‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 275 sur 388 · IS · texte numérisé non relu

IS

GEL

fioid a gelé les vignes. || On dit dans un sens analogue, le froid lui a gelé les doigts, le bout des creillcs. Il 8" Par eiagéiiitioii. Causer du froid. Voilà une porte qui nous gfele. Vous avez les mains si froides que vous me gnlez. Je suis gelé de froid, ou, simplement, je suis gelé. || Kig. Cet homme gèlo ceux qui l'abordent, sou froid accueil les met mal à l'aise. 11 nous gèle le sang, l'àme cl le jugement, RÉGNIER, Sat. XVI. Il 4" V. n. Se congeler. La riviiro a gelé. Le tliermomttre est ici [Ferney] à treize degrés et un quart au-dessous de la glace; l'cncio gèle, VOLT. Letl. Ilichelieu, « janv. (76s. || Il se dit du mal que le froid cause aux végétaux ou à l'homme. Seigneur Bacchus, laissez geler les vignes, et no me refusez pas votre protection pour ma faire débiter le vin vieux qui me reste, dancourt, Impromptu de Sure ne, se. 6. Il dit.... que nous serons la cause Oue dans ce pays-ci les vignes gèleront, FAVAHT, AnneUe el Luhin, se. 7. Les doigts de beaucoup d'autres gelèrent sur le fusil qu'ils tenaient encore et qui leur ûtait le mouvement nécessaire pour y entretenir un reste de chaleur et de vie, SÉGUR, Ilisl. de JVnp. ix, 4). || Par exagération. Avoir un froid excessif. Cette cliaralire est si froide qu'on y gèle. || Fig. N'avoir personne autour de soi, comme auditeurs ou autrement, ce qui rend fioide la salle où l'on est. De l'amitié le prix fut laissé là ; Et la déesse en tous lieux célébrée, Jamais connue et toujours désirée. Gela de froid sur ses sacrés autels, J'en suis fâché pour les pauvres mortels, volt. Temple di: l'amit. Cet homme au désespoir de geler de froid seul dans son auditoire, ID. Dicl. phil. Chim. || 5° Impersonnellement. Il gèle très-fort. 11 n'a pas gelé un moment et il a plu tous les jours, sév. 43. Il gèle à pierre fendre, iD. »». Il y a très-peu de pays où il gèle dans les plaines en deçà du 35» degré de latitude, surtout dans l'hémisphère boréal, bufk. Théor. terr. l'art, hyp. (JEuv. t. IX, p. 340, dans pol'Gens. || U a gelé blanc, il y a eu une gelée blanche. {| 6°Se geler, e. riî/î. Être transformé en glace. Le mercure se gela dans les thermomètres. || Être durci par le froid. Leurs habits mouillés se gèlent sur eux ; cette enveloppe de glace saisit leurs corps et raidit tous leurs membres, sêgur, Jtist. de Nap. ix, < 1. 1| Par exagération. Avoir trèsfroid. Je me gèle ici à vous attendre. Au creux de cette grotte fraîche Où l'amour se pourrait geler, ST-AMANT, dans righelet. || Proverbe. Plus il gèle, plus il étreint, c'est-à-dire les deiniers malheurs sont plus accablants, plus difficiles à suiiporter que les pemiers.

— HIST. xiii* s. Li ciex [le ciel] fu cler et esterez, Et li vivier se fu gelez, lien, i ue. Et sachiés que il negoit et gieloit à celui point que il se parti de la ville, H. DE VALENC.xiv. || xiv s. Environ la Toussaint, quant il fait cler temps, et il a ung peu gelé, Uodus, {' cxxvii. Dès la Toussains sont fèves de marais; mais, afin que icelles negellent, on en plante vers Noël et en janvier et février, Uénagier, u, 2. Il XVI* s. Un vent se levé et un temps si divers yu'il ressembloit aux plus gelés hivers, st-celais, 44. Quand les vignes gèlent en mon village, mont, i, 1 70. Pour encrouster les pores contre les coups de l'air et du vent gelé qui tiroit lors, id. i, soi. Ce qui se remue n'est pas gelé, ce qui n'est pas gelé est liquide, ID. u, 468. Anligonus, se tournant de devers Ara'us, luy demanda s'il sentoit point de froid; Aratus lui respondit qu'il gcloit, amyot, Arat. 63.

— ÉTYM. Bourguig. jeuUai; wallon, jfoier; provcnç. gelar; espagn. helar; ital. gelare; du latin gelare, geler (voy. gel).

t GELEUR (je-leur), t. m. Celui qui amène la gelée. Usité seulement en cette locution : geleur de vignes, nom donné à quelques saints dont la fête se trouve au printemps.

— ÉTYM. Celer.

GÉLIF, IVE Qc-lif, li-v'), ad;. Qui s'est fendu ou qui se fend par la gelée, la sève ayant augmentéde volume par la congélation et rompu de la sorte les tissus végétaux. Arbres gélifs. || Pierres gélives, celles qui se délitent après avoir subi l'action de la gelée.

— BEM. L'Académie ne donne point de féminin à cet adjectif. BulTon dit au féminin gélisse comme au xvi« siècle, et comme on dit encore dans beaucoup de campagnes : Ces pierres gélisses doivent être soigneusement rejetées de toutes les constructions exposées à l'air et à la gelée, Jfi'n. t. i . p. 343, dans pouGENS. Mais, le masculin étant géU[ el le substantif étant gélivure, le féminin gélhe est meilleur.

— HIST. XVI' s. Aucuns disent que telles pierres sont gélisses ou venteuses ; à la vérité, si, estant

Page 1