exemples des Grands. Savez-vous où la Seigneur trouve sa gloire? Vous croyez que c'est.... dans la confusion et dans le décri d'un ennemi do la vertu, id. Uyst. Purifie. 2. Les soupçons d'infidélité dans le lien sacré du mariage, ne sont plu» un décri formel et une flétrissure essentielle, id. Car. Midis. X présent que ces sortes d'accusations sont tombées dans le décri, on a pris un autre tour, MONTESQ. Lett. pers. (45. C'est moins à leurs vexations qu'à l'insolence de quelques-uns d'entre eux que les financiers doivent rapporter le décri où ils sont encore, dcclos, Con»td^ra»ionî rar /« mœurs, ch. IX. Il 2* Proclamation concernant la suppression ou la réduction d'une monnaie. Il y a des âmes.... uniquement occupées de leurs débiteurs, toujours inquiètes sur le rabais ou sur le décri des monnaies, la brut. vi. On croit tous les jours ici être à la veille d'un décri [de monnaie) , et cela cause le plus grand désordre du monde, les marchands ne voulant presque rien vendre ou vendant extrêmement cher, rac. Lett. à son fils, 26. || 3* Autrefois ordonnance faite pour défendre de fabriquer, vendre ou porter certaines étoffes. Ahl que je sais au roi bon gré de ces décris! mol. Éc. des mar. n, ».

— HIST. XV* s. Le sire de Clisson, qui estoit alors le plus especial de son conseil et le mieux cru de tous, y meitoit grand descry [opposition], fhoiss. liv. I, p. 400, dans lacurne. Ce fut honte et descry au roy de Castille, comm. viii, (6. || xvi* s. Que cette desloyaulé,quoyqu'elle eust quelque apparence d'utilité présente, luy apporteroil pour l'advenir un descri et une desfîance d'infini préjudice, mont, m, 53. Ce qui n'est pas au deshonneur ny descry de la science, comme l'on pourroit penser, mais plustot à son honneur, charron. Sagesse, Préf. de lai'édit.

— ÉTYM. Voy. décrier. On a dit aussi descriement au xvi* siècle : Parce que c'est un descriement et rabaissement de mon honneur, je mis en pièce» entièrement le total de ladite fournée, pausst. Sis.

DÉCRIÉ, ÉE (dé-kri-é, ée), part, passé. || 1* Conduite décriée. Notre marchandise est décriée il y a longtemps, bai.z. liv. vi, lett. ». X la ville M. de

DEC

DEC

DEC

Cambrai est souveraiaemeni décria , Boss. Lett. quiét. 283. Des auteurs décriés il prend en main la cause , BoiL. Ép. ix. Tu as été beau , mais décrié pour avoir fait de honteux usages de ta beauté, fén. Dial. des morts anc. Socrate, Alcibiade. Un orateur décrié dans l'esprit des jugesou même suspect est un fâcheux préjugé pour la cause, hollin. Traité des Et. IV, t. Des hommes décriés, sans talent, sans honneur, gbesset, Uéchant, v, 4. Ce nouveau rédacteur fit si mal sa besogne, que le Mercure, décrié, tombait et n'allait plus être en état de payer les pensions dont il était chargé, harhont. mémoires, VI. Il 2" Monnaie décriée.

DCCRIER (dé-kri-é), je décriais, nous décriions, vous décriiez; que je décrie, que nous décriions, que vous décriiez, v. a. || 1* Rabaisser en criant, ôler par des paroles l'estime, la considération des personnes, le crédit des choses. Décriez devant moi le jougde notre empire. J'y consens, etdirai qu'il est «ncore pire, màir. Sophon. v, î. Exposer l'erreur à la vue de tous les peuples, dans l'esprit desquels on veut décrier M. Arnauid, pasc. Prov. m. J'avais songé en moi-même que c'aurait été une bonne affaire de pouvoir introduire ici un médecin à notre poste , pour le dégoûter de son monsieur Purgon et lui décrier sa conduite, mol. Mal. imag. m, ». Balzac et messieurs de Port-Royal ont fait ce qu'ils ont pu pour décrier Montaigne, à quoi ils n'ont pas réussi; Montaigne sera toujours agréable et toujours lu, SEGHAis, Mémoires, t. n,p. 1 06. Nous sommes ravis de son absence, afin qu'il ne gâte point ses affaires en décriant lui-même sa marchandise, sÉv. 406. Mais, je lui demande, pourquoi décrier sa pauvre tête, qui avait si bien fait dans les commencements? ID. 384. Toujours prêt dans la concurrence à trahir l'un, à supplanter l'autre, à décrier celui-ci, à perdre celui-là, BOUHD. Myst. Épiph. t. i, p. t33. Quelque soin que j'aie pris pour travailler cette tragédie, il semble qu'autant que je me suis efforcé de la rendre bonne, autant de certaines gens se sont efforcés de la décrier, rac. Brit. *•• préface. On dit que voilà comme il faudrait vivre dans le monde, et non pas comme tels et telles à qui la dévotion a gâté l'esprit et qui décrient la véritable piété par des façons sauvages et des singularités indiscrètes, mass. Car. Mauv. riche. Votre ennemi vous a décrié en secret, jo. ib. Pardon. Pensez-vous affaiblir ma gloire et ma puissance En décriant mes soins, mon état, ma naissance? volt. Catil. i, B. Un pauvre particulier doit se défendre, il doit décrier au moins le témoignage de son ennemi, m. Lett. Damilaville, ti août (767. Il m'ôtait même, autant qu'il était en lui, la ressource du métier que je m'étais choisi , en me décriant comme un mauvais copiste, J. J. rouss. Conf. IX. Il Causer le décri, en parlant des choses. Jl faut confesser que toutes ces contestations [entre médecins] nous ont décriés depuis peu d'étrange manière, mol. VAm. méd. m, 4. Ne m'avouerez-vous pas que ce serait assez d'un de ces noms pour décrier le plus beau roman du monde? id. les Préc. B. Une conduite opposée décria entièrement Tissapherne dans leur esprit, bollin, Ilist. anc. Œuvres, t. IV, p. 24B. Il a* Supprimer ou réduire une monnaie. On a décrié les pièces de troiset de six livres. Il [Lycurgue] décria toutes les monnaies d'or et d'argent, et ordonna qu'on ne se servirait que de monnaies de fer, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. ii , p. 6 ) 8 , dans pouGENS. || Être décrié comme de la vieille monnaie , n'avoir ni crédit ni estime dans le monde. Surtout changeons de nom et de quartier; nous sommes décriés dans celui-ci comme la fausse monnaie, BARON, Homme abonnes fort, v, ». || 3* Anciennement, défendre la vente, le cours, l'usage de quelque chose. Il 4° Se décrier, v. réfl. S'attirer le décri. Il s'est décrié lui-même. Il s'était décrié partout où il avait voulu s'établir, pléch. Uist. de Théodose, n, 4<. || Se décrier, attirer l'un sur l'autre le décri. Ils se sont longtemps décriés.

— SYN. DÉCRIER, DÉCBÉDiTER. Décrier, c'est donner un mauvais cri, une mauvaise réputation; décréditer, c'est ôter le crédit. On décrie une femme en disant d'elle des choses qui font penser que sa conduite n'est pas régulière; on décrédite un marchand en disant que ses affaires sont embarrassées. On décrie les gens pour les décréditer; le discrédit est le résultat du décri.

— HIST. XV* s. X ceste heure d'alors estoit le nom de Bourgogne tellement descrié.... g. chastellain, dans LACURNE. || xvi* s. Se descrier envers les gents d'entendement [par ses sottises], mont, i, 4B7. Ces mlroductions nouvelles et vicieuses se verront incontinent esvanouies et descriées, id. i, 338. 11 descria touta sorte de moiuioie d'or et d'argent, et

ordonna que l'on useroit de monnoye de fer seulement, AMYOT, Lyc. )3.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et crier, c'est-à-dire rabaisser en criant.

DÉCRIRE (dé-kri-r"), je décris, nous décrivons, vous décrivez, ils décrivent; je décrivais; je décrivis; je décrirai; je décrirais; décris, décrivons; que je décrive, que nous décrivions; que je décrivisse ; décrivant; décrit, v. a. \\ 1* Représenter, dépeindre par le discours. Décrire une plante, une tempête. II y a certaines choses qu'on ne définit pas aisément, on se contente de les décrire. Je crois que je ne serai pas si malheureux que je no voie quelque tempête que j'aie quelque jour à vous décrire, VOIT. Lett. 83. Que ne puis-je vous décrire cet air de grandeur et cette majesté accompagnée de tant de grâces? fléch. Madame de Montausier. Je me renferme seulement dans cette science qui décrit les mœurs, qui examine les hommes, la bruï. Disc, sur Théophraste. Il décrit les fruits d'or, dont l'éclat enchanteur Sut soumettre Atalante à ce jeune vainqueur, gresset, Églogue vi. Un tableau que je décris n'est pas toujours un bon tableau; celui que je ne décris pas en est, à coup sûr, un mauvais, DIDEROT, Salon de 4767, Œuvres, t. iiv, p. 286, dans POUGENS. || 2' Terme de géométrie. Tracer. Décrire une courbe, une ellipse. Il fait le plan des bâtiments, en décrit la situation, la brut. v. || Par extension. L'orbite qu'une planète décrit autour du soleil. Il 3° Se décrire, v. réfl. Être décrit. Ce spectacle ne peut se décrire. Le vrai bonheur ne se décrit pas; il se sent et se sent d'autant mieux qu'il peut le moins se décrire, j. j.hooss. Con/'. vi. || Faire la description, la peinture de soi-même. Ces éloquents et graves discours dans lesquels, formant l'idée d'un homme de bien , il se décrivait lui-même sans y penser, fléch. Lamoigrwn.

