DÉJ
— HIST. XHi' 8. 0 s.nincte ame déifiée. Ou;, bon ta char crucefiée, Tantost en enfer descendis, J. de meuno, TV. 74S. Il XVI' g. Platon adjouste que ce sont [les œuvres de l'esprit] des enfants immortels qui immortalisent leurs pères, voire et let déifient,
mont. II, 89.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. deificar; ital. d ♦• ficare; du latin deificare, de Deus, Dieu, et le »uffiie fktre (voy. fier, suffixe).
t DfilFIOL'E Idé-i-fi k'),ad;. Terme de théologie. Oui procure l'intervention divine. C'est là que sa fait cette union déifique entre l'époux et l'épouse, BOSS. Union.
— ETYM. Lat. Deus, Dieu, et le suffixe fleus, qui fait, dérivé de facere, faire.
DÉISME (dé-i-sm*), s. m. Système religieux de ceux qui, croyant en Dieu, rejettent toute révélation. Le culte des théophilanthropes était un déisme. L'Écriture direclement combattue, la voie ouverte au déisme, c'est-à-dire à un athéisme déguisé, boss. Var. v,S 3«.
— ETYM. Lat. Deus, Dieu, et le suffixe itme.
DÉISTE (dé-i-sf), s. Celui, celle qui, reconnaissant un Dieu, rejette toute religion révélée. Ce ne fut plus partout que fous analiaplisles. Qu'orgueilleux puritains, exécrables déisies, boil. Sat. xn. [MiddletonJ C'était un athée de profession et d'effet, s'il peut y en avoir, au moins un franc déiste, ST-SIH. <93, 74. Le déiste seul peut faire tête à l'athée, le superstitieux n'est pas desaforce,DiDE< bot, Pensées phil. n' I3.
— ETYM. Lat. Deus, Dieu, et le suffixe iste. DÉITÉ (dé-ité), s. f. || 1' L'essence divine. Peu
usité en ce sens. || 2* Dieu ou déesse. Les Grecs et les Romains ont fait régner de fausses déités, pasc.
Juifs, 20 Déités immortellesl Mon fils serait
vengé I n'est-ce point une erreur? volt. Scythes, IV, 8. 1' 8* Dieu ou déesse de la fable. Vous avez fait la femme en voulant vous venger; Faites la déilé [montrez-vous déesse] , le sauvant du danger, tbis- TAH, Panthée, ni, t. Elle jura par Pluton Que toute l'engeance humaine .Serait bientêt du domaine Des déités de là bas, la font. Fabl. vui, »o. l'our voir ces déités nouvelles. Le soleil tient encor ses coursiers arrêtés, j. B. Rouss. les Bains de Tomeri. Il Fig. Faut-il ainsi poursuivre.... Et l'argent et l'amour, aveugles déités? A. CHÉNiER, <7<.
— HIST XII' s. En l'endemain que furent innocent decolé. Que Herodes ocist par sa grant crueltè, QuTint es enfanz quida murdrir la ileité.... Th. ù
mart. )*7 Erode, qui dune fist decoler Les en-
fanz de dous anz; car Deu quida luer; Mais es enfanz ne sont la deité trover, ib. «5. || un' s. N'en sot pas Platon jusques là. Ne vit pas la trine unité Y.n ceste simple trinité. Ne la deité soveraine Afublée de pel humaine, la Rose. <9»4J. Roi des rois, Diexdesdiex, qui de ta deité Descendis en la Vierge pour prendre humanité, Si vrai coin tu es Diex et rois de vérité, Daipne olr ma prière plaine d'umilité, 1. DE MELNG, Test. 2077. En croiz mourut l'umanitez; Mais au tiers jour la deitez L'umanité resuscita, Théophile. \\ xv s. Si sont moult belles paroles venues d'un payen, qui ne savoit rien de la loy de Dieu, et toutefois par raison naturelle il confessoit une deité, Bouciq. iv, ch. 3. || xvr s. Qu'estce qu'amour? est-ce une deité Régnante en nous? st-cel. Descript. d'amour, p. J.
— ETYM. Provenç. deitat; espagn. deidad; ital. deità;i\i latin dcttafcm, de Deus, Dieu.
DÊJX (dé-ja) , adr. de temps. || 1" Dès l'heure pré sente, dès ce moment. Il est déjà arrivé. Je vois déjà tes maux, j'entends déjà tes plaintes, aiRN Rodog. m, 3. Semblable dans ses sauts hardis et dans sa légère démarche à ces animaux bondissants, il [Alexandre] ne s'avance que par vives et impétueuses saillies et n'est arrêté ni par montagnes ni par précipices; déjà le roi de Herse est entre ses mains.,.. BOss. Louis de Bourb. Et du temple déjà l'aube blanchit le faite, rac. Àthal. i, i. Déjà dt leur abord la nouvelle est semée; Et déjà de soldats une foule charmée.... id. Iphig. i,4. Déjà dans les vaisseaux la voile se déploie. Déjà sur sa parole ils se tournent vers Troie, id. t'b. iti, 3. || 2° Dès lors, dès ce temps, par rapport soit au passé, soit à l'avenir. La place était déjà prise quand il arriva. Cet homme se fatigue, à quarante ans il sera déjà
vieux Déjà la renommée Par d'étonnants récits
m'en avait informée, rac. Iph. ii, 2. || En ce sens il peut se construire avec le luiur. Enfin l'ennemi décampe; c'est là ce que le prince attendait ; il part à ce premier mouvement: déjà l'armée hollandaise avec ses superbes étendards oe lui éciuppera pai; tout nage dans le sang, tout est «n proie, BOiw.
