FOY
•ont parfaitement bonnes, malh. le Traité det bimf. de SMque, vi, a». |l P»rticuUèrement. Il se dit dos méprises grossières. Cel auteur s'est grandement fourvoyé.
— nF,»l. Ré(<nier la employé neutralement : Je DO m'émeus, non plus, quand leur discours fourvoyé, Que d'un conte.... Sat. xv. Montaigne en usait ainsi, Toy. l'historique.
— SYN. SB FOUBvoYKB, s'éoàber. So fourvoyer c'est se tromper de chemin, en prendre un autre que celui que l'on avait dessein de suivre. S'égarer c'est ne plus reconnaître son chemin, être dans un chemin que non-seuloment on ne voulait pas prendre, mais que l'on ne connaît pas et dont on ne sait se tirer. En se fourvoyant on peut s'égarer ou non ; mais toutes les fois que l'on s'égare, on s'est fourvoyé, P. OUIZOT.
— HIST. XII* s. Ke la sapienee ne nos ellievet, ke 11 entendemenz ne forvoiet ki subtilment cuert [court], /ob, p. i43. De maltalent fu Geriserraigiés: S'il ne se venge, jà sera forvoiés, Raoul de C. (84. Il xui* ». Par le pals molt [ils] se forvoient, Homes et femes mal menoient, Lai de Melion. Fantosme nous va fauvoyant, Dist li abes, seignor, sans faille, N'avoit ier ci vaillant maaille, buteb. sa*. Mais por ce que l'en voit que maint d'euli [des frères mineurs] se forvoient, Les ont hui mains à cuer aucuns qu'il ne soloient, Kt porroit encore estre que se famés n'estoient, Qu'il aroiont solîrete, s'il ne s'umilioient, J. de iieuno. Test. *m. ||xiv s. Car quant un cuer s'est forvoyés. N'est pas de legier ravoiés, BBDYART, dans Ménagier, t. ii, p. <8. || xv s. Il ne se fourvoie pas qui à bon hostel va, leboux de LiNCT, Prov. t. u, p. 313. || ivi* S. Ces opinions ont ordinairement autant d'efficace les unes que les autres à faire fourvoyer les hommes de la droitte raison, AMYOT, Solon, 40. Par une follie de vaine ambition il s'estoit forvoyé et en avoit failly la droite Toye, ID. Déntétr. 7*. Quand l'œsophage est venu à la quatrième vertèbre du metaphrene, il se fourvoyé vers le coslé droit, pour donner lieu à la grande artère nommée aorla, pahé, ii, 20. Nos conseils fourvoyent, parce qu'ils n'ont pas d'adresse et de but, MONT. II, •. Encores les aveugles demandent un guide; nous nous fourvoyons de nous mesmes, ;d. m, *o».
— ÈTYM. Berry, /breier; provenç. forviar, forsviar; du lat. foris, hors, et via, voie : aller hors de la voie.
FOCTEAU (fou-tô), t. m. Va des noms provinciaux du hêtre.
— HIST. XVI' s. Les ormes, fresnes, fousteaui, érables, 0. de serbes, 4 83.
— ÉTYM. Diminutif de fou, hêtre (voy. Fon a), lequel diminutif répond à un diminutif latin fagitellus, dérivé de fagus, hêtre.
FODTELAIE (fou-te-lê), t. f. Lieu planté de foutoaux.
— £tym. Fouteau ou foutel, et la finale latine etum qui indique abondance d'arbres.
t FOVÏOLAIUE ((o-vé-o-lê-r'), ou FOVÉOLÉ,ÉK (fo-vé-0-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Dont la superficie est creusée de petites fossettes inégales.
— ËTYM. Diminutif du latin fovea, fosse, f FOVIC (fo-vik), s. m. Substance employée dans
la teinture Et dans les lieux où il n'y a point da
sumac avec du redoul ou fovic, qui sont des drogues qui croissent en plusieurs provincesde France, et qui valent le sumac, Instr, gin. pour la teinture
det laines, ta mars iC7t, art. 29 Et le redoul et
le fovic étant des feuilles de petits arbrisseaux, qui ne se cultivent pas, ib. art. 308.
t FOYARD (fo-iar), s. m. Un des noms vulgaires du hctre.
— f.TYM. On le tire de fou, un des noms du kètre (voy. poui). Pourtant KouUin, remarijuant quondit aussi fouillard , pense que foyard vient de feuille.
FOVER (fo-ié; d'autres disent foi-ié ; l'r ne se lie jamais: au pluriel, Vs se lie : des fo-ié-z ardents), ». tn. Il 1* Lieu dans les pièces d'une maison où l'on fait le feu. La cendre du foyer. On écoutait tous ces faits admirables Dans son chiteau près d'un large foyer, volt. Ce qui plaît aux dames. Que d'idées antifjues et touchantes s'attachent à notre seul mot de foyer 1 chatbaUbb. Génie, i, 11, a. [X Moscou) aucun Moscovite ne se présente; aucune fumée du uioindre foyer ne s'élève; on n'entend pas le plus iéger bruit sortir de cette immense et populeuse cité, BiîGUH, Hist. de Nap. viu, 4. || Fig. et familièrement. Aimera garder son foyer, aimer i mener une vie retirée et tranquille. || 2° Par extension, le feu même qui hrâle dans le foyer. Un foyer bienfaisant
roY
par les soins allumé Pénétrait dansmon coeur lentement ranimé, u.j. chén. Fénelon,n, 8. {| FIg. Aimer, sentir, c'est là celte ivresse vantée Qu'aux célestes foyers déroba Prométhée, a. chén. Ép. 1. 1| Par extension, un feu allumé par la nature, un volcan. Nous ne pouvons douter que la nature n'opère les mêmes effets avec bien plus de pui^<sance dans ces foyers immenses, allumés depuis nombre de siècles, BUPF. Hin. t. III, p. 83, dans poucens. || 8' La partie où se met le feu dans certains appareils. Le foyer d'un fourneau. Bas foyer, foyer où, dans l'affinage, la funlo est refondue avec du charbon» Il Grand foyer, partie du fourneau depuis le ventre jus'iu'au foyer. || Le vide qui est fait dans un poêle pour y déposer le combustible. {| Se dit du fourneau d'une pipe. || Terme de maréchalerie. Feu allumé sur une forge. || Terme de marine. Feu qu'on allume la nuit sur quelque hauteur pour servir de guide aux vaisseaux || 4° Par assimilation au feu qui brûle au foyer. Lieu, point d'où la lumière ou la chaleur rayonne. Foyer de lumière. L'on doit reconnaître deux sortes de chaleur, l'une lumineuse dont le soleil est le foyer immense, et l'autre obscure dont le grand réservoir est le globe terrestre, blpf. Hist. min. Introd. l" part. ÛKut). t. vi, p. 44. || Kig. La foi a son foyer hors de nous, chateaubr. Génie, I, II, 3. Il 6° Fig. Le siège, le centre. Cette ville est le foyer des lumières. Tellier prit la voie la plus sûre , en représentant au roi cette maison comme le foyer du jansénisme et de l'esprit républicain, DUCLOS, Règne de Louis XIV, Œuv. t. v, p. (20, dans pouGENs. ||6° Terme de physiologie. Foyer perceptif, endroit du cerveau où se font les perceptions apportées par certains nerfs. || Terme de pathologie. Foyer d'une maladie, le siège principal de cette maladie. || Foyer de suppuration, partie dans laquelle une collection purulente se forme. || Le foyer d'une maladie contagieuse, le lieu où elle sévit avec le plus d'intensité, et où elle rayonne et se communique. Il 7° Fig. Maison (la partie étant prise pour le tout) . 11 a apporté le trouble, le déshonneur à mon foyer. Tout malheureux trouvait asile à leur foyer. Car où l'on vit sans luxe on est hospitalier, M. j. ciiÉN. Gracques, 11, 3. Apprécier la multitude des points de contact par lesquels les finances publiques atteignent chaque famille; ce qui leur fait trouver des juges dans chaque foyer, mol- LiEN, Uém. d'un ministre, t. i, p. (5. || Au pluriel, demeure, pays. Qu'ils tremblent à leur tour pour leurs propres foyers, bac. Milhr. m, 1 . Rentrer dans ses foyers [retourner dans sa patrie], lahotte, dans DESFONT. On dit qu'en ses foyers II recueillit nos frères , Vaincus et prisonniers , bérang. Exilé. Il 8* Terme de théâtre. La salle commune où se rassemblent les acteurs ; on disait autrefois chauffoir. Le foyer des acteurs. M. Séguier a dit en plein foyer qu'ils avaient lu la pièce, et qu'ils n'y avaient rien trouvé de répréhensible , d'a- LEMB. Lett. à Voltaire, 6 mai 4 760. || La salle commune ou se promènent les spectateurs pendant les entr'actes. || 9° Terme de physique. Le point de l'axe d'un miroir concave ou d'une lentille biconvexe où se réunissent et s'entrecroisent les rayons lumineux ou caloriques après la réflexion et la réfraction. Verres lenticulaires, qui ra.ssemhlent tous les rayons à leur foyer, volt. Newt. 11, 8. Il D'un court foyer, se dit quand le foyer est placis près de la loupe. Tandis que je tenais la branche d'une main, je tenais de l'autre une loupe d'un assez court foyer, bonnet, Ohserv. 37, Insecl. Il De tant de pouces, de pieds de foyer, se dit pour exprimer la distance qui sépare du miroir, de la lentille, le foyer. Son maître avait des bassins de fer, dans lesquels il polissait assez bien des verres de six pieds de foyer, pont. Hartsoëker. || Foyer photogénique ou chimique , lieu distinct du foyer optique et le plus propre à la production des épreuves photogéniques. || Terme de géométrie. Le foyer d'une ellipse, d'une hyperbole, d'une parabole, le point ou les points où se réunissent et d'où partent les rayons vecteurs. L'elUpse a deux foyers dont la propriété est telle que la somme des rayons vecteurs réunis à un même point de U courbe forme une longueur constamment êgalo^u grand axe. Le soleil étant au foyer des orbes planétaires , il est naturel da le supposer pareillement au foyer des orbes des comètes, la place, Exp. 11, 5. || 10' Dalle qu'on met au devant d'une cheminée pour séparer le plancher de l'&tra. || Terme de menuLserie. Bâti qui entoura l'âtre, et dans lequel les feuilles de parquet viennent s'assembler. || 11* Tapis dont on recouvre la dalle dite foyer. Foyers moquette. Il 12* Chef de Vatcl'cr d'une forge catalane.
FRA
— HIST. XII* g. Nés estuet [il ne faut pai 1m] par pechié de la terre esluignier; Tute lur pénitence ferunt lez lur fuier. Th. le mart. <8. I| xiir s. Où fu prise la char que [je] voi sor cel fouierT Ch. d'Ant. VII, 002. Il XVI* 8. Posons le cas, comme il peut advenir, que le mésentère soit le foyer de la fièvre, pABii, XX, 4 8. Un homme sans fouyer vil tousjours en soucy, bons. 67*.
— f.TYM. Berry, fouier, foujer ; provenç. foguier, fuguier; anc. c^pag. fo'jnero;i\M bas-lal. focarium, dérivé du lalin focus, fojor (voy. feu).
FRAC (frak). s. m. Habit d'homme qui se boutonne sur la poitrine et se termine en deux longue» b.i.sques. Je sortais le matin en frac, pour me promener dan» les ruines, duclos, Foy. Ital. Œuvres, t. VII, p. 4s, dans pouoens. Il ne serait pas sage da vouloir substituer le frac noir aux burnous; il ne l'est pas davantage de gouverner des Arabes comme des FrancMis, le neuvième siècle comme le diineuvièiiio,' A. ulonijEl, Août, aperçu sur l'Algérie,
— ÊTYM. AUem. Frack.
FRACAS (fra-kâ ; l'i se lia : un fra-kâ-z épouvantable), s. m. Il 1* Rupture ou fracture violente et bruyante. Les bombes ont fait un grand fracas dans la ville. Ce pont s'est entr'ouvert, a fait un grand fracas, Et dan» les eaux du Tibre est tombé sous se» pas, DU iiVEH, Scévole, i, s. || Fig. Ainsi quand vous voyez passer comme en un instant devant vos yeux, je ne dis pas les rois et le» empereurs, mais les grand'^ empires qui ont fait trembler tout l'univers; quanu vous voyez les Assyriens anciens et nouveaux, les Mèdes, les Perses, le» Grec», les Romains »e présenter devant vous successivement et tomber, pour ainsi dire, les uns sur les autres, ce fracas clfroyable vous fait sentir qu'il n'y a rien de solide parmi loi hommes, et que l'inconstance et l'agitation sont le propre partage des choses humaines, loss Hisl. M, t. Le fracas des événements qui, de dix ans en dix ans, varient la scène du monde et qui arment puissamment les princes de l'Europe pour de petits intérêts, VOLT. Lett. Richelieu, 26 nov. 4 752. ||2" Bruit semblable à celui d'une chose qu'on brise ; grand bruit. Avec grand bruit et grand fracas Un torrent tombait des montagnes, la font. Fabl. vm, 23. Que le bruit, que le choc, que le fracas des armes Retentisse de toutes parts, ouinallt, Cadmus, m, «. Au bruit de la tempête, au fracas des torrent», ar- NAULD, Oscar, u, a. Us tirèrent mal, il est vrai, mais de si près, que la fumée, les feux et le fraca» de tant de coups épouvantèrent les chevaux wurtembergeois et les renversèrent pêle-mêle, sEcun, Hisl. de Nap. vi, 2. || On dit qu'un orchestre fait du fracas lorsqu'il ne produit qu'un bruit sans effet. Il 3* Tout ce qui offre tumulte , désordre avec bruit. Et de son grand fracas surprenant l'assemblée. Dans le plus bel endroit a la pièce troublée, MOL. Fâcheux, I, 4. Tout ce fracas , Cet embarras Me pèse par trop sur les bras, id. Bourg, gmlilh. v, entrée 4. Ce fut d'abord entre nous un fracas de questions sur Paris et sur Athènes, chateaubr./(tWr. I. Il Le fracas du monde, l'agitation de la vie du monde. Ce tourbillon qu'on appelle le monde E,st si frivole, en tant d'erreur» abonde, Qu'il n'est permis d'en aimer le fraca» Qu'à l'étourdi qui ne le connaît pas, volt. Épit. lijv. Loin (lu brillant fracas d'un monde ambitieux, Borné dans mes projets, sans désirs, sans envie. Mercure de juin 474», p. 44. || On dit dans un sens analogue, le fracas des villes. Le fraca» des villes n'est fait que pour ceux qui ne peuvent s'occuper, volt. Lttt. Urne de Florian, 4 a oct. 4 707. || Faire du fracas, crier bien haut, se plaindre hautement. [Il] Prétend qu'on le sépare [de sa femme] et fait bien du fracas, LA FONT. Contr. Il 4° Il se dit, dans le» compositions littéraires , et surtout dans les pièces de théâtre, de ce qui frappe l'oreille et l'esprit comme fait le fracas. Le public veut des coups de théâtre incroyables, de grands mots et du fracas, volt. Ltit. d'Argental, 2 mars 4 7««. Peut-être que l'appareil de la scène, le fracas de théâtre qui rè(<ne dans cel ouvrage, les rôle» de Cicéron, de CatiUna, de César, pourront frapper pendant quelque» représentations, ID. ib. 4 3 juin. 4 754. Ce Gilles Shaispeare, avec toute sa barbarie et «on ridicule, a des trait» si naifs et si vrais, et un fracas d'action »i imposant , que tous le» raisonnements de Pierre Corneille sont à la glace en comparaison du tragique de ce GiUi-», ID. Lett. Saurin, M fév. I7«4. || Terma de peintura. Multitude et confusion d'objets qui frappent et fatiguent la vue. Il a pour opposé silence. || B' Bruit qu'on fait dans la monde. El lui-même ayant lait grand fracas, chère lie, Mi» beaucoup eu plaisirs.
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en bâtiments beaucoup, Il devint pauvre tout d'un coup, LA PONT. Fàbl. VII, U. Le beau Sidney, moins dangereux qu'il ne le paraissait, avait trop peu de vivacité pour soutenir le fracas dont menaçait sa figure, HAHiLT. Gramm. 6. Il y avait sans doute, à la cour de ces rois comme ailleui'S, de petits seigneurs très-importants, faisant du fracas, duclos, Consid. mœurs, ch. 6. Ce fracas indécent, fantôme du bonheur. Qu'une femme toujours paya de son honneur, langue, Coquette, v, 3. Il demanda si on n'avait pas entendu parler de cette bande de jeunes gens qui avaient fait tant de fracas dans les environs, VOLT. Jenni, 7. |{ 11 se dit, dans un sens analogue, des choses qui, attirant l'attention du public, excitent une sorte de soulèvement. Le livre de M. de Meaux fait un grand fracas ici ; on ne parle d'autre chose, maintenon, Le(t. au card. de Noailles, ï9 juin 4698. Je sais fort bien que toute cette aventure fait du fracas dans votre Paris, où le beau monde veut des nouveautés, volt. Lett. d'Argental, sojanv. (778.
— Etym. Ital. fracassa (voy. fracasser). Fracas paraît s'être formé de fracasser au xvii* siècle.