— HlST. xn* s. Coustume suelt estre des reconteors, ke, kant il descrient la batailhe de la palestre, premiers descrient les membres des luiteors, Job, 442. Il xiii* s. Qui bien velt amors descrivre, Amors est et maie et buine, Poés. mss. t. i, p. 4 4 6B, dans LACURNE. Tant avons fait pour vous [que] nuls nel pourroitdescrire, Berte, xiv. Mes jamès n'orrez miex descrivre La vérité de la matere, Cum je la vous vodré retrere , la Bose , 4 a08. Mais or ne me loit [je n'ai loisir] à entendre X descrivre sa face tendre, le Roman de la Poire. || xiv* s. Et tant de nobles faiz descripzet recitez, bercheure, f"4. ||xv*s. Plusieurs subtiles voies qui ci ne peuvent mie estre toutes descrites, froiss. i, i, 44. En descrisant, selon les auteurs et mon petit engin, ses mouvements, passions et operacions diverses, christ, de pisan, Charles V, i, ch. 9. Les poètes descripvent la manière comment fut trouvé la couleur de pourpre, SIGILLE, le Blason des couleurs, p. BO. ||ïvi's. X l'entour de ceste fosse ilz tracèrent le pourpris de la ville, ny plus ne moins que qui descriroit un cercle à l'entour d'un centre, ahyot, Uom. 46. Thucydides descrit le gouvernement de la chose publique soubs Pericles, comme un gouvernement de la noblesse, ID. Perte. 4B. Quand ilz gaignerent à Mantinée celle grande bataille, que Thucidides a descripte, id. Agés. B6.

— ÉTVM. Provenç. descriure; catal. descriuer; espagn. describir; portug. deserever; ital. desciitere; du latin describere, de de, et scribere, écrire.

DÉCRIT, ITE (dé-kri, kri-t'), part, passé de décrire. La bataille d'Arbèles décrite par Quinte Curce. Le fond des caractères qui y sont décrits est pris de la même source, la bruy. flwc. sur Théophr. || Le cercle décrit par la pointe d'un compas.

t DÉCRIVANT, ANTE (dé-kri-van, vaii-t'), adj. Terme de géométrie. Qui, par son mouvement, décrit une ligne courbe. Point décrivant.

DÉCROCHÉ, ËE (dé-kro-ché, chée), part, passé. Une tapisserie décrochée.

t DÉCROCHEMENT (dé-kro-che-man) , ». m. Action de décrocher. Un pied accroché par son éperon à la selle, et l'autre pied et le reste du corps attendant le décrochement de ce pied accroché, scarr. Rom. com. i , 20.

— ÉTYM. Décrocher.

DÉCROCHER (dé-kro- ché), v. a. Détacher une chose qui était accrochée. Décrocher un tableau. || Se décrocher, D.r^/l.Sedétacher.Lerideaus'est décroché.

— HlST. xiv's. Li uns traioit de l'arc, li autres i lança; Caillons et viretons assez on descocha; Tonnaux pleins de caillons assez on descrocha, Guescl. 20026. Il XVI* s. Mont-gommery rompit en la visière si rudement que la morne descrocha de la hautepièce, d'aub. Hist. I, 8B.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et croc

t DÉCROCUOIR (dé-kro-choir), s. m. Instrument pour détacher une chose accrochée.

— ÊTYM. Décrocher.

4.DÊCR0IRE (dékroi-r'), v. n. Ne pas croire. Il n'est guère usité qu'absolument et dans cette phrase familiîire : Je ne crois ni ne décrois.

— HlST. XIV* s. Chose tyrannique ou de tyrant est discroire ou non croire ses amis, oresme, Thèie de MEUNIER. Il XVI* s. Si me semble il qu'ilz [ces rccits] ne sont pas à rejetter, ny à descroire du tout , amyot, Rom. 42. Quant à ces lettres là, il est mnl aisé de résoudre, si l'on doibt croire ou decroira qu'elles soient de luy, ID. Lyc. 44. Je ne décrois point le fait qu'il recite, chouêres. Contes, Aprèsdinée, 8. Cette plaisante foy qui ne croit ce qu'elle croit que pour n'avoir pas le courage de le decroire , MONT, u, 4 2. Si l'on enlendoit bien la différence qu'il y a entre l'impossible et l'inusité , et entre ce qui est contre l'ordre du cours de nature et contre la commune opinion des hommes, en ne croyant pas témérairement ny aussi ne descroyant pas facilement, on observeroit la règle de rien trop, commandée par Chilon, ID. I, 2U2.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et croire.

f 2. DÉCROIRE (dé-kroi-r') , s. m. Terme de commerce. Synonyme de ducroire , qui est aujourd'hui seul usité.

f DÊCROISEMENT (dé-kroi-ze-man) , s. m. Action de décroiser.

— ÊTYM. Décroiser.

t DÉCROISER (dé-kroi-zé) , v. a.\\i' Faire cesser le croisement. || Terme militaire. Décroiser les échelons, redresser les échelons obliques de l'infanterie et les remettre en bataille perpendiculairement. I! Terme de chapelier. Changer le pli des capades. Il 2° Se décroiser, v. réfl. Cesser d'être croisé. Que ceux [les rayons] qui viendront ne se décroisent point à la sortie, desc. Dioptr. 7.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et croiser.

t DÉCROISSANCE (dé-kroî-san-s') , s. f. État de ce qui est décroissant. Ils répètent entre eux, en voyant ce génie opiniâtre et inflexible lutter contre l'impossibilité, que, parvenu au faîte de sa gloire sans doute, il pressent que de son premier mouvement rétrograde datera sa décroissance, ségur, Uist. de Napol. viii, 4 4.

— ÉTYM. Décroissant.

t DÉCROISSANT, ANTE (dé-krol-san , san-t'), adj. Qui décroît. Le bruit décroissant des vagues. Toutes les générations renfermées dans le premier germe sont autant de parties décroissantes de ce germe, et celui-ci est une partie constituante da l'ancien membre, bonnet, 2* mém. Reprod. salamandres.

DÉCROISSEMENT (dé-krol-se-man), s. m. Action de décroître. Le décroissement des jours, de la rivière. Le décroissement de la température. Près du déluge se range le décroissement de la vie humaine, le changement dans le vivre et une nouvelle nourriture substituée aux fruits de la terre, boss. Hist. I, 2.

— SYN. DÉCROISSEMENT, DÉCROISSANCE. La décroissance , étant précisément le contraire de la croissance, s'applique particulièrement aux êtres vivants ou à ce qui leur est comparé : la décroissance d'un empire. Décroissement, n'impliquant pas en soi cette particularité, se dit de tout ce qui diminue : le décroissement de la rivière , des jours, de la vie humaine.

— HIST. xiu* s. Moult fu grant descroissement à l'ost de cens qui en Venise aloient, villeh. xxxiii.

— ÉTYM. Décroître ; provenç. decreysshement.

t DÉCROÎT (dé-kroî) , s. m. Terme d'agriculture. Il 1° Diminution du capital en bestiaux, dans les baux à cheptel. || 2° Terme d'astronomie. Décroissement de la lune, lorsqu'elle entre dans son dernier quartier. La lune est dans son décroit ou sur son décroît.

— HIST. XII* s. Del tut esteit turnée sainte iglise en decreis, Th. le mart. 4 67. || xvi* s. Jà la campagne par le descroist des eaux.... du bartas, p. 97, dans ratnouard. L'homme marche entier vers son croist et vers son decroist, mont, m, 274.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et croit.

DÉCROÎTRE (dé-kroî-tr') , je décroîs, tu décrois,

il décroît, nous décroissons, vous décroissez, ils décroissent; je décroissais ; je décrus; je décroîtrai; je décroîtrais; décrois, qu'il décroisse, décroissons; que je décrois-'e, que nous décroissions; que je décrusse; décroissant; décru, v. n. Devenir moindre. Les jours décroissent. Et que c'est lui dont l'épée, Au sang barbare trempée. Quelque jour apparaissant X la Grèce qui soupire. Fera décroître l'empirs

DEC

DEC

DEC

De l'infidèle croissant, halu. ii, 2. Le pain bis, renfermé, d'une moitié décrut, boil. Sat. x. La servitude, qui est, pour me servir des termes de Longin, une espèce de prison où l'&me décroît et se rapetisse en quelque sorte, rollin, Hisl.ane. Œuvres, t. n, p. 488, dans pouoens. lis pensent que la beauté de ces corps va toujours en décroissant jusqu'à la pyramide régulière, dider. Recherche! philot. tur le beau, t n, p. 434, dans pougens.

