PRA
turelle. Découpé sur les bords. Les pennes de l'aile cendré noirâtre ont leurs barbes extérieures plus claires et frangées de gris blanchâtre, buff. Ois, t. IX, p. 251, dans pougens. || Substantivement. Sous la queue, un frangé jaunâtre borde le gris brun tracé dans chaque penne, buff. Ois. t. xi, p. )»9. Il 3" Terme d'anatomie. Corps frangés ou bordés, bandelettes médullaires qui dans le cerveau naissent des angles postérieurs de la voûte à trois piliers.
t FRANGEON (fran-jon),s. m. Morceau de frange, petite frange. Un frangeon des tentures de velours, détaché en l'air, était tombé sur le haut do la perruque du roi, ST-siM. fl7,<<4.
— ÉTYM. Diminutif de frange.
i. FRANGER (fran-gé. Le g prend un e devant o ou 0 ; je frangeais, nous frangeons), v. a. Garnir, orner de franges. Franger une jupe.
— HIST. XIV* s. Frienges de verde soye, dont on frienga les pignons [pennons] des trompes.... caf- FiAox, Abattis de maisons, p. -18. Getter dessus du safTran par filés, l'un çà, l'autre là ; ce que les queux [cuisiniers] dient frangié de saffran, Ménagier, u, B. Il XVI* s. Il avoit les jambes frangées et toute sa personne blessée de coups de fouet, desper. Contes, xliu.
— f.TYM. Frange.
2. FRANGER (fran-jé)ou FRANGIER(fran-iié),s. m. Ouvrier qui fait de la frange. La déclaration du ♦ avril 1 707 rendue en faveur de la communauté des maîtres tissutiers, rubaniers, frangers.... Arrêt du conseil, 30 juill. 1738.
— KTYM. Frange.
t FRANGIBILITÉ (fran-ji-bi-li-té), ». f. Qualité de ce qui est frangible.
— ÉTYM. Frangible.
t FRANGIBLE (fran-ji-bl'), adj. Qui est susceptible d'être rompu.
— HIST. XIV" s. Toutes les pierres sont frangibles, Nat. à l'alch. err. <i8.||xvi* s. Les uteneiles frangibles, comme verres, o. de serbes, 882.
— ÉTYM. Lat. frangere, briser.
FRANGIPANE (fran-ji-pa-n') , ». ^||1° Espèce
de parfum. Pommade à la frangipane. Notre pauvre messire Enée, La voyant [Vénus] grandir à l'instant De quatre pieds et d'un empan, Sentant de son corps diaphane Sortir odeur de frangipane, scarr. Virg. i. Il Sorte de liqueur parfumée. || 2° Gants à la frangipane, gants faits avec une peau parfumée. Je vous aurais envoyé, parl'ordinaire passé, les gantsde frangipane que vous désirez, poussin, Lett. 7 oct. 1646. J'ai fait ce que j'ai pu la semaine passée pour trouver de bons gants à la frangipane, id. i6. 18 oct. (649. Il 3° Espèce de crème dont on se sert pour garnir ou foncer certaines pièces de pâtisserie. Tarte à la frangipane ou de frangipane. || La tarte elle-même ainsi préparée. Servir une frangipane. || 4° Genre de poire.
— REM. On a dit aussi franchipane: Je ne vous saurais dire combien j'ai eu de plaisir de voirl'huile de jasmin, les gants de franchipane et les rubans d'Angleterre dans des vers latins, voit. Lett. i 20.
— ÉTYM. Génev. franchipane. Un marquis de Frangipani, italien, inventa un parfum qui prit son nom, et dont la mode s'empara bientôt pour en parfumer les gants. Ce parfum entra ensuite dans la composition d'une espèce de pâtisserie.
FRANGIPANIER (fran-ji-pa-nié), s. m. Arbrisseau des îles d'Amérique qui a des rapports avec le laurier-rose et qui donne un suc laiteux et fort caustique (genre plumeria, famille des apocynées).
t FRANGISTAN (fran-ji-stan), s. m. Nom par lequel les Orientaux désignent l'Europe occidentale, le pays des Francs.
— ÉTYM. Frangi, les Francs (voy. franc 4), et un mot persan stan, qui signifie demeure, et dont le radical est dans le latin stare, être debout, et dans plusieurs autres langues aryennes.
fFRANGULINE (fran-gu-li-n'j, s. f. Terme de chimie. Substance amëre de l'écorce du rhamnus frangula, L.
FRANQUE (fran-k'), adj. f. Voy. franc 4.
FRANQUETTE (fran-kè-f), s. f. Usité seulement dans cette locution familière : à la franquette, à la bonne franquette, c'est-à-dire tout uniment, franchement, loyalement. Ehl oui, oui, vous autres grosses dames, vous n'allez point tout d'abord à la franquette, la font, la Coupe enchantée, se. 2. Confessez à la franquette que vous êtes médecin, mol. le Md. m. lui, i, 7. Tenez, à la franquette , madame Mathurine , DANCOURT, Charivari, se. 4 4. Tout à la bonne franquette se partagera, favart, Cherch. d'esprit, se. 3.
— ÉTYM. Franc 3. Franquette est un diminutif ne forme picarde; si c'était la forme française, on dirait franchelte.
t FHAPPAGE (fhi-pa-j'),î. m. Terme de métier. Action de frapper; résultat de cette action.
— ÉTYM. Frapper.
FRAPPANT, ANTE (fra-pan, pan-f), adj. Qui fait une vive impression sur l'esprit, sur les sens. Un portrait frappant. Une vérité frappante. Les défauts les plus frappants do cet homme. Un langage muet, mais si frappant, mass. dans planche, Dict de la langue orat.
t FRAPPART (fra-par), adj. || 1* Frère frappart, s'est dit d'un moine libertin et débauché. || S* Il se dit en Lorraine au sens propre. Le 6 décembre , jour de la Saint-Nicolas, on voit des gens déguisés deux à deux qui vont dans les maisons porter des bonbons aux enfants en s'informant s'ils sont sages; l'un est costumé en façon d'évêque (saint Nicolas); l'autre est en moine et porte une verge à la main; c'est le frère frappart.