FRACASSÉ, ÊE (fra-ka-sé, sée), part, passé de fracasser. Brisé en éclats. L'autre jour, M. de Berni, à Versailles, passa par une fenêtre, croyant passer par une porte.... il a la tête très-fracassée, mais on ne croit pas qu'il meure, SÉV. <I4. [Hippolyte] Voit voler en éclats tout son char fracassé, rac. Phèdre, V, 6. La plupart de nos vaisseaux, fracassés par une tempête de deux jours et de deux nuits, furent hors d'état de servir, saint-foix, Ess. Paris, CEuv. t. v,
p. 132, dans POUGENS.
FRACASSER ( fra-ka-sé ),'u. o. || 1* Briser en éclats. Se fracasser le bras en tombant. Le roi, blessé à la bouche d'un coup de pierre qui lui fracassa les dents, fut obligé par la douleur à tourner bride, rollin, Hist. ane. Œuvres, t. vm, p. 374, dans POCGENS. Que deviennent et que m'importent l'humanité, la bienfaisance, la modestie, la tempérance, la douceur, la sagesse, la piété, tandis qu'une demi-livre de plomb tirée de six cents pas me fracasse le corps, et que je meurs à vingt ans dans des tourments inexprimables? volt. Dict. phil. Guerre. Il 2° Se fracasser, v. réfl. Être brisé en éclats. Toutes ces porcelaines se sont fracassées.
— HIST. XVI' s. Voilà nos légions et le grand Pompeius mesme i leur teste rompu et fracassé, uont.
— Etym. Ital. fracassare, de fra, à travers (forme de tra ou trans), et cassare, casser (voy. ce mot).
t FRACUOIR (fra-choir) , s. m. Terme rural. Petit rllteau pour égrapper la vendange.
— ÉTYM. Probablement le latin fractum, briser, et pouvant donner ch; voy. à l'étymologie de fracture, le provençal frachura.
FRACTION (fra-ksion ; en vers, de trois syllabes), s. f. Il 1° Terme de liturgie. Action de rompre, de briser le pain eucharistique. Les calvinistes reprochaient aux luthériens que, dans la célébration de l'eucharistie, ils omettaient la fraction dont l'institution était divine, boss. Var. xiv, § <I4. J'ai fait voir que, selon la doctrine des calvinistes, la fraction du pain représente le corps du Sauveur rompu à la croix, id. Déf. de la trad. sur la communion, 1, 3. Ces deux voyageurs à qui le Sauveur des hommes se joignit sur le chemin d'Emmaûs, le reconnurent dans la fraction du pain, bourdal. 6' dim. après la Pentec. Dominic. t. m, p. 34. Il a» Portion, partie. Une fraction de l'assemblée. Le sou était une fraction de la livre. || 3° Terme d'arithmétique. Quantité qui exprime une ou plusieurs parties égales de l'unité. Le numérateur et le dénominateur d'une fraction. Réduire des fractions à un même dénominateur. || Fraction décimale, fraction qui exprime des parties décimales de l'unité. o,s (cinq dixièmes) est une fraction décimale. Il Fractions sexagésimales, fractions dont les dénominateurs dérivent du nombre 60. || Fraction périodique, sorte de fraction décimale où les mêmes chiffres reviennent sans cesse et dans le même ordre, par exemple : 0,271727. || Fraction continue, se dit des nombres fractionnaires exprimés par un nombre entier, plus une fraction dont le numérateur est l'unité et le dénominateur un nombre entier, plus une nouvelle fraction, laquelle a encore pour numérateur l'unité et pour dénominateur un nombre entier, et ainsi de suite.
— HIST. XIII* s. Cilz en perogrinacion Quant il fist du pain fraccion, J. de heung, Tr. 824. || xvi* s. Le son n'est autre chose qu'une qualité permanente du département et fraction de l'air, faite par la collision et rencontre de deux corps durs, paré, iv,
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to.... La contusion, dilaceration et fraction que fait la violence es parties nerveuses et osseuses, id. v, t. Il n'y a pas grand dangier de nous mescompter à la haulteur du soleil, ou en la fraction de quelque supputation astronomique, mont, m, 2U.
— f.TYM. Prov. fraccio; espagn. fraccion; ital. fraaioue; du lat. fractionem, du supin fractum, de frangere, rompre.
FRACTIONNAIRK (fra-ksio-nê-r') , adj. Terme de mathématiques. Il se dit de toute quantité représentée sous la forme d'une fraction. || Nombre fractionnaire, celui qui se compose d'un entier et d'une fraction, comme 3 -f- |.
— ÊTYM. Fraction.
t FRACTIONNÉ, ÉE (fra-ksio-né, née), part, passé de fractionner. Divisé par portions. Un médicamentactif administré à doses fractionnées.
t FRACTIONNEMENT (fra-ksio-ne-man), s. m. Terme didactique. Action de réduire en fractions, en portions ; elTet de cette action.
— ÊTYM. Fractionner.
t FRACTIONNER (fra-ksio-né), ». a. Terme didactique. Réduire en fractions, en petites parties. Il Se fractionner, ». réfl. Être fractionné.
— ÉTYM. Fraction. Fractionner est attribué à l'abbé Grégoire.
FRACTURE (fra-ktu-r"), s. f. \\ l' Action de fracturer. Fracture d'une serrure, d'une porte. || 2° État de ce qui est fracturé. La fracture des jaspes paraît être terreuse et semblable à celle d'une argile desséchée, tandis que la fracture des cailloux est luisante comme celle du verre, bufp. Min. t. vu, p. 8, dans pouGENS. Dans cette espèce de grande fracture [des monts Apalaches] on aperçoit des sentiers qui serpentent au milieu des précipices avec les torrents, CHATEAUBR. Amer. Journal sans date. Dans une vallée on trouve de vastes fractures ouvertes dans des granités, et ces crevasses de l20o mètres de long sont remplies d'eau bouillante, grandeau et LAtiGEL, Bévue, 1862, p. 4 31. || 3° Terme de chirurgie. Solution de continuité des os ou des cartilages. La fracture du bras. Réduire une fracture. Fracture simple, composée, comminutive, directe, indirecte ou par contre-coup.
— HIST. xvi* s. Une playe avec grande contusion et fracture d'os et inflammation, paré, Introd. 27.
— ÉTYM. Provenç. fractura, frachura; espagn. fractura; ital. frattura; du lat. fractura, de fractum, supin de frangere, briser.
FRACTURÉ, ÉE (fra-ktu-ré, rée), part, passé de fracturer. Un membre fracturé.
FRACTURER ffra-ktu-ré), ». a. || l' Rompre la continuité d'un corps solide. Les soulèvements da montagnes ont fracturé les couches superficielles du globe. Il Terme de chirurgie. Rompre la continuité d'un 03, d'un cartilage. Fracturer le bras, le crâne. Il Se fracturer avec un régime direct, éprouver la fracture de. Il s'est fracturé la jambe. || 2° Se fracturer, ». réfl. Éprouver une solution de continuité, en parlant d'un corps solide, d'un os. Le péroné se fractura un peu au-dessus de la cheville.
— HIST. XVI* s. Ils affirment pouvoir remettre les os fracturés et luxés par paroles, paré, Introd. 27.
— ÉTYM. Fracture.
f FRAGIKORME (fra-ji-for-m'), adj. Terme de botanique. Qui a l'apparence d'une fraise.
— ÉTYM. Lat. fragum, fraise, et forme.
FRAGILE (fra-ji-l'), adj. || 1° Facile à briser, sujet à se casser. Un vase fragile. Pour un fragile bois, que malgré mon secours Les vers sur son autel consument tous les jours, rac. Athal. m, 3. || Familièrement. Fragile comme le verre, comme du verre, comme un verre, c'est-à-dire très-fragile. H Fig. En mes maux montre-toi plus doux ; Seigneur, aux traits de ton courroux. Je suis plus fragile que verre, Régnier, Stances. \\ 2° Fig. Qui n'est pas solidement établi, de peu de durée. Tant qu'à ce corps fragile un souffle nous attache.... corn. Imit. i, 22. Je m'étonne qu'étant si fragiles, ils fies hommes] fassent de si grands desseins et qu'ils se tourmentent si fort pour devainshonneurs, D'ABLANC0URT,Z,i;ctcTO, Caron.Sur quel roseau fragile a-t-il mis son appui? rac Esth. II, 1. Mais puisqu'un vil sénat insolemment partage De ton gouvernement le fragile avantage, volt. Fanât, i, 4. Les œuvres des humains sont fragiles comme eux, id. Ilenr. i. Il ne .sait pas aimer; son amitié est aussi fragile que l'amour, genlis, Mlle de Lafayette, p. 223, dans pougens. |1 3° Sujet à tomber en faute, enclin au péché. Mais, bien qu'en général nous soyons tous fragiles, Tu n'en dois croire aucun si fragile que toi, cohn. Imit. i. 2. Il abandonne au sort la fragile innocence, la font. Captivité de St Malc. Malheur à moi d'être né si sensuel
FHA
et si fragilel bourdal. Pénit. 2* avent, p. 47&. L'esprit est généreux, mais la cœur est fragile, piron, Métrom. m, ».
— SYN. 1. FRAGILB, PRÊLE. Ces deux mots sont, à l'origine, identiquement les mêmes, frite étant la dérivation ancienne et régulière du Minfragilis, et fragile étant le calque fait postérieurement sur lo mot latin. Mais l'usage a mis une différence entrr? les deux: fr.igile est ce qui se brise facilement; frêle est ce qui se soutient à peine. Le verre est fragile, un roseau est frêle. || 2. phaoile, faible. L'homme fragile difiîxe de l'homme faible en co que le premier cède à son coeur, à ses penchants, et le second à des impulsions étrangères. La fragilité suppose des passions vives, et la faiblesse l'inaction et le vide de l'âme, Encyclop. vu, 273.
— HIST. XIV* s. Se il redonde [revient] as mors [morts] aucune chose pour les fortunes de leurs amisvivans, soit bien, soit mal, cette chose semble estre fragile et petite, oresme, Ethf 27. ||xvi* s. Dieu cache le trésor de sa sagesse céleste en des vaisseaux fragiles de terre, calv. Instit. 846. Il [le roi Cotys] paya libéralement la belle et riche vaisselle qu'on lui avoit présentée ; mais, parce qu'elle estoit singulièrement fragile.... MONT, iv, I62.
— ÉTYM. Provenç. fragil,fragel: espagn. fragil; ital. fragile; du latin fragilis, venant du radical frag ou frac qui est dans frangere, rompre, supin fractum. Frag ou frac équivaut au grec fJJY-vvnii, briser, et au gothique brik-an.
FRAGILITÉ (fra-ji-li-té), s. f \\ 1° Disposition à être brisé facilement. Mais leur gloire tombe par terre. Et, comme elle a l'éclat du verre. Elle en a la fragilité, godeau. Ode à Louis XIII , strophe 32. Toute votre félicité. Sujette à l'instabilité. En moins de rien tombe par terre, Et, comme elle a l'éclat du verre. Elle en a la fragilité, corn. Poly. iv, 2. 112° Fig. Instabilité. Ce n'est que l'oubli delà fragilité de la vie et une confiance sans raison d'échapper de tous les dangers, qui fait résoudre les hommes à entreprendre des voyages au bout du monde, NICOLE, Ess. de mor. t" traité, ch. 4. Souviens-toi de la fragilité des choses humaines , fén. Tél. xv. Il 3° Faiblesse contre les tentations; facilitéàpécher. Fragilité de l'homme. Quelque effort qu'ici-bas l'homme fasse à bien vivre, Il est souvent trahi par sa fragilité, coRN./mtM, 19. Vous montrer, au lieu des fragilités de la nature, les effets constants de la grâce, pléch. Dauphine. On se pardonne plus facilement des fragilités, mass. Carême, Culte. Vos chutes sont-elles de ces fautes où la fragilité de l'âge et la séduction des exemples entraînent quelquefois? id. Confér. Vocation, l. Il semble, ma chère Juliette, que, malgré la fragilité de l'espèce humaine, notre état naturel soit d'être raisonnable, GENLIS, Thédt. d'éduc. Vangers du monde, 1, 2. Tout ce redoublement de la fragilité humaine que manifeste le spectacle des révolutions, villemain, Litt. fr. xvm* siècle, 2* part. 2» leçon.
— HIST. xni* s. Et nostres sires, qui savoit Que fragilitez d'omme estoit Trop mauveise et trop périlleuse Et à pechié trop enclineuse, St Graal, v. 479. Diex set vostre fragilité, ruteb. ii, 427. || xiv* s. Aucunes négligences que elle fait pour la fragilité du sexe, oresme. Thèse de meunier. ||xv* s. Si je n'ay peu retenir mot à mot les instructions faictes et ordonnées par sage discrétion, c'est ma fragilité et ignorance, oerson. Harangue au roi Charles VI, p. 4 9. Que c'estoit peu de chose et orde et fétide de notre fragilité. Paroles d'Agnès Sorel mouronte, dansvALLET DE viriville, Hist. deCharles VII, t. m, p. 48B. Il xvi* s. Créatures humaines où il n'y a que fragilité, folie et vanité, calv. Instit. 9t. Lors nous philosophons très bien de la fragilité de ceste vie, id. ib. 659.
— ÉTYM. Provenç. /'raffiWaJ; espagn. fragilidad; ital. fragililà; du lat. fragilitatem, de fragilis, fragile.
FRAGMENT (fra-gman), s. m. \\ 1° Morceau d'une chose qui a été brisée en éclats. Les fragments d'un vase. Tâche encor d'ajuster ces fragments ramassés, MAiR. Soliman, 1, 6. || Terme d'église. Petites parcelles de l'hostie rompue. Faire la collection des fragments de l'hostie. || Ancien terme de pharmacie. Les cinq fragments précieux, les fragments qui se détachent, pendant la taille, des cinq pierres précieuses : les saphirs, les grenats, les hyacinthes, les émeraudes et la cornaline, auxquels on atiribuail des propriétés cordiales. || 2" Fig. Ce qui est resté d'un livre, d'un poème perdu. Les fragments d'Ennius. Mithridate écrivit à leur roi une lettre que Salluste nous a conservée et qui se tiouve dans ses fragments, rollin, Hist. anc. OEuv. t. x, p. 227
FRA
dans pouoKNS. BéroM, ancien auteur chaldéen, dont on retrouve des fragments conservés par Abyd6ne, cltis dans Eusèbe, et rapportés mot pour mot par George le Syncclle, volt. Dict. phil. Ararat. Il 3" Morceau d'un livre, d'un ouvrage qui n'est point encore terminé ou qui n'a pu l'être. Sous le titre (le Pensées, Pascal n'a laissé que des fragments d'un livre qu'il projetait sur la religion chrétienne. Il Morceau dclaclié qui a l'air d'un fragment d'ouvrage, et qui cependant n'a jamais été destiné à entrer dans un ouvrage. Publier des fragments. Fragments historiques. || Morceau extrait d'un ouvrage. Il cita un long fragment de Cicéron. Il Fragment pur, se dit, chez les jurisconsultes, d'un fragment tiré directement d'un autour, par opposition aux fragments empruntés à un citateur ou à un commentateur.
— Ilisr. XVI" s. Sang caillé, chair dilacorée, fragmens ou esquilles d'os, pars, vii, 6. On fera des poudres avec les perles préparées, le spodion, les coraux, les cinq fragmens précieux, le bol armene, ID. XX liis, 16.
— Etvm. Prov. fragment; esp. fragmenta ; ital. /rammenfo; du lat. /'ravmmtum, qui vient du radical frag (voy. praoile).
t I'RAG.Mi:ntaire (fra-gman-tê-r') , adj. Qui est par fragments. L'agrégat irrégulier de tant de principes étrangers ne produisit jamais qu'un recueil de sentences fragmentaire et décousu, villers, Kant, p. 59.
— F.TYM. Fragment.
t FKAG.MKNTATIOX ( fra-gman-ta-sion ) , *. f Action de fragmenter; division par fragments. La fragmentation d'une substance.
— Ktvm. Fragmenter.
t FRAG.'tlICNrKR (fra-gman-té), V. a. Diviser, séparer par fragments. Une œuvre fragmentée. ||Se fragmenter, v. réft. Être divisé par fragments.
— ETYM. Fragment.
1 FRAfiMEN'TKUX, EUSE (fra-gman-teû, teû-z'), adj. Terme didactique. Qui résulte d'un assemblage de fragments.
— ETVM. Fragment.
t FHAGMKNTISTE (fra-gman-ti-sf), ». m. Terme de littérature. Mot nouveau introduit pour désigner les auteurs qui n'ont écrit que des fragments, des articles de revues ou de journaux.
— ÊTYM. Fragment.
t FRAGON (fra-gon), *. m. Le petit houx, joli arbrisseau toujours vert, ruscus aculeatus, L. (asparagi nées ); c'est la seule plante monocolylédone qui arrive spontanément en France à l'état ligneux.
— HlST. xiii* s. Il ycroissoit hous et fregons, Bos espineiis plains d'aguillons, du cange, froncina.
— ÊTVM. Origine inconnue. Serait-ce le latin ^rojum, fraise, à cause de quelque assimilation, ou, en raison de la forme fragon, un dérivé de fricare, frotter, parce que le petit houx est épineux?
t FRAGRANT.ANTE (fra-grin, gran-t'), ad;. Néologisme peu reçu. Odorant, parfumé. Il est des jours... Tout bleus, tout nuancés d'éclatantes couleurs. Tout trempés de rosée et tout fragrants d'odeurs, LAMART. Jocel. IV, H4.