— REM. Décroître se conjugue avec l'autiliaire avoir, quand il eiprime l'action : la rivière a décru rapidement; avec l'auxiliaire être, quand il marque l'état: la rivière est beaucoup décrue.

— HIST. xn* s. Lai [laisse] saint iglise aveir ses decrez e ses leis; Ele est espuse Deu, qui est sire des rels; Il s'en corecera, se de rien la descreis, Th. le mart. 2». |{ xiii* s. Quant li diluves fu passés Et descreûtes les grans ondes, ebnoul le viel, dans Vllist. Unir, de la Fr. t. xiiii, p. 66». Et la vérité de la gent Amenuise et decroist forment, Psaumes en vert, dans Liber psalm. p. 268. || xv* s. Un bien gracieux cas, dont je fournirai une petite nouvelle, sans y descroistre ni ajouter autre chose que ce qui sert au propos, louis xi, Nouv. lxxvi. || xvj* s. Les vieilles [femmes plus-âgées] ont leurs mois en pleine lune au décroissant, paré, xviii , B8. La force des maladies décline à mesure que la vigueur naturelle des corps malades va descroissant, amyot, Philop. 3(.

— ÊTVM. Dé.... préfixe, et crottre j provenç. descreisser ; catal. descrexer; espagn. descrecer; ital. discre.icere.

t DÊCROrrAGE (dé-kro-ta-j') , s. m. Action de décrotter.

— ETYM. Décrotter.

DÉCROTTÉ, ÉE (dé-kro té, tée), part, passé. Des chaussures bien décrottées.

DÉCROTTER (dé-kro-té), v. a. \\ i' Oter la crotte. Décrotter des souliers, un manteau. || Populairement. Décrotter un dindon, une volaille, un gigot, les manger d'un bon appétit; locution qui vient de ce que la viande est considérée comme une espèce de crotte qu'on enlève de dessus les os ou la carcasse. || On dit, dans le parler libre, d'une femme assez jolie, mais mal mise ou malpropre, qu'elle mériterait bien d'être décrottée. || Kig. et très-familièrement, décrasser, Ater ce qui est le résultat du défaut da manières ou d'instruction. || 3° Oter , avec la truelle, le plâtre ou le mortier des vieux carreaux. || 8' Se décrotter, v. réft. ôter la crotte dont on est couvert. Il s'est décrotté dans l'antichambre.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et croKe.

DÉCROTTEDR (dé-kro-teur), s. m. Celui qui fait

métier de décrotter, de cirer les souliers et les bottes. Ce tribunal respectable qui ne s'embarrasse guère que le peuple ait du pain, pourvu qu'il ait les sacrements, est un décrotteur d'Orléans, appelé Chaumeix, qui est venu à Paris il y a six mois avec des sabots, d'alemb. Lett. à Volt. 24 février <769. Il Fig. et par plaisanterie, celui qui corrige et arrange les écrits d'un autre. Ce petit maraud, en arrivant à Paris, est entré en qualité de décrotteur bel esprit chez un comte de Lautrec, qui avait des procès, iD. ib. 26 déc. (772.

— HIST. xvi* s. Descroteur de vigiles [moine qui expédie les vigiles], rabel. t. I, p. 490, dans la -

CUBNE.

DÉCROTTOIR (dé-kro-toir), s. m. Lame de fer ou boite garnie de brosses, sur laquelle les personnes qui entrent dans une maison, peuvent décrotter leur chaussure.

DÉCHOTTOIRE (dé-kro-toi-r*) , s. f. Brosse pour décrotter les souliers. Dez , décrottoires, demiceints de plomb ou estain.... comme mercerie, Tarif, 4 8 sept. 4604.

— HIST. XV* s. Non contentes de la beauté que leur a donnée nature, si elles n'y adjoustent aucunes paintures, pour ce leur faut miroirs, peignes, descrotouers [sorte d'objet de toilette], bouquelz de fleurs.... la Nef des fols, t" 73, dans lacurme.

— ÉTYM. Décrotter.

t DÉCROCtER (dé-kroû-té), v. a. Terme de vénerie. Les cerfs décroùtent leur tête, quand ils vont au frayoir la nettoyer après la chute de leur bois.

— HIST. xvi* s. À bras de puissans hommes [vous] ferés decruster le dessus de voslre pré, du quel ils enlèveront des gazons autant grands et larges qu'il sera possible, o. de serres, 76.

— ETYM. Dé.... préfixe, et croi3(«.

DÉCRU, UB (dé-kru, krue), part, possède décroître. Oui a éprouvé un décrois-sement. La rivière, décrue, laissait i découvert les prairies qu'elle avait iuondées.

t DÉCRCAGK (d*-kru-a-j'), «. m. Action de décruer.

DÉCRUE (dé-krue), i. f. Quantité dont une chose a décru. La décrue des eaux est considérable.

— ETYM. Décru.

DÉCRUE, ÉB (dé-kru-é, é«), part, passé. Fil décrue.

DËCRUER (dé-kru-é), r. a. Lessiver le fil cru avec de bonnes cendres et le laver en eau claire avant que de le teindre.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et cru, adj.

DÉCRCmeNT (dé-kru-man), s. m. Action de

décrucr le fil, c'est-à-dire de lui Ater par la lessive, avant que de le teindre, une certaineodeurde chanvre, qui se nomme cru.

— ETYM. Décruer.

f DÉCR USAGE (dé-kru-za-j"), s. m. Voy. décrueement.

— ETYM. Décruser; génev. discreusage.

DFXRUSÉ, ÉE (dé-kru-zé, zée), part. passé. Soie

décru.sée.

DÉCRUSEMENT (dé-kru-ze-man), ». m. Action de décruser.

— ÉTYM. Décruser.

DÉCRUSER (dé-kru-zé), v. a. I-essiver la soie écrue pour lui enlever la gomme qu'elle contient, lui donner de la flexibilité et de l'éclat, et la disposer à recevoir plus facilement la matière colorante ; ou lessiver les cocons de soie pour dissoudre la gomme qui s'oppose à un dévidage facile.

— ETYM. Dé.... préfixe, et cru, adj.; génev. disereuser. Évidemment, décruer et décruser ou décreuser sont le même mot dans lequel la bouche des ouvriers a altéré le passage de décru au verbe.

DÉÇU, UE (dé-su, sue), pari, possède décevoir. Il 1* Qui a éprouvé une déception. Que feront nos amis, si vous êtes déçueT corh. Cinna, i, 4. Quelque chose le trouble, ou je suis fort déçu, mol le Dép. II, 7. Ceux que les armes n'avaient pu vaincre niles conseils ramener, sont revenus tout à coup d'eux-mêmes; déçus par leur liberté, ils en ont à la fin détesté l'excès, honteux d'avoir eu tant de pouvoir, et leurs propres succès leur faisant horreur, Boss. ilet'ne d'Anglet. Malgré mes vœux, seigneur, honteusement déçus, rac. Andr. iv, 3. Âme lâche et trop digne enfin d'être déçue, n>. Baj. iv, 3. Madame, je vois bien que vous êtes déçue, lo. Bérén. m, 3. Mais sans chercher au fond si notre esprit déçu Sait rien de ce qu'il sait, s'il a jamais rien su, boil. Sat. viii. Mais combien d'écrivains, d'abord si bien reçus, Sont de ce fol espoir honteusement déçusl ID. Sat. ix. || 2* Au déçu, loc. adv. En décevant. Proche de la tour on me vint avertir Que pour voir les Romains vous en alliez sortir. Et qu'à notre déçu, de puissance absolue. Vous aviez avec eux une trêve conclue, haïr. H. d'Àsdrub. iv, 3. Ma mère, à mon déçu, par Êphite avertie, Avec tous ses efforts empêchait ma sortie, hotrou, ..1»tig. m, 2. Apprends.... qu'au sort de Babet les nœuds de l'hyménée. Au déçu de mon père, ont joint ma destinée, hauteroche, le Deuil, se. 4. Il Cette locution vieillit; cependant elle est bonne.

I DÉCUBITUS (dé-ku-bi-tus') , s. m. Terme de physiologie. L'attitude dans laquelle le corps repose, lorsqu'on est couché sur un plan plus ou moins horizontal.

— ETYM. Lat. decubitus, de de, et eubare, être couché (voy. couver).

t DÉCUIRASSER (dé-kui-ra-sé ), v. a. ôter la cuirasse. Son cœur décuirassé Ouvre aux poignards vengeurs un chemin plus aisé, v. hugo, dans le Dict. de DOCHEZ.

— ETYM. Dé.... préfixe, el cuirasse.

