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t DÉFAILLIBLE (dé-fa-lli-bl*, JJ mouillées) , adj. Qui peut défaillir.
— HIST. XV* s. Laissons ces choses et disons que la première vie est defaillable, gerson, Harengue au roi Charles VI. p. g.
— ETYM. Défaillir.
DÉFAILLIR (dé-fa-Uir, {{ mouillées, et non pas dé-fa-yir), v. n. L'Académie dit qu'il n'est guère usité qu'au pluriel du présent de l'indicatif: nous défaillons, vous défaillez, ils défaillent; à l'imparfait, je défaillais; au prétérit, je défaillis, j'ai défailli, et à l'infinitif défaillir. Il faut y ajouter le présent singulier de l'indicatif : je défaus, tu défaus, il défaut, donné par de bons auteurs; le futur : je défaudrai , et le conditionnel : je défaudrais (et quand a. Couiio, Fragments philos. 2* éd. 4833, p. 206, a dit : où manquerait l'action intérieure, défaillerait la perception; il s'est mépris sur la conjugaison, et l'on dira : défaudrait la perception); il faut y ajouter encore le subjonctif: que je défaille, que nous défaillions, que je défaillisse; le participe présent: défaillant, et le participe passé: défailli, donné par Bossuet. || 1* Etre en moins, faire défaut, manquer. Toutes choses commençaient à leur défaillir. Cours la Flandre où jamais la guerre ne défaut, Régnier, Éptt. i. Leur âge défaudra plutôt que la matière, id. Sat. ix. X qui le désir manque aucun bien ne défaut, rotroo, St Gen. v, 2. La force lui défaut et le teint lui pâlit, tristan, Marianne, v, 3. || Se défaillir à soi-même, se manquer à soi-même. Je ne veux pas me défaillir tant à moi-même que de donner sujet à ceux qui me survivront de me reprocher.... dksc. Méth. e. || 2* S'affaiblir. Il voit défaillir son corps avant son esprit. Que si la frayeur nous saisit de sorte que le sang se glace si fort que tout le corps tombe en défaillance, l'âme défaut en même temps, soss. Conn. de Dieu. 111, 4 4 (l'édition de Lebel porte: le courage tombe avec les forces). J'ai senti défaillir ma force et mes esprits, RAC. Baj. v, 4. Le courage de Corinne défaillit, STAÉL, Corinne, xvii, 9. Il n'y a vol si haut et si fort qui ne défaille dans Pimmensité des cieur, chateaub. dans le Dict. de dochez. Et la moitié du ciel pâlissait, et la brise Défaillait dans la voile, immobile et sans voix, lamart. Harm. n, 2. || 3° Tomber en faiblesse, s'évanouir. Elle se sent défaillir. Je l'ai vue défaillir daus les bras de sa mère.
— HIST. XI* s. Hoi nous défait la leials compaignie, Ch. de Roi. cxxix. Rolans mis niez [mon neveu] hoi cest jour nous défait, ib. cliv. || xii* s. Pur ço ne defaidrad jà ocisiun de ta maisun, ço que tu as mei en despit, e pris as la femme Urie à ton oes [à ta volonté] à tort. Rois, 459. Et [je] lor prie pour Dieu qu'il délivrent les dons et aumosnes que j'ai aumosnées, se de mi défaut [si je viens à mourir], tailliar, Recueil, p. 9. || xiii* s. Il voloient miels [mieux] ilec mètre tout leur avoir, et aler povre en l'ost nostre Seigneur, que li ost se departist et defallist, villeh. xxxvi. Lombart défaillirent du parlement, que il n'i vinrent ^oint , H. dr valenc. xxxiii. Et quant vint au jour, si contremanda encore jusques à quarante jours, et à celui jourdefali dou tout, Chr. de Rains, p. 433. Et se il estoit ainsint que li mestre à l'aprentis delTausist ainz son terme acompli, Liv. des met. 93. Il [les payons] lor vont seure, ses [si les] assalent. Et li pèlerin se defalent De combatre tôt li pluisor, FI. et Bl. 89. Il en porra aveir tel dreit de lui come de défailli de servise, Ass. de J. 73. Autrement iroit, se je n'avoie ne père ne mère ne hoir qui fust issus de mon cors, et je avoie aiol ou aiole, et après defaloit de moi, beaum. XIV, 23. Et tout ainsi s'il defalent de venir as jours as quix [auxquels] il sont ajomés de lor segneurs, ID. XXX, 31. Et s'il le porsuit et li ajornés le défaut, il doit estre justiciés por les defautes, id. 65. || xiv* s Et chascun qui scet aucun art et s'i exercice, il y doit adjouster se aucune chose y delTault, oresme, Elh. X, 46. Défaillir de aide à son frère est plus dure chose que faillir à un estrange, id. ib. 245 || xv* s. Toutes choses nécessaires à une si grande entreprise leur defailloient, comm. Prol. || xvi* s. Et plustoust defauldroyent de vie corporelle que ae ceste subjection naturellement deue à leur prince, rab. Pant. III, 4. Suppléant à ce que defailloyt, ce que abundoyt ravallant, et pardonnant tout le passé, id.
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ib. Si l'esprit humain s'efTorce de monter si haut, il «lefauUra cent fois au chemin, calv. Instit. 4 oi. Combien que plusieurs aides do ceste vie nous défaillent, Dieu ne nous defaudra jamais, id. ib. *♦♦. Bref en ce quenousavons, ils défaillent, et, en ce que nous n'avons, ils abondent, mabo. JVoud. xxix. C'est de mettre la main à l'esiiée et 1 la bourse, quy n'a encoresesté offert de nul serviteur, combien qu'il y en ait à qui ne deflault que le bon vouloir, m. Lett. *il. Se sentant défaillir, mont, i, le. L'ame descharge ses passions sur des objects fauls, quand les vrays luy défaillent, ID. i, 20. Au cas que l'un d'eulx vienne à défaillir [mourir], je substitue en sa part celuy qui survivra, id. i, ut. Tes bourreaux, les voylà défaillis de cœur, ils n'en peuvent plus, id. II, 22, Je ne sais comme nature default aux hommes pour désirer la liberté, id. iv, 3B(. Les uns disent qu'estant maladif de sa complexion, il défaillit et mourut soudainement, amyot, Rom. 43. Il mourut en défaillant petit à petit, iD. JVumo, 34. Toute matière, quand la chaleur luy default, demeure oisive et immobile, id. Cam. sa. Faites vous un thresor es cieux qui ne défaille jamais, bèze, St Luc, xu, 33.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et faillir; wallon, défait; provenç. defalhir , defaylhir; anc. catal. defallir; espagn. desfallecer; ital. sfallire.
DEFAIRE (dé-fê-r'), je défais, tu défais, il défait, nous défaisons, vous défaites, ils défont; je défaisais; je d(':fis; je déferai; je déferais; défais, qu'il défasse, défaisons, défaites, qu'ils défassent; que je défasse, que nous défassions; que je défisse; défaisant, défait, «. o. ||1° Changer l'état d'une chose, de manière qu'elle ne soit plus ce qu'elle était. Défaire un portemanteau. Cette couture est mal faite, il faut la défaire. Défaire un lit, en déranger les couvertures, les draps. Ayant fait plusieurs efforts pour défaire les nœuds, il les coupa, valgel. Q. C. îiv. III, ch. 4. Il a droit de régner sur les âmes communes, Non sur celles qui font et défont les fortunes, CORN. Attila, III, 4. Lubin : Mais, monsieur, j'ai fait mon paquet. — Le chevalier : Eh bien I tu n'as qu'à le défaire, Marivaux, Surpr. de l'amour, i, ». Moi, te voyant en peine, je défais ton lacet, favart, Annette et Lubin , se. vu. || Par extension. Défaire un mariage, un marché, le rompre. Un prêtre audacieux fait et défait les rois, h. i. ciién. Charles IX, ]il, 3. Il Absolument. Ils ne songent pas, les bonnes gens qui veulent maintenir toutes choses intactes, qu'à Dieu seul appartient de créer; qu'on ne fait point sans défaire; que ne jamais détruire, c'est ne jamais renouveler, p. l. cour. Lettre v. Il 2' Abattre, affaiblir, amaigrir. La maladie a bien défait cet homme. || 3° Mettre en déroute, tailler en pièces, vaincre. César défit Pompée à Pharsale. Il défit trois préteurs, il gagna dix batailles, CORN. Sertor. ii, t. Il n'a défait Tryphon que pour prendre sa place, m. Rodog. ii, 3. || 4' Effacer par plus d'éclat : en ce sens il vieillit. Quand elle arrive au bal, elledéfaittouteslesautresfemmes. Une flUe à seize ans défait bien une mère. J'ai beau par mille soins tâcher de rétablir Ce que de mes appas l'âge peut affaiblir, ouinault. Mère coquette, II, <. Le rebut de la cour est reçu à la ville, où il défait le magistrat, la brut. m. || S° Faire mourir. Cette malheureuse a défait son fruit, son enfant. || 6" Débarrasser de personnes qui gênent. Défaites-moi de cet importun. On le défit de son adversaire qui fut mis à la Bastille. Ne voulez-vous pas me défaire de votre marquis extravagant? mol. Critique, I. J'attends M. Remy, que j'ai envoyé chercher, et, s'il ne nous défait pas de cet homme-là, ma fille saura qu'il ose l'aimer, marivaux. Fausses confid. III, 4. Il Plus particulièrement, débarrasser par la mort ou le meurtre. Je t'ai défait d'un père, et d'un frère et de moi, corn. Rodog. v, 4. El le premier arrêt qu'ils lui feront donner Les défera d'Othon qui les peut détrôner, id. Othon, m, i. Le lendemain Constantin gagna cette célèbre bataille qui défit Rome d'un tyran, et l'£glise d'un persécuteur, boss. Hitt. t, u. Il ne faut pas s'étonner que, parmi tant de gens d'exécution dont le parti était plein, il se soit trouvé des hommes qui crussent rendre service à Dieu, en défaisant la Réforme d'un tel ennemi, id. Var. x, § 54. La g«ierre m'a défait d'un frère heureusement, regnard, Ménechm. n, 2. Ce jeune inconnu.... Me répondezvous bien qu'il m'aitdéfait d'Égisthe? volt. Ifor. iv, ( . Il Débarrasser de choses qui gênent. Si vous en consultiez des personnes sensées, Elles vous déferaient de ces belles pensées, corn. Nicom. u, 3. Elle est ravie que je la défasse d'un tel embarras, sÉv, 446. Le dévot politiqiie P.... a condamné au carcan et
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aux galères un pauvre diable , qui est mort de désespoir le lendemain de l'exécution, pour avoirprié un libraire de le défaire de quelques volumes qu'il ne connaissait pas et qu'on lui avait donnés en payement, d'alembert, Lett. à Voltaire, 22 oct. 4878. Il 7* Se défaire, v. réft. Être défait, en parlant de ce qui était fait, arrangé. Ma coiffure s'est défaite. Ce nœud s'est défait. Sa cravate s'est défaite. Le mariage s'est défait. || 8° Se décomposer, s'affaiblir. Ce vin se défait aisément. || 9* Se déconcerter , perdre contenance. Courage, seigneur.... ne vous défaites pas, MOL. J'rinc. d'Él. iv, l. || 10* Se défaire de, se tirer de ce qui serre, enlace. Il s'est défait de ses liens. Ragotin se défit de ceux qui le tenaient, et s'alla jeter, regardant derrière lui d'un œil égaré, dans une grosse touffe de rosiers, scabr. Rom. com. ii, 7. || 11* Se désaccoutumer, se corriger d'une chose. De ces chimères-là vous devez vous défaire, mol. Fem. îo«. n, 3 Ceux-là se défont des fausses religions et même de la vraie s'il» ne trouvent pas de discours solides, PASC. danscoDsm. Qu'ils se défassent de cette pitoyable maxime, boss. Or. 8. Il n'est pas possible que j'entre jamais dans la voie de Dieu ou que je m'y établisse, si je ne me défais de cette honte mondaine, bourd. Exhort. sur la flagel. de J. C. Volfà de tous les vices le dernier dont nous travaillons à nous défaire et dont nous croyons devoir nous défaire, id. Exhort. sur le soufflet donné à J. C. J'ai été théologien, et on ne se défait pas tout d'un coup de ses habitudes, volt. Oreilles de Chest. 2. || Se défaire de, avec un infinitif. Défaisons-nous de croire que.... sÉv. 160. || lî" Se défaire d'une chose, s'en débarrasser. Ne demandez point à TOUS défaire des charges que vous avez, BOSS. Lett. Com. «. Ceux qui n'avaient pas voulu se défaire de leur argent comptant en faveur des frères Hiéronymites, volt. Voy. de Scarmenlado. J'ai brûlé depuis quelques jours la lettre des Carmélites de Rome ; je ne prévoyais pas qu'elle pût me servir; et j'aime à me défaire des papiers, MAINTENON, Lett. card. de Noailles, <70(, t. iv, p. 232 , dans POUGENS. On se défait des idées tristes le plus tôt qu'on peut, id. t'b. 22 août <699. Le germe de l'insecte qui se métamorphose contient actuellement toutes les enveloppes dont cet insecte doit se défaire et tous les organes qui l'accompagnent, BONNET, Consid. corps org. OEuires, t. v, p. )40, dans poDGENS. || Se défaire d'une personne, faire qu'elle nous quitte, et aussi rompre les rapports habituels qu'on avait avec elle. Je me défais de toi, j'y cours, je le rejoins, corn, le Ment, iv, 4. Il y a deux manières de congédier son monde et de se défaire des gens : se fâcher contre eux ou faire si bien qu'ils se fâchent contre vous, la bhbï. vm. Aussitôt qu'on est parvenu à rendre les favoris suspects, les princes ne cherchent plus qu'à s'en défaire, fén. Tél. xiv. Le divan résolut de le renvoyer, non plus comme un roi qu'on voulait secourir, mais comme un hôte dont on voulait se défaire, volt. Charles XII, 6. || Se défaire d'un domestique, le mettre dehors, lecongédier. Un seul valet restait.... il fallut s'en défaire, boil. Sat. x. Je n'avais que trop d'envie de m'en défaire [d'une femme de chambre], mais jesuis femme d'habitudeet je n'aime point les nouveaux visages, lesage. Turc, i, 40.||13°Renonceràla possession d'une chose par vente, échange ou autrement. Vous êtes orfèvre, monsieur Josse, et votre conseil sent son homme quiaenviede sedéfaire de sa marchandise, mol. Am. méd. i, t. Le berger s'en défait [du bon chien], il prend trois chiens de taille X lui dépenser moins, mais à fuir la bataille, LA font. Fabl. vui, 48. L'envie qu'il avait de se défaire de sa charge, s&v. 44(. Ma fille, je rais bien vous surprendre et vous fâcher : M. de Pompone est disgracié; il eut ordre samedi au soir, comme U revenait de Pompone, de se défaire de sa charge, SÉV. 386. Mon père eut les capitaineries de St-Germain et de Versailles, dont il se défit au président de Maisons, st-sih. », 48. Il eut peine à se défaire de son tableau à un prix modique, diderot, J'eintureert cire, Œuvru, t xv, p. 332, dans poocens. Il 14* Abandonner, renoncer à. Croyez-vous que ces hommes ambitieux, qui ont usurpé un pouvoir tyrannique, et qui, au préjudice de nos lois, refusent si opiniâtrémentde se défaire des faisceaux, mettent facilement les armes bas? vertot, Révol. rom. Iiv. v, p. 39. Il le [l'empire] peut à son choix garder ou s'en défaire, cobn. Cinna, ii, 4. Vous vous défaites bien de quelques droits d'aînesse; Mais vous défaites-vous du cœur de la princesse? id. JVicom.iii, 6. Il 1S° Ecarter, faire disparaître. U l'a marié à une riche veuvâ et s'est ainsi défait de son rival. On se défit de lui en le mettant à la Bastille. || Plus parti-
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culièrement, faire mourir. Depuis ou fil coufir le bruit qu'il avait fait mourir les deux consuls, afin qu'ayant défait Antoine et s'élant défait d'eux, i! eût seul les armes victorieuses en sa puissance, COEKFETEAU, dans vaugelas. Allusion de mots. Si tu prétends régner, défais-toi de nous deux, CORN, lléracl. m, S. Ceux-ci voulurent se défaire de moi, peu. Tél. iv. Vous vous étiez défait des deux Guises à Blois, mais vous ne pouviez jamais vous défaire de tous ceux qui avaient horreur de vos fourberies, m. Dial. des morts mod, Henri lU, Henri lY. On l'accusait [Persée, roi de Macédoine] d'avoir tué sa femme de sa propre main depuis la mort de son père, de s'être défait secrètement d'Apelle, du ministère duquel il s'était servi pour faire périr son frère, rollin, Uist. anc. t. ii, p. 40, dans POUGENS. Il 16* Se donner ta mort. Mon père dans l'excès de sa douleur me dit : ne va pas répandre le bruit que ton frère s'est défait lui-même; sauve au moins l'honneur de ta misérable famille, TOLT. Leit. Damilaviile, ocL 47e2. Dire qu'il était mort d'apoplexie, lorsqu'il était évident qu'il s'était défait lui-même, id. Lett. Audra, 4 sept. 47<». Pourquoi le désespoir les porte-t-il pes nègres esclaves] à se défaire ou à vous empoisonner? raynal, Ilist. phil. XI, 24. Tandis qu'il fait courir le bruit que sa mère, convaincue d'un attentat sur sa personne sacrée, s'est défaite elle-même, il voit son image, lien est poursuivi, bihkr. Claude et Kéron,
I, § 98. Plusieurs de ses disciples se détirent au sortir de son école, id. Opin. des anc. phil. Secte eurén. Jean Choinart trouve sa récolte trop belle [il avait spéculé sur la hausse des grains], rentre chez lui et se défait, p. L. cour, ii, 286. On sait de son esprit se servir à propos. Revenir, s'apaiser, se remettre en colère. Faire bien le jaloux et vouloir se défaire, eegnakd, D^mocr. ii, 7. || Il est fâcheux que ce sens du verbe d^/'atr« vieillisse, et qu'on y aitsubstitué ou bien se tuer qui est plus vague, puisqu'on peut se tuer par accident, ou bienic tuicider qui est un mot suspect et d'un alloi douteux.
— REM. J. J. Rousseau a dit : Ëpée que j'ai portée jusqu'à Turin, où le besoin m'en fit défaire, Conf. i. Il serait plus correct de dire : me fit m'en défaire. Cependant on peut considérer que défaire est pris, par ellipse, pour me défaire, comme cela arrive bien souvent avec les verbes réfléchis.
— IIIST. XI* s. L'ost des Franceis verrez sempre» deffere, Ch. de Roi. iv, Dient paien : desfaimes [nous défaisons, empêchons] la meslée, ib. xxxiii. En Roncevaus irai l'orguel desfalre, ib. Lxxin.
— XII* s. Ainz me convient otroier et gréer Les volontés de mon cuer sans desfaire, Couci, il. Car [elle] ce me fait que nuls ne peut deCTaire, Fors ses fins cuers dont vers moi [elle] est trop dure, ib. p. 4 26. E saillanz sur l'autier [l'autel] , si defist l'autier, Machabées, i, î. Pur ço s'est mult li reis de s'ire refrénez, E desfaiz li malices qui dune ert aprestez. Th. le mart. 43. Al tens à son aioel esteient il desfait, Li clerc qui erent pris à si vilain mesfait,ib. 27. Si tu l'fais, dune desfras bien le cunseil Architopel, ftoiJ, 4 77.
— XIII* s. Que, s'on l'avoit juré, nel [ne le] [l'impôt] desferoit-on mie, Berte, Lx. Li rois a sa fille amenée. Al roi Artus l'a présentée, X tote sa volenté faire, V'oiUe l'ardoir, voiUe desfaire [tuer]. Lai de Melion. Et en plorant merci II crient. Que par li descouverl ne soient; Car mort ou deffait en seroient, FI. et Bl. 2442. Dieux est poesteïs de fere et desfere, Psautier, f* 35. Lors ot Ysengrin moult grant honte, Qant Tybert ot deffet son conte, Ren. 48086. Et die [qu'il dise] totes les raisons à une vois qu'il cuidera qui bones li semblent à desfaire le dit de son aversaire, Ass. de Jérus. 78. Ceste honeur et ceste offre que vous me faites ne prenré je pas, se Dieu plet; car je desferoie les bones coustumes de la sainte terre, ;oiNV. 246. Tandis que je parloie à eulz, je vi que nos serjans à pié defesoient les murs, ID. 276. Les bons exécuteurs desfont [réparent] premièrement les torz faiz au mort [ faits par le défunt], id. 4 95. Or venez avant; se je vous ai de riens mesfait, je le vous defferai l'un par l'autre, 10. 208. Je leur ei distque morz estoit. Que vous deffeire le felstes, Saint-Craal, v. 4 426.
— XIV* s. L'aprentis demande comme on deffaicl [taille par quartiers] le cerf, Modus, I* xiil.
— xy* s. Eve m'amie, ce m'as-tu fait; Or ne puis aler au deCTait; Ainssy peine nous fault avoir, Rrsurrect. de JV. S. Si se défit celte chevauchée, fboiss
II, II, 4. Et fai.ioit les femmes, dames, damoisellc^ et autres, défaire les chaussées et porter les pierre? aux crenaux pour jeter aux ennemis, U). l, l, 473, Puisqu'il est fait, il ne se peut défaire, id. n, u, 3«
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Tous les quelz seigneurs le royaTOit desappoinctez et deflaitz de leurs eslatz, comm. i, B. Et vouloit laisser reposer son armée qui estoit tort deffaicle, in. V, <. Se aucun apprentif du dit mestier se deffait de son maistre sans cause durant le temps de son apprentissaige.... Ordonn. sept. 4484.
— XVI* s. Lors le moyne se deffeit de tout son harnoys, rab. Garg. i, 42. Ils conclurent que sa puissance estoyt telle que il pourroyt deffaire tous les dyablesd'enfer, s'ilzyvenoyent, iD.tft. i, 43. On meUoyt en religion les femmes borgnes, bossues, deffaictes, folles, tarées, in. tb.i, 62.11 sedefeit, des liens qui le tenoyent on berceau, ung des bras, ID. Pant. II, 4. La neige au soir voyant apertement Vostre beau teint sa grand blancheur deffaire, Se fist glissante, et vous sceut tant meffaire Ou'onques depuis ne peusles apparoistre, st gel. 4 80. Parquey voyant l'estat de ton affaire. Que veux-tu plus? te pendre ou te deffaire? m. 2U. Beauté aussi qui si tost se deffait, id. 1 02. Comment est-il possible qu'on se puisse desfaire du pensement de la mort? mont.
I, 74. 11 y feut veu des pères et mères se desfaisants eulï mesmes, id. i, 299. Que lui [Socrate], par le tiltre de sage homme que les dieui luy ont déféré j s'est desfaict, en son amour virile et mentale, de la faculté d'enfanter et se contente d'ayder et favoriser de son secours les engendrants, ID. ii, 240. Quand il voulut desfaire l'emplastre, id. m, <05. Quant à Pirithous, il le feit incontinent desfaire [tuer] par son chien, et feit serrer Theseus en estroite prison, AMTOT, Thés. 39. La nuict, d'autres defaisoient tout ce qu'elles avoient faict et tissu le jour, id. Rom. 3. Romulus leur alla incontinent au devant avec son armée, et les desfeit en bataille, id. tb. 38.11 luy manda, que lors il trouveroit assez moyen de se desfaire de l'enfant qui seroit né, lo. Lyc. 2. Encore que par edict il n'eust point chassé les mestiers superflus, si s'en fussent-ilz tous allez d'euli mesmes, quand ilz n'eussent plus trouvé à qui se desfaire de leurs ouvrages, pource que leur monnoye de fer n'avoit point de cours aux autres villes de la Grèce, id. ib. 44. Tous ayaus les visages descoulourez et desfaits, id. P. ÂSm. 66. Combien qu'il eust aussi bonne grâce et rencontrast aussi dextrement à se deffaire de tels importuns que feit oncquesroy ny prince, id. Jfauvaise honte, 9.
— ÉTVM. Dé.... préfixe, et faire; ital. disfare. ■fDÉFAISEUR, EUSE (dé-fè-zeur, zeû-z'), s. m.
et f. Celui, celle qui défait. Le faiseur et le défaiseur de rois Ricimer remit le diadème à Libius Sévère, CHATEAUB. Études historiques.
— ÊTYM. Défaire.
DÉFAIT, AITE (dé-fè, fè-t'),par(.pMsëde défaire. Il l°Oui n'est plus fait, qui a été fait et qui ne l'est plus. Un lit tout défait. Un nœud défait. Une coiffure toute défaite. J'ai vu sa parure enfantine Plaire par ce qui lui manquait, Ruban perdu, boucledéfaite; Elle était bien, la voilà mieux, bérang. Sylphide. Il Manqué. Un marché défait. || 2° Abattu, amaigri. Défait par les maladies et les fatigues. Son visage était un peu défait parle commencement d'une grossesse, HAMiLT. Gramm. n. Mais le jour qu'il partit, plus défait et plus blême, Que n'est un pénitent sur la fin du carême, boil. Sat. i. || 3° Qui a perdu sa contenance et sa bonne façon. Les gens fiers et superbes sont les plus défaits [en la présence du prince] , car ils perdent plus du leur, la bruy. viii. Vous rougissiez, vous pleuriez, votre visage était défait.... d'honneur, il l'est encore, beaum. Mariage de Fig.
II, 49. Il Terme de manège. Cheval défait, cheval qui a perdu son embonpoint. || 4° Vaincu, mis en déroute. 11 va recueillir au delà du Rhin les débris d'une armée défaite , boss. Louis de Bourbon. Merci voit sa perte assurée; ses meilleurs régiments sont défaits; la nuit sauve le reste de son armée, id. Louis de Bourbon. Nos ennemis vaincus attendent avec joie Qu'un des partis défaits leur donne l'autre en proie, CORN. Ilor. I, 4. Rome est sujette d'Albe et vos fils sont défaits, id. ib. m, 6. Ce grand roi fut défait, il en perdit la vie, id. Sert, ii, 4. Le seul Flaminius, trop piqué de l'affront Que son piire défait lui laisse sur le front, id. Nicom.i, B. Carthage étant détruite, Antiochus défait.... ID. ib.ui, 2. L'adversaire en désordre est à moitié défait, rotrou, Bélis. iv, 2. Il B° Débarrassé. Puisque vous n'aspirez qu'à vous en voir défaite, corn. D. Sanch. m, 6. [Un serpent] Restauré du soleil nouveau, Et défait de sa vieille peau, SCARRON, Virg. Irav. ii. Théodose, averti le matin qu'un bataillon de barbares avait déserté , fut bien aise d'être défait de ces soldats infidèles, pléch. Uist. de Théodose, ni, 92. On n'a pas plus tôt fait emplette de cette marchandise qu'on voudrait en être défait, KEGNARD, Sérénade, 4. Ceux qui sont destinés aux
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grandes places sont défaits des préjugés qui avilissent une nation, volt. Lett. lletvétius, 4 5 sept. 4 703. Il Plus particulièrement, débarrassé par la mort et le meurtre. Guillaume fut bientôt défait du duc d'Anjou comme de l'archiduc Matbias, id. Uœurs, 4 64.
DÉFAITE (dé-fè-f), s. f. \\ 1° Perte d'une bataille. Pour moi, bien que vaincu, je me répute heureux; Et malgré l'intérêt de mon cœur amoureux, Perdant infiniment, j'aime encor ma défaite Qui fait le beau succès d'une amour si parfaite, corn. Cid, V, 7. Combien en a versé [de sang] la défaite d'Antoine, ID. Cinna, iv, 3. N'eût-il que d'un moment reculé sa défaite, id. Ilor. m, 6. Encore une défaite, et dans Alexandrie Je veux que cette ingrate en ma faveur vous prie, id. Pomp. iv, 3. Naupacte, maintenant Lépanle, connu parla défaite des Turcs en 4 574, ROLLiN, Bist.anc. Œuvres, t. ii, p. 482. Quand les Scythes vaincus, réparant leurs défaites. S'élancèrent sur nous de leurs vastes retraites, volt. Sémiram. ii,4. Non, ma défaite, ami, ne fait point mon malheur, id. Adélaïde, m, 4. || 2° En termes de galanterie, sujétion d'un cœur. Et qui sait si l'ingrate,en sa longue retraite. N'a point de l'empereur médité la défaite? rac. Brit. m, 6. || 3° Débit d'une marchandise, facilité de placement. Des marchandises de prompte, de difficile défaite. La bonne marchandise est de défaite en ce pays-ci, dancourt. Foire de Besons, se. 6. || Familièrement. Cette fille est de défaite, elle est belle, ou riche, ou instruite, et on peut aisément la marier. || 4° Excuse, échappatoire, prétexte. Mais enfin si c'était quelque sotte défaite.... hauteroche , le Souper mal apprêté, se. 3. Or çà, voyons si ce que je projette Peut être apparemment une honnête défaite, id. ib. se. 4. C'est un vieux importun qui n'a pas l'esprit sain, Et pour qui j'ai toujours quelque défaite en main, MOL. Fdch. III, 3. Vous n'osiez résister en face; c'est ce qui vous faisait promettre trop facilement, et éluder ensuite toutes vos paroles par cent défaites captieuses , fén. Dial. des morts mod. Richel. ilaiarin. Ne doutant pas que ce ne fût une défaite, hamilt. Gramm. 9. Il ne reste qu'une défaite aux nouveaux mystiques, Boss. Or. 3 Fort
bien ! la réponse est honnête. Et vous avez toujours quelque défaite prête, regnahd, Distr. l, 4. Que l'amour-propre abonde en mauvaises défaites! lachaussée, Préj. d la mode, v, 2. Il crut que je cherchais une défaite, J. i. rouss. Conf. v. Va, mon pauvre Figaro, n'use pas ton éloquence en défaites; nous avons tout dit, beaum. Mar. de Figaro, n, 20.