— ETYM. Lai. /'roflranj, odorant, de /'rojrare, répandre une bonne odeur (voy. flairer).
i. FRAI (frp), t. m. \\ 1" Action de frayer, acte de la fécondation chez les poissons. Le frai des poissons. Le temps du frai, l'époque où les poissons frayent. || 2* Œufs Kcondés par le frai. || 3° Petits poissons pour peupler. Mettre du frai dans un étang. Il 4» Se dit aussi des œufs de quelques ovipares aquatiques, comme la grenouille, le crapaud. Le père et la mère (des butors] les nourrissent, dans les premiers temps, de sangsues, de lézards et de frai de grenouilles, et ensuite de petites anguilles, BOFF. Ois. t. X]v, p. 184, dans pougens.
— HiST. XIV' s. Les poissons laissent leur froiz es herbes, Ord. des rois, t. vu, p. 77». Les pescheurs détruisent toute la froie, ib. Mais faictes comme font gens saiges. Pour veoir aultres bariolaiges Au fray des dragons et serpens En hayneuscs amours grouppans, Traité, dalch. Hi. || xvi' s. Après on guella le gros poisson au fray, à quoi fut pris Antoine, roi de Navarre, par Rouet, Louis de Bourbon par Limeiil, d'aub. Conf i, ». Par altrition et fray [frottement] d'une pierre contenue aus dits reins,
rARË, XV, 62.
— ETYM. Frat, ou froi, ou froie, de l'ancien verbe froier, frotter; du lat. fricare, frotter (voy. friction) ; ital. fregnio et fregola, de fregare, frotter ; angl. fry
». FRAI (frc), s. m. Terme de monnayage. Diminution de poids des monnaies par l'elTet du fiollesoeot et de la circulation de main en main.
FRA
— Etyh. Il semble que c'est le même que le précédent, frai au sens de frottement ; cependant il y a eu sans doute qucl'jue confusion entre frai, frottement, et frai ou mieux frait, usure de la monnaie ; car, dans le latin du moyen âge, cette u.sure ne se rend pas par fricare, mais par fraclut, déchet, de frangere, briser : prj fractis monetanim, pro fractu monetae , nu cange, fractus.
j FRAICHE (frê-ch'), t. f. || 1° Terme rural. Prairie qui donne plus souvent que les autres de l'herbe fraîche, par suite d'un cours d'eau constant ou d'un arroscment facile. Il y a une belle fraîche au bas de la terrasse du jardin, legoarant. || 2° Terme de marine. Brise, vent frais et chargé de quelque humidité soufflant avec peu de force le matin et le soir.
— ETVM. Frais I.
FRAlCIIEMETr (frê-che-man), adv. \\ 1° Au frais, dans un endroit frais. Être logé fraîchement. Il Être TÔlu bien fraîchement, avoir des habits qui ne tiennent pas chaud. || 2° Récemment, depuis peu. Cet illustre personnage qui venait de perdre fraîchement deux de ses enfants, vaucelas, Q. C. 307. Il tient quelque moineau qu'il a pris fraîchement, MOL. Uélte. I, ♦. Il arrive fraîchement de son ambassade , la brdt. v. {| Tout fraîchement, tout récemment. Votre serviteur Gille.... Tout fraîchement en cotte ville Arrive en trois bateaux exprès pour vous parler, la font. Fabl. ix , 3. Cet étranger extiavague; il vient sans doute tout fraîchement de l'autre momie, rt.it. t. xxi, p. 46». Ce qui inspirait à l'un tant de hardiesse, et à l'autre tant de docilité, était la nouvelle qu'on avait reçue tout fraîchement de la grande victoire que les Romains avaient remportée sur Persée , roi de Macédoine, ROLLiN, llist. anc. OF.uv. t. viii, p. 6 1 8, dans poi'GENS. Il 3° Fig. et familièrement. Avec quelque froideur (c'est un adoucissement de froidement). Accueillir fraîchement quelqu'un. Le coraplimenl [de la duchesse de Lauzun] fut d'abord fraîcliemenl reçu ; incontinent la marée monta, et voilà la duchesse du Maine aux reproches, st-sim. 268, 214.
— HlST. xvi' s. La terre freschement remuée fondoit soubs eulx, amvot, Pyrrh. 63.
— ETY.M. Fraîche, et le suffixe rrunt; prov. frescament; espagn. et ital. frescamente.
FRAÎCHEUR (frê-cheur), *. f. || f Froid doux et modéré qui, tempérant la chaleur de l'atmosphère, cause une sensation agréable. La fraîcheur de la nuit dont elles aiment à jouir, voit. Lett. 30. Je vais prendre la fraîcheur de ce bois, sÉv. 562. Il [Dieu] leur dispense [aux (leurs] avec mesure Et la chaleur des jours et la fraîcheur des nuits, rac. Athal.i, 4. Ce qu'à l'herbe tendre Rst au printemps la fraîcheur du matin, m. Aihal. m, 7. Son calme, sa fraîcheur [de l'air] se répand dans mes veines, Ducis, Othello, v, 3. Il Absolument. La fraîcheur, le moment du jour où il fait frais. Les vers sortent de terreà la fraîcheur, bufp. Ois.l. xiii,p. S5i, dans pougens. Il Terme d'agriculture. Fraîcheur de la terre, se dit de l'état où elle n'est ni trop humide ni trop sèche, mais .iù elle conserve toujours la quantité d'eau nécessaire à la végétation. || 2° Froid plus ou moins vif. Les fraîcheurs du .soir sont perfiiles dans cette saison. |{ On dit aussi qu'il y a de la fraîcheur dans une chambre, quand elle est un peu humide. Il 3° Douleur causée par le froid, l'humidité. Gagner, avoir des fraîcheurs. || 4° Fig. Lustre, brillant, vif éclat. Cette robe a perdu sa fraîcheur. La fraîcheur d un costume, d'un tableau. || Par extension. La fraîcheur des pensées, de l'imagination, du style. Ces beaux ouvrages qui ont à la fois la force de l'antiquité et la fraîcheur du moderne, VOLT. Mœurs, 82. L'ire maris Stella où il règne une grande fraîcheur, chateaubr. Génie, iv, i, (2. Il 6° Air de jeunesse, de santé. La fraîcheur du teint. La fraîcheur de la jeunesse. Ajoutez à cela un air de santé robuste et une certaine fraîcheur qui faisait plaisir; de ces fraîcheurs qui viennent d'un bon tempérament, et qui ont pourtant essuyé de la fatigue, MABiv. Pays. parv. *• part. Hélas I déjà privé de sa fraîcheur première, Ton front, bientôt Hétri, pencheraverslaterre, nucis, .4i)u/'or, iv,7. ||6* Terme de marine. En parlant d'un vent trcs-faible qui commence après un calme plat , on dit : Voilà un peu de fraîcheur; la fraîcheur nent de telle direction. Si elle n'est sensible quà la surface de la mer, c'est une petite fraîcheur. La fraîcheur marque, elle permet de tenir en roule.
— SYN. FR>îcHEUB, FRAIS. Fralcheur est le substantif abstrait de l'adjectif frais; et frais est cet adjectif pris substantivement et abstraitement Ces deux mots sont donc logiquement très-voisins ; mais l'usage y a mis des différences: l'on dit pren-
FRA
dre le frais et non prendre la fraîcheur: et, quand fralcheur est dit absolument, il signifie le moment du jour où il fait frais: marcher à la fralcheur; marcher au frais signifie marcher dans un endroit frais.
— HIST. XVI' s. La frescheurdemon visage, mont. I, 0). Près d'un boccage, au milieu d'un beau pré, Où d'un ruisseau la freschcur tousjours dure, dd- BFLLAY, II, 2», recto. Ce seigneur n'aimoit point à prendre ses aises aux fraischeurs.... Depuis, ce proverbe couroit : vous allez à la fraischeurde H.d'Im- Ijercourt, quand on alloit par pays au plus chaud du jour, BBANT. Cap. fr. t. i, p. to», dans lacurne. •
— ETYM. Frais l ; provenç. freteor.
FRAlcniR (frê-chir), v. n. Terme de marine. Il
se dit du vent qui devient plus fort. Le vent avait fraîchi durant la nuit. || Impersonnellement. Il fraîchit. Il avait fraîchi, et la mer commençait à s'agiter.
— ETYM. frai* t; picard, /'raïkir, fraiker, mouiller. Au xvi« siècle on trouve afraischir : Le vent n'afraischil pas assez, d'aub. llist. Ii, BO.
t FRAIESOS (frè-iè-zon) , s. f. Terme dépêche. Temps du frai.
— ETYM. Frayer.
PRAIRIE (fré-rie), f. ^. ||1* Partie de bonne chère et de divertis.sement. L'on dispute, l'on fait frairie, L'on boit; plus l'on boit, plus l'on crie; Et sur le déclin du jepas L'on parle et 1' n ûe s'entend pas, Perrault, Chasse, dans bichelet. || Être de frairie, prendre part à une frairie. Les loups mangent gloutonnement ; Un loup donc étant ^e frairie se pressa, dit-on, tellement Qu'il en pens--. perdre la vie, la font. Fabl. m, ». || i' Nom, daus •quelques provinces de la France, des fêtes de vuiage. Aller à la frairie,
— tiiST. xiv s. Gilot de la frarie des drapiers dist à Lochon de la frarie des tanneurs.... do cange, frateria. Ha, dist le renart, il n'est rien que on ne face par compères et par commères; nous sommes tous de la frarie saint Faulsset (nous sommes tous trompeurs], ilodits,rrts. f" »«, dans lacurne. Frarie, c'est congrégation, confrairie, dd cange, fratria.
— ETYM. Wallon, frairèie; du bas-latin fratria, société; du latin fratria, collège, corporation, qui vient du grec qjpaTpCa, tribu, 9paTT,p,çpiiT<op, membre de la tribu, de même radical que le latin frcUer (voy. frère). Le sens propre est assemblée , de la fête, gala.
«. FRAIS, FRAÎCHE (frê, frê-ch'), ad}. || l'Ouiest d'une température intermédiaire entre le chaud et le froid. Un vent liais. Une cave fraîche. Un frais ruisseau. Avoir les mains fraîches. Il me faut du repos, des prés et des forêts ; Laisse-moi donc ici sous l'ours ombrages frais Attendre que septembre ait ramené l'automne, boil. Épit. vi. Ces feuilles où tremblent des larmes. Ces fraîches haleinesdes bois, 6 nature, avaient trop de charmes Pour n'avoir pas aussi leur voix, LAMART. Ilarm. iv, 6. || Terme d'agriculture. Terre fraîche, terre qui, à 33 centimètres de profondeur, retient habituellement 0,tB ou 0,20 d'eau. Il Ce cheval a la bouche fraîche, il l'a humide et écumeuse. || Il se prend aussi pour très-rapproché du froid. Des matinées fraiches.jl Une robe, un habit frais, robe, habit qui ne tient pas chaud. Les vêtements de coutil sont frais. || 2" Terme de marine. Vent frais, vent assez fort, qui est favorable à la navigation. Une brise fraîche. || Sulstantivement, on dit joli frais, bon frais, grand frais. || Les marins désignent les degrés de force du vent en faisant précéder frais des épithètes suivantes : très-petit, petit, joli , bon et grand. Il vente petit frais, joli frai-s, grand frais. || 8° Nouvellement fait, produit. Les traces en sont encore toutes fraîches. Une plaie encore fraîche. || Fig. La plaie est encore fraîche, toute fraîche, se dit d'une vive ardiclion que le temps n'a pas encore adoucie. || Oui n'est pas encore séché. Cela vient d être écrit, l'encre est encore fraîche. Écriture fraîche, rotr. Bel. il. 9. || Oui a les qualités de ce qui est récent. Des figues fraîches. De la marée fraîche. Donner de l'herbe fraîche aux vaches. Du poisson frais. Et s'en allait avec tous ses attraits Vendre au marché du beurre et des (Tufs frais, VOLT. Ce quiplatt, etc. || Pain frais, se dit, par opposition à pain rassis, du pain conscn-ant encore la molles.se qu'il a en sortant du four dans la mie, et, dans la croûte, la dureté ca-sianle. || Noix fraîches, des noix qui ne sont pas séchêes. || 4' Se dit aussi de ce qui n'est m salé ni fumé. Du porc frais. Des harengs frais. Du bourre frais. || Autant de frais que de salé, se ilit à quelqu'un pour lui signifier ciu'il n'aura ni de l'un ni de l'autre. || S* Oui est de date récente. Lettres, nouvelles fraîches. Il faudra donc attendre, et le mieux pour celte heure Est d'aller au village où son p^rodemeur», Afin de l'avertir qu'il
la suive da près, Cependant que le mal est encore tout frais, bacan , Berg. Licidas, n, *. L'on voit parmi nous tant de gens parer une roture encore tou'e fraîche d'un nom illustre, mass. Panfgyr. S( François de Faute. || Avoir le souvenir frais, la mémoire fraîche, l'idée fraîche de quelque chose, en avoir un souvenir tiès-prcsont. Ayant l'idée encor fraîche des deux, LA font. Psaut. Il en avait encore lamémoire toute fraîche , hamilt. Gramm. 8. Je vais vous citer un exemple qui est encore tout frais à ma mémoire.... behn. de st-p. Café de Sur. jl On dit de même : La mémoire en est fraîche. La mémoire du déluge étant encore si fraîche parmi les hommes , lorsi|ue Noé vivait encore , pasc. Penst'es, t. i, p. 309, éd. LAHDBE.||De fraîche mémoire, tout récemment. Que de fraîche mémoire im furlif hyménée A la fille d'Albert a joint sa destinée, MOT., le Dép. III, 8. Il Être frais de quelque chose, en avoir la mémoire récente. Je suis tout frais de cette lecture. || Il est encore tout frais du collège, il ne fait que d'en sortir. || 6" De l'argent frais, de l'argent nouvellement reçu. J'aurais pour le succès assez bonne espérance, Si de quelque argent frais nous avions le secours, beonard, Fol. amour, i, 7. Les mêmes amis qui l'avaient abandonné dans sa misère, ne surent pas plus tôt qu'il avait de l'argent frais qu'ils revmrenl à la charge, LE sage, Diable bott. 30. || 7° Qui n'a souffert aucune altération par l'effet du temps. Cette sole est encore très-fraîche. || 8° Qui a conservé l'éclat que donne l'état frais, récent, qui ne s'est point flétri. Des plantes fralclies. Mettre des fleurs dans de l'eau pour les tenir fraîches. Ces roses sont encore trèsfraîches. Il Fiir. Ce sont ces âmes que Dieu chérit, ces imas toujours fraîches et toujours nouvelles, qui gardtnt inviolablement leur première fidélité.... Boss. i- panég. St-Fr. de Paule, 2. || 9° Fig. Il se dit dans le même sens de ce que l'on compare au lustre des fleurs, des plantes. Cette jaune personne est fraîche comme une rose. Des étoffes fraîches. Elle avait un costume très-frais. Le front assez ouvert, l'œil perçant, le teint frais, COEN. Œdipe, IV, 4. Vous êtes fraîche, et moi je ne suis pas très-vieux, colin d'hablev. Vieux célib. n, 6. Quand le premier amour et la fraîche espérance Nous entr'ouvrent Fespace où notre âme s'élance.... lamart. llarm. iv, n. || En peinture. Coloris frais. || 10 Qui a un certain air de jeunesse et de vigueur. Ce vieillard est encore très-frais. Y a-t-il homme de trente ans qui paraisse plus frais et plus vigoureux que vous me voyez? mol. J/ar. forcé, 2. Il 11° Oui n'est pas fatigué ou qui n'est plus fatigué. Il aura le temps de se reposer à Philippeville, et son équipage ; et il sera tout frais quand il s'agira de marcher, sÉv. B23. Dès qu'il eut gagné Bapaume, il prit des chevaux frais, hamilt. Gramm. r.. laissez reposer quelque temps votre ouvrage ; vous le reverrez ensuite avec des yeux frais, et vous en serez meilleur juge que personne, volt. f.ett. Ckabation, 4 3 janv. 1766. Vous n'en pouvez plus, lui dit-il [Charles XII], mon cher Reichel ; j'ai dormi une heure, je suis frais, je vais monter la garde pour vous, m. Russie, n, 8. || Troupes fraîches, troupes qui ne sont point encore fatiguées, qui n'ont point encore donné C'est en vain qu'à travers des bois, avec sa cavalerie toute fraîche, Bek précipite sa marche nour tomber sur nos soldats épuisés, BOSS. Lnui ■ de Bourbon. Il lui oppose des troupes fraîches à la place des troupes fatiguées, ID. ib. Il 12° Ironiquement et familièrement. Qui est dans un grand embarras, dans une situation fâcheuse. Vous avez perdu tout votre argent au jeu, vous voilà frais! || Qui est gâté, abîmé, en parlant des choses. Oii vous étes-vous fourré ? votre habit est frais I II 13° S. m. Le frais, air frais, température fraîche. Le frais pénétrant du soir. Souvent votre Médée y vient prendre le frais. Et pour y mieux rêver s'échappe du palais, cobn. Tois. d'or, u, i . Séjour du frais, véritable patrie Des zéphyrs... LA FONT. Fabl. IV, 12. Solitude, où je trouve une douceur secrète. Lieux que j'aimai toujours , ne pourrai-je jamais. Loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais ! id. ib. xi, 4. Dans le bois où il fait un frais admirable, sÉv. 66. Il faisait un frais délicieux, fonten. Us Mondes, K" soir. Pour respirer le frais, on retourne au même lieu, j. j. RODSS. Ém. m. Sous cette grotte humide et sombre Nous ne chercherons plus le frais, lamabt. Méd. i, 25. Il Par plaisanterie. Mettre quelqu'un au frais, le mettre en prison. [Il] Pensa dans un cachot te faire mettre au frais, boursault, Merc. gai. v, 7. Il 14° Frais, adv. II fait frais. || Boire frais, boire d'un vin frais. Du resta, déjeunons, messieurs, et buvons
FRA
frais, BoiL. Lutr. iv. X verser frais m'invitant, Un vieil ami de la table Me tend son verre en chantant, BÊRANO. Bouteille wolée. || 15" Frais, construit avec un participe, signifie tout nouvellement ; et, bien qu'il soit adverbe, l'oreille a exigé, contre la grammaire, qu'il s'accordât avec son substantif en genre et en nombre ; tout pris adverbialement offre un cas semblable : toute belle qu'elle est. Ils sont frais débarqués de leur village. Une maison toute fraîche bâtie. Une rose fraîche cueillie. Des roses fraîches cueillies. Si frais battu, messieurs, est-il juste qu'on meure ? scarr. D. Japhet, iv, B. Monsieur est frais émouiu du collège, mol. Mal. imag. Il, 7. Sa bouche est fraîche épanouie. Ses Ci,iveux sont blonds et flottants, bébano. Qu'elle est jolie ! Mes yeux cherchent en vain les fleurs fraîches écloses, c. DFXAViGNE, Korceaux choisis, par FEUGÈRE, p. 337. || 16° De frais, tout récemment. Un homme rasé de frais, homme qui vient de faire sa barbe. || 17° Dans le langage populairt. i la fraîche, au moment de la jou.-iiée où il fait frais. Cette locution est faite comme : à la brune. || X la fraîche, qui veut boire? cri des marchands de rafraîchissements en plein air (à la fraîche, c'est-à-dire à la boisson fraîche).