DÉCUIRE (dé-kui-r'), je décuis, nous décuisons;

je décuisais; je décuisis; je décuirai; je décuirais; que je décuise; que je décuisisse; décuisant, i;. a. Il i' Corriger l'excès de cuisson des sirops et des confitures en y mettant de l'eau pour les rendre plus liquides. || 2° Se décuire, t). réfl. Se liquéfier, en parlant des confitures, faute d'avoir été assez cuites.

— HIST. xui" s. S'en va tant que fu près de nuit; Un chapon manga tout descuit.. ..7iCT». 23108.11 xvi« s Lors remettrez vostre saumeure sur le feu; car, par riiumidité de la chair, la saumure se descuit, o. de SERRES, 837. Kaut uoter que le syrop se descuit, à toutes les fois qu'il est jette sur le fruit, ID. 853.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et cutVe. Dans l'exemple du Renart. des.... a le sens augmentatif, et descuit y signifie très-cuit.

DÊCUIT. UlTE (dé-kui, kui-f), part, passé de décuire. Sirop décuit, sirop qui a perdu son degré de cuisson, qui a subi une altération telle, qu'il

semble n'être pas assez cuit. || S. m. Le décuit d'un sirop, l'état d'un sirop décuit.

t DÉCULASSEMENT (ilé-ku-la-se-man), t. m. Ac tion de dévisser la culasse d'une arme à feu

— ETYM. Déculasser.

i DÉCULASSER (dé-ku-la-sé), v. a. C»»r la culasse d'une arme à feu.

— ETYM. Dé.... préfixe, et culasse.

t DÉCULOTTER (dé-ku-lo-té), r. O. ôter la culotte. On l'avait déculotté. || Se déculotter, v. réfl. ôter sa culotte. On le força de se déculotter.

DÉCUPLE (dé-ku-pl'), adj. || 1* Qui vaut dix fois autant. Nombre décuple. La distance de la terre à Saturne est au moins décuple de celle de la terre au soleil, la brut. xvi. || Terme d'arithmétique. Raison décuple indique que le rapport de deux quantités est celui de 4U à t . || 2* S. m. Il a gagné le décuple de ses avances.

— HIST. XVI* s. S'ils sont vertueux, sçauroyentils mieux semer si bonnes semences qu'es terres voisines? et telle se pourra rencontrer qui rendra fruit au décuple, lahoub, 4 24.

— ÉTYM. Lat. decuplus, de decem, dix (voy. dix). DÉCUPLÉ, ÉE (dé-ku-plé, plée), part, passé.

Une somme d'argent décuplée.

DÉCUPLER (dé-ku-plé), v. a. Rendre dix fois aussi grand. Il a décuplé son bien. || Se décupler, V. réfl. Devenir décuple. En tant de temps la somme se décuplerait.

— ÉTYM. Lat. decuplare, de decuplus, décuple.

DÉCURIE (rié-ku-rie), *. f. Terme d'antiquité romaine. Troupe composée de dix soldats. || Division de certaines classes, contenant d'abord dix personnes, puis un nombre indéterminé. Antoine fit des décuries de sénateurs, de chevaliers, moniesq. Espr. VIII, 4 2.

— ETYM. Lat. decurta, de decem, dix, et un'o, de vir, homme (voy. centurie et viril).

DÉCURION (dé-ku-ri-on), s. m. Terme d'antiquité romaine. Le chef d'une décurie civile ou militaire. Il Nom des magistrats des cités de l'empire, tirés de la classe des curiales. || Dans des inscriptions latines, nom de médecins placés hiérarchiquement au-dessus d'autres médecins dans le service des grandes maisons à Rome.

— ÉTYM. Lat. decurio, dedecuria, décurie.

t DÊCURIONAT (dé-ku-ri-o-na) , ». m. Charge, dignité de décurion.

t DÊCURRENCE (dé-ku-rran-s*), ». {. Terme de botanique. État de ce qui est décurrent.

— ETYM. Décurrent.

t DÉCURRENT, ENTE (dé-ku-rran, ran-t'), adj. Termedebotanique.Feuillesilécurrenles.feuillesdont le limbe, se prolongeant le long de la tige, y adhère.

— ETYM. LaL decurrere, courir le long, de de, et currere. courir.

+ DÉCURSIF, IVE (dé-kur-sif, si-v*), adj. Terme de botanique. Feuille décursive, feuille dont le pétiole est collé à la tige, sur laquelle il produit une ligne saillante. || Style décursif, style dont la base descend en rampant sur un des cAtés de l'ovaire.

— ÉTYM. Lat. decursum , supin de decurrere (voy. décurrent).

t DÉCL'UTATION (dé-kur-ta-sion), î. /■. Maladie des arbres, qui en fait périr la tête. Sa couleur était un vert jaunStre; sa sommité était noire, et elle avait souffert une décurtation d'un pouce et demi, BONNET, Us. feuill. plantes, Supplém. 2*.

— ÉTYM. Lat. decurwre, écourter, de de, et curttu, court.

t DÉCUSSATIF, IVE (dé-ku-ssa-tif , ti-v") , adj. Terme de botanique. Qui est disposé en décussation; opposé par paire et à angle droit

— ÉTYM. Voy. DÉCUSSATION.

t DÉCUSSATION (dé-ku-ssa-sion), ». f. Terme didactique. Croisement en manière d'X. La décussation des nerfs optiques. || Point de décussation, s'est dit, dans l'optique, pour foyer.

— ÉTYM. Lat. decussatio.

t DÊCUSSOIRE (dé-ku-ssoi-r'), t. m. Instrument de chirurgie dont les anciens se servaient après l'opération du trépan, pour déprimer la dure-mère el faciliter la sortie du pus épanché entre cette membrane et le crAne.

— ETYM. Lat. decustum, supin de detulere, enfoncer.

+ DÉCUVAISON (dé-ku-vè-zon), s. f. Action du transvaser le vin d'une cuve dans des tonneaux. Ou dit aussi décuvage.

— ÉTYM. Décuver.

I DÉCUVER (dé-ku-vé) , v. a. Mettre la vendange, le vin hors de la cuve.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et eut».

DEV

t DÊDAIGNABLE (dé-dè-gna-W), adj. Qui mérite

d'être dédaigné.

— HlST. ïiii* S. Et se avient aucune fois que li soit honorable et proufitable, et ne soit mie cruel ne desdaignable [dédaigneux], Ass. de Jérusalem, «03. Il XVI' s. Ils estoient, à l'attouchement, petits et desdaignables, mont, ii, 373.

— ÉTYM. Dédaigner.

DÊDAKJNÉ, ÉE (dé-dé-gné, gnée), port, passé. Le prince Eugène dédaigné par Louis XIV, lorsqu'il vint lui offrir ses services. Un amour dédaigné cesse d'être invincible, delav. Vêpres sicil. il, 4. Charles, abandonné par le grand vizir, vaincu par l'argent du czar en Turquie après l'avoir été par ses armes dans l'Ukraine, se voyait trompé, dédaigné par la Port», presque prisonnier parmi des Tartares, volt. Charles III, 6.

DÉDAIGNER (dé-dè-gné) , V. a. Marquer du dédain pour quelqu'un ou quelque chose. Cette fierté d'âme qui dédaigne les serviles bienséances. Vous n'êtes point pour elle un homme à dédaigner, corn. Cinna, ii, t. Gardez-vous de rien dédaigner. Surtout quand vous avez k peu près votre compte; Bien des gens y sont pris.... la font. Fabl. vu, *. La maison d'Israël n'a eu que du mépris pour moi, dit le Seigneur, comme une femme qui dédaigne un homme qui l'aime, sact, Bible, Jérémie, m, 20. Les grands dédaignent les gens d'esprit qui n'ont que de l'esprit, la BRtJT. ix. J'ai dédaigné pour toi les voeux de tous nos princes, rac. Andr. iv, 6. Elle me dédaignait, un autre l'abandonne, id. Androm. ir, *. On dédaignait un Scythe; et la honte et l'outrage De mes vœux mal conçus devinrent le partage, volt. Orphel. ii, 8. || Avec de et un infinitif. D'un des pans de sa robe il couvre son visage, i son mauvais destin en aveugle obéit, Et dédaigne de voir le ciel qui le trihit. De peur que d'un coup d'oeil, contre une telle offense II ne semble implorer «on aide ou sa vengeance, corn. Pomp. n, a. 11 ne dédaignait pas d'en être l'arbitre, mass. Pet. car. Écueiis. Et pour tout autre objet ton &me indifférente Dédaignait de brûler d'une flamme innocente, RAC. Phèd. IV, î. Le pavillon d'Antoine est auprès du rivage : Passez et dédaignez de venger mon outrage, VOLT. Triumv. iv, s. Napoléon dédaigna d'attribuer ce mécompte à l'habileté du général ennemi; il s'en prit aux siens ; déjà il sentait que sa présence était partout nécessaire, ce qui la rendait partout impossible, ségur, Hist. de Nap. iv, «.