— SYN. défaite, déroute. Ces mots désignent la perte d'une bataille, faite par une armée, avec cette différence que déroute ajoute à défaite et désigne une armée qui fuit en désordre, Encycl. rv, 734.
— HIST. xvi* s. Ceux qui accompaignerent Cn. Fulvius en sa desfaicte , mont, i , 68. Donner une desfaicte en payement, id. i, 423. La philosophie a armé l'homme de patience , ou , si elle couste trop à trouver, d'une desfaicte infaillible [le suicide], id. ii, 304. Il se fait amener cette mule, et baille la sienne vieille à Didier pour en trouver la desfaite , despek. Contes, xxviii. Tatius le remettoit de jourà autre et lui usoittousjours de quelque desfaicte, amyot, Rom. 36. En mémoire de ceste desfaitte ilz soUennisent encore ceste feste que l'on appelle les Nones Capratines, id. th. 49. Hz n'usèrent plus de desguisementnyne controuverent plus de desfaittes pour la révérence de Caton, id. C. d'Utiq. 80.
— ÉTYM. Défaire.
DÉFALCATION (dé-fal-ka-sion) , s. f. Action de défalquer.
— ÉTYM. Défalquer.
DÉFALQUÉ, ÉE (dé-fal-ké, kée), part, passé. Les à-compte défalqués, reste tant à payer.
DÉFALQUER (dé-fal-ké) , v. a. \\ 1° Retrancher d'une somme, d'une quantité. On réduisit Madame à toucher de l'électeur palatin 300000 écus romains, en défalquant même ce qu'elle pouvait avoir déjà reçu de ce prince, st-sim. 4 06, 4 22. L'impôt qu'il n'a pu défalquer sur le prix de la vente, j. j. Rouss. Écon. 3. X mesure que l'on prend des points [au jeu d'osselets], on en défalque autant sur la partie de l'adversaire, chateaub. Amer. 85. || 2° Terme de fonderie. Rabattre l'humidité. || 3° Se défalquer, ii. réft. Être défalqué. Cela se défalquera quand nous réglerons le compte.
— REM. Au XVII' siècle, défalquer était un mot mal reçu; «Défalquer, pour dire rabattre ou déduire en matière de compte, est un mot italien qui est barbare parmi nous, » vaugel. Nouv. rem. p. 82, dans P0UGENS.
DÈF
inn'j
— HlST. xiv S. Avoir vendu à leur profit le dit sel ainsi défalqué [privé de son humidité ?] sans gabeler, do cange, gablum. \\ xvt* s. Le temps de l'enfance, vieillesse, dormir, maladies d'esprit ou de corps, et tant d'autre inutile et impuissant à faire chose qui vaille, estant défalqué [de la vie humaine] et rabattu, le reste est peu , charron, Sagesse,
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et un verbe latin hypothétique /aîcore, tiré de faix, faux (voy. faux, s. f.), mot à mot : retrancher avec la faux; provenç. defalquar; espagn. defalcar; portug. desfakar; ital. diffalcare.
t DÉFARDELER (dé-far-de-lé), v. a. Ancien terme de commerce. Défaire un ballot.
— HIST. XIV* s. Et en seront creuz les marchands ou les conduiseurs, de dire par leur serment ce qui sera ez balles sans defardeler. Lettres du 4 3 déo. 4 324, Avis de la Chambre des comptes.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et fardeau.
t DÉFARDER (dé-far-dé), «. o. ôter le fard. || Se défarder, v. réfl. S'ôter le fard.
— HIST. XVI* s. Le prince, défardé du lustre de son vent , Trouvera tant de honte et d'ire , en se trouvant Tyran, laschej ignorant, indigne de louange.... d'aub. Tragiques, ii.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et farder.
t DÉFATIGUER (dô-fa-U-ghé), v. a. Ôter la fatigue. Les bains de pieds défatiguent. || Se défaiiguer, D. réfl. Cesser d'être fatigué. On se défatigue parfois en changeant d'occupation.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et fatigue.
t DÉFAUFILER (dé-fô-fi-lé) , V. a. Défaire une faufilure.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et faufiler.
t DÉFAUSSER (dé-fô-sé), v. a. || 1° Redresser ce qui a été faussé. || 2° Se défausser, v. réfl. Terme de jeu. Se débarrasser de ses fausses cartes, c'est-à-dire, quand on n'a pas des cartes de la couleur qui se joue, jeter les cartes qu'on croit être les moins utiles. Il faut savoir se défausser à propos.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, ei faux, adj.
DÉFAUT (dé-fô; le «se lie: un dé-fau-t incorrigible; au pluriel, l'î se lie: des dé-fô-z incorrigibles), s. m. Il 1° Action de défaillir, privation de quelque chose. Le défaut de subsistances a forcé la garnison à se rendre. Défaut d'esprit, d'expérience, de courage. Rome vous permet cette haute alliance Dont vous aurait exclu le défaut de naissance, cohn. Nicom. I, 2. Ils n'ont commis aucun péché par le défaut de charité et de pénitence, pasc. Prov. 5. ô ciel! il paraît bien que la prudence humaine, Qui fait gloire ici-bas des efforts les plus hauts, Tombe, quand il te plaît, en d'insignes défauts, rotrou, Bélis. V, 8. La véritable cause de la chute des affaires d'Annibal, c'est le défaut de recrues et de secours de la part de sa patrie, rollin, Hist. anc. CEuvres, t. i, p. 447, dans pougens. || Terme d'anatomie. Monstruosité par défaut, monstruosité causée par l'absence de quelque partie. ||Â défaut de, au défaut de, loc. prép. Faute de, dans le cas où la chose en question manquerait. X défaut de vin, nous boirons de l'eau. Et mérite mes pleurs au défaut de mon cœur, corn. Cinna, iv, 6. X ce défaut vous aurez mon estime, id. Nicom. v, 40. Moimême, à leur défaut je serai la conquête De quiconque à mes pieds apportera ta tête, id. Iléracl. III, 3. Sévère, à mon défaut, fera ta récompense, ID. Poly. IV, 4. Mon guide, qu'à ce soin à mon défaut j'emploie. S'écrie épouvanté qu'il n'y voit point de foie [en une victime immolée, ce qui était un signe funeste], rotrou, ilnttg. v, B. Peut-être au défaut de la fortune, les qualités de l'esprit, le* grands desseins, les vastes pensées pourront nou.-distinguer du reste des hommes, boss. Duchess/ d'Orl. Au défaut de ton bras, prête-moi ton épée, RAC. Phèd. II, B. Cet humble adorateur Captive ma personne au défaut de mon cœur, id. Alex, m, 4 Les Portugais, au défaut de vertus plus éclatantes, forment son éloge [de Philippe IV] de sa piété et do sa modération, vertot, Révol. de Portug. p. 44i). Faut-il qu'au défaut des tyrans et des sujiplices, l'Évangile trouve encore en vous seuls son écueil et sor scandale ? mass. Av. Épiph. Le même testament qui , au défaut des puînés du sang de Louis XIV, rappelait l'archiduc Charles, volt. Louis XIV, 4 7. |{ 2° Le défaut des côtes, l'endroit où elles se terminent, ou l'espace entre deux côtes. || Le défaut de la cuirasse, l'intervalle entre les deux pièces d'une cuirasse. Il rappela ses esprits, et, tâtant son ennemi au défaut des.armes, il lui plongea le poignard dans le flanc, vaugel. Q. C. liv. IX, ch. 6. Mais il tombe et l'on trouve au défaut de l'armure Tout le fer d'une lanoe
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encor dans la blessure, ps belloi, Gaston et B. IV, a. Il n'y a point de guerrier si bien armé qu'on ne puisse percer au défaut de la cuirasse, volt. Lett. en vert et en prose, 28. || Fig. Le côté faible, sensible d'une personne. Blesser quelqu'un au défaut de la cuirasse. || Dans le même sens. Fuyez un ennemi qui sait votre défaut, cobn. Poly. i, i. Il 3° Terine de procédure. Manquement à une assignation donnée, refus de comparaître. Il a fait défaut. Jugement par défaut, décision rendue contre une partie non comparante ou n'ayant personne qui comparaisse pour elle. || Donner défaut, donner acte de la non-comparution. || Défaut contre partie ou faute de comparaître, jugement rendu contre une partie, faute par elle d'avoir constitué avoué dans les délais de l'ajournement. || Défaut contre avoué ou faute de conclure, jugement rendu contre une partie dont l'avoué n'a pas déposé de conclusions. Il Défaut-congé, lorsque le demandeur ne se présente pas. || Profit du défaut, avantage résultant, pour celui qui se présente, de l'absence de son adversaire. Adjugur le profit du défaut, statuer par suite du défaut d'une partie en faveur de l'autre qui a comparu. || Défaut profit-joint, c'est lorsque de deui défendeurs l'un comparait, l'autre fait défaut; on joint le profit du défaut, c'est-à-dire qu'au lieu de l'adjuger, on surseoit à statuer jusqu'à ce que le non-comparant ait été jugé ou tenu pour jugé contradictoi rement. Il 4* Terme de chasse. Le moment même où les chiens, perdant la voie, cessent de chasser. Les chiens sont en défaut. L'autre [le renard] fit cent tours inutiles. Entra dans cent terriers, mit cent fois en défaut Tous les confrères de Brifaut, la pont. Fabl. ix, <5. L'animal rusé, qui les voit passer et s'éloigner, sort de sa retraite, rentre dans le sentier, confond ses traces et met la meute en défaut, bonnet, Contempl. nat. <2« part, ch. 44. Il Relever le défaut, se dit des chiens qui se remettent sur la voie. || Fig. Être en défaut, faillir. Voilà mes guichetiers en défaut, dieu merci, RAC. Plaid. I, 3. Il Mettre, prendre, trouver quelqu'un en défaut, le mettre, le trouver, le prendre en un manquement quelconque. Les fautes des sots sont quelquefois si lourdes et si difficiles à prévoir qu'elles mettent les sages en défaut et ne sont utiles qu'à ceux qui les font, la brot. xi. || Mettre en défaut, rendre inutile, déjouer. Lindor par son audace Met la ruse en défaut, béhano. Inf. de Lisette. Il 8* Imperfection physique. Les défauts du corps. 11 n'y a nuls vices extérieurs et nuls défauts du corps qui ne soient aperçus par les enfants, la BRUT. XI. Il En parlant des animaux domestiques, défaut exprime les imperfections du corps et les irrégularités de proportion. || 6° Imperfection morale. Prenez ainsi que moi des sentiments plus hauts. Et suivez mes vertus ainsi que mes défauts, corn. Attila, 111,4, L'agréable défaut, seigneur, que la jeunesse! iD. Pulch. III, ♦. De ce triste séjour, où tout n'est que défaut, Jusqu'aux pieds du Très-Haut Sache relever ta pensée, id. 7mt(. ii, t. Nous n'avouons de petits défauts que pour persuader que nous n'en avons point de grands, lahochep. Réft.mor. n"327. Ceux-là sur une erreur, ceux-là sur un défaut, la FONT. Fabl. IV, 18. Le fabricateur souverain Nous créa besaoiers tous de même manière. Tant ceux du temps passé que du temps d'aujourd'hui; Il fit pour nos défauts la poche de derrière. Et celle de devant pour les défauts d'autrui, id. ib. i, 7. Chacun a son défaut où toujours il revient ; Honte ni peur n'y remédie, ID. ib. III, 7. Elle étudiait ses défauts; elle aimait qu'on lui en fit des leçons sincères; marque assurée d'une âme forte que ses fautes ne dominent point, BOSS. Duchesse d'Orl. Il faut aimer ses amis avec leurs défauts; c'en est un grand que d'être malade, s£v. Lett. 16 oct. <«96. Ohl que de mon esprit triste et mal ordonné. Ainsi que de ce champ par toi si bien orné, Ne puis-je faire Ôter les ronces, les épines. Et desdéf.iuts sans nombre arracher les racines? BOIL. Épilrexi. Il y a de petits défauts qu'on abandonne volontiers à la censure ; ce sont de pareils défauts que nous devons choisir pour railler les autres, la bruy. v. L'on ne voit, en amour, de défauts dans ceux qu'on aime que ceux dont on soufl're soi-même, id. iv. Où trouverez-vous un homme sans défaut? FÉN. Tél. xi. Un défaut avoué et déjà reconnu est à demi corrigé, bollin. Traité des Et. VI, 2* part. ch. < , art. 4. Celui qui t'entreiient des défauts d'autrui entrelient les autres des tiens, Di- DER. Opin. des anc. phil. {Sarrasins). Ses défauts semblaient n'être que ses vertus mêmes perlées jusqu'à l'excès; on ne pouvait s'empêcher de les lui pardonner, et on eût à peine osé désirer qu'il ne tas eût pas, condorcet, Duhamel. Ehl mon Dieu,
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monseigneur, o'eit qu'on veut que le pauvre soit sans défaut, beaumabch. Barb. de Sév. i, 1. Je ne savais pas qu'il existe des défauts qui peuvent accroître l'amour même par l'inquiétude qu'ils lui causent, 8TAÉL, Corinne, xiv, 4. Cette imaKination était son charme, et quelquefois son défaut, lo. ib. XV, 6. Il En parlant des animaux domestiques et particulièrement du cheval, vice de leur caractère, comme la rétivité, la méchanceté. ||7* Ce qui est contraire aux règles de l'art, au goût, aux saines doctrines. Vous dirai-je qu'elle pénétrait dès son enfance les défauts les plus cachés des ouvrages d'esprit et qu'elle en discernait les traits les plus délicalsT FLÉcii. Urne de Montausier. Un sonnet sans défaut vaut seul un long poSme, boil. Art p. u. Il ne faut pas regarder ces éloges de Clément XI [au s'jjet du livre du P. Quesnel] et les censures qui suivirent comme une contradiction; on peut être très-touché, dans une lecture, des beautés frappantes d'un ouvrage, et en condamner ensuite les défauts cachés, volt. Louis XIV, 37. || Terme de rhétorique. Les défauts du style, vices opposés aux qualités qu'on désire y trouver. Le défaut de clarté fait que le style est obscur, etc. || 8* Dans les arts et métiers, parties faibles en une matière, et, par extension, en un ouvrage quelconque. Il 9* Terme de grammaire ancienne, par lequel on désignait le retranchement de quelque chose, par exemple la syncope, c'est-à-dire le retranchement de lettres dans un mot, et l'ellipse, c'est-à-dire le retranchement d'un ou plusieurs mots dans une phrase.
— REM. Des grammairiens ont voulu distinguer au défaut de et d défaut de, disant que le premier signifie à la place de, et le second faute de, mais cette distinction n'est pas justifiée par l'usage; et en soi elle n'est pas fondée.
— SYN. défaut, défectoosité. Ces deux mots ne sont synonymes que quand il s'agit des imperfections qui déparent un produit de la nature ou de l'art. Défaut, venant de faillir, exprime ce qui faut, manque, est en faute. Défectuosité, venant du latin defectus, renferme l'idée de ce qui est défait, mal fait. Ainsi défaut se dira plutôt quand on voudra simplement exprimer l'état d'imperfection, et défectuosité quand on portera son esprit sur le mode de production : les défauts d'un diamant, les défectuosités d'une pièce de drap. Mais il faut dire que très-souvent les nuances se confondent.
— HIST. xui* s. Nous serions trop blasmé, se vous chaiens [céans] moriéspar defaute, Chron. de Bains, 408. Dont dist l'apostoles as messages que, par la defaute de cens qui alerent as autres pors, savoit-il bien qu'illorconvenoitgrantmeschief faire, villeh. lv. Ne porquant li segneur les voloient mètre en defaute par le [la] reson de l'ajornement, beauh. 64. Et s'il ne le veut jurer, il sera tornés en defaute, id. 46. Et s'il en ont trop poi, il doivent reirere le defaute [répartir le déficit entre] à chascun, selon ce qu'il doit penre en l'ezecussion, id. xii, 3<. Il xiV s. Se dix estoit le plus grant excès en aucune matière et deux estoit la plus grant deffaute, le moien selon nature de la chose ce seroit six, orfshe, Eth. 44. Il XV* s. Si le pria en amitié et requit par lignage qu'il se voulust sur ce aviser, par quoi aucune defiaute ne fust trouvée en lui, froiss. i, i, 72. La comtesse pria à ces seigneurs de Bretagne, pour l'amour de Dieu, qu'ils ne fissent nule defaute, et que elle auroit grand secours dedans trois jours, id. i, i, 178. Mais quant ce vint au fait de la despense. Il restreignit eufs, chandelle et moustarde. Et oublia pain, vin, char et finance; Tout se destruit, et par default de garde, edst. deschaups, Administr. de l'hostel du prince. En fut mal recompensé plus par la poursuyte de ses ennemys que par le deffault du roy, cohm. i, 2. Il avoit honte de retourner en Castille ne en Portugal avecques ceste deffaulte, et de n'avoir rien faict deçà, id. v, 7. Il XVI* s. U renvoya les plus jeunes, et avecques ceulx desquels le default estoit moindre [qui feraient moins faute] , hont. i, 243. Il pensa que le plus sur estoit de fuir, et qu'un bon défaut valoit mieux qu'une mauvaise comparution, yver, p. 847. Défaut ne se donne contre le procureur de roi, loysel, 883. On appeloit [faisait appel] de defaute de droit, quand on refusoit de rendre la justice aux parties, mon-
TESQ. Espr. XXVIII, 28.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et faillir; provenç. défaut, et, beaucoup plus souvent. d«/'au<a,dr/7'aujla,-anc. catal. défait. Le féminin defaute est, dans les premiers temps, le seul que les textes offrent couramment
DÉFAVEUR (dé-fa-veur), *. f. || 1* Perte de la faveur. Courtisan morfondu, frénétique et rêveur. Portrait de la disgrâce et de la défaveur, rEonibr,
DEF
Sat. m. La défaveur et la pauvreté ne lui sont point fâcheuses, quand il les souffre, balz. i* Disc, sur la
cour Dans la défaveur et l'abandonnement,
TRISTAN, Jfart'ane, IV, s. Une société qui n'était pas de celles que la faveur attire et que la défaveur éloigne, HARMONTEL, Mém. liv. z. || 2* Discrédit. La défaveur des effets publics.
— SYN. DEFAVEUR, disgrXcb. DisgTâce dit plus que défaveur. La défaveur c'est simplement la perte de la faveur; mais la disgrâce est quelque chose de plus; elle implique non-seulement la perte de la faveur, mais aussi la perte des grâces, des choses gracieuses qui étaient possédées, telles que fortune, emplois, position sociale. La défaveur où était Fénelon ne l'empêchait pas d'être archevêque de Cambrai; la disgrâce oi^ tomba Fouquet amena sa ruin» et son emprisonnement.
— HIST. XVI* 8. El comme M. de la Fleur, avec une mine fort dédaigneuse, en tournant l'eschine, montroitau frater toutes sortes de delTaveurs, d'aub. Faen. lit, «2. Désertion qui fut telle défaveur [dommage] pour le roy que vous pouvez estimer, veu mesmement que le camp de l'ennemy n'estoit logé qu'à demy mille de nous, H. du bell. < 16. Il me suffit, soubz la faveur de la fortune, me préparer à sa desraveur,HOl(T. I, 28<. Les Athéniens, pour apparier la desfaveur de ces deux actions [enfanter et mettre à mort], ayanu à mundifier l'iste de Delos et se justifier envers ApoUo, deffendirent aux pourpris d'icelle tout enterrement et tout enfantement ensemble, id. m, 361.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et faveur.
DÉFAVORABLE (dé-fa-vo-ra-bl'). adj. Qui n'est
pas favorable. Opinion défavorable. Evénement défavorable aux espérances conçues.
— HIST. xvi* s. Eslevé aux pieds des Valois, qui tenoient sur sa teste un sceptre défavorable, d'aub. Ilist. préf 6.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et farorable.
DÉFAVORABLEMENT(dé-fa-vo-ra-ble-man), ode.
D'une manière défavorable, fâcheuse. Il l'a jugé défavorablement. On l'a défavorablement traité.
— ETYM. Défavorable.
f DÉFAVORISER (dé-fa-vo-ri-zé), v. a. Mettre en défaveur. Jacques [Sobiesici] l'ainé était fort mal avec elle [la reine], mais il était né avant l'élection de son père, ce qui le défavorisait fort, st-sim. 42, 244. Les idées si fausses, mais si fort reçues, qui défavorisaient celui à <{Ui, de droit et de nécessité inévitable, les rênes de l'Etat sa trouveraient dévolues...., ID. 364, 67.
— HIST. XVI* s. Ceux desquels la cause n'est guère bonne, plus de besoin ont-ils d'ariificieux langage pour pallier ce qui, estant descouvert, la renJroit desfavorisée, lanode, 666. Que ce seroit un acte qui porteroit quelque tesmoignage de lascheté, et qui defTavoriseroit grandement les affaires de ceux de la religion, id. 66ï. Villegagnon , défavorisé en France par la querelle qu'il eut avec le capitaine de Breu, d'aub. Hist. i, 4). Tout cela défavorisant celte beauté par laquelle elle plaidoit mieux sa cause aux yeux qu'aux aureiUes, id. ib. l, 25». Les harquebusiers de la courtine defavorisoient les liguez en quelque façon, ID. ib. m, 269. X ces pensées j'adjouste la fascheuse mort de Sponde, desfavorisé du roy aussitost qu'il fut converty, id. Sancy, u. Par terre, il n'y avoit ordre de le retirer, pourestrenoa aflTaires en Italie trop desfavorisées, u. uu bellat, <2(. La fortune joue son jeu, comme il lui plaist favoriser et défavoriser les gens, bbant. Mandrutzo. Nos courtisans, deux jours après qu'ils sont défavorisés, des accords, Bigarr. Contrepèteries. Que messieurs de Guise n'ayent pas cest honneur d'estre auprès du roi et de vous, pour desfavoriser ma cause, CONDÉ, Kémoires, p. 694.
— ETYM. Dé.... préfixe, et favoriser.
DÉFÉCATION (dé-fé-ka-sion), s. f || 1* Terme de
chimie et de pharmacie. Dépuration d'une liqueui qui, soumise à l'évaporalion, laisse se précipiter les parties qui la rendent trouble. || 2* Terme de pbysio logie. Expulsion des matières fécales hors du corps par la voie naturelle.
— ÉTYM. Lat. dffecalio, de de, hors, et un verbe hypothétique foecare, tiré de fxx, lie (voy. fécal).
t DËFECTIBILITÉ (dé-fè-kti-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est défeclible.
— ETYM. Défectible.
t DÉFECTIBLE (dé-fè-kti-W) , adj. Terme didactique. Imparfait, incomplet.
— ÉTYM. Lat. deficere, manquer (voy. dRpectip) t DÉFECTIBLEMEXT (dé-fè-kti-ble-man) , adv.
D'une manière défectible.
— HIST. XVI» 9. Nous ne pouvons trouver perfection
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DÉF
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ne es hommes ne es choses créées, si noa en tant qu'elles participent plus ou moins de la divine perfection et bonté, et pourtant que desfectiblement la participent, Hist. de la toison d'or, t. ii, f° 66, dans LACURNE.
— ÈTYM. Defeclible, et le suffixe ment. DftFECTIF, IVE (dé-fè-litif, kli-v'),od;. || l-Termc
de grammaire. Qui n'a pas tous ses temps, tous ses modes ou toutes ses personnes, en parlant d'un verbe. Choir est un verbe défeclif. La conjugai.son de défaillir est défeotive. || On dit aussi , mais moins bien, défectueux. || Se dit aussi des noms et adjectifs qui n'ont pas tous les cas, tous les nombres ou tous les genres. Ténèbres est défectif du singulier; fat est un adjectif défectif, parce qu'il n'a pas de féminin. Il 2° Terme de géométrie. Hyperbole défective, courbe du 3» degré qui n'a qu'une asymptote.
— HIST. XIV* s. Et aussi ait icellui Raoulin navré etdecoppé Jaquemart d'Amerval esciiier telement et si inhumainement qu'il en est défectif d'ofe, du CANGE, defeetiviis.
— P.TVM. Provenç. defectiu; espa;.;n. defecliio; ital. difettivofàn latin defectivus, de df/icere, manquer, de de, et ficere pour facere, faire : proprement, défaire.
DÉFECTION (dé - fè - ksion ; en poésie, de quatre syllabes), s. ^. || l" Action d'abandonner un parti auquel on appartient. La défection est générale. La défection des alliés était à craindre. La défection des Caraïbes rouges qui ne voulurent donner contre leurs rivaux aucun des secours qu'ils avaient promis à des alliés trop dangereux.... raînal, Ilist. phil. XIV, 37. Quand Napoléon apprit celte nouvelle [la capitulation du général Partouneaux] , saisi de douleur, il s'écria : Faut-il donc, lorsque tout semblait sauvé comme par miracle, que cette défection vienne tout gâter? L'expression était impropre, mais la douleur la lui arracha, ségur, Hist. de Napol. xi, 7. Il Par extension. Hélas! que l'âme s'est trompée et que sa chute a été funeste ! elle est tombée de Dieu sur soi-même; que fera Dieu pour la punir de sa défection? Boss. la Vallière. || i' Terme d'astrologie. Éclipse.
— HIST. XII* s. Pur ço Toleit 11 reis, e il e si barun, Que, se nuls ordenez [prêtre] fust pris à mesprisun, Cumme de larrecin u murdreu traisun, Dune fust desordenez par itele raisun, E puis livré à mort e à desfactiun, Th. le mart. 28. ||xv* s. Hz estoient en tlangier d'estre prins par force, veu la deffection de leur seigneur [la défaite et la mort de Charles de Bourgogne], comm. v, <i.
— ET YM. Lat. defectionem , de de ficere ( voy . défectif).
t DÉFECTIONNAIRK (dé-fè-ksio-nê-r'), s. m. Celui qui abandonne un parti, une opinion. U y a fu de nombreux défectionnaires.
— ÉTYM. Défection.
t DÉFECTIONNER (dé-fè-ksio-né), V. n. Néologisme. Faire défection.
— ÉTYM. Défection.
t DÉFECTIVITÉ (dé-fî;-ktl-vi-té) , s. f. Terme (le grammaire. Qualité des noms ou des verbes défectifs.
— ÉTYM. Défectif.
DÉFECTDECSEMENT (dé-fè-ktu-eû-ze-man), adv.
D'une manière défectueuse.
— ÉTYM. Défectueuse, elle suffixe ment.
DÉFECTCEDX, E0SE (dé-fè-ktu-eû , eû-z'), adj.
Il 1° Qui est entaché de quelque imperfection. Phrase défectueuse, phrase où il y a des fautes. Vers défectueux, vers mal fait. U sera temps de vous fâcher, si ma preuve vous paraît défectueuse, boss. Var. B'avert. §2. Le grand artifice de l'esprit de ténèbres est de nous inspirer cette pénitence défectueuse, BOURD. Exhort. sur la trahison de Judas. La vérité qui nous reprend et qui nous fait voir en nous-mêmes ce qu'il y a de défectueux et de vicieux , id. 4* Otm. après l'dq. Dominic. t. n, p. 126. Ce livre trèsdéfectueux [l'Esprit des lois] est plein de chuses admirables dont on a fait de détestables copies, VOLT. Dial. XXIV, ). Le corps d'Anacréon est bien modelé; le bras qui tient la coupe, fin de touche, quoique défectueux de dessin, dider. Salon de 1767, Œuvres, t. xv, p. 25, dans pougens. || i" Qui manque des formalités requises. Acte défectueux. Il 3° Terme de grammaire. Se dit, en parlant d'un verbe qui n'a pas tous ses temps, tous ses modes ou toutes ses personnes. Les grammairiens s'accordent aujourd'hui pour ôter ce sens à défectueux et pour l'attribuer exclusivement à défectif.
HIST. XIII* s. Quand vous aimez aucune chose Vile en soi et défectueuse. Vous voulez sou défaut
mCT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
couvrir, r. de louens, dans le Dict. de dochez. Il XV* s. Tu vois les royaumes et diverses régions souffrir sous princes défectueux, o. chastellain, dans \e Dict. de dochez. || xvi* s. Son devin avoit trouvé, en sacrifiant, le foye défectueux de l'hostie immolée, amyot, Pyrrh. 70. Qu'il puisse rendre son œuvre de tout poinct accomplie, et non défectueuse de plusieurs choses y nécessaires, id. Démoslh. n. La doctrine sans nature est défectueuse, id. Comm. nourrir les enfants, 4. Les fantaisies que vous avez que vostre condition est défectueuse et imparfaite, lanoue, ib2. Voiant donc en mesme temps les Suisses deffectueux [faisant défection] , le reste divisé, d'aub. Hist. m, 65. Ces millors mauldissoient l'intemperature de leur climat d'estre si deffectueuse en telles raretez, carloix, m, 28. Tout estant exactement fourny ailleurs de filet et d'aiguille pour maintenir son estre, il est mescreable que nous soyons seuls produicts en estât défectueux et indigent, et en estât qui ne se puisse maintenir sans secours estrangier, mont, i, 258.
— ÉTYM. Wallon, difautieûs; provenç. defecluos; espagn. defecluoso; ital. di/e((uoso; du latin de/ectus. manque, de deficere (voy. défectif).
DÊKECTDOSITÉ (dé-fè-ktu-ô-zi-té), s. f. Condition défectueuse. Voilà l'origine de l'horreur de la mort et la cause de sa défectuosité ; éclairons donc l'erreur de la nature par la lumière de la foi, pasc. Leit. (7 oct. 4 661. On ne recevra aucune fille qui ait de notables défectuosités de corps , boss. Jiègl. On alléguait la défectuosité de sa naissance, flécb. Vie de Commendon, Préface. Buys reprit que ce manque de pouvoir était une défectuosité; qu'en vain nous traiterions ici sur les autres conditions si nous n'étions pas autorisés sur la principale, torcy. Mémoires, t. II, p. 63. Il Chez les animaux domestiques, défaut de formes, de conformation, diminuant la valeur de la bête.
