PARÉ, XXIII
— ETYM. Voy frai i ; wallon, froi.
4. FRAYER (frè-ié), v. n. Se conjugue comme le précédent. || 1* S'user par le frottement , en parlant de la monnaie. Cet écu est aminci, il doit avoir beaucoup frayé. || 2* Fig. Avoir des relations habituelles et amicales avec quelqu'un. Ces deux hommes ne frayent pas ensemble. Celle cabale [de Meudon] frayait avec celle des seigneurs, sr-sm. 23«, (69. Il 3" V. o. Altérer des pièces d'or et d'argent en imitant l'altération que l'usure par la circulation peut y produire. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— F.TVM. Voy. FRAI 2.
fFRAYÊRE (frè-iê-r'), s. ^. Endroit où le poilson dépose son frai. Frayères artificielles. || Saison, temps où les poissons multiplient.
— ÊTYM. Frayer 3.
FRAYEUR (frè-ieur), s. f. Grande peur. Grices aux dieux, Cinna, ma frayeur était vaine, corr. Cinna, m, 4. Ce monarque étonné X ses frayeurs déjà s'était abandonné, iD. Nicom. v. 8. Mais enfin, dans l'obscurité. Je vois notre maison, et ma frayeur s'évade, mol. Âmph. i, (. La conscience du parricide [Caïn] agitée de continuelles frayeurs, boss. Hist. 1, *. Comme les magistrats, après avoir fait rouer quelques malfaiteurs, ordonnent que l'on exposera en plusieurs endroits, sur les grands chemins, leurs membres écartelés, pour faire firayeur aux autres scélérats, ID. Serm. pour le 9* dim. après la Pentec. 2. Voici ce qui glacera le cœur, ce qui achèvera d'éteindre la voix, ce qui répandra la frayeur dans toutes les veines : je m'en vais voir
FRE
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ïommentDieume traitera, boss. Ann. de Gonz. Los chi-éliens ne connaissent plus la sainte frayeur dont OQ était saisi autrefois à la vue du sacrifice [l'hostie], ID. Louis de Bourbon. 11 donne à la frayeur ce qu'il doit au respect, Boit.. Lutrin, v. Par de vaines frayeurs cessez de m'oflenser, rac. Phèdre, I, 3. La frayeur les emporte [les chevaux] , id. ib. y, 6. Et lorsque avec frayeur je parais à vos yeux, ID. Brit. ii, 3. Ahl sais-tu mes frayeurs? saistu que dans ces lieux J'ai vu du fier Orcan le visage odieux? m. Bajai. iv, < . Que ne peut la frayeur sur l'esprit des mortels? id, Athal. ii, 5. Que la pénitence dans ce dernier moment [à l'agonie] n'est plus qu'un désespoir sans confiance ou qu'une frayeur sans mérite, mass. Carême, Incortst. \\ Par exagération. Faire frayeur, exciter un sentiment de malaise que l'on compare à une grande crainte. La longueur de nos réponses fait frayeur, sÉv. 241. H y eut l'autre jour une vieille décrépite qui se présenta au dîner du roi; elle faisait frayeur, id. 3(0. Il Racine a dit : la frayeur d'un jour, pour la frayeur que cause ce jour. Nous voici donc, hélas! à ce jour détestable Dont la seule frayeur me rendait misérable, HAC. Théb. i, t.
— HlST. XII* s. Naymes li dus fu moult en grant freor, Ronc. p. t38. N'aiez pas freor, Que très qu'au jor [vous] Poez démener joie. Romancero, p. 67. Il xiv" s. X Poitiers [ils] puent bien cheminer sans freour; Entre Englois et François estoit l'eaue grignour, Guescl. 1 9543. || xv" s. Frayeur souvent l'omme devoye, Myst. du siège d'Orléans, p. 697.
— ÊTYM. Picard, freu ; prov. freior, frior. D'après le provençal esfreidar, effrayer, qui a un d, niez voit dans ces mots le radical latin frigidus, froid, et tire frayeur du latin frigorem, frigdorem, froid, frisson, la frayeur causant du froid, du frisson. On a proposé aussi le latin fragor, fracas; mais, outre le sens, qui ne cadre pas très-bien, on ne voit pas comment le d serait venu dans le provençal.
t FRA YEUSE (frè-ieû-z'), t. f. Un des noms vulgaires du rouge-gorge.
t FftAYEUX (frè-ieû), ». m. Terme de métallurgie. Pièce de fonte qui sert de point d'appui aux ringards qu'on emploie comme leviers.
FRAYOIR (frè-ioir) , s. m. Terme de chasse. Endroit sur les baliveaux où le cerf a frayé sa tête et où il a ainsi enlevé l'écorce.
— HiST. XVI' s. [Il] cognoissoit bien le pied, la sole et les alleures. Fumées, hardouers et frayoirs, et sçavoit. Sans avoir veu le cerf, quelle teste il
aVOit, RONSARD, 2)0.
— ÉTYM. Frayer i.
t * . FRAYON (frè-ion), s. m. Pièce de bois qui
forme chapeau sur le gros fer d'un moulin.
— ÉTYM. Frayer 2.
t 2. FRAYON (frè-ion), s. m. Nom donné en
quelques contrées à l'incommodité à laquelle sont exposés les gens qui vont à cheval sans y être habitués, et qui ainsi se coupent et se meurtrissent. J'ai fait trois lieues à cheval, j'en ai le frayon.
— ÊTYM. Frayer 2.
t FRAYONNE (frè-io-n'), s. f. Nom vulgaire
d'une espèce de corbeau.
■f FRAYCRE{frè-iu-r'),s./'. Terme de chasse. Action des cerfs qui frottent leur bois contre les arbres.
— HIST. XVI' s. Frayeure, cotghavb.
— ÉTYM. Frayer 2.
t FRÈCHE (frè-ch'), s. m. Voy. fhaisse. FREDAINE (fre-dê-n'), s. f. \\ l°Écartde conduite
par folie de jeunesse, de tempérament ou autrement. Gardez-vous d'imiter ces coquettes vilaines Dont par toute la ville enchante les fredaines, mol. Éc. des f. m, 2. Je ne me suis point mariée avec toi pour souffrir tes fredaines 1 m. Méd. malgré lui, i, ). Si vous souhaitez que je perde le souvenir &e votre dernière fredaine, je vous recommande surtout de régaler d'un bon visage cette personne-là, id. VAv. m, 4. Je voudrais bien savoir si vous-même n'avez pas été jeune, et n'avez pas, dans votre temps, fait des fredaines comme les autres ? id. Scapin, i, 6. Et tout le monde là parlait de nos fredaines; Nous faisions des jaloux.... id. Femmes sav. II, 2. Il n'y a personne en ce logis, et nous pouvons parler en assurance de nos fredaines, dancourt, Cheval, à la mode, iv, t. Les fredaines qu'on fait ensemble rendent camarades, genlis, Théâtre dl'éduc. la Curieuse, m, 6. || 2° Il se dit, par extension, de ce qui est irrégulier, capricieux. Celte fredaine du Temple du goût doit être montrée à très-peu de monde ; et surtout qu'on n'en tire point de copie; il y a plaisir d'avoir affaire à gens discrets comme vous, volt. Lettres en vers et en prose, 23.
-■ iilST. xv s. Que vous faites de nares [moqueries] et de fredaines 1 du cange, narire. Pourquoi faites vous tant de fredaines [ostentation] ? id. fredare. La bourgeoise eut ung aultre amy A qui elle donne et advance Les quatre aulnes de satin cy, 11 les prent et est resjouy. Il fringue et en faict sa fredaine, coocillart, Droits nouveaux. Puis qu'amours pleines De telz fredaines Bien cognoissez ; Comme soudaines Et incertaines. Là les laissez, le Blason des faulces amours, p. 287, dans lacurne. ....Luy estant au pays de Touraine, Et s'esbatant faire mainte fredaine. Et jeux joyeux, son argent tout perdit. Dont son esprit quasi s'en esperdit, Faifeu, p. 7t. || xvi' s. Il faut bien qu'elles se donnent de garde de broncher et varier devant eux, si elles se sont une fois soumises à leur domination; car, s'ils s'appercevoient le moins du monde de leurs fredaines, ils les gourmandent terriblement, BRANT. Dames gai. t. ii, p. 347, dans lacurne.
— ÉTYM. Origine inconnue. Faudrait-il y voir quelque rapport avec le bourguignon vredai, aller çà et là, ou plutôt avec fredon, la fredaine étant à la conduite ce que le fredon est au chant?
t FRÉIiÉRIC (fré-dé-rik) , s. m. Monnaie d'or de Prusse, ainsi dite à cause du nom du roi dont elle porte l'empreinte.
FREDON (fre-don), s. m. || 1° Terme de musique vocale. Vocalise qui se composait principalement d'une foule de petits agréments abandonnés aujourd'hui. Les Espagnols ont une disposition de gorge admirable ; mais, avec leurs fredons et leurs roulements, ils semblent dans leur chant disputer aux rossignols la facilité du gosier, st-évremond. Opéra, dans hichelet. L'un traîne en longs fredons une voix glapissante, boil. Sat. m. Aimez-vous les fredons dans la musique ? n'aimez-vous pas mieux ces tons animés qui peignent les choses? fén. t. XXI, p. 72. Du grand Lulli vingt rivaux fanatiques Défiguraient.... Des vers français en fredons italiques, volt. Goût. Ces ariettes détachées, qui interrompent l'action et qui font valoir les fredons d'une voix efféminée, mais brillante, aux dépens de l'intérêt et du bon sens, id. Sémiram. Dissert. Il 2° Anciennement. Réunion de trois cartes semblables, à certains jeux comme le hoc, la prime. Avoir fredon de rois , de dix. Avoir deux fredons. Il Fig. Rendez- vous de trois personnes. Il n'y a pas longtemps qu'on m'avoua le fredon de l'hôtel de la Vieuville, sév. •«28.
— HIST. XVI' s. Tous les fringots et fredons de la papisterie, et tout ce qu'ils appellent musique rompue et chose faite, et chants à quatre parties, ne conviennent nullement à la majesté de l'Eglise, calv. Instit. 7U. Elles ne dédaigneront les petits fredons de ma chanterelle, yver, p. 6I9. X l'escart lui estant venu encore un roy, il fist son reste, et le fredon [brelan] lui ayant succédé, il jette les quatre rois sur table.... b'aub. Fœn. iv, (o.
— ÉTYM. Diez voit dans fred-on le radical frit, du latin fritinnire, gazouiller. On a aussi parlé du bas-latin frigdora, nom d'une sorte de musique qui venait de phrygium dorium, mode phrygien et dorien.