— REM. 1. Malherbe a dit se dédaigner: Il ne s'est lassé ni dédaigné d'aucun service, le Traité des bienf. de Sénèque, vi, id. C'est un archaïsme. Il 2. Le même Malherbe a dit je dédagne, qui était une ancienne forme, aujourd'hui tombée en désuétude: Puisque tu m'as esté si mauvaise compagne, Ton infidèle foi maintenant je dédagne, Poés. i, 4.

— HIST. XII* s. Si tu veis qu'il se desdeigne e enquierge pur quel nus si apruchames al mur. Rois, 4(0. E nostre sire s'en desdeignad forment, si ocist plusors del pople, ib. 304. || un» s. En doivent bien avoir bon guerredon Cil qui lui ont enseigné et apris i eslogner ceus de ci environ; Et ele [la reine Blanche] a bien fermée [retenu] sa leçon; Car tous [elle] les hait et desdaigne, hues de la ferté. Romancero, p. )84. Cil n'ont le conmant desdaingné, Ainz s'entornentsanzplusatendre, Ben. 30222. Car s'il desdaingnoit l'assolution, et desobeissoit au commandement de sainte Eglise, adont seroit il escommeniés à Dieu et au siècle, beauh. xlvi, k. Il xvi's. 0 viateur, ne te desdaigne mye Veoir cest escript et piteuse omelie, uàrot, v, 364. Le père de miséricorde ne desdaignant point condescendre en cet endroit à notre infirmité, Calvin, 183. Ainsi les desdaignoit le vulgaire comme ignorant les premières choses et communes, et comme presumptueux et insolents, MONT, i, *40. Cette généreuse jeune^se desdaignant tout aultre joug que de la vertu, ID. 1, '51. Hz en devindrent si glorieux qu'ilz ne vouloiô) t point et desdaignoient qu'on les meslast avec les lutres soudards qui s'estoient laissé battre par pluriiîurs fois, amyot, AU. 59. Celuy qui desdaigne de caresser le peuple pour en avoir faveur, doibt austi moins que tout autre chercher à s'en venger s'il en est rebuté, id. Aie. et Cor. comp. 7. Des Teilles choisi pour les vivres, Baronniere ne se desdaigna pas de l'artillerie et des munitions de guerr«, d'aub. Ilist. ii, (48. Je me desdaignai [je pris en mépris] bien fort de son ingratitude, cabl. VI, 34. Sa majesté establit M. le mareschal de Vieilleville son lieutenant gênerai au dict siège d'Angely, se desdaignant d'y eslre en personne, id. ix, 44. Qu'on se donne bien garde de les desdaigner [dégoûter] de manger par trop de viandes [ali^nents] ,

SICT. DS H I ANGUE FRANÇAISE.

DED

comme cela avient quand desordonnément on les affourrage, o. de serres, 282.

— ÉTYM. Lat. dedignari, de de, et dignari, daigner (voy. daigner); provenç. desdcjnor ; catal. desdenyar; espagn. dedeiiar; portug. desdenhar; ital. disdegnare.

t DÉDAIGNEUR (dé-dè-gneur), s. m. Celui qui dédaigne.

— HIST. XVI* 8. L'on n'eust sceu dire s'il estoit de sa nature plus arrogant desdaigneur ou plus vil flatteur, amyot, Sylla, J3.

— ÉTYM. Dédaigner.

DÉDAIGNEUSEMENT (dé-dè-gneû-ze-man) , adv.

D'une manière dédaigneuse. Il m'a répondu dédaigneusement.

— ÉTYM. Dédaigneuse, et le suffixe ment. DÉDAIGNEUX, EUSE (dédè-gneû, gneû-z"), adj.

Il l'Qui a du dédain. Dédaigneuse princesse, rac. Phèd. I, I. Cet homme est abstrait, dédaigneux, et semble toujours rire en lui-même de ceux qu'il croit ne le valoir pas, la brut. i. D'un peuple industrieux les talents mercenaires De mon goût dédaigneux ne sont plus tributaires, volt. Scythes, ii, 4. Et notre langue même, à tout esprit vulgaire De nos vers dédaigneux fermant le sanctuaire. L'avertit tout d'abord que, s'il y veut monter. Il doit savoir tout craindre et savoir tout tenter, a. chén. rinventinn. || Substantivement. C'était par faiblesse qu'il faisait le dédaigneux, boss. Avert. 6. || 2* Se dit, en parlant des femmes, decellesqui n'ont aucun regard pour les hommages des adorateurs. Il se trompait pourtant sur le caractère de Formosante, elle n'était pas si dédaigneuse qu'elle le paraissait, volt. Princ.deBabyl.3. || Substantivement. Elles aiment ailleurs, ces belles dédaigneuses, corn. Agésil. i, 4. C'était ceci, c'était cela; C'était tout; car les précieuses Font dessus tout les dédaigneuses, la pont. Fabl. vu, 5. || 3° Qui exprime le dédain. Une réponse dédaigneuse. Mais tu sais bien aussi de quel oeil dédaigneux Je regardais ce soin d'un vainqueur soupçonneux, rai:. Phèd. ii, l. Cela lui sied fort bien, et cet air dédaigneux Qu'elle a pris à la cour, lui sied encore mieux, regnard, Démocr. iv, 2. Silence dédaigneux, volt. Triumv. ii, 4. Courroux dédaigneux, ID. Tanc. IV, 6. Le portier, qu'on aurait pris pour un grand seigneur, les introduisit avec une espèce de bonté dédaigneuse, id. Zadig, i(20. Il se retira en me jetant un coup d'œil dédaigneux accompagné d'un souris moqueur, Marivaux, Pays, parv. 6" part. t. m, p. »0, dans pougens. Acquérez le droit d'être dédaigneux, et ne le soyez pas, dider. Salon de 4767, (ouvres, t. xiv, p. 3is. J'y insérai une petite note assez dédaigneuse qui mit Vernes en fureur, J. J. rouss. Conf. xii. C'est la sévérité despotique, c'est la dédaigneuse médiocrité de ma belle-mère, stael, Corinne, xvi, 3.114° Dédaigneux de, qui dédaigne, qui néglige. Tout monarque indolent, dédaigneux de s'instruire , Est le jouet honteux de qui veut le séduire, volt. Ép. XLVi, 45. Je me flattai longtempsque, fidèle à sa gloire. Dédaigneux de sa vie et regardant l'histoire, Fiesque.... Vengerait Gêne esclave et nos droits envahis, ancelot, Fiesque, i, 4. De ces riches atours une autre [plante] dédaigneuse Laisse à ses sœurs l'azur, la pourpre, le saphir. Et se livre sans voile aux baisers du zéphyr, delille, Trois règnes, vi. On était si préoccupé des affaires politiques, si dédaigneux de la poésie, que les vers admirables de Thompson restèrent d'abord ignorés du public et du protecteur que le poète avait invoqué, villemain, Litt.fr. Tvm' siècle, 2* part. î* leçon. || S" Terme d'anatomie. Le muscle dédaigneux, et, substantivement, le dédaigneux, le muscle droit externe de l'œil ; ancien nom de ce muscle qui tire l'œil en dehors et de côté.

— HIST. XIII* s. [Dame] Et si fiere et si orgilleuse Vers tous hommes si desdaigneuse, Amad.et Ydoine, mss. 6987, Bibl. imp. El ne fu pas envers moi fiere. Ne de respondre desdaigneuse, la Rose, 681. Iriez [tu] avoies esté et desdeignos vers eus por leur péchiez. Psautier, f* 1 03. || xvi* s. Une fierté desdaigneuse de ces parements estrangiers, mont, i, t92. Ils [les écrivains français de ce temps] sont assez hardis et desdaigneux pour ne suyvre la route commune; mais faulte d'invention et de discrétion les perd; il ne s'y veoid qu'une misérable affectation d'estrangeté , id. m, 354.

— ÉTYM. Dédaigner; provenç. desdenhos; espagn. desdenoso ; portug. desdenhoso ; ital. disdegnoso.

DÉDAIN (dé-din), s. m. Sorte de mépris qu'on exprime par l'air, le ton et les manières.... Et par moi Don Rodrigue a vaincu son dédain, corn. Cid. i, 3. Ah ! seigneur , je n'ai pas en ce dédain qui em-

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pêche de jeter les yeux sur les mortels trop rampants et qui fait dire à l'âme arrogante : il n'y a que moi sur la terre, boss. Marie-Thér. Ils regardèrent les gentils avec un insupportable dédain, id. Wi'sl. ii, 6. L'orgueil et le dédain sont peints sur son visage, RAC. Eslh. m, s. Je vois que mon silence irrite vos dédains, iD. Brit. m, 3. Le dédain et le rengorgement dans la société attirent précisément le contraire de ce qu'on cherche, si c'est à se faire estimer, la brut. v. Ils avaient ce dédain fastueux qui, chez un peuple comme dans un particulier, marque ordinairement peu de lumière, raynal, Hist. phil. I, /ntrod. Il Prendre en dédain, concevoir du dédain pour quelqu'un ou pour quelque chose.