— HIST. XI' s. [Ils] Livrent lur [aux chevaux] prés, assez i a fresche herbe, Ch. de Bol. CLXxvu. || xii' s. [Le cheval] Reprend s'alaine, tost est revigorez, Li cuens Guillaumes senti Très son cheval, la Bataille d'Aleschans, v. 562. Mais son clair vis et sa fresche bouchete, Couci, vi. Quant je regart vostre fresche color, Et vo douz front.... 16. xi. Et vis [visage] riant, fresche beauté veraie [vraie], ib. xvi. Touz jours m'est plus s'amours fresche et nouvele, 16. iviii. Il xm* s. Les poissons frès à blanche aillie. Fabliaux, barbazan, t. iv, p. 8. Seigneur, vos veés bien cornent il nos est, et vos et vostre cheval esles tuit frais et tuit reposé, villeii. clxvi. Et l'autre lui retrempe de fresche eaue en son vin [lui verse de l'eau fraîche en son vin], Berte, Lv. Enfans qui cueillez les floretes, Et les freses fresches et notes, Ci gist li frais serpens en l'erbe, la Uose, t6752. Largece ot robe toute fresche D'une porpre sar-azinesche, ib. 116». Les roses overtes et lées [larges] Sunt en ung jor toutes alées [flétries]; Mes li bouton durent luit frois X tout le moins deux jours ou trois, ib. I6B6. Fines colors, fresches et vives, ib. 20163. Et trouve l'en [dans les silns] le fourment et l'orge aussi frez comme l'en l'eust maintenant batu, JOiNV. 210. Il xiv s. Eulx qui avoient les corps et les courages touz fres et touz entiers, bercheure, f" 34, verso. La mort de Curius estoit trop frais enseignement du péril de chascun, id. f° 24, verso. || xV s. Il entra en sa chambre et la trouva jonchée de verdure, et les parois d'environ couvertes de verds rameaux pour y faire plus frais, proiss. m, iv, 23. Avec ce qu'il est hiver et qu'il fait frais et mauvais chevaucher, ID. n, n, «74. Il XVI' s. Use donc hardiment de l'adjectif substantivé, comme le liquide des eaux, le vuydederair,le frais des ombres, dubell. i,32,verso. Et de plus fresche mémoire, à Yvoy, le.... mont, i, 28. H avoit eu soif, et avoit demandé de l'eau fresche à boire, amyot, llarius, B. Comme un champion de lucte frais et reposé qui s'attache à un jà las et travaillé d'avoir plusieurs fois co.Tibatu, id. Sylla, 61. Les leurs estoient toutes vertes et cueillies de frais, ID. Lucull. 72. Hz se meirent à la voile pour s'enfuir, à quoi leur servit le vent qui se leva frais aussi tost qu'ilz eurent gaigné la baulte mer, id. Pomp. (lO. Et dormez seurement sous le frais des ormeaux, bons. 72). Prins en flagrant delict, qu'on dit en la freiche coulpe, Nouv. coût, gêner, t. II, p. 8B9.
— ÉTYM. Bourguig. frai, frais, froche, fraîche; wallon, frèhe, humide; nam. frèche; Hainaut, fraic/ie ; provenç. fresc; espagn. portug. et ital. fresco; de l'anc. h. allem. frise ; allem. mod. frisrh ; anglosax. fresc; angl. fresh, qu'on rattache au radical sanscrit prish, mouiller, pleuvoir. L's constante dans fraii, et sch au féminin écartent tout rapprochement avec le latin frigus, froid.
2. FKAIS (frê; l's se lie : des frê-z excessifs), s. m. plur. Il 1° Argent qu'on emploie à quelque chose; ce que coûte une chose. Frais de bureau. Frais de premier établissement. II faut la retenir et tout ce qu'elle enserre Comme un gage assuré des frais de cette guerre, du ryer, Scevole, m, 2. Pour subvenir aux frais de l'entreprise, la font. Belph. Ne donneriez-vous pas des millions d'or pour en avoir la clef [du paradis] ei entrer dedans quand bon vous semblerait? il ne faut point entrer en de si grands frais; en voici une, voire cent, à meilleur compte, VKSC.Prov. ne. L'utile et la louable pratique de per- |
FRA
dre en frais de Doces le tiers de la dot qu'une femme a apportée I la bruy. vu. J'avancerai les frais, et j'en fais mon affaire, regnahd. Fol. am. m, 4. Déjà ses yeux fixés sur cette capitale [Moscou] n'exprimaient plus que de l'impatience; en elle il croyait voir tout l'empire russe ; ces murs renfermaient tout son espoir, la paix, les frais de la guerre, une gloire immortelle, segur, llisl. de Nap. vui, 4, Il Hetirer ses frais d'une opération, en retirer autan' d'argent qu'elle en a coûté. X présent cinquante quintaux de minerai pour l'or donnent quatre, cinq et six onces d'or, et, quand il n'y en a que deux onces, le mineur ne retire que ses frais, MONTESQ. Esp. XXI, 22. || Être de grands frais, coûter beaucoup à nourrir, à entretenir, occasionner de grandes dépenses. || X peu de frais, sans dépenser beaucoup d'argent. Mais je tiens qu'ici-bas, sans faire tant d'apprêts, La vertu se contente et vit à peu de frais, boil. Épttre v. J'achète à peu de frais de solides plaisirs, id. ib. vi. Emoellir à peu de frais une partie de la ville, pèn. Tél. xii. || Fig. .Sans embarras, sans peine. Il avait acquis de la réputation à peu de frais. Donc à si peu de frais la vertu se profane, Régnier, Sat. v. Il a l'honneur de partir le premier.... je vous assure qu'il n'y a rien de mieux, ni qui fasse tant d'honneur et à peu de frais; car il n'a point d'affaires ici, et il est ravi d'aller courir et faire le bon officier, sév. 523. || X moins de frais, en dépensant moins d'argent. Quoi ! ne sera-ce jamais qu'à la dernière extrémité qus nous ferons quelque chose de grand? si la moitié de Paris était '-rûlée, nous la rebâtirions supi-rbe et commode; et nous ne voulons pas lui donner aujourd'hui, à mille fois moins de frais, les commodités et la magnificence dont elle a besoin? volt. Polit, et lêgisl. Embell. de Paris. Le père [Frédéric Guillaume, roi de Prusse] était un véritable vanlalo qui, dans tout son règne, n'avait songé qu'à amasser (le l'argent et à entretenir, à moins de frais qu'il se pouvait, les plus belles troupes de l'Europe, volt. Uèl. lin. Comment, historiq t. LXiil, p. 20. || Fig. Avec moins lie peine. Il a conquis sa réputation à moins de frais. Il X moitié de frais, ou, elliptiquement, à moitié frais, c'est-à-dire que, de deux personnes, chacune payera la moitié de la dépense. || X frais communs, en payant chacun notre part d'argent. La grefficre : Nous logerons ensemble, mailaïue la baronne. — Mme Blamlineau : Et nous premlrons un suisse à frais communs, madame la comtesse, dancourt,F^« du village, m, se. dern.A frais communs et à peu de frais, nous étions abonnés pour nos lectures avec un vieux libraire, marmontel, )l?m. I. Il Fig. U y a des femmes qu'il faudrait assommer à frais communs, entendez-vous bien ce que je vous dis là? Oui, il faudrait les assommer, SÉV. 4B2. Il Constituer quelqu'un en fraii, être cause qu'il fait des frais, qu'il dépense de l'argent. Il Faire les frais d'une chose, fournir l'argent qu'elle exige. Je m'offre à vous mener dans toutes ces provinces, et nos guitares en feront les frais, lfsage, Eslev. Gonzalez, 46. Une guerre dont ils faisaient seuls tous les frais, i. J. bo'jss. Orig. 2. Il Fig. et familièrement. Faire les frais de quelque chose, fournir la matière principale de quelque chose, contribuer le plus à quelque chose. Il se garde bien de citer cet auteur, qui a fait presque tous les frais de son érudition, Dict. de l'Académie. Il était économe et soigneux de son bien ; Mais l'hospitalité, leur antique lien. Fit les frais de ce jour comme d'un jour de fête, a. chém. Fable (Bat des champs et rat de ville). Fit avec plus d'agrém'~nt que jamais tous les frais de la conversation, GENLis, Mme de Maintenon, t. i, p. 62, dans poigens. Il Fig. En un autre sens. Faire les frais, faire les premiers frais, faire les avances, solliciter le premier. Mais les gens de mon air, marquis, ne sont p,as faits Pour aimer à crédit et faire tous les frais, MOL. Mis. m, t. Elle fait tous les frais de l'amitié, SÉV. 606. En amitié ainsi qu'en amour, les princesses sont condamnées à faire tous les premiers frais, genlis, Mlle de Clermont, p. 29, dans pouoens. Il Absolument. Faire des frais pour quelqu'un, lui faire des avances. || Tous frais faits, après que toutes les dépenses ont été soldées. Combien croyezvous que chaque arpent rapporte l'un dans l'autre année commune, en blés, en semence de toute espîce, vins, étangs, bois, métaux, bestiaux, fruits, laines, soies, lait, huiles, tous frais faits, sans compter l'impôt? volt. l'Homme aux 40 écus, Entretien'avecun géomètre. \\ Se mettre en frais, faire, à queli|ue occasion, plus de dépense que de coutume. Compère le renard se mK un jour en frais, la font. Fabt. I, 48. Il Ironiquement. Dépenser, donner, of-
47fi'.
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frir moins qu'on ne devrait. || Fig. Kalre de» efforts pour réussir, pour plaire. Se mettre en frais d'amabilité, de prévenances, do toilette, etc. || Fig. En être pour ses frais, ne pas obtenir ce pour quoi on avait fait des avances, des démarches. || Sur nouveaux frais, en considérant tout ce qu'on avait fait comme nul, de nouveau, derechef. La Rancune ne se fit pas prier deux fois pour faire troisième, et se mit à boire sur nouveaux frais, gCARR. Rom. com. i, «. Sur nouveaux frais attrapons nos époux, m pont. Gag. Il y a [dans Atys de Ouinaultl un sommeil et des songes dont l'invention surprend ; la symphonie est toute de basses et de tons si assoupissants qu'on admire Daptiste sur nouveaux frais, sÉv. 27t. Et, quand après en avoir bien parlé [de Mme de Grignan], nous nous détournons un moment, je reprends la parole d'un bon ton, et je lui dis : Mais disons donc un pauvre mot sur ma fille.... Là-dessus nous recommençons sur nouveaux frais, sÉv. 43. Je vous (^n remercie sur nouveaux frais, ID. 68. J'écris sur nouveaux frais, rac. Plaid, i, 7. Si vos songes ne [louvaient pas recevoir quelque interprétation, on vous faisait dormir dans le temple sur nouveaux frais, FONTBN. Orac. i, 4 5. || Dans le langage des ouvriers, faire des frais, causer un dégât. Un ouvrier (|ui pose une glace dit : Prenons garde de faire des Irais, c'est-à-dire de casser la glace. || 2° Terme de pi'atique. Déboursés et émoluments accordés par tarifs aux officiers ministériels. Condamner aux frais. Il Frais et mises d'exécution, frais qu'un créancier est obligé de faire pour mettre à exécution son titre. il Frais et loyaux coûts, frais faits pour la passation d'un acte et pour les suites légitimes. || Faux frais, dépenses qui n'entrent pas en taxe. || Dans le langage général, faux frais, toutes les menues dépenses qui accompagnent une dépense principale. Votre voyage vous coûtera six cents francs, sans compter les faux frais. Voilà en avance une bourse de mille louis pour les faux frais de vos noces, d'al- LAiNVAL, Ecole des bourg, i, <o. || 3" Se dit, à certains jeux, tels que le billard, la paume, etc. de la dépense qu'on y fait. Jouer les frais. J'ai perdu les frais. Il 4° Frais de passe, se dit, au creps, d'une certaine somme que le joueur qui passe plusieurs coups doit payer au marqueur.
— REM. On a dit auxviii' siècle, faire les frais de penser, pour se donner la peine de penser. Voltaire se moque avec raison de cette locution : Vous lirez dans nos livres nouveaux de philosophie qu'il ne faut pas faire à pure perte les frais de penser, Dict. pWJ. Langues.
— HIST. xm' s. En ceste manière se pot il mètre hors de le [la] compaignie et des fres de la commune, BEAUM. XXI, 26. Après doit estre fête le [la] somme des despenses et de toutes manières de fres, et de paiemens.... id.xxix, <i. Et ensiquort [court] tous li fres sor le commun des povres, id. l, to. Il XIV* s. Oui tort voelt faire autrui, tous les frais paier doit, Jiaud. de Seb. vu, 806. Tout fut en frait et despense du roy, Chron. ms. deNangit, dans la- CUHNE. As siergans, pour frait qu'il eurent adonc pour leur sielles rapparillier et pour leur brides, cAPFiAux, Abattis dis maisons, p. 9. S'ensuivent li frait que livilleaeu3....iD. tb. p. 17. CarlydusAssellins et Fedry, qui est lais, Pensoient tout adès traysons en leur fais; Mais en le [la] fin seront paiiet de tout leur frais, Hugues Capet, v. «S.'iO. Là fu le [la] cour servie de tous biens larguement; Les frez paiia Fedris, sy n'en gousta noyent, ib. v. 6(23.
— ÊTYM. On le tire du bas-latin fredum, qui, signifiant amende pour avoir troublé la paix, a pu prendre le sens général de débourses, et qui vient de l'ancien haut-allemand fridu, la paix ; anglo-sax. frith ; danois, fred. Fredum a pu très-bien donner au régime singulier frait; mais on trouve dans du Gange fractus, fractum, avec le sens de dépenses, qui, lui aussi, donnerait frait, comme fracta avait donné fraite, brèche ; en ce sens le frait est le dommage, et devient, par une transition naturelle, la dépense destinée à le réparer. Ce qui décide la question en faveur de fractum, c'est que le sens en est précis dans le baslatin, tindisqu'aucun intermédiaire ne nous reporte à /'redum, dont, originellement, le sens est autre. Fraetum est le latin fractus, participe passif de frangere, briser (voy. fragile).
(.FRAlSF,(frê-z'>,i.^.|| 1° Fruit du fraisier. || Fraise en grappes, nom donné parfois au fruit de l'arbousier. Il 8° Par extension, tache naturelle qui affecte la forme d'une fraise. Il a une fraise à la joue.
— HIST. xiu* s. Knfans qui cueillez les floretes Et les freses fresches et netes, la Rose, 467i>2. Freses sont caudes et moistes temprement, albbrant.
f" M. ||xiv* S. VI boutons ronds, en manière defrezes d'or, semez de petitz saphirs et ballaysseaux, sur chacun une grosse perle, de laborde. Émaux, p. (72. Il XVI' 8. D'une freze deux morceaux, oénin, Récriai, t. ii, p. 237.
— ETYM. Wallon, frive;A\ï latin fragum, fraise, par l'intermédiaire d'un type fragea.
t 2. FRAISE (frê-z'), s. f. Petit outil pour évaser l'entrée d'un trou percé dans du métal ou dans du bois, dit aussi frase. || Plaque fort mince pour fendre les roues des montres et des pendules. Il Lime ronde d'horloger. || Roue dentée pour couper les métaux et même les bois.
— ÊTYM. Peut-être ainsi dit par comparaison de forme avec une fraise.
». FRAISE (frê-z'), s. f. Terme de boucherie. Le mésentère du veau, de l'agneau. Manger de la fraise.
— HIST. xiv s. En l'autre plat la frase de chevreaulx, Ut'nagier, ii, 4.
— ETYM. Wallon, frase; namur. frite; Hainaut, frasse; provenç. fresxa; bas-lat. frcusa. Origine inconnue; il est donc permis de conjecturer. Pourrait-on le rapprocher du bas-latin fractillum qui a signifié frange, et suppose une forme fractia, de même sens? Alors la fraise serait dite ainsi par assimilation avec une frange.
