‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 24 sur 388 · V. réfl. Désavouer ce qu'on a dit Tu n'es donc · texte numérisé non relu

V. réfl. Désavouer ce qu'on a dit Tu n'es donc

point mon fils, Puisque si l&chement toujours tu t'en dédis, corn. Héracl. ii, 3. Je m'en dédis, seigneur, il n'est point criminel, m. JVicom. iv, ». Mais s'il se dédisait d'un outrage forcé, ro. Sertor. i, 3. Mon amour a paru; je ne m'en puis dédire, id. Ctd, V, 8. Je vous en ai trop dit pour m'en pouvoir dédire, id. ib. v, 7. De tout ce que j'ai dit, je me dédis ici, mol. Mis. ii, l. C'est l'opinion [ne pas croire en Dieu] d'un favori qui se dédira à l'agonie, LA BRUT. X. Toutefois, s'il le faut, je veux bien m'en dédire, boil. Sat. ix. Également impartial, quand je loue et que je me dédis d'un éloge , quand je blâme et que je me dépars de ma critique, dider. Salon de noi, Œuvres, t. xiv, p. mo, dans pougens. Il Ne pas tenir sa parole, revenir sur un engagement pris. Il n'y a point moyen de vous en dédira, BALZ. liv. VII, lett. B. Mais quand ce choix est fait, on ne s'en dédit plus, corn. Sertor. m, â. Souvent on se dédit de tant de complaisance, id. Tite et B. v, B. Ainsi des bons propos la céleste vigueur Aisément dégénère en honteuse langueur; Tu semblés n'en former qu'afin de t'en dédire , id. Imit. m, 6. 11 est tard après tout de vouloir m'en dédire, id. Cinna, i, 2. Vous ne sauriez ce coup vous en dédire, la font. Uandr. Comment, vous avez cru que j'irais me dédire X cause du revers qui vous est survenu, collin d'harlev. Optimiste, iv, 8. Il Familièrement. 11 n'y a pas à s'en dédire, c'està-dire la chose est trop avancée pour reculer. U n'y avait pas moyen de s'en dédire, hamilt. Gramm. B. Hélas I madame, repris-je, je n'ai suivi que vos conseils, il n'est plus temps de se dédire, Marivaux, Marianne, 9« partie, t. m, p. 372, dans pougens. || Se dédire, protester qu'on n'a pas fait une chose qui est imputée. Ce sens vieillit. L'on n'a nul droit de se plaindre de tout homme qui se dédit, mol. George Dand. i, 8. Si bien donc que, si je le trouvais couché avec ma femme, il en serait quitte pour se dédire, ID. ib. Il Avec ellipse du pronom se. Pensezvous qu'il se laisse aisément détromper. Et qu'au premier moment qu'il vous verra dédire. Aux mains de son vrai maître il remettra l'empire? corn. Héracl. II, 8. Je fais ce que je puis à le faire dédire, ID. Perthar. v, 2.

— REM. Dans le xvii" siècle on hésitait entre dédisex et dédites. Puisque je l'ai promis, ne m'en dédisez pas, mol. Mis. m, 4. Mais dans l'édition originale de <669 il y a : ne m'en desdites pas.

— SYN. SE DÉDIRE, SE RÉTRACTER. Ces deux verbos signifient désavouer ce qu'on avait dit, avancé. Dédire est plus général; c'est désavouer une chose dite, quelle qu'elle soit; on se dédit aussi bien des paroles bonnes que de paroles indifférentes ou agressives. Mais rétracter implique qu'il y avait, dans ce que nous avions avancé, quelque chose qui blesse, offense ou mérite du blâme. Je lui avais attribué cet acte de générosité; la chose est fausse; je m'en dédis. Je lui avais imputé cette mauvaise action; j'étais mal informé, je me rétracte.

— HIST. xu* s. Quanque tu as et dit et devisé, Desdi je tôt en l'enor dam le Dé [en l'honneur du seigneur Dieu], Bot. d'Àleschans, v. <398. N'[y] a baron en la court qui de rien l'en desdie, Sax. xxxii. Johans de Salesbire li aveit dunches dit: Sire, tuz jurs avez nostra conseil desdit. Th. le mart. <43. Pur ço qu'or desdiseit ço qu'ainz otgraanté, ib. 43. Desdire les voleit li bers del jugement: Mais mult li unt prié trestuit communément Qu'il laist celé ire ester, nel [ni le] desdie neent; Face la volenté le rei e sun talent , ib. 32. || xiii* s. De riens que commandez, ne serez jà desdite, Berte, uv. De lui auron ore tel pès. Que jamès mal ne nos fera. Ne chose ne nos desdira Que nis un de nos fere voille, Ben. 6020. Si vos pri, seignor amoreus, Que se vous i trovés paroles Semblans trop bandes ou trop foies, Por quoi saillent li médisant Qui de nous aille mesdisantDes choses à dire ou des dites, Que cortoisement les desdites, la Rose, 45368. Adonques, se nus ne le desdit [contredit], cil qui sont nommé devant demorent procureur, beaum. 84. Et qui dit parole por sei er court, ou que il otreie ce que son conseil a dit, il ne le peut puis desdire ne neer [nier], Ass. de J. B2. || xiV s. Si fist Karenlouet,