— HIST. xv* s. Lierres [voleur], par la vierge honourée, Vo gueule sera estranglée, Ja vous livrerai au frapart [bourreau], eust. dkscii. Poésies mss. f° 236. Princes qui boit chascun jour de fort vin. Par son boire devient frère frappart, id. ib. f° 206.
— ÉTYM. Frapper : celui qui frappe vigoureusement, qui est fort et hardi.
FRAPPE (fra-p'), s. f. \\ 1° Empreinte que le balancier laisse sur la monnaie. || 2° Assortiment de matrices pour fondre des caractères d'imprimerie.
— HIST. xiii" s. Et Renart est tornez en fuie, Et lesse Belin en la frape, Ren. 2381 b.
— ÉTYM. Voy. frapper.
FRAPPÉ, ÉË (fra-pé, pée), part, passé de frapper. Il 1° Oui a reçu un coup. Frappé à l'improviste.
Frappé de la foudre Même à ce matin une brebis
frappée S'est de la main du prêtre et du temple échappée, mair. Sophon. v, 4. Il ne leur reste qu'à considérer de quel côté allait tomber ce grand arbre ébranlé par tant de mains et frappé de tant de coups à sa racine, boss. Anne de Gons. Et si, dans les horreurs de ce désordre extrême. Votre père frappé tombe et périt lui-même, rac. Iph. v, 2. Le pasteur frappé, les brebis sont dispersées, MASS. Ifyst. Passion. ||Fig. Tous ces dogmes affreux, d'anathème frappés, boil. Sat. xii. Il Drap bien frappé, drap fort et serré. || On dit de même qu'une toile, une tapisserie sont bien frappées, pour exprimer que l'ouvrage en est fin et serré. || 2° Il se dit des sens de l'ouïe, de la vue. L'oreille frappée de ce bruit. || 3° Qui reçoit une empreinte par le coup du balancier. Pièce de monnaie bien frappée. 1| Fig. Un ouvrage frappé au bon coin, un bon ouvrage. || On dit dans un sens analogue : un ouvrage frappé au coin du génie. || Un vers bien frappé, un vers que l'on compare à une médaille dont l'empreinte est vive et nette. Quelques vers bien frappés ne suffisent pas, volt. ilél. tittér. Lettre à M. de Tressan. \\ Un endroit bien frappé, passage d'un livre, d'un discours qui est d'une expression vive et faisant effet. || Fig. Dont l'effet est vif. Je le priai [le duc de Beauvillier] de peser l'endroit [de mon mémoire] des mouches, des crapauds et de ces badinages, que je trouvais moi-même trop frappé, st-sim. 2C6, 8B. Il 4° Atteint. Frappé de la peste. Frappé d'une maladie grave. Frappé d'apoplexie. Marie-Thérèse, aussitôt emportée que frappée par la maladie, se trouve toute vive et tout entière entre les bras de la mort, sans presque l'avoir envisagée, Bor,s. Mar.-Thér. Il [le régent] fut averti par une légère attaque d'apoplexie qu'il négligea, ce qui lui en attira une seconde le 2 décembre <723, à Versailles ; il mourut au moment qu'il en fut frappé, VOLT. Louis XY, 3. ]] Frappé de Dieu, qui reçoit un coup de la Providence. Quand on est affligé et frappé de Dieu, mass. Aient, AfIHct. Il Être frappé à mort, être malade à n'en pouvoir réchapper. On le vit [le cardinal de Richelieu] traîner le grand écuyer à sa suite, de Tarascon à Lyon, sur le Rhône, dans un bateau attaché au sien, frappé lui-même à mort, et triomphant de celui qui allait mourir par le dernier supplice, volt. Iloeurs, I76. Il Être frappé à mort, recevoir une blessure, éprouver une peine, une douleur qui conduisent au tombeau. Je n'ai pas trop conçu, disait M. de Voltaire, comment on meurt de chagrin et comment des ministres et de vieux cardinaux, qui ont l'âme si dure, ont pourtant assez de sensibilité pour être frappés à mort pour un petit dégoût, volt. Mél. littér. Comment.hist. t. Lxiii,p. (22. Il 5° Fig. Quireçoitcomme un coup porté à l'esprit, au cœur, à l'imagination, aux sens. Et quand vos yeux frappés de toutes ces misères, corn. Nicom. m, i. Mon ignorance méfait compter pour beaucoup de voir une personne ten- I drement aimée ; je suis frappée des objets, et l'ab-
sence doit me déplaire plus qu'à vous, sfiv. n fév. 1680. On conta cela [une vision] à M. le prince ; il en fut un peu frappé, puis s'en moqua, id. < 3 déc. 1686. Vous êtes frappée de cette disposition de la Providence, m. 236. Le public détrompé. D'un pareil enjouement ne se sent plus frappé, boil. Sat. XII. Voulez-vous que frappé d'une crainte si basse.... RAC. A lex. I, ) . César de tant d'objets en même temps frappé.... ID. Brit, v, 8. De mes faibles attraits le roi parut frappé, id. Esth. i, <. Et d'une égale horreur nos cœurs étaient frappés, id. Athal. ii, 2. li est de tous les pécheurs le moins frappé des dangers de son état, mass. Carême, Ineonst. Dans un sombre chagrin son âme enveloppée Semblait d'un grand dessein profondément frappée, volt. Ali. m, 3. 11 m'a paru tout à l'heure extrêmement frappé de la figure de cette jeune fille, genlis, Thédt. déduc. Vrai sage, ii, t.\\ Avoir l'esprit frappé d'une idée, être frappé d'une idée, en être préoccupé, obsédé. Ton esprit, je le crois, du trône encor frappé Toujours du même objet est donc préoccupé'? ducis, Macbeth, m, 4. Corinne était frappée de l'idée qu'elle ne reverrait plus Oswald, stael, Corinne, IV, 6. Il Avoir l'imagination frappée de quelque chose, ou, simplement, avoir l'imagination frappée, avoir l'imagination saisie par quelque appréhension, par quelque idée sinistre. On dit dans le même sens : il est frappé. Votre imagination était si frappée que.... sÉv. 6 H. Il II est frappé là, signifie que c'est sa dernière résolution et qu'il n'en démordra pas. 1| 6° Rafraîchi par le moyen de la glace. Du Champagne frappé. Il 7° Terme de peinture. Objet frappé de lumière, celui où la lumière tombe directement. Il 8° S. m. Terme de musique. Temps de la mesure dans lequel l'on baisse le pied, ou la main, ou le bâton de mesure, et qui marque la note la plus forte Le levé et le frappé. || On dit aussi adjectivement le temps frappé.
