‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 259 sur 388 · PARÉ, IZ · texte numérisé non relu

PARÉ, IZ

— ÊTYM. Frayer 2.

4. FRAYER (frè-yé; d'après Chifflet, Gramm. p. (97, on prononçait fra-yer), je fraye, tu frayes, il fraye ou il fraie, nous frayons, vous frayez, ils frayent ou ils fraient; je frayais, nous frayions, vous frayiez, ils frayaient; je frayai; je frayerai, ou fraierai, ou frairai; je frayerais, ou fraierais, ou fraîrais; fraye, frayons; que je truye, que nous frayions, que vous frayiez, qu'ils frayent; que je frayasse; frayant; frayé, v. a. || 1* Rendre praticable par les pas et le cheminement. Frayer une voie, un sentier, un chemin. || Fig. Frayer le chemin, aplanir les difficultés, faciliter l'accès. Elle [la raison] ne nous est donnée que pour nous frayer le chemin à la foi, mass. Carême, Vérité de la relig. Ce sont des vues de fortune qui vous ont frayé la route par où vous marchez, lo. Carême, Voc. Le général de la couronne, Jean Sobieski, lava la honte de son pays dans le sang des Turcs à la célèbre bataille de Choczim, qui lui fraya le chemin au trône, VOLT. hist. Russie, i, 3. || On dit de même : frayer l'accès. La vertu frayait l'accès au trône, volt. Or. fun. Louis XIV. || Frayer le chemin, signifie quelquefois simplement précéder Pour moi s'il n'est

point d'autre foudre. J'aurai pour ce départ [la mort] du temps à m'y résoudre; D'autres vous enverraient leur frayer le chemin, corn. Attila, v, 3. Nos ancêtres nous en frayèrent hier le chemin [de l'éternité]; et nous allons le frayerdemainàceuxqui viendront après nous, mass. Carême, Sur la mort. Marchant dans les sentiers que fraya mon courage, volt. Sémir. m, 9. \\ Se frayer, frayer à soi, rendre praticable pour soi un chemin, une voie. Se frayer un passage dans le fourré. X travers les vainqueurs il se fraye un passage, briffaut, A'tnui //, v, 4. Il Fig. Se frayer le chemin & une dignité, disposer ses moyens pour y parvenir. Des voies que vos passions se sont frayées, mass. Carême, Protp. || On dit de même : se frayer le chemin des honneurs; se frayer un chemin au trône. || 1° Faire ime rainure sur le bord d'une lame de couteau, de canif, etc.

— HIST. XV* s. Et donc se retourna sur destre et sa roule, et prirent un chemin assez frayé qui les mena droit.... froiss. i, i, i3». || ivi* s. L'ambition fraya le chemin à l'envie, casteln. 82. Je fuy les grands chemins frayez du populaire, rons. 236.

— ÊTYM. Wall, fret; bourguign. froyé. L'origine de ce mot présente desdoutes. 11 n'est pas très-ancien.

Fn.\

du moins on ne l'a pas au delà de Froissart f On peut croire qu'il est le même que froier (voy. le suivant), et qu'il vient, comme lui, du latin fricarc, frotter; mais le sens de frottement suffit-il pour expliquer le sens de frayer un chemin T 2' On peut penser qu'il est l'équivalent de l'ancien verbe froer, briser; ici le sens serait bon, car roule est via rupta; dans cecas, l'assimilation aurait agi pour transformer /'roer en /"rayer. 3" Enfin (aut-il y voir un dérivé irrégulier de fractut, brisé? Le sens serait bon ; quant à la forme, elle serait bonne aussi ; car on l'a dans frayant et dans l'ancien verbe fraier, qui proviennent de /radtu (voy. KRAïAiCT et frais 2).

2. FRAYER (frè-ié), «. a. Se conjugue comme le précédent. || 1* Frotter contre. La roue m'a frayé la cuisse. Il Aujourd'hui on dit plus communément frôler. || 2° Terme de vénerie. Le cerf fraye sa télo lorsqu'il commence à frotter son bois contre les arbres pour en faire tomber une peau velue qui lo couvre. Il Frayer bruni, se dit du cerf qui s'est plus ou moins bruni la tête en touchant au bois. ||3* Se frayer, v. réfl. Se léser par frottement. || Terme de vétérinaire. Se frayer aux ars, se dit des chevaux qui s'excorient à cette région par un exercice pénible, ou seulement rapide, au temps des chaleurs.'

— HIST. XIII* s. Au froier cognoisteras Dou cerf, quant tu le trouveras, Fabliaux mss. n* 78)5, t. ii, f" 168, dans LACUHNB. Il XIV* s. Environ la magdaleine que les cerfs froyent leurs testes, Kodus, ^ vm, verso. || xv* s. Si "le cerf n'est froyé, le doit le veneur laisser aboyer aux chiens bien longuement.... mais s'il est froyé et bruni, il le doit tuer le plus tost qu'il pourra.... pour doubte qu'il ne tue les chiens, Chasse de Gast. Phéb. m», p. 243, dan» lacurne. Il XVI* s. L'un desquels boeufs vint frayer un petit contre sa robe, desper. Contes, xiii. Ueul une arquebuzade sur son casque qui ne fit que frayer, carloix, ix, 2g.

— ÊTYM. Prov. fregar, freguar; espagn. fregar ; ital. fregare ; du lat. fricare , frotter, qu'on rapproche du grec Xfiu), oindre, sanscrit (;har,ghar»À, oindre. Fricare a donné froier, comme ligare, loicr ou lier. La forme moderne correcte serait frier , comme lier, nier, etc.

3. FRAYER (frè-ié), r. n. Se conjugue comme le précédent. Se dit de l'acte de la génération chez les poissons, la femelle émettant ses œufs, et le mile passant dessus. Les poissons frayent et produisent avant que d'avoir pris le quart, ou même la huitième partie de leur accroissement, buff. Quadrup. t. ii, [I. 36, dans pougens. La plupart ne viennent frayer sur nos côtes que lorsque certaines esjpèces [de plantes] y sont en fleur, berm. iie st-p. Etudes, t. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XIII* s. Nus [nul] poissonnier ne autre ne puet ne ne doit vendre gardons freans, c'est à .savoir gardons entre le mi-avril et mi-mai, Liv. des met. 266. Il XIV* s. Les poissons frient en icelluy temps, Ord. des rois, t. vu, p. 779. lîxvi* s. Aussi faut-il éviter de manger des grenouilles au mois <te mai, à cause que les crapauds fraient avec elles,

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