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qui dit : alons avant! Et Guillaume Boitel ne les va desdisant, Guescl. 46326. Mais quant vos cuers m'escondit, Vos dous regars s'i mesle et l'en desdit Si doucement que plus en gré reçoy Vostre refus que d'une autre l'oltroy, machault, p. 62. || xv s. Ce sont trois personnes ensamble Et un seul Dieu : dy, qu'il t'en sanbleT Oserois-tu ceci desdire? la Pass. de iV. S. J. C. Et n'est nul en Angleterre, tant soit noble ni de grand affaire, qui l'ose courroucer ni desdire de tout ce qu'il veut faire, froiss. i, i, 7. Le traité plut assez bien au roi de France, por* mieux complaire au roi d'Escosse, et ne desdit de rien le traité, id. i, i, 46». Pour ceste cause fut desdicte la trefve, comm. m, ». || xvi* s. Se desdire de sa parole, mont, m, 78. Ne voulant desdire [contredire] Platon, qui estime.... id. iv, 78. Celte missive m'est un petit suspecte, car elle parle comme si le livre estoit dédié à Trajan, ce qui est manifestement dedict par le commencement du livre, amyot, Préf. XXI, 49. Aristaenetus, qui s'estoit tousjours monstre fort affectionné aux Romains, dit qu'il ne les falloit desdire en chose quelconque, ny se montrer ingrats envers eulx, id. Philop. 30. Hz desdirent [refusèrent] fort et ferme Alexandre, quand il les cuida à toute force faire encore passer la rivière de Ganges, id. Alex. 4U4. Ils avoient appelé impudence la hardiesse d'un jeune homme, qui avoit osé, premier que d'estre au lieu, desdire les asseurances d'un tel homme que Segur Pardaillan, d'aub. Uist.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et dtVe; provenç. desdire; catal. desdir ; espagn. disdecir ; portug. desdizer ; ital. disdire.

4. DÉDIT, ITE (dé-di, di-t'), part, passé de dédire. Qui a été désavoué. Dédit par ceux qui l'avaient chargé de parler. De peur d'en être dédit, il n'osa nommer son successeur, boss. Hist. m, B.

2. DÉDIT (dé-di ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's se lie: des dé-di-z obligatoires), s. m. || 1° Révocation d'une parole donnée. || Fig. Cet homme a son dit et son dédit, c'est-à-dire il est inconstant, on ne peut se fier à sa parole. Allez, mademoiselle, en fait de mariage, une fille a son dit et son dédit, BRUEYS, Grondeur, u, 3. || 2* Somme stipulée et due par celui qui ne remplit pas les termes d'une convention. Mais songez au dédit, il faut surtout le mettre, hauteroche. Bourg de quai, iv, b. || Acte qui garantit cette stipulation. Le dédit fut déposé chez un notaire. Qu'avec un grand plaisir, dédit, je te déchire, dufrény. Dédit, i, 4 4.

— HIST. XIV* s. Mais les deux spermes dessus dicts Sont composez; c'est sans desdicts. Des quatre éléments seulement. Traité d'aleh. 30.||xvs. Fut conclue une trefve à deux mois de desdit, comm. viii, 48. Il XVI* s. Le repentir n'est qu'une desdicte de nostre volonté, mont, m, 26 1.

— ÉTYM. Dédit 4 ; génev. dédite, s. f.

t DÉDOLATION (dé-do-la-sion), s. f. Terme de chirurgie. Action d'un instrument tranchant qui, portant obliquement, enlève une portion superficielle de la peau et des tissus sous-jacents.

— ÊTYM. Dédoler.

fl'ÉDOLER (dé-do-lé), v. n. Terme de chirurgie. Opérer une dédolation. Couper en dédolant.

— ÊTYM. Lat. dedolare, de de, et dolare, travailler à la doloire.

DÉDOMMAGÉ, ÉE (dé-do-ma-jé , jée) , part. passé. Qui a reçu réparation d'un dommage. Dédommagé de la perte qu'il avait faite. On est bien dédommagé de cette dépense par les avantages qu'elle assure , raynal, Hist. phil. u, 4 9.