4. FRAISE (frê-z'), s. f. || l'Sorte de collet double et à godrons qu'on portait au seizième siècle et au commencement du dix-septième. Il avait une fraise avec un chapeau pointu, hamilt. Gramm. 3. Mignard aurait peint les courtisans avec des fraises et des collets montés, fén. t. xxi,p. 283. Philippe d'Orléans [le régent) se plaisait queiquefoiâ à mettre une fraise, et c'était alors Henri IV embelli, volt. Louis XV, 3. Il Fig. Jamais clocher ne s'est trouvé avec une telle fraise [balustrade], sÉv. 443. Il 2" Terme de chasse. La forme des pierrures de la tête d'un cerf. || 3° La fraise du dindon, la chair rouge qui lui pend sous le bec. La fraise du dindon qui s'enfle et rougit dans certains moments d'amour ou de colère, bufp. Ois. t. xm, p. (64, dans pouPENS. Il 4° Terme de fortification, tiré de la comparaison avec la fraise, collerette. Palissades plantées dans le talus extérieur du parapet et inclinées à l'horizon. Garnir les endroits faibles avec des fraises. Campagne de flocroy, dans bichelet, au mot garnir. || B° Terme de construction. Pieux autour des piles des ponts pour servir de contre-garde.
— HIST. xvi* s. Il y a après la diversité de rotondes à double rang de dentelle, ou bien fraises à confusion, d'aub. Fœn. i, 2.
— ETYM. Il est probable que c'est le même mot, par assimilation de forme, que fraise 3. Ce qui tend à confirmer cette étymologie, c'est que, au xv siècle, le verbe est fraser (voy. fraiser (, à l'historique), conforme à frase du xiv", fraise de veau. On l'a rapproché du bas-latin fresium, espagnol friso, freso, italien frcgio, qui veulent dire frange, et on l'a tiré du latin phrygium, ouvrage de broderie, proprement ouvrage phrygien; suivant Diez, ces mots, voulant dire proprement ce qui est bouclé, tiennentau germanique: frison, /'mZe, frisé; anglais, fride. Mais l'assimilation de fregium, fregio, a.vec fraise du français est très-douteuse ; Va étant dans le français frase, fraser, et l'e dans les autres.
(. FRAISÉ, ÊE (frè-zé, zée), part, passé de fraiser (. Il 1° Garni d'une fraise, d'une collerette. L'homme ne se plaît pas d'être toujours fraisé, Régnier, Sat. V. Il J" Garni de palissades en fraise. Un bastion fraùsé.
2. FRAISÉ, ÉE (frè-zé, zée), part, passé de fraiser 2. Pâte fraisée. || Chaux fraisée, chaux qu'on a humectée d'un peu d'eau jusqu'au point d'en pouvoir former des pelotes dans la main sans qu'elle s'y attache; elle sert dans la savonnerie.
t FRAISEMENT (frê-ze-man), s. m. Terme de fortification. Etat d'une fortification garnie d'une fraise.
— ÉTYM. Fraiser i.
t. FRAISER (frè-zé), B. a. || !• Plisser en forme de fraise. Fraiser des manchettes. Fraiser du papier. i| i' Terme de fortification. Garnir un bastion d'une fraise. Fraiser un chemin couvert. i| Autrefois fraiser un bataillon, c'était le bonler de piquiers pour le mettre à couvert de la cavalerie.
— HIST. XV s. Une gorge blanche et frazée , COQUILLART, p. 27, dans LACURNK. Franc, frais, frasé comme un oignon, m. p. (05. Rebondis comme belles miches, Et frayzés comme bcauli ognons , VILLON, Baillevent et Malepaie. || xvi* s. 11 se peigne, se fraise, se mire, et s'agence le plus soigneusement qu'amour lui pouvoit enseigner , yver , p. 557. Quand un qui ne sait riea que fraiser sa
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chemise Dira que tu n'es pas digne que l'on te lise,
ID. p. 653.
— ÉTYM. Fraise t. Le provençal frexar, freizar, et l'italien fregiare diffèrent du français en ce que l'un a l'a et If-s autres l'e.
2. FRAISER (fré-zé), V. a. Fraiser la pâte, la pétrir avec les poings de droite à gauche; contrefraiser, c'est la pétrir en sens opposé. || On trouve aussi fraser.
— HIST. xiv* S. Puisier les fève» dans le pot et les escorcher et fraser en leur chaleur, Minagier,
— ETYM. Lat. fresut, part, passif de frendere, briser.
t s. FRAISER (frè-zé), v. a. Percer du métal ou du bois , à l'aide de l'instrument appelé fraise. Il Évaser en cône renversé l'orifice d'un trou dam lequel une vis doit être insérée.
— ETYM. Fraise 2.
fFRAISEHAT (frê-ze-ra), s. m. Nom vulgaire du fraisier stérile ou potentilta fragaria des auteun (rosacées).
— ETYM. Fraisier.
FRAISETTE (frê-zè-f) , s. f. || !• Petite fraise. Les hommes portaient autrefois des fraisettes au' lieu de manchettes, quand ils étaient en grand deuil, Dict. de l'Académie. || 2* Nom vulgaire et marchand de la dauphinule laciniie (coquilles univalves), qui est le turiio dauphin de certains auteurs, leooarant.
— HIST. XV* s. Le suppliant print un culot nommé bourse boutonnée de fraisettes dorées, du camob, freiellus.
— ETYM. Diminutif de fraise 4.
FRAISIER (frè-zié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, \'s se lie ; .-les frè-zié-z en fleurs), s. m. Plante de la famille des rosacées, à fleurs blanches et qui produit les fraises. On y distingue plusieurs espèces : c /'raffaria vesca, L. Variétés: fraisier des bois ou des Alpes, fraisier perpétuel, fraisier fressant; 2° fraisier caperonnier , fragaria elatior, Ehrh.; 3° fraisier des collines, ou fraisier breslingue ou fraisier craquelin, fragaria coltina, Ehrh.; 4° fraisier du Chili, fragaria chilensis , Ehrh. Variété : fraisier ananas, à gros fruit. || Fraisier eu arbre, l'arbousier.
— ÉTYM. Fraise t; wallon, /'rén', fravi; prov fraisier.
t FRAISIÈRE (frè-ziê-r"), *. f. Terrain planté de fraisiers.
— ÉTYM. Fraisier.
FRAISIL (frè-zi ; Yt ne se prononce jamais ), $. m. Il 1* Nom que les serruriers et autres artisans en fer donnent à la cendre du charbon de terre qui demeure dans la forge. || 2° Dans le Berry, poussière ou menues parcelles de charbon restant sur les places à fourneau dans les forêts.
— REM. D'après l'Académie, le fraisil est la cendre du charbon de terre dans une forge; or ce dernier sens, dans notre pays (le Berry] classique pour l'industrie métallurgique du moins, s'applique exclusivement aux escarbilles, jaubkrt, Gloss.
— ÉTYM Berry, /"rosit, origine inconnue. On peut pourtant le rapprocher du bas-lat. fractiUum, qui signifiait moulin à poivre, et y voir un dérivé de frangcre, rompre.
t FRAISOIR (frè-zoir), s. m. Sorte de vilebrequin qui sert aux ouvriers en marqueterie.
t FRAISSE (frê-s'), s. m. Un des nom» vulgaire* du frêne. On dit aussi frèche.
— ETYM. Lat. fraxinus, frêne.
t FRAISURE (frè-zu-r'), s. f. Terme d'armurier. Creux demi-cylindrique pratiqué dans le bassinel un peu au-dessous de la lumière.
— ETYM. Fraise (.
t FRAMBOESIA (fran-bè-zi-a), s. m. Terme de pathologie. Maladie caractérisée par des tumeurs semblables, pour la forme, à des champignons, à des mûres ou à des fr.iml)oises.
— ETYM. Framboise.
FRAMBOISE (fran-boi-z'), t. f. Le fruit du framboisier.
— HIST. xu*s. Li duz ne prise une framboise Quant qu'il en dit ne qu'il en noise [fasse du bruit], benoIt, V. 28624. || XVI* S. Laquelle odeur incorporée avec le vin, il s'en rendra délicat et piquant, avec agréable framboise [arôme], o. de serkes, 24b. Les bons gourmets tastans du bon vin disent qu'il sent la framboise, lorsqu'ils le veulent haut louer, ne s'advisans pas toutefois que, si un vin sentoit sa framboise, il n'y a celuy qui en voulust boira aisément; par quoy il faut indubitablement dire, d'un bon vin qu'il sent son franc boire, c'est i dire
FRA
qu'il n'y a aucun vice, pasquier, Recherches, p. 753,
«ians LACURNE.
— ËTYM. Ardennes, frambdche, frambaiiche ; Malraédy, frambaihe; wallon, frotnbdhe , airelle ; génev. flamboise; espagn. frambuesa; pays de Corne, famhrosa; piém. flanboesa; du hollandais braambesie; anc. h. allem. brdmberi, fruit de la ronce, de Bratn, buisson épineux, ronce, etBeere,baie , avec le changement du b en f, peut-être, comme le dit Diez, sous l'influence de fraise. Au contraire Grandgagnage le tire de l'allemand fram, from, bon, et Belie, baie. Mais les formes brambetie et brdmberi , qui sont originelles dans l'idiome germanique, écartent l'étymologie de Grandgagnage.
FRAMBOISE, ÉE (fran-boi-zé, zée), part, passé de framboiser. |{ 1° Qui a le goiit ou le parfum de la framboise. Liqueur framboisée. || i° Terme d'anatomie , qui se dit des éléments anatomiques dont la surface est couverte de saillies mamelonnées comme les framboises.
FRAMBOISER (fran-boi-zé), V. a. Aromatiser avec de la framboise.
— ÊTYM. Framboise.
FRAMBOISIER (fran-boi-zié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des fran-boi-zié-z-en fleur) , s. m. Arbrisseau épineux de la famille des rosacées, <lu genre ronce, qui produit un fruit rouge ou blanc, assez semblable à la mûre, et d'une odeur plus pénétrante que la fraise, rubus tda?tw, t.
— HIST. xvi* s. Au groseiller nous accouplerons le framboisier, pour la sympathie de leurs services, .servans communément en palissades, et donnans du fruit à manger, o. de serkes, te t.
— ÊTYM. Framboise.
FRAMËE (fra-mée), ». f. Arme des anciens Francs, qui était une espèce de lance à fer très-long.
— ÉTYM. Lat. framea, donné par Tacite comme un mot germanique; on le rattache à l'anglo-saion fronça, javelot; d'autres à l'allemand P/nem , poinçon ; hoU. priem ; suéd. pren.
t <■ FRANC (fran), s. m. Nom d'un peuple germain qui habitait les bords du Rhin, qui envahit les Gaules et y fonda une monarchie. Les Francs commençaient alors à se faire craindre; c'était une ligue dépeuples germains qui habitaient le long du Rhin ; leur nom montre qu'ils étaient unis par l'amour de la liberté, boss. Hist.i, <o. || Ad/. Franc, franque, qui appartient aux Francs. Période franque. La monarchie franque. Au milieu du vi* siècle, la race franque s'était répandue et dominait dans toute la Gaule, GUIZOT, Hist. de la civil, en France, 8« leçon.
— ÉTVM Lat. Francus, nom de cette peuplade germanique, qui devint aussi l'appellation de l'homme libre; dans l'anc. h. allem. il est sous la forme franco. Ce mot de francus est d'origine obscure. Diefenbach, le trouvant aussi dans le celtique, croit qu'il vient de là; J. Grimm y voit un dérivé de la racine gothique freis, allem. mod. frei, libre; d'autres le rattachent à l'anglo-saxon, franco, javelot.
2. FRANC (fran; le c ne se he jamais; au pluriel, Vs se lie : les fran-z et les livres), s. m. || l" Anciennement, synonyme de laUvre tournois valant 20 sous. Ce sont vingt mille francs qu'il m'en pourra coûter; Mais pour vingt mille francs j'aurai droit de pester, MOL. Mis. v, ). Cent francs au denier cinq, combien font-ils ? — Vingt livres , boil. Sat. vm. Mme de Maintenon évalue le tout [l'entretien d'une maison agréable et bien tenue] à neuf mille francs par an, et met trois mille livres pour le jeu, les spectacles, Ins fantaisies et les magnificences de monsieur et (le madame, volt. l'Homme aux 4o écus, Introduction. De là un franc en argent et en or, pour exprimer la monnaie du roi des Francs, ce qui n'arriva que longtemps après, mais qui rappelait l'origine de la monarchie, id. Dict. phil. Franc oufranq, France, etc. || 2" Aujourd'hui, pièce d'argent alliée d'un dixième de cuivre, et pesant en tout cinq grammes; c'est l'unité monétaire du système décimal. Le franc se divise en dix décimes ou cent centimes (vingt sous). Il La livre est restée synonyme de franc, mais elle n'est plus qu'une monnaie de compte évaluée à cent centimes. || 3° Au marc le franc, ou, suivant le langage décimal, au centime le franc, proportionnellement à ce que chacun doit ou à ce qui est dû à chacun. Les créanciers ont été payés au marc le franc.
— REM. Dans l'ancien emploi , franc était l'objet de quelques observations qui n'ont plus de raison d'être. On disait bien plutôt : Il a vingt mille livres de rente que vingt mille francs; et réciproquement on disait : Cette maison m'a coûté vingt mille francs et non vingt mille livres. Vaugelas observe qu'on dit indifféremment cinquante livres et cin-
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quante francs, cent livres et cent francs, à cause que c'est un compte rond ; mais, dans un compte rompu, on dit quatre livres dix sous, cent cinquante livres, mille quatre cents livres, et non pas quatre francs dix sous, cent cinquante francs, mille quatre cents francs, Rem. Not. Th. Corn. t. ii, p. 662, dans
POUGENS
— HIST. XV* s. Les trésoriers appareillèrent tout l'argent [loooo francs demandés par le duc de BerryJ en couronnes d'or et en francs de France, et fut mise la finance en quatre petits sommiers, FROiss. liv. IV, p. 34, dans lacurne. Maison des champs l'ont pluseurs appelle; Mais, Dieu merci, toute plaine de blé. Ont les Angles le feu bouté dedens; Deux mille francs m'a leur guerre cousté, E. DESCHAMPS, Domaine briXlé par les Anglais. Par saint Fiacre, ce sont bons frans X cheval, armés pour la guerre, id. Poésies mss. f" 374, dans lacurne. Il XVI' s. Franc ou livre c'est tout un, d'autant qu'en l'an 1400 et auparavant une livre, à cause de la forte monnoye, valoit un franc d'or, qui vaudroit à présent autant qu'un escu sol et plus, comme en l'an (675 le roy Henry III a fait frapper des francs d'argent de la valeur de vingt sols tournois, parisis, viennois, mançois, blancs, angevins, bourdelois, laurière, Gloss. du droit fr. En prisée de terre ou revenue le franc de rente ou censé perpétuelle est estimé valloir pour une fois vingt livres tournois, et en rente constituée le franc n'est estimé que dix livres tournois, Coust. génér. t. i, p. 4(6.
— ÊTYM. Franc 4. En (360 le roi Jean fit frapper une monnaie représentant le roi à cheval et armé de toutes pièces ; elle fut nommée franc à cheval, à cause de la devise Francorum rex, qui y était ; il y avait aussi des francs à pied représentant le roi armé de toutes pièces, mais à pied.
