‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 284 sur 388 · GIN · texte numérisé non relu

GIN

sion, homme niais qu'on bafoue. C'est un Gille, un vrai Gille.

— HIST. XVI* s. Il a le mal saint Gilles [il a un cancer], ouorn, Curiot. fr.

— ÉTYM. Gille, nom propre corrompu de Egidiut. ». GILLE (ji-l'), ». m. Faire gille, loc. populaire

qui signifie se retirer, s'enfuir (gille ne prend point

de majuscule en ce sens) Le guet vient : la

quenaille fait gille, Régnier, Sot. xi. Rien ne semblait plus sûr qu'un si proche hyménée. Et, parmi ces apprêt», la nuit d'auparavant Vous sûtes faire gille et fendîtes le vent, corn, ht Suite du Menteur, I, (.Jupin leur fit prendre le saut, Et contraignit de faire gille Le grand Typhon jusqu'en Sicile.scAHRON, GigarUomachie, iv. || Faire gille, faire banqueroute.

— HIST. xvf s. Hais avant que passer outre, dit le bonhomme Soaliger, pouhjuoy est-ce que, quand quelqu'un s'en est enfui, on dit : il a fait Gilles? — Protagoras : C'est pour ce que saint Gilles s'enfuit de son pays et se cacha de peur d'être fait roi. Moyen de parvenir, chap. général.

— ÉTYM. Voy. giller.

+ GILLER (ji-lé), V. n. Populairement. Faire gille, se retirer, quitter une place. Allons, vite, qu'on gille, BADTEROCHE, ylmafX qui trompe, dans le rouj, Dict. comique.

— ÉTYM. D'après Diez, giller vient de l'anc. haut allem. gllan, glljan, se hâter ; Scheler adopte cette idée, et pense que, dans faire gille, gille est le substantif de ce verbe. Au contraire on peut admettre que giller dérive de la locution faire gille. Pour Minage, dans cette locution, gille représente l'ancien français gile ou guile , tromperie ; et faire gille, ce sera tromper, s'esquiver. Enlin une troisième opinion est que Gille de la foire qui s'enfuit quand on le menace, a donné lieu à la locution faire gille. Le Moyen de parvenir explique autrement la locution (voy. l'historique de gille 2).

t GILLERIE (ji-le-rie), ». f. Terme familier. Action de Gille, niaiserie.

— ÊTYM. Gille t .

+ GILLES (ji-le), ». m. Espèce de brelan (jui se joue à quatre personnes, faisant chacune leur jeu en particulier. On dit aussi gé.

t GILLETTE Q\-\è-t'), ». f. La reine Gillette, expression qui s'emploie dans diverses locutions. Cuisinier de la reine Gillette, mauvais cuisinier. || Historien de la reine Gillette , mauvais faiseur de livres. Il C'est une reine Gillette, c'est une grisette qui fait la grande dame.

— ÉTYM. Nom propre, féminin de Gille ( .

t GILLON (j>-'on), ». m. Un des noms vulgaires du gui.

t GILOTIN (ji-lo-tin), ». m. || !• Nom qu'on donnait aux écoliers du collège de Sainte-Barbe, à Paris, d'après un ecclésiastique nommé Gilot, qui en avait fait les règlements. || S* Se dit quelquefois pour Gille.

— ÉTYM. Dérivé de Gilot, diminutif de Gille.

t GILVICOLLE (jil-vi-ko-1'), adj. Terme de zoologie. Qui a le cou gris ou cendré.

— ÉTYM. Lat. gilvus, gris, et col.

GIMBLETTE (jin-blè-f), ». f. Petite pâtisserie

dure, sèche, en forme d'anneau, jj Gâteaux d'entremets fourrés déconfitures.

— ÉTYM. Origine inconnue. On peut en rapprocher pour mémoire l'italien ciambetla, échaudé.

f GIN (djin'), ». m. Sorte d'eau-de-vie de grain qu'on fait en Angleterre, et dont la préparation fut découverte en (684.

— ÉTYM. Angl. gin, abrégé de geruvra, corrompu lui-même du français genièvre.

j GINDRE (jin-dr"), ». m. Premier ouvrier d'une boulangerie, celui qui pétrit le pain.

— HIST. XIII' s. Tous les talemeliers [boulangers] et les mestres vallès que l'on apele joindre», l.irre des met. 7. Il XV' s. Item que tous musniers et leurs gendres se paieront dorcsenavant de leurs moullures et salaires en deniers contons, du canob, junior.

— ÊTYM. Ménage a dit que gindre dérivait du latin gêner, gendre, parce que ces ouvriers devenaient souvent les gendres de leurs maîtres ; d'autres ont dit que gindre dérivait de geindre, parce que le mitron geint en pétrissant. Ce sont des erreurs; il vient de junior, étymologie depuis longtemps indiquée par du Cange, et signifie proprement jeune garçon. Jinior avec l'accent sur ju a donné régulièrement gindre, joindre, genvre, etc.; on trouve dans les vieiu textes juindre pour plus jeune ; jmdreest donc le nominatif; juniôrem aurait donné au régime jVjnor; comparez mievdre et meillor.

GINGAS (gin-gâ), ». m. Toile à carreaux dont on fait les matelas.

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