— HIST. XVI* s. S'il y a défectuosité en aucune de ces trois parties, il est force que la vertu soit en cela défectueuse et diminuée, lanoue, tu. De ne penser aussi en tout et par tout qu'à soy, c'est une défectuosité qui n'est pas petite, id. 174. Quant à l'imperfection de sa jambe.... cela couvroit grandement ceste défectuosité, amyot, Agésil. 2. La défectuosité, corruption et dépravation misérable du texte original grec, id. Moral. Éptt.p.ti. Coulpable des defectuositez plus basses et populaires, mais non desadvouées, non excusées, je ne me prise seulement que de ce que je sçais mon prix, hont. m, 33.
— ÉTYM. Défectueux; provenç. defectuositat ; ital. difettuosità.
t DÉFÉMINISER (SE) (dé-fé-mi-ni-zé) , V. réfl.Prendre les allures d'un homme, en parlant des femmes. Une femme qui veut se déféminiser.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et un verbe hypothétique féminiser, tiré de féminin.
DÉFENDABLE (dé-fan-da-bl') , adj. Qui peut être défendu. Ce i)Oste n'était pas défendable.
— HIST. XIII* s. Quant li rois ot regardé le castiel et le siège qui tant estoit fors et deffcndables, Chr. de Rains, 138. Tous ceux que il trouvèrent en armes defi'endables, occistrent tous, joinv. 263. || xv* s. Il [ceux de Gand] se trouvoient quatre vingt mille hommes tous défendables [capables de se défendre] et aidables, froiss. ii, ii, 9t.
— ÉTYM. Défendre.
DÉFENDEUR, BRESSE (dé-fan-deur, de-rè-s'), *. m. etf. Terme de procédure. Celui, celle qui se défend contre une demande judiciaire. Défendeur est opposé à demandeur. Vous, maître Petit-Jean, serez le demandeur; Vous, maître l'Intimé, serez le défendeur, HAC. Plaid, n, 14.
— HIST. xii's. [Un roi] juz [juste], avocaz de sainte église, Defendere, garde e justise, benoît, u, 1659.
Il xiii*s. Puis vint en Acre et ne trouva qui li deffendist; car tout li deffendeour estoient pris et mort, Chr. de Rains, 28. Se li demanderes est empeeschiez par la tricherie au deflendeeur, et li deffenderes par celé au demandeeur , que il ne vienent en jugement, li prevolz ne doit secorre à nul d'els, Digest. t* 22. Et por ce doit il avoir deffendeur, car on ne set le certain jor de sa garison, beaum. 69. Et par cet establissement doit estre enseigné li demanderres et li deffendieres à soy defl'endre, Ord. des rois de Fr. t. i, p. 107. ||xvi*s. C'est une très meschante place et digne d'iionorer un défendeur, lanoue, 68). Suivant le titre qu'elle disoit porter de défenderesse de la foy, castelnau, 165. X toi mon défendeur. Sauveur et amandeur De ma vie mauvaise, marot, iv, 259. Mon frère sieur de Matecoulom feut convié à Rome à seconder [dans un
duel] un gentilhomme qu'il ne cognoissoit guère, lequel estoit deffendeur et appelle par un aultre,
MONT, m, 113.
— ÉTYM. Défendre; provenç. defeniaire, defendedor; anc. espagn. et portug. defendedor; ital. difendilore. Dans le vieux français et le provençal, au singulier, nominatif defendere. defendaire, régime df/endf or, de/e/îdfdor; au pluriel, nominatif defendeor, defendedor, régime defendeors, defendedors. Défendeur n'était pas alors borné au seul emploi comme terme de procédure, et il avait le sens de défenseur.
DÉFENDRE (dé-fan-dr^, je défends, tu défends, il défend, nous défendons, vous défendez, ils défendent; je défendais; je défendis; défends, qu'il défende; que je défende; que je défendisse; défendant; défendu, v. a. \\ 1* Venir au secours, en aida de ce qui est attaqué, personnes ou choses. Je défendrai ta mémoire Du trépas injurieux, malh. ii, 2. Enfin, chevalier, tu crois défendre ta comédie, en faisant la satire de ceux qui la condamnent, mol. Critique, 7. U n'y a qu'à détourner son intention du désir de vengeance qui est criminel, pour la porter au désir de défendre son honneur qui est permis selon nos pères, pasc. Prov. 7. Je vous défendrais de l'orage, la font. Fabl. 1, 22. Défendez-moi des fureurs de Pharnace, rac. Mithr. i, 2. Et songeons bien plutôt, quelque amour qui nous llatte, X défendre du joug et nous et nos Etats, id. ib. 1, i. Et subisse des lois Dont il a quarante ans défendu tous les rois, m. ib. m, 1. Prince aimable, dis-nous si quelque ange au berceau, Contre tes assassins prit soin de te défendre, id. Ath. iv, 6. Pour défendra vos jours de leurs mains meurtrières, id. Iphig, IV, 4. Je défendrai mes droits fondés sur vos serments, ID. ib. IV, 6. Ciel! qui nous défendra si tu ne nous défends? id. Esth. 1, 3. La gloire les défend [les grands du monde] de quelques faiblesses ; mais la gloire les défend-elle de la gloire même? boss. Duchesse d'Orl. X quoi la force doit-elle servir qu'à défendre la raison?iD. fleiiwd'ylnyjet. Aussinul chevalier ne cherche à la défendre, volt. Toncr. m, 1. Le fameux Arnauld défendait le jansénisme avee l'impétuosité de son éloquence, m. Louis IIV, 37. Il II se dit aussi des animaux. La poule défend ses poussins. Il Absolument. Et qu'au lieu d'attaquer il a peine à défendre, corn. Sertor. i, 1. La peur régnait partout : plus de cœurs, plus d'ami; Le Françaisdu Français paraissait l'ennemi. Chacun savait mourir, nul ne savait défendre, leqouvé, Mérite des f. Peu usité de cette façon. || X son corps défendant, loc. adv. En se défendant contre une attaque. Il a tué l'agresseur à son corps défendant. || Fig. et familièrement, à contre-cœur, avec répugnance. J'ai fait cela à mon corps défendant. Je vous jure, encor est-ce à mon corps défendant béonieh, Sat. xv. Et l'on sait qu'elle est prude à son corps défendant, MOL. Tart. 1, 1. Il 2° En parlant d'un accusé, exposer ses moyens de défense. Qui défend le prévenu? Cet avocat nous a très-bien défendu», jj Défendre son pain, soutenir un procès dans lequel tous les moyens d'existence sont engagés. || Dans un sens assez analogue, intercéder pour quelqu'un. || 8* Empêcher que l'ennemi ne puisse entrer dans un lieu ou en approcher. Horatius Codés défendit un pont contra les Etrusques , pendant qu'on le coupait derrière lui. L'officier qui défendit cette place à toute extrémité. L'ennemi retranché dans son camp comme dans un fort, mille foudres, qui portent la mort partout, en défendent l'approche, mass. Or. funèbre du prince de Conty. Que si Barclay l'a prévenu dans cette capitale [Vitepsk], sans doute il voudra la défendre; là peut-être l'attendait cette victoire tant désirée, qui vient de lui échapper sur la Vilia, ségur, Hist. de Napol. rv, 7. || 4* Protéger, garantir. La montagne défend cette maison des vents du nord. || Terme de marine. Défendre un canot, éviter de le faire choquer contre un bâtiment ou un quai. || S* Interdire, prohiber. Défendre le vin à un malade. Ah! ii;onsieur, qu'est ceci? je défends la surprise! mol. Dép. am. m, 7. Vos règles vous défendent de rien imprimer sans l'aveu de vos supérieurs qui sont rendus responsables des erreurs de tous les particuliers, PASC. Prov. 17. C'est des ministres laints la demeure sacrée; Les lois à tout profane en détendent
l'entrée, rac. Ath. m, 2 Puisqu'un sort jalotjx
Lui défend de jouir d'un spectacle si doux , in. Alex. IV, 3. Le ciel protège Troie; et par trop de présages Son courroux nous défend d'en chercher le» passages, id. Iphig. i, 2. || Défendre avec un régime direct, puis avec de et un verbe à l'infinitif. Je vous défends tout retour et toute inquiétude sur cela, et de vous eu confesser de nouveau ni &
DÉF
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moi ni à d'autres, boss. UU. abb. M. || Défendre sa porte à quelqu'un , faire défendre «a porte à quelqu'un, dire au portier, aux domestiques de ne pas le laisser entrer s'il se présente. J'étais si affligée de cotte perte, de la mort de mon mari, du départ précipité de mon fils, que j'avais fait défendre ma porte, volt. Princesse de Babyl. *. || Se défendre, défendre à soi-même, s'interdire, s'empêcher de. Ils se sont défendu les excès, mass. P. carême, Malh. des grands. \\ Enjoindre de ne pas faire. Mais il me semble, Agnès, ti ma mémoire est bonne. Que j'avais diifendu que vous vissiez personne, mol. Éc. des f. ii, «. Le désolé vieillard, qui hait la raillerie, Lui défend de parler, sort du lit en furie, boil. Lutr. iv. Mais mon père défend que le roi se hasarde, hac. Ath. v, i. Pour plus de sûreté, il fit mettre des gardes aux portes de tous les prélats, et défendit qu'aucun étranger entr&t dans )a ville, VOLT. Charles III, liv. m. || 6° V. n. Terme de procédure. Fournir des défenses aux demandes de la partie adverse. Condamné faute de défendre. Il Avoir le rôle de défendeur dans un procts. Défendre à une action en payement. || 7* Se défendre, v. réfl. Repousser la force par la force. J'eus beau crier et me défondre : la couverture fut apportée [où l'on me
berna], voit. Lett. » Gardez-vous de prétendre
Ouo de tant d'ennemis vous puissiez vous défendre, RAc. liilhr. V, 6. Les nations s'appellent les unes les autres, se liguentensemble pour se défendre et pour
l'arrêter, la bbuy. x Avec ce fer tu m'as fait
chevalier. Tiens, prends, prends, défends-toi; meurs du moins en guerrier, c. delav. VSp. Sicil. IV, 6. On s'y défendit comme des vainqueurs se défendent, en attaquant, ségor, Bist. de Napol. IV, 7. Il Terme de manège. Un cheval se défend quand il refuse d'obéir, soit en sautant, soit en reculant; il se défend des lèvres, quand il résiste au mors. On dit encore qu'il se défend, quand il se sert de ses pieds et de ses dents contre les personnes qui l'entourent et veulent le contenir. 1| Cette place se défend d'elle-même, elle est facile à défendre; elle n'est pas en état de se défendre, elle ne peut résister à une attaque sérieuse. || Terme de marine. Se défendre bien à la mer, recevoir peu d'eau à bord par un gros temps. || 8° Se justifier, repousser les accusations, les reproches, les critiques. J'ai voulu me défendre avec civilité, corn. Iléracl. i, 2. Qu'on rappelle mon fils, qu'il vienne se défendre, rac. Phèd. V, 5. Défendez-vous, madame, et ne l'accusez pas, ID. Brit. iv, t. Ils ne se défendent pas contre cette accusation, bass. àv. Cire. Si mes livres ne savent pas se défendre, je ne les défendrais pas mieux, bonnet, Lett. div. Œuvres, t. xil, p. t28. Il 9° Se garantir, se préserver. Leur nombre était assez grand pour se défendre d'une surprise, patbu, Plaidot/. * , dans richelet. Je cherche à te rejoindre et non à m'en défendre [de la mort] , corn. Rodog. v, 4. De celte opinion j'aime mieux me défendre, Pour mettre en votre choix celle que je dois prendre, La régler par votre ordre, et croire avec respect Tout ce qu'il vous plaira d'un entretien suspect, iD. Perihar. i, 2. Défendez-vous [de la mort] par la grandeur, Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse, la font. Fabl. viu, <. Vous n'aurez plus qu'à vous défendre de la vanité, sÉv. Lettres, g jany. 4 «74. Contre tant de soupirs peut-on bien se défendre? bac. Alex, n, 5. Contre tous les poisons soigneux de me défendre, ih.Mithr.v, 4. Quel philosophe pourrait se défendre de la flatterie? pén. Tél. XII. On a besoin de force pour se défendre des exemples qu'on a devant les yeux, hass. Car. Mélange. Vous dites que, rompre tout d'un coup, ce serait un éclat.... qui donnerait lieu à des soupçons dont jusqu'ici vous avez su vous défendre, m. ib. Pâques. La vertu même des saints ne suffit pas pour Be défendre des occasions qui nous cherchent, jd. ib. Dang. des prospér. Les Scythes ne connaissent point l'usage de la laine et des étoffes, et, pour se défendre des froids violents et continuels de leur climat, ils n'emploient que des peaux de bêtes, rol- UN, Uist. anc. CEuvres, t. m, p. 7», dans pou- GENS. D'un noir pressentiment je ne puis me défendre, volt, fanal, m, s. On meurt ainsi par degrés, jusqu'il ce que, n'aimant enfin que soi-même, on ait cejsé de sentir et de vivre avant de cesser d'exister; mais un cœur sensible se défend de toute sa force contre cotte mort anticipée, }. i. bolss. Ilél. ÎT, t. Il Cette étoffe est bonne, il n'y a qu'à se défendre du prix, c'est-à-dire on peut l'acheter, il ne s'agit plus que de ne pas la payer trop cher. || lO" Repousser, refuser, se dispenser de. S'il n'en eût aimé îoffre, il eût su s'en défendre, corn. Pomp. in, a. Il ifusl de mes bontés jusqu'au bout défendu, m. ib. v,
6, Elle se défenddu nom, mais non pasde la chose, mol. Critique, 3. Jusques ici je me suis défemlu de m'expliquer, m. Am. magn. n, 4. Il se défend fort de se mêler de l'affaire, boss. Lett. quiét. 471, Il s'en défendit comme d'un crime, lu. Ilist. ii, t. Prince, de ce devoir je ne puis me défendre, bac. Bérén. IT, 8. II s'en défendit [d'être élu roi] sans s'émouvoir, TÈu. Tél. VI. Et nous, mes frères, nous nous défendons de la réputation d'homme juste et craignant Dieu, comme d'un titre de honte et d'infamie, UA5S. Car. Injust. du monde. Les deux consuls.... se défendirent d'abord de prendre connaissance d'une afTaire qui s'était passée longtemps avant leur consulat, vertot, Révol. rom. liv. lu, p. as3. Elle est femme samaritaine, et par là elle se défend d'accorder au Sauveur ce que sa bonté demande d'elle, uAss. Car. Samaritaine. || 11° Se cacher d'une chose, la nier. Vous ne vous rendez pas encore, et vous vous défendez d'être médecin, MOL. Méd. m. lui, l, «. Elle se défend fort d'apprendre la philosophie , SEV. 438. Quelques-uns se défendent de faire des vers, la bruy. iv. Je ne m'en défends point: mes pleurs, belle Eriphile, Ne tiendraient pas longtemps contre les soins d'Achille, BAC Iphig.u, 3. Un homme, se trouvant là sans fonctions apparentes, m'aborda familièrement, me demanda confidemment si je n'étais point auteur de certaines brochures, je m'en défendis fort, p. l. cour. Pamphl. des pamphl. \\ 12* S'excuser. Je m'en suis défendu le moins brutalement qu'il m'a été possible, hamilt. Cramm. 7.1113° S'empêcher de. J'ai cru honteux d'aimer quand on n'est plus aimable ; J'ai voulu m'en défendre, à voir mes cheveux gris, CORN. Serlor. iv, 2. 11 ne peut se défendre d'aimer cette vertu douce, fén. Tél. xv.
— REM. 1. Défendre, au sons de prohiber, veut de devant un infinitif ou que et le subjonctif : Il défend d'aller, il défend qu'on aille. || 8. Défendre, dans le sens de prohiber, suivi d'un verbe, ne veut pas que ce verbe prenne la particule ne; Je défends que vous fassiez cela, et non je défends que vous ne fassiez cela; cette dernière tournure, c'est-à-dire l'emploi de ne explétif avec défendre, était trèsusuelle au ivi° siècle et auparavant. || 3. Si le verbe est à l'infinitif, la particule ne ne se met jamais: Je vous défends d'y aller (au contraire, le xvi* siècle mettait volontiers la négation : Je vous défends de n'y pas aller). Pourtant, si le verbe est à l'infinitif et construit avec plus, jamais, quelques écrivains ont employé le ne; Il leur déclara qu'il leur défendait de ne plus songer à ce mariage, sÉv. Lett. 49 déc. 4670 (l'édition de M. Régnier.qui doit faire autorité, n'a pas ce ne). Il lui défendit avec dureté de ne jamais se présenter devant lui, vertot. On sait combien, avec les verbes exprimant doute, crainte, empêchement, etc. le ne explétif est fréquent. On ne peut donc dire que ici ce soit une vraie faute; seulement on doit savoir que l'usage s'est prononcé contre cet emploi, et l'on dira : Il leur défendait de songer davantage à ce mariage ; il lui défendit de se présenter jamais devant lui.
— SYN. DÉFENDRE, SOUTENIR, PROTÉGER. Mettre
quelqu'un ou quelque chose à couvert du mal qui lui arrive ou qui peut lui arriver. On défend ce qui est attaqué; on soutient ce qui ne se tient pas debout par soi-même; on protège ce qui a besoin d'être couvert et garanti. On défend une cause; on soutient une entreprise; on protège les sciences. Défendre les sciences, ce serait prendre en main leur cause, si on leur attribuait, comme Rousseau par exemple, des influences funestes; protéger les sciences, c'est en favoriser la culture et le progrès On défend un homme contre ses ennemis, on le soutient dans les démarches qu'il fait, et, si on occupe une position supérieure à la sienne, on le protège, c'est-à-dire on le sert auprès des personnes de qui son succès dépend: la principale différence entre protéger et les deux autres verbes étant que protéger entraîne en général l'idée de la supériorité de celui qui protège, ce que ne font pas défendre et soutenir.
— HlST. Il" s. Et si avoir nés pot [s'il ne peut les avoir], si se défende par juise [jugement], L. de Guillaume, 46. Et nous defendun que l'om christien fors de la terre ne vende, ib. 44. Fièrent 11 un, H autre se défendent, Ch. de Bol. cvii. Je vous défend que n'i adeist [approche] nus hom, ib. clxxiv. Puis [qu'il] la défende [l'Espagne] encontre li François, ib. cxciu. Il XII* s. DefTeiidez moi de honte, Ronc. p. 2. Se 11 ert [était] défendus, t6. p. 33. Bien se défendent à cest estroit passage, ib. p. 6&. Par tantes fois [j']al esté assailliz Que je n'ai mais pooir de moi deflendre, Coud, v. Douce dame, d'orgueil
vous deffendez, ib. ziv. Hais je ne puis moi ne mon cuer defTendre De plus aimer.... ib. xxi. Fins cuers qui bée à haute honor Ne se porroit de tel chose desfendre, ib. xxiv. François se deffandirent com nobile guerrier, Sax. iv. Fous, fait-il, tuz dis fustes, e estes e serez; Quant vus l'espée traite de sur le rei venez; S'il trait sur vus la sue, cornent tus défendrez? Th. le mart. 39. || xiu* s. Tel chose [le comte Thibaut] a faite en sa vie Dont [il] deûst estre apelés [en champ clos]; Il ne se delTcndist mie; Car il se sent encoupés [inculpé, criminel], bues ub LA FERTÉ, Romancero, p. 487. Quel cose que le hom fâche sur sen corps dépendant, nul fourfait il ne fait, tailliar. Recueil, p. 39. [Je] vous defens qu'envers moi n'aiez pensée amere, Berte, cxiii. Vez cum fortune le servi, Qu'il ne se pot onques defTendre Qu'el nel feist au gibet pendre, la Rose, 6646. Por ce se ge defîens ivrece. Ne voil ge pas deffendre à boivre, ib. 4789. Sire, tel née [nie] et desfent le murtre que tel li met sus, Ass. de J. 440. Comment il se deffendront de cix [ceux], qui, à tort et par malvese cause, les a^saudront de plet, beadii. XI. Ou se je me detTent par longue tenure et paisible, ID. vu, 4. Or disons donc que grant grâce nous fist Dieu le tout puissant, quant il nous defTendi de mort et de péril, joinv. 348. Et toute la puissance du Soudan se logèrent sur le fleuve de Rexi d'autre part devant nostre ost, pour nous defTendre [interdire] le (lassage, lo. 220. Et un vieus baQs Ocist quatre dus [ducs], Son cors défendant, jubinal, Fatrasies, t. n, p. 2)6. |{ iiV s. Sur ton corps défendant , met lui jour de bataille Par droite défiance, Girart de Ross. v. 3425. ||xv°s. Par lequel trait il j en eut moult de blessés des assaillans et des defcn-
dans, FROiss. i, i, 402 Dévoient demeurer au
pont et garder le passage , pour le défendre aux aventures des survenans, ID. I, i, 438. Comment se peut ung povre cueur defTendre Quand deux beaulx yeux le viennent assaillir ? ch. d'orl. Bail. iv. Et à luy fut defl'endu ne partir de son hostellerie, cohm. iv, 4 2. Il xvi' s. Dieu a défendu en la Loy qu'on n'adorast point autre que lui, CALV./ntd'l. 94. Jésus Christ se défend de ne vouloir point destruire ne dissiper la Loy, ID. ib. 267. Je vous defen de ne jurer du tout, iD.il). 294. Les canons défendent estroitement aux chanoines de n'abuser point de leur puissance au détriment de l'Eglise, ID. ib. 870. Jésus Christ en défendant de jurer du tout, id. ib. 292. Il ne défend point qu'il [le péché] n'y soit, mais qu'il n'y règne point, iD.tb. 469. Pour autant il [le vin] m'est défendu. Dont tous les jours m'en croist envie, marot, vi,264. Et pour cette raison , defendoient les Hébreux, que, l'année que l'homme seroit marié , n'allast point à la guerre, mahg. Nouv. ixx. Elle lui défendit de ne s'y trouver plus, id. ib. xxi. Lepidus defTendit à ses héritiers de.... mokt. i, 47. DefTendre une place contre l'ennemi, id. i, 26. La prouesse des haliitans à se bien defTendre, id. 1, 27. Je me suis defTendu d'oser altérer jusques aux plus legieres et inutiles circonstances, ID. I, 103. Ils defl'endoient, sur peine de la hart, que nul eust à dire que.... id. ii, 261. Ces dernières villes se sont mieux défendues, encores qu'elles ayent esté assaillies avecques plus d'art, langue, 336. DefTendus de leur simplicité et à l'ombre de leur pauvreté, ils vesquirent sans persécution, d'aub. Hist. I, 68. Le comte Ludovic avoit deffendu à Janlis qu'il ne vint point droit à Monts, et qu'il allast cercher les troupes du prince d'Orauges, ID. 16. II, 68. Numa leur défendit entièrement le vin, AUïOT, Lye. et Num. 7. Les devins leur promcttoient la victoire, pourveu qu'ilz ne feissent que se défendre seulement, id. Arist. î6. Il alloit souvent plaider des causes, et défendre en jugement ceulx qui l'en requeroient, m. Caton, 2. Il défendit que l'on n'allast plus devers Lucullus, et que l'on n'obeist point à chose qu'il manderoit, id. LucuU. 74. Nicias alloit blasmant la témérité de Demosthenes; et luy s'en défendant comme il pouvoit.... m. Nicias, 40.
— ÉTYM. Provenç. défendre; espagn. defender; <tal. difendcre; du latin defendere, de de, et (endere, exciter, pousser.
DÉFENDS ou DÉPENS (dé-fan), t. m. Terme d'eaux et forêts. Bois en défons, se dit d'un bois dont, à cause de sa jeunesse, l'entrée est défendue aux bestiaux.
— HlST. xu* s. Mais n'amors li est aux defTans, Que por rien amer nel porroie, la Charrette, 4 623, Il xiil* s. Defcs , Do CANGE, defesium. || zn* s. Bois de defTens, nu cange, defensa.
— ÊTVM. Lat. defensus, part, passif de difendtrt (voy. défendre).
DÉFENDD, DE, ( dé-fan-da, due), pari, possi de défendre. || 1* Mis à couvert contre ce qui attaque.
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La tortue défendue par sa carapace. La forteresse vaillanimentdéfenJue. Certes une ennemie à qui je dois riionneur.... Devrait trouver une ânie un peu moins défendue, CORN. Théod. iv, 3. Et d'un si fol espoir mon cœur mal défendu Vole après un amant que Chimène a perdu, id. Cid, ii, B. Ces couleurs étant défendues de toute impression étrangère et nuisible, ni- DEH. Peinture en cire, Œuvres, t. xv, p. 385. Da- Toust choisit un terrain haut, défendu par un ravin et resserré entre deux bols, ségur, Ilist. de Nap. IV, 6. Il Terme de blason. On dit qu'un sanglier est défendu d'une telle couleur ou d'un tel métal, quand ses défenses sont d'un autre émail que son corps. Il Proverbe. Bien attaqué, bien défendu, c'est-àdire, dans une lutte, dans une discussion, la défense et l'attaque ont été aussi bien conduites l'une que l'autre. || 2° Qui n'est pas permis. Un livre défendu. Il est défendu ds bîltir en cet endroit. Et le moindre entretien de la beauté qu'on aime, Quand il est défendu, devient grâce suprême, mol. Fâcheux, ni, t. Il est défendu de scandaliser son prochain, ID. Pourc. II, *. On voudrait que ce qu'on aime ne fût pas défendu de Dieu, bourdal. Pénitence, 2* avcnt. Il Fruit défendu, le fruit de l'arbre dans le paradis terrestre, auquel Adam et Eve, par le commandement de Dieu, ne devaient pas toucher; et fig. tout ce qui excite vivement le désir sans qu'il soit permis ou convenable de s'y laisser aller.
— SYN. DÉFENDU, PROHIBÉ. Cbs deux mots désignent quelque chose qu'il n'est pas permis de faire. Mais défendu est un terme général qui s'applique à tout, tandis que prohibé est un terme du langage spécial qui ne s'applique qu'aux défenses faites par une loi ou un règlement. La calomnie est défendue par la morale ; la contrebande est prohibée.
t DÉFENDURES (dé-fan-du-r") , ». f. plur. Bitons garnis de paille, dressés en un champ et indiquant que les bestiaux n'y peuvent aller paître.
— RTYM. Défendu.
t DÉFENESTRATION ( dé-fe-n5-stra-sion ) , s. f. Action de jeter par la fenêtre. Mot employé uniquement dans cette locution : la défenestration de Prague , l'action par laquelle les protestants de Bohême , s'insurgeant, précipitèrent par les fenêtres de la salle du conseil deux des quatre gouverneurs; ce qui fut le prélude de la guerre de Trente ans. — ÉTYM. Dé.... hors, et fenêtre.
t DÉFENÉTRER ( dé-fe-nê-tré ) , V. a. ôter les fenêtres.
— HIST. xvi* s. Une tempeste qui tomba par terre toutes les maisons prochaines, qui descouvrit et defenestra celles qui estoient plus à l'escart de sa furie, PARÉ, IX, 2' discours.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et fenêtre.
IDEFENSABILITÊ (dé-fan-sa-bi-li-té), s. f. Terme
d'eaux et forêts. État d'un bois pouvant se défendre de la dent ou du pied des bestiaux, ou dont les taillis sont assez âgés pour que les droits usagers puissent y être exercés sans dommage.
— ÉTYM. Déf nsable.
t DÉFENSABLE (dé-fan-sa-bl'), adj. Terme d'eaux et forêts. Qui est en état de défensabilité.
— HIST. XIII' s. Des engins des poissons deffensables [qu'il est défendu de pêcher] en a cil Guerins les amendes, Liv. des met. p. <4. Ja ncl garra [protégera] ne clef ne serre. Ne mur no fossé defTensable [qui est de défense], Ben. 9943. || xv's. Armés, et portant espée ou basions defensables, feoiss. ii, III, 36. Le lieu n'est pas defensable, car la motte est de main d'homme faite et petite, comm. t2. Il XVI' s. L'homme s'oublie es choses qu'il doit tenir pour les plus defensables [prohibées], desper. Contes, xcii. Des manières de fortifier les places , très utiles pour leur petit coust, et non moins defensables que celles tant superbes que les ingénieurs avoyent auparavant inventées, langue, 33». Terres qui sont aux issues des villes, bourgs et villages, ne sont defensables [interdites au libre parcours et vaine pâture], si elles ne sont bouchées, lotsel, 24). Bois defensables, du cange, defensa.
— ÉTYM. Défense.