DËJ
Louis de Bnurb. || 8' Auparavant. Il est déjà venu. Je vous ai déjà dit que je la répudie, r*c. Britann. n, s.
— REM. Déjà, dans les temps simples, se place après le verbe : il revient déjîi , dans les temps composés, il se met entre l'auxiliaire et te participe : il est déjà revenu ; quelquefois on le place à la tête de la phrase, surtout dans le style historique : déjà l'ennemi avait pris la fuite. Déjà frémissait dans son camp l'ennemi confus et déconcerté ; déjà prenait l'essor, pour se sauver dans ses montagnes, cet aigle dont le vol hardi avait d'abord effrayé nos provinces, FLËCH. Turenne.
— HiST. xm' s. Famé sui, si ne me taire, Ains Toil dès jà tout révéler; Car famé ne puet riens celer, la Itose, 194(9. Il xvs. Et y arriva environ sept heures du matin, et des jà y avoit cinq ou six enseignes du roi qui estolent arrivées, comm. i, 3, Il xvi's.Compaing, si je montasse aussy bien comme j'avalle, je feusse desjà on dessus la sphère de la lune, RAB. Pant. il, <♦ Son péché palle il voit courir devant Les pieds ailez de la peine suyvant Oui jadé-jà les deux talons luy presse, dubell. m, sa, recto. Ma vie désespérée, A la mort délibérée Ja-desjà se sent courir, id. ib. m, 83, recto. Mais si vous n'estes à la court, et que le dict prothonotaire ait desjà tenu les dicts propos, il ne sera jà besoing que vous luy en parliez, maro. lett. 461.
— ETYM. Dès et jà ; bourguig. degy.
tDÉJAUGKMENT (dé-j6-je-man), t. m. Terme
de marine. Diminution dans le tirant d'eau.
— ÊTYM. Déjauger.
I DÉJAUGER (dé-j9-jé. Le g prend un « devant a et o: déjaugeant, déjaugeons), v. n. Terme de marine. S'élever au-dessus de la ligne de flottaison, après avoir touché sur un fond.
— ETYM. Dé.... préfixe, et;ouger.
DÉJECTION (dé-jè-ksicn), s. f. || 1° Terme de
médecine. Évacuation des matières stercorales. \\Au plur. Matières évacuées. Des déjections bilieuses. Il 8' Au plur. Terme de géologie. Matières qui sout lancées par les volcans. Les déjections de l'Etna, du Vésuve. Il 3° Terme d'astrologie. Déjection des planètes, situation où elles ont le moins de force et d'influence. || i° Abattement moral. Ce sens est aujourd'hui tout à fait inusité.
— IIIST. XVI* s. L'une et l'autre affection engendre déjection [abbattement] et humilité, calv. Inttit. 272. La vraye humilité est une déjection de nostre coeur sans feintlse, procédante d'un droit sentiment de nostre misère et poureté , dont nostre eœur soit ainsi abbattu, id. ib. 597. Si es déjections il y a indice de coUiquation, paiié, xx, 23.
— ETYM. Lat. dejeclionem, de de, ei jacere, jeter (Toy jeter).
DÉJETÉ, ÉE (dé-je-té, tée), part, passé. Dubois déjeté. Sur la cfile orientale [du lac Supérieur] on ne voit que des forêts d'éral)les rachitiques et déj»lés, CHATEAIIB. Voy. Am. 366.
DÉJETER (SE) (dé-je-té. Le ( se double quand la syllabe qui suit est muette: se déjette; se déjettera), V. réfl. Se courber, se gauchir, en parlant du bois. Il S'écarter de sa direction naturelle, en parlant d'une partie du corps. La taille de cet enfant se d6jetle. Il Se déjeler, en parlant des arbres qui viennent mal.
— HIST. XI' s. Oui ce vous loe [conseille] que cest plait [proposition] degetuns [repoussions], Ch. de Rot. XV. Il xii* s. Li fiz Israël à itant dégelèrent leur fais deus, e de quer [cœur] servirent lur creatur. Bots, 21. Mahons chaî de passion [épilepsie] Devant la congrégation; Moult orililement se dejete; Li oel li torblent en la teste; De sa bouche ist estume fors. Roman de Mahomet, v. 790. || xv s. Qui plus se ficlie au vent de fortune, pius est dejetté, Bouciq. iv, ch. 3. Tout bon conseil ilz ont dejecté, comm. v, i (ou 9). Il xvi* s. L'histoire nous représente leurs deportemens, quand ils sont parvenus aux plus hauts, ou bien qu'ils ont esté dejeltés aux plus bas degrez de la fortune, amïot, Préf. iv, 39. 11 servit Dionysius après qu'il eut esté chassé et dejetté de Syracuse, ID. Timol. et P. JEm. comp. a. Il substitua à ion fils pour héritiers du royaume, premièrement Marie qu'il avoit dejettée comme fille de Catherine répudiée, et après Elizabeth fille d'Anne de Boulen, d'aub. Hist. 1, 47. Christierne honteusement dejetté, •on oncle Frideric fut establi roy de Dannemarc, ÏD. t!>. I, 44. Partant les dits vesicatoires ne doivent estre dejettés, paré, xxi, 20.
— ÉTYM. Provenç. desgitar, desgietar, degitar, iejetar; du latin dejectare, de de, et joctarc (voy. ibter).
t DÉJETTEMENT (dé-jè-t6-man), ». m. Action de