— HIST. xiii* s. Mes cis [Narcisse] fu por sa grant biauté Pleins de desdaing et de fierté, Ja Rose, (458. Vous ne devez mie avoir en desdaing ce que Dieu flst pour nostre enseignement, joinv. I94. ||xv* s. Si ne fut mie courroucé quand il ouit dire et recorder le grand déplaisir que on avoit fait à son neveu, et aussi en quel desdaing [déplaisir] il l'avoit pris, FROiss. I, I, Iiio. Il ne sçavoit si le seigneur de Lescandelour rassembloit sa gent pour lui revenir courir sus par grand ire et desdaing, Bouciq. ii, ch. 17. Il XVI" s. Dequoy les gentilshommes françois qui vous accorapagnoient, avoient dépit et desdain, Sat. Uén. p. 163. routesfois ma curiosité me fit passer mon desdain [honte], ib. p. 193. X fin que plus longuement et sans dédain [dégoût] ils puissent estre tenus en la bouche, paré, xxv, 36.

— ÉTYM. Dédaigner; pTO\enç. desdaing, desdenh; catal, desdeny; espagn. desdeiio; portug. desdem; itjl. disdegno.

DÉDALE (dé-da-r),s. m. || l*Lieu où l'on s'égare, à cause de la complication des voies et des détours. Dans les dédales verts que formaient les halliers, LA FONT. Captivité de StMalc. Là, dans leur coursa fugitive, Des ruisseaux semblent plus beaux Que des ondes que l'art captive Dans un dédale de canaux, GRESSET, Ode XI. Il 2''Fig. Embarras, complication, confusion. Bref, perdez tout à fait mon âme épouvantée. Ou l'ôtez du dédale où vous l'avez jetée, MAiR. Soliman, iv, 4. Le malheur de ta fille au tombeau descendue Par un commun trépas, Est-ce quelque dédale où ta raison perdue Ne se retrouve pas? malh. vi, 4 8. Et sur moins que cela le poids d'une cabale Embarrasse les gens dans un fâcheux dédale, mol. Tart. v, 4. Vouloir tromper le ciel, c'est folie à la terre; Le dédale des cœurs en ses détours n'enserre Rien qui ne soit d'abord éclairé par les dieux, la font. Fabl. iv, 19. On y voit tous les jours l'innocence aux abois Errer dans les détours d'un dédale de lois, boil. Sat. i. Du digeste et du code ouvre-nous le dédale, id. Lut. v. Au lieu d'entrer dans ce dédale de difficultés.... MIRABEAU, Collection, t. Il, p. 333. J'ai trop bravé nos tribunaux; Dans leurs dédales infernaux. J'entends Cerbère et ne vois point Minos, bérang. Adieu à la gloire. [Nos songes] Égaraient nos molles pensées Dans les dédales de l'amour, lamart. JUéd. n, 4.

— HIST. XIII* S. C'est la maison Dedalu, X sa devise Set cascun entrer. Et tout i sont détenu, ^Inc. poésies fr. rr^s. du Vatic. dans lacurne.

— ÉTYM. AaîSaXoç, Dédale, nom d'un artiste mythologique, constructeur du labyrinthe de Crète, et dont le nom a passé à toute espèce de labyrinthe.

t DÉDALÉEN, ENNE (dé-da-lé-in, è-n'), adj. Néologisme. Qui tient du dédale. Le réseau déJaléen des rues de Paris.

— ÉTYM. Dédale.

t DÉDALLER (dé-da-lé), v a. Enlever les dalles d'une salle, d'un trottoir.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et dalle.

DÉDAMER (dé-da-mé). || 1° V. n. Terme de jeu de dame. Déplacer un» des dames qui occupent le dernier rang, c'est-à-dire le rang le plus proche de celui qui joue actuellement. || 2° V. a. ôter une des deux dames qui font la dame damée, si elle a été damée à tort.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et dame 4.

DEDANS (de-dan ; l'j se lie : de-dan-z et dehors) , adv. de lieu. \\ 1* Dans l'intérieur. Êtes-vous hors du cabinet? — Je suis dedans. Quand vous serez dedans, vous ferez à partie.... Régnier, Sat. viii. Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage Que nous ont laissé nos parents, Un trésor est caché dedans, LA font. Fabl. V, 9. Et nouvel Empédocle, aux flammes condamné Par sa propre e' pure folie, Il |le cierge] se lança dedans, iD. ib. ix, I2. Un coffre et rien dedans. Eh gai c'est la richesse Du gros Roger Bontemps, bérang. Rog. B. jj Donner dedans, aller se jeter dans, se heurter contre. Voulant fuir

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les rochers, iU vont donner dedans, lamotte, Fabl. Il, 6. Il Fig. et familiiremcnt. Donner dedans, se laisser soUement tromper. || Familièrement. Mettre quelqu'un dedans, l'emprisonner; et fig. le tromper. Il Être dedans, être en prison. || Mettre dedans, enivrer. Une bouteille de cl)ampa(,'ne l'a mis dedans. Être dedans, être ivre. || Terme de trictrac. Mettre dedans, mettre une dame sur une flèche qui reste à remplir. || Terme de luanége. Mettre la tête, l'épaule ou la hanclie dedans, obliger l'animal à pousser ces parties du côté où il doit tourner. Mettre dedans, bien mettre l'animal dans la main et dans les talons. || Terme de vénerie. On dit que les chiens sont bien dedans, quand ils sont bien dans la voie de leur animal. || Terme de fauconnerie. Mettre 4in ciseau dedans, commencer à l'appliquer à la chasse. Il Terme de marine. Un navire est vent dessus, vent dedans, lorsque, quelques-unes des voiles étant masquées, d'autres sont gonflées par le vent. || Fig. il faut être dedans ou dehors, il faut avoir une situation nette, savoir positivement ce qu'on veut. Il me proposa, pour prévenir le scandale, un tempérament que je refusai net; je lui dis qua je ne voulais point d'un état intermédiaire; que je voulais être dedans ou dehors, en paix ou en guerre, brebis ou loup, 1. 1. Fouss. Lett. lleuron, B mars <765. Il Dans le même sens, ne pas savoir si l'on est dedans ou dehors , être incertain de l'état de ses aflaires, de sa situation à l'égard de certaines personnes. Il Ne pas savoir si une personne est dedans ou dehors, ne pas connaître ses opinions, ses intentions. || Par extension, dedans, dans l'âme. Tant que l'âme soutient le corps, Nous avons à combattre et dedans et dehors Les tentations et les peines, CORN. [mit. !,<■!. Il 2° Là dedans, loc. adv. Dans ce lieu. Entrez là dedans. Il est là dedans. || Fig. Je veux lui faire voir là dedans un abîme nouveau, PASC. dans COUSIN. || 3" En dedans, loc. adv. Dans l'intérieur, par opposition aux limites mêmes. On fait sentinelle en dedans. || Fig. Que je souffre en dedans et qu'il me mortifie! begnabd, Démocr. i, 4. || En dedans, vers le côté intérieur. Porter la pointe du pied en dedans. Avoir les pieds en dedans. || Terme de danse. Un danseur est en dedans, quand ses hanches et ses genoux restent mal posés, quoique les pieds se tournent. || En dedans, enfoncé. C'était [la maréchale d'Estrées] une grande femme, assez grosse et de bonne mine, quoique avec des yeux un peu en dedans, st-sim. 367, 206. || Fig. Avoir l'esprit en dedans, être timide à montrer ce qu'on vaut. ||Être tout en dedans, avoir peu d'expansion, être peu communicatif. || En dedans de, loc. prép. En dedans et en dehors de la ville. La garnison se tenait en dedans des murailles. || 4° Au dedans, loc. adv. X l'intérieur, par opposition au dehors. Le pays est en paix au dedans et au dehors. Il Fig. Au dedans, au fond de l'âme. Il y a au dedans quelque chose qui nous avertit. C'est là ce qui fait peur aux esprits de ce temps Oui, tout blancs au dehors, sont tout noirs au dedans, boil. Disc. ou rot. Trop sincère avec moi, trop fier en dedans pour vouloir démentir mes principes par mes œuvres, J. J. Rouss. Conf. VIII. Un instinct muet au dehors, mais qui lui parle au dedans, préside à ses travaux, baynal, Hist. phil. xv, 9. || Au dedans de, loc. prép. Sa gloire était affermie au dedans et au dehors du royaume. Le témoignage invisible dont nous ressentons au dedans de nous l'impression, BOURD. Dim. oct. de VAscens. Dominic. t. ii, p. 2a2. Mon cœur s'est échauffé au dedans de moi, sacy. Bible, Ps. xxxviii, *. || 6° Par dedans, loc.adv. Salomon le fit tout dorer par dedans d'un or très-fin et très-pur, SACY, Bible, Paral.ii, 3. || Pardedans, loc. prép. Par l'intérieur de. Il passa par dedans la ville. Il 6" De dedans, de l'intérieur. Il vient de dedans. De dedans en dehors. || 7" Dedans, s. m. L'intérieur d'une chose. Le dedans d'une maison. Les dedans d'un royaume. Socrate un jour faisant bâtir. Chacun censurait son ouvrage; L'un trouvait les dedans, pour ne lui point mentir, Indignes d'un tel personnage, LA FONT. Fabl. IV, t6. Les dedans de la main sont fort enflés, SÉV. 280. Ouvrez, ouvrez [un écrinl , je réserve mon admiration pour le dedans; le cœur me dit que nous en serons plus charmées que du dehors, le sage, Turc, i, 4. || Par extension, l'intérieur en parlant du pays auquel on appartient , par opposition aux pays étrangers. Je crains le dedans et non pas le dehors , disait M. Guiznt peu de temps avant la révolution de Février. Le dedans n'est que trouble et que sédition, CORN. Poly. II, 2. Il L'intérieur, en parlant d'une maison, du ménage. La femme, au contraire, inhabile à tous ces minisières, est réservée pour les