DÉFENSE (dé-fan-3'), s. f \\ l'Action de défendre quelqu'un ou quelque chose ou de se défendre. Sa défense contre ceux qui l'assaillaient donna le temps de venir à son secours. Jamais on n'a fait la guerre avec une force plus inévitable, puisqu'on méprisant les saisons, il a 6té jusqu'à la défense à ses ennemis, Boss. Marie- Thér. J'aime un amour facile et de peu de défense, réonier, Ép. ii. Elle n'avait rien fait qu'en sa juste ciéfense, corn, iiodog. m, t. Il n'a pour sa défense Que les pleurs de sa mère et que 6cn innocence, bac. Andr. i, 4. Il prend l'humble Eous sa défenie, lo. Eslh. i, 6. La veuvti en sa dé-
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fense [la protection de Dieu] espère, id. ib. m, 3. Elle a senti d'abord un peu de répugnance; Mais, vous voyant, son cœur n'a plus fait de défense, REGNARD, Ménechmes, m, 8. L'Egypte aimait la paix parce qu'elle aimait la justice, et n'avait de soldats que pour sa défense, rollin, Ilist. anc. Œuvres, 1. 1, p. 9). Aussi le reçoit-il [le coup mortel] peu s'en faut sans défense, de belloy, Gaston et B.i, \. La cavalerie française eut l'honneur de cette journée; l'attaque y fut aussi acharnée que la défense opiniâtre; elle eut plus de mérite, n'ayant à employer que le fer contre le fer et le feu, si!our, Jlist. de Napol. VI, 2. lise mettre en défense, se mettre en état de se défendre. Etre en défense , être en état de se défendre. Menacé, il se mit en défense. C'est en vain qu'on se met en défense, corn. Poly. iv, 3. Ceux qui se mirent en défense, et il y en eut peu, furent taillés en pièces, rollin, Ilist. anc. Œuvres, t. VI, p. 378, dans pougens. Eh bien! ferme Caton, Rome est-elle en défense? volt. Catil. i, 6. || Etre horsde défense, n'être plus en état de se défendre. Il Embrasser la défense de, se déclarer le défenseur de. Lisez. Jugez après cette insolence Si nous devons d'un traître embrasser la défense, rac. Baj. iv, c. Il Terme de manège. Action d'un cheval qui se défend. Il Terme de blason. Un hérùsson roulé est un hérisson en défense. || Terme d'eaux et forêts. Ce bois est en défense, il est assez crû pour qu'on puisse sans dommage y laisser aller les bestiaux. Il i° Ce qui sert à la défense. Rome sans défense du côté de ses empereurs, Boss. Hist. m, 7. Sans gardes, sans défense, il marche à cette fête, bac. Andr. iv, 3. Sa beauté pouvait tout; mon âme sans défense N'a point contre ses yeux cherché de résistance, a. CHÉN. Élég. 36. Il Longue dent qui sort de la bouche de quelques animaux, et qui leur sert de moyen de défense ou d'attaque. Les défenses d'un sanglier, d'un éléphant. Ce vieux sanglier n'a plus qu'une défense. On connaît les défenses de l'éléphant; elles grossissent quelquefois au point d'acquérir chacune un poids d'environ cent vingt livres, bonnet, Contempl. nat. <2'part. ch. 46. || Corde à laquelle la couvreur s'attache pour travailler sur un toit dangereux. Il S. f. plur. Terme d'histoire naturelle. Ensemble des moyens de se protéger dont sont pourvus les végétaux ou les animaux. || Moyens employés pour protéger les jeunes plants contre tout ce qui pourrait les blesser, ou leur nuire de quelque façon. Il Terme do marine. Bouts de mâts et câbles qu'on laisse pendre au côté des vaisseaux, pour empêcher qu'ils ne se touchent lorsqu'ils sont trop près l'un de l'autre ; et longues perches qui servent à repousser les brûlots dans un combat. || S" Action de défendre une place. Ce général a fait une belle défense. Il brûle ses faubourgs pour faire une belle défense, HAMiLT. Gramm. s. Les impériaux ne pourront jamais oublier cette vigoureuse défense de Mézières contre eux, FÉN. Dtai. des morts mod. Bourbon, Bayard. Ij Fig. et familièrement. Faire uns belle défense, résister longtemps à des propositions tentantes, à des sollicitations pressantes. 11 fit la plus belle défense ; mais, de mon côté, je m'obstinai si fort qu'il fallut me céder et recevoir mes cent écus, marmont. ilém. liv. I. Il Place en état de défense, place bien fortifiée. Il Cette place est de défense, elle peut soutenir un siège. || S. f. pi. Nom donné à tous les ouvrages d'une place de guerre, qui servent à couvrir ou à défendre les postes. Ruiner les défenses d'une place. On avait abattu avec les béliers les principales défenses, VAUGEL. Q. C. liv. IV, ch. 4. il 4* Ensemble des moyens par lesquels on repousse une accusation ou une demande en justice. || Au plur. Terme de procédure. Ce qu'on répond, par écrit et par ministère d'avoué, à la demande de sa partie. Faire signifier ses défenses. Donner ses défenses, patru, Plaidoy. 6, dans richelet. || Défenses est quelquefois synonyme de conclusion. 1| Au sing. Exposition et développement des mojens qu'une partie emploie pour appuyer sa cause. La défense est présentée par un avocat. Sa défense de M. de Portes est digne de Démosthène, J. i. Rouss. Conf x. || La situation de celui qui se défend ou qui défend un autre. On oppose la défense à l'accusation. || 6* Par extension , justification, excuse. Et l'État défendu me parle en ta défense, corn. Cid, iv, 3. Contre ces charges, prince, avez-vousdesdéfensesÎHOTR. Vencesl. iv, 6. Il 6° Injonction de ne pas faire une chose. Avec défense de plus enseigner une telle doctrine, pasc. Prov. 8. Les défenses que Dieu a faites de l'homicide, ID. ib. 4 3. La défense, j'ai peur, sera trop tard venue, mol. Uélie. i, 5. Il y eut défense de sacrifier ailleurs, boss. Ilist. ii, 4. Et malgré vos détonnes Je n'ai pu résister à ses justes instances.
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BRIPADT, Ninus II, I, 3. n Jugement, arrêt de défense, de défenses, ou, simplement, défenses, jugement qui défend de passer outra à l'exécution do quelque chose. Faire signifier des défenses. || 7° Latte croisée que l'on suspend avec une corde à une maison, pour avertir les passants qu'il ne faut pas passer auprès, de peur de recevoir quelque débris qui tombe. Il 8' Terme de vénerie. Rangée d'hommoa pour empêcher les loups de passer, et les forcer da se précipiter dans les filets.
— HiST.xi' s. Défense de plaid, lois iJe Cut7î.45. Il xm* s. Se vus plest, à vus parlerai, Jà défense ne garderai. Lai del désiré. Se nous Icssons nos deffenses que l'en nous a baillées à garder, nous sommes honnis, JOINV. 222. Les Sarrazins se ferirent en la ville, là où il ne trouvèrent nulle deffense; car elle n'estoit pas toute close, id. 277. Et quant sa gent virent que le roy metoit deffense en li , il pristrent cuer, id. 227. || xv* s. Ces chevaliers et leurs gens estoient tous rangés devant la porte et montroient bonne défense, proiss. n, u, 57. Il fit assaillir ceux qui defendoient, et traire si ouniement [sans interruption] que à peine n'osoit nul apparoir aux défenses pour la défendre, id. i, i, 207. ||xyi' s. C'est de toy. Dieu très haut. De qui attendre faut Vray secours etdefense,MAROT, IV, aïi.Ouyrdes accusés en leurs deffenses, mont, i, t9. Usfeirent deffense expresse, sur peine de mort, que.... id. i, 233. Tuer une bcste innocente et sans defi'ense, id. ir, 134. On ne peut tenir rivière en garenne ou défense, s'il n'y a titre ou prescription, loysel, 237. La garenne est de défense, tant pour la chasse que pour lapescho et le pascage, id. 23S. Il feit planter au dessus de son pont des défenses de grosses pièces de bois que l'on ficha à force au fond de la rivière, AMYOT, César, 30. Mourir pour la défense de son paîs,iD. Soion, 60. Se mettre en défense, m. Pm6Z. 36. Ils en faisoientassés pour offense, non pourdefense, d'aub. Conf. II, 5. Les sangliers aiguisent pareillement leurs défenses, paré. Animaux, )«.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. defensa; ital. difensa; du latin defensa, du supin defensum, de defendere, défendre. On trouve, en outre, dans les anciens textes, defension et defendemcnt.
DÉFENSEUR (dé-fan-seur) , s. m. || 1' Celui qui défend , qui protège. U est le défenseur de l'orplîelin timide, bac. Alh. 11, 7. De puissants défenseurs prendront notre querelle, ID. l'hèd. v, i. Rhodes, des Ottomans co redoutable écueil, De tous ses défenseurs devenu le cercueil.... id. Baj. 11, <. Venez, cher rejeton d'une vaillante race. Remplir vos défenseurs d'une nouvelle audace; Venez du diadème à leurs yeux vous couvrir, ID. Athal iv, 6. Il Défenseur delà foi, titre d'honneur porté par les rois d'Angleterre, depuis Henri VIII, à qui il fut accordé par le pape Léon X, pour avoir écrit contre Luther, en faveur de l'Église romaine. 1| Défenseur de la patrie, nom donné pendant la Révolution au citoyen appelé sous les drapeaux. || 2' Par extentension, celui qui soutient la cause de quelqu'un ou d'une doctrine. Le philosophe Thémistius et Symmaque même, ce grand défenseur du paganisme, avouent que les vertus de ce prince [Théodoso] sont au-dessus de toutes les louanges qu'on lui adonnées, FLÉcii. Ilisi, de Théod. iv , 89. Les Indiens trouvèrent en (661 dans Las Casas un défenseur plus vif, plus intrépide et plus actif que ceux qui l'avaient précédé, raynal, Ilist. phil. viii, 23. || 3' Avocat. Il a choisi un bon défenseur. || Défenseur officieux, nom substitué à celui d'avocat pendant la Révolution. Il Défenseur officieux , celui qui défend un accusé devant les conseils de guerre. |1 Défenseur d'office, celui que le président désigne pour défendre un accusé qui n'a pas fait choix d'un défenseur.
— HIST. XVI' s. Car tu es mon tros seur Bouclier et défenseur, mahot, iv, 230. Los reitres devroyeiit plus que nuls autres estre defoiiseurs de ceci , pouroo que leur réputation y consiste, lahoue, 308. La cause des loix et defi'ense de l'ancien estât a tousjours cela que ceulx mesme qui pour leur dcsseing particulier le troublent, en excusent les deffenseurs, s'ils ne les honorent, mont, m, 210.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. defensor; ital. difensore; du latin d'efensorem, du supin defensum, de defendere, détendre.
DÊFENSIF, IVE (dé-fan-sif, si-T*), odj. || l'Fait pour la défense. Ligue défensive. Armes défensives. Quelques-uns virent dans ces proclamations [de l'empereur Alexandre et de l'empereur Napoléon] la différence des deux peuples, des deux souverains et de leur position mutuelle; en effet, l'une, déicnsive, fut simple et modérée; l'autre, oOrfri-^ ve, pleine d'audace et respirant la victoire, séguk. Util,
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de iVopoI. IV ,<. Il Position défensive, poaition dans «quelle on ne fait que se défuiulre. Xvitepsk, c'est l'ennui, c'est toute la dépens'.-, ce sont tous les inconvénients, toutes les inquiétudes d'une position défensive qu'il considère; à Moscou, c'est la paix, l'abondance, les frais de la guerre et une gloire immortelle, SÉODR, Ilist. de Napol. v, <.|| Terme de cliirurgie. Se dit de certains baniiages, de certains emplâtres, destinés à protéger, à garantir les parties qu'on en couvre. || î" S. (. Ensemble de la défense. On a proportionné les moyen» de défensive aux armes de ceux qui attaquent, f£n. t. xix, p. 4 64. |l Attitude de défense; disposition à ne faire que se défendre. Si l'ennemi, devenu maître des côtes qu'on ne lui disputerait pas, voulait en recueillir les productions, il lui faudrait des armées pour soutenir la défensive, raynal, Hisl. phil. xiit, *9. Il Être, se tenir sur la défensive, être prêt, sans attaquer, à se défendre. 11 [M. le prince] est un peu étonné d'être sur la défensive et de se retrancher vers Selestad [Schelestadt] , sÉv. 2)3. Nous n'assiégerons point de places, nous ne voulons point de bataille, nous sommes sur la défensive et d'une manière si puissante qu'elle fait trembler, id. 620. On demeurera sur la défensive sans livrer le combat, la EHUY. I. Il Par extension. Être sur la défensive, se défendre contre quelqu'un qui attaque, empiète. ].a Grande Mademoiselle était toujours sur la défensive pour le reste de ses biens que le roi lui voulait arracher, st-sim. v, 72. S'il faut que l'amour soit une espèce de combat, j'aimerais mieux qu'on eût obligé les hommes à se tenir sur la défensive, fon- TEN. Sapho, Laure.
— lllST. xvi* s. La pistole pouvant donc fausser les armes défensives et la lance noc, il faut conclure que le reitre a l'avantage aux offensives, efeigalité aux défensives, langue, 309. Ce dernier remède leur ayant esté très-dommageable, ils n'auroyent plus autre recours qu'à la simple défensive, id. 462. Se mettre sur la défensive, ID. 610. Ligue oflensive et défensive, ahtot. Aie. 22. On appliquera autour de la partie des defeusifs et lenitifs, lesquels auront vertu de repercuter les humeurs, pare, vu, 8.
— ÉTYM. Provenç. defensiu; espagn. dcfcnsivo; ital. difensivo ; du supin defensum, de defendere, défendre.
t BÉKENSIVKMENT (dé-fan-si-ve-man), adv.
En se défendant.
— f-TYM. Défemivê, et le suffixe ment.
DÉFÉQUÉ, ÉK (dé-fé-ké, kée), part, p^ssé. Liqueur déféquée.
DÉFÉQUEU (dé-fé-ké. La syllabe fé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je défèque; excepté, ce qui est l'usage de l'Académie, I)ien que contre l'analogie, au futur et au conditionnel; je déféquerai, je déféquerais), v. a. Terme de chimie. Clarifier, séparer les parties subtiles d'avec le< grossières, par les distillations ou autres opérations. Déféquer des sucs.
— HlST. XVI* s. Ce jus est mis reposer, afin de lui donner loisir de se purger et defequer en bouillant , 0. DE SERRES , 240.
— ÉTYM. Lat. defxcare, de de, et fxx, fxcis, lie (voy. fiîcal).
DÉFÉRANT, ANTE (dé-fé-ran, ran-t'), adj. Qui défère, cède, condescend. Esprit déférant. Humeur doiice et déférante.
DEFERE, ÊE (dé-fé-ré, rée), part.patsé. || l" Accordé. Des honneurs déférés. || 8° Traduit comme accusé. Un accusé déféré devant un tribunal.
DÉFÉRENCE (dé-fé-ran-s'), i. f. Condescendance mêlée d'égards et dictée par un motif de respect. Et soit par déférence ou par un prompt scrupule, CORN. Ilor. m, 2. Mais ce qui me surprend. C'est de voir que Pompée ait pris le nom de grand. Pour faire encore au vôtre entière déférence, id. Sertor.
I, 2 Je me dirai votre cousin, Et vous ne me
rendrez aucune déférence, la font. Joe. Le marquis: Sans votre respect, je lui aurais appris [au laquais] à connaître les gens de qualité. — Élise : Ma cousine vous est fort obligée de cette déférence, UOL. Critique, i. Tant d'honneurs, disaient-ils, et tant de déférences Sont-ca de tes bienfaits de faibles récompenses? RAC. Brit. IV, >. J'ai recouru dans ces premiers moments X l'art de plaire, aux égards séduisants. Aux doux propos, k celte déférence Qui fait souvent pardonner la licence, volt. Droit du Seigneur, m, 4t. L'esprit d'union, de déférence et de société, caractère si essentiel à la république littéraire et dont vous donnerez toujours le modèle, GRESSET, Disc, de réception à l'Acad. Accoutumé à une déférence obséquieuse pour ses idées systématiques, il était quelquefois désagréablement sur-
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pris de trouver parmi nous moins de révérence et de docilité, marmontel, Uém. liv. vu. || Acte de déférence. Le parti le plus sûr pour Talhol était la soumission et les déférences, hamilt. Gramm. ix.
— lllsT. xvi* s. La courtoise déférence qu'il luy vouloit faire de sa charge, cabl. z, 47.
— ÉTYM. Déférer.
DÉFÉRENT (dé-fé-ran), adj. m. || !• Terme d'astronomie. Cercle déférent, ou, substantivement, le déférent, cercle imaginé par les anciens astronomes pour expliquer certaines inégalités des planètes , vues de la terre supposée immobile au centre du monde. il 2° Terme d'anatomie. Canal déférent, le conduit excréteur du testicule. || 8° S. m. Terme de monnayeur. Le déférent, la marque qui indique le lieu de la fabrication d'une monnaie, le nom du directeur et du graveur.
— lilST. XVI' s. Quatre preparans et deux ejaculatoires ou deferens, c'est à dire jetans, paré, i, 27.
— ÉTYM. Lat. deferens, de déferre, porter de haut en bas (voy. déférer).
t DÊFÉRENTIEL, lELLE (dé-fé-ran-sièl, siè-l), adj. Terme d'anatomie. Artère déférentielle, artère qui accompagne le canal déférent.
— ÉTYM. Déférent.
DÉFÉRER (dé-fé-ré. La syllabe fé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je défère, excepté, suivant la règle anomale de l'Académie, au futur ot au conditionnel '.je déférerai, je déférerais), v. a. || 1° Accorder, en parlant d'honneurs, de dignités Pour le peu de temps qu'il
[ce grade] pourra vous durer, 11 me coûtera peu de vous le déférer, corn. Serlor. v, ♦. Et l'honneur souverain qu'ici je vous défère, id. Nicom. ii, 3. Quelques titres nouveaux que Rome lui défère, Néron n'en reçoit point qu'il ne donne à sa mère, rac. brit. I, t. Il défère le commandement de l'armée à Polyméne, fên. Tél. xiii. Viens, tu vois des ingrats, mais Home te défère Les noms, les sacrés nomsdepèreetde vengeur, VOLT. ColiJ.v, 2. || 2° Porter devant une juridiction. Les rois déféraient au peuple le jugement souverain, boss. hist. su, 6. Il 8° Traduire devant un tribunal, devant un juge. 11 était arrêté prisonnier, parce que deux témoins l'avaient déféré, vauoel. Q. C. liv. i, ch. 4. 11 défère son ennemi en évitant le nom odieux d'accusateur, BALZ. 6* Disc, sur la cour. Vous êtes obligés de déférer cet Impie au parlement, pasc. Prov. 46. L'Eglise procédant au jugement de ceux qui lui étaient déférés, boss. Lett. 63. Pourquoi donc au sénat ne pas me déférer? volt. Catil. u, 3. Allons, dites-moi sans façon tout ce que vous pensez; je vous promets de ne vous point battre et de ne vous point déférer au sacrificateur de Cérès, ID. i)mi. 2». Autant il faut de soins, d'égards et de prudence Pour ne point accuser l'honneur et l'innocence. Autant il faut d'ardeur, d'inflexibilité Pour déférer un traître à la société, gresset, Méchant, v, 4. Il On dit dans le même sens déférer un acte, un livre, etc. Ce décret [du pape Honorius] y fut déféré [au 6* concile général] , et, après avoir été lu et examiné, il fut condamné comme contenant l'hérésie des Monothélites, pasc. Prov. 47. J'ai été un peu émerveillé que M. Séguier, ci-devaut avocat général, fût venu me voir à Ferney pour me dire qu'il serait obligé de déférer l'Histoire du parlement et que Messieurs le pressaient fort, volt. Lett. Mme du Deffant, 4 2 mai 4772. || Déférer le serment à quelqu'un, s'en rapporter à ce qu'il témoigne sous serment. Le serment lu i fut déféré , patru , Plaidoyer 4 3 , dans RicHELET. Platon dit que Rhadamante expédiait les procès, déférant seulement le serment sur chaque chef, bontesq. Espr.xn, 22. || 4" Déférer quelque chose à quelqu'un, le lui céder par condescendance. Sire, voyezCésar,forcez-vousàlui plaire. Et, lui déférant tout, veuillez vous souvenir Que les événements régleront l'avenir, corn. Pomp. u, 4. Il Vieilli en cet emploi. |{ 5° Y. n. Condescendre, céder par respect. Déférez à l'ardeur de mon mal furieux, REGNIER, ÉUg. 2. Je défère tant à votre jugement que je ne veux plus avoir mauvaise opinion de moi, balz. liv. i, lett. 4. Ces personnes à qui je défère, desc. Uéth. 6. Que d'un si grand coup mon esprit abattu Défère à ses malheurs plus qu'à votre vertu, CORN. Théod. m, 3. À vous moins déférer je croirais faire un crime, m. Agésil. v, 3. Je vous défère assez pour n'en vouloir rien lire, id. ib. v, 7. Encore à la nature Êtéocle défère , Use laisse gagner
aux plaintes de ma mère, rotr. Antig. ii, 2 mes
desseins pour elle, auxvAtres préférés, Sontces puissants respects à qui vous déférez , id. Vencesl. ni , 2. Ce ne sont point ici des choses oii les enfants soient obligés de déférer aux pères, mol. Avare, iv, •, Ce
n'est pas à mon creur qu'il faut que je défbre Pouf entrer sous de tels liens, id. Psyché, i, 3. Ne devrait-il pas déférer aux anciennes lois de l'EgliseT PASC. Prov. t. Quelqu'un se distingue ou par une plus grande vivacité, ou par une meilleure disposition du corps.... les autres lui défèrent, la brut. xi. C'est enfin de U même manière que je juge des facultés et des actions de mes semblables et que jt défère au témoignage qu'ils me rendent en tel ou tel cas particulier, bonnet, Œuvres, Uél. t. xvin, p. 361, dans pouoENs. US' Se déférer, être déféré, accordé. Les récompenses qui se déférent à ceux qui les méritent.
— HIST. XVI' s. La loy défère aux preslres levitiques le jugement de lèpre, calv. Instil. 4088. Ils lui deferoyent volontiers autant d'honneur qu'ils pouvoyent, id. ib. 86». L'on jetta en prison tous ceulx qui furent en sorte quelconque déferez ou souspeçonnez, AMYOT, aie. 3. Thessalus a déféré et défère Alcibiades, d'avoir forfaict contre Cerès,iD. ib. 44. Platon luy défère tant, que, de tous ceulx qui ont esté beaucoup estimez et renommez à Athènes, il ne fait compte que de luy seul, id. Arist. 63. Et comme Luciusle niast, Catun luy défera le serment qu'il jurast publiquement, ce dont il le chargeoit n'estre pas véritable, id. Calon, 34. Hithridates marchoit après luy et se demettoit voluntairement au second lieu, en luy déférant, comme à son supérieur, m. Serlor. 3e. Les Lacedemoniens croyent et deferenî beaucoup à leurs femmes, ID. Agis et Cléom. 9. Je luy eusse déféré et remis ma charge entre les mains,
CARL. z, 46.
— ÉTYM. Lat. déferre, transporter, décerner, accorder, et, de là, dans le français, le verbe étant pris absolument, le sens d'avoir de la déférence.
t DÉFERLAGE (dé-fèr-la-j'), s. m. Terme de marine. Action de déferler; résultat de cette action. La déferlage des voiles.
— ÉTYM. Déferler.
DÉFEULÉ, EE (dé-fèr-lé, lée), part, passé. Terme de marine. Déployé. Quand il fut à une portée de canon de moi et qu'il vit tous mes canons débouchés et que j'étais à pic avec toutes mes voiles déferlées prêt à appareiller, Mémoires de villette, an 4686, p. 83, dans jal. Son pavillon [de la frégate] flottait au grand niàt; ses voiles étaientàdemi déferlées, chateaub. Nalch. il, 244.
DÉFERLER (dé-fèr-lé). || 1» Y. a. Terme de marine. Déployer, en parlant des voiles. Déferler les voiles. Il 2* Y. n. La mer déferle, quand elle déplie ses lames sur les rivages et s'y brise avec force en jetant son écume. La vague déferlait au bas de U falaise. || 3° Se déferler, v. réfl. Même sens que déferler, ti. n. Les vagues se déferlaient en énormes voûtes qui se roulaient sur elles-mêmes en mugissant et en écumant, bebn. de st-pii;brb, Paul et Yirg.
— HlST. zvi* S. Le capitaine Arnaud avec sept hommes, en un vaisseau de 36 tonneaux, contrefit le pesclieur, n'aiant que son haut bourcet, et la misene defrelée, d'aob. Jlist. ii, BO.
— ÊïYM. Dé.... préfixe, et ferler.
+ DÉFERMER (dé-fèr-mé) , v. a. Mettre hors ou en liberté ce qui était fermé. Défermer un chien, RICIIELET. Il Se défermer, v. réfl. Cesser d'être fermé. Je crois par les efforts que vos bontés feront, Si mes yeux sont fermés, qu'ils se défermeront, boorsault, Ésope à la cour, m, 3.
— HIST. III* s. Et del mostier tous les huis [ilj desferma, Ronc. p. 474. La porte [il] desferma, n'i apela portier, Th. le mari. 47. || xiii" s. En sa chambre [il] les mené, qui estoit desfermée, Bcrie, cxxvi. Et Tybert defl'erma sa maie, Ren. 480U4. Quant ainsinc m'ot l'uis deffremé La pucele au cors acesmé, la Rose, 676. || xv* s. 11 avoit couvertement demanda au portier laquelle clef defermoit la grand porte, FBOiss. I, I, 431. Ijxvi* s. De celé [verge, caducée] il est defermaut L'œil de l'homme qui sommeille, BONS. 663.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et fermer; provenç. desfermar; ital. diffirmare.
t DÉFERRE (dé-fê-r ), t. f. Vieux fers de cheval.
— HlST. XIII* s. Mareschaus qui auront en toute chose autant comme les escuiers.... et la defferr* sera le roy, du cange, defferratus. ||zv*s. L'exposant trouva en son chemin un sac où il avoit environ neuf francs.... et quant Pierre Benon, qui esloit avec lui, lui demanda que c'estoit, le dit exposant respondique c'estoit une defferre, id. «6. Des vieillet defferres d'amours Je suis à présent Dieu mercy; Vieillesse me gouverne aussi, ch. d'orl. Rondeau. Il xvi* s. Mais quant voulut marcher et prendre terr». Tous ses souldars estoient à la defferre [pillage] Du
dict Trevy.... j. marot, v, iou L'ung y estprins, l'autre est froissé des os, El l'autre y perd vie, corps et defîerre, m. v, 408.
— ÉTYM. VOV. DÉFERRER.
DÉFEURÉ, ÊE (ilé-fê-ré, réel, part, passé. tTn cheval déferré des deux pieds de devant. || Fig. et familièrement, décontenancé. Le candidat déferré par cette question. || Fig. et populairement. Être déferré d'un œil, avoir un œil de moins. Par trop bien boire un curé de Bourgogne De son pauvre œil se trouvait déferré, J. B. rouss. liv. ii, ép. 7.
+ DÉFERREMENT (dé-fè-re-man) , t. m. Action de déferrer; résultat de cette action.
— ÉTYM. Déferrer.
DÉFERRER (dé-fê-ré), v. a. || 1° ôter une ferrure, le fer appliqué sur un objet. Déferrer une caisse, un lacet. || Oter le fer du pied d'un cheval, d'un mulet. Il donna ordre de déferrer quelques-uns des chevaux, hamilt. Gramm. n. || Fig. et familièrement, déconcerter, interdire. C'est un homme qu'on déferre aisément. Il se fit une huée qui déferra le témoin, d'ablanc. Apophth. dans richelet. Il 2° Terme de marine. Laisser le fer ou les fers du navire [l'ancre ou les ancres] , les abandonner ou en coupant les câbles ou en les filant par le bout, JAL. Il 3° Y. n. Dégainer, tirer l'épée. Quand il faut déferrer, vous avez belle peur, hadteroche. Deuil, se. 9. IJ II n'est plus usité en ce sens. On dit dégainer. Il 4° Se déferrer, v. réfl. Perdre son fer. Ce cheval s'est déferré. Ce lacet se déferre. || Fig. Se déconcerter. Quoi que l'on fasse enfin pour l'empêcher d'entrer. Il monte effrontément et, sans se déferrer. Entre en marquis, montfl. Fem. juge et part, i, 2.
— HIST. xii* S. Sun mautalent e s'ire li reis mustre [montre] e desferre. Th. le mart. 63. || xiii* s. 11 deit faire dire par son conseil ou seignor, se il est en fers ou en liens, que il le face desferer ou deslier, Ass. de J. <5t. Il XIV* s. Mais s'il advient qu'il l^mon cheval] se defferre, Dix hommes faut quant on le ferre, machault, p. 8) .|| xv" s. Le sire de Hangest se déferra du glaive [qui l'avait blessé] , et entra dedans les fossés, FROiss. ii, ii, 68. Le roy le fist defferrer [sortir de prison], comm. iv, 7. || xvi* s. Ils se déferreront aussi peu aux règles de leur langage, que le meilleur maistre ez arts de France, mont. 1, 488. Un cheval enclouéou déferré par les chemins, ou qui se fait piquer à tous les pas, et cent mille autres malheurs qui arrivent, desper. Contes, Lxxi.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et /er; provenç. desferrar; espagn. desherrar; ital. disferrare.
f DÉFEURURE (dé-fê-ru-r'), s. f. Action de déferrer ou de se déferrer.
— HlST. XVI* s. Le laboureur préviendra les blessures et deferreures de sesbestes,o. de serres, 84.
— ÉTYM. Déferrer.
DÉFET (dé-fè), s. m. Terme de librairie. Feuilles d'un livre qui ne se suivent pas et qui servent à compléter des exemplaires défectueux. Il faut voir dans les défets si on ne trouvera pas la feuille qui vous manque. On conserve les défets pour remplacer les feuilles qui viennent à se gâter dans les volumes.
— ÉTYM. Latin defectus, de defkere, manquer, de la préposition de, et facere, faire (voy. ce mot).
t DÉFEUILLAISON (dé-feu-Uê-zon, Il mouillées). s. f. Chute des feuilles d'un arbre, époque à laquelle elle arrive.