3. FRANC, FRANCHE (fran, fran-ch'; le c se lie : un fran-k original ; il lui dit fran-k et net; au pluriel, r« se lie : de fran-z originaux), adj. || 1° Qui jouit de sa liberté. Un esclave en entrant en France devient franc et libre. Je ne me résoudrai jamais à l'hyménée Que d'une volonté franche et déterminée, CORN, la PI. Roy. iv, (. Une terre franche et sacrée ne couvrira pas ma cendre , raynal, Uist. phil. XVIII, 46. Il Corps francs, voy. corps, n' 16. Il Avoir ses coudées franches, voy. coudée. || Terme de philosophie. Franc arbitre, pouvoir de se déterminer sans autre cause que la volonté ellemême, voy. ARBITRE (LIBRE). La volonté seule ou la liberté du franc arbitre que j'expérimente en moi être si grande que je ne conçois point l'idée d'aucune autre plus ample, desc. Médit, iv, 7. 112" Qui n'a point souffert de dommage. Échappé Non pas franc , car pour gage il y laissa sa queue, LA FONT. Fabl. v, 5. S'il en peut sortir franc, c'est à lui beaucoup faire , id. Cand. || 3° Exempt d'impôts, de dettes, de charges. Les denrées nécessaires à la vie devraient être absolument franches. Terre franche et quitte de toute dette. Le comte son beau-père [de Frédéric Barberousse], nommé Renaud, ayant obtenu de grandes immunités en faveur de ce mariage , s'intitula le comte franc , et c'est de là qu'est venu le nom de Franche-Comté, VOLT. Ann. Frédéric i", ( )B6. || Fig. Être franc de, exempt de. Franc d'ambition. Voilà le \Tai chemin, franc de crainte et d'envie, Régnier, Sat. ivi. Je crois votre maison franche de tout ombrage , MOL. l'Ét. y, 4. Il Franc-bord, voy. franc -bord. Il Port franc, port où les marchandises jouissent de la franchise des droits d'entrée et de sortie. || Villes franches, celles qui ne payaient pas la taille. || Provinces franches, se disait des parties de la France qui n'avaient jamais été soumises à l'impôt des gabelles. Il Franc tenancier, celui qui tenait des terres en roture , mais qui en avait racheté les droits. Il Francs-archers, ancienne milice établie par Charles Vil, et formée d'un homme équipé que fournissait chaque paroisse et qui y demeurait franc de charges. || Francs devoirs, se disaient d'un fief dont l'hommage avait été changé en simple rente, et des charges dues par des personnes libres pour l'usage des bois, des pacages, etc. || Familièrement. Franche lippée, repas qui ne coûte rien. Un chercheur de franches lippées. Car quoi I rien d'assuré! point de franche lippée I Tout à la pointe de l'épée, la font. Fabl. 1, 5. Il Jouer part franche, se dit lorsque plusieurs personnes, jouant à qui aura quelque objet qui est l'enjeu, comme un bijou, un livre, etc. conviennent que celui qui gagnera ne payera rien pour sa part. || Fig. Part franche, celle à laquelle on a droit sans payer. Avoir part franche dans une affaire. Il 4° Se d't des choses dont on a payé d'avance le transpor'.. Une lettre franche de port. Recevoir
franc de port un panier de gibier. || Franc de port se dit adverbialement. Je vous envoie une bourriche franc de port. || Avoir ses ports francs. Être dispensé de payer le port des lettres qu'on reçoit par la poste. Ne sachant pas si vous avez vos ports francs pour les gros paquets qui ne viennent point de votre gouvernement, volt. Lett. Richelieu, 7 août (773. Il 6' Fig. Oui dit ouvertement ce qu'il pense, qui agit conformément à ce qu'il dit. Je n'ai jamais vu d'homme plus franc. Le coeur de Pulchérie est trop franc... corn. Héracl. i, 2. Être franc et sincère est mon plus grand talent; Je ne sais point jouer les hommes en parlant, mol. Jft't. m, 7. Lui qui d'un honnête homme à la cour tient le rang, X qui je n'ai rien fait qu'être sincère et franc, ID. ib. v, ( . Il Être franc comme osier, parler et agir sincèrement (sans doute par un jeu de mot entr» franc, sincère, et osier franc, osier de bonne espèce). On dit dans le même sens : Être franc comme l'or (sans doute par allusion à la pureté de l'or). || Un franc Gaulois, un homme de bonne foi, et aussi un homme simple et d'une franchise un peu rude. || Il se dit des choses. Une conduite franche. Des manières nobles et franches. Ce franc aveu sied bien aux grands courages.... corn. Sertor. m, 2. Un discours libre et franc n'aura rien qui vous blesse, M. J. chèn. Charles IX, m, (. || Avoir son franc parler, dire tout haut ce qu'on pense. Ce sont des fous sublimes qui ont leur franc parler, dider. Lett. à Galiani. Qu'on ait craint son franc parler [de la presse] Dans la chambre et l'antichambre; Riez-en avec moi, bérang. Censure. || 6° Qui a les qualités requises , sans mélange. Drogue franche. Vin franc. Le foyer de ces lentilles à l'eau [faites avec deux verres comprenant de l'eau entre eux] n'est jamais franc, ni bien terminé, ni réduit à sa plus petite étendue, bupf. Hist. min. Introd. Part. exp. t. vn, p. 279, dans POUGENS. || Terres franches, cella qui ne sont ni calcaires, ni argileuses, ni décidément siliceuses, mais formées d'une quantité de calcaire qui ne dépasse pas quarante pour cent et qui peut être moindre. Mon projet était de reconnaître, au bout de trente ans, la différence que produirait sur mon bois semé l'épaisseur plus ou moins grande de cette terre, qui partout était franche et de bonne qualité, buff. Min. t. ii, p. t36. Il Pierre franche, pierre parfaite dans son espèce, qui n'a ni la mollesse du moellon, ni la dureté du caillou. Il 7° Terme de peinture et de sculpture. Dessin, pinceau, ciseau franc, dessin, pinceau, ciseau net et hardi. || 8° Terme de marine. Vent franc, vent dont la direction et la force ne varient pas. || Pompe franche, pompe qui ne jette plus d'eau, parce que l'eau est épuisée. |{ Gouverner à barre franche, gouverner avec la main seulement, sans roue, ni palans. || Franc-tillac, voy. tillac. || 9° Il se dit, précédant son substantif, dans le sens de vrai, véritable (mais avec une nuance ironique qui n'en fait pas un éloge). Ce qu'il vous dit est une franche sottise. Lorsqu'un franc campagnard avec longue rapière, mol. Fâcheux, u, 7. Pour ces francs pécheurs, pécheurs endurcis, pasc. Prov. *. Avouez que vous êtes un homme bien faible. — Oui , madame ; une franche dupe, j'en conviens, lesage, Turc, ii, 3. Je suis un franc provincial qui croit qu'on peut s'occuper à Paris de ce qui se passe dans son village, VOLT. Lett. d'ArgerUal, 27 janv. (766. || Vrai, naturel, sans nuance d'ironie. Nous leur conserverons les noms de friquet et desoulcie, qui sont leurs anciens et vrais noms, parce qu'en effet, ce ne sont pas de francs moineaux, buff. Ois. t. vi, p. 2(0. || Un franc Breton, un franc Picard, un homme qui a pleinement les qualités et les défauts des gens de ces provinces. Il II se joint, en les précédant, à des termes injurieux pour les renforcer. Les valets de Saldagne, francs ivrognes, laissèrent tout faire au valet de Verville, scarr. Rom. com. n, (2. Un franc animal, un brutal, un stupide, un sot.... mol. Le Méd. malgré lui, m, 3. Il On dit de même : une franche sottise; une franche bévue. Oui sa pudeur n'est que franche grimace, mol. L'Ét. m, 2. || Courir à franc étrier, voy. ÉTRIER. La locution signifie sans doute : avec l'étrier franc, vrai, c'est-à-dire sans le quitter durant toute la chevauchée. || 10° Entier, complet, en parlant de choses. Un jour franc. Huit jours francs. Sauter vingt-quatre semelles franches. Dormir la franche matinée. || 11° Terme d'escrime. Botte franche, coup de fleuret porté net et qui n'a pu être paré. Il 12° Avoir un jeu (manière de jouer) franc, avoir un jeu bien dessiné, bien correct et sans timidité. Il Fig. Y aller de franc jeu, y aller pour tout de bon, sans arrière-pensée. || On dit au jeu qu'une carte est affranchie ou franche lorsqu'elle n'est plus exposée
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à être prise. Pourquoi jouer alnsit vous aviez la dame franche. || 13' Terme d'horticulture. Dans le sens Ifl plus (*tcn(Ju , se dit de tout arbre qui n'a pas élé gratté. M Dans un sens plus étroit. Un arbre franc de pied, ou , simplement, arbre franc, arbre qui. sans avoir besoin d'être greffé, produit une bonne espèce de fruit. Un prunier franc. || On le dit quelquefois des fruits mêmes. Noisettes franches. Pèche franche. || Entor franc sur sauva- (feon, enter un scion d'un arbre franc sur un sauvageon. Il Enter franc sur franc, greffer un arbre franc sur un arbre franc. || Fig. et par plaisanterie. Enter franc sur franc, se dit d'un bâtard qui a un autre bâtard. || 14- Cheval franc du collier, voy. COLLIER. Il Franc d'amble, se dit d'un cheval qui va l'amble naturellement. || 16" Franc carreau, nom d'un jeu, qui consiste à jeter une pièce de monnaie dans un carré qu'on a tracé sur la terre. Le vainqueur est celui qui approche le plus du centre. Il 16* Terme de coulume. Franche vérité, acte de justice d'un seigneur qui fait informer par ses juges des (lélils commis sur ses terres. |1 17" Terme de blason. Franc canton, pièce à dextre dans un carré. Il 18° Terme d'argot. Franc bourgeois, nom donné k (les filous qui quêtent pour des infortunes imaginaires. || 19" Pranc, ode. Ouvertement, résolument, sans rien déguiser ; il ne se dit qu'avec (ouf , un peu. F.lle est assez jolie, mais, tout franc, vous l'ctes encore plus qu'elle, UAUTEROcriE, Coch. supposé, 15. Je vous dirai tout franc que celte maladie, Partout où vous allez, donne la comédie, mol. Mit. i, ). Je vous parle un peu franc, mais c'est là mon humeur, Et je ne mâche point ce que j'ai sur le cœur, id. Tari. 1, t . Je lui disais parfois : Monsieur Perrin Dandin , Tout franc, vous vous levez tous les jours trop matin ; Qui veut voyager loin ménage sa monture, BAC. Pliiid. I, t. J'ai une grâce à demander à votre Altesse Royale, c'est, tout franc, qu'elle me loue lin peu moins, volt. Lelt. prince de Prusse, H 4. Il Franc et net, même sens. Je lui ai dit franc et net ce que je pensais de sa conduite. || Franc-pensant, s'est dit pour libre penseur. Cet acte, qui paraît si ridicule à milord Bolingbroke, à Woolston , et à tous les franc-pensants , volt. Dif. de Bolingbroke, ch. S2. || Entièrement, sans qu'il y manque rien. Il sauta le fossé franc, tout franc. Il Avec exemption de toutes charges, peines, dettes, etc. Il ne reste pas trois ans [de bonheur] franc et quitte pour les plus heureux, volt. Diai. xxiv, 16. — HIST. XI" s. E cil frans hoem qui aveit.... Lois de Guill. 3. Franc chevalier, dit l'emperere Charles, Ch. de Roi. xx. ||xii" s. Morz est Rolant, li francs coms, li prisez, Ronc. p. (07. Hél franche riens pour qui je muiramanz, Couci, xx. Maisonc [il] n'ot fil ne fille de sa franche moillier, Sax. iv. Ne remest à semondre chevaliers ne frans hom, ib. XXV. Pur ço est Franco franche, par les sains où je fui. Que cil ki mestier unt i viengent [viennent] à refui; Multseit il bienvenu.... Th. le mort. 54. De nule rien purquant ne s'en ad esmaié. Mais de sun païs out et tendrur e pitié, E des francs qui li curent en sun eissil aidié, ib. <23. ||xiii* s. Mais douce et débonnaire et de franche matière, Berle, IV. Frans rois, ouest ma fille, la blonde, l'eschevieî ib. xc. Quant tu du cors départiras. Tous francs ou saint ciel t'en iras, Et lesseras humanité, Vivans en pure deité , la Rose, 6046. Car frans voloirs (libre arbitre] est si poissans.... t!>. 47777. La sorquanie qui fu blanche, Senefioit que douce et franche Estoit celé qui la vestoit, ib. f228. Tout li enfant que ccle porte qui est serve, sont serf, tout soit ce que li pères soit frans bons.... beaum. xlv, <5. Es viles campcsties, nul ne pot mesonner si près de moi que li degous de me [ma] meson ne me demeurt tos franz, lo. xxiv, 22. Bien doivent eslre tel jor franc et délivre de pies, ID. 82. Chetivoisons [captivité] et servage .«ont contrere au droit naturel, qar au commencement neissoient tuit li home franc par le droit naturel, PIFRBK DE FONT. 476. || XIV" S. Vin franc [non aigri], UffnfljjiVr, ii, 6. || xv«s. Et demeura la bonne cité de Tournay franche et entière, qui avoit esté en très grand perd [le siège était levé], froiss. i, i, 146. Quand ceux du franc [le franc, canton de Bruges qui avait des franchises] entendirent que le comte de Flandres estoit paisiblement à Bruges.... ID. liv. Il, p. H7, dans laciibne. Huyt cens hommes de guerre.... lesquelz furent tous délivrez francz et quittes, excepté luyqui fut mené à Basic, comm. IV, t. Le roy Charles Vil ordonna, on chacune paroisse de son royaume, estre entretenu un archer, aux despens des villages, et furent nommoz francz srchers, pour ce que le roy les fit tenir quittes de toutes aides et subsides, Uitt. ehron. depuis 4400-
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1407, p. 347, dans lacurne. Plusieurs compajgnons commencèrent à jouer un jeu, que on dit au plus franc [c'est le jeu nommé franc du carreau], du
CANOË, francum Mais en pou de langage Heres-
pont franc: povreté te dépose; Riche amoureux a toujours l'avantage, villon. Ballade. Mil quatre censcinquantesix, Je François Villon, escolier. Considérant de sens rassis. Le frein aux dents, franc au collier, ID. ib. \\ xvi* s. [La terre était blanche] Par force espics plains de grain bel et franc, Prcsts à
cueillir, HAROT, IV, 17 Ce qui est franc, s'y
doit tenir .Sans point vouloir serf devenir, id. iv, ISO. Nous parlerons du franc et du serf arbitre de l'homme, calv. Inslil. <62. Au regard de la volonté nous sommes inexcusables, veu qu'estant franche, elle .s'est faite serve du péché, ib. ib. 212. Rendre les traficques et négociations libres et franches, mont. I, 118. On nous a tant assubjcctis aux chordes, que nous n'avons plus de franches allures, id. i, toi. Que cherche elle tant que ses coudées franches? ID. II, 173. Le bon Froissarda marché d'unesi franche naïfveté, que....iD. II, < 10. Les arbres qui croissent naturellement es bois sont appeliez sauvages : et estans transplantez on les appelle francs, palissy, t72. Chacun, estant de retour chez soy, auroitpour le moins la moitié de sa paye franche, la noue, 279. Les sauvageaux (jui seroient ente/- sur cest arbre franc et bien cultivé, en prenant nourriture d'iceluy, viendroient avecques le temps à [Kjrter fniits semblables, ID. 281. Le puepledes Pals base.st d'une nature franche; pardouceur et humanité non feinte on remue les affections de son cœur. iD. 397. Ne plus ne moins qu'un fruict franc, qui seroit altéré par adjonction de matière et nourriture sauvage, ahyot, La vertu se peut apprendre, i. Ny l'œil enflammé ne reçoit une claire lumière, ny l'ame passionnée un parler franc, ny une reprehension toute crue, ID. Com. diseern. le fiai, de l'ami, 58. Il lui repondit brutallement en franc estourdi....D'AUB. Fie, xviii. De francs scélérats, id. ib. xxxiii. D'Aubigné en franc Gaulois fit des remontrances à la dame de Carnavalet, in. ib. Tous sergens bien francs.... à renommée etsans reproche, JVouf. cous», gin. t. 11, p. 60). Un franc à tripe [un glouton, un parasite], OUDIN, Dict. Lorsqu'un bien est donné franc des eaux et des vents [en bon état, bien clos].... AToue. cousl. géa. t. 1, p. <034.
— ÉTYM. Provenç./'ronc; espagn. portug. etital. franco-.da lat. /■rancus,nomda peuple (voy. franc t) ayantconquisia Gaule, qui devint une qualificotion indiquant la bonne origine et la liberté. Dans ce mot, ainsi que dans quelques autres fort rares, il est vrai, l'usage avait conservé le génitif pluriel latin : Qui tant bien me pria et par si grant douçour De vostre cors garder contre la gent francour, Ch. d'Ant. VIII, 1063. Cent francour, gens t'rancorum. Uns altres li promist altre si grant honur. Que jà ne li faudreit pur nul humme à nul jur, N'il ne cremi les reis l'Engleis ne le Francur, Th. le mart. 40u. Le Francur (sous-entendu roi),re^ Francorum.
4. FRANC, FRANQt'E (fran, fran-k'), s. m. et f. Il 1" Nom générique des Européens dans les ports du Levant. Le quartier des Francs. ||J° Adj. Langue franque, jargon mêlé d'italien, d'espagnol, etc. à l'usage des Francs d'Orient. Molière a écrit des slrophesen langue franque, dans le Bourgeois gentilhomme, IV, to et H.
— ÉTYM. Franc est le nom que les Orientaux, depuis les croisades, donnent aux Occidentaux, à cause du grand rôle que les Français jouèrent dans ces expéditions.