DÉDOMMAGEMENT (dé-do-ma-je-man), s. m.

Il 1* Réparation d'un dommage. Il a obtenu mille francs de dédommagement. Le moindre dédommagement ne lui a pas été accordé, raynal , i/iit. phil. XIII, 48. Il 2° Fig. Compensation. Nous trouvons mille dédommagements humains à nos malheurs, mass. Avent, Afjlict. Cette ville où ses soldats devaient enfin trouver un abri, des vivres, une riche proie, dédommagements promis à tant de maux, séour, Bist. de Napol. vi, B.

— ÊTYM. Dédommager.

DÉDOMMAGER (dé-do-ma-jé. Le g prend un e devant a ou 0 : nous dédommageons ; je dédommageais), V, a. Il 1* Indemniser d'un dommage souffert. On l'a dédommagé de toutes ses pertes. Mélanchthon ne sait comment excuser les exactions énormes que fit le landgrave, toujours peu scrupuleuv pour se faire dédommager d'mi armement constamment et de son aveu fait mal à propos et sur de faux rapports, BOSs. Yar. déf. 4" dise. S 44. Indépendamment de l'importance de cette conquête en

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elIe-mSme , le vainqueur trouva dans la Havane pour environ 46 millions d'argent ou d'autres effets précieux qui le dédommagèrent amplement des Trais de son expédition, haynal, Iliit. phil. x, 4«. |{ Fig. Les bontés dont Votre Majesté me comble me dédommagent de cette injustice, d'alemb. Lettre au roi de Prusse, 7 déc. (779. Vous, demeurez, et que votre présence Me dédommage un peu d'une aussi longue absence, u. i. chkn. Fénelon, m, 2. |{ 2° Se dédommager, V. réft. Être dédommagé. Il se dédommagea, par un bon repas, de l'abstinence qu'il avait supportée. L'orgueil se dédommage toujours et ne perd rien, lors même qu'il renonce k la vanité, la ROCHEFOUCAULD, daos RiciiELET. Il SB dédommagera avec usure de la satisfaction volontaire qu'il attendait de leur part et qu'ils lui auront refusée, BOURD. Serm. 24' dim. après l'entec. Dominic. Si tous mes soupirants pouvaient me négliger. Je ne vous prendrais paspour m'en dédommager, regnabd, le Joueur, iv, 7.

— HIST. XIII* s. Et si requeroit qu'il fust desdamaciés des journées des ouvriers qu'il avoit loués pour le blé soier [scier], beaum.xliv, 42. Nus pièges nedoitenriquirde ce dont il est pièges, el damacede celi qui en pièges le mist, mes tant solement estre desdamaciés et estre mis el point là ù il esloit quant il devint pièges, id. xxxiu, 2. Et se vous prenés du nostre, nous avons bien tant du vostre en Acre, que vous nous desdomagerés bien,joiNV. 210. Il XV* s. Le dommaige sera visité parles maistres; et se ils rapportent par serment que lesdits babiz soient empirez par le default du tailleur, il desdommagera cellui & qui ledit habit sera, Ordonn. févr.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et dommage.

WÉDOIIÉ, ÉE (dé-do-ré, rée), part, passé. Un

carrosse dédoré.

DÉDORER (dé-do-ré), V. a. Enlever la dorure. Il Se dédorer, v. réfl. Perdre sa dorure.

— HlST. XVI* s. Si l'or eust esté aussi nutritif que TOUS le publiez, Mydas se fust bien eiigardé de requérir d'estre dedoré, choliëres, dans le Dict. de nocHEZ. Tout le malheur qui nostre âge dedore, du BELLAY, VI, 67, recio.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et dorer.

+ DÉDORMIR (dé-dor-mir). v. n. Cesser de dormir.

— HIST. zin* s. L'encantement [il] a fait fenir Et les chevaliers desdormir, FI. et Blancheft. v. »66.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et dormir.

■\ DEDORURE (dé-do-ru-r'), *. f. Action de dédorer ou de se dédorer.

— ÊTYM Dédorer.

f DÉDOSSEMENT (dé-dô-se-man) , ». m. Action de dédosser une pièce de bois; résultat de cette action.

— ÊTYM. Dédosser.

t DEDOSSER (dé-d«-sé), v. a. Dresser à la scie une pièce de bois pour la mettre à vive arête. || Terme de jardinage. Diviser une grosse touffe de racines TÎvaces en plusieurs petites touffes.

— ETYM. Dé.... préfixe, et dos, dans le premier sens, parce que la pièce à dresser forme une espèce de dot; dans le second, parce qu'on fait que les touffes ne soient plus adossées.