— ÉTYM. Défeuiller.
t DÉFEUILLÉ, ÉE(dé-feu-llé, Uée^J mouillées), part, passé. Qui a perdu ses feuilles. La campagne, encore verte et riante, mais défeuillée en partie et déjà presque déserte, ofl'rait partout l'image de la solitude et des approches de l'hiver, j. j. rouss. Promen. 2.
tDÊFEUILLER (dé-feu-Ilé, Il mouillées, et non dé-feu-yé), v. a. Enlever les feuilles d'un arbre. Il Se défeuiller, ti. réfl. Perdre ses feuilles. , — HiST. xni* s. Contre le tens qu'arbre deffueille, Q- fil ne remaint en branche fueille Qui n'aut [n'aille] à terre.... huteb. 24. || xvi*s. Ce treillage servira en esté par son ombrage, et ne "auira en hiver, par lors n'y en avoir aucun ou bien petit, pour le naturel de telles matières se defueillant en automne,
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et feuille.
BÊFI (dé-fi), J. m. || 1° Provocation à un combat singulier. Porter un défi. Et depuis le défi que mes traits t'ont porté, Chaque instant qui se perd marque ta lâcheté, ROTROti, Antig. ii, t. Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi; Je m'écarte, je vais détrôner le Sophi, la font. Fabl. vu, )o. Mars enfin comble nos misères; Des rois nous payons les défis, BÉHANG. Nature. || Toute provocation. Accep-
DÊP
ter, relever un défi Vous en avez menti. Répond
le campagnard, et, sans plus de langage. Lui jette pour défi son assiette au visage , boil. Sat. m. Il 2* Déclaration provocatrice, par laquelle on exprime à quelqu'un qu'on le juge hors d'état de faire quelque chose. On le mit au défi de passer la rivière à la nage. Il a fallu que les moindres apparences de crime vous aient manqué contre lui, puisque vous n'avez point répondu à un tel défi, pasc. Prov. <5. Il Se porter défi, en parlant des choses, se valoir, être de même grosseur, grandeur, etc. |I Béranger a dit dans le même sens se porter un défi : Et je m'assieds entre Des grands dont le ventre Se porte un défi, BÉRANG. Cocagne. Dans cette phrase il faudrait les ventres, puisque se porter défi ou un défi est ici réciproque. Cependant la pluralité étant déjà marquée par des grands, on ne doit voir là qu'une licence poétique.
— HIST. XV* s Alors je vous affy Que j'heu
bien peur et ung très grant defly De perdre honneur par ma grant nonchallance, faifeo, p. 16, dans LACURNE. Il XVI* s. Se battre en defl'y, brant. Cap. fr. t. I, p. 84, dans lacurne.
— ÉTYM. Voy. DÉFIER. Défi est un mot récent ; on ne trouve dans les ancien» textes que dejiement ou défiance.
DÉFIANCE (dè-fi-an-s'), s. f. Crainte, doute qui fait qu'on ne se confie qu'après examen et réflexion. Je l'avoue, il est vrai, j'étais sans défiance, RÉGNIER, Élég.i. [Il] ....donne lieu d'entreren quelque défiance Des secrètes raisons de tant d'impatience, CORN. JVt'com. n, t. Dieux I que vous me gênez par cette défiance ! — Pour subsister en cour c'est la haute science, ID. Poly. v, *. L'excès de ce bonheur me met en défiance, ID. Cid, i, 2. Ceux dont on craint les justes défiances, id. Rodog. iv, 6. Elle alieu de douter et d'être en défiance, id. le Ment. IV, 7. Sans montrer aucune défiance d'une personne qu'il aimait, il prit le breuvage, d'ablanc. Arrien, liv. II , ch. 3 , dans richelet. Se tenir sur la défiance, MAUCROix, Homélie 1B, dans richelet. Il se faut garantir de tous les hommes par une défiance générale, st-évremond, dans richelet. Ces personnes n'entrent pas en défiance de votre bonne foi, pasc.
Prov. *s Cette défiance Est toujours d'un grand
cœur la dernière science, rac. Brit. i, 4. Dans un temps plus heureux ma juste impatience Vous ferait repentir de votre défiance, id. t'b. m, 7. N'était-il pas plus noble.... de me rassurer, en flattant ma douleur. Contre la défiance attachée au malheur? ID. Mithr. ii, 4. L'esprit de défiance nous fait croire que tout le monde est capable de nous tromper, la bruy. Théophr. *S. Il n'oublia rien pour jeter quelque défiance dans mon esprit, fénel. Tél. XIII. Tout ce qu'il y a de plus à craindre dans nos maux, c'est la défiance du remède, mass. Car. Enf. prod. Les sujets de défiance augmentaient tous les jours entre les Grecs et les Barbares, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. iv, p. <80, dans pougens. Tout m'importe et de tout je suis en défiance, volt. Mérope, IV, \ . Venise ne fonda sa fière autorité Que sur la défiance et la sévérité, ID. Tanar. i, *. Conçoistu quel état c'est pour une femme de porter la défiance, le mensonge et la crainte jusque dans les bras d'un époux, de n'oser ouvrir son cœur à celui qui le possède...? J. J. ROUss. Hél. iv, <. Si vous portez les défiances du moment dans l'avenir, prenez garde qu'à force d'exagérer les craintes, nous ne rendions les préservatifs pires que les maux, mirabeau. Collection, t. in, p. 334. || Défiance de soimême, manque de confiance en soi. 11 fit paraître une juste défiance de ses propres forces. Au jugement que je fais de moi-même, je tâche de toujours pencher vers le cété de la défiance plutôt que vers celui de la présomption, desc. Méth. i, 3. Ce qu'il commençait à sentir le mit dans une juste défiance de lui-même, FÉN.r^. xxiii. Louis XVI, élevé au trône à l'âge de vingt ans, y apportait un sentiment bien précieux lorsqu'il est modéré, bien dangereux quandll est excessif, la défiance de soi-même, MARMONTEL,iKé»i.liv. XII. ||Proverbe. La défiance est mère de sûreté.
— SYN. DÉFIANCE, MÉFIANCE. La méfiance fait qu'on ne se fie pas du tout ; la défiance fait qu'on ne se fie qu'avec précaution. Le défiant craint d'être trompé ; le méfiant croit qu'il sera trompé. La méfiance ne permettrait pas à un homme de confier ses affaires à qui que ce soit; la défiance peut lui faire faire un bon choix.
— HIST. XII" s. De ses beaux ieuz [elle] me vint sans desfiance [défi] Ferir au cuer, que n'i ot autre effort, Couci , xvi. || xiii" s. Et bien vous mandent que, sans délia iioe [sans déga^rer leur foi], il ne fe-
DÉF
roientmal ne à vous ne à altrui, villeh. xciv. Moût tindrent li Grieu à grant merveille et à grant outrage ceste deffiance [défi], id. i5. Sire, li rois Rlchars d'Engleterre vous mande deffianche [défi] , et dist qu'il vous venra veoir prochainement emmi liu de vostre tere, Chron. de llains, p. B9. Et encore se deffiances [défis] sunt mandées à aucun, on les doit mander par tex gens qui les puissent tesmongnier, beaum. lix, 9. || xv* s. X Paris où le roi Philippe se tenoit pour le temps, attendant tous les jours que défiances [défis] lui vinssent du roi anglois, FRoiss. i, I, 7B. Vous avez bien ci-dessus oui recorder comment le duc de Guéries avoit défié le roi de France par défiances impétueuses, id. ii, ni, < 03. Il [unenvoyé d'ÉdouardJapporta au roy [;LouisXI] une lettre de deffiance de par le roy d'Angleterre .... Il requeroit au roy qu'il luy rendist le royaulme de France.... comm. iv, b.||xvi* s. De luy [je] n'ay en response que de voluntaire deffiance [défi] , rab. Car. 1, 29. Ce que je ne dy par deffiance que j'aye de ta vertu, mais pour.... id. Pant. ii, 8. Pour souspeçon que la deffiance luy avoit engendré, M. du BELLAY, 446. Si laucca son cheval droit à luy, en lui criant un cry de desfiance [défi], amtot, Ifarcell. 8. Marins les reconfortoit, en leur remonstrant qu'il n'avoit aucune deffiance de leur vertu, id. Mar. 29.
— ÉTYM. Défiant; provenç. desfiansa; anc. espagn. desfianza; ital. disfidansa, diffidensa. Dans l'ancien français, défiance veut dire défi, sens qui est resté dans l'anglais.
t DÉFIANCER (dé-fi-an-sé. Le c prend une cédille devant o et o: je défiançais, nous défiançons), v.a. Rompre des fiançailles. || Se défiancer, v. réfl. Rompre ses fiançailles. Elle se défiancera si vous voulez, dancourt, Cur. Compiègne, se. 4.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et fiancer.
DÉFIANT, ANTE (dé-fi-ar , an-t'), adj. Qui a de
la défiance. Un homme défiant. Insensé [ Pygmalion] qui ne voit pas que sa cruauté le fera périr; quelqu'un de ses domestiques, aussi défiant que lui, se hâtera de délivrer le monde de ce monstre, fén. Tél. III. Parmi des ennemis défiants, furieux, cré- BiLLON, Electre, n, t. Tout défiant qu'il est, Caton ne l'ose croire, volt. Catil. ii, 3. ||En parlant des choses. Un caractère défiant. Des dispositions défiantes. Chassez de votre esprit ce défiant souci. ROTR. Antig. ii, 4.
— HIST. XVI* s. Homme de sa nature craintif et defflant, amyot, Nicias, 3.
fDÊFIBRINÉ, ÉE (dé-fi-bri-né , née) , atf;. Terme d'anatomie. Qui n'a plus de fibrine. Sang défibriné.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et fibrine.
f DÉFICELER (dé-fi-se-lé. La syllabe cel double i'I , quand la syllabe qui suit est muette : je déficelle , je déficellerai), v. a. ôter la ficelle. Déficeler un paquet.
— ÉTYM. D^.... préfixe, et ficelle.
t DÉFICIENT, ENTE (dé-fi-sian, an-t'), adj. Terme d'arithmétique. Nombre déficient, ou, substantivement, un déficient, nombre dont les parties aliquotes ou facteurs font une somme moindre que le nombre lui-même. 4 0 est un nombre déficient , la somme de ses parties aliquotes, 4 , 2,6, ne faisant que 8.
— ÉTYM. Latin àeficiens, de deficere, manquer. DÉFICIT (dé-fi-sit'),î. m. || 1» Autrefois mot qui,
signifiant il manque, se mettait dans un inventaire à côté des articles, pour noter qu'une pièce dont ou faisait mention ne s'y trouvait pas. || 2° Ce qui est en moins dans un compte, dans une recette, etc. Il y a un déficit dans les finances. Être en déficit. Combler un déficit. Je vis cependant au premier coup d'œii qu'il ne serait pas difficile de balancer ce déficit entre la recette et la dépense ordinaire.... le dernier état.... annonçait un déficit de 24 millions de la recette à la dépense ordinaire, necker. Compte rendu au Bot", janvier, 4784, p. «. || Situation financière dans laquelle les dépenses excèdent les recettes. Il Par extension. Les aversescompensentlargement le déficit occasionné par les gelées [dans l'alimentation du Rhône] , FOURNET, Comptes rendus, Aca,d. des se. p. 84 , p. 959. || Au plur. Des déficit. Telle est l'orthographe de l'Académie; mais au mot accessit, elle dit : « Quelques-uns écrivent au pluriel des accessits. » Il n'y a aucune raison pour ne pas étendre cette remarque à déficit et pour ne pas écrire des déficits.
— ÉTYM. Lat. déficit, il manque, de deficere, manquer (voy. défectif).
DÉFIÉ, ÉE (dé-fi-é, ée).part. passé. Défié au combat. Défié de sauter un aussi large fossé. DÉFIER (dé-fi-é), je défiais, nous défiions, voua
DÉF
défiiez; que ja défle, que nous défiions, que tous défiiez, e. a. || 1* Provoquer à un combat, & une lutte. Défiant leurs nombreuses coliortes, bac. Jfithr. y, 4. Toi, superbe Orbassan, c'est toi que je défie, VOLT. Taner. ni, ». || Par extension. Défier quelqu'un à la course, à la paume, aux échecs. Défier quelqu'un i boire. Défier aux chansons les oiseaux dans les bois, boil. Sat. vin. || Fig. Son teint peut défier la rose. || i' Déclarer à quelqu'un qu'on ne le croit pas en état de Taire une chose. Vous me menacez de me battre, je tous en défie. Je tous défie de deviner cotte énigme. J'ose le défier de me pouvoir surprendre, mol. Ée. det maris, n, 2. Je défie la calomnie, et je la mets à pis Taire, d'alEMB. Lett. à Yoltaire, 26 oct. 4702. || Familièrement. Je le défie d'être plus votre serviteurque moi. Je n'aime point, ma fille, que vous disiez que vos lettres sont insipides et sottes; voilà deux mots qui n'ont jamais été faits pour vous; vous n'avez qu'à penser et à dire; je vous défie de ne pas bien faire, SÉv. 442. Il Poétiquement. Je défiais ses yeux de me troubler jamais, bac. Androm. i, <• Il Proverbe. Il ne faut jamais défier un fou, se dit quand un homme se propose de faire quelque folie ou quelque extravagance, et qu'il demande si on l'en défie. Il 3° Affronter, braver. Jem'en vais défier les vents au milieu de l'Océan, voit. Lett. 42. Sa bonne conduite défie la fortune, sét. 299. Ce qui devait tenir contrôles vents et défier la durée même des siècles, MASS. Car. Inconst. Instruite à défier le péril et la mort, volt. Scythet, i, ». Le brave la défie [la mort] et marche au-devant d'elle, id. Orphel. i, 5. Vous croyez à l'abri de votre caractère Pouvoir impunémentdéfierma colère, iD. Catil. n, ) . || 4'Terme de marine. On défie une embarcation d'un choc, en en modérant la vitesse, ou en l'éloignant au moyen d'une gaffe; on défie le navire de la lame, en manœuvrant de façon à empêcher le choc violent que la lame peut lui donner; on le défie du vent en gouvernant de manière à empêcher qu'il ne vienne trop au vent, jal.|| Défie de l'arrière I commandement adressé au timonier, lorsqu'un biUiment navigue au plus près. || Défie du vent! commandement de mettre la barre au vent. || Défie touti ordre de faire agir vivement le gouvernail sous le plus grand angle possible, pour éviter que le vont ne masque les voiles. || Dans ces termes de marine, défier a le sens de sa défier (ne pas se fier), en changeant le pronom réfléchi en un nom ou pronom direct. Défier un navire de la lame, c'est se défier de la lame (le navire au lieu de se), ne pas le fier à la lame. Il B° Se défier, v. rifl. Se provoquer. Ces deux ennemis se défiaient l'un l'autre. || 6° Avoir de la défiance, être en garde contre. 11 est plus honteux de se défier de ses amis que d'en être trompé. Si c'est te faire tort que de m'en défier.... corn. Cinna, iv, 6. De tous ses mouvements mon esprit se défie, id. Jléracl. v, 2. Et je me défierais d'un trop prompt changement, id. Tliéod. m, 6. Quand on tue celui qui ne s'en défie en aucune manière, l'ASC. Prov. 7. Je me défie des allures des gens, SÉV. 302. Roxane, qui depuis, loin de s'en défier, X ses desseins secrets voulut m'associer, bac. Baj, 1, 4. Et quand de toi peut-être un père se défie.... ID. Milhr. IV, I. Ils commençaient à se défier de tous les Grecs, fên. Tél. xi. Tous les animaux se défient de l'homme et n'ont pas tort; mais sont-ils sûrs une fois qu'il ne leur veut pas nuire, leur confiance devient si grande qu'il faudrait être plus que barbare pour en abuser, J. i. rouss. Conf. vi. || Absolument. Non, mais il fut surpris et Créon se défie, CORN. Kedée, i, 6. || Défiez-vous, soyez sur vos gardes, se dit souvent entre ouvriers qui soulèvent un lourd fardeau ou font toute autre manœuvre qui peut avoir du dangers! on se néglige. || 7° Avoir peu de confiance dans. De mes faibles efforts ma vertu se défie, rac. Milhr. ii, 6. Vous, favori I vous, grand! défiez-vous des rois; Leur faveur est glissante, on s'y trompe, et le pire C'est qu'il en coûte cher.... LA FONT. Fabl. x, <0. Celui qui sollicite son juge ne lui fait pas honneur; car il se défie de ses lumières et même de sa probité, la brut. xiv. || Se défier de soi-même, de ses forces, etc. avoir peu de confiance en soi, en ses forces. Le silence est le parti le plus sûr pour celui qui se défie de soi-même. Si , avant que d'agir et de décider sur des choses essentielles, vous vous étiez défié de vous-mêmes, bourdal. Sur la fausse cotise. >"Avent. \\ En ce sens il se construit aussi avec qite. Quelque ardeur qu'un chrétien fasse paraître pour la cause de son Dieu, je me défierai toujours, ou plutôt je désespérerai toujours, que de la délicatesse des repas, des habits, de l'équipage et du train, il accepta do passer à la
DÉF
rigueur des prisons, des roues et des chevalets, BouRD. Car. 1. 1, p. 232. Il Se douter, soupçonner, prévoir. Une chose vous manque, à vous et à vos semblables, vous ne vous en défiez pas : et je vais vous jeter dans l'étonnement; une chose vous manque, c'est l'esprit, la brut. v. Ils commencent à se défier du contraire, pa.sc. Prov. <. || En ce sens il se construit aussi avec que. Et, ma foi, je m'étais toujours bien défié Oue ce jeune galant cajolait Isabelle , scarron, Jod. ou le Mattre valet, iv, 7. Qu'il est difficile, quand on peut tout, de se défier qu'on peut aussi trop entreprendre I mass. Louis le Grand. Il ne s'était même jamais avisé de se défier que la voie où il marchait.... pût le conduire à la perdition, ID. Car. Hauv. riche. Qui se serait jamais défié que Manassès, qui avait introduit l'abomination dans le lieu saint.... dût devenir un jour le restaurateur du temple et des sacrifices? id. Carême, Mélange. Il [l'impie] se défie seulement qu'il n'y a rien après cette vie, et là-dessus il le croit, id. Carême, Vér. d'un avenir. Vous n'en avez pas usé de même, et c'est sur quoi je commençai à me défier que vous agissiez avec passion, pasc. Pror. 47.
— REil. Défier, dans le sens do provoquer, faire un un défi, veut à: défier quelqu'un à boire. Dans le sens de mettre àpis faire, de déclarer impossible, i! veut de : je le défie d'y aller.
— HIST. XI» s. [Je] Desfl les en, sire, vostre veiant, Ch. deRol.xxiy. Par nule guise ne m'aviez desfiet,t6. cxlvii. Je desfiai Rolantle poigneor,«&. ccLXXiv. Il XII* s. Et dist à Pinabel : Je vous desfl, vassal, Aorte, p. 4 93. EtGilemers l'ICscot dit outrage et folie. Quant de ceste besogne devant tous vous desfie, Sax. xx. Ils vous ont desfié de [à] guerre moult prochaine, t6. xxx. Richarz li respundi par ire e par buflei : < Quant ne volez venir ensemble od mei al rei. Or vus desfi-ge dune e des miens et de mei », Th. le mart. B4. Coment, fait saint Thomas, avez me desfléî Nenal, fait Jocelins, mais ço vus ad mandé Li reis .... ib. 4 30. || xiii* s. Et distrent que bon seroit que il envolassent à lui bons messages pour demander leur covenances, et si il le vouloit faire, il le preissent, et se ce non, si le défiassent de par els, villeh. xciii. Et manda li quens Ferrans au roi Phclippe qu'il li rendist les chastiaus et les cités que vous avez ol, ou se çou non, il le deffioit et bien seûst qu'il enterroit en sa terre en brief tans, Chron. deRains, 444. L'en demain par matin quant l'aube fu crevée, Bauduin de Rohais [les Turcs] ont parole mandée. Par un lor latinier qui lui a bien contée. Que il deviegna turc, s'ait sa loi défiée, Trois cos [queues] se face faire à l'us de lor contrée, Ch. d'Ant. vi, 9. Se l'amiral eust esté refusé, il eust présenté au roy ces trois coutiaus pour le deffier, joint. 26». || xvi* s. Tu me semblés aulcunement doubter, voyre deffier de ma paternité, RAB. Pont, m, 27. César se print à desfier le Dieu Neptunus, mont, i, 22. Il desfia le roy de le combattre en chemise avec l'espée, id. i, B9. 11 estoit garni des biens et des thresors qui desfient la fortune, id. iv, 846. Il cassa la compagnie de trois cents satellites de Romulus, disant qu'il ne se vouloit point desfier de ceulx qui se fioient en luy, AMTOT, JVuma, 42. Il deffia au combat d'homme à homme le plus vaillant des Gaulois, lo. ib. 22. Il se partit pour aller au devant de luy, ne se deffiant pas que Caesar ne fust pour luy pardonner , ains.... ID. Cicéron, 49.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et fier, v. o.;provenç. desfiar, dcsfisar; ital. disfidare, diffidare. La série des sens est : démentir la foi de quelqu'un {dé-fier, dé-fiance), puis, de là, provoquer, et, avec le pronom rélléchi, n'avoir pas foi, confiance.
f DÊFIGEU (dé-fi-jé. Le j prend un e devant un o ou un 0; je défigeais, nous défîgeons, défigeaut), V. a. Rendre liquide ce qui était figé. ||Se défiger, V. réft. Cesser d'être figé.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et figer.
DÉFIGURÉ, ÉE (dé-fi-gu-ré, rée), part, passé.
Dont la forme est altérée. Vbage défiguré. Alors qu'une autre vieille assez défigurée. L'ayant de près au nez longtemps considérée, mol. VÉiour. v, 44. Ce héros expiré N'a laissé dans mes bras qu'un corps défiguré, RAC. Phèd. v, s. La mort dans les regards, pâle, défigurée, volt. Tancr. v, 4. Eh bien, mon frère ; eh bien 1 m'en a-t-on fait la guide? Et frappé de terreur, confus, défiguré.... gilb. jfort iAbel, ch. viii. Il avait un très-beau front, de grands yeux bleus remplis de douceur, un nez bien formé, mais le bas du visage désagréable, trop souvent défiguré par un rire fréquent qui ne partait que des lèvres, volt. Charles III, viu. || Fig. La vérité est souvent défigurés.
DÉF
t UEFIGUREMENT (dé-fi-gu-re-man), ». m. Action de défigurer; état de ce qui est défiguré. Ja voudrais bien ménager de ne pas aller plus loin, da ne point avancer dans ce chemin des infirmités, des douleurs, des pertes de mémoire, des défigurementi qui sont près de m'outrager, stv. 602,
— HIST. XV' s. Fust homme bossu ou vieux, contrefait, ou autre quelque deffigurance, louis xi, Nouv. xci.
— ÉTYM. Défigurer.
DÉFIGURER (dé-fi-gu-ré), v. a. jj !• Citer la figure. L'amour que la seule beauté d'une femme aura excité sera éteint par une maladie qui la défigure tout à coup, Boss. Libre arb. 7. La m^me parure qui a autrefois embelli sa jeunesse défigure enfin sa personne, éclaire les dùfauts de sa vieillesse, la BRUT. iii. Ils défiguraient leur visage pour faire connaîtra qu'ils jeûnaient, mass. Carême, Jeûne. Il Fig. [Il voulut] faire voyager dans quelques villes principales d'Allemagne lesjeunes demoiselles moscovites, afin qu'elles prissent une politesse et des manières dont la privation les défigurait entièrement, fonten. CiorPieire. |1 Défigurer quelqu'un, lui altrihuerenmal un caractère qu'il n'a pas. Si les trallres qui m'ont été toutes les consolations de la vie, n'eussent profilé de mon éloiguement pour abuser sa vieillesse et me défigurera ses yeux, j. j. rouss. Confess. XII. Je leur demande si Despréauz et Lamolte n'ont pas défiguré l'Ajax d'Homère, diderot, Lett. sur Us sourds et muets. \\ 2° Gâter la forme d'une cho.so. Défigurer un tableau en le retouchant. On n'a rien défiguré dans le parc, il est le plus beau du monde; une rivière qui passe au milieu fait des étangs et des beautés admirables, sÉv. 440. || Altérer, dénaturer. On tient qu'il va, ce scrupule, jusfjues à défiguier notre langue, et qu'il n'y a point presque de mots dont la sévérité de cette dame ne veuille retrancher la tête ou la queue pour les syllabes déshonnètes qu'elle y trouve, mol. Critique, se. 6. Ils ont défiguré l'histoire du monde par un chaos de siècles innombrables et imaginaires, dont il n'est resté aucun événement à la postérité et que l'histoire du monde n'a jamais connus , mass. Car. Vérité dt la relig. Les vices qui défigurent en elles .son image, 10. Carême, Atenir. De nos propres couleurs nous chargeons leurs portraits Et les défigurons en leur prêtant nos traits, saurih, Spartacus, 11, 4. Après cinq jours de marche, il se trouve sur le rivage du fleuve Hypanis, aujourd'hui nommé le liogh par les barbares, qui ont défiguré jusqu'au nom de ces pays que des colonies grecques firent fleurir autrefois, VOLT. Charles 111, 4. || 8* Se défigurer, v. réft. Se gâter la figure. Cette femme s'est défigurée. Il Perdre sa première forme. Ce visage si tendre se défigura, p8n. Tél. xx.
— HIST. XII* s. Il défigurent, dist-il, lor fazons [faces], ST BEHN. B64. || xiu* s. Mais or voil [je veu.\j que tu le congnoisses, Qui tant en as eu d'angoisses, Que tout en es deffigurés, la Rose, 4279. La beste desfigurée [le démon] Par cui li monde des-
chay, RUTEB. H, 40 Miex ameroit Estre enmu-
rez. Ou desfez ou desfigurez, id. 84. Porroit ce donc estre voirs que nus bom mortex se poist si deffigurer [changer de figure] ? Merlin, f* 64 , verso. Cis maus [ce mal] qui si me dcffi^^ure. Qui si me vait anientant, Guillaume de Palerme. \\ xvi* s. Elle se alla getter toute nue en chemise à ses pieds, estant merveilleusement desfigurée, tant pour ses cheveux qu'elle avoit arrachez.... amtot, Anton. 406. Celle maladie est la plus mauvaise et la plus dangereuse qui défigure le visage de l'homme et le rend dissemblable à soy mesme, id. Comment refréner la colère, 4 0. Elle desflguroit sa face [Marthe la démoniaque], Faisoitgrimacesur grimace, D'AUB.fœn. Il, 6. Il en déterra quinze ou seize, si deffigurez de fange etde sang,
I qu'il ne put connoistre son maistre, id Uist. 1, 4 69. Son pats estant desfiguré de troubles, id. ib. 11, 432.
— ETYM. Dé.... préfixe, et figure; provenç. et espagn. desfigurar; ital. disfigurare.
I t DÉFILADB (dé-fi-la-d') , s. f || 1' Terme de marine. Action de défiler. Feu de défîlade, feu de vaisseaux qui tirent à mesure qu'ils délilent. || 2* Fig. et familièrement, il se dit de morts arrivant coup sur coup dans uns compagnie. La défilade commence.
— ÉTYM. Défiler.
t DÉFILAGK (dé-fi-Ia-j'), s. m. Action d'ôter le
I fil, les fils. Il Terme de papeterie. Défilage des chiffons, trituration par laquelle les chiffons sont réduits
j en une sorte de pâte. |{ Masse de chiffons défilés.
I — ÉTYM. Dé.... préfixe, et fil.
I 1 4. Df:FIL£(dé-fi-lé), I. m. Masse de chifiTons qui ont subi l'opération du défilage.
I — fiTYM. Dé.... préfixe, at tu.
DEF
s. DÉFILÉ (dé-fi-lé), s. m. Terme militaire. Marche en co'.onne d'une troupe qui défile devant un chef. Mouvement qui consiste en ce que, à la fin d'une revue, toutes les troupes s'en allant défilent devant le chef qui passe la revue. ]1 y eut un beau déûlii.
3. DÉFILE (dé-fi-lé), s. m. || i° Passage étroit par où il faut aller à la file. Et lorsque l'ennemi, s'avançant au trépas, Dans ses longs défilés aura porté ses pas.... ROTRon, Bélis. m, t. Albert ne peut percer jusque dans nos montagnes Que par les défilés qui serrent nos vallons, lemierhe, G. Tell, v, 6. Qu'ils missent des corps de garde dans les défilés par où on pourrait passer entre les montagnes, sacy, Biile, Judith, IV, 0. Les Thermopyles sont un défilé ou passage du mont Œta entre la Thessalie et la Phocide , qui n'avait que vingt-cinq pieds de largeur , rol- LIN, Hist.anc. Œuvres, t. m, p. 2l2,danspouGENS. La position qu'il occupe en avant d'un défilé est dangereuse et nécessite un mouvement rétrograde, SÉGUR, llist. de Napol. vni, il. Sur cette chaussée, tantôt étroite, tantôt montueuse, on s'écrasait à tous les défilés pour se disperser ensuite partout où l'on espérait trouver un asile ou quelques aliments, m. ib. XI, ^ ( . jl 2° Fig. Situation embarrassante. On les fait passer par un défilé bien étroit, je veux dire entre la vie et leur argent, montesq. Lett. pers. 98.
— ÉTYM. Dé/iler 3.
4. DÉFILÉ, ÉE (dé-fi-lé, lée), part, passé de défiler 4. Qui n'est plus enfilé. Les gouttes des fleurs, sur leurs seins [des jeunes filles] découlées, Y roulaient comme autant de perles défilées, lauart. Joc. 1, 34.
6. DÉFILÉ, ÉE (dé-fi-lé, lée), part, passé de défiler 2. Terme de fortification. Un ouvrage bien défilé.
1. DÉFILEMENT (dé-fl-le-man) , s. m. Terme de fortificalion. Opération , tracé ou construction pour parvenir à ce que dans tous les points essentiels de l'intérieur d'un ouvrage de fortification le défenseur se trouve à l'abri des projectiles de l'assaillant; résultat de cette opération. Avec de grandes demilunes, des fronts en ligne droite et un bon défilement, on doit tenir un certain temps, p. l. cour.