+ FRAPPE-MAIN (fra-pe-min), s. m. Un des noms de la main-chaude.
— HIST. XVI* s. Comme font les garsons au jeu de frapemain. Qui se mussent la teste et la mon-' strent soudain, baïf, OEut». p. <o, dans lacurne.
— ÉTYM. Frapper, et main.
FRAPPEMENT (fra-pe-man),s. m. Action de frapper. Pour le frappement des baguettes [des huissiers devant les présidents] , je n'y vois d'origine que la foule, et d'avertir de faire place, st-sim. 374, 23. Il Le frappement du rocher, l'action de Moïse le frappant pour en faire jaillir l'eau. Le frappement du rocher par Moïse est un des beaux tableaux du Poussin. Dans des événements aussi considérables que fut celui du frappement du rocher, on peut croire qu'il arrive toujours des choses merveilleuses, poussin, Lettres, p. 364.
— HIST. XVI' s. Frapement, cotghave.
— ÉTYM. Frapper.
t FRAPPE-PLAQUE (fra-pe-pla-k'), s. m. Plaque de fer dont les orfèvres se servent pour donner le contour à une pièce. || Au plur. Des frappe-plaques.
— ÉTYM. Frapper, et plaque.
FRAPPER (fra-pé), V. a. ||1° Donner un ou plusieurs coups. Il [le cheval] frappe du pied la terre, il s'élance avec audace, il court au-devant des hommes armés, sAci, Bible, Job, xxxix, 2( . Voyez comme elle frappe cette poitrine innocente, comme elle se reproche les moindres pdchés, boss. Mar.-Thér. Et, droit entre les yeux, [il] Frappe du noble écrit l'athlète audacieux, boil. Lutr. v. [Il] Lui jette pour défi son assiette au visage; L'autre esquive le coup; et l'assiette volant S'en va frapper le mur et revient en roulant, id. Sat. m. Ceux qui gémirent sur l'aventure des diables de Loudun, ceux qui trouvèrent mauvais qu'un récollet, en conduisant Urbain Grandier au supplice, le frappât au visage avec un crucifixde fer.... volt. Désastre de Lisbonne, préf. Tout est perdu, au contraire, quand on le traite [le peuple] comme une troupe de taureaux ; car tôt ou tard ils vous frappent de leurs cornes, id. Lett. Linguet, IB mars 4 767. Il [le pape Boniface VIII] se présenta avec majesté devant Colonna et Nogaret ; il est fort douteux que Colonna ait eu la brutalité de le frapper, id. Mœurs, 6B. ||Se frapper, frapper à soi. Et se frappant le sein de ses pleurs inondé, volt. Sémir. i, *. || Frapper un coup, donner un coup sur quelque chose. Le régisseur va frapper les trois coups (c'est au théâtre le signal poui- lever le rideau). |1 Fig. Frapper un coup, faire quelque tentative violente, périlleuse. 11 veut frapper le coup sans notre ministère , corn. Iléract. m, 3. Tandis que Louis.... Au Nil épouvanté ne va porter la guerre. Que pour venir bientôt, frappant des coups plus sûrs. Délivrer
FRA
ton Dieu même et lui rendre ces murs fde Jérusalem], votT. Zaire, m, ♦. Du coup qu'on va (nrper au milieu de la nuit, Vos regards dès demain recueilleront le fruit, m. j. chén. Charlu IX, II, ♦. Il fiff- et familièrement. Krapper son coup, produire l'effet qu'on se propose. {| Frapper les grands coups, emplover les grands moyens, faire quelque chose d'extraordinaire. || Frapper l'air, ébranler l'air par la commotion d'un bruit. Oui frappe l'air, bon Dieu ! de ces lugubres cris? Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris? bOiL. Sat. VI. Il 2° Battre et serrer sur le métier la trame d'une toile, etc. || Former la tête des épingles. Il Terme de marine. Attacher fortement et à demeure. Frapper une poulie. || 8* Terme de monnayage. Donner l'empreinte. Frapper de la monnaie. On a frappé en Angleterre une médnille de l'amiral Anson; c'est un chef-d'œuvre digne du temps d'Auguste; le revers est une victoire posée sur un cheval marin, tenant une couronne de laurier, VOLT. Lett. Thiriot, u juin (7(i». La li)rue règne sous le nom de ce cardinal de Vendôme, qu'elle appelait Charles X, au nom duquel on frappait la monnaie, tandis que le roi le retenait prisonnier à Tours, ID. Moeurs, <74.||Fig. Bien frapper un vers, le marquer d'une vive empreinte. il 4° Frapper avec un instrument tranchant ou avec une arme. Frappez l'arbre infructueui qui n'est plus bon que pour le feu, Boss. Uarie-Thér. Comment frapper un roi de gardes entouré? volt. Oreste, i, s. Il Absolument. Il frappe, et le tyran tombe aussitôt sans vie, cobn. Iléracl. v, 7. Les mains élevées à Dieu enfoncent plus de bataillons que celles qui frappent, boss. Uarie-Thér. L'infidèle s'est vu partout envelopper. Et je n'ai pu trouver de place pour frapper, RAC. /Indr. v, 3. Je lui marque le cœur où sa main doit frapper, id. KUhr. iv, (. Frappez, aucun respect ne vous doit retenir ; J'ai tout fait, et c'est moi que vous devez punir, id. ib. :v, 2. || 8* Frapper de glace, ou, simplement, frapper, rafraîchir trèspromptementduvin,une liqueur avec de la glai:e Oa glace frappant pour ainsi dire et saisissant le liquide). Frapper du Champagne. Il 6* Se porter vers, darder sur. Les parties d'un objet que la lumière frappe. Déjà le jour plus grand nous frappe et nous éclaire, bac. Iphig. i, ).