FREDONNÉ, ÉE (fre-do-né, née), part, passé de fredonner. || 1' Chanté en fredons. Qu'aurait-on dit dans Athènes, si Œdipe et Oreste avaient, au moment de la reconnaissance, chanté de petits airs fredonnés et débité des comparaisons à Jocaste et à Electre? volt. Sémiram. Dissert. || Par extension. Ne comprenez-vous pas ce que j'appelle discours fredonnés, certains jeux de mots qui reviennent toujours commodes refrains?FÈN. t. xxi,p. 73. Il 2°Chanté entre les dents. Une chanson fredonnée.
FREDONNEMENT (fredo-ne-man), *. m. Chant de celui qui fredonne.
— ÉTYM. Fredonner; bourguig. feurdeneman. FREDONNER (fre-do-né), v. n. || 1" Terme de
musique. Faire des fredons. Et la troupe, à l'instant cessant de fredonner. D'un ton gravement fou s'est mise à raisonner, boil. Sat. in. Que si l'on chante gloi-reu, cette désinence acquiert tous les droits des voyelles.... et par conséquent on pourra fredonner sur la dernière syllabe de gloi-reu, d'olivet. Prosodie française. || Par extension. Pour instruire, il faut qu'on raisonne Sans déclamer insolemment ; Sans quoi plus d'un siffiet fredonne Aux oreilles d'un Pompignan, volt. Les quand, les si, etc. Il 2" Chanter entre ses dents, sans articuler les paroles. Rien ne peut plus le fixer [Napoléon délibérant à Vitepsk d'aller à Moscou]; à chaque instant il prend, quitte et reprend son travail ; il marche sans objet, demande l'heure, considère le temps ; et, tout absorbé, il s'arrête, puis il fredonne d'un
air préoccupé, et marche encore, ségu#, llisl. de JVop. 1,1. Il Activement. Alors, en fredonnant l'air qu'elle avait dansé, Mlle Navarre me demanda si je savais les paroles de cet air-là, mahmontel, Mém, 111. Il Par extension. On dirait que Ronsard sur ses pipeaux rustiques Vient encor fredonner ses idylles gothiques, boil. Art p. il. Hé quoi, vous êtes étonnée Qu'au bout de quatre-vingts hivers Ma muse faible et surannée Puisse encor fredonner des vers? VOLT. Stances, 24.
— HIST. XVI* 9. Durant la procession, ilz fredonnoyent entre les dens mélodieusement ne sçay quelles antiphons, bab. Pant. v, 27. Mes doigts fredonnent la gloire De celuy qui est trois fois Dieu , DU BELLAY, ui, 92, recto. Viennent d'un doux fredonner Les abeilles sur ta couche, id. m, 4 2 verso.
— ÉTYM. Fredon.
t FREDONNEUR, EUSE (fre-do-neur, neû-z'), s.
m. et f. Mot familier. Celui, celle qui fredonne, qui chante à demi-voix.
— ÉTYM. Fredonner.
i FRÊGATAIRE (fré-ga-tê-r') , s. m. Nom qu'on
donnait aux portefaix employés par la compagnie française établie autrefois dans les pays barbaresques.
FRÉGATE (fré-ga-f) , *. f. || 1" Anciennement, très-petit bâtiment à rames, usité dans la Méditerranée, quelquefois ponté, plus ordinairement découvert. Il On a dit fragate. Nous fusmes deux jours à Ventour tantost avançant, tantost reculant jusques à ce que nous résolûmes de prendre la fragate ou calque de nostre vaisseau , pour nous porter à Jaffa, Relation joum. du voyage de Levant, fatctet descrit par Beauveau, Nancy, 4619, dans jal. || 2° Frégate légère, nom donné aux premières transformations de la frégate en vaisseau de guerre (vers (600). Il 3° Aujourd'hui, bâtiment de guerre qui, pour la force, vient après les vaisseaux de ligne, le plus grand des navires de guerre à une seule batterie. A l'égard de la Mutine, puisque le capitaine qui l'a montée n'a point rencontré de frégate à qui il n'ait gagné le vent, il faut qu'elle serve de modèle pour les frégates qui seront bâties à l'avenir, seignelay, à de Seuil , 3< oct. * 678, dans ial. Par le nom de frégate on entendait un bâtiment d'une marche supérieure, et de là on disait de tout autre bâtiment dont la marche était rapide, qu'il marchait comme une frégate ; depuis longtemps les vaisseaux marchent mieux que les frégates, willaumez, Dict. Frégate. || Frégate d'avis, petit navire qui porte des paquets et des ordres à l'armée, et qui sert aussi à aller reconnaître les vaisseaux. || 4° Oiseau de mer des tropiques, qui vole fort loin des terres. Le meilleur voilier, le plus vite de nos vaisseaux, la frégate, a donné son nom à l'oiseau qui vole le plus rapidement et le plus constamment sur les mers, boff Ois. t. XVI, p. 4 52, dans pougens.
— HIST. XVI' s. Le grand baiUif partit [de Malte] le 26 aoust 1641 avec les quatre galères et une frégate qui fut lors jugée plus propre et facile d'estre tirée [à la remorque] que le brigantin, parce qu'elle n'estoit point empeschée de la poupe, Hist de St Jean de Jérus. p. 355, dans jal. Ladite demiheure passée, qu'on fasse la reveue et que les galères dans lesquelles on mettra les esquifs et les petites frégates sortent promptement du port, ib. t. II, p. 267. Il veid les fragates des ennemis aller et venir portans gens armez en terre, beaugué. Guerre d'Ecosse, ii, i6.
— ÉTYM. Espagn. et portug. fragata; ital. fregata. On le trouve dans le poète valencien Jayme Febrer et dansBoocace. Diez suppose qu'il peut venir de fabricata , et signifier la chose fabriquée, le bâtiment; et alors le mot fragata (au lieu de fragada) serait venu de l'italien en espagnol. Jal le tire du grec âqjpaxTa, bâtiments non pontés.
t FRÉGATER (fré-ga-té), v. a. Terme de marine. Donner à un bâtiment la forme d'une frégate, c'està-dire le faire bas sur l'eau, peu chargé d'oeuvres mortes et à tillac étroit. Ils font leurs vaisseaux moins chargés d'œuvres mortes ou plus frégates que les nôtres.... en général, les Anglais frégatent beaucoup davantage leurs vaisseaux o|u'ea Hollande ni en France, Corrfsp.de Co;6ert,iii, 2, p. 326 (Voyage de Seignelay en Angleterre).
t FRÉGATON (fré-ga-ton) , s. m. Nom ancien d'un bâtiment du golfe de Venise, du port d'environ 400 tonneaux, ne portant pas de mât de misaine Il Terme de pêche. Petit bateau pointu par les deux bouts et qui ne va qu'à la rame.
ÉTYM. Diminutif de frégate.
\ f FRÉGILE (fré-ji-r), s. m. Terme de zoologie.
FRE
Genre d'oiseaux de la famille de» corvidi^e», de l'ordre de* diunivore», où l'on dislingue le friigile d'Europe, dit vulgairemenl choucas à bec et k pied» rouges.
« . FREIN (Wn ; l'n ne »e lie pas : un frin argenté; au pluriel, 1'» se lie: des frin z' argentés\ ». m. Il 1" Autre nom du mors, partie de la bride qu'on passe dans la bouche du cheval pour le gouverner. ....Les chevaux, que leur sang eflarouche, Bouleversent leur charge, et n'ont ni frein ni bouche, corn. Lei vict. du roi en t672. Ils ne connaissent plus ni le frein ni la voix, bac. Phèdre, v, 6. Ses coursiers n'obéissent plus au frein, fén. Tél. xxiv. || Fig. Il est vrai qu'il |le diable] a ses forces enli^res; mai» celui qui les lui a laissées pour son supplice, lui a mis un frein dans les mâchoires, et ne lui lâche la bride qu'autant qu'il lui plaît, boss. a* sertnon, démont, 3. Celui qui met un frein k la fureur des flots, BAC. Àthtil. 1, t. Il mord en frémissant le frein de l'esclavage, volt. Alt. i, t. || Ronger son frein, se dit du cheval qui, forcé au repos, mâche le frein qu'il a dans la bouche. Le superbe coursier que Didon devait monter rongeait son frein à l'attendre, CE p. CATBOO, dans desfontaines. Il Fig. Ronger son frein, réprimer le dépit qu'on éprouve. Le marquis d'Harcourl rongeait son frein de n'avoir pas eu la liberté de traiter avec la reine pour l'amirauté, gT-siii.8(,«3. Il Ronger son frein, signifie aussi être condamné â l'ennui. La plupart aux grands airs élèvent leurs aîçées, Tandis qu'en un couvent, lieu pour elles malsain, Les cadettes nonnains sont à ronger leur frein, hauteroche. Bourg, de qualité, m, *. Il Prendre le frein aux dents, s'emporter, en parlant du cheval ; locution venant de ce que, le frein exerçant son influence sur le fond de la bouche et la jonction des lèvres, le cheval y échappe en rejettant le frein en avant et en le tenant dans les dents. On dit plutôt aujourd'hui prendre le mors aux dents. || Fig. Prendre le frein aux dents, se livrer avec emportement à quelque chose, n'être plus retenu. || 2" Fig. Ce i|ui relient sous l'autorité, dans les bornes du devoir, de la raison. Les nouvelle» ville» étaient un frein à qui voudrait remuer, VABOEL. Q. C. 1. X, dans richelet. C'est [la confession] un frein merveilleux pour arrêter notre cœur, et pour réprimer ses désirs criminels, bour- DAL. ts» di'm. après la Petuec. Dominie. t. ui, p. 874. Mais de combattre en elle et dompter ses faiblesses.... Mettre un frein à son luxe, à son ambition , boil. Sat. x. Quel frein pourrait d'un peuple arrêter la licence? bac. Iphig. iv, 4. Digne emploi d'un ministre ennemi des flatteurs, Choisi pour mettre un frein à ses jeunes ardeurs, id. Brit. III, 3. Je sais combien crédule en sa dévotion. Le peuple suit le frein de la religion, id. Bajax. i,
2. Ou'un roi n'a d'autre frein que sa volonté même, ID. Aihal. IV , 1. Ib ne mettent plus de frein à leurs passions, fén. Tél. xxii. Ils ne connaissent plus d'autre frein que leur volonté , mass. Pet. carême, Tent. Nasica, dans cette vue, voulait lui laisser fà Rome] la crainte de Carthage comme un frein pour modérer et réprimer son audace, bollin, Hist. anc. CKuc. t. I, p. 524, dans pouo^ns. En d'autres temps mon courage tranquille Au frein de vos leçons serait souple et docile, volt. Mérope, v,
3. La crainte d'être déposé est un plus prand frein pour les empereurs turcs que les lois de l'Alcoran, ID. Mœurs, »ï. Être méprisé de ceux avec qui l'on vit est une chose que personne n'a jamais pu et ne pourra jamais supporter ; c'est peut-être le plus grand frein que la nature ait mis aux injustices des hommes, ID. Troi'f. mitaph. ch. 9. Si vous ne reconnaissez point de Dieu, quel frein aurez-vous pour les crimes secrets T id. Ilonnét. litlér. 27. || Mettre un freina sa langue, s'abstenir déparier par prudence ou par honnêteté. || 3" Terme d'anatomie. Nom de certains ligaments, qui brident ou retiennent une partie. Le frein de la langue. || Le frein du prépuce, petit repli qui unit le prépuce au gland. || Les freins de la glande pinéale, ses pédoncules supérieurs. Il Terme d'entomologie. Crochet de l'aile des lépiiloptère». Il 4° Cerceau autour du rouet du moulin à vent, qui arrête le moulin par le moyen d'une bascule. Il S" Terme de mécanique Appareil pour modérer ou détruire la vitesse d un mécanisme. Le frein d'une locomotive. || Frein dviiamométrii|ue, appareil pour mesurer le travail des moteurs. || Proverbe A vieille mule frein doré, se dit pour se moquer d'une vieille qui se pare pimr faire la jeune.