— ÉTYM. Défiler 2.
t 2. DÉFILEMENT (dé-fi-le-man), s. m. Terme militaire. Voy. défilé 2, qui est plus usité.
— ÉTYM. Défiler 3.
i . DÉFILER (dé-fi-lé) , V. a. \\ 1" ôter le fil passé dans quelque chose. Défiler des perles. || Lover les chandelles de dessus les broches quand elles sont finies. Il Défiler son chapelet, dire ses prières sur les grains du chapelet. || Fig. Défiler son chapelet, dire tout ce qu'on sait d'injures en se fâchant contre quelqu'un, et aussi dire tout ce qu'on a appris. || 2° Se défiler, v. réfl. Les perles de son collier se sont défilées. Il Fig. Le chapelet se défile, commence à se défiler, c'est-à-dire les personnes de cette famille, les membres de cette corporation commencent à mourir les uns aprfcs les autres.
— UEM. Défiler, effiler ne sont pas synonymes : on défile ce qui est enfilé; on effile ce qui est tissu avec du fil : défiler des perles; effiler du linge.
— HIST. XIII* s. Nulles mestresses ne ouvrières ne pueent [peuvent] ne ne doivent faire euvre de soye deflilée, dites ausmonieres sarrazinoises, pour ce que la soye n'est pas filée ne retorse, Liv. des mél. 385. Il XVI' s. Pour bien faire l'oiseau au leurre, il ne le faut point deffiler, jusqu'à ce qu'il reviendra bien sur le poing.... lors doslie le sur le soir, afin qu'il ne s'enfuye, fol'Illoux, Fauconner. f° 70, dans LACURNE. Comme l'oiseau enretté, plus il tasche en frétillant se dofller, et plus il s'empietre, YVEH, p. 68).
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et fil; provenç. et anc. espagn. desjilar; espagn. mod. deshilar; portug. desfiar.
2. DÉFILER (dé-fi-lé), v. a. Terme de fortification. Défiler un ouvrage, le garantir d'enfilade, empêcher que les feux de l'ennemi ne l'enfilent.
— ÉTYM. Défiler, ôter du fil, de la direction du feu de l'ennemi.
3. DÉFILER (dé-fi-lé), ». n. Il 1° Aller l'un après l'autre à la file. Défiler un à un, deux à deux, [i la féte-Dieu] Le signal est donné, tout s'ébranle, et la pompe commence à défiler, chateaub. Génie, iv, 4,7. Il Terme de marine. Des vaisseaux défilent, quand, se suivant à la file, ils laissent porter sur une ligne de vaisseaux ennemis dont ils doublent une partie en les canonnant. || 2° Marcher par pelotons dans une revue. Les troupes ont défilé devant le général. Après que les troupes eurent défilé, ou vU sur un char fait exprès paraître lo brancard do
DEF
Charles XII, trouvé sur le champ de bataille de Pultava tout brisé de deux coups de canon , volt. Charles XII, b. Il Défiler la parade, défiler après la parade. Il Fig. Dans le langage tout à fait vulgaire, défiler la parade, mourir. || Substantivement. L'action des troupes qui défilent. Un beau défiler. Le défiler a duré deux heures. On écrit aussi défilé. Il 8» Familièrement. Mourir à peu d'intervalle les uns des autres. Notre académie défile, volt, dans le Dict. de poitevin.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et file.
t DÉFILEDSE (dé-fi-leû-z') , s. f. La première pile de moulins dans laquelle on jette les chiffons destinés à faire du papier.
DÉFINI, lE (dé-fi-ni, nie), part, posséda définir. Il 1° Déterminé par une définition. Ce qu'a dit saint Augustin est défini dans le second concile.BOSs. Or. « . Il S. m. La chose définie.Vous voulez que je substitue la définition à la place du défini ; cela ne change jamais le sens du discours , pasc. Prov. 4. 1 1 2° Terme de grammaire. Déterminé. Sens défini. || Article défini, celui qui donne aux noms un sens précis; le, la, les est un article défini , par opposition à un , une , qu'on nomme article indéfini. || Modes définis, les modes personnels, c'est-à-dire où il y a des personnes, l'indicatif, le subjonctif, l'impératif, le conditionnel, par opposition à l'infinitif et au participe, qu'on nomme modes impersonnels ou indéfinis. || Passé ou prétérit défini, temps qui exprime un passé déterminé : j'allai hier à Paris. || 3" Terme de chimie. Composés définis, ceux qui sont formés d'éléments unis en proportions fixes et invariables. || Proportions définies , celles qui o9"rent des rapports simples d'un atome à un, deux, trois, quatre, etc. l| 4° Terme de botanique. Déterminé, en parlant du nombre de certains organes. Le nombre des étamines n'est rigoureusement défini que jusqu'à dix; au delà il est indéterminé. Lorsque, dans un verticille floral, le nombre des folioles dépasse dix, il n'est plus défini. Il Inflorescence définie, celle où l'axe floral terminé par une fleur ne peut prendre aucun allongement.
DÉFINIR (dé-fl-nir), v. a. || 1° Déterminer, fixer. On ne peut définir le temps et le lieu auquel cela arriva. || 2° Expliquer une chose par des attributs qui la distinguent. Ils définissaient la vertu par le plaisir, BOss. Hist. J, 8. 11 [Sénèque] commence par définir la chose, peine que les anciens se donnent rarement, dider. Claude et Néron, ii, 40. || Absolument. Pour raisonner juste, il faut bien définir. Il 3° Définir un mot, une expression, en expliquer le véritable sens. || Définir une personne, la faire connaître par les qualités qui la distinguent. On ne sait comment définir le comte; il est jaloux et libertin, BEALM. Mar. de Fig. i, 4. || 4» En style dogmatique, décider. Les conciles ont défini que.... 11 est vrai qu'on ne définit expressément à Nicée que ce qui était expressément révoqué en doute, qui était la divinité de Fils de Dieu, BOSS. Var. t" avert. % 30. Il 5° Se définir, v. réfl. Être défini. Cela se définit de soi-même. 1| Se rendre compte de soi-même. Tel homme au fond et en lui-même ne se peut définir; trop de choses qui sont hors de lui l'altèrent, le changent, la bru y. xi. Laissez-les un peu se définir eux-mêmes, ID. XII.
— r.EM. Au xvu" siècle, dire difinir eldifiiiition était encore assez accrédité pour que Marguer. Buffet prémunisse là-contre {Observ. p. <4), )668).
— IIIST. XI* s. Pour grant bataille juster et defenir, Ch. de Roi. cciii. || xu" s. Ceste bataille fust pieça définie, Itonc. p. 82. || xiii* s. Quant li chapelains ût la parole definée, chascun endroit soi, lance baissie, hurte cheval, H. de valenc. ix. Mes puisqu'Amors m'avés descrite. Et tant blasmée et tant despite. Prier vous voil dou defenir. Si qu'il m'en puist miei sovenir; Car ne l'oï defenir onques, la Rose, 4387. Et dist li livres anciens, Que eu Néron fu définie Des Cesariens la lignie, ib. 6487. Penseil, espoir, et s'i soUice, Que, quant plus tost definera [mourra], Plus tost en paradis ira, ib. 6037. Ici define Philippe de Biaumauoir son livre, lequel il fist des costumes de Biauvaisins en l'an de l'Incarnation mil deus cens quatre vins et trois, beacm. Concl. Il XV* s. De le gloser et commenter. De le diffinir ou prescripre. Diminuer ou augmenter, Villon, Test. Il XVI* s. Il faut donc qu'ils diffinissent autrement la forme de l'Eglise; ou, tant qu'ils sont, selon leur doctrine mesme, seront reputez de nous schismatiques , calv. Inslit. Dédie. D'où viendra donc ceste authorité aux hommes mortels, de définir selon leur advis d'une chose qui surmonte tout le monde? m. ib. 2B. Il y en a qui définissent en un mot aue manger la chair du Christ et boire
DEF
son sang n'est autre chose que croire en lui, lo. ib. 1097.
— ÉTYM. Dé... préfixe, et finir; provenç. définir, defenir, diffinir, definar; espagn. définir; itil. definire. Dans l'ancien français définir signifiait finir, terminer, et il se conjuguait d'ordinaire sur la t" conjugaison: definer.
t DÉFINISSABLE (dé-fi-ni-sa-bl'), adj. Que l'on peut définir.
— ÉTYM. Définir.
tDÉFINISSEUR (dé-fi-ni-seur), ». m. Celui qui définit. Locke le dèflni<iseur, VOLT, dans la veaux.
— ÉTYM. Définir.
DËFINITECR (dé-fi-ni-teur), ». m. Titre d'officier dans les couvents. Le définiteur est un conseiller du général ou d'un provincial.
— ÉTYM. Définir.
DÉFINITIF, IVE (dé-fi-ni-tif, ti-v'), adj. || 1* Qui termine une chose, une affaire. Règlement, résultat définitif. || 2° Terme de palais. Jugement définitif, jugement qui statue sur le fond, soit par défaut soil contradictoirement, par opposition à la qualification de jugement préparatoire ou interlocutoire. || En définitive, loc. adv. Terme de palais. Par jugement définitif. Il a gagné son procès en définitive (sous-entendu sentence). || Par extension, finalement, décidément. En définitive, que lerez-vous?
— REM. Girault-Duvivier, qui demande si l'on peut dire en définitif et qui note que plusieurs grammairiens le préfèrent à en définitive, cite ces phrases-ci où en définitif est employé : En définitif, après des années entières d'amertume, de douleurs, de tourments de toute espèce, vous vous trouvez avec votre innocence qui ne sert à rien, et la réputation d'un tracassier, qui éloigne de tout,LiNGUET; Souvent on se donne bien de la peine pour n'être, en définitif, que ridicule, maluesherbes. Mais le fait est que en définitive, qui est ancien et s'explique sans peine (en sentence définitive), doit être employé de préférence : en définitif, bien que correct grammaticalement (témoin les adjectifs construits avec en : en beau, en laid, etc.), n'ayant pas pour soi l'usage.
— HlST. XIII* s. Il estoit condempnés de tiere par sentence définitive, Chron. de Rains, p. <27. Et par tel paroles commence La deffinitive sentence, la Rose, <9705. Et santance donnée de barre mise avant, et passée par l'espace de huit jorz en autorité de chose jugée, ert [sera] ausint comme sentance difinitive , Liv. de just. 4). Et le jugement qui est du principal, il l'apelent sentence dilfinitive, beaum. lxvii, 2a. {| xv s. Et y séjournèrent tout l'yver, et ne povoient avoir nulle response diffinitive, froiss. i, i, b3. || xvi* s. Si y eut en ce procès plusieurs plaidoyers avant la sentence diffinitive, AMYOT, Pomp. 7. Par sentence diffiniliva du concile de Basle, Eugenius Pape de Rome fu( déposé, CALV. Instit. Dédie.
— ÉTYM. Provenç. diffinitiu; catal. definitiu; ilal. definitivo; du latin definitivus, de definire, définir.
DÉFINITION (dé-fi-ni-sion; en poésie, de cinq syllabes), i. f. \\ 1° Énonciation des attributs qui distinguent une chose, qui lui appartiennent à l'exclusion de toute autre. On ne reconnaît en géométrie que les seules définitions que les logiciens appellent définitions de nom, c'est-à-dire que les seules impositions de nom aux choses qu'on a clairement désignées en termes parfaitement connus, pasc. Esprit géométrique, sect. i. Il pose des définitions exactes qui le privent de l'agréable liberté d'abuser des termes dans les occasions, fonten. Leibnitz. Une définition sèche est souvent plus capable d'embrouiller que d'éclaircir les idées qui tiennent immédiatement au goût et au sentiment, d'olivet, Prosod. franc, art. v, § 2. 11 y a deux sortes de définitions, les unes des choses qui sont, les autres des choses que nous concevons; il y a des définitions partielles, il y en a de totales, Diderot, Opin. des anc. phil. Stoïcisme. \\ Définition d'un mot, explication de son véritable sens. {| Définition, figure de rhétorique, sorte d'exposition des divers aspects par lesquels on peut considérer une chose et qui la fait connaître au moins en partie. || 2° Terme dogmatique. Décision. Les définitions des conciles font autorité dans l'Église. || 3* Chez les capucins, synonyme de définitoire (voy. ce mot).
— HlST. XVI* s. Ou bien si quelcun aime mieux, nous mettrons ceste diffinition, que le vieux Testament a esté.... calv. Instit. 344. Ne l'un ne l'autre ne fait expressément et à certes mention, que ce procès soit venu jusques à diffinition de jugement, AHYOT, Démosth. 22. Le propre de diffinition e«t
DÉF
DÉF
DÉF
de déclarer son «ubject arec sa matière et forme, et le but de description est seulement de déclarer les qualilez du subjet et souvent par énigme, Poétique de Boissière, p. 265, dans lacuknb.
— KtyM. Provenç. diffinUin , deffinicio; espagn. iefinkion; ital. de/îniîione; du latin dc/înV(tonem, de definire, définir. On a dit dans le xiii* siècle deflnissement : De l'amor dont je liens cl conte, Se tu veux que je te raconte Quei est li deflnissemens, C'est naturel enclinemens Da voloir garder son semblablo, la Rose, 5793.
DÉFINITIVEMENT (dé-fi-ni-ti-ve-man), adv.
Il l" D'une manière définitive. )| i' Par jugement définitif. L'affaire a été jugée définitivement.
— IIIST. XVI* s. Il y envoya trois députez, pour endecideret juger définitivement, amtot, Pom;). b6. .... Que Perez estant prisonnier dans Sarragoce, il
faut qu'il y soit diffinitivement absous ou condamné, b'aub. Hùt. m, 3H.
— Etym. Définitive, et le suffixe ment; Berry, diflinilivement.
t DÉFINITOIRE (dé-fl-ni-toi-r'), ». m. Dans quelques ordres religieux, lieu où s'assemblent les principaux officiers d'un chapitre.
— KTVM. Définir.
t DÊFLAGRATEUIl (dé-fia-gra-teur) , s. m. Terme depbysique. Appareil qui, excitant énergiquement la puissance électro-magnétique, produit des eiïets surprenants de combustion et de déflagration. {| Appareil propre à mettre le feu à des matières explosives, à l'aide de l'électricité.
— ÉTYM. Voy. DÉFLAGRATION.
DÉFLAGRATION (dé-lla-gra-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Explosion de flammes qui consument tout. Que l'univers finirait par une déflagration générale, Diderot, Opin. des anc. phtJ. Pythagorisme. Après la déflagration générale et le renouvellement des choses, les âmes retourneront dans les corps qu'elles ont animés, id. ib. Stoïcisme. || Terme de chimie. Combustion très-active avec projection en tous sens de vives étincelles, qui se produit quand des corps réagissent fortement l'un sur l'autre.
— ÉTYM. Lat. deflagratio, de deflagrare, brûler (voy. flagrant).
t DÉFLÉCHI, IB (dé-flé-chi, chie), port, passé de défiéchir. Oui a changé de direction, qui aété détourné de sa direction. || Terme de botanique. Tige défiéchie, tige qui, après s'être élevée à une certaine hauteur, retombe vers la terre en décrivant un are.
+ DÉFLÉcmR (dé-flé-chir) , ». o. || !• Détourner de la direction. Tous les premiers mouvements de la nature sont bons et droits ; mais bientôt, manquant de force pour suivre à travers tant de résistance leur première direction, ils se laissent défiéchir par mille obstacles qui les détournent de leur vrai but, J. J. Houss. dans la veaux. {| 2° V. n. Changer de direction, se détourner de sa direction naturelle. Souvent on défléchit du but. |{ Terme de physique. Changer de direction, en parlant des rayons lumineux. Il Terme de botanique. Retomber en décrivant un arc après s'être élevé un peu.
— ÉTYM. Dé préfixe, et fléchir.
DÉFLEGMATION (dé-fife-gma-sion) , j. {. Terme
de chimie. Nouvelle distillation à laquelle on soumet une liqueur obtenue à l'aide du feu, dans la vue d'en séparer les parties les plus aqueuses qui distillent les premières.
— ÉTYM. Déflenmer.
DÉPLEGMÉ, EE (dé-flè-gmé, mée), part, passé. Liqueur défiegmée.
DÉFLEGMER (dé-flè-gmé), V. a. Terme de chimie. Enlever la partie aqueuse d'une substance.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et flegme, parce que les anciens chimistes croyaient trouver dans tous les corps quatre ou cinq éléments toujours les mêmes, entre lesquels était l'eau dite par eux phlegme ou flegme.
+ DÉFLEURAISON (dé-fleu-rê-zon) , ». f. Chuta des fleurs d'une plante.
— ÉTYM. Voy. DÉFLBORia.
DCPLEURI, IE (dé-fleu-ri, rie), part, passe de défleurir. Qui a perdu ses fleurs. Des arbres ou des arbrisseaux défleuris. Des tiges défleuries. Des prés déflouris.
DÉFLEURIR (dé-fieu-rir). || !• F. n. Perdre ses fleurs. Les lilas fleurissent et défleurissent proraptement. || 2° F. o. Abattre les fleurs. La grêle a défleuri tous les arbres fruitiers. Défleurir les champs. Il ôterle velouté de certa ns fruits en les touchant. En cueillant ces pêches prenez garde de les défleurir, y Fig. Détruire la fleur, la fraîcheur d'une chose. Il 3* se défleurir, v. réfl. Perdre seg fleurs ou sa fleur.
— mST. xvi* 8. Tout ainsi qu'elle [la rose] defleurit Fanie en une matinée, Ainsi nostre âge se flestrit, BONS. 6H. Où tu es, la maladie Ne defleure la santé, id. 536.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et fleurir.
t DÉFLEXION (dé-flè-ksion), ». f. Terme de physique. Mouvement progressif par lequel un corps abandonne la ligne qu'il décrivait pour en suivre une autre. La déflexion des rayons de la lumière.
— ÉTYM. Voy. DÉKLeCHIR.
t DÉFLORAISON (dé-flo-rê-zon), ». f. le môme que défleuraison.
t DÉFLORATECR (dé-flo-ra-teur), ». m. Celui qui déflore. Un grand déflorateur de filles. Un grand ruineur de familles, scarron, dans le Dict. de bes-
CHEHELLB. (cb. IV.)
— ÉTYM. Déflorer.
DÉFLORATION (dé-flo-ra-sion), ». ^. Action d'enlever la virginité.
— HIST. ivi' s. Par la violente défloration de la fille pucelle trop jeune, paré, xi, ao.
— ÉTYM. Déflorer.
DÉFLORÉ, ÉE (dé-flo-ré, rée), part, passé. Une fille déflorée. || Se dit d'une plante dont les fleurs sont tombées, d'une anthère vide de pollen après la fécondation. || Fig. Sujet défloré, sujet qui a perdu la fraîcheur de la nouveauté.
t DÉFLOREMENT (dé-flo-re-man) , ». m. Synonyme de défloration. || Terme d'anciennes coutumes féodales. Droit da déflorement, synonyme de droit de cuissage.
— ÉTYM. Déflorer.
DÉFLORER (dé-flo-ré), V. a. || !• ôter la virginité. En attendant que le conquérant barbare déflore la fille du bon homme dont il dévore la subsistance, volt. Dial. XXIX, <2. ||2*Terme de littérature. Ôter à un sujet sa fraîcheur, sa nouveauté.
— HIST. XV* s. Tout defflora Bacchus Erigone, en. d'orl. Bal. 4 46. |{ xvi* s. Là où elle est, n'y a rien défloré [flétri, fané], marot, m, 30i.
— ÉTYM. Provenç. deflorar; espagn. dtsflorar; ital. deflorare; du latin deflorare, de de, et flot, fleur.
t DÊFLUXION (dé-flu-ksion), ». f. Fluxion sur, écoulement d'un liquide, ou, fig. d'une force, d'une vertu, de haut en bas. || Particulièrement, catarrhe. 11 ne craint ni les dents ni les défluxions, Régnier, Sat. XIV. Puisque de l'écoulement des eaux dépend celui de votre défluiion, je consens de bon cœur qu'elles se retirent, balz. liv. vu, lett. 3». Il Vieilli.
— HIST. XVI* S. Puisque l'essence de Dieu est simple et ne reçoit aucun partage, celui qui l'a en soy et non point par defluxion ou portion, mais d'une perfection entière, seroit dit improprement charactere et image de ce qu'il est, calv. Instit. 70. Adam en son origine a esté conforme à Dieu, non point par defluxion de substance, mais par la grâce et
vertu du St Esprit, id. ib. 427 Dont peut s'en
suivre perpétuelle defluxion de nouvelle matière en ceste partie, paré, Intend. 47.
— ÉTYM. Lat. defluxio, da defluere, de de, et fluere, couler.
+ DÉFOLIATION (dé-fo-li-a-sion) , i.f. Chute des feuilles d'un arbre, avant la saison.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et le latin folium, feuille, t DÉFONÇAGE (dé-fon-sa-j'), ». m. Action de défoncer un terrain.
— ÉTYM. Défoncer.
t DÉFONCE (dé-fon-s'), ». f. Terme d'agriculture. Action de défoncer le terrain.
— ÉTYM. Voy. DÉPONCER.
DÉFONCÉ, ËE (dé-fon-sé, sée), part, passé. Il 1" Dont le fond est enlevé. Une barrique défoncée. Un baril défoncé, deux bouteilles sur cul, régnier. Sol. XI. Pouffant de rire à voir couler sa vie Comme le vin d'un tonneau défoncé, bérang. Ém. de Uraux. Il 2* Chemin défoncé, chemin rendu presque impraticable par de profondes ornières et par des creux. Il Terrain défoncé, terrain fouillé profondément en vue de la culture.
DÉFONCEMENT (dé-fon-se-man) , ». m. Action da défoncer. Le défoncemenl d'un tonneau. || Action de creuser méthodiquement un terrain plus profondément que ne le font les labours ordinaires pour ramener vers la surface les parties profondes, les diviser ou les mêler.
— ÉTYM. Défoncer.
DÉFONCER (flé-fon-sé. Le c prend ime cédille devant un a ou un o: je défonçai, nous défonçons), V. a. Il 1* Enlever le fond d'une futaille, d'un tonneau, etc. Elle fit défoncer trois muids devin, s£v. 2»<. [Il] Défonça trois tonnes de bierre, Et, pour
leur faire chère entière, Fit égorger trois jeunes bœufs, scARBON, Virg. (ro». v. || Terme de marine. Crever le fond d'une voile, en parlant du vent. Il 2* Défoncer une routa, y faire des trous qui la rendent impraticable. Les voitures trop chargées défoncent les routes les plus solides. || 8* Terme d'agriculture. Défoncer un terrain, en opérer l« défoncement. || 4* Terme de tanneur. Défoncer un cuir de vache, le fouler avec les pieds après l'avoir mouillé. IJB* Terme militaire. Rompre et mettre en désordre. Ney accourut; il lança tout sur le flanc de cette colonne russe; Doumerc et sa cavalerie, qui la défoncèrent, lui prirent deux mille hommes, SÉouR, Uist. de Napol. xi, 8. ||6* F. n. De peur.... Que son lit ne défonce il dort dessus la dure, ré- ONIEH, Sat. XIV. Il 7* Se défoncer, e. rifl. Être défoncé. Le tonneau se défonça tout à coup.
— HIST. XIV* s. [Il] Fist dresser les vaisseaux da vin en lor estant. Et le fust defonsser; et vous [voilà] le vin puisant Les famés, les variés, qui no gent vont servant, Cuescl. 20136. || xvi* s. Ce concile et synode de nostre noblesse, après avoir défoncé toute la plus fine théologie, vidèrent enfin ce procès, yvEH, p. 676. L'empereur se vid assisté de toutes les parts de la chrestienté; le duc de Savoye y envoya quatre cent harquebusiers.... la Pologne défonça [fournit do l'argent], d'aub. Uist. l, 237. L'Angleterre vouloit défoncer pour lui; la roine Eliz<ibeth se condamnoit à faire de grandes avances ds deniers, id. i6. u, 43». Bois-verd lui défonça la teste d'un coup de pistolet, id. ib. i, 267. Toute la cour deffonça [alla] au devant d'eux, menée par les princes du sang et de la maison de Guise, lo. ib. 104. Ils tuent le feu avec une pipe de vin-aigre défoncée, id. ib. m, 44. Hrusler les bleds et fourrages, et defonsser les vins, u. du bell. 360.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et fond.
+ DÉFONCECSE ( dé-fon-seù-z' ) , s. f. Sorte de charrue sans versoir.
— ÉTYM. Défoncer.
t DÉFORMATEUR, TRICE (dé-for-mateur, tris'), adj. Néologisme. Qui déforme ou corrompt.
— ÉTYM. Déformer.
DÉFORMATION (dé-for-ma-sion ; en poésie, de cinq syllabes), ». f. Altération de la forme. || En anatomie, altération de la forme des organes. {{ En botanique, monstruosité végétale, caractérisée par un changement de forme d'un organe ou d'im ensemble d'organes.
— ÉTYM. Provenç. deformacio; espagn. deformacion; ital. deformaxione ; du latin deformationem , dedeformare, déformer.
DÉFORMÉ, ÉE (dé-for-mé, mée), por<. passé. Oui a perdu sa forme. Des pieds déformés par des chaussures trop étroites. Je suis un peu déformé depuis ce temps-là [depuis ma première jeunesse], beaumarcii. Barb. de Sév. m, 6.
DÉFORMER (dé-for-mé), ». a.|| 1* Altérer U forme. Un corset déforme la taille. Mais eux [les mort.s], si tu savais de quel sommeil ils dorment; Leurs lits sont froids et lourds à leurs os qu'ils déforment, V. HUGO, F. d'atit. 37. Il Déformer un clia|]eau, des souliers. ||2" Se déformer, v. réfl. Perdre sa forme. Les dents tombent, le visage se déforme, le corps se courbe, bdfp. Morceaux choisis, p. 57. De peur que les corps ne se déforment par des mouvements libres, J. J. Rouss. Ém. l.
— HIST. XIV* s. La paix estoit si defTorméa qu'il ne la peut [put] reformer, Chr. de St Denis, t. u,
f" 26, dans LACURNK
— ÉTYM. Provenç. dfformar; espagn. desformar; ital. dcformare; du latin deformare, de de, et forma, forme.
t DÉFORTIFIER (dé-for-ti-fi-él . v. a. Démolir des fortifications.
— HIST. XVI* s. La mienne [maison'' estoit forte selon la temps qu'elle fut faite; je n'y ai rien ajouti de ce costé-là, et craindrois que sa foice se tournast contre moy mesme, joint qu'un temps paisible requerra qu'on les defortifie, mont. t. u, p. 6a&, dans
LACURNB.
— ÈTïti. Dé.... préfixe, et fortifier.
t DÉFOHTUNE (dé-for-tu-n'), ». f. Mauvaise fortune. Il Terme vieilli, mais qui serait bon à reprendre.
— HIST. XVI* s. Quand ils viennent après i excuser leurs desfor'unes de Montcontour et de Jamac sur ce que.... mont, i, 249. L'honneur de tant de victoires, lequel une seule desfortuna luy pourroit faire perdre, n». m, 4 74.
— ÉTYM. Dé.... préfixa, et fortune.
t DËFORTUNÉ (dé-for-tu-né) , adj. Qui est dans la dèfortune.
mp
def
DLF
— HIST. XV* S. Us signoyont les jours tristes et desfortunez de pierres noii es, iiAB. <;arg i, lO. I^sse et desfortunée, pourquoi mon cruel malheur me conserve si longtemps la rie T tver, p. 693. Us [les dogmatiques qui ne peuvent rien prouver] sont si desfortunez (puis-je autrement nommer cela que desfortuneT),si misérables que.... mont, u, S44.
— ETYM. Défortune.
t DËFODETrER (dé-foi-té), V. a. En termes de relieur, 6ter la ficelle dont on s'est servi pour serrer un livre et pour en marquer les nerfs.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et fouet.
t DÉFOUin (dé-fou-ir), V. a. Tirer, enfouissant, hors de terre.
— HIST. xiii* s. Seigneur, dist Garsions, mauvais conseil avés, Qui nos gens escorchiés et les mors deffoés, Ch. d'Ànt. r, 73. Car li rois des Tafurs nostre mort deforra, ib. v, )*9. ||xv« s. Et estoit l'intention de la duchesse qu'elle feroit juste enqueste là oii le corps son père fut enseveli, et feroit les os defouir, froiss. ii, m, <36.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et fouir.
DÉFOURNÉ, ÉK (dé-four-né, née), part, passé.
Pains défournés trop tôt.
jnÉFOURNEMENT (dé-four-ne-man), ». m. Action de défourner, de tirer du four.
— ÉTYM. Défourner.
DÉFOURNER (dé-four-né), V. a. Tirer d'un four. Eéfourner du pain. || Absolument. Des gens enfournent; D'autres défournent; Aux broches tournent Veau, bœuf et mouton, bérang. Cocagne.
— HIST. im* s. Finant s'en vont an desfourner [ils finissent par se retirer] , o. guiaht, t. n, p. 1 82, V. 4692 (4 3879). Mès à la parfln se desfournent [ils se retirent], m. p. 278, v. 7aH ()6a»<).
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et four. fDÊFOCRNIR (dé-four-nir), ». o. Ôter ce qui
fournissait, ce qui garnissait.
— HIST. xv«s. Etluiremonstroitonque, s'il se defoumissoit de ses Picards, et ses ennemis le savoient, ils lui pourroient porter un très grand préjudice, MONSTREL. I, 407. Et 08 suis «i ancien ne tant defourni de puissance naturelle, LOnis xi, Nouv. a. Il XVI* s. Ce qui feroit proposer aux Turcs de jetter vingt mille hommes sur le» bras d«s nostres pour les tailler en pièces, ou donner avec cent cinquante galères dedans nostre armée, pour faire le mesme, veu qu'elle serait desfoumie, larooe, 446.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, «t fournir.
t «ÉFODRNIS (dé-four-ni), s. m. plur. Terme de marine. Vides, défauts qui altèrent les dimensions d'une pièce de bois.