||7* Faire impression sur les organes de la vue ou de l'ouïe. Un bruit lointain frappa mon oreille. Les lueurs de l'incendie frappaient nos yeui. Tu n'as frappé Bes yeux d'un moment de clarté.... cenN. lior. m, i. Ils [ces noms] m'ont frappé l'oreille, ils m'ont blessé le cœur, va. Jlérael. m, 6. Auras-tu donc toujours des yeux pour ne point voir. Peuple ingrat? quoil toujours les plus grandes merveille,'». Sans ébranler ton cœur, frapperont tes oreilles? bac. Ath. i, t. Viens, reconnais la VOIX qui frappe ton oreille, ID. IpMg. i,4. Joas laissé pour mort frappa soudain ma vue, id. Alhal. I, 2. Il Fig. Frapper les yeux, attirer l'attention. Pour moi, je voudrais bien que, pour vous montrer mieux. Une charge à la cour vous pût frapper les yeux, mol. Mit. m, 7. || 8* Faire impression sur l'esprit ou le cœur. Les désastres d'Othon ainsi que moi vous frappent, cobn. Olhon, v, 6. Un tendre souvenir frappait soudain mon ime, th. cohn. Ariane, l, ♦. Ce jour, ce triste jour frappe encorma mémoire, bac. Brit. i, i. Jugez combien ce coup frappe tous les esprits, m. ib. v, 6. De quel étonnement, ô ciel, suis-je frappée! m. Bajaj. m, 6. Ouelque songe effrayant cette nuit l'a frappé, m. Èslh. Il, I. Mais je vois que mes pleurs et que mes Tains discours Pour vous persuader sont un faible secours, Votre austôre vertu n'en peut être frappée, ID. Alhal. V, 2. Les faibles intérétsdoivent peu nous frapper, volt. Sémiram. ii, 3. L'un d'eux est ce héros dont les traits m'ont frappée, id. Oresle, m, 4. Ces oiseaux de carnage frappent tous les autres oiseaux d'une frayeur si vive qu'on les voit frémir à leur aspect, bufp. Oit. t. xi, p. t09, dans pouohns. La douceur et la simplicité des Indiens le frappèrent [Las Casas] i tel point, qu'il se fit ecclésiastique pour travaillera leur conversion, baynal, Hist. phil. vu, (S. Il Absolument. Voilà ce qui surprend, frappe, saisit, attache, boil. Art p. m. US" Il se dit des coups du sort, desaffiictions divines. Le Seigneur vous frappera de frénésie, d'aveuglement et de fureur, saci. Bible, Deutér. xxviii, 28. Le Seigneur éloignera de vous toutes les languedrs, et il ne vous frappera point des plaies très-malignes dont vous savez qu'il a frappé l'Egypte, ID. ib. vu, (6. Le Seigneur frappera d'indigence la maison de l'impie; mais il bénira les maisons des justes, lo. i'6. Prnr. de Sal. m, 33. Dieu frappa d'aveuglement tout Cb qui avftit contribué i U rupture d un ma-
FRA
riage aussi solennel que celui de Catherine, bois. Var. u, § 2(. Pendant que nous tremblons sous leur main [des puissants de la tcrrej. Dieu les frappe pour nous avertir, id. Uuch. d'Orl. Il frappe ces nuées d'aridité et de sécheresse, mafs. Carême, Parole. Dieu frappe autour de nous nos proches, nos amis, lo. Orais. fun. Dauph. Je panlonne à la main par qui Dieu m'a frap|ié, volt. Ali. v, 7. Il se sentait frapper d'une main invisible, lu.llenr.m. Le ciel en me frappant donne un exemple aux rois, H. j. ciiÉN. Charles IX, v, 4. [Nos amis et parents morts] Ils t'ont prié [mon Dieulj pendant leur courte vie, Ils ont souri quand tu les as frappés, LAWAltT. Ilarm. n, <. || Absolument. Tu frappes, tu guéris, tu perds et ressuscites, bac. Alhal. m, 7. Mon cœur désespéré se soumet , s'abandonne Aux volontés d'un Dieu qui frappe et qui pardonne, volt. Ali. V, 7. Frappe, mon Dieu; car je l'ai mérité, BEAUMARCH. Ifcre coup. IV, 43. |{ Faire mourir. Dieu frappe tous les premiers-nés des Égyptiens. Il 10° Punir. Il nous reste à frapper quelques secrets complices, volt, rnume. i, 4. Il Absolument. [X Veni.se| La mort frappe sans bruit, le sang coule en silence, ducis, Othello, ii, 7. || Frapper d'anathème, de réprobation, anatbématiser, réprouver. || 11° Affecter, affliger. Ne doutez point, seigneur, que ce coup ne la frappe, bac. Brit. m, < . Je connais votre cœur : vous devez vous attendre Que je vais le frapper par l'endroit le plus tendre, m. Bérén. m, 3. L'avenir l'inquiète et le présent le frappe, id. Esth. u, 3. || U se dit des maladies. Tant de victimes que la peste a frappées. 11 a été frappé d'apoplexie. || 12° Terme de jurisprudence. Etre établi, assigné sur. Cette hypothèque frappe tous les biens du débiteur. || Absolument. Son hypothèque frappe sur tel immeuble. || Terme d'administration. Frapper les marchandises d'un droit à l'entrée, à la sortie. || 13* V. n. Donner un
coup. Frapper dans la main. Frapper fort Pê-