— Hisr. XI* s. Li frein sont d'or, les selles d'argent mises, Ch. de Roi. vii. || xir s. Donc [il] laisse courre à plein fren estendu, ((one. p. «>. La cruiz [cmixl arcevenqual fi.st porter à sa destre, K U reis-
FRË
gne [rêne] del firein tint en la main senestre, 77t. le mart. 38. || xiii' s. X tant es vous un musart qui le prit par le frain et le vot [voulut] retourner ariere, Chr. dfHains, H». Que la premeraine vertu, C'e»t (le mètre en sa langue frain, la Roie, 708». Pren durement as dens lo frain. Et donte ton cuer et refrain, ib. .')079. Cil i{ui ensuit sa volento sanz frain de raison, vit i loi de beste sanz vertu, bklh. latini. Trésor, p. 337. Frains d'or ne fait meillor cheval. ID. ib. p. 457. Il XIV* s. u estoit li premiers au frein de l'ainsné Riz du roy [son premier gouverneur], ' dans MOBÉRi, Moreuil Bernard, s* du nom. || xv* s. Quand le sire de Bauderoden les vit venir, il tourna son frein tout sagement, et fit chevaucher son penuon et ses compagnons pour revenir au pont. ... PROiss. I, I, )39. ur nous faut prendre le frein aux dents, ID. II, II, 1&2. Tout esdenté, mon frein me fault rongier, CH. d'obl. Bail, tsa || xvi* s. Nostre ame ne sçauroit de son siège atteindre si hault; il faut qu'elle le quitte et s'csieve, et, prenant le frein aux dent», qu'elle emporte et ravisse son homme si loing, qu'aprez il s'estonne luy mesme de son faict,
— ETYM. Provenç. fren, fret; catal. fre; espagn. et ital. freno ; portug. freio; du lat. frenum, qui se rapproche naturellement de /'rfCut, soutenu, garni; c'est le radical sanscrit dhar, tenir, porter.
t 2. FREIN (frin),». m. Vieux terme de mer. Vagues qui se brisent contre un obstacle.
— HEM. Ce mot devrait être écrit fraint (voy. l'historique et l'étymologie).
— HIST. XVI* 8. La première soirée et tout le lendemain les frains de la mer, qui estoit rude, firent que le comte ne pust faire descente, d'aub. Ilitt. ii, gii. La sentinelle ne pouvant les ouir à cause des freins de l'eau et du grand bruit qu'elle fait en cet endroit, m. ib. ii, 374.
— ETYM. Lat. frangere,q\i\ avait donné, dans l'ancien français, fratndre, participe fraint.
FRELAMPIER (fre-lan-pié; l'r ne .se lie jamais), (. m. Terme populaire et vieilli. Homme de peu «t qui n'est bon à rien.
— HIST. XVI* s. Frelampier, oddin, Dict.
— ETYM. Ce mot a signifié, dans son origine, le moine qui avait soin d allumer les lampes du couvent, et est pour frère-lampier.
FRKL.^TAGE (fre-la-ta-j'), s. m. Action de frelater du vin, des drogues.
— ETYM. Frelater.
FRELATÉ, ÉK (fre-la-té, tée), part, passé de frelater. Altéré par mélange et sophistication. Vins frelatés. || Fig. Cela n'est point frelaté, c'est-àdire cela est naturel. Son visage est tout neuf et n'est point frelaté, regnabd, Démocrile, i, 5. Un ouvrage qui condamne trop ce goût frelaté introduit parmi nous, volt. ùti. Pru.sw, 40. La vie frelatée de Paris n'approche assurément pas de la vie pure, tranquille et doucement occupée qu'on mène à la campagne , id. lett. d'Argental , 27 avr. (7«o.
t FRELATEMENT (fre-la-te-man), ». m. Synonyme de frelatage.
— HIST. xvi* ». Frelatement, cotobave.
— ÉTYM. Frelater.
FRKLATER (fre-la-té), V. a. || 1* Au sens propre, transvaser; conservé seulement en termesde pêche: passer le hareng caqué d'une futaille dans une autre. Il 2* Altérer par mélange ou sophistication, parce que d'ordinaire ces altérations ne se font pas sans transvasements. Frelater des eaux-de-vie. || Fig. Ne laissez point ainsi frelater voire cœur et donnez-lemoi tel qu'il est, volt. Lett. Thiriot, ta fév. (739. Il 8* Se frelater, v. réfl. Être frelaté. Les eatu-devie se frelatent trop souvent.
— HIST. XVI* s. Pour faire cela parfaitement bien, le moien est de frallatcr [transvaser] ou changer les vinsau huictiesiue ou dixiesme jour, prins à leur origine, les remuans de leurs premiers tonneaux en autres bien nets et lavé», o. de sekbks, ais Le frallaler ou transvaser n'est indifféremment nécessaire en toutes sortes de vins, id. 2i8.
— ETYM. Génev. ferlaler; Berry, frétasse (dans cette locution : parler latin frétasse); d'après Diei, du flamand verlaten, transvaser.
FKKLATERIB (fre-la-te-rie), ». f. Synonyme de frelatage.
FRELATEUR (fre-la-teur), ». m. Celui qui frelate du vin, des drogues, etc.
— ETYM. Frelater.
FRP.LK (frè-1'), adj. Oui a peu de solidité, de résistance. Uuevois-js°^ en une frtle bai-que Quels insensés fendent les eaux? lamotte . Odet, t. I, p. 70, dans poroENS. Je ne vous réponds pas que ,
nu
ma vieille et frêle machine puisse durer jusqu'au printemps, volt. LeIl.d'Alemliert, snov. 177». Toujours prêt i sortir de ma frêle priaon [mourir]. J'en veux du moins sortir en sage, id. Lett. Odeville, 19 janv. <73a. Un frêle appui guiile se* pas pesants, c. delav. Paria, m, t. || Par extension. Un corji», une santé frcle. Uctunt toujours ma frêle existence à l'ombre de vos ailes, volt. Lett. d'Argénial, 24 oct. 1774. || Fig. La beauté du viiage est un frêle ornement, mol. Femm. sav. m, «. Tandis que l'ennemi, par ma fuite trompé. Tenait après son char un vain peuple occupé, El, gravant en airain ses frêles avantages, De mes £tats conquis enchaînait les images, rac. Mithr. m, l.jjFig. Cesl un frêle appui que le sien, c'est une bien iaible protection que la sienne.
— HIST. XI* s. Altens Noe, et al tems Abraham, Et à David, qui Deus par ama tant. Bons fut li secles, jamais n'ot si vailans; Velz [vieux] est et frailes, tut s'en vat empirant, St Alexis, it.|| xii* s. [Que] Karles remaigne por son droit à jugier; Viclx est et frelles, ne puet mes chevauchier, Li eoron. Looys, V. 368. Il XIII* s. Quant il les voit devant »e» iols [yeux] Malades et fraires et viols [vieux], du cance, /■roji/tfolu». Il XIV* 8. Car li sire» de Kiennes, connestahle à présent, Devient frailes et vielx.... Cuetcl. 16923. Il XV* s. Comme femme légère, frêle et muable de courage, i.oiiis xi, JVouv. lxix. |{ xvi* s. Le vent elevoit en l'air un grand poulcier de teste terre fresle [friable] que j'ay dilte, amyot, Scr:or. 33. Avoir les fondements trop frailes pour s'appuyer de sa propre force, mont, i, <30. Hais tu ne veux, o fleur des jouvenceaux. Ta vertu vendre i si fresle (lespense : Le seul honneur te plaist pour recompense, BONS. 620 Donné un fresle verre en lieu
d'un diamant, id. 7ug.
— ÉTYM. Ital. fraile; du lat. fragilis, qui, ayant l'accent sur frag, a donné régulièrement fraile ou frêle: (le frangere, briser (voy. fragile).
t FRELOOUE(lre-lo-ch'),»./'. Poche de gaze ou d'autre tissu, pour prendre les insectes volant». Il Poche de toile pour pêcher les insecte» aquatiques, les petits poisson».
— ETYM. Voy. PBELDCHB.
t. FRELON (frelon; plusieun personne» prononcent Irè-lon; c'était la pro.-.onciation dan» le xvii* siècle, telle qu'elle est indiquée dans Ménage),», m. Il 1* Nom vulgaire de la guêpe frelon. Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile. Aller piller le miel <|ue l'abeille distille, boil. Sat. i. Les frelons, qui appartiennent au genre des guêpes et qui les surpassent toutes en grandeur, ne possèdent pa.s au même degré que les guêpes souterraines, l'art de fabriquer du papier avec des fragment» de vieux bois, BONNET, Conlempl. nat. xi, :J4. || Fig. Celui qui, étant incapable de faire un ouvrage, cherche à le décrier, et quelquefois à s'en emparer. Quant mon livre de VEipril des lois, j'entends quelques frelons qui bourdonnent autour de moi ; mais, si les abeilles y cueillent un peu de miel, cela me sufHt, MONTESQ. Corretp. st. |(2° Terme de fauconnerie. Poil qui sort des naseaux de l'oiseau.
— HIST. XVI* s. Comme en proverbe l'on dit : irriter les frelons, mouvoir la Camaiine [proverbe grec: |jLT,xivci Kau.if.ivavJ,esveigler le chat qui dort, BAB. m, (4. Les abeilles ne deviennent point fres-
lons, COTOBAVE.