— ÊTYM. Défournir.
t DÉFOURRER (dé-fou-ré) , t). o. ôter la fourrure. Il Terme de marine, ôter la fourrure d'une manœuvre dormante. j| Chez les batteurs d'or, retirer les feuillets de vélin de leur enveloppe.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et fourrer.
j DÉFRAI (dé-frè), t. m. Action de défrayer. Le défrai de ce prince [Pierre le Grand] coûtait ooo écus par jour, st-sim. 467, H 5.
— HIST. XV* s. Trouver argent pour son deffroi, coMM. V, 6. Il XVI* s. U lui donna au déloger, outre tout cela et son deffray.... cari., iu, i'i,
— ÉTYM. Voy. défrayer.
t DÉFRAÎCHIR (dé-frê-chir) , «. a. ôter la fraîcheur, le brillant de quelque chose qui n'a encore été ni manié ni porté. Défraîchir une étoffe. Une robe défraîchie. || Se défraîchir, v. réfl. Être défraîchi. Ce chapeau se défraîchira vite.
—ÉTYM Dé.... préfixe, et frais.
\ DÉFRANCISER (dé-fran-si-zé) , v. a. Faire perdre les mœurs, le caractère français.
— ETYM. Dé.... préfixe, et français.
t DÉFRAUDATION (dé-frô-da-sion), s. f. Action de dépouiller par frauda. || Vieilli.
— ETYM. Mfrauder. Défraudation a été employé par Frédéric II, roi de Prusse.
t DÉFRAODER (dé-IM-dé), v. a. Priver par fraude. || Vieilli.
— HIST. XIV s. Ne le defraude pas de liberté, et ne le laisse pas en povreté, oresme, Thèse de meunier. Pour defrauder le dit seigneur de sa depte, Bibl. des Chartes, 4* série, t. ii, p. 61.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et frauder; provenç. et espagn. defraudar; ilal. defraudare.
DÉFRAYÉ, ÉK (dé-frè-ié, iée), part, pnsté. Dont on a payé la dépen.se. Défrayé de tout durant son voyage. || Amusé. La société défrayée par ce plaisant personnage.
+ DÉFRAYEMENT (dé-frt-man), ». m. L'action de défrayer.
— HIST. XV* s. Et si laisseni, en plusieurs lieux,
Des larmes par enga(,'eraent, Pour paier leur deffrayemerit En jectaiit soupirs, Dieu scet quieulx [quels] , CH. d'orl. Itondeau.
— ÉTÏM. Défrayer.
DÉFR,VYER (dé-frè-ié. Au temps de Chiffiet on prononçait dé-fra-ié) , je défraye, tu défrayes, il défraye ou il défraie, nous défrayons, vous défrayez, ils défrayent ou ils défraient; je défrayais, nous défrayions, vous défrayiez, ils défrayaient; je défrayai; je défrayerai ou défr^nerai ou défralrai ; ja défrayerais ou défraierais ou défraîrais; défraye, défrayez; que je défraye, que nous défrayions, que vous défrayiez, qu'ils défrayent; que je défrayasse; défrayant, V. a. Il 1° rayer la dépense de quelqu'un. Ils voulurent défrayer tout le train, sSv. iU. Le roi et la reine de Danemark vont voir ce comte d'Oldenbourg dans sa comté; il défraye toute cette cour, et sa magnificence surpasse toute principauté, m. 443. Monsieur, mettez-vous à table, nous vous défrayerons, VOLT. Cand. n. Mme André, prenant la parole, dit au savant que, s'il voulait défrayer sa table pour dix foi» autant, il lui ferait grand plaisir, ID. l'H. aux 40 écus. Un bon souper. || Fournir ce qu'il faut pour repas ou entretien. Je veux qu'4 mon souper celle-ci [la tortue] me défraie, la fost. Fabl. xn, 4B. Us étaient obligés de défrayer leur tyran, lorsqu'il arrivait; leurs vivres, leurs meubles, leurs troupeaux, tout était alors au pillage, ratnal, Hist. phil. XI, 24. Il 2* Fig. Défrayer de bon» mots, de plaisanteries, amuser, faire rire par de bons mots, des plaisanteries. Us pensaient tous qu'il était là pour défrayer la compagnie de bon» mots, mol. Critique, a. Il Absolument, défrayer la compagnie, amuser, faire rire, pourvu toutefois que quelque chose détermine le sens; autrement défrayer la compagnie signifierait payer la dépende faite par une compagnie. || Défrayer la compagnie, se dit aussi pour faire rire à ses dépens. || Défrayer la conversation, parler le plus dans une conversation, y tenir le dé. Par son esprit il défrayait les conversations. Défrayer la conversation signifie aussi être l'objet d'une conversation. Ce fut lui et sa mésaventure qui défrayèrent la conversation. |{ 8* Se défrayer, e. réfl. Payer les frais que l'on fait. Je serais bien aUé à l'hfltel, mais je n'avais pas de quoi me défrayer.
— REM. Défralrai, défraîrais, ne s'orthographient ainsi qu'en poésie, et encore y renonce-t-on.
— HIST. XV* s. U donna plusieurs robbes, et deffroya tout jusques en la Haye en Hollande, comm. III, b. Il XVI* s. D'un client voui avez les sacs. Qui vous défraye Et le vin paye Qu'il ne boit pas, j. le HOUX, VII. Hz acceptèrent la charge de faire les frais de Jeux qui n'estoient pas de petite despense, ayant l'un desfrayé \ Thebes les joueurs de (luste, et l'autre à Athènes la danse des enfans qui balloient en rond, AKTrx, Àrist. J. Il emporta par plusieurs fois le prix è» jeux qu'il desfrayoit, lo. Sicias, 4. U n'est jà besoing de faire tant affaire, on vous deffroyera
cela, PALSOR. p. 460.
— ÉTYM. Di.... préfixe, et l'ancien verbe /'royer, dépenser (voy. frais, s. m. plur.).
\ DÉFHAYEUH {dé-frè-i»ur) , ». m. Celui qui défraye.
— HIST. xn* s. L'avocat lui respondit, que à desjeuner il tro'uveroit assez, mais qu'il eust un desfrayeur, MARO. Haut. LU. La lignée Antiochide emporta le pain, Aristide fut le desfrayeur des jeux, et Archestratus le poète qui fit jouer ses comédies, AMYOT, Arist. 4.
— ÉTYM. Défrayer.
t DÉFRICHAGE (dé-fri-cha-j'), ». m. Action de défricher un terrain.
— ETYM. Défricher.
DÉFRICHÉ, ÉK (dé-fri-ché, chée), part, passé. Un champ bien défriché. |{ Substantivement. Je le tenais «an» cesse en action, marchant avec lui au soleil et à la pluie, de jour et de nuit, l'égarant exprès dans les bois, les défrichés, les champs, bkrn. BE ST-P. Paul et Virg.
DÉFRICHEMENT (dé-fri-chs-man), ». m. Opération qui a pour but de mettre en culture réglée les landes, bruyères, bois, terres incultes, etc. Ces barbares eux-mêmes, nés dins un climat tempéré, n« pouvaient soutenir les travaux pénibles d'un défrichement sous un ciel brûlant et malsain, katnal, Ilist. phil. XI , 4 . Il Le terrain môme qui a étédéfriché.
— ÉTYM. Défricher.
DÉFRICHER (dé-fri-ché), e. o. || I* Mettre en culture ce qui était en friche. X condition qu'ils y prendraient des terres à défricher, fén. Tél. xu. Défrichez cette terre sauvage, m. ib. i. Malheureusement on ignorait encore que défricher des terres en Amérique était l'unique moyen de les rendre utiles, et
que ce succès ne pouvait être que l'ouvrage du commerce ouvert à tous les citoyens sous la protection du gouvernement, raïnal, Uist. phil. ix, 40. Leur main défrichera, laborieuse et pure. Ces landes, ces déserts qui dorment sans culture, lemerc. Bruneh. I, 2. Il Fig. Le royaume de Dieu est un champ qu'il faut défricher, hass, Avent. Affl. Et ceux qui, de nos arts utiles inventeurs. Ont défriché la vie et cultivé les mœurs, DKLiLLE,Én^tde,vi. |{ 2° Fig. Eclaircir une chose embrouiUée, difficile; commencer à cultiver, expliquer, rendre plus facUe. Les premiers qui défrichèrent la littérature sanscrite. Ils [ceux qui sont chargés des recherches de noblesse] dépêchent besogne, leurs secrétaires la défrichent, sT-siM. 443, 8». Revenez-dono nous défricher le poète le plus intéressant de l'antiquité, DIDER. Lett. à Caliani.
— HIST. XV* s. Aussi venoient courir k Mante chascun jour, et eulx embuscher sur les chemins bien vingt ou trente, pour les Francoys là dgsfricher [dévaliser], martial de paris, Vig. de Charles Vil, t. 1, p. 4», dans lacurnb. Sont tenus les dits preneurs de deffricher et labourer toutes les dites terres, et, icelles deffrichées, les tenir delà en avant en bon et suffisant labour, ou canoë, derodere. |{ xvi* s. Je pense avoir esté le premier des nostres qui ait défriché plusieurs anciennetés obscures de cette France, pasquier, dans le Dict. de oochkz.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et friche; Berry, défreàeher.
DÉFRICHEUR (dé-fri-cheur) , t. m. Celui qui défriche une terre.
— ÉTYM. Défricher.
DÉFRISÉ, ÉE (dé-fri-zé, zée), part, passé. Qui n'est plus frisé. Cheveux défrisés. || Populairement, désappointé. Tout défrisé par un tel contre-temps.
t DÉFRISEMENT (dé-fri-ze-man) , ». m. Action de défriser. || Populairement, désappointement.
DÉFRISER (dé-fri-zé^, v. a. || 1° Défaire la frisure. Défriser une perruque. Il y a [dans une certaine coifiTure alors à la mode] une certaine médiocrité qui m'a charmée et qu'il faut vous apprendre, afin que vous ne vous amusiez plus à faire cent petites boucles sur vos oreilles, qui sont défrisées en un moment, qui vont mal et qui no sont non plus à la mode présentement que la coiffure de la reine Catherinede Médicis, SÉv. 36. || 2° Fig. et populairement, désappointer, déconcerter. Voilà qui vous défrise. Il 8* Terme de relieur. Défriser les feuilles, n'y pas laisser de corne. || 4* Se défriser, v. réfl. Perdre la frisure. Les cheveux se défrisent par ud temps humide. || Fig. Etre désappointé. Il ne faut pas vous défriser pour si peu.
— ÉTYM. Dé.... préfixa, et friser.
DÉFRONCÉ, ÉE (dé-fron-sé, sée), part, passé.
Une robe défroncée.
+ DÉFRONCFJUENT (dé-fron-30-man) , ». m. Action de défroncer; état de ce qui estdtfroncé.
— ÉTYM. Défroncer.
DÉFRONCKR (dé-fron-«*. Le e prend une cédille devant a eto: je défronçai, nous défronçons), v. a. Il 1° Défaire les plis d'une étoffe froncée. || Défroncer le sourcil, effacer les plis du sourcil; et fig. se dérider, prendre un air serein. || 2° Se défroncer, V. réfl. Être défroncé.
— HIST. ivi* S. Tant soit son gros sourcil gravement renfrongné. Que d'un riche présent bien tost ne soit gaigné , Et qu'il ne parle bas et def ronce sa ride, rons. 904.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et froncer.
DÉFROQUE (dé-fro-k'), s. f. || 1° Le peu de meubles et d'argent qu'un religieux laisse en mourant. La défroque d'un moine appartenait à l'ablté. || 2" Par extension, meubles, effets, que quelqu'un abandonne, surtout avec le sens de très-peu de valeur. U nous a laissé sa défroque. || 8° Vêteipent hors d'usage. Fripier, vite que l'on me donne La défroque d'un ohamballan, béraho. Habit de cour.
— HET. xvi* S Qu'il l'abattit [le serpent] , et
lui cassa le sue; Garde n'avoit de dire en ce defroc [désastre, désordre] -. Chantons Noël tant au soir qu'on dujuc [le moiOMit où les poules descendent crajnohoir, le matin], hasot,!!, im.
— ÊTYM. Défroquer.
DÉFROQUÉ, ÉE (dé-fro-ké, kée), part, passé. Qui n'a plus son froc. Moine défroqué. {| Fig. et en mauvaise part, prêtre défroqué, prêtre qui a renoncé à l'état ecclésiastique, qui ne l'exerce plus. C'est un prêtre défroqué. || Substantivement. Bon, répond mon défroqué, mettez-les [un gigot et un chapon] à la broche, st-sim. t«o, 63.
DÉFROQUER (dé-fro-ké), v. a. ||l*Oter le froc i quelqu'un, faire sortir de l'état monastique. U
DÉG
semble que U réforme aboutisse k défroquer quelques moines, boss. For. ». Moyennant une dispense du pape dont il se chargea pour la défroquer [la religieuse], elle consentit atout, st-sim. <6,48«. 112" Se défroquer, o. réfl. Quitter l'habit de moine, l'état monastique. C'est un ancien moine qui s'est défroqué. Il Plus généralement et en mauvaise part, quitter l'état ecclésiastique.
— HIST. xv* 8. X tant furent assaillys les vingt chevaliers de tous costez; mais tant bien se gardèrent qu'on na les povoit deffroquer, Pereeforest, t. IV, ^ 8». Il XVI' s. Il y eut des huguenots qui se deffroquerent [changèrent de religion], langue,
p. 654, danSLACUBNE.
— ÉTVM. Dé.... préfixe, et froe.
t DÉFRUITER (dé-frui-té) , c. a. Cueillir les fruits d'un arbre.
— ETYM. Dé.... préfixe, et fruit.
t DÉFCBLER (dé-fu-blé) , v. a. Oter un affublement. || Se défubler, v. réfl. Quitter son affulilement.
— HlST. xm* s. Puis se defuble par grant ire, Jten. 746&. Il XV* s. Adont le baisa, et l'empereur du tout se deflula, et le mercia, curist. de pisan, llist. de Charles V, m, »8. Adonc leurs maris les firent défubler [décoiffer], louis xi, Nouv. LX. |j ivi' s. Quant aux maintiens et façons extérieures qu'on a coustume d'observer, comme de s'agenouiller et de se deffuler [découvrir la tète], ce sont exercices par lesquels nous nous efforçons de nous appareiller à plus grande révérence de Dieu, calv. Instit. 712.
— ËTYM. Di.... préfixe, et un radical fubUr, pour lequel voy. affubler.
t DÊKDNER (dé-fu-né), t'. a. Terme de marine. Dégarnir un mât de ses cordages.
— ÊTYM. W.... préfixe, et le latin [unis, corde. DÉFUNT, UNTK (dé-fun , fun-t') , adj. Mort. Je
vous le garantis défunt avant qu'il soit peu, mol.
Ifor. forcé, se 4a Quand je songe à la femme
Dont j'étais le mari. Dieu veuille avoir sou âme. Je la crois bien défunte.... regnahd, Démocrile, i, t. Vierge défunte, une sœur grise Aux portes des cieux rencontra Une beauté leste et bien mise, lérano. Deux sœurt de char. \\ Fig. Qui a perdu une qualité, un titre qu'il possédait. Donc à l'entour de cette métairie Défunt marquis [l'ex-marquis] s'en allait sans valets, LA FONT. Faucon. || Substantivement. De vous, qui renversez les lois de la nature. Qui, barbare, aux défunts niez la sépulture, rotrod, Anliff. v, B. 11 [un prédicateur] a si bien établi son discours, il a donné au défunt des louanges si mesurées.... sÉv. 437. Depuis la mort de la défunte, danœuRT, les Vacances, se. 6.
— REM. Mon père serait défunt si nous avions cru le médecin ;le pauvre défunt ; façons de parler bourgeoises, DE caillières, 4690. Ces locutions et autres où défunt est employé , sans mériter d'être qualifiées de bourgeoises , ont quelque chose du langage de la pratique, ou quelque chose du style fanUlier.
— HIST. XV' s. Défunt, Pereeforest, t. iv, f" 26.
— ÉTYM. Berry, defeu, au féminin, defeue; piovenç. defunct, deffunt; espagn. difunlo; ital. defunlo ; du latin defunctus , mort, proprement qui s'est acquitté, de defungi, de de, et fungi (voy. ponction).
DÉGAGÉ, ÉE(dé-ga-jé, jée), part, passé. ||l°Qui n'est plus en gage. Montre dégagée et retirée du mont-de-piété. Soyez persuadée que vous lui reverrez bientét toutes ses belles terres dégagées, toutes ses dettes payées, et que le voilà hors de l'hôpital, où il était assurément, sÉv. Lett. 24 juin 4680. Il J" Débarrassé, délivré. Plus l'esprit se fait simple et plus il se ramène Dans un intérieur dégagé des objets, corn. Imitation, i, 3. Qui n'est point tout à fait dégagé de soi-même. Qui se regarde encore ot s'aime Voit peu d'occasions sans en être
tenté, ID. ib. i, * Et vous porter après Un cœur
tout dégagé de ses trompeurs attraits, UOL. Uis. jv, 3. Des esprits dégagés de toute matière, BOSS. Démons, 4. On met en question s'il peut y avoir en cette vie uu pur acte d'intelligence dégagé de toute image sensible, ID. Connaiss. m, 4 4. Un esprit dégagé de ses préjugés et parla prêt & recevoir toutes les impressions de la divine lumière, m. Yar. XIII, § 4 4. Quand vous seriez libre d'embarras et dégagé de ces soins extérieurs qui vous détournent aujourd'hui de votre salut, votre cœur sera-t-U libre des passions? mass. Car. Salut. Libre de passions, dégagé de faiblesse. Votre cœur, je le sais, se ferme à la tendresse, reqnard, Démocr. m, *. Do vos indignes fers à jamais dégagée..., volt, fanât, v, 2. De ces chagrins mortels son esprit dégagé, U). Sémiram. l, t. Mais enfin dégagé d'une
DÉG
épouse perfide, lkuerc. Agamem. ui, 7. || Absolument. Que notre cœur se trouve tout k coup dégagé, libre, tranquille! kourdal. Fête des saints, Myst. Il 8* Tiré d'une position difficile. C'est-à-dire que cette armée s'est trouvée incommodée et que voilà celle de Luxembourg dégagée, sév. 482. || 4' Dont l'accès est débarras.sé de tout obstacle. La voie publique dégagée et rendue libre. L'infirmerie sera disposée au lieu le plus tranquille et le plus dégagé de la maison, boss. Ilègl. Que les logements fussent dégagés les uns des autres, fén. Tél. xii. || Chambre dégagée, chambre qui a un dégagement. Degré dégagé, petit degré qui sert d'issue secrète à un appartement. Il 6* Qui a de l'aisance. Une taille svelte et dégagée. Voilà un corps taillé , libre et dégagé comme il faut, mol. Avare, n, 6. || Qui n'éprouve pas d'embarras. Adieu, monsieur, vous parlez d'un air bien dégagé et presque offensant, mabiv. Surpr. de l'amour, ii, 7. Je tenais mon chapeau à la main de l'air le plus dégagé qu'il m'était possible , in. Paysan parv. t. i, 2» part. p. 448, dans pougens. Il Qui se donne trop d'aisance. Des propos libres, des airs dégagés, J. i. Rouss. Ém. iv. || Avoir des airs dégagés, avoir des manières un peu trop libres, sans gêne. || Terme de peinture. Attitudes dégagées, attitudes naturelles et aisées. |{ Terme de gravure. Burin dégagé, burin dont les tailles sont nettes et point boueuses. \\6'S. m. Terme d'escrime. Synonyme de dégagement.
DÉGAGEMENT (dé-ga-je-man), s. m. || !• Action de dégager, de tirer de gage; résultat de cette action. Au mont-de-piété, la somme des engagements est double de celle des dégagements. || Le dégagement d'une parole, d'une promesse, l'action de tenir une parole, d'accomplir une promesse ou d'obtenir que la parole, la promesse soient rendues. Il 2* Fig. Pour former de grands desseins, il faut avoir l'esprit libre et reposé; il faut penser à son aise, dans un entier dégagement de toutes les expéditions d'affaires épineuses, fên. Tél. xxu. || 8° Ton dégagé, air dégagé. Je l'exhortai [Chamillart] à n'en pas dire davantage [au roi pour s'excuser] et sur ce ton et avec cette force et ce dégagement, st-sim. 4 99, 4 60. Il 4° Terme d'escrime. Action de dégager le fer. Faire un dégagement. {| Terme de danse. Action de tirer un pied engagé derrière l'autre , pour le faire passer devant ou à côté. |{ 6" Terme d'architecture. Sorte de moulure qui forme des grains d'orge détachés. || Terme de menuiserie. Élégissement [action de dégrossir] qui détache une moulure de son champ. Il 6* Partie d'un appartement qui sert de passage, de communication d'une pièce à une autre. Pratiquer un dégagement. Escalier de dégagement. Galerie qui conduisait, par un dégagement, du cabinet du roi à ceux de ses maItresses,HAUjLT. Gramm. 4 4 . Le comte de Fiesque régla les dégagements, les commodités et jusqu'aux ornements de sa maison, stsiu. 76, 229. Il Pièce de dégagement, pièce qui sert à dégager les appartements, eu sorte qu'on peut y entrer et en sortir, sans passer par la porte ordinaire. Il 7° Terme de chimie. Sortie des gaz et des vapeurs hors des corps qui les contiennent. Le dégagement de gaz fut abondant. |{ 8' Terme de gravure. Action de repasser la pointe autour des traits gravés déjà, pour ôter plus facilement l'acier ou le bois des vides.
— ÉTYM. Dégager.
DÉGAGER (dè-ga-jé. Le g prend un « quand il est suivi d'un a ou d'un o : nous dégageons, dégageant), ». a. Il 1" Retirer ce qui avait été engagé, donné en hypothèque, en nantissement. Dégager sa
vaisselle, ses pierreries Nousdevions tantôt le
dégager [un bijou]. Et contre mon avis vous avez fait la chose, regnard, Joueur,\, 7. |j i' Par extension, dégager sa parole, la retirer quand elle a été donnée sous des conditions non remplies, ou bien la tenir. Anne.... dégage envers nous la promesse des cieux, MALE, u, 8. Demandons-lui [à Dieu] qu'il nous console, Qu'il nous secoure en cet ennui, Saint Paul nous l'a promis pour lui ; U dégagera sa parole, corn. Imit. i, 43 Qu'il achève
et dégage sa foi , Et qu'il choisisse après de la moi t ou de moi, w. Cinna, m, 6. Dégage ton serment, je tiendrai ma parole, ID. Perthar. m, >. Mon devoir m'intéresse. Mon père, à dégager vers lui votre promesse, mol. Sgan. 23. Je ne prétends pas qu'un impuissant couiroui Dégage ma parole et
m'acquitte envers vous, bac. Jirit, l, 3 J'ai
couru partout où ma perte certaine Dégageait mes serments et finissait ma peine, ID. Androm. n, 2. Vous-même dégagez la foi de vos oracles, ID. Iphig. v, 2. Je reviens dégager mes serments et les tiens, VOLT 7nl'e, t, 4. Il Défftger quelqu'un de sa pa-
DÉG
rôle, la lui rendre,- l'en affranchir. D'un serment solennel qui peut nous dégager? corn. Bot. i, >. Il 8' Débarrasser, délivrer. Je ne suis point d'avit De dégager mes jours pour les rendre asservb, b£- GNiER, Sat. tu. Jusqu'à ce que ma roaio de ses fers le dégage, corii. Nieom. v, 7. C'est assez dignement répondre à tes bienfaits Que d'avoir dégagé ton fils de tes forfaits, lo. Iléracl. iv, 6. D'un choix abject son bras l'a dégagée, ID. Sertor. v, 4. .... Vos intérêts seuls me mettent en danger. Je vais périr, madame, ou vous en dégager, ID. Nicom. v, 6. Othon près d'un tel maître a su se ménager, Jusqu'à ce que le temps ait pu l'en dégager, id. Othon, m, s. Tous s'accordèrent à le plaindre, les uns d'une faute qu'il a faite par une véritable nécessité, les autres de ce qu'il a dégagé ses devoirs par une faute , la rociief. Mém. 207. De son trop de vertu sachons le dégager, corn. Perthar. m, 6. Qui l'a mieux dégagé de ses deslins contraires? ID. JVicom. IV, 2. De ce petitchagrin le ciel m'a dégagée, iD..i0^ sil. Il, 7. Elle lesdégagedes intérêtsdu monde, PASC. Prov. 2. Pour dégager l'ime de l'amour du monde, pour la retirer de ce qu'elle a de plus cher, id. Prov. 6. Trop de reconnaissance est un fardeau peutêtre; Mon cœur vous en dégage.... volt. Tancr. IV, 4. Va, de ce vain respect ma fureur te dégage, Ducis, Abufar, in, 4. || Fig. Dégager son cœur, rompre un engagement d'honneur ou de galanterie. Il 4° Dégager un soldat, lui faire obtenir, lui donner son congé. Je vendrai tout le peu que j'ai pour dégager mon fils, MARMONTEL.lfM. 11. |i 6' Débarrasser un lieu qui était obstrué. Dégager la voie publique, un passage. || Terme militaire. Dégager une province, en chasser les ennemis, les bandes qui l'occupaient. Après avoir dégagé les côtes par deux victoires, LucuUe tourne ses armes vers le continent, bollin, Jlist. anc. Œuvres, t. x, p. 490, dans POUGENS. || Dégager les appartements, disposer les chambres de telle sorte qu'elles ne soient pas sujettes les unes des autres. || 6' Terme de médecine. Dégager les organes, les débarrasser de ce qui les gêne. Un bain de pied lui a dégagé la tête. || 7' Tirer d'entre des gens qui pressent ou qui attaquent. La cavalerie ennemie l'avait entouré ; un retour de ses gens le dégagea. Il remonta bien vite, tout mouillé [au passage du Rhin], sur un autre cheval, et s'en alla assez joliment charger les ennemis et dégager M. le Prince, qui venait d'être blessé, sÉv. 683. On dégagea Philoclès des mains de ces trois hommes, pén. Tél. xui. || Terme militaire. Tirer un corps de troupe d'une position difficile, dangereuse. Ce grand voyagede M. le Prirce 01 de M. de Turenne pour aller dégager M. de Luxembourg es) devenu à rien, sÉv. 282. || Terme de manne. Dégager un vaisseau, le délivrer de la poursuite des vaisseaux ennemis. ||S' Terme d'escrime. Dégager b fer, ou, absolument, dégager, détacher son arme de celle de son adversaire et la passer à droite ou i gauche de celle-ci. || 9° Donner de l'aisance. Cet habit dé-
I gage bien la taille. L'habit de cour, si favorable aux jeunes personnes, marquait sa jolie taille, dégageait
j sa poitrine et ses épaules, j. j. Bouss. Confess. m.
! Il 10° Terme de gravure. Repasser la pointe autour des traits déjà gravés, pour enlever plus facilement le bois des vides. || Terme de maçon. Dégager une pierre, lui ôter ce qui est superflu. i| 11" Terme de chimie. Séparer une substance d'une autre. Davyest le premier qui parvint à dégager le potassium et le sodium de leurs oxydes, qu'on regardait comme des corps simples. La chaleur dégage certains gaz de leurs combinaisons. || Produire une émanation. Cette substance dégage une odeur sulfureuse. || 12' Terme de mathématiques. Dégager une inconnue, faire les opérations nécessaires pour que cette inconnue se trouve seule dans un membre de l'équation, tandis que l'autre membre en contient la valeur en quantités, soit connues, soit inconnues ou composées des unes et des autres. || 18* Terme de danse. Dégager le pied, le détacher de l'autre. || Absolument. Dégager, faire un pas en détachant vivement uv pied ou une jambe de l'autre. {| 14° Se dégager, c. réfl. Rompre un engagement, se déliarrasser. Mon père m'a dit, monsieur, que vous étiez venu vouv dégager de la parole que vous aviez donnée, hol. Jfar. forcé, se. 46. Dans une peine si cruelle Le plus sûr serait de changer; Mais tant qu'on vous verra si belle. Le moyeu de se dégager? i^isabliêrs, dans E1CHELEI. La foi ne fut jamais dans Rome un esclavage. Chacun comme il lui plaits'engage et se dé^-age, Pêchantbé, I/. de Kéron, u, 6. Dégagez-vous des soins dont vous êtes chargé, bac. Androm, u, ». Heureux si je pouvais en ce désordre extrême Du parti que je hais me dégager moi-même, volt.
hEC,
Calîl. m, I. Je veui me désaprer au pniiis de mes soupçons, DElAV. Vêpres sicil. m, 6. || 15* Se tirer de gens qui pressent ou qui assaillent. U sa dégage!) à coups d'épée des ennemis qui déjà le saisissaient.il ne s'échappa de la (lotte romaine que trente vaisseaux, qui, étant auprès du consul, prirent la fuite avec lui en se dégageant le mieux qu'ils purent le long du rivage, eollin, Hisl. ane. (Jimres, t. t, p. 335. Napoléon se dégagea en silence de l'immense attirail qu'il entraînait après lui, et s'avança sur la vieille route de Kalougha, ségur, Hist. de Napol. IX, I, Il Se dégager de quelqu'un, se tirer de son étreinte. Corinne comprit sa pensée, et, l'interrompant aussitôt en se dégageant doucement de ses bras.... STAÈL, Corinne, viii, <. {| Se dégager de quelqu'un, le quitter. Ils ne songent qu'à se dégager de vous, LA BRHY. V. || Se dégager de quelqu'un, retirer la promesse qu'on lui avait faite de répondre à son invitation, pour un dîner, une soirée, un bal, etc. On m'attendait ailleurs, je me suis dégagé pour avoir le plaisir de souper avec vous, hauteroche, Soup, mol appr. se. <2. C'est justement notre amphitryon, je vais me dégager, boissy, Franc, à Londres, se. i3. \\ 16"> Être dégagé. Plus elle avance, plus les voies se dégagent, mass. Car. Prod. Il Terme de médecine. Être débarrassé de ce qui engorgeait. La tête se dégage. || Sortir, en parlant de gaz, d'exhalaisons. Le gaz, la mauvaise odeur qui s'en dégage.