lit, frappe du pied, frémit, déleste, tonne, roth. St Genesl. u, 8. Tous ceux qui passaient par le chemin ont frappé des mains en vous voyant, saci, Bible, Jérémie,Lament.n,i6. Toutpère frappeàcôté, LA FONT. Fabl. viii, 20. Le czar y voulut tout voir, tout examiner, et finit par le réfectoire où il demanda un coup de vin des soldats, but à leur santé, les traitant de camarades, et frappant sur l'épaule de ses voisins, duclos, Mém. rég. (jEuv. t. v, p. 2»7, dans pouGF.Ns. Ouand ils [les lamas] sont excédés ou qu'ils succombent sous le faix, il est inutile de les harceler ou do les frapper; ils s'obstinent jusqu'à se tuer en frappant de la tête contre la terre, BAYNAL, llist. phil. VII, 2». Surpris, quand il a frappé au cœur d'un empire, d'y trouver un autre sentiment que celui de ta soumission et de la terreur, il se sent vaincu et surpassé en détermination, sitcuR, Hist. de Nap. viii, 6. || Il frappe comme un sourd, il frappe sans dire mot, se dit d'un homme qui bat avec violence. Il Fig. Porter atteinte. Les tribunaux frappent sans cesse sur la juridiction patrimoniale des seigneurs, montesq. Espr. iv, ♦. || 14° Frapper à une porte, ou, simplement, frapper, c'est-à-dire frapper pour la faire ouvrir. On frappe à la porte. Mercure frappe, on ouvre ; aussitôt Pbilémon Vient au-devant des dieux et leur tient ce tangage, la font. Phil. et Baue. Ouel bruit àdescendre m'oblige. Et qui frappe en maître où je suis? mol. Amph. m, 5. Quelle insolente main frappe à coups redoublés? rac. Athal. V, 1. Il Fig. Frapper à, s'adresser à. Demandez avec instance, et, s'il [Dieu] rejette vos demandes, cherchez les moyens de l'apaiser, ....frappez à la justice, et dites-lui : oh! justice de mon Dieu, vous ne punissez pas nos fautes avec rigueur en ce monde; frappez à ta sagesse, et dites-lui : oh ! sagesse de mon Dieu, vous savez tant de moyens de vaincre mon vice, eoss. Abrégé d'un sermon pour le vendredi delà fsem.de carême. Le rouge-gorge s'adresse aux cabanes, l'hirondelle frappe aux palais, CHATEADBR. Génie, 1, V, 7. Il Fig. Frapper à toutes les portes, s'adressera toutes sortes de personnes. Le roi [de Prusse] s'cchaufTait et disait que, tantque notre cour [de France] frapperait à toutes les portes pour obtenir la paix, il ne s'aviserait pas de se battra pour elle, volt. Mil. lilt. Comment, hitt. t. LXin, p. «8. Il 15° Fig. Frapper à, s'approcher de. Maintenant que le temps a milri mes désirs. Que mon âge, amoureux de plus sages plaisirs. Bientôt s'en va frapper à son neuvième lustre, boil. ÉpU. v. Il Frapper à la borne, atteindre la limite. U a frappé à la borne de son intelligence ; il faut même absolument que cela soit ainsi, sans quoi nous Irionsdedegréendegréjnsqu'àl'infini, volt. Philot. ignorant, Question «*. || 16* L'heur« a frappé, ulle a
FRA
looné. Il Activement. L'horloge du palais vint à (tapper onze heures, béonieb, Sat. viii. || 17* Terme de chasse. Frapper à route, remettre sur la trace de la béte les chiens qui sont en défaut. |{ Frapper aux brisées se dit du veneur, lorsqu'ajant fait son rapport, il va laisser courre. || 18' Se frapper, e. rip. Se donner un coup. Se frapper à U tête. || Se porter un coup d'une arme. Il se tait et se frappe en achevant ces mots, bac. TMb. m, 3. || 19* Se frapper récipror|uement. Ils se sont frappés l'un l'autre. Il Fig. Vardesa extrêmement plu à Termes, et Ternie-i à Va nies; leurs esprits se sont frappés d'un agrément égal ; ça été un coup double, SÉV. 367. Il 20* S'affecter de terreur ou de crainte. Il se frappe beaucoup de ces événements. C'est un homme qui se frappe aisément. |{ 21° Être frappé en parlant du vin qu'on rafraîchit par la glace. Le Champagne se frappe pour le dessert.
— HIST. XIV* s. Mais ainchois que [avant que] mais voie le solail esconser, Leur fera telle aieuwe faille] Richiars au bien fraper.... Hugues Capet, v. 2336. Se le vin ^st pourri, mettre la queue [tonneau] emmi une court sur deux treteaulx, afin que la gelée y frappe, Ménagier, n, 3. || xv« s. En l'ost du roy s'esloit frappée une maladie de flux de ventre, J. LEFÈVRE DE sT-HEUY, Hist. de Charles VI, p. S7, dans laci.bne. Le feu se frap|ia en aucun de ses navires, id. ib. p. 82. Quant la mutle eut circuit toute la praerie, elle se frappa clans la forest, Perce- ((irest,t. 11, f 5. Les François à clieval, quiestoieni de deux à trois cent lances, frappèrent vaillamment sur l'autre cosié, où il y avoit bien de deux à trois mille archers et deux cent lances d'Anglois. Chronique de la Pucelle, ch. 40. De trop boire frappée, une teste en réchappe.... X ces grands coups de Mars, tout remède y est vain, basselin, zix. Et en armes chascun se tiengne X frapper d'espieu et de lance, Mysl. dutiége d! Orléans, p. 86. Puis la terre de Beausse avons, Frappant jusque es forsbourgs d'Orléans, ib. p. 46. || xvi's. Ce conte tuyveint frapper l'imagination, mont, i, »4. Et n'y eut presc|ue rien de sauvé que tes 2000 bisongnes par la sagesse de ceux qui les menoient, qui frappèrent i terre [abordèrent] au-dessous de Meidelbourg, d'aub. Hist. II, 72. Cela est frapper à la porte d'un trcspassé , coTGBAVE. Je cherche et quiers, et frappe aux huys et maille. Et si ne puis croquer la seule maille, G. CRETIN, Épit. au roi Louis XII. L'horloge frappe [rhorloge sonne les heures], oudin, Curios. fr. Tel cuide frapiierqui tue. cotorave. Toujours ne frappe l'on pas ce à quoy l'on vise, m. ib.