■f DÊDOUBLAGE (dé-dou-bla-j'), *. m. Dédoublage de l'alcool, action de le couper, de l'atténuer par un mélangs d'eau. || Terme de marine. Action de dédoubler.

— ETYM. Dédoubler.

t DÉDOUBLANT, ANTE (dé-dou-blan, blan-f), adj. Terme de chimie. Qui dédouble. Catalyse dédoublante, celle qui, dans les fermentations, sépare une substance composée en deux substances plus simples.

i . DÉDOUBLÉ, ÉE (dé-dou-blé, blée) , part. passé. Il Donton a été la doublure. Un habit dédoublé. || Qui n'est plus double. Les rangs étant dédoublés, la troupe occupa toute la place. || Partagé en deux. Une substance dédoublée par la catalyse.

t 2. DÉDOUBLÉ (dédou-blé), s. m. Nom qu'on donne aux eaui-de-vie préparées par mixtion d'alcool à un degré élevé avec de l'eau simple. On dit aussi recoupe.

— ETVM. Dédoublé t.

+ DÉDOUBLK.MENT (dé-dou-ble-man), t. m. Action de dédoubler. On avait opéré pour la guerre le doublement de l'impôt, el l'on va s'occuper de son dédoublement. Le dédoublement des rangs, en parlant de soldats qui, rangés sur deux rangs, se mettent sur un seul. Peu content d'un si monstrueux orgueil, le cardinal de Bouillon revient au dédoublement de son cardinalat pour en multiplier la grau-

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deur, ET-sm. ï7», 32. || Terme de chimie. Réduction d'une substance composée en deux autres substances moins composées, {j Terme de botanique. Nom donné à la production d'appendices que présentent des feuilles, des pétales et des étamines, d'après l'hypothèse, reconnue fausse aujourd'hui, que l'organe, naissant simple, se partageait.

— ETYM. Dédoubler.

DÉDOUBLER (dé-dou-blé), v. a. || 1* Défaire le double. Cette serviette est pliée en double; dédoublez-la. Il 2* Terme de marine. Enlever le doublage d'un bitiment. || Défaire plusieurs tours des rabans qui tiennent les voiles fermées. || 8* Terme de guerre. Dédoubler les rangs, faire mettre sur un seul rang des soldats placés sur deux rangs. Cyrus dédoubla les files de son infanterie, et la mit sur douze de hauteur seulement, rolun, //ut. anc. Œuvres, t. Il, p. 208, dans pouoENS. || 4* Partager e.i deux. Dédoubler un bataillon, une classe de collège. Il Terme de chimie. Dédoubler une substance, la résoudre en deux autres par la catalyse. || Terme de maçon. Dédoubler une pierre, la partager eu deux dans toute sa longueur. || E* ôter la doublure. Dédoubler un habit. || B* Se dédoubler, e. réfl. Perdre sa doublure. Celte garniture s'est dédoublée. || Devenir moindre de moitié. Tous les régiments s'étaient dédoublés. || Se partager en deux substances par la catalyse. || Se dédoubler, en parlant d'une pierre, être partagée en deux.

— ETYM. Dé.... préfixe, et doubler.

t DÉDUCTIF, IVE (dé-du-ktif, kti-v'),odj. Terme de philosophie. Oui tient à la déduction. Méthode déductive, voy. déduction.

— ÊTYM. Voy. DÉDUCTION.

DÉDUCTION (dé-du-ksion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. \\ 1° Soustraction, retranchement. Faire, demander une déduction. U redoit tant, déduction faite des à-compte qu'il a payés. || 2° Récit détaillé, exposition minutieuse. Faire une longue déduction de ses plaintes. || 8° Terme didactique. Conséquence tirée d'un raisonnement. Une déduction claire. Une déduction fausse. || Sorte cle synthèse ail l'on va de la cause aux effets, du principe aux conséquences, du général au particulier (voy. SYNTHÈSE), par une suite de propositions dépendant les unes des autres, qui s'enchaînent et se soutiennent mutuellement. La déduction est opposée à l'induction. Il 4° Terme de musique. Suite, dans le plain-chant, de notes montant diatoniquement ou par degrés conjoints.

— HIST. XIV* s. Si comme il est dit devant en la déduction de la quarte raison, oresme, Eth. <e3. Il zv* s. Sur et en deducion et rabat de la somme de six mille nobles d'or, cent marcs d'argent, Bibl. des Chartes, 4* série, t. iv , p. 86. || xvi* s. Les déductions [récits] des exploits où ils se sont trouvez en personne, mont, i, 68. C'est [le livre de Tacite] plustost un jugement que déduction d'histoire; il y a plus de préceptes que de contes; ce n'est pas un livre à lire, c'est un livre à estudier et apprendre,

ID. IV, 6t.