— ETYM. Norm. freuton, frûlon, furon, foulon; picard, foulon ; Berry, grêlon, grolon, groulon, et aussi frelon. Diez le tire de frêle, à cause que le corps du frelon est mince comme celui de la guêpe, et il rattache grêlon du Berry à grêle, mince. Frêle, nom, en Normandie, de l'insecte dit demoiselle, vient à l'appui de cette opinion, qui n'en reste pas moins sujette à des doutes. Faudrait-il trouver quelque rapport entre frelon et le verbe fréter, qui dans le Berry signifie frotter, et, dans d'autres endroits, brufer avec le bruit que font les cheveux en brûlant?
a. FRELON (fre-lon), t. m. Houx-frelon, petithoux ou hous.son (voy. fragon).
— HIST. XIV" s. En celluy fort yver leurs chambres estoient bien nettes et sans feu ; et qui trouvast aucunes feuille» verte», elles feussent jonchée» par l'hostel, et la cheminée estoii housstre, comme en esté, de fraillon ou de aucune cho^e verte, le chev. de la' tour, Instr. à tet /Ulet, f* 60, dans LACURNB.
— ETYM. La forme primitive parait être fregon (voy. FBAGON à riiislorique), et l'on |>eut con cclurer que le g s'est changé en l par assimilation avec frrlnn t.
FUELI CHE (fre-l .-ch'), i. f. Il 1* Petite houppe de soie sortant d'un boulon, d'un (tland, etc. GaiiM à
FRÊ
freluche. || 1° Nom de certains petits fils qui voient en l'air dans les beaux jours de rét4 J'entrepreni.rais en un temps chaud et clair Levain calcul des ireluches de l'air, st-amand, dans richelet. |{ S. (. p?Mr. Fig. Choses frivoles et badines. || 3" Jeu de cartes qui ressemble beaucoupà celui de l'emprunt.
— HIST XIV s. Le suppliant avoit roignié ou coppé certains freloqueset draps de divers couleurs, Dr CANOË, /loctu. ||xv* s. Car aujourd'hui de deux frelui|ues De cheveux d'un petit monceau, Il semble qu'il y en ailjusques Au collet, et plein un bois- «eau, COQUILLART, les Droits nouveaux. 0 vanae mulieres, deferuntsecum mille farluge.BAKLBT, dans DU CANOË, farluge. Pour ung virelan de noire monnoie, nommé au pays frelusques [choses de peu de valeur), no cange, ferlina.
— ÊTYM. Diei le rapproche de l'italien /°an/'a2uca, fanfreluche; mais on ne voit pas comment se serait perdue la syllabe fan. Comme on a dit aussi frelo- (jue, on peut y voir, ce semble, un composé du pré- (i\e fre, fer, fra, et loque.
FRELUQUET (fre-lu-què ; le < ne se lie pas dans la conversation ; au pluriel, l's se lie : des fre-lu-kè-z impertinents; freluquets rime avec succès, paix, traits), 4'. m. || 1" Terme familier. Homme léger, frivole et sans mérite. Ce petit freluquet d'Alet ne se plaint de rien, sév. 44 i. Ce petit frelui|uet de Moncade, avec ses airs impertinents! baron, l'Homme à bonnes fortunes, m, t. Le portrait de sa mère, un sot, un freluquet ,Oui faille bel esprit et n'a que du caquet, destouciies, Glor. m, 9. C'est que vous avez bien rabroué le freluiuet, n'est-ce pas? contez-moi ça, madame. — Freluquet I je n'ai jamais dit que c'en fat un ; ce n'est pas là son défaut. — Dame I vous l'avez appelé petit monsieur : et un petit monsieur, c'est justement et à point un freluquet, makivaux, Préjugé vaincu, se. .8. J'aurais bien voulu que des Cahusac, des Desmahis n'eussent pas travaillé à l'Encyclopédie, qu'on se fût associé de vrais savants et non pas de petits freluquets, volt. Lett. Vamilaville, 8 oct. 4764. n'embarrassant fort peu des intrigues frivoles D'un tas de freluquets, d'une troupe de folles, gresset, Méch. m, 9. Vous avez beau faire, mon cher philosophe ; vous n'en ferez jamais [du duc de Richelieu] qu'un vieux freluquet, bien peu digne d'être célébré par une plume telle que la vôtre, d'aleub. Lett. à Voltaire, 4 8 mai 4 7U5. Il Adjectivement. Près de Rose il n'est point fade, Eln'arien de freluquet, BÉRANG.SMafeur. || 2"Terme de passementerie. Petit poids en plomb suspendu à un lil, qui sert à passer chaque brin de glands pour le tenir en équilibre pendant le travail.
— ÉTYM. Diminutif de freluche, signifiant et une petite freluche, et celui qui porte des freluches.
FRÉ.MIR (fré-mir), e. n. |j l" Produire un bruit par l'agitation de ce qui a beaucoup de parties. J'entends frémir les Ilots irrités. Le feuillage frémit. || Il se dit, par extension, de tout grand bruit. S'il querelle les vents, ils n'osent plus frémir, roth. St Genest, m, 3. La discorde en fureur frémit de toutes parts, RAC. Esth. Prologue. Mais l'airain menaçant frémit de toutes parts, lo. Atlial. iv, B. Dans' les combats, ils [les phoques] rugissent et frémissent comme le lion, et enfin dans la joie et après la victoire ils font un petit cri aigu qu'ils réitèrent plusieurs fois de suite, buff. Quadrup. t. xi, p. t»3, dans POUGKNS. Comme un homme sauvé du naufrage sur un rocher, je contemple de ma solitude les orages qui frémissent dans le reste du monde, behn. DE ST p. Paul et Virg. \\ 2° Éprouver un mouvement de vibration qui produit un frémissement léger, un faible murmure. Terre, frémis d'allégresse et de crainte, bac. Eslh. m, 9. On sait que, si dans le même instrument il y a plusieurs cordes à l'unisson ou qui fassent leurs vibrations dans le même temps, ci Ion pince une de ces cordes, toutes celles qui seront à son ton frémiront à la fois, bonnet, Ess. psychoL chap. 25. || Il se dit aussi de l'eau qui murmure et s'agite avant de bouillir. L'eau ne tardera pas à bouillir, elle frémit déjà. || La mer frémit, elle commence à s'agiter. || 8° Fig. Eprouver un tremblement, une sorte de vibration intérieure par l'effet de la crainte, de l'horreur, de la colère. Nous fait frémir le cœur, nous tire de nous-mêmes, Régnier Sat. xvi. Je ne puis, sans frémir, parler des auteurs d'un si exécrable attentat, vaugel. Q. C. liv. VI, dans richelet. El la seule pensée en fait frémir d'horreur, corn. Cinna, iv, «. D'où vient que tu frémis et que ton cœur soupire? m Poly. ii, ). Même l'on dit que l'ouvrier [le statuaire] Eut à peine achevé l'image, Qu'on le vit frémir le premier Et redouter son propre ouvrage, la font. Fabl. ix, 6. Son nom seul fait frémir nos veuves et nos filles, rac.
FRfi
Andr. I, ». J'aime i vous voir frémira ce funeste Dom,io. Phid. i,3. Ahl combien frémira son ombre épouvantée! id. i6. iv,« Il (iiutdes châtiments dont l'univers frémisse, ID. EflA. ii, l. Qu'ils pleurent, ô mon Dieu, qu'ils frémissent de crainte, Ces mal heureux qui de U cité sainte Ne verront point l'éternelle splendeur, m.Athal. n, 9. Mais d'où vient que mon cœur frémit d'un saint effroi? id. t6. m,
' trop au-dessus d'eux, je leur puis pardonner
De frémir sous le joug que je veux leur donner, volt. M. de Ces. i, 4. Plusieurs protestants étaient à table; les uns se plaignaient amèrement fà la révocation de l'édit de Nantes], d'autres frémissaient de colère, ID. l'Ingénu, 8. Les anciens ne s'étaient p is contentés de faire du cygne un chantre merveilleux ; seul entre tous les êtres qui frémissent à l'aspect de leur destmction, il chantait encore au moment de son agonie, et préludait par des sons harmonieux à son dernier soupir, bcfp. Ois. t. xvii, p. X», dans pougens. Mon cœur frémit de joie, ducis, Macbeth, ii, 3. Elle frémit de tousses membres, et sûrement l'approche de l'échafaud ne lui aurait pas causé plus d'effroi, siael, Corinne, xvi, 3. || Il se dit avec de et un infinitif. Et déjà, tout confus, croyant midi sonné. En soi-même frémit de n'avoir pas dîné, boil. Lutr. iv. Honteux et frémissant de vous interroger, volt. Tancr. m, 4. || Fig. Je vois que sa vertu frémit de leur fureur, hac. Bril. iv, 3. Bassesses dont votre orgueil frémit en secret, MASS. Carême, Culte. Lorsqu'elle [la magistrature japnaise] a fait exposer les femmes nues, elle a fait frémir la pudeur, montfsq. Esp. xii, <4. On m'en a envoyé des morceaux indignement fabifiés qui font frémir le bon goût et la décence, volt. Lett. Richelieu, i» mai na. \\ Cela fait frémir la nature, se dit de ce qui cause beaucoup d'horreur. Un spectacle à faire frémir la nature.