— HlST. XI!' s. Pur co s'ala à Turs [Tours] celé nuitherbergier, Esaveir se li reisle voldreit là baisier; Mais il ne porta là ne maille ne denier; Ses guages U covint rachater u laissier; Ne li reis nel baisa, n'il nés fist desguagier. Th. le mart. UT. Il XIII* s. Ce sont li franc jour que on ne respont mie à clains, ne qu'on ne va mie deswagier [faire une saisie], TAiLLiAR, Recueil, p. 463. || xvrs. Voiant son infanterie qui ne se pouvoit plus desgager sans combat, il s'y résout, n'AUB. ii, <81. Ce m'est plaisir d'estre désintéressé des affaires d'aultruy et desgagé de leur gariement, mont, m, 27(.
— P.TYM. Dé.... préfixe, elgage.
DÉGAINE (dé-ghê-n'), s. f. Terme familier. Tournure ridicule , façon maladroite. Quelle dégaine I Mais le voilà; voyez la belle dégaine, vadé, Niçoise, se. 4. ||Fig. Oui, tu m'aimes d'une belle dégaine, MOL. Don Juan, n, 1.
— REM. Voy. DÉGAINER.
— ÉTYM. Voy. DÉGAINER. Un homme empêcha dans ses habits et ne se remuant pas est comparé à un objet dans sa gaine, et, quand il se meut, il a l'air de se dégainer; d'où l'emploi figuré de dégaine.
DÉGAINÉ, ÉE (dé-ghê-né, née), part.passé. Une épée dégainée.
DÉGAINER (dé-ghê-né), V. a. || 1° Tirer une arme tranchante de sa gaine. Il ne fallait les premiers dégainer l'épée, noss. For. <o. ||Fig. Je n'ai rien. — Et Morgue, dégainez vos écus, HAnTEROCHE, le Deuil, se. <4. Il 2° Absolument. 11 fallut dégainer, on l'a forcé à dégainer, c'est-à-dire il fallut mettre l'épéeàlamain, on l'a forcé de mettre l'épée àla main. ....Mais si, par aventure, Comme les hommes sont souvent impatients, U voulait dégainer avant qu'être céans, scarron, Jodelet, iv, 7. Vous êtes de l'humeur de ces hommes d'épée Que l'on trouve toujours plus prompts à dégainer Qu'à tirer un teston s'il le fallait donner, mol. l'Étnur. m, 5. Mais lui, sourd aux raisons qu'il a pu lui donner, A voulu sur le champ le faire dégainer, regnard, Uénechm. iv, 8. Il Familièrement. Brave jusqu'au dégainer, se dit d'un fanfaron, et aussi de quiconque promet beaucoup et ne tient rien. C'est ce qui s'appelle brave jusqu'au dégainer, sfiv, 23). [| Proverbe. Une frappe pas comme il dégaine, il est plus terrible en menaces qu'en effets.
— REM. L'Académie, qui met un accent circonflexe à ga^ne, n'en met pas au composé dégainer. C'est une anomalie inutile.
— HIST. XV* s. Tellement leva à chacun la colère, qu'ils se levèrent en piez, et mirent chacun la main à la dague, et vouloient deguainer l'un sus l'autre furieusement, if^m. d'oL. de la marche, p. 33, dans LACDRNE. Les paroles qu'elle décocha ne furent pas moins tranchantes que rasoirs dégainant bien affilés, LOUIS XI, JVout). I. Il xvi* s. Leur vraye justice est de persécuter les meschans à glaive desgainé, calv. Instit. 4 200. Si aucun desguainnoit l'espée ou baissoit la pique, il ne pouvoit plus renguainner ni relever la pique, amyot, Pyrrhus, 76,
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et gaine.
tDÉGAINEUR (dé-ghê-neur), ». m. Bretteur,
ferrailleur. Tous ces grands dégaineurs sont gens que l'on évite; Et le solide honneur dont on doit faire
DÉG
DÉG
loin
cas Ne consiste jamais à faire du fracas, hadtkboche, Nnbles de prov. i, <.
— f.TYM. Dégainer.
t DÉGALAGE (dé-ga-Ia-j'), ». m. Action de dégaler.
— ÉTYM. DégaXer.
t DÉGALER (dé-ga-lé), v. a. Terme de chapelier. Débarrasser les peaux de ce qu'elles ont d'inutile ou de nuisible. Peaux dégalées.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et uale dans le sens d'ordure.
t DÉGALONNER (dé-ga-lo-né), v. a. Oter les galons. Tous, dégalonnant leurs costumes. Vont au nouveau chef de l'Etat De l'aigle mort vendre les plumes, BÉRANO. Deux grenadiers.
— HIST. XIV* s. De sa couronne Son chef [tête] blond doré [elle] desgalonne; Tout le brueil et le gaut [bois] resonne De son clair ton, iande dorée, dans JDBINAL.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et galon.
DÉGANTÉ, ÉE (dé-gan-té, tée), part, passé. Une
main dégantée.
DÉGANTER (dé-gan-té), V. a. ôter les gants. Mme de Gêvres dégante sa main gauche, sÉv. 27. Il Se déganter, v. réfl. ôter ses gants. Quand tu te dégantais pour la collation, i. J. rooss. Ilél. i, 34.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et gant.
DÉGARNI, IB (dé-gar-ni, nie), part, passé de dégarnir. Une table dégarnie. Un pays dégarni de troupes. Une tête dégarnie de cheveux. 11 me reçut les larmes aux yeux, que sa joie de me revoir ou le chagrin de me recevoir dans une salle dégarnie pouvait également faire couler, Marivaux, Pays. parv. t. IV, 7* part. p. 41 , dans polgens.
DÉGARNIR (dé-gar-nir) , v. a. \\ 1* ôter ce qui garnit. Dégarnir un appartement, une cheminée, une robe. || Dégarnir une place, lui retirer une partie de sa garnison, de ses armes. S'ils s'engagent à défendre le défilé, ils seront obligés à dégarnir leurs quartiers. Relation de la campagne de Rocroi, dans RiCHELET. Il Dégarnir un arbre, en couper les branches inutiles. |j Terme de marine. Dégarnir un vaisseau, en ôter les agrès. || 2» Se dégarnir, v. réfl. Cesser d'être garni, fourni, pourvu. La salle se dégarnit de spectateurs. Les banquettes se dégarnissent, ceux qui les occupaient s'en vont. Cet arbre se dégarnit, il perd ses feuilles. Sa tête s'est promptement dégarnie, ses cheveux sont tombés de bonne heure. Chaque matin il fallait que nos soldats allassent au loin chercher la nourriture du so'r et du lendemain; et, comme les environs de Moscou se dégarnissaient de plus en plus, on s'écartait tous les jours davantage, ségur, Uist. de Napol. viii, <0. Il Diminuer les vêtements dont on est couvert. Il s'est enrhumé pour s'être dégarni trop tôt. Le temps est encore froid, il serait dangereux de se trop dégarnir. Il Se dessaisir de son argent comptant. En ce temps il est bon de ne pas trop se dégarnir.
— HIST. XI* s. Ehl Saragoce, come es hui desguarnie, Ch. de Roi. clxxxiv. || xiir s. Vo cor [votre personne] [vous] me presentastes, oii ono n'ot vilenie; Mais jà ère [j'étais] pour vous de mon cuer desgarnie, audepr. le bast. Romancero, p. ^2. U ne le trouva pas esbahi ne desgarni , ains se deflendirent les gens le roi bien et vigheureusement, Chron. de Rains, p. 42. Prenons denier et autre avoir. Si que nous vivons à honor Là où nous serons à sejor; Quar la gent qui va desgamie En estrange leu est honie, ruteb. 3)3. Renart fait commun ban crier, Tout soient d'armes desgarni, Ren. t. IV, p. 2)9. Il xiv* s. De tiex harnois là prendre seulent [ont coutume] Li desgarni, qui prendre veulent, G. ouiART, dans du cange, artilleria. Lieux desgarniz de deffenses, bercheure, f°B2, verso. Il ont dit un parler en commune raison. Que chastel desgarni ne vaut pas un bouton, Guesct. <6462. Il XV* s. Le royaume de France est si grand, et tant y a de bonne et noble chevalerie et escuyerie, qu'il n'en peut estre desgarni, fkoiss. i, i, 3)b. Exceptez des desgarnis de foi et vuidez d'espérance,
A. CHARTIER, CEuVTeS, p. 2)9, dans RAYNOOARD.
Il xvi's. La republique insidiée d'ennemis, desgarnie d'amis, m. du bellay, bo2. Il escrivit au sénat en leur faveur, priant qu'on lui permist de remplir les bandes de son 'armée, à mesure qu'elles viendroient à se desgarnir, de ces pauvres hommes-là, amyot, Marcetlus, ^8. Que je suis desgarni de force et de vertu! bertaut, p. 8, dans baynouard.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et garnir; provene. desgamir , desguamir; espagn. desguamecer; ital. sguernire.
I DÉGARNISSEMENT (dé-gar-ni-se-man), s. m. Action de dégarnir; état de ce qui est dégarni. Il
s'agissait du dégarnissement des places et du mauvais état des troupes, st-sim. 232 09.
— ÉTYM. Dégarnir.
t DÉGASCONNER (dé-ga-sko-né) , v. a. Faire perdre l'accent gascon , les manières gasconnes. Ce docteur en langue vulgaire avait accoutumé de dire que depuis tant d'années il travaillait à dégasconner la cour et qu'il n'en pouvait venir à bout, balz. Socr. chrét. Disc. 40. || Se dégasconner, v. réfl. Perdre l'air, l'accent gascon.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et gascon.
DÉGA.T (dé-gâ; le ( se lie: un dé-gà-t afi^reux; au pluriel, l's selle: desdé-gâ-z affreux), ».m.|| 1* Dommage causé par une cause violente. La grêle, l'or.i;» a fait de grands dégâts. Le passage d'une arn, » cause toujours des dégâts considérables. Lagueire en quatre jours, au pied de vos murailles. Fera t plus de dégât que cinquante ans de tailles, boursaut. Fables d'Ésope, ii, s. [Les paysans] Forcés de souffrir le dégât que le gibier fait dans leurs champs sans oser se défendre, i. j. rouss. Confess. xi. || Ternie de guerre. Faire le dégât, ravager. Faire le dég:'.t d'une province, vaogel. Q. C. )e8. Il [Corbulon] y marcha avec son armée sans faire le dégât aux lieux par où il passait, h'ablanc. Tac. 4B0. M. d'Humières a fait un très-grand dégât partout, sÉv. 267. Deux cents barques normandes s'approchèrent de la Rochelle et tâchèrent de surprendre cette ville, pendant que les armateurs de Bayonne faisaient le dégât aux environs, st-foix, Ess. Paris, t. v, p. 62, dans pouGENS. || Dommage causé par les personnes aux propriétés d'autrui, par les bestiaux dans les terres d'autrui. || 2° Consommation excessive et prodigue de denrées. On fait un grand dégât de bois, de vin dans cette maison.
— HIST. XV* s. Cils de Toulouse s'en plaignoient trop grandement pour les degats et le grand dommage qu'ils [ceux de Lourdes] leur faisoient, fboiss. Il, m, 8. Il XVI* s. Vous semez ces fruicts, afin qu'il en face le degast, mort, iv, 3b3. N'ayant reçeu autre profit de ces grandes guerres, sinon degast d'argent et consommation d'hommes, lanoue, 353. Les estrangers fesoient en France des degau incroyables, Mém. ». du G. ch. 7.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, avec le t»m augmentatif, et l'ancien français gast, qui avait le même sens qu'aujourd'hui dégdt (voy.oÀTER) ; provenç. deguais.
DÉGAUCHI, lE (dé-gô-chi, chie), part, passé de dégauchir. Une planche dégauchie.
DÉGAUCHIR (dé-gô-chir), v. a. || 1* Terme de métier. Dresser un ouvrage, soit en bois, soit en pierre, le rendre uni, droit, en retranchant ce qu'il a de trop ou d'irrégulier. || Terme de charpentier de marine. Commencer à donner à une pièce de bois la courbure qu'elle devra avoir quand elle sera tout à fait travaillée. || 2" Fig. et familièrement, corriger la gaucherie. Dégauchir un jeune homme. || 3° Fig. Se dégauchir, c. réfl. Devenir moins gauche. Ce jeune homme commence à se dégauchir.
— HIST. m* s. Et sera bon sur l'aage de dix huit ans, quand ils auront le jugement ferme, leur faire desgauchir la pluspart de ce qu'ils liront, pour servir à la science de laquelle ils voudront faire principalement profession, des accords, Bigarr. f to, verso, dans lacurne.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et gauche.
t DÉGAUCUISSAGE (dé-gô-chi-sa-j'), ». m. Voy déoauchissement.
— ÉTYM. Dégauchir.
DÉGACCHISSEMENT (dé-gô-chi-se-man), ». m.
Action de dégauchir, de dresser une surface.
— ÉTYM. Dégauchir.
t DÉGAZER (dé-ga-zé) , ». a. Terme de chimie. Expulser les gaz d'un corps qui en contient.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et gai.
t DÉGAZONNEME.VT (dé-ga-zo-ne-man), s. m. Destruction ou enlèvement des gazons d'un terrain.
— ÉTYM. Dégasonner.
+ DÉGAZONNER (dé-ga-zo-né) , v. a. Détruire ou enlever le gazon d'une lande, d'un pâturage, d'un» prairie.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et gaxon.
DÉGEL (dé-jèl), ». m. Fonte naturelle de la glace et de la neige par l'adoucissement de la température, qui remonte au-dessus du zéro de l'échelle du thermomètre. Nous avons eu de cruels temps, de cruels froids, et je n'en ai pas été seulement enrhumée; voilà le dégel, je me porte si bien.... sét. *)•. || Par extension, adoucissement de l'air.
— HIST. XV* s. Et au dégel des dites rivières en advint plusieurs grands maulx et dommaiges, jeah DE TBOYES, Chron. )480. Et au desgiel furent par force de glaces les ponts de Paris rompus, Geste det
DË6
noblet, dan» ttiiivillr, p. 4)7.||xn«». Ha, dit Ca> tin, le graod desgel s'approclie, habot, m, 448.
— ÉTVM. Voy. DÈOELEB.
DÉGELÉ, ÉE (dé-je-lé, Ue), part, passé. Qui a éprouvé le dé^el. La rivière dégelée tout à coup. Il Fig. et familièrement, qui n'est plu» froid, indifférent. Il me parut bien dégelé sur l'estime qu'il a du lui , sev. M».
t DËGKLÉB (dé-Je-lée), ». f. Populairement, volée de coups. Il a reçu une bonne dégelée.
— ETYM. Dégeler.
f DÉGÈLEMKNT (dé-gè-le-man), s.m. Action de
dégeler, de se dégeler.
— HiST. XVI* 8. Degelement, koitkt, Dict.
— f.rVM. Dégeler.
DÉGELER (dé-je-lé. La syllabe g» prend un accent
grave quand la syllabe qui suit est muette : je dégèle; je dégèlerai), v. a. || 1* Faire fondre ce qui était gelé. Le vent du sud a dégelé la rivière. Si l'on fait dégeler trop précipitamment des fruiti, ils se pourrissent à l'instant, bupf. Exp. sur les végét. 4* mém. Il S" Familièrement, récbauiïer. Il fallut tous les fagots de la petite maison pour le dégeler, HAHiLT. Gramm. 9. || Fig. D'Antin obtint le gouvernement d'Orléanais; il en fut si transporté qu'il s'écria qu'il était dégelé, que le sort était levé, st-sim. 4S7, 243. Il a* V. n. La rivière dégèle. || Impersonnellement. Il dégèle, le temps s'est mis au dégel. Il a dégelé cette nuit, || Fig. et populairement, mourir. Le jiauvre diable a dégelé cette nuit, est dégelé depuis hier; par comparaison il un fruit gelé qui, se dégelant, se pourrit. || 4° Se dégeler, v.réfl. Cesser d'être gelé. Les fontaines commencent à se dégeler.
— REM. Dégeler, pris neutralement et impersonnellement, ne se construit qu'avec l'auxiliaire avoir: il a dégelé cette nuit. Autrement il se construit avec l'auxiliaire avoir, quand on eiprime l'action : ces pommes gelées ont dégelé tans se g&ier ; avec l'auxiliaire être, quand on exprime l'état : ces pommes sont dégelées.
— HlST. XIII* s. Quant il [les clercs] ont bien le pueple & leur pooir pelé, Et il ont de l'avoir assez amoncelé, Adonc sunt des prelas bel et gent apelé; Lors reprennent estât quant il sunt desgelé, ). de MEL'NC, Test. «M. Il xv* s. Mais tost mon esprit se desgolle Lorsque je mouille le gosier, Et je me remets en cervelle Pots et verres & manier, bàsseuh,
— ËTYM. Dé.... prétixe, «t gtieri bourguig. déjallai.
1 DÉGËNER (d<-jè-né), V. a. Tirer de la gène.
— HIST. xvi* S Amour ma journalière peine
Mon triste cœur obstinément demaine.... Si dcgeniier ne le veut ta pitié, Poésies de loys le cahon, f<>2l , verso, dans lacuhnk.
— ÊTYM.W.... préfixe, ai gêner; Berry, dégêner, mettre à l'aise.
t DÉGÉNÉRANT, ANTE (dé-jé-né-ran, ran-t'), adj. Oui dégénère. Les races dégénérantes.
DÉGÉN'ÉRAXION (dé-jé-né-ra-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. || 1* Action de dégénérer, état de ce qui est dégénéré. La dégénération des espèces. C'est pour avoir méconnu cette dégénération [de l'homme] que las philosophes de l'antiquité tombèrent en <l'étranges erreurs, CHATEAUB. Génie, I, 4, Il 2* Terme de médecine. Altération morbide d'Un solide ou d'un liquide.
— ETYM. Lat. degeneratio, de degenerare, dégénérer.
DÉGÉNÉRÉ, ÉE (dé-jé-né-ré, rée), part, passé. Un cheval dégénéré. Romains dégénérés, sans vigueur, sans constance, M. J. ciién. Gracques, i, i, 4. Combien de génies qu'une méthode contraire a fait avorter! combien de talents étouffés ou dégénérés dès leur naissance par une culture mal entendue I BONNET, Ess. psychol. ch. 79.
DÉGÉNÉRER (dé-jé-né-ré. La syllabe «éprend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je dégénère, excepté, exception qui ne se justifie pas, au futur et au opuditionnel : je dégénérerai, je dégénérerais), V. n. Il 1* Se détériorer avec le temps, en parlant de ce qui a vie ou de ce qui est assimilé aux êtres vivants. Le blé dégénère dans un mauvais terrain. Dans certaines circonstances, les races périssent ou dégénèrent. La chèvre y a beaucoup réussi, mais la brebis a dégénéré, et sa toison est extrêmement grossière, bàynal, Hist. pliil. vu, 28. Les grains les plus heureux.... Dégénèrent enfin, si l'homme avec prudence Tous les ans ne choisit la plus belle semence, deulls, Georg.i. || 2° S'écarter en mal, de l'origine dont on sort, du pouitoii l'on est, en parlant des personnes. Dégénérer de ses an cêtres Dégénérer de la piété de ses ancêtres , vk-
DEG
TitD, Plaidoyer 4t , dans ricrelkt Le filsdé-
génère Qui survit un moment à l'honneur de son pi^re, CORN. Cid, ii, 2. Dégénérons, mon coeur, (l'un si vertueux père, m. //or. iv, 4. Ces neveux qui peut-être auront peine à les suivre.... Et n'en auront le sang que pour dégénérer, id. Suréna, I, 3. On eut soin d'empêcher qu'une indigne mattresse Ne fit en ses enfants dégénérer son sang, la PONT. Fab. vin, 23. Il est impossible de dégénérer de la vraie religion sans dégénérer de la vraie [)robité, BotiRDAL. Carême, il, Rehg. elprob.p. 2t3. Les Grecs dégénèrent de cette mervellleuso simplicité, FÉN, Tél. XVII. Ces hommes qui paraissent avoir dégénéré de l'espèce humaine, buffon. De l'homme, Yariétéi. || Dégénérer dans l'esprit de quelqu'un, perdre de l'estime qu'il avait pour nous. Timante, toujours le même et sans rien perdre de ce mérite qui lui a attiré la première fois de la réputation et des récompenses, ne laissait pas de dégénérer dans l'esprit des courtisans.... il lui fallait cette pension ou ce nouveau poste.... labritt. viii. ||Sedit aussi des choses qui se détériorent. Avant que les mœurs des chrétiens eussent dégénéré, UASs. Car. Pet. nombre des élus. C'est le sort ordinaire des choses humaines, quand elles sont parvenues à leur plus grande perfection, d'en déchoir bientêt et d'aller toujours après an dégénérant, rol- LIN, Uist. ane. xxv, m, art. 2. Ses mœurs avaient surtout dégénéré dans le climat voluptueux des Indes, BATNAL , Uist. phil. iv, 24. Il 8* Dégénérer en, changer de bien en mal, de mal en pis, ou , quelquefois seulement, passer d'une manière d'être à une autre. Ces gens avant l'hymen si fâcheux et critiques Dégénèrent souvent en maris pacifiques, mol. Dépit, am. y, ». Sa piété dégénère en idolâtrie, boss. Uist. i, 6. Ils empêchèrent que la liberté ne dégénérât en licence, id. Uist. m, 6. La crainte de fâcher dégénère en faiblesse, ID. Polit. Plusieurs disaient, pour sonder les esprits, que l'État monarchique était préférable à une république qui était dégénérée en pure anarchie, VERTOT, Hévol. rom. liv. xui, p. 25t. La beauté de votre argent s'est changée en boue, et la force de votre vin a dégénéré en la faiblesse de l'eau, MASS. Car. Enf. prod. La fêle de St Léonce , évêque d'Hippone, étant proche, le peuple murmurait de ce qu'on voulait l'empêcher de la célébrer avec les réjouissances ordinaires, c'est-à-dire de faire dans l'église des festins qui dégénéraient en ivrogneries et en débauches, rolun. Traita des Et. iv, cb. 2. Une guerre de plume entre tant de partis, pendant que l'État était occupé do grandes choses, et que le gouvernement était tout- puissant, ne pouvait devenir en peu d'années qu'une occupation de gens oisifs, qui dégénère tôt ou tard en indilTérence, volt. Louis ÎIY, M. Il On dit quelquefois, bien que moins souvent, dégénérer dans, au lieu de dégénérer en. La chanté ne doit point dégénérer dans ime tolérance aveugle et pusillanime, bourd. Pensées, t. ii, p. 473. Il i° Terme de médecine. Se changer en une maladie plus ou moins violente. Son rhume a dégénéré en catarrhe. || Terme d'anatouie pathologique. Dans certaines paralysies , les muscles dégénèrent en une substance graisseuse.
— REM. 1. Dégénérer se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand il exprime l'action : ces grains ont dégénéré rapidement; avec l'auxiliaire être quand il marque l'état : ces graines sont dégénérées depuis longtemps. || 2. Dégénérer prend la préposition de quand nous voulons marquer l'origine dont on s'est écarté; et la préposition en, quand nous voulons marquer l'imperfection dans laquelle une chose est tombée.
— HIST. XVI* s. Ceste glande s'aposteme et ulcère, et quelquefois se dégénère en fistule, p.\ré, xv, )6.
ETYM. Lat. degenerare, de de, et je»iu«, genre : sortir de son genre, de son espèce.
DÉGÉNÉRESCENCE (dé-jé-né-rè-ssan-s') , *. f. Il 1° Disposition à dégénérer. || 2* Terme d'histoire naturelle et de médKCine. Changement qu'éprouve un corps organisé lorsque, passant sous l'empire d'autres circonstances, il perd son caractère générique et se détériore. La dégénérescence des espèces. En ce sens il est synonyme de dégénération. Il Terme d'anatomie pathologique. Altération de tissus ou d'humeurs, production accidentelle.
— ETYM. Dégénérescent.
t DÉGÉNÉRESCENT, ENTE (dé-jé-né-rè-ssan ,
ssan-t'), adj. Terme didactique. Qui subit une dégénération.
— ETYM. Mot formé de degenerare, dégénérer, sur le modèle des verbes en e^cere, fiuale qui est iucboative et qui indique tendance.
' DÉGINGANUe, ËE (dé-jin-gao>dé , dé«), part, passé. Il 1* Qui a quelque chose comme disloqué dans sa démarche, dans son attitude, dans sa contenance. Cette femme esttoutu dégingandée. Jamais personne si peu soigneuse d'elle-même [que la duchesse de Lorge], si dégingandée, coiffure de travers, habits qui traînaient d'uncêté, ST-siu. 367, 2<o. Il Par extension. L'Iiabit dfgmgandé de galérien, sËv. 427. Il 2* Viit. Esprit dùgiiigandê. Style dégingandé. Pièce djgingaiidée. Avec la tristesse de voir notre commerce [correspondance] dégingandé, sEv. 2<3. Je TOUS prie de ne pas croire que j'aie faitTancréde comme on le joue à Paris; les comédiens m'ont ca.ssé bras et jambes; vous verrez que la pièce n'est pas si dégingandée, volt, dans LAVEAiix. Il C'est un terme familier.
t DÉGINGANDEHENT (dé-jin-gan-de-man) , t.
m. Etat, aspect d'une personne dégingandée. || Fig. Défaut d'union. Vu l'humeur de Monsieur incorrigible de tout point, la division du parti irrémédiable par une infinité de circonstances, et le dégingandcment, si l'on peut se servir de ce mot, passé, présent et à venir de tous ces partis, betz, iléin.
p. 267, dans LACURNE.
— ETYM. Dé'iiugandé.
t DÉGINGANDER ^dé-jin-gan-dé), v. a. Terme familier. Donner un air comme disloqué i sa taille, à son attitude, à sa marche. Sa taille promettait d'abord quelque beauté; Mais voyez, elle l'a toute dégingandée, BADTEROciiE,Boury. de qualité, n, 2. Il Se dégingander, v. réfl. Se rendre dégingandé.
— HIST. zvi* s. Crucifiez, bouillez, escarbouillez, escartelez, debingandez ces méchants, raiiel. dans le Dict. dé DOCHEZ. Desgingander, oudin, Dict.
— ËTYM. Génev. degigandé; Reny ,degignenand^ ; ce parait être un mot burlesque formé du préfixe dé.... et de gigue, dans le sens de jambe : qui n'est pas bien sur ses jambes.
•[ DÉGÎTER (dé-ji-ié) ,v.a. Terme de chasse. Faire sortir du gîte. || Se dégtter, v. réfl. Quitter son gite.
— HIST. zvi* s. Degister un lièvre, cotgrave.
— ETYM. Dé.... préfixe, et giU. fDÉGLACER (dé-gla-sé. Le c prend une cédillede-
vantaeto.-dégla(ant, déglaçons), V. a. Oter laglace, fondre la glace. || Se déglacer, v. réfl. N'être plus glacé. C'estma reine elle-même avec mon secrétaire; Tout mon corps se déglace..., corn. Illusion, m, 8.
— HIST. zvi* s. Une grande multitude de soldats que vous voyez en une montagne des Alpes bien empeschez au soleil k desglacer leurs doubles moustaches, d'a;:b. Fan. iv, 20. D'amour tout le premier flambeau. Qui déglaça sa froideur endormie, bons.
— ETYM. Dé.... préfixe, et gUue.
t DÉGLANDER (dé-glan-dé) , v. a. Terme de vétérinaire. Extirper, chez le cheval, dans la cavité glossienne les ganglions lymphatiques dont l'induration constitue les glandes de la morve. || On dit aussi églander.
— ËTYM. Dé.... préfixe, et glande.
t DÉGLOCTERONNER ( dé-glou-te-ro-né ) , v a. Terme de foulon. Débarrasser la laine desglouterons.
— ETYM. Dé.... préfixe, et gloiiteron.
DËGLUÉ, ÉE (dé-glu-é, ée), part, passé. Un oiseau déglué.
f DËGLUEUENT (dê-glu-man), s. m. Action de dégluer.
— HIST. XVI* s. Degluement, uonet, diet.
— ETYM. Dégluer.
DÉGLUER (dé-glu-é), c. a. || 1* Oter la glu. Dégluer un bâton. Il 2° Par extension, dégluer les yeux, êter la chassie attachée aux paupières. || 3* Se dégluer, f. réft. Se débarrasser de la glu. Les oisillons se dégluèrenl.
— HIST. XVI* S. Pour ce qu'on prend souvent l'oyseau au glu, où on le prcnt, on luy presse ou rompt les pennes; s'eiisuyt la manière de le dosgluer et de ses pennes rabiller, fouillûux, Fauc. f* es, dans
LACURNE
— ETYM. Dé.... préfixe, etyJu; génev. déglétir. t DÉGLUTINËR ( dé-glu-ti-né ), «. a. Terme de
chasse. Enlever la glu qui s'est attachée au plumage d'un oiseau.
— ETYM. Dé.... préfixe, et glu.
DÉGLCTlTIOff (dé-glu-ti-sion), s. ^. Terme do
physiologie. Action d'avaler, action par laquelle les substances alimentaires sont portées de la bouche dans l'estomac par le pharynx.
— HIST. ivi* s. La trachée artère est sujette au mouvement qui se fait eu la déglutition, parE,