— ÉTYM. Bourguign. fraipai; provcnç. /rapar; anc. cat. frappar; ital. frappare; d'après Grangagnage, du hollandais flappen, souffleter; angl. «o pab, battre de l'aile. Diez, qui donne aussi de l'attention à cette étymologie, incline pourtant vers le haut-allemand hrappa, insulter, attribuant à /'rappfr le sens primitif d'injurier, sur ce fondement que. dans les patois anglais, frape a le sens de dire des injures et que le mot n'y peut venir que du français. Malgré cette autorité, l'étymologie par flappen para t mériter la préférence. Du reste nous n'avons, dans l'historique, d'exemples que du xiv* siècle.
I FRAPPKRIE (fra-pe-rie), s. f. Action de frapper; coups. La faute venait de ceux qui avoient commencé la frapperie, legoarant.
— ÉTYM. frapper.
FRAPPEUR, EUSE (fra-peur,peû-i'), *. m. et f. Il l'Termefamilier. Celui, cellequifrappe. Iln'yavait pasflaceen un homme pour tant de frappeurs, scarr. Kom.com. 11,7. Par ma foi cesfrappeursfrappaient si rondement, Que vous en auriez ri vous-même assurément, HAUTEROCHE, S'obles de prov. u. 2. Au moins que je connaisse le frappeur qui me frappait si distinctement; si c'est une frappeuse, elle est diablement forte, HABON, Homme à bonnes fortunes , v, 8. Il Fig. Le duc de Beauvillier ne devait pas, par cette sorte de dévotion si mal entendue, enhardir les frappeurs et se laisser porter par terre, st-sim. 238,483. Il 2* Ouvrier forgeron. W^'Adj. Espriufrappeurs, sorte de superstition contemporaine par laquelle on s'imagine que des esprits frappent les murs, les meubles, et font par là connaître leur volonté
— ETYM. f'rapp«r.
t FRASAGE 'Jra-za-j'), ». m. AcUon de fhuer U pâte ; résultat de cette action.
— ÊTYM. f'roter «.
t FRASE (fra-r") , *. f. Outil avec lequel on racle le pétrin pour faire le fra.sage.
— ETYM. VOV. FRASER (.
t FRASEAU"(fra-z6), s. m. Tige sur UqueUe se meuvent les rouets de l'ourdisseur.
f «.FRASER (fra-zé},v. a. Lemémeque fraiser 1.
FRA
FRA
fWA
fa. FRASKR (fra-sé), V. a. Le même que fraiser 3.
FRASQUE (fra-sk'), *. f. Terme familier. Acte extravagant fait avec quelque éclat ou gcanilale. Malheureux que je suis J'avoir dessous ce masque Été, •ans y penser, te faire cette frasque, mol. l'Ét. m, la. La frasque ridicule qu'il [te cardinal de Bouillon] avait faite sur celte terre du Dauphiné et d'Auvergne, avait mortifié sa vanité, st-sim. 45, (6. Plusieurs frasques qu'il (le grand prieur] avait hasardées sur la faveur de sa naissance reçurent enfin le coup de caveçon [de n'être pas employé dans l'armée d'Italie], ro. 604, (07. On se pardonne, lui dirent-ils, ces petites frasques entre parents, sans quoi il faudrait passer sa vie dans d'éternelles querelles, VOLT. Princesse Babyl. lO. Alcibiade faisait couperlaqueueàson chien, pour empêcher les Athéniens de remarquer certaine frasque dont on commençait à parler, ro. Lett. d'Argenlal, 3 oct. i764.
— HiST. XVI' s. S'il y a abus de ce costé là, les ministres de justice fontdes frasques nompareilles.... KBOUMENTEAO, Finances, 3« livre, p. 67. Ceux qui !e vouloient excuser de quoy il avoit faict ceste frasque à ses compagnons.... bhant. Launoy.
— ÉTYM. Itai. frasca, branche, feuillage, et au pluriel balivernes. L'origine de ce mot italien emprunté dans le xvi" siècle est ignorée. On disait aussi frasqnerie, de l'italien frascheria.
FRATER (fra-tèr), ». m. || 1° Par ironie, garçon chirurgien, alorsque les chirurgiens barbiers avaient des garçons. || Par extension, chirurgien ou médecin de bas étage. Un magister, s'empressant d'étoulTer Quelque rumeur parmi la populace. D'un coup dans l'ceil se fit apostropher. Dont il tomba faisant laide grimace; Lors un frater s'écria : place I place I J'ai pour ce mal un baume souverain, i. b, rouss. Épigr. I, m. Il >• Celui qui fait la barbe & bord d'un vaisseau et dans un régiment.
— HIST. XVI' s. Ainsi ce pauvre frater [moine] commença à brûler par telle concupiscence, que.... HARO. Nouv. xxiu.
— ÉTYM. Lat. frater, frère. Il est possible que ce mot de /"ra^er vienne des moines chirurgiens. Dans les campagnes normandes et ailleurs on appelle frattr un barbier.
FRATERNEL, ELLE {frs-tèr-nèl, nM"), aij. Qui appartient, qui convient à des frères. Union fraternelle. Rompre les sacrés nœuds d'une amour fraternelle, CORN. Pomp. I, a. Où vas-tu nous réduire, amitié fraternelle? id. Rodog. i, &. || Par extension. Parmi les doux plaisirs d'une paix fraternelle, boil. Lutr. I. Il Charité fraternelle, charité des chrétiens entre eux. || Correction fraternelle, réprimande douce, secrète, et dictée par l'esprit de charité qu'on doit à des frères.
— HIST. xiv s. Ce ne semble pas estre amisté ou communicacion fraternel, orefme, Eth. 248. || xvi' s. Aux biens fraternaux, le frère déboute la sœur ab intestat, f[ouv. coust. t. iv, p. 909.
— ÉTYM. Provenç. etespagn./"ra<fma/; ital. fratemaZe; du lat. frater, frère, par l'intermédiaire de l'adjectif fratemus, allongé avec le suffixe al.
FRATERNELLEMENT (fra-tèr-nè-le-man), adv.
D'une manière fraternelle. Vivre fraternellement.