— HIST. xji* s. Pur qnei frémirent les genz, et li pople purpenserent vaines coses ? Liber psatm. p. t . Paien frémissent, l'ost est espoentée, Rone. p. 66. [Il] Voit toute l'ost à une voiz frémir, ib. p. 4 55. De la manace Deu puet altrement frémir Quiqu'unques.... Th. le mari. 9l. Quant il l'oï, la char l'en prist tute à frémir, ib. 35. Nus savons ke les leiiges [langues] desancelesfremissentquant ladame n'i est mie. Job, p. 496, || xiii" s Sachiés qu'il n'i ot si hardi & qui la char ne fremesist, villeh. lxi. Quant l'entendl la vieille, de la paour fremist, Berte, xci. Si te frémira tous li sans. Parole te faudra et sens. Quant tu cuideras commencier, la Rose, 2407. Mais li chevaler Jhesu Crist N'out pour, ne ne se fremist, MABiE, Purgatoire, 379. || xiV s. Le pueple fermisoit et se douloitde leur servitude, bebcheuhe, f. 4 2. Prenez de l'eau et mettez frémir [sur le feu jusqu'à ce qu'elle frémisse ] , Ménagicr, ii , h. Ilxv's. Qui donc vit frémir gens et appeler l'un l'autre, et quérir pièce de terre pour mieux loger.... voir pust grand triboulement, FRoiss. i, i, io2. Le roi qui tout fremissoit d'ire et de mautalent.... id. i, i, 289. Il xv:« s. Ils s'offensent de ceux [animaux) qui hurlent, ou qui buglent et frémissent, ou qui ont une hydeuse et triste mine à les voir, kuxot,De la tranq. d'dine, 40. Il faut qu'il [le philosophe] frémisse planté au bord d'un précipice, mont, u, 20. — ÉTV.M. Berry, vrombi, en parlant d'une toupie : ma toupie erombi»; prov. frémir; port, frémir ; ital. fremire; du lat. fremire,^At changement de conjugaison, fremire, puis passage à une conjugaison inchoative en isco, fremisco; comparez le grec ppé- [jieiv, et le sanscrit bhram, produire un bourdonnement. Mais l'ancienne langue avait aussi un dérivé direct de fremire qui était freindre, comme geindre , de gemere. Elle avait aussi, à côté de frémir, un verbe fremier auquel elle donnait une signification tri s-semblable, mais qui, venant de formicare, fourmiller, s'était rapproché de frémir, par assimilation : La royne saut sus, si prent à fremier, Berte,
FRÉMISSANT, ANTE (fré-mi-san, san-t'), adj. Qui frémit. Ces coursiers frémissants. Les vagues frémissantes. Sa main puissante [de Dieu] ramène en arrière le Suédois indompté, tout frémissant qu'il était, boss. Anne de Gunx. Peut-être Assuérus frémissant de courroux.,., rac. Eslh. u, 9. L'appareil frémissant de la guerre, fén. Tél. Xï.
FRÊMISSF.ME.Vr (fré-mi-se-man), *. m. || 1° Bruit de ce qui s'agite en beaucoup de parties. Le frémissement du feuillage. Les frémissements de l'océan. Le frémissement de l'air. Les vents agitent l'air d'heureux frémissements, rac. Iphig. v, 6. Il Par extension, toute espèce de grand bruit. D'un ciment éternel ton église est bâtie. Et jamais de l'enfer les noirs frémissements N'en sauraient ébran-
FRÉ
1er les fermes fondements, boil. Lutr. vi. || a- Mouvement léger de vibration, surtout en parlant des corps sonores. Le frémissement d'une cloche, des cordes d'une harpe. || Terme de physique. Mouvement insen,sible et vibratile des corps sonores qui secommuni(iueà l'air ambiant et qui produit le son. Il 3' Bruit particulier produit par le dégagement de l'air contenu dans de l'eau qu'on fait cliauffer sur un foyer. Le frémissement de la cafetière. |H"Terme de médecine. Tremblement des membres ou de tout le corps qui précède ou accompagne le frisson de la fièvre. Il m'a pris un grand frémissement par tout le corps. || Frémissement cataire, voy. cataire. Il Frémissement hydatique, sensation particulière perçue à la fois par la main et par l'oreille, lors de la percussion des kystes hydaliques, et qui a été comparée à la sensation produite parle frémissement d'une montre à répétition. ||6° Fig. Émotion de celui qui frémit. Mais pourrais-j<î vous dire à quelle impatience, X quels frémissements, à quelle violence. Ces indignes trépas, quoi(]ue mal figurés. Ont porté les esprits de tous nos conjurés, cobn. Cinna, i, 3. Je n'ai pour tout accueil que des frémissements, bac. Phèdre, m, 6. Et sans frémissement le ne puis voir sa peine et son saisissement, id. Esth. u, 7. Je sentis un frémissement d'amour que je n'avais jamais éprouvé, J. j. Eouss. Cimf. VII. Je le quittai lorsque je ne devais plus le revoir, sans qu'aucun frémissement m'avertit de mon malheur, stael, Co rinne, xii, 2. Ces guerriers, [les soldats français] écoutaient avec un secret frémissement les pas de leiArs chevaux retentir seuls au milieu de ces palais déserts [à Moscou], séour, Hist. de Nap. viii, 5.
— HIST. xiii' s. En frémissement marcheras [conculcabis] la terre, Psautier, f" 486. || xiv* s. Oyans le son et le frémissement des chevaux, bercheume, f" BO, recto. Il xvi* s. Toute la plaine qui estoit entre deux, resonnoit d'un frémissement horrible et espouvantable à ouïr, auvot, Marius, 35.
— ÉTYM. Frémir. On trouve fremur dans le xi* siècle : Vers le palais oïrent grant fremur, Ch. de Roi. cxc.
t FRÊMONT (fré-mon), s. m. Variété de poire appelée ordinairement gros frémont.
t FRÊNAIE (frê-nc), s. f. Lieu planté de frênes.
— HIST. XVI' s. Volant les belles chesnaies d'uu costé, de l'autre les chasteneraies, les ormaies, les coudraies, les fresnaies, o. de serres, 798.
— ETYM. Frêne ; picard, frenoye.
FRÊNK (trô-n'), *. m. || l" Terme de botanique.
Genre de la famiUe des oléacées, qui se compose d'une soixantaine d'espèces. || i" Arbre forestier dont le bois est blanc et sans nœuds, fraxmus excelsior, L. Il Bois de cet arbre. Le frêne est propre au charronnage. |j 3° Frêne à lleurs, fraxinus ornus, L. Il 4° Frêne à feuilles rondes, fraxinus rotundifolia, Lamk. celui auquel on doit appliquer les dénominations de frêne de Calabre , de frêne à la manne (mais non de frêne à manne comme l'écrit l'Académie, ce qui est contraire à l'usage des botanistes), le- GOARANT. ||B^ Frêne à trois leuiUes, nom impropre donné parfois à la ptélée trifoliée (térébinthacéesj, dite également à tort orme à trois feuilles, legoa- RANT. 116" Frêne épineux, nom vulgaire du xan- Ihoxyle fraxinifolié (rutacées).
— HIST. XI' s. Ardent ces banstes de fraisne et de pomier, Ch. de Roi. clxxxi. || xii' s. Hasle (ilj ot de frasne et vermeil confenon, /(onc. p. Bl.||xiii's. Un freisne [elle] vit lé [large] e branchu, E mut espès e bienramu, marie. Frêne. || xvi* s. Les ormes pourront eslre avec les érables et fresnes, o. de sehres, 796. Dessous le frêne venin ne règne, lebouz de LiNCY, Prov. t. I, p. 74.
— ETYM. Berry, frdgne; du lat. fraxinus, où l'accent est sur fra.
FRÉNÉSIE (fré-né-zie), *. f. || l'Ancien terme de médecine. État de délire, de fureur, qui sui-vieni dans (|uel |ues maladies de l'encéphale. U est tombé en frénésie, vaugel. Q. C. 1. vu, dans richelet. U se troubla de tant de pertes jusqu'à tomber en frénésie, BOss. Hist. I, 4 4. Le rhume à son aspect se change en pleurésie, Et parlui la migraine est bientôt frénésie, boil. Art p. iv. En France, le malheureux Charles VI, tombé en frénésie, avait le nom de roi, volt, ifœurs, 71. Quand un malade est en frénésie, il ne faut point dire qu'il n'a point de force; il faut dire que sa force est celle d'un frénétique, iD. Dict. phil. Suicide. || 2" Par extension, loi emportement causé par une cause quelconque et comparé à la fréncsie du malade. D'elle nai|ull la frénésie De la Grèce contre 1 Asie, malh. m, 2. Elsi je puis tomber en cette frénésie De préférer Attale au vainqueur
FRÈ
de l'Asie, cobh. flicom. i, i . Jusqu'au dernier éclat pousser sa fIréDésie, id. Sertor. iv, î. Étrange frénésie I Sans aimer Arclaric, j'en conçois jalousie, id. Attila, IV, 2. Prends garde de tomber dans cette frénésie [d'entrer dan» la maison], Si tu veux demeurer au nombre des vivants, mol. Amph. m, 7. Oui, depuis le moment que cette frénésie [faire des vers] 1)0 ses noires vapeurs troubla ma fantaisie.... boil. Sat. II. Ce serait une ivresse et une frénésie digne lie pitié, d'acheter, par un instant rapide de plaisir, des peines et des horreurs éternelles, mass. Prof, rel. Serm. <. J'en atteste Amurat; sa noble frénésie De conquête en conquête a traversé l'Asie, millev. Plaisirs du poète. Si vous n'avez jamais senti la frénésie De voir la main qu'on veut par d'autres mains choisie, v. hooo, F. d'aut. 23.
— HIST. XIII* s. Et aussi s'ilfet pramesses el tans qu'il est en frenisie, ou hors du sens, ou enprisonés, ou par force ou par peur, beaum. vi, 24. {| xv s. Nous veons souvent les hommes en dormant parler, et en leurs paroUes n'y a raison ne continuation de propos; c'est une passion que nous nommons frenaisie selon les médecins, mais le peuple nomme rêverie, Uist. delà lois, d'or, t. ii, f° 4 5), dans lacuBNE. ||xvi*s. Phrenesie est la propre passion des- (liles membranes [dure et pie-mère], comme léthargie du cerveau, pabê, m, 6, en note. Le moyen que je prends, pour rabbattre cette frénésie [l'attaque contre la religion], et qui me semble le plus propre, c'est de froisser et fouler auï pieds l'orgueil et l'humaine fierté, mont, ii, (60.
— ÉTYM. Piovenç. frêne sia ; portug. et ital. frenesia ; du latin phrenesis, du grec çp^v, pensée et diaphragme, parce qu'une ancienne physiologie jilaçait la pensée dans la région du diaphragme: trouble, maladie de la pensée.
FRÉNÉTIQUE (fré-né-ti-k'),adj. || 1° Ancien terme de médecine. Oui a rapport à la frénésie, ou qui en est atteint. {| Substantivement. Les frénétiques sont si fous que le plus souvent ils se traitent de fous les uns les autres, fonten. Jugement de Pluton. Le premier incident dont on est frappé, c'est un frénétique qui s'élance hors de la porte de l'hépital, DiuEH. Sa'.on de 4707, OEuir. t. xiv, p. 29(, dans pouGENS. Il i' Poussé jusqu'à la frénésie. Passion frénétique. Pourquoi les maris ne se sont-ils jamais brûlés pour aller retrouver leurs femmes? jiourquoi un sexe naturellement faible et timide a-t-il eu toujours cette force frénétique? volt. Dict. phil. Brachmanes, brames.
— HlST. xiii' S. S'on trueve qu'il estoil fox de nature, ou frénétiques, ou yvrongnes, beaum. lxix,
— lîTYM. Prov. frenetic; espagn. et ital. fretutico; (lu l.itin phreneticus (voy. frénésie).