FRA.NÇAIS, AISE (fran-.sê, sê-z'), adj. || 1" Qui est de France. Le territoire français. Le caractère français. L'Académie française. Il semble que la bonne fortune de la langue française lui ait ménagé cette glorieuse prérogative d'être la première qui ait paru réunie en un corps si vaste et si étendu [un dictionnaire complet], Prif. du Dict. de fubetièbe. Dans le siècle passé, Charles Quint, d'ailleurs ennemi mortel de la France, aimait si fort la langue française qu'il s'en servit pour haranguer les États des Pays-Bas le jour qu'il fit son abdication, «'6. Il n'y a que les cœurs français qui connaissent cette sorte de délicatesse, i. j.'rouss. Conf. x. || Par extension. Être tout Français, être attaché aux intérêts de la Franco. Comme le sénateur [Morstein] était tout Français, son témoignage fit employer Caillières, st-sim. 42, 241. J'étais Français ardent [ardent partisan des Français], et cela me rendit nouvelliste, J. J. ROLSS. Conf. v. Il Théâtre français, théâtre de Paris consacré spécialement à la représentation des tragédies et des com: dia<. On dit, dans le même sens, au pluriel, les Franç.iis. Allons aux
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Français voir Ct'nna. Au sortir du concert je le mi ne aux Français, Où j'ai depuis huit jour» une loge louée, noissY, Deh. tromp. m, 6. || Les Français pour la Comédie française, ellipse née pendant la révolution, M— DE GENLis. Kim. t. V, p. 91. C'est une erreur de Mme de Genlis, comme on le voit par l'exemple de Boissy, dont la comédie citée plus haut est de (740. ||a-.S'. m. elf. Celui, celle qui est née en France. Un Français. Une Française. L'on doit demeurer d'accord que les Français ont quelque chose en eux de poli, de galant, que n'ont point les autres nations, mol. le Sicil. M. Un homme qui aurait vécu sous Louis XIV et qui reviendrait au monde ne reconnaîtrait plus les Français; il croirait que les Allemands ontc<-n(piis ce pays-ci, volt. Lett. Cidevitle, i» avr. <73&. .<îous Hugues Capet, Robert, Henri et Philippe, on n'apjiela Français que les peuples en deçà de la Loire, id. Dicl. phit. Franc, France. Le résultat de cette savante conversation fut qu'on devait donner le nom de Francs aux pillards, le nom de Velches aux pillés et aux sots, et celui de Français à tous les gens aimables, iD. Disc, aux Velches, Suppl. || Collectivement. Le Français est léger. Le Français, né malin, forma le vaudeville, boil. Art p. ii. || Roi des Français, qualification donnée à Louis XVI en 4 78», d'après une distinction subtile et fausse de J. J. Rousseau qui prétendait que le nom de la terre après le mot roi, empereur, impliquait la possession absolue du sol et même des personnes. Cette qualification fut reprise par Louis-Philippe en <83u. || 8" S. m Le français, la langue française. Apprendre, enseigner le français. La capitale de l'empire romain et de l'Église latine, où toutes lesautres langues devraientse taire, quand le latin parle, Rome, dis-je, observe pourtant cette coutume dans la publication du jubilé, que deux prêtres en lisent la bulle, l'un en latin, l'autre en français sur deux chaires différentes dans réglise de Saint-Pierre du Vatican, Préf. du Dict. de furf.- TiÊHE. Ce qui rend encore le français plus commun, c'est la perfection où le théâtre a été porté dans cette langue; c'est à Cinna, i Phèdre, au Misanthrope qu'elle a dû sa vogue, et non pas aux conquêtes de Louis XIV, volt. Dict phil. Langues. On prétend que le latin était, p^r la vivacité des ellipses et par la variété des inver,', jns, plus propre à l'éloquence; le français le se nit plus à la philosophie par l'ordre et la simplicité de la syntaxe, Di clos, Gramm. OEnv. t. ix, p. 94, dans pouoess. || Écrire en français, écrire correctement dans la langue française. Je me pique seulement d'écrire en français , c'est un devoir indispensable qi>e tout le monde a négligé depuis Racine, volt. Lett. d'Argental, 2 mars 4 772. || En langage d'écolier, le bon français, la traduction plus élégante qui se fait après l'explication littérale. Mettez ce morceau en bon français. Répéter le bon français. || Entendre le français, comprendre la langue française. || Fig. Entendre lo français, comprendre à demi-mot. Hé I pourquoi donc ne pas parler? que craignez-vous î les petites filles du palais entendent le français, monsieur, je vous en réponds, dancourt, la Gazette, se. 2. M. de Duras se disposait à se trouvera Versailles; le roi lui manda de ne point venir et de ne songer qu'à sa santé: il entendit le français et demeura à Paris, st-sim. 408, 4 54. Il Familièrement. Fntendez-vous le français? comprenez-vous mon avertissement, ma menace, etc.? || J'entends le français, je vous comprends parfaitement. || En bon français, clairemenl, franchement, sans ménagement. Notre ennemi, c'est notre maître : Je vous le dis en bon français, LA FONT. Fabl. VI, 8. Qu'est-ce donc? qu'ai-je fait? — Le sot, en bon français, mol. l'Ù. I, S. || Adjectivement. Ce qui n'est pas clair n'est pas français. Il Cela n'est pas français, se ditd'un propos contraire à l'honneur, au scntimentnational, à la galanterie. Il Adverbialement. Parler français, s'exprimer tn langage français. Cet étranger parle français. On l'entend [la langue française] et on la parle dans toutes les cours de l'Europe, et il n'est point rare d'y trouver des gens qui parlent français et qui écrivent en français aussi purement que les Français mêmes, Préf. du Dict. de pcbetiEre. Parlez grec, latin, italien au peuple, mais pnHez français au sage, dider. Uttre sur les sourds et muets. Il Fig. Parler français, s'expliquer clairement, intelligiblement. Il Parler français, expliquer nettement son intention sur quelque affaire. Expliquezvous, on a bien de la peine à vous faire parler français. Ce discours était as.sez net, et il était difficile de parler plus français, m^riv. JfariVinnc, 4" part. Il Parler français à quelqu'un, lui jarler avec autorité et d'un ton menaçant. Mme de Uon.
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fe'pan la renvoyait [la fille de M, du Maine] quand elle l'importunait, et lui parlait extrêmement français, ST-siM. 180, IN9. Il 4° X la française, à la manière des Français. S'habiller à la française. Il n'y a rien de si ridicule que l'italien chanté à la française, si ce n'est peut-être le français chanté à l'italienne, volt. Temple du goût.
— REM. Français s'est longtemps écrit comme François, lors même que la prononciation avait changé. On y fait l'homme d'importance. Et l'on n'est souvent qu'un bourgeois. C'est proprement le mal françois, la font. Fabl. nn, )5. î mon gré, la Corneille est joli quelquefois; En vérité pour moi j'aime le beau françois, boil. Sat. m. C'est dans le XVI* siècle que la prononciation changea : on n'osa plus, selon un auteur contemporain, dont voici les termes : dire françojs et françoiso, sur peine d'être appelé pédant; mais faut dire francès et francèse comme angles et anglèse, n'oLivET, Rem. Racine, § to. Voltaire, comme on sait, insista beaucoup pour qu'un écrivît français : On prononce aujourd'hui f:ançais, et quelques auteurs l'écrivent de même; ils' en donnent pour raison qu'il faut distinguer françois, qui signifie une nation, de François, qui est un nom propre, volt. Dict. phil. François. Cette innovation fut combattue; et Louis Racine, dams la préface de ses Remarques sur le théâtre de son père, dit : « Vous ne serez pas, monsieur, de ceux qui écrivent français, au lieu de françois. » D'Alembert objectait que, faisant tant que de changer, il faudrait écrire francès : On ferait peut-être bien d'ajouter que français ne représente guère mieux la prononciation, et qu'on devrait écrire francès comme procès, Lett. à Voltaire, M mars (770. Toutefois l'innovation a prévalu, avec raison, puisqu'il y a toujours de l'inconvénient à écrire de même deux sons difl'érents sans aucun moyen de les distinguer. On remarquera que jadis la diphthongue oi se prononçait plutôt ouè que oua; de sorte que le passage de la prononciation de oi en i a été moins difficile qu'il ne le semble d'abord.
— HIST. XI' S. Dient Franceis : il nus i convient garde, Ch. de Rol.xut. || xii's. Encor ne soit ma parole françoise, Si la puet-on bien entendre en françois, quesnes, Romancero, p. 83. |{ xiii' s. Pour aprendre françois [à] leur filles et leur fils, Berte, V. [Ils] Surent près d'aussi bien le françois de Paris, ib. Il n'est nus [nul] qui françois seûst.... la Rose, 7225. Les maisons n'estoient pas L'une lez l'autre à quatre pas; Ainz i avoit, dont mult leur poise. Le tiers d'une liue franchoise, rdteb. 296. Il xiV s. Vin françois [vin qui se recueille dans la province anciennement dite lie de France], Ord. des rois, t. m, p. 298. || xv*s. AvectoutcelosFoissois[gensde Foix] ont les cn»urs tous françois, et de léger recevront le roi de France à seigneur, fboiss. m, iv, uz. Lequel comte de Foix, si très tost comme il me vit, me fit bonne chère, et me dit en bon françois.... id. II, m, i. Au commencement des guerres, et que.... messire Olivier de Cliçon fut devenu bon françois, iD. II, m, 8. Il xvi* s. Car quoique né de Paris je ne sois. Point je ne laisse à estre bon françois, marot, 11, 475. Approche-toi, Charles, tant loing tu sois, Du magnanime et puissant roy françois, m. ii, 303. Mais à ce dernier roole de la mort et de nous, il n'y a plus que feindre, il faut parler françois, MONT. I, 67. Un peu de chasque chose, et rien du tout : à la françoise, ID. i, (54. Il lui donnoit de bon vin, et le fournissoit quelque fois de compagnie françoise [de filles], desprr. Contes, 1. 1, p. 226, dans LACUBNE. Les gens d'armes françois du sieur de Teligny, qui estoientlas, n'en tinrent compte, et se voulurent coucher à la françoise [se déshabiller pour se coucher] et eux despouiller, disant qu'ilz n'avoient garde, rob. de la mark. Mémoires, ms. p. 79, dans lacubne.
— Etym. Franc (, avec le suffixe ois ou eis, qui répond au suffixe italien ese, et qui vient du suffixe latin ensis. Franceis en Normandie, françois dans le Nord.
FRANC-ALLEU (fran-ka-leu), s. m. Voy. alleo. Il Au plur. Des francs-alleus.
— HIST. XIV* s. Franc alleu est un héritage tellement frans qu'il ne doit point de fonds de terre ; ne de celuy n'est aucun seigneur foncier ; ne doit Test ne devest ne ventes ne saisines ne autre servitude à quelque seigneur; mais quant est à justice, (lest bien sujet à la justice ou jurisdiction d'aucun, BOniiLLiER, Somme rural, p. 496, dans lacubne. Il XVI* s. Le franc alleu noble est celuy où il y a droit de justice, ne reconnoissant aucun supérieur, sinon en ressort de justice, Nouv. coust. gén. t. 11, p. 874. Franc alleu roturier est terre sans justice, pour la-
quelle le detemjiteur ne doit cens, rentes, lots, ventes ne autres redevances, Coust. gén. t. i, p. 4(8.
FRANCATD (fran-ka-tu), s. m. Espèce de pomme qui se conserve longtemps. Les francatu [écrit ainsi sans s] sont rouges d'un côté et jaunâtres de l'autre, se conservent longtemps, et voilà leur principal mérite, la quintinye, t. 1, p. 393, cité dans le Dicl. de Trévoux.
t FRANC- BORD (fran-bord), t. m. || 1" Terrain laissé libre sur le bord et le long d'une rivière, d'un canal. || i" Terme de marine. Bordage qui couvre un vaisseau de la quille à la préceinte. || Au plur. Des francs-bords.
FRANC-ÉTABLE (fran-ké-ta-bl"), loc. ad«. Voy.
ÉTABl.E 2.
FRANC-FIEF (fran-fièf), s. m. Voy. fief.
t FUANC-FILIN ou FRANC FILIN, VOy. FILIN.
FRANC-FUNIN (fran-fu-nin), s. m. Voy. funin.
FRAXCUE.MENT (fran-che-man), adx. || l" Avec exemption de toutes charges, dettes, etc. Il lui a vendu sa terre franchement et quittement. || yAvec franchise, sincèrement. Levez, levez le masque, et parlez franchement, corn. Théodore, i, 2. Et dites franchement ce qu'il faut que je fasse, maibet, Soliman, 11, (. Je ne vois rien de plus condamnable qu'un ami qui ne nous parle point franchement, MOL. Ifar. f. 2. Franchement, il [un sonnet] est bon à mettre au cabinet, id. Mis. i, 2. Je vous dirai franchement qu'on se moque partout de vous, id. l'Avare, m, 5. Est-ce donc là médire ou parler franchement? boil. Sat. ix. Franchement, monsieur, l'histoire de ce prince n'est pas de la plus grande vraisemblance, volt. Lett. Lethinois, 27 déc. (768. Il 3* D'une manière résolue et précise, sans hésiter ni se retenir. Ces mouvements doivent être exécutés vivement et franchement. Le régiment se porta franchement en avant. |{ Fig. Se prononcer franchement pour une opinion.
— HIST. xiii* s. Ce qui lor vient por cause de francise, doivent il bien uzer francement, beaum. XLV, 27. Bonne cose est que cil qui tiennent si franquement comme en baronie.... sachent en quoi il sont tenu.... id. x, t. || xiv* s. Et celui qui est contemptif monstre franchement toute sa volenté, oresme, Elh. (24. Il XV* s. Et nous saura grand gré de ce que si franchement nous nous serons tenus [ils supportaient un siège très-pénible], fboiss. i, i, ((5. Sitost que les Gascons furent en leurs gardes, ils descendirent de leurs chevaux, et prirent les glaives, et s'en vinrent franchement combattre main à main aux Anglois, m. 1, i, 225. {| xvi* s. L'homme pouvoit éviter le péché, pour ce qu'il pécha franchement [sans y être contraint], calv. Instit. 22 Il luy remonstra un jour franchement que.... amyot, Caton, 7. Hippocrates.... luy respondit [au roi de Perse] franchement qu'il feroit grand'conscience de se mesler de guarir les barbares qui vouloient tuer les Grecs, la boétie. Servit, volont. Qu'elle lui diroit plus franchement qu'aulcun autre ce qu'il avoit à en espérer, mont, m, (79.
— ÊTYM. Franche, et le suffixe ment; bourguign. fraincheman ; provenç. francamen, franchamen ; espagn. et ital. francamente.
t FRANCUE-MULLE, s. f. Voy. MUILE 1.
FRANCUI, lE (fran-chi, chie), part, passé de franchir. Un fossé franchi agilement. L'océan Atlantique franchi par Christophe Colomb.
t FRANCUIPANE (fran-chi-pa-n'), i. f. Voy. fban-
GIPANE.
FRANCHIR (fran-chir), t). a. || l* Traverser résolument, franchement, des passages dil'ficiles, de grands espaces. Franchir un détroit. Franchir les murs. Je voudrais déjà voir tes troupes couronnées D'un pas victorieux franchir les Pyrénées, corn. Hor. I, (. Les coursiers écumants franchissent les guérets, volt. Fontenoi. Je reviendrai, poursuitelle, et ton âme Ira franchir tous ces mondes flottants, Tout cet azur, tous ces globes de flamme. Que Dieu sema sur la route du temps, bêrang. Treize à table. Il Franchir les limites, franchir les bornes, passer au delà des bornes. I] Fig. Franchir les bornes du devoir. Franchir les bornes de la pudeur, patbu, Plaidoyer ((, dans richelet. Quiconque a pu franchir les bornes légitimes, Peut violer enfin les droits les plus sacrés; Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés, RAC./'/ièdre,iv, 2. Il 2° Particulièrement. Passer en sautant par-dessus quelque chose. Franchir une barrière, une haie. |{ Termede marine. Franchir une barre, un écueil, les passer sans échouer. || Franchir la lame, s'élever sur la lame et la descen(ire facilement. Il 3°Fig. Il se dit de ce que l'on compare à des passages difficiles, à des obstacles que l'on franchit. Franchir toutes sortes de difficultés, toutes sortes
d'obstacles. Entre le trône et moi je vois un précipice; Il faut que ma fortune y tombe ou le franchisse, VOLT. Mérope, i, iv. Je la voyais franchir cet immense intervalle Qu'a mis entre elle et moi la majesté royale, 10. Sémiram. 11, ( . Le passage do la physique à la géométrie est franchi, et la question devient purement mathématique, dideb. Lett. sur les aveugl. Non, sans ce triste obstacle impossible à franchir.... briffaut, Ninus ïl, i, 6. || Franchir le pas, passer par dessus quelque chose de difficile, de scabreux. Mettez la foi à couvert par les œuvres; votre esprit refuse de franchir ce pas, semblable à un cheval indompté; poussez-le avec plus do force, Boss. (•' serm. Quinguag. (. Telle a été leur attente [des protestants qui se .sont faits catholiques], et dans cette confiance ils ont franchi le pas, boubdal. Exhort. char. env. les nouv. cath. t. i, p. (23. Mon cœur prêt à franchir un pas si redoutable, m. j. chén. Fénel. i, 2. || On dit dans le même sens : franchir le sait, mais plus souvent, faire le sauL II Franchir le mot, exprimer en propres termes une chose qu'on hésite à dire pour une raison quelconque. II a franchi le mot, il lui a dit qu'il était un fripon Il faudrait bien franchir le mot, et reconnaître que cet être est bon.... dider. Essai sur la vertu. Il II signifie aussi dire le mot essentiel. Il a franchi le mot et promis les vingt miUe francs. Il 4* F. n. Terme de marine. La pompe franchit, quand elle donne plus d'eau que le vaisseau n'en reçoit, c'est-à-dire que l'eau qui entre dans le bâtiment cesse de gagner. || Le vent franchit, quand il commence à devenir favorable. || L'eau franchit ou se franchit , elle diminue et s'épuise , ce qui s'entend de la pluie ou des vagues qui entrent dans le vaisseau, guillet, Dict. (i878-i683), dans jAi.. Il 5* Se franchir, v. réfl. Etre franchi. Un pareil obstacle ne se franchit pas facilement.
— HIST. XII' s. Deus sufl'ri mort en croiz pur s'iglise franchir [afl'ranchir]. Th. le mart. 70. || xiii* s. Car tant comme aucun est en servage , il est soz main; e> se il est franchiz, il est hors dou pooir son mestre, Liv. de just. 2. Se j'ai mes sers les quii [quels] je tienz du segneur, et je les franciz sans l'autorité de li, je les pert, beaum. xlv, 18. || xv s. Michault Potier s'obliga en trente-huit solz tournois par an de rente à héritage, à condition dicelle rente povoir franchir [racheter], touteflois qu'il plairoit au dit Potier, nu cange, franchire. C'est lui [Jésus] qui nous ama tant Qu'il se fit sers pour nous franchir, EUST. desch. Poésies mss. f° 648 H se teut et fit silence, et le chevalier se print à imaginer comment il pourroit franchir [traverser, sauter] la fontaine, Perceforest, t. iv, ^ (27.||xvi' s. Il n'y a que quinze jours que j'ay franchi trente-neuf ans, MONT.i, 73. Celui qui a franchi de cent pas les limites... ID. iî». II, ((. Les anciens franchissoient des nuits entières à boire, in. 11, («. Le voleur l'employé [le nom de Dieu] à son ayde pour franchir le hazard et les dilficultez qui s'opposent à l'exécution de ses meschantes entreprises, id. i, 402.