affaires du dedans, rollin, Bitl. une. Œuvra, t. X, p. 466, danspouGENS. IJFig. Et laissons le dedans [le cœur] à pénétrer aux dieux, corn. Sertor. iii, 2. Une conduite si trompeu.se attaque par le dedans votre ligue, fén. Tél. xx. C'est du dedans du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées , les adultères, les fornications, les homicides, sacy. Bible, Évang . St Marc , vu, 2). Par l'agitation du dedans, la disposition du dehors est toute changée . selon que le sang accourt au visage ou s'en retire, il y parait rougeur ou pâleur, boss. Conn. ii, I2. C'est à vous à changer le dedans, à ramener les cœurs, MASS. Car. Culte. ||8° Galerie d'un jeu de paume. Il Terme de manège. Côté sur lequel le cheval tourne. La jambe du dedans, la rêne du dedans, la jambe, la rêne qui sont du côté de l'intérieur du manège, par opposition à la jambe, à la rêne qui sont du côté du mur. || Terme de jeu de bague. Avoir deux, trois dedans, avoir remporté deux, trois fois la bague. || Terme de vénerie. Faire le dedans d'une quête, eu battre les routes et les taillis par l'intérieur.

— REM. Dans le xvii* siècle, dedans était employé comme préposition ainsi que le montrent les exemples suivants; et il est fâcheux qu'on ait établi la règle contraire; car cela frappe, pour le lecteur actuel, d'incorrection des passages corrects et élégants dans nos classiques. Voulez-vous demeurer dedans la rêverie? CORN. Cid, 1, 6. Dedans mon ennemi je trouve mon amant, m. ib. m, 3. Va dedans les enfers plaindre ton Curiace, id. llor. iv, B. Il faut le recevoir ou hâter son supplice, Le suivre ou le pousser dedans le précipice, id. Pomp. i, <. [Qu'ils] puissent ne laisser dedans votre pensée Que l'image des traits dont mon âme est blessée, id. ib. v, B. Je ne veux plus que moi dedans ma confidence, id. Rodog. IV, 6. Et je crois que le ciel dedans un rang si bas Cache son origine et ne l'en tire pas, mol. l'Étour.i, 2. Il est vrai, c'est tomber d'un mal dedans un pire, id. ib. Et ses vœux, rejetés de l'objet qui l'enflamme, Étaient comme vainqueurs reçus dedans mon âme, id. Dép. am. u, *. Je lis dedans son âme et vois ce qui le presse, id. i6. m, B. Et je tremble à présent dedans la canicule, id, Sgan. 2. Le sultan dormait lors, et dedans son domaine Chacun dormait aussi, la font. Fabl. xi, 1. Tant il [chat] en avait mis dedans la sépulture, ib. ib. Il, 2. Pour secourir les siens dedans l'occasion, id. ib. m, 6. L'oracle était logé dedans un galetas, id. ib. VII, 4 5. De tous les animaux, l'homme a le plus de pente X se porter dedans l'excès, id. ib. ix, H. On 1' [le trésor] avait enterré dedans telle bourgade, ID. ib. IX, t3. On nous veut attraper dedans cette écriture; Ce sera quelque énigme à tromper un enfant, ID. ib. X, 4 4. Ceux qui ont la foi vive dedans le cœur voient.... pasc. Pensées. J'en voyais et dehors et dedans nos murailles, rac. Théb. ii, 4. X parler dignement de Dieu, il n'est ni dedans ni dehors le monde, fén. Fxist. 347.

— HIST. xii" s. Dedens le cors son espié [il] a baigné, Bonc. p. 89. [La grant amour] Dont je l'ai tant dedens mon cuer amée [aimée], Couci, xvii. Cil dedans se défendent corn nobile baron, Sax. viii. Dedens une chapelle [ils] trouvèrent Helissant, ib. XII. Dedans quatorze jourz viendront h plus tardif, ib. XXIV. Il xm* s. Là fu li estours dedens la porte moult grans et moult merveilleus, villeii. lxxii. Dedens ces huit jors furent venu tuit li vaissiel et li baron, id. lxi. Et puis [il] se rendit moine dedens une abeïe, Berte, ii. Par dedens le manoir [ils] sont tout ensemble entré, ib. cxxv. Et il "..it li rois lire, et avoit devens que li porteres estait cousins le soudano, Chr. de Hains, 96. Nuz ne puet estre talemeliers [boulanger] de dans la banliue de Paris, se il n'achate le meslier du roi, Lit), des met. *. Quant commandemens est fes à aucun, qu'il face gré à son créancier de ce qu'il li doit, dedens les nuis, c'est k savoir sept jors et sept nuis à l'omme de poesté, bkaum. liv, i. Il doit aller à l'ommage dedens les quarente jors qu'il est entrés en le [la] saizine, id. vi, 4. Quant semonse est fête à jor, sans nommer hore, li semons doit entendre que c'est au matin, dedens hore de miedi, id. 61. Le chevalier s'en vint au roy et dit que il avoit esté dedans les mesons au soudanc et que c'estoit voir [vrai], joinv. 2(6. Or sus, que vez ci [voici] les Sarrazins qui sont venus à pié et à cheval, et ont desconfit lesserjans le roy qui gardoient les engins, et les ont mis dedans les cordes de nos paveillons [les ont poussés jusque dans notre camp], id. 230. Ce fu celi qui plus noblement arriva, car sa galle ariva toute peinte dedens mer et dehors, à escussiaus de ses armes, ID. 216. Il XIV* s. Telz monstroil bonne chiere d'a-

tendre un horion, Ou'enfremez vauslrt estre par dedens sa maison, Baud. de Seb. vu, 4 76. || xv s. I.ancastre et le comte de Cantcbruge desiroient trop grandement à aller dedant l'an en Portingal, froiss. II, II, 2(9. Et devoit estre à cette feste une joute de quarante chevaliers de par dedans, attendaus tous autres, et de quarante escuyers aussi, ID. I, i, 2(3. Un grand tourment les prit en mer qui. les mit si hors de leur chemin, qu'ils ne surent, dedans deux jours, là oii ils estoient, id. i, i, (8. Dedans celle trêve advint que.... id. i, i, 47. Aller, dedans l'an, en Portingal, id. Il, u, 2(9. Et entra dedans la ville, tout premièrement, messire Jean de Hainaut, ID. I, I, (03. Nous TOUH voudrions prier que nous puissions demeurer en composition, que vous ne nous fissiez point de guerre, ni nous à vous, le terme d'un mois; et si, là en dedans, le roi de France ou le duc de Normandie son fils venoient en ce pays si forts que pour vous combattre, nous serions quittes et absous de nos convenances, lu. i, i, 234. Incontinent la pucelle dist : dedens, enfans, en nom Dé ils sont nostres [les remparts], Chr. du siège d'Orléans, (429, Bibl. des Chartes, 2' série, t. m, p. Boe. Ils sont dedans [Paris assiégé] [ils y sont entrés], COMM.I, 2. Etmisrentles Bourguignons dedans Moulins, ID. 1, 2. Venez anuit heurtera ma chambre, je vous ferai mettre dedans [entrer], LOUis xi, JVoue. XXVII. Il XVI* s. Il feit pendre tout ce qui estoit dedans, MONT. I, 63. Pensant tirer vers le dedans de' la ville, ID. I, 6(. Conceptions qu'ils ne peuvent esclaircir au dedans, ni par conséquent produire au dehors, ID. I, (88. Bouillir dedans une marmite, id. ii, 48. Il se tenoit tousjours enfermé par le dedans de sa chambre, m. u, 78. Les stoïciens mettent l'ame autour et dedans le cœur, id. u, 290. Encroustez de marbres au dehors, le dedans reluisant de rares enrichissements, id. iv, 4 2. Il estoit romain, et nay dedans Rome, mais dans la vraye Rome, id. IV, 3C3. U les meit dedans une auge, et s'en alla vers la rivière en intention de les jetter dedans, AMY0T, Bom. IV. U beut d'une sorte de poison qui tue l'homme dedans vingt quatre heures, id. Thém. 26. Finablemeut il luy monstra premier le dedans, et puis après le dehors de la main, et le menaça que sa ville seroit ainsi reversée sans dessus dessoubs, m. Timnl. 46. Les meurtriers arrivèrent, et, estant les portes du logis fermées, les meirent à force dedans, ID. Cicéron, co. Us demandoient bien souvent les biens de ceulx quivivoient, comme s'ilz eussent esté morts, et se mettoient dedans par force, id. Anton. 27. Il esperoit, dedans Pasques [avant Pasques], en rendre bon compte à Sa Majesté, carl. i, 40. Il luy met un assez riche rubys dedans le doigt, qu'il tira du sien, id. vi, 43. Page, verse à longs traits du vin dedans mon verre, bons. 273. C'est toi belle fontelette. Où ma douce mignonnette A miré ses yeux dedans, id. 654. Je vis en elle, elle vit dedans moy; Ce n'est qu'un cœur, qu'une ame et qu'une foy, id. 756. Maint huis y fut rompu et maint cofl"re effondré, Et le dedens exposé à pillaige, palsgrave, p. 847.