— ÉTYM. Provenç. dcductio; espagn. deduccion ; ital. deduiione; du latin deductionem. , de deducere (voy. déduire).

DÉDUIRE (dé-dui-r'), je déduis, nous déduisons; je déduisais; je déduisis; je déduirai; je déduirais; que je déduisisse; déduisant; déduit, t).o.|| 1* Soustraire, retrancher une somme d'une autre. Il y a plus de moitié à déduire sur ce compte. || 2° Énumérer, exposer en détail. On tira Lyncestès de prison, et on lui ordonna de déduire ses défenses, vaugel. Q. C. hv. vu, ch. t. Si je voulais entreprendre de déduire ce qui s'est passé en Grèce, il faudrait interrompre le fil des affaires de l'Asie, iD. ib. liv. v,daiisRiCHELET. Les puissantes raisons qu'on vient de me déduire Vont ranger mes soupçons au j point de se détruire, MAiRET,Soiimon, 11,7. Dom Bertrand [le singe] gagnerait près de certains esprits; Les raisons en seraient trop longues à déduire, la FONT. Fabl. zii, ». Chacun se mit à déduire par le menu ce qu'il savait, hamilt. Gramm. 8. Ce dernier écrit peut répondre de la beauté de ceux que l'on vient de déduire, la brut. Disc. s. Théophr. Ayant été introduits dans le sénat, ils déduisirent leurs plaintes et firent leurs demandes, rollin, Uist. anc. j Œuvres, t.iii,p.603, danspouOENS. Il déduisait ses preuves, il exposait ses objections avec ses preuves, MAJRAN, Éloges, Card. de J'olignac. || 3* Inférer, tirer comme conséquence. Vérités fort différentes des principes dont elles sont déduites, bohault. Physique, dans kicuelkt. J'en déduirai plus au long les conséquences, Boss. S;}mm, de la doclr. On doit à Huyghens, sinon la première invention des hor-

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loges à pendule, du moins les vrais principes de la régularité de leurs mouvements, principes qu'il déduisit d'une géométrie sublime, volt. Louis XIV, *i. Il 4° Se déduire, v. réfl. Être déduit, être tiré comme conséquence. Cela se déduit clairement dus prémisses.

— HIST. XI* s. X tel dolur et à si grant poverte [pauvreté], Filz, fies déduit par aliènes terres, SI Alexis, Lxxxiv. Il xiii* s. Dedens cesie foresl [je] sui povrement déduite [amusée], Berle, xxxvu. Et si lonc sont [ses cheveux], qu'en déduisant Li vont deux tours entor la teste, Bl. et Jeh. 264. Mes au plus bel te dois déduire [amuser]. Que tu porras, sans toi détruire, la Rose, 2t69. || xv* s. Quand j'eus séjourné en la cité de Pammiers, laquelle cité est moult déduisant, car elle sied en beaux vignobles, FROiss. Il, III, 6. Si veulx que vous saicbez que Salphar ayme ma dame par amour, de quoy je suis en une très grande jalousie , si ne m'en sçay comment déduire [tirer], Perceforest, t. vi, f" 43. || xvi* s. Frères, oyez, je vous pry, ma semonce. Et retenez ce que j'ay cy déduit, uarot, i, 304. Tant plus avant ceste lettre lisoye. En aise grand tant plus me deduisoye, id. i, 372. Quand ils vinrent & luy déduire comme Bacchus et Hercules estoyent aussi en ce registre, «ont. iv, t4B. Platon ayant voulu déduire au long, et enrichir ce subject de la fable Atlantique, AMYOT, Solon, 66. Après que les uns et les autres eurent déduit leurs raisons, id. Marcell. 38. Hz les revendoient au bout de l'an, et Caton en retenoit plusieurs pour soy mesme, leur en donnant et déduisant [de l'argent qu'il leur avait prêté] autant comme on leur en avoit le plus présenté, lo. Caton, 46. J'ai plusieurs points que je pourrois induire X ce propos, si je voulois déduire Ce fait au long.... DU BELL. VII, 3(, rerso.

— ÉTYM. Provenç. desduire , desdure ; du latin dedueere, tirer, faire sortir (de de, et ducere, conduire, voy. duc), qui avait pris le sens de divertir, détourner, amuser, exactement comme divertir luimême.

t. DÉDUIT, ITE (dé-dui, dui-t'), part, paui de déduire. Retranché. Somme déduite. Ce gouvernement, les petits profits déduits, coûte par an à la Compagnie (64uoo livres, raynal, hist. phil. II, 8. Il Exposé. Faits déduits. Un long récit déduit à loisir. Il Inféré. Conséquences déduites.