— ÉTVM. Franc 3; prov. franquir. Jusqu'au XV* siècle, franchir n'a que le sens d'affranchir, sens qui n'existe plus du tout dans la langue moderne. C'est un des cas assez rares où un mot ayant une signification abstraite, morale, en a pris une concrète, physique. Franchir une rente, s'est dit pour s'en délivrer en la rachetant ; de là franchir un fossé, s'en débarrasser en le sautant.
FRANCHISE (fran-chi-z'), s. f. || 1° Etat de celui qui n'est assujetti à aucun maître ; liberté. Enfin le temps l'a remise [Marseille] En son entière franchise, malh. n, 4. Conservez-vous l'esprit, gardez votre franchise, Régnier, Sat. xiii. Cesse de soupirer, Rome, pour ta franchise, corn. Cinna, iv, 4. Don Raimond prisonnier recouvrant sa franchise, id. D. Sanche, v, 3. J'en tiens [de l'amour], ou l'on n'en tint jamais. — C'est consentir bientôt à perdre ta franchise, id. Galer. du pal. n, 3. ]] La liberté dont on jouit en un lieu. Sa tète [du sauvage] est droite et relevée, son regard fi.xe; il est le maître dans sa forêt; plus je le considère, plus il me rappelle la solitude et la franchise de son domicile, dider. Ess. sur la peint. 4. |] Les franchises d'un pays, d'une ville, les droits que possède un pays, une ville, et qui limitent l'autorité souveraine. Il [Simon] envoya vers le roi Démctrius, le priant de rétablir la Judée dans ses franchises, SACi, Bible, Machab. i, xiii, 34. Vous pouvez ôter à une ville ses franchises, la bbuy. x. Toutes les villes murées avaient des franchises, des libertés, des privilège» jusque dans la plus grande anarchie du pouvoir féodal, VOLT. Die. phil. Franchise. Les souverains qui affranchirent le» terrains dont étaient composés
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leurs domaines, en recueillirent rt'alioid un grand avantage, puisqu'on acheta chèrement ces franchises, VOLT. ib. Propriété. IX) rt'Sne d'un prince faible et méprisable procure queliiuefois un bien ; le peuple reprend ses droits et ses franchises, qui ne sont que trop souvent de nulle considération sous les rîignes glorieux, SAINT-Koix, Est. Paru, Œuv. t. v, p. M, dans pouoKNS || î" Immunité, exemption. Jouir de certaines franchises. || La franchise d'un lieu, l'avantage dont il jouitde recevoir les marchandises étrangères franches de toute taxe. La franchise que Law conserva au port de Marseille, y attira des vaisseaux de toutes parts, duclos, Mém. Hég. ÛEur. t. vi, p. 02, danspouGENS. |{ Franchise des lettres, exemption (le droits de poste accordée à certaines lettres. Il 3° On disait qu'un ouvrier avait gagné sa franchise, pour signifier qu'il avait fini son apprentissage et pouvait travaillera son compte. ||4' Droit d'asile attaché à certains lieux. La franchise d'une église. X Rome, l'hfitel d'un ambassadeur est un lieu de franchise. Pour lui tout votre empire est un lieu de franchise, corn. Cid, iv, 5. Mégaclès leur persuada [aux réfugiés du temple de Minerve] de venir se présenter devant les juges en tenant un fil attaché par un des bouts à la statue de la déesse, afin de ne point perdre leur franchise, pén. Solori. Il Franchise des quartiers, nom donné, dans laviUe de Rome, à une certaine étendue des hôtels des ambassadeurs des princes chrétiens, dans laquelle ceux qui se retirent ne peuvent être ni poursuivis ni arrêtés par la justice. || Le lieu même de la franchise. On ne saurait le prendre en ce lieu-là, c'est une franchise. || 5° Sincérité avec laquelle on parle à autrui ou on agit à l'égard d'autrui. La franchise du earactfere. Et de lui témoigner avec quelle franchise X ses commandements vous me voyez soumise, CORN. Théod. II, I. Avoiruneâme ouverte, une franchise entière, id. Nicom. iv, 2 seigneur, étant
seuls, je parle avec franchise, m. Sertor. m, 2. Il est bien des endroits où la pleine franchise Deviendrait ridicule et serait peu permise, hol. Mù. i, t . Mai* du plus grand des rois la bonté sans^imite.... Crut voir dans ma franchise un mérite nouveau, BOiL. Épit. v. N'espérez plus de candeur, de franchise, d'équité.... d'un homme qui s'est depuis quelque temps livré à la cour, la brut. vin. Perdez moins d'artifice à tromper mafranchise, volt. Brutut, II, 2. Aidée, qui était la franchise même, parla ainsi à ce prince, id. Princ. Babyl. 3. Dans un discours à son supérieur, la liberté est une hardiesse ou mesurée ou trop forte; la franchise se tient plus dans les justes bornes, et est accompagnée de candeur, m. Dict. phil. Franchise. \\ 6° Terme d'arts. Franchise de pinceau, franchise de burin, travail franc, facile et hardi du pinceau, du burin. || De même au jeu : C'est un jeu (manière de jouer) qui a de la franchise.
— SYN. FRANCHISE, smcÉRiTÉ. La sincérité ne trahit jamais la vérité ; la franchise la dit ouvertement. L'homme sincère l'est avec lui-même aussi bien qu'avec les autres; l'homme franc ne l'est qu'avec autrui ; la franchise est la sincérité considérée à l'égard d'autrui.
— lilST. XI' s. Si perde [qu'il perde] sa franchise, si alrei nel pot reacheter, lois de Guill. *>. \\ xii's. Il velt de noslre terre la franchise retraire [ôter, retirer], Sax. XXXI. Ele [l'Église] deit aveir bien, etuit ii suen [tous les siens] franchise. Quant par sa mort li ad nostre sire conquise, Th. le mort. 7o. Il XIII* s. Moult fut Berte courtoise et pleine de franchise, Berte, vi. Li lions par sa grant franchise Nevost soufrir en nule guise Que fust en sa coil mal menez Qui d'amors fust achoisonez , Ben. 8383. Franchie est naturex poers [pouvoir] que chascuns puet fere sa volenté, se droit ou force ne le dcfent , Liv. de just. M. Le pa] première reson, si est se cil et se [sa] mère ont esté en Testât de francise toute lorvie, beadm. xlv, )3. Franche [ France ], que de francisse est dite par droit non, A perdu de francisse le los e le renon, RUTEB. 334. Geste franchise ont anciencment les seignors dou reiaume de Jérusalem doné as borgeis.... A«. deJ. 1, 47. Les possessions et les f-xnchisesde la sainte Yglise de Jérusalem ma mère... maintiendrai à elle, fb. i, 2!). Meismement les bones villes et les coustumes de ton royaume garde en Testât et en la franchise où tes devanciers les ont gardées, jomv. 301. Ilxiv s. Qui franchise vent pour avoir, Bien dessert [mérite] à souffrance avoir; L'or et l'argent de toute Frise Ne d' Alternent ne vaut franchise, LEHOUX DE LINCT, Prov. t. II, p. ï»3. Il xv« s Voulut monstrer audit duc de Bourgongne de grans franchises, et luy flst sçavoir tout cecy [une propo-
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sition de trahison], comm. iv, (3. ||xvi*s. Si l'ay fait par franchise et fiance de sa loyauté, mont, i, 28. Longueur du temps n'esteint noblesse ni franchise, lotsel, 35. Qui brise une franchise, brise toutes les autres [celui qui enfreint un asile ne peut être reçu en aucun], m. 828. Il commcncea à user d'une franchise de parler, qui de soy-mesme est odieuse, AHYOT, Cor. 2e. Il passa en Tisie de Samothracc, là où il s'alla rendre en la franchise et sauvegarde du temple de Castor et de PoUux, id. P. £m. 3».
— ÊTVM. Franc S; provenç. franquesa; espagn. et portug. franquesa; ital. franchexxa.
\ FRANCUISSABLB (fran-chi-sa-bT), odj. Qu'on peut franchir.
— ÉTYM. Franchir.
t FRANCinsSKMENT (fran-chi-se-man), t. m. Action de franchir. Des effets analogues [les remous] se produisent sans cesse sur le Rhin, et le franchissement de ces remous n'est pas une des moindres difficultés auxquelles on exerce nos pontonniers, MORiN, Âcad. des se. Comptes rendtis,
t. LVIII, f 774.
t FRANCIQUE (fran-si-lt'), adj. Qui appartient aux Francs. L'empereur Probus reçut le surnom de Francique pour des victoires remportées sur les Francs. || Langue francique,' ancienne dénomination par laquelle on désignait l'ancien haut-allemand.
— ÉTYH. Lat. francicus, de Franei, les Francs. FRANCISATION (fran-si-za-sion),». f. \\ 1" Terme
de droit commercial. Acte qui constate la nationalité d'un navire français. || 1' Action de franciser. La francisation d'un mot latin.
— ÉTYM. Franciser.
FRANCISCAIN (fran-si-skin), s. m. Religieux de Tordre de Saint-François d'Assise. Un couvent de franciscains. || Adj. Un moine franciscain.
— ÉTYM. SI François d'Assise, qui fonda vers < 20S un ordre dit de mendiants. Us furent destinés par leur institution à prêcher et à administrer les sacrements de pénitence. Ils s'appelèrent d'abord pauvres mineurs, puis frères mineurs.
FRANCISÉ, EE(fran-si-zé,zée), part, passé de franciser. Qui a pris la forme des mots français. Un mot anglais francisé. || Qui a pris les manières françaises. De petits messieurs francisés qui boivent de l'eau par air, 1. 1. houss. Hél. i, 62.
FRANCISER (fran-si-zé), «. o. || 1» Donner la forme française à un mot étranger. || 2° Donner les manières françaises. Pourquoi ce poète né si tendre [J. Racine] et qu'on accuse d'avoir francisé les héros de l'antiquité, a-t-il mis un peu de dureté dans ce caractère?.... n'étant pas capable de franciser, comme quelques écrivains, les patriarches et les prophètes, l. racine. Traité de la poésie dram. x, 2. Il 8° Se franciser, v. réfl. Devenir français. Ce mot a fini par se franciser. || Prendre les manières françaises. Cet étranger s'est bien francisé depuis qu'il est à Paris.
— HIST. Cestui sieur de la Roche estoit homme joyeux.... et quand il estoit en ses bonnes [en belle humeur ], qui estoit bien souvent, il latinisoit le françois et francisoit le latin, despeh. Contes, xvi.
— ÉTYM. Français, et la finale iser, qui signifie faire devenir.
t FRANCISME (fran-si-sm'), s. m. Ancien synonyme de gallicisme. Ramus, dans sa grammaire, appelle francisme ce que nous appelons gallicisme, d'olivet, Rem. Racine, § 96.
FRANCISQUE (fran-si-sk') > *. f. Hache d'armes que portaient les Francs.
— REM. Les haches de guerre qu'on trouve dans les sépultures franques ne diffèrent pas de la hache ordinaire et ne se rapportent pas à la description que donne Chateaubriand dans les Martyrs, iv : Tous [les Francs] ont à la ceinture la redoutable francisque, espèce de hache à deux tranchants, dont le manche est recouvert d'un dur acier : arme funeste que le Franc jette en poussant un cri de mort, et qui manque rarement de frapper le but qu'un oeil intrépide a marqué.
— ÉTYM. Lat. francisca, de Francus, Franc > . FRANC-MAÇON (fran-ma-son), s. m. Celui qui
est initié à la franc-maçonnerie. Une loge de francsmaçons. Il Fig. Je demande ce qu'étaient ces hiérophantes, ces francs-maçons sacrés qui célébraient leurs mystères antiques de Samothrace, et d'où ils venaient eux et leurs dieux cabires, volt. Dict. phil. Samothrace.
— ÉTYM. Franc, et maçon. Les francs-maçons rattachent leur origine àHiram, l'architecte du temple de Salomon ; il aurait été tué en trahison, et ses ouvriers se seraient unis pour se protéger ou se secourir les uns les autres. Il va sans dire que cette
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légende n'a aucun fondement. L'origine de la francmaçonnerie est incertaine ; elle remonte peut-être aux corporations d'ouvriers maçons du moyen Age ; du moins elle s'est d'al)ord formée sur ce modèle. FRANC-MAÇONNERIE (fran-ma-so-nc-rie), s. f. Association philanthropique, secrète autrefois, qui fait un emploi symbolique des instruments à Tusage de l'architecte et du maçon, et dont les lieux de réunion sont appelés loges. || Fig. Sentiment do sympathie qui natt facilement entre gens de même profeiision, de mêmes idées. Il y a une sortede francmaçonnerie entre les artistes.
— ÉTYM. Franc-maçon.
FRANCO (fran-ko), ado. Terme de commerce. San» frais de transport. Vous recevrez ce paquet franco.
— ÉTYM. C'est l'italien franco (voy. franc 3).
t FRANCO - GALLIQOK (fran-ko-gal-li-k), oAj. Écriture franco-gallique ou m'érovingienne, nom donné à l'écriture des diplflmes des rois de la l" race.
— ÉTYM. Franc (, et le lat. gallicus, gaulois.
FRANCOLIN (fran-ko-lin), *. m. Oiseau de la famille des sylvains, qui est de la grosseur du faisan. La rareté de ces oiseaux en Europe, jointe au bon goût de leur chair, a donné lieu aux défenses rigoureuses qui ont été faites en plusieurs pays de les tuer; et de là on prétend qu'ils ont eu le nom do' francolin, comme jouissant d'une sorte de franchise sous la sauvegarde de ces défenses, BtiT. Ois. t. iv, p. 227, dans pouGBNS. Il Fig. Muet comme un francolin pris, se dit d'une personne qui n'ouvre pas la bouche, à cause que le francolin ne chante pas en cage.
— HIST. XVI' s. Tourterelles, francolins, phaisans, PARÉ, XXIV, 22.
— ÉTYM. Ital. francoHno, dont sans doute le français dérive, et non vice versa.
FRANC-QUARTIER (fran-kar-tié), s. m. Terme de blason. Voy. quartier.
FRANC-RÉAL (fran-ré-al) , s. m. Espèce de poire. Le franc-réal d'été. Le franc-réal d'hiver. || Au plur. Des francs-réals.
— ÉTYM. Béai doit être ici pour royal,- plus d'us fruit porte le nom de royal.
FRANC-SALÉ (fran-sa-lé), s. m. Droit de prendre à la gabelle certaine quantité de sel sans payer la taxe. Nous voulons et entendons qu'il [Thfltel de» Invalides] jouisse de franc-salé, pour le sel nécessaire à la provision d'icelui, ^di<, avril 1071. Le parlement enregistra la suppression du dixième, de beaucoup de francs-salés et d'autres articles, st-sim. 47) , 231).
— ÉTYM. Franc, et soi^.
t FRANC-TAUPIN (fran-tô-pin),t. m. Soldatd'une ancienne milice française.
— HIST. XVI' s. Avant que le roy Louys onzième prist des estrangers à sa solde, les gens de pied de quoy on se servoit aux guerres, estoient peu de cas, elles appelloiton, ainsi que jepense, franc-sarchersoufrancs-taupin.s,LANODK, 2-2B. Le roy François le grand leur donna ce nom de légionnaires; car ils s'appeloient au temps passé francs-archiers, et, en Bretaigne, francs-taupins, CARLeix, vu, 3.
t FRANC-TII.LAC (fran-ti-llak),s.m.Voy. TILLAC.
t FRANC-TIREUR (fran-ti-reur), s. m. SoldaU do certains corps légers créés pendant les guerres de la révolution. || Au plur. Des francs-tireur».
FRANGE (fran-j'), s. f. |j 1° Bande d'un tissu étroit d'où pendent des filets et qui sert à orner les robes, les meubles, les garnitures de carrosse, lei parements d'église, etc. Vous ferez, avec de petits cordons, des franges que vous mettrez aux quatre coins du manteau dont vous vous couvrez, saci. Bible, Deutéron. xili, <». Il Fig. Partout Técumc brillante D'une frange étincelante Ceint le bord des (lots amers, LAMART. Harm. i, s. || i' Terme danatomie. Franges synoviales, replis des .synoviales légèrement flottants dans les cavités articulaires. Il 3° Poisson du genre cyprin.
— HIST. XII' s. Cist ("la charité de Christ] est li oignemenz ki dessent del chief en la barbe, ki dessent assi en Torlle del vestiment, ensi que nés [même] une petite frange ne soit lenz oignemenz,
STBERN. 662.
— ÉTYM. Wallon, (rinche; provenç. fremna ; sicil. frinxa; du lat. fimbria, par transposition de Vr frimbia, où &t" (comparez plonger) se change en g doux i l'exemple de mi qui te change aussi en g doux, simius, singe. On peut, i franger, voir la forme frienger. L'italien frangia, l'espagnol fransa, Tallemand Franse, l'anglais fringe, viennent du français. Varron rapproche fimbria de fibra , fibre.
FRANGÉ, ÉE (fran-jé, jée), part, passé de franger. Il 1° Garni de franges. Un rideau frangé. || Terme d» blason. Gonfanons frangés, gonfanon» qui ont des franges d'un autre émail, jj 8' Terme d'histoire n»-
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