— tTYU. De , et dans ; picard, dedins ; wallon, divint; rouchi, deden; provenç. dcdinlt , dedins, dédis. La forme deient , analogue à divint du wallon , se trouve dans un texte ancien, écrit il est vrai au nord de la France.

DÉDICACE (dé-di-ka-s'), s. f.\\i° Consécration du temple de Jérusalem chez les Juifs. Il célébra la dédicace du temple av^c piété, BOSs. Hist. i, 6. Voici donc tout ce qui fut offert par les princes d'Israël à la dédicace de l'autel, au jour ()u'il fut consacré : douze plats d'argent; douze vases d'argent et douze petits vases d'or, sacy, Bible, Nombres, vu, 84. Il Fête des dédicaces, fête des Juifs célébrée en mémoire de la restauration et de la nouvelle dédicace du temple par les soins de Judas Machabée. Il 2" Consécration d'une église ou d'une chapelle, qu'on dédie à quelque saint, c'est-à-dire qu'on met particulièrement sous sa protection. Faire la dédicace d'une église. || Dédicace de l'église, fête qui se célèbre tous les ans le même jour en mémoire de sa consécration et qui est marquée par des cierges mis sur tous les piliers. || 3* Fig. Hommage qu'on fait d'un livre à quelqu'un, par une épitre imprimée en tête de l'ouvrage. Votre Majesté n'a que faire de toutes nos dédicaces, mol. J^p. dédicatoire de la Critique de l'École des femmes. Aussitôt tu verras poètes, orateurs.... Dégrader les héros pour te mettre en leur place. De tes titres pompeux enfler leur dédicace, boil. Sat. viii. Je dédiai une pièce à M. Duclos, et je déclarai que ce serait ma seule dédicace; j'en ai pourtant fait une se<»nde, avec son consen trinent, j. j. BOiss. Confess. viii. Que vralsembia-

DÉD

blement mon livre serait censuré, et que, pour cela seul, il n'osait proposer »u roi d'en accepter la dédicace, MAHMONT. lUém. liv. VIII. On lit dans une dédicace Qu'en latin il citait Horace, bérano. Nabuchodonotor.

— HIST. xiv s. Comme, le jour de la feste Nostre Dame my aoust, l'exposant feust asez esbatu en la ville d'Enquery à une feste que l'en appelle au pays [Boulogne] ququermesse ou dedicasse, do cange, dedicatio. L'exposant, qui demouroit lors en la ville de Valenciennes, s'aloit esbatre ou moustier où estoit ta ducasse ou feste appellée saint Vast, id. ib.\\ tv* s. Ils vinrent arriver au village, où se faisait la dédicace et la générale feste du lieu [fête patronale], Lonis XI, Nouv. xcviii. || xvi* s. La dedicasse d'un temple, amyot, Thém, 42.

— ÊTYM. Lat. fictif dedicocta, de dedicare, dédier (voy. DÉDIER); wallon , di'cdce; namurois, dicauce; rouchi, ducasse, trois mots qui signifient fête patronale.

DÉDICATOIRE (dé-di-ka-toi-r'), adj. Oui contient la dédicace d'un livre, d'une statua, d'un monument. Il faut que celui à qui s'adresse l'épître dédicatoire paye ou protège, fonten. Jugement de P/uton. Les gens de lettres ont renoncé à ces épîtres dédicatoires qui avilissaient l'auteur, même lorsque l'ouvrage pouvait inspirer l'çstime ou le respect, CONDORCET, d'Altmbert.

— ÊTYM. Lat. dedicatorius, de dedicare, dédier.

DÉDIÉ, ÉE (dé-di-é, ée), part, passé. Eglise dédiée à la Ste Vierge. || Une pièce de vers dédiée à un prince.

DÉDIER (dé-di-é), je dédiais, nous dédiions, vous dédiiez; que je dédie, que nous dédiions, que vous dédiiez, v. a. |{ 1* Consacrer au culte divin, mettre sous la protection de Dieu, sous l'invocation d'un saint. Dédier une église, une chapelle, un autel. (| 2* Faire à quelqu'un hommage d'un ouvrage ou par une épitre ou par une simple suscription. Ce n'est que maroquin perdu Que les livres que l'on dédie, scahron, dans richelet.

— HIST. XII* s. Quant la chapele fu beneoite à Es [Aix-la-Chapelle], Et li mostiers fu dédiez et fez, Li eoronemens Looys, t. 28. E en cel setme [septième] meis fud dédiez li temples e tute la vaissele. Rois, 257. E puis dédièrent le temple, e firent vesseaus sainz toz noveaux, Machabées, i, 4. || xiu* s. Hors de sains liex qui sont dédié, beaum. xxv, 2(. Lequel moustier estoit fait en la mahommerie des Sarrazins, et l'avoit le légat dédié en l'onneur de la mère Dieu, joinv. 208. || iiv's. En temps duquel consul fu dédiée la maison de Saturne, bercheure, f" 96. Il XV* s. Hé Dieu I se j'eusse estudié Au temps da ma jeunesse folle. Et à bonnes meurs dédié, J'eusse maison et couche molle, villon. Grand testam. || xvi* s. Qui est-ce qui inférera de là qu'il faille refuser le baptesme aux petis enfans, lesquels Dieu se dédie par son adoption gratuite? calvin, Instit. 1090. Tarquinius édifia ce temple; mais il ne le dédia pas, amyot, Publ. 27. L'arbre proprement dédié et consacré à Jupiter, id. Cor. 4. Il choisit entre tous les anciens sénateurs romains Q. Fabius Maximus, auquel il se voua et dédia du tout, id. Cat. 7. Ceste charge luy sembloit trop vile et mal séante à luy qui estoit jeune et dédié à l'estude, id. Brutus, 3. Lequel [cheval] ne peut estre monté ny dressé que par César, qui dédia son image aprez sa mort à la déesse Venus, mont, i, 360.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. dedicar; ital. dedicare; du latin dedicare, de de, et dicare, consacrer.

I DÉDIEUR (dé-di-eur), *. m. Terme de plaisanterie. Celui qui dédie un livre. Ils ont grand tort, ces méchants dédieurs de livres, d'aller faire peur jusque dans leurs chambres à ces nobles seigneurs, SCAHRON, Épit. dédie. Œuvres, 1. 1, p. 4 59, dans

POUGENS

— ÊTYM. Dédier.

DÉDIRE (dé-di-r'), v. a. se conjugue comme dire, excepté à la 2* personne du pluriel du présent de l'indicatif et de l'impératif: vous dédisez, dédisez, et non: vous dédites, dédites. || !• Désavouer quelqu'un de ce qu'il a dit ou fait. Croyez qu'il me déplaît, et très-sensiblement. De vous devoir dédire une fois seulement, rotrou, Antig. ii, 2. Mon cœur vous en dédit, un secret mouvement Qui le penche vers vous malgré moi vous dément, corn. D. San. IV, 3. Les rois impunément dédisent leurs sujets, ID. Perthar. ii, 3. Que sert la volonté d'un chef qu'on peut dédire? id. Sophon. i, 3. Il m'a donnée à vous, et nul autre que moi N'a droit de l'en dédire, et me choisir un roi, id. Nicom. i, t. M. le chevalier ne m'en dédira pas, sév. bss. U ne m'a

DED

jamais dédite de rien, id. 369. Et moi je n'ai pas osé l'en dédire, m'a dit Dorante, parce que j'aurais indisposé contre moi cette fille, qui a du crédit auprès de sa maltresse, Marivaux, Fauss. confia, u, t2. Il Par extension, dédire quelque chose, ne pas se conformer & ce que cette chose exige. Oui, le religieux qui hait la discipline. Qu'importune la règle, à qui pèse l'habit. Qui par ses actions chaque jour les dédit.... corn. Imit. i, 25. || 2° Se dédire,

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