2. DÉDUIT (dé-dui ; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l'f selie: les dé-dui-z amoureux), s. m. ||1* Terme du style badin. Divertissement, occupation agréable. Il avait dans la terre une somme enfouie. Son cœur avec, n'ayant autre déduit Que d'y ruminer jour et nuit, la pont. Fabl. IV, 20. Il Déduit de vénerie, de fauconnerie, tout le train et équipage qui sert à prendre le déduit de la chasse, les veneurs, les chiens, les oiseaux, les valets. Il 8* Dans le langage des poètes erotiques, plaisir de l'amour.

— HIST. xu*s. [Il] Donna deduiz, donna balez. Donna lévriers, donna brachez [des chiens braques] , Brut, dans lacurne. Mais si je chant, li desduisen eslmien, ouesnes. Romancero, p. 86. || xiu* s. Jamais [je] ne cuit [pense] vivre fors en tourment; Joie et déduit tout outréement [je] lais, anonyme, dans Couct. Sachiez que [elle] n'i otguere ne joie ne déduit, Berle, xxzvi. Li singes au marchant doit quatre deniers, se il pour vendre le porte ; et se li singes esta home qui l'aitachetéporson déduit, si est quites, Liv. des met. 287. Et il démenèrent toute la nuit dedans le casticl grant joie et grant déduit, n. de VALENC. XV. Pomes i ot et autre fruit; Renart i va por son déduit, ilen. i288. Or oez, si ne vosanuit. Je vos conteré par déduit Comment il vindrent en avant, ib. 26. Querre doit d'amors le déduit. Tant cum jonesce la déduit, la Rose, 43683. Car tel joie ne tel déduit Ne vit nus bons, si cum ge cuit [je pense], Cum il avoit en ce vergier, ib. 474. || xv*s. s'ils furent celle nuit ensemble [Charles VI et Isabelle] en grant déduit, ce )iouvez-vous bien croire, FROiss. II, n, 23). Le roi de France, quoique il se tint à Paris ou en ses déduits, id. u, u, <3. Avez donné à nostre très redoublée dame maints diner> et soupers et aulires déduits, J. de Saintré, p. 638, dans LACURNE. Il xvi* s. Si te promets que bien m'estoit advis, Que tout le bien du monde et le deduii N'estoit que dueil, marot, ii, î. C'estoient aultrefois mystères [les Saintes Écritures], ce sont à preseni desduits et esbats, mont, i, s«8. Paysage, emliell: de mille fontaines, bocages, prairies et autres déduits champestres, yver, p. 623. Et ne vécurent guère en ce déduit amoureux, tant y a d'inconstance aux choses de ce monde, lo. p. 644. Dame Venus est ores mon déduit, ahtot, Solon, •«.

DÉP

DEF

DÉK

— ETYM. Déduiii; proveiK;. desdug, desduch, desdui (voy. déduire à l'étymologie, pour l'explication de ce sens détourné).

t DÉDCPLICATION (dé-du-pli-ka-sion), t. f. Terme de botanique. Dédoublement.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et duplication.

t DÊDURCIR (dé-dur-sir), ». a. Terme didactique. Faire cesser la dureté.

— ETYM W.... préfixe, et dumr.

' DÊESSK (dé-è-s'), ». f. || 1* Divinité mythologique représentée sous les traits d'une femme. JunoD, Minerve, Latone étaient des déesses. Pour une jeune déesse, Vous êtes bien du bon temps, mcl. Amph. Prologue. Voudrais-je, de la terre inutile fardeau, Trop avare du sang reçu d'une déesse, Attendre chez mon père une obscure vieillesse? rac. Iph. I, 2. Oubliait-on qu'ici les déesses des morts Sont du dieu des banquets les compagnes cruelles? LEMERC. Agatnemnon, iv, B. Est-il vrai qu'on a vu des déesses livides Dans nos sombres forêts cacher leurs pas perfides? ducis, Macbeth, ii, 3. || Bonne Déesse, nom d'une divinité ancienne, fort honorée par les dames romaines. || La déesse aux cent voix, la renommée personnifiée. La déesse à cent voix qui du sein d'Atropos Sauve les noms fameux et les faits des héros, La renommée.... bouhsault. Fables d'Ésope, i, «. || La déesse du matin, l'aurore. Déjà l'amante du Zéphire Et la déesse du matin, LA FONT. Œuvres poslh. || Déesse se dit des êtres féminins abstraits que l'on personnifie. La déesse de la raison ou la déesse Raison. || Déesse de la liberté, femme qui, choisie pour sa belle apparence, figurait, dans certaines fêtes de la première révolution, comme la représentation de la liberté. Est-ce bien vous, vous que je vis si belle Quand tout un peuple, entourant votre char.... Do nos respects, de nos cris d'allégresse, De votre gloire et de votre beauté. Vous marchiez fîère; oui, vous étiez déesse, Déesse de la liberté, bErang. Déesse. \\ i' Klle a l'air et le port d'une déesse, se dit d'une femme qui dans sa taille et sa démarche a de la majesté et de la noblesse. || Fig. et absolument. C'est une déesse, c'est une femme d'une grande beauté. || 3* Familièrement et avec les adjectifs possessifs , déesse signifie une amante. Il suivit l'espace de quatre lieues le char de sa déesse, volt. Croclieteur.