FHÉQUEMMENT (fré-ka-man), adv. D'une manière fréquente. Quel sujet, dira l'un, peut donc si fréquemment Mettre ainsi cette belle au bord du monument ? boil. Sat. z.
— ÊTYM. Fréquent, et le suffixe ment.
FRÉQUENCE (fré-kan-s'), s. f. || 1" Il se dit de ce
qui arrive, se fait plusieurs fois. Sur le délai ou la fréquence des communions, boss. Lett. rel.ii. Une routine acquise par la fréquence des mêmes sujets qui reviennent dans les entretiens où ils se trouvent, leur fournit les termes propres qu'ils répètent .sans en comprendre la signification, le p. coubbeviLLE, dans nESPONTAiNES. Qu'est-ce qui a conservé l'autorité? c'est la fréquence des diètes, j. j. houss. Pologne, 7. || î» Terme de médecine. La fréquence du pouls, la succession rapide de ses battements. Il La fréquence de la respiration, la succession rapide des inspirations et des expirations.
— HIST. xii* s. Est il dons [donc] rois? où est li roials sale et li sièges royals? où sunt les courz et ii roials fréquence? sx bern. p. 660. || xiv* s. Jehan, pour l'afl'ection desordonnée qu'il avoit à la dite Marie de l'accompaigner charnelement, eust hante et fréquence par moult de fois en l'ostel des dits e.'cposans, du canoë, frequentare. \\ xvr s. Assez eust peu le prince d'éloquence [Cicéron] D'Antonius les glaives contemner. Si au sénat et en pleine fréquence Il eust moins sceu reprendre et condamner, ST GELAIS, (48. Au règne du bon roy Henri second, par la fréquence d'iceux [exercices), elle [la nol)les8e| s'en rendoit plus experte et illustre, langue, 446.
— ETYM. Lat. frequentia, de frequens, fréquent.
FRÉQUENT, ENTE (frékan, kan-f), adj. \\ l' Qui arrive plusieurs fois. De fréquentes entrevues. Vos fréquentes leçons et vos aigres censures Sur des choses qui aont innocentes et pures, mol. Mit. m, 6.
FRE
Il S" Terme de médecine. Pouls fréquent, pouls qui bat plus vite qu'à l'ordinaire, jj Respiration fréquente, mouvements de respiration plus accélérés que dans l'état normal.
— HIST. xvi* s. Islo jadiz riche, fréquente [peuplée], opulente, marchande et populeuse, babklais. Pont. IV, 26. Cette sorte d'accident se rencontre fréquent, mont, i, »3. Ce qui plus engendre de fréquentes et continuelles hargnes de cholere en nostre ame, c'est l'amour de nous-mesmes, amyot, Com. refréner la colère, 34 . Les curieux se jettent au jilus fréquent lieu du port où abondent les navires, m. De la curiosité, I3.
— ÉTYM. Lat. frequens.
+ FRÉQUENTABLE (fré-kan-U-bP), adj. Que l'on peut fréquenter.
— HIST. XVI' s. L'expérience certaine de pardurable renommée laquelle par les fréquentables records de vertueux et mémorables actes dont magnifie les humains du haut don d'immortalité.... J. MAH0T, Prologue à la reine Anne.
— ETYM. Fréquenter.
FRÉQUENTATIF, IVE (fré-kan-ta-tif, ti-v'), adj. Terme de grammaire. Mots fréquentatifs, mots dérivés qui indiquent une action faite fréquemment. Criailler et criaillerie sont des mots fréquentatifs. Il Substantivement. Clignoter est le fréquentatif de cligner.
— ÉTYM. Prov. frequentatiu ; espagn. et ital. frequentativo; du latin frequentativus, de frequentare, fréquenter.
FRÉQUENTATION (fré-kan-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes), *. /. Action de fréquenter. La fréquentation des gens de bien, l'habitude de voir des gens de bien. L.es uns et les autres, surtout les Anglais, se relâchent trop sur la fré'iuentation de leurs matelots avec les captives, raïnal, Hist. phil. XI, 21. Dans la fréquentation des deux sexes, je ne vois plus aucune trace de cette ancienne et célèbre galanterie, qui donne une si belle opinion de nos aïeux à ceux qui ne les connaissent que par les romans, saint-foix, Ess. Paris, Œuv. t. m, p. 44i, dans POUGENS. {| La fréquentation des sacrements, le fréquent usage de la confession et de la communion. Un homme a ses heures et ses temps marqués pour la prière, pour la lecture des bons livres, pour la fréquentation des sacrements, boubdal. 6* dim. après la Pentec. dominic. t. ii, p. 444.
— HIST. XIV* s. Par acoustumance et frequentacion de bonnes operacions, oresme, Ëth. 33. Par usage et fréquentation de mer, id. Thèse de meunkr. Il XVI* s. La fréquentation de Pericles estoit superbe et arrogante, amyot, Péric. 8. Les chapons prejudicient grandement aux poules, leur empeschant de faire des œufs en abondance, tant en les chauchans qu'affamans par leur continuelle fréquentation, o. I1E serres, 347. n se tire une merveilleuse clarté, pour le jugement humain , de la fréquentation du monde, mont, i, 470. Les livres sont plaisants; mais, si de leur fréquentation nous en perdons enfin la gayeté et la santé, nos meilleures pièces, quittons
les, ID, l, 284.
— ÊTYM. Prov. frequentacio ; espagn. frequentacion; it3l. frequentazione ; du lat. frequentationem ; de frequentare, fréquenter.
FRÉQUENTÉ, ÉE (fré-kan-té, tée), part. pa.tsé de fréquenter. || 1" Où la foule abonde. Un coin qui du palais est le moins fréquenté, mairet, Solim. ii, 8. Le bois le plus funeste et le moins fréquenté Est, au prix de Paris, un lieu de sûreté, boil. 5a(. vi. Entre ces vieux appuis dont l'affreuse grand'salle Soutient l'énorme poids de sa voûte infernale. Est un pilier fameux des plaideurs respecté Et toujours de Normands à midi fréquenté, m. Lutr. v. Un ne les trouve [les morses] en grand nombre que dans la mer glaciale de l'Asie, depuis l'embouchure de l'Obi jusqu'à la pointe la plus orientale de ce continent, dont les eûtes sont très-peu fréquentées, bupf. Quadrup. t. vi, p. 326, dans polgess. || Port fréquenté, port où il vient d'ordinaire beaucoup de navires. On dit dans le même sens : rade fréquentée ; parages fréquentés. || 2° Qui est l'objet de visites, de relations habituelles. Un vieillard fréquenté par les jeunes gens.
FRÉQUENTER ( fré-kan-té), O. a. || 1* Aller souvent dans un lieu. Il [Jésus] fréquente le temple, dont il fait respecter la sainteté, et renvoie aux (irêtres les lépreux qu'il a guéris, BOSS. Hist. ii, 6. Ce monastère qu'elle a soutenu par ses libéralités, qu'elle a fréquenté par ses retraites, qu'elle a édifié par .ses exemples, ilêcb. Mme d'Aig. Aujourd'hui, qui fréquente nos spectacles? uncertain nombre déjeunes gens et de jeunes femmes, volt. Comm. Com. Rem.
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Serlorius, préf. || Fréquenter les sacremom», ,„ faire souvent usage. La pureté nécessaire pour fréquenter les sacrements de Jésus-Christ, boordal. Dim. oet. du St-Sacr. Dominic. t. ii, p. 3oo. || Terme de marine. Approcher d'une cAte pour la suivre de près. Ce bâtiment fréquente bien les roches, il lei range à l'honneur, de proche en proche, jj 1* Avoii des relations habituelles avec quelqu'un, le visiter souvent. Il y a fort à gagner à fréquenter les nobles, MOL. Bourg, geni. m, s. Dites-moi qui vous fréquentez, je vous dirai qui vous êtes, BOORn. 5* dim. ap. VÉpiph. Domin. t. i, p. 246. Il a fréquenté le pacha comte de Bonneval, qui était devenu, comme on sait, un parfait musulman à Constantinople, volt. Oreilles de Chest. 4. Il ne croisa jamais aucun de ses censeurs sur le chemin de la fortune qu'il ne fréquente pas, dider. Cl. et Nér. ii, 409. lis* V. n. Il fréquentait au logis de l'intimé, PATRU, Plaidoyer 44, dans ricuelet. Il fréquentait chez le compère Pierre, la font. Jum~ Sans doute, et je le vois qui fréquente chez nous, mol. F. tav. II, 4. Heureux si ses discours [de Régnier], craints du chaste lecteur, Ne se sentaient des lieux où fréquentait l'auteur, boil. Art p. u. Si tout ce qu'on dit est vrai, vous me feriez plaisir de no plus fréquenter chez nous, volt. Écoss. iv, 4. Il est assez facile de surprendre le sanglier dans les blés et dans les avoines, où il fréquente toutes les nuits, buff. Cochon. {{ i* Se fréquenter, v. réfl. Avoir des relations habituelles l'un avec l'autre. Ils se fréquentent depuis longtemps.
— SYN. fréquenter, uanter. Etymologiquement, fréquenter signifie aller fréquemment ; et hanter, avoir des relations habituelles. De là résulte que fréquenter un lieu est l'emploi propre, et fréquente quelqu'un l'emploi dérivé ; tandis que hanter quelqu'un est l'emploi propre, et hanter un lieu l'emploi dérivé. Mais, à part ces différences étymologiques, l'usage n'a laissé , entre ces deux verbes, aucune nuance bien appréciable.
— HIST. XI* s. En l'altre voix [Dieu] lur dist altre summunse, Que l'ume Deu quergent [cherchent] ki est an Rome ; Si le deprient que la citet ne fundet [ne périsse]. Ne ne périssent la gent qui la fregundet, St Alexis, li. || iiv* s. Les autres amistés comme de ceulx qui fréquentent ensemble en navie ou en mer.... ORESME, Eth. 250. Et quant un homme a ces choses fréquentées tant qu'il est devenu fort de corps, encor peut il plus legierement et mieux mengier et labourer, lo. ib. 37. || xv* s. Voir est que je, qui ai empris ce livre à ordonner, ai fréquenté plusieurs nobles et grands seigneurs, fhoiss. Prol. Il XVI* s. Tous deux aimons les livres fréquenter, maeot, i, 369. FideUté, vertu peu fréquentée. Rend ceux qui l'ont comparables aux dieux, st-oelais, 60. Les barbares habitans en l'isle estoient si farouches, que l'on ne pouvoit fréquenter avec eulx, AMYOT, Thés. 44. U n'y a nul fruit, ains plus lost danger évident de fréquenter un tel homme, langue, 79.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. frequcntar ; itai frequentare; du lat. frequentare.
i FREQUIN (fre-kin), s. m. Sorte de futaille qui sert à entonner les sucres, les sirops et les autres marchandises sujettes à couler.