— HIST. XV 8. Messire Galeas et messire Barnabe.... avoient esté frères.... et gouverné fraternellement toute Lomhardie, proi«s. ii, ii, 22a.
— ÉTYM. Fraternelle, et le suffixe ment.
i FRATERNISATION (fra-tèr-ni-za-sion), ». f. Action de fraterniser.
FRATERNISER (fra-tèr-ni-zé), ». n. || !• Vivre en frères, faire acte de bonne amitié. Fraterniser avec quelqu'un. La presse abat les murs de la patrie. Et Dieu nousdit : peuples, fraternisez, bérano. Quatre âges. || 2" U se dit de deux corps ou compagnies qui se réunissent pour quelque solennité commune. M. Dupuy a lu des extraits des différents mémoires du semestre dernier, ainsi qu'il est d'usage quand les deux académies des sciences et des belles-lettres û-aternisent ensemble et se visitent deux fois l'an, bachaumont, Uém. secrets, t. iv, p. 16t. Il On fraternise dans des banquets, dans des réunions. || 3" Pendant la révolution , on disait fraterniser pour contracter une union politique adhérer aux opinions nationales.
— HIST. XVI' s. La nature nous a à tous en commun donné ce grant présent de la voix et de la parole pour nous acointer et fraterniser davantage,
LA BoÉTiE, Servit, roi Avec une lettre escrite de
sa main, comme les roys s'entrescrivent, non point pour affaires, mais pour se fraterniser priveemenl, CABLOix, II, B. Aucunes fois les vers ne se suivent pas, symfcolisant l'un incontinent après l'autre ; ainz »ott croisez, en sorte que le premier fraternise avec
le tiers, et le second avec le quart, sibilet, 4 r<poA. liv. i, p. (50, dans lacurne.
— ÉTYM. Verbe fait, au xvi' siècle, du latin ftaternus, sur le modèle de fraternité.
FRATERNITÉ (fra-tèr-ni-té), s. f. || 1° Parenté entre frères et sœurs. Vous avez beau le renoncer pour votre fï-ère, la renoncer pour votre sœur, vous ne détruirez pas la fraternité qui est entre vous. Il 2° Liaison étroite de ceux qui , sans être frères, se traitent comme frères. U y a fraternité entre ces deux familles , entre ces deux compagnies. Qu'avons-nous à espérer ou à redouter du ministère anglais? jeter dès à présent les grandes bases d'une éternelle fraternité entre sa nation et la nôtre serait un acte profond d'une politique vertueuse et rare, mirab. Collection, t. v, p. 3t4. De là plus d'union, plus de fraternité, M. J. chén. Gracques, II, 3. Fraternité des arts! union fortunée I Soirs dont le souvenir, même après mainte année, Charmera le vieillard! sainte-beuve, Poésies, le Cénacle. || 8° L'amour universel qui unit tous les membres de la famille humaine. Devise de la France républicaine : liberté, égalité, fraternité. Dieu a établi la fraternité des bommos en les faisant tous naître d'un seul qui, pour cela, est leur père commun et porte en lui-même l'image de la paternité de Dieu, boss. Polit, i, i, ». Là elle [la nature humaine] découvre les règles de la justice, de la bienséance, de la société ou, pour mieux parler, de la fraternité humaine, id. Connaiss. v, 6. La liberté générale bannira du monde entier les absurdes oppressions qui accablent les hommes et fera renaître une fraternité universelle, sans laquelle tous les avantages publics et individuels sont si douteux et si précaires, hirabead, Collection, t. II, p. 26. Il 4° Fraternité d'armes, union que contractaient deux chevaliers qui se promettaient de s'aider envers et contre tous. || Par extension , il se dit de deux guerriers quelconques. L'alliance, les dons, la fraternité d'armes N'auraient-ils donc servi qu'au malheur de tous deux? volt. Olymp. i, B. Il II se dit même de deux nations. La fraternité d'armes qui, durant les dernières guerres, a existé entre la France et la Pologne. || 6° Fraternité, titre que prenaient autrefois entre eux les rois et les empereurs, ainsi que les évêques et les moines.
— HIST. XIII' s. Cil de la Trinité [nom d'un couvent] Ont grant fraternité; Bien se sont aquité : D'asnes ont fait roucin, bdteb. 172. || xv's. F.t le lendemain ils se départirent de la ville en grand fratrrnité, monstr. liv. u, ch. 10. Et pour seurté de ferme : aix jurèrent les ducs d'Orléans et de Bourgoingne fraternité, et compaignie d'armes prindrent, et portèrent les ordres et les devises l'un de l'autre, Geste des nobles, ch. «B.
— ÉTYM. Prov. fratemitat; espagn. fratemidad; ital. fraternità; du lat. fratemitatem, de fraternvs, fraternel, dérivé de frater, frère.
t FRATICELLE (fra-ti-sè-1') , ». m. Sectaire du xiii* et du xiv siècle qui interdisait toute propriété. Les fraticelles prétendaient que les vrais chrétiens devaient vivre de charité, n'avoir rien en propre, et qu'il ne fallait point travailler, parce qu'en travaillant on aurait eu droit à quelque chose, SAiNT-FOix, Ess. Paris, Œuvres, t. iv, p. »*4, dans pouGENS, au mot échappé.
— ÉTYM. Ital. /"rattceiJo, diminutif de /"rate, frère, moine (voy. frère).
1. FRATRICIDE (fra-tri-si-d'), s.m. Celui qui tue son frère ou sa sœur. Et cesse d'aspirer au nom de fratricide, corn. Uor. 11, B. La puissance impériale ne put délivrer un empereur fratricide d'une fin tragique, LEMAÎTRE, Plaidoyer i8. [Rome] fondée et bâtie par un fratricide et formée par l'assemblage de femmes enlevées par force à leurs parents, rol- UN, Hist. anc. ÛEu». t. vin, p. 4», dans pougens.