— HIST. xm* s. Car en tex leus tient ses escoles Et chante à ses disciples messes Li diex d'amors et la déesse, la Rose, 437II. Venus dieuesse d'amur, MARIE, Gugemer. || xiv» s. Ivorine est clamée la dieuesse gentis, Baud. de Seb. xi, 622. ||xv's. Elle semble mieulx que femme Déesse.... Elle n'a per [égale], CH. d'orl. Bal. 9. Quant madame et ma déesse.... E. desch. Poésies ms. f*<00, dansLACURNE. Ma déesse estes que j'aour Et veil amer, ib. ("tiS.

— ÊTYM. Provenç. deuessa, diuessa ; espagn. dtosa ; portug. deosa; de Dieu ou Dios (voy. dieu).

DÉFACUÉ. ÉE (dé-fà-ché, chée) , part p<ws^. Fâché, puis défâché.

DÉFÂCHER (SE) (dé-fâ-ché), e. W/Z. S'apaiser après s'être mis en colère. S'il est fâché, il se défâchera. Benjamine : Je suis au désespoir de me voir brouillée avec lui. — Mme Abraham: Boni boni oh I qu'il se défâchera bientôt ! il t'aime, d'allainval, Xc. des Bourg, i, *. || F. a. ôter la fâcherie. 11 le défâcha par une réponse pleine d'à-propos..

— HIST. ivi* s. Et si je suis fasché d'un fascheur serviteur, Dessus les vers [en faisant des vers]. Boucher, soudain je me desfasche, du bell. vi, 7, rerso. Quelquefois il te plaistpour l'esprit desfacher, Du luth au ventre creux les languettes toucher,

— ÊTYM. Di.... préfixe, et fâcher.

+ BÉFAÇONNER (SE) (dé-fa-so-nè) , v. réfl. Perdre la façon, les bonnes façons.

— HIST. XVI* s. Les mauvais exemples avec le temps les entraînent à dissolution, et, au lieu de se façonner, ils se desfaçonnent du tout, langue, 4 49.

— ÊTYM. Di..'.. préfixe, et façon.

DÉFAILLANCE (dé-fa-Uan-s' , 'j/ mouillées, et non

dé-fa-yan-s'), s. f.\\l'Èlàt de ce qui fait défaut. Si la défaillance de la race masculine d'Aaron eût dû arriver, Dieu l'aurait prévue, fén. t. ii, p. 424. Il Terme de jurisprudence. Défaut d'accomplissement d'une clause au temps fixé. || Ancien terme d'astronomie. Défaillance d'un astre, éclipse. Agathocle rassura ses soldats, en leur faisant entendre que ces sortes de défaillances des astres marquaient toujours un changement dans l'état présent, rollin, hist. ane. Œuvres, t. i, p. 28b, dans pougens. Il 2* Défaillance de nature, état d'une personne en qui l'âge, les fatigues, les maladies ont usé les forces

vitales. Cette suite de changements, en nos corps par la défaillance de la nature, en nos âmes par l'instabilité de nos désirs, fléchieh, Dauphine. Son zèle la soutint dans les défaillances de la nature, id. Jfme de Mont. Seigneur, soutenez mon cœur, malgré les défaillances de la nature, fén. t. xviii, p. 4 60. La nécessité où les hommes sont de soutenir tous les jours la défaillance de leur corps par le boire et parle manger, Nicole, Ess. de mor. 4" traité, ch. B. Il 8* Evanouissement, ou, plus précisément, diminution soudaine et plus ou moins marquée de l'action du cœur, qui constitue le premier degré de la syncope. Il lui prit une défaillance, vaugel. Q. C. liv. IV, ch. 6. Le sang qu'on perd en abondance Fait ordinairement tomber en défaillance, Tristan, Panthée , v, 4. Astarté but sans crainte, se fiant au contre-poison; Pygmalion but aussi et peu de temps après il tomba dans une défaillance, fén. Tél. VIII. Le chancelier Bacon tombait en défaillance toutes les fois qu'il y avait une éclipse de lune, SAiNT-FOix, Ess. Paris, Œuvres, t. iv, p. 4oo, dans POUGENS. Son trépas ne fut qu'une dernière défaillance, marmontel, Mém.liy.viii. \\ 4° Fig. Mon cœur tombait en défaillance ; je ne pouvais plus rappeler ma raison, fén. Tél. iv. Avoir, dans les défaillances de l'âge, le même goût pour le monde, uass. Car. Prosp. Comme ses disciples étaient encore faibles, il veut leur épargner le spectacle de ses défaillances et de son agonie, id. Car. Passion. Il souffrira, par les raisons que je viens de dire, une défaillance de cœur très-grande, iiontesq. £jp. xiv, S. Jamais je n'y suis entré, sans sentir une certaine défaillance de cœur qui venait d'un excès d'attendrissement, J.J. ROoss. Conf. IV. Il 6°Terme de chimie ancienne. Déliquescence. Huile de tartre par défaillance, mélange de potasse et de carbonate de potasse devenu liquide par l'elTet de son exposition k l'air.