FRÈRE (frê-r'; d'après Chifilet, Gramm. p. 4 90, on prononçait frère), *. m. || !• Celui qui est né du même père et de la même mère, ou seulement de l'un des deux. Frère aine. Frère cadet. Frère puîné. Chacun y chéritl'autre et le seconde en frère, corn. Poly. IV, «. ô frère plus aimé que li clarté du jour, ID. Ilodog. V, 4. Non, un frère incommode et n'est pas de mon goût; Et je veux être fils unique, mol. Amph. m, 7. Le frère aidé de son frère est comme une ville forte, BOSS. Polit, i, t, 8. On hait avec fureur lorsque l'on hait un frère, bac. Théb. m, 0. Tu sais de nos sultans les rigueurs ordinaires : Le frère rarement laisse jouir ses frères De l'honneur dangereux d'être sorti d'un sang Qui les a de trop pris approchés de son rang, id. Baj. i, 4 . J'ai perdu dans la fieur de leur jeune saison Six frères; quel espoir d'une illustre maison! ii). Phèdre, II, 4. Du temps que j'étais écolier. Je restais un soir i veiller Dans notre salle solitaire; Devant ma table vint s'asseoir Un pauvre enfant vêtu de noir Qui me ressemblait comme un frère, a. de Musset, Poésies nour. Nuit de décembre. || Fig. Celui qui a les sentiments d'un frère. De mon frère, il est vrai, les écrits sont vantés.... En lui je trouve un excellent auteur. Un poêle agréable, un très-bon orateur. Mais je n'y trouve point de frère, boil. Ëpigr. IV. Il Dans le droit romain, par le mol frore au pluriel, on entendait aussi les soeurs : les deux
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frères Luciiis et Titia. Ii Frères jumeaux, ceux qui sont nés d un môme accoiicliemenl. I| Krore île pore et de racre ou Irire germain, celui qui est ué du même pore et de la niôuie mire cju'uue autre personne Il l''r;>re de pi're ou IVcre consanguin, celui qui n'est frère <l'uneautie persimne que du côté paternel. Il Frère lie mère ou trire uièrin, celui qui n est Ir re d'une autre personne que du côté maternel. || Demifri re, Iri re qui ne l'est que de père ou de mère, et non de père el de mère. || Frère naturel, frère ljâfaril, celui qui est frère, mais n'est pas né en légitime mariage. On dit dans le môme sens familièrement: frère du cflté gauclie. || Frère par adoption ou frère adnptif, celui qui a été adopté par le père naturel ou légitime d'une autre personne. || Frère de lait, le fils lie la nourrice par rapport au nourrisson, et réciproquement. || Beau-frère, voy. beau-kbère. Il litre que les rois, les empereurs de la chrétienté se donnent entre eux en s'écrivant, el en parlant l'un de l'autre. Mon frère Charles XII fait l'Alexandre, mais il ne trouvera pas en moi un Darius [paroles du C7.ar PierreJ, volt. Russie, i, I6. || 2" l'ar extension Terme d'amitié. Estlier, que craignezvous? suis-je pas votre frère? rac. Eslh. u, 7. Il 3' Se dit de tous les hommes comme lies par des sentiments de bienveillance, de fraternité, en tant que fils d'Adam, et qu'appartenant tous au genre humain. Un roi sage.... D'injustes fardeaux n'accable point ses frères, rac. Alhal. iv, 2. Dans nos jours passagers de peines, de misères, Enfants du même Dieu, vivons du moins en frères, volt. Loi nal part. 3. Ces lois qui, de la terre écartant les misères. Des humains attendris font un peuple de frères, ID. ZaiTd, 1, I. Il Voltaire l'a dit des animau.t, dans le système de la métempsycose. U redemanda à son compagnon.... si on mant:eait du bon roa=t-beef dans le pays des Gangarides ; le voyageur lui répondit avec sa politesse ordinaire qu'on ne mangeait point ses frères sur les bords du Gange; il lui expliqua le système qui fut , après tant de siècles, celui de Pytliagore, volt. Princ. de Ilabyl. 8. jj 4° Se dit plus particulièrement des chrétiens, considérés comme tous enfants de Dieu par le baptême. Tous les chrétiens sont frères en. lésus Christ. Mes frères, dit un prédicateur qui commence un sermon. Soulager nos frères, les revêtir, mass. ilijsl. Miser. Insensilile à sa cliute et grand dans ses misères, U n'était attendri que des maux de ses frères, volt. Zaïre, ii,i. {| 5° Frère d'armes, camarade de guerre. Si nous devions un jour devenir frères d'armes, tiustan, Panihée, i, 4. || Frèresd'armesse disait spécialement de deux chevaliers qui, ayant contracté une alliance d'armes, se promettaient de se secourir réciproquement, el se donnaient le nom de frères. || S° Dans le style familier. Un bon frère, un homme qui n'abandonne pas ses compagnons. Mais où l'esprit n'est pastoutà fait nécessaire, .Monsieur, sans vanité, je suis assez bon frère, HAtJTEHociiB,/e/)eu!7,sc. ♦. Alions donc nous masquer avec quelques bons frères, mol. l'Ét. m, 7. Vous savez de tout temps que je suis un bon frère, id. Je Dép. v, 3. Il En un autre sens. C'est un bon frère, se dit d'un bon compagnon, d'un homme qui a des aventures, galantes ou autres. Bons bourgeois, du temps de nos pères, S'avisaient tard d'être bons frères; Us n'apprenaient cette leçon Qu'ayant de la barl)e au menton, LA FONT. Nie. Il 7' Fig. 11 se dit des choses qui ont nne certaine communauté. Le droit et le devoir sont frères. Les anciens poètes disaient le sommeil frère delà mort. Los vertus devraient être sœurs. Ainsi que les vices soni frères, la font. Fabl. viii, 25. || Il se dit de ce qui a le même auleur, la même origine. Allez, pariez, mes vers, derniers fruits de ma veine.... Montrez-vous, j'y consens ; mais du moins dans mon livre, Commencez par vous joindre à mes premiers écrits ; C'est là qu'à la faveur de vos frères chéris. Peut-être enfin soufferts comme enfants de ma plume, Vous pourrez vous sauver, épars dans le volume, BoiL. np. X. Il 8° Titre que se donnent les religieux Le frère l'ac6mo. Frère Antoine. Fiap|ié de cette idée, ilse lilcapucin sous le nom de frère Ange, VOLT. Ilenr. iv. Soie. || Au phir. Tilre qui se joint BU nom de certains ordres. Les frères de la doctrine chrétienne II Frères mineurs, les r; ligieux de l'ordre de Saint-François; frères prêcheurs, ci-ux de l'ordre de Saint Dom nique. || Frires de la chanté, religieux qui ont été étaldis par Jean Dévora, Portugais, qui itint habillés de gris el qui se consacrent au service de- pauvres. || Frère lai, frère convers, religieux qui n'est point dans la cléricature et qui n'est dans los couvents que pour y vaquer aux oeuvres servile». On dit aussi dans le môme sens frère ^servant. || Dans l'ordre de Malte, frère servant ou
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chevalier servant, celui qui, entrant dans l'ordre
sans faire preuve de noblesse, était d'un rang inférieur à celui des antres chevaliers. || 9° Les membres d'une même société. Trahir ses frères. || Un laiu frère, celui qui trahit ses associés. Je dirai bien à Mme de Montespan qu'il y a de faux frères, MAiNTENON, LcU. 0 J/iiic de Coxtlaiigcs, b fév. I07B. L'on ne s'aperçut poinl que pendant tout ce tempslà il y eut parmi elles de fausses sœurs, comme il y a souvent de faux frères dans les corps les plus respectables, SAiNT-Foix, Ess. Paris, CF.uv. t. iv, p. m, dans PouoENS. || Membre de l'association des francsmaçons. Il Les frères, nom que se donnaient les philosophes du xvin' siècle, les encyclopédistes, pour signifier les communautés d'opinion qui les unissaient. Mille respects à Mme du Défiant; comptez qu'il y a peu de femmes qui aient autant d'esprit qu'elle ; il faut qu'elle aime les frères de tout son cœur, et comme je vous aime, volt. I.elt. à d'Alembert, (7 nov. I700. || Frère est aussi un litre que se donnaient les Jacobins pendant la Révolution. [i On a dit aussi quelquefois en un sens analogue, en raison de la communauté de guerres et de fortunes : Les Français et les Polonais sont frères. Il 10° Les frères de Bohême, secte chrétienne, qui se prétend descendue des thabori tes, et qui se sépara des calixtins. || Frères polonais, les socuiiens de Pologne. Il Frères moraves^ voy. hehnl'tes. || 11° Terme de pèche. Frères, les pieux qui forment le corps ou le tour de la paradière. || 12° Terme d'alchimie. Frères estropiés, les métaux Imparfaits.
— HIST. IX* s. Si salvarai eo [je] cist meon fradre Karlo, Serment. || xi* s. Icil erl [étaitj frère al rei Marsilion, C/i. de 7?oi. -xcii. || xii' g. Olivier frère, tant fustes mes amis [mon ami], Honc. p. 92. GuiteclinsdeSassoigne o [avecj .son frère Gozon,Sai. xiv. Il un' s. Et orent une fille biele et avenant qui fu mariée au comte Simon, qui fu frères giermains au comte de Bouloigne, Chr. de Uaiiis, p. 4 5. Et lors vint frère Henri de Ronnay à li, qui avoit passé la rivière, et li besa la main tout armée, joinv. 2-28. Il XIV* s. Jehan, frère de hast [frère bâtard] à la dame de Glisy, nu cange, (râler. \\ xv s. On disl que jadis, par mistere. Les roix si s'appelloienl frère, Jà ne fuissent nés d'une mère, fuoiss. Poésies mss. p. 206, dans lacurne. Le roi de Castille frère d'armes el allié du roy [Charles VII], monsth. t. m, p. 3, dans lacurne. Charles d'Anjou, frère du roy en loy [beau frère du roi], et son cousin après germain, du cange, ^rafer. Philippe de Valois, fils de Charles, comte de Valois, fils de Philippe, fils de saint Louis el demi-frere de la dite royne d'Angleterre, olivier de la marche, Mém. p. 37, dans lacuhne. La pucelle, qui estoit jeune et tendre, dist à son amy : cher frère, j'ai bon appétit, se nous avions que manger ; par ma foy, chère sœur, dist-il, vous en aurez, Percefnrest, t. v, f" 35, Or dist le capitaine : jevouldroye faire service au roy, au royaulme et à tous vous autres seigneurs, se je povoye, el aussi croy je que si feroient tous mes frères [compagnons] qui sont en ceste bataille, le Jouvenccl,
f° 27, dans laclrne à grant peine sont gens de
court loyauli. Et je vous puis assez monstrer comment: Car où li uns appelle l'autre frère, Il le traist par derrier feintemenl, klst. desch. Poésies mss. h 289. Il XVI* s. Demi-freres el sœurs ne succèdent à leurs frère ou sœur avec ceux qui sont conjoints des d ux costez; bien succèdent es immeubles et héritages qui viennent du costé dont ils sont conjoints. Coutume de Sl-Qiieitlin, t. l, p. 63n,dans lacurne. Tous deux mettent la plume au vent, comme bons frères jurez de ne .s'abandonner jamais et vivre el mourir ensemble, bhant. Cap. fr. t. iv, p. I59, dans LACUiiNE. Deux soldats frères d'alliance ne se portoient moins grande amitié que s'ils eussent tourné en un mesme ventre, SuitsdeStraparvle, t.ii, p. (38, dans LACiiRNE. Courroux de frcrcs, courroux dç. diables d'enfer, leboux de lincy, Prot'. t. i, p. 215. Deux à deux, comme les frères mineurs, oudin, Curins. fr.