— REM. D'après Chifllet, Gramm, p. 3i, fratricide est un mot barbare; et il faut employer porricide qui se dit aussi bien de celui qui tue son frère, sa sœur, que de celui qui tue son père, sa mère. L'opinion de Vaugelas est la même : « Ceux qui disent fratricide parlent mal, et composent un mot qui n'est pas français. Item. 1. 11, p. B13, dans poucens. » Malgré ces arrêts, fratricide a heureusement persisté
— ÉTYM. Lat. fratricida, de frater, frère, et csedere, tuer.
2. FRA IRICIDE (fra-tri-si-d'), ». m. Crime que commet celui qui tue son frère ou sa sœur. Pierre Calas, accusé d'un fratricide, et qui en serait indubitablement coupaMcsi son pèrel'eiil été, demeure auprès de mes terres, volt. Lett. Thirou* de Crosne, so janv. 1763.
—HIST. XII' s. De ce est que Kaj-n chaît en fratrecide à faire ; quar, quand il vit son sacrefice estre despitiet [méprisé], si enfremit encontre celui cui sacrefice Deus recieut. Job, p. B17.
— ÉTYM. Lat. fratricidium, fratricide (voy. pra-
THICinE I).
FRAUDE (fr<5-d'), ». f. || 1° Acte de mauvaise foi et de tromperie. Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude, mdl. Tart. v, 7. La fraude adroite et subtile Sème de fleurs son chemin, rac. Esth. m, 3. Crnycz-vous qu'il soit permis de repousser la fraude par b fraude? frn Dial. des morts mod. 12. L'hypocrite en fraudes fertile Dès l'enfance est pétri de fard, j. b. rolss. Odes^ 1, 4. Cet heureux artisan de fraudes et de crimes, volt. Mérope, m, 1. || Il est mort en fraude, se dit d'un homme qui meurt insolvable. || Fraude pieuse, moyen illégitime employé pour assurer l'empire de la religion. Les fraudes qu'on appelait jadis pieuses, ne sont plus aujourd'hui que des fraudes , volt. Mél. litt. Lett. à Véréque d Annecy. Que direz-vous quand on vous soutiendra que toute fraude est impie, et que c'est un crime de soutenir la vérité par le mensonge? ip. , Cons. rais, à llergier, chap. 14. Il Fraude pieuse, se dit quelquefois d'une ruse employée pour décider quelqu'un à une bonne action. Il 2° Action de soustraire des marchandi-ies aux droits de douane ou d'octroi. Faire la fraude. Il Les marchandises elles-mêmes. J'ai de la fraude en pacotille Qu'à la barrière on saisirait, bérang. Portrait. \\ En fraude, sans payer les droits. Du vin introduit en fraude dans Paris.
— HIST. XIII' s. Puisqu'il l'aceta sans fraude et en marcié, il ne doit pas recevoir la perte de son argent por autrui mefTet, beaum. xxv, 22. Toutes fraudes, là où eles sont connues ou provées, doivent estre destruites, id. xxxiv, 49. ||xiv' s. Et si usèrent de fraude avecques conseil ; car Tatius li roys des Sabins corrompit la fille d'un qui gardoit la forteresse, bercheure, t° 10, verso. Mauvais engin, que les clercs appellent de dolo malo, est quand en contract ou marché se fait fraude recelée, que on appelle dol entre lespraliquans en court, bout. Som. rur. p. 389, dans lacurmî. Faire fraude contre une ordonnance [la transgresser], Ord. des rois, t. i, p. 299. Il xvi' s. Ta langue brasse et fraudes et nuisances, MAROT, IV, 293.
— ÉTYM. Wallon, frawe; provenç. frau; espagn. et ital. fravde; du latin fraudem, que les élymologistes rapprochent du grec Opsûio, briser, et du sanscrit dhru, tuer, qui veut dire aussi tromper, dhruti. séduction; les sons concordent et U dérivation du sens parait aisée.
FRAUDÉ, ÉE(frô-dé, dée),part. poii^de frauder. Frustré par fraude. Les flibustiers eurent grand débat avec Pointis pour leur part, delà plus grande partie de laquelle ils se prétendaient fraudés, st-sim. 4 9, 69.
FRAUDER (frô-dé), v. a. || 1° Tromper, décevoir (sens qui a vieilli). Frauder quelqu'un. || 2" Frustrer par quelque fraude. Ce marquis [met son honneur] à savoir frauder ses créanciers, boil. Sat. xi. || Fig. Sans frauder -on désir d'un si piteux breuvage, Régnier, Sonn. rel. 3. Il était persuadé qu'il y a de la démence à vouloir frauder la nature, qu'il faut la guider et non chercher à l'anéantir, volt. Dict. phil. Clerc. \\ Frauder les lois, faire quelque chose qui est dé endu par les lois. Quand on n'est pas de leur nombre, on ne fait guère de grands progrès en anatomiequi ne soient en quelque sorte illéfjilimes; on est réduit à frauder les lois, fontek. Liitre. Il 3" Eluder par quelque ruse le payement de droits, de taxes, de redevances. On peut ajouter qu'il sera mieux payé, parce qu'il est notoire qu'on fraude tous les jours la dîme ecclésiastique, et il n'est pas à présumer qu'on fraude la dîme du roi, pour peu que les officiers y veuillent tenir la main, vauban, Vime, p. B5. Votre père et lui étaient associés pour frauder les droits et pour faire passer des marchandises de contrebande, oancourt. Loterie, se. i . Dans la crainte même que les droits qu'il mettait sur le mercure ne fussent fraudés, il défendit d'ouvrir sous quelque prétexte que ce fût d'autres mines du même genre, raynal, //!»(. phii. vu, an. || Frauder du \in, des dentelles, etc. faire pas^^cr du vin, des dentelles, etc. en fraude Fraudant eau-de-vie et tabac, bèbang. Échille. || Fig. Frauder la gal.elle, se disait de tous ceux qui, par tromperie, ne saii-^faisaient pasaux choses qu'ds devaient faire. .MiMrzvous dans la trte Que framler la gahelle est un mot plus boniiêle, boibsault, Utc. ioI. h, 4. li Alsoliinient. Frauiler, sfiuslraire des mari hnn-. dises au paiement des dioitï. L'élévation des druiU excite à frauder.