— HIST. m* s. Et s'en tel point leur faisiez défaillance. Saint et martir, apostre et inocent Se plainderoient de vous au jugement, quesnes. Romancero, p. 402. Ijxiii's. Mes si cum li ombre ne pose, En l'air oscurci, nule chose Fors défaillance de lumière, la Rose, 6339. ||iiv*s. Les vertuz sont superhabundances ou regart des vices qui sont défaillances, et ces vertus meismes ce sont défaillances ou deffautes ou regart des vices qui sunt en superhabundance, ORESME, Éth. 62. Ilxvi's. Mémoire moDstrueuse en défaillance, uont. i, 33. [Teigneux ou bossu, un père avoue son fils] non qu'il ne s'aperçoive de sa défaillance, m. i, 4 64. Qu'il feust huict jours sans prendre aulcun aliment, quelque défaillance qu'il sentist en soy, ID. ii, 32. Les assiégez ne perdoient plus de coups au loin, sentans la defîaillance de leurs poudres, d'aub. Hist. u, 50. Elles ont un battement et défaillance de cœur, paré, xviii, 64.

— ÊTYM. Défaillant; provenç. defaillensa, defalensa.

DÉFAILLANT, ANTE (dé-fa-llan, llan-t', Il mouillées, et non dé-fa-yan), adj. || 1" Qui fait défaut, qui manque. Ligne défaillante, ligne qui n'a plus d'héritiers. || Qui fait défaut en justice. Le défendeur défaillant. Un témoin défaillant. !| S. m. et f. Terme de pratique. Celui, celle qui n'a pas comparu en justice. || 2° Qui s'affaiblit. Le secret sans doute en est beau Pour la nature défaillante, la FONT. Fabl. viu, 3. J'ai vu sa muin défaillante chercher encore en tombant de nouvelles forces pour appliquer sur ses lèvres le bienheureux signe de notre rédemption, boss. Duchesse d'Orl. C'est ainsi que parlait autrefois un roi selon le cœur de Dieu, quand ses jours défaillants et ses infirmités mortelles l'approchaient du tombeau, fléchieh, Dauphine. Toi-même rappelant ma force défaillante, RAC. Phèd. III, 4. Je souhaite qu'un souvenir riant de vos traits puisse encore se retracer dans mon âme défaillante, staël, Corinne, xx, 3. Par l'ordre d'Omasis, une escorte brillante Guide vers ce palais sa marche défaillante, baour lormian, Omasis, m, 7.

— HIST. XII* s. Li chaitif fil d'Adam nen ont cure de veriteit ne de celés choses k'à lor salveteit apartiennent, anz quierent icil les choses defaillans et trespassavles, Job, 624. || xiii* s. Il fu jugié que li defalans ne perdroit pas saizine, beauh. xxxix, 76. Et se c'est li sires qui ait porsivi por soi, il doit monstrer les deffautes à ses homes, qui sent envers le defalant, id. 49.

— ÊTYM. Défaillir.

t DÉFAlLLEMEItT (dé-fa-lle-man. Il mouillées), s. m. Action de défaillir.

— HIST. XVI* S. lUiTi prenoit quelquefois defaillement de cœur, avec tels autres accidents qui prennent aux femmes enceintes, desper. -Contes, xi.

— ETYM. Défaillir.

i\ DÉFAILLI, lE (dé-fa-Ui, Ilie , Il mouillées, et non pas dé-fa-yi), part, passé de défaillir. Qui a fait défaut, qui a manqué. On leur vit envahir le royaume de Babylone, où la famille royale était défaillie. Boss. llitt.iii, 4. Il Qui est tomhé en défaillance, qui s'est afîaibli. Un prêtre vient rendre à un cœur intrépide la force défaillie, chateaub. dans le Dict. de do-

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