— ËTYM. Berry, mon frée, mon frère; provcnç. fraire, fraire; anc. calai, [rare; espagn. moii. fraile; ilil. fraie; du lai. frater ; grec, ^piimp; allem. Bruder ; angl. brolher ; bas-hret.(;reilr;sanscr. b/irdtar, frère, proprement clui qui porte, qui soutient la sœur, du radical 6/iai , porter.
t FRp.nOT (fré-ro), s. m. Terme familier dont on se sert quelouefois dans le sens de frère. || Synonyme de fraticelle.
— iiisT. xvi* s. Un jour ce gentil frérot.... hesper. Contes, t. II, p. 188, dans lacurne.
— f.TYM. Diminutif de ^rère.
FRESAIE (fre-yê), s. f. Oiseau nocturne dit aussi effraie, qui a le plumage blanc, tacheté de noir sous
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le ventre, et la tête ronde, le bec crochu el lespteds couverts de plumes. Le jour même [» octobre] oi'i le ihermoinètre tomba si bas, arriva de France, comme une fresaie égarée, la première eslalclle, chateaub Uémoirei,viÀ. vi, p. no.
— IIIST. xiii* s. Or dirons de nycticorace, Un oiseau de mauvaise trace; Frasae a nom en dret roman, GUILLAUME, Bestiaire, dans menace.
— Etym. Poitou, presaie, d'après Ménage, que cette forme conduit au latin pr.rsiiga avis, l'oiseau qui donne des présages. D'autres onlditque son nom venait d'une manière de frai.sd qu'il a autour du cou.
t FIlKSILl.O.N (fré-zillon, il mouillées), *. m. Va des noms vulgaires du troène.
— Etym. Ne serait-ce pas un diminutif de fraise, à cause du fruit du troène qui ressemble à de petites fraises?
t FRF.SANGE (fré-zan-j') ou FRÉSINGE ( frézin-j'), j. m. Terme de féodalité. Redevance annuelle d'un cochon de lait ou de sa valeur.
— ETYM. Bas-lat. friseinga, jeune pore ; de l'anc. h.-allem. /V-ijkinj, victime, jeune porc; allem. mod. /'rùc/i/inj, jeune animal, marcassin, de frisk ou frisch, jeune, littéralement frais (voy. frais i).
FRF.SQUIÎ (frèsk'j, s. f. ||1" Terme de peinture. Manière de peindre qui consiste à enduire la muraille de mortier et i peindre sur cette surface encore fraîche avec des couleurs à l'eau, qui ne restent pas à la surface, mais qui pénètrent dans la muraille même; de là l'expression de la peinture à frais, ou, comme l'écrivait Félibien à la fin du xvii* siècle, à fraisque, fondant ensemble les expressions italienne eî française, de labohdr. Émaux, p. 608. Peindre à fresque. Avant qu'on eût trouvé le secret de peindre en huile, tous les peintres ne travaillaient qu'à fresque et à détrempe, bollin, Uist. anc. Œuv. t. xi, )'• part. p. (40, dans pougens. On voyait dans Augsbourg de belles maisons dont les murs étaient ornés de peintures à fresque, à la manière vénitienne, volt. Ifœuri, )18. Il 2" Peinlureà fresque. Lesfiesques de Michel-Ange. Les fresques de Raphaèl au Vatican.
— lllST. XVI* s. Â Badouyn, paintre, pour avoir vacqué tant à la façon des patrons des tapisseries, que à la façon el painture d'un tableau à frais, en façon de tapisserie, contre la muraille, Ds laborob. Émaux, p. 608.
— ETYM. Ital. al freseo, au frais (voy. frais (), genre de peinture que les Italiens renouvelèrent des anciens.
■f FRESQUISTE (frè-ski-sf), t. m. Peintre de fresques.
FRESSURE (frè-su-r'), s. f. Terme de boucherie. Les gros viscères qui se tiennent, comme les poumons, le cœur, le foie. Fressure de cochon, de veau. Il Fig. et Irès-familicremenl. Le cœur, le foie oïl s'excitent les désirs. Telle censure Ne fut si sûre Qu'elle espérait; De ma fressure Dame luxure Jà s'emparait, la ro^T.Poésies mêlées, v.
— HIST. XIII* s. 11 fist mettre un orfèvre en l'eschiele à Cezaire, en braie et en chemise, les boiaus et la fressure d'un porc entour le cou, et à si grant foison que elles li avenoient jusques au nez, joinv. 293. Il XIV* s. Char de porcelet, en rost; mes avant les convient eschauder et osier la frusure, Bibl. des chartes , 6' série, t. i, p. 2i8. Quand vous aurez entendu à vostre pourcel veoir defi'aire et fait laver très bien et mis cuire vostre froissure, Ménagier, II, 5. La froisseure, c'est le foie, le mol, le cuer et la la langue, t'b.
— ËTYM.Génev. fresure, froissure; du lat. frirura, friture. Scheler le rattache à fraise (fraise de veau, etc.) ; mais la fressure, étant lecœur, le l'oie, le poumon ensemble, est très-dilfcrente de la fraise. Que frix.... ait pu donner fress.... cela est prouvé par frixorium, qui avait donné fressouoir.
FRET (frè, le « ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : des Irè-z excessifs), s. m. Il 1° Terme de commerce maritime. Action de louer un bâtimenl à un tiers. Prendre, donner un navire à fret. Le loyer des vaisseaux appelle fret ou nolis sera réglé par la charte-partie ou par le connaissement, Ordonn. août )68i.||a' Prix que l'on paye pour la location d'un navire, ou pour le loyei d'une place dans un navire. Les frets onl beaucoup augmenté de valeur. La moitié des loyers du matelot engagé au voyage sera due s'il meurt en allant, el le total si c'est au retour; et, s'il naviguait au fret ou au profil, sa part entière sera aciuise à ses héritiers, pourvu que le voyage soit commencé, Ordonn. aoiil lesi. |{ 3° Le prix du transport des marchandises. Le fret est de tant par tonne. || i° La cargaison même. Prendre du fret. Dé-
FRÉ
FRE
PRl
bsrquer Mn fret. || Bon fret, cargaison compo^ de
marcliandises avantageuse». Mauvai» fret, caïKaison de marcliaiidise» Je mauvais débit. || Faui fret, lausse cargaison, cargain'n qui n'en est pas réellement une Ot avantage leur assurerait la aupériorilé sur leurs ooncurreiil», qui en gunéral naviguent i faux frei et ne portent gui-re que de l'argent, ray- KAL, lliil phil. V, id.llB-' Transport par mer de» inarcliandi>es d'un lieu à un autre, n 6* Terme d'ancienne administration. Droit que payaient tous les vaisseaux étrangers, à l'eatrce et à la sortie des porta de France.
— HIST. XIV* g. Premièrement il doit payer le frail <les nefs et des bateaux, ce qui sera à paier, Ins(rucli(in au clerc de l'armée de la tncr, dans jal. Il zvi' s. Nous sommes grand.<> mesnagiers de nostre mise; nostre opinion ne la laisse jamais courir à faula fret, uomt. t, 3i2.
— Etym lias-lat. frella, fretum; du germanique: allem. Frarht, danois, fragt; bollaad. vragl; angl. freiqhl, cliarge d'un navire.
FUfiTfi, RK (frété, tée), par», pasté de fréter. Il 1° Uunnc en louage. Du bâtiment frété. || Il s'est dit pour pris en louage. Les maîtres frétés pour faire un voyage seront tenusde l'acliever, Ordonn. d'aoïK 4881.11 2 Ciiargé, équipé. Un vaisseau mal frété périt au premier vent, la font. Fabl vu. (4.
t FRÈTKAIKNT (fré-te-man), s. m. Terme de marine. Action de louer un bAtiment à un tiers. Le prix qu'on reçoit du frètemeot c'est le fret.
— KTVM FriHer.
rUÉTKR (fré-lé. La syllabe fri prend l'accent grave quand la sylLiliequi suit est muette : je frète, excepte au futur et au conditionnel : je fréterai, je fréterais), v. a || 1' Donner uo navire à louage, tandis que affréter est prendre i louage. || Absolument. Fréter au mois, à l'année. || Il s'emploie parfois allusivement pour alTréter Nous allîmes frOler i Bristol un vaissoau pour la rivière DeLiware et pour la baie de Maryland, volt. Jenny, 9. || Fréter cap et queue, prendre un navire i louage pour le charger tout entier etsans ausiine réserve || 2° Charger, équiper un navire. Je vois d un iiil sec la Parque, Oui commence à se lasser, ËtCharon fréter la barque Oui va bieniAl me passer, chaul. Au chevalier df Uouillon. Vitsen.... frétant des vaisseaux à ses dépens pour découvrir de nou /elles terres, volt. Russie, 1, y.
— iiiST. xV s. Trente deux gros vaisseaux espaignols tous armés et tous frctés, froiss. i, i, (94.
Il xvi* s Que le premier navire de quelque
marchandise qu'il eust esté frété.... carlou, i, 3i.
— ETYM. Fret.
FRP.TKl'R (fré-teur), t. m. Celui qui loue ou donne à fret un navire qui est sa propriété. || Se dit abusivement du commerçant qui prend le b&timent à louage.
— ÈTYM. Fréter.
^ FRÈTIIXAGE {fré-ti-lla-j', ZJ mouillées), *. m. Action de frétiller. Le duc de Richelieu ne fut pas longtemps sans en revenir aux questions et aux frétillages et à me dire qu'il sa mourait d'envie....